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Qu’est-ce que « le socialisme dans un seul pays » de Staline ? - Matière et Révolution
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Qu’est-ce que « le socialisme dans un seul pays » de Staline ?

mardi 14 février 2017, par Robert Paris

Quelle était la perspective de la révolution russe ? La révolution mondiale !

Jamais et nulle part la révolution n’a coïncidé et ne pouvait coïncider intégralement avec la représentation que s’en faisaient ses combattants. Néanmoins, les idées et les buts des participants de la lutte en sont un élément très important. C’est particulièrement vrai pour l’insurrection d’Octobre, car jamais encore dans le passé l’idée que se faisaient les révolutionnaires d’une révolution ne s’est tant approchée qu’en 1917 de la réalité des événements. Une étude sur la Révolution d’Octobre resterait inachevée si elle ne répondait pas, avec toute la précision historique possible, à cette question : comment le parti, dans le feu des événements, se représentait-il le développement ultérieur de la révolution et qu’en attendait-il ? La question prend une importance d’autant plus grande que les jours du passé sont plus obscurcis par le jeu de nouveaux intérêts. La politique cherche toujours un appui dans le passé et, si elle ne l’obtient pas de bon gré, entreprend fréquemment de l’arracher de force. La politique officielle de l’Union soviétique part de la théorie du " socialisme dans un seul pays " comme d’un prétendu point de vue traditionnel du Parti bolchevique. Les jeunes générations, non seulement celles de l’Internationale communiste, mais probablement aussi de tous les autres partis, sont élevées dans cette conviction que le pouvoir soviétique a été conquis au nom de l’édification d’un régime socialiste indépendant en Russie. La réalité historique n’avait rien de commun avec ce mythe. Jusqu’à 1917, le parti n’admettait pas, en général, l’idée qu’une révolution prolétarienne pût s’accomplir en Russie avant d’être réalisée en Occident. Pour la première fois, à la Conférence d’avril [1917], sous la pression impérieuse des circonstances, le parti admit que le problème était de conquérir le pouvoir. Ouvrant un nouveau chapitre dans l’histoire du bolchevisme, cet aveu n’avait pourtant rien de commun avec la perspective d’un socialisme indépendant. Au contraire, les bolcheviks repoussaient catégoriquement l’idée caricaturale que cherchaient à leur insuffler les mencheviks : l’idée d’édifier un "socialisme paysan" dans un pays arriéré. La dictature du prolétariat en Russie était, pour les bolcheviks, un pont vers la révolution en Occident. Le problème de la transformation socialiste de la société était déclaré, dans son essence même, international. C’est seulement en 1924 que, sur cette question essentielle, se produisit un revirement. On déclara pour la première fois que l’édification du socialisme était tout à fait réalisable dans les limites de l’Union soviétique, indépendamment du développement du reste de l’humanité, pourvu, du moins, que le pouvoir soviétique ne fût pas renversé par une intervention militaire. La nouvelle théorie prit du coup un effet rétroactif. Si, en 1917, le parti n’avait pas cru à la possibilité d’édifier un régime socialiste indépendant en Russie – déclaraient les épigones – il n’aurait pas eu le droit de prendre le pouvoir en main. En 1926, l’Internationale communiste condamna officiellement ceux qui ne reconnaissaient pas la théorie du socialisme dans un seul pays, en étendant cette condamnation à tout le passé à partir de 1905. Trois ordres d’idées furent dès lors reconnus antibolchevistes : nier la possibilité pour l’Union soviétique de survivre pendant un temps indéterminé dans l’encerclement capitaliste (problème de l’intervention militaire) ; nier sa capacité à surmonter, par les propres forces du pays et dans les limites nationales, l’antagonisme de la ville et de la campagne (problème d’un État économique arriéré et problème de la paysannerie) ; nier l’éventualité de l’édification d’un régime socialiste fermé (problème de la division mondiale du travail). D’après la nouvelle école, l’immunité de l’Union soviétique peut être assurée, même sans révolution dans les autres pays, par la " neutralisation de la bourgeoisie ". La collaboration de la paysannerie dans l’édification socialiste doit être considérée déjà comme acquise. La dépendance par rapport à l’économie mondiale est annulée par la Révolution d’Octobre et par les réussites économiques des soviets. Ne pas reconnaître ces trois points, c’est adhérer au " trotskysme ", c’est-à-dire à une doctrine incompatible avec le bolchevisme. L’étude historique arrive ici au problème d’une reconstitution idéologique : il est indispensable de dégager les véritables buts et opinions du parti révolutionnaire de la sédimentation politique qui les a par la suite recouverts. Quelle que soit la brièveté des périodes qui se sont succédé, ce problème acquiert une ressemblance d’autant plus grande avec le déchiffrement des palimpsestes que les machinations de l’école des épigones ne valent pas beaucoup mieux, souvent, que les ratiocinations théologiques pour lesquelles les moines des VIIe et VIIIe siècles abîmaient les parchemins et les papyrus des classiques….

En 1915, Lénine écrivait : " L’inégalité du développement économique et politique est une loi absolue du capitalisme. Il s’ensuit que la victoire du socialisme est possible au début clans un petit nombre de pays capitalistes ou même clans un seul pays capitaliste isolé. Le prolétariat victorieux de ce pays, après avoir exproprié les capitalistes et organisé chez lui la production socialiste, se dresserait contre le reste du monde capitaliste en attirant à lui les classes opprimées des autres pays capitalistes, en les poussant à s’insurger contre les capitalistes, en employant même, en cas de nécessité, la force militaire contre les classes exploiteuses et leurs Etats " [LÉNINE, Œuvres, vol. XXI, p. 354 de l’édition française. Social-Démocrate, n° 44 du 23 août 1915 (souligné par nous)]. Qu’est-ce que Lénine voulait dire en écrivant cela ? Tout simplement que la victoire du socialisme, dans le sens de l’établissement de la dictature du prolétariat, est possible d’abord dans un seul pays, qui se trouvera ainsi en opposition avec le monde capitaliste. Pour repousser les assauts et passer lui-même à l’offensive révolutionnaire, l’Etat prolétarien devra, au préalable, " organiser chez lui la production socialiste ", c’est-à-dire diriger lui-même le travail dans les usines soustraites aux capitalistes. C’est tout. On sait qu’une telle " victoire du socialisme " fut, pour la première fois, acquise en Russie ; pour repousser l’intervention mondiale, le premier Etat ouvrier dut, tout d’abord, " organiser chez lui la production socialiste " ou des trusts " de type socialiste conséquent ". Ce que Lénine entendait par " victoire du socialisme dans un seul pays", ce n’est pas une société socialiste fantasmagorique, vivant pour elle-même - surtout dans un pays retardataire - mais quelque chose de bien plus réaliste : précisément ce que la Révolution d’Octobre a réalisé chez nous dès la première période de son existence.

Léon Trotsky

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  • Lénine¸Conférence de la province de Moscou du PC(b)R, 21 novembre 1920 :

    « Tirer de là (du fait que nous sommes contraints d’entre en relations économiques avec les pays impérialistes) une preuve de la faillite du communisme, ce serait possible si nous avions promis ou rêvé de refaire le monde avec nos seules ressources. Mais notre folie n’a jamais été si grande, et nous avons toujours dit que notre révolution triompherait lorsqu’elle serait soutenue par les ouvriers de tous les pays. Il est arrivé qu’ils l’ont soutenue à moitié, puisqu’ils ont affaibli le bras levé contre nous, et que par là ils nous ont porté secours… Le communisme suppose le pouvoir des Soviets à titre d’organe politique donnant aux masses opprimées la possibilité de tout prendre en mains. Dans tout l’univers nous en voyons la preuve, puisque l’idée du pouvoir des Soviets et son programme remportent partout une victoire indiscutable… Du fait que le niveau de culture de notre paysan et de notre masse ouvrière ne correspondait pas à la tâche réclamée, et qu’en même temps nous étions pour les 99 % absorbés par les problèmes militaires et politiques, il s’est produit une renaissance de l’esprit bureaucratique. La chose est reconnue de tous. Le but du pouvoir des Soviets est de détruire entièrement l’antique appareil de l’État, comme il fut détruit en novembre 1917 pour transmettre tout le pouvoir aux Soviets : mais nous avouons déjà dans notre programme cette reconnaissance de la bureaucratie, et nous reconnaissons que les fondements économiques nécessaires à la vraie société socialiste n’existent pas encore. Les conditions de culture, d’instruction, et en général de niveau intellectuel nécessaires à la masse ouvrière et paysanne n’existent pas. La faute en est à ce que les exigences militaires ont accaparé toute l’élite du prolétariat. Le prolétariat a consenti de gigantesques sacrifices pour défendre la Révolution, des dizaines de millions de paysans y ont été sacrifiés, et il a fallu appeler à collaborer avec nous des éléments pénétrés d’esprit bourgeois, parce qu’il n’en restait plus d’autres. Voilà pourquoi nous avons dû déclarer dans notre programme, dans un document aussi important que le programme du parti, que la bureaucrate renaît et qu’il faut la combattre systématiquement. Évidemment, cette bureaucratie dans nos administrations soviétistes n’a pas pu ne pas exercer son influence néfaste au sein même de nos organisations communistes, puisque le sommet de notre parti est en même temps celui de l’administration soviétiste. Si nous avons reconnu le mal, si cette vieille bureaucratie a pu se glisser dans notre organisme communiste, il est clair et naturel que les organes de notre Parti portent tous les symptômes du mal. Et puisqu’il en est ainsi, la question a été mise à l’ordre du jour du congrès des Soviets ; elle occupe une grande partie de l’attention de la présente conférence, et fort justement, car la maladie reconnue dans notre parti par les résolutions de la conférence panrusse n’existe pas seulement à Moscou, mais s’étend à toute la République, elle est due à la nécessité où nous étions de tout donner au labeur militaro-politique, d’entraîner à tout prix les masses paysannes, sans pouvoir exiger un plan plus large, lié au développement de la culture paysanne et à l’élévation du niveau général des masses paysannes… Il est naturel que la difficile transition que nous accomplissons aujourd’hui dans l’épuisement de nos forces vives, que la république a été obligée d’enlever sans cesse au prolétariat et au parti pendant trois années de lutte, nous a placés dans une situation pénible vis-à-vis d’un problème que nous ne sommes pas même en état d’évaluer exactement. Mais cette opposition n’a rien de mauvais. Nous devons reconnaître que nous ne connaissons pas exactement l’étendue de la maladie, nous ne pouvons pas déterminer l’importance et la situation relative des groupements adverses. Le grand mérite de notre conférence aura été de poser la question, de découvrir le mal existant, d’attirer sur lui l’attention du parti et d’inviter tous ses membres à s’efforcer de le guérir. Il est trop clair que du point de vue du Comité Central et aussi, je pense, de l’énorme majorité des camarades (dans la mesure où je connais les opinions, que personne n’a reniées), cette crise de notre parti, cette opposition qui se manifeste non seulement à Moscou mais dans toute la Russie renferme beaucoup d’éléments sains, indispensables et inévitables aux époques de croissance naturelle du parti, à une époque comme la nôtre, où, après avoir eu toute notre attention réclamée par les problèmes politiques et militaires, nous abordons une ère de construction et d’organisation où nous devons embrasser des dizaines d’administrations bureaucratiques et où le niveau de culture de la majorité du prolétariat et des paysans ne correspond plus à la tâche. »

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