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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>La r&#233;volution politique et sociale a exist&#233; aux &#233;poques antiques et anciennes</title>
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		<dc:date>2025-12-26T23:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volution politique et sociale a exist&#233; aux &#233;poques antiques et anciennes &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;volutions des soci&#233;t&#233;s antiques et anciennes sont celles des esclaves, des serfs, des nationalit&#233;s opprim&#233;es, des paysans, des chasseurs-cueilleurs, des femmes et des habitants des villes... &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le peuple ou une fraction de celui-ci renverse un r&#233;gime, un syst&#232;me, un pouvoir, un syst&#232;me social, tout cela s'est produit aussi bien dans l'antiquit&#233; la plus ancienne qu'&#224; l'&#233;poque moderne. On sait que sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution politique et sociale a exist&#233; aux &#233;poques antiques et anciennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions des soci&#233;t&#233;s antiques et anciennes sont celles des esclaves, des serfs, des nationalit&#233;s opprim&#233;es, des paysans, des chasseurs-cueilleurs, des femmes et des habitants des villes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le peuple ou une fraction de celui-ci renverse un r&#233;gime, un syst&#232;me, un pouvoir, un syst&#232;me social, tout cela s'est produit aussi bien dans l'antiquit&#233; la plus ancienne qu'&#224; l'&#233;poque moderne. On sait que sous Louis XVI, le climat a aggrav&#233; la situation sociale mais c'est le peuple qui l'a renvers&#233;. De m&#234;me dans l'antiquit&#233;, ce n'est pas le climat qui a fait chuter un r&#233;gime mais la population. D&#232;s que sont apparues des divisions en classes sociales et des directions de la soci&#233;t&#233; au service de la classe dominante, il y a eu aussi des r&#233;voltes et des r&#233;volutions et des renversements du pouvoir en place. Or, les classes sociales datent de la plus haute antiquit&#233; et les pouvoir d'Etat est venu ensuite pour d&#233;fendre ces classes exploiteuses contre&#8230; les r&#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques exemples&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La myst&#233;rieuse d&#233;couverte de restes humains br&#251;l&#233;s et de milliers d'ornements pr&#233;cieux, qui auraient appartenu &#224; des dirigeants royaux d'une cit&#233; maya, sont une preuve arch&#233;ologique rare et directe d'un changement de r&#233;gime politique vieux de plus d'un mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/civilisations-precolombiennes-guatemala-ces-restes-humains-revelent-un-bouleversement-politique-majeur-dans-une-cite-maya&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/civilisations-precolombiennes-guatemala-ces-restes-humains-revelent-un-bouleversement-politique-majeur-dans-une-cite-maya&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/pivot-point-in-maya-history-fireburning-event-at-kanwitznal-ucanal-and-the-making-of-a-new-era-of-political-rule/564F837E84443D408CD844424B7F6952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cambridge.org/core/journals/antiquity/article/pivot-point-in-maya-history-fireburning-event-at-kanwitznal-ucanal-and-the-making-of-a-new-era-of-political-rule/564F837E84443D408CD844424B7F6952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6324&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6324&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me ceux qui ne voient partout que des actions du climat doivent reconnaitre que la crise sociale a entrain&#233; une crise politique et caus&#233; finalement&#8230; une r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gurumed.org/2022/07/25/on-pourrait-sinspirer-de-leffondrement-de-cette-cit-maya-il-y-a-plus-de-500-ans-domin-par-le-changement-climatique-et-linstabilit-sociale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gurumed.org/2022/07/25/on-pourrait-sinspirer-de-leffondrement-de-cette-cit-maya-il-y-a-plus-de-500-ans-domin-par-le-changement-climatique-et-linstabilit-sociale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi les Mayas br&#251;laient-ils leurs rois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trouvailles seraient les restes br&#251;l&#233;s d'anciens souverains et de leurs tr&#233;sors. Les quatre corps des membres d'une famille royale auraient &#233;t&#233; enterr&#233;s dans la m&#234;me tombe plusieurs d&#233;cennies auparavant. En effet, les scientifiques ont proc&#233;d&#233; &#224; la datation au carbone des charbons de bois et des os. Or, si les &#233;chantillons des premiers remontent &#224; la fin de la p&#233;riode dite &#171; classique tardive &#187;, entre environ 773 et 881 apr&#232;s J.-C., les seconds sont plus anciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des individus est m&#234;me d&#233;c&#233;d&#233; un si&#232;cle avant que les restes ne soient exhum&#233;s pour &#234;tre br&#251;l&#233;s, y compris pour deux d'entre eux, &#224; des temp&#233;ratures tr&#232;s &#233;lev&#233;es. Pourquoi ? L&#224;, commence le difficile travail scientifique d'interpr&#233;tation. Pour les chercheurs, la destruction par le feu de ces restes royaux n'&#233;tait nullement un acte de barbarie. Ils ne voient pas non plus dans cet &#233;v&#233;nement un effondrement maya de la p&#233;riode classique, mais plut&#244;t ce qu'ils nomment un &#171; point pivot r&#233;volutionnaire &#187; autour duquel le royaume K'anwitznal s'est r&#233;invent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rite de transition politico-sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens rois auraient &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s longtemps apr&#232;s leur mort, lors d'un rituel intentionnel de destruction et de profanation destin&#233; &#224; marquer, au IXe si&#232;cle, la transition vers un nouveau r&#233;gime politique. &#171; Les rituels d'entr&#233;e du feu &#233;taient bien connus dans l'ancien monde maya, souligne Christina Halperin. Il s'agissait peut-&#234;tre aussi bien d'un acte de v&#233;n&#233;ration que d'un acte de destruction. Ce rituel particulier d'entr&#233;e du feu d'Ucanal correspond &#224; un changement prolifique dans l'histoire du site et &#233;galement &#224; des changements majeurs dans les basses terres mayas en g&#233;n&#233;ral. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; maya aurait utilis&#233;, au d&#233;but de la p&#233;riode &#171; classique terminale &#187; (vers 810-950), les rituels du feu purificateur pour signifier la destruction symbolique d'une ancienne dynastie maya du &#171; classique r&#233;cent &#187; (vers 600-810), afin de construire un nouvel ordre politique. En somme, il s'agissait d'un rite de transition politico-social r&#233;v&#233;lant une soci&#233;t&#233; en mutation et non plong&#233;e dans un simple d&#233;clin.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est rare de trouver un contexte arch&#233;ologique qui a marqu&#233; un tournant cl&#233; dans l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christina Halperin d&#233;crit m&#234;me le sc&#233;nario probable de ce qui s'est d&#233;roul&#233; &#224; la pyramide d'Ucanal : &#171; Ceux qui ont assum&#233; le pouvoir sont rentr&#233;s dans une tombe royale de la fin du classique, ont br&#251;l&#233; les restes humains et les ornements corporels de la tombe royale et ont d&#233;pos&#233; les restes spectaculairement br&#251;l&#233;s et explos&#233;s dans les fondations d'une nouvelle phase de construction du temple-pyramide. Il est rare de trouver un contexte arch&#233;ologique qui a marqu&#233; un tournant cl&#233; dans l'histoire. Ce d&#233;p&#244;t pourrait, en fait, en &#234;tre un. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/sciences/archeologie/mais-pourquoi-les-mayas-brulaient-ils-leurs-rois&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.humanite.fr/sciences/archeologie/mais-pourquoi-les-mayas-brulaient-ils-leurs-rois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Mayas ne sont pas une exception, tous les pouvoirs des anciennes soci&#233;t&#233;s des Indiens des Am&#233;riques ont connu des r&#233;volutions et des renversements du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples les plus fameux sont ceux des Olm&#232;ques et des Nazca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut citer aussi : Caral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple : ces reliques r&#233;v&#232;lent le bouleversement dans l'histoire des Nabat&#233;ens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire/ces-reliques-revelent-le-bouleversement-dans-lhistoire-des-nabateens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire/ces-reliques-revelent-le-bouleversement-dans-lhistoire-des-nabateens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mutations.hypotheses.org/comptes-rendus/10-11-17_structure_sociale_nabateens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mutations.hypotheses.org/comptes-rendus/10-11-17_structure_sociale_nabateens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Egypte antique a connu de nombreux bouleversements du pouvoir et notamment deux grandes r&#233;volutions sociales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;volutions aussi en M&#233;sopotamie antique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et chez les Scythes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5376&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5376&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'empire perse aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5257&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5257&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Numidie et en Maur&#233;tanie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5533&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5533&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de la civilisation antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6068&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6068&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions de l'antiquit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article52&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples qui montrent, n'en d&#233;plaise aux historiens et autres penseurs du pouvoir, que toutes les civilisations ont disparu du fait des r&#233;volutions r&#233;alis&#233;es par les opprim&#233;s et parce que le syst&#232;me avait atteint ses propres limites...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de deux grandes vagues de r&#233;volution sociale (-2260 et -1200 avant J.-C.), le peuple travailleur d'Egypte a non seulement renvers&#233; le roi mais renvers&#233; aussi le r&#233;gime pharaonique et tout le syst&#232;me d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Mochicas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Lambay&#232;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la civilisation de Chav&#237;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Zapot&#232;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'empire Tiahuanaco-Huari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Tolt&#232;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Olm&#232;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande r&#233;volution : le passage du n&#233;olithique &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution dans la civilisation de Cucuteni-Trypillia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans la Chine antique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Assyriens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article613&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article613&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les Ph&#233;niciens et Canan&#233;ens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en M&#233;so-am&#233;rique antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Rome antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Gr&#232;ce antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article224&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article224&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Palestine (Canaan) et en Isra&#235;l antiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Inde antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la civilisation m&#233;galithique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Afrique antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article230&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article230&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Corfou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on est loin de les avoir toutes cit&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les p&#233;riodes de grands bouleversements se retrouvent dans toutes les langues antiques et anciennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mots r&#233;volte, r&#233;volution, soul&#232;vement, insurrection, renversement de l'ordre, d&#233;sordre social, p&#233;riode de d&#233;sorganisation, changement radical, grand chambardement, destruction du pouvoir, nouvelle &#232;re, nouveau r&#233;gime, chute d'une ville, d'une soci&#233;t&#233; ou d'une civilisation et autres sont dans toutes les langues anciennes, y compris dans la plus lointaine antiquit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En incas, pachacuti signifie une p&#233;riode de grand bouleversement de l'ordre politique et social et ce nom a m&#234;me servi &#224; un monarque incas qui voulait r&#233;volutionner le r&#233;gime en fondant l'empire incas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pachacutec&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pachacutec&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pachacutec, dont le nom signifie &#171; bouleversement &#187; ou &#171; r&#233;volution &#187;, est la figure qui a accomplie la transition du chaos &#224; l'ordre g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_inca-chanca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_inca-chanca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gende des soleils est un mythe cosmogonique m&#233;soam&#233;ricain fond&#233; sur la cr&#233;ation puis la destruction de plusieurs mondes (ou soleils) successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gende_des_soleils&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9gende_des_soleils&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre soleils indiquent les phases de r&#233;volutions sociales et politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ethnographiques.org/2012/Guinchard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ethnographiques.org/2012/Guinchard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En aymara, janwalt'a signifie d&#233;sordre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;gyptiens l'appellent Isfet (par opposition &#224; l'ordre Ma&#226;t)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grecs l'appellent chaos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte et d&#233;sordre en h&#233;breu : &#1488;&#1497; &#1505;&#1491;&#1512;&lt;br class='autobr' /&gt;
et &#1502;&#1462;&#1512;&#1462;&#1491;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte et d&#233;sordre en hindi : vidroh et gadabad&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En latin : turba signifie &#224; la fois foule, d&#233;sordre, tapage, bouleversement et agitation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En romain, le terme capharna&#252;m est tir&#233; d'une grande r&#233;volte des juifs dans la ville du m&#234;me nom&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bambara, ka &#626;agami signifie d&#233;sordre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chinois, H&#468;nlu&#224;n signifie d&#233;sordre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot interr&#232;gne, qui indique une p&#233;riode d'instabilit&#233; sans pouvoir central, existe notamment en &#233;gyptien mais aussi dans toutes les langues antiques comme modernes, de tous les continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ne veulent absolument pas voir une r&#233;volution dans la chute des civilisations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations sont-elles vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre ... brutalement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples qui montrent, n'en d&#233;plaise aux historiens et autres penseurs du pouvoir, que toutes les civilisations ont disparu du fait des r&#233;volutions r&#233;alis&#233;es par les opprim&#233;s et parce que le syst&#232;me avait atteint ses propres limites...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2132&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie des apparitions et disparitions de civilisations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du temps de Marx et Engels, les grandes r&#233;volutions des soci&#233;t&#233;s humaines de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233; la plus ancienne &#233;taient parfaitement inconnues !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5521&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5521&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Pr&#233;histoire et l'Antiquit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi et comment les civilisations ont disparu brutalement et de mani&#232;re &#233;tonnante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luttes ouvri&#232;res au Moyen-&#226;ge, sous la royaut&#233;</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8696</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article8696</guid>
		<dc:date>2025-06-11T22:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment est n&#233; le droit du travail au Moyen &#194;ge ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-histoire/le-pourquoi-du-comment-histoire-chronique-du-mardi-20-fevrier-2024-4155070?utm_source=pocket-newtab-fr-fr &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re grande gr&#232;ve du Moyen-&#226;ge en France : en 1229, celle des enseignants de l'universit&#233; de Paris : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_de_1229_%C3%A0_l%27universit%C3%A9_de_Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
En Flandres, les gr&#232;ves ouvri&#232;res ont lieu tr&#232;s t&#244;t... (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment est n&#233; le droit du travail au Moyen &#194;ge ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-histoire/le-pourquoi-du-comment-histoire-chronique-du-mardi-20-fevrier-2024-4155070?utm_source=pocket-newtab-fr-fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-histoire/le-pourquoi-du-comment-histoire-chronique-du-mardi-20-fevrier-2024-4155070?utm_source=pocket-newtab-fr-fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re grande gr&#232;ve du Moyen-&#226;ge en France : en 1229, celle des enseignants de l'universit&#233; de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_de_1229_%C3%A0_l%27universit%C3%A9_de_Paris&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_de_1229_%C3%A0_l%27universit%C3%A9_de_Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Flandres, les gr&#232;ves ouvri&#232;res ont lieu tr&#232;s t&#244;t...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1225 et 1250, les premi&#232;res gr&#232;ves de travailleurs sont document&#233;es dans des villes comme Douai et Gand. C'est plus t&#244;t que partout ailleurs dans l'Europe m&#233;di&#233;vale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#232;gne du chef populaire Jacob van Artevelde (1338-45), capitaine g&#233;n&#233;ral de Gand, marque l'apog&#233;e de la r&#233;bellion flamande. Bien qu'Artevelde ne soit pas lui-m&#234;me un artisan et qu'il appartienne &#224; la classe sup&#233;rieure urbaine de Gand, il r&#233;ussit &#224; gagner le soutien des ouvriers du textile et de la plupart des autres artisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lavamedia.be/fr/la-flandre-epicentre-du-conflit-de-classes-dans-leurope-medievale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lavamedia.be/fr/la-flandre-epicentre-du-conflit-de-classes-dans-leurope-medievale/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plongeons nous dans la Flandre de 1280, dans un dernier focus historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le ventre du monde &#224; cette &#233;poque, un condens&#233; magnifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TAKEHANS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mot flamand pour gr&#232;ve et coalition d'ouvrier)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les foulons et les teinturiers,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;toute cette chaine de m&#233;tiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qui faisait vivre les drapiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce secteur d'activit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;est d&#233;j&#224; fortement industrialis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la chaine du textile,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'usine, c'est chaque ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde de pr&#233;-prol&#233;taires,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ruraux pouss&#233;s l&#224; pour &#233;chapper &#224; la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hordes des temps nouveaux,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pas si maniables, loin s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organis&#233;s en corporations,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dont on en veut aux conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos gr&#232;ves d'aujourd'hui,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ont sources en ces conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Flandre et le Hainaut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;portent d&#233;j&#224; nos maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'allument &#224; tour de r&#244;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'antagonismes dr&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vastes foyers o&#249; Vulcain s'&#233;reinte,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o&#249; la force du nombre et celle de l'argent,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;se toisent comme deux colosses taquins,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;avant l'ultime affrontement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; d'ann&#233;es en ann&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sournoisement les clivages se sont install&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, il y a bien du travail,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mais &#224; quels prix, quels salaires minimaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste de quoi nourrir le cercle familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant on voit le drapier flamand bien gros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ceux-l&#224; quelle nouvelle race est-ce donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boinebrock and co qui mangent sur le dos de quiconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubliant d&#233;j&#224; que l'ouvrier est un homme,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quand les corporations encaissaient certaines sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, le sens est au changement,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quand de royaux arbitres soutenaient tous ces gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui voulait gagner sa pitance, n'avait pas justice avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salaires, dur&#233;e du travail, concurrence, apprentis,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les compagnons eurent fort &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au XIIIe si&#232;cle, les relations humaines se d&#233;t&#233;rior&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier, le valet, n'acc&#233;daient plus au rang de maitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main d'&#339;uvre abondante avait inspir&#233; quelques malhonn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Y- avait-il un moyen pour s'&#244;ter ce joug du col ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;plus de sentiments &#224; faire envers les gens de monopole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grands bourgeois flamands qui asservirent des r&#233;gions enti&#232;res,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tenant d'un bout &#224; l'autre la chaine de fabrication de laine d'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient des fa&#231;onniers jusqu'en Picardie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;chicanant sur les produits,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que ceux-ci confectionnaient, du petit jour &#224; la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, ils ne cr&#233;aient pas des ateliers dans leurs villes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour avoir sous les pieds, une main d'&#339;uvre plus docile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, ces gens l&#224; enrichis de jour en jour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;spoliaient presque les terres des ruraux alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois fort loin dans les campagnes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ils achetaient les seigneuries exsangues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysan ainsi affam&#233; refluait vers la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cercle vicieux, cercle subtil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi comprendre tous ces &#171; m&#233;contentements &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; compilacions et takehans &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ire des tisserands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi en 1280, &#224; Ypres, Douai, Tournai, Bruges,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on vit les bourgeois, le soir, s'enfermaient dans leur refuge,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;jetant hors les villes leurs ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La col&#232;re s'&#233;tendit &#224; Provins, &#224; Caen,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;meute descendit &#224; Orl&#233;ans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et m&#234;me jusqu'&#224; B&#233;ziers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#251;t la premi&#232;re fois, qu'en une seule ann&#233;e,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la r&#233;volte, dans le pays, s'&#233;tendit, g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se rassurer, on fit une r&#233;pression de la m&#234;me taille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Ypres, on arracha les yeux de dix gr&#233;vistes, avant de les bannir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus de cent condamnations suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient de f&#233;roces pr&#233;mices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers courront d&#232;s lors apr&#232;s la Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de Philippe III le hardi, on l&#233;gif&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais survinrent de f&#226;cheux sp&#233;cialistes du droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boileau, Beaumanoir, Bouthillier,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;arriv&#232;rent, surench&#233;rissant chacun, &#224; chaque trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion tomba : &#171; c'&#233;tait crime odieux que de se r&#233;volter &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Takehans et Harelles &#233;quivaudraient dor&#233;navant &#224; peine de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sieur Bouthillier avait fait tr&#232;s fort (1335).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite est encore actuelle,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et fait partie, cyniquement, de l'Histoire universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean de Boinebroke&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a vu, nombreux d&#233;j&#224; sont &#171; ceus qui font fere leurs &#339;uvres &#224; autrui &#187;, &#224; Paris et dans les riches Flandres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evolution soci&#233;tale, &#224; la fin du XIIIe Si&#232;cle, les plus riches bourgeois dans les villes s'approprient les fonctions municipales, l'exercice de la justice. R&#233;sultat, il en ressort une oppression des autres &#171; bourgeois &#187; et des troubles sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s s'&#234;tre &#233;mancip&#233;s des f&#233;odaux ou des &#233;v&#234;ques, ceux-ci font ironie du sort &#224; nouveau appel &#224; eux pour arbitrer leurs conflits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications qui sont d&#233;j&#224; modernes. &#171; Salaires, dur&#233;e du travail, concurrence&#8230; &#187; Furent le d&#233;clic de beaucoup d'&#233;meutes. On lynche souvent le notable. Mais les rois pour les ouvriers n'ont que de s&#233;v&#232;res compromis, le bannissement, voir la mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il en va de m&#234;me dans les campagnes. L'ancienne noblesse a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233; sur les champs de bataille (XIV et XVe Si&#232;cle), une nouvelle a surgit, les rois pourvoyant en lettre d'anoblissement. Cette gente ne &#171; reconna&#238;t plus les anciens contrats, le rachat des corv&#233;es, les droits dans les bois&#8230; &#187;. Nombreuses sont les &#171; jacqueries &#187;, filles de monopole et de sp&#233;culation, filles des guerres, filles des rois fous ou d&#233;biles qui se sont succ&#233;d&#233;s et d'une noblesse qui n'en a que le nom, engraiss&#233;e par le sang et l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; tuchins &#187; en Languedoc, (mis sur la touche, au ch&#244;mage), les &#171; maillotins &#187; &#224; Paris, les &#171; harelles &#187; de Rouen et en Normandie, n'envient rien aux premiers sans-culottes. Ces r&#233;volt&#233;s ont quatre cent ans d'avance, or les rois de ce temps sont bien plus coriaces qu'un Louis XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du Moyen-&#226;ge, pompeusement appel&#233; Renaissance, les artisans des campagnes triment sous la f&#233;rule d'urbains patrons. Les nobles se mettent plus bas que terre pour ramasser les honneurs et pouvoir parader &#224; la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absolutisme r&#232;gne partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cgtmonoprixsiege.eklablog.com/luttes-sociales-au-moyen-age-a94389676&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cgtmonoprixsiege.eklablog.com/luttes-sociales-au-moyen-age-a94389676&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Ier interdit en 1539 les assembl&#233;es de ma&#238;tres, compagnons et serviteurs, suite &#224; une gr&#232;ve des typographes lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du 25 avril 1539 &#233;clate le tric qui va durer plus de trois mois dans les ateliers typographiques de Lyon, la premi&#232;re gr&#232;ve ouvri&#232;re de l'histoire de France, appel&#233;e le Grand Tric des Imprimeurs de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rebellyon.info/25-avril-1539-a-Lyon-le-Grand-Tric-des-15040&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebellyon.info/25-avril-1539-a-Lyon-le-Grand-Tric-des-15040&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corporation et le compagnonnage &#233;taient souvent en lutte, parce qu'ils repr&#233;sentaient des int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents, sinon oppos&#233;s : la corporation, les int&#233;r&#234;ts des ma&#238;tres ; le compagnonnage, ceux des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres supportaient mal ces compagnies secr&#232;tes et insaisissables qui &#233;chappaient &#224; leur autorit&#233;, fomentaient des gr&#232;ves et des troubles. Ils provoquaient des descentes de police, au cours desquelles on s'emparait des papiers et de l'argent d&#233;pos&#233;s chez la &#171; m&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les compagnons trouvaient dans leur association le contrepoids n&#233;cessaire &#224; la corporation de m&#233;tier qui favorisait les ma&#238;tres aux d&#233;pens des ouvriers. Aussi, malgr&#233; l'illusoire suppression g&#233;n&#233;rale des compagnonnages par l'&#233;dit de Villers-Cotte-rets (1539), ceux-ci paraissent avoir multipli&#233; le nombre de leurs adh&#233;rents jusqu'&#224; la R&#233;volution, et il semble, ce qui s'explique ais&#233;ment, que la naissance de la grande industrie ait favoris&#233; ce &#171; mouvement ouvrier &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant ils &#233;taient traqu&#233;s par trois sortes d'ennemis : l'Eglise, les ma&#238;tres, les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'opinion de l'Eglise : elle est exprim&#233;e, au XVIIe si&#232;cle, par un ancien compagnon devenu pr&#234;tre ; c'est une d&#233;finition et des griefs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ces compagnons d&#233;shonorent grandement Dieu, profanant tous les myst&#232;res de notre religion, ruinent les maistres, vuidant leurs boutiques de serviteurs quand quelqu'un de leur cabale se plaint d'avoir re&#231;u bravade, et se ruinent eux-m&#234;mes par les d&#233;fauts au devoir qu'ils font payer les uns aux autres pour estre employez &#224; boire ; outre que le compagnonnage ne leur sert de rien pour la ma&#238;trise. Ils ont entre eux une juridiction, eslisent des officiers, un pr&#233;-vost, un lieutenant, un greffier et un sergent ; ont des correspondances par les villes, et un mot du guet par lequel ils se reconnaissent et qu'ils tiennent secret, et font partout ligue offensive contre les apprentis de leur m&#233;tier qui ne sont pas de leur cabale, les battent et les maltraitent, et les sollicitent d'entrer en leur compagnie.&#034; (Levasseur, I, 607.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici maintenant le son de la cloche patronale et municipale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ils entretiennent de continuelles contestations qui ont produit des d&#233;sordres infinis jusque-l&#224;. Ils s'attroupent et vont sur les grands chemins, et enfin maltraitent &#224; coups de b&#226;tons carr&#233;s, dont ils sont les uns et les autres continuellement arm&#233;s, ceux qui ne sont pas de leur parti ; ils font plus, ils courent la nuit avec des sabres et des &#233;p&#233;es nues &#224; la main, et enfin, conduits par la rage et une fureur sans pareille, ils se battent jusqu'&#224; se faire tuer les uns les autres... Il y a eu contre eux des proc&#233;dures sans nombre, des d&#233;crets de prise de corps..., mais les exc&#232;s sont rest&#233;s impunis, parce qu'ils prennent la fuite et vont travailler ailleurs. Ils ont form&#233; un &#171; syndicat &#187; (le mot est significatif et justifie notre interpr&#233;tation) qui prend des d&#233;lib&#233;rations contre le corps des ma&#238;tres menuisiers et charpentiers pour d&#233;fendre &#224; certains compagnons de travailler dans certaines boutiques...&#034; (Ordonnance du marquis de Castries, gouverneur de Montpellier, 1730. &#8212; Levasseur, II, 818.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les compagnonnages &#233;taient les syndicats d'autrefois. Les uns et les autres repr&#233;sentent devant l'Histoire la classe ouvri&#232;re organis&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit parfois que les gr&#232;ves sont un produit r&#233;cent de l'industrialisation progressive ou de la turbulence ouvri&#232;re. C'est une illusion. II y eut des gr&#232;ves au temps jadis. La gr&#232;ve n'est peut-&#234;tre pas aussi vieille que la souffrance des travailleurs, mais elle para&#238;t aussi vieille que l'exploitation des hommes par d'autres hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen &#226;ge lui-m&#234;me eut ses &#171; gr&#233;vistes &#187;. L'histoire a gard&#233; le souvenir du maire de la ville d'Ypres et de la ville de Provins tu&#233;s la m&#234;me ann&#233;e, en 1280, &#224; la suite d'une &#233;meute d'ouvriers tisserands. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, les tisserands de Douai &#8212; des artisans, ceux-l&#224; &#8212; s'&#233;taient r&#233;volt&#233;s contre une taxe sur les draps, et, dans leur fureur qu'on imagine &#224; peine, ils avaient tu&#233; onze &#233;chevinsl C'&#233;tait une &#171; jacquerie &#187;. Les hommes d'armes &#233;taient intervenus comme &#224; Rome ; le comte de Flandre avait r&#233;duit l'&#233;meute par la force, il avait fait pendre ou bannir les plus &#171; mutins &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les si&#232;cles lointains du moyen &#226;ge, les &#171; gueux &#187;, affam&#233;s, &#233;cras&#233;s sous le poids de formidables puissances d'oppression, eurent de terribles d&#233;sespoirs, obscurs et sanglants efforts vers un peu moins de mis&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Histoire d'une gr&#232;ve au seizi&#232;me si&#232;cle (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) V. Hauser, Ouvriers du temps pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons trois si&#232;cles. Voici une gr&#232;ve moins violente, plus moderne, une gr&#232;ve o&#249; l'on est surpris de trouver presque tous les caract&#232;res des gr&#232;ves de nos jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait &#224; Lyon, au printemps de l'ann&#233;e 1539. Lyon &#233;tait d&#233;j&#224; une cit&#233; importante, o&#249; battaient de nombreux m&#233;tiers &#224; tisser la soie, o&#249; florissaient les plus belles imprimeries &#171; de ce royaume, voire de la chr&#233;tient&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subitement, dans tous les ateliers &#224; la fois, les compagnons typographes &#171; ont tous ensemble laiss&#233; leur besogne &#187;. C'&#233;tait la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; de l'imprimerie lyonnaise au XVIe si&#232;cle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve &#233;tait le r&#233;sultat d'une entente pr&#233;alable, d'un monopole, comme on disait alors. Ces ch&#244;mages concert&#233;s, ces &#171; gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales &#187; n'&#233;taient sans doute pas rares chez les &#171; typos &#187; de Lyon, car ils avaient cr&#233;&#233; un mot pour les d&#233;signer : le trie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trie, dit en son curieux langage le R&#232;glement de 1696, est un mot invent&#233; par les compagnons, &#171; pour lequel, incontinent apr&#232;s la prononciation d'icelui, ils d&#233;laissent leur ouvrage pour faire quelque d&#233;bauche &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons typographes, qui ont toujours pr&#233;c&#233;d&#233; les autres compagnons dans la voie de l'organisation ouvri&#232;re, &#233;taient group&#233;s en une vaste confr&#233;rie, sorte de compagnonnage o&#249; le serment avait &#233;t&#233; pr&#234;t&#233; de &#171; cesser l'&#339;uvre quand l'un d'eux veut cesser &#187;. Ainsi, au XVIe si&#232;cle, chez les &#171; typos &#187; de Lyon, il suffisait qu'un seul compagnon &#8212; un seul ! &#8212; e&#251;t &#224; se plaindre d'un ma&#238;tre, pour qu'imm&#233;diatement tout le travail cess&#226;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confr&#233;rie avait des chefs connus et une &#171; bourse commune &#187; : ce n'est pas d'hier qu'on verse des cotisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le trie prononc&#233;, les compagnons, portant &#171; armes, dagues, poignards et b&#226;tons &#187;, menac&#232;rent de &#171; battre et mutiler et, en outre, d'expulser de la confr&#233;rie &#187; les autres compagnons et les apprentis qui ne voulaient pas &#171; laisser leur besogne &#187;. Mais il para&#238;t bien qu'ils n'eurent gu&#232;re l'occasion de &#171; battre et mutiler &#187; les r&#233;fractaires, puisque tout le travail avait cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se rattrap&#232;rent en &#171; rossant &#187; les patrons et m&#234;me aussi le guet ! (C'&#233;tait alors une mode.) En effet, le procureur du roi accuse formellement les compagnons d'avoir battu &#171; le pr&#233;v&#244;t et les sergents jusqu'&#224; mutilation et effusion de sang &#187;, &#8212; si bien que le guet n'osait plus sortir ! Ils avaient l'&#233;nergie rude, les typographes du XVIe si&#232;cle ! De vrais insurg&#233;s ! Ces curieux &#171; gr&#233;vistes &#187; poss&#233;daient une v&#233;ritable organisation militaire, avec banni&#232;res, enseignes, marches par grosses compagnies &#171; bien form&#233;es et bien conduites &#187;, command&#233;es par un capitaine, des lieutenants et chefs de bandes, bref, des officiers de gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi donc cette mobilisation ouvri&#232;re dans la vieille cit&#233; lyonnaise ? Que voulaient donc les compagnons typographes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une augmentation de salaires. Les salaires comprenaient des gages et la nourriture (on se souvient que jadis les ouvriers &#233;taient nourris le plus souvent par les ma&#238;tres). Or, les patrons rognaient sur la nourriture. Ils trouvaient les compagnons trop gourmands, qu'on ne pouvait &#171; contenter de nourriture &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la diminution du nombre des apprentis. Ces apprentis, que les ma&#238;tres ne payaient pas, qui, au contraire, payaient les ma&#238;tres, avilissaient les salaires des compagnons en prenant leur place. Les compagnons leur adress&#232;rent des menaces... et aussi des coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, lesdits compagnons, d'un naturel assez capricieux, il faut le dire, se plaignaient de &#171; ne pouvoir travailler &#224; leur guise &#187;. Comment cela ? Les ma&#238;tres organisaient donc le ch&#244;mage ?&#8212; Non, mais, disent-ils, les compagnons voudraient travailler en &#171; amateurs &#187; quand bon leur semble, quand le c&#339;ur leur en dit, pas &#224; la t&#226;che, &#224; la journ&#233;e, &#8212; et encore &#224; leurs heures ! Ainsi, les compagnons &#171; veulent faire la f&#234;te d'un jour ouvrier et besogner aux jours de f&#234;te &#187; : mariages, bapt&#234;mes, enterrements, tout leur est pr&#233;texte &#224; ch&#244;mage. Les ma&#238;tres &#233;taient fort scandalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils disaient aussi que les compagnons &#233;taient men&#233;s par une minorit&#233; violente, que la confr&#233;rie les obligeait &#224; la gr&#232;ve forc&#233;e, alors que beaucoup d'entre eux &#171; voudraient faire leur devoir et besogner &#187; : c'est la moderne accusation contre les meneurs, contre les gr&#233;-viculteurs : tout cela n'est pas nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au gr&#233; des ma&#238;tres, le travail des compagnons est trop irr&#233;gulier, trop fantaisiste : ils font le trie pour des raisons futiles. Eux, les ma&#238;tres, pr&#233;f&#232;rent augmenter les salaires-gages et ne pas nourrir de pareils gourmands : ils offrent aux compositeurs, c'est-&#224;-dire aux meilleurs ouvriers, 6 sols 6 deniers tournois par jour, &#224; peu pr&#232;s, selon M. Hauser, cinq francs de nos jours, sans tenir compte du pouvoir d'achat de l'argent, qui &#233;tait peut-&#234;tre &#224; cette &#233;poque quatre fois plus grand qu'aujourd'ihui : mais faut-il croire que les compositeurs de Lyon gagnaient alors la valeur de 20 francs actuels ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait assez joli. Mais le pain &#233;tait cher. Aussi les compagnons refus&#232;rent-ils, pr&#233;f&#233;rant gagner moins et &#234;tre nourris dans les' &#233;conomats des ma&#238;tres. Ils pr&#233;tendaient que leur travail les obligeait &#224; vivre ensemble en la maison du ma&#238;tre, &#171; et que, si on les for&#231;ait &#224; se nourrir au dehors, il leur serait donn&#233; occasion de se d&#233;baucher, allant ainsi vivre par tavernes &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; o&#249; en &#233;taient les choses au printemps de 1539. Elles avaient une physionomie qu'on croirait presque du XXe si&#232;cle. Qu'advint-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il advint qu'apr&#232;s trois mois de lutte, la mis&#232;re s'&#233;tant abattue sur le logis des compagnons &#224; tel point que la Grande Aum&#244;ne de Lyon (v&#233;ritable assistance publique oui fournissait indirectement des secours de gr&#232;ve) d&#233;clarait que ses ressources &#233;taient presque &#233;puis&#233;es, le s&#233;n&#233;chal rendit un jugement tr&#232;s dur pour les ouvriers. Il leur retirait le droit de coalition, c'est-&#224;-dire au'il supprimait leur confr&#233;rie, leur &#171; syndicat m. et le droit de gr&#232;ve : &#171; Les compagnons ne peuvent quitter leur t&#226;che, sous peine de payer au ma&#238;tre et la forme et la valeur des journ&#233;es de ch&#244;mage. &#187; Le s&#233;n&#233;chal menace les ouvriers d'amendes et de bannissement, les condamne pour &#171; excitation &#224; la gr&#232;ve &#187;, pour &#171; port d'armes &#187; et &#171; entraves &#224; la libert&#233; du travail &#187;. C'est tout &#224; fait moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repr&#233;sentant de la justice royale d&#233;clara en outre que les ma&#238;tres pouvaient faire travailler autant d'apprentis que bon leur semblerait. Ils seront tenus seulement de mieux nourrir les compagnons : les contestations &#224; propos de la nourriture seront examin&#233;es par le bureau de Y Aum&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette sentence &#233;tait joint un r&#232;glement d'atelier qui stipulait que tout travail commenc&#233; par le compagnon devait &#234;tre termin&#233;, que lesdits compagnons n'auraient pas le droit de travailler les jours de f&#234;te et de faire la f&#234;te les jours de travail. C'&#233;tait la victoire des ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire chemina jusqu'au roi. Dans l'ordonnance du 21 ao&#251;t 1539, Fran&#231;ois Ier se place au point de vue de l'int&#233;r&#234;t public, &#8212; point de vue de tous les gouvernements, de tous les temps. Il dit que la continuation de la gr&#232;ve des imprimeurs pourrait provoquer l'&#233;migration hors de France d'une industrie remarquable ; il observe que les compagnons sont &lt;c en &#233;tat de r&#233;bellion &#187; et &lt;( troublent l'ordre public &#187; (autre formule moderne), et il termine en approuvant la sentence du s&#233;n&#233;chal. 11 ajoute m&#234;me que celui-ci pourra condamner les compagnons, non seulement &#224; prison et bannissement, mais &#224; la torture et &#224; la mort !....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, un article du c&#233;l&#232;bre &#233;dit de Villers-Cotterets (1539) supprimait dans le royaume le droit de &#171; coalition &#187;, toutes les confr&#233;ries, aussi bien celles des ma&#238;tres que celles des compagnons. Mais on sait qu'il ne fut pas appliqu&#233;, car il ne pouvait pas l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ainsi la gr&#232;ve des typographes lyinnais en 1539&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_tric&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_tric&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les gr&#232;ves corporatistes &#8211;des imprimeurs aux drapiers, en passant par les peintres et les charpentiers&#8211; qui &#233;clatent par la suite au Moyen &#194;ge sont bien souvent violemment r&#233;prim&#233;es. Pourtant, il faudra attendre la R&#233;volution fran&#231;aise de 1789 pour que la gr&#232;ve devienne... ill&#233;gale. La loi Le Chapelier, vot&#233;e en juillet 1791, vient en effet interdire toute coalition de citoyens. Plus de 150 ans apr&#232;s, en 1946, le droit de gr&#232;ve devient finalement constitutionnel en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur n'avait point r&#233;tabli l'ordre. Alors le roi poussa son s&#233;n&#233;chal &#224; &#171; proc&#233;der &#187; contre les gr&#233;vistes, qui n'auront pas le droit d'en appeler au Parlement. Ceci n'emp&#234;cha nullement les ouvriers d'en obtenir un arr&#234;t contre les apprentis &#171; besognants &#187; aux grands jours de Moulins (octobre 1540). Forts de cet arr&#234;t, les compagnons poursuivirent les ma&#238;tres qui refusaient de s'y conformer. Alors ceux-ci m&#233;dit&#232;rent d'&#233;migrer &#224; Vienne. Grand &#233;moi ! On envoie un d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; la Cour : il obtient pour les ma&#238;tres le droit d'avoir autant d'apprentis qu'ils voudront (mars 1541).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224; que les ma&#238;tres imprimeurs de Paris &#8212; dont les compagnons s'&#233;taient mis en gr&#232;ve quelques semaines seulement apr&#232;s ceux de Lyon, pour la m&#234;me question des apprentis &#8212; r&#233;clament la m&#234;me faveur. Lors le roi ajourne sa d&#233;cision &#224; l'&#233;gard des Lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa d&#233;cision fut tr&#232;s dure pour les compagnons de Lyon. L'&#233;dit du 28 d&#233;cembre 1541 leur donne tort une fois de plus. Il leur reproche &#171; de s'&#234;tre band&#233;s ensemble pour contraindre les ma&#238;tres imprimeurs de leur fournir plus gros gages et nourriture plus opulente que par la coutume ancienne ils n'ont jamais eue &#187;. Le roi &#233;tait plus dur que le s&#233;n&#233;chal. Il consacrait le droit de renvoi &#224; peu pr&#232;s illimit&#233;. Il fixait la dur&#233;e de la journ&#233;e de travail de cinq heures du matin &#224; huit heures du soir, et les ma&#238;tres en profit&#232;rent pour prolonger jusqu'&#224; seize heures la journ&#233;e de travail de leurs ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait la d&#233;faite. Les compagnons imprimeurs de Lyon succomb&#232;rent en 1542, apr&#232;s trois ans de gr&#232;ve !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite des compagnons de Paris datait de novembre 1541. Le roi, apr&#232;s avoir longtemps h&#233;sit&#233;, avait fini par d&#233;cider en faveur des ma&#238;tres, car, disait-il, &#8212; c'est le savant Guillaume Bud&#233; qui parle, &#8212; l'imprimerie a rendu de grands services &#224; l'esprit humain. Elle travaille aussi &#224; &#171; l'honneur et louange de Dieu notre cr&#233;ateur, manutention, sout&#232;nement et dilatation de la sainte foi catholique et sainte chr&#233;tient&#233; par l'universel monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons de Lyon ne se tinrent pas pour battus. Mais en vain firent-ils appel de l'&#233;dit royal devant le roi lui-m&#234;me. Le Parlement de Paris, d&#233;fenseur de la bourgeoisie, intervint en faveur des ma&#238;tres imprimeurs, et un nouvel &#233;dit de 1544 accabla encore les ouvriers. Nouvelle d&#233;faite. Et la lutte dura encore plus d'un quart de si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1571, nouvelle protestation, nouveau factum des ouvriers. Leur plainte v&#233;h&#233;mente est curieuse : elle est moderne. &#171; Si l'on a jamais remarqu&#233; en aucuns &#233;tats et m&#233;tiers les ma&#238;tres et sup&#233;rieurs t&#226;cher, par infinis moyens, de subjuguer, assujettir et traiter avec toute rigueur et servitude les compagnons et domestiques de leur vocation, cela a &#233;t&#233; pratiqu&#233; de tout temps et &#224; pr&#233;sent en l'art d'imprimerie, en laquelle les libraires et imprimeurs (et notamment de la ville de Lyon) ont toujours recherch&#233; toutes voies obliques et dress&#233; tous leurs engins pour opprimer et vilement asservir les compagnons. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant ce sont les compagnons qui ont acquis aux ma&#238;tres &#171; et leur acqui&#232;rent journellement de grandes et honorables richesses au prix de leur sueur et industrie merveilleuse, et m&#234;me plus souvent de leur sang &#187;. Car si les compagnons &#171; peuvent suffire aux fatigues extr&#234;mes de leur &#233;tat si violent, ils n'en rapportent en leur vieillesse, charg&#233;s de femmes et d'enfants, pour tout loyer et r&#233;compense, que pauvret&#233;, goutte et autres maladies caus&#233;es par les travaux incroyables qu'ils ont &#233;t&#233; corttraints d'endurer... Aussi l'on ne voit que trop d'exemples de pauvres compagnons imprimeurs r&#233;duits, apr&#232;s une longue servitude, en une n&#233;cessit&#233; calamiteuse et indigne, apr&#232;s avoir consomm&#233; leur &#226;ge, jeunesse et industrie audit &#233;tat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaincus, tour &#224; tour humbles et r&#233;volt&#233;s, les &#171; pauvres compagnons &#187; abandonnent le droit de gr&#232;ve ; ils demandent seulement qu'aux ma&#238;tres aussi on retire le droit de coalition. &#171; Il est bien et saintement d&#233;fendu de ne faire monopole, mais cela se doit non seulement adresser aux compagnons, mais aussi aux libraires et ma&#238;tres, qui ont toujours conjur&#233;, comme monopoleurs, la ruine desdits compagnons. &#187; Enfin ils demandent que les ma&#238;tres soient d&#233;sarm&#233;s comme les compagnons, que les salaires ne soient plus fix&#233;s &#171; au gr&#233; et jugement des libraires et ma&#238;tres imprimeurs qui seraient juges en leur cause, mais par une dommission arbitraire compos&#233;e d'un nombre &#233;gal et pareil des ma&#238;tres et compagnons plus anciens, qui savent et connaissent le labeur, auquel s'ajouteront quelques notables bourgeois ou marchands nomm&#233;s par les deux parties &#187;. Notre &#233;poque n'a pas m&#234;me invent&#233; les commissions mixtes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La requ&#234;te des compagnons se termine par de poignantes paroles o&#249; g&#233;mit leur dignit&#233; de travailleurs humili&#233;s, priant que les fautes soient punies par des amendes, et non par peine corporelle et ignominieuse, car ce serait violer indignement la libert&#233; naturelle des hommes, &#171; disant qu'ils sont personnes libres &#187;, qui &#171; s'emploient volontairement &#224; un &#233;tat si excellent et noble et de telle importance pour les sciences et les lettres, et non comme esclaves ou gal&#233;riens et for&#231;ats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce factum, les ma&#238;tres ripost&#232;rent par un M&#233;moire pour l'imprimerie, en affirmant que les ouvriers &#233;taient contents de leur sort, mais que &#171; quelques partiaux ou mutins en bien peu de nombre tiennent tous les autres en bride, les contraignant suivre tous leurs monopoles, quelque d&#233;r&#233;gl&#233;s qu'ils soient &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le roi trancha le diff&#233;rend par la d&#233;claration de 1572. Les compagnons obtenaient que le nombre des apprentis serait limit&#233; &#224; deux par presse, que ce nombre ne pourrait &#234;tre d&#233;pass&#233; qu'avec le consentement des ouvriers, que la dur&#233;e de l'apprentissage serait de trois ans, que le salaire &#224; Paris serait, outre la nourriture, de 18 livres par mois, &#224; peu pr&#232;s 56 francs en monnaie actuelle, que l'obligation de pr&#233;venir huit jours d'avance en cas de rupture serait r&#233;ciproque, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que la paix r&#233;gna dans le domaine d'imprimerie ? S'il en e&#251;t &#233;t&#233; ainsi, le r&#232;glement de i618 n'aurait pas interdit de nouveau l'assembl&#233;e, le serment, le port d'arme, le trie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coalition &#187; ouvri&#232;res au dix-septi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons encore un si&#232;cle, puisque, au lieu de faire l'histoire, d'ailleurs inconnue, des gr&#232;ves d'autrefois, nous n'en cherchons que des exemples. Nous voici &#224; la fin du XVIIe si&#232;cle. Boisguilbert signale des coalitions d'ouvriers en vue de hausser les salaires quand le prix de la vie haussait, ou de les emp&#234;cher de baisser quand le prix de la vie baissait. On lit dans son Trait&#233; des grains :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un esprit de r&#233;bellion si fort &#233;tabli contre la justice dans ces occasions entre les ouvriers, que l'on voit dans les villes de commerce des sept &#224; huit cents ouvriers d'une seule manufacture s'absenter tout &#224; coup et en un moment, en quittant les ouvrages imparfaits, parce que l'on voulait diminuer d'un sou leur journ&#233;e, le prix de leurs ouvrages &#233;tant baiss&#233; quatre fois davantage ; les plus mutins usant de violence envers ceux qui auraient pu &#234;tre raisonnables. Il y a m&#234;me des statuts parmi eux, dont quelques-uns sont par &#233;crit, et qu'ils se remettent de main en main, quoique la plupart forains et &#233;trangers, par lesquels il est port&#233; que si l'un d'eux entreprend de diminuer le prix ordinaire, il soit aussit&#244;t interdit de faire le m&#233;tier ; et outre la voie de fait dont ils usent en ces occasions, le ma&#238;tre m&#234;me s'en ressent par une d&#233;fense g&#233;n&#233;rale &#224; tous les ouvriers de travailler jamais chez lui : on a vu des marchands consid&#233;rables faire banqueroute par cette seule raison qu'ils avaient &#233;t&#233; deux ou trois ans sans pouvoir trouver personne pour faire leurs ouvrages, quoiqu'il y en e&#251;t quantit&#233; sur le lieu, du m&#234;me art, qui ne trouvaient point de ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut m&#234;me des &#233;meutes &#224; Caen : les compagnons toiliers forcent les ma&#238;tres &#224; augmenter les salaires. A Darn&#233;tal, pr&#232;s de Rouen, les compagnons drapiers excluent des ateliers quiconque n'est pas de leur cabale ou de leur compagnonnage ; en juin 1697, certains patrons ayant employ&#233; des ouvriers &#233;trangers, les compagnons &#171; descendent dans la rue &#187;, s'ameutent au nombre de trois ou quatre mille, font fermer les fabriques et, malgr&#233; l'intervention de toutes les autorit&#233;s de la province, demeurent un mois sans reprendre le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la m&#234;me &#233;poque, &#224; Paris, le commissaire de la place Maubert op&#233;rait une descente chez la &#171; m&#232;re &#187; des compagnons mar&#233;chaux, parce que les dits compagnons, pour faire augmenter leurs salaires, provoquaient des &#233;meutes devant la porte des ma&#238;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes gr&#232;ves de Lyon au dix-huiti&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapeliers mutins. &#8212; Nous sommes enfin &#224; la veille du &#171; beau tapage &#187; de 1789, &#224; Lyon. Lyon fut souvent agit&#233;e par des mouvements ouvriers. Sous l'ancien r&#233;gime, elle &#233;tait d&#233;j&#224; le th&#233;&#226;tre de bien des conflits &lt;( entre le capital et le travail &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Etaient-ils assez &#171; mutins &#187;, ces compagnons chapeliers lyonnais qui, en 1777, menac&#232;rent les ma&#238;tres pour les obliger &#224; renvoyer des ouvriers &#233;trangers ? Les &#171; &#233;trangers &#187; paraissent souvent avoir &#233;t&#233; la cause d'&#233;meutes, tant les ouvriers d'autrefois pratiquaient la solidarit&#233; de classe ! Ceux de Lyon all&#232;rent jusqu'&#224; s'armer de couteaux, de b&#226;tons et de pierres, &#224; s'ameuter au nombre d'environ deux cents et &#224; provoquer des bagarres au cours desquelles cinq personnes furent bless&#233;es. Le lieutenant de police dut rendre une ordonnance contre les attroupements.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des tisseurs en 1744.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout parmi les tisseurs que les agitations &#233;taient fr&#233;quentes, car leur mis&#232;re &#233;tait profonde. Rien qu'en un demi-si&#232;cle, au XVIIIe, il y eut &#224; Lyon trois grandes gr&#232;ves de tisseurs : en 1744, en 1779 et en 1788.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1744 fut marqu&#233;e par une grande effervescence ouvri&#232;re dans le bassin textile du Forez et du Lyonnais. D'Argenson, dans ses M&#233;moires, note qu'&#224; cette &#233;poque 40,000 travailleurs avaient cess&#233; le travail dans les manufactures de Saint-Etienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lyon, les tisseurs firent une v&#233;ritable r&#233;volution. En juin 1744, avait &#233;t&#233; promulgu&#233; un r&#232;glement qui favorisait encore les ma&#238;tres fabricants au d&#233;triment des ma&#238;tres ouvriers et des compagnons. Alors, contre l'aristocratie des grands fabricants, les ma&#238;tres ouvriers travaillant &#224; fa&#231;on pour le compte des premiers complot&#232;rent secr&#232;tement avec leurs ouvriers. La gr&#232;ve &#233;clata. Ce fut une r&#233;volte. Les gr&#233;vistes s'empar&#232;rent de la ville, dont ils furent ma&#238;tres pendant plusieurs jours. Des marchands furent arr&#234;t&#233;s et maltrait&#233;s, des caves pill&#233;es, la maison de l'intendant de Lyon envahie. Le malheureux intendant &#233;crivait &#224; son beau-fr&#232;re, le 7 ao&#251;t : &#171; Le c&#339;ur me saigne de les voir nos ma&#238;tres, et que le pr&#233;v&#244;t des marchands, les juges, moi, personne en un mot ne puisse arr&#234;ter un tel d&#233;sordre et soutenir ceux qu'on veut opprimer. Cela est horrible, &#8226; et je vous &#233;cris les larmes aux yeux. &#187; Encore une fois, le repr&#233;sentant du gouvernement &#233;tait du c&#244;t&#233; des grands fabricants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; &#233;trange dictature ouvri&#232;re &#187; ne put r&#233;sister aux soldats du roi ; un ouvrier fut pendu, d'autres furent condamn&#233;s aux gal&#232;res. Le roi publia, le 1er avril 1745, des lettres d'amnistie (ainsi m&#234;me l'amnistie pour &#171; fait de gr&#232;ve &#187; n'est pas une invention de notre &#233;poque). Malgr&#233; tout, les grands fabricants, effray&#233;s, avaient d&#251; c&#233;der et consentir un nouveau r&#232;glement. Les fusils aidant, le calme se r&#233;tablit dans la rue, sinon dans les esprits &#171; et dans les hautes maisons de la Croix-Rousse, o&#249; montaient les brouillards du Rh&#244;ne, les pauvres lampes des tisseurs se rallum&#232;rent, &#233;toffant la nuit triste de leur cercle fumeux (1) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du tarif (1779).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits &#233;taient si peu calm&#233;s, les int&#233;r&#234;ts ouvriers si peu satisfaits que la guerre recommen&#231;a en 1779. Les ouvriers demandaient un tarif g&#233;n&#233;ral pour toutes les &#233;toffes et une augmentation de 2 sous par aune. Nouvelle &#233;meute, nouvelle intervention de la force arm&#233;e : trois ouvriers sont pendus, apr&#232;s quoi une nouvelle amnistie pl&#233;ni&#232;re est accord&#233;e par le roi. C'&#233;tait une d&#233;faite pour la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1786.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1786, un mouvement ouvrier consid&#233;rable agita de nouveau la ville de Lyon. Question de salaires. Les ma&#231;ons, que les entrepreneurs payaient tous les trois ou quatre mois et sans daigner leur faire un compte, r&#233;clament un payement plus r&#233;gulier. Les chapeliers demandent que leur journ&#233;e, en raison du prix croissant des loyers et des vivres, soit port&#233;e de 32 &#224; 40 sous pour douze heures de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les malheureux tisseurs disent avec amertume : &#8226; &#171; Quand on ne consid&#233;rerait les ouvriers en soie que comme des instruments m&#233;caniques n&#233;cessaires &#224; la fabrication des &#233;toffes, ou qu'abstraction fa&#238;te de leur qualit&#233; d'homme qui doit int&#233;resser &#224; leur sort, on e&#251;t l'inhumanit&#233; de ne vouloir les traiter que comme des animaux domestiques que l'on entretient et ne conserve que pour les b&#233;n&#233;fices que leur travail procure, touiours faudrait-il leur accorder la subsistance qu'on est forc&#233; de fournir &#224; ceux-ci, si on ne voulait pas s'exposer &#224; se voir frustr&#233; du fruit de leur travail. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi, le 7 ao&#251;t 1786, &#224; la pointe du jour, sur un mot d'ordre, tisseurs, chapeliers, ma&#231;ons et man&#339;uvres d&#233;sertent les ateliers, les manufactures, les chantiers, et, comme les pl&#233;b&#233;iens de Rome, ils se retirent aux portes de la ville et signifient qu'ils ne rentreront &#224; Lyon que lorsque satisfaction leur sera donn&#233;e. La r&#233;volte ouvri&#232;re fut &#233;cras&#233;e par l'arm&#233;e ; Bonaparte &#233;tait l&#224; : il servait comme lieutenant d'artillerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cnum.cnam.fr/pgi/redir.php?onglet=c&amp;ident=12VY69&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cnum.cnam.fr/pgi/redir.php?onglet=c&amp;ident=12VY69&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des m&#233;tiers n'&#233;tait pas homog&#232;ne, ni professionnellement, encore qu'il n'y ait gu&#232;re eu de diff&#233;rences structurelles entre les &#171; grands m&#233;tiers &#187; de la draperie et les &#171; petits m&#233;tiers &#187;, ni surtout socialement. Certains m&#233;tiers, ceux qui requ&#233;raient des &#233;quipements assez lourds, avaient une petite &#233;lite d'entrepreneurs que, vers 1300, on appellerait &#171; les bonnes gens des m&#233;tiers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait le cas des drapiers. Avant 1250 les tisserands de Saint-Omer avaient pu avoir plusieurs m&#233;tiers. Un ban de 1259 leur interdit d'en avoir plus d'un. Mais &#224; d&#233;faut d'int&#233;gration horizontale, restait l'int&#233;gration verticale : les drapiers faisaient travailler les autres artisans ; ils &#233;taient les organisateurs de la production. Il est donc inexact de parler de marchands-drapiers allant acheter la laine en Angleterre, la faisant traiter par &#171; leurs &#187; ouvriers, allant vendre &#171; leurs &#187; draps aux foires de Champagne ou plus loin. Les drapiers n'&#233;taient pas des marchands, et r&#233;ciproquement, c'&#233;tait interdit. Les deux groupes &#233;taient antagonistes. Vers 1275 les drapiers &#233;taient en passe de l'emporter : les Anglais venaient vendre leur laine aux foires de Flandre ou de Saint-Omer ; les Italiens venaient y acheter des draps, ou dans les halles, voire directement chez le drapier. Le marchand &#233;tait court-circuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ma&#238;tres des m&#233;tiers devaient avoir leur propre &#171; maisoncelle &#187;, mais beaucoup se prol&#233;taris&#232;rent : ils ne diff&#233;raient plus des valets qu'ils salariaient, aux c&#244;t&#233;s desquels ils travaillaient. Est-ce &#224; dire que les travailleurs de la draperie &#233;taient mis&#233;rables ? Non sans doute, ce qui explique l'afflux de paysans venus demander &#224; la ville de meilleurs salaires. A Saint-Omer en 1279 les valets foulons se louaient pour un salaire quotidien de 12 &#224; 14 deniers, ce qui veut dire que, m&#234;me quand le bl&#233; &#233;tait cher (96 deniers le quintal vers 1280), il ne leur fallait que de 37 &#224; 66 journ&#233;es pour payer le pain de leur petite famille. La ville imposait aux valets de la draperie de poss&#233;der des &#171; draps &#187; (v&#234;tements) valant au moins cinq sous. Ils buvaient du vin dans les tavernes et, s'il faut en croire Jean de Garlande (f 1246) les &#171; ongles bleus &#187; ou teinturiers &#233;taient bien accueillis des jolies femmes, &#171; &#224; cause de leurs sous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sort des ouvri&#232;res, si nombreuses dans les villes drapantes, &#233;tait plus dur. Avec sa salacit&#233; cl&#233;ricale Jean de Garlande a not&#233; que &#171; les d&#233;videresses, celles qui d&#233;vident le fil&#233;, se d&#233;vident et s'ouvrent le corps par de fr&#233;quents co&#239;ts ; il leur arrive m&#234;me de d&#233;vider et d'ouvrir les bourses des &#233;coliers &#187;. Autrement dit les femmes c&#233;libataires &#233;taient accul&#233;es &#224; la prostitution. Hors du mariage, point de salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces villes o&#249;, pendant longtemps, l'expansion laissa une chance &#224; chacun, les luttes sociales furent tardives. Les graves crises de 1070 et 1127, qui d&#233;chir&#232;rent le comt&#233;, trouv&#232;rent les villes unanimes. C'est le capitalisme qui engendra la lutte des classes. D&#232;s qu'ils eurent conquis le pouvoir urbain les marchands durent r&#233;glementer le travail, sans m&#233;nagements, peut-on croire. Quand, en 1225, un imposteur se pr&#233;senta comme le comte Baudouin IX, empereur de Constantinople, &#233;chapp&#233; des ge&#244;les bulgares, l'accueil triomphal que lui r&#233;serv&#232;rent les artisans n'&#233;tait peut-&#234;tre pas innocent : avec le retour du bon comte, n'esp&#233;raient-ils pas le retour du bon vieux temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'au XIIIe si&#232;cle la grande affaire fut la suppression des m&#233;tiers autonomes, des gheudes. Vers 1175, Guiman, le moine de Saint-Vaast, se plaignait d&#233;j&#224; que beaucoup d'entre elles eussent disparu. Il en restait cependant, et de coriaces. Celle des tisserands d'Arras fut vendue par le comte aux &#233;chevins en 1243, rachet&#233;e par les artisans en 1270, puis revendue aux &#233;chevins, qui avaient surench&#233;ri et qui, bien s&#251;r, la confisqu&#232;rent. Bref, ne purent &#171; s'entremettre des m&#233;tiers &#187; que ceux qui y avaient &#233;t&#233; &#171; mis par &#233;chevins &#187;, comme on dit &#224; Saint-Omer. Ce furent trop souvent de petits chefs abusifs dont les exactions devaient &#234;tre d&#233;nonc&#233;es en 1280.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste la violence &#233;tait partout. Il y avait celle, l&#233;gale, des rapports &#233;conomiques. Par exemple les tisserands devaient payer &#224; leurs ouvriers le salaire l&#233;gal, que les &#233;chevins fixaient assez haut pour &#233;viter les &#233;meutes de la faim, tandis qu'ils devaient vendre leurs tissus aux prix du march&#233; ; leur marge &#233;tait lamin&#233;e. Il y avait les abus de pouvoir des puissants. A Douai l'odieux Jean Boinebroke, qui se croyait tout permis parce qu'il &#233;tait &#233;chevin, &#171; truandait &#187; avec une &#233;gale f&#233;rocit&#233; drapiers, artisans, ouvri&#232;res. Les travailleurs &#233;taient sans d&#233;fense. Restaient les coalitions, les &#171; alliances &#187;. A Douai les takehans furent interdits d&#232;s 1245 sous la peine de 60 livres et d'&#234;tre banni an et jour. De m&#234;me encore par la suite, de m&#234;me ailleurs. Et les villes s'entendirent pour expulser ou justicier r&#233;ciproquement leurs rebelles, les &#171; estrange homme &#187; qui avaient fait &#171; laide &#339;uvre &#187; dans leur ville d'origine. Cependant point d'explosion avant 1280.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible que de semblables rapports sociaux aient exist&#233; dans d'autres villes du nord du royaume, en particulier dans celles o&#249; des troubles sociaux tr&#232;s graves devaient &#233;clater &#224; partir de 1280. H&#233;las, l'information, quand elle n'est pas chiche, est d&#233;cevante. Cependant Beaumanoir, qui &#233;crivait vers 1280, a not&#233; que les &#171; bonnes villes &#187; &#233;taient d&#233;chir&#233;es par des &#171; d&#233;bats &#187; aigus, &#171; si comme des pauvres contre les riches &#187;, voire entre les lignages des riches. Les &#171; pauvres &#187; et les &#171; moyens &#187; &#233;taient exclus de l'administration des villes. Tout appartenait aux &#171; riches &#187;, qui &#233;taient &#171; redout&#233;s pour leur avoir ou leur lignage &#187;, d'o&#249; de scandaleuses &#171; fraudes et malices &#187;. Et de conclure que &#171; les pauvres n'ont nulle droite voie de pourchacier leur droit fors que par aus courre sus &#187;, autrement dit de les massacrer. Moralit&#233; : le seigneur devait contr&#244;ler les bonnes villes comme des &#171; enfans sousagi&#233;s &#187; (mineurs), afin d'emp&#234;cher les riches de m&#233;faire. Le bon bailli n'a pas pr&#233;cis&#233; qui &#233;taient ces moyens et ces pauvres. Des gens des m&#233;tiers ? Sans doute. En tout cas il n'a pas oppos&#233; des grands et des petits, mais des riches et des pauvres. Ces soci&#233;t&#233;s &#233;taient fond&#233;es sur l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris est relativement bien connu. Sa population a peut-&#234;tre tripl&#233; &#224; chaque si&#232;cle : 250 000 habitants en 1328, donc 83 000 vers 1200, 28 000 vers 1100, 9 000 vers l'an Mil et 3 000 au lendemain du si&#232;ge de 885. On y trouvait d'abord le roi, son h&#244;tel, sa cour, ses officiers, plus, du moins au XIIIe si&#232;cle, des princes et des nobles. Le clerg&#233; y &#233;tait exceptionnellement riche et nombreux, sans parler des &#233;tudiants, dont on reparlera. C'&#233;tait donc avant tout un centre de consommation. La population secondaire comprenait des bourgeois, qualificatif qui, para&#238;t-il, eut tendance &#224; &#234;tre r&#233;serv&#233; aux artisans les plus riches, prenant ainsi une saveur sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet de cette bourgeoisie il faut placer les &#171; marchands de l'eau &#187;, qui sont cit&#233;s d&#232;s 1171. Ces marchands, qui auraient pu &#234;tre tr&#232;s puissants, car la place &#233;tait exceptionnellement bien plac&#233;e, manqu&#232;rent de tout dynamisme : ce n'&#233;taient pas des entrepreneurs, mais des rentiers. Leur hanse avait le monopole de la circulation fluviale entre les ponts de Paris et de Mantes, sauf pour les marchands forains &#224; prendre un &#171; compagnon fran&#231;ais &#187;, un associ&#233; parisien auquel ils c&#233;daient la moiti&#233; de leur b&#233;n&#233;fice. C'&#233;tait une rente de situation. Leur pr&#233;v&#244;t et leurs quatre &#233;chevins, qui sont cit&#233;s d&#232;s 1263, constituaient un simple tribunal de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des m&#233;tiers est connu par le Livre des m&#233;tiers o&#249; le pr&#233;v&#244;t de Paris, Etienne Boileau (c. 1261-c. 1271) compila les statuts de 101 m&#233;tiers (compilation incompl&#232;te). C'&#233;taient surtout des m&#233;tiers de l'alimentation, du b&#226;timent et du luxe. L'industrie parisienne avait peu de fabricats &#224; exporter. La draperie, qui comprenait des &#171; grands ma&#238;tres faisant faire leurs &#339;uvres &#224; autrui &#187;, autrement dit des drapiers, et des &#171; menus ma&#238;tres faisant &#339;uvre &#224; autrui &#187;, c'est-&#224;-dire des tisserands, n'est pas cit&#233;e dans le commerce international. D'ailleurs ses effectifs semblent avoir &#233;t&#233; fort r&#233;duits : 360 tisserands vers 1300, sans doute 25 fois moins qu'&#224; Gand, en tout cas pas plus que 0,5% de la population. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, si les m&#233;tiers parisiens &#233;taient nombreux, leurs effectifs semblent avoir &#233;t&#233; squelettiques. Les m&#233;tiers parisiens n'avaient aucune autonomie. Les confr&#233;ries d'artisans &#233;taient rarissimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la Normandie il a &#233;t&#233; &#233;tabli qu'&#224; l'&#233;poque ducale les marchands n'&#233;taient point riches et que les riches n'&#233;taient pas marchands : c'&#233;taient des percepteurs des revenus ducaux, des tonloyers, des mon&#233;taires, des chapelains du duc, des chanoines, des changeurs, des usuriers. En 1066 la conqu&#234;te de l'Angleterre n'y changea rien et les Normands assist&#232;rent sans r&#233;agir &#224; la r&#233;volution nautique des ann&#233;es 1150 qui vit l'av&#232;nement des navires gros porteurs, ce qui r&#233;volutionna le transport des pond&#233;reux, des vins en particulier. Rouen vit passer tous les tonneaux du bassin parisien mais ses marchands ne firent que se cr&#233;er une rente de situation &#224; l'instar des marchands de l'eau de Paris. La charte de 1150 leur accorda le monopole de la navigation sur la basse Seine et nul ne put passer sous le pont de Rouen sans s'associer &#224; eux. Ce fut la &#171; compagnie normande &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la plupart des villes fran&#231;aises on aper&#231;oit une soci&#233;t&#233; placide. On cite bouchers, poissonniers, vignerons, crieurs de vin, tanneurs, cordonniers, savetiers, corroyeurs, peaussiers, selliers, bourreliers, f&#232;vres, orf&#232;vres, tonneliers, changeurs et merciers, tr&#232;s rarement les marchands, jamais des ouvriers du textile. Apparemment ni capitalisme, ni conflits sociaux. Les progr&#232;s du commerce n'entra&#238;n&#232;rent pas ceux des marchands. Ceux-ci furent incapables d'organiser la production. Il y eut, certes, des r&#233;ussites individuelles, mais sans doute d&#233;bouch&#232;rent-elles sur la constitution de fortunes fonci&#232;res. Vers 1080 on cite &#224; Angers un Haymond mercator poss&#233;dant un bourg suburbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villes occitanes la soci&#233;t&#233; fut originale. Comme le renouveau &#233;conomique fut tardif, les milites conserv&#232;rent la supr&#233;matie jusque vers 1150-1200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a dit de ces villes des Xe et XIe si&#232;cles qu'elles &#233;taient des &#171; repaires de gens arm&#233;s &#187;. Les chevaliers urbains descendaient de la noblesse (milites majores) ou des petits chevaliers, des riches alleutiers (milites minores). Ils avaient des castra (ch&#226;teaux) et des seigneuries rurales qui leur rapport&#232;rent de plus en plus de vin, de grains ou d'argent. Ils tenaient aussi en fief des moulins, des fours, des p&#233;ages, dont le produit augmenta au fil des si&#232;cles. Ils eurent donc de l'argent &#224; pr&#234;ter. Certains, m&#234;me, firent du commerce. Ils vivaient en ville, dans des maisons fortes ou des tours, celles de l'enceinte par exemple, voire dans les anciens monuments romains fortifi&#233;s : &#224; N&#238;mes les ar&#232;nes abrit&#232;rent jusqu'&#224; 120 maisons nobles. Ils poss&#233;daient des quartiers entiers, dont ils lotirent le sol contre de beaux cens. A Montpellier il leur fut interdit en 1113 de se m&#233;sallier avec des bourgeois. Ils eurent m&#234;me des cimeti&#232;res propres. C'&#233;tait donc bien une classe sociale. Cependant ce petit monde (10% de la population urbaine, dit-on) &#233;tait divis&#233; par des haines cruelles, d'o&#249; des luttes de partis, de quartiers. C'est pour en sortir qu'ils invent&#232;rent, apr&#232;s 1130, le consulat, seigneurie collective issue du tribunal seigneurial, d'o&#249; de nouveaux profits (les amendes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;g&#233;monie de cette noblesse urbaine fut &#233;branl&#233;e par la croissance et l'enrichissement du tiers &#233;tat. D&#232;s 1166 &#224; N&#238;mes, d&#232;s 1170 en Avignon le consulat fut partag&#233; entre les milites et les cives. Le coup fatal fut port&#233; au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle. En 1216 Simon de Montfort, le crois&#233; du nord, combla les foss&#233;s et rasa les tours des maisons fortes de Toulouse ; lors de sa croisade de 1226 Louis VIII rasa 300 tours en Avignon et expulsa des ar&#232;nes les chevaliers n&#238;mois. Puis les milites furent souvent exclus des consulats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vit appara&#238;tre au grand jour toute une s&#233;rie de m&#233;tiers. A Montpellier en 1246 il y eut dix &#171; &#233;chelles &#187;, une pour les bourgeois, sans doute les rentiers et les marchands, et neuf pour 35 m&#233;tiers ; les dix &#233;chelles &#233;lisaient 82 conseillers qui nommaient les quatre consuls. A N&#238;mes il y avait en 1272, sans compter les bourgeois, neuf &#233;chelles regroupant 26 m&#233;tiers. Le plus original est la pr&#233;sence de m&#233;tiers des juristes, avocats et notaires. A Narbonne ils sont cit&#233;s d&#232;s 1150 : progr&#232;s du droit &#233;crit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1200 l'oligarchie urbaine fut de plus en plus compos&#233;e de nouveaux riches. Ces nouvelles fortunes provenaient du maniement de l'argent (mon&#233;taires, changeurs, usuriers surtout) ou du commerce des denr&#233;es agricoles. La draperie n'&#233;tait pas inconnue, mais elle &#233;tait marginale. Les profits &#233;taient le plus souvent r&#233;investis dans la terre : oligarchie de rentiers. Et la grande masse de la population &#233;tait faite de cultivateurs : de 6 &#224; 7 000 en 1236 &#224; Montpellier, ville de 10 000 feux en 1273.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque les bourgeois art&#233;siens ou flamands avaient tr&#232;s peu de terres, car la terre rapportait dix fois moins que le commerce, et la grande masse de la population &#233;tait compos&#233;e d'artisans, d'ouvriers. La France urbaine &#233;tait donc double : d'un c&#244;t&#233; celle des profits capitalistes, de l'autre celle des placements fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est parfois demand&#233; si la ville m&#233;di&#233;vale &#233;tait un ph&#233;nom&#232;ne capitaliste ou un &#233;l&#233;ment du monde f&#233;odal. La question n'a aucun sens, car il n'y a aucune incompatibilit&#233; entre le capitalisme, qui est d'ordre &#233;conomique, et la f&#233;odalit&#233;, qui est d'ordre politique. On le voit bien dans la France de 1789. Saint-Omer, o&#249; le capitalisme fut si pr&#233;coce et si vivace, eut, d&#232;s 1127, un seigneur f&#233;odal : ce fut un &#171; vassal collectif &#187; ; par la suite il lui arriva d'avoir des vassaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/septentrion/49452?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/septentrion/49452?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FR&#201;QUENCE DES CONFLITS CORPORATIFS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire de ce que la lecture des manuels d'histoire et les affirmations int&#233;ress&#233;es des admirateurs du &#171; bon vieux temps &#187; peuvent laisser croire, les conflits corporatifs ont exist&#233; ,partout o&#249; le travail, sous uune forme quelconque, fut exploit&#233; (1), Les jacqueries des campagnes &#233;taient-elles autre chose que des rr&#233;voltes de paysans exploit&#233;s contre leur exploiteur f&#233;odal ? Et parmi les compagnons des corporations, plus tard parmi les ouvriers des manufactures, les mouvements de revendication, les &#171; trics &#187;, furent innombrables (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A toutes les &#233;poques, les coalitions d'ouvriers furent s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;es. Les Coutumes de Beauvaisis de Ph. de Beaumanoir (1280), consid&#233;raient d&#233;j&#224; les coalitions comme un d&#233;lit. On punissait d'amende et de prison ceux qui y recouraient : &#171; Et tenir en longe prison et drestroite, et quand ils ont eu longue peine de prison, on pot lever de cascunne personne soixante sous d'amende. &#187; Une ordonnance du bailly de Rouen, en 1285, interdisait aux ouvriers de s'assembler, comme ils avaient coutume de le faire 50 ans auparavant, sur 1a place Damiette, parce que ses assembl&#233;es prenaient le caract&#232;re de coalitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1729, les tisserands de Douai se mutin&#232;rent et mirent &#224; mort quelques &#233;chevins. Le comte de Flandre vint r&#233;tablir l'ordre et plusieurs mutins furent pendus. En 1280, les ouvriers d'Ypres s'insurg&#232;rent contre une augmentation de la journ&#233;e de travail et tu&#232;rent le maire. La m&#234;me ann&#233;e, les drapiers de Provins prirent les armes pour la m&#234;me raison et massacr&#232;rent aussi leur bourgmestre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du XIV&#176; au XVI&#176; si&#232;cle, les conflits furent nombreux. On note des &#233;meutes ou gr&#232;ves provoqu&#233;es par la question des salaires ou des revendications corporatives &#224; Provins (1324), Ch&#226;lons-sur-marne (1369), Troyes (1372), Sens (1383), Bourges (1466), Beauvais (1554), Paris (1545), etc (3). Et l'histoire ne nous a sans doute gard&#233; la trace que d'une infime partie de ces mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons boulangers de Paris passaient au XVI&#176; si&#232;cle pour se mettre souvent en gr&#232;ve. Ils refusaient de s'engager pour un mois comme le leur prescrivaient les r&#232;glements de la corporation, pr&#233;f&#233;rant travailler &#224; la journ&#233;e. Leur confr&#233;rie mettait les patrons &#224; l'index et r&#233;clamait des augmentations de salaire. Ils se promenaient par la ville arm&#233;s de dagues et de b&#226;tons et molestaient patrons et non gr&#233;vistes. Les patrons obtinrent en 1579 une ordonnance du roi r&#233;primant s&#233;v&#232;rement ces pratiques (4 ). Deux si&#232;cles plus tard, la situation ne s'&#233;tait sans doute pas am&#233;lior&#233;e dans ce m&#233;tier puisque des lettres patentes de Louis XV faisaient d&#233;fense aux compagnons boulangers de porter des armes &#224; feu, &#233;p&#233;es ou b&#226;tons (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons prenaient de plus en plus l'habitude de l'&#171; action directe &#187;. ils essayaient par l'intimidation de faire inscrire &#224; leurs confr&#233;ries et participer &#224; leurs coalitions leurs camarades de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cas de tric, ils leur interdisaient l'acc&#232;s des boutiques ou ateliers. Une sentence de 1601 condamnait &#224; la prison quatre compagnons cordonniers parisiens pour des faits qui sont baptis&#233;s aujourd'hui &#171; entrave &#224; la libert&#233; du travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction des trics et du port des armes existait dans de nombreux statuts, par exemple chez les imprimeurs de Paris (1649).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au XVII&#176; si&#232;cle, les soci&#233;t&#233;s compagnonniques, bien que plus s&#233;v&#232;rement interdites que jamais, se multipliaient, parce qu'&#224; l'int&#233;rieur des corporations, la division s'accentuaient entre ma&#238;tres et compagnons.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'att&#233;nuation des r&#232;gles concernant l'embauchage des forains, cons&#233;cutive au progr&#232;s qui cr&#233;ait de plus en plus une &#233;conomie nationale, avait permis l'&#233;migration des ouvriers &#224; travers le pays. Les soci&#233;t&#233;s compagnonniques avait pris un grand essor, mais sous leur impulsion conflits et mises &#224; l'index se multipliaient. La classe prol&#233;tarienne prenait peu &#224; peu conscience de ses droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion de Rouen, les conflits &#233;taient fr&#233;quents dans le textile ; en 1691, les compagnons toiliers firent une gr&#232;ve violente pour les salaires. En 1697, un important conflit se produisit &#224; Darn&#233;tal, pr&#232;s de Rouen : trois &#224; quatre mille compagnons y faisaient gr&#232;ve parce que les ma&#238;tres embauchaient des ouvriers &#233;trangers &#224; des prix tr&#232;s bas. Malgr&#233; 1a r&#233;pression, la gr&#232;ve dura un mois. A Paris, vers la m&#234;me &#233;poque, les compagnons mara&#238;chers &#233;taient en gr&#232;ve pour les salaires, ainsi que les chapeliers, contre lesquels les jur&#233;s de la corporation port&#232;rent plainte, parce que les compagnons mena&#231;aient ceux qui ne voulaient pas adh&#233;rer &#224; leur soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1732, les papetiers d'Auvergne se mirent en gr&#232;ve, leur confr&#233;rie ayant &#233;t&#233; supprim&#233;e, ce qui indiquait d&#233;j&#224; une conscience assez d&#233;velopp&#233;e de leurs int&#233;r&#234;ts de classe. En 1772, ils luttaient par la gr&#232;ve contre l'augmentation de la journ&#233;e de travail. En 1781, une gr&#232;ve eut lieu aux papeteries Montgolfier, &#224; Rives, &#224; cause du renvoi de deux ouvriers. Les gr&#233;vistes d&#233;bauch&#232;rent tous les ouvriers des papeteries de la r&#233;gion et le patron dut reprendre les cong&#233;di&#233;s : c'est qu'il y avait dans ses cuves pour 3.000 livres de mati&#232;re en fermentation dont il craignait la perte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les papetiers &#233;taient organis&#233;s dans une puissante soci&#233;t&#233; compagnonnique &#224; tendance r&#233;publicaine. Un inspecteur qui avait fait une tourn&#233;e dans le Dauphin&#233;, en 1769, signalait dans son rapport que les ouvriers avaient l'habitude de mettre les usines &#224; l'interdit quand un diff&#233;rend divisait ouvriers et patrons. Ils allaient m&#234;me jusqu'&#224; appliquer des amendes non seulement &#224; ceux d'entre eux qui ne se pliaient pas &#224; leur discipline, mais aux ma&#238;tres eux-m&#234;mes. L'inspecteur se montrait fort scandalis&#233; de ce que ces derniers s'ex&#233;cutassent presque toujours, par crainte de la mise &#224; l'index. Les ouvriers papetiers &#233;taient sans nul doute parmi les -mieux organis&#233;s ; il faut remarquer qu'il s'agissait d'ouvriers de manufactures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Castres, en 1786, les ouvriers firent renvoyer un &#171; jaune &#187;. Chez les chapeliers de Lyon, en 1777, une gr&#232;ve violente eut lieu pour obtenir le renvoi des ouvriers &#233;trangers. Des bagarres &#224; main arm&#233;e firent six bless&#233;s. A Troyes, les tondeurs de draps, organis&#233;s en soci&#233;t&#233;, quittaient leurs patrons &#224; volont&#233; et mettaient les usines &#224; l'index. Un arr&#234;t du Conseil de Ch&#226;lons en 1773, interdisait les coalitions, confr&#233;ries, d&#233;fil&#233;s dans les rues avec des armes et d&#233;fendait aux h&#244;teliers de faire office de P&#232;re ou de m&#232;re des ouvriers tondeurs. A signaler encore une gr&#232;ve chez les papetiers, &#224; Annonay, en 1781.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces mouvements marquaient &#233;videmment entre deux couches sociales l'existence d'un antagonisme que le syst&#232;me corporatif avait &#233;t&#233; bien impuissant &#224; faire dispara&#238;tre et m&#234;me &#224; endiguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien au contraire, on peut dire que la corporation, en donnant des armes aux ma&#238;tres contre les compagnons, suscitait les conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA GREVE DES IMPRIMEURS LYONNAIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sac de Mayence par l'archev&#234;que Adolphe de Nassau, en 1462, avait oblig&#233; les ouvriers imprimeurs qui travaillaient dans cette ville sur les presses invent&#233;es par Gutenberg et son associ&#233; F&#252;st, &#224; se r&#233;pandre dans les pays voisins et notamment en France, o&#249; l'art de l'imprimerie n'avait pas fait jusque-l&#224; de grands progr&#232;s. L'invention &#233;tait combattue par les copistes &#8211; dont beaucoup &#233;taient des moines &#8211; par l'&#201;glise, ennemie des innovations, et par la Sorbonne. Le travail &#233;tait lent et l'encrage se faisait &#224; la main, Mais apr&#232;s l'arriv&#233;e des ouvriers allemands, l'imprimerie progressa rapidement. Au d&#233;but du XVI&#176; si&#232;cle, on comptait 37 villes en France o&#249; elle existait ; il y avait &#224; Paris, vers le milieu du si&#232;cle, 800 ouvriers imprimeurs et presque autant &#224; Lyon (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres des imprimeurs lyonnais &#233;taient tout d'abord rechecrh&#233;s pour leur correction et leur bon march&#233;. Les premiers livres dat&#233;s sortirent des presses lyonnaises vers 1573, mais il est probable qu'on imprimait dans cette ville depuis de nombreuses alm&#233;es d&#233;j&#224;. Certains ma&#238;tres imprimeurs &#233;taient des esprits distingu&#233;s, renomm&#233;s Jusque dans les pays voisins, tels Jean de Tournes, S&#233;bastien Gryphe, plus tard Etienne Dolet, Nourry, l'&#233;diteur de Rabelais, etc. Imprimeurs et correcteurs -&#233;taient parfois des &#233;rudits, voire de v&#233;ritables savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux ouvriers, dont beaucoup &#233;taient &#233;trangers, ils &#233;taient r&#233;put&#233;s turbulents et fort jaloux de leur ind&#233;pendance. A Lyon, ils ont si souvent battu le guet, lit-on dans un factum de l'&#233;poque, que le guet n'ose plus sortir. &#187; Ou demandait &#224; l'apprenti imprimeur de svaoir lire le grec et d'avoir appris le latin, car les livres s'imprimaient &#224; cette &#233;poque presque toujours en latin. Les ouvriers de ce m&#233;tier &#233;taient donc g&#233;n&#233;ralement plus instruits que ceux des autres corporations. Beaucoup d'entre eux, originaires d'Allemagne, &#233;taient luth&#233;riens. La propagande calviniste par la brochure &#233;tait active, en d&#233;pit des condamnations au b&#251;cher prononc&#233;es &#224; Lyon &#224; plusieurs reprises. Aussi remarquait-on chez les ouvriers imprimeurs une certaine fermentation d'id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leurs qualit&#233;s professionnelles, les compagnons imprimeurs &#233;taient dans une grande mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils recevaient un maigre salaire pour une longue journ&#233;e de travail. L'imprimerie n'avait pas tard&#233; &#224; subir une crise.., de surproduction. Les ouvrages se vendaient mal et les imprimeries &#233;trang&#232;res, surtout celles de Gen&#232;ve et de Lausanne, faisaient grande concurrence aux ma&#238;tres imprimeurs lyonnais. Ceux-ci avaient r&#233;solu le probl&#232;me du prix de revient qui se posait pour eux, par la diminution des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque &#233;tait caract&#233;ris&#233;e &#224; Lyon par de nombreux troubles sociaux et des tries. (1519, 1529, ann&#233;e de la grande rebeine, 1530, etc.) Parmi les ouvriers imprimeurs r&#233;gnait un esprit permanent de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1514, les ma&#238;tres imprimeurs s'&#233;taient plaints au Consulat &#171; que des malandrins ont couru sus aux ouvriers compagnons de leur m&#233;tier et en ont bless&#233;s plusieurs jusqu'&#224; la mort, &#187; Le Consulat r&#233;torque que le tort &#233;tait du c&#244;t&#233; des ouvriers imprimeurs qui faisaient maintes insolences par la ville, jusqu'&#224; outrager le &#8216;guet et blesser M, le Lieutenant de police lui-m&#234;me. Les ma&#238;tres imprimeurs promirent alors de remettre aux mains de la justice ceux qui s'&#233;taient rendus coupables d'un tel crime. Effectivement, les coupables furent saisis par les archers, mis eu prison et condamn&#233;s &#224; &#234;tre fustig&#233;s et bannis (7). En 1524, les imprimeurs attaqu&#232;rent encore et malmen&#232;rent une ronde faite par le pennonage de la rue Thomassin (8). Les ouvriers imprimeurs &#233;taient organis&#233;s dans une confr&#233;rie et s'engageaient par serment &#224; cesser le travail collectivement d&#232;s que l'un d'entre eux aurait &#224; se plaindre de son patron. La confr&#233;rie dpisosait d'une bourse aliment&#233;e par les cotisations des membres. Ceux qui ne s'affiliaient pas &#233;taient menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourse servait pour les banquets confraternels, mais aussi &#224; organiser la r&#233;sistance eu cas de fric, malgr&#233; l'autorit&#233; qui interdisait aux ouvriers ,l'avoir recours aux monopoles. Les compagnons circulaient arm&#233;s de dagues et de poignards sous leurs v&#234;tements. Ils &#233;taient organis&#233;s eu compagnies, ayant &#224; leur t&#234;te des chefs (9), Ils malmenaient &#224; l'occasion les ma&#238;tres ou les compagnons qui refusaient d'abandonner le travail. Ils &#233;taient en conflit perp&#233;tuel avec le guet et le pr&#233;v&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1539, une cessation g&#233;n&#233;rale du travail se produisit qui dura quatre mois. Le diff&#233;rend fut port&#233; devant le s&#233;n&#233;chal. Cinq compagnons d&#233;fendirent les int&#233;r&#234;ts de leurs camarades et dix ma&#238;tres parl&#232;rent au nom de la confr&#233;rie patronale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les griefs des compagnons &#233;taient de trois ordres : 1&#176; Ils r&#233;clamaient contre l'insuffisance des salaires qui avaient &#233;t&#233; r&#233;duits ; 2&#176; ils demandaient &#224; travailler certains jours de f&#234;te ; ils se plaignaient de l'emploi par les ma&#238;tres d'un trop grand nombre d'apprentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, il faut remarquer que les compagnons &#233;taient nourris par les ma&#238;tres : ils prenaient leurs repas dans l'atelier. C'&#233;tait sur cette partie du salaire pay&#233; en nourriture que les ma&#238;tres cherchaient &#224; r&#233;aliser des &#233;conomies. Pour comprendre la deuxi&#232;me de leurs revendications, il faut se rappeler que le nombre de jours de f&#234;te &#233;tait consid&#233;rable, et que ces jours-l&#224; le salaire n'&#233;tait pas pay&#233;. Par contre, les ma&#238;tres reprochaient aux compagnons de quitter l'atelier plus t&#244;t que de coutume en certaines occasions et de perdre aussi beaucoup de temps pour assister aux enterrements. C'est que les journ&#233;es de travail &#233;taient longues et que chaque pr&#233;texte pour les &#233;courter aux d&#233;pens de l'employeur -&#233;tait saisi avec empressement. Les compagnons &#233;taient contraints d'&#234;t rdeebout depuis 2 heures apr&#232;s minuit, ,jusqu'&#224; 8 et 9 heures du soir (10). Quant &#224; l'emploi des apprentis aux lieu et place des compagnons, c'&#233;tait un grief souvent formul&#233; sous le r&#233;gime des corporations. Alors qu'une presse occupait r&#233;guli&#232;rement quatre &#224; cinq hommes, certains ma&#238;tres n'h&#233;sitaient pas &#224; y faire travailler trois, quatre et parfois cinq apprentis. Les compagnons voulaient n'y voir occuper que deux apprentis au maximum. Mais les ma&#238;tres arguaient de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire les frais de main-d'oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces griefs, les patrons r&#233;pondirent naturellement que les compagnons &#233;taient conduits par des meneurs qui les terrorisaient. Ils les accusaient de travailler irr&#233;guli&#232;rement et d'&#234;tre trop exigeants sur le chapitre de la nourrit ure, Aussi proposaient-ils d'augmenter le gage des ouvriers, &#224; charge par ceux-ci de se nourrir. Ils offraient aux compositeurs 6 sols 6 deniers par jour. Il est difficile d'&#233;valuer la valeur r&#233;elle de -cette somme. Certains auteurs se basant sur le cours du bl&#233;, bien qu'une telle estimation soit tr&#232;s arbitraire, fixent le pouvoir d'achat de ce salaire &#224; 5 francs d'avant 1914. Mais le cours du bl&#233; lui-m&#234;me variait dans d'&#233;normes proportions, Les patrons l'esmtiaient &#224; 10 sols le bichet : tr&#232;s souvent il valait beaucoup plus, jusqu'&#224; 25 sols, et pendant l'ann&#233;e de disette de 1531, il avait co&#251;t&#233; de 50 &#224; 60 sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers refus&#232;rent, pr&#233;f&#233;rant &#234;tre nourris, afin, disaient-ils, de ne pas avoir &#224; prendre leurs repas dans les tavernes, cause de frais et de perte de temps. La sentence fut rendue le 31 juillet. Se fondant sur l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, le s&#233;n&#233;chal interdisait aux ouvriers de se r&#233;unir par groupe de plus de cinq ; d&#233;fense leur &#233;tait faite de se coaliser sous peine d'amende et de bannissement ; de porter des armes et de menacer les apprentis et les compagnons non gr&#233;vistes. Les ma&#238;tres &#233;taient autoris&#233;s &#224; faire travailler autant d'apprentis qu'ils le d&#233;rsaiient, mais ils &#233;taient invit&#233;s &#224; donner aux ouvriers la m&#234;me quantit&#233; de nourriture que cinq ou six ann&#233;es auparavant. Formule assez vague ! Les contestations devaient &#234;tre tranch&#233;es par le bureau de la Grande Aum&#244;ne (11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#232;glement d'atelier joint &#224; la sentence enjoignait aux compagnons de terminer tout travail commenc&#233;, aux ma&#238;tres de payer &#224; compter du moment o&#249; la &#171; presse &#187; &#233;tait mise en train et de ne pas renvoyer arbitrairement. En cas de n&#233;cessit&#233;, ils pouvaient adjoindre &#224; l'&#233;quipe autant d'ouvriers qu'ils le jugeaient n&#233;cessaire. Ils pouvaient remplacer l'ouvrier malade sans que celui-ci ait tin recours quelconque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail &#233;tait interdit les jours de f&#234;te et il &#233;tait d&#233;fendu de quitter l'atelier la veille avant l'heure normale. Aucun ch&#244;mage ne devait se produire en dehors des f&#234;tes sauf pour la mort du ma&#238;tre ou de sa femme. Le droit de coalition &#233;tait retir&#233; aux ouvriers, mais non aux maures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sentence &#233;tait donc enti&#232;rement en faveur de ces derniers. Les quelques dispositions favorables aux ouvriers &#233;taient vaguement &#233;nonc&#233;es et faciles &#224; tourner, Le s&#233;n&#233;chal dut &#233;prouver quelques inqui&#233;tudes quant &#224; l'applicationde ses d&#233;cisions, car il crut devoir en r&#233;f&#233;rer au pouvoir royal, Fran&#231;ois Ier, estimant que la gr&#232;ve &#233;tait de nature &#171; porter pr&#233;judice &#187; &#224; l'imprimerie lyonnaise et que la r&#233;bellion des compagnons &#233;tait intol&#233;rable, confirma tous les termes de la sentence, mais ordonna par surcro&#238;t la dissolution de la confr&#233;rie patronale. Il donna le pouvoir au s&#233;n&#233;chal, assist&#233; d'un certain nombre de notables, de juger les cas de violence, r&#233;bellion, coalition, etc. et de condamner les coupables &#224; la prison, un bannissement et si besoin &#233;tait, &#224; la torture et &#224; la peine capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait croire que de telles menaces allaient effrayer les gr&#233;vistes et les faire rentrer sans d&#233;lai dans les ateliers. Il nous faut &#224; ce sujet r&#233;viser quelque peu les id&#233;es due nous nous sommes form&#233;s sur la vie sociale nous l'ancien r&#233;gime. Le fait que les compagnons se promenaient en armes est d&#233;j&#224; assez symptomatique. Le pouvoir royal n'&#233;tait absolu que de nom, du moinsj usqu'au XVII &#176;si&#232;cle. Les autorit&#233;s municipales ne disposaient pas d'une force arm&#233;e bien consid&#233;rable, A Lyon, des &#233;meutes furent &#224; plusieurs reprises pratiquement ma&#238;tresses de la ville, et cela se produisit encore au si&#232;cle dernier. L'appareil coercitif de la bourgeoisie de l'&#233;poque &#233;tait singulrie&#232;ment moins puissant que celui dont dispose notre capitalisme contemporain : aussi la r&#233;pression &#233;tait-elle plus brutale, l'&#233;meute vaincue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Edit de Villers-Cotter&#234;ts, en ao&#251;t 1539, supprimait le droit de coalition dans toute la France. C'est qu &#8216;&#224; la suite des d&#233;sastres militaires du r&#232;gne, la situation du royaume n'&#233;tait pas florissante et que partout des trics &#233;taient en cours. Il y en avait &#224; Paris m&#234;me, chez les gar&#231;ons boulangers et les gar&#231;ons bouchers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons imprimeurs lyonnais dont la confr&#233;rie subsistait malgr&#233; l'interdiction, introduisirent aupr&#232;s du Parlement une enqu&#234;te tendant &#224; faire casser la sentence du s&#233;n&#233;chal. Le Parlement de Paris &#233;tait jaloux de ses pr&#233;rogatives. II se montrait peu dispos&#233; &#224; &#234;tre d&#233;poss&#233;d&#233; ;tu profit de la juridiction inf&#233;rieure Constitu&#233;e par le s&#233;n&#233;chal et ses notables. Ce qui fit qu'en septembre 1540, il rendit &#224; Moulins, en faveur des imprimeurs lyonnais, un arr&#234;t r&#233;tablissant pour eux les anciennes r&#232;gles des corporations, en ce qui concernait l'apprentissage et interdisant aux apprentis de composer avant d'avoir effectu&#233; trois ann&#233;es de stage (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons prirent la d&#233;termination de demander aux patrons des dommages et int&#233;r&#234;ts s'ils ne se conformaient pas &#224; l'arr&#234;t. Les ma&#238;tres us&#232;rent du chantage : ils menac&#232;rent de quitter Lyon pour Vienne. Le Consulat, feignant une grande crainte, les fit mander et les pria de ne pas s'&#233;loigner, afin que la ville ne fut pas priv&#233;e d'une industrie qui faisait une partie de sa prosp&#233;rit&#233;. La ville d&#233;p&#234;cha &#224; la Cour un d&#233;put&#233;, les ma&#238;tres un autre, &#224; frais communs, pour obtenir du roi la r&#233;forme de l'arr&#234;t. Les n&#233;gociations dur&#232;rent un an&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces proc&#233;dures, ces rivalit&#233;s de ,juridiction, ces d&#233;cisions contradictoires ne sont pas un des moindres &#233;tonnements que l'on &#233;prouve &#224; suivre les p&#233;rip&#233;ties des luttes ouvri&#232;re des si&#232;cles r&#233;volus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pourparlers tra&#238;naient en longueur, car les d&#233;l&#233;gu&#233;s s'occupaient d'autres affaires municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intervalle, un conflit identique avait pris naissance &#224; Paris : la gr&#232;ve de Paris, parall&#232;le &#224; celle de Lyon, r&#233;agissait sur la situation dans cette ville. C'est pourquoi nous devons en dire quelques mots. A la suite d'une cessation de travail des ouvriers parisiens, les ma&#238;tres de cette ville s'adress&#232;rent au roi pour obtenir le m&#234;me traitement que leurs coll&#232;gues lyonnais. Ils voulaient, comme eux, avoir le droit de &#171; faire et tenir des apprentis, autant qu'ils voudraient et pourraient mettre en oeuvre &#187;. A Paris, la question des apprentis &#233;tait &#224; la base du conflit. Les ouvriers &#233;taient moins solidement organis&#233;s que ceux de Lyon ; les forces de police plus consid&#233;rables et la gr&#232;ve avait &#233;t&#233; moins violente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les ouvriers parisiens s'oppos&#232;rent &#224; l'enregistrement de l'Edit de Villers-Cotter&#234;ts (1539) et &#224; d&#233;faut de l'enregistrement par le pr&#233;v&#244;t, l'&#233;dit n'&#233;tait pas ex&#233;cutoire. Tandis que les ouvriers lyonnais s'adressaient au Parlement, les Parisiens port&#232;rent leurs dol&#233;ances devant le Conseil priv&#233; du roi, Ils demandaient ta limitation du nombre des apprentis, la libert&#233; de quitter le travail plus lot les vigiles, des modifications au droit de renvoi par les ma&#238;tres et au r&#233;gime de travail des fondeurs de caract&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le roi ordonna une enqu&#234;te. La question fut renvoy&#233;e devant le lieutenant civil qui penchait plut&#244;t du c&#244;t&#233; des compagnons, car traditionnellement la judicature du Ch&#226;telet d&#233;fendait le respect des r&#232;gles corporatives. Mais les ma&#238;tres lyonnais re&#231;urent satisfaction : l'arr&#234;t du Parlement, favorable aux compagnons, fut r&#233;voqu&#233; le 28 d&#233;cembre 1541 : la nouvelle sentence renfor&#231;ait celles ant&#233;rieures, interdisait les trics, les assembl&#233;es de plus de cinq personnes, les est le port des armes, etc. Les ma&#238;tres obtenaient le droit d'embaucher et de d&#233;baucher&#224; leur gr&#233;. Le taux des gages restait &#224; d&#233;terminer. Les ma&#238;tres, sur le chapitre de la nourriture, devaient &#187; donner raisonnablement &#171; . Un pr&#233;avis de 8 jours &#233;tait impos&#233; unilat&#233;ralement aux ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les n&#233;gociations continuaient chez les imprimeurs Parisiens. Les compagnons avaient accept&#233; l'enqu&#234;te prescrite et l'avaient m&#234;me entreprise pour leur propre compte, tandis que les ma&#238;tres s'y opposaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers se livr&#232;rent alors &#224; quelques violences dont le pouvoir royal prit pr&#233;texte pour les d&#233;bouter, leur ordonner de s'incliner devant les d&#233;cisions ant&#233;rieures et hm d&#233;fendre de faire appel &#224; nouveau (19 novembre 1542). Les compagnons lyonnais avaient repris la lutte contre l'arr&#234;t de 1541. Mais la d&#233;faite des ouvriers parisiens entra&#238;na la leur. Le roi leur rendait applicable l'arr&#234;t de Paris. Cependant, la question n'&#233;tait pas d&#233;finitivement tranch&#233;e encore. Une s&#233;rie de proc&#232;s assez fastidieuse commen&#231;a alors. Les compagnons attaqu&#232;rent les lettres patentes du roi et le procureur du roi &#224; Lyon pi-il fait et cause pour eux, en se portant appelant contre la publication de ces lettres. Le Parlement de Cris fut &#224; nouveau saisi et il n'&#233;tait pas impossible qu'il adopta la th&#232;se des compagnons. L'appel fut port&#233; devant le conseil priv&#233; du roi. Cet organisme d&#233;cida&#8230; une nouvelle enqu&#234;te et le renvoi de l'affaire devant le Grand Conseil (19 mars 1543).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers firent tra&#238;ner les choses en longueur. Leur procureur, Michel Sosson, somm&#233; de produire ses arguments, se pr&#233;senta enfin et la sentence fut prononc&#233;e (11 septembre 1544) Le roi maintenait ses &#233;dits ant&#233;rieurs, repoussait l'appel des ouvriers et de son propre procureur et les condamnait aux d&#233;pens. D&#233;fense &#233;tait faite sous peine d'amende de contrevenir &#224; l'&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe dans ces d&#233;m&#234;l&#233;s, c'est l'extr&#234;me vari&#233;t&#233; des jucdaitures et l'enchev&#234;trement de leurs pr&#233;rogatives. Il serait tr&#232;s int&#233;ressant de savoir quels mobiles poussaient certains magistrats royaux &#224; se ranger du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes. Nous n'en avons trouv&#233; aucune expcliation dans le travail de Hauser auquel nous empruntons la plupart des faits pr&#233;c&#233;dents. Il est probable que l'examen des archives &#233;clarierait un peu ces mobiles. Il est &#224; noter aussi que le roi, sens&#233; prendre quantit&#233; de d&#233;cisions, n'&#233;tait gu&#232;re qu'une machine &#224; signer sur le vu des avis des diff&#233;rents organismes d'&#201;tat. Ses arr&#234;ts se contredisaient d'ailleurs assez souvent au gr&#233; des conclusions diff&#233;rentes de deuxc ours distinctes et on ne manquera pas d'observer, dans le cas des imprimeurs, que des arr&#234;ts rendus comme d&#233;finitifs et sans appel, furent quelques mois apr&#232;s infirm&#233;s ou tout au moins remis en question. Le certain, c'est qu'&#224; cette &#233;poque comme &#224; la n&#244;tre, la force ouvri&#232;re &#233;tait le principal &#233;l&#233;ment du succ&#232;s des revendications. Les imprimeurs lyonnais et parisiens le savaient bien, qui avaient recours &#224; la cessation du travail et &#224; l'action directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils le savaient si bien que vingt ans plus tard, sous le r&#232;gne de Charles IX, les ma&#238;tres se plaignaient de ce qu'ils n'avaient pas respect&#233; l'&#233;dit de 1514. Ils continuaient &#224; se coaliser et &#224; quitter le travail pour faire aboutir leurs revendications. Tant &#224; cause de la chert&#233; du papier que du prix de la main-d'oeuvre, les ma&#238;tres lyonnais &#233;taient contraints de faire imprimer leurs livres &#224; l'&#233;tranger. Il &#233;tait impossible, disaient-ils, de satisfaire les compagnons &#171; eu vivres, gages et salaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Edit de Gaillon, en 1571, renouvelait celui de 1539. Il renfor&#231;ait les interdictions de ce dernier, d&#233;fendait le tric et m&#234;me de faire &#171; journ&#233;e blanche &#187;, Le ma&#238;tre &#233;tait autoris&#233; dans ces deux cas &#224; retenir sur le salaire une somme correspondant au pr&#233;judice caus&#233;. Le certificat de travail &#233;tait institu&#233; pour tout ouvrier quittant son ma&#238;tre. Le d&#233;faut de certificat rendait l'embauche impossible. Le salaire nourriture &#233;tait supprim&#233;, &#224; l'exemple de ce qui se faisait dans les pays &#233;trangers (Flandres, Allemagne, Italie). Une commission arbitrale, compos&#233;e de libraires-jur&#233;s, de ma&#238;tres imprimeurs et de notables, devait d&#233;terminer le nouveau salaire. Le ma&#238;tre pouvait utiliser autant d'apprentis qu'il le voulait. C'&#233;tait l'application &#224; Lyon du r&#233;gime parisien. Il devenait n&#233;cessaire d'avoir fait un apprentissage pour passer compagnon et de pr&#233;senter, pour s'&#233;tablir ma&#238;tre, un certificat de capacit&#233; sign&#233; de deux libraires et de deux ma&#238;tres imprimeurs. Or, jusque-l&#224;, l'imprimerie n'&#233;tait pas soumise aux r&#232;gles corporatives ordinaires ; il n'y avait pas de chef d'oeuvre ; &#233;tait imprimeur qui voulait, s'il avait assez d'argent. L'&#233;dit sanctionnait donc l'abolition de la libert&#233; d'exercer le m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les compagnons avaient toujours d&#233;fendu le principe du salaire &#233;gal pour un m&#234;me travail, le ma&#238;tre acquerrait le droit de payer le travail fourni. Tout compagnon abandonnant un travail &#233;tait passible d'amende, de dommages et int&#233;r&#234;ts et m&#234;me du fouet s' il n'&#233;tait pas solvable. Une infraction &#224; l'&#233;dit &#233;tait punissable de 200 livres d'amende et de peines corporelles en cas de r&#233;cidive. Mais ni &#224; Paris, ni &#224; Lyon, les ouvriers n'accept&#232;rent. Contrairement aux ordonnances, ils continu&#232;rent &#224; se coaliser, &#224; se cotiser et introduisirent une instance aupr&#232;s du Parlement contre l'Edit de Gaillon, Il faut en retenir les termes. Ils reprochaient aux patrons de les vouloir &#171; opprimer et vilement asservir &#187;. Apr&#232;s avoir rappel&#233; qu'en fait, ils &#233;taient, eux, les v&#233;ritables imprimeurs, ils indqiuaient que c'&#233;taient eux qui leur avaient acquis &#171; et leur acqui&#232;rent chaque jour de grandes et honorables richesses, au prix de leur sueur et industrie merveilleuse, et m&#234;me plus souvent de leur sang &#187;, Charg&#233;s de famille, ils n'avaient dans leur vieillesse que mis&#232;re et maladie. Ils faisaient un parall&#232;le entre la richesse des ma&#238;tres et leur condition pr&#233;caire, accusant les patrons de faire des b&#233;n&#233;fices scandaleux (jusqu'&#224; 150% ). A Paris, les ouvriers devaient rendre 2.650 feuilles par jour et &#224; Lyon 3.350, ce qui n&#233;cessitait des journ&#233;es de 16 et 17 heures. Les ma&#238;tres pr&#233;tendaient &#234;tre contraints &#224; faire imprimer &#224; Montuel, Gen&#232;ve, Lausanne, &#224; cause des prix de fa&#231;on trop &#233;lev&#233;s. Mais les compagnons r&#233;torquaient que les imprimeurs de Gen&#232;ve, d'Anvers, d'Allemagne s'en tiraient en vendant leurs ouvrages bien meilleur march&#233;, (En Hollande, on demandait aux ouvriers 4.000 feuilles par ,jour. Le prol&#233;tariat y &#233;tait-il plus exploit&#233; encore ou l'outillage industriel meilleur ? Il est difficile de le savoir.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnons protestaient aussi contre une diff&#233;rence de traitement qui permettait aux ma&#238;tres de faire des monopoles, ce qui leur &#233;tait interdit. Ils revendiquaient m&#234;me le droit de porter des armes &#171; pour insolence d'aucuns ma&#238;tres &#187;. Ils s'&#233;levaient contre l'emploi abusif des apprentis, ce qui les privait de leur salaire, alors qu'ils avaient d&#251; eux-m&#234;mes faire des sacrifices pour apprendre le m&#233;tier. Ils demandaient &#224; &#234;tre nourris comme par le pass&#233;, s'indignaient que les salaires puissent &#234;tre fix&#233;s par les ma&#238;tres seuls et demandaient une commission paritaire, comprenant quelques notables nomm&#233;s par les deux parties. Enfin, consid&#233;rant que ce serait &#171; violer indignement la libert&#233; naturelle des hommes &#187;, ils r&#233;clamaient que les fautes soient punies par des amendes, non par des ch&#226;timents corporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce r&#233;quisitoire qui d&#233;notait chez les compagnons une volont&#233; assez nette et un souci de leur dignit&#233; assez d&#233;velopp&#233;, les ma&#238;tres r&#233;pondirent par une courte diatribe qui d&#233;non&#231;ait la confr&#233;rie des compagnons avec cotisation obligatoire, vitup&#233;rait les fauteurs de d&#233;sordre et demandait que leurs noms soient relev&#233;s et des sanctions prises contre eux. Ils sugg&#233;raient aussi que les compagnons soient astreints &#224; fournir caution avant d'engager des proc&#232;s, car ils avaient l'habitude de ne pas payer les amendes quand ils &#233;taient condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Roi apporta alors quelques modifications &#224; son &#233;dit. Il limitait &#224; deux par presse le nombre des apprentis, un &#224; la presse, l'autre &#224; la casse. Il enjoignait aux ma&#238;tres de ne pas renvoyer arbitrairement, et aux ouvriers de ne pas quitter abusivement le travail. En outre des f&#234;tes religieuses, les ouvriers obtenaient le salaire pour les journ&#233;es du Vendredi-Saint, de la Saint-Jean et une demi-journ&#233;e 1e jour du car&#234;me prenant. Le roi maintenait pour les ma&#238;tres 1e droit de ne pas nourrir les ouvriers, mais fixait pour Paris le salaire &#224; 18 livres tournois par mois, tandis qu'&#224; Lyon il devait &#234;tre d&#233;termin&#233; par le s&#233;n&#233;chal. L'obligation de donner cong&#233; 8 jours d'avance devenait r&#233;ciproque. La dur&#233;e de l'apprentissage &#233;tait fix&#233;e &#224; trois ans. 7.a peine du fouet disparaissait de l'article 22. Les ma&#238;tres perdaient le droit de faire imprimer hors de France, en mettant sur les feuilles de titre de fausses indications d'origine, comme ils l'avaient fait jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers obtenaient donc des avantages, gr&#226;ce &#224; leur action tenace, mais l'interdiction de leurs confr&#233;ries et des coalitions subsistait, tandis que les ma&#238;tres pouvaient y recourir, Cette d&#233;claration de 1573 devait rester la charte de l'imprimerie jusqu'en 1618.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu relater avec quelque d&#233;tail les luttes qui se d&#233;roulaient dans l'imprimerie pour donner une id&#233;e de l'acuit&#233; des questions sociales et corporatives sous l'ancienne organisation du travail. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les pouvoirs publics se pronon&#231;aient contre les compagnons. Si le roi &#233;tait s&#233;v&#232;re pour les ouvriers lyonnais, c'est qu'il redoutait de voir leur exemple suivi par des autres m&#233;tiers. &#171; Car c'est donner, disait Fran&#231;ois I er, un exemple et occasion aux autres compagnons et serviteurs de m&#233;tier qui sont en notre royaume de faire quelquefois le semblable, qui est un vrai fondement et entret&#233;nement de mutineries et s&#233;ditions qui tournent &#224; la fin au grand d&#233;triment de la chose publique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II est donc certain que l'ancienne r&#233;glementation corporative par &#233;dits royaux fut absolument impuissante, non seulement &#224; faire le bonheur des ouvriers au sein d'organismes professionnels, mais aussi &#224; emp&#234;cher l'antagonisme des classes en pr&#233;sence. Aussi pouvons nous dire avec Hauser : &#171; La question dite sociale se posait alors sinon avec la m&#234;me extension, du moins avec l'a m&#234;me intensit&#233; et presque dans les m&#234;mes termes. &#187; Ou avec Marx : &#171; Toute l'histoire de la soci&#233;t&#233; est l'histoire de la lutte des classes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La gr&#232;ve la plus ancienne cit&#233;e dans l'histoire eut lieu 1.500 ans av. J.-C. en Egypte parmi les ouvriers esclaves occup&#233;s &#224; &#233;difier les pyramides, et fut provoqu&#233;e par I'insuffisance de la nourriture. Les pharaons la r&#233;prim&#232;rent dans le sang. Il y eut aussi des gr&#232;ves en Chine, 600 ans av. J.-C., une autre 29 ans av. J.-C. parmi les ouvriers construisaient un palais pour H&#233;rode. Les ma&#231;ons et les terrassiers &#233;taient souvent les acteurs de ces trag&#233;dies qui se terminaient par des massacres de gr&#233;vistes. Gr&#232;ve &#224; Byzance sous Constantin ; sous Charlemagne, parmi les ma&#231;ons construisant son Palais &#224; Aix-la-Chapelle (9&#176; s.) ; en Angleterre, en 1271, parmi les ouvriers agricoles ; &#224; Constantinople en 1195, chez les tailleurs, etc. En Angleterre, une loi de 1549 punissait les gr&#233;vistes du pilori, et en cas de r&#233;cidive ordonnait qu'une oreille leur soit arrach&#233;e : elle ne fut abolie qu'&#224; la fin du 18&#176; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le mot &#171; tric &#187; est l'&#233;quivalent du terme actuel gr&#232;ve. Son &#233;tymologie est obscure. Faut-il y voir une analogie avec le mot anglais &#171; strike &#187;, prit actuellement dans le m&#234;me sens de gr&#232;ve ? Dans ce cas, lequel de ces deux mots est la d&#233;formation de l'autre ? Question philologique que nous ne sommes pas capables de trancher. Mais il est vraisemblable qu'&#224; la suite de la guerre de cent Ans, il dut y avoir entre les deux langues d'assez nombreux &#233;changes de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] LOUANDRE. Pr&#233;face &#224; l'Histoire de l'industrie fran&#231;aise et des gens de m&#233;tiers, d'A. Monteil (Limoges, s.d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] LEVASSEUR. Histoire des classes ouvri&#232;res. (Paris, 1901)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] LESPINASSE. Les M&#233;tiers et corporations de la ville de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] VINGTRINIER. Histoire de l'imprimerie lyonnaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] VINGTRINIER. Loc. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] VIAL. Institutions et coutumes lyonnaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] D&#232;s le 13e si&#232;cle, les Lyonnais, dans leur lutte contre l'Archev&#234;que, &#233;taient organis&#233;s par quartiers et par corporations, sous la conduite d'un capitaine. Les compagnons avaient adopt&#233; pour leur propre compte cette organisation militaire. Leur confr&#233;rie &#233;tait vraisemblablement une soci&#233;t&#233; compagnonnique, dont elle pr&#233;sentait tons les caract&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] HAUSER. Ouvriers du temps pass&#233;. Ces chiffres paraissent exag&#233;r&#233;s. Cependant une telle dur&#233;e de la journ&#233;e de travail n'&#233;tait pas rare &#224; cette &#233;poque. Les heures ci-dessus marquent d'ailleurs le moment du lever et du coucher. M&#234;me au 18&#176; si&#232;cle, les imprimeurs travaillaient encore (if, 6 heures du matin &#224; S heures du soir en &#233;t&#233;, et de 7 heures &#224; 9 heures l'hiver. (Arr&#234;t de 1724.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] La Grande Aum&#244;ne &#233;tait une institution philanthropique priv&#233;e, fond&#233;e par les bourgeois lyonnais &#224; la suite de la famine suivie de peste de 1530-31. Ces ann&#233;es-l&#224;, les r&#233;fugi&#233;s des, campagnes envahissaient la ville, et l'on entendait crier &#224; chaque coin de rue : &#187; Je meurs de faim. &#187; Les pauvres furent r&#233;partis en cinq h&#244;pitaux et secourus gr&#226;ce &#224; une qu&#234;te publique. On distribuait du pain et de la soupe &#224; 7 ou 8.000 personnes. Puis on renvoya les &#233;trangers &#224; la ville, munis d'une &#171; bonne aum&#244;ne &#187;. Cette institution demeura par la suite. Elle recueillait les orphelins et les pla&#231;aient chez les ma&#238;tres. Pendant la gr&#232;ve des compagnons imprimeurs, la Grande Aum&#244;ne dut nourrir les familles des gr&#233;vistes, mais elle se plaignait que ses ressources n'y suffisaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] On nommait Parlement un certain nombre de cours de Judicatures qui connaissaient des affaires en dernier ressort,&lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;rifiaient et enregistraient les &#233;dits du roi. Le Parlement pouvait parfois faire opposition au roi et il avait d'autant plus d'importance que le pouvoir royal &#233;tait plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;source : &lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1948-02-greves-et-luttes-sociales-sous-lancien-regime-soudeille/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1948-02-greves-et-luttes-sociales-sous-lancien-regime-soudeille/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;voltes ouvri&#232;res et urbaines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Moyen-&#226;ge le prol&#233;tariat industriel n'existe pas encore. Mais il y a d&#233;j&#224; des ouvriers du textile. La r&#233;volte la plus connue est celle des &#171; Ciompi &#187; de Florence. Il s'agit non pas de marchands ou d'artisans, mais d'ouvriers du textile. Ils se r&#233;voltent le 22 juin 1378 contre des salaires trop bas alors que l'inflation gangr&#232;ne la cit&#233;, mais aussi contre le ch&#244;mage qui commence &#224; les toucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils revendiquent par ailleurs le droit de s'organiser en tant qu'association, comme les marchands peuvent le faire. C'est tout le petit peuple de Florence qui s'insurge, br&#251;lant palais et couvents. Les Ciompi demandent &#224; &#234;tre reconnus comme branche professionnelle pour avoir acc&#232;s aux d&#233;cisions communales et donc &#224; des postes au sein du &#171; Conseil municipal &#187;. Le 21 juillet, les r&#233;volt&#233;s attaquent les b&#226;timents des patrons de la laine, du fisc et de la justice. Le lendemain, ils prennent le pouvoir et installent le cardeur de laine Michele di Lando comme &#171; ministre &#187; de la Justice. Mais ils seront trahis par les artisans ais&#233;s et la &#171; Commune de Florence &#187; sera &#233;cras&#233;e le 31 ao&#251;t. Di Lando a eu la chance de ne pas &#234;tre ex&#233;cut&#233;, mais simplement exil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assistera &#224; la m&#234;me r&#233;volte en Auvergne et au Languedoc de 1381 &#224; 1384, venant des ouvriers teinturiers du textile : les Ongles bleus ou Tuchins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre r&#233;volte d'importance, celle des &#171; Maillotins &#187; &#224; Paris de mars 1382 &#224; janvier 1383. Au d&#233;part, il s'agit d'une r&#233;volte fiscale. Le 1er mars 1382, les ouvriers et les artisans parisiens se r&#233;voltent et sont rejoints, de suite, par les paysans de Clichy et des Ternes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'emparent alors de 2 000 gros maillets de plomb, arment 20 000 hommes et s'en prennent aux banquiers et aux collecteurs d'imp&#244;ts. Ils vont auto-administrer la ville jusqu'au 1er d&#233;cembre, date du retour du roi Charles VI et de son arm&#233;e. N'&#233;tant pas encore des r&#233;gicides, ils laissent entrer les troupes royales dans la capitale. D&#232;s janvier 1383, ces derni&#232;res vont se livrer &#224; une f&#233;roce r&#233;pression. Les chefs maillotins seront arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s et ex&#233;cut&#233;s. Presque 500 ans avant la Commune de Paris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.force-ouvriere.fr/les-revoltes-du-moyen-age&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.force-ouvriere.fr/les-revoltes-du-moyen-age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Royaut&#233; et les Corporations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Royaut&#233; ne reste pas longtemps l'alli&#233;e des bourgeois ; d&#232;s le xive si&#232;cle, elle se met en t&#234;te la chevalerie et la parade ; mais ce n'est jamais par l&#224; qu'elle grandit. Tous les rois qui &#233;tendirent son pouvoir, jusqu'&#224; la renaissance, le firent par des gens de peu, hommes de loi, hommes d'argent ou hommes d'administration. Comment agit-elle ? En mettant en campagne contre sa f&#233;odalit&#233;, des arm&#233;es victorieuses ? Non ; mais par des &#171; ordonnances &#187; r&#233;dig&#233;es par ses l&#233;gistes, par son &#171; parlement, &#187; cour de justice avec laquelle elle d&#233;truit peu &#224; peu les juridictions locales ; par des imp&#244;ts qui vont grossissant, selon la loi de toutes les monarchies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soumettre les classes ouvri&#232;res &#224; sa juridiction et en tirer de gros droits, c'est la premi&#232;re id&#233;e. On peut dire que durant les longs si&#232;cles de son existence, la royaut&#233; fut toujours gueuse, toujours &#224; court d'argent, toujours cupide. Au moyen &#226;ge, elle falsifiait les monnaies ; au xviie si&#232;cle, elle &#233;rigeait la banqueroute en syst&#232;me ; c'est par l'&#233;normit&#233; de ses exactions qu'elle souleva les grandes insurrections du xive si&#232;cle comme c'est par le d&#233;ficit qu'elle amena la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces grandes insurrections du xive si&#232;cle ne sont plus diss&#233;min&#233;es comme celles des communes. Elles visent &#224; &#234;tre des &#171; r&#233;volutions ; &#187; elles commencent &#224; avoir pour th&#233;&#226;tre Paris, devenu la capitale de la France, et une des grandes villes du monde. La plus c&#233;l&#232;bre est celle que dirigea &#201;tienne Marcel (1358). Puis vint celle des Maillotins (1382), ainsi nomm&#233;e parce que la bourgeoisie s'&#233;tait arm&#233;e de maillets. &#192; ce moment les classes insurg&#233;es commencent &#224; sentir leur solidarit&#233;. Paris, Rouen, la Flandre, etc. correspondent et s'entendent. Toutes ces tentatives &#233;chou&#232;rent. Qui les avait faites ? Encore les corporations ouvri&#232;res, les corps de m&#233;tiers. C'est &#224; eux qu'on s'en prit. &#192; la suite du soul&#232;vement des Maillotins, voici ce que la royaut&#233; fit dans Paris : Suppression des magistrats &#233;lus, remplac&#233;s par des &#171; visiteurs &#187; nomm&#233;s par le pr&#233;v&#244;t (lui-m&#234;me d&#233;l&#233;gu&#233; du roi) ; suppression de la juridiction professionnelle ; interdiction &#224; toutes les associations de se r&#233;unir ailleurs que dans les &#233;glises, avec permission du pr&#233;v&#244;t, et en pr&#233;sence d'un de ses agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que le pouvoir central devait &#233;tablir partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment il le fit aux xve et xvie si&#232;cles, &#233;poques o&#249; la puissance royale fit ses derniers progr&#232;s, pour aboutir au monstrueux despotisme des xviie et xviiie si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. &#8212; Dans un &#233;tat monarchique, les ouvriers pouvaient-ils rester ma&#238;tres d'&#233;lire leurs magistrats ? &#8212; Non certes ; et cette premi&#232;re libert&#233; devait dispara&#238;tre peu &#224; peu. D&#233;j&#224;, nous l'avons vu retir&#233;e aux Parisiens, en 1381 ; nous la voyons dispara&#238;tre successivement, soit par le mouvement naturel des choses, soit par les empi&#233;tements du pouvoir central, dans toute la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord on a vu que dans certains m&#233;tiers non affranchis, c'est le fournisseur ou l'artisan du roi qui a la haute main. C'est ainsi qu'on vit le barbier du roi (ou son chirurgien, car, &#224; cette &#233;poque, ces deux professions &#233;taient r&#233;unies) devenir le chef, le magistrat supr&#234;me, au xive si&#232;cle, de la corporation des barbiers et chirurgiens de Paris, et au xve si&#232;cle, de toutes les corporations semblables de France. Position lucrative : car il vendait en province son droit &#224; des lieutenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au si&#232;cle suivant, les souvenirs de libert&#233; locale s'effacent tellement que les &#233;lections disparaissent d'elles-m&#234;mes. Les magistrats corporatifs sont choisis par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs, ou m&#234;me leurs places sont vendues. Elles restent ainsi entre les mains d'une petite aristocratie, qui s'en fait une source d'exactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, la royaut&#233;, toujours &#224; court d'argent, avait un moyen aussi simple qu'efficace de s'en procurer. Elle cr&#233;ait des &#171; offices &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle imaginait une fonction nouvelle, ou en prenait une existante qu'elle &#233;rigeait en fonction publique, qu'elle vendait &#224; beaux deniers comptants. C'est ainsi qu'elle s'arrogea le droit de vendre certaines magistratures corporatives qui ressortaient de l'&#233;lection. C'est ainsi que Fran&#231;ois Ier &#233;rigea en offices les places de vendeurs, compteurs, d&#233;chargeurs de mar&#233;e, jusque l&#224; &#233;lus par la corporation des chasse-mar&#233;e. Henri II fit mieux, il devait de l'argent &#224; un graveur de la monnaie ; il le paya&#8230; aux d&#233;pens du public, en lui donnant les offices de jaugeurs, marqueurs, mesureurs et contr&#244;leurs&#8230; des vins&#8230; c'est-&#224;-dire en l'autorisant &#224; exiger une somme d'argent de tous ceux qui voudraient exercer le m&#233;tier. &#8212; Entre les vins et la gravure, le rapport n'est pourtant pas grand. Charles IX, cr&#233;a enfin des &#171; offices &#187; de jur&#233;s et de magistrats des ma&#231;ons et des charpentiers, dans toutes les villes du royaume. D&#233;j&#224; Fran&#231;ois Ier avait &#244;t&#233; le choix de ces magistrats aux communaut&#233;s, dans certaines villes, pour le donner aux municipalit&#233;s ; et le m&#234;me Charles IX avait ordonn&#233; qu'on les pr&#238;t &#224; l'anciennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces d&#233;tails se r&#233;sument en un seul mot : plus d'&#233;lections libres, plus d'ind&#233;pendance corporative. Tout revient ou dans les mains des privil&#233;gi&#233;s, ou dans les mains du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. &#8212; En m&#234;me temps, le pouvoir royal prenait le droit de faire les r&#232;glements du travail, qui jusque-l&#224; avaient &#233;man&#233; des corporations m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le xive si&#232;cle, la royaut&#233; faisait des ordonnances soit sur les rapports des ouvriers et des patrons, soit sur la fabrication. Elle ne cessa pas d'en faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle r&#233;digeait la loi, elle l'appliquait ; querelles de m&#233;tiers entre eux, querelles des ouvriers et des patrons d'un m&#234;me m&#233;tier, proc&#232;s pour interdire telle invention nouvelle, utile au public, mais nuisible aux patrons&#8230; tout cela ressortait des juges royaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait fastidieux d'entrer dans les d&#233;tails : je puis dire seulement qu'&#224; la fin du xvie si&#232;cle, la royaut&#233; r&#233;glementait et jugeait partout la fabrication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. &#8212; Le roi ne fait pas seulement des magistrats ; il fait des patrons, je veux dire qu'il vend ou donne, &#224; son gr&#233;, le droit d'entrer dans la corporation comme ma&#238;tre et de fonder un &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis XI le premier, &#224; la fin du xve si&#232;cle, s'arrogea le droit &#224; son av&#232;nement de cr&#233;er un &#171; ma&#238;tre &#187; dans chaque corporation du royaume en le dispensant des &#233;preuves et des droits auxquels &#233;tait assujetti quiconque ambitionnait ce titre ; et dans quel but ? Dans un but financier ; ce titre, il ne le donnait pas, il le vendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet exemple fut imit&#233; dans la suite avec une rare profusion ; le roi, les princes et les princesses, suivirent la lucrative habitude de r&#233;pandre les lettres de ma&#238;trises &#224; tout propos : mariage princier, naissance princi&#232;re, bapt&#234;me princier, passage d'un prince dans une ville, tout donne pr&#233;texte &#224; ces nobles exploitants de gagner quelque argent. &#192; vrai dire, ils &#233;taient si larges de ces g&#233;n&#233;rosit&#233;s qu'ils faisaient payer, que les acheteurs n'y suffisaient pas. &#192; la mort d'Henri IV, il en restait qui avaient &#233;t&#233; offertes quarante ans avant, et qui n'avaient pas trouv&#233; d'acqu&#233;reur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV. &#8212; En m&#234;me temps que la ma&#238;trise peut s'acqu&#233;rir sans examen par lettre royale, elle se ferme &#224; l'ouvrier gr&#226;ce au &#171; chef d'&#339;uvre &#187;. La r&#232;gle des corporations n'est pas chang&#233;e : il faut toujours avoir &#233;t&#233; apprenti et ouvrier, et avoir fait son chef-d'&#339;uvre, pour devenir patron. Seulement, elle est &#233;lud&#233;e, gr&#226;ce &#224; la r&#233;sistance des patrons. Le jeune homme riche, le fils de patron ach&#232;te, sans travailler, un titre d'apprenti, avec de l'argent ; il fait faire son chef-d'&#339;uvre, et il est toujours re&#231;u. L'ouvrier qui a assez d'&#233;pargnes pour pouvoir passer trois mois au moins &#224; ne faire qu'un chef-d'&#339;uvre est le plus souvent refus&#233; apr&#232;s ce temps &#233;coul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une premi&#232;re division se creuse entre les patrons et les ouvriers. Mais l'esprit d'in&#233;galit&#233; fait tant de progr&#232;s, que les patrons eux-m&#234;mes se divisent en classes ; les jeunes, qui n'ont pas dix ans d'exercice ; les modernes, qui ont pass&#233; ce temps dans le m&#233;tier ; les anciens, qui ont rempli les fonctions de jur&#233; ; et les droits sont diff&#233;rents pour chaque classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le temps vient o&#249; les querelles s'enveniment entre patrons et ouvriers. Ces querelles, qui les juge ? La royaut&#233;. Dans quel sens ? Dans le sens des privil&#232;ges, cela va sans dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves commencent. Il faut voir avec quelle rigueur le pouvoir royal les traite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1541, les ouvriers imprimeurs de Lyon, insuffisamment pay&#233;s se mettent en gr&#232;ve. Ordonnance du roi pour interdire leurs r&#233;unions, et leur ordonner de reprendre le travail. Lettres patentes confirmant l'ordonnance en 1541. Ordonnance identique en 1544. Troisi&#232;me ordonnance en 1571. Les ouvriers ne se rendirent pas ; et la guerre civile les pr&#233;serva de l'autorit&#233; du roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V. &#8212; Nous avons signal&#233; au moyen &#226;ge, &#224; c&#244;t&#233; de l'association en quelque sorte forc&#233;e des corps de m&#233;tiers, l'association volontaire des confr&#233;ries. Au d&#233;but, qu'&#233;tait-ce ? Une soci&#233;t&#233; de secours, ou une soci&#233;t&#233; de r&#233;jouissances et de c&#233;r&#233;monies. Mais &#224; mesure que la libert&#233; se retirait des &#171; corporations, &#187; on se rabattit sur les confr&#233;ries, et leur importance grandit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent encore bien souvent des pr&#233;textes &#224; banquets, o&#249; l'on buvait beaucoup. Mais ce fut mieux aussi. C'est gr&#226;ce &#224; elles que se fit le groupement libre des classes ouvri&#232;res. C'est gr&#226;ce &#224; elles que les ouvriers eurent leurs associations &#224; part, associations devenues n&#233;cessaires pour r&#233;sister &#224; l'exploitation. D&#232;s le xive si&#232;cle, nous les trouvons organis&#233;es pour d&#233;battre les salaires. Deux cents ans plus tard, dans les gr&#232;ves du xvie si&#232;cle, les ouvriers se pr&#233;sentent toujours group&#233;s en &#171; confr&#233;ries. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On con&#231;oit que l'autorit&#233; ait vu d'un mauvais &#339;il ce dernier acte de libert&#233;. Du xive si&#232;cle jusqu'&#224; la fin, la royaut&#233; ne cesse de les interdire ; elles ne cessent pas non plus de repara&#238;tre ; sans cesse poursuivies et discut&#233;es, pour &#234;tre simplement tol&#233;r&#233;es apr&#232;s, jusqu'aux prochaines rigueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aux confr&#233;ries qu'il faut rattacher l'institution du compagnonnage, dont l'institution et les c&#233;r&#233;monies bizarres, qui devaient vivre si longtemps, remontent au xive si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Associations_ouvri%C3%A8res_dans_le_pass%C3%A9/Texte_entier&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Associations_ouvri%C3%A8res_dans_le_pass%C3%A9/Texte_entier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le peuple r&#233;volt&#233; contre Notre-Dame de Paris...</title>
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		<dc:date>2024-12-06T23:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le peuple r&#233;volt&#233; contre Notre-Dame de Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujoud'hui, Notre-Dame de Paris est per&#231;ue comme &#233;glise catholique et comme monument historique, une des sources de revenus du tourisme parisien. Autrefois, au Moyen-Age, quand la ville de Paris &#233;tait aux mains des religieux catholiques, Notre-Dame &#233;tait li&#233;e aussi &#224; l'argent, non &#224; celui qu'elle rapportait mais &#224; celui qu'elle extorquait au peuple. Elle &#233;tait un des trois pouvoirs religieux (avec l'Universit&#233; elle aussi catholique), mais aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique96" rel="directory"&gt;09 - RELIGION&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le peuple r&#233;volt&#233; contre Notre-Dame de Paris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujoud'hui, Notre-Dame de Paris est per&#231;ue comme &#233;glise catholique et comme monument historique, une des sources de revenus du tourisme parisien. Autrefois, au Moyen-Age, quand la ville de Paris &#233;tait aux mains des religieux catholiques, Notre-Dame &#233;tait li&#233;e aussi &#224; l'argent, non &#224; celui qu'elle rapportait mais &#224; celui qu'elle extorquait au peuple. Elle &#233;tait un des trois pouvoirs religieux (avec l'Universit&#233; elle aussi catholique), mais aussi pouvoirs civils, politiques, &#233;conomiques et militaires de la ville de Paris. Le roi n'&#233;tait qu'un invit&#233;&#8230; La bourgeoisie &#233;tait d&#233;pendante. Une grande partie de l'argent revenait &#224; l'Eglise. Le peuple &#233;tait exploit&#233; par elle. Elle poss&#233;dait des champs, des serfs, des commerces, des droits nombreux et scandaleux. Ce n'est pas un hasard si nombre de r&#233;voltes s'en prenaient &#224; Notre-Dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_primitive_Notre-Dame_de_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/histoire/quand-notre-dame-de-paris-etait-pillee-par-les-parisiens-28-11-2024-2576619_1615.php?utm_source=firefox-newtab-fr-fr#11&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://passerelles.essentiels.bnf.fr/fr/chronologie/construction/5528aa47-6ab5-48d1-92fb-46ca5144731b-cathedrale-notre-dame-paris/article/11f41c27-4472-4001-a193-c0b4a7f224ec-destin-notre-dame-paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1964_num_50_147_1733&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1964_num_50_147_1732&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://hal.science/hal-02100630/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve999&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5469&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/021224/du-plomb-en-quantite-dans-les-ecoles-parisiennes-mais-un-suivi-de-la-mairie-defaillant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://basta.media/Notre-Dame-Les-enfants-particulierement-vulnerables-aux-intoxications-au-plomb-ecoles-creches&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.groupe-seche.com/nos-solutions-en-action/urgence-environnement-decontamination-dune-ecole-polluee-au-plomb-suite-a-lincendie-de-la-cathedrale-notre-dame-de-paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/08/29/pollution-au-plomb-les-ecoles-autour-de-notre-dame-seront-elles-pretes-pour-la-rentree_5504261_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Notre-Dame_de_Paris,_1844/03/01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scientifiquesnotre-dame.org/incendies-dans-l-histoire#4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incendie_de_Notre-Dame_de_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/incendie-a-notre-dame-un-taux-de-plomb-400-a-700-fois-superieurs-au-seuil-autorise-7797980414&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Notre-Dame_de_Paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lastryge.fr/single-post/incendie-%C3%A0-notre-dame-de-paris&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6557&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.capital.fr/economie-politique/notre-dame-de-paris-les-chiffres-fous-de-sa-restauration-xxl-1506279&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Philosophie m&#233;di&#233;vale</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8213</link>
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		<dc:date>2023-06-10T22:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187; Marx-Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym &lt;br class='autobr' /&gt;
1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chapter 12 : Philosophical annexes - Annexes philosophiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot149" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; D&#233;j&#224; le scolastique Duns Scot [1] s'&#233;tait demand&#233; &#171; si la mati&#232;re ne pouvait pas penser &#187;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Marx-Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900v.htm#sdfootnote217sym&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	Duns Scotus John (environ 1265-1308), scolastique franciscain repr&#233;sentant du nominalisme, courant de la philosophie du Moyen Age suivant lequel les id&#233;es g&#233;n&#233;rales n'ont pas de r&#233;alit&#233; et ne sont que les noms des objets, par opposition au r&#233;alisme qui reconna&#238;t l'existence de ces id&#233;es g&#233;n&#233;rales ind&#233;pendamment de celle des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophie m&#233;di&#233;vale&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les plus grands penseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bo&#232;ce (480 - 524 ou 525)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bo%C3%A8ce&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Kindi (Ab&#251; Y&#251;suf Ya'q&#251;b ibn Ish&#226;q al-Kind&#238;) (vers 801 - 873)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Kindi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Scot Erig&#232;ne (810 - 870)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Scot_%C3%89rig%C3%A8ne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Rhazes (Ab&#251; Bakr ibn Zakariyy&#226; al-R&#226;z&#238;) (865 - 923)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rhaz%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Farabi (Ab&#251; Nasr Muhammad ibn Muhammad ibn Tarh&#226;n ibn Azwalag al-F&#226;r&#226;b&#238;) (870 - 950)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-F%C3%A2r%C3%A2b%C3%AE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Abu-l-Ala al-Maari (973-1057)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6110&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Avicenne (Ab&#251; 'Ali al-Husayn ibn 'Abdallah ibn S&#238;n&#226;) (980 - 1037)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Anselme de Cantorb&#233;ry (1033 - 1109)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anselme_de_Cantorb%C3%A9ry&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Al-Ghazali (Ab&#251; H&#226;mid Muhammad ibn Muhammad ibn Tawus Ahmad al-T&#251;s&#238; al-Shaf'&#238;) (1058-1111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Ghazali&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Martianus Capella (Ve si&#232;cle)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Martianus_Capella&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pseudo-Denys l'Ar&#233;opagite (Ve s.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pseudo-Denys_l%27Ar%C3%A9opagite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roscelin de Compi&#232;gne (1050 - 1120)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscelin_de_Compi%C3%A8gne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume de Champeaux (1070 - 1121)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Champeaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Pierre Ab&#233;lard (1079 - 1142)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ab%C3%A9lard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	H&#233;lo&#239;se (abbesse) (1092 &#8211; 1164)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Tufayl (Ab&#251; Bakr Muhammad ibn Tufayl) (1100 - 1185)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Tufayl&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Averro&#232;s (Ab&#251; al-Walid Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ruchd) (1126 - 1198)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%A8s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ma&#239;monide (Mosheh ben Maym&#251;n) (1135 - 1204)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse_Ma%C3%AFmonide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Albert le Grand (1193 ou 1206 - 1280)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_le_Grand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Roger Bacon (1214 - 1294)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Bacon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Bonaventure (1221 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaventure_de_Bagnoregio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Thomas d'Aquin (1225 - 1274)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_d%27Aquin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Siger de Brabant (1240 - 1281)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Siger_de_Brabant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Duns Scot (vers 1266 - 1308)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Duns_Scot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Guillaume d'Occam (vers 1285 - 1349 ou 1350)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_d%27Ockham&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Jean Buridan (vers 1300 - 1358)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Buridan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Ibn Khaldun (Abu Zayd 'abd Al-Rahman ibn Muhammad ibn Khald&#251;n) (1332 - 1395)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Khaldoun&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Nicole Oresme (vers 1323 - 1382)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Oresme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3287&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search?query=Philosophie+m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/anselme.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/abelard.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/thomas.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://sos.philosophie.free.fr/ockham.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie_m%C3%A9di%C3%A9vale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.menestrel.fr/?-Auteurs-medievaux-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Texte 8 -&gt; https://www.cairn.info/revue-annales-2009-1-page-143.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/annuaire-cdf/11949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.erudit.org/fr/revues/philoso/1974-v1-n2-philoso1319/203017ar.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/phlou_0776-555x_1910_num_17_67_2755&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale_preface.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/panaccio_claude/philo_medievale/philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/wulf_maurice_de/Histoire_philo_medievale/Histoire_philo_medievale.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/classiques/brehier_emile/philo_au_moyen_age/philo_au_moyen_age_avant_propos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Portail:Philosophie/Liste_des_philosophes_par_ann%C3%A9e_de_naissance#Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Medieval_literature&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 17&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_writers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 18&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Category:Medieval_philosophers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 19&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6178&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6465&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 21&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion : la sortie du moyen &#226;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Friedrich Engels et le soul&#232;vement de la France m&#233;ridionale</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article7576</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article7576</guid>
		<dc:date>2022-03-07T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Friedrich Engels et le soul&#232;vement de la France du midi occitan &lt;br class='autobr' /&gt;
Engels note que le midi occitan connut un immense soul&#232;vement face &#224; la croisade papale et royale : &#171; La nation proven&#231;ale, avait au Moyen-&#194;ge non seulement un &#171; pr&#233;cieux d&#233;veloppement &#187;, mais elle &#233;tait m&#234;me &#224; la t&#234;te du d&#233;veloppement europ&#233;en... Ce n'est pas seulement &#171; une phase de la vie du Moyen-&#194;ge... qui avait connu gr&#226;ce &#224; elle &#187; un grand &#233;clat : elle offrait m&#234;me, au c&#339;ur du Moyen-&#194;ge, un reflet de l'ancienne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Friedrich Engels et le soul&#232;vement de la France du midi occitan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Engels note que le midi occitan connut un immense soul&#232;vement face &#224; la croisade papale et royale : &#171; La nation proven&#231;ale, avait au Moyen-&#194;ge non seulement un &#171; pr&#233;cieux d&#233;veloppement &#187;, mais elle &#233;tait m&#234;me &#224; la t&#234;te du d&#233;veloppement europ&#233;en... Ce n'est pas seulement &#171; une phase de la vie du Moyen-&#194;ge... qui avait connu gr&#226;ce &#224; elle &#187; un grand &#233;clat : elle offrait m&#234;me, au c&#339;ur du Moyen-&#194;ge, un reflet de l'ancienne civilisation hell&#232;ne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rel&#232;ve que c'est une question de classe en m&#234;me temps qu'une question nationale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tandis que les luttes sauvages de la noblesse f&#233;odale r&#233;gnante emplissaient le moyen &#226;ge de leur fracas, dans toute l'Europe de l'Ouest le travail silencieux des classes opprim&#233;es avait min&#233; le syst&#232;me f&#233;odal ; il avait cr&#233;&#233; des conditions dans lesquelles il restait de moins en moins de place aux seigneurs f&#233;odaux. Certes, &#224; la campagne, les nobles seigneurs s&#233;vissaient encore ; ils tourmentaient les serfs, ne soufflaient mot de leur peine, pi&#233;tinaient leurs r&#233;coltes, violentaient leurs femmes et leurs filles. Mais alentour s'&#233;taient &#233;lev&#233;es des villes : en Italie, dans le midi de la France, au bord du Rhin, les municipes de l'antiquit&#233; romaine, ressuscit&#233;s de leurs cendres ; ailleurs, notamment en Allemagne, des cr&#233;ations nouvelles ; toujours entour&#233;es de remparts et de foss&#233;s, c'&#233;taient des citadelles bien plus fortes que les ch&#226;teaux de la noblesse, parce que seule une grande arm&#233;e pouvait les r&#233;duire. Derri&#232;re ces remparts et ces foss&#233;s se d&#233;veloppait - assez petitement et dans les corporations - l'artisanat m&#233;di&#233;val, se concentraient les premiers capitaux, naissaient et le besoin de commercer des villes entre elles ainsi qu'avec le reste du monde, et, peu &#224; peu &#233;galement, avec le besoin, les moyens de prot&#233;ger ce commerce. D&#232;s le XVe si&#232;cle, les bourgeois des villes &#233;taient devenus plus indispensables &#224; la soci&#233;t&#233; que la noblesse f&#233;odale&#8230; Entre les centres de navigation maritime du Nord et du Midi, la liaison &#233;tait maintenue par terre ; les routes par lesquelles elle se faisait passaient par l'Allemagne. Tandis que la noblesse devenait de plus en plus superflue et g&#234;nait toujours plus l'&#233;volution, les bourgeois des villes, eux, devenaient la classe qui personnifiait la progression de la production et du commerce, de la culture et des institutions politiques et sociales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/carte_occitan_langue_france_medievale_comte_toulouse_1208_croisade_albigeois_moyen-age_central.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH490/carte_occitan_langue_france_medievale_comte_toulouse_1208_croisade_albigeois_moyen-age_central-1c208.jpg?1776674161' width='500' height='490' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occitanie_du_XIVe_au_XVIIe_si%C3%A8cle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Occitanie du XIVe au XVIIe si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_C%C3%A9vennes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre des C&#233;vennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Croisade_des_albigeois&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La croisade contre les albigeois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://museeprotestant.org/de/notice/lieux-de-memoire-en-languedoc-roussillon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;pression contre les protestants en Languedoc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pup/7042?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le contraste culturel entre le Nord et le Midi en France au Moyen &#194;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1973_num_85_111_4798&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire de la France m&#233;ridionale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle Gazette Rh&#233;nane de Marx et Engels, n&#176; 93, 3 septembre 1848&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cologne, 2 septembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au troisi&#232;me jour du d&#233;bat appara&#238;t une lassitude g&#233;n&#233;rale. Les arguments se r&#233;p&#232;tent sans s'am&#233;liorer, et si le premier orateur honorable, le citoyen Arnold Ruge n'apportait pas son riche tr&#233;sor de raisons nouvelles, le compte-rendu st&#233;nographique serait tout &#224; fait soporifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le citoyen Ruge [conna&#238;t] aussi ses m&#233;rites mieux que quiconque. Il promet : &#171; Toute la passion que j'ai, et toutes les connaissances que je poss&#232;de, je veux les employer. &#187; Il fait une proposition mais ce n'est pas une proposition ordinaire ; ce n'est pas une proposition en g&#233;n&#233;ral, c'est la seule juste, c'est la vraie proposition, la proposition absolue : &#171; Il n'y a rien d'autre &#224; proposer, rien d'autre d'admissible. On peut faire quelque chose d'autre, Messieurs, car il est donn&#233; &#224; l'homme de s'&#233;carter de la voie juste. C'est parce qu'il s'&#233;carte de la voie juste que l'homme a un libre-arbitre... mais la voie juste ne cesse pas pour autant d'&#234;tre juste. Et dans notre cas, ce que je propose est la seule chose juste qui puisse &#234;tre r&#233;alis&#233;e. &#187; (Le citoyen Ruge sacrifie donc cette fois son &#171; libre-arbitre &#187; &#224; &#171; la voie juste &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons de plus pr&#232;s la passion, les connaissances et la seule chose juste du citoyen Ruge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La suppression de la Pologne est une ignominieuse injustice parce qu'ainsi fut &#233;touff&#233; le pr&#233;cieux d&#233;veloppement d'une nation qui s'est acquis de grands m&#233;rites envers la famille des peuples d'Europe, et gr&#226;ce &#224; laquelle une phase de la vie du moyen &#226;ge, la chevalerie, avait connu un grand &#233;clat. Le despotisme a emp&#234;ch&#233; la r&#233;publique des nobles d'accomplir sa propre suppression int&#233;rieure (!), suppression qui aurait &#233;t&#233; possible gr&#226;ce &#224; la constitution &#233;bauch&#233;e pendant la p&#233;riode r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moyen &#226;ge, la nationalit&#233; de la France du Sud n'&#233;tait pas plus proche de celle de la France du Nord que la nationalit&#233; polonaise ne l'est actuellement de la nationalit&#233; russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nationalit&#233; de la France du Sud, vulgo la nation proven&#231;ale, avait au moyen &#226;ge non seulement un &#171; pr&#233;cieux d&#233;veloppement &#187;, mais elle &#233;tait m&#234;me &#224; la t&#234;te du d&#233;veloppement europ&#233;en. Elle fut la premi&#232;re de toutes les nations modernes &#224; avoir une langue litt&#233;raire. Son art po&#233;tique servait &#224; tous les peuples romans, et m&#234;me aux Allemands et aux Anglais, de mod&#232;le alors in&#233;gal&#233;. Dans le perfectionnement de la civilisation courtoise f&#233;odale, elle rivalisait avec les Castillans, les Fran&#231;ais du Nord et les Normands d'Angleterre ; dans l'industrie et le commerce, elle ne le c&#233;dait en rien aux Italiens. Ce n'est pas seulement &#171; une phase de la vie du moyen &#226;ge... qui avait connu gr&#226;ce &#224; elle &#187; un grand &#233;clat, elle offrait m&#234;me, au c&#339;ur du moyen &#226;ge, un reflet de l'ancienne civilisation hell&#232;ne. La nation de la France du Sud n'avait donc pas &#171; acquis &#187; de grands, mais d'infinis &#171; m&#233;rites envers la famille des peuples d'Europe &#187;. Pourtant, comme la Pologne, elle fut partag&#233;e entre la France du Nord et l'Angleterre et plus tard enti&#232;rement assujettie par les Fran&#231;ais du Nord. Depuis la guerre des Albigeois jusqu'&#224; Louis XI, les Fran&#231;ais du Nord, qui, dans le domaine de la culture, &#233;taient aussi en retard sur leurs voisins du Sud que les Russes sur les Polonais, men&#232;rent des guerres d'asservissement ininterrompues contre les Fran&#231;ais du Sud, et finirent par soumettre tout le pays. La &#171; r&#233;publique des nobles du Midi de la France &#187; (cette d&#233;nomination est tout &#224; fait juste pour l'apog&#233;e) &#171; a &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e par le despotisme de Louis XI d'accomplir sa propre suppression int&#233;rieure &#187;, qui, gr&#226;ce au d&#233;veloppement de la bourgeoisie des villes, aurait &#233;t&#233; au moins aussi possible que l'abolition de la r&#233;publique polonaise des nobles, gr&#226;ce &#224; la constitution de 1791.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des si&#232;cles durant, les Fran&#231;ais du Sud lutt&#232;rent contre leurs oppresseurs. Mais le d&#233;veloppement historique &#233;tait inexorable. Apr&#232;s une lutte de trois cents ans, leur belle langue &#233;tait ramen&#233;e au rang de patois, et ils &#233;taient eux-m&#234;mes devenus Fran&#231;ais. Le despotisme de la France du Nord sur la France du Sud dura trois cents ans et c'est alors seulement que les Fran&#231;ais du Nord r&#233;par&#232;rent les torts caus&#233;s par l'oppression en an&#233;antissant les derniers restes de son autonomie. La Constituante mit en pi&#232;ces les provinces ind&#233;pendantes ; le poing de fer de la Convention fit pour la premi&#232;re fois des habitants de la France du Sud des Fran&#231;ais, et pour les d&#233;dommager de la perte de leur nationalit&#233;, elle leur donna la d&#233;mocratie. Mais ce que le citoyen Ruge dit de la Pologne s'applique mot pour mot &#224; la France du Sud pendant les trois cents ans d'oppression : &#171; Le despotisme de la Russie n'a pas lib&#233;r&#233; les Polonais ; la destruction de la noblesse polonaise et le bannissement de tant de familles nobles de Pologne, tout cela n'a fond&#233; en Russie aucune d&#233;mocratie, aucun humanisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, on n'a jamais trait&#233; l'oppression de la France du Sud par les Fran&#231;ais du Nord &#171; d'ignominieuse injustice &#187;. Comment cela se fait-il, citoyen Ruge ? Ou bien l'oppression de la France du Sud est une ignominieuse injustice ou bien l'oppression de la Pologne n'est pas une ignominieuse injustice. Que le citoyen Ruge choisisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; r&#233;side la diff&#233;rence entre les Polonais et les Fran&#231;ais du Sud ? Pourquoi la France du Sud fut-elle prise en remorque par les Fran&#231;ais du Nord, comme un poids mort jusqu'&#224; son total an&#233;antissement, tandis que la Pologne a toute perspective de se trouver tr&#232;s bient&#244;t &#224; la t&#234;te de tous les peuples slaves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France du Sud constituait, par suite de rapports sociaux que nous ne pouvons expliquer plus amplement ici, la partie r&#233;actionnaire de la France. Son opposition contre la France du Nord se transforma bient&#244;t en opposition contre les classes progressives de toute la France. Elle fut le soutien principal du f&#233;odalisme et elle est rest&#233;e jusqu'&#224; maintenant la force de la contre-r&#233;volution en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Pologne en revanche fut, en raison de rapports sociaux que nous avons expliqu&#233;s ci-dessus (n&#176; 81), la partie r&#233;volutionnaire de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse. Son opposition &#224; ses oppresseurs &#233;tait en m&#234;me temps &#224; l'int&#233;rieur une opposition &#224; la haute aristocratie polonaise. M&#234;me la noblesse qui se trouvait encore en partie sur un terrain f&#233;odal, se rallia avec un d&#233;vouement sans exemple &#224; la r&#233;volution d&#233;mocratique agraire. La Pologne &#233;tait d&#233;j&#224; devenue le foyer de la d&#233;mocratie de l'Europe orientale alors que l'Allemagne t&#226;tonnait encore dans l'id&#233;ologie constitutionnelle la plus banale, et l'id&#233;ologie philosophique la plus d&#233;lirante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, et non dans le d&#233;veloppement &#233;clatant de la chevalerie, enterr&#233;e depuis longtemps, que r&#233;side la garantie, le caract&#232;re in&#233;luctable de la restauration de la Pologne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais M. Ruge a encore un deuxi&#232;me argument en faveur de la n&#233;cessit&#233; d'une Pologne ind&#233;pendante dans la &#171; famille des peuples europ&#233;ens &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La violence exerc&#233;e contre la Pologne a diss&#233;min&#233; les Polonais dans toute l'Europe ; ils ont &#233;t&#233; dispers&#233;s partout, en proie &#224; la col&#232;re provoqu&#233;e par l'injustice subie.... l'esprit polonais s'est humanis&#233; et purifi&#233; en France, en Allemagne (! ?) : l'&#233;migration polonaise s'est faite la propagandiste de la libert&#233; (n&#176; 1) ... Les Slaves sont devenus capables d'entrer dans la grande famille europ&#233;enne des peuples (cette &#171; famille &#187; revient in&#233;vitablement !) parce que... leur &#233;migration exerce un v&#233;ritable apostolat de la libert&#233; (n&#176; 2) ... Toute l'arm&#233;e russe (!!) a &#233;t&#233; contamin&#233;e par les id&#233;es modernes gr&#226;ce &#224; ces ap&#244;tres de la libert&#233;, les Polonais (n&#176; 3) ... je respecte les honorables convictions des Polonais ; ils les ont manifest&#233;es partout en Europe pour faire &#224; toute force de la propagande pour la libert&#233; (n&#176; 4) ... Tant que retentira la voix de l'histoire, ils seront honor&#233;s pour avoir &#233;t&#233; des pionniers (n&#176; 5), l&#224; o&#249; ils l'ont &#233;t&#233; (!!!) ... Les Polonais sont l'&#233;l&#233;ment de libert&#233; (n&#176; 6) qui a &#233;t&#233; projet&#233; dans la civilisation slave, ils ont conduit vers la libert&#233; (n&#176; 7) le congr&#232;s slave de Prague, ils ont agi en France, en Russie et en Allemagne. Les Polonais sont donc un &#233;l&#233;ment actif m&#234;me dans l'&#233;tat actuel de la culture ; leur action est positive et parce qu'elle est positive parce qu'ils sont n&#233;cessaires, ils ne sont nullement morts. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen Ruge doit d&#233;montrer que les Polonais 1&#176; sont n&#233;cessaires, 2&#176; qu'ils ne sont pas morts. Il le fait en disant : &#171; Parce qu'ils sont n&#233;cessaires, ils ne sont nullement morts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extrayons du long passage ci-dessus qui dit sept fois la m&#234;me chose, les quelques mots : Pologne - &#233;l&#233;ment - libert&#233; - propagande - culture - apostolat, et voyons ce qu'il reste de tout ce pathos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen Ruge doit d&#233;montrer que la restauration de la Pologne est n&#233;cessaire. Il le fait de la fa&#231;on suivante : Les Polonais ne sont pas morts, ils sont au contraire tr&#232;s vivants, ils agissent efficacement, ils sont les ap&#244;tres de la libert&#233; dans toute l'Europe. Comment en sont-ils venus l&#224; ? La violence, l'ignominieuse injustice dont ils furent victimes les a dispers&#233;s dans toute l'Europe, avec leur col&#232;re provoqu&#233;e par l'injustice subie, leur juste col&#232;re r&#233;volutionnaire. Cette col&#232;re, ils l'ont &#171; purifi&#233;e &#187; en exil, et cette col&#232;re purifi&#233;e les a rendus aptes &#224; l'apostolat de la libert&#233; et les a mis &#171; au premier rang sur les barricades &#187;. Que s'ensuit-il ? Enlevez l'ignominieuse injustice, la violence exerc&#233;e, restaurez la Pologne, la &#171; col&#232;re &#187; tombera, elle ne pourra plus &#234;tre purifi&#233;e, les Polonais rentreront chez eux et cesseront d'&#234;tre les &#171; ap&#244;tres de la libert&#233; &#187;. Si c'est seulement la &#171; col&#232;re provoqu&#233;e par l'injustice subie &#187;, qui en fait des r&#233;volutionnaires, la r&#233;paration de l'injustice en fera des r&#233;actionnaires. Si c'est uniquement la r&#233;sistance &#224; l'oppression qui maintient les Polonais en vie, supprimez l'oppression, et ils sont morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen Ruge d&#233;montre donc exactement le contraire de ce qu'il veut d&#233;montrer ; ses raisons aboutissent &#224; la conclusion que la Pologne, dans l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; et de la famille des peuples europ&#233;ens, ne doit pas &#234;tre restaur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlant des Polonais, le citoyen Ruge ne mentionne que l'&#233;migration, ne voit que l'&#233;migration sur les barricades : ce qui jette par ailleurs une &#233;trange lumi&#232;re sur ses &#171; connaissances &#187;. Nous sommes bien loin de vouloir nous en prendre &#224; l'&#233;migration polonaise qui a prouv&#233; son &#233;nergie et son courage sur le champ de bataille et au cours de dix-huit ann&#233;es de conspiration pour la Pologne. Mais nous ne pouvons le nier : quiconque conna&#238;t l'&#233;migration polonaise sait qu'elle est bien moins un ap&#244;tre de la libert&#233; et bien moins atteinte du mal des barricades que le citoyen Ruge ne le r&#233;p&#232;te de bonne foi apr&#232;s l'ex-prince Lichnowski. L'&#233;migration polonaise a tenu sto&#239;quement, elle a beaucoup souffert et beaucoup travaill&#233; pour la restauration de la Pologne. Mais les Polonais en Pologne m&#234;me, en ont-ils fait moins par hasard, n'ont-ils pas brav&#233; des dangers plus grands, n'ont-ils pas risqu&#233; les cachots de Moabit et de Spielberg, le knout et les mines de Sib&#233;rie, les massacres de Galicie et les shrapnells prussiens ? Mais tout cela n'existe pas pour M. Ruge. Il n'a pas remarqu&#233; non plus que les Polonais non-&#233;migr&#233;s ont beaucoup mieux assimil&#233; la culture g&#233;n&#233;rale europ&#233;enne, qu'ils ont beaucoup mieux reconnu les besoins de la Pologne o&#249; ils vivaient continuellement, que l'&#233;migration presque tout enti&#232;re, &#224; l'exception de Lelewell et Mieroslawski. Le citoyen Ruge attribue &#224; leur s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger toute l'intelligence qui existe chez les Polonais ou, pour parler comme lui, &#171; qui s'est r&#233;pandue parmi les Polonais et qui est descendue sur eux &#187;. Nous l'avons d&#233;montr&#233; dans le n&#176; 81 : il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire pour les Polonais de se documenter sur les besoins de leur pays aupr&#232;s des visionnaires politiques fran&#231;ais qui depuis f&#233;vrier ont &#233;chou&#233; sur les &#233;cueils de leurs propres discours, ni aupr&#232;s des profonds id&#233;ologues allemands qui n'ont pas encore trouv&#233; l'occasion d'un &#233;chec ; la Pologne elle-m&#234;me &#233;tait l'&#233;cole la meilleure pour apprendre ce dont la Pologne a besoin. Le m&#233;rite des Polonais consiste &#224; avoir reconnu les premiers, et &#224; avoir r&#233;pandu dans le monde l'id&#233;e que la d&#233;mocratie agraire est la seule forme possible de lib&#233;ration pour toutes les nations slaves, et non comme se l'imagine le citoyen Ruge, d'avoir import&#233; en Pologne et en Russie des g&#233;n&#233;ralit&#233;s telles que &#171; la grande id&#233;e de la libert&#233; politique, m&#251;rie en France, et m&#234;me (!) la philosophie, apparue en Allemagne (et dans laquelle M. Ruge a disparu) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu nous garde de nos amis, nous nous garderons nous-m&#234;mes de nos ennemis, voil&#224; ce que les Polonais peuvent s'&#233;crier apr&#232;s ce discours du citoyen Ruge. Mais ce fut de tout temps le plus grand malheur des Polonais d'&#234;tre d&#233;fendus par leurs amis non Polonais avec les plus mauvaises raisons du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait caract&#233;ristique de la gauche de Francfort, qu'elle ait &#233;t&#233;, &#224; peu d'exceptions pr&#232;s, tout &#224; fait ravie du discours du citoyen Ruge sur la Pologne, discours o&#249; il est dit : &#171; Nous ne voulons pas, Messieurs, nous chicaner sur le point de savoir si nous avons en vue une monarchie d&#233;mocratique, une monarchie d&#233;mocratis&#233;e (!) ou la d&#233;mocratie pure ; dans l'ensemble nous voulons la m&#234;me chose, la libert&#233;, la libert&#233; du peuple, la souverainet&#233; du peuple ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on veut que nous nous enthousiasmions pour une gauche qui est transport&#233;e de joie quand on dit qu'elle veut &#171; dans l'ensemble la m&#234;me chose &#187; que la droite, que M. Radowitz, M. Lichnowski, M. Vincke ; une gauche qui, de ravissement, ne se conna&#238;t plus elle-m&#234;me, qui oublie tout d&#232;s qu'elle entend des formules creuses telles que &#171; libert&#233; du peuple &#187; et &#171; souverainet&#233; du peuple &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons la gauche et revenons au citoyen Ruge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne s'est pas encore produit sur le globe de plus grande r&#233;volution que la r&#233;volution de 1848. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle est la plus humaine dans ses principes &#187; - parce que ces principes sont n&#233;s de la mise en sourdine des int&#233;r&#234;ts oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plus humaine dans ses d&#233;crets et ses proclamations &#187; - parce que celles-ci sont un condens&#233; des visions philanthropiques et des phrases sentimentales sur la fraternit&#233;, sorties de toutes les t&#234;tes sans cervelle de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plus humaine dans son existence &#187;, &#224; savoir dans les massacres et les actes de barbarie en Posnanie, dans les incendies criminels de Radetzsky et le cannibalisme des cruels vainqueurs de juin &#224; Paris, dans les carnages de Cracovie et de Prague, dans le r&#232;gne g&#233;n&#233;ralis&#233; de la soldatesque, bref, dans toutes les infamies qui aujourd'hui, le 1er septembre 1848, constituent l'&#171; existence &#187; de cette r&#233;volution, et ont co&#251;t&#233; en quatre mois plus de sang que 1793 et 1794 ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; humain &#187; citoyen Ruge ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/08/fe18480809.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1848/08/fe18480809.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'opposition r&#233;volutionnaire contre la f&#233;odalit&#233; se poursuit pendant tout le moyen &#226;ge. Elle appara&#238;t, selon les circonstances, tant&#244;t sous forme de mystique, tant&#244;t sous forme d'h&#233;r&#233;sie ouverte, tant&#244;t sous forme d'insurrection arm&#233;e. En ce qui concerne la mystique, on sait &#224; quel point en d&#233;pendaient les r&#233;formateurs du XVIe si&#232;cle. M&#252;nzer lui-m&#234;me lui doit beaucoup. Les h&#233;r&#233;sies &#233;taient soit l'expression de la r&#233;action des bergers des Alpes, aux habitudes de vie patriarcales, contre la f&#233;odalit&#233; p&#233;n&#233;trant jusqu'&#224; eux (les Vaudois), soit l'expression de l'opposition au f&#233;odalisme des villes qui lui avaient &#233;chapp&#233; (Albigeois, Arnaud de Brescia, etc.), soit directement des insurrections paysannes (John Ball, le ma&#238;tre de Hongrie en Picardie, etc.). Nous pouvons laisser ici de c&#244;t&#233; les h&#233;r&#233;sies patriarcales des Vaudois ainsi que l'insurrection des Suisses, comme &#233;tant, d'apr&#232;s leur forme et leur contenu, des tentatives r&#233;actionnaires de s'opposer au mouvement de l'histoire et comme n'ayant qu'une importance locale. Dans les deux autres formes d'h&#233;r&#233;sie moyen&#226;geuse, nous trouvons au XIIe si&#232;cle les pr&#233;curseurs du grand antagonisme entre l'opposition bourgeoise et l'opposition paysanne-pl&#233;b&#233;ienne, qui fut la principale cause de l'&#233;chec de la Guerre des paysans. Cet antagonisme se poursuit &#224; travers toute la fin du moyen &#226;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#233;r&#233;sie des villes &#8211; et c'est l'h&#233;r&#233;sie &#224; proprement parler officielle du moyen &#226;ge &#8211; se tournait principalement contre les pr&#234;tres, dont elle attaquait les richesses et la position politique. De m&#234;me que la bourgeoisie r&#233;clame maintenant un gouvernement &#224; bon march&#233;, de m&#234;me les bourgeois du moyen &#226;ge r&#233;clamaient une &#201;glise &#224; bon march&#233;. R&#233;actionnaire dans sa forme, comme toute h&#233;r&#233;sie qui ne voit dans le d&#233;veloppement de l'&#201;glise et des dogmes qu'une d&#233;g&#233;n&#233;rescence, l'h&#233;r&#233;sie bourgeoise r&#233;clamait le r&#233;tablissement de la constitution simple de l'&#201;glise primitive et la suppression de l'ordre exclusif du clerg&#233;. Cette institution &#224; bon march&#233; aurait eu pour r&#233;sultat de supprimer les moines, les pr&#233;lats, la cour romaine, bref, tout ce qui co&#251;tait cher dans l'&#201;glise. Etant elles-m&#234;mes des r&#233;publiques, bien qu'elles &#233;taient plac&#233;es sous la protection de monarques, les villes par leurs attaques contre la papaut&#233; exprimaient pour la premi&#232;re fois sous une forme g&#233;n&#233;rale cette v&#233;rit&#233; que la forme normale de la domination de la bourgeoisie, c'est la r&#233;publique. Leur opposition &#224; toute une s&#233;rie de dogmes et de lois de l'&#201;glise s'explique en partie par ce qui pr&#233;c&#232;de, en partie par leurs autres conditions d'existence. Pourquoi, par exemple, elles s'&#233;levaient si violemment contre le c&#233;libat des pr&#234;tres, nul ne l'explique mieux que Boccace. Arnaud de Brescia en Italie et en Allemagne, les Albigeois dans le Midi de la France, John Wyclif en Angleterre, Hus et les calixtins en Boh&#232;me, furent les principaux repr&#233;sentants de cette tendance. Si l'opposition au f&#233;odalisme ne se manifeste ici que comme opposition &#224; la f&#233;odalit&#233; eccl&#233;siastique, la raison en est tout simplement que partout les villes constituaient d&#233;j&#224; un ordre reconnu, et qu'elles avaient avec leurs privil&#232;ges, leurs armes ou dans les assembl&#233;es des &#233;tats, des moyens suffisants pour lutter contre la f&#233;odalit&#233; la&#239;que.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici aussi, nous voyons d&#233;j&#224;, tant dans le Midi de la France qu'en Angleterre et en Boh&#232;me, la plus grande partie de la petite noblesse s'allier aux villes dans la lutte contre les pr&#234;tres et dans l'h&#233;r&#233;sie &#8211; ph&#233;nom&#232;ne qui s'explique par la d&#233;pendance de la petite noblesse &#224; l'&#233;gard des villes et par sa solidarit&#233; d'int&#233;r&#234;ts avec ces derni&#232;res contre les princes et les pr&#233;lats nous le retrouverons dans la Guerre des paysans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout autre &#233;tait le caract&#232;re de l'h&#233;r&#233;sie qui &#233;tait l'expression directe des besoins des paysans et pl&#233;b&#233;iens, et qui &#233;tait presque toujours li&#233;e &#224; une insurrection. Elle comportait, certes, toutes les revendications de l'h&#233;r&#233;sie bourgeoise concernant les pr&#234;tres, la papaut&#233; et le r&#233;tablissement de la constitution de l &#201;glise primitive, mais elle allait aussi infiniment plus loin. Elle voulait que les conditions d'&#233;galit&#233; du christianisme primitif soient r&#233;tablies entre les membres de la communaut&#233; et reconnues &#233;galement comme norme pour la soci&#233;t&#233; civile. De &#171; l'&#233;galit&#233; des enfants de Dieu &#187;, elle faisait d&#233;couler l'&#233;galit&#233; civile, et m&#234;me en partie d&#233;j&#224; l'&#233;galit&#233; des fortunes. Mise sur pied d'&#233;galit&#233; de la noblesse et des paysans, des patriciens, des bourgeois privil&#233;gi&#233;s et des pl&#233;b&#233;iens, suppression des corv&#233;es f&#233;odales, du cens, des imp&#244;ts, des privil&#232;ges et en tout cas des diff&#233;rences de richesse les plus criantes, telles &#233;taient les revendications pos&#233;es avec plus ou moins de nettet&#233; et soutenues comme d&#233;coulant n&#233;cessairement de la doctrine chr&#233;tienne primitive. Cette h&#233;r&#233;sie paysanne-pl&#233;b&#233;ienne, qu'il &#233;tait encore difficile, &#224; l'&#233;poque de l'apog&#233;e du f&#233;odalisme, par exemple chez les Albigeois, de s&#233;parer de l'h&#233;r&#233;sie bourgeoise, se transforme, au XIVe et au XVe si&#232;cle en un point de vue de parti nettement distinct, et appara&#238;t habituellement de fa&#231;on tout &#224; fait ind&#233;pendante &#224; c&#244;t&#233; de l'h&#233;r&#233;sie bourgeoise. Tel fut John Ball, le pr&#233;dicateur de l'insurrection de Wat Tyler en Angleterre, &#224; c&#244;t&#233; du mouvement de Wyclif tels les Taborites, &#224; c&#244;t&#233; des calixtins en Boh&#232;me. Chez les Taborites, la tendance r&#233;publicaine apparaissait d&#233;j&#224; sous les enjolivures th&#233;ocratiques, tendance qui fut d&#233;velopp&#233;e &#224; la fin du XVe et au d&#233;but du XVIe si&#232;cle par les repr&#233;sentants des pl&#233;b&#233;iens en Allemagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
A cette forme d'h&#233;r&#233;sie se rattache l'exaltation des sectes mystiques, flagellants, lollards, etc. qui, pendant les p&#233;riodes de r&#233;action, perp&#233;tuent la tradition r&#233;volutionnaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850c.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalisme_occitan&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nationalisme_occitan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=nIdYDwAAQBAJ&amp;pg=PT215&amp;lpg=PT215&amp;dq=engels+%C2%AB+La+nation+proven%C3%A7ale,+avait+au+Moyen-%C3%82ge+non+seulement+un+%C2%AB+pr%C3%A9cieux+d%C3%A9veloppement+%C2%BB,+mais+elle+%C3%A9tait+m%C3%AAme+%C3%A0+la+t%C3%AAte+du+d%C3%A9veloppement+europ%C3%A9en...+Ce+n%E2%80%99est+pas+seulement+%C2%AB+une+phase+de+la+vie+du+Moyen-%C3%82ge...+qui+avait+connu+gr%C3%A2ce+%C3%A0+elle+%C2%BB+un+grand+%C3%A9clat+:+elle+offrait+m%C3%AAme,+au+c%C5%93ur+du+Moyen-%C3%82ge,+un+reflet+de+l%E2%80%99ancienne+civilisation+hell%C3%A8ne.+%C2%BB&amp;source=bl&amp;ots=2qyz9Ph38x&amp;sig=ACfU3U0qhpbokPcDTK57Yvq7cJz6U4vqRg&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiNupeyla7zAhWl4OAKHVcoAsQQ6AF6BAgCEAM#v=onepage&amp;q=engels%20%C2%AB%20La%20nation%20proven%C3%A7ale%2C%20avait%20au%20Moyen-%C3%82ge%20non%20seulement%20un%20%C2%AB%20pr%C3%A9cieux%20d%C3%A9veloppement%20%C2%BB%2C%20mais%20elle%20%C3%A9tait%20m%C3%AAme%20%C3%A0%20la%20t%C3%AAte%20du%20d%C3%A9veloppement%20europ%C3%A9en...%20Ce%20n%E2%80%99est%20pas%20seulement%20%C2%AB%20une%20phase%20de%20la%20vie%20du%20Moyen-%C3%82ge...%20qui%20avait%20connu%20gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20elle%20%C2%BB%20un%20grand%20%C3%A9clat%20%3A%20elle%20offrait%20m%C3%AAme%2C%20au%20c%C5%93ur%20du%20Moyen-%C3%82ge%2C%20un%20reflet%20de%20l%E2%80%99ancienne%20civilisation%20hell%C3%A8ne.%20%C2%BB&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.google.fr/books?id=nIdYDwAAQBAJ&amp;pg=PT215&amp;lpg=PT215&amp;dq=engels+%C2%AB+La+nation+proven%C3%A7ale,+avait+au+Moyen-%C3%82ge+non+seulement+un+%C2%AB+pr%C3%A9cieux+d%C3%A9veloppement+%C2%BB,+mais+elle+%C3%A9tait+m%C3%AAme+%C3%A0+la+t%C3%AAte+du+d%C3%A9veloppement+europ%C3%A9en...+Ce+n%E2%80%99est+pas+seulement+%C2%AB+une+phase+de+la+vie+du+Moyen-%C3%82ge...+qui+avait+connu+gr%C3%A2ce+%C3%A0+elle+%C2%BB+un+grand+%C3%A9clat+:+elle+offrait+m%C3%AAme,+au+c%C5%93ur+du+Moyen-%C3%82ge,+un+reflet+de+l%E2%80%99ancienne+civilisation+hell%C3%A8ne.+%C2%BB&amp;source=bl&amp;ots=2qyz9Ph38x&amp;sig=ACfU3U0qhpbokPcDTK57Yvq7cJz6U4vqRg&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiNupeyla7zAhWl4OAKHVcoAsQQ6AF6BAgCEAM#v=onepage&amp;q=engels%20%C2%AB%20La%20nation%20proven%C3%A7ale%2C%20avait%20au%20Moyen-%C3%82ge%20non%20seulement%20un%20%C2%AB%20pr%C3%A9cieux%20d%C3%A9veloppement%20%C2%BB%2C%20mais%20elle%20%C3%A9tait%20m%C3%AAme%20%C3%A0%20la%20t%C3%AAte%20du%20d%C3%A9veloppement%20europ%C3%A9en...%20Ce%20n%E2%80%99est%20pas%20seulement%20%C2%AB%20une%20phase%20de%20la%20vie%20du%20Moyen-%C3%82ge...%20qui%20avait%20connu%20gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20elle%20%C2%BB%20un%20grand%20%C3%A9clat%20%3A%20elle%20offrait%20m%C3%AAme%2C%20au%20c%C5%93ur%20du%20Moyen-%C3%82ge%2C%20un%20reflet%20de%20l%E2%80%99ancienne%20civilisation%20hell%C3%A8ne.%20%C2%BB&amp;f=false&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gauchemip.org/spip.php?article5409&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gauchemip.org/spip.php?article5409&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://materialisme-dialectique.com/friedrich-engels-sur-lechec-national-de-la-france-du-sud/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://materialisme-dialectique.com/friedrich-engels-sur-lechec-national-de-la-france-du-sud/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://renemerle.com/spip.php?article698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://renemerle.com/spip.php?article698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte des mis&#233;rables de Fra Dolcino contre les riches, les puissants et l'Eglise f&#233;odale </title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article6669</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article6669</guid>
		<dc:date>2020-02-20T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution bourgeoise</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

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&lt;p&gt;La r&#233;volte des mis&#233;rables de Fra Dolcino contre les riches, les puissants et l'Eglise f&#233;odale &lt;br class='autobr' /&gt;
Umberto Eco, dans &#171; Le nom de la rose &#187;, sur l'insurrection de Fra Dolcino &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'histoire d&#233;bute avant fra Dolcino, dit Ubertin, il y a plus de soixante ans, et moi j'&#233;tais un enfant. Ce fut &#224; Parme. L&#224; commen&#231;a &#224; pr&#234;cher un certain G&#233;rard Segalelli, qui invitait tout le monde &#224; la vie de p&#233;nitence, et parcourait les routes en criant : &#171; P&#233;nitenziagit&#233; ! &#187;, qui &#233;tait sa fa&#231;on d'homme inculte pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_14443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/1-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH300/1-6-a6314.jpg?1776674161' width='500' height='300' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte des mis&#233;rables de Fra Dolcino contre les riches, les puissants et l'Eglise f&#233;odale &lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Umberto Eco, dans &#171; Le nom de la rose &#187;, sur l'insurrection de Fra Dolcino&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'histoire d&#233;bute avant fra Dolcino, dit Ubertin, il y a plus de soixante ans, et moi j'&#233;tais un enfant. Ce fut &#224; Parme. L&#224; commen&#231;a &#224; pr&#234;cher un certain G&#233;rard Segalelli, qui invitait tout le monde &#224; la vie de p&#233;nitence, et parcourait les routes en criant : &#171; P&#233;nitenziagit&#233; ! &#187;, qui &#233;tait sa fa&#231;on d'homme inculte pour dire &#171; Penitentiam agite, appropinquabit enim regnum coelorum. &#187; Il invitait ses disciples &#224; se faire pareils aux ap&#244;tres, il voulut que sa secte pr&#238;t le nom des ap&#244;tres, et que les siens parcourussent le monde comme de pauvres mendiants ne vivant que d'aum&#244;nes&#8230; Lui et les siens furent accus&#233;s de ne plus reconna&#238;tre l'autorit&#233; des pr&#234;tres, la c&#233;l&#233;bration de la messe, la confession, et de vagabonder dans l'oisivet&#233;&#8230; V&#234;tu d'un manteau blanc pass&#233; sur une tunique blanche et avec ses longs cheveux, il acquit chez les simples une r&#233;putation de saintet&#233;. Il vendit une de ses maisons et quand il en obtint le paiement, il se pla&#231;a sur une pierre&#8230; tenant dans sa main une bourse remplie&#8230; et leur jeta en disant : &#171; En prenne qui voudra &#187;&#8230; Fran&#231;ois aussi se d&#233;pouilla de tout&#8230; mais G&#233;rard fit un faux pas ; Fran&#231;ois ne se heurta jamais &#224; la sainte Eglise&#8230; G&#233;rard allait regroupant les simples et disait : &#171; Venez avec moi dans la vigne &#187; et ceux qui ne le connaissaient pas entraient avec lui dans la vigne d'autrui, croyant qu'elle lui appartenait, et ils mangeaient le raisin d'autrui&#8230; G&#233;rard continuait &#224; crier : &#171; P&#233;nitenziagit&#233; &#187; mais un de ses disciples, un certain Guy Putagio, tenta de prendre la direction du groupe, et il allait en grande pompe avec de nombreuses montures et faisait des grandes d&#233;penses et des banquets comme les cardinaux de l'Eglise de Rome. Et puis ce furent des rixes entre eux, pour le commandement de la secte, et il se passa des choses d'une grande ignominie&#8230; L'&#233;v&#234;que Obizzo de Parme d&#233;cida finalement de mettre G&#233;rard aux fers. C'est alors qu'arriva une chose &#233;trange, qui te dit comme la nature humaine est faible, et insidieuse la plante de l'h&#233;r&#233;sie. Car, pour finir, l'&#233;v&#234;que lib&#233;ra G&#233;rard et l'accueillit chez lui, &#224; sa table, et il riait de ses lazzi, et le gardait comme bouffon&#8230; Mais, finalement le pape intervint, l'&#233;v&#234;que revint &#224; sa juste s&#233;v&#233;rit&#233;, et G&#233;rard finit sur le b&#251;cher comme h&#233;r&#233;tique imp&#233;nitent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'h&#233;r&#233;sie surv&#233;cut &#224; la destruction m&#234;me des h&#233;r&#233;tiques. Dolcino &#233;tait un b&#226;tard d'un pr&#234;tre, qui vivait dans le dioc&#232;se de Novare, dans cette partie-ci de l'Italie, un peu plus au septentrion. Quelqu'un soutint qu'il naquit ailleurs, dans la vall&#233;e de l'ossola, ou &#224; Ramagnano. Mais peu importe. C'&#233;tait un jeune homme d'une intelligence aig&#252;e et son &#233;ducation en fit un lettr&#233;, mais il vola le pr&#234;tre qui s'occupait de lui et s'enfuit vers l'orient, dans la ville de Trente. Et l&#224;, il reprit la pr&#233;dication de G&#233;rard, de fa&#231;on encore plus h&#233;r&#233;tique, soutenant qu'il &#233;tait l'unique vrai ap&#244;tre de Dieu et tout devait &#234;tre en commun dans l'amour, et qu'il &#233;tait licite d'aller indiff&#233;remment avec toutes les femmes, raison pour laquelle personne ne pouvait se voir accuser de concubinat, m&#234;me s'il allait avec l'&#233;pouse et avec la fille&#8230; Dolcino commen&#231;a sa pr&#233;dication &#224; Trente. L&#224; il s&#233;duisit une tr&#232;s belle jeune fille et de famille noble, Marguerite, &#224; moins que ne soit elle qui le s&#233;duisit&#8230; A ce point-l&#224;, l'&#233;v&#234;que de Trente le chassa de son dioc&#232;se, mais d&#233;sormais Dolcino avait rassembl&#233; plus de mille partisans, et il entreprit une longue marche qui le ramena dans les contr&#233;es o&#249; il &#233;tait n&#233;. Et tout au long du chemin se joignaient &#224; lui d'autres ing&#233;nus, captiv&#233;s par ses paroles, et peut-&#234;tre beaucoup d'h&#233;r&#233;tiques vaudois qui habitaient les montagnes par o&#249; il passait se r&#233;unirent-ils aussi &#224; lui, ou bien c'est lui qui voulait s'allier aux vaudois de ces terres du septentrion. Arriv&#233; dans la r&#233;gion de Novare, Dolcino trouva une atmosph&#232;re favorable &#224; sa r&#233;volte, car les vassaux qui gouvernaient le pays de Gattinara au nom de l'&#233;v&#234;que de Verceil avaient &#233;t&#233; chass&#233;s par la population qui accueillit donc les bannis de Dolcino comme de bons alli&#233;s&#8230; Comme tu vois, l'h&#233;r&#233;sie s'est mari&#233;e &#224; la r&#233;volte contre les seigneurs&#8230; Dolcino s'&#233;tablit avec les siens, qui &#233;taient maintenant trois mille, sur un mont pr&#232;s de Novare, dit de la Paroi Chauve, o&#249; ils b&#226;tirent ch&#226;telets et masures ; Dolcinon r&#233;gnait sur toute cette foule d'hommes et de femmes qui vivaient dans la promiscuit&#233; la plus honteuse. De l&#224;-haut, il envoyait des missives &#224; ses fid&#232;les, o&#249; il exposait sa doctrine h&#233;r&#233;tique. Il disait et &#233;crivait que leur id&#233;al &#233;tait la pauvret&#233; et qu'ils n'&#233;taient li&#233;s par aucun lien d'ob&#233;dience ext&#233;rieur, et que lui, Dolcino, avait &#233;t&#233; mandat&#233; par Dieu pour desceller les proph&#233;ties et comprendre les &#233;critures de l'Ancien et du Nouveau Testament. Et il appelait &#171; ministres du diable &#187; les clercs s&#233;culiers, pr&#233;dicateurs et mineurs, et il d&#233;liait tout un chacun du devoir de leur ob&#233;ir. Il distinguait quatra &#226;ges dans la vie du peuple de Dieu : le premier celui de l'Ancien Testament, des patriarches et des proph&#232;tes, avant la venue du Christ, o&#249; le mariage &#233;tait bon car les gens devaient se multiplier ; le deuxi&#232;me &#226;ge, celui de Christ et des ap&#244;tres, et ce fut l'&#233;poque de la saintet&#233; et de la chastet&#233;. Puis vint le troisi&#232;me, o&#249; les souverains pontifes durent d'abord accepter les richesses terrestres pour pouvoir gouverner le peuple, mais quand les hommes commenc&#232;rent &#224; s'&#233;loigner de l'amour de Dieu, vint Beno&#238;t qui parla contre toute possession temporelle. Lorsque, ensuite, m&#234;me les moines de Beno&#238;t se remirent &#224; accumuler des richesses, vinrent les fr&#232;res de saint Fran&#231;ois et de saint Dominique, encore plus s&#233;v&#232;res que Beno&#238;t dans leurs pr&#233;dications contre la domination et la richesse terrestres. Enfin, maintenant que la vie de tant de pr&#233;lats contredisait &#224; nouveau tous ces bons pr&#233;ceptes, on &#233;tait arriv&#233; au terme du troisi&#232;me &#226;ge et il fallait se convertir aux enseignements des ap&#244;tres&#8230; Il disait que pour mettre fin &#224; ce troisi&#232;me &#226;ge de la corruption, il fallait que tous les clercs, les moines et les fr&#232;res mourussent de mort tr&#232;s cruelle, il disait que tous les pr&#233;lats de l'Eglise, les clercs, les nonnes clo&#238;tr&#233;es, les religieux et les religieuses et tous ceux qui font partie des ordres des pr&#234;cheurs et des minorites, des ermites, et le pape Boniface en personne auraient d&#251; &#234;tre extermin&#233;s par l'empereur &#233;lu par lui, Dolcino, &#224; savoir Fr&#233;d&#233;ric de Sicile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa seconde lettre, Dolcino, en l'an 1303, se nommait chef supr&#234;me de la congr&#233;gation apostolique, et il nommait comme ses lieutenants la perfide Marguerite et Longin de Pegame, Fr&#233;d&#233;ric de Novare, Albert Carentino et Valderic de Brescia. Puis il commen&#231;ait &#224; divaguer sur une suite de papes futurs, deux bons, le premier et le dernier, deux mauvais, le second et le troisi&#232;me&#8230; C'est le pape Cl&#233;ment V qui pr&#234;cha la croisade contre Dolcino&#8230; Dans ces lettres, Dolcino soutenait d&#233;sormais des th&#233;ories inconciliables avec l'orthodoxie. Il affirma que l'Eglise romaine est une catin, qu'on ne doit pas ob&#233;issance aux pr&#234;tres, que d&#233;or&#233;navant tout pouvoir spirituel passait par la secte des ap&#244;tres, que seuls les ap&#244;tres forment la nouvelle Eglise, que les ap&#244;tres peuvent annuler le mariage, que nul ne pourra &#234;tre sauv&#233; s'il ne fait pas partie de la secte, qu'aucun pape ne peut remetre les p&#234;ch&#233;s, qu'on ne doit pas payer les d&#238;mes, que la vie est plus parfaite sans v&#339;ux qu'avec des v&#339;ux, qu'une &#233;glise consacr&#233;e ne vaut rien pour la pri&#232;re, pas davantage qu'une &#233;curie, et qu'on peut adorer Christ dans les bois et dans les &#233;glises indiff&#233;remment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il prit position sur la Paroi Chauve, il commen&#231;a &#224; mettre &#224; sac les villages de la vall&#233;e, &#224; faire des incursions de pillard pour se procurer le ravitaillement, menant en somme une v&#233;ritable guerre contre les bourgs voisins&#8230; Peut-&#234;tre re&#231;ut-il des appuis de certains bourgs, s'insinuant ainsi dans le n&#339;ud inextricable des discordes locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, l'hiver de l'an 1305 &#233;tait venu, l'un des plus rigoureux des derni&#232;res d&#233;cennies, et dans toute la contr&#233;e r&#233;gnait une grande famine. Dolcino envoyait une troisi&#232;me lettre &#224; ses partisans et beaucoup se joignaient encore &#224; lui ; mais l&#224;-haut la vie &#233;tait devenue impossible et ils &#233;taient pris d'une telle faim qu'ils mangeaient la chair des chevaux et d'autres b&#234;tes de somme et du foin cuit. Un grand nombre en mourut&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;v&#234;que de Verceil avait fait appel &#224; Cl&#233;ment V et une croisade avait &#233;t&#233; pr&#234;ch&#233;e contre les h&#233;r&#233;tiques. une indulgence pl&#233;ni&#232;re fut proclam&#233;e pour quiconque y participerait, et l'on sollicita Louis de Savoie, les inquisiteurs de Lombardie, l'archev&#234;que de Milan. Beaucoup prirent la croix pour venir en aide aux Verceillois et aux Novarois, m&#234;me de la Savoie, de la Provence, de la France, et l'&#233;v&#234;que de Verceil eut le commandement supr&#234;me. Ce n'&#233;tait qu'accrochages continuels entre les avant-gardes des deux arm&#233;es, mais les fortifications de Dolcino s'av&#233;raient imprenables, et d'une mani&#232;re ou d'une autre les impies recevaient des secours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de l'an 1305, l'h&#233;r&#233;siarque fut pourtant contraint &#224; abandonner la Paroi Chauve, laissant derri&#232;re lui les bless&#233;s et les malades, et il se transf&#233;ra dans le territoire de Trivero, o&#249; il se retrancha sur un mont, qu'on appelait alors Zubello et qui depuis lors fut dit Rubello ou Rebello, parce qu'il &#233;tait devenu la place forte des rebelles &#224; l'Eglise. En somme, je ne peux pas te raconter tout ce qui advint, et ce furent des massacres terribles. Mais &#224; la fin, les rebelles furent contraints &#224; se rendre, Dolcino et les siens furent captur&#233;s et p&#233;rirent sur le b&#251;cher&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'appris donc comment en mars de l'an 1307, le samedi saint, Dolcino, Marguerite et Longin, enfin pris, furent conduits dans la ville de Biella et remis &#224; l'&#233;v&#234;que, qui attendait la d&#233;cision du pape. Le pape, sit&#244;t qu'il apprit la nouvelle, la transmit au roi de France, Philippe, en &#233;crivant : &#171; Des nouvelles infiniment agr&#233;ables sont parvenues, f&#233;condes en joie et all&#233;gresse, pour ce que le d&#233;mon pestif&#232;re, fils de B&#233;lial et grande horreur h&#233;r&#233;siarque, Dolcino, apr&#232;s de longs dangers, des peines et des massacres incessants, et de fr&#233;quentes incursions, est enfin, avec ses partisans, prisonnier dans nos prisons, gr&#226;ce &#224; notre v&#233;n&#233;rable fr&#232;re Raniero, &#233;v&#234;que de Verceil, captur&#233; en le jour de la Sainte C&#232;ne du Seigneur, et la nombreuse gent qui &#233;tait avec lui, infect&#233;e par la contagion, fut tu&#233;e ce jour m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pape se montra impitoyable en regard des prisonniers et commanda &#224; l'&#233;v&#234;que de les mettre &#224; mort. Alors, en juillet de la m&#234;me ann&#233;e, le premier jour du mois, les h&#233;r&#233;tiques furent remis au bras s&#233;culier. Tandis que les cloches de la ville sonnaient &#224; toute vol&#233;e, on les pla&#231;a sur un chariot, entour&#233;s des bourreaux, suivis de la milice, qui parcourut toute la ville, et &#224; chaque coin de rue, avec des tenailles rougies &#224; blanc, on d&#233;chirait les chairs des coupables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fra Dolcino et les Dolciniens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fra Dolcino fait partie des h&#233;ritiers id&#233;ologiques de Joachim de Flore puis de Gherardo Segarelli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son programme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le refus de la hi&#233;rarchie eccl&#233;siastique et le retour aux id&#233;aux originaux de pauvret&#233; et d'humilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le refus du syst&#232;me f&#233;odal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lib&#233;ration de toute contrainte et de tout assujettissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'organisation d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire d'aide et de respect mutuel, mettant en commun les biens et respectant l'&#233;galit&#233; des sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1300 &#224; 1307, Fra Dolcino dirige un fort mouvement populaire r&#233;uni sur ces bases en Italie du Nord. L'Eglise catholique et les grands f&#233;odaux rassemblent des troupes pour exterminer les dolciniens. Ceux-ci r&#233;agissent par une forme de gu&#233;rilla et par leur regroupement dans des camps fortifi&#233;s (par exemple sur le mont Rubello dans les Alpes pennines, province de Biella).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s leur capture par l'&#201;glise, Fra Dolcino et sa compagne Margherita Boninsegna n'ont pas droit &#224; un proc&#232;s. Ils sont tortur&#233;s, Fra Dolcino subit une castration, puis le couple est d&#233;membr&#233;. Les parties de leurs corps sont ensuite jet&#233;es au b&#251;cher par le bourreau. En 1322, une trentaine de disciples de Dolcino sont encore br&#251;l&#233;s vifs sur la place du march&#233; de Padoue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gauchemip.org/spip.php?article6531&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://rebellyon.info/Premiere-lettre-de-Dolcino-et&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Premi&#232;re lettre de Dolcino et Margherita aux val-susains en lutte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cahiersdumouvementouvrier.org/wp-content/uploads/tous-cmo-pdf/cmo_022.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un r&#233;volutionnaire tortur&#233; et br&#251;l&#233; vif en 1307 par l'Eglise (voir ici page 10 et suivantes)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fra_Dolcino&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Fra Dolcino&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/29837?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le nom de la Rose &#187; de Umberto Eco et l'h&#233;r&#233;sie de Fra Dolcino&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=VUgdXJt1vwwC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=le+nom+de+la+rose&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiHx-X7vc3lAhXPBWMBHSPPC6kQ6AEIKzAA#v=onepage&amp;q=le%20nom%20de%20la%20rose&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le nom de la Rose &#187; (le roman)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=0WONjzT5MDMC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=fra+dolcino&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi90dyWvs3lAhWOnxQKHeNKBCIQ6AEIPTAC#v=onepage&amp;q=fra%20dolcino&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Naissance, vie et mort d'une h&#233;r&#233;sie m&#233;di&#233;vale (en italien)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=ig7JAgAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=fra+dolcino&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwi90dyWvs3lAhWOnxQKHeNKBCIQ6AEITDAE#v=onepage&amp;q=fra%20dolcino&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fra Dolcino, le maudit (en italien)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=C_Y5AAAAcAAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=memoir+of+fra+dolcino&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjqz_vpvs3lAhUMlhQKHaT0B9oQ6AEIOjAB#v=onepage&amp;q=memoir%20of%20fra%20dolcino&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;moire historique de Fra Dolcino et de son &#233;poque (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=A4p8ts-zrUQC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=fra+dolcino&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjQttjZvs3lAhVkAWMBHTEiA684ChDoAQhEMAM#v=onepage&amp;q=fra%20dolcino&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dolcino, le sphynx libertaire (en italien)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Joachim_de_Flore_et_l%27Evangile_%C3%A9ternel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim de Flore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://revueperiode.net/il-faut-a-tout-ce-monde-un-grand-coup-de-fouet-mouvements-sociaux-et-crise-politique-dans-leurope-medievale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mouvements sociaux et crise politique dans l'Europe m&#233;di&#233;vale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/arzan_1243-3616_2004_num_10_1_933&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hagiographie h&#233;r&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00600000/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les h&#233;r&#233;sies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fraticelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les fratricelles&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Le commentaire de Labriola dans &#171; Socialisme et Philosophie &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=mzgXDgAAQBAJ&amp;pg=PT151&amp;lpg=PT151&amp;dq=r%C3%A9volution+sociale+de+fra+dolcino&amp;source=bl&amp;ots=yiDvSXp1O5&amp;sig=ACfU3U0nHiat91gMnqRMgHEg-Y6LbBxETA&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwij3Z2zws3lAhWpx4UKHZRHDcY4ChDoATABegQIBRAB#v=onepage&amp;q=r%C3%A9volution%20sociale%20de%20fra%20dolcino&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.google.fr/books?id=mzgXDgAAQBAJ&amp;pg=PT151&amp;lpg=PT151&amp;dq=r%C3%A9volution+sociale+de+fra+dolcino&amp;source=bl&amp;ots=yiDvSXp1O5&amp;sig=ACfU3U0nHiat91gMnqRMgHEg-Y6LbBxETA&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwij3Z2zws3lAhWpx4UKHZRHDcY4ChDoATABegQIBRAB#v=onepage&amp;q=r%C3%A9volution%20sociale%20de%20fra%20dolcino&amp;f=false&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/search.php?query=Fra%20Dolcino&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=5NZbhRN2y5w&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le film&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand l'extr&#234;me droite petite bourgeoise fasciste et int&#233;griste catholique gouvernait Paris&#8230;</title>
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		<dc:date>2019-06-05T22:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
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&lt;p&gt;La premi&#232;re journ&#233;e insurrectionnelle de Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
Le duc de Guise acclam&#233; dans Paris insurg&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'extr&#234;me droite petite bourgeoise fasciste et int&#233;griste catholique gouvernait Paris&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne parlons pas ici de l'extr&#234;me droite p&#233;tainiste mais de l'extr&#234;me droite guisarde, celle favorable au pouvoir sur la France du duc de Guise et de la petite bourgeoisie parisienne des ann&#233;es 1570, suite &#224; la premi&#232;re contre-r&#233;volution de la Saint Barth&#233;lemy. En 1588, la soci&#233;t&#233; secr&#232;te dite Ligue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;1-2 R&#233;formisme, stalinisme et fascisme contre la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag"&gt;Religion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12296 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH189/ste-ligue-1591-69162.jpg?1776674161' width='500' height='189' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L399xH266/bucher-4fa34.jpg?1776674161' width='399' height='266' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH323/1588-Barricades-42f93.jpg?1776674162' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re journ&#233;e insurrectionnelle de Paris&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12294 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/parisbarricades1588-ce027.jpg?1776674162' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12291 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L485xH728/AKG295275-6ecaf.jpg?1776674162' width='485' height='728' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le duc de Guise acclam&#233; dans Paris insurg&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/henri-guise-1688035-jpg_1590601_1250x625.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH250/henri-guise-1688035-jpg_1590601_1250x625-ec60c.jpg?1776674162' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Photo2_035-43085-613cb.jpg?1776674162' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Photo2_039-5f9d5-70248.jpg?1776674162' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Photo2_042-9a116-36848.jpg?1776674162' width='500' height='375' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Photo2_043-2-51b0b-ddbef.jpg?1776674162' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand l'extr&#234;me droite petite bourgeoise fasciste et int&#233;griste catholique gouvernait Paris&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous ne parlons pas ici de l'extr&#234;me droite p&#233;tainiste mais de l'extr&#234;me droite guisarde, celle favorable au pouvoir sur la France du duc de Guise et de la petite bourgeoisie parisienne des ann&#233;es 1570, suite &#224; la premi&#232;re contre-r&#233;volution de la Saint Barth&#233;lemy. En 1588, la soci&#233;t&#233; secr&#232;te dite Ligue Catholique, dite aussi Sainte Union ou Sainte Ligue, assist&#233;e des bourgeois parisiens dirig&#233;s par le Conseil des Sept, tous favorables au duc de Guise, suite &#224; une insurrection &#224; la fois hostiles contre le roi Henri III et le futur roi Henri de Navarre, gouverne Paris o&#249; le roi Henri III n'est plus qu'en r&#233;sidence surveill&#233;e par la population organis&#233;e et en armes, dirig&#233;e par une extr&#234;me droite fasciste massacreuse de Protestants mais aussi violeuse et voleuse, dirigeant les catholiques d'une main de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de savoir que, si &#224; Paris, la bourgeoisie avait choisi le catholicisme, la force qui revendiquait les libert&#233;s bourgeoises, c'&#233;tait pourtant... le protestantisme alors que le catholicisme &#233;tayait la f&#233;odalit&#233; et la royaut&#233; en France et en Europe. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Paris bourgeois int&#233;griste catholique sera celui de la contre-r&#233;volution...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville de Paris n'en est pas &#224; son coup d'essai puisqu'elle a d&#233;montr&#233; son hostilit&#233; aux protestants en d&#233;clenchant le 24 ao&#251;t 1572, avec l'assentiment de la royaut&#233; et des nobles catholiques d'extr&#234;me droite, le massacre de la Saint Barth&#233;lemy, supprimant physiquement l'essentiel des Protestants de Paris avant d'&#233;tendre ce massacre au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 1585, il y a une recrudescence de l'activisme religieux catholique d'extr&#234;me droite anti-protestants dans Paris. C'est un v&#233;ritable soul&#232;vement populaire qui commence et va durer plusieurs ann&#233;es. Il est dirig&#233; par la &#171; Ligue Catholique &#187; ou &#171; Sainte Ligue &#187;. Il est soutenu par la bourgeoisie parisienne. Il va bient&#244;t l'&#234;tre par la majorit&#233; des petites gens de la capitale qui hurlent &#171; vive la messe ! &#187; dans les rues et s'en prennent violemment &#224; tous ceux qui refusent de crier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;t&#233; 1587, c'est une grande disette et des &#233;meutes pour le pain. Paris est au bord de l'insurrection. Les pauvres processionnent dans les rues, ils deviennent la masse de man&#339;uvre des cur&#233;s. Certains jours, le peuple crie &#171; aux armes ! &#187; sur de faux bruits pr&#233;tendant que les protestants attaquent&#8230; En octobre 1587, en perdant sa guerre contre l'arm&#233;e d'Henri de Navarre et les protestants &#224; Coutras, le roi Henri III perd le peu de cr&#233;dit qui lui restait dans la population catholique de Paris. Le roi est accus&#233; de jouer double jeu face aux protestants et de ne pas vouloir ou d'&#234;tre incapable de les battre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique s'est aggrav&#233;e dans Paris et la bourgeoisie elle-m&#234;me, prise &#224; la gorge, ne veut plus payer l'imp&#244;t. Dans tout Paris, les ligueurs portent une &#233;charpe avec la croix de Lorraine puisque les fr&#232;res de Guise sont de Lorraine&#8230; Ils sont dirig&#233;s par &#171; le conseil des Seize &#187; qui organise ouvertement l'insurrection parisienne avec l'assentiment de la bourgeoisie, l'appui de la garde bourgeoise et celui des cur&#233;s de Paris. La bourgeoisie ne veut pas elle-m&#234;me prendre l'initiative d'une action militaire contre la garde et l'arm&#233;e royale et compte sur l'arm&#233;e de Guise qui tarde &#224; venir. Les &#233;l&#233;ments du petit peuple sont eux aussi mobilis&#233;s, en particulier certaines corporations comme les crocheteurs, les bouchers, les mariniers, les clercs de l'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bourgeois et petits bourgeois parisiens craignent que les trois Henris (le roi de France, le roi de Navarre et le duc de Guise) s'entendent sur leur dos. Il y a sans cesse des n&#233;gociations entre eux et le peuple parisien peut servir dans ces n&#233;gociations mais il peut aussi en faire les frais. Le petit peuple de Paris, qui suit des contre-r&#233;volutionnaires, croit aussi faire une r&#233;volution sociale et se bat &#233;galement contre tous les ma&#238;tres, contre la mis&#232;re, contre le m&#233;pris des seigneurs. Les cur&#233;s ne cessent de m&#234;ler les deux dans leurs pr&#234;ches de plus en plus enflamm&#233;s et acclam&#233;s dans les &#233;glises par le petit peuple. La d&#233;magogie de l'extr&#234;me droite fasciste de la Ligue consiste justement &#224; m&#234;ler cette r&#233;volution sociale qu'ils cultivent &#224; la contre-r&#233;volution qu'ils souhaitent r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ceux qui sont accus&#233;s de ne pas aller &#224; la messe sont attrap&#233;s et tu&#233;s par les ligueurs et le peuple parisien chauff&#233; &#224; blanc, sous accusation d'h&#233;r&#233;sie. Les Parisiens croient la rumeur selon laquelle les Protestants voudraient faire une Saint Barth&#233;lemy &#224; l'envers en p&#233;n&#233;trant en masse discr&#232;tement Paris et en massacrant les Catholiques. Henri de Navarre est accus&#233; de manipuler cette tentative de grand massacre des Catholiques dans Paris. Les insurg&#233;s parisiens croient ainsi se d&#233;fendre en rejoignant les int&#233;gristes catholiques, le duc de Guise et la bourgeoisie parisienne. La Ligue attaque particuli&#232;rement les mod&#233;r&#233;s, appel&#233;s &#171; les politiques &#187;, qui refusent la division du pays, repoussent la guerre et la guerre civile, et pr&#244;nent l'entente. A tout moment, dans les rues, on entend des habitants excit&#233;s ou affol&#233;s, crier : &#171; des Navarrais attaquent &#187; ou s'en prendre &#224; d'autres habitants, suspect&#233;s d'espionnage ou de religion protestante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes poss&#233;dantes parisiennes se sont pay&#233;es une garde bourgeoise en armes qui patrouille dans les rues, avec un encadrement de cette milice, des lieutenants, des colonels, et ces troupes bourgeoises doublent tous les postes tenus par l'arm&#233;e royale. Ce n'est cependant pas une vraie arm&#233;e et les bourgeois ne sont pas dupes de leur propre hardeur au combat contre le roi. Mais, dans Paris, le guet bourgeois va bient&#244;t faire la loi gr&#226;ce au soutien de masse de la population peu arm&#233;e mais r&#233;volt&#233;e et organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre arm&#233;e soutient la r&#233;bellion : celle des religieux de Paris, en particulier le r&#233;seau de tous les cur&#233;s catholiques qui repr&#233;sentent une force consid&#233;rable par leur poids sur les plus d&#233;munis et par l'argent dont ils disposent. Une tentative d'insurrection parisienne pr&#233;par&#233;e par &#171; la Sainte Ligue &#187; contre Henri III a &#233;t&#233; d&#233;jou&#233;e par le roi, ce qui lui donne un r&#233;pit de deux ans. Tout repart en 1587 sur la rumeur que le roi Henri III, m&#233;pris&#233; et appel&#233; &#171; le bougre &#187; par les Parisiens, va donner des droits aux Huguenots contre les catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile int&#233;rieure recouvre aussi une guerre ext&#233;rieure. Les protestants sont soutenus par l'Angleterre et par des princes allemands. De Guise et les catholiques sont soutenus par l'Espagne et la papaut&#233;. L'arm&#233;e des re&#238;tres protestants allemands, entrant en France pour combattre aux c&#244;t&#233;s d'Henri de Navarre, a &#233;t&#233; battue par l'arm&#233;e anti-protestante de Guise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1587, les ligueurs ont envisag&#233; d'attaquer militairement le Louvre avec 500 hommes en armes mais le roi a renforc&#233; la garde du palais et le complot s'est arr&#234;t&#233; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;t&#233; 1587, les pr&#233;dicateurs catholiques de Paris ont enflamm&#233; les parisiens contre le roi qui fait arr&#234;ter les cur&#233;s plus s&#233;ditieux, mais quand les archers du roi sont arriv&#233;s pour les arr&#234;ter, la foule les a d&#233;fendus au point que la police a d&#251; d&#233;camper et, devant la r&#233;volte, n'a pas pu envoyer d'autres troupes les arr&#234;ter. C'est l'&#171; heureuse journ&#233;e de Saint-S&#233;verin &#187; des parisiens, premi&#232;re d&#233;faite du roi Henri III mais pas la derni&#232;re ! Jean Boucher, cur&#233; de Saint-S&#233;verin &#233;tait l'un des pr&#233;dicateurs de la Ligue les plus violemment hostiles aux Protestants et au roi que le roi voulait arr&#234;ter et que le peuple a lib&#233;r&#233;. Le peuple parisien l'acclame et se f&#233;licite de sa victoire qu'il appelle &#171; la magnifique journ&#233;e de Saint-S&#233;verin &#187; o&#249; il battu quatre mille soldats royaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'automne 1587, une tentative d'enl&#232;vement du roi Henri III, men&#233;e par le duc d'Aumale pour la sainte Ligue, est d&#233;jou&#233;e par le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1587, la royaut&#233; a menac&#233; le recteur de l'Universit&#233; et fondateur de la Sainte Ligue pour avoir appel&#233; publiquement le peuple parisien non seulement &#224; s'attaquer aux Protestants et &#224; leur dirigeant Henri de Navarre, candidat &#224; venir pour la royaut&#233;, mais aussi &#224; la r&#233;volte contre le roi Henri III, accus&#233; de complicit&#233; avec les Huguenots. En r&#233;ponse, le recteur sollicite des religieux catholiques int&#233;gristes pour assassiner le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la parfaite entente entre religieux, bourgeois et guisards n'est pas totale. Le duc de Guise se m&#233;fie de l'insurrection bourgeoise et populaire de Paris, m&#234;me si elle est dirig&#233;e par une extr&#234;me droite int&#233;griste catholique. Il sait que s'il triomphe gr&#226;ce &#224; elle et devient roi, il devra &#233;touffer cette r&#233;volte sociale car il est un roi f&#233;odal comme les autres. Il fait semblant de la cautionner sans oser se mouiller r&#233;ellement et ouvertement &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux bourgeois parisiens, ils soutiennent Guise mais pas au point de prendre le risque d'attaquer des soldats de m&#233;tier du roi Henri III et ils savent que la victoire de Guise pourrait signifier l'entr&#233;e dans la capitale de troupes de mercenaires, de soldats albanais ou des troupes du duc d'Aumale, toutes r&#233;put&#233;es pour leurs vols, viols et massacres. Les bourgeois pensent que Guise est r&#233;ellement pour les catholiques et contre les protestants mais qu'il ne soutiendra pas leurs revendications, notamment concernant les imp&#244;ts. Guise essaie de ne pas envoyer ses troupes rejoindre l'insurrection parisienne car il sait que c'est une r&#233;volution sociale qui tient Paris et qu'il lui faudra plus tard la combattre. Il souhaite faire pression sur Henri III, menac&#233; par la r&#233;volution parisienne, pour qu'il le nomme lieutenant g&#233;n&#233;ral du royaume et h&#233;ritier naturel de la couronne &#224; la place du v&#233;ritable h&#233;ritier naturel, selon la loi royale, Henri de Navarre qui, m&#234;me s'il est protestant, est un Bourbon, et d&#233;tient l'h&#233;ritage de la couronne apr&#232;s Henri III de Valois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 mai 1588, le duc de Guise d&#233;cide de braver l'interdit du roi Henri III en entrant dans Paris, m&#234;me s'il le fait sans son arm&#233;e. C'est un coup dur pour le roi et un triomphe pour Guise qui est acclam&#233; par le peuple de la capitale. Craignant la r&#233;pression des forces arm&#233;es royales, le peuple barricade et place des cha&#238;nes en travers des rues de toute la ville. Les troupes royales, les Suisses, les sergents d'armes sont entour&#233;s par des masses arm&#233;es de toutes sortes d'ustensiles contondants, de piques, de barres de fer, de b&#226;tons, de pav&#233;s, mais aussi de mousquets, des arquebuses et d'&#233;p&#233;es&#8230; Les cur&#233;s et les moines, les clercs, quelques bourgeois sont sortis en armes et renforcent la milice bourgeoise. Mais c'est la masse du peuple qui va faire la diff&#233;rence face aux forces royales. Les Suisses sont entour&#233;s au pont Notre-Dame et massacr&#233;s. Le roi retire les autres troupes suisses de la ville et renonce &#224; la r&#233;pression, craignant &#234;tre battu face &#224; une telle insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris est partout h&#233;riss&#233; de barricades et la masse du peuple les tient fermement. Le roi est enferm&#233; dans sa forteresse du Louvre et entour&#233; par des masses en r&#233;volte. Le roi s'enfuit du Louvre et quitte Paris qu'il laisse aux mains de Guise, en fait aux mains du Conseil de Seize de la bourgeoisie parisienne qui va d&#233;sormais gouverner et mener le peuple d'une main de fer. Guise quitte lui aussi rapidement la capitale, car il sait bien, malgr&#233; sa popularit&#233; que la ville est tenue par la bourgeoisie au nom du peuple et de la religion catholique&#8230; Chacun pourra d&#233;sormais voir que c'est bel et bien une extr&#234;me droite fasciste qui a pris le pouvoir &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; politiques &#187; sont rapidement trouv&#233;s, arr&#234;t&#233;s, emprisonn&#233;s ou assassin&#233;s. Les protestants, ou suppos&#233;s tels, subissent &#224; nouveau un massacre. En fait, nombre de jalousies, de haines se trouvent ainsi satisfaites et des commer&#231;ants ou artisans ais&#233;s sont pill&#233;s, leurs femmes et filles viol&#233;es. Les bandes arm&#233;es de la Ligue font la loi dans les rues. Sur simple d&#233;nonciation, sans jugement, sans autre forme de proc&#232;s, on s'en prend &#224; une maison, on y entre, on la pille, on viole, on tue, on torture. Le pillage menace tout le monde. Les riches qui le peuvent quittent la capitale. Les bourgeois parisiens ont d&#233;sormais une crainte : &#234;tre d&#233;capitalis&#233;s. Leur commerce ne vaudra plus rien si la royaut&#233; abandonne Paris comme capitale ! Paris a gagn&#233; mais n'a rien gagn&#233; puisque c'est la division du pays entre trois pouvoirs qui l'emporte : les trois Henris ont chacun une partie du pays et Paris est seul&#8230; Paris, plus affol&#233; que jamais, s'enferme dans sa contre-r&#233;volution violente, s'en prend &#224; des ennemis ou de faux ennemis. Quiconque essaie maintenant de quitter la capitale sans l'accord des Seize devient soup&#231;onnable. Les milieux populaires, ayant perdu la boussole, voient la trahison et le diable partout ! La terreur n'est pas r&#233;volutionnaire mais contre-r&#233;volutionnaire. Les seuls qui sont prot&#233;g&#233;s de la violence g&#233;n&#233;rale sont des seigneurs catholiques, arm&#233;s et barricad&#233;s dans leurs ch&#226;teaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bandes arm&#233;es pillardes des guisards ne sont pas les seules &#224; faire la loi par la terreur dans la capitale. C'est aussi le cas des bandes de religieux qui imposent &#224; tout le monde des processions sans fin. Quiconque refuse d'y participer est mis &#224; mort. Hommes, femmes, enfants, vieillards sont contraints de marcher des heures, de jour et de nuit, &#224; marcher dans Paris, y compris dans la neige et le froid, pour proclamer la religion catholique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de Paris n'aura finalement pas r&#233;ussi eu duc de Guise qui meurt, assassin&#233; par Henri III, &#224; Blois. Elle n'aura pas r&#233;ussi &#224; la bourgeoisie qui n'a pas tir&#233; les marrons du feu. Elle aura encore moins r&#233;ussi au peuple parisien qui a v&#233;cu quelques ann&#233;es de v&#233;ritable enfer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'Henri de Navarre, devenu Henri IV, assi&#232;ge la capitale, la population, fanatis&#233;e par les moines, tient quatre mois, en d&#233;pit d'une terrible famine (1590). En 1593, son abjuration am&#232;ne la d&#233;sorganisation de la Ligue et entra&#238;ne le ralliement de la majorit&#233; des catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_des_Barricades_(1588)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La journ&#233;e des barricades de 1588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Commune_de_Paris_de_1588&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce qui s'est pass&#233; &#224; Paris en 1588 ou la commune contre-r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article369&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Saint-Barth&#233;lemy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3752&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paris sur sang, le 24 ao&#251;t 1572&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_catholique_(France)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Ligue Catholique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/mcv/5772&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la Ligue &#233;tablissait des listes de personnes &#224; &#233;liminer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dictature_de_Charles_de_Casaulx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La contre-r&#233;volution bourgeoise anti-protestante s'est aussi d&#233;roul&#233;e &#224; Marseille en 1585-1588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.revuedesdeuxmondes.fr/12-mai-1588-premiere-journee-barricades-a-paris/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La journ&#233;e insurrectionnelle du 12 mai 1588&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57206076/f6.image.r=sainte%20ligue%201588&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La crise de la Ligue catholique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6550184t/f82.image.r=sainte%20ligue%201588&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Histoire de la Ligue par un de ses partisans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH258/parisligueprocess1-bd011.jpg?1776674162' width='500' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12288 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Bunel-Procession_de_la_Ligue-Pau.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH278/Bunel-Procession_de_la_Ligue-Pau-69295.jpg?1776674162' width='500' height='278' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH596/Procession-Ligue-1590-39dbc.jpg?1776674162' width='500' height='596' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire incas, naissance et mort</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article6332</link>
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		<dc:date>2019-06-03T22:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;rou - Per&#249;</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique du sud America del sur</dc:subject>
		<dc:subject>Chili Chile</dc:subject>
		<dc:subject>Equateur</dc:subject>
		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rindiens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Machu Picchu, cit&#233; incas du XVe si&#232;cle apr&#232;s J.-C. Les civilisations avant les Incas L'empire incas La domination imp&#233;riale de l'Inka, un feu d'artifice tr&#232;s court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Comment une civilisation organis&#233;e et structur&#233;e, forte de 12 millions d'hommes &#224; son apog&#233;e et d'un territoire qui s'est &#233;tendu sur les trois quarts de la cordill&#232;re des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot127" rel="tag"&gt;P&#233;rou - Per&#249;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du sud America del sur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Chili Chile&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot165" rel="tag"&gt;Equateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot188" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag"&gt;Am&#233;rindiens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH625/aztec_maya_inca_map_lg-2-58e03.gif?1776674162' width='500' height='625' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/126e715575_50008176_machupicchu-04.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/126e715575_50008176_machupicchu-04-93018.jpg?1776674162' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Machu Picchu, cit&#233; incas du XVe si&#232;cle apr&#232;s J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/le-perou-avant-les-incas-musee-quai-branly-exposition-10-ae611.jpg?1776674162' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations avant les Incas&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11836 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH194/ob_8817f3_chrono-civilisations-aa4e5.jpg?1776674162' width='500' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_11837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH251/Inca_Empire_South_America-4e1ba.png?1776674162' width='220' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'empire incas&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_11838 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH462/250px-Inca-expansion_fr-15242.png?1776674162' width='250' height='462' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/ob_e73b39_carte-empire-inca-expansion-ipad-66be8.jpg?1776674162' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_11840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH787/12997657620_225_P53-11471.jpg?1776674162' width='450' height='787' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH292/incas-bf38d-3bc16.gif?1776674162' width='220' height='292' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L410xH520/Imperio_inca_evolucion-05d44-1c850.gif?1776674162' width='410' height='520' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH502/incas-00650.png?1776674162' width='440' height='502' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/png/500px-Inca-expansion_fr.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH925/500px-Inca-expansion_fr-0acb1.png?1776674162' width='500' height='925' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La domination imp&#233;riale de l'Inka, un feu d'artifice tr&#232;s court, produit de la chute et de la domination de plusieurs civilisations datant du communisme primitif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment une civilisation organis&#233;e et structur&#233;e, forte de 12 millions d'hommes &#224; son apog&#233;e et d'un territoire qui s'est &#233;tendu sur les trois quarts de la cordill&#232;re des Andes, a-t-elle pu tomber sous le joug des Espagnols et dispara&#238;tre en un peu plus d'un si&#232;cle ? &#187; &#233;crit le journal Le Figaro. En fait la premi&#232;re question serait : comment a-t-elle pu na&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Empire inca, est une v&#233;ritable m&#233;t&#233;orite dans l'histoire bimill&#233;naire de ce territoire. Alors que la civilisation moche (mohica) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233; s'est &#233;panouie pendant neuf si&#232;cles, l'Empire inca n'est constitu&#233; que depuis quatre-vingts ans quand les conquistadors abordent le P&#233;rou. Quarante ans plus tard, ceux-ci ont tout an&#233;anti, il ne reste plus rien de l'ancien empire incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'origine de la domination des Incas, l'effondrement du royaume de Tiwanaku, l'effondrement de la f&#233;d&#233;ration des peuples, l'effondrement des soci&#233;t&#233;s communistes primitives devant les guerriers esclavagistes. Mais cette domination n'aura pas dur&#233;, les colons europ&#233;ens &#233;tant parvenus &#224; pousser les peuples indiens r&#233;cemment esclavagis&#233;s contre l'empire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1532 : &#224; Cajamarca, Pizarro rencontre l'arm&#233;e d'Atahualpa, qui compte prendre le pouvoir &#224; Cuzco, et entreprend des pourparlers avec son chef. Lorsque Pizarro arrive au P&#233;rou en 1532, il est per&#231;u comme un dieu. Il enl&#232;ve l'empereur Atahualpa et encourage la r&#233;volte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement ex&#233;cut&#233; par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contr&#244;lent le territoire inca au milieu du XVIe si&#232;cle, m&#234;me si des r&#233;sistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Am&#233;rindiens dans les encomiendas et de l'&#233;vang&#233;lisation de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mographie historique estime qu'une majorit&#233; d'Am&#233;rindiens sont morts &#224; la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Am&#233;rindiens n'&#233;taient pas immunis&#233;s. Au contact des Europ&#233;ens, les Am&#233;rindiens ont eu une tr&#232;s grande baisse d&#233;mographique caus&#233;e par les maladies import&#233;es de l'Europe et les &#233;pid&#233;mies dues au choc microbien, car ces maladies comme la coqueluche, la rougeole ou la variole, n'&#233;taient pas connues des tribus. Le processus a commenc&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1500 et les &#233;pid&#233;mies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de dipht&#233;rie (1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont d&#233;cim&#233; des millions d'indig&#232;nes. Par exemple, les Timicuas, en Floride, qui en 1650 &#233;taient 13 000 r&#233;partis sur 40 villages, ne furent apr&#232;s une &#233;pid&#233;mie de petite v&#233;role que 35 en 1728, regroup&#233;s dans un seul hameau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de morts indig&#232;nes de maladies, d'exploitation ou d'assassinat par les forces coloniales est estim&#233; &#224; 90 millions, dont 10 millions pour l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 novembre 1532 : Pizarro r&#233;ussit &#224; s'emparer de la personne de l'Inca qui accepte toutes les conditions impos&#233;es pour sa lib&#233;ration (dont 88 m3 d'or de ran&#231;on, r&#233;unie en juillet 1533). La ran&#231;on est partag&#233;e entre les vainqueurs apr&#232;s envoi du quinto en Espagne, mais Pizarro pr&#233;f&#232;re ex&#233;cuter l'Inca pour le meurtre de son fr&#232;re Huascar. Il sera garrott&#233; devant les soldats (29 ao&#251;t 1533).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 juillet 1533 : Atahualpa, le dernier empereur inca captur&#233; par tra&#238;trise par Pizarro, est condamn&#233; &#224; mort et &#233;trangl&#233;. La r&#233;sistance inca est d&#233;sorganis&#233;e. Pizarro partage les Indiens entre ses hommes selon le syst&#232;me de l'encomienda. Chacun re&#231;oit 40 000 indig&#232;nes. Ce syst&#232;me ruinera le syst&#232;me &#233;conomique de l'empire inca. L'introduction de l'&#233;conomie mon&#233;taire et de nouvelles formes de tribut (travaux forc&#233;s dans les mines), ach&#232;veront de d&#233;sint&#233;grer l'&#233;quilibre du syst&#232;me. Les Espagnols utilisent l'ancien syst&#232;me de pouvoir et d'&#233;changes &#224; leur avantage, mais sans que fonctionne le principe de r&#233;ciprocit&#233; dans l'&#233;change, qui en &#233;tait le fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1533 : r&#233;volte de Rumi&#241;ahui qui veut prendre le pouvoir depuis Quito avec l'arm&#233;e d'Atahualpa (12 000 hommes). Belalc&#225;zar le bat en plaine avec 200 fantassins et 80 cavaliers pendant l'irruption du Cotopaxi, qui terrifie les Indiens. Rumi&#241;ahui parvient &#224; s'enfuir dans la montagne. Captur&#233;, il meurt des suites de ses tortures le 25 juin 1535.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 1533 : les Espagnols occupent Cuzco o&#249; ils placent Manco Capac II, fr&#232;re d'Atahualpa, sur le tr&#244;ne des Inca (fin en 1537). La ville est mise &#224; sac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation incas a disparu tr&#232;s rapidement, trop facilement. Qu'est-ce qui faisait sa force et qu'est-ce qui faisait sa faiblesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation inca est une civilisation pr&#233;colombienne du groupe andin. Elle prend naissance au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle dans le bassin de Cuzco dans l'actuel P&#233;rou et se d&#233;veloppe ensuite le long de l'oc&#233;an Pacifique et de la cordill&#232;re des Andes, couvrant la partie occidentale de l'Am&#233;rique du Sud. &#192; son apog&#233;e, elle s'&#233;tend de la Colombie jusqu'&#224; l'Argentine et au Chili, par-del&#224; l'&#201;quateur, le P&#233;rou et la Bolivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au P&#233;rou, sous le r&#233;gime incas, le pays &#233;tait habit&#233; par deux races superpos&#233;es. Les Incas, la race conqu&#233;rante, ainsi que toutes les aristocraties, conservaient les coutumes du pass&#233; et vivaient sous le r&#233;gime du communisme du g&#233;nos, tandis qu'il semble que les nations vaincues de ce vaste empire &#233;voluaient vers la propri&#233;t&#233; patriarcale. Tous les ans, les terres cultiv&#233;es de chaque localit&#233; &#233;taient divis&#233;es en 3 parts : l'une &#233;tait morcel&#233;e en autant de parcelles que de familles ; l&#180;autre &#233;tait attribu&#233;e aux Incas et la troisi&#232;me &#233;tait r&#233;serv&#233;e au Soleil, le Dieu des P&#233;ruviens. Les terres du Soleil &#233;taient cultiv&#233;es en commun par toute la population, et leurs r&#233;coltes, apr&#232;s avoir d&#233;fray&#233; les d&#233;penses du culte, &#233;taient distribu&#233;es entre les familles du village. Cette r&#233;partition des terres en trois parts indique trois classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Radin &#233;crit sur les Incas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus c&#233;l&#232;bre de tous les temples p&#233;ruviens, celui du Cuzco, fut d&#233;di&#233; au soleil-dieu. Les divers souverains qui r&#233;gn&#232;rent l'avaient enrichi &#224; tel point que les Inka eux-m&#234;mes l'appelaient &#171; le lieu en or &#187;. (...) Le culte du soleil avait p&#233;n&#233;tr&#233; &#224; tel point jusqu'&#224; l'essence de leur vie que les Inka faisaient remonter &#224; lui tout ce qui &#233;tait beau et utile dans l'Univers : (...) &#171; Je suis un bienfait pour l'univers entier, r&#233;pandant la lumi&#232;re pour que les hommes voient et accomplissent leur t&#226;che. (...) Je vous ai envoy&#233;s sur terre, &#244; mes enfants, uniquement pour le bonheur et l'instruction de ces hommes qui vivent comme des b&#234;tes, et, &#224; partir de ce moment, je vous nomme rois et ma&#238;tres de toutes ces tribus, afin que vous leur enseigniez la raison et le bon gouvernement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Godelier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la soci&#233;t&#233; azt&#232;que par exemple, le commerce &#233;tait extr&#234;mement d&#233;velopp&#233;. Une circulation de biens entre les hautes terres productrices de ma&#239;s, de haricots, etc., et les basses terres c&#244;ti&#232;res tropicales beaucoup plus riches et qui fournissaient le cacao, le coton, les plumes d'oiseaux pour les parures, etc., donnait lieu aux activit&#233;s d'une classe sp&#233;cialis&#233;e de marchands, les pochteca. Cette circulation marchande doublait la circulation des m&#234;mes produits sous la forme du tribut &#224; l'Etat azt&#232;que dont nous avons parl&#233; plus haut. Dans une lettre c&#233;l&#232;bre &#224; Charles V, Cortez d&#233;crivit les immenses march&#233;s de Tenochticlan. Sur ces march&#233;s, chaque produit avait un lieu de vente d&#233;termin&#233;. La vente se r&#233;alisait &#224; la pi&#232;ce ou &#224; la mesure. Les jours de march&#233; &#233;taient f&#233;ri&#233;s. Des tribunaux sp&#233;ciaux, contr&#244;l&#233;s par les marchands, tranchaient les conflits entre vendeurs et acheteurs et le chef des marchands fixait le prix des marchandises. Il &#233;tait interdit de vendre les produits en dehors des places de march&#233;. Les commer&#231;ants jouissaient de grands privil&#232;ges politiques et &#233;conomiques. Mais ils &#233;taient mal jug&#233;s s'ils faisaient &#233;talage de richesse et de gloire. On attendait d'eux un comportement &#171; humble &#187; et parfois les biens des commer&#231;ants riches &#233;taient confisqu&#233;s par l'Etat. Les marchands &#233;taient dispens&#233;s du service personnel et de la participation aux travaux publics organis&#233;s par l'Etat. Si l'on compare cette situation avec celle qui r&#233;gnait chez les Incas, on s'aper&#231;oit que chez ces derniers la production &#233;tait plus strictement organis&#233;e par le pouvoir central et que cette &#233;conomie centralis&#233;e ne laissait gu&#232;re place au d&#233;veloppement d'une classe de marchands. De nos jours, de multiples analyses des march&#233;s africains, m&#233;so-am&#233;ricains, asiatiques permettent de commencer &#224; distinguer plusieurs types de march&#233;s : par exemple les march&#233;s sectoriels qui permettent &#224; des producteurs de biens compl&#233;mentaires de les &#233;changer sur une base r&#233;gionale. Dans ces conditions existent des cycles de march&#233;s qui se tiennent chaque jour en un lieu diff&#233;rent, permettant ainsi l'unification d'une r&#233;gion &#233;conomique. C'&#233;tait le cas &#233;galement des march&#233;s ruraux, dans la Chine traditionnelle. A ces march&#233;s s'opposent les march&#233;s en r&#233;seaux qui relient les producteurs locaux &#224; leur &#233;conomie nationale, et par-del&#224; au march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette perspective que l'on peut analyser des formes de tributs qui caract&#233;risaient par exemple le fonctionnement de la soci&#233;t&#233; azt&#232;que. Alors que les Incas faisaient reposer la richesse de l'Etat et le pouvoir de la classe dominante avant tout sur des prestations en travail, sur un r&#233;gime de corv&#233;es, les Azt&#232;ques faisaient reposer la richesse de l'Etat sur un gigantesque syst&#232;me de pr&#233;l&#232;vements de tributs sur les gens du peuple appartenant &#224; leur propre soci&#233;t&#233;, et sur tous les membres des royaumes et des groupes tribaux qu'ils avaient soumis. A partir des codex, on a pu calculer l'ampleur de ce tribut. Chaque ann&#233;e par exemple, le souverain recevait des trois cent soixante et onze groupes cit&#233;s dans le codex Mendoza, 123.400 v&#234;tements de coton ou de fibre, 11.200 tuniques pour femmes, 625 tenues de guerriers, 320 peaux d'oiseaux, 3.580 poign&#233;es de plumes et de la nourriture (ma&#239;s, piments, etc.) suffisante pour entretenir 25.000 personnes (fonctionnaires, courtisans, serviteurs, etc.). Une grande partie de ce tribut &#233;tait compos&#233;e de mati&#232;res premi&#232;res (plumes, m&#233;taux pr&#233;cieux) qui ensuite &#233;taient travaill&#233;es par les artisans de Tenochtitlan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Seyri&#232;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Incas,avec d'une part une soci&#233;t&#233; civile fond&#233;e sur l'ayllu communaut&#233; agraire primitive, d'autre part un &#034;Etat entrepreneur&#034; et la soci&#233;t&#233; politique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c Mangin &#233;crit dans &#171; Pour la science &#187; de septembre 2011 : &#171; Lorsqu'on pense aux peuples qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; les Europ&#233;ens au P&#233;rou, les Incas, voire les Mochicas, sont les premiers qui viennent &#224; l'esprit. Pourtant, beaucoup les ont pr&#233;c&#233;d&#233;s. Charles Stanish, de l'Universit&#233; de Californie &#224; Los Angeles, et sa coll&#232;gue A. L&#233;vine s'int&#233;ressent aux premi&#232;res proto-cit&#233;s install&#233;es autour du lac Titicaca et ont retrac&#233; l'histoire de la r&#233;gion (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1400 avant notre &#232;re, plusieurs groupes de chasseurs-cueilleurs se s&#233;dentarisent autour du plan d'eau et &#233;tablissent les premiers villages. Certains grossissent et deviennent des centres politiques r&#233;gionaux. Pendant pr&#232;s de 1000 ans, les conflits sont rares. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du premier mill&#233;naire avant notre &#232;re, deux grands centres politiques dominent la r&#233;gion, Taraco et Pukara. Le dernier finira par diriger seul toute la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Les fouilles montrent qu'une grande partie des centres r&#233;sidentiels de Taraco a br&#251;l&#233; &#224; la fin du premier si&#232;cle, entra&#238;nant un ralentissement durable de l'activit&#233; &#233;conomique. Or cet incendie n'&#233;tait pas accidentel. Outre son &#233;tendue, on n'a retrouv&#233; aucune trace d'une &#233;ventuelle reconstruction. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les faits. Les conclusions consistent &#224; d&#233;fendre le point de vue que &#171; les conflits arm&#233;s ont jou&#233; un r&#244;le majeur dans le d&#233;veloppement des premiers Etats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c &#233;crit que l'incendie de Taraco &#171; a co&#239;ncid&#233; avec l'accession de Pukara au statut de force politique dominante dans la r&#233;gion. De cet &#233;pisode, Ch Stanish conclut que les conflits ont &#233;t&#233; un facteur important dans l'&#233;volution des Etats archa&#239;ques dans le nord du lac Titicaca. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'une simple d&#233;duction sur des faits locaux mais d'une th&#232;se g&#233;n&#233;rale : &#171; Cet exemple s'ajoute &#224; ceux d&#233;j&#224; document&#233;s de la M&#233;sopotamie, de la M&#233;so-Am&#233;rique, du Nord du P&#233;rou, etc&#8230; &#187; Cependant, les &#233;tudes ne nous disent pas que les restes de la cit&#233; de Taraco manifestaient d'une intervention militaire d'une arm&#233;e d&#233;vastant tout mais seulement d'un incendie suivi d'une disparition totale de toute activit&#233; &#233;conomique sur le site, les habitants l'ayant abandonn&#233; totalement sans tentative de reprise du travail et de reconstruction.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s peu avant l'Etat manifestent essentiellement l'apparition des oppositions violentes non pas entre cit&#233;s mais entre classes sociales se d&#233;veloppant dans la cit&#233;, le foss&#233; entre riches et pauvres devenant de plus en plus grand et inacceptable aux exploit&#233;s. Les autres facteurs historiques comme les relations avec les autres cit&#233;s ne semblent pas d&#233;terminants dans l'apparition de l'Etat. Ces cit&#233;s sont le r&#233;sultat d'une accumulation primitive de richesses issues de l'agriculture et de l'artisanat puis du grand commerce, accumulation qui entra&#238;ne la concentration dans les mains d'un petit nombre de familles de l'essentiel des richesses&#8230; Pour assurer la p&#233;rennit&#233; de cette accumulation de richesses, l'accumulation des pouvoirs politiques et militaires dans les m&#234;mes mains va devenir rapidement n&#233;cessaire, d&#232;s que la soci&#233;t&#233; aura pass&#233; un certain cap en termes de d&#233;veloppement et en particulier les cit&#233;s en termes de nombres de r&#233;sidents pauvres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, s'il n'y a pas eu mise en place d'un Etat, c'est la r&#233;volution sociale qui incendie, qui d&#233;truit le mode de production, les exploit&#233;s ne voyant d'autre moyen de se lib&#233;rer que d'en finir avec le travail des champs et de s'enfuir apr&#232;s avoir d&#233;truit et br&#251;l&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine des premiers Etats est &#224; rechercher dans les conflits effectivement mais dans ceux internes &#224; la soci&#233;t&#233; : dans les conflits de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de soci&#233;t&#233; de classe sans lutte de classes et sans modes d'organisation des classes, dont la plus importante pour l'ordre : l'Etat. L'Histoire est souvent pr&#233;sent&#233;e comme construite par l'ordre, par le pouvoir ou par son chef et non par l'agitation des classes, leurs relations, leur concurrence, leurs alliances et leurs luttes. Et cet ordre social est pr&#233;sent&#233; comme tombant du ciel. Dans les mythologies religieuses, c'est l'&#233;quilibre du monde lui-m&#234;me qui est fond&#233; par les rois-dieux. L'histoire, revue et corrig&#233;e par le pouvoir, d&#233;fend la n&#233;cessit&#233; de celui-ci. En France, par exemple, une histoire continue de la civilisation est pr&#233;sent&#233;e aux scolaires, pr&#233;tendant que la soci&#233;t&#233; dite occidentale commencerait par le r&#233;gime des pharaons, se poursuivrait par l'Etat ath&#233;nien, puis romain, pour finir par le renforcement de l'Etat royal fran&#231;ais au sein de la f&#233;odalit&#233;, dont l'Etat bourgeois appara&#238;t finalement comme l'aboutissement plut&#244;t que comme la n&#233;gation, d&#233;bouchant sur le capitalisme, tout cela sans la moindre rupture ! Dans cette conception, l'Etat est un ordre qui n'a aucun ant&#233;c&#233;dent, qui est pr&#233;sent&#233; comme le point de d&#233;part d'une civilisation, et m&#234;me d'un peuple. Le pouvoir central, toujours aussi mythifi&#233;, est pr&#233;sent&#233; comme le facteur positif par excellence, et sa chute est pr&#233;sent&#233;e comme une catastrophe. En r&#233;alit&#233;, son caract&#232;re est d'abord n&#233;gatif : bloquer la lutte des classes. Son origine a d'autant plus besoin des mythes que sa v&#233;ritable origine est li&#233;e aux contradictions entre classes sociales. L'ancienne soci&#233;t&#233; pr&#233;-&#233;tatique explose sous les pressions des nouvelles in&#233;galit&#233;s produites par l'accumulation de richesses dues &#224; de nouvelles activit&#233;s &#233;conomiques et l'Etat est la r&#233;ponse des classes dirigeantes &#224; ces pressions qui m&#232;neraient, sans lui, &#224; l'explosion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rosa Luxemburg, Introduction &#224; l'&#233;conomie politique :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tournons-nous vers l'ancien Empire Inca d'Am&#233;rique du Sud. Le territoire de cet Empire, qui couvre les r&#233;publiques actuelles du P&#233;rou, de la Bolivie et du Chili, autrement dit un territoire d'environ 3 364 600 km2 avec une population actuelle de 12 millions d'habitants, &#233;tait administr&#233; &#224; l'&#233;poque de la conqu&#234;te par Pizarre, de la m&#234;me fa&#231;on que pendant des si&#232;cles auparavant. Nous y trouvons les m&#234;mes institutions que chez les anciens Germains. Chaque communaut&#233; familiale, qui forme en m&#234;me temps une centurie d'hommes capables de porter les armes, occupe un certain territoire qui lui appartient et, chose curieuse, porte m&#234;me le m&#234;me nom que chez les Germains, la Marca. Les terrains cultivables &#233;taient s&#233;par&#233;s du territoire de la Marca, partag&#233;s en lots et tir&#233;s au sort chaque ann&#233;e avant les semailles entre les familles. La dimension des lots d&#233;pendait de la grandeur des familles, donc de l'importance de leurs besoins. Le chef du village, dont la fonction, &#224; l'&#233;poque de la formation de l'Empire, donc vers les X&#176; et XI&#176; si&#232;cles, n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus &#233;lective mais h&#233;r&#233;ditaire, recevait le plus grand lot. Au nord du P&#233;rou, chaque famille ne cultivait pas sa part de champ isol&#233;ment, on travaillait en dizaines, sous la conduite d'un chef - institution dont certains faits indiquent aussi l'existence chez les anciens Germains. La dizaine cultivait &#224; la suite les unes des autres toutes les parts de ses membres, m&#234;me des absents qui &#233;taient en train de servir &#224; la guerre ou dans les corv&#233;es pour les Incas. Chaque famille recevait les fruits de ce qui avait pouss&#233; sur son lot. N'avait droit &#224; un lot que celui qui habitait sur le territoire de la Marca et faisait partie du clan. Chacun devait cultiver lui-m&#234;me sa part. Quiconque la laissait inculte pendant plusieurs ann&#233;es (au Mexique, pendant trois ans) perdait ses droits. Les parts ne pouvaient &#234;tre ni vendues ni donn&#233;es. Il &#233;tait rigoureusement interdit de quitter sa propre Marca et de s'installer dans une autre, ce qui &#233;tait sans doute en relation avec la force des liens du sang dans les clans villageois. La culture des champs, dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res o&#249; la pluie ne tombe que p&#233;riodiquement, a de tout temps exig&#233; une irrigation artificielle, des canaux que la communaut&#233; creusait collectivement. Il existait des r&#232;gles strictes pour l'utilisation de l'eau et sa r&#233;partition entre les diff&#233;rents villages et &#224; l'int&#233;rieur des villages. Chaque village avait aussi des &#8220; champs des pauvres &#8221; cultiv&#233;s par tous les membres de la communaut&#233; et dont la r&#233;colte &#233;tait r&#233;partie par le chef du village entre les vieillards, les veuves et les autres n&#233;cessiteux. Tout le reste du territoire, en dehors des champs, &#233;tait Marcapacha, territoire communal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie montagneuse du pays o&#249; la culture des champs ne r&#233;ussissait pas, un modeste &#233;levage, presque exclusivement de lamas, constituait la base de l'existence des habitants qui apportaient de temps en temps leur principal produit - la laine - dans la vall&#233;e pour l'&#233;changer avec les paysans contre du ma&#239;s, du poivre et des haricots. Dans la montagne, il y avait, d&#232;s l'&#233;poque de la conqu&#234;te, des troupeaux priv&#233;s et de s&#233;rieuses diff&#233;rences de richesse. Un Membre ordinaire de la Marca poss&#233;dait trois &#224; dix lamas, tandis que le chef pouvait en avoir cinquante &#224; cent. Le sol, la for&#234;t et les p&#226;turages &#233;taient propri&#233;t&#233; commune et il y avait, outre les troupeaux priv&#233;s, des troupeaux de village qui ne pouvaient &#234;tre ali&#233;n&#233;s. A des dates d&#233;termin&#233;es, une partie des troupeaux communs &#233;tait abattue et la viande et la laine en &#233;taient r&#233;parties entre les familles. Il n'y avait pas d'artisans, chaque famille confectionnait tout ce dont elle avait besoin pour le m&#233;nage. Il y avait des villages qui se montraient particuli&#232;rement habiles dans telle ou telle activit&#233; : tissage, poterie ou travail du m&#233;tal. A la t&#234;te de chaque village, il y avait un chef, &#233;lu &#224; l'origine, puis h&#233;r&#233;ditaire, qui surveillait la culture des champs ; pour toute affaire importante, il s'assurait les conseils de l'assembl&#233;e des adultes qu'il convoquait au son de la conque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici la vieille Marca p&#233;ruvienne a tous les traits essentiels de la Marche germanique. Ce en quoi elle diff&#232;re de l'image typique que nous connaissons permet de mieux p&#233;n&#233;trer la nature de ce syst&#232;me social. Ce qu'il y avait de particulier dans l'ancien Empire Inca, c'&#233;tait qu'il s'agissait d'un pays conquis o&#249; s'&#233;tait &#233;tablie une domination &#233;trang&#232;re. Les conqu&#233;rants, les Incas, faisaient certes aussi partie des tribus indiennes, mais ils soumirent les tribus pacifiques et s&#233;dentaires des Vechua, justement parce qu'elles vivaient isol&#233;es du monde, chaque village ne s'occupant que de lui-m&#234;me, sans lien avec de plus grands territoires, sans int&#233;r&#234;t pour tout ce qui pouvait se passer en dehors du territoire de la Marca. Les Incas laiss&#232;rent en g&#233;n&#233;ral intacte cette organisation particulariste, qui leur avait facilit&#233; la conqu&#234;te. Ils y greff&#232;rent un syst&#232;me raffin&#233; d'exploitation &#233;conomique et de domination politique. Chaque Marca conquise devait mettre &#224; part quelques champs, &#8220; champs des Incas &#8221; ou &#8220; champs du soleil &#8221; qui continuaient &#224; lui appartenir, mais dont les fruits revenaient aux Incas ainsi qu'&#224; leur caste de pr&#234;tres. De m&#234;me, les tribus montagnardes de bergers devaient r&#233;server une partie de leurs troupeaux, comme &#8220; troupeaux des ma&#238;tres &#8221;. La garde de ces troupeaux, de m&#234;me que la culture des champs des Incas et des pr&#234;tres, &#233;tait la corv&#233;e commune des membres de la communaut&#233;. A cela s'ajoutaient les corv&#233;es du travail dans les mines et des travaux publics, construction de chemins et de ponts, dont les ma&#238;tres prenaient la direction en main, un service militaire &#224; la discipline rigoureuse, enfin un tribut en jeunes filles qui servaient soit de victimes pour les sacrifices rituels, soit de concubines aux Incas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce s&#233;v&#232;re syst&#232;me d'exploitation laissait cependant intacte la vie int&#233;rieure des communaut&#233;s et leurs institutions communistes d&#233;mocratiques ; les corv&#233;es et redevances elles-m&#234;mes &#233;taient support&#233;es collectivement par la Marca. Le plus remarquable, c'est que l'organisation villageoise communiste n'&#233;tait pas seulement, comme si souvent d&#233;j&#224; au cours de l'histoire, la base s&#251;re et patiente d'un syst&#232;me s&#233;culaire d'exploitation et d'asservissement, ce syst&#232;me lui-m&#234;me avait une organisation communiste. En effet, les Incas qui s'install&#232;rent confortablement sur le dos des tribus p&#233;ruviennes soumises, vivaient eux-m&#234;mes en associations de lignage et en Marca. Leur r&#233;sidence principale, la ville de Cuzco, n'&#233;tait que la r&#233;union d'une douzaine et demie de logements dont chacun &#233;tait le si&#232;ge de la vie collective de tout un clan, avec la tombe commune &#224; l'int&#233;rieur, ainsi qu'un culte commun. Autour de ces grandes demeures de clans, s'&#233;tendaient les territoires des clans Incas avec for&#234;ts et p&#226;turages indivis et champs partag&#233;s, cultiv&#233;s en commun. En peuple primitif, ces exploiteurs et dominateurs n'avaient pas encore renonc&#233; au travail, ils se servaient seulement de leur situation de ma&#238;tres pour vivre mieux que leurs sujets et apporter de plus d'abondants sacrifices &#224; leur culte. L'art moderne de se nourrir exclusivement du travail d'autrui et de faire de l'oisivet&#233; l'attribut du pouvoir &#233;tait &#233;tranger &#224; cette organisation sociale o&#249; la propri&#233;t&#233; commune et l'obligation g&#233;n&#233;rale de travailler constituaient des coutumes populaires profond&#233;ment enracin&#233;es. L'exercice du pouvoir politique lui-m&#234;me &#233;tait organis&#233; comme une fonction commune des familles Incas. Les administrateurs Incas &#233;tablis dans les provinces du P&#233;rou. dont la fonction &#233;tait analogue &#224; celle des r&#233;sidents hollandais dans l'archipel malais, &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme les d&#233;l&#233;gu&#233;s de leurs clans &#224; Cuzco o&#249; ils gardaient leur place dans les habitations collectives et participaient &#224; la vie de leur propre communaut&#233;. Tous les ans, ces d&#233;l&#233;gu&#233;s rentraient &#224; Cuzco pour la f&#234;te d'&#233;t&#233; y rendaient compte de la fa&#231;on dont ils avaient exerc&#233; leur fonction et c&#233;l&#233;braient la grande f&#234;te religieuse avec les autres membres de leur tribu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ici, dans une certaine mesure, deux couches sociales, l'une au-dessus de l'autre, toutes deux organis&#233;es int&#233;rieurement selon un mode communiste, et vivant entre elles dans des rapports d'exploiteurs &#224; exploit&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne peut para&#238;tre incompr&#233;hensible &#224; premi&#232;re vue, parce qu'en contradiction brutale avec les principes d'&#233;galit&#233;, de fraternit&#233; et de d&#233;mocratie, qui servaient de base &#224; l'organisation des communaut&#233;s agraires. Nous avons justement ici la preuve vivante que les institutions communistes primitives avaient en r&#233;alit&#233; peu de chose &#224; voir avec quelques principes que ce soit d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; universelles. Ces &#8220; principes &#8221; appliqu&#233;s dans leur validit&#233; universelle pour tous les pays, au moins pour tous les pays &#8220; civilis&#233;s &#8221;, c'est-&#224;-dire pour les pays de civilisation capitaliste, &#224; l'&#8220; homme &#8221; abstrait, donc &#224; tous les hommes, sont un produit tardif de la soci&#233;t&#233; bourgeoise moderne dont les r&#233;volutions - en Am&#233;rique comme en France - les ont d'ailleurs proclam&#233;s pour la premi&#232;re fois. La soci&#233;t&#233; communiste primitive ignorait les principes g&#233;n&#233;raux valables pour tous les hommes ; son &#233;galit&#233; et sa solidarit&#233; naissaient des traditions communes de liens du sang et de la propri&#233;t&#233; commune des moyens de production. L'&#233;galit&#233; de droits et la solidarit&#233; des int&#233;r&#234;ts n'allaient pas plus loin que n'allaient ces liens du sang et cette propri&#233;t&#233;. Tout ce qui se trouvait hors de ces limites - qui n'allaient pas plus loin que les quatre pieux du village ou, plus largement, que les fronti&#232;res du territoire d'une tribu -&#233;tait &#233;tranger et pouvait m&#234;me &#234;tre ennemi. Les communaut&#233;s fond&#233;es &#224; l'int&#233;rieur sur la solidarit&#233; &#233;conomique pouvaient et devaient m&#234;me &#234;tre pouss&#233;es p&#233;riodiquement par le bas niveau de d&#233;veloppement de la production, par le rendement m&#233;diocre ou l'&#233;puisement de la source de nourriture et l'accroissement de la population, &#224; entrer en conflit mortel d'int&#233;r&#234;ts avec d'autres communaut&#233;s de m&#234;me genre. Il fallait alors que le combat bestial, la guerre, d&#233;cide de l'issue du conflit, extermination d'un des camps ou - plus souvent - &#233;tablissement de rapports d'exploitation. Ce n'&#233;tait pas le d&#233;vouement aux principes abstraits d'&#233;galit&#233; et de libert&#233; qui &#233;tait &#224; la base du communisme primitif, c'&#233;tait la n&#233;cessit&#233; d'airain du bas niveau de d&#233;veloppement de la civilisation humaine, de l'impuissance humaine face &#224; la nature, qui leur imposait comme une condition absolue d'existence de s'associer solidement en groupes importants et de proc&#233;der de fa&#231;on unie et planifi&#233;e dans leur travail, dans leur lutte pour l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me domination tr&#232;s limit&#233;e de la nature restreignait le plan commun et le travail commun &#224; un territoire relativement r&#233;duit de prairies naturelles ou de champs d&#233;frich&#233;s autour du village, et les rendaient tout &#224; fait impropres &#224; l'action commune sur une plus grande &#233;chelle. Le niveau primitif de l'agriculture ne permettait pas de cultures d&#233;passant le territoire du village et fixait ainsi des limites tr&#232;s &#233;troites &#224; la solidarit&#233; d'int&#233;r&#234;ts. Ce bas niveau de la productivit&#233; du travail provoquait p&#233;riodiquement des conflits d'int&#233;r&#234;ts entre les diff&#233;rents groupes sociaux et la violence brutale, seul moyen de r&#233;gler ces conflits. La guerre demeura la m&#233;thode permanente pour r&#233;soudre les conflits d'int&#233;r&#234;ts entre communaut&#233;s sociales jusqu'&#224; ce que le plus haut niveau de d&#233;veloppement de la productivit&#233; du travail, c'est-&#224;-dire la ma&#238;trise parfaite des hommes sur la nature, m&#238;t un terme &#224; leurs conflits d'int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels. Mais si le heurt entre les diverses communaut&#233;s communistes primitives &#233;tait une donn&#233;e permanente, l'issue en &#233;tait d&#233;cid&#233;e &#224; son tour par le d&#233;veloppement de la productivit&#233; du travail. S'agissait-il d'un conflit entre deux peuples de nomades &#233;leveurs de b&#233;tail qui se disputaient des p&#226;turages ? Seule la violence brutale pouvait d&#233;cider qui resterait ma&#238;tre du terrain et qui devait &#234;tre refoul&#233; vers des r&#233;gions inhospitali&#232;res et arides, ou &#234;tre extermin&#233;. L&#224; o&#249; l'agriculture &#233;tait d&#233;j&#224; assez prosp&#232;re pour pouvoir assurer une bonne nourriture sans absorber toute la force de travail et toute la vie des int&#233;ress&#233;s, l&#224; existait aussi le fondement d'une exploitation syst&#233;matique de ces paysans par des conqu&#233;rants &#233;trangers. C'est ainsi que nous voyons s'instaurer une situation comme celle du P&#233;rou o&#249; une soci&#233;t&#233; communiste exploite une autre soci&#233;t&#233; communiste. Cette structure originale de l'Empire Inca est importante ; elle nous permet de comprendre une s&#233;rie de formations semblables dans l'antiquit&#233; classique, en particulier au seuil de l'histoire grecque. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Wikipedia :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La hi&#233;rarchie dans l'empire inca reprend l'organisation traditionnelle des communaut&#233;s andines. L'Inca est &#224; la fois chef de son clan et souverain de tout l'empire. L'organisation communautaire est &#224; la base de la structure de l'empire. Dans de nombreux cas, l'Inca conqu&#233;rant veille &#224; ne pas bousculer l'organisation traditionnelle des populations &#224; assimiler et laisse en place les autorit&#233;s traditionnelles et leur confie des instructeurs du clan inca pour les informer des lois de l'empire et les instruire dans la religion officielle. Ces autorit&#233;s locales &#233;taient donc encadr&#233;es et rendaient comptes &#224; des sup&#233;rieurs hi&#233;rarchiques qui tous &#233;taient membres du clan Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il existait trois classes : la classe laborieuse constitu&#233;e des paysans et artisans, la classe de gouvernance locale et, au sommet, la classe dirigeante de souche inca qui tenait les r&#234;nes de l'empire. Cette classe dirigeante &#233;tait organis&#233;e comme un clan ordinaire dont les membres &#233;taient appel&#233;s aux plus hautes fonctions au sein de l'empire, qu'elles soient religieuses, militaires ou administratives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette soci&#233;t&#233; &#233;tait donc fond&#233;e sur un syst&#232;me de castes et on ne pouvait que tr&#232;s difficilement et exceptionnellement changer de rang. Un individu de la classe laborieuse pouvait acc&#233;der &#224; la classe dirigeante &#224; la suite d'un exploit militaire ou gr&#226;ce &#224; quelque autre m&#233;rite. Il arrivait, dans un but politique, que des dirigeants coop&#233;ratifs de peuples vaincus obtiennent des postes &#224; responsabilit&#233;s, souvent celui de Kurakas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie est fond&#233;e sur la gestion de la main-d'&#339;uvre, sur l'&#233;change d'&#233;nergie humaine, sur une sorte de collectivit&#233; du travail et nullement sur des &#233;changes de biens ou sur une possession collective des biens. La richesse &#233;tait li&#233;e non pas &#224; la possession des biens mais &#224; l'acc&#232;s &#224; la main-d'&#339;uvre pour la production de la communaut&#233;. Le pauvre &#233;tant celui qui poss&#232;de peu de liens de parent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet de l'organisation &#233;conomique se trouve l'Inca qui se repose sur les organisations ethniques et leur &#233;conomie de redistribution mais en g&#233;rant un syst&#232;me de redistribution &#224; un niveau sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kuraka, le chef de l'ayllu, &#233;tait charg&#233; de la r&#233;partition des terres, qui se faisait sur un mod&#232;le de parts, entre chaque membre du village apte &#224; travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux agricoles &#233;taient divis&#233;s en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	la part de l'Inca et de la famille royale ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle de chaque d&#233;tenteur de lopin de terre, pour subvenir aux besoins de sa famille ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	celle qui appartenait au village, afin de subvenir aux besoins des plus d&#233;munis. Un syst&#232;me d'entraide entre les familles &#233;tait tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. En plus des terres collectives, il existait des r&#233;serves qui permettaient de pallier le manque en cas de famine, ou quand venait une d&#233;l&#233;gation de l'Inca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre devoir de chaque membre de la communaut&#233; consistait &#224; s'occuper des travaux collectifs (comme l'entretien des canaux d'irrigation). Ce syst&#232;me connaissait cependant des faiblesses : les kurakas abusaient parfois du syst&#232;me, s'enrichissaient et constituaient une nouvelle classe dont les privil&#232;ges &#233;taient transmis par h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une redistribution au niveau local autour du groupe ethnique mais aussi une redistribution bien plus vaste, au niveau de l'empire. L'Inca s'en chargeait &#224; partir des r&#233;serves. Pour op&#233;rer ce travail, on faisait appel &#224; des mitas (transporteurs). L'empire organisait donc aussi la mita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition des terres ethniques semblait li&#233;e &#224; la redistribution, puisque chaque ann&#233;e, elle faisait l'objet d'un pacte ou d'une n&#233;gociation. Gr&#226;ce aux principes de la redistribution et de l'&#233;change d'&#233;nergie humaine, les Incas purent entreprendre de nombreuses constructions, cr&#233;er des greniers suppl&#233;mentaires, un r&#233;seau de routes, des centres administratifs...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les Incas : naissance et mort d'un empire (1439-1533) &#187;, Benjamin Sachelli :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au XIVe si&#232;cle, plusieurs p&#233;riodes de s&#233;cheresse frappant les hauts plateaux andins fragilisent les cultures. Pour survivre, les Incas descendent dans les vall&#233;es et s'emparent par la force des terres. Plusieurs campagnes militaires sont lanc&#233;es sur les riches vall&#233;es c&#244;ti&#232;res de Pisco et des Chincha. Pachacutec (1438-1471) conquiert le Nord en venant &#224; bout de l'empire Chimu. Ses troupes atteignent le bassin de Quito. Tupac Inca (1491-1493) conquiert l'Ouest et le Sud et soumet les peuples c&#244;tiers. Il descend jusqu'&#224; Santiago au Chili et consolide les fronti&#232;res sur l'autre versant des Andes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Incas poss&#232;dent une immense arm&#233;e pouvant regrouper jusqu'&#224; 140.000 hommes. Certes peu mobile, elle est d'une redoutable efficacit&#233; sur les batailles rang&#233;es et dans la prise des forteresses. L'empereur est le chef de l'arm&#233;e. Ses officiers, tous incas, le secondent. Ils sont habiles dans la ruse et la strat&#233;gie, sachant, par exemple, feindre des mouvements de repli. De plus, ils &#233;tudient le terrain et pr&#233;parent minutieusement leur plan de bataille. Les sous-officiers peuvent &#234;tre issus des autres peuples. Les Incas constituent des unit&#233;s par peuple et les laissent libres dans le choix de l'&#233;quipement. Ils leur font &#233;galement confiance dans leurs techniques. Les soldats sont donc plus efficaces. L'arm&#233;e &#233;vite, dans la mesure du possible, de vivre sur le pays, pour ne pas le ruiner et &#233;viter de s'attirer la haine des populations occup&#233;es. Ils conservent ainsi une r&#233;serve &#224; proximit&#233; en cas de n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre est la volont&#233; du dieu Inti, le soleil, mais elle sert &#233;galement &#224; renforcer le pouvoir des nouveaux empereurs. En effet, ceux-ci h&#233;ritent uniquement du titre et du pouvoir. Leurs pr&#233;d&#233;cesseurs emportent dans leur tombe les richesses acquises durant son r&#232;gne. Le nouvel empereur doit rapidement acqu&#233;rir de nouvelles richesses qui passent par la conqu&#234;te. De plus, de nombreux candidats au tr&#244;ne s'affrontent dans des guerres o&#249; le meilleur strat&#232;ge s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conqu&#234;te, les Incas recensent la population. L'empire regroupe dix millions de personnes, dont 40.000 Incas, soit 200 peuples diff&#233;rents. Les Incas laissent le choix : l'int&#233;gration ou la mort. Ils sont g&#233;n&#233;reux avec ceux qui se soumettent et impitoyables avec ceux qui se r&#233;voltent. Les Incas privil&#233;gient toujours l'adh&#233;sion, car ils ont besoin de terre et de main d'&#339;uvre. En ce sens, ils ne viennent pas pour d&#233;truire ou affaiblir. Les &#233;lites locales restent en place, continuent de g&#233;rer les affaires locales et servent de lien avec les nouvelles autorit&#233;s. Les &#233;lites locales qui satisfont les Incas re&#231;oivent des pr&#233;sents, ce qui revient &#224; acheter la coop&#233;ration, selon une logique de don/contre-don. De plus, les mariages entre les &#233;lites et les Incas resserrent les liens. Par ailleurs, les fils des &#233;lites sont emmen&#233;s de force &#224; Cuzco pour &#234;tre &#233;duqu&#233;s. Huayna Capac (1493-1522) am&#233;nage l'empire en construisant des villes et des routes. Il renforce les fronti&#232;res, longues de 5.000km, en b&#226;tissant des forteresses. Il r&#233;prime les r&#233;voltes. Des populations sont parfois d&#233;plac&#233;es pour casser les anciennes alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire est divis&#233; en quatre r&#233;gions trait&#233;es sur un pied d'&#233;galit&#233; et dirig&#233;es par un apu. Ce dernier supervise le recensement, administre, am&#233;nage, entretient les infrastructures et rend la justice. L'apu est toujours un inca. Les r&#233;gions sont subdivis&#233;es en provinces (80 pour tout l'empire), avec &#224; leur t&#234;te un gouverneur. Les terres sont redistribu&#233;es entre l'Etat, le clerg&#233; et le peuple. Les sujets doivent consacrer des jours de travail &#224; l'Etat pour cultiver des domaines, tisser des v&#234;tements, servir dans l'arm&#233;e et entretenir les infrastructures. Les peuples loyaux gardent leurs cultes et leurs divinit&#233;s. La seule obligation est d'honorer Inti, la divinit&#233; tut&#233;laire des Incas. Les divinit&#233;s des peuples rebelles sont prises en otages. Leurs statues sont amen&#233;es &#224; Cuzco. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l'origine, la civilisation Chav&#237;n (entre 1000 avant J.-C. et 200 avant J.-C. :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chav%C3%ADn_(culture)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation de Chav&#237;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le Ier et le VIIIe si&#232;cle, l'unit&#233; cr&#233;&#233;e par la civilisation Chav&#237;n disparut au profit de cultures plus locales (Mochica, Paracas-Nazca, Tiwanaku).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiwanaku&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Tiwanaku&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Huari&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les Incas, ce sont les Paracas-Nazca entre 200 avant J.-C. et 600 apr&#232;s J.-C. :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nazca_(civilisation)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Paracas-Nazca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Moche_(culture)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Mohica ou Moche, entre 100 apr&#232;s J.-C. et 700 apr&#232;s J.-C.)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats de Tiahuanaco et Huari s'effondrent brusquement au XIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le milieu du XIIIe si&#232;cle, le peuple Chim&#250; initie la cr&#233;ation d'un nouvel empire, sur la c&#244;te nord du P&#233;rou actuel, fond&#233; sur l'am&#233;nagement hydraulique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chim%C3%BA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Civilisation Chim&#250;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/html/exposition/des-mochicas-aux-incas-guiry-en-vexin-1323.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des Mochicas aux Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Titicaca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'origine des Incas : les indiens proches des Uros du lac Titicaca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/l-origine-des-incas-devoilee-par-la-genetique.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;bat scientifique sur l'origine des Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire inca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://info.artisanat-bolivie.com/Organisation-sociale-des-Incas-a309&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les classes sociales sous les Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.epbroye.ch/travauxapp/mpc2004/incas/EPB-Amel/Page0401.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trois classes sociales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cocomagnanville.over-blog.com/2015/11/l-empire-inca-tahuantinsuyu.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'organisation sociale et politique des Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/homme-empire-inca-doit-beaucoup-crottin-lama-30361/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une rencontre : lamas, crottins, ma&#239;s et&#8230; Incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_inca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre civile incas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://es.wikipedia.org/wiki/Guerra_civil_incaica&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guerra civil incaica&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.scielo.org.mx/scielo.php?script=sci_arttext&amp;pid=S0188-28722013000100002&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerra entre incas y chancas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIRE AUSSI :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi et comment l'empire Olm&#232;que a-t-il disparu ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution sociale qui a renvers&#233; la civilisation de Teotihuac&#225;n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de la civilisation maya sous les coups de la r&#233;volution sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de Tula et des Tolt&#232;ques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chute de l'empire Tiahuacano-Huari&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment a disparu la civilisation Chav&#237;n en 200 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La civilisation des Indiens du Mississippi, disparue &#224; l'issue d'une guerre civile, avant le d&#233;but de la colonisation europ&#233;enne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi la civilisation de Caral (P&#233;rou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre &#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volte des Indiens d'Am&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;volutions en M&#233;so-Am&#233;rique antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Liste des peuples indig&#232;nes des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gens iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La grande f&#233;d&#233;ration iroquoise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;mocratie indienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Sept Feux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des peuples indiens du Guatemala&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi l'empire azt&#232;que a-t-il &#233;t&#233; aussi facile &#224; abattre pour une poign&#233;e de conqu&#233;rants espagnols ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'empire incas, naissance et mort&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand la France colonisait les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Indiens de la for&#234;t amazonienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;limination des Inuits&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le g&#233;nocide colonial fran&#231;ais des peuples am&#233;rindiens cara&#239;bes des Petites Antilles de 1625-1660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens d'Am&#233;rique entre 1800 et 1830&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Tuez-nous et enterrez-nous ici&#034; : un appel d&#233;sesp&#233;r&#233; d'Indiens menac&#233;s d'expulsion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Administration indienne et d&#233;mocratie directe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'histoire de la conqu&#234;te du Br&#233;sil par les Occidentaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'effondrement de la civilisation Mochica (dite aussi Moche)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5283&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;tonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d'une compl&#232;te disparition&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les trois chutes (et la disparition finale), en 750, en 1100, en 1300 de notre &#232;re, de la civilisation p&#233;ruvienne Lambay&#232;que (ou Sic&#224;n)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5286&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La ca&#237;da de las antiguas civilizaciones de los Indios de las Americas y su relaci&#243;n con la revoluci&#243;n social&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quelques id&#233;es fausses sur les Indiens des Am&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luttes de classes dans les soci&#233;t&#233;s am&#233;rindiennes pr&#233;colombiennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La disparition des civilisations pr&#233;colombiennes est-elle un myst&#232;re ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bibliographie Am&#233;rique pr&#233;colombienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mythe de Jeanne d'Arc</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article4714</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article4714</guid>
		<dc:date>2015-04-30T00:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mythe change d'image &#224; travers les &#233;poques... &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mythe de Jeanne d'Arc &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas eu un seul mythe de Jeanne d'Arc mais plusieurs (mythes de gauche, de droite et d'extr&#234;me droite, mythes religieux et mythes la&#239;cs) : tout d'abord celui de l'&#233;poque consistant &#224; convaincre successivement tous les cercles du pouvoir royal, de plus en plus proche du dauphin, de l'utilit&#233; de construire un tel personnage de sauveur sacr&#233; issu des milieux les plus populaires et consid&#233;r&#233; comme miraculeux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mythe change d'image &#224; travers les &#233;poques...&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L177xH230/-1218-1ec51.jpg?1776674162' width='177' height='230' alt='' /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/-1221.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH721/-1221-5ddc9.jpg?1776674162' width='500' height='721' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/-1212.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L366xH1024/-1212-939e1.jpg?1776674162' width='366' height='1024' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH692/-1207-cc7c7.jpg?1776674162' width='500' height='692' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L225xH225/-1209-8f159.jpg?1776674162' width='225' height='225' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mythe de Jeanne d'Arc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas eu un seul mythe de Jeanne d'Arc mais plusieurs (mythes de gauche, de droite et d'extr&#234;me droite, mythes religieux et mythes la&#239;cs) : tout d'abord celui de l'&#233;poque consistant &#224; convaincre successivement tous les cercles du pouvoir royal, de plus en plus proche du dauphin, de l'utilit&#233; de construire un tel personnage de sauveur sacr&#233; issu des milieux les plus populaires et consid&#233;r&#233; comme miraculeux pour redonner confiance aux troupes fran&#231;aises et m&#234;me pour reconstruire la confiance en lui-m&#234;me du futur roi fran&#231;ais, le dauphin Charles qui n'a pas pu encore &#234;tre couronn&#233; roi de France et risque de ne jamais l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu ensuite le mythe diffus&#233; dans toute la France pour donner courage aux troupes fran&#231;aises en leur faisant croire qu'elles &#233;taient soutenues directement par dieu et que leurs adversaires avaient pacte avec le diable, ce qui voulait dire que les soldats avaient non seulement de bonnes raisons de croire &#224; leur victoire mais aussi &#224; leur salut au paradis. Tout cela va durer jusqu'&#224; la mort de Jeanne d'Arc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, c'est &#224; partir du XVIe si&#232;cle que Jeanne est nomm&#233;e &#171; la Pucelle d'Orl&#233;ans &#187;, cette vierge qui aurait sauv&#233; cette ville de la domination anglaise, entra&#238;nant un basculement de la France vers son roi et non vers la domination anglaise. La Ligue catholique, s'appuyant sur une d&#233;magogie d'extr&#234;me droite int&#233;griste fasciste anti-protestante et pogromiste, s'approprie alors ce mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, durant plusieurs si&#232;cles, ce mythe est disparu. Au XVIIe si&#232;cle, F&#233;nelon fait l'impasse sur elle dans ses &#339;uvres. Louis XIV qui vient d'acqu&#233;rir la Franche-Comt&#233; et plusieurs villes de Flandre, admet mal qu'une paysanne ait appel&#233; &#224; la r&#233;sistance contre un envahisseur et ait sauv&#233; sa dynastie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est beaucoup plus tard que les classes dirigeantes et l'Eglise ont lanc&#233; un nouveau mythe Jeanne d'Arc apr&#232;s la longue &#233;clipse du 16&#232;me au 18&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le XIXe si&#232;cle, elle est trait&#233;e de &#171; m&#232;re de la nation fran&#231;aise &#187;. Elle a &#233;t&#233; b&#233;atifi&#233;e par la papaut&#233; en 1909. C'est seulement en 1920 qu'elle est canonis&#233;e par la papaut&#233; et, en m&#234;me temps, que la f&#234;te de Jeanne d'Arc devient f&#234;te nationale d'une France qui continue &#224; se pr&#233;tendre la&#239;que !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, c'est pour b&#226;tir le nationalisme bourgeois fran&#231;ais sur des bases pr&#233;tend&#251;ment historiques qu'un nouveau mythe de Jeanne d'Arc a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme n&#233;cessaire, accompagnant les mythes de Charlemagne, de Louis XIV, de Duguesclin ou de Henri IV, et aussi un nouveau mythe national-guerrier dans la p&#233;riode des guerres de 1870, 1914 et 1939. C'est seulement alors que l'unanimisme national derri&#232;re ce conte de f&#233;es et ce r&#233;cit pr&#233;tendument miraculeux et sacr&#233; a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun conna&#238;t l'histoire de Jeanne d'Arc - la berg&#232;re de Domr&#233;my &#224; laquelle les anges parlaient quand elle gardait ses moutons ! - qui est consid&#233;r&#233; comme l'un des fondements de la nation fran&#231;ais et de son id&#233;ologie nationale populaire. Son h&#233;ro&#239;ne est reconnue comme tel par tous les courants politiques, de l'extr&#234;me droite &#224; la gauche (radicaux, sociaux-d&#233;mocrates et staliniens) en passant par la droite, qu'elle soit calotine ou m&#234;me anti-calotine, en comptant bien s&#251;r l'Eglise et la papaut&#233; qui en ont fait une sainte &#224; miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette reconnaissance a souvent attendu des ann&#233;es ou des d&#233;cennies car la royaut&#233;, la noblesse, la bourgeoisie et les partis social-d&#233;mocrate et stalinien ont mis du temps avant de souhaiter r&#233;int&#233;grer Jeanne d'Arc dans leur Panth&#233;on mythique national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La royaut&#233; et la noblesse, de l'&#233;poque des &#233;v&#233;nements historiques ou des p&#233;riodes qui ont juste suivi, &#233;taient r&#233;ticents &#224; donner ainsi un r&#244;le historique aux milieux populaires. La papaut&#233; est pass&#233;e d'une condamnation comme sorci&#232;re &#224;&#8230; une reconnaissance comme sainte&#8230; Cela a plut&#244;t rendu circonspecte la bourgeoisie r&#233;publicaine qui a mis du temps &#224; f&#234;ter Jeanne d'Arc, craignant d'avoir l'air de suivre ainsi l'Eglise mais ils ont trouv&#233; le moyen de la f&#234;ter le 1er mai pendant que l'Eglise la f&#234;tait le 8 mai ! Les staliniens ont &#233;t&#233; les derniers &#224; se rallier, en 1935, en m&#234;me temps qu'ils rejoignaient le nationalisme fran&#231;ais. Tous ceux-l&#224; ont fini par la consid&#233;rer comme la fondatrice d'un nationalisme populaire dans lequel sa personnalit&#233; aurait permis de redresser une situation compromise du pays, la France &#233;tant officiellement remise un roi anglais et la noblesse fran&#231;aise ayant admis cette royaut&#233; anglaise impos&#233;e par le roi Henry V qui est mort au ch&#226;teau de Vincennes, proche de Paris, en ayant r&#233;ussi &#224; gagner &#224; lui une partie importante de la noblesse fran&#231;aise dont les nobles de Bourgogne et ceux du sud-ouest de la France. Cette h&#233;ro&#239;ne populaire aurait alors r&#233;ussi &#224; renverser la situation, parvenant seule &#224; s'imposer &#224; un roi qui n'avait aucune confiance en lui-m&#234;me, qui ne pouvait pas &#234;tre intronis&#233; puisque les villes principales pour un roi fran&#231;ais, comme Reims et Paris, &#233;taient aux mains de ses adversaires pro-anglais, qui aurait r&#233;ussi aussi &#224; s'imposer par sa seule force de conviction religieuse et passionnelle aux dirigeants f&#233;odaux et militaires, pour finalement prendre la t&#234;te d'une contre-offensive militaire des troupes fran&#231;aises jusqu'&#224; reprendre la ville d'Orl&#233;ans, retourner celle de Reims, faire sacrer le dauphin comme roi de France dans cette ville, attaquer m&#234;me la ville de Paris puis de Rouen, et desserrer ainsi l'&#233;tau militaire anglais en rendant confiance en elles-m&#234;mes aux troupes fran&#231;aises qui &#233;taient compl&#232;tement d&#233;moralis&#233;es. Et cela &#233;tant d'autant plus remarquable que les origines populaires de Jeanne d'Arc (une jeune berg&#232;re qui gardait des moutons, fille de paysans pauvres) cr&#233;ditaient l'id&#233;e que la royaut&#233; fran&#231;aise, et aussi toute la nation, avait &#233;t&#233; sauv&#233;e de la domination anglaise par le redressement national populaire, au moment m&#234;me o&#249; le roi, son entourage, la noblesse et la bourgeoisie s'&#233;taient abandonn&#233;s &#224; la domination anglaise. Mieux m&#234;me, ce serait Jeanne d'Arc qui aurait invent&#233; le sentiment national fran&#231;ais puisqu'auparavant cette id&#233;e m&#234;me d'une nation fran&#231;aise ne signifiait rien dans le monde f&#233;odal de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans cette th&#232;se officielle autant de mensonges que d'affirmations qui vont &#224; l'encontre de l'Histoire, m&#234;me si celle-ci n'est pas toujours facile &#224; reconstituer et n'est jamais neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeanne d'Arc n'&#233;tait pas une pauvre berg&#232;re, fille de paysans pauvres. Elle ne s'est lanc&#233;e toute seule, sans soutien de chefs militaires et nobles. Ce n'est pas elle qui a lanc&#233; la contre-offensive du nationalisme fran&#231;ais. Ce n'est pas par ses seules forces de conviction qu'elle a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e au roi, qu'elle a acquis du poids &#224; la cour royale et au conseil du roi. Elle n'a pas pris la t&#234;te des troupes fran&#231;aises. Ou plut&#244;t, la seule fois o&#249; elle l'a fait v&#233;ritablement, dans une offensive contre Paris, celle-ci a piteusement &#233;chou&#233;. Jeanne d'Arc n'a jamais &#233;t&#233; admise au conseil militaire de l'arm&#233;e du roi de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode militaire qui est pr&#234;t&#233; &#224; Jeanne d'Arc, c'est surtout la conqu&#234;te d'Orl&#233;ans. Or Jeanne n'y joue en fait aucun r&#244;le militaire. Le dauphin Charles n'a donn&#233; son accord pour envoyer Jeanne &#224; Orl&#233;ans assi&#233;g&#233;e par les Anglais, qu'&#224; condition que participe au convoi de ravitaillement et pas &#224; la t&#234;te d'une arm&#233;e. Ce n'est pas du tout l'action militaire de Jeanne qui permet de contraindre les Anglais &#224; lever le si&#232;ge de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429. Apr&#232;s le nettoyage de la vall&#233;e de la Loire gr&#226;ce &#224; la victoire de Patay (o&#249; Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429, remport&#233;e face aux Anglais, Jeanne se rend &#224; Loches et persuade le Dauphin d'aller &#224; Reims se faire sacrer roi de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir dans tous ces &#233;v&#233;nements une action militaire de Jeanne en chef de guerre conseill&#233;e par dieu n&#233;cessite une bien grande cr&#233;dulit&#233; ! Comme nous l'avons dit plus haut, le seul v&#233;ritable acte de guerre d'ampleur auquel elle prend part est un &#233;chec (&#224; Paris) et le second conduit &#224; son arrestation par les troupes des Bourguignons qui la vendent aux Anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figure pr&#233;tendument inspir&#233;e par dieu, elle a certainement &#233;t&#233; utilis&#233;e pour cr&#233;er un courant d'opinion et favoriser le camp fran&#231;ais sur le terrain psychologique mais certainement pas pour r&#233;ellement diriger les arm&#233;es vers des victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, ce qui montre le mieux qu'elle n'est que le produit d'une politique nationaliste des classes dirigeantes fran&#231;aises commenc&#233;e bien avant, c'est qu'elle est loin d'&#234;tre la seule &#224; avoir eu des visions de son r&#244;le mystique, militaire et nationaliste pour sauver le pays et le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs dizaines de jeunes femmes dans tout le pays, parmi lesquelles Jehanne des Armoises, Jeanne de Semaises, Katerine de La Rochelle, Brigitte de Su&#232;de, Catherine de Sienne et bien d'autres, dont les noms sont plus ou moins not&#233;es par les historiens, ont cru au m&#234;me moment au m&#234;me r&#244;le, se sont attribu&#233;es une mission de sauveur, investies par le dieu des catholiques pour la d&#233;fense de la France et du roi, se sont habill&#233;es en homme, ont pris cheval et armes pour entrer en guerre contre des Anglais assimil&#233;s au diable, tout ce que des femmes ne faisaient jamais qu'elles soient ou non issues de milieux populaires, m&#234;me si une seule d'entre elles a connu finalement la notori&#233;t&#233; historiques et un succ&#232;s aussi grand. C'est que l'appel au peuple avait &#233;t&#233; lanc&#233; par le clerg&#233;, une partie de la noblesse et de la bourgeoisie et transmis jusque dans les campagnes les plus recul&#233;es et visait &#224; faire croire au caract&#232;re sacr&#233; de l'union nationale. L' &#171; union sacr&#233;e &#187; n'a pas &#233;t&#233; invent&#233;e par la bourgeoisie en 1914 mais, comme on le verra, par la classes dirigeantes de 1370 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de femmes proph&#233;tesses se voyant soldates de la France et du roi &#233;tait alors tellement fr&#233;quent que plusieurs textes d'&#233;poque en rendent compte comme le trait&#233; &#171; De probatione spiritium &#187; de Jean de Gerson, ou encore l'appel de l'universit&#233; de la Sorbonne de 1391 ou celui de l'universit&#233; de Paris de 1413 affirmant que ces personnes devaient exposer leurs affirmations afin qu'ils puissent juger de la validit&#233; religieuse de ces proph&#233;ties. Le journal d'un bourgeois de Paris de 1431 cite en m&#234;me temps l'existence de quatre femmes croyant &#234;tre investies par dieu de cette t&#226;che de lib&#233;ration du pays. Plusieurs d'entre elles ont &#233;t&#233; jug&#233;es diaboliques et br&#251;l&#233;es vives. Sur ce plan non plus, Jeanne d'Arc n'est pas la seule&#8230;. Jeanne d'Arc a m&#234;me conseill&#233; parfois le roi sur ce qu'il fallait penser des autres femmes pr&#233;tendant au m&#234;me r&#244;le qu'elles de missionnaires de dieu, des vierges charg&#233;es de se sacrifier de sauver la France, affirmant transmettre au roi ce que lui disaient les anges sur ces femmes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce sont des religieux catholiques qui ont lanc&#233; les &#171; jeannes &#187;, ce sont aussi des religieux qui les ont combattues et br&#251;l&#233;es et ce n'est que bien apr&#232;s sa mort que la hi&#233;rarchie catholique fran&#231;aise ainsi que la papaut&#233; ont d&#233;cid&#233; de reconnaitre une &#171; sainte Jeanne d'Arc &#187;, comme sainte protectrice de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces jeunes femmes ont cru &#224; leur r&#244;le, &#224; la fois historique et religieux, pour sauver la nation, pour sauver le roi, pour faire sortir les troupes anglaises de France. Toutes ont cru avoir re&#231;u des messages divins ou ang&#233;liques, ont pens&#233; avoir entendu des voix c&#233;lestes, leur disant de quitter leurs campagnes pour annoncer au grand public leur message divin, mobiliser le peuple et les soldats pour mener la guerre aux Anglais consid&#233;r&#233;s comme des diables et comme des menaces pour la vie de tous les Fran&#231;ais. Ce n'est nullement un hasard : dans toute la zone rest&#233;e fran&#231;aise, noblesse comme clerg&#233; et comme bourgeoisie, toutes les classes dominantes se sont mobilis&#233;es contre la domination anglaise. Ce ne sont pas les milieux paysans pauvres qui ont r&#233;agi et lanc&#233; le nationalisme fran&#231;ais, mais les paysans riches, les bourgeois et les nobles et c'est eux qui ont d&#233;cid&#233; de lancer une vaste campagne de propagande nationaliste dans les milieux populaires. En France, ils &#233;taient en train d'inventer quelque chose qui n'avait jamais exist&#233;, le f&#233;odalisme n'&#233;tant pas centralisateur ni national, n'ayant jamais cherch&#233; &#224; d&#233;velopper une conscience nationale ou citoyenne, se fondant m&#234;me au contraire sur la division f&#233;odale, chaque groupe de paysans n'&#233;tant attach&#233;e qu'&#224; son seigneur local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion m&#234;me de nation &#233;tait &#233;trang&#232;re au peuple autant qu'aux classes dirigeantes. Ainsi, les seigneurs qui gouvernaient l'Angleterre &#233;taient tout aussi fran&#231;ais que ceux qui gouvernaient en France et les uns comme les autres n'avaient pas fond&#233; leur pouvoir sur une centralisation nationale mais sur la conception hi&#233;rarchique de la f&#233;odalit&#233; et de son partage des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grand nombre d'autres jeunes filles comme Jean d'Arc, croyaient comme elle entendre des voix divines leur enjoignant de se mettre &#224; la t&#234;te du redressement national pour sauver le pays et le roi, et apparues exactement au m&#234;me moment, s'explique par le fait que les classes dirigeantes, de la noblesse au clerg&#233;, de la bourgeoisie aux paysans ais&#233;s, avaient lanc&#233; des pr&#234;ches pour d&#233;noncer les risques li&#233;s &#224; une domination anglaise et pour propager, dans tous les milieux y compris populaires, le nationalisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier milieu dans lequel cette propagande s'&#233;tait exerc&#233;e &#233;tait celui des soldats. D'habitude, on ne se pr&#233;occupait pas de convaincre les soldats de la justesse de la cause pour laquelle ils se mobilisaient militairement, autrement qu'en leur enjoignant d'ob&#233;ir &#224; leurs sup&#233;rieurs f&#233;odaux et en leur exposant combien ils allaient pouvoir s'enrichir par le pillage et y gagner des territoires, des seigneuries et des avanc&#233;es dans la hi&#233;rarchie f&#233;odale. D&#233;sormais, les dirigeants fran&#231;ais se mobilisent pour convaincre les troupes qu'elles m&#232;nent une guerre sacr&#233;e, voulue par dieu, pour le pays, pour le peuple, pour le sauvetage de leur &#226;me et autre baratin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, &#224; partir de 1373, le duc Louis 1er d'Anjou lance la tapisserie de l'Apocalypse (aujourd'hui au ch&#226;teau d'Angers) qui est une immense bande dessin&#233;e (sur tapisserie) pr&#233;sentant les Anglais comme des soldats du d&#233;mon (on reconnait leurs casques et on leur a dessin&#233; des cornes), et les pr&#233;sentant comme une arm&#233;e voulant transformer Paris en la Babylone maudite par le christianisme. Le duc fait passer les troupes du roi, dites troupes fran&#231;aises, devant ces dessins et mobilise les troupes dans le sens du nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il n'y a pas moins de troupes fran&#231;aises, pas moins de seigneurs f&#233;odaux, du c&#244;t&#233; dit anglais que du c&#244;t&#233; dit fran&#231;ais et la guerre entre le camp dit fran&#231;ais, celui des seigneurs Armagnacs, et le camp dit anglais, celui des Bourguignons, est une guerre en grande partie franco-fran&#231;aise et f&#233;odale. C'est seulement dans cette p&#233;riode que cette guerre va commencer &#224; devenir une guerre nationale, une guerre fondatrice aussi d'une classe dirigeante nationale qui n'existait absolument pas auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des commentateurs donnent &#224; Jeanne d'Arc un r&#244;le politique et militaire beaucoup plus personnel, plus miraculeux et beaucoup plus d&#233;terminant qu'il ne l'a &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233;. Prenons par exemple le commentaire de wikipedia qui parle d'action d&#233;cisive de Jeanne d'Arc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alli&#233;s au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le trait&#233; de Troyes, sign&#233; entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavi&#232;re, reine de France et r&#233;gente. Selon les termes de ce trait&#233;, Henri V se marie &#224; Catherine de Valois, fille de Charles VI. &#192; la mort de Charles VI, la couronne doit revenir &#224; leur descendance, r&#233;unissant les deux royaumes. Ce trait&#233; est contest&#233; par la noblesse fran&#231;aise car il spolie le Dauphin - consid&#233;r&#233; comme enfant ill&#233;gitime et assassin du duc de Bourgogne - de son droit &#224; la succession. &#192; la mort de Charles VI en 1422, la France n'a donc plus de roi ayant &#233;t&#233; sacr&#233;. La couronne de France est alors revendiqu&#233;e par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succ&#233;der &#224; son p&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#192; compter de 1380, l'affaiblissement du pouvoir royal, conjugu&#233; &#224; un contexte &#233;conomique difficile, conduit &#224; une p&#233;riode de guerre civile dans les deux pays, situation dont le royaume d'Angleterre est le premier &#224; sortir. Henri V d'Angleterre profite alors de la folie du roi Charles VI de France et de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons pour relancer le conflit. Fort de son alliance avec les Bourguignons, il obtient la couronne de France pour son fils Henri VI par le trait&#233; de Troyes de 1420. Cependant, le sentiment national naissant et la modification des circuits &#233;conomiques rendent difficile le maintien des Anglais en France. En 1429, en renfor&#231;ant la l&#233;gitimit&#233; de Charles VII, l'action de Jeanne d'Arc est d&#233;cisive. Six ans plus tard, celui-ci conclut la paix d'Arras avec le duc de Bourgogne ; les Anglais sont d&#232;s lors inexorablement repouss&#233;s et ne contr&#244;lent plus en 1453 que Calais sur le continent, la paix &#233;tant sign&#233;e en 1475 (trait&#233; de Picquigny). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Depuis l'assassinat de Louis d'Orl&#233;ans en novembre 1407, le pays est d&#233;chir&#233; par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Ceux-ci se disputent le pouvoir au sein du conseil de r&#233;gence pr&#233;sid&#233;, &#224; cause de la folie de son &#233;poux, par la reine Isabeau. Profitant de ce conflit, Henri V, roi d'Angleterre relance les hostilit&#233;s et d&#233;barque en Normandie en 1415. La chevalerie fran&#231;aise subit un d&#233;sastre &#224; Azincourt, face au Corps des Long Bow, archers gallois. En effet, les Anglais disposent d'un corps gallois ayant une ma&#238;trise meurtri&#232;re de l'arc long (longbow). Toujours bien abrit&#233;s des charges de cavalerie par des pieux dispos&#233;s &#224; l'avance, ces gallois d&#233;ciment sous une pluie de fl&#232;ches la chevalerie fran&#231;aise, dont les chevaux ne sont pas encore prot&#233;g&#233;s. Ils vont ainsi devenir ma&#238;tres des batailles &#224; terrain d&#233;couvert malgr&#233; leur nette inf&#233;riorit&#233; num&#233;rique. Mais apr&#232;s Orl&#233;ans, Jeanne ayant obtenu des chefs militaires fran&#231;ais &#8212; sur &#171; sa grande insistance &#187; &#8212; de poursuivre les troupes anglaises, le Corps des Long Bow est surpris faisant une pause &#224; Patay et, inorganis&#233;s, quasiment tous ses archers sont massacr&#233;s par des charges de cavalerie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce qui va v&#233;ritablement faire dispara&#238;tre le Corps de Long Bow, c'est l'apparition de l'artillerie qui n'a rien &#224; voir avec Jeanne D'Arc. Rien ne prouve m&#234;me que Jeanne d'Arc soit pour quelque chose dans la strat&#233;gie des chefs militaires qui ont toujours &#233;t&#233; r&#233;ticents &#224; suivre les imaginations d'une illumin&#233;e et diminuer leur propre influence sur le roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me wikipedia note que le mythe de Jeanne d'Arc est une construction venue bien apr&#232;s et qui a mis du temps pour trouver une audience unanime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au cours des si&#232;cles, et principalement &#224; partir du XIXe si&#232;cle, la figure historique de Jeanne d'Arc a &#233;t&#233; reprise par de nombreux auteurs pour illustrer ou cristalliser des messages religieux, philosophiques ou politiques. L'image de Jeanne d'Arc a ainsi fait l'objet depuis la fin du XIXe si&#232;cle de r&#233;cup&#233;ration par diff&#233;rents partis politiques tant de la gauche (voyant en elle une fille du peuple br&#251;l&#233;e par l'&#201;glise et abandonn&#233;e par le roi) que de la droite (voyant en elle une h&#233;ro&#239;ne nationale, sainte), et par diff&#233;rents courants de pens&#233;e philosophiques ou religieux pour des raisons parfois contradictoires, faisant m&#234;me de Jeanne d'Arc en France un personnage officiel. Elle a ainsi pu, par exemple, illustrer pour Michelet une &#171; sainte la&#239;que &#187; ou encore, &#224; partir de son proc&#232;s en canonisation en 1897, repr&#233;senter le symbole d'une chr&#233;tienne luttant pour sa foi et sa patrie. Dans le domaine politique, elle est devenue un symbole national fran&#231;ais lors de la guerre franco-allemande de 1870 puis est reprise par de nombreux partis et figures politiques qui vont du parti socialiste, avec entre autres Jean Jaur&#232;s, jusqu'&#224; l'extr&#234;me-droite. Si Jeanne d'Arc s'est impos&#233;e parmi les principales figures de l'histoire de France, c'est en partie d&#251; aux nombreux relais litt&#233;raires, politiques et religieux qui ont mis en avant le personnage depuis plus de quatre si&#232;cles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	femme ind&#233;pendante et forte pour Christine de Pisan ou R&#233;gine Pernoud ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	personnage mal&#233;fique, sorci&#232;re pour William Shakespeare ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	h&#233;ro&#239;ne &#233;pique pour Jean Chapelain ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	personnage burlesque pour Voltaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	guerri&#232;re mourant sur le champ de bataille pour Friedrich Schiller ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	incarnation du peuple fran&#231;ais pour Jules Michelet ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	instrument d'un complot cl&#233;rical pour Anatole France ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	sainte nationale pour Mgr F&#233;lix Dupanloup ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	r&#233;sistante patriotique pour Bernard Shaw ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	f&#233;ministe avant l'heure pour les suffragettes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	sainte de l'&#201;glise universelle et personnalit&#233; de stature internationale pour Guido G&#246;rres ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	femme opprim&#233;e, victime pour L&#233;onard Cohen, Luc Besson&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son vivant, les partisans de Charles VII voient en elle une sainte, une h&#233;ro&#239;ne dont la destin&#233;e est de &#171; bouter les Anglais hors de France &#187; : les Armagnac d&#233;veloppent l'image d'&#201;pinal de la pauvre berg&#232;re de Lorraine alors qu'elle est originaire de Domr&#233;my, village du Barrois, un des rares territoires fid&#232;les au dauphin Charles, que son p&#232;re Jacques d'Arc est un laboureur, propri&#233;taire ais&#233; et qu'elle n'a gard&#233; les animaux qu'occasionnellement, le mythe de la berg&#232;re &#233;tant utilis&#233; pour signaler qu'une &#171; simple d'esprit &#187; pouvait aider le chef de la chr&#233;tient&#233; (le berger &#233;tait per&#231;u au Moyen &#194;ge comme un ben&#234;t voyant Dieu facilement, avec une forte connotation de h&#233;ros protecteur du peuple, comme J&#233;sus). Cette l&#233;gende de la berg&#232;re r&#233;sulte probablement de la volont&#233; des Armagnac de transmettre cette image (plus symbolique qu'une simple fille de paysans ais&#233;s) &#224; des fins de propagande politico-religieuse pour montrer qu'une &#171; simple d'esprit &#187; pouvait aider le chef de la chr&#233;tient&#233; du royaume de France et guider son arm&#233;e, illumin&#233;e par la foi. Les Bourguignons consid&#232;rent qu'elle est manipul&#233;e par des personnages influents de la Cour de France tandis que les Anglais la prennent pour une sorci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son culte d&#233;cline rapidement et les si&#232;cles suivants ne lui portent qu'un int&#233;r&#234;t inconstant : son historiographie au XVIe si&#232;cle est surtout marqu&#233;e par la Ligue catholique qui s'approprie son mythe. Shakespeare en fait une sorci&#232;re dans sa pi&#232;ce Henry VI (premi&#232;re partie). Au XVIIe si&#232;cle, F&#233;nelon fait l'impasse sur elle dans ses &#339;uvres. Louis XIV qui vient d'acqu&#233;rir la Franche-Comt&#233; et plusieurs villes de Flandre, admet mal qu'une paysanne ait appel&#233; &#224; la r&#233;sistance contre un envahisseur et ait sauv&#233; sa dynastie5. Si sa figure int&#233;resse peu les r&#233;volutionnaires qui suppriment sa f&#234;te et abattent son monument &#224; Orl&#233;ans en septembre 1792 pour en faire des canons, elle conna&#238;t son &#226;ge d'or depuis la Restauration des Bourbon jusqu'au Second Empire qui voit son mythe s'&#233;panouir avec le &#171; patriotisme moderne &#187; : la gauche s'approprie sa figure romantique de fille du peuple trahie par le roi et br&#251;l&#233;e par l'&#201;glise, tandis que la droite loue la ferveur catholique et monarchiste de la Pucelle. Apr&#232;s la guerre franco-allemande de 1870, Jeanne devient la &#171; bonne Lorraine &#187; sous la Troisi&#232;me R&#233;publique et la biographie Jeanne d'Arc d'Henri Wallon, qui conna&#238;t quinze &#233;ditions, pr&#233;sente une Jeanne catholique et r&#233;publicaine. Elle est utilis&#233;e comme symbole de l'union nationale lors des deux guerres mondiales mais aussi comme f&#233;tiche anglophobe par le r&#233;gime de Vichy. &#192; partir des ann&#233;es 1980 dans une soci&#233;t&#233; qui se d&#233;christianise, sa figure religieuse d&#233;cline mais sa figure politique fait toujours l'objet de r&#233;cup&#233;ration tandis qu'elle suscite un foisonnement culturel (histoire, romans, films, documentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1762, Voltaire publie un livre, qui se veut un pastiche du style de l'&#233;pop&#233;e h&#233;ro&#239;que, La Pucelle d'Orl&#233;ans. Il s'agit d'un texte, compos&#233; de 21 chants, qui produit des effets burlesques et comiques en d&#233;tournant certaines particularit&#233;s narratives du genre (archa&#239;smes incongrus, interpellation du lecteur, rapprochements triviaux des protagonistes du r&#233;cit, etc.). Ainsi la monture de Jeanne d'Arc est un &#226;ne ail&#233; (P&#233;gase aux deux longues oreilles) qui transporte sa ma&#238;tresse de fa&#231;on quasi instantan&#233;e aux endroits o&#249; sa pr&#233;sence est n&#233;cessaire. Cet &#226;ne tente d'assouvir sa concupiscence sur Jeanne d'Arc et est abattu par Dunois, l'un de ses capitaines, auquel elle sacrifie alors sa vertu. Voltaire dans sa correspondance ne prend gu&#232;re au s&#233;rieux &#171; tante coglionerie &#187; (&#171; tant de couillonnades &#187;) mais il revient encore au personnage de Jeanne d'Arc en 1775 dans l'Essai sur les m&#339;urs. Dans un style certes diff&#233;rent mais avec un &#233;tat d'esprit identique, il d&#233;nonce la cr&#233;dulit&#233; populaire, l'intervention de la providence dans l'Histoire et les d&#233;rives criminelles d&#233;coulant du sectarisme religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cependant &#224; la plume alerte de l'historien Jules Michelet que l'on doit la transformation la plus radicale du personnage en 1841. Cette ann&#233;e-l&#224; en effet, il publie un livre, intitul&#233; Jeanne d'Arc (en fait le Livre V de son Histoire de France), et fait entrer la jeune femme dans la cat&#233;gorie des h&#233;ros incarnant le peuple. Il appuie son argumentation sur les origines modestes de Jeanne, ses origines provinciales, son absence de culture savante, la na&#239;vet&#233; de sa pratique religieuse, son bon sens qui emp&#234;che de la ranger dans le camp des illumin&#233;s, ses instants de doute et de faiblesse&#8230; En s'imposant &#224; ses capitaines par son exemplarit&#233;, en r&#233;alisant l'unit&#233; autour de sa personne, Jeanne d'Arc est &#224; l'origine, selon Michelet, d'une des &#233;tapes d&#233;cisives de la construction de la France. Elle cristallise le sentiment national8 du peuple fran&#231;ais et fait &#233;merger le nationalisme. Sa vision de Jeanne fait un parall&#232;le, troublant pour cet historien ath&#233;e, avec le Christ. Jeanne se plie &#224; sa mission dont elle sait qu'elle lui co&#251;tera la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Souvenons-nous toujours, Fran&#231;ais, que la patrie chez nous est n&#233;e du c&#339;ur d'une femme, de sa tendresse et des larmes, du sang qu'elle a donn&#233; pour nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision, par un historien r&#233;publicain et libre-penseur d'une Jeanne d'Arc populaire &#8212; fille du peuple, oubli&#233;e par le roi Charles VII, martyris&#233;e par l'&#201;glise, h&#233;ro&#239;ne du peuple &#8212; est amplifi&#233;e avec la publication par Jules Quicherat, un &#233;l&#232;ve de Michelet, des actes des deux proc&#232;s (en latin) d'apr&#232;s les manuscrits de la Biblioth&#232;que nationale de France (1841-1849). Puis Henri Martin, un autre historien r&#233;publicain, publie en 1856 un livre sur &#171; Jeanne Darc &#187; (en d&#233;mocratisant l'orthographe) faisant de celle-ci l'incarnation de l'esprit et des vertus gauloises, la &#171; pure essence &#187; fran&#231;aise. Selon lui, elle repr&#233;sente un &#171; messie de rationalit&#233; &#187; s'opposant au clerg&#233; romain. La longue notice de Pierre Larousse dans le Grand Dictionnaire du XIXe si&#232;cle (1870) synth&#233;tise parfaitement les sentiments des r&#233;publicains, souvent libres penseurs : &#171; 1) Jeanne Darc eut-elle r&#233;ellement des visions ? (non). 2) Son mobile le plus certain ne prit-il pas sa source dans les mouvements d'un patriotisme exalt&#233; ? (oui). 3) Quels furent les vrais sentiments du roi &#224; son &#233;gard ? (indiff&#233;rence et d&#233;fiance). 4) Quelle a &#233;t&#233; dans tous les temps la vraie pens&#233;e du clerg&#233; pour Jeanne (entraver sa mission, la faire mourir et, sous pr&#233;texte de la r&#233;habiliter, charger de l&#233;gendes sa m&#233;moire). &#187; Ces propos sont &#233;crits un an &#224; peine apr&#232;s le pan&#233;gyrique de Mgr Dupanloup &#224; Orl&#233;ans &#233;voquant la saintet&#233; de Jeanne d'Arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes revendiquent eux aussi cette approche de Jeanne d'Arc. Ainsi Lucien Herr, biblioth&#233;caire de l'&#201;cole normale sup&#233;rieure, &#233;crit dans Le Parti Ouvrier, sous le pseudonyme de Pierre Breton, le 14 mai 1890 un article dont le titre est Notre Jeanne d'Arc qui d&#233;nie &#224; l'&#201;glise catholique romaine tout droit d'instaurer le culte de celle qu'elle a br&#251;l&#233; quelques si&#232;cles plus t&#244;t (&#171; Jeanne est des n&#244;tres, elle est &#224; nous ; et nous ne voulons pas qu'on y touche &#187;). Charles P&#233;guy, normalien et socialiste, ami de Lucien Herr, compose sa premi&#232;re Jeanne d'Arc en 1897 qui est d&#233;di&#233;e &#171; &#224; toutes celles et &#224; tous ceux qui seront morts de leur mort humaine pour l'&#233;tablissement de la r&#233;publique socialiste universelle &#187;. P&#233;guy dans son livre, qui ne conna&#238;t gu&#232;re de succ&#232;s, choisit cependant, loin des crit&#232;res de l'histoire positiviste, de privil&#233;gier la forme dramatique et de centrer son &#233;criture sur la vie personnelle et la vie int&#233;rieure de Jeanne. Ainsi la vocation de Jeanne d'Arc ne doit rien aux &#171; voix &#187; mais plut&#244;t &#224; sa hantise du mal et de la r&#233;volte qu'il suscite en elle. La publication par le m&#234;me auteur en 1910 de la pi&#232;ce Le Myst&#232;re de la charit&#233; de Jeanne d'Arc signe le retour de P&#233;guy &#224; la foi catholique. Il ajoute &#224; son pr&#233;c&#233;dent ouvrage des passages nombreux constitu&#233;s pour l'essentiel de m&#233;ditations, de pri&#232;res et tirent l'&#339;uvre vers le drame lyrique. Son livre suscite l'int&#233;r&#234;t des milieux catholiques qui y voient le contrepoint id&#233;al au livre d'Anatole France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet en 1908 para&#238;t Jeanne d'arc d'Anatole France. Cet ouvrage, &#233;crit avec une mentalit&#233; strictement rationaliste, ne remet pas en cause les qualit&#233;s humaines (courage, sinc&#233;rit&#233;) de Jeanne, mais critique le manque de fiabilit&#233; des sources disponibles &#224; l'&#233;poque et relativise la part d'&#233;v&#232;nements extraordinaires dans l'&#233;pop&#233;e. Il explique ainsi la d&#233;livrance d'Orl&#233;ans par la faiblesse des effectifs anglais. En fait, Anatole France donne &#224; Jeanne un r&#244;le plus psychologique que militaire ; elle renforce le moral du camp fran&#231;ais et jette le trouble chez les Anglais et Bourguignons. Les voix sont pour lui un simple ph&#233;nom&#232;ne d'hallucination. La conclusion de l'auteur enfin fait scandale. Selon lui, ces divers facteurs ont servi, &#224; l'insu de Jeanne, &#224; un complot cl&#233;rical : une pr&#233;tendue proph&#233;tie annon&#231;ant que le salut de la France passerait par une vierge aurait &#233;t&#233; mise en forme par le clerg&#233; pour servir la cause de l'&#201;glise. Moins pol&#233;mique en 1910, dans L'arm&#233;e nouvelle, Jean Jaur&#232;s rend lui-aussi hommage &#224; Jeanne d'Arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise catholique romaine est, du fait des circonstances de sa mort, mal &#224; l'aise au XIXe si&#232;cle face au personnage de Jeanne d'Arc. Cependant en imposant l'image d'une &#171; sainte la&#239;que &#187; Michelet cr&#233;e un mythe per&#231;u comme une v&#233;ritable machine de guerre contre l'&#201;glise. C'est pourquoi en 1869 monseigneur F&#233;lix Dupanloup, &#233;v&#234;que d'Orl&#233;ans met en route le processus de canonisation afin de faire de Jeanne d'Arc le symbole de la chr&#233;tienne luttant pour sa foi et sa patrie. Ce proc&#232;s permet, apr&#232;s un demi-si&#232;cle de proc&#233;dure (2 novembre 1874-16 mai 1920), notamment interrompue par la Grande Guerre, de d&#233;clarer sainte de l'&#201;glise catholique cette femme qui fut condamn&#233;e par un tribunal eccl&#233;siastique puis r&#233;habilit&#233;e quelques ann&#233;es apr&#232;s sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 mai 1869, l'&#233;v&#234;que d'Orl&#233;ans prononce au nom de l'&#201;glise un v&#233;ritable pan&#233;gyrique de Jeanne o&#249; pour la premi&#232;re fois il &#233;voque la saintet&#233; de la Pucelle conduite au b&#251;cher non par l'&#201;glise mais par un pr&#234;tre d&#233;loyal et des universitaires vendus aux Anglais. En 1874 s'engage la proc&#233;dure avec un premier proc&#232;s instruit &#224; Orl&#233;ans (1874-1875). Celui-ci est domin&#233; par la personnalit&#233; d'Henri Wallon, universitaire et ministre de l'Instruction publique, (auteur du fameux amendement constitutionnel qui fait de la France une R&#233;publique). Il a pr&#233;par&#233; un m&#233;morandum de 60 pages, qui r&#233;sume son livre Jeanne d'Arc publi&#233; en 1860, lequel est une habile synth&#232;se. Un second proc&#232;s s'ouvre en 1885. La premi&#232;re difficult&#233; proc&#233;durale se pose alors. Quelle formule de canonisation faut-il utiliser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la voie formelle, la plus lourde, qui est mise en &#339;uvre. Il est alors n&#233;cessaire d'examiner toutes les sources connues (historiques, religieuses, litt&#233;raires, traditions orales...) Le dossier de canonisation rassemble 1741 pages au total, soit largement plus en volume que les sources sur lesquelles il s'appuie. En janvier 1894, le pape L&#233;on XIII indique que la papaut&#233; accepte d'examiner le dossier de Jeanne. Plus lyrique, l'&#233;v&#234;que d'Aix-en-Provence proclame :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jeanne aussi est des n&#244;tres [&#8230;] On ne la&#239;cise pas les saints. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mars 1897 s'ouvre enfin le v&#233;ritable proc&#232;s dont la d&#233;cision finale revient &#224; Rome mais dont le cours est d&#233;l&#233;gu&#233; aux successeurs de Mgr Dupanloup, d&#233;c&#233;d&#233; en 1878. Avec les 13 pages du r&#233;sum&#233; de la vie de Jeanne d'Arc (imprim&#233; seulement en 1920), se constitue la figure d'une Jeanne correspondant aux exigences de l'&#201;glise, bien que la Congr&#233;gation des rites qui supervise &#224; Rome ce type de proc&#232;s fasse g&#233;n&#233;ralement preuve d'un esprit critique exigeant. D'autant qu'ici, elle dispose d'une documentation historique non n&#233;gligeable (ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de dossier). Ainsi l'ouvrage le plus cit&#233; est l'&#233;dition des proc&#232;s du XVe si&#232;cle effectu&#233;e par Jules Quicherat, ancien &#233;l&#232;ve de... Michelet et libre-penseur, devenu entre-temps directeur de l'&#201;cole des chartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s en canonisation p&#226;tit des relations tendues entre la France et le Saint-Si&#232;ge au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; cause de la loi de 1905 de s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat. Bien qu'une premi&#232;re &#233;tape soit franchie le 18 avril 1909 avec la b&#233;atification de Jeanne, il faut attendre la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale avec la &#171; chambre bleu horizon &#187; de 1920, compos&#233;e de nombreux anciens combattants ayant connu la fraternisation des religieux et des la&#239;cs dans les tranch&#233;es, orient&#233;e &#224; droite, pour que les points de vue se rapprochent. Le 16 mai 1920, le pape Beno&#238;t XV, en pr&#233;sence de l'ambassadeur de France aupr&#232;s du Saint-Si&#232;ge, Gabriel Hanotaux, canonise Jeanne d'Arc. La chambre des d&#233;put&#233;s le 24 juin 1920 adopte alors le projet du d&#233;put&#233; (et &#233;crivain) Maurice Barr&#232;s d'instituer une f&#234;te nationale de Jeanne d'Arc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un lointain h&#233;ritage du conflit de la fin du XIXe si&#232;cle entre droite et gauche pour s'emparer du mythe de &#171; la Pucelle d'Orl&#233;ans &#187;, conflit dont la droite nationaliste de l'&#233;poque sort victorieuse. Face &#224; la figure d'une Jeanne d'Arc &#171; de gauche &#187;, pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;e avec le r&#244;le de Michelet et ses contemporains comme Th&#233;ophile-S&#233;bastien Lavall&#233;e ou Jean de Sismondi qui y voient une fille du peuple &#171; trahie par son roi et br&#251;l&#233;e par l'Eglise &#187;, s'opposent des pr&#233;lats fran&#231;ais de l'&#201;glise catholique qui commencent d&#232;s 1869 une d&#233;marche destin&#233;e &#224; obtenir la canonisation de Jeanne. Cette volont&#233;, per&#231;ue par la gauche comme un &#171; accaparement &#187; ou une &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; de la &#171; Sainte de la patrie &#187;, provoque &#224; partir du d&#233;but du XXe si&#232;cle un d&#233;but de rejet du personnage. Ainsi le journal de gauche L'Action d&#233;clare-t-il le 14 avril 1904 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jeanne d'Arc, m&#234;me br&#251;l&#233;e par les pr&#234;tres, ne m&#233;rite pas nos sympathies &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitateur anticl&#233;rical Laurent Tailhade &#233;crit le 26 avril de la m&#234;me ann&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que le 8 mai prochain la France libre-penseuse proteste par une temp&#234;te de sifflets, par une trombe de hu&#233;es contre le culte rendu &#224; une idiote qui causa notre malheur &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rejet explique en partie pourquoi Jeanne va facilement devenir une figure embl&#233;matique de la droite nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes d'autres voix &#224; gauche gardent une sympathie pour le personnage (Jean Jaur&#232;s par exemple), mais l'affaire Thalamas, du nom de ce professeur qui en 1904 est mut&#233; du lyc&#233;e Condorcet, &#224; la suite de plaintes de parents, pour avoir tenu des propos critiques sur Jeanne d'Arc, va exacerber les tensions entre deux factions id&#233;ologiques qui s'opposent : la&#239;que et nationaliste. La presse nationaliste en effet, men&#233;e par Henri Rochefort et &#201;douard Drumont, stigmatise l'enseignant et les ennemis de la France &#171; de Cauchon &#224; Thalamas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1908, l'universit&#233; de la Sorbonne accepte, sous les auspices de Durkheim et de Lavisse, Thalamas pour un cours sur la p&#233;dagogie de l'Histoire. Les cours de Thalamas sont perturb&#233;s par les Camelots du roi, injures au professeur, bagarres, affrontements avec les forces de l'ordre. En f&#233;vrier 1909, Thalamas est m&#234;me expuls&#233; de son cours. Cet &#233;pisode t&#233;moigne de la radicalisation des positions, et de l'appropriation du culte de Jeanne d'Arc par une droite traditionaliste, nationaliste et catholique emmen&#233;e par Maurice Barr&#232;s, qui avait protest&#233; contre l'arriv&#233;e de &#171; mauvais ma&#238;tres en Sorbonne &#187;, puis par l'Action fran&#231;aise de Charles Maurras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien L'Humanit&#233; s'&#233;tant moqu&#233; des manifestations devant la statue de Jeanne d'Arc, le po&#232;te nationaliste Paul D&#233;roul&#232;de en exil &#224; Saint-S&#233;bastien, provoque Jean Jaur&#232;s en duel. Celui-ci, pourtant peu hostile au personnage de Jeanne d'Arc, accepte et prend le train pour l'Espagne. Finalement, le duel a lieu &#224; Hendaye sans r&#233;sultat. De 1909 &#224; 1912, apr&#232;s de violents affrontements dans les rues, les Camelots du roi font de Jeanne d'Arc leur patronne et parviennent &#224; imposer son hommage national dont les nationalistes, royalistes et catholiques maintiennent la tradition jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la majorit&#233; des catholiques, Jeanne d'Arc est en m&#234;me temps l'embl&#232;me de leur foi mais aussi, rejoignant Michelet sur ce point, la petite gardienne de moutons qui a d&#233;fendu vaillamment la patrie. Ainsi Monseigneur Ricard, vicaire g&#233;n&#233;ral de l'archev&#234;que d'Aix-en-Provence &#233;crit en 1894 : &#171; Exaltez, en la personne de Jeanne, le patriotisme chr&#233;tien, afin de prot&#233;ger la France contre les alliances qui la menacent &#187;. Cette conception s'exacerbe avec les affaires Dreyfus et Thalamas dans les mouvements nationalistes qui remettent en cause la R&#233;publique et font de Jeanne d'Arc leur &#233;tendard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;douard Drumont, &#224; la suite des &#233;crits d'Henri Martin, tente en 1904 dans une r&#233;union publique de d&#233;finir Jeanne d'Arc sur des crit&#232;res ethniques d&#233;clarant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est une Celte, Jeanne d'Arc, qui sauva la patrie. Vous connaissez mes id&#233;es [...] et vous savez de quel nom nous appelons l'ennemi qui a remplac&#233; chez nous l'Anglais envahisseur du XVe si&#232;cle&#8230; Cet ennemi s'appelle pour nous le Juif et le franc-ma&#231;on. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il conclut son intervention par un sonore &#171; Vive la France ! Vive Jeanne d'Arc ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1884, et bien avant que Jeanne ne devienne une ic&#244;ne nationaliste, le d&#233;put&#233; radical de l'Aveyron, Joseph Fabre, propose la cr&#233;ation d'une f&#234;te annuelle de Jeanne d'Arc, &#224; laquelle il donne le nom de &#171; f&#234;te du patriotisme &#187;. Il propose la date du 8 mai qui correspond &#224; la date anniversaire de la lib&#233;ration d'Orl&#233;ans. Ce projet est soutenu et vot&#233; par environ 250 d&#233;put&#233;s y compris par un certain nombre de parlementaires nationalistes dont Paul D&#233;roul&#232;de. Finalement, la majorit&#233; r&#233;publicaine refuse par crainte que cette comm&#233;moration soit d&#233;tourn&#233;e et r&#233;cup&#233;r&#233;e par l'&#201;glise. En 1894, Joseph Fabre, devenu s&#233;nateur, revient &#224; la charge et obtient l'appui du pr&#233;sident du conseil Charles Dupuy. Le S&#233;nat vote le projet, mais pas la Chambre des d&#233;put&#233;s. Aux d&#233;buts de la Grande Guerre, c'est le leader de la droite nationaliste, Maurice Barr&#232;s, d&#233;put&#233; et chantre de l'Union sacr&#233;e, qui relance la proposition en d&#233;posant en d&#233;cembre 1914 un nouveau projet de loi. Pour lui, l'institution d'une f&#234;te de Jeanne d'Arc est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Son culte est n&#233; avec la patrie envahie ; elle est l'incarnation de la r&#233;sistance contre l'&#233;tranger &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pr&#233;sident de la Ligue des patriotes apr&#232;s la guerre, il revient &#224; la charge et tente une habile synth&#232;se entre les divers concepts entourant le personnage de Jeanne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Chacun de nous peut personnifier en elle son id&#233;al. &#202;tes-vous catholique ? C'est une martyre et une sainte que l'&#201;glise vient de mettre sur les autels. &#202;tes-vous royaliste ? C'est l'h&#233;ro&#239;ne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims... Pour les r&#233;publicains c'est l'enfant du peuple qui d&#233;passe en magnanimit&#233; toutes les grandeurs &#233;tablies... Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu'elle disait : &#034;J'ai &#233;t&#233; envoy&#233;e pour la consolation des pauvres et des malheureux.&#034; Ainsi tous les partis peuvent se r&#233;clamer de Jeanne d'Arc. Mais elle les d&#233;passe tous. Nul ne peut la confisquer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Barr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet est vot&#233; le 24 juin 1920, soit &#224; peine un mois apr&#232;s la canonisation de Jeanne par le pape Beno&#238;t XV. Jeanne d'Arc (et non Sainte Jeanne) sera donc f&#234;t&#233;e par la R&#233;publique le deuxi&#232;me dimanche de mai, anniversaire de la d&#233;livrance d'Orl&#233;ans. Ce n'est &#233;videmment pas par hasard que le gouvernement la&#239;c de Millerand (majoritairement de droite mais comprenant des radicaux) a choisi cette date pr&#233;c&#233;dant de quelques jours la date de la Sainte Jeanne d'Arc fix&#233;e par l'&#201;glise catholique au 30 mai, anniversaire de sa mort. Et c'est le ministre de l'Int&#233;rieur Th&#233;odore Steeg, radical, fils de pasteur protestant, qui signe la loi instaurant cette nouvelle f&#234;te nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en s'affichant publiquement, par la pr&#233;sence d'&#233;lus ou de diplomates, aux diverses c&#233;r&#233;monies de canonisation de Jeanne, la majorit&#233; du bloc national d'apr&#232;s-guerre montre la volont&#233; d'un rapprochement avec le Saint-Si&#232;ge, lequel prend une tournure officielle avec la nomination d'un ambassadeur au Vatican le 16 mai 1921, un an jour pour jour apr&#232;s la canonisation, mettant fin &#224; une absence de relations diplomatiques qui aura dur&#233; presque 17 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Orl&#233;ans, le 8 mai 1929, pour le 500e anniversaire de la lib&#233;ration de la ville, l'&#201;glise catholique organise une vaste c&#233;l&#233;bration religieuse en pr&#233;sence de Gaston Doumergue, pr&#233;sident de la R&#233;publique et protestant, Jeanne d'arc symbolisant le peuple qui entre dans l'histoire. C'est la premi&#232;re fois qu'un pr&#233;sident de la R&#233;publique assiste officiellement &#224; une messe depuis la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat de 1905. Ce geste, comme la sortie du film La merveilleuse vie de Jeanne d'Arc le 12 mai 1929, est vivement critiqu&#233;e par l'organe de presse du Parti communiste fran&#231;ais, L'Humanit&#233;. Cette fonction de rassemblement explique qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale chacun des pr&#233;sidents de la R&#233;publique (&#224; l'exception de Georges Pompidou et Nicolas Sarkozy) se rend au moins une fois lors de son mandat &#224; Orl&#233;ans lors des F&#234;tes johanniques afin de prononcer un discours sur le &#171; roman national &#187; autour des th&#232;mes de l'unit&#233; nationale, de la solidarit&#233; entre Fran&#231;ais (Vincent Auriol en 1947, G&#233;n&#233;ral de Gaulle en 1959, Val&#233;ry Giscard d'Estaing en 1979, Fran&#231;ois Mitterrand en 1989, Jacques Chirac en 1996, tous le 8 mai suivant leur &#233;lection).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la droite nationaliste tente de monopoliser le personnage de Jeanne surtout apr&#232;s la condamnation de l'Action fran&#231;aise par le pape en 1928. Elle fait le parall&#232;le entre Jeanne d'Arc, anath&#233;matis&#233;e par une &#201;glise ignorante en son temps, et sa propre situation. Toutes les ligues de l'&#233;poque se r&#233;clament de Jeanne d'Arc, le Faisceau de Georges Valois, les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, les Croix de Feu... En 1938, les membres des diverses ligues dissoutes d&#233;filent &#224; la f&#234;te de Jeanne d'Arc avec leurs &#233;tendards. En 1936, 3000 volontaires pour la plupart issus des ligues d'extr&#234;me-droite ou des camelots du roi partent en Espagne soutenir l'arm&#233;e franquiste, sous l'&#233;tendard de la bandera Jeanne d'Arc. Dans les Vosges, le d&#233;put&#233; de la F&#233;d&#233;ration r&#233;publicaine Marcel Boucher donne une audience grandissante &#224; une association qu'il a prise en main, les Compagnons de Jeanne d'Arc, de 1937 &#224; 1939. L'association qui se pr&#233;tend apolitique est li&#233;e &#224; l'origine &#224; l'&#201;glise, &#224; l'Action fran&#231;aise et &#224; la droite &#034;nationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la R&#233;volution nationale de P&#233;tain, c'est moins celle qui a combattu l'envahisseur qui est c&#233;l&#233;br&#233;e que Jeanne la terrienne, bonne catholique et surtout anglophobe. Ainsi Robert Brasillach &#233;crit dans Je suis partout du 12 mai 1944 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jeanne appartient au nationalisme fran&#231;ais dans ce qu'il a de plus r&#233;aliste, de plus profond et de plus attach&#233; &#224; la terre. &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 janvier 2012, le pr&#233;sident de la R&#233;publique Nicolas Sarkozy c&#233;l&#232;bre le 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc. Il se rend pour l'occasion (le dernier pr&#233;sident de la R&#233;publique &#224; avoir fait le voyage ayant &#233;t&#233; Raymond Poincar&#233; en 1920) sur les lieux symboliques de la vie de Jeanne d'Arc, comme Domr&#233;my-la-Pucelle (Vosges), consid&#233;r&#233;e comme la ville natale de la sainte. Ce m&#234;me chef d'&#201;tat avait exalt&#233; la figure de Jeanne d'Arc durant sa campagne pr&#233;sidentielle de 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Jean-Marie Le Pen cr&#233;e le Front national, il utilise la m&#234;me mythologie nationaliste et choisit l'image de Jeanne d'Arc comme symbole d'un recours contre tous les &#171; envahisseurs &#187;. Bruno M&#233;gret &#233;crit le 7 mai 1987, alors qu'il est d&#233;put&#233; de l'Is&#232;re : &#171; Elle est l&#224; pour nous dire que nous appartenons &#224; une communaut&#233; qui nous est propre, qui est diff&#233;rente de celle des autres et dont nous devons &#234;tre fiers parce que c'est la n&#244;tre et celle de nos anc&#234;tres &#187;. Le Front national institue lors de l'entre-deux tours de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise de 1988 sa propre f&#234;te de Jeanne d'Arc le 1er mai et fait de cet &#233;v&#233;nement le point d'orgue de ses manifestations. Jean-Marie Le Pen insiste sur Jeanne d'Arc la Sainte pour s'adresser &#224; l'&#233;lectorat catholique qui trouve le FN trop clivant alors que Marine Le Pen &#224; la t&#234;te de son parti n'en fait plus mention, &#233;voquant plut&#244;t l'h&#233;ro&#239;ne nationale qui symbolise la France contre l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de la sainte Jeanne d'Arc doit c&#233;der la place &#224; celui de la sacro sainte Marine nationale tout aussi mensong&#232;re !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bibliographie du Moyen Age</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article4342</link>
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		<dc:date>2014-07-31T01:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Age</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bibliographie du Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
La chasse aux sorci&#232;res &#224; la fin du Moyen-&#194;ge &lt;br class='autobr' /&gt;
Les chroniques de Froissart &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution d'Etienne Marcel &lt;br class='autobr' /&gt;
La Saint-Barth&#233;lemy &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre au Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Moyen Age de Legoff &lt;br class='autobr' /&gt;
La renaissance &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution suisse au Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution des communes &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur Shakespeare &lt;br class='autobr' /&gt;
Auteurs du Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
Romans historiques se d&#233;roulant au Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
&#338;uvres m&#233;di&#233;vales &lt;br class='autobr' /&gt;
Sources historiques du Moyen Age &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Alfred Leroux &lt;br class='autobr' /&gt;
Bulletin d'histoire du Moyen Age (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique89" rel="directory"&gt;15 - BIBLIOGRAPHY - BIBLIOGRAPHIE&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Moyen-Age&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie du Moyen Age&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3281&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chasse aux sorci&#232;res &#224; la fin du Moyen-&#194;ge&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62275768.r=Les+chroniques+de+Froissart.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les chroniques de Froissart&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article238&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution d'Etienne Marcel&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article369&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Saint-Barth&#233;lemy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3489&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre au Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3287&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Moyen Age de Legoff&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2681&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La renaissance&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3699&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution suisse au Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3181&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution des communes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3304&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur Shakespeare&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikisource.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Auteurs_du_Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Auteurs du Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cat%C3%A9gorie:Roman_historique_se_d%C3%A9roulant_au_Moyen_%C3%82ge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Romans historiques se d&#233;roulant au Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9di%C3%A9val-fantastique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#338;uvres m&#233;di&#233;vales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k406138t.r=bibliographie+du+moyen+age.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sources historiques du Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k39938x.r=bibliographie+du+moyen+age.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Par Alfred Leroux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb34468932w/date.r=bibliographie+du+moyen+age.langFR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bulletin d'histoire du Moyen Age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3267&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Moli&#232;re et son temps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3304&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Shakespeare et son temps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article3101&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;onard de Vinci et son temps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2926&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore sur les croisades&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3289&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;alit&#233; historique des croisades&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Romans sur le Moyen Age&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au nom de la rose de Umberto Eco&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manants du christ de Gustav Regler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacquou le croquant d'Eug&#232;ne Le Roy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;decin de Cordoue d'Herbert Le Porrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Luthier de Cr&#233;mone d'Herbert Le Porrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Yankee &#224; la cour du roi Arthur de Mark Twain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les piliers de la terre de Ken Follett&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde sans fin de Ken Follett&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;toiles de Compostelle de Vincenot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois mousquetaires de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt ans apr&#232;s de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vicomte de Bragelonne de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Collier de la reine de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tulipe noire de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reine Margot de Alexandre Dumas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nigme des Blancs-Manteaux de Jean-Fran&#231;ois Parot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conspiration de papier de David Liss&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fortune de France de Robert Merle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prince que voil&#224; de Robert Merle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nos vertes ann&#233;es de Robert Merle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trafic de reliques de Ellis Peters&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arnaud, ch&#226;teau de Coucy, de Brigitte Coppin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aubertin d'Avalon, de Bernard Tirtiaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier Xavier, de Martine Bourre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Court Serpent, de Bernard du Boucheron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habemus Papam, de Robert Aza&#239;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeanne d'Arc, de Michel Peyramaure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enfant de la neige, d'Henri Gougaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pop&#233;e des Normands de Sicile, de Viviane Moore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le peuple du vent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les guerriers fauves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La nef des damn&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le hors venu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le sang des ombres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les dieux d&#233;voreurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; l'orient du monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'illusion cathare, de Jean-Fran&#231;ois Nahmias&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compagnie blanche, de Conan Doyle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Croisade des enfants, de Peter Berling&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille du comte Hugues, d'Evelyne Brisou-Pellen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La for&#234;t des 29, d'Ir&#232;ne Frain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Kahina, reine des Aur&#232;s, d'Isaure de Saint-Pierre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mal&#233;diction des Trencavel, de Bernard Mahoux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promesse de l'ange, de Fr&#233;d&#233;ric Lenoir et Violette Cabesos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rebelle : Femme m&#233;decin au Moyen-&#226;ge, de Valeria Montaldi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tour des Anges, Michel Peyramaure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chevalier assis, de Nicolas Gouzy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;puscule des rois : la rose d'Anjou, de Catherine Hermary-Vieille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle Ogier d'Argouges, de Pierre Naudin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ma&#238;tre des peines, de Marie Bourassa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le jardin d'Am&#233;lie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le morte d'Arthur, Thomas Malory&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passeur de lumi&#232;re, de Bernard Tirtiaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sang des Hauteville, de Michel Subiela&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les chevaliers de proie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les amants de Byzance, de Mika Waltari&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Borgia, de Claude Moss&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les fauves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La chair et le sang&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les b&#251;chers du paradis, de G&#233;rard Raynal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chemins de granit &#8211; I ghjuvannali, de Philippe Franchini&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les croisades vues par les arabes, d'Amin Maalouf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les racines du temps, d'Annie Degroote&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaillou, village occitan, d'Emmanuel Le Roy Ladurie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samarcande, d'Amin Maalouf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un espion chez Gutenberg, d'Olivier Melano&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Enchanteur de Barjavel&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ouvrages historiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La puce &#224; l'oreille de Duneton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etienne Marcel de Raymond Cazelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Saint-Barth&#233;lemy de Arlette Jouanna&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerriers et paysans de Georges Duby&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charly 9 de Jean Teul&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;lo&#239;se et Ab&#233;lard de R&#233;gine Pernoud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bourgeois de Paris au Moyen-&#194;ge de Jean Favier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lumi&#232;re du Moyen &#194;ge de R&#233;gine Pernoud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Temps des cath&#233;drales de Georges Duby&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire de la conqu&#234;te de l'Angleterre par les Normands de Augustin Thierry&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chronique de l'an Mil de Raoul Glaber et Fran&#231;ois Guizot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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