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Matière et Révolution http://www.matierevolution.org/ Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société Ce site est complémentaire de http://www.matierevolution.fr/ fr SPIP - www.spip.net Matière et Révolution http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-31714.jpg http://www.matierevolution.org/ 69 144 Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de l'Hôpital Public http://matierevolution.org/spip.php?article5570 http://matierevolution.org/spip.php?article5570 2017-06-28T23:35:00Z text/html fr Robert Paris Santé Hôpital Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de l'hôpital public La « charte OTT », une comédie En application du plan Hirsch, la direction de l'APHP prétend imposer d'afficher les plannings horaires trois mois à l'avance. Mais cette obligation est pure comédie puisque les cadres continuent de s'autoriser de le changer très souvent 48 heures à l'avance, sous prétexte du manque d'effectifs, et même souvent du jour au lendemain ! Mais, pour imposer qu'on ne nous change pas sans cesse nos plannings, inutile de (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot220" rel="tag">Santé</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot221" rel="tag">Hôpital</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de l'hôpital public</h3> <h3 class="spip">La « charte OTT », une comédie</h3> <p> En application du plan Hirsch, la direction de l'APHP prétend imposer d'afficher les plannings horaires trois mois à l'avance. Mais cette obligation est pure comédie puisque les cadres continuent de s'autoriser de le changer très souvent 48 heures à l'avance, sous prétexte du manque d'effectifs, et même souvent du jour au lendemain ! Mais, pour imposer qu'on ne nous change pas sans cesse nos plannings, inutile de compter sur la charte et sur la direction des hôpitaux, ce ne sont pas ceux qui créent les problèmes qui vont les résoudre !</p> <h3 class="spip">La privatisation rampante se développe…</h3> <p> De plus en plus d'emplois du nettoyage biologique sont livrés au privé à Cochin, suivant ainsi de nombreux hôpitaux de l'APHP où c'est déjà privatisé. C'est près d'une cinquantaine d'emplois publics qui sont ainsi passés au privé, l'argent public servant à financer des intérêts privés, sans que le service y gagne, ni les salaires des agents, ni leurs conditions de travail, ni leur charge de travail… Ce n'est même pas une économie pour les fonds publics !</p> <h3 class="spip">Les cadres n'en reviennent pas !</h3> <p> Les cadres sont toujours extrêmement étonnés et choqués que les personnels soient amenés à s'arrêter, qu'ils soient épuisés, que leur santé ne tienne plus le coup. Comment le comprendre alors que ces mêmes cadres trouvent parfaitement normal de tirer sans cesse sur la corde, de changer sans cesse nos horaires, de changer nos repos du jour au lendemain, de nous pousser aux heures supplémentaires, de nous pousser à faire des week-ends, de nous rappeler sur nos repos d'augmenter sans cesse la charge de travail pour pallier au manque d'effectifs, de nous refuser nos dates de vacances, de nous mettre dans des situations intenables avec des moyens et des effectifs insuffisants pour prendre en charge correctement les malades ? Comment comprendre qu'après avoir été usés, épuisés, fatigués moralement autant que physiquement, on ait besoin de s'arrêter en maladie ? Jouer les étonnés, c'est bien pratique pour ne pas admettre que c'est leur politique qui nous rend malades !</p> <h3 class="spip"> Encore un blocage de salaires !</h3> <p> Quelle n'a pas été notre surprise quand on a constaté sur les feuilles de paie que nous avions tous baissé d'un échelon. Certes, c'était sans perte immédiate de salaires mais, à terme, c'est quand même une baisse puisque ce recul signifie qu'on perdra des mois avant de monter d'un échelon et d'être augmentés en conséquence. Cela concerne tous les agents de l'hôpital public et même toute la fonction publique hospitalière. Et cela se rajoute au blocage des salaires qui se maintient, malgré les changements de gouvernement. Il n'y a que les arnaques gouvernementales qui ne soient pas bloquées !</p> <h3 class="spip"> Cadeau de cacahouètes !</h3> <p> C'est une partie d'une prime qui a été intégrée au salaire, permettant d'indiquer une augmentation sur la paie, mais une augmentation si minime qu'elle représente quelques euros et même pas une dizaine d'euros !! Bien sûr, intégrer les primes au salaire ne change pas la paie mais change quand même la retraite et cela garantit aussi les revenus car les primes peuvent facilement sauter. Mais intégrer au salaire des miettes, il fallait le faire !! Et le gouvernement l'a fait !</p> <h3 class="spip">Surprise par… le retour des saisons </h3> <p> Alors que l'été n'est même pas encore arrivé, la chaleur est là mais rien n'est en place pour y faire face à l'hôpital public. Quand il y a des ventilateurs, ce sont des appareils bas de gamme ou vétustes. Et les directions des hôpitaux font comme si elles étaient surprises du retour annuel des chaleurs, comme si l'été ne les avait pas prévenues. Le cycle des saisons ne serait pas intégré aux plans de Hirsch ?!!!</p> <h3 class="spip">Les équipes de nuit attaquées </h3> <p> Plusieurs hôpitaux du GH d'Avicenne ont fait grève contre une nouvelle organisation du travail de nuit dans laquelle les personnels de nuit n'y travaillent plus un week-end sur deux mais un week-end sur trois. Cette réorganisation concerne de nombreux autres hôpitaux comme Tenon ou Poissy, les fermetures de lits et de services permettant de réduire les effectifs de week-end. Pour beaucoup de ceux qui ont des raisons personnelles de choisir de faire les nuits, c'est un changement qui chamboule leur vie privée. Bien entendu, la direction des hôpitaux s'en moque : l'hôpital est là pour soigner la gestion, pas les malades ni les personnels !</p> <h3 class="spip"> L'hôpital en travaux… de sous-traitance</h3> <p> Les travaux à l'hôpital public, c'est le règne de la sous-traitance et de la sous-traitance de la sous-traitance car les sociétés privées sous-traitent elles-mêmes les chantiers ! Au bout de la chaîne, il y a des travailleurs sans contrat fixe, sans sécurité, sans garantie de l'emploi, souvent même sans qualification et le résultat est en conséquence. La direction de l'hôpital s'en moque : le but est de faire rentrer de l'argent public dans les comptes des trusts du Bâtiment qui dirigent l' « ouvrage » !</p> <h3 class="spip">Les projets de Macron pour l'hôpital public</h3> <p> Ces projets sont déjà connus, c'est l'aggravation de la politique de Sarkozy-Hollande : poursuite de la remise en cause des congés et repos, précarisation des emplois, blocage des salaires, fermetures de lits et de services, diminution de l'offre de soins, regroupements hospitaliers contre l'hôpital de proximité, privatisation et ubérisation au maximum des emplois, « partenariats privé-public » pour se servir des fonds publics à des fins d'aide aux entreprises privées, hôpital transformé en soutien de la santé du secteur du Bâtiment, de l'Informatique et des Labos pharmaceutiques sans parler des maisons de santé soutenues par le gouvernement et qui sont, bien entendu, libérales… Sauf si on ne se laisse pas faire ! Comment empêcher cela ? Pas en suivant les politiques des directions syndicales qui continuent à dialoguer quand il s'agit de nous crever un œil et de nous couper un bras, pas par journées d'action de l'intersyndicale, pas par des actions catégorielles, mais par des luttes d'ensemble et la grève générale dirigées par des assemblées interprofessionnelles liées à des comités de grève locaux dirigeant démocratiquement la lutte !!!</p> <h3 class="spip">La direction de l'APHP résout la question du logement... Le sien !!! </h3> <p> L'APHP a trouvé comment proposer des logements aux agents de l'hôpital public : en expulsant de leurs logements actuels 1200 salariés ou des retraités de l'AP-HP et leurs familles… L'association de locataires a remarqué cette « manière un peu particulière de remercier le dévouement des personnels »… Par contre, la direction de l'APHP va continuer à financer en pure perte des locations à très bas prix dans des logements luxueux pour les dirigeants de l'APHP eux-mêmes et pour leurs petits copains hauts fonctionnaires, et petits copains des anciens présidents, des ministres et des chefs de cabinet qui, eux, ne seront pas expulsés !!!</p> <h3 class="spip"> Rien de neuf contre les suicides sinon plus de harcèlement !!!</h3> <p> Où en sont les enquêtes des suicides à l'hôpital public (Cochin, HEGP, Longjumeau, Le Havre, Bordeaux, Rangueil, Saint-Calais, Loudun, Argenteuil, Reims, Nord-Franche-Comté, Saint-Antoine, Bichat, etc, etc.) ? Au même point que les enquêtes des suicides à la SNCF ou à La Poste ! On nous dit qu'il va y en avoir, qu'il y aura des mesures, puis plus rien ! Combien faudra-t-il de mort pour interrompre cette chaîne qui mène de la surexploitation, des pressions, des suppressions de postes, de la surcharge de travail et des pressions de l'encadrement au burn out, à la maladie ou au suicide ? Et ensuite, quelle est l'assistance aux proches, l'aide juridique pour faire valoir ses droits, les moyens financiers pour subvenir aux besoins des familles endeuillées ? Néant ! L'APHP les abandonne à leur triste sort puisqu'elle nie sa responsabilité !!! Et toute cette machine infernale à broyer des vies continue tranquillement son bonhomme de chemin… Jusqu'à ce qu'au lieu de nous laisser détruire individuellement, on se retourne collectivement contre les harceleurs !</p> <h3 class="spip"> Le ras-le bol des personnels à la côte d'alerte</h3> <p> "J'ai 25 ans de métier et jamais je n'ai travaillé dans des conditions aussi misérables et dangereuses, tant pour le patient que pour le soignant", déclarait une infirmière citée dans la presse. Nous avons tous entendu ce type de propos et nous les avons-nous nous-mêmes lancés un jour ou l'autre car la situation ne cesse d'empirer. Il n'y a pas d'autre solution que de nous révolter, tous ensemble, et en tirant les leçons du dernier mouvement de l'APHP : diriger nous-mêmes notre lutte par des comités et des coordinations, sans laisser la direction à l'intersyndicale.</p> <h3 class="spip">Les uns endorment la lutte des classes des travailleurs pendant que les autres la cassent </h3> <p> Pas besoin de préciser dans quel sens Macron va tenter de gouverner : il suffit d'entendre les cris de victoire du MEDEF, des patrons, des banques, des bourses, du Figaro et autres représentants de la grande bourgeoisie. Il suffit aussi de voir que les ministres, dont le premier, sont des suppôts affirmés du patronat, dont tout le passé les montre au service du grand capital, que ce soit d'Areva, de Total ou d'autres trusts ou banques, comme Macron lui-même, des défenseurs aussi de l'aide publique au patronat privé et de l'Etat aux ordres du capital.</p> <p> Macron, ministre, n'avait fait que lancer des attaques contre les travailleurs, contre les prud'hommes, contre la sécu, contre la santé, contre les services publics (lançant notamment les cars privés contre la SNCF). Il est favorable à l'ubérisation de toute l'économie, de façon que le privé pousse partout au dépend des services publics. Il a soutenu les mesures de Sapin en faveur des banques, notamment la loi Sapin II, qui prévoit que les banques pourront voler la totalité des comptes en banques des particuliers ainsi que leurs épargnes, l'Etat se contentant de prétendre qu'il versera une somme fixe, mais étant incapable en réalité de le faire en cas de krach général… Ministre des Finances, détenteur majoritaire des actions de Renault, il a été incapable d'imposer à ce trust automobile, qui a largement profité des fonds publics pour se maintenir en 2008, à ce trust qui annonce des profits record, de cesser de supprimer massivement des emplois ? Pourquoi Macron président agirait-il différemment de Macron ministre, puisqu'il ne compte jamais imposer aux « entrepreneurs » d'embaucher et même de ne pas supprimer des emplois, y compris pour des trusts qui annoncent des profits fabuleux !!!</p> <p> Du coup, il n'y a aucune raison qu'il bénéficie d'un quelconque « bénéfice du doute » de la part des travailleurs et des milieux populaires, d'une trêve sociale au départ, d'autant qu'il annonce par avance que ses attaques seront toutes lancées en pleines grandes vacances, sans réel débat parlementaire, sans réelle consultation syndicale. Les organisations réformistes ont beau continuer à affirmer qu'elles continuent sur la même lancée réformiste, quelle place y a-t-il pour prétendre défendre des « bonnes réformes » quand toutes les réformes prétendues menées servent à casser, à détruire, à supprimer des emplois, à faire tomber dans la misère, à cautionner des suppressions d'emplois, à servir les intérêts privés à l'aide des fonds publics ?</p> <p> Il faut remarquer non seulement le soutien public de la CFDT au candidat puis au président Macron alors qu'on vient de voir que son programme est tout ce qu'il y a de plus clair et en particulier clairement anti-ouvrier, anti-social, anti-services publics, hostile au code du travail, anti-retraites, etc… Et il faut aussi remarquer les éloges de FO à la nouvelle ministre du Travail ainsi que la réserve des autres syndicats qui sont loin d'être aussi offensifs, de leur côté, que l'est déjà le président, du sien c'est-à-dire de celui des banques et des trusts ! Quand certains syndicalistes ont proposé de manifester dès l'élection de Macron, les centrales syndicales sont restées très calmes, tout au plus menant, pour la CGT, une grève catégorielle des transporteurs de matières dangereuses et l'arrêtant sans avoir rien obtenu.</p> <p> Toutes les centrales syndicales se sont dites prêtes à négocier avec Macron et affirment qu'en débattant avec lui, elles défendront les intérêts des salariés et du public. Mais où a-t-on vu qu'accepter de négocier sur des plans d'attaque préétablis, déjà entièrement prévus et programmés, pourrait servir à défendre les intérêts des travailleurs ? Les syndicats avaient négocié précédemment toutes les fois où nos revendications ont été jetées brutalement à la poubelle, sur les retraites, sur la privatisation de la SNCF, sur l'hôpital public, sur RadioFrance, sur tout… A chaque fois, les fameuses négociations n'ont servi qu'à faire croire que la démocratie, que le consensus, que le dialogue social étaient respectés alors qu'en fait rien du tout ne l'était.</p> <p> Certes, les mêmes syndicats qui discutaient bien gentiment avec nos ennemis, y compris quand les travailleurs avaient clairement exprimé leur refus de toute négociation – comme les RadioFrance ou les agents de l'Hôpital public -, avaient également participé à des manifestations et des journées d'action pour désapprouver les politiques des gouvernants et des patrons. Mais est-ce que cette stratégie de la défaite va se reproduire face à Macron ? Est-ce que l'on ne va pas enfin tirer la leçon non seulement des défaites syndicales mais aussi des anciennes victoires ouvrières, des grèves générales insurrectionnelles, celle de 1936, de 1953, de 1968, de 1995, ou plus récemment celle des travailleurs et du peuple de Guyane ? C'est à nous, travailleurs, de donner cette réponse !</p></div> Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF http://matierevolution.org/spip.php?article5569 http://matierevolution.org/spip.php?article5569 2017-06-28T23:34:00Z text/html fr Robert Paris Cheminots SNCF Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF en voie… de privatisation La SNCF, encore publique, au service des constructeurs privés Elle n'aura pas attendu la privatisation du Rail, la direction de la SNCF, pour nous mettre au service des constructeurs privés(Alstom, Bombardier, ACC et autres) ! S'il y a de moins en moins de moyens, de moins en moins d'effectifs, de moins en moins d'argent pour les technicentres SNCF, il y en a de plus en plus pour favoriser les entreprises privées de la (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag">SNCF</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de la SNCF en voie… de privatisation</h3> <h3 class="spip">La SNCF, encore publique, au service des constructeurs privés</h3> <p>Elle n'aura pas attendu la privatisation du Rail, la direction de la SNCF, pour nous mettre au service des constructeurs privés(Alstom, Bombardier, ACC et autres) ! S'il y a de moins en moins de moyens, de moins en moins d'effectifs, de moins en moins d'argent pour les technicentres SNCF, il y en a de plus en plus pour favoriser les entreprises privées de la construction ferroviaire ! Pas étonnant ! C'est un système bien connu qui s'appellent les vases communicants et qui fonctionne toujours à sens unique en siphonnant l'argent public au profit des coffres-forts du privé !</p> <h3 class="spip">Les cheminots malades sont attaqués !</h3> <p>Désormais, tout arrêt maladie, même de courte durée, pourra ne pas être prise en charge en totalité, et même pas du tout pris en charge, si nous avons été en maladie dans les mois précédents ! C'est le produit des changements du statut initiés dans le cadre de la privatisation sous prétexte de mettre la SNCF sur un pied d'égalité avec le secteur privé en vue de l'ouverture à la concurrence ! En réalité, c'est un moyen de casser encore les cheminots pour surexploiter les travailleurs et casser leur moral ! Et ces gens-là nous disaient que la privatisation ne s'attaquerait pas aux conditions de travail des cheminots !</p> <h3 class="spip">Rien de neuf contre les suicides, sinon plus de harcèlement !!!</h3> <p> Où en sont les enquêtes des suicides à la SNCF (Saint Lazare, xxx, etc, etc.) ? Au même point que les enquêtes des suicides à l'hôpital public ou à La Poste ! On nous dit qu'il va y en avoir, qu'il y aura des mesures, puis plus rien ! Combien faudra-t-il de mort pour interrompre cette chaîne qui mène de la surexploitation, des pressions, des suppressions de postes, de la surcharge de travail et des pressions de l'encadrement au burn out, à la maladie ou au suicide ? Et ensuite, quelle est l'assistance aux proches, l'aide juridique pour faire valoir ses droits, les moyens financiers pour subvenir aux besoins des familles endeuillées ? Néant ! La SNCF les abandonne à leur triste sort puisqu'elle nie sa responsabilité !!! Et toute cette machine infernale à broyer des vies continue tranquillement son bonhomme de chemin… Jusqu'à ce qu'au lieu de nous laisser détruire individuellement, on se retourne collectivement contre les harceleurs !</p> <h3 class="spip">La répression bat son plein</h3> <p> Les procédures disciplinaires se multiplient contre les militants syndicaux et les grévistes actifs pendant les actions menées contre la loi travail ou la réforme ferroviaire. Depuis mi-juin 2016, ils seraient « une centaine » chez SUD-Rail et « environ 300 » à la CGT à être sous le coup d'une procédure disciplinaire. La direction de la SNCF profite de la défaite du mouvement précédent, réalisée grâce à la stratégie perdante des directions syndicales : il faut frapper le maximum de travailleurs combatifs pour casser les luttes éventuelles contre la privatisation !!! Le coût de la privatisation, les cheminots le paient déjà ! Avec les maladies, le stress, les suicides, le harcèlement, l'accroissement de la charge de travail ! La direction de la SNCF, comme la direction de La Poste, harcèle particulièrement les travailleurs combatifs et les militants qui leur mettent des bâtons dans les roues !</p> <h3 class="spip">La SNCF discrimine…</h3> <p> La SNCF avait été condamnée en première instance à verser au global 170 millions d'euros de dommages et intérêts à des centaines de travailleurs marocains ou d'origine marocaine pour « discrimination ». Mais elle a fait appel... Plus de 200 anciens salariés de la SNCF, surnommés les Chibanis (« cheveux blancs » en arabe), se sont rendus lundi matin 15 mai à la cour d'appel de Paris dans le cadre du procès intenté contre la compagnie ferroviaire. Et 200 autres l'après-midi.</p> <h3 class="spip">La mort au travail d'un jeune collègue</h3> <p>Le 26 octobre 2010 Stéphane un jeune camarade de l'atelier de maintenance SNCF d'Ivry-Masséna était retrouvé mort électrocuté dans la locomotive sur laquelle il assurait une visite d'entretien. Pour la direction la responsabilité de cet accident relevait d'une faute de sécurité, cherchant rapidement à se dédouaner, comme c'est souvent le cas des employeurs dans les accidents de travail. Pourtant Stéphane, mécanicien de métier, n'aurait jamais du être mis sur une visite de type électrique. Et la situation particulière de l'atelier d'Ivry qui s'est vidé de ses effectifs depuis la restructuration de 2004 avec la perte de la grosse maintenance est mise en évidence (les effectifs sont passés de 80 à 20 agents). Celle-ci a fait éclater un fonctionnement collectif, faisant disparaître la transmission des règles de métiers et des savoirs faire de prudence. A tous les niveaux de l'établissement on reconnait que la menace de la fermeture de l'atelier contraignait à accepter le développement de la polyvalence. Stéphane n'a pas reçu de formation suffisante pour le type de visite qu'il exécutait ce jour là, comme pour la formation aux risques électriques, n'ayant pas fait la partie pratique, « la plus cruciale de la formation aux risques électriques ». Ce jeune collègue très peu expérimenté, n'aurait pas dû être seul pour ce travail. Pour les cheminots du secteur, la responsabilité de la direction SNCF et de ses représentants successifs au sein de l'établissement dans la mort de notre camarade est flagrante.</p> <h3 class="spip">La privatisation de la SNCF, c'est inouï !!</h3> <p> « InOui », après Ouigo, ouibus, c'est bel et bien la nouvelle politique de béni-oui-oui à la privatisation qui monte, un « oui » de la direction à la rentabilisation à outrance sur le dos des personnels et du service public. C'est peu dire que le changement de nom annoncé du TGV, qui se produit dans le cadre de la privatisation, suscite des remous. Si l'appellation TGV ne va pas à proprement parler disparaître, puisqu'il s'agira encore du type de train que les voyageurs continueront d'utiliser, sa dénomination commerciale va progressivement devenir inOui à partir du 2 juillet. Aux trains inOui le service premium, aux trains Ouigo le voyage low-cost avec services payants et sièges plus étroits. Une consultation montre que 93% des personnes trouvent que ce changement n'est pas une bonne idée.</p> <h3 class="spip">La SNCF discrimine encore…</h3> <p>Le conseil de prud'hommes de Bobigny a condamné la SNCF à verser plus de 40.000 euros à un salarié "victime de faits de discrimination en raison de son origine" au technicentre Paris Saint-Lazare. La SNCF a été condamnée à verser des dommages et intérêts "au titre du préjudice moral qu'il a subi et du fait de la discrimination dont il a été victime", des dommages et intérêts "en réparation des préjudices moral et physique subis en raison de l'agression dont il a été victime", ainsi que des rappels de salaire.</p> <h3 class="spip">Tout pour le profit privé</h3> <p>Tous les moyens sont bons pour mettre l'argent public au service d'intérêts privés. Parmi ceux-ci, il y a bien entendu les commandes à Bombardier pour fabriquer des trains, les commandes à l'industrie de l'acier aussi, les commandes de travaux de réfection des anciens trains. Bien entendu, tout cet argent est dépensé au détriment des dépenses publiques nécessaires : au détriment de l'argent pour les Technicentres par exemple ! La SNCF transforme ses gares de lieux de services publics en lieux de boutiques privées. La SNCF compte proposer ces espaces dans 10 nouvelles gares d'Ile-de-France d'ici la fin de l'année 2017. Tous les moyens sont bons pour favoriser le profit au détriment du public et ce sont les responsables du secteur public qui y sont attelés, avec Hollande ou Sarkozy et pas moins avec Macron !!!</p> <h3 class="spip"> Les uns endorment la lutte des classes des travailleurs pendant que les autres la cassent </h3> <p> Pas besoin de préciser dans quel sens Macron va tenter de gouverner : il suffit d'entendre les cris de victoire du MEDEF, des patrons, des banques, des bourses, du Figaro et autres représentants de la grande bourgeoisie. Il suffit aussi de voir que les ministres, dont le premier, sont des suppôts affirmés du patronat, dont tout le passé les montre au service du grand capital, que ce soit d'Areva, de Total ou d'autres trusts ou banques, comme Macron lui-même, des défenseurs aussi de l'aide publique au patronat privé et de l'Etat aux ordres du capital.</p> <p> Macron, ministre, n'avait fait que lancer des attaques contre les travailleurs, contre les prud'hommes, contre la sécu, contre la santé, contre les services publics (lançant notamment les cars privés contre la SNCF). Il est favorable à l'ubérisation de toute l'économie, de façon que le privé pousse partout au dépend des services publics. Il a soutenu les mesures de Sapin en faveur des banques, notamment la loi Sapin II, qui prévoit que les banques pourront voler la totalité des comptes en banques des particuliers ainsi que leurs épargnes, l'Etat se contentant de prétendre qu'il versera une somme fixe, mais étant incapable en réalité de le faire en cas de krach général… Ministre des Finances, détenteur majoritaire des actions de Renault, il a été incapable d'imposer à ce trust automobile, qui a largement profité des fonds publics pour se maintenir en 2008, à ce trust qui annonce des profits record, de cesser de supprimer massivement des emplois ? Pourquoi Macron président agirait-il différemment de Macron ministre, puisqu'il ne compte jamais imposer aux « entrepreneurs » d'embaucher et même de ne pas supprimer des emplois, y compris pour des trusts qui annoncent des profits fabuleux !!!</p> <p> Du coup, il n'y a aucune raison qu'il bénéficie d'un quelconque « bénéfice du doute » de la part des travailleurs et des milieux populaires, d'une trêve sociale au départ, d'autant qu'il annonce par avance que ses attaques seront toutes lancées en pleines grandes vacances, sans réel débat parlementaire, sans réelle consultation syndicale. Les organisations réformistes ont beau continuer à affirmer qu'elles continuent sur la même lancée réformiste, quelle place y a-t-il pour prétendre défendre des « bonnes réformes » quand toutes les réformes prétendues menées servent à casser, à détruire, à supprimer des emplois, à faire tomber dans la misère, à cautionner des suppressions d'emplois, à servir les intérêts privés à l'aide des fonds publics ?</p> <p> Il faut remarquer non seulement le soutien public de la CFDT au candidat puis au président Macron alors qu'on vient de voir que son programme est tout ce qu'il y a de plus clair et en particulier clairement anti-ouvrier, anti-social, anti-services publics, hostile au code du travail, anti-retraites, etc… Et il faut aussi remarquer les éloges de FO à la nouvelle ministre du Travail ainsi que la réserve des autres syndicats qui sont loin d'être aussi offensifs, de leur côté, que l'est déjà le président, du sien c'est-à-dire de celui des banques et des trusts ! Quand certains syndicalistes ont proposé de manifester dès l'élection de Macron, les centrales syndicales sont restées très calmes, tout au plus menant, pour la CGT, une grève catégorielle des transporteurs de matières dangereuses et l'arrêtant sans avoir rien obtenu.</p> <p> Toutes les centrales syndicales se sont dites prêtes à négocier avec Macron et affirment qu'en débattant avec lui, elles défendront les intérêts des salariés et du public. Mais où a-t-on vu qu'accepter de négocier sur des plans d'attaque préétablis, déjà entièrement prévus et programmés, pourrait servir à défendre les intérêts des travailleurs ? Les syndicats avaient négocié précédemment toutes les fois où nos revendications ont été jetées brutalement à la poubelle, sur les retraites, sur la privatisation de la SNCF, sur l'hôpital public, sur RadioFrance, sur tout… A chaque fois, les fameuses négociations n'ont servi qu'à faire croire que la démocratie, que le consensus, que le dialogue social étaient respectés alors qu'en fait rien du tout ne l'était.</p> <p> Certes, les mêmes syndicats qui discutaient bien gentiment avec nos ennemis, y compris quand les travailleurs avaient clairement exprimé leur refus de toute négociation – comme les RadioFrance ou les agents de l'Hôpital public -, avaient également participé à des manifestations et des journées d'action pour désapprouver les politiques des gouvernants et des patrons. Mais est-ce que cette stratégie de la défaite va se reproduire face à Macron ? Est-ce que l'on ne va pas enfin tirer la leçon non seulement des défaites syndicales mais aussi des anciennes victoires ouvrières, des grèves générales insurrectionnelles, celle de 1936, de 1953, de 1968, de 1995, ou plus récemment celle des travailleurs et du peuple de Guyane ? C'est à nous, travailleurs, de donner cette réponse !</p></div> Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de Renault Lardy http://matierevolution.org/spip.php?article5568 http://matierevolution.org/spip.php?article5568 2017-06-28T23:32:00Z text/html fr Robert Paris Ouvriers Workers Renault Pas ce soir, chéri(e), j'ai du travail...., Pas les week-ends, ni les jours fériés non plus !! Partout à Lardy, les programmes sont en retard, les jalons se rapprochent à vitesse grand "V". Mais plutôt que d'investir dans des bancs supplémentaires, et par des embauches, la direction fait le choix de gérer les urgences au cas par cas, en demandant (encore) plus aux salariés. Soi disant au volontariat (pour les Renault) : les prestas, c'est encore une autre histoire. La direction change les (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot225" rel="tag">Renault</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Pas ce soir, chéri(e), j'ai du travail...., <p>Pas les week-ends, ni les jours fériés non plus !!</p> </h3> <p> Partout à Lardy, les programmes sont en retard, les jalons se rapprochent à vitesse grand "V". Mais plutôt que d'investir dans des bancs supplémentaires, et par des embauches, la direction fait le choix de gérer les urgences au cas par cas, en demandant (encore) plus aux salariés. Soi disant au volontariat (pour les Renault) : les prestas, c'est encore une autre histoire. La direction change les horaires des salariés qui passent (provisoirement) en 2x8, de nuit, et travaillent les jours fériés ! Et, comme du point de vue de la direction, ce système fonctionne bien, elle n'hésitera pas à le généraliser. Et utilisera le chantage habituel, en cas de manque de volontaires : « ton collègue l'a bien fait lui », sous-entendu la rallonge sera pour lui. Ne soyons pas dupes, ne sacrifions pas nos vies de famille pour les seuls profits des gros actionnaires !</p> <h3 class="spip"> Pique et nique...</h3> <p> La direction nous invite à un pique-nique le 23/06, où tout le monde est convié de 11h à 15h00, mais il faut soit amener son repas soit retenir son repas payant à Elior. Ça, c'est de l'invitation généreuse pour « passer un moment fort du CTL » ! Ça fera reluire la QVT pour pas cher. Mais pour s'occuper des problèmes concrets du quotidien, ça traîne la patte, et si on parle RPS (que la direction noie dans la QVT), là, la direction est carrément inexistante !</p> <h3 class="spip">On nous vend du rêve....</h3> <p> Récemment, Renault a été épinglé pour des problèmes de pollution, qui étaient nettement plus élevés en conditions réelles que pendant les tests d'homologation. De même qu'il est impossible de retrouver les consommations d'homologation dans la vraie vie. Eh bien, pour l'électrique, la com nous vend 400 km d'autonomie pour la nouvelle ZOE, ce qui veut dire concrètement aller de Paris à Nantes, à Besançon ou faire un A.R Paris/Le Mans sans recharger ! Des volontaires ? En fait, c'est l'autonomie minimale qui devrait être annoncée. C'est moins vendeur mais plus honnête ! Mais c'est vrai que l'honnêteté à la direction Renault....</p> <h3 class="spip">Faire entrer Renault dans le futur ?</h3> <p> Il s'agit, dit la direction de « tout interconnecter pour prendre des décisions en temps réel ». Question salaires, la direction n'est pas encore connectée sur des AGS et cela l'empêche de prendre la décision à temps de sortir du passéisme des salaires bloqués…</p> <h3 class="spip">Pressurer les sous-traitants, c'est licencier !</h3> <p> 200 salariés d'un sous-traitant de Renault dans la Sarthe se sont mobilisés devant l'usine du Mans pour cause de menace de fermeture de leur entreprise. Le cas de GM&S en Creuse n'est pas un cas à part ni un cas rare. C'est général : Renault et PSA augmentent la pression sur les sous-traitants, quitte à laisser des fermetures derrière leur passage et des suppressions d'emplois en masse…</p> <h3 class="spip">Malte, c'est quoi pour Renault ?</h3> <p> C'est pas le siège, c'est pas la direction, c'est pas la production, c'est pas les bureaux, c'est pas la conception, c'est pas le dessin, c'est pas la logistique, mais c'est pas rien : Malte, c'est le détournement de 62 millions d'euros d'impôts ! Et c'est volé à qui ? A nous !</p> <p>La fusion Renault-Nissan se poursuit Ghosn devrait annoncer prochainement de nouvelles mesures pour l'intégration de Renault au sein de Nissan, avec l'intégration des équipes recherche et développement, ce qui signifie leur mise en concurrence et leur réduction, et aussi la suppression de plusieurs directions elles aussi intégrées. Il fait toujours pression sur Macron pour imposer l'intégration capitalistique, bloquée par la participation de l'Etat français que Ghosn veut réduire ou supprimer. En fait, il s'agit de faire de Renault une succursale de Nissan, elle-même renforcée par son alliance avec Mitsubishi ! Dans les opérations de Monopoly industriel et spéculatif mondial, prenons garde, nous travailleurs, de ne pas être les dindons de la farce ! Et ne comptons ni sur Ghosn ni sur Macron pour défendre nos emplois !</p> <h3 class="spip">Ni intéressement ni intéressant... </h3> <p> A Lardy, les syndicats sont en négociation sur l'intéressement local, ce qui passe inaperçu, à quelques tracts près. Il faut dire que la direction impose le plafond, seuls le choix des indicateurs qui empêcheront d'atteindre ce plafond étant négociables. C'est la double peine imposée avec le nombre d'accidents du travail, plus on court plus on a de risques, et paf !, un indicateur qui plombe le plafond. Et plus on se donne au travail plus on risque le burn-out, donc absentéisme, donc plus de retard pour les jalons, et paf ! dans le plafond (bis), etc.... Du coup, on voit que cette négociation n'est qu'un leurre de plus, et que si on veut récupérer notre part du gâteau (+300 € mensuel mini), ça ne se passera pas dans les bureaux de la direction, en tête à tête avec les syndicats. A moins qu'on s'y invite massivement.......</p> <h3 class="spip"> Les uns endorment la lutte des classes des travailleurs pendant que les autres la cassent </h3> <p> Pas besoin de préciser dans quel sens Macron va tenter de gouverner : il suffit d'entendre les cris de victoire du MEDEF, des patrons, des banques, des bourses, du Figaro et autres représentants de la grande bourgeoisie. Il suffit aussi de voir que les ministres, dont le premier, sont des suppôts affirmés du patronat, dont tout le passé les montre au service du grand capital, que ce soit d'Areva, de Total ou d'autres trusts ou banques, comme Macron lui-même, des défenseurs aussi de l'aide publique au patronat privé et de l'Etat aux ordres du capital.</p> <p> Macron, ministre, n'avait fait que lancer des attaques contre les travailleurs, contre les prud'hommes, contre la sécu, contre la santé, contre les services publics (lançant notamment les cars privés contre la SNCF). Il est favorable à l'ubérisation de toute l'économie, de façon que le privé pousse partout au dépend des services publics. Il a soutenu les mesures de Sapin en faveur des banques, notamment la loi Sapin II, qui prévoit que les banques pourront voler la totalité des comptes en banques des particuliers ainsi que leurs épargnes, l'Etat se contentant de prétendre qu'il versera une somme fixe, mais étant incapable en réalité de le faire en cas de krach général… Ministre des Finances, détenteur majoritaire des actions de Renault, il a été incapable d'imposer à ce trust automobile, qui a largement profité des fonds publics pour se maintenir en 2008, à ce trust qui annonce des profits record, de cesser de supprimer massivement des emplois ? Pourquoi Macron président agirait-il différemment de Macron ministre, puisqu'il ne compte jamais imposer aux « entrepreneurs » d'embaucher et même de ne pas supprimer des emplois, y compris pour des trusts qui annoncent des profits fabuleux !!!</p> <p> Du coup, il n'y a aucune raison qu'il bénéficie d'un quelconque « bénéfice du doute » de la part des travailleurs et des milieux populaires, d'une trêve sociale au départ, d'autant qu'il annonce par avance que ses attaques seront toutes lancées en pleines grandes vacances, sans réel débat parlementaire, sans réelle consultation syndicale. Les organisations réformistes ont beau continuer à affirmer qu'elles continuent sur la même lancée réformiste, quelle place y a-t-il pour prétendre défendre des « bonnes réformes » quand toutes les réformes prétendues menées servent à casser, à détruire, à supprimer des emplois, à faire tomber dans la misère, à cautionner des suppressions d'emplois, à servir les intérêts privés à l'aide des fonds publics ?</p> <p> Il faut remarquer non seulement le soutien public de la CFDT au candidat puis au président Macron alors qu'on vient de voir que son programme est tout ce qu'il y a de plus clair et en particulier clairement anti-ouvrier, anti-social, anti-services publics, hostile au code du travail, anti-retraites, etc… Et il faut aussi remarquer les éloges de FO à la nouvelle ministre du Travail ainsi que la réserve des autres syndicats qui sont loin d'être aussi offensifs, de leur côté, que l'est déjà le président, du sien c'est-à-dire de celui des banques et des trusts ! Quand certains syndicalistes ont proposé de manifester dès l'élection de Macron, les centrales syndicales sont restées très calmes, tout au plus menant, pour la CGT, une grève catégorielle des transporteurs de matières dangereuses et l'arrêtant sans avoir rien obtenu.</p> <p> Toutes les centrales syndicales se sont dites prêtes à négocier avec Macron et affirment qu'en débattant avec lui, elles défendront les intérêts des salariés et du public. Mais où a-t-on vu qu'accepter de négocier sur des plans d'attaque préétablis, déjà entièrement prévus et programmés, pourrait servir à défendre les intérêts des travailleurs ? Les syndicats avaient négocié précédemment toutes les fois où nos revendications ont été jetées brutalement à la poubelle, sur les retraites, sur la privatisation de la SNCF, sur l'hôpital public, sur RadioFrance, sur tout… A chaque fois, les fameuses négociations n'ont servi qu'à faire croire que la démocratie, que le consensus, que le dialogue social étaient respectés alors qu'en fait rien du tout ne l'était.</p> <p> Certes, les mêmes syndicats qui discutaient bien gentiment avec nos ennemis, y compris quand les travailleurs avaient clairement exprimé leur refus de toute négociation – comme les RadioFrance ou les agents de l'Hôpital public -, avaient également participé à des manifestations et des journées d'action pour désapprouver les politiques des gouvernants et des patrons. Mais est-ce que cette stratégie de la défaite va se reproduire face à Macron ? Est-ce que l'on ne va pas enfin tirer la leçon non seulement des défaites syndicales mais aussi des anciennes victoires ouvrières, des grèves générales insurrectionnelles, celle de 1936, de 1953, de 1968, de 1995, ou plus récemment celle des travailleurs et du peuple de Guyane ? C'est à nous, travailleurs, de donner cette réponse !</p></div> Pour Marx et Engels, tout est fondé sur la conscience humaine ou sur des lois objectives qui imposent des transformations parce qu'elles sont objectivement nécessaires ? http://matierevolution.org/spip.php?article5512 http://matierevolution.org/spip.php?article5512 2017-06-27T23:50:00Z text/html fr Robert Paris Marx Engels Marxisme Socialisme - Socialism « Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. » Karl Marx. Critique de l'Economie politique « Une révolution est un phénomène purement naturel qui obéit davantage à des lois physiques qu'aux règles qui déterminent en temps ordinaire l'évolution de la société. Ou plutôt, ces règles prennent dans la révolution un caractère qui les rapproche beaucoup plus des lois de la physique, la force matérielle de la nécessité se (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot30" rel="tag">Marx</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag">Engels</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot93" rel="tag">Marxisme</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag">Socialisme - Socialism</a> <div class='rss_texte'><p><i>« Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. » </i></p> <p>Karl Marx. Critique de l'Economie politique</p> <p><i>« Une révolution est un phénomène purement naturel qui obéit davantage à des lois physiques qu'aux règles qui déterminent en temps ordinaire l'évolution de la société. Ou plutôt, ces règles prennent dans la révolution un caractère qui les rapproche beaucoup plus des lois de la physique, la force matérielle de la nécessité se manifeste avec plus de violence. »</i></p> <p>Lettre d'Engels à Karl Marx du 13 février 1851</p> <p><i>« Admettons que, dans la manière de concevoir la marche de l'histoire, on détache les idées de la classe dominante de cette classe dominante elle-même et qu'on en fasse une entité. Mettons qu'on s'en tienne au fait que telles ou telles idées ont dominé à telle époque, sans s'inquiéter des conditions de la production ni des producteurs de ces idées, en faisant donc abstraction des individus et des circonstances mondiales qui sont à la base de ces idées. On pourra alors dire, par exemple, qu'au temps où l'aristocratie régnait, c'était le règne des concepts d'honneur, de fidélité, etc., et qu'au temps où régnait la bourgeoisie, c'était le règne des concepts de liberté, d'égalité, etc. Ces “concepts dominants” auront une forme d'autant plus générale et généralisée que la classe dominante est davantage contrainte à présenter ses intérêts comme étant l'intérêt de tous les membres de la société. En moyenne, la classe dominante elle même se représente que ce sont ses concepts qui règnent et ne les distingue des idées dominantes des époques antérieures qu'en les présentant comme des vérités éternelles. C'est ce que s'imagine la classe dominante elle-même dans son ensemble. Cette conception de l'histoire commune à tous les historiens, tout spécialement depuis le XVIII° siècle, se heurtera nécessairement à ce phénomène que les pensées régnantes seront de plus en plus abstraites, c'est-à-dire qu'elles affectent de plus en plus la forme de l'universalité. En effet, chaque nouvelle classe qui prend la place de celle qui dominait avant elle est obligée, ne fût-ce que pour parvenir à ses fins, de représenter son intérêt comme l'intérêt commun de tous les membres de la société ou, pour exprimer les choses sur le plan des idées : cette classe est obligée de donner à ses pensées la forme de l'universalité, de les représenter comme étant les seules raisonnables, les seules universellement valables. Du simple fait qu'elle affronte une classe, la classe révolutionnaire se présente d'emblée non pas comme classe, mais comme représentant la société tout entière, elle apparaît comme la masse entière de la société en face de la seule classe dominante. Cela lui est possible parce qu'au début son intérêt est vraiment encore intimement lié à l'intérêt commun de toutes les autres classes non-dominantes et parce que, sous la pression de l'état de choses antérieur, cet intérêt n'a pas encore pu se développer comme intérêt particulier d'une classe particulière. De ce fait, la victoire de cette classe est utile aussi à beaucoup d'individus des autres classes qui, elles, ne parviennent pas à la domination ; mais elle l'est uniquement dans la mesure où elle met ces individus en état d'accéder à la classe dominante. Quand la bourgeoisie française renversa la domination de l'aristocratie, elle permit par là à beaucoup de prolétaires de s'élever au-dessus du prolétariat, mais uniquement en ce sens qu'ils devinrent eux-mêmes des bourgeois. Chaque nouvelle classe n'établit donc sa domination que sur une base plus large que la classe qui dominait précédemment, mais, en revanche, l'opposition entre la classe qui domine désormais et celles qui ne dominent pas ne fait ensuite que s'aggraver en profondeur et en acuité. Il en découle ceci : le combat qu'il s'agit de mener contre la nouvelle classe dirigeante a pour but à son tour de nier les conditions sociales antérieures d'une façon plus décisive et plus radicale que n'avaient pu le faire encore toutes les classes précédentes qui avaient brigué la domination. Toute l'illusion qui consiste à croire que la domination d'une classe déterminée est uniquement la domination de certaines idées, cesse naturellement d'elle-même, dès que la domination de quelque classe que ce soit cesse d'être la forme du régime social, c'est-à-dire qu'il n'est plus nécessaire de représenter un intérêt particulier comme étant l'intérêt général ou de représenter "l'universel" comme dominant. Une fois les idées dominantes séparées des individus qui exercent la domination, et surtout des rapports qui découlent d'un stade donné du mode de production, on obtient ce résultat que ce sont constamment les idées qui dominent dans l'histoire et il est alors très facile d'abstraire, de ces différentes idées "l'idée", c'est-à-dire l'idée par excellence, etc., pour en faire l'élément qui domine dans l'histoire et de concevoir par ce moyen toutes ces idées et concepts isolés comme des "autodéterminations" du concept qui se développe tout au long de l'histoire. Il est également naturel ensuite de faire dériver tous les rapports humains du concept de l'homme, de l'homme représenté, de l'essence de l'homme, de l'homme en un mot. »</i></p> <p>Karl Marx, L'Idéologie allemande</p> <h3 class="spip">Pour Marx et Engels, tout est fondé sur la conscience humaine ou sur des lois objectives qui imposent des transformations parce qu'elles sont objectivement nécessaires ?</h3> <p>Ce qui s'oppose, pour Marx, à l'idéalisme, c'est donc le rôle de la nécessité objective. Marx écrit : <i>« Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté ; ces rapports de production correspondent à un degré de développement donné de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base réelle, sur quoi s'élève superstructure juridique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociale déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le procès de vie social, politique et intellectuel en général. »</i></p> <p><i>« Les mêmes hommes qui établissent les rapports sociaux conformément à leur productivité matérielle, produisent aussi les principes, les idées, les catégories conformément à leurs rapports sociaux. Ainsi ces idées sont aussi peu éternelles que les relations qu'elles expriment. Elles sont des produits historiques et transitoires. »</i> écrit Marx, dans "Misère de la philosophie", chapitre VI.</p> <h3 class="spip"> « L'Idéologie allemande » de Karl Marx :</h3> <p><i>« La conception de l'histoire que nous venons de développer nous donne encore finalement les résultats suivants : 1. Dans le développement des forces productives, il arrive un stade où naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent être que néfastes dans le cadre des rapports existants et ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l'argent), - et, fait lié au précédent, il naît une classe qui supporte toutes les charges de la société, sans jouir de ses avantages, qui est expulsée de la société et se trouve, de force, dans l'opposition la plus ouverte avec toutes les autres classes, une classe que forme la majorité des membres de la société et d'où surgit la conscience de la nécessité d'une révolution radicale, conscience qui est la conscience communiste et peut se former aussi, bien entendu, dans les autres classes quand on voit la situation de cette classe. 2. Les conditions dans lesquelles on peut utiliser des forces productives déterminées, sont les conditions de la domination d'une classe déterminée de la société ; la puissance sociale de cette classe, découlant de ce qu'elle possède, trouve régulièrement son expression pratique sous forme idéaliste dans le type d'État propre à chaque époque ; c'est pourquoi toute lutte révolutionnaire est dirigée contre une classe qui a dominé jusqu'alors. 3. Dans toutes les révolutions antérieures, le mode d'activité restait inchangé et il s'agissait seulement d'une autre distribution de cette activité, d'une nouvelle répartition du travail entre d'autres personnes ; la révolution communiste par contre est dirigée contre le mode d'activité antérieur, elle supprime le travail et abolit la domination de toutes les classes en abolissant les classes elles-mêmes, parce qu'elle est effectuée par la classe qui n'est plus considérée comme une classe dans la société, qui n'est plus reconnue comme telle et qui est déjà l'expression de la dissolution de toutes les classes, de toutes les nationalités, etc., dans le cadre de la société actuelle. 4. Une transformation massive des hommes s'avère nécessaire pour la création en masse de cette conscience communiste, comme aussi pour mener la chose elle-même à bien ; or, une telle transformation ne peut s'opérer que par un mouvement pratique, par une révolution ; cette révolution n'est donc pas seulement rendue nécessaire parce qu'elle est le seul moyen de renverser la classe dominante, elle l'est également parce que seule une révolution permettra à la classe qui renverse l'autre de balayer toute la pourriture du vieux système qui lui colle après et de devenir apte à fonder la société sur des bases nouvelles. »</i></p> <p><i>« La façon dont les hommes produisent leurs moyens d'existence, dépend d'abord de la nature des moyens d'existence déjà donnés et qu'il leur faut reproduire. Il ne faut pas considérer ce mode de production de ce seul point de vue, à savoir qu'il est la reproduction de l'existence physique des individus. Il représente au contraire déjà un mode déterminé de l'activité de ces individus, une façon déterminée de manifester leur vie, un mode de vie déterminé. La façon dont les individus manifestent leur vie reflète très exactement ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont coïncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la façon dont ils le produisent. Ce que sont les individus dépend donc des conditions matérielles de leur production. (…)La division du travail à l'intérieur d'une nation entraîne d'abord la séparation du travail industriel et commercial, d'une part, et du travail agricole, d'autre part ; et, de ce fait, la séparation de la ville et de la campagne et l'opposition de leurs intérêts. Son développement ultérieur conduit à la séparation du travail commercial et du travail industriel. En même temps, du fait de la division du travail à l'intérieur des différentes branches, on voit se développer à leur tour différentes subdivisions parmi les individus coopérant à des travaux déterminés. La position de ces subdivisions particulières les unes par rapport aux autres est conditionnée par le mode d'exploitation du travail agricole, industriel et commercial (patriarcat, esclavage, ordres et classes). Les mêmes rapports apparaissent quand les échanges sont plus développés dans les relations des diverses nations entre elles. Les divers stades de développement de la division du travail représentent autant de formes différentes de la propriété ; autrement dit, chaque nouveau stade de la division du travail détermine également les rapports des individus entre eux pour ce qui est de la matière, des instruments et des produits du travail. (…) Voici donc les faits : des individus déterminés qui ont une activité productive selon un mode déterminé entrent dans des rapports sociaux et politiques déterminés. Il faut que dans chaque cas isolé, l'observation empirique montre dans les faits, et sans aucune spéculation ni mystification, le lien entre la structure sociale et politique et la production. La structure sociale et l'État résultent constamment du processus vital d'individus déterminés ; mais de ces individus non point tels qu'ils peuvent s'apparaître dans leur propre représentation ou apparaître dans celle d'autrui, mais tels qu'ils sont en réalité, c'est-à-dire, tels qu'ils œuvrent et produisent matériellement ; donc tels qu'ils agissent sur des bases et dans des conditions et limites matérielles déterminées et indépendantes de leur volonté. Les représentations que se font ces individus sont des idées soit sur leurs rapports avec la nature, soit sur leurs rapports entre eux, soit sur leur propre nature. Il est évident que, dans tous ces cas, ces représentations sont l'expression consciente réelle ou imaginaire de leurs rapports et de leur activité réels, de leur production, de leur commerce, de leur organisation politique et sociale. Il n'est possible d'émettre l'hypothèse inverse que si l'on suppose en dehors de l'esprit des individus réels, conditionnés matériellement, un autre esprit encore, un esprit particulier. Si l'expression consciente des conditions de vie réelles de ces individus est imaginaire, si, dans leurs représentations, ils mettent la réalité la tête en bas, ce phénomène est encore une conséquence de leur mode d'activité matériel borné et des rapports sociaux étriqués qui en résultent. »</i></p> <h3 class="spip">Extrait de Préface à la Contribution à la Critique de l'Economie politique :</h3> <p><i>« Ce n'est pas la conscience des homme qui détermine la réalité c'est au contraire la réalité sociale qui détermine leur conscience. A un certain stade de leur développement les forces productives de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété à l'intérieur desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes évolutives des forces productives qu'ils étaient, ces rapports deviennent des entraves de ces forces. Alors s'ouvre une ère de révolution sociale. Le changement qui s'est produit dans la base économique bouleverse plus ou moins lentement ou rapidement toute la colossale superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il importe de distinguer toujours entre le bouleversement matériel des conditions de production économique - qu'on doit constater fidèlement à l'aide des sciences physiques et naturelles - et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes deviennent conscients de ce conflit et le mènent à bout. De même qu'on ne juge pas un individu sur l'idée qu'il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. Une société ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, et jamais de nouveaux et supérieurs rapports de production ne se substituent à elle avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports aient été couvées dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elle peut résoudre, car, à regarder de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne se présente que lorsque les conditions matérielles pour le résoudre existent ou du moins sont en voie de devenir. »</i></p> <h3 class="spip"> K. Marx, Lettre à Paul Annenkov, 26 décembre 1846 :</h3> <p><i> « Qu'est-ce que la société, quelle que soit sa forme ? Le produit de l'action réciproque des hommes. Les hommes sont-ils libres de choisir telle ou telle forme sociale ? Pas du tout. Posez un certain état de développement des facultés productives des hommes et vous aurez une telle forme de commerce et de consommation. Posez de certains degrés de développement de la production, du commerce, de la consommation, et vous aurez telle forme de constitution sociale, telle organisation de famille, des ordres ou des classes, en un mot telle société civile. Posez telle société civile, et vous aurez tel État politique, qui n'est que l'expression officielle de la société civile. (...) : Il n'est pas nécessaire d'ajouter que les hommes ne sont pas libres arbitres de leurs forces productives - qui sont la base de toute leur histoire - car toute force productive est une force acquise, le produit d'une activité antérieure. Ainsi les forces productives sont le résultat de l'énergie pratique des hommes, mais cette énergie elle-même est circonscrite par les conditions dans lesquelles les hommes se trouvent placés, par les forces productives déjà acquises, par la forme sociale qui existe avant eux, qu'ils ne créent pas, qui est la production de la génération antérieure. (...) Les hommes ne renoncent jamais à ce qu'ils ont gagné, mais cela ne vient pas à dire qu'ils ne renoncent jamais à la forme sociale, dans laquelle ils ont acquis certaines forces productives. Tout au contraire. Pour ne pas être privé du résultat obtenu, pour ne pas perdre les fruits de la civilisation, les hommes sont forcés, du moment où le mode de leur commerce ne correspond plus aux forces productives acquises, de changer toutes leurs formes sociales traditionnelles. (...) Ainsi les formes économiques sous lesquelles les hommes produisent, consomment, échangent, sont transitoires et historiques. Avec de nouvelles facultés productives acquises, les hommes changent leur mode de production, et avec leur mode de production, ils changent tous les rapports économiques qui n'ont été que les relations nécessaires de ce mode de production déterminé. »</i></p> <h3 class="spip">Karl Marx, Critique de l'économie politique :</h3> <p><i>« À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une époque de révolution sociale. »</i></p> <p> <i>« La population est une abstraction si l'on néglige par exemple les classes dont elle se compose. Ces classes sont à leur tour un mot creux si l'on ignore les éléments sur lesquels elles reposent, par exemple le travail salarié, le capital etc. Ceux-ci supposent l'échange, la division du travail, les prix, etc. Le capital, par exemple, n'est rien sans le travail salarié, sans la valeur, l'argent, le prix, etc. Si donc on commençait ainsi par la population, on aurait une représentation chaotique du tout et, par une détermination plus précise, par l'analyse, on aboutirait à des concepts de plus en plus simples ; du concret figuré ou passerait à des abstractions de plus en plus minces, jusqu'à ce que l'on soit arrivé aux déterminations les plus simples. Partant de là, il faudrait refaire le chemin à rebours jusqu'à ce qu'enfin on arrive de nouveau à la population, mais celle-ci ne serait pas, cette fois, la représentation chaotique d'un tout, mais une riche totalité de déterminations et de rapports nombreux. La première voie est celle qu'a prise très historiquement l'économie politique à sa naissance. Les économistes du XVII° siècle, par exemple, commencent toujours par une totalité vivante : population, nation, État, plusieurs États ; mais ils finissent toujours par dégager par l'analyse quelques rapports généraux abstraits déterminants tels que la division du travail, l'argent, la valeur, etc. Dès que ces facteurs isolés ont été plus ou moins fixés et abstraits, les systèmes économiques ont commencé, qui partent des notions simples telles que travail, division du travail, besoin, valeur d'échange, pour s'élever jusqu'à l'État, les échanges entre nations et le marché mondial. Cette dernière méthode est manifestement la méthode scientifique correcte. Le concret est concret parce qu'il est la synthèse de multiples déterminations, donc unité de la diversité. C'est pourquoi il apparaît dans la pensée comme procès de synthèse, comme résultat, non comme point de départ, bien qu'il soit le véritable point de départ et par suite également le point de départ de la vue immédiate et de la représentation. La première démarche a réduit la plénitude de la représentation à une détermination abstraite ; avec la seconde, les déterminations abstraites conduisent à la reproduction du concret par la voie de la pensée. C'est pourquoi Hegel est tombé dans l'illusion de concevoir le réel comme le résultat de la pensée, qui se concentre en elle-même, s'approfondit en elle-même, se meut par elle-même, alors que la méthode qui consiste à s'élever de l'abstrait au concret n'est pour la pensée que la manière de s'approprier le concret, de le reproduire sous la forme d'un concret pensé. Mais ce n'est nullement là le procès de la genèse du concret lui-même. Par exemple, la catégorie économique la plus simple, mettons la valeur d'échange, suppose la population, une population produisant dans des conditions déterminées ; elle suppose aussi un certain genre de famille, ou de commune, ou d'État, etc. Elle ne peut jamais exister autrement que sous forme de relation unilatérale et abstraite d'un tout concret, vivant, déjà donné. Comme catégorie, par contre, la valeur d'échange mène une existence antédiluvienne. Pour la conscience - et la conscience philosophique est ainsi faite que pour elle la pensée qui conçoit constitue l'homme réel et, par suite, le monde n'apparaît comme réel qu'une fois conçu - pour la conscience, donc, le mouvement des catégories apparaît comme l'acte de production réel - qui reçoit une simple impulsion du dehors et on le regrette - dont le résultat est le monde ; et ceci (mais c'est encore là une tautologie) est exact dans la mesure où la totalité concrète en tant que totalité pensée, en tant que représentation mentale du concret, est en fait un produit de la pensée, de la conception ; il n'est par contre nullement le produit du concept qui s'engendrerait lui-même, qui penserait en dehors et au-dessus de la vue immédiate et de la représentation, mais un produit de l'élaboration de concepts à partir de la vue immédiate et de la représentation. Le tout, tel qu'il apparaît dans l'esprit comme une totalité pensée, est un produit du cerveau pensant, qui s'approprie le monde de la seule façon qu'il lui soit possible, d'une façon qui diffère de l'appropriation de ce monde par l'art, la religion, l'esprit pratique. Après comme avant, le sujet réel subsiste dans son indépendance en dehors de l'esprit ; et cela aussi longtemps que l'esprit a une activité purement spéculative, purement théorique. Par conséquent, dans l'emploi de la méthode théorique aussi, il faut que le sujet, la société, reste constamment présent à l'esprit comme donnée première. Mais ces catégories simples n'ont-elles pas aussi une existence indépendante, de caractère historique ou naturel, antérieure à celle des catégories plus concrètes ? Ça dépend. Hegel, par exemple, a raison de commencer la philosophie du droit par la possession, celle-ci constituant le rapport juridique le plus simple du sujet. Mais il n'existe pas de possession avant que n'existe la famille, ou les rapports entre maîtres et esclaves, qui sont des rapports beaucoup plus concrets. Par contre, il serait juste de dire qu'il existe des familles, des communautés de tribus, qui ne sont encore qu'au stade de la possession, et non à celui de la propriété. Par rapport à la propriété, la catégorie la plus simple apparaît donc comme le rapport de communautés simples de familles ou de tribus. Dans la société parvenue à un stade supérieur, elle apparaît comme le rapport plus simple d'une organisation plus développée. Mais on présuppose toujours le substrat concret qui s'exprime par un rapport de possession. On peut se représenter un sauvage isolé qui possède. Mais la possession ne constitue pas alors un rapport juridique. Il n'est pas exact qu'historiquement la possession évolue jusqu'à la forme familiale. Elle suppose au contraire toujours l'existence de cette « catégorie juridique plus concrète ». Cependant il n'en demeurerait pas moins que les catégories simples sont l'expression de rapports dans lesquels le concret non encore développé a pu s'être réalisé sans avoir encore posé la relation ou le rapport plus complexe qui trouve son expression mentale dans la catégorie plus concrète ; tandis que le concret plus développé laisse subsister cette même catégorie comme un rapport subordonné. L'argent peut exister et a existé historiquement avant que n'existât le capital, que n'existassent les banques, que n'existât le travail salarié, etc. A cet égard, on peut donc dire que la catégorie plus simple peut exprimer des rapports dominants d'un tout moins développé ou, au contraire, des rapports subordonnés d'un tout plus développé qui existaient déjà historiquement avant que le tout ne se développât dans le sens qui trouve son expression dans une catégorie plus concrète. Dans cette mesure, la marche de la pensée abstraite, qui s'élève du plus simple au plus complexe, correspondrait au processus historique réel. D'autre part, on peut dire qu'il y a des formes de société très développées, mais qui historiquement manquent assez de maturité, dans lesquelles on trouve les formes les plus élevées de l'économie, comme par exemple la coopération, une division du travail développée, etc., sans qu'existe aucune sorte de monnaie, par exemple le Pérou. Chez les Slaves aussi, l'argent et l'échange qui le conditionne n'apparaissent pas ou peu à l'intérieur de chaque communauté, mais ils apparaissent à leurs frontières, dans leur trafic avec d'autres communautés. C'est d'ailleurs une erreur que de placer l'échange au centre des communautés, d'en faire l'élément qui les constitue à l'origine. Au début, il apparaît au contraire dans les relations des diverses communautés entre elles, bien plutôt que dans les relations des membres à l'intérieur d'une seule et même communauté. De plus, quoique l'argent apparaisse très tôt et joue un rôle multiple, il est dans l'antiquité, en tant qu'élément dominant, l'apanage de nations déterminées unilatéralement, de nations commerçantes. Et même dans l'antiquité la plus cultivée, chez les Grecs et les Romains, il n'atteint son complet développement, postulat de la société bourgeoise moderne, que dans la période de leur dissolution. Donc cette catégorie pourtant toute simple n'apparaît historiquement avec toute sa vigueur que dans les États les plus développés de la société. Elle ne se fraie nullement un chemin à travers tous les rapports économiques. Dans l'Empire romain, par exemple, à l'époque de son plus grand développement, l'impôt en nature et les prestations en nature demeurèrent le fondement. Le système monétaire à proprement parler n'y était complètement développé que dans l'armée. Il ne s'est jamais saisi non plus de la totalité du travail. Ainsi, bien qu'historiquement la catégorie la plus simple puisse avoir existé avant la plus concrète, elle peut appartenir dans son complet développement - en compréhension et en extension - précisément à une forme de société complexe, alors que la catégorie plus concrète se trouvait plus complètement développée dans une forme de société qui, elle, l'était moins. Le travail semble être une catégorie toute simple. L'idée du travail dans cette universalité - comme travail en général - est, elle aussi, des plus anciennes. Cependant, conçu du point de vue économique sous cette forme simple, le « travail » est une catégorie tout aussi moderne que les rapports qui engendrent cette abstraction simple. Le système monétaire, par exemple, place encore d'une façon tout à fait objective, comme une chose en dehors de soi, la richesse dans l'argent. Par rapport à ce point de vue, ce fut un grand progrès quand le système manufacturier ou commercial transposa la source de la richesse de l'objet à l'activité subjective le travail commercial et manufacturier -, tout en ne concevant encore cette activité elle-même que sous la forme limitée de productrice d'argent. En face de ce système, le système des physiocrates pose une forme déterminée du travail - l'agriculture - comme la forme de travail créatrice de richesse et pose l'objet lui-même non plus sous la forme déguisée de l'argent, mais comme produit en tant que tel, comme résultat général du travail. Ce produit, en raison du caractère limité de l'activité, reste encore un produit déterminé par la nature - produit de l'agriculture, produit de la terre par excellence. Un énorme progrès fut fait par Adam Smith quand il rejeta toute détermination particulière de l'activité créatrice de richesse pour ne considérer que le travail tout court, c'est-à-dire ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole, mais toutes ces formes de travail dans leur caractère commun. Avec la généralité abstraite de l'activité créatrice de richesse apparaît alors également la généralité de l'objet dans la détermination de richesse, le produit considéré absolument, ou encore le travail en général, mais en tant que travail passé, objectivé dans un objet. L'exemple d'Adam Smith, qui retombe lui-même de temps à autre dans le système des physiocrates, montre combien était difficile et important le passage à cette conception nouvelle. Il pourrait alors sembler que l'on eût par là simplement trouvé l'expression abstraite de la relation la plus simple et la plus ancienne qui s'établit - dans quelque forme de société que ce soit - entre les hommes considérés en tant que producteurs. C'est juste en un sens. Dans l'autre, non. L'indifférence à l'égard d'un genre déterminé de travail présuppose l'existence d'une totalité très développée de genres de travaux réels dont aucun n'est plus absolument prédominant. Ainsi, les abstractions les plus générales ne prennent somme toute naissance qu'avec le développement concret le plus riche, où un caractère apparaît comme commun à beaucoup, comme commun à tous. On cesse alors de pouvoir le penser sous une forme particulière seulement. D'autre part, cette abstraction du travail en général n'est pas seulement le résultat dans la pensée d'une totalité concrète de travaux. L'indifférence à l'égard de tel travail déterminé correspond à une forme de société dans laquelle les individus passent avec facilité d'un travail à l'autre et dans laquelle le genre précis de travail est pour eux fortuit, donc indifférent. Là le travail est devenu non seulement sur le plan des catégories, mais dans la réalité même, un moyen de créer la richesse en général et a cessé, en tant que détermination, de ne faire qu'un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet état de choses a atteint son plus haut degré de développement dans la forme d'existence la plus moderne des sociétés bourgeoises, aux États-Unis. C'est donc là seulement que l'abstraction de la catégorie « travail », « travail en général », travail « sans phrase », point de départ de l'économie moderne, devient vérité pratique. Ainsi l'abstraction la plus simple, que l'économie politique moderne place au premier rang et qui exprime un rapport très ancien et valable pour toutes les formes de société, n'apparaît pourtant sous cette forme abstraite comme vérité pratique qu'en tant que catégorie de la société la plus moderne. On pourrait dire que cette indifférence à l'égard d'une forme déterminée de travail, qui se présente aux États-Unis comme produit historique, apparaît chez les Russes par exemple comme une disposition naturelle. Mais, d'une part, quelle sacrée différence entre des barbares qui ont des dispositions naturelles à se laisser employer à tous les travaux et des civilisés qui s'y emploient eux-mêmes. Et, d'autre part, chez les Russes, à cette indifférence à l'égard d'un travail déterminé correspond dans la pratique leur assujettissement traditionnel à un travail bien déterminé, auquel ne peuvent les arracher que des influences extérieures. Cet exemple du travail montre d'une façon frappante que même les catégories les plus abstraites, bien que valables - précisément à cause de leur nature abstraite - pour toutes les époques, n'en sont pas moins sous la forme déterminée de cette abstraction même le produit de conditions historiques et ne restent pleinement valables que pour ces conditions et dans le cadre de celles-ci. La société bourgeoise est l'organisation historique de la production la plus développée et la plus variée qui soit. De ce fait, les catégories qui expriment les rapports de cette société et qui permettent d'en comprendre la structure permettent en même temps de se rendre compte de la structure et des rapports de production de toutes les formes de société disparues avec les débris et les éléments desquelles elle s'est édifiée, dont certains vestiges, partiellement non encore dépassés, continuent à subsister en elle, et dont certains simples signes, en se développant, ont pris toute leur signification, etc. L'anatomie de l'homme est la clef de l'anatomie du singe. Dans les espèces animales inférieures, on ne peut comprendre les signes annonciateurs d'une forme supérieure que lorsque la forme supérieure est elle-même déjà connue. Ainsi l'économie bourgeoise nous donne la clef de l'économie antique, etc. Mais nullement à la manière des économistes qui effacent toutes les différences historiques et voient dans toutes les formes de société celles de la société bourgeoise. On peut comprendre le tribut, la dîme, etc., quand on connaît la rente foncière. Mais il ne faut pas les identifier. Comme, de plus, la société bourgeoise n'est elle-même qu'une forme antithétique du développement historique, il est des rapports appartenant à des formes de société antérieures que l'on pourra ne rencontrer en elle que tout à fait étiolés, ou même travestis. Par exemple, la propriété communale. Si donc il est vrai que les catégories de l'économie bourgeoise possèdent une certaine vérité valable pour toutes les autres formes de société, cela ne peut être admis que cum grano, salis [avec un grain de sel]. Elles peuvent receler ces formes développées, étiolées, caricaturées, etc., mais toujours avec une différence essentielle. Ce que l'on appelle développement historique repose somme toute sur le fait que la dernière forme considère les formes passées comme des étapes menant à son propre degré de développement, et, comme elle est rarement capable, et ceci seulement dans des conditions bien déterminées, de faire sa propre critique - il n'est naturellement pas question ici des périodes historiques qui se considèrent elles-mêmes comme des époques de décadence - elle les conçoit toujours sous un aspect unilatéral. La religion chrétienne n'a été capable d'aider à comprendre objectivement les mythologies antérieures qu'après avoir achevé jusqu'à un certain degré, pour ainsi dire [...] [virtuellement], sa propre critique. De même l'économie politique bourgeoise ne parvint à comprendre les sociétés féodales, antiques, orientales que du jour où eut commencé l'autocritique de la société bourgeoise. Pour autant que l'économie politique bourgeoise, créant une nouvelle mythologie, ne s'est pas purement et simplement identifiée au passé, sa critique des sociétés antérieures, en particulier de la société féodale, contre laquelle elle avait encore à lutter directement, a ressemblé à la critique du paganisme par le christianisme, ou encore à celle du catholicisme par le protestantisme. De même que dans toute science historique ou sociale en général, il ne faut jamais oublier, à propos de la marche des catégories économiques, que le sujet, ici la société bourgeoise moderne, est donné, aussi bien dans la réalité que dans le cerveau, que les catégories expriment donc des formes d'existence, des conditions d'existence déterminées, souvent de simples aspects particuliers de cette société déterminée, de ce sujet, et que par conséquent cette société ne commence nullement à exister, du point de vue scientifique aussi, à partir du moment seulement où il est question d'elle en tant que telle. »</i></p> <h3 class="spip">Karl Marx dans « Préface de la critique de l'économie politique » :</h3> <p><i>« Dans la production de leur existence, les hommes se soumettent à des conditions déterminées, nécessaires, indépendantes de leur volonté. Ces conditions de production correspondent à un stade déterminé du développement de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces conditions de production constitue la structure économique de la société, la base réelle, sur quoi s'élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne la vie sociale, politique et intellectuelle en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, mais, au contraire, c'est leur existence sociale qui détermine leur conscience. Ayant atteint un certain niveau de développement, les forces productives de la société entrent en contradiction avec les conditions de production existantes, ou, ce qui en est l'expression juridique, avec le régime de propriété au sein duquel elles ont évolué jusqu'alors. De facteurs de développement des forces productives, ces conditions deviennent des entraves de ces forces. Alors s'ouvre une ère de révolution sociale. Parallèlement à la transformation de la base économique s'effectue le bouleversement plus ou moins lent ou rapide de toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il importe de distinguer toujours entre la transformation matérielle des conditions de production économiques – transformation qu'on doit constater à l'aide des méthodes exactes qu'emploient les sciences naturelles – et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques dans lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. De même qu'on ne juge pas un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, de même on ne saurait juger une telle époque de bouleversement sur la conscience qu'elle a d'elle-même. Il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de production. Un type de société ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives que cette société est capable de contenir, et jamais un système de production nouveau et supérieur ne s'y substitue avant que les conditions d'existence matérielles de ce système aient été couvées dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elle peut résoudre, car en y regardant de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de naître. »</i></p> <h3 class="spip">Marx discute ainsi de sa méthode scientifique en citant un de ses critiques dans « Le Capital », Livre premier :</h3> <p>« Le Messager européen, revue russe, publiée à Saint-Pétersbourg, dans un article entièrement consacré à la méthode du Capital, déclare que mon procédé d'investigation est rigoureusement réaliste, mais que ma méthode d'exposition est malheureusement dans la manière dialectique. « A première vue, dit-il, si l'on juge d'après la forme extérieure de l'exposition, Marx est un idéaliste renforcé, et cela dans le sens allemand, c'est-à-dire dans le mauvais sens du mot. En fait, il est infiniment plus réaliste qu'aucun de ceux qui l'ont précédé dans le champ de l'économie critique... On ne peut en aucune façon l'appeler idéaliste. » L'auteur continue ainsi : « Une seule chose préoccupe Marx : trouver la loi des phénomènes qu'il étudie ; non seulement la loi qui les régit sous leur forme arrêtée et dans leur liaison observable pendant une période de temps donnée. Non, ce qui lui importe, par-dessus tout, c'est la loi de leur changement, de leur développement, c'est-à-dire la loi de leur passage d'une forme à l'autre, d'un ordre de liaison dans un autre. Une fois qu'il a découvert cette loi, il examine en détail les effets par lesquels elle se manifeste dans la vie sociale... Ainsi donc, Marx ne s'inquiète que d'une chose ; démontrer par une recherche rigoureusement scientifique, la nécessité d'ordres déterminés de rapports sociaux, et, autant que possible, vérifier les faits qui lui ont servi de point de départ et de point d'appui. Pour cela il suffit qu'il démontre, en même temps que la nécessité de l'organisation actuelle, la nécessité d'une autre organisation dans laquelle la première doit inévitablement passer, que l'humanité y croie ou non, qu'elle en ait ou non conscience. Il envisage le mouvement social comme un enchaînement naturel de phénomènes historiques, enchaînement soumis à des lois qui, non seulement sont indépendantes de la volonté, de la conscience et des desseins de l'homme, mais qui, au contraire, déterminent sa volonté, sa conscience et ses desseins... Si l'élément conscient joue un rôle aussi secondaire dans l'histoire de la civilisation, il va de soi que la critique, dont l'objet est la civilisation même, ne peut avoir pour base aucune forme de la conscience ni aucun fait de la conscience. Ce n'est pas l'idée, mais seulement le phénomène extérieur qui peut lui servir de point de départ. La critique se borne à comparer, à confronter un fait, non avec l'idée, mais avec un autre fait ; seulement elle exige que les deux faits aient été observés aussi exactement que possible, et que dans la réalité ils constituent vis-à-vis l'un de l'autre deux phases de développement différentes ; par-dessus tout elle exige que la série des phénomènes, l'ordre dans lequel ils apparaissent comme phases d'évolution successives, soient étudiés avec non moins de rigueur. Mais, dira-t-on, les lois générales de la vie économique sont unes, toujours les mêmes, qu'elles s'appliquent au présent ou au passé. C'est précisément ce que Marx conteste ; pour lui ces lois abstraites n'existent pas... Dès que la vie s'est retirée d'une période de développement donnée, dès qu'elle passe d'une phase dans une autre, elle commence aussi à être régie par d'autres lois. En un mot, la vie économique présente dans son développement historique les mêmes phénomènes que l'on rencontre en d'autres branches de la biologie... Les vieux économistes se trompaient sur la nature des lois économiques, lorsqu'ils les comparaient aux lois de la physique et de la chimie. Une analyse plus approfondie des phénomènes a montré que les organismes sociaux se distinguent autant les uns des autres que les organismes animaux et végétaux. Bien plus, un seul et même phénomène obéit à des lois absolument différentes, lorsque la structure totale de ces organismes diffère, lorsque leurs organes particuliers viennent à varier, lorsque les conditions dans lesquelles ils fonctionnent viennent à changer, etc. Marx nie, par exemple, que la loi de la population soit la même en tout temps et en tout lieu. Il affirme, au contraire, que chaque époque économique a sa loi de population propre... Avec différents développements de la force productive, les rapports sociaux changent de même que leurs lois régulatrices... En se plaçant à ce point de vue pour examiner l'ordre économique capitaliste, Marx ne fait que formuler d'une façon rigoureusement scientifique la tâche imposée à toute étude exacte de la vie économique. La valeur scientifique particulière d'une telle étude, c'est de mettre en lumière les lois qui régissent la naissance, la vie, la croissance et la mort d'un organisme social donné, et son remplacement par un autre supérieur ; c'est cette valeur-là que possède l'ouvrage de Marx. » En définissant ce qu'il appelle ma méthode d'investigation avec tant de justesse, et en ce qui concerne l'application que j'en ai faite, tant de bienveillance, qu'est-ce donc que l'auteur a défini, si ce n'est la méthode dialectique ? Certes, le procédé d'exposition doit se distinguer formellement du procédé d'investigation. A l'investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d'en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l'on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori. Ma méthode dialectique, non seulement diffère par la base de la méthode hégélienne, mais elle en est même l'exact opposé. Pour Hegel le mouvement de la pensée, qu'il personnifie sous le nom de l'idée, est le démiurge de la réalité, laquelle n'est que la forme phénoménale de l'idée. Pour moi, au contraire, le mouvement de la pensée n'est que la réflexion du mouvement réel, transporté et transposé dans le cerveau de l'homme. J'ai critiqué le côté mystique de la dialectique hégélienne il y a près de trente ans, à une époque où elle était encore à la mode... Mais bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme, ce n'en est pas moins lui qui en a le premier exposé le mouvement d'ensemble. Chez lui elle marche sur la tête ; il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. Sous son aspect mystique, la dialectique devint une mode en Allemagne, parce qu'elle semblait glorifier les choses existantes. Sous son aspect rationnel, elle est un scandale et une abomination pour les classes dirigeantes, et leurs idéologues doctrinaires, parce que dans la conception positive des choses existantes, elle inclut du même coup l'intelligence de leur négation fatale, de leur destruction nécessaire ; parce que saisissant le mouvement même, dont toute forme faite n'est qu'une configuration transitoire, rien ne saurait lui imposer ; qu'elle est essentiellement critique et révolutionnaire. Le mouvement contradictoire de la société capitaliste se fait sentir au bourgeois pratique de la façon la plus frappante, par les vicissitudes de l'industrie moderne à travers son cycle périodique, dont le point culminant est la crise générale. Déjà nous apercevons le retour de ses prodromes ; elle approche de nouveau ; par l'universalité de son champ d'action et l'intensité de ses effets, elle va faire entrer la dialectique dans la tête même aux tripoteurs qui ont poussé comme champignons dans le nouveau Saint-Empire prusso-allemand. »</p> <h3 class="spip">Karl Marx dans Le Capital, tome I :</h3> <p><i>« Le capitaliste n'a aucune valeur historique, aucun droit historique à la vie, aucune raison d'être sociale, qu'autant qu'il fonctionne comme capital personnifié. Ce n'est qu'à ce titre que la nécessité transitoire de sa propre existence est impliquée dans la nécessité transitoire du mode de production capitaliste. Le but déterminé de son activité n'est donc ni la valeur d'usage, ni la jouissance, mais bien la valeur d'échange et son accroissement continu. Agent fanatique de l'accumulation, il force les hommes, sans merci ni trêve, à produire pour produire, et les pousse ainsi instinctivement à développer les puissances productrices et les conditions matérielles qui seules peuvent former la base d'une société nouvelle et supérieure. Le capitaliste n'est respectable qu'autant qu'il est le capital fait homme. Dans ce rôle, il est, lui aussi, comme le thésauriseur, dominé par sa passion aveugle pour la richesse abstraite, la valeur. Mais ce qui chez l'un paraît être une manie individuelle est chez l'autre l'effet du mécanisme social dont il n'est qu'un rouage. Le développement de la production capitaliste nécessite un agrandissement continu du capital placé dans une entreprise, et la concurrence impose les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes à chaque capitaliste individuel. Elle ne lui permet pas de conserver son capital sans l'accroître, et il ne peut continuer de l'accroître à moins d'une accumulation progressive… Enfin accumuler, c'est conquérir le monde de la richesse sociale, étendre sa domination personnelle, augmenter le nombre de ses sujets, c'est sacrifier à une ambition insatiable. Mais le péché originel opère partout et gâte tout. A mesure que se développe le mode de production capitaliste, et avec lui l'accumulation et la richesse, le capitalisme cesse d'être simple incarnation du capital. Il ressent une « émotion humaine » pour son propre Adam, sa chair, et devient si civilisé, si sceptique qu'il ose railler l'austérité ascétique comme un préjugé thésaurisateur passé de mode. Tandis que le capitaliste de vieille roche flétrit toute dépense individuelle qui n'est pas de rigueur, n'y voyant qu'un empiètement sur l'accumulation, le capitaliste modernisé est capable de voir dans la capitalisation de la plus-value un obstacle à ses convoitises. Consommer, dit le premier, c'est « s'abstenir » d'accumuler ; accumuler, dit le second, c'est « renoncer » à la jouissance. « Deux âmes, hélas ! habitent mon cœur, et l'une veut faire divorce d'avec l'autre. » … Toutefois il s'élève dès lors en lui un conflit à la Faust entre le penchant à l'accumulation, et le penchant à la jouissance. … Accumuler pour accumuler, produire pour produire, tel est le mot d'ordre de l'économie politique proclamant la mission historique de la période bourgeoise. Et elle ne s'est pas fait un instant illusion sur les douleurs d'enfantement de la richesse : mais à quoi bon les jérémiades qui ne changent rien aux fatalités historiques ? A ce point de vue, si le prolétaire n'est qu'une machine à produire de la plus-value, le capitaliste n'est qu'une machine à capitaliser cette plus-value… Dans le progrès de l'accumulation, il n'y a donc pas seulement accroissement quantitatif et simultané des divers éléments réels du capital : le développement des puissances productives du travail social, que ce progrès amène, se manifeste encore par des changements qualitatifs, par des changements graduels dans la composition technique du capital, dont le facteur objectif gagne progressivement en grandeur, proportionnelle par rapport au facteur subjectif. C'est-à-dire que la masse de l'outillage et des matériaux augmente de plus en plus en comparaison de la somme de force de travail nécessaire pour les mettre en œuvre. A mesure donc que l'accroissement du capital rend le travail plus productif, il en diminue la demande proportionnellement à sa propre grandeur. … D'une part donc, le capital additionnel qui se forme dans le cours de l'accumulation renforcée par la centralisation attire, proportionnellement à sa grandeur, un nombre de travailleurs toujours décroissant. D'autre part, les métamorphoses techniques et les changements correspondants dans la composition-valeur que l'ancien capital subit périodiquement font qu'il repousse un nombre de plus en plus grand de travailleurs jadis attirés par lui. La demande de travail absolue qu'occasionne un capital est en raison non de sa grandeur absolue, mais de celle de sa partie variable, qui seule s'échange contre la force de travail. La demande de travail qu'occasionne un capital, c'est-à-dire la proportion entre sa propre grandeur et la quantité de travail qu'il absorbe, est déterminée par la grandeur proportionnelle de sa fraction variable. Nous venons de démontrer que l'accumulation qui fait grossir le capital social réduit simultanément la grandeur proportionnelle de sa partie variable, et diminue ainsi la demande de travail relative. Maintenant, quel est l'effet de ce mouvement sur le sort de la classe salariée ?... La loi de décroissance proportionnelle du capital variable, et de la diminution correspondante dans la demande de travail relative, a donc pour corollaires l'accroissement absolu du capital variable et l'augmentation absolue de la demande de travail suivant une proportion décroissante, et enfin, pour complément, la production d'une surpopulation relative. Nous l'appelons « relative », parce qu'elle provient, non d'un accroissement positif de la population ouvrière qui dépasserait les limites de la richesse en voie d'accumulation, mais, au contraire, d'un accroissement accéléré du capital social qui lui permet de se passer d'une partie plus ou moins considérable de ses manouvriers. Comme cette surpopulation n'existe que par rapport aux besoins momentanés de l'exploitation capitaliste, elle peut s'enfler et se resserrer d'une manière subite. En produisant l'accumulation du capital, et à mesure qu'elle y réussit, la classe salariée produit donc elle-même les instruments de sa mise en retraite ou de sa métamorphose en surpopulation relative. Voilà la « loi de population » qui distingue l'époque capitaliste et correspond à son mode de production particulier. En effet, chacun des modes historiques de la production sociale a aussi sa loi de population propre, loi qui ne s'applique qu'à lui, qui passe avec lui et n'a par conséquent qu'une valeur historique. Une loi de population abstraite et immuable n'existe que pour la plante et l'animal, et encore seulement tant qu'ils ne subissent pas l'influence de l'homme…. La réserve industrielle est d'autant plus nombreuse que la richesse sociale, le capital est fonction, l'étendue et l'énergie de son accumulation, partant aussi le nombre absolu de la classe ouvrière et la puissance productive de son travail, sont plus considérables. Les mêmes causes qui développent la force expansive du capital amenant la mise en disponibilité de la force de travail, la réserve industrielle doit augmenter avec les ressorts de la richesse. Mais plus la réserve grossit, comparativement à l'armée active du travail, plus grossit aussi la surpopulation consolidée dont la misère est en raison directe du labeur imposé. Plus s'accroît enfin cette couche des Lazare de la classe salariée, plus s'accroît aussi le paupérisme officiel. Voilà la loi générale absolue, de l'accumulation capitaliste. L'action de cette loi comme de toute autre, est naturellement modifiée par les circonstances particulières. On comprend donc toute la sottise de la sagesse économique qui ne cesse de prêcher aux travailleurs d'accommoder leur nombre aux besoins du capital. Comme si le mécanisme du capital ne le réalisait pas continuellement, cet accord désiré, dont le premier mot est : création d'une réserve industrielle, et le dernier : invasion croissante de la misère jusque dans les profondeurs de l'armée active du travail ; poids mort du paupérisme. La loi selon laquelle une masse toujours plus grande des éléments constituants de la richesse peut, grâce au développement continu des pouvoirs collectifs du travail, être mise en œuvre avec une dépense de force humaine toujours moindre, cette loi qui met l'homme social à même de produire davantage avec moins de labeur, se tourne dans le milieu capitaliste – où ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service du travailleur, mais le travailleur qui est au service des moyens de production – en loi contraire. C'est-à-dire que, plus le travail gagne en ressources et en puissance, plus il y a pression des travailleurs sur leurs moyens d'emploi, plus la condition d'existence du salarié, la vente de sa force devient précaire. L'accroissement des ressorts matériels et des forces collectives du travail, plus rapide que celui de la population, s'exprime donc en la formule contraire, savoir : la population productive croît toujours en raison plus rapide que le besoin que le capital peut en avoir. L'analyse de la plus-value relative nous a conduits à ce résultat : dans le système capitaliste, toutes les méthodes pour multiplier les puissances du travail collectif s'exécutent aux dépens du travailleur individuel ; tous les moyens pour développer la production se transforment en moyens de dominer et d'exploiter le producteur : ils font de lui un homme tronqué, fragmentaire, ou l'appendice d'une machine ; ils lui opposent comme autant de pouvoirs hostiles les puissances scientifiques de la production, ils substituent au travail attrayant le travail forcé ; ils rendent les conditions dans lesquelles le travail se fait de plus en plus anormales et soumettent l'ouvrier durant son service à un despotisme aussi illimité que mesquin ; ils transforment sa vie entière en temps de travail et jettent sa femme et ses enfants sous les roues du Jugement capitaliste… Mais toutes les méthodes qui aident à la production de la plus-value favorisent également l'accumulation, et toute extension de celle-ci appelle à son tour celles-là. Il en résulte que, quel que soit le taux des salaires, haut ou bas, la condition du travailleur doit empirer à mesure que le capital s'accumule. Enfin la loi, qui toujours équilibre le progrès de l'accumulation et celui de la surpopulation relative, rive le travailleur au capital plus solidement que les coins de Vulcain ne rivaient Prométhée à son rocher. C'est cette loi qui établit une corrélation fatale entre l'accumulation du capital et l'accumulation de la misère, de telle sorte qu'accumulation de richesse à un pôle, c'est également accumulation de pauvreté, de souffrance, d'ignorance, d'abrutissement, de dégradation morale, d'esclavage, au pôle opposé, celui de la classe qui produit la capital même… Chacun d'entre les capitaux individuels dont le capital se compose représente de prime abord une certaine concentration, entre les mains d'un capitaliste, de moyens de production et de moyens d'entretien du travail, et, à mesure qu'il accumule, cette concentration s'étend. En augmentant les éléments reproductifs de la richesse, l'accumulation opère donc en même temps leur concentration croissante entre les mains d'entrepreneurs privés. Toutefois ce genre de concentration qui est le corollaire obligé de l'accumulation se meut entre des limites plus ou moins étroites… A un certain point du progrès économique, ce morcellement du capital social en une multitude de capitaux individuels, ou le mouvement de répulsion de ses parties intégrantes, vient à être contrarié par le mouvement opposé de leur attraction mutuelle. Ce n'est plus la concentration qui se confond avec l'accumulation, mais bien un procédé foncièrement distinct, c'est l'attraction qui réunit différents foyers d'accumulation et de concentration, la concentration de capitaux déjà formés, la fusion d'un nombre supérieur de capitaux en un nombre moindre, en un mot, la centralisation proprement dite… »</i></p> <h3 class="spip">Engels écrit dans l'Anti-Dühring :</h3> <p><i>« Le fait que l'organisation sociale de la production à l'intérieur de la fabrique s'est développée jusqu'au point où elle est devenue incompatible avec l'anarchie de la production dans la société, qui subsiste à côté d'elle et au-dessus d'elle – ce fait est rendu palpable aux capitalistes eux-mêmes par la puissante concentration des capitaux qui s'accomplit pendant les crises moyennant la ruine d'un nombre élevé de grands capitalistes et d'un nombre plus élevé encore de petits capitalistes. L'ensemble du mécanisme du mode de production capitaliste refuse le service sous la pression des forces productives qu'il a lui-même engendrées. Le mode de production ne peut plus transformer cette masse de moyens de production tout entière en capital ; ils chôment, et c'est pourquoi l'armée de réserve industrielle doit chômer aussi. Moyens de production, moyens de subsistance, travailleurs disponibles, tous les éléments de la production et de la richesse générale existent en excédent. Mais « la pléthore devient la source de la pénurie et de la misère » (Fourier), car c'est elle précisément qui empêche la transformation des moyens de production et de subsistance en capital. Car, dans la société capitaliste, les moyens de production ne peuvent entrer en activité à moins qu'ils ne soient auparavant transformés en capital, en moyens pour l'exploitation de la force de travail humaine. La nécessité pour les moyens de production et de subsistance de prendre la qualité de capital se dresse comme un spectre entre eux et les ouvriers. C'est elle seule qui interdit aux moyens de production de fonctionner, aux ouvriers de travailler et de vivre. D'une part, donc, le mode de production capitaliste est convaincu de sa propre incapacité de continuer à administrer ces forces productives. D'autre part, ces forces productives elles-mêmes poussent avec une puissance croissante à la à la suppression de la contradiction, à leur affranchissement de leur qualité de capital, à la reconnaissance effective de leur caractère de forces productives sociales. »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à Konrad Schmidt du 5 août 1890 :</h3> <p><i>« …J'ai lu dans le Deutsche Worte de Vienne ce que pense du livre de Paul Barth le malencontreux Moritz Wirth, et cette critique m'a donné aussi une impression défavorable du livre lui-même. Je le parcourrai, mais je dois dire que si Moritzchen cite fidèlement le passage où Barth prétend n'avoir pu trouver dans tous les écrits de Marx qu'un seul exemple de la dépendance dans laquelle la philosophie se trouve par rapport aux conditions matérielles de l'existence, à savoir que Descartes identifie les animaux aux machines, un homme capable d'écrire une chose pareille me fait pitié. Et puisque cet homme n'a pas découvert que si les conditions matérielles de l'existence sont la cause première, cela n'exclut pas que les domaines idéologiques exercent sur elles une action en retour, secondaire à vrai dire, il ne peut certainement pas avoir compris la matière qu'il traite. Cependant, je le répète, tout cela est de seconde main, et Moritzchen est un ami dangereux. La conception matérialiste de l'histoire a maintenant, elle aussi, quantité d'amis de ce genre, à qui elle sert de prétexte pour ne pas étudier l'histoire. C'est ainsi que Marx a dit des « marxistes » français de la fin des années 70 : « Tout ce que je sais, c'est que je ne suis pas marxiste. » Il y a eu également dans la Volkstribüne une discussion sur la répartition des produits dans la société future, pour savoir si elle se ferait selon la quantité de travail fourni ou autrement. On a abordé la question d'une façon très « matérielle », à l'opposé des fameuses phrases idéalistes sur la justice. Mais par un fait étrange, personne n'a eu l'idée que le mode de répartition dépend essentiellement de la quantité de produits à répartir et que cette quantité varie, bien entendu, avec le progrès de la production et de l'organisation sociale, faisant varier en conséquence le mode de répartition. Or, tous les participants, au lieu d'envisager la « société socialiste » comme une chose qui varie et progresse continuellement, la considèrent comme une chose fixe, établie une fois pour toutes, et qui doit donc avoir un mode de répartition établi aussi une fois pour toutes. Si on reste raisonnable, on peut seulement : 1° chercher à découvrir le mode de répartition par lequel on commencera, et 2° essayer de trouver la tendance générale du développement ultérieur. Mais je n'en trouve pas un mot dans tout le débat. En général, le mot « matérialiste » sert à beaucoup d'écrivains récents en Allemagne de simple phrase avec laquelle on étiquette toutes sortes de choses sans les étudier davantage, pensant qu'il suffit de coller cette étiquette pour que tout soit dit. Or, notre conception de l'histoire est, avant tout, une directive pour l'étude, et non un levier servant à des constructions à la manière des hégéliens. Il faut réétudier toute l'histoire, il faut soumettre à une investigation détaillée les conditions d'existence des diverses formations sociales avant d'essayer d'en déduire les conceptions politiques, juridiques, esthétiques, philosophiques, religieuses, etc., qui leur correspondent. Sur ce point, on a fait jusqu'ici peu de chose, parce que peu de gens s'y sont attelés sérieusement. Sur ce point, nous avons besoin d'une aide de masse, le domaine est infiniment vaste, et celui qui veut travailler sérieusement peut faire beaucoup et s'y distinguer. Mais, au lieu de cela, les phrases vides sur le matérialisme historique (on peut précisément tout transformer en phrase) ne servent pour un trop grand nombre de jeunes Allemands qu'à faire le plus rapidement possible de leurs propres connaissances historiques relativement maigres — l'histoire économique n'est-elle pas encore dans les langes ? — une construction systématique artificielle et à se croire ensuite des esprits tout à fait puissants... »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à Joseph Bloch du 21 septembre 1890 :</h3> <p><i>« D'après la conception matérialiste de l'histoire, le facteur déterminant dans l'histoire est, en dernière instance, la production et la reproduction de la vie réelle. Ni Marx ni moi, n'avons jamais affirmé davantage. Si quelqu'un dénature cette position en ce sens que le facteur économique est le seul déterminant, il le transforme ainsi en une phrase vide, abstraite, absurde. La situation économique est la base, mais les divers éléments de la superstructure : les formes politiques de la lutte de classe et ses résultats — les Constitutions établies une fois la bataille gagnée par la classe victorieuse, etc., — les formes juridiques, et même les reflets de toutes ces luttes réelles dans le cerveau des participants, théories politiques, juridiques, philosophiques, conceptions religieuses et leur développement ultérieur en systèmes dogmatiques, exercent également leur action sur le cours des luttes historiques et, dans beaucoup de cas, en déterminent de façon prépondérante la forme. Il y a interaction de tous ces facteurs au sein de laquelle le mouvement économique finit par se frayer un chemin comme une nécessité, au travers d'une infinie multitude de contingences (c'est-à-dire de choses et d'événements dont la liaison interne entre eux est si lointaine ou si difficile à démontrer que nous pouvons la considérer comme inexistante et la négliger). Sinon, l'application de la théorie à n'importe quelle période historique serait, ma foi, plus facile que la résolution d'une simple équation du premier degré. Nous faisons notre histoire nous-mêmes, mais, tout d'abord, avec des prémisses et dans des conditions très déterminées. Entre toutes, ce sont les conditions économiques qui sont finalement déterminantes. Mais les conditions politiques, etc., voire même la tradition qui hante les cerveaux des hommes, jouent également un rôle, bien que non décisif. Ce sont des causes historiques et, en dernière instance, économiques, qui ont formé également l'Etat prussien et qui ont continué à le développer. Mais on pourra difficilement prétendre sans pédanterie que, parmi les nombreux petits Etats de l'Allemagne du Nord, c'était précisément le Brandebourg qui était destiné par la nécessité économique et non par d'autres facteurs encore (avant tout par cette circonstance que, grâce à la possession de la Prusse, le Brandebourg était entraîné dans les affaires polonaises et par elles impliqué dans les relations politiques internationales qui sont décisives également dans la formation de la puissance de la Maison d'Autriche) à devenir la grande puissance où s'est incarnée la différence dans l'économie, dans la langue et aussi, depuis la Réforme, dans la religion entre le Nord et le Sud. On parviendra difficilement à expliquer économiquement, sans se rendre ridicule, l'existence de chaque petit Etat allemand du passé et du présent ou encore l'origine de la mutation consonantique du haut-allemand qui a élargi la ligne de partage géographique constituée par les chaînes de montagnes des Sudètes jusqu'au Taunus, jusqu'à en faire une véritable faille traversant toute l'Allemagne. Mais deuxièmement, l'histoire se fait de telle façon que le résultat final se dégage toujours des conflits d'un grand nombre de volontés individuelles, dont chacune à son tour est faite telle qu'elle est par une foule de conditions particulières d'existence ; il y a donc là d'innombrables forces qui se contrecarrent mutuellement, un groupe infini de parallélogrammes de forces, d'où ressort une résultante — l'événemet historique — qui peut être regardée elle-même, à son tour, comme le produit d'une force agissant comme un tout, de façon inconsciente et aveugle. Car, ce que veut chaque individu est empêché par chaque autre et ce qui s'en dégage est quelque chose que personne n'a voulu. C'est ainsi que l'histoire jusqu'à nos jours se déroule à la façon d'un processus de la nature et est soumise aussi, en substance, aux mêmes lois de mouvement. Mais de ce que les diverses volontés — dont chacune désire ce à quoi la poussent sa constitution physique et les circonstances extérieures, économiques en dernière instance (ou ses propres circonstances personnelles ou les circonstances sociales générales), — ces volontés n'arrivent pas à ce qu'elles veulent, mais se fondent en une moyenne générale, en une résultante commune, on n'a pas le droit de conclure qu'elles sont égales à zéro. Au contraire, chacune contribue à la résultante, et à ce titre, est incluse en elle. »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à Konrad Schmidt du 27 octobre 1890 :</h3> <p><i>« Celui qui appartient à un marché financier ne voit pas le mouvement de l'industrie et du marché du monde que dans la réflexion intervertissante du marché d'argent et d'effets de commerce ; pour lui l'effet devient cause. C'est ce que j'ai déjà vu à Manchester, après 1840. Au point de vue du mouvement de l'industrie et de ses minimums et maximums périodiques, les cours de la Bourse de Londres étaient absolument inutilisables parce que l'on voulait tout expliquer par des crises du marché monétaire, qui n'étaient elles-mêmes que des symptômes. Il s'agissait alors de démontrer le mal fondé de l'explication de la naissance des crises industrielles par une surproduction temporaire ; la chose avait un côté tendancieux et qui invitait à une fausse interprétation. Ce point de vue — au moins pour nous et une fois pour toutes — n'existe plus, et c'est un fait que le marché monétaire peut avoir aussi ses crises spéciales, dans lesquelles les perturbations industrielles directes ne jouent qu'un rôle subordonné ou n'en jouent même aucun ; voilà bien des points à établir et à étudier, principalement pour l'histoire de ces vingt dernières, années. Là où existe la division du travail à l'échelle sociale, diverses opérations de travail deviennent indépendantes vis-à-vis l'une de l'autre. La production est, en dernière instance, décisive. Mais dès que le commerce des marchandises devient indépendant à l'égard de la production proprement dite, il suit un mouvement déterminé dans son ensemble en somme par la production, mais qui obéit pourtant, dans ses détails, et dans les limites de cette indépendance générale, à des lois spéciales qui sont dans la nature même de ce nouveau facteur. Ce mouvement a ses phases propres et influe de son côté sur le mouvement de la production. La découverte de l'Amérique est due à la soif d'argent qui lança déjà auparavant les Portugais en Afrique (Cf. Sœtbeer, Production des métaux précieux), parce que l'industrie européenne, qui se développa si puissamment aux XIVe et XVe siècles, et le commerce qui y correspondait, exigeaient une plus grande quantité de moyens d'échange, que l'Allemagne — le pays grand producteur d'argent de 1450 à 1550 — ne pouvait plus fournir. La conquête des Indes par les Portugais, Hollandais, Anglais (1500-1800), avait pour but l'importation des produits indiens ; personne ne songeait à y exporter quelque chose. Et pourtant quelle répercussion colossale n'eurent pas sur l'industrie ces découvertes et ces conquêtes, déterminées uniquement par des intérêts commerciaux. Ce furent les besoins de l'exportation dans ces pays qui créèrent et développèrent la grande industrie. Il en est de même pour le marché monétaire. Quand il se différencie du commerce des marchandises, le trafic d'argent a — sous certaines conditions fixées par la production et le commerce des marchandises, et dans la sphère de ces limites — un développement propre, spécial, des lois déterminées par sa propre nature, des phases à part. S'il arrive par surcroît que le trafic d'argent s'agrandit dans cette évolution et devient commerce d'effets, que ces effets ne soient pas seulement des papiers d'Etat, mais qu'il vienne s'y joindre des actions industrielles et commerciales, que le trafic d'argent acquiert un pouvoir direct sur une partie de la production qui le domine, en somme, alors la réaction du trafic d'argent sur la production devient plus forte et plus complexe. Les financiers sont propriétaires des chemins de fer, mines de charbon, de fer, etc. Ces moyens de production acquièrent dès lors un double caractère. Leur exploitation doit se régler tantôt sur les intérêts de la production immédiate, tantôt sur les besoins des actionnaires, en tant que financiers. L'exemple le plus frappant est fourni par les chemins de fer de l'Amérique du Nord, dont l'exploitation dépend entièrement des opérations de Bourse momentanées d'un Jay Gould, d'un Vanderbilt, etc., qui sont totalement étrangères aux intérêts de la voie comme moyen de circulation. Et ici même, en Angleterre, nous avons vu durer pendant des dizaines d'années les luttes entre les différentes compagnies de chemin de fer au sujet de la délimitation de leur réseau, — luttes où se sont dissipées d'énormes sommes d'argent, non pas dans l'intérêt de la production et de la circulation, mais dans une rivalité qui n'avait d'autre but que de permettre des opérations de Bourse aux financiers qui possédaient les actions. Dans ces quelques indications sur la façon dont je conçois le rapport de la production et du commerce des marchandises, et de ces deux avec le trafic d'argent, j'ai déjà répondu au fond à votre question sur le matérialisme historique. La chose se comprend très facilement du point de vue de la division du travail. La société engendre certaines fonctions communes dont elle ne peut se passer. Ceux qui sont choisis pour les exercer forment une nouvelle branche de la division du travail à l'inférieur de la société. Ils acquièrent ainsi des intérêts distincts, à rencontre de leurs mandats, ils se séparent d'eux et voilà l'Etat. Alors il se passe ce qui s'est passé dans le commerce des marchandises et plus tard dans le trafic d'argent. Cette nouvelle puissance distincte suit en somme le mouvement de la production, mais elle réagit aussi sur les conditions et la marche de la production, en vertu de l'autonomie relative qu'elle possède, c'est-à-dire que, une fois conférée, elle tend toujours résolument vers un plus grand développement. Il y a interaction de deux forces inégales : action du mouvement économique, d'une part ; de l'autre, action du pouvoir politique, nouveau, tendant à toute l'autonomie possible, et qui, une fois établie, est douée elle aussi d'un mouvement propre. Le mouvement économique l'emporte en somme, mais il doit subir la répercussion du mouvement politique, créé par lui, doué d'une autonomie relative, qui se manifeste d'une part dans la puissance de l'Etat, et de l'autre dans l'opposition, née avec cette dernière. De même que le mouvement du marché industriel se réfléchit dans son ensemble et sous les réserves faites plus haut dans le marché monétaire et naturellement par image renversée ; de même la lutte des classes déjà existantes et antagonistes se réfléchit dans la lutte entre le gouvernement et l'opposition, mais également par image renversée. La réflexion n'est plus directe, mais indirecte, elle ne se présente plus comme une lutte de classes, mais comme une lutte pour des principes politiques et la réflexion est si bien renversée qu'il a fallu des milliers d'années pour que nous puissions la pénétrer. La réaction de la puissance de l'Etat sur le développement économique peut prendre trois formes : elle peut agir dans le même sens, le mouvement devient alors plus rapide ; elle peut agir en sens contraire, alors, à la longue, dans les grandes nations, elle se détruit ; ou bien elle peut supprimer ou favoriser certaines tendances de l'évolution économique. Ce dernier cas se réduit facilement à l'un des deux autres. Mais il est clair que dans le deuxième et dans le troisième cas, la puissance politique peut être très contraire au développement économique et créer des gaspillages énormes de force et de matière. Ajoutez à cela le cas de conquête et de destruction brutale de ressources économiques qui, dans certaines conditions, pouvait anéantir jadis tout un développement économique local ou national. Aujourd'hui ce cas a souvent des effets complètement opposés, au moins chez les grands peuples : quelquefois le peuple vaincu croît à la longue sous le rapport économique, politique, moral, plus que le vainqueur. De même pour le droit : quand la nouvelle division du travail rend nécessaire l'apparition de juristes de profession, un nouveau domaine indépendant s'ouvre, qui, bien qu'il dépende en général de la production et du commerce, possède pourtant une puissance spéciale de réaction vis-à-vis de ces derniers. Dans un Etat moderne ce droit ne doit pas seulement traduire l'état économique général, en être l'expression, mais en être encore l'expression cohérente, sans contradictions intrinsèques. Pour arriver à ce but, on fait disparaître de plus en plus la réflexion exacte des conditions économiques. D'autant qu'il arrive rarement qu'un code soit l'expression tranchante, pure, sincère de la suprématie d'une classe : ce serait déjà contraire à « l'idée de droit ». La notion du droit pure, conséquente de la bourgeoisie révolutionnaire de 1792-1796 est déjà faussée à plusieurs titres dans le Code Napoléon, et ce qui y est incarné doit subir tous les jours des atténuations dues à la force croissante du prolétariat. Cela n'empêche pas le Code Napoléon d'être le fond de toutes les nouvelles codifications de toutes les parties du monde. La marche de l'« évolution du droit » consiste en grande partie d'abord dans l'effort fait pour supprimer les contradictions résultant d'une traduction immédiate des rapports économiques en principes juridiques et pour établir un système juridique harmonique ; puis l'influence et la contrainte du développement économique toujours plus considérable rompent continuellement ce système et le compliquent de nouvelles contradictions (je ne parle ici que du droit civil). La réflexion des rapports économiques en principes juridiques est nécessairement renversée. Elle se poursuit sans devenir consciente ; le juriste s'imagine opérer avec des propositions a priori, quand ce ne sont que des reflets économiques — ainsi tout est renversé. Il me paraît aller de soi que cette interversion, qui constitue, tant qu'elle n'est pas reconnue, ce que nous appelons la conception idéologique, réagit de son côté sur la base économique et peut la modifier dans certaines limites. Le fondement du droit de succession, supposé un égal degré de développement de la famille, est économique. Pourtant il serait difficile de montrer que, par exemple, en Angleterre la liberté absolue de tester, en France sa forte limitation, n'ont dans tous les détails que des causes économiques. Elles réagissent toutes deux d'une façon très importante sur l'économie parce qu'elles influent sur la répartition des biens. (…) Si donc Barth pense que nous nions toute réaction des reflets politiques, etc., du mouvement économique sur ce mouvement même, il combat tout simplement des moulins à vent. Qu'il étudie le 18 Brumaire de Marx, où il ne s'agit presque uniquement que du rôle pa rticulier que les luttes et les événements politiques jouent naturellement dans les limites que leur trace leur dépendance générale des conditions économiques, ou encore le Capital, le chapitre, par exemple, sur la journée de travail, où la législation, qui est pourtant un acte politique, a une action si profonde, ou le chapitre sur l'histoire de la bourgeoisie (chapitre XXIV). (…) Pourquoi alors combattons-nous pour la dictature politique du prolétariat si le pouvoir politique est sans force au point de vue économique ? La violence (c'est-à-dire le pouvoir public) est aussi une puissance économique ! »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à Franz Mehring du 14 juillet 1893 :</h3> <p><i>« A part cela, il manque seulement un point qui, à vrai dire, n'a pas été assez mis en relief dans les écrits de Marx et les miens, ce qui fait que nous en portons tous la même responsabilité. A savoir, nous nous sommes d'abord attachés à déduire les représentations idéologiques — politiques, juridiques et autres — ainsi que les actions conditionnées par elles, des faits économiques qui sont à leur base, et nous avons eu raison. Mais en considérant le contenu, nous avons négligé la forme : la manière dont se constituent ces représentations, etc. C'est ce qui a fourni à nos adversaires l'occasion rêvée de se permettre des interprétations fausses et des altérations, dont Paul Barth est un exemple frappant. L'idéologie est un processus que le soi-disant penseur accomplit sans doute avec conscience, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement lui restent inconnues, sinon ce ne serait point un processus idéologique. Aussi s'imagine-t-il des forces motrices fausses ou apparentes. Du fait que c'est un processus intellectuel, il en déduit et le contenu et la forme de la pensée pure, que ce soit de sa propre pensée ou de celle de ses prédécesseurs. Il a exclusivement affaire aux matériaux intellectuels ; sans y regarder de plus près, il considère que ces matériaux proviennent de la pensée et ne s'occupe pas de rechercher s'ils ont quelque autre origine plus lointaine et indépendante de la pensée. Cette façon de procéder est pour lui l'évidence même, car tout acte humain se réalisant par l'intermédiaire de la pensée lui apparaît en dernière instance fondé également sur la pensée. L'idéologue historien (historien doit être ici un simple vocable collectif pour : politicien, juriste, philosophe, théologien, bref, pour tous les domaines appartenant à la société et non pas seulement à la nature), l'idéologue historien a donc dans chaque domaine scientifique une matière qui s'est formée de façon indépendante dans la pensée de générations antérieures et qui a évolué de façon indépendante dans le cerveau de ces générations successives. Des faits extérieurs, il est vrai, appartenant à ce domaine ou à d'autres peuvent bien avoir contribué à déterminer ce développement, mais ces faits reconnus tacitement être, ne sont-ils pas eux-mêmes, à leur tour, de simples fruits d'un processus intellectuel, de sorte que nous continuons toujours à rester dans le royaume de la pensée pure qui a heureusement digéré même les faits les plus têtus. C'est cette apparence d'histoire indépendante des constitutions d'Etat, des systèmes juridiques, des conceptions idéologiques dans chaque domaine particulier qui aveugle, avant tout, la plupart des gens. Si Luther et Calvin « viennent à bout » de la religion catholique officielle, si Hegel « vient à bout » de Kant et de Fichte, si Rousseau « vient à bout » indirectement par son Contrat social républicain, de Montesquieu le constitutionnel, c'est un événement qui reste à l'intérieur de la théologie, de la philosophie, de la théorie de l'Etat, qui constitue une étape dans l'histoire de ces domaines de la pensée et qui ne sort pas du domaine de la pensée. Et, depuis que l'illusion bourgeoise de la perpétuité et de la perfection absolue de la production capitaliste s'est encore ajoutée à cela, la victoire des physiocrates et d'Adam Smith sur les mercantilistes passe elle-même, ma foi, pour une simple victoire de l'idée, non pas comme le reflet intellectuel de faits économiques modifiés, mais, au contraire, comme la compréhension exacte, enfin acquise, de conditions réelles ayant existé partout et de tout temps. Si Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste avaient instauré le libre-échange au lieu de s'engager dans les croisades, ils nous auraient épargné cinq cents années de misère et de sottises. Cet aspect de la chose que je ne puis ici qu'effleurer, tous nous l'avons négligé, je pense, plus qu'il le méritait. C'est une vieille histoire : au commencement, on néglige toujours la forme pour le fond. Comme je l'ai déjà dit, je l'ai fait également, et la faute ne m'est toujours apparue que post festum. C'est pourquoi non seulement je suis très loin de vous en faire un reproche quelconque, d'autant plus que j'ai commencé à commettre cette faute bien avant vous, au contraire, — mais du moins je voudrais vous rendre attentif à ce point à l'avenir. A cela se lie également cette idée stupide des idéologues : comme nous refusons aux diverses sphères idéologiques qui jouent un rôle dans l'histoire, un développement historique indépendant, nous leur refusons aussi toute efficacité historique. C'est partir d'une conception banale, non dialectique de la cause et de l'effet comme de pôles opposés l'un à l'autre de façon rigide, de l'ignorance absolue de l'action réciproque. Le fait qu'un facteur historique, dès qu'il est engendré finalement par d'autres faits économiques, réagit aussi à son tour et peut réagir sur son milieu et même sur ses propres causes, ces messieurs l'oublient souvent tout à fait à dessein. »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à B. Borgius du 25 janvier 1894 :</h3> <p><i>« Ce sont, au contraire, les hommes qui font leur histoire eux-mêmes, mais dans un milieu donné qui la conditionne, sur la base de conditions antérieures de fait, parmi lesquelles les conditions économiques, si influencées qu'elles puissent être par les autres conditions politiques et idéologiques, n'en sont pas moins, en dernière instance, les conditions déterminantes, constituant d'un bout à l'autre le fil conducteur, qui, seul, vous met à même de comprendre. Les hommes font leur histoire eux-mêmes, mais jusqu'ici ils ne se conforment pas à une volonté collective, selon un plan d'ensemble, et cela même pas dans le cadre d'une société déterminée, organisée, donnée. Leurs efforts se contrecarrent, et c'est précisément la raison pour laquelle règne, dans toutes les sociétés de ce genre, la nécessité complétée et manifestée par la contingence. La nécessité qui s'y impose par la contingence est à son tour, en fin de compte, la nécessité économique. Ici nous abordons la question de ce qu'on appelle les grands hommes. Naturellement, c'est un pur hasard que tel grand homme surgisse à tel moment déterminé dans tel pays donné. Mais, si nous le supprimons, on voit surgir l'exigence de son remplacement et ce remplaçant se trouve tant bien que mal, mais il se trouvera toujours à la longue. Ce fut un hasard que Napoléon, ce Corse, fût précisément le dictateur militaire dont avait absolument besoin la République française, épuisée par sa propre guerre ; mais la preuve est faite que, faute d'un Napoléon, un autre aurait comblé la lacune, car l'homme s'est trouvé chaque fois qu'il a été nécessaire : César, Auguste, Cromwell, etc. Si Marx a découvert la conception historique de l'histoire, Thierry, Mignet, Guizot, tous les historiens anglais jusqu'en 1850 prouvent qu'on s'y efforçait, et la découverte de la même conception par Morgan est la preuve que le temps était mûr pour elle et qu'elle devait nécessairement être découverte. Il en est ainsi de tout autre hasard et de tout autre apparence de hasard dans l'histoire. Plus le domaine que nous étudions s'éloigne de l'économie et se rapproche de la pure idéologie abstraite, plus nous constaterons que son développement présente de hasard et plus sa courbe se déroule en zigzag. Mais si vous tracez l'axe moyen de la courbe, vous trouverez que plus la période considérée est longue et le domaine étudié est grand, plus cet axe se rapproche de l'axe du développement économique et plus il tend à lui être parallèle. »</i></p> <h3 class="spip">Lettre d'Engels à Werner Sombart du 11 mars 1895 :</h3> <p><i>« Mais ce procès s'accomplit objectivement, dans les choses, inconsciemment, et ce n'est que maintenant que nous pouvons nous faire une idée du travail qu'il a fallu consentir pour parvenir à sa compréhension correcte. Si la constitution du taux de profit moyen demandait la collaboration consciente des différents capitalistes, si le capitaliste individuel était conscient de produire la plus-value, en telle grandeur, et du fait que dans de nombreux cas il lui faut céder une partie de cette plus-value, la liaison entre la plus-value et le profit eût été dès le début suffisamment claire pour qu'Adam Smith, indiscutablement, l'eût déjà montrée et peut-être même Petty. Du point de vue de Marx, toute la marche de l'histoire — il est question des événements notables — s'est accomplie inconsciemment, c'est-à-dire que les événements et leurs conséquences ne dépendaient pas de la volonté des hommes ; les figurants de l'histoire désiraient soit quelque chose de diamétralement opposé à ce qui avait été atteint, ou bien cet acquis entraînait des suites totalement imprévues. Pour en revenir à l'économie : chaque capitaliste convoite le profit maximum. L'économie politique bourgeoise a établi que cette course du capitaliste individuel au profit maximum a pour résultat un taux de profit général égal, c'est-à-dire le profit approximativement égal de chacun d'eux. Mais ni les capitalistes ni les économistes bourgeois ne se rendent pas compte du fait que le but réel de cette course au profit est en définitive la répartition proportionnelle en pour-cent de la plus-value globale réalisée sur la somme du capital global. »</i></p></div> L'homme naturellement violent, une explication des guerres, des génocides, des dictatures et des fascismes ? http://matierevolution.org/spip.php?article5411 http://matierevolution.org/spip.php?article5411 2017-06-26T23:44:00Z text/html fr Robert Paris Guerre War Fascisme Le barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie... des autres hommes !!! L'homme naturellement violent, une explication des guerres, des génocides, des dictatures et des fascismes ? La thèse est classique : toutes les violences que l'Histoire des sociétés humaines ont connu s'expliquerait fondamentalement par son nature serait la société qui, grâce à la répression étatique, empêcherait cette « tendance naturelle » de s'exprimer…. Manque de chance : aucun animal « sauvage » ne produit de tels (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a> <div class='rss_texte'><p>Le barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie... des autres hommes !!! <span class='spip_document_8552 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH252/-3171-1fd78.jpg' width='500' height='252' alt="" style='height:252px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip"> L'homme naturellement violent, une explication des guerres, des génocides, des dictatures et des fascismes ?</h3> <p>La thèse est classique : toutes les violences que l'Histoire des sociétés humaines ont connu s'expliquerait fondamentalement par son nature serait la société qui, grâce à la répression étatique, empêcherait cette « tendance naturelle » de s'exprimer….</p> <p>Manque de chance : aucun animal « sauvage » ne produit de tels massacres !!! L'animal tue pour manger ou pour se défendre, ou pour défendre ses enfants d'agressions réelles ou supposées, et ne s'organise pas collectivement pour effectuer des tueries de masse dans un but seulement politique ou social !</p> <p>Un autre point montre que la thèse est forcée : les humains qui participent à ces massacres ont besoin, pour s'encourager à le faire, de se doper de manière artificielle, de se droguer massivement, généralement de se soûler ou de s'autoriser à des vols, à des viols, à des « récompenses » qui, tout comme les drogues, montrent que l'homme ne ressent pas la participation à ces tueries comme « naturelles », comme faciles, comme sans effet dangereux.</p> <p>On connaît les séquelles permanentes subies par les soldats des armées qui ont participé à ces horreurs militaires ou fascistes. Ils ne s'en remettent généralement jamais tout à fait.</p> <p>On sait que les armées devaient tenir compte de l'effet d'horreur sur les soldats lors de leur première intervention : ils étaient, pour un ou plusieurs jours, incapables de quoi que ce soit, même de défendre leurs vies !!!</p> <p>Les premiers massacres des génocidaires rwandais étaient réalisés par des populations qui étaient forcées et c'est seulement par la suite que le plis était pris…</p> <p>On sait que nombre de tueries aux USA ont été le fait d'anciens soldats des guerres des Etats-Unis, que ce soit en Indochine ou en Orient (Irak, Afghanistan, etc…). Cela ne montre pas que la violence est inhérente à l'homme mais qu'elle est forcée par la décision politique et sociale de la classe dirigeante, par ses choix politiques.</p> <p>En effet, on ne voit pas pourquoi une « nature humaine » se manifesterait brutalement en 1914 dans toute l'Europe ou brutalement en 1933 en Allemagne, ou encore brutalement en 1994 au Rwanda !!!</p> <p>On ne voit pas non plus pourquoi les classes dirigeantes auraient en même temps besoin de cette violence de masse « naturelle » au moment même où la nature humaine pousserait à ces extrémités horribles !!!</p> <p>Comme par hasard, à chaque fois que ces violences de masse ont eu lieu dans l'Histoire, on constate que la classe dirigeante, nationale ou internationale, se retrouve dans une impasse politique et sociale, situation dans laquelle elle craint sérieusement pour son pouvoir, où elle est menacée par la montée sociale d'une autre classe sociale jusqu'ici dominée.</p> <p>Certains auteurs affirment que ce sont les hommes et femmes du Rwanda qui ont toujours manifesté des tendances racistes, violentes, fascistes et génocidaires ! D'autres affirment que l'Algérie a toujours été une nation violente, que ce soit pour expliquer les guerres coloniales, les horreurs des fascistes intégristes ou celles de l'Etat algérien durant les massacres de la guerre civile ! D'autres encore affirment que le nazisme exprimait la violence de « l'homme allemand » !!!! Ou encore que les horreurs des troupes fascistes japonaises durant la guerre sont l'expression de la violence du peuple japonais !!!</p> <p>Mensonges qui cachent les choix des classes dirigeantes devant les menaces sociales des prolétaires !</p> <p>De même que le prétexte des guerres de religion lors des massacres de la Saint-Barthélemy cachent la crainte des classes féodales devant la montée économique, sociale et politique de la bourgeoisie en Europe, déjà en partie réussie en Angleterre et aux Pays-Bas et qui menaçait le reste de l'Europe dont la France, sa royauté et sa noblesse et dont la protestantisme n'était qu'une des expressions politiques et sociales, de même que le catholicisme n'était qu'un des piliers de la féodalité.</p> <p>Comme par hasard, la violence génocidaire n'a frappé le Rwanda que les deux fois où ce pays a connu des vagues de révolution sociale, menaçant l'ancien édifice du pouvoir de la classe dirigeante, une première fois dans la révolte contre la classe dirigeante liée au colonialisme belge et une deuxième lors de la vague des révoltes en Afrique des années 1988-1992, dont l'Algérie, la Côte d'Ivoire, le Gabon, mais aussi le Rwanda, ont été le théâtre.</p> <p>Comme par hasard, le fascisme en Allemagne mais aussi en Italie, en Espagne, au Chili, et ailleurs, n'a existé qu'au moment où la classe dirigeante craignait que le prolétariat ne menace une société capitaliste dans l'impasse.</p> <p>Comme par hasard, les bombardements massifs et de destruction totale des populations de la part des armées alliées (USA-GB) sur les villes des pays vaincus n'ont eu lieu que lorsque la guerre allait se terminer ou même était en réalité terminée et que celle-ci menaçait de se transformer en révolution dans ces pays !</p> <p>La violence de masse n'est pas l'expression d'une tendance de l'homme mais la seule politique des classes dirigeantes quand celles-ci sont dans l'impasse économique, politique et sociale !!!</p> <h3 class="spip">Lire encore sur quelques exemples historiques :</i></h3> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article403" class='spip_out' rel='external'>La Saint-Barthélemy</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109" class='spip_out' rel='external'>La première guerre mondiale, quelle explication</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=Rwanda+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class='spip_out' rel='external'>Rwanda</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1001" class='spip_out' rel='external'>Cambodge</a></p> <p><a href="http://matierevolution.org/[Massacres coloniaux -> https://www.google.fr/search?hl=fr&q=massacre+colonial+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class=''>Génocide des Juifs</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=massacre+colonial+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl#hl=fr&q=nazisme+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.org+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.org" class='spip_out' rel='external'>Nazisme</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=massacre+colonial+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl#hl=fr&q=fascisme+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.org+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site:http:%2F%2Fwww.matierevolution.org" class='spip_out' rel='external'>Fascisme</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class='spip_out' rel='external'>Ethnocide des Indiens</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=guerre+et+r%C3%A9volution+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class='spip_out' rel='external'>Guerre et révolution</a></p></div> Pourquoi les élections n'offrent aucune solution aux peuples ? http://matierevolution.org/spip.php?article5587 http://matierevolution.org/spip.php?article5587 2017-06-25T23:03:00Z text/html fr Robert Paris Edito Quand le système est en panne, le vote « anti-système » existe moins que jamais et la révolution sociale devient une nécessité Un président élu par une fraction minime du corps électoral, comme pis-aller, représentant uniquement la classe possédante, avec un parlement à la botte, composé uniquement de députés issus des couches les plus aisées de la population, l'exclusion complet des travailleurs du système électoral, une majorité de ceux-ci ainsi que des couches populaires de la petite bourgeoisie (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip"><span class='spip_document_9395 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L490xH319/-3750-7ee19.jpg' width='490' height='319' alt="" style='height:319px;width:490px;' /></span>Edito <p>Quand le système est en panne, le vote « anti-système » existe moins que jamais et la révolution sociale devient une nécessité</p> </h3> <p>Un président élu par une fraction minime du corps électoral, comme pis-aller, représentant uniquement la classe possédante, avec un parlement à la botte, composé uniquement de députés issus des couches les plus aisées de la population, l'exclusion complet des travailleurs du système électoral, une majorité de ceux-ci ainsi que des couches populaires de la petite bourgeoisie ne se considérant pas comme représentés, voilà le résultat du système prétendûment le nec plus ultra de la démocratie, en France, à un moment où l'affrontement social se profile…</p> <p>Jamais la population n'a eu autant le sentiment que le système politique était discrédité. Mais cela n'a rien d'une particularité française ! Les élections américaines ont montré, sous des formes différentes, la même crise de la démocratie électorale et politicienne. Et cela reflète une crise bien plus profonde que celle des institutions. Les crises de corruption des régimes atteignent aussi bien la Corée du sud que le Brésil.</p> <p>Jamais les peuples n'ont eu autant le sentiment de ne pas être représentés par le pouvoir politique, de ne pas pouvoir s'exprimer au travers des élections bourgeoises. Jamais les élus n'ont été discrédités aussi vite. Jamais les pays riches n'ont autant méprisé leurs gouvernants, leur personnel politique, leurs média officiels, leur classe dirigeante.</p> <p>Un autre fait remarquable de l'élection française, présidentielle puis législative, c'est la destruction de l'ensemble des partis classiques de la bourgeoisie. Bien entendu, même si cela est parfois mis à son crédit, Macron n'est pas parvenu à la force de ses petits poignets à un tel résultat étonnant. Ce n'est pas lui qui a détruit le PS, pas plus qu'il n'a agi pour détruire la droite ou le centre-droit, ou l'extrême droite, sans parler du PCF. Il y a eu un autre acteur : c'est la crise économique et sociale qui est à la racine de la perte de confiance dans les forces politiques classiques. On notera ainsi que l'Italie ou l'Espagne ont été devancière de la France en la matière, des mouvements comme Podemos ou Cinq Etoiles y battant les grands partis classiques. On notera surtout l'action de gouvernements comme celui de Hollande-Valls pour démolir le PS, Valls déclarant même que « le PS peut mourir » ! Mais surtout on remarquera l'action de ce gouvernement dans le sens de la démolition systématique de la démocratie bourgeoise, sous prétexte du terrorisme, avec la mise en place permanente de l'état d'urgence, avec le développement d'une occupation militaire et policière du pays, avec une guerre tous azimuts, intérieure et extérieure. Et on notera encore les tendances putschistes de nombreux généraux français. Si la démocratie bourgeoise a du plomb dans l'aile, ce n'est pas à cause des abstentionnistes ni à cause de la « corruption des élites ». C'est prendre l'écume de mer pour la cause de la vague ! La vraie raison de la destruction de la démocratie bourgeoise est à chercher dans la crise économique et sociale. Cette démocratie a toujours été une tromperie sociale, l'immense majorité de la population, travailleuse, populaire, pauvre ou petite bourgeoise, n'y étant nullement représentée réellement. Mais, en cas de crise économique grave, cette tromperie devient trop évidente pour permettre un fonctionnement durable d'institutions démocratiques. Les classes dirigeantes préparent alors l'alternative…</p> <p>Les élections bourgeoises, en temps normal avaient pour rôle de servir de soupape de sûreté face au mécontentement des masses, tout comme les crises et faillites servaient de soupape de sûreté face au fonctionnement aveugle du système, de régulation des emballements et des surproductions. Eh bien, les deux fonctionnements de sécurité sont bloqués en même temps. Et ce n'est nullement un hasard, ni un concours de circonstances. C'est le système capitaliste lui-même qui est en panne et cela dure depuis 2007 sans qu'il y ait de « plan B »…</p> <p>La panne du fonctionnement du capitalisme s'est effectivement montrée publiquement lors de la crise dite des subprimes qui n'est que la manifestation d'un détournement massif des investissements vers des produits financiers de plus en plus délirants qui masquent le phénomène fondamental : le refus des capitaux de s'investir dans la production.</p> <p>La source de tous ces changements radicaux que nous constatons depuis quelques années est sciemment occultée par la classe dirigeante. A la racine de ces changements, il n'y a ni un changement climatique, ni un changement des flux migratoires, ni un changement politicien, ni un changement des mœurs des peuples, ni un changement générationnel, ni un changement technique, ui un changement dû au terrorisme, ni un changement dans les rapports des grandes puissances. Tous ces changements sont des conséquences et non des causes du changement global.</p> <p>Le blocage de tous les mécanismes de sécurité, de toutes les régulations, à l'échelle mondiale, n'est pas accidentel : c'est une nécessité pour la classe possédante face aux risques pour la pérennité de sa domination. La conservation de celle-ci au pouvoir nécessite de détourner tous les fonctionnements habituels. C'est le cas des mécanismes de la sécurité intérieure et extérieure, qui, en temps normal, servent à diminuer les tensions et les affrontements. Les mécanismes antiguerre des relations diplomatiques intergouvernementales, les mécanismes militaires et policiers, les mécanismes des services sociaux, les mécanismes de régulation sociale en général sont complètement grippés tout comme ceux de régulation des relations inter-sexuels, inter-raciaux, inter-religieux, inter-ethniques, inter-genres, entre les classes d'âges, etc…</p> <p>Il n'y a aucun hasard dans le fait que tous ces systèmes de protection de la société soient grippés en même temps. La domination de la bourgeoisie sur le monde a du plomb dans l'aile. Cela se manifeste nécessairement à la fois dans tous les domaines où se réalise ce pouvoir de la classe dirigeante et de son système, dans toutes les relations économiques et sociales, mais aussi dans les domaines politiques, policières, militaires, sociétaux, sociaux, de relations entre les classes sociales comme au sein de chaque classe sociale. Tout est blackboulé dans les relations habituelles. Pas étonnant que les peuples perdent la boussole : il n'y a plus de nord !</p> <p>Car « le nord » du magnétisme, si l'on peut dire, du système capitaliste, a toujours été, crise ou pas crise, l'attraction spontanée et massive des capitaux vers les investissements productifs qui permettent, au travers de l'exploitation de la force de travail, de créer encore davantage de capital, c'est-à-dire de la plus-value. Les crises du capitalisme ont été multiples, multiformes, de gravité et d'extension variés, mais elles n'ont jamais mis en cause ce mécanisme fondamental : les capitalistes n'ont jamais eu besoin d'incitations à réinvestir leurs profits dans la production. Et pourtant…</p> <p>Pourtant, cette réticence des possesseurs de capitaux à investir s'est manifestée, non dans un seul pays mais dans tous en même temps, de manière massive et même générale, dans tous les secteurs d'activité, dans les années 2000 qui sont celles où tous les gouvernants et toutes les institutions financières ont été contraints de multiplier toutes les manières de pallier à ce détournement des capitaux qui refusaient de se tourner vers l'investissement productif.</p> <p>La montée massive du chômage dans tous les pays du monde ne provient pas d'une autre raison que le désinvestissement du grand capital. Bien sûr, dans chaque pays, les gouvernants donnent bien d'autres explications à la chute des emplois. Ils cachent la responsabilité des possesseurs privés de capitaux. Ils affirment que ce seraient les droits sociaux, que ce serait la concurrence internationale, que ce seraient les délocalisations, que ce serait le climat mondial de méfiance dû à des causes politiques, gouvernementales, guerrières ou terroristes qui seraient la cause. Mais tout cela n'est que des mensonges pour cacher le fait que les possesseurs privés de capitaux, malgré les incitations financières des Etats et des banques centrales, se détournent complètement des investissements productifs et cassent ainsi les emplois.</p> <p>Les gouvernants prétendent lutter contre le chômage en aidant les capitalistes, alors qu'ils le font même si ces capitalistes continuent à détruire les emplois ! Ils ne conditionnent nullement leurs aides publiques au capital privé sur des embauches. Et ces aides publiques ne se limitent nullement aux aides financières massives sur fonds publics. Elles consistent en travaux d'Etat massifs, comme la construction de bâtiments dans tous les ministères, de celui de la Santé, à celui de l'Education en passant par celui des Armées. Elle consiste en aide aux trusts pharmaceutique, en aide aux trusts de l'armement, en aide aux trusts de la sidérurgie et on en passe… Sans l'aide des Etats, aucun trust et aucune banque ne serait encore en fonction…</p> <p>Cela peut paraître absurde : pourquoi le capital refuserait-il de s'accroître ? Pourquoi refuserait-il systématiquement d'exploiter la main d'œuvre salariée ? Pourquoi ne plus vouloir accumuler la plus-value extraite du travail humain ? Pourquoi le grand capital pourrait-il risquer ainsi de détruire entièrement le système qui est celui qui défend ses intérêts ?</p> <p>Bien entendu, ce choix n'a rien d'idéologique, de purement politique. Le grand capital n'a pas changé de nature. Il continue à fonctionner sur les mêmes bases que précédemment. Il ne peut que s'investir dans les secteurs les plus rentables. Il n'exploite pas le travail pour le principe mais pour le profit. Et si le profit lui dicte de se détourner de l'investissement productif, il ne peut que s'y conformer. C'est ce qui se produit depuis que la rentabilité d'un investissement industriel est passé bien au-dessous de celle d'une spéculation sur la chute des sociétés, sur la chute des Etats, sur la chute de tout le système… La faillite générale est devenue un objet de spéculation tel qu'il rapporte bien plus au grand capital que de miser sur la pérennité du système. Le système devient donc nécrophile et mise sur sa propre chute !!!</p> <p>Par contre, le peuple travailleur, lui, n'a pas d'autre solution, tant qu'on vit sous le capitalisme, que de se chercher un travail, que de courir après un exploiteur. Il en résulte qu'une fraction considérable de la population du monde se trouve aujourd'hui suspendue par un fil au-dessus du gouffre !</p> <p>Eh bien ! dans ces conditions, on s'aperçoit que les élections dits démocratiques ne permettent absolument pas de donner la parole aux travailleurs qui voudraient dénoncer cette situation. Les tentatives de vote dites « anti-système » ont été celles de la candidature Trump comme de la candidature Le Pen ou Mélenchon. Aucune véritable candidature contre le capitalisme, pas plus en France qu'ailleurs. Aucune candidature pour dire que le capitalisme a atteint ses limites et doit céder la place. Aucune candidature aux élections bourgeoises pour dire le capitalisme n'a plus d'autre avenir à offrir que le chômage et la misère, avec comme mesures d'accompagnements la guerre qui s'étend, la dictature qui s'étend, les fascismes qui se développent…</p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2098" class='spip_out' rel='external'>La suite</a></p></div> Grandizo Munis, ça vous dit quelque chose ? http://matierevolution.org/spip.php?article5588 http://matierevolution.org/spip.php?article5588 2017-06-24T23:36:00Z text/html fr Robert Paris Grandizo Munis, vous connaissez ? C'était un des compagnons les plus proches de Léon Trotsky ! GRANDIZO Y MARTINEZ Manuel Fernandez, dit MUNIS Grandizo Munis est un des fondateurs de la section espagnole de l'Opposition de gauche en 1930. Puis il fonde la section espagnole de la Ligue communiste internationale en 1936. Le groupe est connu par son organe La Voz Leninista. Il est emprisonné par les staliniens en février 1938. Il s'enfuit ensuite et se réfugie à la fin de la guerre civile au (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_9369 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-3727-f606f.jpg' width='500' height='500' alt="" style='height:500px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9368 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH384/-3726-dec6d.jpg' width='500' height='384' alt="" style='height:384px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9367 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH543/-3725-7efb2.jpg' width='400' height='543' alt="" style='height:543px;width:400px;' /></span><span class='spip_document_9366 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-3724-64e25.jpg' width='500' height='500' alt="" style='height:500px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9365 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L456xH659/-3723-a2d45.jpg' width='456' height='659' alt="" style='height:659px;width:456px;' /></span><span class='spip_document_9364 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH768/-3722-8bbc8.jpg' width='500' height='768' alt="" style='height:768px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9363 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH339/-3721-739b9.jpg' width='450' height='339' alt="" style='height:339px;width:450px;' /></span><span class='spip_document_9362 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH384/-3720-101f4.jpg' width='500' height='384' alt="" style='height:384px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9361 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH350/-3719-c56ee.jpg' width='220' height='350' alt="" style='height:350px;width:220px;' /></span><span class='spip_document_9360 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-3718-72e84.jpg' width='500' height='334' alt="" style='height:334px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9359 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L201xH314/-3717-1ee9f.jpg' width='201' height='314' alt="" style='height:314px;width:201px;' /></span><span class='spip_document_9358 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH704/-3716-ee96e.jpg' width='480' height='704' alt="" style='height:704px;width:480px;' /></span><span class='spip_document_9357 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH376/-3715-0bf02.jpg' width='400' height='376' alt="" style='height:376px;width:400px;' /></span></p> <h3 class="spip">Grandizo Munis, vous connaissez ? C'était un des compagnons les plus proches de Léon Trotsky !</h3> <p><a href="http://raumgegenzement.blogsport.de/2011/06/26/grandizo-y-martinez-manuel-fernandez-dit-munis/" class='spip_out' rel='external'>GRANDIZO Y MARTINEZ Manuel Fernandez, dit MUNIS</a></p> <p>Grandizo Munis est un des fondateurs de la section espagnole de l'Opposition de gauche en 1930. Puis il fonde la section espagnole de la Ligue communiste internationale en 1936. Le groupe est connu par son organe La Voz Leninista. Il est emprisonné par les staliniens en février 1938.</p> <p>Il s'enfuit ensuite et se réfugie à la fin de la guerre civile au Mexique où il est chargé par Trotski de diriger la section mexicaine. Il dirige également la section trotskiste espagnole. À ce titre, il participe à la conférence d'Alarme de la IVe Internationale (1940), et devient un proche collaborateur de Natalia Sedova.</p> <p>Munis rompt avec la IVe Internationale en 1948, sur la nature de la l'Union soviétique qu'il considère comme un régime de capitaliste d'État (rejoignant ainsi les conceptions de la Tendance Johnson-Forest aux États-Unis) et sur la nature de la Deuxième Guerre mondiale qu'il considère comme étant une guerre impérialiste. Il estime que le trotskisme officiel a choisi un camp impérialiste, celui de l'URSS. Natalia Sedova, la veuve de Léon Trotski, suit le même chemin en rompant avec le trotskisme officiel quelques années plus tard.</p> <p>Il s'installe en France puis rentre en Espagne pour participer à la grève des transports de Barcelone en 1951, ce qui lui vaut d'être emprisonné dans les geôles franquistes.</p> <p>Après sa libération en 1958, Munis rentre en France et fonde l'année suivante le Fomento Obrero Revolucionario (Ferment ouvrier révolutionnaire) qui publie la revue Alarme et développe des positions proches de celles de la gauche communiste, sans jamais rompre totalement avec le léninisme.</p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2083" class='spip_out' rel='external'>Qui était Grandizo Munis ?</a></p> <p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/2010/07/19/g-munis-un-revolutionnaire-meconnu-guillamon-1993-2/" class='spip_out' rel='external'>Un révolutionnaire méconnu</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1640" class='spip_out' rel='external'>Un ouvrage fondamental : « Jalones de derrota, promesa de victoria ; en français : les leçons de la défaite, promesse de victoire », leçons de la révolution espagnole</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2691" class='spip_out' rel='external'>Articles de Munis sur la révolution espagnole</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2947" class='spip_out' rel='external'>Encore des textes de Munis sur la révolution espagnole</a></p> <p><a href="https://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2009/09/syndicats-munis-peret.pdf" class='spip_out' rel='external'>Péret-Munis, Les syndicats contre la révolution</a></p> <p><a href="http://www.mondialisme.org/spip.php?article1877" class='spip_out' rel='external'>Munis, Les révolutionnaires devant la Russie et le stalinisme mondial</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4846" class='spip_out' rel='external'>Son camarade Benjamin Péret</a></p> <p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/2011/07/31/munis-la-voz-de-la-memoria/" class='spip_out' rel='external'>Munis, la voz de la memoria</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1007" class='spip_out' rel='external'>Munis, Observations on the Guerrillas</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1008" class='spip_out' rel='external'>Munis, The Programme of the Spanish Bolshevik-Leninists</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/munis/index.htm" class='spip_out' rel='external'>Writings of Grandizo Munis</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3610" class='spip_out' rel='external'>La revolución en Espana con Munis</a></p> <h3 class="spip">Natalia Trotsky, Benjamin Péret, Grandizo Munis :</h3> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm" class='spip_out' rel='external'>La IV° Internationale en danger</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm" class='spip_out' rel='external'>Lettre ouverte au Parti Communiste Internationaliste</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm" class='spip_out' rel='external'>Déclaration de rupture avec la IV° Internationale</a></p> <p><a href="http://www.frfly.com/esp/trotsky/w_grandizo.htm" class='spip_out' rel='external'>Grandizo Munis</a></p></div> Le rideau de fer Est/Ouest, un mur stalinien ou un mur dressé aussi par les puissances capitalistes occidentales ? http://matierevolution.org/spip.php?article5464 http://matierevolution.org/spip.php?article5464 2017-06-23T23:32:00Z text/html fr Robert Paris Socialisme - Socialism Stalinisme Le mur stalinien, soi-disant communiste, isolant les pays de l'Est, était aussi un mur occidental et capitaliste ! Chacun se souvient que, en 1989, le « mur de Berlin » est tombé, cassé par de nombreux manifestants et que c'est resté le symbole de la fin officielle du stalinisme, la bureaucratie stalinienne ne s'opposant nullement à sa réintégration au monde capitaliste. Le mur était considéré comme le symbole de la domination du Kremlin sur toute l'Europe de l'Est, domination réalisée au nom du (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique47" rel="directory">05- Politique des blocs, fausses révolutions et faux socialismes</a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag">Socialisme - Socialism</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_8652 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH218/-3231-92ccb.jpg' width='500' height='218' alt="" style='height:218px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_8653 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH373/-3232-a1123.jpg' width='500' height='373' alt="" style='height:373px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_8654 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH316/-3233-7c7da.jpg' width='500' height='316' alt="" style='height:316px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Le mur stalinien, soi-disant communiste, isolant les pays de l'Est, était aussi un mur occidental et capitaliste !</h3> <p>Chacun se souvient que, en 1989, le « mur de Berlin » est tombé, cassé par de nombreux manifestants et que c'est resté le symbole de la fin officielle du stalinisme, la bureaucratie stalinienne ne s'opposant nullement à sa réintégration au monde capitaliste.</p> <p>Le mur était considéré comme le symbole de la domination du Kremlin sur toute l'Europe de l'Est, domination réalisée au nom du communisme mais étant l'inverse de celui-ci et imposée aux peuples par une occupation militaire et des méthodes policières violentes. L'une d'elles consistait à empêcher les ressortissants de tous les pays de l'Est de « passer à l'ouest ». « L'ouest » était bien entendu, dans ce mythe mensonger, synonyme de liberté !</p> <p>Aujourd'hui, cet épisode mérite d'autant plus d'intérêt que le fameux « monde libre » capitaliste occidental auquel on donne crédit de cette « chute du mur de Berlin » est en train de rebâtir des murs un peu partout dans le monde, à commencer par un mur aux USA pour barrer la route aux migrants mexicains ou encore un mur en Europe pour barrer la route aux migrants orientaux (venant notamment d'Irak, d'Afghanistan, de Syrie et des pays orientaux et africains). Les barbelés renaissent partout où ils avaient disparus et même là où ils n'avaient jamais existé. Il y a le mur entre Algérie et Maroc, le mur anti-migrants entre la Hongrie et la Serbie, ou entre la Hongrie et la Croatie, le mur entre l'Autriche et la Slovénie et on en passe… Un nouveau cordon sanitaire militaire enserre la Russie de pays hostiles comme l'Ukraine, la Pologne et bien d'autres. Il en va de même autour de la Chine et de ses alliés. Les murs se multiplient partout dans le monde et ceux qui existaient déjà, comme celui entre la Corée du Nord et la Corée du sud ou encore celui entre les USA et Cuba, sont à nouveaux hérissés de barbelés et de baïonnettes !!!</p> <p>Bien sûr, chacun se souvient des nombreuses déclarations mensongères de 1989 et des années suivantes sur l'ère de paix mondiale qui serait issue de la chute du mur de Berlin et le monde actuel, plus en crise et en guerre que jamais, démontre pleinement que les histoires qui étaient racontées sur la division de la planète en deux blocs dont les affrontements auraient été la principale racine de toutes les violences du monde étaient des contes pour enfants. Et nous voulons ici rappeler que cette division en blocs, si elle a été effectivement une politique de l'impérialisme mondial et du stalinisme durant de longues années de 1947 à la chute du mur, a surtout été un vaste mensonge pour duper et paralyser les peuples travailleurs de la planète dans leurs luttes et détourner toutes leurs aspirations vers le véritable communisme en les jetant dans les bras des pires ennemis du communisme, les bureaucrates staliniens usurpateurs d'une révolution et d'Etat qui visait d'abord véritablement au communisme, c'est-à-dire à la suppression mondiale de la propriété privée des moyens de production et à son remplacement par le pouvoir aux travailleurs. Rien n'est plus éloigné de la révolution sociale et du pouvoir aux travailleurs que la dictature stalinienne et elle en avait parfaitement conscience, elle qui a consciemment assassiné, en Russie et dans le monde, toute une génération de militants révolutionnaires, à commencer par ceux qui avaient œuvré à la victoire d'Octobre 1917.</p> <p>L'un des mensonges du mythe en question consiste à affirmer que seul le camp stalinien aurait souhaité la mise en place du mur, la division de l'Europe et l'enfermement des peuples derrière les murs de prisons de l'Est. La réalité, c'est que l'Occident a érigé son mur contre le camp stalinien en 1947 et le camp stalinien a érigé le sien, défensivement, en 1961 !</p> <p>En fait, le « mur de Berlin », qui n'a pas seulement divisé une ville ou la seule Allemagne mais toute l'Europe en deux, a aussi divisé l'Asie et même l'Amérique latine (avec Cuba) donc le monde entier, n'a pas été seulement voulu par Staline mais d'abord par l'impérialisme. C'est en effet ce dernier qui a estimé, après la victoire contre l'Allemagne, que la meilleure politique mondiale possible, après l'alliance de plusieurs années avec Staline, consistait à mimer une hostilité violente contre Staline, hostilité qui permettait de faire croire que le stalinisme était le communisme prolétarien, enfermant le mouvement ouvrier mondial dans cette fausse dichotomie, et aussi hostilité qui allait justifier des violences de masse contre les peuples, de même que l'hostilité prétendue contre le fascisme de l'Allemagne et du Japon avait justifié des violences de masse (avec des bombardements meurtriers systématiques des civils des grandes villes, menés tout particulièrement dans les quartiers populaires et sans objectif militaire) dans ces deux pays et même dans tous les pays vaincus, France y compris.</p> <p>Il s'agissait d'éradiquer les risques de révolution prolétarienne à la fin de la guerre mondiale. Le mur allait servir à éradiquer les mêmes risques dans la période suivante…</p> <p>Si Staline et les régimes à sa solde, mis en place d'abord et avant tout contre la classe ouvrière, ont effectivement dressé physiquement ce mur, l'impérialisme n'a non seulement rien fait contre cette construction, ni sur le plan politique, ni sur le plan matériel, militaire ou autre, mais avait, avant même sa construction, tout fait pour bâtir cette division et cette séparation, et cela dès 1947-1948…</p> <p>Durant la guerre impérialiste de 1939-1945, le stalinisme avait plusieurs fois eu l'occasion de montrer qu'il ne combattait nullement le capitalisme et l'impérialisme mais seulement la révolution prolétarienne. Il l'a même démontré en s'alliant à l'impérialisme allemand d'Hitler avant de le faire avec l'impérialisme anglo-américain. Sa domination sur un immense territoire n'a jamais été synonyme d'une quelconque révolution anti-capitaliste mais d'une reprise en main d'un régime policier féroce avec les anciennes organisations ouvrières, syndicales et politiques, y compris les organisations se revendiquant du communisme, qu'elles soient staliniennes ou trotskistes. La bureaucratie stalinienne se méfiait à juste titre de quiconque se revendiquait de la classe ouvrière et du socialisme car cela représentait pour elle un danger mortel étant donné que c'est en bénéficiant du recul du prolétariat russe, isolé, affamé, épuisé, que cette bureaucratie avait usurpé le pouvoir et qu'elle ne craignait rien tant que le réveil du proéltariat, en Russie comme dans le monde.</p> <p>Dès février 1943, c'est clairement contre la classe ouvrière et son danger révolutionnaire que se fait aussi l'alliance URSS / USA. Dès lors, les USA et les pays alliés manifestent un amour du régime stalinien (pourtant au plus haut de ses crimes sanguinaires) qui étonne quand on les relit, avec la distance des ans : Il s'enthousiasmait à l'idée d'établir des liens d'étroite amitié avec la Russie soviétique et s'en fait une idée quasi mystique. » écrit à l'automne 1943 Robert Murphy sur le secrétaire d'Etat Cordell Hull (cité par André Fontaine dans « Histoire de la guerre froide »). Mac Arthur, qui allait être l'un des fers de lance de l'anticommunisme de la période suivante de « guerre froide » déclarait en 1943 : « Tous les espoirs reposent à l'ombre des drapeaux glorieux de la vaillante armée russe » … La haine du courant communiste international que manifestait la bureaucratie russe était un sérieux gage de succès. N'avait-elle pas exterminé l'un après l'autre les dirigeants communistes allemands : « Staline jugeant le parti allemand contaminé par les idées luxembourgistes, l'avait purement et simplement supprimé. Physiquement supprimé. Au début de 1938, tous les militants réfugiés en URSS avaient été fusillés ou déportés. (…) les communistes demeurés en Pologne avaient été avertis que toute tentative de reconstitution de leur mouvement serait considérée comme une provocation. » Les négociations avec Staline sont marquées par des accords, particulièrement en novembre 1943 par les accords de Téhéran, en février 1945 par les accords de Yalta et en juillet 1945 par les accords de Potsdam qui consistent à se partager les pays pour écraser policièrement la classe ouvrière. Dans ses « Mémoires de guerre », De Gaulle dit : « Au club des grands, il y a autant d'égoïsmes sacrés que de membres inscrits. » Revenant des négociations de Yalta, Churchill déclarait aux Communes : « L'impression que je rapporte de Crimée, c'est que le maréchal Staline et les dirigeants soviétiques désirent vivre dans une amitié et une égalité honorables avec les démocraties occidentales. Je crois aussi qu'ils n'ont qu'une parole. » « Tous les doutes que l'on pouvait avoir sur la possibilité pour les Trois Grands de coopérer dans la paix comme dans la guerre ont été balayés à jamais. » clamait la revue « Times magazine ». Les grandes puissances s'entendent bien entendu pour battre l'Allemagne et le Japon mais elles continuent de s'entendre après la victoire parce qu'elles le font d'abord sur le dos d'une troisième puissance : la classe ouvrière. Et elles ne se sont pas trompées il y avait vraiment danger révolutionnaire. L'impérialisme a mis des moyens pour aider la bureaucratie russe. En 1939, Churchill déclarait à Staline : « Nous ferons tout pour vous aider, tout ce que le temps, la géographie et l'accroissement de nos réserves nous permettront. » C'est environ onze milliards de dollars qui ont été fournis à la Russie pour tenir face aux Allemands. Lors des accords de Téhéran, Staline déclarait à Roosevelt : « Sans les livraisons américaines, nous aurions perdu la guerre. »</p> <p>« En 1941, dans une interview au New York Times, Roosevelt n'avait pas hésité à déclarer : « Si nous voyons que l'Allemagne est en train de gagner la guerre, nous devons aider la Russie. Si nous voyons que la Russie est en train de gagner, nous devons aider l'Allemagne et ainsi les laisser se tuer le plus possible. » Cité par André Fontaine dans « Histoire de la guerre froide ».</p> <p>Si c'est la Russie qui bat l'Allemagne en 1943 à Stalingrad, puis, en février 1945, qui bouscule les armées allemandes et qui envahit l'est de l'Europe, c'est non seulement avec l'accord, mais avec une aide massive en argent, fournitures et armement de l'Angleterre et des USA. Il est bien clair, alors, que pour l'impérialisme la défaite de l'URSS n'est plus un objectif. Et non seulement l'impérialisme ne craint nullement un quelconque « expansionnisme russe » mais elle y pousse, contraignant notamment l'URSS à intervenir en Asie pour signer la capitulation du Japon dans une moitié de l'Asie. Staline rechigne même à le faire et résiste pendant plusieurs mois, en profitant pour réclamer plus d'aides en argent et fournitures militaires ! Les USA prévoient à ce moment le partage entre pouvoirs russes et américains du Japon, de la Chine, de la Corée, du Vietnam ... ! Et ce n'est pas les russes qui les y ont poussé. Il faut noter qu'à ce stade, ce sont les américains qui arment les armées de Mao Tse Toung comme celles de Tito. Au point même que ce sont les Américains qui ont poussé Staline à occuper la moitié de l'Asie.</p> <p>En mai 1943, Staline dissous le Komintern. La mythologie du communisme de Staline qui viserait à battre le capitalisme est effacée. Partout dans le monde, les partis communistes pactisent avec la bourgeoisie, participent aux gouvernements et les aident à ramener l'ordre, de l'Europe à l'Asie et du Moyen Orient aux Amériques.</p> <p>W. Churchill, le véritable dirigeant de la seconde guerre mondiale, du côté des« Alliés », a pris très vite la mesure du nouveau front en train de s'ouvrir et va exhorter sans relâche les Etats-Unis à y faire face. Il écrit dans ses mémoires : « Plus une guerre menée par une coalition approche de sa fin, plus les aspects politiques prennent d'importance. A Washington surtout on aurait du voir plus grand et plus loin… La destruction de la puissance militaire de l'Allemagne avait provoqué une transformation radicale des rapports entre la Russie communiste et les démocraties occidentales. Elles avaient perdu l'ennemi commun qui était à peu près leur seul trait d'union. » Et il en conclut que : « la Russie soviétique était devenue un danger mortel pour le monde libre, qu'il fallait créer sans retard un nouveau front pour arrêter sa marche en avant et qu'en Europe ce front devait se trouver le plus à l'Est possible ».</p> <p>Dès le printemps 1945, Churchill fait tout pour s'opposer aux avancées de l'armée russe en Europe de l'est (en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Yougoslavie, etc.). Il cherche avec obstination à faire adhérer à ses vues le nouveau président américain, Truman, lequel, après certaines hésitations se ralliera pleinement à la thèse de Churchill selon laquelle « la menace soviétique avait déjà remplacé l'ennemi nazi ».</p> <p>La politique de la guerre froide de 1947, c'est d'abord l'impérialisme qui l'a voulue et non le camp stalinien, qui restait sur la défensive. Ce sont les Churchill et Truman qui ont mis en place la nouvelle stratégie, rompant l'alliance précédente avec Staline. Ce sont les mêmes qui avaient voulu que la Russie stalinienne étende sa mainmise sur une partie de l'Europe et de l'Asie, qui ont fait ensuite semblant de le combattre, sans le faire réellement d'ailleurs. La « guerre froide » est toujours restée froide, sans échange de tirs ni la moindre guerre, même localisée dans le temps et dans l'espace. Et, tout au long de la « guerre froide », le camp stalinien s'est dit favorable à la paix avec l'impérialisme, n'a fait aucun geste hostile à l'impérialisme ni au capitalisme mondial.</p> <p>En divisant le monde en « monde libre » et « pays de l'Est », l'impérialisme anglo-américain a fait un choix stratégique dont la cible était la classe ouvrière. Il s'agissait d'imposer un cadre étouffant à la lutte des classes, en lui imposant que toute lutte contre l'impérialisme et le capitalisme paraisse soumise à la bureaucratie anticommuniste et contre-révolutionnaire du Kremlin ! Le mur était ainsi une prison pour les travailleurs… des deux côtés ! Cela permettait à l'impérialisme de mettre la main sur une partie du mouvement ouvrier, social-démocrate et syndical, et de livrer l'autre partie au stalinisme réactionnaire et violemment hostile à la révolution sociale. Une prison pour la politique de la classe ouvrière qui a été si efficace qu'elle produit des effets destructeurs sur le mouvement ouvrier jusqu'à aujourd'hui !</p> <p>On était donc entrés dans « la politique des blocs »…</p> <p>Les historiens ont largement démontré que cette politique a été produite par l'impérialisme occidental et non par Staline. Ce dernier était encore en pleine lune de miel avec les pays capitalistes anglo-américains que les dirigeants américains et anglais avaient planifié l'attaque contre la soi-disant offensive communiste du stalinisme contre « le monde libre ».</p> <p>Cela permettait de faire croire que le pire ennemi du monde communiste et prolétarien (le stalinisme) était le chef de file de celui-ci. Et le stalinisme est ainsi parvenu dans les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale de prendre la tête de la plupart des révoltes et révolutions pour les détourner, les tromper, les écraser…</p> <p>La révolution prolétarienne a été ainsi écrasée en Indochine et en Corée, détournée en Chine, aux Philippines et en Indonésie. La vague révolutionnaire en Asie a été amortie, trompée et battue. C'est l'organisation stalinienne des campagnes, celle d'Ho Chi Minh, qui a écrasé les soviets des villes du Vietnam, comme celle de Corée, de Kim il Sung, armée et organisée par la Russie stalinienne, a écrasé les organisations communistes, staliniennes et trotskistes, de Corée. Et de même partout dans le monde…</p> <p>Dans le même temps, toutes les organisations ouvrières ont été détruites de fond en comble dans les pays de l'Est, militairement occupés par l'armée stalinienne, dite « rouge ». Les prisons de l'après-guerre étaient pleines de militants ouvriers, de toutes tendances, d'organisations aussi bien politiques que syndicales et chaque protestation ouvrière était férocement écrasée.</p> <p>En même temps, la bipolarisation du monde a permis de détourner également les risques des révolutions coloniales pour la domination impérialiste mondiale. Une grande partie de la révolution coloniale est passée directement sous la coupe des staliniens à la fin de la deuxième guerre mondiale, et cela sur tous les continents, des Amériques à l'Asie, à l'Afrique et en Orient. La politique des staliniens a permis de faire en sorte que ces révolutions, qui avaient un fondement social autant que national, et pouvaient, comme l'avait montré la politique de Lénine, devenir un point d'appui de la révolution prolétarienne socialiste, en restent au nationalisme bourgeois et petit-bourgeois.</p> <p>On se souvient rarement qu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, les staliniens avaient un poids considérable, aussi bien sur le mouvement ouvrier que sur la lutte des noirs américains, celle des Palestiniens, celle des Algériens, celle des peuples d'Orient comme d'Asie. Et cette influence sur les classes ouvrières et les peuples représentait un contresens mortel : le stalinisme était leur pire ennemi, un pouvoir fasciste, fondé sur la destruction de toute politique prolétarienne, de toute autonomie des travailleurs, de toute organisation réelle de la classe exploitée et de toute prise de pouvoir par celle-ci.</p> <p>Quand le mur a été érigé physiquement, il existait déjà politiquement, monté par l'impérialisme occidental…</p> <p>Et ce dernier, s'il a pris souvent argument de ce mur pour présenter le monde capitaliste comme un « monde libre » alors que ce monde englobait encore celui de l'esclavage colonial, n'a pas levé le petit doigt pour empêcher la construction de ce mur, pour permettre aux gens de le franchir, pour le combattre réellement et cela sous prétexte des risques de déclencher la guerre mondiale.</p> <p>Impérialisme occidental et stalinisme ont ainsi tenu les peuples en haleine, sous la menace d'une nouvelle guerre mondiale, pouvant exploser à tout moment si on remettait en cause aussi peu que ce soit l'équilibre mondial instable.</p> <p>Même lorsque l'impérialisme a commencé à négocier un rapprochement avec le stalinisme, changeant ainsi de stratégie mondiale et que le camp stalinien a immédiatement montré sa disposition favorable à cette réintégration dans le giron capitaliste, cela n'a jamais été un objectif des puissances occidentales de mettre à bas le mur. Ce sont les peuples qui ont cherché à le faire tomber, pas les classes dirigeantes.</p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?breve914" class='spip_out' rel='external'>Le "nouvel ordre mondial" de paix et de développement, qui s'en souvient ?!!!</a></p> <p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1478" class='spip_out' rel='external'>Mur… pour être abattu</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article452" class='spip_out' rel='external'>« Démocraties populaires » : ni communistes, ni socialistes, ni démocratiques, ni populaires</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2737" class='spip_out' rel='external'>Le pacte Hitler-Staline</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4721" class='spip_out' rel='external'>Qu'est-ce que la pacte germano-soviétique d'août 1939 ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3259" class='spip_out' rel='external'>En 1936, comment Staline assassine les militants révolutionnaires</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article93" class='spip_out' rel='external'>L'alliance entre stalinisme et impérialisme contre la classe ouvrière et le communisme</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5054" class='spip_out' rel='external'>De la chute du mur de Berlin à la chute du mur de Wall Street</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article763" class='spip_out' rel='external'>Qu'est-ce que le stalinisme ?</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article440" class='spip_out' rel='external'>En Indochine, le stalinisme contre la classe ouvrière et la révolution</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article75" class='spip_out' rel='external'>Sous couvert de "socialisme", des Etats de l'Est profondément anti-ouvriers qui font face à la révolte ouvrière</a></p> <p><span class='spip_document_9387 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-3743-ec765.jpg' width='500' height='282' alt="" style='height:282px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9388 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH384/-3744-7b88c.jpg' width='500' height='384' alt="" style='height:384px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9389 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-3745-3d199.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9390 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH368/-3746-855a5.jpg' width='500' height='368' alt="" style='height:368px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9391 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/-3747-f19bf.jpg' width='500' height='282' alt="" style='height:282px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9392 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH225/-3748-32abf.jpg' width='300' height='225' alt="" style='height:225px;width:300px;' /></span></p></div> Poésies sur la Commune de Paris (1871) http://matierevolution.org/spip.php?article5586 http://matierevolution.org/spip.php?article5586 2017-06-22T23:58:00Z text/html fr Robert Paris 1871 Révolution prolétaires Karl Marx : "Les principes de la Commune sont éternels et ne peuvent être détruits. Ils resurgiront toujours de nouveau jusqu'à ce que la classe ouvrière soit émancipée." « Rouge était le soleil levant… » Louise Michel « Quand Paris ferme ses paupières, chaque nuit, dans l'enclos obscur, des râles s'échappent des pierres du mur. » Jules Jouy « …Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères, Paris ! Quand tu reçus tant de coups de couteau, Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires Un peu de (...) - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique114" rel="directory">13- ART ET REVOLUTION - ART AND REVOLUTION</a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag">1871</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a> <div class='rss_texte'><p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185" class='spip_out' rel='external'>Karl Marx : <i>"Les principes de la Commune sont éternels et ne peuvent être détruits. Ils resurgiront toujours de nouveau jusqu'à ce que la classe ouvrière soit émancipée."</i></a></p> <p><i>« Rouge était le soleil levant… »</i></p> <p>Louise Michel</p> <p><i>« Quand Paris ferme ses paupières, chaque nuit, dans l'enclos obscur, des râles s'échappent des pierres du mur. »</p> <p>Jules Jouy</p> <p><i>« …Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères,</i></p> <p><i>Paris ! Quand tu reçus tant de coups de couteau,</i></p> <p><i>Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires</i></p> <p><i>Un peu de la bonté du fauve renouveau…</i></p> <p>Artur Rimbaud</p> <h3 class="spip">Poésies sur la Commune de Paris (1871)</h3> <h3 class="spip">Le 26 mars</h3> <p>Quelle journée !</p> <p>Ce soleil tiède et clair qui dore la gueule des canons, cette odeur de bouquets, le frisson des drapeaux ! le murmure de cette Révolution qui passa tranquille et belle comme une rivière bleue, ces tressaillements, ces lueurs, ces fanfares de cuivre, ces reflets de bronze, ces flambées d'espoirs, ce parfum d'honneur, il y a là de quoi griser d'orgueil et de joie l'armée victorieuse des Républicains !</p> <p>O grand Paris !...</p> <p>Jules Vallès</p> <h3 class="spip">Vengeance</h3> <p>Qu'est-ce pour nous, mon cœur, que les nappes de sang</p> <p>Et de braise, et mille meurtres, et les longs cris</p> <p>De rage, sanglots de tout enfer renversant</p> <p>Tout ordre ; et l'Aquilon encore sur les débris</p> <p>Et de toute vengeance ? Rien !... Mais si, toute encor,</p> <p>Nous la voulons ! Industriels, princes, sénats,</p> <p>Périssez ! Puissance, Justice, histoire, à bas !</p> <p>Ça nous est dû, le sang ! le sang ! la flamme d'or !</p> <p>Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur !</p> <p>Arthur Rimbaud</p> <h3 class="spip">Hymne à la Commune</h3> <p>Salut Commune ! Tu clamais :</p> <p>« Ne coulez plus, larmes amères !</p> <p>« Debout ! Faisons sur les sommets</p> <p>« Rayonner les saintes chimères ! »</p> <p>Tu rêvais, ô toi qu'on proscrit,</p> <p>Le mal mort, la haine bridée,</p> <p>Dans l'humanité fécondée</p> <p>Par tous les mâles de l'Esprit.</p> <p>Salut, glaneuse de l'Idée !</p> <p>Salut Commune ! O jours maudits !</p> <p>Contre toi, contre tes apôtres,</p> <p>Se dressèrent tous les bandits</p> <p>Qui mangent le pain blanc des autres.</p> <p>Lorsqu'ils t'eurent collée au mur,</p> <p>Foutriquet éclata de rire :</p> <p>On tira sur toi comme on tire</p> <p>Sur les moineaux, dans le blé mûr.</p> <p>Salut, glorieuse martyre !</p> <p>Salut, Commune ! Le ciel bleu</p> <p>Riait aux flots baisant la rive.</p> <p>Tu respirais encore un peu :</p> <p>On t'enverra dans la chaux vive !</p> <p>L'herbe refleurit sur les talus ;</p> <p>L'effroi dispersa ton escorte ;</p> <p>Et quand le vent battit ta porte,</p> <p>Personne ne répondit plus.</p> <p>Salut, toi qui pour nous es morte !</p> <p>Mais non, tu n'es pas morte, non !</p> <p>Pour déraciner le vieux monde,</p> <p>Nous n'avons qu'à jeter ton nom</p> <p>A l'énorme foule qui gronde.</p> <p>Buvez, chantez, faites l'amour :</p> <p>Le gouffre a faim, la planche glisse.</p> <p>Il faut que le sort s'accomplisse !</p> <p>Il faut que le peuple ait son tour !</p> <p>Salut, Demain ! Salut, Justice !</p> <p>Clovis Hugue</p> <h3 class="spip">Le forgeron</h3> <p>Pour les grands temps nouveaux où l'on voudra savoir,</p> <p>Où l'homme forgera du matin jusqu'au soir,</p> <p>Chasseur des grands effets, chasseur des grandes causes,</p> <p>Où, lentement vainqueur, il domptera les choses</p> <p>Et montera sur Tout, comme sur un cheval !</p> <p>Quand irons-nous par-delà les grèves et les monts</p> <p>Saluer la naissance du travail nouveau, la sagesse nouvelle,</p> <p>La fuite des tyrans et des démons, la fin de la superstition…</p> <p>Arthur Rimbaud</p> <h3 class="spip">Un cri</h3> <p>Quand finira caci ? Quoi ! ne sentent-ils pas</p> <p>Que ce grand pays croule à chacun de leurs pas !</p> <p>Châtier qui ? Paris ? Paris veut être libre.</p> <p>Ici le monde, et là Paris ; c'est l'équilibre.</p> <p>Et Paris est l'abîme qui couve l'avenir…</p> <p>Victor Hugo</p> <h3 class="spip">Les œillets rouges</h3> <p>Dans ces temps-là, les nuits, on s'assemblait dans l'ombre,</p> <p>Indignés, secouant le joug sinistre et noir</p> <p>De l'homme de Décembre, et l'on frissonnait, sombre.</p> <p>Comme la bête à l'abattoir.</p> <p>L'Empire s'achevait. Il tuait à son aise,</p> <p>Dans son antre où le seuil avait l'odeur du sang.</p> <p>Il régnait, mais dans l'air soufflait la Marseillaise.</p> <p>Rouge était le soleil levant.</p> <p>Il arrivait souvent qu'un effluve bardique,</p> <p>Nous enveloppant tous, faisait vibrer nos cœurs.</p> <p>A celui qui chantait le recueil héroïque,</p> <p>Parfois on a jeté des fleurs.</p> <p>Des ces rouges œillets que, pour nous reconnaître,</p> <p>Avait chacun de nous, renaissez, rouges fleurs.</p> <p>D'autres vous répandront aux temps qui vont paraître,</p> <p>Et ceux-là seront les vainqueurs.</p> <p>Louise Michel, 4 octobre 1871, dans sa prison de Versailles</p> <h3 class="spip">A qui la faute ?</h3> <p>Sur une barricade, au milieu des pavés</p> <p>Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés,</p> <p>Un enfant de douze ans est pris avec des hommes,</p> <p><img src="http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Es-tu de ceux-là, toi ? – L'enfant dit : Nous en sommes.</p> <p><img src="http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller.</p> <p>Attend ton tour. – L'enfant voit des éclairs briller,</p> <p>Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.</p> <p>Victor Hugo</p> <h3 class="spip">La semaine sanglante</h3> <p>Sauf des mouchards et des gendarmes,</p> <p>On ne voit plus par les chemins</p> <p>Que des vieillards tristes en larmes,</p> <p>Des veuves et des orphelins.</p> <p>Paris suinte la misère,</p> <p>Les heureux mêmes sont tremblants,</p> <p>La mode est au conseil de guerre</p> <p>Et les pavés sont tout sanglants.</p> <p>Oui mais…</p> <p>Ça branle dans le manche.</p> <p>Ces mauvais jours-là finiront.</p> <p>Et gare à la revanche</p> <p>Quand tous les pauvres s'y mettront !</p> <p>Les journaux de l'ex-préfecture,</p> <p>Les flibustiers, les gens tarés,</p> <p>Les parvenus par aventure,</p> <p>Les complaisants, les décorés,</p> <p>Gens de bourse et de coin de rues,</p> <p>Amants de filles aux rebuts,</p> <p>Grouillent comme un tas de verrues</p> <p>Sur les cadavres des vaincus.</p> <p>On traque, on enchaîne, on fusille</p> <p>Tout ce qu'on ramasse au hasard :</p> <p>La mère à côté de sa fille,</p> <p>L'enfant dans les bras du vieillard.</p> <p>Les châtiments du drapeau rouge</p> <p>Sont remplacés par la terreur</p> <p>De tous les chenapans de bouge,</p> <p>Valets de rois et d'empereur….</p> <p>Le peuple au collier de misère</p> <p>Sera-t-il donc toujours rivé ?</p> <p>Jusques à quand les gens de guerre</p> <p>Tiendront-ils le haut du pavé ?</p> <p>Jusques à quand la sainte clique</p> <p>Nous croira-t-elle un vil bétail ?</p> <p>A quand enfin la République</p> <p>De la justice et du travail ?</p> <p>Oui mais…</p> <p>Ça branle dans le manche</p> <p>Ces mauvais jours-là finiront.</p> <p>Et gare à la revanche</p> <p>Quand tous les pauvres s'y mettront !</p> <p>Jean-Baptiste Clément</p> <h3 class="spip">Jeanne</h3> <p>Jeanne faisait la soupe ;</p> <p>Mon fils était sur mes genoux,</p> <p>Quand, tout à coup, la troupe</p> <p>Parut chez nous.</p> <p>Je fus pris après la bataille ;</p> <p>Vaincu, j'étais rentré blessé ;</p> <p>J'avais à la face une entaille</p> <p>Et le poignet droit fracassé.</p> <p>Ma femme maudissait la guerre :</p> <p>Elle avait mille fois raison ;</p> <p>Mais elle ne se doutait guère</p> <p>Qu'on me prendrait à la maison.</p> <p>Ma femme, aussitôt, tomba morte,</p> <p>Par les soldats frappée au flanc.</p> <p>Ils avaient brisé notre porte ;</p> <p>Plus d'un était ivre et sanglant.</p> <p>Jeanne, sur eux, s'était ruée,</p> <p>Voulant les repousser dehors,</p> <p>Les misérables l'ont tuée…</p> <p>Ils ont piétiné son corps…</p> <p>J'avais lutté pour une idée</p> <p>Contre les monstres au pouvoir</p> <p>Dont l'armée était commandée</p> <p>Par des brigands hideux à voir.</p> <p>Quand sonna l'heure meurtrière,</p> <p>J'étais un simple citoyen,</p> <p>Ma Jeanne était une ouvrière ;</p> <p>Et tous deux nous nous aimions bien…</p> <p>Eugène Chatelain</p> <h3 class="spip">Anniversaire du 18 mars 1871</h3> <p>Si noire soit notre misère,</p> <p>Les camarades unissons</p> <p>Nos cœurs, nos verres, nos chansons :</p> <p>Fêtons le grand anniversaire !</p> <p>Jour du peuple ! – en masse levé,</p> <p>Il échappait à l'embuscade.</p> <p>Le sol en frémit, le pavé</p> <p>Se souvient qu'il fut barricade.</p> <p>Revivons ce cher souvenir !</p> <p>L'histoire n'a rien d'analogue,</p> <p>Et du demain qu'on voit venir</p> <p>Le dix-huit mars est le prologue.</p> <p>Si noire soit notre misère, etc.</p> <p>Ils rugissaient, les fédérés,</p> <p>Sous un état-major de traîtres ;</p> <p>Les trente sous, exaspérés,</p> <p>De leurs canons se rendent maîtres.</p> <p>Alors le pouvoir lâche et fou,</p> <p>S'évade dans la nuit profonde ;</p> <p>Paris, la bride au cou</p> <p>Sent qu'au monde il va mettre un monde</p> <p>Si noire soit notre misère, etc.</p> <p>Ce fut le jour des inconnus,</p> <p>Peuple, sortis de tels entrailles,</p> <p>Dictateurs en blouse, aux bras nus,</p> <p>Leurs noms étonnent nos murailles,</p> <p>Et, dans un style magistral,</p> <p>C'est un groupe de prolétaires,</p> <p>Le grave Comité central,</p> <p>Qui tient tête aux parlementaires.</p> <p>Si noire soit notre misère, etc.</p> <p>L'hôtel de ville triomphant</p> <p>Voit s'entasser la foule brune,</p> <p>Paris, joyeux comme un enfant,</p> <p>Y vient proclamer la Commune.</p> <p>Le canon tonne ce réveil,</p> <p>Cet échec à la bourgeoisie ;</p> <p>Et l'on voit grouiller au soleil</p> <p>L'ensemble plein de poésie.</p> <p>Si noire soit notre misère, etc.</p> <p>Ce fut un matin radieux,</p> <p>Germinal où tout être bouge,</p> <p>Les peuples entr'ouvrent les yeux</p> <p>A la splendeur du drapeau rouge.</p> <p>Il frange d'or l'humble haillon,</p> <p>L'horizon bleu s'en illumine,</p> <p>Il s'en filtre même un rayon</p> <p>Dans le noir enfer de la mine.</p> <p>Si noire soit notre misère,</p> <p>Les camarades, unissons</p> <p>Nos cœurs, nos verres, nos chansons :</p> <p>Fêtons le grand anniversaire !</p> <p>Eugène Pottier</p> <h3 class="spip">Le procès de la révolution</h3> <p>Lorsque vous traduisez, juges, à votre barre</p> <p>La Révolution, qui fut dure et barbare</p> <p>Et féroce à ce point de chasser les hiboux ;</p> <p>Qui, sans respect, fakirs, derviches, marabouts,</p> <p>Molesta tous les gens d'église, et mit en fuite,</p> <p>Rien qu'en les regardant, le prêtre et le jésuite,</p> <p>La colère vous prend…</p> <p>Et vous, le tribunal, vous êtes indignés…</p> <p>Victor Hugo</p> <h3 class="spip">Les incendiaires</h3> <p>Paris flambe, à travers la nuit farouche et noire ;</p> <p>Le ciel est plein de sang, on brûle de l'histoire,</p> <p>Théâtres et couvents, hôtels, châteaux, palais,</p> <p>Qui virent les Fleurys après les Triboulets,</p> <p>Se débattent parmi les tourbillons de flammes</p> <p>Qui flottent sur Paris comme les oriflammes</p> <p>D'un peuple qui se venge au moment de mourir…</p> <p>L'incendie est partout, immense, triomphant ;</p> <p>Il danse sur le toît, il rampe dans la cave ;</p> <p>Le plomb en nappes coule ainsi que la lave</p> <p>Et sur les pavés noirs s'étale en flots d'argent,</p> <p>Puis tout à coup un feu gigantesque, émergeant</p> <p>Du milieu de la ville effrayante, domine</p> <p>La grandiose horreur du canon, de la mine,</p> <p>Eclatant en faisant sauter tout un quartier,</p> <p>Et du mur qui chancelleet s'abat tout entier</p> <p>Avec le grondement prolongé du tonnerre,</p> <p>Les voix, les pleurs, le bruit des pas, les cris de guerre,</p> <p>La grande âme de la cité qui fut Paris…</p> <p>Paris est mort !... Et sa conscience abîmée,</p> <p>Et bien ! quand l'incendie horrible triomphait,</p> <p>Une voix dans mon cœur criait : ils ont bien fait !</p> <p>Eugène Vermersch</p> <h3 class="spip">Des morts</h3> <p>…</p> <p>C'étaient des jeunes gens francs qui riaient au nez</p> <p>De tout intrigant comme au nez de tout despote,</p> <p>Et de tout compromis désillusionnés.</p> <p>Ils ne redoutaient pas pour la France la botte</p> <p>Et l'éperon d'un Czar absolu, beaucoup plus</p> <p>Que la molette d'un monarque en redingote.</p> <p>Ils voulaient le devoir et le droit absolus,</p> <p>Ils voulaient « la cavale indomptée et rebelle »,</p> <p>Le soleil sans couchant, l'océan sans reflux.</p> <p>La République, ils la voulaient terrible et belle,</p> <p>Rouge et non tricolore, et devenaient très froids</p> <p>Quant à la liberté constitutionnelle….</p> <p>Ils étaient peu nombreux, tout au plus deux ou trois</p> <p>Centaines d'écolier, ayant maîtresse et mère,</p> <p>Faits hommes par la haine et le dégoût des Rois.</p> <p>Ils savaient qu'ils allaient mourir pour leur chimère,</p> <p>Et n'avaient pas d'espoir de vaincre, c'est pourquoi</p> <p>Un orgueil douloureux crispait leur lèvre amère…</p> <p>Ils gisent, vos vengeurs, à Montmarte, à Clamart,</p> <p>Ou sont devenus fous au soleil de Cayenne,</p> <p>Ou vivent affamés et pauvres, à l'écart….</p> <p>Paul Verlaine</p> <h3 class="spip">L'enterrement</h3> <p>Ce jour-là tout tremblait, les révolutions</p> <p>Grondaient, et dans leur brume, à travers les rayons,</p> <p>Tu voyais devant toi se rouvrir l'ombre affreuse</p> <p>Qui par moments devant les grands peuples se creuse ;</p> <p>Et l'homme qui suivait le cercueil de son fils</p> <p>T'admirait, toi qui prête à tous les fiers défis,</p> <p>Infortunée, as fait l'humanité prospère ;</p> <p>Sombre, il se sentait fils en même temps que père,</p> <p>Père en pensant à lui, fils en pensant à toi…</p> <p>Victor Hugo</p> <h3 class="spip">Le peuple au peuple</h3> <p>Un jour mélançant sur la place publique</p> <p>J'ai dit : vivre en travaillant, mourir en combattant.</p> <p>J'ai dit : l'air de ma mansarde m'étouffe</p> <p>Je veux respirer.</p> <p>J'ai dit : les hommes sont égaux</p> <p>J'ai dit : république universelle.</p> <p>Alors ils m'ont saisi</p> <p>Ils m'ont enfermé dans de noirs cachots,</p> <p>Ils m'ont laissé pendant de longues semaines</p> <p>Couché sur la paille infecte,</p> <p>Et puis une nuit, ils m'ont enchaîné ;</p> <p>Ils m'ont emmené dans un entrepont de vaisseau,</p> <p>Rempli de vermine</p> <p>Côte à côte avec les enfants du crime,</p> <p>Les forçats de leur société…</p> <p>Puis ils ont mis dans mes mains une pioche,</p> <p>Moi qui travaillais le diamant,</p> <p>Ils m'ont dit en ricanant :</p> <p>Forçat, tu veux le droit au travail ?</p> <p>Travaille !</p> <p>Forçat, l'air de ta mansarde t'étouffe ?</p> <p>Respire !...</p> <p>Alors j'ai dit :</p> <p>Abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme.</p> <p>J'ai dit :</p> <p>La terre à celui qui la cultive.</p> <p>J'ai dit :</p> <p>Celui qui ne produit pas n'est pas digne de vivre.</p> <p>C'est alors qu'ils m'ont assassiné….</p> <p>J'ai publié ceci pour pouvoir dire : à tous par tous,</p> <p>Peuple, médite et souviens-toi</p> <p>Que tu es force et nombre,</p> <p>Mais que</p> <p>Tant que tu seras force et nombre sans idée</p> <p>Tu ne seras qu'une bête de somme.</p> <p>J'ai publié céci pour te dire, peuple,</p> <p>Que ton émancipation réside dans ta solidarité ;</p> <p>Pour te dire que l'heure la plus sombre</p> <p>Est celle qui précède l'aurore.</p> <p>Théodore Six</p> <h3 class="spip">Chanson des prisons</h3> <p>Quand la foule aujourd'hui muette,</p> <p>Comme l'Océan grondera,</p> <p>Qu'à mourir elle sera prête,</p> <p>La Commune se lèvera.</p> <p>Nous reviendrons foule sans nombre,</p> <p>Nous viendrons par tous les chemins,</p> <p>Spectres vengeurs sortant de l'ombre,</p> <p>Nous viendrons nous serrant les mains.</p> <p>La mort portera la bannière ;</p> <p>Le drapeau noir crêpe de sang ;</p> <p>Et pourpre fleurira la terre,</p> <p>Libre sous le ciel flamboyant.</p> <p>Louise Michel</p> <h3 class="spip"> Commémoration de la Commune</h3> <p>A l'école on nous a raconté des histoires</p> <p>L'histoire de France</p> <p>Il était une fois un roi et une reine</p> <p>Ralliez vous à mon panache blanc</p> <p>Du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent</p> <p>Notre histoire à nous</p> <p>Ce sont les jacqueries, les communes</p> <p>…. Nos batailles</p> <p>Les grèves, les insurrections</p> <p>… Nos défaites</p> <p>Les répressions</p> <p>Apprenons notre histoire, camarades</p> <p>En 1871, première grande victoire du prolétariat</p> <p>La Commune de Paris</p> <p>Camarades, c'est vous qui écrivez notre histoire.</p> <p>Jacques Prévert</p> <h3 class="spip">Elle n'est pas morte !</h3> <p>On l'a tuée à coups d'chassepots,</p> <p>À coups de mitrailleuses,</p> <p>Et roulée avec son drapeau</p> <p>Dans la terre argileuse !</p> <p>Et la tourbe des bourreaux gras</p> <p>Se croyait la plus forte.</p> <p>Comme faucheurs rasant un pré,</p> <p>Comme on abat des pommes,</p> <p>Les Versaillais ont massacré</p> <p>Pour le moins cent-mille hommes !</p> <p>Et les cent-mille assassinats,</p> <p>Voyez c'que ça rapporte...</p> <p>Tout ça n'empêche pas, Nicolas,</p> <p>Qu'la Commune n'est pas morte !</p> <p>Eugène Pottier</p> <h3 class="spip">Les fusillés</h3> <p>... Partout la mort. Eh bien, pas une plainte.</p> <p>Ô blé que le destin fauche avant qu'il soit mûr !</p> <p>Ô peuple !</p> <p>On les amène au pied de l'affreux mur.</p> <p>C'est bien. Ils ont été battus du vent contraire.</p> <p>L'homme dit au soldat qui l'ajuste : Adieu, frère.</p> <p>La femme dit : - Mon homme est tué. C'est assez.</p> <p>Je ne sais s'il eut tort ou raison, mais je sais</p> <p>Que nous avons traîné le malheur côte à côte ;</p> <p>Il fut mon compagnon de chaîne ; si l'on m'ôte</p> <p>Cet homme, je n'ai plus besoin de vivre. Ainsi</p> <p>Puisqu'il est mort, il faut que je meure. Merci. –</p> <p>Et dans les carrefours les cadavres s'entassent.</p> <p>Dans un noir peloton vingt jeunes filles passent ;</p> <p>Elles chantent ; leur grâce et leur calme innocent</p> <p>Inquiètent la foule effarée ; un passant</p> <p>Tremble. - Où donc allez-vous ? dit-il à la plus belle.</p> <p>Parlez. - Je crois qu'on va nous fusiller, dit-elle.</p> <p>Un bruit lugubre emplit la caserne Lobau ;</p> <p>C'est le tonnerre ouvrant et fermant le tombeau.</p> <p>Là des tas d'hommes sont mitraillés ; nul ne pleure ;</p> <p>Il semble que leur mort à peine les effleure,</p> <p>Qu'ils ont hâte de fuir un monde âpre, incomplet,</p> <p>Triste, et que cette mise en liberté leur plaît.</p> <p>Nul ne bronche. On adosse à la même muraille</p> <p>Le petit-fils avec l'aïeul, et l'aïeul raille,</p> <p>Et l'enfant blond et frais s'écrie en riant : Feu ! [...]</p> <p>Victor Hugo</p> <h3 class="spip">Il ne faut pas rire avec ces gens-là</h3> <p>Ecoutez.</p> <p>En 1871, les communards sont tombés par milliers</p> <p>Monsieur Thiers souriait</p> <p>Les femmes du monde souriaient</p> <p>Elles se payaient une pinte de bon sang.</p> <p>Pendant la fameuse glorieuse dernière avant-dernière grande guerre</p> <p>Le président Poincaré rigolait dans les cimetières</p> <p>Oh ! Pas aux éclats naturellement</p> <p>Un petit rire discret</p> <p>Un petit gloussement</p> <p>Un rire d'homme du monde</p> <p>Un joyeux rire d'outre-tombe</p> <p>Depuis le mois de février</p> <p>On a tué en France beaucoup d'ouvriers</p> <p>Et le président Doumergue n'a pas cessé de sourire</p> <p>C'est une habitude… un tic…</p> <p>Deibler aussi quelques fois sourit…</p> <p>Tardieu sourit…</p> <p>Hitler aussi…</p> <p>C'est le sourire du capital</p> <p>le sourire de la bourgeoisie</p> <p>C'est le rire de la « Vache qui rit »</p> <p>Un rire aimable… un sourire impitoyable.</p> <p>Prévert</p> <h3 class="spip">Le forgeron</h3> <p>Le tas des ouvriers a monté dans la rue,</p> <p>Et ces maudits s'en vont, foule toujours accrue</p> <p>De sombres revenants, aux portes des richards.</p> <p>Moi, je cours avec eux assommer les mouchards :</p> <p>Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l'épaule,</p> <p>Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle,</p> <p>Et, si tu me riais au nez, je te tuerais !</p> <p> Puis, tu peux y compter, tu te feras des frais</p> <p>Avec tes hommes noirs, qui prennent nos requêtes</p> <p>Pour se les renvoyer comme sur des raquettes</p> <p>Et, tout bas, les malins ! se disent : "Qu'ils sont sots !"</p> <p>Pour mitonner des lois, coller de petits pots</p> <p>Pleins de jolis décrets roses et de droguailles</p> <p>S'amuser à couper proprement quelques tailles,</p> <p>Puis se boucher le nez quand nous marchons près d'eux,</p> <p> Nos doux représentants qui nous trouvent crasseux !</p> <p>Pour ne rien redouter, rien, que les baïonnettes....</p> <p>C'est très bien. Foin de leur tabatière à sornettes !</p> <p>Nous en avons assez, là, de ces cerveaux plats</p> <p>Et de ces ventres-dieux. Ah ! ce sont là les plats</p> <p>Que tu nous sers, bourgeois, quand nous sommes féroces,</p> <p>Quand nous brisons déjà les sceptres et les crosses !..</p> <p>Arthur Rimbaud</p> <h3 class="spip">L'orgie parisienne</h3> <p>Quand tes pieds ont dansé si fort dans les colères,</p> <p>Paris ! quand tu reçus tant de coups de couteau,</p> <p>Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires</p> <p>Un peu de la bonté du fauve renouveau,</p> <p>Ô cité douloureuse, ô cité quasi morte,</p> <p>La tête et les deux seins jetés vers l'Avenir</p> <p>Ouvrant sur ta pâleur ses milliards de portes,</p> <p>Cité que le Passé sombre pourrait bénir :</p> <p>Corps remagnétisé pour les énormes peines,</p> <p>Tu rebois donc la vie effroyable ! tu sens</p> <p>Sourdre le flux des vers livides en tes veines,</p> <p>Et sur ton clair amour rôder les doigts glaçants !</p> <p>…</p> <p> — Société, tout est rétabli : les orgies</p> <p>Pleurent leur ancien râle aux anciens lupanars :</p> <p>Et les gaz en délire aux murailles rougies</p> <p>Flambent sinistrement vers les azurs blafards !</p> <p>Paul Verlaine</p></div> History of Class Struggle in China http://matierevolution.org/spip.php?article5589 http://matierevolution.org/spip.php?article5589 2017-06-22T15:25:17Z text/html en Robert Paris Chine China Révolution Révolution bourgeoise Chinese Revolutions of 1911 and 1925-1927 History of Class Struggle in China Ancient Times Ancient China and Ancient Civilization Ancient Empire 220-588 588-907 907-1276 1276-1644 1644-1840 1840-1900 1901-1928 1927 1934 1945-1949 1949-1951 1951-1989 1989-2000 2008 2009 Also in 2009 In 2009 too [2010 -> http://translate.google.fr/translat... - <a href="http://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag">Chine China</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="http://matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_9372 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH255/-3728-380f8.jpg' width='500' height='255' alt="" style='height:255px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9373 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH344/-3729-945be.jpg' width='500' height='344' alt="" style='height:344px;width:500px;' /></span>Chinese Revolutions of 1911 and 1925-1927<span class='spip_document_9374 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH287/-3730-d0519.jpg' width='500' height='287' alt="" style='height:287px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9375 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH307/-3731-a298e.jpg' width='500' height='307' alt="" style='height:307px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9376 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH354/-3732-cb7ca.jpg' width='480' height='354' alt="" style='height:354px;width:480px;' /></span><span class='spip_document_9377 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH315/-3733-f5fb2.jpg' width='480' height='315' alt="" style='height:315px;width:480px;' /></span><span class='spip_document_9378 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH381/-3734-3c273.jpg' width='480' height='381' alt="" style='height:381px;width:480px;' /></span><span class='spip_document_9379 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH355/-3735-87ada.jpg' width='480' height='355' alt="" style='height:355px;width:480px;' /></span><span class='spip_document_9380 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L263xH192/-3736-5b3fa.jpg' width='263' height='192' alt="" style='height:192px;width:263px;' /></span><span class='spip_document_9381 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH311/-3737-f34c7.jpg' width='500' height='311' alt="" style='height:311px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_9382 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L479xH346/-3738-4d570.jpg' width='479' height='346' alt="" style='height:346px;width:479px;' /></span><span class='spip_document_9383 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L323xH499/-3739-9a7b8.jpg' width='323' height='499' alt="" style='height:499px;width:323px;' /></span><span class='spip_document_9384 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH468/-3740-fba19.jpg' width='300' height='468' alt="" style='height:468px;width:300px;' /></span><span class='spip_document_9386 spip_documents spip_documents_center'> <img src='http://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L162xH240/-3742-3a0df.jpg' width='162' height='240' alt="" style='height:240px;width:162px;' /></span></p> <h3 class="spip">History of Class Struggle in China</h3> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch01.htm" class='spip_out' rel='external'>Ancient Times</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article223&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>Ancient China and Ancient Civilization</a></p> <p><a href="http://matierevolution.org/[203BC-220AD -> https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch02.htm" class=''>Ancient Empire</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch03.htm" class='spip_out' rel='external'>220-588</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch03.htm" class='spip_out' rel='external'>588-907</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch05.htm" class='spip_out' rel='external'>907-1276</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch06.htm" class='spip_out' rel='external'>1276-1644</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch07.htm" class='spip_out' rel='external'>1644-1840</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch08.htm" class='spip_out' rel='external'>1840-1900</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/louzon/1998/china/ch09.htm" class='spip_out' rel='external'>1901-1928</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1938/tcr/index.htm" class='spip_out' rel='external'>1927</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/11/peasants.htm" class='spip_out' rel='external'>1934</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article454" class='spip_out' rel='external'>1945-1949</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article1291&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>1949-1951</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article77&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>1951-1989</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article92&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>1989-2000</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article981" class='spip_out' rel='external'>2008</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1104" class='spip_out' rel='external'>2009</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve82" class='spip_out' rel='external'>Also in 2009</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article1092" class='spip_out' rel='external'>In 2009 too</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article160&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>2010</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=http://www.matierevolution.org%2Fspip.php?breve144&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>Also in 2010</a> <a href="http://translate.google.fr/translate?u=http://www.matierevolution.org%2Fspip.php?breve139&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>In 2010 too</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=http://www.matierevolution.org%2Fspip.php?breve444&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>2012</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3392" class='spip_out' rel='external'>2013</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3148" class='spip_out' rel='external'>Also in 2013</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?breve789" class='spip_out' rel='external'>2014</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3734" class='spip_out' rel='external'>2015</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5153" class='spip_out' rel='external'>2016</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?breve979" class='spip_out' rel='external'>Also in 2016</a></p> <p><a href="http://translate.google.fr/translate?u=https://www.matierevolution.fr%2Fspip.php?article4198&sl=fr&tl=en&hl=fr&ie=UTF-8" class='spip_out' rel='external'>In 2016 too</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1853/china/" class='spip_out' rel='external'>Karl Marx on China</a></p> <p><a href="http://www.marxistsfr.org/archive/riazanov/1926/xx/china.htm" class='spip_out' rel='external'>Upon Karl Marx on China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/trotsky/1938/xx/china.htm" class='spip_out' rel='external'>Léon Trotsky on China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/reference/archive/stalin/works/1926/11/26.htm" class='spip_out' rel='external'>Stalinists Prospects on China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/roy/1927/11/x01.htm" class='spip_out' rel='external'>N.Roy Prospects on China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm" class='spip_out' rel='external'>Harold Isaacs Prospects on China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/alex/works/in_trot/china1.htm" class='spip_out' rel='external'>Trotskyism in China</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/trotsky/china/" class='spip_out' rel='external'>Trotsky Writings on China</a></p></div>