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Union sacrée : N. Arthaud (LO) annonce que toute grève générale en France contre la guerre serait "ridicule"

vendredi 5 mai 2023

Dans son dernier CLT, qui contient sans le dire une série d’arguments donnés par LO pour justifier sa participation à l’Union sacrée, on trouve entre autres le paragraphe suivant à propos de période précédant la guerre de 1914 :

Certains socialistes affirment que, pour empêcher la guerre, l’Internationale peut déclencher une grève générale au moment qu’elle choisira. D’autres, comme Rosa Luxemburg ou Alphonse Merrheim, secrétaire de la Fédération CGT des Métaux, trouvent cette idée ridicule – à juste titre ! –, car non réaliste. La social-démocratie n’a pas la faculté de déclarer la grève générale à sa convenance. Selon Merrheim, on substitue une proclamation d’intention à une véritable préparation des esprits contre la guerre.

Imaginons que la marche à la troisième guerre mondiale franchisse un cap : la mobilisation est décrétée en France. Mais les travailleurs de France s’opposent à cette entrée guerre et organisent une grève générale. Serait-il "ridicule" de soutenir cette grève générale ? Bien sûr que non, les révolutionnaires tenteraient d’en prendre la direction politique !

Non, une grève générale en cas de guerre n’a rien de ridicule !

En conséquence, les révolutionnaires doivent-ils , face au danger de guerre, faire une propagande systématique sur le thème : "en cas de guerre, nous ferons une grève générale !" Ce serait une politique très primitive pour un parti ou un syndicat. Car la grève générale est une technique, pas une politique ni une stratégie.

Prenons un exemple. "Si la police veut briser notre grève, nous utiliserons des boules de pétanque l !" Si un ouvrier prononçait cette phrase, un militant révolutionnaire lui dirait "tu as bien raison", comprenant que l’ouvrier en question pose en germe les questions du légalisme, de l’armement de travailleurs. Ce militant révolutionnaire aurait raison. Mais si le lendemain, il titrait son éditorial des bulletins d’entreprise : "tous au magasin de sport, achetons des boules de pétanque ! Les boules de pétanque sont la force des travailleurs !", il se couvrirait de ridicule. Si le programme du parti contenait un paragraphe où on lirait : tout membre du parti doit avoir à sa disposition une jeu de boules de pétanques" le serait aussi. Le "Ils nous faut des armes !" serait politiquement beaucoup plus approprié, pas du tout ridicule !

Certes Lénine et R. Luxemburg avaient employé le terme de "ridicule" concernant la grève générale en cas de grève, mais c’est exactement dans le cadre illustré par notre exemple. R. Luxemburg ne traita pas de ridicule la grève générale, mais la manière que LO a de poser le problème :

Mais que devait faire notre parti pour souligner son opposition à la guerre et ses exigences ? Devait-il proclamer la grève de masse ? Ou bien exhorter les soldats à refuser de servir ? C’est ainsi que l’on pose la question habituellement. Répondre oui à de telles questions serait tout aussi ridicule que si le parti se mettait à décréter : « Si la guerre éclate, alors nous faisons la révolution. » Les révolutions ne sont pas « faites », et les grands mouvements populaires ne sont pas mis en scène avec des recettes techniques qui sortiraient de la poche des dirigeants des instances du parti. De petits cercles de conspirateurs peuvent bien « préparer » un putsch pour un jour et une heure précis, ils peuvent au moment voulu donner le signal de l’« attaque » à quelques milliers de partisans. Mais dans les grands moments de l’histoire, les mouvements de masse ne sont pas dirigés par des moyens aussi primitifs. La grève de masse « la mieux préparée » peut dans certaines circonstances faire long feu lamentablement, juste au moment où un chef de parti lui donne « le signal », ou bien, après un premier élan, tomber à plat. Si de grandes manifestations populaires et des actions de masse ont effectivement lieu sous une forme ou une autre, ce qui en décide, c’est tout un ensemble de facteurs économiques, politiques et psychiques, la tension des oppositions de classe à un moment donné, le degré de conscience et de combativité des masses tous facteurs imprévisibles qu’aucun parti ne peut produire artificiellement. C’est là toute la différence entre les grandes crises de l’histoire et les petites actions de parade qu’en période calme un parti bien discipliné peut exécuter délicatement sous la baguette de ses « instances ». L’heure historique exige à chaque fois les formes correspondantes du mouvement populaire et en crée elle-même de nouvelles et improvise des moyens de lutte inconnus jusque-là, trie et enrichit l’arsenal du peuple, insouciante de toutes les prescriptions des partis.

R. Luxemburg a popularisé l’idée de la grève de masse, cela ne l’empêchait pas de dénoncer comme "ridicule" d’en faire un programme précis pour un jour donné !

LO est d’autant plus "ridicule" que cette organisation fait justement partie des militants qui se focaliseraient sur la question des "boules de pétanques". LO répète sans cesse dans les manifestations : "la force des travailleurs, c’est la grève !". Et cette même organisation nous annonce que préparer une grève dans la perspective de la guerre est ridicule ? R. Luxemburg dénonce comme ridicule des formules comme "En cas de guerre, nous ferons la révolution", qui correspondent à peu près au programme de LO, bien que LO metionne rarement la révolution comme moyen d’action. Par exemple le 1er mai LO donne comme titre à son Editorial des bulletins d’entreprise : "Retraites, inflation, guerre : c’est le capitalisme qu’il faut renverser !" Le slogan "En cas de guerre, nous ferons la révolution" est remplacé par " en cas d’inflation, nous renverserons le capitalisme".

Derrière ce côté "ridicule" de LO dans sa manière de poser la question de la politiqu du mouvement ouvrier face à la guerre, c’est l’abandon de toute politique du mouvement ouvrier que LO prône. Car la grève est un outil du mouvement ouvrier dans la lutte des classes, et LO, en traitant de "ridicule" cet outil, ne fait qu’attaquer la capacité de la classe ouvrière d’avoir une politique efficace contre la guerre. Car pour LO, toute politique du mouvement ouvrier face à la guerre est inutile.

Pour finir citons le texte de Lénine que LO a utilisé sans le citer :

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