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La fin de l’oppression des femmes par la révolution permanente

lundi 8 décembre 2025, par Karob, Robert Paris

La fin de l’oppression des femmes par la révolution permanente

1. La révolution permanente : stratégie révolutionnaire et non slogan institutionnel

La « révolution permanente » est une orientation stratégique formulée par Marx, Engels, Lénine et Trotsky.
Elle n’a rien de commun avec l’organisation française qui a usurpé ce nom pour couvrir une ligne réformiste incompatible avec la théorie dont elle se réclame.

La révolution permanente s’oppose frontalement au gradualisme, au réformisme et à toutes les approches fragmentées qui séparent programme immédiat et programme communiste. Elle refuse l’idée qu’il faudrait ménager les préjugés ou les peurs supposées des prolétaires.

Elle vise à transformer toutes les souffrances, toutes les oppressions, toutes les violences produites par la vieille société en armes révolutionnaires contre le capitalisme et l’impérialisme.

Dans cette perspective, il ne s’agit pas seulement des “femmes” en général, mais des femmes prolétariennes, des femmes du peuple travailleur, celles dont l’existence matérielle est directement frappée par l’exploitation capitaliste et l’oppression patriarcale.

L’oppression des femmes est, pour cette raison, un potentiel explosif colossal que le prolétariat révolutionnaire peut retourner contre l’ordre social.

2. Rompre avec les étapes : combiner toutes les revendications, détruire l’ordre ancien

La révolution permanente ne segmente pas la lutte en séquences étanches.
Elle articule les objectifs économiques, politiques et sociaux pour qu’ils se renforcent mutuellement, jusqu’à la destruction totale de l’ordre bourgeois et la construction d’un nouvel ordre social.

Concernant l’oppression des femmes, il ne s’agit donc pas d’aligner le mouvement ouvrier sur des revendications féministes bourgeoises ou petites-bourgeoises, ni de mettre le prolétariat à la remorque d’idéologies dominées par la classe moyenne.
Il s’agit au contraire que le prolétariat prenne la tête de toutes les luttes, en premier lieu celles des femmes prolétaires, et les transforme en leviers pour l’insurrection sociale.

3. L’illusion réformiste : égalité formelle et démocratie bourgeoise comme impasse

L’objectif n’est pas :

 de « réduire les inégalités »,
 d’élargir les droits dans le cadre du capitalisme,
 de corriger les excès,
 d’obtenir des miettes de démocratie,
 ni de moraliser les institutions.

Ces rêves réformistes sont d’autant plus illusoires que nous vivons la phase d’effondrement du capitalisme, où même les contre-réformes ne suffisent plus à la classe dominante.
L’impérialisme a besoin d’une contre-révolution brutale, militarisée, réactionnaire.
Dans cette dynamique, l’oppression des femmes prolétaires est un rouage central de la domination.

4. Patriarcat, classes sociales et État : une architecture matérielle

Avant l’apparition de la propriété, des surplus et de l’État, les sociétés du communisme primitif — jusqu’au Néolithique et parfois jusqu’à l’Âge du Bronze — connaissaient des formes matrilinéaires et matrifocales, sans oppression masculine systématique.
Ce « matriarcat » n’était pas la domination des femmes sur les hommes : c’était une organisation sociale sans exploitation, où les femmes disposaient d’une prééminence due à leur rôle central dans la reproduction sociale.

Le patriarcat s’installe avec :

 la production de surplus,
 la propriété privée,
 la transmission héréditaire,
 la guerre organisée,
 l’État en formation.

Le capitalisme ne crée pas le patriarcat : il l’hérite, le modernise, l’industrialise, l’utilise.
C’est une technologie politique au service de la domination bourgeoise.

5. L’alliance structurée du capitalisme et du patriarcat

Le capitalisme a besoin de l’oppression des femmes pour :

 réduire massivement les coûts de reproduction sociale,
 bénéficier du travail domestique gratuit,
 discipliner la force de travail par la hiérarchie sexuelle,
 imposer l’ordre par la famille bourgeoise,
 fournir un réservoir permanent de main-d’œuvre surexploitée.

Quand le capitalisme prospérait, il n’a jamais renoncé à l’oppression des femmes.
À l’agonie, il renforce cette oppression pour maintenir son pouvoir.
Et ce sont les femmes prolétaires qui en payent le prix le plus élevé.

6. Transformer l’oppression des femmes en arme centrale de la révolution permanente

La clé stratégique de la révolution permanente est simple : transformer toutes les formes d’oppression en armes révolutionnaires.

L’oppression des femmes doit devenir un canon braqué contre l’État bourgeois, non une revendication sectorielle dispersée dans des ONG, des associations ou des appareils syndicaux opportunistes.

Le prolétariat doit :

 proclamer immédiatement la libération totale des femmes prolétaires,
 porter cette lutte dans les entreprises, les quartiers, les syndicats,
 démasquer tous les appareils réformistes qui prétendent soutenir les femmes tout en préservant l’État bourgeois,
 structurer des organes révolutionnaires où les femmes du peuple travailleur jouent le rôle dirigeant que leur position matérielle exige.

7. La ligne scientifique et politique : la libération ne viendra jamais des institutions

Nous avons montré :

 que le capitalisme aggrave la condition des femmes :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545

 que les institutions bourgeoises ne libéreront jamais les femmes :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931

 que le capitalisme déclinant est incompatible avec la liberté des femmes :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743

 que capitalisme et patriarcat fonctionnent comme un système unifié :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397

 que le patriarcat est une arme du capital financier :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352

 que les femmes opprimées et les travailleurs exploités peuvent renverser ensemble le capitalisme :
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903

8. Le matriarcat comme horizon dialectique : négation de la négation

Proclamer la nécessité d’un retour au matriarcat n’est ni une nostalgie, ni une provocation.
C’est une thèse dialectique : le patriarcat a nié le communisme primitif ; la révolution doit nier le patriarcat ; la négation de la négation ouvre la voie à l’égalité réelle et à la fin de toute domination.

Il ne s’agit pas d’un modèle à copier, mais d’un horizon politique :
rétablir la puissance sociale des femmes du peuple travailleur comme moment nécessaire de la destruction de la propriété privée, de l’État et de la hiérarchie de sexe.

Ce qui effraie les réformistes, ce n’est pas la théorie : c’est l’idée qu’il faudra abattre l’ordre patriarcal en bloc — État, armée, police, justice, religions, propriété.

9. Les faux radicaux : ceux qui craignent l’objectif

Les réformistes et l’extrême gauche opportuniste :

 refusent la dictature des conseils,
 refusent de désarmer la bourgeoisie,
 refusent l’armement du prolétariat,
 refusent d’unifier prolétaires, femmes, jeunes, migrants et pauvres,
 refusent la destruction de l’appareil d’État.

Ils brandissent la révolution comme un slogan inoffensif mais reculent dès qu’il s’agit de toucher à la propriété privée, à l’armée, à la police… ou à la domination masculine.
Ils confondent radicalité et rhétorique.

10. Révolution et primauté des femmes : une nécessité objective

Dans chaque mouvement révolutionnaire moderne — Maghreb 2011, Chili, Iran, Soudan, Algérie, Gilets jaunes, USA, etc. — les femmes prolétariennes ont été à l’avant-garde.
Non par accident, mais parce qu’elles subissent :

 l’exploitation capitaliste en tant que travailleuses,
 l’oppression patriarcale en tant que femmes.

Elles seront donc, dans toute révolution sérieuse, en première ligne.
Et la société nouvelle devra leur donner une primauté politique organisée, dans les conseils, les comités, les organes de pouvoir du peuple travailleur.

C’est ce que l’Histoire a montré : Révolution française, Commune de Paris, révolution russe de 1917, révolution espagnole de 1936, etc.

11. Déraciner l’ensemble du système patriarcal-capitaliste

Détruire le patriarcat signifie en même temps :

 détruire l’armée permanente,
 détruire la police et l’appareil répressif,
 détruire les religions qui culpabilisent les femmes,
 détruire l’éducation bourgeoise,
 détruire la misogynie systémique produite par les médias, l’art, la philosophie, la science.

Ce n’est pas un programme “trop radical”.
C’est la condition matérielle de la libération réelle.

12. Conclusion : la révolution sera dirigée par les femmes ou ne sera pas

Les démocraties bourgeoises ont systématiquement soutenu les dictatures qui écrasaient les révoltes féminines.

De l’Arabie saoudite à l’Iran, de l’Algérie à l’Afghanistan, des USA aux Gilets jaunes, la répression frappe d’abord les femmes du peuple.

Le choix stratégique est clair :
ou bien la révolution libère les femmes en premier, ou bien elle échoue.

La révolution permanente n’est pas un programme d’ajustement progressif :
c’est la destruction méthodique du patriarcat, du capitalisme et de l’État, menée par la classe travailleuse et par les femmes prolétariennes en tête de cortège.

Chute du patriarcat et… du capitalisme

La bourgeoisie n’abandonne jamais une arme tant qu’elle lui sert. Le patriarcat n’est pas un accident de l’histoire : c’est une pièce maîtresse de la domination capitaliste. Il lui garantit une main-d’œuvre surexploitée, une reproduction sociale gratuite et une division permanente du camp des exploités. Croire qu’un tel système s’effondrera sous le poids de pétitions, de lois symboliques ou de réformes cosmético-féministes, c’est capituler avant même d’avoir combattu.
Le patriarcat ne tombera pas par décret : il tombera sous les coups.

La seule force capable de briser cette architecture millénaire, c’est l’irruption révolutionnaire du prolétariat — celui qui n’a rien à perdre et qui porte dans ses rangs les premières victimes du système : les femmes du peuple travailleur.
Leur colère accumulée, si elle se politise et s’organise, devient une force historique que plus rien ne peut contenir. Elle n’ouvre pas un “chapitre” du socialisme ; elle ouvre la brèche par laquelle tout l’ancien monde commence à s’effondrer.

La révolution permanente ne tolère aucune demi-mesure : détruire le capital, désarmer l’État bourgeois, abolir la propriété privée, armer le peuple travailleur, renverser la domination masculine. Celui qui recule sur un seul de ces points trahit l’ensemble du programme.
Et sans la direction des femmes prolétariennes, aucune victoire n’est possible, aucune société nouvelle ne peut tenir, aucune égalité réelle ne peut naître.

Le jour où les femmes du peuple conduiront l’insurrection, ce jour-là le capitalisme aura déjà perdu. Et le lendemain, l’État, la hiérarchie sexuelle et l’exploitation n’auront plus nulle part où s’abriter.

CE QUE NOUS COMBATTONS : LE FEMINISME BOURGEOIS L’EXEMPLE DE NOUS TOUTES

#NousToutes : un féminisme bourgeois qui protège l’État, pas les femmes
Le discours de #NousToutes s’impose comme une évidence morale : violences, indignation, “sororité”, hashtags violets, bonnes intentions.

Mais derrière le vernis progressiste, leur projet politique est parfaitement aligné sur les besoins de l’État bourgeois, des ONG subventionnées et des classes moyennes urbaines.
Ce n’est pas un mouvement d’émancipation : c’est une gestion idéologique des violences dans l’intérêt de l’ordre établi.

1. Elles parlent d’égalité mais elles défendent l’ordre bourgeois

Leur programme réel n’est pas de renverser les rapports sociaux qui produisent la domination masculine :
– la famille comme unité économique privée,
– le travail domestique gratuit,
– la dépendance matérielle,
– la double journée,
– la précarité structurelle des femmes prolétaires.

Elles ne parlent jamais de socialisation de la reproduction, d’abolition du salariat, de propriété privée, de division du travail.
Tout leur cadre repose sur l’idée que la loi, la police, la justice, les campagnes de sensibilisation résoudront les violences.

Autrement dit :
leur horizon politique, c’est plus d’État, pas moins de domination.

2. Elles transforment un conflit de classes en conflit entre les sexes

Leur ligne centrale est simple :
l’homme = danger individuel.
La femme = victime individuelle.

Ce schéma a une fonction politique très précise :
 empêcher l’unité de classe des exploité·es.
 opposer les femmes aux hommes prolétaires.
 désigner l’homme du quartier, de l’usine, de l’entrepôt comme menace.
Jamais le patron, jamais l’État, jamais l’organisation matérielle de la société.

C’est un féminisme moral, psychologique, individualiste, qui remplace l’analyse économique par la gestion des comportements.

Il suffit de lire leurs campagnes : pas une fois le mot capital, salariat, exploitation, propriété, prolétariat.

Ce féminisme-là ne vise pas l’émancipation complète de l’être humain.
Il vise l’encadrement de la société.

3. Un féminisme carcéral qui renforce police et justice

Tous leurs mots d’ordre reviennent à la même réalité :

– plus de police,
– plus de procureurs,
– plus de bracelets électroniques,
– plus d’ordonnances de protection,
– plus de dispositifs de surveillance.

Un féminisme centré sur l’appareil coercitif de l’État.

Un féminisme institutionnel, non révolutionnaire.

Un féminisme qui croit que la police — institution historiquement patriarcale, raciste et anti-ouvrière — serait un vecteur d’émancipation.

Il n’existe pas d’émancipation policière.

Il existe une reproduction étatique de la domination.

4. Un mouvement des classes moyennes pour les classes moyennes

Regardons qui compose #NousToutes :

– communicantes,
– étudiantes en sciences sociales,
– cadres du secteur associatif,
– militantes ONG,
– professions intermédiaires,
– influenceuses politiques.

Ce n’est pas un hasard :
leur discours reflète leur position de classe.

Elles ne parlent pas pour les femmes de ménage, les aides-soignantes, les caissières, les travailleuses du care, les manutentionnaires, les femmes précaires.
Elles parlent à leur place.
Elles leur imposent un discours fabriqué dans les laboratoires universitaires et institutionnels de la petite bourgeoisie progressiste.

Leur féminisme n’a rien de révolutionnaire :
c’est un produit culturel de classe moyenne, pour classe moyenne.

5. Un féminisme qui gère les violences, mais qui ne combat jamais leurs causes

Le capitalisme a besoin du travail domestique gratuit des femmes.
Il a besoin de la famille comme lieu de reproduction de la force de travail.
Il a besoin de la précarité féminine.
Il a besoin de la dépendance économique.

Le féminisme bourgeois ne touche à rien de tout cela.
Il gère les symptômes.
Il produit des campagnes de communication.
Il exige des lois.
Il demande des budgets.
Il ne remet jamais en cause le système qui produit les violences.

Parce que ce système est précisément celui qui finance, encadre, légitime et récupère #NousToutes.

**

6. Nous voulons l’unité de classe.

Elles veulent la division entre les sexes.**

Notre perspective est simple :
femmes et hommes prolétaires unis contre le capital.

La leur :
femmes contre hommes au sein de la classe exploitée.

Ce n’est pas un féminisme :
c’est une stratégie de fragmentation sociale au bénéfice de l’État et de la bourgeoisie.

**Conclusion :

Leur féminisme renforce l’ordre.
Le nôtre renverse l’ordre.**

Il n’y a pas de féminisme révolutionnaire sans :
– l’abolition du salariat,
– la socialisation de la reproduction,
– la destruction de la famille comme unité économique,
– la prise de pouvoir par les masses exploitées,
– l’unité hommes/femmes du prolétariat.

Le féminisme bourgeois de #NousToutes est un obstacle,
pas un allié.

Ce que nous voulons :
la révolution, pas la gestion violette de la domination.

#NousToutes joue pour le féminisme ce que les appareils syndicaux jouent pour la classe ouvrière :
un rôle de dérivation, de neutralisation et de contrôle.

De la même façon que les directions syndicales transforment la colère des travailleurs en journées d’action stériles, négociations sans fin, accompagnement social des contre-réformes,
#NousToutes transforme la colère légitime des femmes en :

· marches ritualisées,

· revendications institutionnelles,

· appels à l’État,

· dispositifs policiers et judiciaires,

· campagnes morales sur les comportements.

Ce n’est pas un mouvement d’émancipation.
C’est un pare-chocs du système.

Comme les bureaucraties syndicales prétendent représenter le monde ouvrier tout en désarmant ses luttes,
#NousToutes prétend représenter les femmes tout en dissimulant les rapports matériels qui produisent leur oppression :

· exploitation domestique,

· précarité salariale,

· dépendance économique,

· destruction des services publics,

· absence de socialisation de la reproduction.

Elles nomment des coupables individuels — les hommes —
comme les directions syndicales nomment des ministres.
Jamais le rapport social.
Jamais le capital.

Et surtout :
elles ramènent systématiquement les femmes vers l’État,
exactement comme les bureaucraties ramènent les travailleurs vers la négociation institutionnelle.

La fonction est identique : empêcher l’auto-organisation de la base.

Là où nous voulons :

· comités populaires,

· solidarité de classe,

· unité prolétaire femmes-hommes,

· socialisation de la reproduction,

· pouvoir ouvrier,

elles produisent un féminisme de gestion,
intégré, subventionné, approuvé.

**En un mot :
#NousToutes est au féminisme ouvrier ce que la bureaucratie syndicale est au syndicalisme révolutionnaire :
un frein, un couvercle, un dispositif de domestication sociale.**

Nous, nous voulons l’émancipation.
Elles veulent l’intégration.

Nous voulons la révolution.
Elles veulent l’État.

La manif du 22 novembre : un exemple de féminisme bourgeois

22 NOVEMBRE : MASCARADE FÉMINISTE D’ÉTAT CONTRE LE PROLÉTARIAT

ILS ORGANISENT LA HAINE DES HOMMES, ILS SAUVENT LE CAPITAL

Journée ONU, féminisme d’État et division femmes/hommes contre le prolétariat

On nous vend le 22 novembre comme une « journée de lutte contre les violences faites aux femmes ». En réalité, ce 22 novembre n’est que l’appendice militant d’une journée déjà décidée et cadrée par l’ONU : le 25 novembre, « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes ».

L’Assemblée générale de l’ONU a officiellement désigné le 25 novembre comme « International Day for the Elimination of Violence against Women » et appelle États et ONG à organiser ce jour-là des activités de sensibilisation
(voir ONU : ici et en français ).

L’UNESCO explique elle-même que, « chaque année, le 25 novembre, l’UNESCO marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », journée commémorée depuis 1999 après proclamation de l’Assemblée générale
(UNESCO).

Donc : ce n’est pas une date issue de la lutte de classe, c’est un produit onusien, repris par tous les États.

1. Une journée ONU = une journée d’État

Même les structures les plus « modérées » le reconnaissent noir sur blanc. Par exemple :

Amnesty France rappelle que, « depuis sa création par les Nations unies en 1999, la Journée internationale (…) a lieu chaque 25 novembre »
(Amnesty).
La CGT AG2R écrit : « En 1999, les Nations Unies crée la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (…) Cette journée a lieu chaque 25 novembre »
(CGT AG2R).
Donc quand on nous propose de « marcher » le 22 ou le 23, on ne « crée » rien :
on adapte simplement la journée d’État au week-end.

Attac le dit tranquillement dans son appel 2025 :

« Attac est signataire des deux appels à la mobilisation les 22 et 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes »

(Attac 22–25 novembre).

Preuve matérielle :
le 22 est subordonné au 25, lui-même calendrier ONU–État.

2. ONG, syndicats, associations : la façade « société civile » du dispositif

Les ONG féministes comme Nous Toutes servent de courroie de transmission entre ONU/État et « mouvements ». Leur page pour 2025 annonce :

« Samedi 22 novembre : manifs contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. »

(Nous Toutes – manifestations 2025).

Sans jamais remettre en cause l’origine onusienne, l’appel se contente de décliner :

« violences sexistes, sexuelles et de genre »
cartes des manifs, kit militant, comités locaux.
Les syndicats reprennent la même musique. Par exemple, la FSU appelle à :

« manifester partout le samedi 22 novembre 2025 et le mardi 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes »

(FSU).

On ne parle jamais de classe, de propriété, de salariat. Tout est reformulé en :

« violences sexistes et sexuelles »
« loi intégrale »
« moyens pour les politiques publiques ».
Autrement dit : le problème est moral-juridique, la solution est l’État.

3. 22 novembre : version féministe des journées d’action bidon

La CGT, championne des « journées d’action » sans lendemain, applique la même méthode :

Un appel CGT de novembre 2025 explique qu’il faut « manifester le 22 novembre contre les violences sexistes et sexuelles » en enchaînant chiffres de viol et objectifs de moyens
(CGT – 22 novembre).

Forme classique :

appel national
tracts prêts, slogans prêts, rendez-vous déclarés
tout se déroule dans le cadre du droit bourgeois, sous le contrôle de la préfecture.
C’est exactement le même modèle que les journées retraite ou pouvoir d’achat :
on encadre la colère sur un jour, puis on renvoie tout le monde à la maison.

Le 22 novembre n’est donc pas un moment offensif, auto-organisé :
c’est une journée d’actions symboliques, aussi « efficace » (au sens ironique) que les grèves de 24h qui permettent aux directions syndicales de montrer leur drapeau sans menacer le capital.

4. L’extrême gauche dans la mascarade : preuve par ses propres textes

Là, on passe du soupçon au constat, citations à l’appui.

NPA

Sur son site, le NPA écrit :

« Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences envers les femmes et les minorisées de genre. C’est l’occasion de dire dans la rue (…) La meilleure réponse est de participer massivement aux mobilisations du 22 et 25 novembre »

(NPA – contre les violences faites aux femmes).

Dans un autre article :

« Le 25 novembre est la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Manifestons pour nos droits ! »

(NPA – violences faites aux femmes : se retrouver, s’organiser, lutter).

Donc :

acceptation intégrale de la « Journée internationale » ONU,
appel à se mobiliser « à cette occasion » : subordination totale au calendrier d’État.
Lutte Ouvrière

LO rappelle elle aussi :

« En 1999, l’ONU a fait du 25 novembre la Journée Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes »

(LO – brève 2024).

Et dans un article plus ancien :

« Les chiffres rappelés à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, sont terrifiants »

(LO – Non aux violences faites aux femmes !).

Donc LO s’aligne explicitement sur une journée créée par l’ONU, se contente d’y accrocher quelques phrases sur l’exploitation, mais ne rompt jamais avec le cadre.

Révolution Permanente

RP ne fait pas autre chose. En 2024 :

« Ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, se tiendra dans un contexte particulièrement réactionnaire »

(Révolution Permanente – 25 novembre contre les violences patriarcales).

Et en 2023 :

« Ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, manifeste avec Du Pain et Des Roses… »

(RP – 25 novembre : manifestons…).

Même formule :
on reconnait comme horizon la journée ONU, on habille ça en « journée de lutte », mais on ne touche pas au cadre.

Conclusion :
NPA, LO, RP prouvent eux-mêmes, noir sur blanc, qu’ils :

reprennent le vocabulaire ONU (« Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes »),
se calent sur cette date,
appellent à défiler « à l’occasion » de cette journée.
Sur ce terrain, il n’y a plus de séparation de classe :
l’« extrême gauche » se fond dans la gauche bourgeoise, les syndicats et les ONG.

5. Comment tout cela sert à opposer femmes et hommes du prolétariat

Regarde le contenu commun :

ONU : « violence against women and girls is a global scourge » et appel à « un front uni »
(déclaration du Secrétaire général).
UNESCO : « chacun a un rôle à jouer » pour ne plus tolérer les « violences fondées sur le genre »
(UNESCO – journée 2024).
syndicats et ONG parlent sans cesse de « violences sexistes et sexuelles », de « violences patriarcales », de « fléau », de « culture du consentement ».
Dans tous ces discours :

on parle de « femmes » et d’« hommes » en général ;
on gomme la division entre bourgeoises et prolétaires ;
l’ennemi devient « l’homme violent », le conjoint, le “mec”, la “culture patriarcale”.

Pendant ce temps :

 le patron,
 le propriétaire,
 le chef de service,
 la préfecture,
 la police
disparaissent comme classe. Ils ne sont plus que des « acteurs » à « sensibiliser », des « institutions » à « former ».

Résultat politique :

 les femmes prolétaires sont invitées à tourner leur colère principalement contre les hommes de leur classe,
 pas contre les capitalistes et leur État qui organisent la dépendance matérielle, la précarité, les bas salaires, le logement pourri et l’asphyxie des services.

Cette journée ONU-État, reprise par la gauche et l’extrême gauche, a donc une fonction précise :
substituer la guerre des sexes à la lutte de classes.

6. Féminisme bourgeois contre féminisme ouvrier et révolutionnaire

Ce féminisme institutionnel, estampillé ONU, géré par les États, relayé par les mairies, revendiqué par les ONG, les syndicats et l’extrême gauche intégrée, a un contenu de classe :

 il veut plus de femmes dans les parlements, conseils d’administration, hiérarchies de l’État ;
 il réclame plus de lois, plus de dispositifs, plus de bracelets électroniques, plus de flics « formés » ;
 il cherche l’égalité dans l’exploitation, pas la fin de l’exploitation.

À l’inverse, le féminisme ouvrier, issu du socialisme scientifique (Marx, Engels, Lénine, Kollontaï, IC) :

 part de la situation des femmes du prolétariat, au travail et dans la reproduction domestique ;
 lie violence domestique, violence patronale, violence policière et judiciaire comme expressions du même système ;
 ne demande pas à l’État bourgeois de se « féminiser », mais vise sa destruction avec tout l’ordre capitaliste ;
 ne cherche pas à opposer femmes et hommes du peuple, mais à les unir contre leur ennemi commun : la bourgeoisie.

C’est précisément ce féminisme de classe que la journée ONU du 25–22 novembre étouffe, en l’enfermant dans des marches symboliques encadrées, où l’on récite le catéchisme des droits humains et des politiques publiques.

7. Notre position : rompre avec le 22/25 ONU, reconstruire l’unité de classe

Les textes officiels, les appels des ONG, syndicats, partis de gauche et d’extrême gauche suffisent à le prouver :

 le 25 novembre est une journée d’État, créée par l’ONU, ritualisée par les institutions ;
 le 22 novembre en est une simple déclinaison logistique ;
l’ensemble du dispositif sert à cadrer le féminisme dans les limites de l’ordre bourgeois et à détourner la colère des femmes prolétaires de la lutte de classe.

Nous refusons d’être intégrés à cette mécanique.

Nous combattons :

 la division abstraite « femmes vs hommes » qui efface la division réelle « bourgeois vs prolétaires » ;
 l’illusion que l’ONU, les gouvernements, les mairies, la police, la justice pourraient être les garants de la libération des femmes ;
 la capitulation de l’extrême gauche qui, en se coulant dans ce calendrier et ce langage, prouve qu’elle n’est pas un danger pour l’État bourgeois.

Nous défendons :

 l’unité des femmes et des hommes du prolétariat contre le capitalisme ;
 l’auto-organisation des femmes ouvrières dans des comités sur les lieux de travail et dans les quartiers, liés aux assemblées de classe ;
 la lutte contre toutes les violences comme partie intégrante de la lutte contre l’exploitation ;
 la destruction de l’État bourgeois et l’abolition du salariat comme condition matérielle pour en finir réellement avec la dépendance, la misère et les violences.

Le 22 novembre comme dans d’autres manifestations, ils veulent notre présence dans leur calendrier, sous leurs mots d’ordre, dans une guerre des sexes qui laisse intacte la dictature du capital.

À nous de reconstruire un féminisme ouvrier révolutionnaire, qui refuse cette mise en scène et prépare l’unité des deux sexes dans la révolution sociale.

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