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La guerre se paie par la mort et... à la pompe !
vendredi 3 avril 2026, par
La flambée des carburants, mars 2026 : la guerre se paie à la pompe — et quelqu’un encaisse !
## Les faits
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël déclenchaient l’opération "Lion rugissant" contre l’Iran. Le détroit d’Ormuz est fermé. Le baril de Brent passe de 70$ à 120$ en dix jours. Le gazole passe de 1,72 à 2€/L, avec des pointes à 2,71€. Pour un travailleur qui fait deux pleins par semaine, c’est 20 à 25 euros de plus par mois — sur un salaire qui n’a pas bougé.
Le 12 mars, l’adjudant-chef Arnaud Frion, 7e chasseurs alpins, est tué par un drone à Erbil, au Kurdistan irakien. Premier mort français. Zéro débat parlementaire. Le gouvernement dit : « La France n’est pas en guerre. » TotalEnergies était à +8% en Bourse le même jour.
Voilà les faits. Maintenant, les questions que personne ne pose.
## Ormuz : l’écran de fumée
NPA-Révolutionnaires et la plupart des commentateurs expliquent la flambée par le blocage du détroit d’Ormuz. C’est vrai — en partie. Mais voilà ce qu’ils ne disent pas :
80% du pétrole qui transite par Ormuz va en Asie. La Chine et l’Inde à elles seules reçoivent 44% des livraisons. L’Europe n’en tire que 4%. Nos fournisseurs sont les États-Unis, la Norvège, le Kazakhstan, la Libye.
Alors pourquoi le gazole flambe-t-il à 2,70€ en France ? Parce que le pétrole est coté sur un marché mondial spéculatif. Quand Ormuz est bloqué — même pour de l’huile qui ne nous était pas destinée — le prix mondial s’envole. La France paie la flambée spéculative d’un marché dont elle n’est pas le principal client.
L’argument d’Ormuz, juste techniquement, devient un écran de fumée politiquement. Il naturalise la hausse comme mécanique et inévitable. Il occulte la question centrale : **qui encaisse ?**
## Qui encaisse : le surprofit de guerre
Les associations de consommateurs ont fait le calcul. La marge brute des raffineurs sur le gazole est passée de 12,7 centimes par litre en février à 25,7 centimes début mars. Le double en quelques jours. Ce doublement n’est pas imposé par le prix du brut. C’est une politique tarifaire délibérée : quand les marchés s’affolent, les raffineurs captent plus que ce que la situation justifie.
TotalEnergies se présente en sauveur en « gelant » ses prix à 2,09€/L le gazole. Rappel : le gazole était à 1,72€ fin février. Le « gel » fige les prix *au-dessus* du niveau pré-guerre. Ce n’est pas un sacrifice : c’est verrouiller un plancher élevé tout en se faisant applaudir.
TotalEnergies a engrangé 60 milliards d’euros de bénéfices nets entre 2022 et 2025. Pendant ce temps, la consommation alimentaire des ménages a baissé de 11% en volume. Le peuple travailleur mange moins. Les actionnaires doublent leurs dividendes.
Et la marge nette réelle de chaque raffinerie, de chaque dépôt ? Personne ne le sait. Parce que personne n’a accès aux livres de comptes.
## La guerre est dans ce litre de gazole
La France n’est pas spectatrice du conflit en Iran. Les ravitailleurs KC-135 basés à Istres décollent pour soutenir les frappes. 5 100 militaires français sont déployés dans la région. La base d’Abu Dhabi a été installée dans le cadre d’accords incluant des concessions pétrolières pour TotalEnergies. En Irak, TotalEnergies exploite le gaz et le pétrole dans le sud du pays — la présence militaire française garantit ces contrats. Quatre des cinq principaux clients de l’armement français sont des États du Moyen-Orient. Armement contre contrats pétroliers : c’est la « diplomatie du Rafale ».
La TICPE intacte finance le budget militaire. TotalEnergies — dont l’État est actionnaire indirect — encaisse la rente. Le peuple travailleur paie à la pompe le carburant des KC-135 qui décollent d’Istres.
Ce n’est pas une coïncidence de calendrier : c’est la logique de l’économie de guerre impérialiste. On ne peut pas lutter contre la flambée des prix sans lutter contre la guerre qui la provoque. Et on ne peut pas lutter contre la guerre sans s’attaquer à l’impérialisme français qui y participe.
## Les fausses solutions — et pourquoi le blocage des prix est une impasse
**Le RN** veut baisser la TVA à 5,5% sur les carburants. Qui garantit que Total ne remonte pas ses prix d’autant, empochant la différence ? Personne. Aubaine de milliards pour les pétroliers, 20 milliards de trou dans le budget — récupérés sur les services publics et les retraites.
**LFI, la CGT confédérale, FO** convergent vers la même revendication : bloquer les prix, encadrer les prix, geler les prix — par décret de l’État. Il faut dire clairement pourquoi ça ne marchera pas.
Le prix du gazole à 1,72€ le 27 février — *avant* la guerre — contenait déjà les marges de raffinage de TotalEnergies, la spéculation, la TICPE, la TVA. Ce n’était pas un prix juste : c’était déjà le prix de l’exploitation. Demander le retour à 1,72€, c’est demander le retour à un niveau de pillage « acceptable ». C’est dire aux travailleurs : avant la guerre, on vous volait normalement — on demande juste qu’on vous vole comme avant.
Et même si un gouvernement décrétait le blocage — sous la pression de la rue — qu’est-ce qui se passerait ? Exactement ce qui s’est passé chaque fois dans l’histoire. La Convention en 1793 a décrété la loi du Maximum sur le prix du pain. Résultat : marché noir, pénuries organisées, contournement systématique par les négociants. On pouvait guillotiner les accapareurs — on ne pouvait pas abolir par décret les lois du marché capitaliste. En 2026, les raffineurs ne risquent pas la guillotine : ils créeront des pénuries artificielles, déplaceront leurs marges dans les filiales, factureront des « frais de transport » fictifs.
Le piège est plus profond. Le blocage des prix s’adresse à l’État — c’est-à-dire qu’il demande au patron de classe de réguler ses propres patrons. L’État français est actionnaire indirect de TotalEnergies. Il signe les contrats d’armement avec les pétromonarchies. Il touche la TICPE. Lui demander de bloquer les prix, c’est lui demander de s’opposer au capital qu’il sert. C’est confier au gardien du coffre-fort la mission de redistribuer son contenu. C’est la définition du réformisme.
**Le gouvernement Lecornu**, lui, fait contrôler les affichages de stations-service et attend que la guerre finisse. « La France n’a plus les moyens. » Elle a les moyens d’envoyer ses frégates dans le Golfe — pas les moyens de protéger ses travailleurs.
## Ce que disent LO, NPA-R et la CGT — et ce qu’ils évitent
**La CGT confédérale** demande à la « diplomatie européenne » d’agir et à la France de « s’appuyer sur l’ONU ». Pas un mot sur TotalEnergies en Irak. Pas un mot sur la base d’Abu Dhabi. Pas un mot sur la mort d’Arnaud Frion et le lien avec les 60 milliards de bénéfices de TotalEnergies. Pas un mot sur l’impérialisme français. Elle a demandé une réunion à Bercy. Elle a obtenu une réunion à Bercy. Résultat : des « engagements » des distributeurs. La CGT a demandé à l’État d’agir à sa place — c’est la définition du réformisme. Elle n’a pas appelé les raffineurs, les techniciens de dépôt, les agents de maintenance à constituer des comités d’audit.
**LO** dit que le PDG de Total « doit bien rire ». Juste. Mais sa réponse s’arrête à l’augmentation des salaires. Rien sur l’ouverture des livres de comptes. Rien sur l’échelle mobile des salaires articulée au contrôle ouvrier. L’augmentation des salaires sans contrôle sur les prix, c’est donner d’une main ce que TotalEnergies reprend de l’autre — et sans l’échelle mobile, c’est une victoire ponctuelle que l’inflation dévore en quelques mois. Rémy Bazzali, élu CGT-LO à Airbus Hélicoptères Marignane, dénonce « la guerre » dans les médias — mais les hélicoptères militaires sortent de ses ateliers et les KC-135 se ravitaillent à Istres, à quelques kilomètres. Le discours radical, la pratique de couverture.
**NPA-R** explique la flambée par Ormuz. Leur « anti-impérialisme » s’arrête aux frontières de l’impérialisme français. Ils dénoncent les frappes américaines — ce qui ne coûte rien dans l’opinion — mais aucune campagne contre les bases militaires françaises, contre les accords de défense avec les pétromonarchies. Ils ne dénoncent pas les 800 soldats français en Roumanie.
**LFI** pointe la responsabilité de Netanyahu, critique les méthodes de Trump — et s’arrête là. Elle ne nomme pas TotalEnergies comme bénéficiaire du choc pétrolier. Elle ne nomme pas l’impérialisme français. LFI n’est pas une organisation du mouvement ouvrier : c’est une formation de la petite bourgeoisie diplômée, héritière du radicalisme républicain, sans ancrage dans la production.
De la gauche gouvernementale à l’extrême gauche : personne ne nomme l’impérialisme français. Personne ne fait le lien entre Arnaud Frion et les 60 milliards de TotalEnergies. Le social-chauvinisme de 2026 n’a plus besoin de balcon — il opère par omission.
## Ce que nous construisons : l’ouverture des livres de comptes
La question que personne ne pose — ni LO, ni NPA-R, ni la CGT — est simple : **combien gagne réellement TotalEnergies sur chaque litre ?**
Personne ne le sait. Parce que les livres de comptes sont fermés. Les coûts réels de production, les marges par produit, les prix de transfert entre filiales — tout cela est le secret commercial de TotalEnergies. Et ce secret, c’est le voile qui cache le vol.
C’est précisément pour cela que la première revendication n’est pas un prix décrété par l’État, mais l’**ouverture des livres de comptes par des comités d’audit ouvriers** constitués dans chaque établissement.
L’ouverture des livres de comptes n’est pas une demande polie de transparence. C’est un acte révolutionnaire. C’est une incursion directe dans la gestion du capital. C’est le moment où les travailleurs cessent de demander et commencent à prendre — pas encore le pouvoir, mais le savoir qui précède le pouvoir.
Raffineurs, techniciens de dépôt, laborantins, agents de maintenance : vous êtes à l’intérieur. Vous avez accès — ou pouvez l’exiger — aux données de production, aux coûts réels, aux marges. Organisez vos comités d’audit. Calculez et publiez la marge de profit réelle par litre. Si TotalEnergies refuse l’accès, ce refus est déjà une preuve. Si elle accepte, le vol est exposé.
Ce principe vaut pour l’agro-alimentaire — Lactalis, Danone, la grande distribution. Les travailleurs des usines et entrepôts ont accès aux données de marge. Publiez l’écart entre le prix payé au producteur et le prix en rayon.
## Ce qu’est le contrôle ouvrier — et ce qu’il n’est pas
Le contrôle ouvrier n’est pas un « droit de regard ». Ce n’est pas un siège au conseil d’administration. Ce n’est pas de la cogestion à l’allemande — où les syndicats s’assoient à la table du patron et avalent ses décisions.
Le contrôle ouvrier, c’est quand les travailleurs apprennent à diriger eux-mêmes la production. Le comité d’audit qui ouvre les livres de comptes ne demande pas un « droit de veto » — il fait l’apprentissage pratique de ce que le patron cache : comment fonctionne l’entreprise, d’où vient l’argent, où il va. C’est une école. L’école du pouvoir ouvrier.
La chaîne est simple : on ouvre les comptes — on comprend le mécanisme du profit — on voit que les décisions d’investissement, de production, de prix sont prises contre nos intérêts — on exige de les contrôler — et un jour on les prend. Le comité d’audit d’aujourd’hui prépare le conseil ouvrier de demain. C’est le pont entre la revendication quotidienne et la révolution — exactement ce que Trotsky appelait les revendications transitoires.
Chaque incursion dans la gestion du capital pose la même question : pourquoi est-ce le patron qui décide, alors que c’est nous qui produisons ? Et chaque réponse honnête à cette question conduit au même endroit : l’expropriation.
## L’échelle mobile des salaires : la protection permanente
L’inflation cumulée a atteint +13,6% entre janvier 2022 et mai 2024. Le salaire net réel moyen a perdu 3,5% depuis 2017. Aujourd’hui le gazole flambe. Demain ce sera autre chose. Le problème n’est pas un prix — c’est l’absence de protection permanente du salaire réel.
L’échelle mobile des salaires signifie ceci : les salaires s’ajustent automatiquement à la hausse des prix. Pas une prime ponctuelle. Pas une « revalorisation » décidée au bon vouloir du patron ou du gouvernement. Un mécanisme automatique : quand les prix montent, les salaires suivent.
Pourquoi c’est une revendication révolutionnaire ? Parce que le capitalisme ne peut pas la satisfaire durablement. Si les salaires suivent automatiquement les prix, le capitaliste ne peut plus reconstituer ses marges en comprimant le salaire réel. Il est contraint soit de réduire ses profits — ce qu’il refuse — soit de montrer que le système ne peut pas fonctionner autrement qu’en appauvrissant les travailleurs. L’échelle mobile est une démonstration permanente, par la pratique, que le profit capitaliste et le niveau de vie ouvrier sont incompatibles.
## La suppression des impôts indirects : la TVA et la TICPE
La TVA et la TICPE représentent environ la moitié du prix à la pompe. Ce sont des impôts indirects — c’est-à-dire des impôts qui frappent la consommation et non le capital. L’ouvrier et le milliardaire paient le même montant de TVA sur le même litre de gazole. C’est une machine à redistribution à l’envers.
Le Programme du Parti Ouvrier Français, rédigé avec la participation de Marx en 1880, posait déjà : « Abolition de tous les impôts indirects et transformation de tous les impôts directs en un impôt progressif sur les revenus dépassant un seuil défini. »
C’est notre position : suppression de la TVA et de la TICPE sur les carburants et les produits de première nécessité. Non pour offrir un cadeau aux pétroliers — mais liée à l’ouverture des livres de comptes et au contrôle ouvrier sur les marges. Remplacement par un impôt progressif et confiscatoire sur les revenus du capital.
## Les revendications
**Immédiates :**
— Ouverture immédiate des livres de comptes de TotalEnergies et des raffineurs par des comités d’audit ouvriers dans chaque établissement.
— Application de l’échelle mobile des heures de travail et des salaires.
**Transitoires :**
— Suppression de la TVA et de la TICPE sur les carburants et les produits de première nécessité, liée au contrôle ouvrier sur les marges. Remplacement par un impôt progressif et confiscatoire sur les revenus du capital.
— Confiscation de la totalité des profits de TotalEnergies et des groupes pétroliers, liée à l’ouverture des livres de comptes et au contrôle ouvrier sur la production. Les profits ne sont pas « excessifs » — ils sont le produit du vol organisé du travail. On ne prend pas le surplus : on prend tout.
— Annulation de la dette publique — contractée par l’État bourgeois pour financer les guerres et les cadeaux au capital.
— Gestion ouvrière des caisses de retraite, de Sécurité sociale et d’assurance chômage. Elles ont été construites par les cotisations du travail — elles doivent être gérées par les travailleurs.
**Horizon :**
Nationalisation ouvrière de TotalEnergies et du secteur pétrolier — sans indemnité, sous direction des travailleurs et des consommateurs. Prix fixés sur les coûts réels. Pas la nationalisation bourgeoise de 1981.
## Contre la guerre : retrait des troupes
Retrait immédiat de tous les militaires français de la région. Fermeture de toutes les bases militaires françaises au Moyen-Orient et en Afrique. Sortie de la France de l’OTAN. Rupture des accords de défense avec les pétromonarchies. Pas un sou, pas un soldat pour les guerres du capital.
L’appel à l’ONU pour mettre fin à une guerre impérialiste (de la part notamment de Mélenchon), c’est demander aux voleurs de rendre la clé du coffre. On ne demande pas à l’État impérialiste de protéger le peuple travailleur contre la guerre que cet État mène.
## Aux soldats, policiers et gendarmes du rang
Vous n’êtes pas nos ennemis. Vous êtes des travailleurs en uniforme. Vous êtes issus des classes populaires. Vos familles paient le gazole au même prix que les nôtres.
La distinction n’est pas entre « nous » et « vous ». Elle est entre le rang et le commandement. En 1917, des régiments français entiers se mutinaient — non pour trahir, mais pour refuser la boucherie. En décembre 2025, en Ariège, des gendarmes ont refusé de réprimer des manifestants. Les fissures existent.
Aux soldats de la base d’Istres : les KC-135 qui se ravitaillent sur votre base servent une guerre que vous n’avez pas décidée, pour des intérêts que vous ne partagez pas. Aux gendarmes envoyés contre des grévistes : les travailleurs en face de vous défendent des droits que vos propres familles ont intérêt à voir préservés.
Nous revendiquons : droit de syndicalisation réelle dans les forces armées, droit de refus d’ordre, comités du rang élus dans chaque unité.
## À la jeunesse
Le service militaire volontaire de Lecornu : 42 500 jeunes à 800 euros bruts par mois. Ce n’est pas du patriotisme — c’est le recrutement par la misère. 800 euros quand l’emploi stable est inaccessible, c’est une offre que l’État fait aux enfants des classes populaires.
Les « Classes Défense » se multiplient dans les lycées. Macron désigne l’école comme « fer de lance du réarmement civique ». L’objectif : fabriquer le consentement à une guerre que le peuple travailleur n’a pas décidée. Les fils de TotalEnergies ne meurent pas dans les détroits.
Votre ennemi n’est pas à Téhéran. Il est dans les conseils d’administration de TotalEnergies, Dassault, Safran et Thales.
## Aux agriculteurs et indépendants étranglés par le gasoil
Votre colère est légitime. L’ennemi n’est pas le voisin, ni l’immigré, ni l’écologiste. L’ennemi c’est TotalEnergies, Lactalis, la grande distribution et les actionnaires qui spéculent sur votre survie. Votre travail est extorqué par les mêmes chaînes qui extorquent les salariés.
Votre place est avec le peuple travailleur dans le front unique — pas derrière le RN qui défend le même capital en changeant de rhétorique.
## Aux militants et syndiqués de la base — et à ceux qui se réclament du mouvement ouvrier
N’attendez pas que vos directions bougent. En mai 68, dix millions de travailleurs ont débordé leurs appareils. En 2018, les Gilets jaunes ont surgi autour du prix du carburant, sans carte syndicale. La puissance du surgissement par le bas est démontrée — ce qui manque, c’est la forme d’organisation durable.
C’est ce que nous proposons. Des comités d’audit qui persistent, se coordonnent, accumulent de la puissance. Des comités populaires de contrôle des prix dans les quartiers. Une Interprofessionnelle Énergie qui relie les producteurs et les consommateurs. Constituez vos comités dès maintenant, dans vos établissements, ouverts à tous — syndiqués et non-syndiqués.
Militants de la CGT, de SUD, de FO, de la FSU : c’est ce programme-là que nous vous proposons de porter dans vos organisations. Militants de LO, du NPA-R, du NPA-A, de Révolution Permanente, du PCR, de l’UCL, du PCF — vous qui vous réclamez de Marx, de Lénine ou de Trotsky : voilà un programme concret. L’ouverture des livres de comptes. L’échelle mobile. Le contrôle ouvrier. L’expropriation. La lutte contre la guerre impérialiste française. On peut être en désaccord sur beaucoup de choses — mais si on est d’accord sur ces revendications-là, on peut agir ensemble.
## Le front unique du peuple travailleur
Ce dont nous avons besoin, c’est l’unité la plus large possible du peuple travailleur — pas l’unité des appareils, pas l’unité des directions, mais l’unité de tous ceux qui veulent se battre. Salariés, agriculteurs, chômeurs, jeunes, retraités, syndiqués et non-syndiqués, militants de toutes les organisations ouvrières — dans un front unique sur des revendications communes.
Le front unique n’est pas la fusion des organisations en une seule. Chacun garde son programme, son indépendance, sa critique. L’unité d’action n’est pas l’unité politique. Mais l’action commune, oui — sur l’ouverture des comptes, l’échelle mobile, le contrôle ouvrier, le retrait des troupes. Les comités d’audit dans les entreprises, les comités populaires dans les quartiers : c’est la forme concrète de ce front unique. Pas un organigramme — un mouvement.
Ce front unique est un front de classe. Il ne comprend pas LFI, qui est extérieure au mouvement ouvrier — formation de la petite bourgeoisie diplômée, héritière du radicalisme républicain. L’unité la plus large, oui — mais l’unité de la classe, pas le bloc républicain.
## Une seule lutte
La flambée du carburant et la guerre en Iran ont la même racine — le capitalisme impérialiste français. On ne peut pas combattre l’une sans combattre l’autre.
Front unique du peuple travailleur. Contre la guerre. Contre le capital. Pour l’expropriation de ceux qui nous font payer leurs guerres.








