Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /homepages/36/d206324349/htdocs/site_org1G/config/ecran_securite.php on line 180
Luttes de classes au Mexique - Matière et Révolution
English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE > Luttes de classes au Mexique

Luttes de classes au Mexique

lundi 13 février 2017, par Robert Paris

3 Messages de forum

  • Au Mexique, jeudi 2 mars 2017, un journaliste a été abattu dans l’Etat de Guerrero, l’un des plus violents au sud-ouest du pays. Cecilio Pineda Brito dirigeait le journal local La Voz de la Tierra Caliente et avait été le correspondant de plusieurs autres journaux, dont le quotidien national La Jornada.

    Le journaliste avait déjà reçu plusieurs menaces de mort. Il couvrait et diffusait sur Internet l’actualité de la Tierra Caliente, une zone très violente de culture de marijuana et d’opium qui connaît depuis plusieurs mois une vague d’enlèvements.

    Pour Balbina Flores Martinez, correspondante au Mexique pour Reporters sans frontières (RSF), le travail dans ces zones de fort trafic de drogue est très dangereux pour les journalistes locaux.

    « Il s’agit du premier journaliste assassiné dans le pays en 2017. Cecilio Pineda Brito exerçait en tant que journaliste depuis plus de quinze ans. En 2015, il avait déjà été victime d’un attentat alors qu’il rentrait chez lui », explique-t-elle.

    Le Mexique est 3e pays dans le classement mondial des journalistes assassinés, derrière la Syrie et l’Afghanistan.

    Répondre à ce message

  • Entre 2000 et 2016, la Patrouille des douanes et des frontières des États-Unis (CBP) a découvert les dépouilles de 6023 personnes sans papiers qui sont mortes en traversant du Mexique vers les États-Unis.

    Ce nombre choquant, cité dans un article du 4 mai dans le New York Times, sous-estime le nombre total de morts. Selon un shérif du Texas, « je dirais pour chaque [cadavre] que nous trouvons, nous en manquons probablement cinq ». C’est-à-dire que le nombre de corps inconnus pourrait être dans les dizaines de milliers.

    Des cadavres sont retrouvés le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique avec une extraordinaire régularité, fait savoir le journal. Dans l’une des zones frontalières, le comté de Brooks, Texas, 550 corps ont été découverts depuis janvier 2009, le mois de l’entrée en fonctions de Barack Obama. Dans un seul ranch au Texas, on a compté 31 corps ont été découverts depuis 2014. Le CBP jette sans cérémonie certains corps tous ensemble dans des cluster graves (fosses communes), souvent sans même les retirer des sacs pour déchets organiques dans lesquels ils sont conservés.

    Beaucoup de corps sont méconnaissables, brûlés par le soleil du désert ou dépecés par des vautours. Les chemins de migration habituellement utilisés sont , « bordés de morts ». Les cadavres des enfants se retrouvent aux côtés de leurs peluches. Une femme trouvée morte de froid était vêtue d’un sac à déchets en plastique pour se protéger du froid.

    En 2015, Francisco Gonzalez, un ancien machiniste du Mexique, a appelé les services d’urgence en plein désert, implorant une patrouille frontalière de l’arrêter pour lui sauver sa vie. Il a dit à la personne qui répondait à son appel qu’il retournait aux États-Unis pour voir pour la première fois sa fille qui venait de naître, après avoir été expulsé par l’administration Obama pour conduite sous l’influence de l’alcool. Les fonctionnaires ne parvenant pas à le localiser, Gonzalez a donné le numéro de téléphone de sa femme et a déclaré : « Appelez-la et dites- lui que je n’ai pas réussi à venir. Appelez-la et dites-lui que je l’aime et qu’elle s’occupe bien de notre bébé. » Il est mort dans le désert peu de temps après.

    Daniel Martinez, professeur adjoint de sociologie à l’Université George Washington, a déclaré au New York Times : « S’il s’agissait d’un autre contexte, s’il s’agissait de décès à la suite d’une inondation massive ou d’un tremblement de terre ou d’un accident d’avion majeur, on qualifierait cela de catastrophe de masse. »

    En effet, le New York Times rapporte que le nombre total de corps est supérieur au nombre total de personnes tuées lors des attentats du 11 septembre 2001 et de l’ouragan Katrina combinés. Et malgré la diminution de l’immigration depuis l’élection de Donald Trump, le nombre de corps trouvés au premier mois de 2017 est déjà égal au total de 2010.

    Les décès en masse le long de la frontière entre les États-Unis et le Mexique sont le résultat de politiques délibérées des gouvernements américains, démocrates comme républicains, depuis au moins deux décennies. Dans le cadre de programmes tels que Operation Gatekeeper (Opération gardien des portes) et Operation Hold-the-Line (Opération Tenez la ligne), promulgués pour la première fois sous le président démocrate Bill Clinton au milieu des années 1990, le gouvernement a sécurisé des passages frontaliers fortement peuplés avec des moyens de défense militaires et des patrouilles accrues concentrées dans des villes comme San Diego en Californie et El Paso au Texas.

    La conséquence en était tout à fait prévisible et bien prédite. Les immigrants fuyant la crise économique et politique ont été obligés de traverser des régions désertiques mortifères, où la température peut dépasser 120 degrés Fahrenheit (49 degrés Celsius).

    D’autres barrières à l’entrée ont été érigées sous Bush (y compris avec la Secure Fence Act (Loi de barrières sécurisées) de 2006, soutenue par les démocrates) et sous Obama. Le « déporteur en chef » Obama a signé une loi en 2010 qui a militarisé davantage la frontière des États-Unis avec l’utilisation de drones Predator et déployé 1500 soldats de la garde nationale pour bloquer l’entrée des migrants désespérés.

    Maintenant, sous Trump, la classe dirigeante américaine va encore plus loin. Parallèlement à la construction d’un « mur » sur la frontière entre les États-Unis et le Mexique, Trump s’engage à « déchaîner » les agents de contrôle des frontières, qui fonctionnent comme une Gestapo moderne.

    L’administration Trump a déjà déporté des dizaines de milliers de migrants et projette d’embaucher des milliers d’agents de l’immigration et de contrôle des frontières. Les centres de détention de masse établis sous Obama ont doublés de taille et le gouvernement fédéral travaille avec des organismes de police à travers le pays pour rafler les immigrants. L’administration Trump a mis en place un programme, appelé VOICE, dont le but est de dénoncer publiquement les immigrants accusés de crimes d’une manière similaire aux attaques de la presse nazie contre les acc

    Répondre à ce message

  • Le Mexique est un des pays où le crime politique et social est au plus haut niveau, en particulier pour les assassinats de journalistes et de militants des droits de l’homme ou syndicalistes...

    Plusieurs manifestations sont organisées mardi au Mexique, au lendemain du meurtre par balle du journaliste mexicain Javier Valdez, spécialiste reconnu du narcotrafic et pigiste pour l’AFP, le cinquième reporter tué dans le pays cette année.

    Le journaliste a été assassiné en plein jour lundi dans la ville de Culiacan (nord-ouest), à proximité des locaux de la revue Riodoce qu’il avait fondée en 2003 avec deux collègues.

    Javier Valdez, 50 ans, travaillait depuis de plus de 10 ans pour l’AFP dans l’Etat de Sinaloa, fief du cartel de Joaquin "El Chapo" Guzman, actuellement incarcéré aux Etats-Unis. Ce père de famille était aussi correspondant du quotidien La Jornada.

    Le meurtre a soulevé une vague d’indignation dans le pays et des manifestations sont prévues mardi matin à Mexico, Chilpancingo dans l’Etat de Guerrero (sud) et Culiacan pour exiger des autorités la fin de l’impunité.

    Valdez avait publié plusieurs ouvrages d’investigations sur le narcotrafic, dont un ultime livre l’an dernier intitulé "Narcoperiodismo, la prensa en medio del crimen y la denuncia" ("Narcojournalisme, la presse entre le crime et la dénonciation"), dans lequel il reconnaissait lui-même qu’"être journaliste, c’est faire partie d’une liste noire".

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0