Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /homepages/36/d206324349/htdocs/site_org1G/config/ecran_securite.php on line 180
Cro-Magnon-sapiens-sapiens est-il encore en train de renier son ancêtre néandertalien ? - Matière et Révolution
English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 02 - SCIENCES - SCIENCE > Formation et filiation de l’homme > Cro-Magnon-sapiens-sapiens est-il encore en train de renier son ancêtre (...)

Cro-Magnon-sapiens-sapiens est-il encore en train de renier son ancêtre néandertalien ?

mercredi 7 septembre 2011, par Robert Paris

A gauche Néandertal et à droite Cro Magnon (c’est-à-dire le sapiens-sapiens)

Nous sommes des sapiens-sapiens nous a-t-on dit. Sapiens signifie que nous savons et nos prédécesseurs ne savaient pas. Voire.

Et, du coup, nos prédécesseurs n’étaient pas sapiens.

Tout d’abord, on nous a dit que les Néandertaliens n’avaient rien de prédécesseurs. Et aussi qu’ils ne fabriquaient pas d’outils, n’enterraient pas leurs morts et n’avaient pas d’art, qu’ils étaient très conservateurs et incapables de souplesse intellectuelle, qu’ils avaient un trop petit crâne, etc, etc....

C’est faux : Néandertal enterre ses morts et les orne de parures et de pigments de couleur comme sapiens-Cro Magnon mais avant lui... Cela n’empêche pas de continuer à prétendre que sapiens sera le premier à avoir une activité artistique alors que c’était loin d’être prouvé...

Quand on découvrait des grottes peintes, des outils, des tombes, cela ne pouvait qu’être dû aux progrès intellectuels réalisés par sapiens....

Même quand on a découvert la grotte Chauvet avec des peintures datées de la pleine époque Néandertal et qui cassait le mythe du progrès artistique des sapiens, on en conclu que c’était forcément un travail des sapiens. Ce n’est pas prouvé.

Voici un exemple de telles affirmations selon lesquelles il est clair que c’est Cro Magnon qui a peint Chauvet à l’époque de l’Aurignacien...

Pourtant, il n’y a ni os ni crâne humain dans la grotte Chauvet...

Et les premières peintures de Chauvet pourraient même être datées de 37.000 ans, alors que Néandertal occupait seul la région !

Cependant, un autre problème : on a découvert qu’il y avait du Néandertal dans nos gènes. Donc les deux étaient inter-féconds et s’étaient croisés...

Qui était Néandertal

Les derniers néandertaliens ont décoré des outils en os et ont fabriqué des objets de parure : l’expression de leur pensée symbolique ressemble à celle des hommes modernes.

F. D’ERRICO, D. BAFFIER et M. JULIEN

Des outils et objets décorés en os ont été fabriqués dans la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure, dans l’Yonne, par des néandertaliens de culture châtelperronienne, il y a environ 40 000 ans.

Dans Le clan de l’ours des cavernes, publié en 1980, Jean Auel brosse un tableau imagé de la période entre 40 000 et 30 000 ans avant notre ère où, en Europe, des hommes anatomiquement modernes, les hommes de Cro-Magnon, côtoient, puis supplantent les derniers néandertaliens. La société néandertalienne y est fondée sur la mémoire collective, la domination masculine, le respect des règles sociales, une faible innovation technique : elle étouffe les élans d’humanité et d’initiative personnelle de ses membres et vénère la tradition, qu’elle considère indispensable à la survie du groupe. Au contraire, les hommes modernes sont ouverts aux innovations techniques, aux échanges culturels et à l’essor de l’individu. Bref, l’intelligence des néandertaliens diffère de celle des Cro-Magnons. Ce scénario, soutenu par un style alerte, n’offre pas l’image la plus fidèle de cette époque de transition. Les néandertaliens ont en effet évolué techniquement et culturellement au cours de leur histoire. En particulier, il y a environ 40 000 ans, ils ont inventé de nouvelles façons de tailler la pierre et ils ont produit en plus grand nombre des outils spécialisés, tels des burins et des grattoirs, déjà connus dans les périodes précédentes. Ils ont aussi commencé à travailler l’os et l’ivoire et, surtout, à produire des objets de parure.

Ces évolutions sont contemporaines de l’arrivée en Europe des hommes modernes. Du moins, les imprécisions des dates obtenues par la méthode du carbone...

Et le métissage ?

Cà jasait depuis un certain temps mais à présent la nouvelle est enfin officielle : la femme de Néandertal a couché avec l’homo sapiens-sapiens, et le contraire aussi.

Petit retour en arrière : Néandertal occupait nos régions depuis -400.000 ans environ.

Arrive l’homo sapiens-sapiens, vers -40 ou -60.000 ans.

Comme on sait que Néandertal a disparu vers -40.000 ans, tout le monde s’accordait à dire que Néandertal avait cohabité, de près ou de loin, avec homo sapiens, mais aucune trace nulle part de cette cohabitation qui, par exemple en termes culturels, aurait pu donner un hybride intéressant.

Qu’ont-ils donc pu faire pendant cette cohabitation laquelle s’est terminée, autre mystère, par la disparition brutale, radicale et définitive de Néandertal vers -40.000 ans ?

Mystère pensions-nous jusqu’ici.

Néandertal commençait depuis peu à redorer son blason : de la brute épaisse pour laquelle il passait jusque là , il fallut bien admettre ( ? ) lorsqu’on découvrit au Proche-Orient des sépultures néandertaliennes, que des hominidés comme eux capables d’enterrer leurs morts ne pouvaient qu’étaient habités par une forme de spiritualité.

Les voici un peu plus tard face aux homo sapiens-sapiens, beaucoup plus évolués - cause sans doute de la disparition plus tard des Néandertal.

Jusqu’il y a peu, l’on affirmait mordicus qu’il n’y avait pas la moindre trace dans nos gènes de ceux de Néandertal : ouf, on respirait, nous descendions donc de ces élégants gentleman sapiens-sapiens, et n’avions rien en partage avec les rustauds très préhistoriques de Néandertal.

On a terminé il y a peu le génome de Néandertal.

Des anthropologues ont découvert il y a très peu de temps que, vu le positionnement de son larynx, le Néandertal était construit pour émettre des sons et , théoriquement, était capable de parler, c’est-à-dire de communiquer.

Et tombait la nouvelle que tous espéraient en secret : oui, c’est à présent officiel, on peut cesser les commérages, lors de leur cohabitation forcée bien connue déjà depuis des décennies, les néandertaliennes ont bien couché avec les sapiens-sapiens, et vice-versa, et ils eurent tellement d’enfants, tellement et encore tellement, que nous-mêmes, en nous regardant désormais dans la glace, allons pouvoir désormais trouver qu’effectivement nous venons d’Afrique et que nos ancêtres sont venus ici ( à Virton, à Sevilla ou à La Roche en Ardenne…) soit en passant Gibraltar, soit en passant par l’Asie.

Voir , paru dans le numéro de Science et Vie : http://www.sciencesetavenir.fr/actu...

On voit désormais les choses autrement, non ?

C’est donc certain : La comparaison des ADN montre que (… ) 1 à 4 % du génome humain actuel pourrait provenir des néandertaliens, Nous pouvons maintenant dire que, selon toute probabilité, il y eu un flux de gènes de Néandertal à l’homme moderne », a déclaré Richard E. Green ( Université de Californie, auteur de l’étude publiée au début dans le prestigieux "SCIENCE".

Ils ont calculé que cet apport génétique des néandertaliens à Homo sapiens a du se produire 50 à 80 000 ans en arrière.

Les chercheurs ont également identifié plus de 70 évolutions du génome de l’homme moderne qui n’existent pas chez Néandertal. Ces gènes sont impliquée dans le développement du cerveau, de la peau, des os et la cognition.

Alors que l’homme de Néandertal s’éteignait et que d’autres se métissaient avec certains Homo sapiens, venant d’Afrique par le Moyen-Orient l’homme de Cro-Magnon s’implante en Europe et partout ou il peut poser les pieds. Il se distingue des Néandertaliens, outre par sa morphologie, par une différence importante d’ordre génétique.

Devant cet obstacle "naturel" plus d’un expert ont pensé que les hommes de Néandertal et les Cro-Magnon, même s’ils vivaient à quelques enjambées les uns des autres, n’avaient jamais vécu dans les mêmes clans et partagés leur patrimoine génétique, sauf sous la contrainte. Car il semble évident que devant la beauté physique des Cro-Magnon, les derniers hommes de Néandertal ont sans doute effectué quelques rapts pour conquérir des jeunes filles plus belles que nature. Mais il serait douteux que les jeunes guerriers Cro-Magnon en soient restés là, ce qui a également put contribuer à l’extinction des Néandertaliens

Quoi qu’il en soit, on pensait jusqu’ici que de leur union n’aurait jamais pu naître de petits d’hommes. Or des généticiens avons récemment découvert que nous avons hérité entre 1 et 4% d’ADN de Néandertal. Nous avons donc des preuves tangibles que dès l’époque de Néandertal et plus encore de Cro-Magnon tant les hommes des savanes africaines que ceux d’Asie et de Chine appartenaient déjà à la même espèce, ils partageaient le même patrimoine génétique ce qui n’a fait qu’accélérer leur extension et faciliter leur développement.

Cro-magnons et néandertaliens ont donc cohabité sur les mêmes terres, chassant sur le même territoire, s’abreuvant aux mêmes points d’eau, reculant devant les mêmes dangers, et cherchant tous les deux à se protéger des mêmes événements climatiques. Cette cohabitation entre -40 000 et -30 000 ans s’est même déroulée pendant une période de relative accalmie climatique. Les deux espèces ont dû se rencontrer, apprendre à se connaître et pourquoi pas, à pratiquer quelques "échanges " ou du troc. Une étude publiée dans la revue Nature (septembre 2005) démontre que les Homo sapiens et les Néandertaliens ont partagé le même site de la Grotte aux Fées il y a 38 000 ans. Bien sûr on peut également imaginer que cette cohabitation n’a pas été aussi idyllique et que quelques affrontements inter-espèces ont dû avoir lieu, comme cela devait être également possible entre différents clans intra-espèces.

Il est très possible que la grotte Chauvet soit la première réalisation des hommes issus du métissage entre Néandertal et sapiens...

Quelques mystères de l’art pariétal préhistorique

Pour conclure... provisoirement

Sur le plan génétique, les néandertaliens sont identiques aux Hommes modernes à 99,5%.

7 Messages de forum

  • Contrairement à ce que l’on croyait jusqu’à présent, l’art pariétal n’était pas une spécificité de l’homo sapiens. L’homme de Néandertal aussi s’y adonnait.

    La découverte est importante et change l’image que l’on se fait des Néandertaliens. Des paléontologues français, espagnols et anglais viennent de découvrir une gravure rupestre réalisée par des hommes de Néandertal à Gibraltar, a annoncé mardi 2 septembre le CNRS.

    Cette « gravure abstraite » en forme de « croisillon » a été découverte dans la grotte de Gorham, à l’est du rocher de Gibraltar. Elle était « profondément incisée dans le sol d’une plateforme rocheuse située au fond de la grotte » et « était couverte par une couche de sédiments », explique dans son communiqué le CNRS. Elle remonte à il y a plus de 39.000 ans.

    Répondre à ce message

  • François-Xavier Chauvière dans « Chasseurs-cueilleurs » :

    « L’Homme moderne (Cro-Magnon), arrivé en Europe il y a environ 40.000 ans, est souvent considéré comme la seule espèce humaine apte à avoir réalisé des industries sur os, ivoire ou bois de renne. Mais Neandertal, son contemporain pour un temps, peut revendiquer une contribution notable à la production d’objets techniques ou symboliques en matières dures animales. En outre, des découvertes ou réexamens récents d’artefacts mis au jour sur le continent africain viennent relancer le débat sur une probable utilisation technique de la matière osseuse pour des périodes beaucoup plus anciennes. »

    Répondre à ce message

  • Seule une poignée de personnes connaît la localisation précise de la grotte de Bruniquel, qui surplombe la vallée de l’Aveyron (Tarn-et-Garonne). Le lieu est tenu secret afin de préserver l’intimité des propriétaires du terrain où se situe la cavité. Ce que les chercheurs franco-belges qui ont exploré la cavité ont découvert pourrait changer radicalement la vision que l’on avait jusqu’ici de l’homme de Neandertal, considéré à tort comme un peu moins éveillé que l’Homo sapiens.

    D’où l’excitation des scientifiques qui ont détaillé mercredi les résultats de leurs recherches dans la revue « Nature ».

    « A l’intérieur, nous sommes tombés sur des structures circulaires composées d’environ 400 stalagmites (NDLR : colonnes en calcaire partant du sol) et des petits tas de stalagmites tronçonnées, raconte Jacques Jaubert, professeur de préhistoire à l’université de Bordeaux et membre de l’équipe qui a participé à l’exploration. Nous avons prélevé des petits bouts de chacun des éléments pour pouvoir les dater. » Les scientifiques acquièrent alors la certitude que les structures découvertes dans la grotte datent de - 176 500 ans. Ils découvrent surtout que ces amas de stalagmites ne sont pas tombés là par hasard mais ont été coupés et agencés par l’homme. Ce qui constitue une découverte majeure.

    « Jusqu’à présent, on ne pensait pas les hommes de Neandertal étaient capables de s’organiser dans une grotte et d’y vivre, à 336 m de l’entrée, dans le noir complet, décrit Jacques Jaubert. J’étais persuadé que des structures si élaborées avaient été construites par des Homo sapiens et donc qu’elles dataient de - 40 000 ans. » C’est à cette époque que l’homme moderne arrive en Europe, entraînant la disparition de Neandertal. « On ne savait pas que l’homme de Neandertal allait sous terre, ajoute sa collègue Sophie Verheyden, chercheuse à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Donc on n’y croyait pas. »

    Si cette découverte est si tardive, c’est que les trésors de cette cavité étaient restés bien cachés. « L’entrée est si étroite qu’il a fallu attendre 1990 pour que des spéléologues découvrent la grotte », explique Jacques Jaubert. Il faudra encore attendre mai 2014, puis 2015, pour qu’une équipe de chercheurs franco-belges commence le long travail de datation des éléments de la grotte. Les spécialistes ont alors compris que l’homme de Neandertal était capable d’aménager une grotte et d’être organisé.

    Répondre à ce message

  • Homo sapiens sapiens et Néandertaliens, comment auraient-ils pu échanger des gènes si ce sont deux espèces différentes ?

    Répondre à ce message

  • Pascal Picq répond : « Si l’on a deux espèces différentes, par définition, on ne peut avoir de transfert génétique. C’est ce qui arrive à deux populations de lignées qui ont trop divergé, comme probablement les néandertaliens nord-européens et les H.sapiens d’Afrique subsaharienne. Ce qui se passe au Proche-Orient, où l’on a retrouvé des néandertaliens aux traits moins caractéristiques, est moins clair mais plus intéressant. C’est de l’« introgression » : deux espèces qui se sont séparées récemment peuvent, s’il n’y a jamais eu rupture totale du flux génétique, encore se métisser. D’ailleurs, Darwin a rappelé que les néandertaliens ont acquis par voie de sélection naturelle la peau claire comme une adaptation au plus faible ensoleillement pour mieux synthétiser la vitamine D. Et nous, il nous a suffi de faire l’amour avec eux pour obtenir, par sélection sexuelle, cette caractéristique. »

    Lire ici

    Et encore

    Répondre à ce message

  • ce qui veut dire qu’il y a toujours eut compatibilité génétique entre Néandertaliens et Sapiens

    voir ici

    Et ici

    Répondre à ce message

  • Frans de Waal dans « Le bonobo, dieu et nous » :

    « Si certains croisements (avec les néandertaliens, par exemple, ont contribué au succès de notre espèce en fin de parcours, peut-être en a-t-il été de même au début. L’ADN des humains et celui des grands singes montrent des signes d’hybridation initiale. Après s’en être séparés, nos ancêtres ont probablement continué à fréquenter les grands singes, comme cela se passe aujourd’hui, nous le savons, entre grizzlis et ours polaires ou entre loups et coyotes. Certains paléontologues sceptiques font valoir qu’il est peu probable que nos ancêtres bipèdes aient continué à s’accoupler pendant plus d’un million d’années avec des grands singes quadrupèdes, mais le mode de locomotion, que je sache, ne dit pas avec qui l’on peut se reproduire ou non. Ce raisonnement me fait penser à une assertion encore plus extravagante qui date du temps où nous n’étions pas encore sûrs de l’hybridation entre hommes et néandertaliens : tout rapport sexuel entre ces deux hominidés était évidemment exclus, disait-on, puisqu’ils ne parlaient sûrement pas la même langue…. »

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0