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Quelques remarques sur la lutte contre les violences conjugales - Matière et Révolution
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Quelques remarques sur la lutte contre les violences conjugales

lundi 25 novembre 2019

Quelques remarques sur la lutte contre les violences conjugales

Il y en a marre d’entendre dire que la société française libère les femmes, égalise les femmes, démocratise les femmes alors qu’on entend sans cesse la nouvelle de femmes battues, de femmes violées, de femmes violentées, de femmes tuées !!! La démocratie bourgeoise française, c’est la barbarie !! Et pire que jamais !!!

Des manifestations ont eu lieu dans toute la France contre les féminicides qui se cessent pas d’augmenter tout comme les violences faites aux femmes, à commencer par celles des conjoints. Le gouvernement a prétendu répondre en organisant, en grande pompe, un sommet pour soi-disant débattre de mesures à prendre alors que tout montre que les institutions de l’Etat, gouvernement, administration, police et justice en premier, et de la société civile capitaliste ne bougent pas le petit doigt pour les femmes. Le Grenelle des violences conjugales a pondu une série de « mesures » qui ne règlent rien ! Il prétend retirer leur arme à feu aux maris violents, mais les poings et les couteaux suffisent ! Il ne peut pas prétendre que la police et la justice vont changer et abandonner leurs préjugés massivement machistes et anti-femmes ! Ce n’est pas un tel gouvernement qui se moque plus que jamais de tous les problèmes de la population qui va régler une question aussi importante et profondément liée au mode de vie capitaliste et à ses institutions.

Dans ces conditions, revendiquer des gouvernants les moyens de combattre les violences conjugales ne suffit pas. Ce n’est pas un gouvernement dont la police matraque, gaze, tire sur les manifestantes qui va défendre des femmes violentées et menacées, que ce soit par leur conjoint ou par d’autres. Ce n’est pas un gouvernement qui se joue de toutes les divisions au sein du peuple travailleur qui va faire autre chose qu’instrumentaliser la division entre hommes et femmes, se présentant certes comme le défenseur des femmes mais ne faisant nullement avancer leur cause car il veut surtout combattre ainsi la cause sociale en opposant les genres comme il oppose races, religions et instrumentalise la question des migrants. Ce n’est pas un tel gouvernement capitaliste qui va remettre en cause les liens indéfectibles entre le capitalisme et le patriarcat. D’ailleurs, il ne le prétend même pas ! Il n’a jamais été question pour lui de remettre en question le machisme de la société et sa violence antisociale qui augmentent conjointement exactement à la mesure de la crise économique et sociale de la société capitaliste.

Il est en effet remarquable que les violences faites aux femmes sont directement reliées à la crise de la société capitaliste : elles augmentent exactement en même temps que la crise sociale et politique s’aggrave.

Or, on ne peut pas remettre vraiment fondamentalement en question les crimes conjugaux sans remettre en question le patriarcat de la société capitaliste et de l’Etat capitaliste. Le capitalisme peut, moins que jamais en pleine crise systémique, se passer de la division entre hommes et femmes et de l’oppression des femmes.

A l’opposé, on a remarqué que, si la révolution sociale monte partout dans le monde, elle a à sa tête, parmi les opprimés et les exploités, les femmes révoltées et c’est le cas en France comme ailleurs, puisqu’une partie non négligeable du mouvement des gilets jaunes est celui des femmes, notamment les femmes célibataires seule à élever leur enfant.

La question des femmes, les violences comme le reste, est un tout et cela fait partie de la question sociale, une question qui ne peut pas être traitée par les négociations avec le pouvoir, pas plus que les autres points de la question sociale, comme le soulignent les gilets jaunes et contrairement à ce que prétendent les réformistes, des associations, des partis et des syndicats, qui, dans la question des femmes, ont encore bien trop d’influence. Les femmes qui comptent sur la négociation avec le pouvoir en seront pour leurs illusions. Les engagements du pouvoir n’engagent que ceux qui y croient !

Les femmes qui veulent se battre pour se défendre et changer leur sort ne peuvent pas trouver de vrai appui dans la classe dirigeante pas plus que dans la classe possédante. Il suffit de voir comment ces possédants et gouvernants à leur service ont minorisé les femmes parmi leurs propres dirigeants et ne changent rien à ce comportement avec les années. Il suffit de voir comment ils ont laissé se dégrader l’image sociale des femmes, présentées comme des objets, comme des corps, comme des soumises, comme des servantes, comme des personnes aux droits limités (pas encore de droit total sur leur propre corps). Dans l’emploi, le gouvernement n’en a pas fait plus pour imposer l’égalité et s’est contenté, comme ses prédécesseurs, de faire des discours moralisateurs, comme il se contente de mesurettes insuffisantes contre les crimes conjugaux !

Les gouvernants, les politiciens, les puissants, les capitalistes ne se mobilisent pour les femmes que par démagogie, pour opposer hommes et femmes mais ce n’est jamais eux qui ont fait changer le sort des femmes. Celles-ci doivent d’abord compter sur leur propre combat mais elles ne sont pas contraintes de le mener seules. Comme on vient de le voir en Algérie, en Irak, au Soudan ou en Inde, les femmes peuvent parfaitement prendre la tête de la lutte insurrectionnelle du peuple travailleur contre l’ordre social oppressif et exploiteur qui domine le monde. Certes de nombreuses femmes croient être plus efficaces en se contentant de poser séparément la question des femmes et en la posant seulement au gouvernement, sans le combattre directement, sans s’unir à la révolution pour remettre en question ce pouvoir capitaliste. Tant qu’il en sera ainsi, le sort des femmes ne changera pas. Il est donc indispensable que les femmes les plus radicales ne craignent pas, comme elles l’ont fait au sein des gilets jaunes, de relier leur combat à celui contre la société capitaliste.

La « démocratie » capitaliste, qui interdit la parole aux exploités et opprimés, ne donnera pas la parole aux femmes. A elles de la prendre elles-mêmes, sans se contenter de suivre les associations, partis et syndicats, sans croire les gouvernants, sans attendre de changement de la part des institutions.

La société capitaliste et l’Etat capitaliste, plus violents que jamais, contre les pauvres, contre les salariés, contre les chômeurs, contre les sans-logis, contre les manifestants, contre les exploités et contre les opprimés, contre les pauvres, ne peuvent pas prendre parti pour les femmes victimes de violences, conjugales ou autres. Ces violences n’ont pas cessé d’augmenter en proportion des autres violences de la société capitaliste parce que ces oppressions et exploitations sont directement reliées les unes aux autres.

Alors le combat contre les violences conjugales ne peut pas être séparé des autres combats contre le patriarcat et le capitalisme qui ont fait cause commune !!! Aucune société fondée sur la mainmise de toutes les richesses et de tout le pouvoir par l’infime minorité des possesseurs de capitaux ne pourra jamais rendre leurs droits et leurs libertés aux femmes, pas plus qu’il ne pourra les protéger des crimes et violences !!! Ne comptons que sur nos propres forces ! Ne comptons que sur nos propres organisations ! Ne comptons que sur nos propres mobilisations ! Ne suivons pas ceux qui nous demandent de nous protéger derrière l’Etat de l’oppression et de l’exploitation !

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