<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://matierevolution.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
	<link>https://www.matierevolution.org/</link>
	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://matierevolution.org/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
		<url>https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-5aeb8-d0407.jpg?1782356845</url>
		<link>https://www.matierevolution.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>O&#249; en est la r&#233;volution &#233;gyptienne</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article1897</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article1897</guid>
		<dc:date>2011-07-24T01:01:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abdel</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lu sur le web : &lt;br class='autobr' /&gt;
La place Tahrir, haut lieu de la r&#233;volte entam&#233;e le 25 janvier, est &#224; nouveau l'&#233;picentre de manifestations r&#233;clamant une politique plus r&#233;solue pour tourner la page de l'ancien r&#233;gime. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e qui a pris les commandes subit l'usure du pouvoir : adul&#233;e il y a six mois, elle est aujourd'hui suspect&#233;e de freiner les changements, de perp&#233;tuer les m&#233;thodes r&#233;pressives d'autrefois et de vouloir s'incruster &#224; la t&#234;te du pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des dizaines de proc&#232;s sont en cours contre des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lu sur le web :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place Tahrir, haut lieu de la r&#233;volte entam&#233;e le 25 janvier, est &#224; nouveau l'&#233;picentre de manifestations r&#233;clamant une politique plus r&#233;solue pour tourner la page de l'ancien r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e qui a pris les commandes subit l'usure du pouvoir : adul&#233;e il y a six mois, elle est aujourd'hui suspect&#233;e de freiner les changements, de perp&#233;tuer les m&#233;thodes r&#233;pressives d'autrefois et de vouloir s'incruster &#224; la t&#234;te du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de proc&#232;s sont en cours contre des membres de l'ancien pouvoir, et celui de M. Moubarak et ses deux fils doit s'ouvrir le 3 ao&#251;t. Mais la justice donne aussi le sentiment d'&#234;tre lente et opaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes manifestants qui campent depuis deux semaines sur la place Tahrir, au Caire, ont promis samedi d'y rester jusqu'&#224; ce que toutes leurs demandes soient satisfaites, alors que la tension monte avec le conseil militaire au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille du 23 juillet, jour symbolique puisqu'il comm&#233;more le coup d'&#233;tat des officiers libres en 1952, la police militaire a tir&#233; en l'air et battu des manifestants qui bloquaient une rue d'Alexandrie vendredi, selon des t&#233;moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre accrochage dans la ville portuaire de Suez a aliment&#233; la col&#232;re des jeunes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un communiqu&#233; publi&#233; sur sa page Facebook, le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA) a ni&#233; avoir utilis&#233; la force et accus&#233; le mouvement du 6-Avril, un des groupes qui avaient appel&#233; au so ul&#232;vement contre Hosni Moubarak, de chercher &#224; semer la division entre l'arm&#233;e et le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement du 6-Avril a d&#233;nonc&#233; des &#034;all&#233;gations mensong&#232;res&#034; et promis de &#034;ne pas se laisser intimider&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous serons les derniers &#224; quitter Tahrir, soit vivants et la t&#234;te haute apr&#232;s avoir obtenu triomphalement la r&#233;alisation des demandes du peuple &#233;gyptien, soit en martyrs pour le bien de Dieu et du pays&#034;, a ajout&#233; le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes r&#233;volutionnaires sont rassembl&#233;s depuis le 8 juillet sur la place Tahrir pour demander une rupture plus rapide et plus compl&#232;te avec l'ancien r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'ont pas &#233;t&#233; satisfaits par le remaniement du gouvernement annonc&#233; jeudi, jugeant celui-ci insuffisant en raison notamment du maintien de ministres contest&#233;s, comme ceux de l'Int&#233;rieur et de la Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quitter Tahrir, ils r&#233;clament &#233;galement le transfert d'une partie des pouvoirs de l'arm&#233;e au gouvernement de transition, l'abandon des tribunaux militaires pour juger les manifestants, le jugement rapide des responsables du r&#233;gime Moubarak et des policiers accus&#233;s d'avoir tir&#233; sur les manifestants pendant la r&#233;volution, ou encore la hausse du salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mar&#233;chal Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le CSFA apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pendant deux d&#233;cennies ministre de la D&#233;fense d'Hosni Moubarak, devrait selon les m&#233;dias prononcer un discours plus tard dans la journ&#233;e de samedi &#224; l'occasion de la &#034;f&#234;te de l'arm&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants rassembl&#233;s sur Tahrir envisagent pour leur part d'organiser une marche en direction du minist&#232;re de la D&#233;fense &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous ne quitterons pas la place tant que tous les &#233;l&#233;ments de l'ancien r&#233;gime n'auront pas &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;s &#187;, affirme-t-il, Alaa, un ch&#244;meur de 23 ans. &#171; Notre premi&#232;re demande est le jugement de Hosni Moubarak &#187;, souligne Gamal, un jeune pharmacien. &#171; On n'est m&#234;me pas s&#251;r qu'il soit vraiment &#224; l'h&#244;pital de Charm-El-Cheikh, ni ses fils &#224; la prison de Torah. Il n'y a eu aucune image ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce du coma de Moubarak par son avocat, le 17 juillet, aussit&#244;t d&#233;mentie par l'h&#244;pital o&#249; il est soign&#233;, est selon eux une man&#339;uvre destin&#233;e &#224; retarder son proc&#232;s, pr&#233;vu pour le 3 ao&#251;t. &#171; Il n'y a plus de confiance entre le pouvoir militaire et les manifestants maintenant &#187;, r&#233;sume Marwane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose a vraiment mal tourn&#233; avec la r&#233;volution &#233;gyptienne. Le Conseil Supr&#234;me des Forces Arm&#233;es au pouvoir - on peut ais&#233;ment deviner ce que &#171; Supr&#234;me &#187; signifie au juste - se soumet aux Fr&#232;res Musulmans et aux Salafistes moyen&#226;geux, les g&#233;n&#233;raux bavardant avec ces pseudo-islamistes tandis que les jeunes, les lib&#233;raux, les pauvres et les riches qui ont fait tomber Hosni Moubarak sont ignor&#233;s. L'&#233;conomie s'effondre. L'anarchie se glisse chaque nuit dans les rues d'Egypte. Le sectarisme fleurit dans l'obscurit&#233;. Les flics reprennent leurs sales mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vraiment aussi grave que cela. Il suffit de marcher dans les rues du Caire pour comprendre ce qui est all&#233; de travers. Il suffit de faire un tour du c&#244;t&#233; de la Place Tahrir et d'&#233;couter ceux qui insistent pour la d&#233;mocratie et la libert&#233;, alors que les anciens du r&#233;gime Moubarak se cramponnent, qui comme Premier ministre, qui comme sous-ministre, tel le personnage m&#234;me du Mar&#233;chal Mohamed Tantawi, le chef de ce conseil &#171; supr&#234;me &#187;, ami d'enfance et fid&#232;le de Moubarak - m&#234;me s'il a oblig&#233; le vieil homme &#224; partir. La t&#234;te tout aussi &#226;g&#233;e de Tantawi est &#224; pr&#233;sent placard&#233;e autour de Tahrir et le bon vieux slogan de janvier-f&#233;vrier est de retour : &#171; Nous voulons la fin du r&#233;gime ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce refuge, les groupuscules de la r&#233;volution ont maintenant leurs tentes individuelles avec des petits tapis et des chaises en plastique pos&#233;s sur la poussi&#232;re. Ils d&#233;battent du nass&#233;risme, de la la&#239;cit&#233;, de l'union chr&#233;tienne pour les droits civiques (&#171; Le Bureau de Masse du Mouvement des Jeunes &#187;). Les Fr&#232;res Musulmans sont &#233;videmment absents, tout comme les Salafistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous n'en pouvons plus du Conseil Militaire qui utilise les m&#234;mes dispositifs que Moubarak &#187;, me dit Fahdi Philip, 26 ans, &#233;tudiant v&#233;t&#233;rinaire &#224; l'Universit&#233; du Caire, alors que nous nous asseyons sous la chaleur de l'&#233;t&#233;. &#171; Les proc&#232;s des coupables tardent &#224; venir. L'&#233;tat d'ins&#233;curit&#233; est toujours l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop vrai. Durant la r&#233;volution, pr&#232;s de 900 civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s par la police de l'Etat s&#233;curitaire &#233;gyptien et les snipers, et un seul policier a &#233;t&#233; jug&#233; - par contumace - pour avoir tu&#233; des manifestants. Le mois dernier, lorsqu'une manifestation massive des familles des martyrs s'est d&#233;vers&#233;e dans les rues, les flics ont repris leurs vieilles habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision, ils ont lanc&#233; des pierres sur les manifestants, les ont matraqu&#233;s et - dans un incident incroyable - ont avanc&#233; vers eux en dansant et en brandissant des &#233;p&#233;es. Un soi-disant &#171; Conseil National des Droits de l'Homme &#187; a fait porter la responsabilit&#233; aux deux camps - les manifestants, disent-ils, ont lanc&#233; des cocktails Molotov, la police a ripost&#233; avec des gaz lacrymog&#232;nes - tandis que des chargements de pierres ont &#233;t&#233; amen&#233;s par camions sur la Place Tahrir le 28 juin, pour &#234;tre jet&#233;es par des jeunes gens portant des T-shirts identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de 1.100 civils, soldats et policiers ont &#233;t&#233; bless&#233;s. Craignant d'autres violences, le conseil &#171; supr&#234;me &#187; de Tantawi a annonc&#233; la cr&#233;ation d'un nouveau fonds, dot&#233; d'un capital de 12 millions d'euros pour indemniser les familles de ceux qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s ou bless&#233;s durant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; peine ai-je ouvert mon journal du matin au Caire - la parole libre, enfin, sans entraves et largement en faillite - que j'aper&#231;ois une photo en couleur du Mar&#233;chal Tantawi nommant un nouveau &#171; Ministre de l'Information &#187;, un ancien politicien d'opposition mais tout pareillement ministre de l'information - quelques mois seulement apr&#232;s que le m&#234;me Tantawi eut annonc&#233; l'abandon total du minist&#232;re de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de probl&#232;me, ont dit les autorit&#233;s, ce n'&#233;tait que pour aider la presse &#224; remplir ses devoirs &#171; d&#233;mocratiques &#187; avant que ce minist&#232;re soit &#224; nouveau ferm&#233;. Exactement comme le jeune v&#233;t&#233;rinaire chr&#233;tien copte - voyez comment nous prenons maintenant bonne note de la religion des Egyptiens ? - l'avait dit : Tantawi utilise les vieilles ficelles de Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, que peuvent rapporter les journaux &#233;gyptiens &#224; part l'effondrement de la loi que la r&#233;volution avait promis de faire respecter ? Je me rends &#224; l'h&#244;pital Qasr el-Aini, desservant seulement un petit secteur de la capitale, proche de l'ancien campus de l'universit&#233; am&#233;ricaine. Je d&#233;couvre que le registre de urgences montre que quotidiennement, en moyenne, dans ce seul petit quartier, 30 hommes et femmes arrivent avec des blessures par balles ou par arme blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque week-end (jeudi/vendredi), les chiffres montent jusqu'&#224; une moyenne de 50 victimes. Parmi les jeunes de la Place Tahrir, ceci ressemble &#224; une conspiration : vider les rues de la police et donner aux gens un avant-go&#251;t du chaos qu'ils ont amen&#233; eux-m&#234;mes - et ils voudront bient&#244;t le retour des hommes de l'Etat s&#233;curitaire. Le pays est s&#251;r pour les touristes, disent les ministres aux agences de voyage. Vraiment ? Egyptair, la compagnie a&#233;rienne d'Etat, faisant effront&#233;ment la publicit&#233; de la &#171; nouvelle Egypte &#187; avec des images des manifestations de la Place Tahrir au d&#233;but de f&#233;vrier, vient juste de rapporter une perte de 125 millions d'euros au cours des quatre derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;tel Marriott sur Gezira - le vieux palace sur le Nil avec ses lions de marbre et ses toits en stuc - a 1.040 chambres et seulement 24 touristes. &#171; La r&#233;volution &#233;tait bonne &#187;, me dit un ami commer&#231;ant lorsque je passe la t&#234;te par la porte de sa boutique de chemises. &#171; A pr&#233;sent, la r&#233;volution n'est pas bonne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a tout juste une semaine, des manifestants qui pr&#233;paraient le d&#233;marrage des manifestations du vendredi ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par des vendeurs de rue avec des couteaux et des pierres. On a entendu les histoires habituelles : tout &#233;tait planifi&#233; par les pouvoirs constitu&#233;s. Pas un seul groupe islamiste n'&#233;tait pr&#233;sent aux manifestations r&#233;centes pour les &#171; martyrs &#187; de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; un vieil ami journaliste &#233;gyptien. Le personnel du caf&#233; vient le saluer ; ils se pr&#233;sentent comme des fans et lui disent de ne pas cesser d'exposer la corruption dans la vie &#233;gyptienne. Il est inquiet. On parle d'une &#171; mutinerie civile &#187;, dit-il. Des personnes qui veulent &#224; nouveau br&#251;ler les postes de police, remplacer le gouvernement ou prendre eux-m&#234;me la loi en main en tuant des policiers sp&#233;cifiques. Il y a des histoires qui circulent beaucoup - je les ai moi-m&#234;me entendues sur la Place Tahrir - que des groupes de jeunes essayeront de fermer le Canal de Suez, &#224; moins que les autorit&#233;s qui ont tu&#233; les innocents en janvier et en f&#233;vrier ne soient traduites en justice. Les voix les plus perfides appellent maintenant &#224; la peine de mort pour Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bizarrement, il y a aussi la conviction, selon mon ami journaliste, que le conseil militaire &#171; supr&#234;me &#187; &#233;gyptien ne pourra pas continuer le travail du gouvernement et ne commence les proc&#232;s avant la mort de Moubarak. &#171; Ils aimeraient qu'il meure. Ils veulent qu'il soit hors champ afin de pouvoir souffler avant de s'occuper de ses fils. Tantawi s'inqui&#232;te que la populace ne vienne le chercher. Mais il sait que si Moubarak meurt, les Egyptiens qui sont un peuple gentil lui pardonneront largement parce qu'il a &#233;t&#233; un soldat et qu'il est si &#226;g&#233;. Et il y aura une p&#233;riode de calme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; rapport&#233; que depuis son assignation &#224; r&#233;sidence &#224; Charm El-Cheikh, Moubarak aurait &#233;t&#233; emmen&#233; en Arabie Saoudite pour suivre un traitement m&#233;dical secret, et de nombreuses r&#233;v&#233;lations font maintenant surface sur la mani&#232;re dont il a &#233;t&#233; d&#233;tr&#244;n&#233;. L'une, de l'&#233;crivain &#233;gyptien tr&#232;s respect&#233;, Abdel Kader Choheib, dit que Moubarak a accept&#233; de d&#233;missionner apr&#232;s avoir affront&#233; Tantawi, son vice-pr&#233;sident Omar Sulieman - l'ancien patron des services secrets et ami d'Isra&#235;l - et le G&#233;n&#233;ral Ahmed Chafiq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moubarak a visiblement plaid&#233; aupr&#232;s d'eux pour qu'ils ne r&#233;v&#232;lent pas sa d&#233;mission avant que ses fils, Gamal et Alaa, ne soient en route pour Charm El-Cheikh - non pas pour leur &#233;viter d'&#234;tre emprisonn&#233;s (ce qui a &#233;chou&#233; de toute fa&#231;on) mais parce qu'il craignait que Gamal ne fasse quelque chose de &#171; d&#233;raisonnable &#187;, &#233;tant donn&#233; qu'il s'&#233;tait d&#233;j&#224; oppos&#233; &#224; ce que Moubarak nomme Sulieman comme vice-pr&#233;sident, dans les derniers jours de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ------------------------------------------&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement &#233;gyptien et le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA) se partagent les r&#244;les. Le second insiste sur l'ordre et menace les &#171; protestataires &#187; &#8211; ceux et celles qui ont relanc&#233; la mobilisation depuis le 8 juillet 2011 &#8211; et le premier r&#233;pond, partiellement, &#224; certaines revendications populaires, lorsque la pression se fait forte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le 13 juillet 2011, le ministre de l'Int&#233;rieur, Mansour al-Essawy, a annonc&#233; que 505 g&#233;n&#233;raux, 82 g&#233;n&#233;raux de brigade et 82 colonels seraient relev&#233;s de leurs fonctions. Ils sont contraints &#224; prendre une retraite anticip&#233;e, mais avec les avantages mat&#233;riels qui y sont attach&#233;s. Sur les 669 officiers &#171; remerci&#233;s &#187;, seuls 27 sont impliqu&#233;s dans les tueries au cours de la mont&#233;e r&#233;volutionnaire de 18 jours, selon le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation suscite quelques interrogations &#8211; pour utiliser un euph&#233;misme &#8211; aupr&#232;s de divers analystes. Mohamed al-Quassas, porte-parole de la Coalition des Jeunes de la R&#233;volution du 25 janvier, d&#233;clare au quotidien Al Masry Al Youm (14 juillet 2011) : &#171; Il y a encore des mesures &#224; prendre pour purger le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur. &#187; En effet, le pouvoir, pour l'heure, annonce simplement le changement de poste de quelque 4000 officiers qui seraient impliqu&#233;s dans la r&#233;pression. &#171; La mutation de quelqu'un qui est impliqu&#233; dans un assassinat ne va pas aboutir &#224; la purge d'un minist&#232;re &#187;, souligne Magda Boutros de l'Egyptian Initiative for Personal Rights. Un d&#233;bat public, sur le th&#232;me d'une purge effective du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, sera lanc&#233; dans diverses villes, dans les jours qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon divers rapports de presse, des manifestations sur des revendications sociales et d&#233;mocratiques &#8211; avant le vendredi 15 juillet qui sera une nouvelle journ&#233;e de mobilisation &#8211; ont eu lieu dans de multiples villes : Suez, Port Sa&#239;d, Ismailia, Mansoura, Assiout, Al-Minya, Beni Suef, Assouan. Cela indique la dimension nationale de la mobilisation et l'importance de l'affrontement actuel, qui d&#233;passe la seule question du report des &#233;lections, comme le mentionne l'essentiel des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la D&#233;claration de l'organisation Socialistes r&#233;volutionnaires. Elle situe bien les enjeux fondamentaux de la conjoncture pr&#233;sente et de l'affrontement avec le CSFA qui vise, lui et ses alli&#233;s, &#224; exproprier et congeler le processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; *****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu de temps encore le porte-parole du Conseil militaire, le g&#233;n&#233;ral de division Moshen El-Fangari saluait les martyr&#8226;e&#8226;s de la r&#233;volution et faisait fondre les c&#339;urs des Egyptiens en &#233;voquant les souvenirs des journ&#233;es qu'ils avaient pass&#233;es &#224; scander des mots d'ordre vantant l'unit&#233; entre l'arm&#233;e et le peuple. Aujourd'hui [12 juillet 2011], il a tenu un tout autre langage aux r&#233;volutionnaires : il mena&#231;ait qu'il &#171; prendrait toutes les mesures pour faire face aux menaces qui cernent la patrie &#224; moins que cette contestation du processus en cours ne cesse&#8230; tout comme les rumeurs et les id&#233;es fausses qui conduisent &#224; la discorde, &#224; la r&#233;bellion et &#224; promouvoir les int&#233;r&#234;ts d'une &#233;troite minorit&#233; au d&#233;triment de l'ensemble du pays. &#187; Il a appel&#233; les honn&#234;tes citoyens &#224; &#339;uvrer pour un retour &#224; la vie normale pour les enfants de &#171; notre grand peuple &#187; et en brandissant son index &#224; l'&#233;gard de gens comme Moubarak, il insiste sur le fait que &#171; les forces arm&#233;es ne permettront &#224; personne de saisir le pouvoir ou de fouler aux pieds l'autorit&#233; l&#233;gitime, en dehors du cadre de la l&#233;gitimit&#233; l&#233;gale et constitutionnelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que se terminait le discours, prononc&#233; 24 heures apr&#232;s la br&#232;ve annonce d'Essam Charaf [premier ministre], qui confirmait que le minist&#232;re de Charaf n'est qu'un masque destin&#233; &#224; cacher la face sombre du r&#232;gne militaire. Toutefois, au cours des &#233;v&#233;nements de ces derniers six mois, le peuple a appris &#224; d&#233;crypter cette r&#233;partition des r&#244;les entre celui du &#171; bon flic &#187;, tenu par le premier ministre, et celui du &#171; mauvais flic &#187; tenu par le repr&#233;sentant du Conseil militaire [le mar&#233;chal Mohamed Hussein Tantaoui, ex-ministre de la D&#233;fense Moubarak durant deux d&#233;cennies, dirige le CSFA ; El-Fangari est le porte-parole du CSFA].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position des r&#233;volutionnaires est que, cette fois-ci, il ne peut y avoir de recul. Nous occuperons les rues jusqu'&#224; ce que les revendications de la r&#233;volution soient exauc&#233;es, pour rendre justice aux martyr&#8226;e&#8226;s qui ont vers&#233; leur sang pour la libert&#233; sur les places d'Egypte. Nous n'accepterons pas moins que des proc&#232;s justes et publics pour les criminels du r&#233;gime Moubarak et les assassins des martyrs. Nous ne renoncerons pas &#224; nos revendications en faveur de la justice sociale et de la dignit&#233; humaine qui exigent l'application de salaires minimums d&#233;cents et de conditions de travail convenables, ainsi que la suppression des contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e esclavagistes. Nous d&#233;fendrons notre droit &#224; la gr&#232;ve et &#224; l'occupation [des usines, des terres&#8230;]. Ces droits n'ont pas &#233;t&#233; accord&#233;s. Or, ils ont &#233;t&#233; gagn&#233;s par des ann&#233;es de lutte dans la rue, des ann&#233;es qui ont eu le go&#251;t amer d'arrestations, de torture et d'inculpations. Aucune loi &#233;mise par le Conseil Supr&#234;me des Forces Arm&#233;es (CSFA) pour criminaliser les gr&#232;ves et les occupations et aucune punition qu'il impose ne peut enlever ce droit &#224; un peuple libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribunaux militaires qui volent des ann&#233;es de vie &#224; nos jeunes [des centaines de jeunes ont &#233;t&#233; condamn&#233;s, depuis janvier 2011, &#224; de lourdes peines de prison] auraient d&#251; &#234;tre r&#233;serv&#233;s au pr&#233;sident d&#233;chu pour son r&#244;le &#224; la t&#234;te des forces arm&#233;es. Cela, au lieu de le laisser jouir du luxe d'un proc&#232;s civil. Prot&#233;g&#233; par le CSFA, Moubarak b&#233;n&#233;ficie du luxe d'un proc&#232;s civil, dont la date a d'ailleurs &#233;t&#233; report&#233;e, une fois pour cause de maladie, une autre suite &#224; la rumeur pr&#233;tendant qu'il &#233;tait &#224; l'agonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, nous ne &#171; remettons pas en question le processus en cours &#187;. Mais nous affirmons que celui-ci a &#233;t&#233; frein&#233; et mis en question dans le but de prot&#233;ger de la justice les officiers de police meurtriers. Nous d&#233;clarons au monde que dix mille des enfants de ce pays croupissent dans des prisons militaires apr&#232;s avoir subi les pires tortures. Nous savons que le syst&#232;me fait un maximum d'efforts pour emp&#234;cher les gens de se r&#233;approprier les richesses qui leur ont &#233;t&#233; d&#233;rob&#233;es depuis des d&#233;cennies. Nous savons que seuls des participants &#224; la r&#233;volution sont traduits devant les tribunaux militaires, alors que les tueurs ont le droit aux tribunaux civils, et sont rel&#226;ch&#233;s, sous caution, entre les s&#233;ances des tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne r&#233;pandons pas de &#171; fausses rumeurs &#187;, mais au contraire la v&#233;rit&#233; que vous tentez de dissimuler : la v&#233;rit&#233; est qu'apr&#232;s le 25 janvier 2011 la pauvret&#233;, la r&#233;pression, la torture et les d&#233;tentions existent encore partout, comme avant. Avant, nous avions les prisons d'Etat, maintenant nous avons des prisons militaires ; &#224; la place des procureurs de la s&#233;curit&#233; de l'Etat, nous avons des procureurs militaires ; et &#224; la place des tribunaux d'exception nous avons des tribunaux militaires. Les lois d'urgence ne suffisaient pas &#224; nos dirigeants militaires : ils leur ont ajout&#233; de nouvelles lois qui criminalisent les gr&#232;ves et les occupations dans une tentative de r&#233;duire les libert&#233;s des Egyptiens. Il s'est av&#233;r&#233; que le budget, dont le gouvernement nous avait promis qu'il serait &#233;quitable, op&#232;re des coupes dans les d&#233;penses de sant&#233;, de l'&#233;ducation et des retraites afin de d&#233;gager des fonds pour le Minist&#232;re de l'int&#233;rieur et de l'Arm&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les int&#233;r&#234;ts des gens ne sont pas &#171; &#233;troits &#187;. Les revendications pour une miche de pain, pour des soins de sant&#233;, pour l'&#233;ducation et des logements dignes d'&#234;tres humains, pour la libert&#233; d'expression, pour le droit &#224; un emploi et l'obtention de la justice sont au c&#339;ur des revendications de la r&#233;volution. Elles ne peuvent &#234;tre mises sur le m&#234;me pied que les int&#233;r&#234;ts individuels &#233;troits des hommes d'affaires et de leurs associ&#233;s qui pillent les richesses du peuple. Ces individus sont terrifi&#233;s par les chutes des cours du march&#233; boursier. Mais ils restent impassibles devant le sang de 1'200 martyres ou devant le fait que moiti&#233; de la population vit au-dessous du niveau de pauvret&#233;&#8230; ou que des jeunes perdent des ann&#233;es de leur vie en prison. La seule chose qui les pr&#233;occupe c'est que leurs comptes en banque continuent &#224; grossir et qu'ils puissent continuer &#224; drainer le sang et la sueur des travailleurs pour un salaire aussi bas que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les r&#233;volutionnaires n'ont pas &#171; pris le pouvoir &#187; ; il leur appartient de droit. Ce pays devrait &#234;tre gouvern&#233; par ceux qui ont vers&#233; leur sang pour lui. Si quelqu'un a &#171; pris le pouvoir &#187;, c'est plut&#244;t le CSFA et ses partisans, auxquels personne n'a demand&#233; de gouverner le pays, mais qui ont vol&#233; &#8211; ou tent&#233; de voler &#8211; la r&#233;volution par la force, en profitant de l'euphorie du peuple apr&#232;s le renversement du dictateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que celui qui tend son index et menace les r&#233;volutionnaires consid&#232;re qu'ils ne comprennent ce que c'est que de perdre leurs enfants, non sur le champ de bataille contre une arm&#233;e &#233;trang&#232;re, mais sur la terre de leur patrie, aux mains d'officiers de police dont les salaires &#233;taient pay&#233;s avec nos imp&#244;ts. En fait El-Fangari ne comprend pas ce s'est pass&#233; le 25 janvier 2011. Ce jour-l&#224;, le peuple d'Egypte s'est soulev&#233;, d&#233;termin&#233; &#224; n'&#234;tre plus jamais r&#233;duits &#224; l'esclavage, d&#233;pouill&#233; ou exploit&#233;. Le 25 janvier, le peuple &#233;gyptien a regagn&#233; sa dignit&#233; et sa confiance dans le fait qu'il pouvait renverser les symboles de la dictature. La t&#234;te est tomb&#233;e, laissant derri&#232;re elle le corps corrompu. Le peuple a jur&#233; de ne pas s'arr&#234;ter avant la chute du r&#233;gime, et si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gloire aux martyrs ! Victoire pour la r&#233;volution ! Pouvoir au peuple ! (12 juillet 2011)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
