Matière et Révolution
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69144 François Chesnais : Le capitalisme est mort parce qu'il a atteint des limites infranchissables en termes d'accumulation du capital…
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http://matierevolution.org/spip.php?article95252026-06-04T22:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisCrise CrisisCapitalisme
<p>François Chesnais : <br class='autobr' />
Le capitalisme est mort parce qu'il a atteint des limites infranchissables en termes d'accumulation du capital… <br class='autobr' />
Chesnais est un des rares économistes marxistes à avoir reconnu en 2007-2008 la fin du capitalisme. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ceux qui se revendiquent du marxisme, qu'ils soient militants politiques, économistes ou écrivains, sont loin de reconnaitre en 2007-2008 l'épisode final du capitalisme comme système dynamique dont les récessions (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique84" rel="directory">5- L'économie mondiale en route vers une nouvelle crise systémique autrement dévastatrice que 1929</a>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">François Chesnais :
<p>Le capitalisme est mort parce qu'il a atteint des limites infranchissables en termes d'accumulation du capital…</p>
</h2>
<p>Chesnais est un des rares économistes marxistes à avoir reconnu en 2007-2008 la fin du capitalisme. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ceux qui se revendiquent du marxisme, qu'ils soient militants politiques, économistes ou écrivains, sont loin de reconnaitre en 2007-2008 l'épisode final du capitalisme comme système dynamique dont les récessions et les crises sont les respirations, les ponctuations, indispensables au fonctionnement. Depuis 2008, toute crise est immédiatement combattue à fond par les Etats et banques centrales car elle mettrait en cause tout le système. Plus question de laisser un seul grand capitaliste chuter. Cela signifie que cette date marque le mot « fin » non seulement pour les crises capitalistes dites classiques mais aussi pour le capital non financier, pour la mondialisation, pour le développement industriel, pour la démocratie capitaliste, pour les relations internationales pacifiques, pour la stabilité mondiale, pour la démocratie, pour lé développement de la santé et on en passe. A la base de cette chute historique définitive, il y a la limite atteinte de l'accumulation du capital issue du travail humain productif. Depuis 2008, la part du capital qui n'est pas investie dans la production n'a pas cessé de grandir, y compris en Chine ! Bien sûr, dans les périodes de récession et de crise, cette part augmentait mais de manière peu durable. Désormais, cette part augmente sans cesse. La finance a tout envahi. La spéculation aussi. Et l'ensemble ne tient plus qu'à des manipulations de plus en plus hasardeuses des Etats et des banques centrales, au coup par coup, en aveugle. La classe capitaliste a conscience qu'elle est dépassée par la nouvelle situation. Cela ne veut pas dire qu'elle va déclarer forfait, bien entendu, et laisser la place au prolétariat révolutionnaire et au socialisme.</p>
<p>Ce que je mets en discussion est de savoir si la crise économique et financière mondiale de 2007-2008 peut simplement être vue comme une « très grande crise » d'un capitalisme encore capable de s'ouvrir une nouvelle longue phase de reproduction élargie à l'échelle du « marché mondial enfin constitué », ou au contraire le point de départ du moment historique où le capitalisme rencontrerait des limites qu'il ne pourrait plus repousser.</p>
<p>Dans le livre III du Capital Marx argumente que « la production capitaliste tend sans cesse à dépasser les limites qui lui sont immanentes, mais elle n'y parvient qu'en employant les moyens, qui de nouveau, et à une échelle plus imposante, dressent devant elle les mêmes barrières »[5]. La question posée est de savoir si la production capitaliste s'affronte désormais à des barrières qu'elle ne peut plus ou pas dépasser même temporairement. On serait en présence de deux formes de limites infranchissables ayant de très fortes implications pour la reproduction du capital et la gestion de l'ordre bourgeois, surtout pour la vie civilisée. L'une, attenant aux effets de l'automatisation, remonte au 19° siècle et a un caractère immanent, interne au mouvement du capital sur lequel Marx a fortement insisté. L'autre, attenant à la destruction par la production capitaliste, des équilibres éco-systémiques, notamment de la biosphère, n'a pas été prévue par Marx et a d'abord été définie comme limite externe.</p>
<p>Commençons par la première au sujet de laquelle Ernest Mandel a défendu dès 1986 la thèse d'un changement qualitatif. La maximisation du profit, elle-même sans limite, repose sur la maximisation du montant de plus-value ou survaleur produite et réalisée. Elle suppose contradictoirement l'emploi du plus grand nombre possible de prolétaires et le recours à la mécanisation, donc le remplacement du travail vivant (celui des salariés) par le travail mort (les machines), autrement la diminution de la quantité de travail vivant nécessaire pour mettre en valeur un capital déterminé. De ce fait écrit Marx,</p>
<p> « l'extension de la production s'affirme sous un double aspect : elle pousse à l'accroissement du surtravail, c'est-à-dire à la diminution du temps indispensable à la reproduction de la force de travail ; elle restreint le nombre d'ouvriers nécessaires pour mettre en mouvement un capital donné »[6].</p>
<p>C'est là que se trouve la cause de la baisse du taux de profit. La situation du capitalisme étant encore celle d'un système connaissant des technologies bien moins drastiquement « labour saving » qu'aujourd'hui et ayant encore la planète à conquérir, Marx pouvait écrire que si « l'accroissement du capital dépend à la fois de sa masse et du taux du profit », la situation était celle où « le développement de la production capitaliste provoque la baisse du taux du profit, mais comme il comporte la mise en œuvre de capitaux de plus en plus considérables, il en augmente la masse ». L'action de « ces influences contradictoires » s'affirmant « périodiquement par des crises, qui sont des irruptions violentes après lesquelles l'équilibre se rétablit momentanément »[7].</p>
<p>C'est l'idée d'un changement de la force respective des influences contradictoires que défend Mandel, sous la forme d'une analyse des conséquences de ce qu'il appelait le « robotisme », alors à ses tout débuts. En 1986 dans sa préface à l'édition Penguin Books du Volume III du Capital Mandel argumente que</p>
<p> « l'extension de l'automatisation au-delà d'une certaine limite mène, inévitablement, d'abord à une réduction du volume total de la valeur produite, puis à une réduction du volume de la survaleur réalisée. » Il y voyait une « limite infranchissable » porteuse d'une « tendance du capitalisme à l'effondrement final » [8].</p>
<p>Bien plus récemment le rapport de l'automatisation avec la crise mondiale de 2007-2008 a été exposé en 2011 par un auteur marxiste au parcours très différent, le chef de fil du groupe Krisis, Robert Kurz. Kurz parle de « production réelle insuffisante de survaleur » (…) sur fond d'une nouvelle rupture structurelle dans le développement capitaliste, marquée par la troisième révolution industrielle (la microélectronique) et de « ‘limite interne du capital' qui finit par devenir une limite absolue. »[9]</p>
<p>La seconde barrière a été progressivement cernée théoriquement par les débats au sein de l'écologie politique étatsunienne, notamment entre James O'Connor, John Belamy Foster, Joel Kovel et Jason Moore. Ils ont commencé avec l'article de 1988 de James O'Connor sur la « seconde contradiction » du capitalisme. Dans le cas de l'écologie, les débats sur les « limites absolues » auxquels on revient plus loin, portent d'une part sur l'ampleur des effets sur le taux de profit de la diminution des ressources naturelles non-renouvelables et de l'autre sur les conséquences autrement sérieuses de l'incapacité du capitalisme de freiner l'avancée du changement climatique, le mode de production capitaliste ayant développé un type de rapport à son environnement qui transforme la biosphère au point de menacer les rapports civilisés.[10]</p>
<p>La question de l'avenir du capitalisme est devenue une question suffisamment pressante pour que Michael Roberts consacre le dernier chapitre de son récent livre à la « possibilité que le capitalisme ait atteint sa date de péremption », alors qu'il l'avait simplement évoquée jusque-là au détour de phrases épisodiques dans les articles sur son blog. Après beaucoup de tergiversations, il conclut que « la Longue Dépression n'est pas une espèce de crise finale », qu'il y a « toujours plus d'êtres humains à exploiter » et qu'il y « aura toujours des innovations technologiques pour lancer un nouveau Kondratiev » alors qu'il aligne dans ce même chapitre des éléments qui suggèrent le contraire. Il estime que « le capitalisme récupérera à un moment donné la santé », proposant pour terminer une définition bien particulière de la barbarie, comme « une chute à un niveau de productivité du travail et dans des conditions de vie précapitalistes » qui contraste singulièrement avec celle que Mandel donne plus bas[11].</p>
<p>Les enjeux politiques</p>
<p>La rencontre par le capitalisme de limites qu'il ne peut pas franchir ne signifie en aucune manière la fin de la domination politique et sociale de la bourgeoisie, encore moins sa mort, mais elle ouvre la perspective que celle-ci entraine l'humanité dans la barbarie. L'enjeu est que celles et ceux qui sont exploités par la bourgeoisie ou qui n'ont pas partie liée avec elle, trouvent les moyens de se dégager de son parcours mortifère.</p>
<p>Les implications sociales et politiques d'une « stagnation séculaire » bien plus sérieuse dans ses fondements que celle des années 1930 sont difficiles à mesurer mais évidemment immenses, d'autant plus que la situation peut basculer en cas de rupture d'un point de l'écosystème sous l'effet du changement climatique. Une croissance très faible du PIB mondial, et plus encore du PIB per capita pose déjà de très grands problèmes aux bourgeoisies. Le marché mondial est fait de groupes industriels et bancaires en concurrence brutale et d'oligarchies nationales profondément rivales.</p>
<p>La politique de Donald Trump traduit une situation où entre bourgeoisies tous les coups sont désormais permis. Au plan interne la croissance des inégalités (revenus, patrimoines, accès à l'éducation et à la santé) s'accroissent et leurs conséquences toujours plus difficiles à gérer. Mandel parlait en 1986 « des défis croissants de toutes les relations bourgeoises fondamentales et des valeurs de la société dans son ensemble » consécutive à une « augmentation du chômage de masse et des secteurs marginalisés de la population, du nombre de ceux qui ‘abandonnent' et de tous ceux que le développement ‘final' de la technologie capitaliste expulse du processus de production. » Pour celles et ceux « d'en bas » qui vivent dans une société mondialisée dominée par le capitalisme de part en part, les implications sont extrêmement sérieuses au plan quotidien comme à l'horizon historique.</p>
<p>En effet Mandel écrivait que</p>
<p> « la tendance du capitalisme à l'effondrement final (….) n'est pas nécessairement favorable à une forme supérieure d'organisation sociale ou de civilisation. Précisément en fonction de la dégénérescence propre du capitalisme, les phénomènes de décadence culturelle, de régression dans les domaines de l'idéologie et du respect des droits de l'homme se multiplient en accompagnant la suite des crises multiformes avec lesquelles cette dégénérescence nous fera face (nous fait déjà face F.C.). »</p>
<p>Marqué par les formes prises par la barbarie au 20° siècle, Mandel pensait que</p>
<p> « la barbarie, en tant qu'un résultat possible de l'effondrement du système, est une perspective beaucoup plus concrète et précise aujourd'hui qu'elle ne l'a été dans les années 1920 ou 1930. Même les horreurs d'Auschwitz et de Hiroshima apparaîtront minimes par rapport aux horreurs que l'humanité devra affronter dans la décrépitude continue du système. Dans ces circonstances, la lutte pour une issue socialiste prend la signification d'une lutte pour la survie de la civilisation humaine et du genre humain. »[12]</p>
<p>Mandel modérait cette perspective catastrophique avec ce message d'espoir inspiré par le Programme de transition :</p>
<p> « Le prolétariat, comme Marx l'a montré, unit tous les prérequis pour conduire cette lutte avec succès ; aujourd'hui cela reste plus vrai que jamais. Et il a au moins le potentiel pour acquérir également les prérequis subjectifs pour une victoire du socialisme mondial. La réalisation de ce potentiel dépendra, en dernière analyse, des efforts conscients des marxistes révolutionnaires, s'intégrant aux luttes spontanées périodiques du prolétariat pour réorganiser la société selon les principes socialistes et le conduisant vers des objectifs précis : la conquête du pouvoir d'État et la révolution sociale radicale. Je ne vois pas plus de raisons pour être plus pessimiste aujourd'hui sur le résultat de cette entreprise que Marx ne l'était lorsqu'il écrivait le Capital. »[13]</p>
<p>En 1986, la possibilité que l'effondrement de la bureaucratie soviétique dégage la voie à la « révolution politique » en URSS et les démocraties populaires était encore ouverte, et le mouvement contemporain de mondialisation du capital était à peine lancée. La situation dans laquelle nous sommes est toute autre. Les processus de dépassement du capitalisme et de passage à la société libérée de la propriété privée qui étaient contenus, semblait-il, dans le mouvement même du capital et que les gens de ma génération enseignions aux jeunes militants, ont perdu leur validité, y compris ceux présentés par Marx lui-même[14]. La bifurcation par rapport à la direction actuelle de la route où l'humanité est engagée dépendra exclusivement de la lutte, donc de l'état des rapports politiques de classe entre les travailleurs largo sensu et la bourgeoisie (les « rapports de force »). Or au plan global, ils sont pour l'instant très défavorables aux premiers.</p>
<p>Quelques traits originaux de la crise économique et financière ouverte en 2007-2008</p>
<p>Avant de parler plus en détail de la manière et du degré auxquels les deux barrières sont infranchissables, il faut caractériser la crise économique et financière mondiale commencée en 2007-2008. Il existe entre marxistes travaillant de par le monde anglophone et des hétérodoxes étatsuniens comme Krugman et Stiglitz, un consensus, large mais bien sûr très flou, pour dire qu'il s'agit une très grande crise, d'une importance analogue à celle de 1929. Certains la caractérisent comme « structurelle » ou « systémique ». Mais même chez ceux-ci, la très grande majorité des économistes critiques ou anticapitalistes attend qu'elle prenne fin, qu'à un moment donné il y ait une reprise de l'accumulation. Chez les économistes de langue française les termes « structurel » et « systémique » renvoient peu ou prou (surtout le premier) à la théorie de la Régulation, dont les tenants sont divisés sur la nature de la crise actuelle[15].</p>
<p>Je cherche à éviter ces termes, en particulier « structurel » fortement connoté au fordisme, en prenant appui sur des remarques de Paul Mattick :</p>
<p> « Si la crise trouve sa raison dernière dans le capitalisme lui-même, chaque crise particulière se distingue de celle qui l'a précédée, précisément à cause des transformations permanentes qui affectent à l'échelle mondiale les relations de marché et la structure du capital. Dans ces conditions, on ne peut déterminer d'avance ni les crises elles-mêmes ni leur durée et gravité, et cela d'autant moins que les symptômes de crise apparaissent postérieurement à la crise elle-même et ne font que la rendre manifeste aux yeux de l'opinion publique. On ne peut pas non plus ramener la crise à des facteurs « purement économiques », quoiqu'elle survienne bel et bien de façon « purement économique », c'est-à-dire prenne sa source dans des rapports sociaux de production travestis en formes économiques. La concurrence internationale, qui se mène également avec des moyens politiques et militaires, réagit sur le développement économique, de même que celui-ci stimule à son tour les diverses formes de concurrence. Aussi ne peut-on comprendre chaque crise concrète que dans le rapport qu'elle entretient avec le développement de la société globale. »[16]</p>
<p>De façon télégraphique on peut retenir les particularités suivantes de la crise de 2007-2008.</p>
<p>(1) Elle a éclaté au terme d'une très longue phase, soixante-dix ans (donc sans parallèle dans l'histoire du capitalisme) d'accumulation ininterrompue. La crise de 1974-1976 avec son double dip de 1980-1982, a entrainé un changement de rythme dans les pays capitalistes avancés, mais pas entamé la dynamique de reproduction élargie au niveau mondial. A la différence de Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Esther Jeffers, Frédéric Lemaire et Dominique Plihon, dans le livre tout récent d'Attac[17], je ne pense pas que les trois décennies séparant 1976 et 2007 soient une sorte de crise « structurelle » permanente aux épisodes multiformes. La période qui commence en 1982 voit les bourgeoisies emmenées par Reagan et Thatcher non seulement se lancer contre la classe ouvrière à des rythmes différents selon les pays, mais se tourner vers le marché mondial et en achever la construction complète avec la réintégration de la Chine.</p>
<p>(2) Il ne faut jamais perdre de vue que la phase fordiste d'abord et la longue période d'accumulation ont eu lieu dans les conditions historiques très particulières, en l'occurrence à la suite de la Grande dépression des années 1930, avec ses conséquences de fermeture massive de capacités de production et au lendemain de la Seconde guerre mondiale avec ses destructions à très, très grande échelle. Le terrain pour l'investissement rentable était déblayé. Autre dimension très importante aussi, le capital a pu puiser dans un stock encore peu exploité de technologies créatrices de grands secteurs industriels ainsi dans une réserve de connaissances scientifiques aux potentialités encore peu exploitées. Même l'affaiblissement politique passager de 1945 de la bourgeoisie face à la classe ouvrière a joué en faveur de la relance de l'accumulation. Sans les concessions que le capital a été contraint de faire au prolétariat, il n'y aurait jamais eu de régulation « fordiste ».</p>
<p>Lire Chesnais :</p>
<p><a href="https://www.contretemps.eu/chesnais-limites-capitalisme/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.contretemps.eu/chesnais-limites-capitalisme/</a></p>
<p><a href="https://alencontre.org/economie/economie-mondiale-une-situation-systemique-qui-est-specifique-a-la-financiarisation-comme-phase-historique.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://alencontre.org/economie/economie-mondiale-une-situation-systemique-qui-est-specifique-a-la-financiarisation-comme-phase-historique.html</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/chesnais/entretien.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/chesnais/entretien.htm</a></p>
<p><a href="https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html</a></p>
<p><a href="http://hussonet.free.fr/fct17.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://hussonet.free.fr/fct17.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.pressegauche.org/Francois-Chesnais-une-contribution-incontournable-a-l-analyse-du-capitalisme" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pressegauche.org/Francois-Chesnais-une-contribution-incontournable-a-l-analyse-du-capitalisme</a></p>
<p><a href="http://gesd.free.fr/chesnais143.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://gesd.free.fr/chesnais143.pdf</a></p>
<p><a href="http://pinguet.free.fr/agone1996.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://pinguet.free.fr/agone1996.pdf</a></p>
<p><a href="https://theorie-regulation.org/wp-content/uploads/2012/12/03_chesnais.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://theorie-regulation.org/wp-content/uploads/2012/12/03_chesnais.pdf</a></p>
<p><a href="https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/Contribution_debat_capitalisme_XXe_siecle/Contribution_debat_capitalisme_XXe_siecle_texte.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/Contribution_debat_capitalisme_XXe_siecle/Contribution_debat_capitalisme_XXe_siecle_texte.html</a></p>
<p><a href="http://gesd.free.fr/fc101.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://gesd.free.fr/fc101.pdf</a></p>
<p><a href="https://alencontre.org/economie/le-capital-financier-et-ses-limites-autour-du-livre-de-francois-chesnais.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://alencontre.org/economie/le-capital-financier-et-ses-limites-autour-du-livre-de-francois-chesnais.html</a></p>
<p><a href="http://pinguet.free.fr/fcinp6.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://pinguet.free.fr/fcinp6.pdf</a></p>
<p>file :///C :/Users/Dell/Downloads/chesnais-2008-quelques-detours-par-la-theorie.pdf</p>
<p><a href="https://iris-recherche.qc.ca/blogue/economie-et-capitalisme/finance-capital-today-le-plus-recent-livre-de-francois-chesnais/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://iris-recherche.qc.ca/blogue/economie-et-capitalisme/finance-capital-today-le-plus-recent-livre-de-francois-chesnais/</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p><a href="https://matierevolution.org/spip.php?article9249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.org/spip.php?article9249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5914" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5914</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5911" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5911</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5848" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5848</a></p></div>
Quels sont les symptômes de l'effondrement de l'ancien monde ?
http://matierevolution.org/spip.php?article9579
http://matierevolution.org/spip.php?article95792026-05-20T22:01:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedCapitalisme
<p>Quels sont les symptômes de l'effondrement de l'ancien monde ? <br class='autobr' />
Si le discours sur le « progrès technologique » laisse croire à une progression de l'ancien système dominant, la domination d'une finance de plus en plus riche et puissante mais sans aucune perspective propre montre que l'industrie humaine est de plus en plus dévalorisée sous le capitalisme alors qu'elle avait autrefois été le fondement même du système dominant avec sa manière d'extraire efficament du profit du travail humain. (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quels sont les symptômes de l'effondrement de l'ancien monde ?</h2>
<p>Si le discours sur le « progrès technologique » laisse croire à une progression de l'ancien système dominant, la domination d'une finance de plus en plus riche et puissante mais sans aucune perspective propre montre que l'industrie humaine est de plus en plus dévalorisée sous le capitalisme alors qu'elle avait autrefois été le fondement même du système dominant avec sa manière d'extraire efficament du profit du travail humain. Jamais la part des capitaux qui se détournent de la production de biens matériels n'a été aussi élevée. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a>)</p>
<p>Comment va l'humanité dans cette phase déclinante du capitalisme ? De plus en plus mal. L'humanité met moins en avant sa propre pensée, ses propres écrits, ses capacités, ses talents et elle a de moins en moins confiance dans son avenir. Les humains se parlent de moins en moins, s'écrivent de moins en moins, portent de moins en moins d'intérêt à leurs propres pensées, échangent de moins en moins entre eux en termes d'échanges réels d'opinions intellectuelles sur le monde, se font mutuellement de moins en moins confiance. La violence leur parait de plus en plus menaçante, l'exclusion frappe de plus en plus, le racisme grimpe en flèche, la violence aussi. La maladie également.</p>
<p>Nous sommes dans l'ère d'un monde sur sa fin et de nombreux signaux le montrent à commencer par la régression mondiale en termes de niveau d'humanité (<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/chronique-dun-monde-est-en-perte-dhumanite/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/chronique-dun-monde-est-en-perte-dhumanite/</a>). Cela signifie que les êtres humains vivent plus mal, souffrent plus, apprécient moins la vie, sont moins appréciés aussi. Cela se voit à quoi ? Les jeunes sont pessimistes, misent moins sur les relations avec les autres, ont moins confiance en eux, dans les autres, dans l'avenir, ont moins envie d'avoir des enfants, préfèrent davantage se renfermer sur eux-mêmes, ont plus peur, sont plus violents ou plus craintifs. Ils pensent davantage qu'on pourra se passer d'eux et qu'eux n'ont rien de bon à donner à la collectivité. Les autres leur paraissent de plus en plus comme des agresseurs et le sont plus souvent aussi. Ils ont moins tendance à s'investir dans une relation humaine durable. Ils pensent davantage aussi que tout va à l'échec. La tendance de la société vers plus de guerres, plus de racisme et de fascisme, plus de violences urbaines, plus de suppressions d'emplois et plus de chômage les pousse à penser qu'on va se passer d'eux et qu'ils ne réussiront pas leur existence. (<a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/15/le-pessimisme-et-la-defiance-de-la-jeunesse-atteignent-des-records_5049316_3224.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/15/le-pessimisme-et-la-defiance-de-la-jeunesse-atteignent-des-records_5049316_3224.html</a>)</p>
<p>L'effondrement de la démocratie se manifeste de multiples manières, par la montée des dictatures, par les politiques soi-disant anti-terroristes ou sanitaires, par la mainmise sur la presse, la culture, les médias, par la chute de l'enseignement, par le déclin idéologique… (<a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article6420" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article6420</a>)</p>
<p>Sur fond d'effondrement économique, financier et social, le développement d'un fascisme et d'un racisme violent petit blanc n'a rien d'un hasard et se fonde notamment sur une petite bourgeoisie et une jeunesse qui ont perdu confiance dans l'avenir et accusent tout ce qu'elles peuvent sans comprendre que c'est l'effondrement du capitalisme et sans avoir pu rejoindre le prolétariat révolutionnaire, seule véritable issue.</p>
<p>Il y a même le développement d'un contre-racisme par des prétendus radicaux (style Mélenchon notamment) qui affirment que la réponse à l'idéologie coloniale raciste serait une idéologie de supériorité des victimes ! Ce racisme opposé au premier contribue à la montée des idées fascistes, idées selon lesquelles la couleur de peau, la race, l'origine et la religion seraient plus importants que l'appartenance sociale, que les classe sociales et la lutte des classes !</p>
<p>La propagande massive en faveur de la prétendue « intelligence artificielle » va dans le même sens de dévalorisation de l'homme. Certains voient leur avenir dans l'armée et dans la guerre. C'est déjà un symptôme de monde parvenu à une impasse… La jeunesse réagit avec pessimisme devant ce qui est présenté comme la plus importante révolution technologique de l'Histoire (<a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/17/pourquoi-generation-z-est-elle-de-plus-en-plus-mefiante-envers-lia/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://legrandcontinent.eu/fr/2026/04/17/pourquoi-generation-z-est-elle-de-plus-en-plus-mefiante-envers-lia/</a>). La jeunesse ne rejette pas que l'IA mais l'ensemble du capitalisme (<a href="https://www.slate.fr/story/119883/survivre-american-dream-capitalisme" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/story/119883/survivre-american-dream-capitalisme</a>).</p>
<p>Et il y en a d'autres qui marquent une régression humaine : plus de violences (sexuelles ou non sexuelles) contre les femmes et les enfants, plus de morts de femmes, plus de dégradation de la santé, plus de morts (y compris indépendamment du covid). Et même plus morts que de naissances ! Car la natalité décline dans tous les pays riches.</p>
<p>La santé publique s'effondre. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355</a>) L'immense majorité des humains souffre de maladies (<a href="https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/seulement-43-des-personnes-dans-le-monde-nont-aucune-maladie-ni-handicap-74839.html#item=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.science-et-vie.com/corps-et-sante/seulement-43-des-personnes-dans-le-monde-nont-aucune-maladie-ni-handicap-74839.html#item=1</a>). Les systèmes de santé publique s'effondrent (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1107" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1107</a>). La santé publique mondiale chute (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7355</a>).<br class='autobr' />
L'hôpital public est démoli pour favoriser le profit privé sur le dos de la santé (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve497</a>)</p>
<p>Un effondrement sanitaire (avec notamment covid) peut en cacher un autre : l'effondrement économique et social… (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5833" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5833</a>)</p>
<p>Pourquoi la phase actuelle d'effondrement du système capitaliste ne ressemble en rien aux anciennes crises « classiques » ? Parce que ce n'est pas une crise avec une récession momentanée suivie d'une reprise économique. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280</a>)</p>
<p>La production de biens ne suit pas la courbe des profits car la part relative des investissements productifs régresse sans cesse. Ce n'est pas une récession car c'est un mouvement permanent depuis très longtemps. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a>)</p>
<p> Seule la production d'armes grandit véritablement… Et la guerre s'étend et menace de devenir générale. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458</a>)</p>
<p>Le capitalisme, dans ses fondements, est à l'agonie. Il parvient à durer, mais plus il fait trainer sa mort, plus les causes de celles-ci s'aggravent et en particulier la chute relative des investissements productifs par rapport à la masse total des capitaux qui a atteint des sommets vertigineux. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695</a>)</p>
<p>Le prolétariat mondial est une classe qui existe désormais dans le monde entier et son poids social est au plus haut niveau. L'effondrement du capitalisme n'a pas affaibli fondamentalement le prolétariat. Les transformations du capitalisme n'ont rien changé à un point fondamental du prolétariat : celui-ci n'est toujours pas attaché au système et ne peut que chercher à le renverser même si ce n'est nullement le cas de l'essentiel de ses organisations ou plutôt des organisations qui se revendiquent mensongèrement de lui. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7657" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7657</a>)</p>
<p>Tourner la dernière page du capitalisme (l'effondrement économique et social) encore plus sanglante (le massacre pandémique et la dictature qui prétend y faire face) en mettant au pouvoir le gouvernement du peuple travailleur par lui-même est la tâche fondamentale des militants révolutionnaires. (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647</a>)</p>
<p>Aucun retour au monde d'avant l'effondrement n'est possible : soit l'humanité fait un grand pas en avant vers un monde au service de tous, soit une grande chute vers une horreur dictatoriale et esclavagiste… (<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a>)</p>
<p>LES CLASSES POSSEDANTES AU BORD DU GOUFFRE BASCULENT DE PLUS EN PLUS DANS L'HORREUR MAIS L'HUMANITE A D'AUTRES PERSPECTIVES D'AVENIR !</p>
<h2 class="spip">Quels symptômes ?</h2>
<p>Que sont les symptômes ? Quelle différence avec les causes profondes ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6867" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6867</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6279" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6279</a></p>
<p>Il y a les symptômes économiques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7200" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7200</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1162" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1162</a></p>
<p>Il y a les symptômes sociaux…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7772" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7772</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7221" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7221</a></p>
<p>Il y a les symptômes sanitaires (dont la pandémie covid mais pas seulement)…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7117" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7117</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7379" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7379</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6680</a></p>
<p>Il y a les symptômes idéologiques (le développement d'une pensée violemment contre-révolutionnaire)…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8253</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3272" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3272</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8098" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8098</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090</a></p>
<p>Il y a des symptômes politiques et géopolitiques (dont la montée des dictatures et des fascismes ainsi que le réarmement massif, la multiplication des guerres liées aux deux blocs impérialistes et la montée vers la guerre mondiale)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8720" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8720</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7246" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7246</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8527" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8527</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4254" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4254</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8595</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6420</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8090</a></p>
<p>Il y a les symptômes des révolutions</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988</a></p>
<p>Et, bien au-delà des symptômes qui ne sont que des signaux, il y a les causes profondes de l'effondrement capitaliste qui entraîne celui des sociétés et des êtres humains…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8695</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article527" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article527</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8631</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570</a></p></div>
Le monde capitaliste n'est pas en crise mais en faillite...
http://matierevolution.org/spip.php?article9468
http://matierevolution.org/spip.php?article94682026-04-01T22:02:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedCrise CrisisCapitalisme
<p>Le monde capitaliste est en faillite, pas en récession, ni en crise, ni en recul, ni en baisse, ni en eaux troubles, ni en danger, ni à risque. C'est tout simplement que, depuis 2007, le moteur du système ne marche plus du tout. Et il ne marchera plus jamais. <br class='autobr' />
Tout le monde compare la situation mondiale actuelle du système capitaliste avec celle l'effondrement de 2007-2008. Une fois encore, loin de donner les causes réelles, on accuse d'autres raisons de la chute et cette fois c'est la (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Le monde capitaliste est en faillite, pas en récession, ni en crise, ni en recul, ni en baisse, ni en eaux troubles, ni en danger, ni à risque. C'est tout simplement que, depuis 2007, le moteur du système ne marche plus du tout. Et il ne marchera plus jamais. </h2>
<p>Tout le monde compare la situation mondiale actuelle du système capitaliste avec celle l'effondrement de 2007-2008. Une fois encore, loin de donner les causes réelles, on accuse d'autres raisons de la chute et cette fois c'est la guerre généralisée qui est désignée du doigt. Le monde capitaliste fait semblant de croire que c'est là qu'est la cause principale de chute économique et financière avec la guerre généralisée au Moyen-Orient, la guerre d'Ukraine et d'autres guerres locales comme Congo, Pakistan ou l'affrontement entre USA et pays d'Amérique du sud, etc. Une fois encore, ils inversent les rôles. Si les impérialismes choisissent d'aggraver et de transformer tous les conflits en affrontement des blocs, c'est justement parce qu'ils estiment que le risque d'effondrement pour des causes économiques et financières est déjà très grand et qu'ils préfèrent, en cas de chute systémique, miser sur la barbarie guerrière et fasciste plutôt que d'aller vers la révolution prolétarienne.</p>
<p>L'effondrement économique, ils n'ont fait que le retarder par mille moyens artificiels, le détourner, le tromper, sans régler aucun des problèmes de fond, aucune des contradictions sérieuses et ils ont seulement aggravé la profondeur du gouffre.</p>
<p>Les capitalistes et leurs Etats sont sûrs maintenant que tout va chuter, pire qu'en 2008. Cela les pousse à miser sur l'effondrement et donc sur la guerre. Parce que, pour eux, la seule option inacceptable, c'est justement la révolution prolétarienne allant vers le pouvoir des soviets de travailleurs et le socialisme. Bien sûr, les travailleurs, face à la dégradation de la situation, ne se voient pas du tout prendre le pouvoir mais les capitalistes, eux, les y voient !</p>
<p> Les travailleurs, certes, n'ont pas confiance dans leurs propres forces et leurs organisations (du moins celles qui font d'une manière ou d'une autre semblant d'être du côté des travailleurs) ne font rien pour aider à leur prise de conscience de leur rôle dans la situation mondiale. Mais cela ne suffit pas à rassurer les capitalistes qui, eux, vont vers l'affrontement brutal contre-révolutionnaire.</p>
<p>Examinons maintenant pourquoi la situation objective du système capitaliste le pousse à une chute finale…</p>
<p>Interrogez-vous pourquoi le capitalisme, arrivé à son plus haut niveau de richesses et de capitalisations, se retrouve à devoir baisser le rideau ? Eh bien, justement parce qu'il atteint ce plus haut niveau et ne peut aller plus loin…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<h2 class="spip">L'effondrement du capitalisme, ce n'est pas les révolutionnaires qui l'imaginent…</h2>
<p>« En 2008, j'ai prédit à juste titre que nos cycles virulents d'expansion et de ralentissement entraîneraient un effondrement économique total. Je crains que nous ne soyons à nouveau confrontés à cette perspective », explique Nouriel Roubini.</p>
<p><a href="https://www.parismatch.com/actu/economie/les-nouvelles-et-sombres-predictions-du-dr-catastrophe-nouriel-roubini-218345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.parismatch.com/actu/economie/les-nouvelles-et-sombres-predictions-du-dr-catastrophe-nouriel-roubini-218345</a></p>
<p>Jason W. Moore, professeur de sociologie : « Nous vivons l'effondrement du capitalisme. »</p>
<p>Richard Bookstaber, ancien responsable au Trésor américain : « J'ai prédit la crise financière de 2008. Ce qui arrive pourrait être pire. »</p>
<p><a href="https://www.leparisien.fr/economie/jai-predit-la-crise-financiere-de-2008-ce-qui-arrive-pourrait-etre-pire-la-sombre-prediction-dun-economiste-americain-19-03-2026-7PUGGQTYQVA7FCMS6GOUFCX5RQ.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leparisien.fr/economie/jai-predit-la-crise-financiere-de-2008-ce-qui-arrive-pourrait-etre-pire-la-sombre-prediction-dun-economiste-americain-19-03-2026-7PUGGQTYQVA7FCMS6GOUFCX5RQ.php</a></p>
<p>Jamie Dimon, le PDG de J.P. Morgan : valorisations boursières folles, quand le patron de la première banque américaine dresse un parallèle avec la crise de 2007…</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/intelligence-artificielle-l-apocalypse-selon-jamie-dimon-patron-de-la-premiere-banque-americaine-j-p-morgan_6668209_3234.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/25/intelligence-artificielle-l-apocalypse-selon-jamie-dimon-patron-de-la-premiere-banque-americaine-j-p-morgan_6668209_3234.html</a></p>
<p>Ray Dallo, « légende de Wall Street » « L'ordre mondial est au bord de l'effondrement… »</p>
<p><a href="https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ray-dalio-lhomme-qui-a-predit-la-crise-de-2008-le-monde-est-entre-dans-la-derniere-phase-avant-OSG3Y7WEONHKBLDNO7YJHDT3OI/?cmp_redirect=true" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lexpress.fr/idees-et-debats/ray-dalio-lhomme-qui-a-predit-la-crise-de-2008-le-monde-est-entre-dans-la-derniere-phase-avant-OSG3Y7WEONHKBLDNO7YJHDT3OI/?cmp_redirect=true</a></p>
<p>De 2008 à 2026, rien de réglé…</p>
<p><a href="https://www.lejdd.fr/Economie/dix-ans-apres-le-krach-de-2008-le-risque-de-nouvelle-crise-est-grand-avec-trump-au-pouvoir-3750536" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lejdd.fr/Economie/dix-ans-apres-le-krach-de-2008-le-risque-de-nouvelle-crise-est-grand-avec-trump-au-pouvoir-3750536</a></p>
<p>Après la faillite de Lehman la finance mondiale confrontée à nouveau aux mêmes contradictions…</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/15-ans-apres-la-faillite-de-lehman-la-finance-mondiale-confrontee-aux-exces-de-largent-facile-1977976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/15-ans-apres-la-faillite-de-lehman-la-finance-mondiale-confrontee-aux-exces-de-largent-facile-1977976</a></p>
<p>27 économistes réformistes écrivent « Les économistes attérés qui proposent de changer d'économie » :</p>
<p>« La croissance s'est révéle fragile puisqu'elle repose sur des bulles financières, des bulles immobilières et une hausse de l'endettement… Ce mode de croissance n'est pas durable… Le système n'est pas soutenable puisqu'il repose sur la hausse continuelle des prix des actifs et de l'endettement. Il nécessite que les taux d'intérêt soient bas, que le cours des actifs soit élevé et augmentent, donc que les déséquilibres s'accentuent… Enfin, le système aboutit à l'accumulation de masses énormes de capitaux en quête de rentabilité et de liquidité… Il est impossible que les capitaux affichent la rentabilité requise de 15%. Celle-ci est obtenue non par des placements réels, mais par des opérations spéculatives s'appuyant sur des bulles financières… On parle toujours du « trou du public », mais pas de celui du privé (entreprises et ménages) qui a bien plus augmenté… La dette publique s'est creusée en raison des cadeaux fiscaux qui ont été faits aux riches… Les Etats ont été contraints de sauver un nombre important de groupes financiers, responsables de la crise mais « trop gros pour faire faillite », à coups d'injections massives d'argent public, ce afin d'éviter une crise systémique par effet de contagion. »</p>
<p>Les crises cycliques cu capitalisme n'étaient pas des maladies mais des modes de régulation indispensables au système. Dès lors qu'il ne peut plus laisser se dérouler ses crises, le capitalisme est sans cesse sous perfusion de l'Etat et des banques centrales.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article680" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article680</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2191</a></p>
<h2 class="spip">Ce n'est pas un accident, ce n'est pas une maladie, ce n'est pas une crise, ce n'est pas un échec. C'est un aboutissement et même un sommet. Mais c'est une fin. Ce n'est pas un changement de forme qui peut redonner vie au système. </h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5888" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5888</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5938</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518</a></p>
<p>Il y a d'abord les signaux économiques qui ont commencé en 2007-2008 avec ce que l'on a appelé la « crise des subprimes » et qui est en fait la tendance générale du grand capital vers une spéculation folle par manque croissant d'investissements productifs par rapport à la masse de plus en plus excessive de capitaux. Le capitalisme a dès lors cessé d'être un système fondé sur des alternances croissance/récession ponctué par des faillites et a dès lors considéré que toute chute d'un trust était « systémique », c'est-à-dire menaçait l'édifice mondial tout entier ! Cela signifie qu'États et banques centrales ont mis tous leurs moyens pour « sauver » les capitalistes quand ils étaient menacés par la faillite. La dernière opération de ce type a été celle pour sauver les banques, américaines et suisses notamment. Cette situation dans laquelle le système est sans cesse au bord du gouffre est tout à fait nouvelle dans l'histoire du capitalisme et montre que le mode de production capitaliste a atteint une limite qu'il ne peut pas franchir, qu'il a tellement réussi que son succès dépasse ce que permet son fonctionnement. Cela signifie qu'une part croissante des capitaux ne peut plus produire de nouveaux profits réels, fondés sur l'exploitation du travail humain. Ces capitaux, dont la masse croit sans cesse, deviennent « nocifs » et doivent périodiquement être rachetés par les États et instituions financières publiques. Ce fonctionnement en sauvetage permanent grâce aux fonds publics est une marque de la nouvelle morbidité du capitalisme.</p>
<p>Le capitalisme parvient à durer, mais plus il ne fait que faire trainer sa mort, et plus ça dure plus les causes de celle-ci s'aggravent et en particulier la chute relative des investissements productifs par rapport à la masse total des capitaux qui a atteint des sommets vertigineux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166</a></p>
<p>Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont dépassé le cadre étroit des rapports de production fondés sur la propriété privée des moyens de production.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4265" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4265</a></p>
<p>Les signes de nécrophilie s'accroissent sans cesse depuis et notamment la hausse de l'or…</p>
<p>Le prix de l'or a bondi à plus de 5000 dollars l'once, en hausse de 3,5 % mardi pour atteindre 5185 dollars, signe d'une perte de confiance grandissante dans le dollar américain en tant que monnaie mondiale.<br class='autobr' />
Tandis que l'or franchissait la barre des 5 000 dollars pour atteindre un nouveau record, le krach du marché des obligations d'État japonaises (JGB) la semaine dernière a été un autre signe de l'instabilité financière mondiale croissante.</p>
<p>La hausse du prix de l'or s'est accompagnée d'une augmentation de 13,6 % du prix de l'argent, qui a atteint 117 dollars l'once, un nouveau record.<br class='autobr' />
L'or a augmenté de plus de 20 % depuis le début de l'année et toutes les prévisions indiquent qu'il devrait encore progresser, les investisseurs se détournant du dollar et des actifs américains.<br class='autobr' />
Les turbulences sur le marché japonais ont des implications majeures pour le marché des bons du Trésor américain et sa capacité à continuer de financer la dette américaine en constante augmentation. Celle-ci s'élève actuellement à 38 000 milliards de dollars et devrait encore augmenter avec l'annonce par Trump de son intention de demander un budget militaire de 1500 milliards de dollars.<br class='autobr' />
Les investisseurs japonais détiennent 13 % de la dette du marché des bons du Trésor américain. La crainte est qu'au moins une partie de cet argent soit rapatriée si les taux d'intérêt japonais augmentent fortement.<br class='autobr' />
Les marchés mondiaux, et en particulier le marché américain, ont pu financer la dette publique croissante à des taux d'intérêt inférieurs à ceux qui seraient justifiés par leurs déficits, grâce à la disponibilité de fonds moins coûteux provenant du Japon.<br class='autobr' />
L'une des conséquences de la crise obligataire a été la dépréciation du yen, qui a suscité l'inquiétude des milieux financiers américains. Alors que l'on spéculait sur une intervention du gouvernement pour stabiliser le yen, il est apparu que la Réserve fédérale de New York avait contacté les institutions financières japonaises au sujet du taux de change du yen, ce qui a été interprété comme le signe d'une intervention conjointe potentielle.</p>
<p>Dans des propos rapportés par le Wall Street Journal, Neil Shearing, de Capital Economics à Londres, a qualifié les bouleversements du marché obligataire japonais de « signal d'alarme ».<br class='autobr' />
« C'est un autre symptôme des vulnérabilités qui bouillonnent sous la surface des économies avancées », a-t-il déclaré.<br class='autobr' />
Au cœur de ces vulnérabilités se trouve la croissance de la dette. Selon le Fonds monétaire international, la dette publique mondiale totale devrait atteindre plus de 100 % du PIB mondial au cours des trois prochaines années.<br class='autobr' />
Cette augmentation prévue repose sur deux éléments principaux : la hausse des dépenses militaires et l'augmentation des paiements d'intérêts. Aux États-Unis, la facture annuelle des intérêts approche rapidement le billion de dollars, soit plus du double par rapport aux quatre dernières années, avec une augmentation similaire du coût du service de la dette en Allemagne et au Japon.<br class='autobr' />
Aucune manœuvre financière ne peut contourner ce problème.</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/29/lxxv-j29.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/29/lxxv-j29.html</a></p>
<p>Deux rapports publiés à l'occasion de la réunion de Davos du Forum économique mondial cette semaine ont, chacun à leur manière, détaillé l'effondrement catastrophique du système capitaliste mondial, sa dérive vers la barbarie et, par conséquent, les arguments irréfutables en faveur d'un socialisme international.<br class='autobr' />
Ce n'était pas leur intention, mais cette nécessité émerge des faits, des chiffres et de l'analyse du rapport Global Risks du WEF et du rapport intitulé « Inequality.Inc » préparé pour la réunion par l'agence d'aide internationale Oxfam.</p>
<p>Le rapport du WEF met en garde contre le fait que les systèmes de gouvernance sont « étirés au-delà de leurs limites », que « les systèmes affaiblis n'ont besoin que du plus petit choc pour dépasser le point de basculement de la résilience » et que « les vulnérabilités socio-économiques corrosives seront amplifiées à court terme avec les craintes imminentes d'un ralentissement économique » et la résurgence de risques « tels que les conflits armés interétatiques ».</p>
<p>Le rapport d'Oxfam se concentre sur deux tendances explosives dans la structure socio-économique du capitalisme mondial : l'augmentation stupéfiante de la richesse entre les mains d'une oligarchie de milliardaires et, plus important encore, la concentration du pouvoir économique et politique monopolistique entre les mains d'une poignée d'entreprises mondiales géantes.<br class='autobr' />
Il a noté que depuis 2020, au début de la pandémie, dont ils ont directement bénéficié, les cinq hommes les plus riches du monde ont plus que doublé leur fortune, au rythme de 14 millions de dollars par heure, passant de 405 milliards de dollars à 869 milliards de dollars, tandis que près de 5 milliards de personnes, soit plus de la moitié de la population mondiale, se sont appauvries.<br class='autobr' />
De nombreuses statistiques reflètent ce processus, l'une des plus frappantes étant que le 0,001 pour cent d'entreprises les plus importantes réalise environ un tiers de l'ensemble des bénéfices des entreprises.</p>
<p>L'une des évolutions politiques les plus significatives de la période récente a été le glissement rapide de tous les gouvernements vers la droite, entraînant ce que l'on a appelé une « crise de la démocratie ».</p>
<p>La conclusion du rapport du WEF va dans le même sens. Après avoir détaillé les multiples crises qui assaillent le système capitaliste, il conclut que la « coordination transfrontalière » reste le seul moyen de faire face aux « risques les plus critiques pour la sécurité et la prospérité humaines ».<br class='autobr' />
Mais cette collaboration et cette coopération ne pourront jamais être réalisées dans le cadre du système actuel, car chaque classe capitaliste est enracinée dans son propre État national et se bat par tous les moyens disponibles, y compris la guerre, pour défendre ses propres intérêts nationaux.</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/mahb-j22.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/mahb-j22.html</a></p>
<p>Les faillites capitalistes s'accroissent inexorablement…</p>
<p><a href="https://www.allianz-trade.com/fr_BE/actualites/dernieres-actualites/rapport-mondial-faillites-mars-2025.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.allianz-trade.com/fr_BE/actualites/dernieres-actualites/rapport-mondial-faillites-mars-2025.html</a></p>
<p>Les faillites d'entreprises ont progressé de 44% en France en deux ans…</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/au-tribunal-de-commerce-de-nantes-les-defaillances-dentreprises-ont-progresse-de-44-pourcent-en-deux-ans-54db493e-f79a-11f0-95b0-d3ffbc2ef006" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/au-tribunal-de-commerce-de-nantes-les-defaillances-dentreprises-ont-progresse-de-44-pourcent-en-deux-ans-54db493e-f79a-11f0-95b0-d3ffbc2ef006</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/2025-une-annee-noire-pour-les-defaillances-d-entreprise_6663295_3234.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/2025-une-annee-noire-pour-les-defaillances-d-entreprise_6663295_3234.html</a></p>
<p>L'écart se creuse entre la masse des capitaux et le niveau des investissements productifs…</p>
<p>La part de l'industrie dans le PIB chute…</p>
<p>La réindustrialisation est un mythe. Le lancement de l'Intelligence artificielle, pas plus que celle de l'ordinateur quantique ou celle des super centrales nucléaires ne sont autre chose que des spéculations faussement basées sur des développements industriels.</p>
<p>« La Tech » tourne de plus en plus à la spéculation…</p>
<p>Le marché mondial se casse en morceaux…</p>
<p>La spéculation sur les dettes des Etats bat son plein…</p>
<p>Les défauts de paiements ou les grandes difficultés financières des Etats ont attiré les rapaces de la finance mondiale, baptisés « fonds vautours ». Ils rachètent à très bas prix leurs dettes qui se sont effondrées, bloquent les négociations collectives pour en « solo » percevoir le jackpot et être remboursés avant les autres créanciers. Ils traînent en justice, le plus souvent auprès des tribunaux de New York, les Etats « fautifs » selon eux d'imprudence financière, afin d'obtenir le maximum d'argent. Epaulés par les plus grands cabinets d'avocats, des fonds comme Elliott, Aurelius Capital, Contrarian, GMO Trust mènent ainsi de longs combats, parfois sur plus d'une décennie.</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-etats-unis-veulent-encadrer-le-chantage-des-fonds-vautours-sur-les-etats-en-difficulte-2096759" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/les-etats-unis-veulent-encadrer-le-chantage-des-fonds-vautours-sur-les-etats-en-difficulte-2096759</a></p>
<p>L'envolée de l'or et de l'argent (ou encore des cryptomonnaies ou les investissements dans les ETF) démontrent que les investisseurs ne misent pas sur l'avenir du système.</p>
<p>Les fonds spéculatifs atteignent un pic…</p>
<p><a href="https://www.gestiondefortune.com/gestion-d-actifs/rubriques-gestion-d-actifs/actualites/12867-lindustrie-des-fonds-speculatifs-sur-un-pic-a-plus-de-5-000-md.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.gestiondefortune.com/gestion-d-actifs/rubriques-gestion-d-actifs/actualites/12867-lindustrie-des-fonds-speculatifs-sur-un-pic-a-plus-de-5-000-md.html</a></p>
<p>Le capital total de l'industrie mondiale des fonds spéculatifs a dépassé pour la première fois le seuil historique de 5.000 milliards de dollars, le capital augmentant pour le neuvième trimestre consécutif au 4T25 pour clôturer l'année à un niveau record de 5.150 milliards de dollars.</p>
<p><a href="https://www.boursier.com/actualites/economie/le-capital-de-l-industrie-mondiale-des-fonds-speculatifs-depasse-le-seuil-historique-des-5-000-mds-54064.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.boursier.com/actualites/economie/le-capital-de-l-industrie-mondiale-des-fonds-speculatifs-depasse-le-seuil-historique-des-5-000-mds-54064.html</a></p>
<p>L'économie de l'ombre, mafieuse, corrompue, prédatrice, devient une part croissante de l'ensemble…</p>
<p>Le capitalisme est devenu nécrophile et se nourrit de… sa propre mort…</p>
<p>Quand le grand capital ne mise plus sur... le capitalisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286</a></p>
<p>Pourquoi le monde capitaliste court à sa perte</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5308</a></p>
<p>Le capitalisme moribond est en train de détruire la planète (et nous ne parlons pas ici de l'environnement)…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2105" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2105</a></p>
<p>Les dettes des Etats ne sont qu'une conséquence des interventions étatiques pour sauver le système mais elles signifient que l'on ne pourra plus le faire désormais à la prochaine crise systémique.</p>
<p>Une situation historique hors normes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5913" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5913</a></p>
<p>Le capitalisme se heurte à ses propres limites : son succès lui-même étouffe dans les limites de la propriété privée des moyens de production…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250</a></p>
<p>Les principes du système capitaliste le condamnent irrémédiablement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7029" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7029</a></p>
<p>Maintenir sous perfusion le capitalisme en survie artificielle est devenu déraisonnable même du point de vue capitaliste</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6691</a></p>
<p>Le capitalisme peut-il s'effondrer de lui-même définitivement ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2293" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2293</a></p>
<p>Le système capitaliste a-t-il déjà chuté de lui-même ou ne pourra-t-il chuter que par la révolution ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988</a></p>
<p>Pour conclure : l'humanité se relèvera, le capitalisme jamais !</p>
<p>Le monde capitaliste est mort. Sa caricature se maintiendra au pouvoir tant que le peuple travailleur ne l'en aura pas balayé.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1016</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8570</a></p></div>
Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ?
http://matierevolution.org/spip.php?article9473
http://matierevolution.org/spip.php?article94732026-03-02T23:59:00Ztext/htmlfrRobert ParisCapitalisme
<p>Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ? La réunion au sommet d'un monde finissant… <br class='autobr' />
AVERTISSEMENT <br class='autobr' />
Les documents qui suivent n'expriment pas nécessairement le point de vue du site mais permettent de se faire une opinion… <br class='autobr' />
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Document 9 <br class='autobr' />
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Document 11 <br class='autobr' />
Document 12 <br class='autobr' />
Document 13 <br class='autobr' />
Document 14 <br class='autobr' />
Document 15</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Que nous a appris le sommet de Davos du monde capitaliste ? La réunion au sommet d'un monde finissant…</h2>
<p>AVERTISSEMENT</p>
<p>Les documents qui suivent n'expriment pas nécessairement le point de vue du site mais permettent de se faire une opinion…</p>
<p><a href="https://www.letemps.ch/economie/inexorablement-le-monde-s-enfonce-dans-le-capitalisme-de-predation?srsltid=AfmBOopcEiHJbhCR2pIO3Wx50j8hbF6zJ5jAQ5NmkXvzNZ7_lI_VOqVW" class="spip_out" rel="external">Document 1</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/forum-economique-de-davos-le-stress-des-patrons-est-existentiel_6663331_3234.html" class="spip_out" rel="external">Document 2</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/01/14/a-davos-en-2024-recoller-les-morceaux-d-un-capitalisme-fracture_6210765_3234.html" class="spip_out" rel="external">Document 3</a></p>
<p><a href="https://www.latribune.fr/article/economie/1318689261934714/un-risque-que-la-confrontation-geoeconomique-se-transforme-en-guerre-economique-le-scenario-choc-de-davos" class="spip_out" rel="external">Document 4</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/01/25/qdpi-j25.html" class="spip_out" rel="external">Document 5</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/15/kvxp-j15.html" class="spip_out" rel="external">Document 6</a></p>
<p><a href="https://les7duquebec.net/archives/303979" class="spip_out" rel="external">Document 7</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/23/kpwd-j23.html" class="spip_out" rel="external">Document 8</a></p>
<p><a href="https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/01/20/muqk-j20.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true" class="spip_out" rel="external">Document 9</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2026/01/25/kpeo-j25.html" class="spip_out" rel="external">Document 10</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/22/yjni-j22.html" class="spip_out" rel="external">Document 11</a></p>
<p><a href="https://www-wsws-org.translate.goog/en/articles/2026/01/21/zpqh-j21.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc&_x_tr_hist=true" class="spip_out" rel="external">Document 12</a></p>
<p><a href="https://www.humanite.fr/en-debat/forum-de-davos/le-forum-economique-mondial-de-davos-un-club-de-milliardaires-plutot-quun-forum-democratique" class="spip_out" rel="external">Document 13</a></p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/portail/journal/davosnbsp2026nbsp-rendez-vous-milliardaires-190835.html" class="spip_out" rel="external">Document 14</a></p>
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Science économique, la méthode de Karl Marx
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http://matierevolution.org/spip.php?article85742026-01-27T23:30:00Ztext/htmlfrRobert ParisKarl MarxCapitalisme
<p>Karl MARX <br class='autobr' />
La méthode de l'économie politique <br class='autobr' />
Quand nous considérons un pays donné au point de vue de l'économie politique, nous commençons par étudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa répartition dans les villes, à la campagne, au bord de la mer, les différentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc. <br class='autobr' />
Il semble que ce soit la bonne méthode de commencer par le réel et le (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Karl MARX
<p>La méthode de l'économie politique</p>
</h2>
<p>Quand nous considérons un pays donné au point de vue de l'économie politique, nous commençons par étudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa répartition dans les villes, à la campagne, au bord de la mer, les différentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.</p>
<p>Il semble que ce soit la bonne méthode de commencer par le réel et le concret, qui constituent la condition préalable effective, donc en économie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, à y regarder de plus près, on s'aperçoit que c'est là une erreur. La population est une abstraction si l'on néglige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont à leur tour un mot creux si l'on ignore les éléments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salarié, le capital etc. Ceux-ci supposent l'échange, la division du travail, le prix etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salarié, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commençait ainsi par la population, on aurait une représentation chaotique du tout, et, par une détermination plus précise, par l'analyse, on aboutirait à des concepts de plus en plus simples ; du concret figuré on passerait à des abstractions de plus en plus minces, jusqu'à ce que l'on soit arrivé aux déterminations les plus simples. Partant de là, il faudrait refaire le chemin à rebours jusqu'à ce qu'enfin on arrive de nouveau à la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la représentation chaotique d'un tout, mais une riche totalité de déterminations et de rapports nombreux. La première voie est celle qu'a prise très historiquement l'économie politique à sa naissance. Les économistes du XVIIe siècle, par exemple, commencent toujours par une totalité vivante : population, nation, État, plusieurs États ; mais ils finissent toujours par dégager par l'analyse quelques rapports généraux abstraits déterminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. Dès que ces facteurs isolés ont été plus ou moins fixés et abstraits, les systèmes économiques ont commencé ; qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'échange, pour s'élever jusqu'à l'État, les échanges entre nations et le marché mondial. Cette dernière méthode est manifestement la méthode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synthèse de multiples déterminations, donc unité de la diversité. C'est pourquoi il apparaît dans la pensée comme procès de synthèse, comme résultat, non comme point de départ, bien qu'il soit le véritable point de départ et par la suite également le point de départ de la vue immédiate et de la représentation. La première démarche a réduit la plénitude de la représentation à une détermination abstraite ; avec la seconde, les déterminations abstraites conduisent à la reproduction du concret par la voie de la pensée. C'est pourquoi Hegel est tombé dans l'illusion de concevoir le réel comme le résultat de la pensée, qui se concentre en elle-même, s'approfondit en elle-même, se meut par elle-même, alors que la méthode qui consiste à s'élever de l'abstrait au concret n'est pour la pensée que la manière de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pensé. Mais ce n'est nullement là le procès de la genèse du concret lui-même. Par exemple, la catégorie économique la plus simple, mettons la valeur d'échange, suppose la population, une population produisant dans des conditions déterminées ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'État, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous la forme de relation unilatérale et abstraite d'un tout concret, vivant, déjà donné. Comme catégorie, par contre, la valeur d'échange mène une existence antédiluvienne. Pour la conscience — et la conscience philosophique est ainsi faite que pour la pensée qui conçoit constitue l'homme réel et, par la suite, le monde n'apparaît comme réel qu'une fois conçu — pour la conscience, donc, le mouvement des catégories apparaît comme l'acte de production réel — qui reçoit une simple impulsion du dehors et on le regrette — dont le résultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore là une tautologie) est exact dans la mesure où la totalité concrète en tant que totalité pensée, en tant que représentation mentale du concret, est en fait un produit de la pensée, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-même, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue immédiate et de la représentation, mais un produit de l'élaboration de concepts à partir de la vue immédiate et de la représentation. Le tout, tel qu'il apparaît dans l'esprit comme une totalité pensée, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule façon qu'il lui soit possible, d'une façon qui diffère de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Après comme avant, le sujet réel subsiste dans son indépendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activité purement spéculative, purement théorique. Par conséquent, dans l'emploi de la méthode théorique aussi, il faut que le sujet, la société, reste constamment présent à l'esprit comme donnée première.</p>
<p>Mais ces catégories simples n'ont-elles pas aussi une existence indépendante, de caractère historique ou naturel, antérieure à celle des catégories plus concrètes ? Ca dépend. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre maîtres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communautés de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non à celui de la propriété. Par rapport à la propriété, la catégorie la plus simple apparaît donc comme le rapport de communautés simples de familles ou tribus. Dans la société parvenue à un stade supérieur, elle apparaît comme le rapport plus simple d'une organisation plus développée. Mais on présuppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de possession. On peut se représenter un sauvage isolé qui possède. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession évolue jusqu'à la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette “catégorie juridique plus concrète”. Cependant il n'en demeurerait pas moins que les catégories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore développé a pu s'être réalisé sans avoir encore posé la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la catégorie plus concrète ; tandis que le concret plus développé laisse subsister cette même catégorie comme un rapport subordonné. L'argent peut exister et a existé historiquement avant que n'existât le capital, que n'existassent les banques, que n'existât le travail salarié, etc. À cet égard, on peut donc dire que la catégorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins développé ou, au contraire, des rapports subordonnés d'un tout plus développé qui existaient déjà historiquement avant que le tout ne se développât dans le sens qui trouve son expression dans une catégorie plus concrète. Dans cette mesure, la marche de la pensée abstraite, qui s'élève du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique réel.</p>
<p>D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de sociétés très développées, mais qui historiquement manquent assez de maturité, dans lesquelles on trouve les formes les plus élevées de l'économie, comme par exemple la coopération, une division du travail développée, etc., sans qu'il existe aucune sorte de monnaie, par exemple le Pérou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'échange qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu à l'intérieur de chaque communauté, mais ils apparaissent à leurs frontières, dans leur trafic avec d'autres communautés. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'échange au centre des communautés, d'en faire l'élément qui les constitue à l'origine. Au début, il apparaît au contraire dans les relations des diverses communautés entre elles, bien plutôt que dans les relations des membres à l'intérieur d'une seule et même communauté. De plus, quoique l'argent apparaisse très tôt et joue un rôle multiple, il est dans l'antiquité, en tant qu'élément dominant, l'apanage de nations déterminées unilatéralement, de nations commerçantes. Et même dans l'antiquité la plus cultivée, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet développement, postulat de la société bourgeoise moderne, que dans la période de leur dissolution. Donc cette catégorie pourtant toute simple n'apparaît historiquement avec toute sa vigueur que dans les États les plus développés de la société. Elle ne se fraie nullement un chemin à travers tous les rapports économiques. Dans l'Empire romain, par exemple, à l'époque de son plus grand développement, l'impôt en nature et les prestations en nature demeurèrent le fondement. Le système monétaire à proprement parler n'y était complètement développé que dans l'armée. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalité du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la catégorie la plus simple puisse avoir existé avant la plus concrète, elle peut appartenir dans son complet développement — en compréhension et en extension — précisément à une forme de société complexe, alors que la catégorie plus concrète se trouvait plus complètement développée dans une forme de société qui, elle, l'était moins.</p>
<p>Le travail semble être une catégorie toute simple. L'idée du travail dans cette universalité — comme travail en général — est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, conçu du point de vue économique sous cette forme simple, le “travail” est une catégorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le système monétaire, par exemple, place encore d'une façon tout à fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport à ce point de vue, ce fut un grand progrès quand le système manufacturier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet à l'activité subjective — le travail commercial et manufacturier —, tout en ne concevant encore cette activité elle-même que sous la forme limitée de productrice d'argent. En face de ce système, le système des physiocrates pose une forme déterminée du travail — l'agriculture — comme la forme du travail créatrice de richesse et pose l'objet lui-même non plus sous la forme déguisée de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme résultat général du travail. Ce produit, en raison du caractère limité de l'activité, reste encore un produit déterminé par la nature — produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence.</p>
<p>Un énorme progrès fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute détermination particulière de l'activité créatrice de richesse pour ne considérer que le travail tout court, c'est-à-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caractère commun. Avec la généralité abstraite de l'activité créatrice de richesse apparaît alors également la généralité de l'objet dans la détermination de richesse, le produit considéré absolument, ou encore le travail en général, mais en tant que travail passé, objectivé dans un objet. L'exemple d'Ad. Smith, qui retombe lui-même de temps à autre dans le système des physiocrates, montre combien était difficile et important le passage à cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on eût par là simplement trouvé l'expression abstraite de la relation plus simple et la plus ancienne qui s'établit — dans quelque forme de société que ce soit - entre les hommes considérés en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre non. L'indifférence à l'égard d'un genre déterminé de travail présuppose l'existence d'une totalité très développée de genres de travaux réels dont aucun n'est absolument prédominant. Ainsi, les abstractions les plus générales ne prennent somme toute naissance qu'avec le développement concret le plus riche, où un caractère apparaît comme commun à beaucoup, commun à tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particulière seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en général n'est seulement le résultat dans la pensée d'une totalité concrète de travaux. L'indifférence à l'égard de tel travail déterminé correspond à une forme de société dans laquelle les individus passent avec facilité d'un travail à l'autre et dans laquelle le genre précis de travail est pour eux fortuit, donc indifférent. Là le travail est devenu non seulement sur le plan des catégories, mais dans la réalité même, un moyen de créer la richesse en général et a cessé, en tant que détermination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet état de chose a atteint son plus haut degré de développement dans la forme d'existence la plus moderne des sociétés bourgeoises, aux États-Unis. C'est donc là seulement que l'abstraction de la catégorie "travail", “travail en général”, travail “sans phrase", point de départ de l'économie moderne, devient une vérité pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'économie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport très ancien et valable pour toutes les formes de société, n'apparaît pourtant sous cette forme abstraite comme vérité pratique qu'en tant que catégorie de la société la plus moderne. On pourrait dire que cette indifférence à l'égard d'une forme déterminée de travail, qui se présente aux États-Unis comme produit historique, apparaît chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais d'une part, quelle sacrée différence entre les barbares qui ont des dispositions naturelles à se laisser employer à tous les travaux et des civilisés qui s'y emploient eux-mêmes. Et, d'autre part, chez les Russes, à cette indifférence à l'égard d'un travail déterminé correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel à un travail bien déterminé, auquel ne peuvent les arracher des influences extérieures.</p>
<p>Cet exemple du travail montre d'une façon frappante que même les catégories les plus abstraites, bien que valables — précisément à cause de leur nature abstraite — pour toutes les époques, n'en sont pas moins sous la forme déterminée de cette abstraction même le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables pour ces conditions et dans le cadre de celle-ci.</p>
<p>La société est l'organisation historique de la production la plus développée et la plus variée qui soit. De ce fait, les catégories qui expriment les rapports de cette société et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en même temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de société disparues avec les débris et les éléments desquelles elle s'est édifiée, dont certains vestiges, partiellement non encore dépassés, continuent à subsister en elle, et dont certains simples signes, en se développant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les espèces animales inférieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme supérieure que lorsque la forme supérieure est elle-même déjà connue. Ainsi l'économie bourgeoise nous donne la clef de l'économie antique, etc. Mais nullement à la manière des économistes qui effacent toutes les différences historiques et voient dans toutes les formes de société celles de la société bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la dîme, etc., quand on connaît la rente foncière. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la société bourgeoise n'est elle-même qu'une forme antithétique du développement historique, il est des rapports appartenant à des formes de société antérieures que l'on pourra ne rencontrer en elle que tout à fait étiolés, ou même travestis. Par exemple, la propriété communale. Si donc il est vrai que les catégories de l'économie bourgeoise possèdent une certaine vérité valable pour toutes les autres formes de société, cela ne peut être admis que cum grano salis (avec un grain de sel). Elles peuvent recéler ces formes développées, étiolées caricaturées, etc., mais toujours avec une différence essentielle. Ce que l'on appelle développement historique repose somme toute sur le fait que la dernière forme considère les formes passées comme des é- tapes menant à son propre degré de développement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien déterminées, de faire sa propre critique — il n'est naturellement pas question ici des périodes historiques qui se considèrent elles-mêmes comme des époques de décadence — elle les conçoit toujours sous un aspect unilatéral. La religion chrétienne n'a été capable d'aider à comprendre objectivement les mythologies antérieures qu'après avoir achevé jusqu'à un certain degré, pour ainsi dire (virtuellement), sa propre critique. De même l'économie politique bourgeoise ne parvint à comprendre les sociétés féodales, antiques, orientales que du jour où eut commencé l'autocritique de la société bourgeoise. Pour autant que l'économie politique bourgeoise, créant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifiée au passé, sa critique des sociétés antérieures, en particulier de la société féodale, contre laquelle elle avait à lutter directement, a ressemblé à la critique du paganisme par le christianisme, ou encore à celle du catholicisme par le protestantisme.</p>
<p>De même que dans toute science historique ou sociale en général, il ne faut jamais oublier, à propos de la marche des catégories économiques, que le sujet, ici la société bourgeoise moderne, est donné, aussi bien dans la réalité que dans le cerveau, que les catégories expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence déterminées, souvent de simples aspects particuliers de cette société déterminée, de ce sujet, et que par conséquent cette société ne commence nullement à exister, du point de vue scientifique aussi, à partir du moment seulement où il est question d'elles en tant que telle. C'est une règle à retenir, car elle fournit des indications décisives pour le choix du plan à adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente foncière, par la propriété foncière, étant donné qu'elle est liée à la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle à la première formé de production de toute société parvenue à une certaine stabilité — à l'agriculture. Or rien ne serait plus erroné. Dans toutes les formes de société, c'est une production déterminée et les rapports engendrés par elle qui assignent à toutes les autres productions et aux rapports engendrés par celle-ci leur rang et leur importance. C'est comme un éclairage général où sont plongées toutes les couleurs et qui en modifie les tonalités particulières. C'est comme un éther particulier qui détermine le poids spécifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de pêcheurs sont en deçà du point où commence le véritable développement.) Chez eux apparaît une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui détermine chez eux la forme de la propriété foncière. C'est une propriété collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attachés à leur tradition : exemple, la propriété communale chez les Slaves. Chez les peuples à agriculture solidement implantée — cette implantation constitue déjà une étape importante — où prédomine cette forme de culture, comme dans les sociétés antiques et féodales, l'industrie elle-même, ainsi que son organisation et les formes de propriété qui lui correspondent, a plus ou moins le caractère de la propriété foncière. Ou bien l'industrie dépend complètement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen-âge elle imite à la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-même au moyen-âge — dans la mesure où il ne s'agit pas purement de capital monétaire — a, sous la forme d'outillage de métier traditionnel, etc., ce caractère de propriété foncière. Dans la société bourgeoise, c'est l'inverse. L'agriculture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est entièrement dominée par le capital. Il en est de même de la rente foncière. Dans toutes les formes de société où domine la propriété foncière, le rapport avec la nature reste prépondérant. Dans celles où domine le capital, c'est l'élément social créé au cours de l'histoire qui prévaut. On ne peut comprendre la rente foncière sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente foncière. Le capital est la force économique de la société bourgeoise qui domine tout. Il constitue nécessairement le point de départ comme le point final et doit être expliqué avant la propriété foncière. Après les avoir étudiés chacun en particulier, il faut examiner leurs rapports réciproques.</p>
<p>Il serait impossible et erroné de ranger les catégories économiques dans l'ordre où elles ont été historiquement déterminantes. Leur ordre est au contraire déterminé par les relations qui existent entre elles dans la société bourgeoise moderne et il est précisément à l'inverse de ce qui semble être leur ordre naturel ou correspondre à leur ordre de succession au cours de l'évolution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'établit historiquement entre les rapports économiques dans la succession des différentes formes de société. Encore moins de leur ordre de succession “dans l'idée” (Proudhon) (conception nébuleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hiérarchie dans le cadre de la société bourgeoise moderne.</p>
<p>L'état de pureté (détermination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commerçants — Phéniciens, Carthaginois — est déterminé par la prédominance même des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital monétaire apparaît précisément sous cette forme abstraite là où le capital n'est pas encore l'élément dominant des sociétés. Les Lombards, les Juifs occupent la même position à l'égard des sociétés du moyen-âge pratiquant l'agriculture.</p>
<p>Autre exemple de la place différente qu'occupent ces mêmes catégories à différents stades de la société : une des dernières formes de la société bourgeoise : les joint stock-compagnies (sociétés par actions). Mais elles apparaissent aussi à ses débuts dans les grandes compagnies de commerce privilégiées et jouissant d'un monopole.</p>
<p>Le concept de richesse nationale lui-même s'insinue chez les. économistes du XVIIe siècle — l'idée subsiste encore en partie chez ceux du XVIIIe — sous cette forme ; la richesse est créée pour l'État seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure à cette richesse. C'était là la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'idée faisant de la richesse elle-même et de sa production le but final des États modernes, considérés alors uniquement comme moyens de produire la richesse.</p>
<p>Le plan à adopter doit manifestement être le suivant : l° les déterminations abstraites générales, convenant donc plus ou moins à toutes les formes de société, mais dans le sens exposé plus haut ; 2° les catégories constituant la structure interne de la société bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salarié, propriété foncière. Leurs rapports réciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales, l'échange entre celles-ci. Circulation. Crédit (privé). 3° Concentration de la société bourgeoise sous la forme de l'État. Considéré dans sa relation avec lui-même. Les classes “improductives”. Impôts. Dette publique. Crédit public. La population. Les colonies. Emigration. 4° Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. Echange international. Exportation et importation. Cours des changes. 5° Le marché mondial et les crises.</p>
<h2 class="spip">Introduction : Production, consommation, distribution, échange (Circulation)</h2>
<p>I. Production</p>
<p>a) L'objet de cette étude est tout d'abord la production matérielle. Des individus produisant en société - donc une production d'individus socialement déterminée, tel est naturellement le point de départ. Le chasseur et le pêcheur individuels et isolés, par lesquels commencent Smith et Ricardo, font partie des plates fictions du XVIII° siècle. Robinsonades qui n'expriment nullement, comme se l'imaginent certains historiens de la civilisation, une simple réaction contre des excès de raffinement et un retour à un état de nature mal compris. De même, le contrat social de Rousseau qui, entre des sujets indépendants par nature, établit des relations et des liens au moyen d'un pacte, ne repose pas davantage sur un tel naturalisme. Ce n'est qu'apparence, apparence d'ordre purement esthétique dans les petites et grandes robinsonades. Il s'agit, en réalité, d'une anticipation de la « société bourgeoise » qui se préparait depuis le XVI° siècle et qui, au XVIII° marchait à pas de géant vers sa maturité. Dans cette société où règne la libre concurrence, l'individu apparaît détaché des liens naturels, etc., qui font de lui à des époques historiques antérieures un élément d'un conglomérat humain déterminé et délimité. Pour les prophètes du XVIII° siècle, - Smith et Ricardo se situent encore complètement sur leurs positions, - cet individu du XVIII° siècle - produit, d'une part, de la décomposition des formes de société féodales, d'autre part, des forces de production nouvelles qui se sont développées depuis le XVI° siècle - apparaît comme un idéal qui aurait existé dans le passé. Ils voient en lui non un aboutissement historique, mais le point de départ de l'histoire, parce qu'ils considèrent cet individu comme quelque chose de naturel, conforme à leur conception de la nature humaine, non comme un produit de l'histoire, mais comme une donnée de la nature. Cette illusion a été jusqu'à maintenant partagée par toute époque nouvelle. Steuart, qui, à plus d'un égard, s'oppose au XVIII° siècle et, en sa qualité d'aristocrate, se tient davantage sur le terrain historique, a échappé à cette illusion naïve.</p>
<p>Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu – et par suite l'individu producteur, lui aussi, - apparaît dans un état de dépendance, membre d'un ensemble plus grand : cet état se manifeste tout d'abord de façon tout à fait naturelle dans la famille et dans la famille élargie jusqu'à former la tribu ; puis dans les différentes formes de communautés, issues de l'opposition et de la fusion des tribus. Ce n'est qu'au XVIII° siècle, dans la « société bourgeoise », que les différentes formes de l'ensemble social se présentent à l'individu comme un simple moyen de réaliser ses buts particuliers, comme une nécessité extérieure. Mais l'époque qui engendre ce point de vue, celui de l'individu isolé, est précisément celle où les rapports sociaux (revêtant de ce point de vue un caractère général) ont atteint le plus grand développement qu'ils aient connu. L'homme est, au sens le plus littéral, un [...] [1], non seulement un animal sociable, mais un animal qui ne peut s'isoler que dans la société. La production réalisée en dehors de la société par l'individu isolé - fait exceptionnel qui peut bien arriver à un civilisé transporté par hasard dans un lieu désert et qui possède déjà en puissance les forces propres à la société - est chose aussi absurde que le serait le développement du langage sans la présence d'individus vivant et parlant ensemble. Inutile de s'y arrêter plus longtemps. Il n'y aurait aucune raison d'aborder ce point si cette niaiserie, qui avait un sens et une raison d'être chez les gens du XVIII° siècle, n'avait été réintroduite très sérieusement par Bastiat, Carey, Proudhon etc., en pleine économie politique moderne. Pour Proudhon entre autres, il est naturellement bien commode de faire de la mythologie pour donner une explication historico-philosophique d'un rapport économique dont il ignore l'origine historique : l'idée de ce rapport serait venue un beau jour toute prête à l'esprit d'Adam ou de Prométhée, qui l'ont alors introduite dans le monde, etc... Rien de plus fastidieux et de plus plat que le locus communis [lieu commun] en proie au délire.<br class='autobr' />
ÉTERNISATION DES RAPPORTS DE PRODUCTION HISTORIQUES.<br class='autobr' />
PRODUCTION ET DISTRIBUTION EN GÉNÉRAL. PROPRIÉTÉ.</p>
<p>Quand donc nous parlons de production, c'est toujours de la production à un stade déterminé du développement social qu'il s'agit - de la production d'individus vivant en société. Aussi pourrait-il sembler que, pour parler de la production en général, il faille, soit suivre le procès historique de son développement dans ses différentes phases, soit déclarer de prime abord que l'on s'occupe d'une époque historique déterminée, par exemple de la production bourgeoise moderne, qui est, en fait, notre véritable sujet. Mais toutes les époques de la production ont certains caractères communs, certaines déterminations communes. La production en général est une abstraction, mais une abstraction rationnelle, dans la mesure où, soulignant et précisant bien les traits communs, elle nous évite la répétition. Cependant, ce caractère général, ou ces traits communs, que permet de dégager la comparaison, forment eux-mêmes un ensemble très complexe dont les éléments divergent pour revêtir des déterminations différentes. Certains de ces caractères appartiennent à toutes les époques, d'autres sont communs à quelques-unes seulement. [Certaines] de ces déterminations apparaîtront communes à l'époque la plus moderne comme à la plus ancienne. Sans elles, on ne peut concevoir aucune production. Mais, s'il est vrai que les langues les plus évoluées ont en commun avec les moins évoluées certaines lois et déterminations, ce qui constitue leur évolution, c'est précisément ce qui les différencie de ces caractères généraux et communs ; aussi faut-il bien distinguer les déterminations qui valent pour la production en général, afin que l'unité - qui découle déjà du fait que le sujet, l'humanité, et l'objet, la nature, sont identiques - ne fasse pas oublier la différence essentielle. C'est de cet oubli que découle, par exemple, toute la sagesse des économistes modernes qui prétendent prouver l'éternité et l'harmonie des rapports sociaux existant actuellement. Par exemple, pas de production possible sans un instrument de production, cet instrument ne serait-il que la main. Pas de production possible sans travail passé accumulé, ce travail ne serait-il que l'habileté que l'exercice répété a développée et fixée dans la main du sauvage. Entre autres choses, le capital est, lui aussi, un instrument de production, c'est, lui aussi, du travail passé, objectivé. Donc le capital est un rapport naturel universel et éternel ; oui, mais à condition de négliger précisément l'élément spécifique, ce qui seul transforme en capital l'« instrument de production », le « travail accumulé ». Toute l'histoire des rapports de production apparaît ainsi, par exemple chez Carey, comme une falsification provoquée par la malveillance des gouvernements. S'il n'y a pas de production en général, il n'y a pas non plus de production générale. La production est toujours une branche particulière de la production - par exemple l'agriculture, l'élevage du bétail, la manufacture, etc., ou bien elle constitue un tout. Mais l'économie politique n'est pas la technologie. Il faudra expliquer ailleurs (plus tard) le rapport entre les déterminations générales de la production à un stade social donné et les formes particulières de la production. Enfin la production n'est pas non plus uniquement une production particulière, elle apparaît toujours sous la forme d'un certain corps social d'un sujet social, qui exerce son activité dans un ensemble plus ou moins grand et riche de branches de la production. Il n'y a pas encore lieu non plus d'étudier ici le rapport existant entre l'exposé scientifique et le mouvement réel. Production en général. Branches particulières de la production. Production considérée dans sa totalité.</p>
<p>Il est de mode en économie politique de faire précéder toute étude d'une partie générale, - celle, précisément, qui figure sous le titre de Production (cf., par exemple, J. Stuart Mill), - dans laquelle on traite des conditions générales de toute production. Cette partie générale comprend ou est censée comprendre :</p>
<p>1. L'étude des conditions sans lesquelles la production n'est pas possible, et qui se borne donc en fait à la mention des facteurs essentiels communs à toute production. Mais, en réalité, cela se réduit, comme nous le verrons, à quelques déterminations très simples rabâchées en plates tautologies ;</p>
<p>2. L'étude des conditions qui favorisent plus ou moins le développement de la production, comme, par exemple, l'état social progressif ou stagnant d'Adam Smith. Pour donner un caractère scientifique à ce qui, chez lui, a sa valeur comme aperçu, il faudrait étudier les périodes de divers degrés de productivité au cours du développement de différents peuples - étude qui dépasse les limites proprement dites de notre sujet, mais qui, dans la mesure où elle y entre, doit être exposée dans la partie expliquant la concurrence, l'accumulation, etc. Sous sa forme générale, la conclusion aboutit à cette généralité qu'un peuple industriel est à l'apogée de sa production au moment même où, d'une manière générale, il atteint son apogée historique. Et, de fait, un peuple est à son apogée industrielle tant que ce n'est pas encore le profit, mais la recherche du gain qui est pour lui l'essentiel. Supériorité, en ce sens, des Yankees sur les Anglais. Ou bien, aussi, on aboutit à ceci, que certaines races, certaines dispositions, certains climats, certaines conditions naturelles, comme la situation au bord de la mer, la fertilité du sol, etc., sont plus favorables que d'autres à la production. Ce qui donne de nouveau cette tautologie : la richesse se crée d'autant plus facilement que ses éléments subjectifs et objectifs existent à un degré plus élevé.</p>
<p>Mais, dans cette partie générale, ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit en réalité pour les économistes. Il s'agit bien plutôt, comme le montre l'exemple de Mill, de représenter la production, à la différence de la distribution, etc., comme enclose dans des lois naturelles, éternelles, indépendantes de l'histoire, et à cette occasion de glisser en sous-main cette idée que les rapports bourgeois sont des lois naturelles immuables de la société conçue in abstracto [dans l'abstrait]. Tel est le but auquel tend plus ou moins consciemment tout ce procédé. Dans la distribution, au contraire, les hommes se seraient permis d'agir en fait avec beaucoup d'arbitraire. Abstraction faite de cette disjonction brutale de la production et la distribution et de la rupture de leur rapport réel, on peut dès l'abord voir au moins ceci clairement : si diverse que puisse être la distribution aux différents stades de la société, il doit être possible, tout aussi bien que pour la production, de dégager des caractères communs, et possible aussi d'effacer ou de supprimer toutes les différences historiques pour énoncer des lois s'appliquant à l'homme en général. Par exemple, l'esclave, le serf, le travailleur salarié reçoivent tous une quantité déterminée de nourriture qui leur permet de subsister en tant qu'esclave, serf, salarié. Qu'ils vivent du tribut, de l'impôt, de la rente foncière, de l'aumône ou de la dîme, le conquérant, le fonctionnaire, le propriétaire foncier, le moine ou le lévite reçoivent tous une quote-part de la production sociale qui est fixée suivant d'autres lois que celle des esclaves, etc. Les deux principaux points que tous les économistes placent sous cette rubrique sont : 1° propriété ; 2° garantie de cette dernière par la justice, la police, etc. On peut répondre à cela très brièvement :</p>
<p>Sur le premier point : Toute production est appropriation de la nature par l'individu dans le cadre et par l'intermédiaire d'une forme de société déterminée. En ce sens, c'est une tautologie de dire que la propriété (appropriation) est une condition de la production. Mais il est ridicule de partir de là pour passer d'un saut à une forme déterminée de la propriété, par exemple à la propriété privée. (Ce qui, de plus, suppose également comme condition une forme opposée, la non-propriété.)L'histoire nous montre bien plutôt dans la propriété commune (par exemple chez les Indiens, les Slaves, les anciens Celtes, etc.) la forme primitive, forme qui, sous l'aspect de propriété communale, jouera longtemps encore un rôle important. Quant à savoir si la richesse se développe mieux sous l'une ou l'autre forme de propriété, il n'en est encore nullement question ici. Mais, dire qu'il ne puisse être question d'aucune production, ni par conséquent d'aucune société où n'existe aucune forme de propriété, est pure tautologie. Une appropriation qui ne s'approprie rien est une contradictio in subjecto [une contradiction dans les termes].</p>
<p>Sur le deuxième point : Mise en sûreté des biens acquis, etc. Si l'on réduit ces banalités à leur contenu réel, elles expriment beaucoup plus que ne s'en doutent ceux qui les prêchent. A savoir que toute forme de production engendre ses propres rapports juridiques, sa propre forme de gouvernement, etc. C'est manquer de finesse et de perspicacité que d'établir entre des choses formant un tout organique des rapports contingents, que d'établir seulement entre elles un lien de la réflexion. C'est ainsi que les économistes bourgeois ont le sentiment vague que la production est plus facile avec la police moderne qu'à l'époque par exemple du « droit du plus fort ». Ils oublient seulement que le « droit du plus fort » est également un droit, et qui survit sous une autre forme dans leur « État juridique ».</p>
<p>Quand les conditions sociales répondant à un stade déterminé de la production sont seulement en voie de formation ou, au contraire, quand elles sont déjà en voie de disparition, des perturbations se produisent naturellement dans la production, bien qu'elles soient d'un degré et d'un effet variables.</p>
<p>Pour résumer : tous les stades de la production ont des déterminations communes auxquelles la pensée prête un caractère général ; mais les prétendues conditions générales de toute production ne sont rien d'autre que ces facteurs abstraits, qui ne répondent à aucun stade historique réel de la production.<br class='autobr' />
II. Rapport général entre la production et la distribution, l'échange, la consommation</p>
<p>Avant de nous engager plus avant dans l'analyse de la production, il est nécessaire d'examiner les différentes rubriques dont l'accompagnent les économistes.</p>
<p>Voilà l'idée telle qu'elle se présente d'elle-même : dans la production, les membres de la société adaptent (produisent, façonnent) les produits de la nature conformément à des besoins humains ; la distribution détermine la proportion dans laquelle l'individu participe à la répartition de ces produits ; l'échange lui procure les produits particuliers en lesquels il veut convertir la quote-part qui lui est dévolue par la distribution ; dans la consommation enfin les produits deviennent objets de jouissance, d'appropriation individuelle. La production crée les objets qui répondent aux besoins ; la distribution les répartit suivant des lois sociales ; l'échange répartit de nouveau ce qui a déjà été réparti, mais selon les besoins individuels ; dans la consommation enfin, le produit s'évade de ce mouvement social, il devient directement objet et serviteur du besoin individuel, qu'il satisfait dans la jouissance. La production apparaît ainsi comme le point de départ, la consommation comme le point final, la distribution et l'échange comme le moyen terme, lequel a, à son tour, un double caractère, la distribution étant le moment ayant pour origine la société et l'échange le moment ayant l'individu pour origine. Dans la production la personne s'objective et dans la personne [2] se subjectivise la chose ; dans la distribution c'est la société, sous forme de déterminations générales dominantes, qui fait office d'intermédiaire entre la production et la consommation ; dans l'échange, le passage de l'une à l'autre est assuré par la détermination contingente de l'individu.</p>
<p>La distribution détermine la proportion (la quantité) des produits qui échoient à l'individu ; l'échange détermine les produits que chaque individu réclame en tant que part qui lui a été assignée par la distribution.</p>
<p>Production, distribution, échange, consommation forment ainsi [suivant la doctrine des économistes [3]]un syllogisme dans les règles ; la production constitue le général, la distribution et l'échange le particulier, la consommation le singulier, à quoi aboutit l'ensemble. Sans doute, c'est bien là un enchaînement, mais fort superficiel. La production est déterminée par des lois naturelles générales ; la distribution par la contingence sociale, et celle-ci peut, par suite, exercer sur la production une action plus ou moins stimulante ; l'échange se situe entre les deux comme un mouvement social de caractère formel, et l'acte final de la consommation, conçu non seulement comme aboutissement, mais comme but final, est, à vrai dire, en dehors de l'économie, sauf dans la mesure où il réagit à son tour sur le point de départ, où il ouvre à nouveau tout le procès.</p>
<p>Les adversaires des économistes - adversaires de l'intérieur ou du dehors, - qui leur reprochent de dissocier d'une façon barbare des choses formant un tout, se placent ou bien sur le même terrain qu'eux, ou bien au-dessous d'eux. Rien de plus banal que le reproche fait aux économistes de considérer la production trop exclusivement comme une fin en soi et alléguant que la distribution a tout autant d'importance. Ce reproche repose précisément sur la conception économique suivant laquelle la distribution existe en tant que sphère autonome, indépendante, à côté de la production. Ou bien [on leur reproche] de ne pas considérer dans leur unité ces différentes phases. Comme si cette dissociation n'était pas passée de la réalité dans les livres, mais au contraire des livres dans la réalité, et comme s'il s'agissait ici d'un équilibre dialectique de concepts et non pas de la conception [4] des rapports réels !<br class='autobr' />
a) La production est aussi consommation</p>
<p>Double caractère de la consommation, subjectif et objectif : d'une part, l'individu qui développe ses facultés en produisant les dépense également, les consomme dans l'acte de la production, tout comme la procréation naturelle est consommation des forces vitales. Deuxièmement : consommation des moyens de production que l'on emploie, qui s'usent, et qui se dissolvent en partie (comme par exemple lors de la combustion) dans les éléments de l'univers. De même pour la matière première, qui ne conserve pas sa forme et sa constitution naturelles, mais qui se trouve consommée. L'acte de production est donc lui-même dans tous ses moments un acte de consommation également. Les économistes, du reste, l'admettent. La production considérée comme immédiatement identique à la consommation et la consommation comme coïncidant de façon immédiate avec la production, c'est ce qu'ils appellent la consommation productive. Cette identité de la production et de la consommation revient à la proposition de Spinoza : Determinatio est negatio [Toute détermination est négation].</p>
<p>Mais cette détermination de la consommation productive n'est précisément établie que pour distinguer la consommation qui s'identifie à la production, de la consommation proprement dite, qui est plutôt conçue comme antithèse destructrice de la production. Considérons donc la consommation proprement dite.</p>
<p>La consommation est de manière immédiate également production, de même que dans la nature la consommation des éléments et des substances chimiques est production de la plante. Il est évident que dans l'alimentation, par exemple, qui est une forme particulière de la consommation, l'homme produit son propre corps. Mais cela vaut également pour tout autre genre de consommation qui, d'une manière ou d'une autre, contribue par quelque côté à la production de l'homme. Production consommatrice. Mais, objecte l'économie, cette production qui s'identifie à la consommation est une deuxième production, issue de la destruction du premier produit. Dans la première le producteur s'objectivait ; dans la seconde, au contraire, c'est l'objet qu'il a créé qui se personnifie. Ainsi, cette production consommatrice - bien qu'elle constitue une unité immédiate de la production et de la consommation - est essentiellement différente de la production proprement dite. L'unité immédiate, dans laquelle la production coïncide avec la consommation et la consommation avec la production, laisse subsister leur dualité foncière.</p>
<p>La production est donc immédiatement consommation, la consommation immédiatement production. Chacune est immédiatement son contraire. Mais il s'opère en même temps un mouvement médiateur entre les deux termes. La production est médiatrice de la consommation, dont elle crée les éléments matériels et qui, sans elle, n'aurait point d'objet. Mais la consommation est aussi médiatrice de la production en procurant aux produits le sujet pour lequel ils sont des produits. Le produit ne connaît son ultime accomplissement que dans la consommation. Un chemin de fer sur lequel on ne roule pas, qui donc ne s'use pas, n'est pas consommé, n'est un chemin de fer que dans le domaine de la possibilité [...] et non dans celui de la réalité. Sans production, pas de consommation ; mais, sans consommation, pas de production non plus, car la production serait alors sans but. La consommation produit la production doublement. 1º C'est dans la consommation seulement que le produit devient réellement produit. Par exemple, un vêtement ne devient véritablement vêtement que par le fait qu'il est porté ; une maison qui n'est pas habitée n'est pas, en fait, une véritable maison ; le produit donc, à la différence du simple objet naturel, ne s'affirme comme produit, ne devient produit que dans la consommation. C'est la consommation seulement qui, en absorbant le produit, lui donne la dernière touche (finishing stroke) ; carla production n'est pas produit en tant qu'activité objectivée, mais seulement en tant qu'objet pour le sujet agissant [la consommation produit la production] [5]. 2º La consommation crée le besoin d'une nouvelle production, par conséquent la raison idéale, le mobile interne de la production, qui en est la condition préalable. La consommation crée le mobile de la production ; elle crée aussi l'objet qui agit dans la production en déterminant sa fin. S'il est clair que la production offre, sous sa forme matérielle, l'objet de la consommation, il est donc tout aussi clair que la consommation pose idéalement l'objet de la production, sous forme d'image intérieure, de besoin, de mobile et de fin. Elle crée les objets de la production sous une forme encore subjective. Sans besoin, pas de production. Mais la consommation reproduit le besoin.</p>
<p>À ce double caractère correspond du côté de la production : 1º Elle fournit à la consommation sa matière, son objet. Une consommation sans objet n'est pas une consommation ; à cet égard donc la production crée, produit la consommation. 2º Mais ce n'est pas seulement l'objet que la production procure à la consommation. Elle lui donne aussi son aspect déterminé, son caractère, son fini (finish). Tout comme la consommation donnait la dernière touche au produit en tant que produit, la production le donne à la consommation. D'abord l'objet n'est pas un objet en général, mais un objet déterminé, qui doit être consommé d'une façon déterminée, à laquelle la production elle-même doit servir [6] d'intermédiaire. La faim est la faim, mais la faim qui se satisfait avec de la viande cuite, mangée avec fourchette et couteau, est une autre faim que celle qui avale de la chair crue en se servant des mains, des ongles et des dents. Ce n'est pas seulement l'objet de la consommation, mais aussi le mode de consommation qui est donc produit par la production, et ceci non seulement d'une manière objective, mais aussi subjective. La production crée donc le consommateur. 3º La production ne fournit donc pas seulement un objet matériel au besoin, elle fournit aussi un besoin à l'objet matériel. Quand la consommation se dégage de sa grossièreté primitive et perd son caractère immédiat - et le fait même de s'y attarder serait encore le résultat d'une production restée à un stade de grossièreté primitive -, elle a elle-même, en tant qu'instinct, l'objet pour médiateur. Le besoin qu'elle éprouve de cet objet est créé par la perception de celui-ci. L'objet d'art - comme tout autre produit - crée un public apte à comprendre l'art et à jouir de la beauté. La production ne produit donc pas seulement un objet pour le sujet, mais aussi un sujet pour l'objet. La production produit donc la consommation 1º en lui fournissant la matière ; 2º en déterminant le mode de consommation ; 3º en faisant naître chez le consommateur le besoin de produits posés d'abord simplement par elle sous forme d'objets. Elle produit donc l'objet de la consommation, le mode de consommation, l'instinct de la consommation. De même la consommation engendre l'aptitude du producteur en le sollicitant sous la forme d'un besoin déterminant le but de la production.</p>
<p>L'identité entre la consommation et la production apparaît donc sous un triple aspect :</p>
<p>1. Identité immédiate. La production est consommation ; la consommation est production. Production consommatrice. Consommation productive. Toutes deux sont appelées consommation productive par les économistes. Mais ils font encore une différence. La première prend la forme de reproduction ; la seconde, de consommation productive. Toutes les recherches sur la première sont l'étude du travail productif ou improductif ; les recherches sur la seconde sont celle de la consommation productive ou improductive.</p>
<p>2. Chacune apparaît comme le moyen de l'autre ; elle est médiée par l'autre ; ce qui s'exprime par leur interdépendance, mouvement qui les rapporte l'une à l'autre et les fait apparaître comme indispensables réciproquement, bien qu'elles restent cependant extérieures l'une à l'autre. La production crée la matière de la consommation en tant qu'objet extérieur ; la consommation crée pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation ; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'économie politique sous de nombreuses formes.</p>
<p>3. La production n'est pas seulement immédiatement consommation, ni la consommation immédiatement production ; la production n'est pas non plus seulement moyen pour la consommation, ni la consommation but pour la production, en ce sens que chacune d'elles fournit à l'autre son objet, la production l'objet extérieur de la consommation, la consommation l'objet figuré de la production. En fait, chacune d'elles n'est pas seulement immédiatement l'autre, ni seulement médiatrice de l'autre, mais chacune d'elles, en se réalisant, crée l'autre ; se crée sous la forme de l'autre. C'est la consommation qui accomplit pleinement l'acte de la production en donnant au produit son caractère achevé de produit, en le dissolvant en consommant la forme objective indépendante qu'il revêt, en élevant à la dextérité, par le besoin de la répétition, l'aptitude développée dans le premier acte de la production ; elle n'est donc pas seulement l'acte final par lequel le produit devient véritablement produit, mais celui par lequel le producteur devient également véritablement producteur. D'autre part, la production produit la consommation en créant le mode déterminé de la consommation, et ensuite en faisant naître l'appétit de la consommation, la faculté de consommation, sous forme de besoin. Cette dernière identité, que nous avons précisée au paragraphe 3, est commentée en économie politique sous des formes multiples, à propos des rapports entre l'offre et la demande, les objets et les besoins, les besoins créés par la société et les besoins naturels.</p>
<p>Rien de plus simple alors, pour un hégélien, que de poser la production et la consommation comme identiques. Et cela n'a pas été seulement le fait d'hommes de lettres socialistes, mais de prosaïques économistes même ; par exemple de Say, sous la forme suivante : quand on considère un peuple, ou bien l'humanité in abstracto, on voit que sa production est sa consommation. Storch a montré l'erreur de Say : un peuple, par exemple, ne consomme pas purement et simplement sa production, mais crée aussi des moyens de production, etc., du capital fixe, etc. Considérer la société comme un sujet unique, c'est au surplus la considérer d'un point de vue faux - spéculatif. Chez un sujet, production et consommation apparaissent comme des moments d'un même acte. L'important ici est seulement de souligner ceci : que l'on considère la production et la consommation comme des activités d'un sujet ou de nombreux individus [7], elles apparaissent en tout cas comme les moments d'un procès dans lequel la production est le véritable point de départ et par suite aussi le facteur qui l'emporte. La consommation en tant que nécessité, que besoin, est elle-même un facteur interne de l'activité productive ; maiscette dernière est le point de départ de la réalisation et par suite aussi son facteur prédominant, l'acte dans lequel tout le procès se déroule à nouveau. L'individu produit un objet et fait retour en soi-même par la consommation de ce dernier, mais il le fait en tant qu'individu productif et qui se reproduit lui-même. La consommation apparaît ainsi comme moment de la production.</p>
<p>Mais, dans la société, le rapport entre le producteur et le produit, dès que ce dernier est achevé, est un rapport extérieur,- et le retour du produit au sujet dépend des relations de celui-ci avec d'autres individus. Il n'en devient pas immédiatement possesseur. Aussi bien, l'appropriation immédiate du produit n'est-elle pas la fin que se propose le producteur quand il produit dans la société. Entre le producteur et les produits intervient la distribution, qui par des lois sociales détermine la part qui lui revient dans la masse des produits et se place ainsi entre la production et la consommation.</p>
<p>Mais, alors, la distribution constitue-t-elle une sphère autonome à côté et en dehors de la production ?<br class='autobr' />
b) Distribution et production</p>
<p>Ce qui frappe nécessairement tout d'abord, quand on considère les traités ordinaires d'économie politique, c'est que toutes les catégories y sont posées sous une double forme. Par exemple, dans la distribution figurent : rente foncière, salaire, intérêt et profit, tandis que dans la production terre, travail, capital figurent comme agents de la production. Or, en ce qui concerne le capital, il apparaît clairement dès l'abord qu'il est posé sous deux formes : 1° comme agent de production ; 2° comme source de revenus : comme formes de distribution déterminées et déterminantes. Par suite, intérêt et profit figurent aussi en tant que tels dans la production, dans la mesure où ils sont des formes sous lesquelles le capital augmente, s'accroît, donc des facteurs de sa production même. Intérêt et profit, en tant que formes de distribution, supposent le capital considéré comme agent de la production. Ce sont des modes de distribution qui ont pour postulat le capital comme agent de la production. Ce sont également des modes de reproduction du capital.</p>
<p>De même, le salaire est le travail salarié, que les économistes considèrent sous une autre rubrique : le caractère déterminé d'agent de production que possède ici le travail apparaît là comme détermination de la distribution. Si le travail n'était pas défini comme travail salarié, le mode suivant lequel il participe à la répartition des produits n'apparaîtrait pas sous la forme de salaire : c'est le cas par exemple dans l'esclavage. Enfin la rente foncière, pour prendre tout de suite la forme la plus développée de la distribution, par laquelle la propriété foncière participe à la répartition des produits, suppose la grande propriété foncière (à vrai dire la grande agriculture) comme agent de production, et non tout simplement la terre, pas plus que le salaire ne suppose le travail tout court. Les rapports et les modes de distribution apparaissent donc simplement comme l'envers des agents de production. Un individu qui participe à la production sous la forme du travail salarié participe sous la forme du salaire à la répartition des produits, résultats de la production. La structure de la distribution est entièrement déterminée par la structure de la production. La distribution est elle-même un produit de la production non seulement en ce qui concerne l'objet, le résultat de la production seul pouvant être distribué, mais aussi en ce qui concerne la forme, le mode précis de participation à la production déterminant les formes particulières de la distribution, c'est-à-dire déterminant sous quelle forme le producteur participera à la distribution. Il est absolument illusoire de placer la terre dans la production, la rente foncière dans la distribution, etc...</p>
<p>Des économistes comme Ricardo, auxquels on a le plus reproché de n'avoir en vue que la production, ont par suite défini la distribution comme l'objet exclusif de l'économie politique, parce qu'instinctivement ils voyaient dans les formes de distribution l'expression la plus nette des rapports fixes des agents de production dans une société donnée.</p>
<p>Par rapport à l'individu isolé, la distribution apparaît naturellement comme une loi sociale qui conditionne sa position à l'intérieur de la production dans le cadre de laquelle il produit, et qui précède donc la production. De par son origine, l'individu n'a pas de capital, pas de propriété foncière. Dès sa naissance, il est réduit au travail salarié par la distribution sociale. Mais le fait même qu'il y soit réduit résulte de l'existence du capital, de la propriété foncière comme agents de production indépendants.</p>
<p>Si l'on considère des sociétés entières, la distribution, à un autre point de vue encore, semble précéder la production et la déterminer ; pour ainsi dire comme un fait prééconomique. Un peuple conquérant partage le pays entre les conquérants et impose ainsi une certaine répartition et une certaine forme de la propriété foncière : Il détermine donc la production. Ou bien il fait des peuples conquis des esclaves et fait ainsi du travail servile la base de la production. Ou bien un peuple, par la révolution, brise la grande propriété et la morcelle ; il donne donc ainsi par cette nouvelle distribution un nouveau caractère à la production. Ou bien enfin la législation perpétue la propriété foncière dans certaines familles, ou fait du travail un privilège héréditaire et lui imprime ainsi un caractère de caste. Dans tous ces cas, et tous sont historiques, la distribution ne semble pas être organisée et déterminée par la production, mais inversement la production semble l'être par la distribution.</p>
<p>Dans sa conception la plus banale, la distribution apparaît comme distribution des produits, et ainsi comme plus éloignée de la production et pour ainsi dire indépendante de celle-ci. Mais, avant d'être distribution des produits, elle est : 1° distribution des instruments de production, et 2°, ce qui est une autre détermination du même rapport, distribution des membres de la société entre les différents genres de production. (Subordination des individus à des rapports de production déterminés.) La distribution des produits n'est manifestement que le résultat de cette distribution, qui est incluse dans le procès de production lui-même et détermine la structure de la production. Considérer la production sans tenir compte de cette distribution, qui est incluse en elle, c'est manifestement abstraction vide, alors qu'au contraire la distribution des produits est impliquée par cette distribution, qui constitue à l'origine un facteur même de la production. Ricardo, à qui il importait de concevoir la production moderne dans sa structure sociale déterminée et qui est l'économiste de la production par excellence [8], affirme pour cette raison que ce n'estpas la production, mais la distribution qui constitue le sujet véritable de l'économie politique moderne. D'où l'absurdité des économistes qui traitent de la production comme d'une vérité éternelle, tandis qu'ils relèguent l'histoire dans le domaine de la distribution.</p>
<p>La question de savoir quel rapport s'établit entre la distribution et la production qu'elle détermine relève manifestement de la production même. Si l'on prétendait qu'alors, du fait que la production a nécessairement son point de départ dans une certaine distribution des instruments de production, la distribution, au moins dans ce sens, précède la production, en constitue la condition préalable, on pourrait répondre à cela que la production a effectivement ses propres conditions et prémisses, qui en constituent des facteurs. Ces derniers peuvent apparaître tout au début comme des données naturelles. Le procès même de la production transforme ces données naturelles en données historiques et, s'ils apparaissent pour une période comme des prémisses naturelles de la production, ils en ont été pour une autre période le résultat historique. Dans le cadre même de la production, ils sont constamment modifiés. Par exemple, le machinisme a modifié aussi bien la distribution des instruments de production que celle des produits. La grande propriété foncière moderne elle-même est le résultat aussi bien du commerce moderne et de l'industrie moderne que de l'application de cette dernière à l'agriculture.</p>
<p>Les, questions soulevées plus haut se ramènent toutes en dernière instance à celle de savoir comment des conditions historiques générales interviennent dans la production et quel est le rapport de celle-ci avec le mouvement historique en général. La question relève manifestement de la discussion et de l'analyse de la production elle-même.</p>
<p>Cependant, sous la forme triviale où elles ont été soulevées plus haut, on peut les régler également d'un mot. Dans toutes les conquêtes, il y a trois possibilités. Le peuple conquérant impose au peuple conquis son propre mode de production (par exemple les Anglais en Irlande dans ce siècle, en partie dans l'Inde) ; ou bien il laisse subsister l'ancien mode de production et se contente de prélever un tribut (par exemple les Turcs et les Romains) ; ou bien il se produit une action réciproque qui donne naissance à quelque chose de nouveau, à une synthèse (en partie dans les conquêtes germaniques). Dans tous les cas, le mode de production, soit celui du peuple conquérant ou celui du peuple conquis, ou encore celui qui provient de la fusion des deux précédents, est déterminant pour la distribution nouvelle qui apparaît. Bien que celle-ci se présente comme condition préalable de la nouvelle période de production, elle est ainsi elle-même à son tour un produit de la production, non seulement de la production historique en général, mais de telle ou telle production historique déterminée.</p>
<p>Les Mongols, par leurs dévastations en Russie par exemple, agissaient conformément à leur mode de production fondé sur le pâturage, qui exigeait comme condition essentielle de grands espaces inhabités. Les barbares germaniques, dont le mode de production traditionnel comportait la culture par les serfs et la vie isolée à la campagne, purent d'autant plus facilement soumettre les provinces romaines à ces conditions, que la concentration de la propriété terrienne qui s'y était opérée avait déjà complètement bouleversé l'ancien régime de l'agriculture.</p>
<p>C'est une image traditionnelle que dans certaines périodes on n'aurait vécu que de pillage. Mais, pour pouvoir piller, il faut qu'il existe quelque chose à piller, donc une production. Et le mode de pillage est lui-même à son tour déterminé par le mode de production. Une stock-jobbing nation [nation de spéculateurs en Bourse] par exemple ne peut pas être pillée comme une nation de vachers.</p>
<p>En la personne de l'esclave, l'instrument de production est directement ravi. Mais alors la production du pays, au profit duquel il est ravi, doit être organisée de telle sorte qu'elle permette le travail d'esclave, ou (comme dans l'Amérique du Sud, etc.) il faut que l'on crée un mode de production conforme à l'esclavage.</p>
<p>Des lois peuvent perpétuer dans certaines familles un instrument de production, par exemple la terre. Ces lois ne prennent une importance économique que lorsque la grande propriété foncière est en harmonie avec la production sociale, comme en Angleterre par exemple. En France, on a pratiqué la petite culture malgré l'existence de la grande propriété foncière, aussi cette dernière fut-elle détruite par la Révolution. Mais qu'advient-il si l'on prétend perpétuer par des lois le morcellement par exemple. Malgré ces lois, la propriété se concentre de nouveau. Il y a lieu de déterminer à part quelle influence les lois exercent sur le maintien des rapports de distribution et par suite quelle est leur influence sur la production.<br class='autobr' />
c) Échange et production</p>
<p>La circulation elle-même n'est qu'un moment déterminé de l'échange ou encore l'échange considéré dans sa totalité.</p>
<p>Dans la mesure où l'échange n'est qu'un facteur servant d'intermédiaire entre la production et la distribution qu'elle détermine ainsi que la consommation ; dans la mesure d'autre part où cette dernière apparaît elle-même comme un facteur de la production, l'échange est manifestement aussi inclus dans cette dernière en tant que moment.</p>
<p>Premièrement, il est évident que l'échange d'activités et de capacités qui s'effectue dans la production elle-même en fait directement partie et en est un élément essentiel. Deuxièmement, cela est vrai de l'échange des produits pour autant que cet échange est l'instrument qui sert à fournir le produit achevé destiné à la consommation immédiate. Dans cette mesure, l'échange lui-même est un acte inclus dans la production. Troisièmement, l'échange (exchange) entre marchands (dealers) est, de par son organisation, à la fois déterminé entièrement par la production et lui-même activité productive. L'échange n'apparaît comme indépendant à côté de la production, comme indifférent vis-à-vis d'elle, que dans le dernier stade, où le produit est échangé immédiatement pour être consommé. Mais, 1° il n'y a pas d'échange sans division du travail, que celle-ci soit naturelle ou même déjà un résultat historique ; 2° l'échange privé suppose la production privée ; 3° l'intensité de l'échange comme son extension et son mode sont déterminés par le développement et la structure de la production. Par exemple, l'échange entre la ville et la campagne ; l'échange à la campagne, à la ville, etc. Dans tous ces moments, l'échange apparaît donc comme directement compris dans la production, ou déterminé par elle.</p>
<p>Le résultat auquel nous arrivons n'est pas que la production, la distribution, l'échange, la consommation sont identiques, mais qu'ils sont tous des éléments d'une totalité, des différenciations à l'intérieur d'une unité. La production déborde aussi bien son propre cadre dans sa détermination antithétique d'elle-même que les autres moments. C'est à partir d'elle que recommence sans cesse le procès. Il va de soi qu'échange et consommation ne peuvent être ce qui l'emporte. Il en est de même de la distribution en tant que distribution des produits. Mais, en tant que distribution des agents de production, elle est elle-même un moment de la production. Une production déterminée détermine donc une consommation, une distribution, un échange déterminés, elle règle également les rapports réciproques déterminés de ces différents moments. A vrai dire, la production, elle aussi, sous sa forme exclusive, est, de son côté, déterminée par les autres facteurs. Par exemple quand le marché, c'est-à-dire la sphère de l'échange, s'étend, le volume de la production s'accroît et il s'opère en elle une division plus profonde. Une transformation de la distribution entraîne une transformation de la production ; c'est le cas, par exemple, quand il y a concentration du capital, ou répartition différente de la population à la ville et à la campagne, etc. Enfin les besoins inhérents à la consommation déterminent la production. Il y a action réciproque entre les différents moments. C'est le cas pour n'importe quelle totalité organique.<br class='autobr' />
III. La méthode de l'économie politique</p>
<p>Quand nous considérons un pays donné au point de vue de l'économie politique, nous commençons par étudier sa population, la division de celle-ci en classes, sa répartition dans les villes, à la campagne, au bord de la mer, les différentes branches de production, l'exportation et l'importation, la production et la consommation annuelles, les prix des marchandises, etc.</p>
<p>Il semble que ce soit la bonne méthode de commencer par le réel et le concret, qui constituent la condition préalable effective, donc en économie politique, par exemple, la population qui est la base et le sujet de l'acte social de production tout entier. Cependant, à y regarder de plus près, on s'aperçoit que c'est là une erreur. La population est une abstraction si l'on néglige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont à leur tour un mot creux si l'on ignore les éléments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salarié, le capital etc. Ceux-ci supposent l'échange, la division du travail, les prix, etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salarié, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commençait ainsi par la population, on aurait une représentation chaotique du tout et, par une détermination plus précise, par l'analyse, on aboutirait à des concepts de plus en plus simples ; du concret figuré ou passerait à des abstractions de plus en plus minces, jusqu'à ce que l'on soit arrivé aux déterminations les plus simples. Partant de là, il faudrait refaire le chemin à rebours jusqu'à ce qu'enfin on arrive de nouveau à la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la représentation chaotique d'un tout, mais une riche totalité de déterminations et de rapports nombreux. La première voie est celle qu'a prise très historiquement l'économie politique à sa naissance. Les économistes du XVII° siècle, par exemple, commencent toujours par une totalité vivante : population, nation, État, plusieurs États ; mais ils finissent toujours par dégager par l'analyse quelques rapports généraux abstraits déterminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. Dès que ces facteurs isolés ont été plus ou moins fixés et abstraits, les systèmes économiques ont commencé, qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'échange, pour s'élever jusqu'à l'État, les échanges entre nations et le marché mondial. Cette dernière méthode est manifestement la méthode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synthèse de multiples déterminations, donc unité de la diversité. C'est pourquoi il apparaît dans la pensée comme procès de synthèse, comme résultat, non comme point de départ, bien qu'il soit le véritable point de départ et par suite également le point de départ de la vue immédiate et de la représentation. La première démarche a réduit la plénitude de la représentation à une détermination abstraite ; avec la seconde, les déterminations abstraites conduisent à la reproduction du concret par la voie de la pensée. C'est pourquoi Hegel est tombé dans l'illusion de concevoir le réel comme le résultat de la pensée, qui se concentre en elle-même, s'approfondit en elle-même, se meut par elle-même, alors que la méthode qui consiste à s'élever de l'abstrait au concret n'est pour la pensée que la manière de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pensé. Mais ce n'est nullement là le procès de la genèse du concret lui-même. Par exemple, la catégorie économique la plus simple, mettons la valeur d'échange, suppose la population, une population produisant dans des conditions déterminées ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'État, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilatérale et abstraite d'un tout concret, vivant, déjà donné. Comme catégorie, par contre, la valeur d'échange mène une existence antédiluvienne. Pour la conscience - et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pensée qui conçoit constitue l'homme réel et, par suite, le monde n'apparaît comme réel qu'une fois conçu - pour la conscience, donc, le mouvement des catégories apparaît comme l'acte de production réel - qui reçoit une simple impulsion du dehors et on le regrette - dont le résultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore là une tautologie) est exact dans la mesure où la totalité concrète en tant que totalité pensée, en tant que représentation mentale du concret, est en fait un produit de la pensée, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-même, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue immédiate et de la représentation, mais un produit de l'élaboration de concepts à partir de la vue immédiate et de la représentation. Le tout, tel qu'il apparaît dans l'esprit comme une totalité pensée, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule façon qu'il lui soit possible, d'une façon qui diffère de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Après comme avant, le sujet réel subsiste dans son indépendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activité purement spéculative, purement théorique. Par conséquent, dans l'emploi de la méthode théorique aussi, il faut que le sujet, la société, reste constamment présent à l'esprit comme donnée première.</p>
<p>Mais ces catégories simples n'ont-elles pas aussi une existence indépendante, de caractère historique ou naturel, antérieure à celle des catégories plus concrètes ? Ça dépend [9]. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre maîtres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communautés de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non à celui de la propriété. Par rapport à la propriété, la catégorie la plus simple apparaît donc comme le rapport de communautés simples de familles ou de tribus. Dans la société parvenue à un stade supérieur, elle apparaît comme le rapport plus simple d'une organisation plus développée. Mais on présuppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de possession. On peut se représenter un sauvage isolé qui possède. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession évolue jusqu'à la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette « catégorie juridique plus concrète ». Cependant il n'en demeurerait pas moins que les catégories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore développé a pu s'être réalisé sans avoir encore posé la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la catégorie plus concrète ; tandis que le concret plus développé laisse subsister cette même catégorie comme un rapport subordonné. L'argent peut exister et a existé historiquement avant que n'existât le capital, que n'existassent les banques, que n'existât le travail salarié, etc. A cet égard, on peut donc dire que la catégorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins développé ou, au contraire, des rapports subordonnés d'un tout plus développé qui existaient déjà historiquement avant que le tout ne se développât dans le sens qui trouve son expression dans une catégorie plus concrète. Dans cette mesure, la marche de la pensée abstraite, qui s'élève du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique réel. D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de société très développées, mais qui historiquement manquent assez de maturité, dans lesquelles on trouve les formes les plus élevées de l'économie, comme par exemple la coopération, une division du travail développée, etc., sans qu'existe aucune sorte de monnaie, par exemple le Pérou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'échange qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu à l'intérieur de chaque communauté, mais ils apparaissent à leurs frontières, dans leur trafic avec d'autres communautés. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'échange au centre des communautés, d'en faire l'élément qui les constitue à l'origine. Au début, il apparaît au contraire dans les relations des diverses communautés entre elles, bien plutôt que dans les relations des membres à l'intérieur d'une seule et même communauté. De plus, quoique l'argent apparaisse très tôt et joue un rôle multiple, il est dans l'antiquité, en tant qu'élément dominant, l'apanage de nations déterminées unilatéralement, de nations commerçantes. Et même dans l'antiquité la plus cultivée, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet développement, postulat de la société bourgeoise moderne, que dans la période de leur dissolution. Donc cette catégorie pourtant toute simple n'apparaît historiquement avec toute sa vigueur que dans les États les plus développés de la société. Elle ne se fraie nullement un chemin à travers tous les rapports économiques. Dans l'Empire romain, par exemple, à l'époque de son plus grand développement, l'impôt en nature et les prestations en nature demeurèrent le fondement. Le système monétaire à proprement parler n'y était complètement développé que dans l'armée. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalité du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la catégorie la plus simple puisse avoir existé avant la plus concrète, elle peut appartenir dans son complet développement - en compréhension et en extension - précisément à une forme de société complexe [10], alors que la catégorie plus concrète se trouvait plus complètement développée dans une forme de société qui, elle, l'était moins.</p>
<p>Le travail semble être une catégorie toute simple. L'idée du travail dans cette universalité - comme travail en général - est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, conçu du point de vue économique sous cette forme simple, le « travail » est une catégorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le système monétaire, par exemple, place encore d'une façon tout à fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport à ce point de vue, ce fut un grand progrès quand le système manufacturier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet à l'activité subjective le travail commercial et manufacturier -, tout en ne concevant encore cette activité elle-même que sous la forme limitée de productrice d'argent. En face de ce système, le système des physiocrates pose une forme déterminée du travail - l'agriculture - comme la forme de travail créatrice de richesse et pose l'objet lui-même non plus sous la forme déguisée de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme résultat général du travail. Ce produit, en raison du caractère limité de l'activité, reste encore un produit déterminé par la nature - produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence [11].</p>
<p>Un énorme progrès fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute détermination particulière de l'activité créatrice de richesse pour ne considérer que le travail tout court, c'est-à-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caractère commun. Avec la généralité abstraite de l'activité créatrice de richesse apparaît alors également la généralité de l'objet dans la détermination de richesse, le produit considéré absolument, ou encore le travail en général, mais en tant que travail passé, objectivé dans un objet. L'exemple d'Adam Smith, qui retombe lui-même de temps à autre dans le système des physiocrates, montre combien était difficile et important le passage à cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on eût par là simplement trouvé l'expression abstraite de la relation la plus simple et la plus ancienne qui s'établit - dans quelque forme de société que ce soit - entre les hommes considérés en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre, non. L'indifférence à l'égard d'un genre déterminé de travail présuppose l'existence d'une totalité très développée de genres de travaux réels dont aucun n'est plus absolument prédominant. Ainsi, les abstractions les plus générales ne prennent somme toute naissance qu'avec le développement concret le plus riche, où un caractère apparaît comme commun à beaucoup, comme commun à tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particulière seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en général n'est pas seulement le résultat dans la pensée d'une totalité concrète de travaux. L'indifférence à l'égard de tel travail déterminé correspond à une forme de société dans laquelle les individus passent avec facilité d'un travail à l'autre et dans laquelle le genre précis de travail est pour eux fortuit, donc indifférent. Là le travail est devenu non seulement sur le plan des catégories, mais dans la réalité même, un moyen de créer la richesse en général et a cessé, en tant que détermination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet état de choses a atteint son plus haut degré de développement dans la forme d'existence la plus moderne des sociétés bourgeoises, aux États-Unis. C'est donc là seulement que l'abstraction de la catégorie « travail », « travail en général », travail « sans phrase » [12], point de départ de l'économie moderne, devient vérité pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'économie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport très ancien et valable pour toutes les formes de société, n'apparaît pourtant sous cette forme abstraite comme vérité pratique qu'en tant que catégorie de la société la plus moderne. On pourrait dire que cette indifférence à l'égard d'une forme déterminée de travail, qui se présente aux États-Unis comme produit historique, apparaît chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais, d'une part, quelle sacrée différence entre des barbares qui ont des dispositions naturelles à se laisser employer à tous les travaux et des civilisés qui s'y emploient eux-mêmes. Et, d'autre part, chez les Russes, à cette indifférence à l'égard d'un travail déterminé correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel à un travail bien déterminé, auquel ne peuvent les arracher que des influences extérieures.</p>
<p>Cet exemple du travail montre d'une façon frappante que même les catégories les plus abstraites, bien que valables - précisément à cause de leur nature abstraite - pour toutes les époques, n'en sont pas moins sous la forme déterminée de cette abstraction même le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables que pour ces conditions et dans le cadre de celles-ci.</p>
<p>La société bourgeoise est l'organisation historique de la production la plus développée et la plus variée qui soit. De ce fait, les catégories qui expriment les rapports de cette société et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en même temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de société disparues avec les débris et les éléments desquelles elle s'est édifiée, dont certains vestiges, partiellement non encore dépassés, continuent à subsister en elle, et dont certains simples signes, en se développant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les espèces animales inférieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme supérieure que lorsque la forme supérieure est elle-même déjà connue. Ainsi l'économie bourgeoise nous donne la clef de l'économie antique, etc. Mais nullement à la manière des économistes qui effacent toutes les différences historiques et voient dans toutes les formes de société celles de la société bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la dîme, etc., quand on connaît la rente foncière. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la société bourgeoise n'est elle-même qu'une forme antithétique du développement historique, il est des rapports appartenant à des formes de société antérieures que l'on pourra ne rencontrer en elle que tout à fait étiolés, ou même travestis. Par exemple, la propriété communale. Si donc il est vrai que les catégories de l'économie bourgeoise possèdent une certaine vérité valable pour toutes les autres formes de société, cela ne peut être admis que cum grano, salis [avec un grain de sel]. Elles peuvent receler ces formes développées, étiolées, caricaturées, etc., mais toujours avec une différence essentielle. Ce que l'on appelle développement historique repose somme toute sur le fait que la dernière forme considère les formes passées comme des étapes menant à son propre degré de développement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien déterminées, de faire sa propre critique - il n'est naturellement pas question ici des périodes historiques qui se considèrent elles-mêmes comme des époques de décadence - elle les conçoit toujours sous un aspect unilatéral. La religion chrétienne n'a été capable d'aider à comprendre objectivement les mythologies antérieures qu'après avoir achevé jusqu'à un certain degré, pour ainsi dire [...] [virtuellement], sa propre critique. De même l'économie politique bourgeoise ne parvint à comprendre les sociétés féodales, antiques, orientales que du jour où eut commencé l'autocritique de la société bourgeoise. Pour autant que l'économie politique bourgeoise, créant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifiée au passé, sa critique des sociétés antérieures, en particulier de la société féodale, contre laquelle elle avait encore à lutter directement, a ressemblé à la critique du paganisme par le christianisme, ou encore à celle du catholicisme par le protestantisme.</p>
<p>De même que dans toute science historique ou sociale en général, il ne faut jamais oublier, à propos de la marche des catégories économiques, que le sujet, ici la société bourgeoise moderne, est donné, aussi bien dans la réalité que dans le cerveau, que les catégories expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence déterminées, souvent de simples aspects particuliers de cette société déterminée, de ce sujet, et que par conséquent cette société ne commence nullement à exister, du point de vue scientifique aussi, à partir du moment seulement où il est question d'elle en tant que telle. C'est une règle à retenir, car elle fournit des indications décisives pour le choix du plan à adopter. Rien ne semble plus naturel, par exemple, que de commencer par la rente foncière, par la propriété foncière, étant donné qu'elle est liée à la terre, source de toute production et de toute existence, et par elle à la première forme de production de toute société parvenue à une certaine stabilité - à l'agriculture. Or rien ne serait plus erroné. Dans toutes les formes de société, c'est une production déterminée et les rapports engendrés par elle qui assignent à toutes les autres productions et aux rapports engendrés par celles-ci leur rang et leur importance. C'est comme un éclairage général où sont plongées toutes les couleurs et qui en modifie les tonalités particulières. C'est comme un éther particulier qui détermine le poids spécifique de toutes les formes d'existence qui y font saillie. Voici, par exemple, des peuples de bergers. (De simples peuples de chasseurs et de pêcheurs sont en deçà du point où commence le véritable développement.) Chez eux apparaît une certaine forme d'agriculture, une forme sporadique. C'est ce qui détermine chez eux la forme de la propriété foncière. C'est une propriété collective et elle conserve plus ou moins cette forme selon que ces peuples restent plus ou moins attachés à leur tradition : exemple, la propriété communale des Slaves. Chez les peuples à agriculture solidement implantée - cette implantation constitue déjà une étape importante - où prédomine cette forme de culture, comme dans les sociétés antiques et féodales, l'industrie elle-même, ainsi que son organisation et les formes de propriété qui lui correspondent, a plus ou moins le caractère de la propriété foncière. Ou bien l'industrie dépend complètement de l'agriculture, comme chez les anciens Romains, ou bien, comme au moyen âge, elle imite à la ville et dans ses rapports l'organisation rurale. Le capital lui-même au moyen âge - dans la mesure où il ne s'agit pas purement de capital monétaire - a, sous la forme d'outillage de métier traditionnel, etc., ce caractère de propriété foncière. Dans la société bourgeoise, c'est l'inverse. L'agriculture devient de plus en plus une simple branche de l'industrie et elle est entièrement dominée par le capital. Il en est de même de la rente foncière. Dans toutes les formes de société où domine la propriété foncière, le rapport avec la nature reste prépondérant. Dans celles où domine le capital, c'est l'élément social créé au cours de l'histoire qui prévaut. On ne peut comprendre la rente foncière sans le capital. Mais on peut comprendre le capital sans la rente foncière. Le capital est la force économique de la société bourgeoise qui domine tout. Il constitue nécessairement le point de départ comme le point final et doit être expliqué avant la propriété foncière. Après les avoir étudiés chacun en particulier, il faut examiner leur rapport réciproque.</p>
<p>Il serait donc impossible et erroné de ranger les catégories économiques dans l'ordre où elles ont été historiquement déterminantes. Leur ordre est au contraire déterminé par les relations qui existent entre elles dans la société bourgeoise moderne et il est précisément à l'inverse de ce qui semble être leur ordre naturel ou correspondre à leur ordre de succession au cours de l'évolution historique. Il ne s'agit pas de la relation qui s'établit historiquement entre les rapports économiques dans la succession des différentes formes de société. Encore moins de leur ordre de succession « dans l'idée » (Proudhon) (conception nébuleuse du mouvement historique). Il s'agit de leur hiérarchie dans le cadre de la société bourgeoise moderne.</p>
<p>L'état de pureté (détermination abstraite) dans lequel apparurent dans le monde antique les peuples commerçants - Phéniciens, Carthaginois - est déterminé par la prédominance même des peuples agriculteurs. Le capital en tant que capital commercial ou capital monétaire apparaît précisément sous cette forme abstraite là où le capital n'est pas encore l'élément dominant des sociétés. Les Lombards, les Juifs occupent la même position à l'égard des sociétés du moyen âge pratiquant l'agriculture.</p>
<p>Autre exemple de la place différente qu'occupent ces mêmes catégories à différents stades de la société : une des dernières formes de la société bourgeoise : les joint stock-companies [sociétés par actions]. Mais elles apparaissent aussi à ses débuts dans les grandes compagnies de commerce privilégiées et jouissant d'un monopole.</p>
<p>Le concept de richesse nationale lui-même s'insinue chez les économistes du XVIII° siècle - l'idée subsiste encore en partie chez ceux du XVIII° - sous cette forme ; la richesse est créée pour l'État seulement, mais la puissance de celui-ci se mesure à cette richesse. C'était là la forme encore inconsciemment hypocrite qui annonce l'idée faisant de la richesse elle-même et de sa production le but final des États modernes, considérés alors uniquement comme moyens de produire la richesse.</p>
<p>Le plan à adopter doit manifestement être le suivant :</p>
<p>1. les déterminations abstraites générales, convenant donc plus ou moins à toutes les formes de société, mais dans le sens exposé plus haut ;</p>
<p>2. les catégories constituant la structure interne de la société bourgeoise et sur lesquelles reposent les classes fondamentales. Capital, travail salarié, propriété foncière. Leurs rapports réciproques. Ville et campagne. Les trois grandes classes sociales. L'échange entre celles-ci. Circulation. Crédit (privé).</p>
<p>3. Concentration de la société bourgeoise sous la forme de l'État. Considéré dans sa relation avec lui-même. Les classes « improductives ». Impôts. Dette publique. Crédit public. La population. Les colonies. Émigration.</p>
<p>4. Rapports internationaux de production. Division internationale du travail. Échange international. Exportation et importation. Cours des changes.</p>
<p>5. Le marché mondial et les crises.<br class='autobr' />
IV. Production. Moyens de production et rapports de production. Rapports de production et rapports de circulation. Formes de l'État et de la conscience par rapport aux conditions de production et de circulation. Rapports juridiques. Rapports familiaux.</p>
<p>Nota bene, en ce qui concerne des points à mentionner ici et a ne pas oublier :</p>
<p>1. La guerre développée antérieurement à la paix : montrer comment par la guerre et dans les armées, etc., certains rapports économiques, comme le travail salarié, le machinisme, etc., se sont développés plus tôt qu'à l'intérieur de la société bourgeoise. De même le rapport entre la force productive et les rapports de circulation particulièrement manifeste dans l'armée.</p>
<p>2. Rapport entre l'histoire idéaliste telle qu'on l'a écrite jusqu'ici et l'histoire réelle. En particulier celles qui se disent histoires de la civilisation, et qui sont toutes histoires de la religion et des États [13]. (A cette occasion, on peut aussi parler des différents genres d'histoire écrite jusqu'à maintenant. L'histoire dite objective. La subjective (morale, etc.). La philosophique [14].)</p>
<p>3. Phénomènes secondaires et tertiaires. D'une façon générale, rapports de production dérivés, transférés, non originaux. Ici entrée en jeu de rapports internationaux.</p>
<p>4. Reproches au sujet du matérialisme de cette conception. Rapport avec le matérialisme naturaliste.</p>
<p>5. Dialectique des concepts force productive (moyens de production) et rapports de production, dialectique dont les limites sont à déterminer et qui ne supprime pas la différence réelle.</p>
<p>6. Le rapport inégal entre le développement de la production matérielle et celui de la production artistique par exemple. D'une manière générale, ne pas prendre l'idée de progrès sous la forme abstraite habituelle. Art moderne, etc. [15]. Cette disproportion est loin d'être aussi importante, ni aussi difficile à saisir que celle qui se produit à l'intérieur des rapports sociaux pratiques. Par exemple, de la culture. Rapport des États-Unis avec l'Europe [16]. Mais la vraie difficulté à discuter ici est celle-ci : comment les rapports de production, en prenant la forme de rapports juridiques, suivent un développement inégal. Ainsi, par exemple, le rapport entre le droit privé romain (pour le droit criminel et le droit public c'est moins le cas) et la production moderne.</p>
<p>7. Cette conception apparaît comme un développement nécessaire. Mais justification du hasard. Comment [17]. (La liberté notamment aussi.) (Influence des moyens de communication. L'histoire universelle n'a pas toujours existé ; l'histoire considérée comme histoire universelle est un résultat [18].)</p>
<p>8. Le point de départ naturellement dans les déterminations naturelles ; subjectivement et objectivement. Tribus, races, etc.</p>
<p>1. Pour l'art, on sait que certaines époques de floraison artistique ne sont nullement en rapport avec le développement général de la société, ni par conséquent avec celui de sa base matérielle, qui est pour ainsi dire l'ossature de son organisation. Par exemple les Grecs comparés aux modernes, ou encore Shakespeare. Pour certaines formes de l'art, l'épopée par exemple, il est même reconnu qu'elles ne peuvent jamais être produites dans la forme classique où elles font époque, dès que la production artistique apparaît en tant que telle ; que donc, dans le domaine de l'art lui-même, certaines de ses créations importantes ne sont possibles qu'à un stade inférieur du développement artistique. Si cela est vrai du rapport des différents genres artistiques à l'intérieur du domaine de l'art lui-même, Il est déjà moins surprenant que cela soit également vrai du rapport du domaine artistique tout entier au développement général de la société. La difficulté ne réside que dans la manière générale de saisir ces contradictions. Dès qu'elles sont spécifiées, elles sont par là même expliquées.</p>
<p>Prenons, par exemple, le rapport de l'art grec d'abord, puis de l'art de Shakespeare avec notre temps. On sait que la mythologie grecque n'a pas été seulement l'arsenal de l'art grec, mais la terre même qui l'a nourri. La façon de voir la nature et les rapports sociaux qui inspire l'imagination grecque et constitue de ce fait le fondement de [la mythologie [19]] grecque est-elle compatible avec les Selfactors [machines à filer automatiques], les chemins de fer, les locomotives et le télégraphe électrique ? Qu'est-ce que Vulcain auprès de Roberts and Co, Jupiter auprès du paratonnerre et Hermès auprès du Crédit mobilier ? Toute mythologie maîtrise, domine les forces de la nature dans le domaine de l'imagination et par l'imagination et leur donne forme : elle disparaît donc quand ces forces sont dominées réellement. Que devient Fama à côté de Printing-house square [20] ? L'art grec suppose la mythologie grecque, c'est-à-dire l'élaboration artistique mais inconsciente de la nature et des formes sociales elles-mêmes par l'imagination populaire. Ce sont là ses matériaux. Ce qui ne veut pas dire n'importe quelle mythologie, c'est-à-dire n'importe quelle élaboration artistique inconsciente de la nature (ce mot sous-entendant ici tout ce qui est objectif, donc y compris la société). Jamais la mythologie égyptienne n'aurait pu fournir un terrain favorable à l'éclosion de l'art grec. Mais il faut en tout cas une mythologie. Donc en aucun cas une société arrivée à un stade de développement excluant tout rapport mythologique avec la nature, tout rapport générateur de mythes, exigeant donc de l'artiste une imagination indépendante de la mythologie.</p>
<p>D'autre part, Achille est-il compatible avec la poudre et le plomb ? Ou, somme toute, l'Iliade avec la presse ou encore mieux la machine à imprimer ? Est-ce que le chant, le poème épique, la Muse ne disparaissent pas nécessairement devant la barre du typographe, est-ce que ne s'évanouissent pas les conditions nécessaires de la poésie épique ?</p>
<p>Mais la difficulté n'est pas de comprendre que l'art grec et l'épopée sont liés à certaines formes du développement social. La difficulté réside dans le fait qu'ils nous procurent encore une jouissance esthétique et qu'ils ont encore pour nous, à certains égards, la valeur de normes et de modèles inaccessibles.</p>
<p>Un homme ne peut redevenir enfant, sous peine de tomber dans la puérilité. Mais ne prend-il pas plaisir à la naïveté de l'enfant et, ayant accédé à un niveau supérieur, ne doit-il pas aspirer lui-même à reproduire sa vérité ? Dans la nature enfantine, chaque époque ne voit-elle pas revivre son propre caractère dans sa vérité naturelle ? Pourquoi l'enfance historique de l'humanité, là où elle a atteint son plus bel épanouissement, pourquoi ce stade de développement révolu à jamais n'exercerait-il pas un charme éternel ? Il est des enfants mal élevés et des enfants qui prennent des airs de grandes personnes. Nombre de peuples de l'antiquité appartiennent à cette catégorie. Les Grecs étaient des enfants normaux. Le charme qu'exerce sur nous leur art n'est pas en contradiction avec le caractère primitif de la société où il a grandi. Il en est bien plutôt le produit et il est au contraire indissolublement lié au fait que les conditions sociales insuffisamment mûres où cet art est né, et où seulement il pouvait naître, ne pourront jamais revenir.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Animal politique. (N. R.)</p>
<p>[2] Dans la version Kautsky : dans la consommation. (N. R.)</p>
<p>[3] Addition de Kautsky à l'original. (N. R.)</p>
<p>[4] Kautsky a lu tel Auflõsung (analyse) au lieu de Aufjassung (Conception). (N. R.)</p>
<p>[5] Cette phrase n'existe pas dans l'original. (N. R.)</p>
<p>[6] Dans le texte de Kautsky : sert. (N. R.)</p>
<p>[7] Dans le texte de Kautsky : d'individus isolés. (N. R.)</p>
<p>[8] En français dans le texte. (N. R.)</p>
<p>[9] En français dans le texte. (N. R.)</p>
<p>[10] Restitué d'après l'original. Dans le texte de Kautsky : grade nur kombinierten gesellschaftsformen (précisément à des formes de société complexes seulement) au lieu de : grade einer kombinierten Gesellschaftsform. (N. R.)</p>
<p>[11] En français dans le texte. (N. R.)</p>
<p>[12] En français dans le texte. (N. R.)</p>
<p>[13] Chez Kautsky ; l'ancienne histoire de la religion et des États. (N. R.)</p>
<p>[14] Les parenthèses dans l'original. (N. R.)</p>
<p>[15] Restitué d'après l'original. (N. R.)</p>
<p>[16] Toute la ponctuation de ce passage, pleine d'erreurs dans le premier déchiffrage, est rétablie tel d'après l'original. (N. R.)</p>
<p>[17] Restitué d'après l'original. (N. R.)</p>
<p>[18] Parenthèses d'après l'original. (N. R.)</p>
<p>[19] Dans l'original, le mot est santé. Nous reprenons le mot « mythologie » donné dans l'édition de Moscou (1939) et qui nous parait plus satisfaisant que le mot « art » de l'édition Kautsky. (N. R.)</p>
<p>[20] Imprimerie du Times. (N. R.)</p></div>
L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais !
http://matierevolution.org/spip.php?article9415
http://matierevolution.org/spip.php?article94152025-12-30T23:35:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisCrise CrisisCapitalisme
<p>éditorial <br class='autobr' />
L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais ! <br class='autobr' />
Les travailleurs révolutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans pêcheurs artisans commerçants et auto-entrepreneurs, l'humanité, le communisme, tous se relèveront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se relèvera jamais ! Il a atteint des limites indépassables, non seulement du point de vue des exploités et des opprimés mais aussi du point de vue de son propre système. <br class='autobr' />
Yémen, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Zaïre, (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-29.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-29-2e21d.jpg?1792817677' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
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<p>éditorial</p>
<h2 class="spip">L'humanité se relèvera, le capitalisme jamais !</h2>
<p>Les travailleurs révolutionnaires, les femmes, les jeunes, les petits paysans pêcheurs artisans commerçants et auto-entrepreneurs, l'humanité, le communisme, tous se relèveront ensemble, mais le capitalisme, lui, ne se relèvera jamais ! Il a atteint des limites indépassables, non seulement du point de vue des exploités et des opprimés mais aussi du point de vue de son propre système.</p>
<p>Yémen, Gaza, Soudan, Mali, Ukraine, Zaïre, Rwanda, Afghanistan, Pakistan, Sahel, Burkina Faso, Syrie, Liban, Cisjordanie, rien que des massacres voulus, approuvés, organisés, armés par les grandes puissances impérialistes ! Et il n'y pas que les guerres et les guerres civiles ! Il y a les dictatures, les fascismes qui s'étendent partout ! De même que les révoltes et révolutions s'étendent partout, en Asie, en Afrique, en Amérique du sud, en Europe…</p>
<p>La plupart des pays du monde ont connu des révoltes et révolutions depuis 2010, suite à l'effondrement économique capitaliste de 2007-2008. La pandémie covid-19, encore une horreur mondiale due au capitalisme, a partiellement étouffé la révolte à partir de 2019. Et les politiques dictatoriales soi-disant anti-covid ont fait le reste.</p>
<p>Pendant que les horreurs dues aux Etats capitalistes s'aggravent sans cesse, les révoltes et révolutions témoignent des capacités de courage, de dévouement, de solidarité, de spontanéité, d'auto-organisation des jeunes, des femmes, des travailleurs des villes et des campagnes, et montrent d'où viendra l'avenir de l'humanité : du peuple travailleur révolutionnaire.</p>
<p>Ce caractère mondial des révolutions et des contre-révolutions démontre que c'est bien les fondements du monde qui sont ébranlés et non tel ou tel régime (Moubarak ou Ben Ali), telle ou telle région (monde arabe ou Afrique), tel ou tel gouvernement, telle ou telle situation particulière (des femmes, des jeunes, des plus démunis, etc.), telle ou telle usure du pouvoir, telle ou telle situation politique ou économique particulière qui sont en cause. Cela touche aussi bien les pays riches que les pays pauvres, les pays occidentaux que orientaux, du nord et du sud, de l'est et de l'ouest, les dictatures que les prétendues démocraties.</p>
<p>Une telle situation mondiale a une cause qui est fondamentalement économique (la saturation en capitaux par rapport aux capacités limitées des investissements productifs) et c'est le résultat inévitable de la chute historique, elle aussi mondiale, du système de domination capitaliste (de son mode de production) qui a atteint ses limites et ne peut plus se relancer. En effet, ce qui a causé la chute mondiale des marchés capitalistes en 2007 et qui continue de saper l'économie capitaliste n'est ni une récession, ni l'inflation, ni la démondialisation de Trump, ni les effondrements des monnaies, ni les bulles boursières, ni les problèmes de l'énergie, ni la faillite des Etats et des banques centrales, tout cela n'étant que des conséquences.</p>
<p>On ne peut pas prédire de quoi l'avenir sera fait (à quel moment, à quel rythme, pour quelle raison occasionnelle, cette chute se produira, avec quel point de départ, avec quelle conséquence), mais on peut être certains d'une chose : le système à l'agonie nous menace tous de mort, de barbarie, de violences de masse, quelque soit notre pays, notre région, nos situations, nos origines, etc.</p>
<p>Ce qui est certain aussi, c'est que la cause principale n'est pas ce que l'on nous en dit : crise climatique, crise migratoire, crise écologique, crise démographique, crise pandémique, crise des dépenses de l'Etat, crise énergétique, crise générationnelle, crise interethnique, interreligieuse, inter-civilisationnelle, crise est-ouest, crise djihadiste et terroriste, crise des bitcoins, crise de l'IA, crise guerrière, crise de la mondialisation ou de la financiarisation, crise de la robotisation, etc. La cause n'est même pas la misère des plus démunis et le grand écart entre riches et pauvres, ni la révolte des peuples. La cause est écconomique et pourtant, ce n'est même pas une crise classique du capitalisme.</p>
<p>Le capitalisme pourrait parfaitement se remettre de n'importe laquelle des crises que nous venons de citer et même de toutes mais pas du problème crucial et fondamental qui le mine depuis le début des années 2000 : la saturation complète de l'accumulation des capitaux. La quantité mondiale du capital a augmenté de manière folle toutes les dernières décennies et on pourrait se dire que c'est un grand succès pour le grand capital. Seulement c'est un succès qui dépasse ses capacités… Où placer tous ces capitaux ? Dans la sphère des investissements productifs s'investit une part sans cesse plus faible du capital total qui peut s'investir. Du coup, il devient vital que les Etats et les banques centrales comme les particuliers détenteurs de capitaux inventent des investissements non productifs nouveaux et en quantité. En s'aidant des spéculations, des dettes publiques et privées, des bitcoins, de l'intelligence artificielle et autres, on peut sans cesse créer des faux investissements et qui rapportent vraiment de l'argent. Mais toutes ces méthodes artificielles pour offrir des profits aux capitaux ont un défaut majeur : elles accroissent follement la masse des capitaux qui ne se tournent pas vers l'investissement productif et la part de ces capitaux dans le capital total grandit sans cesse, contribuant à serrer le nœud qui étouffe le système capitaliste. Car la spéculation permet à un capitaliste de s'enrichir mais pas au système tout entier de s'enrichir. La richesse du capitalisme est toujours fondamentalement provenue de l'exploitation du travail humain (la plus-value accroissant le capital par son réinvestissemnt productif), même si les capitalistes ont toujours entretenu l'illusion que ce seraient eux, le Capital et non le Travail, qui créeraient de la richesse. Or ce système n'a jamais été capable de vivre sans accroitre sans cesse le capital. Seules de brèves chutes des profits (les crises capitalistes) étaient tolérables et la destruction de capital qu'elles engendraient était compensée par le fait que ces crises épuraient le capitalisme de ses canards boiteux, lui permettant de repartir de plus belle. Dans la situation actuelle, une telle crise n'est plus tolérable pour le capitalisme car il la juge « systémique », ce qui signifie qu'une simple crise de régulation menacerait de mort le système tout en entier !</p>
<p>Nous ne pouvons pas empêcher le capitalisme de s'effondrer n'en déplaise à tous les fans des « solutions » réformistes. Nous ne pouvons que nous saisir de la situation et tenter de transformer chaque faiblesse du système en armes des prolétaires révolutionnaires.</p>
<p>En somme, nous n'avons ni à rire ni à pleurer sur la fin du capitalisme. C'est lui-même qui est la cause de cette autodestruction et qui annonce sa mort en sonnant le glas par maints symptômes plus atroces les uns que les autres. Aucune raison de regretter le vieux système d'exploitation et d'oppression, mais pas de raiosn de se réjouir non plus car rien n'est réglé et seule l'intervention directe du prolétairat révolutionnaire peut nous permettre de tourner la page de l'Histoire de l'humanité.</p>
<p>Et plus les classes possédantes se convainquent que leur avenir est bouché, plus ils manipulent le racisme, le machisme, le fascisme, toutes les haines, toutes les peurs, toutes les divisions, tous les fantasmes, toutes les inepties, tous les appétits sales, horribles, toutes les brutes galonnées sanguinaires, tous les meutriers, tous les terroristes du monde entier. La barbarie ne meurt pas en même temps que le capitalisme, elle s'accroit jusqu'au triomphe de la révolution sociale !</p>
<p>Les révoltes et révolutions ont agi dans le sens diamétralement opposé à cette montée de la barbarie dans les actes et dans les esprits. Là où les peuples sont le plus durement divisés en ethnies, en clans, en couleurs de peaux, en origines diveres, en religions, en régions, entre nationaux et migrants, entre hommes et femmes, entre riches et pauvres, ces mouvements de masse ont justement mis en avant tous les opprimés et tous les exploités, tous unis, reniant souvent le poids oppressif de tout un vieux passé (les femmes en tête en Iran comme en Tunisie, en Algérie, en Egypte ou au Soudan, les ethnies et clans balayés au Liban, par exemple).</p>
<p>Mais les Etats, ces pouvoirs du grand capital, sont plus présents que jamais, disent les sceptiques en ce qui concerne la mort du capitalisme. Oui, mais le système ne peut se contenter des aides étatiques pour survivre. Son fonctionnement économique est bien plus important. Plus il fait appel au soutien des Etats et des banques centrales plus sa chute s'aggrave car la part des capitaux non issus du secteur productif grandit d'autant plus et la plus-value n'est plus à la base du profit. Un capitaliste individuel se moque d'où vient l'argent pourvu qu'il remplisse sans cesse davantage les coffres mais le système tout entier ne peut pas s'en moquer ! Et le capitalisme accumule des capitaux sans accroitre la richesse réelle. Le gouffre grandit qui sépare la richesse fictive de la richesse réelle. Au point que ce gouffre fait peur aux classes dirigeantes elles-mêmes et les pousse dans les voies folles de la marche à la guerre mondiale, au fascisme mondial, à la dictature et aux massacres de masse meançant toute l'humanité… Tout cela vaut mieux aux yeux des classes possédantes que les risques mortels de la révolution sociale renversant définitivement le pouvoir économique et politique de la classe capitaliste !</p>
<h2 class="spip">Pour le peuple travailleur, la révolution socialiste demandera de grands efforts mais elle nous coutera moins cher que les souffrances que les classes dirigeantes nous préparent !</h2>
<p>La crise du capitalisme et les perspectives pour les révolutionnaires</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1135</a></p>
<p>Le système capitaliste a-t-il déjà chuté de lui-même ou ne pourra-t-il chuter que par la révolution ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5988</a></p>
<p>La situation actuelle du capitalisme, est-ce une crise classique ou quoi d'autre ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1794</a></p>
<p>Le point de vue de l'économiste François Chesnais sur la fin du capitalisme</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/chesnais/limites_infranchissables.pdf</a></p>
<p>Crise grave, crise systémique ou bout du monde pour le capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431</a></p>
<p>Capitalisme : de la construction à la destruction</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5939</a></p>
<p>L'humanité est frappée mortellement mais c'est le grand capital qui est en soins palliatifs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6106</a></p>
<p>Comment nous allons vivre l'effondrement du capitalisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960</a></p>
<p>Les théories de l'effondrement capitaliste, adeptes et détracteurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7441</a></p>
<p>Le capitalisme à l'agonie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4518</a></p>
<p>Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien réussi à accumuler du capital</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p>Agir contre ses propres principes en s'autodétruisant, personne n'imagine le capitalisme faire cela et pourtant…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7556</a></p>
<p>Crise ou mort du capitalisme ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1976</a></p>
<p>Quand les gouvernants en sont réduits à la seule violence directe, c'est que la dynamique capitaliste est morte</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6174</a></p>
<p>Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4084</a></p>
<p>Pourquoi la dynamique du capitalisme se heurte à ses propres limites : son succès lui-même étouffe dans les limites de la propriété privée des moyens de production</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250</a></p>
<p>Les crises « classiques » ne sont plus possibles pour le système (trop dangereuses) et pourtant elles permettaient de le réguler</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771</a></p>
<p>Le système de cavalerie financière à la Madoff, une survie illusoire d'un capitalisme mondial en bout de course</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4561</a></p>
<p>Capitalisme : chronique d'une mort annoncée</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4686</a></p>
<p>Le capitalisme est-il mort ou vivant ? - Sur quels critères se fonder ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975</a></p>
<p>Le capitalisme déliquescent et sous perfusion, plus antisocial et sanglant que jamais, est encore plus incompatible avec la liberté des femmes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743</a></p>
<p>Et si l'humanité changeait... de mode de production</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434</a></p>
<p>Le grand capital a encore peur... du communisme !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7912</a></p>
<p>Quel avenir : la barbarie de masse…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694</a></p>
<p>… ou l'humanité maitresse d'elle-même ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a></p></div>
Pourquoi Lutte Ouvrière ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : « Aux travailleurs de diriger la société »…
http://matierevolution.org/spip.php?article9338
http://matierevolution.org/spip.php?article93382025-11-06T23:30:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedRévolutionGuerre WarRévolteParti révolutionnaire - Revolutionnary partyCapitalismeGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Pourquoi Lutte Ouvrière ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : « Aux travailleurs de diriger la société »… <br class='autobr' />
Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvrière, que nous allons commenter et démonter point par point dans la suite : <br class='autobr' />
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html <br class='autobr' />
Disons tout de suite que nous sommes tout à fait pour que la classe ouvrière gouverne toute la société (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag">Parti révolutionnaire - Revolutionnary party</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Pourquoi Lutte Ouvrière ment en intitulant son meeting du 27 septembre d'Arthaud-Mercier : « Aux travailleurs de diriger la société »…</h2>
<p>Voici le discours de Nathalie Arthaud, dirigeante de Lutte Ouvrière, que nous allons commenter et démonter point par point dans la suite :</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/portail/brochures/meeting-27-septembre-2025-discours-nathalie-arthaud-187347.html</a></p>
<p>Disons tout de suite que nous sommes tout à fait pour que la classe ouvrière gouverne toute la société et l'avons affirmé maintes fois de manière publique, en paroles et en actes, mais que nous ne croyons pas du tout que l'organisation opportuniste de fausse extrême gauche Lutte ouvrière soit réellement favorable à cette perspective ni qu'elle dise un seul mot réellement dans ce sens et moins encore fasse le moindre geste pour cela… C'est ce que nous allons tenter de démontrer une fois de plus.</p>
<p>Sur chaque point, nous allons montrer que chaque affirmation qui pourrait apparaitre juste ne l'est pas parce qu'il y manque l'essentiel.</p>
<p>Sur ce premier point, le titre de la conférence, et le pont crucial du pouvoir aux travailleurs, on ne trouvera dans le texte du meeting de Arthaud aucune qualification d'un quelconque type de pouvoir aux travailleurs, ni même aucun parallèle avec d'autres prises de pouvoir des travailleurs dans le passé, la Commune de Paris de 1871 ou la révolution russse ou d'autres révolutions prolétariennes. On ne trouvera ni le mot république des conseils ouvriers, ni pouvoir des comités du peuple travailleur, ni dictature des soviets, ni auto-organisation révolutionnaire des travailleurs, ni assemblées souveraines et décisionnelles du peuple travailleur. Tout cela n'est pas dans ce discours et n'est pas non plus dans aucun texte ou discours de la même organisation. Ce n'est pas dans leur programme. Ce ne peut pas être dans leurs réalisations politiques de demain car ce n'est pas dans leurs gènes d'aujourd'hui… Le seul but de Lutte Ouvrière qui a, formellement, un rapport avec une construction actuelle en rapport avec la préparation en vue d'un demain révolutionnaire, c'est la construction d'un parti révolutionnaire, ou du moins qui se dit tel.</p>
<p>Mais comment distinguer un parti révolutionnaire d'un qui ne le serait que mensongèrement ? Par le fait qu'il milite ou pas pour le pouvoir de soviets révolutionnaires ! LO non seulement ne milite pas pour des soviets de travailleurs mais n'en parle même pas, ne rappelle même pas de manière historique en relation à la situation actuelle que c'est cela la voie…</p>
<p>Vous avez le texte. Cherchez-y les mots « soviets », « comités », « conseils », « dictature du prolétariat », « auto-organisation », « commune » et on en passe. Rien !</p>
<p>Cherchez un mot de description du futur gouvernement des travailleurs ? Qu'est-ce qu'il sera ? Comment il sera ? Sur qui il se fondera ? Quelle forme il prendra ? Comment il s'imposera ? Comment il se défendra contre la classe capitaliste ? Rien ! Rien de rien !</p>
<p>Pas un mot, pas une phrase, pas un paragraphe, pas une allusion !</p>
<p>LO ne se lie pas les mains (elle ne s'engage à rien) par des déclarations ou des programmes par trop réellement révolutionnaires. On ne risque pas de la critiquer de développer un programme révolutionnaire ni même d'y faire allusion… Qui pourrait le critiquer de faire cela ? La gauche syndicale à laquelle elle appartient, la gauche politique, la bourgeoisie et son Etat qui lui permettent de se présenter aux élections, qui lui permettent de passer dans la presse, qui lui permettent d'occuper des positions dirigeantes ou pas dans les appareils syndicaux, etc…</p>
<p>Un autre point, lorsqu'on explique que la situation politique, économique et sociale amène à penser que les travailleurs vont devoir prendre le pouvoir, vont devoir supprimer le capitalisme, c'est que le système est à bout de souffle, n'a plus d'avenir, est dans le gouffre. Trouve-t-on dans le texte les termes et les explications d'une « situation révolutionnaire », d'une « période pré-révolutionnaire » ? Absolument pas ! LO ne croit pas du tout que la situation est révolutionnaire, ni pré-révolutionnaire et ne l'affirme absolument pas. La référence à la nécessité, un jour, dans un an ou un siècle ou plusieurs siècles, de faire la révolution pour renverser le pouvoir capitaliste est hors actualité, du fait moins aux yeux des dirigeants de LO. Du coup, toutes les analyses de la situation actuelle ne visent absolument pas à démontrer que le capitalisme doit être renversé de manière plus urgente qu'il y a dix ans ou dans dix siècles.</p>
<p>Arthaud démarre en disant qu'elle ne va pas perdre de temps à discuter des difficultés du Premier ministre. Elle ne discute pas davantage des « difficultés » du précédent qui l'avaient amené à démissionner. Pourtant, la suspension de la réforme des retraites alors que les actions de la gauche syndicale et politique n'avaient jamais amené une telle suspension, la démission de Bayrou, et bien d'autres affolements des capitalistes ont montré que les classes dirigeantes ont été affolées à l'idée de la montée à partir de septembre d'un mouvement issu de la base, non dépendant des partis et syndicats de gauche et non muselé par eux, un mouvement qui aurait été du type des Gilets jaunes et qui avait la sympathie de l'ensemble des milieux populaires.</p>
<p>Le discours d'Arthaud analyse-t-il ce fait déterminant pour les luttes de classes en France et surtout dans la perspective de la révolution sociale que LO prétend représenter politiquement ? Absolument pas ! Pas un mot sur la tentative d'un mouvement issu de la base, d'un mouvement auto-organisé, se dirigeant lui-même, contestant le fondement même de l'Etat.</p>
<p>Comment LO analyse la situation de crise spécifique que tout le monde constate actuellement en France ? Eh bien, pour LO, il n'y a absolument pas de crise particulièrement aigüe mais seulement le résultat classique des classiques du capitalisme.</p>
<p>Que se passe-t-il actuellement dans l'économie française ? Eh bien, il se passe que « dans cette société, il n'y a pas de riches sans pauvres ! Les riches capitalistes ne prospèrent qu'en produisant plus d'exploités et plus de précarité. Pour que les capitalistes concentrent entre leurs mains des centaines de millions et des milliards, il faut des millions de travailleurs qui triment payés au lance pierre. » Pas de situation particulièrement critique donc !</p>
<p>Ou encore, on lit dans cette analyse de la situation que : « le profit, la plus-value, est accumulée entre les mains de la classe capitaliste, et transformée en capitaux, c'est-à-dire en nouveaux moyens d'exploiter d'autres travailleurs, leurs enfants, et ainsi de suite… »</p>
<p>Manque de chance, c'est justement ce que le capitalisme ne parvient plus à faire et qui a aentrainé l'effondrement de 2007-2008, étant donné que la fraction du capital qui n'exploite plus du travail humain est de plus en plus grande et ne peut plus réaliser de la plus-value extraite du travail humain. En effet, nous sommes dans une situation dite de suraccumulation du capital, ce qui signifie que le capital accumulé est trop grand par rapport aux possibilités d'investir de manière rentable dans la production. Le capitalisme a trop bien réussi au point qu'il ne peut plus continuer à se maintenir en place. Ce n'est pas LO qui le dira. LO veut seulement dire que le capitalisme sera un jour dépassé et pas qu'il est déjà fini, mort comme système rentable et dynamique, et que la révolution est d'ores et déjà à l'ordre du jour.</p>
<p>Rien de tout cela ne se trouve dans l'analyse de la situation du capitalisme selon LO :</p>
<p>« La crise économique n'est pas le fruit d'une politique trop libérale, elle est dans l'ADN du capitalisme. <br class='autobr' />
Quand la production est laissée à l'initiative de milliers d'entreprises privées qui se font concurrence, comment éviter la surproduction ou à l'inverse la sous-production ?<br class='autobr' />
Quand le seul but est la course aux profits, comment empêcher que les capitaux se concentrent dans les secteurs les plus rentables au détriment des autres ? Les crises sont les respirations naturelles et monstrueuses du capitalisme.<br class='autobr' />
Et depuis les années 1970 et les deux krachs pétroliers, la crise est le mode d'existence du capitalisme car les forces productives ont très largement dépassé les capacités d'absorption du marché solvable.<br class='autobr' />
Tant que les marchés n'étaient pas saturés et que de nouveaux remplaçaient les anciens, tant que la reconstruction de l'après Seconde Guerre mondiale n'était pas achevée, la guerre commerciale n'avait pas la même intensité. Désormais c'est l'embouteillage, ce qui exacerbe la guerre économique entre les multinationales et en fait, pour elles, une question de vie ou de mort.<br class='autobr' />
Cette crise économique se double d'une autre menace : celle de la crise financière. Comme des milliards de capitaux ne trouvent pas à s'investir de façon rentable dans la production de biens matériels et de services, ils s'investissent dans la finance. D'où une financiarisation croissante de l'économie, et des mouvements de spéculation démesurés. »</p>
<p>C'est marginalement que LO constate « une financiarisation », « des capitaux qui ne trouvent pas à s'investir ». En effet, LO écrit que la crise économique se double d'une… menace. Or, la menace est plus que réalisée, elle a déjà été réalisée en 2007. Elle n'a fait qu'augmenter depuis. Cela fait que le système est déjà mort et que LO dit qu'il est en plus… menacé !</p>
<p>Bien entendu, quand on ne pense pas que le capitalisme ne parvient plus du tout à fonctionner, on ne pense pas non plus que la révolution sociale soit… à l'ordre du jour !</p>
<p>En fait, LO se contente de regrouper des gens qui admettent l'idée qu'un jour (dans une période absolument imprédictible et pas forcément proche) il faudra une révolution communiste et pas qui pensent qu'il la faut maintenant… Et donc pas des gens qu'ils pensent qu'il faut agir tout de suite en fonction de cette perspective. Du coup, les soviets ne sont absolument pas à l'ordre du jour…</p>
<p>Est-ce que tout est prêt à exploser dans le monde capitaliste, pour LO ? Oui, mais pas plus hier qu'aujourd'hui ni que demain car la raison que LO trouve de ce « risque » est sans époque, de toujours : « Nous dormons sur un volcan parce que l'économie capitaliste est par nature spéculative. »</p>
<p>L'économie capitaliste serait ainsi depuis toujours de nature spéculative ? C'est absolument faux ! La fraction du capital qui se consacre à la spéculation est infiniment plus importante depuis 2007 que jamais dans toute l'histoire du capitalisme. La « nature » du capitalisme n'était absolument pas spéculative mais investisseuse dans la production et LO lui-même l'affirmait deux lignes plus haut ! Tout cet embrouillamini de fausse analyse de la situation du capitalisme pour cacher que LO ne veut pas voir que le capitalisme n'a plus d'avenir, non pas un jour mais tout de suite !</p>
<p>LO passe alors à un domaine où elle se croit plus à l'aise : dénoncer la marche à la guerre.</p>
<p>C'est bien de la dénoncer mais encore faut-il la comprendre. Pourquoi les capitalistes se jetteraient-ils dans une boucherie généralisée qui détruirait une grande partie de la planète si le système capitaliste n'est pas immédiatement menacé ?</p>
<p>En tout cas, LO écrit que la planète est menacée directement et rapidement par une guerre mondiale. Quelles conséquences politiques et sociales immédiates en découlent ? Quelles tâche LO attribue-t-elle aux militants révolutionnaires, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les syndicats, dans la jeunesse, parmi les femmes, etc ? Pas un mot là-dessus ! Faut-il appeler les soldats à refuser d'obéir, à rompre avec leur hiérarchie belliciste, à s'organiser en comités aux côtés de comités de travailleurs eux-mêmes organisés contre la guerre ? Pas un mot là-dessus ! Faut-il des prises de positions dans les syndicats et une organisation de fractions anti-guerre impérialiste dirigée par les militants révolutionnaires ? Pas un mot là-dessus ! Est-ce que LO développe la perspective léniniste consistant à prôner la défaite de l'armée impérialiste de son propre pays, ou défaitisme révolutionnaire ? Ni le mot ni l'objectif révolutionnaire de dissolution, de démoralisation, de destruction des armées impérialistes par le peuple travailleur auto-organisé appelant les soldats à faire de même ne sont dans le texte du meeting de Lutte Ouvrière, ni dans aucun autre texte de cette organisation ! C'est pourtant une constante pour les dirigeants communistes révolutionnaires, notamment Lénine, Trotsky et Rosa Luxemburg. Comment peut-on écrire que la guerre mondiale est une perspective proche, se dire révolutionnaire et ne pas proposer aux travailleurs la lutte révolutionnaire pour dissoudre les armées impérialistes !</p>
<p>LO se contente d'ironniser sur ces messieurs-dames qui préparent la guerre, alors qu'il s'agit de préparer le prolétariat à la riposte ! Pas un mot sur le fait que le prolétariat est capable lui-même d'entrer en guerre contre son impérialisme, qu'il peut s'armer, qu'il peu former des milices ouvrières, qu'il peut mener une propagande anti-militariste dans les rangs de l'armée, etc. Rien !<br class='autobr' />
LO dit juste : « ne nous laissons pas embrigader ». Ou encore elle écrit : « Les impérialistes sont les grandes puissances occidentales, à commencer par les États-Unis. » Tiens, tiens ! Une organisation de France qui ne commence pas par dénoncer son propre impérialisme, alors que Lénine affirmait que tel était le devoir de tout groupe révolutionnaire, aussi petit soit-il, d'un pays impérialiste au bord de la guerre impérialiste !</p>
<p>Que dit LO sur l'impérialisme français ? « Grande-Bretagne et France se sont partagé les dépouilles de l'empire Ottoman, après la Première Guerre mondiale.<br class='autobr' />
La France a mis la main sur la Syrie dont elle a détaché une partie, le Liban, pour mieux contrôler son port, son commerce et ses banques. La Grande Bretagne a mis le grappin sur la Palestine, la Jordanie et l'actuel Irak. » Oulala ! Il lui faut remonter à la première guerre mondiale pour illustrer les méfaits de l'impérialisme français !</p>
<p>Il serait plus judicieux de rappeler comment la France intervient militairement dans le monde, au point que tous les peuples de l'Afrique ne veulent plus de l'armée française, non ?</p>
<p>Il serait judicieux de rappeler que l'impérialisme français vient de soutenir le dictateur malgache contre son peuple, sans succès ! Mais LO n'a pas appelé les travailleurs français à se solidariser du peuple malgache en révolte contre l'impérialisme français, et ne le fait pas davantage maintenant que ce dictateur est tombé !</p>
<p>En fait, l'impérialisme français est intervenu pour soutenir toutes les dictatures contre toutes les révoltes et révolutions, notamment celles qui ont éclaté lors des « printemps ». Là non plus aucun appel des militants de LO, notamment dans les syndicats où cette organisation milite, pour combattre les menées contre-révolutionnaires de l'impérialisme français !</p>
<p>Dans le passage du discours d'Arthaud où il est fait allusion aux révoltes en question, il n'est jamais dit que le prolétariat du pays impérialiste doit absolument se solidariser avec la révolte, combattre les visées et les menées de son propre impérialisme, le discréditer auprès du peuple du pays impérialiste, démoraliser l'armée, etc… Rien d'une politique révolutionnaire en pays impérialiste en somme !</p>
<p>Si LO fait allusion à la responsabilité de l'impérialisme dans des guerres récentes, c'est pour discuter de la responsabilité d'un Sarkozy, pas de celle du prolétariat français, pas de celle des révolutionnaires de France ! Et pas de la perspective révolutionnaire de démoralisation de l'armée, de destruction de l'appareil militaire et policier de l'impérialisme !</p>
<p>Pas plus que LO ne parle, dans le passage où cette organisation fait une petite allusion à la vague internationale des révoltes (juste en citant Madagascar et le Népal), de la nécessité d'une politique révolutionnaire dans ces pays, notamment de l'armement du prolétariat. Cet objectif de base sans lequel toute dénonciation de la guerre impérialiste n'est qu'un mot pacifiste et creux, est absolument absent de la propagande de Lutte ouvrière et pas seulement dans ce meeting.</p>
<p>Si LO dénonce l'impérialisme, c'est pour dire qu'« il n'y a pas un signe égal à mettre entre l'impérialisme américain et la Russie et la Chine » que LO ne traite pas ces deux derniers pays d'impérialismes ! Alors que l'impérialisme mondial se sépare en deux blocs et que toute la politique révolutionnaire de Lénine consistait justement à mettre un signe égal entre tous les blocs impérialistes ! LO écrit : « La Russie et la Chine ont les moyens de résister aux pressions de l'impérialisme occidental, mais cela n'en fait pas encore des puissances impérialistes. »</p>
<p>Alors, voilà, LO a découvert des grands pays capitalistes développés qui, dans l'état actuel du capitalisme arrivé à son stade suprême comme le disait Lénine, rompent cependant avec la loi de Lénine en n'étant pas impérialistes ! Quand LO fait dans l'originalité théorique par rapport avec ses glorieux prédécesseurs révolutionnaires, ce n'est justement pas glorieux du tout !</p>
<p>Et de nous expliquer aussi que l'Union européenne n'est pas impérialiste puisqu'elle s'est couchée sans combat face à Trump dans la guerre commerciale et douanière !</p>
<p>La seule phrase exacte de tout ce passage sur la guerre impérialiste qui vient est : « Seul le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et la domination de l'impérialisme sur le monde peut écarter la menace de la guerre mondiale et assurer des relations fraternelles entre les peuples. »</p>
<p>Mais même la caractérisation de la guerre mondiale qui vient est fausse : LO la traite de guerre impérialiste parce qu'elle implique l'impérialisme des USA et pas de guerre inter-impérialiste comme si Russie et Chine ne constituaient pas un bloc qui essaie lui aussi de dominer le monde ! Comme si ce deuxième bloc ne menaçait pas la domination du dollar, comme si ce deuxième bloc ne s'implantait pas dans les pays où les impérialismes occidentaux sont discrédités, notamment en Afrique ! Comme si le pacifisme que LO prête à la Chine notamment mais même à la Russie ne cachait pas des perspectives guerrières énormes !</p>
<p>Même lorsque LO fait allusion à Israël et à la Palestine, ce n'est nullement pour développer une politique anti-impérialiste. Ainsi, pas un mot pour dire que l'impérialisme a continuer tout au long du massacre de Gaza à armer Nétanyahou ! Pas un mot pour dire qu'il fallait une propagande dans les entreprises, dans les syndicats pour bloquer les armes en direction d'Israël ! Jamais LO ne souligne la responsabilité du peuple travailleur de France dans la lutte contre son propre impérialisme. Cette organisation là encore se contente de propos vague et sans conséquence, qui ne la mouillent pas par rapport aux appareils syndicaux où elle milite.</p>
<p>Ainsi, pas un mot dans ce meeting pour dénoncer les propos guerriers et bellicistes des syndicats, en faveur de l'Ukraine notamment et particulièrement ceux du syndicat SUD où militent Mercier et de nombreux militants de LO !</p>
<p>LO parle juste de « solidarité à l'égard des Palestiniens » sans dire un mot de plus sur en quoi consiste cette solidarité !</p>
<p>LO entre alors dans un grand développement moraliste contre le nationalisme en général. Là encore, séparation totale avec la politique de Lénine et des révolutionnaires communistes du passé qui établissaient une séparation entre les pays impérialistes et les autres, dénonçant le nationalisme des grandes puissances, pas celui des petits peuples opprimés. Lénine a même mené toute une politique montrant qu'en prenant la tête des petits peuples opprimés sur la plan national, le prolétariat pouvait devenir une force considérable capable de battre les armées impérialistes car sa propagande dissolvait les liens entre l'impérialisme et sa propre armée. Rien de tout cela bien entendu dans le discours de LO sur le nationalisme.</p>
<p>LO, dans ce passage, parle juste de dénoncer, pas de combattre. Tout le temps, LO affirme « il faut dénoncer ces politiques comme le produit du capitalisme ».</p>
<p>Mais dénoncer le capitalisme et l'impérialisme ne nous indique pas la voie pour les renverser. Même le fait de dire qu'un jour il faudra faire la révolution pour le renverser n'est pas une indication suffisante. Qu'est-ce que cela change dans notre politique d'aujourd'hui, dans les luttes, dans les mouvements, dans les manifestations, dans les syndicats ? Pas un mot de réponse à part : « dénoncer le capitalisme qui est responsable tout ».</p>
<p>Un seul passage est juste : « Il n'y a qu'une seule politique à mener face à la guerre, la seule qui a marché lors de la Première Guerre, parce qu'elle a arrêté la guerre, c'est la politique du parti Bolchevik, de Lénine et des révolutionnaires qui ont préparé les esprits pour que le ouvriers et les paysans retournent leurs armes contre leurs propres généraux et qu'ils se lancent à la conquête du pouvoir. » On croirait que cela allait être le début d'un développement sur comment LO entend mener actuellement la même politique. Eh bien pas tout. C'est juste le petit coup de chapeau qui a pour but de grandir LO et de faire passer cette organisation comme très révolutionnaire auprès du bon public ! Ensuite, plus rien là-dessus !</p>
<p>LO passe direct à une autre dénonciation moraliste, celle du racisme. Comme si la guerre impérialiste, tout comme le nationalisme et le racisme, était un défaut moral de la société.</p>
<p>Et Arthaud de monter le ton : « Ce nationalisme, il faut le combattre, autant si ce n'est plus que le racisme. »</p>
<p>Mais rappelez-vous, pour LO, combattre c'est juste dénoncer moralement et verbalement, sans démasquer les racines réelles, sans proposer des perspectives politiques réelles, sans un véritable programme révolutionnaire en somme…</p>
<p>Là LO passe aux révoltes qui éclatent un peu partout dans le monde. Est-ce pour expliquer quelle politique les trompe et quelle politique les ferait réussir ? Qu'est-ce qui a manqué au peuple égyptien, au peuple tunisien, au peuple marocain, au peuple algérien, au peuple yéménite, au peuple haitien, au peuple albanais, pour ne citer que les première révoltes et révolutions des printemps ? Ce n'est pas dans le meeting de LO que vous trouverez une tentative de réponse. LO ne cherche rien de tout cela. Vous ne le trouverez pas plus dans ce meeting que dans les autres textes de LO portant sur ces révoltes. Juste une seule répétition : seule la révolution, seule la classe ouvrière peuvent renverser l'ordre social. Comment y parvenir ? Pas un mot ! En quoi cela consisterait dans ces pays ? Rien ! En quoi cela consiste précisément en France aujourd'hui ? Rien à part le mot d'ordre « développer la conscience de classe ».</p>
<p>Est-ce que marcher comme des petits soldats derrière les dirigeants syndicaux pro-impérialistes, démobilisateurs et réformistes, comme le fait systématiquement LO, c'est développer la conscience de classe, ce n'est pas LO qui nous le dira ! Notamment dans la lutte des retraites en France, LO n'a pas levé le petit doigt pour élever la conscience de classe. Dans le mouvement de septembre dernier, LO n'a pas levé le petit doigt pour élever la conscience de classe, pas plus que lors du mouvement des Gilets jaunes où LO proclamait ne pas porter le gilet jaune, se désolidarisant de la révolte sociale pour rester en phase avec l'appareil syndical contre-révolutionnaire !</p>
<p>A propos du Népal et du Bangladesh, LO affirme : « Dans ces deux pays, ce qui a manqué aux insurgés, ce n'est pas le courage, c'est la conscience de savoir qui sont leurs véritables ennemis et qui sont leurs faux amis. »</p>
<p>Mais pas un mot sur comment distinguer ces faux amis réformistes et opportunistes ! Comment le fait LO en France ? Montrez-nous ! Pas un mot dans le texte sur les faux amis syndicaux français !</p>
<p>Qu'est-ce qui nous montre comment LO se distingue des fameux faux amis ? Quelle politique démontre qu'on rompt avec eux ? Pas de réponse !</p>
<p>Pourtant, cette réponse existe. Le premier signe qu'on a affaire à des faux amis, c'est qu'ils ne militent pas pour l'auto-organisation des travailleurs sous forme de comités, de conseils, d'assemblées souveraines et décisionnelles, pour des organisations de base indépendantes des appareils syndicaux et politiques, que ce soit dans les grèves, dans les mobilisations, dans les journées d'action, dans les mouvements de base. LO ne le dit pas et ne le fait pas et fait donc partie des fameux faux amis.</p>
<p>La réponse de LO est étonnante par son caractère vague, lointain, sans précision : « Une révolte ne peut se transformer en révolution victorieuse qu'au travers d'un combat politique qui pose la question de qui va prendre le pouvoir gouvernemental entre ses mains. Qui va diriger la société. La bourgeoisie pour maintenir l'ordre social capitaliste ou la classe ouvrière pour édifier une société communiste ? Si cette question n'émerge pas au cours d'une crise révolutionnaire, l'ordre social ne peut pas être renversé. »</p>
<p>Poser la question « qui va prendre le pouvoir » d'accord, mais entre qui et qui ? La classe ouvrière et la bourgeoisie, encore d'accord. Mais comment la classe ouvrière peut prendre le pouvoir ?</p>
<p>Qu'entend LO par prise de pouvoir par la classe ouvrière ? La venue au pouvoir de partis et de syndicats dits « ouvriers » ? LO ne le dit pas mais ne dit pas le contraire non plus ! Elle n'entre pas dans de tels détails, parce que ce serait de la politique fiction ? Ou pour le pas gèner les syndicalistes réformistes qu'elle cultive en son sein ?</p>
<p>En tout cas, pas un mot ni là ni nulle part dans la politique et les actes de LO qui dise en clair : les soviets révolutionnaires de travailleurs doivent prendre la totalité du pouvoir !</p>
<p>Et la conclusion n'est pas « construisez les soviets » mais rejoignez notre organisation ce que LO dit sous la forme « construisez le parti révolutionnaire ».</p>
<p>Démontrez-nous d'abord, camarades de LO, que vous êtes vraiment révolutionnaires, militez en paroles et en actes pour la construction des conseils de travailleurs sans lesquels l'idée meme que la classe ouvrière doit prendre le pouvoir est un mot vide de sens !</p></div>
Et si l'humanité changeait de mode de production...
http://matierevolution.org/spip.php?article9316
http://matierevolution.org/spip.php?article93162025-10-29T23:41:00Ztext/htmlfrRobert Paris, Tiekoura Levi HamedCrise CrisisSocialisme - SocialismcommunismeCapitalisme
<p>Une fois encore, l'humanité est amenée à se poser le problème du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme <br class='autobr' />
De plus en plus, le monde semble se heurter à des problèmes inextricables, insolubles, sans réponse possible devant lesquels personne ne pourrait prétendre avoir de vraies solutions, à part de reporter la question à plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise économique, crise financière, crise sociale, (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag">Socialisme - Socialism</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag">communisme</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Une fois encore, l'humanité est amenée à se poser le problème du renversement de l'ancien mode de production et donc de l'exploitation capitaliste de l'homme</h2>
<p>De plus en plus, le monde semble se heurter à des problèmes inextricables, insolubles, sans réponse possible devant lesquels personne ne pourrait prétendre avoir de vraies solutions, à part de reporter la question à plus tard en l'aggravant : crise des investissements productifs, crise économique, crise financière, crise sociale, crise de l'Etat, crise du pouvoir, crise guerrière, crise fasciste, crise de la démocratie, crise écologique, crise sanitaire, etc. Tout cela provient de la crise dite systémique, c'est-à-dire des limites atteintes et même dépassées du mode de production capitaliste qui nécessite de passer au mode de production socialiste. Une limite nettement marquée lors de la chute mondiale de l'économie en 2007-2008 et aussi lors de la vague de révoltes et révolutions débutée en 2010-2011 et qui continue comme lors de la pandémie mondiale qui s'est traduite par un massacre et lors de la vague de guerres dans le monde. Tout cela indique le mot « fin » pour le système de domination qui a si longtemps gouverné le monde. Cependant, cette fin est-elle le début d'autre chose, là est toute la question. Le problème se pose mais a-t-il une solution ?</p>
<p>Posons-nous d'abord la question de quel est donc le problème fondamental posé actuellement à l'humanité et nous verrons ensuite si celle-ci a en elle les forces et les moyens, les capacités et la conscience pour le résoudre.</p>
<p>Disons tout de suite que nous estimons l'ancien système socio-économique, l'ancien mode de production, complètement mort, incapable historiquement de s'en sortir, non pas du fait d'accidents ou de mauvaises politiques gouvernementales ni de mauvais comportements individuels des capitalistes, ni du fait de défauts de l'humanité, mais à cause du succès du capitalisme qui dépasse ainsi les capacités d'absorption du marché capitaliste des capitaux. En somme, il y a trop de capitaux par rapport aux investissements possibles et plus le système perdure grâce aux efforts giantesques des gouvernants des Etats nationaux les plus riches et des banques centrales, plus le grand capital grandit plus le problème s'aggrave. Tous les autres problèmes comme ruine des Etats, ruine sociale, ruine économique, guerres se développant partout, fascismes et dictatures de même, crise écologique, crise sanitaire, etc, tout cela découle de la chute irrémédiable du système. Ce n'est pas Nétanyahou, Trump, Modi et autres Poutine qui font la crise mondiale, leurs politiques fascistes n'en sont que la conséquence.</p>
<p>Avons-nous des solutions face à la ruine des Etats, la ruine des économies, la catastrophe humanitaire, sociale, sanitaire, et plus fondamentalement à la fin du capitalisme ? Cela signifie bien sûr, l'humanité peut-elle porter en elle un nouveau système, un nouveau mode de production ?</p>
<p>Karl Marx, pour sa part, répondait dans sa Préface à la « Contribution de la Critique de l'économie politique » :</p>
<p><i>« L'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle est capable de résoudre »</i>.</p>
<p>Voici le passage d'où est extrait cette citation :</p>
<p><i>« Mes recherches aboutirent à ce résultat que les rapports juridiques - ainsi que les formes de l'État - ne peuvent être compris ni par eux-mêmes, ni par la prétendue évolution générale de l'esprit humain, mais qu'ils pren¬nent au contraire leurs racines dans les conditions d'existence matérielles dont Hegel, à l'exem¬ple des Anglais et des Français du XVIII° siècle, comprend l'ensemble sous le nom de « société civile », et que l'anatomie de la société civile doit être cherchée à son tour dans l'éco¬no¬mie politique. J'avais commencé l'étude de celle-ci à Paris et je la continuai à Bruxelles où j'avais émigré à la suite d'un arrêté d'expulsion de M. Guizot. Le résultat général auquel j'arrivai et qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi : dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap¬ports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui corres¬pondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives maté¬rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s'élève une superstructure juridique et politique et à la¬quel¬le correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience. À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin¬guer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule¬ver¬se¬ment sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia¬les et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique. Les rap¬ports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de produc¬tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui naît des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achè¬ve donc la préhistoire de la société humaine. »</i></p>
<p>Engels rajoutait :</p>
<p>« Les forces socialement agissantes agissent tout à fait comme les forces de la nature : aveugles, violentes, destructrices tant que nous ne les connaissons pas et ne comptons pas avec elles. Mais une fois que nous les avons reconnues, que nous en avons saisi l'activité, la direction, les effets, il ne dépend plus que de nous de les soumettre de plus en plus à notre volonté et d'atteindre nos buts grâce à elles. Et cela est particulièrement vrai des énormes forces productives actuelles. Tant que nous nous refusons obstinément à en comprendre la nature et le caractère, - et c'est contre cette compréhension que regimbent le mode de production capitaliste et ses défenseurs, - ces forces produisent tout leur effet malgré nous, contre nous, elles nous dominent, comme nous l'avons exposé dans le détail. Mais une fois saisies dans leur nature, elles peuvent, dans les mains des producteurs associés, se transformer de maîtresses démoniaques en servantes dociles. C'est là la différence qu'il y a entre la force destructrice de l'électricité dans l'éclair de l'orage et l'électricité domptée du télégraphe et de l'arc électrique, la différence entre l'incendie et le feu agissant au service de l'homme. En traitant de la même façon les forces productives actuelles après avoir enfin reconnu leur nature, on voit l'anarchie sociale de la production remplacée par une réglementation socialement planifiée de la production, selon les besoins de la communauté comme de chaque individu ; ainsi, le mode capitaliste d'appropriation, dans lequel le produit asservit d'abord le producteur, puis l'appropriateur lui-même, est remplacé par le mode d'appropriation des produits fondé sur la nature des moyens modernes de production eux-mêmes : d'une part appropriation sociale directe comme moyen d'entretenir et de développer la production, d'autre part appropriation individuelle directe comme moyen d'existence et de jouissance.<br class='autobr' />
En transformant de plus en plus la grande majorité de la population en prolétaires, le mode de production capitaliste crée la puissance qui, sous peine de périr, est obligée d'accomplir ce bouleversement. En poussant de plus en plus à la transformation des grands moyens de production socialisés en propriété d'État, il montre lui-même la voie à suivre pour accomplir ce bouleversement. Le prolétariat s'empare du pouvoir d'État et transforme les moyens de production d'abord en propriété d'État. Mais par là, il se supprime lui-même en tant que prolétariat, il supprime toutes les différences de classe et oppositions de classes et également l'État en tant qu'État. La société antérieure, évoluant dans des oppositions de classes, avait besoin de l'État, c'est-à-dire, dans chaque cas, d'une organisation de la classe exploiteuse pour maintenir ses conditions de production extérieures, donc surtout pour maintenir par la force la classe exploitée dans les conditions d'oppression données par le mode de production existant (esclavage, servage, salariat). L'État était le représentant officiel de toute la société, sa synthèse en un corps visible, mais cela il ne l'était que dans la mesure où il était l'État de la classe qui, pour son temps, représentait elle-même toute la société : dans l'antiquité, État des citoyens propriétaires d'esclaves ; au moyen âge, de la noblesse féodale ; à notre époque, de la bourgeoisie. Quand il finit par devenir effectivement le représentant de toute la société, il se rend lui-même superflu. Dès qu'il n'y a plus de classe sociale à tenir dans l'oppression ; dès que, avec la domination de classe et la lutte pour l'existence individuelle motivée par l'anarchie antérieure de la production, sont éliminés également les collisions et les excès qui en résultent, il n'y a plus rien à réprimer qui rende nécessaire un pouvoir de répression, un État. Le premier acte dans lequel l'État apparaît réellement comme représentant de toute la société, - la prise de possession des moyens de production au nom de la société, - est en même temps son dernier acte propre en tant qu'État. L'intervention d'un pouvoir d'État dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l'autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l'administration des choses et à la direction des opérations de production. L'État n'est pas “ aboli ”, il s'éteint. Voilà qui permet de juger la phrase creuse sur l' “ État populaire libre [7] ”, tant du point de vue de sa justification temporaire comme moyen d'agitation que du point de vue de son insuffisance définitive comme idée scientifique ; de juger également la revendication de ceux qu'on appelle les anarchistes, d'après laquelle l'État doit être aboli du jour au lendemain.</p>
<p>Depuis l'apparition historique du mode de production capitaliste, la prise de possession de l'ensemble des moyens de production par la société a bien souvent flotté plus ou moins vaguement devant les yeux tant d'individus que de sectes entières, comme idéal d'avenir. Mais elle ne pouvait devenir possible, devenir une nécessité historique qu'une fois données les conditions matérielles de sa réalisation. Comme tout autre progrès social, elle devient praticable non par la compréhension acquise du fait que J'existence des classes contredit à la justice, à l'égalité, etc., non par la simple volonté d'abolir ces classes, mais par certaines conditions économiques nouvelles. La scission de la société en une classe exploiteuse et une classe exploitée, en une classe dominante et une classe opprimée était une conséquence nécessaire du faible développement de la production dans le passé. Tant que le travail total de la société ne fournit qu'un rendement excédant à peine ce qui est nécessaire pour assurer strictement l'existence de tous, tant que le travail réclame donc tout ou presque tout le temps de la grande majorité des membres de la société, celle-ci se divise nécessairement en classes. A côté de cette grande majorité, exclusivement vouée à la corvée du travail, il se forme une classe libérée du travail directement productif, qui se charge des affaires communes de la société : direction du travail, affaires politiques, justice, science, beaux-arts, etc. C'est donc la loi de la division du travail qui est à la base de la division en classes. Cela n'empêche pas d'ailleurs que cette division en classes n'ait été accomplie par la violence et le vol, la ruse et la fraude, et que la classe dominante, une fois mise en selle, n'ait jamais manqué de consolider sa domination aux dépens de la classe travailleuse et de transformer la direction sociale en exploitation des masses. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5349</a></p>
<p>Ce qu'étaient les anciens modes de production avant le capitalisme….</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/00/km18570000.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5406</a></p>
<p>Cela signifie que la lutte des classes ne peut poser le problème de la suppression d'un ancien mode de production que lorsque celui-ci a épuisé ses possibilités. La base déterminante des luttes sociales est la situation objective de la société, pas seulement celle de la classe exploitée mais d'abord et avant tout celle de la classe exploiteuse.</p>
<p>Pour répondre à la question « sommes-nous, nous prolétaires, capables de résoudre le problème », il faut d'abord discuter à fond celle-ci : « quel est le problème aujourd'hui posé à l'humanité ? »</p>
<p>Ce n'est pas un problème posé par un gouvernement national quelconque, posé dans un seul pays ou une seule région du monde, posé à une seule catégorie ou classe sociale, mais à l'humanité entière…</p>
<p>« L'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle est capable de résoudre » affirmait Karl Marx. Mais qu'en penser aujourd'hui ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3102</a></p>
<p>Nous écrivions ci-dessus :</p>
<p>Certes, les opprimés ne se voient pas capables de grandes transformations historiques, craignent d'être pris dans des événements sanglants et ne parviennent pas à imaginer leurs frères de classe comme des dirigeants d'une nouvelle société. Les militants ouvriers sont sans cesse confrontés à ce niveau de conscience de leur classe qui ne dépasse pas spontanément le niveau réformiste. Sans les événements objectifs, sans les conditions nécessaires de la crise de la domination de classe, il serait impossible aux exploités de jouer leur rôle historique. Inutile de s'en inquiéter, écrit donc Karl Marx, quand ce sera le moment pour les prolétaires de s'emparer des idées révolutionnaires, les conditions sociales et politiques d'une autre société seront mûres….<br class='autobr' />
Inutile aussi, pour les communistes révolutionnaires, de s'adapter même momentanément au réformisme ambiant ou de ressentir le poids des idées réactionnaires qui ne manquent pas d'influencer aussi la classe ouvrière. Ce type de raisonnements ne peut que faire reculer les raisonnements et les questionnements des révolutionnaires.<br class='autobr' />
Marx propose une autre attitude : s'en tenir à rechercher le sens de la nécessité historique, les fondements de la crise de la domination de la classe capitaliste dans les contradictions du système d'exploitation et la défense d'une politique d'avenir correspondant à la remise en cause de cette société.<br class='autobr' />
« Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de production sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui naît des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achève donc la préhistoire de la société humaine. » écrit Karl Marx.</p>
<p>Comment être sûr que le mode de production capitaliste est mort ? Bien des gens répondront que non, il fonctionne toujours puisque la classe capitaliste a toujours le pouvoir d'Etat partout et est capable partout de nous écraser militairement. Mais cela est faux. Un système dépassé par l'Histoire peut s'accrocher au pouvoir un certain temps. Par contre, l'humanité ne peut passer à un mode de production supérieur que si l'ancien mode de production est historiquement dépassé.</p>
<p>Pour répondre à la question de la pérennité du système ou non, il faut examiner non le point de vue des exploités mais celui des exploiteurs. Ces derniers font-ils confiance à l'avenir des investissements productifs ? S'ils le faisaient, les spéculations sur les dettes du type « subprimes », les cryptomonnaies (des fausses monnaies qui ne sont fondées que sur l'espoir que des gens vont en acheter de plus en plus, et autres spéculations folles monteraient-elles en flèche, la valorisation de l'or serait-elle sans cesse montante également, les banques nationales et centrales devraient-elles sans cesse intervenir dans l'économie pour sauver trusts, banques et établissements financiers ainsi que bourses et assurances ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8286</a></p>
<p>Pourquoi le fait que le grand capital détourne une partie croissante des capitaux hors de la sphère productive signifie un arrêt de mort du système ? Voici la réponse d'un économiste marxiste.</p>
<p><a href="https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://classiques.uqam.ca/contemporains/chesnais_francois/crise_suraccumulation_mondiale/crise_suraccumulation_mondiale_texte.html</a></p>
<p>Que signifie dire que « le capitalisme est mort » ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1975</a></p>
<p>Cela signifie qu'il a tellement réussi qu'il dépasse désormais ses propres capacités d'absorption de tels moyens financiers produits…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p>Ce qui veut dire que sa réussite nous conduit à devoir absolument passer au socialisme ou tomber dans la pire des barbaries qui détruirait tous les moyens économiques produits précédemment.</p>
<p>Nous savons bien que la plupart des gens ignorent tout à fait que l'humanité est aujourd'hui bloquée par un problème fondamental pour le système capitaliste et qui s'appelle « suraccumulation du capital » mais ce n'est pas l'ignorance, quand elle est générale qui devient pour autant une vérité. La population ignore que le capitalisme est mort en tant que système dynamique (comme dit l'homme de la rue, tout continue de fonctionner puisque je continue de boire mon café), mais système est quand même… mort.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2431</a></p>
<p>La dynamique du capitalisme se heurte à ses propres limites : son succès lui-même étouffe dans les limites de la propriété privée des moyens de production.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3250</a></p>
<p>Les capitalistes reconnaissent-ils qu'il y a une suraccumulation dramatique du grand capital qui n'est plus un simple phénomène conjoncturel lié aux récessions momentanées mais permanente et sans cesse croissante ?</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/geler-les-investissements-le-mauvais-reflexe-des-entreprises-en-crise-1216771</a></p>
<p><a href="https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://trends.levif.be/opinions/chroniques/la-prochaine-crise-financiere-une-menace-systemique-en-gestation/</a></p>
<p>Marx et Engels disaient-il que le capitalisme ne pouvait pas se détruire lui-même ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3413</a></p>
<p>Bien sûr, l'effondrement du capitalisme ne voudra pas dire que l'on va passer automatiquement à un système supérieur. La chute de l'empire romain n'a pas été suivie d'une société supérieure… La plupart des effondrements de civilisations ont été suivies de destructions plus souvent que d'avancées historiques.</p>
<p>Mais il ne s'agit pas seulement de possibilités ou pas de faire progresser l'humanité. C'est une question de vie ou de mort. Le pouvoir aux travailleurs et le socialisme sont des nécessités vitales pour l'humanité.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8073</a></p>
<p>Bien des faux révolutionnaires sont capables de dire qu'il faudra (un jour) renverser le capitalisme sans dire quelles sont les conditions objectives qui rendent cela possible et même nécessaire, indispensable, vital…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617</a></p>
<p>Oui ! Nous allons inéluctablement vivre l'effondrement final du capitalisme mais tâchons aussi de vivre la mise en place du pouvoir aux travailleurs, dictature du prolétariat organisé en soviets, indispensable comme transition au socialisme.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6960</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277</a></p>
<p>L'objectif numéro un des travailleurs révolutionnaires est plus que jamais les soviets et leur prise du pouvoir !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277</a></p>
<p>En cela, nous restons les héritiers de Barta (contrairement à Lutte ouvrière)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513</a></p>
<p>« Nous restons fidèles au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT ! »</p>
<p>Barta, novembre 1943</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm</a></p>
<p> « Les COMITÉS D'ACTION d'usine et de quartier, les MILICES OUVRIÈRES et l'armement des travailleurs, voilà le seul gouvernement du peuple par le peuple lui-même ! »</p>
<p>Barta, décembre 1944</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1944/12/tract_120144.htm</a></p>
<h2 class="spip">Oui, le socialisme est une solution à tous les problèmes posés par l'effondrement du capitalisme !</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4924</a></p>
<p>Oui, des investissements non rentables d'un point de vue capitaliste peuvent l'être d'un point de vue de classe prolétarien ou d'un point de vue socialiste. Et inversement !</p>
<p>Oui, pour supprimer la guerre, le mieux est de supprimer les armées permanentes de l'Etat capitaliste !</p>
<p>Oui, pour en finir avec la destruction de l'écologie de la Terre, il faut en finir avec l'exploitation de la Terre d'un point de vue capitaliste !</p>
<p>Oui, une société socialiste supprimera le nationalisme, qu'il soit guerrier ou pas, fasciste ou pas, supprimera le racisme, supprimera l'opposition entre hommes et femmes, supprimera l'exploitation de l'homme, de la femme et de l'enfant.</p>
<p>Oui, l'humanité a des solutions pour résoudre ses problèmes !</p>
<p>Même si les hommes n'en ont pas encore conscience, la révolution sociale pour renverser le capitalisme est à l'ordre du jour !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4687</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4440</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3412</a></p></div>
La guerre la plus meurtrière tue plus de trois millions de personnes par an, et rien que des ouvriers ! Dans un silence de mort...
http://matierevolution.org/spip.php?article9274
http://matierevolution.org/spip.php?article92742025-08-12T22:36:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisOuvriers WorkersprolétairesCapitalisme
<p>La guerre la plus meurtrière tue, sans aucune catastrophe particulière, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le système capitaliste meure ! <br class='autobr' />
Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une véritable guerre du capital contre le monde du travail <br class='autobr' />
Contrairement à ce que suggère l'expression « les accidents du travail », ces morts dites accidentelles ne sont pas liées à une cause inattendue, imprévisible, (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La guerre la plus meurtrière tue, sans aucune catastrophe particulière, plus de trois millions de personnes par an dans le monde, et rien que des ouvriers ! Une seule solution : que le système capitaliste meure !</h2><h2 class="spip">Les accidents du travail ne sont pas accidentels : c'est une véritable guerre du capital contre le monde du travail</h2>
<p>Contrairement à ce que suggère l'expression « les accidents du travail », ces morts dites accidentelles ne sont pas liées à une cause inattendue, imprévisible, purement fortuite, due à un malheureux hasard, à un concours de circonstances complètement imprédictible, ponctuelle, qui ne se reproduiraient que de manière rarisssime et qui seraient aussi inattendues qu'impossible à combattre (malchance, fatalité, problèmes techniques, fautes individuelles, manque de rigueur, d'attention dans le travail et de respect des normes de sécurité, causes véritablement accidentelles). Pas du tout ! Ces « accidents » ont lieu de manière régulière, tous les ans, tous les mois, tous les jours, dans toutes les régions du monde et dans tous les pays, dans toutes les professions industrielles, avec une statistique relativement stable et touchant toujours la même population de prolétaires. Ces morts (plus de trois millions par an) et ces blessés (des centaines de millions par an avec beaucoup de handicapés à vie) ne sont pas le produit d'une fatalité du travail industriel mais une nécessité pour la recherche permanente du profit maximum pour le capital !</p>
<p>Même si les médias ne s'en saisissent que rarement et manière ponctuelle dans la rubrique des « faits divers », ne le combattent et dénoncent jamais, même si les organisations dites ouvrières ne mènent pas de combat sérieux sur ce thème, même si les gouvernants et la justice se refusent à mener une lutte contre ces assassinats d'ouvriers, et refusent de les qualifier ainsi, il s'agit bel et bien de crimes de masse et même du plus grand assassinat permanent de la société capitaliste…</p>
<p>Crime de masse, n'est-ce pas une exagération ? Pas du tout ! Plus de trois millions de morts par an, c'est la principale cause d'assassinat dans le monde tous les ans, bien plus que les guerres et les accidents de la route dans le monde !!!</p>
<p>Les « accidents » du travail dans le monde font 6.000 morts par jour ! Soit 2.190.000 par an ! Plus de deux millions d'ouvriers assassinés par le grand capital tous les ans…</p>
<p><a href="https://globometer.com/travail-accidents.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://globometer.com/travail-accidents.php</a></p>
<p>En fait, il faut compter plus de trois millions de morts par accident du travail dans le monde…</p>
<p><a href="https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ilo.org/fr/resource/news/pr%C3%A8s-de-3-millions-de-personnes-meurent-daccidents-et-de-maladies-li%C3%A9s-au</a></p>
<p>Les guerres dans le monde font 84.000 morts par an</p>
<p><a href="https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.statista.com/infographie/28298/evolution-du-nombre-de-morts-causes-par-des-conflits-armes-et-guerres-dans-le-monde-par-region/</a></p>
<p>Les accidents du travail c'est trois fois plus que les accidents de la route dans le monde…</p>
<p><a href="https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/road-traffic-injuries</a></p>
<p>C'est cent fois plus que le nombre de morts liés à la répression d'Etat dans le monde…</p>
<p><a href="https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.statista.com/statistiques/1398163/nombre-morts-actions-policieres/</a></p>
<p>Les révolutionnaires ne sont pas les premiers à le constater : ce crime n'a rien d'accidentel !</p>
<p><a href="https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://institutlaboetie.fr/note-accidents-du-travail/</a></p>
<p><a href="https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.miroirsocial.com/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-et-ces-morts-sont-evitables</a></p>
<p><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.monde-diplomatique.fr/2003/06/RAMONET/10125</a></p>
<p><a href="https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.info-socialrh.fr/bibliotheque-numerique/entreprise-et-carrieres/715/sans/le-travail-tue-plus-que-les-guerres-458997.php</a></p>
<p><a href="https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.liberation.fr/economie/social/avec-plus-de-8-000-morts-au-travail-depuis-2009-la-france-ne-brille-pas-en-europe-20250501_AY6RJ4VL7NFKRBRAG3YL4KPRQA/</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/06/cadences-sous-traitance-pression-quand-le-travail-tue_6214988_3234.html</a></p>
<p>Il n'y a pas que les morts directes dans l'entreprise… On peut mourir à plus long terme (chez soi et même après la retraite, sans déclaration d'accident) par divers produits industriels comme amiante, cuivre, produits radioactifs, métaux lourds (cadmium, chrome, nickel, arsenic…), huiles minérales, poussières de bois, silice cristalline, benzène ou encore goudrons, etc…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8575</a></p>
<p><a href="https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.fondation-arc.org/cancer/cancers-professionnels/risques-au-travail</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4099</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve489</a></p>
<p>Ou par accident industriel…</p>
<p><a href="https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://bluedocker.com/les-10-accidents-industriels-les-plus-graves-de-lhistoire/</a></p>
<p>Ou par la consommation…</p>
<p><a href="https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/quatre-industries-sont-responsables-de-2-7-millions-de-deces-annuels-en-europe_AD-202406120080.html</a></p>
<p>Les ouvriers ont encore d'autres moyens de mourir plus vite comme la fatigue, l'usure au travail, les maux causés discrétement par les produits inhalés, etc… Les statistiques indiquent que les ouvriers vivent en moyenne cinq ans de moins chez les ouvriers…</p>
<p><a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.insee.fr/fr/statistiques/8220688</a></p>
<h2 class="spip">Quelques exemples…</h2>
<p>Un ouvrier de 19 ans coulé dans le bitume</p>
<p><a href="https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sudouest.fr/faits-divers/un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-bitume-a-200-0c-25264308.php</a></p>
<p><a href="https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sudinfo.be/id1018064/article/2025-07-15/terrible-accident-de-travail-un-ouvrier-en-urgence-absolue-apres-avoir-ete</a></p>
<p>Eymoutiers (87) : un homme de 58 ans a été happé par une vis sans fin dans une scierie</p>
<p><a href="https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lepopulaire.fr/eymoutiers-87120/faits-divers/une-enquete-pour-homicide-involontaire-ouverte-apres-la-mort-de-l-ouvrier-d-une-scierie-a-eymoutiers_14723201/</a></p>
<p>Un travailleur décédé dans une usine de conditionnement de la viande Tyson</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/gjmd-j19.html</a></p>
<h2 class="spip">Même pas besoin de la guerre, du fascisme et de la dictature pour tuer tous les jours des ouvriers et en masse !</h2>
<p>Les patrons français tuent tous les jours deux ouvriers en moyenne et cela se fait à petit bruit…. Pas de gros scandale et juste un petit titre dans les actualités par ci par là.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/en-france-deux-personnes-meurent-au-travail-chaque-jour-en-moyenne-mais-ces-chiffres-manquent-de-precision-5817523</a></p>
<p>La mort horrible de ce jeune ouvrier est bien significative de ce qui n'a rien d'un accident, le fait que les travailleurs n'ont aucune sécurité en France</p>
<p> <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bfmtv.com/police-justice/vendee-un-ouvrier-de-19-ans-meurt-enseveli-sous-du-goudron-brulant-une-enquete-ouverte_AN-202507160144.html</a></p>
<p>Le patronat français est en tête des tueurs mondiaux !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7506</a></p>
<p>Il faut mettre un terme à la dissimulation du massacre qui a lieu sur les lieux de travail</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/ayps-a01.html</a></p>
<p>La vie des travailleurs compte !</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/29/bnqv-j29.html</a></p>
<p>Le carnage en milieu de travail se poursuit aux États-Unis</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/pers-a01.html</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/25/pujn-j25.html</a></p>
<p>C'est une guerre qui est menée contre la classe ouvrière</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/08/01/yygg-a01.html</a></p>
<p>La vie de travailleurs est sacrifiée pour le profit</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/26/rjmo-j26.html</a></p>
<p> Les syndicats s'avouent complètement incapables d'intervenir directement et en appellent aux patrons et à… l'Etat capitaliste ! Comme si c'étaient les responsables du crime qui allaient le combattre !</p>
<p><a href="https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.unsa.org/Securite-et-sante-au-travail-huit-syndicats-dont-l-UNSA-interpellent-le.html</a></p>
<p>Aux travailleurs de prendre le contrôle de l'industrie pour surveiller les risques</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/07/19/yvjd-j19.html</a></p>
<p>C'est le système capitaliste qui est mortifère. Il est vital pour l'humanité de s'en débarrasser…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7314</a></p>
<h2 class="spip">Organisons-nous en comités aussi pour défendre nos vies !</h2></div>
Convergences révolutionnaires, La Fraction et l'état du capitalisme...
http://matierevolution.org/spip.php?article8711
http://matierevolution.org/spip.php?article87112025-06-19T22:01:00Ztext/htmlfrRobert ParisCrise CrisisCapitalisme
<p>Convergences révolutionnaires et La Fraction (ex de LO et ex du NPA) : ne surtout pas voir que le capitalisme est mort… <br class='autobr' />
Sur les groupes de l'ex-NPA, on entend uniquement le fait qu'ils se sont séparés et pas du tout ce qu'ils pensent du monde actuel, qui est pourtant bien plus intéressant que les petites histoires de recomposition et décomposition. Car, si aucun de ces groupes ne sert à penser le monde en vue de constituer uns stratégie révolutionnaire et de grouper autour de celle-ci, (…)</p>
-
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Convergences révolutionnaires et La Fraction (ex de LO et ex du NPA) : ne surtout pas voir que le capitalisme est mort… </h2>
<p>Sur les groupes de l'ex-NPA, on entend uniquement le fait qu'ils se sont séparés et pas du tout ce qu'ils pensent du monde actuel, qui est pourtant bien plus intéressant que les petites histoires de recomposition et décomposition. Car, si aucun de ces groupes ne sert à penser le monde en vue de constituer uns stratégie révolutionnaire et de grouper autour de celle-ci, qu'ils soient groupés ou pas n'y change pas grand chose...</p>
<p>Dans l'article « Suite à l'onde de choc contestataire parcourant le monde quelles perspectives », on trouve l'expression « très incertain ». C'est le qualificatif de nos camarades de La Fraction sur l'état du capitalisme !</p>
<p>Examinez la grande précision de cette analyse : « les perspectives de l'économie mondiale sont très incertaines. Selon Christine Lagarde, l'ancienne dirigeante du FMI et actuelle présidente de la Banque centrale européenne, le pire serait derrière nous et le plus dur à venir... Il est possible que, après le redémarrage de l'économie, on puisse passer à une période de convalescence, mais il est tout aussi possible que cette convalescence soit très lente et même très difficile… Quoi qu'il en soit, que le pire soit derrière nous ou non, c'est aux travailleurs qu'on présentera la facture… Indépendamment du rythme de la reprise, la classe ouvrière est en situation de se porter à la tête du combat… la situation actuelle recèle d'immenses possibilités dont personne ne sait jusqu'où elles pourraient aller. »</p>
<p>En résumé, on ne sait rien mais on peut tout ! La Fraction ne se laisse pas étouffer par l'analyse théorique ni sur l'économie ni sur rien ! Notons aussi, même si ce n'est pas le sujet de cet article, le caractère plus que lacunaire de l'analyse du mouvement des révolutions dans le monde.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Suite-a-l-onde-de-choc-contestataire-parcourant-le-monde-quelles-perspectives" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Suite-a-l-onde-de-choc-contestataire-parcourant-le-monde-quelles-perspectives</a></p>
<p>On pourrait s'attendre à mieux dans un ancien dossier sur la crise du capitalisme :</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/2008-2018-La-crise-dix-ans-apres" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/2008-2018-La-crise-dix-ans-apres</a></p>
<p>Sur la « crise » de 2007-2008 (une crise sans faillite de grande entreprise ou de grande banque, du jamais vu !), la Fraction NPA écrit : « Par bien des aspects, cette crise a été la plus profonde qu'ait connue le monde capitaliste depuis la grande dépression des années 1930. »</p>
<p>« Plus profonde », c'est sans doute un terme qui se veut à la fois qualitative et quantitative mais on ne sait pas même si on mesure là un sommet ou un gouffre !</p>
<p>« Dix ans après, le monde capitaliste s'interroge encore : où en sommes-nous ? La crise est-elle derrière nous ? Menace-t-elle encore ? Les interrogations elles-mêmes en disent long sur le capitalisme et la société qu'il nous propose. »</p>
<p>Visiblement, il va falloir se contenter des interrogations pour « en dire long »…</p>
<p>« Pour les dirigeants politiques de ce monde, la crise est bien finie. » déclare l'article…</p>
<p>Ah là, c'est carrément faux !</p>
<p>Les institutions capitalistes ne cessent de dire que la situation est critique et même menaçante !</p>
<p>Prenons comme seul exemple le FMI :</p>
<p><a href="https://www.20minutes.fr/economie/1001140-20120911-dg-fmi-crise-dette-finie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.20minutes.fr/economie/1001140-20120911-dg-fmi-crise-dette-finie</a></p>
<p><a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/200901/06/01-674585-la-crise-du-credit-nest-pas-finie-soutient-le-fmi.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lapresse.ca/affaires/economie/200901/06/01-674585-la-crise-du-credit-nest-pas-finie-soutient-le-fmi.php</a></p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/09/11/97002-20120911FILWWW00339-la-crise-de-la-dette-n-est-pas-finie-fmi.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/09/11/97002-20120911FILWWW00339-la-crise-de-la-dette-n-est-pas-finie-fmi.php</a></p>
<p><a href="https://www.imf.org/fr/Blogs/Articles/2023/07/25/global-economy-on-track-but-not-yet-out-of-the-woods" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.imf.org/fr/Blogs/Articles/2023/07/25/global-economy-on-track-but-not-yet-out-of-the-woods</a></p>
<p><a href="https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/14/sp041422-curtain-raiser-sm2022" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/14/sp041422-curtain-raiser-sm2022</a></p>
<p><a href="https://start.lesechos.fr/societe/economie/un-tiers-de-leconomie-mondiale-en-recession-en-2023-est-ce-si-grave-1894638" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://start.lesechos.fr/societe/economie/un-tiers-de-leconomie-mondiale-en-recession-en-2023-est-ce-si-grave-1894638</a></p>
<p>Le FMI, ce n'est qu'un exemple mais pas un exemple marginal, je pense…</p>
<p>« La réalité est moins rose pour les travailleurs… » dit l'article, ce qui sous-entend déjà que la réalité est rose pour le capitalisme…</p>
<p>Tout ce que reconnait comme difficulté l'article, ce sont les dettes. Mais comment expliquer cet endettement massif dans ce monde capitaliste rose, on ne nous le dit pas !</p>
<p>On lit ainsi : « Par ailleurs, la masse des dettes est colossale. L'endettement total dans le monde (États, entreprises et particuliers) s'élève à 237 000 milliards d'euros, soit trois fois le PIB mondial. Il est supérieur de 70 000 milliards d'euros à son niveau de 2007. Cet endettement, qui était à l'origine de l'éclatement de la crise, n'est donc toujours pas résolu… »</p>
<p>Dynamique et complètement endetté, n'est-ce pas contradictoire ?</p>
<p>On peut lire : « Où nous mène le capitalisme aujourd'hui ? Ce dossier se propose déjà et plus modestement de revenir sur la crise de 2008, ses causes, ses conséquences. Et les leçons que nous pouvons en tirer. »</p>
<p>Donc demander où nous mène le capitalisme, ce n'est pas modeste, vous êtes avertis !</p>
<p>Merci au seul commentateur de cet article d'y rajouter la première remarque intéresssante : « le capitalisme est sous perfusion » ! Notez bien que ce n'est pas la Fraction-NPA qui l'écit !</p>
<p>Pas de souci, c'est un dosser et l'explication va sans doute venir après… on lit la suite :</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-arythmie-congenitale-du-capitalisme" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-arythmie-congenitale-du-capitalisme</a></p>
<p>Et là, surprise !</p>
<p>« Les capitalistes ont développé des capacités de production qui dépassent le marché dit « solvable » et ne s'en rendent compte qu'a posteriori. Mais c'est leur système qui veut ça, une régulation après coup sur le marché ! Un système qui ne connaît donc que la crise comme correctif, l'arythmie de la production, avec ses syncopes. Un système qui retrouve donc un nouvel équilibre en licenciant, en fermant des usines, des bureaux, en réduisant les salaires. Certains capitalistes font même faillite, tandis que d'autres rachètent à bas prix et empochent la mise. Des forces productives sont détruites pour s'adapter au marché réel. Et tant pis si des dizaines de milliers de travailleurs sont privés de tout, parce qu'ils auraient trop produit. L'abondance devient pénurie par la seule irrationalité d'un système.<br class='autobr' />
C'est un phénomène de ce genre qu'on a connu en 2008. »</p>
<p>On peut donc lire que la crise de 2007-2008 est une crise classique dans laquelle les « capitalistes font même faillite » ! Mais c'est parfaitement faux ! Au contraire, sa grande particularité est d'être une situation critique dans laquelle les grandes entreprises ont été considérées comme « systémiques », c'est-à-dire trop grosses pour faire faillite sans entrainer la faillite du système mondial… Ce n'est pas un contresens de détail bigre !</p>
<p>Puis ensuite, on nous rebat les oreilles avec le leitmotiv dont les capitaliste eux-mêmes ne se contentent plus : tout serait, en 2007-2008, de la faute… des subprimes !</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-de-2008" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/La-crise-de-2008</a></p>
<p>Voyez-vous l'économie mondiale s'effondre à cause de la titrisation des dettes immobilières aux USA !</p>
<p>On y apprend incidemment que « l'ensemble de la finance est infestée de titres pourris ». Pourquoi diable dans une économie qui est si dynamique et profiteuse ?!!!</p>
<p>Voyons la suite…</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-la-foulee-de-la-crise-de-2007-2008-manifestations-greves-et-revolutions" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Dans-la-foulee-de-la-crise-de-2007-2008-manifestations-greves-et-revolutions</a></p>
<p>« Pour renflouer les industriels et les banquiers, les États se sont lourdement endettés. Ainsi, les dettes ont explosé entre 2007 et aujourd'hui, y compris dans les pays riches. »</p>
<p>Donc, si on a bien compris c'est une crise capitaliste tout ce qu'il y a de classique mais dans laquelle les Etats ont sauvé industriels et banquiers !</p>
<p>Intéressant cela… C'est classique aussi ? On ne nous le dit pas…</p>
<p>On en était restés aux banquiers et capitalistes de 1929 qui se suicidaient à la queue le leu…</p>
<p>On va quand même avoir la réponse à cette question : « Aujourd'hui, où en est-on de cette crise ? »</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Aujourd-hui-ou-en-est-on-de-cette-crise" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Aujourd-hui-ou-en-est-on-de-cette-crise</a></p>
<p>Voici des éléments de réponse :</p>
<p> « Dix ans après la crise de 2008, tout va très bien, puisque le Cac 40 se porte comme un charme. Tout va très bien puisque la production automobile mondiale a dépassé les 97 millions de véhicules pour l'année 2017, 2,6 % de plus qu'en 2016, et 36 % de plus qu'en 2007 (l'année d'avant la crise). Tout va très bien puisque le marché des ventes d'armes est à la hausse, atteint 375 milliards de dollars en 2016 (l'équivalent du budget total d'un État comme la France), soit une progression de 2 % par rapport à l'année précédente, mais de 38 % par rapport à 2002, avant la crise.<br class='autobr' />
Tout va très bien puisque nos capitalistes empochent tant de profits qu'ils ont des difficultés, les pauvres, à trouver les débouchés suffisants pour cette masse de leurs capitaux. Sauf que cette expansion du capitalisme qui ne suit pas assez vite celle de l'accumulation du capital conduit à l'émergence de bulles, comme celles qui ont engendré la crise de 2008. Mais tout va très bien puisque nos gouvernants nous ressassent, tous les ans, qu'on renoue avec la croissance.<br class='autobr' />
Tout va très bien, à ceci près que du côté des travailleurs, lesdites reprises de la croissance sont à peine perceptibles : le chômage ou la précarité se maintiennent et les salaires restent au ras du sol. Les travailleurs n'ont ressenti que les crises. Et avec violence. Causant à chaque fois des baisses de pouvoir d'achat qui se cumulent. Malmenant à chaque fois la courbe du chômage. »</p>
<p>« Le capitalisme à l'agonie ? Il a au contraire connu une expansion fulgurante dans un ensemble de pays, dits « émergents ». »</p>
<p>C'est quand même un peu étonnant car le même dossier affirme que l'avenir est au renversement du capitalisme par la vague révolutionnaire mondiale !!! Pour un capitalisme aussi dynamique, c'est une conclusion vraiment injuste !</p>
<p>Le même article écrit en effet : « Et si la prochaine crise du capitalisme, c'était nous ? »</p>
<p>Comme si on allait renverser le capitalisme alors qu'il a encore de brillantes perspectives devant lui. Et ils se disent marxistes, ces camarades ?!</p>
<p>Pour la fraction, la perpsective immédiate semble pourtant officiellement d'en finir avec la capitalisme !</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-bonne-resolution-contre-les-guerres-et-la-misere-en-finir-avec-le?navthem=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Une-bonne-resolution-contre-les-guerres-et-la-misere-en-finir-avec-le?navthem=1</a></p>
<p>Pourquoi se donner cet objectif rapide si le système est en plein redressement, on ne voit pas.</p>
<p>On ne voit pas non plus pourquoi mondialement guerres, dictaures et fascisme montent en flèche si le système se porte si bien…</p>
<p>On a remarqué comment les articles sur la crise reliaient toujours la situation économique et la situation politique mais il y a un problème du coup : les deux s'inversent dans les conclusions !</p>
<p>Peut-on à la fois dire dans le même article que le capitalisme est « pourrissant » et dire qu'il « sabre le champagne » ?</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-capitalistes-sabrent-leur-champagne-sabrons-leurs-profits?navthem=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Les-capitalistes-sabrent-leur-champagne-sabrons-leurs-profits?navthem=1</a></p>
<p>Il n'y a même pas de faute d'analyse sur les perspectives du capitalisme mais une absence totale…</p>
<p>Sans théorie révolutionnaire, pas de politique révolutionnaire possible ! Mais avec un méli-mélo activiste, on peut justifier n'importe quelle politique dans le seul but de renforcer le groupe sans aucun principe politique pour accompagner une telle activité.</p>
<p>La base d'une vraie politique révolutionnaire est l'étude scientifique de la réalité. Avec la Fraction, on est très loin de cela…</p>
<p>Lire encore :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2730" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2730</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve952" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve952</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article796" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article796</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7617</a></p>
<p>Notre réponse sur la signification de la « crise » de 2007-2008 et sur l'état actuel du capitalisme et son avenir :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4280</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3771</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5887" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5887</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127</a></p></div>