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L’extrême gauche face aux licenciements
vendredi 26 juin 2026, par ,
L’extrême gauche face aux licenciements
Lutte ouvrière, NPA-Révolutionnaires, Révolution permanente : la dénonciation sans la politique communiste révolutionnaire...
« Cette usine, elle crèvera sûrement. »
Jean-Pierre Mercier (Lutte ouvrière, SUD Stellantis Poissy), forum de la fête de LO, 23-25 mai 2026.
À la fête de Lutte ouvrière, les 23, 24 et 25 mai 2026, se tenait un forum intitulé « Quelle politique pour les travailleurs face aux licenciements et aux fermetures d’usine ». Cinq jours plus tôt, le 18 mai, Force ouvrière avait signé avec la direction de Stellantis l’accord actant la fin de la production automobile à Poissy : 900 postes supprimés « par départs non remplacés », et la bénédiction syndicale donnée au discours patronal sur la « mutation industrielle ». C’est dans ce contexte que les trois principales organisations de l’extrême gauche française se sont retrouvées dans la même salle. À la tribune, Jean-Pierre Mercier, militant de Lutte ouvrière et figure de SUD Stellantis Poissy. Dans le débat, Ken Armède, électromécanicien, militant du NPA-Révolutionnaires et de SUD à Stellantis Poissy, et un militant de Révolution permanente. Trois courants qui se réclament tous, à un titre ou un autre, du communisme révolutionnaire. Posons-leur une question simple : qu’est-ce qu’un ouvrier de Poissy devait organiser le lundi matin suivant, à cinq heures, dans son atelier ? Aucun des trois n’y répond.
Ce qu’ils ont dit de juste
Il faut commencer par là, sans quoi la critique ne vaut rien. Le topo de Mercier est supérieur à tout ce que produisent sur le sujet la CGT confédérale, le PCF ou La France insoumise. La concurrence chinoise y est démontée pièce en main : Stellantis invoque les Chinois pour fermer Poissy, et dans le même mouvement s’allie au chinois Leapmotor pour importer ses voitures et ouvre ses usines de Rennes, Saragosse et Madrid à ses partenaires Dongfeng et Leapmotor. Le « patriotisme économique » est nommé pour ce qu’il est, une arme idéologique destinée à faire prendre aux travailleurs la concurrence entre groupes capitalistes pour une concurrence entre travailleurs de nations différentes. Et la critique du « projet industriel » que défend la CGT à Poissy — un petit véhicule populaire dont il faudrait prouver la rentabilité au patron — est juste : c’est se transformer en conseiller patronal, se placer sur le terrain de l’ennemi, démolir la conscience que les intérêts des deux classes sont inconciliables. Quand La France insoumise est venue à Poissy le 16 juin, Manuel Bompard et Aurélie Trouvé réclamaient précisément « un plan de filière centré sur le véhicule électrique abordable » : exactement le projet industriel que Mercier dénonce. Sur ce terrain négatif, LO a raison contre toute la gauche. Le problème n’est pas là. Il est dans ce qui suit, ou plutôt dans ce qui ne suit jamais.
L’étalon revendiqué : Renault 1947
Pour juger ces courants, le mieux est de les confronter à une référence qu’ils invoquent eux-mêmes : la grève de Renault Billancourt, en avril-mai 1947. Elle fut animée par le groupe de David Korner, dit Barta — l’Union communiste, quelques dizaines de militants —, déclenchée contre l’avis de tous les appareils, dans une usine de trente mille ouvriers verrouillée par un Parti communiste alors au gouvernement, qui défendait le blocage des salaires et dénonçait les grévistes comme provocateurs. Il faut être précis sur l’héritage, car il est souvent surestimé : le groupe Barta a éclaté dès 1950 et Barta lui-même s’est retiré du militantisme. Lutte ouvrière ne descend pas de lui par une continuité organique ; elle se réclame de 1947, par l’intermédiaire de Pierre Bois, l’ouvrier qui anima la grève et participa plus tard à la fondation de Voix Ouvrière, ancêtre de LO. La Fraction L’Étincelle, d’où vient Ken Armède avant le NPA puis le NPA-Révolutionnaires, était une fraction de LO : elle partageait donc la même référence revendiquée à 1947. Deux des trois courants présents au forum se réclament ainsi de cette grève sans en avoir hérité organiquement. Le troisième, Révolution permanente, vient d’une autre tradition trotskyste, morenista, étrangère à cette référence. Confrontons-les tous à la méthode de 1947.
Cette méthode tient en quatre gestes. La minorité révolutionnaire n’attend pas que la mobilisation soit là : elle la prépare, puis prend l’initiative quand la colère est mûre, et c’est l’initiative qui révèle une disponibilité que personne ne « sentait ». Elle construit un organe : le comité de grève élu, révocable, ouvert aux non-syndiqués, qui arrache la conduite de la lutte au monopole des appareils. Elle porte une revendication unifiante et offensive — en 1947, dix francs de l’heure pour tous — et non un éventail de compensations individuelles. Et elle intervient à visage découvert comme fraction politique : La Voix des Travailleurs n’était pas un tract syndical, c’était l’organe public d’un courant communiste qui liait, dans l’usine même, la lutte immédiate et la perspective révolutionnaire. Quatre gestes. Voyons ce qu’il en reste, soixante-dix-neuf ans plus tard, à quarante kilomètres de Billancourt.
Le droit au salaire ou l’abolition du salariat
Le premier glissement se loge dans une citation. Mercier convoque le Programme de transition de Trotsky : « Le droit au travail est le seul droit sérieux que l’ouvrier a dans une société fondée sur l’exploitation. » La citation est exacte. Mais Mercier garde la prémisse et ampute tout ce qui suit. Car chez Trotsky, cette phrase ouvre immédiatement un système de revendications transitoires — échelle mobile des heures et des salaires, comités d’usine, contrôle ouvrier, ouverture des livres, expropriation, gouvernement ouvrier — à agiter dès maintenant, parce que « le programme doit exprimer les tâches objectives de la classe ouvrière et non l’arriération des ouvriers ». Mercier inverse la méthode : il déclare que « dans le cadre d’une mobilisation massive et générale, il serait possible de revendiquer l’échelle mobile des heures de travail ». Le conditionnel fait tout le travail. Chez Trotsky, la revendication transitoire est le pont qui crée la mobilisation ; chez LO, la mobilisation hypothétique devient la condition préalable de la revendication. Et comme Mercier constate lui-même qu’« on ne la sent pas, la mobilisation générale », le pont est renvoyé à plus tard, et il ne reste que les garanties. Le Programme de transition est transformé en programme d’attente.
Ce glissement en recouvre un plus profond, qui touche à la nature même du combat. Quelques jours avant le forum, l’éditorial de Nathalie Arthaud dans Lutte ouvrière posait que « le droit à un salaire est un droit vital ». Mais défendre le droit à un salaire, c’est défendre le droit du capital à nous exploiter : c’est accepter comme horizon indépassable le rapport salarial lui-même. Marx avait tranché cette question en 1865, dans Salaire, prix et profit : « Au lieu de la devise conservatrice : un salaire juste pour une journée de travail juste, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire : abolition du salariat. » Bien sûr qu’on se bat pour des hausses de salaire, pour de meilleures conditions. Mais on ne les érige pas en droit, car ce serait revendiquer le droit d’être exploité au lieu de poser la destruction du rapport capital-travail. Toute la politique des garanties tient dans ce renoncement : elle défend la place de l’ouvrier dans le salariat, là où il faudrait poser la fin du salariat. C’est la frontière exacte que LO ne franchit pas — et qu’elle masque sous une citation de Trotsky amputée de sa moitié révolutionnaire.
La politique réelle : l’accompagnement
Ce que les trois courants font concrètement à Poissy, depuis l’annonce du 16 avril, se résume à un mot : l’accompagnement. La politique de Lutte ouvrière, ce sont les « garanties » : préretraites, chèque de départ, congé de reclassement allongé, prélèvement sur les profits et les fortunes. Sa camarade Radia, de SUD Stellantis, en détaille le contenu au forum : « des garanties adaptées à chacun », une préretraite « plus longue et mieux payée », « un chèque » pour qui veut partir. C’est un cahier d’accompagnement individualisé de la fermeture — chacun sa situation, chacun sa porte de sortie. La différence avec la CFDT est quantitative, plus généreuse, jamais qualitative. Et cette ligne n’est pas née avec l’annonce de fermeture : dès octobre 2025, lors d’un chômage technique de trois semaines, Mercier réclamait déjà « être indemnisés comme les cadres ». L’horizon indemnitaire précède la bataille.
Révolution permanente, sur le papier, écrit autre chose. Son article du 18 avril réclame « le maintien de tous les emplois, l’interdiction des licenciements ainsi que l’expropriation de toutes les entreprises qui licencient, pour les mettre sous contrôle des travailleurs ». C’est, formellement, le programme transitoire que LO refuse. Mais ce mot d’ordre flotte sans le moindre dispositif pour le porter : pas de comité élu, pas de coordination, pas de fraction organisée. Au rassemblement du 23 avril, la militante de RP, Laura, appelle à « généraliser la grève pour imposer l’interdiction des licenciements » — une exhortation, pas un plan. Le NPA-R, lui, par la voix de Ken Armède, théorise au forum que la seule revendication capable d’entraîner les ouvriers, ce serait la préretraite à cinq ans payée à 80 ou 85 % : « là ils sont capables de se transformer comme des lions ». Trois habillages, une même substance : on négocie les conditions du départ.
Le dispositif Armède-Mercier
Le moment le plus révélateur du forum est l’échange, en apparence contradictoire, entre Ken Armède et Jean-Pierre Mercier. Armède pose une prémisse : les ouvriers de Poissy ont cinquante-cinq, cinquante-huit, soixante ans, ils sont usés, ils veulent partir ; donc l’interdiction des licenciements ne les mobilisera pas, seule une bonne préretraite le fera. Mercier, de son côté, répond au militant de RP que « le maintien de l’emploi » se confond forcément avec le « projet industriel » de la CGT, donc avec le terrain du patron, donc il faut l’exclure — et il ne reste que les garanties. Mises bout à bout, les deux interventions forment un cercle parfaitement fermé. Armède fabrique l’objection qui rend nécessaire la politique d’indemnisation ; Mercier rabat le maintien de l’emploi sur sa version dégradée pour escamoter sa version transitoire. Or il suffit d’une revendication pour que le cercle se brise : la retraite à taux plein, à cent pour cent, non amputée, assortie de l’embauche systématique sur chaque poste libéré, intérimaires et sous-traitants titularisés. Les anciens partent alors dans de meilleures conditions que celles qu’Armède propose ; les jeunes entrent en CDI ; le poste de travail vit. Ce que les deux courants opposent — les vieux contre le contrôle de la production —, le programme transitoire l’articule. Leur impasse n’est pas une donnée de la réalité, c’est une construction.
Pas un comité, pas une assemblée
Cherchez dans tout le forum les mots comité de grève, assemblée générale souveraine, comité d’usine élu, coordination de site : ils n’y sont pas. Ni chez Mercier, ni chez Armède, ni chez le militant de RP. C’est pourtant l’ossature de toute politique de lutte contre une fermeture, et c’était l’arme de Barta en 1947. Un militant de LO évoque bien un débrayage où « on avait retiré nos gilets syndicaux » — mais retirer un gilet n’est pas élire un comité révocable mandaté par une assemblée souveraine. On sort de ce forum sans savoir ce que pensent les travailleurs de Poissy, sans savoir s’ils disposent du moindre cadre où décider eux-mêmes. Pour les trois courants, l’organe de décision demeure l’appareil syndical ; jamais la base réunie et souveraine. C’est très exactement le geste que Barta avait dû accomplir contre la CGT, et que ces courants, qui s’en réclament ou s’en approchent, ne reprennent pas.
Le tabou partagé : Solidaires, et l’automobile qui s’arme
Reste le point le plus lourd, et il est commun aux trois. Mercier, à SUD Stellantis. Ken Armède, à SUD Stellantis. Anasse Kazib, porte-parole de Révolution permanente, à SUD Rail. Les trois sont cadres de la même confédération, Solidaires. Or Solidaires est membre du RESU, le réseau qui soutient les livraisons d’armes à l’Ukraine et l’alignement sur l’OTAN. Aucun des trois ne mène la moindre bataille à l’intérieur de sa propre confédération contre cet alignement. Mercier lâche au forum la phrase qui résume tout : « C’est mort les copains, depuis 1914 c’est mort. Donc laissons ça de côté et occupons-nous de nos affaires. » Il reconnaît l’union sacrée, la trahison des appareils depuis 1914 — et il en tire l’abstention, là où Barta en tirait le combat. « Nos affaires », c’est le salaire, l’emploi, les garanties ; tout le reste est laissé à la bourgeoisie. Le NPA-R fait de même par un autre chemin : il dénonce le Nouveau Front populaire, mais ne nomme jamais l’union sacrée de la CGT et de Solidaires, et reste ainsi, par défaut, dans le camp qu’il prétend combattre — d’autant que le programme du NFP que ces confédérations ont appelé à voter en 2024 contenait explicitement la « livraison d’armes nécessaires » à l’Ukraine.
Et « tout le reste », en mai 2026, porte un nom : l’économie de guerre. Dans un forum entier consacré à l’automobile, devant une salariée du Technocentre Renault venue décrire les deux mille suppressions de postes dans l’ingénierie mondiale du groupe, pas un mot n’est prononcé sur la reconversion militaire. Pas un mot sur le projet Chorus, ces drones de combat que Renault s’apprête à produire au Mans et à Cléon — six cents par mois à partir de juin 2026, sous contrat d’un milliard d’euros avec la Direction générale de l’armement, validés au comité d’établissement du Mans par dix voix pour, onze abstentions et aucune voix contre. Pas un mot sur Airbus Helicopters à Marignane, alors même que LO y a un élu de comité, Bazzali, candidat à la mairie. Le capital français a trois voies devant la crise de l’automobile : fermer, comme à Poissy ; délocaliser, vers Kénitra — où Stellantis investit 1,2 milliard d’euros et crée trois mille emplois pendant qu’il en supprime neuf cents à Poissy —, vers Pomigliano et Vigo ; et militariser, vers les drones de Renault et les hélicoptères d’Airbus. Les trois courants n’en nomment qu’une. La voiture civile qu’on liquide d’un côté finance la voiture de guerre qu’on développe de l’autre, et la parole ouvrière de refus — les salariés de Cléon disant à la presse « on n’a pas signé pour fabriquer des armes de guerre pour aller abattre des gens à l’autre côté de la planète » — reste sans relais. « Occupons-nous de nos affaires » interdit précisément de saisir ce chaînon.
Lundi matin, cinq heures : ce qu’un courant de type Barta organiserait
Posons donc la seule question qui vaille, celle que le forum laisse sans réponse : un militant communiste à Poissy, le lundi matin à cinq heures, à la première pause, devant la machine — que fait-il, concrètement ? Il ne distribue pas un tract qui dénonce le capitalisme en général, car les ouvriers le connaissent mieux que personne. Il ne propose pas non plus de négocier le meilleur chèque de départ. Il fait ce que l’Union communiste a fait à Billancourt : il porte, dans l’usine et au grand jour, une politique qui transforme la défense de la peau en contestation du pouvoir patronal sur la production.
Le premier geste est de briser le faux dilemme dans lequel Mercier et Ken Armède enferment leurs camarades. À l’objection « les anciens veulent partir, les jeunes veulent rester », on oppose une seule revendication qui satisfait les deux : la retraite à taux plein, à cent pour cent, sans décote, et l’embauche correspondante sur chaque poste libéré, avec titularisation immédiate des intérimaires et des sous-traitants. Les anciens partent mieux que ce que leur propose le NPA-R ; les jeunes entrent en contrat stable ; le poste de travail vit. La division que le patron organise par le volontariat et les départs « naturels », on la referme par une exigence unifiante — comme les dix francs pour tous de 1947 refermaient la division entre qualifiés et manœuvres.
Le deuxième geste est de construire l’organe que personne, dans tout le forum, n’a nommé : un comité élu en assemblée générale souveraine, CDI, intérimaires et sous-traitants réunis, délégués révocables à tout moment. Non pour « ramener du monde à l’extérieur », mais pour arracher la conduite de la lutte aux appareils et la mettre entre les mains des travailleurs eux-mêmes. C’est ce comité, et non un permanent syndical, qui décide, qui négocie, qui appelle. Sans lui, tout le reste reste un vœu.
Le troisième geste est d’ouvrir les livres. Le comité exige et publie les chiffres que la direction cache : le montant des aides publiques encaissées par Stellantis depuis des années, les sommes transférées vers Kénitra et Saragosse, les dividendes versés aux familles Peugeot et Agnelli. Ces chiffres retournent l’accusation : ce n’est pas l’usine qui n’est pas « rentable », c’est le capital qui s’en va ailleurs avec l’argent arraché au travail et à l’impôt. De là découle la revendication qui dépasse la simple indemnité : la réquisition sans rachat de l’outil de production en cas de fermeture maintenue, et l’occupation — celle que Grévis, ancien d’Aulnay, réclamait dans la salle quand il rappelait que « l’usine fermée, ça veut dire c’est à nous, c’est à nous la bagnole, c’est pas les patrons », et que personne à la tribune n’a reprise.
Le quatrième geste porte la lutte au-delà de l’usine, là où le capital se croit hors d’atteinte. D’un côté, l’unification salariale à l’échelle de Stellantis-monde — même salaire, mêmes conditions, partout où le groupe produit —, seule manière matérielle de retirer à la délocalisation son carburant, avec des contacts réels noués entre Poissy, Mulhouse, Sochaux, Hordain, Pomigliano, Vigo, Kénitra, et non l’internationalisme de tribune qui prononce le mot sans jamais bâtir l’organisation. De l’autre, l’adresse directe aux ouvriers que la reconversion militaire met en première ligne : ceux de Renault au Mans et à Cléon, sommés de produire des drones de combat, ceux d’Airbus Helicopters à Marignane. On leur porte ce que les salariés de Cléon disent déjà entre eux — « on n’a pas signé pour fabriquer des armes de guerre » — pour en faire un mot d’ordre : refus de produire pour la guerre, contrôle ouvrier sur les fabrications, reconversion vers les besoins sociaux décidée par les travailleurs et non par la Direction générale de l’armement.
Et le geste qui tient tous les autres : la fraction révolutionnaire publique. Non pas le militant qui retire son gilet le temps d’un débrayage, mais un courant organisé qui intervient à visage découvert dans la CGT, SUD, FO, la FSU, qui dit son nom, qui mène la bataille frontale contre les directions confédérales — y compris contre Solidaires, à laquelle appartiennent Mercier, Ken Armède et Anasse Kazib, sur son alignement derrière les armes à l’Ukraine et l’union sacrée. Une fraction capable, si nécessaire, de prendre la tête d’une grève contre la confédération qui l’héberge. C’est précisément ce qu’a fait l’Union communiste en 1947 contre la CGT du Parti communiste au gouvernement, et c’est précisément ce qu’aucun des trois courants ne fait en 2026.
Voilà ce qui sortirait d’un forum si l’on y défendait la politique dont LO et le NPA-R se réclament — et que Révolution permanente, sans s’en réclamer, n’atteint pas davantage. Au lieu de quoi le travailleur de Poissy est reparti avec une bonne dénonciation du capitalisme, la certitude que la CGT, le PCF et LFI sont des impasses, et la perspective d’un chèque un peu plus gros qu’à la CFDT. C’est ce vide pratique, habillé d’une phraséologie souvent impeccable, qui est la signature commune des trois. Mercier l’a résumé d’un mot : « cette usine, elle crèvera sûrement. » Toute sa politique en découle — négocier les conditions de la défaite, puis la requalifier en « gain de conscience ». Mais une conscience qui ne se fixe dans aucun organe, aucune coordination, aucune victoire même partielle, ne s’accumule pas : elle se dissipe. Aulnay 2014, défaite et conscience ; Flins 2024, défaite et conscience ; Poissy 2026, défaite annoncée et conscience promise. L’Union communiste, elle, avec quelques dizaines de militants face au plus puissant appareil ouvrier d’Europe, ne réclamait pas la conscience comme préalable : elle la produisait par l’action, et cette action a contribué à chasser les ministres communistes du gouvernement. Deux de ces courants se réclament de cette histoire, le troisième l’ignore. Aucun n’en fait quoi que ce soit.
Matière et Révolution – VDT - Gilets Jaunes Poitiers
La réalité de la vague des licenciements
Michelin
Nespresso
https://latele.ch/articles/jusqu-a-291-emplois-coupes-chez-nespresso-france-source
SFR
Okaïdi
Kyndryl
Wacker
Bill
France Travail
Banques
https://www.force-ouvriere.fr/secteur-bancaire-l-ia-accelere-les-suppressions-d-emplois-fo
Nestlé
Energies renouvelables
Renault
Services publics
Ikea
La CGT dénonce le caractère général des licenciements sans du tout proposer une riposte générale. Elle unifie les licenciements dans les statistiques, dans la dénonciation, pas dans les luttes…
https://www.cgt.fr/actualites/france/industrie/industrie-la-situation-est-catastrophique
Les syndicats se disent « abasourdis », ne comprennent pas, se désolent, critiquent, éventuellement dénoncent mais se gardent d’envisager la moindre riposte d’ensemble !!!
Les syndicats refusent la lutte d’ensemble privé-public, emplois-salaires, tous secteurs confondus…
Ils refusent de relier les emplois à la lutte contre l’économie de guerre…
Démolissons le fatalisme des bureaucraties qui négocient la mort de nos emplois !
Même quand ils dirigent une simple manifestation d’ensemble contre les licenciements, les syndicats affirment qu’il faudra « des mesures législatives contre les licenciements ». Leur réformisme est profond et tue notre lutte.
https://www.youtube.com/watch?v=EnO754QTxXs
https://www.youtube.com/watch?v=B6o5y6dBuJM
https://www.youtube.com/watch?v=cJTsU4eR1TQ
Le réformisme nous tuera si nous ne le battons pas !
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7143
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7042
La lutte d’ensemble qui annoncera qu’on va couler les patrons qui nous coulent devra être dirigée par des conseils de travailleurs !
Comment lutter contre les suppressions d’emplois ?
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2378
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2240
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve944
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6101
https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve715
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1004
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5107
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5603
Et l’extrême gauche ?
L’extrême gauche se donne une allure pseudo-radicale mais ne démonte absolument pas les méthodes des bureaucraties syndicales pour détourner les luttes contre les licenciements !
https://npa-lanticapitaliste.org/sites/default/files/4_pages_a5_licenciements_2025.pdf
Elle se garde de relier véritablement le combat contre les licenciements avec le combat pour les salaires, contre la guerre, contre l’impérialisme et pour l’Etat des conseils de travailleurs !
Nathalie Arthaud : "Soit on accepte de subir les licenciements, soit on doit imposer des choses"
On demande à l’Etat capitaliste d’intervenir et c’est lui qui réquisitionne une usine qui va fermer !
Et ça se dit révolutionnaire marxiste, léniniste et trotskyste !!!
Elle parle d’ « interdire les licenciements » mais qui doit le faire ? L’Etat capitaliste ou les travailleurs organisés en soviets ?
Elle soutient les syndicats qui isolent chaque lutte entreprise par entreprise…
Le groupe dit « Révolution permanente » ne fait pas mieux : des luttes isolées…
L’extrême gauche se démarque des syndicats mais pas de la CGT et de SUD !




Messages
1. L’extrême gauche face aux licenciements , 27 juin, 04:59, par Florent
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Fondamentalement, là où l’extrême gauche ne pratique pas une politique différente de celle des réformistes, notamment des appareils syndicaux, c’est qu’elle ne considère nullement que les crises du capitalisme (par exemple ses dettes, ses krachs, ses chutes, ses guerres, ses affrontements économiques ou politiques) doivent être des occasions à saisir pour la classe ouvrière afin de créer des brèches dans le système. Pour l’extrême gauche, ces crises sont seulement des raisons de protester, de se plaindre, de revendiquer un meilleur sort, d’affirmer que ce n’est pas juste et que les patrons ou le gouvernement devraient mieux se comporter...
2. L’extrême gauche face aux licenciements , 27 juin, 05:59, par Norbert
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Les licenciements menacent toute l’Automobile mais les syndicats ne veulent pas qu’une lutte de Stellantis déborde à Renault… Les trusts ont supprimé un tiers des emplois dans l’Automobile en 15 ans et s’apprêtent à faire de même en… un ou deux ans !
https://www.lefigaro.fr/societes/automobile-les-suppressions-d-emplois-pourraient-atteindre-100-000-postes-chez-volkswagen-selon-un-media-20260626
https://www.dailymotion.com/video/x9zvhec
https://www.liberation.fr/economie/transports/automobile-lelectrification-est-un-pretexte-pour-relancer-la-course-a-la-baisse-des-couts-20260624_5CADYDRBTVB4JL5WHLB5GFZ6CU/
L’extrême gauche ne cherche nullement à déborder les calculs syndicaux en réalisant des liaisons inter-entreprises...
3. L’extrême gauche face aux licenciements , 27 juin, 06:01, par Laurence
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Pour rester proche des appareils syndicaux, c’est devenu l’extrême gauche de sa majesté... l’impérialisme français
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8767
4. L’extrême gauche face aux licenciements , 4 juillet, 06:57, par Lionel
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Les plans sociaux déguisés se multiplient dans les entreprises
https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/07/01/les-plans-sociaux-deguises-se-multiplient-dans-les-entreprises_6717459_1698637.html?utm_source=firefox-newtab-fr-fr
C’est tous les secteurs qui licencient (édition, technologies, automobile, industrie, banques...)
Il n’y a toujours aucune velléité des organisations se réclamant de la classe ouvrière qu’elles soient politiques, syndicales ou associatives d’appeler à une riposte organisée générale en constituant des groupes qui militent dans les entreprises en vue de cette riposte coordonnée et générale tous secteurs confondus, privé et public !!! L’extrême gauche opportuniste ne cherche pas à se distinguer...
5. L’extrême gauche face aux licenciements , 11 juillet, 07:49, par Laurence
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Volkswagen : suppressions d’emplois
https://www.bfmtv.com/economie/emploi/50-000-suppressions-d-emplois-deja-actees-50-000-autres-pourraient-suivre-chez-volkswagen-le-plan-de-restructuration-sans-precedent-se-heurte-a-la-fronde-syndicale_AD-202607090161.html
Renault : supressions d’emplois
https://www.ici.fr/ile-de-france/yvelines-78/guyancourt/renault-plus-de-600-suppressions-de-postes-annoncees-dans-l-activite-ingenierie-du-groupe-en-france-6392815
https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/15/renault-sabre-dans-les-effectifs-d-ingenieurs-jusqu-a-20-de-suppressions-de-postes_6680236_3234.html?srsltid=AfmBOop1QScAYHR7rU0g0VZYoTRh_w-JwdSOZW3blTM6uYRRMxbteA8W
Stellantis : suppressions d’emplois
https://www.boursorama.com/bourse/actualites/fiche-d-information-les-plus-importantes-suppressions-d-emplois-chez-les-constructeurs-automobiles-mondiaux-ce2148f5ea597cc3fc03c7a150bbcdd8
Porsche : suppressions d’emplois
https://www.lefigaro.fr/societes/automobile-porsche-va-fermer-trois-filiales-plus-de-500-emplois-supprimes-pour-se-recentrer-sur-son-coeur-de-metier-20260508
Goodyear : suppressions d’emplois
https://www.automobile-magazine.fr/economie-politique/article/51389-ca-va-mal-chez-goodyear-des-centaines-demplois-supprimes
Nextlane : suppressions d’emplois
https://journalauto.com/services/nextlane-va-supprimer-20-de-ses-emplois-en-france/
L’automobile a perdu un tiers de ses effectifs en 13 ans, 139 000 postes supprimés en France
La filière automobile française traverse une crise sans précédent. Alors que les constructeurs et fournisseurs multiplient les plans sociaux, un tiers des effectifs a été supprimé entre 2010 et 2023 dans la filière, chiffre l’Insee.
https://www.ouest-france.fr/economie/lautomobile-a-perdu-un-tiers-de-ses-effectifs-en-13-ans-139-000-postes-supprimes-en-france-f80dba78-0812-11f1-9c0a-f496d01f0cae
Un emploi automobile supprimé en treize ans et maintenant cela va frapper encore bien pire…
https://fr.euronews.com/business/2026/02/13/un-emploi-sur-trois-perdu-dans-lautomobile-francaise-en-13-ans-de-declin
L’Automobile est particulièrement frappée…
https://www.caradisiac.com/l-automobile-est-le-secteur-qui-a-perdu-le-plus-d-emplois-de-toute-l-industrie-francaise-ces-dernieres-annees-220283.htm
Comment la lutte d’ensemble de l’Automobile sera dirigée et par qui ?
Comme une lutte de classes et pas en vue d’un accord avec nos ennemis de classe !
Alors, il faut que les travailleurs décident eux-mêmes, s’organisent eux-mêmes, se lient eux-mêmes d’un site à l’autre, d’une entreprise à l’autre et décident de se battre ensemble !
Derrière leurs bureaucraties syndicales, les travailleurs ne peuvent qu’être battus !
Les fausses extrêmes gauches ne veulent pas rompre avec les appareils syndicaux !
6. L’extrême gauche face aux licenciements , 13 juillet, 06:19, par David
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En Allemagne aussi, la lutte contre les licenciements ne peut pas être organisée par des appareils syndicaux bureaucratiques.
https://www.wsws.org/fr/articles/2026/07/11/svyx-j11.html
7. L’extrême gauche face aux licenciements , 16 juillet, 05:36, par Murielle
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Licenciements dans l’Automobile : la fausse mobilisation des syndicats
https://www.wsws.org/fr/articles/2026/07/14/nloo-j14.html
Et la fausse extrême gauche qui fait comme si ce que font les syndicats était… un premier pas vers une vraie lutte contre les licenciements.
https://www.revolutionpermanente.fr/Licenciements-dans-l-automobile-Il-faut-une-mobilisation-d-ensemble-comme-en-Italie
https://lanticapitaliste.org/actualite/entreprises/licenciements-massifs-dans-lautomobile
Elle peut parler de « bombe sociale » mais surtout pas lancer une lutte d’ensemble organisée par des comités de travailleurs…
https://www.leprogres.fr/france-monde/2012/07/15/jean-pierre-mercier-leader-cgt-des-psa-aulnay-on-est-une-bombe-sociale
8. L’extrême gauche face aux licenciements , 24 juillet, 06:57, par Achille
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Automobile : les syndicats reconnaissent que la lutte d’ensemble en Europe serait nécessaire mais ils ne l’organisent pas
https://www.force-ouvriere.fr/crise-de-l-automobile-vagues-de-protestation-chez-volkswagen-et
Des mouvements de grève en Allemagne et en Italie se développent mais l’extrême gauche en France ne dénonce pas le refus des appareils syndicaux de généraliser les luttes...