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Un monde plus que jamais divisé en classes sociales, en exploiteurs et exploités

samedi 14 février 2015, par Robert Paris


LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


Un monde plus que jamais divisé en classes sociales, en exploiteurs et exploités

Quelques chiffres et quelques faits ont frappé ces derniers temps les milieux populaires frappés par la crise. Tout d’abord on peut citer différents scandales bancaires, notamment le dernier concernant la HSBC qui organisait systématiquement la fraude fiscale pour éviter à ses clients de payer des impôts. Les noms qu’elle a dévoilé ne sont que les plus petits de ses clients, les plus gros ayant échappé à l’ « effort de transparence » ! Mais y a-t-il besoin de passer par la Suisse pour ne pas payer d’impôts ? Demandez aux trusts du Cac 40 comme Total ! Ce sont les gouvernants eux-mêmes qui font crédit de leurs impôts aux grands capitalistes sous prétexte d’aide à l’emploi, d’aide à la recherche, d’aide à l’exportation, d’aide en tout cas aux seuls plus grands capitalistes. Car il n’y a pas de crédit d’impôt pour les salariés, les petits artisans, paysans, pêcheurs ou commerçants !!!

D’après le rapport de Forbes 400 publié en septembre, les 400 individus les plus riches aux États-Unis ont augmenté leur fortune de 17 pour cent en 2013, leur richesse collective passant de 1,7 billions de dollars à plus de 2 billions de dollars.

La richesse de ces 400 individus représente plus de deux fois la somme nécessaire pour rembourser le déficit du budget fédéral, qui est utilisé comme justification pour sabrer l’aide alimentaire, l’éducation, le logement et les programmes de services de santé.

Une statistique en particulier illustre l’incroyable augmentation de l’inégalité sociale aux États-Unis. La part des revenus des 1 pour cent les plus riches de la société a presque doublé entre 1979 et 2013, passant de 10 pour cent à 19.8 pour cent.

Le fossé grandissant qui sépare les riches et super-riches du reste de la population est lié au dépérissement de l’infrastructure productive du capitalisme américain et au rôle grandissant de la spéculation financière. Une étude récente publiée dans l’American Economic Review a trouvé qu’entre 1982 et 2011, la portion des Forbes 400 qui doivent leur fortune à la finance a augmenté de façon importante : de 4.4 pour cent à 20 pour cent.

On a appris dans le même temps que, plus les milieux populaires plongent dans la misère, plus les grandes fortunes prospèrent. L’organisme international de bienfaisance Oxfam a publié un nouveau rapport sur les inégalités sociales qui montre que le gouffre qui sépare les super riches de la majorité de la population non seulement ne se referme pas mais s’élargit à un rythme accéléré. Selon des chiffres actualisés, les 92 multimilliardaires les plus riches détenaient en 2013 autant de richesse que les 50 pour cent les plus pauvres de l’humanité. En 2014, ce chiffre était descendu à 80 milliardaires.

L’inégalité est en train de croître à une telle vitesse que l’année prochaine, le un pour cent le plus riche possédera plus de richesse que les 99 pour cent restants. En fait, il est fort possible qu’au niveau mondial la société n’ait jamais été, dans les milliers d’années d’histoire de l’humanité, aussi inégale qu’elle ne l’est aujourd’hui.

On pourrait regrouper les possesseurs de richesses équivalentes au total de celles des populations des USA, de l’Union Européenne, de l’Inde et de la Chine dans un seul bus à deux étages : ces 92 multimilliardaires possèdent en effet plus de richesses que 3,5 milliards de gens !

Et savez-vous ce qui paraît le plus cocasse dans cette situation : tous les gouvernants n’ont plus qu’un mot à la bouche, l’union sacrée derrière les gouvernants et les classes dirigeantes du fait des « risques sécuritaires ». Au moment même où ces classes dirigeantes mettent en cause la sécurité des emplois, des logements, de la santé, de l’éducation, pour mieux remplir le tonneau sans fond des profits capitalistes et financiers, ils se prétendent les meilleurs défenseurs de notre sécurité. Est-ce un hasard ? Est-ce un complot ? Non, c’est une politique ! C’est la politique par laquelle les capitalistes mènent la lutte des classes, la lutte du Capital contre le Travail !

Les sociétés opérant au niveau mondial ont utilisé le chômage de masse dû au ralentissement économique pour réduire drastiquement les salaires et imposer l’accélération des cadences à leurs ouvriers tandis que les gouvernements du monde entier ont mis à profit la crise économique pour imposer de vastes mesures d’austérité.

Près de sept ans après l’effondrement de Lehman Brothers qui a menacé d’effondrement immédiat tout le système capitaliste mondial, la politique suivie après le krach, consistant à faire durer le système à coups de centaines de milliards de fonds publics, conduit à un nouveau stade de la crise mondiale. Il semble bien que la bulle des marchés boursiers chinois qui a produit des dizaines de nouveaux milliardaires cette année, ayant subi lundi sa plus grosse perte depuis 2008, soit en train d’éclater. L’Europe est touchée et les analystes prédisent que l’économie russe se contractera de cinq pour cent cette année. Le Fonds monétaire International a révisé à la baisse lundi ses prévisions de croissance pour cette année.

Et pourtant, la seule réponse de la classe dirigeante à la crise de son système est d’acheminer encore plus d’argent dans les coffres des riches. « La politique monétaire doit… rester accommodante, » a déclaré le FMI, « y compris par d’autres moyens si les taux directeurs ne peuvent être réduits davantage, » une référence voilée aux programmes d’‘assouplissement quantitatif’.

Ici comme en Grèce, on nous fait miroiter que, si nous ne sommes pas contents, le seul moyen de le montrer, ce serait de voter. Comme si le fait d’avoir voté pour Syrizas allait permettre aux milieux populaires de Grèce de ne pas être tondus pendant que les armateurs et les profiteurs de la Grèce, nationaux comme étrangers, profitent de tout y compris des dettes et de l’effondrement du pays !!! Non seulement, il n’y a aucune illusion à se faire sur les politiques qui seront menées par les Valls, les Sarkozy et autres Le Pen, pas même sur Mélenchon ou tout autre politicien n’ayant ni les moyens ni le but de mettre en cause le grand capital juste par un vote dans les élections bourgeoises. Mais, en plus, il n’y a aucune illusion à nous faire sur la possibilité de changer quelque chose à ce monde capitaliste ayant atteint ses limites.

Il est tout à fait naïf de croire qu’un seul des grands problèmes auxquels la société est confrontée puisse être résolu sans briser l’emprise de l’oligarchie financière. Sa fortune mal acquise doit être expropriée ; les entreprises qu’elle contrôle doivent être nationalisées et placées sous contrôle démocratique de la classe ouvrière pour être gérées dans l’intérêt de la société et non à des fins d’enrichissement personnel.

L’enrichissement continu des super-riches à travers les injections d’argent dans les marchés financiers par le gouvernement, pendant que des programmes sociaux vitaux sont éliminés, reflète la subordination complète du système politique et des deux grands partis à l’élite patronale et financière. Le système capitaliste entraîne la pauvreté et la misère pour de sections grandissantes de la population. La défense des droits sociaux les plus élémentaires : un emploi stable et bien payé ; un logement ; des soins de santé et une retraite confortable, requiert une lutte consciente de la classe ouvrière pour un système basé sur la propriété collective des moyens de production – c’est-à-dire, le socialisme.

Il faut à cette fin construire un mouvement politique qui vise à unifier la classe ouvrière internationale – la vaste majorité de la population mondiale – sur la base d’un programme révolutionnaire dans le but de renverser le système capitaliste en faillite et bâtir un avenir sur de tout autres bases : sur le pouvoir de ceux qui travaillent organisés en conseils de salariés.

Messages

  • Dimanche 8 février, les journaux The Guardian et Le Monde ont publié, en collaboration avec le Consortium indépendant des journalistes d’investigation (ICIJ), des articles basés sur les analyses qu’ils ont faites de fichiers fuités et qui montrent que la filiale suisse de HSBC, HSBC Private Bank, a fonctionné des années durant comme un organisme d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent.

    Selon ces articles, la banque dirigeait une filiale qui distribuait des ‘briques’ de centaines de milliers de dollars en liquide et en monnaies étrangères et fournissait à sa riche clientèle des conseils quant à la façon de s’y prendre en matière de fraude fiscale.

    Régulateurs financiers internationaux et gouvernements dans le monde entier ont été pendant des années en possession de ces faits – entre autres la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis – et les ont systématiquement camouflés. Ni HSBC, ni ses directeurs, ni les clients qui ont eu recours à son service d’esquive fiscale, n’ont fait l’objet de poursuites pénales.

    Personne ne devrait croire que HSBC est une aberration ; il ne fait aucun doute que des pratiques similaires sont utilisées par toutes les principales institutions financières internationales. Les fichiers de la banque HSBC ont mis à jour une fosse à purin de corruption, de criminalité, de versement de pots de vin et de collusion qui imprègnent le système capitaliste et les gouvernements qui le défendent.

  • C’est justement parce que ce monde est plus que jamais divisé en classes aux intérêts irréconciliables du fait de l’effondrement du capitalisme que les classes dirigeantes ont besoin plus que jamais de le diviser en ethnies, en communautés, en religions, en couches sociales diverses, d’opposer violemment les Musulmans et les non Musulmans, les Juifs et les non Juifs, les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux. C’est pour cela que ce monde bascule dans la violence, dans le terrorisme, dans la guerre et va vers la guerre mondiale.

  • Des classe sociales ? Où ça ? On est tous frappés également par la crise, non ?

    Pour les actionnaires des grandes sociétés françaises, la période n’a jamais été aussi faste : avec 200 Mds€ distribués en 2013 par les entreprises du CAC 40, la France se place dans le trio de tête des rémunérations des actionnaires sur la planète, derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

    Seulement voilà, comme nous l’explique l’enquête très complète diffusée ce soir dans « Cash Investigation », cette course aux dividendes a un prix. Pour réaliser de telles performances et dégager toujours plus de cash au profit de leurs actionnaires, ces grandes entreprises ont recours à des méthodes difficilement avouables. Plans sociaux, licenciements, pressions sur les salariés... le tout en bénéficiant souvent d’aides publiques substantielles.

    Pendant un an, d’Hénin-Beaumont à Detroit en passant par Toronto, le journaliste Edouard Perrin a remonté les circuits pour le moins opaques empruntés par les investisseurs mondiaux afin de révéler qui s’enrichit derrière les plans sociaux et les fermetures d’usines en France. Emmanuel Macron, l’actuel ministre de l’Economie, reconnaît à demi-mot son impuissance, étant seulement préoccupé d’aider les patrons à accumuler des profits.

    « Un faux débat », s’enflamme pour sa part le patron des patrons, Pierre Gattaz, interrogé au débotté par Elise Lucet. La compétitivité et l’indépendance de nos entreprises seraient à ce prix. Ce n’est pourtant pas l’avis de Larry Fink, PDG du plus gros fonds d’investissement au monde, qui pèse plus de 4 000 Mds$ (environ 3,574 Mds€). Il a publié récemment une lettre ouverte où il s’inquiète de ces entreprises de plus en plus nombreuses à préférer booster leurs dividendes plutôt qu’investir. L’avenir de beaucoup d’entre elles se retrouve en danger, rognées jusqu’à l’os pour satisfaire l’appétit jamais rassasié de ces fonds spéculatifs.

    Un exemple : le géant français de la pharmacie Sanofi !

    Un autre exemple : le trust pétrolier Total !

    Les deux accumulent les profits et sont en pleine suppression d’emplois et de sites !

    Mais les profits rentrent...

  • La valeur nette combinée des milliardaires dans le monde a atteint en 2015, selon la compilation la plus récente publiée lundi dernier par le magazine Forbes, un nouveau record de 7,05 milliers de milliards de dollars US.

    Il existe à présent 1.826 milliardaires, un chiffre record. Leur richesse moyenne s’élève à 3,8 milliards de dollars. Par rapport à l’an dernier, les milliardaires dans le monde ont vu leur fortune combinée augmenter de plus de 10 pour cent (6,4 milliers de milliards de dollars en 2014). Le nombre total de milliardaires a lui, progressé de 11 pour cent.

    En présentant son rapport, Forbes a signalé le décalage frappant existant entre la progression continue de la richesse des très riches dans le monde et l’état de l’économie mondiale. « Malgré la baisse des prix du pétrole et l’affaiblissement de l’euro, les rangs des ultra-riches dans le monde défient les turbulences économiques mondiales et grossissent une fois de plus, » a précisé le magazine.

    Cet accroissement de la fortune des milliardaires est lié à la hausse continue des marchés de capitaux. Le mois dernier, l’indice FTSE All-World Index a atteint des niveaux inédits et les marchés américains ont continué de battre des records. L’actionnariat se concentre en très grande majorité entre les mains des riches qui sont les premiers bénéficiaires de l’« assouplissement quantitatif », de taux d’intérêt historiquement bas et autres politiques gouvernementales.

  • L’ensemble des 500 membres du club –très fermé- des Français les plus riches, cumule en 2016, selon le classement du journal Challenge, une fortune de 456 milliards.

    Le patrimoine net (dettes déduites) médian des ménages s’élève à 113 000 euros. Les 500 plus riches français détiennent donc autant que 4 millions de "ménages français moyen".

  • Huit personnes sont aussi riches que la moitié la plus pauvre de planète !

  • Dans son premier rapport publié en 2015, l’Observatoire des inégalités pointait la « très nette corrélation » entre la montée de ce fléau et les politiques publiques. Dévoilé mardi, le deuxième rapport de cette association indépendante qui rassemble des données d’analyse sur le sujet, déplore toujours l’écart entre « les paroles et les actes ». Le tableau brossé « ne pousse pas à l’optimisme », avec les plus pauvres qui continuent de s’appauvrir, les classes moyennes qui stagnent ou une école où le fossé se creuse entre les objectifs affichés et les « privilèges » dont jouissent les plus diplômés. Et pourtant, s’il n’a rien de la « providence », le modèle social français « n’est pas à l’agonie », estiment les auteurs. « Notre pays demeure l’un de ceux où il fait le meilleur vivre ».

    La crise a frappé essentiellement les milieux populaires. La preuve : 70 % des chômeurs supplémentaires entre 2008 et 2016 sont des employés ou des ouvriers. Parmi ces derniers, les non-qualifiés souffrent d’un taux de chômage (au sens du BIT) de 20 %, contre 9,4 % en 1982. C’est quatre fois plus que celui des cadres supérieurs. Au pays du diplôme roi, « des générations entières de population » peu diplômées, nées à partir de la fin des années 1960, n’ont connu que le chômage de masse. Les jeunes peu qualifiés savent qu’ils devront en passer par une phase de précarité. La part des emplois précaires - CDD ou intérim principalement - a continué de progresser pour atteindre 13 % en 2015, soit 3,4 millions de personnes.

    Quant aux immigrés, non seulement leur sort résulte pour partie de leur milieu social, mais ils sont victimes de discriminations, comme l’a démontré une récente campagne de « testing » du ministère du Travail. « Notre société du travail se divise entre (...) ceux qui, fort de leur statut ou de leur diplôme, connaissent peu ou prou leur avenir et une minorité de flexibles qui permettent d’ajuster l’offre de travail », décrit le rapport.

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