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Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Antilles de 1625-1660 - Matière et Révolution
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Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Antilles de 1625-1660

dimanche 7 août 2016, par Robert Paris

D’environ 10.000 à zéro, c’est une véritable "solution finale" des nazis coloniaux français aux Petites Antilles !! Christophe Colomb débarque aux Antilles Les derniers survivants...

Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Antilles de 1625-1660

Jacques Chirac, alors président de la République française, a explicitement parlé en 2005, dans une conversation privée avec un journaliste, de l’existence d’un génocide amérindien qui aurait été perpétré après les conquêtes espagnoles au XVIe siècle : « Après l’arrivée des hordes hispaniques en Amérique, c’est un des plus grands génocides de l’histoire de l’humanité, qui a été perpétré : 80 millions d’Amérindiens massacrés en un peu plus de cinquante ans, du Mexique à la Terre de Feu, voilà le travail ! Tout ça, au nom de l’or et de la prétendue supériorité de notre religion ! » Il parle là de l’extermination des amérindiens des grandes Antilles. Les Tainos ou Arawaks des grandes Antilles ont été passés par les Espagnols de 500.000 en 1492 à zéro en 1530 !

Il avait juste omis LE MASSACRE DES INDIENS PAR LA FRANCE AUX PETITES ANTILLES et pas par les hordes hispaniques !

1625 : le cardinal de Richelieu, alors grand maître et surintendant général de la navigation et du commerce, décide de fonder les « Ant-isles », c’est-à-dire les îles qui précèdent le continent américain. Il soutient les fondations de la compagnie de Saint-Christophe, (qui s’empare de l’île du même nom, de Saint Domingue, de l’île de la Tortue, de Sainte Lucie et de la Grenade), de la compagnie des îles d’Amérique (qui s’empare de la Guadeloupe, de la Martinique, des îles Saintes, de Saint Martin, de Saint Barthélémy, de Sainte Croix).

Depuis plusieurs siècles avant notre ère vivaient dans les îles des Petites Antilles des populations venues du continent sud-américain, les Arawaks. A partir du IXe siècle de notre ère, d’autres populations également originaires des forêts amazoniennes arrivent à leur tour et s’établissent dans ces îles en y éliminant les Arawaks, ce sont les Kalinagos. Les conditions exactes sont controversées. Le schéma le plus généralement admis est que les Kalinagos,peuple guerrier et entreprenant, l’auraient emporté par la force sur les doux Arawaks, tuant les hommes et s’appropriant les femmes.

Les Amérindiens des Antilles

Le peuple Caraïbes (on remarquera que, pour Wikipedia, l’extermination des Caraïbes est "une thèse" !!!

Arrivant aux Grandes Antilles avec Christophe Colomb en 1492,les conquérants européens entendirent leurs premiers interlocuteurs locaux de l’ethnie taïno, de langue arawak, désigner leurs ennemis kalinagos comme kalinas,ou caribas,d’où resta le nom de Caribes ou Caraïbes,ou encore comme calibas ou canibas,d’où restèrent l’appellation et la réputation de « cannibales ». En fait le mot « caniba » en langue arawak ne signifie nullement anthropophage, mais « hardi, courageux ».

Le schéma de l’élimination des mâles arawak s’appuie notamment sur l’observation de l’usage de deux langues dans la société caraïbe : le caraïbe parlé par les hommes, l’arawak par les femmes. Mais il se pourrait aussi que la langue de base pour eux comme pour elles aient été l’arawak, les hommes y mêlant un vocabulaire collecté ici et là dans le commerce et la guerre jusqu’à en faire une langue hybride. Il se pourrait même que la distinction entre Arawaks et Caraïbes n’ait été qu’une fiction, la qualification de « caraïbe » appliquée à un indigène valant autorisation de l’Eglise à en faire un esclave.

A l’arrivée des Européens, les Caraïbes étaient établis sur les Petites Antilles, notamment Iounacaera (Martinique), Aichi (Marie-Galante), Karukera (Guadeloupe), Yurumein (Saint-Vincent) et principalement Waitikubuli (la Dominique), étape pour les nouveaux venus kalinagos en provenance du Venezuela. Ils avaient même commencé à se fixer à Cuba et jusqu’à Porto-Rico, mais y furent, comme les Tainos et les Arawaks, exterminés en moins de dix ans par les conquérants espagnols.

Entre 1625 et 1636, les colonisateurs choisissent de massacrer systématiquement la population indigène amérindienne, dite Caraïbe, d’abord à Saint Christophe en 1625, puis en Martinique et en Guadeloupe. Ils étaient 5000 à la Dominique et plusieurs milliers dans les autres Petites Antilles. En Guadeloupe, ce massacre se déroule de 1936 à 1939. En Martinique et en Guadeloupe, les colonisateurs sont d’abord contraints à conclure un accord de partage. Les Caraïbes contrattaquent en 1653 à Marie-Galante, en 1654 à Saint-Pierre en Martinique. En 1660, les Caraïbes repoussent les colonisateurs. Dans toutes ces guerres contre les populations indigènes les Anglais et les Français, bien que concurrents, sont alliés et se battent ensemble contre les Caraïbes.

La première main d’œuvre servile a été amérindienne. En 1654, dans l’île de la Tortue colonisée par les Français, sur 450 esclaves, 250 sont amérindiens. Une partie des esclaves sont des Indiens capturés sur le continent américain, brésilien et canadien. Les premières guerres coloniales ont visé à contraindre les autochtones amérindiens des îles à se soumettre à une exploitation forcée et intense. L’incapacité des colonisateurs occidentaux de casser les indiens des îles pour les transformer en esclaves les a convaincus de la nécessité de l’élimination pure et simple, du massacre général, pour anticiper la révolte générale. En 1671, les esclaves amérindiens ne représentent plus que 2% des esclaves de la Guadeloupe et que 1% pour la Martinique. Ce pourcentage est passé en Guyane de 6% en 1685 à 1% en 1737. Le choc microbien et les effets de la surexploitation se sont rajoutés aux guerres, aux combats contre les révoltes et à un véritable génocide pour supprimer complètement le peuple amérindien des Antilles « françaises ».

Dès lors, le commerce des esclaves noirs d’Afrique va prendre son ampleur, enrichissant follement les villes portuaires françaises. De 1640 à 1840, il y a 4220 expéditions négrières françaises entre l’Afrique et les Antilles pour répondre aux besoins de main d’œuvre des plantations françaises des Antilles. Les grands ports négriers sont La Rochelle, Bordeaux, Nantes, Le Havre, Lorient et Saint Malo.

Cela représente l’esclavage de deux millions d’Africains entre 1625 et 1848. Et encore, les négriers français sont encore en dessous des négriers portugais (5 millions d’esclaves) et des négriers anglais (3 millions d’esclaves) !

La Guerre de 1658 contre les Indiens caraïbes est un épisode fondateur ( !)) de l’histoire « française » de la Martinique car il s’est traduit dans les vingt ans qui ont suivi par un quasi doublement de la surface occupée par les blancs et une épuration ethnique de la population caraïbe présente sur l’ile depuis le XIIIe siècle. Elle intervient alors qu’un accord de paix avait été signé le 21 décembre 1657 à Saint-Pierre de la Martinique, après les affrontements de l’année 1654. Selon le Père Jean-Baptiste Dutertre et Jean-Baptiste Labat, la guerre est motivée par le fait que de nombreux esclaves fugitifs se sont réfugiés dans la partie de l’île contrôlée par les indiens caraïbes.

Les Français avaient poussé les Caraïbes restants dans la moitié nord-est de l’île, la région nommée alors Cabesterre ou Capesterre (« Terres des caps »), qui recouvre le Nord atlantique et le centre de la Martinique et comprend les communes actuelles du François, du Robert, de Trinité, du Gros-Morne, de Sainte-Marie, du Marigot, du Lorrain, de Basse-Pointe et de Macouba. Une carte d’époque montre que la moitié de la Martinique est encore aux mains des Caraïbes en 1657.

L’arrivée croissante de colons français a entrainé un besoin supplémentaire de terres. La fertilité de la région où vivaient encore les Caraïbes jusqu’en 1658 les attirait. Le conflit vient aussi du fait que les colons reprochaient aux Caraïbes d’accueillir des esclaves marrons, mais il est surtout lié au conflit pour la succession au poste de gouverneur de la Martinique.

En 1658, à la mort du général Jacques Dyel du Parquet, qui avait acheté l’île en 1651, Marie-Bonnard, sa veuve, entreprend des démarches pour assurer la possession de l’île à ses fils Jean-Jacques Dyel d’Esnambuc (huit ans) et Louis Dyel du Parquet (cinq ans) et se fait nommer régente, s’attirant la haine des colons normands.

Les mécontents, dirigés par Médéric Rolle sieur de Gourselas que du Parquet avait choisi comme lieutenant en 1653, forcent Mme du Parquet à expulser son bras droit M. de Maubrey vers Antigua puis l’emprisonnent, mais la cohabitation avec les Caraïbes dégénère5. À la suite d’une altercation, il fut convenu d’attaquer avec six cents hommes les Caraïbes qui avaient constamment occupé la Capesterre, avec la bénédiction du Père Bonin, supérieur des Jésuites, et du Père Boulongne, dominicain. Les jésuites et les dominicains convinrent que toutes les futures paroisses dans cette partie de l’île reviendraient à l’ordre de ceux qui arriveraient les premiers. Les Jésuites arrivèrent par la mer et les Dominicains par voie terrestre, et l’avantage revint à ces derniers.

Cette guerre se solda par l’expulsion de la plupart des Caraïbes de la Martinique. Beaucoup furent tués, et ceux qui survécurent furent emmenés en captivité et expulsés de l’île où certains revinrent. Certains avaient fui vers la Dominique ou Saint-Vincent, où les Français acceptèrent de les laisser en paix. Certains parmi les derniers Caraïbes de la Martinique se suicidèrent en se jetant du haut d’un promontoire. Le 31 mars 1660, un nouveau traité de paix, pour l’ensemble des îles, sera signé à Basse-Terre en Guadeloupe par les Français représentés par Charles Houël avec les quelques Caraibes restants. Après la victoire contre les Caraïbes, Médéric Rolle sieur de Gourselas fit arrêter ses lieutenants, Beausoleil, les deux frères Vigeon et de Plainville.

Plusieurs militaires qui se sont illustrés dans cette guerre dans les rangs de la milice reçurent ensuite des terres, comme Pierre Dubuc de Rivery qui fonda ensuite une dynastie de planteurs de sucre dans la région de La Trinité.

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