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Arrêts maladie plafonnés : punir le malade pour épargner le capital qui broie les corps

lundi 29 juin 2026, par Karob

La propagande mensongère du gouvernement :

Arrêts maladie plafonnés : punir le malade pour épargner le capital qui broie les corps

Un décret paru au Journal officiel le 13 juin 2026 plafonne la durée des arrêts de travail : trente et un jours pour une première prescription, soixante-deux pour une prolongation, à compter du 1er septembre. Un second décret limite à quatre ans l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles à partir de 2027. Il faut juger ces textes non sur ce qu’ils déclarent, mais sur ce qu’ils font.

Ce qu’ils font : transférer au médecin une fonction de contrôle de la force de travail, sous le masque du « suivi ». La ministre de la Santé Stéphanie Rist promet qu’en revenant plus souvent chez le médecin, le patient sera « mieux pris en charge ». L’argument se renverse de lui-même : la fin n’est pas le malade, mais la dépense. Le ministre Jean-Pierre Farandou l’a dit sans détour — les indemnités journalières « coûtent 18 milliards » et croissent « d’un milliard par an ». La santé du travailleur n’est pas le but du dispositif ; elle en est le prétexte.

Reste à expliquer la hausse. Entre 2019 et 2025, l’absentéisme dans le privé a bondi de 25,5 %, avec des arrêts plus longs, de plus en plus liés à la santé mentale. Ce n’est pas une paresse soudaine : c’est un symptôme objectif. Intensification des cadences, travail étendu par le numérique, nerfs et corps pressés jusqu’à la corde — voilà la cause. Le procès de travail capitaliste use la force vivante, puis présente la facture comme un problème comptable. Face à un mal qu’elle produit, la bourgeoisie ne touche pas à la cause : elle agit sur l’effet, en le rendant plus coûteux et plus humiliant pour celui qui le subit.

Car ce que ces décrets attaquent, ce n’est pas seulement le repos du salarié : c’est sa vie même de malade. L’indemnité journalière n’est pas une faveur, c’est le moyen par lequel un travailleur empêché continue de manger, de payer son loyer, de se soigner. Sous le rapport salarial, son corps est du capital variable : un coût qu’on entretient au minimum et qu’on rogne dès qu’il cesse de produire. Plafonner l’arrêt, c’est comprimer le coût de reproduction de l’individu — décider qu’au-delà d’un seuil le malade coûte trop cher pour qu’on le laisse guérir. La défense des conditions de travail et la défense des conditions de vie du malade ne sont qu’une seule et même lutte : celle de l’être humain contre sa réduction à une variable d’ajustement.

Le second décret en donne la figure la plus crue. Jusqu’ici, la victime d’un accident du travail était indemnisée jusqu’à sa guérison, sa consolidation ou sa mort, sans aucune limite de temps : le capital devait payer aussi longtemps que durait le dommage qu’il avait causé. Le décret n° 2026-501 y substitue un compte à rebours de quatre ans, au terme duquel l’indemnisation cesse. Ce n’est plus le rétablissement du blessé qui mesure son droit, mais le calendrier ; l’accidenté non rétabli est renvoyé vers l’invalidité, c’est-à-dire vers une pension moindre. On socialise les profits que l’intensification du travail rapporte, on individualise l’usure qu’elle laisse derrière elle.

Le reste suit cette logique. La chasse aux « arrêts frauduleux » érige la suspicion en méthode et fait du travailleur épuisé un tricheur présumé. Et que les députés aient écarté le projet initial — quinze jours — pour imposer un mois ne change rien au principe : on a négocié le curseur de la restriction, jamais la restriction elle-même. C’est la fonction de cette arène : aménager les formes d’une politique de classe dont l’orientation reste hors de question.

Lui opposer la seule indignation ne suffit pas. Il faut des revendications qui défendent la vie du malade ici et maintenant : retrait des deux décrets ; maintien intégral du salaire pendant tout arrêt et suppression des jours de carence, à la charge du patronat et non d’une Sécurité sociale qu’on étrangle ; une médecine du travail au service du malade, et non un appareil de contrôle au service de l’employeur ; la reconnaissance des pathologies psychiques pour ce qu’elles sont, des maladies du travail ; et, pour frapper la cause elle-même, la réduction du temps de travail sans perte de salaire et le contrôle des travailleurs sur les cadences et l’organisation de la production.

Aucune de ces revendications n’est « modérée ». Poussée à son terme, chacune dispute au capital ce qu’il ne cède jamais : la maîtrise du temps, des cadences, du corps au travail — c’est-à-dire la propriété des moyens de production. Défendre jusqu’au bout la santé du travailleur, c’est lui arracher le contrôle du travail : c’est déjà le contenu de l’abolition du salariat. C’est dans les entreprises et les services, par l’organisation des travailleurs eux-mêmes, que se défend la santé contre le capital qui la consume — et que se prépare la fin de la soumission du travail au capital : l’abolition du salariat.

— Matière et Révolution ★ Voix des Travailleurs ★ Gilets Jaunes Poitiers

Déjà, le reste à charge a un énorme impact sur le renoncement aux soins médicaux…

https://www.ifop.com/article/limpact-du-reste-a-charge-sur-le-renoncement-aux-soins-medicaux/

Contrairement à ce que prétend le gouvernement, se faire prescrire un arrêt maladie(Nouvelle fenêtre) et continuer d’aller au travail contre l’avis de son médecin est une pratique de plus en plus commune en France.

https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/carriere/vie-professionnelle/sante-au-travail/arrets-maladie-ces-travailleurs-qui-y-renoncent_3076381.html

Ce n’est pas les abus mais la dégradation des conditions de travail qui cause la hausse des arrêts-maladie…

https://fr.linkedin.com/pulse/arr%C3%AAts-maladie-le-probl%C3%A8me-nest-pas-labus-mais-travail-amouroux-2wube

L’augmentation des arrêts-maladie est d’abord la conséquence de la progression du taux d’emploi ainsi que du recul de l’âge de la retraite. Très souvent, l’intensification du travail, les effectifs calculés au plus juste, les contraintes de temps et de délais conduisent à réintégrer des salariés pas encore complètement guéris.

https://www.souffrance-et-travail.com/magazine/dossiers/stress-travail-et-sante/arrets-maladie-risques-psychosociaux-souffrance-au-travail-management/

Sous couvert de lutte contre les arrêts maladie, le gouvernement annonce un renforcement massif des contrôles et encourage les signalements par les employeurs. D’ici à 2026, près de 740 000 contrôles administratifs et médicaux devraient être réalisés !

Déjà un quart des arrêts maladie n’est pas respecté ! Décision des salariés ou pression des patrons et des cadres…

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