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Connaissez-vous Francis Bacon alias Shakespeare ? Do you know Francis Bacon aka Shakespeare ? - Matière et Révolution
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Connaissez-vous Francis Bacon alias Shakespeare ? Do you know Francis Bacon aka Shakespeare ?

dimanche 26 juin 2016, par Robert Paris

Connaissez-vous Francis Bacon alias Shakespeare ? Do you know Francis Bacon aka Shakespeare ?

Karl Marx dans « La Sainte Famille » :

« Le véritable ancêtre du matérialisme anglais et de toute science expérimentale moderne, c’est Bacon. La science basée sur l’expérience de la nature constitue à ses yeux la vraie science, et la physique sensible en est la partie la plus noble. Il se réfère souvent à Anaxagore et ses homoioméries, ainsi qu’à Démocrite et ses atomes. D’après sa doctrine, les sens sont infaillibles et la source de toutes les connaissances. La science est la science de l’expérience et consiste dans l’application d’une méthode rationnelle au donné sensible. Induction, analyse, comparaison, observation, expérimentation, telles sont les conditions principales d’une méthode rationnelle. Parmi les propriétés innées de la matière, le mouvement est la première et la plus éminente, non seulement en tant que mouvement mécanique et mathématique, mais plus encore comme instinct, esprit vital, force expansive, tourment de la matière (pour employer l’expression de Jacob Boehme). Les formes primitives de la matière sont des forces essentielles vivantes, individualisantes, inhérentes à elle, et ce sont elles qui produisent les différences spécifiques. Chez Bacon, son fondateur, le matérialisme recèle encore, de naïve façon, les germes d’un développement multiple. La matière sourit à l’homme total dans l’éclat de sa poétique sensualité ; par contre, la doctrine aphoristique, elle, fourmille encore d’inconséquences théologiques. »

Qui était Francis Bacon ?

Qu’a écrit Francis Bacon ?

« C’était un homme instruit dans toutes les branches du savoir, à l’esprit si complexe qu’il surpassait de loin celui de ses contemporains. Homme politique, érudit, philosophe, homme de science, juriste, essayiste, auteur de masques et divertissements, sa personnalité était si riche, si diverse qu’elle devait déconcerter ses contemporains… Francis avait la ferme conviction que le savoir ne doit pas être l’apanage des seuls érudits, mais être dispensé à tous les hommes. Il entendait montrer que de grandes richesses attendent le lecteur dont l’esprit n’est pas obscurci par l’enseignement du passé mais avide d’explorer un monde nouveau de pensées à l’image de ses contemporains impatients de franchir les océans pour découvrir les terres situées au-delà de l’horizon. »

Daphné du Maurier, « L’escalier en colimaçon » (sur la vie des frères Bacon)

Francis Bacon déclarait à 31 ans :

« Je considère toute connaissance comme étant de mon domaine. »

Il affirmait aussi :

« Quel malheur ce serait pour l’humanité, si la vastitude du monde matériel – terres, mers, étoiles – s’ouvrait à nous et nous apparaissait en pleine lumière alors qu’en contraste à cette immensité, les limites de notre monde intellectuel devaient s’arrêter à ce qu’en connurent les anciens ! »

« Rien n’a été refusé à la curiosité de l’homme et à son invention. »

Il rajoutait que les conceptions des érudits qui ne veulent que répéter et révérer les propos de la tradition « sont trop éloignés de la contemplation de la nature et des observations de l’expérience et prisonniers de leurs propres raisonnements et de leur vanité. »

« Celui cherche la vérité doit tout embrasser dans sa soif de connaître et de comprendre. »

« Certains érudits considèrent comme au dessous de leur dignité de s’informer ou de méditer sur des sujets de mécanique ! »

Il a écrit sur toutes les sciences et notamment sur la médecine :

« J’estime que l’office d’un médecin est non seulement de restaurer la santé mais encore de soulager les souffrances et les douleurs, non pas uniquement lorsque cet allègement peut amener la guérison mais aussi lorsqu’il permet un passage plus facile et plus doux. »

« La faiblesse et la crédulité des hommes sont telles qu’ils préfèrent souvent un charlatan ou une sorcière à un médecin savant. »

Il affirme qu’on peut soigner l’esprit comme le corps :

« Il serait trop long de s’étendre sur les remèdes particuliers que le savoir administre à toutes les maladies de l’esprit. »

On remarquera de nombreuses sonorités tout à fait équivalentes dans Shakespeare :

Il y a quasiment la même phrase dans « Jules César » de… Shakespeare !

Ou encore celle-ci :

« Ne peux-tu soigner un esprit malade, arracher à la mémoire un chagrin enraciné ?...

(dans « Macbeth »)

Bien des propos prêtés à William Shakespeare semblent sortir de la bouche de Francis Bacon :

“Il est des coutumes qu’il est plus honorable d’enfreindre que de suivre.”

“Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.”

“On ne lave pas du sang avec du sang mais avec de l’eau.”

“On peut faire beaucoup avec la haine, mais encore plus avec l’amour.”

“Les blessures que l’homme se fait à lui-même guérissent difficilement.”

“Il est dangereux d’être trop zélé.”

“La mémoire est la sentinelle de l’esprit.”

“Les dangers visibles nous causent moins d’effroi que les dangers imaginaires.”

Par exemple, William Shakespeare écrit dans la pièce « Henri VI » :

“La gloire est comme un cercle dans l’onde qui va toujours s’élargissant, jusqu’à ce qu’à force de s’étendre, il finisse par disparaître. ”

et Francis Bacon dans « Essay » n°11 :

« Atteindre aux grands emplois c’est monter un escalier en colimaçon. »

Paradoxalement, cet amoureux du théâtre écrit dans « Advancement of Learning » : « Il ne serait pas bon de s’attarder trop longtemps sur le théâtre. » mais il n’explique pas pourquoi et pour qui ce ne serait pas bon de développer ce thème dans son texte…

Dans sa conclusion, il écrit : « Je me suis contenté d’accorder les instruments des Muses afin qu’en jouent ceux qui ont de meilleures mains. »

Vers la fin de sa vie, Francis Bacon écrit, en guise de testament :

« Mon temps approche de son terme, mes fils… Secouez les chaînes qui vous oppriment, soyez vos propres maîtres… Je vous donne cet unique conseil : n’attendez pas de grandes choses de mes découvertes, attendez-en de meilleures des vôtres… »

Il écrit encore :

« La condition des pauvres et des opprimés, leur pain quotidien, ont toujours été précieux à mes yeux ; j’ai haï toute cruauté et dureté de cœur. »

A la fin de sa vie, après avoir été démis de ses fonctions, mis en prison puis écarté de toute vie publique, il écrit :

« La misère dans laquelle je suis tombé m’a placé en-dessous des moyens de subsister comme je le fais… J’ai été le gardien de votre sceau et me voici maintenant guère mieux qu’un mendiant. »

Il reprend ainsi presque avec les mêmes mots, les paroles du cardinal Wolsey dans Henri VII de… Shakespeare…

Il est remarquable que son meilleur ami Tobie Matthew lui écrive une lettre comportant ces mots étonnants pour parler de lui :

« L’esprit le plus prodigieux qu’ait jamais à ma connaissance produit notre nation, de ce côté-ci de la mer, porte le nom de Votre Seigneurie encore qu’il soit connu sous un autre. »

Sous quel nom Francis Bacon serait-il connu dans le monde ? Sinon celui de Shakespeare !

Principales oeuvres de Francis Bacon

- Essais de morale et de politique

- Du progrès et de la promotion des savoirs

- Novum Organum, un texte dévolu à l’exposé de la méthode inductive, visant à dépasser la logique aristotélicienne.

Novum Organum ou APHORISMES sur l’interprétation de la nature et le règne de l’homme (première partie)

Novum organum (complet)

Le Novum organum scientiarum, qui a pour second titre : Sive indicia vera de interpretatione naturœ, est un traité sur la méthode par laquelle on doit arriver à la connaissance de la vérité dans les sciences. Bacon y établit, comme moyen unique, l’induction par opposition au syllogisme et à l’autorité.

- Histoire de Henri VII

- De la dignité et de l’accroissement des sciences

- La Nouvelle Atlantide

- Récusations des doctrines philosophiques et autres opuscules

et nous rajoutons donc le théâtre dit de Shakespeare !

Francis Bacon, père de la conception scientifique moderne

Les œuvres de Francis Bacon

Writings of Francis Bacon, in english

Phenomena of the Universe

Essais de Francis Bacon

Histoire du règne de Henri VII

Œuvres de Bacon

Œuvres de Bacon tome 2

Le progrès et avancement des sciences

Karl Marx, “England and Materialist Philosophy” :

“The real progenitor of English materialism is Francis Bacon. Natural science is to him the true science, and sensuous physics the foremost part of science. Anaxagoras with his ‘homoimeries’ and Democritus with his atoms are often his authorities. According to Bacon the senses arc unerring and the source of all knowledge. Science is experimental and consists in the application of a rational method to sensuous data. Observation, experiment, induction, analysis, are the main conditions of a rational method. Of the qualities inherent in matter the foremost is motion, not only as mechanical and mathematical motion, but more as impulse, vital force, tension, or as Jacob Boehme said, pain of matter. The primitive forms of the latter are living, individualising, inherent, and essential forces, which produce specific variations. With Bacon as its pioneer, materialism contains in a naïve manner the germs of universal development. Matter is still smiling upon us in its poetic-sensuous charm. The aphoristic doctrine, on the other hand, teems with theological inconsistencies.”

Francis Bacon, avocat, philosophe, essayiste et scientifique, était l’une des figures intellectuelles majeures de cette période appelée « l’ère jacobite ». La thèse de Bacon auteur des pièces attribuées à Shakespeare est fondée sur des conjectures historiques et littéraires, ainsi que sur des révélations cryptographiques.

William Henry Smith, en 1856, compare des extraits des deux auteurs, par exemple le « Poetry is nothing else but feigned history » de Bacon et « The truest poetry is the most feigning » de Shakespeare (Comme il vous plaira, 3.3.19-20), ou bien le « He wished him not to shut the gate of your Majesty’s mercy » de Bacon et le « The gates of mercy shall be all shut up » de Shakespeare (Henri V, 3.3.10). Par la suite, Delia Bacon affirme que les pièces de théâtre de Shakespeare présentent des messages politiques et philosophiques, rappelant les œuvres connues de Bacon. En 1883, Mrs. Henry Pott édite le Promus of Formularies and Elegancies de Bacon, un recueil d’aphorismes et de citations, et y découvre plus de 4 400 ressemblances de fond ou de forme avec des passages de l’œuvre de Shakespeare.

Les nombreuses allusions à la loi dans le canon shakespearien prouvent que son auteur était versé dans le domaine juridique. Bacon est justement devenu membre du Conseil de la Reine en 1596, puis procureur général en 1613. Bien qu’il ne semble avoir écrit aucune pièce de théâtre et que ses seuls vers connus soient des adaptations de psaumes bibliques, il a participé à la rédaction de masques et de pantomimes.

Bacon est versé dans l’art du chiffre, par son rôle de conseiller personnel et d’agent secret de la couronne, et par conséquent, on a cherché dans le canon shakespearien une éventuelle signature cryptée. En 1881, Mrs. C. F. Ashwood Windle affirme avoir découvert des ritournelles dans chaque pièce qui identifient Bacon comme étant leur auteur. Selon Platt, le mot latin honorificabilitudinitatibus qui apparaît dans Peines d’amour perdues, est en fait l’anagramme de Hi ludi F. Baconis nati tuiti orbi, soit « Ces pièces, produites par F. Bacon, sont préservées pour le monde ».

Pour sa part, Frances A Yates une historienne spécialiste de la renaissance, est assez claire sur ce sujet. Elle nous apprend qu’ils étaient « amis » et elle incline aussi à penser, mais très prudemment, que cette amitié ait pu jouer un rôle dans la créativité de Shakespeare.

En plus d’avoir fait carrière en droit et en politique, Francis Bacon a contribué à la science, à la philosophie, à l’histoire et à la littérature. Adversaire de la scolastique, il est le père de l’empirisme. Sa réflexion sur les erreurs des savants le conduit a formuler la célèbre doctrine des idoles de l’esprit (Idoles du Théâtre, Idoles de la Tribu, Idoles de la Caverne, et Idoles du Forum). Il écrit dans le Novum Organum que la difficulté que rencontre l’esprit humain dans son effort pour connaître la nature, c’est qu’il tend à projet sur elle ses propres constructions (qu’il appelle des « anticipations »). D’après Bacon, donc, l’erreur scientifique vient de ce que l’esprit humain tend spontanément à déformer la réalité, au lieu de la refléter fidèlement.

Francis Bacon est le père de l’empirisme sous sa forme moderne. Il pose le premier les fondements de la science moderne et de ses méthodes, qu’il conçoit comme entreprise collective - ce qui le distinguera de la recherche solitaire prônée en grande partie par Descartes dans le Discours de la méthode - fondée sur l’observation des faits naturels, des arts et techniques et la recherche des causes naturelles.

Il projeta d’écrire un ouvrage intitulé Instauratio magna, qui devait comprendre six parties : la revue des sciences, la méthode nouvelle, le recueil des faits et des observations, l’art d’appliquer la méthode aux faits recueillis, les résultats provisoires de la méthode, les résultats définitifs ou philosophie seconde. De ces six parties, deux seulement ont été exécutées (De dignitate et augmentis scientiarum et le Novum Organum, qu’on peut traduire par « Nouvel instrument » ou « nouvelle logique » -, son ouvrage le plus célèbre). Il ne reste sur les autres parties que des ébauches incomplètes. Bacon est considéré comme le père de la philosophie expérimentale : l’idée fondamentale de tous ses travaux est de faire, comme il le dit, une restauration des sciences, et de substituer aux vaines hypothèses et aux subtiles argumentations qui étaient alors en usage dans l’école l’observation et les expériences qui font connaître les faits, puis une induction légitime, qui découvre les lois de la nature et les causes des phénomènes, en se fondant sur le plus grand nombre possible de comparaisons et d’exclusions.

Le De dignitate et augmentis scientiarum (« De la dignité et de l’accroissement des savoirs ») établit une classification des sciences de son époque, et signale leurs lacunes, et le Novum Organum expose une méthode pour guider l’esprit et avancer dans les sciences et dans la connaissance.

Dans son étude des faux raisonnements, sa meilleure contribution concerne la doctrine des idoles. Il écrit ainsi dans le Novum Organum par opposition à celle d’Aristote) que la connaissance nous vient sous forme d’objets de la nature, mais que l’on impose nos propres interprétations sur ces objets.

D’après Bacon, nos théories scientifiques sont construites en fonction de la façon dont nous voyons les objets ; l’être humain est donc biaisé dans sa déclaration d’hypothèses. Pour Bacon, « la science véritable est la science des causes ». S’opposant à la scolastique réduite à l’interprétation des textes classiques, il soutient l’« interprétation de la nature », où l’observation directe des faits enrichit le savoir. Il cherche ainsi une voie moyenne entre l’accumulation empirique des faits, sans tentative de les mettre en ordre, et le raisonnement théorique ne procédant qu’à partir de principes et de déduction :

« Les empiriques, semblables aux fourmis, ne savent qu’amasser et user ; les rationalistes, semblables aux araignées, font des toiles qu’ils tirent d’eux-mêmes ; le procédé de l’abeille tient le milieu entre ces deux : elle recueille ses matériaux sur les fleurs des jardins et des champs ; mais elle les transforme et les distille par une vertu qui lui est propre : c’est l’image du véritable travail de la philosophie, qui ne se fie pas aux seules forces de l’esprit humain et n’y prend même pas son principal appui. [...] C’est pourquoi il y a tout à espérer d’une alliance intime et sacrée de ces deux facultés expérimentale et rationnelle ; alliance qui ne s’est pas encore rencontrée. »

Bacon, à travers la phrase « On ne commande la nature qu’en lui obéissant » met en évidence l’affinité entre la connaissance théorique et l’opération technique et pratique (Novum Organum, I, 124), ce qui lui vaudra, à tort, d’être accusé d’utilitarisme par certains historiens des sciences. La connaissance est un pouvoir car il permet d’agir sur l’objet étudié de façon à obtenir ce que l’on veut de lui. Il ajoute que la technique et la science sont complémentaires, car la science permet de concevoir des inventions, comme la connaissance de la lumière permet de fabriquer des microscopes, et qu’elle permet une mise en ordre des faits observés, mais que la technique permet d’explorer les faits, un microscope servant ainsi à de nouvelles découvertes.

On lui doit également plusieurs concepts d’ordre médicinaux et moraux, comme le concept d’euthanasie.

« Ce ne sont pas des ailes qu’il faut ajouter à l’entendement, précisait-il, mais du plomb. »déclare Francis Bacon

Quand le philosophe et poète anglais Francis Bacon se faisait appeler Shakespeare pour s’adresser au peuple anglais par le théâtre

On se souvient dans quelles circonstances le théâtre de Shakespeare a fait son apparition et eu le succès que l’on connaît au royaume uni d’Angleterre et d’Ecosse, royaume tenant sous sa coupe l’Irlande.

Le reine Elisabeth venait d’accéder au trône dans des circonstances plus que spéciales, par une série de soubresauts historiques, volant le pouvoir à tout ceux à qui ont aurait pu s’attendre qu’il revienne.

On se souvient aussi que, tout au long de son règne, cette reine a cherché à consolider son pouvoir, ayant vu de première main combien le pouvoir pouvait être éphémère.

Il convient de rappeler que la reine était catholique alors que le peuple anglais était majoritairement protestant, que l’affrontement était d’autant plus d’actualité que les catholiques, sous la direction de la royauté française, venaient de massacrer les protestants de Paris et d’une partie de la France lors de la Saint-Barthélemy, épisode qui avait révulsé toute l’Angleterre et ne manquerait pas de se retourner contre une reine catholique. Aussi, la reine Elisabeth avait-elle besoin de faire beaucoup d’efforts en direction de son peuple pour démontrer sa légitimité.

Lire ici le lien entre le théâtre de Shakespeare et le combat de la reine Elisabeth

5 Messages de forum

  • Bacon et Shakespeare démontrent tous les deux que les grands et les puissants souffrent de leur situation au sommet, en subissent des outrages spécifiques, des jalousies, des violences, des haines, des guerres internes et externes...

    Bacon écrit, dans « Essai de morale et de politique » :

    « Les hommes qui occupent les grandes places sont toujours esclaves, esclaves du prince ou de l’Etat, esclaves de l’opinion publique, esclaves des affaires, en sorte qu’ils ne sont maîtres ni de leurs personnes, ni de leurs actions, ni de leur temps. N’est-ce pas une étrange manie que celle de vouloir commander

    Shakespeare qui ne fait, dans son théâtre, que raconter les malheurs violents des grands de ce monde :

    « Ce n’est pas un mince bonheur qu’une condition médiocre : le superflu grisonne plus vite, le simple nécessaire vit plus longtemps. »

    « Etre grand, c’est épouser une grande querelle. »

    « C’est perdre la vie que de l’acheter par trop de soucis. »

    « La renommée est un instrument à vent que font résonner les soupçons, les jalousies, les conjectures. »

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  • Francis Bacon qualifie d’idoles ces idées que la croyance naïve reçoit telles quelles, sans exercer le moindre esprit critique.

    Ces idoles se répartissent en quatre catégories (Novum Organum [= NO], livre I, aphorisme 39) :

    1) « les idoles de la race », c’est-à-dire celles qui sont communes à toute la race humaine.
    Elles ont notamment pour origine la finitude de l’esprit humain, sa tendance à se fier immédiatement à ses cinq sens et à être influencé par ses émotions (NO, I, 41, 52).

    2) « les idoles de la caverne », qui dépendent de chaque individu.
    Elles sont conditionnées par l’éducation que l’on a reçue, par les habitudes et le milieu de vie, ainsi que par les événements rencontrés (NO, I, 42, 53, 58).

    3) « les idoles de la place publique », issues des confusions et des malentendus du langage.
    Ces erreurs sont de deux grandes sortes : i/ soit l’on s’imagine qu’une chose existe et qu’elle est bien connue, simplement parce que le mot existe ; ii/ soit on se trompe sur la chose désignée car les mots sont généraux et ambigus (NO, I, 43, 59-60).

    4) « les idoles du théâtre », qui désignent en fait les illusions des théories scientifiques et philosophiques.

    Elles sont les plus dangereuses, car on a tendance à faire confiance à ceux qui ont élaboré ces théories. Mais elles ne sont que des représentations illusoires tant qu’elles ne s’appuient pas sur des vérifications possibles. De plus, elles sont condamnables dès qu’elles ont la prétention d’apporter une explication totale et définitive aux questions traitées (NO, I, 44, 61 et suivants).

    Par conséquent, la philosophie a pour rôle d’exercer un esprit méthodique et critique à l’encontre de ces quatre genres d’idoles. Elle doit donc se méfier aussi d’elle-même lorsqu’elle a tendance à vouloir apporter trop vite une réponse.

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  • Francis Bacon, Essais de la morale et de la politique :

    « Les hommes qui occupent les grandes places sont toujours esclaves, esclaves du prince ou de l’Etat, esclaves de l’opinion publique, esclaves des affaires, en sorte qu’ils ne sont maîtres ni leurs personnes, ni de leurs actions, ni de leur temps. »

    source

    On y trouve notamment des conseils aux gouvernants pour contrer les révoltes et insurrections…

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  • Diderot sur Bacon dans l’Encyclopédie :

    « Je crois avoir appris à mes concitoyens à estimer & à lire le chancelier Bacon ; on a plus feuilleté ce profond auteur depuis cinq à six ans, qu’il ne l’avoit jamais été.
    Nous sommes cependant encore bien loin de sentir l’importance de ses ouvrages ; les esprits ne sont pas assez avancés.
    Il y a trop peu de personnes en état de s’élever à la hauteur de ses méditations ; & peut-être le nombre n’en deviendra-t-il jamais guere plus grand.
    Qui sait si le novum organum, les cogitata & visa, le livre de augmento scientiarum, ne sont pas trop au-dessus de la portée moyenne de l’esprit humain, pour devenir dans aucun siecle, une lecture facile & commune ?
    C’est au tems à éclaircir ce doute. »

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  • Comparez et vous trouverez le point commun :

    « Le soupçon est, parmi nos pensées, ce que la chauve-souris est parmi les oiseaux, comme elle, il ne voltige que dans l’obscurité. »

    Francis Bacon ; Essais (1597)

    « Le soupçon est fils de l’ignorance : le vrai remède à cette infirmité, c’est de s’instruire au lieu de nourrir les soupçons et de les couver pour ainsi dire dans le silence, car les soupçons se nourrissent dans les ténèbres et se repaissent de fumées. »

    Francis Bacon

    « Il vaut mieux être trompé tout à fait que d’avoir le moindre soupçon. »

    Shakespeare (Othello)

    « Les soupçons disposent les gouvernements à la tyrannie, les époux à la jalousie… »

    Francis Bacon ; Essais (1597)

    « Oh ! Attention, monseigneur, à la jalousie ; c’est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit. »

    Shakespeare (Othello)

    « Le doute est l’école de la vérité. »

    Francis Bacon ; Essais (1625)

    « Doute que la vérité soit la vérité.. »

    Shakespeare (Hamlet)

    Doutez que les étoiles ne soient de flamme ! Doutez que le soleil n’accomplisse son tour !

    Shakespeare

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