Matière et Révolution
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69144Pourquoi la Quatrième internationale de Trotsky était en échec en 1939
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http://matierevolution.org/spip.php?article87232026-01-19T23:03:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyIV° InternationaleTrotskisme
<p>Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale <br class='autobr' />
avril 1939 <br class='autobr' /> James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique montée de la combativité des ouvriers français et, parallèlement, de l'incontestable déclin de notre propre mouvement en France durant la même période. A la conférence de fondation, on a consacré six séances à la question française [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la résolution qu'on allait présenter. Cela (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale </h2>
<p>avril 1939</p>
<p> James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique montée de la combativité des ouvriers français et, parallèlement, de l'incontestable déclin de notre propre mouvement en France durant la même période. A la conférence de fondation, on a consacré six séances à la question française [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la résolution qu'on allait présenter. Cela donne une idée des difficultés. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un problème de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades français étaient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel état de choses résulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration à Paris et de l'intérêt prédominant qu'il porte aux questions purement politiques au détriment des problèmes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une réflexion et une analyse sérieuse.</p>
<p> 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, à partir de toutes les sources disponibles, une enquête sur l'activité organisationnelle de nos camarades en Espagne à partir de 1936. D'après tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organisés à l'intérieur du P.O.U.M. auraient été capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup à apprendre des méthodes de travail appliquées par nos camarades, à l'intérieur comme à l'extérieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de même qu'en France et peut‑être en Hollande, et en Grande‑Bretagne où il y a entre nous et la social-démocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons à travailler comme nos camarades ont dû le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est très important de travailler à partir de l'expérience réelle de nos camarades en Espagne.</p>
<p>3. La section britannique. Vous êtes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enraciné dans le Labour Party [5] et l'autre à l'extérieur [6] . Quand le camarade Cannon est arrivé, à l'été 1938, la Revolutionary Socialist League a résulté d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et était en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unité et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activité propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux dernières nouvelles, les frictions ont continué et c'est maintenant le groupe à l'intérieur du Labour Party qui domine [10] .</p>
<p>Il existe aussi un autre groupe ‑ celui de Lee [11] - à l'intérieur du Labour Party, qui a refusé de rien avoir à faire avec la fusion, disant qu'elle était vouée à l'échec. Le groupe Lee est très actif.</p>
<p>J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'étais arrivé à la conclusion a) que je n'avais aucune objection à ce que même la majorité des camarades du groupe fusionné soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe indépendant, avec son journal, devait continuer. En dernière analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adhérents dans les circonstances actuelles et notre indépendance de groupe, avec un journal était absolument nécessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaillé pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, étaient tout à fait d'accord avec nous sur la nécessité d'une organisation indépendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi‑théorique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure où on a eu le temps de l'étudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.</p>
<p>La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre députés, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congrès et ses déclarations sont l'objet de publicité dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour présenter quinze candidats au élections dont la majorité ont perdu le dépôt de 750 livres par candidat. En général, il dit plutôt le même genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats‑Unis où il n'y a rien, entre la social-démocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a passé son temps à s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons été incapables d'exploiter les scissions répétées et le mécontentement général de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menacé de le faire, entraîner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas créer tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progrès extraordinaire [15].</p>
<p>Je crois que la résolution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bientôt tomber dans le stalinisme, était une erreur [16] qui a désorienté la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progrès futurs en Grande‑Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont dépendre largement des succès de notre section française (et de sa capacité) à attirer à elle les meilleurs éléments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne néglige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux à aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.</p>
<p>Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a déjà fait dans une ou deux régions d'Amérique du Nord, où les intellectuels, déterminés à entrer en contact avec les masses, sont entrés dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout où cela a été possible et, en certains endroits, avec un grand succès. Il me semble qu'en France et, très certainement en Grande‑Bretagne, cela constitue un moyen à tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, basé en province sur une région industrielle [18] est extrêmement bien organisé et, en dépit de certaines faiblesses politiques au cours de la dernière période [19], démontre que, dans toute montée comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un rôle plus important et réaliserait au moins des progrès infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section française.</p>
<p> Trotsky ‑ Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos idées, qui ne sont pas aussi dénuées de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul général du mouvement ouvrier dans les quinze dernières années. Quand le mouvement révolutionnaire décline de façon générale, quand une défaite suit une autre défaite, quand le fascisme s'étend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine à duper les travailleurs, il va de soi que les révolutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique général. Et cela, quand bien même leurs idées sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur éducation à travers des pronostics ou des conceptions théoriques, mais à travers l'expérience générale de leur vie. C'est là l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les réactions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilité de remporter un grand succès politique.</p>
<p>Je me souviens des discussions en 1927 à Moscou après l'écrasement des ouvriers chinois par Tchiang Kaï‑chek [21]. Nous l'avions prédit dix jours auparavant et Staline nous avait répondu par des affirmations de ce genre : « Borodine est vigilant », « Tchiang Kaï‑chek ne peut matériellement nous trahir », etc Huit ou dix jours plus tard, c'était la tragédie et nos camarades exprimèrent leur confiance : notre analyse était si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous étions sûrs d'entraîner le parti. Je répondis que l'étranglement de la révolution chinoise était mille fois plus important pour les masses que toutes nos prédictions. Nos prédictions pouvaient convaincre une poignée d'intellectuels qui s'intéressaient à ces problèmes, mais pas les masses.</p>
<p>La victoire militaire de Tchiang devait inévitablement provoquer un reflux, une démoralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction révolutionnaire.</p>
<p>Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de défaites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est créé dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de désespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est là l'état d'esprit général des masses. C'est la raison la plus générale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique général, hors de la disposition générale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la période entre 1908 et 1913, en Russie. A cette époque aussi nous étions en pleine réaction. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et même en 1907, déjà, commença la grande réaction, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des méthodes nouvelles pour conquérir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire à cette époque, c'était de former des cadres, mais ils fondaient ensuite littéralement. Il se produisit de nombreuses scissions, à droite, à gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... Lénine restait à Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bientôt des possibilités de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, où il y eut une vague dont la guerre brisa le développement. Pendant la guerre, il régna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se réunirent à Zimmerwald [22] étaient en majorité des éléments très confus. Au plus profond des masses, dans les tranchées et ailleurs, il existait bien un état d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terrorisé encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si misérable, et même la majorité des gens qui s'étaient rencontrés à Zimmerwald allaient virer à droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas à dégager leurs responsabilités personnelles mais, là aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait à nager contre le courant.</p>
<p>Notre situation à nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, à aucune autre époque. Nous avons à subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'était dressée justement contre la trahison de la II° internationale. La dégénérescence de la III° Internationale s'est accomplie si rapidement et de façon tellement inattendue que c'est la même génération à qui nous avons autrefois annoncé sa formation qui est encore là pour nous entendre aujourd'hui dénoncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont déjà une fois entendu tout cela.</p>
<p>Il faut tenir compte aussi de l'importance de la défaite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV° Internationale, par sa naissance, est liée à l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les « trotskvstes ». On nous dit : « Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? » C'est évidemment une question de fond. Nous devons commencer par y répondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute révolution engendre une réaction. Max Eastman a écrit que Trotsky accordait à la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succès et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une défaite.</p>
<p> Il faut donc ajouter la dégénérescence de l'Internationale communiste, d'un côté, et, de l'autre, la terrible défaite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits‑là sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvrière que notre pauvre petit journal, même quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un frêle esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la véritable raison n'est pas là. La vérité, c'est que le courant était trop fort. Voilà l'explication la plus générale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le découragement, nous qui sommes l'avant‑garde de l'avant‑garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des éléments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caractère. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caractère, n'ont jamais été disciplinés et ont toujours cherché une tendance plus radicale ou plus indépendante : ils ont trouvé la nôtre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, à l'écart du courant général du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a évidemment son côté négatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas être lié aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement révolutionnaire qui commence à se construire n'est elle pas à prédominance ouvrière. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers mécontents des organisations existantes. Par tout, il y a aussi beaucoup d'étrangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas mêlés aussi facilement au mouvement ouvrier. Un Tchèque sera plus facilement membre de la IV° Internationale au Mexique ou aux Etats‑Unis qu'en Tchécoslovaquie même. Et de même pour un Français aux Etats‑Unis. Car l'athmosphère nationale exerce une profonde influence sur les individus.</p>
<p>Les juifs, par exemple, sont souvent à moitié étrangers, pas tout à fait assimilés : ils adhèrent volontiers à toute tendance nouvelle, critique, révolutionnaire ou à moitié révolutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en littérature. Une tendance révolutionnaire nouvelle, qui va contre le courant général dominant de l'histoire à un moment donné, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coupés de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est précisément pour eux qu'il est le plus difficile de pénétrer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tombée du ciel, qu'elle est déterminée, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caractère de notre mission historique en cette période.</p>
<p>Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le passé : d'un côté une mentalité petite‑bourgeoise ‑ l'individualisme - et de l'autre, un élan, une extraordinaire capacité d'improvisation. Si on les compare à l'époque classique de la II° Internationale, on s'aperçoit que le parti socialiste français et la social-démocratie allemande, avaient au parlement le même nombre d'élus. Mais il n'est même pas possible de comparer les organisations. Les Français étaient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficultés, tandis que pour les Allemands, trouver un demi‑million ne posait pas de problèmes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Français, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caractérisé l'organisation française : « Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! »</p>
<p>Notre organisation française souffre de la même maladie, le mal français traditionnel, cette incapacité d'organisation et, bien entendu, en même temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure où la France a connu une montée ouvrière, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la défaite du Front populaire a constitué la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une défaite est une défaite, et elle se retourne directement contre les tendances révolutionnaires, au moins jusqu'à ce que se produise une nouvelle montée à un niveau supérieur. Il nous faut nous préparer surtout et attendre un élément nouveau, un facteur nouveau dans la configuration générale des forces.</p>
<p>Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus à nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils étaient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes mûrs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont reçu que des coups, subi que des défaites, de terribles défaites, et ils en ont l'habitude. Ils apprécient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais été capables de pénétrer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre à le faire. Or il est terriblement nécessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.</p>
<p>Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a là aussi des gens comme ça.</p>
<p>Pourquoi avons‑nous perdu des hommes ? Après ces terribles défaites mondiales, la montée ouvrière en France s'est réalisée à un niveau très bas, très primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la période du Front populaire a été une sorte de caricature de notre révolution de février. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande révolution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu à passer par une caricature de la révolution russe.</p>
<p>James. ‑ Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilité sur le parti communiste ?</p>
<p>Trotsky. ‑ Il constitue un facteur important dans l'élaboration de la mentalité des masses, et on peut dire, en effet, que la dégénerescence du parti communiste a été un facteur très actif.</p>
<p>En 1914, les bolcheviks dominaient complètement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus sérieuses démontrent qu'à la veille de la guerre les bolcheviks ne représentaient pas moins des trois quarts de l'avant‑garde ouvrière. Pourtant, avec le début de la révolution de février, les éléments les plus arriérés, les paysans, les soldats, et même d'anciens ouvriers bolcheviques ont été attirés dans ce courant Front populaire. Le parti bolchévique fut réduit à l'isolement et très affaibli. Le courant général était à un bas niveau politique, mais il était puissant et il aboutit finalement à la révolution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant après toutes ces défaites, le front populaire a attiré des éléments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des idées, mais qui étaient engagés dans le mouvement des masses, et nous avons été encore plus isolés qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.</p>
<p>Il faut tenir compte de tous ces éléments. Je peux même affirmer que nombre de nos dirigeants ‑ attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejetés hors du mouvement de masse révolutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fraîche, naîtront dans le courant révolutionnaire.</p>
<p>En France, la régénération de notre groupe a commencé [24] avec l'entrée dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues étaient habituées à un milieu large et, après la scission, elles se sont un peu découragées. Au fond, elles n'étaient pas suffisamment trempées, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont été reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.</p>
<p>En Espagne, ces mêmes raisons ont joué un rôle identique, en plus ce déplorable facteur qu'a constitué le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui représentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la première année nous n'avons pas tenté de mobiliser et d'organiser nos forces de façon indépendante. Nous espérions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance privée, nous avons essayé de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas réussi. Nous avons perdu du temps. Fallait‑il le faire ? C'est difficile à dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade expérimenté, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons placé nos espoirs en Nin, et sa politique a consisté en une série de manœuvres personnelles, destinées à esquiver ses propres responsabilités. Il jouait avec la révolution. Il était sincère, mais sa mentalité était celle d'un menchevik. C'était là un handicap effroyable, et qu'il était difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifiées dès le départ par ceux‑là même qui nous représentaient dans la première période, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la première révolution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Après, nous étions réduits à l'état de misérable minorité, de trente à quarante hommes peut‑être. Puis il y eut la guerre...</p>
<p>James. ‑ Combien le parti bolchevique comptait‑il de militants ?</p>
<p>Trotsky. ‑ En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sibérie. Mais en fait ils n'étaient pas organisés. Les gens que Lénine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'étaient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les idées que nous avions répandues parmi l'avant-garde ouvrière constituaient un extraordinaire capital qui devait être utilisé, plus tard, au cours de la révolution, mais pratiquement, à cette date, nous étions complètement isolés.</p>
<p>L'Histoire a ses lois propres, très puissantes, plus puissantes que notre propre conception théorique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le déclin, l'extermination de tous les pays. Cela pèse lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un côté toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'armées, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le problème, pour eux, c'est qu'ils vont être mobilisés demain, que leurs enfants peuvent être tués. Il y a une terrible disproportion entre la tâche et les moyens.</p>
<p>Si la guerre éclate maintenant, et il semble qu'elle doive éclater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispersés d'abord : jeunes, ils seront mobilisés ; mais subjectivement, ils resteront fidèles au mouvement. Quant à ceux qui ne seront ni arrêtés, ni mobilisés et qui resteront fidèles , ‑ peut-être trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste ‑, ils seront complètement isolés.</p>
<p>C'est seulement après plusieurs mois que critique et dégoût commenceront à se manifester à une grande échelle et un peu partout : nos camarades isolés, un blessé dans un hôpital, un soldat dans une tranchée, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosphère a changé, et prononceront une parole hardie. Et celui‑là même qui était un camarade tout à fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un régiment, d'une division et se sentira un dirigeant révolutionnaire. C'est caractéristique de notre période.</p>
<p>Je ne veux pas dire par là qu'il faille nous résigner à l'impuissance de notre organisation française. Je crois sincèrement que, si les camarades américains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de mûrir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades américains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secrétariat international, il faut décider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une révolution, la différence n'est pas énorme mais pour le travail de préparation de l'avant‑garde, elle est considérable. Avec des éléments neufs, nous pouvons faire un énorme pas en avant.</p>
<p>Maintenant, aux Etats‑Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons être très optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exagérer. Aux Etats‑Unis, nous avons un crédit‑temps supérieur. La situation n'est pas immédiatement aussi pressante, aussi aiguë. C'est important.</p>
<p>Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui écrit que nous pouvons maintenant remporter des succès très importants dans les pays coloniaux et semi‑coloniaux. Nous avons un mouvement très important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un très important mouvement nègre, parce que ces gens n'ont pas traversé de la même manière l'histoire des deux dernières décennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la révolution russe, ni de la Ill° Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en était à ses débuts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succès dans la jeunesse. Dans la mesure où nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons résultats. Les jeunes sont très attentifs à un programme révolutionnaire, clair et honnête.</p>
<p>La Grande‑Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une tâche particulière. Je l'ai suivie d'un peu plus près quand j'étais en Norvège. Il me semble que nos camarades qui sont entrés dans l'I.L.P. ont fait avec lui la même expérience que nos camarades américains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entrés dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont mené une politique opportuniste et c'est pourquoi leur expérience dans l'I.L.P. n'a pas été si bonne. L'I.L.P. est resté presque comme il était avant, alors que le P.S. américain s'est vidé. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle était très corrompue. C'est un travail à part de Maxton.</p>
<p>Les révoltes de la base sont un phénomène familier dans l'I.L.P. Au cours de la préparation d'un congrès, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorité. Maxton annonce alors qu'il va démissionner. Fenner Brockway s'écrie : « Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! » [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre ‑ de les rouler dans la boue ‑, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques féroces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc émissaire de tous les pêchés du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentrées contre Maxton, des attaques systématiques dans notre presse, que nous pourrons hâter la scission dans l'I.L.P. En même temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.</p>
<p>James. ‑ Et que pensez‑vous d'un journal indépendant, pour fustiger Maxton, etc. ?</p>
<p>Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatrième Internationale pour tous les pays de langue française, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilité juridique. Je crois que, même si nous travaillons à l'intérieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal indépendant, non pas en opposition à nos camarades qui sont dedans, mais plutôt pour échapper au contrôle de l'I.L.P.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] La conférence de septembre 1938 ne dura qu'une journée, mais elle avait été précédée de réunions de commissions. James avait assisté à la commission française qui avait traité la question de l'attitude à l'égard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimité s'était faite sur la triste situation présente de la section française.</p>
<p>[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'étaient lancés dans une insurrection qui avait spontanément éclaté après une tentative manquée des forces de police de reprendre le central téléphonique au contrôle des miliciens de la C.N.T.</p>
<p>[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait à l'extérieur du P.O.U. M. et ne dépassait pas deux douzaines ; les trotskystes étaient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex‑trotskystes s'étaient engagés à ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait à l'intérieur du P.O.U.M. un « travail de fraction » engagé.</p>
<p>[4] La scission de la section britannique avait été consacrée par les deux conférences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas été d'accord pour appliquer la résolution votée sur la section britannique à la conférence internationale de « Genève » en juillet.</p>
<p>[5] Il s'agissait du Militant Group animé par D. D. Harber et Ken Alexander. Il était formé de militants entrés dans le Labour.</p>
<p>[6] Il s'agissait du groupe dit « independent », puisqu'il avait été très vite exclu de l'I.L.P., regroupé autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) était une vieille formation centriste.</p>
<p>[7] Reg Groves (né en 1908), membre du P.C., fondateur du « Balham Group », exclu en août 1932, avait été le principal fondateur de la Communist League, puis s'était opposé à l'entrisme dans l'I.L. P. Après la scission de 1933, il était entré dans le Labour Party et était devenu l'un des dirigeants de la Socialist League à Londres. Il s'était séparé de son ancien groupe, la Marxist League.</p>
<p>[8] Il s'agit en réalité du Militant Group.</p>
<p>[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirigé par Frank Maitland et qui provenait d'une formation « DeLéoniste » du Socialist Labor Party.</p>
<p>[10] Le secrétaire général de la nouvelle organisation était un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.</p>
<p>[11] Ralph Lee, militant sud‑africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas été soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donné raison, il avait pris prétexte de cette affaire pour créer sa propre organisation, la Workers International League, avec une poignée de militants, six ou sept au départ dont plusieurs devaient jouer ultérieurement un rôle important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).</p>
<p>[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888‑1953) avait été du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (né en 1905) cheminot révoqué en 1926, responsable J.C., avait connu le même itinéraire et beaucoup milité dans le comité contre les procès de Moscou dont le secrétaire était Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911‑1976), petit‑fils d'un ami de Lincoln et fils du secrétaire de John Reed, recruté dans le Labour Party en 1934.</p>
<p>[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.</p>
<p>[14] Les trotskystes avaient milité dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient été écartés. James avait souhaité y rester et y continuer un travail.</p>
<p>[15] James reste apparemment fidèle à la stratégie qui avait été la sienne en 1936, où il avait espéré un instant faire passer la coupure entre le fief écossais de Maxton ‑ irrécupérable ‑ et Fenner Brockway qui incarnait à ses yeux la confusion d'une majorité de militants anglais honnêtes.</p>
<p>[16] Cette résolution intitulée « Le Bureau international pour l'unité socialiste révolutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale » est reproduite dans Œuvres, 10, pp. 209‑212. Elle affirmait la nécessité de « dénoncer systématiquement et sans compromissions les hésitations, les équivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus immédiat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV° Internationale. »</p>
<p>[17] Le P.O.I. était toujours profondément divisé sur la façon dont il devait se comporter à l'égard du P.S.O.P. dont l'existence même lui ôtait pratiquement toute perspective de développement. Le P.S.O.P. était dirigé par Marceau Pivert et formé essentiellement des anciens éléments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 à son congrès de Royan.</p>
<p>[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps été la Fédération de Charleroi et ses mineurs de charbon.</p>
<p>[19] Trotsky faisait à la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le « rexiste » Degrelle, s'alignant ainsi que la position « antifasciste » de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organisé en pays wallon des syndicats scissionnistes après des exclusions de la centrale réformiste.</p>
<p>[20] Allusion à la montée qui avait culminé avec les grèves de juin 1936.</p>
<p>[21] Le maréchal Tchiang Kaï‑chek (1887‑1975), ancien chef de l'école militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs années à utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la pègre et aux banques, il les avait massacrés à Shanghai et mis hors‑la‑loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. à Tchiang, conçue et défendue par Staline et Boukharine, avait été critiquée par Trotsky et l'Opposition de gauche.</p>
<p>[22] La Conférence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste conséquent dans le cours de la guerre.</p>
<p>[23] Socialist Appeal était l'organe du Socialist Workers Party, la section américaine de la IV° Internationale.</p>
<p>[24] La fraction trotskyste était entrée en 1934 dans la S.F.I.O., en août-septembre, constituant le « G.B.L. » (Groupe bolchevik‑léniniste de la S.F.I.O.). Ses premières recrues avaient été les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.</p>
<p>[25] L'évaluation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean‑Paul Joubert dans Révolutionnaires de la S.F.I.O. estime à 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa très vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profondément.</p>
<p>[26] Sherman Stanley était le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915‑1981), un jeune militant du S.W.P. gagné dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congrès et avait commencé à échanger une correspondance avec Trotsky.</p>
<p>[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activité du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui éditait La Lutte à Saïgon.</p>
<p>[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait à Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885‑1946) était député depuis 1922.</p>
<p>[29] James avait pensé pouvoir gagner Brockway en 1935, une date à laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, à supposer qu'il en ait eu, à ce sujet.</p>
<p>[30] Trotsky fait allusion ici au congrès de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton à la démission avait conduit Brockway et ses partisans à remettre en cause un vote du congrès et faire se déjuger ce dernier. Cf. Œuvres 9 pp. 203‑210.</p>
<p>[31] James Maxton avait déclaré à la Chambre des Communes qu'il aprouvait entièrement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la période de crise internationale qui s'était terminée par les accords de Munich (Cf. Œuvres 19, pp. 144‑148.</p></div>
Adresse inaugurale de l'AIT (première internationale)
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http://matierevolution.org/spip.php?article87412025-11-16T23:52:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Adresse <br class='autobr' /> Ouvriers, <br class='autobr' />
C'est un fait très remarquable que la misère des masses travailleuses n'a pas diminué de 1848 à 1864, et pourtant cette période défie toute comparaison pour le développement de l'industrie et l'extension du commerce. En 1850, un organe modéré de la bourgeoisie anglaise, très bien informé d'ordinaire, prédisait que si l'exportation et l'importation de l'Angleterre s'élevaient de 50 %, le paupérisme tomberait à zéro. Hélas ! le 7 avril 1864, le chancelier de l'Echiquier (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
<div class='rss_texte'><p>Adresse</p>
<p> Ouvriers,</p>
<p>C'est un fait très remarquable que la misère des masses travailleuses n'a pas diminué de 1848 à 1864, et pourtant cette période défie toute comparaison pour le développement de l'industrie et l'extension du commerce. En 1850, un organe modéré de la bourgeoisie anglaise, très bien informé d'ordinaire, prédisait que si l'exportation et l'importation de l'Angleterre s'élevaient de 50 %, le paupérisme tomberait à zéro. Hélas ! le 7 avril 1864, le chancelier de l'Echiquier charmait son auditoire parlementaire en lui annonçant que le commerce anglais d'importation et d'exportation était monté en 1863 « à 443 955 000 livres sterling, somme étonnante qui surpasse presque des deux tiers le commerce de l'époque, relativement récente, de 1843 ». Mais en même temps, il parlait éloquemment de la « misère ». « Songez, s'écria-t-il, à ceux qui vivent sur le bord de cet horrible état », aux « salaires qui n'augmentent point », à la « vie humaine qui, dans neuf cas sur dix, n'est qu'une lutte pour l'existence. » Encore ne disait-il rien des Irlandais que remplacent graduellement les machines dans le Nord, les troupeaux de moutons dans le Sud, quoique les moutons eux-mêmes diminuent dans ce malheureux pays, moins rapidement, il est vrai, que les hommes. Il ne répétait pas ce que venaient de dévoiler, dans un accès soudain de terreur, les représentants les plus élevés des dix mille supérieurs. Lorsque la panique des garrotteurs [1] atteignit un certain degré, la Chambre des Lords fit faire une enquête et un rapport sur la transportation et la servitude pénales. La vérité fut ainsi révélée dans le volumineux Livre bleu de 1863, et il fut démontré, par des faits et chiffres officiels, que les pires des criminels condamnés, les forçats de l'Angleterre et de l'Ecosse, travaillaient beaucoup moins et étaient beaucoup mieux nourris que les travailleurs agricoles des mêmes pays. Mais ce n'est pas tout. Quand la guerre civile d'Amérique eut jeté sur le pavé les ouvriers des comtés de Lancaster et de Chester, la même Chambre des Lords envoya un médecin dans les provinces manufacturières, en le chargeant de rechercher le minimum de carbone et d'azote, administrable sous la forme la plus simple et la moins chère, qui pût suffire en moyenne « à prévenir les maladies causées par la famine ». Le docteur Smith, le médecin délégué, trouva que 28 000 grains de carbone et 1 330 grains d'azote par semaine étaient nécessaires, en moyenne, à un adulte… uniquement pour le préserver des maladies causées par la famine ; de plus, il trouva que cette quantité n'était pas fort éloignée de la maigre nourriture à laquelle l'extrême détresse venait de réduire les ouvriers cotonniers [2]. Mais, écoutez encore. Le même savant médecin fut, un peu plus tard, délégué de nouveau par le département médical du Conseil privé, afin d'examiner la nourriture des classes travailleuses les plus pauvres. Le Sixième rapport sur l'état dis la santé publique, publié par ordre du Parlement, dans le courant de cette année, contient le résultat de ses recherches. Qu'a découvert le docteur ? Que les tisseurs en soie, les couturières, les gantiers, les tisserands de bas, etc., ne recevaient pas toujours, en moyenne, la misérable pitance des ouvriers cotonniers, pas même la quantité de carbone et d'azote « suffisant uniquement à prévenir les maladies causées par la famine ».</p>
<p>« En outre, nous citons textuellement le rapport, l'examen de l'état des familles agricoles a démontré que plus du cinquième d'entre elles est réduit à une quantité moins que suffisante d'aliments carboniques, et plus du tiers à une quantité moins que suffisante d'aliments azotés ; que dans trois comtés, Berkshire, Oxfordshire et Somersetshire, l'insuffisance des aliments azotés est, en moyenne, le régime local. » « Il ne faut pas oublier, ajoute le rapport officiel, que la privation de nourriture n'est supportée qu'avec répugnance, et qu'en règle générale, le manque de nourriture suffisante n'arrive jamais que précédé de bien d'autres privations… La propreté même est regardée comme une chose très chère et difficile, et, quand le respect de soi-même s'efforce de l'entretenir, chaque effort de la sorte est nécessairement payé par un surcroît des tortures de la faim. » « Ce sont des réflexions d'autant plus douloureuses, qu'il ne s'agit pas ici de la misère méritée par la paresse, mais, dans tous les cas, de la détresse d'une population travailleuse. En fait, le travail qui n'assure qu'une si maigre pitance est, pour la plupart, extrêmement long. » Le rapport dévoile ce fait étrange et même inattendu que « de toutes les parties du Royaume-Uni » (c'est-à-dire l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse et l'Irlande) « c'est la population agricole de l'Angleterre », précisément de la partie la plus opulente, « qui est incontestablement la plus mal nourrie », mais que même les plus pauvres laboureurs des comtés de Berks, d'Oxford et de Somerset sont beaucoup mieux nourris que la plupart des ouvriers de l'Etat de Londres, travaillant à domicile.</p>
<p>Telles sont les données officielles publiées par ordre du Parlement, en 1864, dans le millénaire du libre-échange, au moment même où le chancelier de l'Echiquier racontait à la Chambre des Communes que « la condition des ouvriers anglais s'est améliorée, en moyenne, d'une manière si extraordinaire que nous n'en connaissons point d'exemple dans l'histoire d'aucun pays, ni d'aucun âge ». De quel son discordant ces exaltations officielles sont percées par une brève remarque du non moins officiel Rapport sur l'état de la santé publique : « La santé publique d'un pays signifie la santé de ses masses, et il est presque impossible que les masses soient bien portantes, si elles ne jouissent pas, jusqu'au plus bas de l'échelle sociale, au moins du plus modeste bien-être. »</p>
<p>Ebloui par le « Progrès de la Nation », le chancelier de l'Echiquier voit danser devant ses yeux les chiffres de ses statistiques. C'est avec un accent de véritable extase qu'il s'écrie : « De 1842 à 1852, le revenu imposable du pays s'est accru de 6 % ; dans les huit années de 1853 à 1861, il s'est accru de 20 %, si l'on prend pour base 1853 ; c'est un fait si étonnant qu'il est presque incroyable !… Cette vertigineuse montée de richesses et de puissance, ajoute W. Gladstone, se limite entièrement aux classes possédantes. »</p>
<p>Si vous voulez savoir à quelles conditions de santé perdue, de morale flétrie et de ruine intellectuelle, cette « vertigineuse montée de richesses et de puissance, limitée entièrement aux classes possédantes », a été et est produite par les classes laborieuses, voyez la description qui est faite des ateliers de couture pour hommes et pour dames, et d'imprimeries, dans le dernier « Rapport sur l'état de la santé publique ». Comparez le « Rapport de la commission pour examiner le travail des enfants », où il est constaté, par exemple, que la classe des potiers, hommes et femmes, présente une population très dégénérée, tant sous le rapport physique que sous le rapport intellectuel ; que « les enfants infirmes deviennent ensuite des parents infirmes » ; que « la dégénération de la race en est une conséquence absolue » ; que « la dégénération de la population du comté de Staffer serait beaucoup plus avancée, n'était le recrutement continuel des pays adjacents et les mariages mixtes avec des races plus robustes ». Jetez un coup d'oeil sur le Livre bleu de M. Tremenheere : Griefs et plaintes des journaliers boulangers. Et qui n'a pas frissonné en lisant ce paradoxe des inspecteurs des fabriques, certifié par le Registrar General, d'après lequel la santé des ouvriers du comté de Lancaster s'est améliorée considérablement, quoiqu'ils soient réduits à la plus misérable nourriture, parce que le manque de coton les a chassés des fabriques cotonnières, que la mortalité infantile a diminué, parce que, enfin, il est permis aux mères de donner le sein aux nouveau-nés, au lieu du cordial de Godfrey.</p>
<p>Mais retournez encore une fois la médaille ! Le Tableau de l'impôt des revenus et des propriétés, présenté à la Chambre des Communes le 20 juillet 1864, nous apprend que du 5 avril 1862 au 5 avril 1863, treize personnes ont grossi les rangs de ceux dont les revenus annuels sont évalués par le collecteur des impôts à 50 000 livres sterling et au-delà, c'est-à-dire que leur nombre est monté, en une seule année, de 67 à 80. Le même Tableau dévoile le fait curieux que 3 000 personnes à peu près partagent entre elles un revenu annuel d'environ 25 000 000 de livres sterling, plus que la somme totale distribuée annuellement entre tous les laboureurs de l'Angleterre et du Pays de Galles. Ouvrez le registre du cens de 1861, et vous trouverez que le nombre des propriétaires terriens en Angleterre et dans le Pays de Galles s'est réduit de 16 934 en 1851 à 15 066 en 1861 ; qu'ainsi la concentration de la propriété du sol s'est accrue en dix années de 11 %. Si la concentration de la propriété foncière dans les mains d'un petit nombre suit toujours le même progrès, la question agraire deviendra singulièrement simplifiée, comme elle l'était dans l'Empire romain quand Néron eut un fin sourire à la nouvelle que la moitié de la province d'Afrique était possédée par six chevaliers.</p>
<p>Nous nous sommes appesantis sur ces « faits si étonnants qu'ils sont presque incroyables », parce que l'Angleterre est à la tête de l'Europe commerciale et industrielle. Rappelez-vous qu'il y a quelques mois à peine, un des fils réfugiés de Louis-Philippe félicitait publiquement le travailleur agricole anglais de la supériorité de son lot par rapport à celui, moins prospère, de ses camarades de l'autre côté de la Manche. En vérité, si nous tenons compte de la différence des circonstances locales, nous voyons les faits anglais se reproduire sur une plus petite échelle, dans tous les pays industriels et progressifs du continent. Depuis 1848, un développement inouï de l'industrie et une expansion inimaginable des exportations et des importations ont eu lieu dans ces pays. Partout « la montée de richesses et de puissance entièrement limitée aux classes possédantes » a été réellement « vertigineuse ». Partout, comme en Angleterre, une petite minorité de la classe ouvrière a obtenu une légère augmentation du salaire réel ; mais, dans la plupart des cas, la hausse du salaire nominal ne dénotait pas plus l'accroissement du bien-être des salariés que l'élévation du coût de l'entretien des pensionnaires, par exemple, à l'hôpital des pauvres ou dans l'asile des orphelins de la métropole, de 7 livres 7 shillings 4 pence en 1852, à 9 livres 15 sh. 8 p. en 1861, ne leur bénéficie ni n'augmente leur bien-être. Partout les grandes masses de la classe laborieuse descendaient toujours plus bas, dans la même proportion au moins que les classes placées au-dessus d'elle montaient plus haut sur l'échelle sociale. Dans tous les pays de l'Europe — c'est devenu actuellement une vérité incontestable pour tout esprit impartial, et déniée par ceux-là seuls dont l'intérêt consiste à promettre aux autres monts et merveilles — , ni le perfectionnement des machines, ni l'application de la science à la production, ni la découverte de nouvelles communications, ni les nouvelles colonies, ni l'émigration, ni la création de nouveaux débouchés, ni le libre-échange, ni toutes ces choses ensemble ne supprimeront la misère des classes laborieuses ; au contraire, tant qu'existera la base défectueuse d'à-présent, chaque nouveau progrès des forces productives du travail aggravera de toute nécessité les contrastes sociaux et fera davantage ressortir l'antagonisme social. Durant cette « vertigineuse » époque de progression économique, la mort d'inanition s'est élevée à la hauteur d'une institution sociale dans la métropole britannique. Cette époque est marquée, dans les annales du monde, par les retours accélérés, par l'étendue de plus en plus vaste et par les effets de plus en plus meurtriers de la peste sociale appelée la crise commerciale et industrielle.</p>
<p>Après la défaite des révolutions de 1848, toutes les associations et tous les journaux politiques des classes ouvrières furent écrasés sur le continent par la main brutale de la force ; les plus avancés parmi les fils du travail s'enfuirent désespérés outre Atlantique, aux Etats-Unis, et les rêves éphémères d'affranchissement s'évanouirent devant une époque de fièvre industrielle, de marasme moral et de réaction politique. Dû en partie à la diplomatie anglaise qui agissait, alors comme maintenant dans un esprit de fraternelle solidarité avec le cabinet de Saint-Pétersbourg, l'échec de la classe ouvrière continentale répandit bientôt ses effets contagieux de ce côté de la Manche. La défaite de leurs frères du continent, en faisant perdre tout courage aux ouvriers anglais, toute foi dans leur propre cause, rendait en même temps aux seigneurs terriens et aux puissances d'argent leur confiance quelque peu ébranlée. Ils retirèrent insolemment les concessions déjà annoncées. La découverte de nouveaux terrains aurifères amena une immense émigration et creusa un vide irréparable dans les rangs du prolétariat de la Grande-Bretagne. D'autres, parmi ses membres les plus actifs jusque-là, furent séduits par l'appât temporaire d'un travail plus abondant et de salaires plus élevés et devinrent ainsi des « briseurs de grève politiques ». En vain essaya-t-on d'entretenir ou de réformer le mouvement chartiste, tous les efforts échouèrent complètement. Dans la presse, les organes de la classe ouvrière moururent l'un après l'autre de l'apathie des masses et, en fait, jamais l'ouvrier anglais n'avait paru accepter si entièrement sa nullité politique. Si autrefois il n'y avait pas eu solidarité d'action entre la classe ouvrière de la Grande-Bretagne et celle du continent, maintenant il y a, en tout cas, entre elles, solidarité de défaite.</p>
<p>Cependant cette période écoulée depuis les révolutions de 1848 a eu aussi ses compensations. Nous n'indiquerons ici que deux faits très importants.</p>
<p>Après une lutte de trente années, soutenue avec la plus admirable persévérance, la classe ouvrière anglaise, profitant d'une brouille momentanée entre les maîtres de la terre et les maîtres de l'argent, réussit à enlever le bill de dix heures. Les immenses bienfaits physiques, moraux et intellectuels qui en résultèrent pour les ouvriers des manufactures ont été enregistrés dans les rapports bisannuels des inspecteurs des fabriques et, de tous côtés, on se plaît maintenant à les reconnaître. La plupart des gouvernements continentaux furent obligés d'accepter la loi anglaise dans les manufactures, sous une forme plus ou moins modifiée, et le Parlement anglais est lui-même chaque année forcé d'étendre et d'élargir le cercle de son action. Mais à côté de son utilité pratique, il y a dans la loi certains autres caractères bien faits pour en rehausser le merveilleux succès. Par la bouche de ses savants les plus connus, tels que le docteur Ure, le professeur Senior et autres philosophes de cette trempe, la classe moyenne avait prédit et allait répétant que toute intervention de la loi pour limiter les heures de travail devait sonner le glas de l'industrie anglaise qui, semblable au vampire, ne pouvait vivre que de sang, et du sang des enfants, par-dessus le marché. Jadis, le meurtre d'un enfant était un rite mystérieux de la religion de Moloch, mais on ne le pratiquait qu'en des occasions très solennelles, une fois par an peut-être, et encore Moloch n'avait-il pas de penchant exclusif pour les enfants du pauvre. Ce qui dans cette question de la limitation légale des heures de travail, donnait au conflit un véritable caractère d'acharnement et de fureur, c'est que, sans parler de l'avarice en émoi, il s'agissait là de la grande querelle entre le jeu aveugle de l'offre et de la demande, qui est toute l'économie politique de la classe bourgeoise, et la production sociale contrôlée et régie par la prévoyance sociale, qui constitue l'économie politique de la classe ouvrière. Le bill des dix heures ne fut donc pas seulement un important succès pratique ; ce fut aussi le triomphe d'un principe ; pour la première fois, au grand jour, l'économie politique de la bourgeoisie avait été battue par l'économie politique de la classe ouvrière.</p>
<p>Mais il était réservé à l'économie politique du travail de remporter bientôt un triomphe plus complet encore sur l'économie politique de la propriété. Nous voulons parler du mouvement coopératif et surtout des manufactures coopératives créées par l'initiative isolée de quelques « bras » [3] entreprenants. La valeur de ces grandes expériences sociales ne saurait être surfaite. Elles ont montré par des faits, non plus par de simples arguments, que la production sur une grande échelle et au niveau des exigences de la science moderne pouvait se passer d'une classe de patrons employant une classe de salariés ; elles ont montré qu'il n'était pas nécessaire pour le succès de la production que l'instrument de travail fût monopolisé et servît d'instrument de domination et d'extorsion contre le travailleur lui-même ; elles ont montré que comme le travail esclave, comme le travail serf, le travail salarié n'était qu'une forme transitoire et inférieure, destinée à disparaître devant le travail associé exécuté avec entrain, dans la joie et le bon vouloir. En Angleterre, c'est Robert Owen qui jeta les germes du système coopératif ; les entreprises des ouvriers, tentées sur le continent, ne furent en fait que la réalisation pratique des théories non découvertes, mais hautement proclamées en 1848.</p>
<p>En même temps, l'expérience de cette période (1848-1864) a prouvé jusqu'à l'évidence que, si excellent qu'il fût en principe, si utile qu'il se montrât dans l'application, le travail coopératif, limité étroitement aux efforts accidentels et particuliers des ouvriers, ne pourra jamais arrêter le développement, en proportion géométrique, du monopole, ni affranchir les masses, ni même alléger un tant soit peu le fardeau de leurs misères. C'est peut-être précisément le motif qui a décidé de grands seigneurs bien intentionnés, des hâbleurs-philanthropes bourgeois et même des économistes pointus à accabler tout à coup d'éloges affadissants ce système coopératif qu'ils avaient en vain essayé d'écraser, lorsqu'il venait à peine d'éclore, ce système coopératif qu'ils représentaient alors d'un ton railleur comme une utopie de rêveur, ou qu'ils anathématisaient comme un sacrilège de socialiste. Pour affranchir les masses travailleuses, la coopération doit atteindre un développement national et, par conséquent, être soutenue et propagée par des moyens nationaux. Mais les seigneurs de la terre et les seigneurs du capital se serviront toujours de leurs privilèges politiques pour défendre et perpétuer leurs privilèges économiques. Bien loin de pousser à l'émancipation du travail, ils continueront à y opposer le plus d'obstacles possible. Qu'on se rappelle avec quel dédain lord Palmerston rembarra les défenseurs du bill sur les droits des tenanciers irlandais présenté pendant la dernière session. « La Chambre des Communes, s'écria-t-il, est une chambre de propriétaires fonciers ! »</p>
<p>La conquête du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvrière. Elle semble l'avoir compris, car en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en France, on a vu renaître en même temps ces aspirations communes, et en même temps aussi des efforts ont été faits pour réorganiser politiquement le parti des travailleurs.</p>
<p>Il est un élément de succès que ce parti possède : il a le nombre ; mais le nombre ne pèse dans la balance que s'il est uni par l'association et guidé par le savoir. L'expérience du passé nous a appris comment l'oubli de ces liens fraternels qui doivent exister entre les travailleurs des différents pays et les exciter à se soutenir les uns les autres dans toutes leurs luttes pour l'affranchissement, sera puni par la défaite commune de leurs entreprises divisées. C'est poussés par cette pensée que les travailleurs de différents pays, réunis en un meeting public à Saint-Martin's Hall le 28 septembre 1864, ont résolu de fonder l'Association Internationale</p>
<p>Une autre conviction encore a inspiré ce meeting.</p>
<p>Si l'émancipation des classes travailleuses requiert leur union et leur concours fraternels, comment pourraient-elles accomplir cette grande mission si une politique étrangère, qui poursuit des desseins criminels, met en jeu les préjugés nationaux et fait couler dans des guerres de piraterie le sang et dilapide le bien du peuple ? Ce n'est pas la prudence des classes gouvernantes de l'Angleterre, mais bien la résistance héroïque de la classe ouvrière à leur criminelle folie qui a épargné à l'Europe occidentale l'infamie d'une croisade pour le maintien et le développement de l'esclavage outre Atlantique. L'approbation sans pudeur, la sympathie dérisoire ou l'indifférence stupide avec lesquelles les classes supérieures d'Europe ont vu la Russie saisir comme une proie les montagnes-forteresses du Caucase et assassiner l'héroïque Pologne, les empiétements immenses et sans entrave de cette puissance barbare dont la tête est à Saint-Pétersbourg et dont on retrouve la main dans tous les cabinets d'Europe, ont appris aux travailleurs qu'il leur fallait se mettre au courant des mystères de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir, et enfin lorsqu'ils seraient impuissants à rien empêcher, s'entendre pour une protestation commune et revendiquer les simples lois de la morale et de la justice qui devraient gouverner les rapports entre individus, comme lois suprêmes dans le commerce des nations.</p>
<p>Combattre pour une politique étrangère de cette nature, c'est prendre part à la lutte générale pour l'affranchissement des travailleurs.</p>
<p>Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Garrotteurs (garroters), bandes de brigands, dont les assauts dans les rues de Londres devinrent si nombreux au début des années 60 qu'ils provoquèrent un débat parlementaire. (Note de la rédaction)</p>
<p>[2] Il est à peine besoin de rappeler au lecteur que le carbone et l'azote, parallèlement a l'eau et à certaines substances inorganiques, constituent une matière brute pour l'alimentation humaine. Or, pour alimenter l'organisme de l'homme, ces simples éléments chimiques doivent être fournis sous forme de matières végétales ou animales. Ainsi, la pomme de terre contient surtout le carbone ; le froment, lui, contient le carbone et l'azote dans une proportion convenable. (Note de Marx)</p>
<p>[3] Hands, mot-à-mot « mains », signifie également ouvriers. (Note de la rédaction)</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/09/18640928.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/09/18640928.htm</a></p>
<p>Préface</p>
<p><a href="https://bsstock.files.wordpress.com/2007/08/dunois-preface-ait.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://bsstock.files.wordpress.com/2007/08/dunois-preface-ait.pdf</a></p></div>
La Quatrième Internationale en danger !
http://matierevolution.org/spip.php?article8773
http://matierevolution.org/spip.php?article87732025-10-30T23:54:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskisme
<p>Natalia Sedova, G. Munis & Benjamin Péret <br class='autobr' />
La Quatrième Internationale en danger ! <br class='autobr' />
(27 juin 1947) <br class='autobr' />
Au Plénum tenu fin mars 1947, la CEI adopta un règlement relatif à la tenue du Congrès mondial de la Quatrième Internationale, dont le caractère bureaucratique, inspiré des vieilles manœuvres staliniennes, représente un symptôme des plus alarmants. La CEI a en effet divisé le monde en trois catégories : les pays de grande, moyenne et légère importance. Quel est le critère qui a inspiré (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag">Trotskisme</a>
<div class='rss_texte'><p>Natalia Sedova, G. Munis & Benjamin Péret</p>
<h2 class="spip">La Quatrième Internationale en danger !</h2>
<p>(27 juin 1947)</p>
<p>Au Plénum tenu fin mars 1947, la CEI adopta un règlement relatif à la tenue du Congrès mondial de la Quatrième Internationale, dont le caractère bureaucratique, inspiré des vieilles manœuvres staliniennes, représente un symptôme des plus alarmants. La CEI a en effet divisé le monde en trois catégories : les pays de grande, moyenne et légère importance. Quel est le critère qui a inspiré une division aussi outrageusement arbitraire ? Personne n'a daigné le partager avec qui que ce soit dans l'Internationale.</p>
<p>On imagine que la CEI va nous dire qu'elle s'est inspirée de l'exemple du premier congrès de la défunte Internationale Communiste. Mais sommes-nous des participants à la même situation qu'en 1919, ou une véritable imitation du premier congrès de l'IC ? Au moment du premier congrès, la révolution russe venait de triompher, le parti bolchevik comptait des centaines de milliers de membres, alors que dans le reste du monde les partis communistes n'étaient encore que de petits groupes, pour la plupart comparables aux nôtres aujourd'hui ; à tel point que les bolcheviks ont été amenés à diminuer le poids de leur parti dans la jeune internationale afin d'éviter, par le libre jeu d'une apparente démocratie, que celle-ci ne devienne automatiquement majoritaire contre le reste du monde et lui impose sa volonté incontestée. . Il s'agissait de permettre au monde entier de s'exprimer même contre le parti russe, c'est-à-dire d'assurer le fonctionnement d'une démocratie la plus efficace possible dans l'Internationale. Est-ce le même objectif que recherche aujourd'hui la CEI ? Nous affirmons catégoriquement que non, et nous allons démontrer que l'EI et la CEI, avec leur division du monde en trois catégories, ont en tête des objectifs complètement opposés, alors que l'IC visait l'affaiblissement des partis forts et le renforcement des partis forts. des partis faibles afin d'assurer un maximum de démocratie, notre CEI vise le renforcement des partis forts et l'affaiblissement des partis faibles afin de se maintenir au pouvoir.</p>
<p>Le critère des trois grands</p>
<p>Posons-nous encore une fois la question : quel critère a été utilisé pour réaliser cette division du monde ? L'importance numérique des sections ? Non évidemment, puisque l'Allemagne, où la section vient d'être reconstituée, figure dans la première catégorie, bien qu'elle soit nécessairement très faible en raison de sa formation récente, tandis que l'Italie, dont la section compte presque autant d'adhérents que la France, est placée dans la deuxième. On peut en dire autant de la section russe – qui doit évidemment être insignifiante – lorsqu'on la compare à n'importe quelle autre section dans des pays « d'importance modérée ». Ce n'est donc pas un critère numérique qui a présidé aux découpages d'ailleurs, nous verrons plus loin que la prise en compte du nombre a été prise en compte et non pour des raisons de démocratie. D'ailleurs, même s'il l'était, ce critère serait fallacieux. Supposons que la section bolivienne compte 200 membres et que le pays compte 3 000 000 d'habitants, admettons aussi que la section américaine en prétendant 1 600 membres dans un pays de 150 000 000 d'habitants n'exagère pas et que ce chiffre est l'expression exacte de la vérité. . Il est clair que les 200 camarades boliviens ont beaucoup plus d'importance dans la vie politique de leur pays arriéré que les 1 600 camarades américains dans la leur. Pour que le rapport de forces soit apparemment le même, il faudrait que la section américaine compte 10 000 membres. De plus, ce rapport de forces ne serait qu'apparemment égal, puisque 200 camarades en Bolivie, pays arriéré , jouent un rôle infiniment plus grand – ils l'ont démontré – que ne pourraient jouer 10 000 membres de la section américaine aux États-Unis, un pays avancé et principal pays impérialiste du monde entier.</p>
<p>Ce n'est pas non plus l'importance révolutionnaire des pays considérés sur l'arène de la lutte des classes mondiale qui a motivé cette division, puisqu'il semble que ni les États-Unis ni l'Angleterre ne seront appelés à jouer un rôle décisif dans la vague révolutionnaire qui s'annonce. manifeste, tandis que l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, la Belgique, la Hollande, la Grèce, l'Indochine, l'Afrique du Nord, l'Indonésie, la Pologne, la Hongrie, etc., toutes exclues de la première catégorie, sont évidemment destinées à jouer un rôle révolutionnaire important dans l'immédiat. avenir.</p>
<p>Ces raisons mises à part, ne reste que le critère des Trois Grands, qui a sans doute inspiré la division du monde. C'est en fait seule l'importance sur la scène capitaliste mondiale qui a guidé la CEI dans son choix.</p>
<p>La majorité comme mesure</p>
<p>Mais se contenter de cette déclaration serait ne considérer qu'un seul côté de la question, ses aspects extérieurs ; en outre, l'adoption d'un tel critère témoigne d'une soumission inconsciente à l'influence impérialiste et à la contre-révolution russe, qu'il faut sans cesse combattre.</p>
<p>On sait que les questions qui seront discutées au Congrès mondial, que la CEI ou l'EI le veuillent ou non, concernent la politique de nos sections pendant la guerre impérialiste et, par rapport aux mouvements de résistance nationalistes, le problème de la Russie. contre-révolution et stalinisme mondial, la tactique de la Quatrième Internationale à l'égard du stalinisme et du réformisme (front unique, gouvernement SP-CP-CGT) et notre programme de transition d'avant-guerre, mais, comme par hasard , bon nombre de sections dans les « pays de grande importance », les uns soumis à une direction bureaucratique, les autres mal informés, voire pas informés du tout, des problèmes à discuter, se sont jusqu'à présent prononcés, à travers leurs majorités, en faveur de la position conservatrice du SI et de la CEI.</p>
<p>La résolution de la CEI décide aux parties 5 et 6 du paragraphe 3 :</p>
<p>Donner trois délégués à chaque organisation de un à 150 membres s'ils appartiennent à la catégorie A, deux délégués s'ils appartiennent à la catégorie B, un délégué s'ils appartiennent à la catégorie C, 3.</p>
<p>Pour 150 à 500 membres, et avec un minimum approximatif de 300 membres – un délégué supplémentaire. Pour 500 à 1 000 membres, et avec un minimum approximatif de 750 membres – un autre délégué – et ainsi de suite successivement.</p>
<p>De ces tableaux, il ressort immédiatement que sept pays (de première catégorie) recevront 28 délégués, tandis que 26 pays (de deuxième et troisième catégorie) recevront 45 délégués. Autrement dit, sept pays de « première importance » obtiendront entre 35 et 38 % des voix au Congrès. Il ne leur manquera alors que neuf délégués pour assurer le contrôle du Congrès. Bien entendu, notre tableau n°1 indique six délégués minoritaires. Même en supposant que notre estimation de la représentation minoritaire des pays de « première importance » ne soit pas exagérée, les six délégués minoritaires que nous notons seront facilement compensés par le soutien des sections des pays de « moyenne » et de « faible importance ». » D'ailleurs, les tableaux n°2 et n°3 le montrent clairement. On voit donc que la division adoptée par la CEI lui assure inévitablement et bureaucratiquement la majorité au Congrès mondial, majorité sur laquelle elle s'assiéra fermement tout en évitant de discuter des problèmes majeurs qui se posent à notre Internationale.</p>
<p>Il faut remarquer également que dans le deuxième tableau les 13 sections « d'importance moyenne » incluent l'Espagne, dont l'expérience révolutionnaire – même si elle ne comptait pas plus de membres que la section russe – est particulièrement précieuse pour notre époque car elle marque un tournant décisif. dans l'histoire de la contre-révolution russe et du stalinisme, tandis que l'expérience russe, avec toute sa valeur énorme, se réfère précisément à une période que la révolution espagnole a clôturée. De même, dans cette liste aussi outrageusement arbitraire que la première, on trouve l'Italie, qui offre d'immenses possibilités révolutionnaires, si une politique claire est suivie à l'égard des organisations révolutionnaires antistaliniennes (bordighistes, anarchistes, socialistes de gauche), la Grèce, dont l'admirable combativité révolutionnaire devrait donner matière à réflexion à la CEI, la Pologne et les autres pays occupés par la Russie, que la CEI oublie totalement et qui offrent d'immenses possibilités d'action contre la réaction stalinienne à condition qu'on n'exige pas de défendre les « dégénérés ». État ouvrier » qui les opprime. Vient enfin l'Indochine, où le soutien à notre section a été oublié depuis si longtemps et où même demander qui a assassiné Thu-Thau a été oublié pour soutenir, sans critique sérieuse, le gouvernement stalinien de Ho-Chi-Minh, salutations. dont ont été si chaleureusement salués par The Militant et La Vérité .</p>
<p>On a vu que la résolution de la CEI crée une majorité importante en faveur de la direction actuelle que le vote des pays de « peu d'importance » ne pourrait pas modifier même s'ils pouvaient envoyer tous les délégués que la CEI leur accorde. et s'ils votaient tous contre la direction actuelle , cela reste basé sur l'hypothèse la plus favorable, car il est impossible aux sections pauvres latino-américaines d'envoyer les 10 ou 12 délégués que leur donne la CEI. Par ailleurs, l'interdiction du vote par procuration prive en réalité un certain nombre de sections de pays d'importance « moyenne » ou « faible » de la possibilité de se faire entendre et de voter au Congrès, ce qui n'empêche pas la CEI d'exiger au préalable l'acceptation des votes par procuration. des décisions qui seront prises par le Congrès mondial et de désirer interdire toute discussion après le Congrès. La majorité ainsi astucieusement élaborée par l'EI et la CEI s'en trouve renforcée. Mieux encore, avec ce système, aucune opposition ne peut espérer convaincre le Congrès. Que peut attendre l'Internationale, à part une défaite idéologique et un étranglement organique, d'une direction qui a pris de telles décisions ?</p>
<p>En effet, selon le système que la CEI entend imposer, même si la méthode était rectifiée en donnant la même base de représentation à toutes les sections afin de s'accorder avec les comtés de « première importance », on constate (Tableaux 2b et 3b) qu'une majorité est assurée pour la direction internationale actuelle par le fait que les sections d'Europe occidentale, d'Amérique du Nord et du Canada seront presque les seules à pouvoir envoyer tous les délégués qui leur seront accordés. Comment peut-on réellement supposer que le Mexique, la Pologne, le Pérou, l'Indochine et d'autres pays trouveront les moyens nécessaires pour envoyer deux ou trois délégués ? Nous avons du mal à croire que cela représente une ignorance de la part des dirigeants internationaux ; au contraire, nous pensons qu'il s'agit d'une question de calcul délibéré, car elle n'aurait pas pu imaginer que l'Internationale accepterait une division aussi arbitraire sans protester. Mais les tendances qui se sont emparées de la direction grâce aux conditions qui ont immédiatement suivi la guerre ont calculé que les sections des pays d'importance « modérée » ou « légère » exigeraient en principe d'être mises sur un pied d'égalité avec les pays classés comme ceux de « première importance ». Dans la plupart des cas, ils ne pourraient pas envoyer les délégués qui leur ont été accordés même si la CEI avait tenu compte de leurs objections – et justice aurait probablement été rendue afin de préserver la façade démocratique.</p>
<p>Les tableaux précédents montrent que cinq sections seulement comptent un effectif égal ou supérieur à 500 personnes ; tandis que sept comptent entre 100 et 400 membres et 21 ne comptent que 50 membres ou moins. Si l'on veut réellement suivre le premier congrès de l'IC, qui a diminué le poids des sections fortes et augmenté le poids des sections faibles, un seul mode de représentation serait : véritablement démocratique : un délégué pour 1 à 25 membres et un autre délégué pour 25 membres supplémentaires ou fraction de 25, jusqu'à un maximum de quatre délégués. A ce mode de représentation, il faut ajouter encore une autre régulation démocratique majeure : le transfert des voix majoritaires et minoritaires d'une section ou d'une autre ou vers des individus ayant une position commune afin que les minorités puissent participer au Congrès mondial. Pour éviter la création de minorités artificielles qui pourraient menacer d'engorger le Congrès, il est donc important d'exiger que les minorités représentent au moins 20 % des membres de leur section pour voter.</p>
<p>On voit que notre proposition assure une représentation plus démocratique au Congrès, les faiblesses économiques des sections éloignées et pauvres étant compensées par une représentation plus large des petites sections en général et surtout des sections qui ne pourront pas envoyer leurs les délégués au Congrès votent beaucoup moins, tandis que la CEI agit à l'inverse et les discrimine systématiquement afin de favoriser ses regroupements. Cette résolution de la CEI constitue un danger immédiat et mortel pour l'ensemble de l'Internationale. Elle doit être révoquée.</p>
<p>Nous assistons, comme on l'a vu, à une tentative de prise bureaucratique de la direction internationale par des éléments intéressés à étouffer un débat loyal qui provoquerait leur renversement. Il ne peut s'agir d'autre chose. Rappelons dans quelles conditions la pré-conférence d'avril 1946 fut convoquée et les motifs de sa convocation.</p>
<p>L'EI et la CEI, désignés lors de la conférence d'urgence de 1940, n'avaient qu'une existence politique végétative et menèrent une activité organique quasi inexistante pendant toute la guerre, le fonctionnement de ces instances ayant été paralysé par les luttes personnelles et politiques en 1940. l'ambiance de la section américaine. Dès 1944, le Groupe espagnol au Mexique exigeait la convocation d'un congrès mondial. Sa demande ne trouva pas un seul écho. L'année suivante, la CEI a été consultée sur la possibilité de convoquer une pré-conférence aux objectifs limités. Cette proposition de pré-conférence a été acceptée, car elle était la seule manière possible de résoudre la situation d'un SI incapable, en raison de ses divisions internes, d'organiser un véritable débat et de préparer un véritable Congrès mondial. Il fut alors explicitement entendu que cette rencontre aurait pour tâche de sélectionner de nouvelles instances dirigeantes dont la mission principale serait d'animer et d'élargir le débat international en vue du Congrès mondial. Puis Silence total. Après cela, personne au sein de l'Internationale n'a été informé du lieu et de la date de la réunion de la pré-conférence projetée, aucune discussion ni même échange de vues ne l'a précédé, l'ordre du jour était inconnu de la quasi-totalité de l'Internationale. Les membres de la CEI étaient mal informés alors que la police française était parfaitement informée. Tout a été organisé dans l'obscurité par des dirigeants soucieux d'assurer l'hégémonie dans ce rassemblement. La composition de la pré-conférence était en outre la moins démocratique possible, ce qui était excusable compte tenu des conditions dans lesquelles elle a été convoquée. Mais son caractère non démocratique, pour ne pas dire antidémocratique, aurait dû inciter les organes dirigeants qu'il avait élus à compenser leur origine par des mesures authentiquement démocratiques. C'est précisément le contraire auquel nous avons été témoins. A peine était-elle réunie que cette pré-conférence se proclamait conférence sous prétexte de jeter de la poussière aux yeux du monde extérieur et publiait un manifeste prétendant introduire le débat international qu'elle était chargée d'ouvrir. Alors l'EI et la CEI ont commencé à menacer d'expulsion et à légiférer comme s'ils étaient le produit d'une véritable conférence à laquelle l'Internationale aurait délégué les pleins pouvoirs ; en un mot, ils ont commencé à préparer la future majorité du Congrès mondial, oubliant totalement leur mission principale : l'organisation loyale d'une discussion approfondie de tous les problèmes posés à notre Internationale et au mouvement ouvrier. Ils ont même tellement oublié leur tâche que dans tous les bulletins de discussion publiés sous leur direction, plus d'un an après la pré-conférence, de tous les principaux problèmes auxquels notre mouvement est confronté, un seul, le problème russe, a été largement traité. , et cela ne reflète toujours que l'opinion officielle. A notre connaissance,seuls des extraits d'une thèse de la minorité antidéfensiste ont été publiés. Peut-on parler d'un débat approfondi et loyal en vue d'un congrès mondial après sept années de guerre qui a produit des changements d'une importance majeure ? Non, la discussion dans son ensemble reste à organiser.</p>
<p>L'étranglement des minorités</p>
<p>Nous affirmons que l'EI et la CEI cherchent à préparer leur majorité au Congrès mondial. Outre les calculs que nous avons déjà démasqués, ce qui montre clairement c'est le soin minutieux qu'ils ont apporté à assurer une limitation maximale de la représentation des minorités, tant en nombre qu'en puissance. L'avant-dernière partie du paragraphe trois de la résolution de la CEI dit : Les minorités seront représentées proportionnellement « dans les cas où le nombre de délégués le permet ». Dans les autres cas, toutes les minorités constituant au moins environ un quart de leurs sections seront représentées par un vote consultatif. Tout d'abord, la représentation proportionnelle des minorités, si elle est placée à côté de la représentation arbitraire des sections critiquée plus haut, n'est qu'un piège. Quelles minorités pourraient être représentées proportionnellement ? Evidemment celles des « pays de première importance » et pourtant pas tous, puisque celle de la section américaine n'aurait que la satisfaction de dévoiler ses thèses. La résolution suggère clairement : « Dans les cas où le nombre de délégués le permet ». Car ce ne sont évidemment pas les sections péruvienne, polonaise ou autrichienne, par exemple, qui disposeront d'un nombre suffisant de délégués pour que l'un d'entre eux puisse représenter la minorité. Ces sections des pays « de première importance », outre le privilège de l'importance, se voient accorder un privilège supplémentaire par la CEI, le luxe, pour ainsi dire, d'une ou de plusieurs minorités. Parmi ces sections figure précisément celle du pays le plus impérialiste du monde et le PCI de France, où la majorité Craipeau et la minorité franche n'ont pas de divergences politiques sérieuses. De plus, pourquoi faut-il un quart et non un tiers ou un cinquième des membres et pourquoi n'y a-t-il qu'un vote consultatif ? La résolution ne daigne pas nous en informer. Ce que cela signifie, nous le savons peut-être déjà. La raison en est sans doute qu'il n'existe pas à l'heure actuelle, grâce aux bons offices de l'EI, une seule section où la minorité représente un quart des adhérents, à l'exception de la minorité française dirigée par Frank, qui est sous la tutelle de le leadership mondial actuel.</p>
<p>Néanmoins, la direction internationale actuelle va être obligée de permettre une petite discussion, afin de sauver les apparences. Les minorités auront plus ou moins l'illusion d'une discussion, mais d'ici la fin de l'année elles n'auront pas le temps de se développer et de se regrouper, puisque l'EI et la CEI ont éludé toute discussion sur les grandes questions ; ces minorités n'auront donc pas le temps de conquérir un quart des membres de leurs sections. D'ailleurs, même si elles atteignaient cette proportion, la plupart des sections non européennes seraient incapables, comme nous l'avons déjà dit, d'envoyer tous les délégués majoritaires auxquels elles ont droit, sans parler des délégués minoritaires. Ainsi, l'étouffement du débat organisé depuis plus d'un an par la direction internationale, avait pour but d'empêcher la montée d'une opposition dans notre mouvement. La revendication du quart donne désormais le coup de grâce aux minorités en les empêchant d'être représentées. au Congrès mondial. Et au cas où cela ne suffirait pas, vient maintenant l'interdiction des votes par procuration et, par conséquent, l'empêchement de la croissance de nouvelles oppositions formées, qui sont empêchées de se faire entendre et de voter. L'EI déclare depuis longtemps que le prochain Congrès mondial doit être avant tout un congrès de sections sérieuses de l'Internationale. Nous savons maintenant ce qu'il entend par là : les sections qui soutiennent ou acceptent son opportunisme, son conservatisme idéologique et son bureaucratisme organique. Enfin, pour couronner son travail, la CEI dans sa résolution refuse de convoquer légalement le Congrès sous prétexte que la convocation légale est « totalement irréalisable dans les conditions actuelles » et « empêcherait la présence au Congrès d'une série de sections et de camarades ». » Nous ne pouvons pas accepter cette affirmation ; en effet, qu'est-ce qui empêche la convocation d'un Congrès légal qui tiendrait des séances secrètes au cours desquelles les camarades illégaux seraient entendus ? La peur de la répression bourgeoise et stalinienne ? Mais à combien de pays l'autorisation de tenir un Congrès légal a-t-elle été demandée ? Évidemment, pas un seul. Il faut d'abord demander partout l'autorisation de tenir un congrès légal avant de se réfugier dans des méthodes complotistes. Le secret, ajouté aux méthodes restrictives déjà critiquées, permet aux dirigeants de se regrouper et de manœuvrer et garantit qu'ils conserveront le leadership de l'Internationale. Nous vous affrontons – et, avec nous, l'Internationale tout entière exigera le retrait de votre résolution, le début d'une véritable discussion sur les problèmes majeurs et la préparation d'un congrès démocratique.</p>
<p>Pour un véritable congrès mondial</p>
<p>Pour que le Congrès mondial représente un progrès réel pour la Quatrième Internationale, il faut avant tout qu'il soit convoqué dans des conditions telles qu'aucun camarade n'ait la moindre raison de penser à des manœuvres de la direction.</p>
<p>Pour que le Congrès puisse adopter des résolutions nécessaires à la révolution sociale, toutes les minorités doivent être représentées.</p>
<p>Nous demandons donc :</p>
<p> Que les sections soient représentées à raison d'un délégué pour 25 membres et de fractions supplémentaires de 25 jusqu'à un maximum de quatre délégués pour chaque section, les minorités étant représentées de la même manière. Toutefois, seules les minorités représentant au moins 20 % des membres de leur section auront le droit de vote. D'autres n'auront qu'un vote consultatif. C'est ainsi que sera suivi l'exemple démocratique que nous a donné la Cl à sa naissance.</p>
<p> Les sections et minorités auront le droit de transmettre leur vote à des sections, minorités ou camarades extérieurs à leur section.</p>
<p> Les organisations proches de la Quatrième Internationale ayant des divergences sur tel ou tel point de programme seront invitées au Congrès avec les mêmes droits que les sections officielles, à condition de reconnaître les principes fondamentaux de l'Internationale, même si la fusion avec les sections officielles a pas été réalisé avant l'ouverture du Congrès.</p>
<p> L'ordre du jour comprendra :</p>
<p> examen de la politique des principaux partis pendant la guerre impérialiste et de leur position par rapport aux mouvements de résistance nationaux pendant l'occupation nazie ;<br class='autobr' /> Caractère de la guerre entre la Chine et le Japon ;<br class='autobr' /> Bilan de la guerre civile espagnole ;<br class='autobr' /> Soutien ou abandon de la défense inconditionnelle de la Russie et de la question du stalinisme mondial (gouvernement SP-CP-CGT, front unique avec le stalinisme, etc.) ;<br class='autobr' /> L'obsolescence ou l'opportunité du programme transitoire et les modalités d'application des parties du programme qui restent valables ;<br class='autobr' /> Problème de la tactique de construction des partis révolutionnaires ;<br class='autobr' /> Questions coloniales ;<br class='autobr' /> Nature de la période historique actuelle et perspectives révolutionnaires immédiates.</p>
<p>Cet agenda n'est pas du tout exclusif. Seront discutées toutes les questions d'intérêt général que telle ou telle section ou groupe de camarades voudrait présenter à l'examen du Congrès.</p>
<p>Nous appelons l'ensemble de l'Internationale à s'exprimer sur les propositions précédentes.</p>
<p>Si le Congrès mondial se réunit dans les conditions décidées par la CEI, et même dans de meilleures conditions, sans une discussion préalable approfondie des problèmes auxquels notre mouvement est confronté (voir notre lettre ouverte au PCI français), le Congrès constituera un coup mortel pour le Quatrième Internationale. La situation exige l'intervention énergique des sections et des camarades au sein des sections. La CEI doit immédiatement retirer ses résolutions, sinon la Quatrième Internationale sera bureaucratiquement asphyxiée.</p>
<p> Pour la révocation de la décision de la CEI ou la démission de la direction internationale !</p>
<p> Pour une discussion gratuite à l'International !</p>
<p> Pour un véritable Congrès de l'Internationale organisé sur des bases démocratiques !</p>
<p> Vive la Quatrième Internationale !</p>
<p> Vive la révolution socialiste mondiale !</p>
<p>Mexique, DF 27 juin 1947</p>
<p>Les sections, groupes de camarades ou individus qui partagent nos critiques et propositions sont priés de communiquer immédiatement leur accord total ou partiel au SI et à l'adresse suivante : G. Munis, Apartado Postal 8942, Mexico, DF.</p></div>
Léon Trotsky et le choix de fonder la quatrième internationale
http://matierevolution.org/spip.php?article8743
http://matierevolution.org/spip.php?article87432025-09-28T22:15:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Léon Trotsky et le choix de fonder la quatrième internationale <br class='autobr' />
Aucun fétichisme sur le nombre « quatre » de quatrième internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales précédentes sont mortes et enterrées en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la révolution mondiale. <br class='autobr' />
Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Léon Trotsky et le choix de fonder la quatrième internationale</h2>
<p>Aucun fétichisme sur le nombre « quatre » de quatrième internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales précédentes sont mortes et enterrées en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la révolution mondiale.</p>
<p>Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une perspective politique nouvelle et indispensable vue l'arrivée de la guerre mondiale.</p>
<p>Il était le premier à avoir souhaité retarder cette proclamation tant que le stalinisme n'avait pas fait la preuve de son caractère révolutionnaire et tant que le mouvement ouvrier allemand n'était pas écrasé.</p>
<p>Dès la trahison stalinienne en Allemagne en 1933, trahison que Trotsky avait prévue, il tourne et décide de proclamer la quatième internationale, proclamation qui sera retardée par la faiblesse politique du mouvement.</p>
<p>« Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale » :<br class='autobr' />
« Le plus dangereux en politique, c'est de se laisser enfermer dans sa propre formule qui hier convenait, mais qui est aujourd'hui dénuée de tout contenu. […] Une organisation qui n'a pas été réveillée par le tonnerre du fascisme et qui se soumet docilement à des actes aussi scandaleux que de ceux de la bureaucratie démontre ainsi qu'elle est morte et que rien ne pourra jamais la ranimer. Le dire ouvertement et publiquement est notre devoir direct envers le prolétariat et son avenir. Dans tous nos travaux ultérieurs, il est nécessaire de prendre comme point de départ l'effondrement historique de l'Internationale communiste officielle. »</p>
<p>Trotsky en 1933, « Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale »</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Qu'est-ce que la Quatrième Internationale ? Celle de Léon Trotsky !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247</a></p>
<p>Qu'était l'Internationale communiste (ou IIIe Internationale) de Lénine et Trotsky ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929</a></p>
<h2 class="spip">1928</h2>
<p>L'internatinale communiste après Lénine</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html</a></p>
<h2 class="spip">1929</h2>
<p>Aux Ouvriers Révolutionnaires</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm</a></p>
<h2 class="spip">1933</h2>
<p>La Quatrième Internationale et l'U.R.S.S.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm</a></p>
<p>Déclaration sur la nécessité et les principes d'une nouvelle internationale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm</a></p>
<p>La question de la nouvelle Internationale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm</a></p>
<p> La troisième internationale est morte</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm</a></p>
<p>Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale </p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<h2 class="spip">1934</h2>
<p>La guerre et la IVe Internationale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm</a></p>
<h2 class="spip">1935</h2>
<p>Pour la IV° Internationale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm</a></p>
<p>Rosa Luxemburg et la Quatrième internationale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm</a></p>
<p>L'ILP et la Quatrième Internationale</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Sectarisme, centrisme et Quatrième Internationale</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<h2 class="spip">1938</h2>
<p>Sur la fondation de la Quatrième internationale</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Programme de transition</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm</a></p>
<p>Résolution sur les tâches de la section française</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf</a></p>
<p>Appel pour la classe ouvrière espagnole</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm</a></p>
<h2 class="spip">1939</h2>
<p>Discussion</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm</a></p>
<p>Questions de la IVème Internationale, par Barta</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm</a></p>
<h2 class="spip">1940</h2>
<p>Manifeste d'alarme</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm</a></p>
<h2 class="spip">1943</h2>
<p>De la première à la quatrième internationale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876</a></p>
<h2 class="spip">1951</h2>
<p>Lettre de Natalia Sedova à la Quatrième internationale</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467</a></p>
<h2 class="spip">2009</h2>
<p>Une continuité ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328</a></p>
<h2 class="spip">2016</h2>
<p>Pourquoi la Quatrième Internationale fondée par Léon Trotsky a échoué…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250</a></p></div>
En 1945, la Quatrième Internationale officielle trahit le trotskysme
http://matierevolution.org/spip.php?article8782
http://matierevolution.org/spip.php?article87822025-08-13T22:47:00Ztext/htmlfrRobert ParisIV° InternationaleTrotskisme
<p>Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI Barta <br class='autobr' /> Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatrième Internationale <br class='autobr' />
2 juillet 1945 <br class='autobr' />
La Vérité du 4 juin porte en titre " La Parole aux Trotskystes ". <br class='autobr' />
Elle fait suite à la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonnée d' "hitlérisme" lancée par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IVème Internationale. <br class='autobr' />
Quelles que soient les méthodes que vous ayez jugé bonnes pour (…)</p>
-
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag">Trotskisme</a>
<div class='rss_texte'><p>Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI<br class='autobr' />
Barta</p>
<p> Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatrième Internationale</p>
<p>2 juillet 1945</p>
<p>La Vérité du 4 juin porte en titre " La Parole aux Trotskystes ".</p>
<p>Elle fait suite à la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonnée d' "hitlérisme" lancée par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IVème Internationale.</p>
<p>Quelles que soient les méthodes que vous ayez jugé bonnes pour mener cette campagne, elles ne devraient en aucun cas servir de prétexte pour défigurer, afin de vous défendre, les principes, le langage et l'enseignement révolutionnaire du trotskysme. Car si votre langage actuel correspond à ce que vous êtes, vous reniez le trotskysme ; ou alors vous essayez de vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas, et on en revient au raisonnement stalinien, fatal à l'esprit communiste : « les intentions sont bonnes, mais la " tactique " exige des concessions... »</p>
<p>Notre tendance, menant la lutte sans discontinuer depuis septembre 1939 pour défendre le drapeau et le programme de la IVème Internationale dans le mouvement ouvrier, estime que la façon dont vous avez entrepris cette campagne constitue un reniement de l'enseignement révolutionnaire du trotskysme et une concession à l'idéologie bourgeoise.</p>
<p>Dans l'intention d'ouvrir une discussion, nous soumettons devant tous les militants se réclamant du trotskysme la critique de la politique de votre organisation. Étant donné que dans le passé cette discussion nous fut refusée, si ce n'est une de pure forme, nous vous rappelons que Trotsky faisait un des plus grands mérites au Parti bolchévik d'avoir traité avec le plus grand sérieux même les organisations qui l'étaient peu. Notre organisation ayant cependant montré sa continuité politique et le sérieux de son action pratique, il serait criminel d'utiliser les faux-fuyants déjà utilisés dans le passé (tel que : nous discuterons à condition que vous entriez chez nous), et de continuer à vouloir ignorer notre critique par des explications arbitraires données "entre quatre yeux".<br class='autobr' />
Où est le reniement du trotskysme ?</p>
<p>Pour vous défendre contre la calomnie, vous revendiquez pour vous le titre de "premiers résistants". Or vous-mêmes, dans le numéro 23 (7/4) de La Vérité, écrivez " la résistance elle-même est basée sur une duperie : la duperie de la collaboration de classes ".</p>
<p>Déjà sous le Front Populaire, la politique trotskyste consistait à expliquer aux ouvriers la duperie de cette collaboration de classe, dont le prolétariat faisait les frais, et pour laquelle une partie de la bourgeoisie impérialiste s'était déguisée en " démocrate ". Le Front Populaire prétendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre démagogique la lutte contre les trusts. Pour les révolutionnaires ce mot-d'ordre était un but réel ; mais la similitude des formules permettait-elle à l'organisation révolutionnaire de se réclamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'eût été contribuer à les duper. La politique trotskyste a consisté à se délimiter du front populaire et à le combattre, malgré les calomnies staliniennes qui présentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus prétendu à l'époque être les meilleurs ou les premiers " front populaire ", du fait que nous avons été les premiers à préconiser le front unique socialiste-communiste.</p>
<p>Après 1940, les révolutionnaires devaient mener une politique de résistance (c'està-dire de défense des masses) vis-à-vis de l'occupation impérialiste allemande. Mais ils continuaient en même temps l'opposition révolutionnaire vis-à-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des intérêts du prolétariat français aussi bien que des intérêts du prolétariat allemand, en ne renforçant pas, comme la résistance officielle, la domination de Hitler par le déchaînement chauvin. Cela ne nous empêchait pas de prendre "les pommes de terre" de l'impérialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolchéviks en 1918 dans la lutte contre l'impérialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer à la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe menée jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne considérions pas l'impérialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport à l'impérialisme fasciste, raisonnement stalinien qui entraînait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.</p>
<p>Nous, internationalistes, étions les seuls défenseurs des intérêts des masses tout au long de cette guerre, avant et après l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la résistance n'était que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le tableau impérialiste anglo-américain ; par l'intermédiaire des social-chauvins la bourgeoisie a également réalisé, à travers la "résistance", l'union sacrée et a prolongé sa domination de classe. Comme le dénonçait LaVérité elle-même en 1943 et 44, la résistance servait de camouflage même aux organisations d'extrême-droite et aux partis fascistes. La résistance, d'après le sens qu'a pris ce terme à travers les événements, est une organisation politique de la bourgeoisie impérialiste. Le parti révolutionnaire peut-il s'en réclamer ? L'absurdité d'une réponse affirmative saute aux yeux.</p>
<p>En luttant pour votre légalisation, vous cherchez la consécration de votre titre de " résistants " par l'obtention d'un certificat public de la Résistance (personnifiée par les Bayet, Saillant, Frenay, Bidault, etc...). Au moment même où les querelles entre l'Angleterre et la France montrent aux masses la vraie nature impérialiste des alliés, au moment où les ouvriers ont déjà eu le temps de se rendre compte que la résistance s'est terminée par l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement des trusts, au lieu de pouvoir en ce moment rehausser notre propre autorité morale pour avoir dénoncé à temps la duperie de la résistance, vous cherchez à vous camoufler sous son masque répugnant ! Une pareille légalisation ne serait pas une victoire remportée sur notre propre terrain, celui de l'internationalisme et de la révolution.</p>
<p>Dans la lettre à Bayet (18/9/44) le Comité central dit :</p>
<p>" Il s'agit de savoir si la IVème République naissante reprendra là où avait sombré la IIIème République glissant vers l'autoritarisme réactionnaire de Pétain, où si elle sera effectivement démocratique ".</p>
<p>Qui pense-t-on tromper par un pareil raisonnement ? C'est la besogne des staliniens et des réformistes de vouloir faire croire aux masses que nous sommes encore devant la perspective : IVème République démocratique ou réactionnaire. La tâche des révolutionnaires est de montrer aux ouvriers que, les social-chauvins les ayant illusionnés sur l'épuration ", ils ont laissé subsister les organes de l'État gangrené de la IIIème République qui a servi avec succès à Daladier aussi bien qu'à Pétain, et que nous nous trouvons sous de Gaulle en pleine dictature bureaucratico-policière. Au moment où l'Humanité elle-même dénonce le régime dictatorial subi par la presse, pouvons-nous faire croire que la légalisation de La Vérité serait le critère d'une "démocratie effective" ? La tâche des révolutionnaires, enseignait Trotsky, est de nommer les choses par leur nom, et non de se faire les auxiliaires des " démocrates " pourris qui sèment des illusions dans les masses.</p>
<p>La Vérité, en s'adressant aux réformistes et aux stalinistes, use constamment du terme " camarade ". Il suffit pourtant de se référer à un texte de Trotsky pour découvrir ce qu'il y a derrière cette terminologie. L.T. écrit dans La révolution allemande et la bureaucratie stalinienne (Et Maintenant) (page 36) :</p>
<p>" Léon Blum, le défenseur des réparations, le compère socialiste du banquier Oustric, est traité de " camarade " dans les pages des journaux de Seydewitz. Est-ce de la politesse ? Non, c'est un manque de principes, de caractère, de fermeté. " Des chicanes ", dira un quelconque savant de cabinet. Non, dans ces chicanes, le fond politique se manifeste avec beaucoup plus de vérité et de clarté, que dans la reconnaissance abstraite des soviets, non étayée par l'expérience révolutionnaire. Il est inutile d'appeler Blum "fasciste", en se rendant ridicule. Mais celui qui ne ressent pas du mépris et de la haine pour cette espèce de politiciens, celui-là n'est pas un révolutionnaire ".</p>
<p>La Vérité a pris maintenant l'habitude de parler à chaque pas des " démocrates sincères et honnêtes " et, à l'occasion, des "démocrates apeurés".</p>
<p>Déjà sous la monarchie tsariste, les bolchéviks (ils faisaient partie de la social-démocratie), pour se distinguer légalement des autres démocrates, mettaient souvent l'accent sur le fait qu'ils constituaient, en tant que parti du prolétariat, les seuls démocrates conséquents.</p>
<p>Depuis 1934 Trotsky enseignait que dans les conditions de la décadence capitaliste et de l'exacerbation de la lutte de classe la démocratie bourgeoise était définitivement morte en France.</p>
<p>Voici ce qu'écrivait Trotsky dans Où va la France (pages 16-17) :</p>
<p>" La société contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, la prolétariat et les " classes moyennes " ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes déterminent en fin de compte la situation politique dans le pays. Les classes fondamentales de la société sont la grande bourgeoisie et le prolétariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique indépendante, claire et conséquente. La petite bourgeoisie se distingue par sa dépendance économique et son hétérogénéité sociale. Sa couche supérieure touche immédiatement la grande bourgeoisie. La couche inférieure se fond avec le prolétariat et tombe même à l'état de lumpen-prolétariat. Conformément à sa situation économique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique indépendante. Elle oscille toujours entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche supérieure la pousse à droite ; ses couches inférieures, opprimées et exploitées, sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement à gauche. C'est par ces relations contradictoires des différentes couches des " classes moyennes " qu'a toujours été déterminée la politique confuse et absolument inconsistante des radicaux, leurs hésitations entre le cartel avec les socialistes, pour calmer la base, et le bloc national avec la réaction capitaliste, pour sauver la bourgeoisie. LA DÉCOMPOSITION DÉFINITIVE DU RADICALISME COMMENCE AU MOMENT OU LA GRANDE BOURGEOISIE, ELLE-MÊME DANS L'IMPASSE, NE LUI PERMET PLUS D'OSCILLER. " (Souligné par nous.)</p>
<p>La décomposition du régime capitaliste met fin à la démocratie bourgeoise. Les représentants " démocratiques " de la bourgeoisie n'ont plus qu'une phraséologie à offrir. Dans ces conditions même un de Gaulle arrive à se prétendre démocrate. La tâche n'est donc pas de chercher à distinguer, par quelque introspection, les démocrates honnêtes et malhonnêtes, mais de poser devant les ouvriers la question : qui donnera le ton ? La bourgeoisie par l'intermédiaire de ses fascistes, réactionnaires, curés, professeurs, démocrates, ou le prolétariat qui en se détachant de la bourgeoisie et de ses agents ralliera à lui les autres couches opprimées ?</p>
<p>De même que, dans Et Maintenant, Trotsky était le plus acharné défenseur du front unique, mais méprisait ceux qui traitaient Blum de camarade, nous rappelons que dans la révolution espagnole nous défendions les libertés démocratiques des ouvriers contre le fascisme les armes à la main, mais il ne serait venu à l'idée d'aucun trotskyste d'analyser l'honnêteté d'Azana ou de Negrin. Ils analysaient leur nature de classe et les qualifiaient d'agents de la bourgeoisie, parés du masque de la démocratie.</p>
<p>En donnant les états de service des camarades du Comité directeur, La Vérité dit de Demazière : " Il milite illégalement dans les rangs du PCI jusqu'à la libération ". Et de Baufrère : " Il sait que la lutte ne s'arrête pas à la chute de Hitler ". Encore une fois, pouvons-nous, sous prétexte de nous défendre, bafouer notre propre idéologie ? La Vérité du 22/6/44 sous le titre " Ils se valent ", écrivait : " refuse de te faire mobiliser dans " l'armée de la libération ". En mai 1944, un numéro spécial de La Vérité disait : " Pas de libération possible sans les prolétaires allemands et contre eux ".</p>
<p>Mais puisqu'il s'agit de défendre les principes trotskystes, laissons la parole à Trotsky lui-même. Dans son étude Après la "paix" impérialiste de Munich – une leçon toute fraîche, il écrivait :</p>
<p>" Dans tous les cas où les forces contre-révolutionnaires tentent de revenir de " l'État démocratique " pourrissant, en arrière vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dictature militaire, le fascisme, le prolétariat révolutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilité pour la " défense de la démocratie " (elle n'est pas défendable !), opposera à ces forces contrerévolutionnaires une résistance armée, pour en cas de succès, diriger son offensive contre la " démocratie " impérialiste. Cette politique n'est applicable, cependant, que pour ce qui concerne les conflits intérieurs, c'est-à-dire dans le cas où l'enjeu de la lutte est véritablement la question du régime politique : c'est ainsi, par exemple, que s'est présentée la question en Espagne. La participation des ouvriers espagnols à la lutte contre Franco était leur devoir élémentaire. Mais c'est précisément et uniquement parce que les ouvriers n'ont pas réussi à remplacer à temps le pouvoir de la démocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, que la "démocratie" a fait place au fascisme. Cependant, c'est pure tromperie et charlatanisme que de transporter mécaniquement les lois et les règles de la lutte des différentes classes d'une seule et même nation dans la guerre impérialiste, c'est-à-dire la lutte d'une seule et même classe de différentes nations. Actuellement, il n'est, semble-t-il, pas besoin de démontrer que les impérialistes luttent l'un contre l'autre non pour des principes politiques, mais pour la domination sur le monde, sous le couvert des principes qui leur semblent bons ".</p>
<p>Si l'on présente la défaite d'Hitler comme une première étape gagnée dans la lutte (" la lutte ne s'arrête pas là "), on utilise un raisonnement purement stalinien : " la lutte contre le fascisme extérieur et ses prolongements à l'intérieur ". La défaite de Hitler venant à la suite de la victoire d'un camp impérialiste sur l'autre, n'a pas été une victoire du prolétariat allemand, français, ou autre. Encore dans Après Munich Trotsky dit :</p>
<p>" La question du sort des Tchèques, des Belges, des Français, des Allemands, en tant que nations, nous ne la relions pas à des déplacements conjoncturels des fronts militaires lors d'une nouvelle mêlée des impérialistes, mais à l'insurrection du prolétariat et à sa victoire sur tous les impérialistes ".</p>
<p>Sous le drapeau de la lutte impérialiste la chute de Hitler n'a été qu'un déplacement conjoncturel des fronts militaires. De même que la défaite de 1940 de la bourgeoisie française n'a pas été la victoire du prolétariat uniquement parce que cette défaite n'a pas été acquise par l'activité révolutionnaire du prolétariat. Le langage communiste eût été de dire je continue la lutte parce que plus que jamais les masses se trouvent écrasées par l'impérialisme. Plus que jamais la lutte entre les brigands impérialistes se poursuit sur le dos des masses. Imagine-t-on, en 1918, l'IC disant :" La lutte ne s'arrête pas à la chute du Kaiser ? " La défaite de l'impérialisme allemand était-elle une étape dans la lutte prolétarienne ?</p>
<p>La théorie révolutionnaire est l'expression et la garantie suprême de la nature de la direction d'une tendance prolétarienne. La fausse terminologie développe le confusionnisme, rabaisse le niveau des cadres révolutionnaires et ouvre une brèche à l'idéologie ennemie [1].</p>
<p>Voici ce que dit encore Trotsky (IVème tome de la Révolution Russe, page 229) : " Les distances indispensables à l'égard de l'idéologie bourgeoise étaient maintenues dans le Parti par une vigilante intransigeance dont l'inspirateur était Lénine. Il ne cessait de travailler du scalpel, tranchant les liens que l'entourage petit-bourgeois créait entre le Parti et l'opinion publique officielle. En même temps, Lénine apprenait au Parti à former sa propre opinion publique, s'appuyant sur la pensée et les sentiments de la classe qui montait. Ainsi, par sélection et éducation, dans une lutte continuelle, le Parti bolchévik crée son milieu non seulement politique mais aussi moral, indépendant de l'opinion publique bourgeoise et irréductiblement opposé à celle-ci. C'est seulement cela qui permit aux bolchéviks de surmonter les hésitations dans leurs propres rangs et de manifester la virile résolution sans laquelle la victoire d'Octobre eût été impossible. "Comment se défendre contre la calomnie ?</p>
<p>Avec raison, La Vérité dit que le but de la bourgeoisie est de nous étouffer. Mais en même temps (numéro du 4/6) elle met en demeure de Gaulle de choisir entre le camp fasciste qui étouffe les trotskistes, et le camp démocratique (Angleterre, etc...) qui ne les étouffe pas. Mesurez la hauteur de ce raisonnement !</p>
<p>La calomnie contre-révolutionnaire, comme l'antisémitisme et autres manifestations empoisonnées, élevées à une échelle politique, font partie de la lutte de classe et ne s'élèvent pas au-dessus d'elle. C'est pour cela que notre première tâche, pour combattre la calomnie, c'est une offensive politique énergique menée en direction des masses pour démasquer politiquement les calomniateurs, afin que celles-ci puissent se convaincre que ceux qui nous calomnient ne sont pas leurs amis mais bien leurs ennemis. Il faut ensuite un travail suivi d'éducation socialiste dans les rangs ouvriers (édition de brochures populaires).</p>
<p>Il faut aussi une lutte directe contre le gangstérisme staliniste ; nous avions fourni en automne dernier à votre direction une occasion précise d'une action à entreprendre pour le démasquer publiquement [2]. Votre direction s'y est dérobée. Après avoir fui le combat, quel est le sérieux des défis lancés par La Vérité invitant les staliniens à des commissions composées " de toutes les tendances du mouvement ouvrier et de la résistance " ? Nous sommes prêts à fournir à une commission de contrôle de votre parti tous les détails de cette affaire et de l'attitude criminelle de votre direction.</p>
<p>En ce qui concerne l'éducation socialiste, tâche fondamentale de travail communiste, vous semblez l'ignorer. Dans les contacts que nos camarades ont pu avoir avec vous, il semble que même pour les membres de l'organisation ce travail passe au troisième plan (" la révolution est là, ce n'est pas le moment de lire Marx "). Comment voulez vous combattre l'obscurantisme et les préjugés, si vous ne remplissez pas votre rôle d'éducateurs socialistes ?</p>
<p>Sur le plan politique, les efforts de légalisation se sont transformés en piège pour votre organisation. Voici deux mois que La Vérité a abandonné toute propagande révolutionnaire et qu'elle ne se fait plus le défenseur des masses devant les mesures réactionnaires du gouvernement.</p>
<p>Vous vous êtes réfugiés dans des justifications vis-à-vis de la bourgeoisie et les appels aux " démocrates ". Ainsi La Vérité du 4/6 dit :</p>
<p>"Nous ne sommes pas un groupe de conspirateurs... Nos tâches sont : éclairer en éduquant, guider en expliquant. Notre arme : c'est la propagande révolutionnaire, et rien d'autre".</p>
<p>Ce mensonge la bourgeoisie ne le croira pas et aux travailleurs nous n'avons pas le droit de mentir. Des centaines de fois Lénine a expliqué aux militants : la révolution est une guerre. Une guerre se fait-elle seulement à l'aide de la propagande ? Trotsky a écrit un livre intitulé : Défense du Terrorisme. Nous avons été les premiers et continuons à être les seuls défenseurs des Milices ouvrières et de l'armement du prolétariat. Nous approuvons la devise de Blanqui : qui a du fer a du pain. Comment peut-on avec une pareille doctrine présenter les révolutionnaires comme des prêcheurs et apôtres d'une propagande " de la vérité et du progrès social " (Vérité 4/6). Lénine a enseigné au Parti révolutionnaire la plus grande méfiance envers tout gouvernement bourgeois, même le plus démocratique. Une partie de l'appareil de l'organisation doit toujours rester dans l'illégalité pour parer à toute mesure arbitraire de la part du gouvernement bourgeois. Vous-mêmes ne prétendez pas livrer toute l'organisation à la légalité, quelles que soient les mesures de légalisation dont vous ferez l'objet. N'est-ce pas dans ce cas renforcer la calomnie contre nous que d'affirmer : " Nous ne sommes pas des conspirateurs " ? Au moment où le rapport de forces nous impose la lutte clandestine pour pouvoir exprimer des idées révolutionnaires en faveur des masses, le raisonnement léniniste ne serait-il pas plutôt de dire aux travailleurs : " la bourgeoisie conspire, couverte de sa propre légalité, contre le niveau de vie et la vie même des masses ? Nous, révolutionnaires, appelons les travailleurs conscients à se préparer, clandestinement s'il le faut, au renversement de la bourgeoisie. La propagande ouverte n'est qu'une partie de notre travail. Demander aux ouvriers de cacher des armes, aux soldats de se réunir en cellules de caserne, aux ouvriers d'usine d'éditer des organes d'opposition sans adresse et sans nom, tout cela, n'est-ce pas un travail de conspirateurs ?</p>
<p>Il est inutile, nous l'espérons, d'ajouter que cela n'a rien de commun avec le terrorisme anarchiste, lutte individuelle contre des représentants isolés de la classe capitaliste.</p>
<p>En juillet 1917, le rapport de forces entre le prolétariat et la bourgeoisie a ouvert la voie à la calomnie capitaliste et social-chauvine contre les bolchéviks. Le regroupement des masses a fait sauter en l'air la calomnie quelques mois après. Combien réconfortant pour les révolutionnaires est le raisonnement de ce soldat russe, que rapporte Kroupskaïa dans sa brochure de Souvenirs sur Lénine : " Sais-tu que ton Lénine est un espion allemand ? dit un Monsieur instruit au soldat en faction. Non, je ne le sais pas, répond celui-ci, je n'ai pas assez d'instruction pour ça, mais ce que je sais, c'est que tout ce que Lénine dit sur la terre est juste ".</p>
<p>Mais faut-il seulement s'en référer à 1917 ? Les camarades voudront bien réfléchir à des exemples plus récents, que nous leur soumettons. A la fin du mois de mai, quand le gouvernement rejette les revendications présentées par la CGT à la suite des mouvements de grève, les social-chauvins n'osent bien entendu pas réfuter les arguments de la bourgeoisie dirigés contre les ouvriers. Notre organisation répand quelques milliers de tracts, signés par les trotskystes, par la IVème Internationale, pour prendre la défense des ouvriers, démasquer les bureaucrates et indiquer nos solutions. De multiples endroits nous parvient l'écho d'ouvriers du rang, qui constituent la grande masse, approuvant le tract et le faisant circuler, sans s'inquiéter de la signature.</p>
<p>Dans une usine importante de la région parisienne, des camarades ouvriers entreprennent un travail d'opposition syndicale entièrement sur des bases communistes et révolutionnaires [3]. La bureaucratie social-chauvine répand immédiatement le bruit qu'il s'agit de la 5ème colonne. Ne cédant pas à la pression des adversaires, le travail de l'opposition continue conspirativement, pour ne pas donner prise à la répression. N'est-ce pas à nous de tenir bon, de démontrer aux ouvriers les nécessités qui nous sont imposées par la lutte, ne s'apercevront-ils pas que ceux qui nous accusent les trahissent, mais que nous ne cesserons de les défendre ? Le journal de l'opposition est le seul qui dans toutes les occasions prend intelligemment et avec continuité la défense des ouvriers. Aussi le font-ils circuler, sans s'inquiéter des accusations des bureaucrates. Nos camarades organisent quelques ouvriers plus avancés en noyau de l'opposition syndicale ; ils adoptent la conspiration comme une nécessité faisant partie de notre travail. L'opposition arrive à imposer politiquement sa légalité : le représentant de la direction syndicale prend l'engagement de ne pas faire arrêter les représentants de l'opposition si ceux-ci se démasquent. Mais cette invitation manque son effet, car l'opposition ce n'est plus seulement un noyau isolé, c'est un courant politique dans l'usine.</p>
<p>Nous sommes-nous réclamés pour ce travail de la résistance ? Notre propagande est-elle tendancieuse dans le sens des préjugés existants ? Nullement. En voici un exemple : un camarade qui fait un travail syndical d'usine avec notre concours, écrit dans son projet de journal : la guerre étant finie rien ne s'oppose plus à nos revendications. Notre camarade lui explique que cette façon de s'exprimer peut laisser entendre aux ouvriers que la politique des bureaucrates ayant freiné les ouvriers à cause de la guerre (des capitalistes) pouvait se justifier. Or il ne faut en aucun cas utiliser de pareilles équivoques, parce que ce qui importe par dessus tout c'est d'élever la conscience des ouvriers. Notre camarade sympathisant convient de la justesse de ce raisonnement.</p>
<p>Mais voici que le raisonnement ci-dessus écarté d'un journal d'usine, nous le retrouvons dans l'organe central du PCI. La Vérité du 4/6 dit :</p>
<p>" Aujourd'hui la guerre est finie. Nous attendons du ministre l'autorisation de paraître légalement. Rien ne justifie plus les mesures d'exception qui nous frappent ".</p>
<p>La guerre justifiait-elle donc les mesures d'exception ? Pendant la guerre la bourgeoisie prenait le prétexte de la " défense nationale ". Mais aujourd'hui la bourgeoisie dit par la voix des social-chauvins et de tous ses partis : " Nous avons gagné la première manche par tant de sacrifices, allons-nous maintenant tout compromettre ? Notre union qui était nécessaire contre l'ennemi est nécessaire maintenant pour refaire la France ". C'est à l'aide de cette argumentation que les Thorez et Cie veulent imposer à la classe ouvrière la politique du produire, produire, produire... Notre tâche ce n'est pas de passer l'éponge sur le passé et l'opposer au présent, car pour sa politique actuelle la bourgeoisie tire justement argument du passé. Si des mesures contre nous étaient justifiées pendant la guerre, elles le sont encore aujourd'hui, parce que la guerre et la paix ne sont que la continuation de la politique de la bourgeoisie impérialiste, axiome que Trotsky a si souvent rappelé et que vous oubliez.</p>
<p>Nous avons voulu par ces quelques exemples démontrer aux camarades que pour combattre nos adversaires il ne faut pas se laisser imposer leur tactique et leur argumentation. C'est par une idéologie et une argumentation radicalement contraire à celle de nos ennemis que nous pouvons imposer notre point de vue prolétarien, et non pas en acceptant les prémisses du raisonnement de la bourgeoisie, pour en tirer d'autres conclusions. Si nous engageons la lutte contre la calomnie sur le terrain de nos adversaires, nous sommes battus d'avance.</p>
<p>Ainsi vous brandissez actuellement comme principal argument les morts de la résistance. Mais le PC se réclame de ses dizaines de milliers de morts pour la résistance, connus dans tout le pays. C'est au nom de ces morts qu'il nous accuse et nous pourchasse.</p>
<p>Ce qui fait notre force, c'est notre politique énergique de défense des intérêts des masses, poursuivie sans hésitation et sans équivoque.</p>
<p>Mais au lieu de cette intransigeance vous lâchez prise dans chaque occasion grave, vous cédez à la pression ennemie au moment où il faudrait le plus y résister. Le 10 juin 1944 La Vérité écrivait :</p>
<p>" Les forteresses volantes et les tanks d'Eisenhower n'apporteront pas la libération des travailleurs de l'Europe. A la place de l'impérialisme allemand qui s'écroule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais ".</p>
<p>Deux mois après, au moment du plus grand déchaînement chauvin et du déferlement de la " libération ", La Vérité écrit (le 11 Août) :</p>
<p>" Hitler s'effondre. Les Américains approchent de Paris. La classe ouvrière doit mettre à profit la situation... "</p>
<p>La Vérité est-elle assez naïve pour croire qu'on pouvait transformer en insurrection prolétarienne une situation dont tout le cours antérieur avait préparé les masses à la " libération nationale ", notamment du fait du monopole d'influence des social-chauvins ? En réalité, La Vérité a ployé sous la pression des événements et le PCI a engagé ses militants à participer à " l'épuration ", duperie monstrueuse qui a permis à l'État bourgeois de traverser indemne les événements (rappelons-nous " l'insurrection " de la police).</p>
<p>De la même façon, La Vérité a dénoncé sous l'occupation la résistance d'union sacrée, mais lâche prise maintenant devant l'opinion publique petite-bourgeoise et en arrive à se réclamer de la résistance !</p>
<p>Pour nous, le levier pour le renversement de la situation, n'est pas dans des discussions avec " l'opinion publique ". Il est dans une politique révolutionnaire, hardie : à l'heure où les masses voient qu'elles sont trahies de toutes parts, à l'heure où l'offensive gouvernementale se poursuit contre elles et que les chefs " ouvriers " se perdent en discours, les trotskistes doivent montrer aux masses que, ne s'effrayant ni de la calomnie ni des menaces, ils restent seuls à prendre la défense de leurs intérêts. Les ouvriers sont fatigués d'années de souffrances et de privations. Ils arrivent à exécrer les chefs traîtres qui détiennent actuellement dans les usines le rôle de premiers garde-chiourme. Dans ces conditions, deux ouvriers révolutionnaires, par un travail clandestin et intelligent, tiennent en échec toute une direction syndicale, parce que les ouvriers ont pu se rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour prendre leur défense.</p>
<p>Au lieu de mener son offensive, La Vérité se perd en discussions et en disputes avec " l'opinion publique éclairée ", avec les "démocrates sincères". Et les ouvriers assistent à ces pleurnicheries, au lieu de rencontrer dans La Vérité un organe de combat et une réponse à leurs propres préoccupations.</p>
<p>Dans une interview de 1937, Trotsky a dit :</p>
<p>" Je suis sûr que dix ouvriers qui comprennent très bien la situation... gagneront une centaine d'ouvriers, et les cent ouvriers un millier de soldats. Ils seront victorieux à la fin de la guerre ; ça me semble très simple, mais je pense que c'est une bonne idée ".</p>
<p>Là se résument tous les problèmes de notre travail. Comment faire bien comprendre la situation à une centaine d'ouvriers, les gagner corps et âme à la politique révolutionnaire, en faire des cadres de la classe ouvrière et du trotskisme ; c'est par eux que nous pourrons apparaître aux masses comme leurs seuls défenseurs, dans ce monde où elles n'ont que des ennemis.</p>
<p>Ce sont là les problèmes de la construction du parti et de sa prolétarisation, de l'attitude envers les questions théoriques, du lien entre la théorie et la pratique. Ces problèmes il faut les poser devant l'ensemble du mouvement et à l'aide d'une discussion approfondie, à la lumière de l'expérience, poser un premier jalon dans la voie du redressement théorique et pratique du mouvement trotskiste en France. Hors de là un sort pire que celui du POUM attend notre mouvement.</p>
<p>La discussion du bilan de nos deux organisations ne serait pas à l'heure actuelle une concession de votre part, mais le devoir le plus élémentaire de notre travail révolutionnaire.</p>
<p>juillet 1945</p>
<p>UNION COMMUNISTE</p>
<p>(IVème Internationale)</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Nous demandons aux militants de lire ou de relire les ouvrages de Trotsky que nous avons cités Où va la France, Et Maintenant et Après la "Paix" impérialiste de Munich. [Note de Barta]</p>
<p>[2] Il s'agit de la désignation d'une commission d'enquête sur l'assassinat de Pamp (Mathieu Bucholz) par le PCF en septembre 1944. En juillet 1945 l'UC avait renouvelé sa demande, préalablement à toute discussion politique ".</p>
<p>[3] La Voix des Travailleurs, Bulletin inter-usines de l'opposition syndicale Lutte de Classes ne paraîtra qu'en octobre 1945. Mais l'UC avait déjà engagé un travail dans cette direction et certaines de ses publications d'entreprise portaient déjà ce nom.</p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247</a></p></div>
Quand Staline dissolvait la troisième internationale
http://matierevolution.org/spip.php?article8778
http://matierevolution.org/spip.php?article87782025-07-27T22:33:00Ztext/htmlfrRobert ParisStalinismeIV° Internationale1943-1947
<p>Quand Staline dissolvait la troisième internationale, fondée par Lénine et Trotsky <br class='autobr' />
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! <br class='autobr' />
Au moment où la guerre impérialiste mondiale entre dans sa phase décisive, une "nouvelle sensationnelle" diffusée depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
/
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag">1943-1947</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quand Staline dissolvait la troisième internationale, fondée par Lénine et Trotsky</h2>
<p>A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :<br class='autobr' />
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,<br class='autobr' />
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE<br class='autobr' />
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !</p>
<p>Au moment où la guerre impérialiste mondiale entre dans sa phase décisive, une "nouvelle sensationnelle" diffusée depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stupéfaction et d'embarras les prolétariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande à ses membres de subordonner leur action à l'action des Gouvernements "alliés" dans la lutte contre Hitler !</p>
<p>Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de "bluff" et de "manœuvre grotesque", la propagande "alliée" exalte "l'importance historique" de l'événement.</p>
<p>DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.</p>
<p>Staline dissout l'Internationale de Lénine cédant ainsi à la pression de l'impérialisme américain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a été annoncée tout de suite après la visite du représentant de Roosevelt, Davies, à Staline, et avant la fin des travaux de la conférence politico-militaire des Anglo-Américains à Washington.</p>
<p>La guerre impérialiste étant arrivée à sa phase décisive, et le rapport de forces des belligérants s'étant profondément modifié au cours de la dernière année en faveur du camp anglo-américain à la suite des défaites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'impérialisme anglo-américain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans définitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tiré l'expérience amère de la crise révolutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menacé jusqu'aux tréfonds l'édifice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le régime des classes possédantes, de cette guerre. L'impérialisme subordonne ainsi l'action militaire immédiate aux considérations politiques qui visent à créer le climat nécessaire en Europe, dans lequel aucune crise révolutionnaire sérieuse ne serait possible.</p>
<p>C'est pour cette raison que l'impérialisme anglo-américain neutralise d'abord la IIIème Internationale qui, malgré sa dégénérescence bureaucratique croissante pendant toutes ces dernières années, représentait encore grâce à ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activité révolutionnaire spontanée des masses.</p>
<p>POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?</p>
<p>Staline a cédé à la pression des impérialistes "alliés" parce que, malgré les dernières victoires de l'Armée Rouge, malgré la défaite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consommé et détruit une masse énorme de richesses naturelles du pays, de réalisations techniques, de matériel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait ériger une société socialiste basée sur un système d'économie planifiée et sans les entraves du régime capitaliste de la propriété privée, réside dans le soutien actif du prolétariat mondial, dans le progrès de son mouvement révolutionnaire et dans l'élargissement de la révolution socialiste commencée il y a 25 ans en URSS.</p>
<p>Ni matériellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement révolutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumulé jusqu'à maintenant que des défaites, qui ont rendu la situation de l'URSS à la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extrêmement précaire et à la merci des pressions et des chantages de l'impérialisme mondial.</p>
<p>MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MANŒUVRE ?</p>
<p>La propagande de l'Axe qui par le succès politique de l'impérialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade "anti-communiste", dénonce la liquidation du Komintern comme une "manœuvre", et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrassés par l'ampleur et la vitesse de la décision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la même explication facile.</p>
<p>Mais c'est une série de telles manœuvres qui pendant toutes ces dernières années ont amené la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement nécessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la "manœuvre" du Front Populaire qui a éliminé de la scène politique la physionomie indépendante des partis communistes et qui a favorisé ainsi la préparation idéologique de la guerre par la "sainte alliance" des partis bourgeois et "ouvriers". C'est la "manœuvre" de la subordination du mouvement ouvrier pendant la présente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des différents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays "alliés" qui fait évoluer jusqu'à maintenant la guerre selon les désirs de l'impérialisme mondial et qui prépare sa victoire accompagnée de l'étouffement de toute crise révolutionnaire et de l'écrasement de ce qui reste encore vivant de la révolution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a été trompée par ces "manœuvres", c'est le prolétariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts réactionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imbéciles qui peuvent faire vanter au prolétariat les avantages d'une "ingénieuse" politique de manœuvre et lui déformer ainsi son critère de classe.</p>
<p>La politique prolétarienne, pour qu'elle soit vraiment révolutionnaire, c'est-à-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'éducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit être telle qu'elle a toujours été définie par Marx, par Lénine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter misérablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie "amie" ou "alliée" de l'URSS. Parce que c'est précisément la politique extérieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les dernières années.</p>
<p>La IIIème Internationale était devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique extérieure, qui au lieu d'être appuyée sur l'action révolutionnaire des masses, les seuls alliés naturels de l'URSS, a été orientée exclusivement dans la voie des "combines" et des "manœuvres" avec les différents pays impérialistes.</p>
<p>Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi légère, sur un geste des maîtres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre impérialiste l'organisation suprême du prolétariat mondial, montre pour une dernière fois le misérable sort que le stalinisme a réservé à l'Internationale de Lénine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits impérialistes internationaux.</p>
<p>LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.</p>
<p>Plus on prive le prolétariat de ses armes idéologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette dernière se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.</p>
<p>La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas être la dernière de ses concessions à l'impérialisme armé des "alliés". Sur la voie d'une désorganisation et d'une passivité progressive du prolétariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la Révolution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propriété, économie planifiée, commerce extérieur étatisé, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien à l'intérieur de l'URSS que sur l'échelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conquêtes socialistes qui subsistent encore en URSS.</p>
<p>L'impérialisme international, d'accord avec les tendances réactionnaires renforcées dans certains milieux de la bureaucratie soviétique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'économie planifiée de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'économie anarchique du capitalisme.</p>
<p>SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.</p>
<p>Pour nous marxistes, nourris de la pensée et de l'œuvre pratique de Marx, de Lénine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement nécessaire de son évolution antérieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme suprême du prolétariat combattant, à la veille de la phase décisive de la guerre impérialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commencé à prouver aux militants de l'avant-garde révolutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement à la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tiré de l'expérience pratique la certitude qu'aucune réforme ne serait plus possible à l'intérieur de la IIIème Internationale, nous avons proclamé devant le prolétariat mondial, dans la mesure de nos forces, la nécessité historique de la IVème Internationale.</p>
<p>Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la dépouille de celle qui fut jadis l'Internationale héroïque de Lénine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficultés immenses de notre œuvre et notre foi inébranlable dans la justice prolétarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succès faciles ne sont pas propres à la révolution prolétarienne.</p>
<p>Nous savons au contraire que "les révolutions prolétariennes se critiquent elles-mêmes constamment, interrompent à chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble déjà être accompli, pour le recommencer à nouveau, raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser à nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment à nouveau devant l'immensité infinie de leurs propres buts, jusqu'à ce que soit enfin créée la situation qui rende impossible tout retour en arrière, et que les circonstances elles-mêmes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !"</p>
<p>Prolétaires ! Camarades !</p>
<p>Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi pénible que cela puisse être pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouvé la mort et ont souffert dans les geôles de la bourgeoisie les pires martyrs moyenâgeux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'impérialisme qui, une fois de plus, a plongé l'humanité entière dans une mer immense de sang, de détresse et de souffrance, ne vous découragez pas !</p>
<p>Le capitalisme européen sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une série de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'être total et le chaos économique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le désordre général qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.</p>
<p>Une ère de guerres civiles et de révolutions commencera.</p>
<p>Mais la désorganisation et la confusion dans les rangs des révolutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation éphémère du capitalisme. Dans ce cas la misère atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine période notre sort.</p>
<p>Le capitalisme européen ne peut en fait se survivre après cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie à ses extrêmes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises économiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'à maintenant connues, chômage massif et permanent, salaires bas, vie chère, esclavage politique, voilà les perspectives d'aprèsguerre si nous accordons au capitalisme encore un délai d'existence.</p>
<p>Forgeons dès maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis révolutionnaires, la nouvelle Internationale.</p>
<p>Que la pensée de Marx, de Lénine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.</p>
<p>POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !</p>
<p>POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !</p>
<p>Pour le gouvernement révolutionnaire des Comités ouvriers et paysans !</p>
<p>Pour la défense des conquêtes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'impérialisme !</p>
<p>Pour la paix, le pain et la liberté !</p>
<p>VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm</a></p>
<p>APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES</p>
<p>Camarades,</p>
<p>En pleine guerre impérialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transformé la IIIème Internationale d'instrument de la révolution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, désavoue l'Internationale elle-même en tant qu'instrument d'émancipation de l'humanité de la guerre et de l'oppression.</p>
<p>Grande est la joie dans le camp de l'impérialisme "démocratique" qui proclame la faillite de l'internationalisme prolétarien et exalte la patrie "éternelle" (capitaliste). Et Staline s'empresse de déclarer au correspondant de l'agence Reuter à Moscou que la "dissolution de l'Internationale... prépare les voies pour l'association des peuples basée sur l'égalité".</p>
<p>Mensonges impudents que les prétention des impérialistes "démocratiques" et de leur valet Staline.</p>
<p>Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a été créée précisément non seulement pour l'émancipation du prolétariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette émancipation, pour réaliser l'égalité entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du léninisme c'est précisément l'incompatibilité du capitalisme actuel (le capitalisme impérialiste des monopoles) avec une "association des peuples basés sur l'égalité" ? La guerre impérialiste de 14-18 et la présente guerre impérialiste n'ont-elles pas démontré pratiquement cette incompatibilité ? La victoire d'un camp impérialiste sur l'autre (victoire alliée en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle être autre chose qu'une exploitation renforcée du prolétariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays impérialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'à maintenant n'a-t-elle pas été précisément de démontrer que seul l'internationalisme prolétarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre à chaque exploité d'avoir réellement une patrie à lui ? Que la patrie où l'ouvrier est exploité par le capital et où il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des "patries" capitalistes isolées et ennemies ? En dissolvant la IIIème Internationale soi-disant pour démontrer que le "bolchévisme" ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prolétarien ?</p>
<p>Camarades,</p>
<p>Les brigands impérialistes chantent trop tôt victoire. Comme aux siècles passés la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arrête jamais. A LA IIIème INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IVème INTERNATIONALE .</p>
<p>Du sein même de la IIIème Internationale, en s'opposant à la direction officielle dans toutes les questions où celle-ci s'éloignait des intérêts de la classe ouvrière, est née depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche ("trotskyste"). Quand en 1933 la faillite de la IIIème Internationale sous la direction de Staline devint évidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la nécessité de la création de la nouvelle Internationale, la Quatrième. Car la lutte de classe, base de la société capitaliste, rend nécessaire à chaque instant au prolétariat l'existence d'un Parti prolétarien sans lequel ses luttes sont vouées à l'échec. La IVème Internationale ne fait que continuer les véritables traditions de la IIIème Internationale du vivant de Lénine. Sa base politique est constituée par les Thèses et les Résolutions des quatre premiers Congrès de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom étudie ces thèses et les compare avec les bases programmatiques de la IVème Internationale ; il deviendra alors évident que celle-ci continue celle-là, que depuis 1933 la IVème Internationale représente la continuité révolutionnaire de la lutte de classes et que le communisme à jamais vivant aux cœurs des exploités possède contre la bourgeoisie le drapeau sans tâche aucune de l'Internationale.</p>
<p>Camarades,</p>
<p>Par leur concert de manœuvres, de marchandages et de comédies diplomatiques sur le dos des peuples, les impérialismes anglais, américain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice soviétique, essaient d'empêcher que la voix de la IVème Internationale arrive aux ouvriers et aux opprimés de tous les pays. Car la IVème Internationale est la négation même de ces pratiques issues de la société de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'avènement de la nouvelle société socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les "comédies" sanglantes de la guerre.</p>
<p>Mais si au cours même de cette guerre le prolétariat n'intervient pas lui-même dans la lutte avec ses buts et son véritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'impérialisme ira plus loin dans son œuvre contre-révolutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin également à l'économie planifiée de l'URSS, détruisant ainsi l'œuvre fondamentale de la révolution d'Octobre 17.</p>
<p>Camarades,</p>
<p>Le devoir vis-à-vis de la classe ouvrière est le devoir suprême de tout militant ouvrier. Quand il devient évident que la Parti auquel on était attaché par toutes ses fibres et auquel on était prêt à sacrifier à chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvrière (sous quelque prétexte que ce soit), alors on ne peut plus continuer à fermer les yeux, à s'endormir avec des "raisonnements". Il faut immédiatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation immédiate vers la recherche théorique et pratique d'un milieu révolutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prolétariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.</p>
<p>Camarades,</p>
<p>Nous disions en novembre 1940 : tout militant honnête qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les méthodes se sont étendues à tous les pays capitalistes), doit adopter les principes théoriques de la IVème Internationale, héritière des meilleures traditions révolutionnaires des trois précédentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti révolutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du rôle politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La IIIème Internationale est morte depuis longtemps. Le désaveu formel de Staline sous la pression de l'impérialisme est le dernier coup donné aux masses de tous les pays pour lesquelles la IIIème Internationale restait encore le symbole de la solidarité des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le véritable Parti prolétarien, qui bannissant de son sein le réformisme et le stalinisme, sera le guide révolutionnaire de la classe ouvrière. Réveillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activité des meilleurs éléments de la classe ouvrière en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil édifice capitaliste et qui, en réveillant la classe ouvrière à une activité révolutionnaire nouvelle, balaieront de la scène politique les éléments pourris de ce qui reste de la IIème et de la IIIème Internationale.</p>
<p>En avant pour le nouveau parti révolutionnaire !</p>
<p>Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !</p>
<p>Vive la Quatrième Internationale !</p>
<p>1er Juin 1943</p>
<p>Groupe Communiste (IVème Internationale)</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p> <a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf</a></p>
<p>Quand Staline s'attaquait à la perspective internationale et prolétarienne de Lénine</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567</a></p>
<p>L'Internationale Communiste après Lénine</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html</a></p>
<p>Ce que représentait la 3ème internationale pour le prolétariat mondial</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261</a></p></div>
Pour la construction de la Quatrième internationale
http://matierevolution.org/spip.php?article8765
http://matierevolution.org/spip.php?article87652024-04-03T22:30:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyIV° InternationaleTrotskisme
<p>Pour la IV° Internationale <br class='autobr' />
Juin 1935 <br class='autobr' />
Lettre ouverte de Léon Trtosky aux organisations et groupes révolutionnaires prolétariens <br class='autobr' />
L'arrivée au pouvoir de Hitler, sans la moindre résistance de la part des deux « puissants » partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a définitivement révélé au grand jour la pourriture interne de la II° et de la III° Internationales. En août 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks (…)</p>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory">11- Organisation internationale des travailleurs révolutionnaires</a>
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<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>,
<a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag">Trotskisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Pour la IV° Internationale
<p>Juin 1935</p>
</h2>
<p>Lettre ouverte de Léon Trtosky aux organisations et groupes révolutionnaires prolétariens</p>
<p>L'arrivée au pouvoir de Hitler, sans la moindre résistance de la part des deux « puissants » partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a définitivement révélé au grand jour la pourriture interne de la II° et de la III° Internationales. En août 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks ‑léninistes), le parti socialiste révolutionnaire de Hollande, R.S.P., le parti socialiste indépendant de Hollande, O.S.P., et le parti socialiste ouvrier d'Allemagne, S.A.P.) ont, pour la première fois, formulé dans un document programmatique la nouvelle tâche historique : créer la IV° Internationale [1]. Les événements qui se sont produits depuis ont confirmé de manière irréfutable qu'il n'existe pas d'autre voie.<br class='autobr' />
[La II° Internationale a conduit le prolétariat de catastrophe en catastrophe]</p>
<p>L'écrasement du prolétariat autrichien a montré qu'il ne suffit pas, pour vaincre, d'appeler au dernier moment à l'insurrection [2], lorsque le parti est acculé à une impasse, les masses désorientées et accablées par l'opportunisme. Il faut préparer systématiquement la victoire par une politique révolutionnaire dans tous les domaines du mouvement ouvrier.</p>
<p>C'est la même leçon qui découle indiscutablement de l'écrasement du prolétariat espagnol. Il est impossible, dans quelques conditions que ce soit, et à plus forte raison dans le cours d'une révolution, de tourner le dos aux travailleurs pour former un bloc avec la bourgeoisie. Il est impossible d'attendre et d'exiger des masses trompées et déçues qu'elles prennent les armes à l'appel tardif d'un parti en qui elles ont perdu confiance [3]. La révolution prolétarienne ne peut pas s'improviser sur l'ordre d'une direction qui a fait faillite. Il faut préparer la révolution par une lutte de classe incessante et implacable, qui conquiert pour la direction la confiance indéfectible du parti, qui soude l'avant-garde à l'ensemble de la classe, qui place le prolétariat à la tête de l'ensemble des exploités de la ville et de la campagne. Après l'écroulement ignominieux de la principale section du réformisme ‑ la social‑démocratie allemande pourrie jusqu'à la moelle ‑, c'est l'aile « gauche » de la II° Internationale qui s'est écroulée en Autriche et en Espagne. Pourtant ces terribles leçons passent sans laisser de traces : les cadres dirigeants du réformisme dans les partis et les syndicats ont dégénéré jusqu'à la moelle. Leurs intérêts matériels et leurs conceptions patriotiques les lient à la bourgeoisie, et ils sont absolument incapables de s'engager dans la voie de la lutte des classes.<br class='autobr' />
[La social‑démocratie enchaînée au char de la bourgeoisie]</p>
<p>Les partis de la II° internationale s'accommodent fort bien de ce que leur président belge, au premier signe du capital financier, se soit joint aux affairistes catholiques et libéraux [4] pour sauver les banques sur le dos des masses laborieuses. Vandervelde a été immédiatement suivi par le prétentieux critique de Marx, l'inventeur d'un « plan », De Man [5], et le centriste « de gauche » Spaak n'a pas tardé à trahir l'opposition socialiste pour une livrée de ministre [6].</p>
<p>Malgré leçons et avertissements, le parti socialiste, en France. continue vainement de se cramponner aux basques de la bourgeoisie « républicaine » et place plus d'espoir en l'amitié des radicaux qu'en la force révolutionnaire du prolétariat. Dans tous les autres pays, dans toutes les parties du monde, en Hollande, en Scandinavie, en Suisse, la social‑démocratie, en dépit de la putréfaction du capitalisme, continue à être l'agence de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière et révèle sa totale incapacité à mobiliser les masses pour sa propre défense contre le fascisme.</p>
<p>Si les succès électoraux du Labour Party le ramenaient au pouvoir [7], le résultat ne serait pas une transformation socialiste pacifique de la Grande‑Bretagne, mais la consolidation de la réaction impérialiste, c'est‑à‑dire une époque de guerre civile, face à laquelle la direction du Labour Party ne manquerait pas de révéler sa complète carence. Les crétins parlementaires et trade‑unionistes devront encore se convaincre que la menace fasciste n'est pas moins réelle en Angleterre que sur le continent.</p>
<p>Le développement impétueux de la crise aux Etats‑Unis, l'enchaînement ininterrompu de grandes luttes grévistes, et l'organisation de la classe ouvrière à travers les possibilités ouvertes par la démagogie du « plan » de Roosevelt [8] rencontrent sur leur chemin, au sein du mouvement ouvrier, des forces profondément conservatrices et bourgeoises [9]. Quant au parti stalinien, il est ligoté par les déclarations solennelles de Litvinov, lequel, en échange de la reconnaissance de l'U.R.S.S. par l'impérialisme yankee, a publiquement renié les communistes américains [10]. Ce parti, corrompu par une décennie de politicailleries sans principes et d'expériences liquidatrices avec des partis (Farmer‑Labor Party) qui n'ont rien de commun avec des partis prolétariens ni par leur composition, ni par leur programme [11] ‑ ce parti stalinien, sur les ordres de Moscou, se borne au rôle de mouvement d'intellectuels de gauche agissant aux Etats‑Unis en qualité de valet de la diplomatie stalinienne. Mais la profonde crise de l'impérialisme américain éveille de larges couches de travailleurs de ce pays de leur sommeil semi‑provincial, chasse peu à peu leurs illusions bourgeoises et petites‑bourgeoises, pousse le prolétariat vers des actions de classe de grande envergure (grèves à Toledo, Minneapolis, San Francisco [12]), et crée pour le parti marxiste-révolutionnaire la possibilité de conquérir une large et profonde influence sur le développement et l'organisation de la classe ouvrière américaine. Le rôle historique qui incombe à la IV° Internationale et à sa section américaine, non seulement dans les deux Amériques, mais sur l'arène mondiale, est d'une particulière importance, [de même que l'écrasement de l'impérialisme américain sera d'une énorme signification pour le prolétariat mondial].<br class='autobr' />
[L'effroyable naufrage de l'I.C. dans le monde]</p>
<p>Pendant ce temps, la III° Internationale ne fait que gaspiller les derniers restes de l'influence et de l'autorité qu'elle avait acquises au cours des cinq premières années de son existence. En Autriche et en Espagne, l'Internationale communiste, malgré des circonstances extrêmement favorables, n'a pas réussi à créer une organisation tant soit peu influente, mais encore a systématiquement discrédité aux yeux des travailleurs l'idée même du parti révolutionnaire. Le plébiscite sarrois constitue une preuve que le prolétariat allemand a perdu tout reste de confiance, non seulement dans la social‑démocratie, mais aussi dans le parti communiste ‑ ce parti qui a capitulé de façon aussi honteuse devant Hitler [13]. En Grande‑Bretagne, en Belgique, en Hollande, en Scandinavie, dans les deux Amériques et en Orient, les sections de l'Internationale communiste, accablées par le poids de douze années d'une politique fatale, sont incapables de sortir de leur insignifiance.</p>
<p>Après la catastrophe allemande, l'Internationale communiste a certes substitué la politique capitularde du front unique à tout prix à la politique aventuriste de la « troisième période ». Néanmoins, l'expérience de la France, où ce dernier tournant a revêtu sa plus grande ampleur, démontre que l'Internationale communiste, à travers toutes ses contradictions et ses zigzags, parvient à conserver son rôle de frein de la révolution prolétarienne. En refusant la création d'une milice ouvrière contre le danger fasciste immédiat, en remplaçant la lutte pour le pouvoir par un programme de revendications partielles, l'Internationale communiste sème les pires illusions du réformisme et du pacifisme, et soutient en réalité la droite des partis socialistes contre leur gauche, démoralise l'avant‑garde prolétarienne et fraie la voie au coup d'Etat fasciste.</p>
<p>Enfin, le parti qui a fondé l'Internationale communiste, le parti communiste de l'U.R.S.S., a été complètement réduit en miettes au cours des dernières années par la bureaucratie incontrôlée qui a transformé la dictature du prolétariat en l'absolutisme conservateur de Staline. Par les persécutions, les falsifications, les amalgames et une sanglante répression, la clique dirigeante s'efforce d'étouffer dans l'œuf toute manifestation de pensée marxiste. Nulle part au monde le léninisme véritable n'est persécuté aussi bestialement qu'en U.R.S.S.<br class='autobr' />
[Staline a signé le certificat de décès de l'I. C.]</p>
<p>Le tout dernier soubresaut opportuniste de l'Internationale communiste est étroitement lié au tournant soviétique en politique étrangère vers la Société des Nations et l'alliance militaire avec l'impérialisme français. La bureaucratie dirigeante de l'U.R.S.S. est arrivée définitivement à la conclusion que l'Internationale communiste est incapable de lui apporter la moindre assistance contre le danger de guerre et qu'en même temps elle est gênante pour le travail de la diplomatie soviétique. La dépendance humiliante et véritablement servile de l'Internationale communiste visà‑vis des sommets soviétiques se manifeste de façon particulièrement nette à travers la récente déclaration de Staline approuvant la défense nationale de l'impérialisme français [14].</p>
<p>C'est par l'intermédiaire d'un ministre impérialiste [15] que le chef de l'Internationale communiste a donné au parti communiste français l'ordre de conclure aujourd'hui avec la bourgeoisie française une trêve patriotique. Ainsi, la Ill° Internationale, dont le congrès n'a pas été réuni pendant presque sept ans, est‑elle maintenant officiellement passée de la position internationaliste à celle du social‑patriotisme le plus plat et le plus servile. Que le 7° congrès, toujours reporté, se tienne ou non, la Ill° Internationale ne ressuscitera pas. Le communiqué Staline‑Laval constitue son acte de décès.<br class='autobr' />
[Un nouveau massacre et une nouvelle trahison sont imminents]</p>
<p>Pendant ce temps, les forces destructrices du capitalisme impérialiste poursuivent leur infernale besogne. La désagrégation de l'économie mondiale, le chômage de dizaines de millions d'hommes, la ruine de la paysannerie mettent impérieusement la révolution socialiste à l'ordre du jour. Les travailleurs, exaspérés et furieux, cherchent une issue. La prostration, l'écroulement et la putréfaction de la II° et de la III° Internationales laissent le prolétariat sans direction révolutionnaire, et poussent les masses petites‑bourgeoises sur la voie du désespoir. Les chefs faillis cherchent à rejeter la responsabilité de la victoire du fascisme sur la prétendue « passivité » du prolétariat : ainsi la calomnie vient‑elle s'ajouter à la trahison politique.</p>
<p>Se débattant dans l'étau de contradictions insurmontables, le capitalisme prépare une nouvelle saignée des peuples. Ministres et dictateurs spéculent ouvertement sur la question de savoir si la guerre éclatera dans un an ou dans trois ans. Tous les gouvernements sont en train de préparer à qui mieux mieux les moyens les plus destructeurs et ainsi, de tous les côtés, rapprochent l'explosion qui pourrait être infiniment plus terrible que la guerre de 1914‑1918.</p>
<p>Les dirigeants des prétendus partis ouvriers et des syndicats chantent à pleine voix les louanges des beautés de la paix, bavardent sur le désarmement, s'efforcent de persuader leurs gouvernements de se réconcilier entre eux, entretiennent les espoirs des masses dans la Société des Nations et, en même temps, jurent fidélité à la cause de la « défense nationale », c'est‑à‑dire à la défense de la domination bourgeoise, avec ses guerres inévitables.</p>
<p>La diplomatie soviétique, sous le couvert du « front unique » et même de l'« unité organique », prépare, dans le dos des ouvriers conscients, l'union nationale entre les sections des deux Internationales et la bourgeoisie des pays militairement alliés à l'Etat ouvrier. Ainsi l'explosion de la nouvelle guerre doit‑elle conduire à une nouvelle trahison qui éclipsera celle du 4 août 1914.<br class='autobr' />
[Nous sommes plus forts aujourd'hui que les « gauches » de 1915]</p>
<p>La trahison par la bureaucratie soviétique de la cause de la révolution internationale a rejeté le prolétariat mondial loin en arrière. Les difficultés auxquelles doit faire face l'avant‑garde révolutionnaire sont incroyables. Sa situation est pourtant infiniment meilleure actuellement qu'elle ne l'était à la veille de la dernière guerre. Le capitalisme semblait alors tout puissant et presque invincible. La déchéance patriotique de l'Internationale fut une surprise totale, y compris pour Lénine. Partout, les éléments révolutionnaires ont été pris à l'improviste. La première conférence internationale ‑ très faible numériquement et indécise dans sa majorité ‑ a eu lieu plus d'un an après le début de la guerre. La formation des cadres révolutionnaires ne s'est effectuée que lentement. La majorité des zimmerwaldiens rejetait même la possibilité de la révolution prolétarienne. Seule la victoire d'Octobre en Russie, au cours du quarantième mois de la guerre, changea la situation en donnant un élan vigoureux à la formation de la Ill° Internationale.</p>
<p>Aujourd'hui, la faiblesse interne et la pourriture du capitalisme sont tellement évidents qu'ils servent de thème principal à la démagogie fasciste. Dans la formidable crise aux Etats‑Unis, dans le non moins formidable chômage, dans l'aventurisme économique de Roosevelt, dans l'essor des grèves, dans la fermentation au sein de toutes les organisations ouvrières, apparaissent pour la première fois les conditions d'un puissant développement du mouvement révolutionnaire en Amérique du Nord. L'exemple de la première révolution prolétarienne victorieuse vit dans la mémoire des masses. L'expérience des grands événements des vingt dernières années s'est gravée dans la conscience des meilleurs militants. Des organisations, ou, au moins, des groupes révolutionnaires authentiques, existent dans tous les pays. Ils sont solidement liés les uns aux autres sur le plan des idées, et partiellement sur celui de l'organisation. D'ores et déjà, ils constituent une force incomparablement plus influente, plus homogène et mieux trempée que la « gauche de Zimmerwald » qui, à l'automne de 1915, prit l'initiative de préparer la Ille Internationale.</p>
<p>A l'intérieur des partis et syndicats réformistes, des groupes d'opposition apparaissent et se renforcent. Certains ont pris la forme d'organisations indépendantes. Dans les sections de l'Internationale communiste, du fait du régime de bagne qui y règne, l'opposition a un caractère plus sourd et plus clandestin, mais elle se développe là aussi. Même en U.R.S.S., la nécessité d'épurations et d'actes de répression toujours renouvelés témoignent que la bureaucratie est incapable d'extirper l'esprit de la critique marxiste qu'elle déteste tant.<br class='autobr' />
[L'unité à tout prix est une monstrueuse duperie]</p>
<p>Les inclinations et les tendances d'opposition ont actuellement essentiellement un caractère centriste, c'est‑à‑dire intermédiaire entre le social‑patriotisme et la révolution. Dans les conditions d'effondrement et de décomposition des organisations de masse traditionnelles, le centrisme constitue dans bien des cas un stade transitoire inévitable, même pour les groupes ouvriers progressistes. Les marxistes doivent savoir se rapprocher de toutes les tendances de ce type, pour accélérer par leur exemple et leur propagande leur passage sur la voie révolutionnaire. La condition du succès est une critique impitoyable de la direction centriste, la dénonciation des tentatives de recréer l'Internationale 2 ½, et l'explication inlassable du fait que les tâches révolutionnaires de notre époque condamnent d'avance à une faillite ignominieuse les unifications hybrides et informes.</p>
<p>Le mot d'ordre de l'« unité » de toutes les organisations ouvrières, indépendamment de leur programme et de leur tactique, est actuellement propagé avec zèle par tous les centristes et habilement exploité par les réformistes perspicaces qui craignent à juste titre d'être jetés par‑dessus bord. Les centristes substituent souvent l'idée de la fusion des deux vieilles Internationales à celle de la nouvelle Internationale. En réalité, l'unité avec les réformistes et les social‑patriotes de l'espèce social‑démocrate ou stalinienne signifie, en dernière analyse, l'unité avec la bourgeoisie nationale et, par conséquent, la scission inévitable du prolétariat, tant sur le plan national qu'international, particulièrement dans l'éventualité d'une guerre. L'unité véritable de l'internationale et de ses sections nationales ne peut être assurée que sur des bases révolutionnaires marxistes, lesquelles, à leur tour, ne sauraient être créées que par une rupture avec les social‑patriotes. Faire le silence sur les conditions de principe et sur les garanties de l'unité prolétarienne, c'est succomber aux illusions, largement répandues, c'est duper les travailleurs et préparer de nouvelles catastrophes.<br class='autobr' />
[La nouvelle époque exige une nouvelle Internationale]</p>
<p>La position humiliante et désespérée des vieilles Internationales est suffisamment caractérisée par le fait que le président de l'une est devenu l'humble ministre de Sa Majesté [16], tandis que le véritable maître de l'autre se sert de l'organisation prolétarienne mondiale comme menue monnaie dans ses transactions diplomatiques [17]. Quelles que soient les manœuvres d'unification que pourront entreprendre ces deux bureaucraties également dépravées, ce ne sont pas elles qui créeront l'unité du prolétariat et ce ne sont pas elles qui indiqueront l'issue. Les efforts des centristes pour concilier l'inconciliable et pour sauver, en recollant les morceaux, ce qui est voué à la destruction sont condamnés d'avance. La nouvelle époque exige une nouvelle Internationale. La première condition du succès dans cette voie, c'est la consolidation, sur le plan national et international, des authentiques révolutionnaires prolétariens, des disciples de Marx et de Lénine, sur un programme commun et sous un drapeau commun.</p>
<p>Il serait fatal de prescrire pour tous les pays un itinéraire unique. En fonction des conditions nationales, du degré de décomposition des vieilles organisations ouvrières et, finalement, de l'état de leurs propres forces à un moment donné, les marxistes (les socialistes révolutionnaires, les internationalistes, les bolcheviks-léninistes) peuvent apparaître tantôt en tant qu'organisation indépendante, tantôt en tant que fraction à l'intérieur d'un des vieux partis ou syndicats. Bien entendu, partout, ce travail de fraction ne constitue jamais qu'une étape vers la création de nouveaux partis de la IV° Internationale, partis qui peuvent naître, soit du regroupement d'éléments révolutionnaires des vieilles organisations, soit de l'action de formations indépendantes. Mais, sur quelque arène que ce soit, et quelles que soient leurs méthodes de fonctionnement, ils sont tenus de se présenter au nom de principes fermes et de mots d'ordre révolutionnaires clairs. Ils ne jouent pas à cache‑cache avec la classe ouvrière ; ils ne dissimulent pas leurs objectifs ; ils ne substituent pas la diplomatie et les combinaisons à la lutte principielle. Toujours, et dans toutes les conditions, les marxistes expriment ouvertement ce qui est.<br class='autobr' />
[Seule la révolution peut empêcher la guerre]</p>
<p>Le danger de guerre, qui est une question de vie ou de mort pour les masses populaires, constitue l'épreuve suprême pour tous les groupes et tendances au sein de la classe ouvrière. La « lutte pour la paix », la « lutte contre la guerre », « guerre à la guerre » et autres mots d'ordre ne sont que des phrases creuses et mensongères, s'ils ne s'accompagnent pas de la propagande et de l'application de méthodes révolutionnaires de lutte. L'unique moyen de mettre un terme à la guerre, c'est de renverser la bourgeoisie. L'unique moyen de renverser la bourgeoisie, c'est l'insurrection armée. Contre le mensonge réactionnaire de la « défense nationale », il faut lancer le mot d'ordre de la destruction révolutionnaire de l'Etat national. A la maison de fous de l'Europe capitaliste, il faut opposer le programme des Etats‑Unis socialistes d'Europe comme étape vers les Etats‑Unis du monde entier.</p>
<p>Les marxistes rejettent catégoriquement les mots d'ordre pacifistes de « désarmement », d'« arbitrage » et d'« amitié entre les peuples » (c'est‑à‑dire entre les gouvernements capitalistes), etc., comme un opium pour les masses populaires. Les combinaisons entre les organisations ouvrières et les pacifistes petits-bourgeois (les comités Amsterdam‑Pleyel [18] et autres entreprises semblables) rendent les plus grands services à l'impérialisme en détournant l'attention de la classe ouvrière de la réalité, avec l'âpreté de ses combats, pour la tourner au contraire vers des parades impuissantes.</p>
<p>La lutte contre la guerre et l'impérialisme ne peut être l'affaire de quelconques « comités » spéciaux [19]. La lutte contre la guerre, c'est la préparation à la révolution, c'est‑à‑dire l'affaire des partis de la classe ouvrière et de l'Internationale. Les marxistes proposent cette tâche grandiose à l'avant‑garde prolétarienne, sans aucun détour. Au mot d'ordre débilitant du « désarmement », ils opposent celui de la conquête de l'armée et de l'armement des ouvriers. C'est précisément par là que passe l'une des plus importantes des lignes de clivage entre le marxisme et le centrisme. Celui qui n'ose pas énoncer à voix haute les tâches révolutionnaires, celui‑là n'aura jamais le courage de les résoudre.<br class='autobr' />
[La IV° Internationale se dresse sur les épaules de ses devancières]</p>
<p>Dans l'année et demie qui s'est écoulée depuis la publication du premier programme de la IV° Internationale [20], la lutte pour ses principes et ses idées n'a pas cessé un seul jour ; les sections et groupes révolutionnaires nationaux ont augmenté en nombre ; quelques‑uns ont élargi leurs effectifs et leur influence ; d'autres sont parvenus à une homogénéité et une cohésion plus grandes ; des organisations du même pays se sont unifiées (Hollande, Etats-Unis) ; plusieurs documents programmatiques et tactiques ont été élaborés. Tout ce travail s'effectuera sans doute mieux encore quand il sera relié et unifié à l'échelle mondiale sous le drapeau de la IV° Internationale. Le danger de la guerre qui vient ne permet pas de reporter ces tâches d'un seul jour.</p>
<p>Il faut bâtir les nouveaux partis et la nouvelle Internationale sur une base nouvelle : telle est la clé qui permet de résoudre l'ensemble des autres tâches. Le rythme et les délais de cette nouvelle construction révolutionnaire dépendent de toute évidence du cours général de la lutte des classes, des victoires et défaites à venir du prolétariat. Les marxistes, cependant, ne sont pas fatalistes. Ils ne se déchargent pas sur le « processus historique » des tâches que le processus historique leur a précisément imposées. L'initiative d'une minorité consciente, un programme scientifique, l'agitation courageuse et inlassable au nom d'objectifs clairement formulés, l'impitoyable critique de toute ambiguïté ‑ ce sont là quelques-uns des facteurs les plus importants pour la victoire du prolétariat. Sans un parti révolutionnaire soudé et aguerri une révolution socialiste est inconcevable.</p>
<p>Les conditions sont difficiles, les obstacles sont grands, les tâches sont colossales, mais il n'y a aucune raison d'être pessismiste ni de perdre courage. Malgré toutes les défaites du prolétariat, la situation de l'ennemi de classe reste sans espoir. Le capitalisme est condamné. C'est seulement dans la révolution socialiste que réside le salut de l'humanité.</p>
<p>La succession même des Internationales a sa propre logique interne qui coïncide avec la montée historique du prolétariat. La I° Internationale a mis en avant le programme scientifique de la révolution prolétarienne, mais elle a été victime de son manque de base de masse. La Il° Internationale a sorti des ténèbres, éduqué et mobilisé des millions d'ouvriers, mais, à l'heure décisive, elle a été trahie par la bureaucratie parlementaire et syndicale, corrompue par le capitalisme prospère. La III° Internationale a donné pour la première fois l'exemple d'une révolution prolétarienne victorieuse, mais elle a été broyée entre les meules de la bureaucratie de l'Etat soviétique isolé et de la bureaucratie réformiste d'Occident. Aujourd'hui, dans les conditions de l'effondrement définitif du capitalisme, la IV° Internationale, dressée sur les épaules de ses devancières, enrichie par l'expérience de leurs victoires et de leurs défaites, mobilisera les travailleurs de l'Occident et de l'Orient pour l'assaut définitif contre les bastions du capitalisme mondial.<br class='autobr' />
Prolétaires de tous les pays, unissez‑vous !</p>
<p>Signé :</p>
<p>Revolutionair Socialistische Arbeiders Partij(R.S.A.P.) : P. J. Schmidt, H. Sneevliet.</p>
<p>Workers Party of the United States (W.P.U.S.) : A.J. Muste, James P. Cannon.</p>
<p>Secrétariat international de la Ligue communiste internationale (bolcheviks‑léninistes) : Crux, Dubois, Martin [21].</p>
<p>[Groupe bolchevik‑léniniste de la S.F.I.O.</p>
<p>Workers Party of Canada(W.P.C.) : J. MacDonald, M. Spector [22].]</p>
<p>Nous joignons en annexe la « déclaration des quatre » sur les principes fondamentaux de la IV° Internationale [23]. Pas une ligne de cette déclaration n'a vieilli. La présente lettre n'est qu'une reformulation de la « déclaration des quatre » à la lumière des dix‑huit mois écoulés.</p>
<p> Nous appelons tous les partis, les organisations, les fractions, dans les vieux partis comme dans les syndicats, toutes les associations et groupes ouvriers révolutionnaires qui sont d'accord avec nous sur les principes fondamentaux et sur la gr « aride tâche que nous avons énoncée ‑ la préparation et la construction de la IV° Internationale ‑ à nous adresser leurs signatures pour cette « Lettre ouverte », leurs propositions et critiques. Des camarades isolés qui, jusqu'à présent, n'ont pas été liés à notre travail, pourront, s'ils désirent sérieusement rejoindre nos rangs communs, entrer en contact avec nous.</p>
<p>Les organisations qui ont pris cette initiative et sont les signataires de la « Lettre ouverte » ont décidé de créer un Comité provisoire de contact entre partis et groupes qui sont sur la position de la IV° Internationale. Le comité provisoire a reçu mission de publier un bulletin d'information.</p>
<p>A l'avenir, le comité devra assurer l'élaboration régulière et collective des documents programmatiques et tactiques fondamentaux de la IV° Internationale.</p>
<p>La question de la préparation d'une conférence internationale sera tranchée en fonction des réponses reçues et du cours général du travail préparatoire.</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Allusion à la « déclaration des quatre » pour la IV° Internationale, cf. Œuvres 2, juillet‑octobre 1933, pp. 130‑135.</p>
<p>[2] C'était à la suite d'une série de mesures antidémocratiques accompagnées de provocations directes que les milices ouvrières du Schutzbund avaient finalement décidé de répondre les armes à la main aux entreprises du gouvernement du chancelier Dollfuss en février 1934.</p>
<p>[3] Le parti socialiste ouvrier espagnol avait, depuis plusieurs mois, annoncé son intention de résister les armes à la main au cas où les représentants de la droite, la C.E.D.A., entreraient dans le gouvernement espagnol. Il avait pris quelques mesures en ce sens, constitution de ses propres milices et stockage d'armes. Le 2 octobre 1934, sa direction, par l'intermédiaire de ses représentants à l'Alliance ouvrière de Madrid, avait fait connaître sa décision de passer à l'insurrection si la droite entrait au gouvernement. Ce fut chose faite le 4 octobre, et le parti socialiste se contenta de lancer le mot d'ordre de grève générale, la répression étouffant dans l'œuf ‑ sauf aux Asturies ‑ toute velléité insurrectionnelle.</p>
<p>[4] Le dirigeant du P.O.B. et de son aile droite, président de l'Internationale ouvrière socialiste, Emile Vandervelde, était devenu ministre sans portefeuille dans le gouvernement d'« union nationale » que présidait le leader catholique Paul Van Zeeland.</p>
<p>[5] Le leader socialiste Hendrik De Man accepta d'entrer avec le portefeuille des travaux publics dans le gouvernement Van Zeeland qui avait pourtant expressément rejeté son « plan ».</p>
<p>[6] Ancien leader de l'opposition de gauche dans le P.O.B. et directeur de l'hebdomadaire Action socialiste, Paul‑Henri Spaak, qui avait rencontré Trotsky et correspondu avec lui, avait également accepté la décision de son parti de se rallier à l'union nationale et en avait été récompensé par le poste de ministre du travail dans le gouvernement Van Zeeland.</p>
<p>[7] Les succès remportés par les candidats du Labour Party aux élections municipales en novembre de l'année précédente faisaient pronostiquer un succès aux élections législatives prévues pour novembre 1935 : le Labour Party y gagna en effet près de trois millions de voix, triplant le nombre de ses élus, mais ne remporta pas la majorité.</p>
<p>[8] Le mouvement de syndicalisation de masse qui caractérise l'histoire sociale des Etats‑Unis dans cette période prit effectivement appui sur la section 7 a) du National Industrial Recovery Act, laquelle reconnaissait formellement aux ouvriers le droit de s'organiser, de négocier des contrats collectifs, de désigner leurs propres représentants hors de toute ingérence ou pression patronale, sonnant ainsi le glas des « syndicats maison ».</p>
<p>[9] Le mouvement d'organisation syndicale des travailleurs américains se heurtait alors directement au sabotage de la bureaucratie syndicale de la centrale American Federation of Labor (A.F.L.) qui se cramponnait au principe du « syndicalisme de métier » réservant la syndicalisation aux seuls ouvriers qualifiés. C'est ainsi que William Green, président de l'A.F.L., avait fait tout son possible d'abord pour empêcher la constitution d'un syndicat des travailleurs de l'automobile, puis, quand il eût échoué, pour le maintenir sous le contrôle direct de l'exécutif de l'A.F.L. Au moment où était rédigée la « Lettre ouverte », le fait nouveau était qu'une fraction de la bureaucratie syndicale ‑ groupée autour du dirigeant syndical des mineurs (U.M.W.), John L. Lewis ‑, comprenant qu'il fallait prendre la tête du mouvement de syndicalisation de masse sous peine d'être balayée prenait les initiatives qui allaient aboutir à la fondation du C.I.O.</p>
<p>[10] Allusion à la déclaration de Litvinov, le 16 novembre 1933, connue sous le titre de « pledge on propaganda », dans laquelle le gouvernement soviétique s'engageait, non seulement à ne pas s'ingérer dans « les affaires intérieures des Etats‑Unis », mais à ne pas tolérer sur son propre territoire l'activité d'organisations ou groupes ayant pour objectif « un changement de l'ordre social ou politique aux Etats‑Unis » (New York Times, 18 novembre 1933).</p>
<p>[11] En 1924, le Workers Party des Etats‑Unis (nom légal du P.C.) avait fondé un « parti ouvrier et paysan », Farmer‑Labor Party, qui avait un programme populiste, avec quelques personnalités qui souhaitaient l'engager dans la campagne présidentielle du sénateur La Follette.</p>
<p>[12] La grève de Toledo , à l'usine Auto‑Lite, avait été lancée le 13 avril 1934 par un local A.F.L. récemment fondé ; les grévistes firent appel au soutien de la Ligue des chômeurs animée par les militants locaux de l'A.W.P. de Muste. Le conflit, marqué par l'organisation de piquets de grève massifs et des manifestations monstres, s'acheva le 4 juin par une capitulation de la compagnie. A Minneapolis, trois grèves successives, magnifiquement organisées par le Local 574 de l'A.F.L. et surtout le noyau de militants de la C.L.A. qui y détenaient des responsabilités, les frères DUNNE, Vincent R. (1899‑1970), Miles (1896‑1958), Grant (1894‑1941), Carl SKOGLUND (1884‑196 1) et Farrell DOBBS (né en 1907), aboutirent également à une éclatante victoire sur le patronat local et les autorités qui le soutenaient, concrétisée par l'accord signé le 22 août. Enfin, à San Francisco, la grève des 25 000 dockers qu'animait Harry Bridges, lié au parti communiste, l'avait emporté au bout de onze semaines, moins par ses résultats immédiats que par la puissance du mouvement d'organisation qu'elle avait suscitée. Dans son ouvrage sur l'histoire du C.I.O., Labor Giant Step, Art PREIS (1911-1964), l'un des organisateurs de Toledo, a consacré un chapitre à ces « trois grèves qui pavaient la voie ». Farrell Dobbs a consacré à la grève de Minneapolis le premier de ses ouvrages de souvenirs, Teamster Rebellion.</p>
<p>[13] Rappelons qu'en janvier 1935 472 000 Sarrois avaient voté pour le rattachement au Reich, auquel 48 000 seulement s'étaient opposés.</p>
<p>[14] Nouvelle allusion à la déclaration commune de Staline et Laval du 15 mai précédent, où Staline avait approuvé la politique de « défense nationale » du gouvernement français.</p>
<p>[15] La déclaration de Staline sur la « défense nationale » avait été lue par Laval. Le P.C. avait aussitôt pris ce tournant, qui signifiait pour lui l'abandon de sa traditionnelle politique d'opposition à la « défense nationale », et proclama que Staline avait raison.</p>
<p>[16] Allusion à Vandervelde.</p>
<p>[17] Nouvelle allusion à Staline, qui avait autorisé Litvinov à faire la déclaration mentionnée ci-dessus, et confié à Laval le soin de lire la déclaration mentionnée sur sa reconnaissance de la « défense nationale ».</p>
<p>[18] Les comités « Amsterdam‑Pleyel » avaient été formés après les congrès mondiaux « pour la paix » (Amsterdam, 1932) et « contre le fascisme » (Pleyel, 1933), tous deux organisés par l'I.C. avec le concours de personnalités.</p>
<p>[19] Allusion au comité ad hoc constitué par la conférence de II.A.G. en février 1935.</p>
<p>[20] Allusion à la « déclaration des quatre ».</p>
<p>[21] Rappelons que Crux était le pseudonyme de Trotsky, Dubois celui de Ruth Fischer, et Martin celui d'Alfonso Leonetti.</p>
<p>[22] Jack MAcDONALD (1888‑1941), écossais émigré au Canada en 1912, métallurgiste, était dirigeant de l'I.L.P. d'Ontario quand il fut gagné au communisme par Spector en 1921. Il fut secrétaire du Workers Party (organisation « légale » du P.C. clandestin), puis du P.C. du Canada, jusqu'en 1929 date à laquelle il fut écarté de la direction comme « droitier ». Exclu en 1930, il rejoignit l'Opposition de gauche et fut l'un des fondateurs du Workers Party of Canada. Maurice SPECTOR (1898‑1968) était né en Russie, et avait émigré, encore enfant, au Canada. Il y gagna MacDonald au communisme et fut, à 24 ans, président du parti. En 1928, il était membre de l'exécutif de l'I.C. quand il fut gagné, en même temps que Cannon, aux idées de l'Opposition de gauche russe. Exclu du P.C. du Canada en novembre 1928, il milita ensuite au sein de la C.L.A., puis du Workers Party of Canada. La signature du G.B.L. et celle du W.P.C. ne figurent pas dans le texte publié dans le Biulleten russe.</p>
<p>[23] Allusion à la « déclaration des quatre ».</p></div>