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L’extrême gauche française vend l’autonomie ouvrière aux bureaucraties syndicales - Matière et Révolution
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L’extrême gauche française vend l’autonomie ouvrière aux bureaucraties syndicales

jeudi 31 octobre 2019

L’extrême gauche française vend l’autonomie ouvrière aux bureaucraties syndicales

Lutte ouvrière (Bulletins d’entreprise du 28 octobre 2019) :

« En faisant massivement grève le 13 septembre, les salariés de la RATP ont fait une démonstration de force collective. La semaine suivante, c’était le tour des cheminots, qui ont paralysé pendant deux jours une bonne partie de la vie sociale en se mettant spontanément et massivement en droit de retrait. Cela donne une idée de ce que pourrait être la puissance de la classe ouvrière si tous les travailleurs marchaient d’un même pas. »

(…) « Alors, le plus important est de ne pas se laisser diviser entre travailleurs. C’est de s’appuyer sur la combativité de ceux qui sont en pointe et de profiter de ce qu’ils expriment leur colère pour faire aussi entendre la nôtre. Cette possibilité nous sera donnée le 5 décembre, puisque plusieurs syndicats appellent à une journée de grève interprofessionnelle sur les retraites. Vu le climat de haute tension à la SNCF et à la RATP, le gouvernement a des raisons de craindre que cette journée se transforme en déversoir de toute la colère emmagasinée par le monde ouvrier. Eh bien, les travailleurs ont intérêt à ce que ce soit le cas ! Sur les retraites, le gouvernement peut noyer le poisson et jouer la montre mais, avec le patronat, il continuera de faire pleuvoir les coups sur les travailleurs. Alors, s’il y a une possibilité que le 5 décembre soit le point de départ d’une contestation plus générale, il faut la saisir. Les cheminots et les salariés de la RATP ont montré leur force de frappe. C’est un point d’appui pour tous les autres travailleurs. Cela doit nous redonner confiance pour nous lancer dans la bataille et la transformer en un mouvement d’ensemble. »

Source

NPA (version officielle) :

« Émissions de radio, de télévision, articles de presse : en ce mois d’octobre 2019, les cheminots sont à nouveau au centre de l’actualité, un peu plus d’un an après la fin de la mobilisation historique du printemps 2018. Il y a d’abord eu le droit de retrait exercé massivement suite à l’accident de Champagne Ardennes, que les médias dominants ont hâtivement qualifié de « grève sauvage ». Et maintenant, la grève spontanée des cheminots de Châtillon qui paralyse le trafic TGV sur la façade ouest de l’Hexagone. »

( …)

« Dans l’article au titre évocateur « Gare à l’embrasement à la SNCF : les 5 questions que l’on se pose », Vincent Vérier s’alarme du retour de la colère cheminote, mais surtout du côté subversif de ces mobilisations, surtout concernant le fait que la grève de Châtillon prennent place hors des contraintes des D2I et DCI. (…)Ces articles « alarmistes » du point de vue bourgeois, démontrent une forme de déboussolement – voire même de peur – vis-à-vis du développement de nouvelles formes de radicalité au sein de secteurs de travailleurs. On observe une forme de « gilet-jaunisation » : passage à l’action par la base, avec une détermination et une radicalité nouvelle, qui s’inscrit dans la continuité du long mouvement social initié le 17 novembre dernier. Des brèches s’ouvrent donc pour un dépassement des stratégies perdantes des directions syndicales, à l’image de celle de la « grève du 2 sur 5 » de la bataille du rail. Si les médias bourgeois s’en inquiètent, notamment en vue du 5 décembre… »

Source

NPA- Révolution permanente :

« Après l’exercice massif du droit de retrait par les cheminots suite au dangereux accident survenu en Champagne-Ardennes, la grève massive du technicentre de Châtillon démontre encore une fois la combativité des cheminots à l’approche du 5 décembre. (…) Leur combativité est un exemple pour les travailleurs et travailleuses et peut nourrir la perspective d’une grève générale reconductible à partir du 5 décembre. »

Source

NPA- Fraction :

« les directions syndicales étaient dépassées elles aussi et, selon leur scénario classique quand elles veulent éteindre un mouvement sans le dire, ont toutes appelé à ce que… les cheminots décident eux-mêmes des suites à donner. Des bureaucrates qui encouragent la démocratie ouvrière, c’est louche… et ça n’arrive que lorsqu’ils ont décidé d’éteindre le feu mais d’en faire porter la responsabilité aux grévistes eux-mêmes. Finies les consignes et les perspectives ! Débrouillez-vous ! Ce qui s’appelle aussi tactique de pourrissement d’un mouvement. Samedi soir tard, la fédération CGT sortait finalement un tract très explicite, prônant la reprise du travail mais appelant désormais à « préparer le 5 décembre ». La ficelle est grosse, et peu de cheminots sont dupes, mais rien n’est joué à cette heure. La reprise n’est pas acquise, heureusement, particulièrement dans les coins où c’est monté le plus fort notamment en Champagne-Ardenne. Bien des cheminots n’ont rien contre un 5 décembre, mais leur souci urgent est celui du jour même et du lendemain ; de la poursuite du bras de fer engagé. »

Source

Notre commentaire :

On remarquera d’abord un point commun entre ces divers groupes politiques qui se disent d’extrême gauche révolutionnaire en France : ils assimilent systématiquement un mouvement spontané, autonome, autodirigé de la classe ouvrière à un mouvement de trompeire initié par la bureaucratie syndicale liée à l’Etat capitaliste, aux boutiques politiciennes bourgeoises (comme Les Insoumis et le PCF) et aux classes possédantes (les trusts et banques qui les financent).

Ainsi, pour LO, la « journée » syndicale d’inaction de la RATP (succès sans perspective puisque refusant de prolonger cette action par une vraie grève, par définition illimitée, sans préavis, sans donner aux adversaires de calendrier, sans négociation…) est dans la même lignée que l’action des cheminots, tout au contraire spontanée, dont personne ne connaissait les limites et qui s’est étendue toute seule sans les appareils bureaucratiques. Le petit tour de passe-passe consiste, pour LO, dans l’expression « la semaine suivante, c’était le tour… ». Et « ce qui est important », dit toujours LO, c’est de « s’appuyer sur la combativité de ceux qui sont en pointe » pour…

Pour quoi au fait ? Pour étendre ce mouvement à tous les technicentres, à tous les cheminots, aux hôpitaux, aux EPHAD, à la psychiatire, aux enseignants, à tous les services publics, à l’automobile (demain licenciée en masse), à toute la classe ouvrière, que veut dire LO en s’appuyant sur la grève spontanée des cheminots ?

Eh bien ? LO nous propose gentiment de « profiter de ce qu’ils expriment leur colère pour faire aussi entendre la nôtre (de colère). Cette possibilité nous sera donnée le 5 décembre, puisque plusieurs syndicats appellent à une journée de grève interprofessionnelle sur les retraites. »

En somme, le mouvement autonome de classe ouvrière doit servir… les projets pourris des appareils syndicaux !!!

Parce que le 5 décembre, c’est encore une journée d’action surtout pas une grève illimitée et c’est cele des syndicats.

Vous savez bien… ces syndicats qui n’ont même pas un mot de soutien dans les média aux grévistes du technicentre de Chatillon sauf quelques rares bureaucrates qui pleurnichent en disant que tout cela provient du fait que le gouvernement discrédite les sydicats en refusant de négocier avec eux !!!

LO appelle donc au… mouvement d’ensemble des syndicats pour encadrer la lutte et la transformer en action générale… d’une journée syndicale !!!!

Pire encore le NPA (version officielle) qui compare ces mouvements spontanés de cheminots à… la « grève » (série de journées d’actions syndicales préprogrammées) des syndicats cheminots du printemps 2018 a été une « mobilisation historique ».

On se contentera sur ce point à faire référence à notre propre texte sur la chronologie de ce « printemps » des bureaucraties cheminotes :

Donc pas question, pour le NPA, de voir une différence quelconque entre un mouvement de classe des travailleurs avec une vraie grève (par nature illimitée, s’étandant, sans accord préalable avec l’Etat et menaçante pour les classes possédantes et l’Etat) et un programme bureauratique des syndicats sans vraie grève !!!

Les officines du NPA qui se prétendent plus radicales ne font pas davantage dans ce domaine.

« La prétendue « Révolution permanente » est tellement révolutionnaire qu’elle émet le souhait que le mouvement autonome se noie dans la journée d’action des bureaucraties qu’elle présente mensongèremen comme faite pour nourrir une grève générale reconductible : « Leur combativité est un exemple pour les travailleurs et travailleuses et peut nourrir la perspective d’une grève générale reconductible à partir du 5 décembre. »

On remarquera que ce groupe agit toujours ainsi : il appelle aux journées syndicales prévues d’avance sans lendemain en affirmant que cela prépare la grève illimitée !!!

Beau tableau, ces extrêmes gauches et, bien entendu, les gauches et gauches de la gauches ne valent pas mieux !

La classe ouvrière n’a pas à compter sur ces gens-là pour diriger elle-même ses mouvements de classe, leur donner des perspectives et un programme !

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