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Pandémie et krach mondial : Fin sanglante de l'ancien monde et embryons prometteurs du nouveau - Matière et Révolution
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Pandémie et krach mondial : Fin sanglante de l’ancien monde et embryons prometteurs du nouveau

vendredi 24 avril 2020, par Karob, Louise M.

éditorial de La Voix des Travailleurs

Pandémie et Krach mondial : fin sanglante de l’ancien monde capitaliste

et embryons du nouveau monde prometteurs !

Fin sanglante de l’ancien monde monde capitaliste !

L’horizon qui se profile semble bien sombre et les nuages orageux qui s’amoncellent sur l’économie mondiale ne présagent rien de bon pour le peuple travailleur du monde. Emplois, salaires, niveau de vie, conditions d’existence, vie sociale, santé publique, tout est attaqué. L’effondrement du cours du pétrole se vendant en dessous de zéro dollar n’est qu’un des symptômes annonciateurs des bouleversements futurs qui ont pour noms : krach boursier, effondrement économique, retenues sur salaires et saisie des épargnes, chute des emplois, et on en passe…

Malgré les propos doucereux mais faux d’un Macron qui promet des lendemains qui chantent et d’un Le Maire qui vante les vertus d’un capitalisme durable, il n’y aura rien de tout cela sauf pour ceux qui veulent se bercer d’illusions.

Si le Peuple Travailleur ne se hisse pas à la hauteur des tâches politiques que la situation d’effondrement du capitalisme exige de lui, rien ne le sauvera de la déchéance physique et morale. Chômage de masse pour les salariés, faillite des petites entreprises, pauvreté, destruction de ce qui reste des services publics, le « marche ou crève » pour ceux qui auront encore un travail, la suppression des libertés démocratiques, la surveillance de masse de la population, la pénurie alimentaire… Autrement dit, tous les aspects d’une économie de guerre ! Une guerre de classe des capitalistes, de leurs États et gouvernements contre les peuples travailleurs qu’ils n’hésiteront pas à lancer dans une troisième boucherie mondiale — la pseudo lutte contre le COVID-19 n’en est que les prémices pour démoraliser et briser les peuples —, pour sauver leur domination politique à tout prix, puisque leur système économique ne peut plus offrir d’avenir à l’humanité et provoque déjà des éruptions révolutionnaires qu’il leur faut détourner.

Premier mensonge : la pandémie responsable de l’arrêt du capitalisme….

La thèse défendue clairement par tous les gouvernants, les institutions, les médias, les hommes politiques, les syndicats, les partis, les économistes ou des universitaires dans toute la société est de prétendre que l’effondrement de l’économie, sa mise à l’arrêt mondiale est le fait du COVID-19 alors que cela ne repose sur rien. Ceux qui défendent cette thèse sont soit les idiots utiles du capitalisme soit ses défenseurs conscients qui veulent nous lanterner avec de belles promesses sur un avenir capitaliste plus moral, plus éthique, plus vert, plus durable….

Depuis plus d’une décennie et l’effondrement en 2007-2008, le capitalisme mondial vit sous perfusion constante des aides d’État et des banques centrales, le grand capital se détournant de la sphère productive, pourtant seule créatrice de richesses, détruisant par la même la source des profits réels issus de l’exploitation du travail, et sciant la branche sur laquelle il se développait depuis ses origines.

Depuis plus d’un an, la presse économique regorgeait d’articles sur l’effondrement à venir qui d’ailleurs a commencé depuis un an, chaque shoot d’argent dilapidé n’ayant d’autre but que de maintenir les apparences d’un fonctionnement normal du capitalisme. Il leur est plus que nécessaire de faire croire que le capitalisme n’a pas sombré pour mieux maintenir leur domination politique et nous vendre leurs fausses solutions dont la première est le repli national.

Deuxième mensonge : la mondialisation et le néo-libéralisme, boucs émissaires pour mieux nous vendre un capitalisme national étatisé, premier pas vers le fascisme, dictature ouverte des grandes fortunes !

De l’extrême gauche opportuniste à l’extrême droite, malgré quelques nuances, tous dénoncent la mondialisation ou le néo-libéralisme, voire les deux, laissant sous-entendre, même si certains adoptent une prose « anticapitaliste » qu’il pourrait y avoir d’autres politiques possibles. Mais tous inscrivent leurs orientations dans le cadre du capitalisme. Il suffirait, pour les uns, de lutter pour éviter les coups ou ne pas payer la crise. Les autres nous vendent un État capitaliste plus protecteur, plus régulateur, plus national, plus local, plus vert, plus durable... Comme si le repli national-capitaliste ou autrement dit le souverainisme pouvait nous sauver alors que le grand patronat capitaliste s’en fait le promoteur. C’est vite oublier comment ce capitalisme « non mondialisé » a provoqué deux guerres mondiales et des génocides pour sauver sa domination. Et maintenant que celui-ci est mort, il porterait encore un projet d’avenir. Arrêtons d’écouter et de suivre tous ces bonimenteurs qui veulent nous enchainer au cadavre capitaliste. Les chaines n’ont jamais permis aux peuples de se libérer.

De la guerre de classe virologique contre le peuple travailleur à la guerre mondiale

La pseudo-lutte nationale contre le Covid-19 montre déjà comment les classes dirigeantes ont à cœur la santé de « leurs peuples ». Tous les États et gouvernement ont laissé l’épidémie se diffuser dans le monde faisant dans un premier temps l’éloge de la dictature chinoise dans sa lutte contre le coronavirus, premier acte de la guerre de classe contre les peuples travailleurs du monde. Et leurs décisions (confinement ou non) sont d’abord dictées par les intérêts de leurs capitalistes nationaux contre les autres capitalistes nationaux… Mais quel que soit les pays, les peuples subissent leur politique nationale qui n’ont d’autres objectifs que de soumettre les peuples au contrôle de l’État dans les moindres aspects de la vie économique, sociale et personnelle par le déploiement de la police, de l’armée et de la surveillance (drones et tracking) préparant dictature militaire et fascisme pour aller à la guerre mondiale. Les vieux meurent aujourd’hui dans les Ehpads ou dans les Hôpitaux et demain c’est la jeunesse qu’ils enverront sur les futurs champs de bataille ou des populations entières dans des camps qui ont déjà commencé à pulluler ces dernières années.

Le capitalisme est malade, sauvons-le ! Voilà ce que les capitalistes et leurs larbins en tout genre voudraient nous voir crier ! Le capitalisme est mort ! Vive la révolution sociale telle doit être le son du tocsin des peuples travailleur du monde. Seul un programme révolutionnaire pourra empêcher les capitalistes de tenter nous enterrer avec leur système complètement mort !

Les moyens de conjurer la catastrophe ! Aucune de nos revendications ne peut être satisfaite par les maitres esclavagistes modernes ! Ne négocions pas le poids des chaînes ! Formons nos Comités de Travailleurs futur pouvoir dans les Grandes Entreprises !

On ne cesse de nous proposer des SOLUTIONS que devraient employer les gouvernants capitalistes soi-disant pour nous sauver. En réalité, LA solution, ce n’est pas d’exiger que le gouvernement ou les autorités fassent ceci ou cela, décident de ceci ou de cela mais que NOUS décidions par exemple en formant un comité des parents et des professeurs qui décide dans chaque école de la réouverture ou non et dans quelle condition elle doit avoir lieu si tel est le cas !

La défense de la santé des peuples face à la pandémie nécessite déjà que nous prenions nous-mêmes en mains notre santé, par la formation de comités unissant les médecins, les personnels de santé, les patients, le grand public, comme par exemple dans les écoles où doivent se constituer des comités unissant les personnels d’enseignement, de nettoyage, de secrétariat et de maintenance aux parents d’élèves pour gérer la situation eux-mêmes.

Toutes les questions pratiques posées par la crise générale de la société capitaliste doivent ainsi être réglées directement par la population en se passant du pouvoir d’État capitaliste et des « autorités » scolaires, médicales ou administratives qui ne sont que des bureaucraties aux ordres du grand capital.

Dans le domaine de l’alimentaire : Groupement de la population en société de consommation !

Les prix de l’alimentaire augmentent déjà et cela menace de prendre des proportions folles ! Alors que pour beaucoup, il était déjà difficile de finir le mois ! Qu’est-ce que cela va être ! S’ils ne meurent pas du COVID-19, beaucoup sont menacés à terme par la famine sur laquelle les capitalistes de l’agro-alimentaire se goinfrent. Face à la pénurie et aux hausses de prix, le peuple travailleur doit constituer un groupement de la population en société de consommation pour mettre en place le contrôle, la surveillance, le recensement des besoins en lien avec les producteurs et la distribution des biens afin que plus personne ne souffre de la faim et ne soit dépendant de son niveau de revenu.

Dans tous les domaines vitaux : Nationalisations Ouvrière sous contrôle de Comités du Peuple Travailleur !

Pour pouvoir répondre aux besoins de la population dans le domaine alimentaire, du logement de l’énergie par exemple, nous devons nationaliser, sans indemnité ni rachat, c’est à dire exproprier tous les grands groupes capitalistes aux mains des grandes fortunes et l’État capitaliste des services publics, pour instaurer la gestion du peuple travailleur sur l’économie au travers la mise en place de conseils de salariés dans toutes les entreprises en question. Dans chaque entreprise nous devons élire une direction ouvrière responsable et révocable devant les assemblées de travailleurs qui doit décider de la production en lien avec le reste du peuple pour répondre à nos besoins. Et ces conseils de salariés doivent se fédérer localement comme aux autres conseils de salariés comme ils doivent se fédérer au sein de l’entreprise du local au national !

Dans le domaine bancaire : Fusion et nationalisation ouvrière sous contrôle de Comités du Peuple Travailleur ! Annulation des dettes privées et de la dette publique !

Dans le système bancaire, nous devons imposer la Fusion des Banques et la nationaliser sous notre contrôle afin de pouvoir décider par nous-mêmes de l’investissement. Une des premières mesures sera l’annulation pure et simple des dettes des petites entreprises, des petits producteurs (agriculteurs, éleveurs, marins-pêcheurs…) qui les mènent à la faillite, pris entre l’étaux des banques et de l’agro-alimentaire, mais aussi la dette des particuliers qui ont dû emprunter pour compenser les pertes de salaires et pour pouvoir continuer à consommer ou à vivre tout simplement. La deuxième mesure sera l’annulation de la dette publique contractée par l’État capitaliste auprès des investisseurs capitalistes qui mène la société à la banqueroute généralisée.

Suppression du secret commercial et bancaire des grands groupes et grandes fortunes !

Mais ce contrôle ouvrier et ces nationalisations ouvrières organisées par le Peuple Travailleur ne seront pas possible sans la suppression du secret commercial et bancaire. Les travailleurs des secteur cités plus haut doivent s’organiser pour rendre publique les livres de comptes des grandes entreprises et des grandes fortunes pour connaitre toutes les opérations menées par les capitalistes, savoir où passent les milliers de milliards d’euros dilapidés au nom du soutien à l’économie. Nous passerions ainsi de l’État capitaliste au service exclusif du grand capital qui contrôle le Peuple Travailleur (salariés, petits patrons, auto-entrepreneurs, indépendants, chômeurs…) au contrôle du Peuple Travailleur sur les grandes fortunes et les grands groupes. Seule cette mesure associée à la nationalisation et fusion des banques sous le contrôle du peuple permettra de lutter contre la spéculation qui n’enrichit que les capitalistes et appauvrit les peuples. Et si la malversation est avérée, leurs fortunes et biens personnels seront réquisitionnés. Mais ces mesures dans le domaine économique sous contrôle de Comité de Travailleurs ne sauraient surfirent si le Peuple Travailleur n’exerce pas le pouvoir politique directement en érigeant une démocratie révolutionnaire à l’image des Communes Révolutionnaires de Paris en 1793 et en 1871 ou celle de la Commune de Petrograd en 1917 et en créant une fédération de Communes Révolutionnaires.

Seule la démocratie révolutionnaire issue des Communes Révolutionnaires du Peuple Travailleur et des Comités Travailleurs peut nous sauver de la déchéance morale et physique !

Au mouvement des Comités de Travailleurs dans les Grandes Entreprises et dans les Service Publics où la direction doit leur échoir pour remplacer celle du Grand Patronat ou de l’État capitaliste, doit se développer le même mouvement dans le domaine de la vie politique. Dans la moindre Commune, le Peuple Travailleur doit ériger ses propres Communes Révolutionnaires et exercer directement le pouvoir politique localement et au travers de leur fédération exercer le pouvoir politique depuis l’échelon local jusqu’à l’échelon national et préparer la coopération avec les Communes Révolutionnaires des Peuples Travailleurs du monde entier.

Cette démocratie révolutionnaire doit rompre avec la démocratie des capitalistes et la renverser !

Les Communes Révolutionnaires du Peuple Travailleur doivent exercer les prérogatives des anciennes communes capitalistes. Leur fédération aux différents échelons doit exercer le pouvoir politique jusqu’au plus haut niveau. Le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple doit s’exercer aussi sur les moyens de coercitions qui sont l’usage exclusif des capitalistes pour maintenir leur système de domination économique et politique.

Afin de briser l’appareil de répression qu’est l’État Capitaliste au travers de sa police, de son armée et de ses tribunaux, le Peuple Travailleur doit les dissoudre. Nous devons appeler les petits soldats et policiers du rang à rompre avec les chefs capitalistes et à former leurs propres Comités de Soldats et de Policiers avec l’élection de délégués révocables et responsables sous le contrôle et la direction politique des Comités du Peuple Travailleur. Les tribunaux capitalistes doivent être dissous et les juges élus par les mêmes Comités du Peuple.

L’ensemble des « élus » sont responsables et révocables devant les Assemblées du Peuple Travailleur dont ils tirent leur mandat et qui, seules, détiennent le pouvoir et la souveraineté. La souveraineté réside en la personne du Peuple Travailleur, assemblé et fédéré, et non dans une représentation !

Le capitalisme est mort ! son fonctionnement fondamental étant interrompu !

Il reste l’État capitaliste à terrasser !

Seule la révolution sociale peut nous en débarrasser !

Vive le Fédération des Communes Révolutionnaires du Peuple Travailleur et des Comités de Travailleur !

Karob

Louise M


En quelques courbes, la raison profonde de la fin du capitalisme : le succès du capitalisme qui a atteint son plus haut niveau d’accumulation et ne peut plus que s’effondrer..

21 Messages de forum

  • Chers camarades,
    Très bon article.
    "Pandémie et krach mondial : Fin sanglante de l’ancien monde et embryons prometteurs du nouveau"

    3 critiques :

    1- Il faut plus clairement affirmer que ce ne peut être que les ouvriers qui peuvent détruire le système. S’il n’y a pas de révolution ouvrière, le pourrissement du système peut encore continuer comme cela existe depuis la guerre de 1914. Un changement de système sans une classe capable de le détruire peut durer ce fut le cas à la fin de l’empire romain, les esclaves ne pouvait amener un nouveau système ; Il a fallu plus de 400 ans de barbarie avant la naissance de la féodalité (en occident- en orient c’était un autre problème).

    2 - il ne faut pas utiliser le mot "peuple" qui ne représente pas une classe mais un conglomérat de classes (inter-classes). Il faut utiliser résolument le terme travailleur ou ouvrier.

    3- Nous n’avons pas à utiliser le terme de "nationalisation". Nous ne sommes pas notamment nationalistes. et de plus cela donne l’idée que les entreprises ou les catégories sociales sont étatisées. Non ! ce n’est pas à l’État mais à nous les prolétaires et l’ensemble des exploités. Il faut utiliser le terme : "d’appropriation collective". Ainsi le terme est moins vague et ne laisse pas prise à des erreurs théoriques. Si vous trouvez un autre terme plus clair, je suis preneur mais celui-là évite la confusion.

    A vous lire...

    Olivier

    Répondre à ce message

    • Salut O...

      Quant à l’utilisation des termes critiqués, ce n’est pas prendre en compte les forces sociales agissantes au cours du processus historique et ne s’en ternir qu’à la forme apparente des choses. Je ne trouve pas cela très matérialiste de voir le contenant et non le contenu. Oui les nationalisations peuvent être révolutionnaires si elles sont le fruit de l’activité politique du prolétariat. Et c’est le même problème avec l’Etat ou la nation en réalité. D’ailleurs Marx et Engels n’écrivaient-ils pas dans le Manifeste du Parti Communiste :

      Karl Marx, Friedrich Engels, « Le Manifeste communiste » :

      « On a accusé les communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, devenir lui-même la nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens bourgeois du mot. Déjà les démarcations nationales et les antagonismes entre les peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie, la liberté du commerce, le marché mondial, l’uniformité de la production industrielle et les conditions d’existence qu’ils entraînent. Le prolétariat au pouvoir les fera disparaître plus encore. Son action commune, dans les pays civilisés tout au moins, est une des premières conditions de son émancipation. Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles. »

      Répondre à ce message

    • Cher camarade,
      entre la "nationalisation" ouvrière et la nationalisation capitaliste, ce n’est pas essentiellement le terme qui change mais la nature de l’Etat : état capitaliste ou état révolutionnaire prolétarien ! On a bien parlé de révolution prolétarienne après la révolution bourgeoise sans faire la grimace du terme de révolution !!!
      Certes, il y a le mot nation dans nationalisation mais c’est parce que la révolution commence par renverser un Etat bourgeois qui est national !!!

      Répondre à ce message

  • Il ne faut pas, à mon avis, que l’idée de lutte de classes supprime l’idée que le prolétariat entraine aussi des bouts d’autres classes sociales, exploitées ou opprimées.

    Karl Marx :

    "Il n’est pas de classe de la société bourgeoise qui puisse jouer ce rôle révolutionnaire, à moins de faire naître en elle-même et dans la masse un élément d’enthousiasme, où elle fraternise et se confonde avec la société en général, s’identifie avec elle et soit ressentie et reconnue comme le représentant général de cette société, un élément où ses prétentions et ses droits soient en réalité les droits et les prétentions de la société elle-même, où elle soit réellement la tête sociale et le cœur social. Ce n’est qu’au nom des droits généraux de la société qu’une classe particulière peut revendiquer la suprématie générale. Pour emporter d’assaut cette position émancipatrice et s’assurer l’exploitation politique de toutes les sphères de la société dans l’intérêt de sa propre sphère, l’énergie révolutionnaire et la conscience de sa propre force ne suffisent pas. Pour que la révolution d’un peuple et l’émancipation d’une classe particulière de la société bourgeoise coïncident, pour qu’une classe représente toute la société, il faut, au contraire, que tous les vices de la société soient concentrés dans une autre classe, qu’une classe déterminée soit la classe du scandale général, la personnification de la barrière générale ; il faut qu’une sphère sociale particulière passe pour le crime notoire de toute la société, si bien qu’en s’émancipant de cette sphère on réalise l’émancipation générale. Pour qu’une classe soit par excellence la classe de l’émancipation, il faut inversement qu’une autre classe soit ouvertement la classe de l’asservissement. (...) Voici notre réponse. Il faut former une classe avec des chaînes radicales, une classe de la société bourgeoise qui ne soit pas une classe de la société bourgeoise, une classe qui soit la dissolution de toutes les classes, une sphère qui ait un caractère universel par ses souffrances universelles et ne revendique pas de droit particulier, parce qu’on ne lui a pas fait de tort particulier, mais un tort en soi, une sphère qui ne puisse plus s’en rapporter à un titre historique, mais simplement au titre humain, une sphère qui ne soit pas en une opposition particulière avec les conséquences, mais en une opposition générale avec toutes les suppositions du système politique allemand, une sphère enfin qui ne puisse s’émanciper, sans s’émanciper de toutes les autres sphères de la société et sans, par conséquent, les émanciper toutes, qui soit, en un mot, la perte complète de l’homme, et ne puisse donc se reconquérir elle-même que par le regain complet de l’homme. La décomposition de la société en tant que classe particulière, c’est le prolétariat."

    « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel »

    Les réformistes des syndicats aussi parlent de lutte ouvrière pure et rejettent l’action politique en direction d’autres couches sociales comme les femmes, la jeunesse, les petits bourgeois paupérisés, les couches, nationalités et religions opprimées. Ils poussent ces couches dans les bras de la grande bourgeoisie au nom de la pureté de classe. Les staliniens aussi avaient développé la pureté "classe contre classe" !

    La conscience de classe prolétarienne consiste à prendre conscience que le prolétariat est porteur d’une nouvelle société, d’une société sans classe, pas seulement d’une société prolétarienne !

    Marx développe ainsi la conception du parti révolutionnaire pendant la révolution :

    "L’attitude du parti ouvrier révolutionnaire vis-à-vis de la démocratie petite-bourgeoise est la suivante : il marche avec elle contre la fraction dont il poursuit la chute ; il la combat sur tous les points dont elle veut se servir pour s’établir elle-même solidement.

    Les petits bourgeois démocratiques, bien loin de vouloir bouleverser toute la société au profit des prolétaires révolutionnaires, tendent à modifier l’ordre social de façon à leur rendre la société existante aussi supportable et aussi commode que possible. Ils réclament donc avant tout que l’on réduise les dépenses publiques en limitant la bureaucratie et en reportant les principales impositions sur les grands propriétaires fonciers et les bourgeois. Ils réclament ensuite que la pression exercée par le grand capital sur le petit soit abolie par la création d’établissements de crédit publics et des lois contre l’usure, ce qui leur permettrait, à eux et aux paysans, d’obtenir, à des conditions favorables des avances de l’Etat, au lieu de les obtenir des capitalistes. Ils réclament enfin que, par la suppression complète du système féodal, le régime de propriété bourgeois soit partout introduit à la campagne. Pour réaliser tout cela, il leur faut un mode de gouvernement démocratique, soit constitutionnel ou républicain, qui leur assure la majorité, à eux-mêmes et à leurs alliés, les paysans, et une autonomie administrative, qui mettrait entre leurs mains le contrôle direct de la propriété communale et une série de fonctions actuellement exercées par les bureaucrates.

    Quant à la domination et à l’accroissement rapide du capital, on aura soin de faire obstacle, soit en limitant le droit de succession, soit en remettant à 1’Etat autant de travaux que possible. Pour ce qui est des ouvriers, il est avant tout bien établi qu’ils resteront, comme avant, des salariés ; mais ce que les petits bourgeois démocratiques souhaitent aux ouvriers, c’est un meilleur salaire et une existence plus assurée ; ils espèrent y arriver soit au moyen de l’occupation des ouvriers par l’Etat, soit par des actes de bienfaisance ; bref, ils espèrent corrompre les ouvriers par des aumônes plus ou moins déguisées et briser leur force révolutionnaire en leur rendant leur situation momentanément supportable. Les revendications résumées ici ne sont pas défendues en même temps par toutes les fractions de la démocratie petite-bourgeoise, et rares sont ceux pour qui elles apparaissent, dans leur ensemble, comme des buts bien définis.

    Plus des individus ou des fractions vont loin, et plus ils feront leur une grande partie de ces revendications ; et les rares personnes qui voient, dans ce qui précède, leur propre programme, se figureraient avoir ainsi établi le maximum de ce qu’on peut réclamer de la révolution. Ces revendications toutefois ne sauraient en aucune manière suffire au parti du prolétariat. Tandis que les petits bourgeois démocratiques veulent terminer la révolution au plus vite et après avoir tout au plus réalisé les revendications ci-dessus, il est de notre intérêt et de notre devoir de rendre la révolution permanente, jusqu’à ce que toutes les classes plus ou moins possédantes aient été écartées du pouvoir, que le prolétariat ait conquis le pouvoir et que non seulement dans un pays, mais dans tous les pays régnants du monde l’association des prolétaires ait fait assez de progrès pour faire cesser dans ces pays la concurrence des prolétaires et concentrer dans leurs mains au moins les forces productives décisives. Il ne peut s’agir pour nous de transformer la propriété privée, mais Seulement de 1’anéantir ; ni de masquer les antagonismes de classes, mais d’abolir les classes ; ni d’améliorer la société existante, mais d’en fonder une nouvelle. Que la démocratie petite-bourgeoise, au fur et à mesure du développement incessant de la révolution, exerce pour un temps une influence prépondérante en Allemagne, ceci ne laisse subsister aucun doute. Il s’agit donc de savoir quelle sera, à son égard, la position du prolétariat et spécialement de la Ligue :

    1. pendant que durera la situation actuelle où les démocrates petits-bourgeois sont également opprimés ; 2. dans la prochaine lutte révolutionnaire qui leur donnera la prépondérance ; 3. après cette lutte, aussi longtemps que durera cette prépondérance des démocrates petits-bourgeois sur les classes déchues et sur le prolétariat.

    1. En ce moment où les petits bourgeois démocratiques sont partout opprimés, ils prêchent en général au prolétariat l’union et la réconciliation ; ils lui tendent la main et s’efforcent de mettre sur pied un grand parti d’opposition, qui embrasserait toutes les nuances du parti démocratique ; en d’autres termes, ils s’efforcent de prendre les ouvriers au piège d’une organisation de parti où prédomine la phraséologie social-démocrate générale, qui sert de paravent à leurs intérêts particuliers et où, pour ne pas troubler la bonne entente, les revendications particulières du prolétariat ne doivent pas être formulées. Une telle union tournerait au seul avantage des petits bourgeois démocratiques et absolument tout au désavantage du prolétariat. Le prolétariat perdrait toute sa position indépendante, conquise au prix de tant de peines, et retomberait au rang de simple appendice de la démocratie bourgeoise officielle. Cette union doit donc être repoussée de la façon la plus catégorique. Au lieu de se ravaler une fois encore à servir de claque aux démocrates bourgeois, les ouvriers, et surtout la Ligue, doivent travailler à constituer, à côté des démocrates officiels, une organisation distincte, secrète et publique du parti ouvrier, et faire de chaque communauté le centre et le noyau de groupements ouvriers où la position et les intérêts du prolétariat seraient discutés indépendamment des influences bourgeoises. Combien peu les démocrates bourgeois prennent au sérieux une alliance où les prolétaires auraient la même puissance et les mêmes droits qu’eux-mêmes, c’est ce que montrent par exemple les démocrates de Breslau qui, dans leur organe, la Neue Oder-Zeitung [7], attaquent furieusement les ouvriers qu’ils appellent socialistes, groupés en organisations distinctes. S’il s’agit de livrer combat à un adversaire commun, point n’est besoin d’union particulière. Dès qu’il faut combattre directement un tel adversaire, les intérêts des deux partis coïncident momentanément ; et dans l’avenir, comme jusqu’à ce jour, cette alliance prévue simplement pour l’heure s’établira d’elle-même. Il va de soi que, dans les conflits sanglants imminents, ce sont surtout les ouvriers qui devront remporter, comme autrefois, la victoire par leur courage, leur résolution et leur esprit de sacrifice. Comme par le passé, dans cette lutte, les petits bourgeois se montreront en masse, et aussi longtemps que possible, hésitants, indécis et inactifs. Mais, dès que la victoire sera remportée, ils l’accapareront, inviteront les ouvriers à garder le calme, à rentrer chez eux et à se remettre à leur travail ; ils éviteront les prétendus excès et frustreront le prolétariat des fruits de la victoire. Il n’est pas au pouvoir des ouvriers d’empêcher les démocrates petits-bourgeois d’agir ainsi ; mais il est en leur pouvoir de rendre difficile cette montée des démocrates en face du prolétariat en armes, et de leur dicter des conditions telles que la domination des démocrates bourgeois renferme, dès son origine, le germe de sa déchéance et que son éviction ultérieure par la domination du prolétariat s’en trouve singulièrement facilitée. Il importe surtout que les ouvriers, pendant le conflit et immédiatement après le combat, réagissent autant que faire se peut contre l’apaisement préconisé par les bourgeois et forcent les démocrates à mettre à exécution leurs présentes phrases terroristes. Leurs efforts doivent tendre à ce que l’effervescence révolutionnaire directe ne soit pas une nouvelle fois réprimée aussitôt après la victoire. Il faut, au contraire, qu’ils la maintiennent le plus longtemps possible. Bien loin de s’opposer aux prétendus excès, aux exemples de vengeance populaire contre des individus haïs ou des édifices publics auxquels ne se rattachent que des souvenirs odieux, il faut non seulement tolérer ces exemples, mais encore en assumer soi-même la direction. Pendant et après la lutte, les ouvriers doivent en toute occasion formuler leurs propres revendications à côté de celles des démocrates bourgeois. Ils doivent exiger des garanties pour les ouvriers, dès que les bourgeois démocratiques se disposent à prendre le gouvernement en main. Il faut au besoin qu’ils obtiennent ces garanties de haute lutte et s’arrangent en somme pour obliger les nouveaux gouvernants à toutes les concessions et promesses possibles ; c’est le plus sûr moyen de les compromettre. Il faut qu’ils s’efforcent, par tous les moyens et autant que faire se peut, de contenir la jubilation suscitée par le nouvel état de choses et l’état d’ivresse, conséquence de toute victoire remportée dans une bataille de rue, en jugeant avec calme et sang-froid la situation et en affectant à l’égard du nouveau gouvernement une méfiance non déguisée. Il faut qu’à côté des nouveaux gouvernements officiels ils établissent aussitôt leurs propres gouvernements ouvriers révolutionnaires, soit sous forme d’autonomies administratives locales ou de conseils municipaux, soit sous forme de clubs ou comités ouvriers, de façon que les gouvernements démocratiques bourgeois non seulement s’aliènent aussitôt l’appui des ouvriers, mais se voient, dès le début, surveillés et menacés par des autorités qui ont derrière elles toute la masse des ouvriers. En un mot, sitôt la victoire acquise, la méfiance du prolétariat ne doit plus se tourner contre le parti réactionnaire vaincu, mais contre ses anciens alliés, contre le parti qui veut exploiter seul la victoire commune.

    2. Mais, pour pouvoir affronter de façon énergique et menaçante ce parti dont la trahison envers les ouvriers commencera dès la première heure de la victoire, il faut que les ouvriers soient armés et bien organisés. Il importe de faire immédiatement le nécessaire pour que tout le prolétariat soit pourvu de fusils, de carabines, de canons et de munitions et il faut s’opposer au rétablissement de l’ancienne garde nationale dirigée contre les ouvriers. Là où ce rétablissement ne peut être empêché, les ouvriers doivent essayer de s’organiser eux-mêmes en garde prolétarienne, avec des chefs de leur choix, leur propre état-major et sous les ordres non pas des autorités publiques, mais des conseils municipaux révolutionnaires formés par les ouvriers. Là où les ouvriers sont occupés au compte de l’Etat, il faut qu’ils soient armés et organisés en uni corps spécial avec des chefs élus ou en un détachement de la garde prolétarienne. Il ne faut, sous aucun prétexte, se dessaisir des armes et munitions, et toute tentative de désarmement doit être repoussée, au besoin, par la force. Annihiler l’influence des démocrates bourgeois sur les ouvriers, procéder immédiatement à l’organisation propre des ouvriers et à leur armement et opposer à la domination, pour le moment inéluctable, de la démocratie bourgeoise les conditions les plus dures et les plus compromettantes : tels sont les points principaux que le prolétariat et par suite la Ligue ne doivent pas perdre de vue pendant et après l’insurrection imminente.

    3. Dès que les nouveaux gouvernements se seront quelque peu consolidés, ils engageront immédiatement leur lutte contre les ouvriers. Pour pouvoir alors affronter avec force les petits bourgeois démocratiques, il faut avant tout que les ouvriers soient organisés et centralisés dans leurs propres clubs. Après la chute des gouvernements existants, le Comité central se rendra, dès que possible, en Allemagne, convoquera sans retard un congrès auquel il soumettra les propositions indispensables concernant la centralisation des clubs ouvriers sous une direction établie au siège du mouvement. La rapide organisation, au moins d’une fédération provinciale de clubs ouvriers, est un des points les plus importants pour renforcer et développer le parti ouvrier."

    Adresse à la Ligue des communistes

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  • Au moment où la situation (l’effondrement) et la politique des gouvernants paupérise massivement non seulement les salariés mais aussi des fractions entières des couches moyennes, de la petite bourgeoisie, des petits autoentrepreneurs, et même des artisans et commerçants déjà installés, de la jeunesse, des femmes, il ne faut pas appeler le prolétariat à seulement revendiquer pour lui-même et quand on revendique le pouvoir prolétarien cela ne doit pas signifier un pouvoir qui se moquera des couches intermédiaires. Au contraire, c’est au nom des intérêts de toute la partie populaire de la population que le prolétariat doit gouverner, isolant ainsi la classe capitaliste. Dans le cas inverse, la classe capitaliste peut parvenir à faire croire que ses gouvernants ont aidé à millions les prolétaires pendant que la petite bourgeoisie sombrait et ainsi la monter violemment de manière fasciste contre le prolétariat. Le réformisme peut agir dans ce sens en faisant semblant de ne revendiquer que pour les salariés mais le purisme de classe peut lui aussi isoler les prolétaires et les empêcher de prendre conscience de la nécessité de se mettre à la tête de toutes les couches qui peuvent être remontées contre les banquiers, contre les trusts, contre les milliardaires, contre les spéculateurs, contre les bourses, contre tous les capitalistes !

    C’est aux travailleurs de prendre la tête de toutes les couches sociales opprimées car eux et eux seuls sont capable de donner une orientation à la lutte vers la fondation d’une société d’où sera bannie définitivement l’exploitation de l’homme par l’homme.

    Lénine en 1916 :

    « Quiconque attend une révolution sociale "pure" ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. »

    « A l’époque de la montée, de la croissance et de l’épanouissement du capitalisme, la petite bourgeoisie, malgré de violentes explosions de mécontentement, restait avec une relative docilité dans l’attelage capitaliste. C’était d’ailleurs la seule chose qu’elle avait à faire. Mais dans les conditions du capitalisme pourrissant, dans une situation économique sans issue, la petite bourgeoisie aspire, tente et essaie de s’arracher à la tutelle des anciens maîtres et dirigeants de la société. Elle est tout à fait susceptible de lier son sort à celui du prolétariat. Pour cela, une seule chose est nécessaire : il faut que la petite bourgeoisie soit persuadée de la capacité du prolétariat à engager la société sur une voie nouvelle. Le prolétariat ne peut lui inspirer une telle confiance que par sa force, son assurance dans l’action, une offensive hardie contre l’ennemi et le succès de sa politique révolutionnaire.
    Mais, malheur si le parti révolutionnaire ne se montre pas à la hauteur de la situation ! La lutte quotidienne du prolétariat accentue l’instabilité de la société bourgeoise. Les grèves et les troubles politiques détériorent la situation économique du pays. La petite bourgeoisie pourrait se résigner provisoirement à des privations croissantes, si son expérience lui prouvait que le prolétariat est capable de l’arracher à sa situation présente, pour la mener sur une voie nouvelle. Mais si le parti révolutionnaire, malgré la constante aggravation de la lutte des classes, s’avère toujours incapable de rassembler autour de lui le prolétariat, s’agite vainement, sème la confusion et se contredit lui-même, la petite bourgeoisie perd alors patience et commence à voir dans les ouvriers le responsable de ses propres malheurs. Tous les partis de la bourgeoisie, y compris la social-démocratie, s’efforcent de l’en persuader. Et lorsque la crise revêt une gravité insupportable, un parti se met en avant, avec le but déclaré de chauffer à blanc la petite bourgeoisie et de diriger sa haine et son désespoir contre le prolétariat. En Allemagne, cette fonction historique est remplie par le national-socialisme, large courant dont l’idéologie se forme à partir de toutes les exhalaisons putrides de la société bourgeoise en décomposition.
    La responsabilité politique fondamentale de la croissance du fascisme retombe, évidemment, sur la social-démocratie. Depuis la guerre impérialiste, la politique de ce parti a consisté à effacer de la conscience du prolétariat l’idée d’une politique indépendante, à le convaincre du caractère éternel du capitalisme et à le mettre à genoux devant la bourgeoisie en décomposition. La petite bourgeoisie peut se ranger du côté des ouvriers si elle voit en eux un nouveau maître.
    La social-démocratie apprend à l’ouvrier à se comporter comme un laquais. La petite bourgeoisie ne suivra pas un laquais. La politique du réformisme enlève au prolétariat toute possibilité de diriger les masses plébéiennes de la petite bourgeoisie et, par là même, transforme ces dernières en chair à canon du fascisme. »

    Léon Trotsky,
    "Bourgeoisie, petite bourgeoisie et prolétariat"

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  • Ce sont les réformistes social-démocrates qui ont inventé le purisme au nom du marxisme.

    Le programme de Gotha de la social-démocratie allemande proclame :

    « L’affranchissement du travail doit être l’œuvre de la classe ouvrière, en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire. »

    Critique par Karl Marx de ce programme dans ses « Gloses marginales au programme du Parti ouvrier allemand :

    « C’est une citation lassalienne de la plus belle eau « [la classe ouvrière] en face de laquelle toutes les autres classes ne forment qu’une masse réactionnaire ». Dans le Manifeste communiste, il est dit : « De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie ; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique. » La bourgeoisie est ici considérée comme une classe révolutionnaire, - en tant qu’elle est l’agent de la grande industrie, - vis-à-vis des féodaux et des classes moyennes résolus à maintenir toutes les positions sociales qui sont le produit de modes de production périmés. Féodaux et classes moyennes ne forment donc pas avec la bourgeoisie une même masse réactionnaire. D’autre part, le prolétariat est révolutionnaire vis-à-vis de la bourgeoisie parce que, issu lui-même de la grande industrie, il tend à dépouiller la production de son caractère capitaliste que la bourgeoisie cherche à perpétuer. Mais le Manifeste ajoute que « les classes moyennes... sont révolutionnaires... en considération de leur passage imminent au prolétariat ». De ce point de vue, c’est donc une absurdité de plus que de faire des classes moyennes, conjointement avec la bourgeoisie, et, par-dessus le marché, des féodaux « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière. Lors des dernières élections, a-t-on crié aux artisans, aux petits industriels, etc., et aux paysans : « Vis-à-vis de nous, vous ne formez, avec les bourgeois et les féodaux, qu’une seule masse réactionnaire » ? Lassalle savait par cœur le Manifeste communiste, de même que ses fidèles savent les saints écrits dont il est l’auteur. S’il le falsifiait aussi grossièrement, ce n’était que pour farder son alliance avec les adversaires absolutistes et féodaux contre la bourgeoisie. Dans le paragraphe précité, sa maxime est d’ailleurs bien tirée par les cheveux, sans aucun rapport avec la citation défigurée des statuts de l’internationale. Il s’agit donc ici simplement d’une impertinence et, à la vérité, une impertinence qui ne peut-être nullement déplaisante aux yeux de M. Bismarck : une de ces grossièretés à bon compte comme en confectionne le Marat berlinois. »

    Lénine en 1916 :

    « La révolution socialiste en Europe ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement : sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible. Et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité objective d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes !) et réaliser d’autres mesures dictatoriales dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme. »

    Trotsky face au fascisme allemand :

    "Un programme de revendications transitoires pour les "classes moyennes", peut naturellement revêtir une grande importance s’il répond, d’une part, à leurs besoins réels, et de l’autre aux exigences de la marche vers le socialisme. Mais, encore une fois, le centre de gravité ne se trouve pas actuellement dans tel ou tel programme particulier. Les classes moyennes ont vu et entendu bien des programmes. Ce qu’il leur faut, c’est la confiance que ce programme sera bien réalisé. Quand le paysan se dira : "Cette fois, il semble bien que le parti ouvrier ne reculera pas", la cause du socialisme sera gagnée. Mais, pour y arriver, il faut d’abord démontrer par des actes que nous sommes fermement prêts à briser sur notre route tous les obstacles… Les forces potentielles de la révolution dépassent de beaucoup les forces du fascisme et, en général, celles de toute la réaction réunie. Les sceptiques qui pensent que tout est perdu doivent être impitoyablement chassés des rangs ouvriers… Bien comprendre la situation et en tirer toutes les conclusions pratiques -hardiment, sans peur, jusqu’au bout- c’est assurer la victoire du socialisme. »

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  • « Le fascisme ne peut devenir une force de masse qu’en conquérant la petite bourgeoisie… Il ne faut pas en conclure que la classe ouvrière doive tourner le dos à la petite bourgeoisie et la laisser à son malheur. Non, se rapprocher des paysans et des petites gens des villes, les attirer de notre côté, c’est la condition nécessaire du succès de la lutte contre le fascisme, pour ne pas parler de la conquête du pouvoir. Il faut seulement poser correctement le problème. Mais, pour cela, il faut comprendre clairement la nature des "classes moyennes". Rien n’est plus dangereux en politique, surtout dans une période critique, que de répéter des formules générales sans examiner le contenu social qu’elles recouvrent… La société contemporaine se compose de trois classes : la grande bourgeoisie, le prolétariat et les classes moyennes, ou petite bourgeoisie. Les relations entre ces trois classes déterminent en fin de compte la situation politique. Les classes fondamentales sont la grande bourgeoisie et le prolétariat. Seules ces deux classes peuvent avoir une politique indépendante, claire et conséquente. La petite bourgeoisie est caractérisée par sa dépendance économique et son hétérogénéité sociale. Sa couche supérieure touche directement la grande bourgeoisie. Sa couche inférieure se fond avec le prolétariat et tombe même dans le lumpen-prolétariat. Conformément à sa situation économique, la petite bourgeoisie ne peut avoir de politique indépendante. Elle oscille constamment entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche supérieure la pousse à droite ; ses couches inférieures, opprimées et exploitées sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement à gauche… La petite bourgeoisie, incarnée par les masses ruinées des villes et des campagnes, commence à perdre patience. Elle prend une attitude de plus en plus hostile à sa propre couche supérieure : elle se convainc en fait de l’inconsistance et de la perfidie de sa direction politique. Le paysan pauvre, l’artisan, le petit commerçant se convainquent qu’un abîme les sépare de tous ces maires, ces avocats, ces arrivistes politiques… qui, par leur mode de vie et leurs conceptions, sont de grands bourgeois. C’est précisément cette désillusion de la petite bourgeoisie, son impatience et son désespoir que le fascisme exploite. Ses agitateurs stigmatisent et maudissent la démocratie parlementaire qui épaule les carriéristes et les staviskrates, mais ne donne rien aux petits travailleurs. Ces démagogues brandissent le poing contre les banquiers, les gros commerçants, les capitalistes. Ces paroles et ces gestes répondent pleinement aux sentiments des petits propriétaires qui se sentent dans l’impasse. Les fascistes montrent de l’audace, descendent dans la rue, s’attaquent à la police, tentent de chasser le Parlement par la force. Cela en impose au petit bourgeois qui sombrait dans le désespoir… Les réformistes s’imaginent que la petite bourgeoisie est avant tout attachée à la démocratie, et que c’est précisément pourquoi il faudrait s’allier aux partis bourgeois « démocratiques » ! Quelle monstrueuse aberration ! La démocratie n’est qu’une forme politique. La petite bourgeoisie ne se soucie pas de la coquille, mais du fruit. Que la démocratie se révèle impuissante, et au diable la démocratie ! Ainsi raisonne ou réagit chaque petit bourgeois. C’est dans la révolte grandissante des couches inférieures de la petite bourgeoisie contre ses couches supérieures, "instruites", municipales, cantonales, parlementaires, que se trouve la source politique et socialiste principale du fascisme. Il faut y ajouter la haine de la jeunesse intellectuelle, écrasée par la crise, pour les avocats, les professeurs, les députés et les ministres parvenus : les intellectuels petits-bourgeois inférieurs se rebellent eux aussi contre leurs supérieurs. Cela signifie-t-il que le passage de la petite bourgeoisie sur la voie du fascisme soit inéluctable ? Non, une telle conclusion relèverait d’un honteux fatalisme. Ce qui est réellement inéluctable, c’est la fin du réformisme et de tous les groupements politique qui lient leur sort au sien Dans les conditions de la décadence capitaliste, il ne reste plus de place pour un parti de réformes démocratiques et de progrès "pacifique"… Mais cela ne signifie pas du tout que les masses qui suivent le réformisme doivent inévitablement reporter leurs espoirs sur le fascisme. Certes, la partie la plus démoralisée, la plus déclassée et la plus avide de la jeunesse des classes moyennes a déjà fixe son choix dans cette direction. C’est dans ce réservoir que puisent surtout les bandes fascistes. Mais les lourdes masses petites-bourgeoises des villes et des campagnes n’ont pas encore choisi. Elles hésitent devant une grave décision. C’est précisément parce qu’elles hésitent qu’elles continuent encore, mais déjà sans avoir confiance, à voter pour les réformistes. Ces hésitations, cette irrésolution ne dureront pourtant pas des années, mais seulement des mois. Le développement politique va prendre, dans la période qui vient, un rythme fébrile. La petite bourgeoisie ne repoussera la démagogie du fascisme que si elle a foi dans une autre voie. L’autre voie, c’est la révolution prolétarienne. La petite bourgeoisie est économiquement dépendante et politiquement morcelée. C’est pourquoi elle ne peut avoir une politique propre. Elle a besoin d’un "chef" qui lui inspire confiance. Ce chef, individuel ou collectif, individu ou parti, peut lui être donné par l’une ou l’autre des deux classes fondamentales, soit par la grande bourgeoisie, soit par le prolétariat. Le fascisme unit et arme les masses disséminées ; d’une "poussière humaine"-selon notre expression-il fait des détachements de combat. Il donne ainsi à la petite bourgeoisie l’illusion d’être une force indépendante. Elle commence à s’imaginer qu’elle commandera réellement à l’Etat. Rien d’étonnant à ce que ces espoirs et ces illusions lui montent à la tête. Mais la petite bourgeoisie peut aussi trouver son chef dans la personne du prolétariat. Elle l’a trouvé en Russie, partiellement en Espagne. Elle y tendit en Italie, en Allemagne et en Autriche. Malheureusement les partis du prolétariat ne s’y montrèrent pas à la hauteur de leur tâche historique. Pour gagner la petite bourgeoisie, le prolétariat doit conquérir sa confiance. Il faut pour cela qu’il ait lui-même confiance en sa propre force. Il lui faut un programme d’action clair et une détermination à lutter pour le pouvoir par tous les moyens. Soudé par son parti révolutionnaire, pour une lutte décisive et impitoyable, le prolétariat dit aux paysans et aux petites gens des villes : "Je lutte pour le pouvoir. Voici mon programme : je suis prêt à m’entendre avec vous pour en modifier tel ou tel point. Je n’emploierai la force que contre le grand capital et ses laquais ; avec vous, travailleurs, je veux conclure une alliance sur la base d’un programme donné." Un tel langage, le paysan le comprendra. Il suffit qu’il ait confiance dans la capacité du prolétariat de s’emparer du pouvoir. Mais il faut pour cela épurer le Front unique de toute équivoque, de toute indécision, de toutes les phrases creuses : il faut comprendre la situation et se mettre sérieusement sur la voie de la lutte révolutionnaire… Le parti ouvrier ne doit pas s’occuper d’une tentative sans espoir pour sauver le parti des faillis ; il doit au contraire accélérer de toutes ses forces le processus par lequel les masses s’affranchissent de l’emprise réformiste. Plus il mettra dans ce travail de zèle et de hardiesse, plus vite il préparera la véritable alliance de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie. Il faut prendre les classes dans leur mouvement, se régler sur leur tête et non sur leur queue. Malheur à qui reste sur place !... La lutte pour le pouvoir doit partir de l’idée fondamentale que si une opposition contre l’aggravation de la situation des masses dans le cadre du capitalisme est encore possible, aucune amélioration réelle de leur situation n’est concevable sans incursion révolutionnaire dans le droit de propriété capitaliste… Les programmes du fascisme sont fantastiques, mensongers, démagogiques. »

    Léon Trotsky, dans « Où va la France »

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  • Les "bonnets rouges" et le début des gilets jaunes ont été des exemples qui ont montré les réformistes syndicaux et politiques violemment hostiles à une union de lutte entre prolétaires et petite bourgeoisie :

    voir ici les bonnets rouges

    voir ici les gilets jaunes

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  • bonjour,
    Le langage très lyrique que vous employez, ne rendent pas les propos plus révolutionnaires. Il y a plein de choses très justes et auxquelles j’adhère, par contre la moitié du texte est remplie de généralités. Les mots d’ordre peuvent être sortis dans tous les éditos. Je pense qu’être révolutionnaire marxiste est un peu plus compliqué que ça. Nous qui nous revendiquons du matérialisme dialectique, on devrait apprendre cette belle phrase de François Jacob ’ "la démarche scientifique confronte sans relâche ce qui pourrait être et ce qui est. C’est le moyen de construire une représentation du monde toujours plus proche de ce que nous appelons la "réalité" ". " Les fanatiques et les vulgarisateurs, en particulier, ne savent pas toujours repérer cette frontière subtile qui sépare une théorie heuristique d’une croyance stérile ; une croyance qui au lieu de décrire le monde réel peut s’appliquer à tous les mondes possibles ". C’est bien gentil de faire références aux soviets, à la Commune, etc... mais rien n’est jamais pareil, toute la difficulté est là.
    PS : Je n’aime pas du tout le mot peuple travailleur que vous utilisez sans arrêt, peut-être parce que les populistes utilisent aussi le mot peuple. Ça me gêne un peu.

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    • Merci pour la belle phrase de François Jacob ’ "la démarche scientifique confronte sans relâche ce qui pourrait être et ce qui est. C’est le moyen de construire une représentation du monde toujours plus proche de ce que nous appelons la "réalité" ". " Les fanatiques et les vulgarisateurs, en particulier, ne savent pas toujours repérer cette frontière subtile qui sépare une théorie heuristique d’une croyance stérile ; une croyance qui au lieu de décrire le monde réel peut s’appliquer à tous les mondes possibles ".

      La seule question, c’est que se défier des fanatiques et des vulgarisateurs et se tourner vers la démarche vraiment scientifique est une excellente idée mais il reste à distinguer justement entre les deux !!!

      En l’occurrence, il faudrait justement davantage entrer dans la discussion de la réalité du monde capitaliste que tu ne le fais !

      Tu dis qu’il faudrait une étude plus sérieuse et approfondie, mais c’est toi qui a omis cette étude sérieuse et approfondie pour constater que nous avons commis des dizaines d’études sur cette question sur nos deux sites et que tu ’as visiblement pas lues puisque tu n’en discutes pas les arguments.

      Ton moralisme du genre soyez sérieux tombe à plat car tu ne l’es pas !

      Il n’est pas trop tard : tu peux lire ici

      Tu peux lire là

      Tu peux aussi lire

      Ou encore

      Et aussi

      Mais toujours

      Pour conclure

      Je te souhaite une lecture saine et non fanatique de nos sites et le point de vue scientifique plutôt que vulgarisateur pour la critique.

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    • En fait, l’idéal de François Jacob que tu cites est formulé ainsi : « est-il possible pour les biologistes d’élaborer une théorie de l’évolution qui soit vraiment libre de préjugé idéologique » Lire ici

      Il propose simplement que chaque science reste dans son domaine.

      En somme, il s’agit de se passer de philosophie pour faire de la science ?

      Eh bien, effectivement, nous ne défendons pas du tout ce point de vue de François Jacob !

      Lire ici

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  • Cher camarade,
    ne pas utiliser le mot peuple ne sauve pas davantage que d’utiliser, comme nous, le terme peuple travailleur. Les réformistes ont parfois utilisé le mot prolétariat et les staliniens le faisaient et ils proclamaient même "des soviets partout" à une époque, ayant inventé le faux radicalisme "classe contre classe". Le problème n’est pas les mots mais les raisonnements, cher camarade, et le sens politique de ceux-ci. Lyrique, je ne sais pas. Le Manifeste communiste peut aussi être traité de lyrique ou de romantique. Le point de vue qui est développé par l’extrême gauche réaliste ne me plait pas non plus. Elle prétend ne pas décoller de la réalité mais en fait elle ne développe aucune perspective sociale et politique. La perspective, c’est bel et bien la commune, ce sont les soviets !!!

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  • Le capitalisme a comme caractéristique de créer par lui même les conditions de son effondrement. Les théories des pseudo "sciences" économiques se réinventent en permanence pour fournir de nouvelles voies d’enrichissement, de nouvelles stratégies pour que les capitalistes retardent l’inévitable. Ainsi le néolibéralisme a poussé à l’extrême l’utilisation des banques centrales. Ce qui nous attend entre-autres : chômage massif et pauvreté, sauvetage des banques par les particuliers, reset monétaire, mise en place des monnaies électroniques, disparition des monnaie physiques, hyperinflation ? Et avec ça, de nouvelles formes de surveillance et de contrôle. Le FMI a déjà fourni aux banques en 2019 un "kit de transition" détaillant toutes les modalités pour passer à la monnaie électronique "sans douleur"(visible sur le site du FMI).

    Car ils ont toujours un temps d’avance... La classe capitaliste est dores et déjà prête. Et tout s’était déroulé pour elle comme prévu jusqu’à maintenant. Pendant que les médias et le monde du divertissement abrutissaient les masses ces dernières années, les plus riches ont engrangé des dividendes faramineux, placé leurs pions dans les gouvernement et à tous les postes influents des organisations mondiales, développé leurs réseaux de corruption, d’espionnage, fait sauté les derniers remparts de protection des peuples. Et cette classe capitaliste est prête à la guerre.

    Soudainement, un minuscule agent pathogène, mi-inerte, mi-vivant (énigme vivace pour les scientifiques) fait une entrée fracassante, bouleversant les projets des uns et des autres. Le Covid-19 met au placard les agendas mondiaux sur tous les sujets. Il désorganise les capitalistes et les force à réorienter leurs stratégies dans l’urgence. La crise pétrolière n’était pas prévue par exemple. Bien entendu, par la bouche de leurs laquais politiciens, ils tentent de nous sidérer avec leur langage guerrier et leurs mesures de distanciation sociale et tenteront même de se faire passer pour nos sauveurs.

    Mais cette pandémie représente un bouleversement dans les plans de contrôle des masses qui devaient normalement se dérouler progressivement de manière à éviter les situations incontrôlables. Maintenant c’est une course de vitesse entre nous et eux. Entre la vitesse à laquelle les peuples endormis vont prendre conscience de la mascarade et la vitesse à laquelle les capitalistes vont mettre en place leurs systèmes de contrôles et de surveillance : réseaux sociaux, vidéo surveillance, reconnaissance faciale, contrôle des comptes bancaires, fichage politique, maîtrise effective et utilisation de la police et de l’armée. Ils vont essayer de nous empêcher de manifester, de nous révolter. C’est certain.

    Pourtant, le caractère soudain de cette crise va faire tomber les masques mais aussi les décors de cette mauvaise pièce de théâtre. Car le publique se réveille. Profitant d’Internet, d’autant plus pendant le confinement, des foules de gens se sont éduqués politiquement, intéressés aux cultures étrangères, ont montés leurs réseaux d’information et de collaboration et tissé des liens de solidarité riches et nombreux. Ils ont aussi assimilé de nouvelles clefs de compréhension du monde, grâce à la liberté d’expression qui existe encore sur les réseaux sociaux.

    Il faut préparer théoriquement la révolution et s’organiser à partir de cette théorie. Certes. La dictature du prolétariat reste indispensable. Nous devons abolir la classe capitaliste et le système des classes. Le prolétariat c’est "ceux qui bossent ", c’est ceux qui ne peuvent vivre que par leur salaire, y compris les travailleur privés d’emploi. Pour les travailleurs, la révolution est une nécessité.

    Les classes aisées (classes moyennes supérieures) sont porteuses de la corruption capitaliste car tant qu’elle peuvent conserver leur petits acquis et espérer progresser patiemment vers le haut de leur pyramide de Maslow elles adoptent une attitude conservatrice, à la limite réformiste, par nature contre révolutionnaire.

    Entre deux, en France, il existe une classe moyenne, intermédiaire, qui va subir des chocs de grande ampleur. Par exemple, la classe capitaliste mène une attaque en règle contre les petites entreprises qui ont été rendues fragiles, fonctionnent avec une faible trésorerie, sont soumises à des règles technocratiques et fiscales intenables, deviennent franchisées ou sont juste des petits sous-traitants sous-payés.

    Beaucoup de ces petits entrepreneurs sont des travailleurs qui s’auto-exploitent, des rouages parfaits. Mais de fait, avec l’effondrement de leur niveau de vie, certains redeviennent des prolétaires. Même si les classes moyennes aspirent à posséder une belle maison, un terrain, un petit restaurant, se payer des voyages, etc ..., la classe capitaliste qui pilote un système en bout de course racle les fonds de tiroir et se prépare à les priver de la propriété de leur terrain pour l’échanger contre un droit d’usage, de leur épargne avec l’effondrement bancaire qui arrive, de leurs petits avantages et de leurs petites libertés.

    Si, autrefois, ils pouvaient espérer le maintien de leur classe, il n’en est rien cette fois car le capitalisme mondialisé est en fin de cycle. Ils comprendront vite que leurs petits avantages ne reviendront pas. Le "ruissellement" se tarit à vue d’œil. Certains se contenteraient bien de couper la tête des oligarques puis de confier le pouvoir à une nouvelle clique de vendus qui prendrait soin d’eux. Donc, ils participeront à la révolte mais pas forcement avec les mêmes objectifs que le prolétariat.

    On peut tergiverser longtemps sur l’interclassisme et la notion de peuple, en attendant le symbole du gilet jaune a été perçu dans le monde comme un symbole révolutionnaire, repris symboliquement parfois par des mouvements ouvriers dans des pays pauvres.

    Le marxisme impose de penser en terme de prolétariat et pas en terme de peuple mais c’est pourtant bien le peuple dans son ensemble qui se mobilisera face aux désastres qui nous attendent. Les prolétaires devront prendre le contrôle des événements en tant que force légitime mais feraient bien tactiquement de s’appuyer sur un mouvement plus global du "peuple", pour renverser le rapport de force. Au milieu de la confusion il faudra réussir à convaincre que le capitalisme ne peut être réformé, que c’est un système qui sélectionne et met au pouvoir la lie de l’Homo sapiens : des narcissiques, des psychopathes, des sadiques ; et comble de tout, de manière tout à fait visible et mécanique. Y a t’il plus idiot et cruel comme système d’organisation de l’humanité ?

    Il y a une attente de changement qui transcende les fiches de paie et les statuts. Une grande partie de la population n’a pas encore pris conscience de la réalité matérielle majeure de sa domination par la classe capitaliste mais cela va venir très vite. Parce que bientôt, la population va assister à la mise en place du totalitarisme et va être choquée par la violence de nos oppresseurs. Aussi, ne nous soucions pas trop de la supposée "déviance" des courants politiques réformistes, sociétaux, mouvementistes, pro-ceci ou anti-cela qui semblent être des freins à une vraie révolution. Demandons-nous de quel côté ils seront quand les prochains chocs d’appauvrissement et de soumission se produiront ?

    Après tout le communisme c’est aussi le chemin qui mène à la mise en commun. Et ce n’est jamais le même chemin, d’une époque à une autre, d’un pays à un autre. L’uniformisation à priori des modes de pensée et de vie n’est pas obligatoire ainsi que le choix d’une sémantique trop stricte et doctrinaire.

    Pourquoi réfléchir à élargir le champ des intervenants utiles dans la révolution prolétarienne ? Parce que nous n’avons plus le temps. C’est une course contre la montre. Remarquons que l’irréversible destruction des écosystèmes est une perte incommensurable pour l’humanité. Une victoire révolutionnaire dans un monde ravagé ne pourrait être considéré comme un succès. Cependant, la pandémie, par l’accélération qu’elle provoque nous fait peut-être gagner quelques précieuses années en déclenchant les hostilités plus tôt.

    Place au matérialisme chronologique. L’appropriation et la mise en commun des moyens de production et des infrastructures avant la destruction de l’humanité et des écosystèmes est un message simple qui peut être compris par tous. La question se posera de manière de plus en plus évidente aux yeux chacun chaque jour : révolution ou capitalisme de surveillance ? La troisième guerre mondiale a commencé et c’est une guerre civile globale mais aussi une chance de construire une lutte communiste internationale d’une ampleur jamais vue.

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  • Les écrits de Marx contre la social-démocratie lui reprochent non pas d’employer le mot peuple ou peuple des travailleurs mais d’effacer ainsi, sous prétexte du contrôle de ce peuple, l’opposition entre Etat ouvrier et Etat bourgeois, c’est-à-dire de supprimer la nécessité de renverser et détruire l’Etat bourgeois !!!

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  • Non ! L’amélioration globale de la santé publique mondiale n’était pas un mythe... du moins jusqu’en 2007 ! Mais depuis la santé mondiale n’a fait que régresser car a dynamique progressive du capitalisme n’existe plus. La santé, voilà un instrument de mesure de la fin du capitalisme, pas une fin momentanée mais une fin inexorable. Certes, le capitalisme peut faire durer cette fin treize ans et quelques années de plus, mais il ne fait plus que se trainer et son fonctionnement n’est plus le même. Ceux qui prétendent que c’est encore le capitalisme propagent un mensonge. La dynamique de l’investissement productif n’a pas des ratées, n’a pas des hauts et des bas, n’est pas un peu grippée : elle est définitivement morte et aucun plan à coups de milliers de milliards ne lui redonne vie !!!

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  • La crise est d’abord vécue par la population par ses effets sanitaires alors que les gouvernements prennent avant tout des mesures financières pour les banques et entreprises face à la crise économique qui vient. Les déclarations contradictoires des ministres tiraillés entre la démagogie sanitaire du confinement et la pression pour forcer les salariés à continuer à travailler au risque d’amplifier la propagation du virus, sont d’autant plus visibles que les salariés prenant au sérieux le confinement arrêtent le travail là où il n’est pas indispensable ou appellent à la grève générale en Italie tandis que les ministres se relaient dans les médias pour pousser au travail.

    Cette gestion financière d’une crise sanitaire passe ainsi encore bien moins que la seule gestion de la crise financiaro-économique de 2008. Elle heurte d’autant plus que face aux milliers de milliards immédiatement libérés pour la finance, il n’y a que des miettes pour le secteur de la santé, pas de masques, tests de dépistage, gels hydroalcooliques, respirateurs, ouvertures de lits, pas d’embauches de personnel et de structures de santé... Tout le discours gouvernemental national « guerrier » est dévalorisé. Alors qu’il est question de nationaliser tout ou partie du secteur aéronautique, il n’est pas du tout prévu de nationaliser les cliniques privées ou le secteur privé de la santé à commencer par l’industrie pharmaceutique. Les nationalisations sont ainsi comprises elles-mêmes comme une socialisation des pertes tandis que continue la privatisation des profits du secteur privé de santé au détriment de la santé « nationale » de tous. Le nationalisme lui-même dévoile ainsi ses motivations sordides de classe. La « nationalisation » au nom d’un peuple fictif laisse plutôt la place à l’idée d’expropriation sans indemnités ni rachat.

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  • Le fond de la question actuellement, c’est de développer non pas des solutions pour ne pas être malades ou pour ne pas être frappés par la crise, solutions que les gouvernants seraient chargés de mettre en oeuvre mais que nous développions un programme de transition qui est celui des futurs comités de travailleurs et de milieux populaires, gilets jaunes ou autres, pour le moment où les opprimés seront amenés à tout décider par eux-mêmes, après s’être informés entre eux, en appliquant eux-mêmes leurs décisions en se passant du pouvoir capitaliste et de ses prétendus spécialistes vendus !

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  • « Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant, mais en pire », a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian… Ce n’est pas une crainte, c’est un souhait mal camouflé… Apparemment mais pas réellement en contradiction avec Le Drian, Macron déclarait que « le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant ». « Le président considère qu’il faut réfléchir à des changements de paradigme, notamment en matière économique, analyse la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. On perçoit que cette crise révèle des dysfonctionnements, notamment sur nos chaînes de production. » L’exécutif aurait notamment été interloqué par la part prise par la Chine dans certaines filières. « Nous avons un enjeu de souveraineté », dit-on à l’Elysée. Il s’agit donc seulement de présenter le patriotisme économique et le souverainisme comme une alternative à la mondialisation à grande échelle. « Il faudra réfléchir, c’est une conviction profonde que j’ai depuis longtemps, à refaire venir dans notre continent européen, et singulièrement en France, une production de ce qui nous paraît être essentiel pour la vie de la nation », a estimé le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin. Eh oui, le nationalisme économique est présenté comme une solution à l’effondrement actuel. Bizarre, pour des gens qui prétendent que la crise est due au coronavirus, on ne voit pas en quoi le nationalisme soigne d’une pandémie !!!

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  • Le multimilliardaire Warren Buffett se dit persuadé que "le miracle américain prévaudra à nouveau" car c’était un miracle pour les possesseurs de capitaux !

    Actuellement, cela va être l’enfer pour les travailleurs avec l’effondrement mais les possesseurs de capitaux savent parfaitement que les exploités peuvent en profiter pour se libérer complètement du joug du grand capital, même si actuellement, frappés par la vague mortelle, ils ne s’y préparent pas.

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  • Financial Times a noté début mai : « Le virus a peut-être infecté à la fois le prince Charles et le premier ministre Boris Johnson, démontrant que personne n’était à l’abri, mais l’étude de l’ONS a constaté que les personnes infectées dans les communautés les plus défavorisées des centres-villes étaient beaucoup plus susceptibles de mourir. »

    Le taux de mortalité par coronavirus dans les quartiers les plus défavorisés d’Angleterre continue de dépasser le double de celui des quartiers les moins défavorisés, selon les dernières données de l’ONS.

    Son nouveau rapport, « Décès de Covid-19 par arrondissement et la privation socio-économique : les décès survenus entre le 1er mars et le 31 mai 2020 », révèle que le nombre de décès dans les quartiers populaires en Angleterre et au Pays de Galles est deux fois plus élevé que dans les quartiers les plus riches.

    L’ONS donne un chiffre de 46.687 décès impliquant le coronavirus en Angleterre et au Pays de Galles entre le 1er mars et le 31 mai 2020, ce qui représente un quart de tous les décès au cours de cette période. Dans l’ensemble, cela signifie qu’il y a eu 81,2 décès impliquant le COVID-19 pour 100.000 personnes en Angleterre et au Pays de Galles.

    Au cours de la période étudiée, le taux de décès dus au coronavirus dans les quartiers les moins défavorisés (décile 10) était de 58,8 pour 100.000 habitants. Le taux dans les quartiers les plus défavorisés (décile 1) était de 128,3 décès pour 100.000 habitants. C’est 118 pour cent de plus que les quartiers les moins défavorisés.

    Dans les quartiers les moins défavorisés du pays, le taux de mortalité normalisé selon l’âge pour tous les décès était de 242,6 décès pour 100.000 habitants. Dans le quartier le plus défavorisé, le taux de mortalité normalisé selon l’âge pour tous les décès était de 466,2 décès pour 100.000 habitants, soit 92,2 pour cent de plus que dans les quartiers les moins défavorisés.

    L’indice de privation multiple utilisé par l’ONS est une mesure globale de la privation basée sur des facteurs tels que le revenu, l’emploi, la santé, l’éducation, la criminalité, le milieu de vie et l’accès au logement dans une zone géographique. « Les taux de mortalité générale sont normalement plus élevés dans les quartiers les plus défavorisés, mais jusqu’à présent, le Covid-19 semble les faire encore augmenter », explique Nick Stripe, responsable de l’analyse sanitaire à l’ONS.

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