Matière et Révolution
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69144L'extrême gauche face aux licenciements
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<p>L'extrême gauche face aux licenciements <br class='autobr' />
Lutte ouvrière, NPA-Révolutionnaires, Révolution permanente : la dénonciation sans la politique communiste révolutionnaire... <br class='autobr' />
« Cette usine, elle crèvera sûrement. » <br class='autobr' />
Jean-Pierre Mercier (Lutte ouvrière, SUD Stellantis Poissy), forum de la fête de LO, 23-25 mai 2026. <br class='autobr' />
À la fête de Lutte ouvrière, les 23, 24 et 25 mai 2026, se tenait un forum intitulé « Quelle politique pour les travailleurs face aux licenciements et aux fermetures d'usine ». Cinq (…)</p>
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</div><h2 class="spip">L'extrême gauche face aux licenciements</h2>
<p>Lutte ouvrière, NPA-Révolutionnaires, Révolution permanente : la dénonciation sans la politique communiste révolutionnaire...</p>
<p>« Cette usine, elle crèvera sûrement. »</p>
<p>Jean-Pierre Mercier (Lutte ouvrière, SUD Stellantis Poissy), forum de la fête de LO, 23-25 mai 2026.</p>
<p>À la fête de Lutte ouvrière, les 23, 24 et 25 mai 2026, se tenait un forum intitulé « Quelle politique pour les travailleurs face aux licenciements et aux fermetures d'usine ». Cinq jours plus tôt, le 18 mai, Force ouvrière avait signé avec la direction de Stellantis l'accord actant la fin de la production automobile à Poissy : 900 postes supprimés « par départs non remplacés », et la bénédiction syndicale donnée au discours patronal sur la « mutation industrielle ». C'est dans ce contexte que les trois principales organisations de l'extrême gauche française se sont retrouvées dans la même salle. À la tribune, Jean-Pierre Mercier, militant de Lutte ouvrière et figure de SUD Stellantis Poissy. Dans le débat, Ken Armède, électromécanicien, militant du NPA-Révolutionnaires et de SUD à Stellantis Poissy, et un militant de Révolution permanente. Trois courants qui se réclament tous, à un titre ou un autre, du communisme révolutionnaire. Posons-leur une question simple : qu'est-ce qu'un ouvrier de Poissy devait organiser le lundi matin suivant, à cinq heures, dans son atelier ? Aucun des trois n'y répond.</p>
<p>Ce qu'ils ont dit de juste</p>
<p>Il faut commencer par là, sans quoi la critique ne vaut rien. Le topo de Mercier est supérieur à tout ce que produisent sur le sujet la CGT confédérale, le PCF ou La France insoumise. La concurrence chinoise y est démontée pièce en main : Stellantis invoque les Chinois pour fermer Poissy, et dans le même mouvement s'allie au chinois Leapmotor pour importer ses voitures et ouvre ses usines de Rennes, Saragosse et Madrid à ses partenaires Dongfeng et Leapmotor. Le « patriotisme économique » est nommé pour ce qu'il est, une arme idéologique destinée à faire prendre aux travailleurs la concurrence entre groupes capitalistes pour une concurrence entre travailleurs de nations différentes. Et la critique du « projet industriel » que défend la CGT à Poissy — un petit véhicule populaire dont il faudrait prouver la rentabilité au patron — est juste : c'est se transformer en conseiller patronal, se placer sur le terrain de l'ennemi, démolir la conscience que les intérêts des deux classes sont inconciliables. Quand La France insoumise est venue à Poissy le 16 juin, Manuel Bompard et Aurélie Trouvé réclamaient précisément « un plan de filière centré sur le véhicule électrique abordable » : exactement le projet industriel que Mercier dénonce. Sur ce terrain négatif, LO a raison contre toute la gauche. Le problème n'est pas là. Il est dans ce qui suit, ou plutôt dans ce qui ne suit jamais.</p>
<p>L'étalon revendiqué : Renault 1947</p>
<p>Pour juger ces courants, le mieux est de les confronter à une référence qu'ils invoquent eux-mêmes : la grève de Renault Billancourt, en avril-mai 1947. Elle fut animée par le groupe de David Korner, dit Barta — l'Union communiste, quelques dizaines de militants —, déclenchée contre l'avis de tous les appareils, dans une usine de trente mille ouvriers verrouillée par un Parti communiste alors au gouvernement, qui défendait le blocage des salaires et dénonçait les grévistes comme provocateurs. Il faut être précis sur l'héritage, car il est souvent surestimé : le groupe Barta a éclaté dès 1950 et Barta lui-même s'est retiré du militantisme. Lutte ouvrière ne descend pas de lui par une continuité organique ; elle se réclame de 1947, par l'intermédiaire de Pierre Bois, l'ouvrier qui anima la grève et participa plus tard à la fondation de Voix Ouvrière, ancêtre de LO. La Fraction L'Étincelle, d'où vient Ken Armède avant le NPA puis le NPA-Révolutionnaires, était une fraction de LO : elle partageait donc la même référence revendiquée à 1947. Deux des trois courants présents au forum se réclament ainsi de cette grève sans en avoir hérité organiquement. Le troisième, Révolution permanente, vient d'une autre tradition trotskyste, morenista, étrangère à cette référence. Confrontons-les tous à la méthode de 1947.</p>
<p>Cette méthode tient en quatre gestes. La minorité révolutionnaire n'attend pas que la mobilisation soit là : elle la prépare, puis prend l'initiative quand la colère est mûre, et c'est l'initiative qui révèle une disponibilité que personne ne « sentait ». Elle construit un organe : le comité de grève élu, révocable, ouvert aux non-syndiqués, qui arrache la conduite de la lutte au monopole des appareils. Elle porte une revendication unifiante et offensive — en 1947, dix francs de l'heure pour tous — et non un éventail de compensations individuelles. Et elle intervient à visage découvert comme fraction politique : La Voix des Travailleurs n'était pas un tract syndical, c'était l'organe public d'un courant communiste qui liait, dans l'usine même, la lutte immédiate et la perspective révolutionnaire. Quatre gestes. Voyons ce qu'il en reste, soixante-dix-neuf ans plus tard, à quarante kilomètres de Billancourt.</p>
<p>Le droit au salaire ou l'abolition du salariat</p>
<p>Le premier glissement se loge dans une citation. Mercier convoque le Programme de transition de Trotsky : « Le droit au travail est le seul droit sérieux que l'ouvrier a dans une société fondée sur l'exploitation. » La citation est exacte. Mais Mercier garde la prémisse et ampute tout ce qui suit. Car chez Trotsky, cette phrase ouvre immédiatement un système de revendications transitoires — échelle mobile des heures et des salaires, comités d'usine, contrôle ouvrier, ouverture des livres, expropriation, gouvernement ouvrier — à agiter dès maintenant, parce que « le programme doit exprimer les tâches objectives de la classe ouvrière et non l'arriération des ouvriers ». Mercier inverse la méthode : il déclare que « dans le cadre d'une mobilisation massive et générale, il serait possible de revendiquer l'échelle mobile des heures de travail ». Le conditionnel fait tout le travail. Chez Trotsky, la revendication transitoire est le pont qui crée la mobilisation ; chez LO, la mobilisation hypothétique devient la condition préalable de la revendication. Et comme Mercier constate lui-même qu'« on ne la sent pas, la mobilisation générale », le pont est renvoyé à plus tard, et il ne reste que les garanties. Le Programme de transition est transformé en programme d'attente.</p>
<p>Ce glissement en recouvre un plus profond, qui touche à la nature même du combat. Quelques jours avant le forum, l'éditorial de Nathalie Arthaud dans Lutte ouvrière posait que « le droit à un salaire est un droit vital ». Mais défendre le droit à un salaire, c'est défendre le droit du capital à nous exploiter : c'est accepter comme horizon indépassable le rapport salarial lui-même. Marx avait tranché cette question en 1865, dans Salaire, prix et profit : « Au lieu de la devise conservatrice : un salaire juste pour une journée de travail juste, ils doivent inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire : abolition du salariat. » Bien sûr qu'on se bat pour des hausses de salaire, pour de meilleures conditions. Mais on ne les érige pas en droit, car ce serait revendiquer le droit d'être exploité au lieu de poser la destruction du rapport capital-travail. Toute la politique des garanties tient dans ce renoncement : elle défend la place de l'ouvrier dans le salariat, là où il faudrait poser la fin du salariat. C'est la frontière exacte que LO ne franchit pas — et qu'elle masque sous une citation de Trotsky amputée de sa moitié révolutionnaire.</p>
<p>La politique réelle : l'accompagnement</p>
<p>Ce que les trois courants font concrètement à Poissy, depuis l'annonce du 16 avril, se résume à un mot : l'accompagnement. La politique de Lutte ouvrière, ce sont les « garanties » : préretraites, chèque de départ, congé de reclassement allongé, prélèvement sur les profits et les fortunes. Sa camarade Radia, de SUD Stellantis, en détaille le contenu au forum : « des garanties adaptées à chacun », une préretraite « plus longue et mieux payée », « un chèque » pour qui veut partir. C'est un cahier d'accompagnement individualisé de la fermeture — chacun sa situation, chacun sa porte de sortie. La différence avec la CFDT est quantitative, plus généreuse, jamais qualitative. Et cette ligne n'est pas née avec l'annonce de fermeture : dès octobre 2025, lors d'un chômage technique de trois semaines, Mercier réclamait déjà « être indemnisés comme les cadres ». L'horizon indemnitaire précède la bataille.</p>
<p>Révolution permanente, sur le papier, écrit autre chose. Son article du 18 avril réclame « le maintien de tous les emplois, l'interdiction des licenciements ainsi que l'expropriation de toutes les entreprises qui licencient, pour les mettre sous contrôle des travailleurs ». C'est, formellement, le programme transitoire que LO refuse. Mais ce mot d'ordre flotte sans le moindre dispositif pour le porter : pas de comité élu, pas de coordination, pas de fraction organisée. Au rassemblement du 23 avril, la militante de RP, Laura, appelle à « généraliser la grève pour imposer l'interdiction des licenciements » — une exhortation, pas un plan. Le NPA-R, lui, par la voix de Ken Armède, théorise au forum que la seule revendication capable d'entraîner les ouvriers, ce serait la préretraite à cinq ans payée à 80 ou 85 % : « là ils sont capables de se transformer comme des lions ». Trois habillages, une même substance : on négocie les conditions du départ.</p>
<p>Le dispositif Armède-Mercier</p>
<p>Le moment le plus révélateur du forum est l'échange, en apparence contradictoire, entre Ken Armède et Jean-Pierre Mercier. Armède pose une prémisse : les ouvriers de Poissy ont cinquante-cinq, cinquante-huit, soixante ans, ils sont usés, ils veulent partir ; donc l'interdiction des licenciements ne les mobilisera pas, seule une bonne préretraite le fera. Mercier, de son côté, répond au militant de RP que « le maintien de l'emploi » se confond forcément avec le « projet industriel » de la CGT, donc avec le terrain du patron, donc il faut l'exclure — et il ne reste que les garanties. Mises bout à bout, les deux interventions forment un cercle parfaitement fermé. Armède fabrique l'objection qui rend nécessaire la politique d'indemnisation ; Mercier rabat le maintien de l'emploi sur sa version dégradée pour escamoter sa version transitoire. Or il suffit d'une revendication pour que le cercle se brise : la retraite à taux plein, à cent pour cent, non amputée, assortie de l'embauche systématique sur chaque poste libéré, intérimaires et sous-traitants titularisés. Les anciens partent alors dans de meilleures conditions que celles qu'Armède propose ; les jeunes entrent en CDI ; le poste de travail vit. Ce que les deux courants opposent — les vieux contre le contrôle de la production —, le programme transitoire l'articule. Leur impasse n'est pas une donnée de la réalité, c'est une construction.</p>
<p>Pas un comité, pas une assemblée</p>
<p>Cherchez dans tout le forum les mots comité de grève, assemblée générale souveraine, comité d'usine élu, coordination de site : ils n'y sont pas. Ni chez Mercier, ni chez Armède, ni chez le militant de RP. C'est pourtant l'ossature de toute politique de lutte contre une fermeture, et c'était l'arme de Barta en 1947. Un militant de LO évoque bien un débrayage où « on avait retiré nos gilets syndicaux » — mais retirer un gilet n'est pas élire un comité révocable mandaté par une assemblée souveraine. On sort de ce forum sans savoir ce que pensent les travailleurs de Poissy, sans savoir s'ils disposent du moindre cadre où décider eux-mêmes. Pour les trois courants, l'organe de décision demeure l'appareil syndical ; jamais la base réunie et souveraine. C'est très exactement le geste que Barta avait dû accomplir contre la CGT, et que ces courants, qui s'en réclament ou s'en approchent, ne reprennent pas.</p>
<p>Le tabou partagé : Solidaires, et l'automobile qui s'arme</p>
<p>Reste le point le plus lourd, et il est commun aux trois. Mercier, à SUD Stellantis. Ken Armède, à SUD Stellantis. Anasse Kazib, porte-parole de Révolution permanente, à SUD Rail. Les trois sont cadres de la même confédération, Solidaires. Or Solidaires est membre du RESU, le réseau qui soutient les livraisons d'armes à l'Ukraine et l'alignement sur l'OTAN. Aucun des trois ne mène la moindre bataille à l'intérieur de sa propre confédération contre cet alignement. Mercier lâche au forum la phrase qui résume tout : « C'est mort les copains, depuis 1914 c'est mort. Donc laissons ça de côté et occupons-nous de nos affaires. » Il reconnaît l'union sacrée, la trahison des appareils depuis 1914 — et il en tire l'abstention, là où Barta en tirait le combat. « Nos affaires », c'est le salaire, l'emploi, les garanties ; tout le reste est laissé à la bourgeoisie. Le NPA-R fait de même par un autre chemin : il dénonce le Nouveau Front populaire, mais ne nomme jamais l'union sacrée de la CGT et de Solidaires, et reste ainsi, par défaut, dans le camp qu'il prétend combattre — d'autant que le programme du NFP que ces confédérations ont appelé à voter en 2024 contenait explicitement la « livraison d'armes nécessaires » à l'Ukraine.</p>
<p>Et « tout le reste », en mai 2026, porte un nom : l'économie de guerre. Dans un forum entier consacré à l'automobile, devant une salariée du Technocentre Renault venue décrire les deux mille suppressions de postes dans l'ingénierie mondiale du groupe, pas un mot n'est prononcé sur la reconversion militaire. Pas un mot sur le projet Chorus, ces drones de combat que Renault s'apprête à produire au Mans et à Cléon — six cents par mois à partir de juin 2026, sous contrat d'un milliard d'euros avec la Direction générale de l'armement, validés au comité d'établissement du Mans par dix voix pour, onze abstentions et aucune voix contre. Pas un mot sur Airbus Helicopters à Marignane, alors même que LO y a un élu de comité, Bazzali, candidat à la mairie. Le capital français a trois voies devant la crise de l'automobile : fermer, comme à Poissy ; délocaliser, vers Kénitra — où Stellantis investit 1,2 milliard d'euros et crée trois mille emplois pendant qu'il en supprime neuf cents à Poissy —, vers Pomigliano et Vigo ; et militariser, vers les drones de Renault et les hélicoptères d'Airbus. Les trois courants n'en nomment qu'une. La voiture civile qu'on liquide d'un côté finance la voiture de guerre qu'on développe de l'autre, et la parole ouvrière de refus — les salariés de Cléon disant à la presse « on n'a pas signé pour fabriquer des armes de guerre pour aller abattre des gens à l'autre côté de la planète » — reste sans relais. « Occupons-nous de nos affaires » interdit précisément de saisir ce chaînon.</p>
<p>Lundi matin, cinq heures : ce qu'un courant de type Barta organiserait</p>
<p>Posons donc la seule question qui vaille, celle que le forum laisse sans réponse : un militant communiste à Poissy, le lundi matin à cinq heures, à la première pause, devant la machine — que fait-il, concrètement ? Il ne distribue pas un tract qui dénonce le capitalisme en général, car les ouvriers le connaissent mieux que personne. Il ne propose pas non plus de négocier le meilleur chèque de départ. Il fait ce que l'Union communiste a fait à Billancourt : il porte, dans l'usine et au grand jour, une politique qui transforme la défense de la peau en contestation du pouvoir patronal sur la production.</p>
<p>Le premier geste est de briser le faux dilemme dans lequel Mercier et Ken Armède enferment leurs camarades. À l'objection « les anciens veulent partir, les jeunes veulent rester », on oppose une seule revendication qui satisfait les deux : la retraite à taux plein, à cent pour cent, sans décote, et l'embauche correspondante sur chaque poste libéré, avec titularisation immédiate des intérimaires et des sous-traitants. Les anciens partent mieux que ce que leur propose le NPA-R ; les jeunes entrent en contrat stable ; le poste de travail vit. La division que le patron organise par le volontariat et les départs « naturels », on la referme par une exigence unifiante — comme les dix francs pour tous de 1947 refermaient la division entre qualifiés et manœuvres.</p>
<p>Le deuxième geste est de construire l'organe que personne, dans tout le forum, n'a nommé : un comité élu en assemblée générale souveraine, CDI, intérimaires et sous-traitants réunis, délégués révocables à tout moment. Non pour « ramener du monde à l'extérieur », mais pour arracher la conduite de la lutte aux appareils et la mettre entre les mains des travailleurs eux-mêmes. C'est ce comité, et non un permanent syndical, qui décide, qui négocie, qui appelle. Sans lui, tout le reste reste un vœu.</p>
<p>Le troisième geste est d'ouvrir les livres. Le comité exige et publie les chiffres que la direction cache : le montant des aides publiques encaissées par Stellantis depuis des années, les sommes transférées vers Kénitra et Saragosse, les dividendes versés aux familles Peugeot et Agnelli. Ces chiffres retournent l'accusation : ce n'est pas l'usine qui n'est pas « rentable », c'est le capital qui s'en va ailleurs avec l'argent arraché au travail et à l'impôt. De là découle la revendication qui dépasse la simple indemnité : la réquisition sans rachat de l'outil de production en cas de fermeture maintenue, et l'occupation — celle que Grévis, ancien d'Aulnay, réclamait dans la salle quand il rappelait que « l'usine fermée, ça veut dire c'est à nous, c'est à nous la bagnole, c'est pas les patrons », et que personne à la tribune n'a reprise.</p>
<p>Le quatrième geste porte la lutte au-delà de l'usine, là où le capital se croit hors d'atteinte. D'un côté, l'unification salariale à l'échelle de Stellantis-monde — même salaire, mêmes conditions, partout où le groupe produit —, seule manière matérielle de retirer à la délocalisation son carburant, avec des contacts réels noués entre Poissy, Mulhouse, Sochaux, Hordain, Pomigliano, Vigo, Kénitra, et non l'internationalisme de tribune qui prononce le mot sans jamais bâtir l'organisation. De l'autre, l'adresse directe aux ouvriers que la reconversion militaire met en première ligne : ceux de Renault au Mans et à Cléon, sommés de produire des drones de combat, ceux d'Airbus Helicopters à Marignane. On leur porte ce que les salariés de Cléon disent déjà entre eux — « on n'a pas signé pour fabriquer des armes de guerre » — pour en faire un mot d'ordre : refus de produire pour la guerre, contrôle ouvrier sur les fabrications, reconversion vers les besoins sociaux décidée par les travailleurs et non par la Direction générale de l'armement.</p>
<p>Et le geste qui tient tous les autres : la fraction révolutionnaire publique. Non pas le militant qui retire son gilet le temps d'un débrayage, mais un courant organisé qui intervient à visage découvert dans la CGT, SUD, FO, la FSU, qui dit son nom, qui mène la bataille frontale contre les directions confédérales — y compris contre Solidaires, à laquelle appartiennent Mercier, Ken Armède et Anasse Kazib, sur son alignement derrière les armes à l'Ukraine et l'union sacrée. Une fraction capable, si nécessaire, de prendre la tête d'une grève contre la confédération qui l'héberge. C'est précisément ce qu'a fait l'Union communiste en 1947 contre la CGT du Parti communiste au gouvernement, et c'est précisément ce qu'aucun des trois courants ne fait en 2026.</p>
<p>Voilà ce qui sortirait d'un forum si l'on y défendait la politique dont LO et le NPA-R se réclament — et que Révolution permanente, sans s'en réclamer, n'atteint pas davantage. Au lieu de quoi le travailleur de Poissy est reparti avec une bonne dénonciation du capitalisme, la certitude que la CGT, le PCF et LFI sont des impasses, et la perspective d'un chèque un peu plus gros qu'à la CFDT. C'est ce vide pratique, habillé d'une phraséologie souvent impeccable, qui est la signature commune des trois. Mercier l'a résumé d'un mot : « cette usine, elle crèvera sûrement. » Toute sa politique en découle — négocier les conditions de la défaite, puis la requalifier en « gain de conscience ». Mais une conscience qui ne se fixe dans aucun organe, aucune coordination, aucune victoire même partielle, ne s'accumule pas : elle se dissipe. Aulnay 2014, défaite et conscience ; Flins 2024, défaite et conscience ; Poissy 2026, défaite annoncée et conscience promise. L'Union communiste, elle, avec quelques dizaines de militants face au plus puissant appareil ouvrier d'Europe, ne réclamait pas la conscience comme préalable : elle la produisait par l'action, et cette action a contribué à chasser les ministres communistes du gouvernement. Deux de ces courants se réclament de cette histoire, le troisième l'ignore. Aucun n'en fait quoi que ce soit.</p>
<p>Matière et Révolution – VDT - Gilets Jaunes Poitiers</p>
<h2 class="spip">La réalité de la vague des licenciements</h2>
<p>Michelin</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/la-suppression-de-1-500-postes-chez-michelin-fait-craindre-un-effet-domino-dans-plusieurs-secteurs_8005322.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-decryptage-eco/la-suppression-de-1-500-postes-chez-michelin-fait-craindre-un-effet-domino-dans-plusieurs-secteurs_8005322.html</a></p>
<p>Nespresso</p>
<p><a href="https://latele.ch/articles/jusqu-a-291-emplois-coupes-chez-nespresso-france-source" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://latele.ch/articles/jusqu-a-291-emplois-coupes-chez-nespresso-france-source</a></p>
<p>SFR</p>
<p><a href="https://www.frandroid.com/marques/sfr/3129517_le-risque-de-suppressions-massives-demplois-est-reel-apres-le-rachat-de-sfr-les-salaries-de-loperateur-craignent-pour-leurs-postes" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.frandroid.com/marques/sfr/3129517_le-risque-de-suppressions-massives-demplois-est-reel-apres-le-rachat-de-sfr-les-salaries-de-loperateur-craignent-pour-leurs-postes</a></p>
<p>Okaïdi</p>
<p><a href="https://www.mediaterranee.com/2842026-okaidi-annonce-290-suppressions-demplois-et-la-fermeture-de-60-magasins.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.mediaterranee.com/2842026-okaidi-annonce-290-suppressions-demplois-et-la-fermeture-de-60-magasins.html</a></p>
<p>Kyndryl</p>
<p><a href="https://www.boursorama.com/bourse/actualites/kyndryl-prevoit-des-suppressions-d-emplois-et-table-sur-un-benefice-avant-impots-inferieur-aux-estimations-9d678c0dd17f0ccbcc05ddbb58549114" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.boursorama.com/bourse/actualites/kyndryl-prevoit-des-suppressions-d-emplois-et-table-sur-un-benefice-avant-impots-inferieur-aux-estimations-9d678c0dd17f0ccbcc05ddbb58549114</a></p>
<p>Wacker</p>
<p><a href="https://www.chemeurope.com/fr/news/1188668/suppression-d-emplois-chez-wacker-environ-1-600-emplois-concernes-en-allemagne.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.chemeurope.com/fr/news/1188668/suppression-d-emplois-chez-wacker-environ-1-600-emplois-concernes-en-allemagne.html</a></p>
<p>Bill</p>
<p><a href="https://www.boursorama.com/bourse/actualites/bill-en-hausse-apres-avoir-annonce-des-suppressions-d-emplois-et-un-retour-a-la-rentabilite-43d6fc2b8c2b883d33990a9e8915d78c" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.boursorama.com/bourse/actualites/bill-en-hausse-apres-avoir-annonce-des-suppressions-d-emplois-et-un-retour-a-la-rentabilite-43d6fc2b8c2b883d33990a9e8915d78c</a></p>
<p>France Travail</p>
<p><a href="https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2026/02/08/a-france-travail-on-supprime-plus-de-1000-emplois-mais-on-embauche-un-general" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2026/02/08/a-france-travail-on-supprime-plus-de-1000-emplois-mais-on-embauche-un-general</a></p>
<p>Banques</p>
<p><a href="https://www.force-ouvriere.fr/secteur-bancaire-l-ia-accelere-les-suppressions-d-emplois-fo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.force-ouvriere.fr/secteur-bancaire-l-ia-accelere-les-suppressions-d-emplois-fo</a></p>
<p>Nestlé</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/nestle-prevoit-jusqu-a-180-suppressions-d-emplois-en-france-a-partir-de-2027_7959869.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/nestle-prevoit-jusqu-a-180-suppressions-d-emplois-en-france-a-partir-de-2027_7959869.html</a></p>
<p>Energies renouvelables</p>
<p><a href="https://www.greenunivers.com/2026/01/les-suppressions-demplois-sintensifient-dans-les-renouvelables-413702/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.greenunivers.com/2026/01/les-suppressions-demplois-sintensifient-dans-les-renouvelables-413702/</a></p>
<p>Renault</p>
<p><a href="https://actu.fr/ile-de-france/villiers-saint-frederic_78683/fermeture-du-centre-dingenierie-renault-de-villiers-saint-frederic-une-decision-brutale-pour-les-syndicats_64330861.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/ile-de-france/villiers-saint-frederic_78683/fermeture-du-centre-dingenierie-renault-de-villiers-saint-frederic-une-decision-brutale-pour-les-syndicats_64330861.html</a></p>
<p>Services publics</p>
<p><a href="https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/finances-publiques/le-projet-de-budget-2026-prevoit-de-supprimer-plus-de-3-100-postes-de-fonctionnaires_AD-202510140451.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/finances-publiques/le-projet-de-budget-2026-prevoit-de-supprimer-plus-de-3-100-postes-de-fonctionnaires_AD-202510140451.html</a></p>
<p>Ikea</p>
<p><a href="https://www.cnews.fr/monde/2026-05-18/ikea-va-supprimer-850-emplois-dans-le-monde-pour-simplifier-son-organisation" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cnews.fr/monde/2026-05-18/ikea-va-supprimer-850-emplois-dans-le-monde-pour-simplifier-son-organisation</a></p>
<p>La CGT dénonce le caractère général des licenciements sans du tout proposer une riposte générale. Elle unifie les licenciements dans les statistiques, dans la dénonciation, pas dans les luttes…</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/plans-sociaux/la-cgt-denombre-546-plans-de-suppression-d-emplois-en-moins-de-trois-ans-dont-75-dans-le-secteur-de-l-industrie_7895348.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/economie/emploi/plans-sociaux/la-cgt-denombre-546-plans-de-suppression-d-emplois-en-moins-de-trois-ans-dont-75-dans-le-secteur-de-l-industrie_7895348.html</a></p>
<p><a href="https://www.cgt.fr/actualites/france/industrie/industrie-la-situation-est-catastrophique" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cgt.fr/actualites/france/industrie/industrie-la-situation-est-catastrophique</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/la-cgt-compte-546-plans-de-suppression-d-emplois-entre-2023-et-2026-dont-75-dans-le-secteur-de-l-industrie-5073664" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/la-cgt-compte-546-plans-de-suppression-d-emplois-entre-2023-et-2026-dont-75-dans-le-secteur-de-l-industrie-5073664</a></p>
<p>Les syndicats se disent « abasourdis », ne comprennent pas, se désolent, critiquent, éventuellement dénoncent mais se gardent d'envisager la moindre riposte d'ensemble !!!</p>
<p>Les syndicats refusent la lutte d'ensemble privé-public, emplois-salaires, tous secteurs confondus…</p>
<p>Ils refusent de relier les emplois à la lutte contre l'économie de guerre…</p>
<p>Démolissons le fatalisme des bureaucraties qui négocient la mort de nos emplois !<br class='autobr' />
Même quand ils dirigent une simple manifestation d'ensemble contre les licenciements, les syndicats affirment qu'il faudra « des mesures législatives contre les licenciements ». Leur réformisme est profond et tue notre lutte.</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=EnO754QTxXs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=EnO754QTxXs</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=B6o5y6dBuJM" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=B6o5y6dBuJM</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=cJTsU4eR1TQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=cJTsU4eR1TQ</a></p>
<p>Le réformisme nous tuera si nous ne le battons pas !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7143" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7143</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7042" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7042</a></p>
<h2 class="spip">La lutte d'ensemble qui annoncera qu'on va couler les patrons qui nous coulent devra être dirigée par des conseils de travailleurs ! </h2>
<p>Comment lutter contre les suppressions d'emplois ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2378" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2378</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2240" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2240</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve944" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve944</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6101" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6101</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve715" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve715</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1004" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1004</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5107" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5107</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5603" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5603</a></p>
<h2 class="spip">Et l'extrême gauche ?</h2>
<p>L'extrême gauche se donne une allure pseudo-radicale mais ne démonte absolument pas les méthodes des bureaucraties syndicales pour détourner les luttes contre les licenciements !</p>
<p><a href="https://npa-lanticapitaliste.org/sites/default/files/4_pages_a5_licenciements_2025.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://npa-lanticapitaliste.org/sites/default/files/4_pages_a5_licenciements_2025.pdf</a></p>
<p>Elle se garde de relier véritablement le combat contre les licenciements avec le combat pour les salaires, contre la guerre, contre l'impérialisme et pour l'Etat des conseils de travailleurs !</p>
<p>Nathalie Arthaud : "Soit on accepte de subir les licenciements, soit on doit imposer des choses"</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/nathalie-arthaud-soit-on-accepte-de-subir-les-licenciements-soit-on-doit-imposer-des-choses-8271065" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/nathalie-arthaud-soit-on-accepte-de-subir-les-licenciements-soit-on-doit-imposer-des-choses-8271065</a></p>
<p>On demande à l'Etat capitaliste d'intervenir et c'est lui qui réquisitionne une usine qui va fermer !</p>
<p>Et ça se dit révolutionnaire marxiste, léniniste et trotskyste !!!</p>
<p>Elle parle d' « interdire les licenciements » mais qui doit le faire ? L'Etat capitaliste ou les travailleurs organisés en soviets ?</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/replay-radio/l-invite-de-8h15/contre-le-chomage-nathalie-arthaud-veut-interdire-les-licenciements_1741725.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/replay-radio/l-invite-de-8h15/contre-le-chomage-nathalie-arthaud-veut-interdire-les-licenciements_1741725.html</a></p>
<p>Elle soutient les syndicats qui isolent chaque lutte entreprise par entreprise…</p>
<p><a href="https://lutte-ouvriere.org/journal/article/valeo-saint-quentin-fallavier-nathalie-arthaud-soutien-auxsalaries-176966.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lutte-ouvriere.org/journal/article/valeo-saint-quentin-fallavier-nathalie-arthaud-soutien-auxsalaries-176966.html</a></p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/michelin/michelin-a-cholet-votre-lutte-ne-fait-que-commencer-previent-nathalie-arthaud-lutte-ouvriere-36d3138c-abff-11ef-9b54-3c56a96f72e2" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/michelin/michelin-a-cholet-votre-lutte-ne-fait-que-commencer-previent-nathalie-arthaud-lutte-ouvriere-36d3138c-abff-11ef-9b54-3c56a96f72e2</a></p>
<p>Le groupe dit « Révolution permanente » ne fait pas mieux : des luttes isolées…</p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Construire-un-plan-de-bataille-contre-les-licenciements-les-grevistes-de-Grandpuits-montrent-la" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Construire-un-plan-de-bataille-contre-les-licenciements-les-grevistes-de-Grandpuits-montrent-la</a></p>
<p>L'extrême gauche se démarque des syndicats mais pas de la CGT et de SUD !</p>
<p><a href="https://www.sudradio.fr/politique/nathalie-arthaud-lo-les-travailleurs-ne-peuvent-pas-compter-sur-fo-et-la-cfdt" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sudradio.fr/politique/nathalie-arthaud-lo-les-travailleurs-ne-peuvent-pas-compter-sur-fo-et-la-cfdt</a></p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Scandaleux-face-a-la-crise-la-CFDT-et-FO-signent-un-appel-a-la-stabilite-avec-le-MEDEF" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Scandaleux-face-a-la-crise-la-CFDT-et-FO-signent-un-appel-a-la-stabilite-avec-le-MEDEF</a></p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Austerite-sur-l-assurance-chomage-FO-la-CFDT-et-la-CFTC-pretes-a-collaborer-avec-Barnier" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Austerite-sur-l-assurance-chomage-FO-la-CFDT-et-la-CFTC-pretes-a-collaborer-avec-Barnier</a></p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Valeo-C-est-un-coup-de-poignard-dans-le-dos-La-CFDT-et-la-CFE-CGC-signent-un-accord-antigreve" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Valeo-C-est-un-coup-de-poignard-dans-le-dos-La-CFDT-et-la-CFE-CGC-signent-un-accord-antigreve</a></p>
<h2 class="spip">Construisons nos comités de travailleurs et de chômeurs, de gilets jaunes pour abattre les licencieurs !</h2></div>
Les IWW, le syndicalisme prolétarien révolutionnaire internationaliste d'action directe
https://matierevolution.org/spip.php?article9065
https://matierevolution.org/spip.php?article90652026-06-19T22:30:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSASocialisme - SocialismSyndicalism - le syndicalismeGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Les IWW, organisation de classe du prolétariat des Etats-Unis <br class='autobr' />
Big Bill Haywood déclara à la Convention de fondation : « Camarades travailleurs... C'est ici le congrès continental de la classe ouvrière. Nous sommes ici pour confédérer les travailleurs de ce pays en un mouvement de la classe ouvrière dont le but devra être de s'émanciper des chaînes du capitalisme. » <br class='autobr' />
Comment l'histoire des IWW a été écrite… <br class='autobr' />
https://translate.google.fr/translate?u= (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag">Socialisme - Socialism</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les IWW, organisation de classe du prolétariat des Etats-Unis</h2>
<p>Big Bill Haywood déclara à la Convention de fondation : « Camarades travailleurs... C'est ici le congrès continental de la classe ouvrière. Nous sommes ici pour confédérer les travailleurs de ce pays en un mouvement de la classe ouvrière dont le but devra être de s'émanciper des chaînes du capitalisme. »</p>
<p>Comment l'histoire des IWW a été écrite…</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/drops.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/drops.htm</a></p>
<p>The Wobblies (1979) : ce que l'IWW signifie pour la classe ouvrière aujourd'hui (point de vue de WSWS)</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/05/30/wobb-m30.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/05/30/wobb-m30.html</a></p>
<p>Syndicalisme de classe contre division raciale du prolétariat</p>
<p><a href="https://www.lesutopiques.org/iww-un-syndicalisme-de-classe-contre-les-prejuges-raciaux-1905-1925/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesutopiques.org/iww-un-syndicalisme-de-classe-contre-les-prejuges-raciaux-1905-1925/</a></p>
<p>Les IWW et le syndicalisme révolutionnaire aux USA</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3583" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3583</a></p>
<p>Une histoire des IWW</p>
<p><a href="https://wikirouge.net/Industrial_Workers_of_the_World" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://wikirouge.net/Industrial_Workers_of_the_World</a></p>
<p><a href="https://www.revue-ballast.fr/une-histoire-du-syndicat-industrial-workers-of-the-world/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revue-ballast.fr/une-histoire-du-syndicat-industrial-workers-of-the-world/</a></p>
<p>Haywood et Debs, deux dirigeants des IWW</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6438" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6438</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6295" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6295</a></p>
<p>IWW et grèves des mineurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6856" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6856</a></p>
<p>L'Internationale Communiste de l'époque de Lénine et Trotsky aux I. W. W.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/01/iww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/01/iww.htm</a></p>
<p>La point de vue du CCI (gauche communiste)</p>
<p><a href="https://fr.internationalism.org/rint125/IWW_syndicalisme_revolutionnaire.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.internationalism.org/rint125/IWW_syndicalisme_revolutionnaire.htm</a></p>
<p>Documents, essais et analyses pour une histoire des IWW</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/index.htm</a></p>
<p>Les IWW, ce que c'est et ce que ce n'est pas</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/whatitis.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/whatitis.htm</a></p>
<p>IWW, projet audacieux et révolutionnaire</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/iww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/iww.htm</a></p>
<p>Chronologie des IWW</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/timeline.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/timeline.htm</a></p>
<p>Qu'est-ce que l'IWW ?</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/18_01_x01.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/18_01_x01.htm</a></p>
<p>IWW, organisation révolutionnaire</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1913/perry.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1913/perry.htm</a></p>
<p>L'histoire des IWW</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1923/fourworkers.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1923/fourworkers.htm</a></p>
<p>Les IWW et l'Internationale syndicale rouge</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1923/iwwrilu.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1923/iwwrilu.htm</a></p>
<p>L'Industrial Pioneer était une publication mensuelle des Industrial Workers of the World (IWW)</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrial-pioneer/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrial-pioneer/index.htm</a></p>
<p>Actes de la Convention fondatrice des IWW en 1905</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/index.htm</a></p>
<p>Solidarity : Organe des travailleurs industriels du monde</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/solidarity-iww/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/solidarity-iww/index.htm</a></p>
<p>La Convention des IWW en 1924</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1924/iwwconv.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1924/iwwconv.htm</a></p>
<p>Les IWW à Philadelphie en 1920</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1921/philiiww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1921/philiiww.htm</a></p>
<p> IWW, en théorie et en pratique</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1938/ebert_5th.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1938/ebert_5th.htm</a></p>
<p>Premier jour de la Convention de 1905</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm</a></p>
<p>Le bulletin des IWW</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrialworker/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrialworker/</a></p>
<p>Le témoignage d'Helen Keller</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/16_01_16.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/16_01_16.htm</a></p>
<p>Un renégat</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1920/anreg.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1920/anreg.htm</a></p>
<p>Débats de la Convention de Chicago de 1905</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch02.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch02.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch03.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch03.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch04.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch04.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch05.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch05.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch06.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch06.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch07.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch07.htm</a></p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch08.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch08.htm</a></p>
<p>Les IWW et le problème du chômage</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=</a> <a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/oehler/1931/04/iww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/etol/writers/oehler/1931/04/iww.htm</a></p>
<p>Read in english - Lire en anglais :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/index.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/whatitis.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/whatitis.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/iww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/iww.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/timeline.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/timeline.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/18_01_x01.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/18_01_x01.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1913/perry.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1913/perry.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/The%20IWW-Greatest%20Thing%20on%20Earth.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/The%20IWW-Greatest%20Thing%20on%20Earth.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1923/fourworkers.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1923/fourworkers.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1923/iwwrilu.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1923/iwwrilu.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrial-pioneer/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrial-pioneer/index.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/index.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/solidarity-iww/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/solidarity-iww/index.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1924/iwwconv.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1924/iwwconv.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1921/philiiww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1921/philiiww.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/browder/browder-iww.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/browder/browder-iww.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol16/no03/v16n03-w132-summer-1955-fourth-int.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol16/no03/v16n03-w132-summer-1955-fourth-int.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1938/ebert_5th.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1938/ebert_5th.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch01.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/drops.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1920/drops.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1925/0700-riac-tomembersofiww.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1925/0700-riac-tomembersofiww.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/The%20IWW-The%20Great%20Anticipation.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1955/The%20IWW-The%20Great%20Anticipation.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrialworker/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/pubs/industrialworker/</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/16_01_16.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/reference/archive/keller-helen/works/1910s/16_01_16.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1920/anreg.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/archive/cannon/works/1920/anreg.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/parties/cpusa/1919/11/1115-ferg-sovietsandiww.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/parties/cpusa/1919/11/1115-ferg-sovietsandiww.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch06.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/usa/unions/iww/1905/convention/ch06.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/writers/oehler/1931/04/iww.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/history/etol/writers/oehler/1931/04/iww.htm</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?cof=GALT%3A%23a00000%3BGL%3A0%3BAH%3Acenter%3BLH%3A250%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fsearch.marxists.org%2Fadmin%2Fsearch%2Fsearch.jpg%3BLW%3A400%3BAWFID%3A98b2606990956b52%3B&domains=www.marxists.org&sitesearch=www.marxists.org&as_sitesearch=&hl=en&ie=8859-1&oe=8859-1&as_occt=body&num=30&btnG=Rechercher+%21&as_epq=IWW&as_oq=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.google.fr/search?cof=GALT%3A%23a00000%3BGL%3A0%3BAH%3Acenter%3BLH%3A250%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fsearch.marxists.org%2Fadmin%2Fsearch%2Fsearch.jpg%3BLW%3A400%3BAWFID%3A98b2606990956b52%3B&domains=www.marxists.org&sitesearch=www.marxists.org&as_sitesearch=&hl=en&ie=8859-1&oe=8859-1&as_occt=body&num=30&btnG=Rechercher+%21&as_epq=IWW&as_oq=</a></p>
<p><a href="https://www.google.com/search?q=maxists+iww&client=firefox-b-d&sca_esv=62c56fbf69759a64&ei=4DU_Z-PZJPulkdUP1fS3mAs&ved=0ahUKEwjjyemexO2JAxX7UqQEHVX6DbMQ4dUDCBA&uact=5&oq=maxists+iww&gs_lp=Egxnd3Mtd2l6LXNlcnAiC21heGlzdHMgaXd3MggQIRigARjDBEjQGFDlCFj-E3ABeAGQAQCYAWCgAa0EqgEBN7gBA8gBAPgBAZgCCKAC8QTCAgoQABiwAxjWBBhHwgIGEAAYBxgewgIIEC4YBxgKGB7CAggQABgHGAgYHpgDAIgGAZAGApIHAzYuMqAHrBo&sclient=gws-wiz-serp#fpr=r" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.google.com/search?q=maxists+iww&client=firefox-b-d&sca_esv=62c56fbf69759a64&ei=4DU_Z-PZJPulkdUP1fS3mAs&ved=0ahUKEwjjyemexO2JAxX7UqQEHVX6DbMQ4dUDCBA&uact=5&oq=maxists+iww&gs_lp=Egxnd3Mtd2l6LXNlcnAiC21heGlzdHMgaXd3MggQIRigARjDBEjQGFDlCFj-E3ABeAGQAQCYAWCgAa0EqgEBN7gBA8gBAPgBAZgCCKAC8QTCAgoQABiwAxjWBBhHwgIGEAAYBxgewgIIEC4YBxgKGB7CAggQABgHGAgYHpgDAIgGAZAGApIHAzYuMqAHrBo&sclient=gws-wiz-serp#fpr=r</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/geschichte/usa/iww/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/geschichte/usa/iww/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p><a href="https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=wsws+iww" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=wsws+iww</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/geschichte/usa/iww/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/geschichte/usa/iww/index.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p></div>
Des militants d'extrême gauche au service des appareils bureaucratiques syndicaux
https://matierevolution.org/spip.php?article9614
https://matierevolution.org/spip.php?article96142026-06-13T22:05:00Ztext/htmlfrKarobSyndicalism - le syndicalisme
<p>Quirante et Le Merrer (NPA-R), permanents fédéraux de SUD-PTT : l'union sacrée et le social-patriotisme ont leurs « révolutionnaires » <br class='autobr' />
Le 12 juin 2025, cinq postiers des Hauts-de-Seine passaient en procès pour des faits de grève remontant à 2014. Parmi eux deux figures publiques : Gaël Quirante, secrétaire de SUD Poste 92, et Yann Le Merrer, membre du Bureau fédéral de SUD-PTT. Tous deux militants du NPA-Révolutionnaires (NPA-R), tous deux candidats sur la liste de cette organisation aux (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17622 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000066535_1_.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/1000066535_1_-868c7.jpg?1792806042' width='500' height='707' alt='' /></a>
</figure>
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<p>Quirante et Le Merrer (NPA-R), permanents fédéraux de SUD-PTT : l'union sacrée et le social-patriotisme ont leurs « révolutionnaires »</p>
<p>Le 12 juin 2025, cinq postiers des Hauts-de-Seine passaient en procès pour des faits de grève remontant à 2014. Parmi eux deux figures publiques : Gaël Quirante, secrétaire de SUD Poste 92, et Yann Le Merrer, membre du Bureau fédéral de SUD-PTT. Tous deux militants du NPA-Révolutionnaires (NPA-R), tous deux candidats sur la liste de cette organisation aux européennes 2024. La presse militante les présente comme l'incarnation du « syndicalisme de lutte de classe » et de la continuité révolutionnaire dans le mouvement ouvrier français. C'est précisément cette présentation qu'il faut démonter, parce qu'elle est mensongère, et que ce mensonge sert objectivement la bourgeoisie française en guerre.</p>
<p>## Note de méthode : défendre contre la répression, combattre la ligne politique</p>
<p>Avant toute analyse, une distinction marxiste qu'il faut poser clairement. La répression patronale contre Quirante et Le Merrer doit être combattue sans réserve. Leur révocation administrative par La Poste, les sanctions disciplinaires, les procès, les tentatives d'intimidation policière et patronale — tout cela appelle la solidarité ouvrière la plus complète, indépendamment de toute appréciation politique sur leur ligne. C'est la règle bolchevique élémentaire : on défend matériellement tout militant ouvrier réprimé par l'État ou le patronat, comme Trotsky défendait Boukharine et Zinoviev contre les procès de Moscou tout en combattant leur ligne politique. Mais la répression subie par un militant ne transforme pas automatiquement sa ligne politique en ligne révolutionnaire. Le courage individuel face au patronat ne dispense pas de la critique politique. On peut, on doit défendre un militant contre l'État bourgeois tout en combattant sa fonction politique dans l'appareil syndical. C'est exactement ce que nous faisons ici. Ce qui suit n'est pas une attaque contre des militants réprimés ; c'est une critique politique sans concession d'une ligne — celle du NPA-R — qui camoufle sous la radicalité verbale un alignement objectif sur le social-patriotisme du mouvement syndical français en guerre.</p>
<p>## Salariés par l'appareil même qu'ils prétendent combattre</p>
<p>Yann Le Merrer a été révoqué de La Poste en 2015 — premier fonctionnaire révoqué pour faits syndicaux depuis 1951. Gaël Quirante a été licencié en 2018 après huit ans de bataille juridique. Depuis leurs révocations respectives, leur reproduction matérielle dépend de l'appareil Solidaires/SUD-PTT, sous deux modalités précises qu'il faut distinguer. Le Merrer a été directement **embauché par sa fédération SUD-PTT** après sa révocation — fait confirmé publiquement par les militants NPA-R France eux-mêmes dans l'article *« A Thorn in La Poste's Side »* publié sur Speak Out Now en mai 2025. Quirante, quant à lui, est salarié de fait via la **cagnotte des Amis de Sud Poste 92**, structure satellite du syndicat 92, qui assure le maintien de son salaire au niveau de son grade et de son ancienneté de postier — fait documenté sur le site même du NPA-R dans l'appel à dons préparatoire au procès du 12 juin 2025. Les deux configurations sont matériellement différentes — salariat fédéral direct pour l'un, salariat indirect par cagnotte syndicale pour l'autre — mais elles produisent le même effet politique : la reproduction matérielle des deux militants dépend intégralement des structures de l'appareil Solidaires/SUD-PTT, fédéral pour Le Merrer, départemental pour Quirante.</p>
<p>Cette donnée commande tout le reste. Marx l'a établi une fois pour toutes : ce n'est pas la conscience qui détermine l'être social, c'est l'être social qui détermine la conscience. Mais — et c'est décisif pour la suite de l'analyse — le rapport entre cette position matérielle et le contenu politique des bulletins n'est pas un déterminisme mécanique. Ce qui définit politiquement Quirante et Le Merrer, ce n'est pas qu'ils soient des cadres syndicaux rémunérés. C'est le **choix politique** qu'ils font de l'être comme membres consensuels de la direction majoritaire, plutôt que comme représentants déclarés d'une fraction révolutionnaire minoritaire combattant cette direction. On y revient plus bas, et on le démontrera par le précédent historique français du SDR de Pierre Bois à Renault — qui éclaire précisément le rapport entre indépendance matérielle relative et liberté politique de fraction.</p>
<p>## Solidaires, appareil rallié à l'union sacrée 2024-2026</p>
<p>L'appareil dans lequel Quirante et Le Merrer ont leur salaire est partie intégrante du dispositif belliciste français — non pas par déclaration confédérale explicite mais par non-rupture, ce qui équivaut, au sens léniniste classique, à la même responsabilité politique objective.</p>
<p>Sur le terrain électoral d'abord. Solidaires, à l'échelle confédérale, a participé en juin-juillet 2024 à l'appel intersyndical unitaire pour « battre l'extrême droite » dans les législatives — appel qui, dans sa formulation enrobée de « solidarité, égalité, justice », ne dit pas littéralement « votez NFP » mais opère la médiation politique du barrage républicain. Et simultanément, plusieurs structures locales et sectorielles de Solidaires — Solidaires 25, ASSO-Solidaires, et d'autres — ont, elles, appelé explicitement à voter pour le Nouveau Front populaire, c'est-à-dire à voter pour des candidats bourgeois (PS, Place Publique, EELV, fraction LFI électoraliste). Cette articulation entre formulation confédérale ambiguë et appel local explicite n'est pas une contradiction : c'est précisément le dispositif classique du centrisme syndical, tel que Lénine le décrivait. La direction confédérale opère le ralliement à la médiation électorale bourgeoise par formules enrobées qui lui permettent de prétendre n'avoir pas appelé au vote pour des partis bourgeois, tout en organisant matériellement ce vote par sa base locale qu'elle ne désavoue pas. C'est exactement comme Jouhaux signait en août 1914 le ralliement de la CGT à la défense nationale — sauf qu'aujourd'hui la confédération préfère le faire par voie d'appel intersyndical « unitaire » plutôt que par signature explicite. Le résultat politique objectif est identique.</p>
<p>Sur le terrain de la guerre ensuite. Solidaires co-signe systématiquement les communiqués d'intersyndicale aux côtés de la CGT de Binet, de la CFDT, de la FSU et de l'UNSA. Solidaires laisse prospérer en son sein et autour de lui une ligne pro-livraisons d'armes à l'Ukraine et de soutien au Réarmement européen — le RESU, dispositif de mobilisation de l'industrie de guerre française et allemande au service de la stratégie OTAN contre la Russie d'abord, contre l'Iran ensuite, demain contre la Chine. Cette ligne est portée par des cadres et des bulletins ENSU-RESU émanant de structures Solidaires sans que la confédération ne désavoue, ne rompe, ne mène de bataille fractionnelle interne, ni n'exclue. Solidaires relaie sur son site la lettre d'information ENSU/RESU, le comité français du RESU appelle explicitement à fournir à l'Ukraine « avions, canons, chars » autant que nécessaire — sans rupture publique de la confédération.</p>
<p>Et c'est là précisément le point politique central. Lénine l'a établi dans son combat contre Kautsky et le SPD en 1914-1915 : ne pas rompre avec une ligne social-patriote présente dans sa propre organisation, c'est en partager la responsabilité politique objective. La direction confédérale Solidaires n'a mené **aucune campagne fractionnelle interne** contre le RESU. Solidaires n'a pas dénoncé la France comme État matériellement engagé dans la guerre régionale ouverte par l'opération Epic Fury contre l'Iran du 28 février au 5 mai 2026 — opération dans laquelle la France a été matériellement engagée par déploiements navals, défense anti-aérienne d'Israël, ravitaillement, couverture renseignement, engagement que l'État français présente comme « strictement défensif », qualification que le marxisme matérialiste refuse de reprendre à son compte puisque la défense d'Israël en guerre est elle-même un acte de guerre du point de vue iranien et du droit international réel. La déclaration franco-germano-britannique du 1er mars 2026 annonçait des mesures pour défendre « leurs intérêts et ceux de leurs alliés dans la région » — c'est-à-dire un engagement matériel régional, et non une posture passive. Solidaires n'a appelé à aucune expropriation de Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS. Solidaires n'a appelé à aucune fraternisation entre soldats français et soldats désignés comme ennemis.</p>
<p>À partir des invariants du défaitisme révolutionnaire léniniste de 1915 (notamment dans *Le Socialisme et la Guerre* et *La Faillite de la IIe Internationale*), développés par le programme militaire du prolétariat de Lénine en 1917, puis intégrés dans le programme transitoire trotskyste de 1938, on peut dégager cinq critères opératoires d'une position internationaliste révolutionnaire en temps de guerre impérialiste : nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal ; appeler à la défaite militaire de son propre gouvernement (porazhenchestvo léniniste) ; exiger l'expropriation de l'industrie d'armement nationale ; soutenir l'organisation des soldats avec droit de refus d'ordre et fraternisation ; lier le défaitisme à la dictature du prolétariat et à l'Internationale à reconstruire. Sur ces cinq critères opératoires, Solidaires obtient zéro sur cinq. C'est la définition opératoire du social-chauvinisme contemporain par non-rupture. Et c'est l'appareil dont Quirante et Le Merrer sont salariés permanents, dont ils diffusent le matériel, dont ils respectent la discipline confédérale, dont ils participent aux instances de décision sans jamais en exiger publiquement la rupture.</p>
<p>## Le silence du NPA-R : la trahison qui ne dit pas son nom</p>
<p>Quirante et Le Merrer ne signent pas en leur nom personnel les appels au vote NFP. Ils n'écrivent pas les communiqués intersyndicaux pro-Ukraine. Ils maintiennent dans leurs interventions une phraséologie radicale, anticapitaliste, lutte de classe.</p>
<p>Ce qui compte n'est pas ce qu'ils disent. Ce qui compte est ce qu'ils refusent de faire. Aucune tendance fractionnelle déclarée à l'intérieur de SUD-PTT pour combattre la ligne pro-RESU. Aucune minorité organisée appelant publiquement à la rupture avec l'intersyndicale ralliée à la médiation barrage républicain. Aucune pétition interne contre les livraisons d'armes à l'Ukraine. Aucun appel public au défaitisme révolutionnaire face à Epic Fury. Aucune campagne pour l'expropriation de l'industrie d'armement française. Aucun appel aux postiers à former des comités d'usine autonomes des appareils. Aucun travail public, signé, daté, pour faire reculer la direction fédérale de SUD-PTT comme l'opposition internationaliste de *La Vie ouvrière* travaillait à faire reculer Jouhaux entre 1914 et 1918. Rien.</p>
<p>Ils occupent l'espace verbal de la « gauche du syndicat » sans exercer aucune fonction de rupture. C'est exactement le rôle que Lénine analyse dans *La Faillite de la IIe Internationale* (1915) : ce ne sont pas seulement Plekhanov, Guesde et Sembat qui composent l'union sacrée, ce sont aussi et surtout les centristes qui restent dans la même organisation qu'eux sans rompre. Kautsky, Martov, Longuet. Ces centristes ne sont pas l'opposition au social-chauvinisme, ils en sont la condition de stabilité. Ils saturent l'espace de la critique en la rendant verbale, donc inoffensive, donc compatible avec le maintien intégral de la ligne combattue en paroles.</p>
<p>Lénine désignait dès 1894 ce mécanisme par un terme qui reste valable trait pour trait aujourd'hui : ce sont des **faux amis du peuple travailleur**. Ceux qui parlent au nom du peuple travailleur, dans son vocabulaire, depuis ses tribunes, en occupant ses postes, pour empêcher qu'il construise les outils de son émancipation.</p>
<p>## Le bulletin d'usine, instrument de fraction révolutionnaire — pas une feuille combative parmi d'autres</p>
<p>Pour comprendre la nature exacte de ce qui manque, il faut revenir à ce que défendait un militant ouvrier français comme Barta. Barta, de son vrai nom David Korner, animait dans les années 1940 l'Union Communiste, petite fraction trotskyste française qui a notamment dirigé la grève Renault de 1947 contre la CGT et le PCF alors au gouvernement. Sa contribution centrale, c'est d'avoir posé pratiquement la question suivante : comment construire un parti révolutionnaire à partir de l'entreprise, à partir des ouvriers, et non pas par cooptation dans les appareils existants ?</p>
<p>Sa réponse était l'usage politique du bulletin d'usine. Pas le tract d'agitation, pas la feuille de revendication salariale, pas le bulletin syndical confédéral — autre chose. Un bulletin d'usine au sens politique remplit quatre fonctions inséparables. Premièrement, le bulletin fonctionne comme organe de fraction révolutionnaire — soit signé d'une fraction publiquement déclarée à l'intérieur du syndicat quand la force le permet, soit, quand la base reste encore à conquérir, fonctionnant comme l'organe extérieur de fraction qui dit la vérité politique entière que les militants ne peuvent pas encore tenir publiquement à l'intérieur du syndicat — dans tous les cas, nommant les directions syndicales adversaires comme telles. Deuxièmement, il articule chaque conflit local au programme transitoire du prolétariat international, c'est-à-dire qu'il fait passer la lutte sur les conditions de travail à la lutte sur le pouvoir dans l'entreprise et dans la société. Troisièmement, il pose dans l'entreprise des revendications de double pouvoir — contrôle ouvrier, ouverture des livres de comptes, expropriation sans indemnité, comités d'ouvriers indépendants. Quatrièmement, il prend position publiquement sur la guerre impérialiste en cours, en appelant les ouvriers à l'internationalisme contre leur propre bourgeoisie et contre l'État qui les emploie. Le bulletin de Barta à Renault en 1947 faisait tout cela : il combattait publiquement la direction CGT-PCF dans l'entreprise, il liait la grève à la critique de la guerre coloniale française en Indochine, il appelait au gouvernement ouvrier et paysan.</p>
<p>## Ce que produit réellement le NPA-R à La Poste : une cartographie</p>
<p>Le NPA-R produit des bulletins d'entreprise sur quatre implantations La Poste : Centre financier et distribution Paris 15, Paris 11-20, Lyon, et PIC de Lille (Plateforme Industrielle Courrier de Lesquin). Il édite également un Bulletin du NPA Poste national. À noter d'emblée un fait politiquement éloquent : il n'existe **aucun bulletin d'entreprise dédié La Poste 92** dans la rubrique « Bulletins La Poste » du NPA-R, comparable aux bulletins Paris 15, Paris 11-20, Lyon ou PIC Lille — et surtout **aucun organe de fraction publique signé « fraction révolutionnaire de SUD-PTT 92 »**, précisément dans le département où Quirante et Le Merrer sont permanents. Il existe des articles NPA-R sur La Poste 92 et un bulletin généraliste NPA Hauts-de-Seine, mais aucun bulletin d'entreprise dédié à La Poste 92 ni aucun bulletin de fraction syndicale signé. L'intervention dans le 92 passe par les mandats SUD Poste 92, jamais par un bulletin politique distinct des tracts intersyndicaux qui permettrait de poser publiquement la critique de la direction fédérale et de la confédération Solidaires.</p>
<p>Tous les bulletins consultés suivent la même architecture en cinq blocs. Un édito politique national produit à la rédaction centrale du NPA-R, intégré identiquement dans plusieurs bulletins d'entreprise — par exemple « Israël, État oppresseur et colonial » en octobre 2023, ou « Quand le gouvernement crie haro sur les chômeurs » en avril 2024. Des brèves d'entreprise sur les réorganisations, les fermetures, les RAP, les anecdotes ironiques sur la direction. Le relais des appels intersyndicaux et grèves en cours. Un encart société ou culture. Une adresse mail locale de contact.</p>
<p>Mesurés aux quatre fonctions politiques inséparables d'un bulletin de fraction révolutionnaire, ces bulletins obtiennent **zéro sur quatre**.</p>
<p>**Sur la fonction d'organe de fraction nommant les directions syndicales adversaires** : absente. Les bulletins se signent « Bulletin du NPA Poste » ou « PIC de Lille » — présence syndicale d'un parti politique extérieur, sans articulation à une politique de fraction interne aux syndicats. Aucun bulletin consulté ne nomme la direction fédérale SUD-PTT comme adversaire politique. Aucun bulletin n'appelle à la rupture avec la ligne fédérale ralliée à la médiation barrage républicain.</p>
<p>**Sur l'articulation du conflit local au programme transitoire international** : absente. Sur Gaza octobre 2023, le bulletin PIC Lille demande « solidarité avec le peuple palestinien » et « la démission de Netanyahou » — pas l'expropriation de l'industrie d'armement française, pas le défaitisme révolutionnaire envers la France livrant matériel et formant l'armée israélienne, aucune articulation à la nécessité du Front Unique du Peuple Travailleur. Sur la réforme chômage avril 2024, le bulletin appelle à « une mobilisation d'ensemble du monde du travail » sans aucune mention de programme transitoire ni de dictature du prolétariat.</p>
<p>**Sur les revendications de double pouvoir embryonnaire dans l'entreprise** : absentes. Aucun appel à constituer des comités de postiers autonomes des sections syndicales. Aucune exigence de contrôle ouvrier sur la production postale. Aucune exigence d'ouverture des livres de comptes du groupe La Poste, alors même que ce groupe est détenu à 34 % par l'État et 66 % par la Caisse des dépôts. Aucune exigence d'expropriation sans indemnité, ni de La Poste, ni de La Banque Postale, ni de CNP Assurance qui rachète 65 % de la Mutuelle Générale. Le bulletin avril 2024 mentionne précisément ce rachat — son analyse s'arrête à « le seul but est de faire du fric sur notre santé ». Aucun débouché politique.</p>
<p>**Sur la position publique sur la guerre impérialiste appelant les ouvriers à l'internationalisme contre leur propre bourgeoisie** : et c'est l'effondrement politique majeur. Le bulletin PIC Lille d'octobre 2023, dont l'édito entier porte sur Gaza, ne contient **pas une seule ligne** dénonçant la France comme État matériellement engagé dans la guerre — par les livraisons d'armes via MBDA et Eurosam à Israël, par la formation d'officiers, par les accords renseignement. Catherine Colonna est citée comme ministre française qui se rend à Tel Aviv — mais aucune dénonciation programmatique de l'engagement matériel français. Aucun appel au défaitisme révolutionnaire envers la France. Aucune exigence d'expropriation de Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS, Naval Group. Aucun appel à la fraternisation. La position léniniste fondamentale de 1915 — chaque prolétariat combat **sa propre** bourgeoisie comme adversaire principal — est totalement absente du bulletin alors même que l'édito porte exclusivement sur la guerre. Sur l'Ukraine, sur le RESU, sur Epic Fury 2026 contre l'Iran : silence intégral dans tous les bulletins consultés.</p>
<p>## Le verrou politique : refus de la politique de fraction, intégration à la direction majoritaire</p>
<p>Il faut s'attarder sur un point précis qui démasque toute la mécanique : **ce que les bulletins disent (et ne disent pas) des directions syndicales**.</p>
<p>Dans le bulletin PIC Lille d'octobre 2023, les mots CGT, SUD-PTT, FO, Solidaires, direction syndicale, fédération **n'apparaissent pas une seule fois**. Pas une. La PIC de Roye va fermer en 2025 — sans un mot sur ce qu'en font les directions fédérales. Le combat contre le sexisme à La Poste est évoqué — sans un mot sur les commissions femmes des fédérations. Gaza est évoqué — sans un mot sur le silence de Solidaires, de la CGT et de la FSU concernant les livraisons d'armes françaises. Silence intégral sur l'appareil syndical, alors même que c'est le secteur d'intervention central et que les rédacteurs sont eux-mêmes syndicalistes permanents.</p>
<p>Dans le bulletin du NPA Poste national du 2 avril 2024, il existe une critique — et sa forme est encore plus éclairante. Le bulletin reproche à « les syndicats à La Poste qui signent un accord salarial à +2,5 % pour 2024 » d'avoir entériné une baisse des salaires réels. La formulation est volontairement floue : « les syndicats », sans nommer **lesquels**. CGT FAPT a signé. SUD-PTT n'a pas signé. Cette distinction est centrale pour un postier qui lit le bulletin — elle lui dit quelle direction syndicale combattre concrètement. Le bulletin l'efface. Il met tous les syndicats dans le même sac d'une critique molle, là où il faudrait nommer **la** signature et **la** direction qui l'a apposée.</p>
<p>Le même bulletin contient une autre référence aux syndicats — la condamnation d'un militant FO COM 92 qui aurait physiquement agressé Quirante en marge d'une manifestation. La formule employée : « De telles pratiques violentes sont à bannir du mouvement ouvrier. Le NPA demande que le service d'ordre intersyndical condamne ces pratiques. » C'est une condamnation **morale d'un individu**, pas une critique politique de FO comme appareil. Et surtout, la demande adressée — « que le service d'ordre intersyndical condamne » — **maintient intégralement la légitimité de l'intersyndicale** dont relèvent Solidaires, donc SUD-PTT, donc Quirante et Le Merrer eux-mêmes. Le NPA-R demande à la structure dont son propre appareil syndical est partie prenante de se policer elle-même. C'est la définition même du centrisme : on ne rompt pas avec l'intersyndicale ralliée à la médiation barrage républicain et alignée RESU, on lui demande poliment de bien vouloir se réformer en interne. C'est tout l'inverse d'une critique programmatique.</p>
<p>## Ce qu'ils refusent : la politique de fraction et le bulletin comme organe fractionnel</p>
<p>Il faut être précis sur la nature du verrou — parce que la formulation paresseuse consisterait à dire « ils sont dans l'appareil donc ils ne peuvent pas le critiquer ». C'est faux. Ce n'est pas le fait d'être à des postes syndicaux qui interdirait politiquement la critique des directions syndicales.</p>
<p>La politique de fraction révolutionnaire à l'intérieur d'un syndicat dominé par une majorité opportuniste ne prend pas une forme unique. Elle se déploie en plusieurs configurations selon le rapport de forces matériel et la situation concrète. **Premier cas** : quand on est isolé, un ou deux militants dans une boîte sans base de masse encore constituée, on ne peut pas immédiatement se déclarer publiquement comme tendance dans le syndicat — la majorité opportuniste vous broierait par exclusion ou mise à l'écart immédiate. Dans ce cas, c'est **le bulletin lui-même qui est la fraction**. Le bulletin dit, depuis l'extérieur immédiat de la structure syndicale, ce que les militants ne peuvent pas encore dire publiquement à l'intérieur. Il dit la vérité politique entière — nommant les directions syndicales adversaires, articulant la lutte locale au programme transitoire, prenant position sur la guerre, exigeant la dictature du prolétariat. Simultanément, à l'intérieur du syndicat, les mêmes militants interviennent par motions, par propositions, par amendements concrets qui obligent la direction à se prononcer publiquement et qui mettent matériellement la majorité en difficulté devant la base. C'est précisément ce que faisait le groupe Barta avant le SDR à Renault : six militants à l'intérieur de l'usine, *La Lutte de classes* puis *La Voix des Travailleurs-Renault* comme bulletin de fraction, et interventions concrètes dans la CGT et les autres syndicats pour faire bouger la base.</p>
<p>**Deuxième cas** : quand la force le permet — quand on a gagné une base significative dans le syndicat, quand on peut emporter 10, 20, 30 % d'une assemblée générale ou d'un congrès — alors la fraction se déclare publiquement comme tendance, présente ses motions signées, occupe des postes de représentation **au nom de cette tendance**, et combat la majorité confédérale en interne dans des conditions ouvertes. C'est ce que faisaient Monatte, Rosmer, Loriot et Péricat dans la CGT entre 1914 et 1918 : Monatte démissionne dès décembre 1914 du bureau confédéral en signe de rupture publique avec la ligne majoritaire de Jouhaux et de l'Union sacrée. Avec Rosmer, Loriot, Péricat et quelques autres, ils constituent autour de *La Vie ouvrière* le noyau de l'opposition internationaliste **comme fraction déclarée**. Ils signent des textes publics combattant Jouhaux. Ils participent aux conférences internationalistes de Zimmerwald (1915) et de Kienthal (1916). Ils préparent ainsi le terrain matériel pour ce qui deviendra le courant bolchevik-léniniste en France après la révolution d'Octobre 1917 — fraction qui fonde en 1920 la SFIC, futur PCF, sur la base des 21 conditions de l'Internationale Communiste.</p>
<p>Et c'est exactement ce que théorisait Lénine en 1920 dans *La maladie infantile du communisme (le « gauchisme »)*, chapitre VI « Les révolutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ? ». Réponse de Lénine, sans aucune ambiguïté : « Ne pas travailler dans les syndicats réactionnaires, c'est abandonner les masses ouvrières insuffisamment développées ou arriérées à l'influence des leaders réactionnaires, des agents de la bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des "ouvriers embourgeoisés" » (Œuvres, tome 31, p. 48). Et un peu plus loin : « Il faut savoir consentir tous les sacrifices, surmonter les plus grands obstacles, afin de faire un travail de propagande et d'agitation méthodique, persévérant, opiniâtre et patient justement dans les institutions, sociétés, organisations — même tout ce qu'il y a de plus réactionnaires — partout où il y a des masses prolétariennes ou semi-prolétariennes ». La règle léniniste est donc claire : militer à l'intérieur des syndicats dominés par des directions opportunistes ou social-chauvines, y construire patiemment l'influence révolutionnaire, et y faire pression — par motions, par propositions, par bulletins de fraction, par tendances déclarées quand la force le permet — pour démasquer les directions opportunistes aux yeux de la base. Lénine précise dans le même chapitre que la tâche est de « savoir convaincre les retardataires, de savoir travailler parmi eux et non de se séparer d'eux par des mots d'ordre "de gauche" d'une puérile invention » (p. 49).</p>
<p>C'est aussi la position que défendait Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, partie sur le travail dans les syndicats, et dans toute sa polémique contre les renégats trotskystes qui voulaient soit fonder des « syndicats rouges » coupés des masses, soit s'intégrer sans combat dans les appareils existants. La règle bolchevique est précise : **mener la bataille politique publiquement, sous une forme adaptée au rapport de forces — bulletin de fraction quand on est isolé, tendance publique déclarée quand on a la base — contre la majorité opportuniste, depuis l'intérieur du syndicat tant que c'est possible, depuis l'extérieur immédiat quand on est isolé, depuis l'extérieur complet quand on en est exclu**.</p>
<p>Quirante et Le Merrer ne sont dans aucune de ces configurations. Leur bulletin n'est pas un bulletin de fraction qui dit la vérité politique entière — il ne nomme pas Solidaires comme appareil rallié, ne nomme pas la direction fédérale SUD-PTT comme adversaire, ne nomme pas le RESU, ne prend pas position sur le défaitisme révolutionnaire, n'appelle pas à l'expropriation de l'industrie d'armement. Et leurs interventions à l'intérieur de SUD-PTT ne prennent pas la forme de motions fractionnelles publiques posant ces questions à la base. Ils n'ont jamais déposé une motion à un congrès de SUD-PTT exigeant ces ruptures. Ils n'ont jamais publié un texte signé « fraction révolutionnaire de SUD-PTT » dans la presse militante. Ils n'ont jamais appelé publiquement les militants combatifs de la fédération à se regrouper en tendance organisée contre la direction. Ils ne sont ni dans la configuration du bulletin-fraction-isolée, ni dans la configuration de la tendance-publique-déclarée. Ils ne sont dans aucune des deux. Ils ne sont dans aucune des traditions — ni celle du courant bolchevik-léniniste français de Monatte-Rosmer-Loriot-Péricat, ni celle de Barta et de Pierre Bois au SDR, ni celle théorisée par Lénine dans *La maladie infantile* (1920), ni celle du syndicalisme révolutionnaire d'avant 1914 — Pelloutier, Pouget, Griffuelhes, la Charte d'Amiens de 1906.</p>
<p>Ce qu'ils ont fait, c'est l'exact contraire : ils sont restés à l'intérieur de la direction majoritaire de SUD-PTT comme membres consensuels, partageant ses ambiguïtés, participant à ses instances de cogestion, à sa discipline confédérale, à ses signatures intersyndicales. Et ils ont reporté leur phraséologie radicale **à l'extérieur** du syndicat — dans le parti NPA-R, dans les meetings, dans les listes électorales européennes ou présidentielles, dans les bulletins d'entreprise rédigés comme tracts d'agitation politique sans aucun débouché fractionnel à l'intérieur de SUD-PTT.</p>
<p>Toute la différence politique entre un centriste et un bolchevik tient là. Le bolchevik mène publiquement la bataille politique — par bulletin de fraction quand il est isolé, par tendance déclarée quand il a la base — et accepte d'être minoritaire, voire d'en être exclu, tant qu'il n'a pas convaincu la base. Le centriste reste à l'intérieur de la majorité, partage ses ambiguïtés, et utilise sa phraséologie radicale dans l'espace politique extérieur sans jamais la traduire en bataille fractionnelle interne au syndicat — ni par bulletin posant la vérité politique entière, ni par motion publique au congrès. C'est très exactement la position de Quirante et Le Merrer. C'est la position de Martov face à Lénine en 1903, de Kautsky face à Liebknecht et Luxemburg en 1914-1915, de Longuet face à Monatte-Rosmer en 1916-1918. C'est la position que Lénine combattait sans relâche en 1915 — la position centriste — en notant que **le centrisme est plus dangereux que le social-chauvinisme ouvert**, parce qu'il maintient l'unité avec lui en désamorçant les ruptures programmatiques qui pourraient le faire tomber.</p>
<p>## La preuve historique par a + b : le SDR à Renault 1947, ce que faisait Pierre Bois à la tête d'un syndicat — et la question de l'indépendance matérielle</p>
<p>L'objection prévisible que pourraient nous opposer les défenseurs du NPA-R est la suivante : « Quirante dirige le syndicat SUD Poste 92, c'est précisément cela qui rend impossible la critique publique de la direction syndicale et la production d'un bulletin politique distinct — quand on est secrétaire départemental, on n'a pas le luxe de signer en plus comme fraction. » Cette objection s'effondre dès qu'on la confronte à un précédent historique français parfaitement documenté : le **Syndicat Démocratique Renault** (SDR) animé par Pierre Bois et le groupe de Barta entre 1947 et 1949.</p>
<p>Le SDR a été créé après la grève Renault d'avril-mai 1947 par le groupe de Barta — l'Union Communiste — qui ne comptait alors que **six militants à l'intérieur de l'usine et six à l'extérieur**. Douze militants au total, sans aucun moyen, sans aucune base de masse établie, mais avec une politique claire. La grève victorieuse de Renault contre la CGT et le PCF au gouvernement Ramadier avait posé un problème politique concret : que faire des ouvriers qui avaient suivi le groupe Barta contre la direction CGT ? Barta a tranché en ces termes, repris dans la biographie de Pierre Bois : « abandonner les ouvriers qui nous avaient suivi aux appareils syndicaux, ou créer le syndicat pour les aider à poursuivre la lutte ». Ils ont créé le SDR. Pierre Bois en est devenu le militant central à l'usine, ouvrier reconnu comme dirigeant ouvrier révolutionnaire de l'après-guerre.</p>
<p>Ce SDR n'était pas une fiction de témoignage. Aux élections au Comité d'entreprise de la Régie Renault, le SDR a obtenu **35 % des votants** — à parité exacte avec la CGT — la CGT ne conservant son siège que par découpage électoral antidémocratique, comme la *Voix des Travailleurs* le démontrait chiffres à l'appui dans son numéro 40 de mars 1948. Le SDR était une force politique réelle qui pesait à parité avec l'appareil dominant à Renault Billancourt, l'usine la plus importante de France à l'époque.</p>
<p>Et voici ce qui rend la comparaison écrasante. Pierre Bois **dirigeait le SDR** tout en étant ouvrier en activité à la Régie Renault. Il occupait la position formelle que Quirante occupe aujourd'hui à SUD Poste 92, mais avec une différence matérielle décisive : **son salaire ne dépendait pas du syndicat qu'il dirigeait**. Il vivait de son travail d'ouvrier spécialisé chez Renault, jusqu'à ce que la Régie ne lui propose en mars 1951 un poste aux services techniques. Cette indépendance matérielle relative — vivre du travail productif et non de l'appareil syndical — n'est pas un détail biographique. C'est la condition matérielle qui rendait possible la liberté politique de la bataille fractionnelle. Quand Pierre Bois attaquait nommément Thorez ou la direction CGT dans *La Voix des Travailleurs*, il ne risquait pas son salaire — il risquait sa peau face à la répression cégétiste et patronale, ce qui est autrement plus grave, mais il ne risquait pas l'asphyxie matérielle qui dépend d'un appareil. Quirante et Le Merrer ne sont pas dans la même configuration : leur reproduction matérielle entière dépend de l'appareil Solidaires/SUD-PTT — directement pour Le Merrer (salarié fédéral), indirectement pour Quirante (cagnotte des Amis de Sud Poste 92). Cette asymétrie matérielle est centrale pour comprendre pourquoi Pierre Bois pouvait politiquement ce que Quirante et Le Merrer ne peuvent pas — ou plutôt, refusent de pouvoir, puisqu'il s'agit d'un choix politique délibéré accepté à l'origine, pas d'une fatalité subie.</p>
<p>Or, **simultanément** à sa fonction de dirigeant syndical, le groupe Barta-SDR publiait un **bulletin d'entreprise séparé**, *La Voix des Travailleurs-Renault*, devenu en 1947 *La Voix des Travailleurs* sous-titrée « organe de lutte de classes ». Au moins quarante numéros documentés sur marxists.org pour les seules années 1947-1948. Ce bulletin n'était ni le tract syndical du SDR, ni un journal politique extérieur à l'usine — c'était précisément la **fraction révolutionnaire publiquement déclarée** s'adressant aux ouvriers de Renault depuis l'usine, dont Pierre Bois et les autres militants du SDR étaient les rédacteurs identifiés.</p>
<p>Et que faisait ce bulletin ? Il **nommait publiquement** la CGT comme appareil opportuniste, attaquait Maurice Thorez et le mot d'ordre stalinien « produire d'abord revendiquer ensuite » dans des numéros datés, dénonçait la complicité du PCF avec le gouvernement Ramadier dans la répression de la grève, articulait chaque revendication locale à la perspective du **gouvernement ouvrier et paysan** appuyé sur les masses organisées contre l'État bourgeois — c'est le numéro 19 du 17 septembre 1947, lisible sur marxists.org. Le bulletin n'avait pas peur de désigner ses adversaires politiques nommément. Le SDR comme syndicat menait la bataille interne de la démocratie ouvrière — assemblées générales décisionnelles, mandatement révocable. Le bulletin *Voix des Travailleurs*, lui, menait la bataille politique extérieure de classe contre l'appareil CGT et contre l'État bourgeois.</p>
<p>Confrontons maintenant. À Renault 1947-1949, douze militants Barta dont les rédacteurs principaux vivent de leur travail productif, dirigeant un syndicat de 35 % des votants au CE, publient un bulletin politique signé qui nomme la CGT comme adversaire, attaque Thorez et Ramadier, et lie la lutte d'usine au gouvernement ouvrier et paysan. À La Poste 92 en 2024-2026, le NPA-R revendique au moins une vingtaine de cadres dans l'organisation Solidaires, dirige avec Quirante le syndicat SUD Poste 92, dispose d'un membre au Bureau fédéral SUD-PTT avec Le Merrer dont la reproduction matérielle dépend intégralement de cet appareil, dispose des moyens techniques et politiques d'un parti national avec liste européenne, journal hebdomadaire *Révolutionnaires*, congrès périodiques — et **ne publie aucun bulletin politique dédié à La Poste 92**, et dans ses bulletins ailleurs ne nomme pas une seule fois Solidaires, SUD-PTT, la CGT FAPT ou la FSU comme directions syndicales adversaires.</p>
<p>La différence ne tient ni aux moyens techniques, ni à la position formelle dans l'appareil. Elle tient à deux choses indissociables : la politique et le rapport matériel à l'appareil. Pierre Bois et le SDR dirigeaient un syndicat et publiaient simultanément un bulletin de fraction révolutionnaire signé qui combattait publiquement les directions syndicales rivales — parce qu'ils en avaient l'indépendance matérielle relative et le projet politique conscient. Quirante et Le Merrer dirigent un syndicat et un secteur fédéral, et ne publient aucun bulletin de fraction qui combattrait publiquement les directions syndicales — ni leur propre direction Solidaires, ni la direction CGT FAPT, ni les autres — parce qu'ils ont accepté de vivre de l'appareil qu'ils auraient à combattre, et parce qu'ils n'ont pas le projet politique d'une fraction publique déclarée. Le refus du NPA-R de mener cette bataille à La Poste en 2024-2026, avec infiniment plus de moyens que Barta en 1947, est un **choix politique** soutenu par une **configuration matérielle d'intégration**. Les deux se renforcent.</p>
<p>C'est ce qui explique trait pour trait ce qu'on lit (et surtout ce qu'on ne lit pas) dans les bulletins NPA-R à La Poste : la formule floue « les syndicats » au lieu de nommer la direction fédérale CGT FAPT signataire ; l'absence totale de critique politique de l'appareil Solidaires alors que c'est l'appareil dont les cadres dirigeants du NPA-R sont salariés ; la condamnation morale d'un militant FO individuel plutôt qu'une critique politique de FO COM ou de l'intersyndicale comme structure ralliée ; l'absence de revendication de fraction révolutionnaire publique à l'intérieur de SUD-PTT. Le bulletin NPA-R à La Poste ne **mène pas** la critique des directions syndicales — non pas parce que cela leur serait matériellement impossible depuis leur position, mais parce qu'ils ont fait le **choix politique** de ne pas se constituer en fraction publique, choix politique adossé à la dépendance matérielle accumulée à l'appareil. Choix politique qui les exclut de la tradition bolchevique-léniniste française et qui les inscrit dans la lignée centriste que Lénine combattait sans relâche.</p>
<p>Ce sont des feuilles intersyndicales radicalisées avec un édito politique national rajouté en tête comme bandeau extérieur. L'édito politique et le contenu d'entreprise restent **structurellement séparés** : le premier flotte au-dessus des conditions matérielles locales sans s'y articuler programmatiquement, le second reste dans le périmètre des revendications économiques classiques que la direction syndicale majoritaire est elle-même prête à porter. Le postier qui lit ce bulletin apprend que Gaza est massacré, que les chômeurs sont attaqués, que la PIC de Roye va fermer — il n'apprend nulle part que la France est matériellement engagée dans la guerre, que la direction fédérale SUD-PTT est alignée par non-rupture sur le RESU, qu'il existe une fraction révolutionnaire à l'intérieur de son syndicat qui combat cette direction, ni que la lutte dans son centre de tri prépare la dictature du prolétariat.</p>
<p>## Ce qu'il faudrait faire à La Poste, à SUD-PTT, et partout ailleurs</p>
<p>Si l'on appliquait les principes politiques que défendaient Monatte, Rosmer, Loriot et Péricat dans la CGT de 1914-1918, que défendait Barta et qu'appliquait matériellement Pierre Bois à la tête du SDR à Renault en 1947-1949, et que Lénine théorisait dans *La maladie infantile* en 1920, il faudrait faire dans les entreprises tout autre chose que ce que fait le NPA-R aujourd'hui.</p>
<p>Il faudrait que les militants combatifs de SUD-PTT, de la CGT, de FO, de la FSU, dans La Poste comme partout, construisent à la base des bulletins d'usine fonctionnant comme organes de fraction révolutionnaire, nommant leur organisation politique, articulant chaque lutte locale à la perspective du Front Unique du Peuple Travailleur et de la dictature du prolétariat, et nommant les directions syndicales fédérales comme adversaires politiques à combattre depuis l'intérieur par motions, propositions et amendements aux congrès.</p>
<p>Il faudrait constituer publiquement, à un congrès de SUD-PTT ou par déclaration publique signée, une **fraction révolutionnaire minoritaire** présentant ses textes au vote des militants, exigeant la rupture avec l'intersyndicale ralliée à la médiation barrage républicain, la dénonciation du RESU, l'expropriation de l'industrie d'armement, le défaitisme révolutionnaire face aux guerres françaises.</p>
<p>Il faudrait organiser des comités de lutte dirigés par les travailleurs eux-mêmes, autonomes des directions fédérales, capables de prendre des décisions de grève contre l'avis des appareils.</p>
<p>Il faudrait publier des appels signés à la rupture de l'intersyndicale, et dénoncer publiquement l'alignement de Solidaires, de la CGT et de la FSU sur le Réarmement européen et la guerre française contre la Russie, contre l'Iran, au Sahel.</p>
<p>Il faudrait prendre publiquement position pour le défaitisme révolutionnaire face à la guerre impérialiste menée par la France, c'est-à-dire appeler à la défaite militaire de sa propre bourgeoisie.</p>
<p>Il faudrait exiger l'expropriation sans indemnité de l'industrie d'armement — Thales, Dassault, Safran, MBDA, KNDS — et l'ouverture des livres de comptes de La Poste, des grands groupes industriels, des banques.</p>
<p>Il faudrait organiser la fraternisation entre soldats français et soldats désignés comme ennemis, exiger des comités de soldats avec droit de refus d'ordre, le démantèlement de l'arsenal nucléaire français.</p>
<p>Rien de tout cela n'existe du côté du NPA-R, ni dans ses interventions à La Poste, ni dans ses bulletins, ni dans ses listes électorales. Et rien de tout cela ne peut exister tant que ses cadres dirigeants refusent la politique de fraction publiquement déclarée à l'intérieur de SUD-PTT et préfèrent l'intégration consensuelle à la direction majoritaire d'un appareil aligné par non-rupture sur le camp impérialiste français.</p>
<p>## Nommer la fonction sociale : les faux amis du peuple travailleur</p>
<p>Quirante et Le Merrer ne sont pas des social-chauvins déclarés à la manière de Plekhanov ou de Guesde en août 1914. Ils sont autre chose, qu'il faut nommer précisément : des centristes intégrés matériellement à la direction majoritaire d'un appareil rallié au RESU et à l'OTAN par non-rupture, refusant la politique de fraction publique déclarée que la tradition bolchevique-léniniste française a fondée avec Monatte-Rosmer-Loriot-Péricat entre 1914 et 1918, et que Barta et Pierre Bois ont matériellement appliquée à Renault avec le SDR et *La Voix des Travailleurs* en 1947-1949 — en s'assurant précisément l'indépendance matérielle relative qui rendait cette politique possible. Quirante et Le Merrer jouent la fonction d'aile gauche décorative qui empêche la rupture en la rendant verbalement superflue. C'est la position la plus utile à la bourgeoisie française dans la phase actuelle. Un radicalisme de tribune qui sature la critique sans jamais la traduire en actes organisationnels. Une vitrine révolutionnaire qui camoufle un appareil de cogestion aligné sur l'union sacrée. Des mots de Lénine, Trotsky et Marx au service objectif du maintien des postiers, des télécoms, des travailleurs de SUD-PTT dans la discipline de Solidaires, et donc dans la discipline de l'intersyndicale, et donc dans la discipline de l'union sacrée 2024-2026.</p>
<p>Le NPA-R produit dans ses meetings, sur son site, dans ses listes électorales, et jusque dans ses bulletins d'entreprise, une mise en scène de la continuité révolutionnaire. Cette mise en scène a un coût direct pour la classe ouvrière. Elle dissimule la nature objectivement ralliée de l'appareil dans lequel ses cadres dirigeants ont leur salaire. Elle décourage toute construction effective d'une fraction révolutionnaire dans le mouvement syndical réel. Elle vend aux postiers, aux télécoms, aux travailleurs de SUD-PTT l'illusion qu'il existe déjà, dans leur fédération, une « gauche révolutionnaire » qui ferait le travail à leur place. Ce travail n'est pas fait. Il ne sera pas fait depuis ces positions, parce que ces positions reposent sur le refus délibéré de la politique de fraction publique et sur la dépendance matérielle accumulée à l'appareil. Et tant que les militants combatifs de SUD-PTT croiront le contraire, ils ne construiront pas eux-mêmes ce dont la classe a besoin.</p>
<p>C'est en cela que Quirante et Le Merrer, indépendamment de toute appréciation personnelle sur leur courage individuel face à la répression patronale — qui appelle notre solidarité sans réserve — occupent objectivement la place de faux amis du peuple travailleur. Ils ne sont pas la gauche du mouvement ouvrier français. Ils ne sont dans la tradition ni de Monatte, ni de Rosmer, ni de Loriot, ni de Péricat, ni de Barta, ni de Pierre Bois et du SDR. Ils sont, à La Poste comme dans Solidaires, l'un des verrous qui maintiennent le mouvement ouvrier dans l'union sacrée 2024-2026, dans l'alignement par non-rupture sur le RESU, dans le silence sur la France comme État matériellement engagé dans la guerre impérialiste. Le travail révolutionnaire commence par le refus de cette confusion. Il continue par la construction patiente, à la base, d'organes autonomes des appareils, par la diffusion de bulletins ouvriers indépendants nommant publiquement les directions syndicales comme adversaires politiques, par la formation de fractions révolutionnaires déclarées publiquement à l'intérieur des syndicats existants, par l'articulation programmatique de toutes les luttes au sein du Front Unique du Peuple Travailleur. L'inverse exact, c'est-à-dire le contraire trait pour trait, de la trajectoire qui mène de la révocation à l'entreprise jusqu'au poste de permanent fédéral consensuel et à la candidature aux européennes.</p>
<p>— -</p>
<p>## Sources et liens vers les bulletins consultés</p>
<p>**Bulletins NPA-R La Poste analysés :**</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Bulletin du NPA Poste, 2 avril 2024 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-du-npa-poste-2/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/bu...</a>></span> — PDF : <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/wp-content/uploads/2024/04/24-04-02-Bull-Poste-1.pdf" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/wp...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Bulletin La Poste PIC de Lille, 16 octobre 2023 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-la-poste-pic-de-lille/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/bu...</a>></span> — PDF : <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/wp-content/uploads/2023/10/bull_16octobre2023.pdf" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/wp...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Bulletin La Poste Paris 15, 29 avril 2024 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/bulletin-la-poste-paris-15-13/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/bu...</a>></span>
</p>
<p>**Rubriques :**</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Rubrique « Bulletins La Poste » du NPA-R — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/mots-cles/bulletins-poste/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/mo...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Index des bulletins d'entreprise sur Convergences Révolutionnaires — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/-Bulletins-" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.convergencesrevolutionn...</a>></span>
</p>
<p>**Sources sur la position de Quirante et Le Merrer :**</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Page candidat Yann Le Merrer, européennes 2024 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/europeennes2024/nos-candidats/30-yann-le-merrer/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/eu...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Page candidat Gaël Quirante, européennes 2024 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/europeennes2024/nos-candidats/2-gael-quirante/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/eu...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Article NPA-R / Speak Out Now, mai 2025 — confirmation de l'embauche de Yann Le Merrer par la fédération SUD-PTT après sa révocation — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://speakoutsocialists.org/a-thorn-in-the-french-postal-service-la-postes-side-momentum-builds-in-support-of-revolutionary-postal-workers-in-frances-hauts-de-seine-department-region/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://speakoutsocialists.org/a-th...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Cagnotte « pour soutenir les postiers du 92 » — confirmation du maintien du salaire de Gaël Quirante par la cagnotte des Amis de Sud Poste 92 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://npa-revolutionnaires.org/une-cagnotte-pour-soutenir-les-postiers-du-92-touches-par-la-repression-et-pour-preparer-le-proces-du-12-juin/" class="spip_url spip_out" rel="external">https://npa-revolutionnaires.org/un...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> SUD-PTT, « Non à la révocation de Yann Le Merrer » — <span class='ressource spip_out'><<a href="http://www.sudptt.org/Non-a-la-revocation-de-Yann-Le-Merrer" class="spip_url spip_out" rel="external">http://www.sudptt.org/Non-a-la-revo...</a>></span>
</p>
<p>**Sources sur le SDR et le groupe Barta à Renault :**</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pierre Bois, notice biographique du Maitron — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://maitron.fr/spip.php?article17060" class="spip_url spip_out" rel="external">https://maitron.fr/spip.php?article17060</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *La Voix des Travailleurs* numéro 19, 17 septembre 1947 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1947/09/vdt19_091747.htm" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.marxists.org/francais/b...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *La Voix des Travailleurs* numéro 21, 1er octobre 1947 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1947/10/vdt21_100147.htm" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.marxists.org/francais/b...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *La Voix des Travailleurs* numéro 40, 31 mars 1948 — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt40_033148.htm" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.marxists.org/francais/b...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Matière et Révolution, « En savoir plus sur le révolutionnaire Barta » — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7541" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.matierevolution.fr/spip...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Matière et Révolution, « L'histoire du Syndicat Démocratique de Renault » — <span class='ressource spip_out'><<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.matierevolution.fr/spip...</a>></span>
</p>
<p>**Sources théoriques et historiques :**</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Lénine, *Que sont les « amis du peuple » et comment luttent-ils contre les social-démocrates ?* (1894), *La Faillite de la IIe Internationale* (1915), *Le Socialisme et la Guerre* (1915), *Programme militaire de la révolution prolétarienne* (1917), ***La maladie infantile du communisme (le « gauchisme »)*** (1920), Œuvres tome 31, en particulier chapitre VI « Les révolutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ? », p. 41-50 — notes de lecture intégrales : <span class='ressource spip_out'><<a href="https://d-meeus.be/marxisme/classiques/Len31Gauchisme.html" class="spip_url spip_out" rel="external">https://d-meeus.be/marxisme/classiq...</a>></span>
</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Trotsky, *Programme de transition* (1938), partie sur le travail dans les syndicats</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Marx, *Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte* (1852), *Lettre à Meyer et Vogt* du 9 avril 1870</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pierre Monatte, *Trois scissions syndicales* — articles dans *La Vie ouvrière* 1914-1918</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Alfred Rosmer, *Le mouvement ouvrier pendant la première guerre mondiale* (1936 et 1959)</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Conférences de Zimmerwald (septembre 1915) et de Kienthal (avril 1916)</p>
<p>La solidarité face à la répression</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2046#forum26539" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2046#forum26539</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article1878#forum18591" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1878#forum18591</a></p>
<p>*Matière et Révolution ★ Voix des Travailleurs ★ Gilets Jaunes Poitiers*</p></div>
L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin
https://matierevolution.org/spip.php?article9615
https://matierevolution.org/spip.php?article96152026-06-03T22:22:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaSyndicalism - le syndicalisme
<p>L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin <br class='autobr' />
Pour les marxistes qui militent pour la construction d'un parti mondial de la révolution socialiste, la révolution prolétarienne est à l'ordre du jour. Et seul le prolétariat est la classe révolutionnaire jusqu'au bout, capable d'instaurer la dictature du prolétariat, sans laquelle prêcher le renversement du capitalisme est une utopie criminelle. <br class='autobr' />
Mais Marx et Engels moururent (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'aristocratie ouvrière syndicalo-politique française : un ennemi de la classe ouvrière qui défile le 20 juin</h2>
<p>Pour les marxistes qui militent pour la construction d'un parti mondial de la révolution socialiste, la révolution prolétarienne est à l'ordre du jour. Et seul le prolétariat est la classe révolutionnaire jusqu'au bout, capable d'instaurer la dictature du prolétariat, sans laquelle prêcher le renversement du capitalisme est une utopie criminelle.</p>
<p>Mais Marx et Engels moururent avant que le capitalisme n'atteigne vers 1895 son dernier stade, celui de l'impérialisme.</p>
<p>C'est Rosa Luxemburg qui la première, dès 1893, lorsqu'elle fonda son Parti social-démocrate du Royaume de Pologne (elle devait ensuite se séparer d'eux), dénonça l'engeance politique que l'impérialisme engendra : les sociaux-patriotes, ou sociaux-impérialistes, tels J-L Mélenchon, F. Roussel, Glucksman, S. Binet aujourd'hui.</p>
<p>En France, Griffuhelles jusqu'en 1914, puis Monatte et Rosmer à partir de 1914, dénoncèrent les dirigeants syndicaux qui comme Léon Jouhaux en 1914, Sophie Binet aujourd'hui, sont des auxiliaires de l'Etat et de l'impérialisme français.</p>
<p>C'est Lénine qui expliqua comment les surprofits coloniaux allaient dans la poche d'une partie de la classe ouvrière des pays impérialistes, la transformant en aristocratie ouvrière corrompue. Le passage individuel de dirigeants politiques et syndicaux du côté des exploiteurs prend certes la forme de "trahison individuelle", mais il existe une base économique qui est une machine à fabriquer ces "sociaux-traitres" en série, sans attendre leur apparition spontanée.</p>
<blockquote class="spip">
<p> « On comprend qu'il soit possible de prélever sur cette jolie somme au moins un demi milliard à distribuer en aumône aux dirigeants ouvriers, à l'aristocratie ouvrière, comme dessous de table de toute espèce. En effet, tout est dans la corruption. On s'y prend de mille façons en élevant le niveau de culture des grands centres, en créant des établissements éducatifs, des milliers de sinécures à l'intention des dirigeants des coopératives, des trade unions, des leaders parlementaires. Cela se fait dans tous les pays de civilisation capitaliste. Et ces milliards de super bénéfice constituent la base économique de l'opportunisme dans le mouvement ouvrier. En Amérique, en Grande Bretagne, en France, nous assistons à une résistance infiniment plus forte des chefs opportunistes, des couches supérieures de la classe ouvrière, de l'aristocratie ouvrière ; ils opposent une résistance plus grande au mouvement communiste. C'est pourquoi nous devons nous attendre à voir les partis ouvriers européens et américains se guérir de cette maladie plus difficilement que nous. Nous savons que depuis la fondation de la III° Internationale, des progrès énormes ont été réalisés en ce qui concerne la guérison de cette maladie, mais nous n'en sommes pas encore à la guérison définitive : l'épuration des partis ouvriers, des partis révolutionnaires du prolétariat du monde entier de l'influence bourgeoise et des opportunistes qui se trouvent dans leur propre sein, est encore loin d'être achevée. »</p>
</blockquote>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/07/vil19200719.htm" class="spip_out" rel="external">Lénine (1920)</a></p>
</blockquote>
<p>Ce concept d'aristocratie ouvrière semble un peu abstrait. Mais certaines lois de la nature qui le sont aussi, sont pourtant familières à tous : « La période de brame commence à la mi-septembre et dure un mois, alors que la durée de fécondité des femelles n'est que de 24 h ! » lit-on dans un manuel de Biologie. De même on pourrait écrire : La campagne électorale dure des mois, mais il il n'y aura que quatre journées de vote (présidentielles et législatives) pour accéder à l'"Assiette au beurre" ! Or la période de brame pré-électorale commence, l'aristocratie ouvrière sort du bois.</p>
<p>Les représentants de l'aristocratie ouvrière organisent un "brame collectif" le 20 juin prochain. Il est rare qu'ils marchent tous ensemble, observons-les :</p>
<div class='spip_document_17623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH146/capture_d_ecran_2026-06-01_130211-702bd-8aefb.jpg?1792806042' width='500' height='146' alt='' />
</figure>
</div>
<p><strong>La manifestation du 20 juin </strong></p>
<p>Un <a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1" class="spip_out" rel="external">texte à signer</a> accompagne cet appel à manifester le 20 juin. <br class='autobr' />
Quel travailleur honnête, quel militant de base du mouvement ouvrier, adhérent d'un syndicat ne souhaiterait pas apporter publiquement son soutien aux camarades victimes de "répression" lors des "luttes" (en général actions syndicalistes anodines). Par exemple en signant ce texte, en le faisant signer autour de lui.</p>
<p>Que ce travailleur de base n'y pense même pas ! Car la signature es réservée à cette « aristocratie ouvrière », dont il ne fait pas partie, puisqu' elle est incarnée par des <i>organisations</i> et des <i>personnalités</i> :</p>
<div class='spip_document_17624 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH126/capture_d_ecran_2026-06-01_130802-551d2-893b4.jpg?1792806042' width='500' height='126' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Attention, que le travailleur de base élu par un soviet ou comité de grève ne croie pas qu'il puisse signer : soviets et comités de grève ne sont pas des institutions reconnues par cette aristocratie ouvrière bourgeoise.</p>
<p>Oui, l'aristocratie ouvrière est composée d'organisations et de personnalités reconnues par l'Etat bourgeois. Les ouvriers de base n'en font pas partie ! Trotsky conseillait aux jeunes militants qui se disaient "trotskistes" d'aller parler aux femmes de ménage. Celles-ci ne sont pas invitées à signer, seule « Rachel Kéké (ancienne députée LFI) » est autorisée à signer, elle qui a accepté d'être le larbin de LFI :</p>
<div class='spip_document_17625 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH74/capture_d_ecran_2026-06-01_203711-81f59-334cf.jpg?1792806042' width='500' height='74' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Que font ces députés de LFI, anciens ou actuels, le 20 juin ? Ils sont en campagne électorale, veulent avoir leur photo dans les journaux passer à la télé. Votez pour eux, c'est pour cela qu'ils marcheront le 20 juin.</p>
<p>C'est pour la campagne des « gros » partis de gauche (LFI, PC) que les appareils syndicaux organisent cette manifestation, les signataires "en haut du panier" l'illustrent :</p>
<div class='spip_document_17626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH164/capture_d_ecran_2026-06-01_132117-fde3f-43419.jpg?1792806042' width='500' height='164' alt='' />
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<div class='spip_document_17627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L477xH186/capture_d_ecran_2026-06-01_133443-7edda-88600.png?1792806042' width='477' height='186' alt='' />
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<p>Pas un seul "travailleur en lutte" parmi eux, lors de cette marche censée défendre les "travailleurs en lutte". Les politiciens sont en tête de liste. Mathilde Panot, physiquement et politiquement, est bien l'héritière de gauche des "dames patronnesses" de droite d'autrefois.</p>
<p>Mais ces politiciens n'ont absolument rien à donner à quiconque, s'ils marchaient seuls dans la rue ce serait un non-événement. Ils ont besoin d'un support, si possible gratuit. Les "organisations" syndicales le leur procure, en créant un "événement" qui attirera les journalistes. De même, sur un piquet de grève, ils peuvent être invités par un bureaucrate syndical local, qui en revanche aura un poste de conseiller municipal plus tard.</p>
<p>Or ce 20 juin, on peut penser qu'il va y avoir un grand événement, même si à notre avis il ne se passera rien. Car la grande unité digne des fronts populaires staliniens semble être au rendez-vous. De même qu'en 1936, Thorez défilait avec L. Blum, alors qu'il le traitait d'« assassin de la classe ouvrière » la veille, les "pires pourfendeurs" de LFI et du PC viennent au second et troisième rang des signataires :</p>
<div class='spip_document_17628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH55/capture_d_ecran_2026-06-01_134202-a0cea-354cc.jpg?1792806042' width='500' height='55' alt='' />
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<div class='spip_document_17629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH136/capture_d_ecran_2026-06-01_134222-ea6ff-99d28.jpg?1792806042' width='500' height='136' alt='' />
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<p>Lutte Ouvrière, le NPA-R, Révolution permanente ! Eux qui passent leur temps à expliquer d'un air sérieux sur des vidéos que « LFI crée des illusions réformistes », ils placent sans vergogne leur nom à côté de celui de LFI, sans aucune critique, et ils défileront avec ces ennemis de la classe ouvrière que sont les dirigeants de LFI.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que JP Mercier (LO et Sud), G. Quirante (NPA-R et Sud) ont une certaine envergure dans les réunions de bureaucrates de Sud, mais aucune dans le prolétariat de France. Or Sud espère avoir des retombées financières si Mélenchon est élu, et Sud mobilise donc son arrière ban. Comme au Moyen Âge, où le service d'Ost s'imposait à tous les vassaux, vavasseurs, jusqu'à une partie des vilains, ces "révolutionnaires" sont obligés d'aller servir de figurant pour soutenir la gauche électorale. Le pire, c'est qu'ils le font avec plaisir. Le progrès par rapport au Moyen Age, c'est que les "vilaines et les vilains", et pas seulement les "vilains", doivent participer. C'est le féminisme de l'aristocratie ouvrière. On remarque Selma Labib, "personnalité", porte-parole du NPA-R, jamais de grévistes organisés en comité de grève.</p>
<p>Bien entendu cette extrême-gauche ne peut exister si elle avoue faire campagne pour la gauche, pour LFI. Il faut donner de l'émotion aux militants qui n'auront aucun poste. "Pour la gauche" est donc transformé en "contre la droite", puis dans l'enthousiasme "contre l'extrême-droite", sous-entendu "contre le fascisme" ! Et cette extrême-gauche présente même ses candidats aux élections pour faire croire qu'elle est "indépendante de LFI". Ces "révolutionnaires" soutiennent aujourd'hui Sophie Binet car elle serait victime d'attaques.</p>
<p>Pour LO, NPA-R et RP, la "critique" des directions syndicales est bonne pour leurs universités d'été, audibles par quelques centaines de personnes. Par contre, leur solidarité avec ces directions syndicales ou LFI s'exprime par des actes concrets, comme cette marche "fraternelle" du 20 juin, aux yeux de millions de travailleurs.</p>
<p>Alors que l'aristocratie ouvrière de 1ère classe de grande envergure a des membres politiciens, des membres syndiqués, avec une division du travail moderne, les nouveaux arrivés sont de petites épiceries comparées à ces grandes surfaces. Coquerrel est un politique, Binet une syndicaliste. Les partis comme LO et le NPA-R, comme des vagabonds, doivent plier sous le fardeau de tous leurs sacs en même temps : Mercier est Sud <i>et</i> LO, Quirante est Sud <i>et</i> NPA-R, Kazibe est Sud <i>et</i> RP. Oui, Sud est la maison qui sert de refuge à ces "révolutionnaires".</p>
<p>La photo suivante, digne d'une peinture allégorique classique, illustre bien la hiérarchie dans la gauche bourgeoise de l'aristocratie ouvrière : sous l'oeil vigilant des bureaucrates de Sud prêts à le défendre contre "les trotskistes", Coquerel au centre, en bourgeois repu et satisfait, arbore fièrement le bleu-blanc-rouge social-patriote. Il a écarté d'un coup de coude au bord de l'estrade Gaël Quirante, qui a chiffonné son drapeau rouge le cachant dans sa poche, et est prêt à tendre respectueusement la bouteille d'eau quand "le patron" aura soif après avoir proféré ses boniments. Les militants petits-bourgeois du NPA-R rebaptiseront ce tableau : le NPA-R a combattu LFI, restant "indépendant politiquement"</p>
<div class='spip_document_17630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH288/capture_d_ecran_2026-06-01_202245-79a7a-04e7b.jpg?1792806042' width='500' height='288' alt='' />
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<p>Tous les signataires du NPA-R devraient signer l'appel du 20 juin en précisant : porte parole du NPA-R <i>et</i> de Sud-Solidaire (car un délégué central est porte-parole de la confédération syndicale). Ils cachent leur double appartenance.</p>
<p>Pourquoi des partis comme LO, NPA-R font-ils 0% aux élections ? Parce que leurs mensonges sont devenus trop gros concernant cette double appartenance, qu'ils cachent en permanence.</p>
<p>Un des signataires de l'appel du 20 juin est un de ces hauts bureaucrates syndicaux, critiqué par le NPA-R :</p>
<div class='spip_document_17631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L439xH244/violences_sexuelles_faites_aux_enfants_-_miniatures.png.web-b7371.?1792806042' width='439' height='244' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Or il est également ... cadre du NPA-R. Il est un produit de la fraction l'Etincelle exclue de LO en 2008, réfugiée au NPA, réfugiée au NPA-R. Sud s'achète des "trotskistes" en leur offrant un poste de permanent.</p>
<p>Les Jean-Pierre Mercier, Gaël Quirante, sont des bureaucrates syndicaux qui pour leur carrière, utilisent une rhétorique "trotskiste". Ils servent la bourgeoisie en diffusant dans les grands media bourgeois l'idée d'un "trotskisme" sans dictature du prolétariat, sans dénonciation du social-patriotisme, sans soviets, sans fraction révolutionnaire dans les syndicats.</p>
<p>Il y eut à une époque le "marxisme légal", un faux marxisme, propagé par des universitaires bourgeois. Il y a aujourd'hui le "trotskisme légal" diffusé par des bureaucrates syndicaux comme JP Mercier, Anasse Kazibe, Gael Quirante. Ces cadres moyens du syndicalisme bourgeois servent ses cadres supérieurs sociaux-démocrates et staliniens, qui veulent empêcher toute réelle tendance révolutionnaire d'exister ... en faisant croire qu'elle existe déjà.</p>
<p><strong>La grève des travailleurs africains du salon de coiffure, 65 boulevard de Strasbourg</strong></p>
<p>Mais en quoi ces tempêtes dans le verre d'eau du syndicalisme français, pourri depuis 1914 par son entrée dans l'Union sacrée, intéressent-elles la classe ouvrière ?</p>
<p>Car ces appareils politiques (LFI, PC, PS), ou syndicaux (CGT, Sud), ou les micro-appareils pauvres qui sont obligés d'être les deux (LO, NPA-R, RP) forment des fractions dans la bourgeois d'Etat. Ils sont des exploiteurs non seulement politiques, mais économiques du vrai prolétariat, qui ne fait pas partie de l'aristocratie ouvrière.</p>
<p>L'exemple emblématique en est donné par une récente grève de travailleurs africains, qu'un communiqué CGT décrit ainsi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Victoire des Coiffeuses du Boulevard de Strasbourg à Paris après 78 jours de grève</p>
<p>Publié le 21 Mai. 2026</p>
<p>78 jours de grève durant lesquels coiffeuses, coiffeurs et barbiers du 65 boulevard de Strasbourg ont mené une lutte exemplaire, 78 jours où la détermination et la solidarité ont été au rendez-vous chaque jour. Leur mouvement soutenu par la CGT s'est soldé par une victoire éclatante. Les travailleuses et travailleurs ont d'ores et déjà commencé à recevoir leurs premiers titres de séjour, qui les couvriront durant toute l'instruction de l'affaire, où la qualification de traite des êtres humains devrait être retenue par l'autorité judiciaire. L'épilogue de ce mouvement se jouera devant les tribunaux, où la CGT espère des peines exemplaires à l'encontre de ces employeurs qui ont abusé de ces salarié·es en situation de vulnérabilité.</p>
<p>La CGT salue le courage et la détermination sans faille des grévistes tout au long des 78 jours : c'est cette détermination et leur solidarité qui est l'une des clés de cette victoire. Il faut également saluer l'engagement sans faille des organisations de la CGT impliquées dans ce conflit, l'UD CGT de Paris, l'UL CGT de Paris 10 et l'US CGT Commerce de Paris ; ainsi que la solidarité et l'implication de nombreuses organisations de la CGT qui ont contribué à cette victoire.</p>
<p>Cette nouvelle affaire de traite des êtres humains montre les conséquences délétères d'une politique migratoire restrictive et répressive à l'égard des étranger·es. Après les travailleurs des vendanges de Champagne, les salarié·es de la restauration à Albi, nous constatons une augmentation de ce type d'affaire ces dernières années. Cette progression dramatique, confirmée à l'échelle européenne, n'est pas sans lien avec la réduction des droits et la construction d'un infra-droit des étranger·es que subissent depuis quelques années les travailleur·euses étranger·es : effet d'aubaine pour les tenants de la surexploitation.</p>
<p>Il n'y a pas de fatalité dans la multiplication des affaires de traite d'êtres humains qui sont aussi très souvent imbriquées avec des réseaux mafieux. Il y a nécessité de faciliter la délivrance et le renouvellement de titre de séjour pour les travailleurs et travailleuses étranger·es, mettre des moyens dans les préfectures pour y affecter du personnel en nombre suffisant et correctement formé pour rendre un service public de qualité aux usager·es. La saignée dont sont victimes les services de l'inspection du travail doit s'arrêtée : les effectifs doivent être renforcés face à des réseaux mafieux mieux organisés et plus nombreux.</p>
<p>Les parquets doivent veiller à mettre en cohérence leurs politiques pénales et ne pas laisser la traite des êtres humains dans un angle mort.</p>
<p>Ces affaires de traite montrent ce que produisent les politiques d'austérité, de destruction des droits et garanties collectives des travailleur·euses et des politiques répressives à l'égard des étranger·es. Ils sont le laboratoire et les avant-postes d'une attaque d'ensemble contre les droits de toutes les travailleuses et travailleurs. Elles interrogent de manière plus générale sur les politiques publiques mises en œuvre et les dysfonctionnements constatés notamment en matière de renouvellement et d'accès au droit du séjour de celles et ceux qui font pourtant fonctionner quotidiennement l'économie du pays.</p>
<p>La CGT continuera à lutter pour une société plus juste et plus solidaire, cela passe par la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers. »</p>
<p>Montreuil, le 21 mai 2026</p>
<p><a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/victoire-des-coiffeuses-du-boulevard-de-strasbourg-paris-apres-78-jours-de-greve" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cgt.fr/comm-de-presse/victoire-des-coiffeuses-du-boulevard-de-strasbourg-paris-apres-78-jours-de-greve</a></p>
</blockquote>
<p>Or la réalité est tout autre. Pendant des mois, 4 hommes et femmes africain(e)s, dont 9 sans-papiers, se battaient pour obtenir le paiement de plusieurs mois de salaires que leur patron, africain, leur devait. Le communiqué CGT oublie complètement cette revendication ! La "traite" est concept des Nations Unies, qui permettra à la CGT d'être admise dans des conférences 5 étoiles sur le sujet, grâce à la "victoire" du boulevard de Strasbourg.</p>
<p>La Mairie du 10ème arrondissement est en France un des pires exploiteurs des travailleurs africains. Elle coopère avec les patrons des salons de coiffure, des boîtes d'interim du BTP (boulevard Magenta) qui exploitent des travailleurs avec ou sans - papiers. La Mairie de gauche du 10ème arrondissement est dans l'illégalité totale, complice de la "traite" des travailleurs. Mais dans cette équipe, on trouve des militants CGT de l'aristocratie ouvrière. La CGT du 10 ème arrondissement couvre donc cette "traite" des travailleurs depuis des années. <br class='autobr' />
Le fait que 13 salariés d'un salon de coiffure couvert par la mairie, et donc par la CGT, mirent à jour par leur grève, la situation locale, faisait désordre. La CGT a servi de nettoyeur pour innocenter la Mairie.</p>
<p>De même qu'à l'époque du colonialisme, il y avait les expositions coloniales, le salon de coiffure du 65 Bd de Strasbourg a été le lieu d'une "exposition syndicale". La CGT, complice de la Mairie et donc du patron, s'est transformée en amie des travailleurs. La liquidation du fonds de commerce du salon de coiffure fait office de "nettoyage". Les grévistes n'ont même pas fondé un syndicat CGT, en tout cas le communiqué CGT ne l'affirme pas. Des "papiers" sans valeur, périmés dans quelques mois, mais pas d'argent, le patronat aime ce syndicalisme de l'aristocratie ouvrière !</p>
<p>L'extrême-gauche couvre cette mafia politico-syndicale de gauche, transformant les 4 hommes et 9 femmes en "femmes à la quinzaine", miracle de la théorie du genre :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Une quinzaine de coiffeuses d'un salon du boulevard Strasbourg- Saint-Denis à Paris sont en grève depuis le 3 mars. Non seulement leur patron leur fait payer 250 euros pour leur donner leur fiche de paye, mais il leur impose des journées à rallonge, jusqu'à parfois 2 heures du matin, pour une paie ridicule. Le salaire n'était déjà pas versé pendant les congés, mais les coiffeuses n'ont carrément rien touché depuis des mois. Quant à une quelconque protection contre les produits chimiques utilisés, il n'en était bien sûr pas question.</p>
<p>Cette situation dure depuis plus de dix ans pour beaucoup de travailleuses, et le ras-le-bol a fini par se faire entendre, malgré la situation précaire de plusieurs d'entre elles, en situation irrégulière. Le patron, qui profitait bien sûr de la situation et ne payait pas ses cotisations à l'Urssaf, aurait disparu depuis.</p>
<p>C'est loin d'être la première grève des coiffeuses dans les différents salons du quartier. Malgré la peur d'être renvoyées, la charge des enfants qu'elles élèvent souvent seules, ces travailleuses savent se défendre. Elles ont bien raison ! »</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/coiffeuses-paris-contre-patron-voyou-193228.html" class="spip_out" rel="external">Lo</a></p>
</blockquote>
<p>Rien sur la gauche politique et syndicale dans cette affaire, que N. Arthaud ne combat que lors des élections, jamais sur le terrain de la lutte des classes.</p>
<p>Le NPA-R salue la fin de la grève, sans se poser la question de son arrêt alors que le paiement des arriérés de salaire n'a pas été obtenu. Imaginons une équipe de football qui marque un but ... et en conséquence crie victoire et abandonne le terrain. Même des footballeurs ont compris qu'on ne doit pas abandonner même si on marque un but, ce sont les Sénégalais lors de la CAN. Mais dans le parti Gaël Quirante (NPA-R) comme à LO, on ne critique pas les staliniens quand ils crient victoire à la place des travailleurs. Le NPA-R, par le communiqué suivant, montre qu'il a bien intégré le fameux "il faut savoir arrêter une grève" de Thorez en 1936 :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Neuf travailleuses d'un salon de coiffure et de beauté afro situé boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement, ont été finalement régularisées par la préfecture de police après une grève avec occupation qui avait commencé le 3 mars dernier. Elles se battaient d'abord pour obtenir un titre de séjour mais également pour toucher des arriérés de salaires qui leur étaient – et leur sont toujours – dûs. Les autorités ont considéré qu'elles étaient « des victimes potentielles de traite des êtres humains ». Une victoire qui ne peut qu'inciter d'autres travailleurs sans papiers à suivre le même chemin, celui de la lutte. »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/paris-des-coiffeuses-obtiennent-leur-regularisation-apres-68-jours-de-greve/" class="spip_out" rel="external">NPA-R</a></p>
</blockquote>
<p>En même temps que cette grève eut lieu le 2 mai une manifestation des Maliens contre les crimes de l'impérialisme français. Quelles étaient les absents à cette manifestation ? Prenez la liste des manifestants du 20 juin, ces "organisations et personnalités", c'est exactement celle-là, celle de l'aristocratie ouvrière et de ses porte-parole qui étaient absentes !</p>
<p>C'est l'Etat bourgeois dans toute sa laideur capitaliste qui écrase, main dans la main avec des patrons africains, les travailleurs africains du 10ème arrondissement ! L'Assiette au beurre de l'aristocratie ouvrière et de ses représentants, ce sont les postes de maire, d'adjoints, de secrétaires d'unions locales. Cette aristocratie ouvrière est une véritable bureaucratie bourgeoise, pas seulement une bureaucratie ouvrière comme le prétendent les pseudo-trotskistes de LO, du NPA-R et de RP.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Les serviteurs sociaux-démocrates et staliniens de la bourgeoisie sont les principaux auxiliaires de la bourgeoise dans "le camp des travailleurs" depuis des décennies, combattons-les dans l'action, la propagande et l'agitation. Mais leurs idées sont discréditées, elles ne peuvent qu'avancer masquer. Les véritables idées de Lénine et Trotsky, celle du bolchévisme, sont encore vivantes, elles mèneront à la victoire les prochaines révolutions prolétariennes. Ce sont ces idées puissantes que les réformistes essaient de discréditer en mettant en avant des groupuscules comme ceux de LO et du NPA-R, sous la forme d'un ou deux cadres supérieurs du syndicalisme.</p>
<p>Le camp des travailleurs est divisé en deux : réformistes et révolutionnaires. Le camp réformiste a pour piliers, base sociale, l'aristocratie ouvrière corrompue par l'impérialisme français. Les cadres syndicaux sont à 99 % membres de cette aristocratie ouvrière.</p>
<p>Des partis comme LO et le NPA-R répètent trop souvent le slogan juste "Prolétaires de tous pays, unissez-vous !" Car ce slogan, depuis 1900, quand il n'est pas accompagné de la dénonciation de l'aristocratie ouvrière française, devient réactionnaire !</p>
<p>Dénonçons l'aristocratie ouvrière signataire de l'appel du 20 juin !</p>
<p>Les "riens" comme disait Macron, les "non organisation personnalités" comme disent Sud, CGT, LO, peuvent certes participer à cette manifestation. Mais des slogans s'imposent. Que tous ces slogans illustrent les propos de Lénine concernant notre aristocratie ouvrière française :</p>
<p>A bas les faux trotskistes, qui servent d'escorte à Mathilde Panot !</p>
<p>Arthaud, Panot, même combat !</p>
<p>Au trois M électoraux : Mercier-Mélenchon-Mathilde (Panot), nous opposerons toujours les trois L révolutionnaires : Lénine-Luxemburg-Liebknecht !</p>
<p>Mercier et Quirante, porte-paroles de Sud, vous êtes contre les Soviets et la dictature du prolétariat ? Comme disait Trotsky : le léninisme, aimez-le ou quittez-le !</p></div>
Plus de deux cent ans de trahisons syndicales...
https://matierevolution.org/spip.php?article9440
https://matierevolution.org/spip.php?article94402026-02-28T23:39:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisFranceGrève StrikeManifestationStalinismeSyndicalism - le syndicalismeCheminotsSNCFLutte de classes - Class struggleGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Les directions syndicales : conciliation, négociation, compromission, manipulation, trahison, complicité avec l'ennemi, fausses déclarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des grévistes et des salariés, refus de toute décision démocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, détournement de révolutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux intérêts opposés... <br class='autobr' />
1914 <br class='autobr' />
Quelle victoire de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag">SNCF</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><p><strong>Les directions syndicales : conciliation, négociation, compromission, manipulation, trahison, complicité avec l'ennemi, fausses déclarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des grévistes et des salariés, refus de toute décision démocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, détournement de révolutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux intérêts opposés...</p>
</h2><h2 class="spip">1914</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, dès la déclaration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a intégré l'union sacrée au nom du patriotisme et de la défense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'impérialisme français, que l'ancien syndicat révolutionnaire d'action directe et antimilitariste est passé dans le camp de la bourgeoisie, contribuant à envoyer sans difficulté le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la première guerre inter-impérialiste, tuant d'emblée le caractère de classe, prolétarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.</p>
<p>L'union sacrée en 1914</p>
<div class='spip_document_17164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/union-sacree-carte-postale-image-02701.jpg?1792806042' width='500' height='282' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/4-novembre-1915-1500x965-9c21e.jpg?1792806042' width='500' height='322' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH713/unionsacree-2-76670.jpg?1792806043' width='500' height='713' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/668px-union-sacree-carte-postale-4942d.jpg?1792806043' width='500' height='325' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La CGT fait siens les buts de guerre de l'impérialisme français</p>
<div class='spip_document_17170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH661/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708-6e0e3.jpg?1792804984' width='500' height='661' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH682/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca-549e3.jpg?1792806043' width='500' height='682' alt='' /></a>
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</div>
<p>Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, signe l'union sacrée...</p>
<div class='spip_document_17165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH754/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_-13776.jpg?1792806043' width='500' height='754' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH378/274492_0-8548a.jpg?1792806043' width='500' height='378' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L268xH188/sans_titre-19-835f1.jpg?1792804984' width='268' height='188' alt='' />
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</div><h2 class="spip">1936</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine montée des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont réussi à bloquer une grève ouvrière spontanée massive qui s'était déclenchée sans eux, qu'ils étaient parvenus à bloquer dans le secteur public où ils étaient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail après des accords à Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont terminées. Le grand capital est sauvé ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentanément interrompue par l'offensive ouvrière. Il y a vraiment de quoi féliciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats… du moins pour la grande bourgeoisie !</p>
<div class='spip_document_17151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca-6170e.jpg?1792806043' width='500' height='281' alt='' /></a>
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</div>
<div class='spip_document_17149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/page_18_journal-4cace.jpg?1792806043' width='500' height='333' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/victoiresurlamisere-9ac5a.jpg?1792806043' width='500' height='355' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH342/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1-902ce.jpg?1792806043' width='500' height='342' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">1945</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Après avoir cautionné les massacres impérialistes de la deuxième guerre mondiale, du côté des impérialismes « alliés », ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix impérialiste contre tout risque révolutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une misère, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transformé devient le principal ennemi des grèves et la chiourme des travailleurs…</p>
<div class='spip_document_17160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH163/frachon_krasu-d8225.jpg?1792804985' width='302' height='163' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH197/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946-c87d7.jpg?1792804985' width='250' height='197' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/particommuniste1945-44d47.jpg?1792806044' width='500' height='331' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp?1768831119' width="1200" height="763" alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">1968</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la montée des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler même, une grève générale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a prétendu ainsi arriver à la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit… Les syndicats, par la suite, vont continuer à faire croire que c'est par les élections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.</p>
<div class='spip_document_17153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH246/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0-e7230.jpg?1792804985' width='350' height='246' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH486/rv-133967-9jpg-b9228.jpg?1792806044' width='500' height='486' alt='' /></a>
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</div>
<div class='spip_document_17175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968-98d02.jpg?1792806044' width='500' height='331' alt='' />
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</div>
<p>Georges Séguy, secrétaire général de la CGT sifflé par les ouvriers de Renault à Billancourt parce qu'il appelle à la reprise du travail...</p>
<h2 class="spip">1981</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est réussi. Elle arrive au gouvernement par les élections, pas par la lutte sociale. Et elle y gère les affaires de la bourgeoisie, en détruisant les luttes ouvrières avec une efficacité accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.</p>
<div class='spip_document_17177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/sans_titres-5-458bf.jpg?1792804985' width='277' height='182' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/sans_titredj-54385.jpg?1792804985' width='275' height='183' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759-4c580.jpg?1792806044' width='500' height='371' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Et ensuite... collaboration, négociation, trahison, syndicalisme de participation...</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont mené de nombreuses luttes, notamment des grandes grèves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres catégories professionnelles. Toutes ont été trompées, détournées, usées et finalement… perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont mené une lutte permanente et acharnée pour… combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particulièrement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025…</p>
<div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1-efa59.jpg?1792804985' width='500' height='375' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L298xH191/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6-0b325.jpg?1792804985' width='298' height='191' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L265xH190/images-126-09942.jpg?1792804985' width='265' height='190' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/090875142764-web-tete-a1841.jpg?1792806044' width='500' height='281' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH663/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4-3d8dd.jpg?1792806044' width='500' height='663' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH778/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5-70b3c.jpg?1792806044' width='500' height='778' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1792806044' width='500' height='500' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1792806044' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1792806044' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-52286.jpg?1792806044' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000017165-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-3efdb.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1792806045' width='500' height='277' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-30.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-30-00cb9.jpg?1792806045' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1792806045' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1792806045' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats révolutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...</h2><div class='spip_document_17131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH500/ew3g9qdxkaktaqu-1-d82b2.jpg?1792804986' width='336' height='500' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH315/web_syndicat-9c4c1.jpg?1792806045' width='500' height='315' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH594/r320102103-2-f1c8a.jpg?1792804987' width='400' height='594' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Plus de deux cent ans de trahisons syndicales</h2><div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1792806045' width='500' height='705' alt='' />
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</div>
<p>Résultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui détournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prolétariat...</p>
<div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1792806045' width='500' height='568' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713389' width="1760" height="1200" alt='' /></a>
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</div>
<p>Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salariés pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement…</p>
<div class='spip_document_17146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1792804987' width='300' height='303' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1792806045' width='500' height='404' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1792804987' width='350' height='283' alt='' />
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</div>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Les syndicats ne dépendent plus des salariés pour faire vivre leurs appareils bureaucratiques. Ce sont les grands patrons et l'Etat qui les financent. Sauf que, s'ils ne parviennent pas à encadrer les luttes, si le mouvement de la base s'auto-organise en assemblées souveraines, décisionnelles, si elles élisent des comités, si ceux-ci se fédèrent, alors leur rôle est fini et patrons et Etat cesseront de les financer… C'est pour cela qu'ils font de temps en temps semblant de suivre la radicalisation des salariés…</p>
<h2 class="spip">1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT… </h2>
<p>Avertissement</p>
<p>Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un mépris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme révolutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salariés que si elles sont décidées par les travailleurs eux-mêmes, si ce sont eux qui en ont décidé les buts, les méthodes, les moyens et les perspectives, qui ont tenté de se doter non seulement d'assemblées décisionnelles mais aussi ont élu des comités ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de négociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicité avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-impérialiste, pro-colonial et le défaitisme révolutionnaire face à la montée guerrière. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous espérons construire l'avenir prolétarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs décisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le récit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, proposé de fausses perspectives, trompé les travailleurs et sauvé les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honnêtes, tirez des leçons du passé et cessez de confier l'avenir des luttes à ceux qui les ont fait échouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !</p>
<p>Bien sûr, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu être trompés et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-démocrates ou staliniennes et même la fausse extrême gauche opportuniste ont contribué à les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvrière a ses propres faiblesses, ses défauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvrière, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.</p>
<h2 class="spip">1914 : la mère de toutes les guerres et de toutes les… trahisons </h2>
<p>La première guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier… C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et révolutionnaire est passée de l'autre côté de la barricade et de la tranchée sociale, du côté des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant préciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais défendu la véritable position révolutionnaire prolétarienne face à la guerre : la stratégie du défaitisme révolutionnaire selon laquelle le prolétariat des pays impérialiste doit lutter pour… la défaite de « son » propre pays, de « sa » classe dirigeante, de « son » Etat, de « son » armée.</p>
<p>Les syndicats participent à l'union sacrée des classes possédantes pour imposer la boucherie de la première guerre mondiale… Le secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtrière et impérialiste, mais… qu'il participera à l'union sacrée et qu'il soutiendra à fond la mobilisation et l'armée française du moment que la guerre est déclarée. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le même sens. En échange de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants modérés au front. Les plus antimilitaristes seront immédiatement envoyés au front pour y mourir de mort « naturelle ».</p>
<p>Dès l'envoi par le ministre de l'Intérieur d'un télégramme aux préfets les engageant à se préparer à l'arrestation des militants désignés dans le « carnet B », le comité confédéral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er août, il affirma que la confédération devait « négliger toutes ses décisions contre la guerre ». Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, « d'effrayer par des déclarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les décisions antimilitaristes des congrès confédéraux et signer toutes les déclarations du Parti socialiste ».</p>
<p>En échange de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entrèrent dans le gouvernement d'« Union sacrée ». Un troisième, Albert Thomas, fut peu après ministre de l'Armement. Léon Blum devint chef de cabinet dans un ministère. D'autres reçurent des responsabilités dans l'appareil d'État, loin de l'enfer des tranchées de Verdun et des obus.</p>
<p>La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour enchaîner les masses ouvrières à sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient à l'arrière, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait ôter au prolétariat tous les moyens de relever la tête.</p>
<h2 class="spip">Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre impérialiste</h2>
<p>1909</p>
<p>Victor Griffuehles, secrétaire de<br class='autobr' />
la CGT syndicaliste révolutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accusé de mauvaise gestion, il démissionne en juillet 1909. Le passage au réformisme se prépare…</p>
<p>1912</p>
<p>Grève « contre la guerre » menée par la CGT en France</p>
<p>1913</p>
<p>Episode aujourd'hui oublié, les casernes françaises ont été touchées, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pièce maîtresse de la militarisation du pays à la veille de la Grande Guerre. L'événement va provoquer une répression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes, accusés d'avoir fomenté les troubles. C'est également le point de départ d'une crise ouverte à la CGT.</p>
<p>1914</p>
<p>13 janvier. Création de la fédération des gauches à l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche modéré en vue des prochaines élections. Briand en est élu président.</p>
<p>25-28 janvier. XIe congrès national du PS-SFIO tenu à Amiens (tactique électorale).</p>
<p>27 février. Manifestation contre la guerre à Paris, à l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.</p>
<p>13 juin. René Viviani, socialiste indépendant, devient président du Conseil.</p>
<p>14-16 juillet. Congrès extraordinaire du PS-SFIO (chômage, vie chère, grève générale contre la guerre).</p>
<p>Au congrès de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaurès et Vaillant, Gustave Hervé repoussa avec Jules Guesde l'idée de la grève générale contre la guerre. « Lorsque j'ai défendu l'insurrection, déclara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aperçu qu'il n'y en aurait point le jour d'une déclaration de guerre. » (Les Fédérations socialistes III, p. 301).</p>
<p>27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.</p>
<p>30 juillet. Manifestations ouvrières dans de nombreuses villes françaises. Heurts avec la police.</p>
<p>31 juillet. Assassinat de Jean Jaurès par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation générale est proclamé : la Première Guerre mondiale commence.</p>
<p>4 août. Obsèques de Jean Jaurès. Dans son discours, Léon Jouhaux annonce le ralliement de la CGT à l'Union sacrée. Le groupe parlementaire socialiste vote à l'unanimité les crédits de guerre et l'état de siège restreignant les libertés.</p>
<p>Alfred Rosmer rapporte :</p>
<p>« Le 4 août 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annonçant l'initiative du gouvernement du « secours national ». Jusque là rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'était, c'était la collection de noms composant le Comité chargé d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archevêque, grand-rabbin, académiciens, industriels, banquiers… puis Léon Jouhaux, secrétaire de la CGT et Bled, secrétaire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore Lépine, l'ancien préfet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaurès.</p>
<p>Le 4 août 1914, Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaurès, prétend exprimer le sentiment de « la classe ouvrière au cœur meurtri » en rejetant la responsabilité de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des « soldats de la liberté » appelés à défendre la patrie où naquit l'idéal révolutionnaire. Jouhaux, secrétaire autrefois « révolutionnaire » de la CGT déclare à l'enterrement de Jaurès que « ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'impérialisme allemand ! ».</p>
<p>« La Bataille syndicaliste », organe de la CGT, écrit en août 1914 : « contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition démocratique et révolutionnaire de la France.” “Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux frontières pour défendre la terre française. »</p>
<p>Le 14 août, l'article de Jouhaux affirme :</p>
<p>« Profitons-en<br class='autobr' />
« …L'Allemagne est présentement bloquée, son commerce maritime s'est en partie arrêté ! Pourquoi notre marine marchande, coopérant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas à leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une première victoire, et d'une importance qui ne peut échapper à personne… Il faut profiter de toutes les situations… »</p>
<p>Le 16 août, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux écrit :</p>
<p>« Il convient de louer sans réserves la classe ouvrière de notre pays pour l'admirable force de volonté dont elle fait preuve présentement. Avec une maîtrise incomparable d'elle-même, elle refoule intérieurement les douleurs et les angoisses qui étreignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde étonné qu'un inaltérable sang-froid… Assuré du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignité d'hommes, le travailleur est capable de supporter stoïquement les plus grands chocs moraux. »<br class='autobr' />
Le dimanche 23 août, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste révolutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entrée en guerre :<br class='autobr' />
« Un réconfort nous vient à l'heure même où commence à se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'après un communiqué qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirmé en notre faveur… Notre geste a été compris par nos amis révolutionnaires de tous les pays… Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire… »</p>
<p>Le 25 août, l'éditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :</p>
<p>« Les trois intérêts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. »</p>
<p>Le même jour, le même journal écrit :</p>
<p>« Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensongère… Les organisés n'ont jamais fait preuve de lâcheté. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui émerveillait leurs adversaires… Courageux hier, les révolutionnaires le restent aujourd'hui. »</p>
<p>26 août. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacrée.</p>
<p>9 septembre. Création d'un Comité d'action entre le PS-SFIO et la CGT.</p>
<p>Décembre. Pierre Monatte démissionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction confédérale. Il imprime et diffuse sa lettre de démission.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109</a></p>
<h2 class="spip">1914-1915</h2>
<p>La minorité révolutionnaire de la CGT ne se rallie pas à la guerre impérialiste dénonce l'union sacrée…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm</a></p>
<h2 class="spip">1917-1919 </h2>
<p>Les syndicats ne dénoncent pas les offensives meurtrières et les fusillés pour l'exemple.</p>
<p>Ils ne se rallient pas à la révolution russe d'Octobre et à la révolution prolétarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isolés face aux impérialismes…</p>
<p>Puis, ils trahissent la montée révolutionnaire en France à l'après-guerre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm</a></p>
<h2 class="spip">1920</h2>
<p>Les syndicats trahissent la grève des cheminots.</p>
<p><a href="https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT</a></p>
<p>La minorité révolutionnaire des syndicats est un peu hésitante à faire de la politique révolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm</a></p>
<h2 class="spip">1921 </h2>
<p>Les syndicalistes révolutionnaires sont encore minoritaires à la CGT…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm</a></p>
<h2 class="spip">1922</h2>
<p>La grève du Havre est trahie...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341</a></p>
<p>Le PC (pas encore PCF mais section française de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti révolutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus révolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm</a></p>
<h2 class="spip">1923</h2>
<p>CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets…</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm</a></p>
<h2 class="spip">1925</h2>
<p>Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement révolutionnaires en façade…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm</a></p>
<h2 class="spip">1927-1930</h2>
<p>La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263</a></p>
<h2 class="spip">1934 </h2>
<p>La classe ouvrière se mobilise pour donner un coup d'arrêt à la montée fasciste en France mais les syndicats la freinent.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">1935</h2>
<p>La CGT propose son plan à… la bourgeoisie…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm</a></p>
<p>Les mensonges du plan de la CGT</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152</a></p>
<h2 class="spip">1936 </h2>
<p>Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la montée vers la grève générale qui a éclaté spontanément, empêchent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arrêter les occupations d'usines et brisent la perspective révolutionnaire, ouvrant la porte à la marche à la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une grève clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la grève générale…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795</a></p>
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<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751</a></p>
<p>La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arrêter la grève ouvrière avec occupation des usines qui menace de se transformer en révolution.</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936</a></p>
<p>Le 14 mai, les ouvriers métallurgistes de l'usine Bloch se mettent en grève. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine cède dès le lendemain, accordant aux grévistes une augmentation de salaire et des congés payés. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de grève se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premières victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvrière. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant à la « modération » de ses intentions, est effrayé par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs à la patience, c'est-à-dire à l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile – dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault – et de l'aviation du département de la Seine se mettent en grève. La direction de la CGT, réunifiée depuis le mois de mars, sous la direction de Léon Jouhaux, n'est pour rien dans le déclenchement du mouvement, qui s'étend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du bâtiment qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs à reprendre le travail, mais ne parvient pas à empêcher l'extension du mouvement. Au-delà des travailleurs industriels, le mouvement de grève gagne des couches de la classe ouvrière jusqu'alors inorganisées et inertes, mais souvent très durement exploitées.</p>
<p>Les signes du réveil révolutionnaire de la classe ouvrière se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de commémoration de la Commune de Paris, au Père Lachaise, le nombre de manifestants – qui ne dépassait pas, ordinairement, quelques centaines – avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole où était écrit : « La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! »</p>
<p>Les travailleurs réclament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures supplémentaires et des congés payés. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de grève, créent des comités veillant à l'application des décisions collectives et à la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur « l'ordre qui règne dans les usines ». Les travailleurs se comportent, dit le journal, « comme si les usines leur appartenaient déjà ». Le 4 juin, à la veille de l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, les grèves s'étendent à pratiquement toutes les industries, et commencent à paralyser l'économie nationale.</p>
<p>Une grève générale illimitée comme celle de 1936 porte la lutte des classes à un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : « C'est clairement l'union des opprimés contre leurs oppresseurs ». Par sa nature même, la grève générale oblige la classe ouvrière à instaurer son contrôle direct des moyens de production et à assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation révolutionnaire se crée dans laquelle prend corps – sous une forme embryonnaire – le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence même du capitalisme était en contradiction complète avec la collaboration de classe incarnée par le Front Populaire. La grève générale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses représentants à la tête du Parti Radical, mais aussi les architectes « socialistes » et « communistes » du Front Populaire. Thorez avait insisté pour qu'aucune atteinte ne soit pas portée à la propriété capitaliste – et voilà que les ouvriers s'emparaient directement de cette propriété !</p>
<p>Les appels au calme, à la modération et à la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation « n'est pas révolutionnaire », et met les travailleurs en garde contre le danger de « jouer le jeu du fascisme ». Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs « dirigeants ». Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagné de Jules Moch (secrétaire général du gouvernement), pour obtenir des grévistes une livraison de mazout nécessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant même pas voulu leur ouvrir la porte.</p>
<p>Le 6 juin, le nombre de grévistes s'élève à plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de grève n'aboutisse à une révolution et à la fin de la propriété capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT à mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des négociations à l'Hôtel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte à les reprendre plus tard, lorsque la menace est écartée. C'est dans cet état d'esprit que le patronat, représenté par la CGPF, aborde les négociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en matière salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 à 12% dans le secteur privé. Le patronat concède également la semaine de 40 heures et 2 semaines de congés payés, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.</p>
<p>Dans son discours à la Chambre des Députés, Blum se dit « fier » des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait déjà : « La crise n'est pas terminée ». Il faut rapidement promulguer les lois concernant les réformes promises. « Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances où chaque heure compte. » En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de grève, et ne permettent pas de rétablir l'autorité des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les grèves redoublent d'intensité. La CGT a vu le nombre de ses adhérents s'accroître dans des proportions inédites : elle passe d'un million à 5 300 000. Les métallurgistes de la région parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la grève. Le nombre de grévistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, où des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des cafés, des hôtels et des restaurants sont occupés par les salariés. Ici et là commencent à émerger des organisations comparables aux soviets de la révolution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, à Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assemblée regroupant les délégués de 33 usines des environs vote une résolution demandant l'élection d'un « comité central de grève » Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du département de la Seine sont en grève, et une nouvelle assemblée de 587 délégués représentant 243 usines de la région parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de grévistes, même selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, prêts à marcher sur Paris pour réprimer la grève, et ne cesse de répéter que son gouvernement fera respecter « l'ordre ».</p>
<p>Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes défendre la propriété privée et faire en sorte que cesse le mouvement de grève. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux métallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en « aggravant le désordre ». « Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une grève », dit-il, car « l'heure de la révolution n'est pas venue. » De nouveaux secteurs de la classe ouvrière, comme par exemple les employées des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait à y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement traître des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de grève finit par s'épuiser.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003</a></p>
<p>« C'est la grève, c'est le rassemblement au grand jour des opprimés contre les oppresseurs, c'est le début classique de la révolution » a écrit Trotsky.</p>
<p>Des milliers d'ouvriers « anonymes » sortent du rang, élus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.</p>
<p>En quelques jours, tout a changé : les opprimés prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unité.</p>
<p>Mais la grève est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.</p>
<p>La C.G.T. s'efforce de reprendre le contrôle du mouvement. Elle appelle à la grève générale là où elle est déjà déclenchée : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le bâtiment. Les dirigeants de la C.G.T. courent après le mouvement pour tenter de le « coiffer », de le canaliser.</p>
<p>C'est en ces termes que le comité régional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle à la grève : « Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la tâche du gouvernement... »</p>
<p>Le gouvernement ? Quel gouvernement ?</p>
<p>Légalement, le gouvernement Sarraut doit continuer son « action » jusqu'à ce que la Chambre ait accordé l'investiture au gouvernement que doit former Léon Blum.</p>
<p>Le 4 juin, Sarraut remet sa démission au président de la République, Lebrun, qui immédiatement supplie Léon Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...</p>
<p>Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas à ce légalisme. Le 4 juin à 18 h 15, le ministère Blum est constitué. Salengro, ministre de l'Intérieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent immédiatement en fonctions.</p>
<p>« A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile, qu'on n'espérait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arrivée au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui fît entendre raison et qu'il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Léon Blum au procès de Riom.)</p>
<p>Dès la présentation du gouvernement, Lebrun entraîne Léon Blum à l'écart et lui demande d'intervenir immédiatement à la radio : « Dites-leur que le Parlement va se réunir, que dès qu'il sera réuni vous allez lui demander le vote rapide et sans délai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-être le mouvement s'arrêtera-t-il ? » (Léon Blum au procès de Riom.)</p>
<p>Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux grévistes : le gouvernement n'a toujours pas « eu le temps » d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'illégalité au service des intérêts de... la légalité du profit.</p>
<p>Les 6 et 7 juin, la grève gagne la plupart des villes de province, les « cols blancs » se joignent aux travailleurs manuels.</p>
<p>La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la révolution française a commencé.</p>
<p>Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.</p>
<p>Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la grève, faire accepter à la classe ouvrière qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propriété, la légalité, l'ordre bourgeois. En un mot, céder quelque chose pour éviter le pire.</p>
<p>Les accords Matignon</p>
<p>La Confédération générale de la production française (ancêtre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, délégué général du Comité des Forges, collègue de Blum au Conseil d'Etat, le fait prévenir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot déclare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. désire que « sans perdre une minute » soit organisée une rencontre entre représentants des syndicats et ceux du patronat.</p>
<p>Tout va aller très vite. Le 7 juin, à 15 heures, Léon Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient à la table des négociations...</p>
<p>La première discussion dure jusqu'à 20 heures. Puis reprend à 23 heures. A 0h40, l' « accord Matignon » est signé et communiqué à la presse.</p>
<p>« Ils ont cédé sur tous les points », dira Frachon.</p>
<p>Non. Mais pour maintenir la propriété privée des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour éviter l'explosion, l'affrontement direct à un niveau supérieur entre les masses ouvrières et le grand capital, le patronat « lâche » en cette journée plus qu'en trente ans.</p>
<p>Les résultats sont loin d'être négligeables :</p>
<p>établissement immédiat de contrats collectifs de travail ;</p>
<p>reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 à 15 %</p>
<p>Les revendications arrachées n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.</p>
<p>Le patronat concède des revendications considérables pour conserver l'essentiel : la propriété privée des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontanées mais confuses, elles trouvent çà et là une expression plus claire. Les métallos sont à l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui dégagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un délégué de Rateau déclare : « Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. »</p>
<p>Les ouvriers de l'aéronautique proposent à Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contrôle direct.</p>
<p>Les grévistes se tournent vers « leurs » ministres du Front populaire en disant : « Nous sommes prêts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. »</p>
<p>Usines occupées, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-même, est menacée par la grève...</p>
<p>Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son « moral ». L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-là, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'être la force, donc le droit. Elle se sent « plus près du peuple ».</p>
<p>Les accords Matignon sont salués par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.</p>
<p>L'Humanité titre : « La victoire est acquise. » Le Populaire écrit : « Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitulé !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... »</p>
<p>Le 8, Jouhaux déclare à la radio, après avoir analysé la portée des « accords » : « Dans chaque entreprise la grève doit cesser si le patron déclare adhérer à l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engagée à favoriser ce processus d'apaisement. »</p>
<p>Les travailleurs en grève comprennent que ce que le patronat lâche témoigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le nœud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvrière pour faire cesser la grève. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la grève, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.</p>
<p>Non seulement la grève ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encouragées par les accords signés à Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prolétaires faites passent à l'action, « relevant » ceux qui rentrent dans la région parisienne.</p>
<p>Dans la banlieue, les métallos renâclent. Confusément, la classe ouvrière sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 délégués des usines en grève se réunissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la grève : les délégués interviennent et exigent que toutes leurs revendications - dépassant l'accord de Matignon - soient honorées !</p>
<p>Les métallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.</p>
<p>Le 10 juin, après avoir enregistré le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assemblée de délégués : la colère gronde et les travailleurs commencent à envisager une manifestation de rue...</p>
<p>Ils décident de continuer la grève : la CGT s'incline à nouveau...</p>
<p>Le 11, après de nouvelles négociations, où le patronat recule, nouvelle assemblée présidée par Frachon. Malgré les concessions enregistrées, les délégués exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient payées. Les métallos ne cèdent pas, malgré les appels de Frachon et d'Henaff. Certains délégués reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour « descendre sur Paris ».</p>
<p>Le 12, le patronat cède sur tous les points.</p>
<p>Ainsi, malgré les illusions, les incertitudes de la classe ouvrière, Trotsky a-t-il raison d'écrire : « La révolution française a commencé. »</p>
<p>Thorez : « Il faut savoir terminer une grève »</p>
<p>Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste français a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il était largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., née de la scission que l'appareil réformiste avait imposée afin le courant révolutionnaire ne devienne majoritaire, était restée minoritaire. La politique tour à tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinisée devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait réduit à quelque dix à vingt mille adhérents en 1933, la C.G.T.U. n'étant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du côté de la S.F.I.O., si celle-ci voit croître ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent à se constituer en courant révolutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la révolution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses représentants.</p>
<p>Au fur et à mesure où de 1934 à 1936 s'affirme la marche à la crise révolutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble être celui de la révolution. De 1934 à 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont déjà plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont être les cadres organisateurs des couches profondes et décisives du prolétariat en mouvement en juin 1936.</p>
<p>Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. évoluent de la façon suivante : « En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. dépassent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distancé : elle compte 127 000 adhérents contre 131 000 au parti communiste. »</p>
<p>Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adhérents environ. Au comité central du 22 février 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est passé de 80 000 adhérents au congrès de Villeurbanne en janvier 1936 à 220 000.</p>
<p>Une grande masse de travailleurs adhèrent à la section française de la III° Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti héritier de la révolution d'Octobre, de Lénine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs espérances.</p>
<p>La nature du P.C.F. n'est pas identique à celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-révolutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement liée à sa bourgeoisie, au système impérialiste. Le P.C.F. dépend entièrement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa médiation qu'il est lié à l'impérialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgré sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique à la vieille S.F.I.O.</p>
<p>Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de Léon Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue à le faire apparaître comme un parti « différent » de la S.F.I.O. passée depuis 1914 du côté de l'ordre bourgeois avec toute la social-démocractie internationale.</p>
<p>Mais, en réalité, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus férocement, le plus directement, et déjà le plus efficacement, au mouvement des masses, à leurs aspirations révolutionnaires.</p>
<p>Thorez prononce en 1936 toute une série de discours au cours desquels il « tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu ». Le 6 août, il concrétise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle à la « consti¬tution du Front des Français » de Thorez à Paul Reynaud.</p>
<p>« Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'acceptèrent pas nos propositions du Front des Français, et il fallut les retirer », écrit Jacques Duclos.</p>
<p>C'est encore Thorez qui mène l'offensive, au premier rang, contre le processus révolutionnaire en cours ; c'est que la poussée des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les grèves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., considérés comme des militants d'un parti révolutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unité d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la tête des mouvements pour dépasser le Front populaire.</p>
<p>Ferrat ne fait qu'exprimer de manière assez confuse la position de nombreux militants du rang qui espèrent que le processus révolutionnaire engagé par des millions d'ouvriers ira jusqu'à son terme : la prise du pouvoir.</p>
<p>A. Ferrat est immédiatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la défense de l' « ordre social », c'est-à-dire l'ordre du profit.</p>
<p>En réponse au célèbre article de Marceau Pivert « Tout est possible », Marcel Gitton écrit dans L'Humanité du 26 mai : « Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' "opérations chirurgicales". »</p>
<p>Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le débordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaurès à Paris, à préciser la politique contre-révolutionnaire dictée par Moscou : « Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. »</p>
<p>Reprenant « en main » les militants qui se laissent aller aux « tendances gauchistes », Thorez prend l'exemple des métallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., auréolé de la gloire du parti de la révolution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la révolution montante.</p>
<p>Dès le lendemain de ce célèbre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : « Il faut savoir terminer une grève... »</p>
<p>L'offensive contre les masses est menée par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir à l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvrière qui titre : « Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. »</p>
<p>Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est « très inquiet » devant les événements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas échéant, l'ordre sera maintenu par la force.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814</a></p>
<p>"En prônant la "paix sociale", l'unité française", les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun à sa façon et tous ensemble, ont désarmé la classe ouvrière. Ils l'ont livrée, pieds et poings liés, à un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus néfaste a été de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire à direction socialiste et active participation radicale était, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a souligné Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconnaître l'ennemi, car on l'avait déguisé en ami. leurs chefs entourèrent le pouvoir bourgeois d'un écran qui dissimula sa véritable nature, le rendit méconnaissable, donc invulnérable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en réalité, un gouvernement débile. Écartelé entre des masses encore relativement turbulentes (malgré tous les appels à la "concorde" lancés à leur seule adresse) et un patronat décidé à sabrer les conquêtes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera réduit à pratiquer un perpétuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur élan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins réactionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite opérée sous le drapeau du front Populaire s'achèvera en une écrasante défaite. Mais, la dialectique des luttes sociales étant complexe, cette évolution ne sera ni rectiligne ni unilatérale. Pendant toute une période, la classe ouvrière continuera, dans une certaine mesure, à aller de l'avant. Elle se démystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses systèmes de solidarité. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqués. Elle réagira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tantôt la réaction, tantôt les fascistes. Elle n'hésitera pas à recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgré ses mauvais bergers, à l'arme de la "grève sur le tas". (...)</p>
<p>L'ordre lancé par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les grèves n'avait été que très incomplètement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les "grèves sur le tas" continuèrent à faire boule de neige. Après l'accalmie du mois d'août, pendant lequel l'application des congés payés provoqua, pour la première fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les "occupations" reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Intérieur, le socialiste Salengro, avait juré d'y mettre un terme "par tous les moyens appropriés". (...) Le 7 octobre, Blum passa des gémissements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forcèrent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, à paris, et, après une dure bagarre, en expulsèrent les "occupants". (...) Au début de juin 1937, la crise financière s'est aggravée (...) ,Blum annonce soudain qu'il démissionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2" décembre 1937, à Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occupée par son très nombreux personnel. (...) Le 30, à l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Intérieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de déloger les grévistes. (...) En fin de journée, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le "fort" Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la région parisienne, Eugène Hénaff en tête, exigèrent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui équivalait à une capitulation."</p>
<p>Daniel Guérin dans "Le Front Populaire, révolution manquée"</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530</a></p>
<p>Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360</a></p>
<h2 class="spip">1938</h2>
<p>Trahison syndicale de la grève Goodrich</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326</a></p>
<p>La situation est prérévolutionnaire ou précontre-révolutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement à la faire basculer vers la lutte prolétarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle montée vers la grève générale que les bourgeois.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076</a></p>
<h2 class="spip">1939</h2>
<p>La CGTU stalinienne, aux côtés du PCF, soutient le pacte germano-soviétique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont démoralisés et déboussolés. La bourgeoisie en profite pour réprimer les militants ouvriers.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm</a></p>
<h2 class="spip">1939</h2>
<p>PCF et CGT reconnaissent les intérêts impérialistes de la France aux colonies…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm</a></p>
<h2 class="spip">1940</h2>
<p>La marche à la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence indépendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme résultat de cette unification, il y eut un déplacement général du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme impérialiste français.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775</a></p>
<p>Une partie du mouvement syndical passe directement au pétainisme.</p>
<p><a href="https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751</a></p>
<h2 class="spip">1941</h2>
<p>Avec la guerre et le pétainisme, la CGT, réprimée, passe dans la clandestinité.</p>
<p>Depuis la rupture du pacte garmano-soviétique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et impérialisme occidental et les staliniens peuvent à nouveau marier nationalisme français et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensongèrement appelé « communisme » ou « soviets »). Les militants ouvriers staliniens, momentanément alliés des nazis, deviennent à nouveau les plus fervents défenseurs de la démocratie occidentale et de la nation française, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993</a></p>
<h2 class="spip">1943</h2>
<p>Une partie du mouvement syndical passe à la « résistance », mouvement sous l'égide du général De Gaulle et des impérialismes anglo-américain mais aussi du PCF stalinien. La résistance n'est absolument pas un mouvement à caractère de classe prolétarien mais une alliance de classe affichée et assumée au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675</a></p>
<h2 class="spip">1944</h2>
<p>La classe ouvrière, elle, fait confiance au PC, au PS et à la CGT et compte sur eux pour arracher à De Gaulle des réformes substantielles en faveur de la démocratie et des travailleurs !<br class='autobr' />
Cette "confiance" générale cache en réalité un conflit inévitable. En l'absence d'une amélioration économique et diplomatique considérable et immédiate – ce qui est chose exclue – que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des améliorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. <br class='autobr' />
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont glissé progressivement vers la démagogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de "la France aux Français" à l'Action Française, ils en sont arrivés à reprendre "la Marseillaise" aux trusts (Duclos) !<br class='autobr' />
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la "tactique", que l'internationalisme doctrinal est difficile à faire rentrer dans la tête des masses et qu'en gagnant les masses à eux avec des mots-d'ordre qui "prennent", ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937</a></p>
<h2 class="spip">1945</h2>
<p>Avec le débarquement allié (c'est-à-dire la victoire des impérialismes anglais et américain sur l'impérialisme allemand), le gaullisme allié à la résistance intérieure c'est-à-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alliés renoncent à gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la considèrent comme un allié… Il s'agit d'éviter tous risques révolutionnaires prolétariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particulièrement en charge de ce volet contre-révolutionnaire.<br class='autobr' />
La « libération » n'est pas celle des prolétaires !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616</a></p>
<p>Désormais, les grèves ouvrières, c'est seulement contre l'occupant allemand !</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945</a></p>
<p>Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT réunifiée, aux ouvriers de « retrousser les manches pour reconstruire la France » (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, déclare la CGT comme le PCF.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101</a></p>
<p>La CGT entre au gouvernement capitaliste !</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945</a></p>
<p>La CGT, police politique anti-ouvrière dans l'entreprise en 1944-1946…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938</a></p>
<p>Benoit Frachon, secrétaire général de la CGT, est partout sur le front des grèves pour lutter CONTRE la lutte de classe !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800</a></p>
<p>Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui déclare à Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :<br class='autobr' />
« C'est en 1934, que nous avons proposé, lancé et fait triompher l'idée du Front populaire pour la liberté. (…) Nous avons proposé le Front français, l'union de tous les Français. (…) Les deux cent familles, les trusts (…) se mirent à saboter l'économie nationale, à provoquer les grèves comme le rappelait tout à l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorité pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux grèves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorité pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (…) La vérité sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (…) En vérité, c'est un traquenard que l'on tendait à l'Union soviétique. On prétendait engager la guerre, une guerre où la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les armées hitlériennes pourraient déferler rapidement à travers toute l'Union soviétique. L'Armée rouge avait été mise dans l'impossibilité de préparer sa mobilisation, l'Armée rouge était dans l'impossibilité de faire face à l'agression. (…) De Londres, le général De Gaulle lançait son appel, organisait les « Forces françaises libres ». Nous menions la bataille de la Résistance à l'intérieur de notre pays (…) Aujourd'hui, chers camarades, de graves périls nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (…) Le problème décisif de l'heure, c'est le problème de la production. Vous le savez déjà, chers camarades, c'est ce qui m'a amené à Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoyé vous parler, à vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (…) Je voudrais établir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'était élevée à 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-à-dire 80% de la production. (…) Il est vrai qu'il s'est produit un fléchissement à partir d'avril, fléchissement dans la production et fléchissement dans le rendement. Il y a diverses causes à cela : ravitaillement défectueux, manque de vêtements, et en raison d'un mécontentement plus ou moins justifié contre l'insuffisance de l'épuration. Il y a aussi des grèves, très peu justifiées. (…) Tout cela entraîne, dans un métier comme le métier de mineur, une certaine désorganisation. (…) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (…) Le prix à la tâche. On a accordé la possibilité d'une majoration qui peut aller jusqu'à 60% (…) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fixées. (…) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la métallurgie qui viennent de renoncer à leurs vacances payées pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les mêmes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant électrique dans le jour, avaient demandé et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans supplément de salaire pour pouvoir produire pour vous. (…) A propos de la coupe à terre, pourquoi ne pas généraliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisième au remblai ? (…) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une façon très favorable les décisions des ingénieurs. Je pense qu'en définitive la décision reste à l'ingénieur et qu'une décision doit être appliquée sur l'ordre de l'ingénieur et qu'une décision doit être appliquée sur l'ordre de l'ingénieur, autrement il n'y a pas d'autorité possible, d'exploitation possible. (…) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent à l'effort insuffisant des mineurs eux-mêmes, à votre effort à vous. (…) Il y a des causes de mécontentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le développer et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur épuré des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la grève ? Non. Martel a eu raison tout à l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas cédé au courant public de démagogie et de vaine popularité. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficultés, nous sommes faits pour surmonter les difficultés et nous les surmonterons. (…) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui prétendent ne pas forcer à la production, ne pas pousser à la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix à la tâche. (…) Ils ne veulent pas paraître pour des macas. (…) Les macas, chers camarades, c'étaient ceux qui forçaient à la production pour le profit du patron au détriment de leurs frères, les ouvriers mineurs. (…) Il y a des camarades qui disent : « Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. » C'est une erreur, chers camarades. (…) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'intérêt du pays, et c'est dans votre propre intérêt. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de prétextes, à ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout à fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (…) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le goût de son métier sait très bien que tant d'absences entraînent une désorganisation complète du travail. Les camarades présents sont les premiers à en souffrir. L'absence est justifiée ou n'est pas justifiée. Au lieu de produire, on désorganise la production, on fait tort à ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une égratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des délégués à la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journée de malade. (…) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journée de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la même question s'est posée pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficultés alimentaires. Le syndicat a réuni les délégués des Caisses de secours et leur a dit : « Epluchez les billets de malade et discutez avec les médecins » et on leur a dit : « Ces médecins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces médecins, ils donnent facilement les billets. (…) Ils poussent à la désorganisation. » Il va y avoir des élections à la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient posées largement, et dire aux délégués des Caisses de secours que vous allez élire : « Il faut être intransigeant ; c'en est fini avec de telles méthodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement à la paresse. » Voici un autre cas. On m'a signalé l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demandé de partir à six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (…) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilité, au nom du Comité central, au nom des décisions du Congrès du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre grève, surtout lorsqu'elle éclate comme la semaine dernière, aux mines de Béthune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a réintégré deux, en les rétrogradant d'ailleurs. (…) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les décisions de notre propre syndicat (…) nous allons à l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvrière et contre la République. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils déclenchent la grève au n°2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une période où le pays a besoin de la moindre gaillette, à l'heure où nous fermons des usines, à l'heure où, dans la région parisienne, on arrête des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arrête les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait grève parce que le nez du porion ne revient pas au délégué. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute très grave contre le syndicat et l'intérêt des mineurs. Des sanctions ont été prises, peut-être pas dans les formes où elles devaient l'être contre le délégué mineur et son suppléant qui avaient couru les autres puits pour déclencher la grève. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient exposés à de telles sanctions. Et, sous prétexte que l'on a sanctionné les délégué mineur, on recommence la grève jusqu'à jeudi soir et on a eu de la peine hier à faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapporté la sanction prise par le commissaire régional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (…) Chers camarades, alors on veut à chaque fois faire la grève pour épurer ou pour soutenir. On pourrait au fond en définir le seul but : faire grève, pourvu qu'on ait un prétexte. (…) L'autre jour, on m'a parlé d'une grève possible des mécaniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la mécanique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilité et on trouve chez les mécaniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, là encore, pas par la grève. (…) Je voudrais que ce que nous pensons au Comité central puisse passer dans la tête,dans le cœur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français. (…) La grande tâche des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de Béthune, il faut aller à Béthune, il faut réunir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les délégués mineurs à reconnaître qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (…) Nous exigerons de chaque camarade le respect des décisions du 10e Congrès du Parti et le 10e Congrès du Parti a dit : « Il faut produire. »</p>
<h2 class="spip">1946</h2>
<p>Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, mène la lutte contre les grèves.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750</a></p>
<p>Par la grève des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en rébellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alliée au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'épreuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, liée au PCF qui participe au gouvernement, est hostile à la grève des postiers.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616</a></p>
<h2 class="spip">1947</h2>
<p>Les syndicats cassent la remontée des grèves. La CGT est le principal syndicat jaune de la période. Elle casse en particulier la grande grève de Renault qui a éclaté en se battant contre le patron et contre la CGT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540</a></p>
<p>Le mécontentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut être contesté là même où il était hégémonique.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532</a></p>
<p>La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues années le mythe de l'après-deuxième guerre mondiale, entouré des noms faussement prestigieux de « Libération », « Résistance », « CNR » notamment, et selon lequel le grand mérite de ceux-ci serait d'avoir fondé le secteur d'économie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245</a></p>
<h2 class="spip">1948 </h2>
<p>Un syndicalisme toujours enlisé entre réformisme et stalinisme…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm</a></p>
<p>La grève des mineurs est trahie…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm</a></p>
<p><a href="https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948</a></p>
<p>Les autres luttes ouvrières aussi…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701</a></p>
<h2 class="spip">1949 </h2>
<p>Au nom de la recherche de l'unité syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvrières…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm</a></p>
<p>La CGT ne propose que des grèves de 24 heures…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm</a></p>
<p>Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe… Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilisé l'énorme potentiel révolutionnaire accumulé dans les profondeurs du mouvement ouvrier français pour faire pression sur la bourgeoisie française qu'il s'efforçait de détacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il déclenchait devaient répondre à deux conditions : avoir une puissance suffisante pour ébranler la bourgeoisie, être limités et soigneusement contrôlés pour ne pas mettre en cause le régime capitaliste lui-même, pour ne pas risquer que la classe ouvrière prenne conscience de sa force et déborde l'appareil. Les grèves de novembre-décembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives à objectifs limités et souvent particularisés, les forces les plus importantes du prolétariat. La grève des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limitée à cette corporation ; mais de véritables batailles rangées mettront aux prises, dans les régions minières, les forces de répression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres grèves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, à l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le général Ridgway, ancien commandant des troupes américaines en Corée, le P.C.F., sous l'égide du « Mouvement de la paix » , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation « dure » . La manifestation présentait un caractère aventuriste certain. Elle était préparée sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer à l'intérieur de la classe ouvrière une délimitation selon la division du monde en « blocs » . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective à la classe ouvrière que de contraindre la bourgeoisie française à collaborer avec le Kremlin, plutôt qu'avec Washington. Malgré tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arrêté pour quelques jours Jacques Duclos (sous le prétexte d'un complot, le « complot du pigeon voyageur » ), la C.G.T. déclencha le 4 juin une grève générale de protestation à laquelle participèrent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement où la politique de l'appareil les avait conduits.<br class='autobr' />
L'énergie révolutionnaire dilapidée au cours de ces quelques années est incalculable.</p>
<p>Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie française se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvrière. Elle procéda à l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le Léap fut incarcéré, Frachon poursuivi, d'autres encore.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm</a></p>
<h2 class="spip">1952 </h2>
<p>La CGT française ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment réprimés de la colonie de Guadeloupe…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209</a></p>
<h2 class="spip">1953 </h2>
<p>Staline meurt mais pas… le stalinisme toujours hégémonique dans la CGT !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642</a></p>
<p>L'année 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative déjouée et cassée par une grève des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur privé. Mais la CGT n'est nullement en tête du radicalisme…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649</a></p>
<p>Fin juillet 1953, ce furent les décrets Laniel qui portaient atteinte aux régimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Près de cinq millions de travailleurs répliquèrent par une grève générale spontanée, en passant par-dessus les appareils syndicaux.</p>
<p>L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transformèrent un « mouvement de protestation » décidé par les syndicats en une grève totale. Ils utilisèrent le central téléphonique pour appeler les postiers de la France entière à la grève. Ce fut une traînée de poudre. Non seulement les postiers débrayèrent, mais le gaz, l'électricité, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'était la grève générale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assemblée de délégués F.O. de la R.A.T.P. un délégué du dépôt de Montrouge disait : « Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roulé dessus. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540</a></p>
<p>C'est à l'initia¬tive des postiers de Bordeaux qu'a démarré la grève générale. Le 5 août, la Fédération postale F.O. lançait le mot d'ordre de grève géné¬rale illimitée de la corporation. La fédération C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de grève générale, bien que ses militants le lui aient demandé. A la R.A.T.P., un premier débrayage était imposé par les travailleurs le vendredi 7 août. Alors que de TOUS les dépôts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de grève était réclamé à TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de grève sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de grève. L'enthousiasme était incroyable, bientôt suivi d'amertume et de colère : l'ordre de grève était limité jusqu'au soir minuit. La grève s'étendait comme une traînée de poudre : électriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., débrayaient spontanément au cours de la journée du mardi 11 août ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donnèrent un ordre de grève de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.</p>
<p>Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, à tous les niveaux, le poids lourd de la grève. Il lui aurait suffi de prendre la tête, de proposer un programme général de la grève, d'appeler partout à la formation de Comités de grève, jusqu'au comité central de la grève générale, de donner l'ordre de grève générale, d'appeler la grève à prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. « Gauchisme ? » Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en grève spontanément, par leurs propres moyens, n'a jamais participé à une grève ou est imperméable à la compréhension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-mêmes ? Il suffisait, dans la période ascendante du mouvement, de prononcer à une tribune : « A bas Laniel ! », pour être applaudi frénétiquement. En portant atteinte aux régimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, après des années de mouvements partiellisés, le combat « tous ensemble » . Les travailleurs l'utilisaient - à défaut d'autres, que se refusaient à lancer les directions ouvrières. Voilà ce que prouvaient la grève et la façon dont elle s'était réalisée. Non seulement la classe ouvrière était prête à reprendre toute revendication au niveau le plus élevé, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unité et croître en puissance.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm</a></p>
<h2 class="spip">1956</h2>
<p>PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Algérie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551</a></p>
<h2 class="spip">1957</h2>
<p>PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvrières en France et lutte anticoloniale du peuple algérien…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm</a></p>
<p>La grève des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des grèves est débordée par les employés…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm</a></p>
<h2 class="spip">1958 </h2>
<p>PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple algérien et se laissent faire lors du coup d'état des généraux d'Algérie puis de celui de De Gaulle…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">De 1958 à 1963</h2>
<p>, aucune lutte syndicale sérieuse contre le gaullisme, le stalinisme le présentant comme un « pouvoir fort » que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm</a></p>
<h2 class="spip">1963 </h2>
<p>Trahison de la grève des mineurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541</a></p>
<h2 class="spip">1966 </h2>
<p>Naissance de l'unité d'inaction CGT-CFDT… qui n'a rien à voir avec l'unité de classe des travailleurs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156</a></p>
<h2 class="spip">1968 </h2>
<p>Dès 1967, s'affirme une reprise massive de la combativité ouvrière en France. D'emblée, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en première ligne pour s'opposer résolu¬ment, contrecarrer et saboter ce développement spontané des luttes ouvrières. Ils font tout pour canaliser les débrayages et les grèves "sauvages" dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et empêcher leur extension, provoquant également des affrontements stériles avec les forces de police venues les déloger. Conjointe¬ment, PCF et CGT organisent des journées ville-morte, multiplient des occupations de bâtiments publics pour défouler la combativité ouvrière accumulée depuis des années. Cepen¬dant, d'emblée ces grèves rencontrent une soli¬darité active de la population et tendent à s'étendre à plusieurs usines d'une même ville. Quant à la répression policière à laquelle elles se heurtent, elle contribue à exacerber la colère des ouvriers.</p>
<p>Mai 68</p>
<p>En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-révolution depuis des décennies, allait se retrou¬ver rapidement face à près de dix millions de grévistes (2). Avec son auxiliaire cégétiste, c'est lui qui réagit le plus rapidement, passés la surprise et l'affolement général de toute la bour¬geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le dérou¬lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande grève de l'histoire de la classe ouvrière mondiale pour tenter de l'en¬rayer à plusieurs niveaux.</p>
<p>Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la grève sauvage de l'usine Sud-Aviation près de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le débrayage spontané de l'usine Renault-Cléon près de Rouen qui envoie une délégation pour étendre la grève dans les autres usines de la Régie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins près du Mans qui se met à son tour en grève et une délégation ouvrière de Cléon et de Flins pousse à son tour ceux de Billancourt à propager la lutte, atelier par atelier. Cette grève au cœur de la plus importante concentration ouvrière du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvrière, encourage des millions d'ouvriers à se lancer à leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contrôle d'un mouvement ouvrier qui lui échappe totalement, qui s'est déclenché contre sa volonté et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-même un "appel à la lutte", bientôt imitée par les autres syndicats et décide de participer à l'occu¬pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom "de la protection de l'outil de travail" d'instaurer dans les grèves ouvrières un esprit-forteresse. Ce "cordon sanitaire" cor¬poratiste, en apparence contre les "provoca¬teurs gauchistes" qui auraient "infiltré" les étu¬diants, visait en réalité à permettre aux syndi¬cats de reprendre le contrôle de la situation. Ceux-ci mirent en œuvre tout un travail de division, isolant entre eux les différents secteurs de la classe ouvrière, chacun dans son coin, pour empêcher celle-ci de se constituer en une force unie qui représenterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile à vaincre par cette dernière. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient dénoncés comme étant des provoca¬teurs extérieurs à l'entreprise.</p>
<p>Dans L'Humanité du 3 mai 68 l'éditorial de Georges Marchais intitulé "De faux révolution¬naires à démasquer", accuse le Mouvement du 22 Mars "dirigé par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit" d'aller à l'encontre des intérêts de la masse des étudiants et de favoriser les provoca¬tions fascistes. Il dénonce "leur malfaisante besogne (des "gauchistes") qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra¬vailleurs et, notamment les jeunes". Le 23 mai, la CGT approuve la décision d'interdiction de séjour du pouvoir gaulliste prise à l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au célèbre "non à la chien¬lit !", prononcé par De Gaulle, et après les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Intérieur incrimine "la pègre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue", L'Humanité renvoie le même écho en dénonçant les agissements de "la lie de la société".</p>
<p>Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau¬vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : "Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvrière, dans le monde moderne, (...) c'est tout à la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande Révolution française, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti révolu¬tionnaire (...), c'est le parti communiste français servant efficacement les intérêts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo¬ révolutionnaires (...) visent à diviser la classe ouvrière, à défigurer le mouvement révolution¬naire et la démocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succès de la lutte pour la démocratie et pour le socialisme."<br class='autobr' />
Après une entrevue secrète entre Krasucki, alors numéro 2 de la CGT et membre du comité central du PCF, et Chirac, secrétaire d'Etat à l'emploi, les syndicats appellent à l'ouverture de négociations avec le patronat que le gouver¬nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les négociations commencent le 25 mai. Dès le premier jour, le leader de la CGT, Séguy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de négocier. Mais d'entrée, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lancé par les syndicats. Le 27 au matin, après la signature des accords de Gre¬nelle, Séguy confie à un journaliste son soulage¬ment : "La reprise ne saurait tarder". Dans la foulée, il se rend à l'usine de Billancourt pour présenter les accords et appeler à la reprise du travail. Il est copieusement sifflé par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. Séguy est contraint de désavouer les ac¬cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de grèves s'élargit encore. La bourgeoisie devra lâcher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux côtés du gouverne¬ment à négocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels à la reprise pour que les élections, présentées comme "un pas de plus vers la victoire des ouvriers", puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont systé¬matiquement recours au mensonge et à l'intimi¬dation pour casser la dynamique de la lutte ouvrière. Ainsi, à la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains dépôts. Et L'Humanité titre à l'avance dans sa "une" début juin : "Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail". Malgré tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes évacuations policières des usines, ils ne parviendront à leurs fins qu'après la mi-juin dans la plupart des cas.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322</a></p>
<p>Débordés chez les étudiants, face à la montée spontanée des grèves qu'ils n'ont pas initiées ni controlées, PCF et CGT choisissent d'en prendre la tête, quitte à empêcher les travailleurs d'occuper l'usine en… fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagné. La grève est générale mais jamais la CGT n'appellera formellement à la grève générale !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975</a></p>
<h2 class="spip">1972 </h2>
<p>La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs années, la CGT défendait l'idée de ce programme à l'élaboration duquel elle était prête à participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, aliénant ainsi une part de son autonomie.</p>
<p>Malgré le cuisant recul de la gauche aux élec¬tions du 30 juin 1968 et le refus opposé par la FGDS à l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux présidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conquête du pouvoir par l'union de la gauche à travers un programme "de démocratie avancée" qui "ouvre la voie au socialisme à la française". Ce cheval de bataille est exclusivement dirigé contre la reprise des combats de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, dont mai 68 a été la première et la plus éclatante manifestation. Il est encou¬ragé par les plus de 20% recueillis par Duclos aux présidentielles de 69, alors que l'échec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score électoral jamais enregistré par la social-démocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand à adopter une "nouvelle stratégie" pour ravaler sa façade.<br class='autobr' />
En décembre 1969, c'est la reprise des discus¬sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congrès du PCF en février 70, est officialisé "l'engage¬ment du parti dans la voie du programme commun". Dans lemême temps, Georges Mar¬chais est promu "secrétaire général adjoint" et prend les rênes du parti à la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro¬nisé au congrès suivant, en 1972. L'accord de désistements réciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-démocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali¬tés importantes. Le 9 octobre de la même année, le "programme" du PCF est publié sous le titre "Changer de cap, programme pour un gouver¬nement démocratique d'union populaire" avec en vedette une liste de nationalisations, définies comme "l'instrument déterminant du pro¬gramme de changement démocratique".</p>
<p>Le parti stalinien va désormais, à partir de 1970, et pendant toute une décennie, avec l'aide de son appendice syndical cégétiste, mobiliser massivement les prolétaires avec la mystifica¬tion de l'application du "programme commun" et systématiquement piéger, dévoyer toutes les luttes ouvrières derrière la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain électoral. Ce programme commun de gouvernement est signé le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas à se rallier. Lors du comité central du 29, Marchais s'en félicite et souligne dans son rapport : "L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui très positif à un développement consi¬dérable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de créer les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve¬ment sur nos idées, nos solutions, nos objectifs". Ainsi, grâce au projet en grande partie dû à son initiative, et à sa capacité à mystifier de cette manière la classe ouvrière, le parti stalinien aura puissamment contribué à rassurer la classe dominante et à éloigner à nouveau le spectre de la révolution prolétarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef¬frayer l'ensemble de la bourgeoisie.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020</a></p>
<h2 class="spip">1973 </h2>
<p>La grève des LIP est une grève contre des licenciements et une fermeture d'usine programmée. Mais, contrairement à de nombreuses grèves de ce type, c'est une action auto-organisée par les salariés, refusant les limites habituellement imposées par les centrales syndicales : localisme, légalisme, défensive, divisions, etc.<br class='autobr' />
Débutée au début des années 1970, la lutte a duré jusqu'au milieu de l'année 1976 et mobilisé des dizaines de milliers de personnes à travers la France et l'Europe entière, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui réunit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres éléments ont également participé à l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de grève qui comprend pour la première fois de l'histoire, dans une entreprise, une « auto-organisation » et un dépassement de la loi bourgeoise, les salariés prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqués et les ouvriers grévistes travaillant à leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les écouler lors de « ventes sauvages » ; mais aussi à cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'époque n'a d'autre choix que la mise à mort de l'entreprise afin d'éviter une « flambée ouvrière et syndicale » au niveau national. Il s'agissait d'éviter que se tire une leçon déterminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvrière dans le coup.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702</a></p>
<h2 class="spip">1974 </h2>
<p>La CGT est débordée par la grève des banques et celle des PTT…</p>
<p>Grève des PTT</p>
<p>La grève des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. Démarrée dans les centres de tri, elle s'étend à l'ensemble des services postaux mais aussi des télécoms (alors rassemblés dans un même service public, les PTT). Parti le 17 octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'établissement que la grève, qui va s'étendre jusqu'au 2 décembre, sera suivie avec le plus d'intensité. Le 23 octobre, la première manifestation organisée dans les rues de Paris rassemble près de 10 000 grévistes. Le 15 novembre, un mois après le lancement des hostilités, 91% des personnels des centres de tri sont encore en grève.</p>
<p>La montée du mécontentement, que traduisent les chiffres des journées de grève, se conjugue à l'automne 1974 avec une situation politique particulière. Valéry Giscard d'Estaing est élu au mois de mai 1974 Président de la République avec un faible différentiel de voix sur François Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premières rumeurs concernant les projets "giscardiens" sur les PTT renvoient des bruits de création d'un office des postes et télécommunications. C'est interprété par les agents des PTT comme une privatisation et un démantèlement du service public. Depuis plusieurs années ces thèmes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du chômage et garantissant une certaine carrière. Ces inquiétudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement résout, à minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de côté CGT et CFDT. Elles se mélangent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archaïques, face à une population jeune et qui aspire à la reconnaissance professionnelle.</p>
<p>Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur à la suite d'une Assemblée générale du personnel employé au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail "pour une durée illimitée", au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des échanges postaux entre Paris et le reste de la France… Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet "tête de ligne" des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de "route". À ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus récent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne Dès le 22 octobre, la grève y est générale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'économie moderne est tributaire des échanges. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Chèques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des télécommunications, les premiers menacés par une privatisation éventuelle et le démantèlement des PTT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616</a></p>
<p>Grève des banques</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf</a></p>
<h2 class="spip">1977-1979 </h2>
<p>Au printemps 1977, il ne s'oppose plus à l'élection au suffrage universel du Parlement européen qu'il avait vivement combattue au nom de la défense de la "souveraineté nationale". Et sur¬tout, en mai de la même année, il renonce à sa traditionnelle opposition "pacifiste" (en fait au bénéfice de l'URSS) à l'armement nucléaire. Mais au fur et à mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'éloigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de crédit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de manœuvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli¬tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvrière. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF réaffirme la spécificité de son programme stalinien et, sous prétexte de ses désaccords avec le PS, il se prépare à mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le développe¬ment de la lutte de classe.</p>
<p>Après avoir entraîné les ouvriers pendant des années et dévoyé leurs luttes derrière la pers¬pective mystificatrice de la gauche au gouverne¬ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de préserver la spécificité de son pro¬gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo¬sition délibérée lui permetet aussi de disposer de l'intégralité de sa force d'encadrement idéolo¬gique contre le développement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux intérêts généraux de la bourgeoisie. C'est donc, en dernière instance, la raison essentielle de ce changement de stratégie.</p>
<p>En effet, face au nouveau développement de la lutte de classe qui s'amorce à partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sidérurgistes en 1979, et surtout face au discrédit croissant et aux tentatives de déborde¬ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose à mettre en place une nouvelle orientation dans les princi¬paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo¬sition pour mieux contrer et contrôler le déve¬loppement de cette vague internationale de luttes ouvrières. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre¬mière manifestation de cette réorientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti démocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-démocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arrivée de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entraînant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caractère "accidentel".</p>
<p>Tout au long de la période qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le "plan Barre" accusé de "brader et de casser l'économie nationale" tout en déchaînant tout autant ses harangues contre le PS, désormais qualifié de "fidèle allié du capitalisme et de l'impérialisme". Le parti stalinien préconise désormais "l'union à la base" et radicalise son discours. La défense inconditionnelle des natio¬nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerbé.</p>
<p>En août 1978, il lance une grande campagne contre l'élargissement du marché commun et, sous prétexte de défendre une politique d'indé¬pendance nationale, contre une Europe à la fois "pro-atlantiste" et "pan-germanique", il ne tarde guère, face à l'accentuation des plans de licencie¬ments, à mettre le paquet pour tenter d'entraîner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du "travailler français", il organise des actions-commandos contre le minerai "allemand" et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre "étrangère" (notamment lors de la grève des marins, en novembre 78). Faisant de la suren¬chère sur les mesures anti-immigrés adoptées par le ministre Stoleru, il réclame carrément au gouvernement Giscard "l'arrêt de la politique d'immigration" et pousse aux expulsions d'im¬migrés dans les communes qu'il dirige en récla¬mant la fixation d'un "quota d'immigrés". Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et xénophobes qui n'ont rien à envier à ce que mettra bientôt en avant à son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la région parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigrés dans leur commune.<br class='autobr' />
Le 24 décembre 1980, les élus PC de Vitry saccagent à coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigrés maliens et, en février 1981, le si "démocrate" et "débonnaire" secrétaire général actuel, Robert Hue organise une mani¬festation dans sa commune de Montigny-lès-Cormeilles pour faire expulser une famille ma¬rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait à du trafic de drogue.</p>
<p>Cette virulente propagande xénophobe allait dans les années suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses électeurs, "déçus par la gauche", dans les bras du Front National.</p>
<p>Face à la montée des luttes, le PC radicalise son discours idéologique. Pour tenter de mieux du¬per la classe ouvrière, le parti stalinien parle même de "Révolution". C'est d'ailleurs le nom qu'il donne à son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis¬tes publient un manifeste lui aussi intitulé "Vive la Révolution !". Ne cherchant plus à paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain électoral, il les encourage en s'ap¬pliquant à les saboter pour les faire dérailler. Devant un public d'intellectuels début 1980 Marchais explique que "le parti n'a pas changé mais qu'il a dû s'adapter au développement des luttes".</p>
<p>Il pousse les ouvriers dans des grèves dures, longues, et surtout bien isolées, axées sur la défense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la région marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance à Saint-Etienne, dont le maire PC avait poussé les ouvriers à accepter certains licenciements pour "sauver l'entreprise" (avant d'avaliser sa fermeture définitive). Tout cela au nom du "fabriquons français", entraînant les ouvriers à s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte "des Terrin", "des Renault" ou "des Manu") et à se mobiliser en permanence "contre la casse de l'économie nationale" derrière le mot d'ordre "vivre et travailler au pays". C'est l'époque du début des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'économie française regroupant les plus importantes concentra¬tions ouvrières : la sidérurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativité ouvrière se réveille et, avec elle, la méfiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten¬sion des luttes. Le PCF pare au plus pressé et vole en priorité au secours du syndicalisme en général et de la CGT en particulier.</p>
<p>Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa¬gande "vivre et travailler au pays". Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut¬tes, il multiplie les opérations "villes mortes" pour enfermer les ouvriers derrière la défense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la région, de la nation. A Longwy, à Denain, à Dunkerque, le PC est en première ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten¬sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-mêmes dans les AG. Il s'af¬fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de déborder l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organisée à Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens prêtent main-forte aux forces de po¬lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sidé¬rurgistes, dénonçant et faisant arrêter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des "casseurs" et des "autonomes irresponsables". Le PCF aura rendu un fier service à l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentrés du prolétariat en France.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226</a></p>
<h2 class="spip">1981 </h2>
<p>PCF et CGT militent à fond pour… Mitterrand !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150</a></p>
<p>Malgré un soutien confirmé du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand mène une politique anti-ouvrière…</p>
<p>Sous les deux présidences de Mitterrand, de 1981 à 1995, les attaques n'ont pas manqué contre la classe ouvrière. Dès 1982, le gouvernement Mauroy a organisé le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le coût de la vie. Pendant ce temps-là, l'impôt sur les bénéfices des sociétés, qui était de 50% sous Giscard, passait à 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne décide de le ramener à 33% en 2000.</p>
<p>La politique menée par les socialistes sous Mitterrand déçut à tel point l'électorat populaire que la majorité élue en 1981 fut battue aux élections législatives de 1986, comme celle issue des urnes après la réélection de Mitterrand en 1988 fut laminée aux élections législatives de 1993. À chaque fois la gauche prépara le terrain pour un retour de la droite, qui elle-même, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginité. C'est ce que les commentateurs appellent « l'alternance », mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les possédants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.<br class='autobr' />
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas osé : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette dernière sous l'égide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une première étape, en faisant voter par l'assemblée, en février 1999, l'ouverture du marché de l'électricité. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la même voie de « l'ouverture du marché » et de la rentabilisation par secteurs.</p>
<p>Le bradage passé de France Telecom et à venir d'EDF n'était pas simplement destiné à donner à des bourgeois français de nouvelles opportunités de profits, il doit aider à faire de ces groupes des géants capitalistes mondiaux. EDF, qui réalise déjà presque le quart de son chiffre d'affaires à l'étranger veut faire passer cette part à 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du marché européen pour conquérir de nouvelles positions à l'extérieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les marchés financiers et négocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la spéculation sur le marché international de l'énergie. Elles ont monté leur propre filiale de trading (le métier d'Enron, la société américaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Société Générale). Mais pour grossir à l'étranger et devenir des numéros un mondiaux, ces entreprises doivent bien présenter la facture à quelqu'un. Ce sera leurs salariés, dont les conditions de travail se dégradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'électricité. L'avenir est programmé : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se libérer des contraintes du service public, au profit de la rentabilité immédiate ...aux dépens des salariés comme des usagers. Tout en faisant passer au privé les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste à une diète de 5 ans. Dès 1997, il a proclamé le « gel de l'emploi public ». Le plan Juppé de 1995 a été prolongé. Les hôpitaux ont continué d'être rationnés en effectifs et en moyens. Dans la première moitié des années 1990, les dépenses du secteur hospitalier avaient augmenté de 7 % par an, ce qui était déjà insuffisant pour suivre le développement de l'activité. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a été de 7 % au total ! Un lit sur 15 a été supprimé de 1994 à 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait nécessité la création d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exaspérés multiplient les grèves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, pénurie de moyens : le même traitement a été réservé aux transports, à la poste ou encore à l'éducation nationale. Le gouvernement "de gauche" a continué d'étendre la précarité : sur 3,4 millions de salariés des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 « contrats aidés » (CES, emplois-jeunes, contrats de ville…). De quoi donner envie de voir Jospin goûter à son tour à la précarité de l'emploi.</p>
<p>La gauche au gouvernement a bien sûr mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budgétaires, comme les emplois-jeunes, et avalisé des règles nouvelles, comme le PARE imposant aux chômeurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail à n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des conséquences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salariés, leurs effets réels sur l'emploi sont, eux, tout à fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais été vraiment possible d'en évaluer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a prétendu que l'application de la loi avait permis la création de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle était dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la réduction du temps de travail, et celle de « l'effet d'aubaine », permettant aux patrons de rafler les cadeaux en matière de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes façons été amenés à réaliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales récupérées par le patronat au titre de la prétendue réduction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoctée et votée par la gauche, a ouvert la porte à une généralisation de la flexibilité et dans bien des cas détérioré les conditions de travail des salariés, en même temps que donné lieu à des réductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqué de très nombreux mouvements de grève et protestations – jusqu'à aujourd'hui – révélateurs de l'appréciation des salariés concernés sur les prétendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a réalisés sur la législature qu'un peu moins de la moitié, créés par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes été considérés comme un dépannage bienvenu par une partie des jeunes concernés, en fin de scolarité ou déjà au chômage, ou encore salariés depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financés à 80 % par l'Etat, ont inauguré une nouvelle forme de précarité et de salaire au rabais. Embauchés dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalités, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouvés à boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.</p>
<p>Augmentation de la précarité et de l'insécurité au travail</p>
<p>Rien n'a été fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la précarité en général. Sauf à considérer que la disposition de la dernière loi dite « de modernisation sociale », passant de 6 % à 10 % la prime de précarité des CDD pour l'aligner sur celle des intérimaires, puisse constituer une réelle pression sur les patrons. La progression de la précarité a au contraire accompagné la création des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'insécurité au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progressé de 4,6 % selon les chiffres du ministère de l'emploi qui précise que le secteur de l'intérim est particulièrement touché et que la précarité et la flexibilité des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit économique, ils se sont mis à grimper à nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 à novembre 2001, leur nombre a progressé de 39,8 % pendant que le chômage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se préoccupait des licenciements économiques, le gouvernement a proposé un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de « modernisation sociale », suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions légales déjà existantes et de vagues recommandations. Et de plus la définition du licenciement économique – fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements – a été retoquée par le Conseil Constitutionnel.</p>
<p>Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'idée de la réforme... idée reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383</a></p>
<h2 class="spip">1984 </h2>
<p>Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sidérurgie lorraine… La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les grévistes de la sidérurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concernés et agissent avec les sidérurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer à garder le contrôle de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur échappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvrière voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'être débarqués et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'était qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'étaient pas réellement radicalisées et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes émiettées.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543</a></p>
<p>La trahison par PCF et CGT de la grève Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs français et immigrés, ces derniers s'estimant lâchés…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442</a></p>
<p>En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salariés (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en grève contre des licenciements, c'est la CFDT qui mène la lutte. Ce conflit intervient après une série de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire à nouveau en briseur de grève, quant à la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette grève.</p>
<p>C'est une défaite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativité dans ce secteur, le seul où elle s'était maintenue. La défaite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sidérurgie en 1979.</p>
<p>Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sidérurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de réactions. En 1983, le nombre de chômeurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les grèves se multiplient entre 1983-84, contre l'austérité, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.</p>
<p>En 1984, il y a encore des élections, cette fois pour les Européennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu égal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette percée des fascistes va se confirmer dans les années suivantes. Par son audience et son idéologie, le FN va tirer tout l'échiquier à droite.</p>
<p>Le PS va se lancer dans la surenchère, ainsi lors d'un débat à l'assemblée, G. Dufois se targue d'avoir organisé 12 000 expulsions d'immigrés clandestins. En matière de sécurité comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.</p>
<p>Fabius, pour désigner la politique qu'il mène, parle de "sale boulot". Mais cette politique, orthodoxie budgétaire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent à pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.</p>
<p>Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigrés. Une fois au pouvoir, ils régularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Intérieur, G. Deferre, maintient les contrôles d'identité (au faciès) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il mène campagne et sur ses affiches on peut lire : "La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contrôle vigilant dont on mesure les effets."</p>
<p>La montée du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux législatives à 10 % en 1984. En 1986, aux élections législatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre à l'assemblée avec une trentaine de députés. Mais cette moyenne cache des résultats qui localement sont inquiétants. Ainsi à Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le département des Bouches-du-Rhône. Quelle est la part de démagogie de la politique Deferre dans cette ascension ?</p>
<p>La gauche porte une lourde responsabilité dans ce retour du fascisme. Sa politique a démoralisé les salariés, des régions entières ont été désindustrialisées. Elle a non seulement géré le système dans le sens des intérêts de la bourgeoisie, mais a aussi joué la carte raciste, "diviser pour mieux régner".</p>
<p>Le ministre PC des Transports Fiterman lâche les flics de l'Etat contre les grévistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de "provocateurs manipulés par l'extrême-droite".</p>
<p>De plus, le PC vote sans hésiter l'augmenta¬tion des crédits militaires et approuve l'inter¬vention française au Liban et au Tchad. Ce qui n'empêche nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au réalignement complet du PCF sur la politique impérialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apporté dès le début son soutien à l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin décembre 1979, puis tout à fait résolument à partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev à Moscou le 11 janvier 1980. Comme au début de la "guerre froide" dans les années cinquante, il se lance dans une vaste campagne "pacifiste" contre le projet d'installation des fusées Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en réactivant le vieux "Mouvement pour la Paix", puis une fois au gouvernement, il est à l'initiative de "l'Appel des Cent" qui lui permet de s'abriter derrière des "personnalités" sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la "défense nationale" (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans à venir. Cependant, toutes les manifesta¬tions animées ou soutenues par le PCF dési-gnent et condamnent unilatéralement le seul "impérialisme américain" comme "fauteur de guerre" et toutes apportent leur soutien à la pseudo-"politique de paix" de l'URSS, y com¬pris le déploiement des SS-20, "facteur d'équi¬libre dans la coexistence pacifique."</p>
<p>Le PCF décide pourtant de quitter le gouver¬nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce départ est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca¬drer les réactions de la classe ouvrière, en par¬ticulier à la veille de procéder à des licenciements massifs au cœur même du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvrière, les usines Renault et de passer à des "réformes" d'enver¬gure passant par une énorme suppression d'ef¬fectifs dans le secteur public (postes, télécom¬munications, SNCF,...). Cette décision mûre¬ment réfléchie va être suivie par des actions "dures" et spectaculaires de la CGT : occupa¬tion de l'usine désaffectée SKF à Vitry en 1985, entraînement d'une minorité d'ouvriers dans des actions-commandos à répétition chez Renault pendant tout l'été, notamment en baladant les ouvriers dans les "beaux quartiers" (blocage des Champs-Elysées lors de l'été 1987).</p>
<h2 class="spip">1986-1987 </h2>
<p>La grève des cheminots de l'hiver est lancée malgré l'opposition de la CGT et dirigée par des assemblées souveraines, des comités de grève et des coordinations…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p>La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les grèves à la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie à recourir à des coordi¬nations animées par des syndicalistes de base et des gauchistes pour récupérer le contrôle de la lutte. Le PC, relégué au second plan, est con¬traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une grève qui, avec une rapidité foudroyante, avait entraîné derrière elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres caté¬gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains dé¬pôts de la région parisienne, elle appelle à la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le réseau Sud-Est), elle va jusqu'à organiser des "piquets de travail". Une fois la lutte enfermée sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour élargir la défaite au sein de la classe ouvrière. Cependant, au cours de toute cette période, le PCF fait l'expérience de l'am¬pleur de son discrédit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvrière au gouvernement. Cette désaffection se traduit immédiatement sur le plan électoral.</p>
<p>Les législatives de mars 1986 sont catastro¬phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence à assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la "ceinture rouge". Mais la dégringolade n'est pas terminée. Voulant éviter une humiliation personnelle, Marchais fait dé¬signer un candidat minable, sans personnalité, Lajoinie comme candidat aux présidentielles de 1988. La défaite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire résultat jamais enregistré par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son électorat. Aux législatives suivantes, il remonte à 11,1%, mais étant donné le fort taux d'abstention dans l'électorat de gauche, cela ne représente plus que 7,2% des inscrits. Même s'il se maintient mieux aux élections municipa¬les de 1989, il n'en perd pas moins près de 300 communes (ne gérant plus que 2,6% des com¬munes en métropole) et ne conserve notam¬ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal à apparaî¬tre comme force d'opposition crédible, le parti de Marchais est pour la première fois de son histoire de parti bourgeois confronté à une crise ouverte.</p>
<p>Les syndicats ont réussi à arrêter la grève</p>
<p>Au bout de trois semaines, la grève n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, après le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient été en congé pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les grévistes, et partout les assemblées générales étaient plus nombreuses. Malgré l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement à la reprise après les fêtes bien qu'elle n'osât pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonné était infime. De nouvelles négociations jeudi 8 janvier n'amenèrent que des miettes qui furent jugées telles par les grévistes, et le soir la grève tenait toujours aussi bon.</p>
<p>L'intox à la reprise battait son plein. Celle-ci était annoncée chaque jour. Pourtant chaque jour, c'était le même pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la prétendue mobilisation des usagers, c'est-à-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna guère les grévistes, au plus, cela accrut la colère de quelques-uns.<br class='autobr' />
Ceux qui ont arrêté la grève, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais été dans la grève, soit comme la FGAAC l'avait déjà abandonnée.</p>
<p>La manoeuvre pour arrêter une grève générale à la SNCF alors que les grévistes eux-mêmes ne sont nullement prêts à abandonner, n'est pas une nouveauté.</p>
<p>On l'a déjà vue se répéter en 1968, en 1971, en 1976, bref à chaque fois qu'une grève impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou gênante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste à pousser à la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorité tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, à souffler aux autres que le vent est à la reprise, et ainsi les décourager et les démoraliser.</p>
<p>Cette fois-ci, là encore, c'est la CFDT qui s'est avancée la première. Dès la fin des négociations jeudi 8 au soir, la Fédération faisait savoir que, bien sûr sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les grévistes ne pourraient de toute façon rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la grève. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-même qui en rajoutait en conseillant ouvertement « l'apaisement ».</p>
<p>Et sur le terrain, les responsables, dès vendredi, encourageaient plus ou moins discrètement les premiers secteurs où la grève était minoritaire à reprendre le travail immédiatement, sans attendre de connaître l'opinion de la majorité des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorité qui votait pour la reprise à reprendre le travail. C'est ainsi qu'une grève est émiettée, brisée, et qu'est créé le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqués de la Fédération ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 dépôts sur 94 qui avaient décidé de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze dépôts avaient décidé d'arrêter la grève. C'est ainsi qu'on crée un climat.</p>
<p>La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT à se faire pardonner son opposition du début de la grève. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'apparaître plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se prononçant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se déclara tout à la fois « aux côtés de ceux qui ont décidé de continuer la lutte et aux côtés de ceux qui ont décidé de reprendre ». Et voilà. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les jésuites de la CFDT pourront donner des leçons à ceux de la CGT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743</a></p>
<h2 class="spip">1988 </h2>
<p>La grève à la SNECMA démontre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'étendre d'eux-mêmes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624</a></p>
<h2 class="spip">1994 </h2>
<p>1994 : le génocide rwandais</p>
<p>Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !</p>
<p>La France capitaliste organise un génocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet…</p>
<p>Les centrales syndicales n'ont jamais estimé de leur rôle de dénoncer les crimes de l'impérialisme français, faisant de leur silence une véritable complicité. L'exemple particulièrement criminel et sanglant d'un président de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-révolution fasciste en est une illustration particulièrement scandaleuse. Cela continue bien sûr aujourd'hui avec l'absence de toute dénonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Haïti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie intégrante de l'ordre impérialiste.<br class='autobr' />
La même année, le CIP, ou "SMIC jeune" de Balladur, est renvoyé à la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des "journées" de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins à en faire un point d'appui des luttes ouvrières.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513</a></p>
<h2 class="spip">1995 </h2>
<p>Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru réduit à la seule grève des transports publics, SNCF et RATP notamment, très visible et fortement médiatisé, a également entrainé, dans le refus du plan Juppé, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La grève des postiers n'a pas beaucoup été remarquée ni médiatisée. Cependant, avec un taux moyen supérieur à 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'année 1995 se révèlent être les plus hauts depuis 1974. Ils témoignent de la forte résonance qu'ont, au sein de la profession postière, la thématique des retraites et celle de la Sécurité sociale. Et combien le « tous ensemble » a emporté l'adhésion, même si la reprise imposée par Bernard Thibaut aux cheminots a également entraîné la reprise des autres secteurs, de la RATP à la Poste. Les assemblées générales interprofessionnelles de la grève 1995, même si elles n'ont pas été rééditées ensuite, pas plus que la grève interprofessionnelle, ont marqué le mouvement ouvrier</p>
<p>1995 : les cheminots entraînent le secteur public et sont arrêtés par la CGT dès que le secteur privé menace d'entrer en lutte</p>
<p>En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu séparément une grève se généralisant dans le privé (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une grève se généralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, après avoir approuvé les mesures prévues par Juppé, ont œuvré consciemment et efficacement à diviser et affaiblir. Au début, elles ne prévoyaient même pas une véritable réaction. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat indépendant l'UNSA, déclarait : "On ne peut pas faire la grève du siècle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire à 6 semaines d'intervalle à l'approche de Noël". Grâce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face à une remontée des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont portés à la tête de la lutte des salariés du public alors qu'ils avaient signé les projets de réforme de Juppé qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s'appuyant sur la colère des cheminots, que ce n'était pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.</p>
<p>Les cheminots, dont le système de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La grève de novembre-décembre 1995 montre que la grève des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entraînant les autres secteurs, en organisant des assemblées générales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entraîner à la grève. En sortant du ministère, Bernard Thibaut secrétaire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en grève et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la grève SNCF, que la grève est finie. C'est le début d'une politique de trahison ouverte menée par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.</p>
<p>Si 1995 a marqué une remontée de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux années précédentes et elle a été aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera souligné par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui négocie, qui propose, qui est "positif"...</p>
<p>Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s'appuyant sur la colère des cheminots, que ce n'était pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491</a></p>
<p><a href="https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1</a></p>
<p>Le « Nouvel Observateur » de début décembre 2009 écrit :</p>
<p>« Sarkozy, au moins, il a des c… Il défend l'industrie française ! (…) Cet éloge émane d'un très proche de … Bernard Thibaut qui, lui-même déclare « Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (…) Souvenez-vous de la grève des cheminots, à l'automne 2007. Le président Sarkozy décide de réformer les régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des électriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 à 41 le nombre d'années de cotisations. La grève éclate à la mi-octobre. Prévue pour 24 heures, elle dure. Le secrétaire général de la CGT ne sait pas comment arrêter ses troupes. (…) Thibaut dit à Sarkozy : « Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. » (…) Le numéro un de la CGT vient d'entrer définitivement dans le clan des réformistes ! (…) Plus récemment, le choix d'Henri Proglio, le président de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (…) Ce pragmatisme est davantage dans les gènes de l'autre centrale, la CFDT. (…) « Le syndicalisme à la « Conti » n'est pas le nôtre », explique le secrétaire général. (…) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Chérèque bras dessus, bras dessous. »</p>
<h2 class="spip">1996 </h2>
<p>Le 23 août 1996, la police évacuait l'Église Saint Bernard, défonçant à coups de hache la porte d'entrée sous'œil des caméras pour déloger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journée marquera le début d'une lutte acharnée pour obtenir la régularisation de tous les sans-papiers.</p>
<p>Loin d'être à l'initiative ou même en soutien, les centrales syndicales ont laissé les sans-papiers « de Saint-Bernard » mener seuls leur lutte jusqu'à l'occupation du gymnase Japy puis de l'église Saint-Bernard.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p>En 1996-1997, les syndicats mettent la pédale douce sur les grèves…</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607</a></p>
<h2 class="spip">1999</h2>
<p>Les grèves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouvés en grève, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employés des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du métro, les journalistes, les pompiers, les agents des impôts, les employés des caisses d'assurance tout comme les salariés de Disneyland Paris. Même les chercheurs, les enseignants et les cadres ont débrayé. Les grèves se dirigent à la fois contre la manière dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une réelle réduction du temps de travail.</p>
<p>Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a cédé aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organisé un barrage routier et avaient ainsi réussi à faire passer un décret unilatéral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taillée sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilité de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui équivaut à plus de 50 heures par semaine. Ce projet de décret renferme également une réglementation tout à fait ridicule en cas de « double équipage » des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme « temps effectif de travail » car étant censé pouvoir « vaquer librement à ses occupations ». Les chauffeurs déplorent aussi que les acquis de la grève de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient réduits à néant cinq ans plus tard.</p>
<p>Le journal L'Express écrivait le 3 février : « Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les mêmes camions ont bloqué les mêmes routes pour la même raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont changé. Les 35 heures sont une réforme populaire qui produit du conflit social. »</p>
<p>La complexité du problème ressort tout particulièrement dans la grève du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficultés : il s'agit là aussi bien du secteur public que privé, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activités les plus divers. Le 28 janvier avait lieu à Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix dernières années et à laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les médecins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'hôpitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassemblés sous le slogan « Assez de la rigueur - on veut de la santé ».</p>
<p>Il est à noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent fébrilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur rôle de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est prête à débourser près de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en dépit de l'avis de la secrétaire générale, Nicole Notat, que seule une minorité décroissante émet encore des réserves. La moitié des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises dépourvues de syndicats.</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml</a></p>
<p>Avec la grève des cheminots de ce début du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'aménagement du temps de travail, cette plus grande flexibilité que souhaite le patronat, a rencontré sa plus sérieuse difficulté.</p>
<p>Démarrée le 27 avril à l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la fédération autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relayé par des militants de tous bords, la grève a duré plus de dix jours. Elle est certes restée minoritaire et catégorielle, limitée essentiellement aux agents de conduite, peu étendue aux sédentaires. Mais elle a paralysé une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF à prendre la mesure du peu de popularité de son projet et du peu d'efficacité des grands appareils syndicaux à le faire passer pour "constructif". Cette grève aura probablement d'abord surpris les grandes fédérations qui s'apprêtaient à signer tranquillement !</p>
<p>Mais la caractéristique de cette grève des cheminots, c'est qu'elle n'est pas restée la grève catégorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait sûrement voulu. Elle n'a certes pas été la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est restée dans la plupart des endroits limitée aux seuls agents de conduite, et même parmi eux, elle est restée tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie étendue alors qu'elle était combattue par les plus influentes des fédérations syndicales de cheminots, la fédération CGT et la fédération CFDT (dont le responsable s'est illustré par des propos à la grande presse contre ces "2,5 % de grévistes" qui auraient bloqué l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par déposer un préavis de grève, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui échapper, il a tout fait pour que son préavis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donné, malgré toutes ces oppositions, à la grève un dynamisme et une portée qui dépassaient les intentions et les possibilités de la fédération autonome qui l'avait déclenchée, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adhérents de tous les syndicats à commencer par des militants et des sections syndicales entières, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler à la grève, contre l'avis de leurs propres fédérations.</p>
<p>La grève, contre les appareils, dont celui de la CGT</p>
<p>La grève a donc démarré et vite pris de l'ampleur. Surtout là où des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assemblées générales dans des dépôts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des régions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-Côte d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de grévistes, selon la direction, en réalité plus de 50 % dans quelques dépôts, surtout là où localement, la CGT avait appelé à cesser le travail. Quelques secteurs de sédentaires ont rejoint la lutte comme à Rouen (Matériel, Transport et Commercial), à St-Lazare (Transport et Commercial), à Marseille (tous services), etc. Souvent à l'appel des conducteurs.</p>
<p>Mais partout, se sont vite produites les mêmes scènes et les mêmes discussions entre partisans de la grève et certains responsables cégétistes opposés à celle-ci, servant partout les mêmes phrases et les mêmes arguties, selon lesquelles le déclenchement du mouvement aurait été précipité, à l'appel d'une FGAAC préoccupée surtout de ses intérêts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de débattre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand référendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la grève était prématurée, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la grève. D'où la colère, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entamé la détermination.</p>
<p>Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le préavis déposé par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la fédération CGT déposait elle aussi un préavis de grève, mais à partir du dimanche 9 mai au soir, soit près d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant allègrement fi de la grève en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-là n'avaient pas osé s'opposer ouvertement à la grève, avaient enfin, vis-à-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du préavis déposé par leur fédération, ils appelèrent à partir du mardi 4 mai à suspendre la grève sous prétexte qu'elle aurait été presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en démarrer sérieusement une autre, intercatégorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !</p>
<p>C'était étudié pour permettre à la direction d'organiser à nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles à se mettre sous la dent pour justifier les appels à la reprise. C'était destiné à décourager les grévistes, tuer le mouvement et se préparer à aller tranquillement vers cette grande consultation prétendument démocratique qui pourrait avoir lieu à la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour empêcher la grève contre ces mesures, grève où pourtant ses propres militants s'étaient engagés. Le référendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette grève de dix jours qui a tenu malgré l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.</p>
<p>Le mercredi 5 mai, le mouvement commençait à faiblir. Ou plus exactement il était de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui étaient hostiles. Voire d'en rajouter. Car à Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots grévistes avaient "suspendu" leur grève à l'appel de la CGT, il restait malgré tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % à Miramas. Dans la soirée, les directions syndicales qui avaient cru jusque-là l'affaire ficelée, grimaçaient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux grévistes. Et le jeudi 6 mai s'amorçait la reprise.</p>
<p>Belles manoeuvres des fédérations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat à leurs congrès respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.</p>
<p>Mais la direction de la SNCF, avec à la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la réorganisation du temps de travail, sans compter la réforme du système des retraites, qu'elle leur concocte. Une éventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de dernière minute faites pour enrayer la grève n'ont pas changé sur le fond, pourrait coûter cher à la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les sédentaires lorsque tomberont les mesures concrètes prévues dans le projet.</p>
<p>"Si j'étais cheminot, je ne me mettrais pas grève..." c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092</a></p>
<p>Le 46e congrès de la CGT a été l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'étaient pas les premiers. Le congrès précédent avait entériné la suppression des statuts de la CGT de toute référence à la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une référence toute formelle, mais les symboles servent à annoncer la couleur.</p>
<p>L'arrivée, inespérée, au gouvernement de la « gauche plurielle » en 1997 s'est révélée une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la période qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balisées : l'annualisation et la flexibilité, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail précaire dans la fonction publique après sa généralisation dans le secteur privé, les privatisations à tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.</p>
<p>Sur l'annualisation et la flexibilité, la CGT a déjà multiplié les gages, en ayant signé à ce jour plus de 20 % des accords. Au congrès, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont évoqué les « propositions » de la CGT concernant la rédaction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer à l'annualisation – Maryse Dumas tenant même à s'incliner devant le fait accompli.</p>
<p>Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secrétaire de la fédération CGT du Textile, a annoncé de la tribune du congrès (cité par Le Monde du 6 février) les intentions de la CGT : « les salariés du public vont bientôt découvrir, avec les 35 heures, la flexibilité intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils géraient les évolutions de carrière et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les délocalisations. Aujourd'hui, ils espèrent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilité. Faut pas rêver ! » Voilà le gouvernement prévenu lorsqu'il décidera d'engager les batailles déjà annoncées par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.</p>
<p>En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le dégagement des capitaux considérables représentés par ces retraites actuellement gérées par la Caisse des dépôts et consignations. Mais, là-dessus, les déclarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1</a></p>
<h2 class="spip">2000</strong>
<p>Grèves à la poste, aux impôts, dans les hôpitaux (manifestations réussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'élèves dans le midi (12 000 manifestants à Montpellier, 15 000 à Nîmes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Grèves à la Sécurité sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces dernières semaines. Partout, les mêmes problèmes d'effectifs, les mêmes revendications : créations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des précaires. En réalité, cela fait des mois que les grèves et manifestations se succèdent en ordre dispersé dans le secteur public comme privé sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.</p>
<p>Les différents mouvements, même isolés, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'élèves aux enseignants (qui avait déjà été notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, témoigne du caractère général du mécontentement, du sentiment de solidarité au sein du monde du travail. En dépit de l'émiettement des mouvements, il est remarquable que les différentes luttes qui se relaient n'aient aucun caractère corporatiste. Chacun se reconnaît dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmière, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employée de la Sécu débordée, le pompier en colère, et même l'employé des impôts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salariés de ce pays ont eu à ce point le sentiment d'être confrontés aux mêmes problèmes, au même scandale social qui veut que les entreprises qui font des bénéfices licencient et que le gouvernement « gèle » les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour à la prospérité.</p>
<p>Ce n'est pas la conscience sociale, ni même politique qui manque aujourd'hui aux salariés. La combativité ? Les travailleurs n'hésitent pas à répondre présents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-delà des espérances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des collèges, de l'enseignement professionnel et les parents d'élèves du Gard et de l'Hérault ces derniers jours).</p>
<p>Ce n'est pas non plus l'unité syndicale qui fait défaut. Oh non ! Les directions des confédérations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une stratégie syndicale visant à coordonner les différentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de négociations avec le Medef sur « l'approfondissement de la négociation collective » et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les négociations sur les retraites. Le plan, la stratégie des confédérations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'éclat en menaçant de quitter les organismes gérés paritairement (Sécu, Unedic...) d'ici la fin de l'année ; Martine Aubry en décidant du calendrier de négociation d'une « loi cadre » sur la réduction du temps de temps travail dans la fonction publique.</p>
<p>Exemple : après le succès de la manifestation du personnel des hôpitaux du 28 janvier (10 000 à Paris, 7000 à Toulouse, 6000 à Marseille, 3000 à Lyon, 7000 à Rennes, etc.), toutes les conditions étaient réunies pour que les fédérations appellent à la poursuite de la mobilisation, à la coordination des grèves touchant bon nombre de grands hôpitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant à l'échelle nationale le nombre de créations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage réel aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmières, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde connaît l'état des services d'urgences, de gériatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un côté et les plans de restructuration hospitalière de l'autre. Il était simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face à Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, sûr de lui, et d'appeler les semaines suivantes à l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des négociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales fédérations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une « éventuelle » journée nationale de grève. Que les hôpitaux déjà en grève prennent patience. C'est qu'elles « négocient » à partir des « données » de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'austérité budgétaire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de négociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une série de grands hôpitaux votent la grève reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de « débattre » sur les miettes qu'il leur concédera.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses</a></p>
<h2 class="spip">2001</h2>
<p>En 2001, une tentative de généralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales…</p>
<p>Les grèves de Lu-Danone et de Marks & Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Liberté-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 à une manifestation de plus de 20 000 personnes à Paris démontrant la volonté et la nécessité de construire des courants unitaires et combatifs à la base.</p>
<h2 class="spip">2002 </h2>
<p>Face à la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied</p>
<p>Fillon annonce son projet définitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de “ consulter ” les représentants des différentes organisations syndicales. Ils ont défilé dans son bureau les uns après les autres. Qu'y ont-ils défendu ? Blondel, de FO, a été content de la réception, puisqu'il s'est félicité de la reprise d'un “dialogue correct, direct et constructif ”. Chérèque, de la CFDT, est d'accord pour une réforme de la loi sur les 35 heures… Et Thibault de la CGT, s'est contenté d'affirmer que “ la CGT se mobilisera si le projet reste en l'état ”. Ils ne sont pas pressés de préparer les travailleurs à utiliser leur force pour faire ravaler ces projets à leurs auteurs. Ils se préparent plus sûrement à négocier les conditions de dépassement des 35 heures branche par branche. Autant dire à négocier les reculs, et non pas à s'y opposer.</p>
<p>FO appelle seule à la grève à la SNCF… et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers… mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de grève le 26 novembre, avec les transports aériens ou urbains, de La Poste, de la Santé ou de l'Education nationale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">2003 </h2>
<p>2003 : les syndicats empêchent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif</p>
<p>2003 est un pic des grèves en France contre le projet Fillon de retarder les départs en retraite de tous les salariés (vers les 42 ans et plus d'années de cotisation). mais cela ne mène à rien !<br class='autobr' />
Le succès de la journée d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, « dépassé les espoirs » des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur privé. L'empressement de Chérèque à signer une version à peine améliorée du projet de Fillon semble dicté par la volonté de briser au plus vite l'élan d'un mouvement dont l'énorme potentiel s'est clairement manifesté.</p>
<p>De nombreux secteurs ont reconduit la grève du 13 mai sans réel soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple à la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a déclaré « comprendre l'émotion » des cheminots qui venaient de décider de reconduire la grève pour le 14 mai. Après quoi ceux-ci ont été abandonnés à leur propre sort, c'est-à-dire sans que leur soient données de perspectives sur une généralisation du mouvement.</p>
<p>Le 25 mai, la CGT clôturait le ban par une manifestation imposante mais conçue comme une fin... Plus exactement, elle avait décidé que c'était fini. Ce qui ne l'empêchait pas de faire crier aux manifestants : "Grève générale" !!!!</p>
<p>Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la grève en votant la reconduction. Il en était de même dans les bus et métros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les grévistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'étaient au début les enseignants, et surtout ils n'étaient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs hôpitaux, à la DDE, chez les éboueurs, les « territoriaux », des grèves commençaient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une généralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur clé pour l'extension du mouvement, elles cassaient la grève au prétexte de mieux la préparer. Et de reprendre la routine : nouvelle journée d'action le 19 mai, manifestation nationale à Paris le dimanche 25.</p>
<p>La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail à ceux des cheminots qui avaient continué la grève après la journée d'action du 3 juin.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p>Le tournant de la CGT…</p>
<p>Le 47e congrès de la CGT, qui s'est tenu à Montpellier du 24 au 28 mars, avait à se prononcer sur quatre textes proposés par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatrième, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqués, a été écarté de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de délégués à cette proposition lesquels estimaient, à juste titre, que cette procédure comportait le risque pour les organisations de base d'être dessaisies du contrôle de leurs activités, et que cela accroisse du même coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de méfiance que la direction confédérale a dû prendre en compte.</p>
<p>Mais le report du vote sur cette question n'a rien changé au reste, c'est-à-dire à l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes proposés par la direction était sensiblement plus important que lors des congrès précédents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent là encore les réticences de syndiqués qui acceptent mal l'évolution toujours plus marquée de leur confédération vers ce syndicalisme que l'on prétend « de concertation et de proposition » dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, à travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces réticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congrès. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des débats, tout comme le congrès, donnent forcément un reflet déformé de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait même que la représentation par délégations a contribué à gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la sélection des délégués par les différentes instances a abouti à la mise à l'écart de délégués qui n'étaient pas, ou qu'on soupçonnait ne pas être, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.</p>
<p>De 1995 à 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, « de proposition et de concertation »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184</a></p>
<h2 class="spip">2004 </h2>
<p>La CGT signe un accord de prévention des grèves, une première historique !</p>
<p>« Un accord historique et prometteur », a déclaré le ministre des transports De Robien, se réjouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de grève à la SNCF, accord dit d' « amélioration du dialogue social et prévention des conflits ». Historique ? Le terme est exagéré : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truffée d'autres accords, signés par des syndicats en échange de la reconnaissance de leur rôle d'interlocuteurs privilégiés, du renforcement de leur monopole de représentation des travailleurs ou de quelques sièges dans des commissions.<br class='autobr' />
Mais la signature d'un tel accord anti-grève de la part de la CGT est, tout de même, une première. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-à-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se féliciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le « dialogue social » serait préférable au conflit, au moment même où à la SNCF comme à la Poste, sur fond de ce prétendu « dialogue » avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent à tour de bras.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits</a></p>
<p>Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162</a></p>
<h2 class="spip">2005</h2>
<p>En 2005, un nouveau pic de grèves est atteint notamment par les appels intersyndicaux à des journées de mobilisation sur les questions générales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journées sont l'occasion de fortes manifes¬tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la stratégie de la multiplication des journées d'action par les directions syndicales s'essouffle à chaque fois. Plus exactement, la stratégie syndicale réussit parfaitement à permettre des lâchers de vapeur et négocier ainsi leur rôle de tampon social avec l'Etat et les patrons.</p>
<p>Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se réalisé découvrent la "violence des banlieues" et Bernard Thibaut affirme que "rien ne se résoudra dans la violence". A chacun d'interpréter s'il s'agit de la violence de la misère et de l'absence d'avenir ou celle des voitures brûlées ?</p>
<p>Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la révolte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour dénoncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel modèle de combativité donne le syndicalisme à ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien à perdre ? Ne parlons même pas du modèle de syndicalisme à la François Chérèque (alors que se prépare une grève reconductible à la SNCF, à l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqué intitulé Grève à la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-même ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps où il était au ministère des finances), par-dessus la tête des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement à s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et à des centaines de licenciements ? Quel modèle de détermination donne-t-il quand il tente de négocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins à la reprise, après 23 jours de grève, dès que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacité quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la grève de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement à l'opération suivante, la privatisation d'EDF ?</p>
<p>Mais les confédérations syndicales, y compris celle qui apparaît la plus combattive, la CGT, laissent isolée chacune des luttes qui éclatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par catégories ou secteurs savamment échelonnées dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journée d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut apparaître comme un succès qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.</p>
<p>Mais l'objectif des confédérations n'est que de montrer, au travers de telles journées, leurs « représentativités » respectives pour s'asseoir aux tables des négociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son prédécesseur Raffarin, les invite sans trop de réticence.</p>
<p>Trahison de la grève SNCM</p>
<p>Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pesé de tout son poids, de cesser la grève a été assez soudain pour surprendre de nombreux grévistes, qui étaient décidés à tenir malgré le chantage au dépôt de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois présentées comme inexorables. C'est la CGT qui a organisé le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent posés sur l'estrade où se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient été préparés de façon très particulière puisque l'un des bulletins portait « Oui à la reprise de l'activité. Pour éviter le dépôt de bilan » et l'autre « Non à la reprise de l'activité = dépôt de bilan » !. Ainsi celui qui votait « non » à la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le dépôt de bilan.</p>
<p>Jean-Paul Israël, dirigeant CGT de la SNCM : "Face aux ministres, on pouvait se battre mais face à la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer à exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera là."</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163</a></p>
<h2 class="spip">2006 </h2>
<p>Nouveau tournant à… droite de la CGT…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml</a></p>
<h2 class="spip">2007 </h2>
<p>Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les « régimes spéciaux »</p>
<p>Les syndicats ont réussi à isoler et trahir la grève des cheminots pour la défense des régimes spéciaux de retraite. Après dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, les assemblées générales qui se sont tenues dans toute la France ont voté pour la reprise du travail. De larges poches de résistance, quelque 10 pour cent, soit près de 14 000 cheminots, étaient encore en grève.</p>
<p>Les 18 et 19 octobre démarre une grève pour défendre la retraite des cheminots. Loin de chercher à l'appuyer, moins encore à l'étendre, elle est brisée par les syndicats dont la CGT.</p>
<p>A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assemblées générales ont voté pour la poursuite de la grève, « au grand dam des délégués CGT », rapporte Libération.</p>
<p>Les travailleurs venus faire pression sur la réunion entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, étaient furieux. Libération rapporte, « Des sifflets. Puis des huées. Dans le hall du siège de la RATP, hier en fin de matinée, le responsable de la CGT redescendu de la négociation tripartite, a du mal à terminer son compte-rendu. "Trahison !", "Vendu !", lance une grande partie de l'assemblée, pourtant composée en majorité de cégétistes. L'ambiance est électrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis à l'écart, Jean-Pierre a "envie de vomir". »</p>
<p>On peut lire dans la presse : "Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Frédéric Imbrecht (énergie) et Gérard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais été question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Frédéric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des résultats pour être crédible… Il a l'air malin, à l'heure où les négociations sont suspendues faute de résultat dans le domaine de l'énergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a déstabilisé les projets gouvernementaux !"</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p>En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de manière complètement artificielle, en se faisant entièrement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort… Pas étonnant : ce serait reconnaitre que le réformisme syndical est mort lui aussi !</p>
<p> Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et répondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les réformes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas reculé toutes ces années devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la réponse aux deux questions est exactement la même !</p>
<p>La réponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais révolutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se résoudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la démocratie capitaliste, la fin de l'époque du réformisme. Si le réformisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularités négatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est même pas du fait de particularités des organisations réformistes elles-mêmes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le réformisme en général qui est devenu incapable d'agir de manière positive sur la société capitaliste, sur ses classes dirigeantes et possédantes.</p>
<p>Quand nous disons « le réformisme », nous ne voulons pas parler seulement des appareils réformistes, des partis, des associations et des syndicats réformistes et du rôle complètement négatif que jouent ces organisations par rapport aux capacités de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploités. Il ne sert à rien de se plaindre de leur réformisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la révolte et même la révolution des exploités et des opprimés, rien ne leur permettra de changer de nature. Même s'ils étaient persuadés eux aussi qu'on ne peut rien réformer, ils resteraient réformistes. Si notre avenir dépendait du fait que les appareils en question soient réformistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !</p>
<p>Les organisations qui prétendent réformer… les réformistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent révolutionnaires ! Elles affirment que des réformistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient être plus démocratiques ou plus offensifs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778</a></p>
<p>Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont dépassé le cadre étroit des rapports de production fondés sur la propriété privée des moyens de production<br class='autobr' />
Certes, les défenseurs du système d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a été qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remontée, qu'un phénomène conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement réglé si les décideurs se… décident à réguler tout ça !<br class='autobr' />
Tout est fait pour nous amener à minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de problèmes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqué son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas complètement effondré en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financière massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise économique des investissements privés capitalistes qui aurait relancé la machine. Et tous les investissements privés qui continuent de fonctionner ne le font qu'à condition que l'Etat s'engage et à leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouvée dans les marchés.</p>
<p>Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien réussi à accumuler du capital…</p>
<p>La situation actuelle du capitalisme, celle des années 2000, est caractérisée par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital à des prêteurs mais ce n'est pas dans cette sphère que le capital s'accroit réellement. C'est seulement dans la sphère de transformation des marchandises que l'on peut intégrer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribué dans toutes les sphères de l'économie. En somme, si le capital se retire de la production de manière massive, il se retire aussi de la sphère qui produit un accroissement de capital, de la sphère où est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.</p>
<p>Car c'est au plus haut niveau de la productivité du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des échanges mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacités technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans… Non, c'est ce succès que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-à-dire de considérer comme suffisamment rentable à court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable à court terme de spéculer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumulé, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui crée un pôle attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sphère productive. Le capitalisme a atteint ses limites.</p>
<p>Il ne sert à rien de nous dire que le capital financier ait toujours existé, qu'il n'est même pas différent en terme de propriétaire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien à un fait très important : le capital financier a pris dans les années 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif… Cette tendance, loin d'être combattue, a été favorisée par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentanément de dépasser les limites des capacités d'investissements en créant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au début des années 2000 on avait déjà dépassé le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tenté de forcer par des moyens d'accumulation financière exagérée (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO… La « crise » de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le début des difficultés mais la fin des possibilités du système. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait déjà plus du capitalisme !</p>
<p>Cela montre aussi que la méthode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les marchés financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout résoudre la crise, même si elle permet de pallier le retrait des capitaux privés dans les investissements. Cela ne peut ni être une solution ni être durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'espèrent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive générale des exploités contre les exploiteurs.</p>
<p>En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, préparent les réponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : développement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limités pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la révolution sociale et pas seulement de luttes défensives sur le seul terrain économique. Ce qui est nécessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comités de travailleurs.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<h2 class="spip">2008 </h2>
<p>La CGT combat… contre les sans-papiers de Viry-Chatillon…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148</a></p>
<p>La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures décrétée par Sarkozy…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml</a></p>
<p>Encore une tromperie syndicale !</p>
<p>Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirmé son projet de faire passer de 40 à 41 années la durée de cotisation ouvrant droit à une retraite complète, les syndicats n'ont pas appelé les autres travailleurs touchés par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport aérien, de l'énergie, de Telecom et de la poste, à rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plutôt appelé à une journée d'action séparée le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont défilé et un million de travailleurs ont fait grève ; cela a été suivi par la manifestation pour les droits à la retraite le 22 mai où 700 000 personnes ont défilé dans tout le pays.</p>
<p>Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le « dialogue social » et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les grèves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'empêcher, les syndicats ont, dans les faits, torpillé la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'éducation n'a réuni que 7000 personnes à Paris.</p>
<p>Au moment des grèves croissantes des marins-pêcheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont décidé de ne pas appeler à d'autres grèves contre les suppressions de postes dans l'éducation, au motif qu'il était nécessaire de laisser lycéens et enseignants travailler pour les examens de fin d'année. Une déclaration commune des syndicats de l'éducation des différentes confédérations syndicales déclarait qu'elles « renvoyaient la question d'une suite à leur mouvement après les vacances d'été ». Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la réforme des retraites et la réforme du fret à la SNCF a eu lieu alors que se déroulaient des grèves de travailleurs dans les ports commerciaux stratégiques contre la privatisation, ainsi que des grèves de pêcheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherché à organiser une grève plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.</p>
<p>Le 11 juin, les syndicats ont signé un accord sur « seize points de convergence » avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lycéens après les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement suggéré être en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de réforme et de déréglementation du marché du travail, la précédente ayant été signée par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas sérieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de céder devant des grèves isolées.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<h2 class="spip">2009 </h2>
<p>L'année 2009 a été marquée par le caractère particulier des luttes. On a constaté que certaines luttes locales ont été massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la dégradation des services publics (SNCF, La Poste, Pôle emploi ou les hôpitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur privé, ...). Enfin, il y a eu les journées d'action syndicales. C'est donc une année où les travailleurs ont participé à un nombre important de luttes et pourtant le sussèce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement reculé en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas empêché les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en flèche ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls à payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons à faire à une attaque générale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?</p>
<p>Les centrales syndicales détournent les travailleurs de s'organiser eux-mêmes en comités en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte nécessaire.<br class='autobr' />
Ce devrait être aux travailleurs de décider des suites à donner à la lutte. Au lieu de cela, les confédérations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui empêchent les travailleurs de se faire eux-mêmes d'autres propositions.<br class='autobr' />
Par exemple, il y a du mécontentement en cette rentrée. Les confédérations décident alors de le détourner par des luttes divisées. En 2010, les journées d'action de 2009 continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… La fonction publique est appelée à la grève le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient été appelés le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. Météo France le 12 janvier. Et, dans le privé, c'est plutôt entreprise par entreprise, etc, etc…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547</a></p>
<p>Alors que la Guadeloupe est déjà en grève générale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journée d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien à voir et qu'il n'est pas question d'appeler à la grève générale en France ....</p>
<p>Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault ne croit pas à une contagion de la situation antillaise en métropole car elle "n'est pas comparable", selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en métropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publié mardi 10 mars. "Le conflit n'est pas transposable", affirme Bernard Thibault. "La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangrenées par un taux de chômage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus élevés et les salaires de 15% inférieurs à ceux de la métropole", explique-t-il. Concernant la journée d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant référence au succès du 29 janvier, "attend au moins autant de personnes que la dernière fois" dans la rue. »</p>
<p>« Le Monde » écrivait en janvier 2009 : « A l'Elysée comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. »</p>
<p>Et en mars 2009 ? Qui a refusé de donner une suite à la journée nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !</p>
<p>De janvier à juin 2009, se déroule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont restés en marge sans être capables ni de le diriger, ni de l'arrêter, ni de s'en désolidariser ouvertement....</p>
<p>Le journal économique les Echos du 10 avril 2009 titre : "L'exécutif cherche à associer les syndicats à la gestion de la crise". "François Fillon revient sur le paritarisme mais aussi « la consolidation de la place de la représentation du personnel dans l'entreprise ». Il reprend également le sujet de la « gouvernance des entreprises », avec une « meilleure association des représentants des salariés en amont des opérations de restructuration et à la stratégie économique ».</p>
<p>Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs étaient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journées de grève était une journée fériée ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'était pas exactement à la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève générale vu qu'ils ont de grosses difficultés financières… !</p>
<p>La suite n'allait pas être plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'éteignoir syndical des promenades étalées dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy déclare dans "Le Parisien Dimanche" : "Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L'automne a été d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !"</p>
<p>Avec l'été 2009, se multiplient les mouvements localisés comme Continental et New Fabris où les salariés d'une entreprise luttent seuls face à un patron qui licencie. Le cas est fréquent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salariés en colère bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.</p>
<p>Les syndicats ont refusé de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du privé sans parler de les lier à celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salariés étant contraints d'accepter d'être jetés à la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire…</p>
<p>Pour compléter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentrée, ont multiplié des initiatives dispersées pour « éviter que les expressions de radicalité fassent tâche d'huile » : à partir du 1er octobre, un mouvement limité aux travailleurs immigrés sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas à leurs collègues de travail qui ont la nationalité française ou des titres de séjour) ; une journée d'action limitée aux « entreprises qui licencient », le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'héberge plus la Bourse de Paris depuis… 1980) ; à la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux hôpitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 décembre ; à la SNCF, le 20 octobre ; à l'Éducation nationale, le 24 novembre ; à la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au Pôle Emploi, le 20 octobre, etc.</p>
<p>Au lieu de défendre le service public de La Poste par une lutte ou une grève, il a été mis en place une comédie en octobre 2009, c'est la "votation citoyenne".</p>
<p>Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un « comité organisateur des états généraux pour une politique industrielle » présidé par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, des représentants du patronat français, des parlementaires UMP, PS… La défense de « l'industrie française » désigne comme ennemi commun l'étranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle débouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).</p>
<p>Du côté des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT à la récupération de la lutte des sans-papiers, au travers de grèves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy à une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur chargé par les préfectures de filtrer les dossiers suivant des critères inférieurs à ceux en vigueur dans les préfectures jusque là. Il en découle une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejetés par la CGT, elle-même achevée par une intervention musclée du service d'ordre le CGT.</p>
<p>La CGT a en effet mené une politique dans cette grève qui démolit le rapport de force qui avait été construit à partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ramène au "cas par cas" rejeté définitivement par le mouvement des sans-papiers !<br class='autobr' />
2010.</p>
<p>La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refusé de signer le Contrat Social de Crise, plan d'austérité prévoyant notamment du chômage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et précaires, n'avait pas été signé par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont voté contre : un comble !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<h2 class="spip">2010 </h2>
<p>Attaque sur les retraites, sur les services publics, colère des salariés, des retraités, des chômeurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir à faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la grève générale. Tout sauf les dirigeants syndicaux… Ils mènent toutes les grèves de manière à ce qu'elles soient dispersées…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342</a></p>
<p>"Les Echos", un journal patronal écrit : les syndicats ont peur de la grève reconductible…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331</a></p>
<p>Qu'il suffise de rappeler les déclarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a mené dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel à la grève générale n'était pas possible, n'était pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore…</p>
<p>Le 5 octobre 2010, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibaut déclare à l'AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une pétition à la participation à une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ».</p>
<p>Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '« Cela ( la grève générale) n'a jamais été pratiqué dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces. »</p>
<p>CFDT : « La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais prôné de grève reconductible. (…) Le risque d'embrasement est réel sans que les organisations syndicales ne maîtrisent le système. (…) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. »<br class='autobr' />
Pas étonnant, la CFDT, qui s'était distinguée bien des fois par son amitié pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empressée d'aller se jeter dans de nouvelles négociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une vérité : l'unité syndicale n'a fait qu'empêcher les travailleurs de mener eux-mêmes la lutte de manière plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !<br class='autobr' />
CGT :<br class='autobr' />
Bernard Thibault l'a dit : "la CGT va continuer à conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et négociation."<br class='autobr' />
Mais négocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !</p>
<p>Bernard Thibault (CGT) estime qu'"il n'est pas surprenant que le débat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdité du gouvernement, et appelle à des assemblées des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait "irresponsable" de lancer un mot d'ordre de grève reconductible, les entreprises où les salariés y sont prêts restant très, très minoritaires", juge-t-il.<br class='autobr' />
Bernard Thibaut lui-même participait à un club de la bourgeoisie, secret aussi et du même type intitulé « Le Siècle »… Bien entendu, même en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gardé de rompre la solidarité et le secret de cet organisme patronal !<br class='autobr' />
La dernière intervention forte de Bernard Thibaut, alors secrétaire général de la CGT, n'était-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la grève générale ne devait surtout pas être la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier français excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous prétexte de maintenir à tout prix « l'unité intersyndicale », il fallait laisser seuls les grévistes des raffineries pétrolières, en allant jusqu'à prétendre qu'à elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites… Au même moment, alors que les travailleurs étaient prétendument mobilisés, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenciés et des hospitaliers en grève.<br class='autobr' />
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement à ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux côtés de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire céder les syndicalistes locaux face au patronat de choc de Périer… Il avait ainsi cassé la grève des fonctionnaires de 1995, ayant réalisé des négociations séparées pour les cheminots avec le ministère du travail et était sorti de ces négociations en rendant publique un appel de fin de grève, sans consulter les assemblées interprofessionnelles, en lâchant les autres catégories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait grève avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donné la démonstration cette année-là, celle du fameux « tous ensemble » des syndicats en laissant isolés les mouvements des travailleurs du privé, de Renault à Thomson ou à l'Aérospatiale, quelques mois auparavant…</p>
<p>Malgré des mobilisations parfois réussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces dernières années ont toutes été des succès. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des grèves (grèves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants séquestrés et menaces de faire exploser l'entreprise éventuellement), mais, au final, les salariés sont licenciés, et les sous qu'ils ont gagné durement ne sont rien face au coût de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salariés qui ont mené ces luttes ressentent honnêtement une victoire mais elle est bien amère... Pour le reste, le résultat de la stratégie de journées d'action suivies de négociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqués et privatisés. Le chômage et la misère augmentent. Les retraites, la santé, la sécu sont mis en cause. Et la crise est loin d'être finie.</p>
<p>Un exemple : la lutte des salariés de Continental contre les licenciements.<br class='autobr' />
Les dirigeants syndicaux les appellent à reprendre le travail :<br class='autobr' />
"Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions", avait déclaré devant les salariés Xavier Mathieu, délégué CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le début de la crise.<br class='autobr' />
"On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera même plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas être payé", avait-il ajouté.<br class='autobr' />
"C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent", avait déclaré aux salariés présents Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du CE.</p>
<p>Le mouvement des retraites de 2010</p>
<p>En 2010, les journées d'action de 2009 étalées continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… Les ports et docks sont appelés à la grève le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers étaient appelés en même temps que les enseignants, les confédérations leur ont donné des rendez-vous différents pour manifester !</p>
<p>Les syndicats nous appellent à une journée nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il prévoit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-payées, des cotisations salariales en hausse et une retraite à 60, 61 ans ou plus… Mais, le texte même des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativité sur le fond. Au lieu d'écrire tout simplement : pas touche aux régimes de retraites, ils écrivent : « pas de réforme sans un débat national ». Mais on sait que ces fameuses « réformes » sont des destructions ! Pas besoin d'en débattre ! Ou encore, ils écrivent « Reconnaissance de la pénibilité d'abord ». Pas d'accord ! Ne commençons pas par édicter des exceptions mais la règle : 60 ans pour tous sans aucune réduction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003….<br class='autobr' />
Avec la soi-disant grève générale des raffineries de fin février 2010, on assiste à une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s'user.<br class='autobr' />
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...<br class='autobr' />
Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...<br class='autobr' />
Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?<br class='autobr' />
Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.<br class='autobr' />
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !<br class='autobr' />
Total, c'est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...<br class='autobr' />
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...<br class='autobr' />
Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu'il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.<br class='autobr' />
Généraliser les luttes n'entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez désordonné et peu convaincant.</p>
<p>Pour finir, la CGT annonce que la grève générale des raffineries est finie avant d'avoir commencé, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de réelles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...</p>
<p>La CGT a estimé, mardi 23 février, que les conditions d'une suspension de la grève dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, étaient réunies. "La CGT considère que des avancées significatives obtenues par la mobilisation des salariés crée les conditions d'une suspension", a déclaré à la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De même, FO appelle à la suspension du mouvement, a indiqué son négociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, après neuf heures de négociations, sont arrivés à un "relevé de conclusions" qui "sera soumis à la signature des organisations syndicales".</p>
<p>Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :</p>
<p>"La CGT du groupe Total a indiqué jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'éventuelle grève en soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comité central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le dépôt de ce recours est "en cours" et la CGT espère une décision de justice "dans une quinzaine de jours", a déclaré à l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.</p>
<p>"Nous poursuivons la suspension du mouvement de grève nationale jusqu'au jugement en référé, qui sera un point d'appui", a-t-il indiqué, après une grève très suivie d'une semaine fin février qui avait menacé les approvisionnements des stations-services.</p>
<p>La CGT de la branche pétrole a déjà appelé à la grève les salariés des 13 raffineries françaises (dont 6 possédées par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire à la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'était "pas l'urgence" alors que les salariés de l'établissement sont en grève depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir être "constructif" avec la CGT, majoritaire dans le groupe pétrolier. "</p>
<p>En somme, trahison des salariés sur toute la ligne...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605</a></p>
<p>En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de manière unanime - sont contre des formes d'organisation et de décision à la base, des comités, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la manière dont on les appelle : comités de grève, comités de lutte, comités d'action, comités de quartier, comités inter-entreprises, comités interprofessionnels...</p>
<p>L'organisation de classe, en comités qui interfèrent de plus en plus dans la société jusqu'à la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et révèle aux travailleurs eux-mêmes leur capacité à diriger la société et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.</p>
<p>Toute forme d'organisation de classe, même embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.</p>
<p>Les centrales syndicales visent à convaincre les travailleurs qu'elles feront tout très bien à leur place, comme avocats, comme assurance, comme sécurité, comme négociateurs, comme décideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les décident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et même pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a signé le "Contrat social de crise" qui prévoit comment Renault sacrifie les salariés sans que leurs militants en aient été informés ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature était minoritaire...</p>
<p>A l'opposé, le but numéro un des comités, c'est que les travailleurs décident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par goût des réunions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacité de lute et de changement social.</p>
<p>Et ils combattent férocement toute tentative de les mettre en place, prétendant qu'il suffit d'assemblées générales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-à-dire de leur direction.</p>
<p>Centrales syndicales et classe ouvrière ne défendent même pas les mêmes intérêts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont été battus. L'intérêt des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige régulièrement à s'appuyer sur la force de la classe ouvrière afin de contraindre leurs interlocuteurs à ne pas trop baisser les prix payés aux syndicats pour leurs services. Une petite démonstrations ans danger de temps en temps suffit....</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753</a></p>
<h2 class="spip">2011-2013</h2>
<p>La CGT et la grève de PSA Aulnay</p>
<p>Le site de PSA (Aulnay) est menacé de fermeture. Les traavailleurs vont être licenciés massivement. Ils seraient une force potentielle énorme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menacé et toute la classe ouvrière qui l'est également, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens… Ce ne sera pas la politique des syndicats à Aulnay ni ailleurs.</p>
<p>Le dirigeant de la CGT Aulnay : « nous allons être le cauchemar du patron », « nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvrière ». Aulnay en forteresse, voilà qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay défendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'à Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler à la lutte de l'ensemble du trust, unité absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unité que la confédération syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas préparer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derrière une banderole « non à la fermeture d'Aulnay » et jamais derrière un « non aux licenciements à Peugeot » ! Et, d'autre part, l'objectif donné aux salariés était de répartir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire à Aulnay.</p>
<p>Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois après l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient déjà vu leur moral cassé par des mois et des années pendant lesquelles la CGT s'était chargée par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois à longueur de déclaration du chef CGT que « le site d'Aulnay va fermer », sans autre développement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvrière ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.</p>
<p>Les syndicalistes réformistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un prétexte à des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur rôle aurait aussi atteint le sien.<br class='autobr' />
Cela signifie que leurs seuls critères sont les ventes et les profits. Mais le critère de la crise actuelle est la fin de l'accumulation privée du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils spéculent. Et plus ils spéculent, plus la spéculation devient plus intéressante à court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le système. Son seul moyen de tenir momentanément a été l'investissement massif des Etats qui a mené à leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donné et n'arrête pas de donner des milliards et cela ne peut suffire à pallier les investissements des trusts.<br class='autobr' />
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le Bâtiment spéculent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la spéculation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures… Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines… de la France ! D'où les suppressions d'emplois et les licenciements en prévision…<br class='autobr' />
Les suppressions d'emploi à PSA ne sont pas plus causées par le manque des véhicules vendus que les licenciements à la Société Générale ou à la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du Bâtiment par le manque d'acheteurs d'appartements.<br class='autobr' />
Tous ces licenciements ont exactement la même cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plutôt sur des spéculations financières, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne prêtent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des économies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de même...<br class='autobr' />
Soulignons le mode de raisonnement développé dans les média par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants révolutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont là et les travailleurs n'en bénéficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Brésil alors que c'est un trust français aidé par l'Etat français ; PSA a annoncé s'être tiré de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'intérêt de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas être accepté par l'Etat français qui a payé pour empêcher les suppressions d'emplois. etc, etc...<br class='autobr' />
Bien entendu, nous comprenons très bien ce que veut dire ce discours : la crise est un prétexte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni même supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...<br class='autobr' />
Cela semble légitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, même si les salariés de PSA se mobilisent...<br class='autobr' />
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.<br class='autobr' />
Bien entendu, nous ne prétendons en rien légitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.<br class='autobr' />
Le raisonnement précédent sous-entend qu'il s'agit simplement de délocalisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C'est faux.<br class='autobr' />
Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c'est faux.<br class='autobr' />
C'est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.<br class='autobr' />
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu'il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu'un site comme Citroën Aulnay et même qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l'Automobile et même toute la classe ouvrière.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364</a></p>
<h2 class="spip">2012</h2>
<p>La grève de l'hôpital Saint Antoine est battue par... les syndicats...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199</a></p>
<p>La grève PSA Aulnay, menée de manière réformiste par la CGT, a accouché d'une souris…</p>
<p>En échange des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition à la banque financière PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de négociations où ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement renégocié leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et déclarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de négociations !</p>
<p>Des milliers de salariés vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question même quand l'Etat débourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni grève ni occupation des sites visés et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se prétend communiste révolutionnaire de Lutte Ouvrière. Il faut se pincer pour y croire !!!</p>
<p>"On a bloqué la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans négocier sur les mobilités", s'est félicité Jean-Pierre Mercier (CGT).</p>
<p>« C'est un succès de l'unité des salariés d'Aulnay » dit Marcier à la télévision. Ce qu'il appelle unité des salariés, c'est l'unité des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unité pour ne pas entrer en grève, pour ne pas occuper, pour ne pas déranger les prétendues négociations, pour ne pas mener la lutte des classes !</p>
<p>Le journal L'Humanité du 25 octobre écrit :</p>
<p>« C'est un premier succès pour les syndicats de PSA Peugeot-Citroën. Ceux-ci sont parvenus à imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des négociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annoncé à Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui prévoit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces négociations débuteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de PSA Aulnay, raconte à la sortie du comité central d'entreprise qui se tenait ce matin : "La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi à vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succès." Selon les syndicats, les conditions de départ des salariés sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront désormais faire l'objet de négociations préalables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destinées à ceux qui refusent d'être transférés et à tous les autres salariés concernés par la réduction de la capacité de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. »</p>
<p>"Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces négociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas réussi", explique Jean-Pierre Mercier.</p>
<p>Puis de nuancer : "On a obtenu un calendrier de négociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance à la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document".</p>
<p>Parce qu'on peut faire confiance à Montebourg et à l'Etat bourgeois ?</p>
<p>A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assuré que le « gouvernement et le président de la République partageaient l'inquiétude des salariés » de PSA et promis que la réunion à venir serait l'occasion de « réduire reformater, rediscuter le plan social ». S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes étaient un mal nécessaire pour permettre à Peugeot, en difficulté, de se remettre sur de bons rails, il a néanmoins assuré que le plan social devait être « strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. »</p>
<p>L'Etat a demandé « le reformatage du plan » qui prévoit 8.000 suppressions de postes, a répété le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l'issue d'une réunion tripartite à Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.</p>
<p>« C'est la négociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivité de ces efforts », a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand même déboursé sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher payé de négocier autour du tapis vert ! Voilà tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards….</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484</a></p>
<p>Un bureaucrate collaboration de classe succède à un autre à la tête de la CGT et de manière tout à fait bureaucratique…</p>
<p>Bernard Thibault a annoncé ce mardi à l'AFP que la commission exécutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succéder comme secrétaire général.</p>
<p>Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479</a></p>
<p>Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, a préparé la privatisation de la SNCF !</p>
<p>Le 27 juin 2012 : Le futur secrétaire général de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER<br class='autobr' />
Le « Rapport Lepaon » au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire sera signé des organisations patronales et étatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.</p>
<p>En voici des extraits :</p>
<p>« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J'ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appréciation sur ce terme. Il n'aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arrêt d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une manœuvre. « Je dois dire que j'ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu'il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…) <br class='autobr' />
Le thème de l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau européen. Dès lors, la responsabilité d'une telle initiative appartient à l'Etat et à lui seul. Il doit être clair que la question de l'ouverture à la concurrence ne peut pas se résoudre par la voie d'une discussion, d'une négociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est dédié par la loi. <br class='autobr' />
La SNCF appartient à la nation et ce sera donc aux élus de la nation, à l'issue d'un débat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilités et de l'assumer, le cas échéant, devant leurs électeurs. (…) <br class='autobr' />
Pour aller à l'essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une méthode car nous avons voulu mettre l'accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ». <br class='autobr' />
Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-à-dire un cap, une succession d'étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision. <br class='autobr' />
Je l'ai dit, le thème de l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité. <br class='autobr' />
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a semblé le plus élaboré et le plus cohérent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les spécificités du cadre social des cheminots, spécificités du cadre social des cheminots, spécificités qui découlent du statut même de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. <br class='autobr' />
Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. <br class='autobr' />
Cette idée prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social. <br class='autobr' />
J'en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit là d'une première recommandation. <br class='autobr' />
Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. <br class='autobr' />
C'est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu'ont été définies l'organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…) <br class='autobr' />
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'expérimentation d'une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l'opérateur historique et ses salariés s'y reconnaissent. <br class='autobr' />
Une autre recommandation – la deuxième – qui s'est imposée porte sur la nécessité d'une évaluation préalable des résultats des expérimentations régionales avant de mettre en place un cadre social harmonisé, c'est-à-dire un socle commun en matière de durée et d'organisation du travail. (…) <br class='autobr' />
Je voudrais aussi évoquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'opérateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il préconise le reclassement interne à la SNCF avant d'envisager un éventuel transfert de personnels. (…) »<br class='autobr' />
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste à faire passer sans levée de drapeau rouge de la part des cheminots… la privatisation de la SNCF !!!!<br class='autobr' />
Il rajoute :<br class='autobr' />
« Le Transport Express Régional de voyageurs (TER) a connu grâce à la régionalisation un essor remarquable. Mais son coût tend à s'accroître et son développement paraît sous contrainte, alors que l'Union européenne a engagé une libéralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demandé l'avis du CESE sur l'ouverture à la concurrence des transports régionaux de voyageurs, en particulier quant au périmètre géographique, à la propriété du matériel roulant, aux relations contractuelles entre région et exploitant, ainsi qu'à sa dimension sociale. Pour le CESE, la décision d'ouvrir, même à titre expérimental, les TER à la concurrence est politique et relève du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de réforme qui permette, via une expérimentation maîtrisée, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succès de la régionalisation des TER, afin de favoriser la compétitivité et l'accessibilité des territoires, la mobilité des personnes, la préservation de l'environnement et le développement de la filière ferroviaire. »</p>
<p>Tromperie syndicale Arcelor-Mittal</p>
<p>Les syndicats d'ArcelorMittal crient à la trahison du gouvernement après le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils étaient fiers, la veille, d'avoir bu le café avec le ministre qui avait été gentil avec eux !!! Quelques mois ou années avant, ils avaient été fiers de leurs négociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...<br class='autobr' />
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont considéré qu'ils étaient du même bord, à défendre l'entreprise, à défendre la région, à défendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : à défendre les prolétaires fût-ce aux dépens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de défendre leurs profits, fût-ce en nous assassinant !</p>
<p>La stratégie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salariés de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont même pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salariés d'Arcelor luttent seuls, les salariés de chaque banque comme la banque de France récemment luttent seuls, etc… Tout au plus une petite journée syndicale d'inaction par ci par là. Cette stratégie n'est pas contestée par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui prétendent que leur lutte locale est censée suffire pour faire reculer le patron au moment où l'offensive patronale de licenciements est générale et non locale, globale et non conjoncturelle.</p>
<p>Car leur discours consiste surtout à négocier et pas à lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la dernière roue du carrosse des négociations ! Et, de négociation en négociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558</a></p>
<p>Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a émis un rapport sur la manière de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitulé rapport sur « l'ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs », séance du 27 juin 2012 où il déclare notamment : « Il n'aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arrêt d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une manœuvre. (…) Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. »<br class='autobr' />
Donc Lepaon veut éviter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564</a></p>
<h2 class="spip">2013</h2>
<p>Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de piéger à nouveau la riposte ouvrière qui vient dans la fausse unité intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la compétitivité des capitalistes français, l'accord de destruction du contrat de travail</p>
<p>Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, à mesure que celles-ci démontrent leur volonté de détruire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent… leur désir de s'en tenir à des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au cœur.</p>
<p>Dans le monde entier, le Capital est en train de détruire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats prétendent qu'il faut nous défendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et même site par site. Ils s'étonnent que les PSA Aulnay aient beau faire grève dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus à faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamnés à lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgré des grèves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugréant mais en participant aux fausses négociations qui couvrent les attaques.</p>
<p>Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salariés et tous les combats menés. Pourtant, on assiste bel et bien à une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas séparer l'ensemble des « réformes » antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la santé publique, sur l'allocation chômage et on en passe. Les licenciements des trusts privés ont été une attaque concertée dont PSA n'a été que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent catégoriquement de préparer une riposte coordonnée.<br class='autobr' />
Un geste significatif de cette volonté de s'allonger devant les attaques sur les retraites a été le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations séparées et clairsemées du premier mai, a déclaré que, malgré sa signature de l'accord ANI de « flexi-sécurité de l'emploi », il voulait l'unité avec la CFDT et estimait les désaccords limités et sans gravité ! Bien la peine d'avoir manifesté contre l'accord ANI et déclaré que c'était l'un des pires reculs depuis des décennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats à cette pantalonnade syndicale…</p>
<p>Cela en dit long en tout cas sur la manière dont la CGT compte promener les salariés pour soi-disant défendre les retraites, dans la même lancée de prétendue « unité » qui a déjà mené à l'échec face à Sarkozy-Fillon.</p>
<p>Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient « unies pour défendre les retraites » étaient surtout unies contre l'idée d'appeler à la grève générale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'époque de la CGT, affirmant que ce n'était nullement une méthode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles étaient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de grève comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles étaient unies pour laisser seuls en grève les travailleurs du secteur des raffineries pétrolières, allant jusqu'à faire croire qu'on allait « faire reculer Sarkozy » par ce seul blocage pétrolier. Ensuite, elles ont-elles-mêmes démobilisé les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'à voter à gauche. On voit à quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la même manière le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionné l'opération et se revendique encore d'avoir aidé Hollande- ce Sarkozy-bis à venir au pouvoir.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419</a></p>
<p>Retraites : à nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement… vers le mur ?!!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477</a></p>
<p>Le résultat pourri des négociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604</a></p>
<p>Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prolétariat ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616</a></p>
<p>Les réactions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment trompés alors qu'ils ont été les relais de la tromperie auprès des travailleurs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742</a></p>
<p>Les syndicats à PSA : des méthodes qui n'ont rien à voir avec des méthodes de classe !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709</a></p>
<p>Les politiques syndicales en 2013</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361</a></p>
<h2 class="spip">2014</h2>
<p>Dans la nouvelle grève des cheminots, la CGT a dit soutenir la grève jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup à redire sur ce point. Premièrement, c'est la direction de la CGT qui a initié la réforme qui mène à la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation voté à l'unanimité des représentants de l'Etat, des patrons et des salariés, a été écrit par Lepaon, représentant CGT, qui allait devenir plus tard secrétaire général de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu à se battre a été signée par les représentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la grève ne commence. Ensuite, il a été convenu entre le gouvernement et la CGT que l'intérêt commun était de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite à laquelle le Front de Gauche représenté par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont été tellement en colère contre le projet de loi que le mouvement qui avait été envisagé a dû être transformé d'action limitée en grève durable. Garel et Lepaon se sont alors partagés les rôles, le premier faisant mine de soutenir la grève et le second d'appeler par les médias à la reprise du travail, mais ils sont restés de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son crédit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite… De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attaché à sa prétendue unité de lutte, à laquelle il continue aujourd'hui à s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la grève, ni du caractère double des déclarations de la CGT au cours de la grève. Les groupes d'extrême gauche qui ont un rôle important au sein de SUD, à savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camouflé tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gardés, de même que Lutte ouvrière au sein de la CGT, de défendre une autre perspective au sein de la grève, combattant même l'idée des comités de grève, l'extension de la lutte par exemple à la RATP. Ils se sont gardés de critiquer la participation aux négociations bidon. Ils se sont gardés de démasquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gardés de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la santé qui connaît plusieurs grèves au même moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particulièrement instructif, sachant le rôle que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extrême gauche qui militent pour des comités de grève. Oui, l'extrême gauche cautionne à fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant à ces politiques de passer discrètement sans que la majorité des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extrême gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gardés de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la grève, se refusant à prévenir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur grève en étaient les ennemis cachés.</p>
<p>La dernière grève n'est pas un succès même si certains se satisfont de minimes amendement à la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement changée. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait grève pour l'honneur, pour faire une démonstration. Mis à part le fait que de telles démonstrations coûtent cher et ne rapportent pas grand-chose à part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la grève. En effet, Lepaon comme Garrel avaient signé le projet de loi (non amendé) avant de se mettre à la tête de la grève. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir entériné un grave recul social. En faisant grève, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas trompé. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamné la grève sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la tête de la grève ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la matière, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopté un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopté par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas signé) les syndicats dans le cadre du CESE, était signé Lepaon, actuel secrétaire général de la CGT…</p>
<p>Le bilan, ce n'est pas l'inutilité de faire grève mais l'inutilité de choisir comme direction des grèves des dirigeants qui en fait sont contre et se débrouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'être donné les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqué que, durant la grève, la CGT était contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donné davantage de force à la grève. Contre aussi l'extension de la grève à la RATP. Contre encore son extension à l'EDF pourtant elle-même menacée selon les propos de Lepaon lui-même. Contre toute liaison avec les hôpitaux en grève ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait grève, on le paie nous-mêmes de notre poche. Quand on échoue, on le paie nous-mêmes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on décide des orientations de la grève par nous-mêmes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'était pour l'honneur, pour la beauté du geste ou pour le principe… Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-mêmes. C'est de comités de grève qu'on manque dans les mouvements à la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvrière en ce moment.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430</a></p>
<p>Déclarations de Lepaon, secrétaire général de la CGT :</p>
<p>A la radio France Inter ce matin : « Le fait que la grève se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF ».</p>
<p>Ce jour, il a également déclaré : « Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instauré avec les cheminots. » Mais il s'est bien gardé de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !</p>
<p>Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la grève, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient signé leur accord avec le projet gouvernemental…<br class='autobr' />
Cela vient se rajouter à ses déclarations précédentes comme « d'accord avec la loi mais pas avec son contenu » ou encore souhaitant que le travail reprenne… dimanche dernier et parlant de « sortie de crise ce week-end » !</p>
<p>Lepaon a exposé clairement comment il s'apprête à lâcher le mouvement si des petits mots sont changés dans le texte de loi… sans rien changer du fond :</p>
<p>"Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instauré", a déclaré M. Lepaon sur France Inter.</p>
<p>"Maintenant, il faut que les amendements soient écrits de manière précise, qu'ils soient débattus à l'Assemblée nationale et qu'ils soient votés", a-t-il poursuivi.<br class='autobr' />
La CGT veut notamment que le "besoin d'un service public ferroviaire" soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avancées entre "le premier projet de loi et celui qui est débattu".</p>
<p>Sur la question du "statut des personnels", "c'est une décision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi" mais "il faut que la loi soit extrêmement précise" pour éviter des interprétations lors de la "mise en oeuvre", a-t-il estimé.</p>
<h2 class="spip">2015</h2>
<p>La trahison syndicale de la lutte des personnels des hôpitaux</p>
<p>Dans le dernier mouvement des personnels de l'hôpital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en grève et en manifestation a été : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalité, sans amendement ni discussion, pas de négociation. « Ni amendable, ni négociable » a été un slogan de tous les hôpitaux.</p>
<p>Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures à l'hôpital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts supplémentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune manière ! Pas question de sauver aucun point de la prétendue « réforme » de Hirsch ! Aucun plan d'économie pour l'hôpital public aux dépens des malades et des personnels !</p>
<p>Les syndicats qui disent nous représenter ont tous répété avec nous : pas amendable et pas négociable tout en passant leur temps à… essayer d'amender et de négocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir échoué et s'être retirés de la table des négociations, SUD et CFDT étant les derniers à le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont prêts à recommencer à négocier sur une prétendue « bonne réforme » ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat français étant en faillite, toute réforme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants réformistes des syndicats sont toujours partisans de négocier des réformes !</p>
<p>Dès le départ, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, équipe, organisation du travail 35 heures et on en passe… Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'espérer à nouveau…négocier après la journée d'action… Ils font la même chose partout : à Radio France, à France Télévisions, à l'AFP, à la SNCF : des journées d'action suivies de négociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lanterné le mouvement des retraites de 2010, jusqu'à le faire échouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique était un cas à part alors que, dans chacune, les PDG prétendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en règle.</p>
<p>Tout au long de la lutte des personnels de l'hôpital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les décisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilisés et c'est toujours à reculons qu'elle a été contrainte de se retirer des négociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.</p>
<p>Certains syndicats ont même mené des négociations secrètes avec Hirsch en cachant leurs lieux de réunions pour ne pas être dérangés, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refusé de dénoncer ces discussions en catimini.</p>
<p>Le mercredi 17 juin, on nous annonçait encore qu' « un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'à une heure du matin). Un nouveau calendrier a été proposé, sur un ton plus apaisé et constructif et sur de nouvelles bases. » « C'est une avancée », déclarait Rose May Rousseau, secrétaire générale de la CGT. « Nous avons progressé sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont été prises en compte. On espère trouver une issue à ce conflit », précisait-elle.</p>
<p>Le 17 juin, la CFDT, après avoir adopté un texte de Hirsch intitulé « Relevé de conclusions », texte également soutenu également par SUD Santé, déclarait : « Cette réunion du 17 juin a réuni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Santé / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a duré 7 heures. Elle a donné lieu à la rédaction d'un document de sortie de crise intitulé « relevé de conclusions », qui devrait servir de méthode aux échanges de terrains, entre les équipes soignantes et leurs responsables (cadres et médecins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a validé ce « Relevé de conclusions » qui marque sa volonté d'entrer dans une phase de dialogue social authentique à l'AP-HP. »</p>
<p>Le syndicat SUD écrit dans un tract, intitulé "Pour en finir avec le fantasme de la trahison", qu'il serait inadmissible de parler de « trahison » de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude démontre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqué, Sud Santé affirmait que, dans le « relevé de conclusions » de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait « reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur ». SUD considérait seulement qu'elle doit « ouvrir encore plus le texte » qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux « relevé de conclusions »…</p>
<p>« SUD Santé souhaite ouvrir plus encore le texte, définir le calendrier de la première phase, coucher sur papier les critères de choix des services en difficulté, définir plus précisément l'étude d'impact... Si les avancées sont réelles, beaucoup reste à préciser... »</p>
<p>« Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relevé de conclusions où il reconnaît l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout poussé à reconsidérer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des négociations au plus tôt en octobre prochain. » écrivait SUD.</p>
<p>« Nous sommes prêts à discuter d'une véritable réduction du temps de travail avec des embauches » et « négocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch », a déclaré la dirigeante CGT Santé Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Santé écrivait : « Nous SUD Santé sommes prêts à discuter avec lui (Hirsch). » En tout cas, les manifestants refusaient de négocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient à la bouche que le mot de négocier !!!</p>
<p>Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour… reprendre les négociations !!!</p>
<p>Les syndicats et l'intersyndicale négociaient et n'arrêtaient pas de négocier comme le constataient les manifestants rassemblés à la place Victoria qui se sont retrouvés en train d'attendre… très longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de négocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur révolte : « Pas la peine d'y rester des heures pour dire à Hirsch qu'on ne veut pas de sa réforme ! »</p>
<p>L'attente continuant malgré les huées et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de « Intersyndicale trahison ! » ou « négociations, trahison ! » a été lancé par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins restés à bavarder avec Hirsch !!!</p>
<p>Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de décider à notre place, de négocier à notre place, de céder sur ce qu'on ne veut pas céder, de parler en notre nom sans nous consulter !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775</a></p>
<p> L'année 2015 est marquée aussi par la destitution de Lepaon comme secrétaire général de la CGT et la nomination de Martinez à sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez…</p>
<p>Philippe Martinez, secrétaire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la réalité de l'ascension d'un bureaucrate…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131</a></p>
<h2 class="spip">2016</h2>
<p>C'est une année d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue…</p>
<p>Hollande et Valls fustigent Martinez, qui réplique, et on nous présente de tous côtés (média, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un côté et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en réalité il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement « de gauche » !</p>
<p>Certains parlent même d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La réalité est tout autre : c'est un combat de classe qui se déroule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'être évident. Les syndicats les moins « radicaux » comme la CFDT font carrément partie du gouvernement et ceux qui passent pour plutôt d'opposition à la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nommés par Hollande à des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.</p>
<p>Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un rôle d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribué ouvertement et publiquement à faire élire Hollande, même s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nommé par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation réformiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amené à signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale chargé d'organiser la privatisation de la SNCF.</p>
<p>Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journées d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte début mars à un retrait complet du texte. Cela ne l'empêche pas aujourd'hui de déclarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de décision de la part du gouvernement pour appeler à suspendre le mouvement social ! Et ce « leader syndical » étudie avec Valls « les solutions pour arrêter les blocages et les manifestations » !!! Le voilà celui qui est présenté le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!</p>
<p>Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des événements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait à radicaliser la lutte, mènerait un combat jusqu'auboutiste.</p>
<p>La réalité est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorité admet qu'il y a en réalité une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du côté de la classe capitaliste.</p>
<p>Reste à savoir de quel côté, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se présentent comme mobilisées pour faire reculer le gouvernement et prêtes à « aller jusqu'au bout ».</p>
<p>Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas dépasser, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite où ils se dévoilent comme de faux dirigeants de la classe ouvrière et l'autre limite où ils risquent de nuire aux intérêts fondamentaux de la classe capitaliste.</p>
<p>Bien sûr, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvrière à la lutte, qu'il lance successivement les salariés du transport, de l'énergie, des routiers, des pétroliers, de la chimie, du nucléaire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi à la classe ouvrière, les moyens de généraliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.</p>
<p>Mais il en va autrement quand on y regarde de plus près.</p>
<p>Appeler toute la classe ouvrière à lutter ensemble, où et quand la CGT l'aurait-elle réellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journées d'action déjà programmées ! Il n'y a jamais été question de mettre en liaison les différents secteurs en lutte. Il n'y a jamais été question d'assemblées interprofessionnelles contrairement à la grève de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmières avec les coordinations. L'appel à la grève pour l'ensemble de la classe ouvrière de Martinez est une posture médiatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur privé ou public. Pas d'appel à rejoindre le mouvement de grève reconductible de l'Automobile à La Poste ou à l'hôpital public ! Pas d'appel à voter la grève dans les services publics ni dans le secteur privé. Le prétendu bras de fer n'est là que pour donner une image combative à Martinez ou à l'intersyndicale mais pas à construire réellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.</p>
<p>Dès le 9 mars quand les jeunes appelaient à la grève, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP étaient par hasard appelés à faire grève le même jour pour des raisons apparemment différentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien séparée des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la sécu, les aides sociales et on en passe…</p>
<p>Dès le 9 mars, quand la SNCF était appelée à la grève par la CGT, ce n'était pas contre la loi El Khomri, ce n'était même pas pour s'opposer à la privatisation du rail, considérée comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe à des négociations sur les horaires des travailleurs du rail, privé et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appelé les cheminots à faire grève, y compris à la fois contre El Khomri et la réforme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette réforme. Ils n'en parlent même plus. Le voilà le radicalisme prétendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps où on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a été adopté par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal votée ! Une fois de plus un double discours qui cache très mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles prétendent mener de manière radicale.<br class='autobr' />
Martinez peut bien se montrer aux média en train de jeter un pneu à brûler aux côtés des pétroliers grévistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la grève générale et des bras croisés qui bloquent l'économie. La vraie force des travailleurs, c'est d'être capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comité de travailleurs, fédérés en coordination, discutant ensemble dans des assemblées interprofessionnelles. C'est cette force-là que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-là dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.</p>
<p>Il affirme en même temps : "Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !" ou encore <br class='autobr' />
"Les cheminots remettent ça la semaine prochaine. Mais il faut généraliser à la métallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne lâchera rien."</p>
<p>Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! « On veut commencer à discuter », réaffirme Philippe Martinez, patron de la CGT.</p>
<p>Le bout que ne dépasse pas Martinez, ce sont les journées d'action successives : « Pour la première fois, nous appelons à trois dates de grève, dans une échéance très resserrée. Ce qui off re la possibilité aux salariés en grève mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. » a dit Martinez.</p>
<p>Or, dans ces journées successives qui ont été la clef de la défaite du mouvement des retraites de 2010, déjà agrémentées à l'époque par des blocages pétroliers, le fait d'arrêter puis de repartir caractérise les lâchers de vapeur des directions syndicales qui ne mènent qu'à épuiser le mouvement et non à le lancer…</p>
<p>Lors de son dernier congrès, la direction de la CGT a refusé de valider un appel à la "grève générale reconductible" que réclamaient certains de ses adhérents.</p>
<p>"Cela ne peut pas être une confédération nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en grève des salariés", prévient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière, dans un entretien publié sur le site de Paris-Match.</p>
<p>Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commencé par proposer à la classe ouvrière de se réunir dans toutes les entreprises dès le 9 mars pour décider elles-mêmes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvrière. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de rémunération de leur rôle de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret à avoir de constater que les directions syndicales jouent un rôle bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la leçon et d'entraîner les militants syndicalistes de base dans des organisations indépendantes de nos adversaires, des comités de grève et des coordinations éluées et révocables qui assument la totalité des décisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos intérêts de classe, intérêts qui sont diamétralement opposés à ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement négociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077</a></p>
<p>Une nouvelle trahison des luttes des cheminots</p>
<p>La grève organisée par les syndicats a lieu en ordre dispersé. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'à des journées d'action. Quand les grévistes SUD sont épuisés, la CGT annonce qu'elle démarrera dans des semaines… une grève reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant même explicitement « le même RH pour tous », ce qui veut dire pour le secteur privatisé et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans à l'avance, que les syndicats considérés comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour éviter que les cheminots n'agissent de manière autonome… On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non grévistes, ont accepté de participer à des négociations dont l'objectif étaient clairement un recul social intitulé « augmenter la productivité du travail des cheminots » !!!<br class='autobr' />
Négocier le décret socle même si la revendication est " décret socle = RH0077 ", ce n'est pas le retrait c'est à dire le retrait de la réforme de juin 2014 qui entérine la séparation en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller négocier le décret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de négocier l'augmentation de l'exploitation...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195</a></p>
<p>Maintenant que les personnels de l'hôpital public ont été battus et que le plan Hirsch est passé, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte séparée, isolée de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oublié pour appeler à un grand mouvement de grève à la SNCF, avec des journées d'action programmées tous les mercredi et tous les jeudis.</p>
<p>Une grève reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.</p>
<p>Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien là justement il n'était pas question de grève reconductible ni d'une action commune avec d'autres catégories de salariés… Quand la loi El Khomri révoltait toute l'opinion populaire, là non plus pas question !!!</p>
<p>Quand Pépy annonçait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se développe partout dans les services publics en même temps que l'austérité les frappe tous, de l'enseignement à la recherche, de la santé aux transports en passant par la poste… Aucune stratégie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une stratégie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!</p>
<p>Bien sûr, toute la leçon des luttes séparées, divisées, saucissonnées, est qu'elles échouent mais cela n'arrête pas « nos » dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les nôtres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!</p>
<p>Comment l'ancien secrétaire général de la CGT, Lepaon, aurait-il reçu récemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas à le remercier d'avoir été le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui préconisait et préparait la privatisation de la SNCF.</p>
<p>Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine grève soi-disant très radicale de la CGT : c'est qu'elle ne dénonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!</p>
<p>La deuxième chose, c'est la méthode : deux jours de grève en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la grève reconductible jour par jour. Pas une méthode de lutte qui peut faire craindre à la bourgeoisie qu'elle s'étende à d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension…</p>
<p>Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le négocier. Le recul syndical est déjà inscrit dans la démarche. On n'y dit pas qu'on refuse de négocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce à l'avance qu'on va le négocier !!</p>
<p>La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une négociation sur les règles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur privé du rail. Quelle meilleure manière de reconnaître qu'ils admettent que le rail soit privatisé !!!</p>
<p>D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'était considéré comme une base indiscutable !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791</a></p>
<h2 class="spip">2017</h2>
<p>Tous les syndicats français ont déclaré vouloir d'un « véritable dialogue social » avec le nouveau président Macron, alors que celui-ci n'a pas caché l'énorme recul social qu'il prétend négocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, à avoir une posture de syndicat réformiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.</p>
<p>Et pourtant, le passé a prouvé qu'aucune négociation n'a apporté une avancée quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'hôpital public, des cheminots, toutes les prétendues réformes ont été des reculs d'ampleur et la méthode des négociations-journées d'action a été un échec complet et cuisant, le dernier en date étant celui de la loi El Khomri, en réalité une loi Macron2 que Macron estimait n'être pas suffisamment développée. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de négociation est à l'évidence purement formelle, la méthode consistant à légiférer par ordonnances le démontrant pleinement.</p>
<p>Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils à ces négociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon dès qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont même capables parfois de le déclarer eux-mêmes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'être reçu par Macron ? Parce que le réformisme est, pour eux, bien plus fondamental que le résultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient à leur nature d'intermédiaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le président des banques, le premier ministre du nucléaire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des généraux, et on en passe….</p>
<p>Les choix de Macron sont des choix de classe assumés, le choix de défendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils prétendent défendre les intérêts des travailleurs, ils affirment aussi défendre « l'intérêt des entreprises » et aussi « l'intérêt de l'économie nationale » et même tous les « intérêts nationaux », qui sont pourtant exclusivement des intérêts du grand capital en réalité. Et surtout, ils défendent un fonctionnement de la société bourgeoise dans lequel les syndicats sont des intermédiaires reconnus, respectés, consultés, soutenus, financés par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la société bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des éléments. C'est la démocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et prétend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.</p>
<p>Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le réformisme et très peu de place encore pour la démocratie bourgeoise, grignotée tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du chômage, par la montée de la misère et des révoltes sociales, par la dérive dictatoriale des démocraties, sous prétexte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre… Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la démocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attachés…</p>
<p>Pourquoi le rapport de forces se dégrade de plus en plus, au fur et à mesure des négociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, très massif, a été suivi d'attaques accentuées ? Pourquoi les syndicats ont-ils tiré comme bilan de leur impuissance à faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait à appeler à voter Hollande ? Pourquoi sont-ils restés muets quand Hollande a davantage attaqué les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours menées par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement mené des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils trompé les agents de l'hôpital public, prétendant admettre l'exigence des personnels : on ne négocie pas les plans de Hirsch et ont finalement participé quand même aux négociations, et cautionné ainsi sa prétendue réforme qui casse l'hôpital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation très importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !</p>
<p>Non seulement les salariés ne sont pas sentis renforcés lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont été affaiblis au point que les directions des entreprises privées comme des services publics ont eu les moyens, à la fin de ces « mobilisations syndicales », de s'attaquer aux salariés combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes à Air France, dans les raffineries, dans les hôpitaux, etc… Cela montre que les méthodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforcé leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-mêmes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes possédantes et les gouvernants qui provient de leur réformisme fait des révolutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.</p>
<p>Oui, les dirigeants syndicaux craignent des débordements de colère des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a été le cas à Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont même capables de prendre l'initiative de tels débordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la colère ouvrière amène les travailleurs à s'auto-organiser, à ne plus se contenter de suivre les appareils réformistes, qu'ils prennent eux-mêmes les décisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.</p>
<p>Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de colère brutaux et violents des prolétaires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans conséquence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, épousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhaité, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu même empêcher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-mêmes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la manière dont ces directions syndicales mènent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs décidée en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvrière.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472</a></p>
<h2 class="spip">2018</h2>
<p>Sous prétexte de barrer la route à l'extrême droite, la CGT soutient ouvertement Macron…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969</a></p>
<p>Trahison syndicale de la grève des cheminots</p>
<p>A mort la SNCF !!! déclare en substance Spinetta, dans son rapport commandé par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une société anonyme ! Et pas une seule société anonyme mais plusieurs différentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas à proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente à des opérateurs privés des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les opérateurs privés !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le réseau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Brétigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...</p>
<p>Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement menée par la classe possédante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses réactions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter séparément (le même jour mais à part des autres fonctionnaires !) pour voir à quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localisées ou corporalisées, par journées ou par secteur.</p>
<p>La seule réponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comités de grève élus et révocables, au sein d'assemblées générales, coordonnés nationalement et proposant à toute la classe ouvrière du pays, public et privé, y compris les chômeurs d'en faire autant. Rien que ça !!!</p>
<p>Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique « de lutte » consistant à éviter une vraie lutte !<br class='autobr' />
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient réunis partout en assemblées générales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extrême gauche officielle non plus !!!</p>
<p>Les cheminots n'ont pas été réunis « à chaud », au moment où ils étaient massivement indignés par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandité par le gouvernement. A ce moment-là, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la réunion au sommet de l'intersyndicale, annonçant que l'unité serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'étaient déclarés favorables à la nouvelle politique incarnée par Macron !</p>
<p>15 mars 2018 : Réunion de l'intersyndicale qui, à la surprise générale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-mêmes, annonce que la grève des cheminots se fera… sans grève reconductible !!! Une grève est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journées d'action !!!</p>
<p>L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annoncé ce jeudi 15 mars une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la réforme du rail en cours.</p>
<p>L'intersyndicale prétend que sa stratégie permettra de gêner plus longtemps la circulation des trains.</p>
<p>Comme si gêner la circulation des trains, c'était cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926</a></p>
<p>Le mouvement des Gilets jaunes va démasquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organisée…</p>
<p>Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apporté, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extrême gauche n'avaient pas apporté, le mouvement actuel l'amène : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en même temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'élément politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils décident !!!</p>
<p>La contradiction, c'est que les organisations qui se réclament de la classe ouvrière ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le prétexte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes idées, des bons courants.</p>
<p>Ces gens-là, soi disant très organisés, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la révolution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!</p>
<p>La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprimés la mènent vraiment !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128</a></p>
<p>Le principal slogan des gilets jaunes « Y'en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…<br class='autobr' />
C'est d'ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !<br class='autobr' />
C'est la révolution sociale qui est « en marche » !!!<br class='autobr' />
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l'interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s'attaquent pas seulement à un chef d'Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arrêter le cours.</p>
<p>Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…</p>
<p>Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n'a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu'ils n'étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !</p>
<p>Le principal slogan des gilets jaunes « Y'en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…<br class='autobr' />
C'est d'ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !<br class='autobr' />
C'est la révolution sociale qui est « en marche » !!!<br class='autobr' />
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l'interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s'attaquent pas seulement à un chef d'Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arrêter le cours.<br class='autobr' />
Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…<br class='autobr' />
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n'a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu'ils n'étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !<br class='autobr' />
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgré de très grands efforts des gouvernants, des média, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans après, il marque toujours la situation sociale en France et sert de référence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue même un peu partout à exister et à se manifester, même si c'est avec beaucoup moins de force qu'à ses débuts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent créditer davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet démontré une efficacité considérablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, même quand ces derniers étaient plus suivis. En effet, les classes possédantes ont plus peur des mouvements auto-organisés qui ne sont pas controlables ni aisément trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui négocier comme cela a été le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier échec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succès des Gilets jaunes.<br class='autobr' />
Les nombreuses tentatives pour l'écraser par la répression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants désarmés depuis des décennies) et par la calomnie massive. L'échec des tentatives de récupération et des tentatives de le discréditer, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antisémitisme a été d'autant plus remarquable.<br class='autobr' />
Dans ses débuts, quand il était le plus massif, il a touché toutes les régions de France, jusqu'aux coins les plus reculés et s'est implanté partout à la base, parmi les plus démunis, dans le prolétariat et dans les couches misérables de la population, unissant le peuple travailleur.<br class='autobr' />
Il aurait certainement essaimé dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se protéger, ont mené campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les déçus du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antisémitisme, de compltisme et autres balivernes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369</a></p>
<p>Le secrétaire général de la CGT va militer d'emblée contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il prétendra inféodés à l'extrême droite, antisémites, de petits patrons, antisyndical et on en passe…</p>
<p><a href="https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335</a></p>
<p>Les autres syndicats ne feront pas mieux…</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html</a></p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php</a></p>
<p>Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements réformistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la réforme des retraites, c'est que c'était un mouvement révolutionnaire et pas un mouvement réformiste. C'est ce qui a poussé le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploités de ces dernières années, à reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvrière soit entraînée par lui vers la révolution sociale…<br class='autobr' />
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues années qui ait affirmé en France la nécessité d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-même, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise également du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refusé réellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute négociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement à l'inverse des réformistes qui ne réclament que cela !</p>
<p>Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils réformistes de mener leurs manœuvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser à la population travailleuse ou au moins à une majorité de celle-ci et lui dire : « Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne réforme et vous ne souhaitez pas tout révolutionner ». Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouvé une majorité pour céder à ce type de discours…</p>
<p>La révolte a été si profonde et radicale, le fossé si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus démunis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclamés ouvertement révolutionnaires, résolus à refuser les compromis et les fausses négociations, et à déclarer qu'ils ne voulaient rien réformer mais tout changer radicalement.</p>
<p>Bien sûr, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils réformistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, même parmi les militants de celles-ci, à dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux à nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des stratégies de lutte suffisantes pour améliorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extrême gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du réformisme.</p>
<p>Et cela n'a rien à voir avec une particularité française. Partout dans le monde, le réformisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-réformes qui détruisent les services publiques, les aides sociales, la santé, l'éducation, le niveau de vie des travailleurs, des chômeurs, des misérables. Au plan social et politique, ces réformistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de défendre le système capitaliste lui-même. Ainsi, ils ne font que donner crédit aux démagogies des extrêmes droites fascistes qui peuvent se créditer de dénoncer plus radicalement le système !</p>
<p>Les réformistes essaient de se recréditer à partir des attaques antisociales et ils font de même avec la menace que représentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent à rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils empêchent toute riposte, empêchent les travailleurs et les démunis de s'organiser pour riposter, et ils permettent à nos ennemis de faire croire à leur force et de faire croire que les exploités, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives…</p>
<p>La base même des thèses réformistes, c'est justement que l'« on ne peut pas changer le système, il faut seulement l'adapter ». Les mêmes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le fossé social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession privée du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'accéder au droit de réussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La réalité montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus précaires, plus démunis, plus menacés, plus attaqués, plus étouffés. Y compris quand ces prétendus réformistes gouvernent.</p>
<p>Le terme même de réformistes est mensonger car ces prétendues « gauches » ou « centres gauches » ou « gauches de la gauche », une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploités que les prétendues droites et même s'unissent parfois à elles ou aux extrêmes droites.</p>
<p>En période de crise révolutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploités, vers la répression violente des actions de ces derniers, vers l'écrasement violent des opprimés.</p>
<p>Et les réformistes, ou prétendus tels, ne réforment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise révolutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploités. Malgré la profondeur ce cette crise économique, le capitalisme n'a rien pu réformer du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propriétaires privés à miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778</a></p>
<h2 class="spip">2019 </h2>
<p>La grève des Urgences des hôpitaux a démarré sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-mêmes à l'hôpital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a réussi à généraliser la grève à tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'à l'extrême gauche essaient d'effacer cette indépendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces grèves auto-organisées sont là pour préparer la "journée" de grève syndicale du 5 décembre, pas du tout auto-organisée, ce qui n'est absolument pas le cas...<br class='autobr' />
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux hôpitaux est promené par les syndicats et affaibli par eux puis arrêté.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335</a></p>
<p>Le 5 décembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la tête d'une grève générale reconductible et interprofessionnelle… Mais c'est faux, bien entendu !</p>
<p>Certains croient que la CGT appelle toutes les catégories à la grève générale reconductible…</p>
<p>Mais la réalité est tout autre. Voici ce qu'elle écrit :</p>
<p>« Le 14 novembre pour la défense de l'Hôpital public et des Finances Publiques<br class='autobr' />
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissière et en soirée jusqu'à minuit (non rémunéré comme des heures de nuit de 21h à 24h)<br class='autobr' />
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'Elèves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)<br class='autobr' />
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes<br class='autobr' />
Le 5 décembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de réforme des retraites Delevoye/Macron<br class='autobr' />
Le 7 décembre contre la réforme de l'assurance chômage<br class='autobr' />
Et après nous déciderons ensemble des suites à donner à nos luttes : grèves, manifestations, rassemblements…. »</p>
<p>En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contrôler, pour éviter que la classe ouvrière ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital…</p>
<p>On peut même dire que, dès maintenant, en négociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent déjà la grève générale du 5 décembre qui, d'ailleurs, si elle se généralise petit à petit, secteur par secteur, n'est nullement appelée comme une grève générale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et chômeurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour préparer la journée du 5 décembre et les suivantes, non, c'est les négociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, pour tous les syndicats. Tous sont reçus. Tous négocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent dès maintenant !</p>
<p>Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles à une grève générale illimitée de tous les travailleurs, se prétendent aujourd'hui à son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, à la RATP, chez les employés de banque, les travailleurs se lancent dans une « grève sauvage » comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inquiète autant, à la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, décident eux-mêmes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engagés, de leur mode d'action et d'organisation !</p>
<p>Le 5 décembre, le mot d'ordre qui est souvent rappelé est celui de la « grève générale illimitée » mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux étant donné que le caractère « illimité » ne signifient pas qu'ils appellent à faire grève après le 5 et même pas le 6 décembre et que le caractère « général » de l'appel à la grève générale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvrière à agir ensemble !!!</p>
<p>En fait, une véritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, à la base, les travailleurs s'organisent par eux-mêmes en comités, en collectifs, en conseils, en assemblées, et se coordonnent localement, régionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des hôpitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et même dans tout l'hôpital public dans les collectifs de l'InterHôpitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Châtillon.</p>
<p>Certes, les médias ont parlé de « convergence » entre syndicats et gilets jaunes auto-organisés, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salariés de décider eux-mêmes, pas plus le 5 décembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des négociations, des objectifs, de la stratégie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Châtillon, c'est-à-dire l'auto-organisation de la lutte, ont imposé n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contrôle par les travailleurs de leur propre lutte, d'être sûr de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a décidé et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes possédantes et des gouvernants. Il est évident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats…</p>
<p>Les gilets jaunes veulent converger avec les salariés, pas être récupérés par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036</a></p>
<p>Mouvement des retraites… Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble après avoir lanterné ensemble…</p>
<p>La réponse syndicale à de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait dû être un mouvement général des salariés, une véritable explosion de révolte, relançant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils réformistes pour cela !</p>
<p>Vendredi de la semaine dernière, les syndicats appelaient à une journée de grève de la RATP. Elle était très suivie, mais à quoi sert une seule journée de grève d'une seule corporation même si elle est très suivie ? Sinon à faire en sorte que la colère ouvrière ne mène à rien !!! Les agents du métro étaient suivis par bien d'autres professions du public et du privé. Comment ne pas unir tous les salariés contre la réforme des retraites ? Les syndicats ont la réponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journée d'inaction et d « inefficacité,. etc. etc... Devant une telle stratégie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!</p>
<p>En même temps que les Urgences se battent, seules, que l'hôpital public se défend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salariés d'EDF contre le démantèlement seuls, les aéroports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont générales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !</p>
<p>Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-mêmes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler à des journées d'inaction alors que celles-ci ont démontré que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et même de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de manière active et militante contre… l'auto-organisation des travailleurs ! Les assemblées interprofessionnelles (qu'ils avaient acceptées contraints et forcés en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comités de grève, les conseils de travailleurs ou toute forme de décision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipulées par les patrons et le gouvernement, ou par l'extrême droite ou par l'extrême gauche. En tout cas, ils restent persuadés, ces appareils bureaucratiques, d'être la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des réunions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les empêche pas de décider, à la place des travailleurs, ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contesté en s'organisant par lui-même en comités de ronds-points, en assemblée de discussions et de décisions. Que les travailleurs en lutte ou en révolte décident d'élire eux-mêmes des délégués ou des représentants dans le feu de l'action, contrôlables et révocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-mêmes puissent décider ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tenté de l'imposer les personnels de l'hôpital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus négocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que « ce n'est pas négociable » !!</p>
<p>Alors que les attaques contre les salariés dépassent largement le secteur public, l'unité public/privé n'est pas réalisée par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menacés en cette rentrée : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'apprêtent à attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est proposé pour lutter alors que des travailleurs américains de l'Automobile ont commencé la lutte, y compris en s'organisant de manière indépendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants américains en font de même.</p>
<p>La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amené ces appareils réformistes à proposer une lutte générale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-mêmes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les réactions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-mêmes : les gilets jaunes n'ont pas désarmé et il suffit de peu de chose pour que toutes les colères fusionnent en une large révolte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financière et bancaire également menaçante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une révolte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'hôpital public, de l'Automobile, d'EDF, des Aéroports et on en passe…</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5522" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5522</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036</a></p>
<p>On en est à la cinquième journée d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes possédantes s'en moquent. Et ça se voit !! Et à chaque fois que le gouvernement sonne ses « partenaires sociaux », ils répondent présent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les stratèges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui menaçait de donner une suite massive à l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de révolte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assemblées générales interprofessionnelles, aucun débordement mettant en cause l'organisation de la société civile bourgeoise ! En somme, quelques journées syndicales ont prétendu effacer des mois et des mois de soulèvement des gilets jaunes en France !<br class='autobr' />
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire à faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !<br class='autobr' />
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur privé dont l'industrie !<br class='autobr' />
Même les ports n'ont pas suivi parce que la stratégie des syndicats les maintenait à l'écart !!!<br class='autobr' />
Les syndicats n'ont rien fait pour entraîner dans le mouvement les chômeurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc…<br class='autobr' />
Ils ont tout fait pour éviter de menacer le pouvoir d'un soulèvement social !!!<br class='autobr' />
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes…<br class='autobr' />
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux à penser que les travailleurs ne vont pas déborder, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annonçaient avoir adopté non une grève des transports mais une grève générale interprofessionnelle illimitée et reconductible par les AG, ils n'ont jamais même fait réellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que ça commence qu'il n'en serait rien.<br class='autobr' />
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'étouffer et c'est ce qu'ils font.<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678</a></p>
<p>Covid-19 et les syndicats…</p>
<p>Les patrons veulent coûte que coûte maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en empêcher !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896</a></p>
<p>En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes après en avoir dit pis que pendre…</p>
<p>Depuis le début du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais été hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans problème à la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les méthodes des directions syndicales et leur fausse démocratie. Ce qui caractérise les gilets jaunes, ils n'ont cessé de l'affirmer : « On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la société, de l'Etat, des partis et des syndicats ». On veut mettre en place une démocratie d'un genre nouveau, le pouvoir réel des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans être enfermés par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse démocratie des ronds-points et des assemblées !</p>
<p>Bien sûr, la liaison avec les entreprises est une nécessité et un élément important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il dépend. Mais il y a aussi la nécessité de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les chômeurs, avec les précaires, avec tous ceux qui sont opprimés et exploités.</p>
<p>Certains parlent de « la convergence des gilets jaunes avec la CGT », qu'il s'agisse de Mélenchon, des Insoumis, d'une certaine extrême gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres méthodes et appelle à nouveau à d'inutiles journées d'action, cette fois le 5 février, la dernière fois le 14 décembre. Méthode éculée, les journées d'inaction ont mené dans le mur tous les mouvements depuis des années, de la lutte pour les retraites à celle des cheminots.</p>
<p>Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les leçons de ces échecs cuisants, malgré des participations massives des travailleurs, soient tirées. Le succès des gilets jaunes n'a pas davantage servi de leçon aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'idée mais de type d'organisation. Les syndicats sont intégrés en fait à l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement déterminé par celui-ci, à commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacités. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercatégorielle a depuis longtemps été abandonnée par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur rôle. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salariés mais comme une direction de la lutte, incontestable, non élue, non révocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases mêmes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes possédantes depuis plus de deux mois…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246</a></p>
<p>Les gauches politiques et syndicales prétendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde…</p>
<p>Si le mouvement a pris, à ses débuts, un cours inattendu, massif et explosif, de type révolutionnaire, qui a fait peur aux classes possédantes et obligé le gouvernement à de premiers reculs, ce n'est nullement grâce à de quelconques stratégies de leaders autoproclamés mais parce que la révolte prenait largement dans la population la plus démunie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces dernières années, exprimer cette révolte qui débordait ainsi. Le caractère révolutionnaire de cette lutte tient également au fait que les Gilets Jaunes ont refusé le cadre faussement démocratique de la république des milliardaires en ne déclarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant à la fois des revendications économiques devant mettre fin aux inégalités sociales, à la misère et des revendications politiques sur la démocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient être résumées à ces deux mots d'ordre : « Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! », « Nous ne décidons de rien, nous voulons décider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! ». Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus précaires du peuple travailleur ne cherchait nullement à débattre avec l'État des grandes fortunes, ou à attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il représentait, dès lors, un réel danger pour les grandes fortunes s'il avait entrainé les salariés des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas été le cas.</p>
<p>C'est justement lorsqu'ils ont laissé croire à la « convergence syndicats-gilets jaunes » que le crédit des Gilets jaunes est tombé et les craintes des classes possédantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent à une fausse contestation sans risque, à des journées d'action, à des fausses propositions, à une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une série d'attaque sans précédent, les directions syndicales continuent de se réunir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et éparpillent les luttes, les grèves, les journées d'action évitant tout lien réel entre les salariés et le reste de la population dans des assemblées de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contrôler et diriger lui-même ses luttes.</p>
<p>L'unité du peuple travailleur n'est pas l'unité des organisations de la gauche politique ou syndicale.</p>
<p>La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte à savoir son auto-organisation, son refus des autorités, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont été influencés par ses aspirations politiques et sociales mêlées, par le fait de lier revendications sociales, démocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc resté que le fait que les syndicats prétendaient d'un côté continuer à calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y étaient associés, du moins lors de leurs sempiternelles « journées d'action syndicales » !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508</a></p>
<p>« Nous, agents grévistes du matériel au Technicentre de Châtillon, sur le réseau TGV Atlantique, avons cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats. »</p>
<p>L'écho énorme d'une grève locale à durée illimitée, décidée par les travailleurs eux-mêmes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journées syndicales mobilisant un nombre énorme de travailleurs sans faire aucun effet ou les grèves programmées par les centrales à dates préparées à l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.</p>
<p>Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la « grève sauvage ». La première fois, conducteurs et contrôleurs SNCF exerçant leur « droit de retrait » par une « grève surprise », illégale dit la direction, car sans déposer légalement de demande de grève avec préavis par les syndicats après négociation, à la suite d'un accident après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau (accident qui a fait 11 blessés, dont le conducteur - seul agent SNCF à bord du train) et où les cheminots estiment que la présence d'un seul cheminot par train a été une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent imposées par la direction. La deuxième fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Châtillon qui viennent de faire une grève reconductible sans direction syndicale, sans préavis, sans négociation, en prenant les décisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de congés alors que les conditions de travail sont très dures (cadences soutenues, pression des délais, les TGV contrôlés devant repartir très vite et le temps de contrôler est plus que court) et les salaires très bas. A l'origine de ce mouvement spontané, la volonté de la direction de Châtillon de mettre fin à un accord local, vieux de plusieurs années, qui offrait aux cheminots douze jours de repos supplémentaires.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568</a></p>
<p>Alors qu'une vague mondiale de révolte et révolutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concernés. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilité dans rien, ils n'ont en rien à leur donner des perspectives, alors que « leur » impérialisme français, lui, se considère comme responsable de la répression de ces luttes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381</a></p>
<h2 class="spip">2020 </h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">2021 </h2>
<p>Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable à la liberté et à la santé, les syndicats n'ont pas bougé le petit doigt lorsque ces attaques ont commencé à se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement développées et que des réactions spontanées et auto-organisées menacent pour avoir une petit début de réaction.</p>
<p>Ces mêmes syndicats ont refusé de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants étaient manipulés par l'extrême droite !! Comme pour dénigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extrême droite qui se joignait à une manifestation nullement organisée par des fascistes pour l'affirmer.</p>
<p>Maintenant, des syndicats (pas les confédérations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent à la grève mais ils se gardent d'appeler d'abord à des assemblées du personnel qui déciderait ainsi lui-même des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !</p>
<p>En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extrêmement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation empêche le développement des grèves ou le limite. Car bien des grèves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les hôpitaux. Et, si la vaccination obligatoire se généralisait, cette attitude des syndicats empêcherait aussi que les grèves se développent dans les EPHAD, les bibliothèques, les transports, les écoles, l'université, les postes, ou tout autre secteur.</p>
<p>Si Macron est obligé de s'engager à ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, écoles, collèges, lycées et jusqu'à l'université, c'est pour éviter la jonction des grèves de tous les secteurs vers une grève générale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'élargira et la dictature avec, même s'il est scientifiquement prouvé que cela ne bloque nullement la pandémie.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345</a></p>
<p>La CGT pendant la pandémie covid…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html</a></p>
<p>Face à la pandémie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341</a></p>
<p>Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en tête, font, conjointement ou séparément, la police dans la classe ouvrière...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305</a></p>
<p>La grève générale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la métropole coloniale...</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582</a></p>
<h2 class="spip">2022 </h2>
<p>Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarité active avec le peuple iranien soulevé !</p>
<p>Alors que les appareils bureaucratiques appellent à la « grève » le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarité avec l'insurrection en Iran menée par les femmes en appelant à leur emboiter le pas, ici, en France contre la République des milliardaires et l'impérialisme français ! Grève ouvrière générale de solidarité avec Mahsa ! « Bas les voiles », en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante féministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences policières contres toutes les femmes qui prennent la tête des révoltes, de l'Iran, au Soudan, à l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation ciblée de Gilets Jaunes). Le « refus d'obtempérer » est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.</p>
<p>Sur le plan économique, Grève générale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la montée vers guerre. Aucun de ces objectifs élémentaires n'est proposé par la gauche ou l'extrême gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'impérialisme français qui pourraient être coordonnées avec celles menée en Russie contre l'impérialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engagées dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera défendue par les réformistes (de gauche ou faussement d'extrême gauche).</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946</a></p>
<p>La grève qui dure dans les raffineries et dépôts de pétrole, son efficacité à bloquer les stations d'essence, et les hésitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil à son égard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de pétrole, qui ne visent pas du tout à changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvrière, ont commencé à reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de négocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas généralisé la grève à toutes les raffineries et tous les dépôts de pétrole. Ils se sont bien gardés de la généraliser à l'ensemble du secteur de l'Energie, à commencer par les centrales nucléaires. Ils ont refusé d'organiser dans toutes les entreprises des assemblées générales décisionnelles pour que les travailleurs décident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvrière doit se généraliser. Dans les raffineries et les dépôts en grève, les appareils syndicaux se sont juste un peu laissé pousser par la base, les syndicats au départ ne voulant que trois jours d'action et les salariés souhaitant la grève reconductible. Il était difficile pour les syndicats de refuser car il est évident que les entreprises du secteur font des bénéfices fabuleux alors que les salaires s'effritent face à l'inflation.</p>
<p>Seulement trois des six raffineries françaises sont bloquées sans que les syndicats expliquent pourquoi… Par exemple, aucun mouvement de grève n'a été relayé à la raffinerie de Lavéra de Pétroineos, située à Martigues dans les Bouches-du-Rhône. À la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus à la grève, la centrale syndicale expliquant que les salariés ont déjà obtenu des augmentations salariales jugées satisfaisantes. « Les résultats sont tellement bons en ce moment que c'était bien normal », assure Sébastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi raflé une augmentation de salaire plancher de 200€ ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de déplacement. « Partir en grève (à Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne paraît pas envisageable aujourd'hui malheureusement », affirme le dirigeant cégétiste.</p>
<p>Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, spécialisée dans la conception de batteries à usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui gère les stations-services) et qui s'était mise en lutte de manière inédite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. « Les salariés ne sont pas au rendez-vous », regrette Éric Sellini. « Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les fédérations et à la confédération pour faire en sorte que ça prenne. » Une date de grève dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin…) était d'ailleurs envisagée pour le 18 octobre. Elle a finalement été remplacée par un appel de la FNIC à la mobilisation aux côtés des raffineurs, sur les piquets de grèves, le 11 octobre. À la confédération, on réfléchirait à une nouvelle date de grève interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.</p>
<p>Les revendications salariales des syndicats du pétrole sont modestes comme ils le soulignent eux-mêmes. « Le périmètre pétrole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cité par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'à peine 150 millions d'euros pour la direction, à comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a été beaucoup plus réactive pour récompenser les actionnaires. »</p>
<p>Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent à des journées de grèves, car les autres ne le font même pas) poursuivent leur stratégie catastrophique de type négociation/journée d'action. La journée d'action du 22 septembre n'a servi à rien et la journée d'action du 29 septembre non plus. Cette dernière a été sans lendemain… La première ne posait que le problème de la santé et la deuxième que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980</a></p>
<p>Martinez, secrétaire général de la CGT est pour la "vaccination" de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, même s'il se prétend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le régime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !</p>
<p>Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonnière, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera à Martinez que les "Vaccins" contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgré l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent protéger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgré tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en réalité le pass sanitaire ! Voilà pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !</p>
<p>Mais rien d'étonnant à ce que Martinez qui a fait élire Macron pour faire soi-disant barrage à Le Pen, soutienne la mise en place d'un régime policier sur le peuple et les travailleurs sous prétexte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est déjà un régime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a décimé les révolutionnaires et saboté les révolutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gardé de son passé contre-révolutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prolétariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souveraineté du peuple travailleur en abolissant le régime de la propriété privé des moyens de productions !</p>
<p>On comprend mieux pourquoi la CGT ne défend pas les personnels suspendus pour avoir refusé l'injonction à l'injection d'un produit expérimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derrière le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la répression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas à l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a été la seule à faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, opposée à toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habituées à la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-révolution ! Toute leur politique est de lutter contre la révolution ! Et lutter contre la révolution qui monte c'est défendre le capitalisme !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177</a></p>
<h2 class="spip">2023 </h2>
<p>Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi…</p>
<p>Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et privé, face à la prétendue réforme des retraites et pas des défilés inoffensifs des syndicats !<br class='autobr' />
Ces syndicats ont négocié avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'était pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont payées par ce même Etat au service des milliardaires !<br class='autobr' />
Les syndicats se prétendent pour le maintien des régimes de retraites par répartition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?<br class='autobr' />
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR à l'origine de bien des attaques contre le régime de retraites ?<br class='autobr' />
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la défense des retraites !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208</a></p>
<h2 class="spip">2024 </h2>
<p>La France de Macron se déclare en préparation de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent même faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'excès de dépenses d'armement, la « budget de guerre ». Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'armée française, ses guerres impérialistes, ses guerres coloniales même. Jamais ils ne sont complètement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe même, le nationalisme, la prétention de l'impérialisme français à être la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont à fond pour !</p>
<h2 class="spip">2025 </h2>
<p>Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la société capitaliste, ceux du 18 étaient l'oeuvre de ses défenseurs, les réformistes qui veulent aider à son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est à combattre.</p>
<p>Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la démonstration est faite que les appels des directions syndicales ont été nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cortèges syndicaux étaient tout sauf faits pour inciter à la lutte, pour donner de l'élan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cortèges organisés par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !</p>
<p>Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le démobiliser, le diviser, le désarçonner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.</p>
<p>Quelles étaient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de répression, ses guerres, sa fausse démocratie...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328</a></p>
<p>10 septembre ! Quel objectif numéro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338</a></p>
<p>Le 10 septembre 2025 se prépare… et terrorise déjà les gouvernants, les possédants, les médias et… les syndicats !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367</a></p>
<p>La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366</a></p>
<p>Les faux « militants de la base » qui noyautent le mouvement débuté le 10 septembre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427</a></p>
<p>Après le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391</a></p>
<p>Quelles leçons tirer du 10 septembre ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390</a></p>
<p>Le mouvement de la base est « suspendu » mais il continue de planer au-dessus des classes possédantes dont le pouvoir est désormais suspendu lui aussi devant une situation prérévolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449</a></p>
<p>L'Etat français annonce son entrée en guerre et le sacrifice des enfants… Les syndicats osent à peine murmurer…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473</a></p>
<p>Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903</a></p>
<p>Les petits paysans sont étranglés et se battent… Mais sans le moindre geste de la classe ouvrière, muselée par les syndicats…</p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639</a></p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465</a></p></div>
Barta et les syndicats
https://matierevolution.org/spip.php?article8792
https://matierevolution.org/spip.php?article87922026-02-25T23:04:00Ztext/htmlfrRobert ParisBartaSyndicalism - le syndicalisme
<p>Barta et les syndicats <br class='autobr' />
Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvrière ? <br class='autobr' />
Le prolétariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcenée, sa condition est ramenée à des dizaines d'années en arrière. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps où des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allongée sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag">Barta</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Barta et les syndicats</h2>
<p>Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvrière ?</p>
<p>Le prolétariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcenée, sa condition est ramenée à des dizaines d'années en arrière. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps où des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allongée sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation capitalistes sont renforcées : le travail de nuit, le travail à la chaîne et au boni . Les conditions minimum d'hygiène et de sécurité sont ignorées, la garde-chiourme se trouve en permanence sur le dos des ouvriers. On nous signale des ouvriers surmenés s'effondrant sur leur machine et un accroissement excessif des accidents du travail.</p>
<p>Une pareille situation n'est possible que parce que la résistance ouvrière contre l'exploitation patronale est sabotée par les dirigeants actuels des Syndicats ouvriers.<br class='autobr' />
Sous le couvert de la formule "produire", ils ont repris leur politique d'union sacrée de 1939-40, quand ils se faisaient les auxiliaires de la répression anti-ouvrière. Les staliniens se sont joints à cette politique.</p>
<p>Ce qui fait qu'aujourd'hui, ils agissent comme une garde-chiourme auxiliaire et encore pire que la garde-chiourme patronale.</p>
<p>Les dirigeants syndicaux déshonorent le Syndicat et le détournent de son but qui est avant tout de défendre les conditions de travail et de salaire de la classe ouvrière face au patronat.</p>
<p>Cependant notre défense contre le patronat exige l'existence d'un Syndicat ouvrier. Le problème c'est donc de remplacer les dirigeants syndicaux qui trahissent notre cause, d'éduquer de nouveaux cadres conscients des tâches prolétariennes.</p>
<p>L'opposition syndicale Lutte de Classes se donne pour but d'éduquer de nouveaux cadres et de permettre la coordination de leur travail. "L'avantage des dirigeants actuels de la C.G.T.", nous disait un travailleur, "c'est de pouvoir combattre des éléments isolés". Nous devons leur enlever cet avantage.</p>
<p>Beaucoup de militants et de responsables syndicaux de base n'obéissent aux consignes de leurs chefs que parce qu'il leur manque la conscience de classe et qu'ils sont dupés par la politique de ces chefs. L'opposition Lutte de Classes se donne pour but de rendre conscients de leurs tâches les cadres fidèles de la classe ouvrière.<br class='autobr' />
Son journal, La Voix des Travailleurs se propose d'être le porte-parole des ouvriers. Il le sera dans la mesure où ceux-ci seront décidés à l'utiliser comme une tribune pour leurs revendications et pour leurs luttes.</p>
<hr class="spip" />
<p>COMMENT LA C.G.T. DOIT-ELLE AGIR ?</p>
<p>Le refus de De Gaulle de recevoir Jouhaux au sujet de la loi électorale et la prise de position de l'actuelle direction de la C.G.T. en faveur du "Oui-Non" ont remis sur le tapis une vieille question : la C.G.T. peut-elle se mêler de questions politiques ?</p>
<p>Les partisans de "l'autonomie" syndicale trouvent enfin l'occasion de démontrer combien la politique est nuisible à la C.G.T. "Car", prétendent-ils, "il y a désormais conflit entre les syndiqués appartenant à différents partis si leur position n'est pas celle de la direction stalinienne de la C.G.T.. Donc, pas de politique, que De Gaulle se "débrouille" avec les partis, la C.G.T. doit rester neutre, sans quoi au lieu de l'unité de tous pour la défense des salaires et des droits élémentaires, elle se divisera en autant de fractions qu'il y a de partis. Ceci, la direction de la C.G.T. l'admet par ailleurs elle-même, puisqu'elle n'ose pas donner l'ordre aux syndiqués de voter "Oui-Non", mais se contente de le recommander en général au public".</p>
<p>Nos "autonomistes" triomphent à tort ! Ils trompent eux-mêmes sciemment les ouvriers. Si la décision de la direction stalinienne de la C.G.T. donne prise aux manoeuvres de la bourgeoisie, ce n'est pas parce qu'elle fait de la politique.</p>
<p>Le 12 février 1934 , devant l'attaque politique des bandes fascistes, la C.G.T. avait décidé de riposter ensemble avec le P.C. et le P.S. par une grève générale et par une manifestation de masse. Cette politique juste renforça la classe ouvrière et mena tout droit aux conquêtes de juin 36.</p>
<p>La bourgeoisie voudrait bien que la C.G.T., sous prétexte d'intérêts corporatifs, déserte la lutte contre ses entreprises d'anéantissement des libertés et du niveau de vie des travailleurs.</p>
<p>C'est seulement parce que la politique des dirigeants de la C.G.T. est mauvaise et bureaucratique qu'elle nuit à la défense des travailleurs.</p>
<p>La loi électorale de De Gaulle lésait-elle directement, matériellement, chaque travailleur ? Oui ! Parce que dans son système électoral, 2 voix ne valent qu'une voix non-ouvrière.</p>
<p>Quelle devait donc être l'attitude de la C.G.T. ? Exiger qu'une voix ouvrière vaille au moins une voix non-ou-vrière, c'est-à-dire la re-présentation proportionnelle intégrale, puisqu'il est clair que les questions de salaire dépendent aussi des droits politiques élémentaires des ouvriers. Au besoin, il fallait appuyer cette exigence par la grève, seule arme de la C.G.T., par exemple par une journée de grève géné-rale comme le 12 février 1934.</p>
<p>Cette attitude, loin de dresser les syndiqués les uns contre les autres, aurait soudé leurs rangs en une seule volonté de combat, puisque sur cette question tous les ouvriers et tous les partis se réclamant du prolétariat sont d'accord. D'autre part, l'opinion publique honnête aurait soutenu un tel combat, car comment admettre cette hypocrisie de De Gaulle d'une "démocratie" dans *LIGNE MANQUANTE*.</p>
<p>Il ressort donc clairement que l'attitude de la direction actuelle de la C.G.T. n'est pas une riposte à De Gaulle, mais plutôt une manoeuvre pour détourner l'attention du fait qu'elle est incapable de combattre (de même qu'elle a abandonné la lutte économique des ouvriers) pour les libertés élémentaires et démocratiques des travailleurs. C'est pour esquiver la lutte qu'elle a pris une attitude politicienne, car il est bien plus facile de lancer des appels en l'air et controverser dessus entre bureaucrates que de dé-fendre réellement les travailleurs dans la lutte.</p>
<p>Si à la tête de la C.G.T. il y avait eu une tendance qui défende réellement chaque par-celle des droits économiques et des libertés des travailleurs, personne n'aurait pu se plaindre de l'immixtion de la politique dans les Syndicats. Tout au contraire, c'est par une politique révolutionnaire que les droits ouvriers les plus élémentaires seraient efficacement défendus.</p>
<hr class="spip" />
<p>DEFENSE DE LA MAIN D'OEUVRE</p>
<p>Produire, Produire, Produire. Tel est le ton sur lequel déclame toute la presse "syndicale". On explique aux ouvriers qu'il faut intensifier la production par l'utilisation d'une technique plus approfondie mais dans la pratique on les invite à travailler dans un minimum de temps ("crever le plafond"), à faire des heures supplémentaires, à travailler le samedi et même le dimanche, à abandonner leurs vacances et surtout à ne pas perdre de temps à faire des grèves. Pensez-donc, les bonzes syndicaux sont là pour discuter avec le patron.</p>
<p>Augmenter la production par l'emploi d'un matériel nouveau et perfectionné, c'est une solution très alléchante pour le patronat mais le matériel coûte cher et la bourgeoisie ne peut tout de même pas abandonner ses bénéfices pour relever l'économie du pays que sa rapacité a contribué à anéantir.</p>
<p>Reste la main d'oeuvre dont on peut exiger un accroissement du rendement sans autre dépense que des promesses.</p>
<p>Mais où en est la main d'oeuvre ? Déjà avant la guerre, elle était en décroissance. La population active qui était de 21.720.000 personnes en 1921 n'était plus que de 20.261.000 en 1936. Parmi cette population active, la main d'oeuvre productive baissait, tandis que la main d'oeuvre improductive augmentait. En 1921, il y avait 19.970.000 productifs pour 1.750.000 improductifs. En 1936, il avait 18.212.000 productifs pour 2.049.000 improductifs.</p>
<p>La guerre a encore diminué le nombre de la main d'oeuvre productive.<br class='autobr' />
Au moins 200.000 militaires ont été tué au cours des opérations. Le nombre des civils tués au cours des bombardements est évalué à 90.000, à cela il faut ajouter les hommes et les femmes fusillés ou morts dans les camps et les prisons de France et d'Alle-magne (75.000 fusillés rien que pour Paris). Les privations et les maladies, conséquences de la guerre ont augmenté la mortalité ! C'est certainement de plus d'un million de travailleurs que la guerre a réduit la population active. D'autre part, le nombre des ouvriers étrangers qui était de 1.599.000 en 1931 et tombé à 1.245.000 en 1936, s'est vu réduire de plusieurs centaines de mille, beaucoup ayant quitté la France, rappelés notamment par la mobilisation. La population productive est réduite à peine à 19.000.000, soit 2.000.000 de moins qu'avant la guerre.<br class='autobr' />
Mais si la population active a considérablement diminué, le nombre des improductifs a continué à s'accroître.</p>
<p>L'armée, les services administratifs (police, ravitaillement, prisonniers et rapatriés, etc.) emploient un nombre considérable de fonctionnaires. En 1936, il y avait 810.000 fonctionnaires ; aujourd'hui, le nombre des fonctionnaires est de 2 millions. Il reste à peine 16.000.000 de travailleurs pour la production, le commerce et les transports contre 18.262.000 en 1936, alors que toute l'économie est à reconstruire.</p>
<p>Et c'est sur la main d'oeuvre, élément essentiel de la production, et déjà si terriblement éprouvée, que la bourgeoisie, avec l'appui des organisations dites ouvrières, veut faire retomber tout le poids de la reconstruction. Le patronat, qui a profité de l'absence de mouvement ouvrier pendant la guerre pour diminuer les "temps" et ainsi accélérer la cadence, veut conserver celle-ci. On veut exiger du prolétariat une cadence plus vive, un nombre d'heures de travail plus considérable, alors que la nourriture est nettement insuffisante.</p>
<p>Il faut que les ouvriers exigent de leurs dirigeants syndicaux qu'ils prennent leurs responsabilités pour l'élaboration d'un plan de production et de ravitaillement qui puisse permettre à la classe ouvrière de recouvrer ses forces. Il leur faut exiger que ceux-ci les soutiennent effectivement lorsqu'ils entrent en lutte pour la défense de leurs revendications.</p>
<hr class="spip" />
<p>LE PREMIER CONGRES DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE</p>
<p>La Fédération Syndicale "Mondiale" est née. Le Peuple nous apprend que l'organisation de la Conférence a été "parfaite", que le Palais de Chaillot avait été aménagé d'une façon "très heureuse", etc... Bref, on nous en parle comme s'il s'agissait de la Foire de Paris ou d'une comédie à grand spectacle.<br class='autobr' />
A qui ces figurants jouent-ils la comédie ? A l'ensemble des syndiqués qu'on amuse pour canaliser leur mécontentement. Tout change, soi-disant. Mais pour que tout reste pareil. La F.S.I. de Jouhaux, Schevenels , Citrine , etc... fait place à la F.S.M. de Citrine, Schevenels, Jouhaux, etc... Mais Schevenels justement rappelle que "la faillite des organisations internationales n'est après tout que la somme des faillites nationales". Ce n'est pas en passant l'éponge et en recommençant la même politique avec les mêmes hommes qu'on arrivera à des résultats différents.</p>
<p>On nous présente les politesses des autorités comme un fait nouveau, la reconnaissance officielle de l'importance et du rôle du syndicalisme. Mais Belin et Cie jouissaient aussi de toutes les faveurs des autorités. Si la bourgeoisie se montre si "aimable", c'est qu'elle y trouve son compte. Elle s'essaye ainsi à domestiquer le mouvement ouvrier, à le lier à sa politique parce que l'action ouvrière consciente et organisée, donc indépendante de toute influence bourgeoise, est la plus dangereuse pour les classes dominantes.</p>
<p>Pour que les Syndicats remplissent leur rôle d'organisateurs de la lutte ouvrière et de défenseurs de nos conditions de vie, ils doivent être ouverts à tous les travailleurs, quel que soit leur pays. Qu'est-ce que c'est que cette Fédération "Mondiale" qui n'accepte que les ouvriers des pays vainqueurs, comme si toutes les classes ouvrières n'étaient pas d'abord, et au même titre les vaincues de la guerre ? La F.S.M. prouve ainsi qu'elle n'est destinée qu'à mener la politique bourgeoise à la manière ouvrière, et c'est pour cela qu'il n'y a en elle aucune unité de vue, dès qu'on quitte les lieux communs. C'est pour cela que, comme la presse bourgeoise elle-même Combat le signale, les oppositions s'y retrouvent entre grandes et petites puissances, et entre grandes puissances. Bien sûr : du moment qu'on se place au point de vue de nos exploiteurs nationaux, pas moyen de s'entendre avec l'exploité d'en face. Et c'est comme ça que le "camarade" Sir Citrine ferme la bouche au délégué des Syndicats de l'Inde réclamant l'appui de la F.S.M. pour l'affranchissement de son pays !<br class='autobr' />
Préoccupés de prouver leur "bonne foi" aux gouvernements, les représentants de la F.S.M. reprennent à leur compte toute la politique dont nous éprouvons chaque jour, dans notre chair, les conséquences. Ils se réclament de la Charte des Nations Unies (sic), de la Conférence de Potsdam, etc..., mais reconnaissent que jusqu'ici "seul l'appel au travail a retenti partout".</p>
<p>Alors, qu'attend-on pour organiser une action ouvrière générale ? En tant que classe opprimée, les travailleurs ne peuvent prendre la responsabilité d'aucune action diplomatique bourgeoise, d'aucune "conférence de Potsdam" ou d'ailleurs, accomplie en dehors de leur contrôle précisément par les fondés de pouvoir (généraux et politiciens) du grand capital. Les décisions des Jouhaux-Frachon etc... ne nous engagent pas plus, car nous n'y avons pas pris part, et elles ne sont que le reflet, dans une mince couche de bureaucrates ouvriers, des décisions prises par les différents gouvernements capitalistes.</p>
<p>"Les faits sont têtus", dit le proverbe. La lutte de classes, reniée officiellement dans les pays impérialistes, revient au premier plan à l'occasion de la lutte pour l'indépendance des peuples coloniaux, malgré le triage sur le volet des délégués.<br class='autobr' />
La réalisation d'une véritable centrale syndicale mondiale sera une victoire considérable pour les ouvriers. Mais on ne la construira pas dans les discussions diplomatiques où les méfiances et les rivalités se cachent sous les embrassades. Elle sera le fruit de la lutte généralisée que, dans chaque pays, les travailleurs mèneront contre leurs maîtres. Un peu partout, les ouvriers entrent en lutte et la bureaucratie syndicale ne les y aide guère. Ces premiers combats, et la lutte des exploités coloniaux, voilà les prémices de l'unité syndicale mondiale.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm</a></p>
<p>En poursuivant NOTRE BUT</p>
<p>La Voix des Travailleurs s'est donné pour but de remettre au premier plan la défense des conditions de vie des travailleurs et de rappeler à ce rôle les Syndicats ouvriers ; car malgré une technique de plus en plus puissante qui rend l'homme maître de la nature, les conditions d'existence des travailleurs au lieu de progresser, se trouvent ramenées à des dizaines d'années en arrière.</p>
<p>Les dirigeants syndicaux passent entièrement sous silence tout ce qui concerne les conditions de travail qui sont actuellement celles des plus sombres jours de l'exploitation capitaliste : un des aspects en est le manque total d'hygiène et de sécurité.</p>
<p>Les questions d'hygiène et de sécurité ont pourtant une grande importance, car d'elles dépendent la vie et la santé des ouvriers. Elles ont du reste toujours occupé une grande place dans la lutte syndicale.</p>
<p>Et quoique en régime capitaliste il ne sera jamais mis à la disposition des ouvriers des conditions de travail telles que leur fournirait un régime où l'exploitation de l'homme par l'homme serait abolie, les ouvriers étaient néanmoins arrivés à imposer au patronat certaines mesures de protection. A la faveur des années de guerre et actuellement du mot d'ordre produire, la condition prolétarienne s'est considérablement aggravée. Le patron s'estime en droit d'exploiter les ouvriers comme s'il s'agissait de bêtes de somme. Sa tendance est toujours "d'économiser" aux dépens de la main d'oeuvre. Ne pas acheter des dispositifs de sécurité ou ne pas les faire fonctionner, ne pas entretenir ou refaire les bâtiments vétustes, ne pas donner un éclairage suffisant, ne pas fournir des masques ou des vêtements de travail protecteurs, autant d'économies réalisées aux dépens de la santé et de la vie des ouvriers.</p>
<p>Le nombre des accidents de travail s'accroît. Même là où des dispositifs de sécurité existent, les ouvriers sont empêchés de s'en servir en raison de la cadence du travail qui leur est imposée. Les ouvrières travaillent dans les mêmes conditions et leur situation est d'autant plus pénible.</p>
<p>Il y a des dizaines de milliers d'ouvriers pour lesquels ne pas avoir de lait, c'est la maladie à plus ou moins brève échéance : c'est le cas des ouvriers des fonderies, des sableries, des produits chimiques, des imprimeries, etc. Personne ne songe pourtant à imposer la fourniture de lait à ces catégories d'ouvriers. Des journaux ont bien souvent décrit les scandales du lait qui va au marché noir, des boîtes de lait condensé qui ont le même sort. Mais aucun moyen n'est envisagé pour mettre à la disposition des ouvriers qui font des travaux malsains le lait qui leur est indispensable.</p>
<p>Pour lutter contre ces abus, il faut commencer par les révéler et les dénoncer. Il faut briser la barrière de silence qui entoure actuellement les abominables conditions de travail de la classe ouvrière.</p>
<p>Nous demandons aux ouvriers de nous signaler de partout ces conditions. La Voix des Travailleurs les exposera et mènera campagne contre les abus capitalistes qui compromettent la santé des ouvriers et abrègent leur vie.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm</a></p>
<p>CRISE DU SYNDICALISME ?</p>
<p>Le Congrès du S.N. des Instituteurs a pris position contre la politique suivie par la C.G.T. Ainsi se sont manifestés publiquement le manque d'unité et la crise profonde que traverse le syndicalisme en France.</p>
<p>Le Congrès du S.N. "revendique hautement pour le mouvement syndical le droit de déterminer démocratiquement sa position". Mais il se garde par ailleurs de préciser concrètement quelle est sa position. La C.G.T. n'a pas fait ce qu'elle aurait dû faire. Mais qu'aurait-elle dû faire ? Le S.N. s'est contenté de reproches formels à l'égard de la C.G.T. qui à son tour critique formellement les partis politiques. (Editorial du Peuple, 22-12-45).</p>
<p>Le fond de l'affaire est soigneusement évité. Toute cette discussion de principe ne vise, en définitive, dans la tête des dirigeants qu'à masquer les responsabilités, et la peur de la lutte qu'ils ont manifestée dans les faits.</p>
<p>Au nom du S.N., Bonissel qualifie de "malheureuses" (!) les paroles prononcées par H. Raynaud au Vel' d'Hiv' le 12-12, se déclarant opposé au principe d'une grève générale qui désorganiserait le pays (pourtant, pour ce qui est du désordre, le gouvernement des capitalistes ne craint pas de concurrence...)</p>
<p>Mais que dit Neumeyer, secrétaire de la Fédération des Fonctionnaires et syndicaliste "pur" ?</p>
<p>"... Nous aurions dû avoir recours à la grève générale... Dès à présent, nous pouvons dire qu'une seule considération a arrêté les responsables de l'ordre à donner : la crainte d'engager le pays dans un chaos économique sans précédent qui aurait pu conduire à une véritable révolution, dont l'issue pouvait être très dangereuse à bien des points de vue, surtout après les manifestations de dictature gouvernementales dont nous avions été témoins.</p>
<p>N'ayant pas été jusqu'à ce stade, nous étions forcément amenés à subir la position du gouvernement, comme nous avions subi jusqu'à présent l'augmentation du coût de la vie qu'il avait été incapable d'arrêter. Nous en sommes à peu près là aujourd'hui." (Tribune des Fonctionnaires, 25-12-45).</p>
<p>En réalité, nous étions bien loin de la révolution. Mais les travailleurs révolutionnaires doivent se rappeler qu'un de leurs propres "chefs" a déclaré de lui-même que c'est la crainte de la révolution qui a seule empêché de pousser la lutte jusqu'au bout, et que, à défaut de la pousser jusqu'au bout, il ne reste qu'à subir la volonté du gouvernement.</p>
<p>Mais alors, toutes les rodomontades de Neumeyer, etc..., sur la reprise de la lutte revendicative ne sont que de la poudre aux yeux des travailleurs.</p>
<p>Du stalinien Raynaud au "syndicaliste" Neumeyer, les préoccupations sont les mêmes.<br class='autobr' />
S'ils font montre d'une pareille incapacité et d'une pareille peur de la lutte, c'est qu'ils agissent en défenseurs et provocateurs de la politique bourgeoise au sein du mouvement ouvrier. Voilà pourquoi ils sont obligés de mentir, et pourquoi il y a un tel écart entre leurs paroles et leurs actes. Car si cette politique bourgeoise se montrait sous son vrai visage, pas un ouvrier, pas un travailleur ne la supporterait. Cependant, la lutte de classes fait sauter le masque, et sous la pression des circonstances, il arrive même qu'un Neumeyer dise la vérité !</p>
<p>En même temps que producteur, le travailleur est "citoyen". Aussi la lutte anti-capitaliste se mène-t-elle sur tout les fronts à la fois, sur le plan politique et sur le plan économique. La lutte syndicale – la résistance des masses à l'exploitation économique – n'est qu'un des aspects de la lutte immense qui oppose les exploités et les exploiteurs, et elle reste soumise à sa stratégie générale : la lutte de classe. Il n'existe pas de politique de syndicalisme. L'impuissance et la servilité de la C.G.T. ne viennent pas de la pénétration politique dans ses rangs mais de la pénétration de la politique bourgeoise par l'intermédiaire des partis ouvriers dégénérés. Merrheim écrivait déjà en 1909 que "si les Briand et les Viviani (les Thorez et Tillon de l'époque) n'avaient pas trouvé de domestiques au sein de la C.G.T. pour y faire leur besogne, tout comme ceux de Millerand en 1900, leurs efforts n'eussent pas abouti à cette défiance naturelle qui règne dans les milieux syndicaux... Celle-ci (la crise) n'est pas une crise domestique, mais une crise de domestication". L'"indépendance syndicale" n'est qu'un mot d'ordre réactionnaire si on ne lui donne pas un contenu de classe – et si on lui donne un contenu de classe, comment les travailleurs pourraient-ils mener leur action syndicale "indépendamment" de leur action politique ?</p>
<p>Pourraient-ils dire noir et blanc du même coup, défendre leurs conditions de vie et "gagner la bataille de la production" ?</p>
<p>Au nom de l'"indépendance" du mouvement syndical, les "syndicalistes purs" brisent l'unité du mouvement ouvrier, et par là font la besogne des capitalistes. C'est pourquoi, devant la crise du syndicalisme, nous voyons des bonzes invétérés, qui craignent l'éveil de conscience des masses, se raccrocher si vite à la branche pourrie du "syndicalisme pur".</p>
<p>La question en fait est la suivante : qui impulse les syndicats, qui exerce son hégémonie sur eux ? Si c'est la bourgeoisie, nous aurons toute la gamme des syndicats larbins actuels jusqu'aux "syndicats" fascistes. Si c'est le prolétariat, nous aurons des syndicats de combat, non pas "indépendants", mais intimement liés à l'ensemble de la lutte ouvrière. De quoi celle-ci a-t-elle besoin ?</p>
<p>Le mouvement communiste est la forme la plus évoluée, la plus consciente de la lutte de classe. Il est la théorie pratique du mouvement ouvrier qu'il représente, dit Marx, en totalité. Comment alors pourrait-il entrer en contradiction avec un des aspects principaux (le syndicalisme) du mouvement ouvrier ? En fait, au nom de l'indépendance syndicale, nous assistons à un règlement de comptes entre ex-unitaires et ex-confédérés. Les cliques embourgeoisées et leurs idéologies divisent et empoisonnent les syndicats. Le rôle des ouvriers révolutionnaires, communistes, c'est d'unifier les syndicats sur la base de la lutte.</p>
<p>La complète indépendance vis-à-vis de la bourgeoisie, l'hégémonie prolétarienne réalisée grâce au parti révolutionnaire : voilà comment résoudre la crise syndicale.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/ldc57_011446.htm</a></p>
<p>Quand Barta contribuait à fonder un syndicat tout en étant très réticent à le faire :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532</a></p>
<p>Barta et l'auto-organisation des travailleurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6005</a></p></div>
La fausse auto-organisation du groupe Révolution permanente
https://matierevolution.org/spip.php?article9334
https://matierevolution.org/spip.php?article93342025-11-15T23:30:00Ztext/htmlfrKarobPaysansSyndicalism - le syndicalisme
<p>LES FAUX RÉVOLUTIONNAIRES EN SERVICE PERMANENT : LE GROUPE DIT « RÉVOLUTION PERMANENTE » MET EN SCÈNE SES PROPRES MILITANTS À GARE DU NORD <br class='autobr' />
Sous prétexte de “riposte par en bas”, Révolution Permanente organise ses propres assemblées pour mieux canaliser la colère populaire. <br class='autobr' />
L'article qu'ils publient sur “l'AG de Gare du Nord” n'est pas le récit d'un mouvement spontané, mais la mise en scène d'une poignée de militants de leur courant, jouant les porte-parole de “la base”. <br class='autobr' />
Une fausse AG (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag">Paysans</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><p>LES FAUX RÉVOLUTIONNAIRES EN SERVICE PERMANENT : LE GROUPE DIT « RÉVOLUTION PERMANENTE » MET EN SCÈNE SES PROPRES MILITANTS À GARE DU NORD</p>
<p>Sous prétexte de “riposte par en bas”, Révolution Permanente organise ses propres assemblées pour mieux canaliser la colère populaire.</p>
<p>L'article qu'ils publient sur “l'AG de Gare du Nord” n'est pas le récit d'un mouvement spontané, mais la mise en scène d'une poignée de militants de leur courant, jouant les porte-parole de “la base”.</p>
<hr class="spip" />
<p>Une fausse AG de base, un vrai cadre d'appareil</p>
<p>On nous parle d'une “centaine de travailleurs” réunis à Gare du Nord pour discuter de la crise politique et du budget Lecornu.</p>
<p>En réalité, c'est la structure militante de Révolution Permanente qui y occupe tout l'espace.<br class='autobr' />
Les mêmes noms reviennent à chaque article : Anasse Kazib, Laura Varlet, Hassan (Geodis), Adrien (Paris 1).</p>
<p>Ce ne sont pas des figures “venues de la base”, ce sont des cadres politiques du groupe, formés pour répéter la même ligne :<br class='autobr' />
“riposte par en bas”, “grève générale”, “AG interpro”, “coordination régionale”.<br class='autobr' />
La méthode est toujours la même : on se réunit entre militants, on s'auto-interviewe, on publie ensuite un papier pour donner l'impression d'un mouvement de masse.<br class='autobr' />
Mais derrière la façade, il n'y a pas d'autonomie populaire, pas de délégués élus, pas de décisions collectives — seulement une avant-garde autoproclamée qui cherche à occuper le terrain laissé vide par les appareils syndicaux.</p>
<hr class="spip" />
<p>L'illusion du “par en bas”</p>
<p>Depuis des années, RP détourne le vocabulaire de l'auto-organisation ouvrière pour en faire une rhétorique creuse.</p>
<p>Ils parlent “d'assemblées générales”, de “base”, de “colère qui monte”,<br class='autobr' />
mais leur pratique réelle consiste à diriger de haut tout ce qu'ils prétendent animer.<br class='autobr' />
Leur “par en bas” est toujours encadré d'en haut, sous la direction du parti.</p>
<p>Ce procédé vise à donner une image radicale, mais c'est une radicalité de façade : aucune mise en cause du cadre républicain, aucune rupture réelle avec les institutions bourgeoises.<br class='autobr' />
RP ne veut pas renverser le pouvoir, il veut en devenir l'aile gauche radicale, un sas entre la révolte sociale et le retour à l'ordre.</p>
<hr class="spip" />
<p>Les mêmes discours, encore et toujours</p>
<p>Kazib dénonce “31 milliards d'euros d'austérité” et “la remilitarisation”, Varlet appelle à “profiter de la fragilité du gouvernement Macron”, Hassan parle de “préparer la grève et le blocage de l'économie”, et Adrien, l'étudiant RP, élargit le tout à la Palestine et aux luttes internationales.</p>
<p>Tout cela peut apparaitre à certains sonner juste dans les mots, mais c'est faux dans la fonction.</p>
<p>On agite les bons thèmes pour épuiser la colère dans le verbe, jamais pour construire un véritable pouvoir populaire.</p>
<p>Leur “semaine noire de mars” n'est qu'un calendrier militant, leur “riposte par en bas” une posture, et leur “coordination Île-de-France” une coquille vide servant à justifier leur propre structure de direction.</p>
<hr class="spip" />
<p>Neutraliser la colère populaire</p>
<p>Le rôle politique de Révolution Permanente est clair : empêcher que la colère du peuple travailleur se transforme en pouvoir autonome.</p>
<p>Ils se placent à la jonction entre la base et le pouvoir, comme un tampon entre le peuple et la rupture révolutionnaire.</p>
<p>Là où le mouvement pourrait se fédérer, ils ramènent tout dans un discours contrôlé,<br class='autobr' />
et transforment les comités de lutte en vitrines de leur courant.</p>
<p>C'est le même rôle que jouent les syndicats “contestataires” : canaliser, parler à la place, maintenir les masses dans la passivité organisée.</p>
<p>Chez RP, l'apparence est plus radicale, mais le fond est le même : stabiliser le système sous couvert de le combattre.</p>
<p>Le discours face à ce que RP qualifie de crise politique (et pas de crise sociale) : « Lecornu démissionne : il faut une réponse ouvrière pour dégager Macron et imposer une Assemblée unique » ne mène pas bien loin en termes de radicalisme !</p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Theses-sur-la-situation-en-France-et-les-taches-des-revolutionnaires" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Theses-sur-la-situation-en-France-et-les-taches-des-revolutionnaires</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2025/10/16/bjxn-o16.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2025/10/16/bjxn-o16.html</a></p>
<hr class="spip" />
<p>Pour un véritable pouvoir du peuple travailleur fédéré</p>
<p>Face à cela, il faut revenir à la seule voie sérieuse : celle du pouvoir populaire organisé dans ses comités, hors des partis, hors des syndicats, hors des médias d'appareil.</p>
<p>Les comités de travailleurs, de quartiers, d'étudiants, doivent se fédérer entre eux, décider par eux-mêmes, reprendre le contrôle de la vie économique et politique,<br class='autobr' />
et ne plus déléguer leur force à des porte-parole auto-désignés.</p>
<p>La véritable riposte par en bas ne consiste pas à applaudir Kazib ou Varlet,<br class='autobr' />
mais à reprendre en main nos propres assemblées, à refuser les chefs autoproclamés,<br class='autobr' />
et à reconstruire le pouvoir collectif de ceux qui produisent et vivent du travail.</p>
<hr class="spip" />
<p>Conclusion<br class='autobr' />
Le groupe d'extrême gauche « Révolution Permanente » joue aujourd'hui le rôle que la gauche institutionnelle jouait hier : parler au nom du peuple pour éviter que le peuple parle en son nom propre.</p>
<p>Ses militants se mettent en scène dans des AG fantômes pour maintenir l'illusion d'une radicalité sans conséquences.<br class='autobr' />
Mais l'époque change : la crise du 10 octobre a ouvert une brèche que ni les faux socialistes ni les faux trotskystes ne pourront refermer.</p>
<p>Le pouvoir ne reviendra pas à ceux qui commentent la lutte, mais à ceux qui l'organiseront réellement — dans les comités du peuple travailleur fédéré, les seuls capables d'imposer une souveraineté populaire effective face à la République des oligarques.</p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1193" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1193</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1037" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1037</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7326</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6978" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6978</a></p>
<p>Quand RP parle de "mouvement ouvrier", il ne s'agit pas des comités de travailleurs mais des syndicats :</p>
<p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Gel-de-la-reforme-des-retraites-Macron-montre-qu-il-est-fragile-le-mouvement-ouvrier-doit-en" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/Gel-de-la-reforme-des-retraites-Macron-montre-qu-il-est-fragile-le-mouvement-ouvrier-doit-en</a></p></div>
La trahison des mouvements des exploités et opprimés et les moyens de la combattre
https://matierevolution.org/spip.php?article9318
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<p>La trahison des mouvements des exploités et opprimés et les moyens de la combattre <br class='autobr' /> De l'élan du 10 septembre au fiasco syndical du 2 octobre : la salutaire divergence entre luttes de la base et luttes réformistes <br class='autobr' />
Comme prévu, la journée syndicale du 2 octobre fut un fiasco, et on peut presque s'en féliciter. Cette journée d'inaction fut la confirmation du fait que l'appel syndical du 18 septembre avait pour but de faire semblant de raccrocher les organisations syndicales au mouvement du (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La trahison des mouvements des exploités et opprimés et les moyens de la combattre</h2>
<p> <i>De l'élan du 10 septembre au fiasco syndical du 2 octobre : la salutaire divergence entre luttes de la base et luttes réformistes </strong></p>
<p>Comme prévu, la journée syndicale du 2 octobre fut un fiasco, et on peut presque s'en féliciter. Cette journée d'inaction fut la confirmation du fait que l'appel syndical du 18 septembre avait pour but de faire semblant de raccrocher les organisations syndicales au mouvement du 10 septembre, initié par la base, afin de l'étouffer.</p>
<p>Les révolutionnaires ne pouvaient qu'appeler au mouvement du 10 septembre ; ils pouvaient participer à la journée syndicale du 18 tout en sachant qu'elle avait été annoncée avant le 10 pour iniciter à ne pas inscrire les salariés des grandes entreprises dans le mouvement ; ils ne pouvaient que boycotter l'appel du 2 octobre, tant sa nature était claire.</p>
<p>Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la démonstration est faite que les appels des directions syndicales ont été nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cortèges syndicaux étaient tout sauf faits pour inciter à la lutte, pour donner de l'élan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cortèges organisés par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !</p>
<p>Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la société capitaliste, ceux du 18 étaient l'oeuvre de ses défenseurs, les réformistes qui veulent aider à son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est à combattre.</p>
<p>La transition entre le premier mouvement de la base, Gilet jaune, et le second a ainsi été raté.</p>
<p>Il a manqué chez les anciens Gilets jaunes des révolutionnaires capables de comprendre, de combattre et de dévoiler la manœuvre des appareils réformistes, politiques et syndicaux.</p>
<p>Il a manqué chez les anciens Gilets jaunes des révolutionnaires capables de comprendre le contenu profondément révolutionnaire du premier mouvement de la base et de l'insuffler au deuxième, en proposant des méthodes, des moyens, des buts qui déstabilisent le vieux monde.</p>
<p>Il a manqué chez les anciens Gilets jaunes des révolutionnaires capables d'aller interpeller les syndiqués, les convaincre de rejoindre des AGs a-syndicales, souveraines, se fédérant dans des coordinations.</p>
<p>Il a manqué dans les syndicats des révolutionnaires capables d'y faire la même chose, mais de l'intérieur. Seul des syndicalistes révolutionnaires, héritiers de Rosmer et Monatte, peuvent remplir cette tâche. Les fausses extrêmes gauches opportunistes n'ont pas été formés à cette école. La gauche réformiste pas davantage !</p>
<p> L'amalgame entre des Gilets jaunes et des syndiqués révolutionnaires, dans des AGs communes, est le pire cauchemar de la gauche réformiste, ce qui explique sa forte mobilisation pour le 18, afin d'être majoritaire dans le mouvement, pour l'étouffer. Les plus actifs dans cette lutte contre tout germe de syndicalisme révolutionnaire furent les partis de l'extrême gauche opportuniste.</p>
<p>Trois partis que se disent révolutionnaires incarnent la forme révolutionnaire sous laquelle peut se masquer la trahison syndicale : Lutte Ouvrière (LO), Révolution permanente (RP) et le NPA-R. Ces partis se prétendent parfois, lorsque cela les arrange, "trotskistes". Bien entendu, Ttotsky, dont le leitmotiv était de constituer des comités auto-organisés de travailleurs indépendants des appareils réformistes n'est pour rien dans la politique de ces groupes.</p>
<p>Au lieu de prôner la séparation entre entre ceux les adversaires su capitalisme (les Gilets jaunes) et ses partisans (les directions syndicales), ces partis veulent les réconcilier au nom de la convergence des luttes. Au lieu d'expliquer en quoi des journées du type du 10 et du 18 septembre sont en contradiction, ces partis appelaient à amplifier le 10 par le 18. Leur porte-paroles sont des "révolutionnaires" qui se disent aussi "syndicalistes", mais combattent le syndicalisme révolutionnaire.</p>
<p><strong>L'extrême-gauche opportuniste au coeur du 18 septembre</strong></p>
<p>Le point commun de ces partis est d'avoir pour porte-parole des délégués syndicaux qui sont également porte-paroles du syndicat Sud-Solidaires, car nommés comme délégués syndicaux par cette confédération. Ainsi, ces "trotskistes" qui prétendent souvent "dénoncer" les directions syndicales (jamais dans leurs écrits syndicaux, mais dans des textes confidentiels qui servent de baume à leurs militants) sont porte-parole de l'une d'entre elle ! C'est ce qui explique leur 0¨% aux élections, tant leur politicaillerie est grossière.</p>
<p>Mais comment la direction de Solidaires peut-elle accepter de se faire "injurier" par de tels porte-paroles qui en tant que "trotskistes", ont à leur programme la dénonciation des directions syndicales comme des agents de la bourgeoisie dans le mouvement ouvrier ?</p>
<p>Car ces trois partis, LO, NPA et RP n'ont en fait rien de trotskistes. Eux et Solidaires font partie de la famille de la gauche anti-communiste, dont la bourgeoisie a grand besoin.</p>
<p>Solidaires est en partie sortie de la CFDT, elle même sortie de la CFTC en 1964. Or la CFTC fut crée en 1919 comme organisation syndicale anti-communiste, le communisme étant incarné dans le syndicalisme par la minorité de la CGT (exclue en 1921), qui contre Léon Jouhaux avait combattu l'Union sacrée depuis 1914, par les voix de Monatte, Rosmer, Péricat et d'autres.</p>
<p>Ces militants syndicalistes révolutionnaires de la CGT étaient les camarades de Trotsky. RP, LO et le NPA-R n'ont jamais écrit un seul manifeste syndical de la forme : nous sommes la fraction syndicaliste révolutionnaire, héritière de Rosmer et Monatte. Ces trois partis sont en accord avec les statuts de SUD-Solidaires, et avec les staliniens sur ce plan : aucune filiation au syndicalisme révolutionnaire de Monatte et Rosmer ! Le syndicat Solidaires est aujourd'hui l'animateur d'un Réseau de Solidarité avec l'Ukraine, ramassis de socio-patriotes, hommes sandwichs des marchands de canons français.</p>
<p>LO, RP et le NPA-R sont des partis dits centristes, réformistes déguisés en révolutionnaires, les pires imposteurs. Ils font donc bien partie de la famille anti-communiste, anti-bolchévique, anti-trotskiste ; aussi surprenant que cela puisse paraître. Si l'on relit leurs textes, ces partis critiquent la CGT, jamais Solidaires. Dans un des derniers articles de LO critiquant les directions syndicales à propos de la journée du 2 octobre, on lit :</p>
<blockquote class="spip">
<p>les directions syndicales mentent aux travailleurs. La CFDT accepte d'avance de nouveaux reculs et semble compter sur la bonne volonté patronale. La CGT prétend que « jamais le rapport de force n'a été aussi favorable » … parce que les syndicats sont unis et que le gouvernement est faible. Mais elles ne disent rien du rapport de force réel, c'est-à-dire social, entre les capitalistes et les travailleurs.<br class='autobr' />
(...) Les confédérations syndicales programment certes des journées comme celle du 2 octobre, pour rappeler au gouvernement qu'il convient de compter avec elles. Mais les travailleurs doivent les utiliser pour se préparer aux combats qui sont devant eux, combats qui se feront sans, et même très probablement contre, les directions syndicales.</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/apres-2nbspoctobre-partager-efforts-faire-payer-lespatrons-187442.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/apres-2nbspoctobre-partager-efforts-faire-payer-lespatrons-187442.html</a></p>
</blockquote>
<p>Bref : les directions syndicales sont toutes pourries, sauf Sud, celle de J-P Mercier comme le souligne le dessin, mais les travailleurs "doivent" absolument participer à leurs journées ! Dans son communiqué pour le 2 octobre, LO oublie toute critique :</p>
<blockquote class="spip">
<p> Manifestations du 2 octobre 2025 à 14h00. Lutte ouvrière appelle à participer aux manifestations organisées le 2 octobre contre les attaques du gouvernement contre les classes populaires.</p>
<p>A Paris, la manifestation partira de la place d'Italie à 14h.</p>
</blockquote>
<p>Lutte Ouvrière, par ce communiqué, est le simple porte-voix des directions syndicales.</p>
<p>L'hostilité envers la CGT, que ces partis mirent en avant à propos du 10 septembre pour paraitre rejoindre le mouvement de la base, est une forme d'anti-communisme primaire, que ces partis font passer auprès de leurs militants pour une "critique des directions syndicales". La palme du suivisme vis-à-vis des directions syndicales relativement au mouvement du 10 septembre revient à RP, dont le porte-parole Anasse Kazib est à également à Solidaires :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Au moment où Bayrou lance une offensive austéritaire historique, la dirigeante de la CGT a finalement pris position sur l'appel du 10 septembre. Loin de soutenir cette date, Sophie Binet s'est délimitée du mouvement pointant son caractère « nébuleux » et ses « actions floues ».(...)</p>
<p>Comment pourrait-il en être autrement, quand cette bureaucratie syndicale évite, voire méprise, une partie de la classe ouvrière qui cherche à en découdre, avec un niveau d'expérience de la lutte proche de zéro pour beaucoup ? Certain·e·s n'ont jamais fait grève ou manifesté avant.</p>
<p>Comment veulent-ils que des gens, partant de rien, s'organisent autrement que de manière « nébuleuse » ? Ils n'ont ni UD, ni UL, ni permanents syndicaux, ni imprimante, ni site internet, rien. Juste quelques comptes Facebook ou Telegram pour discuter et partager l'immense colère qui les anime.</p>
<p>C'est quand même fou d'être à la tête d'un syndicat et d'attendre des gens de base une clarté revendicative et organisationnelle digne du parti bolchevique !</p>
<p>Faudra-t-il désormais réciter le Manifeste du Parti communiste pour avoir le droit de lutter ?<br class='autobr' />
(...)<br class='autobr' />
Les syndicats auraient au contraire une carte énorme à jouer : pour eux-mêmes, mais aussi pour l'ensemble du mouvement ouvrier. À condition de tirer le bilan de leur attitude méprisante vis-à-vis des Gilets jaunes.</p>
<p>(...) Bravo aux syndicats qui ont déjà exprimé des appels à rejoindre le 10/09. Ce ne devrait pas être à la patronne de la CGT d'empêcher cela, mais aux militants d'imposer démocratiquement l'orientation. Binet explique souvent qu'elle ne décide de rien, qu'elle suit la base, il faudrait encore la consulter réellement, déclencher une assemblée de tous les secteurs, plutôt qu'imposer déjà une forme de cordon sanitaire par en haut.</p>
</blockquote>
<p>Ainsi RP dit "bravo" aux syndicats, fait l'apologie des ULs, des UDs, alors que ceux qui ont lancé les appels du 10 septembre sont des "zéros". RP appela avec enthousiasme aux journées du 18 et du 12. Les directions syndicales (sauf Solidaires) sont pourries, mais il faut suivre leurs appels !</p>
<p>La haine d'Anasse Kazib contre Sophie Binet a des relents anti-communistes : Sophie Binet mépriserait les "travailleurs de base" car elle serait léniniste, marxiste. C'est digne du courrier des lecteurs du Figaro !</p>
<p>En résumé LO, le NPA-R et RP ne disent rien contre Solidaires, vilipendent la CGT, mais prétendent qu'il faut absolument répondre à tous leurs appels, et que c'est parce que les travailleurs n'y répondent pas assez nombreux que ces appels n'aboutissent à rien. On voit à travers ces textes que ces partis ne s'adressent jamais aux syndiqués, en tant que révolutionnaires (de peur de perdre leurs mandats syndicaux), et ne font finalement que leur transmettre les appels des confédérations, qui seraient "pourries".</p>
<p>De même qu'Engels affirmait que l'anti-sémitisme est le socialisme des imbéciles, on peut dire que le syndicalisme de nos prétendus "révolutionnaires" est le syndicalisme-révolutionnaire des imbéciles.</p>
<p>Pour les authentiques révolutionnaires, le syndicalisme révolutionnaire converge totalement avec le mouvement de la base, vers la remise en cause et le renversement du pouvoir étatique des milliardaires, c'est un mouvement à la fois économique et politique et il construit, tout en formant la mobilisation du peuple travailleur, les bases du futur pouvoir des travailleurs. Rien à voir avec les calculs politiciens et des appareils syndicaux comme de leurs soutiens opportunistes.</p>
<p><strong>La reconnaissance de l'Etat palestinien</strong></p>
<p>En même temps que se déroulaient les opérations des appareils réformistes en France, la question palestinienne était aussi discutée par les travailleurs et instrumentalisée par les ennemis des travailleurs. Un Macron pouvait se faire passer pour porte flamme d'une aspiration à la liberté en donnant droit à l'existence de l'Etat palestinien en y mettant la condition que le peuple palestinien n'y gagne aucune assurance de sauvegarde de sa vie et de celle de ses enfants ! Et les partis et syndicats que l'on a vu plus haut tromper les travailleurs en font autant pour la question Israël-Palestine !</p>
<p>C'est la Conférence de San Rémo, qui réunit, du 18 au 24 avril 1920, les délégués de l'Angleterre, de la France, de l'Italie et du Japon, qui mit en forme les décisions précédemment acquises : la France exercera son mandat sur la Syrie et l'Angleterre sur la Mésopotamie et la Palestine. 1920 est pour les Arabes de la région appelée « l'année de la catastrophe ».</p>
<p>Quelques semaines plus tôt un Congrès syrien s'était réuni :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Nous donc, aujourd'hui, en notre qualité de représentants réels de la nation arabe dans toutes les parties de la Syrie, parlant en son nom et manifestant sa volonté, avons déclaré à l'unanimité l'indépendance de notre pays, la Syrie, dans ses limites naturelles, la Palestine y compris</p>
</blockquote>
<p>Ce Congrès exprimait la volonté d'unifier le territoire arbitrairement coupé en deux au profit des mandats français et britannique, puis à leur tour découpés ultérieurement dans la chair des peuples : Liban et Syrie pour le territoire du mandat français, Palestine et Jordanie pour le mandat britannique. La Palestine britannique sera elle-même plus tard découpée en Israël et une sous-Palestine (cis-Jordanie, bande de Gaza). Et c'est cette sous-Palestine que la gauche française, de l'extrême-gauche à Macron, prétend "reconnaître". L'extrême-gauche prétend aller "plus loin" que Macron et crie "Palestine libre", mais ne remet absolument pas en cause le partage colonial du Traité de Versailles.</p>
<p>C'est Millerand, le père du réformisme français moderne, qui représentait la République française à la Conférence de San Remo : c'est la gauche réformiste française, les ancêtres de LFI, du PS et du PC qui ont créé le "foyer national juif" qui deviendra Israël. L'extrême gauche se rallie à ce colonialisme, en affirmant faussement que tout commence en 1947, à cause d'un impérialisme "étranger", celui des USA. L'impérialisme français ne serait que "complice" ! C'est comme si l'on accusait cet impérialisme français d'avoir été "complice" de la colonisation en Algérie, alors qu'il est le responsable numéro 1.</p>
<p>Le fait que c'est à San Remo en Italie en 1920 que fut acté un des pires montages coloniaux contre les populations du Proche orient rend d'autant plus choquante la célébration que l'extrême-gauche opportuniste orchestre autour des récentes manifestation prétendument "pro-palestinienne" en Italie :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Vendredi 3 octobre, du nord au sud du pays, plus de cent manifestations ont rassemblé des foules immenses. Du jamais vu depuis des décennies, tant de l'avis des médias que des manifestants. « Je milite depuis l'âge de 14 ans et j'espérais cela depuis 30 ans », dit une manifestante, à Florence.(...)<br class='autobr' />
La CGIL parle d'un total de deux millions de manifestants. Le gouvernement dit entre 400 000 et 500 000. Un chiffre difficile à estimer, car ces manifestations ont eu lieu spontanément, sans nulle part de demande déposée en préfecture. Elles ont donné lieu parfois à des affrontements avec la police ; des blocages ont eu lieu dans des ports et aéroports, des gares, sur des routes autour des grandes villes. En bloquant les livraisons d'armes à destination d'Israël, les dockers de Gênes, suivis par ceux d'autres ports, ont rendu crédible le mot d'ordre « Bloquons tout ! ».</p>
<p>« S'ils bloquent la flottille, nous bloquerons l'Italie » : l'avertissement repris par les syndicats de base avant de l'être massivement dans la rue, a amené la CGIL à rejoindre l'appel à la grève générale annoncée le 3 octobre par les syndicats de base et à la manifestation nationale à Rome le lendemain.</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/litalie-dans-la-rue-pour-gaza/" class="spip_out" rel="external">L'Italie dans la rue pour Gaza</a></p>
</blockquote>
<p>Ainsi, un mouvement de solidarité parti de la base aurait "obligé" la CGIL à agir, le tout aboutissant à un mouvement de grande ampleur. Or la CGIL ne peut qu'étouffer un mouvement authentique de solidarité avec les Palestiniens opprimés et exterminés par l'armée israélienne, tout comme le but de la CGT pour le 18 septembre ne pouvait être "amplifier le 10 septembre", mais seulement "étouffer le 10 septembre".</p>
<p>Car la CGIL, célébrée par le NPA-R, est un des complices des pires crimes de l'impérialisme au Moyen Orient. 1920 fut non seulement l'année de la Conférence de San Rémo, mais celle d'une grève générale avec occupation des usines à Turin. Les tâches du prolétariat d'Italie, à l'ordre du jour, étaient la mise en place de la dictature du prolétariat sous la forme des soviets d'ouvriers et paysans pauvres, comme en Russie en 1917. Le pouvoir ouvrier aurait déchiré les accords Sykes-Picot et le Traité de Versailles, comme le firent les bolchéviks, alors que la Russie du tsar était partie prenante des accords Sykes Picot (avec notamment l'occupation de Jérusalem).</p>
<p>C'est par la dictature du prolétariat en Italie, en France, aux Etats-Unis, que le prolétariat pourra apporter son soutien aux palestiniens, comme le fit la Russie de d'Octobre 1917, pas autrement. Et au fait qu'apportent ces manifestations en Italie ? Rien, du vent, comme en France. Les pseudo-révolutionnaires font croire "qu'il n'y avait pas assez de monde", c'est pourquoi rien n'a été obtenu. Ça n'a pas suffit, il faut recommencer. Ça ne suffira pas, il faudra recommencer. C'est ce qu'on appelle une journée d'inaction syndicale. Pire : c'est un signal au prolétariat de Palestine : les organisations syndicales et politiques du mouvement ouvrier sont les chiens de garde de leur colonialisme, les "trotskystes officiels " n'en sont qu'une variante, rien n'a changé depuis 1920, n'ayez aucun espoir.</p>
<p>Dénoncer les vrais réformismes et les faux révolutionnaires est une tâche vitale, bien que négative, pour préparer l'avenir. Que l'extrême gauche opportuniste encense, ou dénigre les CGTs, le but reste le même : étouffer dans l'oeuf tout politique des révolutionnaires dans les syndicats.</p>
<p>En 1920, la CGIL sauva la bourgeoise italienne, ouvrant la voie au sionisme dans le territoire du mandat britannique, au fascisme de Mussolini en Italie. Et c'est cette CGIL que le NPA-R célèbre, se réjouissant qu'elle ait rejoint le mouvement pro-Palestine !</p>
<p><strong>La taxe Zucman</strong></p>
<p>Les appels au 10 septembre étaient le signe d'une agitation souterraine contre une république bourgeoise dont les politiciens millionnaires sont au services d'oligarques milliardaires. L'un d'eux comme Bernard Arnault a redonné du crédit à la gauche réformiste en propulsant la "taxe Zucman" au rang des mesures "radicales", "inacceptables" pour la bourgeoisie. Certes du point de vue purement économique, la taxe Zucman, consistant à taxer à 2% les plus riches n'a rien de particulièrement révolutionnaire, mais sa mise en avant par un des meneurs de la bourgeoisie française, qui mit E. Macron au pouvoir, est avant tout politique et symptomatique de la peur bourgeoise due au 10 septembre.</p>
<p>Le fait que l'extrême gauche opportuniste soit réformiste est mis en lumière par le fait que cette polémique autour de la taxe Zucman l'a déstabilisée : cette extrême gauche s'est retrouvée dépassée, sur le plan des revendications, par la gauche ouvertement réformiste. D'où la bourde de N. Arthaud, qui s'est mise à dénoncer, en compagnie de Bernard Arnault, cette taxe Zucman, qui ne serait "rien", par rapport à "l'expropriation" qu'elle, préconise.</p>
<p>La grossier mensonge de N. Arthaud est de faire croire à la classe ouvrière que la différence entre les révolutionnaires et les réformistes est que leur revendication économiques "vont plus loin" que celle des réformistes. Or les grands bourgeois sont tout à fait capable de taxer, exproprier, voire exterminer (Hitler le fit pour les bourgeois juifs d'Allemagne) d'autres grands bourgeois. C'est par exemple ce que les bourgeois européens souhaiteraient prochainement faire en s'appropriant les "avoirs russe", pas à 2% comme la taxe Zucman, mais à 100 % ! Leurs politiciens comme Macron prient même pour que des "drones russes" lancés à partir des "vaisseaux fantômes", pilotés par des équipages chinois, donnent un bon prétexte pour le faire.</p>
<p>C'est la revendication du pouvoir politique pour le prolétariat, l'objectif de la dictature du prolétariat, qui différencie les communistes authentiques des réformistes, rien d'autre. Or la taxe Zucman laisse entrevoir la question du pouvoir : quelle classe sociale est au pouvoir ? Quelle classe, sinon le prolétariat, pourrait imposer une taxe Zucman ? C'est en liant cette revendication économique avec cette question qu'un programme de transition est à l'ordre du jour.</p>
<p>L'argument : mais si le prolétariat prend le pouvoir, une taxe à 2% sera dépassée, c'est l'expropriation qui sera à l'ordre du jour, est une erreur d'écolier. C'est ignorer qu'une révolution prolétarienne peut être victorieuse dans un seul pays momentanément, alors qu'est impossible le "socialisme dans un seul pays".</p>
<p>Après la reprise du pouvoir en 1917, l'Etat ouvrier de Lénine et Trotky resta isolé. Ils jugèrent que les paysans moyens ne devaient pas être expropriés, car obtenir leur neutralité politique était le seul but accessible. C'est le contre-révolutionnaire Staline qui les expropria à partir de 1929. Des "taxes de type Zucman" furent donc préconisées par Lénine et Trotsky face aux paysans moyens, dans le cadre de leur programme pour la révolution mondiale ; leur expropriation et la collectivisation forcée fut une des premières mesures de la contre révolution mondiale que fut le stalinisme.</p>
<p><strong>Pour construire le parti révolutionnaire, renouer les liens entre le syndicalisme révolutionnaire et les mouvements de la base</strong></p>
<p>Que ce soit pour le Front unique ouvrier, ou pour le Front unique anti-impérialiste, c'est en reprenant les interventions de Rosmer et Monatte contre Jouhaux, contre l'impérialisme français, que les révolutionnaires trouveront des exemples à suivre. Rosmer de la CGT participa au Congrès de Bakou dont une des thèses sur la question palestinienne est :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Le slogan du prolétariat juif doit être "Bas les pattes de la Palestine" ! (Congrès de Bakou, 1920)<br class='autobr' />
1. C'est la politique de l'Entente (et en particulier de la Grande-Bretagne) concernant la création d'un Etat juif en Palestine, où l'écrasante majorité de la population est arabe - une politique soutenue par la Seconde Internationale jaune - qui fournit la base de l'agitation du parti sioniste bourgeois parmi les masses populaires juives en faveur du sionisme. Dans les conditions actuelles, cette agitation favorise l'Entente, en particulier la Grande-Bretagne.</p>
</blockquote>
<p>C'est en combattant non pas la CGT, mais les courants "jaunes" dans tous les syndicats que les révolutionnaires seront utiles. Ce n'est pas en brandissant le drapeau palestinien dessiné par le Traité de Versailles, mais le drapeau rouge du prolétariat mondial, que la jeunesse sera utile dans les manifestations. Mais surtout, que cette jeunesse fonde des cercles de lecture marxistes, dans les établissements scolaires, afin de ne pas sombrer dans le "mouvementisme" dans lequel les réformismes, avec l'aide des pseudo-révolutionnaires, les ont promenés les 18 et 2 octobre !</p>
<p>C'est comme cela que la classe ouvrière pourra prendre la tête des révoltes qui explosent partout dans le monde, du Népal au Maroc, de Madagascar à l'Asie du sud, et ne pas laisser la jeunesse seule face au pouvoirs répressifs.</p>
<p>Les chutes de nombreux gouvernements dans le monde, dont ceux de la France avec Bayrou et Lecornu, montrent que les classes possédantes ont peur des vagues révolutionnaires et que celles-ci sont capables de changer le monde. Les manœuvres de ceux qui se prétendent nos amis et détournent nos mouvements n'en sont que plus criminelles. Le seul moyen de combattre ces trahisons est d'imposer l'auto-organisation des mouvements et les buts réellement radicaux de ceux-ci, visant à renverser le pouvoir des milliardaires et non à composer et négocier avec lui !</p></div>
Après le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?
https://matierevolution.org/spip.php?article9303
https://matierevolution.org/spip.php?article93032025-09-27T22:15:00Ztext/htmlfrKarobSyndicalism - le syndicalismeParti révolutionnaire - Revolutionnary partyGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Pour un nouvel Acte III des Gilets Jaunes : renversons tout le pouvoir et ses adeptes <br class='autobr' />
Bilan du 10 et du 18 septembre <br class='autobr' />
Depuis juillet, des appels ont circulé appelant à boycotter, à désobéir à la société des milliardaires, des banques, des trusts et au pouvoir politique, et à développer la solidarité entre nous. <br class='autobr' />
Ces appels étaient une forme d'aspiration à une insurrection politique et devaient être un début de sécession d'avec la société actuelle, son fonctionnement, ses institutions, (…)</p>
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<div class='rss_texte'><div class='spip_document_16768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><h2 class="spip">Pour un nouvel Acte III des Gilets Jaunes : renversons tout le pouvoir et ses adeptes</h2>
<p>Bilan du 10 et du 18 septembre</p>
<p>Depuis juillet, des appels ont circulé appelant à boycotter, à désobéir à la société des milliardaires, des banques, des trusts et au pouvoir politique, et à développer la solidarité entre nous.</p>
<p>Ces appels étaient une forme d'aspiration à une insurrection politique et devaient être un début de sécession d'avec la société actuelle, son fonctionnement, ses institutions, son pouvoir politique et social.</p>
<p>Les appels se revendiquaient d'une rupture ouverte avec la société des milliardaires, mais ils furent rapidement dévoyés par les faux soutiens qui, au fil de l'été, ont été obligés de se prononcer par rapport à ces appels. Ne pouvant les dénoncer comme ils l'avaient fait autrefois contre les GJ, ces faux amis de gauche ont prétendu cette fois-ci nous soutenir, mais ils n'ont pas repris les mots d'ordre du mouvement, réduisant tout à un seul mot d'ordre : « Bloquons tout », qui, de simple moyen de lutte (discutable d'ailleurs), est devenu l'objectif du mouvement.</p>
<p>Ces soutiens liés aux directions syndicales, à l'extrême gauche opportuniste et à la gauche bourgeoise ont permis d'éviter toute réelle auto-organisation, même s'ils la revendiquaient publiquement.</p>
<p>Le mouvement de la base contestant le pouvoir démarrant le 10 a été ainsi transformé en journée d'action du 10 en vue d'objectifs économiques limités.</p>
<p>Bloquons tout, disaient les insoumis et les gauches syndicales mais qu'ont-ils réellement bloqué ?</p>
<p>En noyautant le mouvement du 10 septembre LFI et les syndicalistes de gauche (fussent-ils prétendument d'extrême gauche) n'ont pas bloqué la France : ils n'ont fait que bloquer le mouvement de base en le transformant en mouvement des appareils et en changeant discrétement les objectifs…</p>
<p>Résultat : ils n'ont même pas gagné sur leurs objectifs réformistes… Et ils ont essayé d'effacer les objectifs insurrectionnels venus des Gilets jaunes et ceux annoncés par le mouvement du 10 septembre !</p>
<p>Le mouvement du 10 a donc été en partie dévoyé de l'intérieur par ces soi-disant soutiens qui ne retenaient plus que l'idée d'auto-organisation — elle-même dévoyée puisque les assemblées ne sont jamais constituées sur la base des mots d'ordre et de l'appel à l'insurrection politique. Elles ont accouché de « blocages » vite délogés, puis d'appels à soutenir la grève légale de l'intersyndicale.</p>
<p>Nos faux amis, mais vrais ennemis politiques de l'auto-organisation et de l'insurrection populaires, ont encadré le mouvement spontané pour qu'il ne soit pas dangereux, avec l'aide de faux radicaux mouvementistes et d'anciens GJ servant de cheval de Troie.</p>
<p>Au final :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> les assemblées sont désertées ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> on n'y discute que d'actions pratiques et pas de perspectives sociales et politiques ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> tout vrai débat sur la finalité du mouvement, ses revendications, ses moyens, est proscrit ou censuré.</p>
<p>Or ce qui a fait la force des GJ, c'était une réelle auto-organisation où tout était discuté et décidé, avec la tentative de se fédérer à l'échelle du pays — ce qui n'a jamais été la volonté de ces assemblées para-syndicales.</p>
<p>C'est pourquoi il faut tirer la leçon : tant que l'on reste enfermé·es dans les “journées” et dispositifs encadrés par les appareils, la dynamique est neutralisée. L'élan du 10 septembre doit être assumé et prolongé, sinon il sera de nouveau étouffé.</p>
<p>Pour un nouvel Acte III des Gilets Jaunes</p>
<p>Si nous voulons nous préparer au mieux à la confrontation avec le pouvoir politique et l'État, il faut reprendre là où le mouvement des Gilets Jaunes a été le plus fort, avant de reculer sous les coups des faux amis actuels, qui avaient déjà mis en œuvre une politique de cordon sanitaire autour du mouvement.</p>
<p>En effet, les Gilets Jaunes n'ont jamais été aussi forts et menaçants pour le pouvoir que lorsqu'ils ont tenté d'aller chercher Macron dans son palais. Le pouvoir a tremblé.</p>
<p>C'est ce même élan qui a déjà renversé d'autres pantins des oligarques, en Indonésie comme au Népal : le peuple allant chercher directement ceux qui prétendaient gouverner à sa place. Voilà le seuil minimum de lutte et d'action directe à retrouver.</p>
<p>C'est cela qui avait fait la force des Gilets Jaunes : vouloir aller chercher Macron qu'ils ne reconnaissaient plus, alors que les directions syndicales et de partis le reconnaissaient comme président.</p>
<p>Les Gilets Jaunes ne cherchaient pas de compromis : c'est de là qu'il faut redémarrer le mouvement, au minimum.</p>
<p>Or ce n'est pas l'objectif des soi-disant soutiens, qu'ils viennent des directions syndicales ou des partis de l'extrême gauche opportuniste et électoraliste.<br class='autobr' />
Cette proposition n'est pas un slogan abstrait : elle signifie que les GJ doivent assumer leur propre voie, indépendante des agendas institutionnels et des illusions électorales, s'ils veulent redevenir menaçants pour le pouvoir.</p>
<p>Un objectif clair</p>
<p>Celles et ceux qui se disent Gilets Jaunes, ou qui se réclament de leur cause, doivent se prononcer sur cet objectif clair : reprendre l'élan de l'Acte III.</p>
<p>Sans ce minimum :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> aucune alliance réelle,</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> aucune action commune sérieuse n'est possible.</p>
<p>Sans ce seuil minimum, toute prétendue alliance avec des forces politiques ou syndicales ne sera qu'une manœuvre pour nous enfermer à nouveau dans leurs calendriers et leurs limites.</p>
<p>Alors seulement, ensemble, nous pourrons discuter des moyens pour aller plus loin.</p>
<p>Il ne peut y avoir de prise de pouvoir sans ce niveau minimum de lutte et d'action directe. Certainement pas avec les blocages proposés actuellement.</p>
<p>Et c'est ce niveau de lutte qui avait fait peur. Alors, ceux qui disent soutenir les GJ, ou être GJ, doivent se prononcer sur cet objectif minimum. Après, on causera des moyens.</p>
<p>Discutons-en parmi nous</p>
<p>Ce qui a fait la force des Gilets Jaunes, et particulièrement de l'Acte III, ce n'est pas seulement l'auto-organisation : c'est aussi son aspect insurrectionnel. Sans insurrection, il n'y a pas de révolution.</p>
<p>Prendre acte que le minimum requis doit être celui de l'Acte III, c'est assumer que le mouvement GJ signifie à la fois auto-organisation et confrontation insurrectionnelle.</p>
<p>Bien sûr, il ne s'agit pas d'« appeler » directement à l'insurrection. Il s'agit de préparer les mentalités à sa nécessité : diffuser les idées, les analyses et les pratiques qui rendent compréhensible et possible l'acte insurrectionnel.</p>
<p>En même temps, il faut discuter et construire dès maintenant l'auto-organisation qui permettra, après le renversement du pantin des oligarques, de diriger la société autrement : comités, assemblées, sections fédérées, coordinations.</p>
<p>Les blocages isolés ou les journées symboliques ne menacent pas le pouvoir : ils ne sont pas à la hauteur. Les grandes ruptures (1789, 1793, 1871) furent des insurrections : c'est ce seuil qu'il faut retrouver.</p>
<p>L'auto-organisation prend toute sa force quand elle s'articule à une dynamique populaire capable de confronter le pouvoir ; préparer l'un sans l'autre, c'est se condamner à l'impuissance.</p>
<p>L'expérience historique est nette : une auto-organisation sans préparation insurrectionnelle devient une coquille vide ; une révolte sans structures populaires solides s'épuise vite. Les deux doivent avancer ensemble.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Ce n'est que sur ce minimum requis — celui de l'Acte III, combinant auto-organisation et dynamique insurrectionnelle — que nous pouvons discuter, nous associer et décider comment agir dans la période.</p>
<p>Nous nous associons justement pour préparer les mentalités à la nécessité de l'insurrection, tout en construisant dès maintenant et en défendant les formes d'auto-organisation nécessaires pour prendre le pouvoir une fois le pantin oligarque renversé.</p>
<p>Tout ce qui reste en deçà — blocages sporadiques, journées symboliques, mots d'ordre creux — détourne et affaiblit le mouvement.</p>
<p>Le peuple travailleur n'est souverain qu'au travers de la fédération de ses sections, ou il ne l'est pas. Comme les sections sans-culottes de 1793, il nous faut des assemblées populaires fédérées, où le peuple prend, exerce et organise son pouvoir.</p>
<p>La leçon de 1793, 1871 et 1917 est claire : quand le peuple s'organise réellement pour gouverner à la place des élites, le pouvoir vascille puis cède. C'est cette perspective que l'Acte III doit rouvrir.</p></div>
Les révolutionnaires, les syndicats et l'unité syndicale
https://matierevolution.org/spip.php?article8624
https://matierevolution.org/spip.php?article86242025-09-26T22:20:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskySyndicalism - le syndicalisme
<p>Léon Trotski <br class='autobr' />
La question de l'unité syndicale <br class='autobr' />
(1931) <br class='autobr' />
La question de l'unité des organisations ouvrières n'est pas sujette à une solution unique, adaptée à toutes les formes d'organisation et à toutes les conditions. <br class='autobr' />
La question se résout de la manière la plus catégorique pour le parti. Son indépendance complète est la condition élémentaire de l'action révolutionnaire. Mais même ce principe ne donne pas d'avance une réponse toute faite aux questions : quand et dans quelles conditions (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>
<div class='rss_texte'><p>Léon Trotski</p>
<h2 class="spip">La question de l'unité syndicale</h2>
<p>(1931)</p>
<p>La question de l'unité des organisations ouvrières n'est pas sujette à une solution unique, adaptée à toutes les formes d'organisation et à toutes les conditions.</p>
<p>La question se résout de la manière la plus catégorique pour le parti. Son indépendance complète est la condition élémentaire de l'action révolutionnaire. Mais même ce principe ne donne pas d'avance une réponse toute faite aux questions : quand et dans quelles conditions doit se faire la scission, ou au contraire l'unité avec un courant politique voisin ? Ces questions sont résolues chaque fois sur la base d'une analyse concrète des tendances et des conditions politiques. Le critère le plus élevé reste en tout cas la nécessité pour l'avant-garde du prolétariat organisé, le parti, de préserver sa complète indépendance et son autonomie sur la base d'un programme d'action distinct.</p>
<p>Mais précisément une telle solution de la question du parti non seulement admet, mais rend en règle générale indispensable une attitude tout à fait différente à l'égard de la question de l'unité des autres organisations de masse de la classe ouvrière : syndicats, coopératives. , les Soviétiques.</p>
<p>Chacune de ces organisations a ses propres tâches et méthodes de travail et, dans certaines limites, indépendantes. Pour le Parti communiste, toutes ces organisations sont avant tout l'arène de l'éducation révolutionnaire de larges sections ouvrières et du recrutement des ouvriers avancés. Plus la masse d'une organisation donnée est grande, plus grandes sont les possibilités qu'elle offre à l'avant-garde révolutionnaire. C'est pourquoi, en règle générale, ce n'est pas l'aile communiste mais l'aile réformiste qui prend l'initiative de diviser les organisations de masse.</p>
<p>Les bolcheviks et les syndicats</p>
<p>Il suffit de comparer la conduite des bolcheviks en 1917 à celle des syndicats britanniques ces dernières années. Non seulement les bolcheviks sont restés dans les mêmes syndicats que les mencheviks, mais ils ont toléré dans certains syndicats une direction menchevik, même après la révolution d'Octobre, bien que les bolcheviks aient eu l'écrasante majorité dans les soviets. Les syndicats britanniques, au contraire, à l'initiative des travaillistes, non seulement chassent les communistes du parti travailliste, mais aussi, dans la mesure du possible, des syndicats.</p>
<p>En France, la scission des syndicats fut aussi la conséquence de l'initiative des réformistes, et ce n'est pas un hasard si l'organisation syndicale révolutionnaire, contrainte de mener une existence indépendante, a adopté le nom d'organisation unitaire. le nom de la centrale syndicale de gauche en France est « Confédération générale unitaire du travail » – Ed.].</p>
<p>Exigeons-nous aujourd'hui que les communistes quittent les rangs de la Confédération générale du travail [la centrale syndicale de droite] ? Pas du tout. Au contraire : l'aile révolutionnaire au sein de la Confédération de Jouhaux doit être renforcée. Mais nous montrons par là seulement que la scission de l'organisation syndicale n'est en aucun cas pour nous une question de principe. Toutes ces objections de principe ultra-gauchistes qui peuvent être formulées contre l'unité syndicale s'appliquent d'abord à la participation des communistes au C.G. de L. Pourtant, tout révolutionnaire qui n'a pas perdu le contact avec la réalité doit reconnaître que la création de fractions communistes dans les syndicats réformistes est une tâche extrêmement importante. L'une des tâches de ces fractions doit être la défense de l'U.G.C. de L. devant les membres des syndicats réformateurs. Cela ne peut se faire qu'en montrant que les communistes ne veulent pas la scission des syndicats, bien au contraire, qu'ils sont prêts à tout moment à rétablir l'unité syndicale.</p>
<p>Si l'on admet un instant que la scission des syndicats est imposée par le devoir des communistes d'opposer une politique révolutionnaire à celle des réformistes, alors on ne peut se limiter à la seule France : il faut exiger que les communistes, indépendamment de le rapport de forces, rompent avec les syndicats réformistes et constituent aussi leurs propres syndicats en Allemagne, en Angleterre, aux Etats-Unis, etc. Dans certains pays, les partis communistes ont effectivement emprunté cette voie. Dans des cas précis, les réformistes ne laissent aucune autre issue. Dans d'autres cas, les communistes commettent une erreur évidente en tombant dans les provocations des réformistes. Mais jusqu'à présent, les communistes n'ont jamais et nulle part motivé la scission des syndicats par l'inadmissibilité en principe de travailler avec les réformistes dans les organisations des masses prolétariennes.</p>
<p>Sans nous arrêter aux organisations coopératives, dont les expériences n'ajouteront rien d'essentiel à ce qui vient d'être dit, nous prendrons comme exemple les Soviétiques. Cette organisation surgit dans l'une des périodes les plus révolutionnaires, où tous les problèmes sont résolus avec le tranchant d'une lame. Peut-on cependant imaginer ne serait-ce qu'un instant la création de soviets communistes comme contrepoids aux soviets sociaux-démocrates ? Cela reviendrait à tuer l'idée même des Soviétiques. Au début de 1917, les bolcheviks restaient au sein des Soviétiques comme une minorité insignifiante. Pendant des mois – et à une époque où les mois comptaient pour des années, voire des décennies – ils ont toléré une majorité conciliationniste au sein des Soviétiques, même s'ils représentaient déjà une majorité écrasante dans les comités d'usine. Enfin, même après la conquête du pouvoir, les bolcheviks ont toléré les mencheviks au sein des soviets alors que ces derniers représentaient une certaine partie de la classe ouvrière. Ce n'est que lorsque les mencheviks se furent complètement compromis et isolés, transformés en clique, que les Soviétiques les chassèrent d'eux.</p>
<p>En Espagne, où dans un avenir proche le mot d'ordre des soviets pourrait déjà être pratiquement mis à l'ordre du jour, la création même des soviets (juntas< a i = 2>), à condition qu'il y ait une initiative énergique et audacieuse des communistes, ne peut être conçu autrement que par la voie d'un accord d'organisation technique avec les syndicats et les socialistes sur la méthode et la périodicité des élections. députés ouvriers. Avancer, dans ces conditions, l'idée de l'inadmissibilité du travail avec les réformistes dans les organisations de masse serait une des formes de sectarisme les plus désastreuses.</p>
<p>Le réformisme et la classe ouvrière</p>
<p>Comment alors concilier une telle attitude de notre part à l'égard des organisations prolétariennes dirigées par les réformistes avec notre évaluation du réformisme en tant qu'aile gauche de la bourgeoisie impérialiste. Cette contradiction n'est pas formelle mais dialectique, c'est-à-dire. celle qui découle du cours même de la lutte des classes. Une partie considérable de la classe ouvrière (sa majorité dans un certain nombre de pays) rejette notre évaluation du réformisme ; dans d'autres pays, elle n'a même pas encore abordé cette question. Tout le problème consiste précisément à amener ces masses à des conclusions révolutionnaires sur la base de nos expériences communes avec elles. Nous disons aux ouvriers non communistes et anticommunistes : « Aujourd'hui, vous croyez encore aux dirigeants réformistes que nous considérons comme des traîtres. Nous ne pouvons et nous ne souhaitons pas vous imposer notre point de vue par la force. Nous voulons vous convaincre. Essayons donc d'éclairer ensemble et d'examiner les méthodes et les résultats de ces combats. » Cela signifie : liberté totale des groupements au sein des syndicats unis où la discipline syndicale existe pour tous.</p>
<p>Aucune autre position de principe ne peut être proposée.<br class='autobr' />
* * *</p>
<p>Le Comité exécutif de la Ligue [Opposition de gauche en France] donne actuellement, à juste titre, la première place à la question du front unique. C'est la seule façon d'empêcher les réformistes, et surtout leurs agents de gauche, les monattistes. d'opposer aux tâches pratiques de la lutte des classes le mot d'ordre formel de l'unité. Vassart [1], en contrepoids à la ligne officielle stérile, a avancé l'idée du front unique avec les organisations syndicales locales. Cette façon de poser la question est juste dans le sens où lors des grèves locales il s'agit avant tout de travailler avec les syndicats locaux et les fédérations spécifiques. Il est également vrai que les échelons inférieurs de l'appareil réformiste sont plus sensibles à la pression des travailleurs. Mais ce serait une erreur de faire une quelconque différence de principe entre les accords avec les opportunistes locaux et ceux avec leurs chefs. Tout dépend des conditions du moment, de la force de la pression des masses et de la nature des tâches à l'ordre du jour.</p>
<p>Il va de soi que nous ne faisons en aucun cas de l'accord avec les réformistes, que ce soit au niveau local ou central, la condition indispensable et préalable à la lutte dans chaque cas spécifique. Nous ne nous orientons pas selon les réformistes mais selon les circonstances objectives et l'état d'esprit des masses. Il en va de même pour la nature des revendications avancées. Il serait fatal pour nous de nous engager d'avance à accepter le front unique selon les conditions des réformistes, c'est-à-dire sur la base de revendications minimales. Les masses laborieuses ne se lèveront pas dans la lutte au nom de revendications qui leur paraîtraient fantastiques. Mais d'un autre côté, si les revendications sont trop restreintes à l'avance, alors les travailleurs peuvent se dire : « Le jeu n'en vaut pas la chandelle. »</p>
<p>La tâche ne consiste pas à proposer à chaque fois formellement le front unique aux réformistes, mais à leur imposer des conditions qui correspondent le mieux possible à la situation. Tout cela exige une stratégie active et manœuvrière. En tout cas, il est incontestable que c'est précisément et seulement ainsi que l'U.G.C. de L. peut modérer jusqu'à un certain point les conséquences de la division des masses en organisations syndicales, qu'il peut rejeter la responsabilité de la scission sur ceux à qui elle appartient réellement et faire valoir ses propres positions de lutte.</p>
<p>La singularité de la situation en France réside dans le fait que deux organisations syndicales y existent séparément depuis de nombreuses années. Face au reflux du mouvement ces dernières années, les gens se sont habitués à la scission, bien souvent elle a tout simplement été oubliée. Mais on pouvait prévoir que le renouveau dans les rangs de la classe ouvrière ferait inévitablement renaître le mot d'ordre de l'unité des organisations syndicales. Si l'on considère que plus des neuf dixièmes du prolétariat français sont hors syndicats, il devient clair qu'à mesure que cette relance s'accentue, la pression des inorganisés va augmenter. Le mot d'ordre de l'unité n'est qu'une des premières conséquences de cette pression. Avec une politique correcte, cette pression devrait être favorable au Parti communiste et à l'U.G.C. de L.</p>
<p>Si, pour la prochaine période, une politique active de front unique constitue la méthode principale de la stratégie syndicale des communistes français, ce serait néanmoins une grave erreur d'opposer la politique du front unique à celle de l'unité du parti. organisations syndicales.</p>
<p>Le problème du Front unique</p>
<p>Il est tout à fait incontestable que l'unité de la classe ouvrière ne peut être réalisée que sur une base révolutionnaire. La politique du front unique est l'un des moyens de libérer les travailleurs de l'influence réformiste et même, en dernière analyse, d'aboutir à une véritable unité de la classe ouvrière. Nous devons constamment expliquer cette vérité marxiste aux ouvriers avancés. Mais une perspective historique, même la plus correcte, ne peut remplacer l'expérience vécue des masses. Le parti est l'avant-garde, mais dans son travail, notamment syndical, il doit pouvoir pencher vers l'arrière-garde. Elle doit en effet montrer aux travailleurs – une fois, deux et même dix fois s'il le faut – qu'elle est prête à tout moment à les aider à reconstituer l'unité des organisations syndicales. Et dans ce domaine, nous restons fidèles aux principes essentiels de la stratégie marxiste : la combinaison de la lutte pour les réformes avec la lutte pour la révolution.</p>
<p>Quelle est aujourd'hui l'attitude des deux confédérations syndicales à l'égard de l'unité ? Aux yeux des larges cercles ouvriers, il doit apparaître entièrement identique. En réalité, les couches administratives des deux organisations ont déclaré que l'unification ne peut être conçue que « par le bas », sur la base des principes de l'organisation concernée. En se couvrant du slogan de l'unité par le bas, emprunté à l'U.G.C. de L., la confédération réformiste exploite l'oubli de la classe ouvrière et l'ignorance de la jeune génération qui ignore l'œuvre de scission de Jouhaux, Dumoulin et Cie. Dans le même temps, les monattistes assistent Jouhaux en se substituant aux tâches de combat du mouvement ouvrier, le seul mot d'ordre de l'unité syndicale. En honnêtes courtisans, ils dirigent tous leurs efforts contre l'U.G.C. de L. afin d'en détacher le plus grand nombre possible de syndicats, de les regrouper autour d'eux et d'entamer ensuite des négociations sur un pied d'égalité avec la confédération réformiste.</p>
<p>Pour autant que je puisse en juger d'après les documents dont je dispose, Vassart s'est exprimé pour les communistes eux-mêmes en proposant le mot d'ordre d'un congrès d'unification des deux confédérations syndicales. Cette proposition a été catégoriquement rejetée ; quant à son auteur, il était accusé d'avoir pris la place de Monatte. Faute de données, je ne peux pas m'exprimer de manière approfondie sur cette discussion. Mais j'estime que les communistes français n'ont aucune raison d'abandonner le mot d'ordre d'un congrès de fusion. Au contraire.</p>
<p>Les monattistes disent : « Les premiers sont des diviseurs aussi bien que les seconds. Nous seuls sommes pour l'unité. Travailleurs, soutenez-nous ». Les réformistes répondent : « Quant à nous, nous sommes pour l'unité par le bas », c'est-à-dire que « nous » permettrons généreusement aux travailleurs de rejoindre notre organisation. Que doit dire la confédération révolutionnaire à ce sujet ? « Ce n'est pas pour rien que nous nous appelons confédération unitaire. Nous sommes prêts, dès aujourd'hui, à réaliser l'unité de l'organisation syndicale. Mais pour cela, les ouvriers n'ont pas du tout besoin de courtisans suspects qui n'ont aucune organisation syndicale derrière eux et qui se nourrissent des scissions comme des asticots sur une plaie purulente. Nous proposons de préparer et de convoquer après un délai déterminé un congrès de fusion sur la base de la démocratie syndicale. »</p>
<p>Cette manière de poser la question aurait immédiatement coupé le terrain sous les pieds des monattistes, qui constituent une formation politique complètement stérile, mais capable de semer une grande confusion dans les rangs du prolétariat. Mais cette liquidation du groupe des courtisans ne nous coûtera-t-elle pas trop cher ? On objectera que si les réformistes consentaient à un congrès d'unité, les communistes y seraient en minorité et l'U.G.C. de L. devrait céder sa place au G.C. de L,.</p>
<p>Une telle considération ne peut que paraître convaincante à un bureaucrate syndical de gauche qui lutte pour son « indépendance », tout en perdant de vue les perspectives et les tâches du mouvement dans son ensemble. L'unité des deux organisations syndicales, même si l'aile révolutionnaire reste pour un temps minoritaire, se révélerait en peu de temps favorable précisément au communisme et seulement au communisme. L'unité des confédérations entraînerait à sa suite un grand afflux de nouveaux membres. Grâce à cela, l'influence de la crise se refléterait au sein des syndicats de manière plus profonde et plus décisive. L'aile gauche pourrait, au sein de la nouvelle vague montante, entamer une lutte décisive pour la conquête de la confédération unifiée. Préférer une majorité sûre dans une confédération syndicale étroite et isolée au travail d'opposition dans une organisation de masse large et réelle, ne peut être fait que par des sectaires ou des fonctionnaires, mais pas par des révolutionnaires prolétariens.</p>
<p>Pour un marxiste réfléchi, il est tout à fait évident que l'une des raisons qui ont contribué aux erreurs monstrueuses de la direction de l'U.G.C. de L. était dû à une situation où des gens comme Monmousseau, Semard et d'autres, sans préparation théorique ni expérience révolutionnaire, se proclamaient immédiatement « maîtres » d'une organisation indépendante et avaient par conséquent la possibilité de l'expérimenter sous les ordres de Losovsky, Manuilsky et Cie. Il est incontestable que si les réformistes n'étaient pas parvenus à un moment donné à la scission de la confédération, Monmousseau et Cie auraient dû compter avec des masses plus larges. Ce seul fait aurait discipliné leur aventurisme bureaucratique. C'est pourquoi les avantages de l'unité auraient été infiniment plus grands aujourd'hui que ses inconvénients. Si, au sein de la confédération unifiée qui regroupe environ un million d'ouvriers, l'aile révolutionnaire reste minoritaire pendant un an ou deux, ces deux années seraient sans doute plus fructueuses pour l'éducation non seulement des syndicalistes communistes, mais de tout le parti. plus de cinq ans de zigzags « indépendants » dans une U.G.C. de L. de plus en plus faible.</p>
<p>Non, ce n'est pas nous, mais les réformistes, qui devrions craindre l'unité syndicale. S'ils consentent à un congrès d'unité – non pas en paroles mais en fait – cela créerait la possibilité de sortir le mouvement ouvrier en France de l'impasse. Mais c'est justement pour cela que les réformistes n'y consentiront pas.</p>
<p>Les conditions de la crise créent les plus grandes difficultés pour les réformistes, principalement dans le domaine syndical. C'est pourquoi ils trouvent si nécessaire de s'abriter derrière leur flanc gauche ; ce sont les courtisans de l'unité qui leur offrent cet abri. Démasquer le travail de division des réformistes et le parasitisme des monattistes est désormais l'une des tâches les plus importantes et les plus indispensables. Le slogan du congrès d'unité peut grandement contribuer à la solution de cette tâche. Lorsque les monattistes parlent d'unité, ils dirigent ce mot d'ordre contre les communistes ; quand l'U.G.C. de L. proposera lui-même une voie vers l'unité, il portera un coup mortel aux monattistes et affaiblira les réformistes. N'est-ce pas très clair ?</p>
<p>Il est vrai que nous savons d'avance que, grâce à la résistance des réformistes, le mot d'ordre de l'unité ne donnera pas aujourd'hui les grands résultats qu'on obtiendrait dans le cas d'une unité réelle des organisations syndicales. Mais un résultat plus limité, à condition d'une politique correcte de la part des communistes, sera sans aucun doute obtenu. Les larges masses ouvrières verront qui est vraiment pour l'unité et qui est contre, et se convaincront que les services des courtisans ne sont pas nécessaires. Il ne fait aucun doute qu'à long terme les monattistes seront réduits à néant, estime l'U.G.C. de L. se sentira plus fort, et le G.C. de L. plus faible et plus instable.</p>
<p>Mais si les choses en sont ainsi, cela ne revient-il pas – non pas à la réalisation d'une unité effective – mais seulement à une manœuvre ? Cette objection ne peut nous effrayer. C'est ainsi que les réformistes évaluent en particulier toute notre politique de front unique : ils déclarent que nos propositions ne sont qu'une manœuvre parce qu'ils ne veulent pas eux-mêmes diriger la lutte.</p>
<p>Il serait tout à fait faux de faire une différence de principe entre la politique du front unique et celle de la fusion des organisations syndicales. Pourvu que les communistes conservent la complète indépendance de leur parti, de leur fraction syndicale, de toute leur politique, la fusion des confédérations n'est qu'une forme de la politique du front unique, une forme plus étendue et plus large. En rejetant notre proposition, les réformistes la transforment en « manœuvre ». Mais de notre part, c'est une « manœuvre » légitime et indispensable ; ce sont de telles manœuvres qui entraînent les masses laborieuses.<br class='autobr' />
* * *</p>
<p>Le Comité exécutif de la Ligue, répétons-le, a tout à fait raison lorsqu'il répète avec insistance que l'unité d'action ne peut être différée jusqu'à l'unification des organisations syndicales. Cette idée doit être développée comme elle l'a été jusqu'ici, expliquée et appliquée dans la pratique. Mais cela n'exclut pas le devoir de poser hardiment, à un moment déterminé et bien choisi, la question de la fusion des confédérations (ou même de simples fédérations).</p>
<p>Toute la question consiste à savoir si la direction communiste est désormais capable de réaliser une manœuvre aussi audacieuse. L'avenir nous le dira. Mais si le parti et la direction de l'U.G.C. Les députés de L. refusent aujourd'hui de suivre l'avis de la Ligue – ce qui est le plus probable – il se pourrait bien qu'ils soient obligés de le suivre demain. Il est superflu d'ajouter que nous ne fétichisons pas l'unité syndicale. Nous ne remettons aucune question de lutte à l'unité. Il ne s'agit pas pour nous d'une panacée, mais d'une leçon sur des choses concrètes et importantes qui doivent être enseignées aux travailleurs qui ont oublié ou qui ne connaissent pas le passé.</p>
<p>Pour la participation au congrès d'unité, nous ne posons bien entendu aucune condition de principe.</p>
<p>Lorsque les courtisans de l'unité, qui n'ont pas honte des phrases à bas prix, disent que la confédération unie doit se baser sur le principe de la lutte des classes, etc., ils font des acrobaties verbales dans l'intérêt des opportunistes. Comme si un homme sérieux pouvait demander à Jouhaux et Cie de suivre, au nom de l'unité avec les communistes, la voie de la lutte des classes que ces messieurs ont délibérément abandonnée au nom de l'unité avec la bourgeoisie. Et qu'entendent ces courtisans eux-mêmes, tous ces Monattes, Zyromski et Dumoulins, par « lutte des classes » ? Non, nous sommes prêts à tout moment à nous placer sur la base de l'unité syndicale, non pas pour « corriger » (à l'aide de formules charlatanes) les mercenaires du capital, mais pour arracher les travailleurs à leur influence traîtresse. . Les seules conditions que nous posons ont le caractère de garanties organisationnelles de la démocratie syndicale, en premier lieu la liberté de critique de la minorité, à condition bien sûr qu'elle se soumette à la discipline syndicale. Nous ne demandons rien d'autre et, de notre côté, nous ne promettons rien de plus.</p>
<p>Imaginons que le parti, même si ce n'est pas immédiatement, suive nos conseils. Comment le Comité central doit-il agir ? Il serait d'abord obligé de préparer soigneusement au sein du parti le plan de campagne, de l'examiner dans toutes les fractions syndicales conformément aux conditions syndicales locales, afin que le mot d'ordre de l'unité puisse être efficacement lancé simultanément d'en haut et par le bas. Ce n'est qu'après une préparation et une élaboration minutieuses, après avoir éliminé tous les doutes et malentendus dans ses propres rangs, que la direction de la Confédération unitaire s'adresse à la direction de la Confédération réformiste avec des propositions concrètement élaborées : créer une commission paritaire pour la préparation, dans un délai de deux bouches par exemple, du congrès d'unification syndicale auquel toutes les organisations syndicales du pays doivent avoir accès. Simultanément, les organisations unitaires locales s'adressent aux organisations réformistes locales avec la même proposition, formulée avec précision et concret.</p>
<p>Le Parti communiste développe une large agitation dans le pays, soutenant et expliquant l'initiative de l'U.G.C. de L. L'attention des cercles ouvriers les plus larges, et en premier lieu celle des ouvriers de la Confédération, doit se concentrer pendant un certain temps sur la simple idée que les communistes proposent de réaliser immédiatement l'unité organisationnelle des organisations syndicales. Quelle que soit l'attitude des réformistes. quelles que soient les ruses auxquelles ils recourent, les communistes sortiront avec profit de cette campagne, même si elle ne se réduit, pour la première fois, qu'à une manifestation.</p>
<p>La lutte au nom du front unique ne cesse pas, pendant cette période, une seule minute. Les communistes continuent d'attaquer les réformistes dans les provinces et au centre, s'appuyant sur l'activité croissante des ouvriers, renouvelant toutes leurs offres d'actions de lutte sur la base de la politique du front unique, démasquant les réformistes, renforçant leur propre politique. grades, etc. Et cela pourrait bien arriver dans six mois. Dans un an ou deux, les communistes seront obligés de réitérer leur proposition de fusion des confédérations syndicales et, par là, de mettre les réformistes dans une position plus difficile que la première fois.</p>
<p>La véritable politique bolchevique doit avoir précisément ce caractère à la fois offensif, audacieux et manœuvrier. C'est seulement par cette voie que le mouvement pourra être préservé de la stagnation, purgé des formations parasites, et que l'évolution de la classe ouvrière vers la révolution s'accélérera.</p>
<p>La leçon proposée ci-dessus n'a aucun sens et ne peut aboutir que si l'initiative vient de l'U.G.C. de L. et du parti communiste. La tâche de la Ligue ne consiste naturellement pas à promouvoir de manière indépendante le mot d'ordre du congrès de l'unité, en s'opposant aussi bien à la Confédération unitaire qu'à la Confédération réformiste. La tâche de la Ligue est de pousser le parti officiel et l'U.G.C. de L. sur la voie d'une politique de front unique audacieuse et de les inciter – sur la base de cette politique – à mener au moment opportun – et il y en aura beaucoup à l'avenir – une offensive décisive pour la fusion des les organisations syndicales.</p>
<p>Pour remplir ses missions envers le parti, la Ligue – et c'est son premier devoir – doit aligner ses propres rangs dans le champ du mouvement syndical. C'est une tâche qui ne peut être reportée. Le problème doit être résolu et il le sera.<br class='autobr' />
note de bas de page</p>
<p>1. L'un des dirigeants du parti communiste dans les syndicats rouges qui, après avoir été l'un des porte-étendards les plus éminents de la politique de la « troisième période » du Komintern et le parti français, se sont brouillés sur des questions de politique avec la direction du parti. Son orientation est parfois qualifiée de « semi-trotskyste » par les dirigeants officiels du parti, dans leurs polémiques contre lui. – Éd.</p>
<hr class="spip" />
<p>Léon Trotsky</p>
<h2 class="spip">Les erreurs des éléments droitiers de la Ligue dans la question syndicale</h2>
<p>Quelques remarques préliminaires</p>
<p>4 janvier 1931</p>
<p>Présentation</p>
<p>Ce texte a été publié dans La Vérité, n° 71, du 16 janvier 1931. La "question syndicale" était en fait discutée depuis les débuts mêmes de la Ligue. Dans le numéro du 1° novembre, Trotsky avait ouvert le débat par un article intitulé "Syndicalisme et communisme" ; Charbit et Rosmer avaient à leur tour apporté leur contribution les semaines suivantes. Le 6 décembre 1929, Pierre Frank, sous le titre : "Pour une fraction des communistes oppositionnels", écrivait : "</p>
<p> Le travail essentiel (de la ligue) est de redresser le parti et, dans quelque domaine que ce soit, son action doit être orientée dans ce but ( ... ). Pour nous, il est illusoire de prétendre redresser le mouvement syndical indépendamment de l'existence d'une organisation politique, parti ou fraction. Les tentatives en ce sens aboutiraient peut être à un mouvement syndicaliste révolutionnaire français."</p>
<p>Il soulignait à ce propos l'absence de liaisons internationales des oppositionnels de la C.G.T.U. Confondant, en fait, parti et syndicat, il prenait position contre la construction d'une tendance révolutionnaire dans le syndicat, en même temps que pour celle d'une fraction contrôlée par l'opposition, alors que, selon Trotsky, la fraction pouvait parfaitement vivre au sein de la tendance. La polémique se poursuivait dans les colonnes de La Vérité contre Monatte et Chambelland : "Qu'est ce que le centrisme ?" (27 juin 1930), "Monatte, avocat des social patriotes" (6 février 1931), "Contribution à la discussion sur le problème de l'unité" (17 avril 1931) sont les textes principaux écrits par Trotsky à ce propos. Nous avons retenu "Les erreurs des éléments droitiers... ", dirigé ouvertement contre les "droitiers" de la Ligue, en l'occurrence Gourget et Collinet.</p>
<p>I</p>
<p>Si l'édifice théorique de l'économie politique du marxisme s'appuie entièrement sur la conception de la valeur comme du travail matérialisé, la politique révolutionnaire du marxisme s'appuie, elle, sur la conception du parti comme avant garde du prolétariat.</p>
<p>Quelles que soient les sources sociales et les causes politiques des fautes et des déviations opportunistes, idéologiquement, elles se ramènent toujours à une compréhension erronée du parti révolutionnaire, de ses relations avec les autres organisations prolétariennes et avec la classe tout entière.</p>
<p>II</p>
<p>La conception du parti comme avant garde prolétarienne suppose son indépendance pleine et inconditionnelle à l'égard de toutes les autres organisations. Les différents accords (bloc, coalition, compromis) avec les autres organisations, inévitables au cours de la lutte de classes, ne sont admissibles qu'à la condition que le parti montre toujours son vrai visage, marche toujours sous son propre drapeau, agisse sous son propre nom et explique clairement aux masses dans quels buts et dans quelles limites il conclut l'accord donné.</p>
<p>III</p>
<p>A la base de toutes les oscillations et de toutes les erreurs de la direction de l'I.C., nous retrouvons une compréhension erronée de la nature du parti et de ses tâches. La théorie stalinienne du "parti bipartite [1]" contredit l'A.B.C. du marxisme. Le fait que l'I.C. officielle ait toléré cette théorie pendant plusieurs années et ne l'ait pas encore aujourd'hui condamnée avec la fermeté nécessaire est le signe le plus net du caractère vicié de toute la doctrine officielle de l'I.C.</p>
<p>IV</p>
<p>Le crime fondamental de la bureaucratie centriste en U.R.S.S. est sa position fausse en ce qui concerne le parti. La fraction stalinienne tend à inclure administrativement dans les rangs du parti toute la classe ouvrière. Le parti cesse d'être l'avant garde, c'est à dire la sélection volontaire des ouvriers les plus avancés, les plus conscients, les plus dévoués et les plus actifs. Le parti se confond avec la classe telle qu'elle est et perd sa force de résistance à l'égard de l'appareil bureaucratique. D'autre part, les brandlériens et autres suiveurs de la bureaucratie centriste justifient le régime stalinien du parti par l'argument philistin de l' "ignorance" du prolétariat russe, identifiant de cette manière le parti et la classe, c'est à dire liquidant théoriquement le parti comme Staline le liquide pratiquement.</p>
<p>V</p>
<p>La base de la funeste politique de l'I.C. en Chine était la renonciation à un parti indépendant. Les accords pratiques avec le Kuomintang étaient inévitables pendant une certaine période. L'entrée du P.C. dans le Kuomintang fut une erreur fatale. Plus tard, cette erreur s'est révélée un des plus grands crimes de l'histoire. Le P.C. chinois ne fut créé que pour céder son autorité au Kuomintang. D'avant garde du prolétariat, il se transforma en appendice de la bourgeoisie [2].</p>
<p>VI</p>
<p>La funeste expérience du comité anglo russe reposait entièrement sur l'abandon de l'indépendance du P.C. britannique. Pour que les syndicats soviétiques puissent maintenir le bloc avec les briseurs de grève du Conseil Général, dans l'intérêt d'Etat de l'U.R.S.S., disait on, il fallut priver le P.C. britannique de toute indépendance. Ce résultat fut obtenu par la dissolution effective du parti au sein du "mouvement minoritaire", c'est à dire de l'opposition de gauche dans les trade unions.</p>
<p>VII</p>
<p>L'expérience du comité anglo russe fut malheureusement la moins comprise, même dans les groupes de l'opposition de gauche. Notre exigence de la rupture avec les briseurs de grève apparaissait même dans nos rangs, à quelques uns, comme du sectarisme ; chez Monatte, notamment, c'est dans la question du comité anglo russe que s'est manifesté le plus clairement le péché originel qui devait le conduire dans les bras de Dumoulin. Cette question est pourtant importante du point de vue de ses conséquences : le communisme dans son ensemble, ni l'opposition de gauche en particulier ne pourront se frayer un large chemin s'ils n'ont clairement compris ce qui s'est passé en Angleterre en 1925-26.</p>
<p>VIII</p>
<p>Staline, Boukharine, Zinoviev dans cette question, ils étaient tous solidaires, tout au moins au début ont tenté de substituer au faible P.C. britannique un "courant plus large" qui avait à sa tête, à vrai dire, non des membres du parti, mais des "amis", presque communistes, en tout cas de braves gens et de bonnes relations. Les braves gens, les "chefs" solides ne voulaient pas, bien entendu, se soumettre à la direction d'un faible petit parti communiste. C'était leur droit absolu ; le parti ne peut obliger personne à se soumettre à lui. Les accords entre les communistes et les dirigeants "de gauche", Purcell, Hicks, Cook, sur la base des tâches particulières du mouvement trade unioniste, étaient, bien entendu, tout à fait possibles et dans certains cas indispensables. Mais à une seule condition : le P.C. devait conserver son indépendance complète, y compris au sein des trade unions, agir en son propre nom dans toutes les questions principales, critiquer lorsqu'il le jugeait nécessaire ses alliés "de gauche" et conquérir ainsi pas à pas la confiance des masses [3].</p>
<p>Cette voie, la seule possible, semblait pourtant trop longue et trop incertaine aux bureaucrates de l'l.C. Ils considéraient que, par une action personnelle sur Purcell, Hicks, Cook et les autres, par des conversations de couloir, par des lettres, dans des banquets, par des tapes amicales dans le dos, en se concertant pour s'entendre à l'amiable, ils pourraient entraîner graduellement et presque insensiblement l'opposition de gauche, le "courant large", dans le lit de l'I.C. Pour garantir plus sûrement un tel succès, il ne fallait ni ennuyer, ni exaspérer, ni mécontenter les chers petits amis Purcell, Hicks et Cook par de petites chicanes, par une critique opportuniste ou une intransigeance sectaire. Partant du principe qu'une des tâches du P.C. consistait précisément à ne pas laisser tranquilles, mais au contraire à secouer les centristes et demi centristes, il fallait prendre une décision radicale en subordonnant en fait le P.C. au mouvement minoritaire. Sur la scène des trade unions n'apparaissaient que les dirigeants du mouvement : le P.C. britannique n'existait plus aux yeux des masses.</p>
<p>IX</p>
<p>Qu'a exigé, dans cette question, l'opposition de gauche russe ? Tout d'abord, que soit rendue au P.C. britannique son indépendance complète à l'égard des trade unions. Nous affirmions que c'était seulement sous l'influence des mots d'ordre indépendants du parti, sous l'influence de sa critique ouverte, que le mouvement minoritaire pourrait prendre forme, apprécier plus clairement ses tâches, remplacer ses dirigeants, se consolider dans les trade unions tout en renforçant la position du communisme.</p>
<p>Qu'ont répondu à cette critique Staline, Boukharine, Lozovsky et Cie ?</p>
<p> "Vous voulez pousser le P.C. britannique sur la voie du sectarisme. Vous voulez repousser dans le camp ennemi Purcell, Hicks et Cook. Vous voulez rompre avec le mouvement minoritaire."</p>
<p>Qu'a répliqué l'opposition de gauche ?</p>
<p> "Si Purcell et Hicks rompent avec nous, non parce que nous exigeons d'eux qu'ils se transforment immédiatement en communistes personne n'exige cela mais parce que nous mêmes voulons rester communistes, cela signifiera que Purcell et Cie ne sont pas des amis, mais des ennemis. masqués. Plus vite ils montreront leur véritable nature, mieux ce sera pour les masses. Nous ne voulons absolument pas rompre avec le mouvement minoritaire. Au contraire, nous pensons qu'il faut lui manifester la plus grande attention. Le plus petit pas en avant avec la masse ou une partie de la masse est plus précieux qu'une douzaine de programmes abstraits de cercles d'intellectuels, mais l'attention prêtée aux masses n'a rien à voir avec la capitulation devant ses chefs ou demi chefs provisoires. La masse a besoin d'une orientation et de mots d'ordre justes. Or cela exclut toute conciliation dans le domaine théorique et toute protection accordée aux confusionnistes qui exploitent l'ignorance des masses."</p>
<p>X</p>
<p>Quels furent les résultats de l'expérience britannique de Staline ? Le mouvement minoritaire, embrassant presque un million d'ouvriers, donnait beaucoup d'espoirs, mais portait en lui les germes de sa destruction. Les masses ne connaissaient comme chefs du mouvement que Purcell, Hicks, Cook, à qui Moscou apportait d'ailleurs sa garantie. Ces amis "gauchistes", à la première épreuve sérieuse, ont honteusement trahi le prolétariat. Les ouvriers révolutionnaires ont été désorientés, sont tombés dans l'apathie et ont reporté sur le P.C. lui même leur déception, alors que le parti n'avait constitué qu'un élément passif dans ce mécanisme de trahison. Le mouvement minoritaire disparut presque totalement : le P.C. retourna à l'état de secte impuissante. Ainsi, par suite d'une fausse conception du parti, le plus grand mouvement du prolétariat anglais, qui déclencha la grève générale, non seulement n'a pas réussi à ébranler l'appareil de la bureaucratie réactionnaire, mais l'a au contraire renforcé et a compromis pour longtemps le communisme en Grande Bretagne.</p>
<p>XI</p>
<p>Une des sources psychologiques de l'opportunisme consiste en une impatience superficielle, un manque de confiance dans les progrès graduels de l'influence du parti, un désir de conquérir les masses par des manœuvres d'organisation ou une diplomatie personnelle. De là découlent la politique de combinaisons de couloirs, la politique du laisser faire, de l'étouffement, du renoncement à soi même, de l'adaptation aux idées et aux mots d'ordre d'autrui et enfin le passage complet sur les positions de l'opportunisme. Dans la subordination du P.C. au Kuomintang en Chine, dans la création des partis ouvriers et paysans aux Indes, dans la subordination du parti britannique au mouvement minoritaire, dans tous ces phénomènes se retrouve la même méthode de combinaisons bureaucratiques qui commence par une impatience révolutionnaire superficielle et finit par la trahison opportuniste. C'est, entre autres, pourquoi nous avons constamment insisté ces dernières années sur l'énorme importance de ces exemples de stratégie de l'I.C. du point de vue de l'éducation. Il faut les étudier et, à chaque nouvelle épreuve, les contrôler à nouveau complètement, par seulement pour condamner fautes et crimes historiques, mais pour apprendre à discerner des erreurs identiques dans une nouvelle situation, lorsqu'elles ne sont encore que prévisibles et, par conséquent, lorsqu'on peut encore les éviter.</p>
<p>XII</p>
<p>Il faut le dire carrément : les erreurs de quelques oppositionnels français, membres de la Ligue, dans la question syndicale, révèlent de surprenants traits de ressemblance avec la funeste expérience britannique. Seulement, l'échelle des erreurs, en France, est pour le moment beaucoup plus réduite et ce n'est pas sur la base d'un mouvement de masse qu'elles sont commises. Cela permet à certains camarades de ne pas les remarquer ou de sous estimer leur importance de principe. Cependant, si la Ligue devait permettre également, à l'avenir, que son travail syndical soit mené par des méthodes élaborées par la majorité de l'ancienne direction, les idées et le drapeau de l'opposition de gauche en seraient compromis en France pour longtemps.</p>
<p>Il eût été criminel de fermer les yeux. Puisqu'on n'a pas réussi à redresser ces erreurs à leur stade initial par des conseils et des mises en garde personnelles, il reste à désigner ouvertement les erreurs et leurs auteurs, afin de redresser la politique par des efforts collectifs.</p>
<p>XIII</p>
<p>A partir d'avril 1930, la Ligue a, en effet, renoncé à mener dans les syndicats un travail indépendant, au profit de l'Opposition Unitaire qui veut elle même avoir sa plate forme particulière, sa direction et sa politique [4]. Dans ces limites, l'analogie est frappante avec l'expérience du mouvement minoritaire en Angleterre. Il faut pourtant dire que dans les conditions françaises quelques traits ont rendu dès le début cette expérience plus dangereuse encore. En Angleterre, le mouvement minoritaire en entier fut plus à gauche que la direction officielle des trade unions. Peut on en dire autant de l'Opposition Unitaire ? Non. Il y a dans ses rangs des éléments qui tendent manifestement vers l'opposition de droite, c'est à dire vers le réformisme, et dont le poids ne nous apparait pas encore clairement.</p>
<p>La principale force de l'Opposition Unitaire est la fédération unitaire de l'enseignement [5]. En France, les enseignants ont de tout temps joué un rôle important dans le mouvement socialiste, syndicaliste et communiste. Parmi les membres de l'enseignement, nous trouverons sans doute beaucoup d'amis. Toutefois, la fédération dans son entier n'est pas une fédération prolétarienne. Par sa composition sociale, la fédération de l'enseignement peut fournir de très bons agitateurs, des journalistes, des personnalités. Mais elle ne peut pas devenir la base d'un mouvement syndical. Tous ses documents témoignent de l'insuffisante clarté de sa pensée politique. Son congrès de Marseille a démontré que les membres de l'enseignement oscillent dans un triangle compris entre le cours officiel, l'opposition de droite et l'opposition de gauche [6]. Nous aurions rendu le plus mauvais des services aux membres de l'enseignement comme au mouvement prolétarien dans son ensemble si nous avions couvert leurs fautes, leurs oscillations, leur imprécision. Malheureusement, telle fut, jusqu'à ces derniers jours, la politique de la rédaction de La Vérité une politique de laisser faire et ce n'était pas par hasard.</p>
<p>XIV</p>
<p>"Vous voulez donc rompre avec l'Opposition Unitaire ?" Poser ainsi la question signifierait que les communistes en tant que tels ne peuvent participer au travail de l'Opposition Unitaire. Mais si c'était vrai, cela aurait signifié tout simplement que l'Opposition Unitaire était une organisation d'ennemis masqués du communisme. Heureusement, il n'en est pas ainsi. L'Opposition Unitaire tout entière n'est ni une organisation communiste ni une organisation anticommuniste, parce qu'elle est hétérogène. Nous devons compter avec cette hétérogénéité dans notre action pratique. Nous pouvons et nous devons manifester la plus grande attention aux groupes et même aux individus qui s'orientent vers le marxisme [7]. Mais à une condition : que, devant les ouvriers et les syndicats, nous agissions au nom de la Ligue communiste, sans admettre aucune censure de nos actions, excepté le contrôle de la Ligue elle même ou du parti tout entier, après le rétablissement de l'unité des rangs communistes.</p>
<p>XV</p>
<p>Dans les rangs de l'Opposition Unitaire se trouvent incontestablement des éléments qui sympathisent beaucoup avec l'opposition de gauche sans être toutefois membres de la Ligue : il faut les rassembler sous notre drapeau. Il y a des éléments non définis qui désirent de toutes leurs forces rester dans cette situation et s'en font une plate forme. Avec eux, nous pouvons conclure des accords tactiques, sur une base définie, tout en conservant une pleine liberté de critique réciproque. Enfin, dans les rangs de l'Opposition Unitaire se trouvent aussi, incontestablement, des éléments étrangers qui s'y sont fourvoyés ou y ont pénétré comme racoleurs pour le compte du réformisme. Ils utilisent l'obscurité pour apporter la décomposition. Plus vite ils seront démasqués et éliminés, tant mieux cela sera pour la cause [8].</p>
<p>XVI</p>
<p>Mais nous sommes, n'est ce pas, pour le travail en commun avec tous les ouvriers, dans les syndicats, sans tenir compte de leurs conceptions philosophiques et politiques ? Certes, mais l'Opposition Unitaire n'est pas une organisation syndicale, c'est une fraction politique ayant pour tâche d'influencer le mouvement syndical. Laissons Monatte et ses amis les popistes agir sous un masque. Les révolutionnaires, eux, agissent ouvertement devant les ouvriers. Dans l'Opposition Unitaire, nous ne pouvons travailler qu'avec ceux qui vont au coude à coude avec nous, dans la même direction que nous, même s'ils ne vont pas jusqu'au bout de notre chemin.</p>
<p>XVII</p>
<p>Certains camarades insistent surtout sur le fait que les communistes doivent lutter pour leur influence dans les syndicats au niveau des idées et non par des moyens matériels. Cette idée, qui peut paraître incontestable, est souvent transformée en lieu commun et vidée de tout contenu. La bureaucratie centriste, elle aussi, déclare bien souvent, et tout à fait sincèrement, que sa tâche est d'influencer par les idées, et non d'exercer une pression matérielle...</p>
<p>Toute la question réside en fin de compte dans l'orientation politique et économique, dans les mots d'ordre et le programme d'action. Si l'orientation est juste, si les mots d'ordre correspondent aux nécessités du moment, alors les masses dans les syndicats n'éprouvent aucune impression de "contrainte". Au contraire, si l'orientation est fausse, si on proclame une politique d'assaut révolutionnaire dans un moment de reflux politique et vice versa, alors il est inévitable que la masse prenne un tel mot d'ordre comme une violence qu'on lui fait subir. La question se résume par conséquent en ces termes : les arguments théoriques de l'opposition de gauche sont ils suffisamment sérieux et profonds, ses cadres sont ils suffisamment éduqués pour apprécier justement la situation et mettre en avant les mots d'ordre correspondants ? Tout cela doit encore être vérifié dans la pratique [9]. Mais, pour cette raison même, il est moins admissible encore de notre part de passer sous silence ou de sous estimer les erreurs et les fautes de nos alliés provisoires et les nôtres.</p>
<p>XVIII</p>
<p>Certains membres de la Ligue, bien que cela paraisse incroyable, protestent contre l'intention inavouée qui serait la nôtre de subordonner l'Opposition Unitaire à la Ligue. Ils ne se rendent pas compte qu'ils s'appuient sur la misérable argumentation que Monatte lance contre le communisme tout entier. Pratiquement, la chose se résume en ce que quelques camarades, travaillant dans les syndicats, veulent avoir pour eux mêmes une pleine indépendance à l'égard de la Ligue ; considérant que par leurs manœuvres, leurs indications et leur diplomatie personnelle ils aboutiront à des résultats que la Ligue n'est pas capable d'atteindre par un travail collectif. D'autres camarades, qui désirent pour eux mêmes dans la presse une indépendance semblable, accueillent favorablement ces tendances. La question se pose : pourquoi ces camarades sont ils entrés dans la Ligue, s'ils n'ont pas confiance en elle ?</p>
<p>XIX</p>
<p>Où en est on, en réalité, avec la "subordination" de l'Opposition Unitaire ? Cette question même est fausse. A la Ligue ne sont subordonnés que ses membres. Tant que la majorité de l'Opposition Unitaire n'est pas membre de la Ligue, il ne peut s'agir que de persuasion, de compromis, de bloc, mais pas de subordination. En vérité, les ennemis de la prétendue subordination de l'Opposition Unitaire à la Ligue exigent la subordination effective de la Ligue à l'Opposition Unitaire. Telle était précisément la situation jusqu'à ce jour. Dans son travail syndical, c'est à dire dans son travail le plus important, la Ligue est subordonnée à l'Opposition Unitaire au bénéfice de laquelle elle a renoncé à toute indépendance. Les marxistes ne peuvent et ne doivent pas tolérer une telle politique un jour de plus.</p>
<p>XX</p>
<p>Certains camarades dirigeants qui ont obstinément mené jusqu'à hier une politique de capitulation déclarent aujourd'hui qu'ils sont "complètement d'accord" avec la nécessité de transformer l'Opposition Unitaire en bloc. En vérité, ils veulent se contenter d'un changement de nom. Plus vite ils "se sont mis d'accord" avec la critique marxiste, plus ils mènent, en vérité, une lutte pour que tout reste comme auparavant. Ils veulent tout simplement exploiter la phraséologie de la critique marxiste pour couvrir l'ancienne politique. Ces méthodes ne sont pas nouvelles, mais le temps ne les rend pas plus attrayantes. Une organisation révolutionnaire serait corrompue pour longtemps, sinon pour toujours, par un poison de duplicité et de fausseté, si elle permettait de masquer une politique opportuniste sous une phraséologie révolutionnaire. Espérons fermement que la Ligue ne permettra pas cela.</p>
<p>Prinkipo, 4 janvier 1931</p>
<p>Notes</p>
<p>[1] Dans la période "droitière" qui précéda la "troisième", l'I.C. s'était efforcée de construire dans toute une série de pays coloniaux ou semi coloniaux des "partis ouvriers et paysans". Pour la critique de cette politique voir le livre de Trotsky : L'I.C. après Lénine.</p>
<p>[2] Dans cet article dirigé contre l'absence de politique de la Ligue dans l'Opposition Unitaire, la comparaison avec l'attitude de l'I.C. en Chine fit bondir les "droitiers", qui reprochèrent à Trotsky d'esquisser une analogie entre Tchang Kaï chek, leader du Kuomintang avant d'être le bourreau des communistes chinois, et... Maurice Dommanget, leader de l'Opposition Unitaire. En fait, rien ne permet de penser que Trotsky était allé plus loin que cette comparaison entre des attitudes initialement proches l'une de l'autre.</p>
<p>[3] Les "droitiers" protestèrent également contre cette analogie avec l'attitude des communistes britanniques dans le "mouvement minoritaire" : à la première conférence de l'Opposition Unitaire, Gourget et Collinet étaient intervenus pour défendre, contre le rapport de Dommanget, qu'ils jugeaient "insuffisant", les conceptions de la Ligue dont ils étaient membres. Tous deux avaient d'ailleurs été l'objet d'attaques de membres de l'Opposition Unitaire, qui les rendaient responsables de ce qu'ils appelaient l'"ingérence" de la Ligue dans leur organisation.</p>
<p>[4] C'est dans La Vérité n°34 du I° mai 1930 qu'avait paru le "Manifeste de la fédération unitaire de l'enseignement pour une Opposition Unitaire". L'initiative du manifeste avait été prise à la suite de discussions entre Dommanget et Rosmer. Le manifeste était signé de responsables de la fédération, Aulas, Bouët, Dommanget, Rollo, Serret, de l'ancien secrétaire des produits chimiques, Chabanon, de l'ancien secrétaire des métaux, Poussel, avec réserves, de Cornette, secrétaire de l'U. L. d'Halluin, et de militants de la Ligue comme Frank, des Produits chimiques, et Gourget, du Bois.</p>
<p>[5] Au moment où Trotsky écrivait ces lignes, la direction de la Ligue écrivait de son côté : "D'abord groupée étroitement autour de la fédération de l'enseignement, l'Opposition Unitaire s'est élargie et a trouvé une base ouvrière. C'était là le pas le plus important à franchir."</p>
<p>[6] La majorité issue du congrès de Marseille de la fédération était unie essentiellement par son hostilité à la ligne syndicale du P. C. pendant la "troisième période" : les communistes oppositionnels qui l'animaient étaient orientés soit à gauche comme Gilbert Serret, élu secrétaire général, soit à droite comme Joseph Rollo, qui ralliera en 1934 la C.G.T. réformiste. Elle luttait néanmoins aussi bien contre la fraction dirigée par l'appareil du P.C. que contre les partisans de la Ligue syndicaliste.</p>
<p>[7] L'hétérogénéité de l'Opposition Unitaire était incontestable. L'application des principes de Trotsky par ceux qu'il appelait "aile marxiste" de la Ligue donna cependant de curieux résultats. L'extrême droite de l'O.U. rallia presque immédiatement Monatte et les partisans de l'"indépendance du syndicalisme". Mais les éléments qui, selon l'expression même de Trotsky, "sympathisaient avec l'opposition de gauche sans être membres de la Ligue", allaient prendre leurs distances vis à vis de... la Ligue. Dommanget, Serret, Aulas, rompaient avec Rollo en 1934, mais ne se rapprochaient pas pour autant des trotskystes. Non seulement la Ligue ne devait "rassembler sous son drapeau" aucun militant supplémentaire, mais encore elle allait prolonger la "confusion" dénoncée par Trotsky et se couper durablement de militants qu'elle aurait pu gagner et dont la majorité demeurèrent fidèles à la cause révolutionnaire.</p>
<p>[8] Les "droitiers" de la Ligue retournaient cet argument. Pour eux, c'était "l'aile marxiste", autrement dit la nouvelle direction de la Ligue qui, par ses méthodes, provoquait le regroupement, contre elle, d'éléments ayant pourtant des orientations divergentes. Gourget, Collinet et Vacher écrivaient qu'à la réunion du C.E. de l'O.U. du 29 mars 1931, "le camarade Dommanget, tout en avouant les désaccords qui le séparent, lui, Serret, Bouët et Aulas, de Rollo, n'a pas caché ses opinions sur la direction présente de la Ligue. En fait, malgré ses divergences avec Rollo, le camarade Dommanget fait bloc avec lui contre la Ligue. C'est une des conséquences de la politique de mécanisation sectaire inaugurée par la direction actuelle" (La Vérité, n°87, 8 mai 1931).</p>
<p>[9] La "vérification dans la pratique" fut faite par l'absurde. L'intervention de l'"aile marxiste" détruisait l'Opposition Unitaire sans pour autant lui substituer même un embryon de "fraction syndicale". En 1936, c'est avec les mêmes militants enseignants que les trotskystes allaient tenter de constituer dans la C.G.T. réunifiée une tendance révolutionnaire, autour de l'éphémère Avant garde syndicaliste. A partir de 1937, c'est avec les mêmes militants que le P.O.I. soutient dans la C.G.T. les efforts du "Cercle syndicaliste Lutte de classes". En mai 1938, au congrès des syndicats de la région parisienne, le seul orateur à défendre des positions de classe contre la majorité réformiste et stalinienne et à demander la discussion du mouvement des métallos condamné par l'appareil fut Charbit, ancien militant de la Ligue rallié à Monatte. Enfin et surtout, c'est Gilbert Serret qui devait être au congrès de Nantes de la C.G.T. le porte parole de la minorité révolutionnaire dressée contre l'union sacrée. Il est clair que, dans la discussion de 1931, n'étaient pas remplies les conditions avancées par Trotsky : "Les arguments théoriques de l'opposition de gauche sont-ils suffisamment sérieux et profonds, ses cadres sont-ils suffisamment éduqués ?... "</p>
<hr class="spip" />
<p>Léon Trotsky</p>
<h2 class="spip">Syndicalisme et communisme</h2>
<p>(14 octobre 1929)</p>
<p>La question syndicale est une des plus importantes pour le mouvement ouvrier, et donc pour l'Opposition aussi. Sans position claire sur cette question, l'Opposition sera incapable de gagner une influence véritable dans la classe ouvrière. C'est pourquoi je crois nécessaire de soumettre ici à la discussion quelques considérations sur la question syndicale.</p>
<p>1. Le Parti communiste est l'arme fondamentale de l'action révolutionnaire du prolétariat, l'organisation de combat de son avant-garde qui doit s'élever au rôle de guide de la classe ouvrière dans toutes les sphères de sa lutte, sans exception, par conséquent mouvement syndical inclus.</p>
<p>2. Ceux qui, par principe, opposent l'autonomie syndicale au leadership du parti communiste, opposent ainsi — qu'ils le veuillent ou non — la partie la plus rétrograde du prolétariat à l'avant-garde de la classe ouvrière, la lutte pour des revendications immédiates à la lutte pour la libération totale des travailleurs, le réformisme au communisme, l'opportunisme au marxisme révolutionnaire.</p>
<p>3. Le syndicalisme français d'avant-guerre, à ses débuts et pendant sa croissance, en combattant pour l'autonomie syndicale, combattit réellement pour son indépendance vis-à-vis du gouvernement bourgeois et de ses partis, parmi lesquels celui du socialisme réformiste et parlementaire. C'était une lutte contre l'opportunisme, par une voie révolutionnaire.</p>
<p>Le syndicalisme révolutionnaire n'a pas à cet égard fétichisé l'autonomie des organisations de masse. Bien au contraire, il a compris et a affirmé le rôle dirigeant de la minorité révolutionnaire dans les organisations de masse, organisations qui reflètent la classe ouvrière avec toutes ses contradictions, ses retards et ses faiblesses.</p>
<p>4. La théorie de la minorité active était essentiellement une théorie inachevée du parti prolétarien. Dans sa pratique, le syndicalisme révolutionnaire était l'embryon d'un parti révolutionnaire contre l'opportunisme, c'était une remarquable esquisse du communisme révolutionnaire.</p>
<p>5. La faiblesse de l'anarcho-syndicalisme, même dans sa période classique, était l'absence d'une base théorique correcte, et donc une mauvaise compréhension de la nature de l'État et de son rôle dans la lutte de classe ; une conception inachevée, incomplète et par conséquent erronée du rôle de la minorité révolutionnaire, c'est-à-dire du parti. De là les erreurs de tactique, comme le fétichisme de la grève générale, ignorant le lien entre le soulèvement et la prise du pouvoir, etc.</p>
<p>6. Après la guerre, le syndicalisme français a trouvé à la fois sa réfutation, son développement et son achèvement dans le communisme. Les tentatives pour rétablir le syndicalisme révolutionnaire tournent maintenant le dos à l'histoire. Pour le mouvement ouvrier, de telles tentatives ne peuvent avoir qu'une signification réactionnaire.</p>
<p>7. Les épigones du syndicalisme transforment (en paroles) l'indépendance de l'organisation syndicale vis-à-vis de la bourgeoisie et des socialistes réformistes en indépendance en général, en indépendance absolue vis-à-vis de tous les partis, parti communiste inclus.</p>
<p>Si, dans sa période d'expansion, le syndicalisme se considérait comme une avant-garde et combattait pour le rôle dirigeant de la minorité d'avant-garde au sein des masses, les épigones du syndicalisme luttent maintenant contre les mêmes souhaits de l'avant-garde communiste, essayant, quoique sans succès, de se baser sur le manque de développement et les préjugés des parties les plus rétrogrades de la classe ouvrière.</p>
<p>8. L'indépendance face à l'influence de la bourgeoisie ne peut pas être un état passif. Elle ne peut que s'exprimer par des actes politiques, c'est-à-dire par la lutte contre la bourgeoisie. Cette lutte doit être inspirée par un programme spécifique qui exige organisation et tactique pour son application. C'est l'union du programme, de l'organisation et de la tactique qui constitue le parti. C'est pourquoi la véritable indépendance du prolétariat vis-à-vis du gouvernement bourgeois ne peut être réalisée sans que le prolétariat mène sa lutte sous la conduite d'un parti révolutionnaire et non d'un parti opportuniste.</p>
<p>9. Les épigones du syndicalisme voudraient nous faire croire que les syndicats se suffisent à eux-mêmes. Théoriquement, ça ne veut rien dire, mais en pratique ça signifie la dissolution de l'avant-garde révolutionnaire dans les masses, dans les syndicats.</p>
<p>Plus la masse encadrée par les syndicats est grande, mieux ils peuvent accomplir leur mission. Un parti prolétarien, au contraire, ne mérite son nom que s'il est idéologiquement homogène, dans les limites de l'unité d'action et de l'organisation. Présenter les syndicats comme autosuffisants sous prétexte que le prolétariat aurait déjà atteint sa “majorité”, c'est flatter le prolétariat en le décrivant comme il ne peut pas être en régime capitaliste, qui maintient les masses ouvrières dans l'ignorance, laissant seulement à l'avant-garde prolétarienne la possibilité de traverser toutes les difficultés et d'arriver à une compréhension claire des tâches de sa classe dans leur ensemble.</p>
<p>10. La véritable autonomie, pratique et non métaphysique, de l'organisation syndicale n'est ni perturbée ni diminuée par la lutte d'influence du parti communiste. Chaque syndiqué a le droit de voter comme il le juge utile et d'élire celui qui lui semble le plus digne. Les communistes possèdent ce droit comme les autres.</p>
<p>La conquête de la majorité par les communistes dans les organes directeurs se fait dans le respect des principes de l'autonomie, à savoir la libre autogestion des syndicats. D'autre part, aucun statut de syndicat ne peut empêcher ou interdire le parti d'élire le secrétaire général de la Confédération du travail à son comité central, puisque ici nous sommes entièrement dans le registre de l'autonomie du parti.</p>
<p>11. Dans les syndicats, les communistes sont naturellement soumis à la discipline du parti, quelques soient les postes qu'ils occupent. Ceci n'exclut pas mais présuppose leur soumission à la discipline du syndicat. En d'autres termes, le parti ne leur impose aucune ligne de conduite qui contredirait l'état d'esprit ou les avis de la majorité des membres des syndicats. Dans des cas tout à fait exceptionnels, quand le parti considère impossible la soumission de ses membres à une décision réactionnaire du syndicat, il montre ouvertement à ses membres les conséquences qui en découlent, comme des retraits de responsabilités syndicales, des expulsions, et ainsi de suite.</p>
<p>Avec des formules juridiques sur ces questions — et l'autonomie est une formule purement juridique — on n'arrive à rien. La question doit être posée dans son contenu, c'est-à-dire sur le plan de la politique syndicale. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée.</p>
<p>12. Les caractéristiques du leadership du parti, ses formes et ses méthodes, peuvent différer profondément selon les conditions générales d'un pays donné ou selon sa période de développement.</p>
<p>Dans les pays capitalistes, où le Parti communiste ne possède aucun moyen coercitif, il est évident qu'il ne peut avoir le leadership qu'avec des communistes syndiqués, que ce soit à la base ou aux postes bureaucratiques. Le nombre de communistes aux principaux postes de direction des syndicats n'est qu'un des moyens de mesurer le rôle du parti dans les syndicats. La mesure la plus importante est le pourcentage de communistes syndiqués par rapport à l'ensemble de la masse syndiquée. Mais le critère principal est l'influence générale du parti sur la classe ouvrière, elle-même mesurable par la diffusion de la presse communiste, l'assistance lors des meetings du parti, le nombre de voix aux élections et, ce qui est tout particulièrement important, le nombre d'ouvriers et d'ouvrières qui répondent activement aux appels à la lutte du parti.</p>
<p>13. C'est clair que l'influence du Parti communiste de manière générale, y compris dans les syndicats, se développera au fur et à mesure que la situation deviendra plus révolutionnaire.</p>
<p>Ces conditions permettent une appréciation du degré et de la forme de la véritable autonomie des syndicats, l'autonomie réelle et non métaphysique. En période de “paix”, quand les formes les plus militantes d'action syndicale sont des grèves économiques isolées, le rôle direct du parti dans les syndicats reste au second plan. En règle générale, le parti n'intervient pas dans chaque grève isolée. Il aide le syndicat à décider si la grève est opportune, par son information politique et économique et par son conseil. Il sert la grève par son agitation, etc. Le premier rôle dans la grève revient naturellement au syndicat.</p>
<p>La situation change radicalement quand le mouvement s'élève au niveau de la grève générale et de la lutte directe pour le pouvoir. Dans ces conditions, le rôle dirigeant du parti devient immédiatement direct et ouvert. Les syndicats — naturellement pas ceux qui passent de l'autre côté des barricades — deviennent les appareils de l'organisation du parti qui prend le devant comme dirigeant la révolution, en portant la pleine responsabilité devant la classe ouvrière toute entière.</p>
<p>Dans ce domaine, pour tout ce qui se situe entre la grève économique locale et l'insurrection révolutionnaire de classe, on trouve toutes les formes possibles de relations réciproques entre le parti et les syndicats, les degrés variables de leadership direct et immédiat, etc. Mais en toutes circonstances, le parti cherche à gagner le leadership général en comptant sur la vraie autonomie des syndicats qui, en tant qu'organisations — cela va sans dire — ne sont pas “soumises” à lui.</p>
<p>14. Les faits démontrent que des syndicats politiquement “indépendants” n'existent nulle part. Il n'y en a jamais eu. L'expérience et la théorie indiquent qu'il n'y en aura jamais. Aux États-Unis, les syndicats sont directement liés par leur appareil au patronat industriel et aux partis bourgeois. En Angleterre, les syndicats, qui dans le passé ont principalement soutenu les libéraux, constituent maintenant la base du parti travailliste. En Allemagne, les syndicats marchent sous la bannière de la social-démocratie. En république soviétique, leur conduite appartient aux bolcheviques. En France, une des organisations syndicales suit les socialistes, l'autre les communistes. En Finlande, les syndicats ont été divisés il y a un peu de temps, l'un allant vers la social-démocratie, l'autre vers le communisme. C'est comme ça partout.</p>
<p>Les théoriciens de l' ”Indépendance ” du mouvement syndical n'ont pas pris la peine jusqu'ici de penser à cela : pourquoi leur slogan non seulement est loin de se réaliser où que ce soit, mais, au contraire, pourquoi la dépendance des syndicats vis-à-vis du leadership d'un parti devient partout la règle, sans exception, et ce ouvertement ? Ceci correspond en fait aux caractéristiques de l'époque impérialiste, qui dévoile toutes les relations de classe et qui, même chez le prolétariat accentue les contradictions entre son aristocratie et ses couches les plus exploitées.</p>
<p>15. L'expression courante du syndicalisme d'autrefois est la prétendue Ligue syndicaliste. Par tous ses traits, elle apparaît comme une organisation politique qui cherche à subordonner le mouvement syndical à son influence. En fait la Ligue recrute ses membres non pas selon les principes syndicaux, mais selon ceux des groupements politiques ; elle a sa plate-forme, faute de programme, et la défend dans ses publications ; elle a sa propre discipline interne dans le mouvement syndical. Dans les congrès des confédérations, ses partisans agissent en tant que fraction politique tout comme la fraction communiste. Pour faire court, la tendance de la Ligue syndicaliste se ramène à une lutte pour libérer les deux confédérations du leadership des socialistes et des communistes et pour les unir sous la direction du groupe de Monatte.</p>
<p>La Ligue n'agit pas ouvertement au nom du droit et de la nécessité pour la minorité avancée de combatte pour étendre son influence sur les masses ; elle se présente masquée par ce qu'elle appelle l'“Indépendance” syndicale. De ce point de vue, la Ligue s'approche du Parti socialiste qui réalise aussi son leadership sous couvert de l'expression “indépendance du mouvement syndical”. Le parti communiste, au contraire, dit ouvertement à la classe ouvrière : voici mon programme, ma tactique et ma politique, que je propose aux syndicats.</p>
<p>Le prolétariat ne doit jamais croire n'importe quoi aveuglément. Il doit juger par son travail. Mais les ouvriers devraient avoir une double et une triple méfiance vers ces prétendants au leadership qui agissent incognito, sous un masque qui ferait croire au prolétariat qu'il n'a besoin d'aucun leadership.</p>
<p>16. Le droit d'un parti politique d'agir pour gagner les syndicats à son influence ne doit pas être nié, mais cette question doit être posée : Au nom de quel programme et de quelle tactique cette organisation agit-elle ? De ce point de vue, la Ligue syndicaliste ne donne pas les garanties nécessaires. Son programme est extrêmement amorphe, de même que sa tactique. Dans ses positions politiques elle agit seulement au fil des événements. Reconnaissant la révolution prolétarienne et même la dictature du prolétariat elle ignore le parti et ses droits, est contre le leadership communiste, sans lequel la révolution prolétarienne risquerait de rester à jamais une expression vide.</p>
<p>17. L'idéologie de l'indépendance syndicale n'a rien de commun avec les idées et les sentiments du prolétariat en tant que classe. Si le parti, par sa direction, est capable d'assurer une politique correcte et clairvoyante dans les syndicats, pas un seul ouvrier n'aura l'idée de se rebeller contre le leadership du parti. L'expérience historique des bolcheviques l'a prouvé.</p>
<p>C'est aussi valable la France, où les communistes ont obtenu 1.200.000 voix aux élections tandis que la Confédération Générale du Travail Unitaire (la centrale syndicale rouge) a seulement un quart ou un tiers de ce nombre. Il est clair que le slogan abstrait de l'indépendance ne peut venir en aucun cas des masses. La bureaucratie syndicale est une tout autre chose. Elle voit non seulement une concurrence professionnelle dans la bureaucratie de parti, mais elle tend à se rendre indépendante du contrôle par l'avant-garde prolétarienne. Le slogan de l'indépendance est, par sa base même, un slogan bureaucratique et non un slogan de classe.</p>
<p>18. Après le fétichisme de l'“indépendance”, la Ligue syndicaliste transforme également la question de l'unité syndicale en fétiche.</p>
<p>Il va de soi que le maintien de l'unité des organisations syndicales a d'énormes avantages, tant du point de vue des tâches quotidiennes du prolétariat que de celui de la lutte du Parti communiste pour étendre son influence sur les masses. Mais les faits montrent que dès que l'aile révolutionnaire dans les syndicats remporte ses premiers succès, les opportunistes prennent la voie de la scission. Les relations paisibles avec la bourgeoisie leur sont plus chères que l'unité du prolétariat. C'est le constat incontestable des expériences de l'après-guerre.</p>
<p>Nous, communistes, avons toujours intérêt à démontrer aux ouvriers que la responsabilité du dédoublement des organisations syndicales incombe complètement à la social-démocratie. Mais il ne s'en suit pas que la formule creuse de l'unité nous serait plus importante que les tâches révolutionnaires de la classe ouvrière.</p>
<p>19. Huit ans se sont écoulés depuis la scission syndicale en France. Pendant ce temps, les deux organisations se sont certainement liées avec les deux partis politiques mortellement ennemis. Dans ces conditions, penser pouvoir unifier le mouvement syndical par la simple bonne parole de l'unité serait se bercer d'illusions. Déclarer que sans unification préalable des deux centrales syndicales non seulement la révolution prolétarienne mais même une lutte de classe sérieuse seraient impossible, revient à faire dépendre l'avenir de la révolution de la clique corrompue des réformistes syndicaux.</p>
<p>En fait l'avenir de la révolution dépend non pas de la fusion des deux appareils syndicaux, mais de l'unification de la majorité de la classe ouvrière derrière des slogans révolutionnaires et des méthodes révolutionnaires de lutte. Aujourd'hui l'unification de la classe ouvrière est seulement possible par la lutte contre les collaborateurs de classe qui se trouvent non seulement dans les partis politiques mais aussi dans les syndicats.</p>
<p>20. Le véritable chemin de l'unité révolutionnaire du prolétariat se situe dans le redressement, l'expansion et la consolidation de la C.G.T.U. révolutionnaire et dans l'affaiblissement de la C.G.T. réformiste.</p>
<p>Il n'est pas exclu, mais, bien au contraire très probable, qu'à l'heure de sa révolution, le prolétariat français écrira la lutte avec deux confédérations : derrière l'une se trouveront les masses et derrière l'autre l'aristocratie du travail et la bureaucratie.</p>
<p>21. La nouvelle opposition syndicale ne veut évidemment pas aller sur le chemin du syndicalisme. En même temps, elle se sépare du parti — non avec l'idée d'un certain leadership, mais avec le parti en général. Ce qui signifie tout simplement se désarmer idéologiquement et retomber dans le corporatisme.</p>
<p>22. L'opposition syndicale dans l'ensemble est très variée. Mais elle est caractérisée par quelques traits communs qui ne la rapprochent pas de l'opposition communiste de gauche mais, au contraire, s'opposent à elle.</p>
<p>L'opposition syndicale ne lutte pas contre les actes désinvoltes et les méthodes erronées du leadership communiste, mais contre l'influence du communisme sur la classe ouvrière.</p>
<p>L'opposition syndicale ne lutte pas contre une vision gauchiste de la situation et de ses perspectives mais agit, en fait, à l'opposé de toute perspective révolutionnaire.</p>
<p>L'opposition syndicale ne combat pas contre des méthodes caricaturales d'antimilitarisme mais propose une orientation pacifiste. En d'autres termes, l'opposition syndicale se développe manifestement dans un état d'esprit réformiste.</p>
<p>23. Il est complètement faux d'affirmer que ces dernières années — contrairement à ce qui s'est produit en Allemagne, en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays — on n'a pas constitué en France une aile droite au sein du camp révolutionnaire. Le point principal est que, abandonnant la politique révolutionnaire du communisme, l'opposition de droite en France, conformément aux traditions du mouvement ouvrier français a pris un caractère syndical, cachant de cette façon sa physionomie politique. Au fond, la majorité de l'opposition syndicale représente l'aile droite, comme le groupe de Brandler en Allemagne, les syndicalistes tchèques qui après la scission ont pris une position clairement réformiste, etc.</p>
<p>24. On peut chercher à objecter que toutes les considérations précédentes ne seraient valables qu'à la condition que le parti communiste ait une politique correcte. Mais cette objection n'est pas fondée. La question des rapports entre le parti, qui représente le prolétariat comme il devrait être, et les syndicats, qui représentent le prolétariat tel qu'il est, est la question la plus fondamentale du marxisme révolutionnaire. Ce serait une erreur de rejeter la seule réponse possible à cette question seulement parce que le parti communiste, sous l'influence de raisons objectives et subjectives à propos desquelles nous avons parlé plus d'une fois, conduit maintenant une politique erronée envers les syndicats, comme dans d'autres domaines. Une politique correcte doit être opposée à une politique erronée. C'est dans ce but que l'opposition de gauche s'est constituée en fraction. Si l'on considère que le Parti communiste français dans sa totalité est dans un état complètement irrécupérable — ce que nous ne pensons pas — un autre parti doit lui être opposé. Mais la question de la relation du parti à la classe ne change pas d'un iota par ce fait.</p>
<p>L'opposition de gauche considère qu'il est impossible d'influencer le mouvement syndical, de l'aider à trouver une orientation correcte, de l'imprégner avec des slogans corrects, sans passer par le parti communiste (ou une fraction pour le moment) qui, à côté de ses autres attributs, est le laboratoire idéologique central de la classe ouvrière.</p>
<p>25. La tâche bien comprise du Parti communiste ne consiste pas seulement à gagner en influence sur les syndicats, tels qu'ils sont, mais à gagner, par le biais des syndicats, une influence sur la majorité de la classe ouvrière. Ce n'est possible que si les méthodes utilisées par le parti dans les syndicats correspondent à la nature et aux tâches de ces derniers. La lutte d'influence du parti dans les syndicats se vérifie objectivement dans le fait qu'ils prospèrent ou pas, qu'ils augmentent le nombre de leurs syndiqués et au-delà leurs relations avec les masses les plus larges. Si le parti paie le prix de son influence dans les syndicats par leur amoindrissement et par le dernier des fractionnismes — convertissant les syndicats en auxiliaires du parti pour des objectifs ponctuels et les empêchant de devenir des organisations de masse — les relations entre le parti et la classe sont erronées. Il n'est pas nécessaire d'épiloguer sur les causes d'une telle situation. Nous l'avons fait plus d'une fois et nous le faisons chaque jour. La nature changeante de la politique communiste officielle reflète sa tendance aventuriste à se vouloir maître de la classe ouvrière dans les plus brefs délais, par tous les moyens (mises en scène, inventions, agitation superficielle, etc).</p>
<p>On ne s'en sortira pourtant pas en opposant les syndicats au parti (ou à la fraction) mais dans la lutte sans compromis pour changer complètement la politique du parti comme celle des syndicats.</p>
<p>26. L'Opposition de gauche doit indissolublement lier les questions du mouvement syndical aux questions de la lutte politique du prolétariat. Elle doit donner une analyse concrète du stade actuel de développement du mouvement ouvrier français. Elle doit donner une évaluation, tant quantitative que qualitative, du mouvement actuel des grèves et de ses perspectives par rapport aux perspectives du développement économique de la France. Il est inutile de dire qu'elle rejette complètement la perspective de la stabilisation du capitalisme et de la paix pour les prochaines décennies. Elle procède à partir d'une évaluation de notre époque en tant que révolutionnaire. Elle émerge de la nécessité d'une préparation adéquate de l'avant-garde prolétarienne devant des retournements non seulement probables mais inévitables. Son action la plus ferme et la plus implacable est dirigée contre les rodomontades soi-disant révolutionnaires de la bureaucratie centriste, contre l'hystérie politique qui ne tient pas compte des conditions et qui confond aujourd'hui avec hier ou avec demain ; plus fermement et résolument encore doit-elle se positionner contre les éléments de la droite qui reprennent sa critique et s'y dissimulent afin d'introduire leurs tendances dans le marxisme révolutionnaire.</p>
<p>27. Une nouvelle délimitation ? De nouvelles polémiques ? De nouvelles scissions ? Ce seront les lamentations des âmes pures mais fatiguées, qui voudraient transformer l'Opposition en une retraite calme où l'on pourrait tranquillement prendre congé des grandes tâches, tout en préservant intact le nom de révolutionnaire “ de gauche ”. Non ! Nous leur disons, à ces âmes fatiguées : nous ne voyageons certainement pas sur la même route. La vérité n'a pourtant jamais été la somme de petites erreurs. Une organisation révolutionnaire n'a pourtant jamais été composée de petits groupes conservateurs, cherchant avant tout à se démarquer les uns des autres. Il y a des époques où la tendance révolutionnaire est réduite à une petite minorité dans le mouvement ouvrier. Mais ces époques n'exigent pas des arrangements entre les petits groupes pour se cacher mutuellement leurs péchés mais exigent au contraire une lutte doublement implacable pour une perspective correcte et une formation des cadres dans l'esprit du marxisme authentique. Ce n'est qu'ainsi que la victoire est possible.</p>
<p>28. Pour autant l'auteur de ces lignes est personnellement concerné et doit admettre que la notion qu'il a eue du groupe de Monatte quand il a été expulsé d'Union Soviétique s'est avérée être trop optimiste, donc fausse. Pendant plusieurs années, l'auteur n'a pas eu la possibilité de suivre l'activité de ce groupe. Il l'a jugée de par ses souvenirs. Les divergences se sont avérées plus profondes et plus aiguës qu'on pouvait le supposer. Les derniers événements ont montré au-delà du doute que sans démarcation idéologique claire et précise de la ligne du syndicalisme, l'Opposition communiste en France n'ira pas de l'avant. Les thèses ici proposées ne sont qu'une première étape dans l'élaboration de cette démarcation, prélude à la lutte réussie contre le baragouin révolutionnaire et la nature opportuniste de Cachin, Monmousseau et compagnie.</p></div>