Matière et Révolution
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69144Le Groupe SNCF est une annexe de l'armée... Cheminots, battons-nous contre la guerre impérialiste !
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<p>« Le Groupe SNCF est un appui efficace de l'action de l'État. Partenaire de la défense nationale, le groupe a participé à plusieurs exercices militaires et s'est engagé à promouvoir la réserve opérationnelle en juillet 2023 en renouvelant sa "convention de soutien aux politiques de réserve" avec le ministère des Armées et des Anciens combattants. » — Fiche officielle du ministère des Armées, « Troupes à pied : Réservistes du Groupe SNCF », juillet 2026 <br class='autobr' />
14 juillet 2026 : dans les guerres à (…)</p>
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<p>« Le Groupe SNCF est un appui efficace de l'action de l'État. Partenaire de la défense nationale, le groupe a participé à plusieurs exercices militaires et s'est engagé à promouvoir la réserve opérationnelle en juillet 2023 en renouvelant sa "convention de soutien aux politiques de réserve" avec le ministère des Armées et des Anciens combattants. » — Fiche officielle du ministère des Armées, « Troupes à pied : Réservistes du Groupe SNCF », juillet 2026</p>
<p>14 juillet 2026 : dans les guerres à venir annoncées par Macron, la SNCF renoue avec la défense nationale et prépare les cheminots à servir l'impérialisme français — Kazib/SUD-Rail/Révolution Permanente détourne le regard</p>
<p>L'aveu ne vient pas d'un tract syndical ni d'un pamphlet : il vient du ministère lui-même. « Appui efficace de l'action de l'État », « partenaire de la défense nationale », « plusieurs exercices militaires », convention de soutien aux politiques de réserve renouvelée avec le ministère des Armées. L'institution se décrit elle-même, et sa langue dit tout. Reste à la traduire, et à regarder qui, à gauche, a choisi de ne pas le faire.</p>
<p>Le 14 juillet 2026, 107 agents du groupe SNCF ont défilé à pied sur les Champs-Élysées, aux côtés des forces armées, sous le commandement d'un colonel de réserve devenu « référent Garde nationale » permanent dans l'organigramme de l'entreprise. La question n'est pas de savoir ce que le 14 juillet fut jadis — la prise de la Bastille. La question est : à quoi sert ce défilé-ci, cette année-ci. La veille, Macron y a répondu lui-même.</p>
<p>« Préparer les guerres à venir » : le mot d'ordre est présidentiel</p>
<p>Le 13 juillet, à l'hôtel de Brienne, Macron ne dresse pas un bilan qui se ferme. Il trace une ligne à poursuivre : « Oui, nous devons préparer les guerres à venir », « ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner ». Il revendique un budget militaire porté à 64 milliards d'euros en 2027, soit en dix ans un doublement du budget des armées, plus 36 milliards supplémentaires pour la période 2026-2030. Il assume la formule : la France se tient prête à combattre pour défendre la liberté et le droit, au prix du sang s'il le faut. Ce n'est pas un spectacle du passé : c'est un armement tourné vers l'avenir, prononcé devant Zelensky et vingt-cinq chefs d'État de la « Coalition des volontaires » réunis la veille.</p>
<p>Et le mot que la fiche SNCF emploie pour se décrire — « participer à la résilience de la Nation » — est défini dans ce discours : l'actualisation de la loi de programmation militaire entend renforcer la résilience de la Nation et consolider cette force d'âme. Le vocabulaire de l'entreprise ferroviaire n'est pas une fioriture de communicant : c'est un fragment du lexique de guerre du chef des armées. Quand la SNCF dit « réseau stratégique défense » et « résilience », elle parle la langue de Brienne.</p>
<p>La réserve n'est pas du folklore : c'est un pilier nommé de l'économie de guerre</p>
<p>Le même discours soude la jeunesse et la réserve dans une seule phrase. Le nouveau service national, « purement militaire », lancé en septembre 2026, est selon Macron essentiel pour continuer à recruter les meilleurs, essentiel pour continuer aussi à accroître notre réserve. La réserve opérationnelle — celle qu'alimentent les 1 500 cheminots réservistes du groupe — n'est donc pas une lubie d'entreprise : c'est un rouage revendiqué de l'économie de guerre, au même rang que l'embrigadement des 18-25 ans. Le défilé des cheminots et le service national relèvent du même dispositif : fournir le « sang » que réclame le réarmement, à côté des milliards. L'agent SNCF en uniforme et le jeune appelé de septembre sont deux produits de la même chaîne.</p>
<p>Ce que la SNCF met en scène, l'État l'a déjà inscrit dans le contrat</p>
<p>Ce défilé ne se surajoute pas au rapport salarial : il le dévoile. Le réseau étant classé infrastructure de défense, le cheminot accepte, en signant, d'être appelé sous les drapeaux sur son lieu de travail en cas de mobilisation. La « réserve volontaire » festive qu'on parade le 14 juillet n'est que la face consentie d'une subordination militaire déjà là, pré-inscrite. Dans la conjoncture de 2026 — économie de guerre que Macron juge lui-même insuffisante, désengagement états-unien reporté sur les impérialismes européens, front ukrainien érigé en priorité — cette clause dormante cesse d'être théorique. On habitue aujourd'hui les corps, par la fierté et la parade, à ce que l'économie de guerre exigera d'eux demain par la contrainte.</p>
<p>Cette mobilisation du cheminot n'a d'ailleurs rien d'inédit : elle a déjà servi contre lui. En août 1953, lorsque quatre millions de travailleurs se mettent en grève contre les décrets Laniel reculant l'âge de la retraite des fonctionnaires, le gouvernement réquisitionne les cheminots et les postiers en s'appuyant sur un décret de 1938 relatif à la sécurité du territoire en temps de guerre. Les ordres de réquisition finirent en feu de joie et la grève l'emporta ; mais le principe était posé, et il tient toujours : l'État se réserve de traiter le cheminot en mobilisable, arme d'abord dirigée contre ses propres grèves.</p>
<p>Une histoire qu'il faut nommer sans la travestir : direction contre cheminots, 1940-1944<br class='autobr' />
Que l'appareil ne soit jamais neutre, l'histoire de l'entreprise l'a déjà démontré. Mais il faut nommer qui, dans cette histoire, fit quoi. La même fiche ministérielle fait défiler le passé du Groupe « de la reconstruction d'après-guerre à l'accueil des réfugiés ukrainiens » — et saute par-dessus 1940-1944.<br class='autobr' />
Sous l'Occupation, la direction de la SNCF, créée en 1938, a mis l'entreprise au service de l'effort de guerre allemand : acheminement des matières premières, de la main-d'œuvre du travail forcé, et des convois de déportation des Juifs — wagons, horaires, factures à l'occupant, établies sur la foi des travaux de l'historien Christian Bachelier (rapport SNCF/CNRS, 1996). C'est l'appareil qui collabore.<br class='autobr' />
Ce ne sont pas les cheminots. Une fraction d'entre eux a saboté précisément cet effort de guerre : déboulonnage de rails, aiguillages détruits, machines lancées à contre-voie, renseignement, filières d'évasion, et la grève du 10 août 1944 qui précipita l'insurrection de Paris. Ils l'ont payé : autour de 2 000 cheminots fusillés ou exécutés, quelque 7 000 déportés. La ligne de classe passe à l'intérieur de l'entreprise, entre une hiérarchie qui sert l'État du moment et des travailleurs qui le combattent.<br class='autobr' />
Encore ne faut-il pas idéaliser cette résistance ouvrière — et c'est ici que le mythe fabriqué doit être écarté. Dès 1946, la SNCF commande à René Clément le film La Bataille du rail, qui exalte le cheminot héroïque et efface la collaboration de la direction ; l'entreprise est citée à l'ordre de la Nation, décorée de la Légion d'honneur en 1951. Cette geste résistancialiste a servi à souder rétrospectivement direction et agents dans un même « service de la Nation » — exactement l'opération que reconduit la fiche de 2026. Et sur le fond, le sabotage cheminot, acte de classe réel, fut capté par le PCF et la CGT ralliés à de Gaulle : placé sous la tutelle du terrain bourgeois de l'union nationale, il fut désarmé à la Libération — « une seule armée, une seule police, un seul État », dira Thorez — et retourné en discipline productiviste au service de la reconstruction de l'État capitaliste. L'énergie de classe était réelle ; faute d'organisation indépendante, elle fut confisquée. La leçon vaut pour aujourd'hui.</p>
<p>Un siècle de grèves : ce que la parade veut faire oublier</p>
<p>On fait défiler derrière l'armée une corporation dont l'histoire est faite d'affrontements avec l'État patronal. Il faut les rappeler, car on les a oubliés — ou jamais appris.</p>
<p>Novembre-décembre 1947. Née à la régie Renault en avril, une vague de grèves quasi insurrectionnelles emporte trois millions de travailleurs ; les cheminots y tiennent une place centrale, jusqu'aux voies sabotées début décembre. Mais le PCF et la CGT, qui accompagnent le mouvement, ne cherchent jamais à en faire une véritable grève générale capable de renverser le rapport de forces : ils veulent reconquérir un crédit perdu, non prendre le pouvoir. Le conflit s'achève sur la scission de la CGT et la naissance de Force ouvrière, montée avec l'appui financier des syndicats américains. Première démonstration, à chaud, de ce que coûte à la classe ouvrière la tutelle de directions qui la subordonnent à leurs manœuvres.</p>
<p>Août 1953. Contre le plan d'austérité Laniel et le recul de l'âge de la retraite des fonctionnaires, une grève partie des postiers de Bordeaux s'étend en quelques jours à toute la fonction publique : SNCF, mines, PTT, EDF, puis métallurgie, banques, chimie. Quatre millions de grévistes, trois semaines, les réquisitions bravées. Le gouvernement recule : aucun décret n'est appliqué, l'âge de la retraite n'est pas repoussé. Une victoire arrachée par en bas, largement au-delà des consignes syndicales — ce n'est pas une grève « cheminote » mais un mouvement d'ensemble où les cheminots furent un contingent moteur.</p>
<p>Décembre 1986 - janvier 1987. C'est la pièce maîtresse. Partie des agents de conduite de Paris-Nord réunis en assemblée générale, contre une grille de salaire « au mérite » liquidant l'ancienneté et une remise en cause du statut, la grève reconductible gagne 80 % des dépôts. Surtout, les cheminots se dotent de leurs propres organes : comités de grève réunissant syndiqués et non-syndiqués, puis une Coordination nationale des agents de conduite — 55 dépôts sur 94 représentés par des grévistes mandatés en AG, contrôlant eux-mêmes les négociations, occupant les voies. La direction retire son projet de grille le 31 décembre. Cette auto-organisation, l'une des plus avancées du dernier demi-siècle, fut violemment combattue par la CGT, qui voyait la base lui échapper. Elle montre, en acte, ce dont les cheminots sont capables quand ils décident eux-mêmes.</p>
<p>Novembre-décembre 1995. Contre le plan Juppé — allongement de la durée de cotisation, attaque frontale sur les régimes spéciaux —, la SNCF et la RATP partent en grève reconductible, animée par des AG, et paralysent le pays trois semaines. Rejoints par la Poste, EDF, France Télécom, portés par le mot d'ordre « Tous ensemble » et le soutien de l'opinion, les grévistes font plier le gouvernement : le 15 décembre, Juppé retire sa réforme des retraites et l'attaque contre les régimes spéciaux. La dernière grande victoire sociale arrachée sous la Ve République.</p>
<p>Mars-juin 2018. Contre le « pacte ferroviaire » qui met fin au recrutement au statut pour tout cheminot embauché après le 31 décembre 2019 et prépare l'ouverture à la concurrence, l'intersyndicale organise une grève « perlée », deux jours sur cinq pendant trois mois. Le dispositif, pensé en haut, épuise les grévistes sans jamais bloquer durablement ; la loi passe. Défaite lourde : le statut, conquête ouvrière du XIXᵉ siècle, est liquidé pour les générations suivantes. La démonstration par la négative de 1986 — sans contrôle de la base sur sa propre grève, la combativité se dépense en pure perte.</p>
<p>Janvier-mars 2023. Contre la retraite à 64 ans, les cheminots sont de toutes les journées d'une mobilisation qui dépasse en ampleur les records de 1995 et de 2010. Mais l'intersyndicale s'en tient à des journées d'action espacées, sans jamais chercher le blocage reconductible qui, seul, aurait pu faire céder l'exécutif ; celui-ci passe en force au 49.3 le 16 mars et impose sa loi. Le rejet massif, faute de stratégie de rupture, ne se transforme pas en victoire.</p>
<p>Voilà la lignée qu'on fait défiler derrière l'armée. De ces six moments se dégage une même leçon : les cheminots ne l'ont emporté (1953, 1986, 1995) que lorsqu'ils débordaient les directions syndicales et prenaient leur grève en main ; ils ont été défaits (2018, 2023) chaque fois qu'ils s'en sont remis à des états-majors gérant la mobilisation par en haut. C'est cette histoire d'indépendance de classe que la parade du 14 juillet veut recouvrir d'un drapeau.</p>
<p>Retourner la question de l'armement</p>
<p>Le 14 juillet 2026 est le renversement de cette histoire, et il n'est pas symbolique : il enrôle cette force, dans le moment précis où Macron annonce ses guerres à venir, du côté de l'appareil qu'elle a passé un siècle à combattre. Ces réservistes cheminots viennent « renforcer », dit la fiche, les forces « de sécurité intérieure » — celles-là mêmes qui éborgnent les manifestants et qu'ils pourraient un jour retrouver en face, en grève.</p>
<p>Le défilé pose une question, et c'est une question militaire : qui arme qui, pour le compte de quelle classe, sous quel commandement. L'État capitaliste y répond en armant les cheminots pour son ordre à lui — la réserve, la mobilisation inscrite au contrat, le dressage à l'obéissance. La seule réponse conséquente ne consiste pas à déplorer cette militarisation, mais à en retourner le sens. Le prolétariat ne délègue pas sa défense à l'appareil qui l'exploite. Ce que 1944 a montré par la négative — une classe qui saborde l'occupant puis se laisse désarmer par ses propres directions — trace la tâche par l'endroit : les cheminots, comme l'ensemble du peuple travailleur, ont à s'organiser de manière autonome et indépendante, hors de la tutelle de l'État, de ses syndicats intégrés et des partis qui gèrent son ordre. À former leurs propres cadres, leurs propres bataillons du peuple travailleur — l'armement du prolétariat pour sa cause, et non pour les guerres de la bourgeoisie française. Les coordinations de 1986 en furent une ébauche : la base décidant elle-même, mandatant, contrôlant. Il s'agit de reprendre ce fil, et de le mener jusqu'au bout.</p>
<p>Révolution Permanente déréalise ce qu'il faudrait prendre au mot</p>
<p>Reste ceux qui, à gauche, prétendent porter cette perspective et détournent le regard au moment de l'appliquer. Le même 14 juillet, Révolution Permanente publie deux articles contre le défilé. L'un dénonce les douze policiers de la BRAV-M dans le cortège motorisé. L'autre, sous la plume de Gregorio Oneto, formule pourtant la thèse juste : la reconstruction de la capacité destructive de l'armée à l'étranger implique une militarisation interne de la société française. Anasse Kazib tweete le jour même contre « les écraseurs de révolution, les tabasseurs de gilets jaunes ».</p>
<p>Deux problèmes, du point de vue matérialiste.</p>
<p>D'abord le mot choisi. Oneto titre « le spectacle militariste de Macron » et le lit comme à l'image des deux mandats du président — une clôture, un bilan. Mais Macron dit l'inverse : non pas un bilan qui se ferme, une trajectoire qu'il enjoint à son successeur de continuer, vers les guerres à venir. Nommer « spectacle » — le registre de la représentation, de l'illusion — c'est déréaliser l'événement à l'instant précis où il faudrait le prendre au mot comme préparation matérielle. On regarde le 14 juillet comme une image, quand il est un ordre de marche.</p>
<p>Ensuite l'angle mort, et il est sélectif. RP dénonce le réarmement en général, l'austérité, la canicule, la BRAV-M, l'embrigadement de la jeunesse — jusqu'en Allemagne, où l'article cite le fiasco du service militaire. Partout, sauf dans le seul lieu où l'organisation a des militants, un mandat, une prise réelle : la réserve opérationnelle de la SNCF. Pas une ligne, dans aucun des deux articles, sur les 107 cheminots défilant à pied dans le même cortège que les douze policiers repérés. Kazib et Laura Varlet sont cheminots ; RP est implanté à la SNCF ; le journal sait suivre l'entreprise quand un agent y est licencié. Mais la militarisation de sa propre branche — l'incarnation exacte, dans le monde du travail, de la militarisation interne de la société qu'Oneto théorise — reste invisible. On voit la militarisation quand elle porte l'uniforme de l'ennemi désigné ; on ne la voit pas quand elle porte le gilet de la maison.</p>
<p>Ce n'est pas une distraction, c'est une position. Saisir la réserve SNCF obligerait à porter l'antimilitarisme dans les dépôts, contre la direction et contre l'adhésion d'une partie des agents, en rupture avec le cadre national-défensiste que l'appareil syndical — SUD-Rail, Solidaires — ne conteste pas, pas plus qu'il ne conteste le soutien à la guerre en Ukraine. RP tient la clé théorique, la militarisation interne de la société, et ne la tourne pas dans la seule serrure qui l'engagerait vraiment : son propre lieu de travail. Le radicalisme se déploie où il ne coûte rien — la police honnie, Gaza — et se retire là où il faudrait rompre. La question de l'armement du prolétariat ne se pose pas sur les réseaux, à distance des tabasseurs de gilets jaunes. Elle se pose dans les dépôts, là où l'État vient précisément de recruter ses réservistes. C'est là, et nulle part ailleurs, qu'on mesure une politique.</p>
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La grève du 10 juin a enterré ses morts : la signature de trente ans de cogestion à la SNCF
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<p>La grève du 10 juin a enterré ses morts : la signature de trente ans de cogestion à la SNCF <br class='autobr' />
Demain 10 juin 2026, l'intersyndicale fait grève. Sur quoi ? Pas sur les morts. Comment en est-on arrivé là ? <br class='autobr' />
* * * <br class='autobr' />
I. Demain ils font grève. Sur quoi ? <br class='autobr' />
Demain mercredi 10 juin 2026, les quatre fédérations cheminotes — CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT — appellent à la grève. Sur quoi ? Sur les salaires. Sur l'inflation d'avril (2,2 %). Sur l'indemnité de résidence et un véritable treizième mois. Pas (…)</p>
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</div><h2 class="spip">La grève du 10 juin a enterré ses morts : la signature de trente ans de cogestion à la SNCF
<p>Demain 10 juin 2026, l'intersyndicale fait grève. Sur quoi ? Pas sur les morts. Comment en est-on arrivé là ?</p>
</h2>
<p>* * *</p>
<p>I. Demain ils font grève. Sur quoi ?</p>
<p>Demain mercredi 10 juin 2026, les quatre fédérations cheminotes — CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT — appellent à la grève. Sur quoi ? Sur les salaires. Sur l'inflation d'avril (2,2 %). Sur l'indemnité de résidence et un véritable treizième mois. Pas sur les morts.</p>
<p>Il y a cinq semaines pourtant, ces mêmes fédérations avaient déposé le même préavis sur autre chose. Le 6 mai 2026, leur communiqué unitaire « déclarait l'état d'urgence face à la multiplication des drames — accidents du travail, arrêts maladie, suicides — engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation ». Treize suicides de cheminots étaient alors recensés par les syndicats et repris par la presse depuis le début de l'année. Le mot DRAME structurait l'appel. Le mot SUICIDE y figurait nommément.</p>
<p>Le 4 juin, vingt-neuf jours plus tard, les mêmes fédérations ont publié un nouveau tract intersyndical. Plus un mot sur les suicides. Plus un mot sur les drames. Titre : « LE 10 JUIN, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE POUR NOS SALAIRES, NOS DROITS ET LE SERVICE PUBLIC FERROVIAIRE ! ». Justification : l'inflation et le refus de la direction d'ouvrir des négociations. Les morts ont disparu du support de mobilisation immédiate pour la grève qu'ils avaient contribué à déclencher — quand bien même la page du 6 mai reste consultable sur les sites syndicaux. Ce qui compte, c'est ce qui circule dans les dépôts et les gares. Pas ce qui reste archivé.</p>
<p>Veille même de cette dérive, le 3 juin 2026, un nouveau mort cheminot. Pas un suicide cette fois — un agent SM de l'Infrapole Aquitaine heurté par une circulation à Lormont près de Bordeaux, dans la nuit, sur un chantier. Mort au travail, dans un secteur déjà marqué par la multiplication des incidents et des accidents, par le sous-effectif et les réorganisations. La Fédération CGT-Cheminots publie le lendemain un communiqué titré « La famille cheminote est, une fois de plus, endeuillée — Personne ne doit perdre sa vie en la gagnant ! ». Mais aucune modification du tract intersyndical. Ce nouveau mort n'a pas fait revenir les morts dans l'appel.</p>
<p>Ce n'est pas un changement de revendication. C'est un changement de terrain de classe : des morts causés par l'organisation capitaliste du travail vers des revendications salariales négociables dans le cadre de cette même organisation. Pas une omission tactique. Un déplacement structurel.</p>
<p>Les morts ont déclenché la grève. La grève ne parle plus des morts.</p>
<p>* * *</p>
<p>II. la cogestion : dénoncer les morts au travail ? oui ! détruire le mode de production capitaliste qui les produit ? non</p>
<p>Cette opération — soulever la grève sur les drames, la rabattre sur les salaires en cinq semaines — n'est pas un accident. Elle est la signature de trente ans de cogestion entre les directions syndicales et la SNCF.</p>
<p>Pourquoi ont-ils dû déclarer l'« état d'urgence » le 6 mai ? Parce qu'ils étaient acculés. Treize suicides recensés depuis le début de l'année. Les médias avaient pris l'affaire — Reporterre le 28 avril, Le Monde, France Info, L'Est Républicain. Sud-Rail avait tenu meeting devant le siège SNCF de Saint-Denis, prononçant les phrases attendues sur « l'omerta », le « harcèlement institutionnel », la « meurtrissure profonde ». Il fallait répondre, ou laisser la situation déborder.</p>
<p>Mais répondre comment ? Pas en mettant en cause le régime de production qui tue les cheminots. Pas en exigeant l'expropriation, la rupture avec la directive européenne, le démantèlement immédiat de la prime indexée sur les accidents — révélée trois jours plus tard par BFM Business. Cela aurait signifié rompre avec eux-mêmes.</p>
<p>Réponse : un appel à la grève pour le 10 juin, à cinq semaines de distance, sur des « drames » dont la cause n'était pas désignée. Cinq semaines pour négocier en parallèle, pour glisser de MORTS à SALAIRES. La direction n'a rien lâché sur les réorganisations, la filialisation, la prime du silence : elle a défini son périmètre de concertation — par filiale plutôt qu'au niveau Groupe — et l'intersyndicale a accepté cette discussion-là. Le 4 juin, le tract est devenu salarial. Les morts sont enterrés.</p>
<p>* * *</p>
<p>III. De 1986 à 2026 : de l'auto-organisation au préavis administré</p>
<p>Pour comprendre la différence entre cogestion et lutte de classe, il faut se rappeler la dernière fois où les cheminots ont gagné par eux-mêmes : décembre 1986.</p>
<p>La grève ne naît pas d'un appel national 1. Elle naît d'une pétition qui circule à Paris-Nord début novembre, à l'initiative d'un agent de conduite. La CGT venait d'enchaîner deux journées d'action sans lendemain — 30 septembre et 21 octobre. La pétition est signée, comme l'écrit Robert Paris sur Matière et Révolution, par des cheminots « excédés par les inactions syndicales ». Le 18 décembre, les conducteurs de Paris-Nord arrêtent le travail. La CGT, hostile, garde le silence pendant la première journée. La CFDT dépose un préavis local. À la FGAAC, syndicat corporatiste des conducteurs, des militants de base sont au cœur du déclenchement, mais la direction nationale reste ambiguë.</p>
<p>La grève s'étend « comme une traînée de poudre, malgré les réticences voire l'hostilité des états-majors syndicaux ». Les grévistes élisent des AG massives, des comités de grève, et deux coordinations nationales — celle des conducteurs, et la coordination inter-catégories animée par Daniel Vitry (trotskiste) et Serge Torrano (anarchiste). Le 24 décembre, les directions syndicales se précipitent chez Dupuy, directeur-général de la SNCF, « en ordre dispersé », pour explorer une négociation. Les grévistes ne suivent pas. Le 26 décembre, Dupuy lance un ultimatum. Les coordinations rejettent. Vingt-sept jours de grève. Le projet de grille salariale est suspendu.</p>
<p>Trois leçons à tirer encore aujourd'hui.</p>
<p>les cheminots gagnent quand ils contournent leurs propres directions, pas quand ils les suivent.</p>
<p>l'auto-organisation prend la forme de coordinations nationales élues, dotées du pouvoir réel de décision — pas d'AG-chambres-d'enregistrement des appareils.</p>
<p>la dynamique s'inscrit dans un cycle plus large — étudiants contre Devaquet, instituteurs au printemps 1987, infirmières à l'automne 1988, toutes avec coordinations. Dernière fois en France qu'un cycle entier d'auto-organisation traverse plusieurs secteurs.</p>
<p>1995, c'est l'inverse de 1986 2 — même si l'image trompe (AG, occupations, reconductible). Aucune coordination nationale autonome ne s'impose comme direction effective ; l'extrême gauche organisée reste dans le cadre du mouvement dirigé par les appareils. Pour cette tradition, les coordinations ne sont qu'un moyen de pression sur les appareils, jamais une alternative à eux. Cette ligne devient dominante après 1995. C'est elle qui produit en bout de chaîne les prises de position d'avril 2026 réclamant à Castex qu'il sorte du silence.</p>
<p>À partir de là, le mouvement historique se laisse retracer date par date. S'ils peuvent faire ce qu'ils font en 2026, c'est qu'ils ont eu trente ans pour s'y entraîner.</p>
<p>Décembre 1995. Le tournant. Après trois semaines de grève contre le plan Juppé, Bernard Thibault — secrétaire CGT-Cheminots — sort du ministère et annonce, sans consulter les grévistes ni concerter la RATP en soutien, que la grève est finie 2. Juppé recule sur l'immédiat. Mais le démantèlement n'est pas annulé : il est différé. Il s'appliquera vingt-trois ans plus tard, sans résistance comparable. En 1986, les cheminots avaient débordé leurs syndicats pour gagner. En 1995, ils les ont suivis pour perdre à retardement.</p>
<p>2014-2016. Quatre luttes simultanées — PSA Aulnay, SNCF, SNCM, Air France 3 — toutes perdantes, toutes séparées. Aucun effort des directions cheminotes pour élargir à EDF, Santé, Éducation, Énergie, menacés en même temps. La SNCF est divisée en trois EPIC — préparation directe de 2018 — sans grève générale.</p>
<p>2018. Réforme ferroviaire de Macron 4 : suppression du statut cheminot pour les nouveaux entrants, ouverture à la concurrence. Réponse syndicale : la « grève perlée » — deux jours sur cinq pendant trois mois. Méthode choisie pour épuiser la combativité sans bloquer le réseau. Sud-Rail apparaît plus radical en prônant la grève reconductible et en affirmant que la base décidera ; il n'en est rien — les AG y sont des chambres d'enregistrement. Et l'extrême gauche organisée franchit son glissement décisif : l'inter-gares Paris, qui se voulait alternative aux directions, en vient à s'interroger publiquement sur la nécessité d'interpeller ces directions pour les rappeler à leurs responsabilités. Ils s'en servent comme interlocuteurs. La réforme passe.</p>
<p>Octobre 2019. Technicentre de Châtillon : grève sauvage, auto-organisée, hors syndicats, déclenchée le 21 octobre contre la remise en cause d'un accord local donnant douze jours de repos supplémentaires aux agents — dans le contexte de la réforme de 2018 et de la marche vers la privatisation. Sans préavis légal, sans DII 48 heures à l'avance, sans encadrement syndical. Les grévistes écrivent : « nous avons cessé le travail massivement, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats ». La grève s'étend aux technicentres Le Landy et Sud-Est Européen — et fait reculer la direction. Voilà la méthode que les directions étouffent depuis trente ans : irruption à la base, auto-organisation, contournement du cadre légal, extension immédiate. Cette méthode n'apparaît pas dans la séquence du 10 juin 2026 — pas par incapacité ouvrière, mais parce que les appareils, syndicaux et politiques, la combattent activement. Les fédérations l'étouffent par préavis légaux, DII, concertation continue. Les courants d'extrême gauche organisée — LO, NPA-R, RP — après l'avoir portée localement en 1986, l'ont abandonnée depuis 1995 et la combattent de fait en s'insérant dans la séquence intersyndicale 5.</p>
<p>1ᵉʳ janvier 2020. La SNCF devient société anonyme à capitaux publics. Cinq sociétés filles : SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, Rail Logistics Europe, Keolis, Geodis. Statut cheminot supprimé pour les nouveaux entrants. Aucune grève générale. La privatisation que 1995 avait soi-disant « stoppée » passe sans coup férir.</p>
<p>2023. Réforme Macron des retraites. Mobilisation massive en apparence — quatorze journées d'action — toutes contrôlées par l'intersyndicale qui décide des dates, des formes, de la durée. Aucune grève reconductible nationale centralisée par des comités élus. Aucune coordination nationale indépendante. La réforme passe.</p>
<p>Avril 2024. La cogestion prend sa forme la plus pure. Les quatre fédérations représentatives signent ensemble 6 un accord d'entreprise qui « neutralise » la réforme Macron à l'intérieur de la SNCF. Le Club des Juristes, organe juridique du grand patronat, salue : « En interne, la SNCF a réussi à calmer les ardeurs des organisations syndicales. » La fonction reconnue, validée, assumée.</p>
<p>Mai 2025. Grèves très peu suivies sur les salaires. Jean-Pierre Farandou, alors PDG, se félicite : « 90 % des trains vont rouler ce week-end. » Les syndicats accusent la direction d'« employer des briseurs de grève ». Mais le véritable briseur de grève, c'est la cogestion : trente ans qu'on dit aux cheminots de suivre, ils suivent, ils perdent. À force, ils ne suivent plus.</p>
<p>Janvier-avril 2026. Douze suicides cheminots en quatre mois. Le 7 avril, le conducteur du train 7304 est tué à Bully-les-Mines dans la collision avec un convoi militaire — la guerre impérialiste française et la décomposition du réseau ferroviaire se croisent là, dans la mort d'un cheminot transportant le matériel de l'armée. Face à cela, l'intersyndicale du 14 avril décide… d'envisager une grève en juin, à plus de deux mois de distance. Le 28 avril, meeting devant le siège SNCF. Le 6 mai, communiqué unitaire « état d'urgence drames » — préavis pour le 10 juin. Treizième suicide entre temps. Le 9 mai, BFM Business révèle la prime indexée sur les accidents ; le sujet avait déjà été discuté avant sa révélation publique. Réaction syndicale ? « Une demande de concertation immédiate. » Pas la grève. Pas le retrait inconditionnel. Pas la mobilisation des cheminots. La concertation. Encore. Toujours.</p>
<p>4 juin 2026. Tract intersyndical : le mot SUICIDE a disparu. Le mot DRAME a disparu. La grève du 10 juin est devenue salariale. 3 juin : quatorzième mort cheminot à Lormont. Communiqué d'hommage CGT le 4. Le tract de la grève, lui, ne bouge pas.</p>
<p>Voilà trente ans de cogestion. Non pas « passivité » ou « incapacité » — termes indulgents et faux. Ces directions n'ont pas échoué à défendre les cheminots. Elles ont réussi ce qu'elles voulaient : gérer la combativité dans les limites acceptables pour l'État et pour la stratégie européenne du capital. Toutes les grèves contrôlées. Toutes les coordinations étouffées. Toutes les réformes passées. Tous les accords signés. Et aujourd'hui, le même appareil qui a détruit la confiance ouvrière pleure les morts du régime de production qu'il a accompagné et propose une grève sur les salaires.</p>
<p>L'extrême gauche française n'oppose à cette dérive aucune alternative. Elle accompagne par suivisme actif. En 1986, malgré leurs limites politiques, Lutte Ouvrière et la LCR — devenue NPA, dont sont issues RP et le NPA-Révolutionnaires — étaient dans les coordinations cheminotes qui contournaient les préavis. Elles soutenaient ces structures autonomes de la classe ouvrière. C'était juste. En 2026, plus aucune ne construit la moindre coordination autonome, le moindre comité de grève à la base, la moindre fraction opposée aux directions dans la séquence du 10 juin. Lutte Ouvrière : mots révolutionnaires dans les bulletins, pratique syndicaliste dans les sections. Le NPA-Révolutionnaires : ses militants à Sud-Rail s'insèrent dans l'appareil sans le combattre. Révolution Permanente : critique l'impasse stratégique, propose des AG pour « obliger les fédérations » — mais reste enfermée dans la même méthode.</p>
<p>Ce suivisme se vérifie dans les prises de position concrètes de la séquence du 10 juin. Damien Scali 7, porte-parole du NPA-Révolutionnaires et aiguilleur du rail, intervient publiquement en reprenant l'ambiance d'une journée intersyndicale — jusqu'à parler d'un « petit goût de 10 septembre » — sans faire de la construction d'une coordination autonome des cheminots l'axe central de son intervention. Laura Varlet 8, cheminote, militante de Révolution Permanente et syndiquée à SUD-Rail, reprend la ligne consistant à interpeller Jean Castex pour qu'il « sorte du silence ». Dans les deux cas, le problème n'est pas une absence de colère ni de critique verbale. L'intervention reste construite à partir du cadre fixé par les fédérations et par la direction SNCF. On interpelle Castex. On fait pression sur les fédérations. On appelle à pousser l'intersyndicale. Mais on ne construit pas, contre cette intersyndicale, des comités de grève élus, mandatés, révocables, coordonnés nationalement par les cheminots eux-mêmes.</p>
<p>Voilà le glissement historique. En 1986, les militants révolutionnaires soutenaient des coordinations qui contournaient les préavis et les états-majors. En 2026, leurs héritiers s'insèrent dans la séquence intersyndicale, commentent ses limites, veulent la pousser plus loin, mais ne lui opposent aucune direction ouvrière autonome. Ce n'est pas une faiblesse de ton. C'est une orientation pratique. Ils dénoncent la cogestion en mots, mais restent prisonniers de sa méthode : faire pression sur l'appareil au lieu d'organiser les travailleurs contre lui.</p>
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<p>IV. La prime du silence : le capital paie pour l'omerta</p>
<p>Pour comprendre le régime de production qui tue les cheminots, il faut décrire les dispositifs qui lient les primes — et l'intéressement conventionnel — à l'absence d'accidents du travail déclarés. Plusieurs sources syndicales convergent. BFM Business titre le 9 mai 2026 9 : « On perd un tiers de sa prime s'il y a trop d'accidents de travail dans son service ». SUD-Rail dénonce, dans son tract « Le scandale des accidents du travail contre des primes », la volonté de la direction de « corréler un objectif de prime avec le nombre d'accidents du travail » et la transformation des accidents en « challenge ». Solidaires/SUD-Rail confirme dès le 16 avril 2024 que les activités SNCF généralisent des « primes collectives corrélées avec le nombre d'accidents du travail ».</p>
<p>La mécanique est documentée par la CFDT. Au technicentre PACA, la direction avance ouvertement « l'argument que les accidents de travail sont un frein sur notre positionnement sur l'ouverture à la concurrence ». Au technicentre Charentes-Périgord : une « prime accident » de dix centimes par jour de travail et par agent, versée à chaque palier de cinq cents jours sans arrêt, soit cinquante euros par agent au palier 500. La prime est collective : si un accident est déclaré, le compteur de l'équipe repart à zéro.</p>
<p>La perversité politique est remarquable. Le travailleur blessé n'est pas individuellement pénalisé — il touche l'arrêt maladie. Mais ses collègues, qui auraient bénéficié de la prochaine prime, en sont privés par sa déclaration. Le ressentiment se déplace de la direction vers le collègue accidenté. La pression à ne pas déclarer ne vient plus de la hiérarchie. Elle vient des camarades de travail. C'est l'omerta organisée par incitation économique — le capital qui paie le silence ouvrier.</p>
<p>La logique politique est limpide. La directive européenne d'ouverture à la concurrence ferroviaire (91/440 et dérivés) impose à l'opérateur historique de comprimer ses coûts. Pas en supprimant les accidents — cela exigerait des embauches et un ralentissement des cadences. En supprimant leur déclaration.</p>
<p>Et ce dispositif n'est plus, en 2026, une pratique locale isolée. Il a été institutionnalisé par accord d'entreprise. À SNCF Gares & Connexions, l'UNSA — qui revendique avoir pu « négocier et signer seule » — a signé en 2025 puis reconduit par avenant en 2026 un accord d'intéressement dont le critère n°3 est explicitement le « Taux de fréquence des accidents de travail avec arrêt », valorisé à 180 € par agent. En 2026, l'objectif n'a pas été atteint : résultat, 0 € versé sur cette ligne. La CFDT-Cheminots dénonce en mars 2026 ce « critère contestable, lié au nombre d'accidents du travail », qui « incite à ne pas déclarer ». La prime du silence devient une clause conventionnelle, signée unilatéralement par un appareil syndical — un « acquis » de la non-déclaration.</p>
<p>Si ce dispositif s'applique aux accidents physiques, à plus forte raison aux souffrances psychiques. Combien des treize cheminots suicidés ont préféré se taire, intérioriser, tenir — plutôt que coûter à leurs collègues ? La prime n'est pas seulement un mécanisme comptable malhonnête. Elle produit les conditions du passage à l'acte solitaire. Selon BFM Business, le sujet avait déjà été discuté avant sa révélation publique. Pendant que ces dispositifs étaient connus, discutés ou dénoncés dans les instances, la vague de suicides et d'accidents continuait. Et Sud-Rail a demandé « une concertation immédiate ». Pas le retrait inconditionnel. Pas la mobilisation des cheminots eux-mêmes. La concertation. Encore. Toujours.</p>
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<p>V. Deux fois plus de suicides en six mois que sur toute l'année 2025</p>
<p>Treize suicides en cinq mois est un chiffre considérable. Mais l'argument politique ne repose pas sur le sensationnalisme du chiffre brut. Le suicide ouvrier est, dans le capitalisme français contemporain, un phénomène structurel : France Télécom, La Poste, l'Éducation nationale, l'hôpital, Renault, Peugeot ont connu ou connaissent encore des vagues comparables. Ce qu'on observe à la SNCF en 2026 n'est pas une anomalie sectorielle, c'est une expression aiguë d'une même logique d'intensification du régime de production capitaliste.</p>
<p>Ce qui est nouveau, c'est l'accélération et la synchronisation. La SNCF avait recensé sept suicides sur l'ensemble de 2025. Treize sur les cinq premiers mois de 2026 — quasi-doublement du rythme en moins d'un an. Et cette accélération est synchrone d'une autre : arrivée de l'équipe Castex en novembre 2025, transferts massifs vers les filiales SVCO, plans de licenciement contre les cheminots refusant les transferts, application de l'accord d'avril 2024 qui « neutralisait » Macron en cogestion. Ce n'est pas la pénibilité d'un siècle et demi de chemin de fer qui tue — elle existe depuis toujours. C'est l'intensification spécifique du régime de production capitaliste dans cette fraction de la classe ouvrière, à ce moment, dans ce secteur.</p>
<p>L'argument tient sur la trajectoire, la concentration temporelle et la synchronisation avec les restructurations — pas sur le chiffre brut. On ne combat pas un tel phénomène par des cellules psychologiques ni par des moratoires temporaires sur les réorganisations. On ne le combat pas non plus par une grève d'une journée ramenée à des revendications salariales que la direction pourra concéder ou refuser sans rien changer au régime de production. On le combat par l'expropriation des trusts qui produisent cette souffrance, par la rupture avec la directive européenne, par la réunification publique des opérateurs ferroviaires, par le contrôle effectif des comités de cheminots élus et révocables sur l'organisation du travail. C'est-à-dire par le programme révolutionnaire — que personne ne porte aujourd'hui.</p>
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<p>VI. Ce que nous disons aux cheminots et aux militants syndicaux honnêtes</p>
<p>Premier point — nous n'appelons pas au 10 juin.</p>
<p>Nous n'avons pas appelé au 10 juin. Pas que nous appellerions à ne pas faire grève — les travailleurs font ce qu'ils décident, et chaque cheminot qui débraye exprime sa colère contre le régime qui tue. Mais ce qui se passe le 10 juin n'est pas une grève ouvrière autonome ; c'est une journée d'action administrée par la cogestion syndicale.</p>
<p>Deuxième point — pourquoi ce n'est pas une grève ouvrière autonome.</p>
<p>Le 10 juin est encadré par le droit bourgeois de la grève dans les transports : préavis légal de cinq jours minimum, négociation préalable obligatoire, DII 48 heures à l'avance par la loi de 2007, assignations, service garanti, calcul d'un service à 80 %. Ce n'est pas un détail technique. C'est un dispositif de classe, construit depuis Sarkozy en 2007 pour transformer la grève en événement administratif prévisible — annoncé à la direction, encadré, négocié, comptabilisé, refermable. Les directions syndicales s'y soumettent. Pire, elles le célèbrent comme cadre légitime. Ce n'est pas le cadre des cheminots de 1986. Ce n'est pas le cadre que Barta utilisait à Renault en 1947. C'est le cadre que le capital impose pour neutraliser à l'avance ce qu'il craint.</p>
<p>Une stratégie ouvrière ne part pas de ce calendrier de prévisibilité. Elle part de l'organisation réelle des travailleurs — assemblées générales, délégués mandatés, rapport de force construit dans les ateliers et les dépôts. Même avec une coordination nationale élue et mandatée, son rôle ne serait pas de déposer un préavis légal cinq semaines à l'avance, mais de déclencher la grève le jour décidé.</p>
<p>On ne prévient pas l'ennemi de classe de l'heure de l'attaque. Nous sommes en guerre de classe — pas en cérémonial administratif. Faire grève le 10 juin, c'est entrer dans ce cadre. Nous ne le validons pas par notre appel.</p>
<p>Troisième point — la méthode Renault 1947 : comment on construit réellement une grève.</p>
<p>Quand une grève n'est pas spontanée — quand elle se prépare — voici la méthode ouvrière, telle que Barta l'a pratiquée à Renault Billancourt en 1947 : on n'attend pas qu'une fédération nationale dépose un préavis légal cinq semaines à l'avance. On élit en amont, à la base, le comité de grève. Les travailleurs eux-mêmes désignent ceux qui vont organiser leur lutte. Ces comités préparent la grève : revendications, mots d'ordre, contacts entre établissements, choix du moment 10.</p>
<p>Si une véritable organisation révolutionnaire existait à l'échelle nationale dans le secteur ferroviaire en 2026, voici ce qui aurait dû se passer dès mars, dès les premiers suicides : un comité de grève national, élu par les bases, mandaté pour construire la riposte ouvrière. Pas un préavis intersyndical déposé à la préfecture cinq semaines à l'avance.</p>
<p>Et même là où les révolutionnaires sont minoritaires — partout aujourd'hui — leur rôle n'est pas de s'inscrire comme cosignataires honteux dans les préavis intersyndicaux ni d'en faire la critique rhétorique. Leur rôle est de construire localement, dans leur dépôt, l'élection à la base d'un comité de grève. À l'échelle d'un dépôt, c'est faisable même quand on est minoritaire — il suffit de trois ou quatre militants implantés et conséquents. Cela donnerait, à terme, l'embryon d'une coordination réelle.</p>
<p>C'est ce que ne fait pas l'extrême gauche organisée aujourd'hui. Pas LO. Pas le NPA-R. Pas RP. Aucune ne construit, dans les sections où ses militants travaillent, l'élection en amont de comités de grève. Elles s'intègrent toutes dans les appels à la grève bourgeois. Elles construisent leur intervention à partir du calendrier intersyndical, pas contre lui. Voilà la forme vérifiable du suivisme contemporain.</p>
<p>Quatrième point — AG partout, délégués mandatés, décision par les travailleurs eux-mêmes.</p>
<p>Si les directions intersyndicales — et les organisations d'extrême gauche qui leur emboîtent le pas — agissaient en militants démocratiques, voici ce qui se serait passé avant une grève réelle :</p>
<p>— assemblées générales partout : chantier, gare, atelier, dépôt ;</p>
<p>— remontée des revendications réelles depuis ces AG, par les cheminots eux-mêmes ;</p>
<p>— élection de délégués mandatés, révocables à tout moment ;</p>
<p>— coordinations de sites, puis régionales, puis nationale ;</p>
<p>— décision collective sur la forme et le moment du déclenchement — prise par nous, pas annoncée à eux.</p>
<p>Rien de cela n'a eu lieu. Le 6 mai, quatre fédérations ont déposé un préavis pour une date qu'elles avaient choisie, sur des revendications qu'elles avaient écrites. Ni AG préalables, ni délégués mandatés, ni remontée de la base. Un tract qui tombe d'en haut. Et qui change de contenu d'en haut, le 4 juin, sans consultation — passant de « état d'urgence drames » à « salaires », sans qu'aucun cheminot ait voté ce glissement.</p>
<p>Ces directions fonctionnent comme des généraux avec leur troupe. Mais les cheminots ne sont pas leur soldatesque. Nous ne sommes pas leur infanterie. Ils ne sont pas nos chefs.</p>
<p>L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes — première phrase des statuts de l'AIT, 1864. Pas un slogan. La condition de toute lutte de classe réelle. Les travailleurs qui délèguent à d'autres la décision de leur propre grève ont déjà perdu — parce que les autres décideront selon leurs propres intérêts, qui ne sont pas ceux de la classe.</p>
<p>Cinquième point — aux cheminots et aux militants syndicaux qui veulent vraiment mener une politique de classe.</p>
<p>Nous nous adressons aux syndiqués honnêtes — il y en a, à la CGT, à Sud-Rail, à FO, à la FSU. Aux militants d'extrême gauche sincères — il y en a, à LO, au NPA-R, à RP — qui voient que leur direction politique cautionne la cogestion qu'elle prétend combattre. À tous ceux qui ont vraiment à cœur les intérêts de leur classe :</p>
<p>Mener une politique de classe en 2026 implique de rompre avec les politiques qui gouvernent aujourd'hui le mouvement ouvrier français — collaboration de classe des directions syndicales, social-patriotisme et social-chauvinisme à l'extrême gauche, où le silence sur l'engagement militaire français — Sahel, Ukraine, Moyen-Orient — complète la pratique cogestionnaire.</p>
<p>Cette rupture passe par deux mouvements menés simultanément, qui sont les deux jambes d'un même travail.</p>
<p>D'un côté, dans le cadre syndical : construire des fractions bolcheviques, des fractions lutte de classe, à la base. Combattre les directions actuelles depuis l'intérieur, dans les sections, les CSE. C'est ce que faisait Barta à Renault en 1947 — fraction Union Communiste implantée sur le tas, distribuant son bulletin clandestin contre la direction CGT de l'époque et contre la direction Renault.</p>
<p>De l'autre, en dehors du cadre syndical : œuvrer à l'auto-organisation réelle des cheminots — statutaires et contractuels, agents SNCF et filiales (Keolis, Geodis, Rail Logistics Europe), titulaires et précaires, français et étrangers. Comités de cheminots élus et révocables à tout moment, dotés de pouvoirs réels — droit d'audit sur les cadences, droit d'arrêt immédiat des activités dangereuses, démantèlement immédiat de la prime du silence.</p>
<p>L'une sans l'autre échoue. La fraction syndicale seule reste prisonnière du cadre cogestionnaire. L'auto-organisation seule, sans implantation dans les syndicats, perd les militants honnêtes qu'il faut gagner. Les deux ensemble, et seulement les deux ensemble, ouvrent une perspective réelle.</p>
<p>Sixième point — la SNCF locomotive d'un mouvement qui doit dépasser la SNCF.</p>
<p>Une lutte qui se confine à la SNCF en 2026 est perdue d'avance. La crise actuelle — économique, militaire, sociale — interdit toute lutte purement sectorielle. Le capital français en décomposition, l'engagement militaire dans plusieurs fronts impérialistes, le coût de la vie, les morts au travail qui touchent tous les secteurs : tout cela construit la possibilité d'un mouvement d'ensemble, à condition qu'une fraction de la classe ouvrière prenne la tête.</p>
<p>Les cheminots peuvent l'être. Ils contrôlent un nœud central de la circulation des marchandises et des personnes ; leur grève paralyse le pays autrement que les autres. Mais à condition de chercher l'extension dès le premier jour — vers les filiales (Keolis, Geodis, RATP), les transports routiers, les hospitaliers, les enseignants, les ouvriers du privé subissant les mêmes mécaniques, les Gilets jaunes et les routiers que la TICPE écrase, les soldats que l'État envoie mourir à l'étranger.</p>
<p>Pas comme perspective lointaine. Comme condition de survie du mouvement. Dès qu'il démarre, il doit s'étendre. Nous n'avons pas le choix.</p>
<p>Septième point — la grève en permanence, dirigée par les grévistes eux-mêmes.</p>
<p>Si nous partons en grève, c'est la grève en permanence. Pas une journée comptée. Pas un préavis de cinq semaines négocié avec le patronat. Pas une mobilisation à 80 % du trafic.</p>
<p>Mais la grève en permanence ne veut pas dire que chaque cheminot, partout, cesse le travail vingt-quatre heures sur vingt-quatre jusqu'à la victoire. Elle veut dire la désorganisation permanente de la production ferroviaire. C'est la grève conçue comme arme dynamique, dans la tradition de ce qu'Émile Pouget appelait le sabotage à la CGT pré-1914 : à mauvais salaire, mauvais travail ; à patronat qui ne plie pas, production qui ne tourne pas. Casser la circulation des trains par tous les moyens que les cheminots, organisés en comités à la base, jugent efficaces.</p>
<p>Concrètement : un secteur qui part en grève pendant qu'un autre tient — puis l'inverse. Un dépôt qui débraye pendant qu'un autre tient — puis l'inverse. Un technicentre qui s'arrête pendant que la conduite continue — et réciproquement. Un train peut bien partir d'un point A, s'il n'y a personne au point B pour le recevoir, il n'arrive pas. Un aiguillage non tenu suffit à bloquer une ligne entière. La production ferroviaire est une chaîne. Les cheminots la connaissent. Ils savent où la casser, quand, et comment.</p>
<p>Cela suppose une coordination active : un comité de grève national, mandaté par les bases, qui répartit les efforts dans le temps et dans l'espace, qui ne laisse aucun site isolé, qui assure aux grévistes d'un dépôt que demain un autre dépôt prendra le relais — et tient la pression sur la direction sans épuiser les forces ouvrières dans un arrêt total continu.</p>
<p>La grève en permanence, donc, dirigée par des comités élus et révocables, contrôlés par des AG souveraines et décisionnelles — pas des AG-chambres-d'enregistrement comme à Sud-Rail en 2018, mais des AG où les grévistes décident eux-mêmes, à la majorité, sans hiérarchie syndicale qui valide ou invalide. Avec des coordinations entre sites, élues, mandatées, révocables, sur le modèle de 1986.</p>
<p>Avec un programme de classe que l'intersyndicale ne portera jamais : expropriation sans indemnité de la SNCF anonyme et de ses filiales (Keolis, Geodis, Rail Logistics Europe), expropriation des concurrents privés (Trenitalia, Transdev), reconstitution d'une SNCF intégrée publique sous direction ouvrière, rupture avec la directive européenne et avec l'Union européenne dans sa fonction au service du capital, propriété collective des travailleurs sur le rail et les transports, démantèlement immédiat de la prime du silence, articulation avec l'abolition de la TICPE et de la TVA, avec les comités de soldats contre la guerre impérialiste, avec les coordinations interprofessionnelles partout où c'est possible.</p>
<p>C'est ce que faisaient les cheminots de 1986 — qui gagnaient. C'est ce qu'il faut refaire en 2026.</p>
<p>Huitième point — l'émancipation : maîtres de la production, fin de l'aliénation.</p>
<p>Nos problèmes ne sont pas uniquement des salaires. Le tract du 4 juin réduit la lutte de classe à l'augmentation des bruts et à l'indexation sur l'inflation. C'est peu. Bien sûr les salaires comptent — nous nous battrons toujours pour les défendre et les augmenter. Mais pas un mot sur l'abolition des impôts qui frappent directement le salaire et la consommation populaire — TVA, CSG-CRDS, TICPE. Pas un mot — pas de programme de classe sur la question même que l'intersyndicale prétend mettre au centre. C'est cohérent : un appareil cogestionnaire ne peut porter qu'un programme cogestionnaire.</p>
<p>Et nos problèmes ne sont pas seulement la vie chère. Nos problèmes, c'est la vie elle-même — le travail qui tue, l'aliénation du producteur par le capital, qui décide à notre place de ce que nous produisons, comment, à quel rythme, dans quelles conditions, pour quelle finalité. Les cheminots ne sont pas la chair à profit des patrons. Ils ne sont pas un facteur de production interchangeable, à comprimer en coût, à transférer vers les filiales, à licencier quand ils refusent les transferts, à pousser au suicide quand le régime de production devient invivable. Ils sont — nous sommes — les producteurs réels de la circulation ferroviaire en France. Ce sont nos mains qui font rouler les trains. C'est notre vigilance qui fait que les voies tiennent. C'est notre travail qui assure la sécurité des voyageurs.</p>
<p>Et pourtant nous ne décidons de rien dans l'entreprise que nous faisons fonctionner. Castex décide. Macron décide. Bruxelles décide. Les actionnaires de Trenitalia et de Transdev décident. Nous obéissons. C'est cela, l'aliénation du travail par le capital. Et c'est cela qu'il faut renverser.</p>
<p>L'émancipation des cheminots, c'est le jour où les cheminots seront maîtres et contrôleront eux-mêmes, en tant que producteurs, l'appareil de production ferroviaire. Le contrôle ouvrier sur la production n'est pas une revendication parmi d'autres. C'est l'horizon politique qui oriente chaque lutte intermédiaire. La grève en permanence dont nous parlions au point précédent n'a de sens que rapportée à cet horizon.</p>
<p>Voilà ce qu'aucune fédération syndicale, aucun parti de la gauche bourgeoise, aucun courant de l'extrême gauche cogestionnaire ne porte. Voilà ce que les cheminots doivent porter eux-mêmes, à travers les structures qu'ils construiront contre la cogestion — dans les syndicats par fractions bolcheviques, hors des syndicats par comités élus de la production.</p>
<p>* * *</p>
<p>Les cheminots ne sont pas la soldatesque des directions syndicales.</p>
<p>Les cheminots ne sont pas la chair à profit des patrons.</p>
<p>Les cheminots ne sont pas la monnaie d'échange des appareils syndicaux.</p>
<p>L'émancipation des cheminots sera l'œuvre des cheminots eux-mêmes — maîtres de la production ferroviaire qu'ils assurent.</p>
<p>Matière et Révolution — La Voix des Travailleurs — Gilets Jaunes Poitiers</p>
<p>Matière et Révolution — La Voix des Travailleurs — 10 juin 2026</p>
<p>Notes</p>
<p>1. <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p>2. <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639</a></p>
<p>3. <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3422=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3422=</a></p>
<p>4. <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926</a></p>
<p>5. <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568</a></p>
<p>6. <a href="https://www.leclubdesjuristes.com/societe/sncf-comment-les-cheminots-ont-sauve-leur-regime-special-de-retraite-5854/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leclubdesjuristes.com/societe/sncf-comment-les-cheminots-ont-sauve-leur-regime-special-de-retraite-5854/</a></p>
<p>7. <a href="https://www.youtube.com/@NPARevolutionnaires" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/@NPARevolutionnaires</a></p>
<p>8. <a href="https://www.revolutionpermanente.fr/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.revolutionpermanente.fr/</a></p>
<p>9. <a href="https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/services/on-perd-un-tiers-de-sa-prime-s-il-y-a-trop-d-accidents-de-travail-dans-son-service-pour-limiter-les-arrets-de-travail-la-sncf-met-en-place-un-systeme-qui-irrite-les-syndicats_AV-202605090085.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/services/on-perd-un-tiers-de-sa-prime-s-il-y-a-trop-d-accidents-de-travail-dans-son-service-pour-limiter-les-arrets-de-travail-la-sncf-met-en-place-un-systeme-qui-irrite-les-syndicats_AV-202605090085.html</a></p>
<p>10. <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595</a></p></div>
Plus de deux cent ans de trahisons syndicales...
https://matierevolution.org/spip.php?article9440
https://matierevolution.org/spip.php?article94402026-02-28T23:39:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisFranceGrève StrikeManifestationStalinismeSyndicalism - le syndicalismeCheminotsSNCFLutte de classes - Class struggleGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Les directions syndicales : conciliation, négociation, compromission, manipulation, trahison, complicité avec l'ennemi, fausses déclarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des grévistes et des salariés, refus de toute décision démocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, détournement de révolutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux intérêts opposés... <br class='autobr' />
1914 <br class='autobr' />
Quelle victoire de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag">SNCF</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><p><strong>Les directions syndicales : conciliation, négociation, compromission, manipulation, trahison, complicité avec l'ennemi, fausses déclarations de victoire, accord avec patrons et gouvernements capitalistes dans le dos des grévistes et des salariés, refus de toute décision démocratique dans les luttes, rejet de toute auto-organisation des travailleurs, détournement de révolutions, mille et une formes de la collaboration entre classes sociales aux intérêts opposés...</p>
</h2><h2 class="spip">1914</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! En 1914, dès la déclaration de guerre, la CGT (avec le parti socialiste) a intégré l'union sacrée au nom du patriotisme et de la défense du territoire contre l'agression militaire allemande. Et c'est sur ce mensonge de l'impérialisme français, que l'ancien syndicat révolutionnaire d'action directe et antimilitariste est passé dans le camp de la bourgeoisie, contribuant à envoyer sans difficulté le peuple travailleur aller mourir en masse dans la pire boucherie de la première guerre inter-impérialiste, tuant d'emblée le caractère de classe, prolétarien et anti-collaboration du syndicalisme en France.</p>
<p>L'union sacrée en 1914</p>
<div class='spip_document_17164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/union-sacree-carte-postale-image-02701.jpg?1790149132' width='500' height='282' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/4-novembre-1915-1500x965.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/4-novembre-1915-1500x965-9c21e.jpg?1790149132' width='500' height='322' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/unionsacree-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH713/unionsacree-2-76670.jpg?1790149132' width='500' height='713' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH325/668px-union-sacree-carte-postale-4942d.jpg?1790149132' width='500' height='325' alt='' />
</figure>
</div>
<p>La CGT fait siens les buts de guerre de l'impérialisme français</p>
<div class='spip_document_17170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH661/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646122-8571a-34708-6e0e3.jpg?1790149133' width='500' height='661' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH682/la_bataille_syndicaliste___quotidienne__bpt6k67646263-4b2ca-549e3.jpg?1790149133' width='500' height='682' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, signe l'union sacrée...</p>
<div class='spip_document_17165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH754/71x3lob6dql__ac_uf894_1000_ql80_-13776.jpg?1790149133' width='500' height='754' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH378/274492_0-8548a.jpg?1790149133' width='500' height='378' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L268xH188/sans_titre-19-835f1.jpg?1790149133' width='268' height='188' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">1936</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale parvenue au gouvernement en pleine montée des luttes sociales et antifascistes ! Ils ont réussi à bloquer une grève ouvrière spontanée massive qui s'était déclenchée sans eux, qu'ils étaient parvenus à bloquer dans le secteur public où ils étaient le plus forts. Ils ont fait reprendre le travail après des accords à Matignon avec patrons et gouvernement. Les occupations d'usine sont terminées. Le grand capital est sauvé ! L'Etat capitaliste aussi et il va pouvoir reprendre sa marche vers le fascisme et la guerre, momentanément interrompue par l'offensive ouvrière. Il y a vraiment de quoi féliciter le front populaire des partis de gauche et des syndicats… du moins pour la grande bourgeoisie !</p>
<div class='spip_document_17151 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/cb1f0aa7a90865eca2611f6dab3eca-6170e.jpg?1790149133' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<div class='spip_document_17149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/page_18_journal.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/page_18_journal-4cace.jpg?1790149133' width='500' height='333' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/victoiresurlamisere-9ac5a.jpg?1790149133' width='500' height='355' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH342/le_populaire_journal-revue_hebdomadaire__parti_socialiste_bpt6k8223221_1-902ce.jpg?1790149134' width='500' height='342' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">1945</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Après avoir cautionné les massacres impérialistes de la deuxième guerre mondiale, du côté des impérialismes « alliés », ils ont pu participer au gouvernement pour y imposer la paix impérialiste contre tout risque révolutionnaire, imposer aussi tous les sacrifices pour le peuple travailleur trimant pour gagner une misère, en reconstruisant le grand capital au nom de la reconstruction de la France ! Le syndicalisme ainsi transformé devient le principal ennemi des grèves et la chiourme des travailleurs…</p>
<div class='spip_document_17160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L302xH163/frachon_krasu-d8225.jpg?1790149134' width='302' height='163' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH197/benoit_frachon__la_bataille_de_la_production__1946-c87d7.jpg?1790149134' width='250' height='197' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/particommuniste1945.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/particommuniste1945-44d47.jpg?1790149134' width='500' height='331' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/p27-croizat_ven-2.webp?1768831119' width="1200" height="763" alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">1968</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! La CGT, qui a tout fait pour freiner la montée des luttes, est contrainte de prendre le train en marche et d'organiser sans la vouloir, sans y appeler même, une grève générale. C'est pour mieux la trahir en signant les accords de Grenelle avec patronat et gouvernement et en imposant la reprise du travail. La gauche politique et syndicale a prétendu ainsi arriver à la victoire par les urnes mais c'est le contraire qui s'est produit… Les syndicats, par la suite, vont continuer à faire croire que c'est par les élections bourgeoises que l'on peut changer la politique gouvernementale, pas par la lutte des classes.</p>
<div class='spip_document_17153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH246/06_questions_sociales_image-06d08-7be90-8e4e0-e7230.jpg?1790149134' width='350' height='246' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/rv-133967-9jpg.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH486/rv-133967-9jpg-b9228.jpg?1790149134' width='500' height='486' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<div class='spip_document_17175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/50628_-_georges-seguy-re_sultats-ne_gociations-grenelle-travailleurs-renault-boulogne-billancourt-27-mai-1968-98d02.jpg?1790149134' width='500' height='331' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Georges Séguy, secrétaire général de la CGT sifflé par les ouvriers de Renault à Billancourt parce qu'il appelle à la reprise du travail...</p>
<h2 class="spip">1981</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! C'est réussi. Elle arrive au gouvernement par les élections, pas par la lutte sociale. Et elle y gère les affaires de la bourgeoisie, en détruisant les luttes ouvrières avec une efficacité accrue par le soutien (au pouvoir) des syndicats.</p>
<div class='spip_document_17177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L277xH182/sans_titres-5-458bf.jpg?1790149134' width='277' height='182' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L275xH183/sans_titredj-54385.jpg?1790149134' width='275' height='183' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH371/9-illust6-gourguechon-1981-la-gauche-au-pouvoir-et-le-syndicalisme-qui-assiste-ou-regarde-1024x759-4c580.jpg?1790149134' width='500' height='371' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Et ensuite... collaboration, négociation, trahison, syndicalisme de participation...</h2>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Depuis, les syndicats ont mené de nombreuses luttes, notamment des grandes grèves, qu'elles soient nationales comme les retraites ou concernent seulement les cheminots ou d'autres catégories professionnelles. Toutes ont été trompées, détournées, usées et finalement… perdues. Pendant ce temps, les syndicats ont mené une lutte permanente et acharnée pour… combattre l'auto-organisation des travailleurs, combattant tout particulièrement la tentative des Gilets jaunes et aussi celle du 10 septembre 2025…</p>
<div class='spip_document_17122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/cul_et_chemise_004-0ffa6-2-1b6d1-efa59.jpg?1790149134' width='500' height='375' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L298xH191/sarkozy_thibault-1-52adf-3-321b6-0b325.jpg?1790149134' width='298' height='191' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L265xH190/images-126-09942.jpg?1790149134' width='265' height='190' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/090875142764-web-tete.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/090875142764-web-tete-a1841.jpg?1790149134' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH663/1507623696-screenshot-2017-10-10-10-18-18-1-4-3d8dd.jpg?1790149134' width='500' height='663' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH778/1507623703-screenshot-2017-10-10-10-18-21-1-5-70b3c.jpg?1790149134' width='500' height='778' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/321698475_865467117878631_7546873617227031164_n-0d3e8.jpg?1790149135' width='500' height='500' alt='' /></a>
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<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/539229764_1092464929738680_1717173425606584843_n-2-d46d8.jpg?1790149135' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/547217144_1103976761920830_8138205808295781835_n-2-7d5ad.jpg?1790149135' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/549248454_1107245154927324_3720546162781874810_n-52286.jpg?1790149135' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000017165-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-2-3efdb.jpg?1790149135' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/img_histoire_cfdt2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH277/img_histoire_cfdt2-d1419.jpg?1790149135' width='500' height='277' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefault-30.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefault-30-00cb9.jpg?1790149135' width='500' height='281' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/maxresdefaults-3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/maxresdefaults-3-809a3.jpg?1790149136' width='500' height='281' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544635924_1100115078973665_4310104698810230531_n-59ca4-2dec3.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/544761756_1100071218978051_8605648764075740576_n-ca1c0-52357.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017085-326b3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017085-326b3-5b842.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017165-f27a3.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017165-f27a3-82313.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017166-fbd2a.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017166-fbd2a-44384.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017500-7779c.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000017500-7779c-56771.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/affiche_politique_de_mobilisation_enthousiaste-2-fd26d-6226a.jpg?1790149136' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Autrefois... avant 1914... il existait des syndicats révolutionnaires de la CGT qui pratiquaient l'action directe et se proposaient de renverser le capitalisme...</h2><div class='spip_document_17131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L336xH500/ew3g9qdxkaktaqu-1-d82b2.jpg?1790149136' width='336' height='500' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/web_syndicat.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH315/web_syndicat-9c4c1.jpg?1790149136' width='500' height='315' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH594/r320102103-2-f1c8a.jpg?1790149136' width='400' height='594' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Plus de deux cent ans de trahisons syndicales</h2><div class='spip_document_17121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH705/upload_2016-5-14_2-14-8-eb8ef-8b4cc-4f42d.jpg?1790149136' width='500' height='705' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Résultat : il n'y a plus de vrais syndicats mais des bureaucraties d'Etat qui détournent de la lutte de classes une partie des forces militantes du prolétariat...</p>
<div class='spip_document_17120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH568/de2169_c6ee9e805a064e16b31897b2b260c755_mv2-f16f5.jpg?1790149136' width='500' height='568' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp"> <img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/6481d6a6-les-syndicats-depeuplent-s-enrichissent.webp?1768713389' width="1760" height="1200" alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p>Les syndicats n'ont plus vraiment besoin des cotisations des salariés pour fonctionner : l'argent de l'Etat et des grandes entreprises leur suffit largement…</p>
<div class='spip_document_17146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH303/26c420e2-1cea-11e1-a535-80face76c131-d1dc4-e3e2f.jpg?1790149136' width='300' height='303' alt='' />
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</div><div class='spip_document_17147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/6472584_1-af31f-a07e1.jpg?1790149137' width='500' height='404' alt='' />
</figure>
</div><div class='spip_document_17148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH283/4ea7588e-1cec-11e1-a535-80face76c131-2c5f3-5d500.jpg?1790149137' width='350' height='283' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Quelle victoire de la gauche politique et syndicale ! Les syndicats ne dépendent plus des salariés pour faire vivre leurs appareils bureaucratiques. Ce sont les grands patrons et l'Etat qui les financent. Sauf que, s'ils ne parviennent pas à encadrer les luttes, si le mouvement de la base s'auto-organise en assemblées souveraines, décisionnelles, si elles élisent des comités, si ceux-ci se fédèrent, alors leur rôle est fini et patrons et Etat cesseront de les financer… C'est pour cela qu'ils font de temps en temps semblant de suivre la radicalisation des salariés…</p>
<h2 class="spip">1914-2025 : 210 ans de trahison des directions syndicales en France et notamment de la CGT… </h2>
<p>Avertissement</p>
<p>Cet article ne contient que des critiques des directions syndicales, ce qui ne signifie pas un mépris du syndicalisme ni des syndicalistes. A Voix des Travailleurs, nous sommes pour le syndicalisme mais pas n'importe lequel : le syndicalisme révolutionnaire d'action directe et qui s'impose de ne diriger des actions des salariés que si elles sont décidées par les travailleurs eux-mêmes, si ce sont eux qui en ont décidé les buts, les méthodes, les moyens et les perspectives, qui ont tenté de se doter non seulement d'assemblées décisionnelles mais aussi ont élu des comités ou des conseils pour diriger leurs luttes. Nous sommes pour un syndicalisme de lutte de classes, ce qui signifie non seulement le refus du syndicalisme de concertation, de compromissions, de négociations, de participations aux organismes d'Etat, de complicité avec les grands patrons et les gouvernants, mais aussi le refus du nationalisme pro-impérialiste, pro-colonial et le défaitisme révolutionnaire face à la montée guerrière. Les militants syndicalistes qui respectent cela sont nos camarades et nous espérons construire l'avenir prolétarien avec eux. Les dirigeants syndicaux, qui prennent leurs décisions en dehors des travailleurs et s'en servent pour pactiser avec nos ennemis, font partie de nos adversaires. Tout le récit qui suit rapporte comment ils ont maintes fois menti, proposé de fausses perspectives, trompé les travailleurs et sauvé les patrons et leurs gouvernements. Militants syndicalistes honnêtes, tirez des leçons du passé et cessez de confier l'avenir des luttes à ceux qui les ont fait échouer, rompez avec les bureaucrates syndicaux !</p>
<p>Bien sûr, il ne suffit pas de dire que les directions syndicales trahissent pour comprendre comment les travailleurs ont pu être trompés et les luttes battues. Il faut dire aussi que les organisations politiques de la gauche, de la gauche de la gauche, social-démocrates ou staliniennes et même la fausse extrême gauche opportuniste ont contribué à les tromper. Il faut dire aussi que la classe ouvrière a ses propres faiblesses, ses défauts, ses divisions. Et aussi qu'une fraction de celle-ci, dite aristocratie ouvrière, est la base des appareils syndicaux et cautionne leurs tromperies.</p>
<h2 class="spip">1914 : la mère de toutes les guerres et de toutes les… trahisons </h2>
<p>La première guerre mondiale, c'est la pire trahison de toute l'histoire du mouvement ouvrier… C'est la base de toutes les autres. La CGT antimilitariste et révolutionnaire est passée de l'autre côté de la barricade et de la tranchée sociale, du côté des exploiteurs et des massacreurs, comme le parti socialiste. Il faut cependant préciser que ni l'un ni l'autre, ni le syndicat, ni le parti, n'avaient jamais défendu la véritable position révolutionnaire prolétarienne face à la guerre : la stratégie du défaitisme révolutionnaire selon laquelle le prolétariat des pays impérialiste doit lutter pour… la défaite de « son » propre pays, de « sa » classe dirigeante, de « son » Etat, de « son » armée.</p>
<p>Les syndicats participent à l'union sacrée des classes possédantes pour imposer la boucherie de la première guerre mondiale… Le secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux, affirme qu'il hait la guerre, qu'elle est meurtrière et impérialiste, mais… qu'il participera à l'union sacrée et qu'il soutiendra à fond la mobilisation et l'armée française du moment que la guerre est déclarée. Il affirme qu'il fera tout pour convaincre le peuple travailleur de la faire ! Il fait voter la direction de la CGT dans le même sens. En échange de quoi, le gouvernement suspend la menace d'arrestation contre les militants syndicalistes de la CGT (carnet B) et n'envoie pas les dirigeants modérés au front. Les plus antimilitaristes seront immédiatement envoyés au front pour y mourir de mort « naturelle ».</p>
<p>Dès l'envoi par le ministre de l'Intérieur d'un télégramme aux préfets les engageant à se préparer à l'arrestation des militants désignés dans le « carnet B », le comité confédéral national de la CGT renia ses engagements. Le lendemain 1er août, il affirma que la confédération devait « négliger toutes ses décisions contre la guerre ». Ce n'est pas le moment, expliquaient ses dirigeants, « d'effrayer par des déclarations incendiaires tous ceux qui sont partisans de la paix (...) Il faut remiser les décisions antimilitaristes des congrès confédéraux et signer toutes les déclarations du Parti socialiste ».</p>
<p>En échange de cet immense service rendu, les socialistes Marcel Sembat et Jules Guesde entrèrent dans le gouvernement d'« Union sacrée ». Un troisième, Albert Thomas, fut peu après ministre de l'Armement. Léon Blum devint chef de cabinet dans un ministère. D'autres reçurent des responsabilités dans l'appareil d'État, loin de l'enfer des tranchées de Verdun et des obus.</p>
<p>La bourgeoisie avait besoin de ces dirigeants et de leurs appareils pour enchaîner les masses ouvrières à sa guerre, car elle savait ce que celle-ci signifierait en termes d'aggravation des conditions de travail et de vie pour ceux qui resteraient à l'arrière, et de morts pour ceux qui iraient au front. Il fallait ôter au prolétariat tous les moyens de relever la tête.</p>
<h2 class="spip">Petit historique de cette capitulation syndicale devant la guerre impérialiste</h2>
<p>1909</p>
<p>Victor Griffuehles, secrétaire de<br class='autobr' />
la CGT syndicaliste révolutionnaire depuis 1901, est victime d'une machination. Accusé de mauvaise gestion, il démissionne en juillet 1909. Le passage au réformisme se prépare…</p>
<p>1912</p>
<p>Grève « contre la guerre » menée par la CGT en France</p>
<p>1913</p>
<p>Episode aujourd'hui oublié, les casernes françaises ont été touchées, en mai 1913, par une forte agitation. En cause : le refus de la loi de trois ans de service militaire, pièce maîtresse de la militarisation du pays à la veille de la Grande Guerre. L'événement va provoquer une répression furieuse contre les mutins, mais aussi contre les syndicalistes révolutionnaires et les anarchistes, accusés d'avoir fomenté les troubles. C'est également le point de départ d'une crise ouverte à la CGT.</p>
<p>1914</p>
<p>13 janvier. Création de la fédération des gauches à l'initiative de Briand, Barthou, Jean Dupuy, Klotz, Millerand pour rassembler la gauche modéré en vue des prochaines élections. Briand en est élu président.</p>
<p>25-28 janvier. XIe congrès national du PS-SFIO tenu à Amiens (tactique électorale).</p>
<p>27 février. Manifestation contre la guerre à Paris, à l'appel de l'UD de la Seine de la CGT.</p>
<p>13 juin. René Viviani, socialiste indépendant, devient président du Conseil.</p>
<p>14-16 juillet. Congrès extraordinaire du PS-SFIO (chômage, vie chère, grève générale contre la guerre).</p>
<p>Au congrès de Paris (juillet 1914), contre Jean Jaurès et Vaillant, Gustave Hervé repoussa avec Jules Guesde l'idée de la grève générale contre la guerre. « Lorsque j'ai défendu l'insurrection, déclara-t-il, je pensais pouvoir compter sur des insurrectionnels, et je me suis aperçu qu'il n'y en aurait point le jour d'une déclaration de guerre. » (Les Fédérations socialistes III, p. 301).</p>
<p>27 juillet. A l'appel de l'Union des syndicats de la Seine, les ouvriers manifestent contre la guerre.</p>
<p>30 juillet. Manifestations ouvrières dans de nombreuses villes françaises. Heurts avec la police.</p>
<p>31 juillet. Assassinat de Jean Jaurès par Raoul Villain. Le lendemain, l'ordre de mobilisation générale est proclamé : la Première Guerre mondiale commence.</p>
<p>4 août. Obsèques de Jean Jaurès. Dans son discours, Léon Jouhaux annonce le ralliement de la CGT à l'Union sacrée. Le groupe parlementaire socialiste vote à l'unanimité les crédits de guerre et l'état de siège restreignant les libertés.</p>
<p>Alfred Rosmer rapporte :</p>
<p>« Le 4 août 1914, on pouvait lire sur les murs de Paris une belle affiche blanche annonçant l'initiative du gouvernement du « secours national ». Jusque là rien d'extraordinaire. Mais ce qui l'était, c'était la collection de noms composant le Comité chargé d'administrer ce Secours National : tous les hauts dignitaires de la bourgeoisie, archevêque, grand-rabbin, académiciens, industriels, banquiers… puis Léon Jouhaux, secrétaire de la CGT et Bled, secrétaire de l'Union des Syndicats de la Seine. Il y avait encore Lépine, l'ancien préfet de police, matraqueur d'ouvriers et Charles Maurras, un des vrais responsables de l'assassinat de Jaurès.</p>
<p>Le 4 août 1914, Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT ex-anarchosyndicaliste, sur la tombe de Jean Jaurès, prétend exprimer le sentiment de « la classe ouvrière au cœur meurtri » en rejetant la responsabilité de la guerre sur les empereurs et les aristocraties d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie. Les ouvriers deviennent des « soldats de la liberté » appelés à défendre la patrie où naquit l'idéal révolutionnaire. Jouhaux, secrétaire autrefois « révolutionnaire » de la CGT déclare à l'enterrement de Jaurès que « ce n'est pas la haine du peuple allemand qui nous poussera sur les champs de bataille, c'est la haine de l'impérialisme allemand ! ».</p>
<p>« La Bataille syndicaliste », organe de la CGT, écrit en août 1914 : « contre le droit du poing, contre le militarisme germanique, il faut sauver la tradition démocratique et révolutionnaire de la France.” “Partez sans regret, camarades ouvriers qu'on appelle aux frontières pour défendre la terre française. »</p>
<p>Le 14 août, l'article de Jouhaux affirme :</p>
<p>« Profitons-en<br class='autobr' />
« …L'Allemagne est présentement bloquée, son commerce maritime s'est en partie arrêté ! Pourquoi notre marine marchande, coopérant avec celle de l'Angleterre, ne reprendraient-elles pas à leur profit une partie du travail allemand qui ne se fait plus ? Ce serait une première victoire, et d'une importance qui ne peut échapper à personne… Il faut profiter de toutes les situations… »</p>
<p>Le 16 août, dans Bataille Syndicaliste, Jouhaux écrit :</p>
<p>« Il convient de louer sans réserves la classe ouvrière de notre pays pour l'admirable force de volonté dont elle fait preuve présentement. Avec une maîtrise incomparable d'elle-même, elle refoule intérieurement les douleurs et les angoisses qui étreignent sa chair meurtrie pour ne laisser apercevoir au monde étonné qu'un inaltérable sang-froid… Assuré du lendemain, ne souffrant pas dans sa dignité d'hommes, le travailleur est capable de supporter stoïquement les plus grands chocs moraux. »<br class='autobr' />
Le dimanche 23 août, Jouhaux crie victoire : il est rejoint dans son patriotisme guerrier par le syndicaliste révolutionnaire italien Alceste de Ambris alors que le peuple italien refuse massivement l'entrée en guerre :<br class='autobr' />
« Un réconfort nous vient à l'heure même où commence à se jouer le plus formidable drame guerrier que l'esprit humain ait jamais pu concevoir. D'après un communiqué qu'on lira plus bas, notre ami De Ambris s'est courageusement affirmé en notre faveur… Notre geste a été compris par nos amis révolutionnaires de tous les pays… Nous avons le droit de souhaiter ardemment la victoire… »</p>
<p>Le 25 août, l'éditorial de Jouhaux de Bataille Syndicaliste :</p>
<p>« Les trois intérêts principaux du moment : national, patronal et ouvrier. »</p>
<p>Le même jour, le même journal écrit :</p>
<p>« Le Matin insinue que le recul de nos troupes en Lorraine serait le fait d'excitations antimilitaristes. Sur quoi s'appuie Le Matin pour faire semblable insinuation ? Aucun fait, aucun document officiel ne vient appuyer son affirmation mensongère… Les organisés n'ont jamais fait preuve de lâcheté. En toutes occasions, ils ont su montrer un courage qui émerveillait leurs adversaires… Courageux hier, les révolutionnaires le restent aujourd'hui. »</p>
<p>26 août. Les socialistes Jules Guesde et Marcel Sembat entrent dans le gouvernement Viviani d'Union sacrée.</p>
<p>9 septembre. Création d'un Comité d'action entre le PS-SFIO et la CGT.</p>
<p>Décembre. Pierre Monatte démissionne du CCN de la CGT pour protester contre l'orientation de la direction confédérale. Il imprime et diffuse sa lettre de démission.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6831</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7207</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7354</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8176</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3109</a></p>
<h2 class="spip">1914-1915</h2>
<p>La minorité révolutionnaire de la CGT ne se rallie pas à la guerre impérialiste dénonce l'union sacrée…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1914/12/monatte_19141200.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/cgt/works/1915/08/cgt_19150815c.htm</a></p>
<h2 class="spip">1917-1919 </h2>
<p>Les syndicats ne dénoncent pas les offensives meurtrières et les fusillés pour l'exemple.</p>
<p>Ils ne se rallient pas à la révolution russe d'Octobre et à la révolution prolétarienne en Europe, laissant les travailleurs russes isolés face aux impérialismes…</p>
<p>Puis, ils trahissent la montée révolutionnaire en France à l'après-guerre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4831</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8387</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1919/09/monatte_19190917.htm</a></p>
<h2 class="spip">1920</h2>
<p>Les syndicats trahissent la grève des cheminots.</p>
<p><a href="https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.unioncommunistelibertaire.org/Fevrier-1920-La-grande-greve-du-rail-ebranle-la-CGT</a></p>
<p>La minorité révolutionnaire des syndicats est un peu hésitante à faire de la politique révolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/07/lt19200731.htm</a></p>
<h2 class="spip">1921 </h2>
<p>Les syndicalistes révolutionnaires sont encore minoritaires à la CGT…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6049</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1921/10/lille.htm</a></p>
<h2 class="spip">1922</h2>
<p>La grève du Havre est trahie...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve341</a></p>
<p>Le PC (pas encore PCF mais section française de l'Internationale Communiste SFIC) n'est pas pour autant un parti révolutionnaire de combat de classe et sa politique syndicale n'est pas non plus révolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221202.htm</a></p>
<h2 class="spip">1923</h2>
<p>CGT et CGTU scissionnent en se disant pour ou contre la Russie des soviets…</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/lozovsky/1923/04/cgt-cgtu.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1923/00/monatte_19230000.htm</a></p>
<h2 class="spip">1925</h2>
<p>Direction du PCF et de la CGTU s'affichent seulement révolutionnaires en façade…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/1925/10/ogi_19251025.htm</a></p>
<h2 class="spip">1927-1930</h2>
<p>La stalinisation du PCF et de la CGTU et la chasse aux oppositionnels, trotskistes ou autres, commence…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3263</a></p>
<h2 class="spip">1934 </h2>
<p>La classe ouvrière se mobilise pour donner un coup d'arrêt à la montée fasciste en France mais les syndicats la freinent.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7538</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve190</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">1935</h2>
<p>La CGT propose son plan à… la bourgeoisie…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350405.htm</a></p>
<p>Les mensonges du plan de la CGT</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article152</a></p>
<h2 class="spip">1936 </h2>
<p>Le front populaire, dont les syndicats font partie, cassent la montée vers la grève générale qui a éclaté spontanément, empêchent les fonctionnaires de s'y joindre, font reprendre le travail, arrêter les occupations d'usines et brisent la perspective révolutionnaire, ouvrant la porte à la marche à la guerre et au fascisme. Il faut savoir terminer une grève clament PCF et CGT qui appuient le gouvernement de front populaire contre la menace de la grève générale…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1351</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article525</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article622</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article795</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1349</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7670</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751</a></p>
<p>La CGT signe les accords Matignon avec le patronat et le gouvernement pour arrêter la grève ouvrière avec occupation des usines qui menace de se transformer en révolution.</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04281854/benoit-frachon-et-lambert-ribot-sur-les-accords-de-matignon-de-1936</a></p>
<p>Le 14 mai, les ouvriers métallurgistes de l'usine Bloch se mettent en grève. Ils occupent l'usine nuit et jour. Les gens du voisinage leur apportent vivres et encouragements. La direction de l'usine cède dès le lendemain, accordant aux grévistes une augmentation de salaire et des congés payés. Dans les jours qui suivent, d'autres mouvements de grève se produisent dans le pays, et obtiennent, eux aussi, gain de cause. Ces premières victoires captent l'attention de l'ensemble de la classe ouvrière. Blum, qui s'efforce de rassurer les milieux capitalistes quant à la « modération » de ses intentions, est effrayé par l'ampleur que prend le mouvement. Il appelle les travailleurs à la patience, c'est-à-dire à l'inaction. En vain. Le 26 mai, toutes les usines du secteur automobile – dont les 35 000 ouvriers de l'usine Renault – et de l'aviation du département de la Seine se mettent en grève. La direction de la CGT, réunifiée depuis le mois de mars, sous la direction de Léon Jouhaux, n'est pour rien dans le déclenchement du mouvement, qui s'étend rapidement aux autres industries, y compris aux ouvriers du bâtiment qui travaillent sur les chantiers de l'Exposition Internationale. Jouhaux incite les travailleurs à reprendre le travail, mais ne parvient pas à empêcher l'extension du mouvement. Au-delà des travailleurs industriels, le mouvement de grève gagne des couches de la classe ouvrière jusqu'alors inorganisées et inertes, mais souvent très durement exploitées.</p>
<p>Les signes du réveil révolutionnaire de la classe ouvrière se multiplient. Le 24 mai, lors de la manifestation traditionnelle de commémoration de la Commune de Paris, au Père Lachaise, le nombre de manifestants – qui ne dépassait pas, ordinairement, quelques centaines – avoisine les 600 000 ! Des militaires venus d'une caserne de Versailles portaient une banderole où était écrit : « La soldatesque versaillaise de 1871 assassina la Commune. Les soldats de Versailles de 1936 la vengeront ! »</p>
<p>Les travailleurs réclament des garanties de salaire minimum, la semaine de 40 heures (au lieu de 48), la majoration des heures supplémentaires et des congés payés. Nuit et jour, ils occupent les lieux du travail, tiennent des piquets de grève, créent des comités veillant à l'application des décisions collectives et à la protection de l'outil de travail contre des actes de sabotage ou de malveillance. Le 31 mai, Le Temps, porte-parole de la classe capitaliste, constate avec horreur « l'ordre qui règne dans les usines ». Les travailleurs se comportent, dit le journal, « comme si les usines leur appartenaient déjà ». Le 4 juin, à la veille de l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, les grèves s'étendent à pratiquement toutes les industries, et commencent à paralyser l'économie nationale.</p>
<p>Une grève générale illimitée comme celle de 1936 porte la lutte des classes à un niveau qui pose directement la question du pouvoir. Comme le disait Trotsky : « C'est clairement l'union des opprimés contre leurs oppresseurs ». Par sa nature même, la grève générale oblige la classe ouvrière à instaurer son contrôle direct des moyens de production et à assumer progressivement les fonctions de l'Etat. Par l'action vigoureuse des travailleurs, une situation révolutionnaire se crée dans laquelle prend corps – sous une forme embryonnaire – le futur Etat socialiste. Cette menace contre l'existence même du capitalisme était en contradiction complète avec la collaboration de classe incarnée par le Front Populaire. La grève générale effrayait non seulement la classe capitaliste et ses représentants à la tête du Parti Radical, mais aussi les architectes « socialistes » et « communistes » du Front Populaire. Thorez avait insisté pour qu'aucune atteinte ne soit pas portée à la propriété capitaliste – et voilà que les ouvriers s'emparaient directement de cette propriété !</p>
<p>Les appels au calme, à la modération et à la reprise du travail, de la part des dirigeants de la CGT, de Blum et de Thorez, restent d'abord sans effet. Thorez insiste sur le fait que la situation « n'est pas révolutionnaire », et met les travailleurs en garde contre le danger de « jouer le jeu du fascisme ». Mais les travailleurs ne tiennent pas compte des consignes de leurs « dirigeants ». Lorsque Blum envoie le dirigeant syndical communiste Henri Reynaud, accompagné de Jules Moch (secrétaire général du gouvernement), pour obtenir des grévistes une livraison de mazout nécessaire aux boulangers de la capitale, ils reviennent les mains vides, les ouvriers n'ayant même pas voulu leur ouvrir la porte.</p>
<p>Le 6 juin, le nombre de grévistes s'élève à plus de 500 000. Le 7 juin, il s'approche du million. Le patronat craint que la poursuite du mouvement de grève n'aboutisse à une révolution et à la fin de la propriété capitaliste. Pris de panique, et pour aider les dirigeants de la CGT à mettre un terme au mouvement, le gouvernement Blum organise des négociations à l'Hôtel Matignon, le 7 juin. Quand ils sont sous la menace de tout perdre, les capitalistes font toujours de concessions, quitte à les reprendre plus tard, lorsque la menace est écartée. C'est dans cet état d'esprit que le patronat, représenté par la CGPF, aborde les négociations de Matignon. Blum tente de limiter les concessions faites en matière salariale, qui sont finalement de l'ordre de 7 à 12% dans le secteur privé. Le patronat concède également la semaine de 40 heures et 2 semaines de congés payés, ainsi que le principe des accords collectifs et de nouveaux droits syndicaux.</p>
<p>Dans son discours à la Chambre des Députés, Blum se dit « fier » des accords de Matignon, mais souligne ce que tout le monde sait déjà : « La crise n'est pas terminée ». Il faut rapidement promulguer les lois concernant les réformes promises. « Nous sommes, vous le savez, Messieurs, dans des circonstances où chaque heure compte. » En effet, les accords de Matignon ne mettent pas fin au mouvement de grève, et ne permettent pas de rétablir l'autorité des dirigeants socialistes, communistes et syndicaux. Bien au contraire, les grèves redoublent d'intensité. La CGT a vu le nombre de ses adhérents s'accroître dans des proportions inédites : elle passe d'un million à 5 300 000. Les métallurgistes de la région parisienne refusent les accords et votent la poursuite de la grève. Le nombre de grévistes augmente non seulement dans l'industrie et le commerce, mais aussi en milieu rural, où des milliers d'ouvriers agricoles occupent les grandes fermes. A Paris et dans de nombreuses villes de province, des cafés, des hôtels et des restaurants sont occupés par les salariés. Ici et là commencent à émerger des organisations comparables aux soviets de la révolution russe. Par exemple, le 8 juin, dans l'usine Hotchkiss, à Levallois, dans la banlieue nord-ouest de Paris, une assemblée regroupant les délégués de 33 usines des environs vote une résolution demandant l'élection d'un « comité central de grève » Le 11 juin, toutes les principales industries de Paris et du département de la Seine sont en grève, et une nouvelle assemblée de 587 délégués représentant 243 usines de la région parisienne se tient dans la capitale. Le nombre total de grévistes, même selon les chiffres du gouvernement, s'approche de 1 200 000. Blum met des troupes et des gardes mobiles en alerte, prêts à marcher sur Paris pour réprimer la grève, et ne cesse de répéter que son gouvernement fera respecter « l'ordre ».</p>
<p>Les travailleurs se heurtent sans cesse aux directions de leurs propres organisations, qui veulent toutes défendre la propriété privée et faire en sorte que cesse le mouvement de grève. Le 11 juin, Thorez s'adresse aux métallurgistes. Il les met en garde contre le risque, selon lui, d'effrayer la petite bourgeoisie et de briser le Front Populaire, en « aggravant le désordre ». « Il faut savoir consentir aux transactions, il faut savoir terminer une grève », dit-il, car « l'heure de la révolution n'est pas venue. » De nouveaux secteurs de la classe ouvrière, comme par exemple les employées des grands magasins de Paris, se lancent dans la lutte au lendemain de l'intervention de Thorez qui, pourtant, cherchait à y mettre un terme. Cependant, au cours des deux semaines suivantes, du fait du comportement traître des dirigeants des organisations syndicales et politiques des travailleurs, le mouvement de grève finit par s'épuiser.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1003</a></p>
<p>« C'est la grève, c'est le rassemblement au grand jour des opprimés contre les oppresseurs, c'est le début classique de la révolution » a écrit Trotsky.</p>
<p>Des milliers d'ouvriers « anonymes » sortent du rang, élus par leurs camarades, ils se font organisateurs, orateurs, parlent haut et fort au patron.</p>
<p>En quelques jours, tout a changé : les opprimés prennent conscience de leur force, de la puissance de l'unité.</p>
<p>Mais la grève est aussi pleine d'illusions : illusions dans les dirigeants ouvriers, illusions dans le fait que la puissance du mouvement, l'occupation des usines, suffisent... La victoire est au bout, contre les patrons et leur gouvernement.</p>
<p>La C.G.T. s'efforce de reprendre le contrôle du mouvement. Elle appelle à la grève générale là où elle est déjà déclenchée : dans les mines du Nord et du Pas-de-Calais ; dans le bâtiment. Les dirigeants de la C.G.T. courent après le mouvement pour tenter de le « coiffer », de le canaliser.</p>
<p>C'est en ces termes que le comité régional du Nord et du Pas-de-Calais des mineurs appelle à la grève : « Pour maintenir l'ordre et le calme, et faciliter la tâche du gouvernement... »</p>
<p>Le gouvernement ? Quel gouvernement ?</p>
<p>Légalement, le gouvernement Sarraut doit continuer son « action » jusqu'à ce que la Chambre ait accordé l'investiture au gouvernement que doit former Léon Blum.</p>
<p>Le 4 juin, Sarraut remet sa démission au président de la République, Lebrun, qui immédiatement supplie Léon Blum de constituer son gouvernement pour se mettre au travail. Blum proteste : il faut respecter les usages et la Constitution, et convoquer la Chambre pour obtenir l'investiture...</p>
<p>Mais Lebrun insiste : l'heure n'est pas à ce légalisme. Le 4 juin à 18 h 15, le ministère Blum est constitué. Salengro, ministre de l'Intérieur, et Lebas, ministre du Travail, entrent immédiatement en fonctions.</p>
<p>« A ce moment, dans la bourgeoisie et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m'attendait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile, qu'on n'espérait plus que dans une sorte d'intervention providentielle, je veux dire l'arrivée au pouvoir de l'homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de persuasion pour qu'il lui fît entendre raison et qu'il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Léon Blum au procès de Riom.)</p>
<p>Dès la présentation du gouvernement, Lebrun entraîne Léon Blum à l'écart et lui demande d'intervenir immédiatement à la radio : « Dites-leur que le Parlement va se réunir, que dès qu'il sera réuni vous allez lui demander le vote rapide et sans délai de lois sociales... Ils vous croiront et alors peut-être le mouvement s'arrêtera-t-il ? » (Léon Blum au procès de Riom.)</p>
<p>Le 5 juin, Blum s'adresse par trois fois aux grévistes : le gouvernement n'a toujours pas « eu le temps » d'obtenir l'investiture de la Chambre. C'est l'illégalité au service des intérêts de... la légalité du profit.</p>
<p>Les 6 et 7 juin, la grève gagne la plupart des villes de province, les « cols blancs » se joignent aux travailleurs manuels.</p>
<p>La panique du grand patronat est directement proportionnelle avec l'ampleur du mouvement ; oui, Trotsky a raison : la révolution française a commencé.</p>
<p>Sur ce point, Lebrun, Blum, Thorez, Daladier, Jouhaux, sont d'accord.</p>
<p>Il faut donc enrayer le processus, faire rentrer la grève, faire accepter à la classe ouvrière qu'elle reprenne la vie quotidienne, respecte la propriété, la légalité, l'ordre bourgeois. En un mot, céder quelque chose pour éviter le pire.</p>
<p>Les accords Matignon</p>
<p>La Confédération générale de la production française (ancêtre du C.N.P.F.) n'y va pas par quatre chemins. Vendredi 5 au matin, Alexandre Lambert-Ribot, délégué général du Comité des Forges, collègue de Blum au Conseil d'Etat, le fait prévenir qu'il souhaite lui parler. Lambert-Ribot déclare au chef du gouvernement que la C.G.P.F. désire que « sans perdre une minute » soit organisée une rencontre entre représentants des syndicats et ceux du patronat.</p>
<p>Tout va aller très vite. Le 7 juin, à 15 heures, Léon Blum, Jouhaux, Frachon, Belin, Serrat, Cordier, Milain pour la C.G.T. Duchemin, Richemond, Dalbonge, Lambert-Ribot pour la C.G.P.F. s'assoient à la table des négociations...</p>
<p>La première discussion dure jusqu'à 20 heures. Puis reprend à 23 heures. A 0h40, l' « accord Matignon » est signé et communiqué à la presse.</p>
<p>« Ils ont cédé sur tous les points », dira Frachon.</p>
<p>Non. Mais pour maintenir la propriété privée des moyens de production, pour maintenir l'ETAT, pour éviter l'explosion, l'affrontement direct à un niveau supérieur entre les masses ouvrières et le grand capital, le patronat « lâche » en cette journée plus qu'en trente ans.</p>
<p>Les résultats sont loin d'être négligeables :</p>
<p>établissement immédiat de contrats collectifs de travail ;</p>
<p>reconnaissance du droit de se syndiquer - majoration des salaires de 7 à 15 %</p>
<p>Les revendications arrachées n'ont rien de commun avec les formules creuses du programme de Front populaire.</p>
<p>Le patronat concède des revendications considérables pour conserver l'essentiel : la propriété privée des moyens de production. Les tendances fondamentales du mouvement des masses vont vers l'appropriation des moyens de production. Spontanées mais confuses, elles trouvent çà et là une expression plus claire. Les métallos sont à l'avant-garde du mouvement. C'est eux qui dégagent le plus clairement la tendance du mouvement. Un délégué de Rateau déclare : « Les camarades sauront bien organiser le travail sans les patrons. »</p>
<p>Les ouvriers de l'aéronautique proposent à Cot, ministre de l'Air, de nationaliser les usines d'armement et d'en prendre le contrôle direct.</p>
<p>Les grévistes se tournent vers « leurs » ministres du Front populaire en disant : « Nous sommes prêts ! Donnez les consignes, les directives, nous agirons. »</p>
<p>Usines occupées, grands magasins, banques, compagnies d'assurances, le temple du profit, la Bourse elle-même, est menacée par la grève...</p>
<p>Signe de la profondeur de la crise : la police est atteinte dans son « moral ». L'Etat bourgeois dont elle est une composante va-t-il tenir ? Comme toujours en ces cas-là, elle perd sa superbe, son assurance, sa certitude d'être la force, donc le droit. Elle se sent « plus près du peuple ».</p>
<p>Les accords Matignon sont salués par la presse des organisations et partis ouvriers comme une formidable victoire.</p>
<p>L'Humanité titre : « La victoire est acquise. » Le Populaire écrit : « Victoire ! Victoire ! Les patrons ont capitulé !... Les patrons ? Quels patrons ? Tous ! [...] Victorieux, les ouvriers peuvent reprendre le travail... »</p>
<p>Le 8, Jouhaux déclare à la radio, après avoir analysé la portée des « accords » : « Dans chaque entreprise la grève doit cesser si le patron déclare adhérer à l'accord du 7 juin [...]. La C.G.T. s'est formellement engagée à favoriser ce processus d'apaisement. »</p>
<p>Les travailleurs en grève comprennent que ce que le patronat lâche témoigne de sa peur de perdre beaucoup plus, sinon tout. Mais les accords Matignon sont l'accord de la trahison, le nœud coulant que l'on veut passer autour de la gorge de la classe ouvrière pour faire cesser la grève. Les travailleurs en ont l'intuition : ils refusent de cesser la grève, de reprendre le travail, la vie quotidienne de l'exploitation.</p>
<p>Non seulement la grève ne cesse pas, mais de nouvelles corporations vont entre le 7 et le 12 juin entrer dans l'action, encouragées par les accords signés à Matignon. Dans le Nord, le Midi, en Afrique du Nord, des centaines de milliers de prolétaires faites passent à l'action, « relevant » ceux qui rentrent dans la région parisienne.</p>
<p>Dans la banlieue, les métallos renâclent. Confusément, la classe ouvrière sent qu'elle peut aller plus loin. Le mardi 9 juin, 700 délégués des usines en grève se réunissent salle Mathurin-Moreau. Les dirigeants de la C.G.T. demandent aux travailleurs de se prononcer sur la fin de la grève : les délégués interviennent et exigent que toutes leurs revendications - dépassant l'accord de Matignon - soient honorées !</p>
<p>Les métallos ne reprendront pas le travail : la C.G.T. s'incline.</p>
<p>Le 10 juin, après avoir enregistré le refus de, patrons, la C.G.T. fait son compte rendu devant une nouvelle assemblée de délégués : la colère gronde et les travailleurs commencent à envisager une manifestation de rue...</p>
<p>Ils décident de continuer la grève : la CGT s'incline à nouveau...</p>
<p>Le 11, après de nouvelles négociations, où le patronat recule, nouvelle assemblée présidée par Frachon. Malgré les concessions enregistrées, les délégués exigent au nom de leurs camarades que toutes les traites soient payées. Les métallos ne cèdent pas, malgré les appels de Frachon et d'Henaff. Certains délégués reprennent les propositions d'organiser une manifestation pour « descendre sur Paris ».</p>
<p>Le 12, le patronat cède sur tous les points.</p>
<p>Ainsi, malgré les illusions, les incertitudes de la classe ouvrière, Trotsky a-t-il raison d'écrire : « La révolution française a commencé. »</p>
<p>Thorez : « Il faut savoir terminer une grève »</p>
<p>Depuis sa fondation en 1921, le parti communiste français a connu jusqu'en 1934 bien des vicissitudes, Au moment de la scission, il était largement majoritaire et comptait plus de 100 000 membres. En revanche, la C.G.T.U., née de la scission que l'appareil réformiste avait imposée afin le courant révolutionnaire ne devienne majoritaire, était restée minoritaire. La politique tour à tour opportuniste, puis sectaire et aventuriste, que l'I.C. stalinisée devait imposer jusqu'en 1934 au P.C.F. l'avait réduit à quelque dix à vingt mille adhérents en 1933, la C.G.T.U. n'étant plus qu'un squelette. 1934 va voir se modifier cette tendance. Si la grande masse des travailleurs regarde du côté de la S.F.I.O., si celle-ci voit croître ses effectifs, si par milliers les ouvriers d'avant-garde y entrent et cherchent à se constituer en courant révolutionnaire, aux yeux des masses l'U.R.S.S. reste le pays de la révolution d'Octobre, l'I.C. et le P.C.F. ses représentants.</p>
<p>Au fur et à mesure où de 1934 à 1936 s'affirme la marche à la crise révolutionnaire, les masses et les militants se tournent de plus en plus nombreux vers le parti qui leur semble être celui de la révolution. De 1934 à 1936, le P.C.F. reconstitue son cadre militant. Il reste minoritaire par rapport au P.S., mais ce sont déjà plusieurs dizaines de milliers de militants qui le rejoignent. Ils vont être les cadres organisateurs des couches profondes et décisives du prolétariat en mouvement en juin 1936.</p>
<p>Selon Lefranc, les effectifs du P.S. et du P.C.F. évoluent de la façon suivante : « En avril 1936, les effectifs de la S.F.I.O. dépassent ceux de la S.F.I.C. (114 000 contre 106 000). En mai 1936, la S.F.I.O. est distancé : elle compte 127 000 adhérents contre 131 000 au parti communiste. »</p>
<p>Dans les mois suivants, la S.F.I.O. atteindra 200 000 adhérents environ. Au comité central du 22 février 1937, la direction du P.C.F. affirme son parti est passé de 80 000 adhérents au congrès de Villeurbanne en janvier 1936 à 220 000.</p>
<p>Une grande masse de travailleurs adhèrent à la section française de la III° Internationale, voyant dans le P.C.F. le parti héritier de la révolution d'Octobre, de Lénine, du combat pour le socialisme. Les masses le chargent de leurs espoirs, de leurs espérances.</p>
<p>La nature du P.C.F. n'est pas identique à celle de la S.F.I.O. L'un et l'autre sont des partis ouvriers. bourgeois contre-révolutionnaires. Mais la S.F.I.O. est directement liée à sa bourgeoisie, au système impérialiste. Le P.C.F. dépend entièrement de la bureaucratie du Kremlin : il est un rouage de son appareil international, et c'est par sa médiation qu'il est lié à l'impérialisme au maintien du capitalisme, de l'ordre bourgeois international. Les masses, malgré sa politique, sentent que ce parti n'est pas identique à la vieille S.F.I.O.</p>
<p>Le P.C.F. ne participe pas au gouvernement de Léon Blum, il se borne a le soutenir. Ce qui contribue à le faire apparaître comme un parti « différent » de la S.F.I.O. passée depuis 1914 du côté de l'ordre bourgeois avec toute la social-démocractie internationale.</p>
<p>Mais, en réalité, c'est le P.C.F. qui va en 1936 s'opposer le plus férocement, le plus directement, et déjà le plus efficacement, au mouvement des masses, à leurs aspirations révolutionnaires.</p>
<p>Thorez prononce en 1936 toute une série de discours au cours desquels il « tend la main aux catholiques et aux Croix-de-Feu ». Le 6 août, il concrétise au cours d'un discours au gymnase Huyghens ce que cela signifie, il appelle à la « consti¬tution du Front des Français » de Thorez à Paul Reynaud.</p>
<p>« Malheureusement, nos partenaires du Front populaire n'acceptèrent pas nos propositions du Front des Français, et il fallut les retirer », écrit Jacques Duclos.</p>
<p>C'est encore Thorez qui mène l'offensive, au premier rang, contre le processus révolutionnaire en cours ; c'est que la poussée des masses place les militants du P.C.F. dans les entreprises dans une situation contradictoire : suivre le bureau politique qui freine les grèves et les occupations, ou les masses qui combattent et cherchent une direction, et se tournent naturellement vers les militants du P.C.F., considérés comme des militants d'un parti révolutionnaire. A. Ferrat, ancien dirigeant des J.C., membre du C.C., proteste contre la politique suivie depuis le pacte d'unité d'action de 1934 et propose au C.C. que le P.C.F. prenne la tête des mouvements pour dépasser le Front populaire.</p>
<p>Ferrat ne fait qu'exprimer de manière assez confuse la position de nombreux militants du rang qui espèrent que le processus révolutionnaire engagé par des millions d'ouvriers ira jusqu'à son terme : la prise du pouvoir.</p>
<p>A. Ferrat est immédiatement exclu du P.C.F. Thorez, Duclos, Frachon, Gitton, ne badinent pas avec la défense de l' « ordre social », c'est-à-dire l'ordre du profit.</p>
<p>En réponse au célèbre article de Marceau Pivert « Tout est possible », Marcel Gitton écrit dans L'Humanité du 26 mai : « Tout n'est pas possible [...]. Il n'est nullement question de chambardement ni d'anarchie [...]. Non ! Non ! Marceau Pivert, il n'est pas question pour le gouvernement de demain d' "opérations chirurgicales". »</p>
<p>Les positions sont claires, la puissance du mouvement, le débordement de la C.G.T. conduisent Maurice Thorez, lors du rassemblement des militants du P.C.F. au gymnase Jean-Jaurès à Paris, à préciser la politique contre-révolutionnaire dictée par Moscou : « Notre but reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir, ni pour demain matin [...]. Alors, il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir un compromis si toutes les revendications n'ont pas encore été acceptées, mais que l'on a obtenu la victoire sur les plus essentielles des revendications. »</p>
<p>Reprenant « en main » les militants qui se laissent aller aux « tendances gauchistes », Thorez prend l'exemple des métallos parisiens. Il jette toute la force du P.C.F., auréolé de la gloire du parti de la révolution victorieuse en U.R.S.S. dans la lutte contre la révolution montante.</p>
<p>Dès le lendemain de ce célèbre discours, un mot d'ordre, revient dans tous les discours, toutes les interventions des dirigeants du P.C.F. : « Il faut savoir terminer une grève... »</p>
<p>L'offensive contre les masses est menée par les dirigeants du P.C.F., en liaison avec le gouverne. ment de Front populaire, qui le 12 juin au soir fait saisir à l'imprimerie le journal des trotskystes Lutte ouvrière qui titre : « Dans les usines et dans les rues, le pouvoir aux ouvriers. »</p>
<p>Le 12 juin, le groupe parlementaire radical fait savoir par Daladier qu'il est « très inquiet » devant les événements. Le gouvernement enregistre, et engage des poursuites contre les dirigeants trotskystes. Salengro affirme que le cas échéant, l'ordre sera maintenu par la force.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7814</a></p>
<p>"En prônant la "paix sociale", l'unité française", les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun à sa façon et tous ensemble, ont désarmé la classe ouvrière. Ils l'ont livrée, pieds et poings liés, à un adversaire impatient de prendre sa revanche. (...) le plus néfaste a été de faire accroitre aux travailleurs que le gouvernement de Front Populaire à direction socialiste et active participation radicale était, en quelque sorte, leur gouvernement. Comme l'a souligné Trotsky, les ouvriers furent incapables de reconnaître l'ennemi, car on l'avait déguisé en ami. leurs chefs entourèrent le pouvoir bourgeois d'un écran qui dissimula sa véritable nature, le rendit méconnaissable, donc invulnérable. (...) Ce gouvernement providentiel sera, en réalité, un gouvernement débile. Écartelé entre des masses encore relativement turbulentes (malgré tous les appels à la "concorde" lancés à leur seule adresse) et un patronat décidé à sabrer les conquêtes sociales, il ne disposera d'aucun appui vraiment stable, et il en sera réduit à pratiquer un perpétuel jeu de bascule : maintenir le contact avec les masses, tout en freinant leur élan ; rechercher le soutien des groupes capitalistes les moins réactionnaires, mais en subissant leurs conditions (...) La retraite opérée sous le drapeau du front Populaire s'achèvera en une écrasante défaite. Mais, la dialectique des luttes sociales étant complexe, cette évolution ne sera ni rectiligne ni unilatérale. Pendant toute une période, la classe ouvrière continuera, dans une certaine mesure, à aller de l'avant. Elle se démystifiera. Elle consolidera son organisation, ses points d'appui, ses systèmes de solidarité. elle poursuivra son recrutement, atteignant le chiffre record de cinq millions de syndiqués. Elle réagira avec vigueur contre les coups que lui porteront, tantôt la réaction, tantôt les fascistes. Elle n'hésitera pas à recourir, en maintes occasions, le plus souvent malgré ses mauvais bergers, à l'arme de la "grève sur le tas". (...)</p>
<p>L'ordre lancé par Maurice Thorez, le 11 juin, d'en terminer avec les grèves n'avait été que très incomplètement suivi. Pendant la seconde quinzaine de juin et tout le mois de juillet, les "grèves sur le tas" continuèrent à faire boule de neige. Après l'accalmie du mois d'août, pendant lequel l'application des congés payés provoqua, pour la première fois, la fermeture de nombreuses entreprises, les "occupations" reprirent de plus belle. (...) le ministre de l'Intérieur, le socialiste Salengro, avait juré d'y mettre un terme "par tous les moyens appropriés". (...) Le 7 octobre, Blum passa des gémissements aux actes : deux cent cinquante gardiens de la paix forcèrent la porte de la Chocolaterie des Gourmets, rue Violet, à paris, et, après une dure bagarre, en expulsèrent les "occupants". (...) Au début de juin 1937, la crise financière s'est aggravée (...) ,Blum annonce soudain qu'il démissionne et passe la main au radical Camille Chautemps. (...) Le 2" décembre 1937, à Colombes, la gigantesque usine Goodrich fut occupée par son très nombreux personnel. (...) Le 30, à l'aube, le camarade Max Dormoy, toujours ministre de l'Intérieur, fit encercler l'entreprise par six cents gardes mobiles, avec mission de déloger les grévistes. (...) En fin de journée, quelque trente mille ouvriers, accourus, entouraient le "fort" Goodrich. (...) les sbires de Dormoy durent battre en retraite. Mais les staliniens de l'Union des Syndicats de la région parisienne, Eugène Hénaff en tête, exigèrent, le 9 janvier, le respect d'une sentence arbitrale de compromis, qui équivalait à une capitulation."</p>
<p>Daniel Guérin dans "Le Front Populaire, révolution manquée"</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1530</a></p>
<p>Jusqu'en 1940, la politique capitularde des syndicats…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1360</a></p>
<h2 class="spip">1938</h2>
<p>Trahison syndicale de la grève Goodrich</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326</a></p>
<p>La situation est prérévolutionnaire ou précontre-révolutionnaire en France, mais les syndicats n'essaient nullement à la faire basculer vers la lutte prolétarienne. Les dirigeants syndicaux ont aussi peur d'une nouvelle montée vers la grève générale que les bourgeois.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7076</a></p>
<h2 class="spip">1939</h2>
<p>La CGTU stalinienne, aux côtés du PCF, soutient le pacte germano-soviétique. Les militants qui sortaient de la politique d'alliance avec la bourgeoisie nationale au nom de l'anti-fascisme, sont démoralisés et déboussolés. La bourgeoisie en profite pour réprimer les militants ouvriers.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3681</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm</a></p>
<h2 class="spip">1939</h2>
<p>PCF et CGT reconnaissent les intérêts impérialistes de la France aux colonies…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1939/04/barta_vl1.htm</a></p>
<h2 class="spip">1940</h2>
<p>La marche à la guerre et au fascisme ne radicalise pas la CGT vers la gauche. En France, il n'y avait pas de place pour une existence indépendante des syndicats staliniens. Ils s'unirent aux soi-disant anarcho-syndicalistes sous la direction de Jouhaux et, comme résultat de cette unification, il y eut un déplacement général du mouvement syndical, non vers la gauche, mais vers la droite. La direction de la CGT est l'agence la plus directe et la plus ouverte du capitalisme impérialiste français.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6775</a></p>
<p>Une partie du mouvement syndical passe directement au pétainisme.</p>
<p><a href="https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/article-la-reunification-de-la-cgt-dans-la-resis-115390183.html</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7751</a></p>
<h2 class="spip">1941</h2>
<p>Avec la guerre et le pétainisme, la CGT, réprimée, passe dans la clandestinité.</p>
<p>Depuis la rupture du pacte garmano-soviétique et la guerre d'Hitler contre l'URSS, les pactes se font entre stalinisme et impérialisme occidental et les staliniens peuvent à nouveau marier nationalisme français et soutien de la bureaucratie du Kremlin (mensongèrement appelé « communisme » ou « soviets »). Les militants ouvriers staliniens, momentanément alliés des nazis, deviennent à nouveau les plus fervents défenseurs de la démocratie occidentale et de la nation française, des combattants contre le fascisme, et blabla et blabla…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2993</a></p>
<h2 class="spip">1943</h2>
<p>Une partie du mouvement syndical passe à la « résistance », mouvement sous l'égide du général De Gaulle et des impérialismes anglo-américain mais aussi du PCF stalinien. La résistance n'est absolument pas un mouvement à caractère de classe prolétarien mais une alliance de classe affichée et assumée au nom du nationalisme et de la lutte anti-fasciste.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6675</a></p>
<h2 class="spip">1944</h2>
<p>La classe ouvrière, elle, fait confiance au PC, au PS et à la CGT et compte sur eux pour arracher à De Gaulle des réformes substantielles en faveur de la démocratie et des travailleurs !<br class='autobr' />
Cette "confiance" générale cache en réalité un conflit inévitable. En l'absence d'une amélioration économique et diplomatique considérable et immédiate – ce qui est chose exclue – que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des améliorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. <br class='autobr' />
En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont glissé progressivement vers la démagogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de "la France aux Français" à l'Action Française, ils en sont arrivés à reprendre "la Marseillaise" aux trusts (Duclos) !<br class='autobr' />
Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la "tactique", que l'internationalisme doctrinal est difficile à faire rentrer dans la tête des masses et qu'en gagnant les masses à eux avec des mots-d'ordre qui "prennent", ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6937</a></p>
<h2 class="spip">1945</h2>
<p>Avec le débarquement allié (c'est-à-dire la victoire des impérialismes anglais et américain sur l'impérialisme allemand), le gaullisme allié à la résistance intérieure c'est-à-dire surtout au stalinisme (politique et syndical), arrive au pouvoir. Les alliés renoncent à gouverner directement la France comme un pays vaincu (comme Italie et Allemagne) et la considèrent comme un allié… Il s'agit d'éviter tous risques révolutionnaires prolétariens en France. Les staliniens (politiques et syndicaux) sont particulièrement en charge de ce volet contre-révolutionnaire.<br class='autobr' />
La « libération » n'est pas celle des prolétaires !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article93</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7616</a></p>
<p>Désormais, les grèves ouvrières, c'est seulement contre l'occupant allemand !</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945</a></p>
<p>Le stalinisme est en vainqueur en France et il impose, par l'action du PCF et de la CGT réunifiée, aux ouvriers de « retrousser les manches pour reconstruire la France » (c'est la France des capitalistes !). Produire devient un devoir de classe, déclare la CGT comme le PCF.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7101</a></p>
<p>La CGT entre au gouvernement capitaliste !</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04280767/benoit-frachon-sur-l-entree-de-ministres-cegetistes-au-gouvernement-de-1945</a></p>
<p>La CGT, police politique anti-ouvrière dans l'entreprise en 1944-1946…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6938</a></p>
<p>Benoit Frachon, secrétaire général de la CGT, est partout sur le front des grèves pour lutter CONTRE la lutte de classe !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7800</a></p>
<p>Frachon n'est que la copie syndicale de Maurice Thorez qui déclare à Waziers, aux mineurs de charbon, le 21 juillet 1945 :<br class='autobr' />
« C'est en 1934, que nous avons proposé, lancé et fait triompher l'idée du Front populaire pour la liberté. (…) Nous avons proposé le Front français, l'union de tous les Français. (…) Les deux cent familles, les trusts (…) se mirent à saboter l'économie nationale, à provoquer les grèves comme le rappelait tout à l'heure Martel. C'est vrai que nous seuls, les communistes, avons eu assez d'autorité pour pouvoir, en juin 1936, mettre en terme aux grèves, que nous seuls pouvions avoir assez d'autorité pour dire, il y a cinq mois : il faut en finir avec jeux de guerre civile (…) La vérité sur 1939 : vous vous souvenez encore de ces journaux, chers camarades : la trahison de Staline, la trahison russe, la trahison des communistes ? (…) En vérité, c'est un traquenard que l'on tendait à l'Union soviétique. On prétendait engager la guerre, une guerre où la Pologne devait s'effondrer rapidement, comme ce fut le cas, et ainsi les armées hitlériennes pourraient déferler rapidement à travers toute l'Union soviétique. L'Armée rouge avait été mise dans l'impossibilité de préparer sa mobilisation, l'Armée rouge était dans l'impossibilité de faire face à l'agression. (…) De Londres, le général De Gaulle lançait son appel, organisait les « Forces françaises libres ». Nous menions la bataille de la Résistance à l'intérieur de notre pays (…) Aujourd'hui, chers camarades, de graves périls nous menacent dans le domaine de la production. On ne le sait pas assez. (…) Le problème décisif de l'heure, c'est le problème de la production. Vous le savez déjà, chers camarades, c'est ce qui m'a amené à Waziers, c'est pourquoi le Bureau politique m'a envoyé vous parler, à vous, les mineurs. J'aborde ici une partie importante de mon rapport, la question du charbon. (…) Je voudrais établir un fait pour montrer l'effort des mineurs. En janvier, la production brute s'était élevée à 2.700.000 tonnes contre, en 1936, une production mensuelle de 3.400.000 tonnes, c'est-à-dire 80% de la production. (…) Il est vrai qu'il s'est produit un fléchissement à partir d'avril, fléchissement dans la production et fléchissement dans le rendement. Il y a diverses causes à cela : ravitaillement défectueux, manque de vêtements, et en raison d'un mécontentement plus ou moins justifié contre l'insuffisance de l'épuration. Il y a aussi des grèves, très peu justifiées. (…) Tout cela entraîne, dans un métier comme le métier de mineur, une certaine désorganisation. (…) Il faut donner aux ouvriers mineurs de fond un certain salaire (…) Le prix à la tâche. On a accordé la possibilité d'une majoration qui peut aller jusqu'à 60% (…) L'essentiel est d'obtenir du charbon et, pour obtenir du charbon, il faut payer les sommes fixées. (…) Il faut ici, chers camarades, saluer le sacrifice de vos camarades de la métallurgie qui viennent de renoncer à leurs vacances payées pour vous fabriquer des marteaux-piqueurs. Ce sont les mêmes camarades qui, l'hiver dernier, aux Forges et Ateliers de Meudon, manquant de courant électrique dans le jour, avaient demandé et obtenu de leur direction, de travailler la nuit par un froid rigoureux sans supplément de salaire pour pouvoir produire pour vous. (…) A propos de la coupe à terre, pourquoi ne pas généraliser les 3X8 : deux postes au charbon, le troisième au remblai ? (…) Nous savons que les avis des ouvriers peuvent bien souvent influencer d'une façon très favorable les décisions des ingénieurs. Je pense qu'en définitive la décision reste à l'ingénieur et qu'une décision doit être appliquée sur l'ordre de l'ingénieur et qu'une décision doit être appliquée sur l'ordre de l'ingénieur, autrement il n'y a pas d'autorité possible, d'exploitation possible. (…) Il y a d'autres raisons de la crise du charbon sur lesquelles je voudrais m'expliquer aussi ouvertement et aussi franchement. Ce sont celles qui tiennent à l'effort insuffisant des mineurs eux-mêmes, à votre effort à vous. (…) Il y a des causes de mécontentement, mais ce n'est pas une raison pour ralentir l'effort. Il faut au contraire le développer et briser tous les obstacles. Vous croyez que les camarades de la Loire sont contents quand on leur envoie comme directeur l'ancien directeur épuré des Mines de Dourges ? Ils ne sont pas contents non plus et vous croyez qu'ils ont dit pour cela : nous faisons la grève ? Non. Martel a eu raison tout à l'heure de stigmatiser de telles attitudes. Ils n'ont pas cédé au courant public de démagogie et de vaine popularité. Comme disait le camarade Staline, nous ne craignons pas les difficultés, nous sommes faits pour surmonter les difficultés et nous les surmonterons. (…) Il y a pas mal d'exemples de mineurs qui prétendent ne pas forcer à la production, ne pas pousser à la production et pas seulement parce qu'ils ont crainte de voir baisser les prix à la tâche. (…) Ils ne veulent pas paraître pour des macas. (…) Les macas, chers camarades, c'étaient ceux qui forçaient à la production pour le profit du patron au détriment de leurs frères, les ouvriers mineurs. (…) Il y a des camarades qui disent : « Mais si je travaille davantage, je donne davantage aux actionnaires puisqu'il reste des actionnaires. » C'est une erreur, chers camarades. (…) Si vous produisez beaucoup, c'est seulement dans l'intérêt du pays, et c'est dans votre propre intérêt. Et puis, je veux revenir sur la question des absences. On parle, on donne beaucoup de raisons, de prétextes, à ce propos. Je dois vous dire, chers camarades, que je ne suis pas tout à fait convaincu des raisons qu'on donne pour justifier les absences. (…) On s'absente trop facilement, pour un oui, pour un non et un mineur qui a le goût de son métier sait très bien que tant d'absences entraînent une désorganisation complète du travail. Les camarades présents sont les premiers à en souffrir. L'absence est justifiée ou n'est pas justifiée. Au lieu de produire, on désorganise la production, on fait tort à ses camarades et pour quelle raison ? Parfois pour un oui, pour un non, pour une égratignure. Je dis que c'est un scandale. Je ne peux pas comprendre, par exemple, que des délégués à la Caisse de secours puissent donner des billets de malade sans journée de malade. (…) Chers camarades, celui qui a le billet de malade sans journée de malade, il a aussi son ravitaillement ; il a aussi les litres de vin, il a aussi la viande ; il mange la part de ses camarades. Ce n'est pas possible, on ne peut pas continuer comme cela. Il faut avoir plus de conscience. Je vais vous dire, mes chers camarades, que, dans le bassin de la Loire, la même question s'est posée pendant l'hiver, quand il y a eu tant de grippes, quand il y a eu tant de difficultés alimentaires. Le syndicat a réuni les délégués des Caisses de secours et leur a dit : « Epluchez les billets de malade et discutez avec les médecins » et on leur a dit : « Ces médecins, pour la plupart, ne sont pas vos amis. Ces médecins, ils donnent facilement les billets. (…) Ils poussent à la désorganisation. » Il va y avoir des élections à la Caisse de secours. Le syndicat doit demander que ces questions soient posées largement, et dire aux délégués des Caisses de secours que vous allez élire : « Il faut être intransigeant ; c'en est fini avec de telles méthodes, parce que c'est de l'anarchie, un encouragement à la paresse. » Voici un autre cas. On m'a signalé l'autre jour que dans un puits, le puits de l'Escarpelle, une quinzaine de jeunes gens, des galibots, ont demandé de partir à six heures pour aller au bal. Je dis que c'est inadmissible. (…) Ici, chers camarades, je le dis en toute responsabilité, au nom du Comité central, au nom des décisions du Congrès du Parti, je le dis franchement : il est impossible d'approuver la moindre grève, surtout lorsqu'elle éclate comme la semaine dernière, aux mines de Béthune, en dehors du syndicat et contre le syndicat. On a pris des sanctions. Sur quatre porions, on en a réintégré deux, en les rétrogradant d'ailleurs. (…) Je le dis tout net : si nous n'appliquons pas les décisions de notre propre syndicat (…) nous allons à l'anarchie, nous faciliterons les provocations contre les mineurs, contre la classe ouvrière et contre la République. Eh bien ! quelques camarades s'insurgent, ils déclenchent la grève au n°2 et dans toute la concession, si bien que nous avons perdu 30.000 tonnes de charbon au moins en une période où le pays a besoin de la moindre gaillette, à l'heure où nous fermons des usines, à l'heure où, dans la région parisienne, on arrête des entreprises faute de charbon et ces ouvriers dont on arrête les usines apprennent que dans un des trous essentiels du bassin minier du Pas-de-Calais, on fait grève parce que le nez du porion ne revient pas au délégué. C'est un scandale, c'est une honte, c'est une faute très grave contre le syndicat et l'intérêt des mineurs. Des sanctions ont été prises, peut-être pas dans les formes où elles devaient l'être contre le délégué mineur et son suppléant qui avaient couru les autres puits pour déclencher la grève. Je dis que le mal, ce n'est pas la sanction, le mal c'est que des communistes et des militants du syndicat des mineurs se soient exposés à de telles sanctions. Et, sous prétexte que l'on a sanctionné les délégué mineur, on recommence la grève jusqu'à jeudi soir et on a eu de la peine hier à faire reprendre le travail, bien que le ministre de la Production ait rapporté la sanction prise par le commissaire régional. Ce n'est pas ainsi qu'on travaille pour le pays. (…) Chers camarades, alors on veut à chaque fois faire la grève pour épurer ou pour soutenir. On pourrait au fond en définir le seul but : faire grève, pourvu qu'on ait un prétexte. (…) L'autre jour, on m'a parlé d'une grève possible des mécaniciens d'extraction. J'ai beaucoup de sympathie pour la mécanique d'extraction. C'est vraiment un travail qui comporte une lourde responsabilité et on trouve chez les mécaniciens d'extraction une grande conscience professionnelle. Je pense qu'il faut leur assurer les meilleures conditions de salaire et de travail. Mais, là encore, pas par la grève. (…) Je voudrais que ce que nous pensons au Comité central puisse passer dans la tête,dans le cœur de chacun de vous d'abord puis chez tous les mineurs, que produire, produire et encore produire, faire du charbon, c'est aujourd'hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français. (…) La grande tâche des organisations communistes du Pas-de-Calais, c'est d'aller dans toutes les concessions de Béthune, il faut aller à Béthune, il faut réunir toutes les sections communistes, discuter avec chaque camarade et amener les délégués mineurs à reconnaître qu'ils ont commis une grande erreur, qu'ils doivent comprendre cette erreur et qu'ils ne doivent plus recommencer cette erreur. (…) Nous exigerons de chaque camarade le respect des décisions du 10e Congrès du Parti et le 10e Congrès du Parti a dit : « Il faut produire. »</p>
<h2 class="spip">1946</h2>
<p>Le stalinisme (PCF et CGT), qui participe au pouvoir, mène la lutte contre les grèves.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3750</a></p>
<p>Par la grève des postiers, les manifestations de Cherbourg, Nantes, Dijon, etc., les travailleurs entrent en rébellion ouverte contre l'ancienne direction du mouvement ouvrier, alliée au gouvernement et au patronat, et essaient de se donner dans l'épreuve de l'action une direction nouvelle. La CGT, liée au PCF qui participe au gouvernement, est hostile à la grève des postiers.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616</a></p>
<h2 class="spip">1947</h2>
<p>Les syndicats cassent la remontée des grèves. La CGT est le principal syndicat jaune de la période. Elle casse en particulier la grande grève de Renault qui a éclaté en se battant contre le patron et contre la CGT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7595</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540</a></p>
<p>Le mécontentement ouvrier est tel que l'appareil syndical peut être contesté là même où il était hégémonique.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7532</a></p>
<p>La gauche et les syndicats nous ont servi pendant de longues années le mythe de l'après-deuxième guerre mondiale, entouré des noms faussement prestigieux de « Libération », « Résistance », « CNR » notamment, et selon lequel le grand mérite de ceux-ci serait d'avoir fondé le secteur d'économie publique d'Etat sous la houlette des staliniens Maurice Thorez et Marcel Paul.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8245</a></p>
<h2 class="spip">1948 </h2>
<p>Un syndicalisme toujours enlisé entre réformisme et stalinisme…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/monatte/works/1948/01/monatte_19480100.htm</a></p>
<p>La grève des mineurs est trahie…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm</a></p>
<p><a href="https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948</a></p>
<p>Les autres luttes ouvrières aussi…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8701</a></p>
<h2 class="spip">1949 </h2>
<p>Au nom de la recherche de l'unité syndicale, la CGT fait poireauter les luttes ouvrières…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1949/09/sdr41_091549.htm</a></p>
<p>La CGT ne propose que des grèves de 24 heures…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1949/11/sdr45_112249.htm</a></p>
<p>Le seul objectif de la CGT est de soutenir la bureaucratie russe… Depuis la fin de 1947 jusqu'au 4 juin 1952, l'appareil stalinien a utilisé l'énorme potentiel révolutionnaire accumulé dans les profondeurs du mouvement ouvrier français pour faire pression sur la bourgeoisie française qu'il s'efforçait de détacher de l'alliance atlantique. Les mouvements qu'il déclenchait devaient répondre à deux conditions : avoir une puissance suffisante pour ébranler la bourgeoisie, être limités et soigneusement contrôlés pour ne pas mettre en cause le régime capitaliste lui-même, pour ne pas risquer que la classe ouvrière prenne conscience de sa force et déborde l'appareil. Les grèves de novembre-décembre 1947 mettront en action, mais par vagues successives à objectifs limités et souvent particularisés, les forces les plus importantes du prolétariat. La grève des mineurs d'octobre-novembre 1948 sera strictement limitée à cette corporation ; mais de véritables batailles rangées mettront aux prises, dans les régions minières, les forces de répression, se comptant par dizaines de milliers, et les mineurs. D'autres grèves de moindre envergure eurent lieu, en 1950 et 1951. Enfin, le 28 mai 1952, à l'occasion de la prise de commandement du S.H.A.P.E. par le général Ridgway, ancien commandant des troupes américaines en Corée, le P.C.F., sous l'égide du « Mouvement de la paix » , mobilisa 50000 militants ouvriers pour une manifestation « dure » . La manifestation présentait un caractère aventuriste certain. Elle était préparée sur la ligne de la guerre froide, qui fait passer à l'intérieur de la classe ouvrière une délimitation selon la division du monde en « blocs » . Elle s'inscrivait dans une politique qui n'ouvrait aucune autre perspective à la classe ouvrière que de contraindre la bourgeoisie française à collaborer avec le Kremlin, plutôt qu'avec Washington. Malgré tout, contre des dizaines de milliers de policiers et de C.R.S., pendant des heures, les manifestants tiendront la rue, au prix de sanglants affrontements. Et le gouvernement ayant arrêté pour quelques jours Jacques Duclos (sous le prétexte d'un complot, le « complot du pigeon voyageur » ), la C.G.T. déclencha le 4 juin une grève générale de protestation à laquelle participèrent presque exclusivement les militants du P.C.F., et qui souligna l'isolement où la politique de l'appareil les avait conduits.<br class='autobr' />
L'énergie révolutionnaire dilapidée au cours de ces quelques années est incalculable.</p>
<p>Au cours des derniers mois de 1952 et des premiers mois de 1953, la bourgeoisie française se crut assez forte pour esquisser une offensive contre la classe ouvrière. Elle procéda à l'arrestation de militants de la C.G.T. et du P.C.F. : Le Léap fut incarcéré, Frachon poursuivi, d'autres encore.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_1.htm</a></p>
<h2 class="spip">1952 </h2>
<p>La CGT française ne fait pas campagne pour soutenir les travailleurs violemment réprimés de la colonie de Guadeloupe…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1137</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1209</a></p>
<h2 class="spip">1953 </h2>
<p>Staline meurt mais pas… le stalinisme toujours hégémonique dans la CGT !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve642</a></p>
<p>L'année 1953, c'est la tentative du gouvernement de remettre en question les retraites, tentative déjouée et cassée par une grève des fonctionnaires et aussi d'une partie du secteur privé. Mais la CGT n'est nullement en tête du radicalisme…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7649</a></p>
<p>Fin juillet 1953, ce furent les décrets Laniel qui portaient atteinte aux régimes de maladie et de retraite des fonctionnaires et des travailleurs des services publics. Près de cinq millions de travailleurs répliquèrent par une grève générale spontanée, en passant par-dessus les appareils syndicaux.</p>
<p>L'initiative partit de postiers F.O. de Bordeaux. Ils transformèrent un « mouvement de protestation » décidé par les syndicats en une grève totale. Ils utilisèrent le central téléphonique pour appeler les postiers de la France entière à la grève. Ce fut une traînée de poudre. Non seulement les postiers débrayèrent, mais le gaz, l'électricité, la S.N.C.F., la R.A.T.P., les mineurs, etc... En huit jours, c'était la grève générale de tous les services publics et de la fonction publique. A une assemblée de délégués F.O. de la R.A.T.P. un délégué du dépôt de Montrouge disait : « Les bus rentraient, impossible de s'y opposer, les gars nous auraient roulé dessus. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6540</a></p>
<p>C'est à l'initia¬tive des postiers de Bordeaux qu'a démarré la grève générale. Le 5 août, la Fédération postale F.O. lançait le mot d'ordre de grève géné¬rale illimitée de la corporation. La fédération C.G.T., elle, appuyait le mouvement, mais sans lancer le mot d'ordre de grève générale, bien que ses militants le lui aient demandé. A la R.A.T.P., un premier débrayage était imposé par les travailleurs le vendredi 7 août. Alors que de TOUS les dépôts, terminus, ateliers, etc.... depuis le matin 8 heures, l'ordre de grève était réclamé à TOUS les syndicats - le premier qui donnera l'ordre de grève sera suivi par TOUT le personnel - il faudra attendre 11 h 20 pour que, ensemble, ils donnent l'ordre de grève. L'enthousiasme était incroyable, bientôt suivi d'amertume et de colère : l'ordre de grève était limité jusqu'au soir minuit. La grève s'étendait comme une traînée de poudre : électriciens, gaziers, cheminots, travailleurs de la R.A.T.P., etc..., débrayaient spontanément au cours de la journée du mardi 11 août ; alors les organisations syndicales, sur proposition de la C.G.T., donnèrent un ordre de grève de 24 heures pour le lendemain mercredi, qu'ils renouvelleront le jeudi, et ainsi de suite.</p>
<p>Au cours de la phase ascendante du mouvement, l'appareil de la C.G.T. fut, à tous les niveaux, le poids lourd de la grève. Il lui aurait suffi de prendre la tête, de proposer un programme général de la grève, d'appeler partout à la formation de Comités de grève, jusqu'au comité central de la grève générale, de donner l'ordre de grève générale, d'appeler la grève à prendre possession de la rue, de l'unifier en coulant dans une puissante manifestation de masse toutes les corporations en lutte pour en faire la classe en marche. « Gauchisme ? » Qui ne se rend pas compte de ce que signifient cinq millions de travailleurs se mettant en grève spontanément, par leurs propres moyens, n'a jamais participé à une grève ou est imperméable à la compréhension de la lutte des classes. Les revendications mises en avant par les travailleurs eux-mêmes ? Il suffisait, dans la période ascendante du mouvement, de prononcer à une tribune : « A bas Laniel ! », pour être applaudi frénétiquement. En portant atteinte aux régimes de maladie et de retraite, le gouvernement fournissait - par une faute de calcul tactique - le mot d'ordre unificateur, commun, qui permettait, après des années de mouvements partiellisés, le combat « tous ensemble » . Les travailleurs l'utilisaient - à défaut d'autres, que se refusaient à lancer les directions ouvrières. Voilà ce que prouvaient la grève et la façon dont elle s'était réalisée. Non seulement la classe ouvrière était prête à reprendre toute revendication au niveau le plus élevé, mais le mouvement en avait besoin pour garder son unité et croître en puissance.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/ddt1/ddt1_7_4.htm</a></p>
<h2 class="spip">1956</h2>
<p>PCF et CGT cautionnent la gauche au pouvoir et celle-ci lance la guerre d'Algérie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551</a></p>
<h2 class="spip">1957</h2>
<p>PCF et CGT refusent de faire le lien entre lutte ouvrières en France et lutte anticoloniale du peuple algérien…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1957/01/ldc5_010857.htm</a></p>
<p>La grève des banques de 1957 : la CGT qui ne veut pas de l'extension des grèves est débordée par les employés…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm</a></p>
<h2 class="spip">1958 </h2>
<p>PCF et CGT ne prennent pas clairement parti pour le peuple algérien et se laissent faire lors du coup d'état des généraux d'Algérie puis de celui de De Gaulle…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/fln/works/1958/04/pcf.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">De 1958 à 1963</h2>
<p>, aucune lutte syndicale sérieuse contre le gaullisme, le stalinisme le présentant comme un « pouvoir fort » que les travailleurs qui s'engageraient contre lui paieraient dans le sang…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/just/synd_1985/sj_syndicat%201985.htm</a></p>
<h2 class="spip">1963 </h2>
<p>Trahison de la grève des mineurs</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6541</a></p>
<h2 class="spip">1966 </h2>
<p>Naissance de l'unité d'inaction CGT-CFDT… qui n'a rien à voir avec l'unité de classe des travailleurs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7156</a></p>
<h2 class="spip">1968 </h2>
<p>Dès 1967, s'affirme une reprise massive de la combativité ouvrière en France. D'emblée, le parti stalinien et son appendice syndical la CGT sont en première ligne pour s'opposer résolu¬ment, contrecarrer et saboter ce développement spontané des luttes ouvrières. Ils font tout pour canaliser les débrayages et les grèves "sauvages" dans le cadre des occupations d'usine pour les isoler et empêcher leur extension, provoquant également des affrontements stériles avec les forces de police venues les déloger. Conjointe¬ment, PCF et CGT organisent des journées ville-morte, multiplient des occupations de bâtiments publics pour défouler la combativité ouvrière accumulée depuis des années. Cepen¬dant, d'emblée ces grèves rencontrent une soli¬darité active de la population et tendent à s'étendre à plusieurs usines d'une même ville. Quant à la répression policière à laquelle elles se heurtent, elle contribue à exacerber la colère des ouvriers.</p>
<p>Mai 68</p>
<p>En mai 1968, le PCF, fer-de-lance de la contre-révolution depuis des décennies, allait se retrou¬ver rapidement face à près de dix millions de grévistes (2). Avec son auxiliaire cégétiste, c'est lui qui réagit le plus rapidement, passés la surprise et l'affolement général de toute la bour¬geoisie. Nous ne reviendrons pas sur le dérou¬lement des faits largement repris dans notre presse . Le parti stalinien intervient sans cesse contre la plus grande grève de l'histoire de la classe ouvrière mondiale pour tenter de l'en¬rayer à plusieurs niveaux.</p>
<p>Comme le reste de la bourgeoisie, le PCF et la CGT sont d'abord pris de court par la grève sauvage de l'usine Sud-Aviation près de Nantes le matin du 14 mai, suivie le 15 par les chantiers navals de Bordeaux et par le débrayage spontané de l'usine Renault-Cléon près de Rouen qui envoie une délégation pour étendre la grève dans les autres usines de la Régie. Le 16, c'est l'usine de Renault-Flins près du Mans qui se met à son tour en grève et une délégation ouvrière de Cléon et de Flins pousse à son tour ceux de Billancourt à propager la lutte, atelier par atelier. Cette grève au cœur de la plus importante concentration ouvrière du pays et phare pour l'ensemble de la classe ouvrière, encourage des millions d'ouvriers à se lancer à leur tour dans la lutte. Deux heures plus tard, en accord avec le PCF, pour reprendre le contrôle d'un mouvement ouvrier qui lui échappe totalement, qui s'est déclenché contre sa volonté et qu'elle est incapable d'endiguer, la CGT, prenant le train en marche, lance elle-même un "appel à la lutte", bientôt imitée par les autres syndicats et décide de participer à l'occu¬pation de Billancourt. Pour les syndicats et le PCF, il s'agit, au nom "de la protection de l'outil de travail" d'instaurer dans les grèves ouvrières un esprit-forteresse. Ce "cordon sanitaire" cor¬poratiste, en apparence contre les "provoca¬teurs gauchistes" qui auraient "infiltré" les étu¬diants, visait en réalité à permettre aux syndi¬cats de reprendre le contrôle de la situation. Ceux-ci mirent en œuvre tout un travail de division, isolant entre eux les différents secteurs de la classe ouvrière, chacun dans son coin, pour empêcher celle-ci de se constituer en une force unie qui représenterait un danger bien plus important pour la bourgeoisie et serait bien plus difficile à vaincre par cette dernière. Les ouvriers qui tentaient de briser l'isolement syndical se voyaient dénoncés comme étant des provoca¬teurs extérieurs à l'entreprise.</p>
<p>Dans L'Humanité du 3 mai 68 l'éditorial de Georges Marchais intitulé "De faux révolution¬naires à démasquer", accuse le Mouvement du 22 Mars "dirigé par l'anarchiste allemand Cohn-Bendit" d'aller à l'encontre des intérêts de la masse des étudiants et de favoriser les provoca¬tions fascistes. Il dénonce "leur malfaisante besogne (des "gauchistes") qui tente de semer le trouble, le doute, le scepticisme parmi les tra¬vailleurs et, notamment les jeunes". Le 23 mai, la CGT approuve la décision d'interdiction de séjour du pouvoir gaulliste prise à l'encontre de Cohn-Bendit. Suite au célèbre "non à la chien¬lit !", prononcé par De Gaulle, et après les violences des 24 et 25 mai au Quartier latin, alors que le ministre de l'Intérieur incrimine "la pègre qui sort des bas-fonds de Paris dans la rue", L'Humanité renvoie le même écho en dénonçant les agissements de "la lie de la société".</p>
<p>Et Waldeck Rochet retrouve les accents chau¬vins de Thorez lors d'un meeting parisien le 1er juin : "Nous avons dit et nous disons : (...) le drapeau des luttes de la classe ouvrière, dans le monde moderne, (...) c'est tout à la fois le drapeau rouge du socialisme et le drapeau tricolore de la grande Révolution française, le drapeau de la nation. (...) Le seul parti révolu¬tionnaire (...), c'est le parti communiste français servant efficacement les intérêts des travailleurs, du peuple et du pays. A l'inverse, les pseudo¬ révolutionnaires (...) visent à diviser la classe ouvrière, à défigurer le mouvement révolution¬naire et la démocratie. Ils font le jeu du pouvoir gaulliste. Nous ne permettrons pas que la gesticulation et l'aventurisme compromettent le succès de la lutte pour la démocratie et pour le socialisme."<br class='autobr' />
Après une entrevue secrète entre Krasucki, alors numéro 2 de la CGT et membre du comité central du PCF, et Chirac, secrétaire d'Etat à l'emploi, les syndicats appellent à l'ouverture de négociations avec le patronat que le gouver¬nement Pompidou s'empresse d'accepter. Les négociations commencent le 25 mai. Dès le premier jour, le leader de la CGT, Séguy et le gouvernement s'entendent en coulisses sur le montant de l'augmentation du salaire minimum garanti qu'ils vont faire semblant de négocier. Mais d'entrée, le patronat, qui ignore cet accord secret, accepte sans tergiverser le montant maximum lancé par les syndicats. Le 27 au matin, après la signature des accords de Gre¬nelle, Séguy confie à un journaliste son soulage¬ment : "La reprise ne saurait tarder". Dans la foulée, il se rend à l'usine de Billancourt pour présenter les accords et appeler à la reprise du travail. Il est copieusement sifflé par les ouvriers pour qui les 10% d'augmentation de salaires promis apparaissent comme une vaste masca-rade. Séguy est contraint de désavouer les ac¬cords qu'il venait de parapher. Partout, les ouvriers refusent la reprise dans ces conditions et le mouvement de grèves s'élargit encore. La bourgeoisie devra lâcher d'autres concessions pour pouvoir amorcer une reprise du travail, alors que la CGT pousse aux côtés du gouverne¬ment à négocier les accords secteur par secteur, branche par branche. Après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale le 30 mai, le PCF et la CGT multiplient leurs appels à la reprise pour que les élections, présentées comme "un pas de plus vers la victoire des ouvriers", puissent se tenir. Le PCF et la CGT ont systé¬matiquement recours au mensonge et à l'intimi¬dation pour casser la dynamique de la lutte ouvrière. Ainsi, à la RATP, ils font courir la fausse information d'une reprise dans certains dépôts. Et L'Humanité titre à l'avance dans sa "une" début juin : "Forts de leur victoire, des millions de travailleurs reprennent le travail". Malgré tous les efforts des staliniens pour faire reprendre le travail rapidement, conjointement avec les violentes évacuations policières des usines, ils ne parviendront à leurs fins qu'après la mi-juin dans la plupart des cas.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8322</a></p>
<p>Débordés chez les étudiants, face à la montée spontanée des grèves qu'ils n'ont pas initiées ni controlées, PCF et CGT choisissent d'en prendre la tête, quitte à empêcher les travailleurs d'occuper l'usine en… fermant les portes pour mieux maitriser la situation et pouvoir faire reprendre le travail quand ils auront fait semblant d'avoir gagné. La grève est générale mais jamais la CGT n'appellera formellement à la grève générale !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7053</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2641</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3162</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article7975</a></p>
<h2 class="spip">1972 </h2>
<p>La CGT approuve la signature du Programme commun de gouvernement par les partis de gauche (communiste, socialiste et mouvement des radicaux de gauche). Depuis plusieurs années, la CGT défendait l'idée de ce programme à l'élaboration duquel elle était prête à participer, ce que le refus des autres organisations syndicales ne permit pas. Elle devait soutenir ensuite ce programme politique, aliénant ainsi une part de son autonomie.</p>
<p>Malgré le cuisant recul de la gauche aux élec¬tions du 30 juin 1968 et le refus opposé par la FGDS à l'appel du PCF pour une candidature commune de la gauche aux présidentielles de juin 69, le parti stalinien va enfourcher de plus belle son nouveau cheval de bataille : la conquête du pouvoir par l'union de la gauche à travers un programme "de démocratie avancée" qui "ouvre la voie au socialisme à la française". Ce cheval de bataille est exclusivement dirigé contre la reprise des combats de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, dont mai 68 a été la première et la plus éclatante manifestation. Il est encou¬ragé par les plus de 20% recueillis par Duclos aux présidentielles de 69, alors que l'échec de la candidature Defferre, qui se traduit par le pire score électoral jamais enregistré par la social-démocratie en France, pousse aussi le parti de Mitterrand à adopter une "nouvelle stratégie" pour ravaler sa façade.<br class='autobr' />
En décembre 1969, c'est la reprise des discus¬sions entre le PCF et la FGDS. Au 19e congrès du PCF en février 70, est officialisé "l'engage¬ment du parti dans la voie du programme commun". Dans lemême temps, Georges Mar¬chais est promu "secrétaire général adjoint" et prend les rênes du parti à la faveur de la maladie de Waldeck Rochet. Il sera officiellement intro¬nisé au congrès suivant, en 1972. L'accord de désistements réciproques aux municipales de juin 1971 entre sociaux-démocrates et staliniens permet au PCF de gagner plusieurs municipali¬tés importantes. Le 9 octobre de la même année, le "programme" du PCF est publié sous le titre "Changer de cap, programme pour un gouver¬nement démocratique d'union populaire" avec en vedette une liste de nationalisations, définies comme "l'instrument déterminant du pro¬gramme de changement démocratique".</p>
<p>Le parti stalinien va désormais, à partir de 1970, et pendant toute une décennie, avec l'aide de son appendice syndical cégétiste, mobiliser massivement les prolétaires avec la mystifica¬tion de l'application du "programme commun" et systématiquement piéger, dévoyer toutes les luttes ouvrières derrière la perspective d'un gouvernement de gauche, sur le terrain électoral. Ce programme commun de gouvernement est signé le 27 juin 1972 par les deux grands partis bourgeois de gauche auquel le Mouvement des radicaux de gauche ne tarde pas à se rallier. Lors du comité central du 29, Marchais s'en félicite et souligne dans son rapport : "L'essentiel, c'est que le programme commun (...) fournit un point d'appui très positif à un développement consi¬dérable de l'action unie des travailleurs, (...) permettant de créer les conditions les plus favorables pour mettre les masses en mouve¬ment sur nos idées, nos solutions, nos objectifs". Ainsi, grâce au projet en grande partie dû à son initiative, et à sa capacité à mystifier de cette manière la classe ouvrière, le parti stalinien aura puissamment contribué à rassurer la classe dominante et à éloigner à nouveau le spectre de la révolution prolétarienne qui, en ressurgissant brusquement en mai 1968, venait de tant ef¬frayer l'ensemble de la bourgeoisie.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2020</a></p>
<h2 class="spip">1973 </h2>
<p>La grève des LIP est une grève contre des licenciements et une fermeture d'usine programmée. Mais, contrairement à de nombreuses grèves de ce type, c'est une action auto-organisée par les salariés, refusant les limites habituellement imposées par les centrales syndicales : localisme, légalisme, défensive, divisions, etc.<br class='autobr' />
Débutée au début des années 1970, la lutte a duré jusqu'au milieu de l'année 1976 et mobilisé des dizaines de milliers de personnes à travers la France et l'Europe entière, notamment lors de la grande marche Lip du 29 septembre 1973 qui réunit dans une ville morte plus de 100 000 manifestants. D'autres éléments ont également participé à l'ampleur de ce combat ouvrier, comme le mode de grève qui comprend pour la première fois de l'histoire, dans une entreprise, une « auto-organisation » et un dépassement de la loi bourgeoise, les salariés prenant possession du capital, des machines et des produits fabriqués et les ouvriers grévistes travaillant à leur propre compte et produisant des montres dans leurs usine, avant de les écouler lors de « ventes sauvages » ; mais aussi à cause de l'aspect politique de l'affaire qui prend un tournant national quand le gouvernement de l'époque n'a d'autre choix que la mise à mort de l'entreprise afin d'éviter une « flambée ouvrière et syndicale » au niveau national. Il s'agissait d'éviter que se tire une leçon déterminante : comment lutter contre des licenciements sans s'isoler dans une usine ou sur un site, en mettant toute la classe ouvrière dans le coup.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4702</a></p>
<h2 class="spip">1974 </h2>
<p>La CGT est débordée par la grève des banques et celle des PTT…</p>
<p>Grève des PTT</p>
<p>La grève des PTT de l'automne 1974 est sans doute l'une des plus importantes dans l'histoire sociale de ce secteur professionnel. Démarrée dans les centres de tri, elle s'étend à l'ensemble des services postaux mais aussi des télécoms (alors rassemblés dans un même service public, les PTT). Parti le 17 octobre du centre de tri de gare de Lyon, c'est dans ce type d'établissement que la grève, qui va s'étendre jusqu'au 2 décembre, sera suivie avec le plus d'intensité. Le 23 octobre, la première manifestation organisée dans les rues de Paris rassemble près de 10 000 grévistes. Le 15 novembre, un mois après le lancement des hostilités, 91% des personnels des centres de tri sont encore en grève.</p>
<p>La montée du mécontentement, que traduisent les chiffres des journées de grève, se conjugue à l'automne 1974 avec une situation politique particulière. Valéry Giscard d'Estaing est élu au mois de mai 1974 Président de la République avec un faible différentiel de voix sur François Mitterrand, le candidat de l'union de la gauche. Le programme commun de la gauche a l'appui des syndicats CGT et CFDT. Or les premières rumeurs concernant les projets "giscardiens" sur les PTT renvoient des bruits de création d'un office des postes et télécommunications. C'est interprété par les agents des PTT comme une privatisation et un démantèlement du service public. Depuis plusieurs années ces thèmes agitent la profession, qui craint de perdre un statut, protecteur du chômage et garantissant une certaine carrière. Ces inquiétudes, se lient aux traditionnelles revendications salariales, que le gouvernement résout, à minima, en concluant au niveau de la fonction publique des accords minoritaires avec FO, la FEN et la CFTC, en laissant de côté CGT et CFDT. Elles se mélangent aussi avec des conditions de travail et des processus de management archaïques, face à une population jeune et qui aspire à la reconnaissance professionnelle.</p>
<p>Le 17 octobre 1974, lors d'une semaine d'action syndicale CGT-CFDT, un incident mineur à la suite d'une Assemblée générale du personnel employé au tri postal du PLM (Gare de Lyon) provoque la cessation du travail "pour une durée illimitée", au bureau du PLM, puis en cascade dans tous les Bureaux-gares parisiens, qui sont centres de tri et centres de transit pour l'essentiel des échanges postaux entre Paris et le reste de la France… Chaque bureau-gare parisien (PLM, gare d'Austerlitz, gare de Paris-Montparnasse, gare Saint-Lazare, gare du Nord, gare de Paris-Est) est en effet "tête de ligne" des divers services ambulants ferroviaires, qui drainent et trient le courrier de leur zone de "route". À ces bureaux-gares se rattache Paris-Brune, un centre plus récent, traitant essentiellement du courrier d'entreprise et celui de banlieue parisienne Dès le 22 octobre, la grève y est générale. Elle paralyse le pays progressivement, tant l'économie moderne est tributaire des échanges. Tous les secteurs de la Poste, guichets, distribution, Chèques postaux suivent le mouvement. Il emporte les services des télécommunications, les premiers menacés par une privatisation éventuelle et le démantèlement des PTT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4616</a></p>
<p>Grève des banques</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf</a></p>
<h2 class="spip">1977-1979 </h2>
<p>Au printemps 1977, il ne s'oppose plus à l'élection au suffrage universel du Parlement européen qu'il avait vivement combattue au nom de la défense de la "souveraineté nationale". Et sur¬tout, en mai de la même année, il renonce à sa traditionnelle opposition "pacifiste" (en fait au bénéfice de l'URSS) à l'armement nucléaire. Mais au fur et à mesure qu'il transige avec le PS et qu'il s'éloigne de la tutelle du bloc russe, il manifeste de plus en plus clairement ses craintes de se faire phagocyter par le PS. Il redoute de subir une usure rapide de crédit en cas de participation au gouvernement, alors qu'il ne dispose plus d'une marge de manœuvre et de moyens suffisants pour mener sa propre poli¬tique capitaliste d'Etat. Bref, il craint de devenir le dindon de la farce et, une fois au pouvoir, de perdre son emprise sur la classe ouvrière. C'est pourquoi en prenant l'initiative de la rupture du programme commun en septembre 1977, le PCF réaffirme la spécificité de son programme stalinien et, sous prétexte de ses désaccords avec le PS, il se prépare à mieux disposer de ses forces dans l'opposition, contre le développe¬ment de la lutte de classe.</p>
<p>Après avoir entraîné les ouvriers pendant des années et dévoyé leurs luttes derrière la pers¬pective mystificatrice de la gauche au gouverne¬ment, le PCF prend l'initiative de la rupture du Programme commun en septembre 1977. A court terme, l'objectif fondamental de cette rupture est pour lui ne pas se faire avaler par le PS et de préserver la spécificité de son pro¬gramme stalinien. Mais cette mise dans l'oppo¬sition délibérée lui permetet aussi de disposer de l'intégralité de sa force d'encadrement idéolo¬gique contre le développement de la lutte de classe et de satisfaire ainsi aux intérêts généraux de la bourgeoisie. C'est donc, en dernière instance, la raison essentielle de ce changement de stratégie.</p>
<p>En effet, face au nouveau développement de la lutte de classe qui s'amorce à partir de 1978, se traduisant notamment en France par la lutte des sidérurgistes en 1979, et surtout face au discrédit croissant et aux tentatives de déborde¬ments de l'appareil d'encadrement syndical dans ces luttes, la bourgeoisie se dispose à mettre en place une nouvelle orientation dans les princi¬paux Etats capitalistes occidentaux : le retour de fractions significatives de gauche dans l'oppo¬sition pour mieux contrer et contrôler le déve¬loppement de cette vague internationale de luttes ouvrières. Le retour des travaillistes dans l'opposition en Grande-Bretagne en 1979, pre¬mière manifestation de cette réorientation, est suivi par le retour dans l'opposition du parti démocrate aux Etats-Unis en 1980 et par celui de la social-démocratie allemande en 1982. Dans ce cadre, l'arrivée de la gauche au pouvoir en France en 1981 (entraînant dans son sillage la participation du PCF au gouvernement) a bien un caractère "accidentel".</p>
<p>Tout au long de la période qui suit la rupture du Programme Commun, le PC se raidit et redouble ses attaques contre le gouvernement et le "plan Barre" accusé de "brader et de casser l'économie nationale" tout en déchaînant tout autant ses harangues contre le PS, désormais qualifié de "fidèle allié du capitalisme et de l'impérialisme". Le parti stalinien préconise désormais "l'union à la base" et radicalise son discours. La défense inconditionnelle des natio¬nalisations rejoint chez lui le nationalisme le plus exacerbé.</p>
<p>En août 1978, il lance une grande campagne contre l'élargissement du marché commun et, sous prétexte de défendre une politique d'indé¬pendance nationale, contre une Europe à la fois "pro-atlantiste" et "pan-germanique", il ne tarde guère, face à l'accentuation des plans de licencie¬ments, à mettre le paquet pour tenter d'entraîner les ouvriers sur le terrain hyper-nationaliste. Au nom du "travailler français", il organise des actions-commandos contre le minerai "allemand" et exige le refus d'embauche de main-d'oeuvre "étrangère" (notamment lors de la grève des marins, en novembre 78). Faisant de la suren¬chère sur les mesures anti-immigrés adoptées par le ministre Stoleru, il réclame carrément au gouvernement Giscard "l'arrêt de la politique d'immigration" et pousse aux expulsions d'im¬migrés dans les communes qu'il dirige en récla¬mant la fixation d'un "quota d'immigrés". Le chauvinisme du parti stalinien passe par des campagnes racistes et xénophobes qui n'ont rien à envier à ce que mettra bientôt en avant à son tour le Front National. Ainsi, plusieurs maires staliniens de la région parisienne prennent des initiatives contre l'augmentation du nombre d'immigrés dans leur commune.<br class='autobr' />
Le 24 décembre 1980, les élus PC de Vitry saccagent à coups de bulldozer un foyer de travailleurs immigrés maliens et, en février 1981, le si "démocrate" et "débonnaire" secrétaire général actuel, Robert Hue organise une mani¬festation dans sa commune de Montigny-lès-Cormeilles pour faire expulser une famille ma¬rocaine sur laquelle il a fait courir la fausse rumeur qu'elle se livrait à du trafic de drogue.</p>
<p>Cette virulente propagande xénophobe allait dans les années suivantes, pousser nombre de ses militants et de ses électeurs, "déçus par la gauche", dans les bras du Front National.</p>
<p>Face à la montée des luttes, le PC radicalise son discours idéologique. Pour tenter de mieux du¬per la classe ouvrière, le parti stalinien parle même de "Révolution". C'est d'ailleurs le nom qu'il donne à son nouvel hebdomadaire, produit de la fusion entre La Nouvelle Critique et France Nouvelle, tandis que les Jeunesses Communis¬tes publient un manifeste lui aussi intitulé "Vive la Révolution !". Ne cherchant plus à paralyser les luttes en rabattant les ouvriers uniquement sur le terrain électoral, il les encourage en s'ap¬pliquant à les saboter pour les faire dérailler. Devant un public d'intellectuels début 1980 Marchais explique que "le parti n'a pas changé mais qu'il a dû s'adapter au développement des luttes".</p>
<p>Il pousse les ouvriers dans des grèves dures, longues, et surtout bien isolées, axées sur la défense corporatiste de l'entreprise, comme l'entreprise d'industrie navale Terrin dans la région marseillaise ou la manufacture d'armes Manufrance à Saint-Etienne, dont le maire PC avait poussé les ouvriers à accepter certains licenciements pour "sauver l'entreprise" (avant d'avaliser sa fermeture définitive). Tout cela au nom du "fabriquons français", entraînant les ouvriers à s'identifier avec leur entreprise (le PC et la CGT ne parlent alors que de la lutte "des Terrin", "des Renault" ou "des Manu") et à se mobiliser en permanence "contre la casse de l'économie nationale" derrière le mot d'ordre "vivre et travailler au pays". C'est l'époque du début des vastes plans de restructuration dans les secteurs majeurs de l'économie française regroupant les plus importantes concentra¬tions ouvrières : la sidérurgie, la construction navale, les mines, le textile. Les annonces de licenciements pleuvent, la combativité ouvrière se réveille et, avec elle, la méfiance envers les syndicats qui sabotent les tentatives d'exten¬sion des luttes. Le PCF pare au plus pressé et vole en priorité au secours du syndicalisme en général et de la CGT en particulier.</p>
<p>Conjointement avec son auxiliaire syndical, le parti stalinien lance tous azimuts sa propa¬gande "vivre et travailler au pays". Contre la tendance grandissante vers l'extension des lut¬tes, il multiplie les opérations "villes mortes" pour enfermer les ouvriers derrière la défense de l'usine, de l'entreprise, de la corporation, de la région, de la nation. A Longwy, à Denain, à Dunkerque, le PC est en première ligne, avec la CGT, au printemps 1979 pour saboter l'exten¬sion de la lutte et les tentatives de prise en charge des ouvriers eux-mêmes dans les AG. Il s'af¬fronte alors directement aux ouvriers qui tentent de déborder l'appareil d'encadrement syndical. Le 23 mars 1979, lors de la manifestation organisée à Paris sous la pression des ouvriers, le service d'ordre de la CGT et tous les gros bras staliniens prêtent main-forte aux forces de po¬lice officielles de l'Etat qui chargent violemment et pourchassent jusque dans les trains les sidé¬rurgistes, dénonçant et faisant arrêter les ouvriers les plus combatifs en les faisant passer pour des "casseurs" et des "autonomes irresponsables". Le PCF aura rendu un fier service à l'Etat bourgeois en lui permettant ainsi de pratiquer les coupes claires les plus importantes dans les secteurs les plus concentrés du prolétariat en France.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7226</a></p>
<h2 class="spip">1981 </h2>
<p>PCF et CGT militent à fond pour… Mitterrand !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7150</a></p>
<p>Malgré un soutien confirmé du PCF et de la CGT qui participent au pouvoir, Mitterrand mène une politique anti-ouvrière…</p>
<p>Sous les deux présidences de Mitterrand, de 1981 à 1995, les attaques n'ont pas manqué contre la classe ouvrière. Dès 1982, le gouvernement Mauroy a organisé le blocage des salaires et interdit d'indexer ceux-ci sur le coût de la vie. Pendant ce temps-là, l'impôt sur les bénéfices des sociétés, qui était de 50% sous Giscard, passait à 45% en 1986, avant que le gouvernement Jospin-Fabius ne décide de le ramener à 33% en 2000.</p>
<p>La politique menée par les socialistes sous Mitterrand déçut à tel point l'électorat populaire que la majorité élue en 1981 fut battue aux élections législatives de 1986, comme celle issue des urnes après la réélection de Mitterrand en 1988 fut laminée aux élections législatives de 1993. À chaque fois la gauche prépara le terrain pour un retour de la droite, qui elle-même, par son cynisme et sa morgue envers le monde du travail, permit au PS de se refaire une virginité. C'est ce que les commentateurs appellent « l'alternance », mais une alternance dans laquelle ce sont toujours les possédants qui sont les gagnants, et les classes populaires les perdantes.<br class='autobr' />
La gauche a fait ce que la droite n'avait pas osé : lever le tabou de la privatisation des services publics, en vendant de larges parts de France Telecom et d'Air France, cette dernière sous l'égide du ministre communiste Gayssot. Le gouvernement a d'ailleurs franchi une première étape, en faisant voter par l'assemblée, en février 1999, l'ouverture du marché de l'électricité. Le gouvernement Jospin a mis La Poste et la SNCF sur la même voie de « l'ouverture du marché » et de la rentabilisation par secteurs.</p>
<p>Le bradage passé de France Telecom et à venir d'EDF n'était pas simplement destiné à donner à des bourgeois français de nouvelles opportunités de profits, il doit aider à faire de ces groupes des géants capitalistes mondiaux. EDF, qui réalise déjà presque le quart de son chiffre d'affaires à l'étranger veut faire passer cette part à 50 % d'ici 2004/2005. Pour cela l'entreprise souhaite justement l'ouverture du marché européen pour conquérir de nouvelles positions à l'extérieur et l'ouverture de son capital pour mobiliser des fonds sur les marchés financiers et négocier des fusions-acquisitions. Sous la tutelle de la gauche, EDF et GDF n'ont pas attendu leur privatisation pour se lancer dans la spéculation sur le marché international de l'énergie. Elles ont monté leur propre filiale de trading (le métier d'Enron, la société américaine dont la faillite fait actuellement scandale), EDF-trading (en collaboration avec Vivendi) et Gaselys (avec la Société Générale). Mais pour grossir à l'étranger et devenir des numéros un mondiaux, ces entreprises doivent bien présenter la facture à quelqu'un. Ce sera leurs salariés, dont les conditions de travail se dégradent, et les usagers, qui ont vu le gouvernement augmenter plusieurs fois les tarifs du gaz et de l'électricité. L'avenir est programmé : comme France Telecom, EDF et GDF tenteront de plus en plus de se libérer des contraintes du service public, au profit de la rentabilité immédiate ...aux dépens des salariés comme des usagers. Tout en faisant passer au privé les secteurs les plus rentables du secteur public, il a soumis le reste à une diète de 5 ans. Dès 1997, il a proclamé le « gel de l'emploi public ». Le plan Juppé de 1995 a été prolongé. Les hôpitaux ont continué d'être rationnés en effectifs et en moyens. Dans la première moitié des années 1990, les dépenses du secteur hospitalier avaient augmenté de 7 % par an, ce qui était déjà insuffisant pour suivre le développement de l'activité. Mais entre 1995 et 2000, cette augmentation a été de 7 % au total ! Un lit sur 15 a été supprimé de 1994 à 1999. En 2002, alors que le passage aux 35 heures aurait nécessité la création d'au moins 80 000 postes, le gouvernement n'en promet que 40 000, et les hospitaliers exaspérés multiplient les grèves. Gel de l'embauche, surcharge de travail, pénurie de moyens : le même traitement a été réservé aux transports, à la poste ou encore à l'éducation nationale. Le gouvernement "de gauche" a continué d'étendre la précarité : sur 3,4 millions de salariés des trois fonctions publiques, il y a aujourd'hui 960 000 non titulaires et plus de 300 000 « contrats aidés » (CES, emplois-jeunes, contrats de ville…). De quoi donner envie de voir Jospin goûter à son tour à la précarité de l'emploi.</p>
<p>La gauche au gouvernement a bien sûr mis en place de nouvelles lois, comme les 35 heures, pris des mesures budgétaires, comme les emplois-jeunes, et avalisé des règles nouvelles, comme le PARE imposant aux chômeurs de nouvelles contraintes pour leur faire accepter n'importe quel travail à n'importe quel prix. Mais si ces mesures ont eu des conséquences certaines sur les conditions de vie de bon nombre de salariés, leurs effets réels sur l'emploi sont, eux, tout à fait incertains. Pour les 35 heures il n'a ainsi jamais été vraiment possible d'en évaluer les effets sur l'emploi. Le gouvernement a prétendu que l'application de la loi avait permis la création de plusieurs centaines de milliers de postes. Mais personne n'a jamais pu savoir quelle était dans ces chiffres la part des embauches en compensation de la réduction du temps de travail, et celle de « l'effet d'aubaine », permettant aux patrons de rafler les cadeaux en matière de charges sociales, pour des embauches qu'ils auraient de toutes façons été amenés à réaliser. Ce qui est par contre parfaitement palpable (surtout pour ceux qui les touchent), ce sont les milliards sous forme de baisses de charges sociales récupérées par le patronat au titre de la prétendue réduction du temps de travail. Et c'est aussi que cette loi concoctée et votée par la gauche, a ouvert la porte à une généralisation de la flexibilité et dans bien des cas détérioré les conditions de travail des salariés, en même temps que donné lieu à des réductions de salaires ou de primes. Autre certitude, l'application des 35 heures a provoqué de très nombreux mouvements de grève et protestations – jusqu'à aujourd'hui – révélateurs de l'appréciation des salariés concernés sur les prétendus bienfaits de la loi. Quant aux emplois-jeunes, la gauche qui en avait promis 700 000 n'en a réalisés sur la législature qu'un peu moins de la moitié, créés par les seuls secteurs public et associatif. Ces emplois ont certes été considérés comme un dépannage bienvenu par une partie des jeunes concernés, en fin de scolarité ou déjà au chômage, ou encore salariés depuis peu et saisissant l'occasion de changer de patron. Mais ces emplois, sous forme de contrats de cinq ans, financés à 80 % par l'Etat, ont inauguré une nouvelle forme de précarité et de salaire au rabais. Embauchés dans l'enseignement, dans la police, dans les transports en commun, dans les municipalités, etc., les jeunes en question se sont souvent retrouvés à boucher des trous dans des administrations qui ont ainsi pourvu les postes manquants en les payant en dessous du tarif.</p>
<p>Augmentation de la précarité et de l'insécurité au travail</p>
<p>Rien n'a été fait par ailleurs par le gouvernement de gauche contre la précarité en général. Sauf à considérer que la disposition de la dernière loi dite « de modernisation sociale », passant de 6 % à 10 % la prime de précarité des CDD pour l'aligner sur celle des intérimaires, puisse constituer une réelle pression sur les patrons. La progression de la précarité a au contraire accompagné la création des nouveaux emplois, avec pour corollaire l'insécurité au travail. Entre 1999 et 2000 le nombre d'accidents du travail a ainsi progressé de 4,6 % selon les chiffres du ministère de l'emploi qui précise que le secteur de l'intérim est particulièrement touché et que la précarité et la flexibilité des horaires en sont les principales causes. Quant aux licenciements collectifs pour motif dit économique, ils se sont mis à grimper à nouveau brutalement avec la rafale des plans sociaux au printemps dernier. En un an, de novembre 2000 à novembre 2001, leur nombre a progressé de 39,8 % pendant que le chômage lui progressait de 12,7 %. Pour faire croire qu'il se préoccupait des licenciements économiques, le gouvernement a proposé un dispositif, toujours dans le cadre de cette loi de « modernisation sociale », suscitant une longue discussion parlementaire. Le texte n'est finalement qu'une collection de dispositions légales déjà existantes et de vagues recommandations. Et de plus la définition du licenciement économique – fruit de concessions de Jospin au PCF mais qui ne pouvait tout au plus que permettre de retarder de quelques jours la mise en application des licenciements – a été retoquée par le Conseil Constitutionnel.</p>
<p>Conclusion : le point essentiel est que la gauche a fait passer dans le mouvement ouvrier (traduisez avec l'appui de toutes les bureaucraties syndicales) l'idée de la réforme... idée reprise ensuite par Sarkozy et ses successeurs de gauche, de droite et du centre pour casser tous les droits sociaux.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve383</a></p>
<h2 class="spip">1984 </h2>
<p>Le gouvernement de gauche de Mitterrand soutenu par le PCF et la CGT trahit les ouvriers de la sidérurgie lorraine… La CGT fait mine de mener des actions spectaculaires pour occuper les grévistes de la sidérurgie mais ne fait aucun pas pour que l'ensemble des travailleurs du pays se sentent concernés et agissent avec les sidérurgistes. Le faux radicalisme des syndicats avait pour but de continuer à garder le contrôle de la lutte pour faire en sorte qu'elle ne leur échappe pas. Les syndicats se sont dit que la classe ouvrière voulait en jouer et qu'il fallait faire semblant sous peine d'être débarqués et que les travailleurs se passent de leurs chefs syndicaux. Mais ce n'était qu'une tactique conjoncturelle. On a bien vu ensuite que ces centrales ne s'étaient pas réellement radicalisées et elles ont repris leur train-train de mouvements tournants, de luttes locales, de luttes partielles, de luttes émiettées.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1543</a></p>
<p>La trahison par PCF et CGT de la grève Talbot, les staliniens soutenant le gouvernement de gauche, entrainera la division durable entre travailleurs français et immigrés, ces derniers s'estimant lâchés…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6442</a></p>
<p>En 1984, dans l'entreprise Talbot, un atelier de 3000 salariés (sur les 14 000 que comptent l'usine) se met en grève contre des licenciements, c'est la CFDT qui mène la lutte. Ce conflit intervient après une série de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire à nouveau en briseur de grève, quant à la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l'isolement de cette grève.</p>
<p>C'est une défaite locale, dans l'isolement, mais qui marque la fin de la combativité dans ce secteur, le seul où elle s'était maintenue. La défaite dans l'automobile est aussi importante que celle de la sidérurgie en 1979.</p>
<p>Le gouvernement annonce d'ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sidérurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de réactions. En 1983, le nombre de chômeurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les grèves se multiplient entre 1983-84, contre l'austérité, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.</p>
<p>En 1984, il y a encore des élections, cette fois pour les Européennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu égal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette percée des fascistes va se confirmer dans les années suivantes. Par son audience et son idéologie, le FN va tirer tout l'échiquier à droite.</p>
<p>Le PS va se lancer dans la surenchère, ainsi lors d'un débat à l'assemblée, G. Dufois se targue d'avoir organisé 12 000 expulsions d'immigrés clandestins. En matière de sécurité comme de politique de l'immigration, la gauche veut prouver qu'elle peut faire aussi bien que la droite.</p>
<p>Fabius, pour désigner la politique qu'il mène, parle de "sale boulot". Mais cette politique, orthodoxie budgétaire et gestionnaire, n'est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent à pourchasser l'esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s'identifiait plus ou moins avant 1981.</p>
<p>Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d'accorder le droit de vote aux immigrés. Une fois au pouvoir, ils régularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l'Intérieur, G. Deferre, maintient les contrôles d'identité (au faciès) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il mène campagne et sur ses affiches on peut lire : "La droite, 20 ans d'immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contrôle vigilant dont on mesure les effets."</p>
<p>La montée du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux législatives à 10 % en 1984. En 1986, aux élections législatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre à l'assemblée avec une trentaine de députés. Mais cette moyenne cache des résultats qui localement sont inquiétants. Ainsi à Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le département des Bouches-du-Rhône. Quelle est la part de démagogie de la politique Deferre dans cette ascension ?</p>
<p>La gauche porte une lourde responsabilité dans ce retour du fascisme. Sa politique a démoralisé les salariés, des régions entières ont été désindustrialisées. Elle a non seulement géré le système dans le sens des intérêts de la bourgeoisie, mais a aussi joué la carte raciste, "diviser pour mieux régner".</p>
<p>Le ministre PC des Transports Fiterman lâche les flics de l'Etat contre les grévistes de la gare St. Lazare en juin 1984, en les traitant de "provocateurs manipulés par l'extrême-droite".</p>
<p>De plus, le PC vote sans hésiter l'augmenta¬tion des crédits militaires et approuve l'inter¬vention française au Liban et au Tchad. Ce qui n'empêche nullement que, depuis sa rupture du Programme Commun, on assiste au réalignement complet du PCF sur la politique impérialiste de l'URSS. Ainsi, le PCF avait apporté dès le début son soutien à l'intervention russe en Afghanistan, d'abord avec prudence fin décembre 1979, puis tout à fait résolument à partir de la rencontre entre Marchais et Brejnev à Moscou le 11 janvier 1980. Comme au début de la "guerre froide" dans les années cinquante, il se lance dans une vaste campagne "pacifiste" contre le projet d'installation des fusées Pershing par l'OTAN en Europe occidentale, d'abord en réactivant le vieux "Mouvement pour la Paix", puis une fois au gouvernement, il est à l'initiative de "l'Appel des Cent" qui lui permet de s'abriter derrière des "personnalités" sans remettre en cause pour autant sa participation active et directe au budget de la "défense nationale" (en hausse de 17,6% en 1982) et de voter en 1983 la loi de programmation militaire pour les cinq ans à venir. Cependant, toutes les manifesta¬tions animées ou soutenues par le PCF dési-gnent et condamnent unilatéralement le seul "impérialisme américain" comme "fauteur de guerre" et toutes apportent leur soutien à la pseudo-"politique de paix" de l'URSS, y com¬pris le déploiement des SS-20, "facteur d'équi¬libre dans la coexistence pacifique."</p>
<p>Le PCF décide pourtant de quitter le gouver¬nement en juillet 1984. La cause fondamentale de ce départ est que la bourgeoisie a besoin d'une fraction de gauche dans l'opposition pour enca¬drer les réactions de la classe ouvrière, en par¬ticulier à la veille de procéder à des licenciements massifs au cœur même du bastion majeur et le plus sensible de la classe ouvrière, les usines Renault et de passer à des "réformes" d'enver¬gure passant par une énorme suppression d'ef¬fectifs dans le secteur public (postes, télécom¬munications, SNCF,...). Cette décision mûre¬ment réfléchie va être suivie par des actions "dures" et spectaculaires de la CGT : occupa¬tion de l'usine désaffectée SKF à Vitry en 1985, entraînement d'une minorité d'ouvriers dans des actions-commandos à répétition chez Renault pendant tout l'été, notamment en baladant les ouvriers dans les "beaux quartiers" (blocage des Champs-Elysées lors de l'été 1987).</p>
<h2 class="spip">1986-1987 </h2>
<p>La grève des cheminots de l'hiver est lancée malgré l'opposition de la CGT et dirigée par des assemblées souveraines, des comités de grève et des coordinations…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p>La remise en cause des syndicats par la base va culminer avec les grèves à la SNCF de l'hiver 86, obligeant la bourgeoisie à recourir à des coordi¬nations animées par des syndicalistes de base et des gauchistes pour récupérer le contrôle de la lutte. Le PC, relégué au second plan, est con¬traint de rester prudemment dans l'ombre de la CGT. Celle-ci, pendant les trois premiers jours d'une grève qui, avec une rapidité foudroyante, avait entraîné derrière elle 98% des agents de conduite et en plusieurs endroits d'autres caté¬gories et autres secteurs de la SNCF, s'oppose ouvertement au mouvement. Dans certains dé¬pôts de la région parisienne, elle appelle à la reprise du travail, dans d'autres (Paris-Austerlirz ou Miramas sur le réseau Sud-Est), elle va jusqu'à organiser des "piquets de travail". Une fois la lutte enfermée sur un terrain corporatiste, elle va faire un retour en force en assurant une fausse extension pour élargir la défaite au sein de la classe ouvrière. Cependant, au cours de toute cette période, le PCF fait l'expérience de l'am¬pleur de son discrédit. Il paie au prix fort ses trois ans de politique antiouvrière au gouvernement. Cette désaffection se traduit immédiatement sur le plan électoral.</p>
<p>Les législatives de mars 1986 sont catastro¬phiques pour le PC qui passe sous la barre des 10%. On commence à assister au transfert de ses voix vers le FN, notamment dans ses fiefs traditionnels de la "ceinture rouge". Mais la dégringolade n'est pas terminée. Voulant éviter une humiliation personnelle, Marchais fait dé¬signer un candidat minable, sans personnalité, Lajoinie comme candidat aux présidentielles de 1988. La défaite est cuisante, avec 6,7% des votants, c'est le pire résultat jamais enregistré par le PC, qui aura perdu en 20 ans les 3/4 de son électorat. Aux législatives suivantes, il remonte à 11,1%, mais étant donné le fort taux d'abstention dans l'électorat de gauche, cela ne représente plus que 7,2% des inscrits. Même s'il se maintient mieux aux élections municipa¬les de 1989, il n'en perd pas moins près de 300 communes (ne gérant plus que 2,6% des com¬munes en métropole) et ne conserve notam¬ment plus qu'une commune de plus de 100 000 habitants (Le Havre). Ayant du mal à apparaî¬tre comme force d'opposition crédible, le parti de Marchais est pour la première fois de son histoire de parti bourgeois confronté à une crise ouverte.</p>
<p>Les syndicats ont réussi à arrêter la grève</p>
<p>Au bout de trois semaines, la grève n'avait pas encore faibli. Le lundi 5 janvier, après le pont du Premier de l'An, de nombreux cheminots qui avaient été en congé pour quelques jours, rejoignaient de nouveau les grévistes, et partout les assemblées générales étaient plus nombreuses. Malgré l'attitude de la FGAAC, poussant ostensiblement à la reprise après les fêtes bien qu'elle n'osât pas prononcer le mot, le nombre des agents de conduite qui avaient abandonné était infime. De nouvelles négociations jeudi 8 janvier n'amenèrent que des miettes qui furent jugées telles par les grévistes, et le soir la grève tenait toujours aussi bon.</p>
<p>L'intox à la reprise battait son plein. Celle-ci était annoncée chaque jour. Pourtant chaque jour, c'était le même pourcentage de trains qui roulaient, pas plus. A partir du vendredi 9, il y eut la prétendue mobilisation des usagers, c'est-à-dire des patrons et des partis de droite. Mais tout cela n'impressionna guère les grévistes, au plus, cela accrut la colère de quelques-uns.<br class='autobr' />
Ceux qui ont arrêté la grève, ce sont les syndicats : la CFDT et la CGT, puisque les autres soit n'avaient jamais été dans la grève, soit comme la FGAAC l'avait déjà abandonnée.</p>
<p>La manoeuvre pour arrêter une grève générale à la SNCF alors que les grévistes eux-mêmes ne sont nullement prêts à abandonner, n'est pas une nouveauté.</p>
<p>On l'a déjà vue se répéter en 1968, en 1971, en 1976, bref à chaque fois qu'une grève impliquant des dizaines de milliers de cheminots aux quatre coins du territoire est devenue pesante ou gênante pour les organisations syndicales. Cette manoeuvre consiste à pousser à la reprise les secteurs les plus faibles au lieu de les conforter en montrant que la grosse majorité tient ferme. Puis, en se servant de leur exemple, à souffler aux autres que le vent est à la reprise, et ainsi les décourager et les démoraliser.</p>
<p>Cette fois-ci, là encore, c'est la CFDT qui s'est avancée la première. Dès la fin des négociations jeudi 8 au soir, la Fédération faisait savoir que, bien sûr sans se prononcer pour la reprise, elle estimait que les grévistes ne pourraient de toute façon rien obtenir de plus. A part cela, elle les laissait libres de se prononcer pour ou contre la continuation de la grève. Un peu plus tard, c'est Edmond Maire lui-même qui en rajoutait en conseillant ouvertement « l'apaisement ».</p>
<p>Et sur le terrain, les responsables, dès vendredi, encourageaient plus ou moins discrètement les premiers secteurs où la grève était minoritaire à reprendre le travail immédiatement, sans attendre de connaître l'opinion de la majorité des autres secteurs. En fait, dans certains endroits ils encourageaient la minorité qui votait pour la reprise à reprendre le travail. C'est ainsi qu'une grève est émiettée, brisée, et qu'est créé le courant pour la reprise. Il est significatif d'ailleurs que les communiqués de la Fédération ne disaient pas que, le vendredi 9 au soir il y avait toujours 79 dépôts sur 94 qui avaient décidé de poursuivre le mouvement. Ils disaient que quinze dépôts avaient décidé d'arrêter la grève. C'est ainsi qu'on crée un climat.</p>
<p>La CGT, elle, a tenu plus longtemps. D'abord elle avait plus que la CFDT à se faire pardonner son opposition du début de la grève. Et puis, puisque la CFDT lui donnait l'occasion d'apparaître plus ferme, elle ne devait pas la rater. Elle a donc tenu deux jours de plus en se prononçant officiellement pour la continuation. Et puis Edmond Maire ayant abattu ouvertement son jeu, la CGT se déclara tout à la fois « aux côtés de ceux qui ont décidé de continuer la lutte et aux côtés de ceux qui ont décidé de reprendre ». Et voilà. Ce n'est pas encore aujourd'hui que les jésuites de la CFDT pourront donner des leçons à ceux de la CGT.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6743</a></p>
<h2 class="spip">1988 </h2>
<p>La grève à la SNECMA démontre que, sans la mainmise sur les luttes de la CGT et autres appareils syndicaux, les travailleurs sont capables d'organiser la lutte et de l'étendre d'eux-mêmes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5624</a></p>
<h2 class="spip">1994 </h2>
<p>1994 : le génocide rwandais</p>
<p>Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun !</p>
<p>La France capitaliste organise un génocide au Rwanda et le mouvement syndical reste sourd et muet…</p>
<p>Les centrales syndicales n'ont jamais estimé de leur rôle de dénoncer les crimes de l'impérialisme français, faisant de leur silence une véritable complicité. L'exemple particulièrement criminel et sanglant d'un président de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-révolution fasciste en est une illustration particulièrement scandaleuse. Cela continue bien sûr aujourd'hui avec l'absence de toute dénonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Haïti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie intégrante de l'ordre impérialiste.<br class='autobr' />
La même année, le CIP, ou "SMIC jeune" de Balladur, est renvoyé à la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des "journées" de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins à en faire un point d'appui des luttes ouvrières.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article134</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2513</a></p>
<h2 class="spip">1995 </h2>
<p>Le mouvement social de l'automne 1995, que certains ont souvent cru réduit à la seule grève des transports publics, SNCF et RATP notamment, très visible et fortement médiatisé, a également entrainé, dans le refus du plan Juppé, le gros secteur de la fonction publique qu'est La Poste. La grève des postiers n'a pas beaucoup été remarquée ni médiatisée. Cependant, avec un taux moyen supérieur à 3,5 jours par an et par agent, les chiffres de l'année 1995 se révèlent être les plus hauts depuis 1974. Ils témoignent de la forte résonance qu'ont, au sein de la profession postière, la thématique des retraites et celle de la Sécurité sociale. Et combien le « tous ensemble » a emporté l'adhésion, même si la reprise imposée par Bernard Thibaut aux cheminots a également entraîné la reprise des autres secteurs, de la RATP à la Poste. Les assemblées générales interprofessionnelles de la grève 1995, même si elles n'ont pas été rééditées ensuite, pas plus que la grève interprofessionnelle, ont marqué le mouvement ouvrier</p>
<p>1995 : les cheminots entraînent le secteur public et sont arrêtés par la CGT dès que le secteur privé menace d'entrer en lutte</p>
<p>En 1995, on oublie souvent qu'il y a eu séparément une grève se généralisant dans le privé (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une grève se généralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, après avoir approuvé les mesures prévues par Juppé, ont œuvré consciemment et efficacement à diviser et affaiblir. Au début, elles ne prévoyaient même pas une véritable réaction. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat indépendant l'UNSA, déclarait : "On ne peut pas faire la grève du siècle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire à 6 semaines d'intervalle à l'approche de Noël". Grâce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face à une remontée des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont portés à la tête de la lutte des salariés du public alors qu'ils avaient signé les projets de réforme de Juppé qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s'appuyant sur la colère des cheminots, que ce n'était pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.</p>
<p>Les cheminots, dont le système de retraite et le statut de l'entreprise, via le projet de contrat de plan, sont remis en cause, occupent une grande place dans le mouvement. La grève de novembre-décembre 1995 montre que la grève des cheminots peut gagner, faire reculer un projet antisocial, faire chuter un ministre, en entraînant les autres secteurs, en organisant des assemblées générales interprofessionnelles et en passant dans les autres secteurs les entraîner à la grève. En sortant du ministère, Bernard Thibaut secrétaire de la CGT des cheminots annonce, sans consultation des cheminots en grève et sans concertation avec les travailleurs de la RATP qui ont suivi la grève SNCF, que la grève est finie. C'est le début d'une politique de trahison ouverte menée par celui qui va vite devenir le dirigeant de la CGT.</p>
<p>Si 1995 a marqué une remontée de la lutte, un recul du gouvernement et une accentuation de la confiance des travailleurs, les travailleurs y sont apparus comme suivants les syndicats nationaux contrairement aux années précédentes et elle a été aussi un tournant vers une plus grande collaboration entre syndicats et gouvernement et avec le patronat qui sera souligné par le choix que fera la CGT de venir un syndicat qui négocie, qui propose, qui est "positif"...</p>
<p>Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s'appuyant sur la colère des cheminots, que ce n'était pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7491</a></p>
<p><a href="https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/2580_1</a></p>
<p>Le « Nouvel Observateur » de début décembre 2009 écrit :</p>
<p>« Sarkozy, au moins, il a des c… Il défend l'industrie française ! (…) Cet éloge émane d'un très proche de … Bernard Thibaut qui, lui-même déclare « Pour Sarko, tous les sujets passent par des relations personnelles. (…) Souvenez-vous de la grève des cheminots, à l'automne 2007. Le président Sarkozy décide de réformer les régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des électriciens-gaziers. Il veut, en 2002, faire passer de 40 à 41 le nombre d'années de cotisations. La grève éclate à la mi-octobre. Prévue pour 24 heures, elle dure. Le secrétaire général de la CGT ne sait pas comment arrêter ses troupes. (…) Thibaut dit à Sarkozy : « Donnez moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. » (…) Le numéro un de la CGT vient d'entrer définitivement dans le clan des réformistes ! (…) Plus récemment, le choix d'Henri Proglio, le président de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix à la tête d'EDF s'est fait avec l'appui de Bernard Thibaut. (…) Ce pragmatisme est davantage dans les gènes de l'autre centrale, la CFDT. (…) « Le syndicalisme à la « Conti » n'est pas le nôtre », explique le secrétaire général. (…) Depuis quelques temps, on voit souvent Thibaut et Chérèque bras dessus, bras dessous. »</p>
<h2 class="spip">1996 </h2>
<p>Le 23 août 1996, la police évacuait l'Église Saint Bernard, défonçant à coups de hache la porte d'entrée sous'œil des caméras pour déloger des familles qui y campaient depuis plus de 50 jours. Cette journée marquera le début d'une lutte acharnée pour obtenir la régularisation de tous les sans-papiers.</p>
<p>Loin d'être à l'initiative ou même en soutien, les centrales syndicales ont laissé les sans-papiers « de Saint-Bernard » mener seuls leur lutte jusqu'à l'occupation du gymnase Japy puis de l'église Saint-Bernard.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<p>En 1996-1997, les syndicats mettent la pédale douce sur les grèves…</p>
<p><a href="https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lesechos.fr/1999/01/en-1997-les-greves-sont-restees-peu-nombreuses-dans-le-prive-et-ont-diminue-dans-la-fonction-publique-761607</a></p>
<h2 class="spip">1999</h2>
<p>Les grèves remontent en 1999. Depuis novembre 1999, se sont trouvés en grève, entre autres, le personnel hospitalier, celui des grands magasins parisiens, les employés des banques, ceux de la Poste, du transport public, du service de nettoyage du métro, les journalistes, les pompiers, les agents des impôts, les employés des caisses d'assurance tout comme les salariés de Disneyland Paris. Même les chercheurs, les enseignants et les cadres ont débrayé. Les grèves se dirigent à la fois contre la manière dont l'introduction des 35 heures a lieu mais aussi pour appuyer une réelle réduction du temps de travail.</p>
<p>Les routiers eux ont d'autant plus de raisons de protester vu que le gouvernement a cédé aux pressions de leurs patrons. Le 10 janvier, les patrons-routiers avaient organisé un barrage routier et avaient ainsi réussi à faire passer un décret unilatéral par le ministre des transports Gayssot (PCF) leur garantissant une application taillée sur mesure de la loi des 35 heures. Les patrons ont, de ce fait, la possibilité de faire travailler leur personnel pendant 208 heures par mois, ce qui équivaut à plus de 50 heures par semaine. Ce projet de décret renferme également une réglementation tout à fait ridicule en cas de « double équipage » des conducteurs longue distance et qui fait que le temps du chauffeur qui ne conduit pas n'est pas reconnu comme « temps effectif de travail » car étant censé pouvoir « vaquer librement à ses occupations ». Les chauffeurs déplorent aussi que les acquis de la grève de 1995 en ce qui concerne le salaire et le temps de travail soient réduits à néant cinq ans plus tard.</p>
<p>Le journal L'Express écrivait le 3 février : « Dans les services publics - transports, poste, etc. - 'l'ambiance 35 heures' est synonyme de tensions nouvelles. L'affaire des routiers en est un symbole. En trois semaines, les mêmes camions ont bloqué les mêmes routes pour la même raison : les 35 heures. Seuls ceux qui tenaient le volant ont changé. Les 35 heures sont une réforme populaire qui produit du conflit social. »</p>
<p>La complexité du problème ressort tout particulièrement dans la grève du personnel hospitalier qui cumule toutes les difficultés : il s'agit là aussi bien du secteur public que privé, et l'Etat, en tant d'employeur, a affaire aux secteurs d'activités les plus divers. Le 28 janvier avait lieu à Paris la plus importante manifestation que les personnels hospitaliers aient connu ces dix dernières années et à laquelle ne participaient pas seulement les personnels soignants, mais aussi les médecins, les urgentistes, les psychiatres, les pharmaciens d'hôpitaux, les agents techniques et d'entretien, tous rassemblés sous le slogan « Assez de la rigueur - on veut de la santé ».</p>
<p>Il est à noter par ailleurs que certains syndicats s'efforcent fébrilement de jouer au mieux, lors de la signature des accords sur le temps de travail, leur rôle de partenaire des entreprises et du gouvernement. La CFDT par exemple est prête à débourser près de 5 millions de francs dans le lancement d'une campagne d'information sur les 35 heures, en dépit de l'avis de la secrétaire générale, Nicole Notat, que seule une minorité décroissante émet encore des réserves. La moitié des accords conclus ayant eu lieu dans des entreprises dépourvues de syndicats.</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2000/fevrier00/15fev00_35hrsfr.shtml</a></p>
<p>Avec la grève des cheminots de ce début du mois de mai, la politique de collaboration des directions syndicales et du gouvernement pour imposer aux travailleurs, sous couvert de la loi d'aménagement du temps de travail, cette plus grande flexibilité que souhaite le patronat, a rencontré sa plus sérieuse difficulté.</p>
<p>Démarrée le 27 avril à l'appel d'un seul syndicat, corporatiste, la fédération autonome des agents de conduite, la FGAAC, appel rapidement relayé par des militants de tous bords, la grève a duré plus de dix jours. Elle est certes restée minoritaire et catégorielle, limitée essentiellement aux agents de conduite, peu étendue aux sédentaires. Mais elle a paralysé une partie du trafic et finalement contraint la direction de la SNCF à prendre la mesure du peu de popularité de son projet et du peu d'efficacité des grands appareils syndicaux à le faire passer pour "constructif". Cette grève aura probablement d'abord surpris les grandes fédérations qui s'apprêtaient à signer tranquillement !</p>
<p>Mais la caractéristique de cette grève des cheminots, c'est qu'elle n'est pas restée la grève catégorielle des agents de conduite telle que la FGAAC l'aurait sûrement voulu. Elle n'a certes pas été la lame de fond, l'explosion qui bouscule sans peine tous les barrages syndicaux. Loin s'en faut. Elle est restée dans la plupart des endroits limitée aux seuls agents de conduite, et même parmi eux, elle est restée tout au long du conflit minoritaire. Mais elle a tenu et s'est en partie étendue alors qu'elle était combattue par les plus influentes des fédérations syndicales de cheminots, la fédération CGT et la fédération CFDT (dont le responsable s'est illustré par des propos à la grande presse contre ces "2,5 % de grévistes" qui auraient bloqué l'application d'un bon accord !). Quant au syndicat SUD-Rail qui a fini, avec un temps de retard, par déposer un préavis de grève, par crainte lui aussi de voir sa base partir et lui échapper, il a tout fait pour que son préavis ne soit pas vraiment suivi. Et ce qui a donné, malgré toutes ces oppositions, à la grève un dynamisme et une portée qui dépassaient les intentions et les possibilités de la fédération autonome qui l'avait déclenchée, c'est qu'un peu partout des travailleurs du rang mais surtout des militants et adhérents de tous les syndicats à commencer par des militants et des sections syndicales entières, de la CGT ont saisi l'occasion de l'appel de la FGAAC pour agir et appeler à la grève, contre l'avis de leurs propres fédérations.</p>
<p>La grève, contre les appareils, dont celui de la CGT</p>
<p>La grève a donc démarré et vite pris de l'ampleur. Surtout là où des militants se sont mis en avant pour l'organiser. Assemblées générales dans des dépôts d'agents de conduite de la banlieue parisienne, mais aussi des régions Nord, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine, Normandie, Provence-Côte d'Azur, etc. 19 %, puis 30 %, puis 40 % de grévistes, selon la direction, en réalité plus de 50 % dans quelques dépôts, surtout là où localement, la CGT avait appelé à cesser le travail. Quelques secteurs de sédentaires ont rejoint la lutte comme à Rouen (Matériel, Transport et Commercial), à St-Lazare (Transport et Commercial), à Marseille (tous services), etc. Souvent à l'appel des conducteurs.</p>
<p>Mais partout, se sont vite produites les mêmes scènes et les mêmes discussions entre partisans de la grève et certains responsables cégétistes opposés à celle-ci, servant partout les mêmes phrases et les mêmes arguties, selon lesquelles le déclenchement du mouvement aurait été précipité, à l'appel d'une FGAAC préoccupée surtout de ses intérêts corporatistes, qu'il faudrait aux cheminots le temps de comprendre, de débattre, de se forger leur propre opinion, qu'il faudrait les consulter par un grand référendum pour lequel la direction avait offert son soutien logistique. En attendant, la grève était prématurée, expliquait l'appareil CGT, qui a mis tout son poids, contre une partie de ses propres militants, pour batailler contre elle, faire voter et revoter contre la grève. D'où la colère, des discussions vives, des engueulades... qui n'ont pas entamé la détermination.</p>
<p>Ultime manoeuvre, tandis qu'entrait en vigueur, mardi 4 mai, le préavis déposé par SUD-Rail, pour lequel les dirigeants de ce syndicat se gardaient bien de militer dans les chantiers, la fédération CGT déposait elle aussi un préavis de grève, mais à partir du dimanche 9 mai au soir, soit près d'une semaine plus tard, et seulement pour 36 heures, faisant allègrement fi de la grève en cours ! Une partie des responsables CGT qui jusque-là n'avaient pas osé s'opposer ouvertement à la grève, avaient enfin, vis-à-vis de leurs propres militants, l'argument de poids : forts du préavis déposé par leur fédération, ils appelèrent à partir du mardi 4 mai à suspendre la grève sous prétexte qu'elle aurait été presque exclusivement celle des agents de conduite et donc corporatiste et qu'il fallait en démarrer sérieusement une autre, intercatégorielle... la semaine suivante, une fois que tout serait fini !</p>
<p>C'était étudié pour permettre à la direction d'organiser à nouveau des rencontres et palabres avec les appareils syndicaux et leur donner quelques broutilles à se mettre sous la dent pour justifier les appels à la reprise. C'était destiné à décourager les grévistes, tuer le mouvement et se préparer à aller tranquillement vers cette grande consultation prétendument démocratique qui pourrait avoir lieu à la fin mai. On ne sait pas si, au bout du compte, la CGT signera ou pas, mais il reste surtout qu'elle a mis tout son poids pour faire passer pour globalement positif un catalogue de mesures contre les cheminots, et tout son poids pour empêcher la grève contre ces mesures, grève où pourtant ses propres militants s'étaient engagés. Le référendum, pourtant, a eu lieu : c'est cette grève de dix jours qui a tenu malgré l'opposition au mouvement des plus influentes des directions syndicales.</p>
<p>Le mercredi 5 mai, le mouvement commençait à faiblir. Ou plus exactement il était de bon ton de le dire dans les milieux syndicaux qui lui étaient hostiles. Voire d'en rajouter. Car à Marseille, par exemple, s'il est vrai que des cheminots grévistes avaient "suspendu" leur grève à l'appel de la CGT, il restait malgré tout 60 % des roulants en lutte, et 80 % à Miramas. Dans la soirée, les directions syndicales qui avaient cru jusque-là l'affaire ficelée, grimaçaient devant les petites concessions que Gallois venait de faire aux grévistes. Et le jeudi 6 mai s'amorçait la reprise.</p>
<p>Belles manoeuvres des fédérations CGT et CFDT, la main dans la main comme Thibault et Notat à leurs congrès respectifs, pour tenter de sauver la mise du gouvernement de la gauche plurielle.</p>
<p>Mais la direction de la SNCF, avec à la rescousse celles des centrales syndicales, n'est pas au bout de ses peines pour faire avaler aux cheminots la réorganisation du temps de travail, sans compter la réforme du système des retraites, qu'elle leur concocte. Une éventuelle signature du projet d'accord, que les concessions de dernière minute faites pour enrayer la grève n'ont pas changé sur le fond, pourrait coûter cher à la direction de la CGT cheminote. Et le conflit pourrait bien rebondir, pas seulement chez les conducteurs, mais aussi chez les autres roulants ou chez les sédentaires lorsque tomberont les mesures concrètes prévues dans le projet.</p>
<p>"Si j'étais cheminot, je ne me mettrais pas grève..." c'est le dirigeant du PC qui vous le dit !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2092</a></p>
<p>Le 46e congrès de la CGT a été l'occasion de faire des gestes en direction du patronat. Ce n'étaient pas les premiers. Le congrès précédent avait entériné la suppression des statuts de la CGT de toute référence à la lutte de classe. Il ne s'agissait plus, il est vrai, que d'une référence toute formelle, mais les symboles servent à annoncer la couleur.</p>
<p>L'arrivée, inespérée, au gouvernement de la « gauche plurielle » en 1997 s'est révélée une occasion pour la CGT de tenter de rattraper le temps perdu. Qu'attendent le patronat et le gouvernement de la CGT dans la période qui vient ? Des engagements dans des directions toutes balisées : l'annualisation et la flexibilité, la mise au rancart des conventions collectives, l'extension du travail précaire dans la fonction publique après sa généralisation dans le secteur privé, les privatisations à tout va, la diminution des retraites et l'institutionnalisation des fonds de pension.</p>
<p>Sur l'annualisation et la flexibilité, la CGT a déjà multiplié les gages, en ayant signé à ce jour plus de 20 % des accords. Au congrès, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont évoqué les « propositions » de la CGT concernant la rédaction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer à l'annualisation – Maryse Dumas tenant même à s'incliner devant le fait accompli.</p>
<p>Pour ce qui est de la Fonction publique, Christian Laroze, secrétaire de la fédération CGT du Textile, a annoncé de la tribune du congrès (cité par Le Monde du 6 février) les intentions de la CGT : « les salariés du public vont bientôt découvrir, avec les 35 heures, la flexibilité intense telle qu'on la subit, dans l'industrie, depuis dix ans. (...) Pendant qu'ils géraient les évolutions de carrière et les augmentations salariales, nous subissions, nous, les licenciements massifs et les délocalisations. Aujourd'hui, ils espèrent avoir les 35 heures sans perte de salaire et sans flexibilité. Faut pas rêver ! » Voilà le gouvernement prévenu lorsqu'il décidera d'engager les batailles déjà annoncées par la publication du rapport sur le temps de travail dans la Fonction publique.</p>
<p>En ligne de mire, la question du mode de calcul de la retraite des fonctionnaires et le dégagement des capitaux considérables représentés par ces retraites actuellement gérées par la Caisse des dépôts et consignations. Mais, là-dessus, les déclarations de Viannet sur les fonds de pension valent pratiquement engagement de la part de la CGT.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/46eme-congres-de-la-CGT-offres-de-services?archive=1</a></p>
<h2 class="spip">2000</strong>
<p>Grèves à la poste, aux impôts, dans les hôpitaux (manifestations réussies dans tout le pays le 28 janvier), mobilisation impressionnante des instituteurs, professeurs et parents d'élèves dans le midi (12 000 manifestants à Montpellier, 15 000 à Nîmes), mais aussi en Bretagne, en Auvergne, en Normandie... Grèves à la Sécurité sociale et aux caisses d'allocations familiales. Tout cela pour ne parler que des mouvements dans la fonction publique de ces dernières semaines. Partout, les mêmes problèmes d'effectifs, les mêmes revendications : créations de postes d'enseignants, d'hospitaliers, de postiers, refus du gel des effectifs, embauche des précaires. En réalité, cela fait des mois que les grèves et manifestations se succèdent en ordre dispersé dans le secteur public comme privé sur la question des 35 heures, des licenciements ou du manque d'effectifs.</p>
<p>Les différents mouvements, même isolés, sectoriels, sont populaires. La jonction des parents d'élèves aux enseignants (qui avait déjà été notable lors des mouvements de l'an dernier), simple exemple, témoigne du caractère général du mécontentement, du sentiment de solidarité au sein du monde du travail. En dépit de l'émiettement des mouvements, il est remarquable que les différentes luttes qui se relaient n'aient aucun caractère corporatiste. Chacun se reconnaît dans le chauffeur routier tenant un barrage, dans l'instit qui conteste la carte scolaire, l'infirmière, l'aide-soignante ou le brancardier qui manifestent, l'employée de la Sécu débordée, le pompier en colère, et même l'employé des impôts qui proteste contre la fermeture des petites perceptions ! Rarement les salariés de ce pays ont eu à ce point le sentiment d'être confrontés aux mêmes problèmes, au même scandale social qui veut que les entreprises qui font des bénéfices licencient et que le gouvernement « gèle » les effectifs des services publics tout en parlant de croissance et de retour à la prospérité.</p>
<p>Ce n'est pas la conscience sociale, ni même politique qui manque aujourd'hui aux salariés. La combativité ? Les travailleurs n'hésitent pas à répondre présents aux appels syndicaux, quand appels il y a, parfois au-delà des espérances des appareils nationaux (comme chez les instits, profs des collèges, de l'enseignement professionnel et les parents d'élèves du Gard et de l'Hérault ces derniers jours).</p>
<p>Ce n'est pas non plus l'unité syndicale qui fait défaut. Oh non ! Les directions des confédérations entretiennent aujourd'hui des rapports parfaitement cordiaux. Elles se concertent, elles s'accordent. La question est de savoir sur quoi. Elles ne s'accordent pas sur une stratégie syndicale visant à coordonner les différentes luttes en vue d'un mouvement d'ensemble. Surtout pas. Les mouvements existants, elles les accompagnent, les chevauchent, mais s'accordent tacitement pour ne surtout pas les coordonner. En revanche, elles s'entendent parfaitement sur un programme et un calendrier de négociations avec le Medef sur « l'approfondissement de la négociation collective » et l'avenir de la protection sociale, et avec le gouvernement sur l'application des 35 heures dans la fonction publique, en attendant les négociations sur les retraites. Le plan, la stratégie des confédérations syndicales, ce sont le Medef et Martine Aubry qui pour l'heure les leur dictent. Le Medef par son coup d'éclat en menaçant de quitter les organismes gérés paritairement (Sécu, Unedic...) d'ici la fin de l'année ; Martine Aubry en décidant du calendrier de négociation d'une « loi cadre » sur la réduction du temps de temps travail dans la fonction publique.</p>
<p>Exemple : après le succès de la manifestation du personnel des hôpitaux du 28 janvier (10 000 à Paris, 7000 à Toulouse, 6000 à Marseille, 3000 à Lyon, 7000 à Rennes, etc.), toutes les conditions étaient réunies pour que les fédérations appellent à la poursuite de la mobilisation, à la coordination des grèves touchant bon nombre de grands hôpitaux un peu partout dans le pays, en chiffrant à l'échelle nationale le nombre de créations de postes indispensables pour permettre non seulement un passage réel aux 35 heures mais combler le manque actuel d'effectifs (combien d'embauches d'infirmières, d'aide-soignantes, de brancardiers, de personnels d'entretien... 50 000, 60 000, 100 000 ?). Tout le monde connaît l'état des services d'urgences, de gériatrie, la surcharge de travail dans la plupart des services d'un côté et les plans de restructuration hospitalière de l'autre. Il était simple, trop simple sans doute, de s'appuyer sur les quelque 100 000 manifestants du 28 janvier pour formuler des exigences unitaires et claires face à Aubry, pour que le personnel hospitalier se sente fort, sûr de lui, et d'appeler les semaines suivantes à l'amplification de la mobilisation du personnel hospitalier sur des revendications claires pour tout le monde. Mais non. Martine Aubry annonce l'ouverture des négociations avec toutes les organisations syndicales du secteur hospitalier pour trois semaines, et les principales fédérations du secteur se contentent de repousser au 14 mars, un mois et demi plus tard, une « éventuelle » journée nationale de grève. Que les hôpitaux déjà en grève prennent patience. C'est qu'elles « négocient » à partir des « données » de Martine Aubry, qui n'envisage aucunement de revenir sur l'austérité budgétaire. La mobilisation devra s'adapter au calendrier de négociation de la ministre. Cela fait des semaines que toute une série de grands hôpitaux votent la grève reconductible, mais c'est le gouvernement qui impose son rythme et sa cadence aux syndicats et les met en situation de « débattre » sur les miettes qu'il leur concédera.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Des-confederations-syndicales-tres-respectueuses</a></p>
<h2 class="spip">2001</h2>
<p>En 2001, une tentative de généralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales…</p>
<p>Les grèves de Lu-Danone et de Marks & Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Liberté-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 à une manifestation de plus de 20 000 personnes à Paris démontrant la volonté et la nécessité de construire des courants unitaires et combatifs à la base.</p>
<h2 class="spip">2002 </h2>
<p>Face à la menace antisociale du gouvernement, la CGT reste l'arme au pied</p>
<p>Fillon annonce son projet définitif vendredi prochain. Entre temps, il a pris soin de “ consulter ” les représentants des différentes organisations syndicales. Ils ont défilé dans son bureau les uns après les autres. Qu'y ont-ils défendu ? Blondel, de FO, a été content de la réception, puisqu'il s'est félicité de la reprise d'un “dialogue correct, direct et constructif ”. Chérèque, de la CFDT, est d'accord pour une réforme de la loi sur les 35 heures… Et Thibault de la CGT, s'est contenté d'affirmer que “ la CGT se mobilisera si le projet reste en l'état ”. Ils ne sont pas pressés de préparer les travailleurs à utiliser leur force pour faire ravaler ces projets à leurs auteurs. Ils se préparent plus sûrement à négocier les conditions de dépassement des 35 heures branche par branche. Autant dire à négocier les reculs, et non pas à s'y opposer.</p>
<p>FO appelle seule à la grève à la SNCF… et signe un accord bidon avec les patrons du transport routier, sabotant ainsi d'avance le mouvement des chauffeurs. Avec la CGT ou la CFDT qui lancent le mouvement chez les routiers… mais font pression sur les syndicats cheminots pour qu'il n'y ait surtout pas de grève le 26 novembre, avec les transports aériens ou urbains, de La Poste, de la Santé ou de l'Education nationale.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">2003 </h2>
<p>2003 : les syndicats empêchent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif</p>
<p>2003 est un pic des grèves en France contre le projet Fillon de retarder les départs en retraite de tous les salariés (vers les 42 ans et plus d'années de cotisation). mais cela ne mène à rien !<br class='autobr' />
Le succès de la journée d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, « dépassé les espoirs » des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur privé. L'empressement de Chérèque à signer une version à peine améliorée du projet de Fillon semble dicté par la volonté de briser au plus vite l'élan d'un mouvement dont l'énorme potentiel s'est clairement manifesté.</p>
<p>De nombreux secteurs ont reconduit la grève du 13 mai sans réel soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple à la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a déclaré « comprendre l'émotion » des cheminots qui venaient de décider de reconduire la grève pour le 14 mai. Après quoi ceux-ci ont été abandonnés à leur propre sort, c'est-à-dire sans que leur soient données de perspectives sur une généralisation du mouvement.</p>
<p>Le 25 mai, la CGT clôturait le ban par une manifestation imposante mais conçue comme une fin... Plus exactement, elle avait décidé que c'était fini. Ce qui ne l'empêchait pas de faire crier aux manifestants : "Grève générale" !!!!</p>
<p>Le 13 mai, dans de nombreux centres SNCF les cheminots indiquaient leur intention de s'engager dans la grève en votant la reconduction. Il en était de même dans les bus et métros parisiens, dans les transports en commun de plusieurs villes de province. Certes, les grévistes restaient minoritaires. Bien moins cependant que ne l'étaient au début les enseignants, et surtout ils n'étaient pas seuls. A La Poste, dans plusieurs hôpitaux, à la DDE, chez les éboueurs, les « territoriaux », des grèves commençaient aussi. Mais les directions syndicales ne voulaient pas d'une généralisation. En deux jours, dans les transports, pour tout le monde le secteur clé pour l'extension du mouvement, elles cassaient la grève au prétexte de mieux la préparer. Et de reprendre la routine : nouvelle journée d'action le 19 mai, manifestation nationale à Paris le dimanche 25.</p>
<p>La CGT pesait de tout son poids pour faire reprendre le travail à ceux des cheminots qui avaient continué la grève après la journée d'action du 3 juin.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p>Le tournant de la CGT…</p>
<p>Le 47e congrès de la CGT, qui s'est tenu à Montpellier du 24 au 28 mars, avait à se prononcer sur quatre textes proposés par la direction sortante. Finalement, trois seulement furent soumis au vote des congressistes. Le quatrième, concernant la centralisation de la perception et la gestion des cotisations des syndiqués, a été écarté de la consultation au dernier moment, les responsables constatant l'opposition de nombre de délégués à cette proposition lesquels estimaient, à juste titre, que cette procédure comportait le risque pour les organisations de base d'être dessaisies du contrôle de leurs activités, et que cela accroisse du même coup l'emprise des instances dirigeantes. Un signe de méfiance que la direction confédérale a dû prendre en compte.</p>
<p>Mais le report du vote sur cette question n'a rien changé au reste, c'est-à-dire à l'essentiel. Certes, on a pu noter que le nombre des votes contre les textes proposés par la direction était sensiblement plus important que lors des congrès précédents : 74,65 % approuvant les rapports de la direction sortante, 12,36 % votant contre et 12,99 % s'abstenant. Ces chiffres traduisent là encore les réticences de syndiqués qui acceptent mal l'évolution toujours plus marquée de leur confédération vers ce syndicalisme que l'on prétend « de concertation et de proposition » dont leurs dirigeants se font les ardents champions. Il est toutefois bien difficile de mesurer, à travers ces chiffres, l'ampleur et surtout la profondeur de ces réticences. Mais on a pu constater qu'elles existent. Et pas seulement au niveau du congrès. Ces pourcentages, tout comme les comptes-rendus des débats, tout comme le congrès, donnent forcément un reflet déformé de ce qui se passe au sein de la CGT, par le fait même que la représentation par délégations a contribué à gommer les oppositions. A cela s'ajoute le fait que, cette fois encore, la sélection des délégués par les différentes instances a abouti à la mise à l'écart de délégués qui n'étaient pas, ou qu'on soupçonnait ne pas être, dans la ligne de la direction en place. On en a eu plusieurs exemples.</p>
<p>De 1995 à 2003, la CGT construit son image de syndicat responsable, « de proposition et de concertation »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve184</a></p>
<h2 class="spip">2004 </h2>
<p>La CGT signe un accord de prévention des grèves, une première historique !</p>
<p>« Un accord historique et prometteur », a déclaré le ministre des transports De Robien, se réjouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de grève à la SNCF, accord dit d' « amélioration du dialogue social et prévention des conflits ». Historique ? Le terme est exagéré : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truffée d'autres accords, signés par des syndicats en échange de la reconnaissance de leur rôle d'interlocuteurs privilégiés, du renforcement de leur monopole de représentation des travailleurs ou de quelques sièges dans des commissions.<br class='autobr' />
Mais la signature d'un tel accord anti-grève de la part de la CGT est, tout de même, une première. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-à-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se féliciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le « dialogue social » serait préférable au conflit, au moment même où à la SNCF comme à la Poste, sur fond de ce prétendu « dialogue » avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent à tour de bras.</p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Un-syndicalisme-de-prevention-des-conflits</a></p>
<p>Perrier 2004 : un autre exemple des politiques syndicales...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve162</a></p>
<h2 class="spip">2005</h2>
<p>En 2005, un nouveau pic de grèves est atteint notamment par les appels intersyndicaux à des journées de mobilisation sur les questions générales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journées sont l'occasion de fortes manifes¬tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la stratégie de la multiplication des journées d'action par les directions syndicales s'essouffle à chaque fois. Plus exactement, la stratégie syndicale réussit parfaitement à permettre des lâchers de vapeur et négocier ainsi leur rôle de tampon social avec l'Etat et les patrons.</p>
<p>Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se réalisé découvrent la "violence des banlieues" et Bernard Thibaut affirme que "rien ne se résoudra dans la violence". A chacun d'interpréter s'il s'agit de la violence de la misère et de l'absence d'avenir ou celle des voitures brûlées ?</p>
<p>Bernard Thibault affirme sans rire qu'on ne voit pas la révolte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel effort les syndicats ont-ils fait pour dénoncer la situation des jeunes de banlieues sans emploi et sans avenir ? Aucun ! Mais quel modèle de combativité donne le syndicalisme à ces jeunes qui ont le sentiment de n'avoir rien à perdre ? Ne parlons même pas du modèle de syndicalisme à la François Chérèque (alors que se prépare une grève reconductible à la SNCF, à l'appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqué intitulé Grève à la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-même ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps où il était au ministère des finances), par-dessus la tête des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement à s'opposer au plan de restructuration de l'entreprise et à des centaines de licenciements ? Quel modèle de détermination donne-t-il quand il tente de négocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins à la reprise, après 23 jours de grève, dès que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d'efficacité quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la grève de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement à l'opération suivante, la privatisation d'EDF ?</p>
<p>Mais les confédérations syndicales, y compris celle qui apparaît la plus combattive, la CGT, laissent isolée chacune des luttes qui éclatent. Elles meublent le calendrier syndical d'actions par catégories ou secteurs savamment échelonnées dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journée d'action nationale, comme celle du 4 octobre, peut apparaître comme un succès qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d'une mobilisation d'ensemble du monde du travail.</p>
<p>Mais l'objectif des confédérations n'est que de montrer, au travers de telles journées, leurs « représentativités » respectives pour s'asseoir aux tables des négociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son prédécesseur Raffarin, les invite sans trop de réticence.</p>
<p>Trahison de la grève SNCM</p>
<p>Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pesé de tout son poids, de cesser la grève a été assez soudain pour surprendre de nombreux grévistes, qui étaient décidés à tenir malgré le chantage au dépôt de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois présentées comme inexorables. C'est la CGT qui a organisé le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent posés sur l'estrade où se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient été préparés de façon très particulière puisque l'un des bulletins portait « Oui à la reprise de l'activité. Pour éviter le dépôt de bilan » et l'autre « Non à la reprise de l'activité = dépôt de bilan » !. Ainsi celui qui votait « non » à la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le dépôt de bilan.</p>
<p>Jean-Paul Israël, dirigeant CGT de la SNCM : "Face aux ministres, on pouvait se battre mais face à la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer à exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera là."</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve163</a></p>
<h2 class="spip">2006 </h2>
<p>Nouveau tournant à… droite de la CGT…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2006/avril06/290406_FrCgt.shtml</a></p>
<h2 class="spip">2007 </h2>
<p>Cheminots : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les « régimes spéciaux »</p>
<p>Les syndicats ont réussi à isoler et trahir la grève des cheminots pour la défense des régimes spéciaux de retraite. Après dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, les assemblées générales qui se sont tenues dans toute la France ont voté pour la reprise du travail. De larges poches de résistance, quelque 10 pour cent, soit près de 14 000 cheminots, étaient encore en grève.</p>
<p>Les 18 et 19 octobre démarre une grève pour défendre la retraite des cheminots. Loin de chercher à l'appuyer, moins encore à l'étendre, elle est brisée par les syndicats dont la CGT.</p>
<p>A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assemblées générales ont voté pour la poursuite de la grève, « au grand dam des délégués CGT », rapporte Libération.</p>
<p>Les travailleurs venus faire pression sur la réunion entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, étaient furieux. Libération rapporte, « Des sifflets. Puis des huées. Dans le hall du siège de la RATP, hier en fin de matinée, le responsable de la CGT redescendu de la négociation tripartite, a du mal à terminer son compte-rendu. "Trahison !", "Vendu !", lance une grande partie de l'assemblée, pourtant composée en majorité de cégétistes. L'ambiance est électrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis à l'écart, Jean-Pierre a "envie de vomir". »</p>
<p>On peut lire dans la presse : "Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Frédéric Imbrecht (énergie) et Gérard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais été question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Frédéric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des résultats pour être crédible… Il a l'air malin, à l'heure où les négociations sont suspendues faute de résultat dans le domaine de l'énergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a déstabilisé les projets gouvernementaux !"</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p>En 2007-2008, le capitalisme s'effondre et est incapable de se redresser autrement que de manière complètement artificielle, en se faisant entièrement financer sur fonds des Etats et des banques centrales. Mais les syndicats ne veulent pas savoir que le capitalisme est mort… Pas étonnant : ce serait reconnaitre que le réformisme syndical est mort lui aussi !</p>
<p> Bien des travailleurs, bien des gens de milieu populaire aussi, se demandent pourquoi toutes les luttes sociales conduites par les syndicats sont vaincues depuis la crise de 2007-2008 et répondent que c'est parce que les gouvernants sont les mauvais, que les réformes ne sont pas les bonnes, ou que les riches sont trop gourmands. Ils se demandent aussi pourquoi le pouvoir n'a pas reculé toutes ces années devant des luttes syndicales et s'est senti contraint de reculer devant les gilets jaunes ! Et ils ignorent que la réponse aux deux questions est exactement la même !</p>
<p>La réponse est pourtant simple : la crise actuelle du capitalisme de 2007-2008 n'est pas conjoncturelle mais révolutionnaire, ce qui signifie qu'elle ne peut se résoudre que par la mort, soit celle du grand capital, soit celle de la démocratie capitaliste, la fin de l'époque du réformisme. Si le réformisme n'a pas plus cours dans cette situation, ce n'est pas du fait de particularités négatives des gouvernants, que ce soit Macron, Hollande ou Sarkozy. Ce n'est même pas du fait de particularités des organisations réformistes elles-mêmes, qu'elles soient syndicales, politiques ou associatives. C'est bel et bien le réformisme en général qui est devenu incapable d'agir de manière positive sur la société capitaliste, sur ses classes dirigeantes et possédantes.</p>
<p>Quand nous disons « le réformisme », nous ne voulons pas parler seulement des appareils réformistes, des partis, des associations et des syndicats réformistes et du rôle complètement négatif que jouent ces organisations par rapport aux capacités de s'organiser, de se mobiliser et de se battre des exploités. Il ne sert à rien de se plaindre de leur réformisme : ils ne peuvent pas changer, quelle que soit la pression, la révolte et même la révolution des exploités et des opprimés, rien ne leur permettra de changer de nature. Même s'ils étaient persuadés eux aussi qu'on ne peut rien réformer, ils resteraient réformistes. Si notre avenir dépendait du fait que les appareils en question soient réformistes ou pas, nous n'aurions aucun avenir, nous serions d'avance foutus !</p>
<p>Les organisations qui prétendent réformer… les réformistes sont des menteurs, y compris et surtout celles qui se disent révolutionnaires ! Elles affirment que des réformistes combatifs seraient meilleurs, qu'ils pourraient être plus démocratiques ou plus offensifs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778</a></p>
<p>Ce que l'effondrement de 2007-2008 signifie fondamentalement : les forces productives humaines ont dépassé le cadre étroit des rapports de production fondés sur la propriété privée des moyens de production<br class='autobr' />
Certes, les défenseurs du système d'exploitation capitaliste ne cessent de vouloir faire croire que 2007 n'a été qu'un accident, qu'une maladie provisoire, soignable, qu'un cycle de recul qui sera suivi d'un cycle de remontée, qu'un phénomène conjoncturel, que le produit d'un petit dysfonctionnement qui sera rapidement réglé si les décideurs se… décident à réguler tout ça !<br class='autobr' />
Tout est fait pour nous amener à minimiser ce qui s'est produit en 2007 et aussi pour nous faire croire que maintenant nous sommes dans d'autres types de problèmes. Mais cela est faux : le monde capitaliste a bloqué son horloge sur la date de 2007 et ne peut plus avancer. Et encore, s'il ne s'est pas complètement effondré en 2008 et depuis, c'est uniquement du fait de l'intervention financière massive des Etats et des banques centrales et pas d'une quelconque reprise économique des investissements privés capitalistes qui aurait relancé la machine. Et tous les investissements privés qui continuent de fonctionner ne le font qu'à condition que l'Etat s'engage et à leur fournir des profits sur la base de fonds publics et pas sur la base de la confiance retrouvée dans les marchés.</p>
<p>Le capitalisme meurt d'avoir... trop bien réussi à accumuler du capital…</p>
<p>La situation actuelle du capitalisme, celle des années 2000, est caractérisée par une suraccumulation du capital. Suraccumulation signifie qu'il y a eu relativement trop d'accumulation. L'accumulation signifie que le capital s'investit et produit plus de capital. Le capitalisme peut distribue plus de capital à des prêteurs mais ce n'est pas dans cette sphère que le capital s'accroit réellement. C'est seulement dans la sphère de transformation des marchandises que l'on peut intégrer la plus-value extraite du travail humain dans la valeur et produire du profit qui sera ensuite distribué dans toutes les sphères de l'économie. En somme, si le capital se retire de la production de manière massive, il se retire aussi de la sphère qui produit un accroissement de capital, de la sphère où est produite l'accumulation. C'est donc bel et bien d'un trop plein de capital qu'il s'agit.</p>
<p>Car c'est au plus haut niveau de la productivité du travail que le grand capital bloque. C'est aussi au plus haut niveau des échanges mondiaux. C'est encore au plus haut niveau des capacités technologiques nouvelles. C'est enfin au plus haut niveau de la croissance : la croissance du PIB qui a mis 140 ans met actuellement six ans… Non, c'est ce succès que le capitalisme est incapable d'assumer, c'est-à-dire de considérer comme suffisamment rentable à court terme pour lui car il est beaucoup plus rentable à court terme de spéculer que d'investir. Il y a beaucoup trop de capital, il a beaucoup trop accumulé, pour qu'il y ait assez d'accroissement des investissements productifs rentables pour l'absorber. Du coup, ce capital en trop devient du capital nocif qui crée un pôle attracteur massif pour tous les capitaux en dehors de la sphère productive. Le capitalisme a atteint ses limites.</p>
<p>Il ne sert à rien de nous dire que le capital financier ait toujours existé, qu'il n'est même pas différent en terme de propriétaire du capital productif, tout cela est certes exact mais cela ne change rien à un fait très important : le capital financier a pris dans les années 1990 une importance qu'il n'avait jamais connu au cours de toute l'histoire du capitalisme, devenant bien plus attractif que l'investissement productif… Cette tendance, loin d'être combattue, a été favorisée par les gouvernants mondiaux car cela permettait momentanément de dépasser les limites des capacités d'investissements en créant des nouveaux investissements improductifs. Les dividendes s'en sont encore accrus, le capital aussi et au début des années 2000 on avait déjà dépassé le niveau de suraccumulation que l'on a ensuite tenté de forcer par des moyens d'accumulation financière exagérée (comme la titrisation des dettes) comme les subprimes ou les LBO… La « crise » de 2007 n'est est pas une car elle n'est pas le début des difficultés mais la fin des possibilités du système. Depuis, on vit uniquement de subterfuges. Sans les masses de milliards de capitaux fournis par les Etats et banques centrales, on ne parlerait déjà plus du capitalisme !</p>
<p>Cela montre aussi que la méthode actuellement choisie par les Etats, introduire dans les marchés financiers des masses de capitaux publics, ne peut pas du tout résoudre la crise, même si elle permet de pallier le retrait des capitaux privés dans les investissements. Cela ne peut ni être une solution ni être durable. Cela signifie que les capitalistes n'utilisent actuellement que des moyens palliatifs et non des soins de la crise, qu'ils n'espèrent donc nullement juguler. Cela signifie qu'ils comptent seulement faire un peu durer la situation, au bord du gouffre, pour faire en sorte que la catastrophe ne se transforme pas en offensive générale des exploités contre les exploiteurs.</p>
<p>En gagnant du temps, les capitalistes et leurs Etats, préparent les réponses politiques possibles pour sauver les classes dirigeantes : développement des fascismes, des dictatures et des guerres allant vers la guerre mondiale. La situation n'est pas celle de sacrifices limités pour les classes populaires en attendant une reprise, mais celle de socialisme ou barbarie. Ce qui se pose aux travailleurs, c'est la question de la révolution sociale et pas seulement de luttes défensives sur le seul terrain économique. Ce qui est nécessaire, c'est l'organisation des masses sur le terrain politique. Ce n'est pas seulement la lutte syndicale. Ce sont les comités de travailleurs.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7478</a></p>
<h2 class="spip">2008 </h2>
<p>La CGT combat… contre les sans-papiers de Viry-Chatillon…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1148</a></p>
<p>La CGT ne se bat pas contre la fin des 35 heures décrétée par Sarkozy…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/35hr-j29.shtml</a></p>
<p>Encore une tromperie syndicale !</p>
<p>Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirmé son projet de faire passer de 40 à 41 années la durée de cotisation ouvrant droit à une retraite complète, les syndicats n'ont pas appelé les autres travailleurs touchés par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport aérien, de l'énergie, de Telecom et de la poste, à rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plutôt appelé à une journée d'action séparée le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont défilé et un million de travailleurs ont fait grève ; cela a été suivi par la manifestation pour les droits à la retraite le 22 mai où 700 000 personnes ont défilé dans tout le pays.</p>
<p>Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le « dialogue social » et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les grèves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'empêcher, les syndicats ont, dans les faits, torpillé la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'éducation n'a réuni que 7000 personnes à Paris.</p>
<p>Au moment des grèves croissantes des marins-pêcheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont décidé de ne pas appeler à d'autres grèves contre les suppressions de postes dans l'éducation, au motif qu'il était nécessaire de laisser lycéens et enseignants travailler pour les examens de fin d'année. Une déclaration commune des syndicats de l'éducation des différentes confédérations syndicales déclarait qu'elles « renvoyaient la question d'une suite à leur mouvement après les vacances d'été ». Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la réforme des retraites et la réforme du fret à la SNCF a eu lieu alors que se déroulaient des grèves de travailleurs dans les ports commerciaux stratégiques contre la privatisation, ainsi que des grèves de pêcheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherché à organiser une grève plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.</p>
<p>Le 11 juin, les syndicats ont signé un accord sur « seize points de convergence » avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lycéens après les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement suggéré être en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de réforme et de déréglementation du marché du travail, la précédente ayant été signée par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas sérieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de céder devant des grèves isolées.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<h2 class="spip">2009 </h2>
<p>L'année 2009 a été marquée par le caractère particulier des luttes. On a constaté que certaines luttes locales ont été massives et radicales, qu'il s'agisse de combats contre des licenciements ou des fermetures, comme dans le cas des sous-traitants de l'Automobile (Molex, Caterpillar ou Continental notamment), contre la dégradation des services publics (SNCF, La Poste, Pôle emploi ou les hôpitaux) ou encore pour les salaires (EDF, RER, secteur privé, ...). Enfin, il y a eu les journées d'action syndicales. C'est donc une année où les travailleurs ont participé à un nombre important de luttes et pourtant le sussèce n'est pas au rendez-vous. une fois de plus les salaires, les emplois et les conditions de travail ont gravement reculé en 2009. Certes, la crise y est pour quelque chose, mais elle n'a pas empêché les profits des boursicoteurs du CAC40 et les revenus des grands patrons des trusts et des banques de grimper en flèche ! C'est donc les travailleurs qui sont les seuls à payer et on n'a pas eu en 2009 le rapport de forces permettant de faire reculer nos adversaires du patronat et du gouvernement. Pourquoi des luttes radicales et massives n'ont pas permis de gagner sinon parce qu'actuellement nous avons à faire à une attaque générale qui ne peut se combattre que tous ensemble et non secteur par secteur ?</p>
<p>Les centrales syndicales détournent les travailleurs de s'organiser eux-mêmes en comités en vue de faire le bilan et de mettre au point la riposte nécessaire.<br class='autobr' />
Ce devrait être aux travailleurs de décider des suites à donner à la lutte. Au lieu de cela, les confédérations syndicales occupent le terrain avec des propositions qui divisent, qui affaiblissent et qui empêchent les travailleurs de se faire eux-mêmes d'autres propositions.<br class='autobr' />
Par exemple, il y a du mécontentement en cette rentrée. Les confédérations décident alors de le détourner par des luttes divisées. En 2010, les journées d'action de 2009 continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… La fonction publique est appelée à la grève le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient été appelés le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L'aviation civile les 13 et 14 janvier. Météo France le 12 janvier. Et, dans le privé, c'est plutôt entreprise par entreprise, etc, etc…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1547</a></p>
<p>Alors que la Guadeloupe est déjà en grève générale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journée d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien à voir et qu'il n'est pas question d'appeler à la grève générale en France ....</p>
<p>Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault ne croit pas à une contagion de la situation antillaise en métropole car elle "n'est pas comparable", selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en métropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publié mardi 10 mars. "Le conflit n'est pas transposable", affirme Bernard Thibault. "La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangrenées par un taux de chômage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus élevés et les salaires de 15% inférieurs à ceux de la métropole", explique-t-il. Concernant la journée d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant référence au succès du 29 janvier, "attend au moins autant de personnes que la dernière fois" dans la rue. »</p>
<p>« Le Monde » écrivait en janvier 2009 : « A l'Elysée comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. »</p>
<p>Et en mars 2009 ? Qui a refusé de donner une suite à la journée nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !</p>
<p>De janvier à juin 2009, se déroule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont restés en marge sans être capables ni de le diriger, ni de l'arrêter, ni de s'en désolidariser ouvertement....</p>
<p>Le journal économique les Echos du 10 avril 2009 titre : "L'exécutif cherche à associer les syndicats à la gestion de la crise". "François Fillon revient sur le paritarisme mais aussi « la consolidation de la place de la représentation du personnel dans l'entreprise ». Il reprend également le sujet de la « gouvernance des entreprises », avec une « meilleure association des représentants des salariés en amont des opérations de restructuration et à la stratégie économique ».</p>
<p>Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs étaient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journées de grève était une journée fériée ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'était pas exactement à la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève générale vu qu'ils ont de grosses difficultés financières… !</p>
<p>La suite n'allait pas être plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'éteignoir syndical des promenades étalées dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy déclare dans "Le Parisien Dimanche" : "Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L'automne a été d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !"</p>
<p>Avec l'été 2009, se multiplient les mouvements localisés comme Continental et New Fabris où les salariés d'une entreprise luttent seuls face à un patron qui licencie. Le cas est fréquent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salariés en colère bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.</p>
<p>Les syndicats ont refusé de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du privé sans parler de les lier à celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salariés étant contraints d'accepter d'être jetés à la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire…</p>
<p>Pour compléter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentrée, ont multiplié des initiatives dispersées pour « éviter que les expressions de radicalité fassent tâche d'huile » : à partir du 1er octobre, un mouvement limité aux travailleurs immigrés sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas à leurs collègues de travail qui ont la nationalité française ou des titres de séjour) ; une journée d'action limitée aux « entreprises qui licencient », le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'héberge plus la Bourse de Paris depuis… 1980) ; à la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux hôpitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 décembre ; à la SNCF, le 20 octobre ; à l'Éducation nationale, le 24 novembre ; à la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au Pôle Emploi, le 20 octobre, etc.</p>
<p>Au lieu de défendre le service public de La Poste par une lutte ou une grève, il a été mis en place une comédie en octobre 2009, c'est la "votation citoyenne".</p>
<p>Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un « comité organisateur des états généraux pour une politique industrielle » présidé par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, des représentants du patronat français, des parlementaires UMP, PS… La défense de « l'industrie française » désigne comme ennemi commun l'étranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle débouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).</p>
<p>Du côté des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT à la récupération de la lutte des sans-papiers, au travers de grèves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy à une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur chargé par les préfectures de filtrer les dossiers suivant des critères inférieurs à ceux en vigueur dans les préfectures jusque là. Il en découle une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejetés par la CGT, elle-même achevée par une intervention musclée du service d'ordre le CGT.</p>
<p>La CGT a en effet mené une politique dans cette grève qui démolit le rapport de force qui avait été construit à partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ramène au "cas par cas" rejeté définitivement par le mouvement des sans-papiers !<br class='autobr' />
2010.</p>
<p>La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refusé de signer le Contrat Social de Crise, plan d'austérité prévoyant notamment du chômage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et précaires, n'avait pas été signé par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont voté contre : un comble !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<h2 class="spip">2010 </h2>
<p>Attaque sur les retraites, sur les services publics, colère des salariés, des retraités, des chômeurs, des jeunes, des femmes, des cheminots : tout semble concourir à faire de 2010 un mouvement massif de lutte de classes allant vers la grève générale. Tout sauf les dirigeants syndicaux… Ils mènent toutes les grèves de manière à ce qu'elles soient dispersées…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve342</a></p>
<p>"Les Echos", un journal patronal écrit : les syndicats ont peur de la grève reconductible…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve331</a></p>
<p>Qu'il suffise de rappeler les déclarations de 2010, lors du mouvement des retraites, qui a mené dans le mur, celles du dirigeant CGT Bernard Thibaut qui affirmait qu'un appel à la grève générale n'était pas possible, n'était pas souhaitable ou encore qu'il serait absurde et que les autres dirigeants syndicaux disaient des choses pires encore…</p>
<p>Le 5 octobre 2010, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibaut déclare à l'AFP : « Personne ne peut prétendre faire participer sous la même forme plusieurs dizaines de millions de personnes, de la signature d'une pétition à la participation à une multitude d'initiatives locales, voire aux manifestations lors des journées interprofessionnelles. Qui dit mouvement social dit de multiples formes pour y participer ».</p>
<p>Bernard Thibaut le 7 octobre 2010 sur RTL : '« Cela ( la grève générale) n'a jamais été pratiqué dans l'histoire sociale de notre pays (...) C'est un slogan pour moi tout à fait abstrait, abscons. Cela ne correspond pas aux pratiques par lesquelles on parvient à élever le niveau du rapport de forces. »</p>
<p>CFDT : « La CFDT et l'intersyndicale n'ont jamais prôné de grève reconductible. (…) Le risque d'embrasement est réel sans que les organisations syndicales ne maîtrisent le système. (…) L'absence de dialogue risque de former un jour des positions jusqu'auboutistes. »<br class='autobr' />
Pas étonnant, la CFDT, qui s'était distinguée bien des fois par son amitié pour le MEDEF et le gouvernement y compris sur les retraites, est une jusqu'auboutiste du soutien du capitalisme. Elle s'est d'ailleurs empressée d'aller se jeter dans de nouvelles négociations avec ses petits copains du MEDEF. Mais elle a dit une vérité : l'unité syndicale n'a fait qu'empêcher les travailleurs de mener eux-mêmes la lutte de manière plus radicale... Tout cela avec une grande aide : celle de la CGT !<br class='autobr' />
CGT :<br class='autobr' />
Bernard Thibault l'a dit : "la CGT va continuer à conjuguer mobilisation, proposition, contestation lorsqu'il le faut, et négociation."<br class='autobr' />
Mais négocier quoi ? Avec qui ? Dans quel but ? Il ne le dit pas !</p>
<p>Bernard Thibault (CGT) estime qu'"il n'est pas surprenant que le débat s'amplifie dans les entreprises en raison de la surdité du gouvernement, et appelle à des assemblées des personnels sur les formes d'action. Pour l'heure toutefois, il serait "irresponsable" de lancer un mot d'ordre de grève reconductible, les entreprises où les salariés y sont prêts restant très, très minoritaires", juge-t-il.<br class='autobr' />
Bernard Thibaut lui-même participait à un club de la bourgeoisie, secret aussi et du même type intitulé « Le Siècle »… Bien entendu, même en pleine lutte des retraites, Thibaut s'est bien gardé de rompre la solidarité et le secret de cet organisme patronal !<br class='autobr' />
La dernière intervention forte de Bernard Thibaut, alors secrétaire général de la CGT, n'était-t-elle pas celle du mouvement des retraites quand il affirmait que la grève générale ne devait surtout pas être la perspective de cette lutte car la tradition du mouvement ouvrier français excluait, selon lui, ce type d'action !!! Pendant ce temps, sous prétexte de maintenir à tout prix « l'unité intersyndicale », il fallait laisser seuls les grévistes des raffineries pétrolières, en allant jusqu'à prétendre qu'à elles seules elles allaient gagner la bataille des retraites… Au même moment, alors que les travailleurs étaient prétendument mobilisés, les syndicats laissaient se battre seuls les ouvriers des sous-traitants de l'Automobile licenciés et des hospitaliers en grève.<br class='autobr' />
Thibaut ne rompait ainsi en rien avec ses propres prises de position qui, contrairement à ce que croient bien des militants, n'ont jamais rien eu de radical, en tout cas pas aux côtés de travailleurs. On rappellera son intervention pour faire céder les syndicalistes locaux face au patronat de choc de Périer… Il avait ainsi cassé la grève des fonctionnaires de 1995, ayant réalisé des négociations séparées pour les cheminots avec le ministère du travail et était sorti de ces négociations en rendant publique un appel de fin de grève, sans consulter les assemblées interprofessionnelles, en lâchant les autres catégories de fonctionnaires qui avaient rejoint les cheminots, en particulier les travailleurs de la RATP, lesquels n'ont plus jamais fait grève avec les cheminots ! La division des travailleurs, la CGT en avait d'ailleurs donné la démonstration cette année-là, celle du fameux « tous ensemble » des syndicats en laissant isolés les mouvements des travailleurs du privé, de Renault à Thomson ou à l'Aérospatiale, quelques mois auparavant…</p>
<p>Malgré des mobilisations parfois réussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces dernières années ont toutes été des succès. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des grèves (grèves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants séquestrés et menaces de faire exploser l'entreprise éventuellement), mais, au final, les salariés sont licenciés, et les sous qu'ils ont gagné durement ne sont rien face au coût de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salariés qui ont mené ces luttes ressentent honnêtement une victoire mais elle est bien amère... Pour le reste, le résultat de la stratégie de journées d'action suivies de négociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqués et privatisés. Le chômage et la misère augmentent. Les retraites, la santé, la sécu sont mis en cause. Et la crise est loin d'être finie.</p>
<p>Un exemple : la lutte des salariés de Continental contre les licenciements.<br class='autobr' />
Les dirigeants syndicaux les appellent à reprendre le travail :<br class='autobr' />
"Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n'importe quelles conditions", avait déclaré devant les salariés Xavier Mathieu, délégué CGT, en pointe dans le mouvement depuis l'annonce de la fermeture d'ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le début de la crise.<br class='autobr' />
"On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera même plus facile, parce qu'on n'aura plus le souci de ne pas être payé", avait-il ajouté.<br class='autobr' />
"C'est clair qu'il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent", avait déclaré aux salariés présents Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du CE.</p>
<p>Le mouvement des retraites de 2010</p>
<p>En 2010, les journées d'action de 2009 étalées continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… Les ports et docks sont appelés à la grève le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers étaient appelés en même temps que les enseignants, les confédérations leur ont donné des rendez-vous différents pour manifester !</p>
<p>Les syndicats nous appellent à une journée nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il prévoit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-payées, des cotisations salariales en hausse et une retraite à 60, 61 ans ou plus… Mais, le texte même des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativité sur le fond. Au lieu d'écrire tout simplement : pas touche aux régimes de retraites, ils écrivent : « pas de réforme sans un débat national ». Mais on sait que ces fameuses « réformes » sont des destructions ! Pas besoin d'en débattre ! Ou encore, ils écrivent « Reconnaissance de la pénibilité d'abord ». Pas d'accord ! Ne commençons pas par édicter des exceptions mais la règle : 60 ans pour tous sans aucune réduction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003….<br class='autobr' />
Avec la soi-disant grève générale des raffineries de fin février 2010, on assiste à une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s'user.<br class='autobr' />
Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...<br class='autobr' />
Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...<br class='autobr' />
Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?<br class='autobr' />
Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.<br class='autobr' />
Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !<br class='autobr' />
Total, c'est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...<br class='autobr' />
Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...<br class='autobr' />
Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu'il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.<br class='autobr' />
Généraliser les luttes n'entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez désordonné et peu convaincant.</p>
<p>Pour finir, la CGT annonce que la grève générale des raffineries est finie avant d'avoir commencé, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de réelles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...</p>
<p>La CGT a estimé, mardi 23 février, que les conditions d'une suspension de la grève dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, étaient réunies. "La CGT considère que des avancées significatives obtenues par la mobilisation des salariés crée les conditions d'une suspension", a déclaré à la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De même, FO appelle à la suspension du mouvement, a indiqué son négociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, après neuf heures de négociations, sont arrivés à un "relevé de conclusions" qui "sera soumis à la signature des organisations syndicales".</p>
<p>Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :</p>
<p>"La CGT du groupe Total a indiqué jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'éventuelle grève en soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comité central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le dépôt de ce recours est "en cours" et la CGT espère une décision de justice "dans une quinzaine de jours", a déclaré à l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.</p>
<p>"Nous poursuivons la suspension du mouvement de grève nationale jusqu'au jugement en référé, qui sera un point d'appui", a-t-il indiqué, après une grève très suivie d'une semaine fin février qui avait menacé les approvisionnements des stations-services.</p>
<p>La CGT de la branche pétrole a déjà appelé à la grève les salariés des 13 raffineries françaises (dont 6 possédées par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire à la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'était "pas l'urgence" alors que les salariés de l'établissement sont en grève depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir être "constructif" avec la CGT, majoritaire dans le groupe pétrolier. "</p>
<p>En somme, trahison des salariés sur toute la ligne...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article1605</a></p>
<p>En ce qui concerne les formes d'organisation, il est clair que les centrales - toutes de manière unanime - sont contre des formes d'organisation et de décision à la base, des comités, des conseils, des collectifs, des coordinations, quelle que soit la manière dont on les appelle : comités de grève, comités de lutte, comités d'action, comités de quartier, comités inter-entreprises, comités interprofessionnels...</p>
<p>L'organisation de classe, en comités qui interfèrent de plus en plus dans la société jusqu'à la prise du pouvoir, menace l'ordre existant et révèle aux travailleurs eux-mêmes leur capacité à diriger la société et le sens dans lequel ils souhaitent la diriger.</p>
<p>Toute forme d'organisation de classe, même embryonnaire, remet en question l'ordre social dont les appareils syndicaux sont un des piliers.</p>
<p>Les centrales syndicales visent à convaincre les travailleurs qu'elles feront tout très bien à leur place, comme avocats, comme assurance, comme sécurité, comme négociateurs, comme décideurs des des rythmes et moyens de lutte... Elles trouvent les revendications, les décident et les discutent avec patronat et Etat, tout cela sans consulter les travailleurs et même pas leurs militants ! Par exemple, la CGT a signé le "Contrat social de crise" qui prévoit comment Renault sacrifie les salariés sans que leurs militants en aient été informés ! Ils avaient bien fait des consultations mais toutes disaient que la signature était minoritaire...</p>
<p>A l'opposé, le but numéro un des comités, c'est que les travailleurs décident, discutent de tout devant tout le monde, en se soumettant au maximum au choix des travailleurs. Pas par goût des réunions sans fin mais parce que c'est ainsi que les travailleurs renforcent leur capacité de lute et de changement social.</p>
<p>Et ils combattent férocement toute tentative de les mettre en place, prétendant qu'il suffit d'assemblées générales dans lesquelles les propositions viennent seulement des syndicats, c'est-à-dire de leur direction.</p>
<p>Centrales syndicales et classe ouvrière ne défendent même pas les mêmes intérêts. Il suffit pour le montrer de voir que les centrales s'estiment victorieuses du dernier conflit et que les travailleurs ont été battus. L'intérêt des centrales est d'obtenir la reconnaissance des patrons et de l'Etat ce qui les oblige régulièrement à s'appuyer sur la force de la classe ouvrière afin de contraindre leurs interlocuteurs à ne pas trop baisser les prix payés aux syndicats pour leurs services. Une petite démonstrations ans danger de temps en temps suffit....</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1764</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article391</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1753</a></p>
<h2 class="spip">2011-2013</h2>
<p>La CGT et la grève de PSA Aulnay</p>
<p>Le site de PSA (Aulnay) est menacé de fermeture. Les traavailleurs vont être licenciés massivement. Ils seraient une force potentielle énorme pour soulever tout le secteur automobile lui aussi menacé et toute la classe ouvrière qui l'est également, si la lutte d'Aulnay allait dans ce sens… Ce ne sera pas la politique des syndicats à Aulnay ni ailleurs.</p>
<p>Le dirigeant de la CGT Aulnay : « nous allons être le cauchemar du patron », « nous allons transformer Aulnay en forteresse ouvrière ». Aulnay en forteresse, voilà qui signifiait que les travailleurs d'Aulnay défendaient seulement leur site alors qu'il y avait encore plus de licenciements dans l'ensemble des autres sites qu'à Aulnay seule et qu'ils se gardaient d'appeler à la lutte de l'ensemble du trust, unité absolument indispensable dans une attaque d'ensemble, unité que la confédération syndicale ne voulait surtout pas organiser. Le discours du chef syndical CGT d'Aulnay ne risquait pas préparer une lutte d'ensemble puisqu'il ne mobilisait que derrière une banderole « non à la fermeture d'Aulnay » et jamais derrière un « non aux licenciements à Peugeot » ! Et, d'autre part, l'objectif donné aux salariés était de répartir les productions entre les sites, ce qui sous-entendait qu'il fallait lutter pour produire à Aulnay.</p>
<p>Les dirigeants syndicaux ont fait attendre des mois après l'annonce de la fermeture par le patron ensuite pour que les travailleurs d'Aulnay qui avaient déjà vu leur moral cassé par des mois et des années pendant lesquelles la CGT s'était chargée par avance d'annoncer le projet de fermeture du patron. Quand on vous serine pendant des mois à longueur de déclaration du chef CGT que « le site d'Aulnay va fermer », sans autre développement de perspective de lutte, sans montrer en quoi cela concernait le reste de la classe ouvrière ou le reste des ouvriers de PSA, on ne peut pas dire que vous ayez le moral en entendant les chefs syndicaux.</p>
<p>Les syndicalistes réformistes veulent absolument faire croire que la crise est factice et n'est qu'un prétexte à des sacrifices pour les travailleurs. Ils veulent affirmer que la crise ne pourrait provenir que d'une baisse des ventes. Ils ne veulent pas admettre que le capitalisme ait pu atteindre ses limites, car alors leur rôle aurait aussi atteint le sien.<br class='autobr' />
Cela signifie que leurs seuls critères sont les ventes et les profits. Mais le critère de la crise actuelle est la fin de l'accumulation privée du capital. Les riches ont beaucoup d'argent, mais ne veulent plus l'investir dans la production et le commerce. Ils spéculent. Et plus ils spéculent, plus la spéculation devient plus intéressante à court terme que l'investissement. C'est donc devant une spirale destructrice que se retrouve le système. Son seul moyen de tenir momentanément a été l'investissement massif des Etats qui a mené à leur faillite actuelle... A PSA et Renault, l'Etat a donné et n'arrête pas de donner des milliards et cela ne peut suffire à pallier les investissements des trusts.<br class='autobr' />
Cela signifie que tous les capitalistes, que PSA, que Renault, que le Bâtiment spéculent. Cela signifie aussi qu'ils estiment la spéculation sur les fonds souverains par exemple bien plus profitable que de produire des voitures… Avec des risques : ils viennent de perdre beaucoup d'argent en jouant sur les dettes souveraines de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie. Et ils vont en avoir perdu encore bien plus sur les dettes souveraines… de la France ! D'où les suppressions d'emplois et les licenciements en prévision…<br class='autobr' />
Les suppressions d'emploi à PSA ne sont pas plus causées par le manque des véhicules vendus que les licenciements à la Société Générale ou à la BNP le seraient par le manque de comptes de particuliers ouverts, ni les licenciements du Bâtiment par le manque d'acheteurs d'appartements.<br class='autobr' />
Tous ces licenciements ont exactement la même cause : les capitalistes se retirent massivement de leurs investissements, ils misent plutôt sur des spéculations financières, les capitalistes n'investissent plus, les banques ne prêtent plus, les capitalistes misent sur la chute des monnaies, des Etats, des bourses, des économies car cela rapporte plus. Et les entreprises automobile font de même...<br class='autobr' />
Soulignons le mode de raisonnement développé dans les média par les dirigeants syndicalistes dont nombre de militants révolutionnaires : le patron gagne de l'argent donc il ne devrait pas supprimer des emplois ; les profits sont là et les travailleurs n'en bénéficient pas ; Le groupe choisit de faire travailler en Chine ou au Brésil alors que c'est un trust français aidé par l'Etat français ; PSA a annoncé s'être tiré de la crise avec des profits records et le trust ne devrait pas faire payer les travailleurs, etc, etc... Ce n'est pas juste. Ce n'est pas moral. Ce n'est pas l'intérêt de l'entreprise. Ce n'est pas social. ce ne devrait pas être accepté par l'Etat français qui a payé pour empêcher les suppressions d'emplois. etc, etc...<br class='autobr' />
Bien entendu, nous comprenons très bien ce que veut dire ce discours : la crise est un prétexte, une entreprise qui profite ne devrait pas licencier, ni même supprimer des emplois, on se mobilise avec le droit moral pour nous...<br class='autobr' />
Cela semble légitime, non, tout cela ? Et pourtant, ce n'est qu'un moyen d'aller direct dans le mur, même si les salariés de PSA se mobilisent...<br class='autobr' />
Et d'abord parce que cela repose sur une analyse fausse de la situation.<br class='autobr' />
Bien entendu, nous ne prétendons en rien légitimer la politique de suppressions d'emplois de PSA, mais seulement comprendre la logique patronale pour mieux la combattre.<br class='autobr' />
Le raisonnement précédent sous-entend qu'il s'agit simplement de délocalisations en vue d'augmenter les profits et que la racine de cette politique n'a rien à voir avec la crise que connait le système mondial. C'est faux.<br class='autobr' />
Cette manière de raisonner laisse entendre que les suppressions d'emplois ne sont pas liées aux désordres financiers, boursiers, monétaires et économiques du système mondial. Et c'est faux.<br class='autobr' />
C'est une manière de dire que le patron de PSA mène une politique particulière qui est particulièrement hostile aux travailleurs et qu'il suffirait que les travailleurs de PSA se mobilisent contre ce plan pour le faire reculer. Et c'est faux.<br class='autobr' />
C'est faux parce que l'offensive contre les travailleurs n'est nullement cantonnée à PSA. La première des choses à faire pour élever le niveau de conscience et le rapport des forces serait de montrer aux travailleurs de PSA qui veulent se mobiliser que la lutte doit être générale et qu'il est vital de se mobiliser à des niveaux plus important qu'un site comme Citroën Aulnay et même qu'un groupe comme PSA. Il va falloir entraîner toute l'Automobile et même toute la classe ouvrière.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2225</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2144</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve402</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2468</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article2629</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3364</a></p>
<h2 class="spip">2012</h2>
<p>La grève de l'hôpital Saint Antoine est battue par... les syndicats...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2199</a></p>
<p>La grève PSA Aulnay, menée de manière réformiste par la CGT, a accouché d'une souris…</p>
<p>En échange des dix milliards que le gouvernement donne en cadeau et sans condition à la banque financière PSA en faillite, il a obtenu du patron de PSA d'organiser un simulacre de négociations où ne seraient pas remis en cause le plan de licenciements massif mais seulement renégocié leur accompagnement. Les syndicats d'Aulnay crient victoire et déclarent que c'est leur lutte qui a obtenu la victoire et quelle est cette victoire ? Mercier, dirigeant CGT l'exprime ainsi : un calendrier de négociations !</p>
<p>Des milliers de salariés vont perdre leur emploi et ce n'est nullement remis en question même quand l'Etat débourse dix milliards d'euros et la victoire c'est qu'il n'y ait ni grève ni occupation des sites visés et qu'on obtienne un calendrier de blabla mensongers autour du tapis vert et celui qui dit cela se prétend communiste révolutionnaire de Lutte Ouvrière. Il faut se pincer pour y croire !!!</p>
<p>"On a bloqué la direction qui voulait nous imposer ses conditions sans négocier sur les mobilités", s'est félicité Jean-Pierre Mercier (CGT).</p>
<p>« C'est un succès de l'unité des salariés d'Aulnay » dit Marcier à la télévision. Ce qu'il appelle unité des salariés, c'est l'unité des syndicats avec le syndicat patronal et jaune le SIA et l'unité pour ne pas entrer en grève, pour ne pas occuper, pour ne pas déranger les prétendues négociations, pour ne pas mener la lutte des classes !</p>
<p>Le journal L'Humanité du 25 octobre écrit :</p>
<p>« C'est un premier succès pour les syndicats de PSA Peugeot-Citroën. Ceux-ci sont parvenus à imposer ce jeudi que la direction du groupe automobile ouvre des négociations sur les conditions de l'ensemble du plan social annoncé à Aulnay et Rennes,, dans le cadre de son plan de restructuration qui prévoit plus de 8.000 suppressions d'emploi et la fermeture du site de Seine-Saint-Denis. Ces négociations débuteront le 7 novembre. Jean-Pierre Mercier, représentant CGT de PSA Aulnay, raconte à la sortie du comité central d'entreprise qui se tenait ce matin : "La direction de Peugeot voulait ce matin faire passer en force une partie de son plan en imposant les mutations internes. Elle cherchait ainsi à vider l'usine (d'Aulnay) le plus vite possible. C'est un premier succès." Selon les syndicats, les conditions de départ des salariés sur Poissy ou d'autres sites du groupe devront désormais faire l'objet de négociations préalables. Un calendrier de discussions sera mis en place sur l'ensemble des mesures d'accompagnement - formations, indemnisations - destinées à ceux qui refusent d'être transférés et à tous les autres salariés concernés par la réduction de la capacité de Rennes ou par la fermeture du site d'Aulnay. »</p>
<p>"Cela fait 17 mois que l'on demande l'ouverture de ces négociations. La direction voulait nous diviser elle n'a pas réussi", explique Jean-Pierre Mercier.</p>
<p>Puis de nuancer : "On a obtenu un calendrier de négociations pour nos revendications. Mais on ne peut pas faire confiance à la direction de PSA. Nous attendons qu'Arnaud Montebourg appose signature en bas du document".</p>
<p>Parce qu'on peut faire confiance à Montebourg et à l'Etat bourgeois ?</p>
<p>A la sortie de l'entrevue entre Montebourg et les syndicats, le ministre a assuré que le « gouvernement et le président de la République partageaient l'inquiétude des salariés » de PSA et promis que la réunion à venir serait l'occasion de « réduire reformater, rediscuter le plan social ». S'il a reconnu implicitement que les suppressions de postes étaient un mal nécessaire pour permettre à Peugeot, en difficulté, de se remettre sur de bons rails, il a néanmoins assuré que le plan social devait être « strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. »</p>
<p>L'Etat a demandé « le reformatage du plan » qui prévoit 8.000 suppressions de postes, a répété le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à l'issue d'une réunion tripartite à Bercy. Mais il n'a obtenu aucun engagement du groupe automobile.</p>
<p>« C'est la négociation avec les partenaires sociaux qui va nous permettre de voir l'effectivité de ces efforts », a dit le ministre. Et c'est tout ! Alors que l'Etat a quand même déboursé sans discuter dix milliards d'euros !!!! C'est cher payé de négocier autour du tapis vert ! Voilà tout ce qu'obtient un gouvernement de gauche pour dix milliards….</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2484</a></p>
<p>Un bureaucrate collaboration de classe succède à un autre à la tête de la CGT et de manière tout à fait bureaucratique…</p>
<p>Bernard Thibault a annoncé ce mardi à l'AFP que la commission exécutive de la CGT a choisi, sur sa proposition, Thierry Lepaon, pour lui succéder comme secrétaire général.</p>
<p>Mais il faut voir qui est Lepaon pour comprendre tout le sel de cette succession sans heurt apparent…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2479</a></p>
<p>Lepaon, futur secrétaire général de la CGT, a préparé la privatisation de la SNCF !</p>
<p>Le 27 juin 2012 : Le futur secrétaire général de la CGT fait un rapport d'Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER<br class='autobr' />
Le « Rapport Lepaon » au CESE du 27/06/2012 en faveur de l'ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire sera signé des organisations patronales et étatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales.</p>
<p>En voici des extraits :</p>
<p>« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d'un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l'Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J'ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d'appréciation sur ce terme. Il n'aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arrêt d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une manœuvre. « Je dois dire que j'ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu'il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c'est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…) <br class='autobr' />
Le thème de l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs s'inscrit dans le cadre d'une orientation prise au niveau européen. Dès lors, la responsabilité d'une telle initiative appartient à l'Etat et à lui seul. Il doit être clair que la question de l'ouverture à la concurrence ne peut pas se résoudre par la voie d'une discussion, d'une négociation, d'une concertation entre la direction et les syndicats de l'entreprise publique auquel ce service est dédié par la loi. <br class='autobr' />
La SNCF appartient à la nation et ce sera donc aux élus de la nation, à l'issue d'un débat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilités et de l'assumer, le cas échéant, devant leurs électeurs. (…) <br class='autobr' />
Pour aller à l'essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J'insiste bien sur le fait que nous proposons d'abord une méthode car nous avons voulu mettre l'accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ». <br class='autobr' />
Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c'est-à-dire un cap, une succession d'étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d'en tirer les enseignements. C'est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision. <br class='autobr' />
Je l'ai dit, le thème de l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité. <br class='autobr' />
Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a semblé le plus élaboré et le plus cohérent pour inventer l'avenir. Pour cela, il nous faut d'abord bien comprendre les spécificités du cadre social des cheminots, spécificités du cadre social des cheminots, spécificités qui découlent du statut même de l'entreprise SNCF, qui s'est vue confier des missions de service public. <br class='autobr' />
Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. <br class='autobr' />
Cette idée prenant progressivement corps, elle s'est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l'on comprenne le sens de l'histoire qui pourrait s'écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social. <br class='autobr' />
J'en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s'agit là d'une première recommandation. <br class='autobr' />
Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l'entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu'on a compris que c'est le statut de l'entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l'inverse, on comprend alors beaucoup d'autres choses. <br class='autobr' />
C'est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu'ont été définies l'organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…) <br class='autobr' />
Comme le dit le projet d'avis, si l'on veut que l'expérimentation d'une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l'opérateur historique et ses salariés s'y reconnaissent. <br class='autobr' />
Une autre recommandation – la deuxième – qui s'est imposée porte sur la nécessité d'une évaluation préalable des résultats des expérimentations régionales avant de mettre en place un cadre social harmonisé, c'est-à-dire un socle commun en matière de durée et d'organisation du travail. (…) <br class='autobr' />
Je voudrais aussi évoquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d'opérateur. Ce projet d'avis se distingue des rapports d'experts, puisqu'il préconise le reclassement interne à la SNCF avant d'envisager un éventuel transfert de personnels. (…) »<br class='autobr' />
On aura compris que tout l'effort de Lepaon consiste à faire passer sans levée de drapeau rouge de la part des cheminots… la privatisation de la SNCF !!!!<br class='autobr' />
Il rajoute :<br class='autobr' />
« Le Transport Express Régional de voyageurs (TER) a connu grâce à la régionalisation un essor remarquable. Mais son coût tend à s'accroître et son développement paraît sous contrainte, alors que l'Union européenne a engagé une libéralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demandé l'avis du CESE sur l'ouverture à la concurrence des transports régionaux de voyageurs, en particulier quant au périmètre géographique, à la propriété du matériel roulant, aux relations contractuelles entre région et exploitant, ainsi qu'à sa dimension sociale. Pour le CESE, la décision d'ouvrir, même à titre expérimental, les TER à la concurrence est politique et relève du gouvernement. Dans cet esprit, l'avis esquisse un chemin de réforme qui permette, via une expérimentation maîtrisée, d'avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l'ensemble des parties prenantes. L'enjeu est en effet de maintenir, voire d'amplifier le succès de la régionalisation des TER, afin de favoriser la compétitivité et l'accessibilité des territoires, la mobilité des personnes, la préservation de l'environnement et le développement de la filière ferroviaire. »</p>
<p>Tromperie syndicale Arcelor-Mittal</p>
<p>Les syndicats d'ArcelorMittal crient à la trahison du gouvernement après le retrait de la proposition de nationalisation alors qu'ils étaient fiers, la veille, d'avoir bu le café avec le ministre qui avait été gentil avec eux !!! Quelques mois ou années avant, ils avaient été fiers de leurs négociations avec Mittal et des promesses de ce dernier ! C'est un manque complet de conscience de qui sont les amis et les ennemis...<br class='autobr' />
Les syndicats se disent trahis par les patrons et les gouvernements. C'est normal : ils ont considéré qu'ils étaient du même bord, à défendre l'entreprise, à défendre la région, à défendre le pays, etc. Mais ils ne sont pas de notre bord : à défendre les prolétaires fût-ce aux dépens des patrons. Les patrons, eux, ne craignent pas de défendre leurs profits, fût-ce en nous assassinant !</p>
<p>La stratégie syndicale reste : les cheminots luttent seuls, les salariés de Petroplus luttent seuls, les PSA Aulnay ne sont même pas en lutte avec ceux de Rennes sans parler des autres sites, les salariés d'Arcelor luttent seuls, les salariés de chaque banque comme la banque de France récemment luttent seuls, etc… Tout au plus une petite journée syndicale d'inaction par ci par là. Cette stratégie n'est pas contestée par les dirigeants syndicaux locaux des entreprises qui licencient qui prétendent que leur lutte locale est censée suffire pour faire reculer le patron au moment où l'offensive patronale de licenciements est générale et non locale, globale et non conjoncturelle.</p>
<p>Car leur discours consiste surtout à négocier et pas à lutter. La lutte n'est rien d'autre pour elles que la dernière roue du carrosse des négociations ! Et, de négociation en négociation, elles n'ont fait que reculer, reculer, reculer, abandonner les emplois, abandonner les conditions de travail et les salaires…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2558</a></p>
<p>Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a émis un rapport sur la manière de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitulé rapport sur « l'ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs », séance du 27 juin 2012 où il déclare notamment : « Il n'aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l'arrêt d'urgence notamment lorsqu'il s'agit d'une manœuvre. (…) Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d'une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. »<br class='autobr' />
Donc Lepaon veut éviter qu'on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2564</a></p>
<h2 class="spip">2013</h2>
<p>Alors que l'attaque des retraites par le gouvernement Hollande se profile, la CGT propose de piéger à nouveau la riposte ouvrière qui vient dans la fausse unité intersyndicale avec les syndicats qui viennent de signer, au nom de la compétitivité des capitalistes français, l'accord de destruction du contrat de travail</p>
<p>Loin d'entrer en guerre contre les classes dirigeantes, à mesure que celles-ci démontrent leur volonté de détruire les classes travailleuses, les dirigeants syndicaux manifestent… leur désir de s'en tenir à des protestations platoniques qui ne frappent pas la bourgeoisie au cœur.</p>
<p>Dans le monde entier, le Capital est en train de détruire le Travail et ces adeptes hypocrites du capitalisme que sont la gauche et les syndicats prétendent qu'il faut nous défendre pays par pays, quand ce n'est pas entreprise par entreprise, corporation par corporation et même site par site. Ils s'étonnent que les PSA Aulnay aient beau faire grève dans une seule entreprise et ne parviennent pas plus à faire reculer leur patron que n'y sont parvenus ceux de General Motors, de Goodyear, de Petroplus ou d'ArcelorMitall Florange, eux aussi condamnés à lutter dans une seule entreprise alors que tous les trusts licencient massivement. Parce que, malgré des grèves et des manifestations, les centrales syndicales se contentent d'accompagner les attaques en maugréant mais en participant aux fausses négociations qui couvrent les attaques.</p>
<p>Et surtout, les centrales se gardent bien de relier entre eux toutes les attaques subies par les salariés et tous les combats menés. Pourtant, on assiste bel et bien à une offensive d'ensemble contre le monde du travail. On ne peut pas séparer l'ensemble des « réformes » antisociales des gouvernements, sur les retraites sur le code du travail, sur l'emploi, sur les retraites, sur les allocations familiales, sur la privatisation de la SNCF, sur la fin de la recherche publique, de la santé publique, sur l'allocation chômage et on en passe. Les licenciements des trusts privés ont été une attaque concertée dont PSA n'a été que le signe avant-coureur. Les centrales syndicales refusent catégoriquement de préparer une riposte coordonnée.<br class='autobr' />
Un geste significatif de cette volonté de s'allonger devant les attaques sur les retraites a été le discours du dirigeant de la CGT Lepaon qui, au lendemain des manifestations séparées et clairsemées du premier mai, a déclaré que, malgré sa signature de l'accord ANI de « flexi-sécurité de l'emploi », il voulait l'unité avec la CFDT et estimait les désaccords limités et sans gravité ! Bien la peine d'avoir manifesté contre l'accord ANI et déclaré que c'était l'un des pires reculs depuis des décennies sur le contrat de travail pour ensuite minimiser la participation de syndicats à cette pantalonnade syndicale…</p>
<p>Cela en dit long en tout cas sur la manière dont la CGT compte promener les salariés pour soi-disant défendre les retraites, dans la même lancée de prétendue « unité » qui a déjà mené à l'échec face à Sarkozy-Fillon.</p>
<p>Rappelons que ces centrales syndicales qui se disaient « unies pour défendre les retraites » étaient surtout unies contre l'idée d'appeler à la grève générale, Bernard Thibaut, dirigeant de l'époque de la CGT, affirmant que ce n'était nullement une méthode dans la tradition du mouvement ouvrier en France !!! Elles étaient unies pour que le jour d'action ne soit pas un jour de grève comme le premier mai ou comme un week-end ! Elles étaient unies pour laisser seuls en grève les travailleurs du secteur des raffineries pétrolières, allant jusqu'à faire croire qu'on allait « faire reculer Sarkozy » par ce seul blocage pétrolier. Ensuite, elles ont-elles-mêmes démobilisé les manifestants en affirmant qu'on ne gagnerait pas tant que Sarkozy gouvernerait et qu'il n'y avait qu'à voter à gauche. On voit à quel point elles ont menti puisque la gauche reprend exactement de la même manière le travail de destruction de Sarkozy. La gauche de la gauche qui s'en indigne a cautionné l'opération et se revendique encore d'avoir aidé Hollande- ce Sarkozy-bis à venir au pouvoir.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3419</a></p>
<p>Retraites : à nouveau une intersyndicale qui va diriger le mouvement… vers le mur ?!!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3477</a></p>
<p>Le résultat pourri des négociations entre la gauche gouvernementale et les syndicats…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2604</a></p>
<p>Syndicalisme de classe, oui, mais de quelle classe ? La bourgeoisie ou le prolétariat ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2616</a></p>
<p>Les réactions des dirigeants syndicalistes qui ont cru au discours du patron et s'estiment trompés alors qu'ils ont été les relais de la tromperie auprès des travailleurs…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2742</a></p>
<p>Les syndicats à PSA : des méthodes qui n'ont rien à voir avec des méthodes de classe !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2709</a></p>
<p>Les politiques syndicales en 2013</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3361</a></p>
<h2 class="spip">2014</h2>
<p>Dans la nouvelle grève des cheminots, la CGT a dit soutenir la grève jusqu'au bout. Mais il y a beaucoup à redire sur ce point. Premièrement, c'est la direction de la CGT qui a initié la réforme qui mène à la privatisation puisque le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la privatisation voté à l'unanimité des représentants de l'Etat, des patrons et des salariés, a été écrit par Lepaon, représentant CGT, qui allait devenir plus tard secrétaire général de la CGT. Ensuite, la loi contre laquelle les cheminots ont eu à se battre a été signée par les représentants CGT, Lepaon pour la centrale et Garel pour la CGT cheminots, avant que la grève ne commence. Ensuite, il a été convenu entre le gouvernement et la CGT que l'intérêt commun était de mettre en place un dispositif par lequel la CGT prendrait l'initiative d'une protestation des cheminots, suite à laquelle le Front de Gauche représenté par Chassaigne, proposerait des amendements que Hollande-Valls allaient accepter. Les cheminots ont été tellement en colère contre le projet de loi que le mouvement qui avait été envisagé a dû être transformé d'action limitée en grève durable. Garel et Lepaon se sont alors partagés les rôles, le premier faisant mine de soutenir la grève et le second d'appeler par les médias à la reprise du travail, mais ils sont restés de bout en bout la main dans la main et Garel y a perdu son crédit dans la CGT Cheminots, ce qui s'est vu par la suite… De tout cela, le syndicat SUD a fait mine de ne rien voir, tout attaché à sa prétendue unité de lutte, à laquelle il continue aujourd'hui à s'accrocher. A aucun moment, le syndicat SUD n'avait voulu s'apercevoir de l'existence du rapport Lepaon, de la signature de la loi Hollande-Valls avant la grève, ni du caractère double des déclarations de la CGT au cours de la grève. Les groupes d'extrême gauche qui ont un rôle important au sein de SUD, à savoir NPA et Alternative Libertaire, ont camouflé tout cela tant qu'ils ont pu. Mais surtout, ils se sont gardés, de même que Lutte ouvrière au sein de la CGT, de défendre une autre perspective au sein de la grève, combattant même l'idée des comités de grève, l'extension de la lutte par exemple à la RATP. Ils se sont gardés de critiquer la participation aux négociations bidon. Ils se sont gardés de démasquer le double jeu des centrales syndicales. Ils se sont gardés de proposer la perspective d'une lutte d'ensemble des services publics qui subissent une attaque conjointe, par exemple une liaison avec la santé qui connaît plusieurs grèves au même moment et tente de les faire converger contre les appareils syndicaux. Le bilan du groupe Alternative Libertaire est particulièrement instructif, sachant le rôle que joue ce groupe au sein de Sud Cheminots. On peut y lire qu'il faut combattre les militants d'extrême gauche qui militent pour des comités de grève. Oui, l'extrême gauche cautionne à fond les politiques de trahison des appareils syndicaux, permettant à ces politiques de passer discrètement sans que la majorité des travailleurs ne voient la tromperie. Inutile de dire que ces groupes d'extrême gauche, tout comme la gauche et les syndicats, se sont gardés de souligner la trahison du rapport Lepaon au CESE et de la signature du projet de loi SNCF d'Hollande-Valls avant la grève, se refusant à prévenir les cheminots que ceux qui allaient diriger leur grève en étaient les ennemis cachés.</p>
<p>La dernière grève n'est pas un succès même si certains se satisfont de minimes amendement à la loi. Celle-ci reste une loi en vue de la privatisation du transport ferroviaire et elle n'a en rien fondamentalement changée. D'autres affirment que, nous cheminots, aurions fait grève pour l'honneur, pour faire une démonstration. Mis à part le fait que de telles démonstrations coûtent cher et ne rapportent pas grand-chose à part la satisfaction de quelques dirigeants syndicaux, il convient de se demander ce que ces derniers cherchaient exactement au travers de la grève. En effet, Lepaon comme Garrel avaient signé le projet de loi (non amendé) avant de se mettre à la tête de la grève. Cela pose question : la direction CGT ne voulait-elle pas simplement se blanchir d'avoir entériné un grave recul social. En faisant grève, en prenant parti pour et contre les cheminots, ces dirigeants ne nous ont-ils pas trompé. Si les dirigeants syndicaux qui ont condamné la grève sont bel et bien dans le camp de la privatisation, ceux qui ont pris la tête de la grève ne valent pas beaucoup plus cher. On se souvient que le principal organisme d'Etat en la matière, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) avait adopté un rapport en vue de la privatisation. Ce rapport, adopté par les patrons, l'Etat et presque tous (solidaires n'avait pas signé) les syndicats dans le cadre du CESE, était signé Lepaon, actuel secrétaire général de la CGT…</p>
<p>Le bilan, ce n'est pas l'inutilité de faire grève mais l'inutilité de choisir comme direction des grèves des dirigeants qui en fait sont contre et se débrouillent pour nous faire reprendre le travail sans avoir rien obtenu et sans s'être donné les moyens d'obtenir quelque chose. On aura par exemple remarqué que, durant la grève, la CGT était contre de bloquer les RER de Paris-centre. Ce qui aurait donné davantage de force à la grève. Contre aussi l'extension de la grève à la RATP. Contre encore son extension à l'EDF pourtant elle-même menacée selon les propos de Lepaon lui-même. Contre toute liaison avec les hôpitaux en grève ou tout autre domaine du secteur public. Quand on fait grève, on le paie nous-mêmes de notre poche. Quand on échoue, on le paie nous-mêmes de reculs sociaux importants, et ce n'est pas les bureaucrates des appareils syndicaux qui en font les frais. Eh bien, il faut aussi qu'on décide des orientations de la grève par nous-mêmes !!! On n'a pas besoin de dirigeants qui nous disent, maintenant, que ce n'est pas grave si on a perdu puisque c'était pour l'honneur, pour la beauté du geste ou pour le principe… Si on veut gagner dans nos luttes, dirigeons-les par nous-mêmes. C'est de comités de grève qu'on manque dans les mouvements à la SNCF comme, plus largement, dans toute la classe ouvrière en ce moment.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3430</a></p>
<p>Déclarations de Lepaon, secrétaire général de la CGT :</p>
<p>A la radio France Inter ce matin : « Le fait que la grève se prolonge n'est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF ».</p>
<p>Ce jour, il a également déclaré : « Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s'est instauré avec les cheminots. » Mais il s'est bien gardé de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !</p>
<p>Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu'avant la grève, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient signé leur accord avec le projet gouvernemental…<br class='autobr' />
Cela vient se rajouter à ses déclarations précédentes comme « d'accord avec la loi mais pas avec son contenu » ou encore souhaitant que le travail reprenne… dimanche dernier et parlant de « sortie de crise ce week-end » !</p>
<p>Lepaon a exposé clairement comment il s'apprête à lâcher le mouvement si des petits mots sont changés dans le texte de loi… sans rien changer du fond :</p>
<p>"Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s'est instauré", a déclaré M. Lepaon sur France Inter.</p>
<p>"Maintenant, il faut que les amendements soient écrits de manière précise, qu'ils soient débattus à l'Assemblée nationale et qu'ils soient votés", a-t-il poursuivi.<br class='autobr' />
La CGT veut notamment que le "besoin d'un service public ferroviaire" soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avancées entre "le premier projet de loi et celui qui est débattu".</p>
<p>Sur la question du "statut des personnels", "c'est une décision qui est inscrite aujourd'hui dans le projet de loi" mais "il faut que la loi soit extrêmement précise" pour éviter des interprétations lors de la "mise en oeuvre", a-t-il estimé.</p>
<h2 class="spip">2015</h2>
<p>La trahison syndicale de la lutte des personnels des hôpitaux</p>
<p>Dans le dernier mouvement des personnels de l'hôpital public de mai-juin dernier, la principale revendication des personnels en grève et en manifestation a été : pas touche aux RTT, retrait du projet Hirsch en totalité, sans amendement ni discussion, pas de négociation. « Ni amendable, ni négociable » a été un slogan de tous les hôpitaux.</p>
<p>Pas question de suppression de nos RTT ! Pas question d'imposer la fin des 35 heures à l'hôpital ! Pas question de modifier les horaires ! Pas question d'une baisse de la masse salariale pour combler les trous financiers dont nous ne sommes nullement les responsables ! Pas question d'accepter de faire des efforts supplémentaires ni en temps de travail, ni en personnels en moins ni d'aucune manière ! Pas question de sauver aucun point de la prétendue « réforme » de Hirsch ! Aucun plan d'économie pour l'hôpital public aux dépens des malades et des personnels !</p>
<p>Les syndicats qui disent nous représenter ont tous répété avec nous : pas amendable et pas négociable tout en passant leur temps à… essayer d'amender et de négocier !!! S'ils ont fini, en juillet, admettre tous avoir échoué et s'être retirés de la table des négociations, SUD et CFDT étant les derniers à le faire, ils n'ont rien admis sur le fond et sont prêts à recommencer à négocier sur une prétendue « bonne réforme » ! Ils refusent d'admettre que, l'Etat français étant en faillite, toute réforme voudra dire des attaques sur les salaires, sur les emplois, sur les conditions de travail, sur les horaires, sur les repos, sur les primes, sur l'organisation du travail, sur tout ! Et pourtant, les dirigeants réformistes des syndicats sont toujours partisans de négocier des réformes !</p>
<p>Dès le départ, on avait compris qu'Hirsch voulait nous attaquer sur toute la ligne : horaires, RTT, primes, équipe, organisation du travail 35 heures et on en passe… Mais l'intersyndicale n'a jamais voulu le comprendre. Elle ne peut qu'espérer à nouveau…négocier après la journée d'action… Ils font la même chose partout : à Radio France, à France Télévisions, à l'AFP, à la SNCF : des journées d'action suivies de négociations bidon ! C'est comme cela que l'intersyndicale avait lanterné le mouvement des retraites de 2010, jusqu'à le faire échouer ! Et ils font partout comme si chaque entreprise publique était un cas à part alors que, dans chacune, les PDG prétendent que les comptes sont dans le rouge pour faire passer des attaques en règle.</p>
<p>Tout au long de la lutte des personnels de l'hôpital public comme de Radio France ou de la SNCF, l'intersyndicale a pris toutes les décisions en ne tenant nullement compte des avis des personnels mobilisés et c'est toujours à reculons qu'elle a été contrainte de se retirer des négociations alors que les personnels exigeaient sans cesse qu'on n'y participe pas.</p>
<p>Certains syndicats ont même mené des négociations secrètes avec Hirsch en cachant leurs lieux de réunions pour ne pas être dérangés, en refusant de transmettre des comptes-rendus de celles-ci et les autres syndicats ont toujours refusé de dénoncer ces discussions en catimini.</p>
<p>Le mercredi 17 juin, on nous annonçait encore qu' « un dialogue approfondi entre la direction et les syndicats avait repris pendant sept heures (jusqu'à une heure du matin). Un nouveau calendrier a été proposé, sur un ton plus apaisé et constructif et sur de nouvelles bases. » « C'est une avancée », déclarait Rose May Rousseau, secrétaire générale de la CGT. « Nous avons progressé sur la feuille de route qu'on pourra modifier, les revendications du personnel ont été prises en compte. On espère trouver une issue à ce conflit », précisait-elle.</p>
<p>Le 17 juin, la CFDT, après avoir adopté un texte de Hirsch intitulé « Relevé de conclusions », texte également soutenu également par SUD Santé, déclarait : « Cette réunion du 17 juin a réuni, l'intersyndicale (CGT/ SUD-Santé / CFDT / FO et UNSA) et Martin Hirsh et a duré 7 heures. Elle a donné lieu à la rédaction d'un document de sortie de crise intitulé « relevé de conclusions », qui devrait servir de méthode aux échanges de terrains, entre les équipes soignantes et leurs responsables (cadres et médecins)... Le conseil du syndicat CFDT AP-HP a validé ce « Relevé de conclusions » qui marque sa volonté d'entrer dans une phase de dialogue social authentique à l'AP-HP. »</p>
<p>Le syndicat SUD écrit dans un tract, intitulé "Pour en finir avec le fantasme de la trahison", qu'il serait inadmissible de parler de « trahison » de l'intersyndicale ou des syndicats mais toute son attitude démontre le contraire. Le 24 juin, dans son communiqué, Sud Santé affirmait que, dans le « relevé de conclusions » de Hirsch soutenu par CFDT et SUD, Hirsch aurait « reconnu l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur ». SUD considérait seulement qu'elle doit « ouvrir encore plus le texte » qu'elle a convenu avec Hirsch, le fameux « relevé de conclusions »…</p>
<p>« SUD Santé souhaite ouvrir plus encore le texte, définir le calendrier de la première phase, coucher sur papier les critères de choix des services en difficulté, définir plus précisément l'étude d'impact... Si les avancées sont réelles, beaucoup reste à préciser... »</p>
<p>« Contraint de revoir sa copie sous la pression de la rue, Hirsch propose un relevé de conclusions où il reconnaît l'ampleur du mouvement social dans l'institution, et l'intersyndicale comme interlocuteur. Il est surtout poussé à reconsidérer son calendrier et dans le meilleur des cas ouvrir des négociations au plus tôt en octobre prochain. » écrivait SUD.</p>
<p>« Nous sommes prêts à discuter d'une véritable réduction du temps de travail avec des embauches » et « négocier sur la base de nos revendications, pas sur celles de M. Hirsch », a déclaré la dirigeante CGT Santé Rose May Rousseau. Le 18 juin, Sud Santé écrivait : « Nous SUD Santé sommes prêts à discuter avec lui (Hirsch). » En tout cas, les manifestants refusaient de négocier et tous les syndicats ainsi que l'intersyndicale n'avaient à la bouche que le mot de négocier !!!</p>
<p>Et le jeudi 18 juin, les syndicats rejoignaient encore Hirsch pour… reprendre les négociations !!!</p>
<p>Les syndicats et l'intersyndicale négociaient et n'arrêtaient pas de négocier comme le constataient les manifestants rassemblés à la place Victoria qui se sont retrouvés en train d'attendre… très longtemps, trop longtemps, les responsables syndicaux en train de négocier pendant des heures avec Hirsch alors que les manifestants leur criaient leur révolte : « Pas la peine d'y rester des heures pour dire à Hirsch qu'on ne veut pas de sa réforme ! »</p>
<p>L'attente continuant malgré les huées et les responsables syndicaux poursuivant leurs blabla avec Hirsch, le slogan de « Intersyndicale trahison ! » ou « négociations, trahison ! » a été lancé par les manifestants ! Ils n'en sont pas moins restés à bavarder avec Hirsch !!!</p>
<p>Ce n'est pas parce que l'intersyndicale regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, Sud, Unsa, CFE-CGC, qu'elle a le droit de décider à notre place, de négocier à notre place, de céder sur ce qu'on ne veut pas céder, de parler en notre nom sans nous consulter !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775</a></p>
<p> L'année 2015 est marquée aussi par la destitution de Lepaon comme secrétaire général de la CGT et la nomination de Martinez à sa place. Sur Lepaon, nous avons eu l'occasion de commenter. Voici pour Martinez…</p>
<p>Philippe Martinez, secrétaire de la CGT, le mythe de l'homme de la lutte des classes et la réalité de l'ascension d'un bureaucrate…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6131</a></p>
<h2 class="spip">2016</h2>
<p>C'est une année d'attaques antisociales avec notamment la loi El Khomri que les syndicats vont faire semblant de contester dans la rue…</p>
<p>Hollande et Valls fustigent Martinez, qui réplique, et on nous présente de tous côtés (média, hommes politiques, syndicats) la situation sociale en France comme celle d'un bras de fer entre la direction des syndicats, et en particulier de la CGT, d'un côté et le gouvernement de l'autre. Au point d'oublier presque qu'en réalité il y a les travailleurs et les jeunes, ainsi que les milieux populaires et de l'autre la classe capitaliste et son gouvernement « de gauche » !</p>
<p>Certains parlent même d'affrontement entre deux personnes : Martinez et Valls, comme si on devait seulement choisir entre eux. La réalité est tout autre : c'est un combat de classe qui se déroule et dans celui-ci l'opposition frontale entre les gouvernants et les directions syndicales est loin d'être évident. Les syndicats les moins « radicaux » comme la CFDT font carrément partie du gouvernement et ceux qui passent pour plutôt d'opposition à la politique sociale du gouvernement, comme la CGT et FO, viennent de voir deux de leurs anciens dirigeants nommés par Hollande à des postes de hauts fonctionnaires, respectivement un poste de dirigeant de l'Agence contre illettrisme et d'Inspection des Affaires sociales.</p>
<p>Curieuses ces hautes nominations pour des dirigeants syndicaux qui ne joueraient qu'un rôle d'adversaires du gouvernement de gauche, d'autant que les syndicats ont tous contribué ouvertement et publiquement à faire élire Hollande, même s'ils disent ne pas aimer la politique de Valls. D'autant plus curieux que Martinez est le successeur de Lepaon, nommé par celui-ci et connu comme son second et en accord avec son orientation réformiste et collaborationniste. D'autant plus curieux que cette orientation de Lepaon l'avait amené à signer le rapport d'Etat pour les Conseil Economique Social et Environnementale chargé d'organiser la privatisation de la SNCF.</p>
<p>Martinez, comme l'intersyndicale qui appelle aux journées d'action a suivi les jeunes et les travailleurs en passant d'une demande de modification du texte début mars à un retrait complet du texte. Cela ne l'empêche pas aujourd'hui de déclarer, dans un coup de fil avec Valls, qu'il lui suffirait d'une suspension de décision de la part du gouvernement pour appeler à suspendre le mouvement social ! Et ce « leader syndical » étudie avec Valls « les solutions pour arrêter les blocages et les manifestations » !!! Le voilà celui qui est présenté le leader qui radicalise la lutte sociale en France !!!</p>
<p>Il y a donc une contradiction entre ces faits et l'apparence que l'on voudrait nous donner des événements et des luttes actuelles en France, apparence selon laquelle la direction de la CGT pousserait à radicaliser la lutte, mènerait un combat jusqu'auboutiste.</p>
<p>La réalité est toute autre qu'un affrontement entre deux dirigeants, Valls et Martinez, ou entre deux organisations, CGT et PS par exemple, et la population en prend conscience puisqu'un sondage affirme qu'une majorité admet qu'il y a en réalité une lutte de classe dans lequel le gouvernement est du côté de la classe capitaliste.</p>
<p>Reste à savoir de quel côté, dans quelle classe sociale, sont vraiment les directions syndicales, elles qui se présentent comme mobilisées pour faire reculer le gouvernement et prêtes à « aller jusqu'au bout ».</p>
<p>Quel est le bout que les dirigeants syndicaux ne comptent pas dépasser, telle est effectivement la question. Est-ce que le bout n'est pas justement la limite où ils se dévoilent comme de faux dirigeants de la classe ouvrière et l'autre limite où ils risquent de nuire aux intérêts fondamentaux de la classe capitaliste.</p>
<p>Bien sûr, si on prend les discours de Martinez au mot, on peut croire qu'il appelle l'ensemble de la classe ouvrière à la lutte, qu'il lance successivement les salariés du transport, de l'énergie, des routiers, des pétroliers, de la chimie, du nucléaire, puis lancera d'autres secteurs, qu'il ne reculera pas, qu'il se donnera, et donnera ainsi à la classe ouvrière, les moyens de généraliser progressivement la lutte et de faire ainsi reculer le gouvernement et le patronat.</p>
<p>Mais il en va autrement quand on y regarde de plus près.</p>
<p>Appeler toute la classe ouvrière à lutter ensemble, où et quand la CGT l'aurait-elle réellement fait ? Pas une fois au cours de ces neuf journées d'action déjà programmées ! Il n'y a jamais été question de mettre en liaison les différents secteurs en lutte. Il n'y a jamais été question d'assemblées interprofessionnelles contrairement à la grève de 1995 ou aux luttes des cheminots ou des infirmières avec les coordinations. L'appel à la grève pour l'ensemble de la classe ouvrière de Martinez est une posture médiatique qui ne se retrouve pas du tout dans les appels syndicaux dans les entreprises, dans le secteur privé ou public. Pas d'appel à rejoindre le mouvement de grève reconductible de l'Automobile à La Poste ou à l'hôpital public ! Pas d'appel à voter la grève dans les services publics ni dans le secteur privé. Le prétendu bras de fer n'est là que pour donner une image combative à Martinez ou à l'intersyndicale mais pas à construire réellement un rapport de forces capable de faire reculer nos adversaires.</p>
<p>Dès le 9 mars quand les jeunes appelaient à la grève, que 71% de l'opinion disait soutenir les syndicats et que SNCF et RATP étaient par hasard appelés à faire grève le même jour pour des raisons apparemment différentes. Mais la loi El Khomri qui attaque le code du travail n'est en rien séparée des attaques contre les services publics de transport ou le service public hospitalier ou La Poste ou d'autres attaques contre les retraites, la sécu, les aides sociales et on en passe…</p>
<p>Dès le 9 mars, quand la SNCF était appelée à la grève par la CGT, ce n'était pas contre la loi El Khomri, ce n'était même pas pour s'opposer à la privatisation du rail, considérée comme acquise par ce syndicat puisqu'elle participe à des négociations sur les horaires des travailleurs du rail, privé et public, dont elle conteste le contenu mais pas le principe. Et depuis, les syndicats qui ont appelé les cheminots à faire grève, y compris à la fois contre El Khomri et la réforme du rail ne contestent pas du tout la partie privatisation de cette réforme. Ils n'en parlent même plus. Le voilà le radicalisme prétendu des dirigeants syndicaux !!! Il fut un temps où on aurait cru impensable que les centrales syndicales s'inclinent devant la privatisation des chemins de fer !!! Elles affirment qu'on n'y peut plus rien puisqu'il a été adopté par l'Etat mais disent exactement le contraire pour la loi El Khomri, affirmant qu'on peut faire annuler une loi mal votée ! Une fois de plus un double discours qui cache très mal que ces directions syndicales trahissent la lutte qu'elles prétendent mener de manière radicale.<br class='autobr' />
Martinez peut bien se montrer aux média en train de jeter un pneu à brûler aux côtés des pétroliers grévistes, cela ne signifie pas qu'il propose autre chose que le faux radicalisme des blocages de l'essence. La force des travailleurs n'est pas le mythe de la grève générale et des bras croisés qui bloquent l'économie. La vraie force des travailleurs, c'est d'être capables de s'unir et de s'organiser collectivement, en comité de travailleurs, fédérés en coordination, discutant ensemble dans des assemblées interprofessionnelles. C'est cette force-là que refusait Bernard Thibaut lors du mouvement des retraites de 2010 et c'est cette force-là dont Martinez n'est nullement le leader dans le mouvement actuel.</p>
<p>Il affirme en même temps : "Quand on se bat, on peut gagner, et on ira jusqu'au retrait de la loi Travail !" ou encore <br class='autobr' />
"Les cheminots remettent ça la semaine prochaine. Mais il faut généraliser à la métallurgie, au commerce. Il faut que le gouvernement sache qu'on ne lâchera rien."</p>
<p>Martinez romperait-il avec le syndicalisme de collaboration ? Pas du tout ! « On veut commencer à discuter », réaffirme Philippe Martinez, patron de la CGT.</p>
<p>Le bout que ne dépasse pas Martinez, ce sont les journées d'action successives : « Pour la première fois, nous appelons à trois dates de grève, dans une échéance très resserrée. Ce qui off re la possibilité aux salariés en grève mardi de continuer leur action jusqu'au jeudi. » a dit Martinez.</p>
<p>Or, dans ces journées successives qui ont été la clef de la défaite du mouvement des retraites de 2010, déjà agrémentées à l'époque par des blocages pétroliers, le fait d'arrêter puis de repartir caractérise les lâchers de vapeur des directions syndicales qui ne mènent qu'à épuiser le mouvement et non à le lancer…</p>
<p>Lors de son dernier congrès, la direction de la CGT a refusé de valider un appel à la "grève générale reconductible" que réclamaient certains de ses adhérents.</p>
<p>"Cela ne peut pas être une confédération nationale qui appuie sur un bouton pour mettre en grève des salariés", prévient Jean-Claude Mailly, le patron de Force Ouvrière, dans un entretien publié sur le site de Paris-Match.</p>
<p>Eh oui, des directions syndicales dignes de ce nom auraient commencé par proposer à la classe ouvrière de se réunir dans toutes les entreprises dès le 9 mars pour décider elles-mêmes de leurs modes d'action et d'organisation. Mais les centrales syndicales ne sont nullement de telles directions de la classe ouvrière. Elles participent en fait au fonctionnement de l'Etat bourgeois et en recueillent les fonds publics de rémunération de leur rôle de conservation sociale. Il n'y a donc aucun regret à avoir de constater que les directions syndicales jouent un rôle bourgeois. Elles ne peuvent pas trahir leur classe, qui est la classe capitaliste. C'est aux travailleurs de tirer la leçon et d'entraîner les militants syndicalistes de base dans des organisations indépendantes de nos adversaires, des comités de grève et des coordinations éluées et révocables qui assument la totalité des décisions de nos luttes. C'est seulement ainsi que nous, travailleurs, pouvons agir dans le sens de nos intérêts de classe, intérêts qui sont diamétralement opposés à ceux de la classe capitaliste, opposition radicale qui n'est nullement négociable et moins que jamais depuis l'effondrement historique du capitalisme mondial de 2007-2008 !<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077</a></p>
<p>Une nouvelle trahison des luttes des cheminots</p>
<p>La grève organisée par les syndicats a lieu en ordre dispersé. Reconductible pour SUD quand la CGT n'appelle qu'à des journées d'action. Quand les grévistes SUD sont épuisés, la CGT annonce qu'elle démarrera dans des semaines… une grève reconductible !!! D'autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant même explicitement « le même RH pour tous », ce qui veut dire pour le secteur privatisé et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans à l'avance, que les syndicats considérés comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour éviter que les cheminots n'agissent de manière autonome… On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non grévistes, ont accepté de participer à des négociations dont l'objectif étaient clairement un recul social intitulé « augmenter la productivité du travail des cheminots » !!!<br class='autobr' />
Négocier le décret socle même si la revendication est " décret socle = RH0077 ", ce n'est pas le retrait c'est à dire le retrait de la réforme de juin 2014 qui entérine la séparation en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller négocier le décret socle, c'est accepter la privatisation, et c'est accepter de négocier l'augmentation de l'exploitation...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4195</a></p>
<p>Maintenant que les personnels de l'hôpital public ont été battus et que le plan Hirsch est passé, maintenant que le gouvernement a fait passer la loi El Khomri, fait passer aussi la loi Macron ou la loi Sapin, la loi sur l'Etat d'urgence aussi, eh bien c'est le bon moment pour mener une lutte séparée, isolée de tout cela, pour les cheminots et, d'un seul coup, le syndicat CGT se retrouve un radicalisme oublié pour appeler à un grand mouvement de grève à la SNCF, avec des journées d'action programmées tous les mercredi et tous les jeudis.</p>
<p>Une grève reconductible, il y a un moment que la CGT s'y refusait.</p>
<p>Quand les cheminots auraient pu rejoindre les enseignants en lutte, les Radio France en lutte, les hospitaliers en lutte, les France Television, les postiers, les Areva et les EDF et on en passe, eh bien là justement il n'était pas question de grève reconductible ni d'une action commune avec d'autres catégories de salariés… Quand la loi El Khomri révoltait toute l'opinion populaire, là non plus pas question !!!</p>
<p>Quand Pépy annonçait la privatisation du Rail, pas question de relier cette question avec la privatisation qui se développe partout dans les services publics en même temps que l'austérité les frappe tous, de l'enseignement à la recherche, de la santé aux transports en passant par la poste… Aucune stratégie syndicale de convergence des luttes : au contraire, une stratégie de dispersion dont le prochain mouvement SNCF est encore l'illustration !!!</p>
<p>Bien sûr, toute la leçon des luttes séparées, divisées, saucissonnées, est qu'elles échouent mais cela n'arrête pas « nos » dirigeants syndicaux. Sont-ils vraiment les nôtres ou ceux du patronat et du gouvernement ?!!!</p>
<p>Comment l'ancien secrétaire général de la CGT, Lepaon, aurait-il reçu récemment un poste de haut fonctionnaire de la part du gouvernement si ce dernier ne tenait pas à le remercier d'avoir été le rapporteur au Conseil Economique, Social et Environnemental pour la CGT, rapport qui préconisait et préparait la privatisation de la SNCF.</p>
<p>Et justement, qu'est-ce qui frappe dans la prochaine grève soi-disant très radicale de la CGT : c'est qu'elle ne dénonce pas cette privatisation et attaque tout autre chose !!!!</p>
<p>La deuxième chose, c'est la méthode : deux jours de grève en milieu de semaine puis deux jours la semaine suivante. Pas la grève reconductible jour par jour. Pas une méthode de lutte qui peut faire craindre à la bourgeoisie qu'elle s'étende à d'autres secteurs. D'ailleurs, la revendication n'a rien qui permette cette extension…</p>
<p>Enfin, ce qui frappe, c'est qu'il ne s'agit pas d'annuler un plan gouvernemental mais de le négocier. Le recul syndical est déjà inscrit dans la démarche. On n'y dit pas qu'on refuse de négocier un recul du service public, encore un ! Non, on annonce à l'avance qu'on va le négocier !!</p>
<p>La CGT, comme les autres syndicats, acceptent d'entrer dans une négociation sur les règles qui devraient concerner, en commun, un secteur public du rail et un secteur privé du rail. Quelle meilleure manière de reconnaître qu'ils admettent que le rail soit privatisé !!!</p>
<p>D'ailleurs la lutte contre la privatisation ne figure plus du tout dans les tracts syndicaux alors qu'auparavant, c'était considéré comme une base indiscutable !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve791</a></p>
<h2 class="spip">2017</h2>
<p>Tous les syndicats français ont déclaré vouloir d'un « véritable dialogue social » avec le nouveau président Macron, alors que celui-ci n'a pas caché l'énorme recul social qu'il prétend négocier. Ils continuent tous, y compris la CGT et SUD, à avoir une posture de syndicat réformiste, qui propose, qui discute, qui signe des accords.</p>
<p>Et pourtant, le passé a prouvé qu'aucune négociation n'a apporté une avancée quelconque et au contraire de multiples reculs, qu'il s'agisse des retraites, du code du travail, des agents de l'hôpital public, des cheminots, toutes les prétendues réformes ont été des reculs d'ampleur et la méthode des négociations-journées d'action a été un échec complet et cuisant, le dernier en date étant celui de la loi El Khomri, en réalité une loi Macron2 que Macron estimait n'être pas suffisamment développée. Il est donc en train de concocter Macron3 et la posture de négociation est à l'évidence purement formelle, la méthode consistant à légiférer par ordonnances le démontrant pleinement.</p>
<p>Pourquoi tous les syndicats tiennent-ils à ces négociations, au fait que les pouvoirs publics les consultent, et pourquoi viennent-ils le doigt sur la couture du pantalon dès qu'on les sonne, alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'y gagneront rien, et qu'ils sont même capables parfois de le déclarer eux-mêmes d'avance comme l'a fait Martinez avant d'être reçu par Macron ? Parce que le réformisme est, pour eux, bien plus fondamental que le résultat de la lutte. C'est un a priori qui n'est pas discutable et qui tient à leur nature d'intermédiaire entre les travailleurs et les patrons, ainsi que l'Etat des patrons. Et avec Macron, le gouvernement des patrons est plus clair que jamais : le président des banques, le premier ministre du nucléaire, la ministre des trusts pharmaceutiques, la ministre de l'industrie du livre, le ministre des généraux, et on en passe….</p>
<p>Les choix de Macron sont des choix de classe assumés, le choix de défendre ouvertement la classe capitaliste. Le choix des syndicats est bien plus contradictoire : s'ils prétendent défendre les intérêts des travailleurs, ils affirment aussi défendre « l'intérêt des entreprises » et aussi « l'intérêt de l'économie nationale » et même tous les « intérêts nationaux », qui sont pourtant exclusivement des intérêts du grand capital en réalité. Et surtout, ils défendent un fonctionnement de la société bourgeoise dans lequel les syndicats sont des intermédiaires reconnus, respectés, consultés, soutenus, financés par l'Etat, par les trusts, par les banques, par toute la société bourgeoise et par toutes ses institutions, dont les grands syndicats sont d'ailleurs un des éléments. C'est la démocratie bourgeoise qui fonctionne ainsi et prétend tenir compte des demandes des appareils syndicaux.</p>
<p>Sauf que, depuis la crise historique du capitalisme de 2007-2008, il n'y a plus de place pour le réformisme et très peu de place encore pour la démocratie bourgeoise, grignotée tous les jours par la chute des investissements productifs, par la hausse du chômage, par la montée de la misère et des révoltes sociales, par la dérive dictatoriale des démocraties, sous prétexte d'antiterrorisme ou de crise migratoire ou encore de crise des banlieues ou de la jeunesse pauvre… Du coup, les gouvernants font sans cesse planer la menace de supprimer cet attribut de la démocratie, la consultation des syndicats, et ces derniers y sont d'autant plus attachés…</p>
<p>Pourquoi le rapport de forces se dégrade de plus en plus, au fur et à mesure des négociations-affrontements ? Pourquoi le mouvement des retraites de 2010, très massif, a été suivi d'attaques accentuées ? Pourquoi les syndicats ont-ils tiré comme bilan de leur impuissance à faire reculer le gouvernement Sarkozy que la seule solution consistait à appeler à voter Hollande ? Pourquoi sont-ils restés muets quand Hollande a davantage attaqué les retraites au lieu d'annuler les attaques de Sarkozy ? Pourquoi les cheminots ressortent affaiblis de leurs luttes, pourtant bien suivies, et toujours menées par les appareils syndicaux ? Pourquoi, les syndicats ont d'abord combattu contre la privatisation du rail et ont finalement mené des luttes qui reconnaissaient celle-ci ? Pourquoi les syndicats ont-ils trompé les agents de l'hôpital public, prétendant admettre l'exigence des personnels : on ne négocie pas les plans de Hirsch et ont finalement participé quand même aux négociations, et cautionné ainsi sa prétendue réforme qui casse l'hôpital public et ses personnels, leurs temps de repos, leurs emplois, leurs horaires, leurs charges de travail, leurs salaires et leurs conditions de travail ! Et une mobilisation très importante n'a pas permis de faire reculer Hirsch et le gouvernement !</p>
<p>Non seulement les salariés ne sont pas sentis renforcés lors des mobilisations pour les retraites, contre la privatisation du rail, contre la loi El Khomri et bien d'autres, mais ils ont été affaiblis au point que les directions des entreprises privées comme des services publics ont eu les moyens, à la fin de ces « mobilisations syndicales », de s'attaquer aux salariés combatifs, de licencier ou de sanctionner les plus combatifs, de les isoler ou de les attaquer. On l'a bien vu lors des luttes à Air France, dans les raffineries, dans les hôpitaux, etc… Cela montre que les méthodes des centrales syndicales, loin de renforcer les travailleurs, avaient renforcé leurs adversaires patronaux comme gouvernementaux. Plus remarquable encore le fait que les centrales syndicales aient elles-mêmes fait la chasse aux militants ouvriers les plus radicaux, montrant que leur convergence avec les classes possédantes et les gouvernants qui provient de leur réformisme fait des révolutionnaires et des travailleurs combatifs des ennemis bien plus craints que les patrons et leurs soutiens gouvernementaux.</p>
<p>Oui, les dirigeants syndicaux craignent des débordements de colère des travailleurs. Cela ne veut pas dire qu'ils craignent en soi la violence ou qu'ils craignent que des travailleurs se radicalisent, comme cela a été le cas à Air France ou dans les entreprises qui licencient ou ferment. Non, ils sont même capables de prendre l'initiative de tels débordements pour conserver la direction de la lutte mais ce qu'ils craignent c'est que la colère ouvrière amène les travailleurs à s'auto-organiser, à ne plus se contenter de suivre les appareils réformistes, qu'ils prennent eux-mêmes les décisions concernant leurs luttes, leurs revendications, leurs moyens d'action, leurs liaisons interentreprises, etc.</p>
<p>Les appareils syndicaux ont tout aussi peur des coups de colère brutaux et violents des prolétaires qu'en ont peur les capitalistes et les gouvernants, et ce n'est pas sans conséquence sur les choix que font parfois ces appareils syndicaux, épousant parfois des luttes qu'ils n'auraient pas souhaité, qu'ils ne voulaient pas du tout initier, qu'ils auraient voulu même empêcher, mais dans lesquelles ils craignent surtout que les travailleurs se donnent eux-mêmes une direction autonome et des perspectives propres et de classe, ce qui est exactement le contraire de la manière dont ces directions syndicales mènent les luttes : sans auto-organisation, sans liaison inter-entreprise, sans perspective commune des travailleurs décidée en commun, sans renforcement politique au social de la classe ouvrière.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4472</a></p>
<h2 class="spip">2018</h2>
<p>Sous prétexte de barrer la route à l'extrême droite, la CGT soutient ouvertement Macron…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve969</a></p>
<p>Trahison syndicale de la grève des cheminots</p>
<p>A mort la SNCF !!! déclare en substance Spinetta, dans son rapport commandé par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une société anonyme ! Et pas une seule société anonyme mais plusieurs différentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n'est pas à proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente à des opérateurs privés des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les opérateurs privés !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n'ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le réseau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Brétigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite des cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe...</p>
<p>Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement menée par la classe possédante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses réactions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter séparément (le même jour mais à part des autres fonctionnaires !) pour voir à quel point une attaque d'ensemble n'a en face d'elle que des ripostes partielles, localisées ou corporalisées, par journées ou par secteur.</p>
<p>La seule réponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l'entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comités de grève élus et révocables, au sein d'assemblées générales, coordonnés nationalement et proposant à toute la classe ouvrière du pays, public et privé, y compris les chômeurs d'en faire autant. Rien que ça !!!</p>
<p>Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c'est cette peur qui va dicter leur tactique « de lutte » consistant à éviter une vraie lutte !<br class='autobr' />
On aurait pu s'attendre qu'au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient réunis partout en assemblées générales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l'ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l'extrême gauche officielle non plus !!!</p>
<p>Les cheminots n'ont pas été réunis « à chaud », au moment où ils étaient massivement indignés par l'annonce d'attaques d'ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandité par le gouvernement. A ce moment-là, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d'attendre la réunion au sommet de l'intersyndicale, annonçant que l'unité serait le produit d'une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s'étaient déclarés favorables à la nouvelle politique incarnée par Macron !</p>
<p>15 mars 2018 : Réunion de l'intersyndicale qui, à la surprise générale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-mêmes, annonce que la grève des cheminots se fera… sans grève reconductible !!! Une grève est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s'appelle seulement des journées d'action !!!</p>
<p>L'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annoncé ce jeudi 15 mars une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril et jusqu'au jeudi 28 juin, pour protester contre la réforme du rail en cours.</p>
<p>L'intersyndicale prétend que sa stratégie permettra de gêner plus longtemps la circulation des trains.</p>
<p>Comme si gêner la circulation des trains, c'était cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4926</a></p>
<p>Le mouvement des Gilets jaunes va démasquer le refus des appareils syndicaux de toute lutte de classes offensive et auto-organisée…</p>
<p>Ce que les luttes syndicales n'avaient pas apporté, ce que les organisations politiques fussent-elles d'extrême gauche n'avaient pas apporté, le mouvement actuel l'amène : les travailleurs discutent comme jamais dans toutes les entreprises, ils discutent en même temps et non profession par profession, corporation par corporation, ils discutent parce que l'élément politique principal est devenu leur propre action et leur propre organisation : quand ils discutent ils décident !!!</p>
<p>La contradiction, c'est que les organisations qui se réclament de la classe ouvrière ne se reconnaissent nullement dans ce mouvement, sous le prétexte que l'explosion secoue tout, fait tout remonter et pas seulement des bonnes idées, des bons courants.</p>
<p>Ces gens-là, soi disant très organisés, n'aiment pas l'explosion, n'aiment pas l'insurrection, n'aiment pas la révolution, y compris quand ils ne cessent d'en parler !!!</p>
<p>La lutte des classes, ces encadreurs des travailleurs, ne sont pas pour quand les opprimés la mènent vraiment !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?breve1128</a></p>
<p>Le principal slogan des gilets jaunes « Y'en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…<br class='autobr' />
C'est d'ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !<br class='autobr' />
C'est la révolution sociale qui est « en marche » !!!<br class='autobr' />
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l'interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s'attaquent pas seulement à un chef d'Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arrêter le cours.</p>
<p>Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…</p>
<p>Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n'a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu'ils n'étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !</p>
<p>Le principal slogan des gilets jaunes « Y'en a marre de la misère ! » nous le dit : ce sont ceux qui commencent à ne plus supporter de devoir vivre dans le dénuement…<br class='autobr' />
C'est d'ores et déjà une insurrection des misérables, des opprimés, des exploités !<br class='autobr' />
C'est la révolution sociale qui est « en marche » !!!<br class='autobr' />
Ainsi, les Gilets jaunes sont globalement d'accord sur un point : il faut éradiquer définitivement la misère, l'interdire, la supprimer, et éradiquer aussi toutes ses causes, tous ses bénéficiaires, et imposer le droit de tous à disposer des moyens matériels de vivre correctement. Mais ils réclament cela justement au moment où la société capitaliste, ayant atteint ses limites, a pour projet d'accroître massivement la misère du plus grand nombre et serait bien incapable de faire autrement ! Ce n'est pas seulement tel ou tel gouvernant, tel ou tel parti politique qui aurait besoin de radicaliser les attaques antisociales, c'est toute la classe possédante ! Dès lors, les révoltés ne s'attaquent pas seulement à un chef d'Etat, à son gouvernement, à sa politique mais à toute la classe possédante, à tout le système et en prennent conscience au cours des événements, si ceux-ci durent parce que le pouvoir n'a pas les moyens d'en arrêter le cours.<br class='autobr' />
Et, en refusant de négocier avec un pouvoir, en le menaçant, en affirmant ouvertement vouloir le faire chuter, les Gilets jaunes ont contraint le pouvoir à payer dix milliards alors que les partis de gauche et les syndicats qui ont dirigé le mouvement des retraites (inutilement comme bien d'autres grèves) ont tiré de cette lutte… zéro euro et zéro centime, seulement des avantages pour les appareils syndicaux…<br class='autobr' />
Aucun dirigeant politique ou syndical, de la gauche réformiste n'a jamais porté le gilet jaune. Et quand ils ont fait semblant de ne pas être des ennemis du mouvment, cela a été pire encore. Il n'y avait que du jaune des gilets dans les manifestations et les rassemblements, mais, au fur et à mesure que les organisations faussement amies, en fait les pires ennemis, ont prétendu y participer, on a trouvé du rouge de l'orange du bleu. Et tous les Martinez ou Laguiller ont affirmé qu'ils n'étaient pas en jaune ! Ils ont fait croire cependant à un rapprochement entre gilets jaunes et syndicats pour mieux faire pâlir le drapeau des gilets jaunes !<br class='autobr' />
Le fait le plus remarquable est l'influence que le mouvement Gilets jaunes exerce encore dans les esprits malgré de très grands efforts des gouvernants, des média, des partis et des syndicaux pour en effacer l'influence. Plus de quatre ans après, il marque toujours la situation sociale en France et sert de référence pour ses amis comme pour ses ennemis. Il continue même un peu partout à exister et à se manifester, même si c'est avec beaucoup moins de force qu'à ses débuts. Il reste une menace permanente pour les classes dirigeantes qui doivent calculer avec lui et notamment qui doivent créditer davantage les syndicats pour le contrer. Il a en effet démontré une efficacité considérablement plus grande que tous les mouvements syndicaux, même quand ces derniers étaient plus suivis. En effet, les classes possédantes ont plus peur des mouvements auto-organisés qui ne sont pas controlables ni aisément trompables et ils craignent de n'avoir personne avec qui négocier comme cela a été le cas avec les Gilets jaunes. Le dernier échec total du mouvement syndical et politique des retraites soutenu par tous les syndicats et partis de gauche souligne encore le relatif succès des Gilets jaunes.<br class='autobr' />
Les nombreuses tentatives pour l'écraser par la répression sanglante (la pire violence d'Etata contre des manifestants désarmés depuis des décennies) et par la calomnie massive. L'échec des tentatives de récupération et des tentatives de le discréditer, notamment avec les accusations de fascisme, de complotisme et d'antisémitisme a été d'autant plus remarquable.<br class='autobr' />
Dans ses débuts, quand il était le plus massif, il a touché toutes les régions de France, jusqu'aux coins les plus reculés et s'est implanté partout à la base, parmi les plus démunis, dans le prolétariat et dans les couches misérables de la population, unissant le peuple travailleur.<br class='autobr' />
Il aurait certainement essaimé dans les entreprises sans le tir de barrage des syndicats qui, pour se protéger, ont mené campagne en le traitant d'alliance avec la petite bourgeoisie, avec les déçus du macronisme, d'alliance avec le fascisme et l'antisémitisme, de compltisme et autres balivernes.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369</a></p>
<p>Le secrétaire général de la CGT va militer d'emblée contre le mouvement des Gilets jaunes qu'il prétendra inféodés à l'extrême droite, antisémites, de petits patrons, antisyndical et on en passe…</p>
<p><a href="https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.parismatch.com/Actu/Politique/Gilets-jaunes-Pour-Martinez-il-est-impossible-d-imaginer-la-CGT-defiler-a-cote-du-Front-national-1588335</a></p>
<p>Les autres syndicats ne feront pas mieux…</p>
<p><a href="https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.franceinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-le-nouveau-patron-de-fo-n-appelle-pas-a-manifester-samedi-a-paris-mais-demande-des-augmentations-des-salaires_3048145.html</a></p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/11/26/97002-20181126FILWWW00042-gilets-jaunes-la-cfdt-on-va-faire-des-propositions-concretes.php</a></p>
<p>Ce qui distingue la lutte des gilets jaunes de tous les mouvements réformistes, par exemple le dernier mouvement syndical contre la réforme des retraites, c'est que c'était un mouvement révolutionnaire et pas un mouvement réformiste. C'est ce qui a poussé le gouvernement de Macron pourtant le plus offensif contre les exploités de ces dernières années, à reculer sur bien des points, craignant que l'ensemble de la classe ouvrière soit entraînée par lui vers la révolution sociale…<br class='autobr' />
Les gilets jaunes sont le premier mouvement depuis de longues années qui ait affirmé en France la nécessité d'en finir non seulement avec telle ou telle politique du capital et de son gouvernement mais avec le pouvoir capitaliste lui-même, avec la mainmise capitaliste sur toutes les richesses, avec la mainmise également du capital sur le pouvoir d'Etat, un mouvement qui ait refusé réellement tout dialogue avec le pouvoir capitaliste, toute négociation avec lui, toute tentative d'arrangement, de compromis, d'entente, exactement à l'inverse des réformistes qui ne réclament que cela !</p>
<p>Mais, redisons-le une fois encore, ce qui permet aux appareils réformistes de mener leurs manœuvres grandes et petites, c'est qu'elles peuvent s'adresser à la population travailleuse ou au moins à une majorité de celle-ci et lui dire : « Vous aussi, vous ne voulez pas autre chose qu'une bonne réforme et vous ne souhaitez pas tout révolutionner ». Et pour le moment cela reste vrai. C'est seulement dans le mouvement des gilets jaunes que l'on n'avait pas trouvé une majorité pour céder à ce type de discours…</p>
<p>La révolte a été si profonde et radicale, le fossé si large entre riches et pauvres, entre les capitalistes et les plus démunis, les provocations du pouvoir si insupportables que les gilets jaunes se sont le plus souvent proclamés ouvertement révolutionnaires, résolus à refuser les compromis et les fausses négociations, et à déclarer qu'ils ne voulaient rien réformer mais tout changer radicalement.</p>
<p>Bien sûr, ils sont nombreux ceux qui n'ont pas confiance dans les appareils réformistes, nombreux y compris au sein de ces organisations, même parmi les militants de celles-ci, à dire qu'elles ne sont pas assez radicales, qu'elles font trop de cadeaux à nos ennemis, qu'elles ne proposent pas des stratégies de lutte suffisantes pour améliorer le rapport de forces. Mais ces critiques, y compris celles de la gauche de la gauche ou de l'extrême gauche opportuniste, ne touchent nullement au fond de la question, celle du réformisme.</p>
<p>Et cela n'a rien à voir avec une particularité française. Partout dans le monde, le réformisme n'est plus capable que de soutenir ou d'aider des contre-réformes qui détruisent les services publiques, les aides sociales, la santé, l'éducation, le niveau de vie des travailleurs, des chômeurs, des misérables. Au plan social et politique, ces réformistes ne font que sauver les gouvernants, les capitalistes et de défendre le système capitaliste lui-même. Ainsi, ils ne font que donner crédit aux démagogies des extrêmes droites fascistes qui peuvent se créditer de dénoncer plus radicalement le système !</p>
<p>Les réformistes essaient de se recréditer à partir des attaques antisociales et ils font de même avec la menace que représentent les fascistes, mais, en fait, ils ne servent à rien pour combattre ces deux menaces. Au contraire, ils empêchent toute riposte, empêchent les travailleurs et les démunis de s'organiser pour riposter, et ils permettent à nos ennemis de faire croire à leur force et de faire croire que les exploités, eux, ne disposent ni de forces ni de perspectives…</p>
<p>La base même des thèses réformistes, c'est justement que l'« on ne peut pas changer le système, il faut seulement l'adapter ». Les mêmes affirment ne pas vouloir s'en prendre aux capitalistes mais seulement amoindrir le fossé social. Ils affirment ne pas combattre pour supprimer la possession privée du grand capital mais permettre au plus grand nombre d'accéder au droit de réussir, au droit d'entreprendre, au droit de s'enrichir. La réalité montre qu'ils mentent : partout dans le monde, on ne permet au plus grand nombre que de devenir plus pauvres, plus précaires, plus démunis, plus menacés, plus attaqués, plus étouffés. Y compris quand ces prétendus réformistes gouvernent.</p>
<p>Le terme même de réformistes est mensonger car ces prétendues « gauches » ou « centres gauches » ou « gauches de la gauche », une fois au gouvernement, s'attaquent autant aux exploités que les prétendues droites et même s'unissent parfois à elles ou aux extrêmes droites.</p>
<p>En période de crise révolutionnaire du monde capitaliste, toutes les colorations politiques de la grande bourgeoisie convergent vers l'attaque violente contre les exploités, vers la répression violente des actions de ces derniers, vers l'écrasement violent des opprimés.</p>
<p>Et les réformistes, ou prétendus tels, ne réforment rien du tout. Parce que le pouvoir capitaliste, depuis sa crise révolutionnaire, n'est plus, depuis 2007-2008, capable d'autre chose que de casser les droits, les revenus, la vie de tous les exploités. Malgré la profondeur ce cette crise économique, le capitalisme n'a rien pu réformer du tout et il en est incapable parce que ce qui est cause de son effondrement c'est justement le droit des propriétaires privés à miser sur ce qui est le plus profitable, y compris quand c'est de miser sur l'effondrement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5778</a></p>
<h2 class="spip">2019 </h2>
<p>La grève des Urgences des hôpitaux a démarré sans les syndicats par une organisation des personnels par eux-mêmes à l'hôpital Saint-Antoine, l'Inter-Urgences, qui a réussi à généraliser la grève à tous le pays !!! Syndicalistes et gauches jusqu'à l'extrême gauche essaient d'effacer cette indépendance par rapport aux appareils syndicaux en faisant comme si ces grèves auto-organisées sont là pour préparer la "journée" de grève syndicale du 5 décembre, pas du tout auto-organisée, ce qui n'est absolument pas le cas...<br class='autobr' />
Le mouvement national des urgences en lutte et de nombreux hôpitaux est promené par les syndicats et affaibli par eux puis arrêté.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5524</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5360</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5479</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6335</a></p>
<p>Le 5 décembre 2019, les directions syndicales font seulement semblant de prendre la tête d'une grève générale reconductible et interprofessionnelle… Mais c'est faux, bien entendu !</p>
<p>Certains croient que la CGT appelle toutes les catégories à la grève générale reconductible…</p>
<p>Mais la réalité est tout autre. Voici ce qu'elle écrit :</p>
<p>« Le 14 novembre pour la défense de l'Hôpital public et des Finances Publiques<br class='autobr' />
Le 17 novembre contre l'ouverture des magasins le dimanche sans caissière et en soirée jusqu'à minuit (non rémunéré comme des heures de nuit de 21h à 24h)<br class='autobr' />
Le 20 Novembre Mobilisation des Accompagnants d'Elèves en Situation d'Handicap (AESH, AVS)<br class='autobr' />
Le 23 novembre contre les violences faites aux femmes<br class='autobr' />
Le 5 décembre pour nos salaires et nos emplois, contre le projet de réforme des retraites Delevoye/Macron<br class='autobr' />
Le 7 décembre contre la réforme de l'assurance chômage<br class='autobr' />
Et après nous déciderons ensemble des suites à donner à nos luttes : grèves, manifestations, rassemblements…. »</p>
<p>En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contrôler, pour éviter que la classe ouvrière ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital…</p>
<p>On peut même dire que, dès maintenant, en négociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent déjà la grève générale du 5 décembre qui, d'ailleurs, si elle se généralise petit à petit, secteur par secteur, n'est nullement appelée comme une grève générale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et chômeurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour préparer la journée du 5 décembre et les suivantes, non, c'est les négociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, pour tous les syndicats. Tous sont reçus. Tous négocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent dès maintenant !</p>
<p>Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles à une grève générale illimitée de tous les travailleurs, se prétendent aujourd'hui à son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, à la RATP, chez les employés de banque, les travailleurs se lancent dans une « grève sauvage » comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inquiète autant, à la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, décident eux-mêmes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engagés, de leur mode d'action et d'organisation !</p>
<p>Le 5 décembre, le mot d'ordre qui est souvent rappelé est celui de la « grève générale illimitée » mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux étant donné que le caractère « illimité » ne signifient pas qu'ils appellent à faire grève après le 5 et même pas le 6 décembre et que le caractère « général » de l'appel à la grève générale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvrière à agir ensemble !!!</p>
<p>En fait, une véritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, à la base, les travailleurs s'organisent par eux-mêmes en comités, en collectifs, en conseils, en assemblées, et se coordonnent localement, régionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des hôpitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et même dans tout l'hôpital public dans les collectifs de l'InterHôpitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Châtillon.</p>
<p>Certes, les médias ont parlé de « convergence » entre syndicats et gilets jaunes auto-organisés, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salariés de décider eux-mêmes, pas plus le 5 décembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des négociations, des objectifs, de la stratégie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Châtillon, c'est-à-dire l'auto-organisation de la lutte, ont imposé n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contrôle par les travailleurs de leur propre lutte, d'être sûr de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a décidé et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes possédantes et des gouvernants. Il est évident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats…</p>
<p>Les gilets jaunes veulent converger avec les salariés, pas être récupérés par les syndicats !!!! Des participants syndicalistes mais pas de banderoles ni d'encadrement syndical...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article6313</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1031</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036</a></p>
<p>Mouvement des retraites… Les syndicats sont unis pour battre en retraite ensemble après avoir lanterné ensemble…</p>
<p>La réponse syndicale à de nouvelles attaques d'ampleur sur les retraites aurait dû être un mouvement général des salariés, une véritable explosion de révolte, relançant le mouvement des gilets jaunes. Ne comptez pas sur les appareils réformistes pour cela !</p>
<p>Vendredi de la semaine dernière, les syndicats appelaient à une journée de grève de la RATP. Elle était très suivie, mais à quoi sert une seule journée de grève d'une seule corporation même si elle est très suivie ? Sinon à faire en sorte que la colère ouvrière ne mène à rien !!! Les agents du métro étaient suivis par bien d'autres professions du public et du privé. Comment ne pas unir tous les salariés contre la réforme des retraites ? Les syndicats ont la réponse : la RATP c'est juste un jour le 13 septembre. Puis c'est EDF le 19 septembre. Seulement un jour. Puis c'est FO tout seule le 21 septembre. Puis c'est la SNCF le 24 septembre. Une seule journée d'inaction et d « inefficacité,. etc. etc... Devant une telle stratégie de la division, le patronat et le gouvernement ne tremblent pas !!!</p>
<p>En même temps que les Urgences se battent, seules, que l'hôpital public se défend seul, la psychiatrie seule, les EPHAD seules, les salariés d'EDF contre le démantèlement seuls, les aéroports seuls contre la privatisation, les attaquent, elles, sont générales, mettent en cause les retraites de tous, les emplois de tous, les services publics de tous !</p>
<p>Pourtant, ce n'est pas demain que les appareils syndicaux lanceront la lutte des classes !!! Il faudra le faire nous-mêmes comme les Gilets jaunes !!! Les appareils syndicaux ne se contentent pas d'appeler à des journées d'inaction alors que celles-ci ont démontré que les classes dirigeantes ne les craignent pas. Ils ne se contentent pas de diviser les luttes et même de les saucissonner. Ils font plus : ils combattent de manière active et militante contre… l'auto-organisation des travailleurs ! Les assemblées interprofessionnelles (qu'ils avaient acceptées contraints et forcés en 1995) ou toute autre forme de coordination inter-entreprises et inter-secteurs (comme celle des Urgences), ils sont virulemment contre. Les comités de grève, les conseils de travailleurs ou toute forme de décision ne passant pas par les syndicats, ils affirment qu'elles seront manipulées par les patrons et le gouvernement, ou par l'extrême droite ou par l'extrême gauche. En tout cas, ils restent persuadés, ces appareils bureaucratiques, d'être la seule existence possible d'une organisation des travailleurs. Mais il y a belle lurette qu'ils ne le sont plus. Leurs dirigeants passent leur vie dans des réunions d'organismes d'Etat, avec les patrons et les gouvernants et ne parlent jamais aux travailleurs du rang. Cela ne les empêche pas de décider, à la place des travailleurs, ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas. C'est cela, entre autres, que le mouvement des gilets jaunes a contesté en s'organisant par lui-même en comités de ronds-points, en assemblée de discussions et de décisions. Que les travailleurs en lutte ou en révolte décident d'élire eux-mêmes des délégués ou des représentants dans le feu de l'action, contrôlables et révocables, ils sont ouvertement contre. Que les travailleurs eux-mêmes puissent décider ce qui est négociable et ce qui ne l'est pas, comme avaient tenté de l'imposer les personnels de l'hôpital public en lutte, ils se dressent contre et on les a vus négocier avec Hirsch alors que les personnels manifestaient que « ce n'est pas négociable » !!</p>
<p>Alors que les attaques contre les salariés dépassent largement le secteur public, l'unité public/privé n'est pas réalisée par les appareils syndicaux. Les travailleurs de toute l'Automobile se menacés en cette rentrée : Renault, Nissan, PSA ou Ford et bien d'autres s'apprêtent à attaquer mais aucun plan d'ensemble n'est proposé pour lutter alors que des travailleurs américains de l'Automobile ont commencé la lutte, y compris en s'organisant de manière indépendante des appareils syndicaux bureaucratiques et corrompus des USA. Les enseignants américains en font de même.</p>
<p>La nouvelle attaque contre les retraites n'a pas amené ces appareils réformistes à proposer une lutte générale ni une forme nouvelle d'organisation des travailleurs par eux-mêmes. Si le gouvernement y va prudemment sur la question des retraites, c'est parce qu'il craint non pas les réactions des directions syndicales mais celles des travailleurs eux-mêmes : les gilets jaunes n'ont pas désarmé et il suffit de peu de chose pour que toutes les colères fusionnent en une large révolte, avec aussi la perspective de hausse des carburants, avec la crise financière et bancaire également menaçante pour tous les travailleurs et les milieux populaires. C'est bel et bien une révolte du type des gilets jaunes que les gouvernants craignent sur la question des retraites, de l'hôpital public, de l'Automobile, d'EDF, des Aéroports et on en passe…</p>
<p><a href="https://matierevolution.fr/spip.php?article5522" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://matierevolution.fr/spip.php?article5522</a></p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1036</a></p>
<p>On en est à la cinquième journée d'action de l'intersyndicale des retraites mais on ne les compte plus tant le gouvernement s'en moque ! On ne compte plus les promenades dans les rues non plus tant les classes possédantes s'en moquent. Et ça se voit !! Et à chaque fois que le gouvernement sonne ses « partenaires sociaux », ils répondent présent, ils accourent comme des toutous !!! Une fois de plus, les stratèges syndicaux ont endormi la lutte des classes qui menaçait de donner une suite massive à l'explosion sociale des gilets jaunes. Des promenades avec musique et merguez ! Pas de prises de parole de révolte, pas d'organisation de la lutte par les participants, pas de relations dynamiques avec les entreprises, pas d'assemblées générales interprofessionnelles, aucun débordement mettant en cause l'organisation de la société civile bourgeoise ! En somme, quelques journées syndicales ont prétendu effacer des mois et des mois de soulèvement des gilets jaunes en France !<br class='autobr' />
La CGT fait une fois de plus semblant que la lutte des raffineries peut suffire à faire reculer le gouvernement et c'est TOTALEMENT faux !<br class='autobr' />
Dans la lutte des retraites, les raffineries ne peuvent remplacer le secteur privé dont l'industrie !<br class='autobr' />
Même les ports n'ont pas suivi parce que la stratégie des syndicats les maintenait à l'écart !!!<br class='autobr' />
Les syndicats n'ont rien fait pour entraîner dans le mouvement les chômeurs, les femmes, les jeunes, les paysans, etc, etc…<br class='autobr' />
Ils ont tout fait pour éviter de menacer le pouvoir d'un soulèvement social !!!<br class='autobr' />
C'est donc un mouvement exactement inverse de celui des gilets jaunes…<br class='autobr' />
Le gouvernement, conduit par ces appareils syndicaux à penser que les travailleurs ne vont pas déborder, se cramponne sur ses positions et se contente d'annoncer que la SNCF et la RATP roulent de mieux en mieux ! Alors que les syndicats nous annonçaient avoir adopté non une grève des transports mais une grève générale interprofessionnelle illimitée et reconductible par les AG, ils n'ont jamais même fait réellement semblant de la lancer !!! Seuls ceux qui voulaient croire aux syndicats pouvaient se l'imaginer : on savait bien avant que ça commence qu'il n'en serait rien.<br class='autobr' />
Oui, la lutte des retraites pouvait donner un nouveau souffle au mouvement des gilets jaunes. Non, les appareils syndicaux, eux, ne pouvaient au contraire que l'étouffer et c'est ce qu'ils font.<br class='autobr' />
<a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5678</a></p>
<p>Covid-19 et les syndicats…</p>
<p>Les patrons veulent coûte que coûte maintenir leur production et les syndicats ne veulent pas les en empêcher !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1061</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne mettront pas en avant pas plus que les autres institutions de la bourgeoisie…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8455</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne diront jamais sur covid, pas plus que les partis politiques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6896</a></p>
<p>En 2019, les syndicats orchestrent une fausse convergence avec les Gilets jaunes après en avoir dit pis que pendre…</p>
<p>Depuis le début du mouvement, les gilets jaunes n'ont jamais été hostiles aux syndicalistes qui, en tant qu'individus, participent sans problème à la lutte des gilets jaunes. Ce dont ils ne veulent pas ce sont les méthodes des directions syndicales et leur fausse démocratie. Ce qui caractérise les gilets jaunes, ils n'ont cessé de l'affirmer : « On ne veut pas imiter le mode d'organisation de la société, de l'Etat, des partis et des syndicats ». On veut mettre en place une démocratie d'un genre nouveau, le pouvoir réel des participants sur leur propre lutte, la recherche collective de perspectives sans être enfermés par des logiques d'organisation et surtout pas par la logique des classes dominantes ! C'est la fameuse démocratie des ronds-points et des assemblées !</p>
<p>Bien sûr, la liaison avec les entreprises est une nécessité et un élément important dans les perspectives du mouvement mais ce n'est pas des syndicats qu'il dépend. Mais il y a aussi la nécessité de la liaison avec les banlieues, de la liaison avec les chômeurs, avec les précaires, avec tous ceux qui sont opprimés et exploités.</p>
<p>Certains parlent de « la convergence des gilets jaunes avec la CGT », qu'il s'agisse de Mélenchon, des Insoumis, d'une certaine extrême gauche type NPA ou LO, ou de certains dirigeants de la CGT. En fait, la CGT, dans sa direction nationale, ne converge qu'avec ses propres méthodes et appelle à nouveau à d'inutiles journées d'action, cette fois le 5 février, la dernière fois le 14 décembre. Méthode éculée, les journées d'inaction ont mené dans le mur tous les mouvements depuis des années, de la lutte pour les retraites à celle des cheminots.</p>
<p>Pour qu'il y ait une vraie convergence, il faudrait que les leçons de ces échecs cuisants, malgré des participations massives des travailleurs, soient tirées. Le succès des gilets jaunes n'a pas davantage servi de leçon aux directions syndicales. Ce n'est pas une question d'idée mais de type d'organisation. Les syndicats sont intégrés en fait à l'appareil d'Etat et leur fonctionnement est largement déterminé par celui-ci, à commencer par le financement. Une lutte s'en prenant directement au pouvoir d'Etat n'est pas dans leurs capacités. L'action directe n'est plus leur conception. La lutte intercatégorielle a depuis longtemps été abandonnée par ces appareils. L'auto-organisation leur apparait sans cesse comme une remise en cause de leur rôle. Ils ne s'estiment pas comme une force de proposition aux luttes des salariés mais comme une direction de la lutte, incontestable, non élue, non révocable. Il n'y a aucune convergence possible sur de telles bases !!! Sinon, ce serait un reniement des bases mêmes du mouvement des gilets jaunes, celles qui ont fait trembler les classes possédantes depuis plus de deux mois…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5246</a></p>
<p>Les gauches politiques et syndicales prétendent renforcer le mouvement des Gilets jaunes mais ne font que l'affaiblir, lui enlever sa signification profonde…</p>
<p>Si le mouvement a pris, à ses débuts, un cours inattendu, massif et explosif, de type révolutionnaire, qui a fait peur aux classes possédantes et obligé le gouvernement à de premiers reculs, ce n'est nullement grâce à de quelconques stratégies de leaders autoproclamés mais parce que la révolte prenait largement dans la population la plus démunie de ce pays et que ces derniers n'avaient pas du tout pu, ces dernières années, exprimer cette révolte qui débordait ainsi. Le caractère révolutionnaire de cette lutte tient également au fait que les Gilets Jaunes ont refusé le cadre faussement démocratique de la république des milliardaires en ne déclarant pas leurs manifestations, actions et en n'ayant pas peur de la police des grandes fortunes, un des derniers remparts aujourd'hui de la dictature ouverte des capitalistes et des trusts et multinationales. Cette lutte a mis en avant à la fois des revendications économiques devant mettre fin aux inégalités sociales, à la misère et des revendications politiques sur la démocratie et le pouvoir du peuple qui pourraient être résumées à ces deux mots d'ordre : « Nous, n'avons rien, Nous voulons tout ! », « Nous ne décidons de rien, nous voulons décider de tout ! Tout le pouvoir au peuple travailleur ! ». Dans ces fondements, on le voit, ce mouvement d'une des parties les plus précaires du peuple travailleur ne cherchait nullement à débattre avec l'État des grandes fortunes, ou à attendre quelque chose de lui, contrairement aux organisations syndicales qui pratiquent la collaboration avec l'ennemi, et il représentait, dès lors, un réel danger pour les grandes fortunes s'il avait entrainé les salariés des grandes entreprises et le reste des milieux populaires dans son sillage. Mais tel n'a pas été le cas.</p>
<p>C'est justement lorsqu'ils ont laissé croire à la « convergence syndicats-gilets jaunes » que le crédit des Gilets jaunes est tombé et les craintes des classes possédantes aussi ! En effet, personne ne craint les syndicats. Du moment qu'ils peuvent encadrer les luttes sociales, celles-ci en restent à une fausse contestation sans risque, à des journées d'action, à des fausses propositions, à une caution des gouvernants. Et nous le constatons aujourd'hui. Alors que le gouvernement se met en ordre de marche pour imposer une série d'attaque sans précédent, les directions syndicales continuent de se réunir, de se concerter avec les fossoyeurs de nos droits et éparpillent les luttes, les grèves, les journées d'action évitant tout lien réel entre les salariés et le reste de la population dans des assemblées de lutte dans les entreprises, dans les quartiers, les villes, les villages au travers desquelles le peuple pourrait contrôler et diriger lui-même ses luttes.</p>
<p>L'unité du peuple travailleur n'est pas l'unité des organisations de la gauche politique ou syndicale.</p>
<p>La fameuse convergence des appareils syndicaux avec les Gilets Jaunes n'est une convergence de convenance. Ils ne reconnaissent toujours pas ce qui a fait la force du mouvement de lutte à savoir son auto-organisation, son refus des autorités, son refus de demander des autorisations de manifester ou de s'assembler. Jamais ils n'ont été influencés par ses aspirations politiques et sociales mêlées, par le fait de lier revendications sociales, démocratiques et politiques. De la convergence, il n'est donc resté que le fait que les syndicats prétendaient d'un côté continuer à calomnier la lutte et de l'autre faire semblant qu'ils y étaient associés, du moins lors de leurs sempiternelles « journées d'action syndicales » !!!</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5508</a></p>
<p>« Nous, agents grévistes du matériel au Technicentre de Châtillon, sur le réseau TGV Atlantique, avons cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats. »</p>
<p>L'écho énorme d'une grève locale à durée illimitée, décidée par les travailleurs eux-mêmes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journées syndicales mobilisant un nombre énorme de travailleurs sans faire aucun effet ou les grèves programmées par les centrales à dates préparées à l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.</p>
<p>Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la « grève sauvage ». La première fois, conducteurs et contrôleurs SNCF exerçant leur « droit de retrait » par une « grève surprise », illégale dit la direction, car sans déposer légalement de demande de grève avec préavis par les syndicats après négociation, à la suite d'un accident après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau (accident qui a fait 11 blessés, dont le conducteur - seul agent SNCF à bord du train) et où les cheminots estiment que la présence d'un seul cheminot par train a été une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent imposées par la direction. La deuxième fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Châtillon qui viennent de faire une grève reconductible sans direction syndicale, sans préavis, sans négociation, en prenant les décisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de congés alors que les conditions de travail sont très dures (cadences soutenues, pression des délais, les TGV contrôlés devant repartir très vite et le temps de contrôler est plus que court) et les salaires très bas. A l'origine de ce mouvement spontané, la volonté de la direction de Châtillon de mettre fin à un accord local, vieux de plusieurs années, qui offrait aux cheminots douze jours de repos supplémentaires.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568</a></p>
<p>Alors qu'une vague mondiale de révolte et révolutions parcourt le monde, la France incluse, les syndicats de France ne se sentent nullement concernés. Ils ne font de projets sur rien de tout cela. Ce n'est pas leurs oignons. Ils ne sont solidaires de rien. Ils ne se voient de responsabilité dans rien, ils n'ont en rien à leur donner des perspectives, alors que « leur » impérialisme français, lui, se considère comme responsable de la répression de ces luttes…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7640</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5569</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8166</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8381</a></p>
<h2 class="spip">2020 </h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article</a></p>
<h2 class="spip">2021 </h2>
<p>Au lieu d'y voir une atteinte inacceptable à la liberté et à la santé, les syndicats n'ont pas bougé le petit doigt lorsque ces attaques ont commencé à se profiler et ont attendu qu'elles soient pleinement développées et que des réactions spontanées et auto-organisées menacent pour avoir une petit début de réaction.</p>
<p>Ces mêmes syndicats ont refusé de participer aux manifestations contre la politique sanitaire, affirmant, comme Macron, que les manifestants étaient manipulés par l'extrême droite !! Comme pour dénigrer les manifestations des gilets jaunes, il leur suffisait de trouver un militant d'extrême droite qui se joignait à une manifestation nullement organisée par des fascistes pour l'affirmer.</p>
<p>Maintenant, des syndicats (pas les confédérations qui elles, de fait, soutiennent Macron) appellent à la grève mais ils se gardent d'appeler d'abord à des assemblées du personnel qui déciderait ainsi lui-même des modes d'action, des buts, des revendications, des modes d'organisation et de la liaison avec d'autres secteurs !</p>
<p>En fait, le pouvoir de Macron serait aujourd'hui extrêmement faible si les appareils bureaucratiques des syndicats ne le soutenaient pas de toutes leurs forces. Cette situation empêche le développement des grèves ou le limite. Car bien des grèves ont lieu contre l'obligation vaccinale, actuellement dans les hôpitaux. Et, si la vaccination obligatoire se généralisait, cette attitude des syndicats empêcherait aussi que les grèves se développent dans les EPHAD, les bibliothèques, les transports, les écoles, l'université, les postes, ou tout autre secteur.</p>
<p>Si Macron est obligé de s'engager à ne pas imposer le pass sanitaire dans les maternelles, écoles, collèges, lycées et jusqu'à l'université, c'est pour éviter la jonction des grèves de tous les secteurs vers une grève générale contre la dictature du pouvoir ! Mais les syndicats se gardent de dire aux personnels non soignants que, si on laisse les soignants se battre seuls, le pass s'élargira et la dictature avec, même s'il est scientifiquement prouvé que cela ne bloque nullement la pandémie.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6345</a></p>
<p>La CGT pendant la pandémie covid…</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2021/01/14/cgtp-j14.html</a></p>
<p>Face à la pandémie et aux politiques gouvernementales soi-disant sanitaires, on ne peut pas du tout compter sur les syndicats !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6341</a></p>
<p>Plus que jamais, patronat et syndicats, CGT en tête, font, conjointement ou séparément, la police dans la classe ouvrière...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6305</a></p>
<p>La grève générale des Antilles n'est pas soutenue par les syndicats de la métropole coloniale...</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_2021-2022_dans_les_Antilles_fran%C3%A7aises</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6581</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6582</a></p>
<h2 class="spip">2022 </h2>
<p>Les syndicats refusent d'exprimer leur solidarité active avec le peuple iranien soulevé !</p>
<p>Alors que les appareils bureaucratiques appellent à la « grève » le 29, il n'est nullement question pour eux d'exprimer notre solidarité avec l'insurrection en Iran menée par les femmes en appelant à leur emboiter le pas, ici, en France contre la République des milliardaires et l'impérialisme français ! Grève ouvrière générale de solidarité avec Mahsa ! « Bas les voiles », en Iran comme en France, pour reprendre le slogan de la militante féministe iranienne Chahdortt Djavann. A bas les violences policières contres toutes les femmes qui prennent la tête des révoltes, de l'Iran, au Soudan, à l'Inde comme aux USA (contre les noirs) ou en France (mutilation ciblée de Gilets Jaunes). Le « refus d'obtempérer » est pour toutes les polices du monde la justification de leurs crimes.</p>
<p>Sur le plan économique, Grève générale expropriatrice du grand capital, qui, seule, peut nous assurer de quoi vivre, d'avoir une retraite, de sauver les services publics et de combattre la montée vers guerre. Aucun de ces objectifs élémentaires n'est proposé par la gauche ou l'extrême gauche. Aucune manifestation contre les guerres de l'impérialisme français qui pourraient être coordonnées avec celles menée en Russie contre l'impérialisme russe.Ce sont ces perspectives qui uniraient les luttes partielles engagées dans en France comme dans le monde entier. Et jamais une telle perspective ne sera défendue par les réformistes (de gauche ou faussement d'extrême gauche).</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6946</a></p>
<p>La grève qui dure dans les raffineries et dépôts de pétrole, son efficacité à bloquer les stations d'essence, et les hésitations du pouvoir et des patrons de TotalEnergies et de Esso-ExxonMobil à son égard, laissent croire que les syndicats sont en train de bouger, de se faire craindre, de se mobiliser, de se lancer contre nos ennemis. Pourtant, rien de plus faux. Les syndicats des raffineries de pétrole, qui ne visent pas du tout à changer le rapport de forces au sein de l'ensemble de la classe ouvrière, ont commencé à reculer sur leurs propres revendications en admettant que les patrons refusent de négocier sur les embauches et les investissements. Ils n'ont pas généralisé la grève à toutes les raffineries et tous les dépôts de pétrole. Ils se sont bien gardés de la généraliser à l'ensemble du secteur de l'Energie, à commencer par les centrales nucléaires. Ils ont refusé d'organiser dans toutes les entreprises des assemblées générales décisionnelles pour que les travailleurs décident si l'affrontement sur le pouvoir d'achat de la classe ouvrière doit se généraliser. Dans les raffineries et les dépôts en grève, les appareils syndicaux se sont juste un peu laissé pousser par la base, les syndicats au départ ne voulant que trois jours d'action et les salariés souhaitant la grève reconductible. Il était difficile pour les syndicats de refuser car il est évident que les entreprises du secteur font des bénéfices fabuleux alors que les salaires s'effritent face à l'inflation.</p>
<p>Seulement trois des six raffineries françaises sont bloquées sans que les syndicats expliquent pourquoi… Par exemple, aucun mouvement de grève n'a été relayé à la raffinerie de Lavéra de Pétroineos, située à Martigues dans les Bouches-du-Rhône. À la raffinerie Petroineos de Lavera (13), pour la CGT, le temps n'est pas non plus à la grève, la centrale syndicale expliquant que les salariés ont déjà obtenu des augmentations salariales jugées satisfaisantes. « Les résultats sont tellement bons en ce moment que c'était bien normal », assure Sébastien Varagnol de la CGT du site. Les raffineurs ont ainsi raflé une augmentation de salaire plancher de 200€ ainsi qu'une hausse de 20% de la prime de déplacement. « Partir en grève (à Lavera) pour les salaires des camarades de Total ne paraît pas envisageable aujourd'hui malheureusement », affirme le dirigeant cégétiste.</p>
<p>Enfin la coordination CGT Total, qui regroupe des syndicats CGT parmi les 200 filiales de Total en France (comme la SAFT, spécialisée dans la conception de batteries à usage industriel, Hutchinson connue pour ses pneus ou encore Argedis, qui gère les stations-services) et qui s'était mise en lutte de manière inédite en juin dernier, ne semble pas repartie pour un tour. « Les salariés ne sont pas au rendez-vous », regrette Éric Sellini. « Il faut faire un travail de fourmi dans les syndicats, dans les fédérations et à la confédération pour faire en sorte que ça prenne. » Une date de grève dans les entreprises du caoutchouc (Hutchinson, Michelin…) était d'ailleurs envisagée pour le 18 octobre. Elle a finalement été remplacée par un appel de la FNIC à la mobilisation aux côtés des raffineurs, sur les piquets de grèves, le 11 octobre. À la confédération, on réfléchirait à une nouvelle date de grève interprofessionnelle dans la semaine du 18 octobre.</p>
<p>Les revendications salariales des syndicats du pétrole sont modestes comme ils le soulignent eux-mêmes. « Le périmètre pétrole a une masse salariale de 1,5 milliard d'euros, affirme Eric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies, cité par le journal patronal Les Echos. A 10 %, ce serait un effort d'à peine 150 millions d'euros pour la direction, à comparer aux plus de 18 milliards de profits au premier semestre. La direction a été beaucoup plus réactive pour récompenser les actionnaires. »</p>
<p>Au plan national, les centrales syndicales (celles qui appellent à des journées de grèves, car les autres ne le font même pas) poursuivent leur stratégie catastrophique de type négociation/journée d'action. La journée d'action du 22 septembre n'a servi à rien et la journée d'action du 29 septembre non plus. Cette dernière a été sans lendemain… La première ne posait que le problème de la santé et la deuxième que celui des salaires. Aucune ne globalisait sur l'attaque antisociale d'ensemble que subit le monde du travail…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6980</a></p>
<p>Martinez, secrétaire général de la CGT est pour la "vaccination" de masse capitaliste des labos ! Ce qui fait que, même s'il se prétend contre le pass, il refuse de participer aux manifestations contre le pass et cautionne ainsi le régime policier d'apartheid sanitaire et social du pass-vaccinal !</p>
<p>Alors que l'Espagne classe COVID-19 grippe saisonnière, Martinez appuie la vaccination de masse et l'obligation vaccinale pour les travailleurs ! On rappellera à Martinez que les "Vaccins" contre Covid ne fonctionnent pas comme des vaccins traditionnels malgré l'appellation plus que trompeuse ! Les vaccins doivent protéger de la propagation et de la maladie et, pour le deux, ce n'est pas le cas ! Le virus continue de circuler malgré tout ! En soutenant l'obligation vaccinale et la vaccination de masse, Martinez soutient, de fait le pass vaccinale comme il soutenait, en réalité le pass sanitaire ! Voilà pourquoi il soutient la suspension ou le licenciement de dizaines de milliers de travailleurs !</p>
<p>Mais rien d'étonnant à ce que Martinez qui a fait élire Macron pour faire soi-disant barrage à Le Pen, soutienne la mise en place d'un régime policier sur le peuple et les travailleurs sous prétexte de lutte sanitaire ! Le syndicalisme bureaucratique de collaboration de classe est déjà un régime policier, au sein du monde du travail, issus du stalinisme, qui faut-il le rappeler a décimé les révolutionnaires et saboté les révolutions sociales dans le monde entier ! La direction CGT a gardé de son passé contre-révolutionnaire une politique de garde chiourme pour que le prolétariat n'emprunte surtout pas le chemin de la lutte de classe, aille sur un terrain politique et renverse le capitalisme pour asseoir la souveraineté du peuple travailleur en abolissant le régime de la propriété privé des moyens de productions !</p>
<p>On comprend mieux pourquoi la CGT ne défend pas les personnels suspendus pour avoir refusé l'injonction à l'injection d'un produit expérimental qui n'est en rien un vaccin ! Les collabos du capital se cachent derrière le scientisme pour soutenir le capitalisme et les labos ! On comprend encore mieux aussi pourquoi Martinez et la CGT laisse faire la répression aux Antilles et ne veulent surtout pas emboiter le pas à l'insurrection populaire qui, pour l'instant, a été la seule à faire reculer le gouvernement des classes dirigeantes ! Martinez comme le reste des directions syndicales deviennent de plus en plus ouvertement contre insurrectionnel contre l'auto-organisation du peuple et des travailleurs, opposée à toutes luttes sur un terrain politique.... Les directions syndicales, habituées à la collaboration de classe et une pseudo opposition anticapitaliste, roulent pour la contre-révolution ! Toute leur politique est de lutter contre la révolution ! Et lutter contre la révolution qui monte c'est défendre le capitalisme !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1177</a></p>
<h2 class="spip">2023 </h2>
<p>Les syndicats sont absolument incapables de mener une lutte victorieuse sur les retraites ou sur n'importe quoi…</p>
<p>Oui, c'est le mouvement des gilets jaunes qu'il faut relancer dans les entreprises, en unissant secteur public et privé, face à la prétendue réforme des retraites et pas des défilés inoffensifs des syndicats !<br class='autobr' />
Ces syndicats ont négocié avec le pouvoir qui nous vole et nous tue comme si c'était pour nous rendre service. Mais ces bureaucraties syndicales sont payées par ce même Etat au service des milliardaires !<br class='autobr' />
Les syndicats se prétendent pour le maintien des régimes de retraites par répartition ? Mais alors que font alors les directions syndicales au conseil d'administration de deux fonds de pensions publics ?<br class='autobr' />
Et que font les syndicats dans le Conseil d'Orientation des Retraites, le COR à l'origine de bien des attaques contre le régime de retraites ?<br class='autobr' />
Ces syndicats se sont faits les soutiens du pouvoir actuel et ce n'est certainement pas sur eux qu'il faut compter pour gagner une lutte pour la défense des retraites !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1208</a></p>
<h2 class="spip">2024 </h2>
<p>La France de Macron se déclare en préparation de guerre. Les syndicats s'en plaignent. Ils peuvent même faire une promenade dans les rues en faveur de la paix, contre l'excès de dépenses d'armement, la « budget de guerre ». Mais jamais, au grand jamais, ils ne sont contre l'armée française, ses guerres impérialistes, ses guerres coloniales même. Jamais ils ne sont complètement contre l'industrie de guerre, le budget de guerre dans son principe même, le nationalisme, la prétention de l'impérialisme français à être la patrie des travailleurs. Au contraire, comme en 1914, ils sont à fond pour !</p>
<h2 class="spip">2025 </h2>
<p>Les appels pour le 10 septembre incitaient au combat contre la société capitaliste, ceux du 18 étaient l'oeuvre de ses défenseurs, les réformistes qui veulent aider à son fonctionnement. La convergence entre ces courants est impossible, elle est à combattre.</p>
<p>Si des Gilets jaunes partisans du 10 septembre ont voulu croire que se voir rejoindre par les syndicats le 18 ne pouvait qu'amplifier le mouvement, au pire n'avoir aucun effet, la démonstration est faite que les appels des directions syndicales ont été nocifs. Les particpants du mouvement du 10, qu'ils soient ou pas anciens Gilets jaunes, n'ont pu que constater que les cortèges syndicaux étaient tout sauf faits pour inciter à la lutte, pour donner de l'élan, pour faire avancer la motivation et la conscience des enjeux, des moyens et des buts. Rien de plus plat que des cortèges organisés par l'intersyndicale. Il y a de quoi s'endormir sur place !</p>
<p>Syndicats et partis de gauche, quand ils ont fait mine de participer au mouvement du 10 septembre, c'est seulement pour le démobiliser, le diviser, le désarçonner, le tromper, le freiner, changer ses buts et ses perspectives.</p>
<p>Quelles étaient les perspectives du mouvement du 10 septembre des Gilets Jaunes, contre le pouvoir des milliardaires, ses dettes, ses sacrifices antisociaux, sa dictature, son organisation sociale et politique, ses forces de répression, ses guerres, sa fausse démocratie...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8328</a></p>
<p>10 septembre ! Quel objectif numéro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8338</a></p>
<p>Le 10 septembre 2025 se prépare… et terrorise déjà les gouvernants, les possédants, les médias et… les syndicats !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8367</a></p>
<p>La trahison syndicale du mouvement du 10 septembre s'annonce avant le mouvement…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8358</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8366</a></p>
<p>Les faux « militants de la base » qui noyautent le mouvement débuté le 10 septembre…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8427</a></p>
<p>Après le 10 septembre et le contre-feu du 18, quelle perspective pour le mouvement ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8391</a></p>
<p>Quelles leçons tirer du 10 septembre ?</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8390</a></p>
<p>Le mouvement de la base est « suspendu » mais il continue de planer au-dessus des classes possédantes dont le pouvoir est désormais suspendu lui aussi devant une situation prérévolutionnaire…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8449</a></p>
<p>L'Etat français annonce son entrée en guerre et le sacrifice des enfants… Les syndicats osent à peine murmurer…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8542</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8529</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8473</a></p>
<p>Voici ce que ne diront jamais les appareils syndicaux contre la guerre :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7636</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux jeunes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8195</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux femmes :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903</a></p>
<p>Les petits paysans sont étranglés et se battent… Mais sans le moindre geste de la classe ouvrière, muselée par les syndicats…</p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux paysans :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8535</a></p>
<p>Ce que les syndicats ne peuvent pas dire aux Gilets jaunes ni faire avec eux :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7369</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2570</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7645</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4236</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve110</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1729</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4497</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7440</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1639</a></p>
<p><a href="https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.convergencesrevolutionnaires.org/L-exemple-de-Renault-Flins-25-ans-d-histoire-syndicale-ou-l-evolution-parallele?archive=1</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7465</a></p></div>
Tirer des leçons des grèves en Suède et en Norvège d'avril 2023
https://matierevolution.org/spip.php?article8656
https://matierevolution.org/spip.php?article86562024-01-18T23:06:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeOuvriers WorkersSyndicalism - le syndicalismeCheminotsSuèdeNorvège
<p>Tirer des leçons des grèves en Suède et en Norvège d'avril 2023 <br class='autobr' />
La grève « sauvage » est une grève sans appel syndical. Celle de Suède a eu le soutien de la population… <br class='autobr' />
Les conducteurs de trains de banlieue de Stockholm en grève <br class='autobr' />
https://nord.news/fr/2023/04/19/commuter-train-drivers-strike-in-stockholm-enters-its-third-day-in-a-row/ <br class='autobr' />
Grève « sauvage » des trains <br class='autobr' />
https://www-thelocal-se.translate.goog/20230417/stockholm-trains-disrupted-as-unions-start-three-day-wild-strike?_x_tr_sl=en</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot271" rel="tag">Suède</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot272" rel="tag">Norvège</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Tirer des leçons des grèves en Suède et en Norvège d'avril 2023</h2>
<p>La grève « sauvage » est une grève sans appel syndical. Celle de Suède a eu le soutien de la population…</p>
<p>Les conducteurs de trains de banlieue de Stockholm en grève</p>
<p><a href="https://nord.news/fr/2023/04/19/commuter-train-drivers-strike-in-stockholm-enters-its-third-day-in-a-row/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://nord.news/fr/2023/04/19/commuter-train-drivers-strike-in-stockholm-enters-its-third-day-in-a-row/</a></p>
<p>Grève « sauvage » des trains</p>
<p><a href="https://www-thelocal-se.translate.goog/20230417/stockholm-trains-disrupted-as-unions-start-three-day-wild-strike?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-thelocal-se.translate.goog/20230417/stockholm-trains-disrupted-as-unions-start-three-day-wild-strike?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://crisis24-garda-com.translate.goog/alerts/2023/04/sweden-ongoing-wildcat-train-drivers-strike-to-prompt-rail-disruptions-in-stockholm-county-april-17-19?origin=fr_riskalert&_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://crisis24-garda-com.translate.goog/alerts/2023/04/sweden-ongoing-wildcat-train-drivers-strike-to-prompt-rail-disruptions-in-stockholm-county-april-17-19?origin=fr_riskalert&_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://imhojournal-org.translate.goog/articles/wildcat-rail-strike-in-stockholm/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://imhojournal-org.translate.goog/articles/wildcat-rail-strike-in-stockholm/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>L'employeur poursuit ses employés pour grève sauvage</p>
<p><a href="https://knowledge-dlapiper-com.translate.goog/dlapiperknowledge/globalemploymentlatestdevelopments/sweden-employer-sues-employees-for-wildcat-strike?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://knowledge-dlapiper-com.translate.goog/dlapiperknowledge/globalemploymentlatestdevelopments/sweden-employer-sues-employees-for-wildcat-strike?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Des dizaines de milliers en grève en Norvège et des chefs de train suédois en grève sauvage de trois jours</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2023/04/22/nnbf-a22.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2023/04/22/nnbf-a22.html</a></p>
<p>Gèrve sauvage en Suède</p>
<p><a href="https://www.leftcom.org/fr/articles/2023-05-06/su%C3%A8de-la-gr%C3%A8ve-sauvage-des-trains-de-banlieue-montre-la-voie-%C3%A0-suivre" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leftcom.org/fr/articles/2023-05-06/su%C3%A8de-la-gr%C3%A8ve-sauvage-des-trains-de-banlieue-montre-la-voie-%C3%A0-suivre</a></p>
<p>La Norvège en grève</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/europe/norvege/24-000-personnes-en-greve-en-norvege-a-partir-de-lundi-f419994e-dc7a-11ed-93f4-33a7cf3630b6" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/europe/norvege/24-000-personnes-en-greve-en-norvege-a-partir-de-lundi-f419994e-dc7a-11ed-93f4-33a7cf3630b6</a></p>
<p>En Norvège, les syndicats s'entendent avec le patronat</p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/norvege-la-greve-dans-le-prive-desenfle-apres-un-accord-salarial-20230420" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/flash-eco/norvege-la-greve-dans-le-prive-desenfle-apres-un-accord-salarial-20230420</a></p>
<p>Grève des conducteurs de trains suédois</p>
<p><a href="https://fr.socialisme.be/95480/tout-notre-soutien-a-greve-des-conducteurs-de-train-suedois" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.socialisme.be/95480/tout-notre-soutien-a-greve-des-conducteurs-de-train-suedois</a></p>
<p>La CGT cheminots de France n'indique pas que la grève de Suède est « sauvage »</p>
<p><a href="https://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/2014/06/16/deuxieme-semaine-de-greve-des-cheminots-suedois-de-veolia/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://cgt-cheminots-centraux.reference-syndicale.fr/2014/06/16/deuxieme-semaine-de-greve-des-cheminots-suedois-de-veolia/</a></p>
<p>ou encore</p>
<p> <a href="https://lacgt44.fr/spip.php?article494" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lacgt44.fr/spip.php?article494</a></p>
<p>Les syndicats norvégiens évitent une grève nationale</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2013/04/norv-a15.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2013/04/norv-a15.html</a></p>
<p>Le Rail privé en Suède</p>
<p><a href="https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/reforme-sncf-comment-l-experience-suedoise-a-tourne-au-vinaigre_2729787.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/reforme-sncf-comment-l-experience-suedoise-a-tourne-au-vinaigre_2729787.html</a></p>
<p>Et aussi la grève contre Tesla</p>
<p><a href="https://www.ladepeche.fr/2023/11/17/garagistes-dockers-electriciens-agents-dentretien-vers-une-greve-generale-contre-tesla-et-elon-musk-en-suede-et-en-europe-11585551.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ladepeche.fr/2023/11/17/garagistes-dockers-electriciens-agents-dentretien-vers-une-greve-generale-contre-tesla-et-elon-musk-en-suede-et-en-europe-11585551.php</a></p></div>
Lutte de classe chez les cheminots américains
https://matierevolution.org/spip.php?article8125
https://matierevolution.org/spip.php?article81252022-11-26T23:10:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAGrève StrikeCheminotsGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Une seule perspective : l'organisation des cheminots américains en comités de grève ! <br class='autobr' />
Alors que la lutte des classes s'intensifie aux États-Unis, un autre syndicat ferroviaire rejette le contrat soutenu par la Maison-Blanche avec certains syndicats de cheminots <br class='autobr' />
https://www.wsws.org/fr/articles/2022/11/17/pers-n17.html <br class='autobr' />
Cheminots : Obtenez le soutien des travailleurs d'autres industries pour notre lutte contre le Congrès, les transporteurs et la bureaucratie syndicale corrompue ! (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Une seule perspective : l'organisation des cheminots américains en comités de grève !}</h2>
<p>Alors que la lutte des classes s'intensifie aux États-Unis, un autre syndicat ferroviaire rejette le contrat soutenu par la Maison-Blanche avec certains syndicats de cheminots</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/11/17/pers-n17.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/11/17/pers-n17.html</a></p>
<p>Cheminots : Obtenez le soutien des travailleurs d'autres industries pour notre lutte contre le Congrès, les transporteurs et la bureaucratie syndicale corrompue !</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/11/16/chem-n16.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/11/16/chem-n16.html</a></p>
<p>L'opposition des cheminots au contrat négocié par Biden suggère une désintégration de l'emprise bureaucratique</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/24/chem-o24.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/24/chem-o24.html</a></p>
<p>États-Unis : la colère monte chez les cheminots alors que plusieurs syndicats prétendent que leurs accords de principe sont adoptés</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/17/chem-o17.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/17/chem-o17.html</a></p>
<p>Une lettre de 300 groupes d'entreprises capitalistes demande à la Maison-Blanche d'intervenir contre le mouvement grandissant des cheminots</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/31/pers-o31.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/31/pers-o31.html</a></p>
<p>Les aiguilleurs du rail rejettent la convention, le coup le plus récent porté par les travailleurs à l'accord soutenu par la Maison-Blanche</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/28/aigu-o28.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/28/aigu-o28.html</a></p>
<p>Après avoir menacé les cheminots d'une intervention du Congrès, le syndicat des chemins de fer fait la fête avec Nancy Pelosi sur le Strip de Las Vegas</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/13/chem-o13.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2022/10/13/chem-o13.html</a></p>
<p>Voir l'épisode précédent de cette lutte :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6935" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6935</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6936" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6936</a></p></div>
The Treason by the Unions of US National Railroad Strike
https://matierevolution.org/spip.php?article8032
https://matierevolution.org/spip.php?article80322022-09-21T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAGrève StrikeSyndicalism - le syndicalismeCheminotsGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>The Treason by the Unions of US National Railroad Strike <br class='autobr' />
U.S. rail strike averted, but labor deal faces tough union votes and discontent of workers <br class='autobr' />
https://www.reuters.com/world/us/us-reaches-tentative-agreement-with-rail-workers-strike-2022-09-15/ <br class='autobr' />
Biden scores deal on rail strike, but worker discontent emerges <br class='autobr' />
https://www.washingtonpost.com/business/2022/09/15/rail-strike-deal-agreement-biden/ <br class='autobr' />
A National Railroad Strike has been Called off … for now, but… <br class='autobr' />
On Thursday, Sep. 14, (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">
The Treason by the Unions of US National Railroad Strike </h2>
<p>U.S. rail strike averted, but labor deal faces tough union votes and discontent of workers</p>
<p><a href="https://www.reuters.com/world/us/us-reaches-tentative-agreement-with-rail-workers-strike-2022-09-15/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.reuters.com/world/us/us-reaches-tentative-agreement-with-rail-workers-strike-2022-09-15/</a></p>
<p>Biden scores deal on rail strike, but worker discontent emerges</p>
<p><a href="https://www.washingtonpost.com/business/2022/09/15/rail-strike-deal-agreement-biden/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.washingtonpost.com/business/2022/09/15/rail-strike-deal-agreement-biden/</a></p>
<p>A National Railroad Strike has been Called off … for now, but…</p>
<p>On Thursday, Sep. 14, two unions representing about 60,000 railroad workers announced that they have reached a tentative contract agreement, and have called off what would have been the first national railroad strike in 30 years.</p>
<p>For months the Biden administration has been supporting the rail companies in trying to stop a strike from happening. Back in July when the original strike deadline loomed, Biden appointed a Presidential Emergency Board (PEB) in order to postpone the deadline by 60 days and come up with a deal that would have been favorable to the rail companies. It was clear even then that the power of workers to disrupt the economy and the flow of profits to the capitalists was of paramount importance to the government.</p>
<p>The main issues for rail workers have been sick time, scheduling, and staffing. Over the past six years, rail companies have cut the workforce by 30 percent (about 45,000 workers), running the trains with severely dangerous understaffing while imposing increased restrictions on workers' time off. As a result, currently workers have no official days off for sick time, and are forced to be on-call 24/7, and have no set schedule. Workers can work over 80 hours a week, and can be away from home over 100 hours per week.</p>
<p>Due to these huge cuts to the workforce, rail companies have made record profits over the years, paying out $196 billion to shareholders since 2010.</p>
<p>After a month of negotiations, Biden's emergency board tried to get the workers to agree to a contract that included a 24% wage increase over five years while doing nothing to address the demands for paid sick leave, more time off, and staffing shortages.</p>
<p>Without hesitation, the rail companies supported the emergency board's recommendations, and since then most national railroad unions have reached tentative agreements with the companies. But two unions (the Brotherhood of Locomotive Engineers and Trainmen (BLET), and the SMART Transportation Division), which represent 60,000 workers (about half the workforce), did not agree to the recommendations and were ready to strike starting Friday, September 16.</p>
<p>As the strike deadline approached, and rail companies were facing losses of an estimated two billion dollars per day, rail companies increased their pressure on the workers, and tried to stir up anger from the population at the workers. Amtrak began cancelling all long-distance passenger trains for Thursday, September 15. And freight companies halted all shipments of fertilizer and other chemicals necessary for agriculture while trying to blame the rail workers.</p>
<p>On Wednesday, two days before the strike deadline, large corporations representing the $7.4 trillion wholesale-distribution industry called on Congress to prevent a rail strike from “further disrupting the supply chain.” In response, Republican Senators tried to pass a Congressional resolution that would have imposed the recommendations of Biden's emergency board onto the unions. But Senator Bernie Sanders was able to block it from passing as he and other Democrats thought that a deal could be reached to avoid the strike.</p>
<p>With the strike deadline approaching and no deal yet reached, the Biden administration maneuvered their way into the negotiations, headed by Biden's Secretary of Labor, Marty Walsh, and later joined by Biden himself. It was from this closed-door meeting that union leaders announced that a tentative agreement had been reached. And Biden, so far, has gotten to play hero and appear as if he stopped the strike from happening, just in time for the mid-term elections.</p>
<p>But so far workers have not been able to see much of the details of the new tentative agreement. According to In These Times, President of the BLET union, Dennis Pierce, said it “is probably going to take three to four weeks” to get the tentative agreement into the hands of rank-and-file workers to review and vote on.</p>
<p>But if a tentative agreement has been reached that addresses the concerns of the rank-and-file, which were previously ignored by Biden's emergency board, why wouldn't the full details of the agreement be made public right away ?!</p>
<p>The official press release from the unions says that rail workers will receive only one additional paid day off, and will be able to “take time away from work to attend to routine and preventive medical care, as well as exemptions from attendance policies for hospitalizations and surgical procedures.” But no further details have been made available to workers yet.</p>
<p>And, according to an article with Railway Age, the tentative agreement does not mention anything about the harsh “attendance policies” or “more predictable work schedules” because those will be left up to “local bargaining.” And the press release from the National Carriers' Conference Committee, which represents the big rail companies, only mentions the original wage increases proposed by the emergency board and makes no mention of the harsh attendance policies that workers have demanded to be changed. And there appears to be nothing about changes to the dangerous understaffing policies.</p>
<p>So it is no surprise that rank-and-file workers have expressed on social media and in interviews frustration and doubts over the announced tentative agreement. Some have expressed, as one worker put it, that “it's a garbage deal. Everyone hates it so far. It does nothing for me. I'll vote no. This has been a complete waste of time.”</p>
<p>Given the profits of the rail companies, there is no question rail workers deserve a much better contract than what has been laid out in the tentative agreement. It seems the tentative agreement does nothing to address staffing, and little to address some of the workers' other major concerns. It seems to be a little better than the earlier recommendations from the emergency board, but not much.</p>
<p>The question now is whether the pressure of the Biden administration and the rail companies, as well as the seal of approval from the union leadership, has been enough to get rail workers to accept the agreement. Or will rail workers reject it, and vote no, demand more, go on strike, and use their power even more ? We shall see.</p>
<p><a href="https://speakoutsocialists.org/a-national-railroad-strike-has-been-called-off-for-now/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://speakoutsocialists.org/a-national-railroad-strike-has-been-called-off-for-now/</a></p>
<p>Railroad workers' opposition builds to sellout deal to block national strike</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/19/rail-s19.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/19/rail-s19.html</a></p>
<p>While rail unions meet with Biden to avert strike, 500 railroaders attend meeting to organize rank-and-file opposition</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/16/pers-s16.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/16/pers-s16.html</a></p>
<p>Railroaders have the upper hand ! Organize now to demand national rail strike and rejection of PEB-patterned contracts !</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/11/rrfc-s11.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/11/rrfc-s11.html</a></p>
<p>Rail unions grovel to Congress, as Washington makes contingency plans ahead of Friday strike deadline</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/14/rail-s14.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/en/articles/2022/09/14/rail-s14.html</a></p></div>
La grève nationale des chemins de fer trahie par les syndicats américains
https://matierevolution.org/spip.php?article8031
https://matierevolution.org/spip.php?article80312022-09-21T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSAGrève StrikeSyndicalism - le syndicalismeCheminotsSNCFGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Biden et les dirigeants syndicaux américains <br class='autobr' />
La grève nationale des chemins de fer trahie par les syndicats américains <br class='autobr' />
La panique de la bourgeoisie américaine face à la montée de la grève : <br class='autobr' />
https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/15/panique-face-a-la-perspective-d-une-greve-des-chemins-de-fer-aux-etats-unis_6141692_3234.html <br class='autobr' />
La grève des chemins de fer aux États-Unis est évitée par un accord entre Biden et les syndicats, mais la contestation ouvrière gronde : (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag">USA</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag">SNCF</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><p>Biden et les dirigeants syndicaux américains</p>
<div class='spip_document_16069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/107119299-16632577192022-09-15t152656z_739559933_rc2rhw9022sg_rtrmadp_0_usa-railway-labor.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/107119299-16632577192022-09-15t152656z_739559933_rc2rhw9022sg_rtrmadp_0_usa-railway-labor-733d1.jpg?1790149137' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">La grève nationale des chemins de fer trahie par les syndicats américains</h2>
<p>La panique de la bourgeoisie américaine face à la montée de la grève :</p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/15/panique-face-a-la-perspective-d-une-greve-des-chemins-de-fer-aux-etats-unis_6141692_3234.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/09/15/panique-face-a-la-perspective-d-une-greve-des-chemins-de-fer-aux-etats-unis_6141692_3234.html</a></p>
<p>La grève des chemins de fer aux États-Unis est évitée par un accord entre Biden et les syndicats, mais la contestation ouvrière gronde :</p>
<p><a href="https://www-reuters-com.translate.goog/world/us/us-reaches-tentative-agreement-with-rail-workers-strike-2022-09-15/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-reuters-com.translate.goog/world/us/us-reaches-tentative-agreement-with-rail-workers-strike-2022-09-15/?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Une grève nationale des chemins de fer a été annulée… pour l'instant… par les appareils syndicaux…</p>
<p>Le jeudi 14 septembre, deux syndicats représentant environ 60 000 cheminots ont annoncé qu'ils étaient parvenus à un accord de principe et ont annulé ce qui aurait été la première grève nationale des chemins de fer en 30 ans.</p>
<p>Depuis des mois, l'administration Biden soutient les compagnies ferroviaires pour tenter d'empêcher une grève de se produire. En juillet, lorsque le délai de grève initial approchait, Biden a nommé un Conseil présidentiel d'urgence (PEB) afin de reporter le délai de 60 jours et de proposer un accord qui aurait été favorable aux compagnies ferroviaires. Il était déjà clair que le pouvoir des travailleurs de perturber l'économie et le flux de profits vers les capitalistes était d'une importance primordiale pour le gouvernement.</p>
<p>Les principaux problèmes pour les cheminots ont été les congés de maladie, les horaires et la dotation en personnel. Au cours des six dernières années, les compagnies ferroviaires ont réduit leurs effectifs de 30% (environ 45 000 travailleurs), faisant fonctionner les trains avec un sous-effectif extrêmement dangereux tout en imposant des restrictions accrues sur les congés des travailleurs. En conséquence, les travailleurs n'ont actuellement aucun jour de congé officiel pour les congés de maladie et sont obligés d'être de garde 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et n'ont pas d'horaire fixe. Les travailleurs peuvent travailler plus de 80 heures par semaine et être absents de leur domicile plus de 100 heures par semaine.</p>
<p>En raison de ces énormes réductions d'effectifs, les compagnies ferroviaires ont réalisé des bénéfices records au fil des ans, versant 196 milliards de dollars aux actionnaires depuis 2010.</p>
<p>Après un mois de négociations, le conseil d'urgence de Biden a tenté d'amener les travailleurs à accepter un contrat qui prévoyait une augmentation de salaire de 24% sur cinq ans sans rien faire pour répondre aux demandes de congés de maladie payés, de plus de temps libre et de pénurie de personnel.</p>
<p>Sans hésitation, les compagnies ferroviaires ont soutenu les recommandations du conseil d'urgence et depuis lors, la plupart des syndicats nationaux des chemins de fer ont conclu des accords de principe avec les compagnies. Mais deux syndicats (la Brotherhood of Locomotive Engineers and Trainmen (BLET) et la SMART Transportation Division), qui représentent 60 000 travailleurs (environ la moitié de la main-d'œuvre), n'ont pas accepté les recommandations et étaient prêts à faire grève à partir du vendredi 16 septembre.</p>
<p>Alors que l'échéance de la grève approchait et que les compagnies ferroviaires faisaient face à des pertes estimées à deux milliards de dollars par jour, les compagnies ferroviaires ont accru leur pression sur les travailleurs et ont tenté d'attiser la colère de la population contre les travailleurs. Amtrak a commencé à annuler tous les trains de voyageurs longue distance pour le jeudi 15 septembre. Et les compagnies de fret ont interrompu toutes les expéditions d'engrais et d'autres produits chimiques nécessaires à l'agriculture tout en essayant de blâmer les cheminots.</p>
<p>Mercredi, deux jours avant la date limite de la grève, de grandes entreprises représentant l'industrie de la distribution en gros de 7,4 billions de dollars ont appelé le Congrès à empêcher une grève des chemins de fer de "perturber davantage la chaîne d'approvisionnement". En réponse, les sénateurs républicains ont tenté de faire adopter une résolution du Congrès qui aurait imposé les recommandations du conseil d'urgence de Biden aux syndicats. Mais le sénateur Bernie Sanders a pu l'empêcher de passer car lui et d'autres démocrates pensaient qu'un accord pouvait être conclu pour éviter la grève.</p>
<p>Alors que la date limite de la grève approche et qu'aucun accord n'a encore été conclu, l'administration Biden s'est frayé un chemin dans les négociations, dirigée par le secrétaire au Travail de Biden, Marty Walsh, et rejoint plus tard par Biden lui-même. C'est à partir de cette réunion à huis clos que les dirigeants syndicaux ont annoncé qu'une entente de principe avait été conclue. Et Biden, jusqu'à présent, a pu jouer le rôle du héros et apparaître comme s'il avait empêché la grève de se produire, juste à temps pour les élections de mi-mandat.</p>
<p>Mais jusqu'à présent, les travailleurs n'ont pas pu voir grand-chose des détails du nouvel accord de principe. Selon In These Time s , le président du syndicat BLET, Dennis Pierce, a déclaré qu'il "va probablement falloir trois à quatre semaines" pour que l'accord de principe soit remis aux travailleurs de base pour examen et vote.</p>
<p>Mais si un accord de principe a été conclu qui répond aux préoccupations de la base, qui étaient auparavant ignorées par le conseil d'urgence de Biden, pourquoi les détails complets de l'accord ne seraient-ils pas rendus publics tout de suite ?!</p>
<p>Le communiqué de presse officiel des syndicats indique que les cheminots ne bénéficieront que d'un seul jour de congé payé supplémentaire et pourront « s'absenter du travail pour assister à des soins médicaux de routine et préventifs, ainsi que des exemptions des politiques de présence pour les hospitalisations et interventions chirurgicales." Mais aucun autre détail n'a encore été mis à la disposition des travailleurs.</p>
<p>Et, selon un article de Railway Age , l'accord de principe ne mentionne rien sur les "politiques d'assiduité" sévères ou les "horaires de travail plus prévisibles" car ceux-ci seront laissés à la "négociation locale". Et le communiqué de presse du Comité de la Conférence nationale des transporteurs , qui représente les grandes compagnies ferroviaires, ne mentionne que les augmentations de salaire initiales proposées par le conseil d'urgence et ne fait aucune mention des politiques d'assiduité sévères que les travailleurs ont exigé de changer. Et il semble qu'il n'y ait rien sur les changements apportés aux dangereuses politiques de sous-effectif.</p>
<p>Il n'est donc pas surprenant que les travailleurs de base aient exprimé sur les réseaux sociaux et lors d' entretiens leur frustration et leurs doutes quant à l'accord de principe annoncé. Certains ont dit , comme l'a dit un travailleur, que « c'est une mauvaise affaire. Tout le monde le déteste jusqu'à présent. Cela ne me fait rien. Je voterai non. Cela a été une perte de temps totale.</p>
<p>Compte tenu des profits des compagnies de chemin de fer, il ne fait aucun doute que les cheminots méritent un bien meilleur contrat que ce qui est prévu dans l'entente de principe. Il semble que l'accord de principe ne fasse rien pour régler le problème de la dotation, et peu pour répondre à certaines des autres préoccupations majeures des travailleurs. Cela semble être un peu mieux que les recommandations précédentes du conseil d'urgence, mais pas beaucoup.</p>
<p>La question est maintenant de savoir si la pression de l'administration Biden et des compagnies ferroviaires, ainsi que le sceau d'approbation de la direction syndicale, ont été suffisants pour amener les cheminots à accepter l'accord. Ou les cheminots le rejetteront-ils, voteront-ils non, exigeront-ils davantage, se mettront-ils en grève et utiliseront-ils encore plus leur pouvoir ? Nous verrons bien.</p>
<p><a href="https://translate.google.fr/translate?u=https://speakoutsocialists.org/a-national-railroad-strike-has-been-called-off-for-now/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://translate.google.fr/translate?u=https://speakoutsocialists.org/a-national-railroad-strike-has-been-called-off-for-now/</a></p>
<p>Syndicats ferroviaires de mèche avec Biden pour éviter la grève – réunion de 500 cheminots pour organiser l'opposition de la base</p>
<p>Tom Hall – WSWS</p>
<p>Alors que le spectre d'une grève nationale des chemins de fer aux États-Unis se profile, deux réunions ont eu lieu mercredi soir. La première, qui s'est tenue en secret, à huis clos, dans une salle de conférence de Washington, a réuni des responsables des syndicats de cheminots, des compagnies ferroviaires et le président Biden. L'objectif de cette discussion marathon, qui a duré 20 heures et s'est terminée tôt jeudi matin, était d'élaborer un contrat de concessions et d'éviter une grève.</p>
<p>L'accord conclu avant-hier n'est qu'une légère reformulation de celui proposé le mois dernier par le Conseil présidentiel d'urgence (PEB) de Biden, auquel les travailleurs s'opposent massivement et contre lequel ils étaient prêts à faire grève. Il n'ajoute qu'un seul jour de maladie payé et trois jours de maladie non payés. Plus important encore, du point de vue des conspirateurs de Washington, il a prolongé la période de « trêve » afin d'empêcher une grève.</p>
<p>La Maison-Blanche était déterminée à conclure un accord avant la date limite pour éviter aux démocrates du Congrès de devoir adopter une loi pour tenter d'écraser une grève quelques semaines seulement avant des élections cruciales de mi-mandat. Depuis le Sénat, Bernie Sanders, qui se présente comme un « socialiste démocrate », a joué le rôle qu'on lui avait assigné dans la conspiration, en bloquant la loi parrainée par les républicains afin de faire appliquer le PEB de Biden. Sanders, qui a voté en 1991 avec une énorme majorité bipartisane pour briser la dernière grève ferroviaire nationale, a manœuvré pour gagner du temps, tout en renforçant la crédibilité de Biden et des démocrates et en dissimulant l'unité des deux partis contre les cheminots.</p>
<p>Sanders s'est immédiatement précipité pour déclarer les « progrès réels » contenus dans l'accord de capitulation. Pendant ce temps, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a admis jeudi que les démocrates avaient déjà préparé une loi qui vise à rendre la grève illégale si elle commençait.</p>
<p>Le nouvel accord de principe représente, en réalité, une injonction qui est appliquée par le truchement des syndicats.</p>
<p>Washington ne se lasse pas de prétendre que toutes ses guerres à l'étranger sont menées au nom des droits de l'homme et de la démocratie. Pourtant, aux États-Unis, le droit de grève, le droit le plus fondamental dont disposent les travailleurs, n'existe pas. C'est une chose que les États-Unis ont en commun avec toutes les dictatures. En effet, Biden s'est vanté jeudi sur Twitter que les « trains roulaient à l'heure », une expression communément associée à l'Italie fasciste de Mussolini et à sa répression brutale et sanglante de l'opposition de la classe ouvrière, notamment des cheminots.</p>
<p>Outre le Congrès, l'utilisation de la police et des tribunaux, l'un des principaux moyens par lesquels le droit de grève est annulé est la bureaucratie syndicale. Les syndicats, complètement intégrés à la direction des entreprises et à l'État, s'emploient depuis des décennies à bloquer ou à isoler les grèves et à imposer une capitulation après l'autre. Biden, qui se décrit comme le président le plus « pro-ouvrier de l'histoire américaine », cherche à s'appuyer sur ces relations corrompues qui existent déjà et à les étendre considérablement. La dernière entente de trahison supervisée par la Maison-Blanche dans les chemins de fer fait suite à des manœuvres similaires avec les syndicats contre les dockers et les travailleurs des raffineries plus tôt cette année.</p>
<p>Mais la période pendant laquelle tout cela aurait pu être incontesté est terminée. La classe ouvrière commence à entrer en lutte partout dans le monde. Chacune de ces luttes a eu tendance à se transformer en rébellion contre l'appareil syndical et l'État capitaliste. L'expression organisationnelle et stratégique la plus élevée de ce phénomène est la croissance rapide des comités de la base dans le monde entier.</p>
<p>La deuxième réunion qui a eu lieu a été une étape majeure dans cette opposition croissante de la base. Il s'agissait d'une réunion en ligne de plus de 500 cheminots de la base et de leurs partisans, parrainée par le Comité de base des cheminots (RWRFC), le World Socialist Web Site et l'Alliance ouvrière internationale des comités de base. Il s'agissait d'une discussion démocratique et ouverte, impliquant une large représentation régionale des travailleurs de tous les principaux métiers et de toutes les compagnies ferroviaires nationales.</p>
<p>Les propos tenus lors de la réunion ont exprimé la haine viscérale que les travailleurs éprouvent à l'égard de leurs conditions d'exploitation et de la bureaucratie syndicale. Mark, machiniste et membre fondateur du RWRFC, a déclaré : « Contrat après contrat, nous avons fait des concessions sur les salaires et les avantages. Nous risquons notre santé et nos vies chaque jour. Nos familles doivent faire des sacrifices que la plupart des familles n'endurent pas : reprogrammer les vacances, les anniversaires, les réunions de famille, les funérailles, etc ».</p>
<p>« Ce sont ces raisons qui m'ont poussé à rejoindre le comité de base. Pour s'organiser, pour garantir notre droit démocratique de voter – et faire respecter ce vote, au lieu de subir les actes de 60 personnes au Sénat déterminées à supprimer ce droit – et pour abolir la loi sur le travail dans les chemins de fer qui brime notre droit de grève. Il faut se débarrasser de la bureaucratie et de l'appareil syndical, et rendre le pouvoir à la base ».</p>
<p>Il a terminé en appelant les travailleurs à se joindre au comité pour former un « front uni » contre « la relation corrompue entre le gouvernement, les transporteurs ferroviaires et les hauts responsables des syndicats ». Il a conclu en disant : « Nous vivons une époque sans précédent qui appelle à l'action ».</p>
<p>Raoul, un ingénieur de Chicago, a déclaré : « J'en ai assez de me faire traiter comme un paysan ». Alors que les chemins de fer ont cyniquement mis en garde contre l'impact économique d'une grève, Raoul a répondu que les chemins de fer « se sont mis eux-mêmes dans ce pétrin » en supprimant des dizaines de milliers d'emplois. Le réseau ferroviaire américain, dit-il, a été construit avec le travail des ouvriers, y compris celui des « immigrants, des esclaves et des Chinois…Les travailleurs ont contribué à la réussite et à la prospérité de ce pays, mais nous n'en avons pas le mérite ».</p>
<p>L'épouse d'un cheminot a évoqué le rôle d'Internet pour saper le contrôle de la bureaucratie et donner du pouvoir à la base. « Nous vivons à une époque où l'information est instantanée... Je crois que c'est la différence essentielle dans ce qui se passe actuellement », a-t-elle expliqué. « Lorsque le PEB a publié ses recommandations, tout le monde l'a eu instantanément et l'a lu avant même que les syndicats puissent prendre de l'avance et faire une déclaration…cela nous donne plus de pouvoir que nous n'en avons jamais eu. L'Internet est une bête qu'ils ne peuvent pas contrôler. Ils n'auront plus le contrôle qu'ils avaient auparavant ».</p>
<p>Will Lehman, un ouvrier de Mack Trucks qui se présente à la présidence des Travailleurs unis de l'automobile (UAW) sur un programme d'abolition de la bureaucratie syndicale et de lutte pour le contrôle de la base, a également pris la parole lors de l'assemblée. Lehman, un socialiste, a encouragé les travailleurs à comprendre le lien entre leur lutte et la lutte pour le socialisme, qu'il a défini comme suit : « Le pouvoir entre les mains des travailleurs, le pouvoir de décider comment nous distribuons la richesse que nous générons, avec un sens de l'égalité, et non pas qu'une poignée de personnes se gavent de cette richesse ». Il a également fait part de sa propre expérience en créant un comité de la base chez Mack Trucks afin de soutenir la grève de Volvo Trucks en 2021.</p>
<p>À la fin de la réunion, les participants ont voté massivement pour adopter une résolution exprimant le sentiment des cheminots, qui se lit comme suit :</p>
<p>Cette assemblée démocratique des cheminots de la base prend la résolution suivante :</p>
<p>1. Nous n'accepterons aucun acte du Congrès qui viole notre droit démocratique de grève et nous impose un contrat que nous n'acceptons pas et qui n'a pas été ratifié par la base.</p>
<p>2. Nous exigeons un contrat qui réponde à nos besoins, y compris : une augmentation salariale importante pour compenser des années de baisse des salaires ; des ajustements du coût de la vie pour faire face à l'inflation galopante ; la fin des politiques brutales d'assiduité ; des congés garantis et des jours de maladie ; et la fin des équipes d'un seul homme.</p>
<p>3. Nous informons les syndicats que toute tentative d'imposer des contrats qu'on n'accepte pas et qu'on n'a pas votés, ou de nous faire travailler sans contrat, sera en violation des instructions claires données par la base.</p>
<p>David North, président du Parti de l'égalité socialiste (Socialist Equality Party) et du comité de rédaction international du World Socialist Web Site, a parlé aux travailleurs de la signification de leur réunion.</p>
<p>« Tous ceux qui se sont exprimés ont souligné d'une manière ou d'une autre le fait que ces organisations ne vous représentent pas. Vous n'avez aucun contrôle sur ce qu'elles font », a-t-il déclaré. « Donc, lorsqu'on parle de comités de la base, il s'agit en fait de créer un moyen par lequel les travailleurs eux-mêmes peuvent affirmer leur pouvoir ».</p>
<p>Il a comparé les comités de la base aux comités de correspondance fondés par les colons lors de la Révolution américaine. « C'est ce qui a donné naissance au Congrès continental, qui était une nouvelle forme d'organisation, pour rassembler des gens vivant sur un vaste territoire afin d'organiser leur résistance au pouvoir de la couronne, pour qu'ils puissent s'informer et formuler leur propre politique ».</p>
<p>« Vous avez un pouvoir énorme si vous savez l'utiliser », a-t-il expliqué en conclusion. « Mais ce que vous devez d'abord faire, c'est de mettre en place une nouvelle structure à chaque lieu de travail, de sorte que, lorsque vous recevez la nouvelle qu'on vous a trahis, ça ne s'arrête pas là ». Vous devez créer les moyens de « renverser, contrecarrer, annuler la décision des apparatchiks qui servent vos ennemis ».</p>
<p>North a averti qu'au moment où la réunion se tenait, les syndicats, les entreprises et l'État conspiraient pour bloquer une grève et imposer un accord favorable aux entreprises. Ces avertissements ont été confirmés quelques heures plus tard, lorsque Biden a annoncé son accord négocié.</p>
<p>La réunion, et la résolution qu'elle a adoptée, fournissent une base puissante pour le développement de cette lutte visant à bâtir une nouvelle direction. Les cheminots doivent maintenant aller de l'avant en créant des comités dans chaque gare de triage et chaque terminal, en organisant des réunions pour rejeter la capitulation négociée par Biden, en partageant des informations et en élisant des dirigeants de la base pour assumer la responsabilité du processus décisionnel.</p>
<p> Plus de 500 cheminots se sont réunis pour discuter de la grève, alors que les entreprises, les syndicats et le Congrès tentent d'imposer un accord</p>
<p>WSWS Railroad Workers Newsletter</p>
<p>19 septembre 2022</p>
<p>Ce qui se passe</p>
<p>• Des centaines de cheminots se réunissent pour préparer la grève</p>
<p>• Les compagnies ferroviaires demandent au Congrès d'intervenir alors que les cheminots font pression pour la grève</p>
<p>• Les machinistes des chemins de fer rejettent l'accord de principe alors qu'une grève nationale est imminente</p>
<p>• Des représentants syndicaux et des entreprises rencontrent le secrétaire d'État, Marty Walsh, pour tenter de bloquer la grève des chemins de fer</p>
<p>• Les syndicats ferroviaires rampent devant le Congrès, alors que Washington élabore des plans d'urgence avant la date limite de grève de vendredi</p>
<p>Des centaines de cheminots se réunissent pour préparer la grève</p>
<p>Les travailleurs du rail peuvent se joindre au comité de base des travailleurs du rail ou le contacter en envoyant un courriel à railwrfc@gmail.com.</p>
<p>Mercredi soir, plus de 500 travailleurs du rail ont participé à une réunion convoquée par le Comité de la base des travailleurs du rail pour préparer la grève alors que la « période de réflexion » doit expirer dans moins de 24 heures, à 0h01 vendredi. La réunion était coparrainée par le World Socialist Web Site et l'Alliance internationale des travailleurs des comités de base.</p>
<p>La réunion a été convoquée sous le titre « Organisez-vous pour préparer une grève nationale ! ». Les participants comprenaient des travailleurs de tous les États-Unis qui travaillent pour BNSF, CSX, Union Pacific, Canadian National, Norfolk Southern et d'autres chemins de fer. Ils comprenaient des ingénieurs et des chefs de train, des machinistes, des mécaniciens, des wagonniers, des aiguilleurs, des signaleurs et d'autres travailleurs.</p>
<p>La réunion s'est tenue alors que le Congrès et le gouvernement Biden, avec le soutien des entreprises et des syndicats de cheminots, s'efforcent de trouver un moyen de bloquer une grève de 100.000 cheminots vendredi.</p>
<p>Les travailleurs présents à la réunion se sont exprimés avec force contre les efforts qui visent à faire passer des accords. Ces derniers sont basés sur le « Conseil présidentiel d'urgence » (Presidential Emergency Board – PEB) de Biden. Ils acceptent toutes les demandes des compagnies. Les travailleurs ont dénoncé l'appareil syndical qui ne les représente pas.</p>
<p>À la fin de la réunion, les travailleurs ont adopté une résolution, avec 98 pour cent de votes favorables, qui stipule ce qui suit :</p>
<p>Cette assemblée démocratique des cheminots de base décide de ce qui suit :</p>
<p>1. Nous n'accepterons aucun acte du Congrès qui viole notre droit démocratique de grève et nous impose un accord que nous n'acceptons pas et qui n'a pas été ratifié par la base.</p>
<p>2. Nous exigeons un accord qui réponde à nos besoins, y compris une importante augmentation de salaire pour compenser des années de baisse des salaires ; des augmentations indexées sur le coût de la vie pour faire face à une inflation galopante ; la fin des politiques brutales d'assiduité ; des congés garantis et des congés maladie ; et la fin de la campagne pour imposer des équipages d'un seul homme.</p>
<p>3. Nous informons les syndicats que toute tentative d'imposer des accords que nous n'acceptons pas et qui n'ont pas été votés, ou de nous faire travailler sans accord, sera en violation des instructions claires données par la base.</p>
<p>Un ingénieur de Chicago a déclaré lors de la réunion : « J'en ai assez de me faire traiter comme un paysan. Ils parlent de l'argent que nous gagnons, comme si nous étions en train de devenir millionnaires ou quelque chose comme ça. Mais, ils ne parlent jamais de ce que gagnent les PDG et les cadres supérieurs, de leurs notes de frais et de tout ce qu'ils ont, et de la façon dont ils vivent dans le luxe. Et ici, nous nous battons à propos de journées de 12 heures et des politiques de présence très strictes qui nous sont imposées ».</p>
<p>« Ils disent que la grève va semer le chaos dans tout le pays et dans la chaîne d'approvisionnement. Mais le fait est qu'il y a déjà du chaos. Et il est causé par le PSR [Le chemin de fer à horaires fixes de précision (Precision Scheduled Railroading)]. Ils se sont débarrassés de plus de 40.000 personnes. Ils se sont débarrassés d'équipements dont nous avons besoin, de moteurs. Ils ont eux-mêmes provoqué ce désordre ».</p>
<p>Un autre cheminot de la région de Chicago a déclaré : « Le pouvoir est avec nous, d'autant plus que nos membres sont solidaires et réalisent que nous avons le contrôle. Elles [les compagnies] sont là grâce à nous. Elles n'ont rien sans nous. Elles ne possèdent pas d'entreprise. Elles ne possèdent pas les bénéfices. Elles ne possèdent pas tous les millions de dollars qu'elles gagnent ».</p>
<p>« Je rate 80 pour cent des événements familiaux, des événements prévus, des fêtes d'anniversaire, des vacances. On rate toujours des trucs. Et nous voulons juste récupérer une partie de notre vie. C'est fou que nos demandes pour un contrat solide soient balayées du revers de la main non seulement par le PEB, mais aussi par notre syndicat et par les transporteurs eux-mêmes ».</p>
<p>Les compagnies ferroviaires demandent au Congrès d'intervenir alors que les cheminots font pression pour la grève</p>
<p>La BNSF, l'une des principales compagnies ferroviaires des États-Unis, a publié aujourd'hui une déclaration, dans laquelle elle demande au Congrès d'intervenir et de faire appliquer des accords inspirés par le Presidential Emergency Board (PEB) du gouvernement Biden, si jamais de tels accords ne sont pas conclus avant la fin de la période de « refroidissement » vendredi à 0h01.</p>
<p>Dans sa lettre au Congrès, la BNSF a déclaré que la « bonne nouvelle » était que « les chemins de fer ont maintenant conclu des accords de principe (AT) avec une grande majorité des syndicats ferroviaires impliqués dans les négociations nationales ». Ces accords, a-t-elle précisé, étaient fondés sur les recommandations du PEB du gouvernement Biden.</p>
<p>L'entreprise n'a pas précisé que les travailleurs de l'un de ces syndicats, l'« Association internationale des machinistes » (AIM), avaient déjà rejeté un accord à une majorité écrasante, tandis qu'un autre syndicat, la « Fraternité des aiguilleurs du rail », a annulé les plans qui visaient à soumettre le contrat à un vote, au motif que cela n'avait aucune chance de passer.</p>
<p>Les deux syndicats qui n'ont pas encore accepté d'accords fondés sur le PEB, la Fraternité des ingénieurs de locomotives et des agents de train et le SMART-TD, supervisent la majorité des cheminots, soit environ 90.000 personnes. Ils n'ont pas encore tenté d'imposer des accords parce qu'ils savent qu'ils seront massivement rejetés par les cheminots.</p>
<p>Loin d'être un organe « neutre », comme l'a prétendu BNSF, le PEB a accepté toutes les demandes des compagnies ferroviaires. Cela comprend des augmentations de salaire inférieures à l'inflation ; une augmentation des coûts des soins de santé, et aucun changement aux politiques d'assiduité détestées, qui oblige les équipes de train à être de garde 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.</p>
<p>Si les travailleurs refusent d'accepter ces conditions, et si l'appareil syndical est incapable de les y contraindre, BNSF a demandé au Congrès d'intervenir. La lettre fait référence à la législation introduite par les sénateurs républicains Richard Burr et Roger Wicker qui, selon elle, « permettrait de résoudre les problèmes dans les négociations actuelles entre les syndicats et la direction ».</p>
<p>« En l'absence de l'issue préférée des accords volontaires », concluait la lettre, « ce serait le résultat le plus certain, le plus direct et le plus équitable pour toutes les parties concernées ».</p>
<p>Une telle « résolution des problèmes » tournerait en fait en dérision les droits démocratiques des travailleurs qui sont massivement opposés aux recommandations du PEB. Cela signifierait la mise en œuvre par décret gouvernemental de contrats rédigés par les compagnies ferroviaires, approuvés par la Maison-Blanche contrôlée par les entreprises, et soutenus par des responsables syndicaux dans la poche des compagnies.</p>
<p>Un réparateur de CSX à Albany, dans l'État de New York, a déclaré à la WSWS Railroad Workers Newsletter : « Je ne sais pas pourquoi nous avons un syndicat, si nous ne pouvons pas faire grève et que le Congrès va simplement imposer les recommandations du PEB. Pourquoi, ne pas simplement supprimer l'intermédiaire et laisser le gouvernement dicter les conditions ? ».</p>
<p>« De nombreux travailleurs disent que nous devrions rejeter l'AT et nous mettre en grève. Mes heures ne sont pas aussi mauvaises que celles de certains ingénieurs et chefs de train, mais, si un déraillement a lieu ou un autre type d'urgence, ils disent que tout le monde doit rester et que personne ne peut partir. Vous pouvez travailler 24 heures d'affilée. Nous avons également travaillé tout au long de la pandémie et n'avons reçu aucune compensation supplémentaire. Je vais participer à la réunion publique des cheminots ce soir pour voir ce qu'on peut faire pour lutter ».</p>
<p>Un ingénieur de la BNSF avec 15 ans d'expérience dans l'ouest du Tennessee a déclaré : « Les gars ici pensent que le syndicat est mou et cédera au peu de pression qu'il y a et acceptera cette merde de PEB avec les politiques de présence et pas de jours de maladie. Et qu'est-ce qu'une augmentation de salaire de 22 pour cent sur cinq ans ? C'est totalement inacceptable. Et cela vient d'un “président pro-syndicat” ».</p>
<p>« Les recommandations du PEB sont totalement en faveur de la BNSF et des autres compagnies. Elles ont l'impression qu'il n'y a rien à négocier parce qu'elles savent que le syndicat cédera ou que le gouvernement nous enfoncera cela dans la gorge. Du point de vue du syndicat, si le Congrès agit, il pourra dire : “Nous avons fait de notre mieux pour nous battre, mais nous n'avons rien pu faire” ».</p>
<p>« Beaucoup de gens disent que nous devrions faire grève quoiqu'en dise le Congrès. Il faut que l'ensemble des cheminots le fasse. Ils ne pourraient pas remplacer 60.000 travailleurs si nous faisions grève. Ils ne peuvent même pas trouver des travailleurs pour remplacer les 1.000 qui ont pris leur retraite ».</p>
<p>« Quand j'ai commencé à travailler, il y avait 300 à 350 candidats pour 20 postes. Maintenant, il n'y a pas 20 candidats pour 30 postes vacants. À l'heure actuelle, la direction ne peut pas appliquer la politique d'assiduité et mettre des gens au chômage parce qu'elle ne peut embaucher personne ».</p>
<p>Les machinistes des chemins de fer rejettent l'accord de principe alors qu'une grève nationale se profile à l'horizon</p>
<p>La loge 19 du district de l'Association internationale des machinistes (AIM) a annoncé mercredi matin que les machinistes des chemins de fer avaient rejeté un accord de principe. L'AIM est l'un des douze syndicats qui supervisent les travailleurs des chemins de fer.</p>
<p>Dans une courte déclaration, l'AIM a écrit : « Le vote est terminé et les résultats sont là. L'accord de principe a été rejeté et le vote d'autorisation de grève a été approuvé ».</p>
<p>L'IAM n'a pas communiqué de chiffres, mais les travailleurs affirment que l'opposition à l'accord était écrasante.</p>
<p>L'accord rejeté par les travailleurs était basé sur les recommandations du Presidential Emergency Board (PEB) du gouvernement Biden.</p>
<p>Les recommandations du PEB acceptaient toutes les demandes des compagnies ferroviaires, y compris des augmentations salariales inférieures à l'inflation, une augmentation des coûts des soins de santé et aucun changement aux politiques d'assiduité détestées qui laissent les équipes de train de garde 24/7.</p>
<p>De manière provocante, la déclaration de l'AIM a déclaré que « par respect pour les autres syndicats dans le processus de ratification, il est convenu d'une prolongation jusqu'au 29 septembre 2022 ».</p>
<p>En fait, les syndicats poursuivent une stratégie de division et de conquête, en tentant de faire passer des accords basés sur le PEB dans un certain nombre de syndicats. Les cheminots ont toutefois déclaré qu'ils ne franchiront pas les lignes de piquetage si les travailleurs de l'un ou l'autre des syndicats entament une action de grève.</p>
<p>« La base des machinistes rejette massivement la prolongation de la période de réflexion », a déclaré un machiniste de l'IAM travaillant à Saint-Louis, dans le Missouri, au Bulletin des cheminots de la WSWS.</p>
<p>« Lorsque nous avons voté pour la grève, on nous a dit que ce serait à 0h01 le 16 septembre. Nous avons attendu assez longtemps pour obtenir un contrat décent, et nous exigeons de faire grève le 16. La décision non autorisée de l'AIM de quitter la coalition nous a rendus vulnérables et a provoqué la division et la colère parmi les membres ».</p>
<p>Un mécanicien de locomotive de BNSF membre de l'AIM a ajouté : « Sur mon site, la majorité est heureuse que la convention ait été rejetée. Mais ils sont fous de rage à cause de la prolongation. Les gars sont prêts à faire grève. Ils en ont assez. Ils réclament du sang du district. Ils estiment que nous aurions dû voter sur une extension si elle était sur la table ».</p>
<p>Des représentants syndicaux et des entreprises rencontrent le secrétaire d'État, Marty Walsh, dans le but de bloquer la grève des chemins de fer</p>
<p>Des responsables syndicaux rencontrent aujourd'hui le secrétaire d'État au travail de l'administration Biden, Marty Walsh, et des représentants des compagnies ferroviaires dans le but de bloquer une grève avant que la « période de réflexion » ne prenne fin vendredi à 0h01.</p>
<p>Les syndicats impliqués dans les discussions sont la Fraternité des ingénieurs de locomotives et des agents de train (Brotherhood of Locomotive Engineers and Trainmen – BLET) et le SMART-TD, qui ensemble regroupent la majorité des cheminots. Dix autres syndicats ont déjà accepté des contrats basés sur les recommandations du Presidential Emergency Board (PEB) de Biden.</p>
<p>Conscients de l'énorme opposition des travailleurs aux propositions du PEB, qui acceptent toutes les demandes des entreprises, le BLET et le SMART-TD n'ont pas encore accepté de contrats. Les responsables syndicaux sont à la recherche de quelque chose qu'ils pourraient utiliser pour le vendre aux membres.</p>
<p>Mais ce quelque chose n'est rien. Le BLET, par exemple, a déclaré qu'il demandait un congé de maladie non rémunéré, ce que les entreprises ont rejeté.</p>
<p>« Notre proposition de congé de maladie non rémunéré ne leur coûte rien », a plaidé le président du BLET, Dennis Pierce, dans des commentaires à CNBC mercredi. « C'est quelque chose qu'ils peuvent gérer. Cela ne nuit pas à leur modèle économique ».</p>
<p>Les syndicats ferroviaires rampent devant le Congrès, tandis que Washington élabore des plans d'urgence avant la date limite de grève de vendredi</p>
<p>À moins de trois jours de la date limite de déclenchement d'une grève nationale des chemins de fer, les syndicats ferroviaires s'efforcent désespérément de trouver un accord avec les sept chemins de fer de marchandises de classe 1. Cependant, les syndicats sont confrontés à une opposition écrasante de la part des travailleurs, ce qui perturbe sérieusement leurs tentatives d'imposer bureaucratiquement un accord de capitulation.</p>
<p>Les travailleurs du rail se battent contre une proposition de contrat de concession émise le mois dernier par un conseil présidentiel d'urgence, nommé par Biden. Les contrats comprennent des réductions des salaires réels et des augmentations des coûts des soins de santé. Elle laisse également intactes les politiques d'assiduité détestées qui ont poussé des dizaines de milliers de personnes à quitter le secteur.</p>
<p>Malgré l'atmosphère de guerre civile qui règne à Washington, les deux partis ont indiqué qu'ils étaient prêts à s'unir pour adopter une législation qui vise à bloquer une grève. Steny Hoyer, le numéro deux démocrate de la Chambre, a déclaré à Bloomberg News que le Congrès interviendrait. Lundi soir, les sénateurs républicains Richard Burr et Roger Wicker ont proposé une législation qui vise à imposer le PEB dès la date limite de vendredi.</p>
<p>Dans une lettre servile adressée mardi aux chefs des deux partis du Congrès, le syndicat Division des transports de l'Association internationale des travailleurs du métal en feuille, de l'air, du rail et des transports a déclaré : « Nous vous demandons humblement de laisser les deux parties trouver une solution ».</p>
<p>En d'autres termes, les syndicats ne demandent pas au Congrès de ne pas se mêler de la grève qui aura lieu vendredi. Au contraire, ils supplient le Congrès de donner aux syndicats l'espace et le temps nécessaire pour faire respecter un accord et éviter une grève. La lettre ajoute : « Ce n'est pas le moment de faire preuve de myopie, car la fragilité de l'économie est bien réelle ».</p>
<p>Les entreprises refusent toutefois de faire la moindre concession sur le régime de travail brutal des chemins de fer, où les travailleurs sont constamment sur appel. Ainsi, ils ne peuvent pas prévoir ni temps avec leur famille ni même de rendez-vous chez le médecin. La Fraternité des ingénieurs de locomotives et des agents de train, qui, avec le SMART-TD, compte parmi ses membres la majorité des cheminots a déclaré qu'elle était prête à assouplir sa position de négociation en demandant un congé de maladie non rémunéré, mais en vain.</p></div>
USA : la grève Pullman de 1894, exemplaire pour son auto-organisation ouvrière et la trahison des fédérations syndicales
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Debs : <br class='autobr' />
USA : la grève Pullman de 1894, exemplaire pour son auto-organisation ouvrière et la trahison des fédérations syndicales <br class='autobr' />
Le 11 mai 1894 à Chicago aux États-Unis, environ 3 000 employés de la Pullman Company entamèrent une grève sauvage, en réaction à des baisses de salaire, qui paralysa entièrement le trafic ferroviaire dans tout l'ouest de Chicago. Durant les jours qui suivirent, la grève Pullman devint un conflit social d'ampleur nationale entre les syndicats de (…)</p>
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<p>Le Patron :</p>
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<p>Debs :</p>
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</div><h2 class="spip">USA : la grève Pullman de 1894, exemplaire pour son auto-organisation ouvrière et la trahison des fédérations syndicales</h2>
<p>Le 11 mai 1894 à Chicago aux États-Unis, environ 3 000 employés de la Pullman Company entamèrent une grève sauvage, en réaction à des baisses de salaire, qui paralysa entièrement le trafic ferroviaire dans tout l'ouest de Chicago. Durant les jours qui suivirent, la grève Pullman devint un conflit social d'ampleur nationale entre les syndicats de travailleurs et les entreprises ferroviaires. L'American Railway Union (ou ARU), le premier syndicat national du secteur, dirigé par le cheminot Eugene Victor Debs, se retrouva par la suite mêlé à ce que le « New York Times » décrivit comme « une lutte opposant le plus important syndicat de travailleurs et la totalité des entreprises du chemin de fer qui concernait quelque 250 000 travailleurs dans vingt-sept États à son apogée. Le président Grover Cleveland envoya les troupes fédérales à Chicago pour faire cesser la grève.</p>
<p>Le 26 juin 1894, les membres de l'American Railway Union ont commencé un boycott en faveur des travailleurs en grève de la Pullman Palace Car Company à Pullman, Illinois (aujourd'hui partie des quartiers sud de Chicago). Ce boycott signifiait que les travailleurs de toute l'industrie ferroviaire refusaient de travailler sur tout train auquel était attaché une voiture Pullman, afin de soutenir les travailleurs Pullman en grève. En effet, cette décision a élargi ce qui a commencé comme une grève locale contre Pullman en une grève nationale contre l'ensemble de l'industrie ferroviaire. En fait, il s'agissait à l'époque de la plus grande grève de l'histoire des États-Unis et elle a mis une grande partie de la classe ouvrière américaine en conflit direct avec leurs oppresseurs économiques et politiques – c'était une guerre de classe pure et simple. Bien que la grève ait finalement été vaincue, c'était une démonstration claire du potentiel révolutionnaire de la classe ouvrière lorsqu'elle est engagée dans des luttes à cette échelle. Le militantisme, l'organisation et la solidarité manifestés par les cheminots ont non seulement démontré la capacité de la classe ouvrière à s'organiser et à se battre pour elle-même, mais ils ont également montré le pouvoir que les travailleurs ont de tenir tête à l'ensemble de la classe capitaliste et de transformer complètement la société.</p>
<p>Le contexte</p>
<p>Employant des centaines de milliers de salariés dans tout le pays, avec la plus forte densité de chemins de fer et de travailleurs de tout le nord-est et du Midwest, en 1890, les compagnies de chemin de fer figuraient parmi les sociétés les plus importantes et les plus puissantes des États-Unis. Elles dominaient les politiciens des différents Etats et du pays, soudoyaient et intimidaient les fonctionnaires et les petites villes, facturaient des prix exorbitants aux agriculteurs et, bien sûr, exploitaient leurs propres travailleurs de diverses manières. Les propriétaires d'entreprises ferroviaires étaient emblématiques de la classe capitaliste (appelés les « nouveaux riches ») qui s'était développée à la fin du XIXe siècle, et ils utilisaient leur pouvoir économique pour dominer la politique et toute la société. Alors que les cheminots, à partir des années 1870, se sont battus pour eux-mêmes et ont défié les magnats des chemins de fer, l'exemple le plus célèbre et le plus édifiant en est resté la grande grève de 1877, au cours de laquelle des centaines de milliers de travailleurs ont fait grève contre les baisses de salaires et d'autres abus de la part des Baltimore et Ohio (B+O) Railroad. Ce bouleversement massif a été réprimé par les milices de l'État et les troupes fédérales qui ont forcé les travailleurs à reprendre le travail sous la menace des armes, en tuant 100 personnes en cours de route. Mais cette grève avait été désorganisée sans véritable direction centrale pour guider le soulèvement.</p>
<p>Dans les années qui ont suivi, les cheminots ont formé des confréries (Railway Brotherhoods), des organisations qui combinaient entraide et négociations bureaucratiques sur les règles de travail et les salaires de base. Mais ils n'avaient aucun pouvoir réel et n'étaient même pas membres de l'American Federation of Labour (AFL), l'organisation syndicale corporatiste, en croissance rapide mais assez conservatrice dirigée par Samuel Gompers. Au début des années 1890, il était clair pour la masse des cheminots que ces diverses confréries à elles seules n'étaient pas très utiles pour lutter contre l'aggravation de leurs conditions et qu'il fallait quelque chose de plus. C'est dans ce contexte que des représentants de certaines confréries de cheminots se sont réunis en février 1893 pour former l'American Railway Union, ou ARU. Ce syndicat était une fédération de dizaines de confréries en un nouveau type de syndicat - un syndicat industriel - représentant les travailleurs non pas par métier spécifique, mais en vertu de leur emploi dans une industrie spécifique. Son moteur et nouveau président était un jeune cheminot, dirigeant syndical de l'Indiana, Eugene Victor Debs. La première action majeure de l'ARU a eu lieu en août à Minneapolis, dans le Minnesota, où elle a mené une grève de 18 jours contre les baisses de salaire des travailleurs de la Great Northern Railway. Bien qu'ils n'aient pas gagné de meilleurs salaires ou de nouveaux avantages, la grève a forcé les propriétaires de compagnies de chemin de fer à revenir sur des réductions de salaire. C'était une petite mais importante victoire. Comme dans la plupart des cas, lorsque les travailleurs d'un syndicat remportent une grève ou réalisent des gains importants, d'autres travailleurs affluent vers le syndicat avec un sentiment d'optimisme qu'eux aussi peuvent participer à l'amélioration de leurs conditions par la solidarité avec leurs collègues. À la fin de l'année, la toute jeune ARU comptait 150 000 membres, presque autant que l'ensemble de l'AFL.</p>
<p>La grève chez Pullman</p>
<p>La Pullman Palace Car Company, propriété de George Pullman, dirigeait une « ville d'entreprise » modèle – elle était basée dans la ville de Pullman dans l'Illinois, du nom de la société, qui possédait toute la ville. Pullman contrôlait pratiquement totalement la main-d'œuvre, tous les magasins, les prix et les loyers, ce qui mettait tous les travailleurs dans une situation difficile, même dans les bons moments. Mais lorsqu'une dépression a frappé les États-Unis en 1893, Pullman a réduit les salaires de 33 % en moyenne au cours de l'hiver et du printemps de 1894, mais les prix et les loyers sont restés les mêmes. En réponse, en mars et avril, la majorité des travailleurs de Pullman ont rejoint l'ARU. Dans les premiers jours de mai, les travailleurs ont envoyé un comité rencontrer Pullman pour lui demander soit de rétablir les salaires antérieurs, soit de réduire les prix et les loyers. Au lieu de cela, Pullman a rapidement licencié trois membres du comité, exaspérant les travailleurs. Alors que les principaux dirigeants de l'ARU, y compris Debs, ont exhorté à la prudence, les travailleurs de Pullman ont voté en faveur de la grève et, le 11 mai, la grève de Pullman a commencé.</p>
<p>La grève localisée, de seulement quelques milliers de travailleurs d'un syndicat local contre un employeur puissant, a été une bataille désespérée dès le départ. Au bout d'un mois, les travailleurs et leurs familles étaient au bord de l'itinérance et de la famine. Leur situation était dramatique.</p>
<p>La grève s'étend</p>
<p>Mais lors de la première convention nationale de l'ARU à la mi-juin, les délégués ont exprimé leur ferme soutien aux travailleurs de Pullman et ont appelé au boycott (ou « grève de solidarité ») par tous les membres de l'ARU en faveur des grévistes locaux. Alors que Debs et d'autres dirigeants de l'ARU n'étaient toujours pas favorables à l'idée de mettre le poids de l'ensemble du syndicat derrière la grève, lorsque Pullman a refusé de poursuivre les négociations, les délégués de l'ARU ont voté le 25 juin pour lancer un boycott par tous les membres de l'ARU contre toutes les voitures Pullman. . Étant donné que les voitures Pullman étaient utilisées sur la majorité des trains de voyageurs aux États-Unis, il s'agissait en fait d'un appel à une grève des cheminots à l'échelle nationale.</p>
<p>Le 26 juin, la vraie grève a commencé. En quelques jours, non seulement les 150 000 membres de l'ARU ne travaillaient pas, mais 110 000 autres cheminots qui n'étaient pas encore membres de l'ARU s'étaient joints à la grève dans une inspirante manifestation de solidarité. Debs et les dirigeants de Chicago, bien qu'ils veuillent éviter le boycott, ont consacré toute leur énergie à la grève, dirigeant un quartier général de grève, coordonnant la communication et donnant des instructions. Mais le véritable travail de la grève dépendait des travailleurs dans des centaines de petits endroits qui étaient responsables des actions locales et de l'organisation de leurs travailleurs locaux, ce qui a conduit à de nombreux boycotts et grèves de moindre envergure sans aucune directive des dirigeants de l'ARU. La majorité des lignes de train du Midwest ont cessé de fonctionner et le transport ferroviaire à l'échelle nationale a été ralenti, voire arrêté. Ajoutant au sentiment d'élan, de nombreux travailleurs non ferroviaires à Chicago et dans d'autres villes voulaient également participer à une grève générale, dans laquelle tous les travailleurs feraient grève pour soutenir les travailleurs de Pullman et ARU. Tout cela a été rendu possible par l'appel au boycott, et c'est la raison pour laquelle le 26 juin est devenu un tournant dans la grève.</p>
<p>Les cheminots montraient leur solidarité les uns envers les autres et leur pouvoir potentiel de perturber, voire d'arrêter, l'ensemble du système économique américain. Le « New York Times », dans une déclaration qui met en évidence la menace que la grève représentait pour la classe capitaliste, l'a qualifiée de « plus grande bataille entre le travail et le capital qui n'ait jamais été inaugurée aux États-Unis ». Au bout d'une semaine, il semblait que les ouvriers avaient le dessus et gagneraient cette bataille contre leurs oppresseurs.</p>
<p>La grève fait face à l'État</p>
<p>La classe capitaliste, cependant, était encore mieux organisée que les ouvriers, et ils ont utilisé leur richesse et leur pouvoir pour amener le gouvernement à agir en leur nom. Tout comme l'ARU s'organisait, les compagnies de chemin de fer s'organisaient aussi, qui créaient la GMA, ou General Managers Association, pour coordonner leur lutte contre leurs travailleurs. Le GMA est passé à l'action, planifiant une stratégie, embauchant des briseurs de grève et utilisant généralement l'argent et le pouvoir de l'industrie pour retourner l'opinion publique contre les travailleurs et pour influencer les politiciens qui étaient déjà sympathiques aux entreprises. Le GMA a poussé le président Grover Cleveland et son procureur général Richard Olney (qui avait travaillé comme avocat d'une compagnie de chemin de fer pendant 35 ans avant de devenir procureur général) à obtenir des injonctions contre les travailleurs et à utiliser les troupes fédérales pour forcer les travailleurs à retourner au travail (une injonction est fondamentalement une menace par les tribunaux d'amendes massives et de peines de prison si les travailleurs ne coopèrent pas). Leur objectif n'était pas seulement de mettre fin à cette grève, mais de détruire complètement l'ARU, qu'ils considéraient comme un leader potentiel de la classe ouvrière dans son ensemble.</p>
<p>A partir du 2 juillet, le vent a tourné. Des injonctions ont été émises, de nouveaux avocats fédéraux ont été nommés à Chicago et près de 14 000 soldats fédéraux ont occupé l'immense ville, ainsi que des milliers d'autres à l'échelle nationale qui ont occupé des parties de petites villes et villages pour forcer les travailleurs à retourner au travail. À la fin de l'intervention, des troupes fédérales ou étatiques ont été appelées dans le Nebraska, l'Iowa, le Colorado, l'Oklahoma, la Californie et l'Illinois, et environ 34 personnes ont été tuées dans les affrontements. Le coup final est venu le 10 juillet, lorsque les bureaux de l'ARU ont été occupés et saccagés, et Debs et d'autres dirigeants de l'ARU ont été arrêtés.</p>
<p>Mais, à part les capitalistes et leurs alliés au sein du gouvernement, un autre groupe a également contribué à saper la grève. De nombreux dirigeants des confréries conservatrices des chemins de fer ont refusé de faire grève et ont encouragé leurs membres à continuer de travailler comme d'habitude. Samuel Gompers et l'AFL ont également refusé de soutenir la grève. Pour ces syndicalistes conservateurs, une grève radicale était la dernière chose qu'ils voulaient, et ils la considéraient comme une menace dangereuse pour les petits privilèges qu'ils avaient lentement gagnés - d'où la réticence de leur direction à faire preuve de solidarité avec les autres travailleurs.</p>
<p>Les leçons de la grève Pullman</p>
<p>Alors que la grève Pullman s'est soldée par une défaite, comme la plupart des grèves de la fin du XIXe siècle, elle a une signification qui éclipse sa défaite et offre un certain nombre de leçons pour les travailleurs des années suivantes ainsi qu'aujourd'hui. Bien que l'ARU ait été détruite par le gouvernement, ce fut la première tentative significative de former un syndicat industriel, qui n'émergera plus tard comme un puissant modèle de syndicalisme dans les années 1930, lors des grèves vigoureuses et réussies à Toledo, Minneapolis et San Francisco en 1934, et la grève avec occupation de Flint de 1936. Ce modèle de syndicalisme offrait aux travailleurs un moyen de s'organiser qui leur permettait de s'unir à une échelle bien plus grande que jamais auparavant et de s'opposer plus directement aux forces les plus puissantes de la société. et efficacement. Cela montrait aussi le formidable sens de la solidarité dont sont capables les travailleurs, même s'ils ne travaillent pas dans la même industrie. C'était et c'est cet « esprit » de solidarité au sein de la classe ouvrière, comme l'a écrit un participant, qui continue de fournir une base aux travailleurs pour unir leurs luttes dans un combat commun et augmenter énormément leur pouvoir. La grève Pullman a également démontré une fois de plus aux travailleurs que le gouvernement n'est pas une force neutre dans la société. Le gouvernement était (et est toujours) un instrument de domination de classe, qui est utilisé par la classe capitaliste pour réguler ou gérer le conflit de classe chaque fois que possible, et pour étouffer le conflit de classe par des mécanismes juridiques et la force si nécessaire.</p>
<p>Debs, d'autres dirigeants de l'ARU et même de nombreux cheminots avaient formulé leurs objectifs initiaux dans un langage de patriotisme et de fraternité humaine, et n'avaient pas eu l'intention de mener une grève nationale. Ils voulaient simplement de la dignité, du respect et la capacité de subvenir aux besoins de leur famille même en période de dépression. Mais ces exigences très basiques étaient bien trop importantes pour les propriétaires d'entreprise ou le gouvernement. Et une fois que ces revendications ont été soutenues par des centaines de milliers de travailleurs prêts à se battre, aux yeux de la classe capitaliste et de leur gouvernement, ils n'ont eu d'autre choix que d'essayer d'écraser ces travailleurs et leurs organisations - car cela pourrait menacer la fondation même de la société capitaliste. Les forces armées du gouvernement américain ont été la force décisive de la grève, et aussi organisés et déterminés que soient ces travailleurs, ils n'étaient pas encore prêts à l'affronter. Pour ce faire, une organisation révolutionnaire très différente et beaucoup plus large doit être construite</p>
<p>Le post-scriptum le plus intéressant de la Grève Pullman a peut-être été le chemin emprunté par son principal protagoniste au cours des décennies à venir. Bien qu'il ait commencé son travail pour les chemins de fer en tant que travailleur patriote, pro-business et même syndicaliste dans ses premières années, Eugene Debs est lentement devenu plus radical au fil des événements. Alors que ce processus était bien engagé avant la grève Pullman, ce n'est qu'après la grève qu'il a porté ses fruits. Tout en passant près d'un an en prison pour son rôle dans la grève, Debs a pu développer davantage son étude des idées socialistes révolutionnaires, en lisant le Capital de Karl Marx, ainsi que les travaux d'autres militants socialistes, et est devenu un socialiste convaincu. La grève lui avait clairement démontré comment les travailleurs étaient exploités et opprimés par la classe capitaliste et le gouvernement capitaliste, et qu'au sein d'un système capitaliste, les travailleurs n'obtiendraient jamais une juste secouée, et encore moins une vraie démocratie. En 1898, il a été membre fondateur du Parti social-démocrate d'Amérique (SDP), devenu plus tard le Parti socialiste d'Amérique, et est resté la principale voix américaine de la politique socialiste jusqu'à sa mort en 1926. Le chemin de Debs, d'activiste de la classe ouvrière à militant socialiste révolutionnaire, devrait être un modèle pour tous les travailleurs qui veulent voir une vie meilleure pour les travailleurs. Il s'est rendu compte que tant que nous vivrons dans une société capitaliste, les opportunités pour les travailleurs de mener une vie décente et épanouissante seront toujours limitées par les besoins des capitalistes, qui font passer le profit avant les gens à tout moment.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, la grève Pullman est l'un des plus importants soulèvements ouvriers de l'histoire américaine. Il nous enseigne des leçons sur le pouvoir et le potentiel des travailleurs lorsqu'ils s'organisent à grande échelle et se montrent solidaires les uns des autres. Elle démontre la nature de classe incontestable du gouvernement et sur la classe capitalise dont il protège les intérêts. Et cela met également en évidence les limites des syndicats traditionnels au sein d'un système capitaliste, et nous rappelle que pour que les travailleurs puissent vraiment gagner le monde que nous voulons, tout le système capitaliste doit être remplacé, et pour ce faire, nous devons construire des organisations révolutionnaires de la classe ouvrière.</p>
<p>Source : <a href="https://speakoutsocialists.org/the-significance-of-the-pullman-strike-of-1894/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://speakoutsocialists.org/the-significance-of-the-pullman-strike-of-1894/</a></p>
<p>Lire aussi : <a href="https://www.retronews.fr/politique/echo-de-presse/2019/12/03/greve-des-ouvriers-de-pullman" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.retronews.fr/politique/echo-de-presse/2019/12/03/greve-des-ouvriers-de-pullman</a></p></div>
La grève « sauvage », auto-organisée, c'est l'arme de TOUS les travailleurs !!!
https://matierevolution.org/spip.php?article6663
https://matierevolution.org/spip.php?article66632019-10-29T23:05:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisGrève StrikeCheminotsLutte de classes - Class struggleGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>La grève « sauvage », auto-organisée, c'est l'arme de TOUS les travailleurs !!! <br class='autobr' />
« Nous, agents grévistes du matériel au Technicentre de Châtillon, sur le réseau TGV Atlantique, avons cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats ». Ces quelques mots des 200 cheminots du centre technique de Châtillon ont provoqué des réflexions nombreuses dans toute la classe ouvrière : on fait grève quand on veut désormais sans obéir aux (…)</p>
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</div><h2 class="spip">La grève « sauvage », auto-organisée, c'est l'arme de TOUS les travailleurs !!!</h2>
<p>« Nous, agents grévistes du matériel au Technicentre de Châtillon, sur le réseau TGV Atlantique, avons cessé le travail massivement depuis lundi 21 octobre au soir, sans se concerter ou être encadrés par les syndicats ». Ces quelques mots des 200 cheminots du centre technique de Châtillon ont provoqué des réflexions nombreuses dans toute la classe ouvrière : on fait grève quand on veut désormais sans obéir aux directions syndicales ?!!!</p>
<p>L'écho énorme d'une grève locale à durée illimitée, décidée par les travailleurs eux-mêmes sans les syndicats, vient de montrer que l'action directe a un tout autre poids que les journées syndicales mobilisant un nombre énorme de travailleurs sans faire aucun effet ou les grèves programmées par les centrales à dates préparées à l'avance, comme celle contre la privatisation du rail.</p>
<p>Deux fois de suite, les cheminots SNCF viennent de nous montrer l'exemple de la « grève sauvage ». La première fois, conducteurs et contrôleurs SNCF exerçant leur « droit de retrait » par une « grève surprise », illégale dit la direction, car sans déposer légalement de demande de grève avec préavis par les syndicats après négociation, à la suite d'un accident après la collision mercredi soir entre un TER reliant Charleville-Mézières à Reims et un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau (accident qui a fait 11 blessés, dont le conducteur - seul agent SNCF à bord du train) et où les cheminots estiment que la présence d'un seul cheminot par train a été une cause de risque et donc que le risque est maintenu du fait des conditions de fonctionnement qui restent imposées par la direction. La deuxième fois, ce sont les agents du Technicentre SNCF de Châtillon qui viennent de faire une grève reconductible sans direction syndicale, sans préavis, sans négociation, en prenant les décisions seuls. La direction a voulu passer en force dans ce technicentre en imposant une modification des conditions de travail avec notamment des suppressions de congés alors que les conditions de travail sont très dures (cadences soutenues, pression des délais, les TGV contrôlés devant repartir très vite et le temps de contrôler est plus que court) et les salaires très bas. A l'origine de ce mouvement spontané, la volonté de la direction de Châtillon de mettre fin à un accord local, vieux de plusieurs années, qui offrait aux cheminots douze jours de repos supplémentaires.</p>
<p>« Nous ne pouvons plus accepter de travailler avec des salaires proches du SMIC et gelés depuis cinq ans, en sous-effectif et avec des agents qui démissionnent de plus en plus », écrivent les cheminots. Ils ajoutent avoir « honte de voir comment la SNCF joue avec la sécurité ou encore le confort des voyageurs, pour des questions de flexibilité et de rentabilité ». Une référence directe à l'accident survenu dans les Ardennes, mercredi 16 octobre, à l'origine d'un droit de retrait de la part des cheminots de l'ensemble du réseau SNCF.</p>
<p>C'est donc à la SNCF qui a longtemps été l'un des secteurs les plus « organisés »… syndicalement que l'on trouve deux grèves successives où les travailleurs ont décidé eux-mêmes de leur mouvement, donnant ainsi à leur lutte un écho bien plus important que le nombre de travailleurs en lutte !</p>
<p>Cela témoigne que la goutte d'eau a fait déborder le vase et que cela semble le cas non seulement en quelques endroits mais pour l'ensemble des cheminots.</p>
<p>Ces derniers n'ont pas apprécié les attaques de la direction, de l'Etat, du gouvernement, attaques sur tous les plans (statuts, effectifs, conditions de travail, salaires, retraites, etc.), n'ont pas apprécié les annonces de la nouvelle direction de la SNCF (augmentation de la productivité et baisse d'effectifs) et n'ont pas apprécié non plus la manière dont les syndicats les avaient baladés dans les dernières grèves !!!</p>
<p>Ces deux mouvements spontanés de cheminots témoignent de la colère mais aussi de la conscience des travailleurs de la SNCF que suivre les directions syndicales s'est déormais être sûr d'aller dans le mur et du coup le respect des règles qui ont eu cours ces dernières années n'est plus la solution envisagée par les cheminots. Pour se faire entendre, ils ont conscience qu'il faut « sortir des clous », il faut déranger le train-train des reculs-négociations-journée d'action- nouveau recul-nouvelles négociations, etc. Ce sont les syndicats eux-mêmes qui claironnent qu'ils « ne sont pas entendus » que la direction, le gouvernement, l'Etat, les classes possédantes ne les craignent plus. Et c'est vrai !!!</p>
<p>Alors va-t-on à la SNCF vers une grève sauvage généralisée, illimitée, avec constitution de comités de grève, assemblées intercorpo, intergares, s'étendant aux autres secteurs du public et du privé et s'organisant en interprofessionnelles ? C'est aux cheminots de le dire et ainsi de construire l'avenir car c'est seulement ainsi qu'ils peuvent vraiment se faire craindre et se faire entendre !!!</p>
<p>Et la « grève sauvage », auto-décidée, auto-organisée, aux revendications et négociations décidées par les travailleurs eux-mêmes, les tracts écrits par les travailleurs, l'organisation de la lutte étant entre leurs mains, n'est pas limitée aux cheminots, c'est une arme de toute la classe ouvrière !!!</p>
<p>C'est d'eux-mêmes que les cheminots ont étendu leur grève de la région Champagne-Ardennes à tout le pays. C'est d'eux-mêmes que les cheminots de Châtillon ont décidé de leur grève. Tous les cheminots, tous les travailleurs disposent du même moyen : prendre en mains leur propre lutte, leurs revendications, leurs choix d'action, leurs perspectives, et étendre, étendre sans cesse à toute la classe ouvrière !!!</p>
<p>Aucune journée d'action syndicale ne peut exprimer notre colère, notre refus des attaques qui se multiplient. C'est seulement par notre action indépendante des directions syndicales que nous pourrons renforcer le camp des travailleurs !</p>
<p>Les grévistes du Technicentre Châtillon communiquent</p>
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Les grévistes du Technicentre Châtillon communiquent
https://matierevolution.org/spip.php?article6657
https://matierevolution.org/spip.php?article66572019-10-28T15:55:37Ztext/htmlfrRobert ParisGrève StrikeOuvriers WorkersCheminotsGilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet
<p>Les grévistes du Technicentre Châtillon communiquent</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles, Soviet</a>
<div class='rss_texte'><p>Les grévistes du Technicentre Châtillon communiquent</p>
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