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La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer
lundi 10 août 2026, par ,
La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer
C’est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l’on peut comprendre des événements tels que la marche à la guerre. Et c’est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici.
Le fait qu’en France aucun parti n’ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des objectifs proposés aux exploités. Les slogans du communisme révolutionnaires sont depuis Blanqui, Marx et Engels, Jaurès et Lénine : Armement du prolétariat et désarmement de la bourgeoisie ! Dictature du prolétariat ! Dissolution des armées permanentes ! A bas les guerres impérialistes et vive la guerre civile ! Transformation de la guerre impérialiste en révolution sociale !
La police et l’armée sont les deux principaux organes de répression aux mains de la bourgeoisie, contre le prolétariat. Cette analyse en termes de lutte des classes, il est important de la défendre haut et fort, alors que les faux marxistes (LO, NPA-R, RP) donnent aux exploités des analyses sur la question de l’Etat en termes de "lutte des races", de "lutte contre l’extrême droite", de "lutte du progrès contre la régression" de "lutte électorale" plutôt que de lutte des classes.
Par exemple, LO dans sa brochure Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027, ne fait aucune référence aux classes sociales dans la question de la police :
« Même si Darmanin ou Retailleau ont commencé à mettre en œuvre cette politique xénophobe au ministère de l’Intérieur, une victoire du RN renforcerait les racistes, notamment au sein de la police et de l’appareil d’État, ainsi que les identitaires et les apprentis fascistes. »
Ce sont les vainqueurs des élections qui détermineraient des changements de politique dans la police, pas la bourgeoisie, LO voit tout par les élections ; et l’extrême-droite serait "pire" que les autres ! Que la gauche contre révolutionnaire fasse assassiner des dirigeants ouvrier blancs, comme cela arriva en France en juin 1848 et lors de la semaine sanglante en 1871, en 1919 en Allemagne et en Hongrie, en 1936 en Espagne, ce n’est plus d’actualité si l’on en croit LO. Madame "main propre" N. Arthaud justifie dès maintenant un "vote républicain" contre Le Pen au second tour des élections présidentielles ... sans y appeler. Son analyse est celle du PC, de la CGT : formidable c’est bon pour les carrières de ses militants.
La loi du 7 juillet 2026 dénoncée par Amnesty International
L’organisation de défense des Droits de l’Homme dénonce clairement cette loi :
« Le 7 juillet 2026, l’Assemblée nationale a adopté la loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ». C’est un vote de la honte : 313 députés ont voté pour cette loi venue initialement de l’extrême droite, portée par Les Républicains (LR) et soutenue par le gouvernement. Cette loi revient à offrir un « permis de tuer » à la police. Avant son adoption définitive, elle doit désormais passer devant le Sénat. Nous continuerons de nous opposer fermement à cette loi, voici pourquoi. »
Cet engagement est tout à fait juste. Amnesty explique ensuite la signification de cette loi :
« 1. Tout tir de policier est considéré légal
Aujourd’hui, un tir de policier ou gendarme doit être démontré comme étant strictement nécessaire et proportionné. Demain, il sera automatiquement présumé légal.
Cette nouvelle loi s’appuie sur une législation plus ancienne, de 2017, connue sous le nom de l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Derrière ce nom abstrait, se cache en réalité un changement majeur : la loi vient élargir les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent utiliser leurs armes. Concrètement, un policier ou un gendarme peut ouvrir le feu sur une personne qu’il pense « susceptible » de représenter un danger. Or, depuis son adoption, les tirs mortels de policiers sur des véhicules ont été cinq fois plus nombreux qu’avant. »
Amnesty passe pudiquement que ce "changement majeur" eut lieu sous Hollande/Cazeneuve, Amnesty explique à juste titre :
« C’est dans ce contexte déjà alarmant que la nouvelle loi s’inscrit. Plutôt que de corriger les failles de la loi de 2017, la nouvelle loi votée à l’Assemblée nationale les aggrave. Jusqu’ici, en cas de tir, une enquête doit vérifier si les conditions exigées par l’article L.435-1 sont bien réunies. Avec la nouvelle loi, cette vérification ne sera même plus nécessaire : à chaque fois qu’un policier utilisera son arme, le tir sera automatiquement considéré comme légal. (...)
Aujourd’hui, si un policier ou gendarme utilise son arme et tue, c’est à l’État de démontrer que le tir mortel était strictement nécessaire et proportionné. Demain, ce sera aux familles, en plein deuil, de prouver le contraire.
C’est une inversion inédite de la charge de la preuve que propose cette nouvelle loi. Quand un agent de l’État tue, c’est à l’État de justifier cet acte. Mais dès lors que le tir est présumé légal, ce sera aux familles des victimes de prouver que le tir responsable de la mort de leur proche était illégal. Comment apporter des preuves en plein deuil ? Comment prouver quelque chose sans avoir été présent, sans accès aux caméras, aux rapports, aux témoignages des agents des forces de l’ordre ? »
Certes, l’extrême-gauche ne manquera pas de s’exprimer contre les "violences policières". Mais cette dénonciation qui est le signe d’une conscience de classe lorsqu’elle est le produit de la colère spontanée de travailleurs, ou de victimes directe de cette violence. Mais elle est démoralisante lorsque la propagande d’un parti "révolutionnaire" s’y limite. Car elle fait croire qu’une bonne police bourgeoise est possible.
Par exemple, LO n’envisage cette question qu’en fonction de Mélenchon. Mais au lieu de dire clairement que Mélenchon est un politicien bourgeois comme Le Pen, et enverra la police contre la classe ouvrière tout comme elle si besoin est, LO fait de Mélenchon un pur innocent utopique, mais qui n’est pas dénoncé comme un ennemi de classe :
« En admettant même que Mélenchon puisse arriver au pouvoir, est-ce que cela
ferait disparaître les racistes dans la police ou les services des préfectures ? Est-ce que cela fera disparaître les petites frappes identitaires ou les néonazis qui attaquent des personnes parce qu’elles sont arabes, noires, ou parce qu’elles fréquentent des mosquées ? Bien sûr que non ! »
Le fait que Mélenchon puisse jouer le rôle d’un Ebert, social-démocrate ami des futurs nazis, assassin de Rosa Luxemburg, LO le nie. Le seul reproche fait à Mélenchon par LO est que sa méthode "ne marche pas". Mais sur le fond, c’est donc un gars sympa ! Que Mélenchon admire ouvertement Mitterrand, artisan du génocide au Rwanda en 1994, pas question d’en parler !
La dénonciation des violences policières n’est pour les révolutionnaires qu’un chapitre de la dénonciation des violences de la bourgeoisie contre le prolétariat et les exploités. Des démocrates bourgeois comme Amnesty le font très bien.
La seule revendication prolétarienne est le désarmement de la bourgeoisie, de sa police, et l’armement du prolétariat, énoncés dans le programme rédigé en 1880 par Marx pour les socialistes français :
« a) PARTIE POLITIQUE.
(...)
4. Abolition des armées permanentes et armement général du peuple.5. La commune maîtresse de son administration et de sa police »
Trotsky dans son programme de transition, ne fit que développer ces principes fondamentaux :
« Le devoir de la IV° Internationale est d’en finir, une fois pour toutes, avec cette politique servile. Les démocrates petits bourgeois - y compris les sociaux-démocrates, les staliniens et les anarchistes - poussent des cris d’autant plus forts sur la lutte contre le fascisme qu’ils capitulent plus lâchement devant lui en fait. Aux bandes du fascisme, seuls peuvent s’opposer avec succès des détachements ouvriers armés qui sentent derrière leur dos le soutien de dizaines de millions de travailleurs. La lutte contre le fascisme commence, non pas dans la rédaction d’une feuille libérale, mais dans l’usine, et finit dans la rue. Les jaunes et les gendarmes privés dans les usines sont les cellules fondamentales de l’armée du fascisme. Les PIQUETS DE GRÈVES sont les cellules fondamentales de l’armée du prolétariat. C’est de là qu’il faut partir. A l’occasion de chaque grève et de chaque manifestation de rue, il faut propager l’idée de la nécessité de la création de DÉTACHEMENTS OUVRIERS D’AUTODÉFENSE. Il faut inscrire ce mot d’ordre dans le programme de l’aile révolutionnaire des syndicats. Il faut former pratiquement des détachements d’autodéfense partout où c’est possible, à commencer par les organisations de jeunes, et les entraîner au maniement des armes.
La nouvelle vague du mouvement des masses doit servir, non seulement à accroître le nombre de ces détachements, mais encore à les unifier, par quartiers, par villes, par régions. Il faut donner une expression organisée à la haine légitime des ouvriers pour les jaunes et les bandes de gangsters et de fascistes. Il faut lancer le mot d’ordre de la MILICE OUVRIÈRE, comme seule garantie sérieuse de l’inviolabilité des organisations, des réunions et de la presse ouvrières.
C’est seulement grâce à un travail systématique, constant, inlassable, courageux, dans l’agitation et la propagande, toujours en relation avec l’expérience des masses elles-mêmes, qu’on peut extirper de leur conscience les traditions de docilité et de passivité ; éduquer des détachements de combattants héroïques, capables de donner l’exemple à tous les travailleurs ; infliger une série de défaites tactiques aux bandes de la contre-révolution ; accroître la confiance en eux-mêmes des exploités et des opprimés ; discréditer le fascisme aux yeux de la petite-bourgeoisie et frayer la voie à la conquête du pouvoir par le prolétariat.
Engels définissait l’État comme des "détachements de gens armés". L’ARMEMENT DU PROLÉTARIAT est un élément constituant indispensable de sa lutte émancipatrice. Quand le prolétariat le voudra, il trouvera les voies et les moyens de s’armer. La direction, dans ce domaine aussi, incombe naturellement aux sections de la IV° Internationale. »
Programme de Transition (1938), LO ne cite pas l’armée française, mais les armées "étrangères", américaines et israéliennes :
« Démonstration de force de l’armée américaine en mer de Chine. (...) Dès le lendemain de sa signature, l’armée israélienne poursuivait les bombardements sur le Liban. (...) Il n’y a pas non plus de paix ou de victoire pour les centaines de milliers de Libanais chassés de leurs maisons et de leurs terres détruites ou occupées par l’armée israélienne. »
D’après la brochure Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027, le principal ennemi est l’armée d’Israël, l’armée française est épargnée par LO.
Le NPA-R est également dans l’Union sacrée, en dénonçant les puissances étrangères malfaisantes :
« Cet emballement guerrier n’est pas seulement le résultat de choix politiques de dirigeants comme Poutine, Trump ou Netanyahou. Certes, ces brutes sont prêtes à sacrifier des peuples, y compris les leurs. Mais, comme leurs prédécesseurs (et comme leurs successeurs si nous n’y mettons pas un terme), ils défendent les intérêts sonnants et trébuchants des grands groupes capitalistes de leurs pays. »
Le capitalisme c’est la guerre : pour avoir la paix, il faut le renverser
Nous français, nous aurions donc de la chance d’avoir des dirigeants différents ?! Ils ne sont pas des brutes. Ils sont même "faibles", l’Allemagne nazie alliée à la France de Pétain, ce ne serait qu’un mauvais souvenir :
« À la tête de pays toujours impérialistes mais devenus secondaires, Macron et Merz (...) »
Le fait qu’écraser la classe ouvrière est un des buts de guerres impérialistes est masqué par le NPA-R, qui n’invoque que des raisons économiques :
« Comme Trump et Poutine, Macron ou son successeur, quel qu’il soit, sera prêt à toutes les exactions pour défendre les intérêts des Dassault, Total ou Orano. Le capitalisme transforme régulièrement la concurrence économique en guerres sans fin (...) »
Au lieu d’opposer la guerre civile à la guerre impérialiste, le NPA-R et proposent des actions purement morales et économiques :
« À la jungle capitaliste qui vire à la guerre de tous contre tous, opposons la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier ! »
La Commune de Paris avait "renversé le capitalisme". Mais en se contentant de réformes économiques, elle négligea la question militaire, et fut écrasée par l’armée versaillaises.
Des organisations comme LO et le NPA-R usurpent leur étiquette de "communiste révolutionnaire". Car si à partir de 1840 le communisme avait gagné Paris, il se divisa immédiatement en communismes pacifique et révolutionnaires. Les pacifiques se contentaient de revendications économiques. Les révolutionnaires, blanquistes ou babouvistes, revendiquaient l’armement du prolétariat. Marx et Engels dans leur Manifeste ne firent que reprendre les expressions des communistes français en évoquant la prise du pouvoir. Mais à la lumière de 1848, Marx forgea en 1850 le terme de dictature du prolétariat.
Les "expropriations sans indemnité", la "levée du secret commercial" font certes partie du programme de transition, mais la bourgeoisie exproprie régulièrement, et un candidat bourgeois comme Asselineau réclame lui-même le retour au "contrôle de capitaux". Un "programme de transition" qui ne ferait pas allusion au "programme final" (incluant la dictature du prolétariat) n’est plus un programme de transition, c’est un programme bourgeois.
Conclusion
Dissolution des armées et polices bourgeoises ! Destruction de l’appareil d’Etat des exploiteurs capitalistes ! Vivent les futures armées rouges et milices ouvrières, instruments de la dictature du prolétariat ! Utilisons la guerre impérialiste pour soulever les peuples contre les classes dirigeantes et casser leur appareil armé !
Voilà les seuls slogans dignes des véritables communistes révolutionnaires, que Blanqui dès 1830 avait apporté au mouvement ouvrier naissant. 200 ans plus tard, revenons aux sources !
Messages
1. La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer, 10 août, 06:07, par Nathan
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Les forces de l’ordre veulent de plus en plus des garanties sur le permis de tuer en étant protégés...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5245
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5338
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3810
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2507
2. La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer, 11 août, 05:48, par Laurence
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Un policier confirme le caractère scandaleux de cette loi sur le permis de tuer !
https://www.actu-juridique.fr/justice/police-justice/presomption-de-legitime-defense-pour-les-policiers-et-les-gendarmes-une-protection-illusoire-voire-dangereuse/
A noter à nouveau l’alliance de la droite, du centre et de l’extrême droite...
Pour une vraie justice, il ne manque que la présomption d’innocence des... victimes de la police !
3. La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer, 13 août, 06:49, par Lucas
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La police n’est pas là pour sauver les femmes...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5507
... ni les enfants...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8805
.... ni le reste de la population...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5177
La seule police utile à la population est celle qui se mutine...
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8558
4. La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » : un permis de tuer, 13 août, 06:52, par Mina
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Des dossiers de police sur des violences sexuelles contre des mineurs n’ont pas été transmis à la justice. L’Etat est incapable de s’en expliquer et de s’en justifier !
https://www.franceinfo.fr/faits-divers/disparition-de-lyhanna-dans-le-gers/stock-fantome-documents-perdus-comment-expliquer-que-des-dossiers-de-violences-sexuelles-sur-mineurs-n-aient-pas-ete-transmis-a-la-justice_8141738.html
https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/cette-lettre-explosive-de-gerald-darmanin-a-laurent-nunez-sur-les-violences-sexuelles-se-retourne-contre-lui_302683.html