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Trois révoltes en Corée du sud - Matière et Révolution
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Trois révoltes en Corée du sud

lundi 26 juillet 2010

Écrasement de la révolution de 1945 en Corée du sud avec la complicité américaine et russe (fosses communes des victimes de la répression)

Photos du soulèvement du Kwangju (1980)

Le mouvement ouvrier en Corée, une force considérable

INTRODUCTION

En 1945, comme au Vietnam et dans toute l’Indochine, des soulèvements ont suivi le départ des troupes japonaises. Des comités du peuple se sont formés partout, organisés sous forme soviétique et se préparant en vue du pouvoir. L’armée américaine a dû les écraser dans le sang avant de mettre à la tête d’une dictature militaire au sud son homme de paille Sungman Rhee (qui s’est tout de suite distingué en écrasant lui aussi dans le sang les puissantes grèves générales de 1946 et 48) alors que le nord était occupé par les troupes russes qui ont placé à la tête du pays Kim Il Sung, un leader de guérilla militaire contre le Japon. Au sud, les militaires ont remis sur pied à la fois l’Etat et l’économie et ils ont instauré des relations privilégiées avec les trusts, les chaebols, relations qui institutionnalisent la corruption : un véritable système d’aide mutuelle qui a permis aux chaebols comme aux généraux de prospérer. Samsung doit tout au premier président le féroce dictateur Sungman Rhee et Daewoo ne serait rien sans le président Park. En contrepartie, certains ont fait fortune comme Roh qui a constitué la modeste cagnotte de 650 millions de dollars ! Ce pays qui a été gouverné dictatorialement par des équipes de chefs militaires s’est vu contraint de les retirer de la scène politique : les généraux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo qui ont gouverné respectivement de 80 à 87 et de 88 à 92 ont été contraints de démissionner de l’armée. Le général Roh a été condamné à 22 ans et demi de prison pour corruption. Le général Chun a été condamné à la peine capitale (commuée en prison à vie) pour avoir conduit le putsch militaire de 79 et réprimé dans le sang une manifestation étudiante. Tous les deux ont été également déclarés responsables du massacre de la commune de Kwanju en mai 80. C’est dire à quel point actuellement l’armée est sur le plan politique complètement mise à l’écart de la direction des affaires.

C’est dans les années 80 que la bourgeoisie coréenne a commencé à trouver le prix de la dictature militaire trop coûteux. Le pays devenant riche et développé, elle préférait une autre forme de direction politique, sans coups d’Etat, sans répression et révoltes permanentes. Et c’est aussi de là que vient l’explosion de 87. En effet, les militaires se sont accrochés au pouvoir et on a vu pendant des années non seulement les classes pauvres et les travailleurs mais toute une partie des fils de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie se battre pour en finir avec la dictature militaire, participant à des manifestations, arrêtés, torturés, assassinés, choisissant une vie militante dans des organisations clandestines plutôt que l’intégration sociale, pour lutter contre ce pouvoir détesté. De là est né le mouvement des ouvriers et des jeunes.

1- 1945-1948

2- Avril 1960

3 - Mai 1980

Corée 1945

En Corée les alliés avaient décidé d’un système d’occupation apparemment absurde et qui allait donner lieu au pire affrontement de la guerre froide en 1950 mais qui, en cette fin de guerre mondiale, correspondait aux différentes zones dans cette région. En effet la péninsule coréenne était divisée en deux, une partie sous occupation russe et une autre sous occupation américaine, les deux étant séparées par le 38ème parallèle. En fait en disant cela on oublie lune grande part du problème, on attribuait à la Chine la partie de la Corée continentale, le Kan Do, prise lors des conquêtes militaires et cela allait s’avérer très important par la suite.

Au départ cette division discutée lors des conférences de Téhéran en 1943 et Yalta en 1945 devait être provisoire. Les premiers arrivés sur place sont les russes au nord le 24 août 1945. Puis les USA arrivent un mois plus tard au sud en septembre 45. Des deux côtés tout est programmé et aucun des deux camps n’a l’intention de demander à la population de décider. Les russes ont dans leurs bagages Kim Il Sung qu’ils comptent imposer comme dirigeant sous l’étiquette parti communiste. Pourtant il existe en Corée un parti communiste clandestin dont Kim n’est pas le dirigeant mais c’est l’homme des russes et dans l’ambiance d’effervescence sociale les russes s’en méfient comme ils se méfient de tous les militants démocrates ou syndicalistes qui vont très vite peupler leurs prisons. Pour se débarrasser du réel parti communiste coréen, les russes vont avoir de grandes difficultés car il faut s’en débarrasser à la fois au nord et au sud. Au nord cela se fera sous l’occupation militaire russe, les anciens dirigeants iront en prison ainsi qu’au fur et à mesure tous les opposants à Kim Il Sung. Au sud, ce sera beaucoup plus difficile d’autant que traditionnellement la direction du parti communiste résidait au sud à Séoul et que le parti va rester un seul parti malgré la division du pays.

Des deux côtés, il y a la même situation catastrophique pour la population qui se traduit tout de suite par une explosion sociale La misère des travailleurs est catastrophique. Le nombre des morts est considérable. Et, en plus la population sort de nombreuses années d’occupation japonaise où ils ont souffert atrocement. Ce n’est pas pour accepter facilement une autre occupation militaire. Enfin, très vite le problème du partage du pays en deux qui semble être du provisoire qui dure va devenir un problème politique de premier ordre, empêchant les deux pouvoirs de se stabiliser et de gagner du crédit.

En effet, sur ordre de Staline, Kim Il Sung au nord va défendre la division du pays de la même manière qu’au sud le fantoche des américains Syngman Rhee, un dictateur d’extrême-droite corrompu et ultra-violent. Des deux côtés, la classe ouvrière va s’opposer à cette division et en particulier les syndicats d’origine plutôt anarcho-syndicalistes avec des militants d’extrême gauche et qui ne sont pas encore contrôlés par le parti communiste. La pression est telle au sud que le parti communiste sud coréen prend son indépendance politique de la direction du nord en août 46. Mais en même temps il le fait sur des bases tout ce qu’il y a de moins révolutionnaire, du moins dans un sens prolétarien. La thèse d’août qui souligne cette indépendance politique à la fois n’accepte plus la division du pays mais affirme qu’il faut mener une révolution bourgeoise en vue de la réunification, révolution qui aura pour base les campagnes et non les villes. Et cela signifie aussi que le PC du sud appelle les ouvriers et les paysans à rejoindre les montagnes pour y organiser la guérilla. Le syndicat des ouvriers du sud va s’opposer violemment à ces propositions. En effet, les travailleurs sont très loin de se sentir impuissants dans leurs luttes dans les usines au point d’aller se retrancher dans les montagnes. La thèse du caractère bourgeois de la révolution n’est pas mieux acceptée.

En fait, dans les usines c’est à une offensive ouvrière que l’on assiste en Corée du sud. L’insurrection ouvrière part de deux villes : Taekou, grande ville du sud est et Busan le grand port du sud. C’est un soulèvement spontané qui débute par une grève des cheminots et qui se termine par de véritables affrontements armés, les travailleurs s’étant organisés en milice ouvrière. Partout des comités de grève sont mis en place et la grève s’étend à de nombreuses autres villes. La réaction des troupes américaines est très violente. La répression s’étend à tout le pays contre les syndicats et les militants radicaux. Le PC du sud qui n’était pour rien dans le mouvement est interdit. La dictature de Syngman Rhee devient féroce. Des opposants politiques et des dirigeants syndicalistes sont assassinés comme le leader anarcho-syndicaliste.

Kim Ku et le dirigeant social-démocrate Yo Un Hyong. Le Parti communiste a été contraint de passer dans la clandestinité totale. La direction politique du PC du nord en profite pour réussir pour la première fois à établir sa domination sur l’ensemble du parti communiste.

En 1946-47, loin de se stabiliser, le régime de Corée du sud est attaqué sur tous les fronts : mutineries militaires, insurrections paysannes, mouvements politiques dans les villes contre le régime de Syngman Rhee et mouvements sociaux. Le pouvoir central de Séoul est tellement affaibli qu’il est contraint de laisser les paysans occuper toute une région dite libérée. Le PC du sud décide de s’investir dans cette révolution paysanne et il appelle à nouveau les ouvriers à le suivre. La plupart des ouvriers et des militants intellectuels qui vont suivre cet appel sont massacrés avant même qu’ils aient pu rejoindre la région ni s’armer. Le PC du sud va quand même prendre la direction politique de ces paysans insurgés. Il leur conseille de quitter les terres agricoles pour rejoindre les montagnes et effectivement cette guérilla va tenir là jusqu’à la guerre de Corée en 1950, où elle fera sa jonction avec l’armée nord coréenne. Paradoxalement c’est cela qui lui sera fatal car le régime de Corée du nord n’avait nullement envie de soutenir les paysans du sud et va les abandonner en cessant de les armer dès l’offensive américaine.

Il y a 50 ans, le soulèvement d’avril 1960 mettait fin au régime Syngman Rhee

Il y a cinquante ans, la Révolution d’Avril 1960 en Corée du Sud a marqué une étape décisive dans la lutte contre l’autoritarisme. Si la victoire de la démocratie n’a alors été qu’éphémère, suite au coup d’Etat militaire du 16 mai 1961, le soulèvement du 19 avril 1960 a abattu le régime Syngman Rhee et, plus fondamentalement encore, marqué l’irruption des masses dans l’histoire de la Corée du Sud. La Révolution d’Avril 1960 a aussi consacré l’alliance des jeunes et des travailleurs.

1959 : l’autocrate Syngman Rhee, au pouvoir depuis 1948 et alors âgé de 84 ans, prépare sa troisième réélection à la présidence de la République, tandis que sa formation politique, le Parti libéral, désigne Yi Gi-bung comme candidat à la vice-présidence.

En décembre 1959, Syngman Rhee annonce son intention d’avancer au 15 mars 1960 la date de l’élection présidentielle, normalement prévue en mai 1960, au motif d’éviter la période chargée des récoltes... bien que le mois de mai ne corresponde à aucune date de récolte. Ce choix était en fait lié à l’état de santé du candidat du Parti démocrate (opposition) à l’élection présidentielle : le 15 février, huit jours après le dépôt des candidatures, Jo Byeong-ok mourait, et les demandes de son parti de présenter un nouveau candidat à la présidence étaient rejetées. Syngman Rhee devenait ainsi l’unique candidat au poste de président de la République. Le 13 février, le chef de l’Etat avait déclaré, sans fondement constitutionnel, que le vice-président devait appartenir au même parti que le président. Dès lors, l’élection était verrouillée, même si le candidat du Parti démocrate à la vice-présidence (et vice-président sortant, élu lors du précédent scrutin de 1956), Jang Myeon, devait obtenir à nouveau plus de voix que Yi Gi-bung, choisi par Rhee.

L’étincelle du mouvement révolutionnaire fut allumée par les étudiants de l’université de Daegu qui décidèrent de manifester contre la décision de fixer au 28 février, jour d’un meeting dans leur ville de Jang Myeon, la date des examens de fin de semestre. Après les étudiants de Daegu, c’est au tour de ceux de Séoul puis de Daejon de manifester, respectivement le 5 mars et le 8 mars, avant la généralisation des manifestations étudiantes, entre le 10 et le 14 mars. Deux revendications sont à l’ordre du jour : aux demandes récurrentes de respecter la liberté des campus s’ajoute le refus de la supercherie électorale.

Le 15 mars, les bourrages d’urnes, les votes publics par groupes de trois personnes ou encore les expulsions des superviseurs du Parti démocrate donnèrent les résultats officiels attendus du pouvoir : Syngman Rhee remportait plus de 9,6 millions de voix (88,7 % des suffrages exprimés) et Yi Gi-bung obtenait un succès écrasant au poste de vice-président (8,3 millions de voix, soit 79 % des suffrages exprimés, contre 1,8 million de voix et 21 % des suffrages exprimés pour Jang Myeon).

Face à l’ampleur des fraudes, des manifestations violemment réprimées eurent lieu le jour même du scrutin, en particulier à Masan, près de Pusan, où le bilan parmi les manifestants entraîna 8 morts et 70 blessés. Comme tout au long du soulèvement, le gouvernement Syngman Rhee accusa les communistes d’être derrière les événements. A Masan, le soulèvement avait conduit au sac de postes de police, d’un journal pro-gouvernemental et du siège du comité de campagne du Parti libéral.

Le 11 avril était retrouvé dans la baie de Masan le corps d’un étudiant de 17 ans porté disparu, Kim Ju-yeol (photo ci-dessus, source : Korea Times). Le même jour, à 18 heures, une manifestation réunit 30 000 participants à Masan. Durant la nuit, deux personnes furent abattues par la police. Les étudiants allaient désormais prendre une part essentielle aux manifestations qui devaient causer la chute de Syngman Rhee.

Le 18 avril, les étudiants de l’Université de Goryo, à Séoul, organisèrent un sit-in devant l’Assemblée nationale. Une attaque orchestrée par des voyous soutenus par le Parti libéral causa une dizaine de blessés. Le lendemain, l’incident faisait la une des journaux. Les médias se désolidarisaient du pouvoir, rendant désormais compte en détail des manifestations étudiantes.

La nouvelle manifestation étudiante, le mardi 19 avril, eut une ampleur inégalée, rassemblant les étudiants en lettres, en sciences en droit et en art de l’Université nationale de Séoul, ceux en sciences de l’éducation et en gestion de l’Université de Konkuk, les lycéens de Dongsung, les étudiants des Universités de Goryo, Dongguk, Yonsei et Chungang. A 11h50, une partie des étudiants marcha sur le Capitole, siège du gouvernement, et le palais présidentiel, en conspuant le chef de l’Etat. Les forces de police du palais présidentiel ouvrirent le feu vers 13h40, entraînant 21 morts. Vers 14h30, les manifestants étaient 200.000 à Séoul, s’opposant aux forces de police. Vingt-six bâtiments furent détruits, dont le siège du Seoul Sinmun et la Maison de l’anticommunisme. Le bilan des combats à Séoul s’établissait, au 21 avril, à 104 morts (dont 3 policiers).

Le même jour, la loi martiale était proclamée à Séoul à 14h40 (avec effet rétroactif à 13h), puis étendue aux principales villes de province, où des manifestations de masse avaient entraîné des morts à Gwangju et Pusan. Le bilan total de la répression atteignit 186 morts, dont 77 étudiants, collégiens et lycéens et 66 paysans.

Sous la direction de Song Yo-chan, les troupes de la loi martiale engagèrent des pourparlers avec les manifestants, conduisant à la libération des étudiants emprisonnés. La tournure des évènements surprit Syngman Rhee et ses ministres, d’autant plus - fait unique dans l’histoire de la Corée du Sud - qu’ils avaient perdu le soutien du gouvernement américain. Initialement, les Etats-Unis n’avaient pas critiqué les fraudes de l’élection du 15 mars, confirmant même une visite officielle du président Dwight D. Eisenhower. Mais au lendemain du soulèvement du 19 avril, le ministère américain des Affaires étrangères fit une déclaration, le 20 avril, demandant une démocratisation de la Corée du Sud. Le 21 avril, le gouvernement et les dirigeants du Parti libéral remirent collectivement leur démission. Mais Syngman Rhee restait en place, déclarant se tenir à l’écart des partis, en évitant d’aborder les questions de la fraude électorale et de la répression.

Le 25 avril, 300 professeurs se réunirent à l’Université nationale de Séoul et déclarèrent que les manifestations traduisaient l’esprit de la nation. Ils demandèrent la démission du président, des députés et des juges de la Cour suprême. Prenant la tête d’une manifestation appelant à venger les étudiants morts, ils furent rejoints par plus de 40.000 manifestants, alors que les troupes de la loi martiale attendaient des instructions. Syngman Rhee procédait à la nomination du Premier ministre par intérim Heo Jeong comme ministre des Affaires étrangères, appelé à exercer les fonctions de chef de l’Etat s’il démissionnait.

Les manifestations du 26 avril commencèrent dès 5 heures du matin, à la fin du couvre-feu. Les manifestants montèrent sur les chars des troupes de la loi martiale, tandis que la statue de bronze de Syngman Rhee au milieu du parc de la Pagode était renversée. Syngman Rhee n’avait plus d’autre choix que de remettre sa démission, annoncée à 10h20 par le Quartier général de la loi martiale. Le 28 avril, Yi Gi-bung, sa femme, son fils aîné - également fils adoptif de Syngmann Rhee - et son fils cadet se suicidèrent dans le palais présidentiel. Le 29 mai, Syngman Rhee partait en exil à Hawaï, où il mourrait en 1965.

La révolution d’avril 1960 avait eu raison de douze ans de régime autoritaire. Il restait aux vainqueurs du jour à s’organiser, divisés entre l’ancienne opposition de droite et la gauche décapitée après l’exécution de Cho Bong-am, moins d’un an plus tôt. Si dans ce contexte de dissensions le coup d’Etat militaire de mai 1961 devait bientôt mettre fin à la première période de démocratie en Corée du Sud, celle-ci n’en allait pas moins façonner l’histoire de la Corée contemporaine.

Sources :

- Seo Joong-seok, La Corée du Sud : 60 ans d’histoire contemporaine. Origines et étapes du mouvement démocratique, Fondation coréenne pour la démocratie, Séoul, 2007, pp. 85-108.
- Kang Man-gil, A History of contemporary Korea, Global oriental, 2005 pour la version anglaise, pp. 238-240.

Le mouvement populaire contre la misère, la dictature et la division du pays

De la dictature de Park Chung Hee à celle de Chun Doo Hwan

Tout au long de la dictature de Park, malgré la répression, de grands mouvements de protestation éclatent chroniquement dans lesquels les étudiants jouent un rôle de premier plan. C’est notamment le cas des grandes manifestations en 1965 contre la signature du traité entre le Japon et la Corée et en 1972 contre la proclamation de la loi martiale et la nouvelle Constitution qui octroie au dictateur de rester en poste jusqu’à sa mort. Des manifestations étudiantes durement réprimées dans la ville de Pusan, en octobre 1979, déclenchent une crise de régime qui se solde par l’assassinat de Park Chung Hee, le 26 octobre. Park tombe sous les balles de son collaborateur le plus proche, Kim Jae Kyu, alors directeur de la KCIA (Agence centrale de renseignement sud-coréenne). Une grande manifestation étudiante dans la cité industrielle de Pusan, le 16 octobre, a dégénéré en affrontement avec la police le lendemain. Le gouvernement Park a aussitôt proclamé l’état d’urgence dans cette ville, envoyant une division d’infanterie. Malgré cette mesure, les manifestations s’étendent à d’autres villes comme Masan, une autre ville industrielle, où se trouvent de nombreuses entreprises exportatrices. De nombreux ouvriers se sont engagés dans des actions de rue. Park déclare aussi l’état de siège à Masan. Pendant les quatre jours d’affrontement, ce sont 4 207 personnes qui sont arrêtées. Les manifestations étudiantes s’étendent à la capitale, Séoul |25|. Le chef de la KCIA juge qu’en se débarrassant de Park, il est possible de sauver la situation. Au lendemain de la mort du général Park, l’armée est divisée : un secteur laisse miroiter la perspective d’une certaine « libéralisation » du régime. Les mobilisations se poursuivent. Début décembre 1979, la plupart des détenus politiques (dont certains purgeaient de très longues peines de prison) sont libérés. Le 12 décembre, coup de théâtre, le major-général Chun Doo Hwan réussit un putsch au sein de l’armée, il fait arrêter son principal rival le général Ching et prend le contrôle total de l’armée. Les mobilisations se poursuivent. Le 14 avril 1980, Chun Doo Hwan qui conserve ses fonctions de chef de l’armée est nommé directeur de la KCIA par le chef de l’Etat. Les mobilisations se poursuivent. Le retour à la dictature militaire ouverte a lieu le 18 mai 1980. Une répression brutale est déclenchée : tous les dirigeants de l’opposition sont arrêtés. Cela provoque de grandes explosions sociales dont l’insurrection urbaine de Kwangju est le point culminant.

Immédiatement après la proclamation d’une nouvelle loi martiale, le 18 mai 1980, plusieurs milliers d’étudiants de l’université de Chonam à Kwangju descendent dans la rue. Des régiments de parachutistes sont envoyés et assassinent des manifestants, dont des jeunes filles, à la baïonnette (voir encadré en bas d’article). Le lendemain, plus de 50 000 personnes commencent à affronter les soldats. Au cours des combats, plus de 260 d’entre elles sont tuées. Après quatre jours de lutte acharnée, le nombre des insurgés atteint 200 000 dans une ville dont la population est d’environ 750 000. Ils prennent finalement le contrôle de la ville toute entière. Les stations de radio sont incendiées par les manifestants rendus furieux par le fait qu’aucune information n’a été donnée sur leur lutte en raison de la censure imposée par la loi martiale. Les insurgés se saisissent des armes abandonnées par les troupes repliées à l’extérieur et s’organisent en comités de contrôle et d’administration de la ville. Le 23 mai, c’est la province de Cholla au sud de la Corée qui est toute entière aux mains des étudiants et de la population insurgée. Les étudiants de Kwangju s’emparent de bus et de camions et, les armes à la main, se rendent d’une ville à l’autre permettant ainsi l’extension du mouvement. Alors que de nouvelles troupes gouvernementales approchent de Kwangju, les insurgés constituent un comité de crise afin de négocier avec les autorités chargées d’imposer la loi martiale. Ils exigent de ces autorités qu’elles présentent des excuses au peuple de Kwangju pour les atrocités commises, qu’elles versent des indemnités pour les blessés et les morts, qu’elles n’exercent pas de représailles après les événements, que les chefs militaires ne déplacent pas les troupes avant qu’un règlement n’intervienne. Malgré ces négociations, les troupes, environ 17 000 hommes, prennent d’assaut la ville à l’aube du 27 mai et l’occupent. Le nombre des morts du côté des étudiants et des habitants de la ville dépasse plusieurs centaines |26|. La répression s’est faite avec la bénédiction de l’armée américaine et de Washington |27|. Dans les mois qui suivent, la répression touche tout le pays. Selon un rapport officiel daté du 9 février 1981, plus de 57 000 personnes ont été arrêtées à l’occasion de la ‘Campagne de purification sociale’ engagée depuis l’été 1980. Près de 39 000 d’entre elles ont été envoyées dans des camps militaires pour une ‘rééducation physique et psychologique’ |28|. En février 1981, le dictateur Chun Doo Hwan est reçu à la Maison Blanche par le nouveau président des Ėtats-Unis, Ronald Reagan |29|.

Treizième constat : Un puissant mouvement social anti-dictatorial avec à sa tête les étudiants affronte la dictature. Après l’assassinat de Park (octobre 1979) et un court intermède démocratique, une nouvelle dictature féroce s’installe en déclenchant une répression sanglante en mai 1980 soutenue par Washington et par Tokyo.

La politique économique du dictateur Chun Doo Hwan (1980-1987)

Après l’assassinat du dictateur Park Chung Hee en 1979 et la mise en place de la dictature du général Chun Doo Hwan, l’orientation économique ne change pas fondamentalement. La Corée qui s’est endettée fortement au cours des années 1970 auprès des banques étrangères, principalement japonaises, subit plus durement que les autres PED le choc de la hausse brutale des taux d’intérêt car elle a largement emprunté à taux variables. En 1983, la Corée du Sud est quatrième sur la liste des pays les plus endettés en chiffres absolus (43 milliards de dollars), elle n’est précédée que par le Brésil (98 milliards), le Mexique (93 milliards) et l’Argentine (45 milliards). Mais, encore une fois, sa position géostratégique lui donne droit à un traitement différent de celui des autres pays en développement. Le Japon vient à la rescousse en versant à la Corée 3 milliards de dollars (au titre des réparations de guerre) que celle-ci utilise pour maintenir le remboursement de la dette à l’égard des banquiers japonais. Cela lui évite de devoir faire appel au FMI et de se plier à ses conditions draconiennes |30|. De son côté, le gouvernement japonais évite ainsi la faillite de certaines de ses banques et obtient de la Corée du Sud de plus grandes facilités d’investissement. Quatorzième constat : Contrairement à la version de la Banque mondiale, le recours massif à l’endettement externe auprès des banques privées a failli coûter très cher à la Corée du Sud. Si celle-ci n’avait pas occupé une place géostratégique de toute première importance aux yeux des Etats-Unis et du Japon, elle aurait pu connaître le sort de pays comme l’Argentine, le Brésil et le Mexique qui ont dû se soumettre aux conditions du FMI. Comme on le verra dans la suite, elle a pu continuer à suivre une voie partiellement indépendante de développement jusqu’aux années 1990.

La Corée est aussi affectée par le second choc pétrolier de 1979 (hausse du prix du pétrole provoquée par la révolution iranienne et le renversement du Shah) mais encaisse le coup. Le contrôle autoritaire sur l’économie est maintenu : le gouvernement impose aux industries de fabriquer tel produit plutôt que tel autre. Il décide de restructurer l’industrie de production de véhicules de transport et charge deux chaebols de produire des automobiles. La Banque mondiale s’oppose à cette orientation et recommande au contraire à la Corée d’abandonner la production de véhicules finis en se concentrant sur la production de pièces détachées destinées à l’exportation. La Banque explique que les voitures coréennes ne se vendront pas. Les autorités coréennes tiennent tête. Résultat : au milieu des années 1980, la firme coréenne Hyundai (contrôlée à 100% par du capital privé coréen soutenu par les pouvoirs publics) réussit à exporter ses voitures aux États-Unis et à y conquérir de substantielles parts de marché !

A l’époque, la Banque a définitivement tourné la page des concessions à l’égard du modèle d’industrialisation par substitution d’importation. En 1981, sous l’administration Reagan, les derniers économistes favorables à une intervention de l’État sont remplacés par des néolibéraux purs et durs avec Anne Krueger comme économiste en chef. Celle-ci a écrit quelques années auparavant un livre sur la Corée pour démontrer la supériorité de la substitution d’exportation sur la substitution d’importation |31|. La volonté de Séoul de produire des automobiles pour l’exportation s’inscrit dans une démarche agressive de substitutions d’exportation et, en principe, elle devrait être fermement soutenue par la Banque. Ce n’est pas le cas car la décision de Séoul menace l’industrie automobile des Ėtats-Unis. La limite de la grande flexibilité des économistes de la Banque est vite atteinte lorsque les intérêts des Ėtats-Unis sont en jeu. Quinzième constat : Le régime de Chun Doo Hwan refuse une nouvelle fois de suivre les recommandations de la Banque mondiale et gagne son pari contre elle. La Banque maintient cependant son soutien à la dictature car elle veut à tout prix tenter de l’influencer. De leur côté, les Ėtats-Unis commencent à se méfier de l’appétit des entreprises sud-coréennes.

Vers la fin de la dictature de Chun Doo Hwan (1980-1987)

En 1979-1980, dans de nombreuses entreprises, des ouvriers cherchent à se doter de syndicats. L’enjeu est la formation de nouveaux syndicats « indépendants », défiant ouvertement la politique de collaboration de la direction de la FKTU, tout en étant obligés de s’y affilier conformément à la loi. Suite à la répression déclenchée par Chun Doo Hwan, une centaine de sections locales de la FKTU sont dissoutes, 191 permanents sont licenciés et certains sont envoyés dans des camps. Dans ce mouvement de création des syndicats indépendants, le rôle moteur a été joué par des jeunes, ouvriers ou étudiants contestataires, qui ont choisi de s’établir en usine pour poursuivre la lutte politique entamée à l’université. Le mouvement étudiant a commencé à relever la tête en 1983-1984 et connaît un processus non seulement de radicalisation mais aussi de politisation en profondeur. De début 1986 à mai 1986, 166 000 étudiants ont participé à des manifestations |32|. L’importance du mouvement dans les universités |33| est reflétée par le fait que ce sont les étudiants qui constituent la grande majorité des prisonniers politiques (800 étudiants sur 1 300 détenus politiques). Dans les usines, les ouvriers reprennent le combat à partir de 1985. Pour la première fois, une grève importante éclate dans un chaebol, l’entreprise Daewoo Motors. Elle est couronnée de succès et un nouveau syndicat indépendant est créé. Le 12 février 1986, une campagne de pétition est lancée à Séoul par le Nouveau Parti démocratique de Corée (NKDP) pour changer la Constitution (l’objectif est de permettre l’élection par suffrage direct du président et non par un collège électoral). Dans les mois suivants, une série de rassemblements mobilisent des dizaines de milliers de personnes dans les grandes villes du pays. Les étudiants participent de manière autonome au mouvement démocratique en mettant en avant des mots d’ordre radicaux tels que ‘A bas la dictature militaire’, ‘Contre la présence dans le pays des 40.000 soldats US’ et pour une ‘Constitution populaire’. Le 29 novembre 1986, le régime fait investir la ville de Séoul par 50 000 policiers afin d’empêcher la tenue d’un rassemblement du NKDP. Le régime applique la force de l’État contre l’opposition mais cette politique échoue car une lame de fond traverse toutes les couches de la société pour les revendications démocratiques. Les négociations entre dictature et opposition sur les procédures électorales n’aboutissent pas. Le gouvernement est affaibli par les suites politiques de l’assassinat d’un étudiant dans un commissariat. Dans cette situation, toutes les forces d’opposition, dont la nouvelle coalition issue d’une scission du NKDP, appellent à une manifestation le 10 juin 1987. La veille, la police a interpellé 3 000 personnes, mis en résidence surveillée 140 dirigeants de l’opposition, déployé des dizaines de milliers de policiers. Rien n’y fait : le 10 juin et les jours suivants, la protestation s’étend à tout le pays, des affrontements massifs atteignent un tel niveau que le régime commence à reculer : les élections présidentielles directes sont acquises |34|. Cette fois-ci, Washington a fini par mettre la pression sur la dictature pour qu’elle lâche du lest.

Du côté des usines, le mouvement ne se limite pas à la perspective des urnes. Les travailleurs sud-coréens s’engouffrent dans la brèche ouverte par la victoire du mouvement de masse de juin 1987 dont le fer de lance fut constitué par les étudiants. L’été 1987 voit la Corée du Sud secouée par une vague de grèves sans précédent. Entre le 17 juillet et le 25 août, on dénombre 1 064 conflits du travail |35| alors que la moyenne annuelle des dix années précédentes s’établit à 200 conflits |36|. Tous les secteurs de l’économie sont touchés, y compris les chaebols (24 000 ouvriers des chantiers navals de Hyundai, 15 000 mineurs de charbon, etc.). Les luttes sont marquées par une forte combativité : occupation des entreprises et même des locaux de direction, blocage des voies ferrées et occupation des gares, refus de la tactique du lock-out patronal... Les conflits aboutissent à des augmentations de salaire significatives et la reconnaissance de syndicats indépendants et démocratiques. En 1988, on compte déjà 2 799 syndicats démocratiques. En 1989, on dépasse les 7 000. En janvier 1990 est fondé le Congrès des syndicats coréens, qui devient quelques années plus tard la Confédération des syndicats coréens (KCTU). Pourtant, jusque dans les années 2000, la création d’une confédération syndicale est un acte illégal.

Soulèvement de Gwangju et réfugiés en Corée du sud

Le 18 mai 1980, un jour après l’application de l’état de siège dans la province de Gwangju, des étudiants manifestent dans le centre-ville de Gwangju (sud-ouest du pays) pour la défense de la démocratie après l’arrivée au pouvoir du dictateur Chun Doo-hwan lors d’un coup d’état en 1979... Ce soulèvement de Gwangju sera sévèrement réprimé par l’armée qui reprendra le contrôle de la ville le 27 mai 1980. Le bilan officiel de ce massacre est incertain, entre 170 et 2000 morts suivant les sources...

La ville de Gwangju a été depuis surnommée "le mémorial de la démocratie coréenne" et un cimetière national y a été inauguré en 2002 pour rendre hommage aux victimes de cette tuerie. La poste coréenne a émis, le 18 mai 2010, une carte illustrée pré-affranchie (220 won) pour commémorer le 30ème anniversaire de ce soulèvement étudiant.

Cette carte ci-dessus (merci beaucoup Ji-Ho !) évoque, à gauche, le monument construit en hommage aux victimes avec une photographie d’époque de ce soulèvement en fond.

La partie supérieure du monument du mémorial est représentée sur le timbre avec une oblitération "1er jour" évoquant un détail du monument à gauche.

Le 4 décembre 2000, l’assemblée générale des Nations Unies adoptait une résolution instituant une Journée mondiale des réfugiés, célébrée depuis chaque année le 20 juin.

Cette journée internationale a pour but de sensibiliser le plus grand nombre à la cause des populations réfugiées à travers le monde (estimée à 34 millions de personnes) qui ont fui leur pays après des conflits ou des persécutions religieuses, ethniques, sociales, politiques... Les femmes et les enfants faisant partie de ces populations déplacées sont les plus vulnérables (privations, faim, viols, crimes...). Pour commémorer le 10ème anniversaire de l’institution de cette Journée mondiale des réfugiés, la poste coréenne a émis, le 18 juin 2010, le timbre sur le FDC ci-dessus (merci beaucoup Kim !), disponible en feuille de 12 timbres avec des marges illustrées. Sur ce timbre, des enfants et des femmes forment un toit avec leurs bras, rappelant l’emblème du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés).

la classe ouvrière sud-coréenne a détruit, grâce à des grèves de masse remarquables au cours des années 1987-1990, les bases d’une dictature militaire qui sévissait depuis des décennies. Pendant une brève période (1990-1994), les grèves ont abouti à la création de syndicats démocratiques radicaux et donc à des augmentations de salaires élevées et générales. Mais, comme dans les autres cas cités ci-dessus, la classe ouvrière a été reléguée au rôle de bélier facilitant un changement politique « démocratique » qui a rapidement chanté l’hymne de la mondialisation et du néolibéralisme en faveur de l’économie de marché. En fait, avant la vague de grèves mais surtout après, le capital sud-coréen investissait déjà à l’étranger et cherchait à imposer une politique d’austérité néolibérale à l’intérieur du pays. En 1997-98, la crise financière asiatique força la Corée du Sud à passer sous la tutelle du FMI, ce qui accéléra considérablement la précarisation de la classe ouvrière coréenne, précarisation qui avait été la principale riposte capitaliste aux avancées de la fin des années 80. Aujourd’hui, au moins 60% de la main-d’œuvre vivent dans la précarité la plus brutale. Soumis aux licenciements instantanés, les travailleurs précaires touchent des salaires et des avantages sociaux qui sont au moins inférieurs de moitié au statut des 10% constitués par les travailleurs fixes. Les vestiges bureaucratiques des syndicats démocratiques radicaux du début des années 90 ne sont plus aujourd’hui que des organisations corporatistes représentant cette élite de la classe ouvrière, et autant de luttes ont éclaté entre les travailleurs fixes et les travailleurs précarisés qu’entre l’ensemble des ouvriers et le capital lui-même.

Chronologie

18 mai au 21 mai

Le matin du 18 mai, les étudiants ont protesté la porte de Université de national de Chonnam contre sa fermeture, pierres de lancement à parachutistes qui bloquaient la porte. Les parachutistes, qualifiés dans la guerre peu usuelle et la commande non civile d’émeute, ont répondu en battant les protestataires avec des baïonnettes et des bâtons. Après l’incident, des étudiants entrés dans le centre-ville et continués abolition pour protester, de la demande de loi martiale et le dégagement de Kim Dae-jung. Parachutistes bientôt suivis et de nouveau opposés avec des démonstrateurs.

La suppression a été marquée par violence. Les témoins disent que les soldats ont matraqué des démonstrateurs et des spectateurs. La première fatalité connue était un homme sourd de 29 ans appelé Kim Gyeong-cheol, qui n’a jamais participé à la protestation mais était a matraqué à la mort le 18 mai tout en passant par la scène. Quelques témoignages et photographies suggèrent même l’utilisation des baïonnettes. Pendant que des citoyens étaient fâchés par la violence, le nombre de protestataires a rapidement augmenté et a excédé 100.000 pour le 20 mai.

Il était inévitable que les accidents se produiraient dans les militaires et la police pendant le conflit avec les démonstrateurs civils. Pendant que le conflit escaladait, l’armée a soudainement commencé à employer le tir, tuant des nombres inconnus de citoyens immédiatement près de la station de Gwangju le 20 mai. Que le même jour, les protestataires irrités ont brûlé en bas des gens du pays MBC postez qui a dénoncé des civils de Gwangju comme rioters aussi bien que des faits fabriqués sur la situation dans Gwangju à ce moment. Quatre policiers ont été tués à une barricade de police près du bâtiment provincial de gouvernement après qu’une voiture enfoncée dans eux[1].

La nuit du 20 mai, les centaines de taxis ont mené un grand défilé des autobus, des grands camions et des voitures vers l’Office provincial pour rencontrer la protestation. Pendant que les conducteurs conduisaient dans la démonstration, les troupes ont employé le gaz lacrymogène, tiré leur hors des voitures et les ont battues. Ces « conducteurs de démocratie » ont montré jusqu’à l’appui les citoyens et la démonstration en raison de la brutalité de troupe étée témoin de bonne heure, comme hors de la colère après que beaucoup de conducteurs de taxi aient été assaillis quand essayant d’aider blessé et tout en portant des personnes à l’hôpital. Certains ont été même tirés après les conducteurs essayés pour utiliser les véhicules pour bloquer des soldats ou comme armes. [2]

La violence a culminé le 21 mai. À environ 1 P.M., l’armée mise le feu à une foule de protestation a recueilli devant l’Office provincial de Jeonnam, causant beaucoup d’accidents. Les citoyens ont commencé à s’armer avec M1 fusille et carbines pris des arsenaux et des commissariats de police dans les villes voisines pour leur propre défense. Plus tard cet après-midi, combats d’armes à feu sanglants entre les milices civiles et l’armée a éclaté dans la place provinciale d’Office. Par 5:30 P.M., les milices avaient acquis deux mitrailleuses légères et les avaient employées contre l’armée, qui a commencé à retraiter du centre-ville.

22 mai au 25 mai

En ce moment, toutes les troupes ont retraité aux secteurs suburbains, attendant des renforts. Pendant cette période l’armée a bloqué tous les itinéraires et communications menant dans et hors de la ville. Quoiqu’il ait y eu une accalmie dans le combat entre les milices et l’armée, plus d’accidents ont été encourus quand des soldats mis le feu à un autobus de dépassement dans le Jiwon-coup, tuant 17 des 18 passagers le 23 mai. Les soldats suivants de jour mis le feu aux garçons nageant dans le réservoir de Wonje et tué d’entre eux. Plus tard ce jour l’armée a souffert ses accidents plus lourds, quand des troupes de manière erronée mises le feu à l’un l’autre dans le Songam-coup.

En attendant, dans la ville « libérée » de Gwangju, le Comité du règlement des citoyens et le Comité du règlement des étudiants ont été formés. L’ancien s’est composé d’environ 20 prédicateurs, avocats et professeurs. Ils étaient en pourparlers avec l’armée exigeant le dégagement des citoyens arrêtés, la compensation pour des victimes et la prohibition de la revanche en échange du désarmement des milices. Le dernier a été constitué par des étudiants d’université, et a pris la charge des enterrements, des campagnes publiques, de la commande de trafic, du retrait des armes, et de l’aide médicale. L’ordre de la ville a été bien maintenu, mais les négociations sont venues à une impasse pendant que l’armée invitait les milices à se désarmer immédiatement. Cette question a causé la division chez les comités de règlement ; les colombes ont voulu la reddition immédiate, alors que les faucons réclamaient la résistance continue jusqu’à ce que leurs demandes aient été met. Après discussions houleuses, par la suite les faucons ont pris la commande.

Comme les nouvelles de la diffusion de massacre de Gwangju, d’autres protestations contre le gouvernement ont éclaté dans des régions voisines comprenant Hwasun, Naju, Haenam, Mokpo, Yeongam, Gangjin, et Muan. Tandis que les protestations finissaient paisiblement dans la plupart des régions, dans Haenam il y avait des combats d’armes à feu entre les protestataires et les troupes armés. Pour le 24 mai, la plupart de ces protestations étaient mortes vers le bas, excepté Mokpo où les protestations ont continué jusqu’au 28 mai.

26 mai

Pour le 26 mai, l’armée était prête à réintroduire la ville. Les membres du Comité du règlement des citoyens ont sans succès essayé de bloquer l’avance de l’armée par le mensonge vers le bas sur la rue. Comme les nouvelles de la diffusion imminente d’attaque, les milices civiles ont recueilli dans l’Office provincial, se préparant au dernier stand.

27 mai

Chez 4:00 heure du matin, troupes de cinq divisions entrées dans le centre-ville et défaites les milices civiles en seulement 90 minutes.

Il n’y a aucun péage exact de la mort du soulèvement 1980 de Gwangju. Les figures « officielles » ont libéré par la commande martiale de loi ont mis le péage de la mort à 144 civils, à 22 troupes et à 4 polices tués, avec 127 civils, 109 troupes et 144 polices enroulées. Les individus qui ont essayé de contester ces figures étaient responsables de l’arrestation pour « des rumeurs fausses de propagation ».[3]

Selon le 18 mai l’association privée de famille, au moins 165 personnes est morte entre les 18 et 27 mai. Encore 65 manquent toujours et présumé complètement. 23 soldats et 4 policiers ont été tués pendant le soulèvement, y compris 13 soldats tués dans l’incident du l’amical-feu entre les troupes dans le Songam-coup. Les figures pour des accidents de police sont susceptibles d’être plus hautes, en raison des rapports de plusieurs policiers eux-mêmes tué par des soldats pour libérer des rioters capturés.[4]

Selon le film de 2007 Coréens 18 mai (Hyuga de Hwaryeohan), dirigé par le Ji-hun de Kim, « l’incident a eu comme conséquence les 207 décès, 2.392 enroulé, et 987 personnes absentes, mais le nombre exact d’accidents a été sujet au conflit considérable. Des membres du gouvernement militaire ont été accusés avec la rébellion mais le coupable de commander le feu ouvert contre les citoyens a pour être identifié encore ".

Le gouvernement a dénoncé le soulèvement comme rébellion incitée par Kim Dae-jung et ses disciples. Dans des épreuves suivantes, Kim a été condamné et condamné à la mort, bien que sa punition plus tard ait été réduite en réponse aux outcries internationaux. Des 1394 personnes globales ont été arrêtées pour une certaine participation dans l’incident de Gwangju et 427 ont été accusés. Parmi eux, 7 phrases de mort et 12 reçus ont reçu des phrases de la vie.

Le mouvement de Gwangju a eu un impact profond sur la politique coréenne du sud et l’histoire. Chun Doo-hwan a souffert des problèmes de popularité parce qu’il a pris la puissance par un coup militaire, mais après l’autorisation de l’expédition des forces spéciales sur des citoyens, sa légitimité a été sensiblement endommagée. Les Etats-Unis ont été précédemment vus en tant qu’un libérateur et protecteur, mais le mouvement de démocratisation de Gwangju a changé l’image des États-Unis parce qu’on l’a supposé les Etats-Unis ont su en avant du temps au sujet de l’expédition des troupes spéciales et reposée à vide pendant que des civils étaient tués. L’image américaine a été encore endommagée quand les États-Unis suite pour soutenir Chun Doo-hwan par les années 80. Cependant, le mouvement a également préparé le terrain pour les mouvements postérieurs dans les années 80 qui ont par la suite apporté la démocratie en Corée du Sud. Le mouvement de démocratisation de Gwangju est devenu un symbole de la lutte du sud des Coréens contre des régimes autoritaires et de leur combat pour la démocratie.

Au cimetière de Mangwol-coup dans Gwangju où les corps des victimes ont été enterrés, les survivants du massacre et les familles privées ont tenu un service commémoratif annuel le 18 mai chaque année depuis 1983. Beaucoup de démonstrations pro-démocratiques dans les années 80 ont exigé l’identification officielle de la vérité du massacre et de la punition de Gwangju pour ceux responsables. La réévaluation officielle a commencé après le rétablissement des élections présidentielles directes en 1987. En 1988, Assemblée nationale a tenu une audition publique sur le massacre de Gwangju, et a officiellement retitré l’incident comme mouvement de démocratisation de Gwangju.

En 1995, pendant que la pression publique montait, l’Assemblée nationale a passé le mouvement spécial de démocratisation de loi le 18 mai, qui a permis la poursuite de ceux responsables du coup d’état du 12 décembre et du massacre de Gwangju malgré le fait que le statut des limitations s’était épuisé. Plus tard 8 politiciens ont été accusés pour la trahison élevée et le massacre en 1996. Leurs punitions ont été arrangées en 1997, y compris une phrase de la vie pour l’ancien Président Chun Doo-hwan. Mais tout condamne a été pardonné au nom de la réconciliation nationale le 22 décembre par le président Jeune-SAM de Kim.

En 1997, 18 mai a été déclaré un jour commémoratif officiel. En 2002, une loi favorisant les familles privées est entrée en vigueur, et le cimetière de Mangwol-coup a été élevé au statut d’un cimetière national.

À partir de juin 1987 et de manière significative jusqu’en 1990, la vague de grèves que l’on appelle en coréen « Nodongja Taettujaeng », la Grande Lutte des Travailleurs, représente un des principaux épisodes de la lutte de classe durant les années 80, de même que Solidarnosc en Pologne (1980-81), les conseils ouvriers (shura) iraniens (1979-1981) et la vague brésilienne de grèves de 1978-1983. La vague de grèves a ébranlé les bases d’une dictature qui avait régné façon presque interrompue après la fin de la guerre de Corée.

Ces grèves ont permis que des secteurs importants de la classe ouvrière coréenne bénéficient d’augmentations de salaire significatives, et qu’apparaissent, durant une brève période (1990-1994), des syndicats démocratiques radicaux qui formèrent le Congrès national des syndicats (ChoNoHyop), regroupement qui défendait une politique anticapitaliste, au moins verbalement.

Dès que cette vague de grèves eut triomphé, ses gains commencèrent à être sérieusement attaqués.

Le ChoNoHyop fut détruit par la répression gouvernementale qui frappa ses meilleurs militants. D’autre part, le gouvernement incita les militants plus conservateurs à former la Confédération coréenne des syndicats (Minju Nochong ou KCTU) qui fut crée en 1995 ; en décembre 1996, le gouvernement essaya d’imposer par la force une loi de précarisation du travail à laquelle la KCTU s’opposa à contrecœur durant la grève de janvier 1997. En automne 1997, la crise financière asiatique obligea la Corée du Sud à passer sous la tutelle du FMI en échange d’un renflouement de 57 milliards de dollars, et le FMI exigea explicitement la précarisation de la force de travail et des licenciements de masse pour appliquer son programme de restructurations. En décembre 1997, Kim Dae Jong, dirigeant de l’opposition démocratique depuis des décennies, fut élu président de la République ; en février 1998, il amena la KCTU à signer un « accord historique » et à accepter des centaines de milliers de licenciements et des plans sociaux avec réductions d’effectifs en accord avec les demandes du FMI, le tout en échange de la légalisation définitive du syndicat.

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