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L'hôpital public est attaqué ! - Matière et Révolution
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L’hôpital public est attaqué !

jeudi 8 décembre 2016, par Robert Paris

Notre avenir et celui de l’hôpital public dépendent de nous-mêmes !

Malaise, surmenage, burn out, souffrance au travail, démoralisation, dévalorisation de la profession, impossibilité de s’occuper correctement des malades vu le manque de moyens et d’effectifs, tout cela caractérise l’ensemble des professions de l’hôpital et l’ensemble des hôpitaux, secteurs et services. C’est tous ensemble que l’on peut donner un coup d’arrêt à la destruction de la santé opérée par Sarkozy puis Hollande-Valls et certainement par leurs successeurs, qu’il s’agisse de Fillon, qui entend rapidement privatiser toute la santé, ou Valls ou Le Pen ! Et ce n’est pas seulement la santé qui est menacée mais tout le service public et tous les fonctionnaires et même toute la classe ouvrière. C’est en réagissant tous ensemble que l’on peut les faire reculer. Ce n’est donc pas l’élection qui va nous sauver et notre avenir ne dépendra que de nous et de notre capacité à nous organiser par nous-mêmes en cessant de suivre les désorganisateurs en chefs des luttes, ceux de l’intersyndicale…

On est dans la cible

Il y a une nouvelle formation pour les personnels : c’est la « transmission ciblée ». On y a apprend comment ne donner que les strictes informations lors des transmissions écrites et êtres concis pour les transmissions entre équipes afin de respecter les nouveaux temps de transmission minimalistes : du langage sténo au style télégraphique du genre « patient un : douleur-piqué » et les cadres sont chargés de nous rappeler de ne pas perdre de temps. Mais ces formations et ces consignes des cadres, ce n’est là qu’est le temps perdu ?!! Quant aux patients, on ne nous convaincra jamais que ce ne sont pas des êtres humains et que l’on ne doit pas informer nos collègues de leurs problèmes surtout on pourrait faire l’impasse sur une chose qui pourrait être important, même si cela ne plait pas aux nouvelles normes des directions.

Ça la fiche mal !

Les fiches de paies arrivent de plus en plus tard. Au début, elles n’arrivaient en début de mois puis au milieu du mois et mais maintenant elles arrivent de plus en plus en fin de mois, presque un mois après la paie ! C’est de plus en plus difficile de contester en cas d’erreur et pour ceux qui ont des remboursements à demander sur la base de la paie, c’est autant de retard ! La direction est plus pressée pour exiger notre travail que pour nous notifier son paiement !

Incapable d’accoucher… des embauches

Le sous-effectif est particulièrement criant à la maternité de Tenon et la colère y a explosé, amenant les personnels à s’adresser à leurs collègues et à se mettre en grève. Qu’il s’agisse de sages femmes, d’aides soignantes, d’auxiliaires de PUER, d’infirmières, tous les personnels sont en nombre très insuffisant et la direction a profité des travaux et des réorganisations pour réduire encore les effectifs. Ce n’est pas en imposant aux personnels de se remplacer mutuellement et en organisant une formation de cinq jours pour cela qu’on empêchera que la situation arrive au point de rupture !

Vigipirate n’est pas là pour nous protéger

On a remarqué la recrudescence des violences subies par les personnels hospitaliers qui se généralisent en liaison avec la dégradation de la situation sociale. Récemment, une aide soignante a encore été tuée dans une maison de retraite. Bien entendu, ce n’est pas Vigipirate qui sert à nous sécuriser et protéger la preuve. La direction s’en moque !

Flux tendu, catastrophe préparée

A l’hôpital public, nous sommes victimes de la politique du « flux tendu » et des ruptures de stocks qui se multiplient. Il s’agit bien entendu des stocks de médicaments qui arrivent en rupture alors que le flux tendu ne permet pas de le prévoir et que les labos en profitent pour effectuer leurs petits chantages sur les prix. Résultat : des morts en série en chimio à Nantes par exemple parce que le médicament d’habitude utilisé aurait été en rupture de stock. Autre exemple : des matériels ayant subi un accident, comme la cuve de stérilisation à Tenon, ne peuvent pas être remplacés par du matériel jetable. En cause : la rupture de stocks ! La rupture de « stocks » et le « flux tendu », cela concerne bien sûr aussi les matériels, les stocks, les effectifs, les plannings et la gestion des personnels !

Y a-t-il un médecin dans… le travail ?

Il y a de moins en moins de médecins du travail à l’hôpital public. Cela signifie que les moins bien soignés sont les personnels de santé ! Bien sûr, la direction affirme que le recrutement marche mal. Mais les médecins du travail sont moins bien payés avec une charge de travail importante. C’est la même chose pour tous les personnels mais cela n’affole pas la direction. La santé la préoccupe moins que l’austérité et un médecin de moins, c’est autant d’économisé !


Moi, président ?!

Chacun est appelé par l’émission « Tous présidents », et aussi par tout le système électoral dit « démocratique », à se prendre pour un président et à croire qu’il va ainsi influer sérieusement sur son propre avenir, en votant. On voudrait à nouveau nous faire croire que notre vote aux élections présidentielles serait déterminant pour notre avenir. En votant Poutine, les Russes auraient changé leur avenir, en votant Trump les Américains auraient fait de même et demain en votant pour Fillon, Juppé, Macron, Valls ou Le Pen, tout changerait en conséquence. Inutile de dire que nous pensons exactement le contraire : ces gens-là ont exactement le même programme, pour l’essentiel et c’est de l’ultra-droite ! Les trompés de Hollande ou de Sarkozy ont dit qu’on ne les y reprendra plus et Hollande et Sarkozy sont éjectés. On ne les prendra pas avec les mêmes mais avec d’autres....

Ce n’est pas le choix des peuples qui détermine le sort de la planète et encore moins au travers du prisme tout à fait déformant d’élections à la Russe ou à l’Américaine ou même selon le mode de démocratie « à la française » !

Ce n’est ni la personnalité ni les idées (si on peut parler d’idées et de convictions à propos des politiciens bourgeois) qui vont déterminer la politique d’Etat.

Les exemples récents en sont la preuve. Bush, ce républicain mortellement hostile, en théorie, à l’intervention de l’Etat dans l’économie est le premier à avoir lancé un plan d’intervention massive des finances publiques face à l’effondrement de 2007-2008 ce qui montre bien que son idéologie n’a pas pesé lourd dans la balance quand il s’est avéré que les banques et les trusts allaient massivement chuter si les finances publiques ne se jetaient pas à fond dans la balance.

Obama a fait tout le contraire de ce que prévoyait son programme, son style, sa personnalité. Noir, il n’a pas bougé le petit doigt pour défendre les noirs arrêtés et tués comme jamais par les forces de l’ordre. Hostile aux guerres extérieures, il les a développées comme jamais. Adversaire de l’idéologie de Bush de la croisade contre les Musulmans, il l’a menée, et Clinton avec lui, bien plus encore que Bush… Se présentant en candidat des classes moyennes frappées par la crise, il a laissé celles-ci s’effondrer économiquement plus que jamais, ne soutenant que les trusts, les banques, les bourses dont il était le véritable candidat… Même son programme en faveur de la santé publique a consisté à développer un système de santé… privée et a donner l’argent de la santé aux assurances et aux sociétés privées de santé, aux dépens des malades, qui sont seulement obligés de s’assurer sans qu’on impose aux assurances de payer réellement les soins… Et l’Amérique d’Obama qui considère qu’Al Qaïda est la bande terroriste qui a fait le 11 septembre n’en a pas moins soutenu militairement, financièrement et organisationnellement la bande terroriste Al Nosra, filiale reconnue d’Al Qaïda en Irak et en Syrie, en prétendant qu’elle combattrait Daesh !!

Si Obama s’est présenté comme le plus « à gauche » des présidents américains récents, cela ne l’a pas empêché de mener les politiques les plus « à droite », les plus favorables aux plus riches, qui sont plus riches que jamais, contre les plus pauvres, qui sont plus pauvres que jamais. Jamais on n’a autant agressé aux USA les femmes, les migrants, les noirs, les étrangers, les homosexuels…

Quant à l’élection de Trump, si elle a démontré quelque chose, c’est bien qu’une élection présidentielle peut passionner les foules sans que personne ne soit enthousiasmé ni par l’un ni par l’autre des candidats, Clinton et Trump ayant été les plus détestés des candidats à l’élection américaine depuis des décennies !

Ce n’est ni Trump, ni Fillon, ni aucun des candidats ou des élus du système qui vont décider de ce que sera l’avenir. Ce n’est même pas les classes moyennes qui se jettent sur l’un puis sur l’autre, comme des sauveurs, qui ont cru en Sarkozy, puis ont cru en Hollande ou en Valls, et qui peuvent croire maintenant en Fillon ou en Le Pen, ces gogos ne cherchant que de passer d’un dupeur à un autre. Ce qui décidera de l’avenir, ce sont les deux classes fondamentales de la société : la classe capitaliste qui est prête, du fait de sa crise historique, à nous rejeter dans un moyen-âge guerrier avec en plus des bombes atomiques, ou la classe ouvrière mondiale, la principale force sociale de la planète même si elle n’en a pas conscience et même si la masse des classes moyennes ne croit qu’en « la force de l’opinion publique » ou en « la force du vote ».

Jamais la politique des Etats et des classes dirigeantes n’a suivi l’opinion publique, même s’ils sont capables de l’influencer pour se cacher derrière. Ce n’est pas l’opinion publique qui a décidé des guerres, des dictatures, des fascismes, des massacres, des génocides mais toujours les classes dirigeantes. Et ce n’est pas l’opinion qui a arrêté les guerres comme la première guerre mondiale en novembre 1918. Non ! Ce sont les révolutions russe et allemande qui ont contraint les classes dirigeantes à stopper leur massacre à grande échelle !

A l’approche de l’anniversaire de la plus grande révolution ouvrière, celle de 1917, nous avons l’occasion de rappeler que, aux politiques de dictature et de fascisme, les prolétaires ont toujours le moyen d’opposer la révolution sociale ! Cela suppose qu’ils s’organisent en élisant leurs délégués dans les entreprises et dans les quartiers, leurs soviets ! Et, devant cette action politique de masse des travailleurs, vous verrez les pantins ridicules que seront tous les Trump et tous les Fillon, comme tous les Le Pen et les Poutine !!!

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