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Interventions au Venezuela, au Yémen, au Groenland en Iran : l’impérialisme US a-t-il pour ennemi la City de Londres ou la révolution prolétarienne ?

jeudi 9 juillet 2026, par Alex, Waraa

Trump est en guerre... contre la révolution et le communisme !

Interventions au Venezuela, au Yémen, au Groenland en Iran : l’impérialisme US a-t-il pour ennemi la City de Londres ou la révolution prolétarienne ?

La guerre contre l’Iran

C’est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l’on peut comprendre des événements tels que la récente guerre des USA et d’Israël contre l’Iran. Et c’est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici.

Le fait qu’en France aucun parti n’ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des analyses proposées aux exploités.
Des partis comme LO, RO ou le NPA-R, qui ne vivent que pour les élections syndicales et politiques, ne font que reprendre les moins bonnes analyses des "spécialistes" bourgeois.

En premier lieu, il parait que les USA auraient subi une défaite ! Si c’est le cas, le réflexe des révolutionnaires, après les expériences de 1870 en France, 1905 et 1917 en Russie, 1918 en Allemagne et en Autriche-Hongrie, est d’utiliser l’affaiblissement de leur impérialisme pour appuyer les mouvements révolutionnaires qui ne manqueront de se déclencher.

Le parti du candidat Anasse Kazib écrivait triomphalement en mai dernier :

Pour la première fois depuis des décennies, l’impérialisme étatsunien est tenu en échec par une nation opprimée. Cette situation nouvelle met en lumière la crise d’hégémonie de l’impérialisme étasunien et ouvre des perspectives historiques pour les exploités et les opprimés du Moyen-Orient et du monde entier.

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Le titre de cet article est en lui-même un reniement de toute une tradition, immortalisée par Liebknecht en 1916 : les révolutionnaires français sont avant tout pour la défaite de leur propre impérialisme, l’impérialisme français. Ce genre de titre prouve que RP n’a rien à voir avec le trotskisme. Pour RP, l’ennemi principal n’est plus dans notre propre pays, il est à l’étranger. Cela tombe bien pour la carrière de Kazib, car JL Mélenchon est un patriote "pour la France" et "contre les USA". RP se contente d’être "contre les USA", enlevant tout slogan anti-patriotique qui fâcherait Mélenchon. Ce qui caractérise un parti, c’est ce qu’il dit, tout comme ce qu’il omet de dire.

Au lieu de la révolution socialiste mondiale, de la dictature du prolétariat en France, RP utilise le terme vide de « perspectives historiques pour les exploités ».

En 1978 eut lieu en Iran une révolution bourgeoise avec un rôle décisif joué par la classe ouvrière, un véritable février 1848 ou 1917. En 1979 Khomeiny, rentré en Iran avec la bénédiction de l’impérialisme US, a bord d’un avion d’air France, organisa la contre révolution. RP oublie la révolution de 1978 et glorifie la contre-révolution de 1979, rebaptisée "révolution" :

la puissance américaine n’a jamais toléré l’humiliation qui lui a été infligée par la révolution iranienne de 1979, qui lui fit perdre durablement l’une des pièces maîtresses de sa stratégie au Moyen-Orient, l’Iran du Shah. (...) Pour Trump, un changement de régime en Iran permettrait de soumettre le pays à l’ordre géopolitique de Washington.

En 1979, le "régime des mollah" fut capable d’écraser la révolution prolétarienne qui menaçait. Khomeiny fut un Kornilov qui réussit. Ce régime est fiable de ce point de vue, les USA lui sont redevable. Les bourgeois iraniens ne demandent qu’à faire des affaires avec les USA, les présenter comme des anti-impérialistes est une tromperie de RP.

RP reprend donc la thèse médiatique officielle du "changement de régime" qu’auraient souhaité les USA. Or en décembre dernier, un n-ième soulèvement révolutionnaire se déclencha. Le fait qu’en écrasant sous les bombes le pays, en bombardant cyniquement une école, les USA avaient surtout pour but d’écraser la révolution démocratique et ouvrière en germe, n’est pas évoqué par RP. Par cette guerre les USA ont aidé le régime, lui permettant d’assimiler tous ses ennemis aux alliés objectifs des USA et d’Israël. De ce point de vue l’’impérialisme le plus puissant a réussi. Cette explication, la plus simple, est conforme au principe du rasoir d’Ockam : si l’explication la plus simple est aussi la plus probable, explique les faits, n’en inventons pas d’autres. Les USA ont bombardé un pays pour écraser une révolution. Mais pour RP, le concept de révolution prolétarienne en Iran est inexistant.

RP est cependant très optimiste non pour "la révolution", mais pour "les masses" en Iran :

les masses iraniennes ont conquis un nouvel espace en protégeant leur pays face aux attaques israélo-étasuniennes et en s’organisant en dehors du contrôle du régime. Contre toute lecture mécanique qui expliquerait que la défaite des États-Unis renforce exclusivement le régime, un espace nouveau s’est ouvert que la bourgeoisie iranienne aura énormément de mal à refermer.

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Défaite militaire israélo-américaine, rien que cela ! La "lecture mécanique", est-ce un nouveau synonyme pour "réalité flagrante" ? Il est certes difficile de connaître la situation en Iran. Mais si « les masses iraniennes ont conquis un nouvel espace », pourquoi RP ne peux pas citer des noms d’usines, de villes, de provinces, reproduire des textes de tracts ? Où les masses ont-elles fondé leur journal, leur milice ouvrière, paysanne, de quartier ? Ce qu’on constate c’est qu’en France, RP n’a rien fait de concret. Aucune campagne dans les syndicats, aucune proposition de grève politique de solidarité. Un "nouvel espace" ou des "partisans armés" auraient combattu l’armée américaine indépendamment de l’armée officielle ? On cherche en vain des traces de cette armée fantôme. Ce discours est le même que ceux des soutiens de Zelenski à l’extrême-gauche, qui prétendent que l’arme ukrainienne est celle d’une "résistance populaire". Pourquoi inventer de telles fables ? Seule la vérité est révolutionnaire, disait pourtant Lénine à juste titre.

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hostilités contre l’Angleterre et sa City de Londres ?

Outre l’ignorance de la perspective de la révolution prolétarienne dans la "superstructure", c’est l’ignorance des facteurs dans la "structure" économique qui est absente des analyse des des "révolutionnaires".

Des pays comme les USA et la France se sont désindustrialisés, orientés vers la finance. Or la finance ne crée pas de valeur, l’effondrement de 2008 n’est que le début de l’effondrement du château de carte des titres du capital fictif. Le capital productif continue certes à fonctionner en Chine, en Russie. Mais les 1000 milliards annuels d’excédents commerciaux de la Chine, c’est en papier qu’ils sont condamnés à se transformer immédiatement. Le capitalisme ne fonctionne plus. La "réindustrialisation" des USA est utopique. La seule façon de rester la première puissance, ce n’est plus de s’élever comme le firent, appuyés sur leur industrie, la Grande-Bretagne, puis l’Allemagne, les USA, la Chine : c’est de rabaisser les autres, de couper les routes commerciales et financières.

La guerre en Ukraine a permis de couper l’Europe en deux, d’éviter la liaison entre l’industrie allemande et l’énergie russe bon marché. Un pays comme la Norvège, suite aux sanctions contre la Russie, a vu son nombre de chômeurs passer de 60 000 à 600 000. C’est l’Europe qui est la cible des USA.

Outre l’industrie allemande, c’est la finance anglaise qui est un ennemi à rabaisser. Trump se réfère à la doctrine Monroe à juste titre.
En 1924, Trotsky annonçait : l’antagonisme principal est entre les USA et la GB. Ne sommes-nous pas revenu à ce point ?

L’intervention des USA au Venezuela reste encore entourée de mystère.

Le prétexte de la lutte contre la drogue invoqué par Trump n’est pourtant pas à écarter, si on le voit comme un conflit inter-impérialiste. Le plus gros cartel historique de la drogue est le Royaume-Uni, qui initia la conquête de la Chine par les deux guerres de l’Opium. Trump a sans doute ironiquement désigné la Grande-Bretagne derrière ce terme.

Les "paradis fiscaux", réseau financier tentaculaire mondial créé à partir de années 50 autour de la City de Londres, au grand dam de l’Etat des USA, est impliqué dans le commerce de la drogue par le financement de la production et le recyclage des profits.

Le Canada et le Mexique sont deux des pays frontaliers qui inondent le marché US. Ce capital financier lié aux drogues échappe en partie aux USA, mêmes s’ils ont contribué à le créer, tout comme celui de la Chine. Le Commonwealth est le terrain privilégié des financiers de la City, Trump a envoyé sa flotte peut-être autant contre le Guyana qui en fait partie, contre les paradis fiscaux des Caraïbes, que contre le Venezuela et Cuba :

Mettant fin à un empire USA quasi mondial, Trump est en train de tenter de se replier sur un empire de type national, centré sur les USA, avec un premier cercle "américain" d’après la doctrine Monroe. Une des composantes de la doctrine Monroe était la lutte contre les colonialismes français et anglais en Amérique. La revendication du Groenland en opposition avec le colonialisme européen est dans cette ligne.

La finance de la City de Londres est un de ces organisme mondiaux sans frontières, échappant au contrôle strictement national des USA. Le lendemain du rapt de Maduro, Trump a annoncé la sortie des USA de dizaines d’institutions (style OMS etc), qui ne sont que des paravents de multinationales.

En janvier 2025 lors du G7, la France, la GB, le Canada avaient quasiment appelé au renversement du régime de Maduro. Le Venezuela serait passé sous le contrôle des multinationales de la drogue, dont des banques comme HSBC. Par son intervention du 3 janvier 2026, Trump aurait en fait sauvé le régime, comme en Iran, et déclaré la guerre à la finance liée à la GB. Les Caraïbes sont semées de paradis fiscaux contrôlés par Londres, la flotte des USA les menace autant que le Venezuela.

Un affrontements USA-GB se remarque aussi au Yémen, à travers la défaite que l’Arabie Saoudite vient d’infliger aux Emirats Arabes Unis. Les Emirats arabes Unis ont peut-être été une des cibles collatérales de la guerre contre l’Iran.

Le fait que Trump soit "instable", "imprévisible" est alors compréhensible : les rapports inter-impérialistes étant chamboulés, il est impossible de changer du jour au lendemain des discours simplistes : la GB est notre ami éternel, la Russie, notre ennemi, est transformé en son contraire ! Le Groenland est en face du Canada, c’est peut être aussi la raison principale qui motive son annexion par les USA.

Ceux qui ricanent face au "Board of Peace (BoP)" (Conseil de la paix) créé par Trump feraient mieux de comprendre que sa "présidence à vie" ne fait que singer celle du roi d’Angleterre sur le Commonwealth. La majorité des régimes de l’UE sont des monarchies, aucun parti (même pas ceux d’extrême-gauche) n’en demande les abolitions. Le contrôle des routes commerciales menant à l’Inde, dont principalement le Canal de Suez, fut le pivot de l’Empire britannique. Or la liste des premiers signataires du BoP est orientée de façon frappante vers le but du contrôle des détroits : la Bulgarie et la Turquie contrôlent les Dardanelles, le Maroc contrôle une rive de Gibraltar, l’Egypte et l’Arabie Séoudite contrôlent Suez, l’Indonésie contrôle Malacca. Les autres pays séparent les empires rivaux : Union européenne, Russie et Chine :

Conclusion

Il n’est pas toujours facile de comprendre la signification des affrontements impérialistes. Mais les réduire à l’avidité pour le contrôle des matières premières est insuffisant. Cette soif de dominationexistait déjà à l’époque des pharaons. Les rivalités impérialistes de la fin du XIXème siècle exprimaient la soif du capital industriel contraint de se développer en débordant les frontières ationales. Même si cet aspect existe toujours, un facteur majeur est aujourd’hui l’étouffement définitif du capital industriel par les capitaux fictifs. Ne voir que des rivalités "nationales", l’impérialisme USA essayant de garder sa position dominante, laisse croire que le tour de la Chine serait venu. C’est nier l’effondrement du capitalisme. Les "barbares" qui conquirent l’empire romain n’en prirent pas la tête en l’incluant dans un plus grand empire. Le mode de production esclavagiste s’effondrait. Seul le mode de production féodal fit repartir la machine. Le mode de production capitaliste s’effondre sous le poids de la suraccumulation. La société est mûre pour le mode de production socialiste.

La dénonciation des USA et d’Israël est la principale politique étrangère proposée par les trois candidats soi-disant "trotskistes" aux présidentielles. « A bas les guerres impérialistes, vive la guerre civile ! » n’est pas un slogan révolutionnaire qu’ils mettront en avant. Or la révolution prolétarienne est bien une guerre civile. Seule les slogans de la propagande pour la révolution socialiste permettront à la classe ouvrière de comprendre, pour les exploiter à leur profit, les guerres impérialistes.

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