Matière et Révolution
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69144Le régime des Mollahs et l'entité sioniste sont fondés sur l'apartheid
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http://matierevolution.org/spip.php?article85162023-11-07T23:59:00Ztext/htmlfrMesloub KhiderPalestineIsraëlIran
<p>Le régime des Mollahs et l'entité sioniste sont fondés sur l'apartheid <br class='autobr' />
Si l'islamisme sert d'alibi à Israël pour maintenir et pérenniser sa politique de la terre brûlée, Israël sert également d'alibi aux régimes islamistes pour maintenir et pérenniser leur incendiaire politique d'aliénation religieuse. L'islamisme et le sionisme ont des intérêts convergents, pour ne pas dire des intérêts identiques, dans la mesure où ils justifient, garantissent et pérennisent l'existence l'un de l'autre. (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Le régime des Mollahs et l'entité sioniste sont fondés sur l'apartheid</h2>
<p>Si l'islamisme sert d'alibi à Israël pour maintenir et pérenniser sa politique de la terre brûlée, Israël sert également d'alibi aux régimes islamistes pour maintenir et pérenniser leur incendiaire politique d'aliénation religieuse. L'islamisme et le sionisme ont des intérêts convergents, pour ne pas dire des intérêts identiques, dans la mesure où ils justifient, garantissent et pérennisent l'existence l'un de l'autre.</p>
<p>Au-delà de ces convergences d'intérêts, il existe également des homologies culturelles et sociétales. Notamment entre le régime islamiste iranien et l'entité sioniste. Les deux régimes sont fondés sur l'apartheid. La ségrégation. L'asservissement d'une partie de la population. Dans le cas d'Israël, il s'agit de la population autochtone palestinienne. Dans le cas de l'Iran, il s'agit de la population féminine autochtone. Les deux respectives populations sont soumises à la même oppression. Aux mêmes dispositions discriminatoires, fondées sur l'apartheid ethnique pour Israël, l'apartheid sexuel pour l'Iran. À la différence que, si en Israël les Palestiniens sont colonisés par des étrangers (des juifs), venus occuper la terre de Palestine, les femmes iraniennes sont, elles, « colonisées » par leurs propres compatriotes masculins, issus du même territoire. C'est plus ignoble.</p>
<p>Le régime phallocentrique des Mollahs a beau se draper de la posture antisioniste, en matière de politiques discriminatoires et ségrégationnistes, il applique les mêmes dispositifs à l'égard de la population féminine iranienne, la même politique d'apartheid incarnée par un système discriminatif fondé sur un droit qui réduit les femmes au statut de second rang sous tutelle masculine, s'exerçant à chaque instant de leur vie. Dans les faits, elles n'ont, en droit, aucune autonomie de décision pour elles-mêmes et sont réduites à l'état de sujets.</p>
<p>Aussi, les Mollahs ne peuvent se prévaloir d'aucune légitimité politique, encore moins humaine et morale, pour condamner ou combattre le régime sioniste. <br class='autobr' />
Le régime des Mollahs est la version islamique du sionisme, fondée sur l'usurpation du pouvoir, l'apartheid, la théocratie islamiste, la violence étatique, la militarisation de la société, les milices. En un mot le fascisme religieux et la religion du fascisme. Deux modes de gouvernance réactionnaires inhérents aux deux États théocratiques fondés sur l'apartheid, ou aux deux États discriminatifs basés sur la théocratie. Si le régime sioniste s'appuie sur sa soldatesque nazifiée pour terroriser la population palestinienne assujettie, le régime théocratique des Mollahs s'appuie, lui, sur 40 000 soudards (soûlards : enivrés à l'islamisme terrorisant), dits « gardiens de la révolution », qui s'engraissent sur 80 millions d'habitants paupérisés, réduits à se nourrir uniquement de dogmatismes islamistes approvisionnés sans modération par les nantis du pouvoir.<br class='autobr' />
Pour rappel, c'est en 1979 que les femmes iraniennes subissent leur « Nakba » : l'exode de leurs droits, l'expulsion de leur dignité. Depuis cette sinistre « Nakba », elles sont devenues étrangères dans leur propre pays. Cette catastrophe débute en 1979, date de l'arrivée au pouvoir de l'ayatollah Khomeini, qui instaure une République islamique. Ou plutôt République phallocratique. Une République des hommes, faite par les hommes et pour les hommes. Comme l'État d'Israël est un État juif, fait par les juifs et pour les juifs.</p>
<p>Dès son investiture, la première mesure autant politique que religieuse qu'il impose à la société s'applique exclusivement aux femmes : l'obligation de porter le tchador, nom donné au voile iranien ; suivie de l'abaissement de l'âge du mariage de 18 à 9 ans pour les filles (une forme de légalisation de la pédophilie. En Israël les soldats sont autorisés à tirer sur des enfants, notamment lors des intifada, en Iran les hommes sont autorisés à attirer maritalement des petites filles dans leur alcôve. En 2020, 31 379 filles âgées de 10 à 14 ans ont été mariées de force en Iran, selon les chiffres publiés par l'institut national iranien des statistiques. Soit une augmentation de 10 % par rapport aux chiffres de l'année précédente). On l'oublie souvent : la mesure d'obligation du port du voile instaurée par le nouveau despote théocratique Khomeini entraîne immédiatement une vague de contestation dans le pays, mais rapidement écrasée dans le sang.</p>
<p>Le port du voile obligatoire est définitivement inscrit dans la loi iranienne en 1983. « Ce voile, on l'a rendu obligatoire pour protéger nos valeurs », confiait Khomeini, en 1984. Voilà l'aveu prononcé : « nos valeurs », autrement dit celles de la société théocratique rétrograde. Celles qui légalisent l'avilissement de la condition des femmes iraniennes.<br class='autobr' />
Tout le monde qualifie le changement de régime de 1979 de « révolution islamique » iranienne. Or, il serait plus approprié de caractériser ce cataclysme politique de Coup d'État Islamiste Masculiniste. Khomeini et ses sbires islamistes n'ont pas commis leur coup d'État pour déposer la dynastie Pahlavi, mais pour destituer la royale et noble Femme iranienne de la société, de son règne sur sa vie personnelle. Ce n'était pas la monarchie l'ennemie des Mollahs, mais la femme iranienne. Pour exister, la femme iranienne doit vivre dorénavant derrière son rideau. Le rideau d'enfer. Le chef de l'autorité judiciaire iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, vient de rappeler cette règle discriminatoire en déclarant que les femmes non voilées seraient poursuivies « sans pitié ».</p>
<p>Depuis la mort de Mahsa Amini, en septembre dernier, après avoir été arrêtée par la police des mœurs, les Iraniennes sont de plus en plus nombreuses à enlever leur voile en signe de protestation. Or, dans un communiqué publié jeudi, le ministre de l'Intérieur a décrit le voile comme étant « l'une des fondations civilisationnelles de la République islamique d'Iran » et qu'il n'y aurait aucun « recul », ni « tolérance » sur le sujet.</p>
<p>Ce coup d'État masculiniste islamiste réussi sera imité par d'autres pays, notamment l'Algérie. En Algérie, après avoir échoué leur coup d'État violent, c'est-à-dire leur insurrection armée terroriste dans les années 1990, les islamistes poursuivront leur combat « pacifiquement » en s'appliquant à perpétrer des mini-coups d'États culturel, parfois avec l'aide de certains membres salafisés du régime de Bouteflika. Ils auront mieux réussi leur « révolution islamique », ou plus exactement leur coup d'État islamiste. Avec leurs mœurs surannées foncièrement misogynes, ils ont recouvert l'Algérie d'un voile culturel réactionnaire et phallocentrique.</p>
<p>Globalement, dans les États musulmans, notamment en Iran, la femme est soumise à un véritable code d'indigénat patriarcal, symbolisé par cette législation exceptionnelle qui lui est exclusivement appliquée. Ce code d'indigénat féminin est la dernière forme d'oppression, survivant dans les États islamiques où l'infériorisation de la femme est gravée dans le marbre des mœurs mais également inscrite dans certaines Constitutions, notamment en Iran.</p>
<p>Le régime d'indigénat, à l'exemple de l'opposition ségrégationniste entre « sujet indigène » et « citoyen européen » instaurée par la France coloniale en Algérie, établit un statut d'exception pour les femmes musulmanes. Ce régime d'indigénat, comparable au régime d'apartheid longtemps en vigueur en Afrique du Sud, est la dernière survivance d'oppression humaine. Dans le cadre de ce régime d'indigénat, les États islamistes, notamment leurs franges fondamentalistes fanatisées, à l'instar des Mollahs iraniens, contraignent les femmes à se voiler entièrement le corps et à se soumettre à des conventions sociales humiliantes et avilissantes. Certes, les femmes de ces pays, notamment l'Iran, sont autorisées à se scolariser et à exercer une profession (comme certains indigènes algériens étaient autorisés à se scolariser et à travailler), mais elles demeurent toujours d'éternelles mineures soumises à la tutelle du mâle (comme l'indigène algérien était mis sous tutelle des colons français). Les femmes sont considérées comme la propriété privée de leur père, mari, frère, c'est-à-dire l'homme de la famille (comme l'Algérien et son pays, l'Algérie, étaient la « propriété » des autorités coloniales françaises).</p>
<p>À la vérité, sous couvert de religion islamique, une coutume vestimentaire païenne est pérennisée au nom de cette millénaire domination patriarcale et de cet atavique attachement obsessionnel à des traditions misogynes toujours aussi prégnantes. Le Mollah iranien, en particulier, tout comme l'homme islamiste, en général, à l'exemple du colon français foncièrement attaché à ses privilèges colonialistes, au point d'avoir livré une guerre exterminatrice au peuple algérien pour continuer à le priver de son droit à la dignité et de son émancipation nationale, refuse obstinément de renoncer à ses privilèges phallocentriques enrobés de religiosité islamique.</p>
<p>Ce faisant, les Mollahs iraniens et les mâles islamistes du monde entier, avec les sionistes d'Israël, sont les derniers spécimens à perpétuer la mentalité colonialiste en plein 21ème siècle. Les premiers en colonisant la femme (musulmane) autochtone, les seconds en colonisant le peuple palestinien, tous deux au nom de prescriptions fallacieusement religieuses.</p>
<p>Le régime phallocratique des Mollahs et le régime raciste sioniste doivent nous inspirer la même répugnance. Et la même volonté de combattre ces deux dernières formes de colonialisme. La femme iranienne est la « Palestinienne » du régime des Mollahs. Notre sœur iranienne, captive des Mollahs, mérite la même empathie que celle réservée à notre frère palestinien. Son avilissement doit susciter en nous le même sentiment d'indignation et de révolte. Nous devons lutter semblablement pour leur libération, leur émancipation.</p>
<p>Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle, notait dans son poème Alphonse de Lamartine. Hontes à ceux qui continuent à batifoler pendant que la femme iranienne est consumée par les Mollahs.</p></div>
Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident
http://matierevolution.org/spip.php?article8012
http://matierevolution.org/spip.php?article80122023-10-08T22:52:00Ztext/htmlfrMesloub Khider
<p>Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident <br class='autobr' />
L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous prétexte de les protéger de la mort liée au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces mêmes populations à sacrifier leur vie pour défendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'Église orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situé en dehors de l'Union Européenne. Avec la bourgeoisie (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique84" rel="directory">5- L'économie mondiale en route vers une nouvelle crise systémique autrement dévastatrice que 1929</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident</h2>
<p>L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous prétexte de les protéger de la mort liée au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces mêmes populations à sacrifier leur vie pour défendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'Église orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situé en dehors de l'Union Européenne.<br class='autobr' />
Avec la bourgeoisie occidentale la plus bête du monde, l'imposture sanitaire aura été démasquée plus précocement.</p>
<p>Une chose est sûre : en Occident, aujourd'hui la guerre sociale, entamée à la faveur de la pandémie, menée par la classe dominante contre le prolétariat se poursuit par l'orchestration des pénuries des produits essentiels, et surtout le renchérissement des tarifs des matières énergétiques, ces inflations spéculatives infamantes et affamantes.</p>
<p>En réalité, la pandémie de covid-19, politiquement instrumentalisée à des fins contre insurrectionnelles par la militarisation de la société, avait servi de paravent sanitaire pour impulser la première phase de l'orientation de la production vers l'économie de guerre, matérialisée par l'imposition de la production exclusive des biens dits essentiels, autrement dit indispensables à la défense nationale dans la perspective de la préparation à la guerre généralisée. La gestion sécuritaire de la pandémie constitua la répétition générale de l'économie de guerre. Ce fut la préfiguration de la militarisation de la société et de la caporalisation des mentalités. Au cours de la prétendue crise sanitaire, les États occidentaux jetèrent les premières bases de la centralisation étatique de la production, de l'organisation et de la planification de l'économie pour l'orienter vers la fabrication exclusive des biens dits essentiels, indispensables à l'instauration d'une économie de guerre. « Nous allons durablement devoir nous organiser dans une économie de guerre », vient de déclarer, sur un ton martial, le président français, Macron.</p>
<p>Ce faisant, dans le prolongement de la crise sanitaire, orchestrée par les États occidentaux, durant laquelle l'économie fut délibérément mise à l'arrêt ou, plutôt, réorientée vers la production des biens essentiels, entraînant une désorganisation de la production mondiale et un infléchissement vers la « relocalisation », la guerre en Ukraine (provoquée et attisée par l'OTAN) accentue et accélère ce processus de « démondialisation » et de découpage induit par l'économie de guerre et le militarisme. En effet, avec l'exacerbation des tensions commerciales et militaires, le monde s'achemine vers la fragmentation de la mondialisation avec la constitution de blocs de pays aux fondements idéologiques irréconciliables, dont les échanges commerciaux seront fortement réduits, voire rompus.<br class='autobr' />
Nul doute, la guerre entre l'Ukraine et la Russie s'inscrit dans un conflit plus ample qui oppose, au vrai, la première puissance occidentale, les États-Unis, à son concurrent économique actuel, la Chine.<br class='autobr' />
À cet égard, depuis l'apparition de la pandémie politiquement instrumentalisée et, surtout, le déclenchement de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, on aura remarqué, au sein du bloc atlantiste, le battage médiatique réservé au discours chauviniste relatif à la politique de relocalisation prônée par la bourgeoisie et son État, et à l'indépendance énergétique.</p>
<p>Tous les médias occidentaux encensent cet agenda de rapatriement des entreprises, précédemment délocalisées, au bercail national ; vantent les mérites du projet d'indépendance et de sécurité énergétique.</p>
<p>Que révèle ce programme de relocalisation des entreprises multinationales vers la « mère patrie », prôné par les pays occidentaux ?</p>
<p>La première raison est d'ordre socioéconomique. À force de contractions salariales réelles, de pressions sur la productivité du travail salarié, d'intensification des cadences de travail, le capital des pays occidentaux est parvenu à égaler les dramatiques conditions d'exploitation de la force de travail des pays émergents et sous-développés. Assurément, conscient de la dégradation des conditions sociales et salariales de « ses » prolétaires autochtones, le capital occidental a commencé à mettre en adéquation le futur mode de vie des prolétaires désormais impécunieux, par l'élimination graduelle des secteurs dits non-essentiels. En effet, soumis à de telles misérables conditions de vie et de travail, le prolétaire « occidental », du fait de son impécuniosité et épuisement professionnel, n'aura plus ni les moyens financiers ni le temps de s'offrir des loisirs et des vacances, pour reconstituer sa force de travail surexploitée.</p>
<p>La seconde raison pour laquelle les pays occidentaux œuvrent à la relocalisation des entreprises est d'ordre impérialiste. Dans l'actuel contexte des préparatifs de guerre contre la Chine, comme l'avait déclaré lucidement Donald Trump devant l'assemblée parlementaire de l'OTAN : « un pays débiteur – importateur – et client dépendant – ne peut entrer en guerre contre un pays créditeur – exportateur – et fournisseur de biens stratégiques essentiels » (il visait la Chine et, indirectement, la Russie).</p>
<p>Actuellement, la guerre entre les pays pour l'approvisionnement des marchés occidentaux, dépendants des fournisseurs manufacturiers chinois, a pris des proportions alarmantes, sans oublier la dépendance vis-à-vis des matières énergétiques russes, du pétrole « arabe », des matières premières et provisions des pays du Sud. La dernière dépendance relevée par les pays occidentaux, paralysant de nombreuses entreprises, concerne les composants électroniques fabriqués exclusivement en Asie (les États-Unis et les pays atlantistes, notamment européens, ne produisent que 10% des semi-conducteurs sur leurs territoires), en particulier Taïwan, actuellement enjeu de tensions bellicistes entre les États-Unis et la Chine.<br class='autobr' />
Aussi, pour se conformer aux recommandations de Trump qui préconise, comme on l'a rapporté plus haut, l'indépendance économique avant de mener une guerre contre un pays fournisseur, les pays occidentaux ont commencé à mettre en application ce programme d'économie auto-suffisante matérialisée par la « relocalisation » de la production manufacturière établie jusqu'à présent majoritairement en Chine, la réorganisation de la politique d'approvisionnement en matière des énergies fossiles.</p>
<p>Au vrai, les actuelles pénuries des produits manufacturés et énergétiques répandues en Occident sont délibérément planifiées pour acculer les pays atlantistes, c'est-à-dire le capital occidental, à réorganiser leur production et approvisionnement indépendamment des pays de l'Alliance de Shanghai et de la Russie, afin de pouvoir poursuivre leurs préparatifs de guerre en toute indépendance (notamment contre la Chine : cible principale). Mais, également, pour justifier la hausse des prix que les prolétaires devront supporter, induisant la baisse de leur pouvoir d'achat. Donc la dégradation de leurs conditions sociales, l'affaiblissement de leur résistance, facilitant ainsi leur soumission et leur enrôlement dans la future guerre généralisée en préparation par le grand capital. Un prolétariat affamé et atomisé devient plus aisément corvéable et exploitable, plus perméable à l'endoctrinement idéologique nationaliste belliqueux, et, par extension, à l'enrôlement militaire dans l'imminente guerre généralisée en préparation.</p>
<p>Nous sommes en guerre, ne cessent de marteler les gouvernants des pays européens. En période de guerre, la règle demeure la mobilisation générale pour assurer la souveraineté économique du pays, en vue de renforcer sa puissance et assurer avec succès sa croissance. Or, les pays européens, notamment la France, semblent organiser, à des fins stratégiques, délibérément leur « sabordage économique spéculatif ».</p>
<p>Le cas de la France est, à cet égard, exemplaire. Alors qu'elle est censée être confrontée à une crise énergétique nécessitant la mobilisation générale des structures étatiques et privées pour augmenter la production de l'énergie électrique en vue de renforcer les capacités productives du pays, d'assurer la pérennité de l'approvisionnement et la stabilité des tarifs, on apprend que, sur les 56 réacteurs nucléaires que compte la France, 32 sont curieusement à l'arrêt. Autrement dit, la majorité du parc nucléaire français est délibérément mis à l'arrêt, sous prétexte de réfection, entraînant par voie de conséquence la chute de la production d'électricité. Et, par effet mécanique, l'augmentation exponentielle des prix. De sorte que le prix de gros pour l'électricité est passé en un an de 85 euros le MWh à plus de 1000 euros aujourd'hui.</p>
<p>Ainsi, l'État français orchestre délibérément des pénuries dans de nombreux secteurs économiques vitaux, sources d'inflation spéculative. Ce sabordage nucléaire, à l'instar du sabotage sanitaire matérialisé par la destruction de millions de masques et l'orchestration de la pénurie des respirateurs au début de la pandémie, servira-il de prétexte pour instaurer un « confinement énergétique », couplé à un rationnement et des coupures de courant ?</p>
<p>Cette perspective de « confinement énergétique » fut déjà officiellement évoquée par le gouvernement irlandais, comme l'avait rapporté, début juin 2022, le journal Irish Independent. Ce quotidien avait indiqué qu'un « exercice de planification de haut niveau » a été arrêté, avec « trois scénarios possibles pour faire face au déficit d'approvisionnement en carburant ». Cet exercice aurait mobilisé « toutes les principales agences de l'État et le gouvernement ». Une série de mesures possibles avait fuité, notamment celle rapportant que « tous les travailleurs non essentiels recevront l'ordre de travailler à domicile », ainsi que la mise en place d'une limitation pour « tous les déplacements en voiture non essentiels », mais aussi un contrôle strict « de la quantité de carburant que les automobilistes peuvent acheter à tout moment ». Tout cela sur fond d'un « confinement énergétique » généralisé.</p>
<p>Par ailleurs, depuis le début de la pandémie, à plus forte raison depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, du fait des multiples mesures restrictives et des successifs confinements imposés par les gouvernements, et en raison de l'hyperinflation induisant une érosion du pouvoir d'achat, la production dans les services subit une très forte baisse, notamment dans les secteurs de la culture (arts, spectacles et activités récréatives, en proie à une très forte baisse de fréquentation), les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration, avec un recul particulièrement prononcé dans l'hébergement. Sans oublier le secteur du tourisme. Tout porte à croire que, dans ce contexte d'économie de guerre, ces secteurs du tertiaire « parasitaires » sont délibérément sacrifiés pour axer la production sur l'économie de la défense nationale.</p>
<p>De manière générale, toute l'élite bourgeoise, depuis les politiciens jusqu'aux économistes en passant par les médecins et autres prétendus experts scientifiques, avaient incriminé le coronavirus d'être responsable de la crise économique. Actuellement, c'est la lointaine guerre locale d'Ukraine qui est incriminée. Le Covid-19 a bon dos. En vérité, le coronavirus constitue un simple symptôme visible du capitalisme occidental en déclin. Et nullement la cause de la crise du capitalisme moribond. En effet, depuis des années, sur le fondement de rapports alarmistes, les scientifiques alertaient sans cesse les pouvoirs publics sur la menace d'une pandémie provoquée par les coronavirus. Les gouvernants occidentaux ignorèrent délibérément les alertes des scientifiques. Pour quel motif ? Car, du point de vue du capital, hors de question pour l'État d'investir dans les politiques de prévoyance, de logistiques anticipatoires (notamment dans l'achat des canadairs pour parler d'un thème d'une brulante actualité : les feux de forêt). Pour le capitalisme, la prévention est une dépense superflue, inutile. Surtout elle ne rapporte aucun profit. Aussi, la prévention n'est jamais intégrée dans la logique comptable capitalistique. Mais elle est amplement intégrée dans sa stratégie d'instrumentalisation politique. <br class='autobr' />
Certes la pandémie du coronavirus aura contribué à l'éclatement foudroyant du système économique occidental. Mais la chute avait entamé sa dégringolade depuis des années. En réalité le coronavirus n'aura joué qu'un rôle d'accélérateur d'une tendance économique récessive à l'œuvre depuis plusieurs années. Déjà, les premiers signes alarmants s'étaient manifestés lors de la crise 2007-2008, devant laquelle la crise actuelle est autrement plus foudroyante et dévastatrice. Si la crise de 2007-2008 affecta principalement le secteur financier, illustrée par l'effondrement de plusieurs banques, la crise présente est protéiforme, elle frappe le poumon de l'économie occidentale, en l'espèce la production. L'effondrement est général. <br class='autobr' />
Au-delà du ralentissement de l'économie, de la chute du secteur touristique, des compagnies aériennes, se profile la débâcle du commerce des pays occidentaux, et surtout la chute de la production. Dans la majorité des pays occidentaux les usines tournent au ralenti en raison de la déstabilisation des chaînes d'approvisionnement, des pénuries des composants électroniques, des matières premières. Et surtout du renchérissement du prix des matières premières et énergétiques.</p>
<p>Aucun pays du bloc atlantiste n'échappe à l'effondrement de son économie. C'est tout le système capitaliste occidental qui menace de s'écrouler. En dépit de l'injection de milliers de milliards de dollars et de l'étatisation de l'économie, le déclassement des pays occidentaux est inéluctable. L'économie du bloc occidental est au bord de l'implosion, accentuée par les sanctions économiques instaurées contre la Russie, sous l'instigation des États-Unis.</p>
<p>Assurément, la pandémie du coronavirus se manifesta-elle à point nommé pour servir de couverture politique et d'argumentation explicative à l'effondrement de l'économie occidentale depuis longtemps prévisible. De même, le déclenchement de la guerre en Ukraine arrive-t-elle à point nommé pour occulter les véritables mobiles économiques de la récession actuelle.</p>
<p>Ces explications idéologiques incriminant, d'abord un microscopique virus, puis la guerre locale ukrainienne, d'être responsables de la débâcle de l'économie occidentale (mondiale) est aberrante. Elles visent à exonérer le capitalisme. La bourgeoisie occidentale ne peut admettre son incapacité notoire à faire fonctionner son système capitaliste devenu chaotique et irrationnel.</p>
<p>Face à chaque catastrophe économique provoquée par les contradictions du capital (surproduction, baisse du taux de profit, saturation des marchés, exacerbation des tensions commerciales), la bourgeoisie occidentale brandit chaque fois des explications fantaisistes aux fins de disculper sa responsabilité dans la débâcle de son système capitaliste. Déjà, lors de la crise de 1973, responsable de la flambée du chômage endémique et de l'inflation galopante, la bourgeoisie occidentale avait invoqué la hausse du prix du pétrole pour expliquer ces deux phénomènes, inhérents en vrai au mode de production capitaliste. Tout se passe comme si la hausse du pétrole serait extérieure au système, et non constitutive du fonctionnement normatif du commerce capitaliste marqué par les oscillations des prix, les fluctuations de la conjoncture économique soumise en permanence aux pressions et tensions de la concurrence.</p>
<p>Actuellement, la bourgeoisie occidentale, en proie au déclassement économique, invoque la guerre en Ukraine pour expliquer l'effondrement de son économie. Mieux : elle accuse la Russie d'être responsable de la récession. La guerre en Ukraine devient « la faute de la Russie totalitaire », et non pas du capitalisme en récession. Comme si la Russie n'était pas partie intégrante du capitalisme mondial, aujourd'hui en plein déclin.</p>
<p>Aussi, la bourgeoisie occidentale, pour justifier l'austérité économique imposée aux prolétaires, ces sacrifices présentés comme de regrettables dommages collatéraux induits par les nécessaires mesures de rétorsion contre la totalitaire Russie qu'il convient impérativement d'affaiblir, recommande-t-elle (pour ne pas dire exige-t-elle), sous couvert de solidarité avec le peuple ukrainien et de défense des libertés, la réduction de la consommation des produits essentiels, notamment des matière énergétiques, matérialisée par la diminution de la consommation du chauffage.</p>
<p>Pour autant, les sanctions pénalisent principalement les pays européens. À preuve. Les mesures de rétorsion économique contre la Russie qui entraînent des pénuries de matières premières dans tous les pays européens. De même, ces sanctions induisent la perte de marchés en Russie pour les entreprises européennes. Les prix des matières premières flambent, impactant celui de nombreuses marchandises.</p>
<p>Aujourd'hui, les peuples européens, toujours tétanisés par la gestion criminelle de la pandémie, assistent, impuissants, à l'amplification de la crise économique, à l'aggravation de leur misère, à l'accentuation de l'exploitation de la classe ouvrière. Le grand capital occidental fait payer l'effondrement économique de son système aux classes populaires, aux classes moyennes et petites couches entrepreneuriales devenues économiquement « inutiles », réduites au chômage et précipitées dans la paupérisation absolue. <br class='autobr' />
Globalement, le monde entier assiste à la déconfiture du système économique occidental. À la débâcle de l'ordre social occidental dominant. À l'échec historique de la classe bourgeoise occidentale sénile. À la militarisation de la société occidentale impulsée par les classes dominantes apeurées, aux fins de tenter de sauver leur système en pleine décomposition. À la fuite en avant belliciste et guerrière de pays occidentaux en putréfaction morale et politique.</p></div>
Mayotte est la Crimée et le Donbass de la France coloniale donneuse de leçons
http://matierevolution.org/spip.php?article8394
http://matierevolution.org/spip.php?article83942023-09-21T22:31:00Ztext/htmlfrMesloub Khider
<p>Mayotte est la Crimée et le Donbass de la France coloniale donneuse de leçons <br class='autobr' />
Une contribution de Khider Mesloub – A la suite de la publication de mon article, intitulé « Les Comoriens sont plus chez eux que les colonisateurs français », certains commentateurs algériens ont défendu « le droit de la France à expulser les Comoriens. Car, selon eux, Mayotte lui appartient ». « Légalement, la France est chez elle à Mayotte puisque ses habitants (Mahorais) ont voté pour rejoindre la France lors (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Mayotte est la Crimée et le Donbass de la France coloniale donneuse de leçons</h2>
<p>Une contribution de Khider Mesloub – A la suite de la publication de mon article, intitulé « Les Comoriens sont plus chez eux que les colonisateurs français », certains commentateurs algériens ont défendu « le droit de la France à expulser les Comoriens. Car, selon eux, Mayotte lui appartient ». « Légalement, la France est chez elle à Mayotte puisque ses habitants (Mahorais) ont voté pour rejoindre la France lors d'un référendum. Les Comoriens n'ont aucun droit légal sur Mayotte. On doit respecter ce droit », écrit un commentateur.</p>
<p>Ces Algériens, probablement établis en France, comme la majorité des Français, ont fait de l'ignorance une vertu. Et de la xénophobie leur morale. Aussi piétiner l'histoire et écraser les peuples de couleur s'intègrent-ils dans la même logique et entreprise coloniales.<br class='autobr' />
L'ignorance de la véritable histoire portant sur l'indépendance de l'archipel des Comores, conjuguée avec leur conditionnement par la propagande néocolonialiste française, expliquerait leur fourvoiement. Leur dévoiement. Et donc leur dévouement à la cause coloniale et impérialiste française.</p>
<p>Un rappel historique sur les tenants et aboutissants du processus d'indépendance de l'archipel des Comores leur permettra probablement d'infléchir leur jugement néocolonial, de changer d'opinion.<br class='autobr' />
Dans le sillage des décolonisations initiées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quoique tardivement, l'archipel des Comores décide d'enclencher le processus d'autodétermination.<br class='autobr' />
Il est utile de rappeler que l'archipel des Comores est composé de quatre grandes îles comprenant Mayotte, Anjouan, Mohéli et la Grande Comore. Un archipel uni par l'appartenance ethnique, l'histoire et la religion (l'islam). Autrement dit, ces populations forment un même et seul peuple d'obédience musulmane. Les Mahorais sont des Comoriens. L'appellation même de Mahorais, en tant qu'entité autonome, a été créée par la France coloniale. Ainsi, les quatre îles de l'archipel des Comores partagent la même langue, la même religion, la même culture.</p>
<p>Au début des années 1970, des accords sont passés avec la France relatifs à l'accession à l'indépendance des Comores. Sur les quatre îles, une île se distingue par son inclination francophile cultivée par quelques lettrés : Mayotte, habitée par ce que l'on désigne improprement par le néologisme Mahorais, terme confectionné par la France coloniale à des fins de séparatisme. Autrement dit, la France applique le séparatisme (cette position politique visant à la séparation d'un groupe culturel, ethnique, tribal, religieux, racial, politique ou autre d'un groupe plus large, en vue de se constituer en communauté distincte ou « nation » indépendante) depuis des décennies. Non pas sur son territoire mais sur un territoire d'un pays étranger (Liban, Comores, etc.), qu'elle convoite, qu'elle compte occuper ou contrôler. Avec la France impérialiste, c'est diviser la population, non pas seulement pour mieux régner, mais pour bien rogner le territoire d'un pays souverain.</p>
<p>Le 22 décembre 1974, lors du référendum d'autodétermination des Comores, cette « élite mahoraise » obtient à Mayotte un vote à 63,8% contre l'indépendance. Les trois autres îles votent à près de 100% en faveur de l'indépendance. Pour l'ONU, seul le résultat du référendum pour l'ensemble des Comores est valide. Donc, l'indépendance de l'archipel des Comores est reconnue par toutes les instances internationales. Y compris par la France. Avant, par un de coup de théâtre dont elle est coutumière, de se raviser. De réviser sa position.</p>
<p>Lorsque, le 6 juillet 1975, l'Assemblée des Comores proclame l'indépendance des quatre indissociables îles formant l'archipel des Comores, le gouvernement français, par la voix de son porte-parole, entérine la position officielle française : « Le gouvernement se déclare disposé à entamer avec les nouvelles autorités les pourparlers concernant les transferts de responsabilités. S'agissant de l'île de Mayotte, le gouvernement tiendra compte de la volonté ainsi manifestée. » Ainsi, pour autant qu'on puisse en juger par les déclarations officielles du porte-parole du gouvernement, l'Etat français reconnaît la souveraineté de la nouvelle République des Comores sur Mayotte, quoiqu'une des îles ait voté pour son maintien au sein de la France. Car la France s'était prononcée favorablement pour le décompte global des suffrages sur l'ensemble de l'archipel, et non île par île.<br class='autobr' />
A cette date, aucun dirigeant français n'évoque une division ultérieure du territoire comorien. Y compris Valéry Giscard d'Estaing, fraîchement élu président de la République. Au mois d'octobre 1974, lors d'une conférence, il rappelle avec insistance la position officielle de l'Etat français concernant l'archipel des Comores : « Pour ce qui est de l'île Mayotte, le texte a été évoqué par l'Assemblée nationale, il s'agit de l'archipel des Comores (…). C'est une population qui est homogène, dans laquelle n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française, ou un peuplement très limité. Etait-il raisonnable d'imaginer qu'une partie de l'archipel devienne indépendante et qu'une île, quelle que soit la sympathie qu'on puisse éprouver pour ses habitants, conserve un statut différent ? Je crois qu'il faut accepter les réalités contemporaines. Les Comores sont une unité, ont toujours été une unité. Il est naturel que leur sort soit un sort commun, même si, en effet, certains d'entre eux pouvaient souhaiter (et ceci naturellement nous touche), eh bien que nous ne puissions pas, ne devions pas en tirer les conséquences, même si certains pouvaient souhaiter une autre solution ? Nous n'avons pas, à l'occasion de l'indépendance d'un territoire, à proposer de briser l'unité de ce qui a toujours été l'unique archipel des Comores. » Telle est la position officielle de la France relativement à l'indépendance de l'archipel des Comores, dont l'intangibilité des frontières est également reconnue. Elle ne souffre aucune ambiguïté.</p>
<p>Et pourtant, pour d'évidentes raisons géostratégiques et sous la pression du lobby militariste, la France va trahir ses engagements diplomatiques. La France opère un virage à 180 degrés. Selon la puissance impérialiste française, Mayotte doit à tout prix demeurer dans le giron néocolonial tricolore. Pour la France impérialiste, cet archipel de l'océan Indien, du moins l'île de Mayotte, constitue un intérêt capital pour sa situation géostratégique sur la route maritime de l'Est africain. C'est un axe majeur du commerce mondial. Implantée dans une région centrale de l'océan Indien et au nord du Canal du Mozambique, l'île de Mayotte représente un enjeu militaire pour l'impérialisme français et un poste avancé de sa domination dans la région. Au reste, dès 1975, la base de la Légion étrangère, auparavant établie dans la Grande Comore, est transférée à Mayotte. En 1976 est installée une base navale d'une dimension plus étendue.</p>
<p>En violation du droit international, des résolutions de l'ONU et des engagements explicitement formulés par le président Valéry Giscard d'Estaing lors de sa conférence d'octobre 1974, la France décide d'organiser en février 1976 un référendum d'annexion pour la seule Mayotte, car celle-ci avait voté lors du scrutin pour l'indépendance de l'archipel en 1974 pour son maintien dans la France. (Comme si, après les deux référendums sur l'autodétermination de l'Algérie organisés les 8 janvier 1961 et le 1er juillet 1962, tous deux ayant approuvé largement l'indépendance, par un retournement de situation, le gouvernement français avait décidé d'organiser un troisième référendum uniquement en Algérie. C'est-à-dire où seuls les pieds-noirs auraient eu le droit de se prononcer sur l'indépendance de l'Algérie. Le résultat serait totalement différent : 99% auraient voté pour le maintien du statu quo, autrement dit l'Algérie française.)</p>
<p>C'est dans un climat émaillé de violences (déjà !), d'affrontements, d'intimidations, voire d'expulsions des Comoriens partisans de l'unité de l'archipel que l'illégal référendum d'annexion de Mayotte est organisé par l'Etat colonial français. Avec une population locale analphabète à 80%, conditionnée par l'élite mahoraise francophile, un scrutin cornaqué de main de maître par les services secrets français, le résultat atteint, sans surprise, un chiffre brejnévien : 99,4% des votes exprimés se portent en faveur du maintien au sein du domaine français.</p>
<p>Cela étant, ce référendum d'annexion n'a jamais été reconnu par les instances internationales. Ni par l'ONU. Aussi la France, depuis 1976, est hors la loi. Elle est considérée comme une force d'occupation. Depuis lors, l'ONU réaffirme en permanence la nécessité de respecter l'unité et l'intégrité territoriale de l'archipel des Comores, composé des îles d'Anjouan, de la Grande-Comore, de Mohéli et, bien sûr, de Mayotte.</p>
<p>Ainsi, sous l'instigation criminelle de la France, c'est-à-dire en violation du droit international, Mayotte (mentalement colonisée) fait sécession, sur la base d'un référendum illégitime et illégal, voté par une population analphabète dont la majorité ne parle absolument pas français, ni ne sait où est située la France. Qui est plus, un référendum d'annexion avalisé par seulement 17 850 votants. Question : à supposer que la Corse veuille redevenir italienne, et organise, avec l'aide de l'Italie, un référendum de rattachement à l'Italie. Comment la France réagirait-elle ? Reconnaîtrait-elle ce rattachement ?<br class='autobr' />
La République des Comores continue naturellement de contester ce qu'elle considère comme une annexion, une occupation coloniale de son territoire. Le rattachement de Mayotte a immédiatement été suivi par l'adoption de nombreuses résolutions de l'ONU visant la France. De même, la communauté internationale est toujours demeurée unanime pour reconnaître cette évidence : le caractère comorien de l'île comorienne de Mayotte. Pour l'ensemble des instances internationales, la France a violé le droit international en arrachant Mayotte à son archipel comorien. Condamnée plus de vingt fois par l'ONU et l'Union africaine, cette occupation demeure illégale.</p>
<p>Pis. Selon certains juristes français, « l'intégration de Mayotte au territoire français est non seulement contraire au droit international, elle bafoue également le droit français ». Car, selon ces constitutionnalistes « la République ne peut s'augmenter de portions de territoire par le vote unilatéral d'une entité extranationale ou territoriale. Il faut, selon l'article 3 de la Constitution, l'assentiment du peuple français dans son entier ». Autrement dit, seul le peuple français, consulté par voie référendaire, dispose du droit d'avaliser l'extension territoriale. Or, les Français n'ont jamais été sollicités pour approuver l'annexion de Mayotte. Comme le soulignent les juristes, les habitants de Mayotte ne constituant pas un peuple à part entière, conformément à la définition du droit international, ils sont donc comoriens depuis la déclaration d'indépendance de l'archipel des Comores »…</p>
<p>Pis. D'après ces juristes, « les actes juridiques des référendums de 1976 et celui de mars 2009 relatif à la départementalisation (laquelle est devenue effective le 1er mars 2011) sont des actes juridiquement inconstitutionnels et, par conséquent, nuls de plein droit ». Notamment le « visa Balladur » qui a supprimé la liberté de circulation entre Mayotte et le reste de l'archipel des Comores.<br class='autobr' />
Pis. L'hypocrisie de l'Etat français se dévoile sur le registre religieux. Pour ménager les Mahorais (acheter leurs voix et leur asservissement colonial), majoritairement musulmans, et continuer à se ménager une place dorée sur l'île de Mayotte, l'Etat français impérialiste a dû faire d'énormes concessions. Quitte à enfreindre la loi. A piétiner la Constitution. A bafouer ses « principes républicains et laïcs ».</p>
<p>En effet, pendant que les dirigeants français, depuis plus de quarante ans, au nom de la laïcité, pourchassaient, dans l'Hexagone, toute entorse aux principes « républicains », condamnaient des citoyens français de confession musulmane pour de vénielles infractions à caractère religieux, Mayotte, censément département français, était livrée aux confréries islamiques. A la charia (désignée sous la locution euphémistique « droit coranique »). Par exemple, l'Etat civil était/est encore géré par les cadis. Les juges de paix sont musulmans et souvent illettrés. La polygamie est restée une pratique courante. La loi restreint l'héritage des femmes à la moitié de celui dévolu aux hommes, telle qu'elle est en vigueur dans les pays musulmans. Le code civil est en arabe. Les noms de famille sont pratiquement inexistants (générant des problèmes pour l'état-civil français). Seuls 45% des Mahorais parlent français et entre 30 et 40% sont analphabètes.</p>
<p>Voilà, pour ses intérêts géostratégiques et militaires, la bourgeoisie française est disposée à piétiner ses hypocrites valeurs laïques, comme elle le prouve, du reste, avec les pays du Golfe, épicentre de l'islamisme et du financement du terrorisme, pays avec lesquels elle entretient d'étroites relations.<br class='autobr' />
Ironie de l'histoire, l'Etat impérialiste français promettait aux Comoriens de Mayotte, baptisés Mahorais, de transformer leur île en eldorado. Or, aujourd'hui, Mayotte est devenue une immense favela, disposant d'un revenu par habitant équivalent à certains pays sous-développés. C'est le « département » le plus pauvre de France. 84% des « Mahorais » vivent sous le seuil de pauvreté à Mayotte.</p>
<p>Les relents néocoloniaux de la France et ses politiques ségrégationnistes s'illustrent par la condition sociale misérable des habitants mahorais de Mayotte.</p>
<p>Mayotte, si on la considère comme un département français, se classe à la dernière place dans pratiquement tous les domaines. On y relève le produit intérieur brut par habitant le plus faible du pays, avec seulement 9 241 euros en 2018 contre 22 359 pour la Réunion et 38 900 pour la Seine-Saint-Denis. Selon l'INSEE, la moitié de la population de Mayotte a un niveau inférieur à 3 140 euros par an et 80% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté (dans l'Hexagone, ce taux est de 14% : preuve que les Mahorais sont considérés comme des « citoyens français » de seconde zone). Le taux de chômage y est de 34% (six fois plus qu'en métropole). Et pourtant, en dépit de cette cruelle précarité, et de la cherté des produits dans l'île dans la mesure où ils sont massivement importés,</p>
<p>Les minima sociaux ne sont toujours pas alignés sur ceux des autres Français de la métropole. En 2021, pour l'indigène mahorais, le RSA y est de 282 euros pour une personne seule contre 565 euros en France métropolitaine. De même, le salaire minimum n'est qu'à 7,74 euros brut de l'heure contre 10,25 au niveau national. Au plan scolaire, Mayotte détient le plus faible taux de réussite au baccalauréat : 71,49% en 2019 contre 88,1% au niveau national. Par conséquent, c'est le territoire français le moins diplômé avec 68,5% des habitants peu ou pas diplômés contre 28,4% au niveau national.</p>
<p>Cela rappelle étrangement la situation de l'Algérie à l'époque coloniale. A la veille de l'indépendance, en 1961, seuls 12% de la population étaient rudimentairement scolarisés. Le nombre de bacheliers très faible (assurément, si l'Algérie était demeurée française, la condition sociale de l'indigène algérien serait aujourd'hui vraisemblablement similaire à celle des Mahorais de Mayotte).</p>
<p>Pareillement, sur le plan médical, Mayotte cumule plusieurs pathologies potentiellement létales. Symptomatiques d'un contexte colonial délibérément entretenu par l'Etat français, des maladies disparues en métropole, comme la lèpre ou la tuberculose, se propagent toujours sur l'île, sur fond de pénurie d'eau. Le nombre de médecins est déficient. A Mayotte, il y a cinq fois moins de médecins par 100 000 habitants que dans un département français de l'Hexagone.</p>
<p>Pis, Mayotte est en proie à une insécurité chronique. Face aux difficultés économiques et sociales, la délinquance et la criminalité flambent. Mayotte est devenue une « poudrière, une bombe à retardement, c'est un Titanic à la dérive ».</p>
<p>En dépit de ce bilan socioéconomique colonial dramatique pour la population autochtone, de l'explosion de la criminalité, de l'implosion de la société, sans aucun doute, la France impérialiste ne semble pas près de rétrocéder Mayotte. Et pour cause. L'île occupée abrite un régiment de la légion étrangère et peut accueillir navires et avions de guerre en cas d'alerte militaire. Elle abrite également un centre d'écoute qui permet à la France de surveiller l'ensemble de l'océan Indien. Et une bonne partie du continent africain. Qui plus est, la région recèle aussi de nombreuses ressources, tant halieutiques qu'énergétiques. D'importants gisements gaziers y ont été découverts ces dernières années. L'occupation de Mayotte permet également à la France de pérenniser un semblant de puissance maritime au niveau planétaire.</p>
<p>La France accuse la Russie d'avoir organisé un référendum illégal dans le Donbass pour s'approprier illégalement cette région ukrainienne. Pour contrer la politique annexionniste de la Russie, la France aide militairement le régime néonazi de Kiev, notamment par l'envoi d'armes.<br class='autobr' />
De toute évidence, la France ne peut faire la leçon à la Russie au sujet de la Crimée ou du Donbass (ou à la Turquie au sujet de Chypre). Car, elle-même, depuis bientôt un demi-siècle, colonise ce territoire de l'océan Indien, Mayotte, située, non pas à ses frontières, mais à 8 000 km de Paris.</p>
<p><a href="https://www.algeriepatriotique.com/2023/05/01/mayotte-est-la-crimee-et-le-donbass-de-la-france-coloniale-donneuse-de-lecons/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.algeriepatriotique.com/2023/05/01/mayotte-est-la-crimee-et-le-donbass-de-la-france-coloniale-donneuse-de-lecons/</a></p></div>
Effort de guerre et "patriotisme lucratif" des fabricants et marchands d'armes
http://matierevolution.org/spip.php?article7889
http://matierevolution.org/spip.php?article78892023-05-10T22:05:00Ztext/htmlfrMesloub KhiderGuerre War
<p>Effort de guerre et "patriotisme lucratif" des fabricants et marchands d'armes <br class='autobr' />
À chaque guerre son lot de drames subis par les populations. Mais surtout son flot de profits engrangés par les grands groupes industriels de l'armement. En effet, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les pays occidentaux, qui mènent une guerre par procuration, sont entrés dans la phase de la mobilisation générale, mais de leurs entreprises d'armements pour accroître vertigineusement leurs profits. Y (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Effort de guerre et "patriotisme lucratif" des fabricants et marchands d'armes</h2>
<p>À chaque guerre son lot de drames subis par les populations. Mais surtout son flot de profits engrangés par les grands groupes industriels de l'armement. En effet, depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les pays occidentaux, qui mènent une guerre par procuration, sont entrés dans la phase de la mobilisation générale, mais de leurs entreprises d'armements pour accroître vertigineusement leurs profits. <br class='autobr' />
Y compris les entreprises du secteur industriel et commercial s'invitent au banquet des profits pour bénéficier des commandes de l'État. Au festin des bénéfices, réalisés grâce au renchérissement des prix de leurs produits, motivé au nom de la flambée des prix des matières premières, elle-même justifiée initialement par l'apparition de la pandémie de Covid-19, et maintenant par la guerre d'Ukraine.<br class='autobr' />
Ces entreprises participent ainsi, par patriotisme lucratif, à l'effort de guerre.</p>
<p>À chaque conflit armé, c'est l'occasion bénie de bénéficier des commandes d'armements lancées par les États. Du renouvellement des équipements militaires. De l'expérimentation de nouvelles technologies meurtrières sur les lignes de front. Aujourd'hui, les fournisseurs d'armes des pays occidentaux se frottent les mains, ces mains souillées de sang des victimes ukrainiennes enrôlées comme chair-à-canon dans cette guerre livrée en vrai par l'OTAN contre la Russie.</p>
<p>La rapacité des exploiteurs</p>
<p>Sur le plan géopolitique, d'aucuns comparent l'actuelle guerre en Ukraine à la Première Guerre mondiale. Une chose est sûre, le premier conflit mondial permit un enrichissement extraordinaire des groupes industriels de l'armement. Mais également des autres secteurs économiques. Surtout, il permit la réorganisation taylorienne de la production, matérialisée par l'imposition du salaire à la tâche, indexant directement la paye des ouvriers sur la vitesse et la précision de leur production. Ces mutations professionnelles et sociales favorables au capital donnèrent naissance à l'organisation scientifique du travail. (De nos jours, le capital profite de la conjoncture marquée par la pandémie et la guerre d'Ukraine, fléaux délibérément créés par lui, pour procéder à l'instauration d'un nouvel ordre mondial dominé par la numérisation de l'économie, la généralisation du télétravail, l'ubérisation des activités professionnelles, l'expansion du e-Commerce, etc.)<br class='autobr' />
C'est au cours de ce premier conflit mondial que les plus grands trusts du 20ème virent le jour ou consolidèrent leur emprise sur l'économie internationale. Pour ne considérer que la période de la guerre (1914/1918), les chiffres d'affaires de ces entreprises augmentèrent considérablement.</p>
<p>En France, pendant que des millions de prolétaires se mobilisaient sur les fronts de guerre, se faisaient massacrer, les capitalistes réorganisaient lucrativement l'appareil productif pour maximiser leurs profits. Dès le début du conflit, la mobilisation industrielle pour soutenir l'effort de guerre fut décrétée par le gouvernement. Renault, Peugeot, Michelin, Citroën, Dassault, etc. (ces deux dernières créées respectivement en 1915 et 1916), pour ne citer que les entreprises les plus connues, furent enrégimentés en vue de fabriquer les équipements et matériels pour l'armée.</p>
<p>Au cours de ce premier conflit armé mondial, les usines Renault œuvreront à l'effort de guerre par le doublement de leur production des camions, l'assemblage des chars, la fabrication massive des obus. L'usine Citroën est construite en 1915, non pour fabriquer des voitures, mais des obus. De même l'usine Peugeot, avant de fabriquer sa première voiture en 1921, se spécialise dans l'assemblage des obus et moteurs d'avions. C'est durant ce premier conflit mondial qu'est fondée l'entreprise Dassault, spécialisée dans la fabrication des hélices d'avion pour équiper les biplans de l'armée de l'air.</p>
<p>Grâce à leurs fournitures d'armes, le chiffre d'affaires de ces entreprises progresse de façon exponentielle. Certaines sociétés, notamment Citroën et Schneider, réalisent une marge bénéficiaire de l'ordre de 40%. Ces faramineux profits provoquent colère et indignation parmi la population. Et surtout controverses. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », écrit furieusement l'écrivain Anatole France dans une lettre publiée dans le journal L''Humanité. Sans conteste, la Première Guerre mondiale a largement profité à de nombreux secteurs, notamment les charbonnages, la sidérurgie, l'armement ou la viticulture.</p>
<p>La cupidité des profiteurs de guerre</p>
<p>La polémique enfle dès la première année du conflit mondial. Les profiteurs de guerre sont fustigés. Condamnés. Des « bandits », des « chacals », des « gredins », des « thénardiers », écrit en octobre 1915 l'ancienne secrétaire de Jules Vallès, la journaliste Séverine, dans un périodique socialiste. En effet, dans son article, la journaliste fustige ceux qui « s'engraissent de la chair d'autrui », « pressurent le soldat » en « raflant à tout prix ce qu'ils sont certains de lui revendre le triple ». (Déjà la dénonciation de l'infâme inflation orchestrée par les puissants pour s'enrichir à bon compte par le renchérissement des prix des produits de première nécessité comme des matières premières). <br class='autobr' />
En France, en 1915 un rapport de la Commission des finances de l'Assemblée nationale relève que des obus ont été facturés quarante pour cent plus chers que leur valeur. Par ailleurs, la Commission note que les commandes sont livrées en retard. Du matériel est défectueux. Pourtant, à l'instar de la scandaleuse affaire des vaccins ARN-m vendus par le groupe pharmaceutique Pfizer sans encourir aucun risque de condamnation pénale et financière en cas d'effets secondaires indésirables déclarés sur un vacciné, la Commission souligne que le Ministère de la Guerre n'a « prévu dans les contrats aucune pénalité financière pour retard et inexécutions ».</p>
<p>L'Allemagne bourgeoise participe également à la bataille des profits. À la curée de l'enrichissement. Selon une Commission parlementaire convoquée en 1917, les entreprises houillères et sidérurgiques ont vu leurs bénéfices augmenter par huit entre 1913 et 1917. C'est durant cette guerre que le futur constructeur automobile BMW est fondé, pour fabriquer initialement des moteurs pour des avions de combat. Pour les grandes entreprises allemandes (Krupp, Mayer, etc.), la guerre leur a permis d'amasser d'immenses profits. L'économie de guerre a profité également aux puissants du Royaume-Uni. C'est durant la Première Guerre mondiale que la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell accroît sa puissance industrielle. Au lendemain de la guerre, Shell deviendra la première compagnie pétrolière mondiale.</p>
<p>Comme lors de la Première Guerre mondiale, actuellement les entreprises se livrent à la même course aux profits par l'augmentation des tarifs de leurs produits, sous couvert de l'ébranlement du contexte international.</p>
<p>Par ailleurs, depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, les pays occidentaux proposent des armes à l'armée de Zelensky. La France a fourni des équipements de protection, casques et gilets pare-balles. Mais, ensuite, la France a livré des missiles antichars Milan aux combattants ukrainiens.</p>
<p>Quant aux États-Unis, premiers fabricants et marchands d'armes au monde, dotés d'un budget de la Défense de presque 800 milliards de dollars, ils fournissent une aide militaire à l'Ukraine conséquente estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, au grand bénéfice des grands groupes industriels de l'armement, notamment les entreprises Lockheed Martin, General Dynamics, Boeing et Raytheon. Car les armes fournies par les USA à l'Ukraine, majoritairement prélevées sur les stocks des bases américaines d'Europe, nécessitent d'être rapidement remplacées par de nouvelles commandes effectuées auprès de ces entreprises de l'armement.</p>
<p>De même, la réactivation de l'OTAN, un moment déclarée en état de « mort cérébrale », renforcée par l'adhésion de la Finlande et de la Suède (bientôt la Suisse), constitue une opportunité financière inespérée pour le complexe militaro-industriel américain. Par la relégitimation de l'OTAN, dominée par les intérêts américains, le marché européen de la défense s'ouvrirait encore plus abondamment aux entreprises de l'armement étasuniennes. Déjà principaux fournisseurs de l'armée européenne, les USA, à la faveur de la guerre en Ukraine, viennent de consolider leur hégémonie économique par la vente de chasseurs F 35 à plusieurs pays européens, au grand dam de Dassault, d'Eurofighter d'Airbus et du Gripen de Saab, laissés sur la touche.</p>
<p>Hier comme aujourd'hui, la guerre demeure un business très rentable pour les puissants.</p></div>
L'Espace public source de préoccupation pour la classe dominante française
http://matierevolution.org/spip.php?article8289
http://matierevolution.org/spip.php?article82892023-04-11T22:05:00Ztext/htmlfrMesloub KhiderManifestationLutte de classes - Class struggle
<p>En France, le mouvement de protestation contre la réforme des retraites, désormais ponctué, à la suite de son imposition dictatoriale par le recours au despotique 49.3, d'occupations quotidiennes de plusieurs places urbaines, notamment la place de la Concorde à Paris, confirme combien l'Espace public constitue une source de préoccupation majeure pour la classe dominante. Pour le gouvernement Macron. <br class='autobr' />
Globalement, quelle que soit la forme de gouvernance, démocratique ou dictatoriale, (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>En France, le mouvement de protestation contre la réforme des retraites, désormais ponctué, à la suite de son imposition dictatoriale par le recours au despotique 49.3, d'occupations quotidiennes de plusieurs places urbaines, notamment la place de la Concorde à Paris, confirme combien l'Espace public constitue une source de préoccupation majeure pour la classe dominante. Pour le gouvernement Macron.</p>
<p>Globalement, quelle que soit la forme de gouvernance, démocratique ou dictatoriale, l'Espace public revêt une dimension politique hautement névralgique. Mais de manière plus accentuée en France.<br class='autobr' />
Et les dernières déclarations du ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, viennent rappeler combien le principal souci sécuritaire de l'État impérialiste français, c'est l'évitement de l'occupation de l'Espace public par des protestataires. C'est l'obstruction d'érection de campements à vocation politique dans les centres villes.</p>
<p>Comme l'a rapporté Franceinfo : « L'ordre public a également été abordé par le ministre de la police dans son message, dans lequel il accorde une tolérance zéro zadisation ». Autrement dit, tolérance zéro à l'occupation pérenne de l'Espace public. Pour rappel, le terme zadisme est issu de l'acronyme ZAD (zone à défendre). Mais ZAD relevait au départ du jargon d'urbanisme. Il signifie « zone d'aménagement différé ». Par extension, il a donné naissance au néologisme zadisme pour désigner une forme de campement à vocation politique, de militantisme consistant à occuper des zones que l'on désire préserver, dans le cas des sites naturels, ou « fructifier » politiquement, dans le cas d'une place publique urbaine.</p>
<p>Au XIXème, en Europe, les grandes villes capitalistes ont été régulièrement en proie à des émeutes et insurrections, dont le point culminant fut la Commune de Paris en 1871. Par ailleurs, avec le développement du capitalisme les luttes sociales deviennent de plus en plus urbaines, contrairement aux époques antérieures où elles étaient à base essentiellement rurales (phénomène encore dominant tout le long du XXème siècle dans les pays colonisés ou semi-colonisés). La ville devient ainsi le centre de la lutte. Et la lutte se concentre en ville.</p>
<p>Aussi, dès cette époque troublée, la bourgeoisie, via l'État, l'organe chargé de son intérêt général, s'intéresse à l'urbanisme dans une optique essentiellement sécuritaire. Depuis lors, pour contrôler et réprimer aisément les « classes dangereuses », les architectes de la politique antisubversive conçoivent l'urbanisation comme un espace de pacification politique et de désamorçage des conflits sociaux. En effet, avec la naissance du capitalisme, le développement exponentiel des villes a induit une politique architecturale et urbanistique soucieuse prioritairement du maintien de l'ordre établi. Pour ce faire, tout le territoire urbain est configuré dans le dessein de restreindre les relations humaines, d'empêcher les rencontres, l'expression de la spontanéité (artistique, ludique, à plus forte raison politique).</p>
<p>Cette politique urbanistique utilitariste n'est jamais qu'une inscription dans l'espace des rapports sociaux capitalistes, caractérisés par l'exigence de la valorisation du capital et de la reproduction sociale fondée sur une ségrégation spatiale et une inégalité sociale. Aussi, peut-on dire que la fracture sociale se conjugue avec la fracture spatiale. Et pour colmater artificiellement ces fractures, notamment en France, l'État des riches, hanté par l'unité nationale, s'emploie constamment (mais vainement) à cimenter la population par l'érection de superstructures idéologiques fédératrices, incarnées notamment par les célébrations des héros patriotiques et autres événements historiques, symbolisées par la politique incantatoire de « vivre ensemble » au-delà de « nos » clivages sociaux, « nos » divergences d'intérêts.</p>
<p>Globalement, dans les pays capitalistes développés, notamment en France, dans la conception étatique de l'organisation urbanistique, l'Espace public doit demeurer une zone de non-droit pour ses habitants. En dehors de la fréquentation du lieu d'exploitation appelé entreprise, et des temples de la consommation incarnés par les centres commerciaux, les divers boutiques et magasins de commerce, où la concentration massive des foules est encouragée et promue en politique de la ville pour des raisons consuméristes, les habitants sont sommés de confiner leur existence dans leur habitation carcérale bâtie dans ces édifices immobiliers (bidonvilles sociaux bâtis loin de la ville) verticaux, ravagés par la pollution sonore et atmosphérique, la vacuité existentielle et la solitude pathologique.</p>
<p>Ainsi, dans le souci d'harmoniser le capitalisme par l'instauration de la paix sociale et la neutralisation des révoltes insurrectionnelles, l'aménagement urbanistique et architectural est en permanence conçu dans l'optique de contrôle de l'Espace public, d'injonction de manière de vivre et de circulation, par ailleurs mise sous surveillance via les caméras et, désormais, via certaines applications numériques.</p>
<p>Au reste, les urbanistes et les architectes ont pour fonction de concevoir un Espace public totalement policé, chloroformé, cautérisé. Une architecture urbaine où la bonne « conscience citoyenne » (républicaine et laïque dans le cas de la France) efface toutes les aspérités sociales. Un espace où l'opposition de classe est, au moins amortie, sinon annihilée (idéologiquement s'entend). Une agglomération où les citoyens sans distinction sociale partagent dans un esprit de civilité mercantile les mêmes espaces de travail et de consommation. Un espace « harmonieux », citoyen (républicain, laïque). Construit pour l'apaisement social (un cadre social par ailleurs trop violemment miné par les tensions pathologiques générées par les conditions de vie précarisées et paupérisées). Construit pour la neutralisation des conflits sociaux. La pacification des rapports sociaux et la sécurisation des biens. La protection des gens honnêtes (entendu gens de biens) et de la propriété (privée : prioritairement celle des nantis, il va de soi). Un espace où les distinctions sociales sont diluées, les clivages jugulés, les crispations communautaristes désamorcées. <br class='autobr' />
Néanmoins, un Espace urbain où la stratification sociale imprime son empreinte géographique. Donc, dans lequel chaque quartier abrite une classe sociale spécifique. Dans lequel seuls les univers de travail et les surfaces de consommation sont partagés en commun par cette frange de la population à la solvabilité ostentatoirement exhibée pour se distinguer. Dans lequel les agglomérations publiques sont astreintes à la réglementation, soumises à l'interdiction de toute manifestation sans autorisation préalable. Un Espace public que seules les forces de l'ordre sont autorisées à occuper sans limitation, à coloniser de manière visible et violente, au besoin, pour dissuader toute réunion, attroupement, occupation.</p>
<p>Ironie de l'histoire, le monde capitaliste occidental s'est bâti sur l'uniformisation des modes de vie artificiellement policés, et ne survit que grâce à l'uniforme, autrement dit sa police. Dans le monde occidental contemporain sénile, déchiré par de permanents conflits sociaux, caractérisé par la délégitimation des institutions et l'érosion du consensus social, la police est devenue l'ultime et unique rempart de la bourgeoisie, en particulier en France. Quand une classe dominante fonde son pouvoir sur la seule force de la répression, c'est symptomatique de sa faiblesse, annonciatrice de sa disparition imminente.</p>
<p>Sans aucun doute, un relent de fin de régime s'exhale de la France bourgeoise en pleine putréfaction institutionnelle et gouvernance instinctuelle. Le règne de la force prévaut dans ce pays gouverné par des mercenaires du Capital Atlantiste, déterminés à tailler en pièces les régimes sociaux, à ruiner l'économie nationale, à clochardiser la majorité de la population laborieuse. Y compris par la violence. La Terreur policière.</p>
<p>D'aucuns, notamment Arié Alimi, avocat, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme, et Xavier Mathieu, ex-délégué syndical CGT de Continental devenu acteur, n'hésitent pas à parler de terrorisme d'État pour qualifier la maintenance dans les manifestations en France.</p>
<p> « Il y a une espèce de radicalisation de la maintenance politique dans les manifestations depuis des années, depuis les gilets jaunes. L'État, depuis quelques années, se comporte comme un terroriste dans les manifestations, en fait. La façon de faire taire les manifestations, de faire en sorte qu'il y ait le moins de monde possible, c'est de taper sur les gens pour qu'ils aient peur de ne plus revenir. Ils radicalisent, ils tapent très fort, ils terrorisent en fait, ils terrorisent les manifestants, parce que là ce qui s'est passé samedi (18 mars 2023) justement, ce que je vous explique sur la radicalisation, ça marche trop bien. Il faut faire peur aux gens, la meilleure façon pour qu'il y ait le moins de monde, c'est de faire peur aux gens. Et moi, je vais vous dire, sincèrement, je le dis, il y a des gens qui ont peur, il y a le black-bloc, il y a des gens qui disent "ouais, le black-bloc, c'est violent", mais les trois-quarts des gens à qui je parle et je dis "pourquoi tu ne viens plus aux manifestations ?", ils m'ont dit "c'est trop violent", mais les trois quarts ne me disent pas "c'est violent les black-blocs", ils parlent de violence policière : les gaz, les lacrymogènes, les grenades de désencerclement, les flashballs… Ils ont peur de la police, parce que le black-bloc ne s'attaque pas à eux, ils ont peur des réactions de la police », a déclaré Xavier Mathieu dans sa récente vidéo publiée par Médiapart.</p>
<p>Sur ce registre des violences policières, défrayant fréquemment la chronique, la France a été condamnée par plusieurs instances, notamment l'ONU. Qui plus est, les violences policières en France ont fait l'objet de plusieurs travaux de recherche. Notamment par le chercheur Sebastian Roché. Ce chercheur a souligné le mois dernier qu'en France (officielle) « Un certain degré de brutalité est accepté au prétexte du maintien de l'ordre ». Il a ajouté : « On dénombre quand même des dizaines de mutilés et blessés graves ces dernières années. Avec également cette peur d'aller manifester en famille qui s'exprime ». Selon ce chercheur, l'État français dépêche des escadrons de CRS pour épouvanter et terrifier les manifestants afin de les dissuader de revenir manifester. « Ces unités sont clairement constituées pour faire peur, pour sidérer les gens. C'est leur but. Pendant les gilets jaunes, les DAR (détachements d'action rapide), les blindés à roues de la gendarmerie nationale, les hélicoptères, les drones, sont destinés à montrer la supériorité matérielle de la police », a-t-il précisé. « Au delà de l'usage de la technique, c'est un fait dont la portée n'a pas été bien vue par les commentateurs. La technique de la nasse, très employée lors du mouvement des Gilets jaunes, tout comme les arrestations préventives ont aussi fait leur retour. Tout cela relève de décisions politiques. La question de l'institutionnalisation de ce maintien de l'ordre, de cette routinisation qui porte atteintes aux droits politiques, se pose aujourd'hui », a souligné Sébastien Roché.</p>
<p>Pour autant, la violence et la répression ne constituent pas l'unique instrument de domination et de gouvernance. En effet, l'idéologie « citoyenne », (républicaine et laïque), abondamment distillée par les relais de conditionnement officiels, pourvoit aisément au maintien de l'ordre par l'intériorisation des règles dominantes, l'imprégnation psychologique de la servitude volontaire. Dans le capitalisme occidental totalitaire, les individus, selon le concept de la fausse conscience réifiée popularisé par le philosophe George Lukacs, intériorisent les normes sociales et semblent asservies, dépossédés de leur existence par une forme d'aliénation participative et une participation sociale aliénante.</p>
<p>De manière générale, dans cet Espace public où règnent l'anonymat, la séparation et la distance, les relations sociales sont soumises à des règles de socialisation symboliquement codifiées. Ces relations sont régies par des « conduites citoyennes » fondées sur la « civilité » (qui rime avec servilité) et le respect de l'ordre dominant. Les citoyens doivent certes vivre ensemble, mais en ordre géographique et social dispersé, et surtout dans le respect de l'ordre établi.</p>
<p>À cet égard, pour ce faire, l'urbanisme œuvre à la séparation et à l'éclatement des structures sociales traditionnelles de socialisation populaires, pour anéantir toutes les relations humaines non fondées sur des rapports marchands, animées d'un esprit de solidarité et de collectivité. De là s'explique, notamment en France, la politique de stigmatisation et de fustigation des populations immigrées maghrébines et subsahariennes par les autorités françaises. Car elles sont porteuses de traditions collectives et généreuses incompatibles avec les normes bourgeoises individualistes et égoïstes du monde occidental. Les lois sur le séparatisme s'intègrent dans cette politique urbanistique d'éclatement de ces communautés régies par l'esprit de solidarité, la culture d'entraide et de partage, et de résistance à l'emprise de modèles sociétaux occidentalistes jugés décadents.</p>
<p>De fait, depuis plusieurs décennies, notamment en France, pour pacifier l'Espace public, l'État, par le truchement de ses institutions éducatives incarnées par l'école et la famille (devenues des structures contrôlées entièrement par des instances étatiques noyautées par les mouvements LGBT), impose les bonnes conduites citoyennes dispensées par l'éducation, la pédagogie et l'instruction civique, compendiums de l'idéologie de la pensée dominante bourgeoise décadente. Mais aussi le contrôle social et la répression policière à l'endroit des récalcitrants, des indociles.</p>
<p>En tout état de cause, l'Espace public, dans toutes ses dimensions, de la simple rue au parc en passant par la place, est soumis aux mesures restrictives de la circulation. Toute occupation « en bande organisée » (sous-entendu collectivement) de ces lieux publics, et ce, quel que soit le mobile (d'ordre artistique, sportif, festif, ludique ou politique), est sévèrement condamnée par la loi édictée par l'État, autrement dit par la classe dominante soucieuse du maintien de son ordre établi.</p>
<p>À plus forte raison, toute effervescence sociale opérée dans les espaces publics est perçue comme une perturbation, une atteinte à l'ordre public, et appelle par conséquent, diligemment, une réponse répressive de la part des forces de police, bras armé de la classe dominante.</p>
<p>Quoi qu'il en soit, l'Espace public ne doit jamais devenir un lieu d'expression de liberté, exercée par des collectifs en lutte. Car, toute occupation de l'Espace public favorise l'émergence de la vraie démocratie populaire et, corrélativement, l'éclosion d'un contrepouvoir susceptible d'ébranler le pouvoir dominant. De là s'explique la propension hâtive des pouvoirs à déloger violemment toute occupation de l'Espace public, toute manifestation organisée dans une agglomération, comme on le relève actuellement en France. L'État s'emploie en permanence à empêcher la constitution pérenne de rassemblements, d'attroupements, de regroupements propices à la fermentation politique subversive et à la création de collectifs autonomes librement organisés, susceptibles d'initier et d'instaurer un forum de discussion libre, une agora démocratique populaire permanente qui peut se transformer en contre-pouvoir capable de supplanter et d'abolir les institutions dominantes officielles bourgeoises déjà malmenées et délégitimées, c'est-à-dire les rendre caduques, donc illégitimes. Autrement dit, capables d'engendrer une situation de dualité de pouvoir surgie sur un conflit irréductible des classes.</p>
<p>La voie publique ne doit pas être occupée par le peuple, car cela risque de libérer sa voix. Cette voix collective émancipatrice. Qu'il ne faut pas confondre avec la voix électorale concédée par le capital, qui converge toujours vers la même voie : celle des palais gouvernementaux contrôlés par la classe régnante qui demeure toujours maîtresse du pouvoir quels que soient les résultats des scrutins. <br class='autobr' />
Historiquement, cette voix populaire est longtemps demeurée encadrée par ses prétendus représentants assermentés. Lors de ses manifestations de mécontentement social, aucune fausse note ne venait perturber le concert de protestation organisé par les chefs d'orchestre des partis et syndicats « ouvriers », ces virtuoses de la Collaboration de classe.</p>
<p>En effet, longtemps, sous la houlette des partis politiques populistes affidés du pouvoir, notamment en France où le parti communiste (PCF) et le parti socialiste (SFIO, PS) avaient pignon sur rue, mais ne ruaient pas dans les brancards tant ils avaient mis depuis belle lurette la Révolution au rancart, les contestations étaient structurellement organisées. Elles respectaient les bonnes conduites citoyennes de l'Espace public et de l'ordre établi.</p>
<p>Or, la particularité des nouveaux mouvements sociaux, comme l'avait illustré le mouvement des Gilets jaunes en France, se caractérisent par le rejet de toutes les formes organisationnelles classiques de lutte assurées par les instances apolitiques (ONG), politiques ou syndicales stipendiées. Mais, surtout, se singularisent par la répudiation des règles de bienséance urbaines. Dépourvus de toute affiliation doctrinale et de quelque structuration pérenne, dénués de tout projet de transformation social cohérent, ces mouvements anarchiques échappent en apparence à tout contrôle et emprise du pouvoir étatique. Ils occupent désormais l'Espace public de manière spontanée et anarchique, comme on l'observe ces derniers jours en France, notamment à la Place de la Concorde et dans plusieurs villes de province.</p>
<p>Pour autant, pollués par l'apolitisme (à différencier du consciencieux antipolitisme), les contestataires contemporains, biberonnés au lait de l'idéologie citoyenne aphasique, versent dans un activisme musculeux processionnel ponctué de dégradations gratuites et futiles, et aussi sombrent dans les palabres aseptisées entre gens de bonnes compagnies. Portés par la petite-bourgeoisie intellectuelle paupérisée en congruence idéologique avec la classe de gouvernance (qu'elle rêve de remplacer ou d'épauler), les mouvements sociaux contemporains s'insèrent parfaitement dans le paysage politique dominé par l'idéologie consensuelle citoyenne pour laquelle la concertation révérencieuse prime sur la contestation radicale, la révolte irrationnelle sans fin sur la Révolution consciente ayant une Fin (le renversement du mode de production capitaliste).</p>
<p>Cet activisme prétendument apolitique, sans perspective révolutionnaire et résolument réformiste (voire nihiliste), en vogue dans de nombreux pays, notamment en France, se modèle sur l'individualisme consumériste contemporain massivement répandu dans le monde occidental sénile et décadent. Il est le produit d'une société anomique où domine le chacun pour soi. Il n'est pas étonnant qu'il valorise plutôt les réseaux sociaux dans lesquels triomphent le règne du narcissisme atomisé, la culture irréfléchie de l'instantanéité et de l'utopie prédatrice. Ces adeptes de l'idéologie citoyenne populiste de gauche comme de droite véhiculent l'idée d'une société pacifiée au sein de laquelle la lutte des classes aura disparu et la vraie démocratie enfin régénérée. Comme s'il pouvait exister une démocratie dans une société capitaliste, par essence fondée sur l'exploitation, l'oppression, l'extorsion de la plus-value et la violence policière. Comme tout un chacun peut le constater en France et dans tous les pays occidentaux prétendument « démocratique »</p>
<p>Ainsi, cette petite-bourgeoisie intellectuelle, dominante au sein de toutes les structures politiques, syndicales et associatives, impose non seulement son idéologie, mais elle s'évertue de faire passer ses intérêts spécifiques de classe précarisée pour l'intérêt général. Par son discours catégoriel, elle brouille et efface les antagonismes de classe. En butte à une crise économique et sociale profonde, cette petite-bourgeoisie précarisée et paupérisée, en phase de prolétarisation avancée, occupe l'Espace public pour exprimer ses revendications sectorielles qu'elle présente comme l'intérêt général, ce qui arrange bien le pouvoir dominant qui œuvre à la popularisation des questions sociétales, meilleur antidote contre la Question sociale.</p>
<p>En outre, sa contestation ne propose aucune alternative, encore moins une société alternative. Elle alterne supplications obséquieuses adressées aux gouvernants et déprédations et dégradations gratuites.<br class='autobr' />
Cette forme de lutte stérile est en congruence avec l'idéologie nihiliste répandue en Occident décadent et belliciste.</p>
<p>Cette viciation de la lutte, dénaturation combative, s'explique sociologiquement par la désindustrialisation des pays occidentaux, l'étiolement de la classe ouvrière, vecteurs de la perte de la conscience de classe, de la culture ouvrière émancipatrice.</p>
<p>À observer les actuels mouvements de révolte menés en France (et dans tous les pays), on relève des mutations au plan de la lutte des classes. En effet, l'entreprise n'est plus l'unique lieu d'expression de la conflictualité sociale. Pour la nouvelle génération de salariés nucléarisés, du fait de la précarisation et de l'atomisation professionnelles, du chômage massif endémique, il devient difficile de s'organiser au niveau de l'entreprise. De surcroît, le capitalisme englobe désormais toutes les sphères de l'existence. De là s'explique l'émiettement de la lutte. La fragmentation sectorielle du combat politique (féminisme, écologisme, antiracisme, etc.), facteur de dépérissement du projet émancipateur universel.</p></div>
Les révolutionnaires processionnels : compagnons de route du capital
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<p>Les révolutionnaires processionnels : compagnons de route du capital <br class='autobr' />
À l'ère de la domination totalitaire du capital, hors de question de perturber la machine de fabrication. Encore moins de subvertir le mode de production capitaliste. <br class='autobr' />
De nos jours, la sacro-sainte semaine de travail est respectée comme une divinité par l'ensemble des salariés, surtout par les « révolutionnaires » processionnels et les séditieux du week-end, ces nouveaux protestataires respectueux des règles sacrées du (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les révolutionnaires processionnels : compagnons de route du capital </h2>
<p>À l'ère de la domination totalitaire du capital, hors de question de perturber la machine de fabrication. Encore moins de subvertir le mode de production capitaliste.</p>
<p>De nos jours, la sacro-sainte semaine de travail est respectée comme une divinité par l'ensemble des salariés, surtout par les « révolutionnaires » processionnels et les séditieux du week-end, ces nouveaux protestataires respectueux des règles sacrées du travail et de leurs divins lieux d'exploitation, ces temples de la production capitaliste où viennent besogner quotidiennement les esclaves des temps modernes. La semaine sacrée de travail est ainsi préservée de toute souillure contestataire subversive, insurrectionnelle. Les cinq journées de labeur ne sont plus perturbées par des débrayages et des grèves sauvages. Encore moins une occupation d'usine, des Assemblées générales, des Conseils ouvriers. Ainsi en a décidé le dieu-capital, parvenu à ses prophétiques fins par la grâce de son emprise sur les cerveaux obtenue par le contrôle totalitaire des moyens de propagande scolaires et médiatiques. Donc par le conditionnement des mentalités.</p>
<p>Aujourd'hui, le capital façonne les esprits comme ses usines fabriquent ses produits : de manière standardisée, uniformisée, rationalisée, robotisée. Les produits, comme leurs producteurs esclaves-salariés, obéissent aux mêmes normes de fabrication. Ces deux marchandises interchangeables, vendues sur le marché, offrent à leurs propriétaires l'opportunité de valoriser leur capital, d'accroître leurs richesses, de pérenniser leur domination. De fait, l'usine comme l'entreprise du tertiaire, ces nouveaux temples de l'économie moderne, ne sont plus profanées par l'arrêt de travail massif et pérenne. Ne font plus l'objet de débrayages impromptus, d'occupation improvisée, de cessation d'activité intempestive. Encore moins de tentative d'appropriation collective par ses véritables producteurs afin de diriger leurs activités de production pour la satisfaction des besoins sociaux essentiels et non pour le profit. Inexorablement, la loi de la valeur continue à régir le fonctionnement des entreprises. Le capital à contrôler leur fabrication. À accaparer leur propriété, à s'approprier leurs profits.</p>
<p>Les esclaves-salariés ont si bien intégré les lois divines du capital qu'ils éprouvent une frayeur phobique à les enfreindre, à les brûler, à les abolir. Aussi, ne faut-il pas s'étonner de les voir sacrifier leur vie pour l'usine, le bureau, ces nouveaux totems des temps modernes, dirigés par les maîtres du monde, les dieux de la finance.</p>
<p>L'ironie de l'histoire, c'est que le capital est parvenu à inverser et à pervertir toutes les valeurs morales millénaires. Toutes les anciennes règles de vie collectives ont été intégrées au monde de l'entreprise, laissant la « société civile » régie par les idées individualistes de la bourgeoisie qui a noyé les relations « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». En effet, au sein de l'entreprise règne une respectueuse discipline entre salariés, matérialisée par l'observance stricte des règlements accomplis dans une ambiance conviviale, exécutés dans un esprit scientifique et une mentalité pointilleuse et ponctuelle. Les rapports entre salariés sont exempts d'agressivité et de violences (à l'exception de ces violences professionnelles engendrées par les maladies et les accidents mortels). Dans l'entreprise (cette sphère économique séparée par le capital) domine les valeurs d'entraide, l'esprit collectif. Tout le contraire de la société (le milieu humain dans lequel vit l'individu) où sévit le chacun pour soi, l'individualisme, toutes les formes d'agressions et de violences.</p>
<p>Brillamment, le capital a fait en sorte de policer l'usine, de civiliser les rapports sociaux au sein de l'entreprise afin de les rendre productifs, rentables. L'usine est un havre de paix de l'exploitation conventionnée. Tandis que la société a été métamorphosée en champ de guerre où règnent la division, l'anarchie, la perversion, l'adversité, l'hostilité, la haine, l'affrontement, le racisme.</p>
<p>Pour ce faire, le capital a procédé à l'éclatement de toutes les structures sociales humaines fondées sur la solidarité, l'entraide, le respect, la loyauté, l'altruisme, le dévouement parental et filial (remplacé par le dévouement au patron et à l'argent), comme la famille, les quartiers, les cafés, les assemblées de village, etc. Pour les remplacer par l'individualisme, le narcissisme, le libertinage (frère siamois du libéralisme débridé). Tous ces espaces de sociabilité et de solidarité millénaires ont été pulvérisés par le capitalisme.</p>
<p>Pour le capital, seuls ses temples de production de profits méritent les bonnes règles de vie. En résumé le respect, le sérieux, la rigueur, la ponctualité. Aussi est-il parvenu à façonner les esclaves-salariés selon les normes de ses entreprises, à discipliner leurs rustres mœurs au sein de ses sanctuaires productifs lucratifs. En effet, tandis qu'au sein des entreprises les esclaves-salariés font preuve d'une grande rigueur dans leurs relations emplies de convivialité et de civilité, de probité et de loyauté, voire de sentiments mutuels, dans la « société civile » ils cultivent des rapports lâches ponctués de tensions, de haines et de conflits. Observe-t-on quotidiennement des vols, des incivilités ou des meurtres au sein des entreprises, ces temples sacrés de production ? Rarement (sinon jamais). A contrario, la société est submergée par les conflits, les délits, les violences et les crimes récurrents et écœurants. <br class='autobr' />
Incontestablement, le capital a réussi sa fabrication des esprits, comme il a triomphé depuis des siècles par son esprit de fabrication.</p>
<p>Aujourd'hui, même les festives révoltes subversives, insurrectionnelles, s'organisent en dehors des jours sacrés de production ou des lieux de production. Hors de question de perturber la chaîne de production. Le capital doit pouvoir poursuivre ses batailles de fabrication. Soutenir sa guerre économique. Il ne faut pas entraver le processus de production. <br class='autobr' />
Les instruments de fabrication doivent tourner à plein régime sous n'importe quel régime, démocratique ou dictatorial. Les moyens de production ne doivent souffrir d'aucune interruption.</p>
<p>Tout arrêt de travail est une atteinte au moral du « patriotisme » de l'entreprise. Une offense à la patrie-entrepreneuriale. Un blasphème commis contre le Dieu-capital. Une hérésie économique.</p>
<p>À l'évidence, ces règles sont scrupuleusement respectées par l'ensemble des esclaves-salariés. De nos jours, les manifestations, y compris les plus populaires, sont programmées avec l'assentiment du pouvoir, fixées par les instances syndicales à tel créneau horaire ; voire, pour ne pas pénaliser la production de marchandises, organisées les week-ends. C'est-à-dire les jours de repos des travailleurs. Ainsi, les travailleurs, même la contestation, ils la payent au prix du sacrifice de leur jour de repos concédé par le capital. Ils ne portent pas la contestation au sein de l'entreprise. Ils ne s'attaquent pas à leur lieu d'exploitation. Ne luttent pas dans leur environnement concret d'oppression. Ne remettent pas en cause leur asservissement opéré dans l'entreprise. N'organisent pas leur résistance au sein de leur lieu de travail pour mieux le subvertir, mais en dehors du cadre spatial professionnel, au travers de mobilisations inoffensives opérées dans un espace urbain réglementairement délimité. De grèves perlées cornaquées par les bureaucraties syndicales, matérialisées par des manifestations carnavalesques ritualisées sur fond d'ambiance de kermesse. En fait de militantisme émancipateur, avec ces révolutionnaires processionnels, nous avons droit à des protestations cadencées par les pacifiques balades balisées, canalisées, banalisées, illustrées par les débonnaires parades revendicatives inoffensives et les doléances courtisanesques adressées aux gouvernants, ces représentants du Grand capital, responsables des politiques antisociales. Or, le seul moyen de faire plier les maîtres du monde est d'user de cette arme redoutable que constitue la grève générale, seule capable d'ébranler le pouvoir en s'attaquant à l'outil de production, source de la plus-value et des profits pour les patrons.</p>
<p>Une économie à l'arrêt, et c'est l'arrêt cardiaque pour le capital, privé du sang salarié qui irrigue ses profits et assure son existence.</p>
<p>Quoi qu'il en soit, ces « révolutionnaires » processionnels ou séditieux du week-end ont tellement bien intégré l'idéologie du capital qu'ils s'érigent en ses meilleurs défenseurs. Au demeurant, tous ces révolutionnaires de l'asphalte, marathoniens de la contestation festive, n'aspirent nullement lutter contre le système capitaliste, mais systématiser le capitalisme. Ils s'évertuent seulement vouloir moraliser le capitalisme, l'humaniser, le réformer, le démocratiser. Comme si on pouvait moraliser, humaniser, réformer, démocratiser le colonialisme, l'esclavagisme, le nazisme. Ces systèmes barbares, comme le capitalisme, ne méritaient qu'une unique solution politique radicale : la destruction des fondements de leurs structures. Mais la petite bourgeoisie, aujourd'hui prédominante dans les instances politiques et syndicales, milite pour la perpétuation de ce système mortifère, au sein duquel elle espère prospérer, assurer sa retraite. Défendre sa retraite au sein d'un système capitaliste belligène et mortifère. À quoi bon lutter pour une « retraite juste » quand toute la vie <br class='autobr' />
professionnelle est fondée sur l'exploitation et l'oppression, l'esclavage salarié, des conditions de travail iniques, des salaires modiques, et des longues périodes de chômage dépourvues d'indemnités, donc de dignité ?</p>
<p>En outre, par sa puissante force idéologique en congruence avec les besoins du capital, cette petite bourgeoisie politicienne a tellement réussi son OPA sur les classes laborieuses qu'elle est parvenue à s'emparer de la direction des luttes via les syndicats, ces mafias gouvernementales, véritables instances d'encadrement des travailleurs. Aussi, les travailleurs doivent-ils manifester leur colère pour revendiquer quelque avantage ou dénoncer quelque avilissement de leurs conditions de travail, attendront-ils sagement, sous la direction de la frileuse centrale syndicale, réfractaire à tout blocage économique, le jour agréé par la préfecture ou le week-end pour organiser leur protestation, en dehors du lieu de travail, transplantée dans des agglomérations urbaines aux itinéraires balisés et encadrés, éloignées des sites de production où est concentré le prolétariat industrieux et surtout potentiellement séditieux. <br class='autobr' />
Ces processions liturgiques syndicales occupent ces nouveaux zélotes de la politique de la protestation ou plutôt de la prosternation.</p>
<p>Leurs protestations incantatoires demeurent des vœux pieux car ils n'ont toujours pas compris que la révolution travaille son œuvre toute la semaine, chaque jour, même la nuit, avec des instruments de lutte concrets actionnés au sein des entreprises où sont produites les richesses par les travailleurs. La révolution n'est pas une déambulation joyeuse sponsorisée par les instances « militantes » et syndicales stipendiées, une balade sonorisée de ballades. Avec ces révolutionnaires processionnels, à l'instar des activistes actuellement en lutte en France, se battre contre la réforme de la retraite aboutit inéluctablement à battre en retraite. C'est-à-dire à quitter la bataille subversive. La lutte intransigeante. À force de manifestations carnavalesques épuisantes, dissolvantes.</p>
<p>Au plan politique, pour ces révolutionnaires processionnels ou séditieux du week-end, le nec plus ultra de la lutte se résume en la revendication de l'épuration de la caste gouvernementale (macronienne en France), purification des institutions politiques, autrement dit en remplacement de la clique politique dénoncée pour son impopularité, au moyen de la mascarade électorale. Et subséquemment en élection d'une nouvelle caste politique censément présumée intègre. Évidemment, sans transformer aucunement l'infecte base économique capitaliste sur laquelle prolifère l'instance pestilentielle politique.</p>
<p>Leur « révolution citoyenne » n'aspire pas à supprimer les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés, c'est-à-dire à privilégier leur ascension sociale pour ne pas devoir à travailler la semaine ni le week-end, comme l'ensemble des classes parasitaires dirigeantes. <br class='autobr' />
Si la révolution a pour fin de réaliser les rêves, leur révolte, accomplie dans le lit des conventions sociales établies, prolonge le sommeil de la société peuplée de cauchemars.</p>
<p>« La révolution, c'est les vacances de la vie », avait dit André Malraux, nos révolutionnaires processionnels ou séditieux du week-end semblent avoir pris à la lettre cette remarque : pour eux, la révolution est une vacance, dans le sens d'inoccupation, de vacuité, de carence, d'inaction.</p>
<p>Leur révolte citoyenne est une révolution couchée, qui fait ses besoins dans ses draps, pour ne pas souiller les salons du pouvoir par leur incursion subversive. Il n'est pas étonnant qu'elle ait toujours un goût de relent de défaite. Leur révolte est une gageure. Une galéjade.</p>
<p>« La populace ne peut faire que des émeutes. Pour faire une révolution il faut le peuple », avait écrit Victor Hugo. Nos révolutionnaires processionnels et séditieux du week-end sont tout juste capables d'organiser des promenades récréatives pour planter le même décor réformiste, scandées les mêmes slogans corporatistes feutrés filtrés, proposer les mêmes alternatives électoralistes. Or une révolution sociale ne consiste pas à déloger un chef d'État, fût-il un dictateur inamovible. Une révolution sociale ne consiste pas non plus à évincer une clique du pouvoir pour la remplacer par une faction rivale. Une révolution sociale œuvre à renverser un ordre social, un mode de production et ses rapports de production inhérents à ce système, afin d'ériger un nouveau mode de production humain et les nouveaux rapports sociaux de production afférents.</p></div>
Les dessous du scandale des maisons de retraite en France
http://matierevolution.org/spip.php?article7789
http://matierevolution.org/spip.php?article77892023-01-22T23:05:00Ztext/htmlfrMesloub Khider
<p>Les dessous du scandale des maisons de retraite en France <br class='autobr' />
Les maltraitances infligées aux personnes âgées dans les maisons de retraite défrayent actuellement la chronique en France, en particulier depuis la publication du livre polémique d'un journaliste français (censément indépendant) sur les "dysfonctionnement" et "sévices" relevés dans certains établissements de retraite, les Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). En réalité, ces maltraitances envers les (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les dessous du scandale des maisons de retraite en France </h2>
<p>Les maltraitances infligées aux personnes âgées dans les maisons de retraite défrayent actuellement la chronique en France, en particulier depuis la publication du livre polémique d'un journaliste français (censément indépendant) sur les "dysfonctionnement" et "sévices" relevés dans certains établissements de retraite, les Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). En réalité, ces maltraitances envers les pensionnaires des maisons de retraite ne sont pas nouvelles. En outre, elles constituent un phénomène mondial.</p>
<p>Pour ma part, bien avant la publication de ce livre suspect, j'avais rédigé un article sur le traitement dégradant des personnes âgées, publié notamment dans Algériepatriotique le 19 janvier 2019 [1], au lendemain du scandale de la diffusion d'une vidéo filmée dans un établissement de retraite de la ville de Batna [2], en Algérie, dévoilant l'abandon des pensionnaires et, surtout, les maltraitances qu'ils subissaient.</p>
<p>Sans nul doute, la publication du livre "Les Fossoyeurs" est suspecte car elle s'apparente à une opération de discréditation professionnelle orchestrée par le gouvernement Macron, et surtout à une entreprise de torpillage économique lancée contre la multinationale Orpea, leader mondial des Ehpad – déjà l'action du titre Orpea à la Bourse de Paris a dégringolé d'environ 60%.</p>
<p>Il est curieux qu'un livre, écrit par un obscur jeune journaliste (il est l'auteur d'une enquête sur l'homosexualité dans les Ehpad parue dans Le Monde en mars 2019, où il était préconisé la création d'une maison de retraite LGBT, autrement dit une structure réservée aux seniors gays, lesbiennes, transgenres), bien avant sa publication, ait provoqué autant de vives réactions intempestives de la part du gouvernement Macron.</p>
<p>D'emblée, lors des questions au gouvernement, dans l'Hémicycle, le Premier ministre Jean Castex est monté au créneau pour annoncer, comme si le projet de loi était depuis longtemps ficelé, une réforme des procédures d'accréditation des établissements de retraite, tout en pointant, sur le simple fondement de la publication d'un livre contestable (qu'il n'a probablement pas lu), un doigt accusateur sur le groupe Orpea : "Les faits sont gravissimes (...) Il existe dans notre pays une maltraitance structurelle de nos aînés". "Je veux manifester ma compassion et ma solidarité à l'endroit des résidents et des familles qui ont été victimes de ces agissements", a-t-il déclaré. (Quand des millions de Français récalcitrants, avec des preuves tangibles à l'appui, dénoncent les maltraitances et répressions gouvernementales subies depuis l'apparition de la pandémie, sans oublier les dysfonctionnements criminels de la gestion de la crise sanitaire, ils sont aussitôt qualifiés d'imposteurs, de complotistes, d'irresponsables, accusés de propager des fake news)</p>
<p>Pareillement, la ministre déléguée chargée de l'autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon, sans disposer d'aucun élément de preuve matériel, s'est fendue d'un communiqué dans lequel elle a "exprimé sa colère" et "l'indignation du gouvernement quant aux pratiques et dysfonctionnements graves et intolérables" relevés dans les établissements d'Orpea.</p>
<p>Le lendemain, mercredi 2 février, dans une action inquisitoriale concertée, ce fut au tour de l'Assemblée nationale, par le biais de la Commission des affaires sociales convoquée diligemment par les députés de LREM, de se réunir pour auditionner, sans ménagement, le nouveau PDG d'Orpea, Philippe Charrier, ainsi que le directeur général France, Jean-Christophe Romersi, soumis à un "interrogatoire musclé" comme de vulgaires voyous.</p>
<p>Le même jour, le journal gouvernemental Libération titrait son article consacré au "scandale" des établissements de retraite « Et si on fermait les Ehpad ? ». Et d'entamer son article par cette préconisation, probablement dictée par l'Élysée : « Personne n'est satisfait de ces établissements, ni les résidents et leurs proches, ni les personnels, ni l'opinion publique. Il faut travailler sur le maintien au domicile et réorienter les politiques publiques du vieillissement vers une inclusion sociale. ». Autrement dit, le gouvernement Macron propose la fermeture des établissements de retraite ou, plutôt, leur transformation en structures spécifiquement médicalisées, et, corrélativement, le maintien à domicile des personnes âgées.</p>
<p>Le même jour on apprenait qu'une plainte au pénal pour violation des droits syndicaux avait été déposée contre Orpea par les centrales syndicales CGT, FO, CFDT. (La mafia syndicale s'érige maintenant en justicière, en redresseuse de torts, elle qui viole les droits des travailleurs par sa fonction de garde-chiourme du capital et d'entremetteuse professionnelle dans la gestion des esclaves-salariés.)</p>
<p>Le même jour on apprenait que le groupe Orpea était également visé par une "action collective conjointe" lancée par des familles de résidents en colère, pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger".</p>
<p>Rien que ça !</p>
<p>On voudrait abattre ce géant gênant des établissements de retraite on ne s'y prendrait pas autrement. Après avoir ruiné la réputation et les finances du groupe Orpea, le pouvoir macronien s'apprête à infliger le même sort aux groupes Korian et DomusVi. Pour ce faire, la chaîne de télévision d'État France 2 vient d'annoncer la déprogrammation d'une enquête consacrée à l'enseigne McDonald's, pour la remplacer par la diffusion d'un documentaire sur le groupe Korian. L'émission de « Cash Investigation », animée par Élise Lucet, promet des révélations sur l'univers des maisons de retraite des deux groupes. Déjà, le groupe Korian est dans la tourmente, son action dévisse en bourse.</p>
<p>Voilà, après recoupement de toutes ces informations, tout s'éclaire, tout s'explique : le gouvernement Macron, via le prétendu journaliste stipendié, les médias et les députés accourus à la rescousse, s'active à discréditer et flétrir les Ehpad d'Orpea, accusés de "maltraitances" et de cupidité, afin de justifier leur transformation en structures spécifiquement médicalisées.</p>
<p>Au reste, le projet de loi de maintien à domicile des personnes âgées est à l'étude depuis plusieurs années. Depuis des mois, le gouvernement Macron prépare l'opinion publique à la perspective du démantèlement des Ehpad. Au final, les députés, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) avaient adopté le 26 octobre 2021 en première lecture le projet de loi, qui prévoit notamment toute une série de mesures pour favoriser le vieillissement à domicile.</p>
<p>“Nous mettons l'accent sur le maintien à domicile pour, à terme, limiter le besoin de places en Ehpad”, affirmait la ministre Brigitte Bourguignon dans le magazine Capital. À court terme, l'objectif du gouvernement Macron est de remplacer les Ehpad par les Spasad (Services polyvalents d'aide et de soins à domicile).</p>
<p>« Et si nous mettons l'accent sur le maintien à domicile c'est aussi pour, à terme, limiter le besoin de places en Ehpad. Il faut que ces structures deviennent plus sanitaires, dédiées aux pathologies les plus lourdes. Nous y arriverons si nous réussissons le pari du domicile », avait-elle ajouté. En d'autres termes, les Ehpad deviendraient des appendices des hôpitaux actuellement en souffrance. L'objectif est de maintenir à domicile un maximum de personnes par l'aide technique comme la téléassistance, la domotisation ou l'adaptation des logements.</p>
<p>En France un habitant sur 10 a plus de 75 ans (7 millions). En 2050, ce sera un habitant sur six (12 millions). Au lieu d'investir dans la construction de nouvelles structures d'accueil de personnes âgées, jugées coûteuse, le gouvernement Macron prône la politique de maintien à domicile des séniors. Et les actuels Ehpad seront, à terme, transformés en "structures sanitaires dédiées aux pathologies les plus lourdes".</p>
<p>Sans nul doute, une fois les trois groupes totalement fragilisés financièrement, l'État pourrait, sinon s'approprier plus aisément leurs établissements, ou, au moins, plus favorablement les contraindre à se transformer en structures médico-sanitaires dédiées aux pathologies les plus lourdes.</p>
<p>Actuellement, globalement le budget alloué par l'État aux seniors en perte d'autonomie est de l'ordre de 24 milliards d'euros. Avec l'accroissement du nombre de personnes âgées dépendantes d'ici 2050, ce budget devrait considérablement augmenter. Or, restrictions budgétaires obligent, l'État n'envisage pas de rallongement financier de ce poste de dépense. Aujourd'hui, pour parer à l'augmentation du nombre des séniors en perte d'autonomie, par ailleurs pourvus d'une pension de retraite pareillement vouée à diminuer du fait de l'aggravation de la crise économique, l'État s'active à réduire l'écart entre le montant moyen des pensions 900 euros par mois et le prix d'une place en maison de retraite estimé à 2000 euros mensuels. Outre, à court terme, la transformation des Ehpad en structures médicalisées, l'objectif immédiat visé est la baisse du prix de l'hébergement en maison de retraite. Aussi, cette diminution du coût est possible seulement par l'encadrement des tarifications des maisons de retraite, autrement dit par la mise au pas des établissements de retraite privés (à but lucratif) détenus majoritairement par les groupes Orpea, Korian et DomusVi.</p>
<p>Car, quoique appartenant au secteur privé, ces trois groupes profitent d'un système de financement public complexe et généreux profitablement détourné à leur avantage. Pour information, la tarification est divisée en trois sections : soins, la dépendance et l'aide sociale à l'hébergement. Comme le rapporte le magazine Capital dans son édition du 28 janvier 2022 : « La partie soins est prise en charge à 100 % par l'assurance maladie. Cela signifie donc que, même dans les établissements privés, les salaires des médecins coordonnateurs, des infirmiers et 70 % des salaires des aides-soignants sont payés par les finances publiques. Leur nombre est encadré par une logique comptable, et déterminé en moyenne tous les cinq ans par le niveau de dépendance (mesuré par la grille AGGIR) et le besoin de soins des résidents en fonction de leur pathologie (mesuré par l'outil Pathos). Ainsi, plus un établissement accueille de personnes en grande dépendance au moment de l'évaluation par les outils tarifaires (AGGIR et Pathos), plus le budget alloué pour les soins sera important. Cette logique prévaut quel que soit le statut de l'établissement. (…). Certains établissements profitent de ce financement public de soins et n'assurent que le strict minimum en la matière. (…). Autre niveau de tarification, la dépendance. Il s'agit ici de financer en partie l'aide aux actes du quotidien comme la prise de repas, le lever ou le coucher assurée par des aides-soignants. Cette prise en charge est cofinancée par l'État et les départements dans le cadre de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA). (…). Chaque établissement reçoit donc une enveloppe correspondant au niveau de dépendance de ses résidents qu'elle a déclaré. Ces montants sont donc réservés pour des besoins très spécifiques. Enfin, dernier poste tarifaire : l'hébergement. C'est ce tarif-là qui est facturé tous les mois pour les résidents des Ehpad. Ce tarif prend en compte le logement, son entretien, la restauration. (Dans les établissements les plus onéreux, ce tarif peut atteindre plusieurs milliers d'euros (entre 6.500 et 12.000 euros dans l'Ehpad de Neuilly-sur-Seine.). Dans le même établissement, le tarif peut varier en fonction de la taille du logement mais aussi des activités qui peuvent être choisies par le résident. C'est donc sur ce poste que se fait l'essentiel des profits des résidences privées (en vrai dans tous les autres postes financés par l'État. En fait, ces établissements privés soutirent l'argent aussi bien aux contribuables via les dotations publiques qu'aux pensionnaires via le paiement de leur hébergement. Néanmoins, le projet gouvernemental de maintien à domicile est pire que le cadre d'hébergement institutionnel actuel. Sous couvert d'arguments humanitaires justifiant le maintien à domicile, l'État, pour d'évidentes motivation de rationnement du budget alloué aux seniors dépendants, livre en fait les personnes âgées en perte d'autonomie à elles-mêmes, privées de l'accompagnement social et médical quotidien dispensé dans les maisons de retraite. En tout état de cause, la politique de maintien à domicile est moins coûteuse pour l'État, en matière d'hébergement, de dépendance et de soins, NDA). Leurs tarifs sont totalement libres. D'autant que, contrairement au public et au privé non lucratif, ils n'ont aucune obligation de réserver des places aux bénéficiaires de l'aide sociale à l'hébergement (ASH) – autrement dit aux retraités impécunieux.</p>
<p>Autre écueil majeur de ce système, malgré les dotations publiques qu'ils reçoivent, ces établissements privés sont peu contrôlés par les Agences régionales de santé (ARS). »</p>
<p>Par ailleurs, mesquinement, ce livre, censément soucieux du sort des séniors, se borne à dénoncer les rationnements de nourriture et de produits d'hygiène au détriment des personnes âgées prises en charge dans les structures d'Orpea (or, le gouvernement Macron, lui, est le premier employeur à rationner les moyens de tous les établissements publics, notamment les moyens sanitaires et matériels médicaux des hôpitaux : juste en 2021, il aura fermé 5700 lits, suspendu 15 000 agents hospitaliers pour défaut de pass sanitaire, occasionnant l'aggravation de la dégradation des conditions de travail des personnels soignants, la déprogrammation des opérations chirurgicales, des consultations médicales vitales, notamment des personnes atteintes d'un cancer ou de maladies cardiovasculaires ou chroniques potentiellement létales).</p>
<p>En revanche, le journaliste n'évoque nullement la responsabilité de l'État français dans la dégradation des conditions de vie des retraités, mis en pension ou non. Plus de 10% des retraités français touchent moins de 60% du revenu médian disponible dans le pays, qui correspond au seuil de risque de pauvreté. Le seuil de pauvreté est établi à 1 041 euros. En France, sur 9 millions de personnes considérées comme pauvres, plus d'un million sont des retraités.</p>
<p>Outre les maltraitances sociales infligées par l'État français aux personnes âgées, par leur paupérisation généralisée et isolement social, l'autre drame vécu par les seniors concerne le taux de mortalité excessivement élevé parmi les personnes pauvres en âge de prendre la retraite.</p>
<p>En France, à 62 ans, un quart des 5% les plus pauvres sont déjà morts (en 2021, la France comptait 17,7 millions de personnes âgées de 60 ans et plus, soit presque 27 % de la population française totale). Il faut attendre l'âge de 80 ans pour que cette proportion soit atteinte pour les 5% les plus riches.</p>
<p>L'auteur du livre commandé n'évoque pas non plus la culpabilité du gouvernement Macron, depuis l'apparition de la pandémie de Covid-19, dans la mort des milliers de pensionnaires des maisons de retraite, décédés par manque de soins et de matériels sanitaires, véritable opération d'euthanasie perpétrée contre les résidents, comme on l'a analysé dans notre texte intitulé « La pandémie d'euthanasie médico-économique », publié dans le Quotidien d'Oran entre 26 au 29 décembre 2021. Les résidents des établissements de retraite ont représenté 44 % des morts du Covid-19. En d'autres termes, sur les 128 000 décès dus au Covid-19 survenus en France, plus de 56 000 sont décédés dans les structures médico-sociales, en l'espace de quelques mois. Au total, les personnes hébergées dans ces établissements, censément sécurisés et médicalement immunisés, représentent donc plus de quatre décès sur dix, recensés par les autorités sanitaires. Et aucun journaliste ou homme politique ne s'offusque de ce génocide perpétré contre les pensionnaires des établissements de retraite, sacrifiés sur l'autel des restrictions budgétaires décrétés par le gouvernement Macron. Les médias et les membres du régime macronien pointent du doigt les "dysfonctionnements et maltraitance" de l'Orpea pour mieux occulter leurs crimes commis contre les personnes âgées hébergées dans les maisons de retraite, mortes faute de soins, par manque de lits de réanimation, de respirateurs, de personnels soignants, dans l'isolement, sans bénéficier des derniers adieux de leurs familles.</p>
<p>Ces pensionnaires ont juste reçu le dernier baiser de la mort apposé par la mafia gouvernementale. [3]</p>
<p>Aujourd'hui, ces génocidaires macroniens viennent dénoncer l'inhumanité supposée (matérialisée par les rationnements de nourriture et de produits d'hygiène) des dirigeants de l'Orpea. Ils osent même les traduire en justice. Pour paraphraser la réplique de Lino Ventura dans le film "Les tontons flingueurs" : « Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît », nous dirions, à notre tour à propos de ces "flingueurs de papis et mamies" : les criminels du gouvernement Macron osent tout. C'est même à leurs politiques antisociales et mesures scélérates qu'on les reconnaît.</p>
<p>En vérité, avec cette affaire de scandale des établissements de retraite, montée en épingle par les médias, tout se passe comme si il s'agissait également d'une diversion : les familles, meurtries par la mort prématurée d'un parent ou par la négligence médicale infligée à leur proche par les autorités, au lieu d'intenter un procès contre les membres du gouvernement Macron, responsables, par leur incurie criminelle dans la gestion de la crise sanitaire, de négligence, de mise en danger de la vie d'autrui et d'abstention volontaire de combattre un sinistre (56 000 morts de Covid dans les établissements de retraite), sont fourvoyées dans de mauvaises voies, déroutées sur de fausses cibles, des lampistes : les dirigeants d'Orpea.</p>
<p>À quand un Tribunal de Nuremberg pour poursuivre les dirigeants français macroniens pour crime contre l'Humanité pour leur gestion criminelle de la pandémie de Covid-19 ?</p>
<p>[1] <a href="https://www.algeriepatriotique.com/2019/01/19/le-traitement-degradant-des-personnes-agees-dans-les-maisons-de-retraite/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.algeriepatriotique.com/2019/01/19/le-traitement-degradant-des-personnes-agees-dans-les-maisons-de-retraite/</a></p>
<p>[2] <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4kztXdsHeKc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=4kztXdsHeKc</a></p></div>
La religion n'est pas le seul opium du peuple
http://matierevolution.org/spip.php?article8145
http://matierevolution.org/spip.php?article81452022-12-10T23:05:00Ztext/htmlfrMesloub Khider
<p>Football : stade d'exultation du fric et terrain d'exaltation de la violence <br class='autobr' /> « Il y a assez de causes réelles de conflits pour ne pas les accroître en encourageant les jeunes gens à se lancer des coups de pied dans les tibias au milieu de rugissements de spectateurs en furie. » George Orwell. <br class='autobr' /> Le football : véritable entreprise intégrée à la logique capitalistique <br class='autobr' />
Les médias ont toujours présenté le football comme le meilleur vaccin pour promouvoir la paix entre les peuples, (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_16177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/image_0941213_20220922_ob_d46b61_gal-24347.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/image_0941213_20220922_ob_d46b61_gal-24347-5d5be.jpg?1790153187' width='500' height='707' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Football : stade d'exultation du fric et terrain d'exaltation de la violence</h2>
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<p>« Il y a assez de causes réelles de conflits pour ne pas les accroître en encourageant les jeunes gens à se lancer des coups de pied dans les tibias au milieu de rugissements de spectateurs en furie. » George Orwell.</p>
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<p>Le football : véritable entreprise intégrée à la logique capitalistique</p>
<p>Les médias ont toujours présenté le football comme le meilleur vaccin pour promouvoir la paix entre les peuples, l'amitié entre les supporteurs. Or, à observer les fréquents heurts provoqués dans les stades, on redécouvre que le football, depuis plusieurs décennies, recèle un virus congénital qu'aucune vaccination rééducative ne parvient à endiguer : la violence. Jets de projectiles envers des joueurs, bagarres entre supporteurs et joueurs, pelouse envahie par des supporteurs, chants belliqueux et propos racistes : tel est le sinistre spectacle footballistique offert, depuis plusieurs années, dans les stades contaminés par virus de la haine et de la violence. Cette violence traduit la dépravation morale d'une société capitaliste en pleine crise économique et civilisationnelle, aggravée par les destructions sociales et psychologiques générées par la gestion calamiteuse de la pandémie de Covid-19 et la caporalisation des esprits actionnée pour apprivoiser les populations à la guerre généralisée imminente.</p>
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<p>Comme l'écrivait l'écrivain George Orwell : « pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins ».</p>
<p>D'aucuns diraient que le stade est le terrain d'entraînement idéologique privilégié des États nationalistes bellicistes, qui se font également un honneur chauviniste de convertir les gradins en lieu d'exutoire où les foules fanatisées hystériques, galvanisées par une ferveur patriotique incendiaire, viennent en découdre avec les supporteurs du pays adverse.</p>
<p>Une chose est sûre, comme le disait Pierre Desproges : « Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ». En revanche, sur le terrain et les gradins des stades, les hémorragies de violences coulent à profusion. C'est même la principale profession des fous du ballon rond.</p>
<p>Pour autant, le football demeure un sport au rayonnement planétaire éclatant de notoriété et succès. En témoigne l'inauguration imminente de la Coupe du monde au Qatar, qui sera suivie par plusieurs milliards de téléspectateurs (plus de la moitié de la planète – 3,7 milliards – avait regardé la Coupe du Monde 2018 : la finale entre la France et la Croatie avait rassemblé 1,12 milliard d'individus sur la planète).</p>
<p>L'occasion, pour nous, d'analyser le phénomène du football selon une approche historique et sociologique critique, et non pas sportive, encore moins footballistique.</p>
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<p>La Coupe immonde du Qatar est recouverte de sang des martyrs ouvriers immigrés</p>
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<p>Le football demeure un sport au rayonnement mondial indiscutable. Preuve nous est administrée par l'organisation quadriennale de la Coupe du monde : cette grand-messe planétaire footballistique orchestrée par l'organisation lucrative privée, la FIFA, les multinationales partenaires de la FIFA et les diverses organisations mafieuses, sans oublier les États nationaux toujours en quête d'événements cérémonials pour entretenir et attiser la fibre patriotique pestilentielle.</p>
<p>Cette année la Coupe du monde se déroule au Qatar, désertique pays de la péninsule arabique, composé de 2,9 millions d'habitants, dont 90% de la main d'œuvre est importée de l'étranger. Cette main-d'œuvre immigrée, vivant dans des conditions d'hébergement insalubres et de promiscuité déplorable, entassée parfois à 40 dans des cabanes sans eau courante, comme jadis les esclaves noirs-américains dans les grands domaines cotonniers des États du Sud, est payée à un SMIC fixé à moins de 200 euros par mois, alors que le PIB par habitant (qatari) était estimé récemment à 150 000 dollars par an, parmi le plus élevé au monde. À noter que, longtemps, pour travailler au Qatar, un étranger devait être « parrainé » par un Qatari, qui avait alors tous les droits sur lui, notamment l'empêcher de repartir dans son pays par la confiscation de son passeport.</p>
<p>Pour construire toutes les infrastructures de la Coupe du monde 2022 organisée au Qatar, les ouvriers étrangers devaient travailler plus de 11 heures par jour, sept jours sur sept, sous des chaleurs caniculaires, le tout payé entre 50 centimes et 2 euros de l'heure. Globalement, le salaire minimum des ouvriers correspond à moins de 2% du salaire moyen qatari (rapporté à la France dont le salaire moyen est de 2500 euros, cela reviendrait à payer un travailleur immigré à 50 euros par mois).</p>
<p>Par ailleurs, des milliers d'ouvriers sont décédés sur les chantiers, certains sont tout simplement morts d'épuisement à la tâche, subitement frappés de crise cardiaque, sous l'effet notamment des chaleurs de plus de cinquante degrés.</p>
<p>Au sein de cette féodale nation artificielle vivant de l'esclavage salarié importé du monde entier, les Qataris, sur leur propre territoire, constituent que la quatrième nationalité représentée, derrière les Indiens, les Bangladais et les Népalais. Selon les informations relayées par de nombreux journaux, pour la préparation de sa Coupe du monde, l'émirat du Qatar aura déboursé plus de 200 milliards de dollars, dont 140 milliards de dollars pour les infrastructures de transports et 15 milliards dans les installations hôtelières. Mais il aura également sacrifié 6750 travailleurs étrangers sur les chantiers, tués par les exploiteurs-hooligans qataris, ces négriers enturbannés des temps modernes. En tout cas, cette première Coupe du monde, organisée par un pays arabe du Golfe, est recouverte de sang des ouvriers morts pour construire les stades de la honte, les hôtels de l'ignominie, les infrastructures de l'abjection capitaliste.</p>
<p>La Coupe immonde de Qatar déborde de fric et de cadavres ouvriers immigrés.</p>
<p>De manière générale, assurément, en dépit de sa pollution par la logique marchande, le football conserve néanmoins sa légendaire dimension populaire. Certes, le football est devenu une véritable entreprise intégrée par le capitalisme, mais il représente toujours, pour la majorité des masses populaires, un spectacle divertissant. Sans conteste, le football, à l'instar de la religion à qui il s'apparente par ses rites solennisés et sa vocation sacrale universelle, est l'objet d'idolâtrie et de dévotion aussi bien par des hordes fanatiques belliqueuses que par des citoyens ordinaires « civilisés ». Et si, longtemps, il fut accompli avec un esprit amateur et ludique dans une ambiance conviviale et fraternelle, ces dernières décennies le football s'est radicalement métamorphosé par sa professionnalisation mercantile outrancière et son embrigadement idéologique chauviniste belliqueux. Le football est devenu le stade suprême de l'aliénation planétaire et le terrain topique d'extériorisation de la violence, de la haine et du racisme.</p>
<p>Devenu football-business, son esprit sportif convivial s'est altéré, érodé. Il n'en demeure pas moins que les classes populaires continuent à pratiquer le football dans un esprit amateur et cordial, à l'abri des attractions vénales. En effet, par la simplicité de ses règles, ce sport attire encore une masse importante d'amateurs, d'autant plus qu'il peut aisément et librement se pratiquer dans la rue, même à l'aide d'un ballon confectionné avec des moyens de fortune. Singulièrement pour des d'enfants en quête de jeux ludiques et éducatifs, il constitue une bonne école de distraction et de formation de l'esprit. Grâce à la fois à son jeu collectif mais aussi à ses foisonnants gestes techniques individuels, notamment les spectaculaires dribbles, le football représente un remarquable outil pédagogique de socialisation exercé dans l'euphorie. Outre la beauté du jeu, le football procure également de très fortes émotions lors des matchs. Le suspens tient en haleine les joueurs et les spectateurs jusqu'à la dernière seconde du match. Le football, c'est l'émotion de l'incertitude anxieuse et la possibilité de la jouissance orgasmique ludique.</p>
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<p>Du football ludique au football disciplinaire</p>
<p>Historiquement, le football naît en Angleterre en pleine révolution industrielle et expansion de la classe ouvrière. Certes, le football, pratique sportive destinée à l'origine à la formation des futures élites anglaises, fut l'apanage des classes privilégiées, mais il fut progressivement adopté par les classes populaires comme exercice sportif ludique.</p>
<p>Au départ, sport amateur sans règles définies, il devint rapidement objet de sollicitudes de la part de la bourgeoisie pour mieux l'encadrer. En effet, au milieu du XIXème siècle, pour discipliner une jeunesse populaire turbulente et frondeuse, la bourgeoisie prit en charge ce nouveau sport désintéressé et bénévole pour lui insuffler, par une codification rigoureuse inspirée de l'univers carcéral du travail, l'esprit de compétition et de performance, de productivité et de rentabilité. Dès lors, pour enseigner les vertus de la discipline professionnelle et de la subordination sociale, mieux inculquer l'esprit d'obéissance à l'autorité dans les nouvelles manufactures, les patrons imposèrent aux ouvriers d'intégrer des équipes de football, sport réputé pour son apprentissage de la discipline (à l'instar du système scolaire carcéral imposé aux élèves, contraints de subir une discipline militarisée au sein d'une école où la soumission et le respect de l'autorité constituent les primordiaux apprentissages, gages d'une intégration réussie dans l'entreprise). Néanmoins, les ouvriers surent avantageusement utiliser ce nouveau sport par la création d'une forte solidarité au sein de l'équipe de quartier, matérialisée notamment par leurs rencontres dans les pubs, et plus tard dans les stades. Progressivement, le football devint un sport populaire, dans lequel la classe ouvrière se reconnut. Corollairement, par la pratique sportive du football, elle se forgea un esprit de lutte et de combativité. Aussi, grâce au football, les classes populaires, après des journées d'exploitation, trouvèrent-elles un exutoire pour se divertir.</p>
<p>À la même époque, les élites bourgeoises, aux fins de se démarquer des masses populaires fraîchement entichées du ballon rond, délaissèrent le football pour s'adonner à l'exercice d'autres sports réputés plus prestigieux, notamment le tennis et le golf.</p>
<p>Globalement, au point de vue technique, la codification du football fut établie au XIXème siècle. Ce fut en 1863 que 17 représentants des publics schools anglais se réunirent pour unifier les règles du football qui variaient alors d'un collège à l'autre. Tout un ensemble de règles encadra ensuite ce nouveau sport, notamment celles relatives à la superficie du terrain, définitivement fixées.</p>
<p>Inéluctablement, comme il sied à une société de classe, progressivement envahi par la logique capitalistique industrielle, le football calqua son fonctionnement sur la division du travail en vigueur dans les entreprises. À l'instar de l'atelier de la manufacture, la spécialisation des joueurs et des postes au sein de l'équipe fut instaurée. Dès lors, l'objectif devint productif : marquer des buts, autrement dit accumuler du « capital-point ». Seule importe la lucarne qui capitalise, sans jeu de mots, tout l'intérêt de l'enjeu footballistique, au détriment du terrain réduit à une surface d'affrontement guerrier occupée 90 minutes durant par des joueurs robotisés équipés de crampons pour neutraliser l'adversaire, abattre l'ennemi.</p>
<p>Le plaisir du jeu céda devant l'angoisse de l'enjeu. La créativité devant la rentabilité. L'esprit ludique devant la mentalité cupide. L'innocence sportive devant la rouerie athlétique. Éric Cantona, dernier dinosaure demeuré fidèle à l'esprit du football ludique collectif, à la question sur le plus beau but de sa carrière, répondit spontanément (j'allais écrire sportivement) : » Mon plus beau but, c'était une passe ! » Aujourd'hui, une telle réplique, pour son hérésie sportive, vaudrait à son auteur un bannissement définitif des instances footballistiques dominantes. Car le footballeur n'est pas payé pour jouer mais marquer des buts, remporter des victoires. Comme l'entreprise capitaliste ne fonctionne pas pour satisfaire les besoins humains, mais vendre ses marchandises, remporter des parts de marché, accumuler du capital. Au reste, c'est le même romantique Éric Cantona qui a déclaré « Le ballon, c'est comme une femme, il aime les caresses ». Les instances dirigeantes et les amateurs de football diront plutôt « le ballon rond, c'est comme la société capitaliste, il cultive les crasses ».</p>
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<p>L'esprit d'équipe du football : terrain d'entraînement de discipline à l'usine</p>
<p>Dès la naissance du football, dans le cadre de la pacification des rapports sociaux, les instances patronales et religieuses s'invitèrent sur le terrain pour valoriser amplement ce nouveau sport fondé sur l'esprit d'équipe et l'efficacité collective, incarnant un modèle identificatoire idéal pour les travailleurs réputés pour leur insubordination. « Les patrons des usines mesurent l'intérêt et le prestige que peut leur apporter un club de football. Celui-ci, à la fois, permet une union plus forte entre les ouvriers et peut assurer une plus grande renommée à l'entreprise. » À l'instar de l'univers industriel, le football valorise la performance individuelle, le travail d'équipe, la division des tâches, la planification collective, la solidarité. Progressivement, le football devint le sport préféré de la classe ouvrière, tandis que le rugby (tennis et golf) deviendrait l'apanage des élites.</p>
<p>De même, ces instances favorisèrent le développement de la pratique du football et la fréquentation des stades. De fait, pour amortir la trop forte pression de l'exploitation salariale, les institutions patronales et étatiques incitèrent (excitèrent ?) les ouvriers à se défouler frénétiquement sur le terrain de football, pour les détourner de l'espace de la contestation sociale. Et, en manière de catharsis, sur les gradins des stades pour leur procurer une aire d'épanchement de leurs ardeurs combatives, une zone de purgation de leurs frustrations sociétales. </p>
<p>Le football constitue ainsi une extraordinaire soupape de sûreté pour l'ordre établi. Un efficace instrument cathartique social apte à purger les énergies libidinales, un mécanisme de sublimation collective efficient. Le football est une excellente école d'usinage des esprits, de façonnement des comportements. Le football est l'antichambre de l'entreprise.</p>
<p>Au cours du XXème siècle, le jeu footballistique évolua, se perfectionna. D'amateur, il devint professionnel. Le jeu de passe se développa au détriment de la prouesse individuelle. Le football repose depuis lors sur la coopération et la construction collective du jeu. Les stades se muèrent en espaces de sociabilité populaire.</p>
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<p>Football : espace d'expression politique et d'identité nationale au cours de la Révolution algérienne</p>
<p>Pour autant, dans certaines circonstances historiques exceptionnelles, le football devint un puissant catalyseur de revendications politiques. Parfois, des espaces d'expression politique. Le football servit même d'instrument de revendications politiques, d'affirmation d'identité nationale, de moyen de lutte anticolonialiste.</p>
<p>L'Algérie illustra de manière triomphale cette instrumentalisation politique du football comme arme héroïque de lutte. Dans sa lutte pour son indépendance, l'Algérie s'appuya entre autres sur le football pour lutter contre le colonialisme. C'est ainsi qu'en 1958, le FLN créa sa propre équipe de football, incarnée notamment par Rachid Mekhloufi de l'AS Saint-Étienne, Mokhtar Arribi et Abdelhamid Kermali. Ces joueurs, dont certains furent sélectionnés en équipe de France, abandonnèrent leur carrière et leur mode de vie confortable pour s'engager dans la lutte anticoloniale. À l'époque, à l'apogée de la lutte de Libération nationale, 29 footballeurs évoluant dans des équipes de la France métropolitaine, rejoignirent clandestinement la Tunisie pour se mettre au service de la Révolution algérienne. Grâce à leur notoriété, ces footballeurs mirent en lumière la cause algérienne.</p>
<p>Ces joueurs populaires algériens illustrèrent que la lutte contre le colonialisme ne pouvait plus être réduite aux doléances pacifiques politiques et à la marginalité revendicative. Aussi, la lutte anticolonialiste s'invita-t-elle sur le terrain du combat révolutionnaire. Elle refusa d'être toujours mise sur la touche. Elle brûla les règles de jeu imposées par l'adversaire pour chausser les treillis du maquis et enfiler la tenue de combat. Des gradins parlementaires, le combat descendit sur le terrain militaire. De défensive, la lutte devint offensive. Le jeu de plume sémantique céda devant le fusil d'attaque héroïque. Les gardiens de la Révolution algérienne n'eurent qu'un but : remporter la victoire.</p>
<p>Après l'indépendance, après avoir servi de caisse de résonance anticoloniale, les stades de football deviendront des espaces de revendications politiques et sociales pour la jeunesse algérienne paupérisée, issue des quartiers populaires, en butte à la déchéance sociale et la misère affective et sexuelle. En effet, depuis le début de notre siècle, notamment sous le régime de Bouteflika, avec l'émergence de la culture ultra (supporteurisme radical), lors des rencontres de football, les stades servirent régulièrement de tribunes d'expression de contestation politique contre le régime, matérialisée notamment par les chants des supporteurs des clubs de la capitale. Lors de chaque match, les supporteurs de certains clubs entonnaient des hymnes de contestation dont le plus célèbre est La casa del Mouradia, chant composé par les supporteurs de l'Union sportive de la médina d'Alger (USMA). Ce chant fut fréquemment repris par les foules lors des manifestations hebdomadaires au cours de l'Acte I du Hirak.</p>
<p>La casa del Mouradia, emblématique hymne footballistique, résume ce que pensait du régime la majorité de la jeunesse algérienne. Ces multiples chants fustigeaient le despotisme étatique, la corruption des dirigeants, la misère, le chômage, la hogra. On peut citer, en vrac, d'autres célèbres tubes footballistiques : celui des supporteurs du Mouloudia Club d'Alger (MCA), 3am Saïd (« Bonne année » ) ; de l'Union sportive de madinet El-Harrach (USMH), Chkoun sbabna ? (« Qui est coupable - de nos malheurs - ? ») ; Quilouna (« Foutez-nous la paix » ; Babour ellouh (« Barque de bois », 2018), qui évoque la situation des harraga. En Kabylie, les berbéristes se servent également des stades pour clamer des slogans hostiles au pouvoir, utiliser les gradins comme tribune de propagande pour appuyer leurs revendications ethnolinguistiques, voire sécessionnistes. Lors de certains matchs, d'aucuns brandissent le folklorique emblème tribal amazigh, entonnent des chants chauvinistes berbéristes pour proclamer leurs particularismes culturels.</p>
<p>Sur le continent Sud-américain, dans les pays latino-américains, le football représenta également un moyen de lutte et d'émancipation. Par exemple, au Brésil, à l'origine le football fut l'apanage de la bourgeoisie blanche. Progressivement, sans jeu de mots, les afro-brésiliens envahirent le terrain et s'emparèrent du ballon pour se transformer grâce au dribble en artistes du football. Avec l'entrée en jeu des afro-brésiliens dans le football, le terrain dès lors devint une scène de spectacle où les plus belles prouesses footballistiques se déployaient au grand bonheur des spectateurs ébahis. Contrairement au football européen demeuré encore très rigide (frigide ?), car il valorisait toujours la rigueur et la discipline.</p>
<p>De nos jours, les joueurs du monde entier ont adopté la technique de jeu martiale européenne. Ils sont devenus les mercenaires des capitalistes en quête d'investissements fructueux. Les joueurs ne mouillent pas seulement le maillot dans le milieu du terrain, mais ils sont aussi mouillés avec le milieu mafieux du football-business international. (Ces millionnaires en crampons se mouillent aussi bien dans les mœurs des affaires que dans les affaires de mœurs – affaires des prostituées).Assurément, le Brésil incarne le football créatif et distractif. L'Europe, elle, personnifie le football normatif et combatif, et surtout lucratif. Dans le football de cette dernière, prime le jeu défensif et discipliné. Le résultat prime sur la qualité du jeu, tandis que le football brésilien valorise le jeu offensif et créatif ; la gratuité du geste contre l'avidité du gain ; le beau jeu intelligent contre le laid enjeu argent. Nous avons affaire à deux mentalités sportives radicalement antinomiques.</p>
<p>Cependant, ces dernières décennies, quel que soit le continent, le football est soumis à la même logique mercantile : le fric.</p>
<p>Marchandisation du football</p>
<p>De toute évidence, au cours de ces dernières décennies, le football a subi d'énormes transformations. On a assisté à une profonde marchandisation du football. Force est de constater que le jeu sur la pelouse ne constitue que le paravent sportif pour dissimuler d'autres enjeux, notamment financiers : droits de retransmission télévisée, recettes, produits dérivés, contrats de sponsoring, sommes faramineuses tirées des transferts, et autres opérations occultes, par exemple les fameuses caisses noires. </p>
<p>En cela, le football incarne l'idéologie dominante car il correspond aux valeurs préconisées par le capital. Les clubs de football, convertis à l'économie de marché, sont devenus de véritables entreprises capitalistes. Certains clubs sont cotés en bourse. Nul doute, le football n'est pas seulement un jeu sportif, il constitue surtout un enjeu économique. Mais également politique. Le football constitue une formidable hypnotique distraction collective capable d'occulter tous les autres événements sociaux.</p>
<p>Le football est le sport politique par excellence. Comme l'avait écrit l'ethnologue Christian Bromberger : » Il (le football) se situe au carrefour de questions capitales comme l'appartenance, l'identité, la condition sociale et même, par son aspect sacrificiel et sa mystique, la religion. C'est pourquoi les stades se prêtent si bien aux cérémonies nationalistes, aux localismes et aux débordements identitaires ou tribaux qui débouchent parfois sur des violences entre supporters fanatiques ».</p>
<p>Le football sert d'exutoire aux nationalismes et d'adjuvant aux guerres</p>
<p>À cet égard, force est de constater qu'on a assisté à une manipulation et récupération politique du football. Sournoisement, le football sert d'exutoire aux nationalismes et d'adjuvant aux guerres. Les tribunes des stades constituent les seules sphères de tolérance de débridement des exaltations hystériques collectives, d'expression des aversions et hostilités bannies par ailleurs dans la vie ordinaire.</p>
<p>Dans le football, au-delà de l'expression des émotions névrotiques, on assiste également à l'éruption volcaniques des particularismes primitifs, des conduites tribales. À notre ère des tribus (des petits groupes, des réseaux sociaux, des communautés identitaires et religieuses) où la Raison a été mise au vestiaire, remplacée sur le terrain sociétal par les affects et les émotions, tous les tacles comportementaux sont permis pour réussir socialement, souvent au détriment d'autrui laissé sur la touche. Un chroniqueur a déclaré « Au football seul le ballon n'est pas payé, c'est pourtant lui qui se prend le plus de coups ». Il a oublié d'ajouter que les joueurs et les supporteurs se prennent également des coups. Et gratuitement. Les supporteurs, en adeptes du sport du Talion, se font toujours un plaisir de rendre la monnaie de leur pièce à leurs rivaux.</p>
<p>Le club de football personnifie la tribu. Et chaque supporteur défend sa tribu. Comme à l'époque antique, devant une nécessité impérative, périodiquement, certaines tribus se fédéraient pour constituer une armée homogène afin de combattre un ennemi commun. De nos jours, cette armée est incarnée par l'Équipe Nationale constituée de joueurs appartenant à divers clubs. Parce que les guerres interétatiques et intraétatiques sont interdites (du moins officiellement les États ne se font pas la guerre tous les jours), par l'effet de sublimation, ces clubs-tribus se livrent légalement des conflits sur le terrain et les gradins des stades.</p>
<p>On peut également les qualifier de vendetta moderne, ces vengeances qui se perpétuaient de génération en génération entre différents clans qui se vouaient une haine meurtrière inexpiable. Excepté qu'aujourd'hui ces revanches entre clubs ennemis sont codifiées par des normes officielles régies par des instances nationales footballistiques civilisées. Certains supporteurs de clubs cultivent des inimitiés irréconciliables, une hostilité fanatique, une haine meurtrière à l'encontre des supporteurs d'un autre club qui rappellent étrangement le phénomène de la séculaire vendetta fondée sur la défense de l'honneur et la vengeance.</p>
<p>De manière générale, régulièrement, dans de nombreux pays les matches de football donnent lieu à des explosions de chauvinisme et de xénophobie. Même les États s'y mêlent. Lors des matches impliquant les équipes nationales, responsables politiques et supporteurs n'hésitent pas à se livrer à des hystériques surenchères d'expressions ethnico-identitaires, communautaristes, nationalistes, à la limite du racisme. Seul le football est capable de produire cette sorte de comportements antisociaux. Ainsi, au nom d'une passion infantile confinant à l'intoxication mentale, le football légitime et banalise ces hystéries chauvinistes et tribales collectives.</p>
<p>En résumé, le football est la préparation de la guerre par d'autres moyens, le spectacle civilisé de la violence collective « tolérée ».</p>
<p>Beaucoup de fanatiques footeux ne jurent que par le football, et n'injurient que pour le football. Par ailleurs, le football enferme les identités nationales ou régionales dans des identifications mystificatrices (Barcelone, PSG, JSK, MCA, etc.) générant des comportements de rejet et de haine de l'autre, alimentant des sentiments de vengeance, de revanche (mettre une « raclée », une « déculottée », une « branlée »).</p>
<p>Symptomatique d'une pathologie inhérente au football contemporain, lors des matches internationaux, les supporteurs sont envahis par des élans irrationnels d'identification mimétique à la « mère patrie », donnant lieu à des stigmatisations outrancières de l'adversaire, à des slogans racistes doublés souvent d'agressions physiques, au déferlement du chauvinisme, de l'ultranationalisme, de violences interethniques.</p>
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<p>Football : débordements de violences et déchaînements de haine</p>
<p>Plus inquiétant encore, il n'y a qu'avec les matches de football où les stades et les alentours font l'objet d'une bunkérisation milataro-policière pour permettre le déroulement « normal » de la rencontre du match sous haute surveillance. Aucune autre manifestation sportive ou culturelle ne suscite de tels déchaînements de violence, furieusement perpétrés en dépit de l'instauration de mesures draconiennes de sécurité matérialisées par le déploiement massif de forces de l'ordre. De fait, nonobstant toutes ces mesures sécuritaires, les matches sont fréquemment émaillés de débordements de violences et de déchaînements de haine (les graves incidents qui se sont produits à Magra lors du match des quarts de finale de la coupe de la Ligue entre le NCM et la JS Saoura viennent rappeler l'ampleur de la violence dans les coulisses des stades).</p>
<p>Ainsi, le football est le seul sport qui se joue sous la clique du fric et de la trique du flic.</p>
<p>À cet égard, force est de constater que la caractéristique essentielle de la peste émotionnelle footballistique est son pouvoir de contamination. Rien n'est plus contagieux que la peste. Mus par l'esprit de meute ou de horde, les shootés du ballon rond transforment souvent les stades en terrains d'affrontements violents généralisés meurtriers. Il ne faut pas oublier les responsabilités du football-business dans les massacres du Heysel en 1985 et de Sheffield en 1989. Ni les responsabilités des forces de l'ordre dans la mort de 131 spectateurs indonésiens. En effet, le 1 octobre 2022, le soir du match, après la défaite de leur équipe, pour exprimer leur mécontentement des centaines de fans avaient pénétré sur le terrain. En riposte, la police indonésienne lança aussitôt des volées de gaz lacrymogène vers les gradins bondés. Les spectateurs se précipitèrent en masse vers les portes étroites de sortie où ils furent piétinés par la foule, et étouffés par la grande quantité de gaz lacrymogène déversée par la police. Au reste, les familles des victimes et les supporteurs « survivants » accusèrent les forces de l'ordre d'avoir réagi de façon disproportionnée et irresponsable.</p>
<p>Contrairement à l'opinion communément répandue, de nos jours le football ne constitue pas un vecteur d'intégration sociale, de concorde civile ou d'amitié entre les peuples. Au contraire, la réalité effective des terrains nous prouve qu'il remplit une fonction réactionnaire de dépolitisation, de grégarisation régressive et d'exutoire aux frustrations libidinales et sociales, de diversion idéologique, de déversoir hystérique.</p>
<p>À cet égard, si le football est producteur de violences sociales, vecteur d'agressivités nouvelles, cela tient aussi à sa structure même : le football est organisé en logique de compétition et d'affrontement ; il est fondé sur le principe de rendement et de hiérarchie, normes inhérentes à la société capitaliste foncièrement belliqueuse.</p>
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<p>Football : régression au stade « baballe »</p>
<p> L'apothéose de l'aliénation se vérifie en ces temps de crise économique et sociale. En effet, il est pathétique que, au sein des populations, l'unique sujet de conversation quotidien soit le football. À cet égard, en matière de commentaires footballistiques, chaque individu rivalise d'ingéniosité pour s'improviser expert sportif de comptoir de café ou de boutique de rue. Selon la topique psychique freudienne, on est en pleine régression au stade « baballe », où les déjections logorrhéiques footballistiques dominent la personnalité.</p>
<p>Pour autant, au-delà de la « fête populaire », le football a toujours été au service des politiques réactionnaires, du dévoiement des luttes sociales, vecteur de distillation du chauvinisme, d'obscurcissement de la conscience de classe. Le football est le seul sport dépourvu d'« innocence politique ». Les grandes messes footballistiques ont souvent servi à légitimer diverses dictatures et régimes autoritaires, manipulations politiques. </p>
<p>Pour l'historien Eric Hobsbawm, le football c'est « la religion laïque du prolétariat », confiné dans la vénération de ces nouveaux Dieux du ballon rond. Pour apaiser les affres du prolétariat, le football s'est converti à l'affairisme capitaliste, par ses promesses paradisiaques de promotion sociale et d'enrichissement facile censément octroyés à tout jeune adepte du ballon rond. Une chose est sûre : le football est un efficient instrument de mystification idéologique et de démobilisation politique.</p>
<p>Le plus révoltant à l'occasion de la dernière Coupe du monde organisée en Russie, c'est qu'au moment où tous les supporteurs de la majorité des pays communiaient joyeusement dans l'extase tonitruante, partout les systèmes des protections sociales étaient pulvérisés dans un silence assourdissant d'aliénation.</p>
<p>De même, au moment où se déroulait l'Euro en juin et juillet 2021, en pleine panique pandémique politiquement instrumentalisée, les gouvernants poursuivaient leur politique antisociale, accéléraient la militarisation de la société, aggravaient la paupérisation des populations. Et l'actuelle Coupe du monde ne dérogera pas à ce dévoiement.</p>
<p>Assurément, les classes populaires préfèrent s'emparer des tribunes des stades que d'occuper les terrains centraux politiques. Préfèrent succomber aux « passions vibratoires » et aux « extases » footballistiques que de se passionner pour de vibrantes causes politiques émancipatrices. Chaque adepte du foot réclame sa dose d'opium footballistique pour assouvir son addiction, loin des tribulations politiques et sociales mais près des tribunes des stades hystériquement envahies.</p>
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<p>Football : véritable multinationale capitaliste</p>
<p>Le paroxysme de l'aliénation se déroule dans les stades. Faire jouer les spectacles footballistiques par des acteurs mercenaires millionnaires devant des smicards et des chômeurs constitue en effet l'apothéose de l'aliénation planétaire. Par rapport au néant que les joueurs produisent, on ne peut que s'alarmer sur l'état mental de leurs supporteurs.</p>
<p>En conclusion, Nul doute, si autrefois le football était un spectacle ludique collectif populaire, depuis plusieurs décennies il est devenu une véritable multinationale capitaliste où les joueurs sont achetés, vendus ou échangés comme des chevaux de course ou des call-girls de luxe. À l'ère de la mondialisation, l'achat et la vente des footballeurs s'apparentent à de modernes formes de traite d'êtres humains.</p>
<p>Le football professionnel brille par ses multiples prouesses mafieuses : escroqueries, caisses noires, dessous de table, salaires et primes non déclarés, faux en écriture, détournements, fraudes, truquages, etc. Toutes les normes capitalistes, valorisées dans le monde de l'entreprise, sont propagées dans l'univers du football : culte de la performance, dépassement de soi, virilité, force physique, victoire sur l'autre, etc.</p>
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<p>Football : agent de diversion social, soupape de sûreté pulsionnelle</p>
<p>En outre, le football est devenu un instrument de politique d'encadrement pulsionnel des foules, un moyen de contrôle social, une intoxication idéologique saturant tout l'espace public. À cet égard, il représente pour les États un idéal agent de diversion social, une soupape d'échappement permettant la dissolution de l'individu dans la masse grégaire anonyme, un terrain propice au conformisme des automates. Ces porteurs d'un ballon à la place du crâne ressemblent à ces animaux mus par un fonctionnement mimétique, instinctuel.</p>
<p>De nos jours, le football est devenu une véritable machine à décerveler les consciences, une entreprise de massification régressive des émotions, de chloroformisation des esprits, de crétinisation culturelle, de colonisation des conduites par le conformisme grégaire, de fanatisation des masses par les chauvinismes hystériques.</p>
<p>Le football sert d'exutoire à ces shootés du stade, toxicos du foot, décérébrés des stades. Le football, comme tous les sports de compétition, stimule l'agressivité, excite les rivalités, intensifie les tensions, attise les haines, exacerbe les conflits, déchaîne les violences, enflamme les foules fanatisées, exalte les chauvinismes, incite aux crimes. Il recèle même un ferment de radicalisme. Certains de ses fanatiques supporteurs ne sont-ils pas « fichés S », interdits de stade en raison de leurs activités violentes.</p>
<p>Décidément, l'opium footballistique s'apparente à la drogue islamiste où la violence est érigée en référent culturel, en sport international.</p>
<p>Dans le football, les explosions de bonheur s'apparentent davantage à des décharges pulsionnelles primaires bestiales qu'à des expressions de sentiments liés à une sociabilité pacifique fondée sur l'amour et la fraternité.</p>
<p>Le football est la meilleure école de la guerre (autre point commun avec l'islamisme belliqueux qui utilise non pas le ballon rond pour dynamiser les foules mais la bombe explosive pour dynamiter des populations civiles innocentes) : guerres des quartiers, des régions, des nations, guerres des maillots, des sponsors et des télévisions, guerres ethniques, guerres des supporteurs, transformées souvent en guerres civiles.</p>
<p>Par ailleurs, le football est un terreau fertile du racisme (dernier acte raciste, qui plus est en Algérie : l'attaquant nigérien du NC Magra, Soumana Boubacar Hainikoye, a été victime d'insultes racistes de la part d'une partie des supporteurs de l'équipe locale et des dirigeants du club, JS Saoura, selon les informations. En 2014, le joueur africain, l'attaquant camerounais, Ebossé, évoluant dans l'équipe de la JS Kabylie avait succombé après avoir reçu des projectiles lancés sur lui par des supporteurs), de la xénophobie, de l'antisémitisme, de l'exaspération des appartenances identitaires, de l'exaltation des différences, des crispations communautaristes, des haines amoureusement partagées dans les stades (encore des affinités électives avec l'islamisme qui aime partager son islam haineusement).</p>
<p>Assurément, ces dernières décennies, nous vivons à l'ère de l'horreur footballistique généralisée : violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporteurs et joueurs, etc. </p>
<p>Force est de relever que le football est belligène. Le football est la continuation de la guerre par d'autres moyens. Le football est la praxis de la polémologie, théorie de la guerre. Le football est devenu le dernier terrain d'affrontement direct entre pays antagonistes. L'esprit d'invincibilité, incarné dans le moral de l'équipe de football soudée comme une troupe militaire, est l'élément capital qui permet de gagner ou perdre la guerre footballistique, autrement dit le match.</p>
<p>Pour conclure, nul doute, le football ne recèle aucune créativité artistique. Il est à l'art ce que la nuit est au jour : il n'offre aux yeux aucune lumière esthétique. La nuit sombre reproduit les mêmes ténébreux aveuglants et angoissants paysages minuscules dépourvus de tout horizon. Le jour au contraire offre au regard un majestueux illimité spectacle de la nature perpétuellement métamorphosée. Chaque matin une nouvelle chorégraphie naturelle ouvre le ballet de la danse du jour.</p>
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<p>Monotone répétition mécanique des gestes techniques</p>
<p>Dans le football, il n'existe aucune créativité. C'est la monotone répétition de l'ancien, la répétition des mêmes gestes techniques, la reproduction des mêmes schémas tactiques acquis au cours des entraînements. C'est l'éternel recommencement du même jeu appris mécaniquement lors des apprentissages-dressages des jeunes footballeurs soustraits tôt à l'école pour être livrés à des centres footballistiques disciplinaires, comme des esclaves. On se croirait à l'usine, soumis à la cadence et au chronomètre.</p>
<p>De surcroît, si la chorégraphie sur la pelouse se réduit aux ballets de la violence et des chocs brutaux, l'œuvre d'art, au contraire, incite à penser, invite à stimuler l'imagination, incline à varier sans fin les œuvres, à bouleverser constamment les règles de la création. Si l'art s'inscrit dans un horizon infini de perspectives où l'imagination prend son envol pour atteindre le firmament de la création, le football, lui, s'exerce aux ras des pâquerettes dans un périmètre restreint où le seul enjeu est de projeter un ballon dans la lucarne.</p>
<p>Qui a dit que (seule) la religion est l'opium du peuple ?</p>
<p>« Un intellectuel est quelqu'un qui regarde une saucisse et pense à Picasso », avait dit l'humoriste anglais Alan Patrick Herbert. Nous ajouterons pour notre part, en guise de note finale humoristique : Un footeux est quelqu'un qui couche avec sa femme et pense à Ronaldo.</p></div>
Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident
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http://matierevolution.org/spip.php?article80132022-10-23T22:05:00Ztext/htmlfrMesloub KhiderCrise CrisisCapitalisme
<p>Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident <br class='autobr' />
L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous prétexte de les protéger de la mort liée au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces mêmes populations à sacrifier leur vie pour défendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'Église orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situé en dehors de l'Union Européenne. Avec la bourgeoisie (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique84" rel="directory">5- L'économie mondiale en route vers une nouvelle crise systémique autrement dévastatrice que 1929</a>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Orchestration des pénuries économiques et de l'inflation spéculative en Occident</h2>
<p>L'hypocrisie des dirigeants occidentaux est sans limites. Hier, ces gouvernants confinaient leurs populations sous prétexte de les protéger de la mort liée au Covid-19. Aujourd'hui, ils invitent ces mêmes populations à sacrifier leur vie pour défendre la lointaine Ukraine, cette petite Russie, berceau de l'Église orthodoxe russe. Donc, pays (L'Ukraine) situé en dehors de l'Union Européenne.<br class='autobr' />
Avec la bourgeoisie occidentale la plus bête du monde, l'imposture sanitaire aura été démasquée plus précocement.</p>
<p>Une chose est sûre : en Occident, aujourd'hui la guerre sociale, entamée à la faveur de la pandémie, menée par la classe dominante contre le prolétariat se poursuit par l'orchestration des pénuries des produits essentiels, et surtout le renchérissement des tarifs des matières énergétiques, ces inflations spéculatives infamantes et affamantes.</p>
<p>En réalité, la pandémie de covid-19, politiquement instrumentalisée à des fins contre insurrectionnelles par la militarisation de la société, avait servi de paravent sanitaire pour impulser la première phase de l'orientation de la production vers l'économie de guerre, matérialisée par l'imposition de la production exclusive des biens dits essentiels, autrement dit indispensables à la défense nationale dans la perspective de la préparation à la guerre généralisée. La gestion sécuritaire de la pandémie constitua la répétition générale de l'économie de guerre. Ce fut la préfiguration de la militarisation de la société et de la caporalisation des mentalités. Au cours de la prétendue crise sanitaire, les États occidentaux jetèrent les premières bases de la centralisation étatique de la production, de l'organisation et de la planification de l'économie pour l'orienter vers la fabrication exclusive des biens dits essentiels, indispensables à l'instauration d'une économie de guerre. « Nous allons durablement devoir nous organiser dans une économie de guerre », vient de déclarer, sur un ton martial, le président français, Macron.</p>
<p>Ce faisant, dans le prolongement de la crise sanitaire, orchestrée par les États occidentaux, durant laquelle l'économie fut délibérément mise à l'arrêt ou, plutôt, réorientée vers la production des biens essentiels, entraînant une désorganisation de la production mondiale et un infléchissement vers la « relocalisation », la guerre en Ukraine (provoquée et attisée par l'OTAN) accentue et accélère ce processus de « démondialisation » et de découpage induit par l'économie de guerre et le militarisme. En effet, avec l'exacerbation des tensions commerciales et militaires, le monde s'achemine vers la fragmentation de la mondialisation avec la constitution de blocs de pays aux fondements idéologiques irréconciliables, dont les échanges commerciaux seront fortement réduits, voire rompus.<br class='autobr' />
Nul doute, la guerre entre l'Ukraine et la Russie s'inscrit dans un conflit plus ample qui oppose, au vrai, la première puissance occidentale, les États-Unis, à son concurrent économique actuel, la Chine.<br class='autobr' />
À cet égard, depuis l'apparition de la pandémie politiquement instrumentalisée et, surtout, le déclenchement de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, on aura remarqué, au sein du bloc atlantiste, le battage médiatique réservé au discours chauviniste relatif à la politique de relocalisation prônée par la bourgeoisie et son État, et à l'indépendance énergétique.</p>
<p>Tous les médias occidentaux encensent cet agenda de rapatriement des entreprises, précédemment délocalisées, au bercail national ; vantent les mérites du projet d'indépendance et de sécurité énergétique.</p>
<p>Que révèle ce programme de relocalisation des entreprises multinationales vers la « mère patrie », prôné par les pays occidentaux ?</p>
<p>La première raison est d'ordre socioéconomique. À force de contractions salariales réelles, de pressions sur la productivité du travail salarié, d'intensification des cadences de travail, le capital des pays occidentaux est parvenu à égaler les dramatiques conditions d'exploitation de la force de travail des pays émergents et sous-développés. Assurément, conscient de la dégradation des conditions sociales et salariales de « ses » prolétaires autochtones, le capital occidental a commencé à mettre en adéquation le futur mode de vie des prolétaires désormais impécunieux, par l'élimination graduelle des secteurs dits non-essentiels. En effet, soumis à de telles misérables conditions de vie et de travail, le prolétaire « occidental », du fait de son impécuniosité et épuisement professionnel, n'aura plus ni les moyens financiers ni le temps de s'offrir des loisirs et des vacances, pour reconstituer sa force de travail surexploitée.</p>
<p>La seconde raison pour laquelle les pays occidentaux œuvrent à la relocalisation des entreprises est d'ordre impérialiste. Dans l'actuel contexte des préparatifs de guerre contre la Chine, comme l'avait déclaré lucidement Donald Trump devant l'assemblée parlementaire de l'OTAN : « un pays débiteur – importateur – et client dépendant – ne peut entrer en guerre contre un pays créditeur – exportateur – et fournisseur de biens stratégiques essentiels » (il visait la Chine et, indirectement, la Russie).</p>
<p>Actuellement, la guerre entre les pays pour l'approvisionnement des marchés occidentaux, dépendants des fournisseurs manufacturiers chinois, a pris des proportions alarmantes, sans oublier la dépendance vis-à-vis des matières énergétiques russes, du pétrole « arabe », des matières premières et provisions des pays du Sud. La dernière dépendance relevée par les pays occidentaux, paralysant de nombreuses entreprises, concerne les composants électroniques fabriqués exclusivement en Asie (les États-Unis et les pays atlantistes, notamment européens, ne produisent que 10% des semi-conducteurs sur leurs territoires), en particulier Taïwan, actuellement enjeu de tensions bellicistes entre les États-Unis et la Chine.<br class='autobr' />
Aussi, pour se conformer aux recommandations de Trump qui préconise, comme on l'a rapporté plus haut, l'indépendance économique avant de mener une guerre contre un pays fournisseur, les pays occidentaux ont commencé à mettre en application ce programme d'économie auto-suffisante matérialisée par la « relocalisation » de la production manufacturière établie jusqu'à présent majoritairement en Chine, la réorganisation de la politique d'approvisionnement en matière des énergies fossiles.</p>
<p>Au vrai, les actuelles pénuries des produits manufacturés et énergétiques répandues en Occident sont délibérément planifiées pour acculer les pays atlantistes, c'est-à-dire le capital occidental, à réorganiser leur production et approvisionnement indépendamment des pays de l'Alliance de Shanghai et de la Russie, afin de pouvoir poursuivre leurs préparatifs de guerre en toute indépendance (notamment contre la Chine : cible principale). Mais, également, pour justifier la hausse des prix que les prolétaires devront supporter, induisant la baisse de leur pouvoir d'achat. Donc la dégradation de leurs conditions sociales, l'affaiblissement de leur résistance, facilitant ainsi leur soumission et leur enrôlement dans la future guerre généralisée en préparation par le grand capital. Un prolétariat affamé et atomisé devient plus aisément corvéable et exploitable, plus perméable à l'endoctrinement idéologique nationaliste belliqueux, et, par extension, à l'enrôlement militaire dans l'imminente guerre généralisée en préparation.</p>
<p>Nous sommes en guerre, ne cessent de marteler les gouvernants des pays européens. En période de guerre, la règle demeure la mobilisation générale pour assurer la souveraineté économique du pays, en vue de renforcer sa puissance et assurer avec succès sa croissance. Or, les pays européens, notamment la France, semblent organiser, à des fins stratégiques, délibérément leur « sabordage économique spéculatif ».</p>
<p>Le cas de la France est, à cet égard, exemplaire. Alors qu'elle est censée être confrontée à une crise énergétique nécessitant la mobilisation générale des structures étatiques et privées pour augmenter la production de l'énergie électrique en vue de renforcer les capacités productives du pays, d'assurer la pérennité de l'approvisionnement et la stabilité des tarifs, on apprend que, sur les 56 réacteurs nucléaires que compte la France, 32 sont curieusement à l'arrêt. Autrement dit, la majorité du parc nucléaire français est délibérément mis à l'arrêt, sous prétexte de réfection, entraînant par voie de conséquence la chute de la production d'électricité. Et, par effet mécanique, l'augmentation exponentielle des prix. De sorte que le prix de gros pour l'électricité est passé en un an de 85 euros le MWh à plus de 1000 euros aujourd'hui.</p>
<p>Ainsi, l'État français orchestre délibérément des pénuries dans de nombreux secteurs économiques vitaux, sources d'inflation spéculative. Ce sabordage nucléaire, à l'instar du sabotage sanitaire matérialisé par la destruction de millions de masques et l'orchestration de la pénurie des respirateurs au début de la pandémie, servira-il de prétexte pour instaurer un « confinement énergétique », couplé à un rationnement et des coupures de courant ?</p>
<p>Cette perspective de « confinement énergétique » fut déjà officiellement évoquée par le gouvernement irlandais, comme l'avait rapporté, début juin 2022, le journal Irish Independent. Ce quotidien avait indiqué qu'un « exercice de planification de haut niveau » a été arrêté, avec « trois scénarios possibles pour faire face au déficit d'approvisionnement en carburant ». Cet exercice aurait mobilisé « toutes les principales agences de l'État et le gouvernement ». Une série de mesures possibles avait fuité, notamment celle rapportant que « tous les travailleurs non essentiels recevront l'ordre de travailler à domicile », ainsi que la mise en place d'une limitation pour « tous les déplacements en voiture non essentiels », mais aussi un contrôle strict « de la quantité de carburant que les automobilistes peuvent acheter à tout moment ». Tout cela sur fond d'un « confinement énergétique » généralisé.</p>
<p>Par ailleurs, depuis le début de la pandémie, à plus forte raison depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, du fait des multiples mesures restrictives et des successifs confinements imposés par les gouvernements, et en raison de l'hyperinflation induisant une érosion du pouvoir d'achat, la production dans les services subit une très forte baisse, notamment dans les secteurs de la culture (arts, spectacles et activités récréatives, en proie à une très forte baisse de fréquentation), les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration, avec un recul particulièrement prononcé dans l'hébergement. Sans oublier le secteur du tourisme. Tout porte à croire que, dans ce contexte d'économie de guerre, ces secteurs du tertiaire « parasitaires » sont délibérément sacrifiés pour axer la production sur l'économie de la défense nationale.</p>
<p>De manière générale, toute l'élite bourgeoise, depuis les politiciens jusqu'aux économistes en passant par les médecins et autres prétendus experts scientifiques, avaient incriminé le coronavirus d'être responsable de la crise économique. Actuellement, c'est la lointaine guerre locale d'Ukraine qui est incriminée. Le Covid-19 a bon dos. En vérité, le coronavirus constitue un simple symptôme visible du capitalisme occidental en déclin. Et nullement la cause de la crise du capitalisme moribond. En effet, depuis des années, sur le fondement de rapports alarmistes, les scientifiques alertaient sans cesse les pouvoirs publics sur la menace d'une pandémie provoquée par les coronavirus. Les gouvernants occidentaux ignorèrent délibérément les alertes des scientifiques. Pour quel motif ? Car, du point de vue du capital, hors de question pour l'État d'investir dans les politiques de prévoyance, de logistiques anticipatoires (notamment dans l'achat des canadairs pour parler d'un thème d'une brulante actualité : les feux de forêt). Pour le capitalisme, la prévention est une dépense superflue, inutile. Surtout elle ne rapporte aucun profit. Aussi, la prévention n'est jamais intégrée dans la logique comptable capitalistique. Mais elle est amplement intégrée dans sa stratégie d'instrumentalisation politique. <br class='autobr' />
Certes la pandémie du coronavirus aura contribué à l'éclatement foudroyant du système économique occidental. Mais la chute avait entamé sa dégringolade depuis des années. En réalité le coronavirus n'aura joué qu'un rôle d'accélérateur d'une tendance économique récessive à l'œuvre depuis plusieurs années. Déjà, les premiers signes alarmants s'étaient manifestés lors de la crise 2007-2008, devant laquelle la crise actuelle est autrement plus foudroyante et dévastatrice. Si la crise de 2007-2008 affecta principalement le secteur financier, illustrée par l'effondrement de plusieurs banques, la crise présente est protéiforme, elle frappe le poumon de l'économie occidentale, en l'espèce la production. L'effondrement est général. <br class='autobr' />
Au-delà du ralentissement de l'économie, de la chute du secteur touristique, des compagnies aériennes, se profile la débâcle du commerce des pays occidentaux, et surtout la chute de la production. Dans la majorité des pays occidentaux les usines tournent au ralenti en raison de la déstabilisation des chaînes d'approvisionnement, des pénuries des composants électroniques, des matières premières. Et surtout du renchérissement du prix des matières premières et énergétiques.</p>
<p>Aucun pays du bloc atlantiste n'échappe à l'effondrement de son économie. C'est tout le système capitaliste occidental qui menace de s'écrouler. En dépit de l'injection de milliers de milliards de dollars et de l'étatisation de l'économie, le déclassement des pays occidentaux est inéluctable. L'économie du bloc occidental est au bord de l'implosion, accentuée par les sanctions économiques instaurées contre la Russie, sous l'instigation des États-Unis.</p>
<p>Assurément, la pandémie du coronavirus se manifesta-elle à point nommé pour servir de couverture politique et d'argumentation explicative à l'effondrement de l'économie occidentale depuis longtemps prévisible. De même, le déclenchement de la guerre en Ukraine arrive-t-elle à point nommé pour occulter les véritables mobiles économiques de la récession actuelle.</p>
<p>Ces explications idéologiques incriminant, d'abord un microscopique virus, puis la guerre locale ukrainienne, d'être responsables de la débâcle de l'économie occidentale (mondiale) est aberrante. Elles visent à exonérer le capitalisme. La bourgeoisie occidentale ne peut admettre son incapacité notoire à faire fonctionner son système capitaliste devenu chaotique et irrationnel.</p>
<p>Face à chaque catastrophe économique provoquée par les contradictions du capital (surproduction, baisse du taux de profit, saturation des marchés, exacerbation des tensions commerciales), la bourgeoisie occidentale brandit chaque fois des explications fantaisistes aux fins de disculper sa responsabilité dans la débâcle de son système capitaliste. Déjà, lors de la crise de 1973, responsable de la flambée du chômage endémique et de l'inflation galopante, la bourgeoisie occidentale avait invoqué la hausse du prix du pétrole pour expliquer ces deux phénomènes, inhérents en vrai au mode de production capitaliste. Tout se passe comme si la hausse du pétrole serait extérieure au système, et non constitutive du fonctionnement normatif du commerce capitaliste marqué par les oscillations des prix, les fluctuations de la conjoncture économique soumise en permanence aux pressions et tensions de la concurrence.</p>
<p>Actuellement, la bourgeoisie occidentale, en proie au déclassement économique, invoque la guerre en Ukraine pour expliquer l'effondrement de son économie. Mieux : elle accuse la Russie d'être responsable de la récession. La guerre en Ukraine devient « la faute de la Russie totalitaire », et non pas du capitalisme en récession. Comme si la Russie n'était pas partie intégrante du capitalisme mondial, aujourd'hui en plein déclin.</p>
<p>Aussi, la bourgeoisie occidentale, pour justifier l'austérité économique imposée aux prolétaires, ces sacrifices présentés comme de regrettables dommages collatéraux induits par les nécessaires mesures de rétorsion contre la totalitaire Russie qu'il convient impérativement d'affaiblir, recommande-t-elle (pour ne pas dire exige-t-elle), sous couvert de solidarité avec le peuple ukrainien et de défense des libertés, la réduction de la consommation des produits essentiels, notamment des matière énergétiques, matérialisée par la diminution de la consommation du chauffage.</p>
<p>Pour autant, les sanctions pénalisent principalement les pays européens. À preuve. Les mesures de rétorsion économique contre la Russie qui entraînent des pénuries de matières premières dans tous les pays européens. De même, ces sanctions induisent la perte de marchés en Russie pour les entreprises européennes. Les prix des matières premières flambent, impactant celui de nombreuses marchandises.</p>
<p>Aujourd'hui, les peuples européens, toujours tétanisés par la gestion criminelle de la pandémie, assistent, impuissants, à l'amplification de la crise économique, à l'aggravation de leur misère, à l'accentuation de l'exploitation de la classe ouvrière. Le grand capital occidental fait payer l'effondrement économique de son système aux classes populaires, aux classes moyennes et petites couches entrepreneuriales devenues économiquement « inutiles », réduites au chômage et précipitées dans la paupérisation absolue. <br class='autobr' />
Globalement, le monde entier assiste à la déconfiture du système économique occidental. À la débâcle de l'ordre social occidental dominant. À l'échec historique de la classe bourgeoise occidentale sénile. À la militarisation de la société occidentale impulsée par les classes dominantes apeurées, aux fins de tenter de sauver leur système en pleine décomposition. À la fuite en avant belliciste et guerrière de pays occidentaux en putréfaction morale et politique.</p></div>
Inauguration de l'ère du démospotisme en Occident
http://matierevolution.org/spip.php?article8037
http://matierevolution.org/spip.php?article80372022-10-11T22:05:00Ztext/htmlfrMesloub Khider
<p>Inauguration de l'ère du démospotisme en Occident <br class='autobr' />
Dans sa forme antique comme dans sa version moderne, la démocratie, produit d'une société déchirée par les clivages sociaux, est le mode de gouvernement élaboré par les classes dominantes pour administrer pacifiquement leurs conflits, gérer politiquement leurs intérêts économiques. À l'époque grecque antique, berceau de son éclosion, la démocratie, qui n'eut qu'une existence éphémère, ne s'appliquait qu'aux hommes libres. Elle était exercée (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique78" rel="directory">1-3 Le réformisme d'aujourd'hui, du syndicalisme à l'altermondialisme et au démocratisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Inauguration de l'ère du démospotisme en Occident </h2>
<p>Dans sa forme antique comme dans sa version moderne, la démocratie, produit d'une société déchirée par les clivages sociaux, est le mode de gouvernement élaboré par les classes dominantes pour administrer pacifiquement leurs conflits, gérer politiquement leurs intérêts économiques. À l'époque grecque antique, berceau de son éclosion, la démocratie, qui n'eut qu'une existence éphémère, ne s'appliquait qu'aux hommes libres. Elle était exercée exclusivement par les hommes libres, en l'espèce une portion infime de la population.</p>
<p>La démocratie : apanage des classes économiquement opulentes et politiquement purulentes</p>
<p>En effet, la majorité de la population laborieuse (les esclaves, métèques, prolétaires et paysans) était exclue du jeu et des enjeux « démocratiques » des propriétaires d'esclaves. Qui plus est, si la démocratie fut inventée pour les « citoyens » libres afin de s'administrer directement eux-mêmes, l'exercice effective de cette liberté fut permis par leur affranchissement de l'obligation de travailler : le travail étant assuré par les seuls esclaves. Par conséquent, à l'époque antique grecque, déjà la démocratie était fallacieuse. Ce fut une démocratie d'argent, elle avait une caractéristique « aristocratique » manifeste, autrement dit un caractère de classe. Les classes laborieuses étaient exclues du pouvoir « législatif », à plus forte raison bannies du pouvoir exécutif, apanage des classes possédantes. <br class='autobr' />
Plus tard, au tournant des 17e et 18e siècles, à la faveur des révolutions bourgeoises anglaise, américaine et française, la remise en scène de la démocratie comme mode de désignation des saltimbanques politiques préposés à l'administration des intérêts économiques des riches ne fut pas le fruit du hasard, un accident de parcours de l'Histoire. La démocratie bourgeoise s'imposa d'emblée comme la forme de domination politique la plus efficiente et la plus durable, en ce qu'elle associe l'esclave-salarié, baptisé par euphémisme citoyen, au choix politiques de ses maîtres. Cette forme d'organisation politique de gouvernance est la plus idoine pour protéger les intérêts économiques de la bourgeoisie, défendus par des mercenaires politiciens fabriqués par les puissances financières.<br class='autobr' />
À cet égard, il est important de relever que la sphère économique est paradoxalement exclue du scrutin démocratique. Voit-on un banquier, un patron de conglomérat industriel élu au vote universel ? L'économie – le capital et sa reproduction élargie –, propriété exclusive de la minoritaire classe capitaliste, ces négriers des temps modernes, ne fait l'objet d'aucune forme de gouvernance démocratique. Les dirigeants d'entreprise, ces propriétaires d'esclaves-salariés de notre époque civilisée, ne sont jamais élus démocratiquement par les travailleurs mais désignés discrétionnairement par les détenteurs de capital. L'entreprise, pourtant lieu de production des richesses et matrice de la reproduction de la vie, n'est pas soumise à une gestion coopérative démocratique mais à un management dictatorial patronal exercé contre les salariés, à qui il n'est pas permis de s'immiscer dans les affaires de l'entreprise à capital privé ou public.</p>
<p>À ses débuts, de la fin du XVIIIème siècle jusqu'à la fin du XIXème siècle, la démocratie bourgeoise fut élitaire, « mandarinale », socialement ségrégationniste, politiquement aliénante. En effet, les classes bourgeoises dominantes en phase de consolidation de leur pouvoir politique et étatique, plus honnêtes que leurs descendantes contemporaines relativement à la caractéristique sociale inégalitaire de leur société de classe, ne se trompaient pas (et ne trompaient pas le peuple opprimé) sur la visée réelle de leur démocratie financière. <br class='autobr' />
D'emblée, leur démocratie capitaliste fut placée sous le signe de la propriété privée, de l'opulence, apparentée à la richesse. Aussi, pour être éligible et électeur, fallait-il posséder un grand patrimoine, s'acquitter d'impôts élevés, en un mot être riche. Cette démocratie des riches était symbolisée par le suffrage censitaire.</p>
<p>L'institutionnalisation du suffrage universel est récente. Ce mode de scrutin fut instauré sous l'instigation des révoltes populaires en lutte pour bénéficier (croyaient-ils) des mêmes droits parlementaires que les classes possédantes. Sous la pression des récurrentes insurrections populaires, les classes dominantes se résignèrent, contraintes et forcées, à instituer le suffrage universel.</p>
<p>À la fin du XIXe et, surtout, au XXe siècles, après avoir consolidé sa domination totalitaire sur la société, passage de la domination formelle à la domination réelle du capital, pour mieux mystifier le peuple, en particulier dans les pays développés en proie à l'âpreté de la lutte des classes, la bourgeoisie eut l'ingénieuse idée d'associer électoralement (non politiquement, ni économiquement : la différence est importante. Car le peuple, hormis les éphémères périodes électorales racoleuses, est totalement exclu des permanents enjeux politiques, comme il est intrinsèquement exclu des structurels enjeux économiques, apanages des politiciens stipendiés, et des patrons et financiers) le peuple à son système régalien de gouvernance.</p>
<p>Mais à une condition fondamentale : à aucun moment ce « privilège électoral », formellement concédé par les représentants du capital, ne doit servir de tremplin aux classes populaires pour remettre en cause la hiérarchie des pouvoirs de la société de classe, ni le mode de production capitaliste. Autrement dit, le suffrage universel constitue, depuis sa création, une mascarade électorale, permettant d'associer les prolétaires à la reproduction sociale de leur exploitation et aliénation.</p>
<p>Historiquement, le droit de vote fut concédé avec parcimonie, de manière graduelle, aux différentes couches sociales de la société, des propriétaires fonciers jusqu'aux couches populaires en passant par les paysans et les femmes sans emploi. L'expérience électorale élargie ayant été concluante – à savoir qu'aucune formation politique, y compris radicale, ne profitait de cette fenêtre d'opportunité « démocratique » pour contester l'ordre établi et s'emparer du pouvoir parlementaire et exécutif en vue de promouvoir les intérêts du salariat au détriment du capital –, la bourgeoisie se convainquit de l'utilité politique du suffrage universel, lui assurant toutes les garanties de pérennité de sa domination économique et politique.</p>
<p>Dépossession du collectif réel combatif au profit du citoyen abstrait atomisé</p>
<p>À la même époque, parallèlement, l'irruption menaçante du prolétariat sur la scène politique allait contraindre la bourgeoisie à changer son fusil d'épaule : à ne plus l'épauler contre les prolétaires souvent insurgés contre le pouvoir. Aussi, pour mieux museler le mouvement socialiste révolutionnaire naissant (autrement dit, acheter la paix sociale), avait-elle discerné tout l'intérêt qu'elle pouvait tirer de la participation des partis ouvriers (longtemps interdits) aux mascarades électorales. La bourgeoisie consentit à intégrer les partis socialistes et communistes au cirque électoral pour mieux les corrompre de l'intérieur, c'est-à-dire les vider de leur substance révolutionnaire en transformant leurs dirigeants en mandarins parlementaires dotés de substantiels appointements. Elle y est parvenue, à observer la mutation des partis ouvriers qui troquèrent la Révolution contre le parlementarisme. Cette transmutation militante donna naissance au Réformisme, cette naïve croyance qu'on peut améliorer la condition de l'ouvrier en faisant l'économie de la Révolution. Aujourd'hui, avec la paupérisation absolue de l'ensemble des prolétaires du monde entier, l'histoire vient démentir les élucubrations des réformistes sur le prétendu caractère progressiste du capitalisme, ou la nature démocratique des institutions gouvernementales et parlementaires censément définitivement établie. Ces institutions, politiquement purulentes et moralement polluantes, sont actuellement dans tous les pays, en particulier en Occident, en voie de durcissement autoritaire, autrement dit de transition dictatoriale.</p>
<p>Cette concession « démocratique » constitua une imposture « électoraliste » dictée par le grand capital à la gauche collaborationniste pour lui permettre de se crédibiliser auprès des ouvriers et de dévoyer la gronde du prolétariat pressuré. Ce fut le début de l'aliénation citoyenne, autrement dit l'esquisse de la dépossession du collectif réel combatif au profit du citoyen abstrait atomisé.</p>
<p>Ainsi, en lieu et place de la satisfaction des revendications sociales portant notamment sur la hausse des salaires, la diminution du temps de travail, c'est-à-dire de l'amélioration des conditions de vie, la bourgeoisie concéda-t-elle opportunément la généralisation du suffrage universel. En lieu et place de la répartition égalitaire des richesses, procéda-t-elle à la distribution régulière des bulletins de vote à la plèbe affamée, sous les ovations complaisantes des bureaucrates syndicaux ravis de leur collaboration traîtresse et l'approbation perfide des partis ouvriers parlementaires infatués de leur allégeance. À l'instar des pays du Tiers-monde, notamment d'Afrique et du Maghreb, où la « démocratie » de papier fut généreusement octroyée au peuple misérable à la place de besoins sociaux essentiels. Sans conteste, la démocratie bourgeoise constitue l'apothéose de l'aliénation et de la mystification.</p>
<p>À la vérité, depuis son apparition, la démocratie parlementaire n'a jamais concerné les classes dominées, si ce n'est pour être sollicitées périodiquement, au moyen de campagnes électorales racoleuses, aux fins de déposer un bulletin de vote dans l'urne, au nom évocateur tant elle symbolise le réceptacle mortuaire des illusions déposées par l'ensemble des classes populaires enterrées socialement vivantes.<br class='autobr' />
À plus forte raison, la démocratie constitue un efficace adjuvant politique prescrit aux dociles citoyens comme antidote à leur misère sociale, citoyens reconnaissants pour ce « privilège électoral » généreusement octroyé par le pouvoir dominant. Ces dociles citoyens sont satisfaits d'élire leurs représentants respectifs (mais point respectables) aux prétendues différentes casquettes politiques, mais en vrai à l'alternative électorale réduite au choix entre le candidat de la droite du capital et le candidat de la gauche du capital (pour l'Algérie : longtemps entre le candidat de la nomenklatura kleptomane FLNèsque et la confrérie mafieuse et séditieuse islamique).</p>
<p>Sans conteste, la démocratie bourgeoise a toujours revêtu un caractère de classe. Les mascarades électorales ont toujours été une affaire de riches par lesquelles chaque fraction (clan) de la classe dominante tente d'accaparer les leviers de l'État pour l'exercer à son profit. Mais, actuellement, la démocratie bourgeoise est en crise.</p>
<p>Le Conseil de défense de Macron symbolise les dérives oligarchiques et despotiques de l'Occident</p>
<p>Aussi, avec la discréditation de la démocratie financière et l'impossibilité d'instaurer une dictature à visage clairement fasciste, moralement honnie et politiquement bannie, en Occident le capital œuvre à l'établissement d'un régime oligarchique, c'est-à-dire « un système d'organisation politique dans lequel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs économique, politique et médiatique et discutent entre eux des décisions à prendre pour la collectivité », comme l'écrit Hervé Kempf, auteur du livre « L'oligarchie, ça suffit, vive la démocratie ».</p>
<p>En France, le Conseil de défense, devenu instance suprême de gouvernance instituée par Macron, symbolise cette dérive oligarchique et despotique du pouvoir.</p>
<p>Les oligarques appartiennent à la catégorie des hyper-riches. De nos jours, c'est au sein de cette fraction de la classe possédante que se recrutent les décideurs politiques (ministres, conseillers, députés, sénateurs, PDG des grandes entreprises publiques). Issus des grandes écoles, ces oligarques débutent leur carrière dans les instances étatiques, avant de se hisser à la direction d'une banque ou d'une multinationale (ou l'inverse, à l'instar de Macron, ancien banquier). Souvent, ils reprennent du service dans la politique, notamment en qualité de député, maire ou ministre. Ainsi, cette rotation professionnelle entre secteur privé et public permet à ces oligarques de fortifier et de fructifier leurs fortune et puissance. Par exemple, un PDG, nommé ministre (ou placé par le capital à un poste ministériel stratégique), ne manquera pas de favoriser le secteur de son ancienne entreprise ou le secteur de telle société au sein de laquelle il escompte siéger à la direction.</p>
<p>Au reste, à notre époque dominée par les oligarques, même les présidents sont également devenus de simples administrateurs de l'État. L'État, lui-même, métamorphosé en simple rouage assujetti au Grand capital mondialisé et oligarchique. De fait, chaque pays s'est mué en simple société anonyme dirigée par un PDG-président asservi au capital mondial apatride. Le pouvoir étatique est devenu à tel point impuissant qu'il est soumis, comme un vulgaire salarié, aux appréciations des agences de notations financières chargées de distribuer les notes d'évaluation de la gestion du pays. La moindre mauvaise note en matière économique et budgétaire, et s'en est fini du pouvoir en particulier, et du pays en général. Pris en otage, le pays se voit parachuter un nouvel oligarque-président, imposer une nouvelle classe dirigeante (caste oligarque affligeante) constituée de mercenaires politiciens, fabriqués par les puissances financières entièrement contrôlées par le grand capital mondial.</p>
<p>À la manière du régime de Macron intronisé à l'Élysée par le grand capital, devenu, à la faveur de la pandémie politiquement instrumentalisée et de la crise énergétique orchestrée, et surtout de la gestion répressive et punitive des Gilets jaunes, démospotique, cette nouvelle forme de gouvernance fondée électoralement sur la démocratie mais gouvernementalement sur le despotisme. Macron, hissé au pouvoir par les firmes et la finance transnationales, n'envisage-t-il pas, comme l'a révélé Algériepatriotique [1] dans son édition du 14 septembre 2022, d'amender la Constitution pour briguer un troisième mandat. Avec Macron, la bourgeoisie occidentale décadente inaugure l'ère du Démospotisme.</p>
<p>Le démospotisme, c'est ce mode de gouvernance occidentale qui a l'apparence de la démocratie par l'élection, mais le vrai visage du despotisme par la gestion étatique. Cette gouvernance occidentale oligarchique prétend être vaccinée contre la tyrannie, immunisée contre le fascisme. Mais elle renferme au vrai tous les attributs pathologiques du totalitarisme asymptotique, ce virus despotique, invisibilisé par la subliminale propagande médiatique autocratique. Ce système démospotique viral se propage sur tout le corps social occidental, désormais immergé dans la nauséabonde boue de la servitude volontaire.</p>
<p>[1] Un troisième mandat se profile à Paris : Macron dans les pas de Bouteflika ?, Algériepatriotique, publié le 14 septembre 2022.</p></div>