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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine</title>
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		<dc:date>2026-04-16T22:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Menace r&#233;volutionnaire au Japon avec la d&#233;faite de son imp&#233;rialisme (1945-1946) et sa r&#233;ponse par la contre-r&#233;volution anglo-am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-Major et l'empire japonais n'ont pas capitul&#233; sans condition &#224; cause des bombardements am&#233;ricains ni de la bombe atomique mais parce que la d&#233;faite militaire entrainait des risques r&#233;volutionnaires prol&#233;tairens bien plus dangereux que l'occupation anglo-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brusques assauts du mouvement ouvrier au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e 1946, un vaste courant pour un front unifi&#233; se d&#233;veloppa visant &#224; la formation d'un Front d&#233;mocratique populaire (Minshu jinmin sensen) ; la direction de ce mouvement &#233;tait entre les mains du Parti socialiste dont les cadres de droite y firent obstacle et en emp&#234;ch&#232;rent finalement la r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai 1946 vit la c&#233;l&#233;bration de la f&#234;te du Travail, ressuscit&#233;e apr&#232;s dix ans d'interdiction ; c'&#233;tait la dix-septi&#232;me au Japon et elle se d&#233;roula sur une &#233;chelle incomparablement plus impressionnante que celles de l'avant-guerre. On estima &#224; 500 000 le nombre des participants qui d&#233;fil&#232;rent &#224; T&#333;ky&#333; sur la place du Palais imp&#233;rial et &#224; 2 000 000 le chiffre total des manifestants dans tout le pays. Le 19 mai suivant eut lieu ce que l'on a appel&#233; le &#171; Premier Mai alimentaire &#187; (Shokury&#333; m&#275; d&#275;) qui, mobilisant une foule de 3 000 000 de personnes r&#233;unies sur la place du Palais imp&#233;rial, &#233;tait une manifestation organis&#233;e pour exiger du gouvernement et des forces d'occupation une solution &#224; la crise de l'alimentation. Les manifestants lanc&#232;rent &#233;galement des slogans politiques tels : &#171; A bas le gouvernement r&#233;actionnaire, pour l'&#233;tablissement d'un gouvernement d&#233;mocratique du peuple. &#187; La r&#233;action des forces d'occupation ne se fit pas attendre ; ayant proclam&#233; : &#171; Nous n'accueillerons pas le communisme &#187; et : &#171; Nous ne tol&#233;rons pas les manifestations populaires devant se d&#233;rouler dans la violence &#187; le quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e d'occupation se manifesta comme force r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie sp&#233;cifique suivie dans la premi&#232;re p&#233;riode de l'apr&#232;s-guerre fut la &#171; lutte pour le contr&#244;le de la production &#187; par les ouvriers. Il s'agissait en fait de s'opposer au &#171; sabotage de la production &#187; par les capitalistes cherchant &#224; mettre l'inflation &#224; profit pour r&#233;&#233;valuer les stocks de mat&#233;riel ; c'&#233;tait donc une lutte pour imposer la participation des syndicats ouvriers dans le contr&#244;le des affaires et r&#233;clamant, &#224; travail &#233;gal, des augmentations de salaires ,et la d&#233;mocratisation de la gestion des entreprises. Des combats de ce genre &#233;clat&#232;rent dans tout le Japon dans divers secteurs d'activit&#233; comme la presse, les chemins de fer, la sid&#233;rurgie, l'industrie m&#233;canique, les mines, les collectivit&#233;s locales autonomes et la production cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe capitaliste, craignant que cette strat&#233;gie ne d&#233;bouche sur un mouvement r&#233;volutionnaire d'occupation des usines, protesta contre l'atteinte aux droits de propri&#233;t&#233; et d'exploitation, riposta au moyen des interventions gouvernementales et de la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1946, en r&#233;ponse &#224; un plan de licenciement de 75 000 employ&#233;s des chemins de fer nationaux, les syndicats proclam&#232;rent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui fut un succ&#232;s puisque ce plan fut abandonn&#233;. Et la gr&#232;ve de onze jours du Syndicat des marins se termina de m&#234;me mani&#232;re par le retrait du plan de licenciement de 43 000 travailleurs, annonc&#233; par les patrons, et la garantie du plein emploi. Ces conflits avaient &#233;t&#233; soutenus par le Comit&#233; des luttes communes (Ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont le noyau &#233;tait le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi). En automne 1946, le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) lan&#231;a une campagne offensive pour contrecarrer l'application des plans &#233;labor&#233;s par le gouvernement et les capitalistes de licenciements g&#233;n&#233;raux et de blocage des salaires, pr&#233;vus au nom de la &#171; rationalisation &#187; ; ces luttes se d&#233;roul&#232;rent principalement au sein des entreprises priv&#233;es, sur une base de regroupement des conflits par industrie. Malgr&#233; les entraves mises par les forces d'occupation am&#233;ricaines, cette &#171; lutte d'octobre du Sambetsu &#187; &#224; laquelle particip&#232;rent quelque 320 000 ouvriers, conduisit au doublement du niveau des salaires et &#224; la conqu&#234;te spectaculaire des droits des travailleurs et &#224; la reconnaissance des syndicats ouvriers. Les employ&#233;s de l'industrie &#233;lectrique y collabor&#232;rent de leur c&#244;t&#233; par la mise au point d'un plan de gr&#232;ve dans le secteur &#233;lectrique. Ensuite, ce fut le tour des travailleurs de la fonction publique qui se mirent en gr&#232;ve pour l'augmentation de leurs salaires et la r&#233;organisation d&#233;mocratique d'une bureaucratie h&#233;rit&#233;e du syst&#232;me imp&#233;rial d'avant-guerre. C'est ainsi que les employ&#233;s de tous les services publics, de l'enseignement aux chemins de fer nationaux et aux postes et t&#233;l&#233;communications, mirent sur pied le Comit&#233; pour une lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique (Zen kank&#333;ch&#333; ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai ou Zenkank&#333;ch&#333; ky&#333;t&#333;) charg&#233; de harceler le gouvernement par des campagnes conjointes ; ce comit&#233; regroupait 2 600 000 membres ; finalement, sur l'initiative du Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu), les syndicats des entreprises priv&#233;es se joignirent aux combats des fonctionnaires et organis&#232;rent le Comit&#233; national de lutte commune des syndicats ouvriers ou Zento (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai ky&#333;d&#333; t&#333;s&#333; iinkai) dont les effectifs comptaient 54 formations avec 4 000 000 d'adh&#233;rents (selon d'autres statistiques ce Comit&#233; regroupait jusqu'&#224; 6 000 000 de membres). Le gouvernement s'opposa fermement aux revendications salariales, ce qui provoqua un pr&#233;avis de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le renversement du cabinet de YOSHIDA Shigeru et l'&#233;tablissement d'un gouvernement populaire d&#233;mocratique. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui devait &#234;tre d&#233;clench&#233;e le 1er f&#233;vrier 1947 fut interdite la veille m&#234;me, le 31 janvier dans l'apr&#232;s-midi, par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur, commandant en chef des Forces d'occupation du Japon ; son d&#233;cret d'interdiction du mouvement fut retransmis &#224; la radio par II Yashir&#333;, le pr&#233;sident du Comit&#233; de lutte commune des fonctionnaires de l'administration publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1er f&#233;vrier fut avort&#233;e ; cependant, les conditions de travail des employ&#233;s des administrations publiques furent consid&#233;rablement am&#233;lior&#233;es : les salaires furent presque doubl&#233;s et chaque syndicat obtint des conventions collectives, ce qui se propagea jusque dans le secteur priv&#233;. De plus, cette lutte conjointe de grande envergure fut le point de d&#233;part d'une progression rapide du mouvement pour l'unification du front ouvrier. Tous les syndicats d'industrie se r&#233;unirent au niveau national et, en mars 1947, fut mis sur pied le Conseil national de liaison des syndicats ouvriers ou Zenr&#333;ren (Zenkoku r&#333;d&#333; kumiai reuraku ky&#333;gikai) qui regroupait 84 % des ouvriers syndiqu&#233;s soit 4 460 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil (Zenr&#333;ren) n'&#233;tait certes qu'un organisme consultatif de liaison organis&#233; selon le syst&#232;me souple d'adh&#233;sion en bloc des groupements affili&#233;s, mais il fut important dans la mesure o&#249; le Congr&#232;s des syndicats d'industrie (Sambetsu kaigi) comme la F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale des syndicats ouvriers (S&#333;d&#333;mei) y adh&#233;r&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article236708&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article236708&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tokyo - 9 et 10 mars 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4327&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiroshima et Nagasaki en ao&#251;t 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation militaire du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Occupation_du_Japon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON EN 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon sous la tutelle am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/le-japon-sous-la-tutelle-americaine-185080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain contre la menace prol&#233;tarienne au Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les pays vaincus, le Japon a &#233;t&#233; frapp&#233; de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Apr&#232;s le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c'est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n'est justifi&#233; par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 ao&#251;t 1945, alors qu'en juillet 1945, l'Etat japonais a d&#233;j&#224; propos&#233; sa reddition. Mais les Alli&#233;s ne se voient pas imm&#233;diatement prendre la direction d'un Japon o&#249; s'est effondr&#233;e toute confiance dans les classes dirigeantes, o&#249; les sacrifices ont &#233;t&#233; &#233;normes et les exigences sociales vont l'&#234;tre d'autant plus que gouverne un r&#233;gime semi f&#233;odal. Avec l'Allemagne, le Japon est m&#234;me l'un des pays o&#249; les alli&#233;s craignent le plus l'apparition d'un mouvement ouvrier et r&#233;volutionnaire. Avant m&#234;me que la d&#233;faite soit annonc&#233;e le discr&#233;dit du r&#233;gime parmi les travailleurs &#233;tait consid&#233;rable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la &#171; grande Asie &#187; qui allait dominer le monde et des sacrifices &#233;normes impos&#233;s par la dictature f&#233;roce. Cela s'est traduit par une premi&#232;re vague de gr&#232;ve qui a amen&#233; les Am&#233;ricains &#224; craindre &#233;norm&#233;ment ce que serait l'apr&#232;s guerre dans ce pays. C'est cela leur principale pr&#233;occupation lorsqu'il devient &#233;vident que le Japon va capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1945, le r&#233;gime japonais est vaincu et demande l'armistice, mais les dirigeants alli&#233;s refusent de d&#233;signer des pl&#233;nipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorit&#233;s, c'est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particuli&#232;rement de la classe ouvri&#232;re. Elle a subi de tr&#232;s durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues ann&#233;es et peut brutalement se r&#233;veiller en voyant que d&#233;sormais la classe dirigeante est battue et discr&#233;dit&#233;e. Il faut que cette d&#233;faite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-m&#234;me &#233;cras&#233;e. C'est le but des bombardements massifs. C'est &#224; ce moment qu'ils lancent les deux bombes atomiques &#224; Hiroshima et Nagasaki. L'objectif n'est pas militaire. Il ne s'agit pas de faire c&#233;der le Japon, d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; capituler. Il s'agit de terroriser encore plus la population pour &#233;viter que la d&#233;faite n'entra&#238;ne des mouvements r&#233;volutionnaires du fait du discr&#233;dit du pouvoir. La bombe atomique n'aura pas plus d'effet meurtrier que le bombardement qu'ils pratiquent d&#233;j&#224; sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo re&#231;oit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est ras&#233; et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kob&#233; et des dizaines d'autres. Ce qui est vis&#233; syst&#233;matiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts &#224; Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et ann&#233;es qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherch&#233; plus que l'efficacit&#233; c'est le choc sur les populations et la d&#233;monstration de supr&#233;matie. Au Japon c'est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela appara&#238;t comme une justification : le Japon doit c&#233;der devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En r&#233;alit&#233;, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l'effet sera &#233;galement important au del&#224; sur les peuples d'Asie qui menacent de se r&#233;volter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de bless&#233;s. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d'habitants en 1940 n'en comptait plus que 2 700 000 et l'essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L'arm&#233;e am&#233;ricaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n'avoir aucun risque d'une classe ouvri&#232;re en r&#233;volte devant elle. Il n'y avait plus qu'un pays en ruine dans une situation de mis&#232;re inimaginable avec une domination &#233;trang&#232;re et un gouvernement militaire am&#233;ricain dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur. Dans &#171; Mac Arthur, un C&#233;sar am&#233;ricain &#187;, William Menchester relate que les villes du Japon &#171; n'&#233;taient plus qu'une d&#233;charge de ferraille&#8230; Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de t&#233;l&#233;phone, pas de train, pas d'usine d'&#233;lectricit&#233;&#8230; Hiroshima et Nagasaki &#233;taient r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de caillou vitrifi&#233; ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n'allaient gu&#232;re mieux. A l'exception de quelques maisons &#224; l'&#233;preuve du feu et des tremblements de terre, tout &#233;tait r&#233;duit en cendres et en escarbilles. L&#224; se r&#233;fugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Howard Zinn rapporte dans &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; : &#171; Faisait-on r&#233;ellement la guerre pour d&#233;montrer que Hitler se trompait quant &#224; la sup&#233;riorit&#233; de la race aryenne ? (&#8230;) Un des aspects de la politique am&#233;ricaine semblait s'inspirer directement du fascisme. Il s'agit du sort r&#233;serv&#233; aux Am&#233;ricains d'origine japonaise de la c&#244;te Ouest. Apr&#232;s l'attaque de Pearl Harbour, une hyst&#233;rie anti-japonaise &#233;clata au sein du gouvernement. Un membre du Congr&#232;s d&#233;clara m&#234;me : &#171; Je suis pour que l'on se saisisse de tous les Japonais en Am&#233;rique, de l'Alaska &#224; Hawa&#239;, et qu'on les mette dans des camps de concentration. (&#8230;) Qu'on s'en d&#233;barrasse ! &#187; (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expuls&#233;s, regroup&#233;s dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gard&#233;s dans des conditions de captivit&#233;. Les trois quarts d'entre eux &#233;taient (&#8230;) citoyens am&#233;ricains. (&#8230;) La grande majorit&#233; des Am&#233;ricains se trouvait mobilis&#233;e, dans l'arm&#233;e comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (&#8230;) La haine de l'ennemi, et en particulier des Japonais, &#233;tait largement partag&#233;e. Le racisme s'&#233;panouissait. Le magazine &#171; Times &#187;, rendant compte de la bataille d'Iwo Jima &#233;crivit : &#171; Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-&#234;tre est-il humain. En tout cas, rien ne l'indique. &#187; Il y eut donc bien un large soutien &#224; ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d'une guerre : les attaques a&#233;riennes sur les villes allemandes et japonaises. (&#8230;) L'apog&#233;e de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, d&#233;but 1945. Au cours de cette op&#233;ration, l'extraordinaire chaleur d&#233;gag&#233;e par les bombes provoqua des incendies qui ravag&#232;rent la ville. Plus de cent mille personnes p&#233;rirent &#224; Dresde. (&#8230;) Le pilonnage des villes japonaises correspondait &#233;galement &#224; cette strat&#233;gie destin&#233;e &#224; d&#233;truire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 ao&#251;t 1945, apparut dans le ciel d'Hiroshima un unique avion am&#233;ricain qui l&#226;cha la premi&#232;re bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d'autres victimes qui allaient mourir lentement de l'effet d&#233;vastateur des radiations. (&#8230;) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique &#233;tait l&#226;ch&#233;e sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes suppl&#233;mentaires. Ces actes atroces furent justifi&#233;s par la n&#233;cessit&#233; d'acc&#233;l&#233;rer la fin de la guerre et d'&#233;viter d'envahir le Japon. (&#8230;) En ao&#251;t 1945, le Japon &#233;tait d&#233;j&#224; dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e et pr&#234;t &#224; se rendre. (&#8230;) Les cent mille morts d'Hiroshima &#233;taient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey d&#233;clara quant &#224; lui dans son rapport que &#171; Hiroshima et Nagasaki avaient &#233;t&#233; choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d'activit&#233;s et de population. &#187; (&#8230;) Apr&#232;s la reddition du Japon, les puissances fascistes &#233;taient battues. Mais qu'en est-il du fascisme en tant qu'id&#233;e, et en tant que r&#233;alit&#233; ? &#187; An&#233;antir le fascisme et les fascistes n'&#233;tait pas l'objectif de l'imp&#233;rialisme US lui qui maintenait m&#234;me au pouvoir l'empereur Hiro Hito, grand organisateur du r&#233;gime fasciste. Comment l'imp&#233;rialisme pourrait-il vouloir d&#233;truire d&#233;finitivement le fascisme puisque celui-ci n'est rien d'autre que l'an&#233;antissement physique et moral de toute possibilit&#233; pour la classe ouvri&#232;re de faire la r&#233;volution sociale ? Cet an&#233;antissement n'&#233;tait-il pas le premier objectif des Alli&#233;s &#224; la fin de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les USA n'allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient r&#233;gler un certain nombre de probl&#232;mes pour &#233;viter que, la guerre pass&#233;e, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils r&#233;glaient le probl&#232;me du r&#233;gime qui allait succ&#233;der en en prenant eux m&#234;mes d'abord la direction par l'occupation militaire et par l'arrestation d'une grande partie de l'appareil d'Etat pr&#233;c&#233;dent, une bonne mani&#232;re d'&#233;viter &#224; la population de s'en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont m&#234;me vol&#233; aux travailleurs japonais leur r&#233;volution sociale en r&#233;alisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l'ancien syst&#232;me l&#233;gal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les r&#232;gles de vie sociale, de la vie politique et m&#234;me de la vie civile et renversant le syst&#232;me social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propri&#233;taires terriens. Mac Arthur n'avait pourtant rien d'un r&#233;formiste. Ce militaire r&#233;actionnaire avait peu avant occup&#233; le Philippines et y avait restaur&#233;, les armes &#224; la main, le pouvoir des grands propri&#233;taires terriens contre les paysans en r&#233;volte, contre toute r&#233;forme agraire y compris celle qu'avaient entam&#233; les occupants japonais. Seulement, au Japon c'est la r&#233;volution ouvri&#232;re que les occupants am&#233;ricains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu'il n'y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n'y avait plus d'autre garde fou que la force arm&#233;e am&#233;ricaine qui pouvait, face &#224; une r&#233;volution sociale, n'&#234;tre qu'un f&#233;tu de paille. Mac Arthur a promulgu&#233; plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l'&#233;galit&#233; juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits f&#233;odaux, l'&#233;puration de 200 000 personnages haut plac&#233;s dont les officiers et les politiciens et les corps de r&#233;pression les plus d&#233;test&#233;s. Le probl&#232;me des gr&#232;ves &#233;tait r&#233;solu d'avance puisque l'essentiel de l'&#233;conomie &#233;tait d&#233;mantel&#233;e, les grands trusts expropri&#233;s. En ao&#251;t 1944, un imp&#244;t sur le capital &#233;tait instaur&#233; allant jusqu'&#224; 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s'agit pas d'un pays du bloc de l'est mais de la politique men&#233;e par l'arm&#233;e et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand m&#234;me trouv&#233; le moyen de r&#233;sister et de faire tra&#238;ner les choses. Ils ont d'abord sign&#233; leur dissolution volontaire puis ont influenc&#233; la commission charg&#233;e de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s'est agi de mettre en pratique ce n'&#233;tait plus la pr&#233;occupation des USA d'&#233;viter un soul&#232;vement des travailleurs du Japon mais de combattre l'URSS et pour cela de s'appuyer sur le Japon. Les USA ont &#233;galement r&#233;alis&#233; la r&#233;forme agraire du Japon qui &#233;tait rest&#233; sous structure f&#233;odale. Les propri&#233;taires de grandes terres n'ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens m&#233;tayers ont r&#233;cup&#233;r&#233; les terres restantes. En deux ans plus de la moiti&#233; des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est pass&#233; de 30 % &#224; moins de 5%. Cette r&#233;forme que la bourgeoisie japonaise aurait &#233;t&#233; incapable de r&#233;aliser car trop li&#233;e aux grands propri&#233;taires fut donc r&#233;alis&#233;e par la puissance occupante am&#233;ricaine, gr&#226;ce &#224; la crainte des masses populaires par l'imp&#233;rialisme US ! Quant &#224; la classe ouvri&#232;re japonaise, elle s'est montr&#233;e effectivement comme une force mena&#231;ante pour les bourgeois. En d&#233;cembre 1945, on est pass&#233; de z&#233;ro &#224; 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqu&#233;s. Tr&#232;s vite, les gr&#232;ves ont inqui&#233;t&#233; non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines. Les gr&#232;ves &#233;taient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propri&#233;t&#233;. Ainsi en octobre 1945, les employ&#233;s et journalistes d'un grand journal en gr&#232;ve le sortirent et lui donn&#232;rent un contenu tellement contestataire qu'ils firent rapidement c&#233;der le patron. En d&#233;cembre 1945, les cheminots d'une compagnie priv&#233;e en gr&#232;ve faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en d&#233;cembre 1945, les mineurs d&#233;cid&#232;rent d'exploiter eux m&#234;mes les mines ramenant la journ&#233;e de travail de 12 &#224; 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c'est un comit&#233; regroupant les syndicats de douze usines diff&#233;rentes qui prit l'entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons c&#233;d&#232;rent rapidement. L'effervescence populaire a gagn&#233; tout le pays au printemps 1946. La population affam&#233;e manifeste partout pour r&#233;clamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais imp&#233;rial. Il faut dire que le seul reste que les am&#233;ricains aient choisi de conserver de l'ancien r&#233;gime &#233;tait justement son chef, l'empereur ! Les revendications des manifestants n'&#233;taient pas seulement &#233;conomiques mais politiques : gouvernement d&#233;mocratique, arrestation des criminels de guerre, contr&#244;le populaire sur les ressources alimentaires, contr&#244;le ouvrier sur la production, etc&#8230; Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 &#224; Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programm&#233;s. Les &#233;lectriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la f&#233;d&#233;ration syndicale lance une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour le premier f&#233;vrier. Mac Arthur d&#233;cide de l'interdire. Les dirigeants staliniens reculent imm&#233;diatement en d&#233;clarant : &#171; un pas en arri&#232;re, deux pas en avant &#187;. C'est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n'avaient pas r&#233;ussi : &#224; briser l'&#233;lan gr&#233;viste. L'occasion manqu&#233;e n'allait pas se renouveler. La p&#233;riode avait chang&#233;. En 1948, le mouvement ouvrier n'&#233;tant plus gros d'une r&#233;volution comme &#224; l'apr&#232;s guerre, les attaques se multipli&#232;rent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait &#233;t&#233; conc&#233;d&#233; : Mac Arthur retira le droit de gr&#232;ve aux fonctionnaires, une gr&#232;ve des cheminots contre les licenciements fut bris&#233;e. La conf&#233;d&#233;ration des syndicats proche du parti communiste fut cass&#233;e, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenci&#233;s, lors de ce que l'on a appel&#233; les &#171; purges rouges &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Reproduit de The militant du 21-9-46)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un r&#233;veil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvri&#232;res organis&#233;es &#8211; a commenc&#233; le 10 septembre 1946 &#224; Tokyo par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours apr&#232;s par une gr&#232;ve de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organis&#233;s dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette gr&#232;ve puissante eut lieu face au d&#233;cret dictatorial promulgu&#233; par le g&#233;n&#233;ral Mac Arthur il y a deux semaines, d&#233;cret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant &#034;les gr&#232;ves, abandons de travail et autres formes d'arr&#234;t de travail&#034;. Ce d&#233;cret de style hitl&#233;rien et la menace faite par Mac Arthur d'utiliser les troupes d'occupation comme briseurs de gr&#232;ves servirent &#224; &#233;craser une gr&#232;ve de trois jours des marins &#224; Sasebo. Cette semaine, d'apr&#232;s les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilis&#233;s, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des gr&#232;ves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins c&#244;tiers ajout&#232;rent 60.000 gr&#233;vistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitt&#233; les bateaux. Les &#233;quipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints &#224; la gr&#232;ve, et six autres &#233;quipages se pr&#233;parent &#224; en faire autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES REVENDICATIONS DES MARINS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont d&#233;termin&#233;s &#224; emp&#234;cher le gouvernement de r&#233;aliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat d&#233;clare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas n&#233;cessaires, mais d'apr&#232;s le Christian Science Monitor du 12 septembre, &#034;peuvent &#234;tre &#224; l'heure actuelle un effort pour arr&#234;ter la croissance du mouvement ouvrier sous pr&#233;texte de n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques&#034;. La gr&#232;ve des marins s'&#233;tend parce que le mouvement syndical japonais est d&#233;termin&#233; &#224; faire &#233;chec aux tentatives des imp&#233;rialistes am&#233;ricains et de leur gouvernement marionnette d'&#233;craser leur force organis&#233;e et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-f&#233;odale. Le Congr&#232;s des syndicats ouvriers (&#233;quivalent du C.I.O. am&#233;ricain) a ordonn&#233; aux simples centrales affili&#233;es de se mettre en gr&#232;ve et de tenir bon jusqu'&#224; ce &#034;que le gouvernement r&#233;actionnaire de Yoshida s'effondre&#034;. L'ordre de gr&#232;ve a &#233;t&#233; donn&#233; chez les mineurs, m&#233;tallos, industries chimiques, imprimeurs, &#233;lectriciens et d'autres corporations. La gr&#232;ve des travailleurs agricoles suivit l'ordre de gr&#232;ve de la C.G.T. japonaise de pr&#232;s, &#233;tant donn&#233; l'impossibilit&#233; d'arriver &#224; un accord entre le Syndicat et les grands propri&#233;taires fonciers sur l'augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Cheminots a aussi lanc&#233; l'ordre de gr&#232;ve apr&#232;s que le gouvernement eut menac&#233; de licencier 75 000 cheminots sous pr&#233;texte d'&#034;&#233;conomies&#034;, le m&#234;me pr&#233;texte qui fut utilis&#233; pour menacer les marins de licenciements massifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cheminots accusent le gouvernement de s'occuper seulement de r&#233;unions au sujet du paiement des bons de d&#233;fense nationale, &#233;mis pendant la guerre, aux d&#233;pens des ouvriers. Ces paiements vont aux m&#234;mes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre imp&#233;rialiste et qui sont maintenant prot&#233;g&#233;s par Mac Arthur. Le Syndicat se pr&#233;pare &#224; la gr&#232;ve parce qu'on fait supporter aux travailleurs les &#034;d&#233;ficits&#034; qui furent faits &#034;dans le but de mener la guerre&#034;. Le gouvernement a recul&#233; devant cette menace de gr&#232;ve et le Minist&#232;re des Transports a retir&#233; ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de tr&#234;ve temporaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article104&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le faux r&#244;le des deux bombes atomiques dans la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://larevuedhistoiremilitaire.fr/2021/08/06/japon-1945-linefficacite-strategique-de-la-bombe-atomique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1994_num_49_3_279279&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8454</link>
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		<dc:date>2023-10-18T22:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise &lt;br class='autobr' /&gt;
1789, 1917 et 1911 sont trois grandes r&#233;volutions bourgeoises. Le 1911 chinois est naturellement moins connu en France. La r&#233;volution e&#251;t lieu le 10 octobre &#224; Wuhan, ville situ&#233;e sur le Yan Ts&#233; Kiang redevenue c&#233;l&#232;bre comme &#233;picentre de l'&#233;pid&#233;mie du Covid. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant le Mus&#233;e de la r&#233;volution de 1911 est en partie ferm&#233; &#224; Wuhan, ce qui peut frustrer les r&#233;volutionnaires. Mais si l'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;morial du massacre de Nankin et son mus&#233;e : le point de vue de la bourgeoisie mao&#239;ste chinoise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1789, 1917 et 1911 sont trois grandes r&#233;volutions bourgeoises. Le 1911 chinois est naturellement moins connu en France. La r&#233;volution e&#251;t lieu le 10 octobre &#224; Wuhan, ville situ&#233;e sur le Yan Ts&#233; Kiang redevenue c&#233;l&#232;bre comme &#233;picentre de l'&#233;pid&#233;mie du Covid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le Mus&#233;e de la r&#233;volution de 1911 est en partie ferm&#233; &#224; Wuhan, ce qui peut frustrer les r&#233;volutionnaires. Mais si l'on descend le fleuve, la ville historique de Nankin offre un autre mus&#233;e &#224; visiter. A la sortie du M&#233;morial du massacre (officiellement 300 000 chinois massacr&#233;s par l'arm&#233;e japonaise) se trouve l'entr&#233;e du mus&#233;e de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r le M&#233;morial du massacre m&#233;rite en lui-m&#234;me la visite. Il est construit sur un lieu o&#249; des charniers ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et conserv&#233;s. Des explications (en Mandarin et en Anglais) donnent des explications macabres mais pr&#233;cises et parlantes : le squelette num&#233;ro 1 a les os de la clavicule bris&#233;s (avec fl&#232;ches sur la photo), le cr&#226;ne du squelette 2 a &#233;t&#233; travers&#233; par une balle, le squelette est celui d'une femme de 70 ans, etc. Le r&#233;alisme des explications permet d'imaginer les derniers moments des victimes, c'est un triste mais &#233;loquent rappel de ce qu'est la r&#233;alit&#233; de la guerre, du massacre perp&#233;tr&#233; par l'imp&#233;rialisme japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le th&#232;me du m&#233;morial est la d&#233;nonciation du Japon. Il est peu probable que la m&#233;moire des massacres de la classe ouvri&#232;re chinoise par Tchang Ka&#239; Chek soient &#233;voqu&#233;s quelque part dans la Chine actuelle aussi fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mus&#233;e sur la guerre qui suit le M&#233;morial est tr&#232;s int&#233;ressant. Des centaines de documents originaux (photos, textes, cartes, discours) sont pr&#233;sent&#233;s, et surtout le point de vue de la bourgeoisie chinoise mao&#239;ste apparait clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue sur la guerre est qu'elle fut le fait d'une alliance internationale contre les puissances fascistes, la Chine &#233;tant l'alli&#233; asiatique des USA. Aucun communisme n'est mentionn&#233;. Mao apparait une ou deux fois. La R&#233;publique populaire fond&#233;e en 1949 l'aurait &#233;t&#233; &#224; son corps d&#233;fendant, alors qu'elle ne voulait &#234;tre que la continuation de la R&#233;publique de Tchang Ka&#239; Tchek. Les Nations unies sont c&#233;l&#233;br&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aspect amusant est l'absence quasi totale de la France dans cette exposition sur la guerre. Seul le Mar&#233;chal est mentionn&#233;, mais au titre des criminels de guerre jug&#233;s comme &#224; Nuremberg ou justement Nankin, o&#249; un proc&#232;s similaire d'officiers japonnais eut lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension chinoise de la deuxi&#232;me guerre mondiale, qui commence en Chine en 1931 puis &#224; grande &#233;chelle en 1936, est souvent absente des histoires fran&#231;aises de la guerre. Ce mus&#233;e remet les pendules &#224; l'heure. Bien entendu, la question de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Chine ou dans le reste du monde est totalement ni&#233;e par cette exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits effroyables du fascisme et de l'imp&#233;rialisme : le massacre de Nankin par les troupes japonaises en 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5421&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5421&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Japon qui ne reconna&#238;t pas ce massacre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de vue de Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1937/10/sino.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1937/10/sino.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;&#233;valuation du massacre de Nankin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;gationnisme du massacre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_du_massacre_de_Nankin&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gation_du_massacre_de_Nankin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer le massacre de Nankin en 1937 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://asialyst.com/fr/2020/12/12/chine-japon-comment-expliquer-massacre-nankin-1937/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://asialyst.com/fr/2020/12/12/chine-japon-comment-expliquer-massacre-nankin-1937/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En anglais sur le massacre de Nankin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/subject/china/peking-review/1985/PR1985-35S.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/subject/china/peking-review/1985/PR1985-35S.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;tait Ho Chi Minh ? H&#7891; Ch&#237; Minh l&#224; ai ? </title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article8147</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article8147</guid>
		<dc:date>2022-12-22T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Indon&#233;sie Indonesia</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le stalinien Ho Chi Minh a cherch&#233; &#224; s'entendre avec l'imp&#233;rialisme en trompant la r&#233;volution sociale et la r&#233;volte coloniale. &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#7891; Ch&#237; Minh theo ch&#7911; ngh&#297;a Stalin &#273;&#227; t&#236;m c&#225;ch th&#7845;u t&#236;nh &#273;&#7841;t l&#253; v&#7899;i ch&#7911; ngh&#297;a &#273;&#7871; qu&#7889;c b&#7857;ng c&#225;ch &#273;&#225;nh l&#7915;a c&#225;c cu&#7897;c n&#7893;i d&#7853;y x&#227; h&#7897;i v&#224; cu&#7897;c n&#7893;i d&#7853;y thu&#7897;c &#273;&#7883;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars 1946, le pr&#233;sident Ho Chi Minh re&#231;oit, &#224; la r&#233;sidence du gouverneur, le g&#233;n&#233;ral Leclerc, en pr&#233;sence du commissaire de la R&#233;publique du Tonkin, Jean Sainteny. C'est pour trinquer &#224; la soi-disant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot130" rel="tag"&gt;Vietnam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot132" rel="tag"&gt;Indon&#233;sie Indonesia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le stalinien Ho Chi Minh a cherch&#233; &#224; s'entendre avec l'imp&#233;rialisme en trompant la r&#233;volution sociale et la r&#233;volte coloniale. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#7891; Ch&#237; Minh theo ch&#7911; ngh&#297;a Stalin &#273;&#227; t&#236;m c&#225;ch th&#7845;u t&#236;nh &#273;&#7841;t l&#253; v&#7899;i ch&#7911; ngh&#297;a &#273;&#7871; qu&#7889;c b&#7857;ng c&#225;ch &#273;&#225;nh l&#7915;a c&#225;c cu&#7897;c n&#7893;i d&#7853;y x&#227; h&#7897;i v&#224; cu&#7897;c n&#7893;i d&#7853;y thu&#7897;c &#273;&#7883;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH220/leclerc_ho-chi-minh-8a3a0-2-27220.jpg?1776504032' width='320' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 18 mars 1946, le pr&#233;sident Ho Chi Minh re&#231;oit, &#224; la r&#233;sidence du gouverneur, le g&#233;n&#233;ral Leclerc, en pr&#233;sence du commissaire de la R&#233;publique du Tonkin, Jean Sainteny. C'est pour trinquer &#224; la soi-disant victoire d'un Vietnam ind&#233;pendant. En fait, ils trinquent &#224; l'assassinat des comit&#233;s de travailleurs r&#233;volutionnaires des grandes villes. Ce n'est pas un combattant contre l'imp&#233;rialisme qui n&#233;gocie mais un postulant au poste de gouverneur nomm&#233; par l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L235xH235/838_400x400_hochiminh_bourget-46-bb354-6c643.jpg?1776504032' width='235' height='235' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L363xH250/leclerchanoi2-af087-7543d.jpg?1776504032' width='363' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh fait acclamer les troupes fran&#231;aises du g&#233;n&#233;ral Leclerc entrant dans Hano&#239;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L494xH278/Photo_3-ok-53814-e3368.jpg?1776504032' width='494' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/Photo_8-ok-4ca86-5e728.jpg?1776504032' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une tromperie &#224; la fois des nationalistes envers les travailleurs vietnamiens et de la France vis-&#224;-vis des nationalistes...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH342/indo_028-05b63-5a2a6.jpg?1776504032' width='500' height='342' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, il esp&#233;rait encore &#234;tre intronis&#233; chef du Vietnam par le colonialisme fran&#231;ais, au sein de l'Union fran&#231;aise coloniale.... en remerciement pour avoir &#233;cras&#233; la r&#233;volution sociale !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/AFE99000040/ho-chi-minh-a-paris-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ho Chi Minh &#224; Paris&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/AFE04012238/depart-d-ho-chi-minh-de-paris-gare-de-lyon-video.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/independances/fiche-media/Indepe00128/ho-chi-minh-a-la-conference-de-fontainebleau-muet.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L256xH281/ho-sainteny-leclerc-darenlieu-c1247-3226f.jpg?1776504032' width='256' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh et le g&#233;n&#233;ral Leclerc&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH347/nguyen-van-to-a8b4e-c037b.jpg?1776504032' width='302' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L390xH233/390-7-5cf98-aed1e.jpg?1776504032' width='390' height='233' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh est re&#231;u par le pr&#233;sident fran&#231;ais Georges Bidault qui reconna&#238;t un Vietnam restant au sein de l'empire colonial fran&#231;ais, l'Union Fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L279xH400/indoch10-ccf46-76423.jpg?1776504032' width='279' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais le colonialisme fran&#231;ais n'a aucune reconnaissance envers ses serviteurs. Ho Chi Minh venu en France le 27 juin pour participer &#224; la conf&#233;rence de Fontainebleau, est &#233;conduit dans ses demandes en juillet 1946.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L258xH250/fontainebleau-dbba2-61d0a.jpg?1776504032' width='258' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh et Jean Sainteny &#224; Fontainebleau&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L462xH599/462px-HoChiMinhTelegramToTruman1946-583ce-72054.png?1776504032' width='462' height='599' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh demande alors le soutien de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain contre les Fran&#231;ais. Les USA l'avaient jusque l&#224; arm&#233; car il s'agissait de la guerre contre le Japon&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L254xH198/imagessss-3-d951e-7d653.jpg?1776504032' width='254' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/OB-YI445_radosh_G_20130726135649-2-3ce77-20cf4.jpg?1776504032' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, en Indochine, l'amiral Thierry d'Argenlieu encourage la cr&#233;ation de la R&#233;publique autonome de Cochinchine, une r&#233;publique fantoche, action consid&#233;r&#233;s par Ho Chi Minh comme une violation des accords conclus en mars. En effet, cela signifie que le colonialisme fran&#231;ais estime qu'il n'a plus besoin d'Ho Chi Monh une fois le risque r&#233;volutionnaire &#233;cras&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH212/Giap_1945-d50b0-ff613.jpg?1776504032' width='300' height='212' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 22 juin 1946, une conf&#233;rence de n&#233;gociation, entre le gouvernement fran&#231;ais et une d&#233;l&#233;gation de la nouvelle R&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam, est organis&#233;e &#224; Fontainebleau. &lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-la-guerre-froide/episode-15-le-declenchement-de-la-guerre-d-indochine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giap, le second d'Ho Chi Minh, a fait &#233;craser les comit&#233;s de travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23/11/1946, un incident douanier entre Vietnamiens et Fran&#231;ais sert de pr&#233;texte au bombardement de Ha&#238;phong qui est extr&#234;mement meurtrier : plus de six mille morts civils.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH250/EnfUrCFW4AE6O_p-88f1b-719a2.jpg?1776504032' width='350' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH389/002-f73c0-8422d.jpg?1776504032' width='500' height='389' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trois navires de guerre fran&#231;ais participent &#224; cette action, sur un ordre du g&#233;n&#233;ral Valuy donn&#233; au colonel Deb&#233;s. C'est le d&#233;but de la guerre du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronologie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;8 mars 1945 : Coup de force japonais qui fait tomber le r&#233;gime fran&#231;ais au Vietnam&lt;br /&gt;
9 mars 1945 : D&#233;mant&#232;lement des troupes fran&#231;aises d'Indochine&lt;br /&gt;
11 mars 1945 : Bao Da&#239; proclame l'ind&#233;pendance de l'Indochine en collaboration avec le Japon&lt;br /&gt;
17 avril 1945 : Constitution du gouvernement vietnamien projaponais de Tran Van Kim&lt;br /&gt;
26 juillet 1945 : Aux accords de Potsdam, les Alli&#233;s d&#233;cident l'occupation chinoise au nord du Vietnam et anglaise au sud, zones limit&#233;es par le 16e parall&#232;le.&lt;br /&gt;
13 ao&#251;t 1945 : Pour anticiper l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, les staliniens du &#171; Comit&#233; de Lib&#233;ration du peuple vietnamien &#187; parlent de renversement du pouvoir japonais, la veille de sa reddition.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fausse r&#233;volution d'ao&#251;t 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16200 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/pdf/img515-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776481561' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;15 ao&#251;t 1945 : Capitulation du Japon dans la guerre mondiale&lt;br /&gt;
18 ao&#251;t 1945 : Constitution du Front National Unifi&#233; qui regroupe bourgeoisie et f&#233;odaux (Caoda&#239;stes, Hoa Hao et Parti de l'ind&#233;pendance).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L284xH177/-2098-53b6f-7522b-090c4.jpg?1776504032' width='284' height='177' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comit&#233; du peuple de Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 ao&#251;t 1945 : Apparition de comit&#233;s du peuple dans la r&#233;gion sud&lt;br /&gt;
21 aout 1945 : Constitution de centaines de comit&#233;s de la jeunesse d'avant-garde&lt;br /&gt;
Le m&#234;me jour, le plus grand quartier ouvrier de Sa&#239;gon (Phu-Huan) &#233;lit son comit&#233; du peuple qui se proclame nouveau pouvoir central. Les paysans liquident les anciens serviteurs des gouvernements fran&#231;ais et japonais. Ils investissent les bureaux et tribunaux de l'administration locale. Constitution de tribunaux du peuple qui jugent les grands propri&#233;taires et les anciens fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple, d'ao&#251;t &#224; septembre, confisquent les biens des riches et partagent les terres. Manifestation de 300.000 personnes dont 30.000 derri&#232;re la banni&#232;re trotskyste de la LCI.&lt;br /&gt;
23 ao&#251;t 1945 : Pour contrer la vague r&#233;volutionnaire, le Front National Unifi&#233; se dissous et adh&#232;re au Viet Minh tenu par les staliniens, seule force capable de contrer la r&#233;volution sociale.&lt;br /&gt;
25 ao&#251;t 1945 : Abdication de Bao Da&#239;. Formation par les staliniens du &#171; Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud Vietnam &#187; qui vise &#224; &#233;viter le vide du pouvoir en occupant tous les postes administratifs et en maintenant en place la police : sept staliniens sur neuf ministres et Ho Chi Minh &#224; la pr&#233;sidence. Grandiose manifestation &#224; Sa&#239;gon pour l'ind&#233;pendance.&lt;br /&gt;
26 ao&#251;t 1945 : Entr&#233;e des troupes chinoises au nord du Vietnam. Premi&#232;re assembl&#233;e des comit&#233;s du peuple.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L493xH500/trotskystes-4a3ef-d8df4.jpg?1776504032' width='493' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Manifestation du 21 ao&#251;t 1945 organis&#233;e par les trotskystes &#224; Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27 ao&#251;t 1945 : D&#233;claration du stalinien Nguyen Van Tao, ministre l'Int&#233;rieur, contre les trotskystes : &lt;i&gt;&#171; Seront s&#233;v&#232;rement punis et impitoyablement frapp&#233;s tous ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. (&#8230;) Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste qui apportera la solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi il ne lui appartient pas de r&#233;aliser une telle t&#226;che. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, bien que les communistes soient actuellement au pouvoir. &#187; Le Vi&#7879;t Minh cr&#233;e &#233;galement un &#171; Comit&#233; d'assassinat d'assaut &#187;, en grande partie recrut&#233; dans les rangs de la p&#232;gre, qui pratique intimidations et assassinats. &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;28 ao&#251;t 1945 : D&#233;clenchement d'une vaste campagne de calomnies contre les trotskystes accus&#233;s de semer le d&#233;sordre et de provoquer des troubles. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L294xH171/images-105-6855e-2d2d3.jpg?1776504032' width='294' height='171' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes et les membres des comit&#233;s de travailleurs sont arr&#234;t&#233;s puis assassin&#233;s par le Vietminh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_d%27Ao%C3%BBt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans Wikipedia :&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans le courant des mois d'ao&#251;t et de septembre 1945, des membres du Vi&#7879;t Minh s'emploieront &#224; liquider la concurrence politique et commettront de multiples assassinats, visant notamment le Parti constitutionnaliste indochinois, dont le chef B&#249;i Quang Chi&#234;u sera assassin&#233;, et la secte n&#233;o-bouddhique Hoa Hao. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;pression vise particuli&#232;rement les trotskistes vietnamiens, dont des dizaines sont traqu&#233;s et abattus. Le 25 ao&#251;t, un service de S&#233;curit&#233; d'&#201;tat est organis&#233; &#224; Sa&#239;gon, sur le mod&#232;le sovi&#233;tique, et multiplie les arrestations d'opposants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Vi&#7879;t Minh cr&#233;e &#233;galement un &#171; Comit&#233; d'assassinat d'assaut &#187;, en grande partie recrut&#233; dans les rangs de la p&#232;gre, qui pratique intimidations et assassinats. 450 Fran&#231;ais et Eurasiens seront tu&#233;s ou enlev&#233;s dans la cit&#233; H&#233;raud. Les exactions commises par des ind&#233;pendantistes vietnamiens sont souvent d'initiative locale, mais l'appareil du mouvement et sa guerre interne pousse &#224; la violence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 2 septembre jour de la signature de la reddition japonaise, H&#244; Chi Minh proclame place Ba Dinh, en pr&#233;sence du staff de l'OSS am&#233;ricain, l'ind&#233;pendance du pays au nom du Gouvernement provisoire de la r&#233;publique d&#233;mocratique du Vi&#234;t Nam. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 ao&#251;t 1945 : Formation du gouvernement provisoire vietnamien&lt;br /&gt;
1er septembre 1945 : D&#233;claration de Tran Van Giau affirmant que l'ind&#233;pendance n'est pas le produit de la lutte mais des &#171; n&#233;gociations avec nos alli&#233;s &#187; et qui menacent quiconque pr&#233;tend combattre les armes &#224; la main les &#171; forces alli&#233;es &#187; : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; l'armement seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par les Alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;2 septembre 1945 : Manifestation organis&#233;e par le gouvernement et les staliniens pour &#171; accueillir les Alli&#233;s &#187; qui d&#233;barquent &#224; Sa&#239;gon. La manifestation se d&#233;roule dans le calme mais des coups de feu sont tir&#233;s contre les manifestants en marge du cort&#232;ge. La col&#232;re des Vietnamiens explose. La population explose de col&#232;re contre le retour des colonialistes. Le climat change. Des Fran&#231;ais sont pris &#224; partie et assassin&#233;s. Les staliniens accusent les trotskystes de la responsabilit&#233; des troubles. &lt;br /&gt;
7 septembre 1945 : A Hano&#239;, Tran Van Giau d&#233;cr&#232;te le d&#233;sarmement des organisations non-gouvernementales, dont les comit&#233;s populaires qui pr&#233;paraient une insurrection arm&#233;e contre le retour des troupes alli&#233;es au Vietnam. Le nouveau pouvoir stalinien se pr&#233;pare &#224; &#171; accueillir nos alli&#233;s. &#187; &lt;br /&gt;
10 septembre 1945 : D&#233;barquement des troupes anglaises &#224; Sa&#239;gon&lt;br /&gt;
12 septembre 1945 : Manifeste commun des comit&#233;s du peuple et du groupe trostskyste LCI d&#233;non&#231;ant la politique de trahison du gouvernement stalinien et capitulation devant l'Etat-major des troupes anglaises.&lt;br /&gt;
14 septembre 1945 : Un d&#233;tachement arm&#233; sous les ordres du chef de la police, le stalinien Quang Bach, arr&#234;te les membres du comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire de Tan Dinh (banlieue de Sa&#239;gon). Le massacre des trotskystes est lanc&#233; par les staliniens et le nouveau pouvoir dans tout le pays pour d&#233;capiter la r&#233;volution. &lt;br /&gt;
22 septembre 1945 : Le g&#233;n&#233;ral britannique Gracey arme les troupes fran&#231;aises, liquide le &#171; comit&#233; ex&#233;cutif du sud Vietnam &#187; et proclame la loi martiale.&lt;br /&gt;
Octobre 1945 : Les troupes de Leclerc se rendent maitresses de Sa&#239;gon.&lt;br /&gt;
Octobre 1945 &#224; janvier 1946 : Leclerc et les troupes fran&#231;aises r&#233;occupent la Cochinchine. &lt;br /&gt;
11 novembre 1945 : autodissolution du Parti Communiste &lt;i&gt;&#171; pour placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;6 mars 1946 : Accord entre la France et le Viet Minh : le Vietnam appartient &#224; la F&#233;d&#233;ration Indochinoise et d&#233;pend de l'Union fran&#231;aise (c'est-&#224;-dire &#224; l'empire colonial fran&#231;ais).&lt;br /&gt;
18 mars 1946 : Entr&#233;e des troupes fran&#231;aises &#224; Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Historique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;En janvier 1945, les forces arm&#233;es japonaises, qui avaient laiss&#233; la France de Vichy au pouvoir, occupent militairement le Vietnam et d&#233;cident de d&#233;clarer l'ind&#233;pendance aux Etats indochinois. Un coup de force en mars 1945 suffit &#224; d&#233;sarmer les troupes fran&#231;aises li&#233;es au gouvernement de Vichy qui sont arr&#234;t&#233;es et remplac&#233;es par un gouvernement vietnamien pseudo ind&#233;pendant puisqu'il reste li&#233; aux Japonais. Il s'agit de se servir des aspirations nationales des peuples d'Indochine contre les alli&#233;s anglo-am&#233;ricains qui ripostent en d&#233;clarant accorder l'ind&#233;pendance &#224; l'Indochine. Seulement la d&#233;faite du Japon est tr&#232;s rapide et le 5 ao&#251;t c'est le bombardement de Hiroshima. Le 10 ao&#251;t, le dirigeant nationaliste stalinien Ho Chi Minh devant la carence des autorit&#233;s projaponaises s'autoproclame nouveau pouvoir. L'essentiel de sa sup&#233;riorit&#233; n'est pas politique mais militaire. C'est lui que les alli&#233;s ont arm&#233; au Vietnam contre les japonais via le gouvernement chinois du Kuomintang. Il n'a aucune difficult&#233; &#224; d&#233;mettre le pouvoir fantoche projaponais. Loin d'&#234;tre un acte r&#233;volutionnaire contre le colonialisme fran&#231;ais, Ho Chi Minh consid&#232;re alors cette action du 5 ao&#251;t comme un acte anti-japonais dans le cadre de l'Etat fran&#231;ais auquel il demande seulement une autonomie au sein de l'empire. Partisans de cette politique anti-fran&#231;aise, Ho Chi Minh s'est empress&#233; de proclamer un gouvernement pour &#233;viter un vide du pouvoir en un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire des masses vietnamiennes devenait possible. Le 10 ao&#251;t est proclam&#233; par son mouvement la r&#233;volution vietnamienne alors qu'en r&#233;alit&#233; il s'est juste content&#233; d'un accord au sommet avec toutes les forces bourgeoises et nationalistes en &#233;cartant seulement les militants ouvriers syndicalistes, staliniens des villes et trotskystes. Et surtout les masses ont &#233;t&#233; soigneusement tenues &#224; l'&#233;cart lors de sa constitution. Puis il a orchestr&#233; des manifestations contre le r&#233;gime pro-japonais pr&#233;c&#233;dent qui n'a pu que se retirer. Dans une proclamation pourtant appel&#233;e d&#233;claration d'ind&#233;pendance, le nouveau pouvoir se dit d&#233;favorable &#224; une ind&#233;pendance imm&#233;diate et admet que celle-ci sera accord&#233;e par la France dans un d&#233;lai de 5 &#224; dix ans !&lt;br /&gt;
Mais le vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'est fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissous d&#233;clarant : &lt;i&gt;&#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1946, les troupes fran&#231;aises reviennent au Vietnam. Loin de combattre le retour des troupes fran&#231;aise, Ho Chi Minh va les accueillir, esp&#233;rant toujours que celles-ci vont accepter de le mettre &#224; la t&#234;te d'un territoire autonome li&#233; &#224; la France. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Une ind&#233;pendance pr&#233;matur&#233;e du Vietnam risque de ne pas &#234;tre dans la ligne des perspectives sovi&#233;tiques et embarrasserait l'URSS dans ses efforts pour gagner la France en tant qu'alli&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&#233;crit le PCF, dans un document transmis au Viet Minh par le Groupe culturel marxiste (li&#233; au PCF) de Saigon le 25 septembre 1945 et publi&#233; par Harold Isaacs dans &#171; Pas de paix en Asie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#233;goire Madjarian &lt;/strong&gt;rapporte dans &#171; La question coloniale et la politique du Parti communiste fran&#231;ais &#187; : &lt;i&gt;&#171; Le 16 f&#233;vrier, Ho Chi Minh communiquait &#224; Jean Sainteny, l'envoy&#233; du Haut commissaire D'Argenlieu, qu'il consentait &#224; n&#233;gocier, sur la base de l'unit&#233; et de l'ind&#233;pendance du Vietnam, l'adh&#233;sion &#224; l'Union fran&#231;aise. Leclerc et Sainteny press&#232;rent le gouvernement fran&#231;ais d'accepter. Ce qu'il fit, se d&#233;clarant pr&#234;t &#224; reconna&#238;tre un gouvernement vietnamien autonome, &#224; condition que ce dernier accueille amicalement les troupes fran&#231;aises lorsqu'elles viendraient remplacer les troupes du Kuomintang. On apprenait le 4 mars, &#224; Hano&#239;, que la flotte de d&#233;barquement fran&#231;aise faisait route vers Ha&#239;phong &#8211; le grand port du nord du Vietnam. (&#8230;) Le 5 mars, le comit&#233; central du Viet Minh, r&#233;uni &#224; Huong-Canh, dans la campagne proche de Hano&#239;, d&#233;cidait que &#171; dans cette conjoncture, la meilleure condition &#224; suivre pour le salut de la patrie n'&#233;tait pas de couper les ponts, mais de sauver la paix. &#187; (&#8230;) Le journal (du Viet Minh) de Hu&#233; le 5 mars, sous le titre &#171; Calmes mais pr&#234;ts &#187; : (&#8230;) &#171; La France a pris l'initiative de n&#233;gocier. Nous sommes heureux de n&#233;gocier selon la demande des Fran&#231;ais. (&#8230;) Les n&#233;gociations n'aboutiront que si nous obtenons l'ind&#233;pendance. &#187; (&#8230;) Ho Chi Minh et Sainteny signaient le 6 mars 1946 une convention pr&#233;liminaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH345/9d48d99a2e2c93241e11be08dbfa5a07-4c654-2081c.jpg?1776504032' width='500' height='345' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;signature de l'accord pr&#233;liminaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'ind&#233;pendance &#233;tait absente ; l'unit&#233; du Vietnam restait suspendue &#224; un r&#233;f&#233;rendum - dont la date n'&#233;tait pas fix&#233;e - qui d&#233;ciderait du sort de la Cochinchine (Nam-Bo) contr&#244;l&#233;e par les troupes coloniales. Enfin des unit&#233;s fran&#231;aises &#8211; quinze mille hommes &#8211; s'installaient dans le Tonkin pour y effectuer, conjointement avec l'arm&#233;e vietnamienne, la rel&#232;ve des troupes de Tchang Ka&#239;-chek. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
En juillet 1946, le Vietminh repr&#233;sent&#233; par Pham Van Dong et Ho Chi Minh, encore en n&#233;gociations avec la France &#224; Fontainebleau, est aid&#233; par des troupes fran&#231;aises pour achever sa purge et en finir avec les militants trotskystes. Ho d&#233;clare alors sur son alliance avec la France : &lt;i&gt;&#171; nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront octroy&#233;es et garanties par nos alli&#233;s d&#233;mocratiques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement apr&#232;s le bombardement massif du port de Haiphong, qui fait 6000 morts en novembre 1946, que les nationalistes vietnamiens se trouveront contraints d'admettre qu'il va falloir se battre avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. En d&#233;cembre 46 c'est l'attaque des troupes fran&#231;aises qui reprend possession du Vietnam et contraint les nationalistes &#224; la lutte arm&#233;e &#224; Hano&#239; qui est occup&#233;e par l'arm&#233;e fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En cherchant co&#251;te que co&#251;te le compromis avec les Fran&#231;ais, le Parti Communiste Vietnamien devait limiter le d&#233;veloppement du dynamisme de la r&#233;volution d'ao&#251;t 1945, au moins dans ses d&#233;buts. C'est pourquoi il devait interdire aux paysans de s'approprier les terres des f&#233;odaux et r&#233;primer toutes les forces anti-fran&#231;aises dans le pays. C'est ainsi que le Viet Minh donna l'ordre d'exterminer les trotskystes dont le seul crime &#233;tait d'avoir r&#233;clam&#233; la terre pour les paysans et la lutte sans compromission contre les occupant fran&#231;ais. En m&#234;me temps, il s'attaquait aux nationalistes intransigeants qui, en s'appuyant sur la pr&#233;sence des troupes chinoises, exigeaient le d&#233;part des soldats fran&#231;ais. C'est ainsi qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, l'ex-empereur Bao Dai, devenu prince Vinh Thuy, fut nomm&#233; &#171; conseiller supr&#234;me &#187; (co Yin toi cao) du gouvernement de Ho Chi Minh et que la Cour de Hue fut trait&#233;e avec beaucoup d'&#233;gards. La suite, on la connait ! Le prince conseiller supr&#234;me &#171; trahit &#187;, en profitant d'un voyage &#224; l'&#233;tranger pour s'&#233;chapper du Viet Nam. II s'allia aux Fran&#231;ais et, en collaboration avec eux, forma un gouvernement et une arm&#233;e combattant contre le Viet Minh. Les Fran&#231;ais, eux, viol&#232;rent les accords du 6 mars 1946 en ouvrant les hostilit&#233;s, apr&#232;s avoir men&#233; des offensives successives pour gagner du terrain. Le Viet Minh n'avait pas d&#232;s lors d'autre issue que d'organiser la lutte arm&#233;e. Tout ceci est la stricte v&#233;rit&#233; historique. Mais dans l'histoire du PCV, on a pr&#233;sent&#233; une tout autre version des faits : le Parti avait tout pr&#233;vu, de la trahison des &#171; alli&#233;s &#187; Fran&#231;ais &#224; celle des &#171; alli&#233;s &#187; anglais et am&#233;ricains. Le compromis par les accords du 6 mars 1946 n'aurait &#233;t&#233; qu'un r&#233;pit pour mieux organiser la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois apr&#232;s la capitulation du Japon (15 ao&#251;t 1945), le 12 septembre 1945, les troupes anglaises (environ 1400) dont la plupart &#233;taient des Hindous, command&#233;es par le colonel Gracey, d&#233;barqu&#232;rent au Sud du Viet Nam. En principe, les Anglais avaient pour mission de d&#233;sarmer les troupes japonaises. Mais d&#232;s leur arriv&#233;e, ils d&#233;cr&#233;t&#232;rent le couvre-feu, proclam&#232;rent l'interdiction des journaux, des r&#233;unions, du port d'armes, etc. Le 22 septembre 1945, ils occup&#232;rent la Prison centrale (Kham Ion) et lib&#233;r&#232;rent 5 000 Fran&#231;ais qui y avaient &#233;t&#233; emprisonn&#233;s par les Japonais. En m&#234;me temps, ils leur distribu&#232;rent des armes provenant des stocks japonais et les aid&#232;rent &#224; occuper tous les points strat&#233;giques de Saigon (ports, magasins, chantiers navals, etc.) Le 23 septembre avec leur aide les Fran&#231;ais occup&#232;rent la Centrale de la Police, les b&#226;timents du Tr&#233;sor, le Palais administratif, si&#232;ge de Comit&#233; Populaire du Nam Bo (Uy Ban NhAn DAn Nam Bo). En quelques jours, l'ensemble de la ville de Saigon fut contr&#244;l&#233; par les militaires fran&#231;ais. Devant ce coup de force, le Comit&#233; Populaire fut oblig&#233; de se replier &#224; Ben Tre, en ordonnant la destruction de tous les moyens et voies de communication (ponts, routes, embarcad&#232;res, etc.) La guerre du Sud commen&#231;ait. Le gouvernement de Ho Chi Minh &#224; Hanoi se porta au secours du Sud. II envoya des unit&#233;s de combat arm&#233;es, dirig&#233;es par Hoang Dinh Rong, Dam Minh Vien et peu de temps apr&#232;s par Nguyen Binh. Tous moururent sur le champ de bataille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine apr&#232;s les accords franco-chinois, H&#244; Chi Minh prit contact avec Sainteny, repr&#233;sentant de la France &#224; Hanoi et signa avec lui les accords du 6 mars 1946 : la France reconnaissait la R&#233;publique D&#233;mocratique du Viet Nam libre au sein de I 'Union fran&#231;aise ; elle devait avoir un Gouvernement, une Assembl&#233;e nationale, une arm&#233;e et des finances ind&#233;pendantes. Les soldats fran&#231;ais arrivaient au Viet Nam pour d&#233;sarmer les troupes japonaises. Les deux c&#244;t&#233;s fran&#231;ais et vietnamiens cessaient le feu au Sud du Viet Nam pour cr&#233;er les conditions favorables &#224; l'organisation d'une conf&#233;rence qui r&#233;soudrait le probl&#232;me diplomatique pour la R&#233;publique D&#233;mocratique du Viet Nam et la garantie des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et culturels pour la France. Quant &#224; la r&#233;unification du Viet Nam, elle serait r&#233;solue par un r&#233;f&#233;rendum organis&#233; dans tout le pays. Un additif aux accords stipulait que les soldats fran&#231;ais admis &#224; d&#233;barquer au Viet Nam seraient au nombre de 1 500 et seraient stationn&#233;s dans le Nord &#224; des endroits choisis par les autorit&#233;s vietnamiennes. &#171; Dix mois apr&#232;s la signature, ceux-ci devraient quitter progressivement le sol vietnamien dans un d&#233;lai de cinq ans &#187;. Apr&#232;s la signature de ces accords, H&#244; Chi Minh rencontra, &#224; la Baie d'Along, l'Amiral d'Argenlieu, Haut Commissaire. Celui-ci accepta l'envoi d'une d&#233;l&#233;gation vietnamienne &#224; la Conf&#233;rence de Fontainebleau pour n&#233;gocier les compl&#233;ments demeur&#233;s en suspens, aux clauses de ces accords. Le 16 avril 1946, une D&#233;l&#233;gation de l'Assembl&#233;e nationale, conduite par Pham Van Dong, quitta le Viet Nam pour participer a la Conf&#233;rence de Fontainebleau. Le 30 mai, H&#244; Chi Minh rejoignit la D&#233;l&#233;gation, mais en tant qu'invit&#233; d'honneur du gouvernement fran&#231;ais. La Conf&#233;rence de Fontainebleau, commenc&#233;e le 6 juillet 1946, se termine par un &#233;chec total. Avant de quitter la France et pour sauver encore un petit espoir d'entente, H&#244; Chi Minh signa un modus vivendi avec Marius Moutet, Ministre des Colonies. Celui-ci lui promit que la Conf&#233;rence de Fontainebleau reprendrait en janvier 1947. Pendant le d&#233;roulement en France de cette conf&#233;rence, &#224; Saigon, le Haut Commissaire Thierry d'Argenlieu, proclama unilat&#233;ralement la formation d'un Etat ind&#233;pendant et d'un gouvernement du Sud Viet Nam. La violation des accords du 6 mars 1946 &#233;tait flagrante : le 20 novembre, les soldats fran&#231;ais attaqu&#232;rent les provinces du Nord (Mong Cai, Tien Yen, Lang Son). Le 21 novembre, ils ouvrirent les hostilit&#233;s &#224; Hai Phong. Le 18 d&#233;cembre, ils occup&#232;rent les Minist&#232;res des Finances et de la Communication. En m&#234;me temps, le g&#233;n&#233;ral Morliere ordonna aux miliciens et aux membres de la S&#233;curit&#233; du Viet Minh de remettre leurs armes aux autorit&#233;s fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/clt/1986-1990/CLT40-Dec-1989.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source : Ha Cuong Nghi, Faut-il r&#233;&#233;crire l'histoire du Parti communiste vietnamien ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Documents sur la situation insurrectionnelle au Vietnam :&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Extraits de &#171; Staliniens et trotskystes au Vietnam &#187; &lt;strong&gt;John Sharpe &lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Les journ&#233;es d'ao&#251;t&lt;br /&gt;
&#171; Le 16 ao&#251;t 1945, les nouvelles de la d&#233;faite du Japon parvinrent en Indochine. Le lendemain, le commandement japonais proclamait l'ind&#233;pendance de l'Indochine (Vietnam, Laos et Cambodge). La rapidit&#233; de la reddition surprit tout le monde. Cependant, le Viet Minh avait d&#233;j&#224; convoqu&#233; un congr&#232;s qui formait le jour m&#234;me un Comit&#233; populaire de lib&#233;ration nationale, sorte de gouvernement provisoire. Partout, ils se d&#233;p&#234;ch&#232;rent d'occuper le vide du pouvoir, en s'emparant simplement de l'appareil du pouvoir colonial franco-japonais. Les troupes du Viet Minh occup&#232;rent rapidement Hano&#239; sans opposition de la part des Japonais. D&#233;sirant d'&#233;viter toute apparence de r&#233;volution, le Viet Minh demanda et re&#231;u l'abdication officielle de Bao Da&#239;, l'empereur traditionnel, qui devint du coup &#171; conseiller politique supr&#234;me &#187; du nouveau gouvernement. &lt;br /&gt;
Dans un geste tr&#232;s significatif, Ho r&#233;digea (conjointement avec les conseillers am&#233;ricains) une D&#233;claration d'Ind&#233;pendance, qui commence en citant la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance am&#233;ricaine et la D&#233;claration des droits de l'homme fran&#231;aise, deux documents clefs des r&#233;volutions bourgeoises. Selon la th&#233;orie stalinienne de la r&#233;volution par &#233;tapes, parler de socialisme &#224; ce stade aurait &#233;t&#233; pr&#233;matur&#233;, puisque la premi&#232;re t&#226;che &#233;tait la d&#233;faite des f&#233;odaux et de l'imp&#233;rialisme. La r&#233;alit&#233; de cette &#171; th&#233;orie &#187; avait &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; un mois avant par l'appel de Ho &#224; la France pour une ind&#233;pendance au sein de l'Union fran&#231;aise &#171; dans au moins cinq ans et au plus dix ans &#187; et par l'accord sign&#233; &#224; Hano&#239; au d&#233;but de 1946 en vue du retour des troupes fran&#231;aises ! &lt;br /&gt;
Au Sud Vietnam, la situation &#233;volua diff&#233;remment du fait de la faiblesse relative des staliniens. Le 19 ao&#251;t, les travailleurs de Ban Co, quartier de Sa&#239;gon, formaient le premier Comit&#233; du peuple du sud Vietnam. Le jour suivant, un comit&#233; similaire du quartier Phu Nhuan de Sa&#239;gon, le plus important quartier ouvrier de la ville, occupa le pouvoir gouvernemental. En m&#234;me temps, les paysans se soulevaient dans les campagnes, br&#251;lant les villas des grands propri&#233;taires ainsi que plusieurs entreprises rizicoles, le 19 ao&#251;t dans la province de Sadec. Dans la seule province de Long Xuyen, plus de deux cents repr&#233;sentants du gouvernement et policiers furent tu&#233;s par les paysans dans les premiers jours qui suivirent la reddition du Japon. &lt;br /&gt;
Le 21 ao&#251;t, le Front National Uni appela &#224; une manifestation qui attira plus de 300.000 participants. Hoa Hao et Cao Da&#239; marchaient derri&#232;re le drapeau de la monarchie suivis d'un groupe de 100.000 manifestants. Les trotskystes la Ligue Communiste Internationale repr&#233;sentait l'autre p&#244;le important de la manifestation. Derri&#232;re une large banderole de la Quatri&#232;me Internationale venaient des pancartes et des drapeaux avec les principaux slogans de la LCI : &#171; A bas l'imp&#233;rialisme ! &#187;, &#171; Longue vie &#224; la r&#233;volution mondiale ! &#187;, &#171; Front des ouvriers et des paysans ! &#187;, &#171; Formons partout des comit&#233;s du peuple ! &#187;, &#171; Assembl&#233;e populaire ! &#187;, &#171; Armement du peuple &#187;, &#171; nationalisation des usines sous le contr&#244;le des travailleurs ! &#187;, &#171; Gouvernement ouvrier et paysan &#187;. Quand la banni&#232;re de la quatri&#232;me internationale apparut, des centaines et des milliers de travailleurs, qui n'avaient pas oubli&#233; le mouvement r&#233;volutionnaire de 1930, se rassembl&#232;rent derri&#232;re, embrassant de vieux amis. (&#8230;) En quelques heures, les manifestants d'ICL se mont&#232;rent &#224; 30.000. &lt;br /&gt;
Face &#224; la mont&#233;e du mouvement de masse, les staliniens du Viet Minh s'empress&#232;rent de prendre le pouvoir. Leur premi&#232;re tactique consista &#224; se pr&#233;senter comme les repr&#233;sentants l&#233;gitimes des forces alli&#233;es victorieuses. Ainsi, dans la proclamation du Viet Minh du 23 ao&#251;t, Tran van Giau, le dirigeant des staliniens du sud, proclama : &#171; Nous nous sommes battus durant cinq ann&#233;es aux c&#244;t&#233;s des d&#233;mocraties alli&#233;es&#8230; &#187; La nuit pr&#233;c&#233;dente, Giau avait envoy&#233; un ultimatum au Front National Uni, le sommant de se dissoudre et remettre ses postes administratifs au Viet Minh. Le lendemain, le Front National Uni se dissolvait et rejoignait le Viet Minh. (pour couronner la trahison du groupe La Lutte qui avait organis&#233; le Front National Uni en tant que &#171; front populaire &#171; trotskyste &#187;, il leur fut accord&#233; un si&#232;ge au &#171; Comit&#233; du sud &#187; du Viet Minh, le 10 septembre 1945 !) &lt;br /&gt;
La LCI n'&#233;tait pas inactive durant cette p&#233;riode, mettant en place une imprimerie, &#233;ditant des bulletins adress&#233;s &#224; la population toutes les trois heures et formant des unit&#233;s militaires, comme &#233;tape vers l'armement des travailleurs.&lt;br /&gt;
Mais les staliniens &#233;taient plus rapides. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, le Viet Minh faisaient un coup d'&#233;tat sans verser une goutte de sang occupant l'h&#244;tel de ville et les commissariats. Agissant dans le dos des masses et avec l'aide de la bourgeoisie nationaliste (Hoa Hao, Cao Da&#239;, VNQDD), les staliniens s'empar&#232;rent simplement de l'appareil d'&#233;tat en place et install&#232;rent un nouveau r&#233;gime bonapartiste bourgeois.&lt;br /&gt;
Ensuite, les staliniens appel&#232;rent &#224; une manifestation monstre avec plus d'un million de participants. Plus de trente associations politiques &#233;taient pr&#233;sentes, mais les forces le plus remarquables &#233;taient celles des staliniens et de la LCI. Lors de l'effondrement de l'administration japonaise, les forces de police elles-m&#234;mes se divis&#232;rent en deux camps, la majorit&#233; soutenant le Viet Minh, mais une minorit&#233; se pla&#231;ant sous la banni&#232;re de la quatri&#232;me internationale ! La d&#233;l&#233;gation de la LCI &#224; la manifestation &#233;tait nettement plus petite cette fois (2000 manifestants seulement) que lors de la pr&#233;c&#233;dente, mais cette fois ceux qui soutenaient la LCI &#233;taient venus avec des contingents de leurs syndicats. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Deux jours apr&#232;s le coup d'&#233;tat, Nguyen Van Tao, devenu ministre de l'int&#233;rieur du r&#233;gime Viet Minh, lan&#231;a un d&#233;fit mena&#231;ant : &#171; Celui qui encouragera les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res sera puni s&#233;v&#232;rement et sans piti&#233;&#8230; Nous n'avons pas encore lanc&#233; une r&#233;volution communiste qui apporterait une solution au probl&#232;me agraire. Ce gouvernement est seulement un gouvernement d&#233;mocratique ( !), et de ce fait il ne peut pas prendre en charge cette t&#226;che. Je le r&#233;p&#232;te, notre gouvernement est d&#233;mocratique bourgeois m&#234;me si les Communistes sont au pouvoir. &#187; On ne pouvait pas &#234;tre plus clair ! (&#8230;)&lt;br /&gt;
Suite &#224; une conf&#233;rence de presse de Tao, le Viet Minh lan&#231;a une campagne anti-trotskyste incessante dans la presse accusant la quatri&#232;me internationale de semer le d&#233;sordre. Le 1er septembre, Tran Van Giau d&#233;clara : &#171; Ceux qui incitent le peuple &#224; s'armer seront consid&#233;r&#233;s comme des saboteurs et des provocateurs, ennemis de l'ind&#233;pendance nationale. Nos libert&#233;s d&#233;mocratiques seront garanties et assur&#233;es par les d&#233;mocraties alli&#233;es. &#187;&lt;br /&gt;
Pendant qu'Ho Chi Minh lisait la D&#233;claration d'Ind&#233;pendance &#224; Hano&#239;, le Viet Minh du sud organisait une d&#233;monstration le 2 septembre pour accueillir les troupes britanniques qui arrivaient. Plus tard dans l'apr&#232;s-midi du 2 septembre, plus de 400.000 personnes se joignaient &#224; une d&#233;monstration pacifique allant &#224; la cath&#233;drale. Alors qu'un pr&#234;tre connu comme sympathisant des Vietnamiens parlait sur les marches de la cath&#233;drale, des tirs partirent et il fut tu&#233;. La foule courut se prot&#233;ger mais 150 personnes furent bless&#233;es. Des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent avec des attaques des colons fran&#231;ais responsables de crimes. Nombre de Fran&#231;ais furent arr&#234;t&#233;s mais imm&#233;diatement rel&#226;ch&#233;s par Duong Bach Mai, qui publia une d&#233;claration &#171; d&#233;plorant des exc&#232;s qui ont &#233;t&#233; commis &#187;. &lt;br /&gt;
En r&#233;ponse aux &#233;v&#233;nements du 2 septembre, staliniens et trotskystes &#233;mirent deux appels clairement oppos&#233;s. Alors que les troupes anglaises sous la direction du g&#233;n&#233;ral Gracey &#233;taient attendues d'un jour &#224; l'autre, le Viet Minh proclamait : &#171; Dans l'int&#233;r&#234;t de la nation, nous appelons chacun &#224; avoir confiance en nous et &#224; ne pas se laisser &#233;garer par des gens qui trahissent notre pays. C'est seulement de cette mani&#232;re que nous pourrons faciliter nos relations avec les repr&#233;sentants des Alli&#233;s. &#187; (tract du 7 septembre 1945)&lt;br /&gt;
A l'oppos&#233;, la LCI d&#233;clarait : &#171; Nous, communistes internationalistes, n'avons aucune illusion sur la capacit&#233; d'un gouvernement Viet Minh, du fait sa politique de collaboration de classe, de se battre victorieusement contre l'invasion imp&#233;rialiste qui va avoir lieu dans les prochaines heures. Cependant, s'il s'engage &#224; d&#233;fendre l'ind&#233;pendance nationale et les libert&#233;s populaires, nous n'h&#233;siterons &#224; l'y aider et &#224; le soutenir par tous les moyens possibles de la lutte r&#233;volutionnaire. Mais, par contre, nous devons r&#233;p&#233;ter que nous maintiendrons l'absolue ind&#233;pendance de notre parti vis-&#224;-vis du gouvernement et des autres partis, car l'existence m&#234;me d'un parti qui se revendique du bolchevik-l&#233;ninisme d&#233;pend enti&#232;rement de son ind&#233;pendance politique. &#187; (Communiqu&#233; du 4 septembre 1947)&lt;br /&gt;
Sous l'influence de la LCI, durant les trois mois apr&#232;s le 16 ao&#251;t, plus de cent cinquante comit&#233;s du peuple (To Chuc Uy Banh Hanh Dong) ont &#233;t&#233; mis en place au Nam Bo (Vietnam du sud), dont approximativement cent dans la r&#233;gion Sa&#239;gon-Cholon. Un Comit&#233; central provisoire compos&#233; de neuf membres (qui sera ensuite port&#233; &#224; 15) est form&#233; apr&#232;s les manifestations du 21 ao&#251;t. &lt;br /&gt;
La question du r&#244;le historique de ces &#171; comit&#233;s du peuple &#187; est d'une importance cruciale pour le courant r&#233;volutionnaire trotskyste. Dans la revue &#171; Quatri&#232;me internationale &#187;, un article sign&#233; Lucien (pseudonyme d'un leader vietnamien de la LCI) &#233;crivait : &#171; La LCI dirigeait les masses par l'interm&#233;diaire des comit&#233;s du peuple&#8230; Malgr&#233; sa faiblesse num&#233;rique, la LCI r&#233;ussit, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la r&#233;volution indochinoise, la t&#226;che historique grandiose de cr&#233;ation de comit&#233;s du peuple, c'est-&#224;-dire de soviets. &#187;&lt;br /&gt;
La LCI et les comit&#233;s du peuple propos&#232;rent concr&#232;tement une politique d'opposition &#224; la bourgeoisie. Ainsi, les comit&#233;s du peuple ne donn&#232;rent aucun soutien politique au gouvernent bourgeois du Viet Minh, quand il appelait (hypocritement) &#224; un bloc militaire contre l'invasion des troupes alli&#233;es (ce que le Viet Minh rejetait en r&#233;alit&#233; puisque sa politique consistait &#224; &#171; accueillir &#187; les Alli&#233;s). La LCI appela &#224; l'armement des masses travailleuses et commen&#231;a &#224; prendre des premi&#232;res mesures pour le mettre en pratique. Les slogans de la LCI ne se born&#232;rent pas &#224; appeler &#224; une r&#233;volution &#171; d&#233;mocratique &#187; limit&#233;e &#224; l'ind&#233;pendance nationale, mais appel&#232;rent aussi &#224; l'expropriation de l'industrie sous contr&#244;le ouvrier ;&lt;br /&gt;
N&#233;anmoins, le terme m&#234;me de comit&#233;s &#171; du peuple &#187; obscurcissait la n&#233;cessit&#233; d'une mobilisation ind&#233;pendante du prol&#233;tariat, organis&#233; de mani&#232;re s&#233;par&#233;e sur des bases de classe. Bien que l'alliance avec la paysannerie et une partie de la petite bourgeoisie urbaine contre l'imp&#233;rialisme et les propri&#233;taires semi-f&#233;odaux &#233;tait d'une br&#251;lante n&#233;cessit&#233;, cette alliance devait &#234;tre fond&#233;e avant tout sur l'organisation ind&#233;pendante du prol&#233;tariat. Dans des pays o&#249; la paysannerie domine num&#233;riquement, la mobilisation indissoci&#233;e &#171; du peuple &#187; garantit qu'une petite bourgeoisie instable dominera les travailleurs. L'alliance n&#233;cessaire entre soviets de travailleurs et soviets de paysans doit viser &#224; d&#233;truire l'Etat bourgeois et &#224; son remplacement par un Etat ouvrier. &lt;br /&gt;
Ces consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales avaient des cons&#233;quences pratiques imm&#233;diates. Alors que les comit&#233;s du peuple repoussaient l'ultimatum du Viet Minh leur intimant de se subordonner au r&#233;gime bonapartiste, l'opposition de classe entre les deux pouvoirs n'apparaissait pas toujours clairement aux masses. Les comit&#233;s du peuple, sp&#233;cialement &#224; Sa&#239;gon, &#233;taient essentiellement des organes du pouvoir ouvrier, alors que le comit&#233; du sud du gouvernement du Viet Minh &#233;tait un front populaire bas&#233; sur l'Etat bourgeois en place. Mais aux yeux des masses, cela apparaissait simplement comme une diff&#233;rence entre deux gouvernements &#171; du peuple &#187;, un domin&#233; par les staliniens et l'autre par les trotskystes. Le clash violent &#233;tait in&#233;vitable entre ces deux pouvoirs, mais en appelant &#224; la formation de &#171; comit&#233;s du peuple &#187;, la LCI &#233;chouait &#224; pr&#233;parer politiquement les masses &#224; la bataille &#224; la bataille imminente.&lt;br /&gt;
Le clash in&#233;vitable prit rapidement forme. Le 7 septembre, Giau publia un d&#233;cret ordonnant le d&#233;sarmement de toutes les organisations non-gouvernementales. Toutes les armes devaient &#234;tre rendues &#224; la &#171; garde r&#233;publicaine &#187; du Viet Minh. Cela concernait les sectes religieuses mais aussi les &#171; organisations de la jeunesse d'avant-garde &#187; et les groupes d'autod&#233;fense bas&#233;s dans les usines qu'avaient fond&#233; les trotskystes. Le plus important de tous ces groupes &#233;tait la milice ouvri&#232;re organis&#233;e conjointement par les travailleurs du d&#233;p&#244;t de bus de Go Vap et par la LCI. Cette milice lan&#231;a un appel &#224; tous les travailleurs de Sa&#239;gon-Cholon de s'armer eux-m&#234;mes en vue de la lutte contre l'invasion imminente des anglo-fran&#231;ais.&lt;br /&gt;
Les troupes anglaises et indiennes sous les ordres du g&#233;n&#233;ral Gracey arriv&#232;rent &#224; Sa&#239;gon le 10 septembre. Le long de la route vers l'a&#233;roport, le Viet Minh a plac&#233; des pancartes et des banderoles avec des slogans souhaitant la bienvenue aux Alli&#233;s. A l'H&#244;tel de ville, flottent les drapeaux alli&#233;s aux c&#244;t&#233;s du drapeau du Viet Minh. Le &#171; Comit&#233; du sud &#187;, du Viet Minh se r&#233;unissait &#224; l'int&#233;rieur, continuant son travail administratif pendant que les troupes anglaises s'occupaient de supprimer leur pouvoir sur la ville. Le g&#233;n&#233;ral Gracey qui quelques semaine plus t&#244;t d&#233;clarait : &#171; La question du gouvernement de l'Indochine est exclusivement une question fran&#231;aise. &#187;, supprima la presse vietnamienne, proclama la loi martiale et imposa un strict couvre-feu. Toute manifestation &#233;tait interdite, ainsi que le port d'armes, y compris des b&#226;tons de bambous.&lt;br /&gt;
Le 12 septembre, les comit&#233;s du peuple et la LCI publiaient conjointement un manifeste d&#233;non&#231;ant la politique tra&#238;tresse du gouvernement Viet Minh. Le m&#233;contentement populaire &#233;tait sensible dans les quartiers ouvriers. Devant la probabilit&#233; d'une insurrection ouvri&#232;re, le Viet Minh se pr&#233;para &#224; y faire face. A 4 heures du matin, le 14 septembre, Duong Bach Mai, le chef stalinien de la police, envoya un d&#233;tachement de la Garde r&#233;publicaine encercler le local des comit&#233;s du peuple qui &#233;tait en r&#233;union. Les trotskystes se content&#232;rent de se rendre &#224; ces bouchers, ce qui est incroyable ! &lt;br /&gt;
La LCI le raconte en ces termes : &#171; Nous nous sommes conduits comme d'authentiques militants r&#233;volutionnaires. Nous nous sommes laiss&#233;s arr&#234;ter sans violence contre la police, bien que nous soyons plus nombreux et bien arm&#233;s. Ils nous enlev&#232;rent nos fusils et nos pistolets. Ils saccag&#232;rent nos bureaux, d&#233;truisant le mat&#233;riel, d&#233;chirant nos drapeaux, cassant nos machines &#224; &#233;crire et br&#251;lant nos papiers. &#187;&lt;br /&gt;
En agissant ainsi, les dirigeants de la LCI firent leur propre perte et celui de la r&#233;volution vietnamienne. Derri&#232;re cette capitulation, il y avait une grave incompr&#233;hension de la vraie nature du stalinisme. Il est vrai que dans les ann&#233;es trente, les leaders de l'Internationale communiste du Vietnam sud maintinrent un bloc de longue dur&#233;e avec le groupe La lutte et eurent une politique plus &#171; &#224; gauche &#187; que Ho. (&#8230;) Cette situation est pr&#233;sent&#233;e par les staliniens comme une d&#233;viation droiti&#232;re de leur parti au sud et comme une sous-estimation du danger trotskyste et sur le caract&#232;re sans principe d'une coop&#233;ration avec les trotskystes dans la p&#233;riode des fronts populaires.&lt;br /&gt;
Parmi les dirigeants trotskystes qui ont &#233;t&#233; victimes de ce coup de force stalinien, il y a Lo Ngoc, membre du comit&#233; central de la LCI, Nguyen Van Ky, dirigeant ouvrier de la LCI, et Nguyen Huong, jeune dirigeant des milices ouvri&#232;res. &lt;br /&gt;
Le 22 septembre, les Anglais avaient suffisamment fortifi&#233; leur position pour tenter de mesurer leur rapport de force. Les Anglais ont repris la prison de Sa&#239;gon, pendant que les troupes fran&#231;aises du 11e r&#233;giment d'infanterie coloniale &#233;taient r&#233;arm&#233;es. Les colons fran&#231;ais sont devenus sauvages &#224; partir de ce jour, arr&#234;tant, frappant, tuant d'innombrables Vietnamiens. Dans la nuit suivante, les troupes fran&#231;aises occup&#232;rent plusieurs postes de police, la poste, la banque centrale et l'h&#244;tel de ville, le tout sans aucune r&#233;sistance arm&#233;e.&lt;br /&gt;
A l'annonce de cette nouvelle dans les quartiers ouvriers, un mouvement spontan&#233; de r&#233;sistance a &#233;clat&#233;. Le Viet Minh se disait oppos&#233; &#171; aux violences &#187;, et essayait plut&#244;t de proposer &#171; des n&#233;gociations &#187; avec le g&#233;n&#233;ral Gracey. Dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques, des arbres ont &#233;t&#233; abattus, des v&#233;hicules renvers&#233;s et du mat&#233;riel amoncel&#233; pour former des barricades grossi&#232;res. Pendant ce temps, les travailleurs des quartiers ouvriers (Khanh Hoi, Cau Kho, Ban Co, Phu Nhuan, Tan Dinh et Thi Nghe) &#233;taient compl&#232;tement aux mains des insurg&#233;s. Dans certaines zones, des Fran&#231;ais ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans des explosions de haine raciale, r&#233;sultat de 80 ans de domination coloniale brutale. (&#8230;) Les forces insurg&#233;es paradaient dans les rues principales du centre ville. &lt;br /&gt;
Le plus important contingent arm&#233; de l'insurrection &#233;tait la milice ouvri&#232;re du d&#233;p&#244;t de bus de Go Vap, une force arm&#233;e de 60 combattants. Les 400 travailleurs de la compagnie &#233;taient connus pour leur intervention militante dans la classe ouvri&#232;re. Alors qu'ils &#233;taient encore affili&#233;s &#224; la f&#233;d&#233;ration syndicale stalinienne, ils refus&#232;rent la d&#233;nomination de Cong Nhan Cuu Quoc (&#171; Travailleurs qui sauvent la patrie &#187;), et refus&#232;rent de porter le drapeau du Viet Minh (&#233;toile jaune sur fond rouge), disant qu'ils voulaient se battre exclusivement sous le drapeau rouge de la classe ouvri&#232;re. Leur force fut organis&#233;e en groupes de choc de onze membres, dirig&#233;e par des responsables &#233;lus, sous la direction g&#233;n&#233;rale de Tranh Dinh Minh, un jeune dirigeant de la LCI et romancier venu de Hano&#239;.&lt;br /&gt;
Faisant face &#224; l'opposition conjointe des Alli&#233;s et de la police du Viet Minh, la milice ouvri&#232;re de Go Vap tenta un repli vers la zone de la plaine de joncs. Apr&#232;s plusieurs batailles contre les troupes fran&#231;aises et indiennes, ils atteignent un point de regroupement, o&#249; ils purent &#233;tablir un contact avec des paysans pauvres. Ayant d&#233;j&#224; perdu vingt hommes, et ayant vu leur dirigeant Minh le 13 janvier 1946 dans une bataille contre les forces imp&#233;rialistes, la milice fut finalement &#233;cras&#233;e et nombre de ses membres frapp&#233;s &#224; mort par des bandes du Viet Minh. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Giau se pr&#233;occupait avant tout de ses n&#233;gociations avec les Anglais. Une tr&#234;ve fut annonc&#233;e le 1er octobre, mais d&#232;s le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc et le corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais arrivaient et agissaient rapidement pour &#171; r&#233;tablir l'ordre &#187; et &#171; construire une Indochine forte au sein de l'Union fran&#231;aise &#187;. La tr&#234;ve le plus beau cadeau que les forces alli&#233;es fran&#231;aise et anglaise pouvaient recevoir (du Viet Minh) comme trahison honteuse des masses insurg&#233;es.&lt;br /&gt;
Pendant que le Viet Minh continuait sa politique visant &#224; apaiser les Alli&#233;s, autorisant le libre passage aux troupes anglaises et japonaises au milieu de la zone rebelle, les troupes fran&#231;aises et indiennes attaquaient au nord-est, cassant ainsi le blocus de la cit&#233; par l'insurrection. Au lieu de s'en tenir &#224; la d&#233;fensive, les staliniens concentraient leurs attaques en vue d'&#233;liminer les trotskystes. Ayant &#233;limin&#233; la LCI et les dirigeants des comit&#233;s du peuple le 14 septembre, ils se tourn&#232;rent contre le groupe La Lutte et encercl&#232;rent son si&#232;ge dans le quartier Thu Duc, ils arr&#234;t&#232;rent l'ensemble du groupe et les enferm&#232;rent &#224; Ben Suc. L&#224;, ils furent tous fusill&#233;s (par le Viet Minh), &#224; l'approche des troupes fran&#231;aises. Parmi ceux qui furent assassin&#233;s ainsi se trouvaient Tran Van Trach (&#233;lu conseiller municipal de Sa&#239;gon aux &#233;lections de 1933), Phan Van Hum, Nguyen Van So et dix autres militants r&#233;volutionnaires. Peu apr&#232;s, le Viet Minh fut forc&#233; de quitter Sa&#239;gon.&lt;br /&gt;
Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;br /&gt;
A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il faut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Ayant liquid&#233; physiquement tous les dirigeants trotskystes au Vietnam, Ho pouvait maintenant conclure un &#171; march&#233; &#187; avec le gouvernement fran&#231;ais (qui comportait Fran&#231;ois Billoux comme ministre de la D&#233;fense !) L'accord pr&#233;liminaire entre la France et la. &#171; R&#233;publique D&#233;mocratique du Vietnam &#187; sign&#233; &#224; Hano&#239; le 6 mars pr&#233;voyait notamment que &#171; le gouvernement du Vietnam se d&#233;clarait pr&#234;t &#224; recevoir amicalement les forces arm&#233;es fran&#231;aises. &#187; et &#224; accepter le stationnement de 15.000 hommes des troupes fran&#231;aises au nord du 16e parall&#232;le. Le sens de l'accord &#233;tait une ind&#233;pendance limit&#233;e sous l'&#233;gide de l'Union fran&#231;aise. &#187;&lt;br /&gt;
(extraits de &#171; Workers vanguard &#187; - Ligue spartakiste) &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
Expos&#233; du militant trotskyste vietnamien Ngo Van &lt;br /&gt;
&#171; Rappelons qu'apr&#232;s la d&#233;faite fran&#231;aise en Europe, les Japonais occup&#232;rent l'Indochine et, en accord avec Vichy, conserv&#232;rent l'appareil administratif et r&#233;pressif fran&#231;ais, avec un nouveau gouverneur colonial d&#233;sormais &#224; leur service. La politique des Japonais tendit &#224; &#233;liminer la tendance stalinienne et &#224; rechercher un compromis de collaboration avec les tendances nationalistes et les sectes ; en 1942, le &#034;bonze fou&#034; exil&#233; au Laos fut lib&#233;r&#233; par eux et lorsque, le 9 mars 1945, les Japonais eurent mis fin au gouvernement colonial fran&#231;ais, ils arm&#232;rent les adeptes de ces deux sectes, esp&#233;rant les utiliser comme auxiliaires militaires en cas de d&#233;barquement am&#233;ricain.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons aux staliniens et &#224; leurs activit&#233;s, jusqu'&#224; la prise du pouvoir en 1945. H&#244; chi Minh, qui vivait en Chine, dans le Kouang si, r&#233;unit en mai 1941, un congr&#232;s qui groupa des &#233;l&#233;ments vietnamiens de toutes provenances et forma avec eux, sous l'&#233;tiquette peu compromettante de Vi&#234;tminh (abr&#233;g&#233; de Vi&#234;tnam d&#244;c-l&#226;p d&#244;ng-minh, Ligue pour l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;tnam une organisation dont la direction effective appartenait &#224; ses propres partisans.&lt;br /&gt;
Les g&#233;n&#233;raux chinois du Kuomingtang r&#233;unirent une seconde conf&#233;rence des r&#233;fugi&#233;s politiques vietnamiens en Chine, le 4 octobre 1942 &#224; Lieou-tcheou, dans le but d'&#233;carter la tendance communiste et mirent sur pied le D&#244;ng-minh h&#244;i, Association pour la Lib&#233;ration Nationale, pr&#233;sid&#233; par le vieil &#233;migr&#233; prochinois Nguyen-hai Th&#226; ; H&#244; chi Minh fut emprisonn&#233; pour 18 mois. Cependant, au Congr&#232;s de Lieou-tcheou de mars 1944 au cours duquel fut &#233;labor&#233; le programme d'un &#034;gouvernement r&#233;publicain provisoire du Vi&#234;tnam&#034;, le Vi&#234;tminh &#233;tait repr&#233;sent&#233;, il avait un portefeuille. Ce programme consistait en deux points : liquidation de la domination fran&#231;aise et japonaise, ind&#233;pendance du Vi&#234;t-nam avec l'aide du Kuomingtang ; tandis que les nationalistes de ce gouvernement restaient en Chine o&#249; ils attendaient que l'intervention du Kuomintang leur assur&#226;t le pouvoir au Vi&#234;t-nam, le groupe de H&#244; chi Minh, sous la banni&#232;re du Vi&#234;tminh, rentra au Tonkin et s'&#233;tablit dans la r&#233;gion de Thai-nguyen. Lorsque le coup de force japonais du 9 mars 1945 mit un terme &#224; l'autorit&#233; fran&#231;aise en Indochine, le Vi&#234;tminh se trouva pratiquement ma&#238;tre du Haut pays. S'orientant politiquement vers les alli&#233;s (Russie, Chine nationaliste, Grande Bretagne, &#201;tats Unis), H&#244; chi Minh organisa quelques escarmouches contre les Japonais, prit contact avec les Am&#233;ricains &#224; Kun-ming, et en obtint des armes pour lutter aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s. Apr&#232;s la capitulation des Japonais le 15 ao&#251;t 1945, le groupe de H&#244; chi Minh (le Vi&#234;tminh) &#233;tait d&#233;j&#224; une force militaire organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1945. Av&#232;nement de H&#244; chi Minh&lt;br /&gt;
Nous examinerons ici la situation qui permit la prise du pouvoir par H&#244; chi Minh et ses partisans du Vi&#234;tminh en ao&#251;t 1945.&lt;br /&gt;
Les premiers coups de canon inaugurant en Europe la &#034;continuation de la politique&#034; des puissances par le sang des esclaves, ouvrirent &#224; l'imp&#233;rialisme japonais, en pleine guerre de conqu&#234;te de la Chine depuis 1937, la perspective de r&#233;aliser le plan de la Grande Asie de Tojo, par l'&#233;viction des anciens ma&#238;tres occidentaux du sud-est asiatique. En 1940 sur le refus des Fran&#231;ais de laisser p&#233;n&#233;trer leurs troupes au Tonkin, les Japonais pass&#232;rent &#224; l'attaque &#224; Lan-son et Dong-dang dans la nuit du 22 septembre et d&#233;barqu&#232;rent &#224; Haiphong le 24, apr&#232;s avoir bombard&#233; le port. Ainsi d&#233;buta l'occupation japonaise de l'Indochine ; elle conserva l'appareil administratif colonial fran&#231;ais ayant &#224; sa t&#234;te un amiral de Vichy qui collabora dans une grande mesure avec l'&#233;tat-major japonais. Le pillage syst&#233;matique des produits du pays pour les fins de guerre plongea la population dans une mis&#232;re accrue ; les masses paysannes v&#233;curent plus que jamais dans le d&#233;nuement. Bombardements am&#233;ricains, typhons, froid exceptionnel, firent culminer le d&#233;sastre dans la grande famine de mars &#224; mai 1945, avec environ un million de morts dans le nord, jusque dans les rues de Hanoi.&lt;br /&gt;
Dans le sud du pays, les sectes religieuses pers&#233;cut&#233;es par les Fran&#231;ais entrevoient un espoir dans le Japon : les cao-da&#239;stes, dont le pape Pham cong Tac vivait exil&#233; &#224; Nossi-lava (Madagascar) comptent sur le retour du prince Cuong-d&#234; r&#233;fugi&#233; au Japon ; les fid&#232;les du &#034;bonze fou&#034;, les Hoa-hao, obtiennent des Japonais en 1942 le retour de leur ma&#238;tre Huynh phu S&#244; qui avait &#233;t&#233; exil&#233; au Laos par les Fran&#231;ais. Des groupes nationalistes pro-japonais se forment d&#232;s 1943 et leurs membres sont utilis&#233;s dans les services japonais de propagande et de gendarmerie.&lt;br /&gt;
Dans le nord, vers 1943, dans la r&#233;gion montagneuse de Tuy&#234;n-quang, voisin de la fronti&#232;re chinoise, H&#244; chi Minh organise son foyer de gu&#233;rilla, se met en contact avec les Am&#233;ricains pour leur demander des armes, se proclamant aux c&#244;t&#233;s des &#034;alli&#233;s d&#233;mocratiques&#034; &#034;contre le fascisme japonais&#034; ; son &#034;arm&#233;e populaire&#034; est officiellement institu&#233;e dans le maquis &#224; partir du 22 d&#233;cembre 1944.&lt;br /&gt;
Devant l'offensive am&#233;ricaine dans le Pacifique et la menace de d&#233;b&#226;cle de l'axe Berlin-Tokio-Rome, le japonais, par un coup de force, mettent fin &#224; l'autorit&#233; des Fran&#231;ais sur toute la p&#233;ninsule &#224; partir du 9 mars 1945. Les troupes fran&#231;aises sont d&#233;sarm&#233;es et cantonn&#233;es dans leurs casernes, les dirigeants emprisonn&#233;s ou mis &#224; mort ; la population est rassembl&#233;e et strictement contr&#244;l&#233;e. Les Japonais font proclamer l'ind&#233;pendance par l'empereur Bao-da&#239; et constituer par Tr&#226;n trong Kim un &#034;gouvernement national&#034; &#224; Hu&#234; le 2 mars. Le couvercle de plomb qui pesait sur le pays s'est fissur&#233;. Les masses populaires se sentent soulag&#233;es deux brigands vous pillent et l'un est tomb&#233; sous les coups de l'autre, prises du sentiment de contentement de l'impuissant, de l'illusion qu'avec &#034;l'ind&#233;pendance nationale&#034;, quelque chose de positif va se produire dans leur condition. Les policiers arrogants du r&#233;gime fran&#231;ais n'apostropheront plus dans les rues de Saigon, pour v&#233;rification de leur carte d'imp&#244;t personnel (gi&#226;y thu&#234; th&#226;n) les ouvriers et employ&#233;s se rendant au travail ; on n'entendra plus les colons fran&#231;ais menacer de coups de pied au cul les coolies-pousse qui r&#233;clament leur d&#251;. Les membres des groupes nationalistes pro-japonais re&#231;oivent les postes cl&#233;s de l'administration. La jeunesse du pays, des villes et des villages, est organis&#233;e paramilitairement afin de servir de force auxiliaire &#224; l'arm&#233;e japonaise en cas de d&#233;barquement am&#233;ricain ; ce mouvement est connu sous le nom de Jeunesse d'avant-garde (Thanh-ni&#234;n ti&#234;n-phong). Les cao-da&#239;stes forment leurs groupes arm&#233;s tandis que les Hoa-hao forgent des armes blanches en &#034;attendant les &#233;v&#233;nements&#034;, c'est-&#224;-dire l'occasion de prendre le pouvoir. Les militants du groupe stalinien qui ont &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression ou ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s des camps de concentration apr&#232;s le 9 mars, travaillent en quelque sorte mobilis&#233;e par &#034;le gouvernement national&#034; et les paysans et noyautent la Jeunesse d'avant-garde. Tout ce bouillonnement politique dans le sud durant les cinq mois qui pr&#233;c&#232;dent la d&#233;faite des Japonais &#233;chappe &#224; leur contr&#244;le, tandis que dans les r&#233;gions du Haut-Tonkin s'&#233;tend la zone des groupes arm&#233;s de H&#244; chi Minh ; eux aussi attendent les &#034;&#233;v&#233;nements&#034;.&lt;br /&gt;
Les bombes de Hiroshima et de Nagasaki suivies de la capitulation du Japon le 15 ao&#251;t 1945, marquent une autre &#232;re sanglante pour ce coin d'Asie destin&#233; par les puissances imp&#233;rialistes (accord de Postdam entre Staline, Churchill et Roosevelt) &#224; &#234;tre occup&#233; au nord du 17e parall&#232;le par les troupes chinoises, et au sud, par les troupes anglaises. Le nouveau partage du monde efface de la carte indochinoise l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et les Am&#233;ricains comptent, par le truchement des Chinois, de Tchang-Ka&#239; Chek, inclure le nord Vi&#234;t-nam dans leur zone d'influence au sud-est asiatique.&lt;br /&gt;
Devant le vide politique cr&#233;&#233; par la reddition japonaise et devan&#231;ant les troupes chinoises qui allaient ramener avec elles les nationalistes prochinois du Dong-minh-h&#244;i et du Vi&#234;tnam qu&#244;c d&#226;n dang, H&#244; chi Minh r&#233;unit ses partisans au village de T&#226;ntrao (province de Thai-nguy&#234;n) et cr&#233;a un Comit&#233; de lib&#233;ration nationale du Vi&#234;t-nam (Uy-ban giai-phong d&#226;n-t&#244;c Vi&#234;tnam) dont la majorit&#233; se composait d'une dizaine d'anciens membres du PC. Ainsi rompit-il avec le &#034;gouvernement en exil&#034; en Chine, donc avec les nationalistes prochinois. Apr&#232;s quelques manifestations spectaculaires organis&#233;es par ses &#233;missaires &#224; Hanoi, H&#244; chi Minh y fit son entr&#233;e &#224; la t&#234;te de son &#034;arm&#233;e populaire&#034; vers ao&#251;t. Le repr&#233;sentant &#224; Hanoi du gouvernement pro-japonais de Bao-Da&#239;, Phan k&#234; Toai, se retira sans ambages. Ainsi se constitua le pouvoir de facto du Vi&#234;tminh dans l'indiff&#233;rence des Japonais qui avaient re&#231;u des alli&#233;s la mission de maintenir l'ordre jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des troupes chinoises. On dit m&#234;me que les Japonais rel&#226;ch&#232;rent les quelque quatre cents prisonniers politiques enferm&#233;s dans les b&#226;timents de la Shell et r&#233;clam&#233;s par le Vi&#234;tminh et qu'ils les laiss&#232;rent s'emparer des armes. En m&#234;me temps, des &#034;comit&#233;s populaires&#034; prirent le contr&#244;le de l'administration dans les provinces et les mandarins disparurent ou se soumirent. Un gouvernement provisoire Vi&#234;tminh fut form&#233; &#224; Hanoi le 25 ao&#251;t, pr&#233;sid&#233; par H&#244; chi Minh ; &#224; Hu&#234;, apr&#232;s la d&#233;mission du gouvernement Tr&#226;n trong Kim, Bao-da&#239; abdiqua et fut choisi par H&#244; chi Minh comme &#034;conseiller supr&#234;me&#034;.&lt;br /&gt;
Que s'est-il pass&#233; dans le sud du pays apr&#232;s le 15 ao&#251;t ? &#192; Saigon la m&#234;me absence de pouvoir que dans le nord se fit sentir : les troupes japonaises semblaient frapp&#233;es d'immobilit&#233; en attendant l'arriv&#233;e des Anglais, tandis que les Fran&#231;ais d&#233;sarm&#233;s depuis le 9 mars attendaient leur &#034;lib&#233;ration&#034; et leur retour au pouvoir. Les partisans de H&#244; chi Minh (quelques &#233;missaires venus du Tonkin rejoignent le groupe stalinien de Cochinchine), en pleine ville, circulent dans des voitures munies de haut-parleurs en criant : &#034;d&#233;fendez le Vi&#234;tMinh&#034; (ung-h&#244; Vi&#234;t minh) Viet Minh, mot inconnu jusqu'alors &#224; Saigon et qui avait tout l'attrait du myst&#232;re puis, ils distribuent des tracts, se proclament &#034;aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s Russie, Chine, Angleterre, &#201;tats Unis pour l'Ind&#233;pendance&#034;. Apr&#232;s une manifestation Vi&#234;tminh d'essai organis&#233;e le 18 ao&#251;t dans les rues de Saigon, et en l'absence de r&#233;action japonaise, ils appellent &#224; une manifestation g&#233;n&#233;rale pour le 20. Pour la premi&#232;re fois dans la vie politique du pays, de v&#233;ritables masses humaines s'assemblent comme des fourmis d&#232;s le matin et emplissent le boulevard Norodom, depuis le jardin botanique jusqu'au palais du gouverneur, puis en ordre, d&#233;filent &#224; travers les art&#232;res importantes en scandant les mots d'ordre : &#034;&#192; bas l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais (Da-dao d&#234;-qu&#244;c phap) ! Vive l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;t-nam (Vietnam ho&#224;n d&#244;c-l&#226;p) ! D&#233;fense du Front Vi&#234;tminh !...&#034;. Drapeaux et banderoles flottant au-dessus de cette arm&#233;e mouvante indiquent la pr&#233;sence de la Jeunesse d'avant-garde, la veille encore organisation pro-japonaise, des paysans conduits par des militants staliniens et venus des alentours de Saigon, des ouvriers de Saigon-Cholon, des cao-da&#239;stes, des bouddhistes de diverses sectes encadr&#233;s par leurs bonzes, des Hoa-hao, des militants des groupes trotskistes La Lutte et la Ligue des communistes internationalistes. Certains manifestants sont arm&#233;s de b&#226;tons de bambou. On remarque des banderoles avec des inscriptions insolites &#034;groupe d'assassinat d'assaut (Ban am-sat xung-phong)&#034; arbor&#233;es par des hommes aux torses nus et tatou&#233;s, porteurs d'armes blanches et de vieux fusils. La police vietnamienne au service de l'occupant ne sait plus o&#249; prendre les ordres : elle reste impassible devant le d&#233;fil&#233; &#224; travers la ville en gr&#232;ve, et la foule ne se disperse que dans l'apr&#232;s-midi. Cette manifestation, dont l'initiative appartint au Vi&#234;tminh est la tactique classique pr&#233;paratoire &#224; la prise du pouvoir, elle figure le sceau de l'approbation g&#233;n&#233;rale. En r&#233;alit&#233; chacun est descendu dans la rue avec un espoir diff&#233;rent. Seul sentiment commun mais tout puissant : ne plus voir les Fran&#231;ais au pouvoir, vivre la fin du r&#233;gime colonial.&lt;br /&gt;
Du premier &#233;veil de ces masses depuis toujours dans les &#034;menottes et les baillons&#034; &#233;mane une tension &#233;lectrique dans un calme insolite, ce calme pr&#233;occupant qui pr&#233;c&#232;de la temp&#234;te. Toute contrainte est rompue et tout le monde semble vivre un instant de totale libert&#233;, o&#249; l'absence de l'&#201;tat, la carence de la police permet &#224; chacun de se pr&#233;parer &#224; sa guise &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'un combat terrible. Que l'obscurit&#233; &#224; l'horizon d'un changement fondamental ! &#192; Yalta, &#224; Postdam, Roosevelt, Churchill et Staline, ont d&#233;cid&#233; de notre sort, nous nous jetterons pourtant corps et &#226;me dans un sans lendemain. Devant la perspective de l'arriv&#233;e imminente des troupes anglaises, devant la menace du retour de l'ancien r&#233;gime colonial, l'envoy&#233; sp&#233;cial de la &#034;France Nouvelle&#034; le colonel C&#233;dile, est d&#233;j&#224; &#224; Saigon au palais du gouverneur g&#233;n&#233;ral , tous les hommes d&#233;cid&#233;s cherchent &#224; se procurer des armes ; chacun vit dans la m&#234;me atmosph&#232;re explosive.&lt;br /&gt;
Avec la rapidit&#233; de l'&#233;clair, les &#233;v&#233;nements vont se d&#233;rouler en ces moments cruciaux de crise g&#233;n&#233;rale. Les groupes nationalistes et sectes qui furent pro-japonais restent arm&#233;s, mais incapables d'initiative : avec la chute du Japon, leur temps est r&#233;volu. Le Vi&#234;tminh politiquement renforc&#233; par l'av&#232;nement de H&#244; chi Minh &#224; Hanoi et ayant d&#233;j&#224; en main le mouvement de la Jeunesse d'avant-garde dont les dirigeants se sont ralli&#233;s, fort aussi de la manifestation monstre du 20 dans laquelle il voit l'approbation des masses &#224; sa politique de collaboration avec les &#034;alli&#233;s&#034; pour l'ind&#233;pendance nationale, va imposer son gouvernement.&lt;br /&gt;
Bient&#244;t en effet, appara&#238;t sur les murs de la ville une proclamation sign&#233;e du Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du sud (Uv-ban b&#224;nh-chanh l&#226;m-thoi Nam-b&#244;). Le comit&#233; appelle la population &#224; se mettre derri&#232;re lui en vue d'obtenir l'ind&#233;pendance du pays par la n&#233;gociation avec les &#034;alli&#233;s&#034; et promet la formation d'une r&#233;publique d&#233;mocratique parlementaire. En m&#234;me temps que cette affiche annonce la &#034;prise du pouvoir&#034; par le Vi&#234;tminh, la liste des membres du gouvernement provisoire pr&#233;sid&#233; par le stalinien Tran van Giau est dress&#233;e devant l'H&#244;tel de ville de Saigon affich&#233;e sur une imposante colonne couverte d'&#233;tamine rouge ; Nguyen van Tao, autre stalinien, ancien conseiller municipal de Saigon, est d&#233;sign&#233; pour l'int&#233;rieur ; pour donner &#224; leur comit&#233; une allure d'union nationale acceptable par les alli&#233;s imp&#233;rialistes dans une &#233;ventuelle n&#233;gociation, les staliniens se sont assur&#233; la collaboration gouvernementale d'un m&#233;decin, de quelques intellectuels non staliniens et m&#234;me d'un propri&#233;taire foncier. Le Comit&#233; Nam-b&#244; si&#232;ge &#224; l'H&#244;tel de ville, gard&#233; par des miliciens en uniforme blanc. La police et la s&#251;ret&#233; se sont ralli&#233;es, les commissariats sont contr&#244;l&#233;s par les camarades de Tran van Giau ; les pirates de L&#234; van Vi&#234;n dit Bay Vi&#234;n, sont embrigad&#233;s comme policiers et agents des futurs assassinats staliniens (on les connaissait depuis toujours sous les Fran&#231;ais, sous l'appellation &#034;bandes de Binh-xuy&#234;n&#034;, du nom d'un hameau situ&#233; entre Saigon et Cholon).&lt;br /&gt;
L'activit&#233; du Comit&#233; Nam-b&#244; s'&#233;tendit vers les provinces o&#249; il constitua ses propres comit&#233;s provinciaux, qui prirent en main les comit&#233;s populaires n&#233;s spontan&#233;ment dans les villages, de l'ancienne Jeunesse d'avant-garde. L'arriv&#233;e de la commission alli&#233;e &#233;tait annonc&#233;e pour le d&#233;but de septembre. Dans les rues de Saigon flottaient d'immenses banderoles portant des inscriptions de bon accueil en anglais, en russe, en chinois et en vietnamien : &#034;Welcome to the Allied Forces !...&#034;. Quelques actes spectaculaires marqu&#232;rent la volont&#233; du Comit&#233; Nam-b&#244; d'en finir avec la colonisation fran&#231;aise : les rues de Saigon chang&#232;rent de noms ; la rue Catinat, art&#232;re de luxe de la ville, c&#233;l&#232;bre par ses locaux de la s&#251;ret&#233; cachots et chambres de tortures fut baptis&#233;e rue de la Commune de Paris ; le boulevard Norodom s'appela boulevard de la R&#233;publique... Les statues des &#034;h&#233;ros&#034; de la conqu&#234;te (&#201;v&#234;que d'Adran tenant par la main le jeune prince Canh devant la cath&#233;drale, amiral Rigault de Genouilly au bord de la rivi&#232;re de Saigon, Bonnard devant le th&#233;&#226;tre municipal) et autres monuments de l'&#232;re coloniale furent d&#233;truits.&lt;br /&gt;
Au matin du 2 septembre, un grand d&#233;fil&#233; officiel fut organis&#233; par le Comit&#233; Nam-b&#244;. La nouvelle milice arm&#233;e en uniforme ouvrait la marche. Dans l'apr&#232;s-midi place de la cath&#233;drale, quelques coups de feu tir&#233;s on ne sait d'o&#249; provoquent un d&#233;cha&#238;nement g&#233;n&#233;ral ; les manifestants se ruent sur les maisons fran&#231;aises et la manifestation se termine tard le soir avec des bless&#233;s et des tu&#233;s de part et d'autre.&lt;br /&gt;
Bient&#244;t arrivent par avion les gurkhas de la 20e division indienne sous le commandement du g&#233;n&#233;ral anglais Gracey. D&#232;s son arriv&#233;e Gracey fait r&#233;pandre sur la ville, par des avions de chasse japonais, des tracts proclamant qu'il charge les Japonais du maintien de l'ordre public et qu'il interdit &#224; la population sous peine de punition s&#233;v&#232;re la d&#233;tention de toutes armes. Une immense affiche reproduisant cette proclamation est coll&#233;e sur les murs de la ville. Le ton hautain du militaire repr&#233;sentant les alli&#233;s &#233;quivaut &#224; une mise en demeure adress&#233;e non seulement aux groupes arm&#233;s des sectes religieuses qui d&#233;tenaient des quantit&#233;s d'armes japonaises mais &#233;galement au Comit&#233; Nam-b&#244; dont la milice arm&#233;e est plus ou moins tenue pour responsable des &#034;d&#233;sordres&#034; du 2 septembre. Gracey installe son quartier g&#233;n&#233;ral au petit palais du gouverneur de la Cochinchine. Une activit&#233; fi&#233;vreuse anime groupes et sectes. Les Hoa-hao prennent l'&#233;tiquette de Parti social-d&#233;mocrate (Dang d&#226;n-xa) et il semble qu'ils aient &#233;t&#233; invit&#233;s ainsi que les cao-da&#239;stes &#224; quelques postes subalternes du minist&#232;re Vi&#234;tminh des affaires sociales. Les trotskistes du groupe La Lutte se prononcent pour le soutien du Vi&#234;tminh stalinien dans la phase de la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale et pour la formation d'une r&#233;publique d&#233;mocratique, mais d&#233;clarent se r&#233;server le droit de critique ; une autre tendance trotskiste d&#233;nonce comme illusion entretenue dans les masses la possibilit&#233; d'obtenir l'ind&#233;pendance nationale par la n&#233;gociation avec des brigands imp&#233;rialistes dont le Vi&#234;tminh sollicite l'alliance ; pr&#233;conisant l'armement du peuple (ce qui est contre la volont&#233; de contr&#244;le du Comit&#233; Nam-b&#244; sur tous les groupes arm&#233;s) et la pr&#233;paration de l'insurrection arm&#233;e contre le retour de l'ancien r&#233;gime, ils regroupent quelques dizaines d'ouvriers et d'employ&#233;s en un Comit&#233; populaire r&#233;volutionnaire (Uy-ban nh&#226;n-d&#226;n cach-mang) &#224; T&#226;n-dinh banlieue de Saigon ; un comit&#233; populaire semblable se forme &#224; Bi&#234;n-ho&#224; &#224; une trentaine de kilom&#232;tres de Saigon ; mais l'activit&#233; de tels comit&#233;s, n&#233;gation du pouvoir de facto stalinien, risque de faire tache d'huile et l'arrestation et l'incarc&#233;ration de leurs membres par la police Vi&#234;tminh y met fin. Notons que les militants de T&#226;n-dinh se laissent d&#233;sarmer sans riposte car ils craignent qu'en tirant sur la police, ils n'arrivent qu'&#224; nourrir l'accusation de provocation port&#233;e contre eux par les gens de l'H&#244;tel de ville, et restent incompris des masses. Les chefs des sectes &#233;galement objets des recherches de la police, disparaissent avec leurs groupes arm&#233;s. La r&#233;pression Vi&#234;tminh vise d&#233;j&#224; tous les opposants en puissance.&lt;br /&gt;
&#192; l'H&#244;tel de ville si&#232;ge toujours le Comit&#233; Nam-b&#244; auquel Gracey a accord&#233; quelques contacts courtois sans reconnaissance officielle ; d'autre part C&#233;dile qui manigance fi&#233;vreusement avec les Anglais pour &#034;r&#233;tablir l'ordre colonial&#034; a &#233;tabli avec ce m&#234;me Comit&#233; un dialogue de sourds. Le 17 septembre des tracts du Comit&#233; appellent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre le fran&#231;ais et, toujours dans l'espoir d'une n&#233;gociation possible avec les Anglais, recommande le calme &#224; la population. Trois jours apr&#232;s, le 20, la presse vietnamienne est interdite par les Anglais et les proclamations du Comit&#233; sont lac&#233;r&#233;es et arrach&#233;es des murs de la ville. Le 22, les Anglais contr&#244;lent la prison et r&#233;arment quelque mille cinq cents soldats fran&#231;ais enferm&#233;s par les Japonais dans les casernes du deuxi&#232;me RIC ; enfin dans la nuit du 22 au 23, les Fran&#231;ais aid&#233;s des gurkhas r&#233;occupent les commissariats de police, la S&#251;ret&#233;, le Tr&#233;sor, la Poste. Le Comit&#233; Vi&#234;tminh quitte l'H&#244;tel de ville et se retire dans les environs de Cholon ; l'insurrection de Saigon &#233;clate la nuit m&#234;me. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
L'insurrection de Saigon de 23 septembre 1945&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Le Comit&#233; Vi&#234;tminh dans le but d'obtenir sa reconnaissance par les Anglais comme gouvernement de facto fit tout pour montrer son pouvoir et sa capacit&#233; de &#034;maintenir l'ordre&#034;. Il ordonna par voie de presse la dissolution de tous les groupes arm&#233;s et la remise des armes &#224; sa propre police. La milice Vi&#234;tminh, appel&#233;e &#034;garde r&#233;publicaine (Cong-ho&#224;-v&#234;-binh)&#034; eut avec cette police le monopole l&#233;gal du port des armes. &#201;taient vis&#233;s non seulement les sectes religieuses Cao-da&#239; et Ho&#224;-hao, mais aussi les comit&#233;s ouvriers, la Jeunesse d'avant-garde et les groupes d'autod&#233;fense, c'est-&#224;-dire tous ceux qui se trouvaient hors du contr&#244;le Vi&#234;tminh.&lt;br /&gt;
Les trotskistes du groupe Tia-sang (l'Etincelle) devant la perspective imminente d'un affrontement in&#233;vitable avec les forces militaires anglaises et fran&#231;aises, appellent par tracts &#224; la formation de comit&#233;s d'action populaires (t&#244;-chuc-uy-ban h&#224;nh-d&#244;ng) et &#224; l'armement du peuple (thi&#234;t-l&#226;p d&#226;n-qu&#226;n) en vue de la constitution d'une assembl&#233;e populaire, organe de lutte pour l'ind&#233;pendance nationale. Les ouvriers du d&#233;p&#244;t de tramways de Go-v&#226;p, &#224; quelque huit kilom&#232;tres de Saigon, aid&#233;s des militants du groupe Tia-sang, organisent une milice et invitent les ouvriers de la r&#233;gion Saigon-Cholon &#224; s'armer et &#224; se pr&#233;parer au combat.&lt;br /&gt;
Le Comit&#233; Vi&#234;tminh avant de quitter la ville, fait coller partout des papillons la presse &#233;tant interdite et la loi martiale proclam&#233;e par Gracey d&#232;s le 22 invitant la population &#224; se disperser &#224; la campagne et &#224; &#034;rester calme car le gouvernement esp&#232;re arriver &#224; n&#233;gocier&#034;. Une psychose d'ins&#233;curit&#233; r&#232;gne dans la ville qui se vide peu &#224; peu d'une partie de sa population vietnamienne. Dans la nuit du 22 au 23, les Fran&#231;ais, r&#233;arm&#233;s et appuy&#233;s par les Gurkhas, r&#233;occupant pratiquement sans r&#233;sistance les commissariats de police, la S&#251;ret&#233;, la Poste, le Tr&#233;sor, l'H&#244;tel de ville... La nouvelle qui se r&#233;pand comme une tra&#238;n&#233;e de poudre, d&#233;clenche l'insurrection dans les quartiers populaires et les faubourgs de la ville. De partout, des d&#233;tonations s&#232;ches d&#233;chirent la nuit : c'est l'explosion spontan&#233;e des masses. Personne ne peut avoir une vue globale d'&#233;v&#233;nements de cet ordre. Nous recueillons ici les souvenirs de deux t&#233;moins plus ou moins acteurs dans le drame. Des arbres abattus, des v&#233;hicules renvers&#233;s, du mobilier divers entass&#233;s dans les rues, telles sont les &#233;bauches de barricades qui s'improvisent aussit&#244;t pour emp&#234;cher le passage des patrouilles et le d&#233;ploiement des troupes imp&#233;rialistes. Les insurg&#233;s se tiennent cach&#233;s &#224; proximit&#233;. Si le centre de la ville est sous le contr&#244;le des Fran&#231;ais second&#233;s par les Gurkhas et les Japonais, la p&#233;riph&#233;rie et les faubourgs (Khanh-h&#244;i, C&#226;u-kho, B&#224;n-co, Phu-nhu&#226;n, T&#226;n-dinh, Thi-ngh&#232;...) habitat des pauvres, appartiennent aux insurg&#233;s : comit&#233;s populaires, Jeunes d'avant-garde, garde r&#233;publicaine, cao-da&#239;stes... Les Fran&#231;ais rencontr&#233;s sont abattus ; les fonctionnaires cruels de l'ancien r&#233;gime, les policiers r&#233;put&#233;s tortionnaires rep&#233;r&#233;s depuis longtemps par la population, sont mis &#224; mort et jet&#233;s dans l'Arroyo chinois. Le racisme entretenu par quatre-vingts ans de domination, par le m&#233;pris de l'homme blanc &#224; l'&#233;gard de l'homme jaune, marque de son sceau aveugle les violences populaires qui &#233;clatent en ces heures critiques. Le massacre d'une centaine de civils fran&#231;ais de la cit&#233; H&#233;raud &#224; T&#226;n-dinh, le 25, en est une illustration douloureuse. La menace de certains Fran&#231;ais, r&#233;pandue en ville, de &#034;faire la peau aux Annamites pour en tirer des sandales&#034; s'est retourn&#233;e contre tous les blancs.&lt;br /&gt;
Des fouilles et des perquisitions syst&#233;matiques dans le centre n'emp&#234;chent pas les insurg&#233;s de mettre le feu &#224; la Compagnie du caoutchouc manufactur&#233;, aux entrep&#244;ts, etc.... Dans la nuit du 23 au 24, le commissariat du port est attaqu&#233; sans r&#233;sultat par les gu&#233;rilleros. Le 24, les insurg&#233;s contre-attaquent : des groupes descendent la rue de Verdun et remontent le boulevard de la Somme, convergeant vers le march&#233; ; dans la nuit, le march&#233; br&#251;le. Il n'y a plus &#224; Saigon ni eau, ni &#233;lectricit&#233;, ni ravitaillement et chacun vit dans une &#034;ambiance de massacre et de famine&#034;. Tandis que chaque jour les Fran&#231;ais tentent d'&#233;largir le cercle de leur contr&#244;le, des groupes arm&#233;s divers s'organisent en gu&#233;rilla tout autour de la ville. Le Comit&#233; Vi&#234;tminh d&#233;clare alors dans un tract : &#034;les Fran&#231;ais... prennent plaisir &#224; assassiner notre peuple. Une seule r&#233;ponse s'impose : appliquer le d&#233;cret du blocus alimentaire. Les soldats fran&#231;ais pris seront mis &#224; mort&#034;. Il conserve cependant l'espoir de s'entendre avec les Anglais et dans l'attente du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Leclerc. Gracey r&#233;ussit &#224; engager des conversations avec lui, et une tr&#234;ve est annonc&#233;e le premier octobre. Le 3, Leclerc arrive, avec mission de &#034;r&#233;tablir l'ordre&#034; et &#034;construire une Indochine forte au sein de la communaut&#233; fran&#231;aise&#034;. Les commandes du Triomphant d&#233;filent rue Catinat et les drapeaux tricolores flottent de nouveau aux fen&#234;tres. Les conversations continuent et n'ont d'autre r&#233;sultat que le libre passage des troupes anglaises et japonaises dans les zones contr&#244;l&#233;es par les insurg&#233;s ; c'est le Comit&#233; Vi&#234;tminh qui, suivant sa politique d'entente avec les imp&#233;rialistes alli&#233;s a pris cette d&#233;cision. Les Gurkhas et les Japonais ouvrent la marche, occupent les endroits strat&#233;giques dans la p&#233;riph&#233;rie puis, le 12 octobre, les troupes fran&#231;aises second&#233;es par les Gurkhas passent &#224; l'attaque g&#233;n&#233;rale vers le nord-est : les paillotes br&#251;lent &#224; Thi-ngh&#232; jusqu'au poste de T&#226;n-binh et l'encerclement de la ville par les insurg&#233;s s'effrite dans des combats acharn&#233;s. Les anciens font observer que les Fran&#231;ais se dirigent d'abord vers les provinces de l'est, comme ils ont fait au d&#233;but de la colonisation.&lt;br /&gt;
Du c&#244;t&#233; de la gu&#233;rilla, le chef de bande Ray Vi&#234;n, se refusant aux basses besognes polici&#232;res contre toutes les tendances non affili&#233;es au Vi&#234;tminh, se rend ind&#233;pendant de ce dernier et op&#232;re pour son propre compte : tout en guerroyant contre les Fran&#231;ais, il se livre au pillage. Comme nous l'avons vu, il n'est pas le seul groupe arm&#233; &#224; ne pas accepter l'autorit&#233; du Vi&#234;tminh. Les plus nombreux de ces groupes connus sous le nom de Troisi&#232;me division (d&#234;-tam su-do&#224;n) sont dirig&#233;s par un ancien nationaliste qui avait un moment plac&#233; son espoir dans le Japon ; il se retire avec ses quelques centaines d'hommes arm&#233;s dans la Plaine des Joncs en vue d'organiser la r&#233;sistance aux Fran&#231;ais ; mais il se rend quelques mois plus tard et se dissout.&lt;br /&gt;
Le Vi&#234;tminh ne tol&#232;re aucune tendance qui lui porte ombrage et il en vient &#224; bout par la liquidation physique. Les militants du groupe trotskiste La Lutte qui pourtant s'&#233;taient prononc&#233;s pour le soutien critique du gouvernement Vi&#234;tminh, en sont presque imm&#233;diatement les victimes. R&#233;unis dans un temple de la r&#233;gion de Thu-duc, o&#249; ils se pr&#233;parent &#224; participer &#224; la lutte arm&#233;e sur le front de Gia-dinh, ils sont cern&#233;s le matin par la police Vi&#234;tminh, arr&#234;t&#233;s et intern&#233;s un peu plus tard &#224; B&#234;n-suc, province de Thu-d&#226;u-m&#244;t, o&#249; ils furent tous fusill&#233;s avec une trentaine d'autres prisonniers lors de l'approche des troupes fran&#231;aises. Tr&#226;n van Thach, ancien conseiller municipal de Saigon &#233;lu en 1933 sur la liste stalino-trotskiste et revenu peu de temps auparavant du bagne de Poulo-Condor, &#233;tait parmi eux. On apprit quelques mois plus tard que le leader du groupe La Lutte, Ta thu Th&#226;u, revenu du bagne lui aussi, et qui s'&#233;tait ensuite rendu au Tonkin en vue d'organiser des secours contre la famine, avait &#233;galement &#233;t&#233; assassin&#233; par les partisans de H&#244; chi Minh sur le chemin du retour dans le centre Annam.&lt;br /&gt;
Dans cette atmosph&#232;re de terreur Vi&#234;tminh, la milice ouvri&#232;re des Tramways de Go-v&#226;p (Do&#226;n c&#244;ng-binh) dont l'effectif s'&#233;l&#232;ve &#224; une soixantaine de personnes, participe &#224; l'insurrection en dehors de toute autorit&#233;. Les quelque quatre cents ouvriers et employ&#233;s des Tramways &#233;taient r&#233;put&#233;s pour leur esprit de lutte et d'ind&#233;pendance. On sait que sous les Fran&#231;ais le droit syndical n'existait pas. Lorsque les Japonais, apr&#232;s le 9 mars, avaient remplac&#233; les Fran&#231;ais &#224; la t&#234;te de l'entreprise, les ouvriers avaient constitu&#233; eux-m&#234;mes un comit&#233; d'entreprise et pr&#233;sent&#233; des revendications ; les militaires japonais, colonel Kirino en t&#234;te, &#233;taient venus menacer les ouvriers mais, devant leur attitude ferme, les Japonais avaient c&#233;d&#233; accordant non seulement une augmentation de salaire, mais la reconnaissance de onze d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les onze cat&#233;gories de travailleurs : &#233;lectriciens, forgerons, menuisiers, etc.... En ao&#251;t, lorsque les techniciens fran&#231;ais abandonn&#232;rent momentan&#233;ment l'entreprise, le comit&#233; la g&#233;ra jusqu'&#224; l'insurrection.&lt;br /&gt;
Or tous les insurg&#233;s qui ne se rangent pas sous le drapeau Vi&#234;tminh sont aussit&#244;t qualifi&#233;s de Viet-gian, tra&#238;tres ; tous les ouvriers qui ne s'identifient pas au nationalisme sont qualifi&#233;s de r&#233;actionnaires, de saboteurs. C'est dans cette atmosph&#232;re de violence mentale totalitaire que les ouvriers des Tramways de Go-v&#226;p quoiqu'adh&#233;rant &#224; la CGT du Sud (cr&#233;ation du gouvernement Vi&#234;tminh de facto sous la pr&#233;sidence du stalinien Ho&#224;ang-d&#244;n V&#226;n et destin&#233;e &#224; s'assurer le contr&#244;le des ouvriers de la r&#233;gion Saigon-Cholon ; les d&#233;l&#233;gu&#233;s y &#233;taient d&#233;sign&#233;s d'office par Ho&#224;ang-d&#244;n V&#226;n et consorts malgr&#233; les protestations des quelques d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les ouvriers eux-m&#234;mes) refusent de prendre l'&#233;tiquette de &#034;Travailleurs Sauveurs de la patrie (C&#244;ng-nh&#226;n cuu-qu&#244;c)&#034; impos&#233;e par les staliniens de la CGT et d'adopter le drapeau rouge &#224; &#233;toile jaune du Vi&#234;tminh ; ils gardent leur appellation de milice ouvri&#232;re, symbole de leur ind&#233;pendance dans le &#034;front commun&#034;, et combattent sous l'embl&#232;me du drapeau rouge non pour la patrie mais pour leur propre &#233;mancipation de classe. Ils s'organisent en groupes de combat de deux personnes sous la direction d'un responsable &#233;lu et les responsables &#233;lisent comme commandant Tr&#226;n dinh Minh ; c'&#233;tait un jeune trotskiste du nord qui avait publi&#233; un roman social &#224; Hanoi sous le pseudonyme de Nguy&#234;n hai Au, et &#233;tait venu participer &#224; la lutte ouvri&#232;re dans le sud. Par la force des choses, cette formation ouvri&#232;re entra en contact avec les autres groupes de combat des faubourgs est de Saigon dont le commandement &#233;tait aux mains du chef Vi&#234;tminh, Nguy&#234;n dinh Th&#226;u.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux faits divers donneront une id&#233;e de ce que put &#234;tre la dictature sur les insurg&#233;s par des individus hiss&#233;s au commandement et consacr&#233;s par le Vi&#234;tminh. Nguy&#234;n dinh Th&#226;n entend celer par le sang sa parcelle d'autorit&#233; : des gu&#233;rilleros du groupe T&#226;y-son (ainsi nomm&#233; en souvenir de la r&#233;volte des paysans des montagnes T&#226;y-son contre les seigneurs f&#233;odaux au 18&#232; si&#232;cle) ont r&#233;quisitionn&#233; du tissu chez la tante d'un stalinien notoire, Duong bach Mai, ancien conseiller municipal de Saigon. Au m&#233;pris du combat contre les imp&#233;rialistes, il les fait fusiller. Il fait arr&#234;ter T., suspect de trotskisme, secr&#233;taire ex&#233;cutif Vi&#234;tminh de T&#226;n-binh, et conseiller du Groupe I des Volontaires de la mort (do&#224;n cam-tu s&#244; I) dirig&#233; par Khu&#226;t ; on pr&#234;tait &#224; ce dernier le projet de descendre Nguy&#234;n dinh Th&#226;u malgr&#233; sa garde personnelle arm&#233;e jusqu'aux dents, plut&#244;t que de le laisser assassiner T., lorsque le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT du sud, Ly chi&#234;n Thang, le fit lib&#233;rer. De tels actes terroristes et totalitaires ne sont pas des exceptions, mais seront pratiques courantes dans l'embryon d'&#201;tat du maquis.&lt;br /&gt;
Refusant de se soumettre &#224; l'autorit&#233; de Nguy&#234;n dinh Th&#226;u, la milice des tramways d&#233;cide de se regrouper dans la Plaine des Joncs, vers laquelle elle se dirige, tout en combattant contre Fran&#231;ais et Gurkhas &#224; Loc-giang, Th&#244;t-n&#244;t, My-hanh... Dans la Plaine des Joncs, ces ouvriers prennent contact avec les paysans pauvres, et c'est l&#224; qu'ils perdent au combat leur camarade Tr&#226;n dinh Minh le 13 janvier 1946. Une vingtaine d'autres avaient d&#233;j&#224; trouv&#233; la mort dans les batailles livr&#233;es en cours de route.&lt;br /&gt;
L'intol&#233;rance du Vi&#234;tminh &#224; l'&#233;gard de toutes les tendances ind&#233;pendantes, l'accusation de tra&#238;trise assortie de menace de mort qu'il porte contre elles, et la faiblesse num&#233;rique du groupe des Tramways, obligent ses membres &#224; se disperser. Trois d'entre eux, L&#234; Ngoc, Ky, Huong, jeune ouvrier de 14 ans, seront poignard&#233;s par les bandes Vi&#234;tminh apr&#232;s avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s puis rel&#226;ch&#233;s par les troupes fran&#231;aises &#224; Hoc-m&#244;n.&lt;br /&gt;
L'explosion de Saigon s'est r&#233;percut&#233;e &#224; la campagne est dans les provinces. Comme dans le pass&#233;, les paysans ont saisi les notables qui s'&#233;taient distingu&#233;s par leur cruaut&#233;, les propri&#233;taires fonciers r&#233;put&#233;s pour leurs extorsions ; beaucoup sont mis &#224; mort, leurs maisons et leurs greniers incendi&#233;s. On dit que des militants paysans staliniens, revenus de Poulo Condor, le mois pr&#233;c&#233;dent, tent&#232;rent d'intervenir dans certains endroits pour temp&#233;rer les violences et furent eux-m&#234;mes menac&#233;s dans leur vie, suspect&#233;s qu'ils furent alors de se mettre aux c&#244;t&#233;s des anciens oppresseurs. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Ecrit par &lt;strong&gt;Ngo Van&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;nonciation de la politique de la pr&#233;tendue &#034;Quatri&#232;me Internationale&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La IV&#176; Internationale en danger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lettre de Natalia Trotsky, Benjamin P&#233;ret, Grandizo Munis&lt;br class='autobr' /&gt;
27 juin 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...) Enfin nous trouvons l'Indochine, o&#249; pendant longtemps on a oubli&#233; de soutenir notre section, y compris de demander qui a assassin&#233; &#224; Ta-Thu-Thau pour soutenir, sans aucune critique rigoureuse, le gouvernement stalinien de Ho-Chi-Minh, si chaudement accept&#233; par The Militant et la V&#233;rit&#233;. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1979&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;(...) Est-il possible qu'au cours de la nouvelle p&#233;riode de la r&#233;volution, de cette p&#233;riode qui va voir se multiplier les &#171; circonstances exceptionnelles &#187;, &#224; nouveau des partis petits-bourgeois, y compris staliniens, soient contraints d'aller plus loin qu'ils ne le voudraient sur la voie de la rupture avec la bourgeoisie ? Vraisemblablement oui.&#034; Un article de &#034;La V&#233;rit&#233;&#034; n&#176;588 (Septembre 1979)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A propos d'une possibilit&#233; th&#233;orique et de la lutte pour la dictature du prol&#233;tariat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de &lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
St&#233;phane Just&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Indochine, un autre exemple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Vietnam, au Laos, au Cambodge, tout est beaucoup plus clair. La colonisation fran&#231;aise commence d&#232;s 1860 avec la conqu&#234;te de la Cochinchine. Elle s'ach&#232;ve en 1890. Toutes les conqu&#234;tes coloniales fran&#231;aises sont plac&#233;es sous l'autorit&#233; du Gouvernement g&#233;n&#233;ral de l'Indochine qui d&#233;pend du minist&#232;re des Colonies. Le Gouvernement g&#233;n&#233;ral exerce l'administration directe. L'appareil d'Etat est l'appareil d'Etat fran&#231;ais. L'Indochine est consid&#233;r&#233;e comme &#171; territoire fran&#231;ais &#187;. Cependant une royaut&#233; fantoche est maintenue : l'empereur d'Annam &#171; r&#232;gne &#187; sur le Tonkin et l'Annam, qui sont formellement &#171; protectorats fran&#231;ais &#187;. Sa capitale est &#224; Hu&#233;. Il nomme ses &#171; ministres &#187;. Au Laos et au Cambodge aussi la monarchie est maintenue. Par contre, la Cochinchine a &#233;t&#233; &#171; c&#233;d&#233;e &#187; &#224; la France, en toute souverainet&#233;, par l'empereur d'Annam, d&#232;s 1874. Elle est consid&#233;r&#233;e comme colonie fran&#231;aise, ainsi que le deviendront en 1888 Hano&#239;, Haiphong et Tourane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maintien des monarchies r&#233;pond &#224; certaines exigences : utiliser les anciennes classes dominantes au profit de la colonisation fran&#231;aise. Ce sont les mandarins, les anciens notables communaux, les anciens seigneurs, qui deviennent les agents de la colonisation et de l'administration fran&#231;aise. La Cochinchine, &#171; b&#233;n&#233;ficiant &#187; du statut colonial, est dot&#233;e en 1880 d'une Assembl&#233;e &#233;lue, le Conseil colonial, o&#249; si&#232;gent quelques Annamites d&#233;sign&#233;s par les chambres de commerce et d'agriculture. Le suffrage et l'&#233;ligibilit&#233; sont r&#233;serv&#233;s aux citoyens fran&#231;ais, et les Annamites, &#171; sujets fran&#231;ais &#187;, n'acc&#232;dent &#224; la citoyennet&#233; que par un acte analogue &#224; la naturalisation (on ne comptait au total dans les trois pays annamites que 2 555 &#171; nationalis&#233;s &#187; fran&#231;ais, dont les trois cinqui&#232;mes en Cochinchine, en 1937 - &#171; Histoire du Vietnam &#187;, Philippe Devillers). Plus tard, le Conseil colonial et les principales municipalit&#233;s seront &#233;lus sur la base du double coll&#232;ge. En m&#234;me temps, un nombre relativement important de Vietnamiens seront int&#233;gr&#233;s &#224; l'administration coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur ensemble, apr&#232;s leur capitulation face &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, les anciennes classes dominantes de ce pays f&#233;odal sont devenues ses agents. Mais la colonisation a boulevers&#233; les rapports de production qui, de f&#233;odaux, sont devenus capitalistes. Lorsque les anciens rapports de production n'&#233;taient pas radicalement &#233;limin&#233;s, ils &#233;taient transform&#233;s, subordonn&#233;s dans le sillage de la colonisation, en fonction des int&#233;r&#234;ts de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, aux rapports de production capitalistes. Une bourgeoisie autochtone se constituait et se d&#233;veloppait dans le processus de la transformation des rapports de production. C'est d'elle, de ses &#233;l&#233;ments petits-bourgeois notamment, que surgirent les premiers mouvements de lutte contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Tr&#232;s rapidement, en raison de la d&#233;pendance de cette bourgeoisie coloniale par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme d'un c&#244;t&#233;, de sa peur du prol&#233;tariat de l'autre, la bourgeoisie vietnamienne atteint l'&#233;troite limite de sa lutte contre l'imp&#233;rialisme. L'&#233;chec du mouvement insurrectionnel de f&#233;vrier 1930 que le Parti national annamite avait organis&#233; porta un coup mortel au mouvement r&#233;volutionnaire impuls&#233; par la petite bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes entreprises capitalistes sont sous le contr&#244;le de la Banque d'Indochine et de la Banque Franco-chinoise qui d&#233;tiennent une partie plus ou moins importante du capital et appartiennent exclusivement &#224; des soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises. M&#234;me dans l'agriculture il en est ainsi. En 1937, par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; 700 europ&#233;ens, une poign&#233;e de colons et quelques grandes soci&#233;t&#233;s poss&#232;dent un cinqui&#232;me de la surface des terres des trois pays d'Indochine et en laissent la moiti&#233; sans la mettre en valeur, alors que 17 millions d'indig&#232;nes v&#233;g&#232;tent sur une terre trop petite, ou peinent et meurent de faim au service des grands propri&#233;taires. &#187; (Mouvements nationaux et lutte des classes au Vietnam - Anh Van et Jacqueline Roussel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie indig&#232;ne industrielle et commer&#231;ante est faible. Elle a ses racines dans le contexte de la &#171; mise en valeur &#187; des pays d'Indochine par le capital fran&#231;ais ; de plus, ses int&#233;r&#234;ts sont &#233;troitement imbriqu&#233;s &#224; ceux des propri&#233;taires fonciers, car la possession de la terre est un refuge s&#251;r pour ses capitaux. L'usure est aussi un de ses &#171; d&#233;bouch&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands propri&#233;taires fonciers au Tonkin poss&#233;daient 16,6% des terres. En Cochinchine centrale, 1% des propri&#233;taires poss&#232;dent 31,3% du sol ; dans la Cochinchine occidentale, 9,6% poss&#232;dent 65,5% du sol. Et surtout, bourgeois et propri&#233;taires fonciers sont les b&#233;n&#233;ficiaires des pr&#234;ts usuraires aux paysans &#171; propri&#233;taires &#187; endett&#233;s jusqu'au cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille de la guerre la paysannerie repr&#233;sentait 92 % du total de la population. La plus grande partie, les deux tiers, &#233;tait compos&#233;e de coolies agricoles sans terre, une autre partie extr&#234;mement importante &#233;tait compos&#233;e de paysans terriblement endett&#233;s mais poss&#233;dant de mis&#233;rables lopins de terre. A c&#244;t&#233; d'une petite bourgeoisie tr&#232;s diversifi&#233;e, la classe ouvri&#232;re, familles comprises, repr&#233;sentait 5% de la population.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre et la politique du PCV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle apparaissait, au moment o&#249; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#233;tait d&#233;fait, en juin 1940, par l'imp&#233;rialisme allemand, &#171; l'Indochine fran&#231;aise &#187;. D&#232;s le 19 juin, les Japonais exigeaient le contr&#244;le des transports entre Ha&#239;phong et la fronti&#232;re chinoise. Le 29 septembre, un accord &#233;tait conclu : une force de 6 000 hommes devait permettre &#224; l'arm&#233;e japonaise, au Kwang-Si, d'utiliser les moyens de communication du Tonkin et de les couper aux arm&#233;es chinoises. Le 29 juillet 1941, un accord Darlan-Kato int&#233;gra l'Indochine qui resta, sous la souverainet&#233; de la France, dans le syst&#232;me militaire japonais. L'effectif des troupes japonaises stationn&#233;es en Indochine s'&#233;l&#232;vera aux environs de 35 000 hommes. Mais elles laiss&#232;rent l'administration fran&#231;aise fonctionner et les troupes fran&#231;aises assurer l'&#171; ordre &#187; en Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du gouvernement de Vichy en 1944 en France a amen&#233; l'arm&#233;e fran&#231;aise d'Indochine &#224; changer de camp, tandis que le retournement de la situation militaire dans le Pacifique faisait redouter aux Japonais un d&#233;barquement am&#233;ricain en Indochine avec l'arm&#233;e fran&#231;aise dans le dos. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, les Japonais attaquent les troupes fran&#231;aises et en vingt-quatre heures liquident leur r&#233;sistance. Les Japonais n'ont pas les moyens d'improviser une administration de l'Indochine. ils demandent aux fonctionnaires fran&#231;ais ou appartenant &#224; l'administration fran&#231;aise de rester en place, nommant en Cochinchine, en Annam et au Tonkin des gouverneurs qui se substituent aux gouverneurs fran&#231;ais. L'&#171; empereur &#187; Bao Da&#239; incarnera le pouvoir central au Vietnam. A cet effet, Bao Da&#239; constitue un nouveau &#171; gouvernement &#187; : le gouvernement Tran Trong Kim, instrument des Japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel est cependant que le coup de force japonais du 10 mars a fait s'effondrer l'appareil administratif et militaire fran&#231;ais et ouvert un vide politique immense que le &#171; gouvernement imp&#233;rial &#187; est incapable de combler. A la capitulation du Japon, le 14 ao&#251;t, les troupes japonaises sont charg&#233;es du maintien de l'ordre jusqu'&#224; l'arriv&#233;e des troupes chinoises au nord du 16&#176; parall&#232;le, et anglaises au sud. Mais la r&#233;volution d&#233;ferle, non impuls&#233;e par la politique du Vietminh, mais en d&#233;pit d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ces temps o&#249; beaucoup font l'apologie du Parti communiste vietnamien et de sa direction, il n'est pas inutile de faire un bref r&#233;capitulatif de sa politique avant, pendant et &#224; la fin de la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Au Vietnam, tr&#232;s rapidement, les partis bourgeois et petits-bourgeois ont &#233;t&#233; d&#233;consid&#233;r&#233;s. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1930, le Parti communiste du Vietnam comptait plusieurs centaines de membres et plusieurs milliers &#224; la veille de la guerre. A la m&#234;me p&#233;riode, sous la direction de Tha Tu Thau, qui venait d'&#234;tre expuls&#233; de France, un groupe trotskyste se constituait en Cochinchine. Il allait avoir au cours des ann&#233;es suivantes un puissant rayonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne du PCV a suivi rigoureusement jusqu'en 1947-1949 la ligne que Staline dictait. Jusqu'en 1932, cette ligne est gauchiste. En 1933, l'influence grandissante du groupe trotskyste impose la r&#233;alisation d'un front unique entre staliniens et trotskystes. Ils pr&#233;sentent en commun une liste aux suffrages du deuxi&#232;me coll&#232;ge de Sa&#239;gon, lors d'une &#233;lection municipale, soutenue par un organe commun, &#171; La Lutte &#187;. Deux candidats de &#171; La Lutte &#187; sont &#233;lus. Pour le PCV, ce n'&#233;tait qu'une transition. En 1935, il applique au Vietnam la ligne du front populaire qui, non seulement tendait la main &#224; la bourgeoisie dite &#171; nationale &#187; vietnamienne, mais, au nom de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, soutenait l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais contre la &#171; menace fasciste &#187; japonaise. Cette ligne, les staliniens vietnamiens l'appliqu&#232;rent jusqu'au pacte germano-russe d'ao&#251;t 1939. Aux &#233;lections de 1937 le journal &#171; La Lutte &#187; pr&#233;sentait encore une liste de front unique entre staliniens et trotskystes, dont trois des candidats furent &#233;lus. Cependant le 14 juin 1937, les staliniens refusaient de voter une r&#233;solution anti-imp&#233;rialiste que Tha Tu Thau leur soumettait. Ce fut la rupture. Les trotskystes gagn&#232;rent la majorit&#233; au sein du groupe &#171; La Lutte &#187; et poursuivirent la parution du journal sur leur orientation. Au Conseil municipal de Saigon, en 1939, les staliniens votaient un nouvel imp&#244;t destin&#233; &#224; financer la d&#233;fense nationale de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aussi, au cours des &#233;lections au Conseil colonial de Cochinchine le 30 avril 1939, Tha Tu Thau et Tran Van Trach, candidats trotskystes, furent-ils &#233;lus (au deuxi&#232;me coll&#232;ge) bien que ce fut au suffrage restreint dont beaucoup de travailleurs &#233;taient exclus... 80 % des voix, staliniens et bourgeois se partageant le reste. &#187; (op. cit.) Bient&#244;t, le pacte Hitler-Staline fut le pr&#233;texte d'une terrible r&#233;pression dont furent victimes aussi bien les staliniens que les trotskystes, qui, alors que la guerre &#233;clatait, rest&#232;rent fermes sur la ligne du d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, la ligne du PCV correspond absolument &#224; celle de la bureaucratie du Kremlin. Deux mois apr&#232;s l'int&#233;gration de l'Indochine dans le syst&#232;me militaire japonais, deux mois et demi apr&#232;s l'attaque hitl&#233;rienne contre l'URSS, alors que visiblement le Japon pr&#233;pare la guerre, le 8 septembre 1941, Ho Chi Minh annonce la constitution d'un front national : le Front de l'ind&#233;pendance du Vietnam, ou Vietminh. Le 25 octobre, le &#171; Vietminh &#187; lance son premier manifeste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Union de toutes les couches sociales, de toutes les organisations r&#233;volutionnaires, de toutes les minorit&#233;s ethniques. Alliance avec tous les peuples opprim&#233;s de l'Indochine. Collaboration avec tous les &#233;l&#233;ments anti-fascistes fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la couverture du Vietminh, le PCV va pouvoir se r&#233;organiser. A la diff&#233;rence des trotskystes compl&#232;tement isol&#233;s et sans moyens, il b&#233;n&#233;ficie de l'appui du Kremlin. Il peut m&#234;me utiliser le territoire chinois comme base arri&#232;re. Ho Chi Minh, qui s'appelle alors Nguyen Ai Duoc, collabore avec les services chinois. Un moment arr&#234;t&#233;, il sera rel&#226;ch&#233; sous l'identit&#233; de Ho Chi Minh en f&#233;vrier 1943. Philippe Devillers pr&#233;cise : &#171; Il recevra d&#233;sormais les 100 000 dollars chinois par mois attribu&#233;s jusqu'alors &#224; Nguyen Kai Thau. &#187; La propagande et l'organisation du Vietminh progressent, notamment au Tonkin. En 1944, il commence la gu&#233;rilla. La ligne officielle est celle de l'ind&#233;pendance. Elle correspond aux positions d'alors de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain qui vise &#224; substituer son influence &#224; la colonisation fran&#231;aise et &#224; la ligne de partage du monde en zones d'influence &#233;labor&#233;e &#224; Yalta par Staline, Roosevelt et Churchill, r&#233;duisant l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; la portion congrue, et contre laquelle se dresse de Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le 10 mars 1945, le Vietminh op&#232;re sans difficult&#233;s hors des gros centres et b&#233;n&#233;ficie du soutien de la population qui esp&#232;re que l'heure de la fin du colonialisme est proche. Les Am&#233;ricains lui parachutent des armes. Le Vietminh est aussi en relation, par la m&#233;diation de Sainteny, avec le gouvernement de De Gaulle. Sainteny en mission en Chine s'efforce de regrouper les d&#233;bris du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais en Indochine qui ont &#233;chapp&#233; aux Japonais, et de pr&#233;parer le retour de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Indochine. Il envoie selon ses moyens des instructeurs militaires et des armes au Vietminh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietminh fait transmettre en juillet 1945, par l'interm&#233;diaire de l'OSS, un aide-m&#233;moire o&#249; il r&#233;sume ses vues sur &#171; l'Indochine fran&#231;aise future &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous, Ligue du Vietminh, demandons que les points suivants soient annonc&#233;s par les Fran&#231;ais et observ&#233;s dans la politique future en Indochine fran&#231;aise :&lt;br class='autobr' /&gt; 1. Un parlement sera &#233;lu au suffrage universel. Il l&#233;gif&#233;rera pour le pays. Un gouverneur fran&#231;ais exercera les fonctions de pr&#233;sident jusqu'&#224; ce que l'ind&#233;pendance nous soit assur&#233;e. Ce pr&#233;sident choisira un cabinet ou un groupe de conseillers accept&#233;s par le parlement. Les pouvoirs pr&#233;cis de tous ces organes pourront &#234;tre mis au point dans l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt; 2. L'ind&#233;pendance sera donn&#233;e &#224; ce pays dans un minimum de cinq ans et un maximum de dix.&lt;br class='autobr' /&gt; 3. Les ressources naturelles de ce pays retourneront &#224; ses habitants apr&#232;s un d&#233;dommagement &#233;quitable des d&#233;tenteurs pr&#233;sents. La France b&#233;n&#233;ficiera d'avantages &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt; 4. Toutes les libert&#233;s proclam&#233;es par les Nations-Unies seront garanties aux Indochinois.&lt;br class='autobr' /&gt; 5. La vente de l'opium sera interdite.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous esp&#233;rons que ces conditions seront jug&#233;es acceptables par le gouvernement fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution au Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t 1945, apr&#232;s la capitulation, les Japonais transf&#232;rent le pouvoir au d&#233;l&#233;gu&#233; de l'&#171; empereur &#187; Bao Da&#239;, &#224; Hano&#239;. Le mouvement des masses va d&#233;ferler. Philippe Devillers raconte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le 16, conform&#233;ment aux engagements pris, les Japonais transf&#232;rent au d&#233;l&#233;gu&#233; imp&#233;rial Phan Ke Toai les services du Gouvernement g&#233;n&#233;ral et lib&#232;rent les prisonniers politiques. La &#171; R&#233;volution &#187; va maintenant pouvoir se d&#233;rouler sans heurts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la matin&#233;e du 17 ao&#251;t, tandis que se r&#233;unit &#224; la R&#233;sidence sup&#233;rieure l'Assembl&#233;e consultative du Tonkin convoqu&#233;e d'urgence, les manifestations commencent. Dans l'apr&#232;s-midi, &#224; l'appel du Comit&#233; central des fonctionnaires, 20 000 manifestants se rassemblent devant le Th&#233;&#226;tre municipal. Pour la premi&#232;re fois, le Front Vietminh appara&#238;t alors ouvertement devant la foule. Des leaders Vietminh se mettent soudain au balcon du th&#233;&#226;tre, culbutent le drapeau imp&#233;rial, hissent au milieu des acclamations le drapeau rouge &#224; &#233;toile d'or. Partout dans la ville, les drapeaux rouges apparaissent. Les Japonais demeurent impassibles. Les manifestations s'amplifient le 18. Les rues sont pleines de drapeaux, de tracts, de m&#233;gaphones et de gens qui hurlent. Phan Ke Toai, tremblant devant l'&#233;meute, somm&#233; de se d&#233;mettre, s'ex&#233;cute, passe le pouvoir &#224; un Comit&#233; directeur provisoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 19, les nationalistes se sont &#233;vanouis. Il n'y a plus dans la ville que des Vietminh. Leurs harangues enflamm&#233;es m&#233;nagent curieusement les Japonais. Les &#171; sections d'assaut &#187; Vietminh occupent les b&#226;timents publics, sans susciter aucune r&#233;action des Nippons. Ceux-ci, apr&#232;s quelques heures de n&#233;gociations, c&#232;dent aux insurg&#233;s les armes de la Garde indochinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 20, le Vietminh, sans lutte, est ma&#238;tre de toute l'administration, de tous les services de Hano&#239;. Mais les manifestations violentes continuent. De nombreux Fran&#231;ais sont molest&#233;s, deux disparaissent, beaucoup sont arr&#234;t&#233;s. Un massacre sera &#233;vit&#233; de justesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 21, la r&#233;volution politique gagne en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tandis que dans tout le pays, dans les bourgs et villages, les Comit&#233;s populaires, &#233;vin&#231;ant les notables, s'installent dans les maisons communes, &#224; Hanoi des intellectuels &#034;gauchistes&#034;, sans instructions du Comit&#233; central du Vietminh, prennent de grandes initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;unis &#224; la Cit&#233; universitaire sur la convocation de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, des &#034;repr&#233;sentants de tous les partis et de toutes les couches de. la Population &#034; votent la motion suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Vu la n&#233;cessit&#233; d'unifier, dans les circonstances actuelles, toutes les forces nationales du Tonkin, de l'Annam et de la Cochinchine sous l'&#233;gide d'un gouvernement b&#233;n&#233;ficiant de l'appui des masses, en vue d'&#233;tablir des relations diplomatiques avec les &#201;tats &#233;trangers et de consolider l'ind&#233;pendance nationale,&lt;br class='autobr' /&gt; Vu que le Vietminh a lanc&#233; le mot d'ordre de l'insurrection g&#233;n&#233;rale et a pris le pouvoir dans le Nord,&lt;br class='autobr' /&gt; Vu qu'en Annam et en Cochinchine tous les partis esp&#232;rent que le Vietminh prendra le pouvoir en ses mains :&lt;br class='autobr' /&gt; 1. Exigent l'abdication de l'empereur d'Annam, l'instauration du r&#233;gime r&#233;publicain, la remise du pouvoir &#224; un gouvernement provisoire form&#233; par le Vietminh ;&lt;br class='autobr' /&gt; 2. Demandent au Front Vietminh d'ouvrir imm&#233;diatement les n&#233;gociations avec les autres partis en vue de former un gouvernement provisoire ;&lt;br class='autobr' /&gt; 3. Appellent tous les partis, toutes les couches de la population et les plus larges masses du peuple &#224; soutenir le gouvernement provisoire afin de commencer l'&#339;uvre de consolidation de l'ind&#233;pendance nationale. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La motion est transmise, par t&#233;l&#233;gramme, &#224; Hu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A Hu&#233;, la capitulation du Japon a plac&#233; le gouvernement Tran Trong Kim devant l'&#233;ch&#233;ance pr&#233;vue. Les difficult&#233;s auxquelles il se heurtait l'avaient d&#233;j&#224; amen&#233;, le 7 ao&#251;t, &#224; offrir sa d&#233;mission, mais Bao Da&#239; l'avait pri&#233; de continuer &#224; exp&#233;dier les affaires courantes. Le 16 ao&#251;t, Tran Trong Kim, qui n'est pas encore autoris&#233; par les Japonais &#224; diffuser la nouvelle de la capitulation, affirme son intention de d&#233;fendre l'ind&#233;pendance acquise le 9 mars. &#034;Les peuples du Vietnam, dit-il en substance, refusent d'&#234;tre assujettis de nouveau &#224; la France sous la contrainte de qui ils ont longtemps souffert &#034;, et il demande l'union de tous dans la lutte pour l'ind&#233;pendance. Le 18, il cr&#233;e un Comit&#233; de salut national, groupant tous les partis politiques, en vue de diriger cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'objectif est maintenant d'obtenir des puissances alli&#233;es la reconnaissance de l'ind&#233;pendance du Vietnam. Sur les conseils de son ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Bao Da&#239; adresse des messages en ce sens au pr&#233;sident Truman, au roi d'Angleterre, au mar&#233;chal Tchang Ka&#239;-chek, au g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Ce dernier message, par son accent, pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t particulier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Je m'adresse au peuple de France, au pays de ma jeunesse. Je m'adresse aussi &#224; son chef et lib&#233;rateur et je veux parler en ami plus qu'en chef d'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt; Vous avez trop souffert pendant quatre mortelles ann&#233;es pour ne pas comprendre que le peuple vietnamien, qui a vingt si&#232;cles d'histoire et un pass&#233; souvent glorieux, ne veut plus, ne peut plus supporter aucune domination ni aucune administration &#233;trang&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Vous comprendriez encore mieux si vous pouviez voir ce qui se passe ici, si vous pouviez sentir cette ind&#233;pendance qui couvait au fond de tous les c&#339;urs et qu'aucune force humaine ne peut plus comprimer. M&#234;me si vous arriviez &#224; r&#233;tablir ici une administration fran&#231;aise, elle ne serait plus ob&#233;ie : chaque village serait un nid de r&#233;sistance, chaque ancien collaborateur un ennemi, et vos fonctionnaires et vos colons eux-m&#234;mes demanderaient &#224; sortir de cette atmosph&#232;re irrespirable.&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous prie de, comprendre que le seul moyen de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais et l'influence spirituelle de la France en Indochine est de reconna&#238;tre franchement l'ind&#233;pendance du Vietnam et de renoncer &#224; toute id&#233;e de r&#233;tablir ici la souverainet&#233; ou une administration fran&#231;aise sous quelque forme que ce soit.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous pourrions si facilement nous entendre et devenir des amis si vous vouliez cesser de pr&#233;tendre &#224; redevenir nos ma&#238;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; Faisant appel &#224; l'id&#233;alisme bien connu du peuple fran&#231;ais et &#224; la grande sagesse de son chef, nous esp&#233;rons que la paix et la joie qui ont sonn&#233; pour tous les peuples du monde seront assur&#233;es &#233;galement &#224; tous les habitants tant autochtones qu'&#233;trangers en Indochine.&lt;br class='autobr' /&gt; BAO DA&#207;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais &#224; Hu&#233; m&#234;me, la pression du Vietminh se fait sentir. Le bruit court qu'&#224; Hano&#239; le Vietminh, soutenu par les Alli&#233;s, a pris le pouvoir et qu'il a re&#231;u de ceux-ci toutes garanties quant &#224; l'ind&#233;pendance du Vietnam. Le 22 ao&#251;t, Bao Da&#239; d&#233;cide alors de charger le Vietminh de former le nouveau gouvernement en remplacement du cabinet Tran Trong Kim, d&#233;missionnaire en bloc. Mais le t&#233;l&#233;gramme de Hanoi, exigeant l'abdication, arrive sur ces entrefaites. Les Vietminh locaux en ont imm&#233;diatement connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bao Da&#239;, sous la pression d'une partie de son entourage, c&#232;de. Le 24, il fait r&#233;pondre par son Conseil priv&#233; qu'il a d&#233;j&#224; pris la d&#233;cision d'abdiquer, de s'effacer, pour ne pas &#234;tre un obstacle &#224; la lib&#233;ration du pays. Il d&#233;sire cependant que le peuple soit consult&#233;. En attendant, d&#233;sireux de c&#233;der l&#233;galement ses pouvoirs, il demande que les chefs du Vietminh viennent le plus t&#244;t possible &#224; Hu&#233; pour la c&#233;r&#233;monie de transfert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 25, les deux repr&#233;sentants du Vietminh, Tran Huy Lieu, vice-Pr&#233;sident du Comit&#233; de lib&#233;ration, et Cu Huy Can, arrivent &#224; Hu&#233;. Sans le moindre incident, le r&#233;gime imp&#233;rial dispara&#238;t. Bao Da&#239; remet les sceaux imp&#233;riaux et, tandis que le drapeau rouge monte au m&#226;t du &#034; Cavalier du Roi &#034;, l'acte d'abdication est sign&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution au Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sud, la r&#233;volution va aussi prendre son essor. Voici le r&#233;cit qu'en fait Devillers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le 14 ao&#251;t se constitue, en pr&#233;sence de repr&#233;sentants nippons, un &#034;Front national unifi&#233;&#034;. Il groupe, avec le &#034;Parti vietnamien de l'ind&#233;pendance&#034; de Ho Van Nga, les &#034;Jeunesses d'avant-garde&#034;, le &#034;Groupe des intellectuels&#034;, les syndicats de fonctionnaires, les Caoda&#239;stes, les Phuc Quoc, les Hoa Hao, enfin le groupe trotskyste &#171; La Lutte &#187;. Ce front dispose de forces importantes. Les groupes de choc caoda&#239;stes et les &#034;Jeunesses d'avant-garde&#034; en forment l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 16, un &#034;ex&#233;cutif&#034; est form&#233;. Le nouveau d&#233;l&#233;gu&#233; imp&#233;rial, Nguyen Van Sam, n'est pas encore arriv&#233; de Hu&#233;, mais peu importe. Ho Van Nga, le chef du Parti de l'ind&#233;pendance, s'installe comme d&#233;l&#233;gu&#233; (Kharn Soi) int&#233;rimaire, Trait Van An comme &#034;Pr&#233;sident du Conseil de Cochinchine&#034;, Kh&#234; Van Can comme pr&#233;fet de Saigon-Cholon, et c'est &#224; eux que dans la journ&#233;e les Japonais commencent &#224; transf&#233;rer pouvoirs et services. Des manifestations se dessinent. Quelques &#034;Jeunesses d'avant-garde&#034; en profitent pour op&#233;rer des perquisitions chez les Europ&#233;ens &#034; sous pr&#233;texte d'y d&#233;couvrir des armes &#034;. Des incidents surgissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le Vietminh choisit ce moment pour sortir de l'ombre. Il r&#233;pand le 21, dans l'agglom&#233;ration sa&#239;gonnaise, des tracts o&#249; il se pr&#233;sente comme un puissant mouvement de r&#233;sistance vietnamien, soutenu par l'URSS, la Chine et l'Am&#233;rique, aux c&#244;t&#233;s de qui il a combattu Fran&#231;ais et Japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Entre communistes et nationalistes, une lutte de vitesse s'engage. Nguyen Van Sam, parvenu &#224; Sa&#239;gon le 19, est imm&#233;diatement entr&#233; en rapport avec l'&#233;tat-major nippon pour obtenir des armes pour les partis nationalistes et leurs milices. Les communistes, au courant de ces tractations, r&#233;alisent le danger : s'ils laissent l'armement nippon passer aux nationalistes,. ils devront abandonner tout espoir de diriger la r&#233;volution. Le 22, les Vietminh passent &#224; l'action, provoquent une r&#233;union avec les dirigeants du &#034;Front national unifi&#233;&#034;. Ils leur d&#233;montrent combien leur position, n&#233;e de la force et de la volont&#233; nippone, est pr&#233;caire et g&#234;nante au moment o&#249; est attendue &#224; Sa&#239;gon la Commission d'armistice alli&#233;e. Si un changement de front n'est pas rapidement op&#233;r&#233;, font-ils valoir, le mouvement vietnamien d'ind&#233;pendance risque fort de se voir traiter par les Alli&#233;s comme une pure cr&#233;ation japonaise et il sera sans doute &#233;cras&#233;. Pour permettre au peuple vietnamien de conserver l'ind&#233;pendance qu'il vient de conqu&#233;rir, il faut que les autres partis s'effacent devant le Vietminh qui, lui, par les titres qu'il s'est acquis &#224; la reconnaissance des Alli&#233;s, pourra n&#233;gocier utilement avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C&#233;dant &#224; cette subtile argumentation, les chefs nationalistes d&#233;cident de s'effacer et de faire adh&#233;rer leurs partis et groupes au Front Vietminh qui devient ainsi en quelque sorte un &#034;front national&#034; tr&#232;s &#233;largi. Ils croient d'ailleurs que ce changement d'&#233;tiquette leur profitera beaucoup plus qu'aux communistes dont ils savent la faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une grande manifestation consacre le 25 ao&#251;t le succ&#232;s de la r&#233;volution. Un d&#233;fil&#233; monstre, de 9 heures &#224; 18 heures, permet aux nationalistes et au Vietminh d'&#233;taler leurs forces. La manifestation, admirablement orchestr&#233;e, se d&#233;roule dans un ordre parfait et m&#234;me impressionnant, sans le moindre incident, devant les Fran&#231;ais m&#233;dus&#233;s. Les drapeaux jaunes des nationalistes ont disparu, et tandis que partout surgissent les banni&#232;res rouges du Vietminh, un &#034;Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire du Sud du Vietnam&#034; s'installe au palais du Gouvernement de Cochinchine. Sur 9 membres, il compte 7 communistes : Giau en assume la pr&#233;sidence et les affaires militaires. Le Dr Thach est commissaire aux Affaires &#233;trang&#232;res, Nguyen Van Tao, le leader syndicaliste de 1937, qui vient de purger une peine de cinq ans &#224; Poulo-Condore, est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral et commissaire &#224; l'Int&#233;rieur. Huynh Van Tieng, lui aussi militant syndicaliste, tr&#232;s actif de 1936-1939, &#224; la Propagande. Duong Bach Mai et Nguyen Van Tay (le lieutenant de Giau) sont enfin commissaires aux Affaires politiques et administratives, respectivement de l'Est et de l'Ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 25 ao&#251;t 1945, dix jours apr&#232;s la capitulation japonaise, le Vietminh domine ainsi tout le pays vietnamien. Avec une facilit&#233; d&#233;concertante, par l'effet conjugu&#233; de la n&#233;gociation, du noyautage, de la propagande et de l'intimidation, gr&#226;ce &#224; la &#034;neutralit&#233; &#034; japonaise surtout, il a conquis le pouvoir. Son drapeau flotte maintenant partout, du Nord au Sud, de Hano&#239; &#224; la pointe de Camau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution &#224; l'&#339;uvre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29, Ho Chi Minh formait &#224; Hano&#239; un gouvernement provisoire. Le 2 septembre, il proclamait la R&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam. Pendant ce temps, les troupes chinoises occupaient le Nord-Vietnam jusqu'au 16&#176; parall&#232;le. D&#232;s septembre, les premi&#232;res troupes anglaises charg&#233;es d'occuper provisoirement le Sud-Vietnam arrivaient &#224; Sa&#239;gon. Le Vietminh engage alors des discussions de son propre chef avec le repr&#233;sentant du gouvernement fran&#231;ais, le colonel C&#233;dile, qui a &#233;t&#233; parachut&#233; fin ao&#251;t au Sud. Une puissante manifestation a lieu le 2 septembre o&#249; se produisent des incidents. Le 4 septembre, Giau, repr&#233;sentant du Vietminh, les d&#233;savoue et pr&#234;che l'apaisement dans son journal &#171; Le Peuple &#187;. Philippe Devillers &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les Vietminh sont alors ouvertement accus&#233;s de trahison. Caoda&#239;stes et trotskystes ordonnent &#224; la population de ne pas livrer ses armes. La pression sur les communistes devient intense. Le 10 septembre, Giau doit c&#233;der. Il abandonne la pr&#233;sidence du Comit&#233; ex&#233;cutif du Namb&#244; &#224; un &#034;sans parti&#034;, Pham Van Bach. Le comit&#233; est &#233;largi. Alors que dans sa premi&#232;re formule il comprenait 6 communistes sur 9 membres, il n'en comporte plus d&#233;sormais que 4 sur 13. Trois &#034;sans parti&#034;, deux nationalistes, un caoda&#239;ste, un trotskyste, et le chef des Hoa Hao, le bonze Huynh Phu So, faisaient leur entr&#233;e. Cet &#233;largissement consacrait l'abandon tactique par les communistes de la direction r&#233;elle du mouvement et l'orientation de plus en plus nationaliste du Comit&#233; du Namb&#244;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, il &#233;crit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le renforcement progressif des &#034;forces de l'ordre&#034; faisait en effet esp&#233;rer, dans un avenir proche, un &#034;assainissement&#034; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis son entretien malheureux avec les chefs communistes, C&#233;dile a &#233;t&#233; soumis &#224; l'influence d&#233;terminante d'un groupe : celui que forment Bocquel et ses amis, en particulier le planteur Baz&#233;, un Eurasien, et un avocat, Me B&#233;ziat. Il a repris contact &#233;galement avec certains administrateurs des Services civils, dont quelques-uns, comme Lalanne, sont pourtant tr&#232;s discut&#233;s par les r&#233;sistants. Tous pressent C&#233;dile de ne pas traiter avec les &#034;aventuriers&#034; du Vietminh, ces &#034;bagnards&#034;, ces &#034;bandits&#034; et &#034;agitateurs&#034; compromis avec les Japs, etc. Cette agitation, lui dit-on, est absolument artificielle et provoqu&#233;e. Elle n'est qu'un bluff fantastique. Il faut r&#233;armer les soldats, agir. &#034;Les Annamites sont des l&#226;ches. D&#232;s que vous vous montrerez fermes, et que vous sortirez la trique, broutt', ils f..ront le camp comme des moineaux (sic).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Taper dans le tas ! Du c&#244;t&#233; fran&#231;ais comme du c&#244;t&#233; vietnamien, la formule a ses partisans. Le capitaine de fr&#233;gate de Riencourt, chef de la DGER &#224; Saigon, en est un des plus ardents. C&#233;dile n'abandonne cependant pas l'espoir de n&#233;gocier. Partisan convaincu des nouvelles formules coloniales, il s'efforce de ne pas c&#233;der &#224; ces instances. Mais que disent ses instructions ? R&#233;tablir l'ordre. R&#233;installer la souverainet&#233; fran&#231;aise. Pr&#233;voir une consultation populaire g&#233;n&#233;rale pour trouver les d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant r&#233;ellement la nation avant l'&#233;tablissement du futur r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avec de telles directives, est-il possible de convaincre les Annamites de la g&#233;n&#233;rosit&#233; de la France ? Entre celui qui a pour mission de r&#233;tablir la souverainet&#233; fran&#231;aise et ceux qui n'ont qu'un but, d&#233;fendre l'ind&#233;pendance conquise, il est clair que le dialogue est difficile, sinon impossible. Plut&#244;t que de risquer une nouvelle Saint-Barth&#233;l&#233;my, mieux vaut brusquer les choses. Le pr&#233;texte ? C&#233;dile l'&#233;nonce froidement dans sa conf&#233;rence de presse du 19 septembre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Le Vietminh, dit-il, ne repr&#233;sente pas l'opinion populaire. Il est incapable de maintenir l'ordre et d'&#233;viter le pillage. Il faut d'abord que l'ordre r&#232;gne, puis nous constituerons un gouvernement conform&#233;ment &#224; la d&#233;claration du 24 mars.&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, les Fran&#231;ais se livrent &#224; de multiples exactions contre les Vietnamiens. L'insurrection et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale se d&#233;clenchent &#224; Saigon. Mais le 2 octobre, les dirigeants Vietminh du Namb&#244; acceptent la &#171; tr&#234;ve &#187; : en d'autres termes, ils brisent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et liquident l'insurrection. A partir du 5 octobre, les premi&#232;res troupes fran&#231;aises, que commande Leclerc, arrivent &#224; Saigon. Comme l'&#233;crit Devillers, &#171; il (Leclerc) ne croit pas &#224; la vertu de la tr&#234;ve &#187;. Imm&#233;diatement, il engage les op&#233;rations militaires et la r&#233;pression la plus brutale. Il r&#233;occupe les points principaux de la Cochinchine, du Sud-Annam et du Cambodge. L'occupation dure jusqu'en f&#233;vrier 1946. Quelque temps apr&#232;s Leclerc, est arriv&#233; &#224; Saigon le &#171; moine sanglant &#187;, l'amiral Thierry d'Argenlieu, que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a nomm&#233; haut-commissaire en Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours de ces &#233;v&#233;nements, que le Vietminh a assassin&#233; Tha Tu Thau et des centaines de militants trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;investissement de la Cochinchine, du Sud-Annam et du Cambodge n'&#233;tait que le point de d&#233;part pour le r&#233;investissement total de l'Indochine. Cependant, au Nord, la pr&#233;sence de l'arm&#233;e chinoise complique encore la situation, d&#233;j&#224; difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution a volatilis&#233; les anciennes structures politiques et administratives. Partout se sont constitu&#233;s des comit&#233;s. Le programme du Vietminh et celui du gouvernement ne comprennent aucune disposition allant au-del&#224; de la r&#233;publique bourgeoise : ils respectaient et l&#233;gitimaient la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Le gouvernement ne fait qu'ent&#233;riner le r&#233;sultat de l'action r&#233;volutionnaire des masses lorsqu'il d&#233;cide la suppression du mandarinat et de toute la hi&#233;rarchie administrative et politique coloniale. Par contre, dans les villes et les villages, les comit&#233;s qui se sont constitu&#233;s devront s'ouvrir aux repr&#233;sentants de la bourgeoisie et des classes poss&#233;dantes. Le gouvernement ne d&#233;cr&#232;te que des r&#233;formes in&#233;luctables et pratiquement d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;es de fait : assiette de l'imp&#244;t, condamnation de l'usure, servitudes h&#233;rit&#233;es du mandarinat. Alors, voyons ce qu'en dit Devillers :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce qui compte en effet pour le moment, c'est moins ce qui se dit ou s'&#233;crit dans les villes comme Hano&#239; ou Hu&#233;, o&#249; arrivent des missions alli&#233;es, o&#249; par cons&#233;quent le gouvernement doit sauver les apparences et maintenir l'ordre, que ce qui se passe dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution y a pris d'embl&#233;e un caract&#232;re absolu, radical. Avant m&#234;me que les instructions sur les comit&#233;s du peuple aient &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es, la r&#233;volution, la vraie, y a commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les villages et les bourgs, notables et mandarins sont, par centaines, pris &#224; partie, molest&#233;s, arr&#234;t&#233;s, voire massacr&#233;s, par des groupes d&#233;cha&#238;n&#233;s, men&#233;s par des agitateurs le plus souvent inconnus, sans que la population, en g&#233;n&#233;ral terroris&#233;e mais parfois consentante, r&#233;agisse. Toutes les prisons, tous les bagnes, simultan&#233;ment ouverts, d&#233;versaient sur le pays, ivres de libert&#233; et de revanche, &#034;politiques&#034; et condamn&#233;s de droit commun. Le chaos, la confusion eurent d'autant moins de peine &#224; s'instaurer que depuis plusieurs mois l'autorit&#233; du gouvernement, ailleurs que dans les centres, n'avait plus qu'un caract&#232;re nominal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On ne compta bient&#244;t plus les pillages et les perquisitions, les extorsions de fonds, les &#034;confiscations de biens des bourgeois fascistes et contre-r&#233;volutionnaires&#034;, les arrestations arbitraires et les assassinats apr&#232;s (ou sans) simulacre de jugement par des &#034;tribunaux populaires&#034; h&#226;tivement mis sur pied. Les militants du PCV croyaient l'heure venue d'appliquer le programme &#034;d'&#233;limination du capitalisme fasciste&#034; qui leur avait &#233;t&#233; enseign&#233; dans les manuels d'agitateurs professionnels. Dans de nombreux centres de province et villages, notamment dans le Nord-Annam (Ngh&#234; An, Ha Tinh, Thanh Hoa) et au Tonkin (Bac Ninh, Thai Binh), les comit&#233;s du peuple, sous leur direction, ordonn&#232;rent la suppression des c&#233;r&#233;monies rituelles, le partage des terres, la confiscation des biens des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Comit&#233;s du peuple avaient pris en main les villages et les tyranneaux qui les composaient faisaient r&#233;gner la terreur. Partout, le pouvoir effectif appartenait &#224; des communistes (souvent &#233;trangers au village) ou &#224; des individus se pr&#233;tendant tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution prenait ainsi au d&#233;part un caract&#232;re extr&#234;mement violent de lutte sociale. Elle s'affirmait, dans la plupart des r&#233;gions, comme d'essence communiste, se d&#233;roulant sur les lignes absolues du sch&#233;ma l&#233;niniste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une appr&#233;ciation sur la politique du PCV et la r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, Devillers expose la situation difficile et la politique des dirigeants du PCV :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ces exc&#232;s ne pouvaient que d&#233;consid&#233;rer la r&#233;volution, la faire sombrer dans le chaos. Les dirigeants communistes le sentent imm&#233;diatement. L'un d'eux, Duong Bach Mai, me dira bien plus tard (en mars 1947) comment, en sa qualit&#233; d'inspecteur des Affaires politiques et administratives de l'Est du Namb&#244; (Cochinchine), il s'&#233;tait employ&#233; &#224; calmer les ardeurs intempestives des militants de la base, en leur montrant que la t&#226;che du moment n'&#233;tait pas de faire une r&#233;volution prol&#233;tarienne, mais d'abattre le &#034;colonialisme&#034; en appelant tout le peuple &#224; lutter contre lui. ( ... )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Leur seul espoir de se maintenir et de survivre, c'&#233;tait de prendre la t&#234;te de la lame de fond patriotique, en se portant &#224; la pointe du combat pour l'ind&#233;pendance. Non seulement ils &#233;taient s&#251;rs de rallier ainsi l'immense majorit&#233; de la population, mais ils b&#233;n&#233;ficieraient aussi, les premiers, du soutien des repr&#233;sentants des deux pays alli&#233;s, Chine et Etats&#8209;Unis, dont ils connaissaient d&#233;j&#224; les sentiments &#224; l'&#233;gard de la colonisation, de celle de la France en particulier. Le discours que Giap prononce le 2 septembre &#224; Hano&#239; ne traduit pas seulement une volont&#233; passionn&#233;e d'ind&#233;pendance ; il montre que les dirigeants Vietminh ont clairement en vue ces deux aspects du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;primer les exc&#232;s, obtenir l'union du peuple : c'est &#224; ces deux objectifs que Ho Chi Minh et son &#233;quipe s'emploient imm&#233;diatement. Ho Chi Minh reste en effet convaincu, comme en 1930 lorsqu'il fonda le Parti, de l'impossibilit&#233; d'une instauration brutale du socialisme au Vietnam. Le peuple n'y est absolument pas pr&#233;par&#233;, &#224; la fois de par ses traditions et de par son esprit. Pendant de longues ann&#233;es, le Vietnam devra s'acheminer lentement vers le socialisme par l'apprentissage et la pratique de la d&#233;mocratie. Ce qui importe avant tout, c'est l'ind&#233;pendance sans laquelle il n'est pas de r&#233;gime r&#233;ellement d&#233;mocratique possible. Le peuple vietnamien doit pouvoir librement d&#233;cider de son destin sans intervention &#233;trang&#232;re. Le socialisme sera son but. Mais le chemin sera long qui y m&#232;nera, car il faudra des ann&#233;es pour consolider le r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034;, liquider les tendances r&#233;actionnaires, jeter les bases d'une &#233;conomie et d'une &#034;vie&#034; nouvelles. Pendant cette p&#233;riode, l'union de toutes les classes, de toutes les couches de la population est indispensable. Du reste, la pr&#233;pond&#233;rance &#233;crasante de la classe paysanne ne permet pas d'&#233;difier au Vietnam un r&#233;gime de dictature de la classe ouvri&#232;re. Celle-ci est trop peu nombreuse (3 %de la population active) et elle n'est pas pr&#233;par&#233;e du tout &#224; jouer un r&#244;le dirigeant. Le r&#233;gime d&#233;mocratique ne peut se permettre au d&#233;part de rejeter des intellectuels et des techniciens sous pr&#233;texte qu'ils sont d'origine bourgeoise. L'important est de sceller en toute confiance et de fa&#231;on indissoluble l'alliance de la bourgeoisie nationale, de la paysannerie et de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette clart&#233; de vue, cette conscience des r&#233;alit&#233;s et des n&#233;cessit&#233;s vietnamiennes ce sens de l'&#233;volution historique, cette absence de sectarisme, font sans conteste de Ho Chi Minh un des leaders les plus remarquables du mouvement de lib&#233;ration asiatique. Sa vaste culture, sa connaissance des mondes occidental, russe et chinois, font de lui un homme &#224; part dans le communisme jaune. Il est certes marxiste, profond&#233;ment marxiste, et cependant il ne donne pas l'impression de croire au mat&#233;rialisme de la dialectique. Ses paroles, ses actes sont en effet marqu&#233;s d'un sens profond de l'humain. Toute sa vie il a lutt&#233;. Il a &#233;t&#233; traqu&#233;, pourchass&#233;, emprisonn&#233; m&#234;me. Il garde cependant une s&#233;r&#233;nit&#233; impressionnante. Cet homme fr&#234;le, asc&#233;tique, de sant&#233; fragile, nourrissait l'ambition de devenir le Gandhi de l'Indochine ? Certains, qui l'ont beaucoup approch&#233;, l'assurent. Il &#233;tait en tous cas indiscutablement un adversaire de la violence, surtout inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le z&#232;le excessif des &#034;militants de la base&#034; avait maintenant plong&#233; le Vietnam dans le chaos. Pour reprendre le contr&#244;le, Ho Chi Minh ne disposait que d'une &#233;quipe r&#233;duite, quelques dizaines de &#034;t&#234;tes&#034; &#224; Hano&#239;, &#224; peine autant dans toutes les provinces. La Propagande, la persuasion (car la force n'existe pas encore) sont les seuls moyens sur lesquels il puisse compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un puissant effort d'organisation est imm&#233;diatement entrepris. Faute de base sur qui on puisse compter, la reprise en main s'op&#233;rera de haut en bas. L'autorit&#233; dans les villes sera assez rapidement consolid&#233;e. Des comit&#233;s ex&#233;cutifs, compos&#233;s ou contr&#244;l&#233;s par des militants s&#251;rs, assumeront vite les responsabilit&#233;s &#224; la t&#234;te de chaque ky et de chaque province. Mais les difficult&#233;s s'accuseront au fur et &#224; mesure que l'autorit&#233; p&#233;n&#233;trera dans les campagnes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement ne veut surtout pas que se r&#233;unisse un congr&#232;s des comit&#233;s. Il lui oppose l'&#233;lection d'une Assembl&#233;e constituante. Il fait appel &#224; la hi&#233;rarchie catholique. Il s'emploie &#224; se constituer une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re : &#171; au noyau tr&#232;s s&#251;r de gu&#233;rilleros arm&#233;s &#224; l'am&#233;ricaine de la &#034;zone affranchie&#034;, il adjoindra peu &#224; peu, apr&#232;s un tri s&#233;v&#232;re, d'anciens tirailleurs de l'arm&#233;e fran&#231;aise, instruits et disciplin&#233;s, d'anciens &#034;gardes indochinois&#034;, des auxiliaires japonais, des jeunesses du commandement Ducoroy. &#187; En d'autres termes, il s'emploie &#224; constituer un appareil capable de contenir et de refouler la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Tonkin, la bourgeoisie &#171; indig&#232;ne &#187; et les propri&#233;taires fonciers, qui b&#233;n&#233;ficiaient de l'appui des autorit&#233;s chinoises, se regroup&#232;rent et s'organis&#232;rent tr&#232;s vite. Ils form&#232;rent le Bloc nationaliste. Le PC indochinois multipliait les concessions : le 11 novembre 1945, il alla m&#234;me jusqu'&#224; proclamer sa propre dissolution ! Les &#233;lections furent d'abord report&#233;es, mais on vota le 6 janvier 1946 dans les zones contr&#244;l&#233;es par le Vietminh. Les r&#233;sultats furent un triomphe pour celui-ci, mais, sous le pr&#233;texte que les partis bourgeois n'avaient pu se constituer &#224; temps, soixante-dix si&#232;ges sur trois cent cinquante furent d'office attribu&#233;s &#224; l' &#171; opposition &#187;. Un peu plus tard, le Vietminh forma un nouveau gouvernement, dit d'Union nationale, auquel le Bloc nationaliste participait. Bao Da&#239; restait &#171; conseiller supr&#234;me du gouvernement &#187;. Le contact &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;tabli entre Sainteny, &#171; commissaire pour le Tonkin &#187; du gouvernement fran&#231;ais, et Ho Chi Minh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/video/AFE99000040&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ho Chi Minh &#224; la conf&#233;rence de Fontainebleau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations entre les gouvernements chinois et fran&#231;ais aboutirent d'autre part, le 28 f&#233;vrier 1946, &#224; la signature d'un trait&#233; franco-chinois : l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais abandonnait ses &#171; droits &#187; en Chine et s'engageait &#224; prot&#233;ger les commer&#231;ants chinois en Indochine ; en &#233;change, les troupes fran&#231;aises rel&#232;veraient les troupes chinoises occupant le Tonkin entre le 1&#176; et le 15 mars 1946 ! L'op&#233;ration devait &#234;tre termin&#233;e le 30 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convention du 6 mars 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le 6 mars 1946, la flotte fran&#231;aise se pr&#233;senta devant Ha&#239;phong et bombarda la ville sous le pr&#233;texte que des canons chinois auraient tir&#233; sur elle ; le m&#234;me jour, Ho Chi Minh et son gouvernement sign&#232;rent avec Sainteny une convention qui stipulait notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; 1&#176; Le gouvernement fran&#231;ais reconna&#238;t la R&#233;publique du Vietnam comme un Etat libre ayant son gouvernement, son parlement, son arm&#233;e et ses finances, faisant partie de la F&#233;d&#233;ration indochinoise et de l'Union fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce qui concerne les &#034;Trois Ky&#034; (le Tonkin, l'Annam, la Cochinchine), le gouvernement fran&#231;ais s'engage &#224; ent&#233;riner les d&#233;cisions prises par la population consult&#233;e par r&#233;f&#233;rendum.&lt;br class='autobr' /&gt; 2&#176; Le gouvernement du Vietnam se d&#233;clare pr&#234;t &#224; accueillir amicalement l'arm&#233;e fran&#231;aise lorsque, conform&#233;ment aux accords internationaux, elle rel&#232;vera les troupes chinoises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces conditions que les troupes fran&#231;aises reprirent pied au Tonkin. Au nom de l'&#171; Unit&#233; nationale &#187;, indispensable, selon lui, &#224; la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale, le Vietminh avait subordonn&#233; les int&#233;r&#234;ts des ouvriers et des paysans &#224; son alliance avec la bourgeoisie et les grands propri&#233;taires fonciers ; maintenant, il renon&#231;ait &#224; l'ind&#233;pendance ! Sainteny n'avait pas accept&#233; de signer un texte o&#249; figur&#226;t ce vocable, il consentait seulement &#224; ce que les mots &#171; Etat libre &#187; y soient port&#233;s. En contrepartie, Ho Chi Minh acceptait que son &#171; Etat libre &#187; soit subordonn&#233; au double carcan de l'Union indochinoise et de l'Union fran&#231;aise. Enfin et surtout, il accueillait &#171; amicalement &#187; au Tonkin l'arm&#233;e fran&#231;aise, qui venait de se faire la main en Cochinchine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh partit pour la France &#224; la t&#234;te d'une d&#233;l&#233;gation de son gouvernement. Apr&#232;s de longues n&#233;gociations &#224; Fontainebleau, qui n'aboutirent pas, il signa au dernier moment, le 14 septembre 1946, juste avant de repartir pour Hano&#239;, un modus vivendi. Les termes m&#234;mes du modus vivendi &#233;taient significatifs. Ho Chi Minh ent&#233;rinait la &#171; proclamation &#187;, intervenue le 1er juin &#224; Dalat, sous l'&#233;gide de Thierry d'Argenlieu, d'une &#171; R&#233;publique autonome de Cochinchine &#187; ; il acceptait &#233;galement ces lignes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les deux gouvernements s'engagent &#224; mettre fin de part et d'autre aux actes d'hostilit&#233; et de violence en Cochinchine et en Annam du Sud. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il acceptait que les combattants vietnamiens s'engagent &#224; mettre bas les armes, tandis que le maintien des troupes fran&#231;aises au Tonkin faisait tout naturellement partie du modus vivendi. En outre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le Vietnam accepte le principe de l'unit&#233; mon&#233;taire et douani&#232;re de l'Indochine. La piastre indochinoise fera partie de la zone franc... Le statut des biens et entreprises fran&#231;aises au Vietnam ne pourra &#234;tre modifi&#233; que d'un commun accord entre les deux gouvernements. Les biens r&#233;quisitionn&#233;s par le gouvernement vietnamien seront rendus &#224; leurs propri&#233;taires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceci encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le Vietnam s'engage &#224; faire appel en priorit&#233; aux ressortissants, fran&#231;ais chaque fois qu'il aura besoin de conseillers, de techniciens, d'experts. Cette priorit&#233; ne cessera de jouer qu'au cas d'impossibilit&#233; pour la France de fournir le personnel demand&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration du gouvernement provisoire du Vietnam, form&#233; le 3 septembre 1945 par ce m&#234;me Ho Chi Minh qui signait maintenant ce modus vivendi, &#233;tait bien loin. N'y lisait-on pas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Nous, membres du gouvernement provisoire repr&#233;sentant la population enti&#232;re du Vietnam, d&#233;clarons n'avoir d&#233;sormais aucun rapport avec la France imp&#233;rialiste, annuler tous les trait&#233;s que la France a sign&#233;s au sujet du Vietnam, abolir tous les privil&#232;ges que les Fran&#231;ais se sont arrog&#233;s sur notre territoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cons&#233;quences in&#233;luctables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique suivie par le Vietminh comportait des cons&#233;quences in&#233;vitables : m&#234;me ses alli&#233;s nationalistes bourgeois n'acceptaient pas cette capitulation, soit par man&#339;uvre, soit parce que r&#233;ellement partisans de l'ind&#233;pendance. La r&#233;pression s'abattit sur eux et l'une des armes utilis&#233;es pour les &#233;liminer fut l'assassinat politique. Le gouvernement d'Union nationale d&#233;missionna devant l'Assembl&#233;e constituante, o&#249; deux cent dix d&#233;put&#233;s seulement &#233;taient pr&#233;sents, dont vingt d&#233;put&#233;s de l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh forma un nouveau gouvernement le 3 novembre : un gouvernement de &#171; Bloc national &#187;. Cependant, le &#171; citoyen &#187; Vinh-Thuey restait encore &#171; conseiller supr&#234;me du gouvernement &#187;. Il &#233;tait impossible au Vietminh, dans ces conditions, de laisser les trotskystes d&#233;fendre leur politique et s'organiser : on comprend d&#232;s lors que l'assassinat de Tha Tu Thau et de centaines de trotskystes combattant contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Cochinchine &#233;tait pour Ho Chi Minh et le Vietminh une mesure indispensable dans le cadre de leur politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela ne suffisait pas encore &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 novembre 1946, la flotte fran&#231;aise bombardait Ha&#239;phong ; cette fois, les pi&#232;ces de marine, arrosant d'obus les quartiers indig&#232;nes de la ville, firent des milliers et des milliers de morts. Le pr&#233;texte de ce bombardement ? Le contr&#244;le des douanes. La raison v&#233;ritable ? Le contr&#244;le total par l'arm&#233;e fran&#231;aise de la r&#233;gion militaire de Ha&#239;phong. Ce n'&#233;tait manifestement l&#224; qu'une &#233;tape vers l'occupation totale du Tonkin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, le 19 d&#233;cembre 1946, sous couleur de pr&#233;venir une attaque contre les troupes fran&#231;aises que l'arm&#233;e vietnamienne &#233;tait cens&#233;e pr&#233;parer, celles-ci renouvel&#232;rent &#224; Hano&#239; le coup de Ha&#239;phong : elles occup&#232;rent le si&#232;ge du gouvernement vietnamien, qui dut s'enfuir.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;faite de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le Parti communiste chinois en 1946, le Vietminh, en r&#233;alit&#233; le PCV, n'avait plus d'autre recours : ou &#234;tre liquid&#233; physiquement, ou combattre les armes &#224; la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors seulement que le Vietminh appela les Vietnamiens au combat. La guerre d'Indochine commen&#231;ait. Le Vietminh ne modifiait pas pour autant l'axe de sa politique ; le 19 avril 1947, dans un message adress&#233; au gouvernement fran&#231;ais, le gouvernement de Ho Chi Minh affirmait encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; L'int&#233;r&#234;t des deux peuples est de collaborer fraternellement au sein de l'Union fran&#231;aise, association de peuples libres, qui se comprennent et qui s'aiment (sic). ( ... ) Pour prouver le sinc&#232;re attachement du Vietnam &#224; la paix et son amiti&#233; pour le peuple de France, le gouvernement vietnamien propose la cessation imm&#233;diate des hostilit&#233;s et l'ouverture de n&#233;gociations en vue d'un r&#232;glement pacifique du conflit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16200 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/pdf/img515-2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776481561' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16201 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/pdf/img608.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 2.8 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776481561' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16202 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/pdf/img609.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776481561' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH293/Rwanda-un-genocide-colonial-politique-et-mediatique2-b52be.png?1776500601' width='300' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette politique ne pouvait qu'affaiblir la lutte du peuple vietnamien et le Vietminh lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la gu&#233;rilla n'ait pas cess&#233; dans une grande partie de la Cochinchine, du delta tonkinois et en nombre de r&#233;gions du Vietnam,, la situation militaire du Vietminh deviendra extr&#234;mement difficile &#224; la fin de 1947, en 1948 et en 1949.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de Tchang Ka&#239;-chek et la constitution de la R&#233;publique populaire de Chine vont changer radicalement les rapports. Le 18 janvier 1950, le gouvernement chinois reconna&#238;t le gouvernement de Ho Chi Minh. Le 31, l'agence Tass annon&#231;ait &#233;galement la reconnaissance de la RDV par le gouvernement de l'URSS (ce qu'il n'avait pas fait en 1945 et depuis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La victoire de la guerre r&#233;volutionnaire en Chine donnait obligatoirement une puissante impulsion au combat contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais au Vietnam. De plus, la guerre de Cor&#233;e et la menace am&#233;ricaine vont non seulement obliger le gouvernement chinois &#224; intervenir directement en Cor&#233;e, mais aussi &#224; apporter un puissant soutien au PCV. En octobre 1950, une premi&#232;re offensive vietminh aboutit &#224; la d&#233;faite fran&#231;aise de Cao-bang, et le Vietminh va contr&#244;ler toute la r&#233;gion des hauts plateaux tonkinois. D&#233;sormais, il menace directement le delta tonkinois. Au d&#233;but 1951, gr&#226;ce aux renforts, de Lattre de Tassigny bloqua une premi&#232;re tentative du Vietminh d'envahir le delta. Mais la guerre allait se poursuivre d&#233;sormais en d'autres conditions, sans espoir de victoire pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. A la fin de 1953 et au d&#233;but de 1954, l'appui militaire de la Chine est sans conteste un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de la d&#233;faite fran&#231;aise de Dien Bien Phu. Ce n'est qu'en 1952, trois ans apr&#232;s la victoire de la r&#233;volution chinoise, que le PCV, officiellement reconstitu&#233; sous le nom de Parti du travail, a adopt&#233; un programme qui impliquait l'expropriation de l'imp&#233;rialisme, des grands propri&#233;taires terriens et de la bourgeoisie compradore, le programme d'un gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les huit ann&#233;es de guerre en Indochine, loin de permettre le r&#233;tablissement de l'ancien ordre colonial, ont fini de le miner d&#233;finitivement. Alors m&#234;me qu'il tentait d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de reconqu&#233;rir l'Indochine, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais a &#233;t&#233; contraint de constituer sous l'&#233;gide de Bao Da&#239; la fiction d'un Etat vietnamien. Formellement, le gouvernement fran&#231;ais abandonnait le 30 d&#233;cembre 1949 sa souverainet&#233; sur le Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de Dien Bien Phu a surtout une importance politique. Elle intervient apr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale spontan&#233;e d'ao&#251;t 1953 en France, alors que l'agitation pour l'ind&#233;pendance prend une dimension consid&#233;rable en Tunisie et au Maroc, &#224; la veille de l'insurrection alg&#233;rienne du 1&#176; novembre 1954. Elle intervient &#233;galement au moment o&#249; la r&#233;volution politique frappe son premier coup en Europe de l'Est. A son tour, elle est un facteur de crise politique de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. Au Vietnam, toutes les structures artificiellement construites apr&#232;s 1946 par les Fran&#231;ais se d&#233;composent. L'&#171; Etat &#187; de Bao Da&#239; s'effondre. Le pourrissement &#233;conomique et social est impensable. L'arm&#233;e fran&#231;aise est totalement d&#233;moralis&#233;e. Les accords de Gen&#232;ve que, de concert, la bureaucratie du Kremlin et la bureaucratie chinoise imposent au PCV, sauvent du d&#233;sastre l'arm&#233;e fran&#231;aise. Ils imposent la partition du Vietnam en deux, &#224; la hauteur du 17&#176; parall&#232;le. Tandis que l'arm&#233;e fran&#231;aise se retire au Sud, les partisans du Vietminh doivent &#233;vacuer le Sud, le Laos et le Cambodge. Mais ces circonstances extraordinaires, succ&#233;dant &#224; celles de huit ann&#233;es de guerre r&#233;volutionnaire, &#224; la r&#233;volution de 1945 au Vietnam, font du gouvernement de Ho Chi Minh le type de gouvernement ouvrier et paysan dont le &#171; Programme de transition &#187; pr&#233;voit la possibilit&#233; th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sud, par contre, le maintien des troupes fran&#231;aises &#224; un premier stade, le soutien massif de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, la liquidation des sectes caoda&#239;stes, Hoa Hao, des pirates Bin Xuyen, et surtout le coup politique que constitue le retrait au nord du 17&#176; parall&#232;le des combattants et des militants du Vietminh, vont permettre, ainsi qu'au Laos et au Cambodge, de constituer un Etat compradore qui d&#233;pend &#233;troitement de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reprenons ici ce que &#171; La V&#233;rit&#233; &#187; &#233;crivait en faisant un premier bilan de la deuxi&#232;me guerre r&#233;volutionnaire et de l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam (n&#176; 567, mai 1975)&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;faite de l'imp&#233;rialisme US : le GRP &#224; Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; cet article est &#233;crit, les troupes du Nord-Vietnam et du GRP entrent &#224; Saigon. La pr&#233;sidence du g&#233;n&#233;ral Minh, repr&#233;sentant de la soi-disant &#171; troisi&#232;me composante &#187;, n'aura &#233;t&#233; que tr&#232;s provisoire. Il a accept&#233; la capitulation militaire sans conditions que le gouvernement de Hano&#239; et le GRP ont finalement exig&#233;e. Visiblement, il a assur&#233; l'int&#233;rim de &#171; l'autorit&#233; &#187; entre le d&#233;part de Thieu et l'arriv&#233;e du GRP. Il y a eu transmission de pouvoir afin d'&#233;viter au maximum le vide politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre, r&#233;volutionnaire et juste du c&#244;t&#233; des masses du Vietnam et d'Indochine, se termine par une tr&#232;s dure d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme, de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain en particulier. Les gouvernements compradores du Cambodge et du Sud-Vietnam ont &#233;t&#233; &#233;cras&#233;s, liquid&#233;s. Leurs arm&#233;es, leurs administrations, leurs &#171; Etats &#187; se sont totalement d&#233;sagr&#233;g&#233;s. Rien n'a pu les sauver. Sous une forme d&#233;termin&#233;e, la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale a remport&#233; une victoire au Vietnam et en Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; l'heure actuelle, tout n'est pas encore dit &#224; Sa&#239;gon. Le gouvernement de Hano&#239; et le GRP, apr&#232;s avoir exig&#233; la transmission du pouvoir et la capitulation militaire, va-t-il s'ouvrir &#224; des ministres repr&#233;sentant la soi-disant &#171; troisi&#232;me composante &#187; ? Malgr&#233; le d&#233;sastre total des gouvernements compradores, la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain se manifeste encore par la pr&#233;sence de la Vll&#176; Flotte au large des c&#244;tes sud&#8209;vietnamiennes, et surtout la pression du Kremlin et de P&#233;kin continue &#224; s'exercer sur le GRP et le gouvernement de Hano&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme du FNL n'a pas &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; caduc. Or il garantit la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et, de ce seul fait, la division du Vietnam en deux. D&#233;j&#224;, sous la pression du Kremlin et de P&#233;kin et au nom de la politique de coexistence pacifique, d'union nationale, furent sign&#233;s en 1954 les accords de Gen&#232;ve et, il y a deux ans, les accords de Paris. Le peuple vietnamien et les peuples d'Indochine ont pay&#233; d'un prix effroyable la signature des accords de Gen&#232;ve en 1954 et de ceux de Paris en janvier 1973, comme ils avaient d&#233;j&#224; pay&#233; terriblement cher les accords de Fontainebleau d'ao&#251;t 1946 et la politique d'int&#233;gration &#224; l'Union fran&#231;aise que Ho Chi Minh et le Vietnam pratiqu&#232;rent jusqu'en 1947-1949.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les millions de morts de cette guerre de trente ans, les incommensurables sacrifices des peuples du Vietnam et d'Indochine, les terribles destructions, les plaies et innombrables s&#233;quelles exigent imp&#233;rieusement que le principe des droits des peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes soit pleinement et totalement appliqu&#233; au Vietnam et en Indochine. Les masses de ces pays reconnaissent dans le GRP, le gouvernement de Hano&#239;, le FNL et le Parti des travailleurs vietnamiens leur direction politique, mais elles veulent en finir avec la bourgeoisie compradore, les propri&#233;taires fonciers, elles veulent l'unit&#233; du Vietnam et de l'Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;gimes bourgeois compradores du Sud&#8209;Vietnam et du Cambodge se sont effondr&#233;s. Les classes exploiteuses de toutes ces r&#233;gions d'Indochine sont socialement et politiquement d&#233;compos&#233;es. Un vide politique et social b&#233;ant est ouvert, quelle que soit la pr&#233;caution prise de la transmission du pouvoir &#224; Sa&#239;gon. Les masses, au Cambodge et au Vietnam du Sud, respecteront-elles la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et de la terre ? Sera-t-il possible de leur imposer la pr&#233;sence politique, au gouvernement et dans le pays, de leurs bourreaux d'hier et de maintenir la division du pays ? Au niveau le plus &#233;lev&#233; du FNL, du Parti des travailleurs vietnamiens, du gouvernement de Hano&#239; et du GRP, ces aspirations des masses trouveront une expression parmi les cadres dirigeants. Il est impossible qu'elles puissent &#234;tre &#233;touff&#233;es. Les dirigeants du FNL et du Parti des travailleurs vietnamiens ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; contraints, &#224; de nombreuses reprises, d'aller plus loin qu'ils ne le voulaient sur la voie de la rupture avec l'imp&#233;rialisme et la bourgeoisie. Ils ont d&#251;, notamment, passer finalement outre aux &#171; accords de Paris &#187;. Le GRP et le FNL sont entr&#233;s &#224; Sa&#239;gon et y assurent le pouvoir. Ils seront oblig&#233;s, compte tenu de la situation, d'abandonner en pratique le programme du FNL et de s'engager politiquement beaucoup plus loin que celui-ci ne le pr&#233;voyait. A cela se mesure la victoire de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D'excellents accords &#187;&#8230; ils n'en moururent pas tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re analyse, les accords de Paris de 1973 n'ont pu emp&#234;cher l'irr&#233;m&#233;diable d&#233;faite du gouvernement compradore de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Certains, pablistes, staliniens et autres, ont affirm&#233; qu'il &#233;tait donc juste et n&#233;cessaire de soutenir la conclusion de ces accords. Encore ces derni&#232;res semaines, le sp&#233;cialiste maison, Pierre Rousset, &#233;crivait dans &#171; Rouge &#187; qu'il fallait exiger l'application des accords de Paris. Ce raisonnement revient &#224; tout confondre, la maladie et sa gu&#233;rison. A ce compte, il faudrait dire que les accords de Fontainebleau d'ao&#251;t 1946, qui subordonnaient le Vietnam &#224; l'&#171; Union fran&#231;aise &#187;, ont &#233;t&#233; une bonne chose puisqu'en fin de compte ils n'ont pu emp&#234;cher Dien Bien Phu et que, dans une certaine mesure, ils y ont m&#234;me abouti. Les accords de Gen&#232;ve auraient &#233;t&#233; &#233;galement une bonne chose. Ils organisaient la partition du Vietnam, &#224; la hauteur du 17&#176;&#176; parall&#232;le, le retrait du Vietminh au Nord de cette ligne, retrait militaire et politique. Mais &#224; l'issue d'une nouvelle guerre r&#233;volutionnaire, les troupes du GRP et de la RDVN sont entr&#233;es, le 30 avril 1975, &#224; Saigon. Donc, la conclusion &#233;tant impliqu&#233;e dans les pr&#233;misses : c'est gr&#226;ce aux accords de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les dirigeants du peuple vietnamien aient &#233;t&#233; contraints de signer de semblables accords, s'ils n'avaient pas les moyens politiques et militaires de s'y opposer, se discute et peut se justifier. L&#233;nine et Trotsky ont bien &#233;t&#233; contraints de signer, en 1918, le trait&#233; de Brest-Litovsk qui c&#233;dait l'Ukraine &#224; l'Allemagne. Il faut pourtant se rappeler que Ho Chi Minh acceptait, en 1945-1946, le cadre de l'Union fran&#231;aise, conform&#233;ment &#224; la politique du Kremlin ; que lui, Ho Chi Minh, acceptait le partage du monde en zones d'influence et la d&#233;fense du syst&#232;me imp&#233;rialiste mondial. C'est l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais qui a contraint le Vietminh et Ho Chi Minh au combat, en prenant l'offensive politiquement et militairement, en bombardant Haiphong le 23 novembre 1946 et en occupant ensuite &#224; Hano&#239; le si&#232;ge du gouvernement de la r&#233;publique du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietminh dirigeait alors la guerre r&#233;volutionnaire du peuple vietnamien. A partir de 1949, sous l'effet de la r&#233;volution chinoise victorieuse, le Vietminh reprenait l'initiative politique et militaire. En 1954, c'&#233;tait Dien Bien Phu. Ensuite, le gouvernement de la RDVN et le Parti des travailleurs vietnamiens se sont pour le moins accommod&#233;s de la partition du Vietnam. La d&#233;composition sociale et politique des classes poss&#233;dantes au Sud, du gouvernement de Ngo Dinh Diem, ont suscit&#233; et nourri sur place les premiers mouvements de la nouvelle guerre r&#233;volutionnaire. La situation politique qui se cr&#233;ait et l'intervention directe des troupes am&#233;ricaines ont amen&#233; Hano&#239; &#224; s'engager et &#224; commencer &#224; intervenir militairement en 1960. Il n'y a pas lieu, pour autant, de c&#233;l&#233;brer ainsi qu'une grande victoire les accords de Gen&#232;ve qui frustraient les masses vietnamiennes de leur victoire de 1954 et leur imposaient une nouvelle guerre r&#233;volutionnaire de plus de quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs des accords de Gen&#232;ve affirment : ces accords pr&#233;voyaient des &#171; &#233;lections libres dans les deux ans &#187; ; si cette clause avait &#233;t&#233; appliqu&#233;e, tout se serait pass&#233; diff&#233;remment. D&#232;s 1954, chacun savait que c'&#233;tait l&#224; une pure et simple fioriture diplomatique. Le fait essentiel, d&#233;terminant, &#233;tait : la partition du Vietnam, le retrait du Vietnam du Nord, la concentration de l'arm&#233;e fran&#231;aise au Sud, l'&#233;tablissement au Sud d'une structure gouvernementale et &#233;tatique compradore enti&#232;rement sous le contr&#244;le de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain relayant l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accords de Paris de 1973 doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s sous le m&#234;me angle. Ils consacraient la renonciation de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain &#224; sa strat&#233;gie ant&#233;rieure des ann&#233;es soixante qui conjuguait l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam, plus de 550 000 soldats au Sud et la guerre a&#233;rienne au Nord, &#224; la pr&#233;paration de la guerre contre la Chine. A ce propos, il faut d&#233;truire une l&#233;gende, car elle a de redoutables et multiples implications politiques : il est faux que l'imp&#233;rialisme US ait &#233;t&#233; battu militairement au Vietnam. Apr&#232;s l'offensive du T&#234;t de 1968, les forces am&#233;ricaines ont contr&#244;l&#233; militairement l'ensemble du Sud ; les troupes US &#233;taient pour ainsi dire plaqu&#233;es sans racines sur le sol vietnamien, bien que le FNL ait subi une terrible saign&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les accords de Paris en &#233;chec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation politique mondiale et celle aux USA &#233;taient telles que, politiquement, pr&#233;parer la guerre contre la Chine devenait une folie. Il aurait fallu que le prol&#233;tariat des principaux pays capitalistes d'Europe soit &#233;cras&#233;, que le r&#233;gime du talon de fer soit institu&#233; aux USA, que la bourgeoisie am&#233;ricaine et toutes les bourgeoisies des grandes puissances imp&#233;rialistes soient &#233;troitement soumises et disciplin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de mai-juin 1968 en France et le processus de r&#233;volution politique en Tch&#233;coslovaquie, ces conditions &#233;taient &#224; &#233;tablir. L'imp&#233;rialisme US pouvait peut-&#234;tre esp&#233;rer qu'elles le seraient au cours de la pr&#233;paration de cette guerre. Tout au contraire, en 1968, une nouvelle p&#233;riode r&#233;volutionnaire s'est ouverte en Europe. La coalition imp&#233;rialiste &#233;tait d&#233;chir&#233;e de contradictions. Les rapports sociaux et politiques aux USA &#233;taient extr&#234;mement instables. On &#233;tait loin de l'&#201;tat et du gouvernement forts. D&#232;s lors, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a d&#251; r&#233;orienter sa strat&#233;gie mondiale. Il a nou&#233; une nouvelle Sainte Alliance contre-r&#233;volutionnaire pour faire face &#224; la r&#233;volution montante en Europe et dans le monde. La bureaucratie du Kremlin est toujours disponible pour ce genre d'accord. Celle de P&#233;kin se r&#233;v&#233;lera tout aussi disponible. Ce sera le voyage de Nixon &#224; P&#233;kin et ensuite &#224; Moscou. Nixon ne pouvait plus maintenir d'importants contingents an Vietnam. Il s'orientera vers la &#171; vietnarnisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme US pouvait compter sur P&#233;kin et Moscou pour imposer au gouvernement de Hano&#239; et au FNL une &#171; solution &#187; qui respecte ses int&#233;r&#234;ts. Le programme du FNL permet les ouvertures politiques allant dans ce sens. Ce furent les accords de Paris de janvier 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme pour les accords de Gen&#232;ve, on peut trouver dans ces accords tel ou tel paragraphe qui, isol&#233; du contexte, peut faire prendre des vessies pour des lanternes. La r&#233;alit&#233; politique concr&#232;te &#233;tait que l'arm&#233;e am&#233;ricaine se retirait du Vietnam mais que le gouvernement et l'administration de Thieu &#233;taient reconnus ainsi que ceux du Vietnam du Sud. Les centaines de milliers de prisonniers politiques restaient dans leurs ge&#244;les. La constitution d'un gouvernement &#224; &#171; trois composantes &#187; cher au GRP &#233;tait renvoy&#233;e aux calendes grecques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cessez-le-feu intervenait alors que le FNL n'occupait aucune ville importante (pas un chef-lieu de province) et qu'il &#233;tait repouss&#233; dans des campagnes plus ou moins d&#233;sertiques. Les USA fournissaient &#224; l'arm&#233;e du Sud&#8209;Vietnam un fantastique arsenal. Des milliers de &#171; conseillers &#187; am&#233;ricains restaient. La puissance de feu de l'arm&#233;e sud&#8209;vietnamienne &#233;tait une des plus fortes du monde, son aviation la quatri&#232;me du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les accords de Paris ont mis en place un dispositif politico&#8209;militaire qui n'avait d'autre but que de broyer le FNL et le GRP. Les accords de Paris &#224; peine sign&#233;s, Thieu s'est employ&#233; &#224; r&#233;aliser le plan que contenaient en pratique ces accords. Partout, l'arm&#233;e sud-vietnamienne a attaqu&#233; les partisans du FNL, en m&#234;me temps que la terreur polici&#232;re s'&#233;tendait et se renfor&#231;ait. Seul le soutien du Nord au FNL lui a permis de tenir au cours de la premi&#232;re ann&#233;e qui a suivi la conclusion des accords de Paris. Le prix sanglant des accords de Paris, ce sont des centaines de milliers de morts suppl&#233;mentaires au cours des deux ann&#233;es qui ont suivi leur signature, un nouveau cort&#232;ge de souffrances inou&#239;es que subirent les Vietnamiens du Sud, et aussi du Nord, an cours des bombardements US. De quoi &#171; r&#233;jouir &#187; Pierre Rousset... Et puis c'est l'effondrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Effondrement de l'appareil compradore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la presse en convient : il n'y a pas eu d'offensive d'importance comparable, par exemple, &#224; celle du T&#234;t en 1968 ou &#224; celle du printemps de 1972. La RDVN n'a pas envoy&#233; d'importantes troupes puissamment arm&#233;es au Sud en ce d&#233;but d'ann&#233;e 1975. Ainsi la presse a rapport&#233; que le premier chef-lieu de province occup&#233; sur les hauts plateaux l'a &#233;t&#233; par 1 500 maquisards descendus des montagnes, tr&#232;s mal arm&#233;s, qui ont mis en fuite 15 000 soldats de l'arm&#233;e de Thieu, arm&#233;s jusqu'aux dents. Thieu a donn&#233; l'ordre, alors, d'abandonner les hauts plateaux pour regrouper ses forces. Ce fut la d&#233;bandade pratiquement sans combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime Thieu (ainsi que celui de Lon Nol au Cambodge) s'est litt&#233;ralement effondr&#233; sur lui-m&#234;me, pourri de l'int&#233;rieur. Cela rappelle, en pire, l'effondrement de Tchang Ka&#239;-chek en Chine, en 1947-1949. Les troupes, les officiers, ont abandonn&#233; sur place, sans combat, armes et bagages. L'administration, l'arm&#233;e, se sont dissoutes. L'arm&#233;e du Nord et du GRP a r&#233;cup&#233;r&#233; des centaines de millions de dollars d'armes, d'&#233;quipements militaires les plus modernes intacts et jusqu'&#224; des centaines d'avions en &#233;tat de vol, abandonn&#233;s sur les champs d'aviation. D&#233;sormais, l'arm&#233;e du Nord-Vietnam et du GRP dispose d'un armement consid&#233;rable et moderne qu'elle n'a jamais eu auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement, le gouvernement de la RDVN, le FNL, le GRP ont &#233;t&#233; surpris de cette victoire, sans offensive r&#233;elle, sans combats d'envergure, et cela leur pose des probl&#232;mes qui les embarrassent. Alors que les troupes du Nord et du FNL &#233;taient &#224; quelques port&#233;es de canon de Sa&#239;gon, ils affirmaient encore qu'ils voulaient l'application des accords de Paris. Au nom de ces accords, ils demandaient &#224; Sa&#239;gon de r&#233;aliser les conditions de la constitution d'un &#171; gouvernement &#224; trois composantes &#187;, derni&#232;re formule qui pouvait sauver ce qui n'&#233;tait plus d&#233;j&#224; qu'un tragique souvenir : le maintien d'un pouvoir et d'un gouvernement faisant place aux repr&#233;sentants de la bourgeoisie compradore. Tout s'effondrait, ce n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus possible. Et alors que Pierre Rousset, toujours au nom des accords de Paris, r&#233;clamait encore la constitution d'un &#171; gouvernement &#224; trois composantes &#187;, l'effondrement du gouvernement et de l'Etat compradores aboutissait &#224; la r&#233;alisation des aspirations des masses : le GRP &#224; Sa&#239;gon, &#224; la victoire sous une forme donn&#233;e de la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une terrible d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, de l'imp&#233;rialisme en g&#233;n&#233;ral, et, au-del&#224;, de la politique de coexistence pacifique, de la Sainte&#8209;Alliance contre&#8209;r&#233;volutionnaire. L'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, oblig&#233; de modifier sa strat&#233;gie et de se retirer militairement du Vietnam, subissait d&#233;j&#224; un dur &#233;chec. Mais la politique de coexistence pacifique le limitait, en imposant au peuple vietnamien les accords de Paris. L'effondrement du gouvernement et de l'Etat compradores du Sud&#8209;Vietnam, et de ceux du Cambodge, est une catastrophe. Pendant vingt-cinq ans, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain s'est acharn&#233; &#224; maintenir sa pr&#233;sence en Indochine : il a fait de son maintien au Vietnam une question centrale de sa politique mondiale. Depuis plus de vingt ans, il s'est engag&#233; directement, et il est balay&#233;. La plus grande puissance imp&#233;rialiste du monde est d&#233;faite sur un terrain qu'elle consid&#233;rait comme d&#233;terminant. Plus encore, la Sainte&#8209;Alliance contre&#8209;r&#233;volutionnaire n'est pas parvenue &#224; le garantir, &#224; emp&#234;cher cette d&#233;faite et la victoire des ouvriers et des paysans du Vietnam et d'Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;on dont cette d&#233;faite s'est produite et les raisons profondes qui en sont la cause sont tout aussi importantes. Jamais l'imp&#233;rialisme n'est parvenu &#224; structurer un Etat r&#233;el, implant&#233; dans le sol national du Vietnam (et dans les pays d'Indochine). L'imp&#233;rialisme fran&#231;ais n'y est pas parvenu. Le gouvernement et l'administration de Bao Da&#239; n'&#233;taient que des fant&#244;mes. Apr&#232;s les accords de Gen&#232;ve de 1954, au Sud, le gouvernement et l'Etat de Ngo Dhin Diem ont eu raison, gr&#226;ce ait soutien des Arn&#233;ricains, des bandes pillardes des Hoa Hao, des Bixuens, des Caoda&#239;stes, des bouddhistes ; mais l'arm&#233;e, la police, l'administration de Diem ne formaient pas un Etat. Elles ne le c&#233;daient en rien aux bandes de pillards qu'elles &#233;liminaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qu'a tent&#233; l'imp&#233;rialisme US&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups d'Etat des ann&#233;es 1963 &#224; 1965, au cours desquels Diem a &#233;t&#233; renvers&#233; et o&#249; Thieu a acc&#233;d&#233; au pouvoir, la n&#233;cessit&#233; de l'intervention am&#233;ricaine &#233;tant donn&#233; la d&#233;composition des forces de Diem et de Thieu confront&#233;es &#224; une guerre r&#233;volutionnaire qui se rallumait, mais que les combattants du FNL menaient avec des moyens d&#233;risoires, d&#233;montraient qu'il n'y avait pas d'Etat sud&#8209;vietnamien. Par contre, lorsque les arm&#233;es am&#233;ricaines eurent pris le contr&#244;le militaire du Vietnam en 1968, constitu&#233; et arm&#233; une arm&#233;e sud&#8209;vietnamienne apparemment puissante, l'illusion de la constitution d'un Etat sud-vietnamien fort na&#238;tra. Pourtant, des signes importants d&#233;montraient le peu d'efficacit&#233; et de solidit&#233; de l'administration, de l'arm&#233;e, de l'Etat et du gouvernement compradores de Thieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en proc&#233;dant &#224; la r&#233;duction des forces arm&#233;es am&#233;ricaines, apr&#232;s avoir cess&#233; les bombardements du Nord et engag&#233; des n&#233;gociations, ayant le contr&#244;le militaire du Sud&#8209;Vietnam, Nixon a voulu acculer le Nord. La CIA a organis&#233; au mois de mars 1970 un coup d'Etat au Cambodge. il s'agissait d'attaquer et de chasser du Cambodge les troupes du Nord&#8209;Vietnam qui y stationnaient et y circulaient en direction du Sud&#8209;Vietnam. Une op&#233;ration militaire conjointe, arm&#233;e am&#233;ricaine&#8209;arm&#233;e sud&#8209;vietnamienne, fut mont&#233;e. Les r&#233;sultats furent m&#233;diocres, bien que la voie fluviale du M&#233;kong ait &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;e. Apr&#232;s que les troupes am&#233;ricaines aient &#233;t&#233; retir&#233;es du Cambodge en juin 1970, les op&#233;rations sud-vietnamiennes &#233;chou&#232;rent. Poursuivant toujours le m&#234;me but, l'imp&#233;rialisme US lan&#231;a les troupes d'&#233;lite du Sud&#8209;Vietnam, en f&#233;vrier 1970, au Laos et au Cambodge, en vue de couper la &#171; piste Ho Chi Minh &#187;. Aux premiers, engagements s&#233;rieux, les &#171; troupes d'&#233;lite &#187; &#233;taient mises en d&#233;route et ne durent leur salut qu'&#224; l'intervention de l'aviation am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1972, apr&#232;s le voyage de Nixon &#224; P&#233;kin et avant son voyage &#224; Moscou, le FNL et l'arm&#233;e du Nord ont d&#233;clench&#233; leur premi&#232;re offensive puissante depuis celle du T&#234;t en 1968. L'arm&#233;e de terre am&#233;ricaine n'intervenant plus dans les combats, les troupes au sol sud-vietnamiennes ont eu &#224; faire face toutes seules. Une fois encore, elles ont &#233;t&#233; mises en d&#233;route. L'aviation am&#233;ricaine intervint alors avec une telle puissance qu'elle obligea les troupes du Nord et du FNL &#224; renoncer &#224; atteindre les objectifs de leur offensive : Hu&#233;, Kontum, Pleiku, An Loc. Elles durent reculer et &#233;vacuer Quang Tri, seule ville qu'elles avaient r&#233;ussi &#224; prendre. &#171; La V&#233;rit&#233; &#187; &#233;crivait en septembre 1973, en commentant les accords de Paris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Bien que le FNL et le GRP soient dans une situation tr&#232;s difficile, rien n'est encore stabilis&#233; s&#233;rieusement. Le gouvernement Thieu est corrompu, son administration et son arm&#233;e sont pourries et incapables. Les masses tout enti&#232;res lui sont hostiles. Il n'est pas impossible qu'il se d&#233;sagr&#232;ge purement et simplement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FNL, la RDVN ne pouvaient abandonner le Sud&#8209;Vietnam purement et simplement &#224; Thieu. Ils n'ont pourtant men&#233; aucune grande offensive. ils ont seulement r&#233;sist&#233; aux attaques de Thieu. La haine des masses n'a cess&#233; de grandir contre Thieu. Thieu et son gouvernement n'aboutissaient pas. La situation &#233;conomique devenait catastrophique. La corruption, la d&#233;moralisation, l'incomp&#233;tence gagnaient,.. gagnaient sans cesse plus profond&#233;ment. Cela a suffi pour que se d&#233;compose l'administration et la &#171; formidable &#187; ( sur le papier ) arm&#233;e de Thieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quatre-vingts ans de colonialisme, trente ans de guerre r&#233;volutionnaire, il a &#233;t&#233; impossible, malgr&#233; les &#233;normes moyens que l'imp&#233;rialisme a mis en &#339;uvre, de construire un Etat bourgeois au Sud ayant des fondations sur le sol national. La simple pr&#233;sence de l'Etat ouvrier du Nord-Vietnam, si d&#233;form&#233; soit-il, minait toute base d&#233;j&#224; extr&#234;mement faible. L'appareil constitu&#233; &#224; grands renforts de dollars a pourri sur lui-m&#234;me et s'est effondr&#233; subitement ainsi qu'une vieille b&#226;tisse, sous son propre poids, sous l'impact d'une tr&#232;s faible secousse. La Sainte-Alliance contre&#8209;r&#233;volutionnaire n'a pu le sauver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PCV au pouvoir au Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&#233;normes cons&#233;quences en r&#233;sultent. Au Vietnam et en Indochine, les limites du programme du FNL, du FUNK, ne peuvent plus &#234;tre respect&#233;es. Les gouvernements du Nord et du Sud&#8209;Vietnam seront amen&#233;s &#224; exproprier le capital, les propri&#233;taires fonciers, &#224; unifier le Vietnam, &#224; constituer la F&#233;d&#233;ration indochinoise, c'est-&#224;-dire &#224; r&#233;aliser certaines t&#226;ches qu'un gouvernement ouvrier et paysan doit r&#233;aliser, &#224; instituer un Etat ouvrier extr&#234;mement d&#233;form&#233;, tout en faisant barrage &#224; la constitution d'une authentique dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'efforceront cependant de maintenir, en la rajustant, en Asie du Sud&#8209;Est et dans le monde, la politique dite de &#171; coexistence pacifique &#187;. De toute fa&#231;on, cette terrible d&#233;faite que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain vient de subir, cette extraordinaire victoire que viennent de remporter les masses exploit&#233;es d'Indochine, m&#234;me si le prol&#233;tariat de ces pays ne peut saisir et exercer directement le pouvoir politique, donneront une nouvelle et puissante impulsion &#224; la lutte de classe du prol&#233;tariat mondial. Tous les peuples d'Asie, d'Am&#233;rique latine, d'Afrique, soumis &#224; l'imp&#233;rialisme, &#224; commencer par ceux du Sud-Est asiatique et de l'Inde, seront pouss&#233;s &#224; engager la lutte. La victoire des ouvriers et paysans d'Indochine annonce et pr&#233;pare un nouveau bond en avant de la r&#233;volution en Asie &#233;videmment, mais aussi en Am&#233;rique latine, au Moyen-Orient [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de la RDV a exerc&#233; d&#232;s le d&#233;but le pouvoir r&#233;el au Sud-Vietnam apr&#232;s l'effondrement du gouvernement et de l'Etat, compradore de Thieu. Il a surtout &#233;vit&#233; que les masses n'agissent sur leur propre plan et selon leurs propres moyens. C'est l'arm&#233;e vietnamienne qui a &#233;t&#233; l'instrument du maintien de l'ordre, en attendant qu'un appareil bureaucratique, prolongation de l'Etat existant au Nord et constitu&#233; dans son ossature de bureaucrates envoy&#233;s du Nord au Sud, soit constitu&#233;. La tentative de maintenir au Sud les rapports de propri&#233;t&#233; bourgeois &#233;tait destin&#233;e &#224; &#233;chouer, car ils sont incompatibles avec les rapports de propri&#233;t&#233; existant au Nord, de m&#234;me que la division du pays en deux, alors que l'appareil d'Etat est le m&#234;me. Aujourd'hui, il n'en reste plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Laos et au Cambodge, l'effondrement des appareils d'Etat compradores a &#233;t&#233; tout aussi brutal qu'au Sud-Vietnam. Dans le contexte de la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, l&#224; aussi, l'expropriation des grands propri&#233;taires fonciers, et des capitalistes &#233;tait in&#233;vitable. Mais la peur du prol&#233;tariat, des masses urbaines, a provoqu&#233; de la part des &#171; Khmers rouges &#187; des mesures d'une brutalit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent : chasser les masses des villes, &#224; commencer par les habitants de Phnom Penh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Fin de la reprise du texte de mai 1975, La V&#233;rit&#233; n&#176; 567.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Annexe : trois lettres d'Ho Chi Minh (3e tome des &#339;uvres compl&#232;tes)&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Premi&#232;re lettre d'Ho Chi Minh&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Le 10 mai 1939&lt;br /&gt;
&#171; Chers camarades bien aim&#233;s,&lt;br /&gt;
Dans le pass&#233;, &#224; mesyeux et aux yeux de nombre de camarades, le traotskysme nous a sembl&#233; une question de lutte entre les tendances au sein du parti communiste chinois. C'est pourquoi nous n'y pr&#234;tions gu&#232;re attention. Mais, peu avant l'&#233;clatement de la guerre, plus exactement depuis la fin de l'ann&#233;e 1936 et notamment pendant la guerre, la propagande criminelle des trotskystes nous a ouvert les yeux. Depuis, nous nous sommes mis &#224; &#233;tudier le probl&#232;me. Et notre &#233;tude nous a conduits aux conclusions suivantes :&lt;br /&gt;
Le probl&#232;me du trotskysme n'est pas une lutte entre les tendances au sein du Parti communiste chinois. Car, entre communistes et trotskystes il n'y a aucun lien, absolument aucun lien. Il s'agit d'un sujet concernant le peuple tout entier : la lutte contre la patrie. &lt;br /&gt;
Les fascistes japonais et &#233;trangers le savent. C'est pourquoi ils cherchent &#224; cr&#233;er des d&#233;saccords pour tromper l'opinion et porter atteinte au renom des communistes, en faisant croire que communistes et trotskystes sont du m&#234;me camp.&lt;br /&gt;
Les trotskystes chinois comme les trotskystes d'autres pays ne repr&#233;sentent pas un groupe, encore moins un parti politique. Ils ne sont qu'une bande malfaiteurs, de chiens de chasse du fascisme japonais et du fascisme international. &lt;br /&gt;
Dans tous les pays, les trotskystes se sont donn&#233; de belles appellations afin de masquer leur sale besogne de bandits. Par exemple, en Espagne ils se nomment Parti ouvrier unifi&#233; marxiste (POUM). Savez-vous que ce sont eux qui constituent le niz d'espions &#224; Madrid, &#224; Barcelone et d'autres endroits, au service de Franco ? Ce sont eux qui organisent la c&#233;l&#232;bre &#171; cinqui&#232;me colonne &#187;, organisme d'espionnage de l'arm&#233;e des fascistes italiens et allemands. Au Japon, ils s'appellent Ligue Marx-Engels-L&#233;nine (MEL). Les trotskystes japonais attirent les jeunes dans leur ligne puis ils les d&#233;noncent &#224; la police. Ils cherchent &#224; p&#233;n&#233;trer dans le Parti communiste japonais afin de le d&#233;truire de l'int&#233;rieur. A mon avis, les troskystes fran&#231;ais organis&#233;s autour du groupe R&#233;volution prol&#233;tarienne se sont fix&#233;s pour but de saboter le Font populaire. Sur ce sujet, je pense que vous &#234;tes s&#251;rmeent plus renseign&#233;s que moi. Dans notre pays de Chine, les trotskystes se regroupent autour de formation telles que La Lutte.&lt;br /&gt;
Les trotskystes ne sont pas seulement les ennemis du communisme. Ils sont aussi les ennemis de la d&#233;mocratie et du progr&#232;s. Ce sont les tra&#238;tres et les espions les plus inf&#226;mes. Peut-&#234;tre avez-vous lu les actes d'accusation des proc&#232;s en Union sovi&#233;tique contre les trotskystes. Si vous ne les avez pas lus, je vous conseille de les lire et de les faire lire aux amis. Cette lecture est tr&#232;s utile. Elle vous aidera &#224; voir le vrai visage r&#233;pugnant du trotskysme. (&#8230;)&lt;br /&gt;
Lettre parue dans &#171; Notre voix &#187; du 23 juin 1939 et au tome 3 des &#338;uvres de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Deuxi&#232;me lettre d'Ho Chi Minh :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Chers camarades bien aim&#233;s,&lt;br /&gt;
&#171; Avant que je vous r&#233;ponde sur les activit&#233;s des trotskystes de Chine, permettez-moi de vous pr&#233;senter la demi-douzaine de leurs chefs de file, ma&#238;tres reconnus qui ont &#339;uvr&#233; pour le renom de la IVe Internationale. Tran Doc Tu (Chen Duxiu), Banh Thakt Chi, Lu Han, Dep Thanh, Thuong Mo Dao, Hiang Cong Luoc.&lt;br /&gt;
Chronologiquement, voil&#224; les actions qu'ils ont commises :&lt;br /&gt;
En septembre 1931, lors de l'invasion japonaise en Mandchourie, la S&#251;ret&#233; japonaise a pris contact avec les trois premiers. Les deux parties ont sign&#233; un pacte ; le groupe trotskyste s'engage &#224; ne mener aucune propagande contre l'invasion japonaise. La S&#251;ret&#233; japonaise s'engage &#224; lui verser mensuellement une somme de trois cent dollars ainsi que d'autres sommes suppl&#233;mentaires, selon les &#171; r&#233;sultats du service rendu &#187;. &lt;br /&gt;
A partir de ce moment, Chen Duxiu (Tran Doc Tu) et ses complices se mirent imm&#233;diatement au travail. Avce les subventions japonaises, ils publi&#232;rent des brochures et des revues satiriques pour propager des id&#233;es telles que &#171; En occupant la Mandchourie, les Japonais ont voulu r&#233;gler rapidement le diff&#233;rend en suspens, ils n'ont pas le but de s'emparer de la Chine. &#187;&lt;br /&gt;
A peine ces id&#233;es se propageaient dans les colonnes de leurs publications, Shanga&#239; fut attaqu&#233;e &#224; son tour en janvier 1932 par les troupes japonaises. &lt;br /&gt;
A ce moment que disent les trotskystes ? Reconnaissent-ils qu'ils se sont tromp&#233;s ? Cessent-ils de collaborer avec les occupants ? Absolument pas ! Alors que les soldats de la 19e arm&#233;e versent leur sang pour d&#233;fendre la patrie, les trotskystes en actes comme en paroles continuent de commettre crime sur crime. D'un c&#244;t&#233; ils &#233;crivent : &#171; La guerre de Shanga&#239; ne concerne nullement le peuple. Il ne s'agit pas d'une guerre nationale r&#233;volutionnaire. Il s'agit d'une guerre interimp&#233;rialiste. &#187; &#8230; D'un autre c&#244;t&#233;, ils r&#233;pandent des fausses rumeurs, agitent des mots d'ordre &#224; caract&#232;re d&#233;faitiste, d&#233;voilent les secrets de la d&#233;fense, etc&#8230;&lt;br /&gt;
Mais ce n'est pas tout. Les trotskystes tels que Hoa Van Khoi et Cung Van Thu, en liaison avec la police et les patrons japonais, s'introduisent dans la gr&#232;ve des ouvriers &#224; Shanga&#239; et emploient tous les moyens pour saboter le mouvement. Au point qu'ils arrvient &#224; faire arr&#234;ter les dirigeants les plus talentueux de la gr&#232;ve.&lt;br /&gt;
En 1933, le g&#233;n&#233;ralissime Phung Ngoc Tuong et le g&#233;n&#233;ral Cat Hong Xuong, membres du parti communiste, organisent une troupe de r&#233;sistance &#224; Kal-gan. A cette &#233;poque, &#233;tant dans la clandestinit&#233;, la liaison entre le centre et le nord s'av&#232;re difficile. Profitant de cette situation, le trotskyste Truong Mo Dao, se disant &#171; repr&#233;sentant du Parti communiste &#187;, tente de transformer la guerre anti-japonaise en guerre civile avec le mot d'ordre &#171; Marcher avec les Japonais, lutter contre Tchang Ka&#239; Shek &#187;. &#8230; etc ..&lt;br /&gt;
Lettre parue dans &#171; Notre Voix &#187; du 7 juillet 1939 et au tome 3 des Oeuvres de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Troisi&#232;me lettre d'Ho Chi Minh&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Camarades bien aim&#233;s,&lt;br /&gt;
&#171; Dans ma derni&#232;re lettre, je vous ai racont&#233; coment les trotskystes ont re&#231;u leur salaire pay&#233; par les Japonais et comment ils ont essay&#233; de saboter notre h&#233;ro&#239;que lutte &#224; Shanga&#239; et notre mouvement patriotique &#224; Kal-gan. Aujourd'hui, je vous raconterai la suite de leurs crimes. &lt;br /&gt;
Se repliant &#224; Fu Kien, la 19e arm&#233;e reprend sa lutte. Elle forme le gouvernement antijaponaiset m&#232;ne la propagande pour le front uni gr&#226;ce &#224; la signature d'un pacte avec l'Arm&#233;e rouge chinoise. Peu de temps avant, la 19e arm&#233;e &#233;tait l'une des forces les plus anticommunistes. Mais, devant le danger qui menace la patrie, elle accepte d'oubler les querelles et les haines pour ne viser qu'un but unique : la lutte contre les envahisseurs.&lt;br /&gt;
Ob&#233;issant aux ordres des Japonais, les trotskystes entent imm&#233;diatement en action : d'une part, ils suscitent le sentiment r&#233;gionaliste parmi la population &#8211; la 19e arm&#233;e &#233;tant venue de Kouang Toung &#8211; pour combattre le nouveau gouvernement. D'autre part, ils cherchent &#224; affaiblir l'Arm&#233;e rouge. La fa&#231;on dont ils accomplissent la deuxi&#232;me t&#226;che est la suivante : ils demandent &#224; entrer dans l'Arm&#233;e rouge en tant que militants r&#233;volutionnaires. Au d&#233;but, afin de gagner la confiance, ils ont men&#233; des actions tr&#232;s positives. Une fois plac&#233;s aux postes de responsabilit&#233; plus ou moins importants, ils ont commenc&#233; &#224; commettre des actes criminels. Je vous cite quelques exemples : Dans la bataille, quand il faut reculer, ils donnent l'ordre d'avancer. Quand il faut avancer, ils donnent l'ordre de reculer. Ils envoient des renfots et des armes dans les endroits o&#249; on n'en pas besoin. Mais dans les endroits o&#249; on en a besoin, ils ne les envoient pas. Ils badigeonnent de poison des blessures des combattants, surtout des cadres de l'arm&#233;e, dans le but de leur faire amputer les bras et les jambes, etc. Ces actes ont &#233;t&#233; heureusement d&#233;couverts &#224; temps. Quelle chance pour les communistes !&lt;br /&gt;
Depuis 1935, les communistes m&#232;nent une campagne d'une grande ampleur pour la formation du Frant national contre les Japonais. Le peuple, et particuli&#232;rement les ouvriers et les paysans, a soutenu activement ce programme. Dans le Kuo-min-tang, l'id&#233;e du front national progresse. Pendant ce temps, on constate que les trotskystes jouent le double jeu, en recourant &#224; la fois &#224; la calomnie et &#224; la division. Ils disent aux masses : &#171; Vous voyez les communistes se sont vendus &#224; la bourgeoisie. Le Kuo-min-tang ne se battra pas contre les Japonais ! &#187; S'adressant au Kuo-min-tang, ils lui disent : &#171; le Front national, ce n'est qu'une ruse des communistes. Pour combattre les Japonais, il faut d&#233;truire les communistes. &#187;&lt;br /&gt;
Vers la fin de 1936, la politique de l'union contre les Japonais a triomph&#233; dans les &#233;v&#233;nements de Tay A&#239;n. Devant la d&#233;faite de leur politique de guerre civile, les trotskystes Truong Mo Dao et Ta Duy Liet d&#233;cident d'organiser l'assassinat de Vuong Di Triet, un des partisans convaincus de la politique de Front national.&lt;br /&gt;
Maintenant, je vous parle de 1937, &#233;poque qui pr&#233;c&#232;de la guerre. Tout le monde s'unit pour combattre les Japonais, sauf les trotskystes. Ces tra&#238;tres se sont r&#233;unis clandestinement et ont &#233;dopt&#233; &#171; la r&#233;solution &#187; dont voci quelques extraits : &#171; Dans la guerre contre les Japonais, notre position est claire : ceux qui veulent la guerreet ont des illusions sur le gouvernement du Kuo-min-tang, ceux-l&#224; concr&#232;tement ont trahi. L'union entre le Parti communiste et le Kuo-min-tang n'est qu'une trahison. &#187; Et d'autres ignominies de ce genre.&lt;br /&gt;
Quand la guerre s'approche, les promesses japonaises se mat&#233;rialisent. Les trostskystes de Shanga&#239; re&#231;oivent 100.000 dollars chaque mois por leurs activit&#233;s dans le centre et le sud de la patrie. Ceux de Tien Sin et de P&#233;kin 50.000 chaque mois pour leurs activit&#233; dans le Hoa Bac (r&#233;gion du nord) afin de mener la lutte contre la 8e arm&#233;e et contre les organisations patriotiques. &lt;br /&gt;
Vers le milieu de 1937, les trotskystes ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et arr&#234;t&#233;s dans la &#171; zone sp&#233;ciale &#187; (dac khu). D'apr&#232;s les aveux de Ton Nghia Hai, ils se sont fix&#233;s comme objectif : &amp;- d&#233;truire la 8e arm&#233;e, 2- Emp&#234;cher le d&#233;veloppement du front national, 3- Espionner, 4- Organiser l'assassinat des dirigeants.&lt;br /&gt;
Devant le tribunal populaire de la &#171; zone sp&#233;ciale &#187;, le trotskyste Hoang Phat Hi, entre autres aveux, a d&#233;clar&#233; qu'au cours de la quatri&#232;me entrevue avec Truong Mo Dao, celui-ci lui a fait les recommandations suivantes : &#171; Tu dois &#233;tudier attentivement les m&#233;thodes et le syst&#232;me d'organisation de l'Arm&#233;e rouge. Apr&#232;s, tu organiseras des centres de jeunes qui assureront la t&#226;che de sabotage. Notre but est de provoquer le d&#233;sordre au sein de l'Arm&#233;e rouge et de liquider ses dirigeants. &#187; Truong Mo Dao a ajout&#233; : &#171; Il faut persuader une partie des cades de la base de nous suivre, susciter leur nostalgie du pays natal, encourager leur d&#233;sertion en leur fournissant un peu d'argent. C'est un des moyens de d&#233;sint&#233;gration de cette arm&#233;e. &#187;&lt;br /&gt;
Le trotskyste Quach Uan Kinh a avou&#233; que Ton Nghia Hai l'a charg&#233; de mener la propagande pour le d&#233;faitisme chez les combattants en leur d&#233;montrant que &#171; La Chine ne pourra pas vaincre. &#187;, car, &#171; m&#234;me si nous arrivons &#224; chasser les Japonais, les Am&#233;ricains et les Anglais seront encore l&#224; pour nous opprimer &#187; ; que &#171; non seulement nous ne pourrons pas vaincre, mais notre pays sera d&#233;truit si nous continuons le combat &#187;, que &#171; la Chine est trop faible pour lutter &#224; la fois contre le Japon, l'Angleterre et l'Am&#233;rique. &#187; Truong Mo Dao a compl&#233;t&#233; ses instructions par ces paroles : &#171; Il faut exploiter la politique du front national pour calomnier les communistes et dire qu'ils ont vendu la classe ouvri&#232;re. Notre but est de scusciter le m&#233;contentement parmi les combattants. &#187; Sous le pr&#233;texte de les &#233;duquer, les trotskystes les trotskystes organisent les &#233;l&#233;ments les plus retard&#233;s de l'arm&#233;e en petits groupes puis profitant des conditions p&#233;nibles de la vie dans l'arm&#233;e, ils les encouragent &#224; d&#233;serter avec armes et munitions. En liaison avec les brigands, ils cr&#233;ent des d&#233;sordres &#224; l'arri&#232;re de la 8e arm&#233;e en plein combat.&lt;br /&gt;
Ce sont l&#224; les proc&#233;d&#233;s des trotskystes dans lutte contre la 8e arm&#233;e nationale r&#233;volutionnaire. (&#8230;) &lt;br /&gt;
Lettre parue dans &#171; Notre voix &#187; du 28 juillet 1939 et au tome 3 des &#339;uvres de Ho Chi Minh &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du Rapport de Ho Chi Minh &#224; l'Internationale communiste intitul&#233; &#171; Quelques id&#233;es sur la ligne politique pr&#233;conis&#233;e par le parti pendant la p&#233;riode du Front d&#233;mocratique (1936-1939) &#187; :&lt;br /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Vis-&#224;-vis des trotskystes, il ne doit y avoir aucun compromis, aucun concession. Il faut utiliser tous les moyens pour les d&#233;masquer comme agents du fascisme. Il faut les extermine politquement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; R&#233;volution d'ao&#251;t &#187;, ouvrage &#233;crit par le Parti communiste vietnamien :&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&#171; Apr&#232;s le coup de force des Japonais contre les Fran&#231;ais (le 8 mars 1945), la situation de la province de Quang nam fut des plus complexes. Le pouvoir des Fran&#231;ais fut renvers&#233; mais le nouveau pouvoir des Japonais ne s'&#233;tait pas encore install&#233; ; les Japonais men&#232;rent activement la propagande pour la r&#233;alisation de la &#171; Grande Asie &#187;. (&#8230;) Il y eut un groupe se proclamant anti-imp&#233;rialiste compos&#233; de trotskystes qui mettait en avant le mot d'ordre : &#171; lutter ocntre tous les imp&#233;rialismes &#187;. Ce faisant il combattait la politique qui &#233;tait alors celle de notre parti, qui pr&#233;conisait l'alliance avec les Forces alli&#233;es. (&#8230;) Dans cette p&#233;riode, bien qu'ils n'eussent jou&#233; aucun r&#244;le tant soit peu important, les trotskystes complot&#232;rent pour la prise du pouvoir. Ils plac&#232;rent Ho Ta Khanh&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mensonges : cet ancien ministre de Tran Trong Kim n'a jamais &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une de leurs partisans comme ministre dans le gouvernement fantoche des pro-japonais et Huynh Van Phuong comme directeur de la S&#251;ret&#233; japonaise. Ils d&#233;p&#234;ch&#232;rent Ta Thu Thau, leur chef de file, &#224; Hu&#233; pour occuper la place de conseiller du gouvernement de Tran Truong Kim, avec l'espoir qu'apr&#232;s le renversement de celui-ci, Thau remplacerait Kim et s'installerait au pouvoir. En un mot, &#224; partir de mars 1945, et plus pr&#233;cis&#233;ment apr&#232;s le coup de force des Japonais renversant les Fran&#231;ais, se constitu&#232;rent autour des Japonais les couches de gens, des sectes religieuses pro-japonaises, avec le soutien des trotskystes. (&#8230;) Le 11 septembre 1945, les soldats anglais et indiens arriv&#232;rent au Sud Vietnam. Ils lib&#233;r&#232;rent aussit&#244;t 7000 Fran&#231;ais emprisonn&#233;s lors du coup de force du 8 mars 1945 et leur distribu&#232;rent des armes prises aux Japonais. En plus, ils aid&#232;rent les Fran&#231;ais &#224; r&#233;organiser leur appareil administrtatif, des fonctionnaires dont le r&#244;le consistait &#224; mener des activit&#233;s de division et de provocation. Ce fut l'occasion pour les trostskystes de commettre des actes de destuctions. Ils avanc&#232;rent les mots d'ordre ultra-gauchistes tels que &#171; d&#233;truire les ennemis fran&#231;ais &#187;, &#171; distribuer la terre aux paysans &#187;. Notre service de s&#251;ret&#233; intercepta &#224; Tan Binh un document dans lequel ils envisageaient le renversement de notre pouvoir. Dans la r&#233;alit&#233;, ils collabor&#232;rent avec les r&#233;actionnaires des sectes religieuses, cherchant &#224; amadouer et &#224; organiser nos compatriotes, venant des provinces, en unit&#233;s de combat arm&#233;es. (&#8230;) &lt;br /&gt;
&#171; R&#233;pression contre les trostskystes r&#233;ctionnaires&lt;br /&gt;
&#171; Apr&#232;s notre prise de pouvoir, les trotskystes ont publi&#233; un journal ayant pour titre Doc Lap (Ind&#233;pendance) tendant &#224; saborder notre politique. Ils demand&#232;rent la confiscation de toutes les rizi&#232;res et terres pour qu'elles soient partag&#233;es entre les paysans. Nous avons d&#233;cid&#233; de saisir le journal Doc Lap, de d&#233;masuqer les saboteurs devant le peuple ; en m&#234;me temps, nous avons donn&#233; l'ordre d'arr&#234;ter les chefs de la bande trotskyste qui s'&#233;taient cach&#233;s &#224; Di An, Thu Duc (&#224; 18 kilom&#232;tres au nord de Sa&#239;gon) ; parmi eux Nguyen Van So, Phan Van Hun, Phan Van Chanh, Tran Van Thach, etc&#8230; (&#8230;) En d&#233;masquant les Japonais, nous avons d&#233;masqu&#233; en m&#234;me temps les r&#233;actionnaires caoda&#239;stes pro-japonais qui cherch&#232;rent &#224; embrigader la population (&#8230;) Nous avons d&#233;masqu&#233; &#233;galement les trostskystes, espions des Japonais. (&#8230;) Les trotskystes ont &#233;t&#233; dirig&#233;s par Tran Van Thach, Ho Huu Tuong, Nguyen Van So. Pendant la p&#233;riode o&#249; ils &#233;taient plac&#233;s sous le r&#233;gime de surveillance par les Fran&#231;ais &#224; Can Tho, ils orient&#232;rent leurs activit&#233;s en direction des intellectuels et des fonctionnaires. Mais leur influence fut minime. Apr&#232;s le coup de force des Japonais, ils men&#232;rent la propagande pour le soutien de Tran Truong Kim, milit&#232;rent pour le retour au tr&#244;ne du prince Cuong D&#233;, et se prononc&#232;rent contre le Viet Minh et les communistes. Ils s'alli&#232;rent &#224; la secte religieuse Hoa Hao pour lutter contre la r&#233;volution. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Conclusion &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La lutte de lib&#233;ration nationale du Vietnam a &#233;t&#233; la plus longue et la plus douloureuse de tous les combats contre l'oppressio nationale. Une des raisons en est que l'imp&#233;rialisme ne se battait pas seulement pour conqu&#233;rir ou reconqu&#233;rir une petite langue de terre sans grandes richesses et, m&#234;me, sans situation si strat&#233;gique que cela, au regard des efforts en hommes, en argent et en mat&#233;riel. Se jouait au Vietnam toute l'image aux yeux du monde entier du colonialisme fran&#231;ais et de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. En face, on trouvait toute la d&#233;termination d'un petit peuple qui, ayant vu qu'un peuple jaune n'&#233;tait pas fatalement un peuple d'esclaves et qu'un pays occidental n'&#233;tait pas toujours le vainqueur, ne supportait plus d'&#234;tre trait&#233; comme du b&#233;tail. Cependant, ce combat avait pris une tournure sociale &#224; ses d&#233;buts en 1945. Il avait &#233;t&#233; men&#233; par le prol&#233;tariat des villes insurg&#233;, se constituant en comit&#233;s autonomes, donc des soviets, un double pouvoir ou du moins son embryon, Cette capacit&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat en Asie n'avait pas concern&#233; que le Vietnam. C'est gr&#226;ce &#224; une allliance de la bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et des imp&#233;rialismes que la r&#233;volution a &#233;t&#233; en partie d&#233;toun&#233;e, en partie battue en 1945. Les nationalistes, sous couvert de communisme, ont monopolis&#233; le pouvoir, assassin&#233; les membres des comit&#233;s et livr&#233; la r&#233;volution au colonialisme. &lt;br /&gt;
Le colonialisme fran&#231;ais a voulu faire du Vietnam une d&#233;monstration de sa force retrouv&#233;e. L'imp&#233;rialisme anglais vouliat y d&#233;montrer son alliance avec la France. La bourgeoisie vietnamienne voulait se d&#233;barrasser de son pire ennemi : le prol&#233;tariat vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes en Indochine de 1930 &#224; 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article se propose de retracer bri&#232;vement l'histoire des trotskystes en Indochine de 1930 &#224; 1946. C'est une p&#233;riode relativement peu connue, mais importante pour le mouvement trotskyste en g&#233;n&#233;ral car il s'agit d'une des rares occasions o&#249; des trotskystes ont jou&#233; un r&#244;le politique de premier plan et ont eu une grande influence dans les masses populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1930 &#224; 1932, les premiers groupes clandestins se r&#233;clamant de l'Opposition de Gauche commenc&#232;rent &#224; s'organiser &#224; Saigon, en Cochinchine. De 1933 &#224; 1937, on assista &#224; une collaboration insolite entre trotskystes et staliniens autour du journal La Lutte. En 1945, les principaux dirigeants trotskystes sortirent de prison, o&#249; ils avaient &#233;t&#233; jet&#233;s au d&#233;but de la Seconde Guerre Mondiale, et tent&#232;rent de r&#233;organiser le mouvement. Mais bient&#244;t, ils furent assassin&#233;s et leurs organisations liquid&#233;es par le Vi&#234;t-Minh sous la conduite des staliniens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contexte historique et situation sociale et &#233;conomique du Vi&#234;t-Nam en 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la colonisation fran&#231;aise, le Vi&#234;t-Nam &#233;tait gouvern&#233; par une monarchie despotique s'appuyant sur un syst&#232;me mandarinal hi&#233;rarchis&#233;. Son &#233;conomie &#233;tait tr&#232;s arri&#233;r&#233;e et reposait essentiellement sur l'agriculture. Cette agriculture se pratiquait de mani&#232;re archa&#239;que, sur des superficies tr&#232;s r&#233;duites. L'artisanat et le commerce &#233;taient tr&#232;s peu d&#233;velopp&#233;s. L'&#233;crasante majorit&#233; de la population vivait de mani&#232;re mis&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
La colonisation militaire fran&#231;aise commen&#231;a en 1859. La France fit de la Cochinchine (sud) une colonie fran&#231;aise tandis que l'Annam (centre) et le Tonkin (nord) devinrent des &#171; protectorats &#187; fran&#231;ais. L'exploitation &#233;conomique du Vi&#234;t-Nam ne d&#233;buta v&#233;ritablement qu'&#224; partir de 1900. Elle se traduisait en pratique par la mise en place des plantations d'h&#233;v&#233;as, des mines et de quelques industries de transformation (cimenterie, distillation...). Cependant, la quasi-totalit&#233; des mati&#232;res premi&#232;res extraites &#233;tait export&#233;e vers la m&#233;tropole et ne servait pas &#224; un d&#233;veloppement cons&#233;quent de l'industrie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ce d&#233;veloppement industriel, m&#234;me embryonnaire, eut pour effet de produire une nouvelle cat&#233;gorie de travailleurs. On compta ainsi en 1933, 223 000 travailleurs de l'industrie ou des plantations d'h&#233;v&#233;as, soit 1,5 % de la population (1). Ces ouvriers travaillaient dans des conditions particuli&#232;rement difficiles et gagnaient des salaires mis&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;actions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple vietnamien n'avait jamais cess&#233; de se battre contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais depuis le d&#233;but de la colonisation. Ce combat se menait d'abord sous la direction des mandarins et des militaires insoumis. Des lettr&#233;s cherchaient ensuite l'aide des pays &#233;trangers, notamment celle de la Chine ou du Japon, pour renverser la domination fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis collaborationnistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir de la Premi&#232;re Guerre Mondiale, la bourgeoisie et la petite bourgeoisie indig&#232;nes s'&#233;taient renforc&#233;es, mais encore trop faibles, elles acceptaient le r&#244;le de compradore de l'imp&#233;rialisme. Ainsi lit-on dans la th&#232;se de doctorat de Huynh Xu&#226;n Canh : &#171; L'Indochine, qu'elle le veuille ou non, ne peut encore se passer de la tutelle de la France, et la richesse pour l'une est aussi un peu de bien-&#234;tre pour l'autre. &#187; (2) Toute une frange de cette bourgeoisie se retrouvait donc dans des partis plus conciliants qu'oppos&#233;s au gouvernement colonial, comme le Parti Constitutionnaliste ou le Parti Progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Kuomintang vietnamien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927 se constitua au Tonkin le Vi&#234;t Nam Qu&#244;c D&#226;n Dang (Kuomintang vietnamien), parti nationaliste dont le but &#233;tait de chasser l'imp&#233;rialisme par la violence pour &#233;tablir un gouvernement r&#233;publicain d&#233;mocratique. En f&#233;vrier 1930, il fomenta l'insurrection des tirailleurs de la garnison de Yen-Bay, qui fut r&#233;prim&#233;e dans le sang. Le Parti fut ensuite annihil&#233;, frapp&#233; par la r&#233;pression f&#233;roce du gouvernement colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Thanh Ni&#234;n, puis le PCI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, Nguy&#234;n Ai Qu&#244;c, le futur H&#244; Chi Minh, cr&#233;a &#224; Canton, en Chine, le Vi&#234;t Nam Cach Mang Thanh Ni&#234;n H&#244;i (Association de la Jeunesse R&#233;volutionnaire du Vi&#234;t-Nam). Son but &#233;tait de recruter des jeunes Annamites sur place ou du pays, de les former politiquement et de les renvoyer ensuite construire l'organisation &#224; l'int&#233;rieur du pays. En 1929, environ 200 militants avaient ainsi &#233;t&#233; form&#233;s, et on comptait un millier d'adh&#233;rents ou sympathisants du Thanh Ni&#234;n en Indochine. En 1930, il se r&#233;organisa en D&#244;ng Duong C&#244;ng San Dang (Parti Communiste Indochinois) et adh&#233;ra officiellement &#224; l'Internationale communiste (IC) en 1931. L'histoire du PCI en ces ann&#233;es, regard&#233;e parall&#232;lement avec celle du Parti communiste chinois et celle de l'IC, est riche d'enseignements, mais son &#233;tude d&#233;passerait le cadre de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements de protestation de grande ampleur secou&#232;rent le pays du Nord au Sud en 1930-1931. En effet, &#224; la suite de mauvaises r&#233;coltes, des milliers de paysans manifest&#232;rent &#224; partir de mai 1930 devant les centres administratifs pour demander la diminution ou le report de l'imp&#244;t. En septembre 1930, ces manifestations prirent une tournure insurrectionnelle en Annam. Les paysans s'&#233;rig&#232;rent en soviets, ex&#233;cut&#232;rent notables et propri&#233;taires, prirent en main l'administration dans plusieurs provinces de l'Annam. Mais ces tentatives furent bient&#244;t r&#233;prim&#233;es violemment par le gouvernement colonial (4000 arrestations, plus de 1700 morts). Le PCI, tenu pour responsable, fut impitoyablement traqu&#233; et quasiment d&#233;cim&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Naissance des organisations trotskystes au Vi&#234;t-Nam (1930-1932)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les organisations trotskystes au Vi&#234;t-Nam naquirent sous l'impulsion des &#233;tudiants revenus de France, o&#249; ils avaient &#233;t&#233; en contact avec des oppositionnels comme Rosmer. Penchons-nous un moment sur l'un d'eux, Ta Thu Th&#226;u, figure importante du mouvement trotskyste au Vi&#234;t-Nam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Th&#226;u&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Th&#226;u (1906-1945) arriva en 1927 &#224; Paris o&#249; il s'inscrivit &#224; la Facult&#233; des Sciences. Il rejoignit le Vi&#234;t Nam D&#244;c L&#226;p Dang (Parti pour l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;t-Nam) dont il prit la direction en 1928. La p&#233;riode 1928-1929 marqua un glissement id&#233;ologique de Ta Thu Th&#226;u et de ses camarades du nationalisme radical au marxisme. Cependant, ils &#233;taient m&#233;contents de la politique aussi bien de l'Internationale Communiste que de sa section fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Th&#226;u &#233;crivit : &#171; Apr&#232;s cette constatation que la bourgeoisie indig&#232;ne n&#233;e artificiellement n'est capable d'aucune r&#233;volution, &#233;coutons Doriot (3) professer maintenant sa th&#233;orie coloniale : &#034;r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique d'abord&#034;, dit-il derni&#232;rement [...]. Aussit&#244;t d&#233;filent dans mon esprit avec une nettet&#233; aveuglante les horribles sc&#232;nes de torture en Chine lors de l'exp&#233;rience &#034;r&#233;volutionnaire&#034; Tchang Kai Tchek-Staline. Doriot peut-il comprendre que, frapp&#233;e d'impuissance cong&#233;nitale, la bourgeoisie indig&#232;ne ne fera pas sa r&#233;volution d&#233;mocratique, mais se placera au c&#244;t&#233; de l'imp&#233;rialisme ? &#187; (4) Il fustigeait ainsi l'Internationale Communiste qui avait conduit au massacre des milliers d'ouvriers chinois par sa politique d'alliance organique avec le Kuomintang nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant plus pr&#233;cis&#233;ment la politique du PCF vis-&#224;-vis de l'Indochine, Ta Thu Th&#226;u &#233;crivait aussi : &#171; Cette grave lacune [i.e. le manque de pr&#233;paration id&#233;ologique et de formation th&#233;orique, NdlR] fut signal&#233;e plus d'une fois &#224; l'Internationale Communiste et &#224; sa section fran&#231;aise. Qu'ont-ils fait pour la combler ? Le parti fran&#231;ais continue &#224; entra&#238;ner les &#233;l&#233;ments d'ailleurs petits-bourgeois qu'il encadre vers une agitation st&#233;rile, sans penser &#224; la formation des cadres. [...] Ce n'est plus entre nous et l'Internationale une question de diff&#233;rence tactique. C'est la vieille lutte que L&#233;nine a toujours men&#233;e contre la spontan&#233;it&#233; dans le mouvement r&#233;volutionnaire, contre l'empirisme r&#233;volutionnaire d&#233;g&#233;n&#233;rant en opportunisme d'autant plus hideux qu'aux yeux des masses il porte encore le manteau r&#233;volutionnaire. &#187; (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Th&#226;u et ses camarades rejoignirent ainsi fin 1929 l'Opposition de Gauche en France, dirig&#233;e alors par Alfred Rosmer. Lorsqu'&#233;clata la r&#233;volte de Yen-Bay en 1930, Ta Thu Th&#226;u r&#233;digea en avril-mai plusieurs articles pour La V&#233;rit&#233;, organe de la Ligue Communiste. Le 24 mai, il organisa avec ses camarades une manifestation devant le Palais de l'&#201;lys&#233;e d&#233;non&#231;ant la condamnation &#224; mort des insurg&#233;s Yen-Bay. Les manifestants furent arr&#234;t&#233;s et expuls&#233;s au Vi&#234;t-Nam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition &#224; Saigon en 1932&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1932, il existait trois groupes de l'Opposition de Gauche &#224; Saigon : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#244;ng Duong C&#244;ng San (Communisme Indochinois), organis&#233; autour de Ta Thu Th&#226;u ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Thang Muoi (Octobre) organis&#233; autour de D&#224;o Hung Long et H&#244; Huu Tuong, un autre expuls&#233; de France ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ta D&#244;i L&#226;p T&#249;ng Thu (&#201;ditions de l'Opposition de Gauche), anim&#233; par Huynh Van Phuong et Phan Van Chanh, deux amis de Ta Thu Th&#226;u expuls&#233;s comme lui &#224; la suite de la manifestation des Champs-&#201;lys&#233;es. Ce cercle d'&#233;tudes diffusait des traductions des classiques du marxisme en vietnamien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois groupes clandestins &#233;taient actifs parmi les coolies et les ouvriers de Saigon et comptaient quelque dizaines de militants. Bien que travaillant ensemble &#224; certains moments, ils &#233;taient divis&#233;s sur la tactique vis-&#224;-vis des staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce mouvement, &#224; peine n&#233;, fut momentan&#233;ment bris&#233; par la r&#233;pression cons&#233;cutive aux &#233;v&#233;nements de 1930-31. En ao&#251;t 32, la S&#251;ret&#233; arr&#234;ta la plupart des militants trotskystes et les jeta en prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le front unique trotskystes-staliniens autour de La Lutte (1933-1937)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes &#233;lectorales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existait sous le gouvernement colonial un Conseil Municipal de Saigon, instance consultative sans pouvoir r&#233;el. Seules les personnes soumises &#224; l'imp&#244;t personnel pouvaient voter, ce qui faisait 4332 &#233;lecteurs sur une population de 300 000. Ces &#233;lecteurs &#233;taient en majorit&#233; employ&#233;s, commer&#231;ants ou fonctionnaires. La repr&#233;sentation annamite avait &#233;t&#233; l'apanage du Parti Constitutionnaliste pendant des ann&#233;es. Les r&#233;volutionnaires voulaient s'en servir comme tribune l&#233;gale pour diffuser plus largement leurs id&#233;es dans les masses. Ainsi sous l'autorit&#233; du nationaliste Nguy&#234;n An Ninh, que tous consid&#233;raient comme leur a&#238;n&#233;, se constitua un front &#233;lectoral commun pour les &#233;lections de mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21 avril, un meeting &#233;lectoral se tint devant une foule nombreuse et effervescente. Une liste &#233;lectorale compos&#233;e d'intellectuels et d'ouvriers fut pr&#233;sent&#233;e. Les candidats expos&#232;rent leurs objectifs : droit syndical, droit de gr&#232;ve, journ&#233;e de huit heures, suffrage universel, repas gratuits pour les ch&#244;meurs, cr&#233;ation de cr&#232;ches, etc. L'auditoire se familiarisait avec des vocables in&#233;dits : &#171; capitalistes &#187;, &#171; syndicats &#187;, &#171; gr&#232;ves &#187;, &#171; lutte de classe &#187;, etc. Trois jours plus tard parut le n&#176; 1 de La Lutte, tir&#233; &#224; 10 000 exemplaires, o&#249; figuraient notamment le programme politique de la liste, une initiation au syndicalisme et une attaque contre le Parti Constitutionnaliste. Le 7 mai, et pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de la colonie, deux candidats &#171; communistes &#187; (Nguy&#234;n Van Tao et Tr&#226;n Van Thach), furent &#233;lus au Conseil Municipal de Saigon. Mais leur &#233;lection fut bient&#244;t invalid&#233;e par l'administration coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1934, l'exp&#233;rience de La Lutte fut tent&#233;e de nouveau, cette fois de mani&#232;re plus r&#233;guli&#232;re et durable. Son comit&#233; de r&#233;daction se composait de trois nationalistes (dont Nguy&#234;n An Ninh), de quatre staliniens (dont Nguy&#234;n Van Tao, qui avait fait les manifestations des Champs Elys&#233;es), et de cinq trotskystes (dont Ta Thu Th&#226;u, Phan Van Chanh, Huynh Van Phuong, H&#244; Huu Tuong). Cependant, il semble que l'influence des staliniens fut pr&#233;pond&#233;rante jusqu'en 1936. La ligne &#233;ditoriale &#233;tait : lutte contre le pouvoir colonial et ses alli&#233;s (Parti Constitutionnaliste) ; soutien des revendications des ouvriers et des paysans ; &#233;chos des luttes dans le monde ; histoire des mouvements r&#233;volutionnaires pass&#233;s ; diffusion du tronc commun de la pens&#233;e marxiste. D'un accord mutuel, on s'abstenait cependant de critiquer l'URSS ou l'Opposition de Gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1935 eurent lieu les &#233;lections au Conseil Colonial de Cochinchine et au Conseil Municipal de Saigon. La Lutte pr&#233;senta &#224; chaque fois une liste intellectuels-ouvriers et &#224; chaque fois elle obtint des &#233;lus. Son influence grandissait manifestement dans la petite bourgeoisie et dans le menu peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; des trotskystes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a vu qu'il existait des divergences &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du courant trotskyste. En dehors de la collaboration au hebdomadaire La Lutte, les trotskystes &#233;taient organis&#233;s dans deux groupes principalement : le groupe La Lutte, men&#233; par Ta Thu Th&#226;u, et le groupe Octobre, dirig&#233; par H&#244; Huu Tuong. Octobre critiquait notamment La Lutte pour sa collaboration trop &#233;troite avec les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux tendances d&#233;ployaient des efforts consid&#233;rables pour organiser le mouvement syndical. En 1937, elles impuls&#232;rent notamment la cr&#233;ation de la F&#233;d&#233;ration Syndicale de Cochinchine. Cette F&#233;d&#233;ration &#233;tait implant&#233;e dans au moins 39 entreprises de Saigon et influente dans certaines d'entre elles, dont l'Arsenal, les chemins de fer, le tramway ou encore chez les dockers. Ainsi les militants trotskystes jou&#232;rent-ils un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans l'organisation des gr&#232;ves de 1936-1937 au Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant malgr&#233; leur influence, l'une et l'autre tendances gardaient une structure de groupe, sans arriver &#224; construire un parti solidement organis&#233; et de masse, contrairement au PCI. En effet, ce dernier s'&#233;tait r&#233;organis&#233; apr&#232;s sa quasi-liquidation en 1930-1931. Il avait prit un essor incontestable et poss&#233;dait une structure solide, ramifi&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale. Comment expliquer ce contraste ? Selon l'historien Daniel H&#233;m&#233;ry, Ta Thu Th&#226;u &#171; &#233;tait avant tout un tribun, par temp&#233;rament personnel peut-&#234;tre &#187; (6). Nous pouvons raisonnablement faire l'hypoth&#232;se que le PCI b&#233;n&#233;ficiait d'un soutien important de l'URSS et de la Chine (logistique, th&#233;orique &#8212; formation des cadres en Chine &#8212;, financier...), soutien sur lequel ne pouvaient &#233;videmment pas compter les trotskystes vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture du front unique et les &#233;v&#233;nements qui s'ensuivirent (1936-1939)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lection du Front Populaire en France et l'effervescence en Indochine&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1936, le Front Populaire fut port&#233; au pouvoir en France. Cela provoqua un immense espoir en Indochine. Parall&#232;lement aux occupations d'usines en France, des vagues de gr&#232;ves monstres secou&#232;rent l'Indochine du Nord 1936 &#224; f&#233;vrier 1937. En m&#234;me temps, La Lutte lan&#231;a la formation des Comit&#233;s d'Action, destin&#233;s &#224; recueillir les plaintes des ouvriers et paysans, en vue d'un Congr&#232;s Indochinois. Ce Congr&#232;s devait accueillir la commission d'enqu&#234;te parlementaire venue de m&#233;tropole. &#192; peine lanc&#233;s, ces CA eurent un succ&#232;s fulgurants : en deux mois, quelques 600 CA furent cr&#233;&#233;s. L'effervescence populaire &#233;tait telle que l'administration coloniale, inqui&#232;te du dynamisme du mouvement, y mit un coup d'arr&#234;t. Elle interdit en effet les r&#233;unions publiques, jeta momentan&#233;ment en prison plusieurs militants dont Ta Thu Th&#226;u et Nguy&#234;n An Ninh. Des entreprises licenci&#232;rent les ouvriers participant aux CA.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, l'importance des gr&#232;ves et l'essor des CA oblig&#232;rent la m&#233;tropole &#224; des concessions. Ainsi le d&#233;cret Blum-Moutet de d&#233;cembre 1936 &#171; r&#233;glementa le travail libre [...], interdit l'emploi des enfants de moins de 12 ans... &#187;. Il y eut aussi quelques augmentations de salaires. Cependant, ni droit syndical, ni droit de gr&#232;ve, ni droits aux d&#233;l&#233;gu&#233;s ne furent accord&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divergences entre les trotskystes et les staliniens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCI adopta en 1936 la ligne d&#233;finie par l'Internationale Communiste et d&#233;j&#224; adopt&#233;e par le PCF, consistant en la constitution d'un Front Populaire Indochinois antifasciste avec des forces &#171; de gauche &#187;. Il devait &#233;galement soutenir le Gouvernement de Front Populaire en m&#233;tropole, et ne pouvait donc critiquer librement l'administration coloniale. Les trotskystes en revanche &#233;taient r&#233;solument attach&#233;s &#224; un Front Unique anti-imp&#233;rialiste, et r&#233;cus&#232;rent tout soutien ou toute neutralit&#233; &#224; l'&#233;gard du Front Populaire (fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres &#233;l&#233;ments contribu&#232;rent &#224; la rupture : le d&#233;but des proc&#232;s de Moscou, l'intensification des diffamations anti-trotskystes par le r&#233;gime stalinien&#8230; De plus, aussi bien les organisations trotskystes clandestines que le PCI s'&#233;taient d&#233;velopp&#233;s durant les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes et pouvaient donc se passer d'une collaboration de plus en plus insoutenable. &#192; l'&#233;t&#233; 1937, les staliniens quitt&#232;rent La Lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la rupture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Lutte &#233;tait d&#233;sormais sous le contr&#244;le des trotskystes. Les staliniens constitu&#232;rent avec le Parti Constitutionnaliste un Front D&#233;mocratique. En juillet 1938, ils soutinrent l'emprunt de 33 millions de piastres &#171; pour la d&#233;fense de l'Indochine &#187; et le recrutement de 20 000 indig&#232;nes par le gouvernement de Dalladier. Les trotskystes, d&#233;sormais membres de la IVe Internationale fond&#233;e en septembre 1938, d&#233;fendaient le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire consistant &#224; &#171; d&#233;gager le caract&#232;re imp&#233;rialiste de toute guerre en ce pays entre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et un autre imp&#233;rialisme envahisseur et &#224; expliquer aux masses qu'en cas de guerre, elles n'auront personne pour les d&#233;fendre &#187; (7). &#192; cause de ce combat contre l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, ils se virent trait&#233;s d'&#171; agents du fascisme &#187; par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur propagande eut des effets spectaculaires. Aux &#233;lections municipales de 1939, ils obtinrent 80 % des voix, loin devant le Parti Constitutionnaliste et les staliniens. Cependant, d&#232;s le d&#233;but de la guerre, tous les leaders trotskystes furent arr&#234;t&#233;s par la S&#251;ret&#233;, et le mouvement trotskyste, ainsi d&#233;capit&#233;, resta silencieux presque jusqu'&#224; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation des trotskystes par le Vi&#234;t-Minh (1945-1946)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir par le Vi&#234;t-Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la guerre, Nguy&#234;n Ai Qu&#244;c avait ressuscit&#233; le Vi&#234;t Nam D&#244;c L&#226;p D&#244;ng Minh H&#244;i (Front pour l'Ind&#233;pendance du Vi&#234;t-Nam, Vi&#234;t-Minh en abr&#233;g&#233;), qui se donnait pour but la lib&#233;ration du Vi&#234;t-Nam et l'instauration d'une r&#233;publique d&#233;mocratique. Il ne fait d'ailleurs pas de r&#233;f&#233;rence au communisme afin de se donner la possibilit&#233; de regrouper en son sein des partis nationalistes bourgeois. Sa propagande &#233;tait alors particuli&#232;rement nationaliste, en t&#233;moigne un exemple tir&#233; du po&#232;me Lich su nuoc ta (L'histoire de notre pays) diffus&#233; en 1942 : &#171; L'histoire du Vi&#234;t-Nam le montre / Notre peuple fut glorieusement h&#233;ro&#239;que / Il combattit plus d'une fois le Nord, il pacifia l'Est / Invincibles sont les fils de Dragons et petits-fils d'Immortels. &#187; (8)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1944, des guerilleros Vi&#234;t-Minh s'infiltr&#232;rent au Nord du Vi&#234;t-Nam &#224; partir de la Chine. En mars 1945, le coup de force japonais renversa le pouvoir fran&#231;ais qui avait domin&#233; le Vi&#234;t-Nam pendant 80 ans. L'empereur Bao Dai proclama l'ind&#233;pendance, mais d&#233;clara que le Vi&#234;t-Nam &#171; suivrait les directives du Manifeste commun de la Grande Asie orientale &#187;, autrement dit qu'il deviendrait un protectorat japonais. En ao&#251;t 1945, le Japon capitula sous les bombes. Les Alli&#233;s d&#233;cid&#232;rent que le Nord serait occup&#233; par les troupes de Tchang Kai Tchek et le sud par celles de Mountbatten. Ces arm&#233;es avaient pour but de d&#233;sarmer les troupes japonaises et de &#171; restaurer l'ordre public &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, profitant du vide politique entre la capitulation japonaise et l'arriv&#233;e des Alli&#233;s, le Vi&#234;t-Minh d&#233;clencha le soul&#232;vement arm&#233;. Le 19 ao&#251;t, les guerilleros de l'arm&#233;e de lib&#233;ration prirent Hanoi, les Japonais laissant faire. Le 2 septembre, H&#244; Chi Minh proclama la R&#233;publique D&#233;mocratique du Vi&#234;t-Nam devant une foule en liesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;organisation des groupes trotskystes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la plupart des leaders trotskystes avaient &#233;t&#233; jet&#233;s en prison au commencement de la guerre, et leurs organisations avaient &#233;t&#233; quasiment d&#233;truites. En 1943-1944, &#224; l'expiration de leur peine, ils tent&#232;rent de r&#233;organiser le mouvement. En ao&#251;t 1944, le groupe Octobre (sans H&#244; Huu Tuong, qui avait abandonn&#233; le marxisme en prison) se r&#233;organisa en Ligue Communiste Internationaliste, avec des effectifs r&#233;duits (quelques dizaines de militants, dont Ng&#244; Van). En mai 1945, des anciens du groupe La Lutte, dont Ta Thu Th&#226;u et Phan Van Chanh, fond&#232;rent le Dang Tho Thuy&#234;n Cach Mang (Parti Ouvrier R&#233;volutionnaire) et tent&#232;rent de reprendre le contact avec des groupes trotskystes du Nord. Ces derniers avaient pu continuer leurs activit&#233;s durant la guerre et jouissaient d'une influence grandissante. Ils diffusaient notamment la feuille Tranh D&#226;u (La Lutte) au lendemain de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'ao&#251;t-septembre 1945 dans le Sud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vi&#234;t-Minh prit le pouvoir dans le Sud le 25 ao&#251;t. Le groupe La Lutte aurait particip&#233; au Comit&#233; Ex&#233;cutif Provisoire pendant cette courte p&#233;riode pr&#233;c&#233;dant la reconqu&#234;te fran&#231;aise aid&#233;e par l'arm&#233;e britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant le m&#234;me temps, la LCI et La Lutte mettaient en avant dans les manifestations les mots d'ordre : &#171; Armement du peuple ! &#187; et &#171; Pour un Gouvernement ouvrier et paysan ! &#187;. La LCI tentait de faire revivre les Comit&#233;s Populaires, d'organiser des milices ouvri&#232;res, et refusait tout compromis avec le Vi&#234;t-Minh. Cependant, la LCI et La Lutte furent toutes deux bient&#244;t liquid&#233;es par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Th&#226;u qui avait &#233;t&#233; envoy&#233; au Nord pour r&#233;tablir le contact avec les trotskystes du Nord fut arr&#234;t&#233; et jug&#233; plusieurs fois par des tribunaux populaires du Vi&#234;t-Minh &#224; son retour dans le Sud. &#192; chaque fois, il fut acquitt&#233;, mais finalement, il fut myst&#233;rieusement ex&#233;cut&#233; en f&#233;vrier 1946. Tr&#226;n Van Chanh, Tr&#226;n Van Thach (anciens du front La Lutte et du Conseil Municipal de Saigon) et un grand nombre de leurs camarades furent tour &#224; tour assassin&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s sous l'ordre des cadres connus du PCI fin 1945-1946. Comment expliquer cette politique meurtri&#232;re vis-&#224;-vis des militants aussi d&#233;vou&#233;s &#224; la cause de la R&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1939, dans trois lettres envoy&#233;es de Chine au PCI &#8212; et publi&#233;es dans la version officielle de ses &#338;uvres compl&#232;tes &#8212; H&#244; Chi Minh avait d&#233;j&#224; accus&#233; les trotskystes d'&#234;tre des agents du fascisme et ne l&#233;sinait sur aucun proc&#233;d&#233; diffamatoire. Dans un rapport &#224; l'Internationale Communiste &#233;crit par H&#244; Chi Minh, on peut lire : &#171; Vis-&#224;-vis des trotskistes, il ne doit y avoir aucun compromis, aucune concession. Il faut utiliser tous les moyens pour les d&#233;masquer comme agents du fascisme, il faut les exterminer politiquement. &#187; (Cf. &#171; Trois lettres de H&#244; Chi Minh in&#233;dites en France &#187;, dans Chroniques Vietnamiennes n&#176; 1, 1986 ; revue &#233;dit&#233;e par le Groupe Trotskyste Vietnamien.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1945, l'organe du Comit&#233; Central du PCI, Co Giai Phong, appelait &#224; &#171; abattre imm&#233;diatement les bandes de trotskistes &#187;, ce qu'il justifiait ainsi : &#171; Au Nam B&#244; [Cochinchine], ils [les trotskystes] r&#233;clament l'armement du peuple, ce qui &#233;pouvante la mission anglaise, et l'accomplissement int&#233;gral des t&#226;ches de la r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique dans le but de diviser le Front National et de provoquer l'opposition des propri&#233;taires fonciers &#224; la r&#233;volution. &#187; (Cit&#233; dans Tap Chi C&#244;ng San, f&#233;vrier 1983, p. 50, cit&#233; par Ng&#244; Van, op. cit., p. 359.)&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit ainsi clairement la volont&#233; du Vi&#234;t-Minh d'encadrer la population, de se pr&#233;senter comme un gouvernement d'union nationale capable de maintenir l'ordre public afin de n&#233;gocier dans les meilleurs termes avec les Alli&#233;s. Cela &#233;tait en contradiction manifeste avec les mots d'ordre des trotskystes d'&#171; armement du peuple &#187; et de &#171; gouvernement ouvrier et paysan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946, un militant fran&#231;ais, Daniel Gu&#233;rin, eut une entrevue avec H&#244; Chi Minh lors de sa venue en France dans le cadre des n&#233;gociations avec le gouvernement fran&#231;ais. Interrog&#233; sur la mort de Ta Thu Th&#226;u, H&#244; Chi Minh r&#233;pondit ainsi : &#171; Ce fut un patriote et nous le pleurons &#187;, avant d'ajouter : &#171; Mais tous ceux qui ne suivront pas la ligne trac&#233;e par moi seront bris&#233;s. &#187; Interrog&#233; &#224; deux autres reprises sur ce sujet, il ne fournit jamais de r&#233;ponse pr&#233;cise ou &#233;luda tout simplement la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la plupart des militants r&#233;volutionnaires trotskystes furent abattus. Quelques-uns surv&#233;curent et furent contraints &#224; l'exil. Ils continu&#232;rent leurs activit&#233;s militantes principalement en France, au sein de diff&#233;rents groupes comme le Groupe Trotskyste Vietnamien (cf. le dernier num&#233;ro du CRI des travailleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Cit&#233; par Anh Van et Jacqueline Roussel dans Mouvements nationaux et lutte de classe au Vi&#234;t-Nam, Publications de la IVe internationale, 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Membre du CC du PCF. Il sera plus tard exclu du PCF et tournera au fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Ta Thu Th&#226;u, &#171; &#192; la lueur de la r&#233;volte de Yen Bay &#187;, dans La V&#233;rit&#233; n&#176; 31, 11 avril 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Ta Thu Th&#226;u, &#171; La r&#233;volte de Yen Bay et ce qu'elle signifie &#187;, dans La V&#233;rit&#233; n&#176; 30, 4 avril 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Daniel H&#233;m&#233;ry, R&#233;volutionnaires vietnamiens et pouvoir colonial en Indochine, Editions Maspero, 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Cit&#233; par Ng&#244; Van, Vi&#234;t-Nam 1920-1945, R&#233;volution et contre-r&#233;volution sous la domination coloniale, Nautilus Editions, 2000, p. 258.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) Cit&#233; par Ng&#244; Van, ibid., p. 298.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le stalinien Ho Chi Minh interrog&#233; sur l'assassinat de Ta Thu T&#226;u par le Vietminh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ceux qui ne suivront pas mon chemin seront &#233;cras&#233;s.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trotskystes ne sont pas seulement des ennemis du communisme, mais aussi des ennemis de la d&#233;mocratie et du progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#7891; Ch&#237; Minh &#273;&#227; h&#7887;i v&#7873; v&#7909; &#225;m s&#225;t T&#7841; Thu T&#226;u c&#7911;a Vi&#7879;tminh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nh&#7919;ng ai kh&#244;ng &#273;i theo con &#273;&#432;&#7901;ng c&#7911;a t&#244;i s&#7869; b&#7883; nghi&#7873;n n&#225;t.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Nh&#7919;ng ng&#432;&#7901;i theo ch&#7911; ngh&#297;a Trotsky kh&#244;ng ch&#7881; l&#224; k&#7867; th&#249; c&#7911;a ch&#7911; ngh&#297;a c&#7897;ng s&#7843;n, m&#224; c&#242;n l&#224; k&#7867; th&#249; c&#7911;a d&#226;n ch&#7911; v&#224; ti&#7871;n b&#7897;. &#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mensonges : cet ancien ministre de Tran Trong Kim n'a jamais &#233;t&#233; trotskyste. Pas plus que le chef de la S&#251;ret&#233; n'&#233;tait bien s&#251;r un trostskyste, ni que le dirigeant trotskyste le plus connu, Ta Thu Thau, ait &#233;t&#233; conseiller d'un gouvernement quel qu'il soit ! Ces all&#233;gations grossi&#232;res, qui ne sont &#233;tay&#233;es d'aucune preuve, sont des calomnies classiques des staliniens. Si leurs auteurs y avaient cru, ils les auraient utilis&#233; &#224; l'&#233;poque des faits, ce qui n'est m&#234;me pas le cas. Elles servent seulement de justification apr&#232;s coup d'une politique d'assassinats cibl&#233;s. Pas de pardon pour des agents de l'imp&#233;rialisme japonais !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une brochure de Jacques Ramboz</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article7175</link>
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		<dc:date>2021-07-23T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Jacques Ramboz ? &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; &#224; Paris en 1917 et mort en 1999, Jacques Ramboz a &#233;t&#233; un militant trotskyste. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1930, il adh&#232;re aux jeunesses communistes et au PCF, s'oppose en 1938 &#224; la politique dite de &#034;Front populaire&#034; de ce parti et le quitte pour devenir trotskyste sous l'influence de Barta. Il participe au Groupe Communiste (quatri&#232;me internationale) avec ce dernier. Ce groupe devient ensuite l'Union Communiste et publie la &#034;Lutte des classes&#034; de 1946 &#224; 1949. A partir de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot130" rel="tag"&gt;Vietnam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui &#233;tait Jacques Ramboz ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Paris en 1917 et mort en 1999, Jacques Ramboz a &#233;t&#233; un militant trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1930, il adh&#232;re aux jeunesses communistes et au PCF, s'oppose en 1938 &#224; la politique dite de &#034;Front populaire&#034; de ce parti et le quitte pour devenir trotskyste sous l'influence de Barta. Il participe au Groupe Communiste (quatri&#232;me internationale) avec ce dernier. Ce groupe devient ensuite l'Union Communiste et publie la &#034;Lutte des classes&#034; de 1946 &#224; 1949. A partir de cette date, le groupe se dissous et il rejoint un poste de professeur en Tunisie et, &#224; partir de 1957, dans le Gard. Il a &#233;t&#233; un des militants qui, au cours de la guerre, n'ont pas bascul&#233; sous la pression stalinienne et nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre d'Indochine et les travailleurs fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Textes de l'UC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mai 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE DOIT S'ATTENDRE A ETRE OPPRIME A SON TOUR...&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les budgets civils doivent payer pour les d&#233;penses militaires&#034;, ou du moins leur surcro&#238;t qui vient surtout des op&#233;rations d'Indochine. Et c'est ici que la majorit&#233; de l'Assembl&#233;e et celle du pays sont un peu complices, que l'une et l'autre auraient en somme mauvaise gr&#226;ce &#224; faire la mauvaise t&#234;te... il faut savoir, dire et reconna&#238;tre que cette politique (outre-mer) exige de grands moyens, c'est-&#224;-dire de s&#233;rieux sacrifices mat&#233;riels et humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un journal &#034;subversif&#034;, &#034;anti-national&#034; qui tire avec cette nettet&#233; les cons&#233;quences de la politique coloniale du gouvernement fran&#231;ais ? Pas du tout : il s'agit de l'officieux Monde du 10 Mai 49, sous la plume de J. Fauvet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ainsi reconnu officiellement que la raison premi&#232;re des sacrifices mat&#233;riels (imp&#244;ts, vie ch&#232;re et bas salaires) et humains (gaspillage de la jeunesse fran&#231;aise), C'EST LA GUERRE D'INDOCHINE.&lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI Y A-T-IL LA GUERRE EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'&#233;conomie capitaliste &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle a jet&#233; les grandes puissances &#8211; Angleterre, France, Etats-Unis, Russie, Allemagne et Italie &#8211; &#224; la conqu&#234;te du monde : il s'agissait de s'assurer les meilleurs d&#233;bouch&#233;s, sources de mati&#232;res premi&#232;res et sph&#232;res d'investissement des capitaux. Par toute la terre, c'est la ru&#233;e vers les pays &#034;neufs&#034;. En 1885, &#224; la suite de ses missionnaires, &#034;la France&#034; occupe le Tonkin &#8211; ayant apport&#233; Dieu aux peuples d'Indochine, elle venait leur en r&#233;clamer le denier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance oppos&#233;e par les Etats chinois et annamite fut faible, CELLE DE LA POPULATION N'A PAS CESSE. La &#034;paix fran&#231;aise&#034; &#233;tait le calme du couvre-feu. D&#232;s 1917 profitant de la crise due &#224; la premi&#232;re guerre mondiale, l'Annam s'insurge. L'une apr&#232;s l'autre, toutes les couches populaires entrent dans l'action, culminant en 1929 dans une insurrection de paysans et de petits-bourgeois qui se termine par une &#034;pacification&#034; sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'ann&#233;es passent cependant avant de nouvelles luttes : 1933 voit les manifestations de masse des ouvriers et des paysans. Malgr&#233; la r&#233;pression f&#233;roce &#8212; la torture est monnaie courante &#8211; ces mouvements grandissent de 1936 &#224; 1939. La guerre de 39 est marqu&#233;e par l'arrestation et la d&#233;portation des principaux dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les insurg&#233;s sont des agents japonais. Le Viet-Minh n'est qu'une machine de guerre abandonn&#233;e par ceux-ci dans leur d&#233;faite.&#034; Ce sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui se servent d'exprisonniers japonais comme &#233;claireurs et troupes de choc qui colportent ces accusations. En fait, l'occupation japonaise ne met pas fin aux soul&#232;vements. Fraternellement unis, policiers japonais de Bao-Da&#239; et policiers fran&#231;ais de Decoux font leur possible pour maintenir &#034;l'ordre&#034; &#8211; leur ordre &#8211; jusqu'au moment o&#249; l'effondrement japonais, affaiblissant, par contre-coup, son comp&#232;re-ennemi fran&#231;ais, donne issue &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale du Viet-Minh en 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre d'aujourd'hui n'est pas une &#034;nouvelle&#034; guerre. Elle continue la politique d'hier. Elle en est l'expression concentr&#233;e et fid&#232;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
QU'ONT FAIT, AU NOM DE LA FRANCE, LES CAPITALISTES EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous leur bienveillante domination ont pu subsister la f&#233;odalit&#233; indig&#232;ne et le mandarinat. Rien d'&#233;tonnant que ce soit aujourd'hui, au Cambodge et en Cochinchine, les seuls soutiens et derniers espoirs de la politique &#034;fran&#231;aise&#034; ! Mais la situation des classes populaires n'a fait qu'empirer, une exploitation suppl&#233;mentaire au profit du ma&#238;tre &#233;tranger venant s'ajouter &#224; l'exploitation traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa terre, pour le petit paysan, est un moyen non de vivre, mais de mourir lentement, &#233;cras&#233; qu'il est d'imp&#244;ts &#8211; imp&#244;t individuel de 35 frs. en 1938 (soit un mois de travail), imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034; (&#224; quand l'imp&#244;t sur la mis&#232;re ?), taxe sur chaque pied de tabac, d'oranger, etc... Dans ces conditions, les petits paysans sont la proie assur&#233;e des usuriers. Rong&#233;e par les hypoth&#232;ques, leur terre passe morceau par morceau dans le patrimoine de l'Eglise &#8211; les P&#232;res Blancs comptent parmi les plus grands propri&#233;taires fonciers &#8211; et des banques indochinoises. Ruin&#233;s les paysans prol&#233;taris&#233;s trouvent &#224; &#034;vivre&#034; comme ouvriers agricoles sur les grands domaines pour un salaire journalier de 2 &#224; 4 frs. avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grandes plantations vit ainsi un prol&#233;tariat mis&#233;rable, plut&#244;t vendu que lou&#233;, &#224; la merci compl&#232;te de son employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population ouvri&#232;re ne conna&#238;t pas une vie meilleure. A la m&#234;me &#233;poque, l'ouvrier sp&#233;cialis&#233; gagnait 5 &#224; 10 frs. par jour. Mais la masse des non sp&#233;cialis&#233;s touchait &#034;l'honn&#234;te&#034; salaire journalier de 2,50 frs. &#224; 3 frs. et l'ouvri&#232;re, pour 10 heures de travail, 1,50 fr. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;pittoresques&#034; congaies des &#034;r&#233;cits exotiques&#034; ne sont souvent que de pauvres cr&#233;atures cherchant dans la prostitution un remplacement ou un compl&#233;ment &#224; un salaire de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1860, la Grande-Bretagne fit la guerre pour obliger les chinois &#224; acheter l'opium produit par ses grands planteurs de Birmanie et des Indes. L'Administration Fran&#231;aise n'emploie pas de telles m&#233;thodes. Il lui suffit, gr&#226;ce &#224; l'appui de ses fid&#232;les mandarins, d'obliger la population &#224; consommer des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es, vendues au prix fort au profit du gouvernement. De la m&#234;me fa&#231;on, le monopole sur le sel permet de revendre au travailleur des salineries 70 centimes (en 38-39) le kilo de sel qui lui a &#233;t&#233; achet&#233; 20 ou 30 centimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA FRANCE, MERE DE LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indochinois ne peut circuler librement dans son pays. R&#233;quisitionn&#233;s comme main-d' &#339; uvre &#224; bon march&#233;, 12.000 travailleurs furent import&#233;s en France en 1939, parqu&#233;s dans des camps, soumis &#224; mille vexations. Dix ans apr&#232;s, les travailleurs rapatri&#233;s ne peuvent regagner leur village et restent &#034;concentr&#233;s&#034; dans des camps comme &#224; Tourane et Cap St. Jacques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; n'existe pas la libert&#233; mat&#233;rielle, il ne saurait exister de libert&#233; politique. Lorsque les &#233;lections ne sont pas &#034;bonnes&#034;, la parole reste &#224; la police. C'est ainsi qu'en 1939 furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s les d&#233;put&#233;s trotskystes Tha-Thu-Tau et Tran-Van-Trach, &#233;lus triomphalement avec 80% des voix contre 15% au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40.000 Fran&#231;ais envoyaient au parlement indochinois plus de repr&#233;sentants que 27 millions d'indig&#232;nes ! Les derni&#232;res &#233;lections fabriqu&#233;es en Cochinchine en 1949 ont montr&#233; la confiance du peuple en ses &#034;protecteurs&#034; : 85,5% des &#233;lecteurs pourtant choisis se sont abstenus, 14,5% &#8211; dont les policiers, les fonctionnaires, les propri&#233;taires fonciers, les mandarins... &#8211; ont accept&#233; de participer &#224; la com&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;br class='autobr' /&gt;
CE QUE SIGNIFIE LA GUERRE D'INDOCHINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES MATERIELS. &#034;Les budgets de la D&#233;fense Nationale et de la France d'Outre-mer d&#233;passent de 35,3 milliards le plafond de 350 milliards fix&#233; en D&#233;cembre... &#224; cela s'ajoutent les d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour l'Indochine&#034; (Le Monde, 21 mai), le corps exp&#233;ditionnaire revenant &#224; peu pr&#232;s &#224; la moiti&#233; de l'entretien de l'arm&#233;e m&#233;tropolitaine. Les colonialistes fran&#231;ais auront des canons, mais les travailleurs fran&#231;ais se passeront de beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES HUMAINS : 37.000 jeunes hommes, rien que dans la marine, &#233;taient tomb&#233;s &#224; l'automne 1948. Combien d'autres tombes se sont ouvertes au printemps ? La presse si prompte &#224; nous renseigner sur les &#233;bats de la princesse Margaret a, quant &#224; ce sujet, un b &#339; uf sur la langue, et le &#034;paysan&#034; Petsche fait ce qu'il peut pour alimenter cette guerre qui fait fondre des milliers de jeunes paysans comme beurre sur la po&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les capitalistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES PROFITS ACCRUS. Le Monde du 7 avril nous apprend que : les &#034;H&#233;v&#233;as de Tayminh&#034; ont, pour l'exercice 48, r&#233;alis&#233; un b&#233;n&#233;fice net de 3.860.463 piastres indochinoises, le dividende &#233;tant fix&#233; &#224; 18 piastres par action (net 237,66 frs.) et &#224; 142,71 piastres pour les parts (net 1940,89 frs.) ; et le 9 avril, que les comptes de la &#034;Compagnie du Cambodge&#034; font appara&#238;tre pour 1948 un b&#233;n&#233;fice de 15.251.925 piastres contre 2.628.724 pour l'exercice pr&#233;c&#233;dent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre d'Indochine est grassement fum&#233;e de sang. Elle rapporte...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ECHEANCE 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 ans de guerre, quelle est la situation ? Des milliers de jeunes hommes sont tomb&#233;s, des milliers se battent... et cependant &#034;les troupes du Viet-Nam contr&#244;lent 80% du territoire. Les fran&#231;ais ne se trouvent en s&#233;curit&#233; que dans les grandes villes. Les forces militaires fran&#231;aises qui se servent de l'artillerie, de tanks, d'avions, se r&#233;v&#232;lent impuissantes devant la tactique de gu&#233;rilla des Viet-Namiens&#034;, &#233;crivait le p&#233;riodique am&#233;ricain U.S. News and World Report du 13 Ao&#251;t dernier et, le 2 Juin, le Far Eastern Survey : &#034;Tout ce qui est en dehors des centres et des grandes villes est aux mains d'Ho-Chi-Minh. La grande offensive d'hiver 1947-48 a &#233;t&#233; contenue et repouss&#233;e avec de lourdes pertes. Impasse politique et militaire, et ruine &#233;conomique, telle est la situation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a-t-elle chang&#233; depuis ? Dix divisions doivent partir, politiciens et g&#233;n&#233;raux sont envoy&#233;s en mission &#8211; mais les coups de mains des &#034;rebelles&#034; aux portes m&#234;mes de Saigon prouvent qu'en fait la situation a empir&#233; pour les Fran&#231;ais et leurs partisans. L'offensive de printemps moissonne de nouveaux hommes mais ne peut que prolonger une guerre qui risque de s'&#233;tendre au monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes fran&#231;ais mettent leur ultime espoir en Bao-Da&#239;, le repr&#233;sentant des f&#233;odaux pro japonais. &#034;Avec le retour de S.M. (sic) Bao-Da&#239; au Viet-Nam s'ouvrira pour ce pays une &#232;re nouvelle&#034; &#233;crit A. Surmer dans le suppl&#233;ment d'Avril &#224; La France d'Outre-Mer. Ainsi le n&#232;gre f&#233;tichiste mod&#232;le une poup&#233;e de boue et attend d'elle la pluie et le beau temps...&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#201;CLAMER LA PAIX... ET LAISSER FAIRE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut n&#233;gocier aussi avec Ho-Chi-Minh&#034;, disent les uns &#8211; &#034;seulement avec Ho-Chi-Minh&#034; r&#233;pliquent les autres &#8211; mais la guerre continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fameuses n&#233;gociations ont d&#233;j&#224; eu lieu : en Mars et en Septembre 1946 ; et le trait&#233; avec Bao-Da&#239; ne fait que reproduire, avec quelques concessions en plus, les deux pr&#233;c&#233;dents trait&#233;s. A bon droit la revue La Lutte de Classes de mars 1949 &#233;crit : &#034;Ce n'est cependant pas la paix qui s'en est ensuivie : pendant que M. Thorez, avec M. Bidault, signait ces accords, M. Tillon, ministre de l'air, veillait &#224; la fabrication des 'Cormorans' pour le transport des tanks &#224; destination de l'Indochine. &#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
RETRAIT DU CORPS EXP&#201;DITIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde laisse &#233;chapper la v&#233;rit&#233; quand il parle de la complicit&#233; de l'Assembl&#233;e. Tous les partis qui y bavardent sont complices de la &#034;sale guerre&#034;, car aucun n'a voulu prendre la responsabilit&#233; d'une r&#233;sistance effective contre elle ! Mais c'est faux que le pays soit complice : il le serait s'il continuait &#224; se taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous voulez pactiser avec ceux qui versent le sang fran&#231;ais !&#034; Ceux qui anath&#232;ment ainsi contre les adversaires de la guerre, ce sont les hypocrites d&#233;fenseurs des politiciens et de l'Etat-Major qui se disposent &#224; verser sans compter le sang des nouvelles recrues. Si le sang vers&#233; devait &#234;tre pay&#233; par le sang, ces gens-l&#224; dormiraient-ils tranquilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre n'est pas celle du peuple fran&#231;ais. Elle s'exerce directement contre lui, car les n&#233;cessit&#233;s du financement de la guerre servent &#224; justifier l'aggravation de la situation des travailleurs et une r&#233;pression &#034;&#224; la Jules Moch&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insuffisante pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance d&#233;sesp&#233;r&#233;e de la population vietnamienne, la pr&#233;sence des troupes fran&#231;aises suffit &#224; &#233;terniser la guerre. Entre lui-m&#234;me et les peuples d'Indochine, 'd'une part, et, d'autre part, les dividendes d'une poign&#233;e de financiers, comment le peuple fran&#231;ais ne choisirait-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cesse la guerre d'Indochine, IL FAUT CESSER DE LA FAIRE, il faut obtenir l'arr&#234;t des envois de troupes et le retrait du corps exp&#233;ditionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque groupement corporatif, dans chaque syndicat, travailleuses et travailleurs de France doivent obliger leurs repr&#233;sentants &#224; agir nettement dans ce sens &#8211; ils doivent retirer toute confiance et tout appui aux soutiens avou&#233;s ou honteux des chacals de la Finance. Unis pour la d&#233;fense de leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire, il faut qu'ils crient &#224; ceux-ci : QUITTEZ L'INDOCHINE ! et qu'ils envisagent toutes les mesures pour que ce cri soit entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ramboz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui a assassin&#233; le militant et dirigeant r&#233;volutionnaire trotskiste Ta Thu T&#226;u ? C'est le Vietminh du contre-r&#233;volutionnaire stalinien Ho Chi Minh !</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article7248</link>
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		<dc:date>2021-06-14T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Indon&#233;sie Indonesia</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui a assassin&#233; le militant et dirigeant r&#233;volutionnaire trotskiste Ta Thu T&#226;u ? C'est le Vietminh du contre-r&#233;volutionnaire stalinien Ho Chi Minh ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ai &#273;&#227; &#225;m s&#225;t th&#7911; l&#297;nh qu&#226;n Trotskyist T&#7841; Thu T&#226;u ? &#272;&#226;y l&#224; Vi&#7879;t gian c&#7911;a b&#7885;n ph&#7843;n c&#225;ch m&#7841;ng H&#7891; Ch&#237; Minh ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Ho Chi Minh interrog&#233; sur l'assassinat de Ta Thu T&#226;u par le Vietminh : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Ceux qui ne suivront pas mon chemin seront &#233;cras&#233;s.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Source : https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/ &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les trotskystes ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot130" rel="tag"&gt;Vietnam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot132" rel="tag"&gt;Indon&#233;sie Indonesia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L301xH360/ta_thu_thau-b3833.jpg?1776504032' width='301' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui a assassin&#233; le militant et dirigeant r&#233;volutionnaire trotskiste Ta Thu T&#226;u ? C'est le Vietminh du contre-r&#233;volutionnaire stalinien Ho Chi Minh !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ai &#273;&#227; &#225;m s&#225;t th&#7911; l&#297;nh qu&#226;n Trotskyist T&#7841; Thu T&#226;u ? &#272;&#226;y l&#224; Vi&#7879;t gian c&#7911;a b&#7885;n ph&#7843;n c&#225;ch m&#7841;ng H&#7891; Ch&#237; Minh !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh interrog&#233; sur l'assassinat de Ta Thu T&#226;u par le Vietminh :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ceux qui ne suivront pas mon chemin seront &#233;cras&#233;s.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les trotskystes ne sont pas seulement des ennemis du communisme, mais aussi des ennemis de la d&#233;mocratie et du progr&#232;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En octobre 1945, l'organe du Comit&#233; Central du PCI, Co Giai Phong, appelait &#224; &#171; abattre imm&#233;diatement les bandes de trotskystes &#187;, ce qu'il justifiait ainsi : &#171; Au Nam B&#244;, ils [les trotskystes] r&#233;clament l'armement du peuple, ce qui &#233;pouvante la mission anglaise, et l'accomplissement int&#233;gral des t&#226;ches de la r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique dans le but de diviser le Front National et de provoquer l'opposition des propri&#233;taires fonciers &#224; la r&#233;volution &#187;. Alors que certains trotskystes tombent lors des combats contre les troupes fran&#231;aises de Leclerc, d'autres, dont Ta Thu Th&#226;u, au m&#234;me moment sont assassin&#233;s par les staliniens. La trag&#233;die du POUM espagnol se r&#233;p&#232;te dans les rizi&#232;res de Cochinchine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Groupe_trotskyste_vietnamien_en_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Groupe_trotskyste_vietnamien_en_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1945, les forces japonaises ont liquid&#233; le r&#233;gime colonial fran&#231;ais et ont assum&#233; la domination directe sur l'Indochine. Ta Thu Thau avait &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de Poulo-Condore &#224; la fin de 1944, apr&#232;s de cinq ans de prison. Il reprit l'activit&#233; politique et, pendant l'&#233;t&#233;, se rendit dans le nord, rencontrant des partisans trotskystes parmi les mineurs de charbon en gr&#232;ve. C'&#233;tait lors de son retour de ce voyage, &#224; mi-chemin de Sa&#239;gon, que Thau fut captur&#233; par les staliniens &#224; Quang Tri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Sa&#239;gon, le r&#233;tablissement de la domination coloniale fran&#231;aise et l'entr&#233;e des troupes britanniques ont d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement populaire g&#233;n&#233;ral dans lequel les trotskystes ont jou&#233; un r&#244;le majeur, formant une milice ouvri&#232;re qui a &#233;t&#233; brutalement r&#233;prim&#233;e par les forces britanniques et fran&#231;aises, y compris lors d'un massacre de plus de 200 ouvriers au pont de Thi Nghe le 3 octobre 1945. Des militants trotskystes contraints de fuir la r&#233;pression de masse dans la ville ont &#233;t&#233; pris en &#233;tau &#224; la campagne entre le Viet Minh et les forces militaires coloniales r&#233;tablies. Seule une poign&#233;e put survivre en quittant compl&#232;tement le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors que les tensions s'intensifiaient en septembre 1945, les staliniens d&#233;sarm&#232;rent les comit&#233;s populaires, supprim&#232;rent le comit&#233; central provisoire et assassin&#232;rent des dizaines de trotskystes, dont le chef de La Lutte, Ta Thu Thau. Loin de garantir l'ind&#233;pendance, la collaboration du PCI avec les Fran&#231;ais n'a contribu&#233; qu'&#224; restaurer la domination coloniale dans le sud. Le peuple vietnamien devait payer un prix lourd pour la trahison de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre et les man&#339;uvres ult&#233;rieures des staliniens avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais puis am&#233;ricain. Trente ans de guerre ont d&#233;vast&#233; le pays et entra&#238;n&#233; des millions de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant de nombreuses d&#233;cennies, le sort tragique des trotskystes vietnamiens ainsi que leur r&#244;le politique de premier plan dans les ann&#233;es 1930 &#233;taient peu connus ou compris parmi les partisans de la Quatri&#232;me Internationale. Les r&#233;visionnistes dirig&#233;s par Michel Pablo et Ernest Mandel, qui tenaient des postes de direction jusqu'en 1953, avaient rejet&#233; le r&#244;le des trotskystes chinois et vietnamiens, qualifiant ceux-ci de &#171; r&#233;fugi&#233;s d'une r&#233;volution &#187;. Plus tard, dans les ann&#233;es 1960, les pablistes ont salu&#233; la direction stalinienne vietnamienne sous Ho Chi Minh pour sa r&#233;sistance &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain lors de l'intervention am&#233;ricaine au Vietnam, et se sont oppos&#233;s &#224; soulever la question du sort des trotskystes vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le conflit de 1945, Ho Chi Minh a r&#233;v&#233;l&#233; l'orientation nationaliste qui caract&#233;rise le stalinisme. Comme il l'a dit &#224; ses associ&#233;s, il a pr&#233;f&#233;r&#233; permettre l'entr&#233;e des forces fran&#231;aises et britanniques parce que les anciennes puissances coloniales &#233;taient faibles et discr&#233;dit&#233;es, tandis que les forces chinoises, beaucoup plus grandes et plus proches, constituaient la plus grande menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ainsi r&#233;v&#233;l&#233; un profond scepticisme quant aux perspectives d'une r&#233;volution r&#233;ussie en Chine : les arm&#233;es pr&#233;tendument puissantes du Kuomintang se d&#233;sagr&#233;g&#232;rent en &#224; peine trois ans et le Parti communiste chinois arriva au pouvoir. Dans le m&#234;me temps, refl&#233;tant les pr&#233;jug&#233;s anti-chinois d'un nationaliste vietnamien, il consid&#233;rait la Chine, qu'elle soit dirig&#233;e par Mao Zedong ou Chiang Kai-shek, comme plus &#224; craindre par le Vietnam que des imp&#233;rialistes europ&#233;ens, en raison de sa proximit&#233; et de sa longue histoire de conflit avec son petit voisin du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho, suivant la logique du stalinisme, avait longtemps rejet&#233; la lutte pour une r&#233;volution socialiste mondiale et avait proc&#233;d&#233; dans une perspective nationaliste, dans le but d'&#233;tablir un Vietnam ind&#233;pendant. Sur la base de sa raison d'&#201;tat nationaliste, il a approuv&#233; le meurtre des internationalistes r&#233;volutionnaires, y compris celui de Ta Thu Thau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1945, le Vietminh dirig&#233; par le parti communiste vietnamien d'Ho Chi Minh n'&#233;tait fort que dans le nord du pays, au Tonkin. Dans le sud, en Cochinchine, Ho Chi Minh est beaucoup plus faible et les travailleurs ont un rapport de force beaucoup plus favorable et l'escamotage de la r&#233;volution va s'av&#233;rer beaucoup plus difficile. Il a en face de lui un courant trotskyste implant&#233; avec lequel il a d&#251; plusieurs fois s'entendre. En 1939, seul face &#224; toutes les forces nationalistes et staliniennes les trotskystes ont eu 80% des voix aux &#233;lections de Saigon. A l'annonce de la capitulation japonaise s'est en fait un v&#233;ritable soul&#232;vement r&#233;volutionnaire qui a lieu car la population est r&#233;volt&#233;e contre toutes les autorit&#233;s. Il faut dire qu'il y a eu au Vietnam un million de morts et par la seule famine il y a encore en 1945 des centaines de milliers de morts chaque mois. Au Tonkin et au Nord Annam, c'est la r&#233;volution. Des pauvres s'attaquent aux autorit&#233;s locales, aux profiteurs et oppresseurs de toutes sortes, les arr&#234;tent les tuent. Ils forment des comit&#233;s du peuple. Ils mettent en avant le partage des terres, la confiscation des biens des riches. A Saigon, l'op&#233;ration des nationalistes et des bourgeois qui a eu lieu au nord n'a pu se faire car ce sont les comit&#233;s du peuple qui se sont f&#233;d&#233;r&#233;s et qui ont pris le pouvoir &#224; l'issu d'une manifestation dirig&#233;e par les trotskystes sur les slogans armement du peuple, la terre aux paysans, nationalisation des usines sous contr&#244;le ouvrier. Des tribunaux du peuple jugent les anciens grands propri&#233;taires et fonctionnaires. Les comit&#233;s du peuple &#233;lisent alors une direction provisoire auquel ils affectent un local et qui est gard&#233; par un d&#233;tachement d'ouvriers en armes. C'est pour se d&#233;barrasser de cette r&#233;volution que le vietminh qui s'est associ&#233; d'anciennes forces vietnamiennes li&#233;es &#224; l'ancien r&#233;gime vichyste va pratiquer une politique se r&#233;pression et d'assassinat syst&#233;matique contre les membres des comit&#233;s du peuple et particuli&#232;rement contre les dirigeants trotskystes comme Ta Thu Tau et Tran Van Tach qui sont assassin&#233;s syst&#233;matiquement. C'est en brisant le soul&#232;vement ouvrier que le vietminh va se hisser au pouvoir et non en s'appuyant dessus. Nous le verrons dans un texte que nous lirons sur ce sujet. Et d&#232;s qu'il parvient au pouvoir son langage est clair : &#171; seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis ceux qui auront pouss&#233; les paysans &#224; s'emparer des propri&#233;t&#233;s fonci&#232;res. Notre gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois et il ne lui appartient pas de r&#233;aliser la r&#233;volution communiste. &#187; Le 2 septembre 1945 ils manifestent m&#234;me en l'honneur de la commission des alli&#233;s. Des colons fran&#231;ais tirent dans la foule qui arr&#234;te un certain nombre de ces assassins. Cependant le chef de la police stalinien les fait rapidement rel&#226;cher. L'exasp&#233;ration des masses grandit et les staliniens d&#233;cident d'en finir avec la r&#233;volution. Ils annoncent &#171; seront consid&#233;r&#233;s comme provocateurs et saboteurs ceux qui appellent le peuple &#224; l'armement et surtout &#224; la lutte contre les alli&#233;s occidentaux &#187;. En septembre 1945 les staliniens vont d&#233;sarmer les comit&#233;s du peuple puis pourront en finir d&#233;finitivement et physiquement avec les membres des comit&#233;s du peuple de Saigon. Ils avaient fini d'assassiner la r&#233;volution indochinoise. En octobre 1945, Ho Chi Minh d&#233;clare &#224; la presse : &#171; la France et le Vietnam ont depuis longtemps conclu un mariage. Le mariage n'a pas toujours &#233;t&#233; heureux mais nous n'avons pas int&#233;r&#234;t &#224; le briser. &#187; En novembre 1945, le parti communiste indochinois s'autodissous d&#233;clarant : &#171; il faut placer les int&#233;r&#234;ts de la patrie au dessus de ceux des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le nord, Ho suivait la m&#234;me politique de capitulation face aux forces alli&#233;es, dans ce cas aux Chinois et aux Fran&#231;ais. Cependant, cela prit beaucoup plus de temps qu'au sud, car les troupes chinoises arriv&#232;rent seulement fin septembre, laissant au Viet Minh le temps de consolider son pouvoir. Aussi, le Vietminh avait sa propre zone de gu&#233;rilla arm&#233;e au nord, et les Chinois n'&#233;taient pas activement oppos&#233;s &#224; un Vietnam ind&#233;pendant. Dans la ligne de sa politique d' &#187;ouverture &#187; de la coalition pour y inclure les nationalistes bourgeois et les leaders catholiques, Ho d&#233;cr&#233;ta en novembre la liquidation compl&#232;te du parti communiste indochinois. La d&#233;claration du Comit&#233; central affirmait que &#171; afin d'accomplir la t&#226;che du Parti &#8230; en vue d'une union nationale sans distinction de classes, de partis est un facteur indispensable &#187; et que ce geste a &#233;t&#233; fait pour montrer que les Communistes &#171; sont toujours dispos&#233;s de placer les int&#233;r&#234;ts de leur pays au dessus de ceux de classe, et de renoncer aux int&#233;r&#234;ts du Parti pour servir ceux du peuple vietnamien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, cependant, l'opposition &#233;tait toujours forte au Nord. Le groupe La Lutte publiait &#224; ce moment un quotidien &#224; Hano&#239;, Tran Dao (La Lutte), qui avait une diffusion de 30.000 exemplaires &#224; la fin 1945. Un courrier du secr&#233;tariat de la Quatri&#232;me Internationale &#224; ce moment parlait d'un groupe La Lutte bien organis&#233; mais pers&#233;cut&#233; dans le nord. Conduit par Ta Thu Thau, ancien dirigeant des &#233;diteurs du Tonkin dans les ann&#233;es 1937-38, il tenait de grands meetings et publiait de nombreux ouvrages en plus de son quotidien. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau fut arr&#234;t&#233; par le Viet Minh au cours d'un voyage vers le sud. Jug&#233; trois fois par des comit&#233;s du peuple locaux, il fut acquitt&#233; trois fois, un tribut &#224; la r&#233;putation des trotskystes &#224; cette &#233;poque. Finalement, il fut simplement fusill&#233; &#224; Quang Ngai, en f&#233;vrier 1946, sur ordre du dirigeant stalinien du sud Tran Van Giau. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant liquid&#233; physiquement tous les dirigeants trotskystes au Vietnam, Ho pouvait maintenant conclure un &#171; march&#233; &#187; avec le gouvernement fran&#231;ais (qui comportait Fran&#231;ois Billoux comme ministre de la D&#233;fense !) L'accord pr&#233;liminaire entre la France et la. &#171; R&#233;publique D&#233;mocratique du Vietnam &#187; sign&#233; &#224; Hano&#239; le 6 mars pr&#233;voyait notamment que &#171; le gouvernement du Vietnam se d&#233;clarait pr&#234;t &#224; recevoir amicalement les forces arm&#233;es fran&#231;aises. &#187; et &#224; accepter le stationnement de 15.000 hommes des troupes fran&#231;aises au nord du 16e parall&#232;le. Le sens de l'accord &#233;tait une ind&#233;pendance limit&#233;e sous l'&#233;gide de l'Union fran&#231;aise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(extraits de &#171; Workers vanguard &#187; - Ligue spartakiste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;volutionnaire Ta Thu Thu est n&#233; le 5 mai 1906 &#224; Tan Binh (Long Xuyen), le quatri&#232;me enfant d'une famille nombreuse et pauvre. D&#232;s l'&#226;ge de 11 ans, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de sa m&#232;re, il &#233;tudie tout en aidant son p&#232;re &#224; nourrir six bouches. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; dipl&#244;m&#233; du lyc&#233;e, il a enseign&#233; &#224; Sa&#239;gon et a rejoint des groupes de jeunes patriotiques, dont le Young Annam Party (Jeune Annam) en 1925, qui a ensuite &#233;t&#233; dissous par le gouvernement colonial. T&#7841; Thu Thau consid&#232;re cette &#233;tape de sa vie comme un &#034;r&#234;ve de jeunesse&#034;. En 1926, Ta Thu Thu a particip&#233; &#224; de nombreuses manifestations contre le gouvernement fran&#231;ais, r&#233;clamant la libert&#233; et la d&#233;mocratie pour le peuple vietnamien. Arriv&#233; en France en juillet 1927, alors qu'il n'avait que 21 ans, il fr&#233;quenta le d&#233;partement des sciences (Universit&#233; de Paris), il rejoignit le Parti de l'ind&#233;pendance vietnamienne (PAI) du patriotique Nguyen The Truyen et en prit le contr&#244;le en 1928. quand Nguyen The Truyen est rentr&#233; chez lui. En 1929, apr&#232;s une p&#233;riode d'action anticoloniale active sur la position d'un nationaliste, il a contact&#233; la gauche d'opposition fran&#231;aise et a &#233;t&#233; introduit par Alfred Rosmer - un ami, camarade et disciple de Trotsky.dans cette organisation. D&#232;s lors, il est devenu le premier chef trot&#233;rite vietnamien, avec ses camarades Huynh Van Phuong et Phan Van Chanh. Le 20 mai 1930, Ta Thu Thu et un certain nombre de ressortissants vietnamiens en France ont particip&#233; &#224; une manifestation devant l'Elys&#233;e (palais pr&#233;sidentiel fran&#231;ais), contre l'ex&#233;cution coloniale fran&#231;aise du parti de soldats patriotiques &#224; Yen Bai. Plus tard, il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; avec 18 autres Vietnamiens d'outre-mer et d&#233;port&#233; au Vietnam &#224; la fin du mois de mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de 15 ans apr&#232;s son retour dans son pays jusqu'&#224; son assassinat en 1945, Ta Thu Thau &#233;tait un c&#233;l&#232;bre chef patriotique au Vietnam. En tant qu'organisateur et chef du mouvement d'opposition de la gauche tribite, devenu plus tard le Parti communiste indochinois, il a travaill&#233; la r&#233;volution par tous les moyens tels que la publication du prol&#233;tariat (mai 1932), travaillant dans le journal fran&#231;ais. 1933), candidat au conseil municipal de Saigon (mai 1933, candidat au conseil du district de Nam Ky, avril 1938) ... De 1932 &#224; 1940, Ta Thu Thu a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; 6 fois et condamn&#233; &#224; 5 fois, soit un total de 13 ans de prison et 10 ans d'exil. Fin 1944, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; de Con Dao, il envisage de cr&#233;er le Parti social des bateliers. Cette intention &#233;choua car d&#233;but septembre 1945, en route vers le sud, apr&#232;s avoir contact&#233; un certain nombre de camarades du nord pour publier Fighting, porte-parole du parti socialiste des bateliers du nord, il fut emmen&#233; par le Viet. Minh et assassin&#233; dans un champ de saules sur la c&#244;te de My Khe (province de Quang Ngai) alors qu'il avait 39 ans. Non seulement un r&#233;volutionnaire r&#233;silient, Ta Thu Thu &#233;tait aussi un &#233;crivain pointu (il &#233;tait dou&#233; pour &#233;crire la litt&#233;rature vietnamienne ainsi que la litt&#233;rature fran&#231;aise), un excellent orateur, un intellectuel prestigieux et un temp&#233;rament paisible., Amabilit&#233;. Ceux qui l'ont connu l'ont mentionn&#233; plus tard avec des mots respectueux. Son nom a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; une rue pr&#232;s du march&#233; Ben Thanh, &#224; Saigon : 10 ans apr&#232;s le jour de la &#171; lib&#233;ration du Sud &#187;, cette route a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pourrons jamais avoir la bonne r&#233;ponse &#224; cette question. Une telle instruction, m&#234;me si elle existait par &#233;crit, &#233;tait s&#251;re d'avoir &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e. &#192; cet &#233;gard, le &#171; grand fr&#232;re &#187; de l'Union sovi&#233;tique a cr&#233;&#233; un pr&#233;c&#233;dent &#171; &#224; suivre &#187; pour tous les autres &#171; vassaux &#187; du bloc &#171; socialiste &#187; : d&#232;s 1920 (c'est-&#224;-dire lorsque L&#233;nine &#233;tait vivant et &#233;veill&#233;), il y avait une directive approuv&#233;e qui interdisait strictement &#034;l'inclusion de r&#233;solutions sur les questions les plus importantes du Politburo dans les proc&#232;s-verbaux officiels [des sessions du Politburo].]&#034;. Dans les ann&#233;es suivantes, le Parti communiste de l'Union sovi&#233;tique a publi&#233; une s&#233;rie de directives et de r&#233;solutions pour &#171; crypter &#187; ou dissimuler les preuves de leurs mauvais p&#233;ch&#233;s devant les historiens et avant la g&#233;n&#233;ration suivante [3]. Rappelons que le Parti communiste de l'Union sovi&#233;tique a pris la d&#233;cision ci-dessus en 1920, alors que la Russie sovi&#233;tique &#233;tait sortie d'une situation dangereuse en raison de l'intervention des pays &#171; capitalistes &#187; et de l'opposition des forces de la dipht&#233;rie dans l'eau. Au Vietnam, dans la seconde moiti&#233; de 1945, alors que le gouvernement du Viet Minh &#233;tait encore &#034;en bas &#226;ge&#034; et que les trotistes patriotiques &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme des &#034;hommes de main imp&#233;riaux&#034;, &#034;des hommes de main pour les fascistes&#034; ..., doivent &#034;d&#233;truire imm&#233;diatement&#034; et &#034;proprement. punir &#034;, alors la d&#233;cision d'assassiner Ta Thu Thu et d'autres dirigeants pi&#233;tin&#233;s doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une&#034; r&#233;solution importante &#034;et digne de&#034; confidentialit&#233; &#034; avant la post&#233;rit&#233;&#034;. Mais le &#034;cryptage&#034; le plus efficace, est non fun&#233;raire, consiste &#224; supprimer tous les documents et papiers, est de tuer tous les t&#233;moins, m&#234;me les auteurs, dans la mesure du possible. Restaurer l'histoire apr&#232;s toutes ces ann&#233;es, en particulier l'histoire d'une p&#233;riode extr&#234;mement d&#233;routante et compliqu&#233;e comme 1945-1946, n'est pas une t&#226;che facile. Plusieurs fois, nous ne pouvons nous fier qu'aux sources &#171; orales &#187; rapport&#233;es par les gens. Les &#171; t&#233;moins &#187; de cette &#233;poque, le cas &#233;ch&#233;ant, sont maintenant &#233;galement au seuil de &#171; la perte &#187;. Peuvent-ils se rappeler et raconter exactement ce qui s'est pass&#233; ? Sous l'impact de la situation politique au Vietnam, dans quelle mesure les informations fournies par eux peuvent-elles &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme convaincantes ? Telles sont les questions et les doutes habituels que nous devons nous poser avant la mort de Ta Thu Thau, ainsi que d'&#233;ventuels &#171; soup&#231;ons &#187; historiques, qui sont consid&#233;r&#233;s comme des &#171; points blancs &#187; dans l'histoire Vietnam moderne et contemporain. Le Parti communiste du Vietnam, dans ses documents officiels, est d'avis que l'extermination des militants trio-patriotiques est une &#034;grande victoire&#034; pour le parti. Mais, tout en d&#233;formant et diffamant avec parcimonie les activit&#233;s patriotiques des cerfs-volants de trot, ils ne semblent jamais mentionner comment une telle &#171; grande victoire &#187; &#233;tait dans la pratique. Un article r&#233;sumant les &#171; glorieuses victoires &#187; du Parti communiste en 1945 dans la suppression et la destruction des organisations de gangsters, n'est que tr&#232;s g&#233;n&#233;ral : &#171; Ma presse a condamn&#233; strictement les tritks Notre peuple a d&#233;voil&#233; ses visages r&#233;actionnaires, le gouvernement populaire a correctement puni les troteurs ... La R&#233;volution d'ao&#251;t 1945 a balay&#233; un grand nombre de l'&#233;l&#233;ment gangster pourri &#187;[4]. Il n'y avait pas un mot sur les propri&#233;taires de cette &#034;glorieuse victoire&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retracer la v&#233;rit&#233;, l'historien Daniel H&#233;mery, ancien membre du parti communiste fran&#231;ais, qui a fait de gros efforts pour reproduire la v&#233;rit&#233; sur la mort de Ta Thu Thu et de ses camarades. En tant qu'historien sp&#233;cialis&#233; dans le sujet du Vietnam, il a &#233;crit de nombreux livres sur l'histoire du Vietnam ; Sa th&#232;se de doctorat a &#233;galement abord&#233; le sujet de Ta Thu Thau et du groupe de treillis au Vietnam. Cependant, en raison de nombreux obstacles mat&#233;riels et de preuves (en particulier la dissimulation du Parti communiste du Vietnam), dans les ann&#233;es 1970, il a pu &#233;mettre des &#171; hypoth&#232;ses &#187; en d&#233;duire quelle &#171; hypoth&#232;se &#187; est la plus raisonnable. Parmi les documents en vietnamien, un accent particulier doit &#234;tre mis sur les d&#233;couvertes du groupe de gangsters vietnamiens en France, bas&#233;es sur de nouveaux &#233;v&#233;nements, les textes nouvellement r&#233;v&#233;l&#233;s, &#171; transparents &#187;, bas&#233;s sur le r&#233;cit de certains des anciens Trellites survivants. Ces conclusions ont &#233;t&#233; r&#233;sum&#233;es par M. Hoang Khoa Khoi, le chef du groupe, dans l'article Qui a assassin&#233; Ta Thu Thu et les politiciens vietnamiens ? post&#233; sur Profil du mouvement quaternaire du Vietnam [5]. Dans cet article, M. Hoang Khoa Khoi revient sur trois &#171; hypoth&#232;ses &#187; de l'historien Daniel H&#233;mery sur le cerveau de l'assassinat de Ta Thu Thu : 1. Le g&#233;n&#233;ral Nguyen Binh, commandant de l'arm&#233;e sud-vietnamienne. 2. Tran Van Giau et Duong Bach Mai, deux dirigeants publics du Parti communiste du Vietnam &#224; Saigon, sont &#233;galement notoires Zarinsi [6]. 3. Il s'agit de M. Ho Chi Minh, le chef supr&#234;me du parti [7].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des arguments et des preuves pointus et convaincants, l'auteur a exclu les deux premiers et a favoris&#233; le troisi&#232;me parce que, selon lui, H&#244; Chi Minh lui-m&#234;me est le &#034;p&#232;re spirituel&#034; de tous. M&#234;me les purges et le terrorisme des organisations de gangsters vietnamiens, car il &#233;tait vivant toujours &#224; l'&#233;tranger et op&#233;r&#233; sous le contr&#244;le de la Troisi&#232;me Internationale. Nous avons &#233;galement appris que six ans avant que le Viet Minh n'organise le massacre de tous les soldats patriotiques, six ans avant que l'article doit avoir &#233;t&#233; &#233;limin&#233; ! [8] ne soit officiellement introduit. Sur le drapeau de lib&#233;ration du Parti communiste vietnamien comme un cri pour tuer les assoiff&#233;s de sang, M. Ho Chi Minh, outre-mer, a utilis&#233; des mots tr&#232;s provocants pour appeler &#224; &#034;an&#233;antir&#034; les braves gens. -Kit, &#034;hommes de main fascistes&#034;, &#034;malhonn&#234;tet&#233;&#034;, &#034;chiens de chasse&#034;, &#034;vente bon march&#233; du pays&#034; ... Ainsi, M. Ho Chi Minh et ses successeurs devront r&#233;pondre lorsque lors d'une rencontre qui aura lieu en 1946 [9] avec l'&#233;crivain fran&#231;ais Daniel Gu&#233;rin, ami et ancien camarade de Ta Thu Thu dans la gauche d'opposition fran&#231;aise, il d&#233;clara : &#171; Ta Thu Thu est un grand patriote. J'ai pleur&#233; sa mort. &#187;(T&#7841; Thu Thau &#233;tait un grand patriote, nous le pleurons) ? Mais bient&#244;t, M. Ho Chi Minh a ajout&#233; : &#034;Mais quiconque ne suivra pas le chemin que j'ai trac&#233; sera bris&#233;&#034; [10]. Il est compr&#233;hensible que cette seconde d&#233;claration - que Tran Van Giau, dans une conf&#233;rence &#224; Paris &#224; l'&#233;t&#233; 1989, jugeait fausse - soit une confession sinc&#232;re de la responsabilit&#233; de Ho Chi Minh sur la mort de Ta Thu Thu [11] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Hoang Khoa Khoi, dans l'article susmentionn&#233;, a fait une d&#233;claration d&#233;finitive : &#171; &#8230; la personne tenant un couteau ou tirant n'est qu'un agent, pas le principal coupable. Le principal coupable doit &#234;tre trouv&#233; parmi les dirigeants du Parti communiste du Vietnam, dont Ho Chi Minh. [...] Le coupable est celui qui a aiguis&#233; le couteau et mont&#233; la balle pour la t&#234;te de la t&#234;te. Cependant, pour que l'histoire soit claire, il est &#233;galement souhaitable de comprendre les circonstances du meurtre de Ta Thu Thu et de &#034;r&#233;v&#233;ler le nom&#034; de ces bourreaux directs. &#192; cet &#233;gard, les ressources dont nous disposons actuellement sont &#233;galement tr&#232;s limit&#233;es. Apr&#232;s avoir interrog&#233; &#034;au Vietnam, qui a tu&#233; Ta Thu Thu et [vos] camarades ?&#034;, M. Hoang Khoa Khoi a d&#233;clar&#233; : &#034;Apr&#232;s enqu&#234;te, nous avons appris l'existence des trois coupables. Ce sont tous des communistes. La premi&#232;re personne est Kieu Dac Thang, responsable de l'Union. La deuxi&#232;me personne est Nguyen Van Tran, qui a &#233;tudi&#233; &#224; Moscou. La troisi&#232;me personne est Nguyen Van Tay, ancien ministre du gouvernement Tran Van Giau &#187;. Il faut ajouter que le personnage de Nguyen Van Tran dont il est question ici est M. Nguyen Van Tran, d&#233;c&#233;d&#233; depuis un certain temps, un communiste &#171; tra&#238;tre &#187;, l'auteur du livre &#201;crire &#224; la m&#232;re et &#224; l'Assembl&#233;e nationale est populaire en &#192; cette &#233;poque, il utilisait encore beaucoup de mots et de rh&#233;toriques grossiers, voire grossiers, en se r&#233;f&#233;rant &#224; Ta Thu Thau et aux patriotes trotistes au Vietnam. Dans le livre Vietnam 1920 - 1945 (R&#233;volution et contre-r&#233;volution sous la p&#233;riode coloniale [12]) de Ngo Van, un ancien trotiste, qui &#233;tait un camarade de Ta Thu Thu au Vietnam, je viens d'&#233;crire tr&#232;s bri&#232;vement : &#034;. .. Je suis retourn&#233; vers le sud. [&#8230;] Les gens racontent diff&#233;remment ce qui s'est pass&#233; par la suite. Nous ne savons pas exactement o&#249; Thu a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;, mais tout le monde a dit que c'&#233;tait &#224; Quang Ngai et a tenu le Viet Minh pour responsable. Ils ont &#233;galement &#233;voqu&#233; les soup&#231;ons des gardes charg&#233;s de tirer [Ta Thu Thu], quand il a appris qu'il s'&#233;tait d&#233;fendu dans un soi-disant proc&#232;s : il avait justifi&#233; sa vie r&#233;volutionnaire. L'ordre appel&#233; &#224; tirer trois fois, les trois fois o&#249; les hommes arm&#233;s ont &#233;t&#233; abaiss&#233;s, &#224; ce moment-l&#224;, le &#171; juge &#187; s'est termin&#233; par un coup de pistolet dans le dos (le tueur nomm&#233; Tu Ty). C'&#233;tait le premier jour de septembre 1945 &#187;[13]. L'auteur Tran Ngon Phieu dans l'article The Final Witnesses a ajout&#233; : &#171; &#8230; M. [Ta Thu Thau] a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en passant par Quang Ngai le 18 ao&#251;t 1945, a &#233;t&#233; d&#233;tenu au domicile de Xuan Pho puis tu&#233; dans le champ de Duong, plage de My Khe &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les documents entre nos mains, seul l'article intitul&#233; J'ai vu Ta Thu Thau est mort d'un homme du nom de Nguyen Van Thiet, publi&#233; dans le journal The Soul Weekly de &#034;Vietnam Engineering Corporation&#034; (Rassemblement des travailleurs vietnamiens) de Paris en 7 (30-7) et 8 (7-8) en 1949, est un r&#233;cit d&#233;taill&#233; et complet de la mort de Ta Thu Thu. Cet article a &#233;t&#233; republi&#233; dans l'ouvrage historique des Vietnamiens en France 1940 - 1954 [14] par Dang Van Long, un ancien savant r&#233;sidant en France. Lors de certaines conversations avec l'auteur du livre, il nous a dit : selon lui, la plupart des informations contenues dans l'article pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme v&#233;ridiques. Toujours selon lui, il y a quelques ann&#233;es, il semblerait que quelqu'un ait m&#234;me rencontr&#233; le coupable qui a tu&#233; Ta Thu Thu au Vietnam. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un demi-si&#232;cle apr&#232;s la naissance de l'article ci-dessus, il semble que &#034;la nation vietnamienne&#034; n'ait pas encore rencontr&#233; le d&#233;sir sinc&#232;re de l'auteur de l'article ci-dessus, de &#034;rembourser l'ennemi de Ta Thu Thu&#034; : amener les auteurs directement et indirectement devant la juridiction nationale. &#192; une &#233;poque o&#249; la &lt;&lt; r&#233;conciliation conciliante &gt;&gt; &#233;tait un slogan largement acclam&#233;, la r&#233;it&#233;ration de la v&#233;rit&#233; de certains &#233;v&#233;nements historiques qui se sont d&#233;roul&#233;s depuis longtemps visait &#233;galement &#224; effacer les ordures du pass&#233;, &#224; rendre l'honneur aux patriotes injustement massacr&#233;s. . &#034;La v&#233;rit&#233;, juste la v&#233;rit&#233; !&#034;, Un tr&#232;s bon slogan &#233;voqu&#233; lors de la r&#233;forme en Union sovi&#233;tique il y a cinquante ans, pourrait &#234;tre un &#034;miracle&#034; pour un Vietnam libre et d&#233;mocratique de ce troisi&#232;me si&#232;cle. L'auteur tient &#224; remercier les membres du groupe quaternaire du Vietnam en France pour leur permission d'utiliser certains des travaux et travaux de recherche du groupe. (Les premiers jours du printemps 1999)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Actualit&#233;s L'histoire du Parti communiste du Vietnam, publi&#233; pour la premi&#232;re fois en 1946, le livre &#034;oreiller de chevet&#034;, &#034;manuel&#034; de tous les membres du Parti communiste vietnamien. 2. Toujours en 1989, plus de 100 personnalit&#233;s en France et dans le monde ont co-sign&#233; un appel pour restaurer l'honneur et la dignit&#233; de Ta Thu Thu et de ses camarades tels que Tran Van Thach, Phan, Van Lob, Huynh Van Phuong. .. 3. &#192; cet &#233;gard, on peut citer deux livres de l'&#233;crivain et historien russe Edvard Radzinsky : Le dernier tsar (La vie et la mort de Nicolas II) et Staline. 4. R&#233;trospective de la lutte du parti contre les gangsters r&#233;actionnaires - The Tap (Communist Magazine No. 2-1983). 5. Biblioth&#232;que de recherche (Paris) publi&#233;e en 1993. 6. M. Tran Van An, un nationaliste, a &#233;galement d&#233;clar&#233; que &#034;Tran Van Giau est le principal coupable&#034; de l'assassinat de Ta Thu Thau. Veuillez voir l'entretien avec M. Tran Van An au printemps 1993, enregistr&#233; par le docteur Nguyen Hoai Van. 7. Dans le m&#233;moire politique sanglant vietnamien de ma ville natale (Van Nghe Publishing House, publi&#233; en 1993), le g&#233;n&#233;ral Hoang Linh Do Mau a &#233;galement d&#233;clar&#233; que &#171; le chef de la Quatri&#232;me Internationale, M. Ta Thu Thu, souffrait de H&#244; Chi Minh-Ville. Minh a complot&#233; pour que la milice Quang Ngai tue en route vers le sud &#187;. 8. Tan Trao's, dat&#233; du 23 octobre 1945, actuellement archiv&#233; au D&#233;partement des archives du Bureau central du Parti communiste du Vietnam. 9. &#192; l'&#233;poque, M. Ho Chi Minh &#233;tait le chef de la d&#233;l&#233;gation du gouvernement vietnamien en France. 10. Ce d&#233;tail est publi&#233; dans Au Service Des Colonis&#233;s 1930 - 1953, Editions de Minuit Publishing, Paris 1954. 11. Plus r&#233;cemment, dans un article intitul&#233; Les derniers t&#233;moins, l'auteur Tran Ngon Phieu a d&#233;clar&#233; : &#171; ... lorsque M. Thau est mort, un journaliste a interrog&#233; M. Ho Chi Minh &#224; Hano&#239; &#224; ce sujet. Il a r&#233;pondu que la localit&#233; avait tu&#233; un patriote. par erreur &#034;. 12. Langue originale fran&#231;aise : Vietnam 1920 - 1945 (R&#233;volution et contre-r&#233;volution sous la domination coloniale. 13. Extrait de l'annexe du livre (Paragraphes - Biographies de certains r&#233;volutionnaires vietnamiens), version vietnamienne (non publi&#233;e). 14. Bookcase Research publi&#233; en 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://nghiencuulichsu.com/2015/09/07/tim-hieu-vu-am-sat-ta-thu-thau/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nghiencuulichsu.com/2015/09/07/tim-hieu-vu-am-sat-ta-thu-thau/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://mousekeymakehistory.wordpress.com/2020/12/08/ai-giet-ta-thu-thau/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ai Gi&#7871;t T&#7841; Thu Th&#226;u ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau est n&#233; le 6 mai 1906 &#224; Tan Binh (Longxuy&#234;n, sud Vietnam), quatri&#232;me enfant d'une famille nombreuse et tr&#232;s pauvre : son p&#232;re &#233;tait menuisier. En 1925, il commen&#231;a &#224; travailler comme enseignant &#224; Saigon. [1] &#192; l'&#226;ge de 20 ans, avec la plupart des jeunes &#171; &#233;duqu&#233;s &#187;, Ta Thu Thau - dans une exp&#233;rience qu'il appela plus tard la &#171; folie de sa jeunesse &#187; - rejoignit le groupe nationaliste Young Annam, qui fut bient&#244;t dissous par le Gouvernement colonial fran&#231;ais. [2] Le 24 mars 1926, Ta Thu Thau a pris part &#224; une manifestation de masse pour marquer le retour de France du chef constitutionnel-nationaliste Bui Quang Chi&#234;u et le 4 avril 1926 &#224; la manifestation marquant les fun&#233;railles du nationaliste v&#233;t&#233;ran Phan Chau Trinh . [3] Le 21 mars de cette ann&#233;e-l&#224;, il avait pris part &#224; une r&#233;union dans la rue Lanzarotte, Saigon, organis&#233;e par Nguyen An Ninh, pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques et contre l'exploitation des Annamites, tous deux originaires d'Annam et ceux du Tonkin. Il a &#233;crit pour le journal Annam de l'avocat nationaliste Phan Van Truong. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau arrive en France en septembre 1927 et s'inscrit &#224; la facult&#233; des sciences de l'Universit&#233; de Paris. Il a rejoint le Dang Viet Nam D&#244;c Lap (Parti de l'ind&#233;pendance annamite - PAI), et apr&#232;s son fondateur Nguyen The Truyen est revenu au Vietnam en 1928, a pris la responsabilit&#233; de son travail. [5] La R&#233;surrection mensuelle anticolonialiste, qui a commenc&#233; en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e, mais a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e, a &#233;t&#233; publi&#233;e par Ta Thu Thau en collaboration avec Huynh Van Phuong. [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1929, les Jeunesse Patriotes de Pierre Taittinger [7] se heurt&#232;rent aux Annamites sous l'influence du PAI. Ta Thu Thau a attaqu&#233; L'Humanit&#233;, le journal du Parti communiste fran&#231;ais, pour la &#171; mauvaise foi &#187; de son r&#233;cit, et le Parti communiste fran&#231;ais (PCF) pour son incapacit&#233; &#224; intervenir au nom des Annamites arr&#234;t&#233;s lors de cette r&#233;union, et a &#233;crit sur le &#171; ch&#226;timent &#224; exiger de la Commission coloniale du PCF &#187; pour son &#171; travail de factions contre-r&#233;volutionnaire &#187; au sein du PAI. Le groupe annamite de la section coloniale du PCF, dirig&#233; par Nguyen Van Tao [8], esp&#233;rait &#224; travers ce travail transformer les membres du PAI en &#171; automates pour ex&#233;cuter leurs &#233;dits &#187;, comme il l'a &#233;crit. Un d&#233;pliant r&#233;dig&#233; par Ta Thu Thau conclut : &#171; De notre indescriptible esclavage, nous crions &#224; tous les opprim&#233;s des colonies : unissez-vous contre l'imp&#233;rialisme europ&#233;en, blanc ou rouge, si vous voulez une partie de ce monde pour vous-m&#234;mes. En mars 1929, Ta Thu Thau tenta en vain de d&#233;fendre le PAI contre sa dissolution l&#233;gale par le tribunal de premi&#232;re instance de la Seine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 20 au 30 juillet 1929, Ta Thu Thau participa au deuxi&#232;me congr&#232;s de la Ligue anti-imp&#233;rialiste &#224; Francfort. [9] Dans les cercles parisiens de gauche, il rencontre F&#233;licien Challaye, Francis Jourdain et Daniel Gu&#233;rin. [10] Il a abandonn&#233; les croyances nationalistes de ses premi&#232;res ann&#233;es et est entr&#233; dans l'Opposition de gauche trotskyste. Il avait 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'insurrection de Y&#234;n Bay, dans la nuit du 9 au 10 f&#233;vrier 1930, inspir&#233; par le Viet Nam Qu&#244;c D&#226;n Dang (le Kuomintang annamite) [11], Ta Thu Thau expose sa perspective politique par rapport &#224; la r&#233;volution indochinoise &#224; La V&#233;rit&#233;, organe de l'opposition de gauche &#224; Paris (avril / mai / juin 1930).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La bourgeoisie indig&#232;ne cr&#233;&#233;e artificiellement n'est capable de faire aucune r&#233;volution ... le bloc bourgeois indig&#232;ne, incapable d'existence ind&#233;pendante, s'est solidement soud&#233; &#224; la bourgeoisie fran&#231;aise - qui la tient fermement et l'utilise pour briser la lutte r&#233;volutionnaire au nom du nationalisme annamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le soul&#232;vement mal organis&#233; de Y&#234;n Bay ... sans liaison entre son organisation et la population civile ... a &#233;t&#233; lanc&#233; sur une base id&#233;ologique confuse ... une synth&#232;se sun-yat-seniste de d&#233;mocratie, nationalisme et socialisme [12 ] ... une sorte de mysticisme nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette politique obscurcit les relations de classe concr&#232;tes et la liaison r&#233;elle et organique entre la bourgeoisie indig&#232;ne et l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais ... Ceux qui parlent d'ind&#233;pendance imm&#233;diate et int&#233;grale n'ont rien de plus qu'une conception m&#233;canique et formaliste de la lutte. Aucun d'eux ne peut douter que, derri&#232;re ces mots impressionnants, il y a un peuple au sein duquel op&#232;rent des changements mol&#233;culaires perp&#233;tuels des classes sociales, d'autant plus imperceptibles qu'ils sont voil&#233;s par l'apparition du conflit entre les races, qui dans beaucoup de les yeux des gens sont r&#233;els et &#233;ternels ... Ni le terrorisme ni le gandhisme ne r&#233;soudront le probl&#232;me colonial ... Une r&#233;volution bas&#233;e sur l'organisation des masses prol&#233;tariennes et paysannes est la seule capable de lib&#233;rer les colonies ... La question de l'ind&#233;pendance doit &#234;tre li&#233; &#224; celui de la r&#233;volution socialiste prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau a critiqu&#233; ici la Troisi&#232;me Internationale et le PCF pour leur n&#233;gligence dans la formation des cadres marxistes, et pour leur approche empirique de la soi-disant &#171; situation r&#233;volutionnaire continue &#187; en Indochine ; il d&#233;non&#231;a la &#171; fausse politique de l'Internationale &#187;, la politique aventuriste de la troisi&#232;me p&#233;riode, &#224; la suite de laquelle &#171; les r&#233;volutionnaires prol&#233;tariens avaient capitul&#233; devant les partis nationalistes ... &#187; et &#171; la r&#233;volution chinoise avait &#233;t&#233; conduite au cimeti&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phrases&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 mai 1930, les &#233;tudiants annamites de Paris manifest&#232;rent sur les Champs d'Elys&#233;es contre plus de 50 condamnations &#224; mort prononc&#233;es contre des participants au soul&#232;vement de Y&#234;n Bay ; Ta Thu Thau a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et, le 30 mai, expuls&#233; de France vers le Vietnam avec 18 de ses compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le trotskyste clandestin Ta doi l&#226;p (opposition de gauche) a &#233;t&#233; form&#233; &#224; Sa&#239;gon vers la fin de 1931, Ta Thu Thau &#233;tait l'un de ses fondateurs. Mais le groupe se divisa bient&#244;t en trois factions : Ta Thu Thau organisa le groupe D&#244;ng duong c&#244;ng san (communisme indochinois), qui, &#224; partir du 1er mai 1932, publia un double journal, V&#244; San (prol&#233;tarien). Huynh Van Phuong et Phan Van Chanh, qui faisaient &#233;galement partie des d&#233;port&#233;s de France, ont publi&#233; des journaux de propagande communiste sous le titre Ta doi l&#226;p tung tho (Publications de l'opposition de gauche). Un autre d&#233;port&#233; de France, Ho Huu Tuong, avec d'autres opposants au Parti communiste indochinois, a form&#233; le groupe Thang muoi (octobre). [13]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces groupes clandestins ont rapidement &#233;t&#233; frapp&#233;s par une r&#233;pression s&#233;v&#232;re. Quarante et une personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; Sa&#239;gon et dans les provinces de Baclieu, Baria, Giadinh et Soctrang. Arr&#234;t&#233; le 8 ao&#251;t 1932, Ta Thu Thau fut lib&#233;r&#233; avec un avertissement le 21 janvier 1933 ; mais 15 militants ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; entre quatre mois et cinq ans d'emprisonnement lors d'un proc&#232;s de 21 trotskystes le 1er mai 1933.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections municipales de Sa&#239;gon les 30 avril et 7 mai 1933, Ta Thu Thau a men&#233; une agitation l&#233;gale avec le communiste stalinien Nguyen Van Tao, les nationalistes Nguyen An Ninh, Tran Van Thach, Le Van Thu, Trinh Hung Ngau et d'autres. [14] Ce groupe a constitu&#233; une liste &#171; ouvri&#232;re &#187; (so lao dong) pour les &#233;lections, &#233;v&#233;nement inhabituel pour l'Indochine. Un journal de langue fran&#231;aise, La Lutte (La lutte), a &#233;t&#233; publi&#233; pour soutenir la campagne (les journaux de langue annamite &#233;taient soumis &#224; la censure) ; le premier num&#233;ro &#233;tait dat&#233; du 24 avril 1933 et le journal a disparu le lendemain de l'&#233;lection. Face &#224; une r&#233;action stup&#233;faite de la soci&#233;t&#233; colonialiste, deux candidats de la &#171; liste ouvri&#232;re &#187; ont &#233;t&#233; &#233;lus au conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 novembre de la m&#234;me ann&#233;e, &#224; l'initiative d'un cercle d'&#233;tude d'anciens &#233;tudiants en France, Ta Thu Thau a donn&#233; une conf&#233;rence sur la dialectique, devant un large public d'&#233;tudiants et d'ouvriers r&#233;unis dans une coop&#233;rative coll&#233;giale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1934, du &#171; Front uni &#187; des trotskystes, des staliniens et des nationalistes &#171; pour la d&#233;fense de la classe ouvri&#232;re &#187;, le groupe La Lutte a &#233;t&#233; formellement constitu&#233; ; les trotskystes retiennent leur critique de l'URSS et du stalinisme, les staliniens leur critique du trotskysme et le journal La Lutte r&#233;appara&#238;t le 4 octobre 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur &#233;lection annul&#233;e [15], les membres du groupe se pr&#233;sentent &#224; nouveau pour l'&#233;lection municipale de mai 1935. Ta Thu Thau fait partie des &#233;lus. Recherch&#233; par les autorit&#233;s pour &#171; activit&#233; de presse subversive &#187;, il fut condamn&#233; le 27 juin 1935 &#224; deux ans de prison avec sursis, sanction confirm&#233;e par la cour d'appel le 10 septembre 1935. Le 26 d&#233;cembre 1935, Ta Thu Thau - avec trois autres &#233;lus repr&#233;sentants de La Lutte - a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour avoir prononc&#233; un discours en faveur des chauffeurs de tilbury en gr&#232;ve ; ils ont &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s le lendemain. Au proc&#232;s du journal La Lutte le 18 mars 1936, Ta Thu Thau fut condamn&#233; &#224; une amende de 500 francs devant le tribunal de Sa&#239;gon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e au pouvoir du gouvernement du Front populaire en France en juin 1936 [16] d&#233;clencha un vaste mouvement populaire qui balaya l'Indochine : gr&#232;ves dans les plantations de caoutchouc, dans l'Arsenal, sur les chemins de fer ... et manifestations paysannes. Lors d'une r&#233;union le 13 ao&#251;t 1936, principalement de militants du groupe La Lutte et de dirigeants du parti constitutionnel-nationaliste, des plans ont &#233;t&#233; esquiss&#233;s pour le mouvement du Congr&#232;s indochinois. Un comit&#233; a &#233;t&#233; form&#233; pour pr&#233;parer une charte des revendications d&#233;mocratiques &#224; pr&#233;senter au gouvernement du Front populaire. Le mouvement du Congr&#232;s fut interdit le 19 septembre 1936 et Ta Thu Thau, qui avait particip&#233; &#224; sa commission de l&#233;gislation pour les travailleurs, fut emprisonn&#233;e avec Nguyen Van Tao et Nguyen An Ninh. Ils ont tous &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s apr&#232;s 11 jours de gr&#232;ve de la faim, le 5 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937, les gr&#232;ves industrielles et les manifestations paysannes ont de nouveau explos&#233;. Ta Thu Thau s'est retrouv&#233; en prison du 18 mai au 7 juin, puis a &#233;t&#233; condamn&#233; par le tribunal de Sa&#239;gon le 9 juillet &#224; deux ans de prison, condamnation contre laquelle il a fait appel. C'est &#224; ce moment que le PCF a ordonn&#233; aux staliniens de rompre avec les trotskystes (cf. la lettre de Gitton, 19 mai 1937). [17] Une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des cheminots ramena Ta Thu Thau en prison le 23 juillet 1937. Apr&#232;s une gr&#232;ve de la faim de 12 jours, il fut ramen&#233; devant le tribunal de Sa&#239;gon le 17 septembre sur une civi&#232;re. Il &#233;tait semi-paralys&#233;. Condamn&#233; le 11 novembre &#224; une nouvelle peine de deux ans &#224; courir simultan&#233;ment, il a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; sous condition trois mois avant la fin de sa peine, le 14 f&#233;vrier 1939, &#224; la veille du nouvel an annamite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travaillant avec ses camarades trotskystes Ta Thu Thau continua la publication du journal Tranh dau (anciennement La Lutte qui parut en langue annamite &#224; partir d'octobre 1938), soutenant la Quatri&#232;me Internationale. Dans les pages du journal, il m&#232;ne une campagne pour les &#233;lections au Conseil colonial des 16 et 30 avril 1939 [18] ,. o&#249; il a &#233;t&#233; &#233;lu avec ses deux camarades Tran Van Thach et Phan Var Hum [19] Leur programme comprenait l'opposition &#224; un pr&#234;t national de 33 millions de piastres lev&#233; aupr&#232;s du peuple &#171; pour la d&#233;fense de l'Indochine &#187; - et cela entrait en conflit avec la position de le Parti communiste indochinois, qui &#233;tait align&#233; sur celui du PCF, que la France devait mettre ses forces de s&#233;curit&#233; en &#233;tat de pr&#233;paration au combat, &#224; la suite du pacte Laval-Staline de mai 1935. Le 1er octobre 1939 Phan Van Hum a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; cinq ans de prison pour cette propagande antimilitariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau fut autoris&#233; &#224; quitter Sa&#239;gon le 21 ao&#251;t 1939 pour se rendre au Siam. Il avait l'intention d'y chercher un traitement m&#233;dical. Mais la guerre a &#233;clat&#233; et il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et ramen&#233; &#224; Sa&#239;gon le 11 octobre 1939. Le journal Tranh dau faisait partie des personnes touch&#233;es par une ordonnance d'interdiction le 26 septembre 1939, et le groupe de Ta Thu Thau faisait partie de ces &#171; groupes et associations communistes &#187;Concern&#233; par un ordre de dissolution (d&#233;cr&#233;t&#233; en octobre 1939). Condamn&#233; par le tribunal de Sa&#239;gon le 16 avril 1940 &#224; cinq ans de prison, 10 ans d'interdiction et 10 ans de perte de ses droits civils, Ta Thu Thau fut d&#233;port&#233; vers le camp de concentration de l'&#238;le de Poulo Condore en octobre 1940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son retour du camp &#224; la fin de 1944, Ta Thu Thau a travaill&#233; &#224; la construction du Socialist Workers Party (Dan xa hoi tho thuyen). Le coup d'&#201;tat japonais a mis fin au pouvoir colonial fran&#231;ais en mars 1945 et l'a remplac&#233; par le gouvernement de Bao Dai et Tran Tron Kim. [20] Au milieu de 1945, Ta Thi Thau s'&#233;tait rendu au Tonkin et avait pris contact avec des militants trotskystes dans la r&#233;gion de Dan phuong, y compris Luon Due Thiep, Khuong Huu An et d'autres qui publiaient le journal Chieu dau (Combat) en tant qu'organe du Parti des travailleurs socialistes du nord du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau a particip&#233; &#224; des r&#233;unions de travailleurs clandestins et de paysans dans les zones mini&#232;res de Nam dinh, Haiphong et Hai duong. Apr&#232;s la chute du Japon et l'arriv&#233;e au pouvoir de Ho Chi Minh en ao&#251;t 1945 [21], Ta Thu Thau esp&#233;rait revenir au sud du Vietnam, mais fut arr&#234;t&#233; par les Vietminh &#224; Quang ngai et assassin&#233; en septembre 1945. [22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire le deuil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de la mort de Ta Thu Thau, voici les paroles d'Ho Chi Minh en 1946, racont&#233;es par Daniel Guerin : &#171; C'&#233;tait un grand patriote et nous le pleurons ... mais tous ceux qui ne suivent pas la ligne que nous avons couch&#233; sera bris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mois qui a suivi l'insurrection de Sa&#239;gon du 23 septembre 1945, les camarades les plus proches de Ta Thu Thau ont men&#233; le groupe Tranh dau au combat contre la force franco-britannique qui visait &#224; reconqu&#233;rir le Vietnam, engagement dans lequel quelque 200 hommes Tranh dau ont perdu la vie ; comme Ta Thu Thau, les dirigeants de Tranh dau ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les partisans de Ho Chi Minh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler qu'en 1939, faisant &#233;cho aux Proc&#232;s de Moscou, Ho Chi Minh &#233;crivit trois lettres &#224; ses &#171; camarades bien-aim&#233;s &#187; d&#233;crivant les trotskystes comme &#171; des espions et des tra&#238;tres notoires &#187;, au service du &#171; fascisme international, chinois, espagnol, italien et allemand &#187;. &#187;. Les exterminer en &#233;tait la conclusion implicite, mais tr&#232;s claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que personne, Ta Thu Thau &#233;tait sympathique et avait une grande ma&#238;trise de soi. R&#233;pondant &#224; une convocation du gouverneur Pages [23] en avril 1937, il d&#233;clara : &#171; Je suis r&#233;volutionnaire et je resterai r&#233;volutionnaire tant qu'il y aura du sang dans mes veines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ngo Van Xuyet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Sa&#239;gon a &#233;t&#233; rebaptis&#233; H&#244; Chi Minh-Ville apr&#232;s la victoire du Front de lib&#233;ration nationale en 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La France a envoy&#233; des missions militaires au Vietnam &#224; partir de 1848 (le centre et le sud du Vietnam constituant alors la nation d'Annam, le nord du Vietnam &#233;tant connu sous le nom de Tonkin). Le Vietnam et le Cambodge &#233;taient sous contr&#244;le fran&#231;ais complet dans les ann&#233;es 1860, et cela a &#233;t&#233; &#233;tendu &#224; toute l'Indochine avec la conqu&#234;te du Laos en 1893. Le mouvement d'ind&#233;pendance nationale a pris la forme de conspirations bourgeoises dans les premi&#232;res ann&#233;es du XXe si&#232;cle ; au d&#233;but des ann&#233;es 1920, il est apparu comme un mouvement de masse. Un parti constitutionnaliste a &#233;t&#233; form&#233; en 1923 ; Des organisations nationalistes r&#233;volutionnaires ont &#233;galement prolif&#233;r&#233;, dont Young Annam (Viet Nam Thanh Nien Dang) faisait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Bui Quang Chieu a fond&#233; le Parti constitutionnaliste bourgeois qui a suscit&#233; un sentiment de masse contre la classe f&#233;odale et les colonialistes dans les ann&#233;es 1920, en utilisant des occasions telles que les fun&#233;railles de Phan Chau Trinh &#224; cette fin. Avec l'&#233;mergence des mouvements ouvriers, &#224; commencer par les soul&#232;vements avort&#233;s de 1930, les constitutionnalistes sont devenus extr&#234;mement hostiles &#224; leur &#233;gard et se sont rapproch&#233;s du gouvernement colonialiste et de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Phan Chau Trinh &#233;tait un mandarin au tribunal de Hue, qui a quitt&#233; son poste par d&#233;go&#251;t de la corruption du tribunal en 1905 et a rejoint le v&#233;t&#233;ran nationaliste Phan Boi Chau en exil &#224; Hong Kong. De retour au Vietnam en 1906, il a &#233;t&#233; accus&#233; d'avoir inspir&#233; un soul&#232;vement paysan en 1908 et a &#233;t&#233; emprisonn&#233; pendant trois ans. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;, il a poursuivi ses activit&#233;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Nguyen An Ninh a &#233;tudi&#233; le droit &#224; Paris, o&#249; il a rejoint le mouvement nationaliste. De retour au Vietnam en 1923, il fonde pour la premi&#232;re fois le journal nationaliste La Cloche Fel&#233;e, qui publie pour la premi&#232;re fois le Manifeste communiste au Vietnam ; dans les ann&#233;es 1930, il a jou&#233; un r&#244;le de premier plan dans le mouvement du Congr&#232;s indochinois et dans La Lutte. La r&#233;union de la rue Lanzarotte, qui a r&#233;uni 3 000 personnes, a &#233;t&#233; le tout premier rassemblement politique public &#224; Sa&#239;gon. La Cloche Fel&#233;e fut suivie par l'Annam en mai 1926. Son r&#233;dacteur en chef, Phan Van Truong, avait rejoint le mouvement nationaliste en tant qu'&#233;tudiant en France en 1912.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Nguyen Les Truyen rejoignirent &#233;galement le mouvement nationaliste pendant leurs &#233;tudes en France et, en 1922-23, form&#232;rent l'Union Intercoloniale pour unir les anti-imp&#233;rialistes de tout l'empire fran&#231;ais. Il retourna au Vietnam en 1928. De retour en France en 1936-37, il tenta d'&#233;tablir une union de nationalit&#233;s opprim&#233;es avec l'Alg&#233;rien Messali Hadj.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Huynh Van Phuong venait d'une riche famille Mytho ; en 1927, il part &#233;tudier le droit &#224; Paris, o&#249; il rejoint l'opposition de gauche trotskyste. D&#233;port&#233; au Vietnam avec Ta Thu Thau en 1930, il a &#233;dit&#233; le journal de l'opposition de gauche &#224; Sa&#239;gon et a &#233;t&#233; actif dans le groupe La Lutte. Il a &#233;t&#233; assassin&#233; par les staliniens en 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger &#233;taient des fascistes fran&#231;ais, inspir&#233;s par Mussolini, qui a &#233;merg&#233; en tant que force apr&#232;s l'&#233;lection en 1924 d'une coalition radicale-socialiste. C'&#233;taient des voyous lumpen, v&#234;tus d'imperm&#233;ables bleus et de b&#233;rets pour leurs provocations publiques, bas de gamme par rapport aux Croix de Feu (principalement d'anciens militaires) et &#224; Action Directe de Charles Maurras qui ont dirig&#233; la tentative de coup d'&#201;tat fasciste de f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Nguyen Van Tao a rejoint le Parti communiste fran&#231;ais pendant ses &#233;tudes &#224; Paris et est devenu un employ&#233; &#224; plein temps en 1927 ; il a &#233;t&#233; d&#233;port&#233; au Vietnam en 1931, o&#249; il a jou&#233; un r&#244;le de premier plan dans l'organisation stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. La Ligue anti-imp&#233;rialiste, fond&#233;e sous l'influence des dirigeants staliniens du Komintern en 1927 &#224; Bruxelles, r&#233;unissait des pacifistes et d'autres gauchistes petits-bourgeois. Le congr&#232;s de Francfort, auquel Ta Thu Thau a particip&#233;, a mis fin &#224; sa courte vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. F&#233;licien Challaye, Francis Jourdain et l'historien et &#233;crivain Daniel Gu&#233;rin &#233;taient des anticolonialistes fran&#231;ais, inspirateurs de nombreuses actions de soutien &#224; la lib&#233;ration coloniale et fondateurs en 1933 d'un comit&#233; d'amnistie pour les prisonniers politiques vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. L'insurrection de Yen Bay a commenc&#233; comme une mutinerie des troupes annamites stationn&#233;es &#224; la fronti&#232;re chinoise ; ils massacr&#232;rent leurs officiers et contr&#244;l&#232;rent la garnison pendant une nuit, mais d'autres garnisons &#233;chou&#232;rent ou furent vaincues. Le village de Co Am se leva quelques jours plus tard et fut r&#233;prim&#233; par des bombardements a&#233;riens impitoyables. La s&#233;v&#233;rit&#233; de la r&#233;pression fran&#231;aise &#224; la suite du soul&#232;vement a fait du Viet Nam Quoc Dan Dong une force politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Sun Yat Sen &#233;tait le fondateur du nationaliste bourgeois chinois Guomindang ; sa philosophie combinait le nationalisme anti-imp&#233;rialiste, la d&#233;mocratie et les id&#233;es socialistes utopiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Phanh Van Chanh a rejoint l'opposition de gauche &#224; Paris en 1929 et a &#233;t&#233; d&#233;port&#233; avec Ta Thu Thau en 1930. Il a travaill&#233; comme enseignant et &#233;tait r&#233;dacteur en chef du journal Saigon de l'opposition de gauche. D&#233;port&#233; &#224; Poulo Condore 1940-43 ; il a &#233;t&#233; assassin&#233; par les staliniens en octobre 1945 &#224; Ben Sue, Thu Dau Mot. Pour Huynh Van Phuong, voir la note 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho Huu Tuong a commenc&#233; sa vie politique en tant que nationaliste, et a rejoint le mouvement trotskyste en tant que haras&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ta Thu Thau a &#233;t&#233; tu&#233; par le Vietminh dans des circonstances qui n'ont toujours pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment &#233;lucid&#233;es. Tran Van Thach, Nguyen Van So, Nguyen Van Tien et d'autres travailleurs ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par le Vietminh &#224; Kien-an le 23 octobre 1945. Phan Van Hum et Phan Van Chanh ont &#171; disparu &#187; quelque part dans les zones contr&#244;l&#233;es par les gu&#233;rilleros Vietminh en Cochinchine et &#224; Nguyen Thi Loi a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; Binh Dang (Cholon) en octobre 1945. Le Ngoc et Nguyen Van Ky, membres du LCI trotskiste, ont &#233;t&#233; tortur&#233;s &#224; mort par le Ty Cong-Au au d&#233;but de 1946. D'autres membres du LCI tels que Hinh thai Thong ont &#233;t&#233; &#233;ventr&#233;s et enterr&#233;s dans une fosse commune avec des centaines d'autres r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des milliers de trotskistes et de travailleurs ou de jeunes qui les suivaient qui ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les staliniens vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1939, Ho Chi Minh &#233;crivit trois lettres pr&#233;parant le terrain pour les meurtres. Il a d&#233;crit les trotskystes comme &#171; une bande de criminels &#187;, &#171; des chiens de fuite du fascisme &#187; et &#171; les tra&#238;tres et les espions les plus inf&#226;mes &#187; (10 mai 1939). Il a poursuivi en disant aux membres du PCI que les trotskystes avaient &#171; collabor&#233; avec les envahisseurs &#187; et &#171; sabotaient le mouvement &#187; (7 juillet 1939). Il recevait 100 000 dollars par mois des Japonais. Dans un rapport r&#233;dig&#233; en m&#234;me temps, il a d&#233;clar&#233; que les trotskystes &#171; doivent &#234;tre politiquement extermin&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1945, le journal du PCI publi&#233; &#224; Hano&#239; disait : &#034;Les bandes trotskystes doivent &#234;tre abattues imm&#233;diatement&#034; et en f&#233;vrier 1946, le ministre de l'Int&#233;rieur a d&#233;clar&#233; : &#034;Ceux qui ont pouss&#233; les paysans &#224; prendre le contr&#244;le des domaines seront punis sans piti&#233;.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Ho Chi Minh &#233;tait &#224; Paris &#224; la fin de 1945, le trotskyste fran&#231;ais Rodolphe Prager lui demanda comment et pourquoi les trotskystes vietnamiens avaient &#233;t&#233; tu&#233;s. Il a dit que cela avait &#233;t&#233; fait par des responsables vietminh locaux dans des conditions dans lesquelles il &#233;tait impossible pour les habitants de Hano&#239; de contr&#244;ler ce que faisaient tous les dirigeants locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et au cours de ce m&#234;me voyage, Ho Chi Minh a d&#233;clar&#233; au socialiste fran&#231;ais Daniel Guerin, qui s'est &#233;galement renseign&#233; sur Ta Thu Thau : &#171; Tous ceux qui ne suivent pas la ligne que j'ai trac&#233;e seront bris&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'histoire officielle de la p&#233;riode, La R&#233;volution d'Ao&#251;t (1960), Ho Chi Minh a admis avoir d&#251; &#171; d&#233;noncer les saboteurs &#187; et &#171; arr&#234;ter les dirigeants de la bande trotskyste &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le massacre des trotskystes Indochinois du camp de Mazargues en France par les staliniens en mai 1948}</title>
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		<dc:date>2021-06-11T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le massacre des trotskystes Indochinois du camp de Mazargues en France par les staliniens en mai 1948 &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta : &lt;br class='autobr' /&gt;
QUE S'EST-IL PASSE A MAZARGUES ? &lt;br class='autobr' /&gt;
De L'Humanit&#233; au Monde, on rend responsable des &#034;trotskystes&#034; d'une &#233;meute sanglante, le 15 mai, au camp de travailleurs indochinois de Mazargues. &lt;br class='autobr' /&gt;
La police a arr&#234;t&#233; Do Tham Ky, N'Gane et d'autres, soi-disant organisateurs de cette &#233;meute. &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, il s'agit l&#224; d'une monstrueuse provocation de gangsters aux ordres des staliniens indochinois, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15423 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L179xH282/images-109-c73b9-4f02f.jpg?1776504032' width='179' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le massacre des trotskystes Indochinois du camp de Mazargues en France par les staliniens en mai 1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Barta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE S'EST-IL PASSE A MAZARGUES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De L'Humanit&#233; au Monde, on rend responsable des &#034;trotskystes&#034; d'une &#233;meute sanglante, le 15 mai, au camp de travailleurs indochinois de Mazargues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a arr&#234;t&#233; Do Tham Ky, N'Gane et d'autres, soi-disant organisateurs de cette &#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il s'agit l&#224; d'une monstrueuse provocation de gangsters aux ordres des staliniens indochinois, prot&#233;g&#233;s par la police. Celle-ci, en effet, pour briser la r&#233;sistance des travailleurs indochinois, avait r&#233;cemment interdit et dissous les groupes de surveillance que les travailleurs du camp avaient organis&#233;s eux-m&#234;mes et qui maintenaient un ordre exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que dans la nuit du 15 mai, &#224; 22 h. 30, des groupes de ces gangsters attaqu&#232;rent &#224; Mazargues les baraquements des travailleurs et se heurt&#232;rent vite &#224; la r&#233;sistance de ceux-ci, qui abattirent un des assaillants. Quarante minutes apr&#232;s, le camp &#233;tait cern&#233; par la police et les arrestations commen&#231;aient. Des d&#233;l&#233;gu&#233;s et travailleurs, connus pour leur d&#233;vouement et leur capacit&#233; &#224; d&#233;fendre leurs camarades, furent arr&#234;t&#233;s sous l'inculpation de &#034;complot terroriste&#034;, comme Do Ky, d&#233;l&#233;gu&#233; officiellement reconnu par la D.T.I., particuli&#232;rement dangereux, nous apprend Le Monde, parce que &#034;se trouvant dans notre pays depuis neuf ans (il y fut d&#233;port&#233; du travail &#224; l'occasion de la deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste), il n'y a travaill&#233; que par intermittence, pr&#233;f&#233;rant consacrer son temps &#224; l'&#233;tude et &#224; la politique&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont l&#224;, certes, de bien grands crimes aux yeux de la bourgeoisie et c'est, assur&#233;ment, un &#034;complot&#034; que d'engager les exploit&#233;s &#224; s'organiser entre eux ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-ce pas un complot de la plus basse esp&#232;ce que de favoriser une machination sanglante contre les travailleurs vietnamiens et leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s, pour ensuite mettre en accusation... les victimes ? N'est-ce pas un complot que d'organiser syst&#233;matiquement l'exploitation de travailleurs &#8211; doublement exploit&#233;s et comme travailleurs et comme peuple occup&#233; &#8211; et d'arr&#234;ter l'un apr&#232;s l'autre leurs porte-parole reconnus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en est assez des pers&#233;cutions contre les travailleurs vietnamiens, qui ont souvent montr&#233; une conscience de classe et une solidarit&#233; ouvri&#232;re exemplaires. Les v&#233;ritables responsables des &#233;v&#233;nements de Mazargues, ce n'est pas dans leurs rangs qu'il les faut chercher. LIBEREZ DO KY, N'GANE ET LEURS CAMARADES qui, pendant toute la guerre, n'ont jamais cess&#233; d'&#234;tre solidaires des travailleurs fran&#231;ais !&lt;br class='autobr' /&gt;
LA VOIX DES TRAVAILLEURS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt47_051948.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt47_051948.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massacre de Mazargues fut un affrontement violent qui eut lieu le 15 mai 1948 dans un camp de travailleurs vietnamiens (emmen&#233;s de force par la France coloniale pour soutenir son effort de guerre en 1939). Alors que les trotskistes avaient r&#233;alis&#233; un travail d'organisation important dans les camps d'ouvriers non sp&#233;cialis&#233;s (ONS) et y avaient acquis une influence consid&#233;rable, les staliniens d&#233;clench&#232;rent une tuerie &#224; l'aide de gros bras (5 morts et une soixantaine de bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des militants trotskistes avaient fond&#233; un journal large dans un cadre de front unique, Tranh &#208;&#7845;u (La lutte), &#224; un moment o&#249; les staliniens mettaient en veilleuse leur anticolonialisme (r&#233;sultat du virage nationaliste du PCF en 1935 et de l'alignement de Staline sur les Alli&#233;s). Ce journal &#233;tait donc devenu tr&#232;s majoritaire (selon certains, 90 % des Vietnamiens de France se reconnaissent dedans en 1945), et &#224; travers lui les trotskistes avaient une influence pr&#233;pond&#233;rante sur les organismes &#233;lus des ONS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, les journaux staliniens &#8211; Thuy Thu Lao Dong (Marins et Travailleurs), Cuu Qu&#244;c (Salut national) &#8211; multipliaient les attaques contre ces organismes. Apr&#232;s la r&#233;volution d'ao&#251;t 1945 au Vi&#234;t Nam, le Vi&#234;t Minh stalinien tente de reprendre l'ascendant sur les Vietnamiens de France, par tous les moyens. Le repr&#233;sentant de H&#244; Chi Minh, Tr&#226;n Ngoc Danh, essaie d'abord de contourner les structures &#233;lues qui existent dans les camps en en cr&#233;ant d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devant les ONS il &#233;tait toujours d'accord mais il cachait son jeu. C'&#233;tait &#231;a nuire aux autres en cachant son jeu. Le comit&#233; central des ONS avait organis&#233; une collecte, Danh en parrainait une autre organis&#233;e par le groupe &#171; le Salut National &#187; qui nous &#233;tait violemment hostile. &#224; Marseille, il n'avait trouv&#233; pour le soutenir qu'une bande de voyous que nous avions mis &#224; la porte du camp &#224; cause des trafics et des m&#233;faits de toutes sortes qu'ils commettaient. Et bien, du jour au lendemain, ces &#233;nergum&#232;nes ont d&#233;clar&#233; &#234;tre fid&#232;les &#224; H&#244; Chi Minh et sont devenus membre du Salut National. &#187; Dang Van Long&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp de Mazargues situ&#233; dans la banlieue Est de Marseille est le plus grand de France. C'est une des places forte du mouvement des ONS o&#249;, d&#232;s 1944, il fut mis fin aux jeux et aux trafics divers. Environ 2 000 Vietnamiens y vivent. Par manque de place, les autorit&#233;s ont cr&#233;&#233; un second camp &#224; environ deux kilom&#232;tres, appel&#233; Colgate. Il est surtout utilis&#233; pour regrouper les ONS en partance pour l'Indochine. L&#224;, la discipline est quasiment inexistante et c'est l&#224; que vous se regrouper les &#233;l&#233;ments d&#233;nonc&#233;s par les trotskystes comme &#171; malandrins, voyous et criminels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de l'expulsion des d&#233;l&#233;gu&#233;s ONS vers le Vi&#234;t Nam dont les plus connus &#233;taient Ho&#224;ng Nghinh, Bui Dinh Thi&#234;p, Nguy&#234;n Dinh L&#226;m&#8230; un certain rel&#226;chement dans la bonne tenue du camp se fit ressentir, ce qui fut, pour les soi-disant militants du groupe Salut National l'occasion d'investir la place. Quoique tr&#232;s minoritaire ce groupe se livra &#224; des provocations diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dang Van Long se souvenait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce groupe se composait de 60 &#224; 70 &#233;l&#233;ments. Outre les voyous, il y avait des membres de la 41e compagnie qui &#233;taient originaires de Ha Tinh qui &#233;tait la terre natale de Phan Nhu&#226;n et certains membres de la 12e compagnie. Ils injuriaient les gens en d&#233;saccord avec eux, les agressaient parfois. Il y avait une tension extr&#234;me dans le camp &#224; cause d'eux. Quand ils &#233;taient majoritaires dans une compagnie, ils interdisaient nos journaux. Malgr&#233; leurs attaques calomnieuses nous n'avons jamais proc&#233;d&#233; de la m&#234;me fa&#231;on, nous avons toujours pr&#233;f&#233;r&#233; le d&#233;bat d&#233;mocratique. &#192; la veille du rapatriement des premiers ONS, les Staliniens se sont efforc&#233;s d'effrayer les travailleurs coupables de ne pas s'inf&#233;oder &#224; leur politique en les mena&#231;ant &#171; des tribunaux de la r&#233;publique d&#233;mocratique du Vi&#234;t Nam &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants des travailleurs furent qualifi&#233;s &#171; de ren&#233;gats et d'accus&#233;s en libert&#233; provisoire &#187; par leur journal Lao Dong. En f&#233;vrier un membre du Comit&#233; d'autod&#233;fense a re&#231;u un coup de poignard. Au mois de mai durant la premi&#232;re quinzaine il y eut cinq agressions physiques contre des d&#233;l&#233;gu&#233;s ou des membres du comit&#233;. &#187; Au d&#233;but du m&#234;me mois le Lao Dong publie une brochure en quoc ngu au titre &#233;vocateur : &#171; Les travailleurs d&#233;masquent les tra&#238;tres trotskystes vietnamiens &#187;. On y lit en autre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux tra&#238;tres trotskystes vietnamiens nous disons : le jour de l'extermination de votre clique est arriv&#233;. Plus vous crierez fort plus vite vous serez d&#233;truits. Aux camarades encore h&#233;sitants nous disons revenez &#224; la patrie. La patrie g&#233;n&#233;reuse acceptera tous ses enfants vietnamiens. Chaque jour o&#249; vous resterez li&#233;s aux tra&#238;tres trotskystes vietnamiens est un crime de plus &#224; votre actif. Ne tardez plus vous en supporteriez les cons&#233;quences avec eux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mai, deux trotskystes sont rou&#233;s de coups par des staliniens devant leur responsable r&#233;duit &#224; l'impuissance par les agresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dang Van Long :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le soir du 15 mai le Comit&#233; d'autod&#233;fense charg&#233; de la s&#233;curit&#233; du camp apprit que le groupe Salut National organisait une r&#233;union dans un r&#233;fectoire. Comme par le pass&#233; ils avaient dress&#233; des listes de personnes &#224; &#233;liminer, et comme les violences des jours pr&#233;c&#233;dents ne laissaient rien pr&#233;sager de bon, la nouvelle se r&#233;pandit qu'ils pr&#233;paraient l'&#233;limination de leurs opposants les plus farouches. En un clin d'&#339;il des dizaines d'ONS sortirent des baraques pour se joindre au groupe d'autod&#233;fense se munissant de mani&#232;re pr&#233;ventive de toutes sortes d'armes et d'objets divers. Jamais, nous Trotskistes, n'avons donn&#233; l'ordre d'aller attaquer cette r&#233;union. L'extr&#234;me tension des jours pr&#233;c&#233;dents avait rendu Mazargues comme un baril de poudre, cette r&#233;union a &#233;t&#233; l'&#233;tincelle fatale. Nous avons essay&#233; de calmer la situation, mais c'&#233;tait impossible. Des gens qui n'avaient rien &#224; voir avec tout &#231;a ont m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;s ; c'&#233;tait une nuit d'horreur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moins affirment que des ONS avaient ceint leur front de tissu blanc : signe de reconnaissance pour une rixe dont ils savaient qu'elle aurait lieu dans le noir ? ou ce signe du deuil vietnamien &#233;tait-il un avertissement que l'affaire allait &#234;tre sanglante ? Personne n'a r&#233;pondu &#224; la question. Une violente dispute &#233;clate entre les deux groupes. Soudain, la lumi&#232;re est &#233;teinte dans tout le camp, l'affrontement &#233;clate, violent, meurtrier, des d&#233;tonations, des clameurs et des cris sont entendus jusqu'aux abords du camp. La police est pr&#233;venue par la standardiste du camp (une Irlandaise mari&#233;e &#224; un interpr&#232;te vietnamien) mais reste &#224; la lisi&#232;re n'entrant qu'au matin pour d&#233;couvrir cinq morts et une soixantaine de bless&#233;s dont certains, tr&#232;s gravement atteints, resteront handicap&#233;s &#224; vie. L&#234; Van Dich le responsable du Salut National est parmi les victimes. Beaucoup d'ONS ont quitt&#233; le campement apr&#232;s les violences, certains sont partis en ville, d'autres au camp Colgate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport de police du 19 mars, il est signal&#233; que &#171; 130 Indochinois ont quitt&#233; d'autorit&#233; le camp Vi&#234;tnam pour le camp Colgate. Il s'agit d'&#233;l&#233;ments de la 12 Cie qui seraient favorables &#224; la politique de Bao Dai. Selon l'encadrement, 400 travailleurs ont d&#233;sert&#233; le camp pour passer la nuit en ville. &#187; Le probl&#232;me des archives polici&#232;res est que la compr&#233;hension politique des faits &#233;chappe le plus souvent aux inspecteurs et aux commissaires charg&#233;s des rapports. Trouver des partisans de l'empereur Bao Dai &#224; Mazargues semble relever de la plus pure fantaisie. Les premiers articles de journaux qui se basent sur les explications des policiers sont tout aussi incongrus : &#171; des pacifistes auraient attaqu&#233; des anarchistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours plus tard, Bui Ngan, responsable du comit&#233; d'autod&#233;fense qui s'&#233;tait cach&#233; dans un poulailler proche du camp se trouva cern&#233; par des policiers en armes. Selon eux, il fit feu et fut alors abattu imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dang Van long : &#171; Au lendemain des affrontements nous pleurons tous les morts. C'est un deuil pour l'ensemble des ONS. Nous avons de la compassion pour l'ensemble des morts et des bless&#233;s. Nous ne les consid&#233;rons nullement comme des ennemis mais comme des victimes de M. Danh et du groupe Salut National, c'est-&#224;-dire de ceux qui us&#232;rent des calomnies &#224; la place de l'argumentation, qui abus&#232;rent de la violence pour imposer aux ONS une politique qu'ils refusaient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message adress&#233; &#171; aux Vietnamiens de France &#187; par Tr&#226;n Ngoc Danh le 18 mai, dans lequel &#171; il regrettait l'incident sanglant de Marseille et r&#233;prouvait totalement tous actes de violence entre compatriotes contraires &#224; la politique de large union nationale pr&#233;conis&#233; et poursuivie par le gouvernement du pr&#233;sident H&#244; Chi Minh &#187;, fut ressenti par certains comme le comble du cynisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse locale fit ses gros titres sur &#171; La Saint Barth&#233;lemy indochinoise &#187;, sur &#171; La secte des Tu V&#234; organisme d'ex&#233;cuteurs du groupe trotskyste de la IVe Internationale &#187;[4]. Certains articles regorgent de poncifs coloniaux et racistes : &#171; Sauvage sc&#232;ne de carnage au camp indochinois &#187; (Le M&#233;ridional). &#171; Ce fut un carnage et les hommes s'adonn&#232;rent &#224; des sc&#232;nes de sauvagerie inexplicable &#187; (commissaire principal Mevel). &#171; D&#233;cha&#238;n&#233;s, assoiff&#233;s de sang, les attaquants saut&#232;rent sur leurs camarades &#187; (Le Proven&#231;al du 17 mai). Force d&#233;tails sont donn&#233;s sur les yeux crev&#233;s ; un corps transperc&#233; par un tube de m&#233;tal, fich&#233; sur le sol comme un papillon ; les r&#226;les des bless&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs jours le bruit courut que des cadavres avaient &#233;t&#233; enterr&#233;s &#224; la h&#226;te dans le camp, puis que des groupes de tueurs se cachaient dans les calanques&#8230; Ce n'est que le 22 mai que Le Proven&#231;al commence &#224; publier les d&#233;clarations de la D&#233;l&#233;gation G&#233;n&#233;rale des Travailleurs Vietnamiens qui &#171; attribue la responsabilit&#233; des &#233;v&#232;nements &#224; des &#233;l&#233;ments qui, depuis trois mois, se sont livr&#233;s &#224; des provocations incessantes allant jusqu'&#224; menacer et frapper violemment certains repr&#233;sentants d&#233;mocratiquement &#233;lus par les travailleurs &#187;. Une d&#233;claration de la section vietnamienne de la IVe internationale va dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 80 arrestations sont op&#233;r&#233;es. Apr&#232;s enqu&#234;te, dix-huit ONS sont inculp&#233;s. Rapidement un des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus du camp et responsable du comit&#233; d'auto d&#233;fense, Do Than Ky, 28 ans, est d&#233;sign&#233; comme le ma&#238;tre d'&#339;uvre de l'attaque. C'est le plus jeune des inculp&#233;s, tous les autres ont plus de trente ans. Un comit&#233; de d&#233;fense des travailleurs vietnamiens se met en place et publie un bulletin d&#232;s le mois d'ao&#251;t 1948. Sous le parrainage d'Andr&#233; Breton, Benjamin Perret ou encore Ren&#233; Dumont, il s'oppose &#224; la mani&#232;re brutale qui est la r&#232;gle pour les rapatriements et pour la d&#233;fense des emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/wr/index.php?title=Massacre_de_Mazargues&amp;mobileaction=toggle_view_desktop&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/wr/index.php?title=Massacre_de_Mazargues&amp;mobileaction=toggle_view_desktop&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suit est le point de vue des staliniens sur le massacre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;sorganis&#233; par ces arrestations, le camp voit revenir en son sein une &#233;quipe de mauvais gar&#231;ons qui r&#233;in&#172;troduisent le jeu et divers trafics interdits lors de la prise en main des camps par les d&#233;l&#233;gu&#233;s. Au dire de certains des protagonistes, ils tentent de s'affubler de l'autorit&#233; du repr&#233;sentant d'H&#244; Chi Minh en France. Ils s'oppo-sent violement &#224;. ceux qui tentent de maintenir une discipline et un ordre qui ont pr&#233;valu jusqu'alors. Ils s'affrontent m&#234;me au sein du service d'ordre (la police interne du camp) reconnu par l'administration. La situation devient explosive de jour en jour : insultes, d&#233;nonciations, menaces de mort, agressions physiques etc... Dans la nuit du 15 mai 1948, ce groupe convoque une r&#233;union dans une salle du camp. Le bruit court qu'elle a pour but l'&#233;limination des d&#233;l&#233;gu&#233;s. Une effervescence incontr&#244;lable s'empare du camp. La salle o&#249; s'entassent 70 personnes est attaqu&#233;e par des centaines de travailleurs exc&#233;d&#233;s par des semaines de tension et d'incidents. L'&#233;lectricit&#233; coup&#233;e, une violente bagarre Fait rage. La police fran&#231;aise trouvera 5 cadavres et quarante bless&#233;s jonchant le sol. La presse Fera ses choux gras des blessures horribles des corps transperc&#233;s par des barres de Fer ou des pieds de lit, d'yeux crev&#233;s etc... Officiellement, la version des &#233;v&#233;nements est que les trotskystes ont attaqu&#233; pr&#233;ventivement les staliniens. &#034;Mais non&#034; s'insurge encore aujourd'hui Dang Van Long. &#034;Nous Trotskystes&#034; n'avons jamais donn&#233; d'ordre de cette nature. Mais la situation &#233;tait incontr&#244;lable. Ces multiples incidents des semaines pr&#233;c&#233;dentes avaient pr&#233;par&#233; cette explosion de violence. Dans le camp des soi-disant staliniens, il n'y avait que tr&#232;s peu de militants politis&#233;s, mais beaucoup de voyous qui tentaient de se r&#233;clamer d'H&#244; Chi Minh pour cacher leurs trafics. Nous avons essay&#233; de calmer la situation, mais c'&#233;tait impossible. Des gens qui n'avaient rien &#224; voir avec tout &#231;a ont m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;s ; c'&#233;tait une nuit d'horreur.&#034; D'autres, se souviennent les assaillants, s'&#233;taient nou&#233; une serviette blanche autour du cou ou de la t&#234;te en signe de reconnaissance car ils avaient coup&#233; l'&#233;lectricit&#233; et ils devaient se reconna&#238;tre dans la nuit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.travailleurs-indochinois.org/images/MOI-PVN.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.travailleurs-indochinois.org/images/MOI-PVN.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ho Chi Minh : &#171; Les trotskystes ne sont pas seulement des ennemis du communisme, mais aussi des ennemis de la d&#233;mocratie et du progr&#232;s. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ho Chi Minh :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8220;The Trotskyists are not only enemies of communism, but also enemies of democracy and progress.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://espressostalinist.com/2011/07/30/ho-chi-minh-on-trotskyites/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stalinisme et trotskysme au Vietnam&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/pamphlets/Stalinism%20and%20Trotskyism%20in%20Vietnam.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/pamphlets/Stalinism%20and%20Trotskyism%20in%20Vietnam.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotskystes et staliniens au Vietnam :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En souvenir de la r&#233;volution et des r&#233;volutionnaires vietnamiens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes vietnamiens en France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Lutte, journal et organisation des travailleurs communistes r&#233;volutionnaires indochinois, en France :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5868&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5868&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1945 : La Commune ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire de Sa&#239;gon</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article7254</link>
		<guid isPermaLink="true">http://matierevolution.org/spip.php?article7254</guid>
		<dc:date>2021-06-06T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En hommage &#224; Ta Thu Thau... &lt;br class='autobr' /&gt; Et aux militants trotskystes vietnamiens &lt;br class='autobr' /&gt;
Ho Chi Minh et le Vietminh, comme toutes les forces staliniennes du monde, &#233;taient du c&#244;t&#233; de la contre-r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
Les trotskystes et les comit&#233;s du peuple ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par le Vietminh alli&#233;s aux bandits et &#224; l'imp&#233;rialisme. Le c&#244;t&#233; de la r&#233;volution sociale &#233;tait incarn&#233; par les trotskystes : &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici l'arrestation des militants r&#233;volutionnaires avant leur ex&#233;cution : &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire en anglais - 1945 : The Saigon commune (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_15147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/Ta_Thu_Thaud.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH445/Ta_Thu_Thaud-c8725.jpg?1776504032' width='500' height='445' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En hommage &#224; Ta Thu Thau...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L301xH360/ta_thu_thau-2-5e1dd.jpg?1776504032' width='301' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et aux militants trotskystes vietnamiens&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/downloadfiles0914-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH491/downloadfiles0914-12-e95eb.jpg?1776504032' width='500' height='491' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh et le Vietminh, comme toutes les forces staliniennes du monde, &#233;taient du c&#244;t&#233; de la contre-r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L320xH220/leclerc_ho-chi-minh-51c15-3d083.jpg?1776504032' width='320' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes et les comit&#233;s du peuple ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par le Vietminh alli&#233;s aux bandits et &#224; l'imp&#233;rialisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le c&#244;t&#233; de la r&#233;volution sociale &#233;tait incarn&#233; par les trotskystes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici l'arrestation des militants r&#233;volutionnaires avant leur ex&#233;cution :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1430&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en anglais - 1945 : The Saigon commune&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/pamphlets/Stalinism%20and%20Trotskyism%20in%20Vietnam.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en anglais - stalinism and trotskyism in Vietnam&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1603&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique contre-r&#233;volutionnaire du stalinien Ho Chi Minh&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En souvenir de la r&#233;volution et des r&#233;volutionnaires vietnamiens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article63&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne en Asie &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotskystes et staliniens au Vietnam&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi une insurrection fond&#233;e &#224; la fois sur une question sociale et une question d'oppression nationale en Indochine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution d'ao&#251;t 1945 :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15149 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/pdf/img515.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.1 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776481561' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sa&#239;gon en r&#233;volution en ao&#251;t 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une situation r&#233;volutionnaire &#233;clata au Vietnam le 16 ao&#251;t 1945 lorsque la capitulation japonaise fut annonc&#233;e. Dans les provinces de Trung Bo, Bac Bo, Sadec et Long Xuyen, les paysans renaissants tu&#232;rent leurs propri&#233;taires et expropri&#232;rent les terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le centre de la r&#233;volution &#233;tait Sa&#239;gon. D'&#233;normes manifestations r&#233;clamant l'ind&#233;pendance nationale et la lib&#233;ration de tous les types d'oppression ont eu lieu : de 300 000 le 21 ao&#251;t et d'un million le 25 ao&#251;t. Les slogans des trotskystes pour le pouvoir ouvrier ont gonfl&#233; leurs contingents par milliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 150 comit&#233;s populaires ont &#233;t&#233; mis en place (cette politique a &#233;t&#233; activement combattue par les trotskystes de l'ICL), le premier &#224; Ban Co le 19 ao&#251;t. Ils ont pris le pouvoir administratif dans de nombreuses banlieues de Saigon, &#224; commencer par Phu Nuan le 19 ao&#251;t. Une conf&#233;rence des comit&#233;s a publi&#233; un programme qui insiste sur le fait que &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;la bourgeoisie nationale sera compl&#232;tement incapable de jouer le r&#244;le d'avant-garde r&#233;volutionnaire, et que seule l'alliance populaire des ouvriers industriels et des travailleurs ruraux sera en mesure de lib&#233;rer la nation des domination des capitalistes &#233;trangers &#187;. Comme dans toutes les situations r&#233;volutionnaires, aucune quantit&#233; d'organisations ou de publications ne pouvait satisfaire la soif de direction politique des masses. Tranh Dau, le journal du groupe Struggle, est devenu quotidien; l'ICL a, &#224; un moment donn&#233;, publi&#233; des bulletins toutes les trois heures &#224; partir d'un si&#232;ge nouvellement &#233;tabli. Des centaines de comit&#233;s de la jeunesse de l'avant-garde ont &#233;t&#233; mis en place, certains sous la direction stalinienne, qui ont tous d&#233;clar&#233; qu'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; mourir pour la lib&#233;ration nationale. Les partis bourgeois et petit-bourgeois prolif&#232;rent &#233;galement; selon un rapport de l'ICL, pas moins de 50 nouveaux ont germ&#233;. Qui contr&#244;lait Saigon? Les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents comptes montrent &#224; quel point la situation &#233;tait volatile. Il est certain que le Front national uni (UNF), qui avait un programme pour l'ind&#233;pendance nationale et comprenait des nationalistes bourgeois, les sectes religieuses Cao Dai et Hoa Hao et la jeunesse de l'avant-garde, a re&#231;u le pouvoir par le gouvernement effondr&#233; de Bao Dai le 14 ao&#251;t, et l'a adopt&#233;. sur le Vietminh une semaine plus tard. John Spencer, un partisan du groupe anti-trotskyste Banda, a r&#233;cemment fait l'all&#233;gation stupide que&lt;/code&gt; au moins certains des trotskystes vietnamiens ont particip&#233; &#224; la formation de l'UNF sous les auspices japonais le 14 ao&#251;t 1945 '', un &lt;code class='spip_code spip_code_inline' dir='ltr'&gt;groupement qui &#233;tait ch&#232;rement con&#231;u comme un contrepoids au Vietminh '. (Trotskysme vietnamien et r&#233;volution d'ao&#251;t 1945). Spencer essaie manifestement de donner un poids &#171;savant&#187; au mensonge stalinien, originaire de Ho Chi Minh, selon lequel les trotskystes travaillaient pour les Japonais. Mais au moins un compte rendu faisant autorit&#233; dit que l'UNF &#171;comprenait une petite minorit&#233; communiste&#187;, ainsi que les trotskystes du groupe Struggle. (Communisme vietnamien: ses origines et son d&#233;veloppement, par R. Turner, p. 39). Le m&#234;me r&#233;cit explique comment le dirigeant vietminh Tran Van Giau a arrang&#233; que l'UNF lui c&#232;de le pouvoir par voie de n&#233;gociation. &#187;* Deuxi&#232;mement, un rapport du groupe Lutte au Secr&#233;tariat international de la Quatri&#232;me Internationale (La R&#233;volution d'Ao&#251;t et le Groupe de Lutte, dans les archives de l'ISFI, Biblioth&#232;que de Documentation Internationale Contemporaine, Universit&#233; de Nanterre, Paris) d&#233;clare qu'ils ont propos&#233; aux staliniens un front uni sur la politique d'ind&#233;pendance nationale et de r&#233;forme agraire, ces derniers la refusant &#171;parce qu'ils croyaient pouvoir compter sur l'aide et le respect des Alli&#233;s, pour parvenir &#224; une&#171; r&#233;publique d&#233;mocratique du Vietnam &#187;par des moyens diplomatiques. apr&#232;s cela, et apr&#232;s que le Vietminh eut pris le contr&#244;le administratif, ils prirent part &#224; des r&#233;unions avec les nationalistes bourgeois - auxquelles les staliniens &#233;taient &#233;galement pr&#233;sents, accusant les trotskystes de &#171;sabotage&#187;. Quelques semaines plus tard, lorsque les troupes britanniques ont &#233;t&#233; accueillies &#224; Sa&#239;gon par les Vietminh, les trotskystes se sont certainement retrouv&#233;s dans une alliance de fait avec les nationalistes bourgeois: tous deux pr&#244;naient la r&#233;sistance arm&#233;e &#224; la r&#233;imposition du contr&#244;le imp&#233;rialiste. (Spencer n'exprime pas sa propre opinion sur la petite question de l'invasion britannique, en s'appuyant sur des citations de diverses sources soutenant le point de vue stalinien qui opposait ceux qui r&#233;sistaient aux Britanniques comme &#233;tant &#171;fous&#187;, &#171;provocateurs&#187; et &#171;ultra-gauches&#187;). Le 22 ao&#251;t, apr&#232;s deux semaines de troubles r&#233;volutionnaires, le Vietminh a tenu une r&#233;union avec des repr&#233;sentants de l'UNF qui ont accept&#233; de c&#233;der le contr&#244;le de la ville. Le 25 ao&#251;t, &#224; 5 heures du matin, jour de la manifestation d'un million de personnes, les Vietminh ont occup&#233; tous les b&#226;timents gouvernementaux et ont officiellement mis en place un &#171;Comit&#233; ex&#233;cutif provisoire de la R&#233;publique du sud du Vietnam&#187;. La politique de cette administration &#233;tait double: maintenir, si possible, la bourgeoisie et la classe fonci&#232;re vietnamiennes chancelantes, et accueillir les troupes alli&#233;es dans des conditions o&#249; un accord serait n&#233;goci&#233; avec elles. Le dirigeant stalinien Tran Van Giau a proclam&#233; que &#171;les libert&#233;s d&#233;mocratiques seront assur&#233;es et garanties par les alli&#233;s d&#233;mocratiques&#187; (cit&#233; dans &#171;Quelques &#233;tapes&#8230;&#187; dans Quatri&#233;me Internationale). Un autre responsable vietminh, Nguyen Van Tao, a &#233;t&#233; plus explicite: &#171;Tous ceux qui ont incit&#233; les paysans &#224; saisir la propri&#233;t&#233; des propri&#233;taires terriens seront s&#233;v&#232;rement et impitoyablement punis. . . Nous n'avons pas encore fait la r&#233;volution communiste, qui r&#233;soudra le probl&#232;me agraire. Ce gouvernement n'est qu'un gouvernement d&#233;mocratique, c'est pourquoi une telle t&#226;che ne lui incombe pas. Notre gouvernement, je le r&#233;p&#232;te, est un gouvernement d&#233;mocratique bourgeois, m&#234;me si les communistes sont maintenant au pouvoir. &#187;(Communisme vietnamien: ses origines et son d&#233;veloppement, p. 43). L'historien Phillipe Devilliers raconte que le leader vietminh Duong Bach Mai a parl&#233; de &#171;calmer l'ardeur tumultueuse des militants de base, en leur montrant que la t&#226;che du moment n'&#233;tait pas de faire une r&#233;volution prol&#233;tarienne mais de briser le&#171; colonialisme &#187;en appelant &#224; tous les peuples &#224; lutter contre elle. &#187;(History of Vietnam 1940-52, par P. Devilliers, p. 181). Buttinger dit que le gouvernement vietminh &#224; Sa&#239;gon &#171;est all&#233; jusqu'&#224; d&#233;cr&#233;ter la peine de mort pour les atteintes &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e&#187; (Vietnam: A Dragon Embattled, J. Buttinger, vol. 1, p. 347). Spencer, essayant de &#171;replacer dans son contexte&#187; le massacre des trotskystes vietnamiens, pr&#233;tend qu'ils &#233;taient &#171;sans ambigu&#239;t&#233; hostiles&#187; &#224; &#171;l'administration r&#233;volutionnaire&#187; du Vietminh. En fait, cette administration &#233;tait contre-r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire d&#233;termin&#233;e &#224; emp&#234;cher &#224; tout prix les prises de propri&#233;t&#233;, m&#234;me lorsque les comit&#233;s populaires et les soul&#232;vements paysans les avaient d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre &#224; grande &#233;chelle. 1er OCTOBRE 1945: le Vietnam avait travers&#233; six semaines de convulsions r&#233;volutionnaires, atteignant un point culminant dans la derni&#232;re semaine de septembre lorsque les troupes britanniques, fran&#231;aises et japonaises occupaient le centre-ville de Sa&#239;gon, d&#233;pla&#231;ant l'administration vietminh et mena&#231;ant la terreur contre les ouvriers et les paysans r&#233;volutionnaires. Apr&#232;s des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es, les Vietminh ont n&#233;goci&#233; une tr&#234;ve avec les Britanniques le 1er octobre, dont le principal r&#233;sultat a &#233;t&#233; que les troupes imp&#233;rialistes - britanniques, fran&#231;aises et japonaises - ont obtenu le &#171;libre passage&#187; des Vietminh &#224; travers les banlieues rebelles de Sa&#239;gon. Un cessez-le-feu d'une semaine entre le 3 et le 10 octobre a &#233;t&#233; utilis&#233; par les imp&#233;rialistes pour renforcer leurs forces. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc arrive &#224; la t&#234;te d'un corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais. Alors que les Fran&#231;ais et les Gurkhas renouvelaient leur offensive contre les trotskystes et d'autres forces de r&#233;sistance, Tran Van Giau eut le culot de publier un tract condamnant les trotskystes en tant qu '&#171; agents imp&#233;rialistes fran&#231;ais &#187;. &#171;Les combattants trotskystes qui se sont repli&#233;s vers l'ouest ont &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;s &#224; Cho Dem&#187;, indique le rapport de Struggle. (The August Revolution and the Struggle Group, ISFI files, Paris).&lt;/code&gt; Les forces de lutte qui sont all&#233;es &#224; l'est ont tent&#233; de mobiliser deux arm&#233;es, le Hoang Pho I et le Hoang Pho II, lorsqu'elles ont &#233;t&#233; encercl&#233;es &#224; Xuan Truong par un grand nombre de forces arm&#233;es vietminh : Tran Van Thach, Nguyen Van So et Nguyen Van Tien &#233;taient emmen&#233;s &#224; Thu Dau Mot o&#249; ils ont &#233;t&#233; jug&#233;s militaires et fusill&#233;s sur les ordres de Kieu Dac Thang, un criminel ordinaire et un oiseau de prison fait gr&#226;ce &#224; la courtoisie g&#233;n&#233;rale de Duong Bach Mai (le chef de la police stalinienne) ; Phan Van Chanh et Phan Van Hum ont pris la direction de Bien Hoa, d'o&#249; ils esp&#233;raient rejoindre Hue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant, nous n'avons aucune nouvelle de ces camarades. . . (Des rapports ult&#233;rieurs indiquent que Van Hum et Van Chanh ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les Vietminh). Nguyen Thi Loi, un autre camarade en service actif, est tomb&#233; &#224; Can Giuoc (Cholon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous les trotskystes de Thu Dau Mot ont &#233;t&#233; extermin&#233;s. A My Tho, Tan An, Bien Hoa, Can Tho, Tay Ninh, il y a eu des arrestations massives de trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hinh Thai Thong, de Struggle, a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; My Tho alors qu'il pr&#233;sidait une r&#233;union interprovinciale de d&#233;l&#233;gu&#233;s des villages et des districts. Thong a &#233;t&#233; &#233;ventr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Combien d'autres camarades de la Quatri&#232;me Internationale ont pay&#233; de leur vie leur all&#233;geance &#224; la cause de la r&#233;volution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y avait ceux qui ont pu rejoindre la r&#233;sistance (de l'arm&#233;e vietnamienne) dont les commandants &#233;taient soit avec nous, soit sympathiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Par exemple, la troisi&#232;me division, command&#233;e par Nguyen Hoa Hiep, comptait un grand nombre de trotskystes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes des autres groupes se sont battus aussi h&#233;ro&#239;quement que ceux de Struggle. La milice des tramways de Go Yap, dirig&#233;e par des membres de l'ICL, a pris position contre les troupes vietnamiennes, gurkhas et fran&#231;aises sur la Plaine des Joncs. Ils ont r&#233;sist&#233; jusqu'en janvier 1946, date &#224; laquelle leur chef Tran Dinh Minh a &#233;t&#233; tu&#233; par les Vietminh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport dans les fichiers ISFI indique que les combattants du LCI ont &#233;t&#233; an&#233;antis par les Vietminh &#224; Kien An le 23 octobre 1945. (Un &#171; proc&#232;s de Moscou &#187; dans le maquis de Ho Chi Minh, dans les fichiers ISFI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef du groupe de lutte, Ta Thu Thau, a rencontr&#233; son destin en revenant de son voyage au nord du Vietnam. Arr&#234;t&#233; &#224; Quang Ngai dans le centre du Vietnam par les Vietminh, il a &#233;t&#233; plac&#233; devant un tribunal populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison sans aucun doute de l'estime dans laquelle Thau &#233;tait tenu en tant que dirigeant ouvrier, le Tribunal l'a d&#233;clar&#233; &#224; trois reprises non coupable de crimes contre le peuple. Malgr&#233; cela, le r&#233;volutionnaire v&#233;t&#233;ran, un ancien enseignant qui avait &#233;t&#233; &#224; moiti&#233; paralys&#233; pendant son incarc&#233;ration &#224; Poulo Condor, a &#233;t&#233; emmen&#233; et fusill&#233; par les Vietminh. (Rapport&#233; dans Quatri&#233;me lnternationale, ao&#251;t 1946).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve document&#233;e de l'&#233;norme ampleur de la r&#233;pression ne peut pas &#234;tre concili&#233;e avec ces apologistes du stalinisme qui pr&#233;tendent que Ho Chi Minh n'&#233;tait pas au courant du massacre, que c'&#233;tait peut-&#234;tre le travail de certains rangs trop z&#233;l&#233;s, que Tran Van Giau a ensuite &#233;t&#233; sanctionn&#233; par les Vietminh &#224; la suite de cela, etc. etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports soumis &#224; l'ISFI, en particulier, confirment sans conteste que le Vietminh a travaill&#233; consciemment et d&#233;lib&#233;r&#233;ment, et souvent efficacement en aidant les Fran&#231;ais et les Britanniques, &#224; an&#233;antir les trotskystes et autres forces de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de compromis du Vietminh avec les Alli&#233;s n'&#233;taient pas aussi fortes que la d&#233;termination de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; r&#233;tablir le pouvoir colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus les Vietminh d&#233;cimaient les forces r&#233;volutionnaires de la r&#233;sistance, plus ils se trouvaient attaqu&#233;s par un ennemi impitoyable qui ne donnait pas de quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#233;truit la direction r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re vietnamienne, le Vietminh s'est tourn&#233; vers les nationalistes bourgeois de la Ligue r&#233;volutionnaire du Vietnam et du Parti nationaliste du Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 octobre 1945, jour du massacre des militants du LCI &#224; Kien An, le gouvernement de Ho Chi Minh &#224; Hano&#239; signa un pacte avec les nationalistes pour travailler conjointement contre les Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste indochinois, lors de sa conf&#233;rence des 9-11 novembre 1945, d&#233;cida d'un geste encore plus &#233;tonnant pour apaiser les dirigeants anticommunistes des forces nationalistes : ils dissolvent le Parti communiste, qui ne sera reconstitu&#233; qu'en 1951 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais ont finalement accept&#233; de parler &#224; Ho apr&#232;s avoir renforc&#233; leur emprise militaire sur le Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amiral Thierry d'Argenlieu a &#233;t&#233; install&#233; comme gouverneur &#224; Sa&#239;gon, tandis que le g&#233;n&#233;ral Leclerc a envoy&#233; une flottille transportant 13 000 soldats dans le golfe du Tonkin au nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 mars 1946, un accord est sign&#233; autorisant les troupes fran&#231;aises sur le sol vietnamien, reconnaissant le Vietnam comme &#201;tat libre au sein de l'Union fran&#231;aise - et laissant la question de la division du pays (les Fran&#231;ais y &#233;taient favorables) &#224; un futur r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet accord a &#233;t&#233; justifi&#233; par le g&#233;n&#233;ral vietminh Vo Nguyen Giap &#224; un rassemblement de masse &#224; Hanoi au motif que les bolcheviks avaient &#233;galement sign&#233; le trait&#233; de Brest-Litovsk avec l'Allemagne, ce qui lui a permis de se renforcer pour les luttes futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une diff&#233;rence : le trait&#233; de Brest-Litovsk a &#233;t&#233; sign&#233; par des r&#233;volutionnaires qui travaillaient activement pour le succ&#232;s de la r&#233;volution allemande et mobilisaient simultan&#233;ment l'Arm&#233;e rouge et la classe ouvri&#232;re russe pour combattre les forces imp&#233;rialistes envahissantes ; le trait&#233; avec les Fran&#231;ais a &#233;t&#233; sign&#233; par des staliniens qui s'&#233;taient engag&#233;s avec l'intention d&#233;clar&#233;e de conclure un accord avec l'imp&#233;rialisme, et qui, loin d'organiser les ouvriers r&#233;volutionnaires pour d&#233;fendre la propri&#233;t&#233; de l'Etat, avaient menac&#233; de mort ceux qui prenaient la propri&#233;t&#233; &#224; la bourgeoisie et aux propri&#233;taires terriens. - et a impitoyablement ex&#233;cut&#233; cette condamnation contre les trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/vietnam/pirani/pirani1.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le soul&#232;vement de Sa&#239;gon de septembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 24 ao&#251;t, le Viet Minh a d&#233;clar&#233; une administration provisoire, un Comit&#233; administratif du Sud, &#224; Sa&#239;gon. Lorsque, dans le but d&#233;clar&#233; de d&#233;sarmer les Japonais, le Viet-Minh a accueilli le d&#233;barquement et le positionnement strat&#233;gique des troupes britanniques et anglo-indiennes, des groupes politiques rivaux sont apparus en force. Les 7 et 8 septembre 1945, dans la ville delta de C&#7847;n Th&#417;, le Comit&#233; dut s'appuyer sur ce qui avait &#233;t&#233; l'auxiliaire japonais, Jeunesse d'Avant-Garde / Thanh Nien Tienphong. Ils ont tir&#233; sur des foules, rejoints par l'ICL, exigeant des armes contre une restauration coloniale fran&#231;aise. [36]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sa&#239;gon, la r&#233;affirmation brutale de l'autorit&#233; fran&#231;aise sous la protection des Japonais britanniques, britanniques-indiens et britanniques r&#233;quisitionn&#233;s a d&#233;clench&#233; un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral le 23 septembre [37]. Sous le slogan &#171; La terre aux paysans ! Les usines aux ouvriers ! &#187;, L'ICL a appel&#233; la population &#224; s'armer et &#224; s'organiser en conseils. Pour coordonner ces efforts, les Internationalistes ont cr&#233;&#233; un Comit&#233; R&#233;volutionnaire Populaire, un &#034;soviet embryonnaire qui a mis sa marque sur la r&#233;gion de Saigon-Cholon, Gia-dinh et Bien-Hoa.&#034; [38] Les d&#233;l&#233;gu&#233;s ont publi&#233; &#034;une d&#233;claration dans laquelle ils ont affirm&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des partis politiques et ont fermement condamn&#233; toute tentative de restreindre l'autonomie des d&#233;cisions prises par les ouvriers et les paysans. &#034;[39]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec d'autres camarades de la Ligue, Ng&#244; V&#259;n s'est associ&#233; aux ouvriers du tramway. Dans &#171; l'esprit internationaliste de la Ligue &#187;, les ouvriers avaient rompu avec leur syndicat, la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (rebaptis&#233;e par le Viet Minh &#171; Ouvriers pour le salut national &#187;). Refusant l'&#233;toile jaune du Viet-Minh, ils se sont rassembl&#233;s sous le drapeau rouge sans fioritures &#171; de leur propre &#233;mancipation de classe &#187; [40]. Mais les milices ont &#233;t&#233; durement touch&#233;es par le retour des Fran&#231;ais. Ng&#244; V&#259;n enregistre &#224; eux seuls deux cents massacres, le 3 octobre, au pont de Thi Nghe. [41]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils retombaient dans la campagne, eux et d'autres formations ind&#233;pendantes (groupes arm&#233;s de nationalistes ind&#233;pendants et sectes syncr&#233;tiques Hoa Hao et Cao Dai) ont &#233;t&#233; pris entre deux feux alors que le Viet-Minh revenait pour encercler la ville. D&#432;&#417;ng B&#7841;ch Mai, qui avait &#233;t&#233; parmi les staliniens sur le comit&#233; de r&#233;daction original de La Lutte, [42] a conduit la s&#233;curit&#233; Vietminh &#224; traquer ses anciens coll&#232;gues sur le papier. &#192; la fin d'octobre, ils avaient captur&#233; et ex&#233;cut&#233;, entre autres, Nguyen Van Tien, l'ancien r&#233;dacteur en chef, et Phan V&#259;n H&#249;m. [43]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36 Marr, David G. Vietnam : &#201;tat, guerre et r&#233;volution (1945-1946). Presses de l'Universit&#233; de Californie. pp. 408&#8211;409. ISBN 9780520274150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37 Rosie, George ; Borum, Bradley (1986). Op&#233;ration Masterdom : la guerre secr&#232;te de la Grande-Bretagne au Vietnam. Int&#233;grer. ISBN 9781851580002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38 Ng&#244; V&#259;n, &#171; Proc&#232;s de Moscou &#187; dans le mouvement de gu&#233;rilla de Ho Chi Minh. &lt;a href=&#034;https://libcom.org/library/%E2%80%98moscow-trial%E2%80%99-ho-chi-minh%E2%80%99s-guerilla-movement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://libcom.org/library/%E2%80%98moscow-trial%E2%80%99-ho-chi-minh%E2%80%99s-guerilla-movement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39 V&#259;n, Dans le Crossfire p. 125&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 Ng&#244; V&#259;n, 1945 : La commune de Sa&#239;gon, &lt;a href=&#034;https://libcom.org/files/1945%20The%20Saigon%20commune.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://libcom.org/files/1945%20The%20Saigon%20commune.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41 Ng&#244; V&#259;n, Dans le feu crois&#233; p. 131&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;42 Alexander, Robert J. International Trotskyism, 1929-1985 : Une analyse document&#233;e du mouvement. Durham : Duke University Press, 1991. pp. 961-962&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43 Van, dans le Crossfire p. 157&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945 : La Commune ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire de Sa&#239;gon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Terreur : Le Vietminh, 1945 &#187; par Ngo Van :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bref compte rendu d'un soul&#232;vement ouvrier et paysan au Vietnam apr&#232;s la fin de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des principales pr&#233;occupations du Comit&#233; Vietminh &#233;tait d'assurer sa &#171; reconnaissance &#187; par les autorit&#233;s britanniques en tant que gouvernement de facto. &#192; cette fin, le comit&#233; a tout mis en &#339;uvre pour montrer sa force et d&#233;montrer sa capacit&#233; &#224; &#171; maintenir l'ordre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa presse, il ordonna la dissolution de tous les groupes partisans qui avaient jou&#233; un r&#244;le actif dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme japonais. Toutes les armes devaient &#234;tre remises aux propres forces de police du Vietminh. La milice du Vietminh, connue sous le nom de &#171; Garde r&#233;publicaine &#187; (Cong hoa-ve-binh) et leur police avaient ainsi le monopole l&#233;gal du port d'armes. Les groupes vis&#233;s par cette d&#233;cision n'&#233;taient pas seulement certaines sectes religieuses (les Cao Dai et les Hoa Hao) mais aussi les comit&#233;s ouvriers, dont plusieurs &#233;taient arm&#233;s. La Vanguard Youth Organization et un certain nombre de &#171; groupes d'autod&#233;fense &#187;, dont beaucoup sont bas&#233;s sur des usines ou des plantations, &#233;taient &#233;galement vis&#233;s. Ceux-ci s'inscrivaient dans un programme social tr&#232;s radical mais n'&#233;taient pas pr&#234;ts &#224; accepter le contr&#244;le complet par le Vietminh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trotskystes du groupe Spark (Tia Sang), anticipant une confrontation imminente et in&#233;vitable avec les forces militaires britanniques et fran&#231;aises, ont commenc&#233; &#224; distribuer des tracts appelant &#224; la formation de comit&#233;s d'action populaire (tochuc-uy-ban hanh-dong) et pour armement du peuple. Ils ont pr&#233;conis&#233; la cr&#233;ation d'une assembl&#233;e populaire, pour &#234;tre l'organe de lutte pour l'ind&#233;pendance nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs du grand d&#233;p&#244;t de tramway de Go Vap (&#224; environ huit kilom&#232;tres de Saigon), aid&#233;s par les militants de Tia Sang, ont organis&#233; une milice ouvri&#232;re. La milice a lanc&#233; un appel aux travailleurs de la r&#233;gion de Sa&#239;gon-Cholon pour qu'ils s'arment et se pr&#233;parent &#224; la lutte in&#233;vitable contre les forces de l'imp&#233;rialisme britannique et fran&#231;ais. A pr&#233;sent, le g&#233;n&#233;ral Gracey avait proclam&#233; la loi martiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'abandonner le centre de Sa&#239;gon, le Comit&#233; Vietminh a enduit les murs d'affiches, invitant la population &#224; &#171; se disperser dans les campagnes &#187;, &#224; &#171; &#233;viter la confrontation &#187; et &#224; &#171; rester calme, car le Comit&#233; esp&#232;re ouvrir des n&#233;gociations &#187;. Un sentiment d'ins&#233;curit&#233; planait sur la ville, qui s'est lentement drain&#233;e d'une partie de sa population vietnamienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1945, les troupes fran&#231;aises, appuy&#233;es par des Gurkhas command&#233;s par des officiers britanniques, r&#233;occupent divers commissariats de police, la Poste, la Banque centrale et la mairie. Ils n'ont rencontr&#233; aucune r&#233;sistance imm&#233;diate. La nouvelle se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre &#224; canon et d&#233;clencha une v&#233;ritable insurrection dans les quartiers populaires de la ville. Des explosions ont &#233;t&#233; entendues dans des zones largement s&#233;par&#233;es. Le mouvement s'&#233;tait rompu sans que personne ne donne aucune directive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietminh n'avait certainement pas appel&#233; &#224; l'insurrection. Leur seule pr&#233;occupation &#233;tait &#171; la loi et l'ordre &#187; et leur propre accession au pouvoir - apr&#232;s les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les banlieues p&#233;riph&#233;riques, des arbres ont &#233;t&#233; abattus, des voitures et des camions retourn&#233;s et des meubles primitifs empil&#233;s dans les rues. Des barricades &#233;l&#233;mentaires ont &#233;t&#233; &#233;rig&#233;es pour emp&#234;cher le passage des patrouilles fran&#231;aises et gurkhas, et la prise de positions strat&#233;giques par les forces imp&#233;rialistes. Le centre de la ville tombe rapidement sous le contr&#244;le des troupes fran&#231;aises et japonaises, soutenues par les Gurkhas. Mais les banlieues les plus pauvres de Khanh Hoi, Cau Kho, Ban Co, Phu Nhuan, Tan Dinh et Thi Nghe &#233;taient fermement entre les mains des rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rebelles eux-m&#234;mes n'&#233;taient pas un lot homog&#232;ne. Parmi eux se trouvaient des membres des comit&#233;s populaires, de la jeunesse de l'avant-garde, des cao-daistes et m&#234;me des groupes &#171; hors ligne &#187; de gardes r&#233;publicains staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones o&#249; les forces populaires &#233;taient aux commandes, des Fran&#231;ais &#233;taient fusill&#233;s : les fonctionnaires les plus cruels de l'ancien r&#233;gime, les policiers d&#233;test&#233;s, connus par la population pour avoir particip&#233; &#224; la torture, &#233;taient recherch&#233;s, tu&#233;s et jet&#233;s dans les canaux. Le racisme, nourri par 80 ans de domination imp&#233;rialiste, et par le m&#233;pris de l'homme blanc pour l'homme jaune, a laiss&#233; son empreinte sur la violence des masses, qui a &#233;clat&#233; dans des moments comme ceux-ci. Le massacre d'une centaine de civils fran&#231;ais dans le domaine de l'H&#233;raud, &#224; Tan Dinh, a &#233;t&#233; un douloureux rappel de ce fait. Les menaces de certains colons fran&#231;ais d'&#233;corcher vifs les Annamites pour faire rebondir les sandales en cuir contre tous les blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces d'occupation ont fouill&#233; f&#233;brilement tout le centre de la ville. Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les insurg&#233;s de mettre le feu &#224; divers b&#226;timents importants, comme la Manufactured Rubber Company, et &#224; des entrep&#244;ts. Dans la nuit du 23 au 24 septembre, des gu&#233;rilleros ont attaqu&#233; le port sans r&#233;pit. Le lendemain, des groupes r&#233;volutionnaires d&#233;filent ouvertement dans la rue de Verdun et remontent le boulevard de la Somme, convergeant vers la place du march&#233;, qu'ils br&#251;lent plus tard. &#192; Sa&#239;gon, il n'y avait ni eau ni &#233;lectricit&#233;. Les fournitures tombaient en panne. Chaque jour, les Fran&#231;ais cherchent &#224; &#233;tendre la zone sous leur contr&#244;le, tandis que divers groupes arm&#233;s s'organisent en gu&#233;rilleros &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Vietminh a produit une brochure : &#171; Les Fran&#231;ais ... semblent prendre plaisir &#224; assassiner notre peuple. Il n'y a qu'une seule r&#233;ponse : un blocus alimentaire. Tout en cherchant &#224; &#171; affamer &#187; les Fran&#231;ais (un espoir futile, car les navires britanniques contr&#244;laient l'acc&#232;s au port), le Vietminh s'accrochait &#224; son espoir d'entamer des n&#233;gociations avec les Britanniques. Les pourparlers avec Gracey ont enfin commenc&#233; ... et une tr&#234;ve a &#233;t&#233; annonc&#233;e le 1er octobre. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc, chef du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais, arrive. Sa mission &#233;tait de &#171; r&#233;tablir l'ordre et de&#171; construire une Indochine forte au sein de l'Union fran&#231;aise &#187;. Il a d&#233;barqu&#233; ses troupes. Les commandos du cuirass&#233; Triomphant ont d&#233;fil&#233; dans la rue Catinat. Le tricolore d&#233;test&#233; flottait &#224; nouveau &#224; diff&#233;rentes fen&#234;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; n&#233;gociations &#187; entre les Vietminh et les Britanniques se sont poursuivies. Le seul r&#233;sultat fut que les troupes britanniques et japonaises furent autoris&#233;es &#224; &#171; passer librement et sans encombre &#187; &#224; travers les zones occup&#233;es par les insurg&#233;s. Le Comit&#233; Vietminh, poursuivant sa politique d'apaisement envers les Alli&#233;s imp&#233;rialistes, avait pris consciemment cette d&#233;cision. Les Gurkhas et les Japonais ont d&#233;m&#233;nag&#233; de nouveaux d&#233;tachements occupant des points strat&#233;giques &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Sa&#239;gon. Le 12 octobre, les troupes fran&#231;aises, appuy&#233;es par les Gurkhas, lancent une attaque g&#233;n&#233;rale vers le nord-est. Les mis&#233;rables huttes paysannes ont br&#251;l&#233; de Thi Nghe &#224; Tan Binh. L'encerclement de la ville par les rebelles a &#233;t&#233; progressivement rompu, dans des combats d&#233;sesp&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chef du groupe de gu&#233;rilleros de Bay Vien a refus&#233; d'entreprendre un travail de police sournois contre d'autres tendances non affili&#233;es au Vietminh. Il a proclam&#233; son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de ces derniers. La sienne n'&#233;tait pas la seule bande arm&#233;e &#224; refuser l'autorit&#233; des staliniens. Le plus grand de ces groupes &#171; dissidents &#187; &#233;tait connu sous le nom de Troisi&#232;me Division, de-tam-su-doan. Elle &#233;tait dirig&#233;e par un ancien nationaliste, qui avait, pendant un certain temps, fait confiance au Japon. Quelques centaines d'hommes arm&#233;s organisent une r&#233;sistance soutenue aux Fran&#231;ais, dans la Plaine des Joncs, mais ils se rendent quelques mois plus tard et le groupe se dissout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vietminh ne tol&#233;rerait aucune tendance qui oserait en formuler la moindre critique. Il a trait&#233; de telles tendances en les liquidant physiquement. Les militants du groupe trotskyste La Lutte ont &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes de la terreur stalinienne, malgr&#233; leurs proclamations de &#034;soutien critique au gouvernement vietminh&#034;. R&#233;unis dans un temple de la r&#233;gion de Thu Due, et tout en pr&#233;parant la lutte arm&#233;e contre les Fran&#231;ais sur le front de Gia Dinh, ils ont &#233;t&#233; encercl&#233;s un matin par les Vietminh, arr&#234;t&#233;s et intern&#233;s peu apr&#232;s &#224; Ben Sue dans la province de Thu Dau Mot. L&#224;, ils ont tous &#233;t&#233; fusill&#233;s - avec une trentaine d'autres prisonniers - &#224; l'approche des troupes fran&#231;aises. Parmi les assassin&#233;s figurait Tran Van Thach, ancien conseiller municipal de Sa&#239;gon, &#233;lu en 1933 sur une liste stalinienne-trotskyste,et quelques mois plus t&#244;t lib&#233;r&#233; de l'&#233;tablissement p&#233;nitentiaire de Poulo Condore. Ta Thu Thau, &#233;galement lib&#233;r&#233; de Poulo Condore, s'&#233;tait rendu dans la province du Tonkin pour aider &#224; organiser l'aide aux r&#233;gions frapp&#233;es par la famine. Il a &#233;t&#233; assassin&#233; par des partisans d'Ho Chi Minh, sur le chemin du retour, dans le centre de l'Annam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette atmosph&#232;re de terreur vietminh, la milice ouvri&#232;re du d&#233;p&#244;t de tramway Go Vap, une soixantaine de personnes, a particip&#233; &#224; l'insurrection, de sa propre initiative. Les 400 ouvriers et employ&#233;s de la Tramway Company &#233;taient r&#233;put&#233;s pour leur militantisme et leur ind&#233;pendance d'esprit. Sous le r&#233;gime imp&#233;rialiste fran&#231;ais, il n'y avait pas de droits syndicaux. Apr&#232;s le 9 mars 1945, lorsque les Japonais avaient remplac&#233; les Fran&#231;ais &#224; la t&#234;te de cette entreprise particuli&#232;re, les ouvriers avaient imm&#233;diatement constitu&#233; leur propre comit&#233; ouvrier et pr&#233;sent&#233; une s&#233;rie de revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaires japonais, dirig&#233;s par le colonel Kirino, &#233;taient venus les menacer, mais confront&#233;s &#224; leur position militante et solidaire, avaient finalement &#233;t&#233; oblig&#233;s de leur accorder une augmentation de salaire et m&#234;me de reconna&#238;tre 11 d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus par les 11 cat&#233;gories de travailleurs : &#233;lectriciens, charpentiers. , m&#233;tallurgistes, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ao&#251;t 1945, lorsque des techniciens &#233;trangers avaient momentan&#233;ment abandonn&#233; l'entreprise, le d&#233;p&#244;t avait &#233;t&#233; repris et g&#233;r&#233; par les ouvriers eux-m&#234;mes, jusqu'au moment de l'insurrection.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces insurg&#233;s qui ne se sont pas ralli&#233;s imm&#233;diatement aux drapeaux vietminh ont &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;s par les Vietminh comme des tra&#238;tres. Les travailleurs qui ne s'identifiaient pas &#224; la &#171; cause patriotique &#187; &#233;taient appel&#233;s &#171; saboteurs &#187; et &#171; r&#233;actionnaires &#187;. La CGT sud &#233;tait pr&#233;sid&#233;e par l'archi-stalinien Hoang Don Van. Sa fonction &#233;tait de contr&#244;ler les travailleurs de la r&#233;gion de Saigon-Cholon, en nommant leurs &#171; repr&#233;sentants &#187; pour eux, par le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette atmosph&#232;re de totalitarisme id&#233;ologique violent, les ouvriers du d&#233;p&#244;t de tramway Go Vap, bien qu'affili&#233;s &#224; la CGT sud, ont refus&#233; le label de Cong-nhan cuu-quoc (Ouvrier Sauveur de la Patrie). Ils ont insist&#233; pour rester une milice prol&#233;tarienne et ont rejet&#233; le drapeau vietminh (&#233;toile jaune sur fond rouge), disant qu'ils continueraient leur combat sous le drapeau rouge, le drapeau de leur propre &#233;mancipation de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes du tramway se sont ensuite organis&#233;s en groupes de combat de 11 hommes dirig&#233;s par des &#233;lus - et sous le commandement g&#233;n&#233;ral de Tran Dinh Minh, un jeune trotskyste du nord qui avait publi&#233; un roman social &#224; Hanoi, sous le pseudonyme de Nguyen Hai Au, et qui &#233;tait venu dans le sud pour participer &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, les staliniens locaux, sous le commandement de Nguyen Dinh Thau, semblaient beaucoup plus soucieux d'arr&#234;ter et de tirer sur leurs d&#233;tracteurs de gauche - et en fait tous qu'ils consid&#233;raient comme des rivaux potentiels pour la direction du mouvement - que de poursuivre la lutte contre le fran&#231;ais. Les actes terroristes sont devenus la r&#232;gle. Ils ont laiss&#233; une empreinte profonde sur l '&#171; &#233;tat en embryon &#187; que le maquis allait bient&#244;t devenir. L'&#233;mergence du Vietminh en tant que force dominante, dans les ann&#233;es &#224; venir, n'a &#233;t&#233; possible qu'apr&#232;s que beaucoup de sang ouvrier et paysan ait &#233;t&#233; vers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant d'accepter l'autorit&#233; de Nguyen Dinh Thau, la milice des tramways cherchait &#224; se regrouper dans la Plaine des Joncs, vers laquelle elle s'&#233;tait ouverte, luttant entre-temps contre les Gurkhas et les Fran&#231;ais &#224; Loc Giang, Thot Not et My Hanh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Plaine des Joncs, les tramways ont pris contact avec les paysans pauvres. Et c'est ici que, dans un combat contre les forces imp&#233;rialistes, Tran Dinh Minh a &#233;t&#233; tu&#233;, le 13 janvier 1946. Une vingtaine d'autres ouvriers du tramway avaient d&#233;j&#224; perdu la vie au cours de batailles men&#233;es en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intol&#233;rance du Vietminh vis-&#224;-vis de toutes les tendances ind&#233;pendantes, les accusations de trahison combin&#233;es aux menaces de meurtre et &#224; la faiblesse num&#233;rique de la milice des tramways ont finalement contraint ses membres &#224; se disperser. Trois d'entre eux, Le Ngoc, Ky et Huong, un jeune travailleur de 14 ans, ont &#233;t&#233; poignard&#233;s &#224; mort par des bandes vietminh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de Sa&#239;gon s'est r&#233;percut&#233;e dans la campagne et dans les provinces les plus &#233;loign&#233;es. Les paysans s'empar&#232;rent des fonctionnaires locaux qui s'&#233;taient le plus distingu&#233;s par leur cruaut&#233; ou leurs extorsions, et beaucoup furent mis &#224; mort. Mais dans les campagnes, comme dans les villes, le pr&#233;texte de la col&#232;re populaire contre les exploiteurs &#233;tait partout utilis&#233; par les Vietminh pour r&#233;gler leurs comptes avec les dissidents politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Ngo Van Xuyet, l'un des participants&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le massacre oubli&#233; des trotskystes vietnamiens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors des manifestations des ann&#233;es 1960, il &#233;tait courant d'entendre des manifestants scandant &#171; Ho, Ho, Ho Chi Minh, nous nous battrons et nous gagnerons &#187;, en l'honneur du stalinien vietnamien qui a men&#233; la lutte contre l'occupation am&#233;ricaine. Les meilleures sections de la gauche ont r&#233;pondu avec leur propre comptine - Ho, Ho, Ho Chi Minh - combien de trots as-tu fait ? Ils faisaient r&#233;f&#233;rence au meurtre de masse des trotskystes vietnamiens par les forces staliniennes en 1945. Soixante ans plus tard, le massacre a &#233;t&#233; largement oubli&#233;. Les trotskystes vietnamiens d&#233;fendaient une politique ind&#233;pendante de la classe ouvri&#232;re contre les imp&#233;rialistes fran&#231;ais et japonais, les staliniens et d'autres forces nationalistes. Le massacre de ces socialistes de la classe ouvri&#232;re, qui a ouvert la voie &#224; la domination de Ho Chi Minh, a soulign&#233; la nature de la r&#233;volution stalinienne au Vietnam qui a mis au pouvoir une nouvelle &#233;lite dirigeante. L'exemple du Vietnam montre pourquoi nous devons rester critiques &#224; l'&#233;gard des mouvements nationalistes les plus r&#233;ussis. Fond &#192; partir des ann&#233;es 1880, le Vietnam faisait partie de l'empire fran&#231;ais en Asie, connu sous le nom d'Indochine. Le Vietnam se composait de trois &#201;tats distincts. Au nord se trouvait le Tonkin, avec Hanoi sa ville principale. Le Tonkin et l'Annam au centre constituaient un seul protectorat fran&#231;ais. Au sud se trouvait la Cochinchine, une colonie fran&#231;aise centr&#233;e sur la ville de Sa&#239;gon. Le Parti communiste indochinois (PCI) a &#233;t&#233; form&#233; en 1930 sous la direction de Nguyen Ai Quoc, qui prendra plus tard le nom de Ho Chi Minh. Les premiers trotskystes vietnamiens &#233;taient des &#233;tudiants vivant en France. En 1932, une scission permanente a eu lieu entre eux. Un groupe, dirig&#233; par Ta Thu Thau, s'appelait le groupe de lutte. L'autre &#233;tait connu sous le nom de groupe Octobre d'apr&#232;s le nom de sa revue. Entre 1933 et 1937, le groupe Struggle a particip&#233; &#224; un front uni avec le PCI et d'autres marxistes, connu sous le nom de La Lutte (d'apr&#232;s le magazine qu'ils ont produit). Ils ont r&#233;ussi &#224; faire &#233;lire des membres de La Lutte, dont Ta Thu Thau, au conseil municipal de Saigon. Le groupe Octobre a soutenu La Lutte mais a critiqu&#233; le groupe Struggle pour sa collaboration trop &#233;troite avec le PCI. Le front uni a &#233;clat&#233; apr&#232;s que le PCI ait soutenu le Front populaire et soutenu les proc&#232;s de Moscou contre les trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux groupes trotskystes ont fait des progr&#232;s consid&#233;rables dans le travail mouvement. En 1937, la F&#233;d&#233;ration syndicale du nom Ky a &#233;t&#233; organis&#233;e sous la direction trotskyste. La F&#233;d&#233;ration avait des organisateurs actifs dans au moins trente-neuf entreprises &#224; Saigon et Cholon, y compris l'usine d'arsenal du gouvernement, sur les chemins de fer, les tramways, dans la compagnie d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, la compagnie p&#233;troli&#232;re, plusieurs entreprises de transformation du riz, des poteries, des raffineries de sucre, distilleries et sur les quais. Les trotskystes &#233;taient la force pr&#233;dominante dans la vague de gr&#232;ves qui a eu lieu en Cochinchine &#224; la fin de 1936 et au d&#233;but de 1937. Le groupe de lutte a continu&#233; &#224; publier La Lutte en fran&#231;ais et, en 1939, a &#233;galement publi&#233; une version en vietnamien Tranh Dau. Aux &#233;lections du Conseil colonial de Cochinchine en 1939, trois trotskystes du groupe de lutte, Ta Thu Thau, Tran Van Thach et Phan Van Hum, ont obtenu 80% du vote total, battant les constitutionnalistes, les staliniens et d'autres. En 1939, le groupe comptait environ 3 000 membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le groupe Octobre &#233;tait &#233;galement actif. Son journal juridique Le Militant a &#233;t&#233; supprim&#233; &#224; la fin de 1937 en raison de son soutien aux gr&#232;ves. Cependant, il a recommenc&#233; &#224; publier Octobre comme &#171; un magazine semi-l&#233;gal &#187; et a &#233;galement publi&#233; Tia Sang (Spark), d'abord en tant qu'hebdomadaire, puis au d&#233;but de 1939 en tant que quotidien. Au d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale, la police coloniale fran&#231;aise a arr&#234;t&#233; deux cents staliniens et trotskystes et a conduit leurs organisations &#224; la clandestinit&#233;. 1945 En mars 1945, les Japonais, qui avaient occup&#233; l'Indochine fran&#231;aise en 1940, se sont dispens&#233;s de l'administration fran&#231;aise fantoche qu'ils avaient maintenue jusque-l&#224;. Apr&#232;s que les &#201;tats-Unis ont largu&#233; des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, les Japonais se sont rendus le 15 ao&#251;t. Un vide s'est ouvert, d&#233;clenchant une situation r&#233;volutionnaire avec plusieurs forces en comp&#233;tition pour le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1941, Ho Chi Minh a convoqu&#233; une conf&#233;rence en Chine pour former le Viet Minh (une abr&#233;viation de Viet-nam dot-lap dong minh, la Ligue pour l'ind&#233;pendance du Vietnam). Le 18 ao&#251;t, le Vietminh a pris le contr&#244;le de Hanoi et a commenc&#233; &#224; organiser ses forces dans le sud. La politique stalinienne, d&#233;termin&#233;e par l'alliance de guerre entre l'URSS, la France, la Grande-Bretagne et les &#201;tats-Unis, &#233;tait de soutenir les Alli&#233;s comme une voie vers la &#171; lib&#233;ration nationale &#187;. Le Groupe d'octobre a &#233;t&#233; reconstitu&#233; sous le nom de Ligue communiste internationale (LCI) en ao&#251;t 1944. Il comptait plusieurs dizaines de membres, m&#234;me si beaucoup &#233;taient des cadres exp&#233;riment&#233;s. Le groupe Lutte a &#233;t&#233; r&#233;tabli en mai-juin 1945. &#192; Sa&#239;gon, le Front national uni (UNF) a pris le relais apr&#232;s la capitulation japonaise. L'UNF se composait de nationalistes tels que le Parti pour l'ind&#233;pendance du Vietnam, la jeunesse de l'avant-garde et des sectes religieuses telles que le Hoa Hao et le Cao Dai. Un mythe, mis sur pied par les staliniens et r&#233;p&#233;t&#233; depuis par les historiens universitaires, est que le groupe de lutte a particip&#233; &#224; l'UNF. Cependant, il n'y a aucune preuve de cela, que ce soit &#224; partir de documents &#233;mis par l'UNF ou du LCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, les ouvriers se sont battus et les paysans ont commenc&#233; des soul&#232;vements. Le point culminant a &#233;t&#233; la cr&#233;ation d'une commune ouvri&#232;re dans la province du Tonkin. Selon le membre du LCI et t&#233;moin oculaire Ngo Van : &#171; Les mineurs de Hoa-gay dans le district de Camphu (une agglom&#233;ration de 300 000 habitants) se sont r&#233;volt&#233;s, ont cr&#233;&#233; des comit&#233;s ouvriers et, sur cette base, ont &#233;tabli un gouvernement v&#233;ritablement prol&#233;tarien. Les ouvriers ont repris les mines, les tramways, les voies ferr&#233;es et le syst&#232;me t&#233;l&#233;graphique, arr&#234;t&#233; les patrons et la police, et d&#233;truit l'appareil local de l'ancien &#201;tat imp&#233;rialiste ... Tous les moyens de production ont &#233;t&#233; plac&#233;s sous le contr&#244;le direct d'un comit&#233; de direction &#233;lu par le travailleurs eux-m&#234;mes et enti&#232;rement contr&#244;l&#233;s par eux. Le principe de l'&#233;galit&#233; de r&#233;mun&#233;ration pour tous les niveaux de travail manuel et intellectuel a &#233;t&#233; mis en &#339;uvre. L'ordre public &#233;tait maintenu par des travailleurs arm&#233;s. Pendant les trois mois de son existence (de la fin ao&#251;t &#224; d&#233;cembre 1945), ce premier gouvernement prol&#233;tarien a fait fonctionner normalement la production mini&#232;re, assur&#233; la vie &#233;conomique de la r&#233;gion, men&#233; une lutte intensive contre l'analphab&#233;tisme et apport&#233; des indemnit&#233;s de maladie. Les comit&#233;s des premiers peuples ont &#233;t&#233; organis&#233;s &#224; Sa&#239;gon le 19 ao&#251;t. Le LCI a &#233;t&#233; tr&#232;s actif dans la mise en place des comit&#233;s pour prendre le pouvoir dans les zones locales, en en organisant plus de 150 en trois semaines. Un comit&#233; central provisoire a &#233;t&#233; mis en place pour coordonner ces comit&#233;s populaires sous la direction trotskyste. Le LCI avait sa propre imprimerie et sa propre presse, et toutes les trois heures, ses directives politiques &#233;taient envoy&#233;es &#224; la population sous forme de communiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Lu Sanh Hanh, membre du LCI et t&#233;moin oculaire : &#171; Le 19 ao&#251;t, les travailleurs du district de Ban Co &#224; Sa&#239;gon ont &#233;t&#233; les premiers &#224; passer &#224; l'action et &#224; mettre en place le premier comit&#233; populaire du sud. Certains sont sortis dans les rues avec des fusils de l'arm&#233;e qu'ils avaient vol&#233;s aux Japonais et cach&#233;s pendant des mois. D'autres portaient des pistolets d'origines diverses et douteuses. Pendant ce temps, le groupe Struggle a &#233;tendu ses activit&#233;s &#224; la r&#233;gion de Hano&#239; au nord. L&#224;, ils ont publi&#233; un quotidien, Tranh Dau (Lutte) avec un tirage rapport&#233; de plus de 15 000 exemplaires. Le 21 ao&#251;t, une manifestation de 300 000 personnes a d&#233;fil&#233; &#224; travers Sa&#239;gon. Les trotskystes ont appel&#233; &#224; l'armement des ouvriers, &#224; une assembl&#233;e nationale et &#224; un &#171; gouvernement ouvrier et paysan &#187;. Le 22 ao&#251;t, les staliniens de Saigon, dirig&#233;s par Tran Van Giau, ont demand&#233; &#224; l'UNF de se dissoudre. Les membres de Vanguard Youth ont fait d&#233;fection de l'UNF au Vietminh. Le 25 ao&#251;t, les Vietminh ont occup&#233; les bureaux de l'UNF et ont organis&#233; une &#233;norme manifestation &#224; Sa&#239;gon pour consolider leur pouvoir, &#233;tendant leur contr&#244;le sur les trois &#201;tats du Vietnam. Le 2 septembre, les staliniens organisent une manifestation pour d&#233;clarer l'ind&#233;pendance et, ironiquement, saluer l'arriv&#233;e des troupes alli&#233;es. Environ 400 000 personnes ont d&#233;fil&#233; &#224; Sa&#239;gon, pour &#234;tre attaqu&#233;es par des colons fran&#231;ais. Le 4 septembre, le comit&#233; r&#233;volutionnaire populaire de Sa&#239;gon a lanc&#233; un appel &#224; l'expropriation des usines. Le 6 septembre, le gouvernement vietminh lan&#231;a un assaut de propagande contre les trotskystes en m&#234;me temps que les troupes britanniques d&#233;barquaient au Vietnam. Le lendemain, Tran Van Giau a ordonn&#233; le d&#233;sarmement de toutes les organisations non gouvernementales. Le gouvernement vietminh a fait arr&#234;ter des membres du comit&#233; populaire de Sa&#239;gon. Selon Lu Sanh Hanh : &#171; Le 14 septembre, le chef de la police stalinienne, Duong Bach Mai, a envoy&#233; un d&#233;tachement arm&#233; pour encercler le si&#232;ge des comit&#233;s lorsque l'assembl&#233;e &#233;tait en pleine session. &#171; Nous nous sommes conduits comme de v&#233;ritables militants r&#233;volutionnaires. Nous nous sommes permis d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s sans r&#233;sistance violente &#224; la police, m&#234;me si nous &#233;tions plus nombreux et que nous &#233;tions tous bien arm&#233;s. Ils ont emport&#233; nos mitrailleuses et nos pistolets, et ont saccag&#233; notre quartier g&#233;n&#233;ral, bris&#233; des meubles, d&#233;chir&#233; nos drapeaux, vol&#233; les machines &#224; &#233;crire et br&#251;l&#233; tous nos papiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'insurrection de Sa&#239;gon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1945, les troupes fran&#231;aises, appuy&#233;es par des Gurkhas command&#233;s par des officiers britanniques, r&#233;occupent divers commissariats de police, la poste, la banque centrale et la mairie de Sa&#239;gon. Certaines troupes fran&#231;aises voulaient &#233;corcher les Vietnamiens vivants &#171; pour fabriquer des sandales en cuir &#187;. La nouvelle a d&#233;clench&#233; une insurrection dans les quartiers ouvriers de la ville. Des explosions ont &#233;t&#233; entendues dans des zones largement s&#233;par&#233;es. Le mouvement a &#233;clat&#233; sans aucune direction. Selon Ngo Van, les rebelles n'&#233;taient pas un groupe homog&#232;ne. Ils comprenaient des membres des comit&#233;s populaires, des Vanguard Youth, des sectes religieuses et m&#234;me des groupes de staliniens &#171; hors ligne &#187;. Les travailleurs du grand d&#233;p&#244;t de tramway de Go Vap pr&#232;s de Sa&#239;gon, aid&#233;s par le LCI, ont organis&#233; une milice de 60 ouvriers. La milice a lanc&#233; un appel aux ouvriers pour qu'ils s'arment et se pr&#233;parent &#224; la lutte contre l'imp&#233;rialisme britannique et fran&#231;ais. Une tr&#234;ve a &#233;t&#233; annonc&#233;e le 1er octobre. Le 5 octobre, le g&#233;n&#233;ral Leclerc, chef du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais, est arriv&#233; pour &#171; r&#233;tablir l'ordre &#187; et &#171; construire une Indochine forte au sein de l'Union fran&#231;aise &#187;. Dans les mois suivants, les Fran&#231;ais reprennent le contr&#244;le du Vietnam avec le consentement du Vietminh. En mars 1946, Ho Chi Minh a sign&#233; un accord pour accueillir les Fran&#231;ais dans le nord et pour r&#233;unifier le pays sous contr&#244;le fran&#231;ais. Ce n'est que lorsque les Fran&#231;ais ont r&#233;impos&#233; la domination coloniale directe que les Vietminh ont commenc&#233; la lutte pour l'ind&#233;pendance qui expulserait les Fran&#231;ais en 1954 et les &#201;tats-Unis en 1975.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les staliniens se sont battus pour &#233;roder le pouvoir des comit&#233;s populaires qui ont surgi spontan&#233;ment dans les zones urbaines. Ils ont pu s'imposer par la d&#233;magogie nationaliste, par la force des armes et par les meurtres perp&#233;tr&#233;s par leur police secr&#232;te, le Ty Cong-Au. Le Vietminh ne tol&#233;rait aucune tendance qui os&#226;t en formuler la moindre critique. Il a trait&#233; de telles tendances en les liquidant physiquement. Les militants du groupe Struggle ont &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes de la terreur stalinienne, malgr&#233; leurs proclamations de &#171; soutien critique au gouvernement vietminh &#187;. Ta Thu Thau a &#233;t&#233; tu&#233; dans des circonstances qui n'ont toujours pas &#233;t&#233; &#233;lucid&#233;es. Tran Van Thach, Nguyen Van So, Nguyen Van Tien et d'autres travailleurs ont &#233;t&#233; assassin&#233;s &#224; Kien-an le 23 octobre 1945. Phan Van Hum et Phan Van Chanh ont &#171; disparu &#187; quelque part dans les zones contr&#244;l&#233;es par les gu&#233;rilleros en Cochinchine et &#224; Nguyen Thi Loi a &#233;t&#233; assassin&#233; &#224; Binh Dang (Cholon) en octobre 1945. Le Ngoc et Nguyen Van Ky, membres du LCI, ont &#233;t&#233; tortur&#233;s &#224; mort par le Ty Cong-Au au d&#233;but de 1946. D'autres membres du LCI tels que Hinh thai Thong ont &#233;t&#233; &#233;ventr&#233;s et enterr&#233; dans une fosse commune avec des centaines d'autres. La commune de mineurs de la r&#233;gion du Tonkin a &#233;t&#233; dissoute par les troupes du gouvernement provisoire de Ho Chi Minh et les conseils d'ouvriers ont &#233;t&#233; d&#233;truits. A la campagne, le Vietminh a restaur&#233; les terres occup&#233;es par les paysans &#224; ses propri&#233;taires d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le r&#244;le sanglant de Ho Chi Minh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ho Chi Minh a &#233;t&#233; le principal stalinien au Vietnam pendant pr&#232;s de quatre d&#233;cennies, dirigeant le mouvement &#224; Hanoi de 1945 jusqu'&#224; sa mort en 1969. Il &#233;tait l'auteur intellectuel du meurtre des trotskystes vietnamiens, sinon le bourreau r&#233;el. En 1939, il &#233;crivit trois lettres pr&#233;parant le terrain pour les meurtres. Il a d&#233;crit les trotskystes comme &#171; une bande de criminels &#187;, &#171; des chiens de fuite du fascisme &#187; et &#171; les tra&#238;tres et les espions les plus inf&#226;mes &#187; (10 mai 1939). Il a poursuivi en disant aux membres du PCI que les trotskystes &#171; collaboraient avec les envahisseurs &#187; et &#171; sabotaient le mouvement &#187; (7 juillet 1939). Il a affirm&#233; qu'ils recevaient 100 000 dollars par mois des Japonais. Dans un rapport r&#233;dig&#233; en m&#234;me temps, il a d&#233;clar&#233; que les trotskystes &#171; doivent &#234;tre politiquement extermin&#233;s &#187;. En octobre 1945, le journal du PCI publi&#233; &#224; Hano&#239; disait : &#171; Les bandes trotskystes doivent &#234;tre abattues imm&#233;diatement &#187; et en f&#233;vrier 1946, le ministre de l'Int&#233;rieur a d&#233;clar&#233; : &#171; Ceux qui ont pouss&#233; les paysans &#224; prendre le contr&#244;le des domaines seront punis sans piti&#233;. &#187; Lorsque Ho Chi Minh &#233;tait &#224; Paris &#224; la fin de 1945, le trotskyste fran&#231;ais Rodolphe Prager lui demanda comment et pourquoi les trotskystes vietnamiens avaient &#233;t&#233; tu&#233;s. Il a dit que cela avait &#233;t&#233; fait par des responsables vietminh locaux dans des conditions dans lesquelles il &#233;tait impossible pour les habitants de Hano&#239; de contr&#244;ler ce que faisaient tous les dirigeants locaux. Et au cours de ce m&#234;me voyage, Ho Chi Minh a d&#233;clar&#233; au socialiste fran&#231;ais Daniel Gu&#233;rin, qui s'est &#233;galement renseign&#233; sur Ta Thu Thau : &#171; Tous ceux qui ne suivent pas la ligne que j'ai trac&#233;e seront bris&#233;s. Dans l'histoire officielle de la p&#233;riode, La R&#233;volution d'Ao&#251;t (1960), le r&#233;gime de Ho Chi Minh a admis qu'il fallait &#171; d&#233;noncer les saboteurs &#187; et &#171; arr&#234;ter les dirigeants de la bande trotskyste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.workersliberty.org/story/2005/09/12/forgotten-massacre-vietnamese-trotskyists&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.workersliberty.org/story/2005/09/12/forgotten-massacre-vietnamese-trotskyists&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En septembre 1945, &#224; Sa&#239;gon, au lendemain d'une grande d&#233;monstration de force stalinienne, nous avons distribu&#233; un d&#233;pliant sur la place centrale du march&#233;, sign&#233; par la Ligue des communistes internationalistes, qui appelait le peuple &#224; prendre les armes, &#224; organiser des comit&#233;s populaires, former des milices populaires&#8230;. Les gens ont essay&#233; d'obtenir des armes. &#192; Sa&#239;gon, un grand nombre de comit&#233;s populaires (qui rappellent les comit&#233;s d'action de 1936) sont n&#233;s spontan&#233;ment en tant qu'institutions du gouvernement local. Les ouvriers des diff&#233;rents quartiers de Sa&#239;gon avaient d&#233;j&#224; &#233;lu leurs comit&#233;s en ao&#251;t. Des formes embryonnaires de conseils populaires ont &#233;merg&#233; partout ; la formation des conseils semblait poss&#233;der une dynamique irr&#233;sistible. La Ligue des communistes internationalistes a tout fait pour coordonner ce mouvement. Dans un quartier ouvrier de Sa&#239;gon, il a mis en place un bureau o&#249; les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus de ces conseils pouvaient se r&#233;unir sous la protection des ouvriers arm&#233;s. Ces d&#233;l&#233;gu&#233;s ont diffus&#233; une d&#233;claration dans laquelle ils ont proclam&#233; leur ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du gouvernement de facto stalinien ainsi que leur condamnation r&#233;solue de toute atteinte &#224; l'autonomie des d&#233;cisions des travailleurs et des paysans12. les d&#233;l&#233;gu&#233;s, apr&#232;s les avoir jug&#233;s dans un pr&#233;tendu tribunal populaire. Les forces d'occupation britanniques ont r&#233;arm&#233; les Fran&#231;ais, qui ont rapidement entrepris de reconqu&#233;rir le sud du Vietnam. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'&#233;clate l'insurrection de Sa&#239;gon, le 23 septembre 1945. Cette nuit-l&#224;, les ouvriers des ateliers d'entretien et de r&#233;paration de l'entreprise de tramway d&#233;cident, en toute autonomie, de participer &#224; l'insurrection contre le retour des Fran&#231;ais. Conform&#233;ment &#224; l'esprit internationaliste de la Ligue, ils soutiennent sans &#233;quivoque les appels de la Ligue pour l'armement du peuple, rompent les relations avec la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale stalinienne du travail - rebaptis&#233;e &#171; Ouvriers de l'arm&#233;e nationale &#187; - et constituent un &#171; ouvrier &#187;. milice &#187; (un nom inspir&#233; de la guerre civile espagnole). Nous &#233;tions soixante combattants, organis&#233;s en groupes de onze, chacun &#233;tant sous la responsabilit&#233; d'un camarade que nous avons &#233;lu nous-m&#234;mes. La milice ouvri&#232;re a servi au centre de la ligne de front pendant le si&#232;ge de Sa&#239;gon, qui avait &#233;t&#233; occup&#233; par les troupes britanniques et fran&#231;aises. Il a donc particip&#233; au combat contre les forces coloniales tout en essayant en m&#234;me temps de cr&#233;er une organisation r&#233;volutionnaire qui n'&#233;tait pas redevable aux strat&#233;gies impos&#233;es d'en haut. Toutes les forces arm&#233;es qui se sont oppos&#233;es au retour des Fran&#231;ais dans le sud - les sectes religieuses Cao Dai et Hoa Hao, les diff&#233;rents groupes arm&#233;s, y compris les groupes trotskystes qui avaient combattu les troupes coloniales anglo-fran&#231;aises - ont tous &#233;t&#233; plus tard d&#233;truit, physiquement &#233;limin&#233; par le Viet Minh. Le Viet Minh a commenc&#233; par l'assassinat des trotskystes et a ensuite trait&#233; de m&#234;me avec les dirigeants des autres organisations, afin d'asseoir son pouvoir sans &#233;gal dans la direction de la r&#233;sistance. Au nord du Vietnam, Ho Chi Minh avait conclu plusieurs accords avec les troupes d'occupation chinoises pour qu'il puisse conserver le pouvoir jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais qui, une fois les Chinois retir&#233;s, entreprit alors de reconqu&#233;rir le pays en d&#233;cembre 1946. Tel &#233;tait le cas. Dans le cas du sud, Ho Chi Minh avait l'intention d'exterminer les trotskystes d&#232;s le moment o&#249; il a pris le pouvoir et, apr&#232;s le retrait des troupes chinoises, il a d&#233;truit tous les autres mouvements de lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, je voudrais rappeler quelques-uns des temps forts m&#233;connus de cette v&#233;ritable lutte de classe dans la lutte pour l'ind&#233;pendance. Lorsque Ho Chi Minh a pris le pouvoir dans le nord du Vietnam, en ao&#251;t 1945, les 30000 mineurs de charbon du district de Hon Gai-Cam Pha, surfant sur la vague d'enthousiasme d&#233;clench&#233;e par la lib&#233;ration, pensaient qu'ils &#233;taient libres de prendre leur destin en main. . Ils ont &#233;lu des conseils pour administrer les mines et pour g&#233;rer les services publics du district, ses chemins de fer et son service t&#233;l&#233;graphique, et ont appliqu&#233; le principe du salaire &#233;gal pour tous dans toutes les cat&#233;gories de travail manuel et intellectuel. Ils ont m&#234;me men&#233; une campagne contre l'analphab&#233;tisme en organisant des cours parmi les mineurs. C'est ainsi que s'organisait la vie dans cette commune ouvri&#232;re, sans chefs, sans police. Mais le mouvement est rest&#233; isol&#233;, et donc terriblement vuln&#233;rable ; les troupes du gouvernement de Ho Chi Minh ont &#233;t&#233; envoy&#233;es pour assi&#233;ger le district minier ; son commandant s'adressa aux mineurs, invoquant la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; nationale et, pour les inciter &#224; se rendre, il leur promit de leur permettre de pr&#233;server certains aspects de leur commune. Cette promesse s'est vite av&#233;r&#233;e creuse : non seulement il a arr&#234;t&#233; tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers &#233;lus, mais il a imm&#233;diatement remplac&#233; les conseils par une nouvelle hi&#233;rarchie de cadres vietnamiens. Et, assez t&#244;t, apr&#232;s trois mois d'autonomie r&#233;volutionnaire, l'ordre militaire et policier de la &#171; R&#233;publique d&#233;mocratique &#187; stalinienne r&#233;gna sur le district.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais &#233;galement mentionner les mouvements autonomes des paysans du nord. Au Tonkin et au nord de l'Annam, les paysans, sous la pression de la faim et se souvenant du slogan du Parti communiste indochinois de 1930, &#171; La terre &#224; ceux qui la cultivent &#187;, ont rejet&#233; l'appel du parti &#224; l'unit&#233; nationale en alliance avec les propri&#233;taires ruraux &#224; travers les comit&#233;s populaires pour confisquer la propri&#233;t&#233; des riches et exproprier la terre : ils savaient qu'ils pouvaient la rendre plus productive et que la r&#233;colte ne serait pas d&#233;tourn&#233;e vers des entreprises sp&#233;culatives. Ho Chi Minh n'a pas perdu de temps pour r&#233;primer leurs initiatives. Une circulaire &#233;mise en novembre 1945 aux comit&#233;s provinciaux stipulait que &#171; les rizi&#232;res et les terres cultiv&#233;es ne seront pas redistribu&#233;es &#187;, et un d&#233;cret sur &#171; l'organisation des institutions du pouvoir des peuples &#187; proclame le r&#233;tablissement d'une hi&#233;rarchie pyramidale comme celle de le Viet Minh. La hi&#233;rarchie stalinienne a exerc&#233; son pouvoir de police sur la situation et a forc&#233;, manu militari, la restitution des terres et des propri&#233;t&#233;s expropri&#233;es aux propri&#233;taires fonciers ruraux. Au sud, dans la r&#233;gion du M&#233;kong, les paysans se sont &#233;galement spontan&#233;ment empar&#233;s des terres appartenant &#224; leurs exploiteurs. Les militants staliniens qui ont tent&#233; de les arr&#234;ter ont &#233;t&#233; presque lynch&#233;s sur place par les expropriateurs. Un communiqu&#233; du Commissariat &#224; l'Int&#233;rieur du gouvernement stalinien de facto a &#233;t&#233; publi&#233; dans les journaux : &#171; Ceux qui ont encourag&#233; les paysans &#224; s'emparer des terres seront impitoyablement punis. La r&#233;volution communiste qui r&#233;soudra le probl&#232;me agraire n'a pas encore eu lieu. Notre gouvernement est un gouvernement d&#233;mocratique et bourgeois, bien que les communistes d&#233;tiennent le pouvoir. Le Viet Minh se dota ainsi de tous les moyens de maintenir une h&#233;g&#233;monie absolue sur le pouvoir et sur la conduite de la guerre. C'&#233;tait la veille de la guerre de trente ans. Le parti de Ho Chi Minh a gagn&#233; cette guerre, bien s&#251;r. Mais le peuple vietnamien a-t-il gagn&#233; autre chose qu'une nouvelle servitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a &#233;crit George Orwell : &#171; Ceux qui contr&#244;lent le pr&#233;sent, contr&#244;lent le pass&#233; et ceux qui contr&#244;lent le pass&#233; contr&#244;lent l'avenir &#187;. Quand l'histoire est attel&#233;e au discours du vainqueur, dissimulant et d&#233;formant toutes les luttes pass&#233;es dans un sch&#233;ma manich&#233;en qui dissout tous les choix r&#233;els, le pr&#233;sent s'impose comme destin in&#233;luctable. C'est pourquoi je veux &#233;voquer tous ces &#233;v&#233;nements en vue des luttes pr&#233;sentes et futures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ngo Van Xuyet - 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://libcom.org/history/hundred-year-war-ngo-van-xuyet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La guerre d'Indochine et les travailleurs fran&#231;ais</title>
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		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Indon&#233;sie Indonesia</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une brochure de Jacques Ramboz &lt;br class='autobr' /&gt;
mardi 18 ao&#251;t 2009, par Robert Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui &#233;tait Jacques Ramboz ? &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; &#224; Paris en 1917 et mort en 1999, Jacques Ramboz a &#233;t&#233; un militant trotskyste. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1930, il adh&#232;re aux jeunesses communistes et au PCF, s'oppose en 1938 &#224; la politique dite de &#034;Front populaire&#034; de ce parti et le quitte pour devenir trotskyste sous l'influence de Barta. Il participe au Groupe Communiste (quatri&#232;me internationale) avec ce dernier. Ce groupe devient ensuite l'Union Communiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot132" rel="tag"&gt;Indon&#233;sie Indonesia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une brochure de Jacques Ramboz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mardi 18 ao&#251;t 2009, par Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui &#233;tait Jacques Ramboz ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Paris en 1917 et mort en 1999, Jacques Ramboz a &#233;t&#233; un militant trotskyste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1930, il adh&#232;re aux jeunesses communistes et au PCF, s'oppose en 1938 &#224; la politique dite de &#034;Front populaire&#034; de ce parti et le quitte pour devenir trotskyste sous l'influence de Barta. Il participe au Groupe Communiste (quatri&#232;me internationale) avec ce dernier. Ce groupe devient ensuite l'Union Communiste et publie la &#034;Lutte des classes&#034; de 1946 &#224; 1949. A partir de cette date, le groupe se dissous et il rejoint un poste de professeur en Tunisie et, &#224; partir de 1957, dans le Gard. Il a &#233;t&#233; un des militants qui, au cours de la guerre, n'ont pas bascul&#233; sous la pression stalinienne et nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre d'Indochine et les travailleurs fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Textes de l'UC&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mai 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE DOIT S'ATTENDRE A ETRE OPPRIME A SON TOUR...&#034; I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les budgets civils doivent payer pour les d&#233;penses militaires&#034;, ou du moins leur surcro&#238;t qui vient surtout des op&#233;rations d'Indochine. Et c'est ici que la majorit&#233; de l'Assembl&#233;e et celle du pays sont un peu complices, que l'une et l'autre auraient en somme mauvaise gr&#226;ce &#224; faire la mauvaise t&#234;te... il faut savoir, dire et reconna&#238;tre que cette politique (outre-mer) exige de grands moyens, c'est-&#224;-dire de s&#233;rieux sacrifices mat&#233;riels et humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un journal &#034;subversif&#034;, &#034;anti-national&#034; qui tire avec cette nettet&#233; les cons&#233;quences de la politique coloniale du gouvernement fran&#231;ais ? Pas du tout : il s'agit de l'officieux Monde du 10 Mai 49, sous la plume de J. Fauvet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ainsi reconnu officiellement que la raison premi&#232;re des sacrifices mat&#233;riels (imp&#244;ts, vie ch&#232;re et bas salaires) et humains (gaspillage de la jeunesse fran&#231;aise), C'EST LA GUERRE D'INDOCHINE. POURQUOI Y A-T-IL LA GUERRE EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'&#233;conomie capitaliste &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle a jet&#233; les grandes puissances &#8211; Angleterre, France, Etats-Unis, Russie, Allemagne et Italie &#8211; &#224; la conqu&#234;te du monde : il s'agissait de s'assurer les meilleurs d&#233;bouch&#233;s, sources de mati&#232;res premi&#232;res et sph&#232;res d'investissement des capitaux. Par toute la terre, c'est la ru&#233;e vers les pays &#034;neufs&#034;. En 1885, &#224; la suite de ses missionnaires, &#034;la France&#034; occupe le Tonkin &#8211; ayant apport&#233; Dieu aux peuples d'Indochine, elle venait leur en r&#233;clamer le denier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance oppos&#233;e par les Etats chinois et annamite fut faible, CELLE DE LA POPULATION N'A PAS CESSE. La &#034;paix fran&#231;aise&#034; &#233;tait le calme du couvre-feu. D&#232;s 1917 profitant de la crise due &#224; la premi&#232;re guerre mondiale, l'Annam s'insurge. L'une apr&#232;s l'autre, toutes les couches populaires entrent dans l'action, culminant en 1929 dans une insurrection de paysans et de petits-bourgeois qui se termine par une &#034;pacification&#034; sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'ann&#233;es passent cependant avant de nouvelles luttes : 1933 voit les manifestations de masse des ouvriers et des paysans. Malgr&#233; la r&#233;pression f&#233;roce &#8212; la torture est monnaie courante &#8211; ces mouvements grandissent de 1936 &#224; 1939. La guerre de 39 est marqu&#233;e par l'arrestation et la d&#233;portation des principaux dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les insurg&#233;s sont des agents japonais. Le Viet-Minh n'est qu'une machine de guerre abandonn&#233;e par ceux-ci dans leur d&#233;faite.&#034; Ce sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui se servent d'exprisonniers japonais comme &#233;claireurs et troupes de choc qui colportent ces accusations. En fait, l'occupation japonaise ne met pas fin aux soul&#232;vements. Fraternellement unis, policiers japonais de Bao-Da&#239; et policiers fran&#231;ais de Decoux font leur possible pour maintenir &#034;l'ordre&#034; &#8211; leur ordre &#8211; jusqu'au moment o&#249; l'effondrement japonais, affaiblissant, par contre-coup, son comp&#232;re-ennemi fran&#231;ais, donne issue &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale du Viet-Minh en 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre d'aujourd'hui n'est pas une &#034;nouvelle&#034; guerre. Elle continue la politique d'hier. Elle en est l'expression concentr&#233;e et fid&#232;le. QU'ONT FAIT, AU NOM DE LA FRANCE, LES CAPITALISTES EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous leur bienveillante domination ont pu subsister la f&#233;odalit&#233; indig&#232;ne et le mandarinat. Rien d'&#233;tonnant que ce soit aujourd'hui, au Cambodge et en Cochinchine, les seuls soutiens et derniers espoirs de la politique &#034;fran&#231;aise&#034; ! Mais la situation des classes populaires n'a fait qu'empirer, une exploitation suppl&#233;mentaire au profit du ma&#238;tre &#233;tranger venant s'ajouter &#224; l'exploitation traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa terre, pour le petit paysan, est un moyen non de vivre, mais de mourir lentement, &#233;cras&#233; qu'il est d'imp&#244;ts &#8211; imp&#244;t individuel de 35 frs. en 1938 (soit un mois de travail), imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034; (&#224; quand l'imp&#244;t sur la mis&#232;re ?), taxe sur chaque pied de tabac, d'oranger, etc... Dans ces conditions, les petits paysans sont la proie assur&#233;e des usuriers. Rong&#233;e par les hypoth&#232;ques, leur terre passe morceau par morceau dans le patrimoine de l'Eglise &#8211; les P&#232;res Blancs comptent parmi les plus grands propri&#233;taires fonciers &#8211; et des banques indochinoises. Ruin&#233;s les paysans prol&#233;taris&#233;s trouvent &#224; &#034;vivre&#034; comme ouvriers agricoles sur les grands domaines pour un salaire journalier de 2 &#224; 4 frs. avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grandes plantations vit ainsi un prol&#233;tariat mis&#233;rable, plut&#244;t vendu que lou&#233;, &#224; la merci compl&#232;te de son employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population ouvri&#232;re ne conna&#238;t pas une vie meilleure. A la m&#234;me &#233;poque, l'ouvrier sp&#233;cialis&#233; gagnait 5 &#224; 10 frs. par jour. Mais la masse des non sp&#233;cialis&#233;s touchait &#034;l'honn&#234;te&#034; salaire journalier de 2,50 frs. &#224; 3 frs. et l'ouvri&#232;re, pour 10 heures de travail, 1,50 fr. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;pittoresques&#034; congaies des &#034;r&#233;cits exotiques&#034; ne sont souvent que de pauvres cr&#233;atures cherchant dans la prostitution un remplacement ou un compl&#233;ment &#224; un salaire de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1860, la Grande-Bretagne fit la guerre pour obliger les chinois &#224; acheter l'opium produit par ses grands planteurs de Birmanie et des Indes. L'Administration Fran&#231;aise n'emploie pas de telles m&#233;thodes. Il lui suffit, gr&#226;ce &#224; l'appui de ses fid&#232;les mandarins, d'obliger la population &#224; consommer des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es, vendues au prix fort au profit du gouvernement. De la m&#234;me fa&#231;on, le monopole sur le sel permet de revendre au travailleur des salineries 70 centimes (en 38-39) le kilo de sel qui lui a &#233;t&#233; achet&#233; 20 ou 30 centimes. LA FRANCE, MERE DE LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indochinois ne peut circuler librement dans son pays. R&#233;quisitionn&#233;s comme main-d' &#339; uvre &#224; bon march&#233;, 12.000 travailleurs furent import&#233;s en France en 1939, parqu&#233;s dans des camps, soumis &#224; mille vexations. Dix ans apr&#232;s, les travailleurs rapatri&#233;s ne peuvent regagner leur village et restent &#034;concentr&#233;s&#034; dans des camps comme &#224; Tourane et Cap St. Jacques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; n'existe pas la libert&#233; mat&#233;rielle, il ne saurait exister de libert&#233; politique. Lorsque les &#233;lections ne sont pas &#034;bonnes&#034;, la parole reste &#224; la police. C'est ainsi qu'en 1939 furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s les d&#233;put&#233;s trotskystes Tha-Thu-Tau et Tran-Van-Trach, &#233;lus triomphalement avec 80% des voix contre 15% au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40.000 Fran&#231;ais envoyaient au parlement indochinois plus de repr&#233;sentants que 27 millions d'indig&#232;nes ! Les derni&#232;res &#233;lections fabriqu&#233;es en Cochinchine en 1949 ont montr&#233; la confiance du peuple en ses &#034;protecteurs&#034; : 85,5% des &#233;lecteurs pourtant choisis se sont abstenus, 14,5% &#8211; dont les policiers, les fonctionnaires, les propri&#233;taires fonciers, les mandarins... &#8211; ont accept&#233; de participer &#224; la com&#233;die. II CE QUE SIGNIFIE LA GUERRE D'INDOCHINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES MATERIELS. &#034;Les budgets de la D&#233;fense Nationale et de la France d'Outre-mer d&#233;passent de 35,3 milliards le plafond de 350 milliards fix&#233; en D&#233;cembre... &#224; cela s'ajoutent les d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour l'Indochine&#034; (Le Monde, 21 mai), le corps exp&#233;ditionnaire revenant &#224; peu pr&#232;s &#224; la moiti&#233; de l'entretien de l'arm&#233;e m&#233;tropolitaine. Les colonialistes fran&#231;ais auront des canons, mais les travailleurs fran&#231;ais se passeront de beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES HUMAINS : 37.000 jeunes hommes, rien que dans la marine, &#233;taient tomb&#233;s &#224; l'automne 1948. Combien d'autres tombes se sont ouvertes au printemps ? La presse si prompte &#224; nous renseigner sur les &#233;bats de la princesse Margaret a, quant &#224; ce sujet, un b &#339; uf sur la langue, et le &#034;paysan&#034; Petsche fait ce qu'il peut pour alimenter cette guerre qui fait fondre des milliers de jeunes paysans comme beurre sur la po&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les capitalistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES PROFITS ACCRUS. Le Monde du 7 avril nous apprend que : les &#034;H&#233;v&#233;as de Tayminh&#034; ont, pour l'exercice 48, r&#233;alis&#233; un b&#233;n&#233;fice net de 3.860.463 piastres indochinoises, le dividende &#233;tant fix&#233; &#224; 18 piastres par action (net 237,66 frs.) et &#224; 142,71 piastres pour les parts (net 1940,89 frs.) ; et le 9 avril, que les comptes de la &#034;Compagnie du Cambodge&#034; font appara&#238;tre pour 1948 un b&#233;n&#233;fice de 15.251.925 piastres contre 2.628.724 pour l'exercice pr&#233;c&#233;dent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre d'Indochine est grassement fum&#233;e de sang. Elle rapporte... L'ECHEANCE 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 ans de guerre, quelle est la situation ? Des milliers de jeunes hommes sont tomb&#233;s, des milliers se battent... et cependant &#034;les troupes du Viet-Nam contr&#244;lent 80% du territoire. Les fran&#231;ais ne se trouvent en s&#233;curit&#233; que dans les grandes villes. Les forces militaires fran&#231;aises qui se servent de l'artillerie, de tanks, d'avions, se r&#233;v&#232;lent impuissantes devant la tactique de gu&#233;rilla des Viet-Namiens&#034;, &#233;crivait le p&#233;riodique am&#233;ricain U.S. News and World Report du 13 Ao&#251;t dernier et, le 2 Juin, le Far Eastern Survey : &#034;Tout ce qui est en dehors des centres et des grandes villes est aux mains d'Ho-Chi-Minh. La grande offensive d'hiver 1947-48 a &#233;t&#233; contenue et repouss&#233;e avec de lourdes pertes. Impasse politique et militaire, et ruine &#233;conomique, telle est la situation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a-t-elle chang&#233; depuis ? Dix divisions doivent partir, politiciens et g&#233;n&#233;raux sont envoy&#233;s en mission &#8211; mais les coups de mains des &#034;rebelles&#034; aux portes m&#234;mes de Saigon prouvent qu'en fait la situation a empir&#233; pour les Fran&#231;ais et leurs partisans. L'offensive de printemps moissonne de nouveaux hommes mais ne peut que prolonger une guerre qui risque de s'&#233;tendre au monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes fran&#231;ais mettent leur ultime espoir en Bao-Da&#239;, le repr&#233;sentant des f&#233;odaux pro japonais. &#034;Avec le retour de S.M. (sic) Bao-Da&#239; au Viet-Nam s'ouvrira pour ce pays une &#232;re nouvelle&#034; &#233;crit A. Surmer dans le suppl&#233;ment d'Avril &#224; La France d'Outre-Mer. Ainsi le n&#232;gre f&#233;tichiste mod&#232;le une poup&#233;e de boue et attend d'elle la pluie et le beau temps... R&#201;CLAMER LA PAIX... ET LAISSER FAIRE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut n&#233;gocier aussi avec Ho-Chi-Minh&#034;, disent les uns &#8211; &#034;seulement avec Ho-Chi-Minh&#034; r&#233;pliquent les autres &#8211; mais la guerre continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fameuses n&#233;gociations ont d&#233;j&#224; eu lieu : en Mars et en Septembre 1946 ; et le trait&#233; avec Bao-Da&#239; ne fait que reproduire, avec quelques concessions en plus, les deux pr&#233;c&#233;dents trait&#233;s. A bon droit la revue La Lutte de Classes de mars 1949 &#233;crit : &#034;Ce n'est cependant pas la paix qui s'en est ensuivie : pendant que M. Thorez, avec M. Bidault, signait ces accords, M. Tillon, ministre de l'air, veillait &#224; la fabrication des 'Cormorans' pour le transport des tanks &#224; destination de l'Indochine. &#034; RETRAIT DU CORPS EXP&#201;DITIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde laisse &#233;chapper la v&#233;rit&#233; quand il parle de la complicit&#233; de l'Assembl&#233;e. Tous les partis qui y bavardent sont complices de la &#034;sale guerre&#034;, car aucun n'a voulu prendre la responsabilit&#233; d'une r&#233;sistance effective contre elle ! Mais c'est faux que le pays soit complice : il le serait s'il continuait &#224; se taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous voulez pactiser avec ceux qui versent le sang fran&#231;ais !&#034; Ceux qui anath&#232;ment ainsi contre les adversaires de la guerre, ce sont les hypocrites d&#233;fenseurs des politiciens et de l'Etat-Major qui se disposent &#224; verser sans compter le sang des nouvelles recrues. Si le sang vers&#233; devait &#234;tre pay&#233; par le sang, ces gens-l&#224; dormiraient-ils tranquilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre n'est pas celle du peuple fran&#231;ais. Elle s'exerce directement contre lui, car les n&#233;cessit&#233;s du financement de la guerre servent &#224; justifier l'aggravation de la situation des travailleurs et une r&#233;pression &#034;&#224; la Jules Moch&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insuffisante pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance d&#233;sesp&#233;r&#233;e de la population vietnamienne, la pr&#233;sence des troupes fran&#231;aises suffit &#224; &#233;terniser la guerre. Entre lui-m&#234;me et les peuples d'Indochine, 'd'une part, et, d'autre part, les dividendes d'une poign&#233;e de financiers, comment le peuple fran&#231;ais ne choisirait-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cesse la guerre d'Indochine, IL FAUT CESSER DE LA FAIRE, il faut obtenir l'arr&#234;t des envois de troupes et le retrait du corps exp&#233;ditionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque groupement corporatif, dans chaque syndicat, travailleuses et travailleurs de France doivent obliger leurs repr&#233;sentants &#224; agir nettement dans ce sens &#8211; ils doivent retirer toute confiance et tout appui aux soutiens avou&#233;s ou honteux des chacals de la Finance. Unis pour la d&#233;fense de leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire, il faut qu'ils crient &#224; ceux-ci : QUITTEZ L'INDOCHINE ! et qu'ils envisagent toutes les mesures pour que ce cri soit entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ramboz&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La Lutte, organisation des travailleurs communistes r&#233;volutionnaires indochinois, en France</title>
		<link>http://matierevolution.org/spip.php?article6923</link>
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		<dc:date>2020-10-23T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Vietnam</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Lutte, journal et organisation des travailleurs communistes r&#233;volutionnaires indochinois, en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire en fran&#231;ais &lt;br class='autobr' /&gt;
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Mai 1945 &lt;br class='autobr' /&gt;
DE QUI L'INDOCHINE DOIT-ELLE SE LIBERER ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a mis a l'ordre du jour le &#034;trusteeship&#034;, moyen par lequel celui-ci veut s'assurer le contr&#244;le des colonies du monde entier, le gouvernement fran&#231;ais a &#034;r&#233;v&#233;l&#233;&#034; ses intentions de transformer l'ancien syst&#232;me colonial en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_14190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH622/440px-La_Lutte_frontpage-37a1c.jpg?1776482916' width='440' height='622' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://matierevolution.org/IMG/jpg/LaLutte_jeudi20-05-1937.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH669/LaLutte_jeudi20-05-1937-7124e.jpg?1776504032' width='500' height='669' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Lutte, journal et organisation des travailleurs communistes r&#233;volutionnaires indochinois, en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5073&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en fran&#231;ais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article578&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?mot130&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1603&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire toujours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Y2Or_gAIyfYC&amp;printsec=frontcover&amp;dq=La+Lutte,+ngo+van&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiZkNPp1eDoAhVGXBoKHVmABksQ6AEIMjAB#v=onepage&amp;q=La%20Lutte%2C%20ngo%20van&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en anglais&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mai 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE QUI L'INDOCHINE DOIT-ELLE SE LIBERER ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain a mis a l'ordre du jour le &#034;trusteeship&#034;, moyen par lequel celui-ci veut s'assurer le contr&#244;le des colonies du monde entier, le gouvernement fran&#231;ais a &#034;r&#233;v&#233;l&#233;&#034; ses intentions de transformer l'ancien syst&#232;me colonial en une &#034;Union fran&#231;aise&#034;. Les capitalistes fran&#231;ais cherchent, face aux revendications de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, &#224; rallier les ouvriers fran&#231;ais &#224; une politique colonialiste &#034;style nouveau&#034;, celle du &#034;bon patron&#034;, du &#034;bon collaborateur&#034;. Cette propagande, qui concerne surtout l'Indochine ne repr&#233;sente cependant qu'une nouvelle hypocrisie, parce que ce n'est pas au moyen de phrases nouvelles qu'on peut changer quelque chose &#224; un syst&#232;me qui, pour &#234;tre &#034;am&#233;lior&#233;&#034;, demande &#224; &#234;tre aboli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot m&#234;me de colonisation est synonyme de surexploitation, de vol et de terreur. C'est sur cette base que l'imp&#233;rialisme fonde sa force. C'est de l&#224; aussi qu'il tire les surprofits &#224; l'aide desquels il corrompt les &#034;chefs&#034; du mouvement ouvrier officiel, et entretient le lourd et co&#251;teux appareil de r&#233;pression que les travailleurs de la M&#233;tropole voient se dresser devant eux d&#232;s qu'ils entrent en lutte contre leurs exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les capitalistes ont fait en Indochine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En occupant le pays, ils ne l'ont pas &#233;lev&#233; en bloc &#224; un niveau de vie et de culture sup&#233;rieur. Bien au contraire, ils ont pris sous leur protection et se sont appuy&#233;s sur la couche exploiteuse indig&#232;ne la plus ha&#239;e et la plus r&#233;trograde : la f&#233;odalit&#233;, toute puissante chez les peuplades arri&#233;r&#233;es du Laos et du Cambodge, et dont les restes, en pays annamite, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s de la liquidation compl&#232;te par l'administration fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directement et par son interm&#233;diaire, les capitalistes fran&#231;ais pressurent et &#233;cr&#232;ment le pays de ses richesses. Les b&#233;n&#233;fices qu'ils en extraient sont tels qu'il leur est possible de c&#233;der des &#034;miettes&#034; importantes &#224; cette mince couche indig&#232;ne privil&#233;gi&#233;e dont ils ont fait une bande de gouverneurs, d'administrateurs et de fonctionnaires-bureaucrates, valets de l'imp&#233;rialisme, formant ce qu'on appelle le mandarinat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En qualit&#233; de mandarins, ils d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts de leurs puissants ma&#238;tres et soutiens, et leurs int&#233;r&#234;ts propres, ceux des propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe laborieuse indochinoise se trouve ainsi doublement exploit&#233;e, l'exploitation capitaliste sans frein venant s'ajouter &#224; l'exploitation terrienne f&#233;odale. Aussi, comme celle de tous les autres peuples coloniaux, a-t-elle un standard de vie bien inf&#233;rieur au minimum vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi un ouvrier agricole ne gagne qu'un litre de riz ou 1 franc par journ&#233;e de travail de 12 heures &#8211; rien de plus, sauf un &#034;repas&#034; &#224; midi pour chaque journ&#233;e de travail effective, et un lopin de terre avec une habitation mis&#233;rable fourni par le propri&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysan ne peut tirer de l'exploitation de sa parcelle de quoi se nourrir et se v&#234;tir, s'il veut payer ses imp&#244;ts : imp&#244;t individuel de 35 frs, ce qui repr&#233;sente un mois de travail, imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034;, taxe sur chaque pied de tabac, sur chaque oranger, etc... qui frappe d'autant plus lourdement l'exploitation agricole qu'elle est plus petite. Et s'il survient une inondation (assez fr&#233;quente dans le delta tonkinois), si la r&#233;colte est ravag&#233;e, mais que la bicoque ne s'en aille pas compl&#232;tement &#224; l'eau et que son buffle (le cheval en France) lui reste, il faudra que le petit paysan trime encore plus dur pour payer quand m&#234;me ses imp&#244;ts, pour &#233;viter la perquisition, la confiscation de ce qui lui reste ou l'emprisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des ouvriers n'est pas moins terrible. Ceux des plantations de caoutchouc, th&#233; et caf&#233;, sont pour la plupart nourris et log&#233;s par les patrons dans la d&#233;pendance compl&#232;te desquels ils sont ainsi plac&#233;s. La maladie les frappe d'autant plus durement que les r&#233;gions de plantations sont de climat tr&#232;s dangereux, surtout pour des travailleurs sous-aliment&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier d'usine sp&#233;cialis&#233; gagne de 5 &#224; 10 frs par jour mais il y en a bien peu. La plupart sont des ouvriers non sp&#233;cialis&#233;s dont le salaire ne d&#233;passe pas 2,50 &#224; 3 frs maximum par jour. Quant &#224; l'ouvri&#232;re, avec 1,50 fr par journ&#233;e de travail de plus de 10 h, elle doit pour vivre chercher &#224; compl&#233;ter ce salaire d&#233;risoire. Hano&#239;, capitale du Tonkin, est ainsi renomm&#233;e... pour sa place au 4&#232;me rang dans le monde, dans le &#034;domaine&#034; de la prostitution ! Voil&#224; la civilisation colonisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mille extorsions s'abattent sur la population, dont les plus connues sont peut-&#234;tre celles d&#233;coulant de la r&#233;gie du sel et de celle de l'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le sel exploit&#233; est vendu obligatoirement &#224; l'Etat, au prix de 20 centimes ou 30 centimes le kilo, et celui-ci le revend 70 centimes &#224; la population &#8211; y compris &#224; l'ouvrier des salineries. Comment appeler cela autrement que de l'escroquerie ? La population n'a pas non plus le droit de fabriquer de l'alcool de riz pour sa consommation. Un service de douane sp&#233;cial a &#233;t&#233; form&#233; pour la lutte contre la fabrication en fraude, et le fraudeur doit payer une amende bien sup&#233;rieure &#224; tous ses biens. Pourquoi cela ? C'est que l'alcool de riz est vendu &#224; la population &#224; des tarifs &#034;r&#233;mun&#233;rateurs&#034; par l'administration fran&#231;aise qui, dans certaines r&#233;gions, oblige les autorit&#233;s indig&#232;nes &#224; &#233;couler des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; encore la colonisation civilisatrice &#224; l'&#339;uvre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terreur polici&#232;re compl&#232;te et maintient ce r&#233;gime d'exploitation sans borne. Un Indochinois n'a pas le droit de circuler librement dans son pays et les voyages &#224; l'&#233;tranger ne sont autoris&#233;s que par faveur, apr&#232;s un s&#233;rieux examen de la vie du candidat &#8211; sauf lorsque des milliers et des milliers de travailleurs sont arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller rejoindre les travailleurs de la M&#233;tropole et mourir avec eux pour le profit des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#034;ordre&#034;, c'est-&#224;-dire la dictature arbitraire des capitalistes, est assur&#233; par des soldats marocains, s&#233;n&#233;galais, la L&#233;gion et une poign&#233;e de policiers indig&#232;nes. En revanche de nombreux corps d'infanterie indochinoise sont envoy&#233;s pour d&#233;fendre le m&#234;me &#034;ordre&#034;, dans toutes les possessions fran&#231;aises d'Afrique, de Chine, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la r&#233;pression de tout mouvement nationaliste et r&#233;volutionnaire est impitoyable. Le moindre mouvement est qualifi&#233; de &#034;communiste&#034; &#8211; la bourgeoisie conna&#238;t son ennemi &#8211; et aussit&#244;t l'appareil de r&#233;pression entre en action. Les prisonniers politiques sont gard&#233;s par des soldats recrut&#233;s parmi les peuplades arri&#233;r&#233;es des hautes montagnes de l'int&#233;rieur, et soumis aux pires traitements. Les m&#233;thodes de torture sont tr&#232;s &#034;efficaces&#034; : piq&#251;res d'aiguilles sous les ongles, attache du &#034;coupable&#034; par les deux pouces du pied &#224; un poteau o&#249; on le laisse se dess&#233;cher au soleil, ingurgitation d'eau sal&#233;e pour provoquer la soif, enfoncement d'une tige de fer dans la verge, et mille autres proc&#233;d&#233;s aussi sauvages, bien dignes des capitalistes. Nourris de riz m&#233;lang&#233; &#224; du poisson pourri, 99% des prisonniers sont ainsi r&#233;duits &#224; la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression sans phrases est combin&#233;e avec la mascarade parlementaire. Mais 40.000 Fran&#231;ais envoient au Parlement indochinois deux fois plus de d&#233;put&#233;s que 27.000.000 d'indig&#232;nes, et encore la presque totalit&#233; des candidatures &#233;lectorales sont-elles choisies par le gouvernement : riches propri&#233;taires fonciers, industriels, etc..., qui d'ailleurs n'ont souvent qu'une connaissance incompl&#232;te de la langue fran&#231;aise. Lorsque le jeu des &#034;combines&#034; &#233;lectorales n'arrive pas compl&#232;tement &#224; emp&#234;cher les masses travailleuses de l'Indochine ; de se faire entendre, leur volont&#233; s'exprime par l'envoi de repr&#233;sentants communistes, tels Tran-Van-Trach et Ta-Thu-Thau, candidats de la IV&#232;me Internationale &#233;lus &#224; Sa&#239;gon en 1939, sous l'occupation japonaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quatre ans, deux camps imp&#233;rialistes oppriment &#233;conomiquement et nationalement le peuple indochinois. L'occupation japonaise, avec sa dictature capitaliste-f&#233;odale n'a pas permis &#224; la classe laborieuse indochinoise d'obtenir un niveau de vie plus &#233;lev&#233;. La classe ouvri&#232;re a &#233;t&#233; pouss&#233;e fr&#233;n&#233;tiquement au travail pour industrialiser l'Indochine (voies de communication, usines) ; ainsi s'est &#233;largie la base du mouvement prol&#233;tarien et se pr&#233;parent des contradictions futures plus terribles entre l'Indochine et la M&#233;tropole. Cette industrialisation n'est pas sans profiter aux capitalistes fran&#231;ais Ainsi la Compagnie des Tramways Indochinois continua pendant l'occupation &#224; verser des dividendes &#224; ses actionnaires et les Raffineries d'Indochine r&#233;alis&#232;rent en 1941 (derniers bilans publi&#233;s) le coquet b&#233;n&#233;fice de 9.541.158 frs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s sont rest&#233;s dans les bagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir l'appui du peuple dans la guerre, l'imp&#233;rialisme japonais a proclam&#233; &#034;l'ind&#233;pendance&#034; de l'Annam, en flattant ainsi l'esprit nationaliste entretenu par l'occupation &#233;trang&#232;re. De son c&#244;t&#233;, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais proclame la cr&#233;ation d'une &#034;Union fran&#231;aise&#034; accordant aux Indochinois pour l'avenir et aux &#034;&#233;lites&#034;, c'est-&#224;-dire aux classes riches, propri&#233;taires fonciers et capitalistes, certains droits, et l'espoir de places lucratives dans l'administration ou le gouvernement (d&#233;put&#233;s). En m&#234;me temps il est vrai, il fait propager l'id&#233;e que &#034;tous les territoires ayant appartenu &#224; leurs possesseurs naturels&#034; doivent leur &#234;tre &#034;rendus le plus t&#244;t possible&#034;. Et dans ce nombre... l'Indochine qui certainement, devrait &#234;tre rendue &#224; la France.&#034; (D&#233;claration de M. Fraser &#224; l'A.F.P., 30/3/45).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de quelque c&#244;t&#233; qu'ils se tournent, les travailleurs indochinois ne voient que des pillards qui se r&#233;clament &#224; grands cris de leur droit &#034;naturel&#034; &#224; les mettre en coupe r&#233;gl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des Indochinois en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1939 &#233;clata la deuxi&#232;me guerre de pillage mondial, 25.000 Indochinois, pour la plupart des paysans, furent arrach&#233;s &#224; leurs foyers pour aller travailler en France dans l'industrie de guerre, poudreries et arsenaux, o&#249; ils accomplirent les travaux les plus dangereux et les plus malsains, c&#244;te &#224; c&#244;te avec d'autres ouvriers coloniaux (arabes notamment) &#8211; 15.000 restent encore d&#233;port&#233;s en France, parce que la guerre a emp&#234;ch&#233; leur rapatriement. Et l'Etat &#8211; c'est-&#224;-dire les capitalistes &#8211; r&#233;alise sur eux de gros b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exil&#233;s vivent en camps, soumis &#224; l'arbitraire le plus complet et &#224; une discipline terroriste qui, comme &#224; Bergerac, comprend souvent des s&#233;vices sanglants. Leur approvisionnement est le m&#234;me en principe que celui de la population civile, mais, &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le de la part des int&#233;ress&#233;s, il est &#034;&#233;cr&#233;m&#233;&#034; successivement par les commandants de L&#233;gion, de Groupements, de Compagnies, puis par toute la s&#233;quelle des &#034;sous-officiers&#034;, des chefs cuisiniers et cuisiniers, qui s'engraissent de la famine des requis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que, d'une ann&#233;e sur l'autre, les travailleurs doivent se contenter de rebuffades et de promesses, leurs dignes chefs sont en mesure de fournir v&#234;tements et brodequins &#224; leurs amis et connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe qu'il g&#232;le en hiver, et que la tuberculose (60% des morts &#224; l'h&#244;pital indochinois de Marseille) d&#233;cime les effectifs ! L'important, pour les marchands d'esclaves, c'est que &#034;&#231;a rende&#034;, c'est-&#224;-dire que la sueur et le sang des travailleurs se transforment entre leurs mains en &#034;bon argent&#034; et grasses richesses. Aussi pressions et vexations s'abattent sur les camps, pour pousser au rendement : diminution des rations des malades, comme &#224; Salin-de-Giraud (Bouches du Rh&#244;ne), pour les obliger &#224; retourner sur le chantier, travail le dimanche &#034;en pr&#233;vision des jours de pluie&#034; comme &#224; la Soci&#233;t&#233; de Gadones, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et malheur &#224; qui tombe malade ! L'h&#244;pital le Dantec de Marseille, le &#034;Tombeau des Indochinois&#034;, l'attend. Au train o&#249; vont les choses, d'ici quelques ann&#233;es, deux bateaux suffiront &#224; rapatrier les survivants des 15.000 d&#233;port&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs indochinois, les employeurs versent &#224; l'Etat, pour chaque journ&#233;e de travail effective, une moyenne de 65 frs. Mais celui-ci paye aux travailleurs un salaire de famine, et les oblige en m&#234;me temps &#224; d&#233;poser &#224; la caisse d'&#233;pargne 25 &#224; 30% de leur solde mensuelle (40 &#224; 60 frs), &#233;conomies forc&#233;es qui servent &#224; masquer aux yeux des masses la d&#233;tresse des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la barri&#232;re que la diff&#233;rence de langue dresse entre travailleurs fran&#231;ais et indochinois, cette barri&#232;re doit &#234;tre franchie, car il est indispensable aux uns et aux autres d'unir leurs efforts contre leurs exploiteurs capitalistes. Les masses indochinoises &#8211; surtout annamites &#8211; poss&#232;dent une tradition r&#233;volutionnaire riche d'abn&#233;gation et d'h&#233;ro&#239;sme. L'ind&#233;pendance qu'elles d&#233;sirent ne saurait &#234;tre obtenue par les marchandages de mandarins, li&#233;s &#224; l'oppression populaire. Elle ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une lutte acharn&#233;e, impitoyable, men&#233;e contre les grandes banques, les 200 familles, bref contre les capitalistes. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment la lutte qu'ont &#224; mener aussi les prol&#233;taires fran&#231;ais. Ceux-ci savent bien par exp&#233;rience, qu'un peuple qui en opprime un autre ne saurait &#234;tre un peuple libre, et doit s'attendre &#224; &#234;tre opprim&#233; &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des travailleurs indochinois est si terrible que les social-chauvins eux-m&#234;mes n'ont pu garder le silence. Le CCN de la CGT les a assur&#233;s de la &#034;solidarit&#233; ardente des travailleurs de France organis&#233;s dans la CGT&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire une r&#233;alit&#233; de cette assurance platonique des bureaucrates chauvins (qui par ailleurs ne disent rien de l'Indochine m&#234;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs indochinois exigent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LIBERATION DES TRAVAILLEURS EMPRISONNES DE BERGERAC ET DE BORDEAUX,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ABOLITION DES MESURES D'EXCEPTION ET DU TERRORISME DISCIPLINAIRE DANS LES CAMPS,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LIBRE EXERCICE DU DROIT SYNDICAL,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES SALAIRES QUI LEUR PERMETTENT DE VIVRE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Indochine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA TERRE AUX PAYSANS,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES DROITS POLITIQUES ET SYNDICAUX COMPLETS POUR LES OUVRIERS ET PAYSANS,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNE ASSEMBLEE CONSTITUANTE ELUE LIBREMENT PAR LES INDOCHINOIS AU SUFFRAGE UNIVERSEL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, travailleurs de la M&#233;tropole, devons appuyer et soutenir enti&#232;rement ces revendications et reconna&#238;tre en m&#234;me temps le droit du peuple indochinois &#224; disposer de lui-m&#234;me, y compris le droit de s&#233;paration de la M&#233;tropole (c'est-&#224;-dire des capitalistes fran&#231;ais).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On croit mourir pour la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'INDOCHINE AUX INDOCHINOIS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier fran&#231;ais ne sait en fait rien de l'Indochine. Ce n'est pas de sa faute. &#034;L'Empire&#034; indochinois n'est qu'une &#034;chasse gard&#233;e&#034; r&#233;serv&#233;e aux directeurs de banque, aux grands planteurs de caoutchouc, aux gros colons poss&#233;dant des mines et aux fonctionnaires coloniaux qui y m&#232;nent une vie de seigneurs f&#233;odaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'ouvrier indochinois est soumis depuis fort longtemps &#224; un r&#233;gime dont seule l'attitude de l'&#233;tat-major allemand en Pologne et en U.R.S.S. peut nous donner une id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1929-30, c'&#233;tait les massacres de Y&#234;n-Bai, de Co-Am dans le Tonkin parce que les paysans r&#233;clamaient l'ind&#233;pendance de leur pays. En 1933, c'&#233;tait la terreur et la r&#233;pression sanglante dans le nord de l'Annam parce que les paysans affam&#233;s par la s&#233;cheresse demandaient la suppression de l'imp&#244;t personnel. En 1937, r&#233;pression sur la classe ouvri&#232;re, par la condamnation arbitraire des militants syndicalistes et des leaders des partis politiques indochinois. En 1939, suppression de tous les avantages que les tra-vailleurs indochinois avaient acquis en 1936 : libert&#233; de presse, libert&#233; d'association et de r&#233;union (les droits syndicaux n'ont jamais exist&#233; en Indochine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que les colons fran&#231;ais accueillirent l'arm&#233;e japonaise pour prot&#233;ger leurs rapines (la m&#233;tropole fran&#231;aise occup&#233;e elle-m&#234;me n'&#233;tant plus assez forte pour les d&#233;fendre &#224; la fois contre les Indochinois et s'opposer &#224; la main-mise japonaise) la lutte devint tr&#232;s dure du fait de la coalition franco-japonaise. En octobre 1940 soul&#232;vement &#224; Bac-Son ; en novembre 1940, insurrection &#224; Caolanh dans la Cochinchine ; en janvier 1941, manifestation &#224; D&#244;-Luon dans l'Annam. La r&#233;pression fut terrible : en 1940, des dizaines de milliers d'Indochinois, femmes et enfants, furent mitraill&#233;s &#224; Caolanh. Les survivants de cette localit&#233; furent rafl&#233;s, attach&#233;s ensemble par un fil de fer pass&#233; &#224; travers la paume de leurs mains et pr&#233;cipit&#233;s dans le M&#233;kong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les d&#233;faites sanglantes de 1940-41, les ouvriers et les paysans indochinois s'organis&#232;rent clandestinement en attendant le jour de l'&#233;croulement nippon pour se lib&#233;rer du joug colonialiste. Ainsi fut cr&#233;&#233;e la Ligue de l'Ind&#233;pendance du peuple indochinois &#8211; le Vi&#234;t-minh &#8211; dont le nom nous a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; ces temps derniers par la presse bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Vi&#234;t-minh groupe les partis nationalistes r&#233;volutionnaires (anti-imp&#233;rialistes) pouss&#233;s en avant par les partis communistes (Trotskistes, et la fraction du P.C. ayant rompu avec la III&#232;me Internationale), ainsi que des organisations nationales de paysans, d'ouvriers, de soldats, de femmes et de jeunes. Au lendemain de la capitulation nippone, il renversa le gouvernement indochinois cr&#233;&#233; par les Japonais (Bao-Da&#239; et Tran-Trong-Kin) et prit le pouvoir en mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici son programme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Election d'une assembl&#233;e repr&#233;sentative de toutes les classes de la population dont la t&#226;che serait de dresser une constitution de l'Etat indochinois et d'un gouvernement fond&#233; sur des principes d&#233;mocratiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Promulgation des droits et privil&#232;ges d&#233;mocratiques pour l'individu ; droit de propri&#233;t&#233;, libert&#233; d'organisation, libert&#233; de presse, droit d'association, libert&#233; de pens&#233;e, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Organisation d'une arm&#233;e nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Confiscation des biens appartenant aux Japonais, Fran&#231;ais et Indochinois fascistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Amnistie g&#233;n&#233;rale pour les prisonniers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; Droits &#233;gaux entre les femmes et les hommes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; Respect des droits des minorit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, ce programme reprend les principes de la &#034;d&#233;claration des droits de l'homme&#034; dont tout petit-bourgeois fran&#231;ais est sens&#233; &#234;tre le d&#233;fenseur. Mais quoique cherchant sa voie en avant dans les traditions du pass&#233; r&#233;volutionnaire du peuple fran&#231;ais, le peuple indochinois se voit attaqu&#233; avec le mat&#233;riel fabriqu&#233; par M. Tillon et par M. Di&#233;thelm. C'est que les &#034;droits de l'homme indochinois&#034; excluent la domination des banques fran&#231;aises et autres sur l'Indochine dont ces ministres d&#233;fendent les int&#233;r&#234;ts.Di&#233;thelm demande partout des volontaires pour le corps exp&#233;ditionnaire en Extr&#234;me-Orient. Mais les travailleurs se montrant peu enthousiastes, il fit appel aux prisonniers de droit commun. A Marseille, ces troupes pillaient dans les bo&#238;tes de nuit, raflaient les caisses du quartier du port avant de s'embarquer. C'est avec des hommes de cette trempe que Di&#233;thelm et Giaccobi envisagent le r&#233;tablissement du &#034;prestige&#034; de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc voulut obliger les troupes indochinoises retir&#233;es d'Allemagne &#224; aller combattre leurs propres fr&#232;res ; ayant refus&#233;, elles ont &#233;t&#233; intern&#233;es dans le Vaucluse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener &#224; bien la r&#233;pression une campagne de calomnies fut lanc&#233;e par la bourgeoisie contre le peuple indochinois. On a pr&#233;tendu entre autres qu'il avait re&#231;u des armes des Japonais, mais les journaux annonc&#232;rent eux-m&#234;mes par la suite que c'est tout le contraire qui s'est pass&#233;. A Sa&#239;gon le commandement anglais avait charg&#233; les Japonais de maintenir l'ordre, de m&#234;me que Tchang-Ka&#239;-Chek en Chine leur avait intim&#233; l'ordre de garder les armes plut&#244;t que de les rendre aux arm&#233;es communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la &#034;paix&#034; qui devait suivre l'effondrement du Japon, M. Di&#233;thelm mobilise. Il est en train de verser le sang en Indochine comme il l'a fait en Afrique du Nord et en Syrie. Les travailleurs indochinois sont cependant d&#233;cid&#233;s &#224; lutter jusqu'au bout avec comme mot d'ordre : &#034;l'Ind&#233;pendance ou la Mort&#034; ! Pour les secourir les travailleurs fran&#231;ais doivent, dans leurs syndicats et leurs partis, faire voter des motions de solidarit&#233; avec la r&#233;volution indochinoise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ind&#233;pendance de l'Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'envoi du corps exp&#233;ditionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'union entre les travailleurs fran&#231;ais et indochinois dans le cadre des Etats-Unis socialistes sovi&#233;tiques du monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Novembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'INDOCHINE AUX INDOCHINOIS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militaristes Anglais, Japonais et Fran&#231;ais, essayent ensemble de &#034;sauver&#034; les int&#233;r&#234;ts des gros capitalistes en Indochine. C'est pour ces pillards colonialistes que le peuple fran&#231;ais doit supporter les imp&#244;ts &#233;crasants, l'inflation, la faim, la mobilisation et continue la guerre qu'on disait &#171; finie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la solidarit&#233; de ces militaristes, opposons la solidarit&#233; des travailleurs Fran&#231;ais, Indochinois, Anglais et Japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bas l'intervention &#233;trang&#232;re en Indochine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de corps exp&#233;ditionnaire fran&#231;ais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la R&#233;publique Ind&#233;pendante Indochinoise, amie de tout peuple qui l'aidera dans cette voie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1945&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Indochinois &#034;LA LUTTE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE RETRAIT DU CORPS EXPEDITIONNAIRE EN INDOCHINE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR L'INDEPENDANCE DE L'INDOCHINE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CAMARADES,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations ouvri&#232;res pr&#233;sentes &#224; ce meeting ont bien agi en exigeant la lib&#233;ration de nos camarades arr&#234;t&#233;s par la police fran&#231;aise pour le &#034;crime&#034; d'avoir expliqu&#233; au peuple fran&#231;ais, la justesse de la cause, pour laquelle lutte le peuple indochinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont bien agi en organisant ce meeting de protestation contre la r&#233;pression sauvage que le gouvernement fran&#231;ais poursuit en ce moment contre les travailleurs Indochinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce meeting suffit-il &#224; soutenir notre juste cause ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se montrer lib&#233;ral en ce qui concerne les Indochinois en France, et souhaiter que le gouvernement fran&#231;ais m&#232;ne une autre politique en Indochine, en m&#234;me temps que la r&#233;pression se poursuit l&#224;-bas de plus en plus f&#233;roce, nous ne pouvons pas regarder cela comme une solidarit&#233; r&#233;elle vis-&#224;-vis de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations ouvri&#232;res disposent de forces &#233;normes : si la r&#233;pression men&#233;e actuellement est un crime contre la libert&#233; &#8211; et c'est un crime ! &#8211; alors ces organisations doivent emp&#234;cher par des moyens en leur pouvoir, la r&#233;pression de se poursuivre ; ce que Marty avait fait en 1919 pour la Russie des Soviets, les partis ouvriers et la CGT doivent le faire pour l'Indochine : donner l'ordre aux travailleurs, aux marins, aux dockers, d'arr&#234;ter tout envoi d'armes et de troupes, &#224; destination de l'Indochine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne saurions regarder comme de v&#233;ritables amis que les organisations ouvri&#232;res fran&#231;aises, dont les actes sont en accord avec les paroles et qui ne se bornent pas &#224; d&#233;noncer, les exc&#232;s de la politique colonialiste, mais se prononcent pour l'ind&#233;pendance de l'Indochine, car sans cela, les adoucissements demand&#233;s seront des paroles utilis&#233;es dans la m&#233;tropole, tandis qu'&#224; Saigon, ce sera toujours les Leclerc qui agiront par leurs m&#233;thodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les organisations qui participent ce soir au meeting, se prononcent donc clairement si elles sont pour le retrait du corps exp&#233;ditionnaire de l'Indochine, si elles sont pour l'ind&#233;pendance de l'Indochine d&#233;livr&#233;e des colons et des banques, si elles se solidarisent avec les opprim&#233;s d'Indochine par tous les moyens en leur pouvoir. Car si la CGT, le PCF, et le PS laissent les dockers charger les bateaux qui transportent les soldats pour assassiner nos fr&#232;res, et ces soldats marchent contre la cause que ces organisations reconnaissent &#234;tre celle de la libert&#233;, c'est qu'elles agissent en fait comme des complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs fran&#231;ais sauront, comme nous, les juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A BAS LE CORPS EXPEDITIONNAIRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA SOLIDARITE ENTRE LES EXPLOITES ET LES OPPRIMES DE TOUS LES PAYS CONTRE L'IMPERIALISME !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13/11/45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;LA LUTTE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;cembre 1945&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression s'abat &#224; l'heure pr&#233;sente sur l'ensemble des tirailleurs indochinois encasern&#233;s en France. Travailleurs fran&#231;ais, vous vous &#234;tes sans doute demand&#233; la raison des mesures terroristes des hommes des trusts ? Quel est donc le crime des tirailleurs qu'on d&#233;sarme, qu'on emprisonne par centaines, qu'on charge &#224; la ba&#239;onnette et qu'on fusille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont d&#233;barqu&#233; en France il y a six ans, venus des coins les plus recul&#233;s d'Indochine. On les a arm&#233;s et pouss&#233;s au front comme du b&#233;tail. Pourquoi se battaient-ils ? On exigeait seulement d'eux qu'ils se fassent tuer. Les survivants ont connu les stalags et le travail sans salaire dans l'organisation Todt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortis des stalags, nous n'avons pas eu les m&#234;mes droits que les autres prisonniers (pas de prime de lib&#233;ration, par exemple). Nous avons demand&#233; au gouvernement de nous d&#233;mobiliser (ayant connu sept ans de caserne, certains d'entre nous huit et neuf ans de service militaire) et de nous orienter vers les centres de formation et de r&#233;&#233;ducation professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous a en r&#233;ponse enr&#233;giment&#233;s &#224; nouveau, m&#234;me les malades, nous faisant travailler pour les patrons fran&#231;ais (dans les for&#234;ts, salineries, etc...), avec un salaire de 2 frs. par jour. Bien plus on veut nous forcer &#224; entrer dans le corps exp&#233;ditionnaire pour aller combattre nos fr&#232;res au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons demand&#233; au G&#233;n&#233;ral Leclerc de nous &#233;pargner pareille besogne : on nous a mis dans des camps disciplinaires &#224; Entraigues (Vaucluse), en nous enlevant tous nos effets et en nous privant de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour n'avoir pas voulu &#234;tre inf&#226;mes en faisant la guerre &#224; nos familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 octobre dernier, nous avons fait, avec nos compatriotes travailleurs, la gr&#232;ve de la faim pour protester contre l'embarquement de force de nos camarades &#224; Marseille, contre la guerre en Indochine et contre l'arrestation arbitraire des membres de la d&#233;l&#233;gation g&#233;n&#233;rale des Indochinois (notre organisation repr&#233;sentative en France). Partout nous avons rencontr&#233; la sympathie des travailleurs fran&#231;ais &#8211; tandis que les officiers colonialistes arr&#234;tent plus de 300 des n&#244;tres et jettent sur nous, d&#233;sarm&#233;s, les gardes-mobiles arm&#233;s de ba&#239;onnettes, comme &#224; Agen o&#249; une trentaine d'anciens prisonniers de guerre indochinois furent gri&#232;vement bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tirailleurs r&#233;partis dans les r&#233;gions de Strasbourg, Mulhouse, Aix-en-Provence, Agen, La Rochelle, Arles, Montpellier ont rendu leurs galons aux bourreaux et gardes-chiourme, demandant la lib&#233;ration de tous leurs camarades arr&#234;t&#233;s. Ou alors que l'on interne comme prisonniers de guerre, les 8.000 tirailleurs indochinois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ils estiment que leurs camarades n'ont fait que leur devoir. Ils vous demandent de les soutenir. Ce n'est pas dans des pays &#233;loign&#233;s et &#233;trangers que se passent ces choses, c'est ici, en France m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leurs mesures terroristes, les colonialistes veulent faire de nous une machine &#224; r&#233;pression, bonne contre quiconque ; demain, on tentera d'utiliser contre vous ces tirailleurs : en les d&#233;fendant aujourd'hui, vous vous d&#233;fendez vous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montrez en nous soutenant par tous les moyens en votre pouvoir, que vous n'aiderez pas les crimes des colonialistes et des hommes des trusts. Partout localement, syndicalement et politiquement, aidez-nous &#224; obtenir sans attendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LIBERATION DE TOUS LES TIRAILLEURS ARRETES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DEMOBILISATION ET LA TRANSFORMATION EN TRAVAILLEURS DE TOUS LES TIRAILLEURS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OCTROI AUX TIRAILLEURS DES MEMES AVANTAGES QUE CEUX AUXQUELS ONT DROIT LES AUTRES PRISONNIERS DE GUERRE, LEUR INSCRIPTION DANS LES CENTRES DE REEDUCATION ET D'APPRENTISSAGE PROFESSIONNELS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Tirailleurs Indochinois en France&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;vrier 1947&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations de D'Argenlieu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA GUERRE D'INDOCHINE, UNE GUERRE IMPERIALISTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, il y a deux mois, l'Etat-Major de d'Argenlieu recommen&#231;ait une politique de force pour remettre le Vi&#234;t-nam sous la coupe incontest&#233;e de la Banque d'Indochine, les consignes donn&#233;es &#224; la presse &#233;taient de pr&#233;senter cette offensive comme &#034;de simples op&#233;rations de police&#034;. Mais ce n'&#233;tait l&#224; qu'un pr&#233;texte pour nous entra&#238;ner dans une v&#233;ritable guerre, et pour masquer le caract&#232;re aventuriste de la politique du gouvernement fran&#231;ais. (Voir Lutte de Classes n&#176;81).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui nous sommes en pr&#233;sence des faits. Cette guerre contre un peuple de plus de vingt millions d'hommes et de femmes, d&#233;cid&#233; tout entier &#224; r&#233;sister jusqu'au bout aux colonialistes, est en r&#233;alit&#233; une guerre d'extermination, pour laquelle il faut engager des effectifs et des sommes consid&#233;rables, et qui condamne le peuple fran&#231;ais aux m&#234;mes cons&#233;-quences &#233;conomiques et politiques qui durent d&#233;j&#224; depuis 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des journaux ont calcul&#233;, et personne ne les a d&#233;mentis, que pour r&#233;instaurer &#034;l'ordre&#034; des banquiers fran&#231;ais en Indochine, il faudrait y envoyer une arm&#233;e de 500.000 hommes ! Et encore, dans ce cas, la guerre peut se poursuivre ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui explique les appels, en apparence inattendus, que d'Argenlieu adresse en ce moment aux &#034;grandes puissances&#034;. &#034;La solution du probl&#232;me indochinois est retard&#233;e par le manque d'une politique commune des grandes nations...&#034;, vient-il de d&#233;clarer &#224; des journaux anglais et am&#233;ricains. &#034;La Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, et si possible les Etats-Unis, doivent se concerter pour &#233;tudier la question et d&#233;cider d'une politique commune &#224; l'effet d'extirper les id&#233;es anti-d&#233;mocratiques (sic) qui pr&#233;valent dans ces territoires&#034; (en Asie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disons des &#034;appels en apparence inattendus&#034;, car l'&#233;ventuelle intervention am&#233;ricaine, par exemple, ne nous avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e jusqu'&#224; maintenant que comme un argument de plus pour faire la guerre, afin d'emp&#234;cher que d'autres &#034;ne prennent notre place&#034;. Cet argument colonialiste a &#233;t&#233; propag&#233; notamment par L'Humanit&#233;, &#224; l'usage des ouvriers aupr&#232;s desquels on ne pouvait pas utiliser des arguments proprement chauvins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a rien d'inattendu dans ces appels de d'Argenlieu. Ils ne font que confirmer que la guerre que m&#232;ne le peuple d'Indochine est une guerre &#233;mancipatrice, devant laquelle les man&#339;uvres des imp&#233;rialistes, pour s'&#233;vincer l'un l'autre, font place &#224; leur solidarit&#233; face &#224; un danger qui les menace tous pareillement. L'attitude des imp&#233;rialistes nous prouve que la guerre du Vi&#234;t-nam pour son ind&#233;-pendance constitue un facteur de lib&#233;ration de tous les travailleurs et de toute l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; des imp&#233;rialistes ne fait qu'affirmer les int&#233;r&#234;ts communs, dans cette guerre, des travailleurs des m&#233;tropoles et des colonies, solidarit&#233; d'int&#233;r&#234;ts dont malheureusement la majorit&#233; des travailleurs fran&#231;ais n'ont pas conscience. Cependant l'action de d'Argenlieu contre le Vi&#234;t-nam s'accompagne de d&#233;clarations anti-communistes (qui ne visent pas le ministre de la D&#233;fense Nationale Billoux, ou le vice-pr&#233;sident Thorez qui l'alimentent en armes et mat&#233;riel humain), mais la classe ouvri&#232;re. La lutte contre les travailleurs d'Indochine est men&#233;e par lui en tant que lutte anti-ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, et ce ne sont pas l&#224; des mots. Alors qu'en Indochine m&#234;me, les premiers incidents contre le Vi&#234;t-nam &#233;taient accompagn&#233;s par le sac d'un journal de tendance socialiste &#224; Sa&#239;gon, dans la m&#233;tropole, un deuxi&#232;me meeting du seul Parti qui s'est effectivement solidaris&#233; avec les travailleurs du Vi&#234;t-nam, le Parti Communiste Internationaliste (IV&#232;me Internationale), a &#233;t&#233; &#224; nouveau dispers&#233; &#224; coups de matraques et de violences par les policiers des ministres soi-disant &#034;communistes&#034; et &#034;socialistes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la solidarit&#233; imp&#233;rialiste, qui unit les d'Argenlieu aux banquiers de Londres et de New-York et &#224; leurs g&#233;n&#233;raux, il faut opposer la solidarit&#233; prol&#233;tarienne qui unit les travailleurs de France aux travailleurs du Vi&#234;t-nam et &#224; ceux du monde entier. Il faut une solidarit&#233; agissante. A bas la guerre de d'Argenlieu ! Vive l'Union libre des peuples m&#233;tropolitains et coloniaux au sein des Etats-Unis socialistes sovi&#233;tiques du monde !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GAUTHIER&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;vrier 1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;SOLIDARITE avec les TRAVAILLEURS INDOCHINOIS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, les Indochinois, actuellement parqu&#233;s dans des camps de travail, en France, ont r&#233;pondu, unanimes, par la gr&#232;ve de la faim, &#224; l'arrestation arbitraire d'un de leurs repr&#233;sentants : Tran Ngoc Danh, d&#233;l&#233;gu&#233; officiel du Viet-Minh &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La riposte du gouvernement Schuman ne s'est &#233;videmment pas fait attendre : aussit&#244;t, perquisitions et rafles ont &#233;t&#233; effectu&#233;es, par la police, dans tous les camps. Ce que la presse bourgeoise, fondant alors en un seul choeur de louanges &#233;mues autour du cadavre de &#034;l'ap&#244;tre de la non-violence&#034;, Gandhi, s'est empress&#233;e de d&#233;mentir et de qualifier, honteusement, d'op&#233;rations de recensement (Le Monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ces travailleurs, au nombre de dix mille, ont &#233;t&#233; amen&#233;s de force en France, au d&#233;but de la guerre. &#034;Ils ont connu la vie du front avec ses dangers, les camps de prisonniers avec leurs atrocit&#233;s. Beaucoup parmi eux sont sous l'uniforme depuis dix ans et tous, depuis bient&#244;t huit ans, n'ont re&#231;u aucune nouvelle des leurs&#034;, relations-nous dans La Voix num&#233;ro 27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque fois que les soldats vietnamiens, &#224; bout de forces, ont r&#233;clam&#233; leur d&#233;mobilisation et leur rapatriement, le gouvernement fran&#231;ais a r&#233;pondu par la provocation, la torture, les attaques aux grenades lacrymog&#232;nes, les emprisonnements en masse et les travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De terribles conditions de vie, la r&#233;pression incessante la plus f&#233;roce n'ont cependant pas r&#233;ussi, pas plus en France qu'en Indochine, &#224; briser le courage et la volont&#233; de lutte acharn&#233;e des Vietnamiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs fran&#231;ais ne peuvent pas rester indiff&#233;rents aux souffrances et aux luttes de leurs fr&#232;res opprim&#233;s des colonies. Seules, en effet, la fraternisation et la lutte solidaire des travailleurs fran&#231;ais et vietnamiens peuvent mettre fin aux massacres d'Indochine, source de mis&#232;re et de souffrances pour tous, et assurer le triomphe des forces de paix sur les forces de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. - Au d&#233;fil&#233; du 8 f&#233;vrier, organis&#233; par la C.G.T., la police a attaqu&#233; les Vietnamiens qui avaient os&#233; porter une pancarte contre Bao Da&#239;, ex-empereur d'Indochine et prot&#233;g&#233; de la finance parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis certaines d&#233;clarations officielles, on savait Vincent Auriol inviolable (et on pr&#233;tend que nous sommes encore en R&#233;publique !). Mais Bao Da&#239; ? Simple pr&#233;texte pour taper dans le tas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mars 1948&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il dans les camps de travailleurs indochinois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les camps de travailleurs indochinois, une f&#233;roce campagne de r&#233;pression est en cours pour briser la r&#233;sistance des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont, depuis quelque temps, syst&#233;matiquement arr&#234;t&#233;s. Les d&#233;tenus sont concentr&#233;s au camp de Blas (Lot-et-Garonne), en vue de leur &#034;rapatriement&#034; en Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le &#034;rapatriement&#034;, c'est la mort pour 90% d'entre eux : ceux qui ont &#233;t&#233; &#034;rapatri&#233;s&#034; depuis 1946 ont &#233;t&#233; maintenus dans les camps de concentration de Tourane et Cap-Saint-Jacques, et soumis aux travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'opposer &#224; un premier d&#233;part de cent trente de leurs camarades, les travailleurs indochinois ont fait appel aux dockers et marins de Bordeaux et de Marseille. Mais, tandis que les travailleurs fran&#231;ais de base &#233;taient pr&#234;ts &#224; agir, la direction de la C.G.T. et le citoyen Tollet se content&#232;rent de bonnes paroles : les cent trente d&#233;port&#233;s sont partis en chantant l'&#034;Internationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, une seconde fourn&#233;e se pr&#233;pare. Pour s'opposer &#224; son envoi au camp de Blas, la 49&#176; compagnie, &#224; Mont-de-Marsan, m&#232;ne depuis des jours la gr&#232;ve de la faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;s parlant fran&#231;ais &#233;tant arr&#234;t&#233;s, les uns apr&#232;s les autres, la direction des camps refuse de reconna&#238;tre de nouveaux d&#233;l&#233;gu&#233;s sous pr&#233;texte, comme &#224; Remiremont (Est), &#034;qu'ils ne parlent pas fran&#231;ais&#034;. Cela revient &#224; interdire les d&#233;l&#233;gu&#233;s, c'est-&#224;-dire briser l'organisation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle est la vie de ceux que l'Etat fran&#231;ais veut bien laisser en libert&#233; surveill&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Syndicat du textile de Roanne signale qu'&#224; l'usine France-Rayonne, des travailleurs indochinois sont utilis&#233;s dans les ateliers les plus malsains, o&#249; beaucoup sont devenus aveugles. Pour les ch&#244;meurs, le syst&#232;me des corv&#233;es gratuites est de nouveau en vigueur : balayage de la chambre du commandant, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les appels &#224; la solidarit&#233; des travailleurs indochinois se heurtent au silence des Tollet et comp&#232;res, qui, sous pr&#233;texte que &#034;trop d'ouvriers fran&#231;ais restaient encore en prison&#034;, ont refus&#233; d'organiser un meeting &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement, en d&#233;fendant les travailleurs indochinois, ce sont eux-m&#234;mes que d&#233;fendent les travailleurs fran&#231;ais, alors qu'en les abandonnant &#224; leurs bourreaux, ce sont leurs propres cha&#238;nes qu'ils forgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. RAMBOZ&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mai 1949&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE DOIT S'ATTENDRE A ETRE OPPRIME A SON TOUR...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les budgets civils doivent payer pour les d&#233;penses militaires&#034;, ou du moins leur surcro&#238;t qui vient surtout des op&#233;rations d'Indochine. Et c'est ici que la majorit&#233; de l'Assembl&#233;e et celle du pays sont un peu complices, que l'une et l'autre auraient en somme mauvaise gr&#226;ce &#224; faire la mauvaise t&#234;te... il faut savoir, dire et reconna&#238;tre que cette politique (outre-mer) exige de grands moyens, c'est-&#224;-dire de s&#233;rieux sacrifices mat&#233;riels et humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un journal &#034;subversif&#034;, &#034;anti-national&#034; qui tire avec cette nettet&#233; les cons&#233;quences de la politique coloniale du gouvernement fran&#231;ais ? Pas du tout : il s'agit de l'officieux Monde du 10 Mai 49, sous la plume de J. Fauvet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ainsi reconnu officiellement que la raison premi&#232;re des sacrifices mat&#233;riels (imp&#244;ts, vie ch&#232;re et bas salaires) et humains (gaspillage de la jeunesse fran&#231;aise), C'EST LA GUERRE D'INDOCHINE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI Y A-T-IL LA GUERRE EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essor de l'&#233;conomie capitaliste &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle a jet&#233; les grandes puissances &#8211; Angleterre, France, Etats-Unis, Russie, Allemagne et Italie &#8211; &#224; la conqu&#234;te du monde : il s'agissait de s'assurer les meilleurs d&#233;bouch&#233;s, sources de mati&#232;res premi&#232;res et sph&#232;res d'investissement des capitaux. Par toute la terre, c'est la ru&#233;e vers les pays &#034;neufs&#034;. En 1885, &#224; la suite de ses missionnaires, &#034;la France&#034; occupe le Tonkin &#8211; ayant apport&#233; Dieu aux peuples d'Indochine, elle venait leur en r&#233;clamer le denier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;sistance oppos&#233;e par les Etats chinois et annamite fut faible, CELLE DE LA POPULATION N'A PAS CESSE. La &#034;paix fran&#231;aise&#034; &#233;tait le calme du couvre-feu. D&#232;s 1917 profitant de la crise due &#224; la premi&#232;re guerre mondiale, l'Annam s'insurge. L'une apr&#232;s l'autre, toutes les couches populaires entrent dans l'action, culminant en 1929 dans une insurrection de paysans et de petits-bourgeois qui se termine par une &#034;pacification&#034; sanglante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'ann&#233;es passent cependant avant de nouvelles luttes : 1933 voit les manifestations de masse des ouvriers et des paysans. Malgr&#233; la r&#233;pression f&#233;roce &#8212; la torture est monnaie courante &#8211; ces mouvements grandissent de 1936 &#224; 1939. La guerre de 39 est marqu&#233;e par l'arrestation et la d&#233;portation des principaux dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les insurg&#233;s sont des agents japonais. Le Viet-Minh n'est qu'une machine de guerre abandonn&#233;e par ceux-ci dans leur d&#233;faite.&#034; Ce sont ceux-l&#224; m&#234;mes qui se servent d'exprisonniers japonais comme &#233;claireurs et troupes de choc qui colportent ces accusations. En fait, l'occupation japonaise ne met pas fin aux soul&#232;vements. Fraternellement unis, policiers japonais de Bao-Da&#239; et policiers fran&#231;ais de Decoux font leur possible pour maintenir &#034;l'ordre&#034; &#8211; leur ordre &#8211; jusqu'au moment o&#249; l'effondrement japonais, affaiblissant, par contre-coup, son comp&#232;re-ennemi fran&#231;ais, donne issue &#224; l'insurrection g&#233;n&#233;rale du Viet-Minh en 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre d'aujourd'hui n'est pas une &#034;nouvelle&#034; guerre. Elle continue la politique d'hier. Elle en est l'expression concentr&#233;e et fid&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QU'ONT FAIT, AU NOM DE LA FRANCE, LES CAPITALISTES EN INDOCHINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous leur bienveillante domination ont pu subsister la f&#233;odalit&#233; indig&#232;ne et le mandarinat. Rien d'&#233;tonnant que ce soit aujourd'hui, au Cambodge et en Cochinchine, les seuls soutiens et derniers espoirs de la politique &#034;fran&#231;aise&#034; ! Mais la situation des classes populaires n'a fait qu'empirer, une exploitation suppl&#233;mentaire au profit du ma&#238;tre &#233;tranger venant s'ajouter &#224; l'exploitation traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa terre, pour le petit paysan, est un moyen non de vivre, mais de mourir lentement, &#233;cras&#233; qu'il est d'imp&#244;ts &#8211; imp&#244;t individuel de 35 frs. en 1938 (soit un mois de travail), imp&#244;t sur le &#034;revenu&#034; (&#224; quand l'imp&#244;t sur la mis&#232;re ?), taxe sur chaque pied de tabac, d'oranger, etc... Dans ces conditions, les petits paysans sont la proie assur&#233;e des usuriers. Rong&#233;e par les hypoth&#232;ques, leur terre passe morceau par morceau dans le patrimoine de l'Eglise &#8211; les P&#232;res Blancs comptent parmi les plus grands propri&#233;taires fonciers &#8211; et des banques indochinoises. Ruin&#233;s les paysans prol&#233;taris&#233;s trouvent &#224; &#034;vivre&#034; comme ouvriers agricoles sur les grands domaines pour un salaire journalier de 2 &#224; 4 frs. avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les grandes plantations vit ainsi un prol&#233;tariat mis&#233;rable, plut&#244;t vendu que lou&#233;, &#224; la merci compl&#232;te de son employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population ouvri&#232;re ne conna&#238;t pas une vie meilleure. A la m&#234;me &#233;poque, l'ouvrier sp&#233;cialis&#233; gagnait 5 &#224; 10 frs. par jour. Mais la masse des non sp&#233;cialis&#233;s touchait &#034;l'honn&#234;te&#034; salaire journalier de 2,50 frs. &#224; 3 frs. et l'ouvri&#232;re, pour 10 heures de travail, 1,50 fr. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#034;pittoresques&#034; congaies des &#034;r&#233;cits exotiques&#034; ne sont souvent que de pauvres cr&#233;atures cherchant dans la prostitution un remplacement ou un compl&#233;ment &#224; un salaire de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1860, la Grande-Bretagne fit la guerre pour obliger les chinois &#224; acheter l'opium produit par ses grands planteurs de Birmanie et des Indes. L'Administration Fran&#231;aise n'emploie pas de telles m&#233;thodes. Il lui suffit, gr&#226;ce &#224; l'appui de ses fid&#232;les mandarins, d'obliger la population &#224; consommer des quantit&#233;s d'alcool arbitrairement fix&#233;es, vendues au prix fort au profit du gouvernement. De la m&#234;me fa&#231;on, le monopole sur le sel permet de revendre au travailleur des salineries 70 centimes (en 38-39) le kilo de sel qui lui a &#233;t&#233; achet&#233; 20 ou 30 centimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FRANCE, MERE DE LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indochinois ne peut circuler librement dans son pays. R&#233;quisitionn&#233;s comme main-d' &#339; uvre &#224; bon march&#233;, 12.000 travailleurs furent import&#233;s en France en 1939, parqu&#233;s dans des camps, soumis &#224; mille vexations. Dix ans apr&#232;s, les travailleurs rapatri&#233;s ne peuvent regagner leur village et restent &#034;concentr&#233;s&#034; dans des camps comme &#224; Tourane et Cap St. Jacques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; n'existe pas la libert&#233; mat&#233;rielle, il ne saurait exister de libert&#233; politique. Lorsque les &#233;lections ne sont pas &#034;bonnes&#034;, la parole reste &#224; la police. C'est ainsi qu'en 1939 furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s les d&#233;put&#233;s trotskystes Tha-Thu-Tau et Tran-Van-Trach, &#233;lus triomphalement avec 80% des voix contre 15% au gouvernement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40.000 Fran&#231;ais envoyaient au parlement indochinois plus de repr&#233;sentants que 27 millions d'indig&#232;nes ! Les derni&#232;res &#233;lections fabriqu&#233;es en Cochinchine en 1949 ont montr&#233; la confiance du peuple en ses &#034;protecteurs&#034; : 85,5% des &#233;lecteurs pourtant choisis se sont abstenus, 14,5% &#8211; dont les policiers, les fonctionnaires, les propri&#233;taires fonciers, les mandarins... &#8211; ont accept&#233; de participer &#224; la com&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CE QUE SIGNIFIE LA GUERRE D'INDOCHINE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES MATERIELS. &#034;Les budgets de la D&#233;fense Nationale et de la France d'Outre-mer d&#233;passent de 35,3 milliards le plafond de 350 milliards fix&#233; en D&#233;cembre... &#224; cela s'ajoutent les d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour l'Indochine&#034; (Le Monde, 21 mai), le corps exp&#233;ditionnaire revenant &#224; peu pr&#232;s &#224; la moiti&#233; de l'entretien de l'arm&#233;e m&#233;tropolitaine. Les colonialistes fran&#231;ais auront des canons, mais les travailleurs fran&#231;ais se passeront de beurre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SACRIFICES HUMAINS : 37.000 jeunes hommes, rien que dans la marine, &#233;taient tomb&#233;s &#224; l'automne 1948. Combien d'autres tombes se sont ouvertes au printemps ? La presse si prompte &#224; nous renseigner sur les &#233;bats de la princesse Margaret a, quant &#224; ce sujet, un b &#339; uf sur la langue, et le &#034;paysan&#034; Petsche fait ce qu'il peut pour alimenter cette guerre qui fait fondre des milliers de jeunes paysans comme beurre sur la po&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les capitalistes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES PROFITS ACCRUS. Le Monde du 7 avril nous apprend que : les &#034;H&#233;v&#233;as de Tayminh&#034; ont, pour l'exercice 48, r&#233;alis&#233; un b&#233;n&#233;fice net de 3.860.463 piastres indochinoises, le dividende &#233;tant fix&#233; &#224; 18 piastres par action (net 237,66 frs.) et &#224; 142,71 piastres pour les parts (net 1940,89 frs.) ; et le 9 avril, que les comptes de la &#034;Compagnie du Cambodge&#034; font appara&#238;tre pour 1948 un b&#233;n&#233;fice de 15.251.925 piastres contre 2.628.724 pour l'exercice pr&#233;c&#233;dent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre d'Indochine est grassement fum&#233;e de sang. Elle rapporte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ECHEANCE 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 ans de guerre, quelle est la situation ? Des milliers de jeunes hommes sont tomb&#233;s, des milliers se battent... et cependant &#034;les troupes du Viet-Nam contr&#244;lent 80% du territoire. Les fran&#231;ais ne se trouvent en s&#233;curit&#233; que dans les grandes villes. Les forces militaires fran&#231;aises qui se servent de l'artillerie, de tanks, d'avions, se r&#233;v&#232;lent impuissantes devant la tactique de gu&#233;rilla des Viet-Namiens&#034;, &#233;crivait le p&#233;riodique am&#233;ricain U.S. News and World Report du 13 Ao&#251;t dernier et, le 2 Juin, le Far Eastern Survey : &#034;Tout ce qui est en dehors des centres et des grandes villes est aux mains d'Ho-Chi-Minh. La grande offensive d'hiver 1947-48 a &#233;t&#233; contenue et repouss&#233;e avec de lourdes pertes. Impasse politique et militaire, et ruine &#233;conomique, telle est la situation.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a-t-elle chang&#233; depuis ? Dix divisions doivent partir, politiciens et g&#233;n&#233;raux sont envoy&#233;s en mission &#8211; mais les coups de mains des &#034;rebelles&#034; aux portes m&#234;mes de Saigon prouvent qu'en fait la situation a empir&#233; pour les Fran&#231;ais et leurs partisans. L'offensive de printemps moissonne de nouveaux hommes mais ne peut que prolonger une guerre qui risque de s'&#233;tendre au monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes fran&#231;ais mettent leur ultime espoir en Bao-Da&#239;, le repr&#233;sentant des f&#233;odaux pro japonais. &#034;Avec le retour de S.M. (sic) Bao-Da&#239; au Viet-Nam s'ouvrira pour ce pays une &#232;re nouvelle&#034; &#233;crit A. Surmer dans le suppl&#233;ment d'Avril &#224; La France d'Outre-Mer. Ainsi le n&#232;gre f&#233;tichiste mod&#232;le une poup&#233;e de boue et attend d'elle la pluie et le beau temps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#201;CLAMER LA PAIX... ET LAISSER FAIRE LA GUERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut n&#233;gocier aussi avec Ho-Chi-Minh&#034;, disent les uns &#8211; &#034;seulement avec Ho-Chi-Minh&#034; r&#233;pliquent les autres &#8211; mais la guerre continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces fameuses n&#233;gociations ont d&#233;j&#224; eu lieu : en Mars et en Septembre 1946 ; et le trait&#233; avec Bao-Da&#239; ne fait que reproduire, avec quelques concessions en plus, les deux pr&#233;c&#233;dents trait&#233;s. A bon droit la revue La Lutte de Classes de mars 1949 &#233;crit : &#034;Ce n'est cependant pas la paix qui s'en est ensuivie : pendant que M. Thorez, avec M. Bidault, signait ces accords, M. Tillon, ministre de l'air, veillait &#224; la fabrication des 'Cormorans' pour le transport des tanks &#224; destination de l'Indochine. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RETRAIT DU CORPS EXP&#201;DITIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde laisse &#233;chapper la v&#233;rit&#233; quand il parle de la complicit&#233; de l'Assembl&#233;e. Tous les partis qui y bavardent sont complices de la &#034;sale guerre&#034;, car aucun n'a voulu prendre la responsabilit&#233; d'une r&#233;sistance effective contre elle ! Mais c'est faux que le pays soit complice : il le serait s'il continuait &#224; se taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Vous voulez pactiser avec ceux qui versent le sang fran&#231;ais !&#034; Ceux qui anath&#232;ment ainsi contre les adversaires de la guerre, ce sont les hypocrites d&#233;fenseurs des politiciens et de l'Etat-Major qui se disposent &#224; verser sans compter le sang des nouvelles recrues. Si le sang vers&#233; devait &#234;tre pay&#233; par le sang, ces gens-l&#224; dormiraient-ils tranquilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre n'est pas celle du peuple fran&#231;ais. Elle s'exerce directement contre lui, car les n&#233;cessit&#233;s du financement de la guerre servent &#224; justifier l'aggravation de la situation des travailleurs et une r&#233;pression &#034;&#224; la Jules Moch&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insuffisante pour venir &#224; bout de la r&#233;sistance d&#233;sesp&#233;r&#233;e de la population vietnamienne, la pr&#233;sence des troupes fran&#231;aises suffit &#224; &#233;terniser la guerre. Entre lui-m&#234;me et les peuples d'Indochine, 'd'une part, et, d'autre part, les dividendes d'une poign&#233;e de financiers, comment le peuple fran&#231;ais ne choisirait-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que cesse la guerre d'Indochine, IL FAUT CESSER DE LA FAIRE, il faut obtenir l'arr&#234;t des envois de troupes et le retrait du corps exp&#233;ditionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque groupement corporatif, dans chaque syndicat, travailleuses et travailleurs de France doivent obliger leurs repr&#233;sentants &#224; agir nettement dans ce sens &#8211; ils doivent retirer toute confiance et tout appui aux soutiens avou&#233;s ou honteux des chacals de la Finance. Unis pour la d&#233;fense de leur int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire, il faut qu'ils crient &#224; ceux-ci : QUITTEZ L'INDOCHINE ! et qu'ils envisagent toutes les mesures pour que ce cri soit entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Ramboz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-le-mouvement-social-2007-2-page-185.htm#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire enfin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article440&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour conclure&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Probl&#232;mes de la r&#233;volution chinoise</title>
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		<dc:date>2020-06-17T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>1927</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions ici le texte de la &#034;Lettre ouverte&#034; de Chen Du-Xiu, fondateur du Parti communiste chinois, qui d&#233;voile et d&#233;nonce la politique stalinienne impos&#233;e &#224; son parti en Chine et qui a permis l'&#233;crasement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Chine par le leader bourgeois Tchang Ka&#239;-chek. &lt;br class='autobr' /&gt;
INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti communiste chinois est constitu&#233; en 1921 avec Chen Duxiu pour secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ; ses d&#233;buts sont modestes, il a 57 membres fondateurs. Mais il na&#238;t dans la foul&#233;e de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique46" rel="directory"&gt;04- La r&#233;volution en Asie, &#224; la fin de la guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;1927&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous publions ici le texte de la &#034;Lettre ouverte&#034; de Chen Du-Xiu, fondateur du Parti communiste chinois, qui d&#233;voile et d&#233;nonce la politique stalinienne impos&#233;e &#224; son parti en Chine et qui a permis l'&#233;crasement de la r&#233;volution prol&#233;tarienne en Chine par le leader bourgeois Tchang Ka&#239;-chek.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste chinois est constitu&#233; en 1921 avec Chen Duxiu pour secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ; ses d&#233;buts sont modestes, il a 57 membres fondateurs. Mais il na&#238;t dans la foul&#233;e de la r&#233;volution en Europe et particuli&#232;rement en Russie et dans la mont&#233;e ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire en Chine....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est encore &#224; l'&#233;poque o&#249; les th&#232;ses de l'Internationale communiste affirment que la r&#233;volution en Chine doit &#234;tre prol&#233;tarienne et socialiste et pas une &#233;tape bourgeoise d&#233;mocratique, comme l'affirmera le stalinisme. Bien qu'arri&#233;r&#233;e, en grande partie f&#233;odale et en majorit&#233; paysanne, la Chine conna&#238;t un essor du prol&#233;tariat et le courant communiste reconna&#238;t dans ce jeune prol&#233;tariat la force capable de diriger y compris la r&#233;volution bourgeoise &#224; son terme ce dont la bourgeoisie nationale est incapable. Le mao&#239;sme et le stalinisme n'avaient pas encore droit de cit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la concession fran&#231;aise de Shanghai qu'a lieu, en juillet 1921, l'&#233;v&#233;nement consid&#233;r&#233; comme l'acte de naissance du Parti communiste chinois, son premier congr&#232;s. Ce n'est pas un hasard : Shanghai, ville de forte concentration ouvri&#232;re et place-forte du capitalisme, foyer de rassemblement d'intellectuels modernistes au lendemain de la seconde guerre mondiale, est le laboratoire o&#249; peuvent na&#238;tre et se d&#233;velopper les mouvements r&#233;volutionnaires. Le r&#233;gime des concessions, par la relative protection qu'elles offrent, permet en outre &#224; ces th&#233;ories de s'exprimer avec plus de libert&#233;. Les principes de d&#233;mocratie, de droits de l'homme, les id&#233;aux de la r&#233;volution fran&#231;aise y sont revendiqu&#233;s par la jeune intelligentsia, qui d&#233;nonce en m&#234;me temps la pr&#233;sence &#233;trang&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction du PCC s'installe donc dans la concession, et particuli&#232;rement, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Chen Duxiu, professeur de litt&#233;rature, francophile, converti au marxisme en 1920.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant la tol&#233;rance dont les autorit&#233;s fran&#231;aises font preuve n'est pas sans arri&#232;re-pens&#233;e ni restriction. D'une part, et selon une remarque du consul lui-m&#234;me, &#034; cette solution permet &#224; notre police de se tenir au courant des faits et gestes des communistes chinois et de leurs relations avec leurs camarades de l'Internationale &#034;. D'autre part, la libre expression politique trouve sa limite dans les fonctions de maintien de l'ordre et de la s&#233;curit&#233; publique assum&#233;es par les services municipaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le premier congr&#232;s du Parti communiste et ses activit&#233;s n'&#233;chappent-ils pas &#224; la surveillance polici&#232;re. Chen Duxiu, qui tient dans sa maison de la rue Vallon, une &#233;cole de langues tenant lieu d'officine de traduction et de diffusion de textes &#233;manant du Komintern et passant pour subversifs est l'objet d'une d&#233;nonciation et arr&#234;t&#233; le 4 octobre 1921 puis en 1922. Ses activit&#233;s et celles de ses compagnons suscitent la sympathie des intellectuels fran&#231;ais compagnons de route du Parti communiste, tel l'&#233;crivain Henri Barbusse qui lui propose de participer au mouvement Clart&#233; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Chen Duxiu est l'un des inspirateurs du mouvement Travail et Etudes qui, d&#232;s 1919, permet &#224; 2 &#224; 3000 &#233;tudiants-ouvriers - parmi lesquels les deux fils de Chen Duxiu - de s'embarquer vers Marseille. Le mouvement souffre des mauvaises conditions &#233;conomiques en France &#224; cette &#233;poque et il se termine assez mal en 1925. Le 30 mai, la police de la concession internationale a tir&#233; sur un cort&#232;ge de manifestants qui soutenaient les ouvriers en gr&#232;ve d'une filature japonaise de la banlieue ouest de Shanghai, faisant 13 morts et d&#233;clenchant la col&#232;re &#224; travers tout le pays et un mouvement r&#233;volutionnaire pr&#233;figurant les &#233;v&#232;nements de 1927. A Paris, les &#233;tudiants chinois soutiennent le mouvement, obtiennent l'appui des communistes fran&#231;ais, lancent des appels &#224; l'insoumission aux marins envoy&#233;s par la France pour prot&#233;ger la concession. Mais, ayant p&#233;n&#233;tr&#233; de force dans les locaux de la L&#233;gation de Chine &#224; Paris pour protester contre le refus d'une autorisation de tenir un meeting, ils sont expuls&#233;s ou partent d'eux-m&#234;mes pour rejoindre le centre r&#233;volutionnaire qu'est devenu Shanghai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le PCC tint son Deuxi&#232;me congr&#232;s national ouvrier, le jour de la F&#234;te du Travail du 1er mai 1925, ses organisations repr&#233;sentaient 570 000 ouvriers. Son influence croissante entraina une vague de luttes militantes de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des gr&#232;ves dans les usines textiles japonaises &#224; Shanghai, un travailleur communiste fut tu&#233; par balle, provoquant des protestations anti-imp&#233;rialistes dans la ville. Le 30 mai, des milliers d'&#233;tudiants et d'ouvriers protest&#232;rent devant un poste de police de Shanghai pour exiger la lib&#233;ration des manifestants arr&#234;t&#233;s. La police britannique ouvrit le feu, tuant 12 personnes et en blessant des douzaines d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve de Canton-Hong Kong en 1925&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; Incident du 30 mai &#187; provoqua une &#233;ruption sans pr&#233;c&#233;dent dans la classe ouvri&#232;re qui marqua le d&#233;but de la Deuxi&#232;me r&#233;volution chinoise. 125 gr&#232;ves eurent lieu, impliquant 400 000 ouvriers, en m&#234;me temps que des protestations de masse et des &#233;meutes &#224; travers le pays. Trois semaines plus tard, en juin 1925, lorsque des ouvriers et des &#233;tudiants manifest&#232;rent &#224; Guangzhou, la police militaire franco-anglaise fit feu et tua 52 personnes. A l'annonce du massacre, les ouvriers de Hong Kong r&#233;pondirent par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. 100 000 ouvriers quitt&#232;rent Hong Kong et un boycott des produits britanniques fut d&#233;clar&#233;, sous la direction d'un comit&#233; de gr&#232;ve de Canton et Hong Kong. Cette assembl&#233;e &#233;lue de d&#233;l&#233;gu&#233;s des ouvriers, avec ses milliers de travailleurs arm&#233;s dans les piquets de gr&#232;ves, &#233;tait l'embryon d'un soviet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radicalisation de la classe ouvri&#232;re contraignit la direction du PCC &#224; reconsid&#233;rer ses relations avec le KMT. En octobre 1925, Chen Duxiu proposa &#224; nouveau que le PCC quitte le KMT et ne collabore avec lui que de l'ext&#233;rieur, mais le Komintern rejeta sa proposition. La clique stalinienne pr&#233;f&#233;ra essayer d'utiliser la mort de Sun pour installer des dirigeants &#171; de gauche &#187; ou pro-moscovites, tels que Wang Ching-wei ou Tchang &#224; la direction centrale du KMT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'embrasement de la classe ouvri&#232;re en 1925, Staline ne prit pas de tournant vers la gauche, mais fonda toute sa politique sur une approche incontestablement menchevique. En opposition avec les le&#231;ons de 1917 en Russie, il renfor&#231;a l'illusion que le KMT bourgeois &#233;tait un parti &#171; des ouvriers et des paysans &#187;, capable de mener la lutte r&#233;volutionnaire. Plus tard il alla m&#234;me plus loin, soutenant que dans des pays tels que la Chine, l'oppression imp&#233;rialiste r&#233;unissait toutes les forces &#171; progressistes &#187; &#8212; la bourgeoisie nationale, l'intelligentsia petite bourgeoise, la paysannerie et la classe ouvri&#232;re &#8212; en un &#171; bloc des quatre classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation par Staline du PCC en un appendice du KMT ouvrait la porte &#224; de graves menaces vis-&#224;-vis du parti au moment o&#249; le KMT prenait un tournant in&#233;vitable dans le sens de l'opposition au mouvement r&#233;volutionnaire. Le 20 mars 1926, Tchang r&#233;alisa un coup de force afin de resserrer son emprise sur le KMT. Il ne renversa pas seulement la d&#233;nomm&#233;e &#171; aile gauche &#187; de la direction du KMT, mais proc&#233;da &#233;galement &#224; l'arrestation de 50 personnalit&#233;s communistes et pla&#231;a tous les conseillers sovi&#233;tiques en r&#233;sidence surveill&#233;e. Il d&#233;sarma le Comit&#233; de gr&#232;ve de Canton &#8212; Hong Kong et s'&#233;tablit de facto comme dictateur militaire au Guangzhou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky engagea une lutte politique syst&#233;matique contre la politique stalinienne chinoise. En septembre 1926, Trotsky conclut que le PCC devait quitter imm&#233;diatement le KMT. &#171; Le mouvement vers la gauche des masses ouvri&#232;res chinoises &#187;, &#233;crivait-il, &#171; est un fait aussi assur&#233; que le mouvement vers la droite de la bourgeoisie chinoise. Dans la mesure o&#249; le Kuo-Min-Tang a &#233;t&#233; &#233;tabli sur l'union politique et organisationnelle des ouvriers et de la bourgeoisie, il doit maintenant &#233;clater sous l'effet des tendances centrifuges de la lutte des classes. Il n'y a pas actuellement de formules politiques magiques ou des stratag&#232;mes tactiques astucieux possibles pour contrecarrer ces tendances et il n'y en aura pas davantage &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La participation du PCC au Kuo-Min-Tang &#233;tait parfaitement correcte durant la p&#233;riode o&#249; le PCC &#233;tait un cercle de propagande qui se pr&#233;parait seulement &#224; une activit&#233; politique future ind&#233;pendante mais qui, en m&#234;me temps, cherchait &#224; prendre part &#224; la lutte de lib&#233;ration nationale en cours. Au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, on a pu voir le d&#233;veloppement d'une puissante vague de gr&#232;ves parmi les ouvriers chinois&#8230; Cette situation confronte le PCC &#224; la t&#226;che de passer de l'&#233;tat de pr&#233;paration o&#249; il se trouve actuellement &#224; une &#233;tape plus avanc&#233;e. Sa t&#226;che politique imm&#233;diate doit maintenant consister &#224; lutter pour une direction r&#233;solument ind&#233;pendante de la classe ouvri&#232;re en &#233;veil &#8212; non pas bien s&#251;r dans le but de soustraire la classe ouvri&#232;re du cadre de la lutte nationale-r&#233;volutionnaire, mais pour lui assurer le r&#244;le, non seulement du combattant le plus r&#233;solu, mais aussi celui de dirigeants ayant une pr&#233;dominance dans la lutte des masses chinoises. &#187; (Leon Trotsky on China, Monad Press, New York, 1978, p. 114, traduit de l'anglais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse de Trotsky fut confirm&#233;e par les &#233;v&#232;nements. Au lieu de d&#233;velopper une perspective prol&#233;tarienne ind&#233;pendante, le PCC consacra son &#233;nergie &#224; soutenir l'exp&#233;dition du Nord de Tchang contre les seigneurs de la guerre en appelant les ouvriers et les paysans &#224; soutenir l'Arm&#233;e nationale r&#233;volutionnaire. Les masses fournirent des renseignements et &#233;tablirent des unit&#233;s de gu&#233;rilla pour interrompre le transport et pour saboter l'approvisionnement &#224; l'arri&#232;re des lignes ennemies. Sans ce soutien populaire et l'h&#233;ro&#239;sme exceptionnel des commandants communistes de l'arm&#233;e, Tchang Ka&#239;-chek n'aurait pas pu, comme il le fit, atteindre la vall&#233;e du fleuve du Yangts&#233; en moins de quatre mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les tensions de classes allaient vers l'explosion &#233;tant donn&#233; que les victoires militaires du KMT &#233;taient consid&#233;r&#233;es par les masses chinoises seulement comme le d&#233;but de la r&#233;volution. Lorsque le corps exp&#233;ditionnaire lib&#233;ra Hunan, par exemple, quatre millions de paysans afflu&#232;rent dans des associations paysannes en seulement cinq mois et un demi-million d'ouvriers rejoignirent l'Union g&#233;n&#233;rale du Travail dirig&#233;e par le PCC. Au Wuhan, un centre industriel majeur de la vall&#233;e du Yangts&#233;, 300 000 ouvriers form&#232;rent l'Union g&#233;n&#233;rale de Hubei, sous la direction du PCC. De plus, le mouvement de masse se radicalisait rapidement. Les ouvriers prirent spontan&#233;ment le contr&#244;le des concessions britanniques &#224; Hankou. Le mouvement paysan &#233;volua, commen&#231;ant par demander des r&#233;ductions du prix des fermages pour en arriver &#224; des luttes arm&#233;es pour expulser les propri&#233;taires terriens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avril 1927 : Le coup de Shanghai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les masses se soulevaient, Tchang Ka&#239;-chek &#233;voluait rapidement vers le camp de la grande entreprise, des compradores et des repr&#233;sentants de l'imp&#233;rialisme dans l'Est de la Chine, pour supprimer la r&#233;volution. Moscou proclamait que l'&#233;volution droiti&#232;re de Tchang pouvait &#234;tre contrecarr&#233;e en reconstruisant la &#171; gauche &#187; autour de Wang Ching-wei &#224; la direction centrale du KMT, d&#233;sormais situ&#233;e au Wuhan. Cependant, le d&#233;saccord entre la gauche et la droite du KMT &#233;tait purement tactique. Les deux &#233;taient d'accord pour &#233;tablir un gouvernement bourgeois &#171; national &#187;. Leurs d&#233;saccords portaient essentiellement sur des questions de strat&#233;gie militaire, de partage du pouvoir et, le plus important, sur quand et comment rompre l'alliance du KMT avec le parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des protestations vides de sens adress&#233;es par Tchang &#224; Staline qu'il n'&#233;tablirait pas la domination bourgeoise en Chine, une &#233;preuve de force &#233;tait in&#233;vitable alors que les arm&#233;es du KMT approchaient de Shanghai &#8212; le centre &#233;conomique du pays avec une classe ouvri&#232;re importante et radicalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCC tenta de prendre le contr&#244;le de la ville avant l'arriv&#233;e des troupes du KMT, mais la politique de Staline d'&#233;viter un conflit &#171; pr&#233;matur&#233; &#187; avec Tchang Ka&#239;-chek et de maintenir le &#171; bloc des quatre classes &#187; sapa et finit par &#233;trangler cette initiative. Les ouvriers de Shanghai prirent le pouvoir, seulement pour le rendre &#224; la bourgeoisie et faire face ensuite &#224; la furie meurtri&#232;re des gangs de voyous de Tchang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression de la mont&#233;e des luttes de masse, la direction du PCC lan&#231;a un appel &#224; briser la barri&#232;re entre les t&#226;ches nationales d&#233;mocratiques et la r&#233;volution socialiste. Le parti fit appel &#224; la classe ouvri&#232;re pour accomplir &#171; sur le champ &#187; la r&#233;volution chinoise, en &#171; concentrant le rail, le transport maritime, les mines et la grande industrie sous le contr&#244;le de l'Etat et en proc&#233;dant &#224; la transition vers le socialisme &#187; (History of Sino-Soviet Relations 1917-1991, Shen Zhihua, Xinhua Press, p31, traduction de l'anglais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hostile &#224; toute tentative par le PCC de violer sa th&#233;orie des &#171; deux &#233;tapes &#187;, Staline r&#233;duisit cette initiative r&#233;volutionnaire dans la deuxi&#232;me moiti&#233; de mars 1927 en &#233;mettant les ordres suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) pas de prise de pouvoir des concessions &#233;trang&#232;res &#224; Shanghai de fa&#231;on &#224; &#233;viter une intervention imp&#233;rialiste ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) man&#339;uvrer entre l'aile gauche et l'aile droite du KMT, s'abstenir de toute opposition envers l'arm&#233;e, et pr&#233;server les forces du PCC ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) le PCC devait se pr&#233;parer &#224; des luttes arm&#233;es, mais devait dissimuler ses armes pour l'instant compte tenu de ce que l'&#233;quilibre des forces &#233;tait d&#233;favorable &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La marche victorieuse des travailleurs de Shanghai apr&#232;s l'insurrection arm&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces directives permirent que ce qui se pr&#233;sentait comme une situation r&#233;volutionnaire exceptionnellement favorable se transforma en un d&#233;sastre meurtrier. Le 21 mars 1927, le PCC organisa une insurrection arm&#233;e, soutenu par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 800 000 ouvriers de Shanghai. La classe ouvri&#232;re &#233;crasa les forces des seigneurs de la guerre et pris le contr&#244;le de la ville, &#224; l'exception des concessions &#233;trang&#232;res. Toutefois, le PCC fut emp&#234;ch&#233; par la politique stalinienne d'&#233;tablir un gouvernement des ouvriers et au lieu de cela forma un gouvernement &#171; provisoire &#187; qui incluait des dirigeants de la bourgeoisie. Sa t&#226;che principale n'&#233;tait pas de faire avancer les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, mais d'accueillir Tchang Ka&#239;-chek et ses troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tchang Ka&#239;-chek resta volontairement &#224; l'ext&#233;rieur de Shanghai pendant des semaines pour laisser les ouvriers s'&#233;puiser dans le combat contre les seigneurs de la guerre, pendant qu'il planifiait son coup de force en collaboration avec les grands entrepreneurs de Shanghai et des gangsters, ainsi qu'avec les puissances imp&#233;rialistes. Le complot de Tchang n'&#233;tait pas un secret pour la direction du PCC, qui avait d&#233;duit des &#233;v&#232;nements que la classe ouvri&#232;re de Shanghai devait s'armer et se tourner vers des soldats sympathisants &#224; l'int&#233;rieur de la deuxi&#232;me et de la sixi&#232;me arm&#233;e du KMT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le 31 mars, le Komintern, en accord avec l'injonction de Staline d'&#233;viter un conflit &#171; pr&#233;matur&#233; &#187; adressa un t&#233;l&#233;gramme &#224; Shanghai ordonnant au PCC de donner l'instruction &#224; des milliers d'ouvriers arm&#233;s de cacher leurs armes. L'un des dirigeants du PCC, Luo Yinong d&#233;non&#231;a avec col&#232;re cet ordre comme &#171; une politique suicidaire &#187;. Le PCC fut quoi qu'il en soit contraint d'ob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et l'opposition de gauche avertirent sans rel&#226;che du danger et appel&#232;rent &#224; la formation de soviets en tant qu'organes ind&#233;pendants du pouvoir des masses ouvri&#232;res. Mais le 5 avril, lors d'un discours tristement c&#233;l&#232;bre dans la Salle des colonnes &#224; Moscou, Staline insista pour dire que le PCC devait maintenir son bloc unitaire avec Tchang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tchang Ka&#239;-chek se soumet &#224; la discipline. Le Kuo-Min-Tang est un bloc, une sorte de parlement r&#233;volutionnaire, avec la droite, la gauche et les communistes. Pourquoi faire un coup d'Etat ? Pourquoi &#233;carter la droite alors que nous avons la majorit&#233; et quand la droite nous &#233;coute ?... En ce moment nous avons besoin de la droite. Elle a des personnes comp&#233;tentes, qui dirigent toujours l'arm&#233;e et la conduise contre les imp&#233;rialistes. Tchang Ka&#239;-chek n'a peut-&#234;tre pas de sympathie pour la r&#233;volution mais il dirige l'arm&#233;e et ne peut faire autrement que de la diriger contre les imp&#233;rialistes. En outre, les gens de la droite sont en relation avec le g&#233;n&#233;ral Chang Tso-lin [le seigneur de la guerre mandchou] et savent tr&#232;s bien comment les d&#233;moraliser et les amener &#224; passer du c&#244;t&#233; de la r&#233;volution, avec armes et bagages, en &#233;vitant tout conflit. Ils sont aussi en rapport avec les riches marchands et peuvent lever des fonds chez eux. Aussi il faut savoir les utiliser &#224; cette fin, les presser comme des citrons et ensuite s'en d&#233;barrasser &#187; ((The Tragedy of the Chinese Revolution, Harold R. Isaacs, Stanford University Press, 1961, p. 162, traduit de l'anglais).&lt;br class='autobr' /&gt;
Peloton d'ex&#233;cution de Tchang d&#233;capitant un ouvrier communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 avril, seulement une semaine apr&#232;s le discours de Staline, Tchang frappa, envoyant des gangs de voyous d&#233;truire l'Union g&#233;n&#233;rale du Travail de la ville. Le jour suivant, le PCC appela &#224; une gr&#232;ve qui rassembla 100 000 ouvriers, mais Tchang Ka&#239;-chek r&#233;pondit avec des troupes et des fusils automatiques, massacrant des centaines de personnes. Au cours du r&#232;gne de &#171; terreur blanche &#187; des mois suivants, des milliers d'ouvriers communistes furent assassin&#233;s, non seulement &#224; Shanghai, mais dans d'autres villes sous le contr&#244;le de Tchang.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L425xH298/pierrot_le_fou-3f91d.jpg?1776484060' width='425' height='298' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L201xH150/quanta10B-0b806-ea24e-124b2.jpg?1776484060' width='201' height='150' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La milice ouvri&#232;re arm&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Probl&#233;mes de la r&#233;volution chinoise : Chen Du-xiu, l'Opposition de Gauche et la IV&#232;me Internationale, les cahiers du CERMTRI, n&#176;135, d&#233;cembre 2009 (5 &#8364;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;CERMTRI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 rue des Petites Ecuries - 75010 PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvert les lundis, mercredis et vendredis de 13 heurs 30 &#224; 18 heures&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;l&#233;phone : 01 44 83 00 00 - E mail : cermtri@ wanadoo.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1927 l'&#233;crasement de la r&#233;volution ouvri&#232;re chinoise marque un tournant dans l'histoire du parti communiste chinois. Mao prendra la t&#234;te du PC chinois dans la p&#233;riode suivante, abandonnant le terrain du communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre tendance du PC chinois de cette p&#233;riode est moins connue, mais de bien plus grande valeur. Elle est incarn&#233;e par Chen Du Xiu, un des fondateurs du PC chinois. Pour r&#233;pondre &#224; la question : d'o&#249; vient l'&#233;chec de 1927 ? Il &#233;crit une s&#233;rie d'articles pol&#233;miques d&#233;non&#231;ant la politique stalinienne suivie par le PC chinois pendant cette p&#233;riode d'essor r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le th&#232;me de ce cahier du CERMTRI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier texte est la fameuse lettre de Chen Du Xiu, qui &#224; elle seule donnera sans doute envie au lecteur de se procurer le cahier dans son int&#233;gralit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LETTRE DE CHEN DU-XIU A TOUS LES MEMBRES DU PARTI COMMUNISTE CHINOIS &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chers Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Reconna&#238;tre ses erreurs et lutter contre l'opportunisme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que j'ai contribu&#233; avec mes camarades &#224; fonder le parti communiste chinois en 1920, j'ai toujours appliqu&#233; fid&#232;lement la politique opportuniste des dirigeants de l'Internationale Communiste : Staline, Zinoviev, Boukharine et autres, qui conduisit la r&#233;volution chinoise &#224; un honteux et triste &#233;chec. Bien que j'aie travaill&#233; avec acharnement jour et nuit, mes d&#233;m&#233;rites sont cependant plus grands que mes m&#233;rites. Naturellement, je ne veux pas imiter la confession hypocrite de quelques-uns des anciens empereurs chinois : &#171; Moi seul suis responsable tous les p&#233;ch&#233;s des peuples &#187;, en prenant sur mes propres &#233;paules toutes les erreurs qui ont caus&#233; l'&#233;chec, par contre j'aurais honte d'adopter l'attitude des camarades responsables durant cette p&#233;riode, qui critiquent seulement les fautes pass&#233;es de l'opportunisme en s'excluant eux-m&#234;mes. Chaque fois que des camarades montreront mes erreurs pass&#233;es, je les reconna&#238;trai sinc&#232;rement. Je refuse absolument d'ignorer l'exp&#233;rience de la r&#233;volution chinoise, acquise &#224; un si haut prix pay&#233; par le prol&#233;tariat (depuis la conf&#233;rence du &#171; 7 ao&#251;t &#187; jusqu'&#224; maintenant, non seulement je n'ai pas repouss&#233; les justes critiques, mais j'ai m&#234;me gard&#233; le silence devant les bl&#226;mes exag&#233;r&#233;s dirig&#233;s contre moi). J&lt;strong&gt;e suis non seulement dispos&#233; &#224; reconna&#238;tre mes erreurs pass&#233;es mais aujourd'hui et &#224; l'avenir, s'il y a quelque erreur opportuniste dans ma pens&#233;e ou dans mon action, j'esp&#232;re que les camarades me critiqueront sans m&#233;nagement avec des arguments et des faits.&lt;/strong&gt; J'accepte humblement et accepterai toute critique sauf les rumeurs et les fausses accusations. Je ne puis poss&#233;der la m&#234;me confiance en soi que Qu Qiu-bai et Li Li-san. Je reconnais pleinement que ce n'est jamais chose facile, pour les hommes ou pour les partis, d'&#233;viter les fautes opportunistes. M&#234;me des v&#233;t&#233;rans marxistes comme Kautsky et Plekhanov ont sombr&#233; &#224; la fin de leur vie dans un opportunisme impardonnable ; ceux qui pendant de longues ann&#233;es travaill&#232;rent avec L&#233;nine, comme Staline et Boukharine, pratiquent aussi maintenant un honteux opportunisme ; comment des marxistes superficiels comme nous-m&#234;mes pourraient-ils &#234;tre satisfaits ? Un homme toujours satisfait de soi s'interdit tout progr&#232;s. M&#234;me le drapeau de l'Opposition ne poss&#232;de pas le charme du c&#233;leste professeur Tchang (chef de la religion tao&#239;ste qui avait le pouvoir de chasser les d&#233;mons), et si ceux qui n'ont pas p&#233;n&#233;tr&#233; &#224; fond l'id&#233;ologie de la petite bourgeoisie, pleinement compris les bases de l'opportunisme pass&#233; et particip&#233; activement aux luttes, se bornent &#224; se ranger sous le drapeau de l'Opposition et &#224; d&#233;noncer l'opportunisme de Staline et de Li Li-san, s'imaginent que les d&#233;mons opportunistes ne s'approcheront jamais, c'est une dangereuse illusion. &lt;strong&gt;Le seul moyen d'&#233;chapper &#224; l'opportunisme c'est d'&#233;tudier avec pers&#233;v&#233;rance et humilit&#233; les enseignements de Marx et de L&#233;nine dans les luttes des masses prol&#233;tariennes et dans la critique mutuelle des camarades.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La principale cause de l'&#233;chec de la R&#233;volution chinoise : notre politique &#224; l'&#233;gard du Kuomintang.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reconnais tr&#232;s nettement que les causes objectives de l'&#233;chec de la r&#233;volution chinoise sont d'importance secondaire et que le point principal est que l'erreur de l'opportunisme est l'erreur de notre politique &#224; l'&#233;gard du Kuomintang de la bourgeoisie. Tous les camarades responsables du Comit&#233; central &#224; l'&#233;poque, et moi sp&#233;cialement, devraient reconna&#238;tre ouvertement et courageusement qu'une telle politique &#233;tait absolument erron&#233;e ; mais ce n'est pas assez de&lt;br class='autobr' /&gt;
reconna&#238;tre seulement l'erreur ; nous devons sinc&#232;rement et pleinement comprendre que l'erreur pass&#233;e &#233;tait la mati&#232;re essentielle de la politique de l'opportunisme et quelles furent les causes et les r&#233;sultats de cette politique, et les r&#233;v&#233;ler pleinement. Alors pourrons-nous esp&#233;rer ne pas retomber dans les m&#234;mes erreurs et &#233;viter la r&#233;p&#233;tition de l'ancien opportunisme dans la prochaine r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premiers temps de la fondation de notre parti, bien qu'il f&#251;t tout &#224; fait jeune encore et guid&#233; par l'Internationale Communiste, nous ne comm&#238;mes pas de grandes fautes. Par exemple, nous pr&#238;mes nettement la direction des batailles ouvri&#232;res et reconn&#251;mes la nature de classe du Kuomintang. En 1921, notre parti amena les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Kuomintang et d'autres organisations sociales &#224; participer &#224; la Conf&#233;rence des travailleurs de l'Extr&#234;me-Orient qui avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e et convoqu&#233;e par la IIIe Internationale. La r&#233;solution adopt&#233;e par cette Conf&#233;rence stipulait que dans les pays coloniaux de l'Orient, il fallait mener la bataille pour la r&#233;volution d&#233;mocratique et qu'au cours de la r&#233;volution des soviets paysans devraient &#234;tre organis&#233;s. En 1922, au deuxi&#232;me congr&#232;s du parti chinois, cette politique du front uni de la r&#233;volution d&#233;mocratique fut confirm&#233;e et sur cette base nous r&#233;gl&#226;mes notre attitude &#224; l'&#233;gard de la situation politique. En m&#234;me temps le repr&#233;sentant de l'Internationale des Jeunes, Dalin, vint en Chine et sugg&#233;ra au Kuomintang le front uni des cliques r&#233;volutionnaires. Le chef du Kuomintang, Sun Yat-sen, refusa s&#233;v&#232;rement de seulement permettre aux membres du parti communiste chinois ou de la Ligue des Jeunes d'adh&#233;rer au Kuomintang, repoussant l'union en dehors du parti. &lt;strong&gt;Peu apr&#232;s la tenue de notre congr&#232;s, l'Internationale Communiste envoya son repr&#233;sentant, Maring (H. Sneevliet), en Chine&lt;/strong&gt;, invitant tous les membres du Comit&#233; central du parti &#224; se r&#233;unir au West Lake de Hangzhou (province du Zhejiang) et l&#224; &lt;strong&gt;il sugg&#233;ra au parti communiste de rejoindre le Kuomintang. Il affirma vigoureusement que le Kuomintang n'&#233;tait pas un parti de la bourgeoisie, mais un parti commun de classes diverses et que le parti prol&#233;tarien devait y entrer pour le rendre meilleur et le pousser vers la r&#233;volution&lt;/strong&gt;. A cette &#233;poque les cinq membres du Comit&#233; central du parti communiste chinois s'oppos&#232;rent unanimement &#224; cette proposition. La raison principale de notre opposition &#233;tait celle-ci : entrer dans le Kuomintang, c'&#233;tait introduire la confusion dans l'organisation de classe et entraver notre politique ind&#233;pendante. Finalement le d&#233;l&#233;gu&#233; de la IIIe Internationale demanda cat&#233;goriquement si le parti communiste chinois se conformerait &#224; la d&#233;cision de l'I.C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233; dans cette situation, le Comit&#233; central du parti qui ne voulait pas enfreindre la discipline internationale ne pouvait qu'accepter la suggestion de la IIIe Internationale et accepter d'entrer dans le Kuomintang. A partir de ce moment, le d&#233;l&#233;gu&#233; de U.C. et les repr&#233;sentants du parti chinois pass&#232;rent pr&#232;s d'une ann&#233;e &#224; tenter de r&#233;organiser le mouvement du Kuomintang. Mais d&#232;s les premi&#232;res tentatives, le Kuomintang se montra r&#233;solument hostile. &lt;strong&gt;A maintes reprises, Sun Yat-sen dit au d&#233;l&#233;gu&#233; de l'LC. : &#171; Pour autant que le parti communiste chinois a adh&#233;r&#233; au Kuomintang, il doit observer la discipline du Kuomintang&lt;/strong&gt; ; si la Russie sovi&#233;tique se range aux c&#244;t&#233;s du parti communiste chinois, je me dresserai aussit&#244;t contre la Russie sovi&#233;tique. &#187; Ainsi le d&#233;l&#233;gu&#233; de U.C. repartit pour Moscou tr&#232;s d&#233;sappoint&#233;. Son successeur, Borodine, prit avec lui une importante aide mat&#233;rielle pour le Kuomintang ; alors le Kuomintang commen&#231;a &#224; se r&#233;organiser, en 1924, et &#224; adopter la politique de collaboration avec la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'I.C. impose au PC chinois de soutenir Tchang Ka&#239;-chek et le Kuomintang&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant cette p&#233;riode, les communistes chinois &#233;taient &#224; peu pr&#232;s indemnes de tout opportunisme ; aussi p&#251;mes-nous prendre la t&#234;te de la gr&#232;ve des cheminots du 7 f&#233;vrier 1923 et du mouvement du &#171; 30 mai &#187;, de 1925, car nous n'&#233;tions pas g&#234;n&#233;s par la politique du Kuomintang et &#224; plus d'une reprise nous critiqu&#226;mes s&#233;v&#232;rement la politique de compromis du Kuomintang. Aussit&#244;t que le prol&#233;tariat eut lev&#233; la t&#234;te (mouvement du &#171; 30 mai &#187;), la bourgeoisie fut imm&#233;diatement &#233;veill&#233;e. Aussi les brochures anticommunistes de Dai Ji-tao furent-elles aussit&#244;t publi&#233;es. A la Conf&#233;rence &#233;largie du Comit&#233; central du parti communiste chinois tenue &#224; P&#233;kin en octobre de la m&#234;me ann&#233;e, je soumis la proposition suivante &#224; la Commission politique des r&#233;solutions : la&lt;br class='autobr' /&gt;
publication des brochures de Dai Ji-tao n'est pas accidentelle, mais elle signifie que la bourgeoisie va tenter de renforcer sa puissance pour barrer la route au prol&#233;tariat et se pr&#233;parer pour la contre-r&#233;volution. Nous devrions nous pr&#233;parer &#224; sortir sans d&#233;lai du Kuomintang ; alors nous pourrions maintenir pleinement notre signification politique, prendre la direction du Kuomintang. A ce moment, le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C. et les camarades responsables de notre Comit&#233; central se trouv&#232;rent d'accord pour combattre ma proposition, disant qu'elle aboutissait &#224; sugg&#233;rer aux camarades et aux masses de s'engager sur la voie de l'opposition au Kuomintang. Je devais tenir compte de l'opinion de la majorit&#233; de notre Comit&#233; central et aussi observer la discipline internationale : je ne maintins donc pas fermement ma proposition. Le coup d'Etat de Tchang Ka&#239;-chek, le 20 mars 1926, se produisit alors comme une application des principes formul&#233;s par Dai Ji-tao. &lt;strong&gt;Ayant fait arr&#234;ter un grand nombre de communistes, d&#233;sarmer les gardes rouges des comit&#233;s de gr&#232;ve de Canton et de Hongkong, et des conseillers sovi&#233;tiques, le Comit&#233; central du Kuomintang d&#233;cida que tous les &#233;l&#233;ments communistes devraient se retirer des organismes dirigeants du Kuomintang, que toute critique du Sunysts&#233;nisme par les communistes &#233;tait interdite et que la liste du nom des membres du parti communiste et de la Ligue qui entraient dans le Kuomintang devait &#234;tre remise au Kuomintang.&lt;/strong&gt; Toutes ces conditions furent accept&#233;es, mais en m&#234;me temps nous continu&#226;mes &#224; pr&#233;parer nos forces militaires &#224; nous afin de les amener au niveau de celles de Tchang Ka&#239;-chek. Le camarade Peng Shu-chih fut envoy&#233; &#224; Canton comme repr&#233;sentant du Comit&#233; central du parti communiste chinois pour consulter le repr&#233;sentant de TIC. sur notre plan. Mais ce dernier d&#233;clara qu'il n'&#233;tait pas d'accord avec nous et s'effor&#231;a de son mieux &#224; continuer de renforcer Tchang Ka&#239;-chek. &lt;strong&gt;Il demanda avec insistance que nous mettions toutes nos forces du c&#244;t&#233; de la dictature militaire de Tchang Ka&#239;-chek afin de renforcer le gouvernement de Canton et de soutenir l'exp&#233;dition vers le Nord&lt;/strong&gt;. Nous lui demand&#226;mes de pr&#233;lever 5.000 fusils sur ceux attribu&#233;s &#224; Tchang Ka&#239;-chek et Li Ji-shen pour nous permettre d'armer les paysans du Guangdong. Il refusa, disant : &#171; Les paysans arm&#233;s ne peuvent pas combattre les forces de Chen Jiong-ming, ni prendre part &#224; l'exp&#233;dition du Nord ; ils ne peuvent que provoquer la suspicion du Kuomintang &#187;. Ce fut une p&#233;riode des plus critiques. Parlant concr&#232;tement, ce fut la p&#233;riode dans laquelle le Kuomintang de la bourgeoisie obligea ouvertement le prol&#233;tariat &#224; le prendre pour guide et &#224; le suivre, ou encore c'&#233;tait le moment o&#249; le prol&#233;tariat d&#233;clarait formellement, par notre interm&#233;diaire, se rendre &#224; la bourgeoisie, vouloir la suivre, et se subordonner &#224; elle. (&lt;strong&gt;Le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'LC. dit textuellement : &#171; La pr&#233;sente p&#233;riode est une p&#233;riode dans laquelle les communistes doivent faire le travail des coolies pour le Kuomintang&lt;/strong&gt;. &#187;). A partir de ce moment le parti n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus le parti du prol&#233;tariat, il se transformait en extr&#234;me-gauche de la bourgeoisie et commen&#231;ait &#224; d&#233;gringoler dans l'opportunisme. Apr&#232;s le coup du 20 mars, dans mon rapport &#224; U.C., je d&#233;clarais que mon opinion personnelle concernant la coop&#233;ration avec le Kuomintang devait &#234;tre non une coop&#233;ration du dedans mais une coop&#233;ration du dehors ; autrement nous ne pourrions pas mener notre politique propre ni garder la confiance des masses. En r&#233;ponse &#224; ce rapport, Boukharine donna un article &#224; la Pravda critiquant s&#233;v&#232;rement mon opinion, que le P.C. chinois devait se retirer du Kuomintang, en disant : &#171; II y a eu dans le pass&#233; deux tactiques erron&#233;es : l'abandon des syndicats r&#233;formistes et la rupture du Comit&#233; anglo-russe. Nous sommes maintenant devant une troisi&#232;me : le parti communiste chinois veut toujours sortir du Kuomintang &#187;. Et en m&#234;me temps, &lt;strong&gt;il envoyait Wu Ting-kong, le secr&#233;taire du Bureau d'Extr&#234;me-Orient en Chine pour combattre notre tendance &#224; quitter le Kuomintang&lt;/strong&gt;. Cette fois encore et toujours pour les m&#234;mes raisons, je dus c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, la campagne militaire vers le Nord s'engagea. Nous f&#251;mes attaqu&#233;s tr&#232;s vivement par le Kuomintang parce que, dans notre organe, Le Guide, nous critiqu&#226;mes la suppression de tout mouvement ouvrier &#224; l'arri&#232;re et la contribution obligatoire des paysans au fonds militaire &#224; cause de cette exp&#233;dition. Vers le m&#234;me moment, les ouvriers de Shanghai se pr&#233;paraient &#224; se soulever et &#224; chasser les troupes du Zhili-Shandong. Si ce soul&#232;vement triomphait, la question de savoir qui prendrait le pouvoir se posait. A cette &#233;poque, dans le protocole de la r&#233;solution politique de la Conf&#233;rence &#233;largie du Comit&#233; central, je disais : &#171; La r&#233;volution chinoise a deux voies : l'une est celle que le prol&#233;tariat peut tracer et alors nous pouvons atteindre nos buts r&#233;volutionnaires ; l'autre est celle de la bourgeoisie et ainsi cette derni&#232;re devra trahir la r&#233;volution au cours de son jeveloppement. En cons&#233;quence, nous pouvons coop&#233;rer avec la bourgeoisie, mais c'est nous qui devons avoir le r&#244;le dirigeant &#187;. Cependant, tous les membres du Bureau d'Extr&#234;me-Orient de l'I.C. r&#233;sidant &#224; Shanghai se trouv&#232;rent unanimes contre ma proposition, disant qu'elle pousserait les ouvriers &#224; s'opposer &#224; la bourgeoisie trop t&#244;t. En outre, ils d&#233;clar&#232;rent p&#233;remptoirement qu'au cas o&#249; le soul&#232;vement de Shanghai r&#233;ussirait, le pouvoir devrait &#234;tre confi&#233; &#224; la bourgeoisie et qu'il n'&#233;tait pas n&#233;cessaire que des d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers y participent. Par suite ma proposition fut abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque o&#249; le corps exp&#233;ditionnaire du Nord s'empara de Shanghai (1927) la pr&#233;occupation principale de Qu Qiu-bai &#233;tait la s&#233;lection du gouvernement municipal de Shanghai et comment unir la petite bourgeoisie et les moyens et petits commer&#231;ants pour combattre la grande bourgeoisie. Peng Shu-chih, Luo Yi-nong et moi pens&#226;mes que l'&#233;lection du gouvernement municipal de Shanghai n'&#233;tait pas l&lt;strong&gt;e probl&#232;me central, mais que le probl&#232;me central &#233;tait celui-ci : si le prol&#233;tariat ne dominait pas les forces militaires de Tchang Ka&#239;-chek, la petite bourgeoisie ne serait pas avec nous, et que Tchang Ka&#239;-chek, sous la direction des imp&#233;rialistes, massacrerait les masses&lt;/strong&gt;. A cette &#233;poque, le gouvernement municipal de Shanghai non seulement n'&#233;tait qu'un mot, mais il &#233;tait clair qu'un &#233;chec s'&#233;tendrait &#224; la Chine tout enti&#232;re parce que si Tchang Ka&#239;-chek trahissait ouvertement la R&#233;volution ce ne serait pas l&#224; une action individuelle, mais le signal que la bourgeoisie, dans tout le pays, passerait au camp de la r&#233;action. Pen Shu-zhi alla aussit&#244;t &#224; Hank&#233;ou pour exposer notre opinion devant le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C. et la majorit&#233; des membres de notre Comit&#233; central et les consulter sur la mani&#232;re dont il fallait attaquer les forces de Tchang Ka&#239;-chek. Mais ils se souciaient fort peu du coup de Shangha&#239; et se born&#232;rent &#224; me t&#233;l&#233;graphier &#224; diverses reprises, insistant pour que je me rende sans tarder &#224; Wuhan et dans la province de Hubei. Ils pensaient que le gouvernement nationaliste &#233;tait alors &#224; Wuhan et qu'ainsi c'&#233;tait &#224; Wuhan que toutes les questions importantes devaient &#234;tre tranch&#233;es. &lt;strong&gt;En m&#234;me temps, le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C. nous ordonnait de cacher ou d'enterrer toutes les armes afin d'&#233;viter un conflit arm&#233; entre les ouvriers et Tchang Ka&#239;-chek, afin de ne pas troubler la concession de Shanghai par une lutte arm&#233;e&lt;/strong&gt;. Ayant lu ce t&#233;l&#233;gramme. Luo Yi-nong &#233;tait si irrit&#233; qu'il le d&#233;chira en morceaux. Je me conformai encore une fois aux instructions de l'I.C. et conform&#233;ment &#224; celles-ci touchant la politique de l'I.C. envers le Kuomintang et les imp&#233;rialistes, je r&#233;digeai, avec Wang Jing-wei, un honteux manifeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but d'avril, j'allai &#224; Hank&#233;ou. Quand je rencontrai Wang Jing-wei pour la premi&#232;re fois, il pronon&#231;a des paroles r&#233;actionnaires, grandement diff&#233;rentes de ce qu'il avait dit lorsqu'il &#233;tait &#224; Shangha&#239;. J'en informai Borodine. Celui-ci me dit que mon observation &#233;tait juste et que aussit&#244;t que Wang-Jing-wei avait atteint Wuhan il avait &#233;t&#233; entour&#233; par Si Chien, Guo Meng-yu, Chen Gong-ho, Tan Yen-ka&#239;, et d'autres et que, progressivement, il &#233;tait devenu plus froid avec lui. &lt;strong&gt;Apr&#232;s que Tchang Ka&#239;-chek et Lu Chi-sheng eurent fait massacrer m&#233;thodiquement les ouvriers et les paysans, le Kuomintang m&#233;prisa davantage de jour en jour la force du prol&#233;tariat, et l'attitude r&#233;actionnaire de Wang Jing-wei et du Comit&#233; Central du Kuomintang se d&#233;veloppa rapidement. A la r&#233;union de notre Bureau politique, je fis un rapport sur la coop&#233;ration de notre parti avec le Kuomintang : &#171; Le danger de la coop&#233;ration entre notre parti et le Kuomintang, disais-je, est de plus en plus s&#233;rieux. Le Kuomintang para&#238;t seulement pr&#233;occup&#233; de tel ou tel probl&#232;me secondaire, mais en r&#233;alit&#233; ce qu'il veut c'est tout le pouvoir. Maintenant, deux voies seulement nous sont ouvertes : renoncer au pouvoir ou rompre avec le Kuomintang. &#187; &lt;/strong&gt; Les assistants accueillirent cette d&#233;claration par le silence. Apr&#232;s le coup du 21 mai &#224; Changsha, dans la province du Hunan, je sugg&#233;rai &#224; deux reprises la sortie du Kuomintang. Finalement, je dis : &#171; Le Kuomintang de Wuhan marche sur les traces de Tchang Ka&#239;-chek. Si nous ne changeons pas radicalement notre politique nous serons aussi amen&#233;s &#224; suivre le chemin de Tchang Ka&#239;-chek ! &#187;. Seul Deng Pei s'&#233;cria : &#171; Oh ! oui. &#187; Chou En-la&#239; d&#233;clara : &#171; Apr&#232;s notre sortie du Kuomintang, les mouvements ouvrier et paysan seront plus &#224; leur aise pour se d&#233;velopper mais l'action militaire souffrira trop. &#187; Les autres rest&#232;rent passifs. A la m&#234;me &#233;poque, comme je discutais cette question avec Du Shu-pei, il me dit : &#171; Nous devons laisser le Kuomintang nous expulser et ne pas nous en aller nous-m&#234;mes. &#187; Je consultai Borodine : &#171; Je suis tout &#224; fait d'accord avec vous, me dit-il, mais je sais que Moscou ne permettra jamais que nous sortions du Kuomintang. &#187; Toujours pour les m&#234;mes raisons, je dus m'incliner, mais en m&#234;me temps je remettais ma d&#233;mission entre les mains du Comit&#233; central. La principale raison que j'en donnais &#233;tait celle-ci : &#171; &lt;strong&gt;L'I.C. veut, d'une part, que nous fassions notre politique, et d'autre part elle ne nous permet pas de sortir du Kuomintang. H n'y a vraiment pas d'issue et, dans ces conditions, je ne puis poursuivre mon travail.&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du commencement &#224; la fin, l'I.C. consid&#233;ra que le Kuomintang &#233;tait l'organe essentiel de la r&#233;volution nationale d&#233;mocratique chinoise. Dans la bouche de Staline, l'expression &#171; la direction du Kuomintang &#187; &#233;tait formul&#233;e tr&#232;s haut (voir &#171; L'erreur de l'Opposition dans les probl&#232;mes de la R&#233;volution chinoise &#187;), Ainsi il voulait que nous restions tout &#224; fait soumis dans l'organisation du Kuomintang et diriger les masses sous le nom et la banni&#232;re du Kuomintang. Au moment o&#249; les chefs du Kuomintang tels que Feng Yu-xiang, Warig Jing-wei, Fang Seng-chi, Ho jieu, etc., se montr&#232;rent ouvertement r&#233;actionnaires et abolirent la politique appel&#233;e des &#171; trois quarts &#187; - accord avec l'Union sovi&#233;tique, travail du parti communiste dans le Kuomintang et aide au mouvement ouvrier et paysan - U.C. nous envoya ces instructions par t&#233;l&#233;gramme : &#171; Sortir seulement du gouvernement du Kuomintang, mais non du Kuomintang. &#187; Ainsi apr&#232;s la conf&#233;rence du &#171; 7 ao&#251;t &#187;, du soul&#232;vement de Nanchang jusqu'&#224; la prise de Shantou, le parti communiste restait toujours cach&#233; sous le drapeau bleu blanc de la clique de gauche du Kuomintang. Pour les masses, il apparaissait qu'il y avait un certain trouble &#224; l'int&#233;rieur du Kuomintang, mais rien de plus. &lt;strong&gt;Le jeune parti communiste chinois cr&#233;&#233; par le jeune prol&#233;tariat chinois n'eut pas une p&#233;riode convenable d'&#233;ducation marxiste et de luttes de classes. D&#232;s le d&#233;but de sa formation il se trouva en pr&#233;sence de la grande bataille r&#233;volutionnaire. Le seul espoir pour lui d'&#233;viter toute erreur grave r&#233;sidait dans la juste politique prol&#233;tarienne de l'LC. Mais guid&#233;s par une politique toujours opportuniste en ses diverses phases, comment le prol&#233;tariat chinois et le parti communiste pouvaient-ils voir clairement leur propre avenir ? Et comment pouvaient-ils avoir une politique ind&#233;pendante ? Ils ne firent que se livrer, pas &#224; pas, &#224; la bourgeoisie et se subordonner compl&#232;tement &#224; elle. Et quand celle-ci se mit &#224; nous massacrer, nous ne s&#251;mes plus que faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup du 21 mai &#224; Changsha, l'LC. nous tra&#231;a ce programme &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Confisquer les terres des propri&#233;taires grands et petits, ne pas nous servir du nom de gouvernement nationaliste, mais ne pas toucher aux terres des officiers. (Or, dans les provinces du Hunan et du Hubei il n'y avait pas un propri&#233;taire qui ne soit parent ou ami d'officiers. Tous les propri&#233;taires &#233;taient prot&#233;g&#233;s directement ou indirectement par les chefs militaires. Dans ces conditions &#171; confisquer la terre &#187; &#233;tait une expression vide de sens.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Arr&#234;ter l'action &#171; trop vigoureuse &#187; des paysans par le pouvoir de la direction du parti. (Nous ex&#233;cut&#226;mes cette honteuse instruction d'entraver l'action directe des paysans. Par la suite U.C. accusa le parti chinois d'avoir &#233;t&#233; souvent un obstacle pour les masses et d&#233;clara que c'&#233;tait l&#224; une des plus graves fautes opportunistes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Chasser les g&#233;n&#233;raux qui ne pouvaient plus inspirer confiance ; armer 20.000 communistes et choisir 50.000 ouvriers et paysans des provinces du Hunan et du Hubei pour organiser une nouvelle arm&#233;e. (Si nous pouvions disposer de tant de fusils, pourquoi alors ne pas armer directement les ouvriers et les paysans et pourquoi devions-nous encore renforcer les troupes du Kuomintang ? Pourquoi ne pouvions-nous pas cr&#233;er des soviets d'ouvriers, paysans et soldats ? S'il n'y a ni ouvriers et paysans arm&#233;s, ni soviets, o&#249; et comment pourrons-nous chasser les dits g&#233;n&#233;raux ? Je suppose que nous devions encore humblement prier le Comit&#233; central du Kuomintang de les r&#233;voquer ? Le fait que le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C. communiqua ces instructions de l'I.C. &#224; Wang Jing-wei ne pouvait &#234;tre que dans ce but.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Introduire de nouveaux &#233;l&#233;ments ouvriers et paysans dans le Comit&#233; central du Kuomintang pour remplacer d'anciens membres. (Si nous avions eu le pouvoir d'agir selon notre gr&#233; avec l'ancien Comit&#233; et de r&#233;organiser le Kuomintang, pourquoi alors ne pas organiser des soviets ? Pourquoi devions-nous envoyer nos chefs ouvriers et paysans au Kuomintang bourgeois qui avait d&#233;j&#224; fait massacrer les ouvriers et les paysans ? Et pourquoi parerions-nous un tel Kuomintang avec nos leaders ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Organiser un tribunal r&#233;volutionnaire avec un membre bien connu du Kuomintang comme pr&#233;sident pour juger les officiers r&#233;actionnaires. (Comment un leader d&#233;j&#224; ouvertement r&#233;actionnaire du Kuomintang pouvait-il juger, dans un tribunal r&#233;volutionnaire, les officiers r&#233;actionnaires ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui tent&#232;rent d'appliquer une telle politique &#224; l'int&#233;rieur du Kuomintang &#233;taient des opportunistes de la tendance de gauche. Il n'y eut aucun changement politique fondamental. &lt;strong&gt;A ce moment, si nous voulions adopter une juste politique r&#233;volutionnaire, les bases m&#234;mes de la politique suivie jusqu'alors devaient &#234;tre renvers&#233;es. C'est-&#224;-dire que le parti communiste devait sortir du Kuomintang et agir en pleine ind&#233;pendance. Il devait armer les paysans et les ouvriers en aussi grand nombre que possible, cr&#233;er des soviets d'ouvriers, paysans et soldats et arracher le pouvoir au Kuomintang.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement, peu importait la sorte de politique de gauche qui serait adopt&#233;e : il n'y aurait aucun moyen de la r&#233;aliser. A cette &#233;poque, le Bureau politique t&#233;l&#233;graphia &#224; l'I.C, en r&#233;ponse &#224; ses instructions : &#171; Nous acceptons les instructions, et travaillons selon elles mais la politique qu'elles expriment ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e imm&#233;diatement. &#187; En effet, tous les membres du Comit&#233; central reconnaissaient que la politique pr&#233;conis&#233;e &#233;tait impossible. M&#234;me le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C. participant &#224; la r&#233;union du Comit&#233; central, Fanck (on dit qu'il &#233;tait le d&#233;l&#233;gu&#233; particulier de Staline) &#233;tait de cet avis. Il approuva notre r&#233;ponse, d&#233;clarant que &#171; c'&#233;tait tout ce qu'on pouvait dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la conf&#233;rence du &#171; 7 ao&#251;t &#187;, le Comit&#233; central s'effor&#231;a de r&#233;pandre l'id&#233;e que la cause de l'&#233;chec de la R&#233;volution chinoise r&#233;sidait dans le fait que les opportunistes ne se conformaient pas aux instructions de l'LC. (naturellement, ces instructions &#233;taient celles mentionn&#233;es ci-dessus ; il n'y en eut pas d'autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le parti a commis une telle succession d'erreurs fondamentales, d'autres erreurs secondaires en d&#233;coulaient constamment &lt;strong&gt;Moi, qu'on ne reconnaissait pas franchement comme le chef, dont l'opinion n'&#233;tait jamais d&#233;cisive, je m'enfon&#231;ai profond&#233;ment dans l'atmosph&#232;re opportuniste de l'LC. ; je devins inconsciemment l'instrument de la petite organisation de Staline ; je ne pouvais me cultiver moi-m&#234;me ; je ne pouvais sauver le parti ni la r&#233;volution. &lt;/strong&gt; De tout ceci, moi et mes camarades devons &#234;tre tenus pour responsables. Le pr&#233;sent Comit&#233; central dit : &#171; Vous essayez de rejeter la responsabilit&#233; de l'&#233;chec sur les &#233;paules de l'LC. afin d'esquiver votre propre responsabilit&#233;. &#187; Cette d&#233;claration est ridicule. Personne ne peut &#234;tre priv&#233; d&#233;finitivement du droit de critiquer l'opportunisme d'en haut et de revenir au marxisme et au l&#233;ninisme sous le pr&#233;texte qu'il a lui-m&#234;me commis des fautes opportunistes. En m&#234;me temps personne ne peut esquiver sa responsabilit&#233; d'avoir appliqu&#233; une politique opportuniste parce que cette politique venait d'en haut &lt;strong&gt;La source de la politique opportuniste men&#233;e ici est naturellement dans l'LC., mais pourquoi les chefs du parti communiste chinois ne protest&#232;rent-ils pas contre l'LC. mais 1'appliqu&#232;rent-ils fid&#232;lement ? Qui pourrait fuir sa responsabilit&#233; ? Nous devons reconna&#238;tre tr&#232;s franchement et objectivement que toutes les politiques opportunistes, pass&#233;es et pr&#233;sentes, viennent de l'LC. Celle-ci doit en porter la responsabilit&#233;. &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jeune parti communiste chinois n'&#233;tait pas capable par lui-m&#234;me de b&#226;tir des th&#233;ories et de fixer une politique quelconque, mais l'organe dirigeant du parti doit supporter la responsabilit&#233; d'une ex&#233;cution aveugle de la politique opportuniste de l'I.C. sans la moindre appr&#233;ciation ni protestation. &lt;strong&gt;Si nous nous excusons mutuellement, devrons-nous conclure que c'&#233;tait la faute des masses ? Ceci n'est pas seulement trop ridicule, mais c'est se d&#233;rober devant ses propres responsabilit&#233;s envers la r&#233;volution. &lt;/strong&gt; Je crois fermement que si moi, ou un autre camarade responsable avait pu, au moment opportun, avoir une claire vision des erreurs de la politique opportuniste, formuler une forte critique, appelant m&#234;me tout le parti &#224; une ardente discussion, comme le fit le camarade Trotsky, le r&#233;sultat aurait &#233;t&#233; une grande aide &#224; la r&#233;volution et l'aurait emp&#234;ch&#233;e de s'acheminer vers une honteuse faillite, bien que nous aurions risqu&#233; d'&#234;tre exclu de l'I.C. et qu'une scission dans le parti e&#251;t pu se produire. Je ne l'ai pas fait. Si le parti, se basant sur une telle faute ou sur le fait que j'ai fortement contribu&#233; aux politiques erron&#233;es en m'y conformant, m'inflige une punition s&#233;v&#232;re, je l'accepterai sinc&#232;rement, sans un mot de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les raisons qu'invoqu&#233; le pr&#233;sent Comit&#233; central pour m'expulser du parti sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; &#171; II n'a pas reconnu sinc&#232;rement les erreurs propres de sa politique opportuniste dans la p&#233;riode de la grande R&#233;volution chinoise&lt;/strong&gt; et ne veut pas consentir &#224; reconna&#238;tre en quoi r&#233;side son erreur fondamentale. Par suite il est condamn&#233; &#224; persister dans sa ligne pass&#233;e erron&#233;e. &#187; En r&#233;alit&#233; on m'expulse exactement parce que je reconnais sinc&#232;rement en quoi consiste la faute de l'ancienne direction opportuniste et que je suis r&#233;solu &#224; combattre le maintien pr&#233;sent ou futur des lignes erron&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; &#171; &lt;strong&gt;II n'accepte pas l'opinion de l'LC. Il refuse d'aller &#224; Moscou &lt;br class='autobr' /&gt;
parachever son instruction au sein de l'LC.&lt;/strong&gt; &#187; J'ai &#233;t&#233; suffisamment &#233;duqu&#233; par. l'I.C. J'ai commis dans le pass&#233; beaucoup de fautes parce que j'ai accueilli trop facilement les opinions des C.C. Aujourd'hui, je suis expuls&#233; parce que je n'accepte pas aveugl&#233;ment l'opinion ete l'LC,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Le 5 ao&#251;t dernier j'&#233;crivis une lettre au Comit&#233; central dans laquelle je disais : &#171; Quelle est la contradiction fondamentale entre les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques de classe de ces deux classes ? Avant et apr&#232;s l'insurrection de Canton j'envoyais plusieurs lettres au Comit&#233; central montrant que le pouvoir dirigeant du Kuomintang ne s'effondrerait pas aussi rapidement que vous le pensiez. A pr&#233;sent, il y a quelque agitation parmi les masses mais ce n'est pas suffisant pour y voir les sympt&#244;mes d'une nouvelle vague r&#233;volutionnaire. Le mouvement g&#233;n&#233;ral l&#233;gal, bien entendu, est d'abandonner toute tentative de r&#233;volution. Mais sous certaines conditions, quand il est n&#233;cessaire de d&#233;velopper nos forces, &#171; toutes les mesures l&#233;gales possibles sauf celles d'un caract&#232;re infamant &#187; (L&#233;nine) ne doivent pas &#234;tre repouss&#233;es durant cette p&#233;riode (la p&#233;riode de transition) &#187;. Le Comit&#233; central modifia hypocritement ces trois phrases de la mani&#232;re suivante : &#171; II n'y a nulle contradiction entre la bourgeoisie et les forces f&#233;odales. La pr&#233;sente classe dirigeante ne va pas vers son effondrement et la lutte r&#233;volutionnaire ne commence pas &#224; reprendre mais d&#233;cline davantage. &#187; &#171; II affirme qu'il faut adopter des formes l&#233;gales. &#187; En outre, on ajouta une citation &#224; chaque phrase. Tout cela para&#238;t ainsi &#234;tre ma v&#233;ritable d&#233;claration. C'est aussi la raison pour laquelle on m'expulse du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; J'&#233;crivis une autre lettre au Comit&#233; central le 10 octobre, disant : &#171; La pr&#233;sente p&#233;riode n'est pas une p&#233;riode de vague r&#233;volutionnaire mais une p&#233;riode de contre-r&#233;volution. Nous devrions formuler des mots d'ordre d&#233;mocratiques comme nos mots d'ordre g&#233;n&#233;raux. Par exemple, outre la revendication des huit heures, de la confiscation des terres, nous devrions aussi dire : &#171; Annulation des trait&#233;s in&#233;gaux &#187;, &#171; Contre la dictature du Kuomintang &#187;, &#171; Convocation d'une Assembl&#233;e nationale &#187;, etc. Il est n&#233;cessaire d'amener &#224; l'activit&#233; de larges masses sous ces mots d'ordre d&#233;mocratiques ; alors nous pourrons &#233;branler le r&#233;gime contre-r&#233;volutionnaire, susciter la formation d'une nouvelle vague r&#233;volutionnaire et faire que nos mots d'ordre fondamentaux : &#171; A bas le gouvernement du Kuomintang ! &#187; et &#171; Instauration du r&#233;gime sovi&#233;tique &#187; deviennent les mots d'ordre actifs d'un mouvement de masses. Le 26 octobre, le camarade Peng Shu-zhi et moi &#233;criv&#238;mes Une lettre au Comit&#233; central, disant : &#171; La p&#233;riode pr&#233;sent&#233; n'est pas directement r&#233;volutionnaire ; nous devons avoir des mots d'ordre politiques g&#233;n&#233;raux adapt&#233;s &#224; cette p&#233;riode ; ainsi nous pourrons toucher et gagner les masses. Le mot d'ordre des soviets ne peut &#234;tre actuellement qu'un mot d'ordre de propagande. Si nous pouvons &#171; lutter pour l'organisation des soviets &#187; comme un mot d'ordre actif, certainement nous ne pouvons pas esp&#233;rer une r&#233;ponse du prol&#233;tariat &#187;. Mais le Comit&#233; central affirma que nous voulions substituer aux mots d'ordre &#171; A bas le gouvernement du Kuomintang &#187; et &#171; Instauration d'un r&#233;gime sovi&#233;tique &#187; le mot d'ordre politique g&#233;n&#233;ral actuel &#171; Convocation d'une Assembl&#233;e nationale &#187;. Ceci est aussi une des raisons pour lesquelles je suis exclu.&lt;br class='autobr' /&gt;
5&#176; J'&#233;crivis dans une lettre que nous devions d&#233;noncer &#171; la politique de trahison ou de spoliation du pays suivie par le Kuomintang &#224; l'&#233;gard du chemin de fer oriental chinois &#187; pour&lt;br class='autobr' /&gt;
amener &#171; les larges masses toujours anim&#233;es de l'esprit national &#224; sympathiser avec nous et &#224; se dresser contre la man&#339;uvre des imp&#233;rialistes attaquant l'Union sovi&#233;tique en se servant du Kuomintang et prenant pour pr&#233;texte le Chemin de fer oriental &#187;. Ceci &#233;tait dit clairement pour appuyer le mot d'ordre d'appui &#224; TU.R.S.S. et pour toucher les masses. Mais le Comit&#233; central d&#233;clara que je voulais substituer le mot d'ordre d'opposition &#224; la politique de spoliation du pays par le Kuomintang au mot d'ordre d'aide &#224; l'Union sovi&#233;tique. C'est aussi une des raisons pour lesquelles je suis exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; J'&#233;crivis au Comit&#233; central plusieurs lettres au sujet des probl&#232;mes politiques s&#233;rieux qui se posent dans le parti. Le Comit&#233; central s'abstint, pour un long temps, de les communiquer au Parti ; Plus tard ; le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'IC et le Comit&#233; central me dirent clairement que c'est un principe que toutes les opinions politiques ne peuvent pas &#234;tre expos&#233;es devant le parti. Etant donn&#233; qu'il n'y a nul espoir de corriger les fautes du Comit&#233; central au moyen d'une discussion r&#233;guli&#232;re avec les camarades, je ne devrais pas &#234;tre li&#233; par la discipline habituelle de l'organisation et de plus, il n'est pas n&#233;cessaire d'emp&#234;cher des camarades de communiquer mes lettres. C'est aussi une des raisons pour laquelle je suis exclu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; Depuis la conf&#233;rence du 7 ao&#251;t, le Comit&#233; central ne m'a pas permis de participer &#224; aucune r&#233;union ni ne m'a donn&#233; un travail quelconque &#224; faire. C'est seulement le 6 octobre (quarante tours avant mon expulsion) qu'il m'envoya, une lettre disant : &#171; Le Comit&#233; central a d&#233;cid&#233; de vous demander d'entreprendre le travail d'&#233;dition du Comit&#233; central conform&#233;ment &#224; la ligne politique du parti et d'&#233;crire un article contre l'Opposition dans la semaine courante &#187;. &lt;strong&gt;Comme j'avais, plus d une fois, critiqu&#233; le Comit&#233; central pour sa persistance dans l'opportunisme et putschisme, on essayait de cr&#233;er des motifs pour m'exclure du parti. Or, maintenant, je reconnais fermement que les opinions du camarade Trotsky concordent avec le marxisme l&#233;ninisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment pouvais-je parler ou &#233;crire contre ce que je pense ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176; Ce que nous savons ; c'est que le camarade Trotsky a combattu vigoureusement la politique opportuniste de Staline et de Boukharine. Nous ne pouvons ajouter foi aux rumeurs que r&#233;pand la clique stalinienne et croire que le camarade Trotsky, qui a pr&#233;par&#233; et accompli la &#8226;&#233;volution d'Octobre la main dans la main avec L&#233;nine, est devenu un contre-r&#233;volutionnaire. Parce r_e nous avons parl&#233; de Trotsky comme d'un camarade, le Comit&#233; central nous a bl&#226;m&#233;, accus&#233; &#171; d'avoir d&#233;j&#224; d&#233;sert&#233; la R&#233;volution et le prol&#233;tariat pour aller vers la contre-r&#233;volution &#187;, et exclu du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central a recouru &#224; tous ces faux et mensonges pour tenter de justifier mon&lt;br class='autobr' /&gt;
exclusion du parti, et a jet&#233; sur moi l'&#233;pith&#232;te de &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187; sans la moindre&lt;br class='autobr' /&gt;
preuve&lt;/strong&gt;. Je crois que la plupart des camarades ne peuvent encore comprendre clairement de quoi il&lt;br class='autobr' /&gt;
s'agit dans cette affaire. M&#234;me le Comit&#233; central doit reconna&#238;tre &#171; qu'il y a des camarades qui ne peuvent pas comprendre &#187;. N&#233;anmoins il m'exclut et affirme ouvertement que je vais &#224; la contre-r&#233;volution quand des camarades d&#233;clarent ne pas comprendre. Cependant je comprends tr&#232;s bien pourquoi il m'accuse faussement d'&#234;tre un &#171; contre-r&#233;volutionnaire &#187;. C'est l'arme invent&#233;e par les&lt;br class='autobr' /&gt;
Chinois d'aujourd'hui pour attaquer ceux qui n'appartiennent pas &#224; leur clique. Par exemple, le&lt;br class='autobr' /&gt;
Kuomintang accuse les communistes d'&#234;tre des contre-r&#233;volutionnaires pour couvrir ses propres p&#233;ch&#233;s. Tchang Ka&#239;-chek tente de tromper les masses avec l'&#233;tendard de la r&#233;volution, se&lt;br class='autobr' /&gt;
sid&#233;rant lui-m&#234;me comme la personnification de la r&#233;volution. Ceux qui le combattent&lt;br class='autobr' /&gt;
deviennent aussit&#244;t des &#171; contre-r&#233;volutionnaires &#187;, des &#171; &#233;l&#233;ments r&#233;actionnaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup de camarades savent que les raisons d&#233;raisonnables du Comit&#233; central pour m adore ne sont qu'une excuse formelle et officielle. En r&#233;alit&#233;, il ne veut pas que je puisse socimer mes opinions dans le parti et le critiquer pour son opportunisme et son putschisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et pour persister dans sa politique de banqueroute.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Kuomintang repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques-unes des contr&#233;es bourgeoises &#224; travers le monde, il existe des vestiges f&#233;odaux et des m&#233;thodes f&#233;odales d'exploitation (les n&#232;gres et les esclaves de l'archipel des mers du Sud sont soumis au r&#233;gime d'esclavage ant&#233;rieur au f&#233;odalisme) et l&#224; existent des vestiges des for&#233;es f&#233;odales. L&#224; Chine leur ressemble. Dans l&#224; r&#233;volution, nous ne pouvons pas, naturellement, n&#233;gliger ces forces. Mais l'I.C. et notre Comit&#233; central ont unanimement reconnu qu'en Chine les vestiges f&#233;odaux occupent toujours une haute position dans l'&#233;conomie et dans la politique et d&#233;tiennent la position dirigeante. Par suite, ils consid&#232;rent ces vestiges comme l'objet de la r&#233;volution et, n&#233;gligemment, ils laissent passer l'ennemi mortel de la r&#233;volution - les forces de la bourgeoisie - et consid&#232;rent toutes les actions r&#233;actionnaires de la bourgeoisie comme celles des forces f&#233;odales. Il semble qu'ils pensent que la bourgeoisie chinoise est toujours r&#233;volutionnaire, qu'elle ne peut pas &#234;tre pour toujours r&#233;actionnaire, et que tous ceux qui sont r&#233;actionnaires ne peuvent pas appartenir &#224; la bourgeoisie. &lt;strong&gt;Ainsi, ils n'admettent pas que le Kuomintang repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie ni que le gouvernement nationaliste repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie&lt;/strong&gt;. Une conclusion in&#233;vitable c'est que en dehors du Kuomintang. ou du Kuomintang de Nankin, actuellement ou dans l'avenir, il y a ou il y aura un parti bourgeois non-r&#233;actionnaire et r&#233;volutionnaire. Par suite, aujourd'hui, dans leur tactique et dans leur activit&#233; politique ils ne font que suivre les &#171; r&#233;organisateurs &#187; dans leurs entreprises militaires de renversement de Tchang Ka&#239;-chek. Dans leur plate-forme ils d&#233;clarent que le caract&#232;re de la troisi&#232;me r&#233;volution (note 2) sera toujours la r&#233;volution bourgeoise-d&#233;mocratique, s'opposant dans la future r&#233;volution &#224; l'entrave des forces &#233;conomiques de la bourgeoisie et s'opposant au mot d'ordre de la dictature du prol&#233;tariat. Une telle illusion &#224; l'&#233;gard de la bourgeoisie et un tel attachement persistant &#224; la bourgeoisie n'entra&#238;neront pas seulement la persistance de l'opportunisme pass&#233; mais l'approfondiront, et ne pourront qu'entra&#238;ner un triste et honteux &#233;chec de la future r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quels mots d'ordre pour la p&#233;riode pr&#233;sente ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous prenons le mot d'ordre de l'instauration du r&#233;gime sovi&#233;tique comme le mot d'ordre actif de la p&#233;riode pr&#233;sente nous ne pourrons plus le lancer quand la situation objective aura m&#251;ri en une nouvelle vague r&#233;volutionnaire : c'est un mot d'ordre dont on ne peut se servir en tout temps et &#224; son gr&#233; (note 3). Dans le pass&#233;, lors du flux de la vague r&#233;volutionnaire, nous n'avons pas appel&#233; les ouvriers et les paysans &#224; cr&#233;er des soviets ni &#224; instaurer un r&#233;gime sovi&#233;tique ; naturellement ce fut une grave faute. Dans l'avenir, quand la r&#233;volution se d&#233;clenchera, nous devrons imm&#233;diatement organiser des soviets d'ouvriers, paysans et soldats. Alors il nous faudra mobiliser les masses et les entra&#238;ner &#224; lutter pour le mot d'ordre d'instauration du r&#233;gime sovi&#233;tique. En outre, ce devra &#234;tre le soviet de la dictature du prol&#233;tariat, et non le soviet de la dictature d&#233;mocratique des ouvriers et paysans. &lt;strong&gt;Dans la p&#233;riode pr&#233;sente, quand les forces contre-r&#233;volutionnaires sont enti&#232;rement victorieuses et quand il n'y a nulle vague d'un mouvement de masse r&#233;volutionnaire, la condition objective pour &#171; un soul&#232;vement arm&#233; &#187; et la &#171; cr&#233;ation des soviets &#187; n'est pas m&#251;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque pr&#233;sente, &#171; Cr&#233;ez des Soviets &#187; n'est qu'un mot d'ordre de propagande et d'&#233;ducation. Si nous l'employons comme un mot d'ordre actif et voulons mobiliser la classe ouvri&#232;re d&#232;s maintenant pour lutter pratiquement pour l'instauration des Soviets, certainement nous n'obtiendrons aucune r&#233;ponse des masses. Nous devons donc, pour notre action d'aujourd'hui, adopter le mot d'ordre tr&#232;s d&#233;mocratique de &#171; lutte pour la convocation d'une Assembl&#233;e nationale &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la situation n'est m&#251;re maintenant que pour une telle action et que seul, ce mot d'ordre peut toucher les larges masses et permettre de les entra&#238;ner de la lutte politique l&#233;gale vers la pouss&#233;e r&#233;volutionnaire, vers le &#171; soul&#232;vement arm&#233; &#187; et 1' &#171; instauration du r&#233;gime sovi&#233;tique &#187;. L'actuel Comit&#233; central, qui continue le putschisme, ne voit pas les choses ainsi. Il estime que la nouvelle situation r&#233;volutionnaire est d&#233;j&#224; m&#251;re (note 4). Il nous reproche de ne consid&#233;rer le mot d'ordre de cr&#233;ation de soviets d'ouvriers et de paysans, que comme un mot d'ordre de propagande. Aussi, appelle-t-il sans cesse les membres du parti &#224; descendre dans la rue pour y faire des d&#233;monstrations auxquelles les masses ne participent pas, d&#233;clenche-t-il des gr&#232;ves &#224; la l&#233;g&#232;re - toute Bataille quotidienne de faible importance devant &#234;tre transform&#233;e, &#224; notre gr&#233;, en une grande bataille roiitique - et c'est ainsi que les ouvriers abandonnent le parti en nombre de plus en plus grand. Mais ce n'est pas tout. R&#233;cemment, &#224; la Conf&#233;rence des d&#233;l&#233;gu&#233;s du Jiangsu il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#171; d'organiser un grand mouvement de gr&#232;ve &#187; et des &#171; soul&#232;vements locaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;t&#233; dernier jusqu'&#224; maintenant, il y a eu parmi les ouvriers de Shanghai des sympt&#244;mes de volont&#233; de lutte se manifestant par des escarmouches. Mais d&#232;s qu'ils prennent une certaine consistance, la politique putschiste, de la Direction du parti appara&#238;t et tout est aussit&#244;t an&#233;anti. Si la r&#233;solution de la Conf&#233;rence des d&#233;l&#233;gu&#233;s du Jiangsu est appliqu&#233;e, le d&#233;sastre sera plus grand encore. Ainsi notre parti cesse d'&#234;tre le guide qui aide les ouvriers dans leurs luttes quotidiennes et dans la pr&#233;paration des luttes r&#233;volutionnaires pour devenir de plus en plus l'ex&#233;cutant d'une politique qui &#233;touffe les efforts de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'actuel Comit&#233; central, se basant sinc&#232;rement sur la ligne de banqueroute du Vie Congr&#232;s et sous la direction imm&#233;diate de l'LC., applique cette politique banquerouti&#232;re, combinant l'opportunisme ancien et le putsehisme au d&#233;triment du parti et de la r&#233;volution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu importe que l'LC. ait conduit la r&#233;volution &#224; un douloureux &#233;chec et que ses fautes opportunistes aient &#233;t&#233; mises &#224; nu par les camarades de l'opposition, notre Comit&#233; central ne reconna&#238;t pas ces erreurs d'hier, et il persiste consciemment dans une politique erron&#233;e. De plus, pour couvrir les fautes d'une minorit&#233;, il rompt avec les principes d'organisation bolcheviks, abuse je l'autorit&#233; de l'instance supr&#234;me, &#233;touffe l'autocritique &#224; l'int&#233;rieur du parti, expulse les camarades qui expriment une opinion politique diff&#233;rente et pr&#233;pare sciemment une scission dans le parti. Ceci est le p&#233;ch&#233; des p&#233;ch&#233;s, le plus stupide et le plus honteux. Des bolcheviks ne doivent pas craindre ^ae autocritique ouverte devant les masses. La seule mani&#232;re, pour le parti, de gagner la confiance des masses, c'est de se livrer courageusement &#224; une franche autocritique. Couvrir ses propres erreurs, comme le fait actuellement le Comit&#233; central, c'est in&#233;vitablement &#233;loigner les masses du parti. A l'&#233;gard d'une telle faute et devant une telle crise, la majorit&#233; des camarades doivent avoir ^ne opinion plus ou moins pr&#233;cise ; si nous ne voulons pas nous contenter de recevoir de quoi subvenir &#224; nos d&#233;penses quotidiennes ; si nous sentons que nous ne pouvons fuir nos responsabilit&#233;s devant le parti et devant la r&#233;volution, alors nous devons tous faire une s&#233;v&#232;re autocritique pour sauver le parti de la crise qui le menace. Si nous laissons le parti aller vers sa ruine sans dire un mot et sans lever la main, cela aussi est une sorte de p&#233;ch&#233; i&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sauver le parti ou se taire et &#234;tre complice ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, chers camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous savons tous que quiconque ouvre la bouche pour faire une sinc&#232;re autocritique des fautes du parti n'est pas r&#233;fut&#233;, mais expuls&#233;. Mais il faut mettre les choses dans la balance et voir ce qui est le plus important : sauver le parti tout entier du danger qui le menace, ou nous pr&#233;server nous-m&#234;mes de la radiation de notre nom sur les listes des nembres du parti ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la Conf&#233;rence du 7 ao&#251;t, engageant le parti dans &#171; la direction g&#233;n&#233;rale du soul&#232;vement arm&#233; &#187; et les mouvements qui ont eu lieu, en cons&#233;quence, sur plusieurs points, j'ai &#233;crit &#224; diverses reprises au Comit&#233; central, montrant que le sentiment r&#233;volutionnaire des masses, en e moment, n'est pas tr&#232;s vif, que le r&#233;gime du Kuomintang ne va pas s'effondrer tr&#232;s rapidement, que les soul&#232;vements d&#233;clench&#233;s hors de propos ne peuvent qu'affaiblir le parti, affaiblir son influence parmi l&#232;s masses, et que nous devrions substituer &#224; cette politique du soul&#232;vement &#224; tout prix la conqu&#234;te des masses unies dans leurs luttes quotidiennes. Le Comit&#233; central estimait que le soul&#232;vement &#233;tendu est absolument la ligne juste et le meilleur moyen de corriger l'opportunisme pass&#233; ; qu'&#233;tudier les conditions du soul&#232;vement et en pr&#233;parer le succ&#232;s, c'est de l'opportunisme. Par suite, il ne prit jamais mes observations en consid&#233;ration, mais au contraire, pr&#233;tendit qu'elles ^portaient la preuve que je n'avais pas renonc&#233; &#224; mon opportunisme. J'&#233;tais alors li&#233; par la&lt;br class='autobr' /&gt;
discipline du parti, et je ne pouvais pas, par-dessus l'organisation, engager une lutte d&#233;cisive contre le Comit&#233; central et sa politique de destruction qui m&#232;ne le parti &#224; sa ruine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le VIe Congr&#232;s, je ne vis pas encore clairement la situation, et j'avais toujours l'impression que le nouveau Comit&#233; central, ayant re&#231;u des faits de si nombreuses et dures le&#231;ons, pourrait s'&#233;veiller et non pas suivre aveugl&#233;ment la politique erron&#233;e de l'I.C. Je persistai dans mon attitude critique expectante, ne voulant pas formuler de th&#233;ories qui auraient soulev&#233; des discussions dans le parti, bien que je ne fusse pas satisfait du tout des d&#233;cisions du Vie Congr&#232;s. &lt;strong&gt;Apr&#232;s la guerre entre la clique de Tchang Ka&#239;-chek et la clique du Jiangxi, et le mouvement pour l'anniversaire du &#171; 30 mai &#187;, je sentis nettement que le Comit&#233; central allait persister obstin&#233;ment dans l'opportunisme et le putschisme. qu'il ne changerait rien de lui-m&#234;me, et que sans une large et profonde discussion dans le parti, de la base au sommet, la politique erron&#233;e de notre organisme dirigeant ne serait pas corrig&#233;e.&lt;/strong&gt; Mais tous les membres du parti sont li&#233;s par la discipline du parti et &#224; cette &#233;poque ils &#233;taient, en g&#233;n&#233;ral, dans l'&#233;tat d'esprit o&#249; &#171; on ose &#234;tre irrit&#233; mais on n'ose pas parler &#187;. &lt;strong&gt;Quant &#224; moi, je ne puis supporter de voir le parti (cr&#233;&#233; avec le sang m&#234;me d'innombrables camarades) aller vers la destruction et la ruine. Aussi je ne pouvais consentir &#224; rester plus longtemps silencieux.&lt;/strong&gt; Quelques camarades me dissuad&#232;rent de parler, disant que les membres du Comit&#233; central consid&#233;raient les int&#233;r&#234;ts de quelques chefs comme plus importants que les int&#233;r&#234;ts du parti et de la r&#233;volution, qu'ils voudraient &#224; tout prix couvrir leurs fautes, n'accepteraient jamais la critique des camarades et que, si je les critiquais franchement ils trouveraient l&#224; un motif pour m'exclure du parti. Mais mon attachement au parti me poussa &#224; m'engager r&#233;solument, sans me soucier de mes propres int&#233;r&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale Communiste et notre Comit&#233; central se sont toujours vigoureusement oppos&#233;s au rappel de la vieille histoire de l'&#233;chec de la R&#233;volution chinoise. Parce que je n'ai pas voulu &#234;tre complice de ce silence ils ont soudainement formul&#233;, &#224; mon &#233;gard, le jugement suivant : &#171; II ne veut pas reconna&#238;tre sinc&#232;rement ses propres fautes dans la direction opportuniste au cours de la grande r&#233;volution et il ne veut pas non plus reconna&#238;tre en quoi consist&#232;rent ses fautes v&#233;ritables ; par suite, il ne peut que persister in&#233;vitablement dans ses anciennes erreurs &#187;. Mais c'est &#224; eux que ces mots s'appliquent exactement, ils tracent leur propre portrait. En r&#233;alit&#233;, si je pouvais an&#233;antir ma facult&#233; de penser, ne pas me soucier des int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat, faire avec eux la sale besogne et les encourager &#224; continuer les erreurs pass&#233;es, ils ne pourraient que se baser sur leur vieil opportunisme pouf &#226;tt&#226;qu&#233;f, p&#226;f l&#224; plum&#233; et par l&#224; parole, l&#233;s soi-disant &#171; tf&#244;&#239;skyst&#233;s &#187; pouf t&#233;m&#234;f tous ensemble de couvrir leurs fautes. Comment pouvaient-ils m'exclure du parti ? Moi, qui ai lutt&#233; contre les forces sociales ennemies pendant la plus grande part de ma vie, comment puis-je accepter de faire une telle besogne, confondre le vrai et le faux ? Li Li-san dit : &#171; Les opportunistes chinois (note 6), ne veulent pas comprendre les le&#231;ons de l'&#233;chec de la grande r&#233;volution et ils tentent de se cacher sous le drapeau du trotskysrne pour dissimuler leurs fautes. &#187; En fait, dans les documents du camarade Trotsky, les paroles par lesquelles il me bl&#226;me sont beaucoup plus dures que celles de Staline ou de Boukharine, mais je ne puis que reconna&#238;tre que les le&#231;ons d&#233;gag&#233;es par lui de l'&#233;chec de la r&#233;volution sont enti&#232;rement correctes et je ne puis les repousser sous pr&#233;texte qu'il me bl&#226;me. Je suis pr&#234;t &#224; recevoir la critique, si s&#233;v&#232;re soit-elle, de tout camarade, et je refuse d'enfouir sous terre les le&#231;ons et les exp&#233;riences de la r&#233;volution. &lt;strong&gt;Je pr&#233;f&#232;re &#234;tre exclu maintenant par Li Li-san et autres et je refuse d'assister passivement au d&#233;veloppement de la crise du parti sans m'efforcer de la conjurer et de m&#233;riter ainsi, dans l'avenir, le bl&#226;me des camarades du parti. Je suis pr&#234;t &#224; supporter avec calme une oppression accrue des forces sociales ennemies pour d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat, et je refuse de suivre aveugl&#233;ment les chefs officiels brutaux et corrompus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que le Comit&#233; central m'exclut du parti uniquement pour couvrir les fautes de quelques hommes. Ainsi, ce n'est pas seulement pour m'emp&#234;cher d'ouvrir une discussion dans le parti et de formuler mes id&#233;es qu'on m'exclut. C'est pour fermer la bouche de tous les camarades. Je&lt;br class='autobr' /&gt;
sais que les masses du parti n'ont jamais eu la moindre intention de m'exclure. Bien que j'aie &#233;t&#233; exclu par quelques chefs, il n'y eut jamais d'hostilit&#233; entre la masse du parti et moi.&lt;strong&gt; Je continuerai de servir le prol&#233;tariat, la main dans la main avec les camarades qui refusent de suivre la politique opportuniste de la clique stalinienne (&#224; la fois dans l'Internationale et en Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, chers camarades !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fautes pr&#233;sentes du parti ne sont pas des questions secondaires et distinctes ; comme dans le pass&#233;, elles sont l'illustration de toute la politique opportuniste de Staline en Chine. Les hommes responsables du Comit&#233; central de notre parti qui sont dispos&#233;s &#224; n'&#234;tre rien d'autre que les phonographes de Staline n'ont montr&#233;, jusqu'ici, aucune conscience politique, ils deviennent pires de jour en jour et ils ne pourront jamais plus &#234;tre sauv&#233;s. Au Xe Congr&#232;s du parti communiste russe, L&#233;nine d&#233;clara : &#171; II est juste d'avoir une petite organisation s'il existe diverses opinions politiques fondamentalement diff&#233;rentes et s'il n'y a aucun moyen de r&#233;soudre le probl&#232;me. &#187; C'est sur cette base qu'il dirigea le parti bolchevik. Aujourd'hui, dans notre parti, il n'y a aucun moyen (discussion l&#233;gale et franche &#224; l'int&#233;rieur du parti) de surmonter la crise du parti. Chaque membre du parti doit comprendre la gravit&#233; du danger qui menace le parti, et nous devons revenir &#224; la th&#232;se et &#224; la tactique bolcheviques, nous rassembler en une union solide, nous ranger r&#233;solument au c&#244;t&#233; de l'Opposition internationale conduite par le camarade Trotsky, c'est-&#224;-dire sous le drapeau du vrai marxisme et l&#233;ninisme et lutter avec courage, pers&#233;v&#233;rance et &#224; fond contre l'opportunisme de l'Internationale communiste et du Comit&#233; central de notre parti. Nous ne sommes pas seulement hostiles &#224; l'opportunisme de Staline et &#224; tout ce qui lui ressemble ; nous le sommes aussi &#224; l'&#233;gard de la politique de compromis de Zinoviev. On tente de nous effrayer en disant que nous allons nous mettre hors de la sph&#232;re du parti. Mais cela ne peut nous arr&#234;ter car nous sommes r&#233;solus &#224; tous les sacrifices pour sauver le parti et la R&#233;volution chinoise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mon salut prol&#233;tarien,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHEN DU-XIU. 10 d&#233;cembre 1929.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 1. - Staline d&#233;clare : &#171; La politique du bolchevisme en 1905, &#233;tait-elle juste ? Oui, elle &#233;tait juste. Mais pourquoi, puisqu'il y avait des Soviets et une politique bolchevik juste, la R&#233;volution ne pouvait-elle triompher ? C'est parce que la puissance des vestiges f&#233;odaux du reniement despotique &#233;tait plus forte que celle du mouvement r&#233;volutionnaire. Ne pouvons-pas dire que la politique du parti communiste chinois a renforc&#233; la capacit&#233; de combat du prol&#233;tariat, et accru le prestige du prol&#233;tariat parmi les masses ? Tr&#232;s certainement nous pouvons le Une politique juste ne peut pas &#234;tre &#224; elle seule, naturellement, une garantie de l'&#233;chec. Si nous pensons que si le pouvoir de l'ennemi est plus fort, la r&#233;volution ne peut &#234;tre conduite &#224; la Dire maigre une politique juste, alors la faillite de la R&#233;volution russe en 1905, celle de la r&#233;volution chinoise en 1927 et toutes les autres faillites du mouvement ouvrier r&#233;volutionnaire fatales ! Je ne voudrais pas avoir Staline comme d&#233;fenseur du parti communiste chinois s'il employer de pareils arguments, et voudrais moins encore me d&#233;fendre avec les paroles de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 2. - La phase actuelle de la R&#233;volution chinoise c'est la contre-r&#233;volution. Le mouvement d&#233;mocratique actuel qui s'oppose &#224; la contre-r&#233;volution est seulement capable d'acheminer les masses vers la r&#233;volution mais non de faire la r&#233;volution. Quant au mouvement anti-Tchang Ka&#239;-chek de la clique des &#171; r&#233;organisateurs &#187;, ce n'est rien de plus qu'une querelle&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;rieure du Kuomintang. En fait, il n'y a pas de mouvement d&#233;mocratique du tout. C'est seulement quand la pouss&#233;e de la masse se d&#233;veloppera jusqu'au renversement du r&#233;gime du Kuomintang tout entier, que la r&#233;volution appara&#238;tra.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La phase actuelle de la R&#233;volution chinoise &#187; d'apr&#232;s les th&#232;ses du Vie Congr&#232;s, serait, d'apr&#232;s les faits, celle de la troisi&#232;me r&#233;volution. Elles affirment que la situation pr&#233;sente est toujours r&#233;volutionnaire. On voit ici exactement le m&#233;lange d'opportunisme et de putschisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 3. - En avril 1917, un certain nombre de bolcheviks lanc&#232;rent le mot d'ordre &#171; Tout le pouvoir aux Soviets ! &#187;, L&#233;nine les critiqua s&#233;v&#232;rement, disant que c'&#233;tait pr&#233;matur&#233; et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 4. - R&#233;cemment l'I.C. envoya des instructeurs au parti communiste chinois disant que la reprise de la R&#233;volution chinoise &#233;tait m&#251;re. Quand le Comit&#233; central re&#231;ut ces instructions, il suspecta le mot &#171; m&#251;re &#187; d'avoir &#233;t&#233; mal traduit. Apr&#232;s examen il fut reconnu que la traduction &#233;tait exacte. A la Conf&#233;rence du Jiangsu, la plupart des d&#233;l&#233;gu&#233;s suspect&#232;rent aussi une mauvaise traduction. Mais le repr&#233;sentant du Comit&#233; central s'&#233;leva &#233;nergiquement contre leurs doutes et finalement il fut d&#233;cid&#233; que la reprise de la R&#233;volution &#233;tait devenue m&#251;re dans leur esprit. (Peut-&#234;tre pensaient-ils que le renversement de Tchang Ka&#239;-chek signifiait reprise de la r&#233;volution.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 5. - La politique banquerouti&#232;re est ainsi formul&#233;e dans la, r&#233;solution du Vie Congr&#232;s : &#171; L'&#233;tape pr&#233;sente de la R&#233;volution c'est la r&#233;volution bourgeoise d&#233;mocratique &#187;, &#171; R&#233;aliser la dictature d&#233;mocratique des ouvriers et des paysans &#187;, &#171; les koulaks n'ont pas perdu leur caract&#232;re r&#233;volutionnaire ... Il ne faut pas pousser la lutte contre eux &#187;. &#171; La situation pr&#233;sente du mouvement r&#233;volutionnaire et la politique g&#233;n&#233;rale du parti communiste chinois - des sympt&#244;mes d'une nouvelle vague r&#233;volutionnaire sont d&#233;j&#224; tr&#232;s apparents - montrent qu'il est possible d'avoir une pouss&#233;e r&#233;volutionnaire avec instauration d'un r&#233;gime sovi&#233;tique dans plusieurs provinces &#187;. &#171; La nouvelle vague r&#233;volutionnaire est proche &#187;, etc. La politique que fait sinc&#232;rement le Comit&#233; central repose sur ces affirmations banquerouti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clique des confusionnistes : Hong Lin, Li Fu-chun Ho Meng, etc., pense que la r&#233;solution du Vie Congr&#232;s est juste et que seule la mani&#232;re dont le Comit&#233; central l'applique n'est pas bonne. Ceci montre non seulement qu'ils ne comprennent pas la position politique de l'opposition mais aussi qu'ils ignorent toute la signification politique du Vie Congr&#232;s et qu'ils n'ont eux-m&#234;mes aucune conception politique claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note 6. - Li Li-san et autres ne veulent pas remonter &#224; la source m&#234;me de l'opportunisme ; ils s'efforcent de concentrer les regards des membres du parti sur certaine partie et en rejeter les responsabilit&#233;s sur certains camarades pour s'excuser eux-m&#234;mes. En r&#233;alit&#233;, dans la p&#233;riode du Whan, Qu Qiu-bai dans la circulaire du Bureau Paysan, d&#233;non&#231;a brutalement l'action violente des paysans, la compara &#224; celle des bandits et ordonna &#224; tous les cadres du parti de faire rentrer l'action des paysans dans la politique g&#233;n&#233;rale du gouvernement paysan. Apr&#232;s le coup d'Etat du 21 mai &#224; Shangha&#239;, quand le d&#233;l&#233;gu&#233; de l'I.C., Louis, dit : &#171; Le Comit&#233; central du Kuomintang a &#233;t&#233; &#171; contre-r&#233;volutionnaris&#233; &#187;, Li Li-san, dont le visage s'&#233;tait aussit&#244;t enflamm&#233;, s'&#233;cria : &#171; Les paroles du camarade Louis ne peuvent avoir qu'une signification, c'est la destruction du parti chinois ! &#187;. Cai He-sen pr&#233;conisa la suppression automatique des &#171; pickets &#187; communistes &#224; Hank&#233;ou afin d'&#233;viter tout conflit avec les troupes du Kuomintang. Quelle id&#233;ologie et quels principes r&#233;v&#232;le tout cela ? Xiang Ying et Lo Xek-yuan m'ont d&#233;clar&#233; personnellement : &#171; Quand Li Li-san dirigeait le travail du Comit&#233; provincial du Guangdong, le putschisme dont il se rendit responsable d&#233;passe de beaucoup ce qu'a pu faire dans ce domaine tout autre camarade du parti... &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Lutte de Classes. Num&#233;ros 25 et 26,1930, p. 674-692.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement de la r&#233;volution en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le milieu des ann&#233;es 1920 est une p&#233;riode cruciale pour la classe ouvri&#232;re et ses organisations r&#233;volutionnaires. La r&#233;volution peut-elle encore se d&#233;velopper et l'emporter au niveau mondial ? Sinon, la r&#233;volution russe pourra-t-elle survivre longtemps &#224; son isolement ? Telles sont les questions qui traversent le mouvement communiste ; et toute l'IC est suspendue aux possibilit&#233;s de la r&#233;volution en Allemagne. Depuis 1923, la politique de l'IC est de pousser &#224; l'insurrection. Zinoviev, qui est encore son pr&#233;sident, sous-estime totalement l'ampleur de la d&#233;faite en Allemagne ([3]). Il d&#233;clare qu'il ne s'agit que d'un &#233;pisode et que de nouveaux assauts r&#233;volutionnaires sont &#224; l'ordre du jour dans plusieurs pays. L'IC ne dispose plus manifestement d'une boussole politique fiable ; aussi, en cherchant &#224; pallier le reflux de la vague r&#233;volutionnaire, elle ne fait que d&#233;velopper une strat&#233;gie de plus en plus opportuniste. A partir de 1923, Trotsky et la premi&#232;re Opposition d&#233;noncent ses graves erreurs, aux cons&#233;quences tragiques mais sans aller jusqu'&#224; parler de trahison. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'IC se d&#233;veloppe et, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1925, la tro&#239;ka Zinoviev-Kamenev-Staline se d&#233;fait ; l'IC est alors dirig&#233;e par le duo Boukharine-Staline. La strat&#233;gie &#171; putschiste &#187; qui pr&#233;valait sous Zinoviev fait place, apr&#232;s 1925, &#224; une politique bas&#233;e sur la &#171; stabilisation &#187; prolong&#233;e du capitalisme. C'est le &#171; cours de droite &#187; avec la mise en avant, en Europe, de politiques de front unique avec les partis &#171; r&#233;formistes &#187; ([4]). En Chine, l'IC met en oeuvre une politique qui se situe en de&#231;&#224; m&#234;me de celle pr&#233;conis&#233;e par les mencheviks pour les pays &#233;conomiquement peu d&#233;velopp&#233;s comme en Russie. En effet, d&#232;s 1925, elle d&#233;fend que c'est la politique du Guomindang pour la r&#233;volution bourgeoise qui est encore &#224; l'ordre du jour, la r&#233;volution communiste devant intervenir ensuite. Cette position m&#232;nera &#224; livrer les ouvriers chinois au massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est durant sa p&#233;riode putschiste d'ultra-gauchisme que l'IC harc&#232;le le Parti Communiste Chinois (PCC) jusqu'&#224; ce qu'il se d&#233;cide &#224; entrer dans le Guomindang d&#233;clar&#233; &#171; parti sympathisant &#187; lors de son 5e congr&#232;s (Pravda, 25 juin 1924). C'est ce parti &#171; sympathisant &#187; qui sera le fossoyeur du prol&#233;tariat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IC stalinis&#233;e &#171; consid&#233;rait le Guomindang comme l'organe de la r&#233;volution nationale chinoise. Les communistes allaient aux masses sous le nom et la banni&#232;re du Guomindang. Cette politique aboutit, en mars 1927 &#224; l'entr&#233;e des communistes dans le gouvernement national. Ils re&#231;urent le portefeuille de l'Agriculture (apr&#232;s que le parti se soit prononc&#233; contre toute r&#233;volution agraire et pour &#8216;arr&#234;ter l'action trop vigoureuse des paysans') et celui du Travail, afin de mieux canaliser les masses ouvri&#232;res vers une politique de compromis et de trahison. Le Pl&#233;num de juillet du PCC se pronon&#231;a d'ailleurs &#233;galement contre la confiscation de la terre, contre l'armement des ouvriers et des paysans, c'est-&#224;-dire pour la liquidation du parti et des mouvements de classe des ouvriers, pour la suj&#233;tion absolue au Guomindang, afin d'&#233;viter &#224; tout prix la rupture avec ce dernier. Pour cette politique criminelle, tous &#233;taient d'accord : de la droite avec Peng Chou Chek, du centre avec Chen Duxiu et de la soi-disant gauche avec Tsiou Tsiou-Bo. &#187; (Bilan n&#176;9, juillet 34)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette politique opportuniste parfaitement analys&#233;e par Bilan quelques ann&#233;es plus tard, qui pousse le PCC &#224; quasiment se fondre dans le Guomindang, aboutit au bout du compte &#224; une terrible d&#233;faite et &#224; l'&#233;crasement des ouvriers chinois. &#171; Le 26 mars, Tchang Ka&#239;-Chek se livra &#224; un premier coup de force, en arr&#234;tant de nombreux communistes et sympathisants. (...) Ces faits furent cach&#233;s au Comit&#233; ex&#233;cutif de l'IC ; en revanche une grande place fut accord&#233;e aux propos anti-imp&#233;rialistes de Tchang Ka&#239;-Chek lors du Congr&#232;s du travail en 1926. En juillet 1926, les troupes du Guomindang commenc&#232;rent leur marche vers le nord. Elle servit de pr&#233;texte &#224; l'arr&#234;t des gr&#232;ves &#224; Canton, Hongkong, etc. (...) A l'approche des troupes il y eut un soul&#232;vement &#224; Shangha&#239; : le premier du 19 au 24 f&#233;vrier, le second fut victorieux, le 21 mars. Les troupes de Tchang Ka&#239;-Chek n'entr&#232;rent dans la ville que le 26 mars. Le 3 avril, Trotsky &#233;crit une mise en garde contre le &#8216;Pilsudsky chinois' ([5]). Le 5 avril, Staline d&#233;clare que Tchang Ka&#239;-Chek s'est soumis &#224; la discipline, que le Guomindang est un bloc, une sorte de parlement r&#233;volutionnaire. &#187; ([6])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 avril Tchang Ka&#239;-Chek proc&#232;de &#224; un coup de force, une manifestation est attaqu&#233;e &#224; la mitrailleuse, il y a des milliers de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; A la suite de ses &#233;v&#233;nements, la d&#233;l&#233;gation de l'Internationale communiste, le 17 avril, soutient &#224; Hunan le centre du &#8216;Guomindang de gauche' ([7]) auquel participent les ministres communistes. L&#224;, le 15 juillet, se produit une r&#233;&#233;dition du coup de Shangha&#239;. La victoire de la contre-r&#233;volution est assur&#233;e. Une p&#233;riode de massacre syst&#233;matique la suit, on &#233;value au bas mot &#224; 25 000 le nombre de communistes tu&#233;s. &#187; Et, en septembre 1927, &#171; la nouvelle direction du PC (...) fixe l'insurrection au 13 d&#233;cembre. (...) Un soviet est d&#233;sign&#233; d'en haut. Le soul&#232;vement est avanc&#233; au 10 d&#233;cembre. Le 13, il est totalement r&#233;prim&#233;. La deuxi&#232;me r&#233;volution chinoise est d&#233;finitivement &#233;cras&#233;e. &#187; ([8])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers et les r&#233;volutionnaires chinois accomplissent une terrible descente aux enfers. C'est le prix que leur co&#251;te la politique opportuniste de l'IC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malgr&#233; toutes ces concessions, la rupture avec le Guomindang survint &#224; la fin de juillet 1927, quand le gouvernement de Hunan exclut les communistes du Guomindang en ordonnant leur arrestation. &#187; Puis &#171; ... la Conf&#233;rence du parti d'ao&#251;t 1927 condamna d&#233;finitivement ce que l'on appela la ligne opportuniste de la vieille direction de Chen-Duxiu et fit table rase des anciens dirigeants (...). S'ouvre ainsi l'&#233;poque &#8216;putschiste', qui trouve son expression dans la Commune de Canton de d&#233;cembre 1927. Toutes les conditions &#233;taient d&#233;favorables pour une insurrection &#224; Canton.(...) Il est bien entendu que nous ne voulons en rien diminuer l'h&#233;ro&#239;sme des communards de Canton, qui lutt&#232;rent jusqu'&#224; la mort. Mais l'exemple de Canton n'est pas isol&#233;. A la m&#234;me &#233;poque 5 autres comit&#233;s r&#233;gionaux (...) se prononc&#232;rent pour le soul&#232;vement imm&#233;diat. &#187; Et malgr&#233; l'offensive victorieuse de la contre-r&#233;volution, &#171; ... Le 6e congr&#232;s du PCC de juillet 1928 continua &#224; maintenir la perspective de &#8216;lutter pour la victoire dans une ou plusieurs provinces'. &#187; ([9])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question chinoise et l'Opposition russe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;faite de la r&#233;volution chinoise constitue la condamnation la plus s&#233;v&#232;re de la strat&#233;gie de l'IC apr&#232;s la mort de L&#233;nine et plus encore de celle de l'IC stalinis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky souligne dans sa Lettre au 6e congr&#232;s de l'IC du 12 juillet 1928 ([10]) que la politique opportuniste de l'IC a affaibli le prol&#233;tariat d'abord en Allemagne en 1923, puis l'a tromp&#233; et trahi en Angleterre et enfin en Chine. &#171; Voil&#224; les causes imm&#233;diates et indiscutables des d&#233;faites. &#187; Il poursuit : &#171; Pour saisir la signification du revirement actuel vers la gauche ([11]), on doit avoir une vue compl&#232;te non seulement ce que fut le glissement vers la ligne g&#233;n&#233;rale de centre-droit qui se d&#233;masqua totalement en 1926-1927, mais aussi de ce que fut la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dante d'ultra-gauchisme en 1923-1925, dans la pr&#233;paration de ce glissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la direction de l'IC ne cesse de r&#233;p&#233;ter, en 1924, que la situation r&#233;volutionnaire continue &#224; se d&#233;velopper et que &#171; des batailles d&#233;cisives se livreraient dans un avenir proche. &#187; &#171; C'est sur la base de ce jugement fondamentalement faux que le 6e congr&#232;s &#233;tablit toute son orientation, vers le milieu de 1924. &#187; ([12]) L'Opposition exprime son desaccord avec cette vision et &#171; sonne l'alarme &#187; ([13]). &#171; En d&#233;pit du reflux politique, le 6e congr&#232;s s'oriente d&#233;monstrativement vers l'insurrection. (...) 1924 (...) devient l'ann&#233;e des aventures en Bulgarie ([14]), en Estonie. &#187; ([15]) Cet ultra gauchisme de 1924-25 &#171; d&#233;sorient&#233; devant la situation fut brutalement remplac&#233; par une d&#233;viation de droite. &#187; ([16])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle Opposition Unifi&#233; ([17]) se cr&#233;e alors par le regroupement de l'ancienne Opposition de Trotsky avec le groupe Zinoviev-Kamenev et d'autres. Plusieurs sujets animent les discussions dans le parti bolchevik en 1926, notamment la politique &#233;conomique de l'URSS et la d&#233;mocratie au sein du parti. Mais le principal d&#233;bat, celui qui divise le plus profond&#233;ment le parti se d&#233;veloppe sur la question chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la ligne du &#171; bloc avec le Guomindang &#187;, que Staline maintient et qu'exposent Boukharine et l'ex-menchevik Martynov, s'oppose celle de l'Opposition de gauche. Les probl&#232;mes d&#233;battus sont ceux du r&#244;le de la bourgeoisie nationale, du nationalisme et de l'ind&#233;pendance de classe du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky d&#233;fend sa position dans son texte &#171; les rapports de classe dans la r&#233;volution chinoise &#187; (3 avril 1927). Il y d&#233;veloppe que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La r&#233;volution chinoise d&#233;pend du cours g&#233;n&#233;ral de la r&#233;volution prol&#233;tarienne mondiale. Et contre la vision de l'IC qui pr&#244;ne le soutien au Guomindang pour accomplir da r&#233;volution bourgeoise, il appelle les communistes chinois &#224; en sortir du Guomindang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Pour aller &#224; la r&#233;volution, il faut que les ouvriers chinois forment des soviets et s'arment. ([18])&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce texte font suite, le 14 avril, les Th&#232;ses adress&#233;es par Zinoviev au bureau politique du PCUS ([19]) dans lesquelles celui-ci r&#233;affirme la position de L&#233;nine sur les luttes de lib&#233;ration nationales, en particulier qu'un PC ne doit se subordonner &#224; aucun autre parti et que le prol&#233;tariat ne doit pas se perdre sur le terrain de l'interclassisme. Il r&#233;affirme &#233;galement l'id&#233;e que &#171; l'histoire de la r&#233;volution a d&#233;montr&#233; que toute r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise, si elle ne se transforme pas en r&#233;volution socialiste, s'engage in&#233;vitablement dans la voie de la r&#233;action. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Opposition russe n'a plus, &#224; ce moment-l&#224;, les moyens de renverser le cours de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'IC parce que le prol&#233;tariat est en train de conna&#238;tre la d&#233;faite non seulement en Chine mais aussi internationalement. On peut m&#234;me dire que, dans le parti bolchevik, elle est battue. &#171; Le prol&#233;tariat essuie sa plus terrible d&#233;faite &#187; ([20]) dans la mesure o&#249; les r&#233;volutionnaires, ceux qui ont fait la r&#233;volution d'Octobre, vont, les uns apr&#232;s les autres, &#234;tre emprisonn&#233;s, d&#233;port&#233;s dans des camps ou m&#234;me assassin&#233;s. Il y a plus grave : &#171; Le programme international est banni, les courants de la gauche internationaliste sont exclus (...), une nouvelle th&#233;orie fait son entr&#233;e triomphale au sein de l'IC. &#187; ([21]) C'est la th&#233;orie du &#171; socialisme en un seul pays &#187;. Le but de Staline et de l'IC est, d&#232;s lors, de d&#233;fendre l'Etat russe. Mais l'Internationale, en rompant avec l'internationalisme, meurt en tant qu'organe du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine et l'Opposition de Gauche internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, m&#234;me battue, le combat de l'Opposition au sein de l'IC a &#233;t&#233; fondamental. Il a un retentissement &#233;norme, au niveau international, dans tous les PC. Mais surtout, il est probable que sans lui les courants de la Gauche communiste n'existeraient certainement pas aujourd'hui. En Chine m&#234;me o&#249; les staliniens ont pourtant r&#233;ussi &#224; faire le black-out sur les textes de l'Opposition, Chen Duxiu r&#233;ussit &#224; envoyer sa Lettre &#224; tous les membres du PCC (il est exclu du parti en ao&#251;t 1929 ; sa lettre est du 10 d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e) dans laquelle il prend position contre l'opportunisme de Staline sur la question chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe et dans le monde ce combat politique permet aux groupes oppositionnels exclus des PC de se structurer et de s'organiser. Tr&#232;s vite ils se retrouvent divis&#233;s et n'arrivent pas &#224; passer du stade d'opposition &#224; celui de v&#233;ritable courant politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, par exemple, le groupe de Souvarine &#171; Le cercle Marx et L&#233;nine &#187;, le groupe de Maurice Paz &#171; Contre le courant &#187; et celui de Treint &#171; Le redressement communiste &#187; publient les documents de l'Opposition de gauche russe et regroupent des &#233;nergies r&#233;volutionnaires. Les groupes de ce type vont m&#234;me jusqu'&#224; se multiplier dans un premier temps ; mais malheureusement ils n'arrivent pas &#224; collaborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a enfin un regroupement apr&#232;s l'expulsion de Trotsky de l'URSS, regroupement qui prend le nom d'Opposition de Gauche Internationale (OGI) mais qui va laisser beaucoup d'&#233;nergies sur la touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1930 de nombreux groupes (*) se prononcent sur les positions d&#233;fendues par Trotsky en 1927 puis sur celles d&#233;velopp&#233;es dans sa Lettre au 6e congr&#232;s de l'IC de 1928. Ils signent m&#234;me une d&#233;claration commune &#171; Aux communistes chinois et du monde entier &#187; (12 d&#233;cembre 1930). Candiani. ([22]) la signe au nom de la Fraction italienne (FI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration est claire et sans la moindre concession &#224; une politique opportuniste de collaboration de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, repr&#233;sentants de l'opposition de gauche internationale, bolcheviks-l&#233;ninistes, f&#251;mes depuis le d&#233;but adversaires de l'entr&#233;e du parti communiste dans le Guomindang, au nom d'une politique prol&#233;tarienne ind&#233;pendante. Depuis le d&#233;but de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire, nous avons exig&#233; que les ouvriers prennent sur eux la direction du soul&#232;vement paysan pour mener &#224; son ach&#232;vement la r&#233;volution agraire. Tout cela fut repouss&#233;. Nos partisans ont &#233;t&#233; traqu&#233;s, exclus de l'IC et, en URSS, ils ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et exil&#233;s. Au nom de quoi ? Au nom de l'alliance avec Tchang Ka&#239;-Chek. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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