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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Pourquoi la Quatri&#232;me internationale de Trotsky &#233;tait en &#233;chec en 1939</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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&lt;p&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
avril 1939 &lt;br class='autobr' /&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion avec Trotsky sur IVe Internationale &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;avril 1939&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; James. - 1. Je serais heureux d'entendre ce que pense le camarade Trotsky de la fantastique mont&#233;e de la combativit&#233; des ouvriers fran&#231;ais et, parall&#232;lement, de l'incontestable d&#233;clin de notre propre mouvement en France durant la m&#234;me p&#233;riode. A la conf&#233;rence de fondation, on a consacr&#233; six s&#233;ances &#224; la question fran&#231;aise [1] et, au dernier moment, il y a eu encore une discussion sur la r&#233;solution qu'on allait pr&#233;senter. Cela donne une id&#233;e des difficult&#233;s. Cannon et Shachtman pensaient qu'il s'agissait exclusivement d'un probl&#232;me de direction et d'organisation. Blasco pensait que les camarades fran&#231;ais &#233;taient capables d'analyser la situation politique, mais incapables d'intervenir activement dans la lutte des masses. Mon opinion personnelle est qu'un tel &#233;tat de choses r&#233;sulte de la composition sociale du groupe, de sa concentration &#224; Paris et de l'int&#233;r&#234;t pr&#233;dominant qu'il porte aux questions purement politiques au d&#233;triment des probl&#232;mes des usines, encore que j'aie pu remarquer au milieu de 1937 un grand changement de ce point de vue. Je crois cependant qu'il s'agit d'une question qui demande une r&#233;flexion et une analyse s&#233;rieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. La question de l'Espagne. Je crois qu'il n'est pas trop tard pour commencer, &#224; partir de toutes les sources disponibles, une enqu&#234;te sur l'activit&#233; organisationnelle de nos camarades en Espagne &#224; partir de 1936. D'apr&#232;s tout ce que j'ai entendu dire, 500 camarades bien organis&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. auraient &#233;t&#233; capables d'essayer de prendre le pouvoir en mai 1937 [2] . Je crois que nous avons beaucoup &#224; apprendre des m&#233;thodes de travail appliqu&#233;es par nos camarades, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U.M [3] . Et comme, de m&#234;me qu'en France et peut&#8209;&#234;tre en Hollande, et en Grande&#8209;Bretagne o&#249; il y a entre nous et la social&#173;-d&#233;mocratie des partis centristes dans lesquels il est vraisemblable que nous ayons &#224; travailler comme nos camarades ont d&#251; le faire dans le P.O.U.M., pour toutes ces raisons, je crois qu'il est tr&#232;s important de travailler &#224; partir de l'exp&#233;rience r&#233;elle de nos camarades en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La section britannique. Vous &#234;tes tous au courant de l'histoire de cette section : la scission de 1936 [4] et la formation de deux groupes, l'un enracin&#233; dans le Labour Party [5] et l'autre &#224; l'ext&#233;rieur [6] . Quand le camarade Cannon est arriv&#233;, &#224; l'&#233;t&#233; 1938, la Revolutionary Socialist League a r&#233;sult&#233; d'une fusion entre l'ancienne Marxist League, qui avait fait scission avec Groves [7] et le Marxist Group [8] , et &#233;tait en contact avec une vingtaine de camarades admirables d'Edinburgh [9] . Le pacte d'unit&#233; et de paix stipulait que chaque groupe devait continuer son activit&#233; propre et qu'au bout de six mois, on tirerait un bilan. Aux derni&#232;res nouvelles, les frictions ont continu&#233; et c'est maintenant le groupe &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party qui domine [10] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi un autre groupe &#8209; celui de Lee [11] - &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, qui a refus&#233; de rien avoir &#224; faire avec la fusion, disant qu'elle &#233;tait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec. Le groupe Lee est tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dit au camarade Cannon qu'en fin de compte j'&#233;tais arriv&#233; &#224; la conclusion a) que je n'avais aucune objection &#224; ce que m&#234;me la majorit&#233; des camarades du groupe fusionn&#233; soient dans le Labour Party, b) mais que le groupe ind&#233;pendant, avec son journal, devait continuer. En derni&#232;re analyse, la fraction dans le Labour Party ne gagnerait pas beaucoup d'adh&#233;rents dans les circonstances actuelles et notre ind&#233;pendance de groupe, avec un journal &#233;tait absolument n&#233;cessaire. Wicks, Sara, Sumner [12] et autres, de l'ancienne Marxist League, qui ont travaill&#233; pendant quatre ans dans le Labour Party et s'y trouvaient encore, &#233;taient tout &#224; fait d'accord avec nous sur la n&#233;cessit&#233; d'une organisation ind&#233;pendante. Les camarades du Labour Party voulaient un organe comme New International. Nous avons dit non ; nous voulions un journal comme l'ancien Militant [13] mi&#8209;th&#233;orique et mi-d'organisation. Il n'y a pas eu lieu de discuter plus avant la question britannique dans la mesure o&#249; on a eu le temps de l'&#233;tudier de loin. Il est clair que ni des conseils ni une politique ne peuvent faire des miracles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de l'Independent Labour Party est pourtant importante pour nous [14]. Organisationnellement, il est faible, mais il a quatre d&#233;put&#233;s, un journal qui se vend entre 25000 et 30000 exemplaires par semaine, ses congr&#232;s et ses d&#233;clarations sont l'objet de publicit&#233; dans la presse bourgeoise ; il a suffisamment de soutien financier pour pr&#233;senter quinze candidats au &#233;lections dont la majorit&#233; ont perdu le d&#233;p&#244;t de 750 livres par candidat. En g&#233;n&#233;ral, il dit plut&#244;t le m&#234;me genre de choses que nous et recueille tout le soutien moral et financier qui nous revient, par exemple aux Etats&#8209;Unis o&#249; il n'y a rien, entre la social-d&#233;mocratie et nous, du type de ce parti. En outre, l'I.L.P. a pass&#233; son temps &#224; s'ouvrir puis se fermer, mais nous avons &#233;t&#233; incapables d'exploiter les scissions r&#233;p&#233;t&#233;es et le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral de sa gauche. Si nous pouvions scissionner l'I.L.P. et, ainsi que Maxton a, de sa propre initiative, menac&#233; de le faire, entra&#238;ner les Ecossais et laisser le champ libre en Angleterre, nous ne pourrions certes pas cr&#233;er tout de suite un grand parti dirigeant, mais nous ferions un progr&#232;s extraordinaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la r&#233;solution de 1936 sur les partis centristes, qui affirmait que l'l.L.P. allait bient&#244;t tomber dans le stalinisme, &#233;tait une erreur [16] qui a d&#233;sorient&#233; la section anglaise. Maintenant, il semblerait que nos progr&#232;s futurs en Grande&#8209;Bretagne dans la direction de l'l.L.P. vont d&#233;pendre largement des succ&#232;s de notre section fran&#231;aise (et de sa capacit&#233;) &#224; attirer &#224; elle les meilleurs &#233;l&#233;ments du P.S.O.P. [17]. Je propose cependant que notre section britannique ne n&#233;glige nullement l'I.L.P. et que, par des brochures, dans sa presse par des articles, elle concentre son offensive sur ses points faibles et ses divergences internes et s'emploie de son mieux &#224; aggraver les scissions qui se dessinent constamment en son sein afin de faciliter sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin la question des camarades qui vont dans les usines, comme on l'a d&#233;j&#224; fait dans une ou deux r&#233;gions d'Am&#233;rique du Nord, o&#249; les intellectuels, d&#233;termin&#233;s &#224; entrer en contact avec les masses, sont entr&#233;s dans l'industrie de l'alimentation et dans d'autres, partout o&#249; cela a &#233;t&#233; possible et, en certains endroits, avec un grand succ&#232;s. Il me semble qu'en France et, tr&#232;s certainement en Grande&#8209;Bretagne, cela constitue un moyen &#224; tenter pour renforcer ce contact avec les masses qui est l'un des plus gros points faibles de notre parti dans les grandes villes comme Londres, Paris, et dans une certaine mesure, New York, tandis que le parti belge, bas&#233; en province sur une r&#233;gion industrielle [18] est extr&#234;mement bien organis&#233; et, en d&#233;pit de certaines faiblesses politiques au cours de la derni&#232;re p&#233;riode [19], d&#233;montre que, dans toute mont&#233;e comme celle qui s'est produite en France [20], il jouerait vraisemblablement un r&#244;le plus important et r&#233;aliserait au moins des progr&#232;s infiniment plus substantiels que ne l'a fait notre section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trotsky &#8209; Oui, la question est de savoir pourquoi nous ne progressons pas en fonction de la valeur de nos id&#233;es, qui ne sont pas aussi d&#233;nu&#233;es de sens que le croient certains de nos amis. Nous ne progressons pas politiquement. Ce fait est l'expression du recul g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans les quinze derni&#232;res ann&#233;es. Quand le mouvement r&#233;volutionnaire d&#233;cline de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, quand une d&#233;faite suit une autre d&#233;faite, quand le fascisme s'&#233;tend sur le monde entier, quand le marxisme officiel s'incarne dans la plus formidable machine &#224; duper les travailleurs, il va de soi que les r&#233;volutionnaires ne peuvent travailler que contre le courant historique g&#233;n&#233;ral. Et cela, quand bien m&#234;me leurs id&#233;es sont aussi intelligentes et exactes qu'on peut le souhaiter. C'est que les masses ne font pas leur &#233;ducation &#224; travers des pronostics ou des conceptions th&#233;oriques, mais &#224; travers l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rale de leur vie. C'est l&#224; l'explication globale : l'ensemble de la situation est contre nous. Il faut que se produise un tournant dans la prise de conscience de classes, dans les r&#233;actions et les sentiments des masses, un tournant qui nous donnera la possibilit&#233; de remporter un grand succ&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens des discussions en 1927 &#224; Moscou apr&#232;s l'&#233;crasement des ouvriers chinois par Tchiang Ka&#239;&#8209;chek [21]. Nous l'avions pr&#233;dit dix jours auparavant et Staline nous avait r&#233;pondu par des affirmations de ce genre : &#171; Borodine est vigilant &#187;, &#171; Tchiang Ka&#239;&#8209;chek ne peut mat&#233;riellement nous trahir &#187;, etc Huit ou dix jours plus tard, c'&#233;tait la trag&#233;die et nos camarades exprim&#232;rent leur confiance : notre analyse &#233;tait si manifestement correcte que tout le monde s'en apercevait et que nous &#233;tions s&#251;rs d'entra&#238;ner le parti. Je r&#233;pondis que l'&#233;tranglement de la r&#233;volution chinoise &#233;tait mille fois plus important pour les masses que toutes nos pr&#233;dictions. Nos pr&#233;dictions pouvaient convaincre une poign&#233;e d'intellectuels qui s'int&#233;ressaient &#224; ces probl&#232;mes, mais pas les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire militaire de Tchiang devait in&#233;vitablement provoquer un reflux, une d&#233;moralisation, et ne pouvait en rien favoriser la progression d'une fraction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1917, nous avons connu une longue suite de d&#233;faites. Nous sommes comme des gens qui tenteraient d'escalader une montagne et qui recevraient toujours et toujours des avalanches de pierre et de neige. Il s'est cr&#233;&#233; dans les masses en Asie et en Europe un sentiment nouveau de d&#233;sespoir. Elles ont entendu quelque chose comme ce que nous disions il y a dix ou quinze ans du parti communiste, et elles sont pessimistes. C'est l&#224; l'&#233;tat d'esprit g&#233;n&#233;ral des masses. C'est la raison la plus g&#233;n&#233;rale. Il ne nous est pas possible de nous situer en dehors du courant historique g&#233;n&#233;ral, hors de la disposition g&#233;n&#233;rale des forces. Le courant est contre nous, c'est clair. Je me souviens de la p&#233;riode entre 1908 et 1913, en Russie. A cette &#233;poque aussi nous &#233;tions en pleine r&#233;action. En 1905 pourtant, nous avions les ouvriers avec nous, mais en 1908, et m&#234;me en 1907, d&#233;j&#224;, commen&#231;a la grande r&#233;action, le grand reflux. Tout le monde inventait des mots d'ordre et des m&#233;thodes nouvelles pour conqu&#233;rir les masses, mais personne n'y arrivait. Tout ce qu'on pouvait faire &#224; cette &#233;poque, c'&#233;tait de former des cadres, mais ils fondaient ensuite litt&#233;ralement. Il se produisit de nombreuses scissions, &#224; droite, &#224; gauche, vers le syndicalisme, ailleurs... L&#233;nine restait &#224; Paris avec un petit groupe, une secte. Il gardait pourtant confiance, car il savait qu'il y aurait bient&#244;t des possibilit&#233;s de redressement... C'est ce qui se produisit en 1913, o&#249; il y eut une vague dont la guerre brisa le d&#233;veloppement. Pendant la guerre, il r&#233;gna d'abord parmi les ouvriers un silence de mort. Les gens qui se r&#233;unirent &#224; Zimmerwald [22] &#233;taient en majorit&#233; des &#233;l&#233;ments tr&#232;s confus. Au plus profond des masses, dans les tranch&#233;es et ailleurs, il existait bien un &#233;tat d'esprit nouveau, mais tellement souterrain, tellement terroris&#233; encore, que nous nous ne pouvions ni l'atteindre ni lui donner une expression. C'est pour cela que le mouvement se sentait si mis&#233;rable, et m&#234;me la majorit&#233; des gens qui s'&#233;taient rencontr&#233;s &#224; Zimmerwald allaient virer &#224; droite pendant le mois suivant. Je ne cherche pas &#224; d&#233;gager leurs responsabilit&#233;s personnelles mais, l&#224; aussi, il faut une explication globale : c'est que le mouvement zimmerwaldien avait &#224; nager contre le courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre situation &#224; nous est incomparablement plus difficile que celle d'aucune autre organisation, &#224; aucune autre &#233;poque. Nous avons &#224; subir le poids terrible de la trahison de l'Internationale Communiste qui s'&#233;tait dress&#233;e justement contre la trahison de la II&#176; internationale. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la III&#176; Internationale s'est accomplie si rapidement et de fa&#231;on tellement inattendue que c'est la m&#234;me g&#233;n&#233;ration &#224; qui nous avons autrefois annonc&#233; sa formation qui est encore l&#224; pour nous entendre aujourd'hui d&#233;noncer sa trahison. Et ces hommes se souviennent qu'ils ont d&#233;j&#224; une fois entendu tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte aussi de l'importance de la d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie. Car la IV&#176; Internationale, par sa naissance, est li&#233;e &#224; l'Opposition de gauche russe, et les masses, d'ailleurs, nous appellent les &#171; trotskvstes &#187;. On nous dit : &#171; Trotsky veut prendre le pouvoir. Mais pourquoi donc l'a-t-il perdu ? &#187; C'est &#233;videmment une question de fond. Nous devons commencer par y r&#233;pondre en expliquant la dialectique de l'histoire, de la lutte de classes : toute r&#233;volution engendre une r&#233;action. Max Eastman a &#233;crit que Trotsky accordait &#224; la doctrine trop d'importance et que, s'il avait eu plus de bon sens, il n'aurait pas perdu le pouvoir. Effectivement, il n'est rien au monde qui soit plus convaincant que le succ&#232;s et rien de plus repoussant, surtout pour les larges masses, qu'une d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut donc ajouter la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Internationale communiste, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, la terrible d&#233;faite de l'Opposition de gauche en Russie, suivie de son extermination. Ces faits&#8209;l&#224; sont mille fois plus convaincants pour la classe ouvri&#232;re que notre pauvre petit journal, m&#234;me quand il atteint le tirage fantastique des cinq mille exemplaires de notre Socialist Appeal [23] . Nous sommes sur un fr&#234;le esquif au milieu d'un courant terrible. Sur cinq ou six bateaux, l'un coule, et on dit tout de suite que c'est la faute du pilote. Mais la v&#233;ritable raison n'est pas l&#224;. La v&#233;rit&#233;, c'est que le courant &#233;tait trop fort. Voil&#224; l'explication la plus g&#233;n&#233;rale, celle que nous ne devons jamais oublier, si nous ne voulons pas sombrer dans le pessimisme ou le d&#233;couragement, nous qui sommes l'avant&#8209;garde de l'avant&#8209;garde. Car cette ambiance marque tous les groupes qui se rassemblent autour de notre drapeau. Il y a des &#233;l&#233;ments courageux qui n'aiment pas aller dans le sens du courant : c'est leur caract&#232;re. Il y a des gens intelligents qui ont mauvais caract&#232;re, n'ont jamais &#233;t&#233; disciplin&#233;s et ont toujours cherch&#233; une tendance plus radicale ou plus ind&#233;pendante : ils ont trouv&#233; la n&#244;tre. Mais les uns et les autres sont toujours plus ou moins des outsiders, &#224; l'&#233;cart du courant g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier. Leur grande valeur a &#233;videmment son c&#244;t&#233; n&#233;gatif, car celui qui nage contre le courant ne peut pas &#234;tre li&#233; aux masses. Aussi la composition sociale d'un mouvement r&#233;volutionnaire qui commence &#224; se construire n'est&#173; elle pas &#224; pr&#233;dominance ouvri&#232;re. Ce sont les intellectuels qui sont les premiers m&#233;contents des organisations existantes. Par&#173; tout, il y a aussi beaucoup d'&#233;trangers qui, dans leur propre pays, ne se seraient sans doute pas m&#234;l&#233;s aussi facilement au mouve&#173;ment ouvrier. Un Tch&#232;que sera plus facilement membre de la IV&#176; Internationale au Mexique ou aux Etats&#8209;Unis qu'en Tch&#233;coslovaquie m&#234;me. Et de m&#234;me pour un Fran&#231;ais aux Etats&#8209;Unis. Car l'athmosph&#232;re nationale exerce une profonde influence sur les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juifs, par exemple, sont souvent &#224; moiti&#233; &#233;trangers, pas tout &#224; fait assimil&#233;s : ils adh&#232;rent volontiers &#224; toute tendance nouvelle, critique, r&#233;volutionnaire ou &#224; moiti&#233; r&#233;volutionnaire, que ce soit en politique, en art ou en litt&#233;rature. Une tendance r&#233;volutionnaire nouvelle, qui va contre le courant g&#233;n&#233;ral dominant de l'histoire &#224; un moment donn&#233;, se cristallise d'abord autour d'hommes qui sont plus ou moins coup&#233;s de la vie nationale, dans quelque pays que ce soit : et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour eux qu'il est le plus difficile de p&#233;n&#233;trer dans les masses. Bien entendu, nous devons critiquer la composition sociale de notre organisation et la modifier, mais nous devons aussi comprendre qu'elle n'est pas tomb&#233;e du ciel, qu'elle est d&#233;termin&#233;e, au contraire, aussi bien par la situation objective que par le caract&#232;re de notre mission historique en cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous puissions nous satisfaire d'une telle situation. Pour la France, par exemple, il existe, en outre, une vieille tradition du mouvement ouvrier qui n'est pas sans rapport avec la composition sociale du pays, surtout dans le pass&#233; : d'un c&#244;t&#233; une mentalit&#233; petite&#8209;bourgeoise &#8209; l'individualisme - et de l'autre, un &#233;lan, une extraordinaire capacit&#233; d'improvisation. Si on les compare &#224; l'&#233;poque classique de la II&#176; Internationale, on s'aper&#231;oit que le parti socialiste fran&#231;ais et la social-d&#233;mocratie allemande, avaient au parlement le m&#234;me nombre d'&#233;lus. Mais il n'est m&#234;me pas possible de comparer les organisations. Les Fran&#231;ais &#233;taient tout juste capables de collecter 25 000 francs, et encore au prix des pires difficult&#233;s, tandis que pour les Allemands, trouver un demi&#8209;million ne posait pas de probl&#232;mes. Les Allemands avaient dans leurs syndicats plusieurs millions d'ouvriers, les Fran&#231;ais, eux, quelques millions qui ne payaient pas leurs cotisations. Engels terminait en ces termes une lettre dans laquelle il avait caract&#233;ris&#233; l'organisation fran&#231;aise : &#171; Et comme d'habitude, les cotisations ne rentrent pas ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre organisation fran&#231;aise souffre de la m&#234;me maladie, le mal fran&#231;ais traditionnel, cette incapacit&#233; d'organisation et, bien entendu, en m&#234;me temps, de l'absence des conditions qui permettraient l'improvisation. En outre, dans la mesure o&#249; la France a connu une mont&#233;e ouvri&#232;re, elle s'est produite en liaison avec le Front populaire. Dans ce contexte, la d&#233;faite du Front populaire a constitu&#233; la preuve que nous avions raison comme, auparavant, l'extermination des ouvriers chinois. Mais une d&#233;faite est une d&#233;faite, et elle se retourne directement contre les tendances r&#233;volutionnaires, au moins jusqu'&#224; ce que se produise une nouvelle mont&#233;e &#224; un niveau sup&#233;rieur. Il nous faut nous pr&#233;parer surtout et attendre un &#233;l&#233;ment nouveau, un facteur nouveau dans la configuration g&#233;n&#233;rale des forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en France des camarades comme Naville et d'autres qui sont venus &#224; nous, il y a quinze, seize ans, alors qu'ils &#233;taient encore de tout jeunes gens ; ce sont maintenant des hommes m&#251;rs, et, pendant toute leur vie consciente, ils n'ont re&#231;u que des coups, subi que des d&#233;faites, de terribles d&#233;faites, et ils en ont l'habitude. Ils appr&#233;cient hautement la justesse de leurs conceptions, ils sont capables de bonnes analyses, mais ils n'ont jamais &#233;t&#233; capables de p&#233;n&#233;trer dans les masses, d'y travailler, ils n'ont jamais pu apprendre &#224; le faire. Or il est terriblement n&#233;cessaire de regarder ce qui se passe dans les masses. Mais nous avons en France des camarades qui sont ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je connais beaucoup moins bien la situation britannique, mais je crois qu'il y a l&#224; aussi des gens comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi avons&#8209;nous perdu des hommes ? Apr&#232;s ces terribles d&#233;faites mondiales, la mont&#233;e ouvri&#232;re en France s'est r&#233;alis&#233;e &#224; un niveau tr&#232;s bas, tr&#232;s primitif politiquement, sous la direction du Front populaire. Toute la p&#233;riode du Front populaire a &#233;t&#233; une sorte de caricature de notre r&#233;volution de f&#233;vrier. C'est une honte pour la France, qui traversait voici cent cinquante ans, la plus grande r&#233;volution bourgeoise du monde, que ce mouvement ouvrier ait eu &#224; passer par une caricature de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Vous ne rejetterez donc pas toute la responsabilit&#233; sur le parti communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; Il constitue un facteur important dans l'&#233;laboration de la mentalit&#233; des masses, et on peut dire, en effet, que la d&#233;g&#233;nerescence du parti communiste a &#233;t&#233; un facteur tr&#232;s actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, les bolcheviks dominaient compl&#232;tement le mouvement ouvrier. Les statistiques les plus s&#233;rieuses d&#233;montrent qu'&#224; la veille de la guerre les bolcheviks ne repr&#233;sentaient pas moins des trois quarts de l'avant&#8209;garde ouvri&#232;re. Pourtant, avec le d&#233;but de la r&#233;volution de f&#233;vrier, les &#233;l&#233;ments les plus arri&#233;r&#233;s, les paysans, les soldats, et m&#234;me d'anciens ouvriers bolcheviques ont &#233;t&#233; attir&#233;s dans ce courant Front populaire. Le parti bolch&#233;vique fut r&#233;duit &#224; l'isolement et tr&#232;s affaibli. Le courant g&#233;n&#233;ral &#233;tait &#224; un bas niveau politique, mais il &#233;tait puissant et il aboutit finalement &#224; la r&#233;volution d'Octobre. Il s'agit d'une question de rythme. En France, venant apr&#232;s toutes ces d&#233;faites, le front populaire a attir&#233; des &#233;l&#233;ments qui avaient des sympathies pour nous sur le plan des id&#233;es, mais qui &#233;taient engag&#233;s dans le mouvement des masses, et nous avons &#233;t&#233; encore plus isol&#233;s qu'auparavant, du moins pendant quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tenir compte de tous ces &#233;l&#233;ments. Je peux m&#234;me affirmer que nombre de nos dirigeants &#8209; attention, pas tous !, surtout dans les sections les plus anciennes, se verront rejet&#233;s hors du mouvement de masse r&#233;volutionnaire lors du nouveau tournant et que de nouveaux dirigeants, une direction fra&#238;che, na&#238;tront dans le courant r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la r&#233;g&#233;n&#233;ration de notre groupe a commenc&#233; [24] avec l'entr&#233;e dans le parti socialiste. Cette politique ne fut pas clairement comprise par tous ; elle nous permit pourtant de gagner de nouveaux militants. Malheureusement, ces recrues &#233;taient habitu&#233;es &#224; un milieu large et, apr&#232;s la scission, elles se sont un peu d&#233;courag&#233;es. Au fond, elles n'&#233;taient pas suffisamment tremp&#233;es, elles n'ont pas su s'accrocher et elles ont &#233;t&#233; reprises par le courant du Front populaire. C'est regrettable, mais explicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne, ces m&#234;mes raisons ont jou&#233; un r&#244;le identique, en plus ce d&#233;plorable facteur qu'a constitu&#233; le comportement du groupe de Nin. C'est lui qui repr&#233;sentait en Espagne l'Opposition de gauche russe, et, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e nous n'avons pas tent&#233; de mobiliser et d'organiser nos forces de fa&#231;on ind&#233;pendante. Nous esp&#233;rions pouvoir gagner Nin a une conception correcte, etc. En public, l'Opposition de gauche le soutenait. Dans une correspondance priv&#233;e, nous avons essay&#233; de le convaincre, de le pousser, mais nous n'avons pas r&#233;ussi. Nous avons perdu du temps. Fallait&#8209;il le faire ? C'est difficile &#224; dire. Si nous avions eu en Espagne un camarade exp&#233;riment&#233;, nous aurions connu une situation bien plus favorable, mais nous n'en avions pas un seul. Nous avons plac&#233; nos espoirs en Nin, et sa politique a consist&#233; en une s&#233;rie de man&#339;uvres personnelles, destin&#233;es &#224; esquiver ses propres responsabilit&#233;s. Il jouait avec la r&#233;volution. Il &#233;tait sinc&#232;re, mais sa mentalit&#233; &#233;tait celle d'un menchevik. C'&#233;tait l&#224; un handicap effroyable, et qu'il &#233;tait difficile de ne surmonter qu'au moyen de formules correctes mais falsifi&#233;es d&#232;s le d&#233;part par ceux&#8209;l&#224; m&#234;me qui nous repr&#233;sentaient dans la premi&#232;re p&#233;riode, les Nin. N'oubliez pas que nous avons perdu la premi&#232;re r&#233;volution, celle de 1905... Avant 1905, nous avions une tradition de grand courage et d'esprit de sacrifice, des forces. Apr&#232;s, nous &#233;tions r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de mis&#233;rable minorit&#233;, de trente &#224; quarante hommes peut&#8209;&#234;tre. Puis il y eut la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Combien le parti bolchevique comptait&#8209;il de militants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky. &#8209; En 1910, dans tout le pays, quelques dizaines. Il y en avait pas mal en Sib&#233;rie. Mais en fait ils n'&#233;taient pas organis&#233;s. Les gens que L&#233;nine pouvait atteindre par lettre ou par un agent n'&#233;taient pas plus de trente ou quarante. Notre tradition, les id&#233;es que nous avions r&#233;pandues parmi l'avant-garde ouvri&#232;re constituaient un extraordinaire capital qui devait &#234;tre utilis&#233;, plus tard, au cours de la r&#233;volution, mais pratiquement, &#224; cette date, nous &#233;tions compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire a ses lois propres, tr&#232;s puissantes, plus puissantes que notre propre conception th&#233;orique de l'histoire ! Aujourd'huit en Europe, c'est la catastrophe, le d&#233;clin, l'exter&#173;mination de tous les pays. Cela p&#232;se lourdement sur les ouvriers. Ils voient d'un c&#244;t&#233; toutes ces combinaisons diplomatiques, ces mouvements d'arm&#233;es, et de l'autre un groupe minuscule avec un petit journal qui donne les explications. Or le probl&#232;me, pour eux, c'est qu'ils vont &#234;tre mobilis&#233;s demain, que leurs enfants peuvent &#234;tre tu&#233;s. Il y a une terrible disproportion entre la t&#226;che et les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre &#233;clate maintenant, et il semble qu'elle doive &#233;clater -, dans le premier mois, nous perdrons les deux tiers des militants que nous avons en France aujourd'hui. Ils seront dispers&#233;s d'abord : jeunes, ils seront mobilis&#233;s ; mais subjective&#173;ment, ils resteront fid&#232;les au mouvement. Quant &#224; ceux qui ne seront ni arr&#234;t&#233;s, ni mobilis&#233;s et qui resteront fid&#232;les , &#8209; peut&#173;-&#234;tre trois ou quatre, je ne peux dire combien au juste &#8209;, ils seront compl&#232;tement isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s plusieurs mois que critique et d&#233;go&#251;t commenceront &#224; se manifester &#224; une grande &#233;chelle et un peu partout : nos camarades isol&#233;s, un bless&#233; dans un h&#244;pital, un soldat dans une tranch&#233;e, ou une femme dans un village, sentiront que l'atmosph&#232;re a chang&#233;, et prononceront une parole hardie. Et celui&#8209;l&#224; m&#234;me qui &#233;tait un camarade tout &#224; fait inconnu dans une section parisienne deviendra le leader d'un r&#233;giment, d'une division et se sentira un dirigeant r&#233;volution&#173;naire. C'est caract&#233;ristique de notre p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas dire par l&#224; qu'il faille nous r&#233;signer &#224; l'impuissance de notre organisation fran&#231;aise. Je crois sinc&#232;re&#173;ment que, si les camarades am&#233;ricains nous aident, nous pouvons gagner le P.S.O.P. et faire un grand bond en avant. La situation est en train de m&#251;rir et elle insiste pour que nous sachions exploiter cette occasion. Si nos camarades se laissent convaincre qu'il faut virer, la situation changera. Nos camarades am&#233;ricains doivent absolument retourner en Europe, et ne pas se contenter de donner des conseils. Avec le secr&#233;tariat international, il faut d&#233;cider que notre section doit entrer dans le P.S.O.P. Il compte plusieurs milliers de membres [25]. Pour une r&#233;volution, la diff&#233;&#173;rence n'est pas &#233;norme mais pour le travail de pr&#233;paration de l'avant&#8209;garde, elle est consid&#233;rable. Avec des &#233;l&#233;ments neufs, nous pouvons faire un &#233;norme pas en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, aux Etats&#8209;Unis, nous avons un autre type de travail, et je crois que nous pouvons &#234;tre tr&#232;s optimistes sans nous faire d'illusions, et sans exag&#233;rer. Aux Etats&#8209;Unis, nous avons un cr&#233;dit&#8209;temps sup&#233;rieur. La situation n'est pas imm&#233;diatement aussi pressante, aussi aigu&#235;. C'est important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je suis d'accord avec le camarade Stanley [26] qui &#233;crit que nous pouvons maintenant remporter des succ&#232;s tr&#232;s importants dans les pays coloniaux et semi&#8209;coloniaux. Nous avons un mouvement tr&#232;s important en Indochine [27]. Je suis absolument d'accord avec le camarade James qu'il nous est possible d'avoir un tr&#232;s important mouvement n&#232;gre, parce que ces gens n'ont pas travers&#233; de la m&#234;me mani&#232;re l'histoire des deux derni&#232;res d&#233;cennies. En tant que masse, ils n'ont rien su de la r&#233;volution russe, ni de la Ill&#176; Internationale. Ils peuvent commencer l'histoire comme si elle en &#233;tait &#224; ses d&#233;buts. Il nous faut absolument du sang frais. C'est pourquoi nous avons plus de succ&#232;s dans la jeunesse. Dans la mesure o&#249; nous avons pu l'aborder, nous avons eu de bons r&#233;sultats. Les jeunes sont tr&#232;s attentifs &#224; un programme r&#233;volutionnaire, clair et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande&#8209;Bretagne et l'I.L.P. ? C'est aussi une t&#226;che particuli&#232;re. Je l'ai suivie d'un peu plus pr&#232;s quand j'&#233;tais en Norv&#232;ge. Il me semble que nos camarades qui sont entr&#233;s dans l'I.L.P. ont fait avec lui la m&#234;me exp&#233;rience que nos camarades am&#233;ricains avec le S.P. Mais tous nos camarades ne sont pas entr&#233;s dans l'I.L.P. et, autant que j'aie pu le voir, ils ont men&#233; une politique opportuniste et c'est pourquoi leur exp&#233;rience dans l'I.L.P. n'a pas &#233;t&#233; si bonne. L'I.L.P. est rest&#233; presque comme il &#233;tait avant, alors que le P.S. am&#233;ricain s'est vid&#233;. Je ne sais comment il faut l'aborder maintenant. C'est une organisation de Glasgow [28]. C'est un appareil local, avec de l'influence sur la machine municipale, dont j'ai dire qu'elle &#233;tait tr&#232;s corrompue. C'est un travail &#224; part de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;voltes de la base sont un ph&#233;nom&#232;ne familier dans l'I.L.P. Au cours de la pr&#233;paration d'un congr&#232;s, Fenner Brockway [29] devient le patron de la partie qui se rebelle et obtient la majorit&#233;. Maxton annonce alors qu'il va d&#233;missionner. Fenner Brockway s'&#233;crie : &#171; Non, nous abandonnerons notre victoire ? Nous pouvons abandonner nos principes, pas notre Maxton ! &#187; [30]. Je crois que le plus important, c'est de les compromettre &#8209; de les rouler dans la boue &#8209;, les Maxton et les Brockway. Il faut les identifier avec des ennemis de classe. Il faut compromettre l'I.L.P. par des attaques f&#233;roces, impitoyables, contre Maxton. Il est le bouc &#233;missaire de tous les p&#234;ch&#233;s du mouvement britannique, en particulier de l'I.L.P. C'est par de telles attaques, concentr&#233;es contre Maxton, des attaques syst&#233;matiques dans notre presse, que nous pourrons h&#226;ter la scission dans l'I.L.P. En m&#234;me temps, il nous faut souligner que, si Maxton est le laquais de Chamberlain [31] , Fenner Brockway, lui, est le laquais de Maxton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James. &#8209; Et que pensez&#8209;vous d'un journal ind&#233;pendant, pour fustiger Maxton, etc. ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky - C'est une question pratique. Si notre section en France entre dans le P.S.O.P., je crois que le S.I. devrait publier la Quatri&#232;me Internationale pour tous les pays de langue fran&#231;aise, deux fois par mois. C'est juste une question de possibilit&#233; juridique. Je crois que, m&#234;me si nous travaillons &#224; l'int&#233;rieur du Labour Party, il nous faut avoir un journal ind&#233;pendant, non pas en opposition &#224; nos camarades qui sont dedans, mais plut&#244;t pour &#233;chapper au contr&#244;le de l'I.L.P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La conf&#233;rence de septembre 1938 ne dura qu'une journ&#233;e, mais elle avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de r&#233;unions de commissions. James avait assist&#233; &#224; la commission fran&#231;aise qui avait trait&#233; la question de l'attitude &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P., du P.C.I. de Molinier. L'unanimit&#233; s'&#233;tait faite sur la triste situation pr&#233;sente de la section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mai 1937, les ouvriers de Barcelone s'&#233;taient lanc&#233;s dans une insurrection qui avait spontan&#233;ment &#233;clat&#233; apr&#232;s une tentative manqu&#233;e des forces de police de reprendre le central t&#233;l&#233;phonique au contr&#244;le des miliciens de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le gros des forces trotskystes se trouvait &#224; l'ext&#233;rieur du P.O.U. M. et ne d&#233;passait pas deux douzaines ; les trotskystes &#233;taient exclus du P.O.U.M. dont les fondateurs ex&#8209;trotskystes s'&#233;taient engag&#233;s &#224; ne pas construire de fraction. C'est au moins ce que les documents nous apprennent. Mais James laisse supposer qu'il y avait &#224; l'int&#233;rieur du P.O.U.M. un &#171; travail de fraction &#187; engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] La scission de la section britannique avait &#233;t&#233; consacr&#233;e par les deux conf&#233;rences des 10 et 11 octobre 1936 et le fait que tous les membres n'avaient pas &#233;t&#233; d'accord pour appliquer la r&#233;solution vot&#233;e sur la section britannique &#224; la conf&#233;rence internationale de &#171; Gen&#232;ve &#187; en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il s'agissait du Militant Group anim&#233; par D. D. Harber et Ken Alexander. Il &#233;tait form&#233; de militants entr&#233;s dans le Labour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agissait du groupe dit &#171; independent &#187;, puisqu'il avait &#233;t&#233; tr&#232;s vite exclu de l'I.L.P., regroup&#233; autour de James et du Journal Fight. Rappelons que l'Independent Labour Party (I.L.P.) &#233;tait une vieille formation centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Reg Groves (n&#233; en 1908), membre du P.C., fondateur du &#171; Balham Group &#187;, exclu en ao&#251;t 1932, avait &#233;t&#233; le principal fondateur de la Communist League, puis s'&#233;tait oppos&#233; &#224; l'entrisme dans l'I.L. P. Apr&#232;s la scission de 1933, il &#233;tait entr&#233; dans le Labour Party et &#233;tait devenu l'un des dirigeants de la Socialist League &#224; Londres. Il s'&#233;tait s&#233;par&#233; de son ancien groupe, la Marxist League.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Il s'agit en r&#233;alit&#233; du Militant Group.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Il s'agissait du Revolutionary Socialist Party dirig&#233; par Frank Maitland et qui provenait d'une formation &#171; DeL&#233;oniste &#187; du Socialist Labor Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la nouvelle organisation &#233;tait un ancien des jeunesses communistes qui avait rejoint les trotskystes dans le Labour en 1936, Eric Starkey Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ralph Lee, militant sud&#8209;africain d'origine, se plaignait de n'avoir pas &#233;t&#233; soutenu contre les calomnies staliniennes par la direction du Militant Group. Bien que le S.I. lui ait donn&#233; raison, il avait pris pr&#233;texte de cette affaire pour cr&#233;er sa propre organisation, la Workers International League, avec une poign&#233;e de militants, six ou sept au d&#233;part dont plusieurs devaient jouer ult&#233;rieurement un r&#244;le important dans le mouvement trotskvste britannique (Gerrv Healv. Jock Haston, Betty Hamilton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Venu de l'anarchisme, Henry Sara (1888&#8209;1953) avait &#233;t&#233; du Balham Group, puis de la Marxist League. Harry Wicks (n&#233; en 1905) cheminot r&#233;voqu&#233; en 1926, responsable J.C., avait connu le m&#234;me itin&#233;raire et beaucoup milit&#233; dans le comit&#233; contre les proc&#232;s de Moscou dont le secr&#233;taire &#233;tait Hilary Sumner dit Charles Sumner (1911&#8209;1976), petit&#8209;fils d'un ami de Lincoln et fils du secr&#233;taire de John Reed, recrut&#233; dans le Labour Party en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit ici non de The Militant, organe du groupe dans le Labour Party, mais de l'ancien organe de la C.L.A. jusqu'en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Les trotskystes avaient milit&#233; dans l'Independent Labour Party de 1933 a 1936 mais en avaient &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s. James avait souhait&#233; y rester et y continuer un travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] James reste apparemment fid&#232;le &#224; la strat&#233;gie qui avait &#233;t&#233; la sienne en 1936, o&#249; il avait esp&#233;r&#233; un instant faire passer la coupure entre le fief &#233;cossais de Maxton &#8209; irr&#233;cup&#233;rable &#8209; et Fenner Brockway qui incarnait &#224; ses yeux la confusion d'une majorit&#233; de militants anglais honn&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cette r&#233;solution intitul&#233;e &#171; Le Bureau international pour l'unit&#233; socialiste r&#233;volutionnaire (bureau de Londres) et la IV' Internationale &#187; est reproduite dans &#338;uvres, 10, pp. 209&#8209;212. Elle affirmait la n&#233;cessit&#233; de &#171; d&#233;noncer syst&#233;matiquement et sans compromissions les h&#233;sitations, les &#233;quivoques et les actes hypocrites du bureau de Londres en tant qu'obstacle le plus proche et le plus imm&#233;diat sur la voie de la poursuite de la construction de la IV&#176; Internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Le P.O.I. &#233;tait toujours profond&#233;ment divis&#233; sur la fa&#231;on dont il devait se comporter &#224; l'&#233;gard du P.S.O.P. dont l'existence m&#234;me lui &#244;tait pratiquement toute perspective de d&#233;veloppement. Le P.S.O.P. &#233;tait dirig&#233; par Marceau Pivert et form&#233; essentiellement des anciens &#233;l&#233;ments de la gauche de la S.F.I.O. exclus en juin 38 &#224; son congr&#232;s de Royan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le bastion de la section belge avait de tout temps &#233;t&#233; la F&#233;d&#233;ration de Charleroi et ses mineurs de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Trotsky faisait &#224; la section belge deux reproches de taille : celui d'avoir soutenu la candidature du premier ministre bourgeois van Zeeland contre le &#171; rexiste &#187; Degrelle, s'alignant ainsi que la position &#171; antifasciste &#187; de capitulation du P.C. et du P.O.B., et celui d'avoir organis&#233; en pays wallon des syndicats scissionnistes apr&#232;s des exclusions de la centrale r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la mont&#233;e qui avait culmin&#233; avec les gr&#232;ves de juin 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le mar&#233;chal Tchiang Ka&#239;&#8209;chek (1887&#8209;1975), ancien chef de l'&#233;cole militaire du gouvernement de Canton, puis chef militaire et principal dirigeant de ce gouvernement et du parti nationaliste chinois le Guomindang, avait consenti pendant plusieurs ann&#233;es &#224; utiliser les communistes. En avril 1927, s'alliant a la p&#232;gre et aux banques, il les avait massacr&#233;s &#224; Shanghai et mis hors&#8209;la&#8209;loi dans tout le pays. La politique de soumission du P.C.C. &#224; Tchiang, con&#231;ue et d&#233;fendue par Staline et Boukharine, avait &#233;t&#233; critiqu&#233;e par Trotsky et l'Opposition de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] La Conf&#233;rence de Zimmerwald, en septembre 1915, marque le premier regroupement internationaliste cons&#233;quent dans le cours de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Socialist Appeal &#233;tait l'organe du Socialist Workers Party, la section am&#233;ricaine de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] La fraction trotskyste &#233;tait entr&#233;e en 1934 dans la S.F.I.O., en ao&#251;t-septembre, constituant le &#171; G.B.L. &#187; (Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.). Ses premi&#232;res recrues avaient &#233;t&#233; les dirigeants des Jeunesses de l'Entente de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] L'&#233;valuation de Trotsky est d'une grande prudence. Jean&#8209;Paul Joubert dans R&#233;volutionnaires de la S.F.I.O. estime &#224; 10 000 l'effectif initial du P.S.O.P., mais pense que ce chiffre baissa tr&#232;s vite en particulier au lendemain de la crise internationale de Munich qui le divisa profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Sherman Stanley &#233;tait le pseudonyme de Stanley Plastrik (1915&#8209;1981), un jeune militant du S.W.P. gagn&#233; dans les jeunesses socialistes, Y.P.S.L. Il se passionnait pour les Indes et avait pris des contacts notamment avec le parti socialiste du congr&#232;s et avait commenc&#233; &#224; &#233;changer une correspondance avec Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Trotsky disposait d'une information assez succincte sur l'activit&#233; du groupe trotskyste indochinois que dirigeait Ta Tu Thau et qui &#233;ditait La Lutte &#224; Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le bastion de l'I.L.P. se trouvait &#224; Glasgow dont son principal dirigeant James Maxton (1885&#8209;1946) &#233;tait d&#233;put&#233; depuis 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] James avait pens&#233; pouvoir gagner Brockway en 1935, une date &#224; laquelle Trotsky avait perdu toute illusion, &#224; supposer qu'il en ait eu, &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Trotsky fait allusion ici au congr&#232;s de Keighton de l'l.L.P. les 11 et 12 avril 1936 ; le chantage de Maxton &#224; la d&#233;mission avait conduit Brockway et ses partisans &#224; remettre en cause un vote du congr&#232;s et faire se d&#233;juger ce dernier. Cf. &#338;uvres 9 pp. 203&#8209;210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] James Maxton avait d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des Communes qu'il aprouvait enti&#232;rement ce que Chamberlain avait fait pour la paix pendant la p&#233;riode de crise internationale qui s'&#233;tait termin&#233;e par les accords de Munich (Cf. &#338;uvres 19, pp. 144&#8209;148.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Adresse inaugurale de l'AIT (premi&#232;re internationale)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Adresse &lt;br class='autobr' /&gt; Ouvriers, &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un fait tr&#232;s remarquable que la mis&#232;re des masses travailleuses n'a pas diminu&#233; de 1848 &#224; 1864, et pourtant cette p&#233;riode d&#233;fie toute comparaison pour le d&#233;veloppement de l'industrie et l'extension du commerce. En 1850, un organe mod&#233;r&#233; de la bourgeoisie anglaise, tr&#232;s bien inform&#233; d'ordinaire, pr&#233;disait que si l'exportation et l'importation de l'Angleterre s'&#233;levaient de 50 %, le paup&#233;risme tomberait &#224; z&#233;ro. H&#233;las ! le 7 avril 1864, le chancelier de l'Echiquier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Adresse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ouvriers,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait tr&#232;s remarquable que la mis&#232;re des masses travailleuses n'a pas diminu&#233; de 1848 &#224; 1864, et pourtant cette p&#233;riode d&#233;fie toute comparaison pour le d&#233;veloppement de l'industrie et l'extension du commerce. En 1850, un organe mod&#233;r&#233; de la bourgeoisie anglaise, tr&#232;s bien inform&#233; d'ordinaire, pr&#233;disait que si l'exportation et l'importation de l'Angleterre s'&#233;levaient de 50 %, le paup&#233;risme tomberait &#224; z&#233;ro. H&#233;las ! le 7 avril 1864, le chancelier de l'Echiquier charmait son auditoire parlementaire en lui annon&#231;ant que le commerce anglais d'importation et d'exportation &#233;tait mont&#233; en 1863 &#171; &#224; 443 955 000 livres sterling, somme &#233;tonnante qui surpasse presque des deux tiers le commerce de l'&#233;poque, relativement r&#233;cente, de 1843 &#187;. Mais en m&#234;me temps, il parlait &#233;loquemment de la &#171; mis&#232;re &#187;. &#171; Songez, s'&#233;cria-t-il, &#224; ceux qui vivent sur le bord de cet horrible &#233;tat &#187;, aux &#171; salaires qui n'augmentent point &#187;, &#224; la &#171; vie humaine qui, dans neuf cas sur dix, n'est qu'une lutte pour l'existence. &#187; Encore ne disait-il rien des Irlandais que remplacent graduellement les machines dans le Nord, les troupeaux de moutons dans le Sud, quoique les moutons eux-m&#234;mes diminuent dans ce malheureux pays, moins rapidement, il est vrai, que les hommes. Il ne r&#233;p&#233;tait pas ce que venaient de d&#233;voiler, dans un acc&#232;s soudain de terreur, les repr&#233;sentants les plus &#233;lev&#233;s des dix mille sup&#233;rieurs. Lorsque la panique des garrotteurs [1] atteignit un certain degr&#233;, la Chambre des Lords fit faire une enqu&#234;te et un rapport sur la transportation et la servitude p&#233;nales. La v&#233;rit&#233; fut ainsi r&#233;v&#233;l&#233;e dans le volumineux Livre bleu de 1863, et il fut d&#233;montr&#233;, par des faits et chiffres officiels, que les pires des criminels condamn&#233;s, les for&#231;ats de l'Angleterre et de l'Ecosse, travaillaient beaucoup moins et &#233;taient beaucoup mieux nourris que les travailleurs agricoles des m&#234;mes pays. Mais ce n'est pas tout. Quand la guerre civile d'Am&#233;rique eut jet&#233; sur le pav&#233; les ouvriers des comt&#233;s de Lancaster et de Chester, la m&#234;me Chambre des Lords envoya un m&#233;decin dans les provinces manufacturi&#232;res, en le chargeant de rechercher le minimum de carbone et d'azote, administrable sous la forme la plus simple et la moins ch&#232;re, qui p&#251;t suffire en moyenne &#171; &#224; pr&#233;venir les maladies caus&#233;es par la famine &#187;. Le docteur Smith, le m&#233;decin d&#233;l&#233;gu&#233;, trouva que 28 000 grains de carbone et 1 330 grains d'azote par semaine &#233;taient n&#233;cessaires, en moyenne, &#224; un adulte&#8230; uniquement pour le pr&#233;server des maladies caus&#233;es par la famine ; de plus, il trouva que cette quantit&#233; n'&#233;tait pas fort &#233;loign&#233;e de la maigre nourriture &#224; laquelle l'extr&#234;me d&#233;tresse venait de r&#233;duire les ouvriers cotonniers [2]. Mais, &#233;coutez encore. Le m&#234;me savant m&#233;decin fut, un peu plus tard, d&#233;l&#233;gu&#233; de nouveau par le d&#233;partement m&#233;dical du Conseil priv&#233;, afin d'examiner la nourriture des classes travailleuses les plus pauvres. Le Sixi&#232;me rapport sur l'&#233;tat dis la sant&#233; publique, publi&#233; par ordre du Parlement, dans le courant de cette ann&#233;e, contient le r&#233;sultat de ses recherches. Qu'a d&#233;couvert le docteur ? Que les tisseurs en soie, les couturi&#232;res, les gantiers, les tisserands de bas, etc., ne recevaient pas toujours, en moyenne, la mis&#233;rable pitance des ouvriers cotonniers, pas m&#234;me la quantit&#233; de carbone et d'azote &#171; suffisant uniquement &#224; pr&#233;venir les maladies caus&#233;es par la famine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En outre, nous citons textuellement le rapport, l'examen de l'&#233;tat des familles agricoles a d&#233;montr&#233; que plus du cinqui&#232;me d'entre elles est r&#233;duit &#224; une quantit&#233; moins que suffisante d'aliments carboniques, et plus du tiers &#224; une quantit&#233; moins que suffisante d'aliments azot&#233;s ; que dans trois comt&#233;s, Berkshire, Oxfordshire et Somersetshire, l'insuffisance des aliments azot&#233;s est, en moyenne, le r&#233;gime local. &#187; &#171; Il ne faut pas oublier, ajoute le rapport officiel, que la privation de nourriture n'est support&#233;e qu'avec r&#233;pugnance, et qu'en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, le manque de nourriture suffisante n'arrive jamais que pr&#233;c&#233;d&#233; de bien d'autres privations&#8230; La propret&#233; m&#234;me est regard&#233;e comme une chose tr&#232;s ch&#232;re et difficile, et, quand le respect de soi-m&#234;me s'efforce de l'entretenir, chaque effort de la sorte est n&#233;cessairement pay&#233; par un surcro&#238;t des tortures de la faim. &#187; &#171; Ce sont des r&#233;flexions d'autant plus douloureuses, qu'il ne s'agit pas ici de la mis&#232;re m&#233;rit&#233;e par la paresse, mais, dans tous les cas, de la d&#233;tresse d'une population travailleuse. En fait, le travail qui n'assure qu'une si maigre pitance est, pour la plupart, extr&#234;mement long. &#187; Le rapport d&#233;voile ce fait &#233;trange et m&#234;me inattendu que &#171; de toutes les parties du Royaume-Uni &#187; (c'est-&#224;-dire l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Ecosse et l'Irlande) &#171; c'est la population agricole de l'Angleterre &#187;, pr&#233;cis&#233;ment de la partie la plus opulente, &#171; qui est incontestablement la plus mal nourrie &#187;, mais que m&#234;me les plus pauvres laboureurs des comt&#233;s de Berks, d'Oxford et de Somerset sont beaucoup mieux nourris que la plupart des ouvriers de l'Etat de Londres, travaillant &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les donn&#233;es officielles publi&#233;es par ordre du Parlement, en 1864, dans le mill&#233;naire du libre-&#233;change, au moment m&#234;me o&#249; le chancelier de l'Echiquier racontait &#224; la Chambre des Communes que &#171; la condition des ouvriers anglais s'est am&#233;lior&#233;e, en moyenne, d'une mani&#232;re si extraordinaire que nous n'en connaissons point d'exemple dans l'histoire d'aucun pays, ni d'aucun &#226;ge &#187;. De quel son discordant ces exaltations officielles sont perc&#233;es par une br&#232;ve remarque du non moins officiel Rapport sur l'&#233;tat de la sant&#233; publique : &#171; La sant&#233; publique d'un pays signifie la sant&#233; de ses masses, et il est presque impossible que les masses soient bien portantes, si elles ne jouissent pas, jusqu'au plus bas de l'&#233;chelle sociale, au moins du plus modeste bien-&#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ebloui par le &#171; Progr&#232;s de la Nation &#187;, le chancelier de l'Echiquier voit danser devant ses yeux les chiffres de ses statistiques. C'est avec un accent de v&#233;ritable extase qu'il s'&#233;crie : &#171; De 1842 &#224; 1852, le revenu imposable du pays s'est accru de 6 % ; dans les huit ann&#233;es de 1853 &#224; 1861, il s'est accru de 20 %, si l'on prend pour base 1853 ; c'est un fait si &#233;tonnant qu'il est presque incroyable !&#8230; Cette vertigineuse mont&#233;e de richesses et de puissance, ajoute W. Gladstone, se limite enti&#232;rement aux classes poss&#233;dantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous voulez savoir &#224; quelles conditions de sant&#233; perdue, de morale fl&#233;trie et de ruine intellectuelle, cette &#171; vertigineuse mont&#233;e de richesses et de puissance, limit&#233;e enti&#232;rement aux classes poss&#233;dantes &#187;, a &#233;t&#233; et est produite par les classes laborieuses, voyez la description qui est faite des ateliers de couture pour hommes et pour dames, et d'imprimeries, dans le dernier &#171; Rapport sur l'&#233;tat de la sant&#233; publique &#187;. Comparez le &#171; Rapport de la commission pour examiner le travail des enfants &#187;, o&#249; il est constat&#233;, par exemple, que la classe des potiers, hommes et femmes, pr&#233;sente une population tr&#232;s d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, tant sous le rapport physique que sous le rapport intellectuel ; que &#171; les enfants infirmes deviennent ensuite des parents infirmes &#187; ; que &#171; la d&#233;g&#233;n&#233;ration de la race en est une cons&#233;quence absolue &#187; ; que &#171; la d&#233;g&#233;n&#233;ration de la population du comt&#233; de Staffer serait beaucoup plus avanc&#233;e, n'&#233;tait le recrutement continuel des pays adjacents et les mariages mixtes avec des races plus robustes &#187;. Jetez un coup d'oeil sur le Livre bleu de M. Tremenheere : Griefs et plaintes des journaliers boulangers. Et qui n'a pas frissonn&#233; en lisant ce paradoxe des inspecteurs des fabriques, certifi&#233; par le Registrar General, d'apr&#232;s lequel la sant&#233; des ouvriers du comt&#233; de Lancaster s'est am&#233;lior&#233;e consid&#233;rablement, quoiqu'ils soient r&#233;duits &#224; la plus mis&#233;rable nourriture, parce que le manque de coton les a chass&#233;s des fabriques cotonni&#232;res, que la mortalit&#233; infantile a diminu&#233;, parce que, enfin, il est permis aux m&#232;res de donner le sein aux nouveau-n&#233;s, au lieu du cordial de Godfrey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais retournez encore une fois la m&#233;daille ! Le Tableau de l'imp&#244;t des revenus et des propri&#233;t&#233;s, pr&#233;sent&#233; &#224; la Chambre des Communes le 20 juillet 1864, nous apprend que du 5 avril 1862 au 5 avril 1863, treize personnes ont grossi les rangs de ceux dont les revenus annuels sont &#233;valu&#233;s par le collecteur des imp&#244;ts &#224; 50 000 livres sterling et au-del&#224;, c'est-&#224;-dire que leur nombre est mont&#233;, en une seule ann&#233;e, de 67 &#224; 80. Le m&#234;me Tableau d&#233;voile le fait curieux que 3 000 personnes &#224; peu pr&#232;s partagent entre elles un revenu annuel d'environ 25 000 000 de livres sterling, plus que la somme totale distribu&#233;e annuellement entre tous les laboureurs de l'Angleterre et du Pays de Galles. Ouvrez le registre du cens de 1861, et vous trouverez que le nombre des propri&#233;taires terriens en Angleterre et dans le Pays de Galles s'est r&#233;duit de 16 934 en 1851 &#224; 15 066 en 1861 ; qu'ainsi la concentration de la propri&#233;t&#233; du sol s'est accrue en dix ann&#233;es de 11 %. Si la concentration de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re dans les mains d'un petit nombre suit toujours le m&#234;me progr&#232;s, la question agraire deviendra singuli&#232;rement simplifi&#233;e, comme elle l'&#233;tait dans l'Empire romain quand N&#233;ron eut un fin sourire &#224; la nouvelle que la moiti&#233; de la province d'Afrique &#233;tait poss&#233;d&#233;e par six chevaliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes appesantis sur ces &#171; faits si &#233;tonnants qu'ils sont presque incroyables &#187;, parce que l'Angleterre est &#224; la t&#234;te de l'Europe commerciale et industrielle. Rappelez-vous qu'il y a quelques mois &#224; peine, un des fils r&#233;fugi&#233;s de Louis-Philippe f&#233;licitait publiquement le travailleur agricole anglais de la sup&#233;riorit&#233; de son lot par rapport &#224; celui, moins prosp&#232;re, de ses camarades de l'autre c&#244;t&#233; de la Manche. En v&#233;rit&#233;, si nous tenons compte de la diff&#233;rence des circonstances locales, nous voyons les faits anglais se reproduire sur une plus petite &#233;chelle, dans tous les pays industriels et progressifs du continent. Depuis 1848, un d&#233;veloppement inou&#239; de l'industrie et une expansion inimaginable des exportations et des importations ont eu lieu dans ces pays. Partout &#171; la mont&#233;e de richesses et de puissance enti&#232;rement limit&#233;e aux classes poss&#233;dantes &#187; a &#233;t&#233; r&#233;ellement &#171; vertigineuse &#187;. Partout, comme en Angleterre, une petite minorit&#233; de la classe ouvri&#232;re a obtenu une l&#233;g&#232;re augmentation du salaire r&#233;el ; mais, dans la plupart des cas, la hausse du salaire nominal ne d&#233;notait pas plus l'accroissement du bien-&#234;tre des salari&#233;s que l'&#233;l&#233;vation du co&#251;t de l'entretien des pensionnaires, par exemple, &#224; l'h&#244;pital des pauvres ou dans l'asile des orphelins de la m&#233;tropole, de 7 livres 7 shillings 4 pence en 1852, &#224; 9 livres 15 sh. 8 p. en 1861, ne leur b&#233;n&#233;ficie ni n'augmente leur bien-&#234;tre. Partout les grandes masses de la classe laborieuse descendaient toujours plus bas, dans la m&#234;me proportion au moins que les classes plac&#233;es au-dessus d'elle montaient plus haut sur l'&#233;chelle sociale. Dans tous les pays de l'Europe &#8212; c'est devenu actuellement une v&#233;rit&#233; incontestable pour tout esprit impartial, et d&#233;ni&#233;e par ceux-l&#224; seuls dont l'int&#233;r&#234;t consiste &#224; promettre aux autres monts et merveilles &#8212; , ni le perfectionnement des machines, ni l'application de la science &#224; la production, ni la d&#233;couverte de nouvelles communications, ni les nouvelles colonies, ni l'&#233;migration, ni la cr&#233;ation de nouveaux d&#233;bouch&#233;s, ni le libre-&#233;change, ni toutes ces choses ensemble ne supprimeront la mis&#232;re des classes laborieuses ; au contraire, tant qu'existera la base d&#233;fectueuse d'&#224;-pr&#233;sent, chaque nouveau progr&#232;s des forces productives du travail aggravera de toute n&#233;cessit&#233; les contrastes sociaux et fera davantage ressortir l'antagonisme social. Durant cette &#171; vertigineuse &#187; &#233;poque de progression &#233;conomique, la mort d'inanition s'est &#233;lev&#233;e &#224; la hauteur d'une institution sociale dans la m&#233;tropole britannique. Cette &#233;poque est marqu&#233;e, dans les annales du monde, par les retours acc&#233;l&#233;r&#233;s, par l'&#233;tendue de plus en plus vaste et par les effets de plus en plus meurtriers de la peste sociale appel&#233;e la crise commerciale et industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite des r&#233;volutions de 1848, toutes les associations et tous les journaux politiques des classes ouvri&#232;res furent &#233;cras&#233;s sur le continent par la main brutale de la force ; les plus avanc&#233;s parmi les fils du travail s'enfuirent d&#233;sesp&#233;r&#233;s outre Atlantique, aux Etats-Unis, et les r&#234;ves &#233;ph&#233;m&#232;res d'affranchissement s'&#233;vanouirent devant une &#233;poque de fi&#232;vre industrielle, de marasme moral et de r&#233;action politique. D&#251; en partie &#224; la diplomatie anglaise qui agissait, alors comme maintenant dans un esprit de fraternelle solidarit&#233; avec le cabinet de Saint-P&#233;tersbourg, l'&#233;chec de la classe ouvri&#232;re continentale r&#233;pandit bient&#244;t ses effets contagieux de ce c&#244;t&#233; de la Manche. La d&#233;faite de leurs fr&#232;res du continent, en faisant perdre tout courage aux ouvriers anglais, toute foi dans leur propre cause, rendait en m&#234;me temps aux seigneurs terriens et aux puissances d'argent leur confiance quelque peu &#233;branl&#233;e. Ils retir&#232;rent insolemment les concessions d&#233;j&#224; annonc&#233;es. La d&#233;couverte de nouveaux terrains aurif&#232;res amena une immense &#233;migration et creusa un vide irr&#233;parable dans les rangs du prol&#233;tariat de la Grande-Bretagne. D'autres, parmi ses membres les plus actifs jusque-l&#224;, furent s&#233;duits par l'app&#226;t temporaire d'un travail plus abondant et de salaires plus &#233;lev&#233;s et devinrent ainsi des &#171; briseurs de gr&#232;ve politiques &#187;. En vain essaya-t-on d'entretenir ou de r&#233;former le mouvement chartiste, tous les efforts &#233;chou&#232;rent compl&#232;tement. Dans la presse, les organes de la classe ouvri&#232;re moururent l'un apr&#232;s l'autre de l'apathie des masses et, en fait, jamais l'ouvrier anglais n'avait paru accepter si enti&#232;rement sa nullit&#233; politique. Si autrefois il n'y avait pas eu solidarit&#233; d'action entre la classe ouvri&#232;re de la Grande-Bretagne et celle du continent, maintenant il y a, en tout cas, entre elles, solidarit&#233; de d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cette p&#233;riode &#233;coul&#233;e depuis les r&#233;volutions de 1848 a eu aussi ses compensations. Nous n'indiquerons ici que deux faits tr&#232;s importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une lutte de trente ann&#233;es, soutenue avec la plus admirable pers&#233;v&#233;rance, la classe ouvri&#232;re anglaise, profitant d'une brouille momentan&#233;e entre les ma&#238;tres de la terre et les ma&#238;tres de l'argent, r&#233;ussit &#224; enlever le bill de dix heures. Les immenses bienfaits physiques, moraux et intellectuels qui en r&#233;sult&#232;rent pour les ouvriers des manufactures ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s dans les rapports bisannuels des inspecteurs des fabriques et, de tous c&#244;t&#233;s, on se pla&#238;t maintenant &#224; les reconna&#238;tre. La plupart des gouvernements continentaux furent oblig&#233;s d'accepter la loi anglaise dans les manufactures, sous une forme plus ou moins modifi&#233;e, et le Parlement anglais est lui-m&#234;me chaque ann&#233;e forc&#233; d'&#233;tendre et d'&#233;largir le cercle de son action. Mais &#224; c&#244;t&#233; de son utilit&#233; pratique, il y a dans la loi certains autres caract&#232;res bien faits pour en rehausser le merveilleux succ&#232;s. Par la bouche de ses savants les plus connus, tels que le docteur Ure, le professeur Senior et autres philosophes de cette trempe, la classe moyenne avait pr&#233;dit et allait r&#233;p&#233;tant que toute intervention de la loi pour limiter les heures de travail devait sonner le glas de l'industrie anglaise qui, semblable au vampire, ne pouvait vivre que de sang, et du sang des enfants, par-dessus le march&#233;. Jadis, le meurtre d'un enfant &#233;tait un rite myst&#233;rieux de la religion de Moloch, mais on ne le pratiquait qu'en des occasions tr&#232;s solennelles, une fois par an peut-&#234;tre, et encore Moloch n'avait-il pas de penchant exclusif pour les enfants du pauvre. Ce qui dans cette question de la limitation l&#233;gale des heures de travail, donnait au conflit un v&#233;ritable caract&#232;re d'acharnement et de fureur, c'est que, sans parler de l'avarice en &#233;moi, il s'agissait l&#224; de la grande querelle entre le jeu aveugle de l'offre et de la demande, qui est toute l'&#233;conomie politique de la classe bourgeoise, et la production sociale contr&#244;l&#233;e et r&#233;gie par la pr&#233;voyance sociale, qui constitue l'&#233;conomie politique de la classe ouvri&#232;re. Le bill des dix heures ne fut donc pas seulement un important succ&#232;s pratique ; ce fut aussi le triomphe d'un principe ; pour la premi&#232;re fois, au grand jour, l'&#233;conomie politique de la bourgeoisie avait &#233;t&#233; battue par l'&#233;conomie politique de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;conomie politique du travail de remporter bient&#244;t un triomphe plus complet encore sur l'&#233;conomie politique de la propri&#233;t&#233;. Nous voulons parler du mouvement coop&#233;ratif et surtout des manufactures coop&#233;ratives cr&#233;&#233;es par l'initiative isol&#233;e de quelques &#171; bras &#187; [3] entreprenants. La valeur de ces grandes exp&#233;riences sociales ne saurait &#234;tre surfaite. Elles ont montr&#233; par des faits, non plus par de simples arguments, que la production sur une grande &#233;chelle et au niveau des exigences de la science moderne pouvait se passer d'une classe de patrons employant une classe de salari&#233;s ; elles ont montr&#233; qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire pour le succ&#232;s de la production que l'instrument de travail f&#251;t monopolis&#233; et serv&#238;t d'instrument de domination et d'extorsion contre le travailleur lui-m&#234;me ; elles ont montr&#233; que comme le travail esclave, comme le travail serf, le travail salari&#233; n'&#233;tait qu'une forme transitoire et inf&#233;rieure, destin&#233;e &#224; dispara&#238;tre devant le travail associ&#233; ex&#233;cut&#233; avec entrain, dans la joie et le bon vouloir. En Angleterre, c'est Robert Owen qui jeta les germes du syst&#232;me coop&#233;ratif ; les entreprises des ouvriers, tent&#233;es sur le continent, ne furent en fait que la r&#233;alisation pratique des th&#233;ories non d&#233;couvertes, mais hautement proclam&#233;es en 1848.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'exp&#233;rience de cette p&#233;riode (1848-1864) a prouv&#233; jusqu'&#224; l'&#233;vidence que, si excellent qu'il f&#251;t en principe, si utile qu'il se montr&#226;t dans l'application, le travail coop&#233;ratif, limit&#233; &#233;troitement aux efforts accidentels et particuliers des ouvriers, ne pourra jamais arr&#234;ter le d&#233;veloppement, en proportion g&#233;om&#233;trique, du monopole, ni affranchir les masses, ni m&#234;me all&#233;ger un tant soit peu le fardeau de leurs mis&#232;res. C'est peut-&#234;tre pr&#233;cis&#233;ment le motif qui a d&#233;cid&#233; de grands seigneurs bien intentionn&#233;s, des h&#226;bleurs-philanthropes bourgeois et m&#234;me des &#233;conomistes pointus &#224; accabler tout &#224; coup d'&#233;loges affadissants ce syst&#232;me coop&#233;ratif qu'ils avaient en vain essay&#233; d'&#233;craser, lorsqu'il venait &#224; peine d'&#233;clore, ce syst&#232;me coop&#233;ratif qu'ils repr&#233;sentaient alors d'un ton railleur comme une utopie de r&#234;veur, ou qu'ils anath&#233;matisaient comme un sacril&#232;ge de socialiste. Pour affranchir les masses travailleuses, la coop&#233;ration doit atteindre un d&#233;veloppement national et, par cons&#233;quent, &#234;tre soutenue et propag&#233;e par des moyens nationaux. Mais les seigneurs de la terre et les seigneurs du capital se serviront toujours de leurs privil&#232;ges politiques pour d&#233;fendre et perp&#233;tuer leurs privil&#232;ges &#233;conomiques. Bien loin de pousser &#224; l'&#233;mancipation du travail, ils continueront &#224; y opposer le plus d'obstacles possible. Qu'on se rappelle avec quel d&#233;dain lord Palmerston rembarra les d&#233;fenseurs du bill sur les droits des tenanciers irlandais pr&#233;sent&#233; pendant la derni&#232;re session. &#171; La Chambre des Communes, s'&#233;cria-t-il, est une chambre de propri&#233;taires fonciers ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir politique est donc devenue le premier devoir de la classe ouvri&#232;re. Elle semble l'avoir compris, car en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en France, on a vu rena&#238;tre en m&#234;me temps ces aspirations communes, et en m&#234;me temps aussi des efforts ont &#233;t&#233; faits pour r&#233;organiser politiquement le parti des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un &#233;l&#233;ment de succ&#232;s que ce parti poss&#232;de : il a le nombre ; mais le nombre ne p&#232;se dans la balance que s'il est uni par l'association et guid&#233; par le savoir. L'exp&#233;rience du pass&#233; nous a appris comment l'oubli de ces liens fraternels qui doivent exister entre les travailleurs des diff&#233;rents pays et les exciter &#224; se soutenir les uns les autres dans toutes leurs luttes pour l'affranchissement, sera puni par la d&#233;faite commune de leurs entreprises divis&#233;es. C'est pouss&#233;s par cette pens&#233;e que les travailleurs de diff&#233;rents pays, r&#233;unis en un meeting public &#224; Saint-Martin's Hall le 28 septembre 1864, ont r&#233;solu de fonder l'Association Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre conviction encore a inspir&#233; ce meeting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;mancipation des classes travailleuses requiert leur union et leur concours fraternels, comment pourraient-elles accomplir cette grande mission si une politique &#233;trang&#232;re, qui poursuit des desseins criminels, met en jeu les pr&#233;jug&#233;s nationaux et fait couler dans des guerres de piraterie le sang et dilapide le bien du peuple ? Ce n'est pas la prudence des classes gouvernantes de l'Angleterre, mais bien la r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que de la classe ouvri&#232;re &#224; leur criminelle folie qui a &#233;pargn&#233; &#224; l'Europe occidentale l'infamie d'une croisade pour le maintien et le d&#233;veloppement de l'esclavage outre Atlantique. L'approbation sans pudeur, la sympathie d&#233;risoire ou l'indiff&#233;rence stupide avec lesquelles les classes sup&#233;rieures d'Europe ont vu la Russie saisir comme une proie les montagnes-forteresses du Caucase et assassiner l'h&#233;ro&#239;que Pologne, les empi&#233;tements immenses et sans entrave de cette puissance barbare dont la t&#234;te est &#224; Saint-P&#233;tersbourg et dont on retrouve la main dans tous les cabinets d'Europe, ont appris aux travailleurs qu'il leur fallait se mettre au courant des myst&#232;res de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir, et enfin lorsqu'ils seraient impuissants &#224; rien emp&#234;cher, s'entendre pour une protestation commune et revendiquer les simples lois de la morale et de la justice qui devraient gouverner les rapports entre individus, comme lois supr&#234;mes dans le commerce des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combattre pour une politique &#233;trang&#232;re de cette nature, c'est prendre part &#224; la lutte g&#233;n&#233;rale pour l'affranchissement des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Garrotteurs (garroters), bandes de brigands, dont les assauts dans les rues de Londres devinrent si nombreux au d&#233;but des ann&#233;es 60 qu'ils provoqu&#232;rent un d&#233;bat parlementaire. (Note de la r&#233;daction)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il est &#224; peine besoin de rappeler au lecteur que le carbone et l'azote, parall&#232;lement a l'eau et &#224; certaines substances inorganiques, constituent une mati&#232;re brute pour l'alimentation humaine. Or, pour alimenter l'organisme de l'homme, ces simples &#233;l&#233;ments chimiques doivent &#234;tre fournis sous forme de mati&#232;res v&#233;g&#233;tales ou animales. Ainsi, la pomme de terre contient surtout le carbone ; le froment, lui, contient le carbone et l'azote dans une proportion convenable. (Note de Marx)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Hands, mot-&#224;-mot &#171; mains &#187;, signifie &#233;galement ouvriers. (Note de la r&#233;daction)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/09/18640928.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/09/18640928.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bsstock.files.wordpress.com/2007/08/dunois-preface-ait.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bsstock.files.wordpress.com/2007/08/dunois-preface-ait.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La Quatri&#232;me Internationale en danger !</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8773</link>
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		<dc:date>2025-10-30T23:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret &lt;br class='autobr' /&gt;
La Quatri&#232;me Internationale en danger ! &lt;br class='autobr' /&gt;
(27 juin 1947) &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Pl&#233;num tenu fin mars 1947, la CEI adopta un r&#232;glement relatif &#224; la tenue du Congr&#232;s mondial de la Quatri&#232;me Internationale, dont le caract&#232;re bureaucratique, inspir&#233; des vieilles man&#339;uvres staliniennes, repr&#233;sente un sympt&#244;me des plus alarmants. La CEI a en effet divis&#233; le monde en trois cat&#233;gories : les pays de grande, moyenne et l&#233;g&#232;re importance. Quel est le crit&#232;re qui a inspir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Natalia Sedova, G. Munis &amp; Benjamin P&#233;ret&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Quatri&#232;me Internationale en danger !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(27 juin 1947)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pl&#233;num tenu fin mars 1947, la CEI adopta un r&#232;glement relatif &#224; la tenue du Congr&#232;s mondial de la Quatri&#232;me Internationale, dont le caract&#232;re bureaucratique, inspir&#233; des vieilles man&#339;uvres staliniennes, repr&#233;sente un sympt&#244;me des plus alarmants. La CEI a en effet divis&#233; le monde en trois cat&#233;gories : les pays de grande, moyenne et l&#233;g&#232;re importance. Quel est le crit&#232;re qui a inspir&#233; une division aussi outrageusement arbitraire ? Personne n'a daign&#233; le partager avec qui que ce soit dans l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On imagine que la CEI va nous dire qu'elle s'est inspir&#233;e de l'exemple du premier congr&#232;s de la d&#233;funte Internationale Communiste. Mais sommes-nous des participants &#224; la m&#234;me situation qu'en 1919, ou une v&#233;ritable imitation du premier congr&#232;s de l'IC ? Au moment du premier congr&#232;s, la r&#233;volution russe venait de triompher, le parti bolchevik comptait des centaines de milliers de membres, alors que dans le reste du monde les partis communistes n'&#233;taient encore que de petits groupes, pour la plupart comparables aux n&#244;tres aujourd'hui ; &#224; tel point que les bolcheviks ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; diminuer le poids de leur parti dans la jeune internationale afin d'&#233;viter, par le libre jeu d'une apparente d&#233;mocratie, que celle-ci ne devienne automatiquement majoritaire contre le reste du monde et lui impose sa volont&#233; incontest&#233;e. . Il s'agissait de permettre au monde entier de s'exprimer m&#234;me contre le parti russe, c'est-&#224;-dire d'assurer le fonctionnement d'une d&#233;mocratie la plus efficace possible dans l'Internationale. Est-ce le m&#234;me objectif que recherche aujourd'hui la CEI ? Nous affirmons cat&#233;goriquement que non, et nous allons d&#233;montrer que l'EI et la CEI, avec leur division du monde en trois cat&#233;gories, ont en t&#234;te des objectifs compl&#232;tement oppos&#233;s, alors que l'IC visait l'affaiblissement des partis forts et le renforcement des partis forts. des partis faibles afin d'assurer un maximum de d&#233;mocratie, notre CEI vise le renforcement des partis forts et l'affaiblissement des partis faibles afin de se maintenir au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crit&#232;re des trois grands&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Posons-nous encore une fois la question : quel crit&#232;re a &#233;t&#233; utilis&#233; pour r&#233;aliser cette division du monde ? L'importance num&#233;rique des sections ? Non &#233;videmment, puisque l'Allemagne, o&#249; la section vient d'&#234;tre reconstitu&#233;e, figure dans la premi&#232;re cat&#233;gorie, bien qu'elle soit n&#233;cessairement tr&#232;s faible en raison de sa formation r&#233;cente, tandis que l'Italie, dont la section compte presque autant d'adh&#233;rents que la France, est plac&#233;e dans la deuxi&#232;me. On peut en dire autant de la section russe &#8211; qui doit &#233;videmment &#234;tre insignifiante &#8211; lorsqu'on la compare &#224; n'importe quelle autre section dans des pays &#171; d'importance mod&#233;r&#233;e &#187;. Ce n'est donc pas un crit&#232;re num&#233;rique qui a pr&#233;sid&#233; aux d&#233;coupages d'ailleurs, nous verrons plus loin que la prise en compte du nombre a &#233;t&#233; prise en compte et non pour des raisons de d&#233;mocratie. D'ailleurs, m&#234;me s'il l'&#233;tait, ce crit&#232;re serait fallacieux. Supposons que la section bolivienne compte 200 membres et que le pays compte 3 000 000 d'habitants, admettons aussi que la section am&#233;ricaine en pr&#233;tendant 1 600 membres dans un pays de 150 000 000 d'habitants n'exag&#232;re pas et que ce chiffre est l'expression exacte de la v&#233;rit&#233;. . Il est clair que les 200 camarades boliviens ont beaucoup plus d'importance dans la vie politique de leur pays arri&#233;r&#233; que les 1 600 camarades am&#233;ricains dans la leur. Pour que le rapport de forces soit apparemment le m&#234;me, il faudrait que la section am&#233;ricaine compte 10 000 membres. De plus, ce rapport de forces ne serait qu'apparemment &#233;gal, puisque 200 camarades en Bolivie, pays arri&#233;r&#233; , jouent un r&#244;le infiniment plus grand &#8211; ils l'ont d&#233;montr&#233; &#8211; que ne pourraient jouer 10 000 membres de la section am&#233;ricaine aux &#201;tats-Unis, un pays avanc&#233; et principal pays imp&#233;rialiste du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus l'importance r&#233;volutionnaire des pays consid&#233;r&#233;s sur l'ar&#232;ne de la lutte des classes mondiale qui a motiv&#233; cette division, puisqu'il semble que ni les &#201;tats-Unis ni l'Angleterre ne seront appel&#233;s &#224; jouer un r&#244;le d&#233;cisif dans la vague r&#233;volutionnaire qui s'annonce. manifeste, tandis que l'Espagne, l'Italie, l'Autriche, la Belgique, la Hollande, la Gr&#232;ce, l'Indochine, l'Afrique du Nord, l'Indon&#233;sie, la Pologne, la Hongrie, etc., toutes exclues de la premi&#232;re cat&#233;gorie, sont &#233;videmment destin&#233;es &#224; jouer un r&#244;le r&#233;volutionnaire important dans l'imm&#233;diat. avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces raisons mises &#224; part, ne reste que le crit&#232;re des Trois Grands, qui a sans doute inspir&#233; la division du monde. C'est en fait seule l'importance sur la sc&#232;ne capitaliste mondiale qui a guid&#233; la CEI dans son choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; comme mesure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais se contenter de cette d&#233;claration serait ne consid&#233;rer qu'un seul c&#244;t&#233; de la question, ses aspects ext&#233;rieurs ; en outre, l'adoption d'un tel crit&#232;re t&#233;moigne d'une soumission inconsciente &#224; l'influence imp&#233;rialiste et &#224; la contre-r&#233;volution russe, qu'il faut sans cesse combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que les questions qui seront discut&#233;es au Congr&#232;s mondial, que la CEI ou l'EI le veuillent ou non, concernent la politique de nos sections pendant la guerre imp&#233;rialiste et, par rapport aux mouvements de r&#233;sistance nationalistes, le probl&#232;me de la Russie. contre-r&#233;volution et stalinisme mondial, la tactique de la Quatri&#232;me Internationale &#224; l'&#233;gard du stalinisme et du r&#233;formisme (front unique, gouvernement SP-CP-CGT) et notre programme de transition d'avant-guerre, mais, comme par hasard , bon nombre de sections dans les &#171; pays de grande importance &#187;, les uns soumis &#224; une direction bureaucratique, les autres mal inform&#233;s, voire pas inform&#233;s du tout, des probl&#232;mes &#224; discuter, se sont jusqu'&#224; pr&#233;sent prononc&#233;s, &#224; travers leurs majorit&#233;s, en faveur de la position conservatrice du SI et de la CEI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution de la CEI d&#233;cide aux parties 5 et 6 du paragraphe 3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donner trois d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; chaque organisation de un &#224; 150 membres s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie A, deux d&#233;l&#233;gu&#233;s s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie B, un d&#233;l&#233;gu&#233; s'ils appartiennent &#224; la cat&#233;gorie C, 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour 150 &#224; 500 membres, et avec un minimum approximatif de 300 membres &#8211; un d&#233;l&#233;gu&#233; suppl&#233;mentaire. Pour 500 &#224; 1 000 membres, et avec un minimum approximatif de 750 membres &#8211; un autre d&#233;l&#233;gu&#233; &#8211; et ainsi de suite successivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces tableaux, il ressort imm&#233;diatement que sept pays (de premi&#232;re cat&#233;gorie) recevront 28 d&#233;l&#233;gu&#233;s, tandis que 26 pays (de deuxi&#232;me et troisi&#232;me cat&#233;gorie) recevront 45 d&#233;l&#233;gu&#233;s. Autrement dit, sept pays de &#171; premi&#232;re importance &#187; obtiendront entre 35 et 38 % des voix au Congr&#232;s. Il ne leur manquera alors que neuf d&#233;l&#233;gu&#233;s pour assurer le contr&#244;le du Congr&#232;s. Bien entendu, notre tableau n&#176;1 indique six d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires. M&#234;me en supposant que notre estimation de la repr&#233;sentation minoritaire des pays de &#171; premi&#232;re importance &#187; ne soit pas exag&#233;r&#233;e, les six d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires que nous notons seront facilement compens&#233;s par le soutien des sections des pays de &#171; moyenne &#187; et de &#171; faible importance &#187;. &#187; D'ailleurs, les tableaux n&#176;2 et n&#176;3 le montrent clairement. On voit donc que la division adopt&#233;e par la CEI lui assure in&#233;vitablement et bureaucratiquement la majorit&#233; au Congr&#232;s mondial, majorit&#233; sur laquelle elle s'assi&#233;ra fermement tout en &#233;vitant de discuter des probl&#232;mes majeurs qui se posent &#224; notre Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer &#233;galement que dans le deuxi&#232;me tableau les 13 sections &#171; d'importance moyenne &#187; incluent l'Espagne, dont l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire &#8211; m&#234;me si elle ne comptait pas plus de membres que la section russe &#8211; est particuli&#232;rement pr&#233;cieuse pour notre &#233;poque car elle marque un tournant d&#233;cisif. dans l'histoire de la contre-r&#233;volution russe et du stalinisme, tandis que l'exp&#233;rience russe, avec toute sa valeur &#233;norme, se r&#233;f&#232;re pr&#233;cis&#233;ment &#224; une p&#233;riode que la r&#233;volution espagnole a cl&#244;tur&#233;e. De m&#234;me, dans cette liste aussi outrageusement arbitraire que la premi&#232;re, on trouve l'Italie, qui offre d'immenses possibilit&#233;s r&#233;volutionnaires, si une politique claire est suivie &#224; l'&#233;gard des organisations r&#233;volutionnaires antistaliniennes (bordighistes, anarchistes, socialistes de gauche), la Gr&#232;ce, dont l'admirable combativit&#233; r&#233;volutionnaire devrait donner mati&#232;re &#224; r&#233;flexion &#224; la CEI, la Pologne et les autres pays occup&#233;s par la Russie, que la CEI oublie totalement et qui offrent d'immenses possibilit&#233;s d'action contre la r&#233;action stalinienne &#224; condition qu'on n'exige pas de d&#233;fendre les &#171; d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;s &#187;. &#201;tat ouvrier &#187; qui les opprime. Vient enfin l'Indochine, o&#249; le soutien &#224; notre section a &#233;t&#233; oubli&#233; depuis si longtemps et o&#249; m&#234;me demander qui a assassin&#233; Thu-Thau a &#233;t&#233; oubli&#233; pour soutenir, sans critique s&#233;rieuse, le gouvernement stalinien de Ho-Chi-Minh, salutations. dont ont &#233;t&#233; si chaleureusement salu&#233;s par The Militant et La V&#233;rit&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu que la r&#233;solution de la CEI cr&#233;e une majorit&#233; importante en faveur de la direction actuelle que le vote des pays de &#171; peu d'importance &#187; ne pourrait pas modifier m&#234;me s'ils pouvaient envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s que la CEI leur accorde. et s'ils votaient tous contre la direction actuelle , cela reste bas&#233; sur l'hypoth&#232;se la plus favorable, car il est impossible aux sections pauvres latino-am&#233;ricaines d'envoyer les 10 ou 12 d&#233;l&#233;gu&#233;s que leur donne la CEI. Par ailleurs, l'interdiction du vote par procuration prive en r&#233;alit&#233; un certain nombre de sections de pays d'importance &#171; moyenne &#187; ou &#171; faible &#187; de la possibilit&#233; de se faire entendre et de voter au Congr&#232;s, ce qui n'emp&#234;che pas la CEI d'exiger au pr&#233;alable l'acceptation des votes par procuration. des d&#233;cisions qui seront prises par le Congr&#232;s mondial et de d&#233;sirer interdire toute discussion apr&#232;s le Congr&#232;s. La majorit&#233; ainsi astucieusement &#233;labor&#233;e par l'EI et la CEI s'en trouve renforc&#233;e. Mieux encore, avec ce syst&#232;me, aucune opposition ne peut esp&#233;rer convaincre le Congr&#232;s. Que peut attendre l'Internationale, &#224; part une d&#233;faite id&#233;ologique et un &#233;tranglement organique, d'une direction qui a pris de telles d&#233;cisions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, selon le syst&#232;me que la CEI entend imposer, m&#234;me si la m&#233;thode &#233;tait rectifi&#233;e en donnant la m&#234;me base de repr&#233;sentation &#224; toutes les sections afin de s'accorder avec les comt&#233;s de &#171; premi&#232;re importance &#187;, on constate (Tableaux 2b et 3b) qu'une majorit&#233; est assur&#233;e pour la direction internationale actuelle par le fait que les sections d'Europe occidentale, d'Am&#233;rique du Nord et du Canada seront presque les seules &#224; pouvoir envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui leur seront accord&#233;s. Comment peut-on r&#233;ellement supposer que le Mexique, la Pologne, le P&#233;rou, l'Indochine et d'autres pays trouveront les moyens n&#233;cessaires pour envoyer deux ou trois d&#233;l&#233;gu&#233;s ? Nous avons du mal &#224; croire que cela repr&#233;sente une ignorance de la part des dirigeants internationaux ; au contraire, nous pensons qu'il s'agit d'une question de calcul d&#233;lib&#233;r&#233;, car elle n'aurait pas pu imaginer que l'Internationale accepterait une division aussi arbitraire sans protester. Mais les tendances qui se sont empar&#233;es de la direction gr&#226;ce aux conditions qui ont imm&#233;diatement suivi la guerre ont calcul&#233; que les sections des pays d'importance &#171; mod&#233;r&#233;e &#187; ou &#171; l&#233;g&#232;re &#187; exigeraient en principe d'&#234;tre mises sur un pied d'&#233;galit&#233; avec les pays class&#233;s comme ceux de &#171; premi&#232;re importance &#187;. Dans la plupart des cas, ils ne pourraient pas envoyer les d&#233;l&#233;gu&#233;s qui leur ont &#233;t&#233; accord&#233;s m&#234;me si la CEI avait tenu compte de leurs objections &#8211; et justice aurait probablement &#233;t&#233; rendue afin de pr&#233;server la fa&#231;ade d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tableaux pr&#233;c&#233;dents montrent que cinq sections seulement comptent un effectif &#233;gal ou sup&#233;rieur &#224; 500 personnes ; tandis que sept comptent entre 100 et 400 membres et 21 ne comptent que 50 membres ou moins. Si l'on veut r&#233;ellement suivre le premier congr&#232;s de l'IC, qui a diminu&#233; le poids des sections fortes et augment&#233; le poids des sections faibles, un seul mode de repr&#233;sentation serait : v&#233;ritablement d&#233;mocratique : un d&#233;l&#233;gu&#233; pour 1 &#224; 25 membres et un autre d&#233;l&#233;gu&#233; pour 25 membres suppl&#233;mentaires ou fraction de 25, jusqu'&#224; un maximum de quatre d&#233;l&#233;gu&#233;s. A ce mode de repr&#233;sentation, il faut ajouter encore une autre r&#233;gulation d&#233;mocratique majeure : le transfert des voix majoritaires et minoritaires d'une section ou d'une autre ou vers des individus ayant une position commune afin que les minorit&#233;s puissent participer au Congr&#232;s mondial. Pour &#233;viter la cr&#233;ation de minorit&#233;s artificielles qui pourraient menacer d'engorger le Congr&#232;s, il est donc important d'exiger que les minorit&#233;s repr&#233;sentent au moins 20 % des membres de leur section pour voter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que notre proposition assure une repr&#233;sentation plus d&#233;mocratique au Congr&#232;s, les faiblesses &#233;conomiques des sections &#233;loign&#233;es et pauvres &#233;tant compens&#233;es par une repr&#233;sentation plus large des petites sections en g&#233;n&#233;ral et surtout des sections qui ne pourront pas envoyer leurs les d&#233;l&#233;gu&#233;s au Congr&#232;s votent beaucoup moins, tandis que la CEI agit &#224; l'inverse et les discrimine syst&#233;matiquement afin de favoriser ses regroupements. Cette r&#233;solution de la CEI constitue un danger imm&#233;diat et mortel pour l'ensemble de l'Internationale. Elle doit &#234;tre r&#233;voqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons, comme on l'a vu, &#224; une tentative de prise bureaucratique de la direction internationale par des &#233;l&#233;ments int&#233;ress&#233;s &#224; &#233;touffer un d&#233;bat loyal qui provoquerait leur renversement. Il ne peut s'agir d'autre chose. Rappelons dans quelles conditions la pr&#233;-conf&#233;rence d'avril 1946 fut convoqu&#233;e et les motifs de sa convocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EI et la CEI, d&#233;sign&#233;s lors de la conf&#233;rence d'urgence de 1940, n'avaient qu'une existence politique v&#233;g&#233;tative et men&#232;rent une activit&#233; organique quasi inexistante pendant toute la guerre, le fonctionnement de ces instances ayant &#233;t&#233; paralys&#233; par les luttes personnelles et politiques en 1940. l'ambiance de la section am&#233;ricaine. D&#232;s 1944, le Groupe espagnol au Mexique exigeait la convocation d'un congr&#232;s mondial. Sa demande ne trouva pas un seul &#233;cho. L'ann&#233;e suivante, la CEI a &#233;t&#233; consult&#233;e sur la possibilit&#233; de convoquer une pr&#233;-conf&#233;rence aux objectifs limit&#233;s. Cette proposition de pr&#233;-conf&#233;rence a &#233;t&#233; accept&#233;e, car elle &#233;tait la seule mani&#232;re possible de r&#233;soudre la situation d'un SI incapable, en raison de ses divisions internes, d'organiser un v&#233;ritable d&#233;bat et de pr&#233;parer un v&#233;ritable Congr&#232;s mondial. Il fut alors explicitement entendu que cette rencontre aurait pour t&#226;che de s&#233;lectionner de nouvelles instances dirigeantes dont la mission principale serait d'animer et d'&#233;largir le d&#233;bat international en vue du Congr&#232;s mondial. Puis Silence total. Apr&#232;s cela, personne au sein de l'Internationale n'a &#233;t&#233; inform&#233; du lieu et de la date de la r&#233;union de la pr&#233;-conf&#233;rence projet&#233;e, aucune discussion ni m&#234;me &#233;change de vues ne l'a pr&#233;c&#233;d&#233;, l'ordre du jour &#233;tait inconnu de la quasi-totalit&#233; de l'Internationale. Les membres de la CEI &#233;taient mal inform&#233;s alors que la police fran&#231;aise &#233;tait parfaitement inform&#233;e. Tout a &#233;t&#233; organis&#233; dans l'obscurit&#233; par des dirigeants soucieux d'assurer l'h&#233;g&#233;monie dans ce rassemblement. La composition de la pr&#233;-conf&#233;rence &#233;tait en outre la moins d&#233;mocratique possible, ce qui &#233;tait excusable compte tenu des conditions dans lesquelles elle a &#233;t&#233; convoqu&#233;e. Mais son caract&#232;re non d&#233;mocratique, pour ne pas dire antid&#233;mocratique, aurait d&#251; inciter les organes dirigeants qu'il avait &#233;lus &#224; compenser leur origine par des mesures authentiquement d&#233;mocratiques. C'est pr&#233;cis&#233;ment le contraire auquel nous avons &#233;t&#233; t&#233;moins. A peine &#233;tait-elle r&#233;unie que cette pr&#233;-conf&#233;rence se proclamait conf&#233;rence sous pr&#233;texte de jeter de la poussi&#232;re aux yeux du monde ext&#233;rieur et publiait un manifeste pr&#233;tendant introduire le d&#233;bat international qu'elle &#233;tait charg&#233;e d'ouvrir. Alors l'EI et la CEI ont commenc&#233; &#224; menacer d'expulsion et &#224; l&#233;gif&#233;rer comme s'ils &#233;taient le produit d'une v&#233;ritable conf&#233;rence &#224; laquelle l'Internationale aurait d&#233;l&#233;gu&#233; les pleins pouvoirs ; en un mot, ils ont commenc&#233; &#224; pr&#233;parer la future majorit&#233; du Congr&#232;s mondial, oubliant totalement leur mission principale : l'organisation loyale d'une discussion approfondie de tous les probl&#232;mes pos&#233;s &#224; notre Internationale et au mouvement ouvrier. Ils ont m&#234;me tellement oubli&#233; leur t&#226;che que dans tous les bulletins de discussion publi&#233;s sous leur direction, plus d'un an apr&#232;s la pr&#233;-conf&#233;rence, de tous les principaux probl&#232;mes auxquels notre mouvement est confront&#233;, un seul, le probl&#232;me russe, a &#233;t&#233; largement trait&#233;. , et cela ne refl&#232;te toujours que l'opinion officielle. A notre connaissance,seuls des extraits d'une th&#232;se de la minorit&#233; antid&#233;fensiste ont &#233;t&#233; publi&#233;s. Peut-on parler d'un d&#233;bat approfondi et loyal en vue d'un congr&#232;s mondial apr&#232;s sept ann&#233;es de guerre qui a produit des changements d'une importance majeure ? Non, la discussion dans son ensemble reste &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tranglement des minorit&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons que l'EI et la CEI cherchent &#224; pr&#233;parer leur majorit&#233; au Congr&#232;s mondial. Outre les calculs que nous avons d&#233;j&#224; d&#233;masqu&#233;s, ce qui montre clairement c'est le soin minutieux qu'ils ont apport&#233; &#224; assurer une limitation maximale de la repr&#233;sentation des minorit&#233;s, tant en nombre qu'en puissance. L'avant-derni&#232;re partie du paragraphe trois de la r&#233;solution de la CEI dit : Les minorit&#233;s seront repr&#233;sent&#233;es proportionnellement &#171; dans les cas o&#249; le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s le permet &#187;. Dans les autres cas, toutes les minorit&#233;s constituant au moins environ un quart de leurs sections seront repr&#233;sent&#233;es par un vote consultatif. Tout d'abord, la repr&#233;sentation proportionnelle des minorit&#233;s, si elle est plac&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de la repr&#233;sentation arbitraire des sections critiqu&#233;e plus haut, n'est qu'un pi&#232;ge. Quelles minorit&#233;s pourraient &#234;tre repr&#233;sent&#233;es proportionnellement ? Evidemment celles des &#171; pays de premi&#232;re importance &#187; et pourtant pas tous, puisque celle de la section am&#233;ricaine n'aurait que la satisfaction de d&#233;voiler ses th&#232;ses. La r&#233;solution sugg&#232;re clairement : &#171; Dans les cas o&#249; le nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s le permet &#187;. Car ce ne sont &#233;videmment pas les sections p&#233;ruvienne, polonaise ou autrichienne, par exemple, qui disposeront d'un nombre suffisant de d&#233;l&#233;gu&#233;s pour que l'un d'entre eux puisse repr&#233;senter la minorit&#233;. Ces sections des pays &#171; de premi&#232;re importance &#187;, outre le privil&#232;ge de l'importance, se voient accorder un privil&#232;ge suppl&#233;mentaire par la CEI, le luxe, pour ainsi dire, d'une ou de plusieurs minorit&#233;s. Parmi ces sections figure pr&#233;cis&#233;ment celle du pays le plus imp&#233;rialiste du monde et le PCI de France, o&#249; la majorit&#233; Craipeau et la minorit&#233; franche n'ont pas de divergences politiques s&#233;rieuses. De plus, pourquoi faut-il un quart et non un tiers ou un cinqui&#232;me des membres et pourquoi n'y a-t-il qu'un vote consultatif ? La r&#233;solution ne daigne pas nous en informer. Ce que cela signifie, nous le savons peut-&#234;tre d&#233;j&#224;. La raison en est sans doute qu'il n'existe pas &#224; l'heure actuelle, gr&#226;ce aux bons offices de l'EI, une seule section o&#249; la minorit&#233; repr&#233;sente un quart des adh&#233;rents, &#224; l'exception de la minorit&#233; fran&#231;aise dirig&#233;e par Frank, qui est sous la tutelle de le leadership mondial actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la direction internationale actuelle va &#234;tre oblig&#233;e de permettre une petite discussion, afin de sauver les apparences. Les minorit&#233;s auront plus ou moins l'illusion d'une discussion, mais d'ici la fin de l'ann&#233;e elles n'auront pas le temps de se d&#233;velopper et de se regrouper, puisque l'EI et la CEI ont &#233;lud&#233; toute discussion sur les grandes questions ; ces minorit&#233;s n'auront donc pas le temps de conqu&#233;rir un quart des membres de leurs sections. D'ailleurs, m&#234;me si elles atteignaient cette proportion, la plupart des sections non europ&#233;ennes seraient incapables, comme nous l'avons d&#233;j&#224; dit, d'envoyer tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s majoritaires auxquels elles ont droit, sans parler des d&#233;l&#233;gu&#233;s minoritaires. Ainsi, l'&#233;touffement du d&#233;bat organis&#233; depuis plus d'un an par la direction internationale, avait pour but d'emp&#234;cher la mont&#233;e d'une opposition dans notre mouvement. La revendication du quart donne d&#233;sormais le coup de gr&#226;ce aux minorit&#233;s en les emp&#234;chant d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;es. au Congr&#232;s mondial. Et au cas o&#249; cela ne suffirait pas, vient maintenant l'interdiction des votes par procuration et, par cons&#233;quent, l'emp&#234;chement de la croissance de nouvelles oppositions form&#233;es, qui sont emp&#234;ch&#233;es de se faire entendre et de voter. L'EI d&#233;clare depuis longtemps que le prochain Congr&#232;s mondial doit &#234;tre avant tout un congr&#232;s de sections s&#233;rieuses de l'Internationale. Nous savons maintenant ce qu'il entend par l&#224; : les sections qui soutiennent ou acceptent son opportunisme, son conservatisme id&#233;ologique et son bureaucratisme organique. Enfin, pour couronner son travail, la CEI dans sa r&#233;solution refuse de convoquer l&#233;galement le Congr&#232;s sous pr&#233;texte que la convocation l&#233;gale est &#171; totalement irr&#233;alisable dans les conditions actuelles &#187; et &#171; emp&#234;cherait la pr&#233;sence au Congr&#232;s d'une s&#233;rie de sections et de camarades &#187;. &#187; Nous ne pouvons pas accepter cette affirmation ; en effet, qu'est-ce qui emp&#234;che la convocation d'un Congr&#232;s l&#233;gal qui tiendrait des s&#233;ances secr&#232;tes au cours desquelles les camarades ill&#233;gaux seraient entendus ? La peur de la r&#233;pression bourgeoise et stalinienne ? Mais &#224; combien de pays l'autorisation de tenir un Congr&#232;s l&#233;gal a-t-elle &#233;t&#233; demand&#233;e ? &#201;videmment, pas un seul. Il faut d'abord demander partout l'autorisation de tenir un congr&#232;s l&#233;gal avant de se r&#233;fugier dans des m&#233;thodes complotistes. Le secret, ajout&#233; aux m&#233;thodes restrictives d&#233;j&#224; critiqu&#233;es, permet aux dirigeants de se regrouper et de man&#339;uvrer et garantit qu'ils conserveront le leadership de l'Internationale. Nous vous affrontons &#8211; et, avec nous, l'Internationale tout enti&#232;re exigera le retrait de votre r&#233;solution, le d&#233;but d'une v&#233;ritable discussion sur les probl&#232;mes majeurs et la pr&#233;paration d'un congr&#232;s d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un v&#233;ritable congr&#232;s mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le Congr&#232;s mondial repr&#233;sente un progr&#232;s r&#233;el pour la Quatri&#232;me Internationale, il faut avant tout qu'il soit convoqu&#233; dans des conditions telles qu'aucun camarade n'ait la moindre raison de penser &#224; des man&#339;uvres de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le Congr&#232;s puisse adopter des r&#233;solutions n&#233;cessaires &#224; la r&#233;volution sociale, toutes les minorit&#233;s doivent &#234;tre repr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous demandons donc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que les sections soient repr&#233;sent&#233;es &#224; raison d'un d&#233;l&#233;gu&#233; pour 25 membres et de fractions suppl&#233;mentaires de 25 jusqu'&#224; un maximum de quatre d&#233;l&#233;gu&#233;s pour chaque section, les minorit&#233;s &#233;tant repr&#233;sent&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. Toutefois, seules les minorit&#233;s repr&#233;sentant au moins 20 % des membres de leur section auront le droit de vote. D'autres n'auront qu'un vote consultatif. C'est ainsi que sera suivi l'exemple d&#233;mocratique que nous a donn&#233; la Cl &#224; sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sections et minorit&#233;s auront le droit de transmettre leur vote &#224; des sections, minorit&#233;s ou camarades ext&#233;rieurs &#224; leur section.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les organisations proches de la Quatri&#232;me Internationale ayant des divergences sur tel ou tel point de programme seront invit&#233;es au Congr&#232;s avec les m&#234;mes droits que les sections officielles, &#224; condition de reconna&#238;tre les principes fondamentaux de l'Internationale, m&#234;me si la fusion avec les sections officielles a pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; avant l'ouverture du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ordre du jour comprendra :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; examen de la politique des principaux partis pendant la guerre imp&#233;rialiste et de leur position par rapport aux mouvements de r&#233;sistance nationaux pendant l'occupation nazie ;&lt;br class='autobr' /&gt; Caract&#232;re de la guerre entre la Chine et le Japon ;&lt;br class='autobr' /&gt; Bilan de la guerre civile espagnole ;&lt;br class='autobr' /&gt; Soutien ou abandon de la d&#233;fense inconditionnelle de la Russie et de la question du stalinisme mondial (gouvernement SP-CP-CGT, front unique avec le stalinisme, etc.) ;&lt;br class='autobr' /&gt; L'obsolescence ou l'opportunit&#233; du programme transitoire et les modalit&#233;s d'application des parties du programme qui restent valables ;&lt;br class='autobr' /&gt; Probl&#232;me de la tactique de construction des partis r&#233;volutionnaires ;&lt;br class='autobr' /&gt; Questions coloniales ;&lt;br class='autobr' /&gt; Nature de la p&#233;riode historique actuelle et perspectives r&#233;volutionnaires imm&#233;diates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet agenda n'est pas du tout exclusif. Seront discut&#233;es toutes les questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral que telle ou telle section ou groupe de camarades voudrait pr&#233;senter &#224; l'examen du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons l'ensemble de l'Internationale &#224; s'exprimer sur les propositions pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le Congr&#232;s mondial se r&#233;unit dans les conditions d&#233;cid&#233;es par la CEI, et m&#234;me dans de meilleures conditions, sans une discussion pr&#233;alable approfondie des probl&#232;mes auxquels notre mouvement est confront&#233; (voir notre lettre ouverte au PCI fran&#231;ais), le Congr&#232;s constituera un coup mortel pour le Quatri&#232;me Internationale. La situation exige l'intervention &#233;nergique des sections et des camarades au sein des sections. La CEI doit imm&#233;diatement retirer ses r&#233;solutions, sinon la Quatri&#232;me Internationale sera bureaucratiquement asphyxi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour la r&#233;vocation de la d&#233;cision de la CEI ou la d&#233;mission de la direction internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour une discussion gratuite &#224; l'International !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour un v&#233;ritable Congr&#232;s de l'Internationale organis&#233; sur des bases d&#233;mocratiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive la r&#233;volution socialiste mondiale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexique, DF 27 juin 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sections, groupes de camarades ou individus qui partagent nos critiques et propositions sont pri&#233;s de communiquer imm&#233;diatement leur accord total ou partiel au SI et &#224; l'adresse suivante : G. Munis, Apartado Postal 8942, Mexico, DF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8743</link>
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		<dc:date>2025-09-28T22:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#233;on Trotsky et le choix de fonder la quatri&#232;me internationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucun f&#233;tichisme sur le nombre &#171; quatre &#187; de quatri&#232;me internationale. C'est seulement un choix politique qui indique que les internationales pr&#233;c&#233;dentes sont mortes et enterr&#233;es en temps qu'internationales communistes, comme centres vivants de la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune surestimation des forces non plus : Trotsky n'ignorait rien des faiblesses du courant trotskyste. Il s'agissait de lever un drapeau, de proclamer une perspective politique nouvelle et indispensable vue l'arriv&#233;e de la guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait le premier &#224; avoir souhait&#233; retarder cette proclamation tant que le stalinisme n'avait pas fait la preuve de son caract&#232;re r&#233;volutionnaire et tant que le mouvement ouvrier allemand n'&#233;tait pas &#233;cras&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la trahison stalinienne en Allemagne en 1933, trahison que Trotsky avait pr&#233;vue, il tourne et d&#233;cide de proclamer la quati&#232;me internationale, proclamation qui sera retard&#233;e par la faiblesse politique du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le plus dangereux en politique, c'est de se laisser enfermer dans sa propre formule qui hier convenait, mais qui est aujourd'hui d&#233;nu&#233;e de tout contenu. [&#8230;] Une organisation qui n'a pas &#233;t&#233; r&#233;veill&#233;e par le tonnerre du fascisme et qui se soumet docilement &#224; des actes aussi scandaleux que de ceux de la bureaucratie d&#233;montre ainsi qu'elle est morte et que rien ne pourra jamais la ranimer. Le dire ouvertement et publiquement est notre devoir direct envers le prol&#233;tariat et son avenir. Dans tous nos travaux ult&#233;rieurs, il est n&#233;cessaire de prendre comme point de d&#233;part l'effondrement historique de l'Internationale communiste officielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky en 1933, &#171; Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la Quatri&#232;me Internationale ? Celle de L&#233;on Trotsky !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#233;tait l'Internationale communiste (ou IIIe Internationale) de L&#233;nine et Trotsky ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1928&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'internatinale communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1929&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux Ouvriers R&#233;volutionnaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1929/08/verite.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1933&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Quatri&#232;me Internationale et l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/10/331001a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;claration sur la n&#233;cessit&#233; et les principes d'une nouvelle internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/08/QI.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la nouvelle Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/09/lt19330902.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La troisi&#232;me internationale est morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/03/330314.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire des partis communistes et une nouvelle internationale &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/germany/1933/330715.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1934&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre et la IVe Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1934/06/34061000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1935&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la IV&#176; Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/lt19350600a.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Luxemburg et la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/06/rosaquatre.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ILP et la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/09/ilp-fi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sectarisme, centrisme et Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1935/10/sect.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1938&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la fondation de la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/foundfi.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme de transition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;solution sur les t&#226;ches de la section fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/1938/4int_19380900.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel pour la classe ouvri&#232;re espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1938/4int_19380900.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1939&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390400b.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions de la IV&#232;me Internationale, par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1939/06/barta_vl3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1940&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Manifeste d'alarme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1943&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De la premi&#232;re &#224; la quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article876&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1951&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre de Natalia Sedova &#224; la Quatri&#232;me internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1467&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2009&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une continuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1328&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2016&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la Quatri&#232;me Internationale fond&#233;e par L&#233;on Trotsky a &#233;chou&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En 1945, la Quatri&#232;me Internationale officielle trahit le trotskysme</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8782</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article8782</guid>
		<dc:date>2025-08-13T22:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI Barta &lt;br class='autobr' /&gt; Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatri&#232;me Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
2 juillet 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
La V&#233;rit&#233; du 4 juin porte en titre &#034; La Parole aux Trotskystes &#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle fait suite &#224; la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonn&#233;e d' &#034;hitl&#233;risme&#034; lanc&#233;e par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IV&#232;me Internationale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles que soient les m&#233;thodes que vous ayez jug&#233; bonnes pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lettre ouverte aux militants et sympathisants du PCI&lt;br class='autobr' /&gt;
Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour combattre la contrebande pivertiste au sein du Mouvement de la Quatri&#232;me Internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; du 4 juin porte en titre &#034; La Parole aux Trotskystes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle fait suite &#224; la campagne entreprise pour disculper de l'accusation empoisonn&#233;e d' &#034;hitl&#233;risme&#034; lanc&#233;e par la bourgeoisie et les staliniens, le mouvement de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient les m&#233;thodes que vous ayez jug&#233; bonnes pour mener cette campagne, elles ne devraient en aucun cas servir de pr&#233;texte pour d&#233;figurer, afin de vous d&#233;fendre, les principes, le langage et l'enseignement r&#233;volutionnaire du trotskysme. Car si votre langage actuel correspond &#224; ce que vous &#234;tes, vous reniez le trotskysme ; ou alors vous essayez de vous faire passer pour ce que vous n'&#234;tes pas, et on en revient au raison&#173;nement stalinien, fatal &#224; l'esprit communiste : &#171; les intentions sont bonnes, mais la &#034; tactique &#034; exige des concessions... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre tendance, menant la lutte sans discontinuer depuis septembre 1939 pour d&#233;fendre le drapeau et le programme de la IV&#232;me Internationale dans le mouvement ouvrier, estime que la fa&#231;on dont vous avez entrepris cette campagne constitue un reniement de l'enseignement r&#233;volutionnaire du trotskysme et une concession &#224; l'id&#233;ologie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'intention d'ouvrir une discussion, nous soumettons devant tous les militants se r&#233;clamant du trotskysme la critique de la politique de votre organisation. &#201;tant donn&#233; que dans le pass&#233; cette discussion nous fut refus&#233;e, si ce n'est une de pure forme, nous vous rappelons que Trotsky faisait un des plus grands m&#233;rites au Parti bolch&#233;vik d'avoir trait&#233; avec le plus grand s&#233;rieux m&#234;me les organisations qui l'&#233;taient peu. Notre orga&#173;nisation ayant cependant montr&#233; sa continuit&#233; politique et le s&#233;rieux de son action pra&#173;tique, il serait criminel d'utiliser les faux-fuyants d&#233;j&#224; utilis&#233;s dans le pass&#233; (tel que : nous discuterons &#224; condition que vous entriez chez nous), et de continuer &#224; vouloir ignorer notre critique par des explications arbitraires donn&#233;es &#034;entre quatre yeux&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; est le reniement du trotskysme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous d&#233;fendre contre la calomnie, vous revendiquez pour vous le titre de &#034;premiers r&#233;sistants&#034;. Or vous-m&#234;mes, dans le num&#233;ro 23 (7/4) de La V&#233;rit&#233;, &#233;crivez &#034; la r&#233;sistance elle-m&#234;me est bas&#233;e sur une duperie : la duperie de la collaboration de classes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous le Front Populaire, la politique trotskyste consistait &#224; expliquer aux ouvriers la duperie de cette collaboration de classe, dont le prol&#233;tariat faisait les frais, et pour laquelle une partie de la bourgeoisie imp&#233;rialiste s'&#233;tait d&#233;guis&#233;e en &#034; d&#233;mocrate &#034;. Le Front Populaire pr&#233;tendait mener une politique en faveur des masses et avait comme mot-d'ordre d&#233;magogique la lutte contre les trusts. Pour les r&#233;volutionnaires ce mot-d'ordre &#233;tait un but r&#233;el ; mais la similitude des formules permettait-elle &#224; l'organisation r&#233;volutionnaire de se r&#233;clamer du Front Populaire, dans le but par exemple de ne pas se couper des masses ? C'e&#251;t &#233;t&#233; contribuer &#224; les duper. La politique trotskyste a consist&#233; &#224; se d&#233;limiter du front populaire et &#224; le combattre, malgr&#233; les calomnies staliniennes qui pr&#233;sentaient tous les adversaires du front populaire, surtout ceux de gauche (les trotskystes) comme des fascistes. Nous n'avons pas plus pr&#233;tendu &#224; l'&#233;poque &#234;tre les meilleurs ou les premiers &#034; front populaire &#034;, du fait que nous avons &#233;t&#233; les premiers &#224; pr&#233;coniser le front unique socialiste-communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1940, les r&#233;volutionnaires devaient mener une politique de r&#233;sistance (c'est&#173;&#224;-dire de d&#233;fense des masses) vis-&#224;-vis de l'occupation imp&#233;rialiste allemande. Mais ils continuaient en m&#234;me temps l'opposition r&#233;volutionnaire vis-&#224;-vis de leur propre bourgeoisie et tenaient compte des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat fran&#231;ais aussi bien que des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat allemand, en ne renfor&#231;ant pas, comme la r&#233;sistance officielle, la domination de Hitler par le d&#233;cha&#238;nement chauvin. Cela ne nous emp&#234;chait pas de prendre &#034;les pommes de terre&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon et de la bourgeoisie gaulliste, comme l'ont fait les bolch&#233;viks en 1918 dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme allemand, en acceptant l'aide technique de la bourgeoisie de l'Entente. Mais il fallait par-dessus tout affirmer &#224; la face du monde entier que notre base politique restait la lutte de classe men&#233;e jusqu'au bout dans toutes les directions et que nous ne consid&#233;rions pas l'imp&#233;rialisme anglo-saxon comme un moindre mal par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme fasciste, raisonnement stali&#173;nien qui entra&#238;nait automatiquement l'abandon de la lutte de classe en faveur de la lutte commune contre l'occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, internationalistes, &#233;tions les seuls d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts des masses tout au long de cette guerre, avant et apr&#232;s l'occupation. Par contre, pour la bourgeoisie la r&#233;sis&#173;tance n'&#233;tait que l'opposition au capitalisme allemand ; elle lui a servi de mise sur le ta&#173;bleau imp&#233;rialiste anglo-am&#233;ricain ; par l'interm&#233;diaire des social-chauvins la bourgeoi&#173;sie a &#233;galement r&#233;alis&#233;, &#224; travers la &#034;r&#233;sistance&#034;, l'union sacr&#233;e et a prolong&#233; sa domi&#173;nation de classe. Comme le d&#233;non&#231;ait LaV&#233;rit&#233; elle-m&#234;me en 1943 et 44, la r&#233;sistance servait de camouflage m&#234;me aux organisations d'extr&#234;me-droite et aux partis fascistes. La r&#233;sistance, d'apr&#232;s le sens qu'a pris ce terme &#224; travers les &#233;v&#233;nements, est une organisation politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste. Le parti r&#233;volutionnaire peut-il s'en r&#233;clamer ? L'absurdit&#233; d'une r&#233;ponse affirmative saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En luttant pour votre l&#233;galisation, vous cherchez la cons&#233;cration de votre titre de &#034; r&#233;sistants &#034; par l'obtention d'un certificat public de la R&#233;sistance (personnifi&#233;e par les Bayet, Saillant, Frenay, Bidault, etc...). Au moment m&#234;me o&#249; les querelles entre l'Angle&#173;terre et la France montrent aux masses la vraie nature imp&#233;rialiste des alli&#233;s, au moment o&#249; les ouvriers ont d&#233;j&#224; eu le temps de se rendre compte que la r&#233;sistance s'est termin&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir d'un gouvernement des trusts, au lieu de pouvoir en ce moment rehaus&#173;ser notre propre autorit&#233; morale pour avoir d&#233;nonc&#233; &#224; temps la duperie de la r&#233;sis&#173;tance, vous cherchez &#224; vous camoufler sous son masque r&#233;pugnant ! Une pareille l&#233;galisa&#173;tion ne serait pas une victoire remport&#233;e sur notre propre terrain, celui de l'internationa&#173;lisme et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lettre &#224; Bayet (18/9/44) le Comit&#233; central dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Il s'agit de savoir si la IV&#232;me R&#233;publique naissante reprendra l&#224; o&#249; avait sombr&#233; la III&#232;me R&#233;publique glissant vers l'autoritarisme r&#233;actionnaire de P&#233;tain, o&#249; si elle sera effectivement d&#233;mo&#173;cratique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui pense-t-on tromper par un pareil raisonnement ? C'est la besogne des staliniens et des r&#233;formistes de vouloir faire croire aux masses que nous sommes encore de&#173;vant la perspective : IV&#232;me R&#233;publique d&#233;mocratique ou r&#233;actionnaire. La t&#226;che des r&#233;volu&#173;tionnaires est de montrer aux ouvriers que, les social-chauvins les ayant illusionn&#233;s sur l'&#233;puration &#034;, ils ont laiss&#233; subsister les organes de l'&#201;tat gangren&#233; de la III&#232;me R&#233;publique qui a servi avec succ&#232;s &#224; Daladier aussi bien qu'&#224; P&#233;tain, et que nous nous trouvons sous de Gaulle en pleine dictature bureaucratico-polici&#232;re. Au moment o&#249; l'Humanit&#233; elle-m&#234;me d&#233;nonce le r&#233;gime dictatorial subi par la presse, pouvons-nous faire croire que la l&#233;galisation de La V&#233;rit&#233; serait le crit&#232;re d'une &#034;d&#233;mocratie effective&#034; ? La t&#226;che des r&#233;volutionnaires, enseignait Trotsky, est de nommer les choses par leur nom, et non de se faire les auxiliaires des &#034; d&#233;mocrates &#034; pourris qui s&#232;ment des illusions dans les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233;, en s'adressant aux r&#233;formistes et aux stalinistes, use constamment du terme &#034; camarade &#034;. Il suffit pourtant de se r&#233;f&#233;rer &#224; un texte de Trotsky pour d&#233;couvrir ce qu'il y a derri&#232;re cette terminologie. L.T. &#233;crit dans La r&#233;volution allemande et la bureaucratie stalinienne (Et Maintenant) (page 36) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; L&#233;on Blum, le d&#233;fenseur des r&#233;parations, le comp&#232;re socialiste du banquier Oustric, est trait&#233; de &#034; camarade &#034; dans les pages des journaux de Seydewitz. Est-ce de la politesse ? Non, c'est un manque de principes, de caract&#232;re, de fermet&#233;. &#034; Des chicanes &#034;, dira un quelconque savant de cabinet. Non, dans ces chicanes, le fond politique se manifeste avec beaucoup plus de v&#233;rit&#233; et de clart&#233;, que dans la reconnaissance abstraite des soviets, non &#233;tay&#233;e par l'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire. Il est inutile d'appeler Blum &#034;fasciste&#034;, en se rendant ridicule. Mais celui qui ne ressent pas du m&#233;pris et de la haine pour cette esp&#232;ce de politiciens, celui-l&#224; n'est pas un r&#233;volutionnaire &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; a pris maintenant l'habitude de parler &#224; chaque pas des &#034; d&#233;mocrates sinc&#232;res et honn&#234;tes &#034; et, &#224; l'occasion, des &#034;d&#233;mocrates apeur&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; sous la monarchie tsariste, les bolch&#233;viks (ils faisaient partie de la social-d&#233;mocratie), pour se distinguer l&#233;galement des autres d&#233;mocrates, mettaient souvent l'accent sur le fait qu'ils constituaient, en tant que parti du prol&#233;tariat, les seuls d&#233;mocrates cons&#233;quents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1934 Trotsky enseignait que dans les conditions de la d&#233;cadence capitaliste et de l'exacerbation de la lutte de classe la d&#233;mocratie bourgeoise &#233;tait d&#233;finitivement morte en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'&#233;crivait Trotsky dans O&#249; va la France (pages 16-17) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La soci&#233;t&#233; contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, la prol&#233;tariat et les &#034; classes moyennes &#034; ou petite-bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes d&#233;terminent en fin de compte la situation politique dans le pays. Les classes fondamentales de la soci&#233;t&#233; sont la grande bourgeoisie et le prol&#233;tariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique ind&#233;pendante, claire et cons&#233;quente. La petite bourgeoisie se distingue par sa d&#233;pendance &#233;conomique et son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale. Sa couche sup&#233;rieure touche imm&#233;diatement la grande bourgeoisie. La couche inf&#233;rieure se fond avec le prol&#233;tariat et tombe m&#234;me &#224; l'&#233;tat de lumpen-prol&#233;tariat. Conform&#233;ment &#224; sa situation &#233;conomique, la petite-bourgeoisie ne peut avoir de politique ind&#233;pendante. Elle oscille toujours entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche sup&#233;rieure la pousse &#224; droite ; ses couches inf&#233;rieures, opprim&#233;es et exploit&#233;es, sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement &#224; gauche. C'est par ces relations contradic&#173;toires des diff&#233;rentes couches des &#034; classes moyennes &#034; qu'a toujours &#233;t&#233; d&#233;termin&#233;e la politique confuse et absolument inconsistante des radicaux, leurs h&#233;sitations entre le car&#173;tel avec les socialistes, pour calmer la base, et le bloc national avec la r&#233;action capitaliste, pour sauver la bourgeoisie. LA D&#201;COMPOSITION D&#201;FINITIVE DU RADICALISME COMMENCE AU MOMENT OU LA GRANDE BOURGEOISIE, ELLE-M&#202;ME DANS L'IMPASSE, NE LUI PERMET PLUS D'OSCILLER. &#034; (Soulign&#233; par nous.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;composition du r&#233;gime capitaliste met fin &#224; la d&#233;mocratie bourgeoise. Les repr&#233;sentants &#034; d&#233;mocratiques &#034; de la bourgeoisie n'ont plus qu'une phras&#233;ologie &#224; offrir. Dans ces conditions m&#234;me un de Gaulle arrive &#224; se pr&#233;tendre d&#233;mocrate. La t&#226;che n'est donc pas de chercher &#224; distinguer, par quelque introspection, les d&#233;mocrates honn&#234;tes et malhonn&#234;tes, mais de poser devant les ouvriers la question : qui donnera le ton ? La bourgeoisie par l'interm&#233;diaire de ses fascistes, r&#233;actionnaires, cur&#233;s, professeurs, d&#233;mocrates, ou le prol&#233;tariat qui en se d&#233;tachant de la bourgeoisie et de ses agents ralliera &#224; lui les autres couches opprim&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, dans Et Maintenant, Trotsky &#233;tait le plus acharn&#233; d&#233;fenseur du front unique, mais m&#233;prisait ceux qui traitaient Blum de camarade, nous rappelons que dans la r&#233;volution espagnole nous d&#233;fendions les libert&#233;s d&#233;mocratiques des ouvriers contre le fascisme les armes &#224; la main, mais il ne serait venu &#224; l'id&#233;e d'aucun trotskyste d'analyser l'honn&#234;tet&#233; d'Azana ou de Negrin. Ils analysaient leur nature de classe et les qualifiaient d'agents de la bourgeoisie, par&#233;s du masque de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En donnant les &#233;tats de service des camarades du Comit&#233; directeur, La V&#233;rit&#233; dit de Demazi&#232;re : &#034; Il milite ill&#233;galement dans les rangs du PCI jusqu'&#224; la lib&#233;ration &#034;. Et de Baufr&#232;re : &#034; Il sait que la lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute de Hitler &#034;. Encore une fois, pouvons-nous, sous pr&#233;texte de nous d&#233;fendre, bafouer notre propre id&#233;ologie ? La V&#233;rit&#233; du 22/6/44 sous le titre &#034; Ils se valent &#034;, &#233;crivait : &#034; refuse de te faire mobiliser dans &#034; l'arm&#233;e de la lib&#233;ration &#034;. En mai 1944, un num&#233;ro sp&#233;cial de La V&#233;rit&#233; disait : &#034; Pas de lib&#233;ration possible sans les prol&#233;taires allemands et contre eux &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisqu'il s'agit de d&#233;fendre les principes trotskystes, laissons la parole &#224; Trotsky lui-m&#234;me. Dans son &#233;tude Apr&#232;s la &#034;paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich &#8211; une le&#231;on toute fra&#238;che, il &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Dans tous les cas o&#249; les forces contre-r&#233;volutionnaires tentent de revenir de &#034; l'&#201;tat d&#233;mocratique &#034; pourrissant, en arri&#232;re vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dic&#173;tature militaire, le fascisme, le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, sans prendre sur lui la moindre responsabilit&#233; pour la &#034; d&#233;fense de la d&#233;mocratie &#034; (elle n'est pas d&#233;fendable !), opposera &#224; ces forces contre&#173;r&#233;volutionnaires une r&#233;sistance arm&#233;e, pour en cas de succ&#232;s, diriger son offensive contre la &#034; d&#233;mocratie &#034; imp&#233;rialiste. Cette politique n'est applicable, cependant, que pour ce qui concerne les conflits int&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire dans le cas o&#249; l'enjeu de la lutte est v&#233;ritablement la question du r&#233;gime politique : c'est ainsi, par exemple, que s'est pr&#233;sent&#233;e la question en Espagne. La participation des ouvriers espagnols &#224; la lutte contre Franco &#233;tait leur devoir &#233;l&#233;mentaire. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment et uniquement parce que les ouvriers n'ont pas r&#233;ussi &#224; remplacer &#224; temps le pouvoir de la d&#233;mocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, que la &#034;d&#233;mocratie&#034; a fait place au fascisme. Cependant, c'est pure tromperie et charlatanisme que de transporter m&#233;caniquement les lois et les r&#232;gles de la lutte des diff&#233;rentes classes d'une seule et m&#234;me nation dans la guerre imp&#233;rialiste, c'est-&#224;-dire la lutte d'une seule et m&#234;me classe de diff&#233;rentes nations. Actuellement, il n'est, semble-t-il, pas besoin de d&#233;montrer que les imp&#233;rialistes luttent l'un contre l'autre non pour des principes politiques, mais pour la domination sur le monde, sous le couvert des principes qui leur semblent bons &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on pr&#233;sente la d&#233;faite d'Hitler comme une premi&#232;re &#233;tape gagn&#233;e dans la lutte (&#034; la lutte ne s'arr&#234;te pas l&#224; &#034;), on utilise un raisonnement purement stalinien : &#034; la lutte contre le fascisme ext&#233;rieur et ses prolongements &#224; l'int&#233;rieur &#034;. La d&#233;faite de Hitler venant &#224; la suite de la victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre, n'a pas &#233;t&#233; une victoire du prol&#233;tariat allemand, fran&#231;ais, ou autre. Encore dans Apr&#232;s Munich Trotsky dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La question du sort des Tch&#232;ques, des Belges, des Fran&#231;ais, des Allemands, en tant que nations, nous ne la relions pas &#224; des d&#233;placements conjoncturels des fronts militaires lors d'une nou&#173;velle m&#234;l&#233;e des imp&#233;rialistes, mais &#224; l'insurrection du prol&#233;tariat et &#224; sa victoire sur tous les imp&#233;rialistes &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le drapeau de la lutte imp&#233;rialiste la chute de Hitler n'a &#233;t&#233; qu'un d&#233;placement conjoncturel des fronts militaires. De m&#234;me que la d&#233;faite de 1940 de la bourgeoisie fran&#173;&#231;aise n'a pas &#233;t&#233; la victoire du prol&#233;tariat uniquement parce que cette d&#233;faite n'a pas &#233;t&#233; acquise par l'activit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Le langage communiste e&#251;t &#233;t&#233; de dire je continue la lutte parce que plus que jamais les masses se trouvent &#233;cras&#233;es par l'imp&#233;rialisme. Plus que jamais la lutte entre les brigands imp&#233;rialistes se poursuit sur le dos des masses. Imagine-t-on, en 1918, l'IC disant :&#034; La lutte ne s'arr&#234;te pas &#224; la chute du Kaiser ? &#034; La d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme allemand &#233;tait-elle une &#233;tape dans la lutte prol&#233;tarienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie r&#233;volutionnaire est l'expression et la garantie supr&#234;me de la nature de la direction d'une tendance prol&#233;tarienne. La fausse terminologie d&#233;veloppe le confusionnisme, rabaisse le niveau des cadres r&#233;volutionnaires et ouvre une br&#232;che &#224; l'id&#233;ologie en&#173;nemie [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que dit encore Trotsky (IV&#232;me tome de la R&#233;volution Russe, page 229) : &#034; Les distances indispensables &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;ologie bourgeoise &#233;taient maintenues dans le Parti par une vigilante intransigeance dont l'inspirateur &#233;tait L&#233;nine. Il ne cessait de travailler du scalpel, tranchant les liens que l'entourage petit-bourgeois cr&#233;ait entre le Parti et l'opinion publique offi&#173;cielle. En m&#234;me temps, L&#233;nine apprenait au Parti &#224; former sa propre opinion publique, s'appuyant sur la pens&#233;e et les sentiments de la classe qui montait. Ainsi, par s&#233;lection et &#233;ducation, dans une lutte continuelle, le Parti bolch&#233;vik cr&#233;e son milieu non seulement politique mais aussi moral, ind&#233;pen&#173;dant de l'opinion publique bourgeoise et irr&#233;ductiblement oppos&#233; &#224; celle-ci. C'est seulement cela qui permit aux bolch&#233;viks de surmonter les h&#233;sitations dans leurs propres rangs et de manifester la virile r&#233;solution sans laquelle la victoire d'Octobre e&#251;t &#233;t&#233; impossible. &#034;Comment se d&#233;fendre contre la calomnie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec raison, La V&#233;rit&#233; dit que le but de la bourgeoisie est de nous &#233;touffer. Mais en m&#234;me temps (num&#233;ro du 4/6) elle met en demeure de Gaulle de choisir entre le camp fas&#173;ciste qui &#233;touffe les trotskistes, et le camp d&#233;mocratique (Angleterre, etc...) qui ne les &#233;touffe pas. Mesurez la hauteur de ce raisonnement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La calomnie contre-r&#233;volutionnaire, comme l'antis&#233;mitisme et autres manifestations empoisonn&#233;es, &#233;lev&#233;es &#224; une &#233;chelle politique, font partie de la lutte de classe et ne s'&#233;l&#232;vent pas au-dessus d'elle. C'est pour cela que notre premi&#232;re t&#226;che, pour combattre la calomnie, c'est une offensive politique &#233;nergique men&#233;e en direction des masses pour d&#233;masquer politiquement les calomniateurs, afin que celles-ci puissent se convaincre que ceux qui nous calomnient ne sont pas leurs amis mais bien leurs ennemis. Il faut ensuite un travail suivi d'&#233;ducation socialiste dans les rangs ouvriers (&#233;dition de brochures populaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut aussi une lutte directe contre le gangst&#233;risme staliniste ; nous avions fourni en automne dernier &#224; votre direction une occasion pr&#233;cise d'une action &#224; entreprendre pour le d&#233;masquer publiquement [2]. Votre direction s'y est d&#233;rob&#233;e. Apr&#232;s avoir fui le combat, quel est le s&#233;rieux des d&#233;fis lanc&#233;s par La V&#233;rit&#233; invitant les staliniens &#224; des commissions compos&#233;es &#034; de toutes les tendances du mouvement ouvrier et de la r&#233;sistance &#034; ? Nous sommes pr&#234;ts &#224; fournir &#224; une commission de contr&#244;le de votre parti tous les d&#233;tails de cette affaire et de l'attitude criminelle de votre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;ducation socialiste, t&#226;che fondamentale de travail commu&#173;niste, vous semblez l'ignorer. Dans les contacts que nos camarades ont pu avoir avec vous, il semble que m&#234;me pour les membres de l'organisation ce travail passe au troisi&#232;me plan (&#034; la r&#233;volution est l&#224;, ce n'est pas le moment de lire Marx &#034;). Comment voulez vous combattre l'obscurantisme et les pr&#233;jug&#233;s, si vous ne remplissez pas votre r&#244;le d'&#233;ducateurs socialistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, les efforts de l&#233;galisation se sont transform&#233;s en pi&#232;ge pour votre organisation. Voici deux mois que La V&#233;rit&#233; a abandonn&#233; toute propagande r&#233;volu&#173;tionnaire et qu'elle ne se fait plus le d&#233;fenseur des masses devant les mesures r&#233;actionnaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous &#234;tes r&#233;fugi&#233;s dans des justifications vis-&#224;-vis de la bourgeoisie et les appels aux &#034; d&#233;mocrates &#034;. Ainsi La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne sommes pas un groupe de conspirateurs... Nos t&#226;ches sont : &#233;clairer en &#233;duquant, guider en expliquant. Notre arme : c'est la propagande r&#233;volutionnaire, et rien d'autre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mensonge la bourgeoisie ne le croira pas et aux travailleurs nous n'avons pas le droit de mentir. Des centaines de fois L&#233;nine a expliqu&#233; aux militants : la r&#233;volution est une guerre. Une guerre se fait-elle seulement &#224; l'aide de la propagande ? Trotsky a &#233;crit un livre intitul&#233; : D&#233;fense du Terrorisme. Nous avons &#233;t&#233; les premiers et continuons &#224; &#234;tre les seuls d&#233;fenseurs des Milices ouvri&#232;res et de l'armement du prol&#233;tariat. Nous ap&#173;prouvons la devise de Blanqui : qui a du fer a du pain. Comment peut-on avec une pareille doctrine pr&#233;senter les r&#233;volutionnaires comme des pr&#234;cheurs et ap&#244;tres d'une propagande &#034; de la v&#233;rit&#233; et du progr&#232;s social &#034; (V&#233;rit&#233; 4/6). L&#233;nine a enseign&#233; au Parti r&#233;volution&#173;naire la plus grande m&#233;fiance envers tout gouvernement bourgeois, m&#234;me le plus d&#233;mocratique. Une partie de l'appareil de l'organisation doit toujours rester dans l'ill&#233;galit&#233; pour parer &#224; toute mesure arbitraire de la part du gouvernement bourgeois. Vous-m&#234;mes ne pr&#233;tendez pas livrer toute l'organisation &#224; la l&#233;galit&#233;, quelles que soient les mesures de l&#233;galisation dont vous ferez l'objet. N'est-ce pas dans ce cas renforcer la calomnie contre nous que d'affirmer : &#034; Nous ne sommes pas des conspirateurs &#034; ? Au moment o&#249; le rapport de forces nous impose la lutte clandestine pour pouvoir exprimer des id&#233;es r&#233;volutionnaires en faveur des masses, le raisonnement l&#233;niniste ne serait-il pas plut&#244;t de dire aux travailleurs : &#034; la bourgeoisie conspire, couverte de sa propre l&#233;galit&#233;, contre le niveau de vie et la vie m&#234;me des masses ? Nous, r&#233;volutionnaires, appelons les travailleurs conscients &#224; se pr&#233;parer, clandestinement s'il le faut, au renversement de la bourgeoisie. La propa&#173;gande ouverte n'est qu'une partie de notre travail. Demander aux ouvriers de cacher des armes, aux soldats de se r&#233;unir en cellules de caserne, aux ouvriers d'usine d'&#233;diter des organes d'opposition sans adresse et sans nom, tout cela, n'est-ce pas un travail de conspirateurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile, nous l'esp&#233;rons, d'ajouter que cela n'a rien de commun avec le terrorisme anarchiste, lutte individuelle contre des repr&#233;sentants isol&#233;s de la classe capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1917, le rapport de forces entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie a ouvert la voie &#224; la calomnie capitaliste et social-chauvine contre les bolch&#233;viks. Le regroupement des masses a fait sauter en l'air la calomnie quelques mois apr&#232;s. Combien r&#233;confortant pour les r&#233;volutionnaires est le raisonnement de ce soldat russe, que rapporte Kroupska&#239;a dans sa brochure de Souvenirs sur L&#233;nine : &#034; Sais-tu que ton L&#233;nine est un espion allemand ? dit un Monsieur instruit au soldat en faction. Non, je ne le sais pas, r&#233;pond celui-ci, je n'ai pas assez d'instruction pour &#231;a, mais ce que je sais, c'est que tout ce que L&#233;nine dit sur la terre est juste &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais faut-il seulement s'en r&#233;f&#233;rer &#224; 1917 ? Les camarades voudront bien r&#233;fl&#233;chir &#224; des exemples plus r&#233;cents, que nous leur soumettons. A la fin du mois de mai, quand le gouvernement rejette les revendications pr&#233;sent&#233;es par la CGT &#224; la suite des mouvements de gr&#232;ve, les social-chauvins n'osent bien entendu pas r&#233;futer les arguments de la bourgeoisie dirig&#233;s contre les ouvriers. Notre organisation r&#233;pand quelques milliers de tracts, sign&#233;s par les trotskystes, par la IV&#232;me Internationale, pour prendre la d&#233;fense des ouvriers, d&#233;masquer les bureaucrates et indiquer nos solutions. De multiples endroits nous parvient l'&#233;cho d'ouvriers du rang, qui constituent la grande masse, approuvant le tract et le faisant circuler, sans s'inqui&#233;ter de la signature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une usine importante de la r&#233;gion parisienne, des camarades ouvriers entreprennent un travail d'opposition syndicale enti&#232;rement sur des bases communistes et r&#233;volutionnaires [3]. La bureaucratie social-chauvine r&#233;pand imm&#233;diatement le bruit qu'il s'agit de la 5&#232;me colonne. Ne c&#233;dant pas &#224; la pression des adversaires, le travail de l'opposi&#173;tion continue conspirativement, pour ne pas donner prise &#224; la r&#233;pression. N'est-ce pas &#224; nous de tenir bon, de d&#233;montrer aux ouvriers les n&#233;cessit&#233;s qui nous sont impos&#233;es par la lutte, ne s'apercevront-ils pas que ceux qui nous accusent les trahissent, mais que nous ne cesserons de les d&#233;fendre ? Le journal de l'opposition est le seul qui dans toutes les occasions prend intelligemment et avec continuit&#233; la d&#233;fense des ouvriers. Aussi le font-ils circuler, sans s'inqui&#233;ter des accusations des bureaucrates. Nos camarades organisent quelques ouvriers plus avanc&#233;s en noyau de l'opposition syndicale ; ils adoptent la conspiration comme une n&#233;cessit&#233; faisant partie de notre travail. L'opposition arrive &#224; imposer politiquement sa l&#233;galit&#233; : le repr&#233;sentant de la direction syndicale prend l'engagement de ne pas faire arr&#234;ter les repr&#233;sentants de l'opposition si ceux-ci se d&#233;masquent. Mais cette invitation manque son effet, car l'opposition ce n'est plus seulement un noyau isol&#233;, c'est un courant politique dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes-nous r&#233;clam&#233;s pour ce travail de la r&#233;sistance ? Notre propagande est-elle tendancieuse dans le sens des pr&#233;jug&#233;s existants ? Nullement. En voici un exemple : un camarade qui fait un travail syndical d'usine avec notre concours, &#233;crit dans son projet de journal : la guerre &#233;tant finie rien ne s'oppose plus &#224; nos revendications. Notre camarade lui explique que cette fa&#231;on de s'exprimer peut laisser entendre aux ouvriers que la politique des bureaucrates ayant frein&#233; les ouvriers &#224; cause de la guerre (des capitalistes) pouvait se justifier. Or il ne faut en aucun cas utiliser de pareilles &#233;quivoques, parce que ce qui importe par dessus tout c'est d'&#233;lever la conscience des ouvriers. Notre camarade sympathisant convient de la justesse de ce raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voici que le raisonnement ci-dessus &#233;cart&#233; d'un journal d'usine, nous le retrouvons dans l'organe central du PCI. La V&#233;rit&#233; du 4/6 dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Aujourd'hui la guerre est finie. Nous attendons du ministre l'autorisation de pa&#173;ra&#238;tre l&#233;galement. Rien ne justifie plus les mesures d'exception qui nous frappent &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre justifiait-elle donc les mesures d'exception ? Pendant la guerre la bourgeoisie prenait le pr&#233;texte de la &#034; d&#233;fense nationale &#034;. Mais aujourd'hui la bourgeoisie dit par la voix des social-chauvins et de tous ses partis : &#034; Nous avons gagn&#233; la premi&#232;re manche par tant de sacrifices, allons-nous maintenant tout compromettre ? Notre union qui &#233;tait n&#233;cessaire contre l'ennemi est n&#233;cessaire maintenant pour refaire la France &#034;. C'est &#224; l'aide de cette argumentation que les Thorez et Cie veulent imposer &#224; la classe ouvri&#232;re la politique du produire, produire, produire... Notre t&#226;che ce n'est pas de passer l'&#233;ponge sur le pass&#233; et l'opposer au pr&#233;sent, car pour sa politique actuelle la bour&#173;geoisie tire justement argument du pass&#233;. Si des mesures contre nous &#233;taient justifi&#233;es pendant la guerre, elles le sont encore aujourd'hui, parce que la guerre et la paix ne sont que la continuation de la politique de la bourgeoisie imp&#233;rialiste, axiome que Trotsky a si souvent rappel&#233; et que vous oubliez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons voulu par ces quelques exemples d&#233;montrer aux camarades que pour combattre nos adversaires il ne faut pas se laisser imposer leur tactique et leur argumentation. C'est par une id&#233;ologie et une argumentation radicalement contraire &#224; celle de nos ennemis que nous pouvons imposer notre point de vue prol&#233;tarien, et non pas en acceptant les pr&#233;misses du raisonnement de la bourgeoisie, pour en tirer d'autres conclusions. Si nous engageons la lutte contre la calomnie sur le terrain de nos adversaires, nous sommes battus d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vous brandissez actuellement comme principal argument les morts de la r&#233;sistance. Mais le PC se r&#233;clame de ses dizaines de milliers de morts pour la r&#233;sis&#173;tance, connus dans tout le pays. C'est au nom de ces morts qu'il nous accuse et nous pourchasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait notre force, c'est notre politique &#233;nergique de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des masses, poursuivie sans h&#233;sitation et sans &#233;quivoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au lieu de cette intransigeance vous l&#226;chez prise dans chaque occasion grave, vous c&#233;dez &#224; la pression ennemie au moment o&#249; il faudrait le plus y r&#233;sister. Le 10 juin 1944 La V&#233;rit&#233; &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Les forteresses volantes et les tanks d'Eisenhower n'apporteront pas la lib&#233;ration des travailleurs de l'Europe. A la place de l'imp&#233;rialisme allemand qui s'&#233;croule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois apr&#232;s, au moment du plus grand d&#233;cha&#238;nement chauvin et du d&#233;ferlement de la &#034; lib&#233;ration &#034;, La V&#233;rit&#233; &#233;crit (le 11 Ao&#251;t) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Hitler s'effondre. Les Am&#233;ricains approchent de Paris. La classe ouvri&#232;re doit mettre &#224; profit la situation... &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La V&#233;rit&#233; est-elle assez na&#239;ve pour croire qu'on pouvait transformer en insurrection prol&#233;tarienne une situation dont tout le cours ant&#233;rieur avait pr&#233;par&#233; les masses &#224; la &#034; lib&#233;ration nationale &#034;, notamment du fait du monopole d'influence des social-chauvins ? En r&#233;alit&#233;, La V&#233;rit&#233; a ploy&#233; sous la pression des &#233;v&#233;nements et le PCI a engag&#233; ses militants &#224; participer &#224; &#034; l'&#233;puration &#034;, duperie monstrueuse qui a permis &#224; l'&#201;tat bourgeois de traverser indemne les &#233;v&#233;nements (rappelons-nous &#034; l'insurrection &#034; de la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, La V&#233;rit&#233; a d&#233;nonc&#233; sous l'occupation la r&#233;sistance d'union sacr&#233;e, mais l&#226;che prise maintenant devant l'opinion publique petite-bourgeoise et en arrive &#224; se r&#233;clamer de la r&#233;sistance !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, le levier pour le renversement de la situation, n'est pas dans des discussions avec &#034; l'opinion publique &#034;. Il est dans une politique r&#233;volutionnaire, hardie : &#224; l'&#173;heure o&#249; les masses voient qu'elles sont trahies de toutes parts, &#224; l'heure o&#249; l'offensive gouvernementale se poursuit contre elles et que les chefs &#034; ouvriers &#034; se perdent en discours, les trotskistes doivent montrer aux masses que, ne s'effrayant ni de la calomnie ni des menaces, ils restent seuls &#224; prendre la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts. Les ouvriers sont fatigu&#233;s d'ann&#233;es de souffrances et de privations. Ils arrivent &#224; ex&#233;crer les chefs tra&#238;tres qui d&#233;tiennent actuellement dans les usines le r&#244;le de premiers garde-chiourme. Dans ces conditions, deux ouvriers r&#233;volutionnaires, par un travail clandestin et intelligent, tiennent en &#233;chec toute une direction syndicale, parce que les ouvriers ont pu se rendre compte qu'il y avait quelqu'un pour prendre leur d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de mener son offensive, La V&#233;rit&#233; se perd en discussions et en disputes avec &#034; l'opinion publique &#233;clair&#233;e &#034;, avec les &#034;d&#233;mocrates sinc&#232;res&#034;. Et les ouvriers assis&#173;tent &#224; ces pleurnicheries, au lieu de rencontrer dans La V&#233;rit&#233; un organe de combat et une r&#233;ponse &#224; leurs propres pr&#233;occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview de 1937, Trotsky a dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Je suis s&#251;r que dix ouvriers qui comprennent tr&#232;s bien la situation... gagneront une centaine d'ouvriers, et les cent ouvriers un millier de soldats. Ils seront victorieux &#224; la fin de la guerre ; &#231;a me semble tr&#232;s simple, mais je pense que c'est une bonne id&#233;e &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; se r&#233;sument tous les probl&#232;mes de notre travail. Comment faire bien comprendre la situation &#224; une centaine d'ouvriers, les gagner corps et &#226;me &#224; la politique r&#233;volutionnaire, en faire des cadres de la classe ouvri&#232;re et du trotskisme ; c'est par eux que nous pourrons appara&#238;tre aux masses comme leurs seuls d&#233;fenseurs, dans ce monde o&#249; elles n'ont que des ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les probl&#232;mes de la construction du parti et de sa prol&#233;tarisation, de l'attitude envers les questions th&#233;oriques, du lien entre la th&#233;orie et la pratique. Ces probl&#232;mes il faut les poser devant l'ensemble du mouvement et &#224; l'aide d'une discussion approfondie, &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience, poser un premier jalon dans la voie du redressement th&#233;orique et pratique du mouvement trotskiste en France. Hors de l&#224; un sort pire que celui du POUM attend notre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discussion du bilan de nos deux organisations ne serait pas &#224; l'heure actuelle une concession de votre part, mais le devoir le plus &#233;l&#233;mentaire de notre travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;juillet 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION COMMUNISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nous demandons aux militants de lire ou de relire les ouvrages de Trotsky que nous avons cit&#233;s O&#249; va la France, Et Maintenant et Apr&#232;s la &#034;Paix&#034; imp&#233;rialiste de Munich. [Note de Barta]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il s'agit de la d&#233;signation d'une commission d'enqu&#234;te sur l'assassinat de Pamp (Mathieu Bucholz) par le PCF en septembre 1944. En juillet 1945 l'UC avait renouvel&#233; sa demande, pr&#233;alablement &#224; toute discussion politique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La Voix des Travailleurs, Bulletin inter-usines de l'opposition syndicale Lutte de Classes ne para&#238;tra qu'en octobre 1945. Mais l'UC avait d&#233;j&#224; engag&#233; un travail dans cette direction et certaines de ses publications d'entreprise portaient d&#233;j&#224; ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4250&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale</title>
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		<dc:date>2025-07-27T22:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON : LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE, LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand Staline dissolvait la troisi&#232;me internationale, fond&#233;e par L&#233;nine et Trotsky&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2018/05/22/75an-m22.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/hic/works/1943/06/Staline_dissout.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Staline s'attaquait &#224; la perspective internationale et prol&#233;tarienne de L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale Communiste apr&#232;s L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical1.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que repr&#233;sentait la 3&#232;me internationale pour le prol&#233;tariat mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article696&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3961&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pour la construction de la Quatri&#232;me internationale</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8765</link>
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		<dc:date>2024-04-03T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la IV&#176; Internationale &lt;br class='autobr' /&gt;
Juin 1935 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lettre ouverte de L&#233;on Trtosky aux organisations et groupes r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens &lt;br class='autobr' /&gt;
L'arriv&#233;e au pouvoir de Hitler, sans la moindre r&#233;sistance de la part des deux &#171; puissants &#187; partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour la pourriture interne de la II&#176; et de la III&#176; Internationales. En ao&#251;t 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique188" rel="directory"&gt;11- Organisation internationale des travailleurs r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la IV&#176; Internationale
&lt;p&gt;Juin 1935&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre ouverte de L&#233;on Trtosky aux organisations et groupes r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir de Hitler, sans la moindre r&#233;sistance de la part des deux &#171; puissants &#187; partis ouvriers, dont l'un s'appuyait en outre sur l'U.R.S.S., a d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233; au grand jour la pourriture interne de la II&#176; et de la III&#176; Internationales. En ao&#251;t 1933, quatre organisations (la Ligue internationale des communistes internationalistes (bolcheviks &#8209;l&#233;ninistes), le parti socialiste r&#233;volutionnaire de Hollande, R.S.P., le parti socialiste ind&#233;pendant de Hollande, O.S.P., et le parti socialiste ouvrier d'Allemagne, S.A.P.) ont, pour la premi&#232;re fois, formul&#233; dans un document programmatique la nouvelle t&#226;che historique : cr&#233;er la IV&#176; Internationale [1]. Les &#233;v&#233;nements qui se sont produits depuis ont confirm&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable qu'il n'existe pas d'autre voie.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La II&#176; Internationale a conduit le prol&#233;tariat de catastrophe en catastrophe]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement du prol&#233;tariat autrichien a montr&#233; qu'il ne suffit pas, pour vaincre, d'appeler au dernier moment &#224; l'insurrection [2], lorsque le parti est accul&#233; &#224; une impasse, les masses d&#233;sorient&#233;es et accabl&#233;es par l'opportunisme. Il faut pr&#233;parer syst&#233;matiquement la victoire par une politique r&#233;volutionnaire dans tous les domaines du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me le&#231;on qui d&#233;coule indiscutablement de l'&#233;crasement du prol&#233;tariat espagnol. Il est impossible, dans quelques conditions que ce soit, et &#224; plus forte raison dans le cours d'une r&#233;volution, de tourner le dos aux travailleurs pour former un bloc avec la bourgeoisie. Il est impossible d'attendre et d'exiger des masses tromp&#233;es et d&#233;&#231;ues qu'elles prennent les armes &#224; l'appel tardif d'un parti en qui elles ont perdu confiance [3]. La r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut pas s'improviser sur l'ordre d'une direction qui a fait faillite. Il faut pr&#233;parer la r&#233;volution par une lutte de classe incessante et implacable, qui conquiert pour la direction la confiance ind&#233;fectible du parti, qui soude l'avant-garde &#224; l'ensemble de la classe, qui place le prol&#233;tariat &#224; la t&#234;te de l'ensemble des exploit&#233;s de la ville et de la campagne. Apr&#232;s l'&#233;croulement ignominieux de la principale section du r&#233;formisme &#8209; la social&#8209;d&#233;mocratie allemande pourrie jusqu'&#224; la moelle &#8209;, c'est l'aile &#171; gauche &#187; de la II&#176; Internationale qui s'est &#233;croul&#233;e en Autriche et en Espagne. Pourtant ces terribles le&#231;ons passent sans laisser de traces : les cadres dirigeants du r&#233;formisme dans les partis et les syndicats ont d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; jusqu'&#224; la moelle. Leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et leurs conceptions patriotiques les lient &#224; la bourgeoisie, et ils sont absolument incapables de s'engager dans la voie de la lutte des classes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La social&#8209;d&#233;mocratie encha&#238;n&#233;e au char de la bourgeoisie]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis de la II&#176; internationale s'accommodent fort bien de ce que leur pr&#233;sident belge, au premier signe du capital financier, se soit joint aux affairistes catholiques et lib&#233;raux [4] pour sauver les banques sur le dos des masses laborieuses. Vandervelde a &#233;t&#233; imm&#233;diatement suivi par le pr&#233;tentieux critique de Marx, l'inventeur d'un &#171; plan &#187;, De Man [5], et le centriste &#171; de gauche &#187; Spaak n'a pas tard&#233; &#224; trahir l'opposition socialiste pour une livr&#233;e de ministre [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le&#231;ons et avertissements, le parti socialiste, en France. continue vainement de se cramponner aux basques de la bourgeoisie &#171; r&#233;publicaine &#187; et place plus d'espoir en l'amiti&#233; des radicaux qu'en la force r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Dans tous les autres pays, dans toutes les parties du monde, en Hollande, en Scandinavie, en Suisse, la social&#8209;d&#233;mocratie, en d&#233;pit de la putr&#233;faction du capitalisme, continue &#224; &#234;tre l'agence de la bourgeoisie au sein de la classe ouvri&#232;re et r&#233;v&#232;le sa totale incapacit&#233; &#224; mobiliser les masses pour sa propre d&#233;fense contre le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les succ&#232;s &#233;lectoraux du Labour Party le ramenaient au pouvoir [7], le r&#233;sultat ne serait pas une transformation socialiste pacifique de la Grande&#8209;Bretagne, mais la consolidation de la r&#233;action imp&#233;rialiste, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire une &#233;poque de guerre civile, face &#224; laquelle la direction du Labour Party ne manquerait pas de r&#233;v&#233;ler sa compl&#232;te carence. Les cr&#233;tins parlementaires et trade&#8209;unionistes devront encore se convaincre que la menace fasciste n'est pas moins r&#233;elle en Angleterre que sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement imp&#233;tueux de la crise aux Etats&#8209;Unis, l'encha&#238;nement ininterrompu de grandes luttes gr&#233;vistes, et l'organisation de la classe ouvri&#232;re &#224; travers les possibilit&#233;s ouvertes par la d&#233;magogie du &#171; plan &#187; de Roosevelt [8] rencontrent sur leur chemin, au sein du mouvement ouvrier, des forces profond&#233;ment conservatrices et bourgeoises [9]. Quant au parti stalinien, il est ligot&#233; par les d&#233;clarations solennelles de Litvinov, lequel, en &#233;change de la reconnaissance de l'U.R.S.S. par l'imp&#233;rialisme yankee, a publiquement reni&#233; les communistes am&#233;ricains [10]. Ce parti, corrompu par une d&#233;cennie de politicailleries sans principes et d'exp&#233;riences liquidatrices avec des partis (Farmer&#8209;Labor Party) qui n'ont rien de commun avec des partis prol&#233;tariens ni par leur composition, ni par leur programme [11] &#8209; ce parti stalinien, sur les ordres de Moscou, se borne au r&#244;le de mouvement d'intellectuels de gauche agissant aux Etats&#8209;Unis en qualit&#233; de valet de la diplomatie stalinienne. Mais la profonde crise de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#233;veille de larges couches de travailleurs de ce pays de leur sommeil semi&#8209;provincial, chasse peu &#224; peu leurs illusions bourgeoises et petites&#8209;bourgeoises, pousse le prol&#233;tariat vers des actions de classe de grande envergure (gr&#232;ves &#224; Toledo, Minneapolis, San Francisco [12]), et cr&#233;e pour le parti marxiste-r&#233;volutionnaire la possibilit&#233; de conqu&#233;rir une large et profonde influence sur le d&#233;veloppement et l'organisation de la classe ouvri&#232;re am&#233;ricaine. Le r&#244;le historique qui incombe &#224; la IV&#176; Internationale et &#224; sa section am&#233;ricaine, non seulement dans les deux Am&#233;riques, mais sur l'ar&#232;ne mondiale, est d'une particuli&#232;re importance, [de m&#234;me que l'&#233;crasement de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain sera d'une &#233;norme signification pour le prol&#233;tariat mondial].&lt;br class='autobr' /&gt;
[L'effroyable naufrage de l'I.C. dans le monde]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la III&#176; Internationale ne fait que gaspiller les derniers restes de l'influence et de l'autorit&#233; qu'elle avait acquises au cours des cinq premi&#232;res ann&#233;es de son existence. En Autriche et en Espagne, l'Internationale communiste, malgr&#233; des circonstances extr&#234;mement favorables, n'a pas r&#233;ussi &#224; cr&#233;er une organisation tant soit peu influente, mais encore a syst&#233;matiquement discr&#233;dit&#233; aux yeux des travailleurs l'id&#233;e m&#234;me du parti r&#233;volutionnaire. Le pl&#233;biscite sarrois constitue une preuve que le prol&#233;tariat allemand a perdu tout reste de confiance, non seulement dans la social&#8209;d&#233;mocratie, mais aussi dans le parti communiste &#8209; ce parti qui a capitul&#233; de fa&#231;on aussi honteuse devant Hitler [13]. En Grande&#8209;Bretagne, en Belgique, en Hollande, en Scandinavie, dans les deux Am&#233;riques et en Orient, les sections de l'Internationale communiste, accabl&#233;es par le poids de douze ann&#233;es d'une politique fatale, sont incapables de sortir de leur insignifiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la catastrophe allemande, l'Internationale communiste a certes substitu&#233; la politique capitularde du front unique &#224; tout prix &#224; la politique aventuriste de la &#171; troisi&#232;me p&#233;riode &#187;. N&#233;anmoins, l'exp&#233;rience de la France, o&#249; ce dernier tournant a rev&#234;tu sa plus grande ampleur, d&#233;montre que l'Internationale communiste, &#224; travers toutes ses contradictions et ses zigzags, parvient &#224; conserver son r&#244;le de frein de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. En refusant la cr&#233;ation d'une milice ouvri&#232;re contre le danger fasciste imm&#233;diat, en rempla&#231;ant la lutte pour le pouvoir par un programme de revendications partielles, l'Internationale communiste s&#232;me les pires illusions du r&#233;formisme et du pacifisme, et soutient en r&#233;alit&#233; la droite des partis socialistes contre leur gauche, d&#233;moralise l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne et fraie la voie au coup d'Etat fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le parti qui a fond&#233; l'Internationale communiste, le parti communiste de l'U.R.S.S., a &#233;t&#233; compl&#232;tement r&#233;duit en miettes au cours des derni&#232;res ann&#233;es par la bureaucratie incontr&#244;l&#233;e qui a transform&#233; la dictature du prol&#233;tariat en l'absolutisme conservateur de Staline. Par les pers&#233;cutions, les falsifications, les amalgames et une sanglante r&#233;pression, la clique dirigeante s'efforce d'&#233;touffer dans l'&#339;uf toute manifestation de pens&#233;e marxiste. Nulle part au monde le l&#233;ninisme v&#233;ritable n'est pers&#233;cut&#233; aussi bestialement qu'en U.R.S.S.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Staline a sign&#233; le certificat de d&#233;c&#232;s de l'I. C.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout dernier soubresaut opportuniste de l'Internationale communiste est &#233;troitement li&#233; au tournant sovi&#233;tique en politique &#233;trang&#232;re vers la Soci&#233;t&#233; des Nations et l'alliance militaire avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. La bureaucratie dirigeante de l'U.R.S.S. est arriv&#233;e d&#233;finitivement &#224; la conclusion que l'Internationale communiste est incapable de lui apporter la moindre assistance contre le danger de guerre et qu'en m&#234;me temps elle est g&#234;nante pour le travail de la diplomatie sovi&#233;tique. La d&#233;pendance humiliante et v&#233;ritablement servile de l'Internationale communiste vis&#224;&#8209;vis des sommets sovi&#233;tiques se manifeste de fa&#231;on particuli&#232;rement nette &#224; travers la r&#233;cente d&#233;claration de Staline approuvant la d&#233;fense nationale de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l'interm&#233;diaire d'un ministre imp&#233;rialiste [15] que le chef de l'Internationale communiste a donn&#233; au parti communiste fran&#231;ais l'ordre de conclure aujourd'hui avec la bourgeoisie fran&#231;aise une tr&#234;ve patriotique. Ainsi, la Ill&#176; Internationale, dont le congr&#232;s n'a pas &#233;t&#233; r&#233;uni pendant presque sept ans, est&#8209;elle maintenant officiellement pass&#233;e de la position internationaliste &#224; celle du social&#8209;patriotisme le plus plat et le plus servile. Que le 7&#176; congr&#232;s, toujours report&#233;, se tienne ou non, la Ill&#176; Internationale ne ressuscitera pas. Le communiqu&#233; Staline&#8209;Laval constitue son acte de d&#233;c&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Un nouveau massacre et une nouvelle trahison sont imminents]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les forces destructrices du capitalisme imp&#233;rialiste poursuivent leur infernale besogne. La d&#233;sagr&#233;gation de l'&#233;conomie mondiale, le ch&#244;mage de dizaines de millions d'hommes, la ruine de la paysannerie mettent imp&#233;rieusement la r&#233;volution socialiste &#224; l'ordre du jour. Les travailleurs, exasp&#233;r&#233;s et furieux, cherchent une issue. La prostration, l'&#233;croulement et la putr&#233;faction de la II&#176; et de la III&#176; Internationales laissent le prol&#233;tariat sans direction r&#233;volutionnaire, et poussent les masses petites&#8209;bourgeoises sur la voie du d&#233;sespoir. Les chefs faillis cherchent &#224; rejeter la responsabilit&#233; de la victoire du fascisme sur la pr&#233;tendue &#171; passivit&#233; &#187; du prol&#233;tariat : ainsi la calomnie vient&#8209;elle s'ajouter &#224; la trahison politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se d&#233;battant dans l'&#233;tau de contradictions insurmontables, le capitalisme pr&#233;pare une nouvelle saign&#233;e des peuples. Ministres et dictateurs sp&#233;culent ouvertement sur la question de savoir si la guerre &#233;clatera dans un an ou dans trois ans. Tous les gouvernements sont en train de pr&#233;parer &#224; qui mieux mieux les moyens les plus destructeurs et ainsi, de tous les c&#244;t&#233;s, rapprochent l'explosion qui pourrait &#234;tre infiniment plus terrible que la guerre de 1914&#8209;1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants des pr&#233;tendus partis ouvriers et des syndicats chantent &#224; pleine voix les louanges des beaut&#233;s de la paix, bavardent sur le d&#233;sarmement, s'efforcent de persuader leurs gouvernements de se r&#233;concilier entre eux, entretiennent les espoirs des masses dans la Soci&#233;t&#233; des Nations et, en m&#234;me temps, jurent fid&#233;lit&#233; &#224; la cause de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire &#224; la d&#233;fense de la domination bourgeoise, avec ses guerres in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie sovi&#233;tique, sous le couvert du &#171; front unique &#187; et m&#234;me de l'&#171; unit&#233; organique &#187;, pr&#233;pare, dans le dos des ouvriers conscients, l'union nationale entre les sections des deux Internationales et la bourgeoisie des pays militairement alli&#233;s &#224; l'Etat ouvrier. Ainsi l'explosion de la nouvelle guerre doit&#8209;elle conduire &#224; une nouvelle trahison qui &#233;clipsera celle du 4 ao&#251;t 1914.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Nous sommes plus forts aujourd'hui que les &#171; gauches &#187; de 1915]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison par la bureaucratie sovi&#233;tique de la cause de la r&#233;volution internationale a rejet&#233; le prol&#233;tariat mondial loin en arri&#232;re. Les difficult&#233;s auxquelles doit faire face l'avant&#8209;garde r&#233;volutionnaire sont incroyables. Sa situation est pourtant infiniment meilleure actuellement qu'elle ne l'&#233;tait &#224; la veille de la derni&#232;re guerre. Le capitalisme semblait alors tout puissant et presque invincible. La d&#233;ch&#233;ance patriotique de l'Internationale fut une surprise totale, y compris pour L&#233;nine. Partout, les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; pris &#224; l'improviste. La premi&#232;re conf&#233;rence internationale &#8209; tr&#232;s faible num&#233;riquement et ind&#233;cise dans sa majorit&#233; &#8209; a eu lieu plus d'un an apr&#232;s le d&#233;but de la guerre. La formation des cadres r&#233;volutionnaires ne s'est effectu&#233;e que lentement. La majorit&#233; des zimmerwaldiens rejetait m&#234;me la possibilit&#233; de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Seule la victoire d'Octobre en Russie, au cours du quaranti&#232;me mois de la guerre, changea la situation en donnant un &#233;lan vigoureux &#224; la formation de la Ill&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la faiblesse interne et la pourriture du capitalisme sont tellement &#233;vidents qu'ils servent de th&#232;me principal &#224; la d&#233;magogie fasciste. Dans la formidable crise aux Etats&#8209;Unis, dans le non moins formidable ch&#244;mage, dans l'aventurisme &#233;conomique de Roosevelt, dans l'essor des gr&#232;ves, dans la fermentation au sein de toutes les organisations ouvri&#232;res, apparaissent pour la premi&#232;re fois les conditions d'un puissant d&#233;veloppement du mouvement r&#233;volutionnaire en Am&#233;rique du Nord. L'exemple de la premi&#232;re r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse vit dans la m&#233;moire des masses. L'exp&#233;rience des grands &#233;v&#233;nements des vingt derni&#232;res ann&#233;es s'est grav&#233;e dans la conscience des meilleurs militants. Des organisations, ou, au moins, des groupes r&#233;volutionnaires authentiques, existent dans tous les pays. Ils sont solidement li&#233;s les uns aux autres sur le plan des id&#233;es, et partiellement sur celui de l'organisation. D'ores et d&#233;j&#224;, ils constituent une force incomparablement plus influente, plus homog&#232;ne et mieux tremp&#233;e que la &#171; gauche de Zimmerwald &#187; qui, &#224; l'automne de 1915, prit l'initiative de pr&#233;parer la Ille Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur des partis et syndicats r&#233;formistes, des groupes d'opposition apparaissent et se renforcent. Certains ont pris la forme d'organisations ind&#233;pendantes. Dans les sections de l'Internationale communiste, du fait du r&#233;gime de bagne qui y r&#232;gne, l'opposition a un caract&#232;re plus sourd et plus clandestin, mais elle se d&#233;veloppe l&#224; aussi. M&#234;me en U.R.S.S., la n&#233;cessit&#233; d'&#233;purations et d'actes de r&#233;pression toujours renouvel&#233;s t&#233;moignent que la bureaucratie est incapable d'extirper l'esprit de la critique marxiste qu'elle d&#233;teste tant.&lt;br class='autobr' /&gt;
[L'unit&#233; &#224; tout prix est une monstrueuse duperie]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inclinations et les tendances d'opposition ont actuellement essentiellement un caract&#232;re centriste, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire interm&#233;diaire entre le social&#8209;patriotisme et la r&#233;volution. Dans les conditions d'effondrement et de d&#233;composition des organisations de masse traditionnelles, le centrisme constitue dans bien des cas un stade transitoire in&#233;vitable, m&#234;me pour les groupes ouvriers progressistes. Les marxistes doivent savoir se rapprocher de toutes les tendances de ce type, pour acc&#233;l&#233;rer par leur exemple et leur propagande leur passage sur la voie r&#233;volutionnaire. La condition du succ&#232;s est une critique impitoyable de la direction centriste, la d&#233;nonciation des tentatives de recr&#233;er l'Internationale 2 &#189;, et l'explication inlassable du fait que les t&#226;ches r&#233;volutionnaires de notre &#233;poque condamnent d'avance &#224; une faillite ignominieuse les unifications hybrides et informes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre de l'&#171; unit&#233; &#187; de toutes les organisations ouvri&#232;res, ind&#233;pendamment de leur programme et de leur tactique, est actuellement propag&#233; avec z&#232;le par tous les centristes et habilement exploit&#233; par les r&#233;formistes perspicaces qui craignent &#224; juste titre d'&#234;tre jet&#233;s par&#8209;dessus bord. Les centristes substituent souvent l'id&#233;e de la fusion des deux vieilles Internationales &#224; celle de la nouvelle Internationale. En r&#233;alit&#233;, l'unit&#233; avec les r&#233;formistes et les social&#8209;patriotes de l'esp&#232;ce social&#8209;d&#233;mocrate ou stalinienne signifie, en derni&#232;re analyse, l'unit&#233; avec la bourgeoisie nationale et, par cons&#233;quent, la scission in&#233;vitable du prol&#233;tariat, tant sur le plan national qu'international, particuli&#232;rement dans l'&#233;ventualit&#233; d'une guerre. L'unit&#233; v&#233;ritable de l'internationale et de ses sections nationales ne peut &#234;tre assur&#233;e que sur des bases r&#233;volutionnaires marxistes, lesquelles, &#224; leur tour, ne sauraient &#234;tre cr&#233;&#233;es que par une rupture avec les social&#8209;patriotes. Faire le silence sur les conditions de principe et sur les garanties de l'unit&#233; prol&#233;tarienne, c'est succomber aux illusions, largement r&#233;pandues, c'est duper les travailleurs et pr&#233;parer de nouvelles catastrophes.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La nouvelle &#233;poque exige une nouvelle Internationale]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position humiliante et d&#233;sesp&#233;r&#233;e des vieilles Internationales est suffisamment caract&#233;ris&#233;e par le fait que le pr&#233;sident de l'une est devenu l'humble ministre de Sa Majest&#233; [16], tandis que le v&#233;ritable ma&#238;tre de l'autre se sert de l'organisation prol&#233;tarienne mondiale comme menue monnaie dans ses transactions diplomatiques [17]. Quelles que soient les man&#339;uvres d'unification que pourront entreprendre ces deux bureaucraties &#233;galement d&#233;prav&#233;es, ce ne sont pas elles qui cr&#233;eront l'unit&#233; du prol&#233;tariat et ce ne sont pas elles qui indiqueront l'issue. Les efforts des centristes pour concilier l'inconciliable et pour sauver, en recollant les morceaux, ce qui est vou&#233; &#224; la destruction sont condamn&#233;s d'avance. La nouvelle &#233;poque exige une nouvelle Internationale. La premi&#232;re condition du succ&#232;s dans cette voie, c'est la consolidation, sur le plan national et international, des authentiques r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens, des disciples de Marx et de L&#233;nine, sur un programme commun et sous un drapeau commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait fatal de prescrire pour tous les pays un itin&#233;raire unique. En fonction des conditions nationales, du degr&#233; de d&#233;composition des vieilles organisations ouvri&#232;res et, finalement, de l'&#233;tat de leurs propres forces &#224; un moment donn&#233;, les marxistes (les socialistes r&#233;volutionnaires, les internationalistes, les bolcheviks-l&#233;ninistes) peuvent appara&#238;tre tant&#244;t en tant qu'organisation ind&#233;pendante, tant&#244;t en tant que fraction &#224; l'int&#233;rieur d'un des vieux partis ou syndicats. Bien entendu, partout, ce travail de fraction ne constitue jamais qu'une &#233;tape vers la cr&#233;ation de nouveaux partis de la IV&#176; Internationale, partis qui peuvent na&#238;tre, soit du regroupement d'&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires des vieilles organisations, soit de l'action de formations ind&#233;pendantes. Mais, sur quelque ar&#232;ne que ce soit, et quelles que soient leurs m&#233;thodes de fonctionnement, ils sont tenus de se pr&#233;senter au nom de principes fermes et de mots d'ordre r&#233;volutionnaires clairs. Ils ne jouent pas &#224; cache&#8209;cache avec la classe ouvri&#232;re ; ils ne dissimulent pas leurs objectifs ; ils ne substituent pas la diplomatie et les combinaisons &#224; la lutte principielle. Toujours, et dans toutes les conditions, les marxistes expriment ouvertement ce qui est.&lt;br class='autobr' /&gt;
[Seule la r&#233;volution peut emp&#234;cher la guerre]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger de guerre, qui est une question de vie ou de mort pour les masses populaires, constitue l'&#233;preuve supr&#234;me pour tous les groupes et tendances au sein de la classe ouvri&#232;re. La &#171; lutte pour la paix &#187;, la &#171; lutte contre la guerre &#187;, &#171; guerre &#224; la guerre &#187; et autres mots d'ordre ne sont que des phrases creuses et mensong&#232;res, s'ils ne s'accompagnent pas de la propagande et de l'application de m&#233;thodes r&#233;volutionnaires de lutte. L'unique moyen de mettre un terme &#224; la guerre, c'est de renverser la bourgeoisie. L'unique moyen de renverser la bourgeoisie, c'est l'insurrection arm&#233;e. Contre le mensonge r&#233;actionnaire de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, il faut lancer le mot d'ordre de la destruction r&#233;volutionnaire de l'Etat national. A la maison de fous de l'Europe capitaliste, il faut opposer le programme des Etats&#8209;Unis socialistes d'Europe comme &#233;tape vers les Etats&#8209;Unis du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes rejettent cat&#233;goriquement les mots d'ordre pacifistes de &#171; d&#233;sarmement &#187;, d'&#171; arbitrage &#187; et d'&#171; amiti&#233; entre les peuples &#187; (c'est&#8209;&#224;&#8209;dire entre les gouvernements capitalistes), etc., comme un opium pour les masses populaires. Les combinaisons entre les organisations ouvri&#232;res et les pacifistes petits-bourgeois (les comit&#233;s Amsterdam&#8209;Pleyel [18] et autres entreprises semblables) rendent les plus grands services &#224; l'imp&#233;rialisme en d&#233;tournant l'attention de la classe ouvri&#232;re de la r&#233;alit&#233;, avec l'&#226;pret&#233; de ses combats, pour la tourner au contraire vers des parades impuissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre la guerre et l'imp&#233;rialisme ne peut &#234;tre l'affaire de quelconques &#171; comit&#233;s &#187; sp&#233;ciaux [19]. La lutte contre la guerre, c'est la pr&#233;paration &#224; la r&#233;volution, c'est&#8209;&#224;&#8209;dire l'affaire des partis de la classe ouvri&#232;re et de l'Internationale. Les marxistes proposent cette t&#226;che grandiose &#224; l'avant&#8209;garde prol&#233;tarienne, sans aucun d&#233;tour. Au mot d'ordre d&#233;bilitant du &#171; d&#233;sarmement &#187;, ils opposent celui de la conqu&#234;te de l'arm&#233;e et de l'armement des ouvriers. C'est pr&#233;cis&#233;ment par l&#224; que passe l'une des plus importantes des lignes de clivage entre le marxisme et le centrisme. Celui qui n'ose pas &#233;noncer &#224; voix haute les t&#226;ches r&#233;volutionnaires, celui&#8209;l&#224; n'aura jamais le courage de les r&#233;soudre.&lt;br class='autobr' /&gt;
[La IV&#176; Internationale se dresse sur les &#233;paules de ses devanci&#232;res]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ann&#233;e et demie qui s'est &#233;coul&#233;e depuis la publication du premier programme de la IV&#176; Internationale [20], la lutte pour ses principes et ses id&#233;es n'a pas cess&#233; un seul jour ; les sections et groupes r&#233;volutionnaires nationaux ont augment&#233; en nombre ; quelques&#8209;uns ont &#233;largi leurs effectifs et leur influence ; d'autres sont parvenus &#224; une homog&#233;n&#233;it&#233; et une coh&#233;sion plus grandes ; des organisations du m&#234;me pays se sont unifi&#233;es (Hollande, Etats-Unis) ; plusieurs documents programmatiques et tactiques ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s. Tout ce travail s'effectuera sans doute mieux encore quand il sera reli&#233; et unifi&#233; &#224; l'&#233;chelle mondiale sous le drapeau de la IV&#176; Internationale. Le danger de la guerre qui vient ne permet pas de reporter ces t&#226;ches d'un seul jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut b&#226;tir les nouveaux partis et la nouvelle Internationale sur une base nouvelle : telle est la cl&#233; qui permet de r&#233;soudre l'ensemble des autres t&#226;ches. Le rythme et les d&#233;lais de cette nouvelle construction r&#233;volutionnaire d&#233;pendent de toute &#233;vidence du cours g&#233;n&#233;ral de la lutte des classes, des victoires et d&#233;faites &#224; venir du prol&#233;tariat. Les marxistes, cependant, ne sont pas fatalistes. Ils ne se d&#233;chargent pas sur le &#171; processus historique &#187; des t&#226;ches que le processus historique leur a pr&#233;cis&#233;ment impos&#233;es. L'initiative d'une minorit&#233; consciente, un programme scientifique, l'agitation courageuse et inlassable au nom d'objectifs clairement formul&#233;s, l'impitoyable critique de toute ambigu&#239;t&#233; &#8209; ce sont l&#224; quelques-uns des facteurs les plus importants pour la victoire du prol&#233;tariat. Sans un parti r&#233;volutionnaire soud&#233; et aguerri une r&#233;volution socialiste est inconcevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions sont difficiles, les obstacles sont grands, les t&#226;ches sont colossales, mais il n'y a aucune raison d'&#234;tre pessismiste ni de perdre courage. Malgr&#233; toutes les d&#233;faites du prol&#233;tariat, la situation de l'ennemi de classe reste sans espoir. Le capitalisme est condamn&#233;. C'est seulement dans la r&#233;volution socialiste que r&#233;side le salut de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La succession m&#234;me des Internationales a sa propre logique interne qui co&#239;ncide avec la mont&#233;e historique du prol&#233;tariat. La I&#176; Internationale a mis en avant le programme scientifique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais elle a &#233;t&#233; victime de son manque de base de masse. La Il&#176; Internationale a sorti des t&#233;n&#232;bres, &#233;duqu&#233; et mobilis&#233; des millions d'ouvriers, mais, &#224; l'heure d&#233;cisive, elle a &#233;t&#233; trahie par la bureaucratie parlementaire et syndicale, corrompue par le capitalisme prosp&#232;re. La III&#176; Internationale a donn&#233; pour la premi&#232;re fois l'exemple d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse, mais elle a &#233;t&#233; broy&#233;e entre les meules de la bureaucratie de l'Etat sovi&#233;tique isol&#233; et de la bureaucratie r&#233;formiste d'Occident. Aujourd'hui, dans les conditions de l'effondrement d&#233;finitif du capitalisme, la IV&#176; Internationale, dress&#233;e sur les &#233;paules de ses devanci&#232;res, enrichie par l'exp&#233;rience de leurs victoires et de leurs d&#233;faites, mobilisera les travailleurs de l'Occident et de l'Orient pour l'assaut d&#233;finitif contre les bastions du capitalisme mondial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires de tous les pays, unissez&#8209;vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revolutionair Socialistische Arbeiders Partij(R.S.A.P.) : P. J. Schmidt, H. Sneevliet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers Party of the United States (W.P.U.S.) : A.J. Muste, James P. Cannon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secr&#233;tariat international de la Ligue communiste internationale (bolcheviks&#8209;l&#233;ninistes) : Crux, Dubois, Martin [21].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Groupe bolchevik&#8209;l&#233;niniste de la S.F.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Workers Party of Canada(W.P.C.) : J. MacDonald, M. Spector [22].]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous joignons en annexe la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; sur les principes fondamentaux de la IV&#176; Internationale [23]. Pas une ligne de cette d&#233;claration n'a vieilli. La pr&#233;sente lettre n'est qu'une reformulation de la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; &#224; la lumi&#232;re des dix&#8209;huit mois &#233;coul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous appelons tous les partis, les organisations, les fractions, dans les vieux partis comme dans les syndicats, toutes les associations et groupes ouvriers r&#233;volutionnaires qui sont d'accord avec nous sur les principes fondamentaux et sur la gr &#171; aride t&#226;che que nous avons &#233;nonc&#233;e &#8209; la pr&#233;paration et la construction de la IV&#176; Internationale &#8209; &#224; nous adresser leurs signatures pour cette &#171; Lettre ouverte &#187;, leurs propositions et critiques. Des camarades isol&#233;s qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ont pas &#233;t&#233; li&#233;s &#224; notre travail, pour&#173;ront, s'ils d&#233;sirent s&#233;rieusement rejoindre nos rangs communs, entrer en contact avec nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations qui ont pris cette initiative et sont les signataires de la &#171; Lettre ouverte &#187; ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un Comit&#233; provisoire de contact entre partis et groupes qui sont sur la position de la IV&#176; Internationale. Le comit&#233; provisoire a re&#231;u mission de publier un bulletin d'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'avenir, le comit&#233; devra assurer l'&#233;laboration r&#233;guli&#232;re et collective des documents programmatiques et tactiques fondamentaux de la IV&#176; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la pr&#233;paration d'une conf&#233;rence internationale sera tranch&#233;e en fonction des r&#233;ponses re&#231;ues et du cours g&#233;n&#233;ral du travail pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187; pour la IV&#176; Internationale, cf. &#338;uvres 2, juillet&#8209;octobre 1933, pp. 130&#8209;135.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] C'&#233;tait &#224; la suite d'une s&#233;rie de mesures antid&#233;mocratiques accompagn&#233;es de provocations directes que les milices ouvri&#232;res du Schutzbund avaient finalement d&#233;cid&#233; de r&#233;pondre les armes &#224; la main aux entreprises du gouvernement du chancelier Dollfuss en f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le parti socialiste ouvrier espagnol avait, depuis plusieurs mois, annonc&#233; son intention de r&#233;sister les armes &#224; la main au cas o&#249; les repr&#233;sentants de la droite, la C.E.D.A., entreraient dans le gouvernement espagnol. Il avait pris quelques mesures en ce sens, constitution de ses propres milices et stockage d'armes. Le 2 octobre 1934, sa direction, par l'interm&#233;diaire de ses repr&#233;sentants &#224; l'Alliance ouvri&#232;re de Madrid, avait fait conna&#238;tre sa d&#233;cision de passer &#224; l'insurrection si la droite entrait au gouvernement. Ce fut chose faite le 4 octobre, et le parti socialiste se contenta de lancer le mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la r&#233;pression &#233;touffant dans l'&#339;uf &#8209; sauf aux Asturies &#8209; toute vell&#233;it&#233; insurrectionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Le dirigeant du P.O.B. et de son aile droite, pr&#233;sident de l'Internationale ouvri&#232;re socialiste, Emile Vandervelde, &#233;tait devenu ministre sans portefeuille dans le gouvernement d'&#171; union nationale &#187; que pr&#233;sidait le leader catholique Paul Van Zeeland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le leader socialiste Hendrik De Man accepta d'entrer avec le portefeuille des travaux publics dans le gouvernement Van Zeeland qui avait pourtant express&#233;ment rejet&#233; son &#171; plan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ancien leader de l'opposition de gauche dans le P.O.B. et directeur de l'hebdomadaire Action socialiste, Paul&#8209;Henri Spaak, qui avait rencontr&#233; Trotsky et correspondu avec lui, avait &#233;galement accept&#233; la d&#233;cision de son parti de se rallier &#224; l'union nationale et en avait &#233;t&#233; r&#233;compens&#233; par le poste de ministre du travail dans le gouvernement Van Zeeland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Les succ&#232;s remport&#233;s par les candidats du Labour Party aux &#233;lections municipales en novembre de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente faisaient pronostiquer un succ&#232;s aux &#233;lections l&#233;gislatives pr&#233;vues pour novembre 1935 : le Labour Party y gagna en effet pr&#232;s de trois millions de voix, triplant le nombre de ses &#233;lus, mais ne remporta pas la majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Le mouvement de syndicalisation de masse qui caract&#233;rise l'histoire sociale des Etats&#8209;Unis dans cette p&#233;riode prit effectivement appui sur la section 7 a) du National Industrial Recovery Act, laquelle reconnaissait formellement aux ouvriers le droit de s'organiser, de n&#233;gocier des contrats collectifs, de d&#233;signer leurs propres repr&#233;sentants hors de toute ing&#233;rence ou pression patronale, sonnant ainsi le glas des &#171; syndicats maison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Le mouvement d'organisation syndicale des travailleurs am&#233;ricains se heurtait alors directement au sabotage de la bureaucratie syndicale de la centrale American Federation of Labor (A.F.L.) qui se cramponnait au principe du &#171; syndicalisme de m&#233;tier &#187; r&#233;servant la syndicalisation aux seuls ouvriers qualifi&#233;s. C'est ainsi que William Green, pr&#233;sident de l'A.F.L., avait fait tout son possible d'abord pour emp&#234;cher la constitution d'un syndicat des travailleurs de l'automobile, puis, quand il e&#251;t &#233;chou&#233;, pour le maintenir sous le contr&#244;le direct de l'ex&#233;cutif de l'A.F.L. Au moment o&#249; &#233;tait r&#233;dig&#233;e la &#171; Lettre ouverte &#187;, le fait nouveau &#233;tait qu'une fraction de la bureaucratie syndicale &#8209; group&#233;e autour du dirigeant syndical des mineurs (U.M.W.), John L. Lewis &#8209;, comprenant qu'il fallait prendre la t&#234;te du mouvement de syndicalisation de masse sous peine d'&#234;tre balay&#233;e prenait les initiatives qui allaient aboutir &#224; la fondation du C.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Allusion &#224; la d&#233;claration de Litvinov, le 16 novembre 1933, connue sous le titre de &#171; pledge on propaganda &#187;, dans laquelle le gouvernement sovi&#233;tique s'engageait, non seulement &#224; ne pas s'ing&#233;rer dans &#171; les affaires int&#233;rieures des Etats&#8209;Unis &#187;, mais &#224; ne pas tol&#233;rer sur son propre territoire l'activit&#233; d'organisations ou groupes ayant pour objectif &#171; un changement de l'ordre social ou politique aux Etats&#8209;Unis &#187; (New York Times, 18 novembre 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En 1924, le Workers Party des Etats&#8209;Unis (nom l&#233;gal du P.C.) avait fond&#233; un &#171; parti ouvrier et paysan &#187;, Farmer&#8209;Labor Party, qui avait un programme populiste, avec quelques personnalit&#233;s qui souhaitaient l'engager dans la campagne pr&#233;sidentielle du s&#233;nateur La Follette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] La gr&#232;ve de Toledo , &#224; l'usine Auto&#8209;Lite, avait &#233;t&#233; lanc&#233;e le 13 avril 1934 par un local A.F.L. r&#233;cemment fond&#233; ; les gr&#233;vistes firent appel au soutien de la Ligue des ch&#244;meurs anim&#233;e par les militants locaux de l'A.W.P. de Muste. Le conflit, marqu&#233; par l'organisation de piquets de gr&#232;ve massifs et des manifestations monstres, s'acheva le 4 juin par une capitulation de la compagnie. A Minneapolis, trois gr&#232;ves successives, magnifiquement organis&#233;es par le Local 574 de l'A.F.L. et surtout le noyau de militants de la C.L.A. qui y d&#233;tenaient des responsabilit&#233;s, les fr&#232;res DUNNE, Vincent R. (1899&#8209;1970), Miles (1896&#8209;1958), Grant (1894&#8209;1941), Carl SKOGLUND (1884&#8209;196 1) et Farrell DOBBS (n&#233; en 1907), aboutirent &#233;galement &#224; une &#233;clatante victoire sur le patronat local et les autorit&#233;s qui le soutenaient, concr&#233;tis&#233;e par l'accord sign&#233; le 22 ao&#251;t. Enfin, &#224; San Francisco, la gr&#232;ve des 25 000 dockers qu'animait Harry Bridges, li&#233; au parti communiste, l'avait emport&#233; au bout de onze semaines, moins par ses r&#233;sultats imm&#233;diats que par la puissance du mouvement d'organisation qu'elle avait suscit&#233;e. Dans son ouvrage sur l'histoire du C.I.O., Labor Giant Step, Art PREIS (1911-&#173;1964), l'un des organisateurs de Toledo, a consacr&#233; un chapitre &#224; ces &#171; trois gr&#232;ves qui pavaient la voie &#187;. Farrell Dobbs a consacr&#233; &#224; la gr&#232;ve de Minneapolis le premier de ses ouvrages de souvenirs, Teamster Rebellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Rappelons qu'en janvier 1935 472 000 Sarrois avaient vot&#233; pour le rattachement au Reich, auquel 48 000 seulement s'&#233;taient oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Nouvelle allusion &#224; la d&#233;claration commune de Staline et Laval du 15 mai pr&#233;c&#233;dent, o&#249; Staline avait approuv&#233; la politique de &#171; d&#233;fense nationale &#187; du gouvernement fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] La d&#233;claration de Staline sur la &#171; d&#233;fense nationale &#187; avait &#233;t&#233; lue par Laval. Le P.C. avait aussit&#244;t pris ce tournant, qui signifiait pour lui l'abandon de sa traditionnelle politique d'opposition &#224; la &#171; d&#233;fense nationale &#187;, et proclama que Staline avait raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Allusion &#224; Vandervelde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Nouvelle allusion &#224; Staline, qui avait autoris&#233; Litvinov &#224; faire la d&#233;claration mentionn&#233;e ci-dessus, et confi&#233; &#224; Laval le soin de lire la d&#233;claration mentionn&#233;e sur sa reconnaissance de la &#171; d&#233;fense nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Les comit&#233;s &#171; Amsterdam&#8209;Pleyel &#187; avaient &#233;t&#233; form&#233;s apr&#232;s les congr&#232;s mondiaux &#171; pour la paix &#187; (Amsterdam, 1932) et &#171; contre le fascisme &#187; (Pleyel, 1933), tous deux organis&#233;s par l'I.C. avec le concours de personnalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Allusion au comit&#233; ad hoc constitu&#233; par la conf&#233;rence de II.A.G. en f&#233;vrier 1935.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Rappelons que Crux &#233;tait le pseudonyme de Trotsky, Dubois celui de Ruth Fischer, et Martin celui d'Alfonso Leonetti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Jack MAcDONALD (1888&#8209;1941), &#233;cossais &#233;migr&#233; au Canada en 1912, m&#233;tallurgiste, &#233;tait dirigeant de l'I.L.P. d'Ontario quand il fut gagn&#233; au communisme par Spector en 1921. Il fut secr&#233;taire du Workers Party (organisation &#171; l&#233;gale &#187; du P.C. clandestin), puis du P.C. du Canada, jusqu'en 1929 date &#224; laquelle il fut &#233;cart&#233; de la direction comme &#171; droitier &#187;. Exclu en 1930, il rejoignit l'Opposition de gauche et fut l'un des fondateurs du Workers Party of Canada. Maurice SPECTOR (1898&#8209;1968) &#233;tait n&#233; en Russie, et avait &#233;migr&#233;, encore enfant, au Canada. Il y gagna MacDonald au communisme et fut, &#224; 24 ans, pr&#233;sident du parti. En 1928, il &#233;tait membre de l'ex&#233;cutif de l'I.C. quand il fut gagn&#233;, en m&#234;me temps que Cannon, aux id&#233;es de l'Opposition de gauche russe. Exclu du P.C. du Canada en novembre 1928, il milita ensuite au sein de la C.L.A., puis du Workers Party of Canada. La signature du G.B.L. et celle du W.P.C. ne figurent pas dans le texte publi&#233; dans le Biulleten russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Allusion &#224; la &#171; d&#233;claration des quatre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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