Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144La femme est plus que pour moitié dans l'émergence et l'évolution de… l'homme !
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http://matierevolution.org/spip.php?article95182026-04-12T22:29:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes women
<p>La femme (de l'homo sapiens) est plus que pour moitié dans l'émergence et l'évolution de… l'homme (homo sapiens) ! <br class='autobr' /> Nous sommes souvent triomphants d'annoncer que seule notre espèce (homo sapiens) a survécu mais il faut bien préciser que nous n'avons pas encore vécu aussi longtemps que nos prédécesseurs ! <br class='autobr' />
Durée d'existence de l'homo habilis : 1,1 millions d'années <br class='autobr' />
Durée d'existence de l'homo erectus : 1,8 millions d'années <br class='autobr' />
Durée d'existence de l'homo neanderthal : 400.000 ans (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La femme (de l'homo sapiens) est plus que pour moitié dans l'émergence et l'évolution de… l'homme (homo sapiens) !</h2>
<p>Nous sommes souvent triomphants d'annoncer que seule notre espèce (homo sapiens) a survécu mais il faut bien préciser que nous n'avons pas encore vécu aussi longtemps que nos prédécesseurs !</p>
<p>Durée d'existence de l'homo habilis : 1,1 millions d'années</p>
<p>Durée d'existence de l'homo erectus : 1,8 millions d'années</p>
<p>Durée d'existence de l'homo neanderthal : 400.000 ans</p>
<p>Durée d'existence de l'homo sapiens : 200.000 ans</p>
<p>Et c'est sans doute parce que nous sommes croisés avec des néanderthaliens que nous sommes survivants…</p>
<p>D'autre part, il semble bien que ce soit grâce à la femme sapiens que cela se soit produit…</p>
<p>Josef H. Reichholf dans « L'émergence de l'homme » :</p>
<p>« L'évolution qui a mené à l'apparition de l'homme ne peut pas reposer sur un enchaînement de purs hasards. Jamais l'évolution ne produit d'élément nouveau sans raison, sans contrainte, sans « pression évolutionniste ». Tant que l'état de choses existant convient et qu'il n'est pas prouvé qu'un changement opèrera une amélioration, la sélection naturelle ne peut pas agir dans le sens du changement. Si l'environnement demeure constant, il exerce un effet de stabilisation, qui fait disparaître ce qui s'écarte de la norme et perpétue ce qui s'est révélé valable. Il n'en sort rien de neuf.</p>
<p>L'évolution ne « joue » pas librement avec toutes les possibilités, elle ne le fait que dans le cadre d'un rapport d'interaction avec l'environnement. Seules les transformations de l'environnement, surtout lorsque le nouvel état des choses s'établit assez rapidement, canalisent le hasard et confèrent au processus évolutionniste son orientation…</p>
<p>Du point de vue génétique, les femmes ont apporté autant de caractères héréditaires que la lignée masculine.</p>
<p>Or d'après Alan Wilson, qui a eu l'idée géniale de rechercher l'origine de l'homme par l'intermédiaire des nouvelles possibilités qu'offrait la génétique, cette contribution des femmes représente justement un petit peu plus que celle des hommes. Et jusqu'à présent ce « léger plus » étaot tout simplement resté ignoré parce qu'on ne lui avait accordé aucune signification. Il faut dire qu'il ne se trouve pas inscrit dans la véritable information génétique concentrée dans le noyai cellulaire, le génome, mais contenu dans d'infimes petites particules réparties sur l'ensemble du corps cellulaire. Nous voulons parler de ces curieuses structures, les mitochondries, qui ont dû attendre pour être découvertes que fussent mis au point des microscopes assez puissants…</p>
<p>Ce sont des composants indispensables de la cellule que l'on a très judicieusement appelés les « centrales de la cellule » parce que les processus qui se déroulent dans les mitochondries sont d'une importance vitale. Elles transforment l'énergie par des moyens chimiques pour l'adapter aux besoins des processus biologiques qui se déroulent à l'intérieur de la cellule. La cellule est donc dépendante du fonctionnement des mitochondries.</p>
<p>Ces dernières ne font pourtant pas véritablement partie de la cellule. Ce seraient plutôt les descendantes de minuscules bactéries qui, à un moment ou à un autre du passé le plus reculé de l'histoire géologique, ont été absorbées par les cellules qui existaient alors isolément…</p>
<p>En tout cas, les mitochondries ne font pas partie des composants cellulaires que la cellule produit elle-même. C'est pourquoi la biologie moderne tend à penser que les mitochondries sont des corps étrangers à la cellule qui participent à son fonctionnement et qui croissent et se développent à l'intérieur de la cellule dans des conditions contrôlées…</p>
<p>Les mitochondries possèdent un patrimoine héréditaire propre, indépendant du patrimoine génétique de la cellule, lequel est concentré dans le noyau sous la forme de chromosomes…</p>
<p>Une fois que les mitochondries ont rassemblé suffisamment de matériau autour d'elles, elles se divisent et donnent à chacune de leurs parties une copie intégrale de leur patrimoine génétique…</p>
<p>Le patrimoine génétique des mitochondries se copie donc inlassablemen, des milliers de fois dans la vie d'une cellule, des millions et des millions de fois au cours de l'histoire des êtres vivants. Ce faisant, il reste totalement indépendant du patrimoine génétique des cellules hôtes. C'est là l'élément essentiel. Car il suit son propre chemin.</p>
<p>Ce « chemin » suivi tout au long de l'histoire de l'homme est précisément l'aspect significatif, derrière lequel se cachait la découverte scientifique sensationnelle. L'information génétique contenue dans les mitochondries se modifie avec le temps : elle subit une mutation. Les finesses de la composition se modifient légèrement, particule par particule. C'est ce que l'on appelle le « tic-tac de l'horloge moléculaire », en voulant dire par là que sur de longues périodes, les structures moléculaires les plus fines du génotype, les plus petites liaisons chimiques, mutent…</p>
<p>Les chercheurs réunis autour de Jim Wainscoat de l'université d'Oxford se sont dit que si l'on comparait la variation de l'ADN des mitochondries chez les différentes races et chez les différents groupes humains, les résultats devraient permettre de déterminer si l'homme moderne avait fait son apparition en plusieurs endroits, autrement dit s'il était issu d'une « espèce de précurseurs », répandu sur un vaste éventail géographique, ou bien s'il avait fait son apparition en un seul endroit précis.</p>
<p>En admettant que la première hypothèse soit juste, la variation de l'ADN des mitochondries devrait être à peu près équivalente chez les représentants de l'espèce humaine d'origines géographiques différentes. Mais si c'est la deuxième hypothèse qui est juste, la variation doit se réduire au fur et à mesure que l'éloignement de l'origine augmente dans l'espace et dans le temps.</p>
<p>Or c'est précisément ce qu'ont montré les résultats des recherches. Mieux encore : on a pu distinguer deux groupes. L'un se caractérise par une haute variabilité : ce sont les Africains. L'autre réunit tous les autres hommes. Ils présentent une variabilité sensiblement plus restreinte en ce qui concerne les différences d'ADN des mitochondries. On dirait même qu'il s'est formé une sorte de « goulot » qui assure la transition entre la multitude de variations dans la population africaine et un taux de variations bien moindre au sein des groupes humains extérieurs à l'Afrique. Plus ces groupes sont éloignés du continent africain, plus les différences s'accentuent, et plus la période qui doit être écoulée pour produire ces différences doit être longue… Une seule explication est conciliable avec ce phénomène : l'homme est né en Afrique… Toutes les découvertes semblent montrer que c'est un petit groupe d'hommes qui quitta initialement l'Afrique et conquit ensuite le monde par sa dispersion. »</p>
<p>“On sait depuis 2010 qu'il y a eu des métissages entre Homo sapiens – également appelé ‘homme moderne' – et Neandertal après que quelques membres de notre espèce ont quitté l'Afrique pour l'Eurasie”, rappelle New Scientist. Et ces métissages ont été si fréquents qu'aujourd'hui “tous les humains non africains possèdent de l'ADN de Neandertal”. La nature des relations entre ces deux hominidés fait couler beaucoup d'encre et suscite de nombreux fantasmes. On peut parier que ce n'est pas fini : des chercheurs, dont les résultats de l'étude viennent de paraître dans Science, montrent en effet l'existence d'un biais sexuel étonnant.</p>
<p>Ce qui a conduit l'équipe de Sarah Tishkoff, de l'université de Pennsylvanie, aux États-Unis, à se plonger dans ce travail, c'est la volonté de “trouver l'explication la plus plausible à la quasi-absence d'ADN néandertalien sur le chromosome X des humains modernes”, indique le journal québécois.</p>
<p>Pour expliquer les “déserts néandertaliens” du chromosome X – c'est-à-dire la présence de vastes régions sans ADN néandertalien sur ce chromosome sexuel –, à la différence des autosomes (les chromosomes non sexuels) qui, eux, ont conservé des traces d'ADN néandertalien, “l'hypothèse qui circulait avançait que le génome de l'humain moderne était meilleur que celui de Neandertal pour ces régions”, explique à IFLScience Alexander Platt, premier auteur de l'étude. Autrement dit, les individus hybrides qui possédaient de l'ADN néandertalien sur le chromosome X n'auraient par exemple vécu pas assez longtemps pour se reproduire. “Je détestais cette hypothèse”, lance le jeune chercheur.</p>
<p>Pour les auteurs, “la meilleure explication est que les néandertaliens et les humains modernes avaient des préférences marquées pour leurs partenaires sexuels”, révèle The New York Times. Avant de détailler : “Les humaines modernes auraient eu des préférences pour les hommes descendants de Neandertal – lesquels transmettent en moyenne un chromosome X à la moitié de leur descendance.” Les mâles transmettent en effet à leur progéniture soit un chromosome sexuel X, soit un chromosome sexuel Y, tandis que les femelles transmettent seulement un chromosome X. “Au fil du temps, il y a eu de moins en moins d'ADN néandertalien dans les chromosomes X des humains modernes”, explique le journal américain.</p>
<p>New Scientist rappelle quant à lui que la préférence d'accouplement entre mâles d'ascendance principalement néandertalienne et femelles d'ascendance principalement humaine moderne peut avoir eu diverses raisons. “Peut-être que les mâles Neandertal aimaient plus les femelles Sapiens que celles de leur propre espèce, ou peut-être que c'étaient les femelles Sapiens qui étaient plus attirées par les Neandertal, ou les deux.”</p>
<p>“Je pense qu'on peut affirmer très peu de choses”, commente Alexander Platt. On ne peut pas dire par exemple si les rapports étaient consentis ou forcés. Le chercheur confie à l'hebdomadaire britannique :</p>
<p>“Ce que l'on sait, en revanche, c'est que [ce phénomène de préférence] s'est produit sur plusieurs générations.”</p>
<p>“Pendant au moins 200 000 ans”, complète Le Devoir.</p>
<p>Que Néanderthal et Sapiens soient deux espèces différentes ou deux sous-espèces, il est certain qu'ils se sont croisés en donnant des enfants viables. D'autre part, il est certain que les êtres humains ont connu des transformations très différentes en formant d'une part Néanderthal et d'autre part Sapiens. Et aussi que leur apparition est un changement brutal et radical. Enfin, il semble bien que le croisement des deux n'ait pas été anecdotique et soit pour quelque chose dans la disparition de Néanderthal. Les enfants de femmes sapiens nés du croisement ont eu une supériorité dans leur immunité que les enfants de femmes Néanderthal. Les hommes néanderthaliens semblent avoir été particulièrement portés sexuellement vers les femmes sapiens, ce qui aurait eu des conséquences déterminantes pour les enfants. En effet, il semble bien que joue un rôle important le fait que le changement d'espèce soit porté plutôt par la femme que par l'homme. Le fait que l'enfant soit porté dans le ventre de la femme entraine qu'elle a une bien plus grande influence que l'homme en termes d'épigénétique. Cette dernière est la contradiction interne de l'héritage des parents chez les enfants. En ce qui concerne les mitochondries, l'influence féminine est de 100% et 0% pour l'homme. Cela signifie que la présence des mitochondries au sein de la cellule vivante est déjà une contradiction interne. Or les mitochondries peuvent évoluer rapidement et notamment subir l'influence d'un changement brutal et radical en termes de météorologie ou d'environnement des autres éléments du vivant.</p>
<p>Tout d'abord, il convient de rappeler une question philosophique concernant l'évolution des espèces. « Normalement », une espèce (conçue de manière non contradictoire) ne devrait pas évoluer. En effet, deux parents de la même espèce ne devraient pas pouvoir donner des enfants d'une autre espèce. Deuxièmement, deux parents de deux espèces différentes ne devraient pas pouvoir avoir d'enfants viables capables eux-mêmes d'enfanter. La génétique de deux espèces différentes ne devrait pas pouvoir se croiser. A moins que les changements soient infinitésimaux et sans grand effet. Donc le changement radical et brutal serait exclu. Il n'y aurait que des tout petits changements neutres et qui ne donneraient une évolution que très lentement et par la sélection darwinienne sur de très longues périodes.</p>
<p>Un petit problème pour cette thèse non dialectique en ce qui concerne par exemple l'évolution des humains. Il semble bien qu'elle se soit faite par des étapes brutales de changement radical, directement d'une espèce à une autre sans passer par toutes les étapes intermédiaires.</p>
<p>En fait, l'évolution n'est possible que si on comprend que le système appelé à évoluer contient en lui-même des capacités de changement brutal que l'on peut appeler des contradictions internes.</p>
<p>Pourquoi parler d'une dialectique à propos de l'évo-dévo ? Parce que cette dynamique oppose sans cesse la conservation et la transformation, ne cesse de construire et de détruire des formes nouvelles, refuse le changement et l'organise sans cesse, crée et supprime la diversité en permanence…</p>
<p>C'est à la fois la dialectique de l'individu et de l'espèce, la dialectique du rapide et du lent, la dialectique des sauts dans les échelles de la matière, dialectique de l'émergence, dialectique de la forme et du contenu, dialectique des patterns (canevas) et process (mécanismes), dialectique du continu et du discontinu, du réductionnisme et du holisme, dialectique de l'anagenèse et de la cladogenèse, dialectique du micromonde et du marcomonde, dialectique du saltationnisme et du gradualisme, etc.</p>
<p>Evolution et développement sont deux modes de transformation des êtres vivants. Le premier agit sur les espèces et le second sur les individus. Mais ils agissent nécessairement en même temps et de manière interactive. Il est impossible d'étudier l'un sans l'autre, de les considérer séparément ou indépendamment.</p>
<p>Par exemple, si on s'en tient à la génétique de l'ADN des cellules vivantes, on ne peut pas avoir de changement radical et brutal parce que les enfants ont simplement la moitié des gènes du père et la moitié des gènes de la mère à condition que les deux parents soient de la même espèce et les enfants sont donc aussi de la même espèce.</p>
<p>C'est seulement si on examine au-delà du contenu biochimique des gènes les modes de régulation de leur activation, ce qu'on appelle l'« épigénétique », que l'on a cette contradiction dialectique qui permet l'évolution. Que l'épigénétique soit indispensable pour piloter la génétique ouvre la possibilité d'influencer l'évolution génétique de l'extérieur et de permettre des changements radicaux et brutaux.</p>
<p>L'apport de l'homme (du père) et de la femme (de la mère) est de même type en termes de génétique de l'enfant, mais il est plus important du côté de la femme en termes d'épigénétique.</p>
<p>Prenons l'exemple des mitochondries. Les premiers êtres vivants, qui regroupent les bactéries et les algues cyanophycées, sont structuralement plus simples, et n'ont pas d'organites dans leur cellule – ni noyau, ni mitochondries.</p>
<p>On considère que l'accroissement de complexité représenté par le passage des procaryotes aux eucaryotes est fondamental, en partie parce que l'on estime que l'organisation eucaryote est le facteur crucial qui a conditionné l'apparition évolutive ultérieure des organismes multicellulaires.</p>
<p>Pour ne citer qu'un seul argument classique : l'évolution darwinienne productrice de complexité a besoin d'abondantes variations dans les caractéristiques des organismes, ceci afin de fournir le matériau nécessaire à la sélection naturelle ; la plupart de ces variations se forment grâce à la reproduction sexuelle, car celle-ci assure le mélange de deux systèmes génétiques différents chez chaque rejeton ; la reproduction sexuelle nécessite un mécanisme pour réaliser de façon exacte la division du matériel génétique, de telle sorte que chaque parent fournissant 50%, les 100% sont reconstitués chez le rejeton ; la méiose, avec sa division réductionnelle des paires de chromosomes, est l'invention biologique qui a permis la division du patrimoine génétique de chaque parent en deux moitiés égales ; les procaryotes, dépourvus de paires de chromosomes et d'autres organites, ne peuvent réaliser une division génétique exacte.</p>
<p>Nous comprenons bien que les organismes multicellulaires avaient besoin de l'apparition évolutive des organites, mais les unicellulaires eucaryotes sont apparus au moins 800 millions d'années avant les animaux multicellulaires - de sorte que le progrès dans la complexification représentée par la vie multicellulaire ne peut avoir été la source de l'apparition des organites.</p>
<p>Il existe une théorie en vogue pour expliquer l'apparition évolutive de certains organites (les mitochondries et les chloroplastes), mais, hélas, pas le noyau - Il n'y a, actuellement, pas de théorie satisfaisante pour celui-ci -. Elle fait appel à un processus de symbiose.</p>
<p>Les mitochondries et les chloroplastes ressemblent de manière étrange à des organismes procaryotes complets (ils possèdent leur propre ADN et ont les mêmes dimensions que les bactéries).</p>
<p>Il est presque certain qu'ils ont dû commencer par être des symbiontes au sein des cellules d'autres espèces bactériennes, et se sont intégrés plus tard à celles-ci de façon plus étroite, ce qui a donné la cellule eucaryote (de telle sorte qu'actuellement chaque cellule de notre corps a le statut évolutif de ces anciennes colonies).</p>
<p>Or, on peut soutenir que les ancêtres des mitochondries ont entamé une vie en symbiose parce qu'ils y ont été poussés par le processus local.</p>
<p>Ces bactéries ont ainsi obtenu une protection ou quelque autre avantage, et n'ont donc pas pénétré dans les cellules eucaryotes primitives afin de permettre à la vie multicellulaire complexe d'apparaître par évolution un milliard d'années plus tard.</p>
<p>La symbiose a été réalisée pour des raisons darwiniennes immédiates ; puis la roue a tourné et le caoutchouc de la symbiose a permis de faire les premiers pas en direction de la vie multicellulaire complexe. »</p>
<p>A l'origine de l' « épigénétique », il y a la découverte du fait que l'hérédité n'est pas entièrement contenue dans les molécules d'ADN, d'ARN et de protéines. En effet, les gènes situés dans l'ADN peuvent être inactivés ou activés à des moments différents pour des raisons qui ne sont pas inhérentes au contenu moléculaire de l'ADN ou d'autres molécules cités précédemment. Un exemple : le mode d'enroulement de l'ADN autour des histones, qui sont des protéines, peut modifier les gènes de l'ADN qui sont activés et ceux qui sont inactivés. Tant que les histones ne se détachent pas de l'ADN, les gènes sont inactivés et leur activation dépend donc du type de liens entre histones et ADN, types qui sont héréditaires. Deuxième exemple d'hérédité épigénétique : la méthylisation de l'ADN au niveau des cytosines. Troisième exemple : des petits ARN dits non codants qui interviennent dans l'état d'activation des gènes. Quatrième exemple de l'importance de l'épigénétique dans le mécanisme cellulaire : toutes les cellules d'un même individu contiennent le même ADN et pourtant elles sont spécialisées, les unes étant neuronales, les autres musculaires ou sanguines. Ce qui les différencie n'est pas le contenu génétique mais le fonctionnement épigénétique du mode d'expression de tels ou tels gènes et pas tels autres au sein de la bibliothèque des gènes que représente l'ADN. Aucun gène qui n'y figure pas ne peut s'exprimer. Par contre, la plupart des gènes est naturellement inactivé s'il n'est pas activé par les protéines et encore faut-il que celles-ci puissent y accéder en fonction de la disposition de l'ADN dans l'espace et de son enveloppement par les molécules de protection spécialisées. Il y a des marqueurs épigénétiques (des enzymes) qui indiquent que tel ou tel gène est activé et tel ou tel autre inactivé. Et, lors de la division cellulaire, ces propriétés sont transmises également : l'épigénétique fait donc partie de l'hérédité.</p>
<p>Les mécanismes de régulation des gènes homéotiques interviennent dans les trois dimensions de l'espace. Expliquons l'importance de la forme des protéines, également en trois dimensions. En effet, les molécules auxquelles elles peuvent se lier pour jouer le rôle d'enzyme des réactions sont celles qui ont une forme volumique où la protéine s'emboîte exactement. Or, on constate que les protéines ont une surface fractale, propriété démontrée par Michelle Lewis et exposée dans un numéro du magazine américain « Science » datant de 1985. Ce phénomène est épigénétique c'est-à-dire en surface du génétique. Cela signifie que ce qui compte n'est pas seulement le contenu chimique des gènes mais la forme des macromolécules. On se trouve en présence d'une cascade d'interactions entre différenciation et forme : une différenciation entraîne une modification de la forme qui produit une nouvelle différenciation, etc... C'est un contrôle épigénétique du développement. Cette interaction avec influence de la forme est une régulation topo-biologique, comme le dit Edelman. On est très loin de l'idée de programmation du type ordinateur qui avait été utilisée pour représenter l'ADN. Un programme informatique est quelque chose de figé et qui n'évolue pas. Le processus est programmé parce qu'il agit sous la dépendance de gènes. Pourtant il est fondé sur un processus aléatoire à un niveau différent, celui des interactions cellulaires et moléculaires. Avec la diversification, le même ADN, le même programme génétique peut produire des cellules diverses suivant les messages reçus des autres cellules. Donc l'histoire suivie par les cellules n'est pas strictement déterminée par les gènes.</p>
<p>Le rôle de l'ADN, en tant que programme, se trouve très relativisé au profit de l'épigénétique, impliquant des interactions moléculaires et tissulaires. Cela change l'histoire des tissus, entraîne l'apparition d'une forme, d'une morphogenèse en trois dimensions conçue comme brisure spontanée de symétrie. On appelle brisure de symétrie l'apparition d'une nouvelle dimension dans un phénomène. C'est par exemple le cas dans la segmentation du corps embryonnaire. C'est encore le cas lors de l'apparition des bras puis des doigts qui sont des brisures de symétrie. C'est ce qui explique comment dans la multiplication cellulaire apparemment identique dans toutes les directions, une orientation particulière est donnée à la forme.</p>
<p>L'épigénétique rajoute aux habituelles molécules génétiques (ADN, ARN et protéines) d'autres molécules influentes elles aussi dans les procédures héréditaires : chromatine, cytosine, histones, etc, qui ne contiennent aucun élément génétique et qui sont déterminants pour savoir si un gène peut ou ne peut pas être accessible à des enzymes appelés « facteurs de transcription » et sans lesquels les gènes ne s'expriment pas même s'ils sont en bon état et présents au bon endroit dans l'ADN.</p>
<p>Le génome mitochondrial humain</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial_humain" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial_humain</a></p>
<p>L'ADN mitochondrial</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/genetique-adn-mitochondrial-4449/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/genetique-adn-mitochondrial-4449/</a></p>
<p>L'apport des hommes et des femmes dans l'héritage biologique des enfants est il identique ?</p>
<p><a href="https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/focus-sciences/entre-mere-et-pere-des-apports-genetiques-pas-tout-a-fait-equivalents" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/focus-sciences/entre-mere-et-pere-des-apports-genetiques-pas-tout-a-fait-equivalents</a></p>
<p><a href="https://www.wishforababy.be/actus/epigenetique/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wishforababy.be/actus/epigenetique/</a></p>
<p><a href="https://www.santelog.com/actualites/epigenetique-la-relation-mere-enfant-se-lit-dans-lepigenome-de-lenfant" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.santelog.com/actualites/epigenetique-la-relation-mere-enfant-se-lit-dans-lepigenome-de-lenfant</a></p>
<p><a href="https://www.genetique-medicale.fr/la-genetique-l-essentiel/les-notions-cles-de-la-genetique/article/les-notions-cles-de-la-genetique-medicale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.genetique-medicale.fr/la-genetique-l-essentiel/les-notions-cles-de-la-genetique/article/les-notions-cles-de-la-genetique-medicale</a></p>
<p><a href="https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/sante-et-biotech/microchimerisme-ces-cellules-etrangeres-qui-nous-veulent-du-bien/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/sante-et-biotech/microchimerisme-ces-cellules-etrangeres-qui-nous-veulent-du-bien/</a></p>
<p>Les mitochondries se transmettent par les femmes…</p>
<p><a href="https://www.afm-telethon.fr/fr/vivre-avec-la-maladie/je-m-informe-sur-les-maladies/comprendre-les-maladies-genetiques/transmission-genetique-mitochondriale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.afm-telethon.fr/fr/vivre-avec-la-maladie/je-m-informe-sur-les-maladies/comprendre-les-maladies-genetiques/transmission-genetique-mitochondriale</a></p>
<p>Au cours de l'évolution, les mitochondries ont conservé leur propre génome, qui, bien que très réduit par rapport à celui d'une bactérie, est essentiel au bon fonctionnement de ces organites. Confiné à l'intérieur des mitochondries, organites qui produisent l'énergie cellulaire, le génome mitochondrial (ADNmt) est distinct de l'ADN contenu dans le noyau. La transmission de cet ADN est non mendélienne car il est uniquement transmis par la mère. Mais il existe de nombreuses exceptions chez les plantes, les champignons et même chez les animaux. <br class='autobr' />
Le génome mitochondrial est particulièrement utilisé en génétique des populations humaines, ou en agronomie, comme marqueur génétique pour la biologie évolutive (« marqueur direct et non ambigu de la généalogie maternelle et de la structuration géographique au sein d'une espèce, ainsi que des échanges génétiques entre populations, entre sous-espèces »[1]). Il se distingue du reste du génome des cellules eucaryotes par son asexualité, qui est à l'origine du phénomène de « stérilité mâle cytoplasmique ».</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_mitochondrial</a></p>
<h2 class="spip">Quel croisement Néanderthal/Sapiens ?</h2>
<p>Les mitochondries ne se transmettant que par les mères, ces études sur l'ADN mitochondrial suggèrent qu'il n'y aurait pas de femmes de Néandertal parmi nos ancêtres. Mais il pourrait y avoir eu croisement entre des hommes de Néanderthal et des femmes Sapiens !</p>
<p>« Néandertal et Sapiens ont eu des relations sexuelles, et des enfants, il y a 80 000 ans, au Proche-Orient. C'est ce que suggère l'analyse de l'ADN néandertalien publiée aujourd'hui dans la revue « Science ». »<br class='autobr' />
« Ce serait donc lors de sa sortie d'Afrique, qu'Homo sapiens aurait rencontré sur sa route des populations néandertaliennes, avant de se répandre dans tout l'ancien monde. « C'est finalement la région où les traces de cohabitation sont les plus claires », estime Pascal Depaepe, archéologue spécialiste de Néandertal, directeur scientifique de l'Institut national de recherches archéologiques préventive. Les sites archéologiques du Proche-Orient montrent que les deux espèces ont partagé cet espace durant plus de 30 000 ans. A l'époque, d'ailleurs, « ils avaient la même technologie lithique [de la pierre, ndlr], le moustérien, et rien ne permettait de le distinguer d'un point de vue culturel alors que leurs différences anatomiques sont évidentes », souligne Depaepe. »</p>
<p>Publiant leurs travaux dans PLoS Genetics, des chercheurs allemands et américains ont pu dater (approximativement) le dernier passage de gènes entre Néandertal et l'Homme anatomiquement moderne. Ils confirment que ces croisements ont eu lieu lorsque le second est sorti d'Afrique pour coloniser l'Eurasie, où il a rencontré le premier. Des recherches antérieures ont mis en évidence, chez les Eurasiens actuels, des traces génétiques issues de l'Homme de Néandertal, attestant d'accouplements anciens entre les deux espèces. La rareté de ces gènes néandertaliens chez les Africains actuels laissait supposer que ce phénomène s'était produit au moment ou Homo sapiens, sortant d'Afrique vers -70 000 à -50 000 ans, avait rencontré au Moyen-Orient son cousin Néandertal. Cependant, il existait aussi une deuxième possibilité. Cet épisode pouvait également avoir eu lieu bien plus tôt, il y a plusieurs centaines de milliers d'années, alors que les ancêtres de chacune des deux espèces cohabitaient encore en Afrique. Lles croisements n'auraient alors concerné qu'une partie de la population sapiens, celle ayant par la suite quitté le continent noir. Pour en avoir le cœur net, des chercheurs de l'Université de Harvard (Massachussetts) et de l'Institut Max Planck (Allemagne) ont estimé à quand remontait le dernier ancêtre commun aux Néandertaliens et aux Européens modernes. Pour ce faire, le Dr Sriram Sankararaman et ses collègues ont mesuré la longueur des fragments d'ADN communs aux deux génomes, et tenu compte de la réduction de taille des gènes qui, à chaque génération, survient lors de la recombinaison chromosomique. En effet, plus les gènes sont anciens, plus ils ont eu le temps de ‘raccourcir'. Résultats : Néandertaliens et Hommes modernes auraient eu leur dernier échange génétique il y a entre 37.000 et 86.000 ans, une fourchette de dates qui corrobore la première des 2 hypothèses, celle du métissage hors d'Afrique il y a quelques dizaines de milliers d'années ‘seulement'.<br class='autobr' />
Alors que de plus en plus de preuves génétiques du croisement entre les homo-sapiens et les néandertaliens sont découvertes, leurs ossements restent désespérément muets. Une étude sur deux espèces de singes d'Amérique Centrale montre que l'hybridation entre primates donne ici des individus qu'il n'est pas possible de distinguer à l'œil nu. Seul leur ADN permet de révéler leurs origines. Pourquoi ne trouve-t-on pas de traces physiques de l'hybridation entre les homo-sapiens et les hommes et femmes de Neandertal ? Cette question reste la plus vive au sujet de la dernière époque où plusieurs espèces du genre homo ont coexisté. Si la génétique a montré de bonnes preuves, l'étude des ossements n'a pour l'instant rien donné. Pour cause une étude, publiée le 7 décembre dans American Journal of Physical Anthropology, indique grâce à deux espèces de singes hurleurs qu'il risque d'être compliqué de découvrir et d'identifier un individu hybride autrement que par son ADN.Entre 1998 et 2008, des populations mexicaines et guatémaltèques de singes hurleurs à manteau, alouatta palliata, et de singes hurleurs du Guatemala, alouatta pigra, ont été soigneusement étudiées par une équipe de l'université du Michigan. Ces deux espèces se sont différenciées il y a trois millions et ne se retrouvent en contact que dans une petite zone partagée dans l'État de Tabasco où des mélanges de population ont lieu. Des hybrides que l'on ne distingue pas à l'œil nuPar analyse génétique, 128 individus hybrides ont pu être identifiés grâce à leur ADN mitochondrial ou nucléaire. Ces singes ont un ADN qui reste pourtant loin d'être réparti équitablement, il est toujours extrêmement proche d'une seule des deux espèces. Visuellement, il est impossible aux chercheurs de distinguer ces hybrides des autres."Ces résultats impliquent que les caractéristiques physiques ne sont pas toujours fiables pour identifier les individus dont les ancêtres étaient des hybrides, conclu Liliana Cortés-Ortiz de l'université du Michigan. Du coup, il est possible que l'hybridation ait été sous-estimée lors de l'étude de fossiles humains."Le génome de l'homme de Neandertal a enfin été séquencé en 2010, ce qui avait permis aux chercheurs de constater qu'1 à 4 % de l'ADN des hommes modernes provenait bien de ce lointain cousin, disparus il y a 30 000 ans. Reste à savoir si cela est bien dû à des croisements car, comme l'affirment certains chercheurs, une telle reproduction n'aurait eu qu'un succès statistiquement très faible.</p>
<p>Les généticiens ont étudié l'ADN d'une néandertalienne retrouvée dans la grotte de l'Altaï, où ont déjà été trouvés des restes d'une autres espèce (appelée pour l'instant l'Homme de Denisova).<br class='autobr' />
L'équipe a isolé le chromosome 21 issu de l'ADN de cette néandertalienne de Sibérie et l'a comparé avec le chromosome 21 de l'ADN de l'homme moderne et celui de deux autres Néandertaliens (grotte El Sidrón, en Espagne, et grotte Vindija, en Croatie). Le résultat est inattendu puisque le Néandertalien de l'Altaï partage plus d'ADN avec les hommes modernes qu'avec les deux autres Néandertaliens européens ! Au global, les chercheurs ont trouvé qu'environ 1 % à 7,1 % de l'ADN de cette néandertalienne sibérienne de 50 000 ans avait des traces d'ADN d'Homo sapiens.<br class='autobr' />
Les précédentes études génétiques montraient que les premiers hommes modernes et les Néandertaliens s'étaient mélangés il y a environ 47 000 à 65 000 ans. La preuve de métissage paléolithique a été découverte lorsque les chercheurs ont trouvé des traces de l'ADN néandertalien dans celui de l'homme moderne. Aujourd'hui, on estime qu'environ 1,5 % à 4% du génome des non-Africains est composé ADN de Néandertal.<br class='autobr' />
Avec cette nouvelle étude, il apparaît que les premiers métissages ont eu lieu il y a bien plus longtemps. Lorsque les premiers groupes d'humains modernes se sont déplacés hors de l'Afrique, ils ont pu rencontrer et s'accoupler avec des Néandertaliens il y a un peu plus de 100 000 ans. Cette rencontre a pu se faire dans la riche vallée du Nil, le long des collines côtières du Moyen-Orient, ou dans la péninsule arabique. Lorsque Homo sapiens s'est répandu ensuite en Eurasie, il portait déjà en lui de l'ADN de Néandertal dans ses cellules.<br class='autobr' />
Ce premier groupe d'hommes modernes s'est ensuite éteint, mais son ADN a persisté dans la Néandertaliens qui ont migré en Sibérie. Il y a 50 000 ans, un autre groupe d'hommes modernes a quitté l'Afrique et a croisé à nouveau les Néandertaliens d'Eurasie. A nouveau les deux espèces ont eu des rapports sexuels féconds.<br class='autobr' />
En résumé, Homo sapiens s'est métissé au moins à deux reprises avec les Néandertaliens puis, ensuite, avec l'Homme de Denisova. Ce dernier, par ailleurs, porte également en lui de l'ADN archaïque d'un hominidé que certains chercheurs identifient comme Homo erectus.<br class='autobr' />
On savait l'histoire de l'humanité buissonnante, avec des rameaux qui naissent et d'autres qui disparaissent. On découvre maintenant avec la génétique que plusieurs espèces ont été suffisamment proches pour se métisser et disséminer quelques morceaux d'ADN...</p>
<p>Pour que l'évolution ait lieu, il faut un choc appelé « stress » qui suspend les mécanismes de conservation internes comme les hsp ou les mécanismes immunologiques qui sélectionnent le soi et éliminent le non-soi. Les chocs climatiques, environnementaux (comme l'apparition d'une atmosphère d'oxygène, les changements des pôles ou celle des plantes ou encore un volcanisme intense) sont la cause de ces agressions qui mobilisent les mécanismes de conservation et libèrent les tendances spontanées du matériel génétique à produire de la diversité. Une espèce ou une série d'espèces se voient ainsi capables de produire, brutalement donc sans grand changement du matériel génétique de base, des espèces nouvelles. Ce n'est nullement un changement lent et continu mais une spéciation brutale d'une ou plusieurs espèces et chaque espèce pouvant ouvrir une ou plusieurs voies nouvelles. Dans le cas de l'homme, il semble bien qu'il se soit agi d'une évolution en buisson avec plusieurs voies différentes ouvertes en même temps. Donc il n'y a pas eu évolution des pré-singes vers les pré-hommes mais multiplication des évolutions des pré-singes vers toutes sortes de singes nouveaux dont les humanoïdes. Ces nouvelles espèces semblent bel et bien s'être croisées et notamment on remarque que les lignées humaines ont des points communs avec les lignées orang-outan, les lignées chimpanzés et les lignées gorilles. Aucune de ces quatre lignées, homme compris, n'est directement issue d'un arbre précédent. Il y a eu recroisement entre les pré-espèces. C'est ce type de phénomène que l'on peut à bon droit appeler développement inégal et combiné. Les transformations sont inégales et se recombinent ensuite.</p>
<p>Les néandertaliens ont mené une existence nomade en Europe et en Asie occidentale pendant 200.000 ans avant de disparaître de façon assez brutale et jusqu'ici inexpliquée malgré des tentatives d'hypothèses invérifiées. On est sûr d'une seule chose : ils ont coexisté avec les Cro-Magnon, dans certaines régions, sur certains sites, aux mêmes époques. On a pu récupérer des ossements néandertaliens vieux par exemple de 30.000 ans et y récupérer l'ADN. Cela a été fait pour la première fois en 1997. Grâce à la technique de réaction de polymérisation en chaîne, les chercheurs ont pu amplifier un million de fois une séquence de 378 nucléotides d'ADN mitochondrial néandertalien. La réponse de cette étude a été : pas de séquence commune dans l'ADN et donc pas de croisement. Cependant on a depuis réussi à trouver une séquence du génome néandertalien réalisée par Svante Pääbo (2010. Science. 328 :710-721), qui suggère plutôt 2% de croisements. C'est très faible mais pas nul. Comment sait-on que ce n'est pas des gènes communs dus à l'ancêtre commun ? Simplement par le fait que la plupart des humains n'ont pas ces gènes communs. Ils ne proviennent donc pas des ancêtres communs au Cro-Magnon et au Néandertalien. Ils ne peuvent provenir que de croisements. La proximité géographique, historique et morphologique permet de ne pas s'étonner de la possibilité de tels croisements, surtout en nombre faible. La seule chose qui reste inconnu, c'est si ces croisements sont à la racine de la disparition des Néandertaliens, par exemple du fait que les hommes néandertaliens auraient pu préférer enlever des femmes Cro-Magnon, plus fines. Dans ce cas, les femmes néandertaliennes n'auraient plus eu de descendance et les quelques gènes communs seraient le seul reste actuel de l'existence des Néandertaliens. D'après les études du génome, les principaux caractères néandertaliens apparaissent dès 350.000 ans mais l'ensemble des caractères ne sont acquis que vers 130.000 ans. Les plus anciens pré-néandertaliens ont entre 500.000 et 350.000 ans. Lorsque des évolutions génétiques se retrouvent chez les néandertaliens et pas les prénéandertaliens, et qu'on les retrouve chez CroMagnon, on peut être sûr qu'il y a eu croisement. On pourrait aussi penser que Néandertal est tout simplement notre ancêtre mais on a dû renoncer à cette idée du fait de la découverte dans l'ADN mitochondrial de paires de base qui diffèrent des nôtres (sapiens sapiens). Actuellement, une majorité de chercheurs estiment au vu des résultats des analyses génétiques que le matériel commun (et non commun aux pré-néandertaliens et pré-sapiens) serait entre 12% et 25%. La plupart des chercheurs penchent plutôt pour 12%.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2981</a></p>
<p>Les liens entre Néanderthal et Sapiens</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6600" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6600</a></p>
<p>Différentes espèces humaines se sont bel et bien croisées…</p>
<p><a href="https://www.20minutes.fr/sciences/2324255-20180822-os-enfant-prouve-deux-especes-humaines-bien-accouplees-50000-ans" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.20minutes.fr/sciences/2324255-20180822-os-enfant-prouve-deux-especes-humaines-bien-accouplees-50000-ans</a></p>
<p>Pourquoi Néanderthal a disparu ? On a remarqué notamment la plus grande attractivité physique des femmes sapiens sapiens pour les hommes néandertaliens, celles-ci étant plus fines et élégantes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5470" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5470</a></p>
<p>L'enfant de Lapedo, le squelette qui renforce la théorie du croisement entre Néandertaliens et humains</p>
<p>Âgé d'environ 4 ans, ce squelette a été enterré sur ce site du Portugal il y a environ vingt-neuf mille ans.<br class='autobr' />
La particularité de son corps a attiré l'attention des archéologues qui ont commencé à fouiller le site.<br class='autobr' />
"L'anatomie de l'enfant avait quelque chose d'étrange. Lorsque nous avons trouvé la mâchoire, nous savions qu'il s'agissait d'un humain moderne, mais lorsque nous avons exposé le squelette complet (...) nous avons vu qu'il avait les proportions corporelles d'un Néandertalien", a expliqué à la BBC João Zilhão, archéologue et chef de l'équipe qui a travaillé sur la découverte.</p>
<p><a href="https://www.bbc.com/afrique/monde-67532838" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bbc.com/afrique/monde-67532838</a></p>
<p>On a cessé de renier nos ancêtres néandertaliens !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article1940" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1940</a></p>
<p>On sait aujourd'hui que les humains et les Néandertaliens se sont croisés pendant plusieurs milliers d'années.</p>
<p>Il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle néandertalien par celui de « sapiens », montre une étude dans « Science ».</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/09/29/les-tribulations-du-chromosome-y-entre-sapiens-et-neandertal_6053997_1650684.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/09/29/les-tribulations-du-chromosome-y-entre-sapiens-et-neandertal_6053997_1650684.html</a></p>
<p>"Certains gènes de notre génome, notamment des gènes impliqués dans l'immunité et plus précisément des gènes impliqués dans l'immunité innée, c'est-à-dire notre première ligne de défense contre les pathogènes, seraient hautement enrichis en Néandertal. Et chez les Européens, certains gènes auraient jusqu'à 60% d'héritage de Néandertal, notamment des gènes impliqués dans la réponse aux infections virales", explique Lluis Quintana-Murci, directeur de recherche à l'Institut Pasteur-CNRS. C'est en partie grâce à ce métissage qu'Homo sapiens a pu poursuivre sa colonisation de l'Europe et de l'Asie.<br class='autobr' />
En 2010, des scientifiques ont décrypté le génome de l'homme de Néandertal à partir d'ADN, une étude majeure qui a confirmé que les Homo Sapiens et les Néandertaliens s'étaient effectivement croisés. <br class='autobr' />
La plupart des gens vivant aujourd'hui possèdent quelques fragments résiduels d'ADN de cette espèce disparue, hérités d'un métissage qui a eu lieu entre les deux espèces. <br class='autobr' />
Les recherches indiquent que les deux groupes descendent d'une population installée en Afrique il y a quelques millions d'années. Au fil de centaines de millénaires, les migrations humaines ont entraîné des métissages entre les deux groupes. <br class='autobr' />
Pourtant, les humains modernes présentent peu ou pas d'ADN néandertalien sur le chromosome X, l'un des deux chromosomes humains qui déterminent le sexe du fœtus. <br class='autobr' />
On supposait que cela résultait de la sélection naturelle. Mais une nouvelle étude menée par l'université de Pennsylvanie suggère que ce phénomène résulterait en fait de « préférences de reproduction ». <br class='autobr' />
L'équipe a analysé de l'ADN humain moderne préservé chez un homme de Néandertal et a constaté qu'il était particulièrement abondant sur le chromosome X, exactement l'inverse de ce que l'on observe chez l'humain. <br class='autobr' />
Ce résultat leur a permis d'écarter l'idée d'une incompatibilité reproductive entre les espèces. <br class='autobr' />
Au contraire, le flux génétique « s'est produit principalement entre des mâles néandertaliens et des femelles humaines anatomiquement modernes », explique Alexander Platt, chercheur principal de l'étude. <br class='autobr' />
Étant donné que les femmes possèdent deux chromosomes X et les hommes un seul, alors si les mâles néandertaliens et les femelles humaines modernes s'accouplaient plus fréquemment, davantage de chromosomes X humains pénétraient le pool génétique néandertalien et moins de chromosomes X néandertaliens se retrouvaient dans les populations humaines. <br class='autobr' />
D'autres raisons pouvaient être avancées, mais ces pratiques d'accouplement anciennes « fournissent l'explication la plus simple », affirme Alexander Platt. <br class='autobr' />
Une autre question subsiste : pourquoi ? Les hommes de Néandertal et les femmes humaines auraient pu avoir des relations par choix, violence ou contrainte. <br class='autobr' />
Les chercheurs espèrent désormais analyser les raisons qui pourraient nous aider à mieux comprendre comment ce modèle d'accouplement s'est développé. <br class='autobr' />
Parmi les possibilités, les dynamiques entre les hommes et les femmes dans la société néandertalienne ou les habitudes migratoires. Il est possible, par exemple, que les hommes aient été plus enclins à quitter leur communauté tandis que les femmes restaient avec leurs familles.</p>
<p><a href="https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2026-02-27/la-vie-sexuelle-des-hommes-de-neandertal-et-des-femmes-homo-sapiens-etudiee.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lapresse.ca/actualites/sciences/2026-02-27/la-vie-sexuelle-des-hommes-de-neandertal-et-des-femmes-homo-sapiens-etudiee.php</a></p>
<p>L'étude de l'évolution de l'ADN mitochondrial a permis de dater avec plus de précision les échanges entre Néanderthal et Sapiens…</p>
<p><a href="https://planet-vie.ens.fr/thematiques/evolution/lignee-humaine/adn-mitochondrial-homo-sapiens-et-homo-neanderthalensis" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://planet-vie.ens.fr/thematiques/evolution/lignee-humaine/adn-mitochondrial-homo-sapiens-et-homo-neanderthalensis</a></p>
<p><a href="https://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/enseignement-de-levolution/analyses/adn-mitochondrial" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/evolution/enseignement-de-levolution/analyses/adn-mitochondrial</a></p>
<p>Il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle néandertalien par celui de sapiens. On savait déjà, en 2010, qu'il y avait rencontre entre 40 000 et 60 000, car des traces de 1% à 4% de notre ADN sont héritées de Néandertal, qui lui a disparu il y a 30 000 ans.</p>
<p>L'histoire génétique des Européens est en partie dévoilée grâce à une étude génétique de grande ampleur sur l'ADN européen ancien. Les scientifiques ont séquencé le génome complet de 51 humains ayant vécu entre - 45 000 et - 7000 et ils ont démontré que jusque vers -14 000, tous les européens étaient issus de la même population fondatrice elle même divisée en deux branches distinctes. Cette étude montre aussi que différentes branches de cette population fondatrice ont contribué à l'ADN des européens actuels. Elle montre également une diminution de 6 à 2% de la composante néandertalienne dans le génome des premiers européens et cette diminution résulterait d'un processus de sélection négative vis a vis de cet ADN.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/le-metissage-des-hommes-du-passe-2401593" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/le-metissage-des-hommes-du-passe-2401593</a></p>
<p>Une nouvelle étude d'ADN montre que les femmes humaines avaient un faible pour les hommes de Neandertal</p>
<p><a href="https://fr.euronews.com/culture/2026/03/09/une-nouvelle-etude-dadn-montre-que-les-femmes-humaines-avaient-un-faible-pour-les-hommes-d" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.euronews.com/culture/2026/03/09/une-nouvelle-etude-dadn-montre-que-les-femmes-humaines-avaient-un-faible-pour-les-hommes-d</a></p>
<p>L'Homme de Néandertal était-il le Roméo de la préhistoire ?</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/sciences/evolution-homme-de-neandertal-etait-il-le-romeo-de-la-prehistoire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/sciences/evolution-homme-de-neandertal-etait-il-le-romeo-de-la-prehistoire</a></p>
<p>Unions préhistoriques : les hommes néandertaliens se tournaient davantage vers les femmes Homo sapiens</p>
<p><a href="https://trustmyscience.com/unions-prehistoriques-hommes-neandertaliens-tournaient-davantage-vers-femmes-homo-sapiens/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://trustmyscience.com/unions-prehistoriques-hommes-neandertaliens-tournaient-davantage-vers-femmes-homo-sapiens/</a></p>
<p>Loin d'être anecdotiques, les unions entre Néandertaliens et humains modernes ont marqué durablement notre évolution. Une nouvelle étude vient aujourd'hui démontrer que ces relations obéissaient à un schéma précis, où le sexe des partenaires jouait un rôle clé. Ce qui expliquerait une absence intrigante dans notre patrimoine génétique.</p>
<p>De nouvelles analyses génétiques, dont les résultats ont été publiés jeudi 26 février dans la revue Science, viennent de révéler un déséquilibre frappant dans ces unions préhistoriques. "Nous avons observé un schéma indiquant une prédominance des croisements entre les sexes", expose le Dr Alexander Platt, auteur principal et chercheur à l'Université de Pennsylvanie.</p>
<p>Ces "croisements" se faisaient principalement entre des hommes de Néandertal et des femmes Homo sapiens. Beaucoup plus rarement entre des Néandertaliennes et des hommes de Cro-Magnon. Un modèle de reproduction ancestral qui a laissé une trace jusque dans notre ADN, car très peu de séquences néandertaliennes se retrouvent dans le chromosome X humain.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/sciences/les-chercheurs-identifient-un-biais-sexuel-dans-les-amours-prehistoriques-entre-neandertaliens-et-humains-modernes-231092" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/sciences/les-chercheurs-identifient-un-biais-sexuel-dans-les-amours-prehistoriques-entre-neandertaliens-et-humains-modernes-231092</a></p>
<p>Les Néandertaliens mâles se seraient davantage accouplés avec des femmes sapiens !</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-neandertaliens-males-seraient-davantage-accouples-femmes-sapiens-131781/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-neandertaliens-males-seraient-davantage-accouples-femmes-sapiens-131781/</a></p>
<p>L'histoire du métissage entre les "homo sapiens" et les hommes de Néandertal éclairée par deux études</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/l-histoire-du-metissage-entre-les-homo-sapiens-et-les-hommes-de-neandertal-eclairee-par-deux-etudes_6960623.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/l-histoire-du-metissage-entre-les-homo-sapiens-et-les-hommes-de-neandertal-eclairee-par-deux-etudes_6960623.html</a></p>
<p>Croisement de néanderthal et sapiens : c'est la femme sapiens qui aurait gagné la partie en se croisant avec les hommes néanderthaliens, et en permettant ainsi à l'immunité des sapiens de s'enrichir.</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-neandertaliens-males-seraient-davantage-accouples-femmes-sapiens-131781/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-neandertaliens-males-seraient-davantage-accouples-femmes-sapiens-131781/</a></p></div>
La lutte des femmes contre l'esclavage
http://matierevolution.org/spip.php?article8736
http://matierevolution.org/spip.php?article87362026-02-02T23:52:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes women
<p>La lutte des femmes contre l'esclavage <br class='autobr' />
L'esclavage des femmes, ce n'est pas seulement des pays comme l'Iran, l'Afghanistan, la Libye, la Mauritanie et des pays très pauvres du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Asie qui le connaissent. Il concerne les pays de l'Est mais aussi de l'Ouest, du Sud mais aussi du Nord. C'est le plus souvent un esclavage sexuel à but lucratif. Dans le monde occidental dit démocratique, la pornographie cache généralement un esclavage des femmes et notamment des jeunes (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory">11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION </a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La lutte des femmes contre l'esclavage</h2>
<p>L'esclavage des femmes, ce n'est pas seulement des pays comme l'Iran, l'Afghanistan, la Libye, la Mauritanie et des pays très pauvres du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Asie qui le connaissent. Il concerne les pays de l'Est mais aussi de l'Ouest, du Sud mais aussi du Nord. C'est le plus souvent un esclavage sexuel à but lucratif. Dans le monde occidental dit démocratique, la pornographie cache généralement un esclavage des femmes et notamment des jeunes femmes.</p>
<p>Rappeler le combat passé des femmes esclaves n'est pas seulement faire un rappel historique mais aussi mener un combat actuel…</p>
<p><a href="https://flam-mauritanie.org/la-resistance-des-femmes-de-nder-talaata-i-nder-7-mars-1820-7-mars-2020-un-episode-marquant-et-symbolique-de-la-lutte-contre-lesclavage/" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2843259-20200823-journee-internationale-souvenir-traite-negriere-trois-femmes-puissantes-combattu-esclavage" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/en-regions/dix-femmes-en-lutte-contre-l-esclavage-une-histoire-racontee-au-musee-schoelcher-de-fessenheim_4077307.html" class="spip_out" rel="external">Texte 3</a></p>
<p><a href="https://information.tv5monde.com/terriennes/hommage-aux-femmes-esclaves-heroines-meconnues-29090" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p>
<p><a href="https://blogs.mediapart.fr/sylvia-duverger/blog/191221/le-combat-d-olympe-de-gouges-contre-l-esclavage" class="spip_out" rel="external">Texte 5</a></p>
<p><a href="http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte" class="spip_out" rel="external">Texte 6</a></p>
<p><a href="https://la1ere.francetvinfo.fr/quelques-figures-femmes-au-coeur-esclavages-829602.html" class="spip_out" rel="external">Texte 7</a></p>
<p><a href="http://collectifmemoireesclavagemontpellier.e-monsite.com/pages/femmes-dans-la-lutte-contre-l-esclavage.html" class="spip_out" rel="external">Texte 8</a></p>
<p><a href="https://books.openedition.org/pur/128499?lang=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 9</a></p>
<p><a href="https://www.biblio.sitpi.fr/SIGB/doc/SYRACUSE/2664000/wake-l-histoire-cachee-des-femmes-meneuses-de-revoltes-d-esclaves-rebecca-hall?_lg=fr-FR" class="spip_out" rel="external">Texte 10</a></p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33366447/f7.item" class="spip_out" rel="external">Texte 11</a></p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33366447?rk=21459;2" class="spip_out" rel="external">Texte 12</a></p>
<p>L'esclavage et la lutte continuent…</p>
<p><a href="https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2008-2/une-esclave-pour-500-euros" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/prostitution-il-faut-sortir-ces-personnes-esclavage-sexuel-1851698.html" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_sexuel" class="spip_out" rel="external">Texte 3</a></p>
<p><a href="https://news.un.org/fr/story/2023/03/1133677" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p></div>
Le combat du peuple iranien est celui de tous les travailleurs du monde !
http://matierevolution.org/spip.php?article9449
http://matierevolution.org/spip.php?article94492026-01-27T23:25:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisRévolutionIranFemmes women
<p>Au diable, en enfer, à la poubelle la dictature des ayatollahs et des profiteurs du régime, NON au retour de la royauté, ni du féodalisme, ni de l'impérialisme, pas de victoire ni d'influence de Nétanyahou, ni de Trump en Iran ! <br class='autobr' />
Le combat du peuple iranien qui se soulève en masse est celui des travailleurs, des femmes, des jeunes pour la liberté, contre la dictature, contre les chefs religieux, contre l'impérialisme. C'est notre combat même si les directions réformistes et opportunistes (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag">Iran</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/capture-20220920231446-1080x701-1.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/capture-20220920231446-1080x701-1-c8f09.jpg?1792768189' width='500' height='325' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/hq720sd-6f64b.jpg?1792768189' width='500' height='281' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/signal-2026-01-10-121105.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/signal-2026-01-10-121105-df28f.jpg?1792768189' width='500' height='625' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/signal-2026-01-14-231302-819x1024.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/signal-2026-01-14-231302-819x1024-db6d8.jpg?1792768189' width='500' height='625' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/317266044_530217409148753_1621024862136660573_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH513/317266044_530217409148753_1621024862136660573_n-99d71.jpg?1792768189' width='500' height='513' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L318xH159/sans_titre-21-85e34.jpg?1792768189' width='318' height='159' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/g-ipzrhxqaad5gt.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/g-ipzrhxqaad5gt-79d46.jpg?1792768189' width='500' height='750' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/1000055606.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000055606-9ab30.jpg?1792768189' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/1000055611.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000055611-3e15b.jpg?1792768190' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/1000055763.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000055763-e5c13.jpg?1792768190' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/en_iran_comme_en_france_et_ailleurs_libe_ration_des_femmes_et_libe_ration_des_exploite_s_sont_inse_parables-9a428-12e4c.jpg?1792768190' width='500' height='419' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/affiche_iran_modifie_-631e5.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/affiche_iran_modifie_-631e5-b4d96.jpg?1792768190' width='500' height='707' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Au diable, en enfer, à la poubelle la dictature des ayatollahs et des profiteurs du régime, NON au retour de la royauté, ni du féodalisme, ni de l'impérialisme, pas de victoire ni d'influence de Nétanyahou, ni de Trump en Iran !</h2>
<p>Le combat du peuple iranien qui se soulève en masse est celui des travailleurs, des femmes, des jeunes pour la liberté, contre la dictature, contre les chefs religieux, contre l'impérialisme. C'est notre combat même si les directions réformistes et opportunistes des autres pays ne lèvent pas le petit doigt pour cette lutte !</p>
<p>Où va l'Iran ?</p>
<p>Il n'y a pas d'autre solution que la mutinerie des soldats rejoignant le peuple travailleur !</p>
<p>Une lutte à mort a commencé entre la dictature et le peuple et tout est encore en suspens dans l'avenir de l'Iran. Tout dépendra de ce que feront les travailleurs, s'ils s'organiseront à nouveau en shoras, y prendront eux-mêmes toutes les décisions concernant les luttes et l'avenir de l'Iran, s'ils feront chuter le pouvoir en mettant de leur côté la base de la police et de l'armée et s'ils décideront eux-mêmes du type de pouvoir qu'ils veulent mette en place...</p>
<p>C'est une révolution, non seulement parce que le but déclaré est le renversement du pouvoir d'Etat mais aussi parce que ce mouvement veut tout remettre en cause, l'ordre politique et religieux mais aussi l'ordre social et économique, supprimer le fossé entre riches et pauvres, entre hommes et femmes...</p>
<p>Soulignons que le soutien prétendu de Trump, de Nétanyahou et des « démocraties occidentales » est parfaitement hypocrites : elles ne soutiennent pas et ne soutiendront jamais une révolution ! Pas plus en Iran qu'ailleurs…</p>
<p>Après des jours de déni et de censure, le guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, a fini par reconnaître l'ampleur du bain de sang en Iran en qualifiant les manifestants de « terroristes ». Plus de 52 000 agents répressifs – pasdarans, bassidjis et mercenaires irakiens du Hachd al-Chaabi – sont mobilisés pour tenter d'étouffer l'explosion sociale.</p>
<p>Ce n'était pas un maintien de l'ordre, mais une véritable opération militaire. Durant 72 heures, le régime a utilisé des mitrailleuses lourdes de type Douchka contre des civils non armés. Des tireurs d'élite, postés sur les toits, visaient délibérément les organes vitaux. Plus abominable encore : de multiples témoignages font état de blessés achevés d'un coup de grâce avant l'enlèvement discret de leurs corps, afin d'effacer toute preuve du massacre.</p>
<p>Les hôpitaux se sont transformés en centres d'arrestation. De nombreux blessés sont alors morts dans la clandestinité pour échapper à la torture ou à la détention. Les images de la morgue de Kahrizak ont provoqué un choc international : des piles de cadavres entassés à même le sol, symbole glaçant d'une barbarie systématique et assumée.</p>
<p>Face à l'extension rapide du mouvement, les autorités iraniennes ont déployé leurs méthodes de répression les plus extrêmes : usage de balles réelles contre des civils non armés, arrestations massives et coupure quasi totale d'Internet à l'échelle nationale. Selon NetBlocks, organisme indépendant de surveillance du réseau, le pays est plongé dans un black-out numérique depuis le 8 janvier, une mesure destinée à isoler la population et à dissimuler la violence de la répression à la communauté internationale.</p>
<p>C'est un soulèvement révolutionnaire qui se construit...</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-12-janvier-2026-5131260" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-12-janvier-2026-5131260</a></p>
<div class='spip_document_17234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/1000056639.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000056639-47aff.jpg?1792768190' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/1000056642.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000056642-a2fbc.jpg?1792768190' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8600" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8600</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7361" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7361</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1191" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1191</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7032" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7032</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7446" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7446</a></p>
<div class='spip_document_17222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/webp/808x1138_cmsv2_1ae17900-cfd9-5e82-83db-6f9e6633e489-7453802.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='http://matierevolution.org/IMG/webp/808x1138_cmsv2_1ae17900-cfd9-5e82-83db-6f9e6633e489-7453802.webp?1769415435' width="808" height="1138" alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/iran-revolution-en-marche.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH278/iran-revolution-en-marche-ad212.jpg?1792768190' width='500' height='278' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">De la vie chère au soulèvement et à sa répression violente </h2>
<p>Affrontements persistants à Téhéran, Tabriz, Izeh, Eslamshahr, Aineh-Vand – 20 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/22/vie-chere-soulevement-affrontements-persistants-a-teheran-tabriz-izeh-eslamshahr-aineh-vand-20-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/22/vie-chere-soulevement-affrontements-persistants-a-teheran-tabriz-izeh-eslamshahr-aineh-vand-20-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : affrontements à Téhéran, Khoy, Eslamshahr, Kermanshah et Sarpol-e Zaha – 19 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/21/vie-chere-soulevement-affrontements-a-teheran-khoy-eslamshahr-kermanshah-et-sarpol-e-zaha-19-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/21/vie-chere-soulevement-affrontements-a-teheran-khoy-eslamshahr-kermanshah-et-sarpol-e-zaha-19-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvements : escarmouches à Téhéran, Khoy, Islamchahr, Kermanchah, Taq-e Bostan et Sarpol-e Zahab – 17-18 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/20/vie-chere-soulevements-escarmouches-a-teheran-khoy-islamchahr-kermanchah-taq-e-bostan-et-sarpol-e-zahab-17-18-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/20/vie-chere-soulevements-escarmouches-a-teheran-khoy-islamchahr-kermanchah-taq-e-bostan-et-sarpol-e-zahab-17-18-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement et répression : affrontements sporadiques à Téhéran, Zahedan, Kermanchah… – 17 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/18/vie-chere-soulevement-affrontements-sporadiques-a-teheran-zahedan-kermanchah-17-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/18/vie-chere-soulevement-affrontements-sporadiques-a-teheran-zahedan-kermanchah-17-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : guérilla à Téhéran, Rafsandjan, Khorramabad, Kermanchah, Ispahan, Machhad…. – 15 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/17/vie-chere-soulevement-guerilla-a-teheran-rafsandjan-khorramabad-kermanchah-ispahan-machhad-15-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/17/vie-chere-soulevement-guerilla-a-teheran-rafsandjan-khorramabad-kermanchah-ispahan-machhad-15-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : répression à Téhéran, Mashhad, Kermanshah, Shahr-e Babak… – 14-15 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/16/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-mashhad-kermanshah-shahr-e-babak-14-15-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/16/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-mashhad-kermanshah-shahr-e-babak-14-15-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : répression à Téhéran, Ekbatan, Naziabad, Machhad, Kermanchah, Taq-e Bostan, Chahr-e Babak, Kerman, Chiraz, Tabriz, Ispahan – 14 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/15/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-ekbatan-naziabad-machhad-kermanchah-taq-e-bostan-chahr-e-babak-kerman-chiraz-tabriz-ispahan-14-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/15/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-ekbatan-naziabad-machhad-kermanchah-taq-e-bostan-chahr-e-babak-kerman-chiraz-tabriz-ispahan-14-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : répression à Téhéran, Ispahan, Chiraz, Izeh,Bandar Abbas, Ahwaz, Shadegan, Karadj, Kish, Meshkan, Malekchahr, Nadjafabad, Falavardjan et Yazdanchahr . Bilan officiel : 2000 morts – 13 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/14/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-ispahan-chiraz-izehbandar-abbas-ahwaz-shadegan-karadj-kish-meshkan-malekchahr-nadjafabad-falavardjan-et-yazdanchahr-13-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/14/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-ispahan-chiraz-izehbandar-abbas-ahwaz-shadegan-karadj-kish-meshkan-malekchahr-nadjafabad-falavardjan-et-yazdanchahr-13-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : répression à Téhéran, Kermanchah, Hamadan, Izeh, Ahwaz, Mahdacht, Karadj, Bandar Abbas, Kahrizak, Tabriz, Rasht, Kazeroun . Insurrection à Ispahan, Qouchan, Babol – 12 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/13/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-kermanchah-hamadan-izeh-ahwaz-mahdacht-karadj-bandar-abbas-kahrizak-tabriz-rasht-kazeroun-insurrection-a-ispahan-qouchan-babol-12-janvier/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/13/vie-chere-soulevement-repression-a-teheran-kermanchah-hamadan-izeh-ahwaz-mahdacht-karadj-bandar-abbas-kahrizak-tabriz-rasht-kazeroun-insurrection-a-ispahan-qouchan-babol-12-janvier/</a></p>
<p>Vie chère/soulèvement : répression et résistance à Téhéran, Kermanchah, Guilan-e-Gharb, Racht, Ispahan, Qorveh, Machhad, Chiraz, Kazeroun, Tabriz, Oroumieh, Qom, Qazvine, Sanandaj, Izeh, Darreh-Darij, Hamedan, Ahwaz, Karaj, Gonbad-e-Kavous, Qouchan, Kerman, Saqqez, Abdanan, Shahr‐e Kord, Chaharmahal et les provinces de Bakhtiari et Lorestan- 10 et 11 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/12/vie-chere-soulevement-repression-et-resistance-a-teheran-kermanchah-guilan-e-gharb-racht-ispahan-qorveh-machhad-chiraz-kazeroun-tabriz-oroumieh-qom-qazvine-sanandaj-izeh-darreh-darij/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/12/vie-chere-soulevement-repression-et-resistance-a-teheran-kermanchah-guilan-e-gharb-racht-ispahan-qorveh-machhad-chiraz-kazeroun-tabriz-oroumieh-qom-qazvine-sanandaj-izeh-darreh-darij/</a></p>
<p>Vie chère : soulèvement et répression dans 190 villes dont Téhéran, Roudbar, Karadj, Aligoudarz, Ispahan, Chiraz, Chahrekord, Sanandaj, Qazvine, Qom, Racht, Bouchehr, Nichapour, Ispahan, Chiraz, Kermanchah, Tabriz, Izeh, Mashhad – 10 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/11/vie-chere-soulevement-et-repression-dans-190-villes-dont-teheran-roudbar-10-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/11/vie-chere-soulevement-et-repression-dans-190-villes-dont-teheran-roudbar-10-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère/internet coupé. Soulèvement et répression dans 173 villes dont Téhéran, Karadj, Zahédan, Foladshahr, Ispahan, Zarrinshahr, Andisheh, Andimeshk, Shiraz, Gorgan, Bijar, Lomar, Islamabad, Hamadan – 8-9 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/10/vie-chere-internet-coupe-soulevement-et-repression-dans-173-villes-dont-teheran-karadj-zahedan-foladshahr-ispahan-zarrinshahr-andisheh-andimeshk-shiraz-gorgan-bijar-lomar-islamabad-8-9/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/10/vie-chere-internet-coupe-soulevement-et-repression-dans-173-villes-dont-teheran-karadj-zahedan-foladshahr-ispahan-zarrinshahr-andisheh-andimeshk-shiraz-gorgan-bijar-lomar-islamabad-8-9/</a></p>
<p>Vie chère : affrontements à Bojnourd, Tabriz, Chahr-e-Kord, Lordegan, Sabzevar, Ahwaz, Ispahan, Kerman, Kermanchah, Malekshahi, Falavardjan, Soroushjan , Bouchehr, Qom, Lahidjan, Yazdanchahr, Chiraz, Kerman, Bandar Abbas, Nichapour, Qazvine, Tchaboksar, Gonabad, Racht, Karadj, Abadan, Pardandjan , Boroudjen et Masjed-Soleyman- 7 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/08/vie-chere-affrontements-a-bojnourd-tabriz-chahr-e-kord-lordegan-sabzevar-ahwaz-ispahan-kerman-kermanchah-malekshahi-falavardjan-soroushjan-bouchehr-qom-lahidjan-yazdanchahr-chiraz/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/08/vie-chere-affrontements-a-bojnourd-tabriz-chahr-e-kord-lordegan-sabzevar-ahwaz-ispahan-kerman-kermanchah-malekshahi-falavardjan-soroushjan-bouchehr-qom-lahidjan-yazdanchahr-chiraz/</a></p>
<p>Vie chère : soulèvement dans 107 villes dont Téhéran, Dargahan, Marvdasht, Khorramabad, Boruujerd, Dorud, Al-Shatar, Murmururi, Kermanchah, Nourabad-e Mamasani, Ispahan, Malekshahi, Ilâm, Kouhdacht, Hefshejan, Mahdi-Shahr, Qorveh, Sari, Mashkan-e Neyriz, Yazd, Lahidjan, Sarableh, Hamedan, Bouchehr, Yassoudj, Zahedan, Qazvine, Doroud et Dezfoul- 4 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/05/vie-chere-affrontements-a-teheran-dargahan-marvdasht-khorramabad-boruujerd-dorud-al-shatar-murmururi-4-janvier-2026/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/05/vie-chere-affrontements-a-teheran-dargahan-marvdasht-khorramabad-boruujerd-dorud-al-shatar-murmururi-4-janvier-2026/</a></p>
<p>Vie chère : affrontements à Fouladchahr, Nourabad, Delfan, Khayyam, Sabzevar, Nneychabour, Chiraz, Kavar, Firouzabad, Ibam, Dehloran, Abdanan, Assadabad, Nahavands, Ispahan, Jounaghan, Semiron, Shahinshahr, Qom, Kermanchah, Islamabad, Gharb, Harsin, Farsan, Bakhtiari, Bandar Abbas, Qazvin, Arak – 1 janvier 2026</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2026/01/03/vie-chere-affrontements-a-fouladchahr-nourabad-delfan-khayyam-sabzevar-nneychabour-chiraz-kavar-firouzabad-ibam-dehloran-abdanan-assadabad-nahavands-ispahan-jounaghan-semiron-shahin/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2026/01/03/vie-chere-affrontements-a-fouladchahr-nourabad-delfan-khayyam-sabzevar-nneychabour-chiraz-kavar-firouzabad-ibam-dehloran-abdanan-assadabad-nahavands-ispahan-jounaghan-semiron-shahin/</a></p>
<p>Vie chère : affrontements à Téhéran, Machhad, Kermanchah, Hamadan, Karadj, Malard et Qeshm- 30 décembre 2025</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2025/12/31/vie-chere-affrontements-a-teheran-machhad-kermanchah-hamadan-karadj-malard-et-qeshm-30-decembre-2025/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2025/12/31/vie-chere-affrontements-a-teheran-machhad-kermanchah-hamadan-karadj-malard-et-qeshm-30-decembre-2025/</a></p>
<p>Contre la politique économique : affrontements à Téhéran, Doroud, Kermanshah, Shahr-e Kord, Arak, Ahvaz – 30 décembre 2017</p>
<p><a href="https://berthoalain.com/2017/12/31/contre-la-politique-economique-affrontements-a-teheran-doroud-kermanshah-shahr-e-kord-arak-ahvaz-30-decembre-2017/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://berthoalain.com/2017/12/31/contre-la-politique-economique-affrontements-a-teheran-doroud-kermanshah-shahr-e-kord-arak-ahvaz-30-decembre-2017/</a><br class='autobr' />
CHRONOLOGIE</p>
<p>Les manifestations en Iran depuis 2025, aussi appelée par certains révolution iranienne de 2026, débutent le 28 décembre 2025 lorsque des manifestations de masse éclatent dans plusieurs villes d'Iran, dans un contexte de crise économique et de mécontentement à l'égard du gouvernement. Bien que déclenchées par l'inflation, la hausse des prix alimentaires et la forte dépréciation du rial iranien, les protestations évoluent en un mouvement plus large réclamant la fin du régime actuel[18]. Ces manifestations sont les plus importantes depuis la révolution de 1979[19],[20],[21],[22],[23]. La répression qui suit cause 3 500 à 20 000 morts selon diverses ONG, soit un nombre de morts dépassant celui de toute autre manifestation ou agitation en Iran depuis des décennies et rappellant le chaos qui a entouré la révolution de 1979[24],[25],[26],[27].</p>
<p>La vague de manifestations est déclenchée par une situation économique qui se dégrade rapidement. L'inflation bondit à 48,6 % en octobre 2025 et à 42,2 % en décembre, mettant à rude épreuve les budgets des ménages. Le 29 décembre, le rial atteint sa valeur la plus basse (1,45 million pour un dollar américain), valeur qui se voit augmentée par le gouvernement à 1,38 million le 3 janvier dans une tentative de contrôler le mécontentement de la population. Cela n'a aucun effet, et le 6 janvier, le rial bat de nouveau son plus bas historique (atteignant 1,5 million pour un dollar américain), provoquant une forte hausse des prix, y compris des denrées alimentaires et d'autres biens essentiels[28]. L'Iran subit les effets des sanctions rétablies en septembre par l'ONU, à l'initiative de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, à la suite de son refus, depuis la guerre israélienne de juin 2025, de coopérer sur le nucléaire. Ces mesures, qui s'ajoutent aux sanctions américaines rétablies en 2018 après le retrait de Donald Trump de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, restreignent significativement le commerce international du pays[29].</p>
<p>Initialement concentrées dans les quartiers commerciaux de Téhéran, les manifestations s'étendent à de grandes villes telles qu'Ispahan, Chiraz et Machhad. Dans la capitale, les manifestations se concentrent autour du Grand Bazar, où des commerçants organisent des grèves exigeant une intervention gouvernementale. Ils sont rapidement rejoints par d'autres secteurs : comme celui des travailleurs des transports, puis par les étudiants[30]. À mesure que les manifestations prennent de l'ampleur, des manifestants dans plusieurs villes scandent des slogans exigeant des changements politiques. Des symboles du gouvernement et des gardiens de la Révolution sont attaqués[31],[32], tandis que des images partagées sur les réseaux sociaux montrent les forces de sécurité utilisant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants[33],[34],[35].</p>
<p>L'ampleur des manifestations augmente à partir du 8 janvier à la suite d'un appel de Reza Pahlavi, prince héritier d'Iran, invitant la population à scander des slogans à 20 h (heure iranienne) les 8 et 9 janvier[36],[37],[38],[39],[40]. Des dizaines de milliers de personnes manifestent[41]. En réaction, le gouvernement iranien interrompt l'accès à Internet à partir du 8 janvier 2026 et aux services téléphoniques sur l'ensemble du territoire national, dans une tentative de contenir les protestations[36],[37],[38]. Il accuse également les États-Unis et Israël d'alimenter les manifestations[31],[42].</p>
<p>Contexte économique</p>
<p>L'Iran subit les effets des sanctions rétablies en septembre par l'ONU, à l'initiative de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, à la suite de son refus, depuis la guerre israélienne de juin 2025, de coopérer sur le nucléaire. Ces mesures, qui s'ajoutent aux sanctions américaines rétablies en 2018 après le retrait de Donald Trump de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien, restreignent significativement le commerce international du pays[29].</p>
<p>Par ailleurs, plusieurs analyses mettent en cause la corruption endémique et la mauvaise gestion économique, aggravées par un interventionnisme étatique et un système de double taux de change favorisant les détournements massifs sans enrayer l'inflation[43],[44],[45]. D'après l'économiste iranien Saeed Laylaz : "Les sanctions ont bien eu un effet sur l'économie, mais pas au point d'expliquer la situation actuelle. C'est l'interventionnisme du gouvernement dans l'économie qui a rendu la situation incontrôlable" [44].</p>
<p>L'effondrement de la monnaie nationale, le rial, à la fin de l'année 2025 amplifie les difficultés auxquelles sont confrontées les commerçants[46]. Le pays est également confronté à une hyperinflation : en quelques mois, le prix du fromage a augmenté de 140 %, le pain sangak de 250 % et le lait de 50 %[29].</p>
<p>L'Iran est enfin confronté à une grave crise énergétique, amplifiée par une sécheresse historique[47]. Le pays a connu en 2025 sa pire sécheresse depuis des décennies[48], conduisant le gouvernement à envisager de déplacer la capitale hors de Téhéran.</p>
<p>Le 7 janvier 2026, le cours du rial s'effondre, passant d'environ 49 000 rials pour un euro le 6 janvier à environ 1,16 million de rial pour un euro le lendemain[49].</p>
<p>Déroulement</p>
<p>Premières manifestations au bazar</p>
<p>Le 28 décembre 2025, des groupes de commerçants et de marchands du centre commercial Alaeddin à Téhéran et d'autres centres commerciaux, dont celui de Charsou, font grève en fermant leurs boutiques. Simultanément, des rassemblements de protestation se forment autour de ces lieux, et des images et vidéos de fermetures généralisées de magasins circulent sur les réseaux sociaux. Selon des rapports, les manifestants invoquent la hausse du taux de change du dollar et l'instabilité du marché, avertissant que la persistance des conditions conduira à la faillite de nombreuses petites et moyennes entreprises. Certains rassemblements s'étendent dans les rues environnantes, y compris la rue Jomhuri.</p>
<p>D'autres personnes se sont jointes aux commerçants pour protester contre les conditions économiques de la rue Jomhuri[50],[51]. Ailleurs, les commerçants de fer en Iran ferment leurs boutiques dans des protestations similaires contre la monnaie dévaluée[52]. Au moment où les manifestations commencent, la valeur du rial iranien chute à un niveau record de 1,45 million par dollar américain avant de légèrement rebondir à 1,38 million[53]. Le rial a perdu environ 40 % de sa valeur depuis la guerre Iran-Israël, en partie à cause de la chute des revenus pétroliers issus des sanctions américaines. Le taux d'inflation annuel augmente à 42,2 %. Les manifestations sont d'abord déclenchées par des commerçants vendant des produits électroniques dans le centre de Téhéran et qui ferment leurs magasins. Les médias d'État révèlent des images floues de manifestations initialement plus modestes de commerçants.</p>
<p>Des vidéos et des témoignages oculaires montrent des groupes de commerçants scandant des slogans contre la mauvaise gestion économique et, dans certains cas, exprimant des sentiments anti-gouvernementaux. Les manifestants scandent également « Forces de l'ordre, soutien, soutien », appelant les forces de sécurité à soutenir les manifestations[54]. Les principales revendications des manifestants comprennent la stabilisation des taux de change, la gestion des difficultés économiques des commerçants, la création d'un environnement commercial prévisible et la prévention des pertes causées par la volatilité des marchés. Aucun affrontement n'est signalé avec les forces de sécurité ce jour-là et le mouvement reste pacifique[55].</p>
<p>Des boutiques fermées dans un bazar en signe de protestation.</p>
<p>Les manifestations se poursuivent jusqu'à leur deuxième jour, le 29 décembre, et s'étendent à plusieurs parties de Téhéran, y compris au bazar. Les commerçants et marchands ferment leurs commerces et se rassemblent dans les rues pour protester contre l'effondrement sans précédent du rial et la forte hausse des prix de la monnaie et de l'or. Les manifestants s'opposent aux conditions économiques et à la gestion gouvernementale, invoquant la baisse du pouvoir d'achat et la hausse du coût de la vie. Des vidéos partagées en ligne montrent des rassemblements continus autour de Lalehzar, Chaharsouq et Jomhuri Street, les participants étant majoritairement non violents tout en transmettant des messages critiques envers les politiques économiques gouvernementales[56],[57],[58]. Les commerçants du bazar rejoignent les commerçants d'articles électroniques qui ont commencé les manifestations la veille.</p>
<p>Des images vérifiées par des sources indépendantes montrent des foules dans des centres commerciaux près du grand bazar de la capitale scandant « liberté » (persan : آزادی, romanisé : Âzâdi). Les forces de l'ordre utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants devant le centre commercial Alaeddin. Les manifestations s'étendent également à d'autres villes d'Iran[59]. Dans la nuit du 29 décembre 2025, des manifestations sont signalées dans plusieurs régions d'Iran, notamment à Qechm au sud, ainsi qu'à Zandjan et Hamadan au nord. Les manifestants scandent des slogans critiques envers le guide suprême, notamment « Mort au dictateur » sur l'île de Qechm et « Seyyed Ali [Khamenei] sera renversé cette année » à Zandjan[60]. Iran International rapporte une vidéo d'un manifestant (en) assis au milieu de la rue Jomhuri Eslami à Téhéran, refusant de se déplacer pour les forces de sécurité à moto, avant d'être ensuite battu et contraint de partir. La vidéo devient virale en ligne, plusieurs médias comparant le manifestant et l'événement à Tank man lors des manifestations et du massacre de la place Tiananmen en 1989[61],[62],[63].</p>
<p>Expansion à travers l'Iran</p>
<p>Expansion du 30 décembre au 2 janvier</p>
<p>Les manifestations s'étendent ensuite à plusieurs autres grandes villes du pays comme Ispahan, Chiraz, Kermanshah et Yazd[29]. Le mouvement de protestation est ainsi porté par la petite bourgeoisie, en particulier les commerçants du Bazar de Téhéran, qui soutenait la république islamique jusqu'ici[64]. Les manifestants attendent « une intervention immédiate du gouvernement pour enrayer les fluctuations du taux de change »[65].</p>
<p>D'autres manifestations, initiées par des étudiants, se sont aussi lancées sur des campus universitaires à partir du 30 décembre[47]. Des opposants politiques ont également rejoint les manifestations. Des slogans appelant à la chute de la république islamique ou à la restauration de la monarchie ont été entendus, ou d'autres encore appelant à la fin du soutien iranien à Gaza et au Liban[29].</p>
<p>Des syndicats d'enseignants et d'ouvriers ont déclaré soutenir les manifestants[64].</p>
<p>Le président iranien, Massoud Pezechkian, déclare vouloir « écouter les revendications légitimes des manifestants ». Il charge le ministre de l'Intérieur, Eskandar Momeni, d'engager un dialogue avec les « représentants des manifestants » et nomme un nouveau gouverneur pour la banque centrale du pays[29]. Après une rencontre avec des responsables syndicaux le 30 décembre, le président iranien annonce se préparer à « réformer le système monétaire et bancaire » pour « préserver le pouvoir d'achat de la population », puis présente devant le Parlement une série de projets de loi : augmentation proportionnelle des salaires et des avantages sociaux pour les employés et retraités de la fonction publique, révision des taux d'imposition, modification du plafond et du taux des exonérations fiscales pour les particuliers et les personnes morales, entre autres[47].</p>
<p>3 et 4 janvier 2026</p>
<p>Les habitants d'Ispahan, de Kermanshah et de Fasa se rassemblent au quatrième jour des manifestations. À Fasa, les gens organisent un grand rassemblement devant le bureau du gouverneur, et à Kermanshah, les marchés se mettent en grève totale. Selon certaines informations, la police tire des balles réelles et des gaz lacrymogènes sur les manifestants[66],[67]. Au même moment, à Chirvan, des enseignants actifs et retraités se rassemblent devant le département de l'éducation. À Kermanshah, les forces de répression déploient de la place Ferdowsi jusqu'au garage (environ 8 kilomètres), et la forte présence des forces de sécurité est perceptible[68]. Une personne nommée Mahdi Samavati aurait été tuée lors de la manifestation organisée à Fasa devant le bureau du gouverneur. L'agence de presse semi-officielle Mehr News Agency cite le gouverneur de Fasa qui dément cette information[69].</p>
<p>Un manifestant, Amirhesam Khodayarifard, est tué d'une balle dans la tête par un membre des forces de sécurité iraniennes lors d'une manifestation à Kouhdacht, dans la province du Lorestan[70]. L'agence de presse gouvernementale IRNA et Mehr confirment le décès et déclaré que Khodayarifard était membre du Basij[71]. Les autorités gouvernementales font pression sur la famille de Khodayarifard pour qu'elle déclare qu'il avait été membre du Basij et demandent le silence des réseaux sociaux sur le sujet[70]. La fusillade se produit au cours d'affrontements avec des manifestants. Selon Mehr, 13 policiers et membres du Basij sont blessés[71],[72].</p>
<p>Le gouvernement ordonne la fermeture totale des entreprises dans la majeure partie du pays en raison du « temps froid »[73], bien que certains analystes affirment que l'intention réelle est d'étouffer les protestations[74]. La fermeture est appliquée à 21 des 31 provinces de l'Iran[75].</p>
<p>Le gouvernement commence à menacer de réprimer les manifestants[76] et le département d'État américain déclare qu'il est préoccupé par le fait que les manifestants « étaient confrontés à l'intimidation, à la violence et aux arrestations »[77]. Des séquences vidéo montrent des manifestants tels que des commerçants, des militants des droits des femmes et des étudiants criant couramment les slogans « Mort au dictateur » et « Ni Gaza ni le Liban, ma vie pour l'Iran »[23],[18].</p>
<p>En réponse aux manifestations en cours, le gouvernement iranien nomme Abdolnaser Hemmati, ancien ministre de l'économie, au poste de gouverneur de la Banque centrale d'Iran, suite à la démission de Mohammad Reza Farzin[78].</p>
<p>5 au 7 janvier 2026</p>
<p>Le cinquième jour de manifestations, les travailleurs et employés du marché central de fruits et légumes de Téhéran cessent de travailler et rejoignent le soulèvement national en arrêtant le cycle de distribution. Scandant le slogan « Vous savez, avec enthousiasme, soutenez le soutien » [Quoi ?], les manifestants appellent les clients et le grand public à renforcer la volonté nationale de changement en élargissant les grèves. Les policiers utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants[79]. Selon des rapports, Sarira Karimi, secrétaire du conseil de la faculté de droit et des sciences politiques et membre du conseil de l'université de Téhéran, arrêtée le 31 décembre 2025, est libérée le lendemain[80].</p>
<p>Des manifestants rassemblés à Marvdacht scandent des slogans contre le gouvernement de la République islamique, tels que « C'est l'année du sang, Seyyed Ali est renversé »[81]. À Machhad, des manifestants se rassemblent à la station de métro Saadi (en), où la police antiémeute tente de disperser la foule par la force. Dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, un groupe de prisonniers baloutches publie un communiqué appelant les habitants à rejoindre les manifestations plus larges avec comme mots d'ordre : « Mort au dictateur » et « Le Baloutchistan est réveillé et méprise la dictature »[82].</p>
<p>Au Lorestan, où réside la minorité Lur, des manifestants sont signalés allumant des feux dans les rues tout en scandant : « C'est l'année du sang, Seyyed Ali est renversé ». Des rapports supplémentaires affirment que les agents utilisent des munitions réelles contre les manifestants[83]. Des rassemblements ont lieu dans plusieurs parties de la ville de Lordegan, notamment autour du bureau du gouverneur et de la place municipale. Selon ces rapports, alors que les tensions s'intensifient, certains individus tentent d'endommager des bâtiments gouvernementaux et bancaires. La police utilise des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, et des affrontements sont signalés entre les deux camps. Plusieurs personnes sont blessées lors des troubles, et des rapports non confirmés suggèrent que plusieurs décès ont eu lieu[84]. Au moins trois personnes, dont un garçon, sont tuées à Lordegan[85],[86]. Il y a une forte présence des forces gouvernementales à Qom. Les hôpitaux de Téhéran et de Shiraz étaient submergés par l'afflux de manifestants blessés, dont beaucoup présentaient des blessures par balle[87]. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a confirmé que les forces de sécurité avaient tiré sur les manifestants, suscitant l'inquiétude internationale quant au respect des droits de l'Homme[88]. Par ailleurs, des milliers de personnes ont été arrêtées durant les violentes répressions[89]. Malgré la coupure d'Internet, le 10 janvier 2026, The Guardian documentait de nombreux témoignages faisant état de tirs des forces de sécurité sur les manifestants, un témoin oculaire affirmant avoir vu « des centaines de corps » dans les rues de Téhéran[90]. Le 11 janvier, le Time rapportait qu'un groupe d'universitaires et de professionnels expatriés estimait le nombre de morts à 6 000, d'après les rapports des hôpitaux, sans compter les corps transportés directement à la morgue[91]. Le 13 janvier, Iran International annonçait qu'au moins 12 000 personnes avaient été tuées ; CBS News rapportait le même jour que des groupes d'opposition en Iran estimaient le nombre de morts à au moins 12 000, voire 20 000[26],[25]. Le 17 janvier, le Sunday Times rapportait qu'un réseau de médecins iraniens en poste dans le pays avait calculé qu'« au moins 16 500 à 18 000 » personnes avaient été tuées et 330 000 blessées, un professionnel de santé qualifiant ces massacres de « génocide perpétré sous le couvert de l'obscurité numérique »[92],[93],[94].</p>
<p>Fin du mouvement</p>
<p>Après avoir été durement réprimées, les protestations cessent autour du 20 janvier[24] et internet est progressivement rétabli dans le pays[95].</p>
<p>Manifestations pro-gouvernementales</p>
<p>Des rassemblement massifs de soutien à la République islamique se produisent le 12 janvier à Téhéran, Hamadan, Ilam, Kerman et d'autres villes[96].</p>
<p>Coupure d'Internet</p>
<p>Le 8 janvier, douzième jour des manifestations, des rapports en provenance de Téhéran font état de grandes foules en marche[97]. L'organisation de surveillance NetBlocks confirme qu'une interruption nationale d'Internet a été déclenchée vers 8 h 30, heure locale, précisant que ces coupures se produisaient dans un contexte de manifestations croissantes et de pertes humaines, limitant considérablement la communication et la couverture des événements[97],[98]. Des descentes de police ont notamment eu lieu à Téhéran et dans les régions kurdes de l'Ouest pour confisquer des antennes Starlink ainsi que des paraboles satellitaires jusque-là tolérées[96].</p>
<p>Le 18 janvier, après dix jours de coupure, l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks signale un rétablissement partiel de l'accès à internet : « les données de trafic indiquent un retour significatif de certains services en ligne, dont Google, ce qui laisse penser qu'un accès fortement filtré a été rétabli, corroborant les témoignages d'utilisateurs faisant état d'un rétablissement partiel[99]. »</p>
<p>Faute d'images réelles en raison de la coupure d'internet, des vidéos générées par l'IA, prétendant montrer des manifestations et leur répression en Iran, ont inondé internet[100].</p>
<p>Victimes</p>
<p>La répression des manifestations iraniennes en 2026 est particulièrement brutale, mais son ampleur est encore difficile à évaluer. Cependant, on sait qu'elle se caractérise par de très nombreux morts à partir de janvier 2026 — alors que les manifestations ont débuté le mois précédent, en décembre 2025 — et occasionne aussi le décès d'agents des forces de sécurité.</p>
<p>À partir du 13 janvier, les estimations du nombre total de manifestants tués depuis le début des manifestations varient entre 2 000 et 12 000[1],[2]. Le 19 janvier, ils sont estimés à 16 500, tandis que 330 000 auraient été blessés[3]. Les estimations du nombre de décès des forces de sécurité sont de 135 selon Human Rights Activists in Iran (en) (HRANA) le 13 janvier[4]. Esmaeil Baghayi, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères iranien, a confirmé que les forces de sécurité avaient tiré sur les manifestants[5]. Les responsables du gouvernement iranien ont affirmé que le nombre de morts était compris entre 2 000 et 3 000[6],[7]. A partir du 24 janvier, on estime les victimes à 25.000 morts…</p>
<p>Contexte</p>
<p>Avant les manifestations de 2025-2026, les chiffres les plus élevés concernant le nombre de morts parmi les manifestants et les exécutions massives de prisonniers politiques lors d'événements survenus sous la République islamique comprenaient : 3 400 exécutions lors des massacres de 1981-1982[103], et 5 000 exécutions lors des événements de 1988,[104] 72 morts parmi les manifestants lors des manifestations contre le résultat de l'élection présidentielle iranienne de 2009,[105] 300 à 1 500 morts parmi les manifestants lors des manifestations de 2019-2020[106] et 551 lors des manifestations consécutives à la mort de Mahsa Amini en 2022-2023[107].</p>
<p>Chronologie</p>
<p>Six personnes sont tuées entre le 28 décembre et le 2 janvier dans le cadre de ces manifestations[115].</p>
<p>Trois personnes ont été tuées et 17 autres blessées lors d'affrontements à Azna lorsque un « groupe d'émeutiers » a attaqué un commissariat de police selon l'agence de presse Fars. Deux personnes sont mortes dans des heurts à Lordegan, après que « certains manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs de la ville, dont le gouvernorat, la mosquée, la Fondation des martyrs, la mairie et des banques, avant de se diriger vers le gouvernorat », selon l'agence. Un membre des forces de l'ordre de 21 ans a été tué à Kouhdacht et treize blessés. Trente personnes accusées de « troubles à l'ordre public » ont par ailleurs été arrêtées à Téhéran[1].</p>
<p>L'interruption d'Internet empêche de mesurer l'importance des manifestations, ainsi que l'ampleur de la brutalité policière envers les manifestants[116]. Le 9 janvier, la lauréate iranienne du prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, lance un avertissement sur la possibilité d'un « massacre sous couvert d'une coupure généralisée des communications », déclarant qu'elle avait déjà entendu des témoignages faisant état de centaines de manifestants blessés dans un seul hôpital de Téhéran[116]. Au 9 janvier, les manifestations dans les 31 provinces ont fait au moins 217 morts à Téhéran seulement, selon un témoignage, tandis que les hôpitaux de Téhéran et de Chiraz seraient submergés par les manifestants blessés, dont beaucoup présentaient des blessures par balle.</p>
<p>Le 10 janvier, The Guardian cite le témoignage d'un manifestant déclarant : « Nous nous levons pour une révolution, mais nous avons besoin d'aide. Des tireurs d'élite ont été postés derrière la zone de Tajrish Arg [l'un des quartiers huppés de Téhéran]. »[116] Un autre manifestant a témoigné qu'à travers la ville, de nombreux manifestants avaient été abattus, déclarant : « Nous avons vu des centaines de corps », tandis qu'un autre manifestant déclare avoir été témoin d'un nombre « très élevé » de manifestants tués alors que les forces de sécurité ouvraient le feu sur eux[116]. Les organisations de défense des droits de l'homme ont indiqué auprès du Guardian ne pas être en mesure de confirmer la véracité de ces témoignages[116]. The Guardian a indiqué qu'en dépit de la coupure d'Internet, les manifestants avaient demandé aux médias internationaux de couvrir les rapports sur l'escalade de la brutalité policière, un militant déclarant : « S'il vous plaît, assurez-vous de dire clairement qu'ils tuent des gens à balles réelles[116] » [115],[117].</p>
<p>De plus, des milliers de personnes ont été arrêtées lors de la répression violente[118]. Le 10 janvier, The Guardian a documenté plusieurs rapports indiquant que les forces de sécurité de la République islamique ouvraient le feu sur les manifestations, causant de nombreuses victimes parmi les manifestants, un témoin oculaire affirmant avoir vu « des centaines de corps » à travers Téhéran[118]. Le 10 janvier, la chaine monarchiste Iran International a rapporté qu'au moins 2 000 manifestants avaient été tués au cours des 48 dernières heures, au milieu de la coupure d'Internet, alors que les forces de sécurité iraniennes intensifiaient l'utilisation de la force létale contre les manifestants à l'échelle nationale[119]. Le 13 janvier, Iran International affirme qu'au moins 12 000 manifestants ont été tués par le gouvernement pendant la coupure de courant[120], affirmant détenir une source « proche » du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, de deux sources provenant du bureau de la présidence, de sources des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) dans trois villes différentes, de témoignages oculaires et de rapports familiaux, ainsi que de rapports provenant de centres médicaux, de médecins et d'infirmiers[120]. Selon Reuters, la BBC et The Guardian, un responsable iranien a déclaré que 2 000 personnes ont été tuées, accusant des « terroristes » d'être responsables de la mort de civils et de membres des forces de sécurité[121],[122],[123]. Ce massacre est probablement le plus grand massacre iranien du XXIe siècle[120],[121],[123],[122].</p>
<p>L'organisation Iran Human Rights indique que 192 personnes ont été tuées en deux semaines[115]. Au moins 116 manifestants ont été tués et 2 600 arrêtés selon l'organisation Human Rights Activists in Iran (au 10 janvier)[117].</p>
<p>Au 11 janvier, 109 policiers ont été tués selon les médias iraniens[115].</p>
<p>Au 12 janvier, selon Iran Human Rights, 646 morts sont liés aux événements[124], dont 505 manifestants, 113 militaires ou membres des forces de sécurité et 7 passants[125].</p>
<p>Mi-janvier, le nombre de morts est estimé à plusieurs milliers : 2 000 selon l'ONG Hrana, plus de 2 500 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency, 6 000 selon une source iranienne rapportée par l'ONG Iran human rights, de 12 000 à 20 000 selon le site d'information Iran International, chiffres jugés crédibles notamment par l'ONG Human Rights Watch ou encore Yvette Cooper, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement[126],[127]. Un responsable iranien anonyme indique à Reuters le 18 janvier que 5 000 personnes ont été tuées, dont 500 membres des forces de sécurité[128].</p>
<p>Le 19 janvier, un article du Times, se basant sur des données d'Iran Human Rights, des témoignages oculaires et un rapport d'un réseau de médecins iraniens issus de huit grands hôpitaux d'ophtalmologie et seize services d'urgence, donne une fourchette allant de 16 500 à 18 000 morts et entre 330 000 et 360 000 blessés. Une majorité d'entre eux aurait moins de trente ans. Il rapporte également que les personnels de santé, débordés, sont obligés de choisir qui ils sauvent, manquant de sang à transfuser[129]. Le 21 janvier, l'ONG basée en Norvège Iran Human Rights, considérée comme une référence par les Nations unies, évoque un bilan de 3 428 morts[130].</p>
<p>Les autorités iraniennes indiquent le 22 janvier que 3 117 personnes ont été tuées, en incluant les membres des forces de sécurité[24].</p>
<p>L'organisation Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, donne le même jour un bilan d'au moins 4 902 morts et de près de 26 500 arrestations[24].</p>
<p>Les affrontements les plus durs se seraient produits dans les régions kurdes[128]. Les principaux partis kurdes iraniens – PDKI, Komala, PAK et PJAK – possèdent tous une branche militaire considérée comme « terroriste » par Téhéran, des guérilleros et des camps d'entraînement retranchés pour la plupart au Kurdistan irakien voisin. Les services de renseignement turcs auraient coopéré avec les services de sécurité iranien pour neutraliser des convois de combattants kurdes ayant franchis la frontière entre l'Irak et l'Iran[131].</p>
<p>Réactions internationales et participation</p>
<p>• Les réactions aux manifestations vont des appels au dialogue et à l'aide économique aux avertissements contre la force. Le guide suprême Ali Khamenei déclare que les responsables doivent parler aux manifestants, mais ajoute que « les émeutiers doivent être remis à leur place »[132]. Alors que les troubles se poursuivent, le président Massoud Pezechkian annonce des mesures économiques, notamment des modifications des subventions aux devises destinées à transférer directement le soutien aux consommateurs[133].</p>
<p>• La première semaine de janvier, le président américain Donald Trump avertit à plusieurs reprises que les États-Unis interviendront si les autorités iraniennes répriment violemment des "manifestations pacifiques"[134]. Le service européen pour l'action extérieure exhorte les forces de sécurité iraniennes à faire preuve de retenue et appelle les autorités à défendre des droits, notamment la liberté d'expression et la réunion pacifique[135].</p>
<p>• Le 9 janvier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou déclare qu'Israël « s'identifie à la lutte du peuple iranien pour la liberté, la liberté et la justice ». Il évoque également la possibilité que le peuple prenne son destin en main[136]. Mike Pompeo salue les manifestants iraniens et « tous les agents du Mossad qui marchent à leurs côtés »[137].</p>
<p>• Les dirigeants de la France, l'Allemagne, et le Royaume-Uni (respectivement Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer) ont fait un communiqué ensemble le 9 janvier demandant au gouvernement iranien de se retenir dans la violence[138].</p>
<p>• En Europe, le 10 janvier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen déclare : « Nous condamnons sans équivoque la répression violente de ces manifestations légitimes. Les responsables resteront dans les mémoires du mauvais côté de l'histoire »[139]. Elle annonce le 13 janvier que de nouvelles sanctions allaient « rapidement » être instaurées[140].</p>
<p>• Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, se déclare « choqué » par la répression et affirme que « tous les Iraniens doivent pouvoir exprimer leurs doléances de manière pacifique et sans crainte »[141].</p>
<p>• Les États-Unis annoncent que tout pays commerçant avec l'Iran sera frappé d'une hausse de droits de douane de 25 %[142]. Donald Trump déclare envisager des frappes contre l'Iran</p>
<p>Ingérences étrangères</p>
<p>Le Mossad israélien affirme soutenir « sur le terrain » les manifestants[143].</p>
<p>L'administration Trump, au pouvoir aux États-Unis menace l'Iran de guerre si les manifestations sont réprimées. Le conseiller suprême du dirigeant iranien, Ali Larijani, a répondu que « l'ingérence américaine dans les manifestations en Iran équivaut à plonger toute la région dans le chaos »[144].</p>
<p>Analyses</p>
<p>Le 2 janvier, la chaine monarchiste Iran International cite l'avis d'analystes, dont des spécialistes du renseignement et des journalistes, qui suggèrent que l'Iran peut entrer dans les premiers stades de l'effondrement du régime[145].</p>
<p>Le 4 janvier, selon le New York Times, des responsables iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghtchi, décrivent le gouvernement comme étant en « mode survie », avec des difficultés soit à inverser les problèmes économiques, soit à gérer la menace militaire d'attaque des États-Unis ou d'Israël. Le président Pezechkian tient deux réunions d'urgence après le début des manifestations. Certains de ses conseillers lui auraient recommandé de critiquer publiquement le rôle de Khamenei en tant que guide suprême[146]. Le chercheur Ali Alfoneh, de l'Arab Gulf States Institute, note que « l'ayatollah Ali Khamenei n'est plus une figure aussi centrale qu'auparavant. Les affaires courantes de l'Etat sont gérées par une direction collégiale [le Conseil suprême de sécurité] composée du président, du président du Parlement, du chef du pouvoir judiciaire, d'un représentant des gardiens de la révolution et d'un représentant de l'armée régulière[30]. »</p>
<p>Une analyse du 5 janvier publiée dans Foreign Policy soutient que les manifestations de 2025–2026 diffèrent de celles de 2022 en ce que celles de 2025–2026 sont plus répandues géographiquement, incluant de petites villes plutôt que de grandes villes, et impliquent un éventail plus large de groupes, notamment des étudiants, des travailleurs, des femmes et des minorités ethniques. L'analyse voit également les différences dans le contexte international comme significatives, l'imprévisibilité de Trump et sa volonté ouverte de violer le droit international étant un facteur différent de l'approche de Biden, et la chute du régime syrien comme un affaiblissement du soutien régional à l'Iran. Les auteurs voient également l'accent des manifestations de 2025–2026 comme un passage de la réforme sociale au changement de régime[147].</p>
<p>Selon Arman Mahmoudian, chercheur au Global and National Security Institute de l'université de Floride du Sud, les menaces américaines peuvent traduire « une volonté réelle d'affrontement, une tentative opportuniste d'encourager les manifestants et d'affaiblir le régime, ou encore l'utilisation d'un levier politique destiné à signaler que les Etats-Unis disposent de moyens d'influence au-delà de la guerre et des sanctions »[148].</p>
<p>Début janvier 2026, The Times fait référence à des rapports de renseignement[Lesquels ?] indiquant que Khamenei a un plan d'évasion, pour lui et une vingtaine de proches et membres de sa famille, dont Mojtaba Khamenei, prêts à fuir vers Moscou au cas où les forces de sécurité font défection du côté des manifestants. Beni Sabti, ancien officier du Mossad israélien, déclare qu'il s'attend à ce que Moscou soit le lieu d'exil préféré de Khamenei s'il s'enfuit[149].</p>
<p>Le chercheur Jonathan Piron décrit une « impasse politique » au sein du régime iranien du fait de l'absence de personnalités réellement susceptibles d'assumer le pouvoir : « plusieurs personnalités charismatiques comme Hossein Salami, chef des Gardiens de la révolution, ont été tuées dans les bombardements israéliens et américains. Ou avant eux, Qassem Soleimani, tué en janvier 2020 à Bagdad. Il n'y a plus de figures qui s'imposent de manière naturelle. Il n'y en a pas non plus dans le monde politique. Si l'on prend par exemple le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, il a échoué aux dernières élections. Quant aux figures religieuses, elles ne veulent pas prendre le pouvoir. C'est une impasse. Nous sommes dans la fin de règne de Khamenei, qui a 86 ans et qui semble complètement dépassé par les événements[41] ».</p>
<p>Selon le même chercheur, les manifestations révèlent un « effondrement en cours à l'intérieur du pays », alimenté par une fracture profonde entre la population et le pouvoir, confirmée par un sondage du ministère iranien de la Culture : 90 % des Iraniens jugent la situation intenable et 30 % considèrent le régime incapable de se réformer. Piron note que l'économie est « profondément corrompue », avec un chômage explosif, une inflation dépassant 40 % et l'effondrement du rial, tandis que les promesses économiques du président réformateur Massoud Pezechkian n'aboutissent pas. Cette séquence inédite s'inscrit dans un cycle de contestations depuis 2017-2018, notamment le mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022, et une abstention record de 60 % à l'élection présidentielle anticipée de 2024, marquant un rejet global du régime[150].</p>
<p>Chahla Chafiq remarque la convergence dès le premier jour entre commerçants du bazar de Téhéran — lieu traditionnellement conservateur — et étudiants, révélant « l'isolement profond du pouvoir ». Pour la chercheuse, le régime apparaît fragilisé militairement — décapitation des gardiens de la révolution durant la guerre des 12 jours, revers du Hezbollah et alliés régionaux — et discrédité par « l'incompétence économique » et « l'étendue de sa corruption »[151].</p>
<p>La violence de la répression s'expliquerait notamment par le contexte international, marqué par le grand affaiblissement de l'« axe de la résistance » - réseau d'alliances régionales autour de l'Iran - par les guerres israélienes à Gaza et au Liban, la chute du régime syrien et la « guerre des onze jours » menée contre l'Iran par Israel et les Etats-Unis. Le pouvoir iranien se sentirait plus vulnérable que jamais et assimilerait les protestataires à des traitres[29].</p>
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89. (en-GB) William Christou et Deepa Parent, « New protests erupt in Iran as supreme leader signals upcoming crackdown », The Guardian, 10 janvier 2026 (ISSN 0261-3077, lire en ligne [archive], consulté le 10 janvier 2026)<br class='autobr' />
90. (en-GB) William Christou et Deepa Parent, « Iran protesters tell of brutal police response as regime lashes out », The Guardian, 10 janvier 2026 (ISSN 0261-3077, lire en ligne [archive], consulté le 10 janvier 2026)</p>
<h2 class="spip">Iran : ni guide suprême, ni chefs religieux au pouvoir, ni monarque, ni représentants de l'impérialisme, ni proches de Nétanyahou ou de Trump au gouvernement, ni profiteurs, ni exploiteurs, ni oppresseurs des femmes, juste le pouvoir du peuple travailleur !</h2>
<p><a href="https://contre-attaque.net/2026/01/15/iran-le-regime-massacre-son-peuple/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://contre-attaque.net/2026/01/15/iran-le-regime-massacre-son-peuple/</a></p></div>
L'anthropologie a trop longtemps nié avec assurance la place des femmes dans les premières sociétés humaines
http://matierevolution.org/spip.php?article9361
http://matierevolution.org/spip.php?article93612025-12-08T23:48:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes womenPréhistoire
<p>Qui a fait cela, des femmes ou des... hommes ? <br class='autobr' />
https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire <br class='autobr' />
https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo <br class='autobr' />
Quand l'anthropologie a nié avec assurance, tranquilité et méthode, mais faussement, le rôle des femmes dans les anciennes sociétés, quand ce n'est pas leur existence… <br class='autobr' />
Avertissement <br class='autobr' />
Il existe encore tout un courant dans les (…)</p>
-
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory">11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION </a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot287" rel="tag">Préhistoire</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_16864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/webp/mh_fete_prehistoire_bandeau_web_2048x975.jpg.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='http://matierevolution.org/IMG/webp/mh_fete_prehistoire_bandeau_web_2048x975.jpg.webp?1763193007' width="800" height="381" alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_16865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/IMG/webp/aurochs-representes-dans-la-grotte-de-lascaux.-lascaux-2.webp?1763193333' width="720" height="472" alt='' />
</figure>
</div>
<p>Qui a fait cela, des femmes ou des... hommes ?</p>
<p><a href="https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire</a></p>
<p><a href="https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo</a></p>
<h2 class="spip">Quand l'anthropologie a nié avec assurance, tranquilité et méthode, mais faussement, le rôle des femmes dans les anciennes sociétés, quand ce n'est pas leur existence…</h2>
<p>Avertissement</p>
<p>Il existe encore tout un courant dans les sciences (préhistoire, histoire, sociologie, paléontologie, ethnologie, anthropologie, linguistique, archéologie, histoire de l'art, art rupestre, philosophie des premières sociétés, etc.) pour nier la différence entre la place des femmes des premières sociétés humaines (d'abord de chasseurs-cueilleurs) puis de celles à domination masculine de l'époque néolithique puis de l'âge du Bronze. Ils récusent l'idée que les femmes avaient une place prépondérante avant et une place nulle après. Bien sûr, ils rejettent le terme de « matriarcat » pour cette phase ancienne.<br class='autobr' />
Opposer une phase dite « matriarcat » (les timorés et les hypocrites veulent ne reconnaitre qu'une phase matrilinéaire, de matrilignages ou encore matrilocale pour ne pas trop fâcher leurs adversaires machistes) à la phase dite « patriarcat » ne signifie pas que les deux soient symétriques et que le matriarcat oppresse, exploite et méprise les hommes comme le patriarcat oppresse, exploite et méprise les femmes… Ce sont les patriarcaux qui veulent penser cela pour mieux détruire la thèse d'un matriarcat primitif. Détourner une thèse est la manière la plus simple pour se donner les moyens de la combattre ensuite avec succès… Déjà, les sociétés matriarcales ne se développent absolument pas dans le même contexte que le patriarcat. Quand le matriarcat se développe, il n'existe ni la propriété privée, ni de grandes richesses accumulées, ni l'agriculture, ni les outils métalliques, ni le commerce généralisé, ni l'exploitation de l'homme, ni la division en classes sociales, ni l'Etat, ni la sédentarité systématique. Donc les femmes dominantes ne peuvent pas être à la tête des mêmes biens, des mêmes pouvoirs que les hommes dominants, simplement parce que la société ancienne matriarcale n'agissait pas dans une société fondée sur la propriété privée, l'exploitation de l'homme, la vente des marchandises et l'Etat. On ne risquait pas de considérer les mâles comme un bien à vendre ou à échanger parce que la propriété privée n'existait pas. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a jamais eu de femmes dominantes. Les machistes et défenseurs du patriarcat « naturel » savent retourner tous les arguments et il est difficile de les convaincre, voire impossible, mais cela ne signifie pas qu'ils ont raison. Seulement que dans une histoire beaucoup plus ancienne que celle de la domination masculine les preuves ne sont pas abondantes. <br class='autobr' />
C'est toute une révolution qui reste à faire et pas seulement dans les écrits et études scientifiques mais dans toute la société. Les femmes sont victimes de ce monde capitaliste de plus en plus barbare, victimes des guerres, des violences de toutes sortes. La place rognée des femmes dans l'étude des sociétés premières n'est qu'une image de la place réelle de la femme dans la société actuelle.</p>
<p> La notion de matriarcat signifie non seulement une place différente des femmes mais l'existence d'un « pouvoir des femmes », en tant que femmes, pas simplement de quelques femmes qui avaient personnellement du pouvoir.</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/clio/178?lang=en" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/clio/178?lang=en</a></p>
<p>Comment se fait-il que les sciences aient tendance maintenant à considérer cela comme « un mythe » ? Comme le fait ici le machiste (ne pas confondre avec marxiste) ou misogyne d'extrême gauche Christophe Darmangeat :</p>
<p><a href="https://www.lahuttedesclasses.net/2025/10/linsubmersible-matriarcat-primitif.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lahuttedesclasses.net/2025/10/linsubmersible-matriarcat-primitif.html</a></p>
<p>Il se prétend pour l'égalité hommes-femmes (il se dit même révolutionnaire !) mais, par machisme, il récuse l'existence d'une phase très ancienne où les sociétés humaines donnaient une place prépondérante aux femmes.</p>
<p>Y a-t-il des manifestations marquantes que tout le matériel scientifique actuel soit manifestement machiste, et place les femmes en second ?</p>
<p>Il suffit d'examiner le langage. Un être humain, c'est… un homme ! On n'emploie quasiment jamais le terme de « mâle » pour les humains masculins et ils n'ont donc pas de terme pour les désigner, contrairement aux femmes.</p>
<p>Les métiers « nobles » ne se conjuguent qu'au masculin.</p>
<p>Les termes sales salissent d'abord les femmes. Putain n'a pas de masculin. Catin non plus.</p>
<p>Le renommé Louis-Nicolas Bescherelle, qui donna son nom aux livres posés sur les tables d'école comme la Bible de la langue française, écrit en 1835 dans la Grammaire Nationale : “La masculinité annonce toujours une idée grande et noble.” Au cas où ce n'était pas encore limpide, il ajoute : “Le masculin est plus noble que le féminin.” C'est dit ! Depuis, comme une évidence, transmise de génération en génération, la règle “le masculin l'emporte sur le féminin” est encore enseignée par les maîtresses et maîtres d'école.</p>
<p>Mais ce n'est pas vrai que de la linguistique, les autres sciences aussi sont machistes.</p>
<p>L'Histoire, l'anthropologie, la paléontologie, la sociologie, et on en passe, sont machistes.</p>
<p>Ainsi, on suppose toujours d'abord que ce sont des hommes au sens masculin qui ont produit de grandes œuvres d'art, des inventions technologiques, des sciences, etc…</p>
<p>Dès qu'on trouve des grottes sculptées ou peintes, des outils, des maisons, des villages, des villes, etc, on dit que ce sont des hommes (masculin) qui les ont produites !</p>
<p>De nombreuses fois, la suite des études scientifiques sera bien obligée de conclure le contraire… si des scientifiques n'ont pas refusé d'envisager cette conclusion qui contredit les préjugés précédents !</p>
<p><a href="https://www.hominides.com/dossiers/de-homme-de-menton-a-la-dame-du-cavillon/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.hominides.com/dossiers/de-homme-de-menton-a-la-dame-du-cavillon/</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes</a></p>
<p>Le saviez-vous ? En archéologie, certains fossiles ont “changé de sexe” !<br class='autobr' />
Ça a été le cas de la Dame du Cavillon. Exhumée en 1872 par le médecin Émile Rivière, elle a longtemps été prise pour un homme du fait de sa stature plutôt grande. Il faudra attendre 1988 et la nouvelle analyse de la préhistorienne Marie-Antoinette de Lumley pour revenir sur cette fausse interprétation.<br class='autobr' />
Cette analyse pose la question des stéréotypes de genre dans ce domaine de recherche. La conférence “Femmes et archéologie : un double regard” revient sur ce sujet et aborde, plus largement, la question de la place des femmes en archéologie de ses débuts à nos jours</p>
<p><a href="https://www.museedelhomme.fr/fr/les-femmes-et-l-archeologie-un-double-regard" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.museedelhomme.fr/fr/les-femmes-et-l-archeologie-un-double-regard</a></p>
<p>On s'aperçoit ainsi qu'on avait, par simple préjugé, refusé d'envisager que des femmes soient à l'origine de tout progrés, de toute découverte, de toute nouveauté ! Les scientifiques eux-mêmes bloquaient la recherche de la vérité…</p>
<p>Les réalisations novatrices de l'homme (en général) ont été systématiquement transformées par les rapports de recherche en réalisations de l'homme (masculin) ! Si on trouve dans un site préhistorique ou antique UNE pierre taillée, UNE flute, UNE machine rudimentaire, UNE pirogue, UNE veste en peau, UNE parure, UNE demeure construite, UNE tombe, on dit d'abord que c'est UN homme qui l'a fabriqué, UN artisan, UN bâtisseur, UN peintre, UN artiste, UN inventeur qui en est l'auteur. Pas d'autrice !</p>
<p>Toute la science des sociétés humaines est à réécrire !</p>
<p>Au lieu de « sciences de l'homme », cela devrait s'appeler sciences de l'homme et de la femme. Et le musée de l'homme devrait lui aussi changer de nom !</p>
<p>On devrait aussi modifier le terme « humain » qui englobe tous les êtres humains alors que « féminin » ne concerne que les femmes… Il n'y a pas d'expression pour n'indiquer que les réalisations masculines !</p>
<p>En tout cas, dès que ces préjugés sont combattus, on trouve des peintures de femmes, des sculptures de femmes, des statues réalisées par des femmes, des tombes de femmes, des chasses réalisées par des femmes, des instruments artistiques de femmes et on en passe…</p>
<p>On sait que la société bourgeoise exclue cela depuis belle lurette…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4787" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4787</a></p>
<p>Le résultat c'est que la science a été chargée de propager, de soutenir, de garantir la validité des préjugés de la société dominante. Ce qu'elle ne fait pas que dans ce domaine !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8414" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8414</a></p>
<p>Et « la science » (en fait la société patriarcale cachée derrière ce mot) a aussi supprimé systématiquement les femmes de son trône !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1522" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1522</a></p>
<h2 class="spip">Quelle supériorité des hommes (masculin) sur les femmes ? Aucune !</h2>
<p>La société actuelle est patriarcale, même si on ne cesse de nous dire qu'elle lutte pour l'égalité entre hommes et femmes. Une caractéristique : les hommes dominent dans le domaine de la guerre et les femmes n'y sont quasi pas représentées. Les directions capitalistes sont tout aussi masculines. Les médias et la science ne donnent pas la part belle aux femmes (regardez les dirigeants de médias, regardez la recherche, regardez le prix Nobel !). Et ne parlons pas des dirigeants politiques (parlements, gouvernements, partis). Nous sommes bel et bien dans une société patriarcale et le capitalisme compte là-dessus pour diriger la société. Ce n'est pas lui qui a inventé le patriarcat.</p>
<p>Quand cette société capitaliste patriarcale étudie les sociétés passées, elle le fait bien sûr avec ses propres préjugés. Cela n'a rien d'étonnant. On voit bien les préjugés des historiens concernant le passé des peuples colonisés. Ils sont déterminés par la justification de l'oppression coloniale qualifiée d'œuvre civilisatrice. L'Histoire est faite pour justifier le droit du vainqueur. Et l'homme (masculin) est vainqueur de la femme… pour le moment du moins… Ce qui nécessite de prétendre que c'est… naturel, tout comme on nous a raconté que l'homme blanc a dominé « naturellement » les peuples asiatiques, africains et américains.</p>
<p>La femme serait naturellement plus faible que l'homme, déjà physiquement et n'aurait donc pas pu accomplir les grands exploits réalisés par les hommes. Quiconque n'est pas complètement aveugle sait que ce sont des bobards. Les femmes montrent des capacités à diriger qui ne peuvent être battues qu'en adoptant un système d'oppression systématique qui ravale les femmes. Cela n'a donc absolument rien de naturel.</p>
<h2 class="spip">Le patriarcat est-il ancestral ? Ce n'est pas ce que dit la science !</h2>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/societe-le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/societe-le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes</a></p>
<p>Est-ce que la science peut prouver l'existence d'une phase matriarcale des sociétés humaines ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902</a></p>
<p>Quelle supériorité naturelle ?</p>
<p>N'a-t-on pas la preuve que les femmes sont moins fortes naturellement ? C'est statistiquement vrai. Mais, chez les hommes (au sens masculin), est-ce que ce sont uniquement les grands costaux qui dominent ? Certainement pas !</p>
<p>Le fait de porter les enfants ne peut certainement pas être qualifié de faiblesse et surtout pas aux époques les plus anciennes ! Le fait de concevoir de nouveaux êtres humains pouvait être considéré comme la capacité la plus déterminante pour la survir du groupe, de la tribu, du clan… Et la conception a été longtemps un secret féminin.</p>
<p>C'est plutôt récent que des femmes estiment ne pas pouvoir faire des tâches en même temps que porter un enfant. Ce n'était pas le cas autrefois. Dans les anciennes époques où la vie était très dure à la fois pour les hommes et les femmes, la question ne se posait pas ainsi.</p>
<p>Comme élément de différence entre les sexes, il y a pourtant la guerre, le crime conjugal, la violence meurtrière. On notera que, dans toutes les phases où les hommes sont pour se lancer dans une nouvelle guerre, les femmes sont contre !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7748" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7748</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/sextant/473" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/sextant/473</a></p>
<p>On a même longtemps cru que, chez les humains, « seuls les mâles peuvent faire ça » et c'est partiellement vrai. Les humains sont même les seuls animaux dont les mâles tuent les femelles ! Curieuse singularité… Nullement une supériorité !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/francoise-heritier-nous-sommes-les-seuls-parmi-les-especes-ou-les-males-tuent-les-femelles-2572109" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/francoise-heritier-nous-sommes-les-seuls-parmi-les-especes-ou-les-males-tuent-les-femelles-2572109</a></p>
<p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/francoise-heritier-l-homme-est-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles_7660" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/francoise-heritier-l-homme-est-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles_7660</a></p>
<p>Ce sont les femmes qui enfantent, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont planté les premières graines, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont construit les premiers foyers, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont marqué le changement révolutionnaire d'une situation !</p>
<p>Les femmes ont inventé non seulement la culture des plantes mais aussi les ustensiles domestiques, la sédentarité, les maisons, l'amour, l'amitié, la vie collective, la paix entre les humains, etc…</p>
<p><a href="https://www.centrepompidou.fr/en/pompidou-plus/magazine/article/pour-une-prehistoire-des-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.centrepompidou.fr/en/pompidou-plus/magazine/article/pour-une-prehistoire-des-femmes</a></p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/marylene-patou-mathis-les-femmes-prehistoriques-ne-passaient-pas-leur-temps-a-balayer-la-grotte-4551923" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/marylene-patou-mathis-les-femmes-prehistoriques-ne-passaient-pas-leur-temps-a-balayer-la-grotte-4551923</a></p>
<p><a href="https://christaldesaintmarc.com/la-condition-des-femmes-dans-les-societes-prehistoriques-et-ses-transf-a210964646" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://christaldesaintmarc.com/la-condition-des-femmes-dans-les-societes-prehistoriques-et-ses-transf-a210964646</a></p>
<p><a href="https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire</a></p>
<p><a href="https://www.hominides.com/livres-et-medias/femmes-de-la-prehistoire/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.hominides.com/livres-et-medias/femmes-de-la-prehistoire/</a></p>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/societe/20190627.OBS15012/la-femme-prehistorique-ni-chef-ni-soumise.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nouvelobs.com/societe/20190627.OBS15012/la-femme-prehistorique-ni-chef-ni-soumise.html</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/femmes-prehistoriques-utilisaient-arme-ingenieuse-atlatl-propulseur-age-pierre-invention-egalite-hommes-chasse-force-216263" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/femmes-prehistoriques-utilisaient-arme-ingenieuse-atlatl-propulseur-age-pierre-invention-egalite-hommes-chasse-force-216263</a></p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques</a></p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/article-magazine/chasseuse-artiste-technicienne-la-femme-prehistorique-netait-pas-celle-que-lon-croit" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/article-magazine/chasseuse-artiste-technicienne-la-femme-prehistorique-netait-pas-celle-que-lon-croit</a></p>
<p><a href="https://www.slate.fr/egalites/nouveaux-regards-sur-la-femme-prehistorique/episode-1-prehistoriens-cliches-mythes-organisation-societe-roles-hommes-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/egalites/nouveaux-regards-sur-la-femme-prehistorique/episode-1-prehistoriens-cliches-mythes-organisation-societe-roles-hommes-femmes</a></p>
<p><a href="https://www.historia.fr/histoire-de-france/prehistoire/le-premier-meunier-de-lhumanite-est-une-femme-2059522" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.historia.fr/histoire-de-france/prehistoire/le-premier-meunier-de-lhumanite-est-une-femme-2059522</a></p>
<p><a href="https://www.celles-qui-osent.com/femmes-prehistoriques/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.celles-qui-osent.com/femmes-prehistoriques/</a></p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=zKM2qLHgibE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=zKM2qLHgibE</a></p>
<p>Les hommes (au sens masculin) ont inventé la guerre, les oppressions de classe, l'armée, l'Etat, l'exploitation, l'oppression, les violences de toutes sortes, que ce soit contre les femmes ou contre les hommes et même contre les animaux…</p>
<h2 class="spip">Que dit l'anthropologie non patriarcale, non machiste, non raciste anti-femmes ?</h2>
<p>La question débute à la Préhistoire.</p>
<p>Et les spécialistes notamment du Paléolithique ont revalorisé systématiquement la place sociale de la femme. Contrairement à ce qu'on a longtemps cru, les femmes préhistoriques n'étaient pas cantonnées aux tâches domestiques. Elles n'étaient pas de passives ménagères dépendantes de leurs hommes tout-puissants.<br class='autobr' />
Chasseuses, collectrices, artisanes, artistes… les femmes étaient au contraire hyperactives. Tout comme les hommes, elles pouvaient se montrer courageuses, créatives, audacieuses.</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/ce-chasseur-prehistorique-mort-il-y-a-9-000-ans-etait-une-femme" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/ce-chasseur-prehistorique-mort-il-y-a-9-000-ans-etait-une-femme</a></p>
<p><a href="https://www.hominides.com/html/actualites/mains-prehistoire-realisees-par-des-femmes-0762.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.hominides.com/html/actualites/mains-prehistoire-realisees-par-des-femmes-0762.php</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes</a></p>
<p><a href="https://lhumanologue.fr/4626/que-faisaient-les-femmes-au-temps-de-lascaux" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lhumanologue.fr/4626/que-faisaient-les-femmes-au-temps-de-lascaux</a></p>
<p>De nombreuses civilisations telles que lepenski Vir ou Catal hoyuk ont été probablement dominées par les femmes.</p>
<p><a href="https://zientzia.eus/artikuluak/historiaurreko-emakumearen-irudi-berria/fr/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://zientzia.eus/artikuluak/historiaurreko-emakumearen-irudi-berria/fr/</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/prehistorique/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/prehistorique/</a></p>
<p>L'anthropologue Christophe Darmangeat, qui s'est dit révolutionnaire (LO), rompt volontiers des lances contre les auteurs qui voient une période passée où la place des femmes était plus importante que dans le patriarcat actuel. Il se moque du matriarcat primitif.</p>
<p><a href="https://alencontre.org/societe/histoire/linsubmersible-matriarcat-primitif-a-propos-dun-article-du-nouvel-observateur.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://alencontre.org/societe/histoire/linsubmersible-matriarcat-primitif-a-propos-dun-article-du-nouvel-observateur.html</a></p>
<p><a href="https://www.lahuttedesclasses.net/2021/10/lady-sapiens-les-femmes-prehistoriques.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lahuttedesclasses.net/2021/10/lady-sapiens-les-femmes-prehistoriques.html</a></p>
<p>Le matriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248</a></p>
<p>Le passage du matriarcat au patriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326</a></p>
<p>Le patriarcat a été initié par la révolution agricole et est né à l'âge du Bronze.</p>
<p>« Du Paléolithique au Néolithique : l'émergence de nouvelles inégalités<br class='autobr' />
Contrairement aux représentations victoriennes de l'homme des cavernes traînant sa femme par les cheveux, les sociétés paléolithiques offraient probablement plus de liberté aux femmes. Celles-ci participaient à diverses activités, y compris la chasse, et l'espacement naturel des naissances leur permettait une plus grande mobilité. Le tournant décisif intervient au Néolithique (10-12 000 ans) avec la sédentarisation et l'agriculture. Cette révolution impose de nouveaux rôles : les femmes doivent produire davantage d'enfants pour cultiver la terre, ce qui les confine progressivement à l'espace domestique, tandis que les hommes occupent l'espace social et politique.<br class='autobr' />
L'âge du bronze et l'institutionnalisation du patriarcat<br class='autobr' />
C'est au troisième millénaire avant notre ère, avec l'émergence des cités-États mésopotamiennes, que la domination masculine s'institutionnalise définitivement. L'invention de l'écriture permet de codifier les rapports inégalitaires dans les lois, tandis que la métallurgie renforce les capacités de violence et de guerre. Les contrats de mariage deviennent des transactions commerciales entre hommes, traitant les femmes comme des biens. Cette période voit également naître les grandes religions du Livre (judaïsme, christianisme, islam) qui perpétueront ces cadres patriarcaux jusqu'à nos jours. Claudine Cohen conclut que si ces structures se sont construites historiquement, elles peuvent aussi être déconstruites par l'évolution des mentalités, des lois et de l'éducation. »</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-09-septembre-2025-1205757" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-09-septembre-2025-1205757</a></p>
<p>L'apparition de l'exploitation des êtres humains par le travail est directement liée à l'oppression des femmes. Tous les changements sociaux suivants ont contribué à aggraver la situation des femmes : apparition de grands propriétaires terriens, grand commerce, naissance des classes sociales, propriété privée, amoncellement de richesse à un pôle et de pauvreté à l'autre, sédentarisation, création de l'Etat, des lois, de l'appareil répressif, etc. Il en résulte la vente des femmes, la propriété privée des femmes et des enfants, les punitions contre les femmes trop libres, l'enfermement des femmes, la dot des filles à marier, la femme comme bien d'échange, etc.</p></div>
Discutons avec l'organisation française Lutte ouvrière sur son article « Friedrich Engels, les sociétés préhistoriques et l'oppression des femmes »
http://matierevolution.org/spip.php?article9288
http://matierevolution.org/spip.php?article92882025-09-13T22:24:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes womenPréhistoire
<p>Discutons avec l'organisation française (notez que de la part d'internationalistes, c'est déjà une critique !) Lutte ouvrière sur son article « Friedrich Engels, les sociétés préhistoriques et l'oppression des femmes » <br class='autobr' />
Voici le texte de LO que nous discutons : <br class='autobr' />
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html <br class='autobr' />
L'auteur est Christophe Darmangeat, anthropologue connu, qui n'est autre que le militant (…)</p>
-
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory">11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION </a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot287" rel="tag">Préhistoire</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_16733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L238xH320/couverture-79b34.jpg?1792768190' width='238' height='320' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_16734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L333xH500/41nfihwasrl__sy1000_-d64af.jpg?1792768190' width='333' height='500' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Discutons avec l'organisation française (notez que de la part d'internationalistes, c'est déjà une critique !) Lutte ouvrière sur son article « Friedrich Engels, les sociétés préhistoriques et l'oppression des femmes »</h2>
<p>Voici le texte de LO que nous discutons :</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html</a></p>
<p>L'auteur est Christophe Darmangeat, anthropologue connu, qui n'est autre que le militant Raner de l'organisation française Lutte Ouvrière, membre de son comité central (ou peut-être son ex membre).</p>
<p>Darmangeat déclare dans ce texte, pour se justifier de rompre avec Engels, que « Pour Engels, il n'y avait pas de dogme. Comme il l'écrivit en 1891, il était prêt à revoir ses écrits si la documentation évoluait, ce qui fut le cas au 20e siècle. »</p>
<p>En gros, il affirme que partout dans le monde, il n'y a jamais eu aucun matriarcat ni une forme de celui-ci. Ce qui signifie que Engels (et Marx) se sont trompés lourdement sur cette question.</p>
<p>Il affirme d'ailleurs sur ce plan des choses contradictoires, disant que les grands auteurs marxistes n'ont jamais cru au matriarcat primitif et en même temps il affirme qu'il faut corriger Marx et Engels sur ce thème… Bien entendu, nous sommes parfaitement d'accord pour considérer que le marxisme vivant est scientifique et donc susceptible d'erreurs et de corrections.</p>
<p>Nous écrivions même : « En rester au texte de Marx, c'est tuer la démarche de Marx. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330</a></p>
<p>Par contre, Darmangeat fait semblant de comprendre le matriarcat comme le symétrique du patriarcat. Du coup, il ne peut que comprendre que le matriarcat primitif n'a jamais existé !</p>
<p>Examinons d'abord que penser du rôle central des femmes dans les sociétés primitives...</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/el-argar-une-societe-de-lage-de-bronze-qui-pourrait-avoir-ete-dirigee-par-des-femmes-204035" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/el-argar-une-societe-de-lage-de-bronze-qui-pourrait-avoir-ete-dirigee-par-des-femmes-204035</a></p>
<p><a href="https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes</a></p>
<p>Voici d'autres exemples...</p>
<p>Les femmes avaient une place centrale dans la civilisation de Caral il y a 5000 ans</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/une-tombe-vieille-de-5000-ans-revele-la-place-centrale-des-femmes-dans-la-civilisation-de-caral-198011.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/une-tombe-vieille-de-5000-ans-revele-la-place-centrale-des-femmes-dans-la-civilisation-de-caral-198011.html</a></p>
<p>Les Amazones ont bel et bien existé chez les Scythes</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/fact-antiquite-grecque-mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/fact-antiquite-grecque-mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe</a></p>
<p>Les femmes spartiates jouaient un grand rôle dans la société, y compris quand, en Grèce, elles avaient cessé de le jouer.</p>
<p><a href="https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-123/les-femmes-de-sparte/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-123/les-femmes-de-sparte/</a></p>
<p>Bien que nombreux soient les textes grecs et latins présentant des discours qui infériorisent les femmes et les excluent, on peut trouver les moyens de discerner leur véritable place et leur reconnaître une autorité épistémique.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=JAywi3uwKGk" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=JAywi3uwKGk</a></p>
<p>A Çatal Höyük, les femmes jouaient un rôle clé – social, économique et spirituel.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/une-societe-dominee-par-les-femmes-ce-que-revelent-les-sepultures-de-l-une-des-plus-anciennes-villes-du-monde-227366" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/une-societe-dominee-par-les-femmes-ce-que-revelent-les-sepultures-de-l-une-des-plus-anciennes-villes-du-monde-227366</a></p>
<p>Avant l'invasion par l'Empire romain, les femmes dominaient la Grande-Bretagne</p>
<p><a href="https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique</a></p>
<p><a href="https://www.techno-science.net/actualite/femmes-dominaient-elles-avant-romains-N26416.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.techno-science.net/actualite/femmes-dominaient-elles-avant-romains-N26416.html</a></p>
<p>Il existe des restes des anciennes sociétés matriarcales</p>
<p><a href="https://www.feminisme-antia.com/blogs/blog-feministe/les-femmes-prennent-le-pouvoir" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.feminisme-antia.com/blogs/blog-feministe/les-femmes-prennent-le-pouvoir</a></p>
<p>L'imagerie populaire d'antan les dépeignait volontiers traitées sans ménagement par les hommes. Rien n'est plus éloigné de la réalité, expliquent aujourd'hui les experts. Mesdames néandertaliennes et Sapiens taillaient le silex, chassaient, étaient artistes... Un rôle aux antipodes du cliché de la femme victime et démunie.</p>
<p><a href="https://www.geo.fr/histoire/soumises-les-femmes-prehistoriques-227006" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.geo.fr/histoire/soumises-les-femmes-prehistoriques-227006</a></p>
<p>En 427 av. J.-C., la noblesse de Corfou (ou Corcyre) est anéantie par la révolution populaire avec une participation marquante des femmes.Voir le récit de de Thucyde :</p>
<p> <a href="http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre3.htm#LXIX" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre3.htm#LXIX</a></p>
<p>Il y a 1500 ans, les femmes vikings à l'égal des hommes</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/il-y-a-1500-ans-les-femmes-vikings-a-legal-des-hommes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/il-y-a-1500-ans-les-femmes-vikings-a-legal-des-hommes</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-birka-guerres-conquetes-a-armes-egales-la-vraie-histoire-des-femmes-vikings" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-birka-guerres-conquetes-a-armes-egales-la-vraie-histoire-des-femmes-vikings</a></p>
<p>Un royaume des femmes en Chine</p>
<p><a href="https://photo.geo.fr/chine-matriarcat-mosuo-40539#-fa5ad" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://photo.geo.fr/chine-matriarcat-mosuo-40539#-fa5ad</a></p>
<p>Le matriarcat chez les Indiens des Amériques</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280</a></p>
<p>Les Amazones, un mythe ou une réalité mal acceptée</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248</a></p>
<p>Le matriarcat dans les vieilles sociétés en Europe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400</a></p>
<p>Cucuteni-Trypillia, la civilisation matriarcale néolithique la plus ancienne et brillante d'Europe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411</a></p>
<p>Les Ligures, un peuple antique communautaire et matriarcal du sud de l'Europe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389</a></p>
<p>Les formes familiales se sont développées en fonction du mode de production de la société.</p>
<p><a href="https://lavamedia.be/fr/a-lorigine-de-loppression-des-femmes/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lavamedia.be/fr/a-lorigine-de-loppression-des-femmes/</a></p>
<p>Le matriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902</a></p>
<p>Le patriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352</a></p>
<p>Les mythes, légendes et religions qui ont accompagné le renversement violent du matriarcat par le patriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326</a></p>
<p>L'anthropologie a longtemps été machiste…</p>
<p><a href="https://www.linflux.com/monde-societe/aux-origines-etaient-les-femmes/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.linflux.com/monde-societe/aux-origines-etaient-les-femmes/</a></p>
<p>Elle essaie d'évoluer…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_f%C3%A9ministe" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_f%C3%A9ministe</a></p>
<p>« Qui a inventé la domination masculine ? » demande Jean-Paul Demoule, dans « Les dix millénaires oubliés »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5446" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5446</a></p>
<p>Le texte d'Engels sur l'Origine de la famille et de l'oppression de la femme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article170" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article170</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm</a></p>
<p>L'organisation Lutte Ouvrière qui affirme s'y connaitre en études des vieilles sociétés humaines par le biais d'un de ses membres, persiste et signe : pas de matriarcat primitif… dans les sociétés les plus anciennes pour cette organisation, suivant ainsi Testart, qu'elle prétend combattre, et renonçant à Engels, qu'elle prétend défendre, dans le même article…</p>
<p>« En ce qui concerne les relations entre les hommes et les femmes, de nombreux scientifiques affirment aujourd'hui que rien ne permet de penser que les sociétés humaines ont d'abord existé sous la forme d'un matriarcat primitif, où les femmes auraient dominé l'ensemble de la communauté en y disposant des leviers du pouvoir. Un tel matriarcat ne se rencontre dans aucune société observée par les ethnologues et aucun indice archéologique n'y conduit. Engels ne parlait d'ailleurs pas non plus de matriarcat. Mais le fait que les femmes ne dominent pas ne veut pas dire qu'elles sont opprimées. »</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html</a></p>
<p>Christophe DARMANGEAT, membre du comité central de Lutte ouvrière et anthropologue, a écrit « Le communisme primitif n'est plus ce qu'il était » où il affirme en fait que la communauté des biens primitive ainsi que le matriarcat primitif (généralisés à l'ensemble des sociétés primitives précédent les classes et l'Etat) n'auraient été que des erreurs de Marx et Engels liées à la méconnaissance de l'époque, prétend cependant agir ainsi pour défendre… le marxisme. La preuve, c'est qu'il se dit marxiste !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393</a></p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat</a></p>
<p>« Le matriarcat primitif n'est plus ce qu'il n'a jamais été » <br class='autobr' />
Par Christophe Darmangeat</p>
<p>https://hal.science/hal-03738415v1/document</p>
<p>En 2019, la thèse de l'anthropologue allemande Heide Goettner-Abendroth « Les sociétés matriarcales – Recherche sur les cultures autochtones à travers le monde », principale thèse combattue par Testart, n'est même pas mentionnée par Lutte Ouvrière…</p>
<p><a href="https://www.desfemmes.fr/essai/les-societes-matriarcales/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.desfemmes.fr/essai/les-societes-matriarcales/</a></p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/les-societes-matriarcales--9782721007018?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://shs.cairn.info/les-societes-matriarcales--9782721007018?lang=fr</a></p>
<p>Selon Darmangeat-LO, aucun matriarcat primitif n'a jamis existé ! Et ils appellent cela la fidélité à Engels et à l'observation scientifique des anciennes sociétés humaines !</p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat</a></p>
<p>Mais ils sont loin de convaincre tout le monde…</p>
<p><a href="https://www.scienceshumaines.com/les-matriarcats-mythe-ou-realite_fr_44489.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.scienceshumaines.com/les-matriarcats-mythe-ou-realite_fr_44489.html</a></p>
<p>Prenons l'exemple de Malinoski et de sa lecture par Darmangeat-Lutte Ouvrière…</p>
<p>Voici l'ouvrage de Malinovski</p>
<p><a href="https://classiques.uqam.ca/classiques/malinowsli/vie_sexuelle/vie_sexuelle.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://classiques.uqam.ca/classiques/malinowsli/vie_sexuelle/vie_sexuelle.html</a></p>
<p>Voici le commentaire de Darmangeat</p>
<p><a href="https://www.lahuttedesclasses.net/2014/07/borislaw-malinovski-et-le-matriarcat.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lahuttedesclasses.net/2014/07/borislaw-malinovski-et-le-matriarcat.html</a></p>
<p>Voici notre propre commentaire : Darmangeat ne retient dans le texte de Malinovski que ce qui indique que les hommes jouaient un grand rôle et pas les femmes. Or tel n'est pas le sens du texte…</p>
<p>Dès le premier paragraphe, le sens du texte est très clair : les Mélanésiens sont matrilinéaires et la place de la femme est considérable !</p>
<p>Darmangeat ne connaissait pas ce texte pourtant très souvent cité mais surtout il ne peut pas le lire sans le corriger à sa manière…</p>
<p>Ce n'est pas la seule fois que les choix de Darmangeat sont étonnants et pleins de préjugés. Lire ici :</p>
<p><a href="https://fr.internationalism.org/content/5473/a-propos-du-livre-communisme-primitif-nest-plus-ce-quil-etait-i-communisme-primitif-et" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.internationalism.org/content/5473/a-propos-du-livre-communisme-primitif-nest-plus-ce-quil-etait-i-communisme-primitif-et</a></p>
<p>Remarquons que le site de Darmangeat se pique de citer et de répondre à tous ceux qui ont cité et critiqué son ouvrage qu'il appelle « son communisme primitif ». Mais il feint d'ignorer notre article daté de 2019 :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393</a></p>
<p><a href="https://www.lahuttedesclasses.net/search?q=communisme+primitif" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lahuttedesclasses.net/search?q=communisme+primitif</a></p>
<p>De même que Lutte ouvrière n'y répond jamais…</p>
<p>La matrilinéarité des sociétés les plus anciennes a un caractère presque évident puisque les êtres humains primitifs ne connaissaient pas le rôle de l'homme masculin dans la procréation.</p>
<p>Les anthropologues commencent seulement à réévaluer la place de la femme dans les plus anciennes sociétés.</p>
<p><a href="https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques</a></p>
<p>Mais il ne faut pas compter sur Lutte ouvrière pour y contribuer…</p>
<p>Un point de vue sur le « communisme primitif » autre que celui de Lutte ouvrière</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1429" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1429</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7514" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7514</a></p>
<p>Lisons la défense de Darmangeat</p>
<p><a href="https://www.lahuttedesclasses.net/2024/06/la-propriete-privee-la-domination.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lahuttedesclasses.net/2024/06/la-propriete-privee-la-domination.html</a></p>
<p>Certes, Lutte ouvrière passe presque pour féministe avec sa candidate à l'élection présidentielle mais il ne faut pas oublier que l'un de ses principaux dirigeants historiques répétait sans cesse une blague machiste éculée : « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a »…</p>
<p>Et les dirigeants de LO, bien avant Darmangeat affirmaient qu'il faudrait réviser Engels dans son « Origine de la famille… ». C'est surtout très remarquable de la part d'une organisation qui ne voulait pas écrire de programme ni de théorie sous prétexte que « nous ne sommes pas Marx, Engels ou Lénine ou Trotsky et il ne faut pas être prétentieux ».</p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm</a></p>
<p><a href="https://louvrier.org/sites/default/files/2020-12/V43-%20L%27oppression%20des%20femmes%2C%20les%20origines.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://louvrier.org/sites/default/files/2020-12/V43-%20L%27oppression%20des%20femmes%2C%20les%20origines.pdf</a></p></div>
Encore et à nouveau sur le matriarcat
http://matierevolution.org/spip.php?article9122
http://matierevolution.org/spip.php?article91222025-05-17T22:50:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes women
<p>Encore et à nouveau sur le matriarcat <br class='autobr' />
N'en déplaise à Picq, Testart ou encore Demoule et autres défenseurs de l'éternité du patriarcat, le matriarcat, sous de multiples formes a été une étape de l'humanité (et de loin la plus longue) et cela pour de multiples raisons. Il faut d'abord souligner l'importance des femmes due au fait que l'homme (le mâle) ignorait autrefois son propre rôle dans la procréation humaine, la fabrication des enfants, un rôle si essentiel à la survie du groupe. Il (…)</p>
-
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory">11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION </a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Encore et à nouveau sur le matriarcat</h2>
<p>N'en déplaise à Picq, Testart ou encore Demoule et autres défenseurs de l'éternité du patriarcat, le matriarcat, sous de multiples formes a été une étape de l'humanité (et de loin la plus longue) et cela pour de multiples raisons. Il faut d'abord souligner l'importance des femmes due au fait que l'homme (le mâle) ignorait autrefois son propre rôle dans la procréation humaine, la fabrication des enfants, un rôle si essentiel à la survie du groupe. Il faut ensuite insister sur le fait que les femmes étaient bloquées sur place par la charge de l'enfantement et de l'éducation des enfants et avaient, du coup, des tâches qui correspondaient à tous les objets durables du groupe : fabrication de petits objets, conservation des stocks de nourriture, de vêtements, d'outils et à la cueillette. C'est ce qui a permis aux femmes, partout dans le monde, d'être à l'origine de la découverte de la culture des plantes. A une époque où l'élevage n'existait pas ou était naissant, ces tâches féminines étaient au moins aussi importantes que la chasse. Une des causes essentielles de ce qui allait devenir le patriarcat n'existait pas encore : la nécessité de faire hériter les enfants car la propriété privée était tout au plus naissante.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288</a></p>
<p><a href="https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/</a></p>
<p>Les formes patriarcales les plus défavorables aux femmes ne remontent pas aux premiers temps de l'humanité mais à une évolution bien postérieure.</p>
<p><a href="https://lhumanologue.fr/2617/le-matriarcat-a-t-il-vraiment-existe" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lhumanologue.fr/2617/le-matriarcat-a-t-il-vraiment-existe</a></p>
<p>Avant l'invasion par l'Empire romain, les femmes dominaient la Grande-Bretagne</p>
<p><a href="https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique</a></p>
<p>Cette ancienne civilisation du Pérou révèle le pouvoir caché des femmes</p>
<p><a href="https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/archeologie/perou-la-decouverte-dune-salle-du-trone-revele-le-pouvoir-cache-des-femmes-dune-ancienne-civilisation-precolombienne-179881.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/archeologie/perou-la-decouverte-dune-salle-du-trone-revele-le-pouvoir-cache-des-femmes-dune-ancienne-civilisation-precolombienne-179881.html</a></p>
<p>Celle-ci aimait un glorieux ancêtre… femme…</p>
<p><a href="https://www.bbc.com/afrique/articles/cw9dz12z4djo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bbc.com/afrique/articles/cw9dz12z4djo</a></p>
<p>Espagne : découverte d'une société matriarcale vieille de 4000 ans</p>
<p><a href="https://www.nessma.tv/fr/internationale/actu/espagne-decouverte-d-une-civilisation-matriarcale-vieille-de-4-000-ans/291926" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nessma.tv/fr/internationale/actu/espagne-decouverte-d-une-civilisation-matriarcale-vieille-de-4-000-ans/291926</a></p>
<p>Les Khasis, cette société matrilinéaire indigène de l'Inde</p>
<p><a href="https://www.bbc.com/afrique/region-56632146" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bbc.com/afrique/region-56632146</a></p>
<p>La femme celte avait du pouvoir dans la société</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/bretagne/erdeven-56410/erdeven-la-femme-celte-avait-du-pouvoir-dans-la-societe-6217465" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/bretagne/erdeven-56410/erdeven-la-femme-celte-avait-du-pouvoir-dans-la-societe-6217465</a></p>
<p>Sparte : une cité antique grecque aux usages matriarcaux, loin du patriarcat athénien</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/sparte/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/sparte/</a></p>
<p>Les Moso, une des dernières sociétés matriarcales</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/photographie/les-moso-une-des-dernieres-societes-matriarcales" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/photographie/les-moso-une-des-dernieres-societes-matriarcales</a></p>
<p>L'étape matriarcale de la société humaine a bel et bien existé…</p>
<p><a href="https://www.huffingtonpost.fr/ca-marche/article/cette-chercheuse-allemande-a-passe-sa-vie-a-etudier-les-societes-matriarcales-voici-ce-qu-elle-a-decouvert_151956.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.huffingtonpost.fr/ca-marche/article/cette-chercheuse-allemande-a-passe-sa-vie-a-etudier-les-societes-matriarcales-voici-ce-qu-elle-a-decouvert_151956.html</a></p>
<p>Matriarcat en Océanie</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/</a></p>
<p>Matriarcat en Amérique du Nord</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/</a></p>
<p>Le matriarcat basque</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/basque/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/basque/</a></p>
<p>Le matriarcat germain pré-aryen</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/</a></p>
<p>Lire encore :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7136" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7136</a></p>
<p><a href="https://www.vice.com/fr/article/pourquoi-le-matriarcat-est-une-bien-meilleure-societe/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.vice.com/fr/article/pourquoi-le-matriarcat-est-une-bien-meilleure-societe/</a></p></div>
Féminisme et classes sociales
http://matierevolution.org/spip.php?article8562
http://matierevolution.org/spip.php?article85622025-04-12T22:43:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes womenLutte de classes - Class struggle
<p>Féminisme et classes sociales <br class='autobr' />
Les bases sociales de la question féminine <br class='autobr' />
Alexandra Kollontaï <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm <br class='autobr' />
Le mouvement féministe et le rôle de la femme travailleuse dans la lutte de classe <br class='autobr' />
Alexandra Kollontaï <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm <br class='autobr' />
L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat Friedrich Engels (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory">11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION </a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag">Femmes women</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Féminisme et classes sociales</h2>
<p>Les bases sociales de la question féminine</p>
<p>Alexandra Kollontaï</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm</a></p>
<p>Le mouvement féministe et le rôle de la femme travailleuse dans la lutte de classe</p>
<p>Alexandra Kollontaï</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm</a></p>
<p>L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat<br class='autobr' />
Friedrich Engels</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm</a></p>
<p>La question de la femme</p>
<p>Paul Lafargue</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/pl19040000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/pl19040000.htm</a></p>
<p>La femme et le socialisme</p>
<p>August Bebel</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs.htm</a></p>
<p>Les objectifs généraux du mouvement féminin</p>
<p>Lénine</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm</a></p>
<p>Les questions du mode de vie</p>
<p>Trotsky</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/qmv/qmv6.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/qmv/qmv6.html</a></p>
<p>Le matriarcat, ses causes et sa fin sous les coups de la guerre sociale</p>
<p>Robert Paris</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288</a></p>
<p>Quand les femmes s'y mettent, c'est la révolution sociale</p>
<p>Tiekoura Levi Hamed</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article254" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article254</a></p>
<p> Les racines de classe du mouvement féministe</p>
<p>Hal Draper en collaboration avec Anne Lipow</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/draper/1976/women2/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/draper/1976/women2/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p>La libération des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie</p>
<p>Robert Paris</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931</a></p>
<p>Quand on en finira avec le patriarcat</p>
<p>Robert Paris</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785</a></p>
<p>Russie révolutionnaire (1917-1923) : la révolution dans les mœurs, dans la libération des femmes, et notamment dans la sexualité</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5239" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5239</a></p>
<p>Femmes opprimées et travailleurs exploités, ensemble pour le renversement du capitalisme !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903</a></p>
<p>Quand les femmes s'insurgent, en tête des exploités et des opprimés</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5350" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5350</a></p>
<p>Le crime contre l'humanité… féminine !!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397</a></p>
<p>Bibliographie contre l'oppression des femmes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2309" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2309</a></p>
<p>J'accuse le patriarcat d'être l'instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352</a></p>
<p>Les révolutionnaires marxistes sont-ils des adeptes de « la théorie du genre » ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7405" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7405</a></p>
<p>Thèses sur la question de l'oppression des femmes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2222</a></p>
<p>L'oppression des femmes s'aggrave partout dans le monde, en relation avec l'effondrement capitaliste débuté en 2007</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545</a></p>
<p>Les mythes, légendes et religions qui ont accompagné le renversement violent du matriarcat par le patriarcat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326</a></p>
<p>En Iran comme en France et ailleurs, libération des femmes et libération des exploités sont inséparables</p>
<p>Alex et Waraa</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985</a></p>
<p>Pourquoi cette société d'exploitation tient à continuer de faire subir des violences aux femmes ?</p>
<p>Robert Paris</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1800" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1800</a></p></div>
La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale
http://matierevolution.org/spip.php?article8420
http://matierevolution.org/spip.php?article84202024-09-29T22:20:00Ztext/htmlfrRobert ParisFemmes women
<p>La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale <br class='autobr' />
On dit fréquemment : « le degré de civilisation d'un peuple se mesure le mieux à la situation que la femme y détient ». Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aperçoit alors que notre civilisation si renommée n'en est pas encore arrivée bien loin dans ce sens <br class='autobr' />
On dit fréquemment : « le degré de civilisation d'un peuple se mesure le mieux à la situation que la femme y détient ». Nous tenons cette formule pour bonne, mais on (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale</h2>
<p>On dit fréquemment : « le degré de civilisation d'un peuple se mesure le mieux à la situation que la femme y détient ». Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aperçoit alors que notre civilisation si renommée n'en est pas encore arrivée bien loin dans ce sens</p>
<p>On dit fréquemment : « le degré de civilisation d'un peuple se mesure le mieux à la situation que la femme y détient ». Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aperçoit alors que notre civilisation si renommée n'en est pas encore arrivée bien loin dans ce sens.</p>
<p>Dans son livre « l'asservissement de la femme » (le titre indique l'idée que se fait l'auteur de la situation de la femme en général), John Stuart Mill dit : « La vie des hommes est devenue plus sédentaire. Le progrès de la civilisation unit l'homme à la femme par un plus grand nombre de liens ». La première proposition n'est pas exacte, la seconde ne l'est que conditionnellement ; celle-ci peut être juste dans le cas où les relations conjugales entre l'homme et la femme sont sincères. Tout homme sensé doit considérer comme avantageux pour lui-même et pour sa femme que celle-ci, sortant du cercle étroit de ses occupations domestiques, entre davantage dans la vie, se familiarise avec le courant de son époque et lui impose ainsi des « liens », peut-être, mais pas bien lourds. D'autre part, il y a lieu de rechercher également si notre vie moderne n'a pas introduit dans la vie conjugale des facteurs qui contribuent bien plus que jadis à détruire le mariage.</p>
<p>Il est certain que jadis aussi, dans les pays où la femme pouvait être propriétaire, les considérations matérielles influaient sur les mariages beaucoup plus que l'amour et l'affection réciproques, mais nous n'avons pas d'exemple que le mariage soit devenu autrefois, comme aujourd'hui, d'une manière aussi cynique, une espèce de marché public livré à la spéculation, une simple question d'argent. De nos jours le trafic matrimonial est pratiqué sur une vaste échelle parmi les classes qui possèdent - il n'a aucun sens pour ceux qui n'ont rien - avec urne impudeur qui permet de considérer comme une amère ironie le mot souvent répété de la « sainteté » du mariage. Comme toutes choses, cette manière de faire n'est pas sans avoir sa raison d'être. À aucune époque, il n'a été plus difficile qu'aujourd'hui à la grande majorité de l'humanité d'atteindre au bien-être tel qu'on le conçoit en général ; mais à aucune époque non plus on n'a mené aussi universellement la lutte - d'ailleurs juste en elle-même - pour arriver à une existence digne de l'être humain et à toutes les jouissances de la vie. Il n'y a pas, à proprement parler, de différences entre les positions et les classes. L'idée démocratique de l'égalité de tous dans le droit à la jouissance a réveillé dans tous les esprits le désir de transporter aussi ce droit dans la réalité. Mais la majorité ne comprend pas encore que l'égalité dans la jouissance n'est possible que s'il y a égalité dans les droits et les conditions de l'existence sociale. Par contre, les idées qui l'emportent aujourd'hui et l'exemple venu d'en haut apprennent à chaque individu à se servir de n'importe quel moyen de nature à l'amener, d'après lui, à son but, sans trop le compromettre. C'est surtout ainsi que la spéculation sur le mariage d'argent est devenue un moyen de parvenir. Le désir d'avoir de l'argent, le plus d'argent possible, d'une part, l'ambition du rang, des titres, des dignités, de l'autre, trouvent particulièrement à se satisfaire mutuellement dans ce que l'on est convenu d'appeler les hautes régions de la société. Le mariage y est le plus souvent considéré comme une simple affaire ; il constitue un lien purement conventionnel que les deux parties respectent extérieurement, tandis que pour le reste chacune d'elles agit à sa fantaisie. Et nous ne faisons ici qu'une demi-allusion aux mariages politiques dans les plus hautes sphères. Dans ces unions, le privilège d'entretenir impunément des relations extra-conjugales selon son caprice ou ses besoins s'est silencieusement établi en règle - à la vérité, encore, beaucoup plus au profit de l'homme qu'à celui de la femme. Il fut un temps où être la maîtresse d'un souverain était de bon ton, où chaque prince devait avoir au moins une maîtresse qui faisait dans une certaine mesure partie de ses attributs princiers. C'est ainsi que Frédéric-guillaume Ier de Prusse (1713-1740) entretint, au moins pour la forme, avec la femme d'un général, des relations dont l'intimité consistait en ce qu'il se promenait chaque jour pendant une heure avec elle dans la cour du château. D'autre part, il est connu de tout le monde que l'avant-dernier roi d'Italie, le « roi-gentilhomme », ne laissa pas moins de trente-deux enfants adultérins. Et l'on pourrait multiplier largement ces exemples.</p>
<p>L'histoire intime de la plupart des Cours et des familles nobles de l'Europe est pour tout homme qui « sait » une chronique scandaleuse presque ininterrompue, souvent assombrie par des crimes de la pire espèce. Il est donc on ne peut plus nécessaire que des sycophantes retraçant l'histoire, non-seulement mettent hors de doute la « légitimité » des différents « pères et mères de la patrie » qui se sont succédé, mais encore qu'ils s'évertuent à nous les présenter tous comme des modèles des vertus domestiques, comme des maris fidèles et de bons pères de famille.</p>
<p>Dans toutes les grandes villes, il y a des endroits et des jours déterminés où se réunit la haute société dans le but de provoquer des fiançailles et des mariages. Ces réunions, on les a fort proprement appelées la « Bourse du mariage ». Car, comme à la Bourse, la spéculation et le jeu y jouent le principal rôle ; ni la tromperie ni le mensonge n'y font défaut. Des officiers criblés de dettes, mais pouvant présenter un titre de vieille noblesse ; des roués, cassés par la débauche, cherchant à refaire dans le port du mariage leur santé ruinée et ayant besoin d'une garde-malade ; des industriels, des commerçants ou des banquiers frisant la banqueroute ou la prison et qui demandent à être « sauvés » ; enfin tous ceux qui ne songent qu'a acquérir de l'or et des richesses ou à augmenter celles qu'ils ont, s'y rencontrent avec des employés qui ont de l'avancement en perspective, mais qui, pour l'heure, ont des besoins d'argent. Tout ce monde vient s'offrir et passe marché sans s'occuper de savoir si la femme est jeune ou vieille, belle ou laide, saine ou malade, bien ou mal élevée, pieuse ou frivole, chrétienne ou juive. Et quelle est l'expression dont s'est servi un illustre homme d'État : « Un mariage entre un étalon catholique et une jument juive est chose on ne peut plus recommandable ». Cette image, empruntée d'une façon si frappante au langage de l'écurie, trouve, ainsi que l'expérience le démontre, une application vivante dans les hautes régions de notre société. L'argent égalise toutes les tares et l'emporte dans la balance sur toutes les imperfections. D'innombrables agences matrimoniales, puissamment organisées, des entremetteurs et des entremetteuses de tous genres opèrent le racolage et cherchent candidats et candidates pour le « saint état du mariage ». Ce commerce est particulièrement profitable lorsqu'il « travaille » pour des membres des hautes classes. C'est ainsi qu'en 1878 eut lieu à Vienne contre une entremetteuse un procès pour empoisonnement qui se termina pour l'accusée par une condamnation à 15 jours de prison, et au cours duquel il fut établi que l'ancien ambassadeur de France à Vienne, le comte Banneville, avait payé à cette femme 22.000 florins de commission pour lui avoir procuré son épouse. D'autres membres encore de la haute aristocratie furent fortement compromis dans le même procès. Il sautait aux yeux que pendant des années certains fonctionnaires de l'État avaient laissé cette femme accomplir ses menées ténébreuses et criminelles. Pourquoi ? Ce qu'on apprit ne laissait à cet égard aucun doute. On se raconte des histoires analogues qui se passent dans la capitale de l'empire allemand. Quiconque, jeune homme ou jeune fille, ne trouve aujourd'hui sous la main rien de convenable pour se marier, confie ses peines de cœur à des journaux pieusement conservateurs ou moralement libéraux qui veillent moyennant finances et sans bonnes paroles à ce qu'il se trouve des âmes sœurs. L'abus des entremises matrimoniales est devenu tel que les gouvernements se sont, de ci de là, vus forcés de combattre par des avertissements et des mesures répressives des escroqueries devenues trop manifestes. C'est ainsi qu'en l876 la capitainerie générale de Leipzig publiait un avis pour appeler l'attention sur l'industrie clandestine des agences matrimoniales et invitait la police à lui signaler pour être punis les empiétements qui se produiraient sur les limites fixées. Du reste l'État qui, en d'autres cas, - par exemple lorsqu'il s'agit de partis politiques qui deviennent gênants - se pose volontiers en gardien de « l'ordre et de la morale », se décide assez rarement à lutter d'une façon sérieuse contre un scandale qui s'aggrave tous les jours.</p>
<p>Dans un autre ordre d'idées, l'État aussi bien que l'Église ne jouent pas un rôle bien brillant dans les mariages de ce genre, si « sacrés » soient-ils. Le fonctionnaire de l'État à qui revient la mission de conclure le mariage, a beau être fermement convaincu que le couple qui est devant lui a été réuni au moyen des pratiques les plus viles ; il a beau être de notoriété publique que les fiancés ne sont pas le moins du monde assortis ni par leur âge ni par leurs qualités physiques ou morales ; la femme a beau avoir vingt ans et l'homme soixante-dix, ou réciproquement ; la fiancée a beau être jeune, jolie, heureuse de vivre, et le futur vieux, rhumatisant et grognon : tout cela ne regarde ni le représentant de l'État ni celui de l'Église ; ils n'ont rien à demander à ce sujet. L'union est « consacrée », et consacrée par l'Église avec d'autant plus de solennité que la rétribution de ce « commerce sacré » a été plus abondante.</p>
<p>Mais qu'au bout de quelque temps un mariage conclu de cette manière se montre comme malheureux au possible, ainsi que tout le monde, la triste victime elle-même - qui est régulièrement la femme - l'avait prévu ; que l'une des parties demande sa séparation de l'autre ; alors l'État comme l'Église soulèvent les plus grandes difficultés, eux qui, précédemment, ne s'étaient pas inquiété de savoir si les liens qu'on leur demande de délier avaient été noués par un amour réel, par un penchant purement naturel et moral ou par un égoïsme cynique et malpropre. Ni l'État ni l'Église ne jugent de leur devoir de se renseigner avant le mariage sur ce que l'union peut avoir de manifestement contre-nature, et, par suite, de profondément immoral. Qu'il s'agisse de séparation, on n'admet que rarement la répulsion morale pour motif ; on exige des preuves palpables qui toujours déshonorent ou rabaissent l'une des parties dans l'opinion publique et faute desquelles la séparation n'est pas prononcée. L'Église romaine principalement, en n'accordant la dissolution du lien conjugal que par une dispense spéciale du pape, fort difficile à obtenir, et en ne prononçant tout au plus que la séparation de corps, aggrave l'état de choses sous lequel gémissent toutes les nations catholiques.</p>
<p>Voilà comment on enchaîne l'un à l'autre des êtres humains ; l'une des parties devient l'esclave de l'autre et est contrainte, par « devoir conjugal », de se soumettre à ses baisers, à ses caresses les plus intimes, qu'elle a peut-être plus en horreur que ses injures et ses mauvais traitements.</p>
<p>Et maintenant je pose cette question : un pareil mariage - et il y en a beaucoup de ce genre - n'est-il pas pire que la prostitution ? La prostituée est encore jusqu'à un certain point libre de se soustraire à son honteux métier et, si elle ne vit pas dans une maison publique, elle a le droit de se refuser à vendre ses caresses à un homme qui, pour une raison ou pour une autre, ne lui plaît pas. Mais une femme vendue par le mariage est tenue de subir les caresses de son mari, quand bien même elle a cent raisons de le haïr et de le mépriser.</p>
<p>Dans certains autres mariages conclus sous l'influence prépondérante de considérations matérielles, les situations sont moins mauvaises. On s'arrange, on établit un modus vivendi, on accepte le fait accompli comme une chose à laquelle on ne peut rien changer, parce qu'on a peur du scandale, parce que l'on craint de nuire à ses intérêts matériels, que l'on a des enfants auxquels il faut songer, - encore que ce soient précisément ceux-ci qui souffrent le plus, au milieu de l'existence froide et sans amour des parents qui m'a même pas besoin pour cela de se changer en hostilité ouverte, en disputes et en querelles. L'homme, de qui provient le plus souvent, comme le démontrent les procès en séparation, le scandale dans le mariage, sait, grâce à sa situation prépondérante, se dédommager ailleurs. La femme ne peut que bien plus rarement prendre ainsi les chemins de traverse, d'abord parce que s'y lancer est plus dangereux pour elle, pour des raisons d'ordre physique, en sa qualité de partie prenante, et ensuite parce que chaque pas fait en dehors du mariage lui est compté comme un crime que ni l'homme ni la Société ne pardonnent. La femme ne se résoudra à la séparation que dans les cas les plus graves d'infidélité ou de mauvais traitements de la part du mari, parce qu'elle est obligée, en pesant le pour et le contre, de considérer le mariage comme un asile. Elle ne se trouve le plus souvent pas dans une position matérielle indépendante, et une fois séparée, la société lui fait une situation qui n'a rien d'enviable. Si, malgré cela, l'énorme majorité des demandes en séparation proviennent de la femme (88 % en France, par exemple) [4], c'est là un symptôme de la dangereuse gravité des maux que le mariage entraîne pour elle. Le nombre chaque année croissant, dans presque tous les pays, des unions dissoutes, en témoigne largement. Il exagérait donc à peine, ce juge autrichien qui, d'après un feuilleton du « Journal de Francfort » de 1878, s'écriait : « les plaintes en adultère sont aussi nombreuses que les plaintes pour carreaux cassés ».</p>
<p>L'insécurité sans cesse croissante du travail, la difficulté chaque jour plus grande d'atteindre une position à moitié certaine au milieu de la lutte économique de tous contre tous, ne permettent pas d'entrevoir que, sous notre système social, toutes les misères dont le mariage est la cause puissent cesser ou même s'atténuer. Au contraire, les maux qui découlent du mariage ne pourront que grandir et s'aggraver par ce fait qu'il est étroitement lié aux conditions actuelles de la fortune et de la société.</p>
<p>D'une part la corruption croissante du mariage, de l'autre et surtout l'impossibilité pour un grand nombre de femmes d'arriver à conclure une union légitime, permettent de considérer comme des paroles irréfléchies les raisonnements comme celui-ci : la femme doit rester confinée dans son ménage ; c'est comme maîtresse de maison et comme mère qu'elle a sa mission à remplir. Par contre, la corruption forcément grandissante du mariage multipliera nécessairement les raisons qui y mettent obstacle - malgré les facilités que pourra accorder l'État - ainsi que les relations sexuelles extra-conjugales, la prostitution et toute la série des vices contre nature [5].</p>
<p>Dans les classes qui possèdent, il n'est pas rare que, tout comme dans la Grèce antique, la femme tombe au rang de machine à produire des enfants légitimes, de gardienne de la maison, ou de garde-malade de son mari. L'homme entretien pour son plaisir et pour la satisfaction de ses fantaisies amoureuses des courtisanes et des hétaïres - qu'on appelle chez nous des maîtresses - avec les élégantes demeures desquelles on pourrait faire les plus beaux quartiers de nos villes. En dehors de cela, les mariages contre nature mènent à toutes sortes de crimes, comme l'assassinat du conjoint ou la recherche de jouissances artificielles. L'assassinat conjugal doit surtout se pratiquer fréquemment pendant les épidémies cholériques, étant donné qu'on pense généralement que les symptômes du choléra ressemblent en bien des points à ceux de l'empoisonnement, que l'émotion générale, le grand nombre des cadavres, le danger de la contagion diminuent ce que la visite peut avoir de méticuleux et rendent nécessaires le prompt enlèvement et l'enfouissement rapide des cadavres.</p>
<p>Dans les classes de la société où l'on n'a pas les moyens d'entretenir une maîtresse, on se rabat sur les lieux de plaisir publics ou intimes, les cafés chantants, les concerts, les bals, les maisons de femmes. Les progrès de la prostitution sont un fait partout reconnu.</p>
<p>Si, dans les classes moyennes et supérieures de la société, le mariage se trouve déconsidéré, d'une part en raison de son caractère mercantile, du superflu des richesses, de l'oisiveté, du sybaritisme, et d'un autre côté par une nourriture du cœur et de l'esprit correspondante, par la frivolité des spectacles, le caractère lascif de la musique, l'immoralité et la grivoiserie des romans et des illustrations, des causes analogues ou différentes produisent le même résultat dans les classes inférieures. La possibilité, pour le salarié, de se créer par son travail une situation, est aujourd'hui chose si précaire qu'il n'en est pas tenu compte par la masse des travailleurs dans les questions qu'ils ont à agiter. Le mariage d'argent ou d'intérêt leur est, par lui-même, interdit aussi bien qu'à la partie féminine de leur classe. En règle générale, le mariage n'est pour le travailleur que la satisfaction du penchant qu'il a pour une femme ; cependant il n'est pas rare que le calcul de voir l'épouse gagner un salaire avec lui joue un rôle dans cette sorte d'unions, de même qu'il lui arrive d'envisager ce fait que les enfants pourront acquérir de bonne heure la valeur d'un instrument de travail et couvriront ainsi, dans une certaine mesure, les frais de leur entretien. Cela est triste, mais ce n'est que trop vrai. En dehors de cela, il ne manque pas d'autres motifs qui mettent obstacle au mariage de l'ouvrier. Une trop riche fécondité sexuelle affaiblit ou annihile même la main-d'œuvre de la femme, et augmente les dépenses du ménage ; les crises commerciales et industrielles, l'introduction de nouvelles machines ou de méthodes de production perfectionnées, les guerres, la fâcheuse action des traités de commerce et de douane, les impôts indirects, diminuent plus ou moins, pour une durée tantôt longue, tantôt courte, le gain de l'ouvrier, et finissent par le jeter tout à fait sur la paille. Tous ces coups du hasard aigrissent les caractères, et c'est sur la vie domestique qu'ils influent tout d'abord, quand chaque jour, à chaque heure, femme et enfants réclament à l'homme leur strict nécessaire sans qu il puisse leur donner satisfaction. Trop souvent, de désespoir, il cherche sa consolation au cabaret dans son verre de mauvaise eau-de-vie ; le dernier sou du ménage se dépense ; les disputes et les querelles ne prennent plus fin. C'est là qu'est la ruine du mariage et de la vie de famille.</p>
<p>Prenons un autre exemple. L'homme et la femme vont au travail. Les enfants sont laissés à eux-mêmes ou à la surveillance de frères et sœurs plus âgés auxquels manque la première qualité nécessaire a cette mission : l'éducation. Ce qu'on appelle le dîner (repas de midi) est englouti au grand galop, à la condition encore que les parents aient le temps de revenir chez eux ; le soir, tous deux rentrent à la maison épuisés de fatigue. Au lieu d'un intérieur agréable et riant, ils trouvent un logis étroit, malsain, manquant d'air, de lumière et souvent des commodités les plus indispensables. La femme a maintenant de l'ouvrage plein les mains, du travail jusque par-dessus la tète pour ne mettre en ordre que le plus nécessaire. Les enfants, criant et faisant tapage, sont vivement mis au lit ; la femme s'assied, coud et raccommode jusque tard dans la nuit. Les distractions intellectuelles, les consolations de l'esprit font entièrement défaut. Le mari n'a pas d'instruction, ne sait pas grand chose, la femme encore moins, le peu qu'on a à se dire est vite épuisé. L'homme va chercher au cabaret la distraction qui lui manque chez lui ; il boit, et si peu qu'il dépense, c'est encore beaucoup pour sa position. Parfois, il s'abandonne aussi au jeu, vice qui fait plus particulièrement tant de victimes dans les classes élevées, et il perd trois fois, dix fois plus qu'il ne dépense à boire. Pendant ce temps, la femme, assise à sa besogne, se laisse aller à la rancune contre son mari ; il lui faut travailler comme une bête de somme, il n'y a pour elle ni un instant de repos ni une minute de distraction ; l'homme, lui, use de la liberté qu'il doit au hasard d'être né homme. La mésintelligence est complète. Mais si la femme est moins fidèle à son devoir, si rentrant le soir fatiguée du travail, elle cherche les délassements auxquels elle a droit, alors le ménage marche à rebours, et la misère devient doublement dure. Oui, en vérité, nous vivons dans « le meilleur des mondes ».</p>
<p>Toutes ces circonstances contribuent aujourd'hui à désorganiser davantage le mariage du prolétaire. Même les périodes pendant lesquelles le travail marche le mieux ont leur influence néfaste, car cela oblige l'ouvrier à travailler le dimanche, à faire des heures supplémentaires, et lui enlève le peu de temps qu'il lui restait à consacrer à sa famille. Dans des milliers de cas, il lui faut des demi-heures, des heures entières même pour se rendre à son travail ; utiliser le repos de midi pour revenir à la maison est presque toujours une impossibilité ; il se lève donc le matin à la première heure, alors que les enfants sont encore profondément endormis et il rentre tard le soir pour les trouver déjà couchés. Beaucoup de travailleurs, notamment les ouvriers du bâtiment dans les grandes villes, restent dehors toute la semaine à cause de l'éloignement de leur chantier et ne rentrent chez eux que le dimanche ; et l'on veut que la vie de famille prospère dans ces conditions-là ! D'autre part, l'emploi du travail de la femme et de l'enfant prend chaque jour plus d'extension, surtout dans l'industrie textile qui fait servir ses milliers de métiers à vapeur et de machines à filer, par des femmes et des enfants dont la main d'œuvre est peu rétribuée. Dans ce cas, les conditions des sexes et des âges sont presque retournées. La femme et l'enfant vont à la fabrique ; l'homme, n'avant plus d'emploi, reste à la maison et vaque aux travaux domestiques. À Colmar, à la fin de novembre 1873, sur 8109 ouvriers employés à l'industrie textile, il y avait 3509 femmes, 3416 hommes seulement et 1184 enfants, de telle sorte que femmes et enfants réunis formaient un total de 4693 contre 3416 hommes.</p>
<p>Dans l'industrie cotonnière anglaise, il y avait en 1875, sur 479.515 travailleurs, 258.667 femmes, soit 54 % du chiffre total ; 38.558 ou 8 % de jeunes ouvriers des deux sexes, âgés de 13 à 18 ans ; 66.900 ou 14 % d'enfants au-dessous de 13 ans, et seulement 115.391 hommes, soit 24 %. Qu'on se fasse une idée de la vie de famille que ces gens-là peuvent mener !</p>
<p>Notre état « chrétien », dont on cherche inutilement le « christianisme » partout où il devrait être appliqué, quitte à le trouver partout où il est funeste ou superflu, cet état « chrétien » agit absolument commue le bourgeois « chrétien », ce qui ne saurait étonner aucun de ceux qui savent que le premier n'est que le commis du second. Non seulement il se garde bien d'édicter des lois qui fixent des limites normales au travail de la femme, et interdisent absolument celui des enfants, mais encore il n'accorde lui-même à beaucoup de ses employés ni le repos complet du dimanche, ni une durée normale de travail, et il trouble ainsi leur vie de famille. Les employés des postes, des chemins de fer, des prisons, etc., sont tenus en grand nombre de remplir leurs fonctions au-delà des limites de temps habituelles, et leur rétribution est en proportion inverse du travail qu'ils fournissent. Mais c'est là une situation partout normale aujourd'hui, et pour le moment la majorité la trouve parfaitement dans l'ordre.</p>
<p>Comme d'autre part les loyers sont trop élevés en comparaison des salaires et des revenus des petits employés et des petites gens, travailleurs et petites gens sont obligés de se resserrer à l'extrême. On prend à domicile ce qu'on appelle des logistes, hommes ou femmes, souvent même des deux sexes à la fois. Jeunes et vieux vivent dans le cercle le plus limité, sans séparation des sexes, étroitement entassés même dans les circonstances les plus intimes : ce qu'il en résulte pour la pudeur et la morale, des faits épouvantables le démontrent. Et quelle influence peut avoir, dans le même ordre d'idées, sur les enfants, le travail de la fabrique ? Incontestablement la plus mauvaise qui se puisse imaginer, tant au point de vue physique qu'au point de vue moral.</p>
<p>L'emploi toujours plus répandu des femmes même mariées est appelé à avoir les plus funestes conséquences, notamment pendant les grossesses, au moment des accouchements et durant le premier âge des enfants, alors que la nourriture de ceux- ci par la mère est indiquée. Il en résulte, pendant la grossesse, une foule de maladies qui influent d'une façon aussi pernicieuse sur l'enfant que sur l'organisme de la femme, des avortements, des venues avant terme ou de mort-nés. L'enfant une fois mis au monde, la mère est obligée de retourner le plus rapidement possible à la fabrique pour que sa place n'y soit pas prise par une concurrente. Ce qu'il on résulte inévitablement pour les petits nourrissons, c'est qu'ils ne reçoivent que des soins négligés, une nourriture mal appropriée ou complètement nulle ; on les bourre d'opiats pour les faire rester tranquilles. Conséquences : une mortalité considérable, les maladies de langueur, le dépérissement, en un mot la dégénérescence de la race. Les enfants grandissent, dans bien des cas, sans avoir eu quoi que ce soit joui de l'amour paternel ou maternel, et sans avoir, de leur côté, ressenti le véritable amour filial. Voilà comment naît, vit et meurt le prolétariat. Et l'état « chrétien », la société « chrétienne » s'étonnent de voir la grossièreté, l'immoralité, les crimes de toute nature, s'accroître sans cesse !</p>
<p>Lorsque, au début de la période décennale de 1860, des milliers et des milliers d'ouvriers des districts cotonniers d'Angleterre furent réduits au chômage par suite de la guerre de sécession de l'Amérique du Nord, les médecins firent cette découverte saisissante que, malgré la profonde misère de la population, la mortalité des enfants diminua. La raison en était fort simple. Les enfants étaient mieux soignés et recevaient la nourriture de la mère dont ils n'avaient jamais profité pendant les périodes de travail meilleures. Le même fait a été constaté par les hommes de l'art de l'Amérique du Nord, lors de la crise des années 1810, dans les états de New-York et du Massachusetts. Le manque général de travail força les femmes à chômer et leur laissa le temps de soigner leurs enfants.</p>
<p>Dans l'industrie à domicile, que les théoriciens romantiques aiment tant à nous présenter comme idyllique, les conditions de la vie de famille et de la morale n'en sont pas d'un cheveu meilleures. Du matin au soir la femme y est enchaînée au travail à côté de l'homme ; les enfants, dès leur plus jeune âge, sont employés à la même besogne. Entassés dans les locaux les plus exigus que l'on puisse imaginer, l'homme, la femme et la famille, filles et garçons, vivent au milieu des déchets du travail, parmi les exhalaisons et les odeurs les plus désagréables, privés de la plus indispensable propreté. Les chambres à coucher forment le pendant des locaux où l'on se tient dans le jour et où l'on travaille. Ce sont en général des trous obscurs, sans ventilation, qui reçoivent pour la nuit un nombre d'êtres humains dont le quart seulement y serait déjà logé dans les conditions les plus malsaines. Bref, il existe des situations telles qu'elles donnent le frisson à quiconque est habitué à une existence digne d'un être humain.</p>
<p>La lutte pour l'existence devenant chaque jour plus pénible, hommes et femmes en sont souvent réduits à commettre et à supporter des actes qu'ils auraient, autrement, en horreur. C'est ainsi qu'en 1877, à Munich, il fut constaté que, parmi les prostituées inscrites à la police et surveillées par elle, il ne se trouvait pas moins de 203 femmes mariées à des ouvriers ou à des artisans. Et combien de femmes mariées exercent ce honteux métier par nécessité, sans se soumettre au contrôle de la police, qui froisse au suprême degré le sentiment de la pudeur et la dignité humaine.</p>
<p>Si le prix élevé des grains pendant un an influe déjà dans une mesure appréciable sur l'abaissement du chiffre des mariages et des naissances, les crises, telles qu'elles sont inéluctablement liées à notre système industriel, et qui durent des années entières, ont, à ce point de vue particulier, une influence encore plus sensible. C'est ce que démontre d'une façon frappante la statistique des mariages dans l'Empire allemand. En 1872, l'année du « réveil » industriel, il fut conclu 423.900 mariages : en 1879, où la crise atteignit son maximum d'intensité, 335.133 seulement ; les mariages avaient donc diminué de 25 %, et même de 33 %, si l'on tient compte de l'augmentation de population qui s'était produite entre temps. En Prusse, pendant les années où la crise sévit véritablement, de 1876 à 1879, le chiffre des unions avait décru d'une façon remarquable d'année en année. Ces chiffres étaient de 224.773 en 1876, de 210.357 en 1877, de 207.754 en 1878 et de 206.752 en 1879. Le chiffre des naissances diminuait également d'une façon significative. La crainte de la misère, la pensée de ne pouvoir donner aux enfants une éducation en rapport avec leur situation, poussent encore les femmes de toutes classes à des agissements qui ne sont pas plus d'accord avec les lois de la nature qu'avec le Code pénal. À ces agissements appartiennent les différents moyens employés pour empêcher la conception, et, quand celle-ci a eu lieu malgré tout, la suppression du fruit importun, l'avortement. On ferait fausse route si l'on voulait affirmer que ces moyens ne sont employés que par des femmes à l'esprit léger et dénuées de conscience. Ce sont au contraire fort souvent des épouses fidèles à leurs devoirs qui, pour échapper à ce dilemme, ou de se refuser à leur mari en comprimant énergiquement leur instinct sexuel ou de pousser leur époux à des détours qu'il n'a en général que trop de propension à suivre, préfèrent se résoudre à employer des manœuvres abortives. À côté de celles-là, il y en a d'autres, particulièrement dans les classes élevées, qui, pour cacher une faute, ou par répugnance pour les incommodités de la grossesse, de l'accouchement, de l'élevage, ou encore par crainte de voir plus vite leurs charmes se flétrir et de peur de perdre alors en considération auprès de leur mari ou des hommes de leur monde, se soumettent à ces manœuvres coupables et trouvent au poids de l'or l'aide complaisante du médecin et de la sage-femme. C'est ainsi qu'au printemps de 1878, à New-York, se suicida une femme qui habitait un palais somptueux, qui pendant plus d'une génération avait exercé son honteux métier sous les yeux de la police et de la justice, et qui finit par payer sa dette à la vindicte publique à la suite d'une dénonciation qui faisait peser sur elle de lourdes charges. Cette femme, malgré son existence fastueuse, laissa une fortune qui fut évaluée à plus d'un million et demi de dollars. Sa clientèle se recrutait exclusivement dans les cercles les plus riches de New-York. À en juger par le chiffre croissant des offres non déguisées qui s'étalent dans nos journaux, chaque jour augmente le nombre des établissements de tout genre où l'on fournit aux femmes et aux filles des classes riches les moyens d'attendre dans le plus rigoureux secret les suites de leurs « fautes ».</p>
<p>La crainte de voir le nombre des enfants devenir trop considérable eu égard à la fortune que l'on possède et aux frais de leur entretien, a élevé dans des classes, dans des peuples entiers, les règles de continence à la hauteur d'un système et, dans certains cas, en a fait une calamité publique. C'est ainsi qu'il est un fait généralement constaté, à savoir que le malthusianisme est pratiqué à tous les degrés de la société française. Dans aucun pays civilisé le nombre proportionnel des mariages n'est aussi élevé qu'en France, et dans aucun le chiffre des naissances n'est aussi bas, l'augmentation de la population aussi lente. À ce dernier point de vue la France ne vient même qu'après la Russie. En France, le bourgeois, le petit propriétaire, le petit cultivateur, suivent ce système, et le travailleur français se laisse aller au courant général.</p>
<p>Il n'en est pas autrement chez les Saxons de Transylvanie ; soucieux de conserver compacte leur grande fortune pour rester parmi le peuple la classe prépondérante, et de ne pas trop affaiblir leur patrimoine par les partages, ils s'appliquent à réduire leur postérité légitime le plus possible. Par contre, les hommes cherchent en grand nombre la satisfaction de leur instinct sexuel en dehors du mariage. Ainsi s'explique ce qui a frappé les ethnologues, à savoir le nombre des bohémiens blonds et des roumains ayant le type ainsi que les qualités caractéristiques du germain, l'activité et l'économie, qualités qui en dehors de cela se trouvent si rarement chez eux. Grâce à ce système, les Saxons, bien qu'immigrés en grand nombre en Transylvanie dès la fin du XIIème siècle, s'y trouvent à peine portés aujourd'hui au nombre de 200.000. En revanche, en France, où il n'y a pas de races étrangères spécialement utilisées à la satisfaction des instincts sexuels, le chiffre des infanticides et des abandons d'enfants suit une progression significative, ces deux catégories de crimes étant encore favorisées par les dispositions du Code civil français qui interdit la recherche de la paternité [6]. La bourgeoisie française, comprenant bien quelle monstruosité elle commettait, en mettant, de par la loi, les femmes trompées dans l'impossibilité de s'adresser au père de leur enfant pour le nourrir, a cherché à alléger le sort de celles-ci par la création d'orphelinats. D'après notre fameuse « morale », le sentiment paternel n'existe pas, on le sait, pour l'enfant naturel ; il n'existe que pour les « héritiers légitimes ». Par l'institution des orphelinats, la mère devait, elle aussi, être enlevée aux nouveau-nés. Ceux-ci viennent au monde orphelins. La bourgeoisie fait élever ses bâtards aux frais de l'État, comme « enfants de la Patrie ». Merveilleuse institution ! Cependant, malgré les orphelinats, où les soins à donner aux enfants leur font défaut et où ceux-ci meurent en masse, l'infanticide et l'avortement augmentent en France dans une proportion bien plus élevée que la population.</p>
<p>De 1830 à 1880, les cours d'assises françaises eurent à juger 8563 infanticides, et encore ce chiffre monta de 471 en 1831 à 980 en 1880. Dans le même laps de temps, il fut prononcé 1032 condamnations pour avortements, mais 41 en 1831 et 100 en 1880. Naturellement ce n'est que l'immense minorité des avortements qui vient à la connaissance de la justice et seulement, en règle générale, lorsqu'ils ont pour conséquences des maladies graves ou des cas de mort. La population des campagnes figure dans les infanticides pour 75 % ; celle des villes pour 67 % dans les cas d'avortements. À la ville les femmes ont sous la main plus de moyens d'empêcher la naissance ; de là un grand nombre de cas d'avortements et relativement moins d'infanticides. À la campagne, la proportion est renversée.</p>
<p>Telle est l'image que nous présente, dans la plupart des cas, le mariage actuel. Elle s'écarte, sérieusement, des jolies peintures que nous en font les poètes et des fantaisistes englués de poésie, mais elle a l'avantage... d'être vraie.</p>
<p>Cependant cette image serait incomplète si je négligeais d'y ajouter encore quelques traits essentiels.</p>
<p>Quel que soit le résultat des controverses sur les capacités intellectuelles des deux sexes - et nous reviendrons ultérieurement sur cette question - il n'existe aucune divergence d'opinion sur ce fait qu'à l'heure actuelle le sexe féminin, comparé au sexe masculin, lui est moralement inférieur. Il est vrai que Balzac, qui n'était pourtant pas un ami des femmes, a déclaré ceci : « Une femme qui a reçu une éducation masculine possède en réalité les qualités les plus brillantes et les plus fécondes pour fonder son bonheur propre et celui de son mari » ; et Göthe, qui connaissait à coup sûr bien les femmes et les hommes de son temps, dit finement dans les « Années d'apprentissage de Wilhelm Meister (Confessions d'une belle âme) » : « On avait rendu ridicules les femmes savantes et l'on ne voulait pas non plus souffrir les femmes instruites, probablement parce que l'on ne trouvait pas poli de faire honte à un aussi grand nombre d'hommes ignorants » ; mais de nos jours, la masse n'a rien résolu de ces deux opinions. La différence entre les deux sexes consiste et doit consister en ceci que la femme est ce que les hommes, ses maîtres, l'ont faite.</p>
<p>L'éducation de la femme, en général, a été, de tout temps, plus négligée encore que celte du prolétaire, et toutes les améliorations que l'on fait aujourd'hui dans cet ordre d'idées sont encore insuffisantes à tous égards. Nous vivons en un temps où le besoin d'échanger ses idées croît dans tous les cercles, même dans la famille ; la grande négligence dans l'éducation de la femme se présente donc comme une lourde faute qui porte en elle son châtiment pour l'homme.</p>
<p>Le fond de l'éducation morale de l'homme consiste, en deux mots, à éclairer sa raison, à aiguiser sa pensée, à étendre ses connaissances pratiques, à renforcer sa volonté, bref à perfectionner ses fonctions intellectuelles. Pour la femme au contraire, l'éducation, là surtout où elle se donne dans une large mesure, s'attache principalement à rendre plus profondes ses facultés sensitives, à lui donner une culture toute de forme et de bel esprit, qui agit au plus haut degré sur sa sensibilité et sa fantaisie, comme par la musique, les belles-lettres, l'art et la poésie. C'est là le système le plus fou, le plus malsain que l'on pût appliquer ; il fait voir que les autorités chargées d'établir la mesure d'éducation à donner à la femme ne se sont laissées guider que par leurs idées préconçues de la nature de son caractère féminin et de la position qui lui est assignée dans la vie humaine. Ce qui manque à nos femmes, ce n'est ni une vie surchauffée, toute de sensations et de fantaisie, ni un renforcement de leur nervosité, ni la connaissance du beau, ni celle du bel esprit ; le caractère féminin a été richement développé et perfectionné dans ce sens, et l'on n'a donc fait qu'accentuer le mal. Mais si la femme, au lieu d'avoir trop de sensibilité, ce qui devient souvent désagréable, avait une bonne portion de raison juste, de faculté de penser exacte ; si au lieu d'être nerveuse et timide elle avait du courage physique et les nerfs solides ; si elle avait la science du monde, des hommes et des forces de la nature, au lieu de les ignorer complètement et de ne connaître que l'étiquette et le bel esprit, elle s'en trouverait bien mieux et l'homme aussi, sans aucun doute.</p>
<p>En général, ce que l'on a jusqu'ici le plus nourri, et sans mesure, chez la femme, c'est ce que l'on appelle la vie de l'esprit et de l'âme : par contre, on a empêché ou profondément négligé le développement de sa raison. Il en résulte qu'elle souffre littéralement d'une hypertrophie de vie intellectuelle et spirituelle, qu'elle en devient plus accessible à toutes les superstitions, à toutes les croyances miraculeuses, qu'elle constitue toujours un terrain inappréciable pour toutes les charlataneries, religieuses et autres, un instrument approprié à toutes les réactions. La masse des hommes, bornés comme ils le sont, s'en plaignent parce qu'ils en souffrent personnellement, mais ils n'y changent rien parce qu'ils sont eux-mêmes empêtrés dans les préjugés jusqu'aux oreilles.</p>
<p>La grande majorité des femmes étant, au point de vue intellectuel, formées comme nous venons de le dépeindre, il en découle naturellement qu'elles envisagent le monde sous un tout autre aspect que ne le font les hommes ; et la fin de l'histoire, c'est qu'il se soulève entre les deux sexes des différends continuels.</p>
<p>La participation à la vie publique est aujourd'hui, pour tout homme, un de ses devoirs essentiels ; que nombre d'individus ne le comprennent pas, cela ne change rien à l'affaire. Mais chaque jour s'élargit le cercle de ceux qui reconnaissent que la vie publique et ses institutions sont liées de la façon la plus intime à ce que l'on appelle les intérêts privés de chacun ; que le bien ou le mal, pour l'individu comme pour la famille, dépendent beaucoup plus de l'état des institutions publiques et communes que des qualités ou des actes d'un chacun, en raison de ce fait que tous les efforts tentés par l'homme isolé pour lutter contre des privations qui résultent de l'état des choses et constituent sa propre situation, sont absolument impuissants. Comme d'autre part la lutte pour l'existence exige une ténacité bien plus considérable que par le passé, il faut à l'homme, pour parer à toutes les obligations qui lui incombent, une dépense de temps qui diminue notablement celui qu'il consacrait ou devait consacrer à la femme. La femme, par contre, en raison de l'éducation qu'elle a reçue et de sa façon d'envisager le monde, ne peut absolument pas comprendre que l'intérêt que porte l'homme aux événements publics ait un autre but que celui de se trouver en la société de ses pareils, de gaspiller son argent et sa santé, de se créer des soucis nouveaux, toutes choses dont elle aurait seule le dommage. Voilà l'origine des querelles de ménage. Le mari se voit souvent placé dans l'alternative ou de renoncer à travailler à la chose publique et de se soumettre à sa femme, - ce qui ne le rend pas plus heureux-, ou de renoncer â une partie de la paix conjugale et des agréments du ménage s'il place au-dessus de tout cela la revendication du bien-être général, qu'il sait être étroitement lié au sien propre et à celui de sa famille. S'il réussit à faire entendre raison à sa femme et à la dompter, c'est qu'il a franchi un rude écueil ; mais cela n'arrive que rarement. En général, l'homme a cette idée que ce qu'il veut ne regarde pas sa femme et qu'elle n'y entend rien. Il ne prend pas la peine de l'éclairer. « Tu ne comprends rien à ces choses-là » est la réponse stéréotypée quand la femme se plaint et s'étonne d'être si complètement mise de côté à son sens. Si les femmes ne comprennent pas, cela provient du manque de raison de la plupart des hommes. Mais quand la femme en arrive à ce que l'homme emploie des faux-fuyants pour sortir de chez lui et aller satisfaire son besoin de conversation - besoin qui, en général ne répond pas à des prétentions élevées mais qui cependant ne peut être satisfait à la maison - alors surgissent de nouveaux motifs de querelles conjugales.</p>
<p>Ces différences dans l'éducation et dans les manières de voir passent presque inaperçues au début du mariage, quand la passion est encore dans toute sa force. Mais elles s'accentuent en même temps que mûrissent les années et se font alors d'autant plus sensibles, parce que la passion sexuelle s'éteint de plus en plus, et qu'elle devrait d'autant plus nécessairement faire place à l'harmonie morale entre les époux.</p>
<p>Laissons même de côté la question de savoir si l'homme a le sentiment de ses devoirs civiques et s'il les remplit. Sa situation naturelle, ses relations professionnelles avec le dehors, le mettent, dans une foule de circonstances, en rapports suivis avec les éléments et les opinions les plus divers, et le font ainsi pénétrer dans une atmosphère intellectuelle qui élargit le cercle de ses vues, même sans qu'il y soit pour rien. Il se trouve le plus souvent, de par son état, dans un milieu intelligent ; par contre la femme, en raison de ses travaux domestiques qui l'absorbent du matin au soir, se voit enlever ou diminuer le temps de s'instruire, quand même elle y serait disposée ; bref, elle s'encroûte et se pétrifie moralement.</p>
<p>Un passage de l'opuscule : « Notes à ajouter au livre de la vie », de Gerhard d'Amyntor (Sam. Lukas, Elberfeld) dépeint bien le genre de vie de la plupart des femmes mariées à notre époque. On y lit, entre autres, dans le chapitre intitulé « piqûres mortelles » :</p>
<p>« Ce ne sont pas les événements les plus terribles à l'abri desquels nul ne saurait être, la mort du mari, la ruine morale d'un enfant bien-aimé, une longue et cruelle maladie, l'écroulement d'un projet chèrement caressé, qui détruisent chez la mère de famille tout ce qu'elle a de fraîcheur et de force, mais bien les petits soucis, chaque jour renouvelés, et qui la consument jusque dans la moelle de ses os. Que de millions de braves petites mères de famille laissent leur esprit enjoué, leur teint de roses, leur gracieux minois s'étioler et s'user dans les soins du ménage jusqu'à ce qu'elles en soient réduites à l'état de vieilles momies ratatinées, desséchées, cassées. L'éternel retour de la question : « que faut-il faire cuire aujourd'hui ? »le renouvellement quotidien de la nécessité de balayer, de battre et brosser les habits, d'épousseter, tout cela, c'est la goutte d'eau dont la chute constante finit par ronger lentement, mais sûrement, l'esprit aussi bien que le corps. C'est sur le fourneau de cuisine que s'établit le plus tristement la balance entre les dépenses et les recettes, que se font les considérations les plus désolantes sur la cherté toujours croissante des vivres et la difficulté sans cesse plus grande de gagner l'argent nécessaire. Sur l'autel flamboyant où mijote le pot-au-feu, sont sacrifiées jeunesse, liberté, beauté, bonne humeur ; et qui pourrait reconnaître dans la vieille cuisinière à l'œil cave, courbée sous les soucis, la jeune mariée, joyeuse et rayonnante sous la coquette parure de sa couronne de myrte. Déjà les anciens tenaient leur foyer pour sacré, et plaçaient auprès de lui leurs Lares et leurs dieux tutélaires - ; qu'il nous soit sacré aussi le foyer sur lequel la ménagère allemande, toute à son devoir, offre sa vie en un long sacrifice pour tenir la maison toujours confortable, la table mise et la famille en bonne santé ».</p>
<p>Voilà tout ce que le monde bourgeois offre de consolations à la femme que l'ordre de choses actuel mène misérablement à sa perte.</p>
<p>Chez les femmes auxquelles leur situation pécuniaire ou sociale donne plus de liberté, l'éducation faussée, toute dans un sens et superficielle, unie aux facultés caractéristiques héréditaires du sexe féminin, exerce particulièrement une influence sérieuse. Elles n'ont de pensée que pour les choses extérieures, ne songent qu'à la toilette et aux chiffons et cherchent leur occupation et leur satisfaction dans la culture d'une élégance dépravée, en sacrifiant aux passions du luxe le plus exubérant. Une grande partie d'entre elles ne songent que fort peu à leurs enfants et à leur éducation, qu'elles abandonnent autant que possible à la nourrice et aux domestiques, pour les confier plus tard au pensionnat.</p>
<p>Il existe donc une série assez considérable de causes de toutes sortes qui exercent sur la vie maritale de nos jours une action perturbatrice et destructive, et par suite desquelles, dans un très grand nombre de cas, le but du mariage n'est atteint qu'en partie ou ne l'est même pas du tout. Encore ne peut-on pas connaître toutes les situations de ce genre, parce que chaque couple d'époux s'ingénie à jeter un voile sur sa position, ce qui s'explique fort bien, notamment dans les classes supérieures de la société.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Mainländer : « Philosophie der Erlösung ».</p>
<p>[2] « Les intentions et les sentiments avec lesquels deux époux s'unissent ont une influence incontestablement décisive sur les résultats de l'acte sexuel et transmettent certaines qualités caractéristiques à l'enfant qui doit en naître ». (Dr Elisabeth Blackwall : « The moral education of the young in relation to sex »). Voir aussi les « affinités électives » de Göthe, qui y dépeint d'une façon frappante l'action des sentiments.</p>
<p>[3] M. E..., un fabricant, m'apprend qu'il emploie d'une façon exclusive des femmes à ses métiers à tisser mécaniques ; il donne la préférence aux femmes mariées, particulièrement à celles qui ont à la maison des familles qui, pour leur entretien, dépendent d'elles ; elles sont bien plus attentives et plus aptes à s'instruire que les filles, et obligées d'astreindre toutes leurs forces au travail pour gagner leurs moyens d'existence indispensables. C'est ainsi que les qualités, les vertus qui sont le propre du caractère de la femme, tournent à son désavantage ; - c'est ainsi que tout ce qu'il y a de moral et de délicat dans sa nature devient un moyen pour la rendre esclave et la faire souffrir (Discours de lord Ashley sur le « bill des dix heures », 1844. Voir « le Capital » de Karl Marx, 2ème édition).</p>
<p>[4] Il a été déposé en France les moyennes suivantes de plaintes en séparation de corps par an : De 1856 à 1861, 1729 par les femmes, 184 par les maris ; de 1861 à 1866, 2135 et 260 ; de 1866 à 1871, 2591 et 330. (Bridel : « Puissance maritale »).</p>
<p>[5] Le Dr Karl Bücher, lui aussi, dans son ouvrage déjà cité « la question des femmes au moyen âge », déplore la déchéance du mariage et de la vie de famille. Il en accuse l'emploi croissant de travail des femmes dans l'industrie et réclame le « retour » de la femme à sa mission la plus appropriée, à la maison et à la famille, où seulement son travail acquiert de la « valeur ». Les revendications des partisans modernes des droits de la femme lui apparaissent comme du « dilettantisme » et il espère finalement que « l'on entrera bientôt dans une voie plus vraie » sans être lui-même manifestement en état d'indiquer un seul chemin menant au succès. Cela n'est pas davantage possible si l'on part du point de vue où se placent nos petits bourgeois démocrates ; d'après celui-ci, il faut considérer toute l'évolution moderne comme une sorte de cercle vicieux, comme une immense bévue commise par la civilisation. Seulement les peuples ne font pas de bévues dans leur développement ; leur évolution s'accomplit suivant des lois immanentes. Ces lois, il est du devoir des penseurs de les découvrir et, guidés par elles, de montrer le chemin qui doit conduire à la suppression des maux de l'heure présente.</p>
<p>[6] Le § 340 du « Code Civil » dit : « La recherche de la paternité est interdite ». Par contre, le § 341 dispose que « la recherche de la maternité est admise ». Les tentatives faites pour obtenir l'abrogation du § 340 ont échoué, jusqu'à présent.</p>
<p>La situation industrielle de la femme, ses facultés intellectuelles, le darwinisme et la situation sociale de la société.</p>
<p>Les aspirations de la femme vers la liberté industrielle et vers son indépendance personnelle ont été jusqu'à un certain point reconnues comme « fondées en droit » par la société bourgeoise, absolument comme celles des travailleurs vers la liberté de circulation. Au fond de ce bon accueil il y avait une chose : l'intérêt de classe de la bourgeoisie. Celle-ci avait besoin de bras, tant masculins que féminins, pour pouvoir porter la grande production à son maximum d'intensité. Et au fur et à mesure que le machinisme se développe, que le système de production se divise de plus en plus en spécialités et exige une moindre éducation technique, que d'autre part s'accentue la concurrence des fabricants et la lutte de branches entières d'industrie les unes contre les autres - pays contre pays, partie du monde contre partie du monde, - le nombre des femmes employées par l'industrie ira, tout particulièrement, en augmentant.</p>
<p>C'est dans la condition sociale et dans le caractère de la femme qu'il y a lieu de chercher les raisons de l'extension sans cesse croissante de son emploi dans une foule chaque jour plus considérable de branches d'industrie. La femme, de tout temps considérée par l'homme comme un être inférieur, a pris par suite, à un degré plus élevé, que le prolétaire masculin, un caractère fait d'effacement, de docilité et de soumission. Elle peut donc, de prime abord, compter ne trouver de l'occupation aux côtés de l'homme ou à sa place que là où ses exigences matérielles sont inférieures à celle de l'ouvrier masculin. Une autre particularité, provenant de sa nature même en tant qu'être sexuel, l'oblige principalement à offrir sa main d'œuvre à meilleur marché : c'est qu'elle est plus souvent, comparativement à l'homme, sujette à des accidents physiques qui amènent une interruption de son travail et déterminent facilement des dérangements dans la combinaison et l'organisation des forces productives, telles qu'elles existent aujourd'hui dans la grande industrie. La grossesse et les couches prolongent ces chômages. Le patron exploite cette situation et cherche une double compensation aux désagréments dont il est menacé dans la grande modicité du salaire.</p>
<p>Par contre, le travail de la femme, notamment celui de la femme mariée - comme nous l'avons vu dans la note de la page 70 - a aussi ses avantages pour le patron. La femme est plus soumise, plus patiente, elle se laisse mieux exploiter que l'homme et supporte plus facilement les mauvais traitements. Si elle est mariée, elle est - comme le dit la note en question - « bien plus attentive et plus apte à s'instruire que les filles, et obligée d'astreindre toutes ses forces au travail pour gagner ses moyens d'existence indispensables. » Le fait que l'ouvrière ne cherche que tout exceptionnellement à s'unir à ses camarades pour obtenir une amélioration dans ses conditions de travail augmente aux yeux du patron sa valeur comme sujet d'exploitation ; elle constitue même entre ses mains un excellent atout contre les récalcitrances des ouvriers masculins. D'autre part, il n'est pas douteux qu'une plus grande patience, une dextérité plus adroite, un sens du goût plus développé, la rendent bien plus habile que l'homme dans une foule de travaux, notamment dans les plus délicats.</p>
<p>Toutes ces qualités féminines, le vertueux capitaliste sait pleinement les apprécier, et c'est ainsi qu'avec le développement de notre industrie la femme trouve d'année en année à s'employer davantage, et - ceci est péremptoire - sans améliorer d'une façon notable sa situation sociale. Partout où la main d'œuvre féminine est employée, elle évince régulièrement la main d'œuvre masculine. Celle-ci, supplantée de la sorte, veut vivre ; elle s'offre moyennant un salaire plus bas. Cette offre influe encore sur le salaire de la femme. La diminution du salaire devient une sorte de vis sans fin qui fait mouvoir avec d'autant plus de force le mécanisme du progrès industriel, toujours en révolution, que ce mouvement progressiste évince aussi la main d'œuvre féminine et multiplie l'offre des « bras » pour le travail. Des découvertes, des procédés industriels nouveaux combattent dans une certaine mesure cet excès de main d'œuvre, mais pas avec assez d'efficacité pour arriver à de meilleures conditions dans le travail. Car tout accroissement de salaire ,au-dessus d'une certaine mesure, détermine le patron à se préoccuper d'améliorer encore son outillage et à remplacer le cerveau et les bras humains par la machine, automatique et sans volonté. Si, à l'origine du système de production capitaliste, le travailleur masculin s'est épuisé à lutter contre le travailleur masculin, aujourd'hui c'est un sexe qui lutte contre l'autre, et par la suite on luttera âge contre âge. La femme supplante l'homme, et elle sera supplantée à son tour par l'enfant. Voilà ce qui constitue « l'ordre moral » dans l'industrie moderne.</p>
<p>La tendance qu'ont les patrons à augmenter notamment la durée de la journée de travail pour exprimer de leurs ouvriers le maximum de production se trouve particulièrement favorisée par le peu de force de résistance qu'y opposent les ouvrières. De là ce phénomène qu'en Allemagne, par exemple, c'est dans l'industrie textile, à laquelle les femmes fournissent souvent plus de la moitié de la main d'œuvre totale, que la journée de travail est la plus longue. Habituées dès la maison, par les travaux du ménage, à ce que la durée du travail n'ait pas de limite, les femmes se laissent imposer, sans résistance, des exigences croissantes. Dans d'autres branches d'industrie, telles que les modes, la fabrication des fleurs artificielles, etc., où le travail à la main l'emporte, elles gâtent leur salaire et la durée de leur journée en emportant de l'ouvrage supplémentaire chez elles, où elles restent jusqu'à minuit et plus à la besogne sans s'apercevoir qu'à la fin du mois elles n'ont gagné, avec un travail de seize heures, que ce qu'elles auraient dû gagner avec un travail régulier de dix ou douze.</p>
<p>On a déjà maintes fois mis en évidence par des chiffres l'énorme extension prise graduellement par l'emploi de la femme dans l'industrie. Eu 1861, le chiffre des femmes utilisées par cette dernière était - en négligeant une série de petits métiers, - rien que pour l'Angleterre et le pays de Galles, de 1.024.277, et il a été certainement porté au double de nos jours. À Londres, on comptait, d'après le dernier recensement, outre 226.000 domestiques féminins, 16.000 institutrices et gouvernantes, 5.100 relieuses, 4.500 fleuristes, 58.500 modistes, 14.800 couturières, 26.800 lingères, 4.800 piqueuses de bottines, 10.800 couseuses à la machine et 41.000 blanchisseuses. On voit qu'il n'est fait ici aucune mention d'une longue série de branches d'industrie qui emploient les femmes en plus ou moins grand nombre.</p>
<p>Par suite du manque de ce genre de statistique pour l'Allemagne, nous n'avons pas sous les yeux de chiffres positifs sur l'extension du travail manuel et industriel de la femme dans ce pays ; ce que nous en savons n'embrasse que des branches d'occupations limitées, qui ne permettent pas d'établir une proportion.</p>
<p>À l'heure actuelle, les métiers et les industries dont les femmes sont encore exclues ne sont qu'en petit nombre. Par contre, il existe une quantité considérable de métiers, notamment ceux qui sont alimentés par la fabrication d'objets nécessaires à leur sexe, que les femmes exercent d'une façon exclusive ou à peu près. Dans d'autres branches d'industrie, telles que l'industrie textile déjà citée, le nombre des femmes n'a pas tardé à atteindre ou même à dépasser celui des hommes,. qu'elles supplantent de plus en plus. Le résultat total est que le chiffre des femmes employées en lui-même, aussi bien que celui des genres d'occupation qui leur sont accessibles dans l'industrie, dans les diverses professions et dans le commerce, est en voie de prendre urne extension rapide. Et ce développement ne s'applique pas seulement à cette catégorie de travaux qui conviennent davantage à la femme, en raison de sa faiblesse physique, mais il embrasse encore, sans tenir compte de cette situation, toutes les fonctions dans lesquelles l'exploitation moderne croit pouvoir retirer de la femme une plus grande somme de profits. À cette catégorie appartiennent les genres de travaux les plus pénibles physiquement, aussi bien que les plus désagréables et les plus nuisibles à la santé. Voilà qui contribue encore à réduire à sa véritable valeur cette conception fantastique par laquelle on ne voit dans la femme que l'être délicat et doucement sensible, tel que les poètes et les romanciers le dépeignent, pour chatouiller les sens de l'homme.</p>
<p>Les faits sont des témoins opiniâtres, et nous n'avons à nous occuper que des faits, puisqu'eux seuls nous gardent des déductions fausses et des radotages sentimentaux. Or ils nous apprennent que nous trouvons actuellement la femme employée dans les industries suivantes : les tissages de lin, de coton et d'étoffes, les fabriques de draps ; les filatures mécaniques, les ateliers d'impression sur étoffes, les teintureries ; les fabriques de plumes métalliques et d'épingles ; les sucreries, papeteries et fabriques de bronzes ; les verreries, les porcelaineries, la peinture sur verre ; les filatures de soie, les tissages de ruban et de soieries ; la fabrication du savon, de la chandelle et du caoutchouc ; les fabriques d'ouate et de paillassons ; la maroquinerie et le cartonnage ; les fabriques de dentelles et de passementerie ; la fabrication de la chaussure et des objets en cuir ; la bijouterie, les ateliers de galvanoplastie ; les raffineries d'huile et de matières grasses ; les usines de produits chimiques de tout genre ; la manutention des chiffons et des guenilles ; les fabriques d'écorce, le découpage sur bois, la xylographie, la peinture sur faïence ; la fabrication et le blanchiment des chapeaux de paille ; les manufactures de vaisselle et de tabac ; les fabriques de colle et de gélatine ; la ganterie, la pelleterie et la chapellerie ; la fabrication des jouets ; les moulins à broyer le lin, l'industrie des laines de shoddy et celle des cheveux ; l'horlogerie, la peinture en bâtiments ; le nettoyage du duvet, la fabrication des pinceaux et des pains à cacheter ; la glacerie ; les poudreries et les fabriques de matières explosives, d'allumettes phosphoriques et d'arsenic ; l'étamage du fer blanc ; l'apprétage ; l'imprimerie et la composition typographique ; la taille des pierres fines ; la lithographie, la photographie, la chromolithographie et la méta-chromotypie ; la tuilerie, la fonderie et les usines métallurgiques ; la construction des bâtiments et des chemins de fer ; les mines, le transport des bateaux par voie fluviale ou par les canaux, etc. Nous trouvons encore les femmes dans le vaste champ qu'ouvrent à leur activité le jardinage, l'agriculture, l'élevage du bétail et toutes les industries qui s'y rattachent, et enfin dans les différentes catégories de métiers dont elles se sont occupées depuis longtemps et jusqu'à certain point à un titre privilégié : le blanchissage du linge, la confection des vêtements de femmes, les différentes branches des choses de la mode ; nous rencontrons encore les femmes comme vendeuses et d'une façon de plus en plus fréquente, dans ces derniers temps, comme demoiselles de comptoir, institutrices, directrices d'écoles enfantines, auteurs et artistes, etc. Il y a encore des milliers de femmes des classes moyennes employées comme filles de magasin ou dans les marchés, qui par suite sont presque entièrement soustraites à toute fonction domestique et notamment à l'élevage des enfants. Enfin il y a lieu de mentionner encore une industrie dans laquelle les femmes jeunes et surtout jolies trouvent chaque jour davantage à s'employer, mais au grand détriment de leur développement physique, intellectuel et moral ; nous voulons parler des lieux publics de tous genres dans lesquels elles entrent pour servir et attirer par leurs séductions la clientèle masculine, toujours avide de jouissances.</p>
<p>Parmi ces divers métiers, il y en a beaucoup d'extrêmement dangereux. C'est ainsi que, dans la fabrication et le blanchiment des chapeaux de paille, les gaz sulfureux et alcalins présentent, par leurs effets, un danger constant ; il en est de même pour l'inspiration des vapeurs de chlore dans le blanchiment des étoiles végétales ; des dangers d'empoisonnement existent dans la production des papiers peints, des pains à cacheter de couleur et des fleurs artificielles, de la métachromotypie, des poisons et des produits chimiques, et surtout dans la peinture des soldats de plomb et des jouets de même métal. La manipulation du mercure dans la miroiterie constitue autant dire un arrêt de mort pour le fruit des femmes enceintes qui se livrent à cette occupation ; la fabrication des allumettes phosphoriques, la manutention des laines de shoddi, la filature de la soie, présentent également de grands dangers. La vie des travailleurs est encore menacée par les mutilations de membres auxquelles les exposent le machinisme de l'industrie textile, la fabrication des matières explosives et le travail aux machines agricoles. Un simple regard jeté par le lecteur sur la liste que nous venons de dresser lui prouvera qu'une foule des métiers cités appartiennent aux plus pénibles et aux plus fatigants, même pour l'homme. On se contente toujours de dire que telle ou telle occupation est indigne de la femme ; on n'arrivera à rien de bon avec cela aujourd'hui, si l'on ne trouve pas à lui assigner d'autres fonctions, plus convenables.</p>
<p>Vraiment, ce n'est pas un beau spectacle que de voir, sur les chantiers de construction des chemins de fer, des femmes, et même des femmes enceintes, lutter avec les hommes à qui poussera le plus de brouettes lourdement chargées ; ni de les apercevoir, dans la construction des bâtiments, faire office de manœuvres, gâcher la chaux et le ciment ou porter de lourds fardeaux de pierres ; ni de les voir occupées au lavage de la houille ou du mimerai de fer, etc. On dépouille ainsi la femme de ce qu'elle a de plus légitimement féminin, on foule aux pieds son sexe, de même que, par réciprocité, dans une foule de métiers différents, on enlève à nos hommes tout ce qu'ils ont de masculin. Ce sont les conséquences de l'exploitation et de la guerre sociales. Nos détestables conditions sociales mettent fréquemment la nature sens dessus dessous.</p>
<p>Il est donc compréhensible et naturel que, par suite de l'extension que prend et tend à prendre davantage encore le travail féminin dans tous les genres de métiers, les hommes ne voient pas d'un bon oeil ce qui se passe, et qu'il s'élève des réclamations comme celle par laquelle ou demande la suppression absolue et l'interdiction légale du travail de la femme. Il n'est pas douteux qu'avec le développement pris par le travail féminin, la vie de famille va se perdant de plus en plus pour l'ouvrier, que la désorganisation du mariage et de la famille en est la conséquence, et que l'immoralité, la démoralisation, la dégénérescence, les maladies de toute nature, la mortalité des enfants, augmentent dans d'effrayantes proportions. Et malgré tout cela, cette évolution, dans son ensemble, n'en constitue pas moins un progrès, exactement comme en a été un l'introduction de la liberté du travail, de la liberté d'établissement et de mariage, et la suppression de toutes les prohibitions, mesures qui ont favorisé le développement du grand capitalisme mais qui ont porté le dernier coup à la petite et à la moyenne industrie, et qui préparent leur ruine, sans salut possible.</p>
<p>Les travailleurs sont peu enclins à venir en aide à la petite industrie quand celle-ci cherche à prolonger encore un moment, d'une façon artificielle - car il ne saurait être question de faire davantage, - l'existence de professions d'une importance infime au moyen de mesures réactionnaires comme la limitation de la liberté du travail et d'établissement, des corporations et des corps de métier, etc. il est également impossible d'en revenir à l'ancien ordre de choses en ce qui concerne le travail des femmes, ce qui, bien entendu, n'empêche pas que des lois rigoureuses sur le régime des fabriques mettent obstacle à l'exagération de l'emploi de la main d'œuvre féminine et enfantine, et l'interdisent même absolument pour les enfants en âge de fréquenter l'école. Ici les intérêts des travailleurs se rencontrent avec ceux de l'État [1], et les intérêts de l'humanité en général avec ceux de la civilisation. Le but final à atteindre doit être la suppression des inconvénients qui résultent des progrès réalisés tels que le développement du machinisme, le perfectionnement de l'outillage et toute la méthode de travail moderne, de telle sorte qu'il n'en reste que les avantages, mais que ceux-ci profitent à tous les membres de la société.</p>
<p>C'est un contre-sens et une criante anomalie, que les progrès de la civilisation et des conquêtes qui sont le produit du développement de l'humanité tout entière, ne profitent qu'à ceux qui peuvent se les approprier en vertu de leur puissance matérielle, que des milliers de travailleurs et d'ouvriers laborieux soient frappés de terreur et d'angoisse en apprenant que le génie humain vient encore d'inventer urne machine qui produit vingt et trente fois plus que le bras de l'homme et qu'il ne leur reste plus dès lors que la perspective d'être jetés sur le pavé comme inutiles et superflus [2]. Il en résulte que ce qui devrait être salué avec joie par tout le monde devient l'objet des sentiments les plus hostiles, sentiments qui, à des époques plus éloignées, ont déterminé plus d'une fois l'assaut des fabriques et la démolition des machines. Le même esprit d'hostilité existe aujourd'hui entre l'homme et la femme. Ceci est également contre-nature. il y a donc lieu de chercher à fonder un ordre social dans lequel la totalité des instruments de travail soit la propriété de la communauté, qui reconnaisse l'égalité des droits à tous, sans distinction de sexe, qui entreprenne l'application de tous les perfectionnements et de toutes les découvertes, tant techniques que scientifiques, qui enrôle en même temps pour le travail tous ceux qui, à l'heure actuelle, ne produisent pas ou emploient leur activité à des choses nuisibles, les paresseux et les fainéants, de telle sorte que la durée du travail nécessaire à l'entretien de la société soit réduite à son minimum et que, par contre, le développement physique et intellectuel de tous ses membres soit porté à son plus haut degré. De cette façon seulement la femme deviendra, comme l'homme, un membre de la société utilement productif et à droits égaux ; de cette façon seulement elle pourra donner leur plein développement à ses facultés physiques et morales, remplir tous ses devoirs et jouir de tous ses droits sexuels. Une fois placée vis-à-vis de l'homme dans la plénitude de sa liberté et de son égalité, elle sera à l'abri de toute exploitation indigne d'elle.</p>
<p>La suite de cet exposé montrera que toute notre évolution actuelle tend à une situation de ce genre et que ce sont précisément les maux dont nous souffrons tant et si cruellement au cours de cette évolution qui amèneront, dans un temps qui n'est pas trop lointain, l'état de choses rêvé. Commuent ? - Nous le discuterons plus tard.</p>
<p>Bien que le progrès caractéristique réalisé dans la situation de la femme au sein de notre vie sociale se touche du doigt et que quiconque a les yeux ouverts soit obligé de le voir, on n'en entend pas moins tous les jours parler de la vocation naturelle de la femme qui la destinerait exclusivement au ménage et à la famille. Et même ce langage retentît le plus haut là où la femme cherche à entrer aussi dans le cercle de ce qu'on appelle les carrières élevées, par exemple dans les branches supérieures de l'enseignement et de l'administration, dans les carrières médicale et judiciaire, dans les sciences naturelles. On y va chercher les raisonnements les plus risibles et les plus absurdes, que l'on défend avec les apparences de l'érudition. Il en est souvent des appels à la science et à l'instruction comme des appels à l'ordre et à la morale. Bien qu'il ne se soit pas encore trouvé d'hommes pour présenter l'immoralité et le désordre comme une situation désirable (il faudrait faire une exception pour les individus qui se sont emparés du pouvoir et de la puissance au moyen du désordre et de l'immoralité, cas dans lequel ceux-ci se sont toujours efforcés de présenter leurs actes comme nécessaires à l'ordre, à la religion et à la morale), ces plaisanteries n'en vont pas moins, avec tous leurs effets préjudiciables, à l'adresse des hommes qui veulent fonder la vraie morale, le véritable ordre, en un mot un état de choses plus digne de l'humanité. De même l'appel à l'instruction et à la science doit faire aujourd'hui les frais des railleries pour défendre ce qu'il y a de plus absurde et de plus réactionnaire. On vient mous dire que la nature et la conformation physique de la femme la destinent à la vie domestique et à la famille, que c'est là qu'elle doit remplir le but de sa vie. Nous avons vu commuent elle peut le faire. Et le grand argument que l'on invoque, c'est que la femme est, au point de vue intellectuel, inférieure à l'homme, et qu'il est absurde de croire que dans cet ordre d'idées elle soit on mesure de produire quoi que ce soit de remarquable.</p>
<p>Ces opinions, émises par des « savants », répondent si bien au préjugé commun à tous les hommes sur la vocation essentielle et les capacités de la femme, que celui qui les produit peut toujours compter sur l'approbation de la masse des hommes et aujourd'hui encore sur celle de la majorité des femmes. Mais bien que la majorité doive décider, bien qu'elle ne laisse rien s'accomplir contre sa volonté et ses préjugés, cela ne veut pas dire qu'elle veuille toujours ce qu'il y a de plus raisonnable. Des idées nouvelles rencontreront toujours une résistance énergique, aussi longtemps que l'instruction et la faculté de comprendre seront aussi rudimentaires qu'aujourd'hui et que les conditions sociales seront telles que la réalisation de ces idées soit de nature à léser les intérêts des classes dirigeantes. Il est facile à ces classes intéressées d'exploiter à leur profit le préjugé des masses, et c'est ainsi qu'au début les idées nouvelles ne conquièrent qu'une faible minorité, qu'on les raille, qu'on les vilipende et qu'on les persécute par dessus le marché. Mais lorsque ces idées sont bonnes et raisonnables, lorsqu'elles surgissent comme une conséquence nécessaire des circonstances, elle gagnent du terrain et la minorité finit par devenir la majorité. Il en a été ainsi de toutes les idées nouvelles dans le cours de l'histoire de l'humanité, et celle du socialisme, avec laquelle la véritable et complète émancipation de la femme est en si intime corrélation, offre aujourd'hui le même spectacle.</p>
<p>Le Christianisme n'a-t-il pas été au début en infime minorité ? Les idées de la Réforme et de la bourgeoisie moderne n'ont-elles pas eu aussi leurs adversaires tout-puissants ? Et n'en ont-elles pas moins vaincu pour cela ? Et le socialisme est-il en quoi que ce soit perdu parce que, dans l'empire allemand il est garrotté par des lois d'exception et ne peut remuer ? Jamais sa victoire n'a été plus certaine que lorsqu'on a cru l'avoir tué.</p>
<p>Il est des socialistes qui ne se montrent pas moins antipathiques à l'émancipation de la femme que ne le sont les capitalistes au socialisme. Tout socialiste se rend compte de la situation dépendante dans laquelle il se trouve vis-à-vis du capitaliste et il s'étonne que d'autres, et notamment les capitalistes eux-mêmes, ne veuillent pas s'en rendre compte comme lui ; mais il arrive dans bien des cas qu'il ne sent pas à quel point la femme est dépendante de l'homme, parce que son propre et cher moi en viendrait à être mis en question. C'est la tendance à sauvegarder des intérêts, réels ou supposés, qui alors sont toujours primordiaux et sacrés, qui rend les hommes aveugles de la sorte.</p>
<p>Invoquer la vocation naturelle de la femme à n'être qu'une ménagère ou une éleveuse d'enfants a juste aussi peu de sens que prétendre qu'il devra éternellement y avoir des rois parce qu'il y en a toujours eu partout, depuis que nous avons une « histoire ». Bien que nous ne sachions pas d'où le premier roi a tiré son origine, pas plus que nous ne savons où se révéla le premier capitaliste de vocation, il nous est cependant connu que la royauté a subi, dans le cours des siècles, des modifications profondes, qu'on tend de plus en plus à la dépouiller de sa puissance, et nous pouvons en conclure à bon droit qu'un temps viendra où on considérera la royauté comme superflue. Comme la royauté, toute institution gouvernementale ou sociale est soumise à des transformations, à des évolutions constantes, et finalement vouée à la disparition complète, il en va exactement de même pour le mariage et pour la condition de la femme dans celui-ci. La situation de la femme dans le mariage, au temps de l'ancienne famille patriarcale, diffère essentiellement de celle qu'elle occupait on Grèce où, comme nous le voyons d'après les paroles de Démosthène, la femme avait pour seul but « de faire des enfants légitimes et d'être une fidèle gardienne du foyer. » Qui donc oserait défendre aujourd'hui comme « conforme à la nature »une pareille situation, sans s'attirer le reproche de déconsidérer la femme ? Il m'est pas douteux qu'il existe encore aujourd'hui des originaux qui partagent dans leur for intérieur la manière de voir des Athéniens, mais nul n'oserait à l'heure actuelle exprimer hautement ce qu'un des hommes les plus remarquables de la Grèce pouvait reconnaître publiquement et en toute liberté comme naturel il y a 2.200 ans. C'est en cela que consiste le grand progrès réalisé. Si donc tout le développement moderne, notamment dans la vie industrielle, a sapé par la base des millions de mariages, il a d'autre part exercé sur l'union conjugale une action heureuse, notamment là où la situation sociale des conjoints permettait d'écarter les influences néfastes. C'est ainsi qu'il n'y a pas de longues années, on ne considérait pas seulement comme naturel, dans tous les ménages de bourgeois ou de paysans, que la femme s'occupât de la couture, du tricot, de la lessive - bien que cela soit dès aujourd'hui fort passé de mode -, mais encore elle cuisait le pain, filait, tissait et blanchissait la toile, brassait la bière, fabriquait le savon et la chandelle. Faire confectionner une pièce d'habillement hors de la maison était par toute la ville considéré comme une énorme prodigalité, discuté et jugé par les hommes aussi bien que par les femmes comme un événement. Cet état de choses dure peut-être encore par-ci par-là de nos jours, mais à l'état d'exception. Plus de 90 femmes sur 100 se dispensent aujourd'hui de la plupart de ces besognes, et avec juste raison. D'une part, beaucoup de ces travaux s'exécutent mieux, d'une façon plus pratique et à meilleur compte que ne pouvait les faire la ménagère, et d'autre part l'installation domestique qu'ils exigent ferait aujourd'hui défaut, tout au moins dans les villes. C'est ainsi qu'en une courte période d'années, il s'est réalisé dans notre vie de famille une grande révolution à laquelle nous ne prêtons si peu d'attention que parce que nous la considérons comme naturelle. L'homme s'accommode des faits nouveaux et ne les remarque même pas s'ils ne se produisent pas devant lui d'une façon trop subite ; mais en présence des idées nouvelles qui tendent à l'arracher à la routine consacrée, il se cabre avec entêtement.</p>
<p>Cette révolution qui s'est accomplie dans notre vie domestique et qui se poursuit toujours plus avant, a aussi, dans un autre ordre d'idées, modifié d'une façon profonde la situation de la femme dans la famille. Elle est devenue plus libre, plus indépendante. Nos grands mères n'avaient pas songé à cela, et ne pouvaient pas y songer, que des jeunes ouvriers, des apprentis, en viendraient à vivre hors de la maison et loin de la table de famille, à fréquenter les théâtres, les concerts et les lieux de plaisir, et souvent même - cela est terrible à dire - pendant la semaine. Et laquelle de ces bonnes vieilles femmes aurait pensé, aurait osé penser à se préoccuper des affaires publiques, quand bien même non politiques, comme cela arrive pourtant de nos jours pour beaucoup de femmes déjà ? On fonde des associations dans les buts les plus divers, on entretient des journaux, on réunit des congrès. Comme ouvrière, la femme entre dans des corporations, assiste aux réunions et aux assemblées d'hommes et se trouve déjà par-ci par-là - je parle de l'Allemagne - en possession du droit de vote pour la nomination des conseils de prud'hommes.</p>
<p>Quel est donc le routinier qui voudrait supprimer tous ces changements, bien qu'il soit indéniable que dans cet état de choses, à côté des rayons, il se trouve aussi des ombres qui précisément tiennent à nos conditions sociales gâtées et pourries, mais qui ne l'emportent pas sur le côté lumineux. Si l'on faisait voter les femmes, si conservatrices qu'elles soient jusqu'à présent en général, il en ressortirait qu'elles n'ont aucune disposition à revenir aux anciennes et étroites conditions patriarcales du commencement du siècle.</p>
<p>Aux États-Unis, où la société, il est vrai, est encore aussi placée sur le pied bourgeois, mais où elle n'a à se débattre ni avec les vieux préjugés européens ni avec des institutions surannées, et où l'on est bien plus disposé à adopter les idées nouvelles quand elles promettent des avantages, on envisage depuis longtemps et dans des milieux très étendus la situation de la femme tout autrement que chez nous. On y est par exemple déjà venu, en maints endroits, à cette saine pensée qu'il n'est pas seulement pénible, embarrassant et dangereux pour la bourse, que la femme cuise encore le pain et brasse la bière elle-même, mais on considère déjà comme superflu et nuisible à la caisse qu'elle prépare encore ses repas dans sa propre cuisine. La cuisine particulière est remplacée par des sociétés alimentaires, munies de fourneaux à vapeur et de machines ; les femmes font le service à tour de rôle, et le résultat est que le manger revient trois fois moins cher, qu'il a meilleur goût, qu'il offre plus de variété et coûte beaucoup moins de peine à préparer. Nos officiers qui, à part cela, ne sont pas décriés comme socialistes et communistes, font absolument de même ; ils forment dans leurs cercles une société à capital variable, nomment un administrateur qui veille aux achats et se procure les vivres en gros ; on convient du menu et la préparation se fait à la cuisine à vapeur de la caserne. Ils vivent à bien meilleur compte qu'à l'hôtel et ont une nourriture pour le moins aussi bonne.</p>
<p>Qu'à côté de la cuisine on installe le lavoir et le séchoir à vapeur comme il en existe déjà ; qu'au chauffage par le fourneau, qui fait perdre du temps et n'est pas agréable, on substitue un système de chauffage central pratique comme il en existe déjà - bien qu'insuffisants et imparfaits - dans nos hôtels, nos riches maisons particulières, nos hôpitaux, nos écoles et nos casernes, et la femme sera déchargée de travaux éminemment pénibles et qui lui font perdre un temps précieux. On hausse volontiers les épaules en entendant exposer ces plans et d'autres analogues. Si, il y a cinquante ou soixante ans, on avait proposé à nos femmes d'épargner à leurs filles et à leurs domestiques la corvée d'aller puiser de l'eau par l'installation d'un service distributeur, elles n'auraient pas manqué de déclarer la chose insensée et inutile, bonne tout au plus à donner à leurs filles et à leurs servantes des habitudes de paresse. Napoléon Ier n'a-t-il pas proclamé absurde l'idée de faire marcher un navire à la vapeur ? Et combien n'a-t-on pas critiqué nos chemins de fer en considération de ces « pauvres rouliers » ?</p>
<p>Ainsi la société bourgeoise actuelle laisse entrevoir, dans tous les domaines, des germes que la société nouvelle n'aura qu'à développer en grand et d'une manière générale pour déterminer une puissante évolution vers le mieux.</p>
<p>Il ressort clairement de tout cela que l'évolution entière de notre existence sociale ne tend pas à renfermer à nouveau la femme à la maison et près de son foyer, comme le lui assignent nos fanatiques de la vie domestique, qui soupirent après cela comme au milieu du désert les Juifs pleuraient les platées de viande de l'Égypte perdues, mais bien au contraire à la faire sortir du cercle étroit de son ménage, à lui faire complètement prendre part à la vie publique du peuple - dans lequel on cessera de ne compter que les hommes - et à tous les devoirs civilisateurs de l'humanité. C'est ce qu'a pleinement reconnu aussi Laveleye, en écrivant [3] : « À mesure que progresse ce que nous nous plaisons à appeler la civilisation, le sentiment de la piété et les liens de la famille s'affaiblissent et exercent une moindre influence sur les actions des hommes. Ce fait est si général qu'on peut le considérer comme une loi d'évolution sociale ». Parfaitement exact. Ce n'est pas seulement la situation de la femme qui a subi des modifications profondes, mais encore celle du fils et de la fille dans la famille ; ceux-ci ont acquis une indépendance inconnue jadis. Cela se voit surtout aux États-Unis où, grâce à l'atmosphère sociale entière, l'éducation est poussée à un degré bien plus élevé que chez nous dans le sens du personnalisme et de l'indépendance masculins. Les points sombres qui font également tache aujourd'hui à cette forme de l'évolution ne sont pas absolument nécessaires et, sous l'influence de conditions sociales meilleures, ils pourront fort bien se dissiper, et ils se dissiperont.</p>
<p>De même que Laveleye, le Dr Schaeffle reconnaît que la modification profonde du caractère de la famille à notre époque est due à ces causes sociales. Il dit [4] : « La tendance qu'a la famille, comme il a été exposé dans le chap. 2, à revenir à ses fonctions spécifiques, se manifeste clairement au cours de l'histoire. La famille constitue une fonction dont on se sert provisoirement et pour suppléer aux autres. Quelle que soit la place qu'elle ait prise, à titre purement surrogatif, dans les lacunes des fonctions sociales, elle la cède aux institutions spéciales du droit, de l'ordre, de la puissance, de la religion, de l'instruction, de la science technique, etc., dès que ces institutions prennent naissance. »</p>
<p>Les femmes elles-mêmes vont plus loin, bien que tout d'abord en minorité seulement, et quoique leurs visées manquent de clarté complète. Elles ne veulent pas seulement pouvoir mesurer leurs forces avec celles de l'homme sur un terrain industriel plus étendu, elles ne veulent pas seulement conquérir une situation plus libre et plus indépendante dans la famille, elles veulent particulièrement utiliser leurs capacités intellectuelles dans les positions élevées. Il s'agit ici, maintenant, de cet argument aux termes duquel elles n'y seraient pas aptes, parce qu'elles n'y auraient pas été préparées par la nature. Bien que la question de l'exercice des hautes fonctions par les femmes n'en concerne, dans la société actuelle, qu'un petit nombre, elle n'en est pas moins d'une importance capitale. Car si on la résolvait négativement, la possibilité affirmée d'un plus complet développement et de l'égalisation des droits de la femme serait mise en question aussi. En outre, il faut détruire le préjugé qui consiste pour la grande majorité des hommes à croire très sérieusement que les femmes doivent rester et resteront toujours leurs inférieures au point de vue intellectuel.</p>
<p>Il n'en est maintenant que plus facile de voir comment ces mêmes hommes, qui ne trouvent aucun moyen de remédier à ce que la femme soit occupée à des travaux dont beaucoup sont extrêmement pénibles, souvent dangereux, dans lesquels les plus grands périls menacent sa pudeur et où il lui faut manquer de la façon la plus éclatante à ses devoirs d'épouse et de mère, comment ces mêmes hommes, disons-nous, cherchent à l'écarter d'occupations où ces obstacles et ces dangers existent beaucoup moins et qui conviendraient bien mieux à son corps délicat, lequel malgré cela pourrait encore supporters pour la vigueur, une comparaison victorieuse avec celle de plus d'un savant.</p>
<p>Parmi les savants qui, en Allemagne, ne veulent pas entendre parler, ou tout au plus d'une façon très-restreinte, de l'accession de la femme aux hautes études, on compte, par exemple, le professeur Bischof, de Munich, le Dr Louis Hirt, de Breslau, le professeur H. Sybel, L de Baerenbach, le Dr E. Reich et nombre d'autres. De Baerenbach croit même pouvoir refuser à la femme l'accession à la science et lui en dénier les aptitudes, notamment par ce fait que jusqu'ici il ne s'est révélé parmi les femmes aucun génie et qu'elles sont manifestement inaptes à l'étude de la philosophie. Il me semble que jusqu'ici le monde s'est contenté de philosophes masculins et qu'il peut se passer des féminins. Et pour ce qui est de l'objection que les femmes n'auraient encore produit aucun génie, elle ne me paraît ni solide ni probante. Les génies ne tombent pas du ciel, il leur faut l'occasion de se former et de se développer ; cette occasion, l'historique que nous avons fait dans cet ouvrage de la formation intellectuelle de la femme l'a suffisamment prouvé, a jusqu'ici fait presque complètement défaut à celle-ci, que l'on a même, pendant des milliers d'années, opprimée de toutes façons. Dire que la femme n'a aucune prédisposition au génie parce qu'on croit pouvoir refuser tout génie au nombre pourtant élevé de femmes remarquables, est exactement aussi faux que si l'ont prétendait que parmi les hommes il n'y a pas eu d'autres génies possibles que ceux que l'on considère comme tels parce qu'ils ont en l'occasion de se manifester. Le dernier des maîtres d'école de village sait déjà quelle quantité d'aptitudes n'arriveront même pas à se former parmi ses élèves, parce que toute possibilité de se produire leur fera défaut. Les génies et les talents, dans l'humanité masculine, ont certainement été mille fois plus nombreux que ceux qui se sont manifestés jusqu'ici, les conditions sociales les avant étouffés ; il en est exactement de même pour les capacités du sexe féminin qui, depuis des milliers d'années, a été bien plus encore soumis à l'oppression, aux entraves et à l'étiolement. Nous n'avons malheureusement aujourd'hui pas la moindre donnée qui nous permette de juger de l'abondance de forces et de capacités intellectuelles qui se développeraient chez l'homme comme chez la femme, le jour où elles pourraient se former dans des conditions conformes à la nature.</p>
<p>Il en va aujourd'hui dans l'humanité exactement comme dans le monde végétal, où des millions de précieuses graines n'arrivent pas à percer parce que le sol sur lequel elles tombent est déjà occupé par d'autres plantes qui dérobent au jeune rejeton la nourriture, l'air et la lumière. Les mêmes lois qui régissent la nature règlent aussi la vie humaine. Si de nos jours un jardinier ou un cultivateur s'avisait d'affirmer que telle ou telle plante est incapable de se développer ou d'arriver à sa croissance, sans l'avoir expérimentée ou même après l'avoir gênée jusque-là dans son développement par un traitement mal approprié, ce jardinier ou ce cultivateur serait considéré comme un nigaud par tous ses voisins plus éclairés, et ce serait à bon droit. La même chose arriverait si, pour obtenir un animal de race plus parfaite, il se refusait à croiser une femelle de ses animaux domestiques avec un mâle de race supérieure.</p>
<p>Il n'y aurait pas en Allemagne un seul paysan assez ignorant pour ne pas se rendre compte des résultats que produirait un semblable traitement pour ses plantes et son bétail, -une autre question est de savoir si ses moyens lui permettent d'appliquer les meilleures méthodes - ; ce n'est que pour 'humanité que des gens même pétris de science se refusent à admettre ce qu'ils considèrent comme une loi immuable pour tout le reste des objets terrestres. Et pourtant chacun peut, sans être un naturaliste, faire dams la vie de tous les jours ses remarques les plus instructives. Comment se fait-il que les fils de paysans se différencient des enfants des villes ? Comment se fait-il que les enfants des classes les mieux placées se distinguent de ceux des pauvres par la conformation de la figure et du corps, et même relativement par certaines qualités intellectuelles ? Cela provient de la différence dans les conditions de la vie et de l'éducation. L'exclusivisme qui existe dans l'éducation en vue d'une vocation définie imprime à l'homme son propre caractère. Un prêtre, un instituteur, se reconnaît facilement, dans la plupart des cas, à l'allure, à l'expression de la physionomie ; un militaire également, même quand il est en tenue bourgeoise. Un cordonnier se distingue aisément d'un tailleur, un menuisier d'un serrurier. Deux jumeaux qui, dans leur enfance, se seront ressemblés d'une façon frappante, offriront dans un âge plus avancé une différence remarquable si leur carrière n'a pas été la même, si l'un s'est livré à un rude travail manuel, comme forgeron par exemple, et si l'autre s'est adonné à l'étude de la philosophie. L'hérédité et l'adaptation jouent donc un rôle prépondérant dans le développement de l'être humain comme dans le règne animal, et l'homme parait même être, de toutes les créatures, la plus souple et la plus docile. Il suffit souvent de peu d'années d'un autre genre de vie et d'occupation pour faire de lui un homme tout différent. Ce changement rapide, au moins quant à l'extérieur, ne se manifeste nulle part d'une façon plus frappante que là où un homme de conditions chétives et pauvres passe brusquement à une situation de beaucoup meilleure. Si c'est la culture de son esprit qui lui permet le moins de renier son passé, cela ne tient pas à l'impossibilité de la perfectionner davantage mais bien à ce que, passé un certain âge, la majeure partie des hommes n'éprouvent plus le besoin d'acquérir davantage de connaissances intellectuelles, ou le tiennent pour parfaitement inutile. Voilà surtout pourquoi un parvenu de ce genre n'a que peu à souffrir de ce défaut. Notre époque, qui n'a de regards que pour l'argent et les moyens matériels, s'incline bien plus volontiers devant l'homme au gros sac d'argent que devant l'homme de génie richement doué au point de vue intellectuel, quand celui-ci a le malheur d'être pauvre et roturier. Il est certain que l'on ne reconnaît presque plus leur origine dans les manières et les allures des enfants d'un semblable parvenu, et moralement ils deviennent aussi de tout autres hommes.</p>
<p>Mais l'exemple le plus frappant de ce que font de l'homme le changement radical des conditions de la vie et l'éducation, nous le trouvons dans nos districts industriels. Les travailleurs et les bourgeois y offrent des contrastes extérieurs tels qu'on les dirait appartenir à deux races d'hommes différentes. Bien que je fusse habitué à ce contraste, il ne m'en frappa pas moins d'une façon presque effrayante à l'occasion d'une réunion électorale que je tins en 1877 dans une ville industrielle du cercle de l'Erzgebirge. La réunion, dans laquelle j'avais une discussion avec un professeur libéral, était organisée de telle sorte que les deux partis étaient fortement représentés et serrés l'un contre l'autre dans l'enceinte. Nos adversaires s'étaient emparés du devant de la salle ; c'étaient presque tous des hommes forts, vigoureux, souvent de haute taille, à l'aspect plein de santé ; dans le fond de la salle et sur les galeries s'étaient placés les ouvriers et les petits bourgeois, pour les neuf dixièmes des tisserands, petits, minces, à la poitrine étroite, aux joues pâles, dont les soucis et la misère se lisaient sur le visage. Les uns représentaient la vertu satisfaite et la morale solvable, les autres étaient les abeilles laborieuses et les bêtes de somme, grâce au produit du travail desquelles les premiers avaient si bonne mine, tandis qu'eux-mêmes souffraient de la faim. Que pendant une génération on les place dans des conditions d'existence également favorables et le contraste disparaîtra, il sera sûrement effacé dans leur descendance.</p>
<p>D'autre part il est visible qu'il y a plus de difficulté à discerner la situation sociale chez la femme que chez l'homme, parce qu'elle s'accommode à une situation nouvelle et adopte des habitudes d'existence supérieures avec bien plus de souplesse et d'habileté. Son aptitude dans ce sens dépasse celle de l'homme, plus embarrassé en tous points. Quelle raison a-t-on donc de douter qu'au point de vue intellectuel elle soit capable d'un grand développement ?</p>
<p>Tout cela nous permet de reconnaître les effets considérables qu'ont les lois de la nature sur le développement et sur les conditions sociales de la société.</p>
<p>C'est être borné ou de mauvaise foi que de nier qu'une condition sociale améliorée, au point de vue de l'existence et de l'éducation tant physiques que morales, pourrait élever la femme à un degré de perfection dont nous n'avons aujourd'hui aucune notion précise. Ce que jusqu'à présent des femmes isolées ont réalisé ne permet presque pas d'en douter, car ces femmes s'élèvent au-dessus de la masse de leur sexe, au moins d'autant que les hommes de génie dépassent la foule de leurs congénères. Dans le gouvernement des États, les femmes, eu égard à leur nombre, et en prenant pour établir la valeur de leurs actes la même mesure dont on se plait à se servir pour juger aujourd'hui les princes, ont montré en général plus de talent même que les hommes. Rappelons pour exemples Isabelle et Blanche de Castille, Élisabeth de Hongrie, Élisabeth d'Angleterre, Catherine de Russie, Marie-Thérése, etc. Au reste, plus d'un grand homme de l'histoire se réduirait singulièrement si l'on savait toujours ce qu'il se devait à lui-même et ce qu'il devait aux autres. Des historiens allemands, par exemple Mr de Sybel, ont présenté comme l'orateur le plus remarquable et l'un des plus grands génies de la Révolution française le comte Mirabeau. Et voici que les recherches ont prouvé que ce génie si puissant doit le canevas de presque tous ses discours, et celui des plus remarquables sans exception, au concours obligeant et à l'assistance de quelques savants travaillant silencieusement, qu'il sut habilement employer. D'un autre côté, des figures de femmes comme Madame Roland, madame de Staël, George Sand, méritent la plus haute estime et plus d'une étoile masculine pâlit auprès d'elles. Ce que des femmes ont fait comme mères d'hommes remarquables est également connu. Pour tout dire en un mot, les femmes ont produit, dans l'ordre intellectuel, tout ce qu'il était possible de donner dans des circonstances éminemment défavorables, et cela justifie les meilleures espérances dans leur développement moral ultérieur.</p>
<p>Mais admettons que les femmes ne soient en général pas aussi susceptibles de développement que les hommes, qu'elles ne doivent devenir ni des génies ni de grands philosophes ; est-ce que cette circonstance a servi de règle pour la majorité des hommes lorsqu'on leur a accordé, tout au moins dans les termes de la loi, l'égalité de droits avec les « génies » et les philosophes » ? Les mêmes savants qui dénient à la femme des aptitudes élevées sont aussi facilement enclins à en faire autant à l'égard des travailleurs manuels et des ouvriers. Quand le noble se réclame de son « sang bleu » et de son arbre généalogique, ils sourient dédaigneusement et haussent les épaules ; mais vis-à-vis de l'homme des classes inférieures ils se tiennent pour une aristocratie qui doit ce qu'elle est devenue non pas à la faveur des circonstances de la vie, - il n'y a pas de danger ! ce serait ravaler leurs personnes - mais bien en tout et pour tout à leur propre talent, à leur propre intelligence. Les mêmes hommes qui, sur certains points, sont les plus dénués de préjugés, qui n'ont qu'une piètre opinion de ceux qui ne pensent pas librement comme eux sont, sur d'autres points, dès qu'il s'agit de leur intérêt d'état ou de classe, de leur présomption et de leur amour-propre, bornés jusqu'à l'étroitesse et animés d'une hostilité qui va jusqu'au fanatisme. Voilà ce que les hommes des hautes sphères pensent de ceux des classes inférieures, voilà comment ils les jugent, et voilà comment à son tour le monde masculin tout entier pense et juge lorsqu'il est question des femmes. Les hommes, pris en grande majorité, ne voient dans la femme qu'un instrument de profits et de plaisir ; la considérer comme leur égale en droits répugne à leurs préjugés. La femme, pour eux, doit être soumise, obéissante, rester confinée exclusivement dans son ménage et abandonner tout le reste comme domaine « au roi de la création. » Elle devrait comprimer ses pensées, ses aspirations personnelles autant que possible et attendre patiemment ce que sa Providence terrestre, le père ou le mari, décidera d'elle. Plus elle se soumet à toutes ces exigences, plus elle est estimée « raisonnable, morale et vertueuse », dut-elle périr à moitié ou complètement sous le poids des douleurs physiques et morales qui sont la conséquence de sa situation d'opprimée. Mais si l'on parle d'égalité entre tous les êtres humains, c'est une absurdité que de vouloir en exclure la moitié.</p>
<p>De par la nature, la femme a les mêmes droits que l'homme ; le hasard de la naissance n'y peut rien changer. L'exclure des droits de l'humanité parce qu'elle est née femme et non homme - ce qui n'est pas plus la faute de l'homme que la sienne - est aussi absurde et injuste que si l'on faisait dépendre l'exercice de ces droits du hasard de la religion ou des opinions politiques, ou que si deux individus se considéraient comme ennemis parce que le hasard de la naissance les a fait appartenir à des races ou à des nationalités différentes. Toutes ces entraves, toutes ces tendances oppressives sont indignes d'un homme libre et le progrès de l'humanité consiste à les écarter et même le plus rapidement possible. Nulle autre inégalité n'a le droit d'exister que celles créées par la nature pour l'accomplissement, différent dans la forme mais semblable au fond, du but naturel de la vie. Mais aucun sexe ne saurait dépasser les limites que lui impose la nature, parce que ce faisant il détruirait son propre but naturel. Nous pouvons en être assurés, et aucun sexe, pas plus qu'une classe, n'est fondé à imposer ses limites à l'autre sexe ou à une autre classe.</p>
<p>Nous pourrions arrêter ici notre argumentation contre ce qu'il y a d'injustifié à exclure la femme des hautes fonctions intellectuelles ou même à lui on dénier les capacités, mais il nous reste encore à examiner une objection capitale.</p>
<p>Le grand cheval de bataille de nos adversaires est que la femme a une cervelle plus petite que l'homme, ce qui démontrerait son éternelle infériorité. Le premier point est exact ; nous allons voir ce qu'il en est de la conclusion.</p>
<p>La grosseur du cerveau, et par suite le poids de la masse cérébrale, sont généralement inférieurs chez le sexe féminin. D'après Huschke [5], le volume moyen du cerveau de l'Européen est de 1.446 centimètres cubes, celui de la femme de 1.226. Différence : 220 centimètres cubes. Comme poids, le professeur Bischoff estime que le cerveau masculin est en général de 126 grammes plus lourd que le féminin. Le professeur Meinert estime que le rapport en poids du cerveau masculin au féminin est comme 100 à 90. Mais le poids de la masse cérébrale est très différent chez les divers individus de l'un et de l'autre sexe. D'après le professeur Reclam, le cerveau du naturaliste Cuvier pesait 1.861 grammes, celui de Byron 1.807, celui du mathématicien Dirichlet 1.520, celui du célèbre mathématicien Gaus 1.492 seulement, celui du philologue Hermann 1.358 et celui du savant Hausmann 1.226. Nous trouvons là une différence absolument énorme dans le poids du cerveau d'hommes richement doués au point de vue intellectuel. Le cerveau de Hausmann pesait à peu près le poids moyen du cerveau de la femme.</p>
<p>Ces différences dans les cerveaux permettent de constater tout d'abord que c'est aller trop vite en besogne que de faire dépendre exclusivement du poids de la masse cérébrale la mesure des capacités intellectuelles. Somme toute, les recherches sur ce point sont encore trop nouvelles et trop peu nombreuses pour rendre possible un jugement définitif. Mais, en dehors du poids moyen du cerveau chez les deux sexes, il faut aussi faire entrer en ligne de compte le reste de leur organisation physique, et alors on s'aperçoit qu'en prenant en considération la taille et le poids moyen du corps, le cerveau féminin est proportionnellement plus gros que celui de l'homme. Autant la taille du corps décide peu de sa vigueur, autant peut-être la seule masse cérébrale influe peu sur la masse intellectuelle. Nous voyons de très petits animaux (les fourmis, les abeilles) en surpasser en intelligence de bien plus gros (par exemple le mouton, la vache), de même que nous constatons souvent que des individus de belle prestance restent, pour leurs aptitudes intellectuelles, loin derrière d'autres, de petite taille et d'extérieur insignifiant. Tout cela dépend donc, très vraisemblablement, non pas seulement de la masse du cerveau, mais encore et surtout de son organisation, et tout d'abord de sa culture et de son exercice.</p>
<p>Le cerveau, pour pouvoir développer entièrement toutes ses facultés, doit, comme tous les autres organes, être soigneusement exercé et convenablement nourri. Si l'on néglige ce soin, ou si le façonnement du cerveau est entrepris d'après une méthode entièrement fausse, au lieu d'en stimuler et d'en développer les parties qui représentent surtout le discernement, on développera plutôt celles où le sentiment et la fantaisie ont leur siège ; de la sorte on ne l'entravera pas seulement, mais on ira jusqu'à l'atrophier. L'une des parties se nourrira aux dépens de l'autre.</p>
<p>Et maintenant, il n'est pas un homme connaissant un peu l'histoire de l'évolution de la femme qui puisse nier que, dans l'ordre d'idées qui nous occupe, on a commis une lourde faute à. l'égard de celle-ci depuis des milliers d'années et qu'on en commet encore. Lorsque le professeur Bischoff prétend que la femme a, tout aussi bien que l'homme, pu développer son cerveau et son intelligence, cela prouve une somme d'ignorance inouïe et interdite à un savant sur un sujet qu'il a lui-même mis en discussion. Comment donc expliquer ce fait frappant que, parmi les peuples peu cultivés, tels que les nègres et presque toutes les peuplades sauvages, la masse et le poids du cerveau chez l'homme et la femme se rapprochent beaucoup plus que chez les peuples civilisés ? Uniquement par ceci que les hommes de ces derniers peuples ont développé au plus haut degré leurs fonctions cérébrales et que celles-ci ont été enrayées chez les femmes. Dans la première partie de cet ouvrage nous avons montré comment, au début, les qualités physiques et morales des deux sexes ont pu n'être qu'à peine différentes, mais comment aussi, par suite de la situation prépondérante prise par l'homme sur la femme pendant une longue période d'évolution, cette différence a nécessairement dû aller en s'accentuant.</p>
<p>Si nos savants veulent être des lumières de l'histoire naturelle, qu'ils daignent aussi comprendre que les lois de leur science trop étroite sont applicables à la vie et au développement des êtres humains. Qu'ils daignent apprendre que les lois de l'évolution, de l'hérédité, de l'adaptation, s'appliquent aussi exactement à l'homme qu'à tout autre être, que l'homme n'est pas une exception dans la nature, que la connaissance exacte des phases de son développement particulier et la doctrine de l'évolution appliquée à son cas nous font apparaître clair comme le jour ce qui sans cela reste obscur et voilé, et devient un sujet de mysticisme scientifique ou de science mystique.</p>
<p>Quelques savants, le Dr L. Büchner, par exemple, prétendent que la différence entre les cerveaux des deux sexes n'est pas la même chez les divers peuples civilisés. Elle serait la plus grande chez les Allemands et les Hollandais ; viendraient ensuite les Anglais, les Italiens, les Suédois, les Français. C'est chez ces derniers que les sexes se rapprocheraient le plus quant au cerveau. Mais Büchner ne s'explique pas sur la question de savoir s'il faut en conclure que chez les français les femmes ont acquis un plus grand développement et se sont ainsi rapprochées des hommes ou si, inversement, les hommes se sont moins développés et ont déterminé de la sorte cette plus grande ressemblance, - car les deux cas seraient possibles. D'après l'état de l'instruction en France, on peut fort bien admettre le premier.</p>
<p>Un fait certain, c'est donc que la forme du cerveau s'est également développée en raison de l'éducation donnée, si tant est que ce mot d'éducation puisse être employé surtout pour une grande partie des temps passés et que l'expression « d'élevage » ne soit pas plus exacte. Tous les physiologistes sont d'accord sur ce point que le siège propre de la formation de l'intelligence est dans les parties antérieures du cerveau, au-dessus des. yeux, c'est-à-dire la face immédiatement antérieure de la boîte crânienne. Les parties du cerveau qui intéressent la vie sentimentale et affective, comme nous la désignons, doivent se trouver dans la portion centrale de la tête. La différence de la forme de la tête chez l'homme et chez la femme corrobore cette opinion ; chez le premier, c'est la face antérieure de la tête qui est la plus développée, chez la femme c'en est le milieu.</p>
<p>Et c'est d'après cette conformation de la tête, résultat de la condition prépondérante de l'homme d'une part et de l'état de sujétion de la femme de l'autre, que s'est développée la conception de la beauté pour les deux sexes. D'après l'idée du beau, telle que l'avaient les Grecs et telle qu'elle sert encore de règle aujourd'hui, la femme doit avoir un front étroit, plutôt bas, l'homme un front haut et particulièrement large. Et cette conception de la beauté, qui démontre leur infériorité, les femmes en sont pénétrées à tel point qu'elles tiennent pour une regrettable marque de laideur un front élevé, dépassant la moyenne, et cherchent à corriger artificiellement la nature en ramenant de force leurs cheveux sur le front, pour le faire paraître plus bas.</p>
<p>Après tout cela il n'y a donc pas lieu de s'étonner de ce que les femmes soient intellectuellement ce qu'elles sont. Certes Darwin a raison quand il dit que si l'on plaçait l'une à côté de l'autre une liste comprenant les hommes qui se sont le plus distingués dans la poésie, la peinture, la sculpture, la musique, la science et la philosophe, et une seconde liste des femmes les plus remarquables dans cet ordre d'idées, il n'y aurait aucune comparaison à établir entre les deux. Mais faut-il s'étonner de cela ? Il y aurait lieu de s'étonner s'il en était autrement. Le Dr Dodel-Port [6] répond aussi très justement à cette argumentation que les choses prendraient une tout autre tournure si, durant un certain nombre de générations, hommes et femmes recevaient la même éducation et la même instruction dans l'exercice de ces arts et de ces sciences. La femme, prise dans sa généralité, est aussi plus faible que l'homme, ce qui précisément n'est pas le cas chez beaucoup de peuples sauvages et se manifeste même fréquemment d'une façon inverse. Mais, quant aux modifications que l'exercice et l'éducation dès le jeune âge peuvent apporter à cet état de choses, nous le constatons chez les écuyères et les acrobates qui peuvent lutter de courage, de désinvolture, d'agilité et de vigueur avec n'importe quel homme et exécutent souvent des choses étonnantes.</p>
<p>Dés lors donc que tout cela n'est que la condition de la vie et de l'éducation, du « dressage », pour employer crûment une expression scientifique, et que l'application des lois de la nature produit aujourd'hui des effets tout à fait surprenants, notamment en ce qui concerne nos animaux domestiques, il ne saurait être douteux le moins du monde que l'application de ces lois à la vie physique et intellectuelle des êtres humains mènerait à de mien autres résultats encore, parce que l'homme, en tant que sujet d'éducation, connaissant son but et ses fins, y mettrait lui-même du sien.</p>
<p>On voit, d'après tout ce que nous venons d'exposer, en quelle corrélation étroite, voire intime, les sciences naturelles modernes sont avec toute notre existence sociale et son développement. On voit encore que les lois naturelles, appliquées à la société humaine, nous éclairent sur mos conditions respectives, que sans elles nous ne saurions atteindre dans toute leur étendue. Si, par l'application de ces lois naturelles au développement de l'être humain [7], nous poussons jusqu'aux causes premières , nous trouvons que l'autorité, le caractère. les qualités physiques, chez un individu comme pour des classes ou les peuples entiers, dépendent en première ligne des conditions de l'existence, c'est-à-dire de la puissance économique et sociale qui, à son tour, subit l'influence du climat, de la conformation et de la fertilité du sol. Marx, Darwin, Buckle ont tous trois, chacun dans sa propre sphère, la plus grande portée pour l'évolution moderne ; leurs doctrines et leurs découvertes influeront dans la plus large mesure sur la forme et le développement à venir de la société.</p>
<p>Si les tristes conditions et l'indignité de l'existence humaine, - c'est-à-dire l'imperfection de l'état social - sont reconnues être cause de l'insuffisance et de la défectuosité du développement individuel, il en découle nécessairement que l'amélioration des conditions de la vie doit également avoir de l'action sur les êtres humains. La conclusion en est encore que l'application rationnelle à ceux-ci des lois de la nature, connue sous le nom de Darwinisme, créera des êtres humains nouveaux, mais exigera aussi des conditions sociales appropriées et finira par mener ainsi, selon la doctrine de Marx, au socialisme. Il ne servira de rien de se rebiffer et d'essayer d'enrayer le mouvement... « Et si tu ne marches pas de bon gré, j'emploierai la force »... la force de la raison, s'entend.</p>
<p>La loi darwinienne de la lutte pour l'existence, qui a pour point essentiel dans la nature que l'être le mieux organisé et le plus robuste supplante et détruit l'être inférieur, amène pour l'espèce humaine cette conclusion que l'homme, en tant qu'être pensant et doué de discernement, peut modifier, améliorer et perfectionner d'une façon profonde les conditions de son existence, c'est-à-dire son état social et tout ce qui s'y rattache, de telle sorte qu'en fin de compte elles deviennent également favorables pour tous les êtres humains. L'humanité se crée petit à petit, sous forme de lois et d'institutions, des conditions qui permettent à chaque individu de développer ses aptitudes et ses capacités pour son bien propre comme pour le bien général, mais qui lui enlève le pouvoir de nuire a autrui ou à la collectivité parce qu'il est immédiatement compréhensible que ce faisant il se nuirait à lui-même. Cet état de choses agit finalement de telle sorte sur l'intelligence et sur les idées de l'homme que la pensée de dominer et de nuire finit par ne plus trouver la moindre place dans son cerveau.</p>
<p>Le Darwinisme est donc, comme toute science vraie, une science éminemment démocratique [8], et lorsque ses propres représentants se refusent à le reconnaître et vont même jusqu'à soutenir le contraire, c'est qu'ils ne savent pas apprécier la portée de leur propre science, ce qui d'ailleurs n'est pas nouveau. Ses adversaires, et tout particulièrement les honorables membres du clergé, qui ont toujours le nez creux quand il s'agit d'avantages terrestres ou de choses nuisibles pour eux, l'ont mieux compris, et ils dénoncent en conséquence le Darwinisme comme socialiste et athée. Il n'est pas du tout à l'honneur de M. le professeur Virchow d'être d'accord avec ces gens et d'avoir, en 1877, au Congrès des naturalistes à Munich, objecté au professeur Haeckel que « le Darwinisme mène au socialisme », naturellement pour discréditer et décrier la doctrine parce que Haeckel demandait l'introduction de la théorie de l'évolution dans les programmes d'études.</p>
<p>Si les théories Darwiniennes mènent au socialisme, comme le prétend Virchow, cela ne prouve rien contre ces théories, mais cela prouve en faveur du socialisme. Car la véritable science n'a en rien à se préoccuper de savoir si ses conséquences mènent à telle ou telle institution politique, à telle ou telle situation sociale. Elle a à examiner si les théories sont justes, et si elles le sont, on doit les accepter avec toutes leurs conséquences. Celui qui agit autrement, en vue de son avantage personnel, pour se ménager les faveurs d'en haut, dans un intérêt de classe ou de parti, commet un acte méprisable et fait tort à la science. La science professionnelle, telle qu'elle existe en particulier dans nos Universités, ne peut en effet que dans des cas extrêmement rares prétendre à l'indépendance et au caractère personnel. La peur de perdre leur place et les faveurs du pouvoir, d'être obligés de renoncer aux titres, aux décorations et à l'avancement, conduit la plupart des représentants de la science à plier l'échine, à cacher leurs convictions ou même à dire publiquement le contraire de ce qu'ils pensent et savent dans leur for intérieur. Quand, comme en 1870. à l'occasion d'une prestation de serment de fidélité, un Dubois-Reymond en vient à s'écrier en pleine Académie de Berlin : « Les Universités sont les centres d'éducation de la garde du corps intellectuelle des Hohenzollern », on peut juger par là de ce que pensent du but de la science le gros de ceux qui sont bien au-dessous de Dubois-Reymond comme savoir et comme importance [9]. La science est ravalée au rang d'humble servante de la force.</p>
<p>Il est par suite aussi fort explicable que le professeur Haeckel et ses adhérents, tels que le professeur Schmidt, M. de Hellwald et d'autres encore, se défendent énergiquement contre cet épouvantable reproche que le Darwinisme fait les affaires du socialisme, et prétendent de leur côté « qu'au contraire, le Darwinisme est aristocratique en ce qu'il enseigne que partout dans la nature l'être mieux organisé et plus robuste opprime l'être inférieur ; que, par suite, les classes instruites et possédantes, représentant dans l'humanité ces êtres mieux organisés et plus robustes, leur prédomination est justifiée parce qu'elle est conforme aux lois de la nature ».</p>
<p>Après les arguments que nous avons déjà produits, la fausseté de cette conclusion est évidente. Admettons que ce soit là la conviction de ces messieurs ; ils n'appliquent alors leurs théories à l'humanité que d'une façon brutalement mécanique. Parce que la lutte pour l'existence se poursuit inconsciemment dans la nature chez des animaux et des êtres qui n'ont aucune connaissance de ses lois, il doit donc en être de même pour l'espèce humaine ? Mais, heureusement que ces messieurs les savants le veuillent on non, l'humanité en vient à connaître les lois qui régissent son évolution et elle n'a donc besoin que d'appliquer cette connaissance à ses institutions politiques, sociales et religieuses, pour les transformer. Par conséquent, la différence entre l'être humain et l'animal consiste en ceci que l'homme est un animal pensant tandis que l'animal n'est pas un homme pensant. Voilà ce que, dans toute leur science, messieurs les Darwiniens n'ont pas entrevu. D'où le cercle vicieux dans lequel ils tournent.</p>
<p>Naturellement, M. le professeur Haekel et ses gens nient aussi que le Darwinisme conduise à l'athéisme, et ils font alors, après avoir, par toutes leurs déductions et toutes leurs démonstrations, écarté le « créateur » , les efforts les plus énergiques pour le faire rentrer en contrebande par la porte de derrière. On se fabrique alors son genre personnel de « religion », que l'on appelle « haute moralité », « principes moraux », etc. M. le professeur Haeckel essaya même, en 1882, au Congrès des naturalistes d'Eisenach, et en présence de la famille grand-ducale de Weimar, non seulement de sauver la religion, mais encore de présenter son maître Darwin comme un homme religieux. L'entreprise échoua piteusement comme purent le constater tous ceux qui ont lu ce discours et la lettre de Darwin citée, et qui savent penser. La lettre de Darwin disait exactement le contraire de ce qu'elle devait dire d'après le professeur Haeckel, bien qu'avec précaution, parce que Darwin, tenant compte lui aussi de la « piété » de ses compatriotes les anglais, ne se risquait jamais à dire publiquement ce qu'il pensait en réalité de la religion. Il l'avait fait dans l'intimité, comme on le sut peu après le Congrès de Weimar, à l'endroit du Dr Büchner, auquel il avait avoué que, depuis sa quarantième année, c'est-à-dire depuis 1849, il ne croyait plus à rien parce qu'il n'avait pu arriver à aucune démonstration en faveur de la foi. Dans les dernières années de sa vie, Darwin a aussi soutenu secrètement un journal athée paraissant à New-York.</p>
<p>On peut en dire autant de la science moderne et de son influence sur le développement de l'espèce humaine, et des dénégations conscientes de ses principaux représentants en Allemagne ou de la portée inconsciente qu'ils lui donnent.</p>
<p>Avec le professeur Virchow le Dr Dühring tombe aussi sur Darwin et le Darwinisme, et il le fait, à la vérité, d'une façon parfaitement grossière. Pour y arriver il se dépeint le Darwinisme tel qu'il n'est pas et il le combat avec des armes qu'il a empruntées en partie au Darwinisme lui-même. Ce sont là des extravagances ave lesquelles on ne discute pas.</p>
<p>Pour en revenir à notre véritable sujet, faisons encore ressortir ceci. Si les sciences naturelles et le système d'élevage artificiel dont elles sont la base ont pu, on parfaite connaissance de leur objectif et de leur but, produire dans le monde animal et végétal des formes et des espèces entièrement nouvelles (ce système d'élevage va si loin pour les animaux domestiques que l'on arrive à rapetisser artificiellement la tête d'une certaine espèce de bœufs pour augmenter le poids de la viande dans les autres parties du corps, que pour la même raison on raccourcit les jambes des porcs et que l'on obtient, on appliquant les lois de l'évolution déjà connues, des modifications analogues et qui paraissent presque incroyables), les lois de l'évolution adaptées à l'éducation humaine devront finalement conduire à ce que l'on puisse susciter des qualités physiques et morales données et développer les individus avec harmonie.</p>
<p>• • •</p>
<p>Les femmes veulent donc, en vertu de leur instinct inné de perfectionnement, entamer aussi la lutte avec l'homme sur le terrain intellectuel, et se refusent à attendre qu'il plaise à celui-ci de développer leurs fonctions cérébrales. Elles y trouvent pour obstacle l'esprit du siècle, cette force latente mais dont les effets sont profonds, cette essence de tous les embarras matériels et moraux de l'humanité. Par-ci par-là elles ont réussi, d'accord avec les hommes, à supprimer toutes les entraves qui leur étaient imposées et à se jeter dans l'arène intellectuelle ; dans certains pays même elles ont pu le faire avec un succès particulier. Ces pays sont principalement l'Amérique du Nord et la Russie, qui, dans leur organisation politique et sur beaucoup de points de leur organisation sociale, sont les deux extrêmes. C'est ainsi qu'il y a aujourd'hui en Amérique et en Russie de nombreuses femmes médecins parmi lesquelles beaucoup jouissent d'une grande renommée et ont une grosse clientèle [10]. Il n'est pas douteux que la femme, aux aptitudes de laquelle à soigner les malades on tend volontiers justice, est aussi particulièrement donnée pour l'exercice de la médecine. En dehors de cela, l'introduction de médecins féminins serait un grand bienfait pour nos femmes, car le fait d'avoir à se confier à des hommes en cas de maladie et à propos des perturbations physiques si diverses qui se rattachent aux fonctions de leur sexe, en empêche beaucoup d'en appeler en temps utile aux secours de l'art. Il en résulte une foule d'inconvénients, non seulement pour les femmes, mais encore pour les hommes. Il n'est pas un médecin qui n'ait eu à se plaindre de cette réserve souvent coupable des femmes et de leur répugnance à avouer franchement leur mal. Cela est naturel ; il est seulement insensé que les hommes, et tout particulièrement les médecins, ne veuillent pas reconnaître combien l'étude de la médecine est justifiée pour la femme.</p>
<p>L'étude de la médecine par la femme aurait encore une autre utilité par suite de ce fait qu'il y a pénurie de médecins, tout au moins dans les campagnes, et que notre jeunesse bourgeoise, reculant autant que possible devant les efforts sérieux,. ne s'y adonne pas en foule. En général le zèle et l'ardeur de cette jeunesse pour l'étude semblent assez louches - il suffit de voir les résultats annuels des examens pour le volontariat d'un an pour s'en convaincre - et la concurrence féminine produirait un effet très salutaire.</p>
<p>À ce point de vue encore les État-Unis fournissent de bons exemples. Il y existe, à la stupéfaction de toutes nos vieilles perruques savantes ou ignorantes des deux sexes, des écales supérieures où des élèves masculins et féminins réunis reçoivent l'instruction. Écoutons-en le résultat. Le président White, de l'Université du Michigan, déclare ceci : « Sur l.300 étudiants le meilleur élève pour la langue grecque est depuis plusieurs années une jeune fille : le meilleur élève pour les mathématiques, dans une des classes les plus fortes de notre Institut, est également une jeune fille, et nombre de nos meilleurs élèves en histoire naturelle et en science générale, sont encore des jeunes filles ». Le Dr Fairshild, président du collège Oberlin, dans l'Ohio, dont plus de mille étudiants des deux sexes suivent les cours en commun, dit : « Pendant mes huit années de professorat des langues mortes, - latin, grec et hébreu - et des sciences philosophiques et morales, ainsi que pendant mes onze années d'enseignement des mathématiques pures et appliquées, je n'ai remarqué aucune espèce de différence entre les deux sexes, sauf dans leur façon de s'exprimer ». Edouard H. Machill, président du collège Swarthmore dans le Delaware, auteur de l'ouvrage auquel nous avons emprunté les données ci-dessus [11], dit qu'après une expérience de quatre années il en est arrivé à cette conclusion qu'au point de vue moral comme au point de vue des mœurs même, l'éducation commune des deux sexes a donné les meilleurs résultats. Cela soit dit incidemment pour ceux qui regardent les bonnes mœurs comme compromises par une éducation de ce genre. Il faudra couper encore bien des perruques en Allemagne avant que la raison se soit frayé la voie.</p>
<p>On objecte encore à cela qu'il n'est pas convenable d'admettre les femmes à côté des étudiants masculins dans les amphithéâtres, dans les salles d'opérations et d'accouchement. Si les hommes ne trouvent rien de choquant à procéder à leurs études et à leurs recherches sur des sujets féminins en présence d'infirmières et d'autres femmes malades, il n'y a aucune raison pour que cela ne convienne pas aussi pour des étudiantes. Le professeur peut également faire beaucoup par sa manière d'enseigner et exercer une grande influence sur le maintient de ses auditeurs des deux sexes. Il y a lieu d'admettre encore que les femmes qui, dans les conditions actuelles, se consacrent à des études de ce genre, sont animées d'un sérieux et d'une force de volonté tels qu'elles l'emportent de beaucoup à ce point de vue sur la plupart des étudiants masculins. Des professeurs qui ont simultanément enseigné à des élèves des deux sexes, constatent ce fait. Le zèle des femmes est généralement plus grand que celui des jeunes gens. Enfin les femmes, une fois leurs études de médecine achevées, pourraient aussi entreprendre l'instruction de leurs congénères - si décidément on s'obstine à tenir pour nécessaire la séparation des sexes, peu naturelle quand il s'agit des choses de la nature.</p>
<p>En réalité, ce sont de tout autres motifs qui portent la plupart des professeurs de médecine, surtout ceux de l'Université, à prendre vis-à-vis des étudiantes une attitude hostile. lis voient là une « diminution » de la science, qui pourrait perdre en considération aux yeux de la foule bornée si l'on voyait que les cerveaux féminins sont eux aussi capables de saisir une science qui jusqu'ici n'a été réservée qu'à l'élite du sexe masculin.</p>
<p>Malgré toutes les grandes phrases qu'on pourrait nous objecter, il n'en est pas moins vrai que notre état universitaire se trouve, comme notre état général d'éducation, dans une situation précaire. À l'école primaire on dérobe à l'enfant son temps le plus précieux pour bourrer sa cervelle de choses qui ne concordent ni avec la raison ni avec les constatations de la science ; on le charge d'un lourd bagage dont il ne trouvera pas l'emploi dans la vie et qui le gênera bien plutôt dans son avenir et dans son développement ; il en est de même pour nos écoles supérieures. Dans les établissements préparatoires aux études universitaires, on bourre la mémoire des élèves d'un tas de matières arides et inutiles dont l'étude absorbe le plus clair de leur temps et la force la plus précieuse de leurs cerveaux ; ont agit le plus souvent de la même façon dans l'Université, où on leur enseigne une masse de choses vieillies, surannées, superflues, à côté d'une minime proportion de choses utiles. La plupart des professeurs, leurs cahiers de cours une fois établis, les rabâchent pendant des années, semestre par semestre, sans omettre les plaisanteries dont ils sont parsemés. Les hautes fonctions de l'enseignement deviennent pour beaucoup un pur et simple métier, et les étudiants n'ont pas besoin de bien de la sagacité pour s'en apercevoir. L'idée que se font ceux-ci de la vie universitaire contribue aussi à ne pas leur faire prendre trop au sérieux leurs années d'études, et plus d'un qui voudrait les prendre au sérieux en est rebuté par la méthode d'enseignement pédantesque et fastidieuse de la plupart des professeurs. Vienne l'époque des examens et l'on se fourrera alors rapidement, mécaniquement, dans la tète, en une couple de mois, ce qui parait absolument indispensable pour pouvoir s'en tirer passablement. L'examen une fois heureusement passé et quelque situation administrative ou professionnelle obtenue, la majeure partie de ces « lettrés »continuent d'expédier leur besogne d'une façon purement machinale et routinière et trouvent fort mauvais que quelque « illettré » ne les accueille pas de la façon la plus respectueuse, en ne les considérant et traitant pas comme une race d'hommes à part et d'une noblesse supérieure. Seul l'homme qui a le désir de faire des progrès ne découvre que plus tard combien il a appris de choses inutiles, à l'exclusion précisément de celles qui lui seraient le plus nécessaires, et ne commence qu'alors à apprendre effectivement. Pendant la meilleure partie de sa vie on l'a importuné d'une foule de choses inutiles ou nuisibles ; il lui faut en consacrer une autre partie à se débarrasser de ce fatras et se mettre à force de travail à la hauteur des idées de son temps, et ce n'est qu'alors qu'il peut réellement devenir un membre utile de la société. Beaucoup n'arrivent pas à se tirer de la première phase, d'autres restent empêtrés dans la seconde, un petit nombre seulement parvient à s'élever jusqu'à la troisième.</p>
<p>Mais le « decorum » exige que l'on conserve tout cette défroque du Moyen-âge, toutes ces matières d'enseignement inutiles, et comme les femmes, en raison de leur sexe, sont de prime-abord exclues des écoles préparatoires, cette situation fournit un prétexte commode pour leur fermer les portes des amphithéâtres. Un des professeurs de médecine les plus renommés de Leipzig fit un jour franchement à une dame l'aveu suivant : « L'éducation de collège n'est, à la vérité, pas nécessaire pour comprendre la médecine, mais il faut l'exiger comme condition préliminaire d'introduction aux études, pour que le prestige de la science ne souffre pas ».</p>
<p>Le professeur Bischoff, de Munich, a donné entre autres pour raison du conseil qu'il donne aux femmes de ne pas se livrer à l'étude de la médecine « la brutalité des étudiants », ce qui est certes fort significatif. Le même professeur dit encore dans un passage de son travail sur le sujet en question - et ce passage est caractéristique : Pourquoi n'accorderait-on pas, même si l'on est professeur, par-ci par-là, à une femme intéressante, intelligente et jolie par-dessus le marché, de suivre un cours traitant de quelque science simple ? C'est là, une manière de voir que partage visiblement M. Von Sybel et qu'il exprime ainsi : « Rarement un homme a été en mesure de refuser à une écolière avide d'apprendre et aimable sou concours et son aide ».</p>
<p>Il serait dommage de perdre un seul mot de plus pour réfuter de semblables « raisons » et de pareilles idées. Le temps viendra où on ne se préoccupera ni de la brutalité des gens bien élevés, ni de l'esprit de routine on des velléités sensuelles des savants, mais où l'on fera ce qu'ordonnent la raison et la justice.</p>
<p>Comme nous l'avons déjà remarqué, les traditions pleines de préjugés dont souffrent l'Europe en général et l'Allemagne en particulier, se rencontrent bien moins dans l'Amérique du Nord. C'est ainsi que les femmes y sont arrivées à des situations très considérées comme médecins, avocats, professeurs, et cela dans les plus grands établissements d'instruction - les femmes détenant en Amérique la majorité des places de l'enseignement et dans les divers emplois publics des communes ou de l'État. En Russie également on professe à l'égard des femmes des idées bien plus libres et plus élevées qu'en Allemagne. Nombre de femmes russes se sont adonnées avec un grand succès aux différentes études scientifiques. Au printemps de 1878, une étudiante russe à Berne, Madame Litwinow, de Toula, passa ses examens avec une telle distinction, notamment pour les mathématiques, que la Faculté de Philosophie lui décerna le diplôme du Doctorat à l'unanimité, avec la note la plus élevée. Un fait analogue se produisit quelques mois après pour une autrichienne, mademoiselle Welt, devant la Faculté de médecine de Berne. Et depuis, nombre de cas de ce genre se sont présentés [12].</p>
<p>Le gouvernement allemand, dans le peu de cas où il a employé les femmes, par pur esprit de spéculation, ne les a considérées que comme une main d'œuvre moins chère, qu'il paie, pour des services identiques, beaucoup plus mal que celle des hommes. Mais comme ceux-ci, dans les conditions actuelles, sont personnellement animés déjà, vis-à-vis de la femme, de sentiments hostiles nés de la concurrence, et commue cette hostilité se double par le fait que leurs bras risquent d'être supplantés par d'autres moins coûteux, il en résulte pour les femmes une situation qui n'a rien d'agréable et qui amène de nombreux conflits. Ajoutez à cela qu'en Allemagne l'armée fournit chaque année, en sous-officiers libérés du service et en officiers réformés, une telle quantité d'aspirants à des emplois administratifs qu'il ne reste plus de place pour les autres forces actives. De là une rapide mise à l'écart des femmes déjà employées. Il ne faut pas non plus méconnaître que, par suite de l'exagération de la durée du travail quotidien que l'État comme les particuliers imposent à la main-d'œuvre féminine, il se produit partout de lourds inconvénients, notamment lorsque la femme a encore à remplir en outre des devoirs domestiques. Le système actuel de la vie de ménage est autant en contradiction avec les exigences que la vie impose à des millions de femmes que la forme économique générale l'est avec la dignité d'homme de chaque individu.</p>
<p>Les femmes ont démontré et démontrent chaque année davantage que, malgré toute la négligence apportée à la culture de leurs facultés intellectuelles, elles n'en manquent point, et que dès aujourd'hui elles sont en mesure d'entreprendre la lutte avec l'homme sur bien des terrains. Il y a parmi elles autant de bons écrivains et d'artistes, et cela dans les genres les plus divers, que de représentants de toutes les professions libérales. Cela tend à prouver, contre les clameurs réactionnaires, qu'on ne pourra pas, à la longue, leur refuser l'égalité des droits. Mais il n'est également pas douteux que, dans les circonstances actuelles, elles n'en ont pas davantage atteint pour cela leur but, ni pour elles, ni pour l'homme. L'entrée plus fréquente de la femme dans les hautes carrières - ce qui n'est jamais possible qu'à une minorité, - aura nécessairement là les mêmes effets que dans le domaine de l'industrie. Non-seulement la femme sera plus mal payée dans les carrières libérales, à mesure que l'offre grandira avec la concurrence, mais elle y sera encore bien plus opprimée, et cela pour les mêmes raisons que nous avons développées plus haut en ce qui concernait les femmes utilisées par l'industrie ; Je connais cependant un cas où une femme devait prendre la place d'un homme dans l'enseignement supérieur, mais… avec la moitié des appointements seulement. C'est là une proposition honteuse, mais parfaitement justifiée par les principes qui dominent dans le monde bourgeois ; elle a été faite et acceptée par la force des circonstances, il ne reste donc aucun doute sur ce point : la conquête de l'accès aux carrières libérales ne vaudra ni aux femmes, ni aux hommes qui en seront les victimes, d'être délivrés de la misère sociale. Il faut aller plus loin.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] La dégénérescence de la race chez les travailleurs, ,produite par le régime moderne des manufactures, a par exemple obligé plusieurs fois l'État, dans les dernières périodes décennales, à diminuer la taille réglementaire pour l'armée.</p>
<p>[2] L'inspecteur de fabrique A. Redgrave prononça en 1871 à Bradford un discours dans lequel il dit entre autres choses : « Ce qui m'a frappé depuis quelque temps, c'est le changement d'aspect des fabriques de laine. Jadis elles étaient peuplées de femmes et d'enfants, maintenant le machinisme semble faire toute la besogne. Un fabricant a répondu à une de mes questions par cette explication : Avec l'ancien système, j'employais 63 personnes ; après l'introduction de machines perfectionnées, je réduisis mes ouvriers à 33, et plus récemment, par suite de nouvelles et importantes modifications, j'étais en mesure de les réduire de 33 à 13 ». Il résulte de là qu'en peu d'années, avec le système de grande production actuel, le chiffre des ouvriers a, dans une seule fabrique, diminué de près de 80 %, la production restant au moins la même.<br class='autobr' />
On trouvera, dans le « Capital » de Karl Marx, de nombreuses et intéressantes communications dans le même sens.</p>
<p>[3] « De la propriété et de va forme primitive ». Chap. 20.</p>
<p>[4] « Structure et vie du corps social ». Tome I.</p>
<p>[5] Dr L. Büchner : « Die Frau, ihre naturliche Stellung und gesellschaftliche Bestimmung ». - « Neue Gesellschaft », années 1879 et 1880.</p>
<p>[6] « La nouvelle histoire de la création ».</p>
<p>[7] C'est là une découverte que Karl Marx a été le premier à faire et qu'il a établi d'une façon classique dans ses ouvrages, particulièrement dans « Le Capital ». Le « manifeste communiste » de février 1848, rédigé par Karl Marx et Fr. Engels, repose sur cette idée fondamentale et peut être considéré aujourd'hui encore comme le modèle achevé de l'œuvre de propagande la plus parfaite.</p>
<p>[8] « L'amphithéâtre de la science est le temple de la démocratie ». Buckle : « Histoire de la Civilisation en Angleterre », tome II, 2e partie, chap. 4.</p>
<p>[9] M Dubois-Raymond a répété cette phrase au mois de février 1883, lors de la fête anniversaire de Frédéric le grand, en rappelant les attaques dont il avait été l'objet à ce propos.</p>
<p>[10] Il existait déjà, dès le IXe et le Xe siècles, des femmes médecins et des praticiennes de grand renom dans l'empire arabe, et notamment sous la domination des Maures en Espagne, où elles faisaient leurs études à l'université de Cordoue. La femme était, à cette époque, bien plus libre dans l'empire musulman-arabe, grâce à Mahomet qui améliora considérablement sa situation sociale. Mais, dans la suite, les influences asiatiques, persanes et turques, ont amoindri sa situation en Orient. On trouvera d'intéressants renseignements là-dessus dans l' « histoire de la civilisation de l'orient » de von Kremer. Au XIIe siècle, des femmes étudiaient également la médecine à Bologne et à Palerme.</p>
<p>[11] An Adress upon the Co-Education of the Sexes. Philadelphie.</p>
<p>[12] À Berlin aussi la glace est enfin rompue. On y comptait, au printemps de 1883 cinq femmes exerçant la médecine et jouissant d'une clientèle totale très étendue. Les vieilles perruques des savants allemands s'en agitent avec inquiétude.<br class='autobr' />
Archives Lenine Archives Internet des marxistes</p>
<p>La situation de la femme devant le droit. Sa place dans la politique.</p>
<p>Quand une catégorie, une classe d'individus, se trouve dans la dépendance et dans l'oppression, cette dépendance trouve toujours son expression dans les lois du pays où elle est en usage. Les lois constituent l'état social d'un peuple, ramené à certaines formules et exprimé par celles-ci ; elles en sont la propre image. Les femmes, en tant que sexe dépendant et opprimé ne font pas exception à cette règle. Les lois sont d'ordre négatif et d'ordre positif. Négatif, en ce sens que dans la répartition des droits elles ne tiennent pas plus compte des êtres opprimés que s'ils n'existaient pas ; positif, en ce qu'elles les instruisent de leur situation d'infériorité et indiquent, le cas échéant, certaines exceptions.</p>
<p>Notre droit commun est basé sur le droit romain qui ne connaissait l'homme que comme être possédant quelque chose. Cependant l'ancien droit germanique, qui concevait l'homme plus libre et se faisait également de la femme une idée plus digne - déjà, au temps de tacite, il existait des tribus qui avaient des femmes pour chefs, ce qui constituait une monstruosité aux yeux des Romains, - a conservé son influence. Par contre, chez les nations latines, les idées du droit romain dominent encore aujourd'hui, particulièrement en ce qui concerne le sexe féminin. Ce n'est pas l'effet du hasard si, dans la langue française, l'être humain pris en général et l'être humain masculin ne sont désignés que par un seul et même mot : « l'homme ». Le droit français ne connaît l'être humain qu'en tant qu'homme. Il en était de même à Rome. Il y avait des citoyens romains, et seulement des femmes de citoyens romains ; la citoyenne n'existait pas.</p>
<p>Il est superflu d'énumérer la liste variée des nombreux droits communs, particulièrement ceux de l'Allemagne. Quelques exemples suffiront.</p>
<p>D'après le droit commun allemand, la femme est partout une mineure par rapport à l'homme ; celui-ci est le maître auquel elle doit obéissance dans le mariage. Si elle n'est pas obéissante, le code prussien donne à l'homme de « basse » condition le droit de lui infliger une correction corporelle immodérée. Comme la vigueur et le nombre des coups ne sont inscrits nulle part, l'homme en décide souverainement. Dans le code de la ville de Hambourg il est dit : « Mais l'application équitable d'une correction légère est permise et accordée à l'homme sur son épouse, aux parents sur leurs enfants, aux instituteurs sur leurs élèves, au maître et à la maîtresse de la maison sur leurs domestiques ».</p>
<p>Des prescriptions de ce genre existent en grand nombre en Allemagne. D'après le code prussien l'homme peut encore prescrire à sa femme pendant combien de temps elle devra donner le sein à son enfant. C'est l'homme qui tranche toutes les questions concernant les enfants. Vient-il à mourir, la femme est partout obligée d'accepter un tuteur pour eux ; elle est considérée commue mineure et incapable de les élever seule, même quand il n'est subvenu à leur entretien que par sa fortune ou son travail personnels. Sa fortune est administrée par l'homme ; en cas de faillite, dans la plupart des États, on la considère comme la propriété de celui-ci et on en dispose lorsqu'un contrat passé avant le mariage n'en a pas assuré la possession à la femme. Là où le droit de primogéniture existe pour la propriété foncière, la femme, quand elle est l'aînée, ne peut entrer en possession du bien si elle a des frères ou s'il existe des hommes dans la famille ; elle ne recueille la succession que si elle n'a pas de frères ou si ceux-ci sont morts. Les droits politiques, qui, en général, reposent sur la même base, elle ne peut pas les exercer, sauf dans quelques cas particuliers, comme en Saxe, où la loi communale lui accorde comme propriétaire le droit électoral actif, mais lui refuse le droit passif, c'est-à-dire l'éligibilité. Mais si elle a un mari, tous les droits se reportent sur celui-ci. Dans la plupart des États, elle n'a pas le droit de conclure de traité sans le consentement de son mari, hors le cas où elle possède une maison de commerce personnelle, que la loi nouvelle lui permet de fonder. La femme est exclue de toute action. La loi prussienne sur le droit de réunion interdit aux écoliers, aux apprentis au-dessous de 18 ans et aux femmes de prendre part aux réunions et aux assemblées politiques. Il n'y a pas encore bien des années que plusieurs codes de procédure criminelle allemands interdisaient la présence des femmes dans l'auditoire pendant les débats publics des tribunaux. Une femme engendre-t-elle un enfant illégitime ? Elle n'a aucun droit à une pension alimentaire si, au moment où elle a été fécondée, elle a accepté un cadeau de son amant. Une femme fait-elle prononcer sa séparation de son mari ? Elle n'en porte pas moins son nom comme un souvenir éternel de lui ; c'est donc comme si elle se mariait une seconde fois.</p>
<p>Ces exemples doivent suffire. En France, la femme est plus mal partagée encore. Nous avons déjà parlé de la façon dont on y traite la recherche de la paternité dans les cas de naissance illégitime. À cela se rattache ce fait, qu'en cas de simple adultère de la part du mari, la femme ne peut pas porter de plainte en séparation de corps ; il faut que l'adultère ait été commis avec des circonstances aggravantes. Par contre, l'homme a le droit de demander la séparation de plano. Il en est de même en Espagne, en Portugal et en Italie. D'après l'art. 215 du code civil, elle n'a pas le droit de tester en justice sans le consentement de son mari et de deux de ses plus proches parents, même si elle exerce un commerce public. D'après l'art. 213, l'homme doit aide et protection à son épouse, et celle-ci lui doit obéissance. L'administration de la fortune est l'affaire du mari, etc. Des dispositions analogues se rencontrent dans la Suisse française, par exemple dans le canton de Vaud. il existe un mot bien significatif, qui donne une idée de la façon dont Napoléon 1er concevait la situation de la femme en France : « Il y a une chose qui n'est pas française, c'est une femme qui puisse faire ce qu'il lui plaît [1] ».</p>
<p>En Angleterre, la situation de la femme devant le droit s'est sensiblement améliorée depuis le mois d'août 1882, et cela à la suite d'une énergique propagande faite par les femmes dans le peuple et dans le Parlement. Avant cela, la femme anglaise était purement et simplement l'esclave de son mari, qui pouvait en toute liberté disposer à sa guise de sa personne et de ses biens. Celui-ci était responsable du crime commis par elle en sa présence, à tel point elle était considérée absolument comme une mineure. La femme causait-elle un dommage à autrui, on condamnait le mari tout comme si le dommage avait été causé par quelqu'un de ses animaux domestiques ; c'était à lui d'en répondre. Par la loi d'Août 1882, la femme a été mise sur le même pied que l'homme au point de vue du Droit Civil.</p>
<p>De tous les États européens. c'est en Russie que la femme a la situation la plus libre. Aux États-Unis, tout au moins dans la majorité des États, elle a gagné de haute lutte sa pleine égalité devant le Droit Civil. Encore l'a-t-elle amoindrie dans ces pays par l'introduction des lois anglaises et analogues sur la prostitution.</p>
<p>L'inégalité évidente et tangible des femmes devant le droit, par rapport aux hommes, a fait naître cirez les plus avancées d'entre elles la prétention aux droits politiques pour pouvoir agir législativement en vue d'obtenir leur égalité. C'est la même pensée qui a déterminé la classe des travailleurs à diriger partout leur agitation sur la conquête du pouvoir politique. Ce qui semble juste pour la classe des travailleurs ne peut ne pas l'être pour les femmes. Opprimées, privées de droits, partout traitées avec injustice, elles ont, non seulement le droit, mais encore le devoir de se défendre et de s'emparer de tous les moyens qui leur semblent bons pour conquérir une situation plus indépendante. Contre ces efforts s'élèvent naturellement encore les clameurs sinistres de la réaction Voyons de quel droit.</p>
<p>La grande Révolution française de l789, qui disloqua tout le vieil organisme social et qui amena une délivrance des esprits telle que le monde n'en a point vu de pareille, fit aussi entrer les femmes en scène. Beaucoup d'entre elles, dans les vingt années qui précédèrent immédiatement l'explosion de la Révolution, avaient déjà pris urne part active aux grandes luttes intellectuelles qui passionnaient à cette époque la société française. Elles accouraient en foule aux discussions sérieuses, se mêlaient aux cercles politiques et scientifiques, et aidèrent pour leur part à préparer la Révolution qui fît passer les théories dans la pratique. La plupart des historiens n'ont pris acte que des excès commis, et comme toujours quand il s'agit de jeter des pierres au peuple et d'exciter l'horreur contre lui, ils les ont défigurés jusqu'au monstrueux pour pouvoir n'en embellir que plus facilement les infamies des grands. Ils ont diminué ou passé sous silence l'héroïsme et la grandeur d'âme dont ont fait preuve beaucoup de femmes de cette époque. Aussi longtemps que les vainqueurs seront seuls à écrire l'histoire des vaincus, il en sera de même. Mais les temps changent.</p>
<p>Dès le mois d'octobre 1789, les femmes demandèrent, par une pétition à l'Assemblée nationale, que l'on rétablît l'égalité entre l'homme et la femme, qu'on leur accordât la liberté du travail et qu'on les admit aux fonctions auxquelles leurs aptitudes les prédisposaient. La demande du « rétablissement » de l'égalité entre l'homme et la femme donne à penser que celle-ci aurait précédemment existé. Mais c'est là une erreur à laquelle on se laissait aller à cette époque pour tout ce qui concernait le passé de l'humanité. Trompé par une étude superficielle de l'histoire, sans notions des lois de l'évolution humaine, on professait la croyance que les hommes avaient jadis vécu plus libres et plus heureux. Cette idée est encore aujourd'hui répandue par-ci par-là, mais elle était alors enseignée et représentée par les écrivains les plus influents, et notamment par Rousseau. C'est pourquoi les « revendications » jouèrent un grand rôle dans toutes les discussions politiques et sociales ; on les retrouve fréquemment encore aujourd'hui chez les écrivains radicaux français.</p>
<p>Lorsqu'en 1793 la Convention eut proclamé les Droits le l'homme, les femmes perspicaces s'aperçurent bien que ce n'était que des droits des hommes qu'il était question. Olympe de Gouges, Louise Lacombe, et d'autres encore, leur opposèrent les « droits de la femme » en 17 articles, les basant le 28 Brumaire (20 novembre 1793), devant la Commune de Paris, sur cette déclaration : « Si la femme a le droit de monter à l'échafaud, elle doit avoir aussi celui de monter à la tribune ». Et lorsqu'en présence de toute l'Europe réactionnaire marchant contre elle, la Convention eut déclaré « la patrie en danger »et convié tous les hommes en état de porter les armes à accourir en toute hâte pour défendre la Patrie et la République, d'enthousiastes parisiennes s'offrirent à faire ce que réalisèrent effectivement vingt ans plus tard contre le despotisme de Napoléon des femmes prussiennes : défendre la patrie le fusil à la main. Le radical Chaumette alla au-devant d'elles en leur criant : « Depuis quand est-il permis aux femmes de renier leur sexe et de se changer en hommes ? Depuis quand est-il d'usage de les voir délaisser les soins pieux de leur ménage et les berceaux de leurs enfants pour venir, sur les places publiques, prononcer des discours du haut de la tribune, se mêler aux rangs des troupes, en un mot remplir des devoirs que la nature n'a donnés en partage qu'aux hommes ? La nature a dit à l'homme : sois homme ! Les courses, la chasse, l'agriculture, la politique, les fatigues de tout genre sont ton privilège. Elle a dit à la femme : sois femme ! Le soin de tes enfants, les détails du ménage, les douces inquiétudes de la maternité, voilà tes travaux Femmes imprudentes, pourquoi voulez-vous devenir des hommes ? Le genre humain n'est-il pas assez divisé ? Que vous faut-il de plus ? Au nom de la nature, restez ce que vous êtes ; et, bien loin de nous envier les périls d'une vie si orageuse, contentez-vous de nous les faire oublier au sein de nos familles, en laissant nos yeux se reposer sur le délicieux tableau de nos enfants, heureux grâce à vos soins éclairés ».</p>
<p>Les femmes se laissèrent convaincre et s'en allèrent. Sans aucun doute, le radical Chaumette a nettement rendu la pensée d'une foule de nos hommes qui, à part cela, ont horreur de lui. Du reste, je crois aussi, pour ma part, que c'est faire une répartition convenable des devoirs de chacun que de confier à l'homme la défense de la patrie et à la femme la garde du pays natal et du foyer. En Russie, à l'époque actuelle, les hommes de villages entiers, une fois leurs champs labourés, s'en vont à la fin de l'automne vers les usines lointaines, laissant à leurs femmes la garde de la maison et l'administration de la commune. Au reste, les poétiques épanchements de Chaumette se trouvent détruits par tout ce que nous avons dit de la vie de famille et de l'existence de la femme à notre époque. Ce qu'il dit des fatigues de l'homme dans l'agriculture n'est pas exact non plus, car, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, ce n'est pas le rôle le moins pénible que la femme y a joué. En ce qui concerne les « fatigues » de la chasse, des courses et de la politique, ces fatigues sont exclusivement, quant aux deux premiers objets, un plaisir pour l'homme, et la politique n'a de danger que pour ceux qui veulent lutter contre le courant ; du reste elle leur donne au moins autant de plaisir que de fatigue. C'est l'égoïsme masculin qui parle, dans ce discours. Mais le discours a été tenu en 1793 ; cela excuse l'orateur.</p>
<p>Aujourd'hui les choses vont un peu différemment. Les circonstances ont fortement changé depuis cette époque, et elles ont aussi modifié la situation de la femme. Mariée ou non, elle est plus intéressée que par le passé aux conditions sociales et politiques existantes. Il ne peut pas lui être indifférent que l'État retienne chaque année dans l'armée permanente des centaines de milliers d'hommes sains et vigoureux, que la politique soit belliqueuse ou pacifique, quelle charge d'impôts il y a à supporter et comment ils doivent être prélevés. Il ne peut pas lui être indifférent non plus que les choses les plus nécessaires à l'existence renchérissent par suite des impôts indirects qui favorisent la falsification des vivres et frappent la famille, d'autant plus lourdement qu'elle est plus nombreuse, dans un temps où les moyens d'existence sont eux-mêmes déjà réduits à l'extrême. Elle est intéressée au plus haut degré au système d'éducation, car elle ne peut pas rester indifférente à la façon dont son sexe sera élevé dans l'avenir ; comme mère elle y a un double intérêt.</p>
<p>D'autre part, il y a aujourd'hui, comme nous l'avons montré, des millions de femmes qui, dans des centaines de genres e métier, sont intéressées à la manière dont est faite la loi sociale qui les concerne. Les questions qui ont trait à la durée de la journée, au travail de nuit et du dimanche, à celui des enfants, aux salaires, aux termes du congé, aux certificats, aux mesures de sûreté dans les usines, à la disposition des ateliers, etc., tous ces points essentiels de la loi les regardent aussi bien que les hommes. Les ouvriers ne connaissent que fort peu ou même ignorent complètement les conditions du travail dans un grand nombre de branches d'industrie où les femmes sont employées exclusivement ou en majorité. Les patrons ont tout intérêt à passer sous silence des vices d'organisation qui sont leur propre faute. L'inspection des fabriques, de son côté, ne s'étend pas à un grand nombre des métiers exclusivement exercés par les femmes ; elle est encore et surtout d'une inefficacité notoire, et cependant une foule de ces branches d'industrie auraient besoin de se voir appliquer des mesures de sûreté de tous genres. Il suffit de rappeler ici les ateliers de nos grandes villes où sont parquées en commun les couturières, les tailleuses, les modistes, etc. Aucune plainte ne s'en élève, et c'est à peine si on les inspecte. Le triste résultat de l'enquête officielle faite en 1874 sur les occupations auxquelles se livrent les femmes, montre au mieux combien l'organisation manque encore et combien il reste à faire de ce côté. Enfin, en tant que productrice, la femme est également intéressée à la législation commerciale et douanière, il n'existe donc aucun doute sur ce point qu'elle a le droit de réclamer une influence, au moyen de la loi, sur la forme des conditions sociales. Sa participation à la vie publique ne manquerait pas de donner à cette influence un essor considérable et d'ouvrir une quantité de points de vue.</p>
<p>À des réclamations de ce genre on coupe immédiatement court par cette réponse : les femmes ne comprennent rien à la politique, et pour la plupart ne veulent pas en entendre parler ; elles ne savent pas non plus se servir du droit de vote. cela est vrai et cependant ne l'est pas. Ce qu'il y a de certain, c'est que jusqu'à présent il n'y a eu qu'un très petit nombre de femmes, en Allemagne tout au moins, qui se soient risquées à réclamer pour leur sexe l'égalité des droits politiques. Une seule, à ma connaissance, Madame Edwige Dohm, est intervenue dans ce sens par ses écrits ; elle ne l'en a fait que plus énergiquement.</p>
<p>Exciper du peu d'intérêt que les femmes ont apporté jusqu'à présent au mouvement politique ne prouve absolument rien. De ce que les femmes ne se sont pas, jusqu'ici, préoccupées de la politique, il ne ressort pas qu'elles ne le devaient pas. Comment en a-t-il été jadis pour les hommes ? Les mêmes raisons que l'on fait valoir aujourd'hui contre le droit électoral des femmes, on les a invoquées en Allemagne contre le suffrage universel des hommes, pendant la première moitié de la période décennale de 1860-1870, et l'adoption de celui-ci en l867 a fait évanouir d'un seul coup toutes les objections. Moi-même j'appartenais encore, en 1863,à ceux qui se déclaraient contre le suffrage universel, et quatre ans après je lui devais mon élection au Reichstag. Il en fut. de même pour des milliers d'autres qui trouvèrent leur chemin de Damas. Toutefois, ils sont encore nombreux les hommes qui ne se servent pas de leur droit politique essentiel ou qui ne savent pas s'en servir ; mais il ne viendra à l'idée de personne de vouloir le leur retirer pour cela. En Allemagne, dans les élections au Reichstag, il y a régulièrement 40 % de citoyens qui ne votent pas, et ces abstentionnistes se recrutent dans toutes les classes, il s'y trouve des savants comme des ouvriers manuels. Et parmi les 60 % qui prennent part au scrutin, la plupart, à mon sens, votent encore comme ils ne devraient pas le faire s'ils comprenaient leur véritable intérêt. Qu'ils ne le comprennent pas, cela tient au manque d'éducation politique, que ces 60 % ont néanmoins encore à un plus haut degré que les 40 % qui s'abstiennent complètement, déduction faite de ceux qui se tiennent à l'écart de l'urne électorale parce qu'ils ne peuvent pas voter suivant leur libre conviction.</p>
<p>Or l'éducation politique des masses ne peut se faire si on les tient un dehors des affaires publiques, mais seulement si on leur accorde l'exercice de leurs droits. Pas d'exercice, pas de maître. Jusqu'ici les classes dirigeantes ont cherché, dans leur intérêt, à tenir la majorité du peuple en tutelle politique, et cela leur a toujours parfaitement et complètement réussi. C'est ainsi que, jusqu'à l'heure actuelle, il n'a été réservé qu'à une minorité d'hommes privilégiés ou favorisés par les circonstances, de prendre la tête de l'attaque et de combattre avec énergie et enthousiasme pour tous, afin de réveiller peu à peu la grande masse engourdie et de l'entraîner après eux. Il en a été ainsi jusqu'à présent dans tous les grands mouvements d'opinion ; il n'y a donc pas plus lieu de s'étonner que de se décourager s'il n'en est pas autrement ni dans le mouvement du prolétariat moderne ni dans celui de la question des femmes. Les résultats obtenus déjà prouvent que peines, fatigues et sacrifices, trouvent leur récompense, et l'avenir nous donnera la victoire.</p>
<p>Dès le moment où les femmes auront obtenu l'égalité de leurs droits, naîtra aussi on elles la conscience de leurs devoirs. Sollicitées de donner leurs voix, elles se demanderont à leur tour : pourquoi ? pour qui ? Dès cet instant, il s'échangera entre l'homme et la femme des inspirations qui, loin de nuire à leurs rapports réciproques, ne feront au contraire que les améliorer dans une large mesure. La femme moins instruite, aura recours à l'homme, qui le sera davantage. il s'en suivra un échange d'idée s, de conseils, un état de choses enfin comme il n'en aura existé jusque-là entre les deux sexes que dans des cas extrêmement rares. Cela donnera à leur vie un charme tout nouveau. La malheureuse différence d'éducation et de conception que nous avons dépeinte plus haut, qui cause tant de divergences d'opinion, tant de querelles de ménage, fait hésiter le mari entre ses divers devoirs et nuit au bien de la communauté, s'effacera de plus en plus. Au lieu d'un obstacle, l'homme trouvera un soutien dans la personne d'une femme pensant comme lui ; elle ne grondera pas, même quand ses propres devoirs l'empêcheront d'y prendre part, lorsque l'homme remplira ses obligations. Elle trouvera également fort bien qu'une faible partie du salaire soit dépensée pour un journal, pour la propagande, parce que le journal servira aussi à son instruction et à sa distraction, parce qu elle comprendra la nécessité de faire des sacrifices pour conquérir ce qui lui manque à elle, comme à son mari et à ses enfants : une existence vraiment humaine, une égalité de droits complète.</p>
<p>Ainsi l'entrée de chacun des deux membres du ménage dans la vie politique aura une action infiniment plus noble, plus moralisatrice, sur le bien-être commun, lequel est lié de la façon la plus étroite au bien-être individuel ; elle produira donc l'effet contraire de ce que prétendent les gens à courte vue ou les adversaires d'une république ayant pour base l'égalité des droits de tous ses membres. Et ces rapports entre les deux sexes s'amélioreront encore, à mesure que les institutions sociales délivreront l'homme et la femme des soucis matériels et du poids d'un travail exagéré.</p>
<p>Ici encore, comme dans beaucoup d'autres cas, l'habitude et l'éducation seront donc d'un grand secours. Si je ne vais pas à l'eau, je n'apprendrai jamais à nager ; si je n'étudie pas une langue étrangère, si je ne la pratique pas, je ne la comprendrai jamais. Tout le monde trouve cela naturel et dans l'ordre, mais ne comprend pas que cela s'applique également aux conditions de l'État, de la société. Nos femmes sont-elles plus incapables que les nègres bien inférieurs à elles à qui on a reconnu, dans l'Amérique du Nord, l'entière égalité de droits politiques ? Et des milliers de femmes intelligentes doivent-elles jouir de moins de droits que l'homme le plus grossier, le moins civilisé, qu'un tâcheron ignorant du fond de la Poméranie, ou quelque terrassier ultramontain de la Pologne, pour cette seule raison que le hasard de la naissance a fait de ceux-ci des hommes. Le fils a plus de droits que la mère de laquelle il tient peut-être ses meilleures qualités et qui l'a fait ce qu'il est. C'est bizarre !</p>
<p>Au surplus, nous ne sommes pas, en Allemagne, les premiers qui aient risqué un saut dans l'inconnu, dans ce qui ne s'était jamais vu. L'Amérique du Nord et l'Angleterre ont déjà frayé la voie. Dans plusieurs États de la première, les femmes jouissent des mêmes droits électoraux que les bommes. Les résultats en sont excellents. Dans le territoire de Wyoming on a déjà expérimenté le droit électorat des femmes depuis 1869. Le rapport ci-dessous nous renseigne au mieux sur les effets de cette mesure.</p>
<p>Le 26 décembre 1872, le juge Kingmann, de Laramie-City, dans le territoire de Wyomning, écrivait au Journal des Femmes (Women's Journal) de Chicago :</p>
<p>« il y a aujourd'hui trois ans que, dans notre territoire, les femmes ont obtenu le droit de vote, en même temps que celui de participer aux emplois comme les autres électeurs. Dans ce laps de temps elles ont voté et ont été élues à différentes fonctions ; elles ont notamment rempli celles de jurés et de juges de paix. Elles ont en général pris part à toutes nos élections et, bien que je croie qu'au début un certain nombre d'entre nous n'approuvaient pas cette introduction de la femme dans la vie publique, je n'en pense pas moins que personne ne saurait se défendre de reconnaître qu'elle a exercé sur nos élections une influence heureuse au point de vue de la bonne éducation. Il se produisit ce fait que les élections se passèrent tranquillement, dans le plus grand ordre, et que, dans le même temps, nos tribunaux furent mis en mesure d'atteindre et de punir différents genres de crimes restés impunis jusque-là.</p>
<p>C'est ainsi, par exemple, que, lors de l'organisation de l'État, il n'y avait presque personne qui ne portât un revolver sur soi et qui n'en fit usage pour la moindre querelle. Je n'ai pas souvenir d'un seul cas ou un jury composé d'hommes ait reconnu coupable un de ceux qui avaient tiré, mais avec deux ou trois femmes dans le jury, celui-ci a toujours donné suite aux instructions judiciaires ».</p>
<p>Plus loin le juge Kingmann explique qu'à la vérité il arriva fréquemment que l'on ne put avoir des femmes dans le jury à cause de leurs occupations domestiques - ce que regrettaient les juges, - mais qu'une fois qu'elles avaient accepté une fonction, elles la remplissaient avec beaucoup de conscience. Elles donnaient, d'après lui, plus d'attention que les hommes à la marche des débats, étaient moins influencées par les relations d'affaires et des considérations étrangères au procès, et avaient une conscience plus scrupuleuse de leur responsabilité.</p>
<p>En outre, leur présence, commue jurés ou comme juges, aurait eu pour effet de faire régner dans la salle d'audience plus d'ordre et plus de tranquillité ; les hommes s'y seraient comportés avec beaucoup de respect et de politesse ; les auditeurs y auraient paru mieux habillés ; les débats auraient, à tous égards, pris un caractère plus digne, et les affaires se seraient dénouées plus rapidement.</p>
<p>Les femmes auraient eu la même heureuse influence saur les élections publiques. Celles-ci qui, précédemment, ne se passaient jamais sans force scandale, tumulte et violences de tous genres, et où les ivrognes ne manquaient pas auraient pris depuis un aspect tout autre et entièrement différent. Les femmes venant exercer leur droit de vote seraient traitées par chacun avec les plus grands égards, les braillards et les tapageurs auraient disparu, et les élections se passeraient aussi tranquillement qu'on peut le souhaiter. Elles ont également pris part aux élections en nombre toujours croissant, et il est arrivé fréquemment qu'elles votèrent dans un autre sens que leurs maris, sans que jusqu'ici cela ait rien amené de fâcheux.</p>
<p>Le juge Kingmann termine sa lettre par ces paroles, dignes d'être remarquées : « Je proclame aussi hautement que possible que, tandis que j'ai vu de grands avantages et beaucoup de bien résulter pour la vie publique de cette modification de nos lois, je n'y ai pu découvrir ni un mal ni un inconvénient, malgré les mauvais présages que la concession accordée aux femmes avait fait émettre aux adversaires de cette mesure ».</p>
<p>En Angleterre également, où dans un grand nombre de communes les femmes qui paient le cens jouissent du droit de vote3 il n'en est en aucune façon ressorti rien de fâcheux. Sur 27.946 femmes qui, dans 66 communes, possédaient le droit de voter, 14.415, soit plus de 50 %, prirent part au premier scrutin. Sur 166.781 hommes, à peu près 65 % y participèrent. En Allemagne aussi, par exemple en Saxe, le droit de vote est accordé à la femme, d'une façon tout exceptionnelle, il est vrai. D'après le code des communes rurales, elle a le droit « actif » de vote quand elle est propriétaire foncière et non mariée. Supposons le cas où, dans une commune, il se trouverait une majorité d'électeurs de cette catégorie : elles pourraient élire les deux tiers du conseil communal, mais il leur faudrait voter… pour des hommes. Dès que la femme prend un mari, elle perd son droit de vote qui passe sur la tète de celui-ci ; la propriété est-elle aliénée, ils perdent leur droit de vote tous deux. Le droit de vote n'est donc pas attaché à la personne, mais au… sol. Voilà qui en dit long sur la morale et sur les conceptions de l'État. Homme, tu n'es qu'un zéro, si tu ne possèdes ni argent ni bien ; la raison, l'intelligence sont des accessoires, elles ne comptent pour rien.</p>
<p>Maintenant, on objecte encore que le droit de suffrage des femmes est dangereux parce que la femme est facilement accessible aux suggestions religieuses et parce qu'elle est conservatrice. Bien ; mais elle n'est l'un et l'autre que parce qu'elle est ignorante. Qu'on fasse donc son éducation et qu'on lui apprenne où gît son véritable intérêt. Au reste, à mon avis, on s'exagère l'influence religieuse dans les élections. Si la propagande ultramontaine en Allemagne a été si fertile en résultats, c'est uniquement et absolument parce qu'elle a mêlé l'intérêt social à l'intérêt religieux. Les calotins de l'ultramontanisme ont lutté avec les démocrates socialistes à qui révélerait la pourriture sociale. De là leur influence sur les masses. Dès l'instant où la paix sera faite dans le « Kulturkampf », ces messieurs seront obligés de se calmer, le feuillet se retournera, et l'on verra alors combien est mince la véritable influence religieuse. Cela s'applique aussi à la femme. Dès qu'elle aura entendu, par les hommes, dans les assemblées, par les journaux, dès qu'elle aura appris par sa propre expérience où se trouve son véritable intérêt, elle s'émancipera du clergé aussi rapidement que l'homme. Mais admettons que cela n'arrive pas ; cela pourrait-il constituer une raison équitable pour lui refuser le droit de vote ?</p>
<p>Les adversaires les plus acharnés du droit de suffrage des femmes sont les prêtres. Ils savent pourquoi. C'est leur puissance dans leur dernier domaine qui serait en cause. Que diraient les travailleurs si les libéraux voulaient abolir le suffrage universel - qui leur est fort désagréable - parce qu'il sert de plus en plus aux socialistes ? Un droit bon en soi ne devient pas mauvais par le seul fait que celui qui l'exerce n'a pas encore appris à en faire bon usage.</p>
<p>Il va de soi que le droit de vote actif est lié au droit passif, autrement ce serait un couteau sans lame. J'entends encore cette objection : « Une femme à la tribune du Reichstag ! Ce serait du propre » Nous avons déjà pris l'habitude de voir les femmes à la tribune dans leurs Congrès et dans leurs réunions, en Amérique aussi dans la chaire et au banc des jurés, pourquoi donc alors ne monteraient-elles pas également à la tribune du Reichstag ? On peut être certain que la première femme qui entrerait au Reichstag en serait une qui saurait s'imposer aux hommes. Lorsque les premiers représentants des travailleurs y entrèrent, on crut aussi pouvoir se moquer d'eux et l'on prétendit que les travailleurs ne tarderaient pas à s'apercevoir de la folie qu'ils avaient commise. Mais ils surent rapidement se faire respecter, et maintenant on craint qu'ils ne deviennent bientôt trop nombreux. Des plaisantins font cette objection frivole : « Représentez-vous donc une femme enceinte à la tribune du Reichstag ! Ce que ça manquerait d' « esthétique » ! Mais ces mêmes messieurs trouvent parfaitement convenable que des femmes par centaines, et dans l'état de grossesse le plus avancé, soient employées aux occupations les moins « esthétiques », où dignité féminine, santé, mœurs, sont foulées aux pieds. C'est à mes yeux un triste individu que celui qui ne trouve que des plaisanteries pour une femme enceinte, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve quand il la voit dans cet état. La seule pensée que sa propre mère a eu le même aspect avant de le mettre au monde devrait lui faire monter le rouge au visage ; et cette autre pensée que c'est, de par la nature, un homme qui a été le complice de cette position, et que lui-même, le brutal insulteur, attend d'un état semblable de sa femme la réalisation de ses vœux les plus chers, devrait le rendre muet de honte.</p>
<p>Si tout ne roulait que sur l'extérieur suffisamment esthétique des représentants du peuple, plus d'un parmi ces messieurs du Reichstag supporterait mal l'épreuve. Plus d'un d'entre eux est pourvu d'un embonpoint excessif qu'il ne doit pas à un effet primordial et essentiel de la nature, mais aux soins exagérés qu'il prend de sa chère personne, et par lequel il fait le plus grand tort à son caractère et à son intelligence. L'obésité est presque toujours le signe d'une existence de parasite, tandis que, pour une femme, la grossesse est un signe de santé physique, le témoignage de l'accomplissement consciencieux d'une fonction naturelle. La femme qui fait des enfants rend à la collectivité un service pour le moins égal à celui de l'homme qui défend, au péril de sa vie, son pays et son foyer contre le pillage ennemi. De plus, la vie de la femme est mise en jeu à chaque maternité nouvelle ; toutes nos mères ont, à notre naissance, vu la mort de près, et beaucoup ont payé cet acte de leur vie. Le nombre des femmes qui meurent pendant leurs couches ou qui dépérissent de leurs suites est vraisemblablement plus élevé que celui des hommes qui sont tués ou blessés sur le champ de bataille. Pour cette raison encore la femme a droit à l'égalité, notamment au cas où l'homme ferait valoir précisément ses devoirs de défenseur de la patrie comme un argument décisif contre la femme. D'ailleurs, en raison de nos institutions militaires, la plupart des hommes n'ont même pas à remplir ce devoir qui, pour la majorité d'entre eux, n'existe que sur le papier.</p>
<p>Toutes ces objections superficielles contre l'action de la femme dans les affaires publiques ne pourraient être formulées si la situation respective des deux sexes était naturelle, si elle ne constituait pas un antagonisme, dû à l'éducation, des rapports de maître à esclave, et si, dès l'enfance, elle ne séparait pas les deux sexes au point de vue social. C'est principalement cet antagonisme, dont le christianisme est coupable, qui tient constamment séparés l'homme et la femme, l'un au-dessus de l'autre maintenus dans l'obscurité, et qui entrave leur liberté d'allures, leur confiance mutuelle, le développement réciproque complet de leurs qualités caractéristiques.</p>
<p>Un des premiers et des plus importants devoirs d'une société rationnelle sera de supprimer cette mésintelligence entre les deux sexes et de replacer la nature en pleine possession de ses droits. Dès l'école, on commence à agir contre la nature. On commence par séparer les garçons des filles ; puis on ne leur donne qu'une instruction fausse, voire nulle, sur tout ce qui concerne l'être humain considéré au point de vue sexuel. Pourtant aujourd'hui on enseigne l'histoire naturelle dans toute école passable : l'enfant apprend que les oiseaux pondent des oeufs et les couvent ; on lui dit aussi à quelle époque se forment les couples, qu'il faut pour cela des mâles et des femelles qui se chargent de concert de construire le nid, de couver les oeufs et de soigner les petits. Il apprend encore que les mammifères mettent au monde leurs petits tout vivants ; on lui parle de l'époque à laquelle ces animaux entrent en rut et des combats que se livrent les mâles entre eux pendant ce temps ; on lui fait connaître le nombre habituel des petits, peut-être aussi la durée de la gestation chez la femelle. Mais on le laisse dans l'ignorance complète en ce qui concerne la formation et le développement de son propre sexe ; on lui cache cela sous un voile plein de mystère. Et lorsque l'enfant cherche à satisfaire par des questions à ses parents - il s'adresse rarement pour cela à son maître - son désir bien naturel de savoir, on lui fait avaler les histoires les plus bêtes, qui ne peuvent le contenter, et produisent un effet d'autant plus fâcheux lorsqu'un beau jour il apprend quand même le secret de sa naissance. Il doit y avoir peu d'enfants qui, à l'âge de douze ans, ne le connaissent pas déjà. Ajoutez à cela que, dans toute petite ville ainsi qu'à la campagne, les enfants ont sous les yeux, dès leur première jeunesse. L'accouplement de la volaille, le rut des animaux domestiques, et cela à proximité d'eux, dans la cour de la maison, dans la rue, quand les animaux sont menés au pâturage, etc. Ils entendent comment l'état de chaleur et son assouvissement chez les différents animaux domestiques, de même que la mise au monde de leurs petits font, de la part de leurs parents, des domestiques, de leurs frères et sœurs aînés, l'objet des discussions les plus approfondies et les moins gazées pendant les repas du matin, de midi et du soir. Tout cela fait naître dans l'esprit de l'enfant un doute au sujet de la description que lui a faite sa mère de sa propre entrée dans la vie. Le jour où il sait tout arrive quand même, mais dans des conditions bien différentes de celles dans lesquelles il serait venu si on avait suivi un système d'éducation naturel et rationnel. Le secret de l'enfant a pour conséquence de l'éloigner de ses parents et notamment de sa mère. Il arrive juste le contraire du résultat que l'on voulait atteindre par imprévoyance et manque de bons sens. Quiconque se rappelle sa propre enfance et celle de ses camarades du premier âge sait quelles sont fréquemment les suites de cet état de choses.</p>
<p>Il a été écrit sur ce sujet, par une américaine [2], un livre dans lequel celle-ci nous dit entre autres choses que, pour satisfaire aux questions que lui posait sur son arrivée au monde son fils âgé de huit ans, et ne voulant pas lui faire de contes - ce qu'elle tenait pour immoral -, elle lui révéla sa véritable origine. L'enfant, raconte-t-elle, l'écouta avec la plus grande attention, et du jour où il sut ce qu'il avait coûté à sa mère de soins et de douleurs, il s'attacha à elle avec une tendresse et un respect jusque-là inconnus et reporta même ce respect sur les autres femmes L'auteur part de ce point de vue très juste qu'une éducation conforme à la nature peut seule avoir pour conséquence nécessaire une amélioration sensible des rapports entre les deux sexes et notamment le développement du respect et de la retenue de l'homme à l'égard de la femme. Quiconque, libre d'idées préconçues, pense d'une façon naturelle, ne saurait arriver à une conclusion différente.</p>
<p>Quel que soit le point d'où l'on parte pour critiquer notre situation, on en revient toujours, en fin de compte, à ceci : une modification essentielle des conditions sociales et, par là, des rapports entre les sexes. Mais dès lors que la femme, livrée à ses propres forces, ne pourrait jamais atteindre ce but, il lui faut s'enquérir d'alliés, qu'elle trouve tout naturellement dans l'agitation prolétarienne considérée comme le mouvement d'une classe opprimée. Les travailleurs ont, depuis longtemps déjà, entrepris de donner l'assaut à cette forteresse, l'État de classes, qui représente la domination d'une classe aussi bien que celle d'un sexe sur l'autre. Cette forteresse, il faut de toutes parts l'entourer de tranchées et de chemins couverts ; il faut. employer des armes de tous les calibres pour l'obliger à se rendre. Notre armée trouve partout ses officiers et les munitions nécessaires. L'économie sociale et les sciences naturelles, unies aux recherches historiques, à la pédagogie, à l'hygiène, et la statistique viennent à notre aide pour des raisons diverses ; la philosophie ne veut pas rester en arrière et nous annonce, par la« Philosophie de la délivrance », de Maïnland, la réalisation de l' « État idéal » comme étant d'un avenir prochain.</p>
<p>Ce qui facilite la conquête finale de l'État de classes actuel et son renversement, c'est la division qui règne parmi ses défenseurs qui, malgré leur association d'intérêts contre l'ennemi commun, ne s'en combattent pas moins constamment dans leur lutte « pour l'assiette au beurre ». Les intérêts des deux factions se combattent. Ce sont ensuite les révoltes qui éclatent chaque jour plus nombreuses dans les rangs de nos ennemis, dont les troupes, pour la plupart corps de notre corps, chair de notre chair, n'ont jusqu'ici combattu contre nous et contre elle-mêmes que fourvoyées par suite de malentendus, et en arrivent à voir toujours plus clair. Et ce n'est pas en dernier lieu qu il faut compter les désertions des hommes honorables appartenant aux milieux de nos adversaires, mais dont les yeux se sont dessillés, que leur haute science, leur connaissance plus approfondie des choses, excitent à se soustraire aux misérables intérêts de classe et à l'égoïsme, et qui, obéissant à l'impulsion de leur idéal, apportent à l'humanité altérée de liberté le secours de leur enseignement.</p>
<p>Mais comme le degré complet de désagrégation où se trouvent déjà dès aujourd'hui l'État et la société ne ressort pas encore clairement aux yeux de beaucoup de gens, bien que nous en ayons à maintes reprises montré les parties sombres, il est nécessaire d'en faire aussi l'exposé. C'est le sujet du chapitre suivant.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Bridel : « Puissance maritale ».</p>
<p>[2] Womanhood : its Sanctities and Fidelities by Isabella Beecher-Hooker. Boston : Lee and Shepard, Publishers. New-York : Lee Shepard and Dillingham, 1874.</p></div>
Les femmes n'ont pas participé à la première guerre mondiale ? Oh que si ! Elles en ont été victimes... Et elles l'ont combattue !
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<p>Les femmes n'ont pas participé à la première guerre mondiale ? Oh que si ! Elles en ont été victimes... Et elles l'ont combattue ! <br class='autobr' />
Hélène Brion, une féministe qui combat la guerre… <br class='autobr' />
Hélène Brion est née le 27 janvier 1882 à Clermont-Ferrand. Ses parents divorcent lorsqu'elle a dix ans et elle est recueillie par sa grand-mère. Elle obtient le brevet en 1900 (les femmes ne seront autorisées à se présenter au bac qu'en 1924). En 1905 elle passe un concours et devient institutrice. Elle se (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les femmes n'ont pas participé à la première guerre mondiale ? Oh que si ! Elles en ont été victimes... Et elles l'ont combattue !</h2>
<p>Hélène Brion, une féministe qui combat la guerre…</p>
<p>Hélène Brion est née le 27 janvier 1882 à Clermont-Ferrand. Ses parents divorcent lorsqu'elle a dix ans et elle est recueillie par sa grand-mère. Elle obtient le brevet en 1900 (les femmes ne seront autorisées à se présenter au bac qu'en 1924). En 1905 elle passe un concours et devient institutrice. Elle se syndique et adhère à la SFIO (ancêtre du Parti Socialiste). Elle s'engage aussi dans plusieurs mouvements féministes et milite pour les droits des femmes, aussi bien en tant que travailleuses qu'en tant que citoyennes. En 1908, 1910 et 1912, elle soutient les campagnes électorales féministes de Jeanne Laloë, Hubertine Auclert, Renée Mortier et Madeleine Pelletier.</p>
<p>En 1911 elle est institutrice à l'école maternelle à Pantin. Elle parle beaucoup, pour le faire connaître, d'un roman publié en 1889 par Bertha von Suttner, Die Waffen nieder !, Bas les armes ! en français, qui décrit les horreurs de la guerre du point de vue d'une femme. (Bertha von Suttner est la première femme à avoir reçu le Prix Nobel de la paix, en 1905) En 1915 un courant pacifiste nait au sein de la CGT, dont Hélène Brion va devenir porte-parole. La police l'empêche de se rendre aux conférences pacifistes, mais elle publie des manifestes et envoie des lettres qui, interceptées, seront retenues à charge contre elle.</p>
<p>Le 26 juillet 1917 son appartement est perquisitionné, et le lendemain elle perd son emploi. En novembre elle est arrêtée pour propagande défaitiste et envoyée à la sinistre prison pour femmes de Saint-Lazare. La presse, alors toute puissante, l'accuse d'avoir trahi la France, d'être anarchiste, d'avoir reçu de l'argent de pays étrangers et d'être… gloups… PACIFISTE !</p>
<p>Elle passe en conseil de guerre du 25 au 31 mars 1918. Le 29 mars elle lit une déclaration qui commence par ces mots : « Je comparais ici comme inculpée de délit politique : or je suis dépouillée de tous droits politiques. » En effet, non seulement les femmes n'ont pas le droit de vote à l'époque, mais elles sont aussi privées de nombreux autres droits, comme celui d'être tutrices de leurs propres enfants.<br class='autobr' />
Non sans humour, elle poursuit : « La loi devrait être logique et ignorer mon existence, lorsqu'il s'agit de sanctions, autant qu'elle l'ignore lorsqu'il s'agit de droits. Je proteste contre son illogisme. » Elle s'attaque ensuite au fondement de la loi elle-même : « Je proteste contre l'application que l'on me fait des lois que je n'ai ni voulues, ni discutées. Ces lois ne sont pas, ainsi que le dit la Déclaration des Droits de l'Homme, « l'expression de la volonté générale », car la fraction numériquement la plus importante de la Nation, les femmes, n'ont été appelées à les faire, ni directement, ni par leurs représentants. »</p>
<p>Sa ligne de défense principale est la suivante : « C'est par féminisme que je suis ennemie de la guerre. » Et elle développe ensuite les raisons de son pacifisme, lié aux droits des femmes. « La guerre est le triomphe de la force brutale ; le féminisme ne peut triompher que par la force morale et la valeur intellectuelle ; il y a antinomie absolue entre les deux. » En effet, argumente Hélène Brion, la guerre ne fait qu'exacerber les inégalités entre hommes et femmes : « Dans le système d'appréciation des valeurs que la guerre rend inévitable, l'homme seul compte.</p>
<p>C'est lui la valeur, le futur soldat. Il peut être lâche moralement, débile physiquement, il est quand même intitulé le « défenseur », le « protecteur né », le Maître et soigné comme tel. On s'occupe de son développement physique, on néglige celui de la femme. On lui inculque l'idée de sa valeur propre, de la<br class='autobr' />
grandeur de son rôle social et, inversement, on donne à la femme la suggestion de la reconnaissance, de l'humilité qu'elle doit avoir devant ce protecteur qu'on lui impose sans qu'elle l'ait demandé, et qui est souvent, dans la vie civile, son pire adversaire. »</p>
<p>Elle attaque aussi de front les bordels militaires qui fleurissent partout où l'on trouve des soldats : « Je ne puis m'empêcher de penser qu'il est certaines maisons, vous comprenez lesquelles, qu'on est presque assuré de rencontrer toujours dans les villes de garnisons, parce que sans doute leur installation fait partie du confort et de l'hygiène du soldat… Oh ! je sais qu'il est de mauvais ton de parler de ces choses. Votre morale, la morale faite par vous, à votre profit a décrété que le mal, le mauvais ton n'était pas de les faire mais d'en parler, de laisser voir, surtout lorsqu'on est femme, qu'on sait leur existence et qu'on y pense. »</p>
<p>Elle fustige le bellicisme masculin et lance un vibrant : « Si vous n'appelez pas les femmes à votre secours, la pente ne sera pas remontée, et le monde nouveau que vous prétendez instaurer sera aussi injuste et aussi chaotique que celui d'avant-guerre ! » Elle souligne le rôle patriotique des mères : « premières et toutes puissantes éducatrices, acharnées à défendre le foyer et inculquant, dès le berceau, à l'enfant, l'amour d'une langue, d'une patrie, d'une race. »</p>
<p>Malgré son brillant plaidoyer, Hélène Brion est condamnée à trois ans de prison avec sursis et révoquée de l'enseignement. Après la guerre elle continue son combat féministe et adhère au parti communiste. De 1925 à la seconde guerre mondiale elle peut reprendre son métier d'institutrice. Elle ne se mariera jamais et n'aura pas d'enfant, les historiens actuels pensent qu'elle était sans doute homosexuelle. Elle meurt le 31 août 1962.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Brion" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Brion</a></p>
<p><a href="http://www.jaures.eu/ressources/guerre_paix/declaration-dhelene-brion-feministe-et-pacifiste-au-conseil-de-guerre-1918/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.jaures.eu/ressources/guerre_paix/declaration-dhelene-brion-feministe-et-pacifiste-au-conseil-de-guerre-1918/</a></p>
<p><a href="https://www.revue-ballast.fr/helene-brion-entre-feminisme-et-socialisme/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revue-ballast.fr/helene-brion-entre-feminisme-et-socialisme/</a></p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article17968" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article17968</a></p>
<p>Alexandra Kollontaï</p>
<p>Le travail des femmes pendant la guerre</p>
<p>Nous analyserons aujourd'hui le travail des femmes sous la dictature du prolétariat. Nous pouvons, grâce à l'expérience visible de la Grande Révolution russe, nous convaincre que chaque pas en direction du communisme rapproche effectivement les femmes de leur libération totale et universelle. Mais avant d'aborder la situation de la femme dans la république prolétaire des soviets, nous devons encore brièvement analyser la période de la Grande Guerre mondiale impérialiste, une période qui a donc préparé le terrain à la dictature du prolétariat.</p>
<p>La guerre de 14-18 fut jusque-là la guerre la plus sanglante dans l'histoire de l'humanité. Les plus grands États d'Europe et d'Amérique y participèrent. La société bourgeoise capitaliste fut ébranlée dans ses fondements, et la production capitaliste entièrement déséquilibrée. Des millions de travailleurs furent arrachés à leurs lieux de travail et jetés sur les champs de bataille. Toutefois, une limitation de la production ne devait intervenir d'aucune façon. Bien au contraire. Le caractère de la production se modifia considérablement. A la place des biens de consommation courante, l'industrie produisait alors des machines de guerre et de mort. Chaque pays avait besoin, pour remporter la victoire, d'une industrie d'armement en expansion, garantissant la fabrication d'explosifs, ) de canons, etc. Il ne pouvait y avoir d'issue favorable à la guerre que si l'on disposait entre le front et l'arrière-pays d'une liaison organique continue. Car le destin des armées ne se décidait pas seulement sur le champ de bataille. La course aux armements engagée entre les différents pays fut au moins aussi importante. L'élargissement de la production supposait un potentiel suffisamment important en forces de travail. Comme l'industrie de guerre fut une branche de production de la grande industrie capitaliste, elle employa aussi de la main-d'œuvre non qualifiée. C'est ainsi que, après la mobilisation générale, les femmes, les filles, les sœurs et les mères des soldats occupèrent les places restées vacantes dans les ateliers. Abandonnées par leurs « soutiens de famille », les femmes s'empressèrent d'assurer leur propre entretien. Les industriels accueillirent cette main-d'œuvre bon marché à bras ouverts, d'une part parce que les femmes remplaçaient parfaitement les hommes alors au fond des tranchées, d'autre part parce qu'elles augmentaient les profits. Nous enregistrons dans cette période entre la déclaration de la guerre jusqu'à la démobilisation un accroissement constant du travail féminin. Cela vaut également pour les pays neutres, pour lesquels la Première Guerre mondiale représentait une excellente affaire. C'est pourquoi ils incorporèrent naturellement toutes les forces de travail disponibles, hommes et femmes dans la production.</p>
<p>La situation de la femme dans la société se modifia alors prodigieusement. La société bourgeoise, qui avait tenu jusque là à ce que la femme occupât sa juste place au foyer, exalta dès lors le « patriotisme » des femmes prêtes à devenir « soldats derrière le front » et à exécuter un travail dans l'intérêt de l'économie et de l'État. Et des intellectuels, des politiciens et d'habiles journalistes firent chorus avec les membres de la classe dominante pour appeler la femme à « accomplir ses devoirs civiques » et lui recommander de ne pas trop s'attarder « à la cuisine » ni « auprès de ses enfants », qu'il valait mieux pour elle servir la patrie, ce qui signifiait en clair qu'il valait mieux qu'elle vende au rabais sa force de travail aux trusts d'armement. Le travail des femmes s'imposa dans toutes les branches de l'industrie. Il fut surtout le plus répandu dans l'industrie métallurgique, dans la fabrication d'explosifs, d'uniformes et de conserves qui produisaient directement pour le front. Mais d'autres branches furent également envahies par les femmes, même les secteurs qui leur étaient restés totalement interdits jusque-là. II suffit de nous rappeler comment, pendant la guerre, apparurent des contrôleurs de tramways et de trains, ainsi que des conducteurs de taxis, des portiers, des gardiens, des dockers et des porteurs féminins. De nombreuses femmes travaillaient dans les mines ou sur les chantiers de construction et exécutaient des travaux pénibles et nuisibles à l'organisme féminin. Le nombre des employées dans les services publics, telle la poste, se multiplia à l'infini. Les femmes remplissaient leurs tâches avec toute la conscience et le sérieux des néophytes, c'est-à-dire le mieux possible. Dans la période de 1914 à 1918, le travail des femmes augmenta dans les diverses branches entre 70 et 400 %. Dans l'industrie métallurgique allemande, ce pourcentage atteignit même 408 %. En France, le nombre des femmes doublèrent dans ces branches. En Russie, fréquemment, les femmes composaient la majorité des effectifs de nombreuses professions. Même dans les compagnies de chemins de fer russes, où les femmes n'étaient tolérées avant la guerre que comme femmes de ménage ou comme gardes-barrière, le nombre des femmes atteignit jusqu'à 35 % du personnel. En France également, des millions de femmes durent travailler dans la production. En Angleterre, le nombre des ouvrières augmenta d'un million et demi et en Allemagne de deux millions. Dans l'ensemble, le nombre des femmes travailleuses en Europe et en Amérique augmenta de près de dix millions.</p>
<p>Les causes de ce développement sont évidentes : d'une part, le manque de main-d'œuvre et, d'autre part, le bas prix de cette main-d'œuvre. L'augmentation artificielle des articles de consommation courante et la participation des hommes à la guerre précipitèrent les femmes sur le marché du travail. La solde du mari ne suffisait pas à l'entretien de la famille. Non seulement les femmes seules - veuves de guerre, femmes de soldats appelés et célibataires , mais aussi les femmes dont les hommes n'étaient pas ou pas encore partis à la guerre durent chercher un travail d'appoint, étant donné que l'argent du ménage ne suffisait pas à couvrir les besoins. Or, dans tous les pays et dans tous les secteurs de l'industrie, les salaires des femmes étaient plus bas que ceux des hommes. En général, on peut évaluer les salaires des femmes au cours des quatre années de guerre à un tiers ou à la moitié des salaires des hommes. La misère noire précipita les femmes dans les usines, les ateliers, les bureaux et les transports publics. Pour augmenter leurs profits, les entrepreneurs n'avaient aucun scrupule à exploiter les travailleuses. Le « devoir sacré de la femme », la maternité et autres belles paroles, en l'occurrence la faiblesse de la femme par rapport à l'homme et donc qu'il était inadmissible que la femme travaillât dans des métiers masculins, tout ce verbiage était totalement oublié. En tout cas, si les entrepreneurs avaient jamais eu ce genre d'idées sur les propriétés particulières du « sexe faible », leur rapacité et leur appât du gain eut tôt fait de les en délivrer. Ils étaient maintenant fermement décidés à retirer un maximum de profit de ces représentantes du sexe faible.</p>
<p>Les femmes étaient moins bien préparées que les hommes à défendre leurs intérêts de classe. Elles étaient moins conscientes et inexpérimentées. Tandis que les entrepreneurs se remplissaient les poches, les femmes étaient persuadées qu'elles travaillaient pour la patrie. Les entrepreneurs exploitèrent ces illusions sans vergogne et n'allouèrent à leurs ouvrières qu'une partie de ce que les ouvriers auraient touché pour le même travail. Si un ouvrier, par exemple, était payé 42 marks par semaine, l'ouvrière, elle, n'en touchait que 8. Si les femmes travaillaient aux pièces, leurs salaires dépassaient rarement le tiers de ceux de leurs collègues masculins. Peut-être les femmes étaient-elles moins appliquées ou travaillaient-elles moins consciencieusement ? Absolument pas. Les entrepreneurs et leurs idéologues disaient d'ailleurs eux-mêmes que la productivité n'avait nullement souffert du fait que l'on ait remplacé des ouvriers par des ouvrières. Un plus bas rendement de la main-d'œuvre féminine dans certains secteurs fut largement compensé par une productivité plus élevée dans d'autres. Cette réalité a été prouvée statistiquement. Dans certains pays, par exemple en Italie, les entrepreneurs se plaisaient à engager des femmes non seulement parce qu'ils ne disposaient pas de main-d'œuvre masculine en quantité suffisante, mais tout simplement parce que les femmes avaient la réputation d'être « plus dociles et plus accommodantes que les hommes », et parce qu'ils trouvaient qu'elles étaient particulièrement faites pour des travaux réclamant conscience professionnelle, minutie et endurance. Le roi du canon en Allemagne, Gustav Krupp Von Bohlen et Halbach, expliqua sans détour que le « travail des femmes était la mélodie du futur ». En de nombreux endroits, les industriels organisèrent des ateliers, n'occupant que des femmes et où la fabrication des produits nécessitait une habileté particulière. Les journaux bourgeois destinés aux techniciens entonnèrent d'innombrables louanges sur la main-d'œuvre féminine, en mettant l'accent en. particulier sur le fait que les femmes sont plus aptes à l'apprentissage que les hommes. Un ingénieur du nom de Stern écrivit, par exemple, ce qui suit : « Les travailleurs féminins sont considérablement plus obéissants, modérés et plus avides d'apprendre que leurs collègues masculins. » La presse bourgeoise réclama même pendant la durée de la guerre le service du travail obligatoire, une sorte de mobilisation organisée des « soldats derrière le front » et une formation technique spéciale pour les secteurs de guerre . Malheureusement, les entrepreneurs ne furent pas les seuls à tenir ce discours, des féministes bourgeoises et des patriotes le reprirent en chœur, avec à leur tête Lillv Braun qui réclama l'introduction d'un service patriotique de guerre pour les femmes dans la zone des étapes. Dans les organisations de femmes bourgeoises, on affirmait alors : « Il est absolument urgent et nécessaire de réaliser la mobilisation de la totalité de la population masculine et féminine. » Les femmes sociales-patriotes d'Allemagne et de France soutinrent sans réserves les capitalistes dans leurs efforts pour exploiter la main-d'œuvre féminine. Le social-patriote français, Albert Thomas, suggéra même de tirer un meilleur profit de cette main-d'œuvre. Et c'est exactement ce qui se passa en Russie et dans tous les pays gagnés par la guerre meurtrière.</p>
<p>Le fait que les femmes aient été intégrées dans la vie économique n'était pas nuisible en soi ni même réactionnaire. Au contraire, c'est ainsi que furent améliorées les conditions pour la libération future de la femme. Ce n'était pas le travail des femmes en soi, mais l'exploitation de celui-ci qui fut nuisible. Si les industriels faisaient des bénéfices sur les bas salaires des femmes, ils savaient aussi utiliser adroitement leur travail contre les organisations et le travail masculin mieux rémunéré. Par ailleurs, ils augmentaient encore leurs bénéfices en exploitant les ouvrières jusqu'à la limite de leurs possibilités. Travail de nuit et heures supplémentaires étaient de règle. Presque toutes les lois sur la protection du travail féminin furent abrogées. Sans le moindre scrupule, les industriels imposèrent aux femmes les travaux les plus pénibles et nuisibles à leur santé. C'est alors que le caractère nocif et répugnant du capitalisme apparut au grand jour. Dans sa recherche insatiable du profit, il ne prenait même plus la peine de se voiler la face derrière ses bonnes intentions libérales. En Angleterre, les heures supplémentaires furent rendues obligatoires pour les femmes. Les journées de travail atteignaient 12 à 15 heures par jour. Le travail de nuit était alors de règle. La bourgeoisie cessa de s'indigner hypocritement sur les conséquences nuisibles du travail de nuit responsable en particulier « de la dissolution des mœurs familiales ». Même les maigres lois si difficilement conquises par la classe ouvrière pour la protection des travailleuses furent annulées.</p>
<p>Dans leur tentative de faire abroger ces lois, les entrepreneurs de la Russie tsariste se montrèrent particulièrement cyniques, alors que ces lois ne réussissaient déjà pas à refréner l'énorme appétit de ces messieurs. Le Congrès du comité de guerre se prononça ouvertement pour un recrutement accru de la main-d'œuvre féminine, et cela principalement parce qu'il donna la préférence à la main-d'œuvre la moins coûteuse. Ces messieurs Gulschkow, Konowalow et Rjabuschinskij commencèrent par demander pour « la durée de la guerre » l'abrogation rapide du contrôle légal du travail des femmes et des enfants. Dans de nombreuses usines de Russie travaillaient de très jeunes filles de douze et treize ans. Les entrepreneurs étrangers suivirent l'exemple de la Russie. La seule différence, c'était que notre profiteur russe ne se payait pas de mots et reconnaissait ouvertement qu'il avait besoin des travailleuses peu coûteuses, pour « abattre le travail » et non pas parce qu'il manquait de main-d'œuvre masculine.</p>
<p>Dans d'autres pays, en revanche, les magnats de l'industrie camouflaient leurs « calculs » derrière des discours patriotiques nébuleux. Les femmes devaient à la suite de Jeanne d'Arc sauver la patrie et s'engager au front comme soldats, non pas à cheval et l'arme au poing, mais à l'usine, derrière une machine, tandis que les profiteurs se remplissaient les poches.</p>
<p>Dès lors, le travail des femmes fut considéré partout comme absolument inévitable. Alors qu'elles étaient nouvelles venues sur le marché du travail, les femmes, pendant la guerre, furent embauchées dans tous les secteurs de la production où elles s'implantèrent fermement.</p>
<p>Mais, en fait, qu'en résulta-t-il pour les ouvrières elles-mêmes ? Leur situation sociale était-elle différente ? Avaient-elles une vie meilleure ? Nous savons d'ores et déjà que le rôle de la femme dans la société est déterminé par son travail dans la production. Cette thèse se confirmait-elle lors de la Première Guerre mondiale ? Nous devons une fois pour toutes garder présent à l'esprit que, sous la domination du capitalisme, ce n'est pas le travail salarié qui compte, mais seul le travail de l'« organisateur », donc de l'entrepreneur. Ce qui nous permettra de comprendre que, en dépit du nombre croissant des travailleuses salariées, la situation de la femme dans la société bourgeoise ne peut en aucun cas s'améliorer. Au contraire, la situation de la femme travailleuse pendant la guerre fut insupportable. Les horaires de travail extrêmement pénibles et, ayant cessé d'être limitées par la loi, conduisirent partout à une aggravation de l'état de santé et à une augmentation de la mortalité des femmes, ainsi qu'il a été statistiquement prouvé. La société bourgeoise fut certes préoccupée par la propagation de la tuberculose et de toute une série d'autres maladies, conséquences de l'épuisement général, mais, grisée par les profits qu'elle réalisait grâce à la guerre, elle préféra se détourner de ces faits désagréables en les qualifiant d'« inévitables tributs de guerre ». Les conditions de vie des ouvrières s'aggravèrent de jour en jour. L'intensification du travail, les cadences infernales, les journées interminables et, avant tout, l'inflation permanente abaissèrent encore le niveau de vie de la classe ouvrière. Le mode de vie bourgeois quant à lui ne se modifia nullement. La famille traditionnelle continua à exister, et les femmes durent exécuter les tâches domestiques qui leur étaient dévolues comme par le passé. Lorsque enfin, après une longue et épuisante journée de travail, les ouvrières employées, téléphonistes ou contrôleuses rentraient à la maison, elles devaient ressortir aussitôt et prendre place dans les queues interminables pour acheter la nourriture, le bois ou le pétrole nécessaires au repas de la famille. De toute façon, les files d'attente étaient alors de règle devant les magasins, tant à Londres qu'à Paris, Berlin, Moscou ou Saint-Pétersbourg, bref, absolument partout dans le monde. Ce qui obligeait les gens à d'ennuyeuses et longues heures d'attente. De nombreuses femmes tombèrent malades et perdirent le contrôle de leurs nerfs. Névroses et maladies mentales se multiplièrent, tandis que l'inflation provoquait une sous-alimentation permanente. Des nouveau-nés venaient au monde dépourvus de peau, aveugles ou rachitiques. Ils mouraient avant même d'avoir pu distinguer la nuit du jour. Leurs mères avaient été trop épuisées. Et ajoutée à toutes ces privations physiques, tapie dans l'ombre comme une menace sourde, l'angoisse permanente pour les êtres chers - époux, fils ou frères - partis au front. Ce ne fut qu'un seul et même spectacle de désolation : sang et épouvante au front ; privations et larmes à la maison.</p>
<p>Mais qu'entreprit la bourgeoisie après avoir déversé publiquement ses louanges sur les « femmes patriotes » ? La société bourgeoise proposa-t-elle, par exemple, d'alléger la situation des travailleuses lors de ces terribles années ? Après tout, le travail des femmes derrière le front avait augmenté de façon décisive les chances de succès de la guerre. Or, si la bourgeoisie refusait de reconnaître les droits de la femme, elle aurait dû logiquement être amenée au moins à protéger les travailleuses de la « double charge » qui leur incombait. Mais ce problème ne réussit même pas à effleurer les classes possédantes. Pendant toute la durée de la guerre, la bourgeoisie n'entreprit quasiment rien pour soulager la vie des femmes ni pour les libérer du poids de leurs tâches domestiques. (Pour les enfants d'ouvriers, la seule aide se réduisit aux œuvres privées de bienfaisance.) « D'abord la guerre, après nous veillerons à remettre à nouveau tout en ordre. »</p>
<p>Cependant, le gouvernement bourgeois dispensa une assistance aux victimes de guerre, qui améliora dans une certaine mesure les conditions de vie des femmes de soldats. Donc, veuves de guerre et orphelins obtinrent de l'État une aide régulière et jouirent de certains droits ; par exemple, ils ne payaient pas de loyer pour leur logement. Mais cette réglementation n'intervenait pas tant en faveur des femmes, mais bien plutôt pour « remonter le moral des troupes ». Malgré la rente qui lui était allouée, la situation de la femme de soldat était toujours aussi mauvaise. En Russie, cette rente était ridiculement basse. En avril 1917 - lors du gouvernement provisoire de Kerenski -, alors que le minimum vital s'élevait à plusieurs centaines de roubles, les femmes des soldats ne touchaient pas plus de 79 roubles par mois.</p>
<p>La mortalité croissante des nourrissons obligea les gouvernements anglais, français et allemand à accorder un certain secours aux mères célibataires. Mais cette décision était largement insuffisante. Car, en réalité, les mères de famille dont le mari était parti au front vivaient elles aussi dans des conditions bien pires qu'autrefois. La bourgeoisie ne s'occupait pas des mères et de leurs enfants en bas âge. C'est pourquoi il était aussi tout naturel que, pendant toute la période de la guerre, les femmes soient particulièrement agitées. Dès le printemps 1915, les travailleuses de Berlin organisèrent une manifestation massive en direction du Reichstag où elles conspuèrent Karl Liebknecht et Philipp Scheidemann. Dans la plupart des pays s'élevèrent de violentes émeutes contre la guerre et l'inflation. A Paris, en 1916, les femmes attaquèrent les magasins et dévalisèrent les entrepôts de charbon. En juin 1916, l'Autriche connut une véritable insurrection de trois jours lorsque les femmes se mirent à manifester contre la guerre et l'inflation. Après la déclaration de la guerre et pendant la mobilisation, les femmes se couchèrent sur les voies de chemin de fer pour retarder, ne serait-ce que de quelques heures, le départ des soldats vers l'enfer de la guerre et la mort.</p>
<p>En Russie, en 1915, les femmes furent les instigatrices de troubles qui répandirent comme une traînée de poudre à partir de Saint-Pétersbourg et de Moscou sur tout le pays. A la période même où les industriels avides de profits exaltaient le « patriotisme féminin » et employaient les femmes dans leurs usines, les ouvrières prenaient une part active aux mouvements de grève. La guerre n'apporta aux femmes qu'un surcroît de peines et de soucis, causes de leur « agitation » [*]. Le 23 février 1917 (le 8 mars de l'ancien calendrier), les femmes prolétaires, en particulier les ouvrières du textile de Saint-Pétersbourg, s'avancèrent sur la scène historique et exprimèrent la colère grandissante de la classe ouvrière. Cette insurrection fut le signal de départ pour la grande Révolution russe.</p>
<p>Le 26 mars 1915, à Berne, des femmes socialistes se rencontrèrent - je fais allusion ici à l'internationalisme et non au national-chauvinisme - au Congrès international des femmes, pour tenter d'expliquer en commun le soulèvement des travailleuses contre la guerre et de dégager les lignes de force pour leur lutte contre la Guerre mondiale. Ce fut en fait le premier congrès international depuis le début de la guerre. Il permit de dégager deux lignes principales. La fraction majoritaire condamna effectivement la guerre. mais pour autant se séparer des sociaux-chauvinistes. La fraction minoritaire, nos bolcheviks russes, réclama la condamnation des traîtres à la solidarité internationale du prolétariat et s'opposa sans équivoque à la guerre la guerre impérialiste en appelant à la guerre civile.</p>
<p>Le fait que le Congrès international des femmes socialistes ait eu lieu n'était pas un hasard. Il suffit de nous rappeler la situation sociale de plus en plus insupportable des travailleuses pendant la guerre.</p>
<p>Sans doute le travail de ; femme augmentait-il sans cesse pendant la guerre mais dans des conditions telles que loin d'améliorer la situation des travailleuses, elles contribuèrent encore à son aggravation. Les femmes des spéculateurs et des industriels et les femmes appartenant aux couches sociales aisées furent les seules à bénéficier de la guerre. En définitive, ce furent les couches parasitaires de la société, qui se contentent de consommer et de dilapider le revenu national et non pas de produire, qui surent tirer profit de la guerre.</p>
<p>Or, les maux et les peines du peuple travailleur prirent des proportions inconnues la conjoncture de la guerre favorisa une redistribution rapide de certains secteurs de l'industrie et donna naissance à des entremises gigantesques où la mécanisation de la production était extrêmement développée. Ce processus facilita l'afflux de travailleurs non qualifiés dans la production. Le travail des femmes devint de ce fait un facteur important pour l'économie nationale, il fallut désormais compter avec lui, et les organisations économiques (syndicats patronaux et ouvriers) reconnurent sans réserves l'importance de la main-d'œuvre féminine. Le travail des femmes occupa une position nouvelle. L'ancienne phraséologie sur les devoirs de la femme « comme épouse et ménagère » cessa, elle aussi, d'avoir cours.</p>
<p>Avec la démobilisation et le passage à une économie de paix, on vit apparaître dans les pays capitalistes des tendances évidentes pour rejeter les femmes de la production. Le chômage féminin connut mie nouvelle recrudescence. Le fait est que tous les pays avant participé à la guerre furent touchés au cours des années 1918 et 1919 par une grave crise économique. La démobilisation des armées et la transition d'une production d'armement à une production de paix engendrèrent fatalement tous les phénomènes pathologiques qui accompagnent un effondrement économique. Ce blocage économique fut naturellement encore considérablement aggravé par la ruine financière des grandes puissances, l'endettement réciproque, le manque de matières premières et la misère criante de la population. La crise que connurent l'Angleterre, la France, l'Allemagne et les autres pays européens au cours des années 1918-1919 entraîna un arrêt de la production dans d'innombrables branches de l'industrie, la fermeture de plusieurs usines ainsi que le licenciement de nombreux ; ouvriers. Les femmes perdirent massivement leur emploi. Mais la gravité de la crise touchant l'ensemble des travailleurs ne fut pas responsable à elle seule du chômage croissant des femmes. Même dans les branches de l'industrie continuant à fonctionner normalement, les entrepreneurs commencèrent à rejeter les femmes à la rue. Si un employeur avait le choix sur le marché du travail entre un rapatrié du front et une ouvrière, il choisissait de préférence celui-ci. Cela peut sembler paradoxal, car, en fin de compte, les ouvriers étaient alors peu coopératifs, exigeaient des salaires plus élevés et furent effectivement mieux rémunérés. Dans d'autres conditions sociales, les industriels auraient bien entendu donné la préférence à la main-d'œuvre féminine meilleur marché, mais nous ne devons pas oublier que la démobilisation intervint à une époque où la population était d'humeur révolutionnaire. Depuis que la classe ouvrière russe avait ouvert la voie lors de la révolution d'Octobre, il régna parmi les classes laborieuses des autres pays un climat de tension et d'opposition accrues. Ceux qui étaient de retour au pays étaient nerveux et exaspérés, ils savaient se servir d'un fusil et avaient pris l'habitude de regarder la mort en face. Si les entrepreneurs avaient osé refuser du travail à ces hommes impatients et aigris, le système bourgeois aurait certainement encouru une menace mortelle. Les entrepreneurs tinrent compte de cette situation et acceptèrent de renoncer à une partie des profits qu'ils avaient tirés jusque-là du travail meilleur marché des femmes. Ils furent obligés de défendre leur prédominance face à la menace bolchevique. Les précautions politiques l'emportèrent alors sur les calculs économiques. C'est ainsi qu'en Allemagne, en Angleterre, en France et en Italie, les femmes patriotes, les « héroïnes du travail » et les « soldats derrière le front » d'hier durent céder leurs emplois aux soldats rapatriés d'aujourd'hui.</p>
<p>La lente normalisation de la production et l'aplanissement de la crise de l'après-guerre nous permettent d'enregistrer à nouveau une réduction du chômage féminin. Ce qui ne signifie nullement que le problème du travail des femmes soit résolu. Bien au contraire, du fait de l'actuel stade de développement de la production mondiale capitaliste, caractérisé par le processus de concentration dans la grande industrie techniquement hautement développée, ce problème demeure entier. Naturellement, il n'est pas question d'un nouveau retrait de la femme entre les quatre murs de son foyer. Certes les capacités productives connurent un développement irrégulier réclamé par l'industrie de guerre, mais les industries de biens de consommation courante ont cependant recommencé à fonctionner au cours de ces dernières années. C'est pourquoi on assiste de nouveau à une demande croissante de main-d'œuvre, et comme par le passé le capitalisme est à l'affût de la main-d'œuvre à meilleur marché. Le travail des femmes reprend donc dans les usines.</p>
<p>Néanmoins, l'essor économique dans les États capitalistes se heurte à certaines difficultés : au travail salarié toujours existant, au fait qu'une grande partie de la plus-value s'écoule comme toujours dans les poches des entrepreneurs, à l'absence d'une planification économique d'ensemble (par exemple une vue d'ensemble statistique et une utilisation rationnelle de toutes les forces de travail disponibles), ainsi qu'à la disproportion entre production et consommation. Ces facteurs limitent de façon insurmontable le déploiement des forces productives dans le cadre du système capitaliste.</p>
<p>Le système de production capitaliste a tout simplement atteint un stade où un développement illimité des forces productives n'est plus possible. Le développement par crises de l'économie mondiale capitaliste, d'une part, et la victoire de la Révolution socialiste en Russie, d'autre part, ont ébranlé le fondement du système capitaliste et l'ont rendu encore plus sensible aux crises. Les forces productives dans les pays capitalistes ne peuvent plus se développer que de façon crispée et par secousses successives. La courbe de la conjoncture économique sera de plus en plus accidentée. L'alternance typique pour le capitalisme entre une conjoncture ascendante, une économie stagnante et la crise placera le système de production capitaliste dans une situation de plus en plus intenable. Il n'y a pas le moindre espoir pour que le développement des forces productives sous le capitalisme se fasse sans crises, c'est-à-dire que nous devons nous préparer à l'avenir à de terribles crises économiques entraînant avec elles des licenciements massifs de travailleurs. Abstraction faite du danger permanent de la guerre, car celui-ci, et tant que dure la politique impérialiste, reste toujours actuel. Mais quelles perspectives s'ouvrent pour le travail des femmes dans les pays où la classe ouvrière n'a pas réussi à renverser le système capitaliste, dans les pays sujets en permanence à un développement irrégulier et changeant ?</p>
<p>Tout essor de la conjoncture économique à un niveau tant local que national entraîne un accroissement du nombre des femmes dans la production. L'extension du travail des femmes est dû, d'une part, aux bas salaires féminins et, d'autre part, à une demande croissante de main-d'œuvre dans les secteurs de l'industrie en expansion. A chaque conjoncture ascendante succède inévitablement une période de stagnation économique. Résultat : moins d'offres d'emploi loi et des licenciements. Les industriels, pour des raisons d'ordre politique, chercheront plutôt à conserver leur main-d'œuvre masculine et renverront d'abord les travailleuses, étant donné cale, par expérience, elles créent moins d'ennui. La relation que je viens de décrire est dans l'ensemble typique du capitalisme. Dans la situation mondiale actuelle, cette dialectique (la contradiction entre le caractère social de la production et l'appropriation capitaliste privée) apparaît sous une forme particulièrement critique. Chaque nouvelle crise amène des bouleversements de plus en plus violents de l'ensemble de l'économie nationale, prend des proportions de plus en plus énormes et s'étend à des couches sociales de plus en plus larges. Tant que le capitalisme ne sera ras éliminé, le problème du travail des femmes qui est partie constituante de la problématique générale de la relation entre le travail et le capital, demeurera entier. Les travailleuses des pays capitalistes ne pourront pas compter sur une amélioration de leur situation aussi longtemps que le capital régnera sur le travail et que la propriété privée gênera la planification de la production, de la consommation et de l'exportation. Camarades, vous devez vous rendre compte que le problème du travail des femmes ne sera pas résolu tant qu'il sera accompagné du spectre du chômage des femmes travailleuses. Et tant qu'il en sera ainsi, un problème aussi compliqué que la « question des femmes » ne pourra être résolu dans sa totalité.</p>
<p>A vrai dire quelques États bourgeois furent obligés depuis la fin de la guerre de réaliser toute une série de réformes, ayant trait aussi à la situation de la. femme, mais ces compromis, pour lesquels les suffragettes du siècle dernier avaient combattu la bombe â la main et que les féministes bourgeoises, nettement plus pacifistes avaient mendiés vainement au travers d'innombrables pétitions, finirent par être arrachés à la bourgeoisie essentiellement pour deux raisons : grâce à l'exemple intimidant de la Révolution russe, d'une part, et grâce à la tendance démocratique largement répandue parmi les masses, d'autre part. Et pour réduire cette tendance révolutionnaire générale et prouver aux travailleurs qu'une révolution sociale n'était superflue, qu'il y avait en fait d'autres possibilités pour arriver au pouvoir, la bourgeoisie distribua des aumônes, comme la réforme électorale (y compris le droit de vote pour les femmes).</p>
<p>Des personnages comme David George Lloyd, Hjalmar, Karl Brandling, Philipp Scheidemann et Gustav Noske « se préoccupèrent du bonheur et du bien-être des travailleurs » et affirmèrent avoir conquis pour eux non pas la totalité du pouvoir politique, mais « une juste part » de celui-ci.</p>
<p>En Angleterre, en Allemagne, en Suède et en Autriche, si les femmes obtinrent après la guerre le droit de vote, ce fut pour des raisons politiques précises et non pas en récompense de leurs « services patriotiques ».</p>
<p>Mais le droit formel n'apporta aucun changement à la situation réelle de la femme dans la société bourgeoise. La femme se retrouva toujours dans le même rôle social après la guerre comme avant. Dans tous les pays bourgeois elle reste toujours la servante de la famille et de la société. La réforme de la législation bourgeoise en faveur de la femme et les quelques lois visant à égaliser la situation des époux n'ont apporté que des modifications mineures. Au fond, rien n'a été vraiment changé ; les anciens rapports et l'ancienne discrimination ont été maintenus peur l'essentiel.</p>
<p>Dans les pays bourgeois, la question des femmes n'est certes pas résolue. Elle s'aggrave au contraire de plus en plus et cela en fonction de la situation sociale des femmes.</p>
<p>Comment les femmes peuvent-elles arriver à concilier leur vie professionnelle avec leur vie d'épouse et de ménagère ? Comment les femmes pourront-elles se débarrasser du fardeau des travaux domestiques usant inutilement leur énergie ? Elles pourraient vraiment en faire meilleur usage en se consacrant, par exemple, à des travaux scientifiques ou en se mettant au service d'une idée.</p>
<p>Les problèmes non résolus - la maternité, l'avortement, la protection de la santé, l'éducation des enfants - sont encore renforcés, par le capitalisme. Les femmes sont incapables de briser ce cercle vicieux. L'inviolabilité de la propriété privée, le maintien de la cellule familiale isolée, la survivance tenace des habitudes individualistes, les traditions et l'absence d'expériences sociales collectives ont embrouillé la « question des femmes » au sein du capitalisme de façon irrémédiable. Même les hommes bien intentionnés à leur égard seront impuissants pour résoudre leur oppression aussi longtemps que la puissance du capital n'aura pas été brisée.</p>
<p>Ce n'est qu'avec l'avènement et la victoire du prolétariat que ce cercle vicieux pourra être brisé. L'expérience de la Russie au cours de ces quatre dernières années vous montre, ainsi qu'au prolétariat mondial et tout particulièrement aux femmes prolétaires comment sortir de cette impasse et comment les femmes pourront se libérer, non pas de façon formelle et superficielle, mais de façon réelle et profonde.</p>
<p>Nous analyserons la manière d'atteindre ce but dans notre prochaine conférence.</p>
<p>Notes</p>
<p>* Rien que dans la Russie tsariste, il y eut, en 1915, 156 grèves et, en 1916 le chiffre atteignit 310.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_09.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_09.htm</a></p>
<p>Lucie Colliard</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article20365" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article20365</a></p>
<p>Marguerite Martin, une féministe qui combat la guerre…</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article198255" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article198255</a></p>
<p>Colette Reynaud</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article218711" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article218711</a></p>
<p>Louise Saumoneau</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article130564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article130564</a></p>
<p>Jeanne Mélin</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article121523" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article121523</a></p>
<p>Marcelle Brunet</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article102877" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article102877</a></p>
<p>Monette Thomas</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article132570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article132570</a></p>
<p>Helena Swanwick</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article75818" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article75818</a></p>
<p>Charlotte Despard</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article139626" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article139626</a></p>
<p>Margarethe Faas-Hardegger</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article153915" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article153915</a></p>
<p>Marcelle Capy</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article103709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article103709</a></p>
<p>Marguerite Verguet</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article134136" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article134136</a></p>
<p>Jane Valbot</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article251401" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article251401</a></p>
<p>Hélène Laguerre</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article231243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article231243</a></p>
<p>Madeleine Rolland</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article129455" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article129455</a></p>
<p>Isaure Rousseau</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article129905" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article129905</a></p>
<p>Madeleine Pelletier</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article24398" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article24398</a></p>
<p>Camille Drevet</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article110693" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article110693</a></p>
<p>Mariane Rauze</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article20469" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article20469</a></p>
<p>Marie Guillot</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article87178" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article87178</a></p>
<p>Venise Pellat-Finet</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article125369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article125369</a></p>
<p>Marguerite Tuffery</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article133255" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article133255</a></p>
<p>Antoinette Bellot</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article99024" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article99024</a></p>
<p>Henriette Rouquet</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article226880" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article226880</a></p>
<p>Cécile Brunschwicg</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article172356" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article172356</a></p>
<p>Mariane Comignan</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article76408" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article76408</a></p>
<p>Nelly Roussel</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article156835" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article156835</a></p>
<p>Julia Bertrand</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article153818" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article153818</a></p>
<p>Thérèse Schlesinger</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article197691" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article197691</a></p>
<p>Renée Rollo</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article88702" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article88702</a></p>
<p>Maria Vérone</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article134220" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article134220</a></p>
<p>Jeanne Halbwachs</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article87243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article87243</a></p>
<p>Caroline Rémy dite Séverine</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article155511" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article155511</a></p>
<p>Germaine Decaris</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article21719" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article21719</a></p>
<p>Gabrielle Duchêne</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article23137" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article23137</a></p>
<p>Inès Armand</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A8s_Armand" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/In%C3%A8s_Armand</a></p>
<p>Nadejda Kroupskaïa</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nadejda_Kroupska%C3%AFa" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Nadejda_Kroupska%C3%AFa</a></p>
<p>Magdelaine Paz</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article125240" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article125240</a></p>
<p>Gabrielle Bouët</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article17450" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article17450</a></p>
<p>Henriette Roland Holst</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Roland_Holst" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Roland_Holst</a></p>
<p>Bertha Thalheimer</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertha_Thalheimer" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Bertha_Thalheimer</a></p>
<p>Madeleine Vernet</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article154231" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article154231</a></p>
<p>Josette Cornec</p>
<p> <a href="https://maitron.fr/spip.php?article20642" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article20642</a></p>
<p>Isabelle Grégoire</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article137587" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article137587</a></p>
<p>Berthe Saumoneau</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article251757" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article251757</a></p>
<p>Nathalie Bourgoise</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article101819" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article101819</a></p>
<p>Jeanne Chaton</p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?article19621" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://maitron.fr/spip.php?article19621</a></p>
<p><a href="https://maitron.fr/spip.php?page=recherche_avanc&swishe_type1=and1&swishe_from1=full1&lang=fr&choix=2&typetri=triP&swishe_exp1=f%C3%A9ministe+pacifiste&OK=OK&swishe_depart=75&swishe_nbParPage=15" class="spip_out" rel="external">Et bien d'autres encore…</a></p>
<p>Féminisme et pacifisme</p>
<p><a href="http://www.jaures.eu/ressources/guerre_paix/feminisme-et-pacifisme-autour-de-1914/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.jaures.eu/ressources/guerre_paix/feminisme-et-pacifisme-autour-de-1914/</a></p>
<p>Femmes et lutte pour la paix</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-irice-2011-2-page-111.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-irice-2011-2-page-111.htm</a></p>
<p>Le 2 août 1914, alors que la déclaration de guerre tombe juste au moment de la moisson, toutes les femmes sont appelées par le chef du gouvernement Viviani pour remplacer les hommes mobilisés. <br class='autobr' />
Dans son discours, Aux femmes Françaises, placardé sur toutes les mairies de France, René Viviani s'exclame : <br class='autobr' />
Debout donc, femmes françaises, jeunes enfants filles et fils de la Patrie ! Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur les champs de bataille !</p>
<p>L'évolution de la place des femmes dans la société avec la première guerre mondiale :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> la Grande Guerre figeant les avancées en cours pour le droit de vote des femmes.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Les femmes développant un discours pacifiste.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Les conditions de travail difficiles pour les femmes, sans reconnaissance hiérarchique ou salariale - leurs revendications légitimes et les mouvements de grève.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Dans les campagnes, les femmes assurant la production agricole à la force de leurs bras, sans pour autant que l'autorité familiale ne leur soit donnée.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Dès la fin de la guerre, il leur a été demandé de reprendre leur place d'avant, et le droit de vote pour elles n'est intervenu qu'après la Seconde Guerre mondiale.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/les-femmes-francaises-dans-la-tourmente-de-la-premiere-guerre-mondiale-8667216" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/les-femmes-francaises-dans-la-tourmente-de-la-premiere-guerre-mondiale-8667216</a></p>
<p>« Une jeune fille dans la Grande guerre » :</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/autant-en-emporte-l-histoire/hortense-une-jeune-fille-dans-la-grande-guerre-4518480" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/autant-en-emporte-l-histoire/hortense-une-jeune-fille-dans-la-grande-guerre-4518480</a></p>
<p>La condition des femmes pendant la guerre :</p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/video-la-grande-guerre-et-les-femmes-au-travail_740777.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/societe/guerre-de-14-18/video-la-grande-guerre-et-les-femmes-au-travail_740777.html</a></p>
<p>Les femmes et la guerre :</p>
<p><a href="https://fr.m.wikisource.org/wiki/Les_Femmes_et_la_guerre" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.m.wikisource.org/wiki/Les_Femmes_et_la_guerre</a></p>
<p>Femmes pendant la Première Guerre mondiale :</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_pendant_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale</a></p>
<p>La femme et la guerre :</p>
<p><a href="https://fr.geneawiki.com/wiki/Guerre_1914-1918_~_La_femme_et_la_Grande_Guerre?mobileaction=toggle_view_desktop" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.geneawiki.com/wiki/Guerre_1914-1918_~_La_femme_et_la_Grande_Guerre?mobileaction=toggle_view_desktop</a></p>
<p>Les femmes de la Première Guerre mondiale :</p>
<p><a href="https://www.theworldwar.org/fr/learn/women" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.theworldwar.org/fr/learn/women</a></p>
<p>Les Femmes dans la Première Guerre mondiale :</p>
<p><a href="https://archives.calvados.fr/page/les-femmes-dans-la-premiere-guerre-mondiale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archives.calvados.fr/page/les-femmes-dans-la-premiere-guerre-mondiale</a></p>
<p>Le rôle des femmes pendant la Première Guerre mondiale :</p>
<p><a href="https://www.paris.fr/pages/le-role-des-femmes-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-6106" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.paris.fr/pages/le-role-des-femmes-pendant-la-premiere-guerre-mondiale-6106</a></p>
<p>Combats de femmes :</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/revss/2114" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/revss/2114</a></p>
<p>« La soupe aux herbes sauvages », récit d'une femme, paysanne et institutrice, notamment pendant la guerre de 1914-1918 :</p>
<div class='spip_document_16500 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner">
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</figure>
</div></div>
Oxus, une civilisation qui précédé les civilisations de la Mésopotamie, de l'Elam et de l'Indus, était matriarcale
http://matierevolution.org/spip.php?article8837
http://matierevolution.org/spip.php?article88372024-06-21T22:08:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéFemmes women
<p>Oxus, une civilisation qui précédé les civilisations de la Mésopotamie, de l'Elam et de l'Indus, était matriarcale <br class='autobr' />
Oxus, une civilisation matriarcale <br class='autobr' />
Initialement, des communautés sédentaires d'agriculteurs et d'éleveurs se sont formées dans des villages de briques crues, qui se sont muées en véritables cités à l'âge du Bronze moyen. « L'Oxus a été l'un des pôles de la révolution urbaine, souligne Julio Bendezu-Sarmiento, archéologue au laboratoire d'Éco-anthropologie du Musée de l'Homme (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Oxus, une civilisation qui précédé les civilisations de la Mésopotamie, de l'Elam et de l'Indus, était matriarcale</h2>
<p>Oxus, une civilisation matriarcale</p>
<p>Initialement, des communautés sédentaires d'agriculteurs et d'éleveurs se sont formées dans des villages de briques crues, qui se sont muées en véritables cités à l'âge du Bronze moyen. « L'Oxus a été l'un des pôles de la révolution urbaine, souligne Julio Bendezu-Sarmiento, archéologue au laboratoire d'Éco-anthropologie du Musée de l'Homme et co-directeur de la mission archéologique franco-turkmène. On y retrouve toutes les caractéristiques d'une société complexe : la création de cités à l'architecture monumentale, avec des fortifications, des palais, des temples, des bâtiments administratifs, des zones de stockage des denrées agricoles et de grandes nécropoles abritant des milliers d'inhumations ; une société marquée par l'apparition d'une hiérarchie sociale, peut-être religieuse, capable de construire des grands canaux d'irrigation pour une vaste agriculture, et de développer un commerce international. »</p>
<p>La civilisation de l'Oxus se distingue surtout de sa voisine mésopotamienne en termes d'échelle. Ses cités, couvrant une quinzaine à une trentaine d'hectares, abritaient des milliers de personnes, tandis que leurs homologues mésopotamiennes, s'étendant jusqu'à 60-80 ha, regroupaient des dizaines de milliers d'habitants.</p>
<p>Ce n'est pas le premier parallèle historique que l'on peut dresser entre le Turkménistan méridional et le Proche-Orient. Il y a 8000 ans, la région avait aussi joué un rôle essentiel dans la diffusion de l'agriculture en Asie centrale, au point que certains archéologues soviétiques l'ont comparée au Croissant fertile.</p>
<p>À l'âge du Bronze, la civilisation qui y prend son essor fait montre d'un haut savoir-faire technique, dont attestent les céramiques exhumées, standardisées et produites en masse, le traitement des alliages de métaux (or, argent, cuivre, plomb ou étain), ou encore le travail des pierres tendres et semi-précieuses (lapis-lazuli, cornaline, stéatite, albâtre). Ses cités sont aussi intégrées dans des réseaux d'échanges commerciaux longue distance, dont une proto-route de la soie, dédiée à l'étain et au lapis-lazuli. Elles exportaient ces minerais en Mésopotamie, où l'étain servait à la fabrication du bronze et où le lapis-lazuli était utilisé comme matériau de prestige.</p>
<p>La civilisation de l'Oxus commerçait peut-être cette pierre jusqu'en Égypte, où, tout aussi prisée comme ornement, elle figure notamment sur le masque funéraire de Toutankhamon. Elle importait aussi des produits de luxe, comme en témoignent les objets découverts dans les tombes de l'élite : sceaux en bronze, en argent ou en or originaires de Mésopotamie, pièces de jeu en ivoire et perles en cornaline venues de l'Indus, céramiques produites par les nomades des steppes septentrionales, vaisselle en albâtre venue de l'Iran, l'Afghanistan ou le Pakistan actuels.</p>
<p>Autant d'éléments qui esquissent son raffinement. Qu'en était-il de son organisation politique, sociale et de son système de croyances ? Contrairement à la Mésopotamie, la civilisation de l'Oxus n'avait pas d'écriture. De plus, ses sites ont été abondamment pillés, privant les archéologues d'objets décorés susceptibles de mieux l'éclairer. Les tombes des sites turkmènes ont ainsi subi des vols anciens, parfois quasi contemporains de l'enfouissement des défunts.</p>
<p>Quant aux sites afghans, découverts par des archéologues soviétiques dans les années 1960-1970, ils ont vu les pilleurs succéder aux scientifiques après l'invasion du pays par l'Armée Rouge, à la fin des années 1970, et leurs butins ont fini dans des collections privées dans le monde entier. Les archéologues émettent toutefois un certain nombre d'hypothèses. « On pense qu'il devait y avoir un grand roi et des sortes de « principautés » qui géraient des petits potentats locaux habitant des manoirs fortifiés », avance Julio Bendezu-Sarmiento. Selon le chercheur, l'Oxus a aussi réservé une place particulière aux femmes.</p>
<p>« On est face à une société où le rôle de la femme est important. Il y a une déesse féminine maîtresse de la faune, figurée assise sur un dragon ou en train d'étrangler des animaux, représentée systématiquement dans l'iconographie, dont la fameuse « princesse de Bactriane ». Sans oublier que les tombes féminines semblent être plus riches que celles des hommes. Par ailleurs, dans les tombes mésopotamiennes, les femmes viennent en accompagnement des hommes. Dans celles de l'Oxus, on a l'impression que ce sont les femmes qui sont accompagnées. »</p>
<p>L'épilogue de cette page d'histoire centrasiatique conserve en revanche tout son mystère. La civilisation de l'Oxus décline et tend à disparaître à l'âge du Bronze final, entre 1700 et 1500 avant notre ère. Un écroulement qui a alimenté de multiples hypothèses. Invasions barbares, crise climatique, surpopulation, perturbations des échanges commerciaux ou encore bouleversements politiques et sociaux internes ont été évoqués comme autant de fossoyeurs potentiels.</p>
<p>« Il y a une hiérarchie sociale qui s'effondre, des villes qui disparaissent, et une réoccupation plus modeste du territoire, note Julio Bendezu-Sarmiento. Le changement le plus important est celui des mentalités, visible dans le traitement des morts : les sépultures disparaissent, en lien avec l'émergence d'un « proto-zoroastrisme » (ndlr : un monothéisme interdisant l'inhumation des défunts, qui sont exposés à l'air libre et abandonnés aux charognards). Il a dû se passer quelque chose de radical, les gens ne croyaient plus en leurs dieux ni en leur élite. »</p>
<p>L'archéologue écarte toutefois l'idée de peuplades barbares jouant les ferments de déstabilisation. « Les récentes recherches ADN montrent une certaine continuité de peuplement. Des populations des steppes se sont installées sur le territoire de l'Oxus à la fin de l'âge du Bronze, mais elles se sont mélangées de façon paisible aux habitants, note l'archéologue. Le déclin de la civilisation de l'Oxus tient sans doute à une conjonction de divers facteurs, avec une crise politico-sociale qui pourrait tout simplement être liée à des problèmes climatiques. L'élite vivait très bien de ses exportations mais il s'agissait aussi d'une société fondée sur l'agriculture. Or le climat est devenu plus aride vers 1500 avant notre ère. Des catastrophes naturelles ont aussi pu jouer, de même que des maladies, dont pourraient témoigner des tombes collectives qui ont été exhumées sur certains sites. »</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/lenigmatique-civilisation-de-loxus-refait-surface-en-asie-centrale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/lenigmatique-civilisation-de-loxus-refait-surface-en-asie-centrale</a></p>
<p>Au cours de la seconde moitié du IIIe millénaire et de la première moitié du IIe millénaire avant J.-C., à l'âge du Bronze, le sud de l'Asie centrale (fig. 1) est occupé par une société sédentaire agro-pastorale et proto-étatique, la civilisation de l'Oxus ou Bactria-Margiana Archaeological Complex (Francfort 2009). Située à la croisée des civilisations orientales au sud et des cultures des steppes au nord, cette entité culturelle a puisé ses racines et s'est développée en lien avec le réseau de relations entretenues entre les cultures d'Asie moyenne au cours du IIIe millénaire avant J.-C. Son organisation sociale présente notamment certaines connections fortes avec les systèmes sociopolitiques moyen-orientaux, bien que cette influence ne suffise pas à expliquer toutes les particularités de cette culture originale.</p>
<p>L'étude des pratiques funéraires de la civilisation de l'Oxus, société sédentaire agro-pastorale et proto-étatique localisée en Asie centrale méridionale et datée de l'âge du Bronze (2400-1500 avant J.-C.), a permis de mettre en évidence une structuration sociale particulière en lien avec le genre. Les tombes des femmes contiendraient davantage de biens funéraires, ainsi que des objets en matériaux précieux. En outre, une distribution préférentielle des objets a pu être observée, en fonction du sexe des individus et du type de sépulture, certains objets étant presque exclusivement associés aux femmes et d'autres aux hommes. Une connexion entre les types de biens funéraires et le sexe des individus paraît évidente, bien qu'un certain nombre de variations apparaissent comme des conflits normatifs qu'il reste à interpréter. Néanmoins, les objets déposés dans les tombes pourraient avoir agi comme des attributs de genre voire de fonctions.</p>
<p>L'examen de la culture matérielle et de l'iconographie associées à chaque sexe questionne les affirmations précédemment invoquées concernant les rôles et les statuts sociaux des individus en rapport avec le genre. Il contribue à réviser nos positions sur les activités sociales, le statut des hommes et des femmes et leurs relations, ainsi qu'à redéfinir les rôles et les pouvoirs de chacun. L'analyse permet ainsi d'envisager de façon nouvelle l'organisation sociale de la civilisation de l'Oxus, notamment le système de genre, qui semblerait davantage basée sur une égalité des statuts et une complémentarité des pouvoirs et des fonctions entre les hommes et les femmes.</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/nda/2989" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/nda/2989</a></p>
<p>Oxus, la civilisation antique du Turkménistan est une ancêtre matriarcale de la civilisation de l'Indus…</p>
<p>On n'a toujours pas pu déterminer si les statuettes composites de femmes (cf. ci-contre), découvertes sur différents sites de la civilisation de l'Oxus mais aussi hors de ce périmètre, représentent des dignitaires ou des divinités.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_de_l%27Oxus" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_de_l%27Oxus</a></p>
<p>Ulug Dépé et la civilisation de l'Oxus</p>
<p>La civilisation de l'Oxus, qui tire son nom de l'ancienne dénomination du fleuve de l'Amou-Daria, se développe au cours de la fin du IIIe et du début du IIe millénaire avant notre ère, entre la mer Caspienne et l'Hindou Kush, le Pakistan et l'Afghanistan. C'est durant cette période que de vraies villes émergent au cœur de cette civilisation (entre 2200 et 1700 av. notre ère). Une réelle communauté idéologique existe alors avec le nord-est de l'Iran et d'autres régions comme la Bactriane et la Margiane au cours des IIIe-IIe millénaires. Vers 1 700 avant notre ère, cette civilisation périclite, peut-être sous l'impulsion de nouvelles populations ou d'un brusque changement climatique (entre 2 000-1 800 avant notre ère), entraînant aridité et assèchement, mais aussi vent de sable du désert du Karakoum</p>
<p>L'histoire d'Ulug Dépé (le grand Tépé en turkmène) s'étire du VIe millénaire au 1er millénaire avant notre ère. Avec ses 30 hectares, Ulug Dépé est l'un des plus grands centres proto-urbains d'Asie centrale, juste dépassé par deux autres sites, Namazga et Altyn Dépé. A Ulug Dépé, le meilleur exemple de l'architecture monumentale du 3e millénaire est une grande plateforme de 900m², sorte de terrasse liée à des activités cultuelles. L'organisation sociale se complexifie au cours de cette période tendant vers une organisation proto-étatique du pouvoir. Les femmes auraient joué un rôle particulier au sein de ces élites. On voit alors l'accroissement du commerce régional mais surtout international, avec notamment des produits rares et prestigieux que sont l'or, le lapis-lazuli d'Afghanistan, la cornaline de la vallée de l'Indus et les agates. Plusieurs tombes de ces élites ont été fouillées à Ulug. Alors que nombre de civilisations régionales possèdent des écritures (Elam Mésopotamie, Indus), celle de l'Oxus est agrammate et anépigraphe.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/ulug-depe-et-la-civilisation-de-l-oxus-2113900" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/ulug-depe-et-la-civilisation-de-l-oxus-2113900</a></p>
<p>Depuis 20 ans, des palais, des entrepôts, une citadelle, des remparts, des tombes..., ont pu être retrouvés. Les reliques d'une ville de plusieurs milliers d'habitants, comparable à celles que l'on pouvait trouver en Mésopotamie.</p>
<p>Ulug Dépé : la citadelle élevée durant l'âge du fer moyen (1 000 à 600 avant notre ère), à l'époque où Ulug Dépé devient le centre d'un nouveau royaume encore mystérieux. Elle domine la ville haute et basse qui, à l'époque, était protégée par un puissant rempart percé de deux portes d'entrée dans la cité. Le bâtiment lui-même fait 40 mètres de côté avec une façade ponctuée de parties saillantes, les redans, et percée d'étroites ouvertures. À l'intérieur, plusieurs couloirs permettaient la communication entre les pièces du niveau inférieur, des espaces de stockage oblongs avec des banquettes supportant des vases en céramique. De nombreuses empreintes de scellements de jarres en terre crue ont été trouvées, découverte importante qui atteste de l'existence d'un pouvoir régional et de la gestion centralisée des denrées, liquides ou solides. Le bâtiment avait aussi un premier étage, comme en témoignent un escalier faisant face à la porte principale et les restes massifs de pans de murs écroulés.</p>
<p><a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-cite-oubliee-dulug-depe#Echobox=1622784026" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-cite-oubliee-dulug-depe#Echobox=1622784026</a></p></div>