Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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69144Tous étaient des Zanjs !
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<p>Pour la première fois, les esclaves noirs prenaient le pouvoir ou la révolution des Zanjs <br class='autobr' />
C'est probablement la plus grande révolution d'esclaves de l'Histoire. Elle concerna des millions d'hommes, dura presque vingt ans (de 869 à 883), mena à un pouvoir des esclaves noirs, et fut réprimée par environ un à deux millions de morts… <br class='autobr' />
Zanj, était le nom que l'on donnait en Irak aux esclaves noirs africains originaires de l'Afrique Orientale, (de l'Éthiopie, du Kenya, du Malawi, et surtout de (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Pour la première fois, les esclaves noirs prenaient le pouvoir ou la révolution des Zanjs</h2>
<p>C'est probablement la plus grande révolution d'esclaves de l'Histoire. Elle concerna des millions d'hommes, dura presque vingt ans (de 869 à 883), mena à un pouvoir des esclaves noirs, et fut réprimée par environ un à deux millions de morts…</p>
<p>Zanj, était le nom que l'on donnait en Irak aux esclaves noirs africains originaires de l'Afrique Orientale, (de l'Éthiopie, du Kenya, du Malawi, et surtout de Zanzibar, île d'où vient le nom Zanj). Il y a plus de mille ans, ces esclaves étaient présents en Irak en grand nombre (une dizaine de milliers) et étaient exploités dans les marais salants situés au sud du pays.</p>
<p>L'historien Runoko Rashidi dans son livre "Histoire millénaire des Africains en Asie" nous dit concernant les conditions de vie de ces esclaves : "les travailleurs Zanj extrayaient les couches arables et en évacuaient les tonnes de terre pour planter, dans la couche inférieure moins saline du sol, des cultures qui, à l'instar de la canne à sucre, requièrent un labeur intense. Avec pour toute nourriture de faibles portions de farine, de semoule et de dattes, ils étaient en conflit permanent avec le système esclavagiste irakien."</p>
<p>À trois reprises (entre le 7e et le 9e siècle) les Zanj se révolteront contre les traitements inhumains que leur font subir les Arabes. Durant une de ces révoltes, qui dura de 868 à 883, les Zanj infligèrent de sévères défaites aux armées du Califat. Cette insurrection fut nommée "Révolte des Zanj ou Révolte des Noirs".</p>
<p>La rébellion des Zanj est une révolte d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans le sud de l'Irak, dans la région de Bassorah.</p>
<p>Beaucoup de propriétaires de la région avaient acheté des centaines d'esclaves noirs originaires de l'Est de l‘Afrique, le Zanj, pour travailler à l'irrigation de leurs terres, en espérant que leur ignorance de la langue arabe les rendraient particulièrement dociles.</p>
<p>En septembre 869, le Zaidite[1] Ali ibn Muhammad prétendant descendre de Ali, le quatrième calife, et de Fatima, la fille de Mahomet, réussit à convaincre plusieurs centaines d'esclaves de se soulever contre le gouvernement central, basé à Samarra, en soulignant leur condition injuste et en leur promettant la liberté et la fortune. Le discours de Ali ibn Muhammad était renforcé par son adhésion à la secte des kharidijiques[2]. Les conditions de vie abominables des esclaves les décidèrent à prendre parti pour la révolte, que d'autres suivirent au nom d'un islam plus pur.</p>
<p>Le soulèvement prit rapidement de l'ampleur, les Bédouins et des mercenaires se joignant à la révolte, et les rebelles remportèrent des batailles contre les forces du calife. Ils bâtirent également une ville, al-Mukhtarah, et prirent plusieurs autres villes importantes, notamment al-Ubullah, port sur le Golfe Persique. Le nouveau calife Al-Mu'tamid confia à son frère, Al-Muwaffaq, une nouvelle armée qui fut défaite en avril 872.</p>
<p>Entre 872 et 879, alors que Al-Muwaffaq combattait l'expansion de la dynastie au pouvoir en Iran, les rebelles prirent d'autres villes et s'établirent dans le Khouzestan. Une seconde offensive organisée en 879 aboutit à la reprise des villes conquises et en 883, grâce au renfort de troupes égyptiennes, al-Muwaffaq écrasa cette révolte et retourna à Bagdad avec la tête d'Ali.</p>
<p>Par la suite, les esclaves noirs furent souvent remplacés par des esclaves slaves grâce au commerce des Radhanites.</p>
<p>La révolte des Zanj et le premier État créé par des esclaves</p>
<p>Comme une avalanche, la révolte Zanj débute avec une poignée d'enthousiastes, cinquante esclaves armés de gourdins, retournés par Ali contre leurs gardiens. À ce noyau s'agrègent en quelques jours des dizaines, puis des centaines d'esclaves libérés. Galvanisés – certains écrivent fanatisés – par leur Sahib, habitués à évoluer dans l'enfer humides des marais irakiens, la bande met en déroute « avec trois sabres, des matraques et des assiettes » une première troupe de 4 000 hommes venus les en extirper. Les voilà mieux armés, équipés de deux bateaux qui leur permettent d'attaquer des garnisons et de soumettre ou piller plusieurs villages sur les rives des canaux. Leurs victoires leurs procurent du ravitaillement, des armes, des chevaux, une flotte, un trésor et surtout des centaines de nouvelles recrues, esclaves enthousiasmés par les succès des leurs et libérés par le meurtre de leurs « wakils » (contremaîtres).</p>
<p>Les Zanj constituaient la majorité du mouvement mais Tabari parle aussi de Berbères et de Byzantins car toutes sortes d'esclaves se sont agglomérés autour d'eux ; Ali Ibn Muhammad avait aussi des partisans parmi les tribus, les bédouins et il s'est allié un temps avec les insurgés qarmates chiites », rappelle Salah Trabelsi. Les Zanj finissent par constituer une véritable armée qui contrôle les marais et écrase les uns après les autres les régiments que Bassora et Samarra envoient contre eux, décapitant la plupart de leurs prisonniers sur le champ.</p>
<p>Le Mahdi autoproclamé contrôle maintenant un territoire et il est assez fort pour fonder sa capitale, Al-Mukhtara, nommant des gouverneurs et frappant monnaie à son nom : l'État des Zanj est né. En septembre 871, son armée parvient enfin à conquérir Bassora. Les troupes du Sahib pillent et incendient la ville qui lui a trop résisté, exterminent la garnison, massacrent les nantis et une partie de la population. Oruno D. Lara donne une fourchette de 20 000 à 300 000 morts. « C'était bien une révolte pour l'émancipation des Zanj mais c'était loin d'être un sursaut humanitaire ou une véritable révolution sociale, observe Trabelsi, et les esclaves libérés ont à leur tour possédé des esclaves. »</p>
<p>Les troupes califales envoyées l'année suivante pour châtier les rebelles échouent à nouveau : instable et fragile, le pouvoir n'a pas les moyens de rétablir son autorité. En Égypte et en Syrie, le gouverneur Ibn Tulun, fondateur de la dynastie tulunide, se comporte en souverain indépendant et prive Samarra d'importants impôts et de ses troupes de l'ouest. À l'est, Yakoub Ibn Layth as-Saffar, ancêtre des souverains saffarides, conquiert à partir de 861 un domaine qui finit par s'étendre de l'Asie centrale aux portes de Bagdad, mobilisant les forces califales. Des insurrections paysannes et chiites agitent les territoires encore sous contrôle de Samarra et l'importante révolte des Qarmates chiites fait rage au même moment que celle des Zanj, les deux mouvements concluant parfois des alliances de circonstances.</p>
<p>À la faveur de ces désordres, les Zanj étendent leur territoire vers l'est persan et vers le nord, parvenant à 80 kilomètres de Bagdad en 879. L'apogée est éphémère : voyant dans la faiblesse du califat chancelant un moyen de renforcer son pouvoir en Irak, Ibn Tulun finit par envoyer une armée commandée par son fils se joindre aux forces dirigées par le propre frère du calife Al-Mutaddid contre les Zanj. Ceux-ci ne cessent dès lors de se replier sur leurs marais pour finir acculés, en 881, dans leur capitale fortifiée où ils tiennent tête encore deux ans à plus de 40 000 assiégeants dont Ali Ibn Muhammad, fidèle à son serment de ramadan, refuse les offres de clémence.</p>
<p>En août 883, Al-Mukhtara tombe. Les cinq à six mille Zanj qui se rendent sont épargnés, les autres se font massacrer. Ceux qui se sauvent dans les marais finissent par mourir de soif ou par être capturés comme esclaves par les bédouins et leurs chefs sont suppliciés avant d'être tués, exhibés sur des crucifix ou la tête au bout d'une pique. Toute résistance devenue vaine, Ali Ibn Muhammad se rend et est exécuté sur la le champ tandis que ses femmes et ses enfants – une centaine dit-on – sont envoyés mourir en prison.</p>
<p>Ainsi se conclut l'expérience libertaire, mystique et politico-militaire des Zanj et de leur Sahib. D'Al-Mukhtara, détruite par l'armée abbasside, effacée par les mouvements des canaux, on n'a jamais retrouvé une trace. Mais cette grande révolte de quinze ans a profondément marqué l'évolution de l'empire abbasside dont il aurait pu avoir raison.</p>
<p><a href="https://www.jeuneafrique.com/1490668/culture/la-revolte-des-zanj-et-le-premier-etat-cree-par-des-esclaves/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.jeuneafrique.com/1490668/culture/la-revolte-des-zanj-et-le-premier-etat-cree-par-des-esclaves/</a></p>
<p>La révolte, qui débuta en septembre 869, était concentrée dans les districts d'Irak et d'al-Ahwaz (actuelle province du Khouzistan, en Iran) dans les régions centrales du califat abbasside. Au cours des 14 années suivantes, les Zanjs purent combattre les armées supérieures du gouvernement abbasside en menant une guérilla contre leurs adversaires. Ils sont devenus adeptes des raids des villes, des villages et des camps ennemis (souvent la nuit), s'emparant d'armes, de chevaux, de nourriture et de captifs et libérant d'autres esclaves, et brûlant le reste en cendres pour retarder les représailles. Au fur et à mesure que la rébellion évoluait, ils construisaient aussi des forteresses, s'équipaient d'une marine pour traverser les canaux et les rivières de la région, percevaient des impôts dans les territoires sous leur contrôle et frappaient leurs propres pièces.</p>
<p>À ses débuts, la rébellion se limitait à la région autour de la ville de Bassorah et le Chatt-el-Arab. Les premiers efforts du gouvernement abbasside pour écraser la révolte s'avérèrent inefficaces, et plusieurs villes et villages furent occupés ou pillés, y compris al-Ubulla en 870 et Suq al-Ahwaz en 871. Bassorah tomba en septembre 871 à la suite d'un blocus prolongé, résultant au brûlage de la ville et le massacre de ses habitants. Une campagne de représailles menée par le régent califal Abou Ahmed ibn al-Mutawakkil (connu par son honorifique d'al-Muwaffaq) contre les rebelles en 872 s'est soldée par un échec, et les Zanjs sont restés sur l'offensive au cours des années suivantes.</p>
<p>L'incapacité persistante de l'armée abbasside à réprimer la révolte, provoquée en partie par son souci de lutter contre l'avancée du saffaride Yaqoub ibn al-Layth dans al-Ahwaz et en Irak, finit par encourager les Zanjs à étendre leurs activités vers le nord. Une campagne menée par les rebelles pour occuper les marais entre Bassorah et Wasit en 876 a été couronnée de succès, et bientôt ils ont fait leur chemin dans le district de Kaskar. En 879, la rébellion atteignit sa plus haute extension. Wasit et Ramhurmuz furent saccagés et les rebelles avancèrent vers le nord-ouest le long du Tigre, arrivant à moins de 80 kilomètres de Bagdad.</p>
<p>Le gouvernement abbasside regagna l'initiative dans la guerre à la fin de l'année 879, quand Al-Mutadid envoya son fils Abou al-'Abbas (le futur calife al-Moutadid) avec une force majeure contre les rebelles. Al-Muwaffaq lui-même rejoignit l'offensive l'année suivante et, au cours des mois suivants, les forces gouvernementales réussirent à débarrasser les districts de l'Irak et d'al-Ahwaz des rebelles et à les ramener vers leur « capitale » al-Mukhtarah, au sud de Bassorah.</p>
<p>Al-Mukhtarah fut mis en état de siège en février 881 et, au cours des deux années et demie suivantes, al-Muwaffaq proposa d'offrir des conditions généreuses à tous ceux qui se soumettraient volontairement et convainquit de nombreux rebelles d'abandonner la lutte. La chute d'al-Mukhtarah en août 883, combinée à la mort ou à la capture de 'Ali ibn Mohammed et de la plupart des commandants rebelles, mit fin à la révolte ; les rebelles restants se rendirent au gouvernement ou furent tués.</p>
<p>Le décompte des esclaves Zanj tués varie de 300 000 à 2 500 000.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_des_Zanj" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_des_Zanj</a></p>
<p>De 775 apr. J.-C. à 777 apr. J.-C., c'est la grande révolution collectiviste antireligieuse des « Zendjs » d'Arabie, les esclaves.</p>
<p>C'est probablement la plus grande révolte d'esclaves de l'Histoire. C'est aussi un mouvement collectiviste antireligieux qui a fini écrasé en Arabie.</p>
<p>Zanj, était le nom que l'on donnait en Irak aux esclaves noirs africains originaires de l'Afrique Orientale, (de l'Éthiopie, du Kenya, du Malawi, et surtout de Zanzibar, île d'où vient le nom Zanj). Il y a plus de mille ans, ces esclaves étaient présents en Irak en grand nombre (une dizaine de milliers) et étaient exploités dans les marais salants situés au sud du pays.</p>
<p>L'historien Runoko Rashidi dans son livre "Histoire millénaire des Africains en Asie" nous dit concernant les conditions de vie de ces esclaves : "les travailleurs Zanj extrayaient les couches arables et en évacuaient les tonnes de terre pour planter, dans la couche inférieure moins saline du sol, des cultures qui, à l'instar de la canne à sucre, requièrent un labeur intense. Avec pour toute nourriture de faibles portions de farine, de semoule et de dattes, ils étaient en conflit permanent avec le système esclavagiste irakien."</p>
<p>À trois reprises (entre le 7e et le 9e siècle) les Zanj se révolteront contre les traitements inhumains que leur font subir les Arabes. Durant une de ces révoltes, qui dura de 868 à 883, les Zanj infligèrent de sévères défaites aux armées du Califat. Cette insurrection fut nommée "Révolte des Zanj ou Révolte des Noirs".</p>
<p>La rébellion des Zanj est une révolte d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans le sud de l'Irak, dans la région de Bassorah.</p>
<p>Beaucoup de propriétaires de la région avaient acheté des centaines d'esclaves noirs originaires de l'Est de l‘Afrique, le Zanj, pour travailler à l'irrigation de leurs terres, en espérant que leur ignorance de la langue arabe les rendraient particulièrement dociles.<br class='autobr' />
En septembre 869, le Zaidite[1] Ali ibn Muhammad prétendant descendre de Ali, le quatrième calife, et de Fatima, la fille de Mahomet, réussit à convaincre plusieurs centaines d'esclaves de se soulever contre le gouvernement central, basé à Samarra, en soulignant leur condition injuste et en leur promettant la liberté et la fortune. Le discours de Ali ibn Muhammad était renforcé par son adhésion à la secte des kharidijiques. Les conditions de vie abominables des esclaves les décidèrent à prendre parti pour la révolte, que d'autres suivirent au nom d'un islam plus pur.</p>
<p>Le soulèvement prit rapidement de l'ampleur, les Bédouins et des mercenaires se joignant à la révolte, et les rebelles remportèrent des batailles contre les forces du calife. Ils bâtirent également une ville, al-Mukhtarah, et prirent plusieurs autres villes importantes, notamment al-Ubullah, port sur le Golfe Persique. Le nouveau calife Al-Mu'tamid confia à son frère, Al-Muwaffaq , une nouvelle armée qui fut défaite en avril 872.</p>
<p>Entre 872 et 879, alors que Al-Muwaffaq combattait l'expansion de la dynastie au pouvoir en Iran, les rebelles prirent d'autres villes et s'établirent dans le Khouzestan. Une seconde offensive organisée en 879 aboutit à la reprise des villes conquises et en 883, grâce au renfort de troupes égyptiennes, al-Muwaffaq écrasa cette révolte et retourna à Bagdad avec la tête d'Ali.</p>
<p>Par la suite, les esclaves noirs furent souvent remplacés par des esclaves slaves grâce au commerce des Radhanites.</p>
<p>Le terme zanj, zandj, zenj, ou Zendj voire Zinj selon la translittération vient du persan (زنگبار Zangi-bar signifiant depuis l'Antiquité, la "Côte des Noirs", ou de l'arabe Zanj.</p>
<p>La rébellion des Zanj est une révolte d'esclaves noirs contre le pouvoir des Abbassides entre 869 et 883 dans le sud de l'Irak, dans la région de Bassorah. Beaucoup de propriétaires de la région avaient acheté des centaines d'esclaves noirs originaires de l'Est de l‘Afrique, le Zanj, pour travailler à l'irrigation de leurs terres, en espérant que leur ignorance de la langue arabe les rendraient particulièrement dociles.</p>
<p>En septembre 869, Ali ibn Muhammad prétendant descendre de Ali, le quatrième calife, et de Fatima, la fille de Mahomet, réussit à convaincre plusieurs centaines d'esclaves de se soulever contre le gouvernement central, basé à Samarra, en soulignant leur condition injuste et en leur promettant la liberté et la fortune. Le discours de Ali ibn Muhammad était renforcé par son adhésion à la secte des kharidijiques. Les conditions de vie abominables des esclaves les décidèrent à prendre parti pour la révolte, que d'autres suivirent au nom d'un islam plus pur.</p>
<p>Le soulèvement prit rapidement de l'ampleur, les Bédouins et des mercenaires se joignant à la révolte, et les rebelles remportèrent des batailles contre les forces du calife. Ils bâtirent également une ville, al-Mukhtarah, et prirent plusieurs autres villes importantes, notamment al-Ubullah, port sur le Golfe Persique. Le nouveau calife Al-Mu'tamid confia à son frère, Al-Muwaffaq , une nouvelle armée qui fut défaite en avril 872. Entre 872 et 879, alors que Al-Muwaffaq combattait l'expansion de la dynastie au pouvoir en Iran, les rebelles prirent d'autres villes et s'établirent dans le Khouzestan. Une seconde offensive organisée en 879 aboutit à la reprise des villes conquises et en 883, grâce au renfort de troupes égyptiennes, al-Muwaffaq écrasa cette révolte et retourna à Bagdad avec la tête d'Ali. Par la suite, les esclaves noirs furent souvent remplacés par des esclaves slaves grâce au commerce des Radhanites.</p>
<p>De 822 apr. J.-C. à 883 apr. J.-C., c'est le grand mouvement révolutionnaire de Zanzibar et Bassorah d'Ibn Mohamed. Ibn Mahomed était un chef révolutionnaire arabe. Il réclama la suppression des barrières de classe et l'égalité de tous les hommes (y compris sans égard à la couleur de leur peau). Esclave blanc, il fraternisa avec les esclaves noirs (« les noirs de Zanzibar » ) et mena avec eux une révolte victorieuse. Il fonda au cœur de l'Empire Arabe un état collectiviste et le défendit pendant douze ans. Une grande partie de l'armée, envoyée contre lui, ayant embrassée sa cause.</p>
<p>De 869 apr. J.-C. à 883 apr. J.-C., c'est la révolte des esclaves à Bassorah (Basra). Des esclaves noirs de l'Empire Arabe, rassemblés par Ibn Mohamed, luttent victorieusement contre leurs oppresseurs. Ils s'emparent de la ville de Bassorah (Basra), dans le Golfe Persique (Irak actuel) en 871. Ces esclaves y fondent un état communiste. Avec l'aide d'ouvriers et de pâtres, ils étendent leur pouvoir sur un large secteur de la Mésopotamie (Irak). Mais, ils sont finalement écrasés par les armées arabes unies.</p>
<p>En 864 apr. J.-C., c'est le mouvement Qarmate, révolte des Zendj, guerre de Babek, Ismaï-lisme. Hamdan Quarmat était un chef révolutionnaire arabe. Il fonda dans les mines du Golfe Persique, un mouvement qui se propagea dans l'Asie Antérieure, en Afrique du Nord et en Arabie. Il préconisait une vie fraternelle, selon des principes collectivistes. Il s'empara du pouvoir dans de vastes régions de l'Arabie. Il périt assassiné dans son combat libérateur.</p>
<p>De 899 apr. J.-C. à 930 apr. J.-C., c'est la Révolution Arabe et formation de l'état communiste des Qarmates (ou Carmathes) à Ahsa. Des ouvriers, des pâtres et des esclaves se révoltent dans de nombreuses régions de l'Empire Arabe pour instaurer un régime communiste. Ils s'emparent des idées de Qarmat (ou Qermat) qui avait fondé, en 890, en Mésopotamie, une communauté politique et religieuse, les Qarmates. Partie des régions pauvres du Golfe Persique, la révolution triomphe dans l'Arabie Orientale et gagne de grandes parties de la Syrie, de la Mésopotamie et de l'Inde Septentrionale. Elle permet, en 899, aux Qarmates de fonder un état autonome à Ahsa, sur le Golfe Persique. Après la mort de Qarmat, la révolution est détournée par des dirigeants ambitieux (dont Al-Mahdi, qui fondera sa propre dynastie, les Fatimides, en Afrique du Nord) et des fanatiques religieux. Le mouvement s'effondre après avoir conquis La Mecque et transféré la « Pierre Noire » sacrée dans la capitale des Qarmates à Ahsa.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4652" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4652</a></p></div>
Lamentations mésopotamiennes ou quand les villes de la Mésopotamie antique ont chuté
http://matierevolution.org/spip.php?article7200
http://matierevolution.org/spip.php?article72002021-06-28T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionMésopotamieRévolteIrak - IraqSyrie
<p>Ni un tsunami, ni une tempête, ni une sécheresse ni une guerre, ni l'abandon des dieux n'ont emporté les villes de Mésopotamie et leur civilisation...On se souvient que les lamentations antiques d'Egypte recouvraient des situations dans lesquelles les plus pauvres avaient renversé le régime et même le système social… <br class='autobr' />
En Egypte comme en Mésopotamie, les écrivains avaient du mal à comprendre comment des sociétés aussi solides et anciennes avaient pu chuter complètement et irrémédiablement et (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Ni un tsunami, ni une tempête, ni une sécheresse ni une guerre, ni l'abandon des dieux n'ont emporté les villes de Mésopotamie et leur civilisation...On se souvient que les lamentations antiques d'Egypte recouvraient des situations dans lesquelles les plus pauvres avaient renversé le régime et même le système social…</p>
<p>En Egypte comme en Mésopotamie, les écrivains avaient du mal à comprendre comment des sociétés aussi solides et anciennes avaient pu chuter complètement et irrémédiablement et ils en attribuaient la faute aux dieux qui avaient abandonné les hommes…</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_out" rel="external">Lire ici sur les révolutions sociales de l'Egypte antique</a></p>
<div class='spip_document_14931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L266xH190/index-67-8a1ba.jpg?1790070726' width='266' height='190' alt='' />
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<p>Villes de Mésopotamie</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Ur.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH339/Ur-76835.jpg?1790070726' width='500' height='339' alt='' /></a>
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<p>Ruines d'Ur</p>
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</div>
<p>Ruines de Çatal Hüyük</p>
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<p>Ruines d'Uruk</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/images-90-8cfec.jpg?1790070727' width='259' height='194' alt='' />
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</div>
<p>Ruines d'Agadé</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L236xH174/8d358885578e9e3fbc445331f033b1cc--ancient-mesopotamia-sumerian-993d2.jpg?1790070727' width='236' height='174' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Ruines d'Eridu</p>
<h2 class="spip">La chute et la destruction des villes de Mésopotamie</h2>
<p>Les sociétés sumériennes, akkadiennes et élamites de Mésopotamie sont passées de l'égalitarisme à la division en classes. De là sont nées de sources de conflits irréconciliables et des révolutions qui ont renversé les villes devenues villes-Etats.</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/06/catal-huyuk-la-premiere-ville-du-monde-etait-egalitaire</p>
<p>[Révolutions des villes de l'Antiquité -> https://www.matierevolution.fr/spip.php?article228" class="spip_out" rel="external">Çatal Hüyük, la première ville du monde, était égalitaire</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52" class="spip_out" rel="external">Révolutions de l'Antiquité</a></p>
<p>Des textes ont subsisté sur ces chutes, cinq lamentations principales : sur la ville d'Ur, sur le pays de Sumer et la ville d'Ur, sur la ville de Nippur, sur la ville d'Eridu, sur la ville d'Uruk.</p>
<p>Les lamentations donnent des interprétations purement mythiques de la chute de ces villes, attribuant aux dieux l'action des hommes et notamment les révoltes et révolutions et leur répression.</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515" class="spip_out" rel="external">Comment les Sumériens ont disparu en 2007 avant notre ère</a></p>
<p>La plus célèbre, la Lamentation sur Ur, dresse ainsi le tableau terrible de la ville assassinée, avec l'accord des dieux, par les ennemis du pays de Šimaški et d'Elam :</p>
<h2 class="spip">Lamentation sur la ville d'Ur :</h2>
<p>" Le sang des pays comme du bronze et du plomb s'accumule ;</p>
<p>Ses morts fondent d'eux-mêmes comme de la graisse au soleil ;</p>
<p>Ses hommes qu'anéantit la hache, aucun casque ne les protège ;</p>
<p>Comme une gazelle prise au piège, ils s'allongent, la bouche dans la poussière...</p>
<p>Les mères et les pères qui ne sortent pas de leur maison sont recouverts par le feu ;</p>
<p>Les enfants couchés dans le giron de leur mère, comme des poissons sont emportés par les eaux...</p>
<p>Puisse ce désastre être entièrement anéanti !</p>
<p>Comme la grande grille de la nuit, puisse la porte être refermée sur lui ![...]"</p>
<p><a href="https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/lamentation-sur-la-ruine-d-ur" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« Les tessons enflammés et la poussière pleuvent en averse –<br class='autobr' />
Le peuple gémit.<br class='autobr' />
À force d'entasser les cadavres, c'est un mur de corps que l'on élève – le désastre engloutit tout pêle-mêle.<br class='autobr' />
Le peuple gémit.<br class='autobr' />
La tempête qui détruit de fond en comble le pays gronde sur la terre […]<br class='autobr' />
Les cadavres fondent d'eux-mêmes comme graisse au soleil.<br class='autobr' />
Les hommes abattus par la hache, aucun casque ne les protège, […]<br class='autobr' />
Les femmes âgées, les hommes âgés qui ne quittent pas leur maison sont jetés aux flammes<br class='autobr' />
Les enfants couchés dans le giron de leur mère, comme des poissons sont emportés par les eaux… »</p>
<p><a href="http://pierre.campion2.free.fr/prouteau_Ur.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« L'ouragan, comme un lion, se lança à l'attaque. Et quand la tempête fut enfin rappelée hors de la ville, cette ville n'était plus qu'un amas de ruines. Ô vénérable Nanna, de cette cité en ruine, elle se retira ! En ce temps-là, la tempête se retira du Pays et son peuple, qui n'était pourtant pas fait d'argile, était répandu sur son sol comme une multitude de tessons. À sa muraille, des brèches avaient été faites. À sa haute porte, à toutes ses entrées, les cadavres étaient accumulés. Dans toutes les grand'rues processionnelles, ils étaient étendus, tête contre épaule ; dans toutes les impasses et les allées, les corps sans vie étaient empilés, et sur les places, où l'on faisait naguère danser les gens du Pays, ils étaient accumulés en tas. Le sang du Pays avait rempli toutes les fosses, comme du cuivre ou de l'étain en fusion, et les cadavres, comme des carcasses de moutons laissées au soleil, se décomposaient sur place.</p>
<p>De ses hommes que la hache de bataille avait abattus, les têtes n'avaient pas été mises dans un linceul : comme des gazelles prises dans un piège, ils gisaient le nez dans la poussière. Ses hommes que l'épée avait fauchés, n'avaient pas été enveloppés des bandelettes funèbres : ils étaient comme des enfants morts-nés qu'on aurait laissés dans le sang de l'accouchement. Ses hommes que la masse d'arme avait fracassés, n'avaient pas été mis dans des étoffes fines, et bien que n'étant pas pris de boisson, ils gisaient écroulés sur l'épaule de leur voisin.</p>
<p>Celui qui s'était élancé au combat, l'arme de l'ennemi l'avait arrêté net, et celui qui s'était enfui, la tempête l'avait repoussé, lui aussi ; à l'intérieur d'Ur le fort comme le faible avaient péri de la famine. Les vieilles gens, qui ne pouvaient quitter leur maison, furent livrés aux flammes. Les tout-petits, dormant encore sur le sein de leur mère, furent emportés d'un coup, comme les poissons pêchés au filet dans la mer, et leurs nourrices aux bras robustes restèrent les bras vides.<br class='autobr' />
La raison du Pays fut anéantie ; le bon sens du Pays fut englouti comme dans un marécage. La mère abandonna sa propre fille sous ses yeux, le père se détourna de son propre fils ; les épouses furent abandonnées dans la ville, les enfants laissés là, les richesses éparpillées çà et là ; le peuple des Têtes Noires fut déporté de chez lui vers des quartiers d'esclavage.</p>
<p>Leur Reine, comme un oiseau à l'envol, quitta sa ville. Nikkal, comme un oiseau à l'envol, quitta sa ville. Sur toutes les richesses du Pays, entassées comme elles l'étaient, des mains malpropres se jetèrent. Aux entrepôts du Pays, remplis à craquer comme ils l'étaient, on mit le feu. […] À l'intérieur de la sainte éminence à étages, la belle résidence-Ekishnugal, les grandes haches de cuivre mordirent comme des molosses ; Shimashkéens et Elamites, les destructeurs, traitèrent ce sanctuaire comme une quantité négligeable.</p>
<p>Ils cassèrent tout de la belle demeure avec leurs haches, et ils firent de la ville un monceau de ruines, jusqu'à ce que la Dame crie : « Hélas ! Ma ville ! », qu'elle s'écrie : « Hélas ! Ma demeure ! » ; jusqu'à ce que Nikkal crie : « Hélas ! Ma demeure ! ». Elle était en larmes : « Ah ! Ma ville a été détruite ! Ah ! Ma demeure a été ravagée ! Ô Nanna ! Ur a été ravagée, et sa population a été dispersée ! »</p>
<h2 class="spip">La lamentation sur Nippur :</h2>
<p>« La bonne ville — Comment a-t-elle été vidée ? Ses précieuses ordonnances ont été avilies.Dans la ville, comment ses fêtes ont-elles été détruites ? Ses plus grands rites ont été mis sens dessus dessous. Nippur, au coeur de laquelle les mets avaient été distribués, où le peuple des têtes noires avait propagé une bonne semence, la ville du coeur de laquelle la raison était apparue, c'est là que les Anuna avaient fixé les normes de l'Ubçuunkena, la place où sont rendus de grands jugements, où ils avaient révélé ce qui assurait de justes décisions (Nippur) où ses dieux avaient établi (leurs) demeures, où des chapelles étaient érigées, des trônes dressés, où des libations de boissons alcoolisées et de sirop avaient été décrétées comme destin pour le lieu d'offrandes royal sacré et les repas du soir dans ses plus grandes salles à manger. Nippur, ville à la large ombre à laquelle le peuple des têtes noires s'était rafraîchi, comme il (Enlil) a négligé ses demeures ! C'est lui-même qui les a dispersées comme des vaches à la débandade. Cette ville dont le coeur déborde d'amères larmes, jusqu'à quand la déesse, sa maîtresse, ne s'enquérera-t-elle pas d'elle ? L'Egula qui avait connu le brouhaha — comme dans lieu désolé, personne n'y entre plus. En ce qui concerne Nippur, la ville où tous les grands souverains s'étaient prélassés — Pourquoi ceux-ci ont-ils disparu ? Le pays où l'on avait donné à manger aux têtes noires des nourritures variées comme à des moutons, jusqu'à quel jourrestera-t-il abandonné ? Larmes, plaintes, abattement, désespoir ! Jusqu'à quand le corps sera-t-il enflammé et le coeur ne s'apaisera-t-il pas vis-à-vis de lui ? (Là où) cymbales et tambours alaavaient retenti — Pourquoi le jour est-il passé dans d'amers ilu ? Les joueurs de balaμ, pourquoi sont-ils assis sur son ouvrage en brique ? Ils lui parlent en pleurant de la lassitude qui s'est appesantie sur eux. Les gens dont le conjoint est tombé, dont l'enfant est tombé, lui disent en chantant : 'Hélas, notre ville détruite ! ' »</p>
<p><a href="https://cdli.ucla.edu/dl/pdf/P469683.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Malédiction d'Agadé :</h2>
<p>« <br class='autobr' />
e messager ne prenait plus la route, le bateau du chargé de mission ne passait plus par la rivière. <br class='autobr' />
Pillage des ressources rurales Les chèvres rousses d'Enlil furent emmenées en butin de leur parc à bétail, ils emmenèrent aussi leurs bergers. Les vaches furent emmenées de leur enclos, ils emmenèrent aussi leurs pâtres. <br class='autobr' />
Inversion des rôles Les gardes étaient mis au carcan. Sur le chemin, les bandits se tenaient en embuscade.<br class='autobr' />
Début de la destruction À la Grand'porte du pays, les vantaux étaient bloqués dans la boue ; dans tout le pays, les gens, depuis leurs murailles, poussaient des plaintes de désespoir ; <br class='autobr' />
Approvisionnement agricole de substitution, mais disparition générale des ressources Au cœur même des villes et non plus dans la vaste campagne alentour, on avait planté les jardins. Comme au jour où les villes étaient édifiées pour la première fois, les grands terroirs ne produisaient pas encore de grain, les terres inondées ne produisaient pas de poissons, les vergers irrigués ne produisaient pas d'arbre fruitier ni de vigne, les denses nuages de pluie ne pleuvaient pas, la végétation ne poussait pas. <br class='autobr' />
Flambée des prix (entre 60 et 600 fois le prix normal) En ce temps-là l'huile était à 1 sicle (d'argent) le ½ litre, le grain était à 1 sicle* le ½ litre, la laine était à 1 sicle la ½ mine** ; de poisson on remplissait un ban*** pour 1 sicle : on achetait à ce prix sur les marchés de leurs villes. <br class='autobr' />
La famine décime la population Celui qui dormait sur le toit mourait sur le toit. Celui qui gisait à l'intérieur de la maison ne recevait pas de sépulture. Poussés par la faim, les gens s'attaquaient les uns aux autres. <br class='autobr' />
Les rues sont envahies par les chiens errants Dans le Ki'ur, le quartier sacré dédié au dieu Enlil, les chiens se rassemblèrent dans la rue silencieuse. Ils y dévoraient les hommes allant par deux. Ils y dévoraient les hommes allant par trois.</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-hypotheses-2016-1-page-403.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Pourquoi cette ville (Agadé) sera détruite :</p>
<p>« Si une ville est installée sur une hauteur, il n'est pas agréable de vivre dans cette ville</p>
<p> Si une ville est installée dans un creux, cette ville sera heureuse […]</p>
<p> Si une ville émet un vacarme continuel, cette ville sera détruite</p>
<p> Si une ville s'abaisse sur elle-même en émettant un grondement comme dans un camp militaire, cette ville disparaîtra bientôt. »</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-hypotheses-2016-1-page-403.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">La lamentation sur Sumer et Ur :</h2>
<p>« Pour dégrader les jours, pour que les règles tombent en oubli, la tempête, telle un ouragan, engloutit (tout) pêle-mêle. Que les me (pouvoirs) de Sumer seraient avilis, que le règne propice s'évanouirait, que les villes seraient détruites et les maisons démolies, que les parcs à bestiaux seraient jetées bas et les bergeries rasées, qu'il n'y aurait plus de boeufs dans ses (de Sumer) parcs à bestiaux,que ses moutons ne se multiplieraient plus dans ses bergeries,que les canaux charrieraient des eaux saumâtres, que sur les bons champs croîtraient des mauvaises herbes,que dans la steppe pousseraient des 'herbes lamentation', que la mère ne partirait plus à la recherche de son enfant,que le père de famille ne dirait plus : 'Ah ! ma (chère) femme !', que la jeune épouse ne serait plus heureuse dans le giron (de son mari), que le petit enfant ne grandirait plus sur les genoux (de ses parents), que la nurse ne chanterait plus de berceuse, que la royauté changerait de demeure,que les décisions intelligentesseraient bloquées,que la royauté serait emportée hors du pays et qu'elle poserait ses yeux sur tout l'univers, que, sur l'ordre d'An et d'Enlil, les règles tomberaient en oubli, que, après qu'An a froncé les sourcils contre tous les pays, après qu'Enlil a jeté un regard (favorable) sur une terre étrangère, après que Nintur a repoussé ses propres créatures, après qu'Enki a maudit le Tigre et l'Euphrate et Utu condamné chemins et routes, les me de Sumer tomberaient en oubli et ses règles seraient altérées,que les me de royauté et le règne d'Ur seraient écartés, que l'Ekiçnuμal du fils princier serait avili, que l'unité du peuple de Nanna, pullulant comme des brebis, serait déchirée, que d'Ur, le sanctuaire aux riches offrandes, les offrandes seraient détournées, que ses gens ne séjourneraient plus dans leurs demeures, qu'ils seraient livrés dans des lieux hostiles, que ce seraient des Çimaçkéens et des Elamites hostiles qui occuperaient leurs logis, que des ennemis s'empareraient de son pâtre dans sonpropre palais qu'Ibbi-Sîn serait emmené au pays d'Elam dans des rets—des dunes du Zabu, au bord de la mer, jusqu'à la frontière d'Ançan —, que, contrairement à une hirondelle qui s'est envolée de son gîte, il ne reviendrait plus vers sa ville, que des mauvaises herbes pousseraient sur les deux rives parallèles du Tigre et de l'Euphrate, que l'on ne foulerait plus les routes, que l'on n'irait plus à la recherche des chemins, que, après avoir été (solidement) fondées, villes et agglomérations seraient comptées pour collines de ruines, que, après avoir pullulé, le peuple des 'têtes noires' serait massacré, que la houe ne s'approcherait plus des bons champs, que la semence ne s'enfoncerait plus dans la terre,que l'e'ellu, le chant du bouvier, ne retentirait plus dans la steppe, que la crème ne serait plus apprêtée dans le parc à bestiaux, que ... serai(en)t détruites. que le pâtre n'entourerait plus d'une clôture la magnifique bergerie,quen'y retentiraient plus les ilulamas des bergers et le bruit des barattes lors du barattage (de la crème), que les animaux seraient décimés dans la steppe, que les êtres vivants seraient anéantis,que les quadrupèdes de Çagan ne laisseraient plus tomber sur la terre (leurs) crottes, que les marais seraient 'crevassés', qu'ils n'auraient plus de nom, que dans les cannaies croîtraient des 'roseaux mauvaise tête' et qu'ils périraient dans la/leur puanteur31,que, quoique n'étant pas des plantes desséchées, les arbres des vergers irrigués s'effondreraient tout seuls,qu'à Ur, grand aurochs qui s'était campé belliqueusement et débordait de confiance en soi,la ville d'où la semence apparut, détentrice de la fonction d'enet de la royauté, fondée sur un sol vierge,serait en hâte passé le licol comme à un grand boeuf, qu'on lui plierait la nuque vers le sol, c'est ce destin que décrétèrent An, Enlil, Enki et Nin∆ursaμ/Ninma∆.Un destin décidé par eux ne peut être modifié, qui pourrait bien l'altérer ? Qui pourrait s'opposer aux ordres d'An et d'Enlil ? An frappa de crainte (les gens de) Sumer dans leurs demeures, le peuple eut peur. Enlil fit s'écouler des jours malsains, ils plongèrent la ville dans le silence. Nintur verrouilla les greniers du pays, Enki 'lia' les eaux du Tigre et de l'Euphrate, Utu arracha des bouches la justice et les paroles dignes de confiance, Innana remit à des pays en révolte (tout ce qui touche) à la bataille et aux combats et Ninμirsu répandit Sumer devant les chiens comme (si c'était) du lait. Sur le pays s'abattit un désespoir comme on n'en avait (encore) jamais connu ni vu, une chose ineffable et insaisissable. Sortant de chez eux, une main porteuse de confusion frappa tous les pays. Cette ville : ses dieux se détournèrent d'elle, son pâtre disparut. Chez eux, les gens respiraient péniblement. La tempête les immobilisa, le jour ne revint pas vers eux. Il y eut (bien) pour eux des jours nouveaux, mais ils furent pires que tous ceux qui avaient précédé. Voilà ce que fit Enlil, le pâtre des 'têtes noires' : Enlil, pour détruire les bonnes maisons, pour décimer les honnêtes gens, pour que l'on jette le mauvais oeil sur les enfants des honnêtes gens et sur les aînés, Enlil fit alors sortir les Gutis de (leurs) montagnes. Leur avance était le déluge d'Enlil, auquel personne ne peut résister.Le grand vent de la steppe remplit la steppe, il souffla devant eux. La steppe dans toute son étendue fut mise sens dessus dessous, plus personne ne put la traverser. Dans le jour devenu très obscur, des tessons enflammés formèrent comme un filet. Un feu très sombre s'unit au jour lumineux. En ce jour sombre, les dents furent amoncelées, les corps jetés pêle-mêle. Le jour était une herse sortie du ciel, la houe frappa la ville. Alors le ciel fut pris de tremblements et la terre frappée —l'oeil de la tempête était agité. Le ciel se brouilla, l'ombre le recouvrit, les montagnes grondèrent. Utu se coucha à l'horizon, ce fut la 'poussière du kur' qui passa Nanna se coucha au zénith, le peuple eut peur. On décrète aux dieux de cette ville une (autre) demeure, chacun d'eux se tient à l'écart.Tous les pays ennemis poursuivent ses gens, ceux qui n'ont pas encore été exterminés62.Ils arrachent les immenses arbres à la racine, se déchaînant contreles forêts.Après avoir dépouillé63les vergers irrigués de leurs fruits, ils enlèvent les bourgeons.Ayant inondé les moissons encore en épis, ils diminuent le (rendement de) grain. Lignes gravement cassées et pratiquement incompréhensibles. Ils amoncelèrent [...] comme des (tas de) gerbes, ils étalèrent [...] comme des gerbes.[La masse d'armes(?)] jonche [le Tigre] et l'Euphrate de cadavres, elle fracasse les têtes.Le père de famille se détourna de son épouse, disant : 'Ce n'est pas mon épouse !' La mère se détourna de son enfant, disant : 'Ce n'est pas mon enfant !' Le propriétaire de (bons) champs quitta ses champs, disant : 'Ce ne sont pas mes champs !' Le propriétaire d'une bonne maison quitta sa maison, disant : 'Ce n'est pas ma maison !' Le riche s'éloigna de ses possessions.La royauté du pays fut alors avilie. Après que tiare et couronneavaient été portées sur la tête, elles furent toutes deux... Après que tous les pays avaient suivi une seule trace, leur unitéfut déchirée. D'Ur, le sanctuaire aux riches offrandes, les offrandes furent [détournée(?) ]. Le peuple de Nanna, pullulant comme des brebis, fut avili. Son roi resta hébété dans son propre palais, Ibbi-Sîn plongea son palais dans les gémissements, lui-même versant des larmes douloureuses sur l'Enamtila qui avait réjoui son coeur. Le déluge, retournant la terre (comme) une houe, passe en nivelant (tout). Telle une grande tempête, il emplit la terre de ses hurlements, qui pouvait lui échapper ? Que les villes seraient détruites et les maisons démolies… »</p>
<p><a href="https://cdli.ucla.edu/dl/pdf/P469682.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">La destruction de la vile d'Eridu :</h2>
<p>« Ziusudra, debout à son côté, entendit [Enki] : "Tiens toi près du mur à ma gauche, Près du mur, je vais te parler ; prend garde à mes mots, fais attention à mes instructions. Par notre décision, un déluge va balayer toutes les villes et tout le pays. Il a été décidé que la semence de l'humanité doit être détruite. Aucune décision, aucun ordre de l'assemblée des Dieux ne peut être révoqué. Aucun contrordre n'a été donné par An et Enlil. Leur royauté, leur mandat va se terminer ; leurs cœurs sont fatigués...<br class='autobr' />
Tous les vents mauvais et les tempêtes surgirent ensemble, et l'inondation balaya toutes les villes et le pays. Alors que le déluge déferla sur la terre, les vagues et les tempêtes de vent secouérent l'énorme bateau pendant sept jours et sept nuits… »</p>
<p><a href="http://mesopotamie.e-monsite.com/pages/mythologie-sumerienne/la-mythologie-sumerienne.html" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gen%C3%A8se_d%27Eridu" class="spip_out" rel="external">Lire aussi</a></p>
<h2 class="spip">Lamentations sur la destruction d'Uruk :</h2>
<p>« Qui a fait cela…… ? Pourquoi …… ? Celui qui avait rendu les personnes aux têtes noires si nombreuses ? Qui a renversé …… ? …… a été détruit - qui a restauré …… ? Qui a confronté …… ? Celui-là a écrasé ……. Utu, qui sous forme humaine rend jugement à la cour de justice du ciel, s'est mis et n'est pas ressuscité. …… portait un lourd fardeau de péché. …… les verdicts modifiés de Lord Nunamnir. …… qui peut frapper …… ? …… et ils s'approchent (?). …… il apporte ……. …… d'Enlil ……. Il …… et met fin à ……. petit non. chacun et chacun ……. …… ses voies étaient ……. …… sa destruction et démolition, ……. Le …… des dieux …… attention. ……, qui a négligé ……, …… la ville a regardé l'approche du fantôme maléfique. …… respirait douloureusement, il pleurait amèrement. …… il n'y eut aucun hochement de tête. Il se consola avec des larmes et des lamentations - la ville tremblait. Une main souillée le frappa et aplatit son crâne - la ville s'effondra. L'éclat redoutable submergé comme ……. La ville fière de toutes les terres est devenue comme celle qui sème le chaos. Les vachers fidèles ont eux-mêmes renversé chaque parc à bestiaux. Les bergers en chef ont eux-mêmes brûlé (?) Chaque bergerie. Ils les ont construits comme des tas de grains, ils les ont étalés comme des tas de grains, ils ont été convulsés. …… ils ont trempé les champs avec de l'eau, ils ont transformé la ville en marais. Ils ont fait tout cela. Comme les roseaux dans un terrain vague, la vie ne pouvait pas être relancée. Ils ont apporté la ruine. Des choses maléfiques menaçaient (?) La ville. Un silence s'installa dans le cœur effrayé de ses habitants comme un manteau. Ses bonnes divinités udug sont parties, ses divinités lamma se sont enfuies. Sa divinité lamma (a dit) "Cachez-vous dans le pays ouvert" et ils ont pris des chemins étrangers. Le dieu protecteur de la ville s'est retourné contre elle et son berger l'a abandonnée. Son esprit gardien, bien que n'étant pas un ennemi, a été exilé (?) Dans un pays étranger. Ainsi, tous ses dieux les plus importants ont évacué Unug, ils s'en sont tenus éloignés. Ils se cachaient dans les collines et erraient (?) Dans les plaines hantées. Dans la ville bâtie sur la paix, la nourriture et la boisson ont été renversées comme un vase saman. Dans les pâturages, un bruit tumultueux s'éleva, les ânes et les moutons furent chassés. Personnes âgées et bébés, prenant leur repos, …… devant ……. Ils ont vu …… et massacré (?) ……. Il …… et ouvrit son poing fermé. Il …… et tendit la main. Le …… de Sumer, la ville dont le roi est passé sur une terre ennemie, pour ……. - il l'a frappé avec la puissance de son arme. Il ... et a transformé l'endroit en poussière. Il …… et a entassé les gens en tas. ……, combien de temps avant que ses charmes soient restaurés ? Le …… du ciel …… et le peuple …… jusqu'aux limites du ciel. Il ……, étendit la main et provoqua la terreur dans le pays. Enlil est sorti avec une grande férocité. Il a annoncé : " Un déluge projetant la houe sur le sol sera invoqué. A son front de guerre sera une …… hache, à son arrière ce sera un ……. Ses poils envahis seront une herse, son dos sera des flammes. . Son visage sera une tempête malveillante qui enveloppe le ciel et la terre. »</p>
<p><a href="https://etcsl.orinst.ox.ac.uk/cgi-bin/etcsl.cgi?text=t.2.2.5#" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Pour continuer :</p>
<p><a href="https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/la-ville-dur-a-lepoque-paleo-babylonienne-210-lhistoire-dur-de-la-chute-dur-iii-a-labandon-par-samsu" class="spip_out" rel="external">L'histoire d'Ur, de la chute d'Ur III à l'abandon par Samsu-iluna</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5313" class="spip_out" rel="external">La naissance de la civilisation en Mésopotamie, ce n'est pas un produit de l'Etat</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4298" class="spip_out" rel="external">Comment Babylone a disparu ?</a></p>
<p><a href="https://lejournal.cnrs.fr/articles/une-riche-cite-decouverte-aux-portes-de-la-mesopotamie" class="spip_out" rel="external">Encore une ville mésopotamienne disparue, cette fois après un incendie</a></p></div>
Sumer ou le "peuple des têtes noires" n'est pas l'origine de la "civilisation occidentale"
http://matierevolution.org/spip.php?article7184
http://matierevolution.org/spip.php?article71842021-04-01T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéMésopotamieIrak - Iraq
<p>Contrairement à ce qu'affirment Kramer et Bottéro, Sumer n'est pas l'origine de la "civilisation occidentale" « Sumer est le berceau de la civilisation occidentale. » déclare Samuel Kramer, auteur de « L'Histoire commence à Sumer » (source) <br class='autobr' /> « L'Histoire commence à Sumer : ce titre que Jean Bottéro donna à la version française du livre célèbre de Samuel N. Kramer a depuis fait le tour du monde. Il dit bien que la civilisation occidentale s'enracine dans le Proche-Orient de la fin du (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot120" rel="tag">Mésopotamie</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag">Irak - Iraq</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_14820 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/30789244755d4d884c345c5fc51364bb.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH674/30789244755d4d884c345c5fc51364bb-8de48.jpg?1790070727' width='500' height='674' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Contrairement à ce qu'affirment Kramer et Bottéro, Sumer n'est pas l'origine de la "civilisation occidentale"</h2><div class='spip_document_15188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH609/9782130547020-00425-0abb6.jpg?1790070727' width='400' height='609' alt='' />
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</div>
<p>« Sumer est le berceau de la civilisation occidentale. » déclare Samuel Kramer, auteur de « L'Histoire commence à Sumer » (<a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1986/08/06/s-n-kramer-lire-sumer-dans-l-argile_2920712_1819218.html" class="spip_out" rel="external">source</a>)</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L304xH499/41bMdhPyXQL-_SX302_BO1_204_203_200_-3ea52.jpg?1790070727' width='304' height='499' alt='' />
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</div>
<p>« L'Histoire commence à Sumer : ce titre que Jean Bottéro donna à la version française du livre célèbre de Samuel N. Kramer a depuis fait le tour du monde. Il dit bien que la civilisation occidentale s'enracine dans le Proche-Orient de la fin du quatrième millénaire. »</p>
<p><a href="https://www.cairn.info/lire-et-ecrire-a-babylone--9782130567400-page-9.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>« La culture occidentale classique plonge ses racines dans ce passé mésopotamien, à commencer par le monde biblique de l'Ancien Testament, du Déluge à la tour de Babel. »</p>
<p>Texte de l'exposition du Louvre</p>
<p><a href="https://www.aphg.fr/IMG/pdf/160919-dp_me_sopotamie_bd_2_.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980" class="spip_out" rel="external">Certes, la Bible a copié les Sumériens mais cela ne signifie pas que Sumer fasse partie de la culture occidentale</a></p>
<p>La race qui précéda les Sémites (Akkad) en Mésopotamie était une race noire.</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1902_num_3_1_6078" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p> Dans le même texte, on peut lire :</p>
<p>« Dans une tablette où il raconte sa vie, Sargon se vante d'avoir subjugué ce peuple noir…</p>
<p>Nabuchodonosor souhaite que ces descendants puissent tojours gouverner les têtes noires…</p>
<p>Que Cyrus ait également soumis les têtes noires est signalé sur un cylindre… »</p>
<p>Les Sumériens se définissent eux-mêmes comme « le peuple à tête sombre » venu du pays de Koush et c'est ce qu'a repris la Bible…</p>
<p>Selon la « Liste royale sumérienne », « la royauté est descendue du ciel… Enki institua dans le territoire villes et hameaux et y multiplia les têtes noires. »</p>
<p>« Nippur, ville à la large ombre à laquelle le peuple des têtes noires s'était rafraîchi… »</p>
<p><a href="https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02073253/document" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les Akkadiens les ont appelés nisi zalmat qaqqadu qui signifie race à têtes noires.</p>
<div class='spip_document_14841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH355/bm_102438_aj_m_9349-0b3aa.jpg?1790070727' width='250' height='355' alt='' />
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</div><div class='spip_document_14822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L266xH189/index-62-7ab9d.jpg?1790070727' width='266' height='189' alt='' />
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</div><div class='spip_document_14819 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L292xH261/sumer-eff21.gif?1790070727' width='292' height='261' alt='' />
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</div> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=sumer+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class="spip_out" rel="external">Lire sur Sumer</a></p>
<p>Avertissement : le but de cet article n'est pas de cultiver la race noire ni de dévaloriser la race blanche ou la prétendue civilisation occidentale, ni de prétendre à une quelconque antériorité culturelle noire, ni de cultiver un noirisme, c'est-à-dire un racialisme, même si c'est celui opposé au racisme des Blancs qu'a produit le colonialisme occidental, mais simplement de rétablir une vérité historique occultée par la « civilisation occidentale ». Celle-ci prétend tenir ses origines de la Mésopotamie, de l'Egypte et de l'Inde mais ces trois civilisations ont connu une époque antique de populations noires ! Précisons que, pour nous, il n'existe ni de civilisation noire, ni de civilisation blanche, ni de civilisation supérieure ou inférieure, ni de culture déterminée par la race. Nous ne cultivons nous-mêmes pas plus la race noire que la race blanche ni aucune autre !! L'humanité est une et indivisible.</p>
<p>Ceci dit, il faut reconnaitre un fait historique : les anciens Sumériens, contrairement aux Akkadiens, étaient des Noirs. <a href="https://theafricansindiaspora.com/2019/10/27/the-ancient-sumerians/" class="spip_out" rel="external">Lire ici</a></p>
<div class='spip_document_14837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/2_-Sagx-gig__Black_Headed_Ones__native_designation_for_the_Sumerians-9bd4d.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH868/2_-Sagx-gig__Black_Headed_Ones__native_designation_for_the_Sumerians-9bd4d-ac3a2.jpg?1790070727' width='500' height='868' alt='' /></a>
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</div>
<p>Sumer signifie "Peuple aux têtes noires ou sombres"</p>
<p>Tous les textes sumériens appellent le peuple sumérien sous le terme « les têtes noires »…</p>
<p>Ur-Nammu :</p>
<p>« Dans la Gagiccua du grand palais, où elle rend des verdicts avec grandeur, il réjouit la grande mère Ninlil. Enlil et Ninlil l'ont savouré là-bas. Dans sa grande salle à manger, le héros de confiance choisi par Nunamnir leur faisait déguster un repas magnifique : l'E-kur se réjouissait. Ils ont regardé avec approbation le berger Ur-Namma, et la Grande Montagne a décrété un grand destin pour Ur-Namma pour tous les temps, faisant de lui le plus puissant parmi son peuple aux têtes noires. »</p>
<p>Inana et Iddin-Dagan :</p>
<p>« Lorsqu'elle se tient dans les cieux, elle est la bonne vache sauvage d'An, sur terre elle instille le respect ; elle est la dame de tous les pays. Elle reçut les pouvoirs divins dans l'abzu, à Eridoug ; son père Enki les lui présenta. Il a placé la seigneurie et la royauté entre ses mains. Elle prend place sur la grande estrade avec An ; elle détermine les destins dans son pays avec Enlil. Tous les mois, à la nouvelle lune, les dieux de la Terre se rassemblent autour d'elle pour que les pouvoirs divins se perfectionnent. Les grands dieux Anuna, s'étant inclinés devant eux, se tiennent là avec des prières et des supplications et prononcent des prières au nom de tous les pays. Ma dame décrète les jugements en bonne et due forme pour le pays. Son peuple aux têtes noires défile devant elle. »</p>
<p>« La Maîtresse est seule dans les cieux purs. Du milieu des cieux, ma dame regarde avec joie toutes les terres et les gens à tête noire, qui sont aussi nombreux que des moutons. »</p>
<p>Ur-Namma :</p>
<p>« Puisse Ur-Ninurta, le roi en qui Enlil a confiance, ouvrir votre maison de sagesse dans laquelle vous avez accumulé des connaissances en abondance, puis être le grand chef des têtes noires. Faire sortir la splendeur terrifiante de sa divinité de lui, le lion de la royauté, dans tout ce qu'il fait, aussi longtemps qu'il vivra. Puissiez-vous lui présenter un hommage important des mers supérieures et inférieures, et laissez Ur-Ninurta l'amener dans le glorieux E-kur. Puisse Enlil le regarder avec joie et ajouter à sa période de règne des jours heureux et des années de joie et de vie. Père Enki, inspirant une terrible crainte, une description sans précédent, que les Anuna, vos divins frères, se réjouissent de vous. Fils d'An, possesseur d'auguste honneur, il est doux de vous louer ! »</p>
<p>Message de Nanaya à Ishbi-Erra :</p>
<p>« Grande dame, digne source d'inspiration, conseillée par la Souveraine : de luxueux pouvoirs divins vous ont été généreusement donnés par la Souveraine. Nanaya, grande dame, digne source d'inspiration, conseillée par la Souveraine ! Icbi-Erra, vous êtes la reine et le berger du peuple ! Nanaya, par le commandement d'An vous êtes la reine de tous les pays. Dans le sanctuaire, à Kulaba, ...... il le déclare, et les gens tournent leur cœur vers vous lorsque vous vous adressez à eux. Nanaya, ma bonne femme, vous êtes la plus favorable aux têtes noires ! »</p>
<p><a href="http://realhistoryww.com/world_history/ancient/Misc/Sumer/Tigis2.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Les Sumériens étaient noirs, Dravidiens ou venus de Koush…</h2><div class='spip_document_14838 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH257/1_Head_of_Gudea-c040e-bc693-f6e50.jpg?1790070727' width='500' height='257' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L423xH640/74696664_2747612578603713_4957375734080339968_n-9f735.jpg?1790070727' width='423' height='640' alt='' />
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</div><div class='spip_document_14821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH330/a3f3c25c82f277266abcb109727374c7-45b77.jpg?1790070727' width='500' height='330' alt='' />
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</div><div class='spip_document_14825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/png/sumerian.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH906/sumerian-926fa.jpg?1790070727' width='500' height='906' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_14826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-14.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-14-10e56.jpg?1790070727' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>On savait déjà que la Bible avait copié les Sumériens et que les Akkadiens n'avaient fait que reprendre les découvertes et inventions sumériennes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980" class="spip_out" rel="external">Lire ici</a></p>
<p>On apprend maintenant que la civilisation sumérienne ne serait qu'un successeur d'autres civilisations, du Koush, de l'Indus, des Dravidiens…</p>
<p>Cinq civilisations noires n'étaient pas africaines</p>
<p><a href="https://www.elimu.education/5-antiques-civilisations-noires-qui-netaient-pas-situees-en-afrique/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les Dravidiens de l'Inde sont des noirs</p>
<p><a href="https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/l_origine_des_populations_de_l_inde_a_la_lumiere_des_dernieres_decouvertes_archeologiques.asp" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>La langue sumérienne est d'origine dravidienne</p>
<p><a href="https://balises.bpi.fr/quelle-est-lorigine-de-la-langue-sumerienne/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les Dravidiens noirs à l'origine de la civilisation de l'Indus, première civilisation de l'Inde</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dravidiens" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_de_Koush" class="spip_out" rel="external">Qui étaient les fondateurs de Koush ?</a></p>
<p>Le royaume noir de Koush est au moins aussi ancien que celui des pharaons et en était au début (XXVe au XXIe siècles av. J.-C.) tout à fait indépendant. Cette civilisation était une civilisation urbaine, son peuple s'étant regroupé autour de grands centres cultuels et commerciaux. La ville de Kerma était son centre. On assiste déjà à un développement de la métallurgie (cuivre mais aussi bronze) et des arts : ébénisterie, ivoire, céramique. C'est l'influence de l'empire d'Egypte et ses guerres qui va limiter le développement du royaume de Koush.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sumer" class="spip_out" rel="external">Qui étaient les fondateurs de Sumer ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515" class="spip_out" rel="external">Comment les Sumériens ont disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197" class="spip_out" rel="external">Qui étaient les fondateurs de la civilisation de l'Indus ?</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bmsap_0301-8644_1902_num_3_1_6078" class="spip_out" rel="external">Cette race qui précéda les Sémites était une race noire</a></p>
<p><a href="http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2016/06/17/La-structure-g%C3%A9n%C3%A9tique-des-premiers-fermiers-du-Proche-Orient" class="spip_out" rel="external">Les Sumériens sont GENETIQUEMENT des noirs, des Dravidiens</a></p>
<p>« Les Sumériens, habitants de la Mésopotamie étaient noirs. Les Sumériens s'appelaient eux-mêmes sag-gig-ga, les personnes à tête noire. Les Sumériens et Elamites, , comme les fondateurs de la civilisation de l'Indus, sont venus d'Afrique. C'est pourquoi les langues élamites et sumériens sont étroitement liés aux langues africaines et dravidiennes.</p>
<p>Le Koushites, venus d'Orient Afrique à l'Asie ont continué à s'appeler Koushites. Cela est particulièrement évident dans les noms de lieux et les noms des dieux. Les Kassites, les dirigeants principaux de l'Iran occupe la partie centrale du Zagros. Le dieu kassite a été appelé Kashshu, qui était aussi le nom du peuple. Le K-S-H, élément de nom se retrouve aussi dans l'Inde. Par exemple Kishkinthai, était le nom donné à un ancien royaume dravidienne en Inde du Sud. En outre, il convient de rappeler que les rois de Sumer, ont été souvent désigné comme le « rois de Kush ». La tribu Koushite majeur en Asie centrale a été appelé Kushana.</p>
<p>La colonie Koushite le plus important en Iran était en Elam. »</p>
<p><a href="https://afrikhepri.org/les-sumeriens-habitants-de-la-mesopotamie-etaient-noirs/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Jean Bottéro décrit « Sumériens et « Accadiens » en Mésopotamie ancienne et montre que ce sont les Sumériens qui sont à l'origine de la civilisation de Mésopotamie :</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1983_act_67_1_2451" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p> Mais Jean Bottéro déclarait aussi que Babylone est à l'aube de notre culture, sous-entendant la culture occidentale, ce que nous récusons.</p>
<p>En débat : Sumer a-t-elle précédé l'Afrique ?</p>
<p><a href="http://www.lisapoyakama.org/sumer-la-premiere-civilisation-noire-de-mesopotamie/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>A travers plusieurs études menées (par le Field Museum et l'Oxford University en 1926 et 1928) sur les nombreux crânes (hyper dolicho-céphales) retrouvés lors de plusieurs fouilles, on définit ce peuple comme appartenant à celui de la race noire ; "Les plus anciens crânes historiques (hyper dolichocéphales) proviennent de Jemdet Nasr à 29 km au Nord de Kish et de la fosse 'y' de Kish... le front fuyant, les sourcils toujours proéminents et les pommettes assez éloignées. Le nez épaté, et dans certains cas, s'affaisse en platyrhinie aigüe bien que la face ait rarement survécu. C'est le type décrit par Sergi, Guiffrida-Ruggéri et Fleure. Il est surnommé type "eurafricain" (pour ne pas dire Noir Africain souligné par nous). D'autres fouilles archéologiques (1869) et celles de Kish (1923-1933) furent ignorées parce qu'elles définissaient les anciens sumériens comme n'étant pas des sémites ni des Blancs. Selon les écrits Bibliques, Nemrod fils de Koush (Ethiopie) est le fondateur de Sumer. C'est à ce peuple noir que l'on doit le développement et la naissance de cette civilisation car c'est leur savoir qui fit prendre son essor à Sumer. Les faits se confirment à travers les palettes Sumériennes, en effet sur ces dernières on découvre que les Sumériens se nommaient eux mêmes les "Têtes Noires" et se définissaient comme des Koushites provenant des abords du Nil pour s'installer en Asie.</p>
<p><a href="http://www.shenoc.com/les_sumeriens.htm" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>L'origine et la civilisation des habitants de l'ancienne Mésopotamie ont fait l'objet d'intenses débats au cours des dernières décennies. Récemment, des restes squelettiques datés entre le début de l'âge du bronze et la période romaine tardive (entre 2500 avant notre ère et 500 après JC) ont été excavés de deux sites archéologiques situés dans la vallée moyenne de l'Euphrate. Witas et ses collègues ont analysé l'ADN mitochondrial (ADNmt) obtenu à partir de ces restes squelettiques et ont fait valoir que les personnes vivant dans l'ancienne Mésopotamie portaient des haplotypes d'ADNmt correspondant aux haplogroupes M65a, M49 et / ou M61. Il est important de noter que ces haplogroupes d'ADNmt se trouvent couramment dans les populations appartenant au sous-continent indien, mais sont absents chez les personnes vivant en Syrie. Cette étude a suggéré que les restes squelettiques de Mésopotamie appartenaient à des personnes qui ont une affinité génétique avec les populations vivant dans le sous-continent indien. Cette observation a soulevé une question pertinente de savoir si les haplogroupes M65a, M49 et / ou M61 transportant des individus étaient les descendants d'anciens migrants qui auraient pu fonder des groupes mésopotamiens régionaux comme celui de Terqa ou étaient-ils les marchands qui utilisaient ces régions pour le commerce. Pour résoudre ces problèmes, la présente étude a été réalisée de manière plus complète sur un grand ensemble de données d'ADNmt. Les résultats de notre étude appuient clairement la dernière proposition, suggérant que les haplogroupes M65a, M49 et / ou M61 transportant les anciens Mésopotamiens auraient pu être les marchands de l'Inde.</p>
<p><a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4192148/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Dans ses écrits, Sargon 1er, roi Sémite, vainqueur des Sumériens, se proclamait « roi d'Akkad et de Sumer » et « Souverain du peuple aux Têtes Noires ». En bref, ces indices nous amènent à penser que les Sumériens étaient effectivement une population à la peau Noire, qui était probablement originaire de la Vallée de l'Indus.</p>
<p><a href="https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/les-sumeriens-d-ou-donc-ces-genies-222539" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Ancient Sumer</p>
<p><a href="https://www.ancient.eu/sumer/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Why were the Sumerians called “the black headed people” ?</p>
<p><a href="https://www.reddit.com/r/Assyria/comments/batr7x/why_were_the_sumerians_called_the_black_headed/" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>The ancient Sumerians were balck-headed</p>
<p><a href="https://www.khanacademy.org/humanities/ancient-art-civilizations/ancient-near-east1/sumerian/a/the-sumerians-and-mesopotamia" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Why were the Sumerians called black-headed</p>
<p><a href="https://www.quora.com/Why-were-the-Sumerians-called-black-headed-and-in-contrast-to-whom" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p>Les Sumériens ne s'appelaient pas exactement le « peuple aux têtes noires ». Les Sumériens s'appelaient eux-mêmes le SAJ.GIG2.GA qui est mieux traduit par « People.Dark.Living » ou « Dark Living People ». GIG2 : (comme verbe) être noir ou foncé ; (comme adjectif) noir, sombre, ombragé. Cette auto-description montre que les Sumériens se considéraient comme un peuple à la peau sombre qui contrastait avec le peuple akkadien à la peau plus claire du nord.</p>
<p><a href="https://www.naturepagan.com/technical-ancient-text-translation-co" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://anarkia333data.center/meta/tetes-noires-parks" class="spip_out" rel="external">Têtes noires de Sumer</a></p></div>
Les mythes, légendes et religions qui ont accompagné les passages du matriarcat au patriarcat
http://matierevolution.org/spip.php?article6405
http://matierevolution.org/spip.php?article64052019-08-13T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionReligionTurquieIranFemmes womenIrak - Iraq
<p>Partout dans le monde : des déesses bien avant les dieux... <br class='autobr' /> La déesse égyptienne Maât dirige l'ordre cosmique <br class='autobr' />
Déesse égyptienne Sekhmet : <br class='autobr' />
Déesse phénicienne Hathor : <br class='autobr' />
Déesse Aphrodite : Le menhir de la déesse-mère : La déesse-reine Ishtar de Mari : <br class='autobr' />
Les religions monothéistes d'Etat, qui sont des défenseurs violents du patriarcat, ont détruit bien des traces des anciennes religions de l'époque du matriarcat, comme le dit clairement l'Ancien Testament : <br class='autobr' />
« Vous détruirez tous les (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<div class='rss_texte'><p>Partout dans le monde : des déesses bien avant les dieux...</p>
<div class='spip_document_12471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/venus-willendorf-autres-venus-prehist-688po-133a0-3f6cd.jpg?1790066924' width='500' height='300' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La déesse égyptienne Maât dirige l'ordre cosmique</p>
<div class='spip_document_12470 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH395/droit-femme-egypte-ba6b3-d0a02.jpg?1790066924' width='500' height='395' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Déesse égyptienne Sekhmet :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH249/ad84f07_13950-11fbre4-d6i7-485b9-a01c8.jpg?1790066924' width='500' height='249' alt='' />
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</div>
<p>Déesse phénicienne Hathor :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/deesse_pehnicienne_hathor-d1e0b.jpg?1790066924' width='220' height='293' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Déesse Aphrodite :</p>
<div class='spip_document_12468 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH555/1200px-Aphrodite_swan_BM_D2-db2e3-4abd7.jpg?1790066924' width='500' height='555' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Le menhir de la déesse-mère :</p>
<div class='spip_document_12467 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/Statue-menhir-9104c-e2121.jpg?1790066924' width='220' height='293' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La déesse-reine Ishtar de Mari :</p>
<div class='spip_document_12466 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH465/Ishtar_-_stele_of_Shamsh-res-usur__governor_of_Mari_and_Suhi-7b961-f439c.jpg?1790066924' width='220' height='465' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les religions monothéistes d'Etat, qui sont des défenseurs violents du patriarcat, ont détruit bien des traces des anciennes religions de l'époque du matriarcat, comme le dit clairement l'Ancien Testament :</p>
<p>« Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez chasser servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines et sous tout arbre vert. Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs statues… » (Deutéronome)</p>
<p>C'est bel et bien le matriarcat qui est visé et pas seulement le polythéisme, le paganisme, l'animisme et le chamanisme. L'Ancien Testament montre clairement que son dieu est contre les femmes :</p>
<p>« Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. »</p>
<p>On ne peut pas être plus clair que de dire « tu enfanteras des fils ». Inutile de parler des filles dans une religion où l'homme profère cette première phrase de sa journée : « je te remercie mon dieu de ne pas m'avoir fait femme » !</p>
<div class='spip_document_12472 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/fr210391a-4ef99-50daa.jpg?1790066924' width='500' height='250' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Judaïsme, catholicisme, islam et protestantisme, tous les grands monothéismes, ne renieront rien de ce patriarcat violent et anti-femmes qui date du renversement du matriarcat.</p>
<p>« Pendant l'instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d'enseigner ni de faire la loi à l'homme. Qu'elle se tienne tranquille. C'est Adam en effet qui fut formé le premier, Eve ensuite. Et ce n'est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression… » (Nouveau Testament – Thimothée I, 2 :11-14)</p>
<p>Ce n'est pas les musulmans qui ont inventé de voiler les femmes :</p>
<p>« Je veux cependant que vous sachiez que le chef de tout homme, c'est le Christ ; le chef de la femme, c'est l'homme. L'homme, lui, ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image et le reflet de Dieu ; quant à la femme, elle est le reflet de l'homme. Et ce n'est pas l'homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. » (Nouveau Testament, Corynthiens I, 11 : 3,7,9)</p>
<p>Et bien sûr, l'islam :</p>
<p>« Allah ne tolèrera pas l'idolâtrie, ni les païens qui adorent les femelles. »</p>
<p>Dans ces religions, le simple mot de « déesse » est prohibé, même pour parler du passé…</p>
<p>Pendant de longues années, les travaux des scientifiques ont été marqués par l'origine judéo-chrétienne de leur éducation, les rendant incapable d'imaginer une société matriarcale malgré des signes évidents de cette étape de l'histoire des sociétés humaines. Aujourd'hui encore, la réaction patriarcale tend à revenir sur l'étape matriarcale de l'humanité, alors que nous sommes certains que la paternité était inconnue des premiers homo sapiens et cela durant l'essentiel de leur existence et que le couple fixe (un homme et une femme) est d'origine relativement récente dans les âges préhistoriques. Pendant l'essentiel de l'histoire de notre espèce, la fécondité humaine et l'accouchement sont restés des secrets de la communauté des femmes, complètement interdits à l'homme et la fécondité de la terre, quand la culture des plantes a été découverte et généralisée, a été considérée comme inséparable de la fécondité humaine, donc le privilège des femmes. Chez de nombreuses populations restées au stade aborigène la paternité génétique liée àa la sexualité est inconnue et on ne connaît que le lien maternel de l'enfant à naître.</p>
<p>Si on rajoute que tous les objets conservés par le couple, la famille ou la tribu étaient aux mains des femmes avec le foyer et la préservation des enfants, on retrouve que les femmes avaient une place centrale dans la tribu et aussi une place clef dans les décisions du groupe. Et les principaux « secrets » étaient eux aussi féminins, donc les croyances principales passaient par les femmes. La sagesse était réputée féminine.</p>
<p>Pourtant, les déesses sont légion dans toute l'antiquité : déesse Nut, reine du ciel de l'Egypte ancienne, déesse Sarasvati, inventrice de l'alphabet de l'Inde, déesse Brigit de l'Irlande celtique, déesse Nidaba, inventrice des tablettes d'argile et de l'art de l'écriture à Sumer, et aussi reine du Ciel à Sumer, dans le temple d'Erech, encore déesse Ninlil qui avait transmis à son peuple la connaissance des processus de semailles et de récolte, déesse Cerridwen, régissant l'intelligence et la connaissance, déesse Gaïa de la terre en Grèce, déesse grecque Déméter,et, bien sûr, d'abord et avant toutes, la déesse Ishtar-Inanna-Astarté de toute la Mésopotamie-Elam qui était à la fois guide du peuple, prophétesse, maîtresse du futur. Et, bien sûr, cela reflétait la situation réelle des femmes. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, dans la ville antique de Nimroud, les archéologues ont retrouvé que les femmes étaient juges et magistrats.</p>
<p>Il est clair que, partout sur la planète, les déesses ont largement préexisté aux dieux. Pour donner un ordre de grandeur des temps en question, on trouve des déesses dès le début du néolithique et même au paléolithique (par exemple 25.000 ans avant J.-C.), alors que les dieux n'apparaissent au plus tard que 2000 avant J.-C. (les cultes abrahamiques, dont les monothéismes des peuples sémites et occidentaux sont issus, datant au plus tard de 1800 avant J.-C.). On trouve des déesses-mères et des « vénus » plus de 20.000 ans avant J.-C., par exemple à Shanidar sur le Tigre, puis à Hacilar en Anatolie 6.000 ans avant J.-C., puis à Jéricho 7.000 ans avant J.-C. au pays de Canaan, ou encore à Jarmo en Irak, 6.800 ans avant J.-C. Et 6.500 avant J.-C., à Catal Höyük, pendant un millénaire au moins, plusieurs dizaines de sanctuaires sont consacrés à la déesse sous ses trois aspects, jeune fille, mère et aïeule. A Hassuna, 5.500 ans avant J.-C., comme à Halaf, 5.000 ans avant J.-C., et enfin à Ur et Uruk, dans les phases les plus anciennes de ces deux villes mésopotamiennes de l'Euphrate, comme dans les cultures badariennes et amratienne d'Egypte antique et à Sumer à la découverte de l'écriture en 3.000 avant J.-C., c'est encore des figurines de la déesse-mère qui ont été trouvées et aucune représentation d'un dieu.</p>
<p>On trouve, depuis le paléolithique récent, la grand-mère originelle de la tribu, mère du clan, la mère de l'Univers, mère aussi de la fécondité humaine, animale et végétale, puis la mère-terre, mère de l'agriculture, enfin la déesse maîtresse de la société humaine.</p>
<p>Joseph Campbell écrit dans « Mythologie primitive » :</p>
<p>« Ici, ce sont les femmes qui détiennent le pouvoir, elles ne sont pas seulement des génitrices mais les principales productrices de la nourriture. En réalisant qu'il est possible de cultiver la terre tout autant que d'en cueillir les fruits, les femmes ont donné une valeur à la terre dont elles sont devenues les détentrices. C'est ainsi qu'elles acquirent un certain prestige et un pouvoir économique et social. »</p>
<p>Hawkes (1963) :</p>
<p>« Tout porte à croire que dans les sociétés de la première époque du néolithique, le droit de la mère et le système des clans matriarcaux prédominaient et la terre se transmettait généralement par les femmes. »</p>
<p>C'est donc sous le matriarcat qu'ont eu lieu les sept grandes révolutions qui marquent l'apparition de la civilisation :</p>
<p>Ces sept révolutions sociales, différentes et successives, qui mènent à la civilisation sont : la production, la professionalisation, la surproduction, la sédentarisation, l'urbanisation, la commercialisation, l'écriture. Chacune est une rupture avec l'ancien mode d'existence.<br class='autobr' />
La production rompt avec la prédation (mode de vie des chasseurs-cueilleurs).</p>
<p>La professionnalisation introduit la division du travail.</p>
<p>La surproduction rompt avec l'incapacité de produire plus que ce qui est immédiatement nécessaire.</p>
<p>La sédentarisation rompt avec le nomadisme.</p>
<p>L'urbanisation rompt avec la vie villageoise.</p>
<p>La commercialisation introduit la valeur d'échange et rompt avec la simple valeur d'usage.</p>
<p>L'écriture rompt avec la société de l'oralité.</p>
<p>Aucun de ces changements radicaux n'est dans la simple continuité du précédent. Aucun ne se produit de manière facile, l'ancien mode de vie acceptant aisément le changement.</p>
<p>Mais, bien entendu, avec l'apparition d'un surproduit social et son appropriation privée, les révolutions sociales ont fondé de nouvelles classes sociales, fondées sur l'apparition de la propriété privée des moyens de production, notamment des terres et des principaux outils de travail, sur l'apparition et la légalisation des rapports de production. La transformation des produits du travail en marchandises est une des grandes révolutions sociales.</p>
<p>Les premiers rois n'apparaissent que provisoirement, naissant et mourant avec l'année nouvelle, décrétés rois uniquement par l'accouplement avec la déesse selon de multiples mythes dramatiques. La pérennité des rois puis les dieux masculins n'apparaissent que bien plus tard.</p>
<p>Ainsi, dans l'Egypte antique, le sud révérait la déesse Nekhebt, symbolisée par le vautour, le delta du Nil adorait la déesse Ua Zit ou grand serpent, puis l'Egypte a considéré la déesse Nut (et parfois Hathor, puis Au Set ou Isis) comme le premier être préexistant à toute créature humaine. C'est Nut qui avait placé le dieu-soleil Râ dans le ciel.</p>
<p>C'est avec la naissance de l'Etat que les guerriers ont pris le pouvoir et ont imposé le patriarcat, religieux comme civil. Par exemple, en Egypte, cela commence avec la période dynastique en 3.000 avant J.-C. et cela s'aggrave considérablement avec dix-huitième dynastie en 1570 avant J.-C.</p>
<p>A Sumer, tout le passage du matriarcat au patriarcat est « documenté » par des mythes et les lois des nouveaux Etats et des cités-Etats.</p>
<p>Par exemple, en Mésopotamie en 2300 avant J.-C., on peut lire les textes de lois de la « réforme d'Urakagina » :</p>
<p>« Les femmes des temps anciens prenaient deux maris, mais les femmes d'aujourd'hui seront lapidées si elles en font autant. »</p>
<p>Cela se reflète dans le mythe de la déesse des ténèbres et du dieu Nergal. Ce dernier s'impose à la déesse comme mari par la violence. Elle n'accepte pas d'épouser son assaillant. Elle est traînée par les cheveux, épousée de force sous menace de mort, avant de se soumettre et de devenir reine en gouvernant à ses côtés.</p>
<p>Et parfois, un même mythe ancien se trouve sous des versions de plus en plus patriarcales. Ainsi, le mythe sumérien d'Inanna-Ishtar de Mésopotamie. Au début, la déesse déverse sa colère contre le fils/amant Dumuzi qui lui a manqué de respect et l'envoie pour punition chez les démons du pays des morts. Dans la version suivante, la déesse se désole de la mort accidentelle de Dumuzi !</p>
<p>Mais il faut comprendre que ces religions et mythes ne faisaient que refléter la réalité sociale. Sous le nom de « naditu », la société sumérienne entendait un groupe de femmes jouant le rôle de femmes d'affaires des temples et possédant des biens immobiliers à leur propre nom, prêtant de l'argent, jouant un rôle dirigeant sur le plan économique. Il existait aussi de nombreuses femmes qui étaient scribes, juges, magistrats, dirigeantes sociales comme économiques…</p>
<p>Dans le monde akkadien, c'est des dynasties dirigeantes d'un Etat, en particulier celle de Sargon que date la chute brutale du statut des femmes et le matriarcat en 2300 avant J.-C.</p>
<p>On retrouve là aussi le changement des mythes fondateurs. Désormais, le dieu Mardouk doit assassiner la déesse de la création Tiamat afin d'asseoir son propre pouvoir.</p>
<p>Etudiant le code de loi d'Hammurabi, W. Boscawen remarque :</p>
<p>« La liberté accordée aux Babyloniennes leur permettait de posséder et de gérer un patrimoine, particulièrement dans le cas des prêtresses du temple qui tenaient de nombreux commerces… Le statut élevé dont jouissaient les femmes est un des aspects les plus intéressantes et les plus caractéristiques des débuts de la civilisation babylonienne. »</p>
<p>C'est seulement vers la fin du second millénaire qu'apparurent des lois interdisant à la femme mariée de s'engager dans les affaires, si ce n'est sous la direction de son mari, de son fils ou de son beau-frère.</p>
<p>Que la lutte contre le matriarcat ancien ait été violente, on en dispose le témoignage selon lequel les populations qui ont voulu rester sous le matriarcat ancien ont fui de Mésopotamie vers la Lycie, la Lydie et la Carie où ils ont vécu, sous la protection d'armées d'amazones, et construit des sanctuaires à la « Mère de toutes les divinités » comme le temple de la déesse d'Ephèse.</p>
<p>Ainsi, en Mésopotamie-Elam, les mythes deviennent de plus en plus patriarcaux. La déeesse Nikkal (grande dame), qui était été la mère du soleil (Utu), devient Nannar (le péché en akkadien). A Ur, la déesse Ningal est contrainte de partager avec son mari puis disparait complètement de son propre sanctuaire. La déesse Ninhursag qui créa le peuple sur la terre devient seulement l'épouse et la sœur du dieu Enki puis du dieu Enlil qui prend possession de la terre. La déesse Ereshkigal qui dominait sur terre, devient maîtresse des enfers, emportée dans le monde souterrain comme un trophée, et même sous terre, elle doit obéir à un époux pour gouverner à ses côtés.</p>
<p>Déesse-Mère de Çatal Höyük :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH293/Deesse-Mere_de_Catal_Hoyuk-33826-9441c.jpg?1790066924' width='220' height='293' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Déesse de Hacilar :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/105-2-eff63.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH832/105-2-eff63-be26b.jpg?1790066924' width='500' height='832' alt='' /></a>
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</div>
<p>Déesse Ishtar d'Urfa :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/07-0e8f4-5bffe.jpg?1790066924' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Les déesses femmes-lézards de la civilisation d'Ubaid :</p>
<div class='spip_document_12482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L199xH253/indexfemmes-16020-d0039.jpg?1790066924' width='199' height='253' alt='' />
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</div>
<p>La déesse Narundi d'Elam :</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L494xH650/deesse_Narundi_d_Elam-ff520-55649.jpg?1790066924' width='494' height='650' alt='' />
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</div>
<p>La déesse Inanna-Ishtar d'Akkad-Sumer :</p>
<div class='spip_document_12480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</figure>
</div><div class='spip_document_12479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L181xH279/index-23-86e45-6ee8d.jpg?1790066924' width='181' height='279' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L167xH302/indexisht-90add-a4cd0.jpg?1790066925' width='167' height='302' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L246xH205/indexis-b3e1e-b7142.jpg?1790066925' width='246' height='205' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexisis-9b4df-50018.jpg?1790066925' width='259' height='194' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH268/images-69-929f1-3fe62.jpg?1790066925' width='188' height='268' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Gilgamesh et Ishtar :</p>
<div class='spip_document_12474 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH350/1310165-Ninive_bas-relief-bb51d-13013.jpg?1790066925' width='500' height='350' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12473 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L472xH398/4b2155356947b16a59f3eb265cdaa1a6-f1531-fa8c9.jpg?1790066925' width='472' height='398' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Les mythes, légendes et religions qui ont accompagné les passages du matriarcat au patriarcat</h2>
<p>Le passage du matriarcat au patriarcat s'étant fait dans la période de mise en place des Etats, on dispose de très peu de documents écrits sur cette phase et on en est réduit à étudier la tradition, sous forme de mythes, de légendes et de récits religieux. Il y a ainsi dans toutes les sociétés, dans le monde entier, des traces d'un ancien matriarcat qui se voit surtout par des traces de matrilignage, de matrilocation, de rôle particulier des femmes, mais aussi par l'existence de déesses, dont témoignent des statues, des peintures mais aussi des textes d'une époque patriarcale qui témoignent d'un matriarcat plus ancien. On trouve ainsi des traces dans la religion chrétienne d'un matriarcat dans les sociétés occidentales où le christianisme essayait de se propager, notamment avec le « mythe de Marie ». Plus généralement, on trouve un mythe plus ancien qui est le « mythe de la virginité » dans lequel une déesse ou femme héros engendre sans avoir rencontré d'homme. C'est notamment le thème du mythe de Artémis d'Éphèse et de Cybèle, en Turquie, de Inana-Ishtar en Mésopotamie, ou d'Isis en Egypte.</p>
<p>La rupture entre matriarcat et patriarcat a nécessairement été brutale et violente. Elle coïncide dans de nombreuses sociétés avec une période de guerre civile marquée par l'écrasement de l'ancienne société, par des destructions de grande ampleur, des maisons incendiées, des temples aux déesses détruits, des guerres et guerres civiles qui ont donné le pouvoir aux guerriers et mené à la domination d'un Etat sur la société civile. Ce n'est pas seulement la relation hommes/femmes qui a changé mais toutes les bases économiques, sociales et politiques de la société, dans sa vie civile comme politique et religieuse. Les religions prennent progressivement le tournant et racontent des histoires selon lesquels les dieux ont pris barre sur les déesses. C'est le reflet fantasmagorique du changement réel. C'est le changement idéologique qui succède au changement historique, l'étaye et le justifie.</p>
<p>Le changement n'a pas eu lieu au début des sociétés agraires, le rôle de la femme étant même rendu plus important avec les cultes de la fécondité, mais à un stade beaucoup plus tardif où les inégalités avaient depuis longtemps mené à la formation de divisions en classes sociales et où les oppositions de classes entraînaient des troubles sociaux et même une instabilité sociale et politique permanente, au point que les classes possédantes puissent trouver qu'une domination de guerriers serait mieux que cette révolution permanente !</p>
<p>Les mythes, religieux ou issus de la société civile, sont le reflet de ces changements. Ils montrent des hommes et des dieux qui renversent l'ancienne domination des femmes, dans la société humaine ou parmi les dieux. Certains exemples sont fameux comme la légende de Gilgamesh en Mésopotamie ou le jardin d'Eden chez les Hébreux. Au début du récit, les femmes ont la parole, décident, ont du poids, dirigent. A la fin, elles sont battues. A l'époque de Gilgamesh, les héros doivent coucher avec la déesse pour accéder à la royauté, pour diriger leur peuple. Mais cet acte, qui les couronne, décrète aussi leur mort, en vertu d'un mythe de la résurrection de la vie et de la société. Mais Gilgamesh, lui, accède à la position de héro-roi tout en refusant de coucher avec la déesse Inanna-Ishtar !!! C'est la déesse qu'il contraint à renoncer à son rôle dirigeant en étant contrainte de descendre aux enfers pour n'en sortir que diminuée et périodiquement obligée d'y redescendre… Ailleurs, les mythes nous parlent de conquête par des dieux du pouvoir jusque là détenu par des déesses.</p>
<p>De tels mythes sont parfois des mythes de la fertilité, des mythes du déluge, des mythes de la résurrection, des mythes de la virginité, des mythes du nouvel an, etc…</p>
<p>Ces mythes sont le reflet fantasmagorique du changement. On est passé d'un monde où l'acte principal était la fécondité (celle des femmes et celle de la terre) à un monde où l'acte principal est l'agriculture avec un développement de la propriété privée des récoltes et des terres. Désormais, ce sont les propriétaires des terres qui dominent et aussi les chefs de guerre, les chefs d'Etat et les prêtres et ce sont surtout des hommes. La religion, de croyance populaire locale, est devenue institution d'Etat régionale et nationale. Le monde a changé et il a changé les vieilles croyances, notamment celles en une capacité magique des femmes de procréer.</p>
<p>Pourquoi les hommes sont-ils devenus les propriétaires des champs cultivés alors que c'était autrefois les femmes qui l'étaient, à l'époque où les hommes chassaient ? Eh bien, c'est le développement de l'esclavage et du servage qui ont réalisé ce changement. A partir du moment où un nombre important de paysans ne sont plus libres, que ce soit pour des raisons économiques et sociales ou à la suite de guerres, l'élément essentiel dans l'exploitation des terres devient la possession de main d'œuvre. Celui qui a la force armée dispose aussi du moyen d'exploiter un grand nombre de terres. Les chasseurs étant devenus guerriers deviennent les maîtres d'esclaves et renversent le pouvoir des femmes sur les terres… Il leur faudra aussi renverser le pouvoir des femmes dans l'imaginaire, dans les mythes et religions…</p>
<p>D'où les mythes qui identifient les femmes et « le mal », qui culpabilisent la sexualité en dehors de la recherche de la fécondité, qui dénoncent l'influence des femmes, qui la rejettent, qui l'accusent de tous les maux, qui dénoncent toute relation sexuelle en dehors du but de la procréation, qui font de la femme une sujette de l'homme, etc. Ces excès proviennent de la nécessité à un stade donné de combattre les anciennes croyances sur le rôle des femmes, sur leur possession du mystère de la vie et de la naissance, sur leur importance pour la fécondité de la terre. Donc les textes, mythes, légendes et religions les plus anti-féminins sont aussi, et paradoxalement, les plus grands témoignages d'une ancienne société matriarcale qu'il fallait dénoncer, combattre et détruire.</p>
<p>Gordon Childe écrit dans « De la préhistoire à l'histoire » :</p>
<p>« Il est probable que, dans l'esprit de ceux qui la pratiquaient, le fait de confier avec soin les morts à la terre devait leur assurer des récoltes plus abondantes.</p>
<p>Les sociétés néolithiques d'Egypte, de Syrie, d'Iran, de tout le pourtour méditerranéen, du sud de l'Europe et parfois de l'Angleterre modelaient dans l'argile, ou sculptaient dans la pierre et l'os, des statuettes qui représentaient la déesse-mère. Ces sociétés voyaient dans la terre une femme dont on pouvait se concilier les bonnes grâces par des prières et des sacrifices, ou dominer par des rites imitatifs et des incantations. Les seules représentations mâles connues sont des phallus d'argile ou de pierre sculptés en Anatolie, dans les Balkans et en Angleterre… Une cérémonie d'union des sexes symbolisait et, par suite, provoquait la fertilisation de la nature.</p>
<p>Chez les peuples cultivateurs, ces cérémonies donnaient lieu à des rites et à des mimes plus individualisés que chez les peuples sauvages ; un couple unique et soigneusement choisi accomplissait le mariage rituel. L'acteur mâle incarne le grain ou la nature et assume pour un certain temps le rôle de chef ; il est le roi du blé. Tout comme le grain, il faut qu'il soit enterré pour renaître ; cela signifie aussi qu'on doit le tuer pour pouvoir le remplacer l'année suivante par un être jeune et vigoureux. Les forces génératrices de la nature prennent ainsi des formes humaines et deviennent des dieux et des déesses.</p>
<p>Le jour vint où les sociétés estimèrent que le sacrifice d'un prisonnier ou des cérémonies purement symboliques pouvaient remplacer la mise à mort du roi du blé qui devint alors un roi temporel, d'autant plus qu'il assumait les fonctions de chef guerrier…</p>
<p>Chez les peuples agriculteurs, la parenté se transmet par la femme, parce que l'importance de son travail lui fait jouer un rôle capital dans la vie du clan ; c'est ce qui a donné naissance au matriarcat. Alors que chez les peuples pasteurs, le rôle dominant de l'homme eut pour conséquence le patriarcat. »</p>
<h2 class="spip">Mésopotamie</h2>
<p>Mircea Eliade écrit dans « Histoire des croyances et des idées religieuses » :</p>
<p>« La première, et peut-être la plus importante conséquence de la découverte de l'agriculture, suscite une crise dans les valeurs des chasseurs paléolithiques : les relations d'ordre religieux avec le monde animal sont supplantées par ce qu'on peut appeler « la solidarité mystique entre l'homme et la végétation ». Si l'os et le sang représentaient jusqu'alors l'essence et la sacralité de la vie, dorénavant ce sont le sperme et le sang qui les incarnent. En outre, la femme et la sacralité féminine sont promues au premier rang. Puisque les femmes ont joué un rôle décisif dans la domestication des plantes, elles deviennent les propriétaires des champs cultivés, ce qui rehausse leur position sociale et crée des institutions caractéristiques, comme, par exemple, la matrilocation, le mari étant obligé d'habiter la maison de son épouse.</p>
<p>La fertilité de la terre est solidaire de la fécondité féminine ; par conséquent, les femmes deviennent responsables de l'abondance des récoltes, car elles connaissent le « mystère » de la création. Il s'agit d'un mystère religieux, parce qu'il gouverne l'origine de la vie, la nourriture et la mort. La glèbe est assimilée à la femme. Plus tard, après la découverte de la charrue, le travail agraire est assimilé à l'acte sexuel. Mais, pendant des millénaires, la Terre-Mère enfantait toute seule, par parthénogenèse.</p>
<p>Le souvenir de ce « mystère » survivait encore dans la mythologie olympique (Héra conçoit toute seule et donne naissance à Héphaistos, à Arès) et se laisse déchiffrer dans de nombreux mythes et de nombreuses croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l'accouchement sur le sol, le dépôt du nouveau-né sur la terre, etc. Né de la Terre, l'homme, en mourant, retourne à sa mère : « Rampe vers la terre, ta mère » s'exclame le poète védique » dans « Rig Veda », X, 18, 10.</p>
<p>Certes, la sacralité féminine et maternelle n'était pas ignorée au paléolithique, mais la découverte de l'agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralité de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualité féminine, se confond avec l'énigme miraculeuse de la création. La parthénogenèse, le « hieros gamos » et l'orgie rituelle expriment, sur des plans différents, le caractère religieux de la sexualité.</p>
<p>Un symbolisme complexe, de structure anthropocosmique, associe la femme et la sexualité aux rythmes lunaires, à la Terre (assimilée à une matrice) et à ce qu'on doit appeler le « mystère » de la végétation. Mystère qui réclame la « mort » de la semence afin de lui assurer une nouvelle naissance, d'autant plus merveilleuse qu'elle se traduit par une étonnante multiplication. L'assimilation de l'existence humaine à la vie végétative s'exprime par des images et des métaphores empruntées au drame végétal (la vie est comme la fleur des champs, etc.)…</p>
<p>Toutes ces valeurs religieuses consécutives à l'invention de l'agriculture ont été articulées progressivement au cours des temps..</p>
<p>Ces mythologies et les scénarios rituels qui en dépendent vont dominer pendant des millénaires les civilisations du Proche-Orient. Le thème mythique des dieux qui meurent et ressuscitent, se range parmi les plus importants. En certains cas, ces scénarios archaïques donneront naissance à de nouvelles créations religieuses (par exemple, Eleusis, les mystères gréco-orientaux).</p>
<p>Les cultures agricoles élaborent ce qu'on peut appeler une « religion cosmique », puisque l'activité religieuse est concentrée autour du mystère central : la « rénovation périodique du Monde »…</p>
<p>Puisque le monde doit être renouvelé périodiquement, la cosmogonie sera rituellement réitérée à l'occasion de chaque Nouvel An. Ce scénario mythico-rituel est attesté dans le Proche-Orient et chez les Indo-Iraniens. Mais on le trouve également dans les sociétés des cultivateurs primitifs, qui prolongent en quelque sorte les conceptions religieuses du néolithique…</p>
<p>On pourrait dire que, depuis le néolithique jusqu'à l'âge du fer, l'histoire des idées et des croyances religieuses se confond avec l'histoire de la civilisation. Chaque découverte technologique, chaque innovation économique et sociale est, semble-t-il, « doublée » d'une signification et d'une valeur religieuses…</p>
<p>Des statuettes féminines, trouvées en Palestine et datées d'environ 4500, présentent la Déesses-Mère sous un aspect terrifiant et démoniaque (figurines trouvées à Munhata,Tel-Aviv et Shaar-Ha-Golan). Le culte de la fertilité et le culte des morts semblent solidaires aussi bien à Jéricho que dans les civilisations de Hacilar et de Çatal Hüyük… La principale divinité était la déesse, présentée sous trois aspects : jeune femme, mère donnant naissance à un enfant (ou à un taureau) et vieille (accompagnée parfois d'un oiseau de proie)… Des reliefs de la déesse, parfois hauts de deux mètres, modelés en plâtre étaient fixés aux murs… A Hacilar, à un niveau daté de 5700, la déesse est montrée assise sur un léopard ou debout, tenant le petit d'un léopard… Dans la culture dite du Tell Halaf… on n'a pas trouvé de figurines masculines, tandis que les images de la déesse abondent ; accompagnée de colombes, avec des seins exagérés, représentée mainte fois en position accroupie, il est difficile de ne pas reconnaître l'image exemplaire de la Déesse-Mère.</p>
<p>La culture halafienne matriarcale fut détruite vers 4400 ou 4300, pendant que la culture d'Obeid, originaire de l'Irak méridional, se diffusait dans toute la Mésopotamie… La nouveauté la plus significative de la période d'Obeid est l'apparition des temples monumentaux…</p>
<p>Dans la société sumérienne et akkadienne, la déesse Nammu (dont le nom est écrit par le pictogramme désignant la « mer primordiale ») est présentée comme « la mère qui engendra le Ciel et la Terre », et « l'aïeule qui enfanta tous les dieux »… Certains textes évoquent la perfection et la béatitude des « commencements » : « les jours anciens quand chaque chose était créée parfaite », etc… « Le dieu En-ki, le seigneur de Dilmun (le paradis), était endormi auprès de son épouse, encore vierge, comme la terre elle-même était vierge. En se réveillant, En-ki s'unit à la déesse Nin-gur-sag, et ensuite à la fille qu'engendra celle-ci, et finalement à la fille de cette fille… Mais un incident apparemment insignifiant, donne lieu au premier drame divin. le dieu mange certaines plantes qui venaient d'être créées : or il fallait qu'il fixe d'abord leur modalité d'être. Outrèe par ce geste insensé, Nin-gur-sag déclare qu'elle ne regardera plus En-ki avec le regard de vie, donc il faut qu'il meurre… »</p>
<p>On trouve également le mythe du déluge selon lequel « la colère d'En-lil a été provoquée par le vacarme insupportable des hommes… La cause principale du déluge réside dans les péchés des hommes et dans la décrépitude du Monde… La fin du monde et d'une humanité pécheresse rend possible une nouvelle création. »</p>
<p>(…)</p>
<p>Inanna, déesse de l'étoile Vénus et de l'amour, homologue d'Ishtar akkadienne et plus tard d'Astarté, jouira d'une actualité cultuelle et mythologique jamais approchée par une autre déesse du Moyen-Orient. A son apogée, Inanna-Ishtar était à la fois déesse de l'amour et de la guerre, c'est-à-dire régissait la vie et la mort ; pour indiquer la plénitude de ses puissances on la disait hermaphrodite (Ishtar barbata). Sa personnalité était parfaitement tracée déjà à l'époque sumérienne, et son mythe central constitue une des plus significatives créations du monde ancien. Ce mythe s'ouvre avec une histoire d'amour : Inanna, la déesse tutélaire d'Erech, épouse le berger Dumuzi qui devient ainsi le souverain de la cité. Inanna proclame tout haut sa passion et son bonheur : « Moi, je marche dans la joie !... Mon Seigneur est digne du giron sacré ! » Et pourtant, elle pressent le sort tragique qui attend son époux : « O mon bien-aimé, homme de mon cœur… toi, je t'ai entraîné vers un destin funeste… tu as touché de ta bouche ma bouche, tu as pressé mes lèvres contre ta tête, c'est pourquoi tu as été condamné à un destin funeste » (Kramer, « Le rite du mariage », p. 141).</p>
<p>Ce « destin funeste » fut arrêté le jour où l'ambitieuse Inanna décida de descendre aux enfers pour supplanter sa sœur aînée, Ereshkigal. Souveraine du « Grand-Royaume d'En-Haut », Inanna aspire à régner également sur le Monde Inférieur… Avec les plus grandes difficultés, Inanna revient sur terre… Avec surprise et indignation, Inanna découvre que Dumuzi, son mari, était assis sur son trône, richement vêtu, satisfait d'être, on aurait dit le souverain unique de la cité…</p>
<p>Le poème cosmogonique connu sous le nom d' « Enuma elish » constitue avec l' « Epopée de Gilgamesh », la plus importante création de la religion akkadienne… La déesse Tamiat représente la mer et est conçue à la fois comme femme et comme bisexuée… La légende compte l'affrontement des dieux, Tamiat et Marduk…</p>
<p>L'épopée de Gilgamesh est, certes, la plus fameuse et la plus populaire création babylonienne. Le héros, Gilgamesh, roi d'Uruk, était déjà célèbre à l'époque archaïque, et on a retrouvé la version sumérienne de plusieurs épisodes de sa vie légendaire… Cette saga, qui débute avec les excès érotiques d'un héros doublé d'un tyran, dévoile en dernière instance l'inaptitude des vertus purement « héroïques » à transcender radicalement la condition humaine.</p>
<p>Et pourtant Gilgamesh était pour deux tiers un être divin, fils de la déesse Ninsun et d'un mortel. Tout au début le texte exalte son omniscience et les grandioses constructions qu'il avait entreprises. Mais immédiatement après, on nous présente un despote qui viole les femmes et les jeunes filles, et exténue les hommes dans de durs travaux. Les habitants supplient les dieux, et ceux-ci se décident à créer un être de taille gigantesque, capable d'affronter Gilgamesh. ce demi-sauvage, qui reçoit le nom d'Enkidu, vit en paix avec les fauves… Comme prévu par les dieux, les deux champions se mesurent dès qu'ils se rencontrent. Gilgamesh sort victorieux, mais il se prend d'amitié pour Enkidu et en fait son compagnon… En rentrant à Uruk, Gilgamesh est remarqué par Ishtar. La déesse l'invite à l'épouser, mais il refuse avec insolence. Humiliée, Ishtar implore son père, Anu, de créer le « Taureau céleste », afin de détruire Gilgamesh et sa cité… Enkidu réussit à l'attraper par le queue et Gilgamesh lui enfonce son épée dans la nuque. Furieuse, Ishtar monte sur les murs de la cité et maudit le roi. Ivre de leur victoire, Enkidu arrache une cuisse du « Taureau céleste » et la jette devant la déesse, en la couvrant d'injures… La même nuit, Enkidu rêve qu'il a été condamné par les dieux. Le lendemain, il tombe malade et s'éteint après douze jours… Le roi Gilgamesh, éperdument malheureux d'avoir perdu son ami, quitte la ville et erre dans le désert… Dorénavant son but est d'échapper au sort des humains, d'acquérir l'immortalité… (Gilgamesh réussit épreuve après épreuve dans le but de convaincre les dieux de lui donner l'immortalité.) Sa femme, Utnapishtim lui révèle un « secret des dieux » : l'endroit où se trouve la plante qui restitue la jeunesse… Attiré par le parfum de la plante, un serpent sort de l'eau, l'emporte et dépouille sa peau… Gilgamesh a échoué… L'humanité ne peut accéder à l'immortalité. »</p>
<p>On peut lire dans le texte suivant :</p>
<p><a href="https://www.academieduvar.fr/Produits/heures/heures2015/NihoulCesari-De%C3%A9sses%20et%20dieux%20publication.pdf" class="spip_out" rel="external">Lire dans « Déesses ou dieux, un enjeu terrestre » comment la légende de Gilgamesh, un des mythes fondateurs des sociétés patriarcales mésopotamiennes, sumériennes comme akkadiennes et babyloniennes, est celle du passage du matriarcat au patriarcat, ce héros ayant battue la déesse Inanna :</a></p>
<p>« Gilgamesh fut roi d'Uruk, l'une des principales cités du pays de Sumer dont Inanna était la puissante déesse tutélaire…</p>
<p>Au début du IIIe millénaire et à partir de la création des cités-États que nous avons déjà évoquée, s'amorce en Mésopotamie, une transformation profonde des mentalités, de l'organisation sociale, de la vie culturelle et spirituelle, attestée par l'ensemble de nos sources écrites.L'un des éléments essentiels pour la suite est celui des mœurs. Il faut insister sur le fait que rien alors ne s'opposait à l'amour libre, aucun impératif d'ordre moral ou même religieux : aucun concept ressemblant à l'idée du péché, n'existait. Les divinités elles-mêmes calquées sur l'image des hommes et des femmes, exerçaient les mêmes prouesses amoureuses. L'une d'elles, descendante des premières déesses archaïques de la fécondité dont nous venons de parler, occupa le devant de la scène. Il s'agit de la charmante, et sensuelle Inanna que les Sémites nommeront Ishtar, dont le culte était pratiqué dans la ville d'Uruk. Ce dont les mortels avaient le plus besoin pour assurer leur lignée était l'amour. Celle qui fut donc la déesse de l'amour apparaît ici dans toute sa majesté. Elle est juchée sur ses deux lions et elle porte dans ses mains les attributs de sa divinité et de son pouvoir : les anneaux et le sceptre.</p>
<p>Son aura perdura tout au long de l'histoire mésopotamienne, sur plus de deux millénaires. Il existe une reconstitution de la porte qui lui fut dédiée plus tard à Babylone, au cours du premier millénaire et qui donnait accès à la grande voie processionnelle menant à son temple. Mais à ce stade il faut bien constater que cette déesse est terriblement seule... Aussi les subtils théologiens de Sumer eurent-ils l'idée, pour assurer fécondité et prospérité à leurs cités, de donner leur roi pour amant à leur déesse de l'amour. Cet amant auquel elle s'unissait tous les ans au cours d'un mariage sacré, par l'intermédiaire de son incarnation terrestre, la grande prêtresse, était donc un mortel et il n'occupait par rapport à elle qu'une position subordonnée.</p>
<p>C'était la déesse qui était la force dominante, en tant que source de la vie et de la fécondité des sols. Et c'est le roi qui était assujetti aux vicissitudes du rythme saisonnier : il était sacrifié, puis remplacé chaque année au moment de l'été, perpétuant ainsi symboliquement la disparition puis la survie de la nature, et il n'accédait au statut divin qu'après cette mort sacrificielle. On notera au passage que cette disparition prématurée évitait aussi toute concurrence à la déesse ou plutôt à sa grande prêtresse dans ses prérogatives sur la cité.</p>
<p>Et ainsi à Sumer le premier à accomplir ce rite fut-il Dumuzi, autre roi d'Uruk dont les ébats avec Inanna sont largement développés dans les mythes de l'époque, et même représentés sur des plaques d'argile. Comme vous allez pouvoir le constater, la présence du roi à ses côtés déchaîne la passion de la déesse traduite dans le dialogue qui suit : « Quand à moi, mon tertre rebondi, qui le labourera pour moi, moi la reine, qui mettra là son bœuf ? ».... « Oh Inanna, c'est le roi qui te labourera » répond celui-ci sans équivoque. La suite n'en contient pas non plus : « Sitôt que du giron du roi l'eau du cœur eut jailli, à ses côtés sortirent les plantes, à ses côtés poussa le grain. Steppes et vergers, près de lui se chargèrent de luxuriance ». Le rituel est accompli, le roi par l'action de sa semence a assuré le renouveau de la végétation.</p>
<p>Une deuxième scène mettant en jeu le couple divin apparaît sur un magnifique vase d'albâtre exhumé à Uruk et daté du début du IIIe millénaire. On y trouve en reliefs ornementaux, une sorte de frise figurant le culte offert à la déesse Inanna par la ville. L'entrée de son sanctuaire est figurée par deux bottes de roseaux noués.Une multitude de porteurs d'offrandes se déplace lentement, l'un d'eux ouvrant la marche avec son panier de fruits. Derrière lui, un haut dignitaire, dont on ne voit que le manteau d'apparat et la longue traîne retenue par un esclave, rend hommage à une femme qui se tient devant le temple. De nombreux sumerologues pensent que cette scène évoque de manière précise le rituel hiérogamique dont nous venons de parler ou du moins ses prémisses. Auquel cas les deux personnages principaux seraient le roi et la grande prêtresse.La frise du bas représente le troupeau nourri du produit des champs et voué à un prochain sacrifice ou à un banquet rituel. On notera bien la situation d'allégeance du roi par rapport à la prêtresse à laquelle il dédie l'ensemble des offrandes.</p>
<p>Mais le rituel précédent est bien funèbre puisque le roi est sacrifié à la fin de l'année. Cette liaison poussée avec une déesse, bien que gage d'une immortalité « posthume » est vraiment très cher payé. On peut imaginer que cette immortalité, support puissant du pouvoir, puisse s'acquérir de manière plus « douce ». Au fil du temps, le roi temporaire va prendre de l'importance et chercher à contrecarrer la prêtresse qui depuis le temple est au centre de l'organisation sociale et exerce une influence importante : on devrait d'ailleurs plutôt parler d'une véritable prêtresse-reine. Une lutte politico-économique et religieuse va se dessiner, celle du temple aux mains des femmes contre le palais à dominante masculine.</p>
<p>Pour cerner ce lent basculement du pouvoir, une fois de plus nous allons faire parler les tablettes d'argile qui nous ont livré une longue et magnifique épopée celle de Gilgamesh. Il fut probablement l'un des premiers à s'opposer à la prêtresse et plus symboliquement à la déesse Inanna qui incarnait cette ville ; il fut le premier à refuser ce rituel du consort sacrifié comme le feront ensuite en Grèce d'autres Héros patriarcaux. Le mythe sumérien se déroule en trois étapes : il commence par le combat de Gilgamesh contre le dragon de la montagne sacrée lequel personnifie la prêtresse de la Déesse démonisée pour la première fois par l'idéologie patriarcale naissante. Se déroule alors un combat titanesque, je cite « Contre le dragon se dressèrent la tornade, la tourmente, huit ouragans l'affrontèrent et l'attaquèrent aux yeux, alors le dragon capitula, et il le livra à Enlil, dieu du ciel. » Après cette expédition victorieuse contre le monstre, le roi revêt ses habits neufs et prend définitivement possession de la ville et du pouvoir.</p>
<p>Mais la Déesse vaincue puisque sa représentante terrestre a été neutralisée par le héros, tente une dernière manœuvre de séduction. Je cite : « Gilgamesh, se couvrit d'une tunique, noua son écharpe, et enfin se coiffa de sa tiare.Alors l'auguste Inanna porta les yeux sur la beauté du roi ; viens, dit-elle, sois mon époux ! Fais-moi don de ton corps désirable ». Et là, fuse la réponse violente si différente de celle de Dumuzi précédemment : « Non je ne te prendrai pas pour épouse, tu n'es qu'un brasier porteur de glace ; quel époux as-tu aimé pour toujours ? Tu as aimé l'oiseau multicolore, et pourtant tu l'as frappé et tu lui as brisé les ailes (il s'agit ici d'un roi temporaire). Dumuzi l'amant de ta jeunesse, tu l'as voué à des pleurs éternels... Et moi, si tu m'aimes, j'aurai un destin comme le leur ». L'allusion au sacrifice du roi est claire.</p>
<p>Inanna furieuse fait alors lâcher dans Uruk un autre monstre céleste qui est évidemment terrassé par Gilgamesh ce qui lui permet de consolider définitivement son pouvoir non sans avoir auparavant pillé le temple de déesse d'où il aurait extrait un magnifique taureau sacré recouvert d'or et de lapis lazuli. Enfin Gilgamesh en majesté est souvent représenté en vainqueur, maîtrisant dans ses bras le lion symbole de la déesse. Un dernier signe du basculement du pouvoir et de l'allégeance de la déesse Inanna-Ishtar apparaît sur une magnifique fresque murale découverte dans la cour d'honneur du palais royal de Zimri-lin à Mari au nord de l'Euphrate et datée de l'année1800. Le prince coiffé d'un calot bombé ale bras droit tendu et s'apprête à être intronisé. La déesse identifiable à son lion, lui remet le sceptre et l'anneau lui abandonnant donc deux symboles majeurs de son pouvoir…</p>
<p>Nous venons d'évoquer un processus de marginalisation des femmes, très ancien mais terriblement moderne aussi : et avant de vous quitter je voudrais vous faire rencontrer cette Mésopotamienne si rayonnante, croisée au détour du musée de Bagdad...Elle-même ou son délicieux fantôme auraient pu séduire le grand poète que vous reconnaitrez peut être dans ce dialogue intemporel : « Mon cher, dit-elle, vous êtes fou, j'ai cinq mille ans de plus que vous... ». « Le temps madame, que nous importe... »</p>
<p>Les civilisations anciennes méditerranéennes matriarcales, celles dites des « hypogées » comme celle des Hatti (avec leur déesse de la fertilité Wurushemu), ou celle de Çatal- Hüyük, de Hacilar, celle de Halaf ou encore de l'ancien Uruk, relèvent également de ce type de sociétés matriarcales pacifiques qui se sont développées partout dans le monde avant l'agriculture et l'urbanisation et aux débuts de ceux-ci, jusqu'à l'apparition de l'Etat, qui ont été détruites par le saccage et la violence vers -3 500. L'apparition des armées permanentes a été la fin du matriarcat sauf dans quelques régions où des armées de femmes ont pu faire face. Des traces d'incendies et de violences diverses ont pu être mises en évidence par les fouilles des ancien sites matriarcaux. Des isolats matriarcaux ont ensuite perduré jusqu'à nous dans plusieurs régions du monde. De cet écrasement violent du patriarcat, il reste peu de traces écrites et seules les légendes ou des restes involontaires au sein des idéologies ont pu nous donner des indications de cet épisode brutal.</p>
<p>La Mésopotamie suméro-akkadienne puis babylonienne a très longtemps été matriarcale, ce qui se reflétait dans ses religions.</p>
<p>Les déesses étaient :</p>
<p>1. Ereshkigal ou Irkalla- La déesse des enfers</p>
<p>2. Nanshe – la déesse de la justice sociale et de la prophétie</p>
<p>3. Ishtar ou Inanna- La Déesse de l'Amour et de la Procréation</p>
<p>4. Tiamat – la déesse de la mer Salée et mère de plusieurs divinités</p>
<p>5. Ninkasi – La déesse de la bière</p>
<p>6. Shala- La déesse du grain et de la compassion</p>
<p>7. Geshtinana – La déesse de l'interprétation des rêves, de la fertilité et de l'agriculture</p>
<p>8. Ninhursag – la déesse mère des montagnes</p>
<p>9. Kishar – la déesse de la terre</p>
<p>10. Ninlil – la déesse du vent</p>
<p>Une inscription de Sargon, un des plus anciens rois de Mésopotamie, dit : " Sargon, roi puissant, roi d'Agadé, moi ! — ma mère me conçut sans la participation de mon père. "</p>
<p>La fertilité de la terre est solidaire de la fécondité féminine ; par conséquent, les femmes deviennent responsables de l'abondance des récoltes, car elles connaissent le « mystère » de la création. Il s'agit d'un mystère religieux, parce qu'il gouverne l'origine de la vie, la nourriture et la mort. La glèbe est assimilée à la femme. Plus tard, après la découverte de la charrue, le travail agraire est assimilé à l'acte sexuel. Mais pendant des millénaires la Terre-Mère enfantait toute seule, par parthénogenèse. Le souvenir de ce « mystère » survivait encore dans la mythologie olympique (Héra conçoit toute seule et donne naissance à Héphaistos, à Arès) et se laisse déchiffrer dans de nombreux mythes et croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l'accouchement sur le sol, le dépôt du nouveau-né sur la terre, etc… Certes, la sacralité féminine et maternelle n'était pas ignorée au paléolithique, mais la découverte de l'agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralité de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualité féminine, se confond avec l'énigme miraculeuse de la création. (…) Le culte de la fertilité et le culte des morts semblent solidaires (cultures de Hacilar et Çatal Hüyük en Anatolie et culture pré-céramique de Jéricho, par exemple). (…) Des reliefs de la déesse, parfois hauts de deux mètres, modelés en plâtre, en bois ou en argile et des têtes de taureaux étaient fixés aux murs. (…) A Hacilar, daté de – 5.700, la déesse est montrée assise sur un léopard ou debout tenant le petit d'un léopard. »</p>
<p>Olivier Pelon écrit :</p>
<p>« Une importante iconographie féminine</p>
<p>Aucun sanctuaire ni aucun lieu de culte n'ont été identifiés dans le secteur fouillé, contrairement aux indications fournies à Çatal Hüyük. Au lieu de pièces ornées de motifs peints ou en relief de caractère symbolique ou rituel, on n'observe que des murs sans décor et des installations à destination purement domestique. Il existe cependant un lien entre les deux sites : la présence de figurines de terre cuite ou crue qui ont dû jouer un rôle dans les pratiques religieuses. À Hacilar, c'est tout un monde de représentations féminines qui a été mis au jour, dont J. Mellaart a pu dire qu'elles figuraient les différents aspects de la population féminine de l'époque vus par les yeux d'un artiste mâle, et qu'il décrit ainsi de façon très suggestive :</p>
<p>« Les jeunes filles, aux traits fins, leur chevelure brune ou noire portée en queue de cheval ou en boucles sur le sommet de la tête, affichant avec coquetterie leurs corps splendides à petits seins, vêtus uniquement d'un caleçon en étoffe de laine ou en peau d'animal ou jouant avec leurs léopards familiers, rapportés par les chasseurs des forêts de pin et de genévrier qui entouraient la vallée. Ailleurs […] les femmes plus âgées, mères ou futures mères, de formes mûres et sans aucun doute nues ou vêtues de tabliers ou de jupes ficelle, leur chevelure nouée en chignon à l'arrière de la tête, comme le voulait leur statut de femme mariée. Ici une jeune femme jouait avec son enfant assis sur sa poitrine ou la tétant ; près de là […] une femme aux cheveux sombres se reposant à l'ombre tandis que son jeune enfant se penche vers elle et murmure dans son oreille, ou les ébats d'un enfant sur le dos de sa mère qui s'accroupit avec difficulté en raison de son évidente grossesse… »</p>
<p>Les motifs choisis ont cependant une valeur symbolique manifeste, sans doute identique à Hacilar et à Çatal Hüyük : un personnage féminin en est le centre, volontiers associé dans les deux cas à un animal, le léopard, qu'on ne peut simplement considérer comme un animal familier. Et si, à Hacilar, les formes féminines sont parfois graciles et sveltes, on a plus souvent des figurations de femmes stéatopyges aux seins lourds qui incarnent une idée de maternité féconde. La nudité même, totale ou partielle, qui est une des constantes de ces représentations est significative du désir de l'artisan de mettre particulièrement en valeur tous les aspects du corps féminin ; le geste – que l'on constate dans plusieurs cas – des mains ramenées sur les seins qu'elles paraissent cacher, bien loin d'être celui de la Vénus pudique (Venus pudica) dont il est pourtant l'archétype, n'est destiné qu'à mieux mettre en évidence cet élément essentiel de la fécondité féminine. Si aucune des figurines d'Hacilar n'atteint à la majesté de la « déesse » aux léopards de Çatal Hüyük représentée en train d'accoucher, il existe cependant une filiation probable entre celle-ci et celles des femmes d'Hacilar associées à un jeune félin."</p>
<p>Léon Abensour écrit :</p>
<p>« Essayons avec un assyriologue contemporain de ressusciter la vie d'une petite cité du bas Euphrate, quatre mille ans avant notre ère : « La femme y occupe une situation privilégiée, elle jouit delà liberté et des honneurs. » Égales de l'homme, ces femmes du peuple pour lesquelles, dans le but d'encourager (déjà !) la natalité, on a institué le salaire familial ; égales de l'homme ces « servantes de la reine », congrégation religieuse et corporation à la fois ; égale de son souverain cette épouse du roi qui, dans la cité-royaume de Lagas, est chef politique, grand-juge, administrateur, qui évoque devant son tribunal les affaires privées, nomme les fonctionnaires, promulgue les lois et dont le palais — non celui du roi — est le grand centre de la vie du petit royaume.</p>
<p>Et si l'épouse du maître d'une cité chaldéenne exerce plus de pouvoirs officiels qu'aucune reine n'en exerce jamais du vivant de son mari, des inscriptions exhumées récemment par le père Scheil nous apportent mieux encore : des femmes élevées par le choix populaire au pouvoir suprême. Nous savons en effet que, cinq mille ans avant notre ère, le suffrage universel fleurissait, de même que le collectivisme, sur les bords de l'Euphrate et du Tigre. Qu'un souverain vînt à mourir, et c'était parfois une femme que le peuple désignait pour son successeur. <br class='autobr' />
La légende de Sémiramis, qui comme toute légende a une base historique, montre que le gouvernement féminin laissa en Orient de bons souvenirs.</p>
<p>C'est d'ailleurs, bien plus que l'égalité des sexes, une véritable suprématie de la femme qu'ont connue ces âges fabuleux de la légende qui chaque jour pénètrent un peu plus dans l'histoire de l'ancien Orient. Mais aux temps classiques même, et quand les cultes lunaire ou terrestre, dont la primauté se confondait avec celle de la femme, grande prêtresse d'Ishtar de la Déesse-Mère, s'éclipsent devant le culte masculin du Soleil, la femme conserve du moins longtemps encore l'égalité : égalité civile, égalité politique ; jusqu'à la disparition des empires assyrien et chaldéen, la femme continue de signer des contrats. Au neuvième siècle encore, la reine d'Assyrie, Sammouroumat (Sémiramis ?), contresigne tous les actes de son mari. »</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_f%C3%A9minisme_(Abensour)/Orient" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<h2 class="spip">Grèce</h2>
<p>Dans la culture grecque, qui était à son apogée il y a deux mille ans, ce ne fut pas le dieu Asclépios (Esculape), mais sa mère, Coronis, qu'on considéra comme le premier médecin. Elle supplanta Hécate et Diane qui avaient été les premières déesses de l'art de guérir. Une légende grecque, relatant les aventures du demi-dieu Hercule, décrit son voyage dans un pays dominé par une tribu d'Amazones guerrières : le voyageur décide d'en finir avec la domination des femmes et de libérer les hommes. Une autre légende raconte comment les dieux d'Athènes déchurent les femmes de leurs droits, car elles avaient utilisé leur droit de vote pour nommer leur ville " Athéna ", en l'honneur de la déesse, au lieu de la baptiser du nom de dieu Poséidon. La légende grecque indique le combat entre le matriarcat et le patriarcat dans le combat de Poséidon pour conquérir l'Olympe. La légende veut que la déesse Athéna aurait défendu le matriarcat et Poseïdon, dieu des mers, aurait imposé le patriarcat à Athènes en spécifiant cette demande pour arrêter d'assaillir la ville d'Athènes par les hautes lames de la mer. Les femmes, selon la légende, ont alors perdu leur droit de vote et les enfants ont cessé de porter le nom de la mère. Zeus intervint, dit la légende, pour éviter que le combat entre Athéna et Poseïdon ne mène à une guerre civile durable. Cela montre que la conquête des hommes est reliée à la formation de l'Etat puisque c'est la prise de l'Olympe par Zeus, qui symbolise la naissance de l'Etat grec, qui est reliée à la venue dans l'Olympe des dieux du frère de Zeus, Poseïdon. On a appelé ‘époque avant l'Etat de « règne de Chronos » et la légende annonce que les hommes travaillaient alors seulement pour subvenir à leurs propres besoins et ne s'exploitaient pas mutuellement. Il est à remarquer que la légende raconte que c'est encore Poseïdon qui ravagea la ville de Troie ce qui sous-entend aussi que la ville de Troie avait conservé le matriarcat alors qu'il avait déjà été éradiqué dans le reste de la Grèce. Cela irait dans le même sens que les légendes selon lesquelles des armées de femmes sont accourues défendre Troie quand la Grèce s'est unie pour combattre et écraser cette ville et le fait que les Troyennes ont été particulièrement mal traitées après cette guerre et livrées en esclavage. Le plus impressionnant, c'est que la légende des « travaux d'Hercule » explique que l'une des tâche du « héros » a consisté à combattre les régiments de femmes appelées les Amazones, les unes venues d'Afrique du nord et les autres des bords du fleuve Thermodon, dans la région du Caucase. Ces deux armées s'appuyaient sur des sociétés matriarcales. Elles auraient participé, toujours selon la légende car cette époque dispose seulement de légendes, à la guerre de Troie aux côtés des Troyens (Troyennes ?). Thèsée aurait personnellement combattu les régiments de femmes sous les ordres de la reine Penthésilée devant Troie. La légende rajoute que cette reine aurait été tuée par Achille dans un combat singulier. Les Grecs comme Socrate ou Platon considèrent que le passé peu lointain comprenait des régiments de femmes. On retrouve des armées strictement féminines dans les armées des Cimmériens et des Scythes. Les Romains en ont combattu certaines comme les Namnètes de l'Ile de Sein, ou les Samnites vivant près du Vésuve. Le nord de l'Iran a eu encore longtemps des sociétés matriarcales qui subsistent dans quelques bourgades. Parmi les mythes grecs qui mentionnent l'époque féminine de la Grèce antique, on peut également citer celui dit « des âges ». Sous l'âge d'Or, ils ont vécu sous le règne de Gaïa, déesse-terre. L'âge d'argent est symbolisé par une femme maniant la charrue et arborant une gerbe de blé. C'est l'âge de la fécondité. C'est Zeus, dieu masculin, qui a anéanti cet âge pour inaugurer l'âge de bronze, celui des hommes guerriers. La femme avait encore une influence cependant, marquée par une femme casquée et adossée à un bouclier. Prométhée créa ensuite l'âge de fer qui est un âge violent où on représente encore une femme mais menaçante et coiffée d'une tête de loup. Zeus anéanti alors l'humanité entière, laissant seulement un couple de justes qui survécut au déluge. On constate en Grèce de nombreuses déesses et même des déesses menaçantes comme le sphinx. Les mystères d'Éleusis faisaient partie d'un culte à mystères, de nature ésotérique, effectué dans le temple de Déméter à Éleusis (à 20 km au sud-ouest d'Athènes). Ils sont consacrés aux déesses Déméter (terre) et sa fille Perséphone (enfer). Ce culte agraire rendu à la déesse grecque de l'agriculture, s'étendra à toute la Grèce et, à l'époque romaine, à tout l'Empire romain. Les déesses mère et fille d'Éleusis ont probablement des racines préhelléniques, ceci étant suggéré par la relation entre leur légende et la culture des céréales, introduite en Grèce longtemps avant l'arrivée des Grecs. Selon le mythe, Déméter dévoila aux hommes ses mystères et la maîtrise de l'agriculture. Le poète Eschyle (Ve siècle avant JC), citoyen d'Eleusis et initié aux Mystères de Déméter, fut accusé de les avoir révélés. Il connaissait les souvenirs de l'époque matriarcale que les prêtresses conservaient et expliquaient aux initiés. L'explorateur Pausanias (I, 38) rapporte que, dans les temps préhistoriques, les habitants d'Eleusis durent défendre par les armes le culte de Déméter, que les Athéniens voulaient abolir. Le culte des déesses matriarcales, pour échapper aux persécutions, dut donc s'entourer d'ombre et de mystère. La Grèce a développé des « mythes de la vierge ». Trois déesses grecques, Junon, Minerve et Diane, portaient l'épithète de partheneia, virginale. Cependant Junon eut plusieurs enfants et Minerve, la vierge par excellence, fut plusieurs fois mère. D'après Cicéron et Aristote, elle avait mis au monde Apollon patrôos (protecteur des pères) ; Vulcain, en cette circonstance, avait été son mari, ou plutôt son violateur, ce qui ne l'empêchait pas de partager avec elle son temple sur l'acropole d'Athènes ; les fêtes des lampadephories étaient célébrées en l'honneur de Minerve et de Vulcain. — Neptune, en sa qualité de dieu marin, se permit un grand nombre de viols, la déesse athénienne fut une de ses victimes ; mais la Terre fut assez complaisante pour porter dans son sein le fils de Minerve et de Neptune, Erichthonius. Malgré ces enfants, la déesse continuait à recevoir l'épithète de vierge ; et son temple sur l'acropole, l'Erechtheum, était consacré à Minerve métro-parthenos, la vierge-mère. Elle était même une déesse tutélaire des femmes violées, fort nombreuses dans les tribus primitives de la Grèce, comme dans les tribus australiennes. Aethra, violée par Neptune dans l'île de Sphérie, éleva un temple à Minerve apaturia (décevante) ; quand Hercule eut triomphé de la reine des Amazones, il lui consacra la ceinture qu'il lui avait enlevée ; le jour de leur mariage, les fiancées de Trézenne faisaient hommage à Minerve de leurs ceintures. Dans la tête des Grecs, l'idée de virginité et de maternité ne s'excluaient pas. Nous verrons tout à l'heure que vierge-mère signifiait mère sans le concours de l'homme, comme c'est le cas pour la vierge-mère Marie : mais dans les temps primitifs cela voulait dire mère sans être mariée. C'est ce qui explique ce passage des Euménides d'Eschyle, dans lequel Minerve dit que " quoique l'homme a tout son coeur, elle n'a jamais consenti à accepter le joug du mariage ". En Grèce, on appelait fils de vierge (parthenias), le fils d'une fille non mariée. La femme était censée vierge tant qu'elle n'était pas mariée.</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/pantheon/</p>
<p>[Médée ou le remaniement du droit, une résistante face à l'avènement du patriarcat grec -> https://matricien.wordpress.com/essais/echene/medee/" class="spip_out" rel="external">Mythologie grecque : putsch des dieux-pères olympiens sur l'ancien ordre des déesses-mères</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article234" class="spip_out" rel="external">Aristophane contre la révolution des femmes (celle soutenue par Socrate)</a></p>
<p> <a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1886/10/matriarcat.htm" class="spip_out" rel="external">Paul Lafargue rapporte les légendes, notamment grecques, de passage du matriarcat au patriarcat</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/00/promethee.htm" class="spip_out" rel="external">Le Mythe de Prométhée, de Paul Lafargue</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1896/00/lafargue_18960000.htm" class="spip_out" rel="external">Le mythe de l'Immaculée conception de Paul Lafargue</a></p>
<h2 class="spip">Vikings</h2>
<p>Dans la légende viking, Beowulf tue une déesse-mère de l'ère matriarcale. Chez les anciens Vikings, c'était la déesse Eir qui dominait.<br class='autobr' />
Les femmes vikings étaient hautement considérées dans les affaires religieuses. Dans la société scandinave, la völva, tout autant prêtresse que prophétesse, était généralement une femme âgée ayant rompu avec les attaches familiales, qui errait à travers le pays. On faisait appel à ses services dans les situations graves, à l'instar de la femme qui, avec l'aide de Gudrid, dirige les rituels païens pour mettre fin à la famine, dans la saga d'Eirik le Rouge. Son autorité était absolue et elle était largement rémunérée pour ses services.</p>
<p>Selon la mythologie et les récits historiques, les völvur étaient censées posséder des pouvoirs tels qu'Odin lui-même, le père des dieux, faisait appel à leurs services pour connaître l'avenir des dieux : c'est notamment ce que rapporte la Völuspá, dont le titre lui-même se traduit par "chant de la prophétesse". Parmi les plus célèbres völvas de la littérature scandinave, il y a lieu de citer la Heidi de la Völuspá et la sorcière Gróa du lai de Svipdag (Svipdagsmál).</p>
<p>Homme ou femme pouvait être médecin "loeknir". La magie et la sorcellerie étaient exercées strictement par les femmes. Les sorciers masculins étaient considérés comme homosexuels (passifs) ce qui avait une connotation très négative de déshonneur, de couardise et non-virilité dans la société viking. Les Vikings pouvaient intervenir sur leur destin qui n'était pas inéluctable comme il le devint à l'époque chrétienne. Le recourt aux magiciennes et aux sorcières était un moyen de questionner les esprits et de s'en servir pour exécuter les ordres du sorcier.</p>
<p>Les ancêtres des Viking avaient le culte d'une Déesse Mère et des grandes forces naturelles qu'ils ont représentées plus tard par la création d'un panthéon qui compte notamment Odin, Thor, Jord, Frigg, Freyja, Freyr... et le grand arbre Yggdrasill. Il existe des témoignages de l'époque romaine décrivant ceux que l'on nomme « les pères des Vikings » en ces termes :« Ils (germains du nord) n'ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu'ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le Soleil, le feu, la Lune. Ils n'ont même pas entendu parler des autres » — Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules VI, 21« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir – esprits de la terre) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu'ils ont un culte commun pour Nerthus c'est-à-dire la Terre Mère, croient qu'elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » Tacite, Germania IX, 3.</p>
<p>Les mythes nordiques nous apprennent que deux familles divines cohabitent ensembles et forment le panthéon nordique. La première et la plus ancienne, est la famille des Vanir. La seconde et la plus récemment arrivée en sol scandinave, est la famille des Aesir. Les Vanes sont les premiers dieux (autochtones matriarcaux européens). Ils sont associés aux cultes de la fertilité, de la fécondité, de la sagesse et de la précognition. Sédentaires, ils étaient honorés comme divinités de la fertilité, de l'amour, de la sexualité, de la nature, de la santé,de la chance, de la jeunesse et des animaux. Outre leurs attributs divins, on les considère aussi comme des magiciens aux très grands et nombreux pouvoirs et comme des êtres spirituels plein de sagesse et de conseils. Il n'y a ni dieux de la guerre, ni déesses du mariage. Chez eux, les hommes "épousent" leur sœur.Ils sont vaincus par les Ases (dieux des envahisseurs patriarcaux indo-aryens : Odin, Thor...). <br class='autobr' />
Freyja est la déesse-mère nordique de la terre, de la fertilité, et de la beauté.Son nom signifie "Dame". Freyja et son frère Freyr ("le Seigneur") sont les chefs des Vanir.</p>
<p>Fylgja désigne le placenta, les membranes qui suivent l'expulsion du nouveau-né, et,symboliquement, la figure tutélaire, l'esprit, le double qui suit un homme et même un clan. La femme-fylgja, la fylgjukona, est celle qui protège l'individu, se rapprochant de notre ange-gardien,mais aussi d'une famille. Elle est liée au culte des Dises, évoquant les dhisanas védiques, déesses de la fertilité et de la fécondité, mais aussi du destin. Dans la mythologie nordique les dises (vieux norrois : dísir ; au singulier : dís) forment un ensemble de divinités féminines sur lesquelles peu de choses connues, à l'exception qu'elles sont associées à la mort et la déchéance. La fylgja est le double de l'individu, comparable au Ka égyptien et à l' eidolon grec, une sorte d'ange gardien prenant la forme d'une entité féminine ou d'un animal protégeant la famille ou la personne qu'elle a adoptée. C'est un être tutélaire dont la fonction est la protection et la prédiction. Il se manifeste aux vivants pendant les rêves.</p>
<p>Poème épique anglo-saxon écrit au VIIe siècle narrant les exploits du héros scandinave Beowulf (bee-wolf, loup-abeille, ours), qui vient à la rescousse du roi Hrothgar du Danemark, qui chaque nuit se fait dévorer ses guerriers par le monstre des marécages Grendel. Celui-ci est le fils d'une ogresse vivant dans un lac souterrain. Beowulf les terrassera. Comme dans la mythologie grecque, nous avons un héros masculin terrassant un monstre féminin ''de l'ancien monde'' ainsi que ses enfants. De nombreux universitaires pensent que ces mythes sont des allégories au nouvel ordre patriarcal terrassant l'ancien ordre matriarcal. Dans une version christianisée, Grendel serait un descendant de Caïn, hors ce dernier est souvent interprété comme un symbole matriarcal : Abel (pasteur sacrificateur patriarcal) est préféré par Yahvé à Caïn (agriculteur matriarcal). Dans la version cinématographique de Robert Zemeckis (2007), Grendel serait l'enfant adultère du roi Hrothgar avec l'ogresse (une sorcière séductrice multiformes), venant ainsi se venger de ne pas avoir été reconnu par son père.</p>
<p><a href="https://matricien.files.wordpress.com/2012/03/matriarcat-celtique-germanique.pdf" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="https://matricien.files.wordpress.com/2012/03/matriarcat-celtique-germanique.pdf" class="spip_out" rel="external">Matriarcat nord-européen</a></p>
<h2 class="spip">Romains</h2>
<p>Si Rome est connue pour être une société patriarcale dès le début, elle ne provient pas d'une société patriarcale. A Rome, le patriarcat succéda à un matriarcat étrusque…</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/etrusque/" class="spip_out" rel="external">Matriarcat étrusque</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_des_femmes_dans_la_soci%C3%A9t%C3%A9_%C3%A9trusque" class="spip_out" rel="external">Place des femmes dans la société étrusque</a></p>
<p><a href="http://adelaisetjasmine.over-blog.com/la-femme-%C3%89trusque-grande-oubli%C3%A9e-des-f%C3%A9ministes" class="spip_out" rel="external">La femme Étrusque, grande oubliée des féministes</a></p>
<p>Dans la Scienza Nuova, Giambattista Vico (philosophe italien du 17e siècle) insiste sur la promiscuité primitive, et base l'établissement du patriarcat à Rome et sa séparation de la plèbe sur la différence de la forme de mariage. Les patriciens antiques (aristocratie, élite oligarchique) pouvaient nommer leur père patrem ciere ; tandis que les plébéiens (peuple), qui conservaient encore la généalogie maternelle, ne connaissaient pas leur père. C'est pourquoi les cultes des déesses-mères étaient si populaires dans l'empire romain : Isis, Artémis, Cybèle, Magna Mater…</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/oreste/" class="spip_out" rel="external">Mythe d'Oreste</a></p>
<p>Les patriciens romains se disaient descendants d'Énée, un des héros de la bataille de Troie, ville au passé grandiose qui se trouve en Anatolie. Cybèle étant la grande Déesse d'Anatolie, les Romains ont voulu y voir la Déesse-Mère de leurs lointains ancêtres. La statue de Cybèle entrant dans Rome était donc célébrée comme un retour de la Déesse parmi ses descendants.</p>
<p>Cybèle est une Déesse étrangère qui fut importée d'Anatolie en l'an 204 avant notre ère. Son origine est exactement phrygienne, et les spécialistes s'accordent à dire qu'elle remonte très certainement à la Terre-Mère vénérée dans cette région au néolithique, tel que ce fut le cas à Çatal Höyük. Elle était représentée à cette lointaine époque avec une forte poitrine, et par la suite même avec de très nombreuses poitrines qui symbolisaient l'aspect Mère Nourricière.</p>
<p>Mais cette arrivée de la statue de Cybèle à Rome ne se fit pas sans frictions et problèmes. Car avec la Déesse furent aussi importés des rites que les Romains voyaient d'un très mauvais œil. Le caractère orgiaque du culte anatolien est un des aspects qui gênaient profondément le puritanisme patricien. Dès le début donc, bien que la Déesse soit la bienvenue, les lois romaines apportèrent de fortes limitations au culte de Cybèle. De plus, tous les rites devaient se tenir strictement dans le temple qui lui était dédié ; seul une fois l'an était autorisé une procession qui permettait qu'on sorte la statue de son temple. Par ailleurs tout sacrifice selon le rite anatolien était lui aussi interdit.</p>
<p>Au travers de ces différentes restrictions imposées par les autorités romaines, se révèle un conflit très ancien, une opposition religieuse et culturelle qui connût son grand tournant pendant la deuxième moitié du néolithique : cet affrontement est probablement celui qui à l'origine opposa la vision patriarcale et puritaine des aryens-patriciens, à celle matriarcale et libertine des peuples antérieurs aux aryens issus du néolithique ancien. À une époque où les Romains ne s'étaient pas encore étendus comme ils le firent par la suite, les valeurs religieuses patriarcales et puritaines héritées de leurs ancêtres aryens, étaient encore celles qui prédominaient dans la société romaine. Ces valeurs sont celles que défend Rome face aux prêtres de Cybèle et de leurs rites venus du plus ancien du néolithique matriarcal. Le brassage des cultures patriciennes et matriciennes dont fut victime plus tard l'empire romain, fut une des raisons qui mena Rome à sa perte.</p>
<p>Sources : « Les Fastes », Ovide. « La religion romaine archaïque », Georges Dumézil</p>
<h2 class="spip">Germains</h2>
<p>Chez les Germains, les femmes avaient toute la responsabilité du travail des champs. Les femmes des tribus tchèques pratiquant l'agriculture jouissaient de la même estime. La légende qui nous a été transmise sur la sagesse de la princesse Libussa rapporte que l'une des sœurs de Libussa s'occupait de l'art de guérir, tandis que l'autre bâtissait des villes nouvelles. Quand Libussa arriva au pouvoir, elle choisit comme conseillères deux jeunes filles particulièrement versées dans les questions de droit. Cette princesse gouvernait de façon démocratique et consultait son peuple pour toutes les décisions importantes. Libussa fut détrônée plus tard par ses frères. Cette légende témoigne assez bien de la manière dont les peuples ont conservé la mémoire de la domination de la femme. Le matriarcat devint dans la légende populaire une époque particulièrement heureuse et bénie puisque la tribu menait encore une vie collective. Les légendes germaniques que nous connaissons, par exemple la Chanson des Nibelungen, décrit avec force détails les combats de preux guerriers contre de belles femmes non moins belliqueuses, avant que celles-ci ne se soumettent pour devenir leurs épouses. La belle Brunehilde ne fut vaincue par son prétendant Gunther que par la ruse. Cependant, au cours de la nuit de noces, non seulement elle ne se rendit point, mais elle continua à combattre et vainquit son héros qu'elle suspendit au toit par la ceinture avant d'aller se coucher en toute quiétude. Les chants folkloriques russes montrent aussi la liberté et l'égalité dont jouissaient les femmes non seulement dans la vie économique, mais aussi sur le champ de bataille. Citons, par exemple, le héros Dobrynja Nikititsch affrontant à découvert un « chevalier errant, femme », représentante sans doute d'une tribu où dominait toujours le matriarcat. Dobrynja commence à combattre avec elle. Elle le saisit par sa chevelure bouclée, le "fourre" dans un "sac", et lui explique qu'elle ne consentira au mariage que si cela lui "chante".</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/" class="spip_out" rel="external">Matriarcat germain pré-aryen : la femme guerrière et prêtresse face à l'empire romain</a></p>
<h2 class="spip">Inde</h2>
<p>La civilisation de l'Indus était clairement matriarcale. La civilisation de l'Indus, vaste société urbaine commerçante n'avait ni palais ni temples ni rois ni armée ni police, mais des immenses villes et est reconnue par tous les historiens comme matriarcale. Les religions suviantes ont dû s'en démarquer…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197" class="spip_out" rel="external">La civilisation de l'Indus et sa destruction</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/asie/indus/" class="spip_out" rel="external">La civilisation matriarcale dravidienne de l'Indus : un paradis pacifique urbain détruit par les aryens</a></p>
<p><a href="http://autourdelhistoire.blog.lemonde.fr/2016/11/10/le-matriarca-pre-aryen-dans-lindouisme/" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat pré-aryen</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article243" class="spip_out" rel="external">Révolutions dans l'Inde antique</a></p>
<h2 class="spip">Finlande</h2>
<p>Laponie, ancienne terre matriarcale</p>
<p>Pohjola est un lieu mythique dans la mythologie finnoise. Étymologiquement, le mot est dérivé de Pohja, le Nord et fait référence à l'ensemble des régions polaires. Dans le Kalevala, le Pohjola est le pays des Saami (lapons). Le Pohjola peut également être considéré comme un lieu purement mythique, la source du mal. Le froid et les maladies viendraient de ce Pohjola. Selon la mythologie finlandaise, les fondations du monde — les racines de l'arbre du monde — se trouvent dans le pays Pohjola. Dans la mythologie, Louhi, une puissante sorcière règne sur le Pohjola.</p>
<p>Louhi a dans la mythologie finlandaise la double fonction de sorcière des glaces et de reine d'un pays connu sous le nom de Pohjola. Elle est décrite comme une sorcière puissante ayant la possibilité de changer de forme à son bon vouloir ainsi que la faculté d'exécuter de puissants enchantements. Elle est également la principale adversaire de Väinämöinen et de ses comparses dans lutte pour la possession du Sampo.</p>
<p>Louhi avait également la capacité d'enfermer la lune et le soleil dans une caverne ainsi que d'envoyer le froid sur un pays entier. Elle se servit de son don de se transformer à souhait, pour se métamorphoser fréquemment en griffon. Ce fut sous cette forme qu'elle attaqua le bateau qui emportait le Sampo.</p>
<p>Dans le Kalevala, elle a aussi bon nombre de filles magnifiques, qu'Ilmarinen, Lemminkäinen et autres héros essayent de conquérir dans diverses légendes. Les tâches à accomplir pour ce faire étaient si ardues que finalement peu arrivaient à les accomplir, et le cas échéant, elle intervenait elle-même pour faire échouer leur projet. Seul Ilmarinenaura su combler ses attentes, sans pour autant conquérir une fille de Louhi, cette dernière refusant de quitter son pays d'origine. Väinämöinen et Ilmarinen furent les seuls à l'avoir tenue en défaut.</p>
<p>Des personnages du Kalevala cherchent à obtenir la main de la fille de Pohjola. Louhi leur demande de réaliser des miracles comme forger le mystérieux Sampo de prospérité. Väinämöinen est le personnage principal des récits concernant le Sampo, objet rappelant une fabrique miraculeuse qui crée céréale, sel et or. Väinämöinen part à Pohjola pour y épouser la fille de Pohjola. La maîtresse de Pohjola impose au prétendant qu'il forge le Sampo. Väinämöinen n'y parvient pas et il repart déçu. Cependant, il envoie le forgeron Ilmarinen forger le Sampo de Pohjola. Toutefois la maîtresse de Pohjola ne donne pas sa fille à Ilmarinen, mais lui impose de réaliser de nouvelles tâches. Quand il a réalisé toutes les tâches, la fille de Pohjola lui est donnée comme épouse. Celle-ci est tuée et dans sa douleur Imarinen part à Pohjola épouser la seconde fille de Louhi.</p>
<p>Dans la mythologie finnoise, le sampo (corne d'abondance ?) est un objet magique souvent associé à Pohjola et qui assure la fortune à son propriétaire. Ayant remarqué combien le peuple de Pohjola est heureux grâce au Sampo, il se fâche et le raconte à Väinämöinen et à Lemminkäinen. Ces derniers se fâchent à leur tour et partent vers Pohjola avec une armée pour y dérober le Sampo. Le Sampo est volé, mais sur le chemin du retour, la maîtresse de Pohjola attaque et dans les combats le Sampo est détruit. Des morceaux du Sampo échouent sur une plage et développent l'agriculture.</p>
<p>Dans la conception des Sami de Laponie, chaque chose dans la nature a une âme, comme chaque phénomène naturel.</p>
<p>Les déesses des Lapons se trouvent généralement par trois : celle qui recueille l'âme transmise par la mère, celle qui permet à l'âme de devenir un fœtus, celle qui garde la tente où il y a un âtre et où la femme accouche. La déesse principale est la femme qui détient l'âme et qui permet que se forment les enfants. Les enfants naissent tous comme des femmes et deviennent seulement ensuite soit des femmes soit des hommes.</p>
<p>Les chasseurs lapons obéissaient à un paganisme matriarcal.</p>
<p>Akka (en langue saami : Áhkká) est un esprit féminin du chamanisme saami, présent également dans la mythologie finnoise. Le culte d'Akka était très généralisé et célébré sous forme de sacrifices, d'incantations et autres rituels. Certains Saamis croyaient qu'Akka vivait sous leur tente. Dans la mythologie finnoise Akka est l'épouse de Ukko et est la déesse de la fertilité. Elle est identifiée à la partie féminine de la nature, Maaemonen la mère Terre, fertilisée par Ukko.</p>
<p>Maderakka, appelée également Máttaráhkká est la première Akka, la déesse primordiale, la créatrice du corps humain, la déesse des femmes et des enfants. Les femmes et les enfants lui appartiennent (les garçons jusqu'à leur puberté). Le nom, remontant à la mythologie saami, réfère à la déesse de la sagesse et de la beauté, ce qui explique qu'akka a pu être utilisé en langue saami pour désigner « grand-mère » ou « femme sage ». Maderakka est populaire parmi les féministes Saami. Jabme-Akka (l'Akka de la mort) est la déesse du monde souterrain. Elle apaise et rassure les âmes des enfants disparus.</p>
<p>• Sáráhkká, appelée également Sarakka, est la déesse de la fertilité, de la grossesse et de la naissance. Elle assure la protection du fœtus. Une association saami féministe créée en 1988 porte le nom The Sarahkka en son honneur.</p>
<p>• Juokshkká, appelée également Juksakka, dont le nom signifie l'Akka à la flèche est la déesse protectrice des enfants.</p>
<p>• Uksáhkká, dont le nom signifie femme de la porte, est la déesse protégeant la maisonnée. C'est elle qui façonne le fœtus dans le ventre de la mère et détermine le sexe de l'enfant.</p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/matriarcat-religion/paganisme/finlande/" class="spip_out" rel="external">Mythologie matriarcale finlandaise : la déesse-mère des lapons face aux nouveaux dieux-pères aryens</a></p>
<h2 class="spip">Papouasie-Nouvelle Guinée</h2>
<p>L'anthropologue Maurice Godelier écrit dans la Recherche – novembre-décembre 2002 :<br class='autobr' />
« Chez les Baruyas, selon le mythe originel, les femmes auraient inventé les arcs, les flèches, etc, mais elles les auraient utilisé sans mesure. Leur puissance était créatrice de désordre (disent les hommes qui ont construit ce mythe), leur créativité était désorganisatrice… C'est pourquoi les hommes ont dû (disent-ils) les déposséder de tout cela. Pour que le monde tourne bien. Les femmes avaient aussi inventé les flûtes. Or, le nom secret des flûtes, c'est « vagin ». C'est-à-dire le pouvoir de donner la vie. Les premiers hommes (selon le mythe) se sont emparés des flûtes (…) Si les hommes ne tenaient pas les flûtes cachées des femmes, le pouvoir de donner la vie et de façonner des garçons repartirait chez les femmes. (…) En somme, les hommes vivent toujours menacés d'un désordre créé par les femmes. C'est pourquoi ils ne desserrent jamais leur étau… »</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Baruyas" class="spip_out" rel="external">Les Baruyas</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/baruya/" class="spip_out" rel="external">La société Baruya a évolué vers un patriarcat</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-sud/selknam/" class="spip_out" rel="external">Les Selk'Nam (Terre de Feu) : une société patriarcale qui garde le souvenir mythique de l'ère matriarcale</a></p>
<p><a href="https://fr.sott.net/article/13851-Les-mythes-grecs-guerre-d-extermination-du-matriarcat-et-avenement-du-patriarcat-dans-la-societe-et-la-religion-mediterraneenne" class="spip_out" rel="external">Les mythes grecs : guerre d'extermination du matriarcat, et avènement du patriarcat dans la société et la religion méditerranéenne</a></p>
<p><a href="https://matricien.wordpress.com/patriarcat/mythologie/" class="spip_out" rel="external">Mythologie et patriarcat</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat en Europe</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat, ses causes et sa fin sous les coups de la guerre sociale</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280" class="spip_out" rel="external">Le matriarcat chez les Indiens des Amériques</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248" class="spip_out" rel="external">Les Amazones, un mythe ou une réalité mal acceptée</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2698" class="spip_out" rel="external">A la Renaissance en Europe, la chasse aux derniers restes du rôle indépendant des femmes</a></p></div>
La naissance de la civilisation en Mésopotamie, ce n'est pas un produit de l'Etat
http://matierevolution.org/spip.php?article6392
http://matierevolution.org/spip.php?article63922019-05-23T22:42:00Ztext/htmlfrRobert ParisAntiquitéTurquieIranIrak - IraqSyrie
<p>La ville mésopotamienne, c'est des maisons, des maisons, encore des maisons, bien avant que personne ne construise ni un palais, ni un temple... <br class='autobr' /> Ici, la ville d'Ur : <br class='autobr' />
Lire ici : au moins mille ans séparent l'urbanisation de la naissance d'un Etat en Mésopotamie <br class='autobr' />
Naissance de l'urbanisation : ruines de Jerf el Ahmar (9500 avant J.-C.) Çatal Höyük, une des premières villes du Haut Euphrate <br class='autobr' />
La civilisation, cela signifie d'abord l'apparition d'une multitude de métiers : La ville de (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag">Turquie</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag">Iran</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag">Irak - Iraq</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag">Syrie</a>
<div class='rss_texte'><p>La ville mésopotamienne, c'est des maisons, des maisons, encore des maisons, bien avant que personne ne construise ni un palais, ni un temple...</p>
<p> Ici, la ville d'Ur :</p>
<div class='spip_document_12242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/ur07b-e641f.jpg?1790070728' width='500' height='371' alt='' />
</figure>
</div>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-953.htm" class="spip_out" rel="external">Lire ici : au moins mille ans séparent l'urbanisation de la naissance d'un Etat en Mésopotamie</a></p>
<p>Naissance de l'urbanisation : ruines de Jerf el Ahmar (9500 avant J.-C.)</p>
<div class='spip_document_12256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Fig--4-a.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH324/Fig--4-a-4036d.jpg?1790070728' width='500' height='324' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Çatal Höyük, une des premières villes du Haut Euphrate</p>
<div class='spip_document_12257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH253/catal-hoyuk-mesopotamie-079ab.jpg?1790070728' width='500' height='253' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La civilisation, cela signifie d'abord l'apparition d'une multitude de métiers :</p>
<div class='spip_document_12233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Etendard-Ur-Face-paix-histoire.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH219/Etendard-Ur-Face-paix-histoire-ce505.jpg?1790070728' width='500' height='219' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_12213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH213/5036446lpw-5036556-article-sumer-sumrien-sumrienne-sumriens-sumriennes-jpg_3705751_660x281-83735.jpg?1790070728' width='500' height='213' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L369xH180/Flickr_-_Nic_s_events_-_British_Museum_with_Cory_and_Mary__6_Sep_2007_-_185-3eb9f.jpg?1790070728' width='369' height='180' alt='' />
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/la-naissance-de-lagriculture-et-de-lcriture-17-728-e1b64.jpg?1790070729' width='500' height='375' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH183/220px-Sceau_kassite_araire-2cb81.png?1790070729' width='220' height='183' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/onRI3jJtpPMTxPJ73eZwBR8nkno_800x357.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH223/onRI3jJtpPMTxPJ73eZwBR8nkno_800x357-1c8bc.jpg?1790070729' width='500' height='223' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_12259 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/8317d0811b8a6dd63ae13d7b44c2b562--louvre-paris-immense.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH728/8317d0811b8a6dd63ae13d7b44c2b562--louvre-paris-immense-7c776.jpg?1790070729' width='500' height='728' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_12260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH275/7-daprc3a8s-le-roi-prc3aatre-et-le-troupeau-sacrc3a9-dinanna-sceau-cylindre-d_uruk-vers-3000-ans-avjc-c3a9poque-de-djemdet-nasr-marsailly-blogostelle-3c36b.jpg?1790070729' width='500' height='275' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Halaf</p>
<div class='spip_document_12223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH147/indexhalaf-4a567.jpg?1790070729' width='220' height='147' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville d'Ur :</p>
<div class='spip_document_12194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH347/ur-5b727.jpg?1790070729' width='500' height='347' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Suse</p>
<div class='spip_document_12235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexsus-ac660.jpg?1790070729' width='259' height='194' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville d'Eridu</p>
<div class='spip_document_12228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/indexer-ec5b2.jpg?1790070729' width='259' height='194' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Lagash</p>
<div class='spip_document_12238 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/indexlagash-d22c7.jpg?1790070729' width='275' height='183' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Kish</p>
<div class='spip_document_12239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L272xH185/kish-6c66c.jpg?1790070729' width='272' height='185' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Girsu</p>
<div class='spip_document_12222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L276xH182/indexgirsu-3fe94.jpg?1790070729' width='276' height='182' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville de Babylone</p>
<div class='spip_document_12236 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/indexbabylone-a8d42.jpg?1790070729' width='277' height='182' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La ville d'Uruk :</p>
<div class='spip_document_12204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/uf-cite-uruk.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/uf-cite-uruk-97433.jpg?1790070729' width='500' height='375' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>L'agriculture en Mésopotamie :</p>
<div class='spip_document_12205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH374/520px-Mesopotamia_agriculture_limits-fr-svg-fad8b.jpg?1790070729' width='500' height='374' alt='' />
</figure>
</div> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_en_M%C3%A9sopotamie" class="spip_out" rel="external">Agriculture en Mésopotamie</a></p>
<p>Les époques de la Mésopotamie :</p>
<div class='spip_document_12255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/-1650-9f20b-1483e.jpg?1790070729' width='500' height='325' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_12195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH433/-83-f0d11z-f3a4b.jpg?1790070729' width='500' height='433' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L322xH267/-1649-948f7-7f036.jpg?1790070729' width='322' height='267' alt='' />
</figure>
</div>
<div class='spip_document_12211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH324/220px-Mesopotamie_Isin-Larsa-svg-1c7e2.png?1790070729' width='220' height='324' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_12209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L346xH252/mesopotamie-709e2.jpg?1790070729' width='346' height='252' alt='' />
</figure>
</div> <div class='spip_document_12199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH244/220px-Periodo-Obeid-svg-d6e41.png?1790070729' width='220' height='244' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/img_el_origen_de_los_sumerios_resumen_2216_orig.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/img_el_origen_de_los_sumerios_resumen_2216_orig-e84a5.jpg?1790070729' width='500' height='404' alt='' /></a>
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<p>Les déesses femmes-lézards de la civilisation d'Ubaid</p>
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<p>La déesse Narundi d'Elam</p>
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<p>La déesse Inanna-Ishtar</p>
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</div><h2 class="spip">La naissance de la civilisation en Mésopotamie, ce n'est pas un produit de l'Etat</h2>
<p>Une fois de plus, cette fois pour la Mésopotamie, nous devons casser une conception très ancrée dans l'idéologie dominante : la civilisation n'est pas une production due à l'Etat, à la dictature militaire, policière, de l'institution religieuse et de la bureaucratie d'un pouvoir central s'imposant aux classes sociales opposées, bien entendu dans l'intérêt de la classe dominante et exploiteuse. La civilisation (irrigation, agriculture productive avec des céréales sélectionnées, utilisation de la roue, division du travail, grand commerce, urbanisation, écriture, artisanat, art, première industrie) est née bien avant le premier Etat dans une société qui n'avait jamais connu d'Etat. L'Etat est né à Sumer en 2500 avant J.-C. et la civilisation d'Ubaid est apparue en 5900 avant J.-C. ! Il y a un fossé...</p>
<p>Certains s'en tirent par une pirouette : c'étaient des cités-Etats mais c'est faux, c'étaient des cités bien avant d'être des cités-Etats.</p>
<p>L'expression cité-Etat a l'inconvénient majeur d'effacer l'opposition entre société civile et Etat...</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Suse_(Iran)" class="spip_out" rel="external">Lire par exemple comment les débuts de l'Etat sont apparus au IVe millénaire dans l'antique Suse, née sans Etat au VIe et Ve millénaire, suite à une destruction sans doute causée par une guerre civile</a></p>
<p>Rien d'étonnant : partout dans le monde, l'Etat naît pour combattre les révolution sociales...</p>
<p>Une autre erreur classique provient du fait qu'on imagine une espèce de continuité entre des sociétés qui se passeraient le relai et avec un seul centre de civilisation à chaque fois. En fait, on constate sans cesse exactement le contraire : plusieurs civilisations coexistent et interagissent, se combattent sans se détruire mutuellement, on a souvent une espèce de contradiction dialectique des civilisations (par exemple Hassuna-Samarra, Akkad-Sumer, Uruk-Mari, haute et basse Mésopotamie et Mésopotamie-Elam).</p>
<div class='spip_document_12244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH297/480px-Elam_sites-88a29.png?1790070729' width='480' height='297' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/carte_elam-ea656.jpg?1790070729' width='500' height='375' alt='' />
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<p>Si on demande au grand public à quoi leur fait penser la civilisation mésopotamienne, celle dont le monde occidental est le plus fier et qu'elle considère comme une de ses marques de naissance, on trouve Sumer, Akkad, Ur, Uruk, Kish, Lagash et Babel… Et, dans chaque cas, on ne voit dans ces sites que des Etats et à peine la société civile qui est à la base de l'activité des villes, c'est-à-dire des commerçants, des artisans, des tisserands, des potiers, des techniciens, des scientifiques, des négociants, des voyageurs de commerce, des citadins. La société civile apparaît presque, dans cette conception erronée, comme fondée par l'Etat alors que c'est l'inverse : elle vit en sangsue de l'activité productive et économique. Et, bien entendu, cela n'a rien de proprement mésopotamien !</p>
<p>Pour bien des gens, la civilisation serait apparue en Mésopotamie avec les grands chefs d'Etat, avec Nabuchodonosor de Babylone, avec Agga de Sumer, avec Ur-Nammu d'Ur, avec Sargon d'Akkad, avec Hammurabi de Babylone, avec Mesilim de Kish, avec Lugalagezi d'Uruk, avec Urmanshe de Lagash, avec Hita d'Elam, avec Shamshi-Adad d'Assyrie ou avec Eannatoum de Lagash. Et cela signifie qu'elle serait apparue dans une société dirigée par des hommes, par le patriarcat, sous des dieux et non des déesses. Tout cela est faux !</p>
<p>Ce n'est pas les historiens actuels qui ont inventé cette conception selon laquelle les grands hommes au pouvoir d'Etat ont bâti toute la société : ce sont ces chefs d'Etat eux-mêmes qui l'ont inventé et diffusée à l'époque et les historiens ne font que la poursuivre aujourd'hui !!! C'est un peu la poursuite de la « légende de Gilgamesh » qui continue d'être diffusée pour justifier non seulement l'histoire ancienne mais aussi le pouvoir d'Etat actuel… Gilgamesh est le maître mythique de la cité d'Uruk qui va servir d'exemple historique à toute la Mésopotamie, le héros qui se bat pour le peuple, un peu le berger des peuples, image qui servira même à d'autres peuples sémitiques comme les Hébreux.</p>
<p><a href="https://www.academieduvar.fr/Produits/heures/heures2015/NihoulCesari-De%C3%A9sses%20et%20dieux%20publication.pdf" class="spip_out" rel="external">Gilgamesh n'est pas seulement le symbole du roi-héros mais aussi celui des débuts du patriarcat terrestre et religieux</a></p>
<p>Dans ces mythes d'Etat, c'est le souverain qui fonde la cité, qui crée le peuple, qui invente les connaissances, qui trouve les découvertes, qui fonde l'écriture et le savoir, la technologie comme la prospérité. Pas étonnant : il est lui-même mis en place par les dieux ou encore est lui-même un dieu ! De quoi rendre jaloux les chefs d'Etat actuels !!!</p>
<p>L'auto-glorification des rois de Mésopotamie</p>
<div class='spip_document_12258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH350/1310165-Ninive_bas-relief-2d974.jpg?1790070729' width='500' height='350' alt='' />
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</div><div class='spip_document_12254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/099b087837845e09b22067c0e1d3fcc4.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH989/099b087837845e09b22067c0e1d3fcc4-4be74.jpg?1790070730' width='500' height='989' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Sumer-Akkad1.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH690/Sumer-Akkad1-a14f6.jpg?1790070730' width='500' height='690' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Sumer-Akkad9b.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH594/Sumer-Akkad9b-0daf7.jpg?1790070730' width='500' height='594' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH664/rois-en-mesopotamie_pdt_hd_3450-52cde.jpg?1790070730' width='500' height='664' alt='' />
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<p>Cette thèse du roi, bâtisseur de civilisation ne tient pas :</p>
<p><a href="http://antikforever.com/Mesopotamie/Divers/Principaux%20Rois.htm" class="spip_out" rel="external">Les rois de Mésopotamie commencent, au plus loin, en 2750 avant J.-C.</a></p>
<p><a href="https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_culture_dobeid_du_viieau_ve_millenaire.asp" class="spip_out" rel="external">La civilisation débute, elle, avec la culture d'Obeid en 6900 avant J .-C., suivie notamment par la culture d'Uruk au quatrième millénaire</a></p>
<p>On en vient en effet à la thèse selon laquelle la civilisation (urbanisation, développement économique, démographique, urbanisation, découvertes techniques, accroissement productif, artisanat, art, sciences, développement du grand commerce, production de luxe, grands monuments, richesses de toutes sortes, etc.) serait née avec les cités-Etat du troisième millénaire, des royaumes d'Eridu, de Bad-tibira, Larak, Sippar et Shuruppak, puis les empires qui seraient le sommet de cet effort civilisationnel. Pour eux, parler de civilisation en Mésopotamie, c'est parler du royaume de Kish, de l'empire d'Akkad, de l'empire de Babylone, de l'empire de Suse, de l'empire des Assyriens et on en passe…</p>
<p>Avec cette thèse, on pourrait croire que l'écriture est née après ces Etats, que le développement des villes est produit par ces Etats, que le grand commerce est né après eux, que l'artisanat n'a dû son grand essor qu'au pouvoir d'Etat, que les technologies et sciences n'ont été créées qu'après la dictature de classes, et même que les classes dominantes devraient leur naissance qu'à l'Etat de classe.</p>
<p>Et pourtant, rien n'est plus faux. Les dates sont très claires : la division de la société en classes sociales naît bien avant l'Etat, le grand développement agricole et urbain date aussi de bien avant, l'artisanat et les technologies, l'écriture et l'art, sont nés avant tous ces Etats et ne leur doivent rien pour leur apparition !!!</p>
<p>La civilisation n'est pas née d'un pouvoir central guerrier et répressif mais du surproduit dans le travail productif humain, de l'accroissement d'efficacité du travail, suivie de l'exploitation des esclaves et des travailleurs libres, de l'accumulation de ces richesses, du réinvestissement de cette plus-value, c'est-à-dire ce qui, dans la production humaine et sociale, dépasse les biens immédiatement nécessaires pour vivre ou survivre.</p>
<p> Si on résume la question : écriture et urbanisation (les deux éléments clefs, les deux marques déterminantes de la civilisation) sont nées au IVe millénaire (en Mésopotamie du sud et à Elam) et les embryons de pouvoir central, les cités-Etat, avant les Etats régionaux ou nationaux et les empires, sont nés au IIIe millénaire. Plus d'un millénaire de distance de temps !!!</p>
<p>Les premières villes datent même de bien avant : Jéricho au VIIIe millénaire, çatal Hüyük au VIIe millénaire, puis Erbil, Umm Dabaghiyah, Choga Mami, Tell es-Sawwam, Tell Halaf, Ali Kosh au VIe millénaire. C'est en 5500 que débute l'Ubaid ancien.</p>
<p>Ces villes développent tout ce qui sera utilisé ensuite comme technologies : céramique, poterie, utilisation des céréales, métallurgie, bijoux, travail des pierres précieuses, la roue, sculpture, irrigation, constructions monumentales, etc.</p>
<p>Mais surtout, elles lancent un accroissement exponentiel de la richesse, dû à la division du travail, à la spécialisation et professionalisation, au développement intellectuel, technique et social en même temps.</p>
<p>Et c'est Uruk qui, au tout début du IIIe millénaire, invente l'écriture. Or Uruk ancien est une cité mais pas encore une cité-Etat !</p>
<p>C'est aussi Suse (phase Jemdet Nasr) qui développe aussi une première écriture en 3100 avant J.-C. Là encore bien avant l'apparition de l'Etat ou des pré-Etats des cités.</p>
<p>C'est ensuite bien d'autres sites comme Sheikh Hasan, Habuba Kabira, Buqras ou Tell Brak, qui développent des écritures, des comptabilités,</p>
<p>La période dite pré-dynastiques (avant l'Etat et le préparant) est datée par les historiens de… 2900 avant J.-C. au plus tôt !</p>
<p>C'est seulement de 2500 que date, en Mésopotamie, le durcissement du pouvoir royal, en même temps que celui de la hiérarchie sociale, de l'oppression des classes possédantes.</p>
<p>Sargon arrive au pouvoir en 2371 à Akkad.</p>
<p>La première dynastie de Kish date de 2800.</p>
<p>Les premiers rois sémites datent de 2750.</p>
<p>Toutes ces dates sont bien entendu avant J.-C.</p>
<p>Mais les tablettes de Jemdet Nasr datent au moins de 3000 ou 3100 avant J.-C.</p>
<p>Mais Gilgamesh, symbole des chefs d'Etat maîtres de leur peuple, est daté de la seconde moitié du IIIe millénaire.</p>
<p>Quant à la révolution néolothique qui a produit la rupture avec les anciens chasseurs-cueilleurs, l'agriculture et l'urbanisation, elle a démarré 10.000 ans avant J.-C.</p>
<p>La grande urbanisation partie d'Uruk date de 3500, les sceaux-cylindres (écriture) datent de 3400 de même que l'irrigation, le tour de potier et l'araire de 3300, les constructions monumentales de 3200, Jemdet Nasr de 3000, les grands progrès technologiques du travail de la pierre et du bâtiment de 2900, mais le prédycnastique démarre en 2750. Les tombes royales d'Ur datent de 2600, le dynastique ancien date de 2500, l'Etat d'Akkad débute en 2370, la prospérité des cités-Etat du sud mésopotamien date de 2200, la première dynastie de Babylone date de 2000-1900, le règne d'Hammurabi débute en 1800, la dynastie kassite débute en 1700, la dynastie hourrite démarre en 1600, la dynastie assyrienne démarre en 1500. Nabuchodonosor gouverne en 1124.Toutes ces dynasties ne peuvent absolument pas revendiquer d'avoir créé la civilisation et le progrès, elles n'ont fait que l'exploiter et éventuellement le diffuser.</p>
<p>Comme le rappelle Harry W.F. Saggs au début de son grand ouvrage « Babylone », l'Etat babylonien plein et entier date du IIe millénaire, son écriture et son urbanisme datent du IVe millénaire. Impossible d'inverser l'ordre historique des bâtisseurs réels de la civilisation. C'est la société civile qui lance la civilisation et pas l'Etat ! La fabrication de vases en terre cuite date de 8000 ans avant J.-C., la céramique date de 6000 ans avant J.-C., de même que la variété la plus productive d'orge. Les techniques d'irrigation avancées datent de 3500, comme la sculpture et le travail du cuivre. L'écriture est attestée en Mésopotamie méridionale (Uruk et Suse, puis Ur), dès le milieu du IVe millénaire.</p>
<p>Quelle est donc la société qui a lancé le grand développement social, technique, intellectuel, artistique, artisanal, humain de la civilisation agraire et urbaine de Mésopotamie ?</p>
<p>La société qui a lancé ce développement économique et social exponentiel, cette construction d'une civilisation en Mésopotamie n'était pas dominée par un Etat et elle ne connaissait même pas la division en classes sociales. Elle n'avait pas encore développé une propriété privée des moyens de production. Elle n'était ni théocratique ni patriarcale. C'était une société communiste primitive d'anciens chasseurs-cueilleurs qui se sont sédentarisés, ont développé collectivement des techniques agricoles, ont mis en place des villages et des villes. C'est cette société qui a permis l'accumulation d'un surproduit, le développement de technologies, la spécialisation du travail, l'apparition d'un surproduit permanent et de familles riches, le développement des métiers et des classes sociales, puis, bien sûr, de la lutte des classes et des révolutions. Ce sont ces dernières qui ont rendu nécessaire la mise en place de l'Etat afin d'éviter ce qui se produisait à chaque fois que la rupture entre classes riches et classes pauvres devenait trop insupportable : le soulèvement des exploités.</p>
<p>En tout cas, c'est un monde de propriété collective et de vie collective matriarcale qui a lancé tout ce progrès invraisemblable en développant un surproduit du travail agricole et en permettant ainsi que le travail d'un homme produise bien plus que ce qui lui est nécessaire pour vivre, surproduit qui fonde tout le reste : les activités professionnelles diverses, les villes, le commerce, l'artisanat, l'art, la civilisation. Le paysan a pu nourrir à la fois les gens des villes, les gens des petits métiers mais aussi et plus tard les grands négociants, les grands propriétaires, les grands seigneurs de la guerre, les grands pontes religieux, les grands rois, leurs luxes et leurs cours royale.</p>
<p>En effet, l'agriculture mésopotamienne ne s'est pas contentée de nourrir ses habitants, elle a permis une polarisation de la richesse dans un petit nombre de mains, qui a lancé la société de classes sociales, et, si cet ordre esclavagiste et exploiteur n'a enrichi qu'une minorité, il a permis le lancement d'une société entièrement nouvelle et notamment la grande production, le grand commerce, la grande urbanisation, tout cela bien avant de donner naissance à l'Etat de classe.</p>
<p>Curieusement, les débuts de l'Etat ont pu apparaître aux peuples comme un recours contre les classes possédantes, les plus pauvres pouvant faire appel aux rois contre les puissants…</p>
<p>Cependant, il ne faut pas croire que l'essentiel des progrés techniques, culturels et sociaux dateraient de l'apparition de l'esclavage. C'est faux ! L'esclavage est né en Mésopotamie au début du IIIe millénaire. On a vu dans ce qui précède que l'essentiel des progrès agricoles, d'irrigation, de connaissance des céréales, d'élevage, d'inventions technologiques, de productions métallurgiques, de travail de la pierre et de la brique, d'artisanats divers datent de bien avant…</p>
<p>Harry W.F. Saggs écrit dans « Babylone » :</p>
<p>« La civilisation, au sens courant de vie associée à la ville et à l'écriture, commença au IVe millénaire avant J.-C. dans le sud de la Mésopotamie et en Elam…. La révolution néolithique commença après la fin de la dernière glaciation, vers 9000 avant J.-C., sur toute l'étendue du « Croissant fertile », vaste ensemble de régions allant des collines de Palestine au piémont du Zagros, en passant par le piémont méridional du Taurus…</p>
<p>Les plus anciens établissements de Babylonie méridionale ont été de petits villages, installés dans des zones rendues habitables par la proximité d'étangs, de lacs et de petits courants d'eau alimentés par l'Euphrate… C'est seulement après les débuts d'exploitation de ces ressources, dégageant rapidement des surplus de céréales et entraînant une augmentation constante de la population, que certaines agglomérations ont peu à peu atteint la taille de villes.</p>
<p>Cette croissance a été aidée par les migrations incessantes de populations venues des villages alentour, moins prospères, vers les agglomérations plus heureuses, et par l'afflux constant de nomades.</p>
<p>La ville qui connut l'expansion la plus considérable fut, sur ce point, Uruk : au Dynastique ancien 1, elle avait une population comprise entre quarante et cinquante mille habitants. D'autres cités se développèrent également, comme Ur, Lagash, Nippur, Kish et sans doute Shurrupak…</p>
<p>Dans les premières communautés, toutes les terres étaient apparemment communes, les droits d'exploitation étant également partagés entre les familles claniques qui composaient chacune de ces communautés. Les mythes suggèrent que les décisions affectant la communauté étaient prises dans des assemblées générales d'hommes et de femmes, qui coopéraient pour des objectifs associés à leur terre et partageaient ses productions.</p>
<p>L'essor des cités induisit des modifications majeures….</p>
<p>A la période du Dynastique ancien II (après 2750 avant J.-C.), qui est celle du Gilgamesh historique, un souverain coiffait l'édifice social. Il n'était pourtant pas omnipotent puisque, dans les décisions d'Etat importantes telles que les opérations de guerre, il lui fallait prendre l'avis d'une assemblée composée de chefs de famille et de guerriers. Mais les femmes ne participaient déjà plus au processus de consultation. L'assemblée des citoyens conserva une certaine autorité sur divers points jusqu'à la fin du IIIe millénaire et même plus tard.</p>
<p>Au Dynastique ancien III (vers 2600 avant J.-C.), il n'était déjà plus question de répartir les terres justement entre tous les membres de la communauté ; certains n'y avaient déjà plus droit… Une bonne partie des terres étaient devenue propriété soit des sanctuaires, soit du « palais », c'est-à-dire de l'organisation dirigée par le souverain de la cité-Etat. Les intérêts des temples et du palais pouvaient entrer en concurrence, mais ils restaient liés… Une bonne partie des terres annexées étaient d'anciennes terres communautaires…</p>
<p>On croyait auparavant que ce genre d'évolution avait virtuellement mis fin à toute propriété communautaire ou privée dès le milieu du IIIe millénaire. On reconnaît aujourd'hui, à partir de l'étude des contrats de vente de terrains, qu'une partie non négligeable des terres – entre le quart et la moitié – est restée aux mains des familles claniques, en dehors du secteur étatisé, durant tout le IIIe millénaire avent J.-C. Une partie de la population restait toutefois en dehors de tout accès à la propriété : les uns représentaient des classes pauvres, aux droits restreints, les autres étaient des esclaves. L'inégalité des richesses entre les différentes classes se reflète dans les trouvailles archéologiques, par grandes différences dans les tailles des demeures…</p>
<p>Moins une personne était élevée dans l'échelle économique et sociale, plus elle était vulnérable aux pressions. Un esclave était contraint d'accepter cet état de choses, mais un citoyen libre avait le sentiment que le souverain de la cité pouvait incarner pour lui un ultime espoir.</p>
<p>Ainsi, dans une composition de la période d'Ur III, un sujet proclame : « Dis au roi… ainsi parle ton serviteur : ''Mon roi, prend soin de moi, je suis un fils de la ville d'Ur. Comme mon roi est un dieu, il ne permettra à personne de me dépouiller de mon héritage paternel.'' » (…)</p>
<p> L'extension des propriétés de l'Etat laissait toutefois beaucoup de gens sans terre, ce qui fut rapidement un facteur essentiel de stratification sociale. Dans les conditions prévalant en Mésopotamie méridionale, les gens dépourvus de droits à la terre ne pouvaient survivre qu'en se soumettant à ceux qui possédaient les moyens de production fondamentaux.</p>
<p>Certains pouvaient subvenir à leurs besoins grâce à des occupations spécialisées – les exemples bien connus incluent les scribes, les marchands, les maçons, les orfèvres, les tisserands, les tailleurs de sceaux, les charpentiers et les fabricants de sacs -, mais la seule ressource pour les autres était de s'engager comme manouvrier sur les terres du palais ou des temples. Dans certaines circonstances, ils pouvaient louer leur force de travail comme hommes libres, mais, le plus souvent, ils tombaient dans une sorte d'esclavage vis-à-vis des prêtres ou des fonctionnaires.</p>
<p>Il y avait ainsi trois ordres ou « états » dans la société babylonienne ancienne : les hommes libres, les esclaves et un état intermédiaire qui n'était pas celui des esclaves, mais qui ne jouissait pas de tous les droits des citoyens libres. Certains historiens utilisent le terme de « serfs » pour désigner les ressortissants de ce troisième état ; nous proposerons ici de les appeler « vilains ».</p>
<p>Le « Code d'Hammurabi » fait une distinction entre ces trois états. A plusieurs reprises, il oppose les droits et les devoirs des hommes libres (en akkadien awilum, en sumérien lù), des vilains (en akkadien muskenum, en sumérien mas.en.gag) et des esclaves (en akkadien wardum, en sumérien arad au masculin et gème au féminin)…</p>
<p>La possession d'esclaves remontait au tout début du IIIe millénaire et certains philologues font remonter leur institution à la seconde moitié du IVe millénaire, au motif que certains signes, sur les tablettes « proto-sumériennes » d'Uruk, semblent se référer à des esclaves mâles ou femelles, dénombrés par centaines…</p>
<p>On pouvait vendre et acheter des esclaves dans tout le pays, mais il n'y avait pratiquement pas de commerce international d'esclaves. Au cours des périodes plus récentes, au moins, un esclave pouvait recevoir une formation artisanale et devenir boulanger, cordonnier, tiserand ou maçon ; à la période néo-babylonienne, on relève parmi eux un grand nombre d'artisans. Les esclaves recevaient la même ration alimentaire que les hommes libres, dans les corvées officielles, sous forme de mesures d'orge ou de blé (environ deux litres par jour pour un homme, moins pour une femme), de bière, d'huile ou de graisse. Ils recevaient aussi des souliers et des vêtements – ou bien de la laine avec laquelle fabriquer ces derniers….</p>
<p>Les esclaves n'avaient aucune protection légale contre les mauvais traitements. Blesser ou tuer un esclave était un forfait, mais uniquement envers le propriétaire de celui-ci… Les esclaves qui appartenaient à un individu étaient surtout employés aux tâches domestiques. L'économie de Babylone ne dépendit jamais de l'esclavage et bien des familles élargies n'en possédaient aucun. Les esclaves ne jouaient pas un grand rôle dans l'agriculture , peut-être en raison de la difficulté qu'il y aurait eu à contrôler des équipes serviles dans de telles circonstances….</p>
<p>Le terme « musskenum » revient à plusieurs reprises dans les lois d'Hammurabi, avec une acception généralement plus large que celle de « vilain »… Habituellement, le terme renvoie à une catégorie d'individus qui avaient plus de droits qu'un wardum (esclave), mais moins qu'un awilum (citoyen libre). Un crime commis contre un musskenum était moins sévèrement puni que contre un awilum… Dans certains contextes, musskenum n'est pas employé pour désigner une classe sociale spécifique, mais dans le sens de « pauvre homme », « déclassé ». Avec cette acceptation, le mot est passé en arabe modern (« miskin » = pauvre) qui a lui-même donné l'italien mesquino et le français mesquin, avec le même sens.</p>
<p>Le noyau de la classe des vilains comprenait les descendants d'hommes libres qui avaient perdu une partie de leurs droits, par suite de revers économiques. Les autres étaient soit des immigrants étrangers, soit des prisonniers de guerre épargnés par l'esclavage, soit des transfuges d'autres cités-Etats, soit des rebuts de la société comme les veuves et les orphelins. Leurs conditions de vie n'étaient guère meilleures que celle des esclaves.</p>
<p>Les vilains étaient largement plus nombreux que ces derniers. Ils travaillaient habituellement, comme agriculteurs ou pasteurs, sur les terres des temples ou du palais ; les femmes étaient souvent tisseuses. Leurs droits légitimes ont varié selon les époques. Au Babylonien ancien, tout crime commis contre un musskenum encourait une peine moitié moins importante que contre un awilum. A la différence des esclaves, les vilains pouvaient avoir librement femmes et enfants ; on ne pouvait les vendre. Ni les vilains ni les esclaves, en revanche, n'avaient le droit de se déplacer librement…</p>
<p>La période de la domination de Sargon sur Akkad marqua une étape décisive dans l'agrandissement des terres de la Couronne. Jusque-là, une bonne partie du pays restait dans les mains des clans familiaux et – et comme en Israël beaucoup plus tard (histoire du vignoble de Naboth) – un souverain n'avait pas le pouvoir légal de forcer une famille à abandonner une terre ancestrale. Les actes de vente de l'époque sargonique montrent, en revanche, que certaines familles vendent désormais leurs terres au souverain, à un prix si bas qu'il représente à peine la valeur d'une récolte saisonnière…</p>
<p>L'impérialisme de la dynastie de l'empire d'Akkad n'alla pas sans résistances extérieures. Sargon lui-même dut affronter plusieurs révoltes, dont certaines à grande échelle ; compte tenu de la longue tradition d'indépendance des cités-Etats, ces révoltes étaient prévisibles. Ce qui est remarquable dans cette affaire n'est pas l'éclatement à répétition des soulèvements locaux, mais plutôt la capacité des souverains à les contenir pendant plus d'un siècle…</p>
<p>Les premiers successeurs de Sargon furent deux de ses fils, en ordre inverse de leur naissance, Rimush (le cadet) puis Manishtusu (l'aîné). Ce furent des souverains compétents, qui réussirent à consolider l'Empire laissé par leur père, réprimant plusieurs révoltes… Mais ils allaient être surclassés par Naram-Sin (2291-2255 avant J.-C.) le dernier grand roi de la dynastie…. »</p>
<p>L'auteur souligne que les origines de la Mésopotamie sont matriarcaux :</p>
<p>« L'emblème de la grande déesse Inanna, utilisé avant 3000 avant J.-C. est habituellement interprété comme un faisceau de ces grands roseaux liés ensemble pour former un décor de pilastres encadrant une porte…</p>
<p>Les mythes anciens reflètent un stade encore antérieur du pouvoir exécutif. En effet, si certains éléments du panthéon des dieux y sont reconnus comme supérieurs, les divinités ne décident qu'après discussion de l'assemblée plénière, dans laquelle les déesses sont aussi importantes que les dieux. Ce trait reflète, sur le plan divin, un stade de la société où les femmes jouissaient d'une complète égalité avec les hommes, pour les décisions concernant les affaires communes. Ces mythes se rattachent ainsi à un stade encore antérieur de la société que reflètent les religions préhistoriques, lorsque la divinité prépondérante n'était pas un principe masculin, mais une grande Déesse-Mère, représentée à de multiples exemplaires à partir du Paléolithique ancien…</p>
<p>Les exemples de l'art religieux datés du Paléolithique supérieur montrent que trois domaines au moins étaient alors d'un intérêt particulier pour les populations : le succès de la chasse, la prolifération des espèces chassées et la fécondité des femmes. Cette dernière préoccupation est illustrée par de nombreuses figurines de terre séchée ou cuite représentant des femmes lourdement enceintes ou particulièrement charnues ; ces exemples se retrouvent jusqu'à la période de Halaf. La révolution néolithique – après dix mille ans avant J.-C. – a entraîné de nouveaux développements. En particulier, l'antique représentation de femme enceinte évolue alors vers une figure de Déesse-Mère ou Grande-Mère, être surnaturel aux pouvoirs illimités, incarnant la puissance vitale que les populations préhistoriques percevaient à l'œuvre dans la fécondation, la naissance et la maternité. Les divinités masculines correspondantes ne sont apparues que beaucoup plus tard.</p>
<p>A l'exception de la Déesse-Mère, les populations préhistoriques ne concevaient apparemment pas les pouvoirs surnaturels sous une forme humaine, mais plutôt dans la manifestation des phénomènes naturels : le ciel, le vent, l'eau, le soleil, la lune, la tempête et les animaux sauvages…</p>
<p>Bien plus tard, les populations finirent par penser que les cités étaient des créations primitives de leurs dieux et que ceux-ci avaient déterminé de toute éternité, dès l'origine, tous les aspects de la société des hommes… Vers 2600 avant J.-C., on dénombrait déjà presque quatre mille divinités nommées, organisées sur le modèle hiérarchique de la société humaine… »</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article4061" class="spip_out" rel="external">La Mésopotamie antique invente la philosophie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article225" class="spip_out" rel="external">Révolutions de la Mésopotamie antique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980" class="spip_out" rel="external">La Bible a copié les sumériens et les babyloniens…</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4298" class="spip_out" rel="external">Comment Babylone a disparu ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228" class="spip_out" rel="external">Chronologie de la préhistoire et de l'Antiquité au Moyen-Orient</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258" class="spip_out" rel="external">Jéricho (à partir de 9000)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%87atal_H%C3%B6y%C3%BCk" class="spip_out" rel="external">Çatal Hüyük (à partir du VIIIe millénaire)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Obe%C3%AFd" class="spip_out" rel="external">La culture d'Obeid (à partir de 6500)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nippur" class="spip_out" rel="external">Nippur (Ve millénaire)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lagash#Girsu/Tello" class="spip_out" rel="external">Girsu/Tello (Ve millénaire)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tell_Uqair" class="spip_out" rel="external">Tell Uqair ou Urum (à partir de 5000)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Uruk" class="spip_out" rel="external">Uruk ancien (à partir de 5000)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_d%27Uruk" class="spip_out" rel="external">La période d'Uruk (IVe millénaire)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_de_Djemdet_Nasr" class="spip_out" rel="external">Période de Djemdet Nasr (à partir de 3150)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9sopotamie#Le_roi_et_l'%C3%89tat" class="spip_out" rel="external">Les royautés des cités mésopotamiennes ne débutent qu'au IIIe millénaire</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_d%27Akkad" class="spip_out" rel="external">L'empire d'Akkad date du 24e siècle</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694" class="spip_out" rel="external">En Chine antique, ce n'est pas l'Etat qui lance la civilisation</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102" class="spip_out" rel="external">En Egypte antique, ce n'est pas l'Etat qui lance la civilisation</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article190" class="spip_out" rel="external">Naissance de l'Etat et classes sociales</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5076" class="spip_out" rel="external">Religions, classes possédantes et pouvoir d'Etat : des liens indéfectibles</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=origine+de+l%27Etat+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class="spip_out" rel="external">Origine de l'Etat</a></p>
<p><a href="https://www.capital.fr/economie-politique/la-mesopotamie-de-3800-a-1600-avant-jc-sa-prosperite-reposait-avant-tout-sur-l-import-export-627100" class="spip_out" rel="external">Les bases de la prospérité de la Mésopotamie, c'est aussi le grand commerce</a></p>
<p><a href="https://www.scienceshumaines.com/les-premieres-villes-du-monde_fr_4247.html" class="spip_out" rel="external">La spectaculaire révolution urbaine de Mésopotamie, commencée 4 000 ans avant notre ère, ne fut pas seulement le résultat d'une soudaine prospérité agricole, mais le lieu du développement des échanges dans une société à l'économie déjà très diversifiée et spécialisée.</a></p>
<h2 class="spip">Appendice sur la civilisation issue de la société civile et sur l'Etat construit bien plus tard, pour stabiliser la domination des exploiteurs et pour faire face aux révolutions sociales :</h2>
<p>Nous sommes ici victimes des points de vue des historiens bourgeois, sociaux-démocrates ou staliniens, qui sont tous étatistes (en histoires des civilisations comme en politique), mais le marxisme a toujours souligné la contradiction entre Etat et société civile. Il a toujours fait remarquer que les classes sociales se divisent et s'opposent violemment bien avant l'apparition de l'Etat, même s'ils ne disposaient que de peu d'éléments historiques en la matière. Nous disposons maintenant de preuves issues des recherches archéologiques sur les sociétés antiques, et elles montrent que la civilisation est bien plus ancienne qu'on ne le pensait. Elles montrent que les origines des civilisations mésopotamiennes-élamites ne disposaient pas de l'Etat, pas plus que celle de l'Indus, celle de l'Egypte ou celles de Méso-Amérique ou d'Amérique du sud ou d'Afrique, pour ne citer que celles-là.</p>
<p>Karl Marx écrit ainsi :</p>
<p>« Dans la production sociale de leur vie, les hommes entrent dans des relations définies qui sont indispensables et indépendantes de leur volonté, des relations de production qui correspondent à un stade de développement défini de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, le véritable fondement sur lequel repose une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes définies de conscience sociale.</p>
<p>Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de la vie sociale, politique et intellectuelle en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être, mais au contraire leur être social qui détermine leur conscience.</p>
<p>À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en conflit avec les rapports de production existants, ou - ce qui n'est qu'une expression légale - les mêmes rapports de propriété dans lesquels ils ont été au travail jusqu'à présent. De formes de développement des forces productives, ces relations deviennent des entraves.</p>
<p>Alors commence une époque de révolution sociale. Avec le changement des assises économiques, l'immense superstructure est plus ou moins rapidement transformée (apparition de l'Etat – Note M et R). Lorsqu'on envisage de telles transformations, il convient de toujours distinguer les transformations matérielles des conditions économiques de la production, que l'on peut déterminer avec la précision des sciences naturelles, des réalités juridiques, politiques, religieuses, esthétiques ou philosophiques. »</p>
<p>Marx, Préface à la « Critique de l'Economie politique »</p>
<p>« Dans le monde antique comme au moyen âge, la première forme de la propriété est la propriété tribale, conditionnée principalement chez les Romains par la guerre et chez les Germains par l'élevage. Chez les peuples antiques où plusieurs tribus cohabitent dans une même ville, la propriété de la tribu apparaît comme propriété d'État et le droit de l'individu à cette propriété comme simple possession qui cependant se borne, à l'instar de la propriété tribale du reste, à la seule propriété foncière… L'État a acquis une existence particulière à côté de la société civile et en dehors d'elle ; mais cet État n'est pas autre chose que la forme d'organisation que les bourgeois se donnent par nécessité, pour garantir réciproquement leur propriété et leurs intérêts, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. »</p>
<p>Marx, « L'Idéologie allemande »</p>
<p>« Qu'est-ce que la société, quelle que soit sa forme ? Le produit de l'action réciproque des hommes. Les hommes sont-ils libres de choisir telle ou telle forme sociale ? Pas du tout. Posez un certain état de développement des facultés productives des hommes et vous aurez une telle forme de commerce et de consommation. Posez de certains degrés de développement de la production, du commerce, de la consommation, et vous aurez telle forme de constitution sociale, telle organisation de famille, des ordres ou des classes, en un mot telle société civile. Posez telle société civile, et vous produirez plus tard tel État politique, qui n'est que l'expression ultérieure et officielle de la société civile. »</p>
<p>Marx, Lettre à Paul Annenkov, 26 décembre 1846</p>
<p>« L'état politique est, vis-à-vis de la société civile, dans un rapport aussi spiritualiste que le ciel par rapport à la terre. »</p>
<p>Marx dans « La question juive »</p>
<p>« Il s'ensuit que l'homme qui ne possède rien d'autre que sa force de travail sera forcément, en tout état de société et de civilisation, l'esclave d'autres hommes qui se seront érigés en détenteurs des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler, et vivre par conséquent, qu'avec la permission de ces derniers… Le droit ne peut jamais être plus élevé que l'état économique de la société et que le degré de civilisation qui y correspond. »</p>
<p>Marx dans la « Critique du programme de Gotha »</p>
<p>« L'Etat est un produit de la société à un stade déterminé de son développement ; il est l'aveu que cette société s'empêtre dans une insoluble contradiction avec elle-même, s'étant scindée en oppositions inconciliables qu'elle est impuissante à conjurer. Mais pour que les antagonistes, les classes aux intérêts économiques opposés, ne se consument pas, elles et la société, en une lutte stérile, le besoin s'impose d'un pouvoir qui, placé en apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l'« ordre » ; et ce pouvoir, né de la société, mais qui se place au-dessus d'elle et lui devient de plus en plus étranger, c'est l'État. »</p>
<p>Friedrich Engels, L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat</p>
<p>« Comme l'État est né du besoin de refréner des oppositions de classes, mais comme il est né, en même temps, au milieu du conflit de ces classes, il est, dans la règle, l'État de la classe la plus puissante, de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui, devient aussi classe politiquement dominante et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée. C'est ainsi que l'État antique était avant tout l'État des propriétaires d'esclaves pour mater les esclaves, comme l'État féodal fut l'organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corvéables, et comme l'État représentatif moderne est l'instrument de l'exploitation du travail salarié par le capital. Exceptionnellement, il se présente pourtant des périodes où les classes en lutte sont si près de s'équilibrer que le pouvoir de l'État, comme pseudo-médiateur, garde pour un temps une certaine indépendance vis-à-vis de l'une et de l'autre. Ainsi, la monarchie absolue du XVIIe et du XVIIIe siècle maintint la balance égale entre la noblesse et la bourgeoisie ; ainsi, le bonapartisme du Premier, et notamment celui du Second Empire français, faisant jouer le prolétariat contre la bourgeoisie, et la bourgeoisie contre le prolétariat. La nouvelle performance en la matière, où dominateurs et dominés font une figure également comique, c'est le nouvel Empire allemand de nation bismarckienne : ici, capitalistes et travailleurs sont mis en balance les uns contre les autres, et sont également grugés pour le plus grand bien des hobereaux prussiens dépravés.</p>
<p>Dans la plupart des États que connaît l'histoire, les droits accordés aux citoyens sont en outre gradués selon leur fortune et, de ce fait, il est expressément déclaré que l'État est une organisation de la classe possédante, pour la protéger contre la classe non possédante. C'était déjà le cas pour les classes d'Athènes et de Rome établies selon la richesse. C'était le cas aussi dans l'État féodal du Moyen Age, où le pouvoir politique se hiérarchise selon la propriété foncière. C'est le cas dans le cens électoral des États représentatifs modernes. Pourtant, cette reconnaissance politique de la différence de fortune n'est pas du tout essentielle. Au contraire, elle dénote un degré inférieur du développement de l'État. La forme d'État la plus élevée, la république démocratique, qui devient de plus en plus une nécessité inéluctable dans nos conditions sociales modernes, et qui est la forme d'État sous laquelle peut seule être livrée jusqu'au bout l'ultime bataille décisive entre prolétariat et bourgeoisie, la république démocratique ne reconnaît plus officiellement, les différences de fortune. La richesse y exerce son pouvoir d'une façon indirecte, mais d'autant plus sûre. D'une part, sous forme de corruption directe des fonctionnaires, ce dont l'Amérique offre un exemple classique, d'autre part, sous forme d'alliance entre le gouvernement et la Bourse ; cette alliance se réalise d'autant plus facilement que les dettes de l'État augmentent davantage et que les sociétés par actions concentrent de plus en plus entre leurs mains non seulement le transport, mais aussi la production elle-même, et trouvent à leur tour leur point central dans la Bourse. En dehors de l'Amérique, la toute récente République française en offre un exemple frappant, et la brave Suisse, elle non plus, ne reste pas en arrière, sur ce terrain-là. Mais qu'une république démocratique ne soit pas indispensable à cette fraternelle alliance entre le gouvernement et la Bourse, c'est ce que prouve, à part l'Angleterre, le nouvel Empire allemand, où l'on ne saurait dire qui le suffrage universel a élevé plus haut, de Bismarck ou de Bleichröder [12]. Et enfin, la classe possédante règne directement au moyen du suffrage universel. Tant que la classe opprimée, c'est-à-dire, en l'occurrence, le prolétariat, ne sera pas encore assez mûr pour se libérer lui-même, il considérera dans sa majorité le régime social existant comme le seul possible et formera, politiquement parlant, la queue de la classe capitaliste, son aile gauche extrême. Mais, dans la mesure où il devient plus capable de s'émanciper lui-même, il se constitue en parti distinct, élit ses propres représentants et non ceux des capitalistes. Le suffrage universel est donc l'index qui permet de mesurer la maturité de la classe ouvrière. Il ne peut être rien de plus, il ne sera jamais rien de plus dans l'État actuel ; mais cela suffit. Le jour où le thermomètre du suffrage universel indiquera pour les travailleurs le point d'ébullition, ils sauront, aussi bien que les capitalistes, ce qu'il leur reste à faire.</p>
<p>L'État n'existe donc pas de toute éternité. Il y a eu des sociétés qui se sont tirées d'affaire sans lui, qui n'avaient aucune idée de l'État et du pouvoir d'État. A un certain stade du développement économique, qui était nécessairement lié à la division de la société en classes, cette division fit de l'État une nécessité. Nous nous rapprochons maintenant à pas rapides d'un stade de développement de la production dans lequel l'existence de ces classes a non seulement cessé d'être une nécessité, mais devient un obstacle positif à la production. Ces classes tomberont aussi inévitablement qu'elles ont surgi autrefois. L'État tombe inévitablement avec elles. La société, qui réorganisera la production sur la base d'une association libre et égalitaire des producteurs, reléguera toute la machine de l'État là où sera dorénavant sa place : au musée des antiquités, à côté du rouet et de la hache de bronze. »</p>
<p>Engels - L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat</p></div>
Quand les puissances occidentales ont soutenu, armé, financé et même organisé des bandes terroristes…
http://matierevolution.org/spip.php?article5674
http://matierevolution.org/spip.php?article56742017-11-08T00:20:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAFranceGuerre WarIrak - IraqLibyeSyrie
<p>Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères de la France : <br class='autobr' /> « Le Front al Nosra fait du bon boulot en Syrie contre Assad et donc il est difficile de les désavouer » <br class='autobr' />
« Tous les Arabes étaient vent debout (...) parce que sur le terrain, ils font un bon boulot. C'était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne. » <br class='autobr' />
« Les Etats-Unis ont considéré que le groupe devrait être mis sur la liste des terroristes... En ce qui concerne la France, nous allons (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique173" rel="directory">38 - De la révolution en Syrie, à la guerre civile, au terrorisme et à la guerre mondiale</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
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<p>Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères de la France :</p>
<p> « Le Front al Nosra fait du bon boulot en Syrie contre Assad et donc il est difficile de les désavouer »</p>
<p>« Tous les Arabes étaient vent debout (...) parce que sur le terrain, ils font un bon boulot. C'était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne. »</p>
<p>« Les Etats-Unis ont considéré que le groupe devrait être mis sur la liste des terroristes... En ce qui concerne la France, nous allons étudier le rôle de Al-Nosra en détail, car c'est un problème qui doit être pris en compte. »</p>
<p>« En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l'opposition. »</p>
<p>« Par ailleurs, la Coalition nationale syrienne était très hostile à cette position en disant que (les jihadistes d'Al-Nosra) sont des gens qui se battent contre Assad, donc c'est très difficile de les désavouer. »</p>
<p>« Vous aurez noté que autant la Coalition nationale syrienne a désavoué la position américaine, autant elle n'a pas pris dans sa propre représentation les djihadistes. »</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/13/syrie-pression-militaire-et-succes-diplomatique-pour-les-rebelles_1805889_3218.html" class="spip_out" rel="external">Voir l'article du Monde</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_al-Nosra" class="spip_out" rel="external">Qui est le groupe terroriste nommé « Front Al Nosra »</a></p>
<h2 class="spip">Quand les puissances occidentales ont soutenu, armé, financé et même organisé des bandes terroristes…</h2>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2013/mai2013/liby-m04.shtml" class="spip_out" rel="external">La France, soutien du terrorisme en Libye</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2014/aou2014/frsy-a29.shtml" class="spip_out" rel="external">La France, soutien du terrorisme en Syrie</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4635" class="spip_out" rel="external">France et USA ont soutenu les groupes terroristes contre Kadhafi en Libye</a></p>
<p><a href="https://www.les-crises.fr/la-france-a-fourni-des-armes-aux-islamistes-syriens-des-2012-2/" class="spip_out" rel="external">La France a livré des armes à ces bandes terroristes</a></p>
<p><a href="https://fr.sputniknews.com/international/201603151023384025-syrie-terroristes-armes-usa/" class="spip_out" rel="external">Les USA ont aussi fourni des armes aux terroristes en Syrie</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Timber_Sycamore" class="spip_out" rel="external">Obama a choisi de cautionner un programme secret de la CIA (appelé Timber Sycamore), consistant à entraîner, armer et financer massivement les islamistes terroristes en Syrie, en Irak, en Tunisie, en Libye et ailleurs.</a></p>
<p><a href="http://www.investigaction.net/fr/la-france-sponsor-des-terroristes-soutien-diplomatique-et-militaire-a-des-etats-totalitaires-310/" class="spip_out" rel="external">La France, sponsor des terroristes ?</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=Au+Mali%2C+la+France+en+guerre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&oq=Au+Mali%2C+la+France+en+guerre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&gs_l=psy-ab.3...12261.15577.0.16082.12.11.1.0.0.0.69.511.9.9.0....0...1.1.64.psy-ab..2.0.0.hPuCmloFkd8" class="spip_out" rel="external">Au Mali, la France instrumentalise le terrorisme pour répondre à une révolte sociale</a></p>
<p><a href="http://www.camerounliberty.com/la-france-a-livre-les-armes-a-boko-haram/" class="spip_out" rel="external">Les armes parviennent à Boko Haram grâce à la France</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890" class="spip_out" rel="external">Le terrorisme, un choix des classes dirigeantes face aux révolutions arabes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3831" class="spip_out" rel="external">Syrie : les pompiers pyromanes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3890" class="spip_out" rel="external">Qui a détruit la Syrie, qui l'a transformée en terrain de tuerie pour des bandes armées ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4232" class="spip_out" rel="external">Ce n'est pas une guerre entre liberté et terrorisme, pas une guerre de civilisation, pas une guerre de religion, pas une guerre de races, c'est une guerre de classes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4156" class="spip_out" rel="external">Les Etats-Unis appuient, financent et arment Al Qaïda en Syrie !</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4776" class="spip_out" rel="external">La France soutient Al Nosra en Syrie !</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2014/oct2014/pers-o06.shtml" class="spip_out" rel="external">Ce qui se cache derrière la guerre contre l'Etat islamique</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4289" class="spip_out" rel="external">La troisième guerre mondiale a commencé en Syrie et en Ukraine</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1539" class="spip_out" rel="external">Est-ce le terrorisme islamiste qui déstabilise le monde ou est-ce le capitalisme US et mondial, déstabilisé par sa crise, qui transforme progressivement le monde en guerre mondiale ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3546" class="spip_out" rel="external">Le terrorisme est notre ennemi : tous les terrorismes et pas seulement celui qui se couvre de la religion pour commettre ses crimes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?page=backend&id_rubrique=154" class="spip_out" rel="external">Guerre contre le terrorisme ou contre les peuples ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3881" class="spip_out" rel="external">Les bandes armées terroristes de la contre-révolution sèment la mort, la peur et la haine. Pourquoi ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5167" class="spip_out" rel="external">Qui manipule le terrorisme et instrumentalise la « lutte contre le terrorisme » ?</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_contre_le_terrorisme" class="spip_out" rel="external">Guerre « contre le terrorisme »</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-insurrection" class="spip_out" rel="external">Stratégie de la « contre-insurrection »</a></p>
<p><a href="http://www.liberation.fr/evenement/2001/09/17/ceux-qui-ont-fabrique-les-taliban_377223" class="spip_out" rel="external">Quand les USA aidaient à fonder les Talibans</a></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/09/ben-laden-secret-de-famille-de-l-amerique_1569567_3232.html" class="spip_out" rel="external">Ben Laden, secret de famille de l'Amérique</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oussama_ben_Laden" class="spip_out" rel="external">Ben Laden soutenu par les USA</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5203" class="spip_out" rel="external">La vérité sur les attentats du onze septembre 2001</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4139" class="spip_out" rel="external">D'où vient la montée mondiale de la violence ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3811" class="spip_out" rel="external">Les prétextes de l'impérialisme : Daesh, les migrants, les dictateurs...</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve781" class="spip_out" rel="external">Leurs « solutions » face au terrorisme</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3599" class="spip_out" rel="external">La terreur mondiale du grand capital au nom de ... la lutte contre le terrorisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5292" class="spip_out" rel="external">Le monde est-il pris de folie ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3490" class="spip_out" rel="external">On ne peut pas combattre le terrorisme, le fascisme et la marche à la guerre, sans combattre le capitalisme et sans en finir avec les gouvernements capitalistes</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4595" class="spip_out" rel="external">D'où vient le fascisme terroriste se revendiquant de l'islamisme et se disant radical</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3879" class="spip_out" rel="external">D'où vient le groupe terroriste appelé « Etat islamique » ou Daech, Daesh, ou encore ISIS ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4502" class="spip_out" rel="external">Mossoul - Terrorisme et dictature : les deux prétextes d'une offensive impérialiste dont les civils sont les premières victimes</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve742" class="spip_out" rel="external">Les puissances occidentales soutiennent les terroristes islamistes de Syrie !!!</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3562" class="spip_out" rel="external">Islam = terrorisme, une équation trompeuse et un piège mortel</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4298" class="spip_out" rel="external">La chute de Mossoul et les crimes de l'impérialisme</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4088" class="spip_out" rel="external">Falloujah : ville symbole des crimes de guerre américains</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3864" class="spip_out" rel="external">Les services très spéciaux qui prétendent nous défendre du terrorisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4585" class="spip_out" rel="external">Peut-on se poser mille et une questions sur le terrorisme ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4573" class="spip_out" rel="external">Qui veut la paix prépare la révolution sociale !</a></p>
<div class='spip_document_9921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L296xH235/-4198-e6fe9.jpg?1790047661' width='296' height='235' alt='' />
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Mossoul - Terrorisme et dictature : les deux prétextes d'une offensive impérialiste dont les civils sont les premières victimes
http://matierevolution.org/spip.php?article5583
http://matierevolution.org/spip.php?article55832017-06-18T13:27:11Ztext/htmlfrRobert ParisUSAGuerre WarIrak - IraqSyrieImpérialisme
<p>L'aviation de la coalition occidentale vient encore de frapper des civils <br class='autobr' /> Mossoul : les civils, victimes de toutes les armées, aussi terroristes les unes que les autres… <br class='autobr' />
Mi-juin, l'ONU estime à plus de 860.000 le nombre d'Irakiens qui ont été déplacés à un moment ou à un autre par la bataille de Mossoul. <br class='autobr' />
Au moins 4.000 civils ont ont été tués par les troupes américaines. Plus de 200.00 habitants ont pu fuir Mossoul-Ouest depuis un mois, d'après les autorités irakiennes. Mais environ (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique173" rel="directory">38 - De la révolution en Syrie, à la guerre civile, au terrorisme et à la guerre mondiale</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag">Irak - Iraq</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag">Syrie</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag">Impérialisme</a>
<div class='rss_texte'><p>L'aviation de la coalition occidentale vient encore de frapper des civils</p>
<div class='spip_document_9394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/-3749.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-3749-6c120.jpg?1790070730' width='500' height='333' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Mossoul : les civils, victimes de toutes les armées, aussi terroristes les unes que les autres…
<p>Mi-juin, l'ONU estime à plus de 860.000 le nombre d'Irakiens qui ont été déplacés à un moment ou à un autre par la bataille de Mossoul.</p>
<p>Au moins 4.000 civils ont ont été tués par les troupes américaines. Plus de 200.00 habitants ont pu fuir Mossoul-Ouest depuis un mois, d'après les autorités irakiennes. Mais environ 600.000 personnes se trouvent encore dans les secteurs tenus par l'EI, dont les deux tiers dans la vieille ville, un réseau dense de rues étroites, selon l'ONU.</p>
<p>Daesh massacre, Saddam massacre, les USA, l'Angleterre, la France et les autres puissances massacrent !!!! Et ils ne tuent pas que des combattants !!!</p>
<p>L'offensive dirigée par Washington pour reprendre Mossoul de l'Etat islamique (EI) fait de plus en plus de morts et de blessés parmi les civils irakiens, piégés dans la ville, qui craignent les représailles à la fois de l'EI et des milices fidèles à Bagdad.<br class='autobr' />
Selon Abdul-Ghani Asadi, le chef du contingent antiterroriste de l'armée irakienne, l'artillerie irakienne s'était assez rapprochée de Mossoul lundi pour pilonner systématiquement la ville, autrefois la deuxième métropole du pays, et qui compte toujours plus d'un million d'habitants. L'EI l'a capturée en 2014, quand des troupes irakiennes formés par les Etats-Unis se sont enfuis devant l'avancée de combattants islamistes bien moins nombreux.<br class='autobr' />
Si cette milice islamiste brutale et réactionnaire a pu tenir la ville si longtemps, c'est en grande partie à cause de l'hostilité populaire à Mossoul envers l'Etat central à Bagdad. Les forces gouvernementales, dominées par les chiites, ont systématiquement réprimé les sunnites à travers l'Irak.<br class='autobr' />
L'offensive contre Mossoul aggrave ces divisions sectaires, produites par les destructions causées la guerre américaine lancée en 2003 et la stratégie de diviser pour mieux régner employée par Washington pendant huit années d'occupation. Les civils en font les frais.<br class='autobr' />
Selon certains reportages, des civils sunnites, qui ont risqué la mort aux mains de l'EI en fuyant Mossoul, auraient été emprisonnés et torturés par les forces gouvernementales.<br class='autobr' />
Mardi, le Washington Post a décrit une femme qui, avec ses six enfants, a fui Mossoul vers sud et les forces irakiennes.<br class='autobr' />
Alors qu'elle « parlait dans un camp pour les nouveaux réfugiés au sud de Mossoul, surveillée par des hommes armés, sans électricité et sans nourriture dans sa tente, ses enfants jouant dans la poussière, son évasion semblait avoir été le prélude à une autre épreuve misérable ».<br class='autobr' />
Dans le même camp, un groupe de bergers a dit « qu'ils avaient été battus par des soldats après s'être échappés de l'Etat islamique ».<br class='autobr' />
Dans un autre camp à l'est de Mossoul, selon le Post, « on gardait des dizaines de jeunes qui avaient fui la ville et ses alentours derrière une porte cadenassée, séquestrés de familles qui se déplaçaient librement dans d'autres parties du camp. Certains y étaient depuis 40 jours sans aucune indication du moment où ils seraient autorisés à partir, ont-ils expliqué ».<br class='autobr' />
« 'Nous avons fui une prison pour nous retrouver dans une autre,' dit Mohamed Asad, qui était assis avec un groupe de jeunes dans une tente. »<br class='autobr' />
Lors des offensives antérieures pour chasser l'EI de Falloujah et de Ramadi, des centaines de sunnites ont été massacrés, et les troupes gouvernementales irakiennes et les milices chiites ont maintes fois eu recours à la torture.<br class='autobr' />
A Kirkouk – la ville riche en pétrole au sud de Mossoul où les Peshmergas kurdes contrattaquent l'EI, qui avait attaqué afin d'attirer des forces gouvernementales depuis Mossoul – on inflige des punitions collectives à l'importante population d'Arabes sunnites.<br class='autobr' />
L'ONU et des habitants de la ville ont dit au New York Times que les responsables kurdes à Kirkouk « ont réagi en chassant des centaines de familles arabes qui y cherchaient refuge ».<br class='autobr' />
« Des habitants arabes de Kirkouk interviewés mardi ont rapporté que des agents de sécurité kurdes armés avaient enlevé les familles pour les forcer à regagner les camps », écrit le Times. « Selon eux, plusieurs maisons ont également été détruites, dans ce qui semblait être une tentative méthodique de chasser autant d'Arabes que possible ».<br class='autobr' />
A Kirkouk et à Mossoul, l'offensive soutenue par Washington menace de déclencher une guerre sectaire qui impliquerait les puissances régionales, dont la Turquie et l'Iran.<br class='autobr' />
Des informations émergent également de Mossoul, selon lesquelles l'EI organiserait des représailles brutales contre ceux qu'ils soupçonnent de contester son pouvoir.<br class='autobr' />
A Genève, le porte-parole de l'ONU sur les droits de l'homme Rupert Colville a dit que les forces irakiennes avaient découvert les corps de 70 civils, criblés de balles, à Tuloul Naser, près de Mossoul, le 20 octobre. 50 anciens policiers détenus à l'extérieur de la ville auraient également été massacrés.<br class='autobr' />
Dans un incident signalé dans un autre village, Safina, 15 civils ont été assassinés et leurs corps jetés dans la rivière ; six hommes attachés à un véhicule avaient été traînés à travers le village, afin de terroriser la population.<br class='autobr' />
Selon Colville, l'EI a également abattu trois femmes et trois filles et blessé quatre autres enfants, quand ils ont pris du retard au cours d'un déplacement forcé.<br class='autobr' />
Vu le passé de l'EI, ces informations sont très crédibles, comme celles selon lesquelles l'EI utilise les civiles comme « boucliers humains ». Le fait qu'elles sont largement rapportées rend d'autant plus frappant le silence que font les médias sur les atrocités similaires commises par les « rebelles » soutenus par Washington en Syrie, les milices liées à Al Qaïda tout à fait semblables à l'EI.<br class='autobr' />
Cela fait longtemps que les médias adoptent la pratique de deux poids, deux mesures. L'EI ne posait aucune problème à Washington avant qu'il n'envhaisse une grande partie de l'Irak, dévoilant au grand jour la dégenerescence de l'Etat bâti par les Etats-Unis dans ce pays.<br class='autobr' />
Plusieurs reportages suggèrent que l'un des objectives de Washington dans l'offensive actuelle contre Mossoul serait de pousser les combattants de l'EI vers la Syrie pour qu'ils y continuent de combattre le régime du président syrien, Bachar al-Assad.<br class='autobr' />
Sheikh Abdullah Alyawer, un chef tribal à Rabia, à la frontière syrienne, a dit à CNN que des centaines de combattants de l'EI traversaient la frontière avec leurs familles à un endroit contrôlé par l'EI à Ba'aaj, au sud de Sinjar.<br class='autobr' />
Ceci confirmerait les accusations formulées par Damas et Moscou, selon lesquelles les Etats-Unis et leurs alliés laissent ouvert un couloir à l'ouest de Mossoul volontairement, afin de faciliter la fuite des combattants islamistes vers la Syrie. Ceci renforcerait les forces islamistes qui servent de truchement à l'OTAN dans leur guerre pour renverser Assad.<br class='autobr' />
Lors d'une réunion des ministres de la défense de 13 pays à Paris, le président français François Hollande a souligné le transfert de combattants de l'EI de Mossoul assiégée à Raqqa en Syrie.<br class='autobr' />
Le commandement militaire russe a déclaré mardi qu'il surveillait la frontière irako-syrienne et se tenait prêt à mener des frappes contre les forces de l'EI. Une telle intervention mettrait à mal tous les objectifs des États-Unis et augmenterait encore le danger d'une confrontation entre les deux principales puissances nucléaires.<br class='autobr' />
Dans un éditorial mardi sur Mossoul, le Wall Street Journal a souligné l'un des principaux objectifs de Washington en envoyant des milliers de soldats américains appuyer l'offensive.<br class='autobr' />
« Vaincre l'EI à Mossoul est un intérêt américain vital, mais la seule façon pour le prochain gouvernement d'empêcher une résurgence de l'EI ou la domination iranienne de la région est d'envoyer plusieurs milliers de soldats américains à long terme en Irak, à la fois en tant que force de réaction rapide régionale et pour exercer une pression politique sur l'Irak », affirme l'éditorial. En clair, la bataille pour Mossoul n'est qu'un préparatif pour des guerres beaucoup plus larges, au Moyen-Orient et au-delà. WSWS</p>
<p>L'offensive de la coalition menée par les États-Unis qui vise à reprendre Mossoul a continué mardi tandis que les principaux participants ont reconnu que les combats pourraient prendre des mois. Les organismes d'aide ont émis de graves avertissements quant à l'impact de cette offensive sur plus d'un million de civils vivant dans la deuxième plus importante ville d'Irak.<br class='autobr' />
Depuis que les opérations au sol ont été lancées lundi à l'aube par l'armée irakienne, les combattants peshmergas kurdes sous le contrôle du gouvernement régional du Kurdistan (GRK) et diverses milices ethniques, les troupes ont capturé 20 villages de l'État islamique (aussi connu sous le nom de Daech). Des forces peshmergas ont capturé une partie de la route reliant Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan (RAK), à Mossoul mardi.<br class='autobr' />
L'opération militaire menée par les États-Unis prépare le terrain pour un crime de guerre aux proportions énormes. Une agression doit être menée sur une ville avec une population estimée à 1,3 million, dont 600.000 enfants, par une force de 30.000 au sol, appuyée par des avions des États-Unis et d'autres puissances impérialistes, dont la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Canada. Pour ceux qui ont eu la chance de survivre à l'assaut initial, pratiquement aucun plan n'a été préparé pour faire face au million de personnes qui deviendront des réfugiées, et encore moins comment Mossoul et ses environs d'origines ethniques diverses seront régis après sa récupération des mains de Daech.<br class='autobr' />
Le président américain Barack Obama a fait ses premiers commentaires publics sur l'offensive de Mossoul mardi, reconnaissant lors d'une conférence de presse conjointe avec le premier ministre italien Matteo Renzi que « Mossoul sera un combat difficile et il y aura des avancées et des reculs ». Évitant de parler de la destruction causée par les précédentes opérations anti-Daech, telles que les sièges de Ramadi et Falloujah, qui ont laissé les deux villes en grande partie en ruines, il a fait remarquer benoîtement l'impact sur les civils : « L'exécution sera difficile et sans doute il y aura des circonstances déchirantes... C'est difficile de quitter sa maison. »<br class='autobr' />
La couverture complète et continue dans les médias occidentaux sur l'utilisation par Daech de civils comme des boucliers humains dissimule le fait que la crise humanitaire qui se développe à Mossoul est la création des puissances impérialistes. L'invasion américaine de 2003 et la fomentation subséquente par Washington des divisions ethniques entre chiites et sunnites ont coûté la vie à des centaines de milliers de personnes et ont créé les conditions dans lesquelles Daech pourrait prospérer et prétendre être le libérateur les zones sunnites de l'ouest de l'Irak. Les États-Unis et leurs alliés de la coalition lâchent maintenant des tracts sur Mossoul, exhortant les civils à fuir dans des conditions où le gouvernement irakien soupçonnerait tout garçon ou homme âgé de 14 ans ou plus quittant la ville d'être un partisan potentiel de Daech.<br class='autobr' />
Au-delà de l'Irak, l'intervention américaine en Syrie et les opérations militaires dirigées par l'Arabie saoudite au Yémen que Washington a soutenues ont aggravé les conflits régionaux et plongé le Moyen-Orient dans un bain de sang qui menace d'entraîner les grandes puissances dans une guerre plus large.<br class='autobr' />
Ces conflits sont exacerbés par l'offensive de Mossoul. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et des sources de l'armée syrienne ont accusé la coalition menée par les États-Unis de vouloir permettre à des milliers de combattants de Daech basé à Mossoul de fuir à travers la frontière vers la Syrie. Notant que l'ouest de la ville est resté sans surveillance, Lavrov a averti que la Russie serait forcée d'adopter des mesures « politiques et militaires » si cette éventualité survient. « Pour autant que je sache, la ville n'est pas complètement encerclée », a déclaré Lavrov. « J'espère que c'est tout simplement parce qu'ils ne pouvaient pas le faire, et non pas parce qu'ils ne le voulaient pas. Mais ce corridor pose le risque que les combattants de l'État islamique puissent fuir Mossoul et aller en Syrie. »<br class='autobr' />
Alors que d'autres sources ont signalé que les milices chiites tenues à l'écart de l'offensive en raison de la crainte de représailles sectaires ont été déployées à l'ouest de Mossoul pour couper la voie de la fuite, il ne peut en aucun cas être exclu que les États-Unis aient conclu un tel arrangement. Washington a travaillé en étroite collaboration avec des extrémistes islamistes en 2011 pour renverser le régime de Kadhafi en Libye, et beaucoup de ces éléments ont ensuite été transportés vers la Syrie avec l'aide de la CIA avant de former Daech. En outre, l'administration Obama a montré qu'elle était prête à collaborer avec les forces djihadistes dans la guerre civile de cinq ans pour renverser le régime Assad à Damas.<br class='autobr' />
En plus de risquer d'aggraver la guerre en Syrie, la reprise de Mossoul menace d'approfondir les divisions ethniques, régionales et religieuses déjà amères en Irak même.<br class='autobr' />
La plupart des milices ethniques qui ont été armées et entraînées par les puissances occidentales se sont engagées dans des combats sectaires sanglants dans le sillage de l'invasion américaine de 2003 et poursuivent des intérêts antagonistes qui pourraient bien aboutir à la partition ethnique de l'Irak, ce qui aurait des conséquences dévastatrices pour la population déjà désespérée.<br class='autobr' />
Même les commentateurs dans les médias bourgeois ont été contraints de constater que la reprise de Mossoul ne résoudra aucun des problèmes qui ont conduit essentiellement à la partition de l'Irak en enclaves kurdes, chiites et sunnites et pourrait, en fait, préparer une nouvelle effusion de sang.<br class='autobr' />
David Gardner écrivant dans le Financial Times a observé que l'espoir du premier ministre irakien, Haider al-Abadi, que les Irakiens s'unissent autour de la capture de Mossoul était « optimiste ». Il a écrit que les diverses milices impliquées dans l'offensive « s'entre-déchiraient » et il a averti que la bataille pour le contrôle de la région, qui est riche en réserves énergétiques et abrite une population ethniquement diversifiée, y compris les sunnites, les chiites, les Kurdes et les chrétiens, pourrait être « explosive ».<br class='autobr' />
Les combattants peshmergas, qui ont déjà été accusés d'atrocités contre les villageois sunnites, seront gardés à l'extérieur de Mossoul, dans le but d'éviter la violence ethnique, mais le GRK est déterminé à utiliser leur participation à l'offensive pour renforcer sa position avec le gouvernement central à Bagdad. Tel est le message contenu dans une interview publiée mardi par Al-Jazeera avec le ministre des Affaires étrangères du GRK, Falah Mustafa Bakir. Interrogé sur le rôle du GRK après la reconquête de la ville : « Nous avons des intérêts dans Mossoul », a-t-il déclaré. « Mossoul est important et a un impact direct sur Erbil et Dohouk, et le GRK dans son ensemble en termes de sécurité, d'économie et d'impact social. Par conséquent, il faut que nous y soyons. »<br class='autobr' />
Il n'a également laissé aucun doute que le GRK n'aurait que très peu de pitié pour des civils fuyant les combats parce que tous seraient soupçonnés d'être des sympathisants de Daech. « Sur la question des personnes déplacées internes [des personnes forcées de fuir leur maison] qui se présentent à nous, nous avons un problème de sécurité », a déclaré Bakir al-Jazeera. « Ceux qui ont vécu sous Daech ont une histoire. Certains ont été recrutés. Par conséquent, nous devons être en mesure de faire la distinction entre les personnes déplacées authentiques et celles qui font semblant d'être des personnes déplacées. »<br class='autobr' />
Des divisions très nettes existent également entre Bagdad et Ankara. Le gouvernement turc a déployé environ 700 soldats au nord-est de Mossoul et a également formé une milice locale turkmène pour le soutenir. Le gouvernement irakien dominé par les chiites a dénoncé la présence d'Ankara, et une démonstration de plusieurs milliers de partisans de l'ecclésiastique chiite Moqtada al-Sadr a eu lieu en face de l'ambassade de Turquie à Bagdad mardi. Certaines des milices chiites, qui sont fortement soutenues par l'Iran, ont juré de se battre contre une intervention turque.<br class='autobr' />
La Turquie a refusé de reculer, clamant qu'elle avait le droit de participer aux opérations de Mossoul et aux discussions ultérieures sur son statut final. Ce faisant, elle vise à restreindre les activités du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak et à étendre l'influence d'Ankara dans les zones sunnites. Mentionnant la frontière de 350 kilomètres entre la Turquie et l'Irak, le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré lundi : « Nous ne serons pas responsables des conséquences négatives résultant de toute opération menée sans la Turquie. Nous serons impliqués à la fois dans l'opération et à la table [de négociation] après. C'est impossible pour nous d'être exclus. »<br class='autobr' />
L'impérialisme américain, qui a dévasté l'Irak dans sa quête effrénée de l'hégémonie régionale et mondiale, est le principal responsable de l'état désastreux de la situation dans ce pays.<br class='autobr' />
Mais l'implication de toutes les grandes puissances impérialistes dans la région ne fera qu'aggraver les conflits sectaires et accroître les rivalités interimpérialistes. Aux côtés d'environ 5000 soldats des forces spéciales américaines impliquées dans l'assaut sur Mossoul, des troupes de l'Australie, de la Grande-Bretagne, du Canada, de la France, de l'Allemagne et de l'Italie sont également déployées en Irak. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, qui a été à l'avant-garde des accusations des crimes de guerre envers la Russie pour son implication à Alep au cours du dernier mois, a annoncé une réunion planifiée organisée conjointement avec le gouvernement irakien le 20 octobre pour discuter des plans pour l'avenir de Mossoul.WSWS</p>
<p>L'offensive pour reprendre la ville de Mossoul dans le nord de l'Irak aux forces de Daech, planifiée de longue date par Washington, a commencé. Lundi matin, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a déclaré à la télévision nationale : « Aujourd'hui, je déclare le début de ces opérations victorieuses ».<br class='autobr' />
L'assaut sur Mossoul démontre l'hypocrisie sans bornes des résolutions américaines et européennes à l'ONU, et l'acharnement des médias qui accusent sans cesse les forces syriennes soutenues par Moscou de « crimes de guerre », lors de leurs assauts sur l'est d'Alep contrôlé par les milices islamistes. En Irak, les États-Unis, leurs alliés et leur gouvernement fantoche à Bagdad lancent une attaque sauvage contre une ville bien plus grande, où seraient piégés 1,5 million de civils, dont 600 000 enfants.<br class='autobr' />
Lise Grande, coordinatrice humanitaire de l'Organisation des Nations Unies pour l'Irak, a déclaré au New York Times ce week-end : « L'ONU est profondément préoccupée, car, dans les pires scénarios, l'opération à Mossoul pourrait être la plus complexe et le plus grande au monde en 2016, et nous craignons que jusqu'à un million de civils puissent être contraints de fuir leurs foyers ».<br class='autobr' />
L'éditorial du 14 octobre du New York Times se félicite néanmoins de « la bataille à venir pour Mossoul ». Selon le Times, la ville doit être « libérée » du « régime terroriste », quel que soit le coût en vies humaines. Il y a à peine deux semaines, son éditorial traitait la Russie d'« États hors-la-loi » parce qu'il participait à l'assaut sur Alep qui « menace la vie de 250 000 personnes de plus ». <br class='autobr' />
La différence entre les deux batailles, en ce qui concerne les hypocrites impérialistes, est que Washington et les puissances européennes soutiennent les groupes extrémistes islamistes visés par l'assaut à Alep, pour tenter de renverser le gouvernement syrien soutenu par la Russie. Les pertes civiles à Alep sont donc des « crimes de guerre ».<br class='autobr' />
Par contre, l'ÉI présente un obstacle pour Washington, car il a utilisé les armes et les recrues récoltées des intrigues américaines en Syrie pour saisir de vastes parts du nord et de l'ouest de l'Irak en 2014, menaçant les régimes fantoches pro-américains à Bagdad et dans la région kurde. Les civils tués lors de la reconquête de Mossoul seront relégués au rang de « dommages collatéraux ». <br class='autobr' />
En Syrie et en Irak, les objectifs américains sont les mêmes : affirmer leur domination sur la région qui produit le plus de pétrole du monde.<br class='autobr' />
20 000 soldats irakiens et 10 000 peshmergas kurdes donnent l'assaut sur Mossoul. Ils sont renforcés par quelque 6000 policiers irakiens ainsi que des milliers de soldats de milices chrétiennes, turkmènes et sunnites fidèles aux partis de confession chiite qui contrôlent le régime de Bagdad.<br class='autobr' />
En coulisses, l'armée américaine surveille et dirige l'assaut. Des chasseurs et des hélicoptères américains, britanniques, français, australiens et jordaniens fournissent un appui aérien aux forces gouvernementales disparates. Des unités des Marines américains et de l'Armée française fournissent l'artillerie. Des centaines de « conseillers » et de forces spéciales américaines, britanniques, australiennes, allemandes et italiennes participent à la bataille, conseillant les unités irakiennes et kurdes et dirigeant des attaques aériennes et les bombardements de l'artillerie. <br class='autobr' />
Chaque atrocité commise par le régime russe ou son protégé syrien à Alep, sera égalée et sans doute dépassée, par les forces soutenues par les États-Unis en Irak. Des expériences passées, y compris l'assaut plus tôt cette année sur la ville irakienne de Fallujah, laissent peu de doute quant à l'issue de l'attaque sur Mossoul. Des banlieues entières seront réduites à néant depuis l'air et le sol, quel que soit le nombre de civils désespérés qui s'y cachent dans leurs maisons. Les systèmes d'électricité, d'eau et d'assainissement de la ville seront détruits. Les services médicaux et les réseaux de transport fonctionneront à peine. <br class='autobr' />
La destruction potentielle de Mossoul et les victimes civiles à grande échelle sont justifiées à l'avance comme inévitables, en raison de la résistance de l'État islamique (ÉI – Daech) fanatique. Les estimations sur le nombre de militants de l'ÉI encore dans la ville sont dans une fourchette de quelques milliers à plus de 10 000. Des récits affreux sont apparus sur de grands préparatifs par l'ÉI pour de longs combats rue par rue. Les responsables américains et irakiens, citant des résidents de Mossoul, ont déclaré aux médias que les bâtiments et les voitures ont été chargés d'explosifs, des champs de mines posés et des barrages érigés sur les principales artères. Un réseau de tunnels airait été construit reliant divers secteurs de la ville. <br class='autobr' />
Mossoul, pour rappeler la déclaration attribuée à l'armée américaine en 1968 à l'égard de la ville vietnamienne de Bến Tre, doit être détruit « pour la sauver ».<br class='autobr' />
L'indifférence pour la vie et le bien-être de la population de la ville se révèle dans les tracts qui ont été largués dessus en des dizaines de milliers d'exemplaires le samedi soir. Selon un reportage de Reuters, un dépliant conseillait : « Garder le calme, et dire à vos enfants que ce n'est [les bombardements] qu'un jeu ou le tonnerre avant la pluie […] Les femmes ne devraient pas crier afin de préserver l'esprit des enfants ». Un autre tract avertissait de façon sinistre : « Si vous voyez une unité de l'armée, rester au moins à 25 mètres et évitez les mouvements brusques ». <br class='autobr' />
Les Irakiens qui survivent à leur « libération » de l'ÉI par les forces américaines seront contraints de fuir les ruines invivables de la ville pour les camps de réfugiés surpeuplés et inadéquats. Aucune préparation sérieuse, telle que des villes de tentes avec des hôpitaux ou un approvisionnement en nourriture et en eau, n'a été déployé pour faire face à une telle situation. Les organismes d'aide craignent que des dizaines de milliers de personnes meurent de blessures, d'exposition aux éléments, de maladie, de déshydratation ou de faim.<br class='autobr' />
L'assaut sur Mossoul rejoindra la longue liste des horreurs et des crimes qui ont été infligés au peuple irakien par l'impérialisme américain et sa machine militaire depuis plus de 25 ans dans sa quête de l'hégémonie sur l'une des régions du monde les plus riches en ressources et les plus importante stratégiquement.<br class='autobr' />
Les milliers de personnes qui mourront se joindront à ceux qui ont perdu la vie à la suite de la guerre du Golfe de 1991 ; des sanctions imposées à l'Irak par la suite ; des suites de la contamination à l'uranium appauvri ; de l'invasion de 2003 ; de la guerre sectaire et meurtrière entre sunnites et chiites qui a été délibérément provoquée par l'occupation américaine ; et des opérations des forces gouvernementales irakiennes soutenues par les États-Unis après que la plupart des troupes américaines ont été retirées en 2010-2011.<br class='autobr' />
Des estimations crédibles situent le nombre de morts cumulé sur une période de 25 ans à plus de 1,5 million, voir deux millions. Rien que depuis 2003, au moins quatre millions d'Irakiens ont été déplacés ou ont fui le pays en tant que réfugiés.<br class='autobr' />
La défense des masses de l'Irak et du Moyen-Orient contre l'oppression impérialiste doit être à l'avant-garde de la lutte pour un mouvement international anti-guerre de la classe ouvrière qui s'appuye sur une perspective révolutionnaire et socialiste. WSWS</p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/international/article/2017/06/09/les-damnes-de-mossoul_5141348_3210.html)</p>
<p>[Les civils en première ligne de la bataille de Mossoul -> http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170228-irak-civils-premiere-ligne-bataille-mossoul" class="spip_out" rel="external">Les damnés de Mossoul</a></p>
<p><a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/170317/irak-la-bataille-de-mossoul-tourne-au-carnage-pour-les-civils?onglet=full" class="spip_out" rel="external">La bataille de Mossoul tourne au carnage pour les civils</a></p>
<p><a href="http://www.ladepeche.fr/article/2017/03/20/2539776-mossoul-ouest-180-000-personnes-rue-raison-combats.html" class="spip_out" rel="external">Les civils piégés dans le dédale de la Vieille ville</a></p>
<p><a href="http://www.l-echo.info/article/international/2017-02-19/civils-pris-piege-bataille-mossoul-48252.html" class="spip_out" rel="external">Les civils, pris entre tous les assassins</a></p>
<p><a href="http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/L-assaut-sur-la-vieille-ville-de-Mossoul-a-d-but--22088837" class="spip_out" rel="external">L'assaut sur la vieille ville de Mossoul n'en est qu'au début</a></p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Battle_of_Mosul_(2004)?oldid=754978933" class="spip_out" rel="external">La bataille de Mossoul en 2004 (en anglais)</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mossoul_(2014)" class="spip_out" rel="external">La bataille de Mossoul en 2014</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Mossoul_(2016-2017)" class="spip_out" rel="external">La bataille de Mossoul en 2016-2017</a></p>
<p><a href="http://www.europe1.fr/international/bataille-de-mossoul-des-habitants-soumis-a-la-faim-la-soif-et-la-pression-des-combattants-de-lei-3363305" class="spip_out" rel="external">Les habitants soumis à la faim, la soif et la pression des combattants</a></p>
<p><a href="http://www.lemonde.fr/moyen-orient-irak/article/2017/05/25/au-moins-105-civils-tues-a-mossoul-dans-un-bombardement-americain-en-mars_5133920_1667109.html" class="spip_out" rel="external">Le Pentagone reconnaît un massacre de civils</a></p>
<p><a href="http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/irak-des-dizaines-de-civils-tues-par-des-frappes-aeriennes-a-mossoul-ouest-25-03-2017-6795186.php" class="spip_out" rel="external">La coalition internationale « antijihadiste » menée par les Etats-Unis enquête… sur ses propres frappes aériennes !!!</a></p>
<p><a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/04/bombed-in-their-homes-civilians-in-mosul-blame-reckless-coalition-forces/" class="spip_out" rel="external">Bombardés dans leur maison, des civils de Mossoul accusent les forces de la coalition occidentale</a></p>
<p><a href="http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/l-irak-enquete-sur-la-mort-de-civils-dans-des-frappes-a-mossoul-26-03-2017-6797028.php" class="spip_out" rel="external">Massacre suivi de l'hypocrisie</a></p>
<p><a href="http://pepedea.fr/2017/04/10/sort-civils-a-mossoul-nina-walch-amnesty-international/" class="spip_out" rel="external">La deuxième ville d'Irak, prise entre les feux de tous les assassins armés</a></p>
<p><a href="http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/De-nombreux-civils-tues-Mossoul-2017-03-25-1200834743" class="spip_out" rel="external">Les bombes tombent de toutes parts sur les civils</a></p>
<p><a href="http://journalmetro.com/monde/1152444/les-armes-lourdes-tuent-des-civils-a-mossoul/" class="spip_out" rel="external">4000 civils tués par les seules frappes aériennes de la coalition américaine</a></p>
<p><a href="https://www.legrandsoir.info/pendant-qu-ils-denoncent-le-massacre-a-alep-les-etats-unis-intensifient-leur-assaut-contre-mossoul.html" class="spip_out" rel="external">Les États-Unis intensifient leur assaut contre Mossoul</a></p>
<p><a href="https://francais.rt.com/opinions/32248-mossoul-toutes-guerres-menees-americains-civils-severement-touches" class="spip_out" rel="external">A Mossoul comme dans toutes les guerres menées par les Américains, les civils ont été sévèrement touchés</a></p></div>
Comment Babylone a disparu ?
http://matierevolution.org/spip.php?article5371
http://matierevolution.org/spip.php?article53712016-12-31T00:01:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionIranIrak - IraqSyrie
<p>Comment Babylone a disparu ? <br class='autobr' />
Babylone n'est pas qu'un mythe, celui de la richesse et des palais des mille et un jardins et fontaines, celui des immenses tours et palais, celui des mille et un peuples et langues rassemblées, celui d'une corruption tout aussi mythique. L'expression « fin de Babylone » est devenue, au même titre que « chute de l'empire romain » le symbole des civilisations qui ont atteint leurs limites et ne peuvent que péricliter et mourir, comme c'est le cas actuellement (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag">Syrie</a>
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</div><h2 class="spip">Comment Babylone a disparu ?</h2>
<p>Babylone n'est pas qu'un mythe, celui de la richesse et des palais des mille et un jardins et fontaines, celui des immenses tours et palais, celui des mille et un peuples et langues rassemblées, celui d'une corruption tout aussi mythique. L'expression « fin de Babylone » est devenue, au même titre que « chute de l'empire romain » le symbole des civilisations qui ont atteint leurs limites et ne peuvent que péricliter et mourir, comme c'est le cas actuellement pour le monde capitaliste.</p>
<p><a href="http://www.ezida.com/babylone.htm" class="spip_out" rel="external">La fameuse Babel, ou Babylone, située en Irak sur l'Euphrate au nord d'Ur et Uruk</a>, bien connue de nombreuses grandes religions et sociétés du monde notamment de la Bible (la classe dirigeante religieuse des Hébreux y a été déportée et y a rédigé l'Ancien Testament) et des gréco-romains mais aussi de tous les peuples orientaux, a réellement existé et elle a disparu ensuite complètement durant des siècle. Elle a été étudiée très tardivement, les fouilles archéologiques n'ayant commencé qu'au XXe siècle.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Babylone_(civilisation)" class="spip_out" rel="external">Ce qu'était la civilisation babylonienne</a></p>
<p><a href="http://antikforever.com/Mesopotamie/Amorrites/babylone.htm" class="spip_out" rel="external">Babylone antique</a></p>
<p>Bien des gens croient que Babylone a forcément été détruite par une grande armée. En réalité, Babylone et la civilisation babylonienne ont connu un déclin et un effondrement, sans intervention militaire extérieure, dans les premiers siècles de notre ère. Bien entendu, ce n'est pas parce que « dieu s'est détourné des disciples de Nimrod et s'est tourné vers les disciples d'Abraham » comme le prétend la Kabbale de l'Ancien Testament qui affirmait : <i>« La tour érigée à Babel, peu après le déluge, est un symbole de l'orgueil de l'homme, tombé ainsi dans la faute du diable. Elle rend témoignage de son attitude méprisante vis-à-vis de son Créateur »</i> !!! Bien sûr, pour Les Hébreux et tous ceux qui se revendiqueront de l'Ancien Testament, la chute de Babylone est la défaite de l'idolâtrie, du polythéisme, des religions non bibliques…</p>
<p>Babylone a été une très grande ville et une capitale sous de nombreuses dominations royales et impériales successives : sumérienne, akkadienne, amorrite, kassite, babylonienne, araméenne, assyrienne, néo-babylonienne, perse, parthe.</p>
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<p>Babylone était devenue la capitale d'un royaume au début du IIe millénaire av. J.-C. Elle connaît son apogée au VIe siècle av. J.-C. durant le règne de Nabuchodonosor II qui dirige alors un empire dominant une vaste partie du Moyen-Orient. Il s'agit à cette époque d'une des plus vastes cités au monde, ses ruines actuelles occupant plusieurs tells sur près de 1 000 hectares. Son prestige s'étend au-delà de la Mésopotamie, notamment en raison des monuments célèbres qui y ont été construits, comme ses grandes murailles, sa ziggourat (Etemenanki) qui pourrait avoir inspiré le mythe de la tour de Babel et ses mythiques jardins suspendus dont l'emplacement n'a toujours pas été identifié.</p>
<p>Comme nous allons le rappeler, les guerres ont fait rage mais elles ont d'autant plus été victorieuse que le peuple de Babylone était alors révolté contre le régime et contre le système social…</p>
<p>Quand le roi des Perses Cyrus II attaque Babylone en 539 av. J.-C. par une offensive surprise contre la porte d'Enlil au nord-ouest de la ville, la lutte tourne court et la cité et l'empire tout entier tombent entre ses mains. Dès lors, Babylone perd son indépendance. Le nouveau maître proclame néanmoins son souhait de préserver la ville et s'attache les faveurs du clergé local en proclamant un décret très favorable envers eux, qui a été retrouvé inscrit sur un cylindre d'argile trouvé à Babylone. La chute du royaume babylonien et la fin de l'indépendance politique ne signifient pas le déclin de la métropole mésopotamienne. Certes à plusieurs reprises la ville se révolte : contre Darius Ier vers 521 av. J.-C., puis plus tard contre son fils Xerxès Ier, à qui les auteurs grecs postérieurs ont attribué la décision de détruire le sanctuaire de Marduk, répression dont l'ampleur réelle est débattue. Babylone reste une ville importante de l'empire même si elle n'en est pas la capitale, et la Babylonie entière est une région cruciale où la noblesse perse dispose de vastes domaines. En 331 av. J.-C., Babylone ouvre ses portes au roi macédonien Alexandre le Grand après la victoire de Gaugamèles et les envahisseurs sont manifestement bien accueillis par la population. Alexandre patronne des restaurations de canaux et dans l'Esagil, s'y installe quelques mois après son expédition en Inde avant d'y mourir en juin 323. C'est donc à Babylone que s'ébauche le premier partage de l'empire entre ses généraux, les Diadoques, qui ne tardent pas de se déchirer dans des luttes qui touchent durement la Babylonie et sa plus grande ville. Celle-ci est exsangue au moment où Séleucos Ier réussit à raffermir sa domination sur la région en 311. Le nouveau souverain ne garde pas Babylone comme capitale, puisqu'il en construit une nouvelle une soixantaine de kilomètres au nord-est, à Séleucie du Tigre. Babylone reste cependant importante, comme en témoigne par exemple le fait que son fils Antiochos Ier y demeure plusieurs années avant de prendre seul le pouvoir, et que son statut reste prestigieux aux yeux des nouveaux maîtres. Les deux premiers rois y font restaurer les édifices religieux. Plus tard le centre de gravité de leur royaume se déplace vers l'ouest et Antioche devient la capitale principale de leurs successeurs, qui perdent progressivement la Babylonie face à l'avancée des Parthes qui la dominent définitivement sous Mithridate II (123-88 av. J.-C.)52. Ces conflits ont une nouvelle fois fortement touché Babylone et sa région, notamment du fait des exactions perpétrées par le général parthe Himéros.</p>
<p>Babylone reste donc une ville importante dans l'administration des empires dirigés par des dynasties étrangères au cours de la seconde moitié du Ier millénaire av. J.-C. Sous les Achéménides, son gouverneur (appelé dans les textes cunéiformes par le titre babylonien pahāt et non par celui de satrape) dirige une vaste province couvrant au départ tout l'ancien empire babylonien, donc jusqu'à la Méditerranée, avant que son territoire ne soit réduit à la seule Mésopotamie. Sous les Séleucides, Babylone est supplantée par Séleucie en tant que principale cité de l'administration et devient donc une capitale provinciale secondaire. Le roi y est représenté par un personnage appelé dans les textes locaux šaknu (« préposé », autre titre d'un ancien dignitaire du royaume babylonien), qui dirige le personnel du palais royal local. À partir du règne d'Antiochos IV (vers 170 av. J.-C.), Babylone devient une cité grecque avec sa communauté de citoyens (grec politai, que l'on retrouve dans les textes babyloniens sous la forme puliṭē ou puliṭānu) dirigée par un épistate (à qui échoit apparemment le titre de pahāt dans les sources cunéiformes), groupe qui se réunit dans le théâtre qui est alors construit dans la ville. La communauté babylonienne indigène, qui reste sans doute dominante en nombre, forme la troisième entité politique de cette société complexe. Elle est représentée devant les autorités grecques par le personnel chargé de l'Esagil, qui a donc pris un poids dominant dans la vie de la cité en tant que seule autorité traditionnelle d'origine locale encore en place. Il est dirigé par une assemblée (kiništu) dont l'autorité supérieure est l'administrateur du sanctuaire (šatammu). Des autorités semblables semblent encore en place sous les Parthes, qui ne modifient pas la structure politique et sociale de la cité. Pour ces différentes périodes les archives cunéiformes de familles privées et des sanctuaires restent en nombre assez important par rapport aux autres villes de la région où elles se tarissent progressivement, et renseignent sur les activités cultuelles et économiques.</p>
<p> La période parthe voit Babylone décliner et se dépeupler progressivement, les grands centres du pouvoir s'étant définitivement déplacés plus au nord sur le Tigre (Séleucie, Ctesiphon, et bien plus tard Bagdad). Mais ses monuments principaux sont encore en activité : Pline l'Ancien écrit au début du Ier siècle de notre ère que le temple continue à être actif, bien que la cité soit en ruines et une inscription en grec datable du IIe siècle ap. J.-C. indique que le théâtre est encore restauré. Elle reste une ville commerciale active, où on trouve des communautés de divers horizons en plus des communautés babylonienne et grecque (qui se sont sans doute liées depuis longtemps), notamment des marchands de Palmyre, tandis que les premières communautés chrétiennes s'installent dans la région. Les mentions de cette ville comme un champ de ruines dans les textes gréco-romains, ainsi Dion Cassius quand il rapporte la venue sur place de l'empereur Trajan lors de sa campagne de 115 ap. J.-C, illustrent néanmoins le fait que son déclin ait été important et ait marqué les personnes imprégnées des récits relatifs à sa splendeur passée. Son temple principal fonctionnerait encore au début du IIIe siècle ap. J.-C., et son abandon est à dater des siècles suivants, donc sous la domination des Sassanides qui est généralement considérée comme la période de disparition définitive de l'antique culture mésopotamienne dans ce lieu même. Durant la période islamique, l'emplacement de Babylone est encore connu, mais Bābil n'est alors plus qu'un petit village selon le géographe Ibn Hawqal au Xe siècle. Les écrivains des siècles suivants ne parlent plus que de ses ruines et du fait qu'elles sont dépouillées de leurs briques les plus solides pour servir à construire des bâtiments dans les habitations des alentours, ainsi que de récits sur leur signification et les croyances locales. La ville antique a totalement basculé du côté de la légende.</p>
<p> Quelles étaient les classes dirigeantes de Babylone et de l'empire babylonien ?</p>
<p>Bien entendu, la plupart des historiens voient dans la famille impériale et sa clientèle (gouverneurs, seigneurs, etc.) la classe dirigeante mais c'est omettre que l'empire et sa capitale sont le centre d'une activité bourgeoise florissante qui donne toute sa prospérité au royaume.</p>
<p>La ville de Babylone est en effet le cadre d'activités économiques diverses servant de base aux affaires de familles de notables, en premier lieu l'agriculture pratiquée sur des champs céréaliers et des palmeraies-jardins situés à l'intérieur des murailles ou dans sa périphérie immédiate. Ce sont ces terrains que les notables cherchent à acquérir en priorité, de façon à en tirer des revenus importants en profitant de la proximité du fort marché de denrées que représente la ville. Ils se chargent également de la commercialisation des produits agricoles depuis ces terrains et d'autres situés plus loin, en utilisant le réseau de canaux pour leur transport. Iddin-Marduk de la famille des descendants de Nur-Sîn monte ainsi un réseau de collecte puis d'acheminement vers Babylone des productions de paysans localisés à proximité d'un canal (céréales, dattes et légumes avant tout). Babylone est également une ville commerciale majeure, jouant un rôle de carrefour régional et international grâce aux voies terrestres et fluviales majeures la desservant. Des marchands y affluaient pour se procurer des matières premières rares venues d'horizons lointains. Cependant le commerce régional et local est plus important. Plusieurs espaces commerciaux importants sont connus dans la ville : le port fluvial (kāru, « quai ») et le pont évoqués plus haut, et une partie du quartier de Shuanna autour de la « porte du Marché » (une porte intérieure).</p>
<p>Le site de la ville est un peu excentré par rapport aux autres capitales anciennes et futures de la Mésopotamie Agadé (Akkad), Eshnunna, Séleucie, Ctésiphon et Bagdad. Cependant il est proche de l'endroit ou le Tigre et l'Euphrate sont peu éloignés l'un de l'autre. Cela apporte la présence d'un fort réseau de voies d'irrigation et partant de là une forte productivité des terres agricoles. Enfin après l'époque de Hammurabi le sud de la Mésopotamie voit une forte dégradation de sa situation démographique et économique, pour des raisons qu'il est encore difficile d'élucider. C'est alors que de grandes métropoles telles Ur, Nippur, Uruk ou Larsa sont abandonnées pour de longues périodes au profit d'autres villes notamment Babylone au cœur d'une zone agricole prospère. Babylone récupère ainsi les forces vives de ces villes et intègre leurs traditions culturelles et religieuses.</p>
<p>Le paysage urbain de la Babylone du IIe millénaire n'est connu que par des textes, les niveaux anciens étant encore recouverts par ceux de la Babylone du Ier millénaire, et souvent noyés par la nappe phréatique. Dès sa fondation la ville s'étend des deux rives de l'Arahtu un bras alors secondaire de l'Euphrate avant d'en devenir le lit principal au Ier millénaire. Sur la rive droite s'étendait un parc, appelé « le jardin de l'abondance ». La partie orientale de la ville, sur la rive gauche, est nettement plus étendue. Au nord de cette partie de la ville se trouvait les quartiers royaux avec au centre le palais royal, édifié par Sumu-la-El. Sous le règne de Hammurabi la population du palais s'est fortement accrue car les rois amorrites avaient pour tradition en cas de victoire d'emmener la population féminine du harem du souverain vaincu. Cela dit cette population proche du souverain reste peu connue. Par les archives de Mari, nous savons que le palais de Babylone à l'époque amorrite est conçu avec une seule grande porte permettant de filtrer les entrées et comporte plusieurs bâtiments répartis autour d'une large cour arborée. On sait également que Samsu-iluna, successeur de Hammurabi, a construit un nouveau palais.</p>
<p>Au centre de la partie orientale de Babylone se trouve le temple de Marduk, l'Esagil, qui est déjà bordé par sa ziggurat, Etemenanki. L'autre grand temple de la Babylone amorrite était consacré à la déesse Ishtar. Au sud se trouvaient les quartiers commerciaux qui servent de quartiers résidentiels aux notables et aux commerçants, les seuls niveaux paléo-babyloniens de la ville à avoir été fouillée, où ont été retrouvées des archives privées, datant des règnes de Samsu-iluna et de ses successeurs.</p>
<p>Certes, cette bourgeoisie avait intérêt à la stabilité et à la grandeur de l'Etat babylonien mais c'est sa prospérité qui donnait sa stabilité à l'empire et pas seulement la puissance militaire et politique de l'empereur…</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article225" class="spip_out" rel="external">Lire ensuite : Révolutions de la Mésopotamie antique</a></p></div>
Quand la Mésopotamie démontre que la philosophie antique n'est pas née en Grèce…
http://matierevolution.org/spip.php?article5128
http://matierevolution.org/spip.php?article51282016-07-23T23:26:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedMésopotamieIranIrak - IraqSyrie
<p>La Mésopotamie avant Sumer et avant l'apparition de l'Etat <br class='autobr' />
Ci-dessous, la carte des premières cités-Etat sumériennesTablette de cunéiformes indiquant une vente de terres : la propriété privée des terres, c'est déjà une philosophie tout à fait nouvelle à l'époque !Les restes d'une bibliothèque de tablettes de cunéiformes !!! <br class='autobr' /> Quand la Mésopotamie démontre que la philosophie antique n'est pas née en Grèce… <br class='autobr' />
Chacun a entendu parler et lu les philosophes grecs. Leurs écoles sont nombreuses (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot120" rel="tag">Mésopotamie</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot140" rel="tag">Iran</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag">Irak - Iraq</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot214" rel="tag">Syrie</a>
<div class='rss_texte'><p>La Mésopotamie avant Sumer et avant l'apparition de l'Etat</p>
<div class='spip_document_7597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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<p>Ci-dessous, la carte des premières cités-Etat sumériennes</p>
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<p>Tablette de cunéiformes indiquant une vente de terres : la propriété privée des terres, c'est déjà une philosophie tout à fait nouvelle à l'époque !</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/-2433.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH473/-2433-0a66d.jpg?1790070731' width='500' height='473' alt='' /></a>
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<p>Les restes d'une bibliothèque de tablettes de cunéiformes !!!</p>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH374/-2434-8d418.jpg?1790070731' width='500' height='374' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Quand la Mésopotamie démontre que la philosophie antique n'est pas née en Grèce… </h2>
<p>Chacun a entendu parler et lu les philosophes grecs. Leurs écoles sont nombreuses et variées. Ils ont une notoriété mondiale. Au point qu'on serait tenté d'y voir un cas exceptionnel… La philosophie grecque serait un exemple unique ? Certains cherchent des fondements à un tel jaillissement de multiples philosophies, semble-t-il contraire à ce qu'on trouve ailleurs.</p>
<p>Mais est-il exact qu'ailleurs dans l'Antiquité et même avant la Grèce antique, il n'y aurait pas eu de tel développement de la philosophie ? Comment le savoir ? Les philosophies de l'antiquité, celles des hommes libres des cités commerçantes, ont été détruites, interdites, brûlées par l'Etat centralisé, dictatorial, quand celui-ci s'est mis en place et a voulu appuyer le pouvoir unique sur une idéologie unique… religieuse. L'effaçage de tout ce qui existait auparavant a été d'autant plus efficace que les écrits étaient moins nombreux que les enseignements oraux…</p>
<p>Cela s'est produit dans tout le monde antique. La seule particularité de la Grèce antique, c'est d'avoir eu du retard dans la mise en place de la centralisation étatique par rapport au fleurissement du développement économique et commercial, en développant de nombreuses villes libres sans les écraser par un pouvoir central. D'où une fenêtre de la culture et de la civilisation libres qui a permis une éclosion et une transmission sans pareil de la pensée humaine.</p>
<p>Mais ce serait une erreur de croire que la culture, la civilisation, la pensée philosophique ne seraient nés qu'en Grèce à l'époque antique !</p>
<p>Bien avant la Grèce, la philosophie est née en Egypte avant les Pharaons, en Mésopotamie avant les dictatures assyrienne, mésopotamienne, mède, iranienne, dans les villes libres sumériennes, avant l'Etat, dans les villes iraniennes et dans bien d'autres régions du monde comme la Chine, avant les empereurs et les rois…</p>
<p>La thèse de l'invention de la philosophie par la Grèce antique est classique. Ainsi, Kunzmann, Burkard et Wiedmann affirment dans « L'Atlas de la philosophie » :</p>
<p><i>« La philosophie occidentale eut pour berceau les colonies grecques établies sur les côtes d'Asie Mineure (Ionie) et dans l'Italie du sud (après la destruction de Milet en 494 av J.-C.) »</i></p>
<p>Il ne manque pas d'auteurs pour l'affirmer : la Grèce antique aurait inventé la philosophie. Et cependant, cela n'est pas exact. Certes, les sociétés plus anciennes ont laissé moins de textes écrits mais ils n'étaient pas indifférents en philosophie et même, ils ont développé les idées philosophiques avant les grands auteurs grecs, même s'ils sont moins connus.</p>
<p>Chacun d'entre nous est capable de citer une bonne dizaine de philosophes grecs dont les Socrate, Platon, Aristote et autres Démocrite, mais aucun philosophe de la Mésopotamie, pourtant une région riche en peuples différents, en idéologies diverses et extrêmement riches, sans parler de philosophes de la civilisation de l'Indus, de la Chine antique, de l'Egypte antique, de l'Iran antique. Sumer, Elam, Sham, Akkad, Sémites, Indus, Phéniciens devraient pourtant être les premiers chapitres d'une histoire des philosophies et ce n'est nullement le cas : on trouve généralement la Grèce antique comme chapitre un.</p>
<p>Certains auteurs le justifient ainsi : les sociétés antiques auraient seulement développé une religion alors que les cités grecques ont discuté à perte de vue sur toutes les grandes interrogations philosophiques de l'homme : dualisme et monisme, matière et vide, créationnisme et transformisme, atomisme et continuisme, moralisme et immoralisme, matérialisme et idéalisme, ordre et désordre, harmonie et chaos, déterminisme et indéterminisme, hasard et nécessité, dieux et diables, vie et mort, guerre et paix, sagesse et folie, vivant et inerte, instant et durée, mortels et immortels, mythe et réalité, divin et humain, et on en passe…</p>
<p>Ainsi, Madeline Biardeau écrit dans « Histoire de la philosophie » :</p>
<p><i>« La philosophie grecque est peut-être la seule philosophie spéculative ancienne qui se soit présentée comme uniquement rationnelle sans présupposé religieux. »</i></p>
<p>Comme l'écrit Robert Zimmert dans son « Grand livre des philosophes » :</p>
<p><i>« Où trouvons-nous la première philosophie ? Chez les Grecs ou peut-être plus encore, dans les hautes cultures de l'Orient ou dans les théories de la sagesse de l'Inde ou de la Chine ?</i></p>
<p>Dans le « Timée », Platon lui-même ne dit-il pas que la Grèce est l'élève des philosophes égyptiens :</p>
<p><i>« Vous autres, Grecs, n'êtes que des enfants. »</i></p>
<p>S'il est parfaitement exact que les cités grecques avaient développé les talents intellectuels comme une activité classique de l'homme libre, et laissé les idées se développer sans trop de frein, ce qu'Athènes devenue capitale d'un Etat, cessera de faire avec l'élimination de Socrate, cela ne signifie nullement que le reste du monde antique en soit resté à affirmer une croyance en des dieux sans développer des idées philosophiques sur toutes les grandes questions citées plus haut.</p>
<p>Par exemple, toutes ces grandes questions figurent dans les philosophies de la Mésopotamie, celles des peuples de Syrie, d'Irak et d'Iran antiques, même si le développement de religions d'Etat a amené le pouvoir à effacer nombre de traces de ces philosophies antiques au point que certains auteurs actuels ignorent que les sociétés antiques n'étaient pas que religieuses.</p>
<p>Un grand chercheur comme Bottéro n'a-t-il pas développé l'idée que l'essentiel en apport idéologique chez les Sumériens serait… la religion !</p>
<p>Bottéro et Kramer intitulent même leur ouvrage commun sur les sumériens : « Lorsque les dieux faisaient l'homme » !!!</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=ga6jAe9hSaAC&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Samuel+Noah+Kramer%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Le texte de Kramer sur la Mythologie sumérienne</a></p>
<p>Ces thèses se fondent sur l'état idéologique d'un peuple arrivé au stade de l'Etat, celui de la mainmise du pouvoir central sur l'idéologie, sans se douter qu'il faudrait plutôt étudier ce peuple avant la mise en place de l'Etat. La thèse classique consiste à affirmer que c'est à partir de la phase étatique, celle du plus grand développement économique, social et politique que s'exprime le mieux les conceptions d'un peuple !</p>
<p>C'est oublier que la mise en place de l'Etat est, au contraire, une rupture profonde avec la société précédente, ses valeurs, ses conceptions fondamentales, et aussi une rupture idéologique autant que le choix du christianisme d'Etat par l'Etat romain a été une rupture avec les conceptions polythéistes, sacrificielles et animistes précédentes.</p>
<p>Bien sûr, certains auteurs croient qu'avant l'Etat, avant le grand développement économique, c'est-à-dire avant le développement des divisions de classes parvenues à l'opposition violente, il n'y aurait pas eu de philosophie…</p>
<p>C'est pour cela qu'ils voient dans la religion d'Etat la seule philosophie sumérienne et même mésopotamienne. Ils considèrent souvent que la religion d'Etat ne peut qu'être la première philosophie, les autres venant seulement après…</p>
<p>La réalité historique est l'inverse. La religion n'a pas été la première préoccupation idéologique des peuples. Tous les peuples ont recherché d'abord la manière de comprendre la vie matérielle. Le premier texte sumérien n'est pas religieux : c'est une encyclopédie de tous les objets matériels connus, naturels ou fabriqués par l'homme ! La Mésopotamie a développé des philosophies scientifiques bien avant les grecs antiques : médecine, astronomie, méthodes de culture, d'irrigation, de travail des métaux, d'industrie, d'artisanat, algèbre, analyse, etc. Elle a cherché la place de l'homme dans l'univers, de l'individu dans la société et dans l'histoire. C'est la Mésopotamie qui a inventé les mythes fondateurs qui ont été copiés par les Phéniciens, les Grecs, les Hébreux, les Romains. Elle-même s'est inspirée de la civilisation de l'Indus et des Egyptiens.</p>
<p>En Mésopotamie antique comme en Egypte antique, les hommes ne commencent pas à développer des religions uniques d'Etat mais, au contraire, à développer des philosophies locales et régionales qui répondent à leurs besoins réels concrets. L'essentiel des textes les plus anciens est laïc : matériel, social, technique, commercial, juridique, historique, etc. Les considérations sur l'homme, la morale, la justice, l'âme, le corps, le bien et le mal ne sont pas nécessairement de type religieux, ne font pas nécessairement appel aux dieux ou à dieu ni aux diables.</p>
<p>Les hommes des sociétés antiques depuis le début du néolithique sont d'abord en admiration non devant la création divine mais devant la création humaine : les rêves, les pensées, l'écriture, la figuration par des statues en argile, la sculpture, la peinture, le travail de l'os, du bois, du métal, la domestication des animaux, la culture des plantes, la formation de maisons, de villages, de villes, etc. Tout cela amène leurs pensées à s'interroger sur les limites des capacités de l'homme et de la société, une préoccupation bien plus moderne qu'on ne le pense souvent.</p>
<p> Les textes laïcs, les légendes, les traditions liées à la nature et à la première transformation de celle-ci par l'homme, les cérémonies collectives laïcs comme celles des saisons, les fêtes, les récits oraux des héros sont le principal sujet des premiers textes écrits connus, ceux des sumériens. Les mythes qui deviendront ensuite des bases aux textes religieux ont un fondement réel. Le déluge est fondé sur le fait que la géographie de la Mésopotamie est centrée sur le fleuve Euphrate sur les berges duquel se créeront toutes les grandes villes mésopotamiennes et qui connaît périodiquement des crues catastrophiques, destructrices. D'autre part, périodiquement, l'amoncellement de sédiments entraîne le détournement du cours du fleuve et contraint les peuples à abandonner leurs anciens villages et villes. Sur le plan social et politique, les peuples constatent aussi que tout peut être détruit du jour au lendemain puisque la grande vallée de l'Euphrate est à la merci des attaques des guerriers nomades ou des civilisations voisines, celle des montagnes du haut Euphrate (Turquie et Syrie), du haut Tigre (Assyrie) ou de l'Iran (notamment l'Elam), ou encore des grandes migrations venues d'Asie (Inde notamment). Ce qui a déterminé la vie des peuples de Mésopotamie c'est à la fois l'apparition d'une société fondée sur la production et plus seulement sur la cueillette, sur l'agglomération et plus sur la dispersion, mais aussi une société qui crée des surplus de richesses qui peuvent attirer l'envie des peuples voisins. Il en résulte de nombreux affrontements et guerres, entre les peuples indigènes et les sumériens, entre les sumériens et les sémites, entre sumériens et akkadiens, entre mésopotamiens et élamites, entre akkadiens et assyriens, etc. Les systèmes sociaux, les régimes, les organisations sociales naissent, se développent et meurent. Les révolutions sociales sont aussi nombreuses que les guerres. Aucun régime ni système social n'est éternel. Si les Mésopotamiens développeront des philosophies selon lesquelles l'homme est dépendant des hasards de l'Histoire, c'est parce que cela correspond à leur expérience et à celle des générations précédentes. Ce sont les pratiques réelles des hommes qui ont amené la formation idéologique de leurs philosophies et non l'inverse. Il est regrettable que nombre d'auteurs en restent au point de vue idéaliste inverse. Cela les amène à penser que les idées, les histoires, les mythes, les idéologies seraient nés à partir de rien, seraient de pures créations fondant la réalité et non l'inverse…</p>
<p>Or les pratiques des peuples, aussi bien économiques, sociales, culturelles et traditionnelles ont toujours précédé leur justification idéologique.</p>
<p> Comme le relève Yves-Marie Adeline dans son « Histoire de la philosophie :</p>
<p><i>« Le mythe fondateur peut être autre chose qu'un dieu : un événement par exemple, qui explique et justifie une règle morale commune ou l'existence d'une collectivité. »</i></p>
<p>Il est erroné de juger de la philosophie des Mésopotamiens sur les seuls écrits de l'époque étatique des Sumériens. Certains auteurs ont en effet tendance à faire comme si toutes les conceptions des peuples provenaient de l'époque de la mise en place de l'Etat, époque où la religion d'Etat domine toute philosophie, et devaient être appréciées à partir de là. Et cela fait une grande différence ! Car cela fait belle lurette que les hommes ont changé leur vie et donc changé aussi leurs conceptions du monde, passante de philosophies de cueilleurs à des philosophies de producteurs.</p>
<p>Par exemple, la première cité-Etat apparaît en Mésopotamie en 2700 avant J.-C. alors que :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> les débuts de la domestication animale datent de 8000 avant J.-C.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> les agglomérations de Jarno et Ali Kosh datent de 6700 avant J.-C., Hassuna de 5800 avant J.-C., Samarra de 5600 avant J.-C., Halaf de 5500 avant J.-C. et Ubaïd de 5000 avant J.-C., ainsi que Ur en 3800 avant J.-C. Il est absurde de s'en tenir à Ur et seulement quand la ville est devenue un centre étatique !</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> de grandes découvertes comme le travail du cuivre, l'agriculture avec irrigation, la céramique, les sceaux-cachets, les figurines décorées, les peintures murales datent de 6000 avant J.-C.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> les échanges économiques et culturels avec la civilisation de l'Indus datent au moins de 5000 avant J.-C.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> la faucille, le pilon, l'utilisation du roseau datent de 4500 avant J.-C.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> l'urbanisation, le tour de potier, la roue, la voile, le travail du bronze, de l'or, de l'argent et surtout l'écriture, ainsi que le grand commerce date de 3500 avant J.-C.</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> la propriété privée de terres apparaît vers 2900 avant J.-C.</p>
<p>Toutes ces grandes révolutions ont eu lieu bien avant l'apparition de l'Etat ! Et les révolutions précédemment citées ont profondément changé la vie des hommes et, bien entendu, n'ont pas attendu des centaines ou des milliers d'années pour bouleverser également leurs conceptions philosophiques. On n'a pas toujours des restes écrits de ces changements mais il n'est pas bien difficile d'imaginer qu'ils ont existé et été déterminants.</p>
<p>Voyons comment Bottéro, pour prendre un des plus fameux chercheurs en assyriologie, a été amené à subordonner la philosophie des Sumériens, dont il est un des analystes les plus connus, à l'époque de l'apparition de l'Etat :</p>
<p><i>« Les anciens Mésopotamiens étaient persuadés que le monde ne s'explique point par lui-même, et que, pour en rendre raison, il s'étaient vus contraints de poser des personnages surhumains qui avaient dû le fabriquer et qui le gouvernaient. Pour se les figurer, ils n'avaient pas trouvé de meilleur modèle que leur propre pouvoir politique, avec le monarque au sommet d'une pyramide d'autorités subalternées et émanant de la sienne : ils avaient donc transposé ce système à l'échelle surnaturelle pour distribuer leur panthéon et s'en représenter le mécanisme. »</i> écrit-il dans « Mésopotamie, l'écriture, la raison et les dieux ».</p>
<p>Il constate bien que la philosophie des Mésopotamiens découle de leur organisation politique mais il omet de réaliser que cette idéologie ne peut donc précéder la date de naissance de cette organisation politique d'Etat et donc est beaucoup plus récente que la civilisation sumérienne et encore plus que la civilisation mésopotamienne…</p>
<p>Bottéro écrit dans « Mésopotamie, l'écriture, la raison et les dieux » :</p>
<p><i>« Cet antique pays, dont les plus vieux documents déchiffrables remontent au début du IIIe millénaire et dont l'histoire, ininterrompue, s'est poursuivie jusque peu avant notre ère, a quelque chance – comme l'Egypte pharaonique – de nous présenter les plus anciennes réactions et réflexions perceptibles des hommes devant le surnaturel, leur plus vieille construction religieuse identifiable, en même temps qu'une de celles que l'on peut suivre le plus longtemps. »</i></p>
<p>Mais, pas plus que l'Egypte n'est pharaonique, la Mésopotamie n'est pas un produit de l'Etat sumérien, akkadien, assyrien, chaldéen ou babylonien.</p>
<p>Cependant, de l'affirmation que la principale production mésopotamienne serait la religion d'Etat, Bottéro ne déduit nullement que la philosophie mésopotamienne (ou plutôt les philosophies) seraient inférieures ou sans grand intérêt. Il écrit dans le même ouvrage :</p>
<p><i>« Seule une vision étroite, superficielle, univoque et de parti pris peut nous occulter l'évidence, imposée par l'examen attentif et en profondeur des archives cunéiformes, que ces antiques lettrés, dès la première moitié du IIe millénaire, au plus tard, avaient « à leur façon », et selon leur rationalité, découvert la pensée abstraite, l'analyse, la déduction, la recherche et l'établissement des principes et des lois : en un mot l'essentiel de la méthode et de l'esprit de la science… »</i></p>
<p>On ne peut qu'être d'accord sauf… avec <i>« dès la première moitié du IIe millénaire, au plus tard »</i> car Bottéro, en écrivant cela, biffe tout ce qui précède l'établissement de l'Etat !</p>
<p>Il en résulte que Bottéro affirme que la philosophie des Sumériens (et il élargit ensuite aux Mésopotamiens simplement parce que l'idéologie des Sumériens a dominé !) a été ce qu'il appelle « la science divinatoire », cette étude de la réalité qui permet de chercher le message des dieux…</p>
<p>Rappelons que la civilisation mésopotamienne est née bien avant la domination sumérienne et même avant l'arrivée des sumériens dans la région ! Ils n'arrivent qu'au milieu de la période Obeïd. D'autres peuples comme les Cham, les Elamites, les Sémites, les Sumarriens, les Ubaidiens ou les Akkadiens y ont déjà développé des arts multiples et, bien entendu, aussi des philosophies.</p>
<p>Il n'est pas étonnant que Bottéro, ayant centré la civilisation sur l'apparition de l'Etat, affirme que le personnage central de son idéologie soit… le roi !</p>
<p>Il en conclu que, chez les Mésopotamiens, <i>« Tout devait être fait pour garder au pays celui qui en était la tête, le moteur, le directeur, le pasteur et le père. »</i></p>
<p>Bien sûr, il s'appuie sur des textes du type de celui du code d'Hammourabi !!!</p>
<p>Mais ce texte récent ne peut évidemment décrire la philosophie de peuples ayant vécu des millénaires ou des siècles avant la royauté et l'Etat !!!</p>
<p>On se trouve ainsi devant des auteurs qui, comme en ce qui concerne l'Egypte antique, font comme si la civilisation était le produit de son Etat, alors que même ses classes sociales, ses exploiteurs et ses exploités sont apparus bien longtemps avant l'Etat ! Et sans parler de ses grandes révolutions techniques, économiques ou sociales, artistiques comme idéologiques !</p>
<p>Les conceptions et philosophies des peuples sont bien plus effacées et occultées que dévoilées par de telles analyses…</p>
<p>On remarquera aussi que le point de vue des auteurs comme Bottéro privilégie l'ordre sans concevoir qu'il s'oppose à un désordre social, que la domination d'Etat sert à défendre des privilégiés contre ceux qui ne le sont pas.</p>
<p>Si la cité-Etat apparaît en 2700 avant J.-C., l'Etat et les classes dirigeantes sont déjà attaqués par une révolution sociale en 2400 avant J.-C. (c'est ce que l'on appelle « la crise d'Ur III », Ur III étant un pouvoir central apparu en 2111 avant J.-C.) et, en 1700 avant J.-C., la révolution sociale casse même le système social en même temps que le pouvoir central puisque tout pouvoir centralisé disparaît et que les villages sont abandonnés. On revient à une production uniquement pour satisfaire les besoins de la population et toute accumulation de richesses au profit des classes dirigeantes et de l'Etat disparaît. La culture de l'orge diparaît même complètement du sud de la Mésopotamie en 1700 avant J.-C. !</p>
<p>Donc, loin d'estimer que la philosophie des Mésopotamiens pré-étatiques était d'abord religieuse, nous constatons que les premières tablettes d'argile couvertes de cunéiformes datent de 2500 ans avant J.-C. et ont été découvertes… à Suse, que ces textes ne sont donc pas sumériens mais élamites et que tous sont d'ordre civil et non religieux. Cela signifie qu'ils ont trait à la vie quotidienne, aux tâches, aux vivres, à la répartition des uns et des autres, puis au commerce et plus tard à l'histoire des hommes, aux sciences et arts, et, encore plus tard, à la religion, ce qui inverse l'ordre de la conception de bien des chercheurs !!! Elle semble très matérialiste cette société présentée comme très religieuse !!! On rappellera d'ailleurs que Bottéro lui-même citait une encyclopédie sans la moindre considération religieuse comme premier écrit sumérien !</p>
<p>D'ailleurs, faire des Mésopotamiens les défenseurs du seul point de vue des Sumériens est faux puisque ces derniers ne sont arrivés dans la région qu'après l'époque d'Obeïd…</p>
<p>En fait, les auteurs occidentaux sont très marqués par le fait que les religions juive et chrétienne ont des racines dans les mythes babyloniens qui, eux-mêmes, découlent des écrits sumériens. Cela ne veut pas dire que les Mésopotamiens avaient eu un apport philosophique qui soit d'abord religieux !</p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=ga6jAe9hSaAC&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Samuel+Noah+Kramer%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Samuel Noah Kramer – L'histoire commence à Sumer</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=tZSdbj5Hny0C&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Samuel+Noah+Kramer%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Poésie de Sumer</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=KliA7MjJEDQC&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Samuel+Noah+Kramer%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Le monde de Sumer</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=iY9xp4pLp88C&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Samuel+Noah+Kramer%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Histoire, culture et caractère des sumériens</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=_qm-Zx9_h_UC&printsec=frontcover&dq=inauthor:%22Jean+Bott%C3%A9ro%22&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false" class="spip_out" rel="external">Ancêtres de l'ouest</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=s1LpCAAAQBAJ&pg=PA267&dq=sumer+m%C3%A9sopotamie+philosophie&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=sumer%20m%C3%A9sopotamie%20philosophie&f=false" class="spip_out" rel="external">La philosophie avant les Grecs</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=_60axEdEQn8C&pg=PA5&dq=philosophie+des+sum%C3%A9riens&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=philosophie%20des%20sum%C3%A9riens&f=false" class="spip_out" rel="external">Gilgamesh</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=XY3x7Skg47wC&pg=PA1&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjY2uvN6q7MAhWJUhQKHRtHDNoQ6AEIKzAC#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Ur</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=qSOYAAAAQBAJ&pg=PA658&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjY2uvN6q7MAhWJUhQKHRtHDNoQ6AEIODAE#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Le monde de Sumer</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=Uf0SCwAAQBAJ&pg=PT34&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjY2uvN6q7MAhWJUhQKHRtHDNoQ6AEIWDAJ#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Sumer, première civilisation du savoir</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=9LF1LDIO_94C&pg=PA118&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQ0d_-6q7MAhWBtRQKHbq8CP44ChDoAQghMAE#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Premiers écrivains : les sumériens</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=eX8y3yW04n4C&pg=PA49&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQ0d_-6q7MAhWBtRQKHbq8CP44ChDoAQg5MAQ#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Sumer et les Sumériens</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=LceiAgAAQBAJ&pg=PT42&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiQ0d_-6q7MAhWBtRQKHbq8CP44ChDoAQhJMAY#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Civilisations occidentales</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=9veK7E2JwkUC&pg=PA343&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjCicTk667MAhXEWxQKHbb_BFg4FBDoAQgbMAA#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Mésopotamie antique</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=YGQbCwAAQBAJ&pg=PT302&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjCicTk667MAhXEWxQKHbb_BFg4FBDoAQgiMAE#v=onepage&q=ur%<br class='autobr' />
20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Guerre des dieux, guerre des hommes</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=stl97FdyRswC&pg=PA664&dq=ur+uruk+sumer&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjCicTk667MAhXEWxQKHbb_BFg4FBDoAQguMAM#v=onepage&q=ur%20uruk%20sumer&f=false" class="spip_out" rel="external">Histoire des peuples d'Afrique et du Moyen-Orient</a></p>
<p><a href="https://books.google.fr/books?id=lCBZSh6cVLwC&pg=PA421&dq=les+sum%C3%A9riens,+origine+de+la+philosophie&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=les%20sum%C3%A9riens%2C%20origine%20de%20la%20philosophie&f=false" class="spip_out" rel="external">Le clergé d'Ur</a></p>
<p><a href="http://omphalos-metanoia.blogspot.fr/2007/01/la-msopotamie-la-philosophie.html" class="spip_out" rel="external">La philosophie mésopotamienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_antique" class="spip_out" rel="external">Comment wikipedia expose la philosophie antique</a></p>
<p><a href="http://www.cosmovisions.com/Philosophes.htm" class="spip_out" rel="external">Où l'on voit que la philosophie mésopotamienne antique est réduit à portion congrue et considérée comme inconnue chez certains auteurs</a></p>
<p><a href="https://civilisations.revues.org/734" class="spip_out" rel="external">La transmission du savoir en Mésopotamie ancienne</a></p>
<p><a href="https://fr.wikibooks.org/wiki/Philosophie/Une_br%C3%A8ve_introduction/Origine_de_la_philosophie" class="spip_out" rel="external">Où il apparaît clairement que, pour certains, il n'y a rien avant les philosophes grecs !</a></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/Histoire_de_philo_t1/brephi_1.pdf" class="spip_out" rel="external">Et même un texte plus sérieux que celui de wikipedia précédent ne démarre que des Grecs !</a></p>
<p>Il pose pourtant la question :</p>
<p><i>« L'historien de la philosophie peut-il et doit-il se borner à suivre le développement de la philosophie en Grèce et dans les pays de civilisation d'origine gréco-romaine, ou doit-il étendre sa vue aux civilisations orientales ? »</i></p>
<p>Et il répond :</p>
<p><i>« Si, malgré ces remarques, nous faisons commencer notre histoire à Thalès, ce n'est donc pas que nous méconnaissions la longue préhistoire où s'est élaborée la pensée philosophique ; c'est seulement pour cette raison pratique que les documents épigraphiques des civilisations mésopotamiennes sont peu nombreux et d'un accès difficile, et c'est ensuite parce que les documents sur les peuples sauvages ne peuvent nous fournir des indications sur ce qu'a été la Grèce primitive. »</i></p>
<p>Donc il choisit consciemment de ne pas en tenir compte…</p>
<p> <a href="http://philosophie.initiation.cours.over-blog.com/article-pourquoi-la-philosophie-est-elle-nee-en-grece-une-conference-d-andre-comte-sponville-42205140.html" class="spip_out" rel="external">Et encore la même affirmation par Comte-Sponville</a></p>
<p><a href="http://lyc-sevres.ac-versailles.fr/info_pro.soirtxtvern.php" class="spip_out" rel="external">Et Jean-Pierre Vernant : <i>« Tout a commencé au début du VIe siècle avant notre ère, dans la cité grecque de Milet, sur la côte d'Asie Mineure où les Ioniens avaient établi des colonies riches et prospères. »</i></a></p>
<h2 class="spip">Eh bien, non ! La philosophie n'est pas plus née dans la Grèce antique que l'art, le théâtre, l'artisanat, la science !</h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1934" class="spip_out" rel="external">Non ! Les Pharaons n'ont pas donné naissance à la civilisation en Egypte...</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3302" class="spip_out" rel="external">La civilisation chinoise n'a pas été créée par l'Etat, par le pouvoir central, le royaume ni l'empire</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article225" class="spip_out" rel="external">Révolutions de la Mésopotamie antique</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article52" class="spip_out" rel="external">Révolutions de l'Antiquité</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980" class="spip_out" rel="external">La Bible a copié les sumériens et les babyloniens…</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_out" rel="external">Les civilisations sont-elles vouées à disparaître ... brutalement ?</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2853" class="spip_out" rel="external">L'antiquité est aux sources des philosophies matérialistes, bien avant les Lumières, la Renaissance ou les Grecs</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article243" class="spip_out" rel="external">La civilisation de l'Indus a aussi développé une philosophie qui n'était pas d'abord religieuse</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2469" class="spip_out" rel="external">Origine de l'Etat</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article228" class="spip_out" rel="external">Révolutions des villes de l'Antiquité</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458" class="spip_out" rel="external">Et quand même… les philosophes grecs</a></p>
<p>Pour lire en anglais sur la Mésopotamie pré-sumérienne : <a href="http://assets.cambridge.org/052157/3343/sample/0521573343WSC00.pdf" class="spip_out" rel="external">cliquer ici</a></p>
<p>Si les Bottéro ou Kramer voient dans la Mésopotamie une civilisation unique développant une continuité des sumériens aux akkadiens, aux assyriens, aux chaldéens, aux babyloniens, nous sommes amenés avant la domination sumérienne, à constater l'existence de trois écritures, de nombreuses religions, d'une multiplicité de peuples, d'un grand nombre de cités aux idéologies divergentes, et donc d'une explosion de diversité culturelle et non d'une philosophie unique qui serait la religion d'Etat du type sumérien ou sémite.</p>
<p>Rien d'étonnant que Bottéro et Kramer aient privilégié la religion dans l'étude de la Mésopotamie : l'un est un religieux chrétien et l'autre un intellectuel très marqué par le judaïsme. Ecrire sur la Mésopotamie, pays d'origine du mythe du déluge, c'est quelque chose quand on s'appelle Noah, n'est-ce pas ?!</p>
<p>Un autre argument montre que les idéologies pré-sumériennes ne ressemblaient nullement à celles mises en place par les divers Etats sumériens, puis akkadien, puis babylonien, chaldéen ou assyrien : la religion sumérienne a une particularité, celle de considérer que le premier acte de dieu est la création de la ville et que le dieu est le roi. Impossible de concevoir ainsi l'idéologie dominante à une époque des villages où les rois n'existent pas…</p>
<p>Pourtant certaines de ces idéologies de Mésopotamie n'étaient pas particulièrement religieuses...</p>
<p>Qui a écrit que les peuples pré-sumériens n'avaient pas de dieux ? Les Sumériens eux-mêmes !!!</p>
<p>Voir ici :</p>
<div class='spip_document_6649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L160xH160/-1640-a6191.jpg?1790069849' width='160' height='160' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Traduction :</p>
<p>Lorsque Là-haut le ciel n'avait pas encore de nom,</p>
<p>Et qu'Ici-bas la terre n'avait pas de nom,</p>
<p>Seuls, Apsû, le primordial, le géniteur,</p>
<p>Et Tiamat, la génitrice qui les enfantera tous,</p>
<p>Mêlaient en un seul tout leurs eaux :</p>
<p>Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés,</p>
<p>Ni cannaies n'y étaient discernables.</p>
<p>Des dieux nul n'était encore apparu,</p>
<p>Ils n'étaient ni nommés ni dotés de leur destin.</p>
<p>Rien que le titre de la version française de l'ouvrage de Kramer, « L'histoire commence à Sumer », titre proposé d'ailleurs par Bottéro lui-même, en dit long : elle suggère que l'ensemble des civilisations du monde auraient été la suite de l'histoire commencée à Sumer, une image complètement fausse.</p>
<p>Un des moyens de mesurer l'importance de ce changement dans les idéologies consiste à remarquer que les premiers dieux sumériens ne sont rien d'autres que des premiers rois mythiques des grandes cités comme le dieu de la lune Nanna qui est présenté comme le roi d'Ur ou Nammu qui est présenté comme le roi d'Ur.</p>
<p>Quant à l'importance du changement radical que représente la naissance de l'Etat dans la philosophie des hommes comme dans le fonctionnement social, Kramer lui-même en a pourtant tout à fait conscience, bien qu'il ait écrit que la philosophie des peuples précédents des sumériens, qu'ils soient sémites ou pas, seraient du même type que celle des Sumériens. Il écrit ainsi dans « L'histoire commence à Sumer » :</p>
<p><i>« Les citoyens de Lagash avaient une conscience très vive de leurs droits et ils se méfiaient de toute action gouvernementale capable de porter atteinte à la liberté de leurs affaires et de leurs personnes. C'est cette liberté, jugée par eux comme le premier des biens, que les habitants de Lagash avaient perdue, d'après notre vieux document, au cours des années antérieures d'Urukagina. »</i></p>
<p>Montrons l'existence de Sumériens qui auraient des idéologies pouvant ne pas faire référence aux dieux.</p>
<p>Kramer, qui diffuse pourtant la thèse inverse de Bottéro selon laquelle c'est la religion qui caractérise l'apport sumérien, remarque cependant que le texte des pharmacopées retrouvé dans les ruines Nippur témoigne de l'absence dans la conception de ces pharmaciens et médecins de toute référence à une religion et à des dieux :</p>
<p><i>« Il est intéressant de remarquer que notre médecin sumérien n'a recours ni aux formules magiques ni aux incantations. Aucun dieu, aucun démon n'est mentionné dans ce texte. Cela ne signifie pas que l'emploi de charmes ou d'exorcismes pour guérir les maladies était inconnu à Sumer, en ce IIIe millénaire avant Jésus-Christ. (…) Il n'en reste que plus remarquable que notre morceau d'argile, la plus vieille « page » du texte médical connue à ce jour, soit tout à fait exempte d'éléments mystiques ou irrationnels. »</i></p>
<p>Cela sous-entend que des hommes, peut-être des gens cultivés ou aisés comme les médecins ou les pharmaciens, pouvaient avoir compris que la santé des hommes ne dépend pas des dieux ou des prières, mais de l'état matériel du corps qui peut être soigné par des médications issues des plantes ou des roches.</p>
<p>C'est qui extraordinaire, c'est que Kramer a, à la fois, considéré que Sumer avait tout inventé et en même temps il affirme que Sumer n'avait pas de philosophie !!!</p>
<p>Il écrit ainsi dans « L'histoire commence à Sumer » :</p>
<p><i>« Les Sumériens n'ont pas réussi à élaborer une véritable « philosophie » dans le sens où nous entendons aujourd'hui ce mot. (…) Cependant ils ont réfléchi et spéculé sur la nature de l'univers, sur son origine et plus encore sur son organisation et sur son mode de fonctionnement. On a des bonnes raisons de supposer qu'au cours du IIIé millénaire avant Jésus-Christ apparut un groupe de penseurs et de professeurs qui, pour répondre à ces problèmes, avaient mis au point une cosmologie et une théologie si intelligents et si convaincants qu'elles firent autorité dans une grande partie du Proche-Orient ancien. »</i></p>
<p>Alors pourquoi affirmer que les Supériens n'avaient pas de véritable philosophie ?</p>
<p>Kramer répond :</p>
<p><i>« Presque toutes nos informations concernant la pensée philosophique et théologique des Sumériens doivent être dénichées ça et là dans les œuvres littéraires, en particulier les mythes, les contes épiques et les hymnes et rassemblées en doctrine cohérente. »</i></p>
<p>Le fait que nous devions nous-mêmes regrouper l'ensemble des textes pour y retrouver le point de vue philosophique des Sumériens n'empêche nullement de leur attribuer une capacité théorique, abstraite, conceptualisante puisque Kramer lui-même écrit ensuite, dans le même ouvage :</p>
<p><i>« Les penseurs sumériens, au moins les plus évolués et les plus réfléchis d'entre eux, étaient certainement capables de penser avec logique et cohérence n'importe quel problème, y compris ceux ayant trait à l'origine et au fonctionnement de l'univers. »</i></p>
<p>Y a-t-il des raisons de penser qu'il y avait déjà des langues avant le sumérien ?</p>
<p>L'époque avant les Sumeriens est évoquée par exemple dans le texte intitulé « Enmerkar ou le seigneur d'Aratta » (cité par Kramer) :</p>
<p><i>« Autrefois, il fut un temps où le pays de Shubur et de Hamazi, Sumer où se parlent tant de langues (…) »</i></p>
<p>Cela sous-entend de nombreuses langues parlées dans les régions de l'Iran (Shubur et Hamazi) ou de l'Irak (Sumer). Mais y avait-il aussi des langues écrites ?</p>
<p>Voici par exemple une preuve que les écrits pouvaient ne pas être sumériens ; c'est un texte de remarques des scribes cité par Kramer :</p>
<p><i>« Un scribe qui ne sait pas le Sumérien, quel genre de scribe est-ce là ? »</i></p>
<p>Cela signifie non seulement qu'un bon scribe devrait savoir écrire le sumérien mais aussi qu'il serait possible qu'un scribe écrive sans le connaître, ce qui suppose d'autres sortes d'écrits ?</p>
<p>Y a-t-il des langues qui pourraient avoir été écrites avant celle des Sumériens ?</p>
<p>Il y a de nombreux candidats. En particulier, les langues élamite, harti, hurrite, urartéenne, marashite, anshanite, akkadienne, subartienne, shamite, etc.</p>
<p>Des grandes philosophies pré-sumériennes ont été retrouvées, en particulier dans les vestiges de haute Mésopotamie, près de Urfa. C'est là et non à Sumer qu'a été retrouvée la première religion de l'histoire et si c'est très loin du sud mésopotamien, c'est par contre dans une zone du croissant fertile, proche du lancement de l'agriculture, de la découverte de la culture des buissons de sémites ou semsem, l'origine historique des plantes fournissant du gras.</p>
<p>Kramer et Bottéro ont été amenés à relier Sumer aux origines de la culture occidentale mais on trouve dans leurs écrits des éléments qui montrent que cette vision est erronée et qu'il n'existe pas d'unicité de la ligne directrice de la civilisation ni de progression linéaire et continue de celle-ci. Par exemple, Kramer écrit dans « L'histoire commence à Sumer » :</p>
<p><i>« Depuis cent ans, les fouilles exécutées au Moyen-Orient et en Egypte ont élargi notre horizon historique et reculé de plusieurs millénaires les frontières de l'Antiquité. On ne peut plus aujourd'hui isoler, considérer comme un moment absolu de l'histoire, le développement de telle ou telle civilisation. »</i></p>
<p>Kramer reconnaît même à certains moments que les Sumériens ne sont pas la première civilisation de Mésopotamie :</p>
<p><i>« Pour certains archéologues les Sumériens sont bien les premiers occupants de la Mésopotamie. Mais d'autres, se fondant sur les mêmes données archéologiques, arrivent à des conclusions exactement opposées. (…) La période présumérienne connut au début une civilisation agraire et villageoise. On admet en général, à l'heure actuelle, qu'elle fut apportée en basse Mésopotamie par des immigrants venus du sud-ouest de l'Iran. (…) Peu après la première colonisation iranienne, probablement des Sémites s'infiltrèrent dans la région… »</i></p>
<p>Sumer n'était ni d'origine sémitique ni d'origine iranienne. On ne connaît pas exactement son origine mais il est donc certain qu'il est très loin d'être la première grande civilisation mésopotamienne.</p></div>
Falloujah : ville symbole des crimes de guerre américains
http://matierevolution.org/spip.php?article5160
http://matierevolution.org/spip.php?article51602016-06-16T23:24:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAGuerre WarIrak - Iraq
<p>Falloujah : ville symbole des crimes de guerre américains <br class='autobr' />
Il n'y a pas en Irak de symbole plus frappant des conséquences criminelles de l'invasion de l'Irak que la ville de Falloujah. Avant 2003, cette communauté prospère située sur les rives de l'Euphrate, forte de 300.000 musulmans à prédominance sunnite, l'une des implantations urbaines permanentes les plus anciennes de l'humanité, était connue comme la « ville des mosquées. » Treize ans après sa destruction par l'armée américaine et (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique173" rel="directory">38 - De la révolution en Syrie, à la guerre civile, au terrorisme et à la guerre mondiale</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot161" rel="tag">Irak - Iraq</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Falloujah : ville symbole des crimes de guerre américains</h2>
<p>Il n'y a pas en Irak de symbole plus frappant des conséquences criminelles de l'invasion de l'Irak que la ville de Falloujah. Avant 2003, cette communauté prospère située sur les rives de l'Euphrate, forte de 300.000 musulmans à prédominance sunnite, l'une des implantations urbaines permanentes les plus anciennes de l'humanité, était connue comme la « ville des mosquées. » Treize ans après sa destruction par l'armée américaine et son Etat fantoche à Bagdad, c'est un labyrinthe de ruines, une cité des morts.</p>
<p>Après des semaines de frappes aériennes par les bombardiers américains, britanniques et australiens, une combinaison de forces gouvernementales irakiennes et de milices chiites serait sur le point de lancer une dernière offensive pour reprendre Falloujah à quelques 500 combattants de la milice sunnite extrémiste Etat Islamique (EI) qui avait pris le contrôle de la ville début 2014. Les unités des forces spéciales irakiennes sont accompagnées de troupes d'élite américaines, britanniques et australiennes qui dirigent les frappes aériennes et les bombardements d'artillerie, fournissant des conseils tactiques aux commandants irakiens.</p>
<p>Zeid Ra'ad al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme (UNHCR), a lancé des appels urgents quant au sort d'environ 50.000 civils pris au piège sans eau ni nourriture dans Falloujah. Les civils tués par l'offensive ont été justifiés à l'avance par le gouvernement irakien soutenu par les Etats-Unis au motif que les occupants se servent de la population comme de « boucliers humains. » L'EI est accusé d'avoir assassiné des dizaines de personnes ayant tenté de fuir.</p>
<p>Les hommes et adolescents qui réussissent à s'échapper sont détenus par les unités du gouvernement irakien et des milices. Selon l'UNHCR, ils subissent des « violations physiques et autres formes de mauvais traitement, apparemment dans le but de leur extorquer l'aveu forcé » qu'ils sont des membres ou partisans de l'EI. L'UNHCR a obtenu des rapports non confirmés d'au moins 21 exécutions sommaires.</p>
<p>Les médias occultent largement la question de comment et pourquoi l'EI a pu prendre le contrôle de cette ville il y a deux ans. Dans la mesure où la question est soulevée, l'explication donnée est la colère éprouvée par les Sunnites face à la politique sectaire et discriminatoire pratiquée par un gouvernement irakien dominé par les Chiites – après le retrait des troupes américaines en 2011. La population irakienne en général est décrite comme incurablement divisée en sunnites, chiites et kurdes incapables de vivre en harmonie et intrinsèquement attirés par des idéologies extrémistes et ethno-sectaires.</p>
<p>Un regard à l'histoire torturée de Falloujah depuis 2003 montre clairement que ce discours est un mensonge. La situation actuelle qui prévaut en Irak et dans la Syrie voisine est le résultat et la continuation de l'exacerbation délibérée du conflit sectaire par l'occupation américaine afin de diviser les masses irakiennes et de consolider l'emprise américaine sur un Moyen-Orient riche en pétrole.</p>
<p>Après l'invasion illégale de l'Irak et le renversement du régime baasiste de Saddam Hussein, Falloujah était devenu le théâtre de l'un des premiers crimes largement relaté, commis par les troupes américaines contre des civils irakiens. Deux cents jeunes exigeant la réouverture de leur école avaient essuyé les tirs des troupes de la 82ème division aéroportée US. Dix-sept d'entre eux furent tués et plus de 70 blessés.</p>
<p>Dans les mois qui ont suivi, Falloujah est devenu un centre de la résistance irakienne à l'occupation américaine. Au début de 2004, la ville était effectivement contrôlée par des groupes armés composés en grande partie d'anciens membres de l'armée irakienne et de tribus sunnites locales. Les extrémistes se fondant sur la religion tels les petits groupes s'appelant « Al Qaïda en Irak » n'avaient qu'une présence marginale.</p>
<p>Le meurtre de quatre mercenaires de Blackwater à Falloujah en mars 2004 avait déclenché une réaction militaire américaine massive. Le défi de la population de Falloujah tira la sonnette d'alarme partout en Irak. Durant la première semaine d'avril, l'opposition de la ville à l'occupation fut rejointe par un soulèvement de dizaines de milliers de jeunes chiites issus de la classe ouvrière, à Bagdad et dans les villes dans tout le sud de l'Irak. L'insurrection armée contre les forces américaines se propagea aux villes à prédominance sunnite comme Ramadi, Tikrit et Mossoul.</p>
<p>En 2004, le trait principal de la résistance anti-occupation en Irak était qu'elle unifiait objectivement les Irakiens de toutes origines opposés à l'occupation américaine et à ses collaborateurs locaux. Cependant, toute perspective ou stratégie cohérente faisait défaut. Dans chaque ville, les combattants irakiens furent débordés par la puissance de feu supérieure de l'armée américaine, y compris à Falloujah en novembre 2004. Au bout d'un mois de siège, la ville se retrouva dépeuplée et en ruines. Sur 200 mosquées, 60 furent détruites ou endommagées ainsi que quelque 39.000 logements et autres bâtiments.</p>
<p>L'autre trait central de l'occupation américaine fut en 2004 le déploiement contre la population sunnite d'escadrons de la mort chiites formés par les Etats-Unis, comme la Brigade Wolf. Des milliers de personnes furent assassinées. Dans le même temps, al Qaïda en Irak a intensifié ses sinistres attentats contre les civils chiites, venant en aide à l'occupation américaine en creusant un fossé entre les deux communautés. La politique américaine avait, en 2006, causé une guerre civile sectaire de grande ampleur qui obligea des centaines de milliers de gens à se mettre en sécurité dans des régions contrôlées par les milices de leur confession.</p>
<p>A l'origine de l'actuel sectarisme brutal en Irak il y a la façon dont l'impérialisme américain « a stabilisé » l'Irak sous le contrôle de son Etat marionnette à dominance chiite, utilisant les méthodes criminelles de la stratégie du diviser pour régner, des tueries et des déplacements de masse. En 2011, Washington, tout en retirant ses forces de l'Irak, lança une guerre de changement de régime en Libye et commença à parrainer une opération similaire en Syrie avec les mêmes méthodes qui avaient provoqué une guerre civile en Irak. En Syrie, toutefois, la CIA et l'armée américaine se sont adressées à l'Arabie saoudite et à d'autres Etats du Golfe pour armer des groupes à base sunnite pour renverser le gouvernement de Bachar al-Assad, dominé par les Chiites et appuyé par la Russie et l'Iran.</p>
<p>L'un des principaux groupes à bénéficier de l'afflux d'armes furent les restes d'al Qaïda en Irak qui a envoyé des combattant en Syrie et s'est rapidement profilé comme la force dominante dans la guerre civile. En avril 2013, le groupe, renforcé par un flot de combattants islamistes étrangers autorisés à entrer en Syrie depuis la Turquie, se renomma Etat islamique en Irak et en Syrie (EI).</p>
<p>Les combattants de l'EI entrés dans Falloujah à la fin de 2013, revendiquant le contrôle de la ville en janvier 2014, avaient été financés, équipés et armés dans le cadre des intrigues américaines en Syrie. L'EI s'était emparé d'autres régions d'Irak de l'Ouest et du Nord se trouvant sous dominance sunnite. La conquête la plus dramatique fut celle de la ville de Mossoul, en juillet 2014. Dans la mesure où le mouvement islamiste avait joui d'un soutien, c'était parce qu'il avait promis de défendre la population sunnite contre les conséquences de l'invasion américaine et des ravages et sévices occasionnés par le gouvernement de Bagdad appuyé par les Etats-Unis. Tant sur le plan matériel qu'idéologique, l'EI est un sous-produit de la politique américaine.</p>
<p>L'attaque menée actuellement contre Falloujah n'est que le tout dernier épisode de la catastrophe que l'impérialisme américain a infligé aux peuples d'Irak et du Moyen-Orient en général. Celle-ci ne pourra prendre fin que par la construction d'un mouvement international anti-guerre de masse fondé sur la classe ouvrière et par la lutte pour le socialisme. Par James Cogan - WSWS - 9 juin 2016</p></div>