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Le NPA-R revendique les votes "J. Chirac" en 2002, et " S. Royal" en 2007
dimanche 21 juin 2026
L’appel du 17 juin
Le NPA-R est un parti pseudo-révolutionnaire, qui malheureusement pour nous, se réclame parfois du "trotskisme". Un parti "trotskiste" qui appelle à voter Chirac, quelle aubaine ! Les media bourgeois et les directions syndicales donnent une audience démesurée à ces groupuscules, afin de discréditer le marxisme.
Le NPA-R ne s’aime pas et manifeste un "manque de confiance en soi-même". Il était contre sa propre naissance, car c’est lors du congrès du NPA en décembre 2022 que Poutou et Besancenot se sont débarrassés de deux tendances : l’une provenant de la LCR, l’autre de la Fraction l’Etincelle de LO qui avait rejoint la LCR en 2007. Faisant de nécessité vertu, ou contre fortune bon coeur, ces deux tendances ont fondé le NPA-R, ont hurlé, se réclamant en permanence d’être le "vrai NPA", d’être les vrais continuateurs de Poutou et Besancenot, contre l’avis .... de Poutou et Besancenot.
Le NPA-R ne s’aime pas, et cette année encore, fait donc "peau neuve", à travers un communiqué mystérieux :
Le NPA-Révolutionnaires fait peau neuve, en assurant la continuité des candidatures ouvrières et indépendantes du NPA d’Olivier Besancenot et Philippe Poutou, de 2002 à 2022, et en présentant une femme travailleuse.
Faire peau neuve pour assurer la continuité, comprenne qui pourra. Un vrai parti ne fait pas peau neuve, il adopte un nouveau programme, l’adaptant à une situation nouvelle etc. Les militants du NPA-R issus de LO ne se réclament donc plus de la candidature d’Arlette Laguiller qu’ils avaient soutenue en 2002 à juste titre. Ces militants du NPA-R ne s’aiment pas, ils effacent leur histoire.
Bien entendu, ce communiqué du 17 juin est destiné aux journalistes : le NPA-R présente Selma Labib aux élections présidentielles, et s’accapare l’héritage des candidatures précédentes de la LCR et du NPA. Le NPA-R veut être une "institution" d’extrême-gauche.
Mais le NPA-R, avant même d’être en marche pour une campagne électorale, s’attache un boulet au pied, en revendiquant sans nuance deux fautes politiques de Besancenot-LCR : les appels à voter Chirac et S. Royal.
Poutou et Besancenot : la droite de l’extrême gauche
En 2002, des camarades de la Fraction l’Etincelle de LO, qui sont aujourd’hui des militants du NPA-R (O. Belin, M. Verdier, H. Chevireau), étaient sur la positon de la Fraction, dénonçant à juste titre l’appel de la LCR de Besancenot à voter Chirac au second tour des élections présidentielles :
Certes, il ne fait aucun doute que la décision de la LCR d’appeler à « voter contre Le Pen », c’est-à-dire d’appeler à voter Chirac est une lourde faute. En elle-même. Quelle confiance les travailleurs pourraient-ils faire à une extrême gauche qui ne trouve rien de mieux que de faire appel à la droite sous le prétexte de les protéger de l’extrême droite ? Qui du coup démontre qu’elle n’a confiance ni dans le monde du travail ni en elle-même ?
Ce "manque de confiance en soi-même" qu’ils dénonçaient en 2002, ces militants du NPA-R l’incarnent en 2026
Ces militants renient leurs positions de 2002 !
En 2007, LO et la LCR appelèrent à voter S. Royal au second tour. Des camarades de la LCR eurent une position juste :
Les appels à voter Royal, sous une forme ou sous une autre, des directions de la LCR et de LO constituent des fautes politiques graves.
Le NPA-R, en se réclamant de la ligne Besancenot-Poutou, s’aligne sans vergogne sur les positions officielles de la LCR : voter à gauche pour "battre la droite" (2007) et voter à droite pour "battre l’extrême-droite" (2002). C’est le pur "Front républicain" de gauche.
Conclusion
Certes il faut lire entre les lignes pour comprendre le communiqué du 17 juin du NPA-R.
Mais cette "capitulation" de la direction du NPA-R, cet alignement de ce parti sur la droite de l’extrême-gauche, a une explication limpide en termes de lutte des classes.
Il a manqué 200 000 voix à Mélenchon pour accéder au 2ème tour en 2022. Or c’est l’ordre de grandeur des voix que peut capter l’extrême-gauche par trois candidatures clones (Arthaud LO, Labib NPA-R, Kazib RP). Empêcher ou marginaliser ces candidatures, telle est sans doute un des objectifs de pré-campagne de LFI.
LO a une longue tradition de collecte des "500 signatures", les rassembler est possible. RP et NPA-R ne l’ont pas forcément. Même s’ils rassemblent ces signatures : leur dépendance envers Sud-Solidaire est telle que cette organisation syndicale leur bloquera peut-être "amicalement" la route. Mélenchon a toute les raisons de combattre ces candidatures. Or le NPA-R et RP passent leur temps à présenter les militants de LFI comme des "camarades de lutte". Mener un vrai combat politique contre Mélenchon est incompatible avec l’ADN de ces deux organisations.
Ouvrons les paris : il est probable que ni Anasse Kazib, ni Selma Labin ne seront candidats.
Mais même s’ils se présentent, ils font déjà un clin d’oeil à la direction de Sud : on appellera à voter Mélenchon contre Le Pen, ne vous inquiétez pas ! Oubliez nos positions de 2002-2007, nous nous alignons sur la droite de la LCR, sur les positions électorales des syndicats en général !
Cela a bien sûr peu d’importance. mais ce qui en a, c’est l’honnêteté politique. Jeunes militants du NPA-R, ne voyez pas l’histoire officielle par des communiqués électoraux, relisez les textes de discussion de 2002-2007 à propos des élections !