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Il y a 2500 ans, Zénon d’Elée a détruit le dualisme séparant et opposant la matière et le mouvement, l’espace et le temps…

lundi 6 avril 2026, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Il y a 2500 ans, Zénon d’Elée a détruit définitivement le dualisme séparant et opposant la matière et le mouvement, l’unité et la divisibilité, l’espace et le temps, et donné la victoire à la dialectique. En même temps, il a démoli d’autres thèses erronées comme la suprématie de la logique mathématique sur la science, le positivisme, la philosophie de la dichotomie (tout se divise en parties égales).

Les paradoxes de Zénon dévoilent plusieurs points fondamentaux erronés du fait des conceptions courantes, dualistes et non dialectiques, y compris celles des scientifiques, des mathématiciens et des philosophes, sur la matière, la lumière, le vide, l’énergie et le mouvement et qui nuisent à la compréhension du fonctionnement du monde…

Sur une quarantaine des paradoxes de Zénon, neuf seulement nous sont parvenus, leur auteur ayant été tué par le tyran, mais on continue aujourd’hui d’en débattre… Quarante démonstrations par le raisonnement « par l’absurde » que le monde est contradictoire au sens dialectique. Et le plus extraordinaire est que les scientifiques sont pour la plupart acharnés à démontrer qu’il n’y pas de contradiction et que le paradoxe est résolu. Deux méthodes opposées mènent au même résultat : les mathématiciens affirment que la continuité mathématique (avec les infiniment petits et la convergence des séries numériques) a résolu le problème et les physiciens affirment que la discontinuité physique (avec le rejet absolu des infinis, les quantités minimales dites de Planck et les quanta) a également résolu le problème ! Malheureusement pour eux, Zénon a réellement démontré quarante fois que le monde est inéluctablement contradictoire et que la contradiction est interne, qu’elle est profonde, qu’elle n’est pas une erreur ou une fausse interprétation ni un faux calcul, qu’elle touche tous les domaines de l’Univers : matière, énergie, lumière, espace, temps, mouvement…

Certains ont eu encore plus de facilités à battre Zénon puisqu’ils combattent des fausses opinions qu’ils lui attribuent. Il est souvent affirmé que Zénon et Parménide (dont il était l’élève) défendaient des opinions ridicules comme nier l’existence du mouvement ou encore nier l’existence du temps ou de l’espace ou encore de la matière ou de l’esprit. Ce sont les polémiques virulentes contre ces deux auteurs qui expliquent ce type de calomnies. Car Zénon et Parménide dérangeaient et dérangent toujours les penseurs en attaquant leur philosophie ou leur absence de philosophie. Les scientifiques et les mathématiciens prétendent souvent n’avoir besoin d’aucune philosophie. Zénon démontre que cela est faux et cela les dérenge considérablement.

Que voulait vraiment dire Zénon par ces paradoxes : eh bien que le monde est paradoxal et n’esr pas du type de la logique sans contradiction… Lire ici :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6733

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement

https://remacle.org/bloodwolf/livres/gomperz/chap8.htm

https://www.philo5.com/Textes-references/ZenonD%27Elee_LyceeInternational.htm

Un autre mode de critique de ces auteurs consiste à dire : Zénon ignorait les mathématiques de l’infini et la physique sans infinis, sinon il aurait vu qu’il n’y a aucune contradiction dans ses exemples. Mais ce n’est pas la question car Zénon ne se demande pas si, dans un univers de la pensée (qu’elle soit mathématique ou mythique) le paradoxe pourrait être résolu. Il demande si, dans le monde réel, les choses fonctionnent réellement comme cela et la quesiton comme la réponse seront dès lors très différentes.

Bien sûr, une longueur réelle peut s’écrire avec une infinité de chiffres après la virgule mais la matière, le temps ou l’espace, eux, n’ont aucun infini, ni infiniment petits ni infiniment grands.

Au-delà des fausses polémiques, il y a des réponses à Zénon des philosophes, des mathématiciens et des physiciens qui croient souvent être capables de résoudre le paradoxe. Voyez leurs arguments :

https://www.youtube.com/watch?v=q_I1UPvAwxk

https://www.youtube.com/watch?v=wugLVYYxwMU

https://www.youtube.com/watch?v=whr5K3q3kF8

https://www.youtube.com/watch?v=kkgaMxz-OzI

https://www.youtube.com/watch?v=zkonP4lWopQ

https://www.youtube.com/watch?v=Gc3eJ8V-mAs

https://www.youtube.com/watch?v=s7x5ldBzorc

https://www.youtube.com/watch?v=vPTfFIn621U

https://www.youtube.com/watch?v=SMPid7Sh0EE

https://www.youtube.com/watch?v=ByBgNxK9QPk

https://www.youtube.com/watch?v=Gfci1UTuxCA

https://hal.science/hal-04866169v1/file/Zenon_La%20Recherche_M%20Mitov.pdf

Le simple fait que les uns disent « on a compris comment supprimer les paradoxes de Zénon, le monde est exclusivement continu » et les autres affirment « on a compris comment supprimer les paradoxes de Zénon, le monde est exclusivement discontinu », montre bien le caractère contradictoire du monde. Quant aux autres, généralement des philosophes, ils disent : « on a compris Zénon, il a raison, on ne peut pas supprimer ses paradoxes parce que le monde est trop difficile à comprendre pour l’esprit humain ». Et ce n’est pas non plus ce que Zénon voulait dire qui affirmait que la dialectique peut parfaitement comprendre les contradictions réelles du monde…

Zénon soutient les thèses de Parménide

Rappelons que le but de Zénon était de défendre la conception de Parménide contre ses détracteurs. Et Parménide, lui, défendait l’unité du monde contre tous les dualismes.

Platon attribue à Zénon ces propos :

« Tu n’as pas vu, dit Zénon à Socrate, que mon ouvrage n’a pas de prétention, qu’il n’a pas été composé dans l’intention que tu supposes, et que je ne fais point mystère de ce qu’il renferme, comme si c’était quelque chose d’extraordinaire. Mais tu as bien vu que c’est une défense de Parménide contre ceux qui l’attaquent par des plaisanteries, prétendant que si l’Être est un, il en résulte beaucoup de conséquences ridicules et contradictoires. Mon livre répond aux partisans du multiple : il leur rend la pareille, avec usure, et fait voir qu’il résulte des conséquences encore plus ridicules de l’hypothèse du multiple que de celle de l’unité, si on l’examine attentivement. C’est pour soutenir cette dispute que je l’ai écrit dans ma jeunesse : on me l’a dérobé, et je n’ai pu délibérer s’il fallait le publier ou non. Tu te trompes donc, Socrate, en croyant que je n’ai pas écrit cet ouvrage dans ma jeunesse par amour de la dispute, mais par ambition dans un âge avancé. »

Les philosophies de Zénon et Socrate :

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366

Les prédécesseurs de Parménide voyaient des dieux dans le ciel dont les actes snt censés expliquer ce qui se passe sur la Terre. C’est à ce type de conceptions, qu’il appelle « opinion », que Parménide oppose « la vérité », qui, selon lui, est à la fois scientifique et philosophique (observation et raisonnement).

Maurice Sachot explique que le poème « De la nature » propose en pur « physicien » une théorie générale qui permette à la fois de sauvegarder et de concilier la permanence du monde et le changement non moins permanent de tout ce qui est, problème auquel se heurtaient ses devanciers et contemporains. Il expose dans la première partie du Poème les règles épistémiques auxquelles toute connaissance du réel doit se soumettre pour prétendre à quelque vérité. Ce qui fait de lui le fondateur de l’épistémologie. Dans la seconde partie, l’Éléate présente sa propre conception du monde (sa doxa), en proposant un modèle théorique d’interprétation, qu’il nomme diakosmos, « transmonde », et dont la métaphore clé est la reproduction sexuée. Ce qui fait également de lui le père de la science au sens moderne du mot.

Parménide conçoit, ainsi qu’ils l’avaient fait, l’univers comme sphérique et composé de zones concentriques ; il admet que la sphère intérieure et la sphère extérieure sont formées du même élément. Il défend l’opinion que tout résulte du mélange de deux éléments contraires.

Parménide rejette les dualismes corps/âme, terre/ciel, etc…

Parménide : « On a constitué pour la connaissance deux formes sous deux noms : (c’est une de trop, et c’est en cela que consiste l’erreur) ; on a séparé et opposé les corps, posé et distingué les limites ; d’une part le feu éthérien, la flamme bienfaisante, subtile, légère, partout identique à elle-même, mais différente de la seconde forme ; d’autre part, celle-ci, opposée à la première, nuit obscure, corps dense et lourd. »

https://fr.wikisource.org/wiki/La_Physique_de_Parm%C3%A9nide

La philosophie de Parménide, c’est la dialectique de l’un et du mutliple

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6562

Parménide, raconté par Platon :

https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/parmenide.htm

La pensée de Parménide :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Parm%C3%A9nide

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458

http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3653

Que voulaient démontrer les paradoxes de Zénon ?

Pourquoi les paradoxes de Zénon sont-ils une réponse aux critiques contre Parménide ? Parce qu’ils démontrent le caractère intrinsèquement et dialectiquement contradictoire du monde réel au-delà de l’apparence de non-contradiction du monde de la pensée et notamment des mathématiques. Ceux qui polémiquaient avec Parménide lui reprochaient d’avoir une pensée contradictoire. Zénon démontre que la contradiction est interne à la réalité.

Proclus dans « Commentaires du Parménide » :

« Il (Zénon) écrivit un livre, dans lequel il montrait de merveilleuse façon, que pour ceux qui supposent la pluralité des choses, il ne s’ensuit pas moins de difficultés que celles dont (lui semblait-il) sont assaillis les partisans de l’unité de l’être. Et en effet il montra qu’une même chose serait semblable et dissemblable, égale et inégale, et qu’il y aurait un anéantissement absolument complet de l’ordre du réel et une confusion incohérente de toutes choses. »

Diogène Laërce rappelle, dans « Vies, doctrines et sentences des philosophes », que Zénon ne se contentait pas de science et de philosophie. Comme Socrate, il fait de la politique :

« Ayant entrepris de renverser le tyran Néarque (d’autres disent Diomédon), il fut arrêté […]. Interrogé sur ses complices et sur les armes qu’il avait fait livrer à Lipara, il cite les noms de tous les amis du tyran, dans l’intention de l’isoler des siens. Ensuite, sous prétexte de révélations confidentielles sur certaines personnes, il mordit cruellement le tyran à l’oreille et ne lâcha prise que blessé mortellement […]. À la fin, il trancha sa propre langue avec ses dents et la lui cracha au visage. »

Avant de chercher le rapport entre la philosophie de Zénon et sa politique, rappelons les thèses fondamentales des paradoxes de Zénon :

1°) On ne peut pas diviser à l’infini

On ne peut pas diviser une matière, un temps ou un espace en une infinité de parties. Donc tout n’est pas divisible. Mais si quelque chose n’est pas divisible, il n’a pas de parties. Tout n’est donc pas constitué de parties. Et cela qu’il s’agisse de parties de la matière, du temps ou de l’espace et même de l’énergie ou de la quantité de mouvement. Il n’y a pas d’infiniment petits.

2°) Le tout et les parties sont inséparables et ne fusionnent pas

Le monde (la matière, le temps et l’espace) n’est donc pas fondé sur des éléments indivisibles mais, quand on les divise, ils ne cessent pas pour autant de faire partie d’un tout. Les éléments sont inséparables de l’ensemble et l’ensemble de ses éléments. Ils se contredisent donc tout en étant unis inélutablement. Le tout n’est finalement ni la somme des parties ni autre chose que constitué par les parties.

3°) La matière et le mouvement sont en contradiction dialectique

Le mouvement d’un objet (considéré comme immobile si on ne lui donne pas d’énergie) n’est pas une contradiction diamétrale ou, sinon, l’objet ne bougera jamais…

4°) Le passage de la quantité à la qualité est un saut et non un passage continu.

5°) Il faut rejeter tous les infinis de la Physique

6°) En observant sans cesse, on perturbe la dynamique.

On ne peut pas mesurer à chaque instant la position d’un objet en mouvement, au risque de figer l’objet.

7°) Espace, temps, matière, mouvement contiennent en eux-mêmes leurs propres contradictions sans quoi l’univers serait impossible… Le paradoxe est irréductible car il est inhérent à la réalité et pas à notre compréhension de celle-ci.

8°) La contradiction entre le ponctuel et le continuum est irrédutible et pourtant ils sont inséparables et indispensables l’un à l’autre dans la réalité. Toute réalité doit donc être un composé des deux. D’où la « complémentarité » onde/corpuscule de la Physique quantique.

Comment la Physique quantique reprend la dialectique de Zénon à sa manière…

Qu’y a-t-il de dialectique dans la Physique quantique ?

Tout d’abord, remarquons que les physiciens ne le savent le plus souvent pas…

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629

Et pourtant, on retrouve partout la dialectique dans toutes les innovations de la Physique quantique par rapport à la physique dite classique…

Onde et corpuscule, voilà la double image de la matière et de la lumière, ainsi que du vide, double et parfaitement contradictoire, une onde ayant des caractéristiques tout à fait opposées à un corpuscule. Ce couple de contraires est tout à fait inséparable puisque la particule n’est pas tantôt onde tantôt corpuscule mais toujours les deux à la fois quand sa dynamique n’est pas arrêtée par l’observation qui, elle, au contraire, ne peut détecter que l’un des deux. Deux mondes incompatibles et inéluctablement attachés, indispensables l’un à l’autre, voilà bel et bien la dialectique. Et ce n’est pas le seul point à remarquer. On peut en dire autant de l’attraction et de la répulsion, ou encore de la contraction et de l’expansion, de l’électricité positive et négative, de la matière et de l’anti-matière, de la matière et de l’énergie, de la matière et du vide, du virtuel et du réel, etc.

Est-ce que ces opposés ne le sont que pour la forme ? Est-ce que ce choix de dire qu’il s’agit d’une dialectique est bien une constatation scientifique ? Examinons l’attraction entre deux particules. Les deux s’attirent, s’approchent puis arrivent à une distance petite où… elles se repoussent. Examinons l’électricité positive d’une particule. Elle attire une particule d’électricité négative jusqu’à une proximité telle qu’elle la repousse étant négative à ce stade puis, alternativement, ses couches sont positives et négatives alternativement. C’est ce que la Physique quantique appelle « l’écrantage de la charge » par le nuage de couples particule-antiparticule virtuels. Ces couples sont eux-mêmes des manifestations dialectiques de la Physique quantique. En effet, ce sont des opposés qui restent acouplés tant qu’ils existent, c’est-à-dire pendant un très court laps de temps. Les couples de contraires foisonnent dans la Physique quantique. On peut encore citer le couple bosons/fermions et matière/lumière. Deux matières n’ont aucun contact entre elles sans interagir via la lumière. Pourtant matière et lumière sont des opposés comme boson et fermion. L’attraction devrait amener les fermions (matière) à s’écraser les uns sur les autres mais la répulsion de l’énergie (bosons) les en empêche (principe de Pauli). Les bosons et les fermions obéissent à des logiques apparemment diamétralement opposées et pourtant… Pourtant, les fermions ne peuvent communiquer entre eux que via des photons émis et absorbés. Pourtant, les bosons, eux, ont besoin des fermions pour être émis. Et deux fermions peuvent se choquer pour donner fermion et antifermions. Deux fermions qui se choquent peuvent donner deux bosons. Des fermions corrélés deviennent un boson. Etc, etc… Bosons et fermions sont inséparables et interdépendants tout en ne cessant jamais d’être contradictoires… Dialectique, on vous dit !!! Autre manifestation de cette dialectique : la matière se contracte en étoiles, galaxies, amas de galaxies, etc., et elle s’étend (expansion de l’Univers). L’expansion et la contraction sont l’intérieur même du phénomène universel à toutes les échelles. A petite échelle, la gravitation est contraction et le principe de Pauli est répulsion. A grande échelle, l’étoile est un couplage d’attraction et de répulsion. L’attraction a donné une masse suffisante pour créer les conditions des températures et de pression qui lancent les réactions nucléaires et engendrent le flux d’énergie qui, lui, est expansif. D’où l’équilibre momentané de l’étoile (un composé dialectique de contraction et d’expansion). Le temps et l’espace, voilà encore un couple dialectique ! A petite échelle, ce caractère dialectique est parfaitement décrit pas les inégalités d’Heisenberg (appelées aussi principe d’Heisenberg) qui disent que, plus on cherche à renfermer une particule dans un volume restreint, plus elle met d’énergie pour en sortir. Encore la dialectique la contraction/expansion et de l’attraction/répulsion.

En philosophie des sciences, on en revient toujours à Zénon… mais l’effet Zénon existe-t-il en sciences ?

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695

Les paradoxes de Zénon, la dialectique de Hegel et la physique quantique

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371

L’effet Zénon quantique

https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique

Toutes les affirmations de Zénon sont aujourd’hui parmi les bases fondamentales universellement reconnues de la Physique quantique et de la Philosophie dialectique…

Le possible de la particule quantique est une onde et l’actuel est un corpuscule. Dans la réalité, les deux coexistent contradictoirement et inséparablement.

L’expérience des fentes de Young en est l’une des éclatantes manifestations.

Zénon n’avait pas anticipé le vide quantique mais il avait perçu l’impossibilité d’un monde matériel tel que le bon sens nous le décrit. Le commun des mortels peut affirmer : « mais oui, Achille dépasse la tortue », « mais oui, un tas de construit progressivement », « mais oui, la flèche atteint sa cible », etc. Pourtant, Zénon a raison, avec une vision continuiste, figée, non contradictoire de la réalité, c’est impossible…

Mais oui, la particule élémentaire passe par une seule fente. On le sait en observant son passage. Pourtant, elle passe par les deux fentes. On le sait parce que sa probabilité de présence, si on n’effectue pas de mesure à la sortie d’une fente, nous le dit. Et la particule est élémentaire cependant, au sens insécable. La particule est un exemple parfait des thèses de Zénon : insécable mais fondée sur une quantité d’autres particules (les couples éphémères de particules et anti-particules du vide quantique qui fondent le nuage de polarisation de la particule).

Oui, une particule est bien située en un point mais en même temps étendue dans un espace (celui du nuage). Mais elle ne voyage pas d’un point à un autre infiniment proche. Elle saute en un point éloigné. Puis elle recommence. Le point « suivant » n’est pas dans la continuité du précédent à la manière de deux nombres qui se suivent, qu’ils soient entiers ou rationnels. Il n’y a pas de trajectoire de la particule élémentaire. Et le saut semble purement aléatoire. On va voir qu’il ne l’est pas en réalité. Mais il est probabiliste et c’est la probabilité qui obéit à une loi quantique.
La particule matérielle (site réelle) n’existe pas seule, elle se déplace en étant sans cesse entourée de ce nuage (appelé nuage de polarisation) constitué de couples de particules et d’antiparticules dites virtuelles et qui existent bel et bien. Ces couples s’organisent de manière qu’une particue chargée soit entourée de corpuscules virtuels formant des couches chargées alternativement positives et négatives qui écrantent la charge de la particule de masse. La particule a une masse qui est portée par l’énergie d’un boson de Higgs qui saut d’une particule virtuelle à une autre. C’est pour cela que la propriété de « particule réelle) peut être portée par n’importe laquelle des particules virtuelles du nuage. D’où le fait qu’il devient ainsi un « nuage de probabilité de présence ». C’est aussi ainsi que la particule, bien que ponctuelle, peut occuper tout un espace sans pour autant occuper tous les points de l’espace… Voilà l’origine réelle des propriétés philosophiques soupçonnées et démontrées de manière géniale par Zénon il y a 2500 ans…

Eh oui ! Zénon a raison ! Il n’existe pas de particule ni d’objet matériel au repos et qu’on met en mouvement. Le mouvement est inhérent à la matière. Ensuite, il a raison : il n’existe pas de particule qui soit en un seul point mais toutes les particules et les composés d’un petit nombre d’entre elles sont dans un nombre important de points constituant un nuage. La particule ne passe pas d’un point à un autre. C’est le nuage de points qui se déplace. Les trajectoires continues n’existent pas. Il n’existe pas davantage de temps et d’espace continus. Les infiniment petits, si pratiques en mathématiques, n’ont pas de réalité physique. La dichotomie à l’infini n’est pas possible. Encore bravo Zénon !

Conclusion : les paradoxes de Zénon font la démonstration par le raisonnement que le monde est contradictoire de manière dialectique, que la négation est interne à la réalité et que c’est elle qui entraine la dynamique, la contradiction réelle étant le moteur de la nature.

Lire aussi :

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1688

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3165

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1710

Messages

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    Hegel dans son "Cours d’histoire de la philosophie" :

    « Dans la conscience de Zénon, la simple pensée immobile disparaît et devient mouvement pensant ; en luttant contre le mouvement sensible il le donne à sa pensée. Que la dialectique ait en premier lieu attaqué le mouvement s’explique précisément par le fait que la dialectique elle-même est ce mouvement, en d’autres termes que le mouvement est lui-même la dialectique de tout l’existant. En tant qu’elle se meut, la chose est à elle-même sa dialectique ; dans le mouvement elle devient son autre, se dépasse. Aristote a écrit que Zénon a nié le mouvement parce qu’il contient une contradiction interne. Il ne faut pas interpréter cela comme la négation de l’existence du mouvement (...) Que le mouvement existe, que ce phénomène soit - cela ne peut être mis en question ; pour la certitude sensible le mouvement existe (...) Zénon n’a jamais eu l’idée de nier le mouvement dans ce sens-là. Ce qu’il s’agit de saisir, c’est sa vérité ; or, pour Zénon, le mouvement est non-vrai, parce qu’il est contradictoire... l faut de même comprendre les autres arguments de Zénon, non comme objections contre la réalité du mouvement, comme ils apparaissent à première vue, mais comme mode nécessaire de détermination du mouvement. ... Telle est donc la dialectique de Zénon. Il a saisi les déterminations contenues dans notre idée du temps et de l’espace ; il les a eues dans sa conscience et il y a montré la contradiction... La dialectique de Zénon a un sens plus objectif que la dialectique moderne. »

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