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Le peuple anglais a-t-il des bonnes raisons de faire de la royauté une fierté nationale ?

jeudi 10 octobre 2013, par Robert Paris

Le peuple anglais a-t-il des bonnes raisons de faire de la royauté une fierté nationale ?

Traduisez le slogan royal anglais, « the king can do no wrong », par

« qu’il tue, viole, vole, pédophilise ou martyrise, c’est mon roi (ou ma reine) et il n’a fait aucun mal ! »

Non seulement la royauté mais l’Etat anglais dit bourgeois démocratique tiennent à maintenir la fiction selon laquelle l’existence de la royauté aurait une grande importance dans la stabilité et la conception même du peuple anglais. C’est complètement faux et il est encore plus faux de prétendre que le peuple anglais est toujours et absolument inconditionnel de la couronne.

Ainsi, la popularité de la famille royale lors d’un mariage entre un prince et une roturière transformé en conte de fée ne suffit pas à faire passer nécessairement toutes les positions réactionnaires de la reine ou de ses enfants. Ainsi, les milieux populaires détestent Thatcher et ont détesté les festivités de son enterrement alors que la famille royale l’adorait et l’ont glorifiée à cette occasion…

Il convient de se rappeler que, bien avant la France, c’est la révolution bourgeoise anglaise qui a tué le premier son roi et mis en place la république. Le peuple anglais a longtemps été fier de son avancée révolutionnaire qui l’a amené le premier à se débarrasser de la royauté. Il convient aussi de rappeler que maintes fois les rois d’Angleterre (et les reines) se sont déconsidérés par leur conduite, par exemple par leur soutien au fascisme lors de la dernière guerre mondiale, ce qui n’est nullement le cas du peuple anglais… Les frasques de toutes sortes de la famille royale ont contribué à déstabiliser la sympathie pour la couronne, pourtant continuellement cultivée aussi bien par la gauche que par la droite.

Le cas de la mort de Diana, très probablement assassinée sur décision de la famille royale, n’est nullement le seul exemple de divergence entre le peuple travailleur de Grande Bretagne et ses souverains.

Les assassinats ont été nombreux à la cour d’Angleterre

Oui, les crimes n’ont pas été accidentels dans les familles royales, y compris entre frères, entre parents et enfants, entre familles royales concurrentes comme au sein de la même famille…

Le roi Charles 1er condamné à mort par la révolution sociale anglaise n’est pas le seul mort de manière non naturelle…

Richard II, massacreur de la révolte des paysans anglais, assassiné par le futur Henri IV, Henri IV, lui-même assassiné par son fils Edouard, le roi criminel Richard III si bien raconté par Shakespeare. Ainsi, les rivalités dynastiques donnaient souvent lieu à des affrontements violents. Ces troubles ont été particulièrement vifs dans la période allant de 942 à 1005, au cours de laquelle sept rois ont été soit assassinés soit tués au combat. Les rois d’Ecosse ne valaient pas mieux : après l’assassinat du beau-fils de Macbeth, Lulach, le 17 mars 1058, Malcolm monta enfin sur le trône sous le nom de Malcolm III, devenant ainsi le premier monarque de la Maison de Dunkeld.

Du côté des reines, même attitude violente. Edouard II a été assassiné après avoir été déposé par sa femme, la reine Isabelle, et le général Mortimer. Elisabeth 1er a été mise en prison, sa mère Anne Boleyn exécutée et elle-même a fait emprisonner sa rivale au trône Marie 1er d’Ecosse…

Quant à représenter la fierté britannique, la couronne en serait bien incapable… Et tout d’abord parce qu’elle représente actuellement un impérialisme qui dépasse largement les frontières. La fierté de conquête, c’est aussi la guerre des boers, c’est-à-dire l’un des pires massacres de l’histoire coloniale, avec pour la première fois dans le monde occidental l’utilisation des camps de la mort contre les colons boer c’est-à-dire hollandais d’Afrique du sud…. Sans parler bien entendu des massacres des populations autochtones d’Australie ou de Nouvelle Zélande et l’écrasement des populations des Indes !

C’est ce qu’on appelle la couronne du Commonwealth !

Une royauté tout ce qu’il y a de moins britannique

La royauté anglaise est d’abord tout sauf d’origine britannique, ce qui rend plutôt comique l’élan prétendument national autour de cette famille allemande qui gouverne aujourd’hui. Il convient même de se demander quand la royauté aurait-elle eu une origine véritablement britannique…

Il y a eu dans ce pays des rois danois, anglais, saxons, irlandais ou écossais et même français mais pas britanniques et le Commonwealth aux origines était … une république ! La liste de succession de l’actuelle reine contient les Hanovre mais aussi des norvégiens, des roumains, des yougoslaves et des …. Français ! Et d’abord romains !

De 43 à 450, seuls les Ecossais tiennent tête à l’occupation romaine…

À partir du Ve siècle, des Saxons s’implantent en Bretagne (actuelle Angleterre), où ils sont rejoints par d’autres peuples germaniques, notamment les Angles et les Jutes. La conquête anglo-saxonne de l’Angleterre est pratiquement achevée au début du VIIe siècle.

À partir du milieu du Ve siècle, les envahisseurs germaniques assimilèrent ou repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l’est vers l’ouest de l’île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne. Les Irlandais finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l’Écosse par la fusion du Dal Riada avec les royaumes britanniques du nord. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut, des populations bretonnes peu romanisées établirent de nombreux royaumes dans l’île de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d’autres migrèrent en Irlande. De même, là se trouve probablement la cause première d’une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine, celle-ci prenant alors le nom de « Petite Bretagne ». À partir du Ve siècle, des Saxons s’implantent donc en Bretagne (actuelle Angleterre), où ils sont rejoints par d’autres peuples germaniques, notamment les Angles et les Jutes. La conquête anglo-saxonne de l’Angleterre est pratiquement achevée au début du VIIe siècle. Dès lors, la Grande Bretagne n’est plus britannique…

Durant le Haut Moyen Âge, l’Angleterre est divisée en nombreux petits royaumes anglo-saxons, dont les sept principaux ont par la suite été regroupés sous l’appellation d’Heptarchie. rois d’Essex, rois d’Est-Anglie, rois de Kent, rois de Mercie, rois de Northumbrie, rois de Sussex et rois du Wessex. Il y a eu ensuite des tentatives de fusion de la royauté.

Egdebert dit le grand, né vers 775 - mort en 839, a été roi de Wessex puis de toute l’Angleterre de 828 à 839 est un saxon. Il se dit descendant de Cerdic (519-534), le fondateur du Wessex, royaume des Saxons de l’Ouest, au sud de l’Angleterre. Durant les dernières années du VIIIe siècle, alors que le roi Offa de Mercie (757-796) exerçait son pouvoir sur la quasi-totalité du royaume d’Angleterre, Egbert vécut en exil à la cour de Charlemagne. Il revint dans le Wessex en 802 et parvint alors à conquérir les royaumes voisins du Kent, de Cornouailles et de Mercie. Par ailleurs, dès 830, il se fit reconnaître roi de l’East Anglia, du Sussex, du Surrey et de la Northumbrie, et fut nommé bretwalda (qui signifie, en anglais, « dirigeant des Britanniques »). Au cours des années suivantes, Egbert livra diverses batailles contre les Gallois et les Vikings. Un an avant sa mort, il vainquit les Danois alliés aux Gallois à Hingston Down, en Cornouailles. Son fils Ethelwulf, père d’Alfred le Grand, lui succéda. Les Saxons seraient sans doute originaires du sud de la péninsule du Jutland. Sous l’appellation de Saxons, se distinguent quatre principales tribus : les Nordalbingiens au nord de l’Allemagne, les Westphaliens à l’ouest, les Ostphaliens à l’est et les Angariens sur la Weser.

L’Angleterre (en anglais England) est la « terre des Angles », les Angles étaient un peuple xxxx, mais on l’appelle aussi Grande Bretagne (Great Britain) et était d’abord peuplée de bretons ou britanniques. Initialement, elle fut morcelée entre les sept royaumes de l’Heptarchie : Est-Anglie, Essex, Kent, Mercie, Northumbrie, Sussex, Wessex, etc. La réunification fut le fait d’Édouard l’Ancien, roi de Wessex, assisté de sa sœur Æthelflæd, reine de Mercie dans les années 902-920 : l’Est-Anglie est conquise en 917, le royaume d’York en 918 mais reperdu en 919, la Northumbrie en 918. Et en 919 la Mercie est annexée au Wessex. Après l’installation des vikings au IXe siècle, le royaume de Wessex s’est imposé comme le principal royaume d’Angleterre. Alfred le Grand sécurisa son territoire, conquit la Mercie occidentale et prit le titre de « Roi des Anglais ». Son petit-fils Athelstan fut le premier roi à régner sur un royaume unitaire correspondant à peu près aux frontières actuelles de l’Angleterre. Puis, venus de France, on a les rois normands, ensuite les rois Plantagenêt (venus d’Anjou et de Bordeaux)….

Le processus d’unification des petits royaumes médiévaux de Bretagne s’est déroulé jusqu’en l’an 1000, partagés entre le royaume d’Angleterre et le royaume d’Écosse. Le dernier monarque anglo-saxon (Harold II) a été vaincu et tué lors de l’invasion normande de 1066 et la monarchie passa alors entre les mains des conquérants normands. À partir de 1603, lorsque le roi écossais Jacques VI hérita du trône d’Angleterre sous le nom de Jacques Ier, les deux royaumes furent gouvernés par un seul monarque.

Les seigneurs normands ont ensuite conquis l’Angleterre, donnant la royauté Plantagenêt, puis Lancastre. Ensuite, la « guerre des deux roses », qui a amené une génération entière de nobles à s’entretuer laissant place à la bourgeoisie, a opposé les dynasties Lancastre et York, toutes deux descendantes des Plantagenêt. Ce sont donc des seigneurs normands puis français qui ont gouverné l’Angleterre avant de s’entremassacrer… Le roi Henri est finalement assassiné (14 mai 1471) pour consolider la présence des York sur le trône. Ensuite, c’est Edouard V et frère Richard, duc d’York qui sont emprisonnés puis assassinés. Et ainsi de suite… Des exemples de rois s’étant successivement mis les uns les autres en prison puis assassinés, ce ne sont pas des cas exceptionnels mais des répétitions fréquentes… Il va de soi que nous ne citons que les tueries entre rois et pas celles du reste de la population par la royauté. Il y aurait trop à faire…

La guerre des deux roses s’est terminée par l’apparition de la dynastie des Tudor du fait de la victoire d’Henri VII Tudor. Ah tiens ! Il a fallu tout ce massacre général pour qu’une dynastie ait une base en Angleterre, cette fois dans le pays de Galles ! C’est la dynastie des Tudors qui donné des reines sanglantes comme Marie 1ère et une reine au pouvoir incontesté Elisabeth 1ère qui fit emprisonner sa rivale Marie…

Avec Charles 1er, on a là un roi d’Ecosse qui devient roi d’Irlande et d’Angleterre mais c’est lui qui est combattu par la révolution sociale et finalement exécuté pour laisser place à la république…

Les règnes de la plupart des monarques Plantagenêt furent entachés par des troubles civils et des conflits entre le monarque et la noblesse. Henri II dut même faire face à la rébellion de ses propres fils, les futurs Richard Ier et Jean. Néanmoins, Henri réussit à étendre son royaume, notamment avec la conquête de l’Irlande, qui était constituée d’une multitude de royaumes rivaux. Henri donna l’Irlande à son jeune fils Jean en le faisant « Seigneur d’Irlande ».

Richard III était le dernier roi de la lignée des Plantagenêts. À la mort de son frère, le roi Edouard IV, on raconte que Richard a fait disparaître ses neveux pour accéder au trône d’Angleterre. « Il n’existe pas de véritables preuves de ces assassinats, explique Aude Mairey, spécialiste en histoire médiévale au CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Mais il est certain que les enfants d’Edouard IV ont disparu soudainement, et c’est Richard III qui avait le plus d’intérêt à ce que ses neveux meurent. Amusant qu’un homme accusé d’avoir tué des enfants soit enseveli aux côtés de leurs ancêtres, dans la cathédrale de Westminster à Londres !

La Première Révolution anglaise (appelée English Civil War par les historiens britanniques), dont les épisodes se déroulèrent entre 1641 et 1649, aboutit à la mise en jugement du roi Charles Ier, puis à sa décapitation le 30 janvier 1649 à Whitehall près de Westminster, et à l’établissement d’une république, le Commonwealth d’Angleterre qui durera jusqu’en 1660, date de la Restauration monarchique.

Certes, ensuite l’Angleterre estimera plus respectable sa deuxième révolution dite pacifique de 1688-1689 dite « glorieuse « ou « sans effusion de sang », mais la fierté nationale anglaise ira durant de longues années aux héros de cette révolution sociale et politique comme Cromwell, Pitt et Milton…

Succédant à son frère Charles II en 1685, le catholique Jacques II, ancien duc d’York, s’aliéna rapidement l’opinion par des mesures impopulaires : brutalité de la répression contre la rébellion du duc de Monmouth, création d’une armée permanente, entrée de catholiques dans l’armée et dans les universités, ainsi que le rapprochement avec la papauté (venue d’un nonce apostolique à Londres). En avril 1688, quelques mois avant sa fuite, il demanda qu’une déclaration d’indulgence, accordant la liberté de culte aux catholiques et aux dissidents, soit lue dans toutes les églises. L’archevêque de Cantorbéry, William Sancroft, et six autres évêques, qui s’y opposèrent, furent emprisonnés, accusés de sédition, puis jugés non coupables. Jusque-là, ses deux filles étant protestantes, les risques semblaient contenus. Mais en juin 1688, la naissance d’un fils, Jacques Edouard, issu d’un second mariage avec une catholique, semblait garantir une succession catholique. Cela incita les opposants à agir, mais le souvenir encore frais de la guerre civile, assorti d’un certain loyalisme, dissuadait de tout mouvement violent. Beaucoup d’Anglais s’inquiétaient, d’autant plus qu’au même moment en France, les protestants étaient persécutés par le roi Louis XIV qui, en 1685, révoque l’Édit de Nantes. Ils choisirent de faire appel au prince d’Orange pour se débarrasser de Jacques II. Le gendre de Jacques II, Guillaume III d’Orange, stathouder des Pays-Bas, époux de la princesse Marie, voulant obtenir une alliance entre l’Angleterre et les Pays-Bas contre les politiques de Louis XIV, déclencha les hostilités en débarquant avec une armée hollandaise le 15 novembre 1688 (5 novembre du calendrier julien), à Brixham (Torbay). Guillaume et Marie sont partis de Hellevoetsluis, en Hollande avec 14 000 mercenaires en service de Pays-Bas et 7 000 soldats (Huguenots, et volontaires anglais et écossais) le 11 novembre. Sa flotte était deux fois plus importante que l’armada espagnole de 1588 et comptait 53 bateaux de guerre et 400 navires de transports. Pris de panique, Jacques II s’exila en France, ce dont Guillaume d’Orange profita, dès son arrivée à Londres le 28 décembre 1688 : la fuite du roi équivalait à une abdication. S’emparant de fait du gouvernement en accord avec le Parlement, Guillaume d’Orange fit réunir une convention qui proclama la déchéance du roi et offrit conjointement le trône au prince Guillaume et à la princesse Marie.

Guillaume d’Orange était un roi très peu anglais… Il était déjà stathouder des provinces de Hollande, de Zélande, d’Utrecht, de Gueldre et de Overijssel et né le 14 novembre 1650 à La Haye, aux Pays-Bas. Après les Orange et les Stuart, l’Angleterre a été dirigée par des Hanovre et des Windsor… La Maison de Hanovre est une dynastie royale allemande qui a régné sur le duché de Brunswick-Lunebourg (en allemand Braunschweig-Lüneburg), le royaume de Hanovre, le royaume de Grande-Bretagne, puis du Royaume-Uni. Elle succède à la Maison Stuart sur le trône britannique en 1714 et s’y maintient jusqu’à la mort de Victoria en 1901. Elle est parfois appelée Maison de Brunswick-Lüneburg.

Le 20 janvier 1936 Edouard VIII, roi fasciste, monte sur le trône du Royaume-Uni… « Le Prince de Galles était très pro-Hitler et déclarait que ce n’était pas notre rôle d’intervenir dans les affaires intérieures de l’Allemagne, qu’il s’agisse des Juifs ou de toute autre chose. Il ajoutait que les dictatures sont très populaires de nos jours et que nous pourrions bien en avoir besoin en Angleterre avant longtemps. » (Sir Bruce Lockart, Diaries, Macmillan, 1973) Pour l’héritier du trône de Londres, si l’Angleterre doit à nouveau entrer en guerre, « ce sera (dans) le camp allemand, pas dans le camp français. » Cette orientation fasciste du prince Edward n’est évidemment pas indépendante du même choix opéré : par une partie significative des "élites" politiques de Grande Bretagne, par exemple le January club, groupe de droite lié aux nazis britanniques d’Oswald Mosley par une part importante du grand capital directement en faveur d’Hitler A l’automne 1931, à un moment difficile pour le nazisme dix huit mois avant son accession au pouvoir, Alfred Rosenberg, ami personnel d’Hitler, est reçu par de nombreuses personnalités britanniques comme Lord Hailsham (secrétaire d’Etat à la guerre) et Lord Lloyd (qui professe des idées national-socialistes). "Les grands intérêts pétroliers ont eu d’étroits contacts avec le parti nazi en Allemagne" (J and S Poole, Who financed Hitler ?). En 1933, après l’accession au pouvoir d’Hitler, Rosenberg fait un voyage "privé" en Angleterre ; il se rend directement d’Allemagne dans la demeure du "magnat de la politique pétrolière européenne", Sir Henry Deterding. Dès 1931, celui-ci avait "prêté" 55 millions de livres sterling à Hitler. Les nazis comprennent très vite l’intérêt de relations suivies avec ce réseau de personnages dont l’influence internationale est immense. Hitler dispose d’une ligne téléphonique directe indépendante pour discuter lorsque nécessaire avec Edward. De Ropp, agent de celui-ci est reçu le 23 janvier 1935 par le frère cadet George (père de la reine Elisabeth), duc de Kent, "qui sert souvent d’émissaire à son frère aîné". Ce De Ropp informe Berlin d’ "un réseau de gens haut placés favorables à la cause nazie" en Angleterre (Martin Allen). Les liens entre la famille royale britannique et le NSDAP passent aussi par les relations amicales fortes entre le prince héritier Edward et son cousin allemand, le duc Karl Eduard de Saxe Cobourg Gotha, soutien actif du parti nazi dans les années 1920 et 1930, futur officier supérieur SS. Le 20 janvier 1936, le roi George V décède et son fils lui succède sous le nom d’Edward VIII.

Cette accession d’Edouard VIII sur le trône d’Angleterre, donne des ailes à Mussolini comme à Hitler. Tous deux créent ainsi un rapport de forces en Europe qui ne sera plus inversé avant 1943. L’action d’Edouard VIII en faveur de Mussolini s’étend des derniers mois avant son intronisation aux premiers mois de son règne. Il met tout son poids institutionnel britannique au service du fascisme lors de l’invasion de l’Ethiopie en octobre 1935 afin d’éviter des sanctions de la Société Des Nations contre l’Italie. Dès son accession au trône, Sa Majesté du royaume-Uni reçoit en grande pompe, à Londres, l’ambassadeur de Mussolini. Au moment où cette SDN essaie de peser contre la marche à la guerre provoquée par les coups de boutoir fascistes, Edward déclare "Il faut tenir pour morte la Société Des Nations." (document n° 8015/E576522-4 des archives nationales allemandes) Edward VIII joue aussi un rôle d’allié d’Hitler. C’est en particulier le cas le 7 mars 1936 lorsque celui-ci lance ses soldats sur la Ruhr démilitarisée depuis la fin de la Première guerre mondiale. En octobre 1937, l’ex roi d’Angleterre qui avait abdiqué et sa femme, devenus le duc et la duchesse, visitèrent l’Allemagne et ils rencontrèrent Adolf Hitler devant lequel le duc effectua le salut nazi. Albert Speer cita Hitler directement : « Je suis persuadé que des relations amicales permanentes auraient pu être établies grâce à lui. S’il était resté, tout aurait été différent. Son abdication a été une lourde perte pour nous ». Après la guerre, la famille régnante d’Angleterre qui s’appelait maison de Saxe-Cobourg et Gotha est contrainte à changer son nom pour celui, plus anglais, de Windsor, vue l’impopularité de cette famille allemande et pro nazie en Angleterre... Dans le même temps, ses cousins Battenberg deviennent Mountbatten pour s’angliciser.

Donc la grande fierté nationale et populaire soi-disant incarnée par la royauté n’a nulle base nationale, car le féodalisme n’avait rien à voir avec les nations bourgeoises et menait des alliances entre familles régnantes internationales… La famille régnante n’a pas que lady Di pour faire scandale. Les scandales du Prince Harry défraient la chronique : en 2005 il est photographié costumé en nazi mais ce n’est pas pour mardi gras… Il est capable de jouer le Commonwealth au poker ! Et se faire photographier nu dans une soirée très alcoolisée ce qui n’est pas bon pour la respectabilité anglaise… Que penser d’un prince qui fait la noce dans des suites à 6 000 euros pendant que le gouvernement exige des efforts à la population d’Angleterre ? Assise sur un pactole évalué à 290 millions de livres, la reine d’Angleterre est une des femmes les plus riches de son pays. La reine est en effet l’un des plus grands propriétaires fonciers du Royaume-Uni. Le Crown Estate ou Domaine Royal gère les avoirs immobiliers de la couronne depuis 1760. Cette agence autonome est placée sous la tutelle du Trésor. A sa charge notamment, les 107.000 hectares de terres appartenant à la couronne. Des fermes du nord de l’Ecosse, aux mines du Dorset, en passant par des immeubles londoniens ou près de 50% des côtes du royaume, le Domaine de la Couronne gère un portefeuille dont la valeur est estimée à 6,6 milliards de livres. Ses revenus sont de l’ordre de 250 millions de livres. Un budget royal ("Royal Household") est alloué par le Parlement. Il permet de payer le personnel, d’entretenir les palais. La couronne d’Angleterre emploie approximativement 1.200 personnes. La reine bénéficiera d’une "facilité supplémentaire temporaire" d’un million de livres (1,14 million d’euros) afin de couvrir les frais générés par le 60e anniversaire de son règne en 2012. La Maison royale est le seul organisme qui ne peut être expertisé par le National Audit Office, la Cour des comptes britannique. Et puis "il y a le montant de la fortune personnelle de la reine, sur lequel il n’y a aucune communication"... Les estimations sur la richesse de la Reine peuvent varier énormément, selon que l’on y inclut les actifs détenus personnellement ou en fiducie par le monarque pour la nation. Nous avons parlé ci-dessus d’une fortune de 290 millions mais le magazine Forbes estime sa fortune à 650 millions de dollars en 2008…. D’après le magazine Forbes, elle s’élevait, en 2010, à 450 millions de dollars, soit 363 millions d’euros et comprenait, outre ses deux propriétés d’Ecosse et d’Angleterre, des collections d’art, de bijoux et de timbres. Pour la période 2008-2009, pour laquelle les chiffres ont été rendus publics, la monarchie a englouti 41,5 millions de livres, soit 51,5 millions d’euros. Mais ce coût n’inclut pas les frais liés à la sécurité des membres de la famille royale, qui n’est jamais révélé. A lire aussi :

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11 Messages de forum

  • Une analyse ADN a permis aux généticiens d’authentifier le squelette de Richard III retrouvé sous un parking anglais, mais en élucidant un mystère de cinq siècles elle a révélé une infidélité de nature à jeter un doute sur la filiation de certains monarques britanniques.

    "Nous avons découvert une rupture dans la chaîne" génétique, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse à Londres Kevin Schurer, vice-Chancelier de l’Université de Leicester, la ville où ont été découverts les ossements de Richard III en 2012.

    Par "rupture", il faut entendre apparition dans l’arbre généalogique d’un enfant illégitime.

    "Nous ne savons pas à quel niveau la rupture se situe... et nous ne sommes certainement pas en train de suggérer que sa Majesté (la reine Elizabeth II) ne devrait pas se trouver sur le trône" s’est empressé d’ajouter M. Schurer, en insistant sur "les tours et détours" de l’histoire de la monarchie britannique.

    Son propos venait accompagner la parution dans le magazine scientifique Nature d’un rapport certifiant à 99,9% la levée du mystère sur la disparition de la dépouille du dernier roi d’Angleterre, mort sans laisser d’héritier à la bataille de Bosworth, en 1485.

    L’ADN du squelette correspond à celui de deux descendants actuellement en vie de sa soeur, Anne d’York.

    En revanche, il a été impossible d’établir une filiation à travers la lignée masculine remontant jusqu’à John Gaunt, 1er duc de Lancaster et frère de l’arrière grand-père de Richard III. D’où le soupçon d’adultère.

    Kevin Schurer estime que la "rupture" d’ADN détectée conduit à poser des questions sur la légitimité de Henry IV, Henry V, Henry VI et "toute la dynastie des Tudor", à commencer par Henry VII, Henry VIII, Edward VI, Mary I et Elizabeth I.

    Après une longue querelle sur le choix de sa dernière demeure, Richard III va enfin reposer en paix au printemps prochain dans la cathédrale de Leicester. Outre une réputation de tyran sanguinaire immortalisée par William Shakespeare, il aura légué un dernier mystère au Royaume-Uni.

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  • C’est une nouvelle fois sa vieille et controversée amitié avec un richissime homme d’affaires américain, Jeffrey Epstein, qui a plongé le prince Andrew de 54 ans dans la tourmente et le Palais de Buckingham dans l’embarras.

    Devenu milliardaire à Wall Street, Jeffrey Epstein a été condamné en 2008 à dix-huit mois de prison pour avoir eu recours aux services de prostituées mineures. Il est réapparu trois ans plus tard dans la presse britannique sur une photo sur laquelle on le voit se promener à New York avec le prince Andrew, visiblement resté fidèle.

    Le cliché a fait tellement désordre que le fils cadet de la reine Elizabeth II, cinquième dans l’ordre de succession au trône, a dû quitter ses fonctions de représentant spécial du gouvernement britannique pour le commerce international.

    Un "pédophile" après le gendre de l’ex-président tunisien Ben Ali, le fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi et un sulfureux milliardaire kazakh : les fréquentations du prince, déjà éclaboussé par les écarts de conduite de son ex-épouse Sarah Ferguson, étaient décidément trop mauvaises.

    Et voilà que l’affaire Esptein le rattrape par le biais d’une plainte déposée cette semaine par une femme en Floride, aux Etats-Unis. Andrew n’est pas directement visé, le témoignage ayant été fait dans le cadre d’une procédure au civil dans laquelle les procureurs fédéraux sont accusés d’avoir passé un accord avec M. Epstein en 2008 sans avoir consulté les victimes.

    Mais son nom est bien cité par la plaignante, identifiée sous le pseudonyme de "Jane Doe #3", qui affirme avoir été forcée, alors qu’elle était encore mineure, à "avoir des relations sexuelles" avec le duc d’York à Londres, New York et dans les Caraïbes durant des orgies avec d’autres jeunes filles mineures.

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  • Rien ne va dans la famille du Duc d’York. Depuis un mois, le prince Andrew est accablé de toutes parts. Il a été accusé d’avoir abusé d’une jeune femme il y a quelques années. Début janvier, Virgina Roberts a porté plainte auprès d’un tribunal de Floride pour esclavage sexuel. Depuis l’ex de Fergie est scruté sous toutes les coutures. Aujourd’hui, c’est sa fille, Beatrice d’York, qui est attaquée. En effet, certains lui reprochent de vivre aux frais de la princesse. Ainsi, elle ne dépenserait rien et utiliserait le trésor de mamie Elizabeth II pour s’offrir des vacances digne de Sherazade.

    Dernièrement la fille de Fergie s’est payée une virée à Saint Barth avec son petit ami Dave Clarke. Autant dire qu’elle n’a pas résidé dans un mobile-home mais dans un palace. Qui a payé ? Surement pas elle puisqu’elle a décidé de démissionner de son poste chez Sony Pictures qui lui rapportait environ 26.000 euros par an. Elle n’a donc plus de sous dans sa tirelire, pointe à l’ANPE et pourtant. Elle a multiplié les voyages, cette année, à Abu Dhabi, New York, Espagne... Elle mène grand train. Ne reculant devant rien, elle a séjourné dans une station de ski suisse au cœur d’un chalet de 13 millions d’euros acheté par ses parents... Il y a pire comme héritage.

    En sa qualité de fille du prince Andrew, Beatrice a aussi de nombreux avantages mobiliers. Graham Smith qui fait partie d’un groupe anti-monarchie, Beatrice est un "parasite royal", comme le révèle nos confrères du Daily Mail. "Il serait peut-être temps qu’elle abandonne son titre HRH (Son altesse royale, ndlr) et quitte ses appartements subventionnés dans les palais. Si elle devient une personne privée et n’a pas besoin de travailler, ensuite cela ne concerne qu’elle." C’est sûr qu’avoir des logements sociaux lorsque l’on est la fille d’un prince, ça ait mauvais genre. C’est du propre chez les d’York...

    "Harry le nazi". La presse anglaise n’a pas épargné le jeune prince en 2005, déguisé en officier nazi, une croix gammée sur le bras. Harry participait à une fête costumée dont le thème était "les colons et les locaux". Le quotidien The Sun a dévoilé ces photos prises quelques jours avant le mémorial dédié à l’Holocauste. "Je suis désolé si j’ai choqué. C’était vraiment un pitoyable choix de costume", s’était excusé le frère du prince William. Le prince Harry est un grand amateur de fêtes en tout genre. En 2012, les tabloïds publiaient des photos du prince nu à Vegas, en train de jouer au strip billard en bonne compagnie.

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  • C’est un documentaire qui pourrait bien faire trembler (une fois de plus) la couronne d’Angleterre. Diffusé hier soir sur la BBC Two, Réinventer la royauté fait des révélations choquantes sur l’ancien conseiller privé du prince Charles. Il n’aurait pas hésité à ternir l’image de William et Harry pour faire aimer leur père du public.

    Voilà des révélations qui pourraient bien faire perdre son légendaire flegme au prince Charles. Hier soir, la très sérieuse BBC Two diffusait la première des deux parties de Réinventer la royauté, un documentaire que Buckingham tentait de faire interdire depuis plusieurs mois, véritable charge contre Mark Bolland, l’ancien conseiller privé du fils de la reine Elisabeth II.

    Engagé par Charles en août 1996, il avait pour mission de redorer l’image publique du Prince, alors détesté de quasiment tous ses sujets et, à plus long terme, de faire accepter son idylle avec Camilla Parker-Bowles aux Anglais. Mari volage qui n’avait jamais aimé l’iconique et idolâtrée Diana, l’héritier de la couronne était également soupçonné d’être un mauvais père pour William et Harry. Une mission que Mark Bolland avait visiblement pris très (trop ?) à cœur… Selon les informations diffusées par la BBC Two, et rapportées par le New York Daily News, il aurait alors utilisé des stratagèmes choquants pour rendre son patron plus populaire.

    Dépeint comme un manipulateur sans scrupule, le conseiller de Charles aurait lui-même vendu au tabloïd The Sun les informations de la première rencontre entre William et la maîtresse de son père en 1998, moins d’un an après le décès de Diana. Le but de ces fuites ? Il s’agissait sans doute de prouver aux Anglais que si le fils de Diana lui-même était prêt à accepter Camilla, eux aussi devaient y consentir.

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  • La démission de Lord Sewell, consommateur de drogue et client de prostituées est un scandale de trop qui éclabousse l’ancien système démocratico-féodal des lords et de la royauté mis en place conjointement par la noblesse et la bourgeoisie.

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  • Voilà la plus antique et folklorique assemblée non élue de la planète de nouveau sur la sellette ! Les membres de la Chambre haute, portant la perruque et le manteau d’hermine lors des grandes occasions et qui sont nommés à vie, sont dans le collimateur des médias. Les déboires de Lord Sewell, un ex-apparatchik travailliste nommé par Tony Blair, braquent de nouveau les projecteurs sur une institution gardienne des traditions. Depuis la suppression, en 1999, par le gouvernement Blair des pairs héréditaires issus de l’aristocratie - sauf 92 d’entre eux -, cette assemblée est désormais dominée par les anciens hommes politiques et les bailleurs de fonds des grands partis. Depuis, on ne compte plus les scandales financiers qui ont éclaboussé The House of Lords.

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  • L’ancien Premier ministre "Sir" Edward Heath, artisan de l’adhésion du Royaume-Uni à la CEE en 1973, est de loin le nom le plus prestigieux à être impliqué dans la salve de scandales qui touche le pays depuis un an. Un déballage sidérant aux allures de cauchemar pour la classe politique britannique, dont des dizaines de membres, dont "au moins trois députés siégeant au Parlement" selon le "Guardian", ont été signalés à la police pour des abus sur enfants.

    Protégé de Churchill lors de son ascension politique, député "Tory" puis locataire du 10 Downing Street de 1970 à 1974, "Ted" Heath est mort en 2005 d’un cancer intestinal. Il aura fallu attendre encore 10 ans pour que les soupçons qui pesaient déjà sur cet homme solitaire et secret, célibataire toute sa vie, franchissent le stade de la simple rumeur sordide.
    Plusieurs affaires - cinq au total - s’entremêlent. C’est d’abord un ancien officier de police du Wiltshire qui affirme qu’une enquête pour abus sur mineur a été étouffée dans les années 1990, dès que le nom de Heath est apparu dans le dossier : une allégation suffisamment sérieuse pour que la police des polices annonce l’ouverture officielle d’une enquête, lundi 3 août.

    Il est présumé que des poursuites pénales n’ont pas été menées à terme lorsqu’une personne a menacé de révéler que Sir Edward Heath pourrait avoir été impliqué dans des crimes concernant des enfants", indiquait l’IPCC dans un communiqué.

    Le même jour, le tabloïd "Daily Mirror" dégainait l’interview d’un sexagénaire anonyme, qui raconte avoir été violé par l’homme politique à l’âge de 12 ans, en 1961. A l’époque, Heath est encore simple député. Il aurait pris le garçon en stop pour l’emmener dans son appartement de Mayfair, au beau milieu du Londres cossu. La victime présumée, "traité de menteur, de mythomane", raconte que sa plainte n’aura jamais de suite. Il aurait compris pourquoi seulement quatre ans plus tard, en reconnaissant le visage de son agresseur dans les médias.

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  • La royauté, c’est pas pour les pauvres !!!
    150€ le sandwich pendant le pique nique des 90 ans de la reine !!!

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  • Un policier gardien du palais royal de Buckingham a failli abattre la reine, en la prenant pour une voleuse...

    L’histoire en rappelle une autre, datant de 2013. Cette fois, ce fut au tour du prince Andrew de se frotter à la garde musclée du palais tandis qu’il traversait seul le parc du château de Buckingham. Il avait eu la surprise de se faire interpeller en fin d’après-midi par une patrouille qui l’avait pris pour un voleur. Le Sunday Express avait même raconté que les policiers avaient dégainé leurs armes et sommé Andrew de lever les mains en l’air et de s’allonger sur le sol, une version ensuite contestée par les forces de l’ordre, qui auraient simplement procédé à une vérification d’identité avant de se rendre compte de leur méprise.

    Prendre la famille royale britannique pour des bandits, quelle bonne idée !!!

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  • La création du prolétariat sans feu ni lieu - licenciés des grands seigneurs féodaux et cultivateurs victimes d’expropriations violentes et répétées - allait nécessairement plus vite que son absorption par les manufactures naissantes. D’autre part, ces hommes brusquement arrachés à leurs conditions de vie habituelles ne pouvaient se faire aussi subitement à la discipline du nouvel ordre social. Il en sortit donc une masse de mendiants, de voleurs, de vagabonds. De là, vers la fin du XV° siècle et pendant tout le XVI°, dans l’ouest de l’Europe, une législation sanguinaire contre le vagabondage. Les pères de la classe ouvrière actuelle furent châtiés d’avoir été réduits à l’état de vagabonds et de pauvres. La législation les traita en criminels volontaires ; elle supposa qu’il dépendait de leur libre arbitre de continuer à travailler comme par le passé et comme s’il n’était survenu aucun changement dans leur condition.

    En Angleterre, cette législation commence sous le règne de Henri VII.

    Henri VIII, 1530. - Les mendiants âgés et incapables de travail obtiennent des licences pour demander la charité. Les vagabonds robustes sont condamnés au fouet et à l’emprisonnement. Attachés derrière une charrette, ils doivent subir la fustigation jusqu’à ce que le sang ruisselle de leur corps ; puis ils ont à s’engager par serment à retourner soit au lieu de leur naissance, soit à l’endroit qu’ils ont habité dans les trois dernières années, et à « se remettre au travail » (to put themselves to labour). Cruelle ironie ! Ce même statut fut encore trouvé trop doux dans la vingt-septième année du règne d’Henri VIII. Le Parlement aggrava les peines par des clauses additionnelles. En cas de première récidive, le vagabond doit être fouetté de nouveau et avoir la moitié de l’oreille coupée ; à la deuxième récidive, il devra être traité en félon et exécuté comme ennemi de l’État.

    Dans son Utopie, le chancelier Thomas More dépeint vivement la situation des malheureux qu’atteignaient ces lois atroces. « Ainsi il arrive », dit-il, « qu’un glouton avide et insatiable, un vrai fléau pour son pays natal, peut s’emparer de milliers d’arpents de terre en les entourant de pieux ou de haies, ou en tourmentant leurs propriétaires par des injustices qui les contraignent à tout vendre. » De façon ou d’autre, de gré ou de force, « il faut qu’ils déguerpissent tous, pauvres gens, cœurs simples, hommes, femmes, époux,. orphelins, veuves, mères avec leurs nourrissons et tout leur avoir ; peu de ressources, mais beaucoup de têtes, car l’agriculture a besoin de beaucoup de bras. Il faut, dis-je, qu’ils traînent leurs pas loin de leurs anciens foyers, sans trouver un lieu de repos. Dans d’autres circonstances, la vente de leur mobilier et de leurs ustensiles domestiques eût pu les aider, si peu qu’ils vaillent ; mais, jetés subitement dans le vide, ils sont forcés de les donner pour une bagatelle. Et, quand ils ont erré çà et là et mangé jusqu’au dernier liard, que peuvent-ils faire autre chose que de voler, et alors, mon Dieu ! d’être pendus avec toutes les formes légales, ou d’aller mendier ? Et alors encore on les jette en prison comme des vagabonds, parce qu’ils mènent une vie errante et ne travaillent pas, eux auxquels personne au monde ne veut donner du travail, si empressés qu’ils soient à s’offrir pour tout genre de besogne. » De ces malheureux fugitifs dont Thomas More, leur contemporain, dit qu’on les força à vagabonder et à voler, « soixante-douze mille furent exécutés sous le règne de Henri VIIII [1] ».

    Edouard VI. - Un statut de la première année de son règne (1547) ordonne que tout individu réfractaire au travail sera adjugé pour esclave à la personne qui l’aura dénoncé comme truand. (Ainsi, pour avoir à son profit le travail d’un pauvre diable, on n’avait qu’à le dénoncer comme réfractaire au travail.)

    Le maître doit nourrir cet esclave au pain et à l’eau, et lui donner de temps en temps quelque boisson faible et les restes de viande qu’il jugera convenable. Il a le droit de l’astreindre aux besognes les plus dégoûtantes à l’aide du fouet et de la chaîne. Si l’esclave s’absente une quinzaine de jours, il est condamné à l’esclavage à perpétuité et sera marqué au fer rouge de la lettre S [2] sur la joue et le front ; s’il a fui pour la troisième fois, il sera exécuté comme félon. Le maître peut le vendre, le léguer par testament, le louer à autrui à l’instar de tout autre bien meuble ou du bétail. Si les esclaves machinent quelque chose contre les maîtres, ils doivent être punis de mort. Les juges de paix ayant reçu information sont tenus de suivre les mauvais garnements à la piste. Quand on attrape un de ces va-nu-pieds, il faut le marquer au fer rouge du signe V sur la poitrine et le ramener à son lieu de naissance où, chargé de fers, il aura à travailler sur les places publiques. Si le vagabond a indiqué un faux lieu de naissance, il doit devenir, pour punition, l’esclave à vie de ce lieu, de ses habitants ou de sa corporation ; on le marquera d’un S. Le premier venu a le droit de s’emparer des enfants des vagabonds et de les retenir comme apprentis, les garçons jusqu’à vingt-quatre ans, les filles jusqu’à vingt. S’ils prennent la fuite, ils deviennent jusqu’à cet âge les esclaves des patrons, qui ont le droit de les mettre aux fers, de leur faire subir le fouet, etc., à volonté. Chaque maître peut passer un anneau de fer autour du cou, des bras ou des jambes de son esclave, afin de mieux le reconnaître et d’être plus sûr de lui [3]. La dernière partie de ce statut prévoit le cas où certains pauvres seraient occupés par des gens ou des localités (lui veuillent bien leur donner à boire et à manger et les mettre au travail. Ce genre d’esclaves de paroisse s’est conservé en Angleterre jusqu’au milieu du XIX° siècle sous le nom de roundsmen (hommes qui font les rondes).

    Elisabeth, 1572. - Les mendiants sans permis et âgés de plus de quatorze ans devront être sévèrement fouettés et marqués au fer rouge à l’oreille gauche, si personne ne veut les prendre en service pendant deux ans. En cas de récidive, ceux âgés de plus de dix-huit ans doivent être exécutés si personne ne veut les employer pendant deux années. Mais, pris une troisième fois, ils doivent être mis a mort sans miséricorde comme félons. On trouve d’autres statuts semblables : 18 Elisabeth, 13 ch. et loi de 1597. Sous le règne aussi maternel que virginal de « Queen Bess », on pendit les vagabonds par fournées, rangés en longues files. Il ne se passait pas d’année qu’il n’y en eût trois ou quatre cents d’accrochés à la potence dans un endroit ou dans l’autre, dit Strype dans ses Annales ; d’après lui, le Somersetshire seul en compta en une année quarante d’exécutés, trente-cinq de marqués au fer rouge, trente-sept de fouettés et cent quatre-vingt-trois - « vauriens incor­rigibles » - de relâchés. Cependant, ajoute ce philanthrope, « ce grand nombre d’accusés ne comprend pas le cinquième des crimes commis, grâce à la nonchalance des juges de paix et à la sotte compassion du peuple... Dans les autres comtés de l’Angleterre, la situation n’était pas meilleure, et, dans plusieurs, elle était pire [4]. »

    Jacques I°. - Tous les individus qui courent le pays et vont mendier sont déclarés vagabonds, gens sans aveu. Les juges de paix (tous, bien entendu, propriétaires fonciers, manufacturiers, pasteurs, etc., investis de la juridiction criminelle), à leurs sessions ordinaires, sont autorisés à les faire fouetter publiquement et à leur infliger six mois de prison à la première récidive, et deux ans à la seconde. Pendant toute la durée de l’emprisonnement, ils peuvent être fouettés aussi souvent et aussi fort que les juges de paix le trouveront à propos... Les coureurs de pays rétifs et dangereux doivent être marqués d’un R [5] sur l’épaule gauche et, si on les reprend à mendier, exécutés sans miséricorde et privés de l’assistance du prêtre. Ces statuts ne, furent abolis qu’en 1714.

    En France, où vers la moitié du XVII° siècle les truands avaient établi leur royaume et fait de Paris leur capitale, on trouve dei% lois semblables. Jusqu’au commencement du règne de Louis XVI (ordonnance (lu 13 juillet 1777), tout homme sain et bien constitué, âgé de seize à soixante ans et trouvé sans moyens d’existence et sans profession, devait être envoyé aux galères. Il en est de même du statut de Charles-Quint pour les Pays-Bas, du mois d’octobre 1537, du premier édit des états et des villes de Hollande, du 19 mars 1614, de celui des Provinces- Unies, du 25 juin 1649, etc.

    C’est ainsi que la population des campagnes, violemment expropriée et réduite au vagabondage, a été rompue à la discipline qu’exige le système du salariat par des lois d’un terrorisme grotesque, par le fouet, la marque au fer rouge, la torture et l’esclavage.

    Karl Marx, Le Capital, Livre premier, VIII° section, Chapitre XXVIII : La législation sanguinaire contre les expropriés

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