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A bas le terrorisme et les classes dirigeantes qui font basculer le monde dans la violence - Matière et Révolution
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A bas le terrorisme et les classes dirigeantes qui font basculer le monde dans la violence

jeudi 24 mars 2016, par Robert Paris

Edito – A bas le terrorisme et les classes dirigeantes qui font basculer le monde dans la violence

L’attentat de Bruxelles, comme celui de Paris ou tous les autres dans de nombreux pays dans le monde, ne doit pas seulement susciter horreur et condamnation mais aussi interrogations, réflexions et analyses. Si le premier ministre français Manuel Valls condamne toute recherche d’explication du terrorisme en prétendant qu’expliquer ce serait justifier, cela ne doit pas étonner car l’analyse des sources du terrorisme ramènent aux grandes puissances occidentales et notablement de la France.

Il est tout à fait mensonger que comprendre signifie justifier. Au contraire, on ne peut pas combattre des ennemis dont on ne comprend pas d’où ils viennent, ce qui les a produit et quelles sont leurs racines. Il ne s’agit pas seulement de faire comme les média : de discuter seulement des motivations des individus mais de comprendre d’où vient un tel phénomène mondial. Car le terrorisme se développe aussi en Asie, voir le terrorisme hindou, en Europe de l’Est, voir le fascisme ukrainien, ou en Amérique du sud, voir la Colombie, le Guatemala ou le Mexique. Cela n’a donc pas seulement un lien avec le monde arabe.

Et tout d’abord, on doit comprendre pourquoi les gouvernants profitent de l’ambiance créée par le terrorisme pour accélérer leurs attaques contre les travailleurs, contre les libertés, contre les droits sociaux, contre les services publics. On doit se demander pourquoi l’Etat profite de l’Etat d’urgence, soi-disant mis en place contre les attentats, pour menacer les travailleurs et les jeunes qui manifestent, par exemple actuellement contre la loi El Khomri.

On se souvient que l’Etat américain avait profité des attentats du 11 septembre pour imposer la loi dite « Patriot » qui a permis d’arrêter non des terroristes mais des militants syndicalistes, des militants des droits de l’homme, des travailleurs grévistes, etc. On voit bien que l’Etat turc se sert des attentats sur son sol pour s’attaquer à la gauche, aux travailleurs et aux jeunes, à l’extrême gauche et à la gauche. On voit bien que l’Etat d’Israël se sert des attentats pour s’attaquer à la gauche, à l’extrême gauche et aux syndicalistes, à tous les travailleurs. Partout dans le monde, les attentats servent de prétexte à la mise en place d’états policiers, d’états d’exception, d’états d’urgence et les libertés sont la première victime de ces prétendus défenseurs des libertés contre le terrorisme. Les plus visés sont les travailleurs et il n’y a aucun hasard à cela car la première source du terrorisme est le fait que les classes dirigeantes mondiales, en crise, voulaient frapper préventivement la classe ouvrière qu’ils estimaient très dangereuse du fait que le système capitaliste a atteint en 2007 ses limites.

Le premier résultat de l’effondrement économique de 2007 a été la vague des révolutions, des « printemps » des peuples, non seulement dans le monde arabe et au Maghreb (avec un début en Tunisie, en Egypte, en Algérie mais aussi en Libye, en Syrie, au Bahrein…), mais aussi en Afrique, en Asie, en Europe de l’Est, au Brésil… Et les classes dirigeantes ont eu toutes les raisons de craindre que la vague des révolutions entraîne leur radicalisation sociale, la poursuite de celle-ci les amenant à déraciner de plus en plus profondément les causes sociales et politiques de leur oppression, c’est-à-dire à s’attaquer non seulement aux dictateurs mais aux Etats, non seulement à quelques exploiteurs mais à toute la classe exploiteuse. Le choix qu’ont alors fait les Etats capitalistes occidentaux, à commencer par les USA, l’Angleterre et la France, a été d’intervenir militairement dans les pays déstabilisés par des révolutions… Ils ont prétendu y intervenir pour sortir ces pays de la dictature mais leurs buts étaient tout autres : étouffer les révolutions et faire en sorte que le bain de sang éteigne préventivement les risques des révolutions pour l’ordre capitaliste mondial. Et c’est dans ces guerres que les bandes armées terroristes ont été fondées.

En effet, dans aucun des pays où se développe le terrorisme, celui-ci n’est apparu avant les guerres des pays occidentaux. Partout, le terrorisme a suivi ces interventions. Partout, les pays occidentaux ont même commencé par le nourrir et l’aider, que ce soit sous prétexte de combattre l’ancienne URSS ou pour combattre les régimes dictatoriaux d’Irak, de Libye ou du Yémen.

Les USA et la France ont justifié plusieurs de leurs guerres non seulement par la lutte contre des dictateurs mais par la lutte contre le terrorisme, par la menace mortelle pour leurs propres peuples. Mais il faut rappeler qu’en Irak, lors de la première de ces croisades comme Bush les a appelées, ce pays n’attaquait nullement les USA et, au contraire, il était intervenu militairement contre l’Iran à la demande des puissances occidentales qui l’avaient soutenu, financé et armé pour cela… Il faut rappeler que les USA sont intervenus en Afghanistan, non pas contre le terrorisme islamiste mais en le créant de toutes pièces avec l’aide de l’Arabie saoudite et du Pakistan. C’est la CIA américaine qui a recruté Ben Laden et fondé Al Qaïda contre la Russie. Il faut rappeler que les USA et la France ont soutenu et armé des bandes islamistes en Libye, en Syrie, au Pakistan et au Yémen.

Manuel Valls clame et répète sans cesse son « nous sommes en guerre » mais il oublie de dire que les pays capitalistes ont commencé leurs guerres avant que le terrorisme ait commencé. Les guerres que la France a mené par exemple aux quatre coins du monde n’ont pas été menées pour sauver des peuples, pour combattre des dictateurs, ou parce que ces pays avaient attaqué la France. La France est bien au contraire le pays qui a toujours soutenu les pires dictateurs d’Afrique, depuis Bokassa le meilleur ami de Giscard d’Estaing, Ben Ali et Saddam Hussein les meilleurs amis de Chirac, Habyarimana le meilleur ami de Mitterrand et Kadhafi l’ex meilleur ami de Sarkozy, juste avant qu’il l’attaque militairement… Sans parler des Bongo, des Houphouet Boigny et autres Moussa Traore. Quand les peuples ont renversé les dictateurs comme le peuple malien en 1991 pour Moussa Traore, ils n’ont jamais eu le moindre soutien de l’Etat français. Aujourd’hui encore, c’est la France qui renverse les régimes en Afrique comme c’est le cas au Mali, au Niger ou au Centrafrique, ou encore en Côte d’Ivoire, avec des interventions militaires pour y parvenir et les régimes qui sortent de ces guerres sont très loin d’être plus démocratiques que les précédents. La lutte contre des dictatures est un prétexte.

Par contre, les grandes puissances ont toujours été hostiles au fait que les peuples eux-mêmes renversent leurs dictateurs parce qu’ils peuvent aussi décider alors de faire eux-mêmes la loi et de renverser également les profiteurs liés aux puissances occidentales et remettre en question l’ordre mondial. On se souvient qu’en pleine première guerre contre Saddam Hussein (à l’époque le terrorisme n’existait pas en Irak et ce pays n’attaquait nullement les USA), les USA avaient interrompu leur guerre lorsque les peuples chiite et kurde avaient développé une révolution pour renverser le dictateur irakien. L’armée US avait même rendu alors à Saddam Hussein sa garde présidentielle pour écraser ces révolutions et lui avaient donné crédit d’y être parvenu, renonçant alors à le renverser. En fait, ce que les puissances impérialistes reprochent à certains dictateurs, c’est d’être tellement haïs qu’ils menacent de révolution non seulement leur pays mais également le reste de la planète ! Et, plus encore depuis l’effondrement de 2007, ils craignent la révolution sociale comme le lait sur le feu !

Il n’y a aucun hasard si les attentats surviennent en Belgique comme en France en pleine lutte sociale, en pleine offensive des classes dirigeantes contre les travailleurs, tout comme au Mali ou en Algérie, le terrorisme a frappé en pleine lutte sociale et en pleine offensive des classes dirigeantes contre le travailleurs, contre les jeunes et contre les libertés.

Si le monde bascule de plus en plus dans la violence, il ne faut pas cacher que cela découle directement du fait que le système qui domine le monde, le capitalisme, a atteint ses limites, qu’il ne se survit plus depuis 2007 que par des expédients, qu’en inoculant artificiellement des milliers de milliards de dollars, que la dynamique du capitalisme n’existe plus, que l’investissement productif privé est en berne et ne repart plus depuis cet effondrement. C’est parce que le monde capitaliste ne survit que grâce à des perfusions des banques centrales et des Etats que les classes dirigeantes choisissent de laisser les bandes armées terroriser les peuples.

Et effectivement, on peut dire « choisissent de laisser » car on a constaté que les force de police ont mis deux heures et demi pour entrer dans le Bataclan de même qu’il est permis de se demander comment une telle masse d’armes lourdes a pu transiter jusqu’en Belgique alors que ce pays avait connu une mobilisation sous forme d’un état d’urgence du même type que celui de Valls… On remarquera que l’Etat turc comme l’Etat syrien, l’Etat marocain ou l’Etat algérien ont signalé avoir dénoncé des terroristes sans que les Etats français et belge n’acceptent de les reconnaitre comme tels. On remarquera que ces Etats ont eux-mêmes introduit dans les polices spéciales, dans le contre-espionnage, dans le contre-terrorisme, des agents au sein des forces terroristes, ce qui fait qu’on ignore toujours si on n’a pas affaire à des clones qui se sont retournés ou à des agents doubles qui passent à l’acte. Mohamed Merah, en tout cas, était certainement un agent français avant de devenir un terroriste.

Comme par hasard, Valls proclame que « La France est en guerre » au même moment où l’Etat français s’attaque comme jamais aux travailleurs, aux jeunes et aux libertés au travers de lois plus liberticides, antisociales et propatronales que jamais. Et il en va de même en Belgique : le terrorisme vient à point nommé pour mettre en coup d’arrêt à une mobilisation sociale contre les classes dirigeantes.

Le terrorisme a un autre avantage pour les classes dirigeantes : détourner la colère d’une fraction des milieux populaires contre une autre. Elle fait monter le fascisme contre les étrangers, contre les migrants, contre les musulmans, contre les roms… Elle permet de prendre les peuples travailleurs en étau, entre les terroristes et les fascistes…

Les calculs des classes dirigeantes peuvent-elles les amener à faire basculer le monde dans la violence ? Oui, tout le passé le démontre. Quand la domination capitaliste entre en crise, les classes dirigeantes peuvent choisir de terroriser les peuples, que ce soit à l’aide de bandes fascistes ou de bandes terroristes. Dans les deux cas, ce sont des bandes de la contre-révolution manipulées par la classe capitaliste.

Quant à compter sur les Etats capitalistes pour nous protéger du terrorisme et du fascisme, c’est compter sur l’incendiaire pour éteindre l’incendie !

3 Messages de forum

  • La Belgique qui est peut être le pays le plus proche de la France , tant socialement que culturellement, et bien on cherche encore la solidarité internationale...Ne cherchez pas il n’y en a pas.
    chaque nation enferme ses peuples derrière des frontières .
    Les syndicats suivent et pleurent que les politiciens ne respectent pas les négociations.
    Chaque gouvernement prépare ses armes et sa chair à canon.
    Chaque patron en profite pour demander des sacrifices supplémentaires au nom de la défense nationale.
    chaque ouvrier a le choix : devenir de la chair à patron ou s’organiser, discuter , se préparer pour une révolution contre une nouvelle boucherie entre nations.

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  • Les chefs militaires américains profitent des attentats de Bruxelles pour envoyer plus de troupes en Irak...

    Le général Joe Dunford, chef d’état-major américain des armées et le secrétaire à la Défense Ashton Carter ont clairement laissé entendre le 25 mars que le Département américain de la Défense (DOD) profiterait des attentats terroristes de Bruxelles pour effectuer un nouveau déploiement en grand de troupes américaines en Irak.

    Des forces américaines supplémentaires s’ajouteront à la force actuelle de quelque 5.000 soldats, qui dépasse déjà le « plafond » de 3.800 soldats déclaré par l’administration Obama. Des troupes supplémentaires pourraient partir pour l’Irak en l’espace de quelques semaines.

    « Nous avons une série de recommandations que nous allons discuter avec le président dans les prochaines semaines pour permettre la poursuite de notre soutien aux forces de sécurité irakiennes », a dit le général Dunford, dans un communiqué du Pentagone.

    « Le secrétaire et moi croyons qu’il y aura une augmentation des forces américaines en Irak dans les prochaines semaines, mais cette décision n’a pas été encore prise », a ajouté Dunford.

    « Nous élargissons le poids et la nature de nos attaques », a déclaré le secrétaire à la Défense Carter au corps de presse du Pentagone lors d’une séance d’information. Les États-Unis prennent des « mesures importantes » en vue de « batailles cruciales dans les mois à venir », a dit Carter.

    Parmi les « mesures importantes » prises par l’armée américaine il y a des frappes aériennes et des bombardements d’artillerie quotidiens pour préparer des assauts à grande échelle contre Mossoul et d’autres grandes villes irakiennes. Lundi 29 mars, l’aviation américaine a bombardé dix zones dans les villes irakiennes de Mossoul, Qayyarah, Sinjar et Sultan Abdullah et leurs environs.

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  • C’est du terrorisme !!!

    Expulser une famille d’un logement, lui fermer le gaz et l’électricité, pousser un salarié au désespoir, au suicide, licencier, supprimer des emplois, casser des services publics, supprimer des droits, réprimer des manifestations, interdire les grèves, soutenir des bandes armées sous prétexte de lutter contre des dictateurs, faire des guerres aux quatre coins du monde contre les peuples, s’attaquer violemment aux migrants, c’est du terrorisme !

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