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Derrière la crise sanitaire, c’est l’effondrement historique et inexorable du capitalisme

mercredi 18 mars 2020, par Karob, Robert Paris

Edito

Derrière la crise sanitaire, c’est l’effondrement historique et inexorable du capitalisme

Tous les commentateurs qu’ils soient politiques, économistes n’ont de cesse de dénoncer le COVID-19 comme le responsable de la situation mondiale de crise sanitaire et économique. Il n’en est rien. Le Covid-19 et la menace sanitaire réelle qu’il représente n’est que le symptôme d’un capitalisme en fin de vie et non la cause de son effondrement.

Nous assistons à un effondrement sans précédent historique devant lequel celui de 2007-2008 n’était qu’une mort tranquille alors que cette fois nous vivons une fin brutale, la chute dans un chaos sanglant !

Les chutes des bourses, de la finance, du tourisme, des compagnies aériennes et des compagnies pétrolières (ou pays pétroliers) sont loin d’être les seules : le commerce mondial recule massivement, la confiance dans les banques chute (en particulier une fois encore des banques entre elles). La production mondiale recule et pas seulement en Chine ou en Italie, ou encore en Espagne. Les usines ferment partout en masse. Des régions entières sont menacées comme celle du Golfe ou les économies asiatiques et bien sûr l’économie chinoise même si on diffuse la fable de la fin du coronavirus en Chine et de la reprise de son activité économique. Les USA, le Japon, l’Angleterre et l’Europe chutent eux aussi.

Tout le monde nous explique que la situation est « semblable à celle d’une guerre », comme viennent de le faire ensemble les ministres des finances de l’Union Européenne !!! Ces gens-là ne parlent pas de la situation sanitaire mais de l’ensemble de l’effondrement capitaliste : à la fois financier, économique, social et politique. C’est tout le système de domination mondial qui s’effondre par pans entiers !

« Les banques centrales ont remis sur le feu les recettes qu’elles avaient appliquées avec succès lors de la crise de 2008 pour calmer les marchés financiers, mais leur « bazooka » peine cette fois à atteindre son objectif. Plus globalement, même s’ils ont agi de manière coordonnée, les grands argentiers du monde n’ont pu enrayer la chute des Bourses mondiales » écrit Le Monde du 16 mars 2020.

Le Monde du 13 mars 2020 explique, sous la plume d’un économiste et d’un sociologue que ce n’est pas une seule crise mais quatre crises emboitées qui expliquent cet effondrement global : « L’enchaînement d’événements dans lequel le monde est entré dans le sillage de la pandémie due au coronavirus procède de l’emboîtement de quatre logiques de crise – sanitaire, économique, énergétique et financière. Elles mettent en lumière les limites des marchés. Après une décennie perdue au lendemain de la crise financière, on assiste aux turbulences actuelles… Les exportations chinoises ont plongé de 17 % aux cours des mois de janvier et de février, et des ruptures d’approvisionnement apparaissent, notamment pour des composants électroniques ou des principes actifs de médicaments. Les analystes s’attendent à ce que les difficultés s’intensifient dans les semaines qui viennent, notamment en Europe, avec l’effet en cascade des mesures déjà adoptées en Italie et maintenant en France. »

Cette prétendue « crise » (ou même quatre crises emboîtées) ne remet pas seulement en cause la mondialisation, le commerce mondial, le « libre-échange », l’économie monétaire, la financiarisation, la globalisation, mais en fait c’est bien plus qu’une crise, c’est une remise en cause mondiale des bases mêmes du capitalisme !!! La réponse à cet effondrement nécessite une étatisation du monde à marche forcée. Il n’y a plus de « libre économie » possible. Il n’y a même plus de liberté des échanges possible. Il n’y a plus de santé sans étatisme total. Il n’y a plus de capitalisme sans étatisme total ! Et même avec l’étatisme le plus absolu sur l’économie, le capitalisme ne peut que retarder un petit peu en lâchant beaucoup de milliers de milliards de dollars un effondrement total et historique inévitable.

L’économie mondiale est désormais au bord de l’effondrement et si les Banques centrales sortent tour à tour l’artillerie lourde, rien ne semble suffisant pour calmer les investisseurs. De nombreuses banques centrales ont baissé sévèrement leurs taux d’intérêt à commencer par la FED et inoculé des masses de milliards de dollars d’argent public sur les marchés pour les soutenir.

Certes, le coronavirus marque une chute de l’économie mondiale mais celle-ci avait commencé à s’effondrer bien avant. On se souvient que toute la fin de l’année 2019, le système capitaliste a commencé à montrer des signes d’un Titanic dont les voies d’eau deviennent trop grandes pour être réparables.

Le journal capitaliste français « Les Echos » du 6 mars 2020 écrit ainsi :

« C’est un beau plongeon. L’observation en temps réel de la position des navires de transport et les statistiques relatives aux marchandises qu’ils transportent montrent un net recul du commerce international depuis fin janvier. Tel est le constat d’Abudi Zein, directeur général de Clipper Data, dans une note publiée par la Cnuced . Dans les faits, le coronavirus n’a fait qu’accentuer une tendance déjà à l’oeuvre. « Les entreprises de transport maritime ont réduit leur capacité depuis environ août 2018 sur la plupart des voies commerciales », indique-t-il. Les tensions commerciales ont ralenti la demande mondiale de capacité de fret. « Dans la seconde moitié de janvier et début février, cette baisse s’est fortement accélérée », écrit-il. »

Le journal capitaliste français La Tribune commente ainsi les mesures prises pour tenter de maintenir à flot l’économie mondiale :

« Face à la crise financière, les Etats et les banques centrales ont inondé les banques de liquidités pour éviter un effondrement par effet dominos qui se serait transmis ensuite à la sphère réelle. Et globalement cela a marché, au prix de la construction de nouvelles bulles financières… Si les banques centrales ont eu raison d’agir vite et fort pour baisser les taux d’intérêt et permettre aux banques de tenir la digue des besoins de trésorerie de leurs clients, ce ne sera qu’un cautère sur une jambe de bois si la crise dure longtemps. Christine Lagarde, très énervée du manque de coordination des Etats européens qui pratiquent le chacun pour soi, a été « cristal clear » dans ses propos : « L’Europe pourrait connaître un scénario qui rappellerait celui de la grande crise de 2008 » si elle n’agit pas ; « certaines parties de vos économies pourraient s’effondrer », prévient-elle à la veille d’annoncer des mesures de financement exceptionnelles suite à la réunion de la BCE. Mais pas de baisse des taux, au risque d’aggraver l’inquiétude des marchés européens qui se sont effondrés jeudi. »

Gaël Giraud, économiste et directeur de recherche au CNRS, analyse ainsi la situation pour « Marianne » :

« Dans la mesure où la bulle spéculative actuelle est fondée sur une montagne de dettes privées, on assiste de la part de certains investisseurs à des ventes massives d’actifs, tant que ces derniers ont de la valeur, afin de pouvoir rembourser leurs dettes… Les Etats sont beaucoup plus fragiles qu’en 2008, avec des finances publiques plus dégradées car ils ont déjà dû payer le prix du krach des surprimes. De sorte que, s’ils choisissent de voler au secours des actionnaires des banques comme en 2008, plutôt que de nationaliser celles qui sont en faillite, cela coûtera encore plus cher aux contribuables. Si le système financier s’effondre, ce sera une fois de plus à ces derniers d’éponger les dettes colossales des banques, comme en Irlande depuis 2010, car l’Union bancaire européenne ne nous protège pas. Les plus exposés, ce sont les ménages modestes ou appartenant aux classes moyennes de pays dont le secteur bancaire reste fragile, faute d’avoir purgé leurs bilans des actifs pourris de 2008. C’est le cas en Italie, en Allemagne et en France. »

Trump sort l’artillerie lourde et veut un plan de relance du capitalisme américain de 850 milliards de dollars !!! « Le paquet serait principalement consacré à injecter d’importantes sommes d’argent à l’économie, par le biais d’une baisse des charges sociales ou d’un autre mécanisme, ont déclaré deux responsables » affirme La Tribune du 17 mars 2020.

Les autres Etats capitalistes s’excitent tout autant… La Commission européenne a annoncé, mardi, son intention de créer un fonds doté de 25 milliards d’euros, pour aider les pays membres de l’UE à surmonter les conséquences économiques de l’épidémie. L’institution a par ailleurs précisé que les dépenses budgétaires exceptionnelles liées à la lutte contre la propagation du virus ne seront pas prises en compte dans l’évaluation du déficit des pays concernés, après que ces derniers ont plaidé pour un assouplissement des règles budgétaires dans ce contexte particulier. Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a pour sa part annoncé, ce mercredi, un plan de 30 milliards de livres pour soutenir l’économie. Le budget du gouvernement de Boris Johnson comprend "des mesures de soutien à l’économie de 30 milliards de livres pour protéger les Britanniques, les emplois et les entreprises", a déclaré le ministre devant le Parlement.

Mais toutes ces sommes ne font qu’augmenter la trop grande masse de capitaux, alors même que c’est cette masse qui la contraint à s’investir massivement dans des actifs pourris et dans des investissements nécrophiles qui ont produit l’effondrement de 2007-2008 ! C’est ce processus qui est la cause réelle et qui explique qu’un virus puisse mettre bas le système d’exploitation.

Oui, l’épidémie mondiale du coronavirus sert actuellement de couverture et d’interprétation de l’effondrement mondial de l’économie capitaliste qui ne réside pas seulement dans l’effondrement des bourses ou du pétrole mais dans l’arrêt général et progressif de l’activité économique. Chacun est amené à penser que tout vient du coronavirus alors que, peu avant, chacun s’attendait à cet effondrement sans même qu’on soupçonne l’existence d’un coronavirus, lequel est né opportunément en novembre 2019, juste au moment où les capitalistes et les gouvernants reconnaissaient tous être persuadés d’être à la veille d’un effondrement économique. Seule la classe ouvrière était éduquée par ses prétendus encadreurs professionnels des travailleurs, politiques et syndicaux de gauche réformiste, à penser que le capitalisme était éternel et ne pouvait subir qu’une récession momentanée. Ces encadrants des prolétaires prétendaient toujours que le prolétariat lui-même n’était ni une menace pour le capitalisme ni une perspective de nouvelle société. La vague des révolutions, si elle n’a pas signé l’arrêt de mort du réformisme, lui a donné un bon coup dans le ventre, comme le mouvement des gilets jaunes en France l’a bien montré. L’alternative réelle, pouvoir capitaliste ou pouvoir du peuple travailleur, a pu à nouveau être posée sur la place publique même si nulle part elle n’a été posée jusqu’au bout : jusqu’à de nouvelles Communes de Paris et de nouveaux pouvoirs des conseils de travailleurs et d’opprimés.

Eh bien, de nombreux mensonges de ce type s’effondrent maintenant même si la plupart des travailleurs n’en sont encore pas vraiment conscients. Ils voient surtout ce que l’on veut qu’ils voient : une épidémie et des politiques gouvernementales face à la menace mortelle. Ils voient des conséquences économiques et sociales de la pandémie. Mais on se garde bien de leur dire comment un petit virus peut mettre par terre tout le système de domination économique et social du monde !!! Parce qu’il n’est pas question pour la classe capitaliste d’admettre qu’elle-même ne peut absolument plus faire fonctionner son système.

Bien sûr, les gouvernants disent même exactement l’inverse : qu’ils vont sauver l’économie en inondant les marchés de milliers de milliards de dollars, mais la réalité est inverse : ils ne vont faire que nourrir de nouvelle bulles spéculatives et n’empêcheront pas les bourses de rechuter de plus belle pour prendre leur profit spéculatif sur le dos des finances publiques au bout du rouleau.

En fait, c’est toute la société capitaliste qui s’effondre par pans entiers. Ne craignons pas de reconnaître qu’un système dépassé par l’Histoire doit être renversé. A partir du moment où il est clair que le capitalisme ne portera pas l’humanité un pas plus loin, tout ce qui retarde sa chute ne peut qu’entraîner des souffrances supplémentaires et nuire à l’établissement de la société nouvelle en refusant aux bâtisseurs du nouvel ordre social débarrassé de l’exploitation des éléments acquis précédemment et que le capitalisme est en train de détruire.

Pourquoi peut-on être sûrs que le capitalisme rend son dernier souffle ? Parce que l’investissement est devenu plus nécrophile que productif, parce que les capitaux se tournent eux-mêmes en masse vers la destruction du système, même si les fonds publics sont massivement déversés pour les en détourner et produire des profits artificiels. Parce que tout ce qui est le fondement du capitalisme, la recherche du rendement maximum pour tout investissement du grand capital, l’intérêt d’une infime minorité érigée en but unique de tout le fonctionnement économique et social, la ponction de plus en plus importante réalisée sur l’ensemble des richesses au détriment de l’immense majorité s’est transformée d’une source de production en source de destruction, y compris la destruction du système lui-même !

N’acceptons pas de couler avec le Titanic capitaliste !

La réaction collective des ouvriers de l’industrie italienne démontre que, malgré la complicité des dirigeants syndicaux avec nos ennemis, la classe ouvrière est loin d’assister passivement à son exécution !

Bien sûr, pour le moment les populations ne sont pas en état de réagir, étant parcellisées par la fermeture des usines, étant terrorisée sciemment par les gouvernants. Mais tout cela n’empêche pas le système mondial d’exploitation de chuter lamentablement de jour en jour. Les classes possédantes tentent, avec le coronavirus, de tétaniser la classe ouvrière et la révolution, mais elles-mêmes sont affolées par les risques révolutionnaires et cela aussi témoigne que l’avenir appartient aux prolétaires et pas à leurs exploiteurs.

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