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Manif pour tous : la « défense de la famille » et de l’ordre patriarcal contre le femmes cache mal la défense de l’ordre social capitaliste - Matière et Révolution
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Manif pour tous : la « défense de la famille » et de l’ordre patriarcal contre le femmes cache mal la défense de l’ordre social capitaliste

mardi 15 octobre 2019, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Manif pour tous : la « défense de la famille » et de l’ordre patriarcal contre le femmes cache mal la défense de l’ordre social capitaliste

La « manif pour tous », partie de la réaction contre le mariage homosexuel, prétend rebondir sous le prétexte de réaction anti-GPA et anti-PMA pour les femmes seules ou avec une compagne, mais sans compagnon. Il s’agit d’interdire aux femmes sans maris d’avoir des enfants et en particulier aux femmes homosexuelles. C’est donc un mouvement qui dénie les droits des homosexuels mais aussi de toutes les femmes puisqu’il leur faut un homme pour avoir le droit à la procréation et même à l’existence.

Le slogan de la manifestation, « Liberté, égalité, paternité », en dit long sur le caractère profondément patriarcal du mouvement. C’est un mouvement contre tous les droits des femmes puisqu’y militent aussi les anti-IVG, les anti-PMA, les anti dons de sperme et dons d’ovocyte comme anti congélation d’ovocytes, comme anti-ICSI, etc. Y sont aussi bien sûr les anti psychanalyse et toutes sortes de réactionnaires et de fascistes du « droit à la vie » qui prétend que les premiers mois de grossesses « la vie » serait déjà là pour interdire les avortements.

« Marchons enfants » est un autre slogan de cette manifestation pour affirmer que les « droits de l’enfant » s’opposent aux droits des femmes. Et aussi, bien entendu, pour revendiquer les droits du père. Comme si une famille avec père et mère était une garantie pour l’enfant, comme si un enfant était moins bien traité par une femme seule ou par des femmes que par un mari violent qui bat sa femme ou un mari capable de violer son enfant !

L’importance de l’inceste au sein de la question du harcèlement, du viol et des violences faites aux femmes et aux enfants, est d’autant plus considérable que c’est le plus difficile à combattre du fait des liens entre enfants et parents, du fait du cadre fermé, contraignant, autoritaire, psychologique et moral de la famille, mais surtout du fait qu’il est infiniment plus difficile à dénoncer publiquement.

Prétendre que la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) seraient des revendications outrancières des femmes seules qui se refuseraient à vivre en couple, c’est mentir. Bien souvent, les femmes qui s’y résolvent n’ont pas trouvé d’autre solution, n’ayant pas trouvé le conjoint, ou étant trop âgées, par exemple (l’âge agit très rapidement pour empêcher la procréation). Les anti PMA refusent de savoir pourquoi les femmes utilisent ce moyen partiellement artificiel pour espérer avoir un enfant (et encore, c’est un espoir limité car il n’y a pas énormément de succès, du moins en France). Ils s’appuient sur le terme malencontreux de « bébé éprouvette » pour faire comme si les bébés nés de cette manière n’étaient pas comme les autres. Ils prétendent que l’enfant sans père sera défavorisé, sera mal dans sa peau, sera désigné du doigt et stressé, mais que dire des enfants de femmes abandonnées par leur conjoint, des enfants de femmes battues, des enfants de femmes violées par leur conjoint ? Les mêmes se sont attaqués à l’adoption avec les résultats que l’on sait : ils ont quasiment supprimé l’adoption sous prétexte de « défense des droits de l’enfant » et de « lutte contre la marchandisation de la vie ». La banque vaticane et le trésor de l’Eglise de France luttant contre la marchandisation, permettez-nous d’en rire !

Mais il faut dire quelles sont les forces sociales qui le soutiennent et quels sont les dirigeants de ce mouvement qui se cachent ainsi derrière l’enfant et prétendent défendre « notre civilisation chrétienne occidentale », qui mènent un nouveau « combat identitaire », prétendant opposer la société aux « revendications excessives des femmes ». Ces réactionnaires sont souvent issus du milieu catholique militant qui, stimulé par les appels du pape contre les droits des femmes, prétend reprendre un rôle politique et social, s’investir dans toutes les institutions étatiques de la famille, de l’adoption, de la santé, etc.

« La famille », voilà le grand mot lâché pour ces réactionnaires selon lesquelles elle n’est pas seulement le « cocon » pour l’enfant, mais le symbole et le pilier de l’ordre social et politique. Bien entendu, pour eux, qui dit famille dit père, mère et enfants. Au diable ceux qui ne se conforment pas à cette équation ! Rejetées les femmes qui n’ont pas pu ou pas voulu avoir d’enfants : dieu les a punies ! Rejetées les femmes seules ! Rejetées les femmes homosexuelles ! Rejetées les femmes libres ! C’est le pape lui-même qui le proclame : GPA, PMA, dons de spermes et d’ovocytes sont pour lui aussi diaboliques que l’homosexualité et le droit à l’avortement !

L’oppression de classe se sert de la famille comme d’un moyen de défendre la stabilité sociale, la soumission sociale, l’oppression et l’exploitation. Ce sont les parents qui sont chargés d’imposer aux enfants la soumission à l’ordre social. Ce sont les parents qui sont considérés comme responsables si les enfants mineurs commettent des actes interdits par l’ordre social. C’est la famille qui justifie l’ordre social, qui fait des efforts pour que les enfants deviennent des adultes adaptés à l’ordre social, capables d’y réussir, d’en devenir des membres reconnus ou acceptés, capables de s’en accommoder ou d’y devenir des responsables. C’est la famille qui se charge de justifier tout ce qui choque les enfants dans la vie sociale.

Une part considérable de la pédophilie, de la prostitution, des violences, des meurtres, des tortures se déroulent dans le cadre familial et grâce à lui et les liens familiaux servent alors pour imposer la soumission aux victimes, pour leur faire croire même que celle-ci est normale, pour les faire taire, pour aider à cacher ces crimes à l’extérieur.

Mais ces papes et ces religieux catholiques réactionnaires, comment se permettent-ils de parler même des droits de l’enfant ?!!! En effet, ils continuent d’imposer à leur prêtres de ne pas se marier, de ne pas fonder une famille, de ne pas avoir d’enfants, et, du coup, d’avoir une femme clandestine, d’avoir des enfants non reconnus et clandestins, en les poussant ainsi à satisfaire leurs désirs en devenant pédophiles et en profitant des enfants qui sont confiés à leur enseignement religieux. Et ils continuent de couvrir ces crimes ! Dans le passé, dans de nombreux pays, les églises ont organisé massivement des enlèvements d’enfants et des adoptions pour de l’argent. Ces gens qui n’ont que la haine de la marchandisation de la vie à la bouche ont accumulé des fortunes, celles des églises nationales, celle de la papauté avec sa fameuse banque vaticane ! Pour l’hypocrisie, ce sont vraiment des rois et des prophètes ! Qu’ont-ils fait des enfants pendant les dictatures fascistes d’Espagne ou d’Argentine ?!!! Qu’ont-ils fait des enfants indigènes des pays colonisés ?!!! Comment se permettent-ils encore de nous donner des leçons de morale sur les droits de l’enfant, ces directeurs de conscience qui s’absolvent aussi facilement de tels crimes de masse ?

Mais l’explication de ce mouvement ne tient pas seulement au fait que ces gens-là sont et ont toujours été réactionnaires… Il faut voir qu’avant une période annoncée de crise sociale mondiale, les classes possédantes tiennent particulièrement à ne pas se retrouver avec une seule opposition claire entre classes possédantes et classes exploitées : il leur faut de multiples divisions qui déboussolent les peuples, qui les affolent. Ils inventent toutes les oppositions violentes possibles.

L’opposition des genres vient alors se rajouter à l’opposition des races, à l’opposition des ethnies, à l’opposition des religions, à l’opposition des régions du monde, à l’opposition des nations, à l’opposition des groupes politiques, à l’opposition des corporations, à l’opposition des « identités » et « civilisations ».

Eh oui, la conception de « la famille », c’est un élément de la tradition, du mode de vie, de l’organisation sociale qui est présenté comme identitaire et qu’on fait entendre comme attaqué par une invasion de nouvelles mœurs, de nouvelles règles, de nouveaux comportements qui détruiraient, disent-ils, nos particularités, nos conceptions particulières. Et, bien entendu, ces gens-là estiment faire partie d’une « société blanche chrétienne occidentale » menacée par l’invasion aussi bien musulmane qu’anglo-saxonne !!!

Et ils se prennent pour des croisés, ces « manifestants pour tous » !!! Ils ont belle allure ces curaillons et fachos qui affirment que la société française va périr à cause de quelques petites avancées dans l’aide à la procréation !!! On les a vus à l’œuvre en politique ces partisans de la croisade catholique contre la liberté des femmes : Fillon, le Primat des Gaules, les François-Xavier Bellamy, Gérard Larcher, Laurent Vauquier, Albéric Dumont, Xavier Breton, Jean-Frédéric Poisson, Christine Boutin, Monseigneur Pascal Gollnisch, Père Franck Zeuchner, Père Alexis Garnier et bien d’autres cul bénis fanatiques. On a bien vu comme ils se préoccupent du peuple ! On a bien vu comme leur politique est dictée par le souci des enfants ! On a bien vu comment ils font de la politique pour les classes possédantes et pas pour les peuples.

Mais ce qu’il faut voir, c’est que les Hollande (avec le mariage pour tous) et les Macron (avec la PMA pour tous) agissent consciemment pour leur offrir un boulevard afin de diffuser leurs mensonges, pour qu’ils puissent faire semblant de défendre une culture, un mode de vie, des traditions. Parce que les uns et les autres ont un souci commun, qui est un souci principal des classes possédantes et qui n’a rien à voir avec les enfants ni avec la procréation assistée ou pas : c’est le risque social que fait peser l’effondrement à venir du système capitaliste.

C’est dans cette optique que les classes possédantes ont urgemment besoin de trouver dans chaque pays des sources de divisions, d’oppositions violentes qui les détournent des oppositions sociales, des luttes de classe : opposition des genres en France mais aussi remontée de la haine des immigrés voulue et attisée par Macron, opposition entre pro et anti Brexit en Angleterre, opposition entre pro et anti Catalogne en Espagne, opposition entre pro et anti Trump et pro ou anti migrants mexicains, opposition entre pro et anti noirs aux USA, et on en passe…

Partout dans le monde, de l’Irak à l’Equateur, de l’Algérie à la France et du Soudan à l’Europe de l’Est, c’est la lutte sociale qui monte et menace de se transformer en révolution sociale. C’est pour détourner cette perspective que les classes possédantes favorisent des courants fascistes, leur donnent des occasions de mobiliser, de tromper, de détourner la colère des peuples, de les lancer contre de faux ennemis, dans de fausses perspectives, en présentant de fausses alternatives.

Pour faire face à cette politique de mensonges à grande échelle, il n’y a qu’un moyen : que les travailleurs s’organisent eux-mêmes, discutent et développent leur propre programme de classe comme ils avaient commencé à le faire avec les Gilets jaunes. Certes, les revendications des femmes sont justes comme le sont les revendications démocratiques des peuples soudanais ou algérien, mais toutes ces aspirations ne pourront trouver une issue sans l’action révolutionnaire des travailleurs auto-organisés et définissant eux-mêmes leurs objectifs politiques.

Le capitalisme peut s’effondrer rapidement un jour ou l’autre mais cela ne suffira pas à permettre à la société humaine de se libérer des appareils étatiques et bourgeois qui dirigent le monde. Il faudra une action consciente sur des bases de classes. C’est aujourd’hui qu’elle se conçoit et se prépare, même si nous n’en avons pas toujours conscience.

Le niveau de conscience des révoltés du Soudan, d’Algérie, d’Irak, du Congo, d’Equateur ou de France, comme du reste des opprimés d’ailleurs a étonné le monde. Mais ce n’est encore rien devant l’étonnement que produiront les exploités de la planète entière, placés devant la faillite économique générale, en remettant en question toutes les structures oppressives de l’exploitation capitaliste. Ce n’est pas les curés, les faux-culs et les culs bénis de toutes sortes ni leur famille patriarcal qui seront une barrière suffisante devant le tsunami social mondial !!!

1 Message

  • Macron ne risque pas de se battre contre les catho-fachos !

    Devant la conférence des Évêques de France, Emmanuel Macron, ce roi chrétien avait déclaré :

    « Une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n’irait pas au bout de sa vocation. »

    « Un président de la République prétendant se désintéresser de l’Église et des catholiques manquerait à son devoir »

    « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il nous incombe de le réparer. »

    « La laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité qui nourrit tant de nos concitoyens. »

    « Si les catholiques ont voulu servir et grandir la France, s’ils ont accepté de mourir, ce n’est pas seulement au nom d’idéaux humanistes. Ce n’est pas au nom seulement d’une morale judéo-chrétienne sécularisée. C’est parce qu’ils étaient portés par leur foi en Dieu et par leur pratique religieuse. »

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