Accueil > 16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - > Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?"
Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?"
samedi 28 février 2026, par ,
Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?"
Le social-impérialisme de Blum contre le socialisme prolétarien de Lénine
"Que faire ?" fut écrit par Lénine dans sa lutte contre la tendance bourgeoise des partis socialistes autour de 1900. "Comment faire" est le document écrit par J-L Mélenchon, en référence et contre "Que faire ?". Mélenchon n’y fait que mettre à jour Le socialisme réformiste français, écrit en 1903 par le père du réformisme français, Alexandre Millerand, alors ex-ministre et futur président de la République, bref le modèle de Mélenchon, tout comme Léon Blum et Mitterrand.
Lénine, à la suite de Marx, défendait la perspective de la dictature du prolétariat. Mélenchon la récuse, il est honnête. L’assassinat gratuit de Quentin D. à Lyon, tout comme l’organisation « Jeune Garde » et le mouvement "antifa" n’ont rien à voir avec le prolétariat, encore moins avec sa dictature.
Or, c’est le contraire que prétendent l’aile gauche des organisations syndicales, l’extrême-gauche opportuniste (LO, les NPAs, RP), qui appellent la classe ouvrière à "défendre Mélenchon contre l’extrême-droite", à faire de la "lutte antifasciste" l’urgence du moment ... en se contentant de voter pour eux, sans évoquer à l’armement du prolétariat.
L’offensive politique "réactionnaire" qui peut le plus faire baisser le niveau de conscience du prolétariat, c’est cette union sacrée réformiste autour de LFI et de son annexe la JG, au nom de la lutte antifasciste.
Mélenchon, l’héritier de Blum
A destination des militants de son mouvement, J-L Mélenchon fait régulièrement de remarquables Referat (mot allemand qui veut dire "exposé" avant un débat, pratique popularisée par la social-démocratie allemande), notamment devant l’assemblée du POI, une des composantes de l’extrême-gauche opportuniste qui cautionne LFI en lui offrant une aile (faussement) "trotskiste".
Les Referat de Mélenchon sont remarquables non par leur contenu, mais du fait que rendus publics, ils sont des indices donnés à la bourgeoisie française : voilà ce que je compte vraiment faire, vous pouvez donc me faire confiance.
La mort de Quentin D. où l’organisation la Jeune garde (JG) est impliquée, a mérité que le Referat du 19 février 2026 lui soit consacré. JL Mélenchon a le mérite d’être clair : sa référence est Léon Blum, qui en 1920 au Congrès de Tours, à la dictature du prolétariat, point essentiel du programme marxiste, opposa la possibilité de conquête du pouvoir par des "moyens légaux". Légal veut dire bien sûr en accord avec ce que permet la bourgeoisie.
L’analyse de ce Referat démontre que tous les partis à gauche de Mélenchon appartiennent de faccto au "mouvement" de JL Mélenchon.
Car celui est clair également au point de vue organisationnel : LFI n’est pas un parti, c’est un mouvement à but purement électoral, qui rassemble sous forme "fédérale" des individus ou partis qui gardent donc leur complète autonomie.
La Jeune Garde fait partie de LFI ? Oui, mais elle garde son entière autonomie, donc JL Mélenchon affirme à juste titre que formellement, la JG fonctionne de façon entièrement indépendante.... du point de vue de la légalité bourgeoise. JL Mélenchon n’a fait que reproduire en avec la GJ les rapports qu’entretiennent le PS et les Jeunes Socialistes. Les actions que la JG organise n’impliqueraient pas la responsabilité politique de la FI, thèse que reprend en creux l’extrême-gauche opportuniste.
JL Mélenchon lui-même est entré dans la FI à travers son parti, le "Parti de gauche", scission en 2008 du PS. JL Mélenchon n’a absolument rien à faire des idées, il veut seulement être Calife à la place du Calife, donc à quoi bon former un grand parti avec une ligne politique ? Mélenchon serait alors réduit à son minuscule Parti de gauche.
Le POI est donc par exemple de jure dans LFI, mais heureux de continuer à être appelé "parti trotskiste", par Mélenchon. Le POI est dans LFI pour les élections, et s’est vu récompenser d’un poste de député. Vous avez une organisation de gauche et ne savez pas quoi en faire ? Adhérez à LFI, vous aurez un poste en échange de services électoraux. Le NPA-A et RP ne rêvent que de cela.
LO et le NPA-R sont de leur côté de facto dans le mouvement LFI, car ces partis ne font que participer aux élections politiques (et syndicales en cachette), à gauche du PS et de Mélenchon, mais en reniant de facto la dictature du prolétariat. Or le seul point précis du programme de Mélenchon est celui-là : pas de dictature du prolétariat.
LFI et ses satellites volontaires (NPA-A, POI) ou réticents, (NPA-R, LO) forment ce qu’on appelle la gauche de la social-démocratie bourgeoise. Leur différence avec le PS est qu’ils se prétendent collectivistes ... sur le papier. Le collectivisme par les élections, c’est leur programme !
A propos des élections, LFI proclame : nous ne faisons que ça car nous ne voulons rien faire d’autre ! L’extrême-gauche opportuniste (LO, NPA-R, RP) proclame : nous ne faisons que ça car nous ne pouvons rien faire d’autre. Aucune différence, si ce n’est que cette extrême-gauche est électoraliste "a l’insu de son plein gré".
La bourgeoisie n’a pas besoin d’un parti pour instaurer le fascisme, elle contrôle l’Etat
Le "fascistes" comme les "antifas" participent à la fascisation de l’Etat.
Les trois flèches de LFI et de la JG : le logo de la SFIO coloniale anticommuniste qui gouverna avec le Maréchal Pétain du 16 juin au 10 juillet 1940
La SFIO défendit depuis 1914 avant tout les intérêts de la bourgeoisie française. Le dernier gouvernement de la IIIème République (du 16 juin au 10 juillet 1940) a pour chef de cabinet (premier ministre) le Maréchal Pétain, et deux ministres de la SFIO, le parti aux trois flèches, logo repris par la JG :
André Rivière est ministre des colonies (attention, un colonialisme sûrement "anti-fasciste" !), ex-ministre du Front populaire. Le 23 juin 1940 (5 jour après le fameux discours de de Gaulle), Albert Février, alors ministre socialiste du Travail et de la Santé publique, obtient une promotion, héritant du portefeuille des Transmissions en plus de ses attributions précédentes. La lutte anti-fasciste paye !
Un autre ministre classé "divers gauche" dans ce gouvernement Pétain est François Darlan qui en 1941 sera à l’initiative de la création du Commissariat général aux questions juives, dont la direction est confiée à Xavier Viallat :
Ces "antifascistes" gouvernent avec Darlan !
On trouve même un des pères fondateurs de la future Europe :
Qu’est-ce que la démocratie bourgeoise d’hier et d’aujourd’hui ? Ce gouvernement Pétain en est le concentré !
Il ne faut pas croire que ce soit un "accident". Début 1939, Pétain avait été nommé ambassadeur en Espagne avec les compliments de Léon Blum qui affirma à son propos " le maréchal Pétain est le plus noble, le plus humain de nos chefs militaires". Un autre ami commun de JL Mélenchon et de Pétain, c’est bien sûr François Mitterrand. Le concept de "gauche rupture" porté par LFI est inspiré du célèbre discours de 1971 : "Celui qui n’accepte pas la rupture...avec la société capitaliste, il ne peut pas être adhérent du Parti Socialiste"
"Le pays repousse la révolution dans le désordre et la confusion", disait Pierre Mauroy, inspirant Mélenchon au même titre que Blum.
C’est cette social-démocratie de l’union sacrée, de la Françafrique, dont LFI et ses sbires de la GJ sont les héritiers, et ils ne s’en cachent pas.
Voilà les exploits de nos sociaux-démocrates "anti-fascistes". Ils apportèrent leur soutien à Pétain dans le fauteuil du président du conseil, lui mettant le pied à l’étrier pour recevoir les pleins pouvoirs le 10 juillet. Avec le soutien des deux ministres SFIO A. Février et A. Rivière. Le fameux discours du 17 juin où Pétain annonce faire "don de sa personne à la France", et l’armée française à cesser le combat, fut prononcé par Pétain en tant que chef de ce gouvernement, avec la participation de la SFIO. Ordonner, aux côtés du Maréchal Pétain, aux militaires français d’arrêter les combats contre l’armée de Hitler, voilà leur dernier exploit gouvernemental !
Le PCF fut absent de ce gouvernement, car partisan de l’alliance de Staline avec Hitler (au nom de l’anti-fascisme), le PCF était emprisonné.
Les trois flèches, c’est le logo de la gauche bourgeoise colonialiste, anti-communiste, qui gouverna avec Pétain.
En mettant en avant Léon Blum dans son bréviaire "Comment faire ?", JL Mélenchon offre ses services à la bourgeoise française.
Pour ceux qui ne l’auraient pas compris du point de vue politique, le point de vue de économique est encore plus clair : JL Mélenchon, dans son Referat : la nouvelle donne internationale, annonce que les 5 banques françaises internationales n’ont qu’à vendre leurs bons du trésor américains, entrainant la ruine de USA !
Pas de Jeune garde en économie, domaine où la bourgeoisie n’aime pas qu’on plaisante. C’est le capital financier "français" incarné par ses grandes banques qui sera le fer de lance de la lutte contre les ennemis de la FI : le peuple et la nation des USA.
Car oui, pour JL Mélenchon, c’est la nation et le peuple américains dans leur ensemble qui sont "suprématistes". Et pour Mélenchon, le suprématisme, c’est le fascisme et réciproquement. Derrière la lutte contre le fascisme, c’est un patriotisme bourgeois français anti-américain que Mélenchon propose donc à la bourgeoisie française.
Quel bazar ! C’est celui de la social-démocratie française. Mais dans ce bazar, la ploutocratie française sait faire le tri, et si elle décide de faire passer l’Etat français à une politique fasciste, Mélenchon est prêt à lui rendre service.
Comment, nous faisons procès d’intention à Mélenchon, futur complice de l’extrême-droite ? Non pas du tout, car le fascisme, malgré les apparences, n’a pas grand chose à voir avec les partis d’extrême-droite des parlements. Certes en Italie en 1921, en Allemagne en 1933, Hitler et Mussolini apparaissaient comme les chefs de deux partis. Mais sans la décision des bourgeoisies d’Italie et d’Allemagne de passer au fascisme et au nazisme, le fascisme et le le nazisme n’auraient pas pris le pouvoir. Après sa prise du pouvoir en 1933, Hitler s’est débarrassé de l’aile plébéienne, anticapitaliste de son parti, les SAs, lors de la Nuit de longs couteaux dès 1934.
Ce n’est pas la montée électorale d’un parti d’extrême-droite qui mène au fascisme, c’est d’abord le passage de la démocratie bourgeoise au bonapartisme, puis du bonapartisme au fascisme :
« Un Parlement sans majorité, avec des ailes inconciliables, représente un argument évident et irréfutable en faveur de la dictature (...) Le bloc de la droite avec le centre impliquerait " la légalisation " de l’arrivée des nationaux-socialistes au pouvoir, c’est-à-dire fournirait la couverture la plus commode à un coup d’Etat fasciste. Le type de rapport de forces qui s’instaurerait au début entre Hitler, Schleicher et les dirigeants du centre, est un problème plus important pour eux-mêmes que pour le peuple allemand. Toutes les combinaisons politiques imaginables avec Hitler signifient l’absorption de la bureaucratie, de la justice, de la police et de l’armée dans le fascisme. »
Trotsky Octobre 1932
Une "couverture commode", voilà ce qu’était le parti de Hitler. N’eût-il pas existé, la bourgeoisie allemande l’eût inventée. Les amis allemands de Léon Blum, Ebert et Noske, créèrent les Corps francs en 1918. Mélenchon présente sa LFI à la bourgeoisie française : l’héritage de la SFIO de Blum. La SFIO n’a pas démissionné du gouvernement Pétain, c’est l’invasion de l’armée allemande qui a fait choisir aux deux ministres SFIO de voter les pleins pouvoirs au Maréchal. La gauche est prête à participer à un Etat fasciste. La Bataille d’Alger en 1957 fournit justement l’exemple d’un fascisme d’Etat, la guerre contre-insurrectionnelle, mis en place par la gauche elle-même, une génération avant le génocide franco-rwandais de 1994.
L’extrême-gauche, une autre "couverture commode" pour couvrir la marche de l’Etat français au fascisme
L’ « anti-fascisme » n’a rien à voir avec le seul programme marxiste du prolétariat luttant pour vaincre le fascisme : le front unique ouvrier, visant à démasquer les dirigeants réformistes, afin que la conscience de classe du prolétariat s’élève jusqu’à la compréhension de sa tâche historique : la dictature du prolétariat. La lutte n’a pas lieu entre les fascistes et les antifascistes, mais entre la bourgeoise et le prolétariat.
Au nom de la lutte contre le fascisme, les dirigeants de la gauche appellent aujourd’hui à "voter utile", en leur faveur, pour faire barrage à l’extrême-droite. Oubliées les augmentations de salaires, c’est "la liberté" qu’il faudrait défendre.
Démasquer JL Mélenchon et sa JG, l’extrême-gauche opportuniste fait tout le contraire alors que l’occassion s’est présentée. Notre discussion de la politique de JL Mélenchon est celle d’un de nos ennemis de classe, pas d’un membre de notre cercle de camarades, qui aurait tort, mais serait dans "notre camp".
Or des partis comme LO, NPA-R, RP, présentent Mélenchon comme un de leurs camarades. Prenons l’exemple du NPA-R. Son porte-parole Gaël Quirante est syndicaliste postier, il serait le mieux placé pour rappeler aujourd’hui comment le syndicaliste postier Albert Rivière, qui devint ministre du Maréchal Pétain.
Mais pour le NPA-R, les socio-démocrates Blum-Mélenchon ne sont plus des "socio-traitres", mais des "camarades de lutte, sincères", que leurs conseillers de l’extrême-gauche veulent détromper :
Pourtant, le NPA-R n’est, tout comme LO, pas pour la dictature du prolétariat, mais reprend le slogan du candidat Mitterrand de 1981, changer la vie :
Le programme économique du NPA-R est donc à droite de celui de Mélenchon, qui lui n’hésite pas à se dire clairement collectiviste dans ses Referat. Au niveau politique, le programme du NPA-R, comme celui de LO, est le même que celui de la FI : les élections bourgeoises. Certes officiellement le NPA-R comme LO ne croient pas aux élections, mais en pratique ces partis ne font que cela ! Ils sont contre les élections, pour la révolution, comme Bourvil était contre l’alcool, pour l’eau ferrugineuse.
Conclusion
La politique de l’extrême-gauche opportuniste est la même que celle du PC stalinien de 1932 dont la politique "antifasciste" ouvra la voie à Hitler : le renoncement à la politique de Front unique ouvrier. Car construire un parti révolutionnaire et attendre que les ouvriers deviennent conscients et y adhèrent, c’est un crime politique :
« La situation en Allemagne est comme faite exprès pour permettre au Parti communiste de gagner la majorité des ouvriers en un court laps de temps. Mais le Parti communiste devrait seulement comprendre qu’actuellement il ne représente encore que la minorité du prolétariat, et s’engager fermement sur la voie de la tactique du front unique. Au lieu de cela, le Parti communiste a fait sienne, une tactique que l’on peut résumer ainsi : ne pas donner aux ouvriers allemands la possibilité ni de mener des luttes économiques, ni d’opposer une résistance au fascisme, ni de saisir l’arme de la grève générale, ni de créer des Soviets, tant que le prolétariat ne reconnaîtra pas à priori le rôle dirigeant du Parti communiste. Les tâches politiques sont ainsi transformées en ultimatum. »
Trotsky, 1932.
Messages
1. Comprendre et combattre le fascisme : "Que Faire ?" ou "Comment faire ?", 28 février, 01:37, par Milan
.
.
Hausse des violences physiques et sexuelles en France en 2025, avec 473 000 victimes de violences physiques...
Une société soi-disant préoccupée de lutter contre les discriminations faites aux femmes et qui laisse la violence s’installer et se développer...
La société française conserve à tout prix son caractère réactionnaire, colonialiste, raciste, fasciste et le sexisme, le machisme, le virilisme, la domination et les violences des hommes en font partie...
Oui, les crimes contre les femmes font partie d’un fond fasciste jamais complètement dénoncé, ni réprimé, ni abandonné...