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Rashan tué par la police de Londres - Matière et Révolution
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Rashan tué par la police de Londres

mardi 1er août 2017

Manifestation à Londres contre le meurtre de Rashan Charles par la police

Lundi soir, une centaine de personnes ont manifesté contre la mort de Rashan Jermaine Charles, 20 ans et père d’une petite fille. Rashan est mort samedi dernier aux mains de la police du Grand Londres.

La manifestation a commencé au commissariat de police de Stoke Newington. Une phalange de policiers s’est tenue devant l’entrée et a encerclé le rassemblement, avec des officiers supplémentaires placés à différentes jonctions de rue.

Lors du rassemblement, le père de Rashan, Patrick Charles, a déclaré : « Je suis un père, mais mon fils a été tué entre les mains de la police. Moi et ma famille sommes en deuil […] Nous voulons justice, mais je veux que tout le monde soit pacifique. »

Les manifestants ont refusé de quitter le quartier et bloqué la circulation dans les deux sens pendant des heures. Ils y sont restés jusqu’aux petites heures du matin, avant qu’une force massive de police ne soit mobilisée pour dégager le quartier.

Le compte rendu officiel des événements, remis par le commissaire divisionnaire Simon Laurence, commandant de l’arrondissement de Hackney, est que les officiers de police ont arrêté une voiture sur Kingsland Road, après quoi Rashan s’est enfui et a été poursuivi par la police. Après être entré dans le magasin, Rashan a été vu essayant d’avaler un objet.

« Puis Il a eu un malaise », a déclaré Laurence allégrement. « Il a été emmené à l’hôpital par les ambulanciers de Londres où, malheureusement, il est mort plus tard dans la matinée ».

En réalité, Rashan a été brutalement et inutilement agressé. Les images CCTV, largement partagée sur les médias sociaux, montrent un agent de police se jetant sur Charles par-derrière dans l’épicerie et le plaquant au sol. L’agent continue de le tenir en effectuant une clé au cou. On peut voir l’agent tourner le corps de Rashan au sol tout en l’agrippant étroitement autour du cou.

Un autre homme, peut-être un officier en civil, est vu en train d’intervenir en fixant les jambes de Rashan au sol avec ses propres jambes. En même temps, l’agent de police en uniforme passe les menottes aux bras de Rashan derrière son dos. Les images montrent l’agent de police en uniforme en train de donner des coups de coudes à la tête de Rashan. Ce dernier n’oppose aucune résistance.

Après l’incident, le SAMU a été sollicité et Rashan a été emmené à l’hôpital Royal London dans l’est de Londres. La mort a été prononcée une heure plus tard, à 2h55.

La vidéosurveillance dément le mensonge selon lequel la police est intervenue pour empêcher Rashan de « se faire mal ».

Il ressort déjà de la réponse de la police et de la Commission indépendante des plaintes contre la police (IPCC) qu’une fois de plus, une affaire de décès d’un homme arrêté par la police va être étouffée.

L’IPCC, qui est censée exister en tant qu’organisme « indépendant » de surveillance de la police, mais qui a couvert chaque meurtre policier d’un civil depuis sa création, diffuse déjà fidèlement la version policière des événements.

Dans son premier communiqué, l’IPCC a déclaré qu’il a été informé par la Police de Londres que « vers 1 h 45 le samedi 22 juillet 2017, les agents ont demandé à une voiture qui circulait dans le quartier de Kingsland Road / Middleton Road de Hackney de s’arrêter. Un passager de la voiture, un homme de 20 ans, a quitté la scène et a été suivi à pied par un officier dans un magasin tout près. »

Le communiqué de l’IPCC enchaîne, sans explication : « L’homme a eu un malaise et les premiers secours ont été fournis par un agent de police, des médecins de la police et le SAMU. L’IPCC a obtenu des indices qui indiquent qu’un objet a été retiré de sa gorge sur place. »

Le rapport de l’IPCC ne fait aucune référence au contenu de la vidéo de surveillance, qui a été reprise par la BBC, Sky News, ainsi que les journaux Independant et Guardian. Il se borne à dire que « les vidéos de vidéosurveillance de l’intérieur du magasin et les vidéos portées par les agents de la police ont été recueillies et visionnées ».

Ginario Da Costa a également pris la parole lors de la manifestation de lundi. Son fils, Edson, est décédé à l’hôpital suite à un traitement brutal de la part de la police. Il a déclaré que : « Cela ne fait qu’un mois depuis que mon fils est mort. Je voulais que ça s’arrête avant qu’il n’y ait un deuxième père comme moi dans ma situation. Nous souffrons, mais nous devons être ensemble et dire à la police d’arrêter. Quoique les enfants fassent, ils ne méritent pas qu’on mette fin à leur vie. On en a pas fini. »

La mort de Rashan a des parallèles évidents avec celle d’Edson Da Costa, un père de 25 ans qui attendait son deuxième enfant.

Edson est décédé à l’hôpital le 21 juin, six jours seulement après avoir été détenu et brutalement retenu par la police à Beckton, à l’est de Londres. Da Costa a été arrêté après que la voiture dans laquelle il circulait avec deux amis à Tollgate Road vers 10 heures le 15 juin soit immobilisée par la police.

Selon son père, la police a arrêté la voiture car ils soupçonnaient qu’elle avait été impliquée dans un vol. Ginario a affirmé que son fils a déclaré à la police qu’il n’avait rien fait de mal et, les témoins lui ont dit que dans l’altercation avec la police : « Il [Edson] est tombé sur le sol et un policier lui a mis un genou sur la gorge. »

L’Independent a rapporté que le cousin de Da Costa, Larissa Dos Santos « a affirmé qu’un médecin le traitant à l’hôpital a dit à la famille qu’il avait des blessures, y compris une rupture de la vessie, une atélectasie pulmonaire et une rupture du diaphragme et avait perdu la vue en raison de dommages causés par le jet de gaz lacrymogène. »

L’IPCC a déclaré : « Au cours de cette interaction, on pense que les agents de police ont utilisé la force et du gaz de lacrymogène. » En conséquence, M. Da Costa a eu un malaise, les premiers soins ont été pratiqués, une ambulance a été appelée et il a été emmené à l’hôpital. »

L’IPCC n’a pas signalé qu’il avait été emmené à l’hôpital dans un état critique.

La manifestation s’est déroulée un jour après que de nouveaux chiffres ont révélé que, d’avril 2016 à mars 2017, six fusillades mortelles ont été effectuées par la police. Il s’agit du double du nombre en 2015-16. L’IPCC a signalé que les accidents mortels routiers impliquant la police ont monté de 11 à 32. C’est le nombre le plus élevé en huit ans. La grande majorité des décès (28) étaient liés aux véhicules de police engagés dans des poursuites.

Les correspondants du World Socialist Web Site ont parlé à quelques-uns de ceux qui ont participé à la manifestation.

Ali a déclaré : « J’ai remarqué que l’intimidation par la police s’aggrave tous les jours. »

Un autre a déclaré : « Les gens doivent regarder la vidéo de cela. Pourquoi ce policier ne lui a-t-il pas dit [à Rashan] de se lever ? Pourquoi était-il sur lui ? À la dernière minute de la vidéo, il ne bougeait plus. Vous pouvez voir. Il était mort. »

Une jeune femme a ajouté : « La police est censée utiliser une “force raisonnable”. Comment justifient-ils cela comme de la force raisonnable ? Où était le crime pour tuer quelqu’un comme ça ? »

Petra a noté : « Il n’a pas été traité de manière régulière. Vous voyez bien qu’il ne respirait pas. Quand les gestes de ranimation ont-ils été faits ? Vous êtes censé le faire dans les trois premières minutes. Je suis un secouriste et je le sais. J’étudie le droit et le protocole est que s’ils croient qu’un suspect a avalé quelque chose, il faut le conduire à l’hôpital. Ils pompent son estomac. Ils font alors une radiographie et seulement s’ils ne peuvent pas récupérer un sachet, ils l’emmènent dans un poste de police où ils peuvent le détenir pendant quatre jours jusqu’à ce qu’il évacue ce qui est dans son estomac. Ils n’ont rien fait de tout cela. »

Un autre manifestant a déclaré que la police devenait de plus en plus brutale envers la communauté locale et a déclaré que cela vient de l’embourgeoisement de grandes parties du nord et de l’est de Londres avant et depuis les Jeux olympiques de 2012 dans la ville : « Regardez ce quartier ici. Ils essaient de faire sortir les pauvres. Ils n’avaient pas l’habitude de se préoccuper de ce quartier et maintenant ils veulent des gens plus riches ici, et ils l’embellissent. » En parlant de l’incendie de Grenfell Tower, elle a dit : « C’est pareil. C’est un quartier des nantis de Kensington et ils voulaient faire partir ces personnes. Ils voulaient démolir cette tour d’immeuble. »

La manifestation a défilé vers Kingsland Road jusqu’à l’épicerie où Charles s’était réfugié et fut brutalisé par la police.

Par Robert Stevens - WSWS

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