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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>10 septembre ! Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets jaunes ?</title>
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		<dc:date>2025-08-03T22:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets Jaunes du 10 septembre ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 10 septembre, laissons &#233;clater notre r&#233;volte mais commen&#231;ons aussi LA REVOLUTION SOCIALE ET POLITIQUE ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, on appelle tous les travailleurs, tous les ch&#244;meurs, tous les retrait&#233;s, tous les jeunes, toutes les femmes, tous ceux que le pouvoir vole et opprime, &#224; la lutte, aux ronds-points, aux assembl&#233;es, &#224; la gr&#232;ve, aux manifestations mais il faut d&#232;s maintenant expliquer ce que sont les objectifs et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel objectif num&#233;ro un pour le mouvement des Gilets Jaunes du 10 septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/gilets_jaunes_0-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/gilets_jaunes_0-3-d7df0.jpg?1778038321' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le 10 septembre, laissons &#233;clater notre r&#233;volte mais commen&#231;ons aussi LA REVOLUTION SOCIALE ET POLITIQUE !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on appelle tous les travailleurs, tous les ch&#244;meurs, tous les retrait&#233;s, tous les jeunes, toutes les femmes, tous ceux que le pouvoir vole et opprime, &#224; la lutte, aux ronds-points, aux assembl&#233;es, &#224; la gr&#232;ve, aux manifestations mais il faut d&#232;s maintenant expliquer ce que sont les objectifs et les perspectives, c'est-&#224;-dire s'en prendre au pouvoir des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes peut red&#233;marrer en prenant en compte les le&#231;ons de son premier mouvement : &#224; savoir l'inutilit&#233; de se contenter de faire pression sur le pouvoir des milliardaires, de chercher &#224; se faire entendre de lui, de le contraindre &#224; effectuer des transformations n&#233;cessaires au peuple travailleur. Car on ne peut pas compter sur les responsables de la catastrophe pour corriger la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de s'adresser &#224; nos ennemis au pouvoir, il nous faut les renverser et les remplacer par le pouvoir du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout pour cela qu'il est indispensable de nous organiser de mani&#232;re autonome par rapport &#224; toutes les organisations et institutions qui ont des liens avec ce pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'il est indispensable que notre organisation m&#232;ne &#224; l'&#233;lection de conseils qui se f&#233;d&#232;rent dans tout le pays, qui prennent des d&#233;cisions sur la lutte mais aussi sur l'avenir de la soci&#233;t&#233; et qui les m&#232;nent &#224; devenir un pouvoir parall&#232;le au pouvoir actuel et finalement qui deviennent le nouveau pouvoir des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire reculer le pouvoir des milliardaires, le faire r&#233;fl&#233;chir, le faire changer, ce ne sont que des illusions, il faut le renverser et le remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas des individus qu'il faut renverser, c'est un syst&#232;me social et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des Gilets jaunes et bien des travailleurs sont d&#034;accord avec le slogan tant repris &#034;A bas le pouvoir des milliardaires ! D&#233;mocratie directe !&#034; mais ils supposent un nouveau pouvoir du peuple travailleur auto-organis&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier r&#244;le de l'organisation autonome et ind&#233;pendante des Gilets jaunes est de proclamer que nous visons le pouvoir des conseils de Gilets jaunes, premier acte de la r&#233;volution sociale indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'adresse pas aux ennemis du peuple, on les d&#233;met et on d&#233;fait leur mode de domination, on le remplace par notre propre pouvoir, celui du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de cacher que cet objectif n'est pas encore dans toutes les t&#234;tes. Mais la minorit&#233; qui pense ainsi doit d&#233;fendre partout son point de vue, doit faire la d&#233;monstration de sa n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les faits, l'effondrement &#233;conomique et social de la soci&#233;t&#233; dominante qui d&#233;montrera la validit&#233; de notre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En nous donnant cet objectif, nous nous armons contre nos ennemis car nous donnons &#224; tous nos amis et nos alli&#233;s pr&#233;sents et futurs des raisons de nous soutenir puisque nous visons &#224; &#234;tre le nouveau pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En restant un simple p&#244;le de contestation, nous annon&#231;ons par avance que nous sommes aussi d&#233;sarm&#233;s et sans perspective, sans alternative au monde capitaliste s'effondrant, que les syndicats, que les partis et associations de gauche, de la gauche de la gauche et de l'extr&#234;me gauche opportuniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ceux que ces derniers influencent parmi nous crieront &#224; l'h&#233;r&#233;sie, au mensonge, &#224; la division, &#224; l'isolement, &#224; l'affaiblissement du mouvement, &#224; la perte de signification du message des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que la force des Gilets jaunes n'est pas seulement dans leur nombre mais dans leur capacit&#233; &#224; offrir une perspective compl&#232;tement en dehors du syst&#232;me social et politique, contre le syst&#232;me, pour en finir d&#233;finitivement avec le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, discutons un peu la question : faire reculer momentan&#233;ment les classes dirigeantes sur leur attaque (face &#224; une crise aig&#252;e de la domination de la bourgeoisie, la menace de la guerre, du fascisme, des sacrifices multiples pour faire payer par une aust&#233;rit&#233; accrue les dettes au peuple travailleur) est-il possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, oui, c'est possible. C'est arriv&#233; quand ces classes dirigeantes se sont trouv&#233;es en face d'une mont&#233;e populaire de masse, avec des manifestations monstres, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale avec occupation des usines, avec des comit&#233;s de gr&#232;ve, le peuple partout mobilis&#233; aux c&#244;t&#233;s des gr&#233;vistes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; alors ? Eh bien, les travailleurs n'ont pas &#233;t&#233; vers ce que nous proposons aujourd'hui. Ils n'ont pas &#233;t&#233; vers la prise de pouvoir par les comit&#233;s ouvriers, vers la chute de l'Etat capitaliste et son remplacement par le pouvoir aux travailleurs auto-organis&#233;s. Les faux amis des travailleurs, gauche, gauche de la gauche, fausse extr&#234;me gauche, syndicats et associations de gauche les ont convaincus de faire confiance &#224; la d&#233;mocratie capitaliste, &#224; un nouveau gouvernement capitaliste de gauche, au &#171; front populaire &#187; qui &#233;tait en fait encore un adversaire du front des comit&#233;s ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, le r&#233;sultat, c'est que l'attaque a &#233;t&#233; retard&#233;e mais non annul&#233;e et elle en a &#233;t&#233; encore plus forte trois ans plus tard, en 1939-1940 : &#224; nouveau face &#224; une crise aig&#252;e de la domination de la bourgeoisie, la menace de la guerre, du fascisme, des sacrifices multiples pour faire payer par une aust&#233;rit&#233; accrue les dettes au peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le front populaire n'a pas lev&#233; le petit doigt pour l'emp&#234;cher. Ce n'&#233;tait que des faux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien peu sont ceux qui, aujourd'hui, se souviennent d'une telle le&#231;on. On leur raconte, au contraire, que le front populaire a &#233;t&#233; un gouvernement bourgeois de gauche qui aurait &#233;t&#233; du c&#244;t&#233; du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait toute la t&#226;che de ce gouvernement de gauche a consist&#233; &#224; d&#233;sarmer la r&#233;volution ouvri&#232;re montante. Une fois que cela a &#233;t&#233; fait, ce m&#234;me font populaire a fait tirer sur une manifestation ouvri&#232;re &#224; Clichy, puis a remis ses pouvoirs &#224; l'extr&#234;me droite, la majorit&#233; des &#233;lus front populaire votant pour P&#233;tain qui allait gouverner avec Laval (ex front populaire devenu fasciste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avons besoin de nous organiser, de constituer nos comit&#233;s, de les f&#233;d&#233;rer, c'est pour pr&#233;parer un nouveau pouvoir diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; celui des capitalistes. Mais c'est aussi pour que les plus &#233;clair&#233;s des &#233;l&#233;ments du peuple travailleur puissent &#234;tre choisis pour diriger cette lutte menant &#224; une insurrection et une prise du pouvoir et amenant la destruction du pouvoir des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet objectif peut para&#238;tre trop avanc&#233;s &#224; certains participants aujourd'hui. Mais quand la lutte avec nos ennemis se sera radicalis&#233;e, quand ils fermeront les banques, quand ils ne paieront plus les salaires, quand ils ne paieront plus les retraites, qui ils nous tirerons dessus dans les rues, le penseront-ils encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, d&#232;s aujourd'hui, croient-ils que c'est avec des d&#233;monstrations pacifiques, juste en marchant nombreux dans la rue et en bloquant, qu'on va emp&#234;cher une classe poss&#233;dante d'aller jusqu'au bout de projets qui lui semblent indispensables pour garder le pouvoir et l'argent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non ! La constitution du peuple travailleur en future classe dominante est d&#232;s maintenant indispensable et l'affirmation de cet objectif doit devenir le but num&#233;ro un du mouvement qui doit &#234;tre discut&#233; dans toutes les assembl&#233;es des Gilets jaunes et dans tous les ronds-points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire non &#224; l'aust&#233;rit&#233;, non aux sacrifices, non au fascisme, non &#224; la guerre, c'est dire oui aux comit&#233;s de Gilets jaunes, &#233;lisant des comit&#233;s de lutte et de gr&#232;ve se f&#233;d&#233;rant dans tout le pays et m&#234;me au-del&#224;, contestant puis renversant le pouvoir des milliardaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titre1-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/sans_titre1-2-a7b78.jpg?1778038321' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titre2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titre2-2-f8d1d.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titre3-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titre3-2-40b00.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titres-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titres-2-023cf.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titresss.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titresss-4da07.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titressss.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titressss-6df20.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titrey.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH419/sans_titrey-4801d.jpg?1778038321' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/marre_des_ine_galite_s_pdf_-_copie-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/marre_des_ine_galite_s_pdf_-_copie-2-51e06.jpg?1778038321' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6004&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour se d&#233;fendre, le monde du travail doit gouverner lui-m&#234;me !&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur les gr&#232;ves de 1948 en France</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8701</link>
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		<dc:date>2025-06-15T22:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur les gr&#232;ves de 1948 en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou le faux radicalisme des staliniens &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1947, les staliniens proclamaient que &#171; la gr&#232;ve est l'arme des trusts &#187; et en 1948 que la gr&#232;ve est l'arme des travailleurs&#8230; un changement qui &#233;tait motiv&#233; par la gr&#232;ve Renault de 1947 qui les avait contraint &#224; sortir du gouvernement pour ne pas &#234;tre d&#233;bord&#233;s par la vague ouvri&#232;re&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve Renault de 1947 : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les gr&#232;ves de 1948 en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ou le faux radicalisme des staliniens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, les staliniens proclamaient que &#171; la gr&#232;ve est l'arme des trusts &#187; et en 1948 que la gr&#232;ve est l'arme des travailleurs&#8230; un changement qui &#233;tait motiv&#233; par la gr&#232;ve Renault de 1947 qui les avait contraint &#224; sortir du gouvernement pour ne pas &#234;tre d&#233;bord&#233;s par la vague ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve Renault de 1947 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1947 qui l'ont suivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Renault, des mouvements conduits par la CGT se multiplient apr&#232;s mai chez Citro&#235;n, &#224; la SNCF, dans les banques, dans les grands magasins, &#224; EDF, puis chez Peugeot, Berliet, Michelin, etc. Le principal motif des gr&#232;ves est la revendication de hausse des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000017/les-greves-de-l-automne-1947.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000017/les-greves-de-l-automne-1947.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs de 1948 est soutenue et organis&#233;e par le PCF (stalinisme politique et syndical) mais, m&#234;me massivement suivie et d&#233;termin&#233;e, elle est isol&#233;e du reste de la classe ouvri&#232;re et n'est pas auto-organis&#233;e, et, du coup, elle est finalement vaincue avec un &#233;norme prix &#224; payer (morts, licenci&#233;s, recul social d'envergure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PCF assume toujours la radicalit&#233; de la gr&#232;ve des mineurs et des manifestations, il appara&#238;t comme d&#233;muni d'une strat&#233;gie r&#233;elle, loin des accusations d'organisateur d'une insurrection subversive venues de Jules Moch. Ainsi, s'il appelle &#224; une journ&#233;e de solidarit&#233; le 23 octobre, il n'organise aucune manifestation nationale qui aurait pu &#234;tre f&#233;d&#233;ratrice. Les manifestations organis&#233;es par le PCF le sont trop tardivement pour jouer un r&#244;le utile dans le soutien aux mineurs. De m&#234;me, il ne se sert pas des victimes de la r&#233;pression polici&#232;re pour mobiliser autour des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SEULE L'UNITE A LA BASE PERMETTRA AUX TRAVAILLEURS DE MENER LA LUTTE A BIEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a six semaines que, devant la mont&#233;e continuelle des prix, le probl&#232;me de la r&#233;vision du minimum vital et du pouvoir d'achat a &#233;t&#233; &#224; nouveau pos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; r&#233;solu depuis. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; : gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d'avertissement de 30.000 mineurs du Nord, gr&#232;ves dans l'alimentation, l'h&#244;tellerie, etc. Les cheminots du Maroc ont obtenu une hausse de salaires ; ailleurs, comme dans l'h&#244;tellerie, les gr&#232;ves visent &#224; obtenir simplement l'augmentation vot&#233;e en novembre dernier. Ce n'est pas le chiffre des revendications qui est en jeu, mais les moyens d'obtenir celles-ci, les moyens de lutter et d'unifier la classe ouvri&#232;re pour ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi demain sera-t-il fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T., qui appuie actuellement les mouvements gr&#233;vistes, a d&#233;menti ses intentions de &#034;lancer de nouveaux mouvements ou de nouveaux mots d'ordre&#034; pour la mi-mars. Mais si elle d&#233;ment devant des journalistes des intentions qu'on lui pr&#234;tait, les ouvriers ne connaissent pas davantage celles qui sont siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels moyens entend-elle lutter ? Entend-elle se contenter de palabres ? Entend-elle seulement appuyer les mouvements qui &#233;clatent pour demander le retour du P.C.F. au pouvoir ? ou, comme au mois de novembre, d&#233;clencher un mouvement &#224; l'improviste ? En ce qui la concerne, les ouvriers ne savent pas plus s'ils vont au-devant de grandes luttes qu'au-devant d'une capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, pendant longtemps, la C.G.T. a pr&#233;sent&#233; la gr&#232;ve comme l'arme des trusts et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme une idiotie, pour d&#233;clencher ensuite une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antid&#233;mocratique, de m&#234;me aujourd'hui, les ouvriers ne savent pas &#224; quoi s'en tenir quant &#224; la C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles m&#233;thodes ne peuvent que conduire &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, avec les m&#234;mes donn&#233;es, r&#233;p&#233;ter l'exp&#233;rience de novembre : manque de confiance des ouvriers dans ceux qui les repr&#233;sentent, manque de d&#233;mocratie, manque de contr&#244;le sur la marche du mouvement, division de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'est, plus que jamais, valable ce que disait un tract du S.D.R. d&#233;j&#224; avant la gr&#232;ve de novembre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lutte, qu'on le veuille ou pas, reste &#224; l'ordre du jour. Pour la mener &#224; bien, il faut que nous, ouvriers de base, nous nous serrions les coudes et ne nous laissions pas diviser par des gens qui, depuis longtemps, ne savent plus ce qu'est un outil. La situation est loin d'&#234;tre perdue si les ouvriers arrivent, sur le terrain de l'usine, &#224; parler librement, d&#233;terminer une attitude commune et d&#233;cider de moyens de lutte voulus par tous. Ce que nous avons &#224; faire, c'est souder nos rangs pour pouvoir, dans une action d&#233;termin&#233;e par tous, aller de l'avant sans aucune crainte.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en se cachant la t&#234;te sous le sable, que les travailleurs emp&#234;cheront les vieilles bureaucraties syndicales, qui d&#233;fendent la &#034;3&#176; force&#034; ou le retour de ministres P.C.F. au gouvernement, de se servir de leurs luttes pour des buts qui n'ont rien d'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt39_031748.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt39_031748.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IL FAUT OBLIGER LES BUREAUCRATES A SE SOUMETTRE A LA VOLONTE DES OUVRIERS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la majorit&#233; des conducteurs du m&#233;tro, group&#233;s dans le syndicat autonome, a d&#233;cid&#233; la gr&#232;ve, la C.G.T. a donn&#233; l'ordre &#224; ses adh&#233;rents, qui sont la minorit&#233;, de continuer le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces temps derniers, la C.G.T. d&#233;fendait &#034;l'action directe&#034; ; elle vantait chaque &#034;victoire&#034;, aussi minime f&#251;t-elle, obtenue par des d&#233;brayages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette attitude de briseurs de gr&#232;ve vis-&#224;-vis des conducteurs du m&#233;tro ? Les dirigeants de la C.G.T. n'ont pu donner d'autre explication que celle-ci : &#034;Il faut d'abord &#233;puiser toutes les possibilit&#233;s de discussion&#034;. Mais le fait, qu'&#224; leur avis, il aurait fallu continuer encore &#224; discuter, justifie-t-il le sabotage d'une action d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; des ouvriers ? Ou le fait que les dirigeants c&#233;g&#233;tistes n'en soient pas les instigateurs autorise-t-il la trahison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas plus de raisons, dict&#233;es par l'int&#233;r&#234;t ouvrier, dans leur action de briseurs de gr&#232;ve, que dans les gr&#232;ves dont ils prennent la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi plus antigr&#233;vistes ici que progr&#233;vistes ailleurs ? Nulle part leur action n'exprime la volont&#233; de la majorit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs semaines, nous relatons des d&#233;brayages partiels chez Renault. La C.G.T. qui en a eu la direction, n'a jamais consult&#233; les ouvriers, ni sur les revendications qui ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es par les bureaucrates, ni sur les moyens d'action. Des ouvriers r&#233;clament la suppression du travail au rendement, d'autres ont demand&#233; le paiement des heures de gr&#232;ve ; aucune de ces revendications n'a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; la direction par les d&#233;l&#233;gu&#233;s c&#233;g&#233;tistes. Dans un d&#233;partement, le mot d'ordre est d'une heure de gr&#232;ve ; dans l'autre, d'un quart d'heure ; et dans un autre encore, &#034;il ne faut pas faire le jeu de la direction en se mettant en gr&#232;ve !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la gr&#232;ve qu'ils brisent ou dans la gr&#232;ve qu'ils font, les bureaucrates syndicaux ont la m&#234;me attitude. Ils veulent pouvoir agir en &#034;repr&#233;sentants&#034; des ouvriers sans se soumettre &#224; leur contr&#244;le. Et, pour pouvoir mieux man&#339;uvrer les ouvriers, ils doivent les d&#233;shabituer de d&#233;cider eux-m&#234;mes de leurs propres affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ne surmonteront jamais la d&#233;moralisation que ces m&#233;thodes entra&#238;nent parmi eux, s'ils n'obligent pas les organisations syndicales &#224; les laisser s'exprimer et &#224; se soumettre &#224; leur volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du parlement bourgeois, les d&#233;put&#233;s qui se pr&#233;tendent ouvriers se soumettent bien &#224; la majorit&#233; r&#233;actionnaire ; les d&#233;put&#233;s du P.C.F., qui se disent contre les cr&#233;dits militaires r&#233;guli&#232;rement vot&#233;s, n'ont pas, pour cela, &#034;bris&#233;&#034; la l&#233;galit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, au sein du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, ces gens agiraient-ils &#224; leur guise et ne seraient-ils pas contraints de consulter les ouvriers et de se soumettre &#224; la volont&#233; de la majorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt45_050548.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt45_050548.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle position doivent prendre les militants r&#233;volutionnaires&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le mouvement gr&#233;viste actuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la grande collaboration et de la participation des staliniens au gouvernement, nous pr&#233;conisions la m&#233;thode d'action gr&#233;viste contre la volont&#233; des staliniens. La vague gr&#233;viste d&#233;clench&#233;e en mai 47 a oblig&#233; les staliniens &#224; se mettre du c&#244;t&#233; des gr&#232;ves. Pour le camarade M., du moment que les staliniens sont du c&#244;t&#233; des gr&#232;ves, nous sommes contre les gr&#232;ves. De cette fa&#231;on, il met en avant le facteur subjectif, que sont les partis et les organisations, et laisse de c&#244;t&#233; le facteur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car nous consid&#233;rons d'abord le mouvement ouvrier comme un fait objectif, auquel on ne commande pas. C'est pour cela qu'il faut partir de l&#224; o&#249; se trouvent les ouvriers et les grouper pour l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut pr&#233;tendre que les staliniens soient le parti des ouvriers. Mais le stalinisme s'appuie sur le mouvement ouvrier. Est fausse &#224; cet &#233;gard la discrimination faite entre les &#034;v&#233;ritables r&#233;formistes&#034; et les staliniens agents de Moscou. En r&#233;alit&#233;, les &#034;r&#233;formistes&#034; n'ont jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement des r&#233;formistes, partisans et promoteurs de r&#233;formes. Ce sont les partis de la 2&#232;me Internationale, &#224; l'&#233;poque o&#249; eux-m&#234;mes s'affirmaient r&#233;volutionnaires, qui &#233;taient pratiquement devenus des r&#233;formistes de par l'&#233;poque &#224; laquelle ils vivaient, surtout en occident, c'est-&#224;-dire que par des m&#233;thodes de lutte ils obtenaient, dans le cadre du capitalisme ascendant, des r&#233;formes qui avaient pour r&#233;sultat l'am&#233;lioration du niveau de vie des ouvriers. Quand les r&#233;formistes prennent ouvertement ce nom, apr&#232;s la cr&#233;ation de l'Internationale Communiste, l'&#233;poque des r&#233;formes est close depuis longtemps, et ce sont les r&#233;volutionnaires qui appellent les r&#233;formistes tels, par d&#233;rision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre attitude vis-&#224;-vis des bureaucraties tra&#238;tres n'est pas d&#233;termin&#233;e par leur politique plus ou moins r&#233;formiste, mais par la confiance que peuvent encore leur accorder des couches ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rejetant le mouvement gr&#233;viste parce que li&#233; aux man&#339;uvres staliniennes, le camarade M. rompt avec la conception l&#233;niniste de la r&#233;volution. L&#233;nine a soulign&#233; qu'il n'existe pas de mouvement prol&#233;tarien pur. Toutes les classes sont m&#234;l&#233;es &#224; tout mouvement quel qu'il soit. Tout mouvement est &#034;utilis&#233;&#034; aussi bien par le gouvernement, les fascistes, les staliniens, etc. Si les staliniens utilisent la gr&#232;ve des mineurs pour faire le jeu de l'URSS, il est certain que le gouvernement utilise celle-ci pour faire le jeu de l'imp&#233;rialisme et le sien propre (lois anti-ouvri&#232;res, etc.), et si la classe ouvri&#232;re ne bougeait pas, pour elle le r&#233;sultat serait le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#232;ves sont-elles le fait des staliniens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; toute l'exp&#233;rience d&#233;ment cette conception artificielle des appareils bureaucratiques d&#233;clenchant les gr&#232;ves &#224; leur convenance. Nous avons vu les ouvriers se mettre en gr&#232;ve contre la volont&#233; des bureaucrates, et aussi bien ne pas suivre des ordres de gr&#232;ve donn&#233;s par eux. Avant tout les ouvriers, actuellement, voient et ressentent qu'ils sont &#233;cras&#233;s et opprim&#233;s par le capitalisme. Ils ont besoin de lutter contre cet &#233;tat de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des camarades ont peur du stalinisme parce qu'ils le surestiment en fait. En r&#233;alit&#233;, les staliniens ont peur du mouvement ouvrier. La CGT est l'obstacle principal dans la voie de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. L'emprise c&#233;g&#233;tiste a bien exist&#233; en 45-46. Mais d&#233;j&#224; bien avant la gr&#232;ve de mai 47 il y a eu des explosions contre l'appareil. A l'heure actuelle la scission entre les ouvriers et l'appareil est plus grande que jamais. Mais les ouvriers voient que chaque fois qu'ils veulent faire quelque chose, ils manquent de cadres. Ce n'est pas en tant que parti que le P.C. m&#232;ne la classe ouvri&#232;re, mais par les syndicats, qui fournissent aux ouvriers des cadres. A plusieurs reprises la classe ouvri&#232;re a essay&#233; de se d&#233;tacher de la CGT et est retomb&#233;e sous sa coupe. Les masses se mettent en mouvement avec les chefs qu'elles trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous suivons dans la lutte la majorit&#233; des ouvriers. Nous sommes donc dans tout mouvement gr&#233;viste d&#233;cid&#233; par la majorit&#233; des ouvriers. Mais ce que nous recherchons c'est que la gr&#232;ve appartienne aux gr&#233;vistes. Car m&#234;me une gr&#232;ve men&#233;e par nous, dans laquelle les ouvriers ne participeraient pas, ne vaut rien. La gr&#232;ve vaut quelque chose dans la mesure o&#249; elle accro&#238;t la combativit&#233;, la conscience et la coh&#233;sion des ouvriers. Il s'agit pour nous que rien ne se passe par-dessus la t&#234;te des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est impossible parce qu'il n'y a pas d'organisation r&#233;volutionnaire. Le probl&#232;me n'est donc pas d'&#234;tre pour ou contre les gr&#232;ves, mais d'agir pour arracher la classe ouvri&#232;re, &#233;tudier les besoins du mouvement ouvrier, lui donner le plus de conscience ; car les mots-d'ordre on ne peut pas les inventer, ce sont les besoins ouvriers qui les fournissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne commande pas au mouvement de masse. Ou les appareils, stalinien ou bourgeois, sont les plus forts, et il faut renoncer au mouvement ouvrier, pr&#233;coniser la suppression des gr&#232;ves. Ou nous consid&#233;rons que le mouvement ouvrier est plus fort que tous les appareils, et alors nous devons nous appuyer sur le mouvement et travailler pour lui donner le maximum d'efficacit&#233; et de coh&#233;sion. Notre t&#226;che s'accomplit dans la classe ouvri&#232;re, non &#224; c&#244;t&#233;. &#034;L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes&#034;. La t&#226;che des r&#233;volutionnaires est, dans toutes les circonstances, d'int&#233;resser les ouvriers, les organiser, les tirer de leur apathie, leur faire prendre leur sort entre leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle fa&#231;on renforcer la coh&#233;sion, l'esprit critique, la volont&#233; des ouvriers ? Voil&#224; comment se pose pour nous le probl&#232;me. (Mais on ne commande pas &#224; la classe ouvri&#232;re ses sentiments et ses r&#233;actions). La caract&#233;ristique essentielle de la r&#233;volution, c'est que les masses font irruption dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cide leur propre sort. La gr&#232;ve de mai a &#233;t&#233; une action r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique, mais parce que les ouvriers ont senti qu'ils avaient sur qui s'appuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la lutte contre les staliniens, certains vont jusqu'&#224; penser que De Gaulle est un moindre mal. Les ouvriers ne le pensent pas ainsi. A cet &#233;gard les traditions du mouvement ouvrier depuis 1934 sont tout &#224; fait claires. Ils savent bien ce que veulent dire les mesures de Moch, ils savent que c'est du Daladier avec au bout du P&#233;tain-De Gaulle. A cela on ne peut pas r&#233;pondre :...mais les gr&#232;ves sont conduites par les staliniens. Il faut partir de l&#224; o&#249; se trouvent les ouvriers et les grouper pour l'action. Notre t&#226;che est de d&#233;livrer les masses des bureaucrates tra&#238;tres en luttant avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/note_102548.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/note_102548.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la gr&#232;ve des mineurs. ILS ONT ETE BATTUS PARCE QU'ILS ONT ETE TROMPES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s huit semaines de gr&#232;ve, les mineurs ont &#233;t&#233; contraints de reprendre le travail, sans qu'aucune de leurs revendications ait &#233;t&#233; satisfaite. Fid&#232;le &#224; la politique de blocage des salaires, inaugur&#233;e par De Gaulle-Thorez-Bidault, le gouvernement Queuille n'a recul&#233; devant rien pour contraindre les mineurs &#224; capituler &#034;sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, huit semaines durant, par leur combativit&#233; et leur h&#233;ro&#239;sme &#8211; car il fallait de l'h&#233;ro&#239;sme pour opposer, sans armes, une r&#233;sistance acharn&#233;e &#224; un ennemi arm&#233; jusqu'aux dents &#8211; les gueules noires se sont class&#233;es &#224; l'avant-garde de tout le mouvement ouvrier. Une fois de plus, il est donc prouv&#233; que la volont&#233; de lutte et m&#234;me l'h&#233;ro&#239;sme des ouvriers ne suffisent pas pour qu'ils obtiennent la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs ont &#233;t&#233; h&#233;ro&#239;ques, mais leurs dirigeants les ont tromp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tait-ce pas une escroquerie que de faire croire aux mineurs qu'ils pouvaient, par leur seule gr&#232;ve, arracher le Minimum Vital, qu'une gr&#232;ve de 2 ou 3 millions de travailleurs (Y COMPRIS LES MINEURS), en Novembre-D&#233;cembre 47, n'avait pu obtenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tait-ce pas de la poudre aux yeux que de pr&#233;tendre organiser la solidarit&#233; avec les mineurs en demandant aux autres travailleurs de verser des sommes suffisantes pour permettre aux mineurs de tenir ind&#233;finiment, alors que tous les travailleurs, qui d&#233;j&#224; avec leurs salaires n'arrivent pas &#224; joindre les deux bouts, ont &#224; supporter les pertes de salaires occasionn&#233;es par leurs propres combats gr&#233;vistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi les mineurs ont &#233;t&#233; battus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aujourd'hui, par cons&#233;quent, B. Frachon pr&#233;tend que c'est &#034;la faim qui a entam&#233; le bloc des mineurs&#034;, il ne fait que continuer &#224; tromper les ouvriers. Si J. Moch et les capitalistes sont arriv&#233;s &#224; affamer les mineurs, c'est que B. Frachon les avait engag&#233;, d&#232;s le d&#233;but, dans une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en avions d'ailleurs averti les travailleurs d&#232;s le 19 Octobre (n&#176; 50) : &#034;Seule une GREVE GENERALE peut faire aboutir la revendication des travailleurs, un SALAIRE VITAL GARANTI PAR L'ECHELLE MOBILE. Mais la C.G.T. est impuissante &#224; conduire la classe ouvri&#232;re dans une telle lutte. Et comment le pourrait-elle, quand c'est elle qui a &#233;t&#233; depuis la &#034;lib&#233;ration&#034; le principal garde-chiourme de la bourgeoisie (&#034;produire d'abord&#034;), quand c'est elle qui a &#233;t&#233; le principal briseur de gr&#232;ve de Mai &#224; Septembre 47, et quand c'est elle qui en Novembre-D&#233;cembre 47, a men&#233; &#224; la d&#233;faite la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, en &#233;loignant, par son attitude bureaucratique, la majorit&#233; des ouvriers de la lutte ? Cette incapacit&#233; de la C.G.T. de mener la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui a d&#233;j&#224; contraint les travailleurs de l'Est de finir leur lutte par un compromis d&#233;risoire, rend in&#233;vitable le &#034;pourrissement de la gr&#232;ve des mineurs elle-m&#234;me, isol&#233;e devant la coalition capitaliste nationale et internationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, c'est du reste ce que d&#233;sirent les travailleurs depuis le mouvement gr&#233;viste commenc&#233; en Avril 47. Car, comme en Juin 1936, seul un mouvement englobant simultan&#233;ment la majorit&#233; &#233;crasante de la classe ouvri&#232;re peut faire capituler les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sacrifices qu'exige une telle lutte ne peuvent &#234;tre assum&#233;s par les travailleurs que s'ils savent qu'ils ne seront pas abandonn&#233;s dans la lutte, qu'on ne leur tirera pas dans le dos, qu'&#224; l'int&#233;rieur du mouvement les opinions et les personnes seront respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les agissements anti-d&#233;mocratiques des bureaucrates, C.G.T., F.O., C.F.T.C. ont, au contraire, divis&#233; les travailleurs et avili leur volont&#233; de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte h&#233;ro&#239;que des mineurs, l'effort qu'elle a co&#251;t&#233; &#224; toute la classe ouvri&#232;re, auront &#233;t&#233; loin d'&#234;tre inutiles si les travailleurs en tirent d&#233;finitivement la le&#231;on. Car c'est depuis bient&#244;t 15 ans, depuis F&#233;vrier 1934, que la classe ouvri&#232;re voit mener &#224; la d&#233;faite par les bureaucrates incontr&#244;l&#233;s ses efforts h&#233;ro&#239;ques d'am&#233;liorer son sort ou de r&#233;sister &#224; la politique de famine des gouvernements capitalistes. Et cependant ce n'est que tr&#232;s lentement qu'elle comprend qu'il faut, sous peine de mort, reb&#226;tir de nouvelles organisations prol&#233;tariennes. Plus t&#244;t la classe ouvri&#232;re apportera une aide d&#233;cisive &#224; la cr&#233;ation de nouvelles organisations ouvri&#232;res, sous le contr&#244;le de la base, plus t&#244;t ses luttes seront couronn&#233;es de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?client=firefox-b-e&amp;q=gr%C3%A8ves+1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?client=firefox-b-e&amp;q=gr%C3%A8ves+1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des films&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00135/la-greve-de-1948-greve-insurrectionnelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00135/la-greve-de-1948-greve-insurrectionnelle.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00130/greves-des-mineurs-a-valenciennes-intervention-de-l-armee.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00130/greves-des-mineurs-a-valenciennes-intervention-de-l-armee.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00134/la-situation-tendue-entre-la-cgt-et-le-gouvernement-en-1948.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00134/la-situation-tendue-entre-la-cgt-et-le-gouvernement-en-1948.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00129/les-greves-et-evenements-en-france-et-dans-le-nord-pas-de-calais.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00129/les-greves-et-evenements-en-france-et-dans-le-nord-pas-de-calais.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volte ouvri&#232;re &#224; Zou&#233;rate (Mauritanie) en 1968</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8841</link>
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		<dc:date>2024-06-11T22:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Mauritanie</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;volte ouvri&#232;re &#224; Zou&#233;rate (Mauritanie) en 1968 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi comment les luttes ouvri&#232;res des mineurs de la Miferma de Zou&#233;rate ont d&#233;but&#233; avant l'ind&#233;pendance et ont jou&#233; un r&#244;le politique aussi important que les luttes politiques et les gouvernements : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://cridem.org/C_Info.php?article=668229 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://cridem.org/C_Info.php?article=17933 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volte ouvri&#232;re &#224; Zou&#233;rate (Mauritanie) en 1968 &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de l'implantation de la Miferma, de nombreux conflits apparaissent. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;09- Les mouvements de 1968-69 dans le monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot207" rel="tag"&gt;Mauritanie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;volte ouvri&#232;re &#224; Zou&#233;rate (Mauritanie) en 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi comment les luttes ouvri&#232;res des mineurs de la Miferma de Zou&#233;rate ont d&#233;but&#233; avant l'ind&#233;pendance et ont jou&#233; un r&#244;le politique aussi important que les luttes politiques et les gouvernements :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cridem.org/C_Info.php?article=668229&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cridem.org/C_Info.php?article=668229&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cridem.org/C_Info.php?article=17933&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cridem.org/C_Info.php?article=17933&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte ouvri&#232;re &#224; Zou&#233;rate (Mauritanie) en 1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es de l'implantation de la Miferma, de nombreux conflits apparaissent. En 1965, de graves incidents ont lieu sur le si&#232;ge de la mine de Tazadit. Sans rentrer dans les d&#233;tails, il semble que le m&#233;pris affich&#233; par &#171; de petits blancs &#187; (livre LMDF par P. Bonte) soit &#224; l'origine d'une op&#233;ration vengeresse qui fait six bless&#233;s graves. Soit dans les t&#233;moignages, soit dans les &#233;crits, il est toujours d&#233;nonc&#233; cette notion de maltraitance et de non respect des travailleurs mauritaniens. Mais ceux-ci, de part leur mode de vie et leurs traditions, n'ont aucune culture industrielle et rejettent en partie, la convention d'&#233;tablissement de 1959 qui guide jusqu'alors les rapports entre les deux communaut&#233;s, ils y voient une m&#233;thode de commandement, prolongeant de mani&#232;re d&#233;guis&#233;e l'occupation coloniale fran&#231;aise.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins, Le 15 Juillet 1965 sur demande du syndicat national, l'Union des travailleurs de Mauritanie (UTM) bas&#233; &#224; Nouakchott, une convention collective du travail est promulgu&#233;e incluant diverses primes et des plans de carri&#232;re. La Miferma en profite pour encourager les travailleurs &#224; tout donner d'eux-m&#234;mes afin de mieux la servir. Ely Salem Khayar nous livre quelques donn&#233;es : &#171; A Zouerate les rapports entre personnel expatri&#233; &#224; majorit&#233; Europ&#233;enne de Miferma et les travailleurs Mauritaniens &#233;taient d&#233;j&#224; tr&#232;s parall&#232;les. Les premiers imposaient une culture fond&#233;e sur l'individualisme, la rigueur, l'organisation, le mat&#233;rialisme et la propret&#233;, les seconds se voulaient bien attach&#233;s aux grands espaces de libert&#233;, simplicit&#233;, spiritualit&#233; et modestie. Deux communaut&#233;s se c&#244;toient &#224; Zouerate, sans se toucher. &#187; Il s'appelle Sidi o. Zegued, il est embauch&#233; le 23 Novembre 1966, voici ce qu'il raconte &#224; propos de cette &#233;poque. &#171; Je travaillais &#224; la gare ferroviaire de Tazadit. Les N'&#231;ara (Europ&#233;ens), &#233;taient tr&#232;s arrogants. Certains d'entre eux tapaient souvent de fois les Mauritaniens &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En France, sur ce chapitre, les choses en sont encore au moyen &#226;ge, on y voit aussi des travailleurs transport&#233;s dans les bennes des camions. Au sein des ateliers et des usines, les mots grossiers pleuvent sur les travailleurs immigr&#233;s, surtout ceux d'origine de Nord-Afrique, s&#251;rement les m&#233;tastases du conflit alg&#233;rien qui vient de se terminer il y a peu. Pourtant, &#224; la diff&#233;rence de ce qui se passe en m&#233;tropole, la Miferma est relativement s&#233;v&#232;re vis &#224; vis des gestes racistes &#233;manant des expatri&#233;s et les reconduites &#224; l'avion sont nombreuses. Malgr&#233; cette tension persistante dans les rapports entre personnels, la Miferma avance dans son projet et les objectifs sont pratiquement toujours atteints. N'est-ce point l&#224; aussi une source de conflit, la soci&#233;t&#233; n'&#233;tait-elle pas trop exigeante et la pression exerc&#233;e sur sa ma&#238;trise europ&#233;enne ne s'est-elle point report&#233;e au niveau du terrain ? N'&#233;tait-ce pas la fatigue qui en faisait craquer plus d'un ? &#171; Sur les chantiers les hommes s'usaient en for&#231;ant leurs nerfs et physiques &#224; supporter des conditions tr&#232;s aust&#233;res. Plus le temps passait, plus la pression sur eux grandissait et plus leurs mentalit&#233;s &#233;voluaient &#187; nous d&#233;clare Ely Salem Khayar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sa part, Michel Lemardeley nous livre quelques donn&#233;es des horaires pratiqu&#233;s au sein de son service &#171; trop de temps pass&#233; sur les chantiers, le total des heures pouvait all&#232;grement d&#233;passer les deux cent cinquante &#224; trois cent heures dans le mois. &#187; Pour preuve aussi, selon Pierre Bonte (LMDF), le turn-over important chez les expatri&#233;s de Zou&#233;rate : un quart des expatri&#233;s sont pr&#233;sents depuis moins de deux ans ; les deux tiers depuis moins de quatre ans ! Il d&#233;c&#232;le chez les expatri&#233;s un malaise persistant mais qui s'exprime de mani&#232;re confuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Autre source de conflit :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La cit&#233; des N'&#231;ara coquette et propre juxtaposait une cit&#233; Africaine grise et terne. Les habitants de celle-l&#224; par crainte des chiens ne fr&#233;quentaient pas ceux de celle-ci. Ceux de celle l&#224;, en raison du milieu insalubre n'osaient pas se rendre chez les autres. Les Mauritaniens qui se sentaient pourtant chez eux, donc propri&#233;taires des lieux et ses richesses, enviaient ces toubabs venus d'ailleurs pour les d&#233;poss&#233;der de leurs biens &#187; relate Ely Salem.&lt;br class='autobr' /&gt;
On avait voulu une cit&#233; id&#233;ale, mais encore une fois, ce ne sont pas les architectes et les urbanistes qui font les villes, ce sont leurs habitants, ce sont eux qui s'approprient l'endroit, ce sont eux qui d&#233;cident s'ils se fr&#233;quentent, se disent bonjour, s'&#233;vitent ou se jalousent. Le manque de logements est criant. Pour des probl&#232;mes li&#233;s au mode de vie des Mauritaniens (voir plus haut) les architectes n'avaient point pr&#233;vu qu'un bidonville na&#238;trait &#224; proximit&#233; de la ville. La ville de tentes qu'aper&#231;oit Mohamed Ould Tajedine, en arrivant &#224; Zou&#233;rate en 1963 du fond de son Berlier T46 (voir son &#233;ditorial) &#224; vite fait place &#224; &#171; la cit&#233; BP &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les autochtones on ne permet pas de casse cro&#251;te &#224; la petite pose d'une demi-heure. Interdiction de faire du th&#233; sur chantier. Pas de logements. Les primes de compensation de l'habitat ne sont que 1000 FCFA (200 ouguiyas)/mois pour les c&#233;libataires et 3600 FCFA (720 UM) pour un p&#232;re de plus de 3 enfants. Les Mauritaniens les mieux pay&#233;s percevaient mensuellement 50.000FCFA (10.000 UM) . Bien &#233;videmment, les Europ&#233;ens passent pour des nantis et le soir autour du th&#233;, &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville, plus d'une discussion tourne autour de leur statut, oubliant leur r&#244;le principal, faire tourner les installations et accessoirement leur r&#244;le de formateur. On &#233;voque leurs logements, on compare les salaires, on d&#233;nonce des avantages l&#233;onins&#8230; c'est un peu le bruit de la monnaie contre le froissement des billets ! Ces th&#233;ories pernicieuses sont habilement distill&#233;es par les &#233;missaires des diff&#233;rentes vagues l&#233;ninistes marxistes ou mao&#239;stes qui avaient &#233;chang&#233; le Coran pour le petit livre rouge de Mao. Chaque fois qu'Ely Salem passait &#224; Zouerate, il remarquait malgr&#233; son jeune &#226;ge, la haine qui habitait certains de ses parents pour les Toubabs. Le mouvement naissant des Kadihines agissait ainsi en sous-main et se montrait diablement efficace d&#233;non&#231;ant syst&#233;matiquement la Miferma comme un Etat dans l'Etat et la pr&#233;sentant comme une excroissance de l'&#233;conomie fran&#231;aise&#8230;.. De fait, de part ses actionnaires et son fonctionnement, la soci&#233;t&#233; aurait &#233;t&#233; bien en peine de prouver le contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. La gr&#232;ve est d&#233;cid&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1968, les quelques avanc&#233;es acquises en 1965 sont d&#233;j&#224; loin. La Miferma a continu&#233; &#224; se d&#233;velopper et la ville de grossir. Les besoins des travailleurs nationaux restent les m&#234;mes et s'ils taisaient leurs dol&#233;ances dans la sobri&#233;t&#233; ils aspirent toujours &#224; un mieux vivre qui semble s'&#233;loigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Zou&#233;rate, les travailleurs ont toujours su se faire respecter malgr&#233; la r&#233;pression et son lot d'arrestations, de licenciements et m&#234;me de morts comme cela avait &#233;t&#233; le cas en 1968 o&#249; l'arm&#233;e mauritanienne avait tu&#233; huit gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la manifestation pacifique organis&#233;e par les travailleurs de la Soci&#233;t&#233; des Mines de Fer de Mauritanie (MIFERMA) le 29 mai 1968 &#224; Zou&#233;rate et sur injonction des responsables de cette soci&#233;t&#233;, la soldatesque arm&#233;e tire &#224; bout portant sur une foule de manifestants. Il y eut sur le champ deux morts et une dizaine de bless&#233;s. Le bilan qui n'a jamais pu &#234;tre &#233;lucid&#233; semble &#234;tre beaucoup plus lourd, car plusieurs sources concordantes font &#233;tat de plus d'une dizaine de morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;v&#233;nement restera, pour des militants syndicalistes que nous sommes et pendant plusieurs g&#233;n&#233;rations &#224; venir, grav&#233; dans la m&#233;moire collective.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les revendications de nos camarades portaient sur leurs dures conditions de travail et d'existence et &#233;taient articul&#233;es autour de certains points parmi lesquels on peut citer :&lt;br class='autobr' /&gt;
Les logements, l'augmentation des salaires, et la discrimination entre travailleurs mauritaniens et travailleurs &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zou&#233;rate &#233;tait &#224; l'&#233;poque une petite bourgade cr&#233;&#233;e en toutes pi&#232;ces et &#224; la va-vite pour r&#233;pondre aux besoins de l'exploitation mini&#232;re et les travailleurs mauritaniens qui &#233;taient parqu&#233;s dans des abris de fortune ne demandaient ni plus ni moins que d'avoir des logements leur permettant de dormir et de se reposer avec leurs familles, suite aux dures journ&#233;es de labeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les salaires &#233;taient maintenus &#224; des niveaux tr&#232;s bas, de type colonial, alors que la soci&#233;t&#233; d&#233;veloppait une exploitation capitaliste moderne, engrangeant des plus-values colossales sur les dos de nos camarades ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la situation la plus insupportable &#233;tait l'existence &#224; la cit&#233; mini&#232;re d'un mur de s&#233;paration (ou mur de honte) qui mettait d'un cot&#233; les travailleurs &#233;trangers dans des villas de luxe bien &#233;quip&#233;es et de l'autre Tes travailleurs mauritaniens dans des ghettos, image qui rappelle l'apartheid en Afrique du Sud d'alors.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque temps apr&#232;s le massacre, le Gouvernement tenta de se justifier en disant, &#224; travers les antennes de la radio diffusion nationale, qu'effectivement ordre avait &#233;t&#233; donn&#233; &#224; l'arm&#233;e mauritanienne de proc&#233;der &#224; des tirs de sommation pour disperser la foule d&#233;bordante et malheureusement certains travailleurs ont ramass&#233; des balles perdues.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;l&#233;gation de I'UTM qui s'est rendue sur les lieux apr&#232;s la catastrophe, a tout simplement pris faits et causes en faveur de la MIFERMA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et encore quelques jours apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Syndicat National des Enseignants de l'Arabe publie une d&#233;claration condamnant le massacre, tous ses dirigeants sont aussit&#244;t arr&#234;t&#233;s et mis en prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs, les &#233;tudiants et les &#233;l&#232;ves organisent un grand meeting &#224; Nouakchott, ils sont dispers&#233;s au moyen de grenades lacrymog&#232;nes, certains seront ensuite embarqu&#233;s dans des fourgonnettes et emmen&#233;s au commissariat de police o&#249; ils vont subir toutes sortes de tortures.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le d&#233;but de ce qu'on appellera la spirale manifestation-r&#233;pression-manifestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les cons&#233;quences de l'&#233;v&#232;nement ne s'arr&#234;teront pas l&#224; :&lt;br class='autobr' /&gt;
Au congr&#232;s ordinaire de I'UTM convoqu&#233; en juillet 1969, la direction de la centrale, qui avait manifestement peur d'&#234;tre d&#233;barqu&#233;e &#224; cause de sa trahison &#224; l'occasion du massacre de Zouerate, avait man&#339;uvr&#233; de sorte que les (3) trois d&#233;l&#233;gu&#233;s des mines, totalisent plus de mandats que l'ensemble des autres d&#233;l&#233;gu&#233;s, pour assurer sa reconduction La direction de la MIFERMA avait jou&#233; sa partition en payant les cartes d'adh&#233;rents au syndicat &#224; l'ensemble des 6000 travailleurs de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ouverture du congr&#232;s buta tout de suite sur l'&#233;pineuse question de proc&#233;dure consistant au contr&#244;le des mandats des d&#233;l&#233;gu&#233;s que la direction sortante avait purement et simplement refus&#233;e de cautionner. Il va s'en suivre l'&#233;clatement du congr&#232;s et la cr&#233;ation de deux centrales, l'UTM gouvernementale dite orthodoxe et I'UTM R&#233;nov&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette division ne correspond pas seulement &#224; une manifestation &#233;lectoraliste mais &#224; l'existence, &#224; partir de ce jour, de deux lignes syndicales dans notre pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une ligne combative au service des travailleurs et une ligne opportuniste et collaborationniste au service du patronat et du Gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGTM a toujours cherch&#233; et cherchera encore &#224; inscrire ses activit&#233;s dans le cadre de cette ligne combative. Certains r&#233;sultats qu'elle a obtenus sont satisfaisants et m&#234;me &#233;logieux, d'autres le sont beaucoup moins en fonction des contextes et des difficult&#233;s objectives. En tout &#233;tat de cause, la volont&#233; existe, la mobilisation et la participation effective des militants sont toujours demand&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
La comm&#233;moration du 29 mai 68 est non seulement pour nous un devoir de m&#233;moire, mais aussi une occasion pour exhorter la poursuite et la perp&#233;tuation du symbole donn&#233; par les martyrs de Zou&#233;rate, pour am&#233;liorer encore davantage les conditions de vie des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La gr&#232;ve est d&#233;cid&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1968, les quelques avanc&#233;es acquises en 1965 sont d&#233;j&#224; loin. La Miferma a continu&#233; &#224; se d&#233;velopper et la ville de grossir. Les besoins des travailleurs nationaux restent les m&#234;mes et s'ils taisaient leurs dol&#233;ances dans la sobri&#233;t&#233; ils aspirent toujours &#224; un mieux vivre qui semble s'&#233;loigner. Leurs revendications n'aboutissent que sur des mesures sans rapport avec les probl&#232;mes de salaires et logements qui est en fait leur priorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mercredi 15 mai une gr&#232;ve est d&#233;clar&#233;e &#8220;de mani&#232;re spontan&#233;e&#8220; nous dit-on &#187;, mais Jean Audibert ( Directeur de Miferma) t&#233;moignera par la suite dans le livre de Pierre Bonte &#8220; La montagne de fer &#8220;, que la gr&#232;ve est lanc&#233;e &#224; la suite de l'annulation, huit jours plus t&#244;t de la r&#233;union hebdomadaire des d&#233;l&#233;gu&#233;s et ce pour une raison qui parait des plus futiles. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s n'obtiennent aucune explication sur ce report, mieux, devant leur insistance, un des leurs est menac&#233; de sanction. Dans la foul&#233;e, les onze d&#233;l&#233;gu&#233;s se font r&#233;primander. Ils d&#233;missionnent en bloc. Jean Audibert nous livre alors son sentiment et met en cause le petit encadrement Europ&#233;en qui lui, reporte tout en bloc sur le service du personnel (son t&#233;moignage suivra) &#8230;. Enfin, tout le monde se d&#233;fausse et fuit ses responsabilit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la m&#234;me &#233;poque Sidi Ould Mouloud, m&#233;canicien aux Services G&#233;n&#233;raux et qui construit sa baraque dans la &#171; cit&#233; BP &#187; voit arriver des jeunes gens qu'il ne conna&#238;t pas. Ceux-ci, au nombre de trois, se mettent &#224; sa disposition pour l'aider, il apprend qu'ils viennent d'Atar et de Nouakchott. Comme ils ne connaissent rien &#224; la ville ils questionnent Sidi&#8230; Celui-ci apprendra plus tard qu'ils sont des Kadihines (PKM). Finalement ils sont h&#233;berg&#233;s chez un certain Malek O. M'Barek et invitent Sidi &#224; des r&#233;unions o&#249; il est question de faire des actions. Un de ces personnages, Mohamed Salem (?) &#224; m&#234;me &#233;t&#233; engag&#233; par le chef de carreau de la mine comme secr&#233;taire. Parall&#232;lement, &#224; l'&#233;conomat, un certain Lavdal O.Abdel Ouedoud parle lui aussi de politique aux travailleurs. Il r&#233;dige les revendications et la gr&#232;ve est d&#233;clench&#233;e par le syndicat UTM le 14 mai, peut &#234;tre simplement pour ne pas se faire d&#233;border par des nationalistes nass&#233;riens et les Kadihines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Premi&#232;re semaine de gr&#232;ve&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mercredi 15, les bus restent au d&#233;p&#244;t, spontan&#233;ment un grand nombre de travailleurs acquiescent &#224; cet ordre de gr&#232;ve. Cette mobilisation surprend les Europ&#233;ens de part son ampleur et peut &#234;tre aussi les incitateurs eux m&#234;mes. D&#233;passant leurs divisions ethniques, les travailleurs &#171; incultes &#187; de la Miferma se lancent dans la premi&#232;re action d'envergure du prol&#233;tariat mauritanien. Imm&#233;diatement des piquet de gr&#232;ves sont form&#233;s et tentent d'emp&#234;cher les travailleurs mauritaniens de rejoindre leur poste de travail en prenant place aux principaux points n&#233;vralgiques. Pendant ce temps, les Europ&#233;ens sont mobilis&#233;s et tentent de faire fonctionner les installations le mieux qu'ils peuvent. Ceci se poursuit tout au long de la semaine et la tension monte progressivement. Des Mauritaniens hostiles &#224; la gr&#232;ve et souhaitant rejoindre leur poste de travail se font tabasser. Des Europ&#233;ens se font caillasser en rentrant de leur poste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction pense que le lundi suivant, il ne restera rien de ce mouvement se basant sur son exp&#233;rience des ann&#233;es pass&#233;es ou plusieurs gr&#232;ves avaient &#233;t&#233; observ&#233;es. Toutefois elle r&#233;clame aux autorit&#233;s locales un appui s&#233;curitaire mais les effectifs charg&#233;s du maintien de l'ordre sont limit&#233;s &#224; une dizaine de policiers sans moyen de transport et il est fait appel &#224; la brigade de gendarmerie de F'derik.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Morvan est &#224; son poste, aux T&#233;l&#233;coms, entre la cit&#233; et le bidonville, entour&#233; de ces trois op&#233;rateurs d'origine noire. Soudain il voit un groupe s'avancer vers les installations. Dans ce groupe y figurent des gendarmes. Il s'entend interpeller et on lui ordonne de quitter son poste. Cherchant du regard le soutien des gendarmes, ceux-ci lui disent la m&#234;me chose et qu'ils sont l&#224; pour le reconduire chez lui, ce qui est fait n&#233;anmoins apr&#232;s avoir s&#233;curis&#233; les lieux. Voici Zou&#233;rate coup&#233;e du monde ! Quelques instants apr&#232;s, seul chez lui, Jean Morvan se pr&#233;cipite dans un local discr&#232;tement am&#233;nag&#233; au sein de son habitation et met en service un poste de transmission de secours. Zou&#233;rate n'aura &#233;t&#233; coup&#233; du monde que quelques minutes. A partir de ce moment, un va et vient incessant se produit entre son domicile et la r&#233;sidence ou se trouve le directeur d&#233;l&#233;gu&#233; Richardson.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#234;me sc&#232;ne faillit se reproduire &#224; la centrale &#233;lectrique o&#249; les gr&#233;vistes se rendent mais o&#249; ils trouvent les portes closes. A l'int&#233;rieur, Simon Wojkowiak et d'autres Europ&#233;ens se relaient par poste de 16 heures pour faire fonctionner les groupes. Ainsi pendant toute cette p&#233;riode de troubles, Zou&#233;rate ne fut jamais priv&#233;e d'&#233;lectricit&#233;. Par la suite, l'arm&#233;e assura jours et nuits la s&#233;curit&#233; de la centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gr&#233;vistes passent &#224; la vitesse sup&#233;rieure. Maintenant, ce sont les &#171; Toubabs &#187; qu'il faut emp&#234;cher d'aller travailler car ceux-ci arrivent &#224; faire fonctionner une partie des installations. L'ordre est donn&#233; en ce sens mais les gens, sans consignes bien pr&#233;cises font ce qu'ils veulent. Les actes vont du sabotage de v&#233;hicule au caillassage g&#233;n&#233;ralis&#233; mais aussi &#171; chaque fois qu'un Europ&#233;en passe dans le quartier africain, il est pris &#224; partie &#187; pr&#233;cise Sidi Ould Zegued. &#171; L'anarchie est institu&#233;e en syst&#232;me &#187; nous pr&#233;cise Ely Salem.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cahot, un homme va &#233;merger, le pr&#233;fet Doudou Fall, mais il est tax&#233; de prot&#233;ger les &#171; N'&#231;ara &#187;(Europ&#233;ens). Il est vilipend&#233;, et doit subir diff&#233;rentes vexations dont celui de voir un bourricot mort, sur lequel a &#233;t&#233; peint son nom, d&#233;pos&#233; devant sa porte apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; au bout d'une corde dans une hilarit&#233; g&#233;n&#233;rale. Ce jour l&#224;, les habitants du bidonville ont rejoint les gr&#233;vistes et les femmes agissent aux alentours des &#233;coles en poussant cris et &#171; youyou &#187;. La pression devient trop intense, les mauvais gestes &#224; destination des Europ&#233;ens deviennent r&#233;currents. D'un c&#244;t&#233; un millier d'Europ&#233;ens compris femmes et enfants, de l'autre des milliers d'individus qui, de jour en jour, grossissent les rangs des manifestants et affichent de plus en plus d'hostilit&#233; vis-&#224;-vis des premiers. La situation peut devenir dramatique, aussi il est demand&#233; des renforts. Nous sommes &#224; la fin de la premi&#232;re semaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant ces renforts, le pr&#233;fet r&#233;clame des plans, qui eux &#233;videmment se trouvent aux services g&#233;n&#233;raux, il faut y aller. La direction mandate Jean Morvan qui s'est port&#233; volontaire au c&#244;t&#233; du pr&#233;fet. L'op&#233;ration est pr&#233;vue pour le soir m&#234;me. Le pr&#233;fet est un homme courageux. Au lieu de chercher &#224; rejoindre les Services g&#233;n&#233;raux par un chemin d&#233;tourn&#233;, il fait prendre la route habituelle et va affronter de front les manifestants qui bloquent le carrefour sud de la ville (d&#233;nomm&#233; Canal de Suez). Jean Morvan pr&#233;cise : &#171; La voiture est arr&#234;t&#233;e, secou&#233;e, les insultes pleuvent sur nous, des gens tapent sur le capot et ma fois, je dois avouer que je ne suis pas bien rassur&#233;, on a d&#251; mettre une heure pour aller aux Service g&#233;n&#233;raux &#187;. N&#233;anmoins ce coup d'audace fonctionne &#224; merveille, et les manifestants s'&#233;cartent pour laisser passer le v&#233;hicule et les deux hommes rejoignent les bureaux et r&#233;cup&#232;rent les documents. Au retour, Jean Morvan, tr&#232;s inquiet, d&#233;cide de rentrer en ville en faisant une large boucle.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres v&#233;hicules d&#233;sireux de rentrer en ville cherchent &#224; prendre le m&#234;me chemin mais des manifestants plac&#233;s sur le petit mont o&#249; se trouve les r&#233;servoirs d'eau les aper&#231;oivent et courent au travers des ESA pour leur couper la route. Tout ceci tourne &#224; la confusion et les habitants de ce secteur prennent ce mouvement pour une attaque directe et prennent peur surtout que beaucoup d'hommes sont encore au travail et les femmes sont seules avec les enfants. Les cris fusent, certains tambourinent aux portes, des pierres sont lanc&#233;es contre les volets. Thierry Arnoud a assist&#233; cette sc&#232;ne et s'en souvient fort bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier week-end permit aux Europ&#233;ens de faire le point et de s'organiser. Une &#233;vidence, les vivres commenceraient bient&#244;t &#224; manquer, des plans de regroupement par familles furent &#233;tablis, mais jusque-l&#224;, la circulation en direction de l'&#233;conomat et des &#233;coles est encore possible car l'arriv&#233;e de quelques renforts de gendarmes avaient permis de mettre en place une sentinelle tous les cent m&#232;tres environs, ce qui pour l'instant suffisait &#224; tenir &#224; distance les Mauritaniens de la cit&#233; europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les renforts sont annonc&#233;s dans la nuit. Jean Morvan se souvient qu'il fallut aller baliser le terrain d'aviation afin de permettre l'atterrissage de l'avion. Pour ne pas &#233;veiller les soup&#231;ons, au lieu de prendre la route de l'a&#233;roport, les v&#233;hicules se fray&#232;rent un passage au travers du bidonville (El Hait, le mur). Ce sont uniquement les veilleuses des v&#233;hicules qui rest&#232;rent allum&#233;es, il se souvient de Cantos (chef s&#233;curit&#233;) dirigeant la man&#339;uvre du pilote l'ayant r&#233;ussie, mais aussi du colonel Viyiah Ould Mayouv et surtout du capitaine Soueidat O. Weiddad (qui sera tu&#233; en 1976 &#224; A&#239;n Ben Tili en combattant le Polisario).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Deuxi&#232;me semaine&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi 20 est le jour o&#249; tout bascule, les manifestants dont le flot a encore grossi (on parle de deux &#224; trois mille personnes) marchent vers la ville. Les soldats en armes, arriv&#233;s dans la nuit, forment un vrai cordon tout au long de l'axe principal coupant ainsi la ville en deux et isolant les communaut&#233;s. Les hommes mont&#233;s au travail rentrent pr&#233;cipitamment, les services g&#233;n&#233;raux sont &#233;vacu&#233;s en partie. Certains avaient senti le danger et avaient gard&#233; les enfants &#224; la maison, c'est le cas chez les Perichon ou Joseph, le p&#232;re, emmena sa famille en regroupement chez les Bollon, leurs amis. Chez Arnould, Thierry entend sa m&#232;re lui dire &#171; les Mauritaniens sont en gr&#232;ve et en col&#232;re, ils sont plus nombreux que nous et ici, c'est pas pareil, ce n'est pas comme en France. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;l&#232;ne Laurans, alors &#226;g&#233;e de 15 ans se souvient qu'&#224; l'&#233;cole Mr Paquet(directeur ) r&#233;pond &#224; beaucoup de coups de t&#233;l&#233;phone &#233;manant de m&#232;res de famille inqui&#232;tes. Il les rassure en leur disant que l'&#233;cole est un lieu s&#251;r, que les enfants ne craignent rien. N&#233;anmoins il abr&#232;ge la r&#233;cr&#233;ation car certains groupes de manifestants en provenance des &#171; T&#233;l&#233;com &#187; semblent vouloir couper au cours pour se rendre en ville. Il regroupe les enfants pr&#233;sents dans la classe de sixi&#232;me. A midi, ce sont les militaires qui organisent le retour vers la &#171; cit&#233; mercurochrome &#187;, appellation donn&#233;e au quartier en raison de la proximit&#233; de l'ancienne polyclinique. Pour d'autres, ce sont les parents qui se chargent eux m&#234;mes du retour. Au niveau de &#171; l'&#233;cole Sud &#187;, Mohamed Ould Tajedine, qui &#224; 11 ans, sent la tension mais ne comprend pas ce que signifie tous ces d&#233;fil&#233;s, dans sa t&#234;te, restera surtout l'image du cordon de militaires qui prot&#232;gent la cit&#233; blanche.&lt;br class='autobr' /&gt;
La s&#339;ur d'H&#233;l&#232;ne, France, &#226;g&#233;e de 21 ans travaille aux services g&#233;n&#233;raux, son p&#232;re vient la chercher en catastrophe et rentre en ville par la piste. Son futur mari (mais elle ne le sait pas encore &#224; cette &#233;poque), Santiago Sanz travaille pour la &#171; SPIE &#187;, entreprise sous-traitante de Miferma. Il se trouve &#224; ce moment l&#224; sur les lignes &#233;lectriques le long de la route de F'd&#233;rik, Avec son &#233;quipe il d&#233;cide de rentrer mais eux aussi son oblig&#233;s d'entrer dans la cit&#233; par des voies d&#233;tourn&#233;es. Ils traversent les ESA et sont t&#233;moins, au niveau du Mif'H&#244;tel de violentes algarades entre les gr&#233;vistes et les forces de l'ordre. Ils ont peut -&#234;tre assist&#233; &#224; une action qui nous est rapport&#233;e par Sidi Ould Mouloud ; &#171; on a appris qu'au Mif-h&#244;tel, Abdallah Mehdi (maitre d'hotel) et trois autres cuisinaient pour les &#171; Toubabs &#187;. Nous sommes all&#233;s les d&#233;loger. C'est sous la protection du pr&#233;fet Doudou Fall et de l'attach&#233; de direction Grosjean, qu'Abdellahi est rentr&#233; chez lui. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons aussi recueilli le t&#233;moignage d'Aline Cianolli : &#171; Pour ma part, j'avais rejoint mon poste de secr&#233;taire aux Services G&#233;n&#233;raux o&#249; je venais d'&#234;tre embauch&#233;e. Deux heures apr&#232;s quelqu'un nous a demand&#233; de quitter les lieux le plus rapidement possible parce qu'un groupe de gr&#233;vistes arm&#233;s montaient vers nous. Il nous fallait rejoindre de toute urgence notre famille. C'&#233;tait la panique, j'avais laiss&#233; dans la cit&#233; ma fille Dominique, chez sa Tata Christiane CLAUDE. Des militaires mauritaniens en jeep m'ont prise en charge et d&#233;pos&#233;e chez moi. Nous habitions provisoirement dans un studio, construit en bande, sur une petite place situ&#233;e pas tr&#232;s loin du MIF HOTEL.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez nous, j'esp&#233;rais retrouver mon mari et notre fille, mais la maison &#233;tait vide et le t&#233;l&#233;phone coup&#233;. Il me fallait de toute urgence retrouver ma fille&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment de repartir, quelqu'un tambourine tr&#232;s fortement &#224; la porte arri&#232;re du studio en criant &#187; je vous en prie, ouvrez &#187;. Apr&#232;s un moment d'h&#233;sitation, tant la peur me taraudait le corps, j'ai vu entrer un homme inconnu qui avait un petit accent italien. Il avait saut&#233; de jardin en jardin pour aller rejoindre des amis un peu plus loin. Il &#233;tait essouffl&#233; et comme moi il &#233;tait tr&#232;s inquiet. Il m'a confirm&#233; ce que je craignais le plus, il y avait une mini r&#233;volte qui n'allait que s'aggraver. Nous avons d&#233;cid&#233; d'&#233;vacuer les lieux et sommes sortis nous prot&#233;geant mutuellement en faisant le guet l'un pour l'autre. Enfin, je suis arriv&#233;e chez mes amis, c'&#233;tait le soulagement, les enfants &#233;taient l&#224;. Peu apr&#232;s les hommes nous ont rejoint et les familles se sont reform&#233;es. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de ce jour, l'&#233;conomat resta ferm&#233; mais du c&#244;t&#233; de la cit&#233; mauritanienne, des boutiques sont ferm&#233;es d'autorit&#233;. Les Europ&#233;ens, loin d'&#234;tre rassur&#233;s par ce d&#233;ploiement de forces, envisagent des solutions de repli, voire de survie. Certains se barricadent. Ayant aper&#231;u les Mauritaniens &#224; proximit&#233; des r&#233;servoirs d'eau, une folle rumeur enfle, &#171; et si ils empoisonnaient l'eau ? &#187; Vite des r&#233;serves, on remplit tous les r&#233;cipients disponibles, y compris des brouettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au soir, vers 20 heures, un fourgon SG1 de la manutention qui revenait de Tazadit tente de forcer le barrage, mal leur en prit, des pierres leurs sont lanc&#233;es, les vitres sont bris&#233;es, ils arrivent n&#233;anmoins aux premiers ESA compl&#232;tement affol&#233;s et se r&#233;fugient dans les premiers logements, heureux d'avoir pu passer. A la vue de tous ces &#233;v&#233;nements, Yvon Arnoud, qui les a recueilli cherche &#224; s'armer mais ne trouve qu'un manche de pioche. Guy Breda, un voisin, rassure son entourage disant qu'il a ses couteaux de bouchers avec lui. Thierry et sa soeur sont affol&#233;s. Plus tard, ils voient arriver &#224; pied Mr Gance terroris&#233; et essouffl&#233;. Il raconte : &#171; qu'il a du abandonner sa Land-Rover et se sauver en courant, des centaines de poursuivants &#224; ses trousses. &#187; Une demi-heure plus tard, c'est Mr Catinot qui arrive dans les m&#234;mes conditions et relate les m&#234;mes faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, les expatri&#233;s sont consign&#233;s chez eux et un couvre-feu est instaur&#233;. Mais les victuailles commencent &#224; manquer. L'arm&#233;e organise des tourn&#233;es de distribution. Par ailleurs, le boulanger Pagenaud appelle &#224; l'aide car il n'a plus de main d'oeuvre, son fournil se trouve en pleine ville mauritanienne, vers l'EVB, les fr&#232;res Br&#233;da (Jacky, Jean et Michel), r&#233;pondent &#224; son appel, font le pain de nuit et le distribuent dans la journ&#233;e aux familles, apparemment sans aucun probl&#232;me. Guy Breda, g&#233;rant de l'&#233;conomat pr&#233;pare aussi des colis de ravitaillement qui sont distribu&#233;s le plus discr&#232;tement possible avec l'aide de Jacques Rigot et d'Yvon Arnould, cr&#233;ant des d&#233;p&#244;ts &#233;pars tels chez Giraudon o&#249; par exemple se ravitaillait la famille Laurans. L'arm&#233;e participe aussi &#224; ces distributions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ses exp&#233;ditions se faisaient dans une tension &#233;prouvante pour les nerfs. Thierry Arnould nous raconte : &#171; Les femmes n'&#233;taient pas d'accord avec ses exp&#233;ditions mais ils le firent quand m&#234;me. C'est la premi&#232;re fois que j'ai pleur&#233; pendant ses &#233;v&#233;nements, mon p&#232;re et ses copains allaient partir et avec tous les risques que j'avais entendus, c'&#233;tait trop pour moi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Les Europ&#233;ens pr&#233;parent leur d&#233;fense&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on l'a vu pr&#233;c&#233;demment, il &#233;tait interdit de sortir de chez soi. Dans l'apr&#232;s midi, les militaires ont demand&#233; de se regrouper dans des maisons &#224; &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'on abordait la troisi&#232;me semaine de gr&#232;ve, un drame &#233;clate, l'arm&#233;e tire &#224; balles r&#233;elles en direction de la foule&#8230; Voici quelques t&#233;moignages d'instants qui nous paraissent encore confus aujourd'hui, faute de t&#233;moins et de pr&#233;cisions. Aussi c'est avec toutes les pr&#233;cautions n&#233;cessaires et au conditionnel que nous vous les livrons &#171; bruts de fonderie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bitiche Ould Alioune : 17 heures 30 : Le cr&#233;puscule s'annonce d&#233;j&#224;, l'attente dure, les pourparlers ne semblent pas aboutir, les nerfs sont tendus &#224; mes c&#244;t&#233;s les repr&#233;sentants de travailleurs confirment h&#233;las que les concertations n'avan&#231;aient nullement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelques m&#232;tres de l&#224;, un officier d'un haut rang, furieux, charg&#233; des op&#233;rations, semblait &#233;nerv&#233;, &#233;tait emport&#233; balan&#231;ant les bras, il ordonnait des tirs en l'ait afin d'effrayer les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques secondes, des tirs nourris &#233;clat&#232;rent non vers le ciel, mais sur la foule provoquant une atmosph&#232;re indescriptible, une cohue au sein des ouvriers qui d&#233;cha&#238;n&#233;s, ripost&#232;rent &#224; cette d&#233;claration de guerre inavou&#233;e, en projetant vers les soldats des jets de pierres nourris, une confusion g&#233;n&#233;rale s'en suivit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;. Parmi ses martyrs un &#233;tudiant innocent, venu rendre visite &#224; des parents, et qui fut la premi&#232;re victime de ces douloureux &#233;v&#232;nements, j'ai nomm&#233; mon ami et mon fr&#232;re, Youba Ould Toueyzigui que j'ai vu mourir cribl&#233; de balles sous mes yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais en sa compagnie cet ami d'enfance, venu incognito non pas pour participer &#224; ce mouvement de gr&#232;ve qui durait depuis presque une dizaine de jours, mais que le destin for&#231;a pour qu'il s'y trouve et y perdre la vie.( t&#233;moignage entier de Bitiche : &lt;a href=&#034;http://cridem.org/C_Info.php?article=655509&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cridem.org/C_Info.php?article=655509&lt;/a&gt;)&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; Mohamed Ould Reyoug En 1968 , On ne laissait travailler que les gens de la clinique et du service eau. Parfois il y'a des gens qui montent en cachette mais ils sont peu nombreux. Nous, on faisait nos r&#233;unions et on se regroupait dans le &#187; Canal de Suez &#187; sortie sud de la ville derri&#232;re la clinique. On sabotait un peu chaque voiture qu'on trouvait sans gardien parmi les militaires. On la faisait retourner sur le dos. On emp&#234;chait les &#171; Toubabs &#187; de sortir &#224; l'&#233;conomat ou l'h&#244;tel. Les militaires ont encercl&#233; toute la cit&#233; des blancs. Quand le commandant ou colonel Vyah. a constat&#233; que les Europ&#233;ens risquaient leur vie, il a tir&#233; sur nous, 15 bonhommes sont tomb&#233;s. Apr&#232;s nous avons senti que nous sommes vaincus, alors on a repris le travail. On nous promis beaucoup de chose. Mais&#8230;..&lt;br class='autobr' /&gt;
Sidi Ould Mouloud : Un jour les tirs ne sont plus comme les pr&#233;c&#233;dents. Ce jour l&#224; un travailleur est tomb&#233;. On crut qu'il &#233;tait &#233;vanoui. Les femmes qui &#233;taient l&#224; lui vers&#232;rent un seau d'eau. Il n'a pas bronch&#233;. On vit qu'il a re&#231;u une balle r&#233;elle dans le bas ventre. &#199;a c'&#233;tait devant le club gazelle actuel. Au m&#234;me moment on crie sur un autre travailleur tu&#233; net derri&#232;re la clinique. Il y a des autres morts et bless&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Salek Ould Allaf : Le jour par exemple de la tuerie, je courais derri&#232;re des plus grands que moi qui &#233;taient rassembl&#233;s sur le petit mont qui surplombe les services g&#233;n&#233;raux l&#224; o&#249; il y'a les ch&#226;teaux d'eau. Il semble qu'ils voulaient faire des sabotages. Quand il y a des tirs et des cris des parents sont venus en vitesse me ramener en ville. Les gens demandaient des augmentations et des postes qu'ils m&#233;ritent&lt;br class='autobr' /&gt;
Sidi Ould Zegued : Apres 15 jours d'arr&#234;t de travail et de blocus au niveau du point (d&#233;nomm&#233; Canal de Suez) &#224; l'entr&#233;e Sud de Zouerate, les militaires ont tir&#233; des balles r&#233;elles sur les rassemblements. Neuf personnes sont mortes sur le champ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Breda : Les premiers jours ont &#233;t&#233; assez calmes , et tout a commenc&#233; &#224; se g&#226;ter lorsque les manifestants ont essay&#233; de sauter les murs pour rentrer dans les villas. L&#224;, l'arm&#233;e a tir&#233;. Si mes souvenirs sont exacts il y a eu 8 morts du c&#244;t&#233; des gr&#233;vistes dont un qui travaillait &#224; la manutention et qui s'appelait &#187; Mami &#187;. Le lundi suivant le travail a repris normalement, expatri&#233;s et locaux &#233;tions tous au boulot, sauf &#171; Mami &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Gilles Aubry : Nos parents minimisaient la gravit&#233; de la situation pour ne pas nous inqui&#233;ter, mais quand &#224; 8 ans tu vois des soldats tirer sur des gens que tu croises tous les jours, tu comprends malgr&#233; tout qu'on ne joue plus aux cow-boys et aux indiens. Nous &#233;tions en famille chez Michel Vidal quand la rumeur d'une manifestation nous a attir&#233; dehors dans le jardin pour apercevoir un car de la mine mis &#224; mal par une foule dont les cris &#233;taient couverts par les youyous des femmes pr&#232;s de la station BP. Un moment apr&#232;s, alors que tout semblait s'&#234;tre calm&#233;, nous avons d&#233;cid&#233; de rentrer chez nous, &#224; deux pas de l'autre c&#244;t&#233; de la place, au 77. C'est en sortant de chez Michel qu'un coup de feu claqua. Un militaire, noir comme la plupart de ceux que j'ai pu voir, ce d&#233;tail si c'en est un m'avait frapp&#233; comme s'il s'agissait d'une arm&#233;e d'occupation dans un autre pays, venait de tirer en direction de la ruelle. Juste devant l'entr&#233;e, un genou &#224; terre, son arme point&#233;e vers un groupe que je ne pouvais pas distinguer, il nous ordonna de rentrer. C'est le seul moment o&#249; j'ai eu la frousse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed Ould Tajedine : Il y eut des bless&#233;s et probablement des morts. Je me rappelle encore de cette femme qui a perdu sa jambe suite aux coups de feu alors qu'elle encourageait, disait-on, les ouvriers par ses you-yous.. Il y eut 8 ou 9 morts (si mes souvenirs sont bons) parmi les manifestants suite aux tirs de l'arm&#233;e, qui, selon la version officielle, a tir&#233; dans les pieds des manifestants qui voulaient prendre d'assaut &#187; la cit&#233; europ&#233;enne. Les leaders des gr&#233;vistes ont r&#233;pondu que si tel &#233;tait le cas, cela signifiait que les victimes qui &#233;taient atteintes marchaient sur leurs t&#234;tes. Cet apr&#232;s-midi ma m&#232;re, par je ne sais quel instinct, nous emp&#234;cha (mon fr&#232;re et moi) d'aller &#224; l'&#233;cole. En y arrivant le matin, les &#233;l&#232;ves s'&#233;taient rassembl&#233;s par petits groupes pour observer les impacts des balles qui avaient transperc&#233; ou percut&#233; les poteaux ou les murs de l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Lemardeley : Personne n'aurait jamais pens&#233; qu'on en serait arriv&#233; l&#224; ! Nous habitions vers la Polyclinique et je me souviens avoir vu des militaires transportant des corps&lt;br class='autobr' /&gt;
Thierry Arnould : J'entends encore les tacs tacs tacs des armes automatiques, les cris de la foule et du balai des ambulances &#224; la polyclinique. Le calme revint, ce fut comme une lib&#233;ration !&lt;br class='autobr' /&gt;
NDLR : Thierry &#233;voque aussi l'arriv&#233;e des parachutistes mauritaniens dans le ciel de Zou&#233;rate . Il est bien exact que des paras ont saut&#233; sur Zou&#233;rate, vers le terrain d'aviation, mais c'&#233;tait le lendemain de la reprise du travail. Une mani&#232;re suppl&#233;mentaire des autorit&#233;s mauritaniennes d'accentuer la pression et &#233;viter ainsi une rechute (t&#233;moignage Jean Morvan).&lt;br class='autobr' /&gt;
11. T&#233;moignages de certains acteurs et officiels&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces t&#233;moignages sont rapport&#233;s dans le livre de Pierre Bonte et Abdel Wedoud Ould Cheikh (La montagne de fer &#8211; sur books.google pages 147 &#224; 151 &#8211;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Un acteur Ouvrier : Je n'&#233;tais plus d&#233;l&#233;gu&#233; et pas encore syndicaliste. Il y'avait beaucoup d'accidents de travail. Il n'y'avait pas de convention mine. on fonctionnait sur la base de la convention des travaux publics. On voulait une nouvelle convention avec des primes prenant en compte le travail de la mine ( sant&#233;) ..Logements. un texte en dix points a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; dont le premier &#233;tait l'&#233;tablissement d'une convention sp&#233;cifique. Ces points ont &#233;t&#233; d&#233;finis lors de la gr&#232;ve qui a d&#233;j&#224; d&#233;marr&#233;. Les expatri&#233;s voulaient travailler et ne la soutenaient pas. Laurent le chef du personnel &#233;tait particuli&#232;rement hostile et m&#233;prisant &#224; l'&#233;gard de nos revendications.les choses ont pris de l'ampleur jusqu' a l'arriv&#233;e des militaires qui ont fini par tirer. Moi m&#234;me je n'ai pas particip&#233; &#224; la gr&#232;ve pour des raisons de s&#233;curit&#233; (alimentation eau et &#233;lectricit&#233;), &#224; la demande du syndicat, mais j'ai &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; &#171; pro-marocain &#187; et emprisonn&#233; trois mois &#224; Nouadhibou. J'ai &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; mais je ne voulais pas quitter la prison. Le wali m'a convoqu&#233; et m'a demand&#233; pourquoi je restais l&#224;.je lui ai dis que je ne savais pas pourquoi j'&#233;tais l&#224;. Pour fait de gr&#232;ve m'a-t-il r&#233;pondu. Mais je n'ai pas fait de gr&#232;ve. Les 18 personnes emprisonn&#233;es doivent &#234;tre lib&#233;r&#233;es et r&#233;gl&#233;es par la Miferma .j'ai obtenu gain de cause et on a fait un papier &#224; Miferma. Les 18 ont &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233;s. L'UTM a jou&#233; un r&#244;le ambigu : favorable au d&#233;but puis d&#233;non&#231;ant les mineurs irresponsables &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un t&#233;moin ouvrier : J'&#233;tais &#224; Atar et j'ai trouv&#233; les gens en gr&#232;ve quand je suis rentr&#233;. Ceux qui voulaient travailler ne pouvaient pas le faire. Je suis rest&#233; chez moi et j'allais parfois discuter vers le goudron Au bout de deux ou trois jours tout le monde &#233;tait m&#233;content. Certains ont commenc&#233; &#224; fermer les boutiques ce qui n'est pas le r&#244;le d'une gr&#232;ve. L'Etat a envoy&#233; des militaires et des gendarmes pour r&#233;tablir l'ordre. Le colonel a demand&#233; aux gens de rester chez eux jusqu'&#224; onze heures du matin .Ils ont ob&#233;i. Vers seize heures je revenais de la mosqu&#233;e et j'allais vers une maison proche du four ( boulangerie ) que les gendarmes voulaient remettre en route. Je suis donc retourn&#233; vers la mosqu&#233;e et j'ai entendu des tirs de grenades lacrymog&#232;nes. Au m&#234;me moment les enfants sont all&#233;es chercher les enfants &#224; l'&#233;cole et les hommes sont venus les rejoindre pour les prot&#233;ger. Ils se sont trouv&#233;s face aux militaires qui ont tir&#233;. Il y'a eu des morts puis le couvre feu. La gr&#232;ve s'est termin&#233;e apr&#232;s un ou deux jours. Les autorit&#233;s ont r&#233;uni tout le monde et ont fait un &#171; tri &#187;, arr&#234;tant les &#171; meneurs &#187; qu'ils ont enferm&#233;s dans un logement cadre vide. Elles ont envoy&#233; 40 ou 50 personnes &#224; Nouadhibou pour les juger. Beaucoup de gens ont &#233;t&#233; licenci&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un acteur officiel : En 1968, j'exer&#231;ais des fonctions &#224; Zouerate. l'histoire est partie d' un forgeron R'Gueiby, d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel , qui voulait remplacer un cadre expatri&#233; parti en cong&#233;. Il &#233;tait agent de maitrise mais voulait assumer l'int&#233;rim cadre. Il a chauff&#233; les gens autour de lui&#8230;Et certaines autorit&#233;s en contact avec les R'Guibatt qu'il avait contact&#233; pour qu'elles le soutiennent nous ont alert&#233;s. Ahmed Ould Bah a &#233;t&#233; nomm&#233; d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement pour la baie du l&#233;vrier et du Tiris Zemmour. La gr&#233;ve a eclat&#233; et Grosjean (Responsable de la s&#233;curit&#233; de Miferma ) est venu m'alerter. On a r&#233;quisitionn&#233; le peloton de gendarmerie de F'D&#233;rick et comme cela ne suffisait pas on a demand&#233; des renforts de Nouakchott. Ils ont envoy&#233; Viya Ould Mayouv. Les troupes ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es entre le quartier Fran&#231;ais et la pagaie pour &#233;viter une intervention des troupes Fran&#231;aises. J'ai rencontr&#233; le Directeur de Miferma &#224; Zouerate qui acceptait le d&#233;part du conseiller juridique de l'entreprise qui s'en tenait &#224; une application trop rigide de la convention. Le Directeur d&#233;l&#233;gu&#233; Richardson &#233;tait d'accord. L'inspection du travail avait accept&#233; les revendications et tout semblait r&#233;gl&#233; Un accord a &#233;t&#233; lu devant une partie de la population sur la ligne de d&#233;marcation (entre cit&#233; et bidonville). Certains sont partis, les autres n'avaient pas entendu et nous nous proposions de nous adresser &#224; eux. Viya voulait une r&#233;quisition sp&#233;ciale pour intervenir. On a demand&#233; au d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement de venir. Il est arriv&#233; et a r&#233;clam&#233; la fermet&#233;. Les gens se rassemblaient &#224; nouveau. Nous avons repris alors les m&#233;thodes du &#171; tribalisme &#187; et demand&#233; aux repr&#233;sentants des grandes tribus d'intervenir. Ils l'ont fait avec un certain succ&#232;s. Pendant ce temps les gardes essayaient de repousser la population. Ils ont tir&#233; en l'air, les gens ont r&#233;pliqu&#233; avec des pierres. Les militaires ont commenc&#233; &#224; reculer. Quand ils sont arriv&#233;s au niveau des autorit&#233;s, le D&#233;l&#233;gu&#233;du gouvernement a donn&#233; l'ordre de tirer. On a mis en barri&#232;re un FM avec 25 cartouches. Il y'a eu 8 morts et 23 bless&#233;s. Les choses se sont calm&#233;es tout de suite. Les gens savaient qu'ils &#233;taient en tort car il y'avait eu beaucoup de destruction avant. Les accords ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Directeur de Miferma Jean Audibert&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'origine, il y''eu 8 jours plus t&#244;t, le report unilat&#233;ral et sans explication de la r&#233;union hebdomadaire avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s par un membre du service du personnel. Cette r&#233;union ,me dit-on a &#233;t&#233; prise en raison d'un travail urgent concernant l'informatique&#8230;Peut apr&#232;s une menace de sanction est transmise &#224; un d&#233;l&#233;gu&#233; par le service du personnel ; Puis vient un meeting o&#249; les onze d&#233;l&#233;gu&#233;s se font r&#233;primander et d&#233;missionnent&#8230;Tout cela me parait classique encore que je note ,dans mon enqu&#234;te, l'empressement du petit encadrement europ&#233;en &#224; designer comme bouc &#233;missaire le service du personnel et sa volont&#233; syst&#233;matique de bloquer les informations, qu'elles viennent d'en haut ou d'en bas. C'est vraisemblablement le d&#233;l&#232;gue m&#233;content qui, lundi a d&#233;clench&#233; la gr&#232;ve des chauffeurs charg&#233;s de conduire le personnel au travail, sans doute dans l'id&#233;e de paralyser toute activit&#233;. Mais pourquoi, le mercredi, le bidonville qui c&#244;toie la cit&#233; s'est-il mis en mouvement ? On n'avait jamais vu cela. Dans ce bidonville vivent maintenant 7.000 personnes venues de partout, la plupart oisives. Malgr&#233; nos demandes, l'administration ne s'y est pas implant&#233;e et a laiss&#233; la situation se d&#233;grader ? Mercredi, les femmes sont sorties de leur ghetto et en rangs serr&#233;s, ont prof&#233;r&#233; des menaces &#224; l'encontre des agents Europ&#233;ens. Ceux-ci s'&#233;taient enferm&#233;s dans leurs maisons. Ils ont eu tr&#232;s peur. Jeudi, apr&#232;s sommation, la troupe tirait dans la foule. R&#233;sultat : huit tu&#233;s -dont six travaillaient pour la Miferma- et vingt deux bless&#233;s qui sont soign&#233;s dans notre clinique. Vendredi un vote &#233;tait organis&#233; et samedi le travail reprenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sidi Zegued : Le lendemain Doudou Fall, pr&#233;fet de Zouerate et autres autorit&#233;s militaires et civiles ont rassembl&#233; tous les travailleurs. Ils leur ont demand&#233; : ceux qui veulent monter au travail se mettent de ce cot&#233; ; Ceux qui ne le sont pas se mettent de l'autre. La quasi-totalit&#233; des travailleurs ont repris le boulot &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Gilles Aubry : J'avais le sentiment qu'il ne pouvait rien nous arriver, spectateur &#224; plus d'un titre de quelque chose qui me d&#233;passait compl&#232;tement, je me suis senti &#233;tranger pour la premi&#232;re fois dans un monde que je ne comprenais pas. Pourquoi certaines maisons avaient &#233;t&#233; saccag&#233;es, pourquoi certaines personnes &#233;taient parties pr&#233;cipitamment, qu'elles pouvaient &#234;tre les raisons de cette col&#232;re, et que pouvait justifier la duret&#233; d'une telle r&#233;pression ? Je garde le souvenir dans les jours qui suivirent de ces hommes et de ces femmes, le bras band&#233;, qui avaient essuy&#233; les tirs de l'arm&#233;e pendant ce qu'on appela pudiquement par la suite les &#171; &#233;v&#232;nements de 68&#8243;. Combien de morts, officiellement, officieusement&#8230; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sidi Ould Mouloud : Le lendemain on demande &#224; tous les gens de se rassembler. J'&#233;tais avec Deddahi O.Naoucha et d'autres et nous nous sommes mis de cot&#233;, solidaires que nous n'allions pas monter au travail. Notre surprise &#233;tait grande quand le capitaine ou commandant Yall Amadou encercla avec les militaires tout le rassemblement. On demanda aux gens des repr&#233;sentants pour parler avec eux. Les travailleurs d&#233;sign&#232;rent le jeune Kadeh Mohamed Salem et d'autres. Puis ils ont demand&#233; &#224; ceux qui veulent travailler d'aller de ce cot&#233; et les autres l&#224;-bas. Alors tout le monde a d&#233;cid&#233; de monter. Les jours qui suivent les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;taient avec les autorit&#233;s et un bon nombre de travailleurs. Mohamed Salem r&#233;pondait &#224; toutes questions et eut une altercation avec le pr&#233;fet Doudou Fall, alors le brigadier de police le gifla. On l'amena &#224; la police. Mais quand ces derniers ont voulu le lib&#233;rer. Il refusa de sortir exigeant des justificatifs &#224; son arrestation. Le chef de la mine ayant constat&#233; que c'&#233;tait son secr&#233;taire n'a pas tard&#233; &#224; le licencier. Apr&#232;s il y'a eu l'arriv&#233;e de Baba Fall du directeur du travail et les travailleurs ont commenc&#233; &#224; avoir des primes, des augmentations etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Breda : Les Mauritaniens qui travaillaient avec nous &#233;taient gentils, serviables agr&#233;ables &#224; vivre et ils le sont rest&#233;s apr&#232;s tout cela, la confiance est vite revenue, mais il faut les comprendre, exploit&#233;s comme ils &#233;taient. Apr&#232;s ces &#233;v&#232;nements, nous avons re&#231;u personnellement, mes fr&#232;res et moi-m&#234;me, une lettre de f&#233;licitations de la part du D.G.&lt;br class='autobr' /&gt;
Thierry Arnould : Je me suis demand&#233;, bien des ann&#233;es plus tard, si tout cela avait mal tourn&#233;, qu'aurait fait mon p&#232;re en ce qui concernait ma s&#339;ur et moi, comment l'aurait il fait ? En aurait-il eu le temps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ely Salem Khayar : Deux jours plus tard les travailleurs sont pour la plupart mont&#233;s aux chantiers. Les dirigeants Mauritaniens et ceux de Miferma semblent avoir admis que d&#233;sormais les rapports entre expatri&#233;s et autochtones doivent changer. Dans la r&#233;union du 5 juin 1968, entre les travailleurs Mauritaniens, repr&#233;sent&#233;s par Messieurs Nema O.Kabach (UTM) et Brahim O. Khaled (d&#233;l&#233;gu&#233; syndical), et Miferma repr&#233;sent&#233;e par Messieurs Richardson (Directeur d&#233;l&#233;gu&#233;) et Valleton (Directeur Si&#232;ge Exploitation), et concernant le r&#232;glement du conflit collectif qui vient de prendre fin, plusieurs exigences des travailleurs ont &#233;t&#233; satisfaites : primes li&#233;es aux travaux dangereux, salissants, p&#233;nibles, inconfortables ainsi que la Mauritanisation des postes, le mode de fonctionnement des &#233;conomats, relation des travailleurs, accidents de travail etc. Par la suite la table ronde organis&#233;e les 12 et 13 d&#233;cembre 1968 entre administration Mauritanienne, travailleurs et employeur Miferma fut aussi et enfin l'occasion de dissiper tous malentendus entre expatri&#233;s et autochtones renvoyant tout le monde au respect strict des lois et r&#232;glements en vigueur. A partir de ce moment, Europ&#233;ens et Africains de Zouerate se sont situ&#233;s dans la logique du respect et consid&#233;rations r&#233;ciproques.&lt;br class='autobr' /&gt;
NDLR : A la suite de ces &#233;v&#232;nements beaucoup de travailleurs mauritaniens ont &#233;t&#233; licenci&#233;s. Trente pourcent des expatri&#233;s ont d&#233;missionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://kassataya.com/2014/05/26/evenements-de-zouerate-en-mai-68-le-terrible-face-a-face-expatries-autochtones-1-et-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kassataya.com/2014/05/26/evenements-de-zouerate-en-mai-68-le-terrible-face-a-face-expatries-autochtones-1-et-2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La gr&#232;ve des mineurs de 1963</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article7650</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article7650</guid>
		<dc:date>2022-09-10T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs de 1963 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un militant PCF conclue sur la gr&#232;ve : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Certains &#233;taient gris&#233;s par toute cette solidarit&#233; et &#231;a n'a pas &#233;t&#233; facile de faire reprendre le travail&#034; apr&#232;s 35 jours de gr&#232;ve, le 4 avril, une fois obtenues une augmentation salariale de 11% et une semaine de cong&#233;s suppl&#233;mentaire. (Louis Bembenek, 24 ans &#224; l'&#233;poque, mineur et d&#233;l&#233;gu&#233; CGT &#224; la fosse Delloye : voir ici) &lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait faire reprendre le travail avant que cela s'&#233;tende &#224; toute la classe ouvri&#232;re ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory"&gt;10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gr&#232;ve des mineurs de 1963&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un militant PCF conclue sur la gr&#232;ve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Certains &#233;taient gris&#233;s par toute cette solidarit&#233; et &#231;a n'a pas &#233;t&#233; facile de faire reprendre le travail&#034; apr&#232;s 35 jours de gr&#232;ve, le 4 avril, une fois obtenues une augmentation salariale de 11% et une semaine de cong&#233;s suppl&#233;mentaire. (&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/societe/1121933-20130320-20130320-50-ans-apres-grande-greve-1963-anciens-mineurs-souviennent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Louis Bembenek, 24 ans &#224; l'&#233;poque, mineur et d&#233;l&#233;gu&#233; CGT &#224; la fosse Delloye : voir ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait faire reprendre le travail avant que cela s'&#233;tende &#224; toute la classe ouvri&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCF et CGT ont pr&#233;sent&#233; comme une victoire ce qui &#233;tait presque une simple d&#233;faite et qui n'avait aucune raison de le devenir vu le soutien massif de la classe ouvri&#232;re et la mobilisation des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT et PCF voulaient que le reste de la classe ouvri&#232;re, les non mineurs, s'en tienne &#224; &#171; la solidarit&#233; &#187; ! C'est pour cela qu'il fallait en finir et vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici &#224; la date du &#171; jeudi 4 avril &#187; comment les mineurs d&#233;noncent la trahison des n&#233;gociateurs syndicaux aux cris de &#171; traitres, vendus &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/books/edition/Le_syndicalisme_%C3%A0_l_%C3%A9preuve/CUGEDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=gr%C3%A8ve+mineurs+1963&amp;printsec=frontcover&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.fr/books/edition/Le_syndicalisme_%C3%A0_l_%C3%A9preuve/CUGEDwAAQBAJ?hl=fr&amp;gbpv=1&amp;dq=gr%C3%A8ve+mineurs+1963&amp;printsec=frontcover&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gauche fait croire &#224; une victoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_fran%C3%A7ais_de_1963&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://wikirouge.net/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_fran%C3%A7ais_de_1963&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment on nous la pr&#233;sente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est lanc&#233;e en janvier 1963 par la CFTC, afin d'attirer l'opinion sur l'avenir incertain du charbonnage. Tr&#232;s vite, la CGT lui embo&#238;te le pas et s'empare de la gr&#232;ve, &#233;liminant la CFTC du mouvement. Ce n'est plus l'avenir du mineur qui est alors mis en avant, mais les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT proteste contre une stagnation des salaires et demande une revalorisation. A l'origine de cette gr&#232;ve il y a donc bien un archa&#239;sme social, celui du dialogue impossible entre les syndicats et &lt;br class='autobr' /&gt;
le gouvernement. C'est donc &#224; la mi f&#233;vrier 1963 que le mouvement social prend son &lt;br class='autobr' /&gt;
ampleur, et que les premiers manques de charbon se font ressentir sur la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter une p&#233;nurie de charbon, alors m&#234;me que l'hiver 1963 est rigoureux, le &lt;br class='autobr' /&gt;
ministre de l'Industrie d&#233;cide de r&#233;quisitionner les mineurs pour les obliger &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
produire. Le G&#233;n&#233;ral est favorable &#224; cela, et du reste la r&#233;quisition &#224; d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
employ&#233;e, notamment en 1962 lors des gr&#232;ves de la SNCF. Mais le d&#233;cret est sign&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
de fa&#231;on d&#233;sastreuse : de Gaulle &#233;tant parti &#224; Colombey pour la fin de semaine, et le &lt;br class='autobr' /&gt;
Premier ministre souhaitant que le d&#233;cret paraisse le lundi, il lui envoya un motard &lt;br class='autobr' /&gt;
afin qu'il puisse le signer, ce qui fit donc que le d&#233;cret fut sign&#233; &#224; Colombey, geste &lt;br class='autobr' /&gt;
qui apparu comme un abus de pouvoir, alors m&#234;me que cela &#233;tait tout &#224; fait l&#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Pompidou se rend compte de l'erreur commise, il est trop tard :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je m'en veux d'avoir envoy&#233; un motard le samedi &#224; Colombey, sans attendre que le &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;ral revienne le lundi. Le G&#233;n&#233;ral est trop honn&#234;te et a inscrit &#224; la main le lieu et la date. &lt;br class='autobr' /&gt;
La presse a mis l'accent sur ce &#171; d&#233;cret de Colombey &#187; saugrenu. &#199;a a expos&#233; le G&#233;n&#233;ral &lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup plus qu'il n'aurait d&#251; l'&#234;tre. Ce qui aurait d&#251; &#234;tre un paraphe de routine a &#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;sent&#233; comme une provocation personnelle du monarque, adress&#233;e &#224; la classe ouvri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un caprice pharaonique. Je ne me le pardonne pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode Pompidou consiste a entretenir de bonnes relations avec les &lt;br class='autobr' /&gt;
syndicats, &#224; laisser faire la gr&#232;ve, pour qu'elle aille suffisamment loin, au point que la &lt;br class='autobr' /&gt;
population fran&#231;aise, qui soutenait les mineurs, en ait assez et esp&#232;re la fin du &lt;br class='autobr' /&gt;
conflit. Cette m&#233;thode de gestion agace certains d&#233;put&#233;s UDR, qui lui reproche aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
de ne pas &#234;tre l'un des leur, et de laisser pourrir le mouvement, au risque de leur &lt;br class='autobr' /&gt;
faire perdre leur place. La majorit&#233; se d&#233;cha&#238;ne contre Pompidou, au point que &lt;br class='autobr' /&gt;
certains pensent que sa d&#233;mission est proche. Mais le Premier ministre tient bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; s'exclamait qu'elle n'avait pas m&#233;nag&#233; les mises en garde. Elle d&#233;non&#231;ait &lt;br class='autobr' /&gt;
l'insensibilit&#233; technocratique du gouvernement et ne se g&#234;nait pas pour dire &#224; de Gaulle qu'on &lt;br class='autobr' /&gt;
n'en serait pas l&#224; s'il n'&#233;tait pas all&#233; chercher hors du parti gaulliste un commis comme chef &lt;br class='autobr' /&gt;
du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mars, Pompidou institue une commission, la commission Mass&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
charg&#233;e d'&#233;tudier la situation des houill&#232;res, et de faire des pr&#233;conisations sur le &lt;br class='autobr' /&gt;
futur. Cette commission est une habile tactique de Pompidou, car cela lui permet de &lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;vier les attaques, et de pouvoir pr&#233;senter un document comme base de &lt;br class='autobr' /&gt;
n&#233;gociation, document qui n'est pas pr&#233;par&#233; par lui mais par une personne externe, &lt;br class='autobr' /&gt;
ce qui lui assure d'&#234;tre &#233;cout&#233; par les syndicats. Le rapport Mass&#233; est rendu le 23 &lt;br class='autobr' /&gt;
mars. Le 25, Alain Peyrefitte fait une intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e afin de pr&#233;senter la r&#233;alit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
de la situation aux Fran&#231;ais. Le rapport plus l'intervention, conjugu&#233; &#224; la lassitude, &lt;br class='autobr' /&gt;
assurent un retournement de l'opinion, qui commence &#224; se d&#233;solidariser des &lt;br class='autobr' /&gt;
gr&#233;vistes. Les syndicats comprennent alors qu'il est temps de n&#233;gocier et de mettre &lt;br class='autobr' /&gt;
un terme &#224; la gr&#232;ve. Les n&#233;gociations s'ouvrent le 1er avril, le 3 un protocole d'accord &lt;br class='autobr' /&gt;
est conclu. Apr&#232;s deux mois de gr&#232;ve larv&#233;e, et un mois de gr&#232;ve dure, le premier &lt;br class='autobr' /&gt;
grand conflit social de la Ve R&#233;publique et le plus important depuis 1948, s'ach&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences d'une gr&#232;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au bout de trois mois de gr&#232;ve, quelles conclusions peut-on tirer ? Les &lt;br class='autobr' /&gt;
mineurs ont &#233;t&#233; le jouet d'organisations syndicales sans scrupules, qui se sont servis &lt;br class='autobr' /&gt;
d'eux pour assurer leur h&#233;g&#233;monie. Avant le d&#233;clenchement de la gr&#232;ve le ministre &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'Industrie avait propos&#233; une augmentation salariale de 5.77%. Apr&#232;s la gr&#232;ve ils &lt;br class='autobr' /&gt;
ont obtenu 8% d'augmentation, ce qui n'a pas combl&#233; la perte salariale subie par &lt;br class='autobr' /&gt;
l'arr&#234;t de travail. S'ils n'avaient pas fait gr&#232;ve, ils auraient donc gagn&#233; plus d'argent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Echec pour les mineurs, cette gr&#232;ve fut aussi un &#233;chec pour les syndicats et les &lt;br class='autobr' /&gt;
partis de gauche qui n'ont pas r&#233;ussi &#224; regagner la confiance perdue de l'opinion. Le &lt;br class='autobr' /&gt;
v&#233;ritable gagnant fut le gouvernement. La gr&#232;ve a permis de renforcer la constitution &lt;br class='autobr' /&gt;
de 1958.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CGT et FO avaient organis&#233; une gr&#232;ve du rendement tandis que la CFTC (la CFDT, qui est issue de la CFTC, n'existait pas encore) appelait &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e, ce qui lui valait de la part de l'hebdomadaire de la CGT, la Vie Ouvri&#232;re, ce commentaire : &#171; Une petite organisation comme l'est la CFTC dans les mines peut se permettre de lancer des mots d'ordre irresponsables. Il est exclu que la grande organisation des mineurs de la CGT puisse voir les choses de cette fa&#231;on (...) Chacun comprend qu'au moment o&#249; on manque de charbon &#224; Paris jusque dans les asiles ou les h&#244;pitaux, le gouvernement serait trop heureux de saisir l'occasion et de retourner la col&#232;re de ces victimes contre les mineurs. &#187; Ce chantage fut utilis&#233; tout au long de la gr&#232;ve, aussi bien par la CGT que par le gouvernement, dans le but de faire pression sur les mineurs. Ainsi, avant m&#234;me le d&#233;but de la gr&#232;ve, la CGT avait annonc&#233; la couleur : pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la mont&#233;e g&#233;n&#233;rale du m&#233;contentement ouvrier, la CGT avait lanc&#233; un mot d'ordre de gr&#232;ve de 48 heures &#224; compter du 1er f&#233;vrier, annul&#233; sit&#244;t que le gouvernement proposa des n&#233;gociations. Elles s'engag&#232;rent le 15 f&#233;vrier avec la direction des Charbonnages, qui accorda une augmentation de salaire de 5,77 % pour l'ann&#233;e 1963, rejet&#233;e par les organisations syndicales (elles estimaient &#224; 11 % le retard pris par les salaires). La CGT annon&#231;ait alors une semaine revendicative &#224; partir du 1er mars, avec un temps fort d'une journ&#233;e de gr&#232;ve totale, suivie d'une gr&#232;ve du rendement. La r&#233;action du gouvernement fut imm&#233;diate. Il accorda dix minutes d'entretien aux trois conf&#233;d&#233;rations, pour leur signifier d'arr&#234;ter &#231;a tout de suite, faute de quoi les mineurs seraient r&#233;quisitionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;quisition des mineurs reste lettre morte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la journ&#233;e du vendredi 1er mars fut un succ&#232;s avec la gr&#232;ve presque totale parmi les mineurs de fond du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine, mais, ce qui n'&#233;tait pas pr&#233;vu, la gr&#232;ve toucha &#233;galement les mines de fer de Lorraine, divers gisements de potasse, de bauxite, d'uranium, des ardoisi&#232;res, etc. Face &#224; la gr&#232;ve, le gouvernement de Gaulle signa en urgence un d&#233;cret de r&#233;quisition. Il concernait principalement les bassins de Lorraine et du Nord, mais resta sans effet, les mineurs refusant de descendre au fond. La CGT, la CFTC, la FEN, l'UNEF appelaient &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale... de 15 minutes dans tout le pays pour la d&#233;fense du droit de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la combativit&#233; des travailleurs exigeait une politique offensive, les directions syndicales faisaient du surplace. Nous &#233;crivions dans Lutte de Classe, du 12 mars 1963 : &#171; Les r&#233;actions des travailleurs de toutes les professions, le fait que des gr&#232;ves de solidarit&#233;, de solidarit&#233; pure sans aucun objectif revendicatif, aient &#233;t&#233; suivies partout, est un indice de la combativit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Les centrales syndicales se sont refus&#233;es &#224; g&#233;n&#233;raliser la gr&#232;ve (...). Cependant, elles ont d&#251; engager des luttes (qu'elles ont limit&#233;es au maximum) telle la gr&#232;ve de deux heures de la SNCF ou la journ&#233;e d'action de la m&#233;tallurgie pr&#233;vue pour jeudi (14 mars). &#187; Le Figaro de son c&#244;t&#233; reconnaissait &#171; tous les t&#233;moins le certifient, aujourd'hui comme hier, la base est plus intransigeante que la t&#234;te &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs se battent seuls&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs tinrent bon en effet, mais les centrales syndicales firent tout pour &#233;viter d'&#233;tendre le mouvement &#224; d'autres secteurs, y compris et surtout ceux de l'industrie priv&#233;e comme l'automobile, qui auraient alors pu exercer une pression puissante pour contraindre le gouvernement &#224; satisfaire les revendications. Pourtant, les d&#233;brayages se multipliaient et &#233;taient massivement suivis chez les postiers, les gaziers, &#224; l'EDF, chez les m&#233;tallos et m&#234;me chez les &#233;tudiants. L'opinion publique restait acquise aux gr&#233;vistes, malgr&#233; les campagnes de d&#233;nigrement, et la solidarit&#233; s'exprimait financi&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est dans l'air &#187;, comme le notait la presse, les directions syndicales, et en particulier la plus puissante, la CGT, lui tournaient le dos. Un accord fut sign&#233; le 24 mars alors que la p&#233;nurie de charbon commen&#231;ait &#224; poser des probl&#232;mes s&#233;rieux au gouvernement. Il c&#233;dait une augmentation de salaire de 6,5 % au 1er avril 1963, une quatri&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s, une vague promesse de table ronde pour discuter de l'avenir de la profession. C'&#233;tait loin du compte. &#192; l'annonce de l'accord sign&#233; entre les directions syndicales et les Charbonnages, une vague de col&#232;re s'exprima, entre autres &#224; Lens, Li&#233;vin et H&#233;nin-Li&#233;tard. Les mineurs hu&#232;rent le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration CGT du sous-sol et refus&#232;rent &#224; 56 % &#224; Lens, &#224; 46 % &#224; H&#233;nin, de redescendre dans la mine. La gr&#232;ve se poursuivit et la reprise du travail totale se fit, difficilement, le 5 avril.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_fran%C3%A7ais_de_1963&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Films&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/56147&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/56147&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00132/interview-du-premier-ministre-georges-pompidou-sur-l-ordre-de-requisition-dans-les-mines.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00132/interview-du-premier-ministre-georges-pompidou-sur-l-ordre-de-requisition-dans-les-mines.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00143/la-greve-de-1963.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00143/la-greve-de-1963.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00111/meeting-a-lens-lors-de-la-greve-des-mineurs.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00111/meeting-a-lens-lors-de-la-greve-des-mineurs.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/parcours/0009/le-temps-de-la-modernisation.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/parcours/0009/le-temps-de-la-modernisation.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00132/interview-du-premier-ministre-georges-pompidou-sur-l-ordre-de-requisition-dans-les-mines.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00132/interview-du-premier-ministre-georges-pompidou-sur-l-ordre-de-requisition-dans-les-mines.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/emissions/les-annees-60/lannee-1963-44-la-grande-greve-des-mineurs-en-mars-1963&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceculture.fr/emissions/les-annees-60/lannee-1963-44-la-grande-greve-des-mineurs-en-mars-1963&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cinearchives.org/Films-447-237-0-0.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cinearchives.org/Films-447-237-0-0.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-07-octobre-2019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-07-octobre-2019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Film et texte du PCF&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur02015/extrait-de-la-grande-greve-des-mineurs-1963-de-louis-daquin.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur02015/extrait-de-la-grande-greve-des-mineurs-1963-de-louis-daquin.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.humanite.fr/tribunes/mars-avril-1963-les-mineurs-en-greve-font-plier-le-518502&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.humanite.fr/tribunes/mars-avril-1963-les-mineurs-en-greve-font-plier-le-518502&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fin de l'apartheid en Afrique du Sud</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article7116</link>
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		<dc:date>2020-11-05T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
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		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fin de l'apartheid en Afrique du Sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment la victoire de Mandela, soi-disant leader des travailleurs noirs, est aussi la victoire de De Klerk, leader du parti de l'apartheid ? &lt;br class='autobr' /&gt; En Afrique du Sud, l'ann&#233;e 1973 avait vu une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique76" rel="directory"&gt;1- 1 Cinq situations pr&#233;-r&#233;volutionnaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La fin de l'apartheid en Afrique du Sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment la victoire de Mandela, soi-disant leader des travailleurs noirs, est aussi la victoire de De Klerk, leader du parti de l'apartheid ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14747 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH391/Frederik-De-Klerk-Nelson-Mandela-1992-Forum-economique-mondial-Davos-Suisse_1_730_570-67b6a.jpg?1778039377' width='500' height='391' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L323xH400/deklerk_mandela-497ad-19916.jpg?1778039377' width='323' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, l'ann&#233;e 1973 avait vu une premi&#232;re grande vague de gr&#232;ves d&#233;fier le r&#233;gime de l'apartheid. Si ces gr&#232;ves portaient sur les salaires (ceux des mineurs quadrupl&#232;rent entre 1972 et 1975) elles prenaient aussit&#244;t un caract&#232;re politique, les syndicats noirs ind&#233;pendants &#233;tant ill&#233;gaux et tout mouvement &#233;tant du coup dirig&#233; contre la dictature. Les luttes se multipli&#232;rent pour imposer la reconnaissance des syndicats noirs ind&#233;pendants, et d&#232;s 1983, le patronat des mines lui-m&#234;me, en toute ill&#233;galit&#233;, se r&#233;solut &#224; organiser une rencontre avec les dirigeants du NUM, le syndicat noir des mines. 740000 travailleurs noirs &#233;taient alors syndiqu&#233;s. Le pays connut par la suite plusieurs vagues de gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, notamment de 1984 &#224; 1986. Le gouvernement de l'apartheid fut contraint de recourir &#224; l'&#233;tat d'urgence, mais la bourgeoisie n'en avait pas moins saisi qu'elle devrait faire des concessions. Le r&#233;gime de l'apartheid &#233;tait condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique du sud a &#233;t&#233; l'objet d'un changement politique et social parmi les plus &#233;tonnants et rapides de l'Histoire. En un petit nombre d'ann&#233;es, on a vu le Parti national au pouvoir, celui qui avait organis&#233; un r&#233;gime semi-fasciste pour imposer la supr&#233;matie blanche, le r&#233;gime dit d'apartheid, d&#233;cider de prendre contact avec le principal parti nationaliste noir, l'ANC, n&#233;gocier puis sortir le leader de l'ANC de prison pour le porter &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat sud-africain. Que ce parti des tortionnaires racistes se retourne ainsi, il y a de quoi &#233;tonner. De Klerk, le dirigeant du Parti national, le parti de l'apartheid, a en Afrique du sud, l'une des dictatures les plus f&#233;roces du monde, a pris la t&#234;te d'un des changements politique et sociaux le plus impressionnants. De tels retournements m&#233;ritent plus d'explications que n'en donnent les commentateurs, les politiques comme les historiens ou les journalistes. L'imp&#233;rialisme, en particulier les Etats am&#233;ricain et anglais, qui avait assist&#233; jusque l&#224; sans r&#233;gir &#224; toutes les exactions et atrocit&#233;s du r&#233;gime sud-africain a apport&#233; un soutien total et m&#234;me a pris la t&#234;te des n&#233;gociations de changement de r&#233;gime. Le Parti communiste sud-africain a &#233;t&#233; en t&#234;te des n&#233;gociations, en liaison avec la direction du r&#233;gime russe. En fait, le tournant en Afrique du sud a fait partie d'un tournant mondial, la fin de la politique des blocs. D'autres participants de ce changement sont tout aussi mobilis&#233;s en sa faveur : la grande bourgeoisie blanche d'Afrique du sud. Les plus grands patrons sud-africains, ceux des mines, sont m&#234;me &#224; l'origine des premi&#232;res rencontres en Suisse. C'est &#224; cette bourgeoisie que la direction de l'ANC, de l'UDF (alliance de toute la bourgeoisie noire avec les leaders populaires noirs et quelques militants d&#233;mocrates blancs), du Parti communiste, des dirigeants des syndicats qui leur sont li&#233;s ont donn&#233; des garanties sur le type de soci&#233;t&#233; qui d&#233;coulerait d'une venue au pouvoir de l'ANC. Il faut dire que jusque l&#224; ANC et Parti communiste &#233;taient rest&#233;s sur la lanc&#233;e d'un discours sur la mise en place d'une &#171; soci&#233;t&#233; socialiste &#187;. Le tournant en mati&#232;re de discours a &#233;t&#233; pris sans difficult&#233; et &#224; grande vitesse : aucune remise en cause du capitalisme ni de la propri&#233;t&#233; du grand capital en &#233;change de la venue au pouvoir d'une partie de la direction nationaliste noire. La place des dirigeants syndicaux a &#233;t&#233; particuli&#232;rement n&#233;goci&#233;e. Certains d'entre eux ont re&#231;u un v&#233;ritable pont d'or, &#224; la mesure de la peur que la classe ouvri&#232;re suscitait dans la grande bourgeoisie. A la mesure aussi de la trahison de cette lutte que repr&#233;sentait la mani&#232;re dont la fin de l'apartheid a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte de la classe ouvri&#232;re, et la menace que celle-ci constituait non seulement pour le r&#233;gime, mais pour l'oppression capitaliste en Afrique du sud et m&#234;me au-del&#224;, &#233;tait le principal probl&#232;me qui explique un tournant aussi radical. En cas d'explosion r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat sud-africain, tout le continent africain pouvait &#234;tre une immense caisse de r&#233;sonance de l'insurrection, offrant d'&#233;normes perspectives au d&#233;veloppement de la lutte. Les r&#233;gimes de parti unique &#233;taient us&#233;s dans tout le continent noir. Les espoirs d&#233;&#231;us des ind&#233;pendances, une population jeune sans aucune sympathie pour les classes dirigeantes corrompues et d&#233;go&#251;tantes et une population pauvre ayant une grande sympathie pour le combat des opprim&#233;s d'Afrique du sud offraient un grand nombre de possibilit&#233;s d'extension d'une lutte explosive en Afrique du sud. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la peur de la r&#233;volution, il faut le souligner clairement, qui a amen&#233; la grande bourgeoisie, tant imp&#233;rialiste que sud-africaine et aussi que la bureaucratie russe, de se r&#233;soudre &#224; prendre le tournant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons voir que ce changement radical de la politique mondial s'appuie sur l'usure constat&#233;e dans tous les pays piliers de la politique des blocs, &#224; l'est comme &#224; l'ouest. C'est tr&#232;s exactement dans tous ces pays (Iran, Irak, Turquie, Cor&#233;e du sud, Afrique du sud, Pologne, &#8230;) que la classe ouvri&#232;re commence &#224; devenir une force mena&#231;ante et qui intervient non seulement par des gr&#232;ves mais aussi par une action politique du plus en plus dangereuse pour les poss&#233;dants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du sud &#233;galement, c'est la classe ouvri&#232;re qui repr&#233;sentait l'&#233;l&#233;ment le plus mena&#231;ant de la situation pour les classes poss&#233;dantes. Contrairement &#224; l'image donn&#233;e par bien des auteurs, l'ANC n'&#233;tait pas le repr&#233;sentant naturel des travailleurs noirs d'Afrique du sud. Ayant fait le choix d'envoyer ses militants organiser des gu&#233;rillas &#224; partir des pays voisins, l'organisation nationaliste &#233;tait peu implant&#233;e dans la classe ouvri&#232;re au milieu des ann&#233;es 80 et son discours d'alliance de classe ne lui permettait pas d'y recruter ais&#233;ment parmi les leaders syndicalistes. Lorsque la bourgeoisie blanche d'Afrique du sud a choisi de d&#233;tourner le danger prol&#233;tarien en pactisant avec l'ANC, personne ne pouvait dire si cela suffirait &#224; calmer la situation. Et le pouvoir blanc acceptait d'int&#233;grer les dirigeants noirs si ceux-ci s'en av&#233;raient capables. Le 29 octobre (1989), a eu lieu le premier meeting autoris&#233; de l'ANC. Les leaders nationalistes noirs y ont d&#233;clar&#233; que l'ANC venait d'avoir un premier succ&#232;s : d&#233;montrer qu'ils &#233;taient capables de contr&#244;ler leurs troupes ! Walter Sisulu y d&#233;clarait : &#171; Nous n&#233;gocierons avec le r&#233;gime blanc s'il fait preuve de sinc&#233;rit&#233; et cr&#233;e le climat n&#233;cessaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis juin 1976, les travailleurs et les opprim&#233;s d'Afrique du sud ont commenc&#233; &#224; se faire craindre. En juin 1976, l'explosion de la jeunesse de Soweto ouvre une des p&#233;riodes les plus explosives sur le terrain social et politique qu'ait connu l'Afrique du sud. Dix mille &#233;coliers noirs d&#233;filent dans Soweto pour protester contre l'enseignement obligatoire en afrikaans, la langue du colonisateur hollandais. La police tire sur les manifestants et tue un adolescent de treize ans. Ce meurtre d&#233;clenche la col&#232;re des jeunes &#233;coliers auxquels se sont joints des ch&#244;meurs de ce ghetto le plus peupl&#233; d'Afrique du sud (un million cinq cent mille habitants). Contre des hommes casqu&#233;s qui tirent dans le cas, les &#233;meutiers dressent des barricades, mettent le feu aux b&#226;timents administratifs, &#224; tout ce qui symbolise le pouvoir blanc. A l'exemple de Soweto, dans presque toutes les villes noires, autour de Johannesburg, puis de Pretoria, la jeunesse descend dans la rue. Le 11 ao&#251;t 1976, une grande gr&#232;ve des travailleurs noirs paralyse la moiti&#233; des activit&#233;s de Johannesburg et, deux jours plus tard, une &#233;meute se d&#233;clenche au Cap. Malgr&#233; les morts et les emprisonn&#233;s, le mouvement gagne l'ensemble du pays, ce qui ne s'&#233;tait jamais encore produit. On &#233;tait loin du pont de d&#233;part : une contestation de l'enseignement en afrikaans par les seuls &#233;tudiants. Ce sont les coll&#233;giens, encore adolescents, qui ont anim&#233; et dirig&#233; le mouvement, appelant &#224; plusieurs reprises et avec succ&#232;s les travailleurs &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Si la r&#233;pression a d&#233;capit&#233; pour quelques ann&#233;es le mouvement, les militants &#233;tant morts, emprisonn&#233;s ou exil&#233;s, la classe ouvri&#232;re avait commenc&#233; &#224; reprendre confiance dans ses propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;but des ann&#233;es 80, la contestation repart de plus belle. Et, sur ce point, l'Afrique du sud fait partie d'un mouvement qui concerne l'ensemble de l'Afrique noire, et m&#234;me qui concerne le monde &#224; la m&#234;me p&#233;riode. Il y a un r&#233;veil g&#233;n&#233;ral qui concerne particuli&#232;rement les pays de la politique des blocs. Au nom de la n&#233;cessit&#233; des blocs, l'imp&#233;rialisme a soutenu des r&#233;gimes cens&#233;s s'opposer au bloc adversaire, r&#233;gimes qui se maintenaient malgr&#233; leur impuissance, leur corruption et la haine des populations, uniquement parce que les imp&#233;rialisme s'interdisaient, pour l'essentiel, toute concurrence entre eux au nom des blocs. C'est ainsi que les partis uniques avaient pu se maintenir, des deux c&#244;t&#233;s, dans les deux blocs. Ces partis uniques, par exemple au Gabon ou en C&#244;te d'ivoire, n'&#233;taient m&#234;me pas synonymes d'une pr&#233;tention au socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1981-82, il y a une recrudescence des affrontements en Afrique du sud. La crise &#233;conomique entra&#238;ne gr&#232;ves, manifestations, luttes dans les entreprises et dans les townships. La police et l'arm&#233;e interviennent violemment mais, cette fois, ils s'av&#232;rent incapables de venir &#224; bout de la r&#233;volte. Des milliers de jeunes, des &#233;coliers aux jeunes ch&#244;meurs, ne craignent plus de s'affronter aux forces de l'ordre et ces combats sont quotidiens. Malgr&#233; l'intervention des cars blind&#233;s de l'arm&#233;e qui enl&#232;vent les manifestants, la r&#233;volte s'installe en permanence dans les townships et cr&#233;e un climat insurrectionnel qui va bient&#244;t &#234;tre compl&#233;t&#233; par la mont&#233;e du militantisme et de la mobilisation dans la classe ouvri&#232;re, puis par le d&#233;veloppement de luttes ouvri&#232;res d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite et la moyenne bourgeoisie noire tente aussi d'influencer la mont&#233;e militante et de lui donner un cadre. En ao&#251;t 1983, 700 associations, li&#233;es aux partis nationalistes et r&#233;formistes et aux &#233;glises et appuy&#233;s par la &#171; lib&#233;raux &#187; blancs, se sont f&#233;d&#233;r&#233;es au sein de l'UDF, au nom de la lutte contre la r&#233;forme constitutionnelle de Botha. C'est une tentative pour l'ANC de p&#233;n&#233;trer le mouvement social qui se d&#233;veloppe. En effet, cette organisation qui a un important cr&#233;dit dans la population noire, en particulier dans la jeunesse, a fait le choix de la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, ce qui signifie que la majorit&#233; de ses militants sont dans des maquis et sont coup&#233;s de leur milieu. La mont&#233;e sociale a lieu sans que les militants de l'ANC eux-m&#234;mes puissent y jouer v&#233;ritablement un r&#244;le au d&#233;but. En particulier, la mont&#233;e militante dans la classe ouvri&#232;re n'est pas dirig&#233;e par le courant de l'ANC, ni par celui de la &#171; conscience noire &#187;, les courants du nationalisme noir s'&#233;tant d&#233;tourn&#233;s de la classe ouvri&#232;re consid&#233;r&#233;e comme seulement capable de luttes &#233;conomiques. Le militantisme ouvrier monte en fl&#232;che et se radicalise. Les syndicats d'ouvriers noirs, qui ne comptaient que 16.000 adh&#233;rents en 1969, passent de 223.000 en 1980 &#224; 741.000 en 1983. Les nouveaux syndicats de travailleurs noirs se s&#233;parent de la f&#233;d&#233;ration TUSCA contr&#244;l&#233;e par les syndicats blancs. En 1979, est apparu notamment le FOSATU, importante f&#233;d&#233;ration de syndicats noirs organis&#233;s par branche industrielle et qui va rapidement se radicaliser et se politiser. Le syndicalisme ouvrier passe tr&#232;s rapidement du corporatisme &#224; la contestation politique et sociale du r&#233;gime. Il est remarquable que, vers le milieu des ann&#233;es 80, la plupart des directions des plus grands syndicats ouvriers noirs soit form&#233;e de militants trotskystes. Cela souligne la mont&#233;e du radicalisme ouvrier en m&#234;me temps que l'absence de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re des entreprises, m&#234;me si l'ANC a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre dans la jeunesse mobilis&#233;e des townships et dans les organisations de la petite bourgeoisie noire. La fraction militante de la classe ouvri&#232;re se distingue des jeunes radicaux dans le sens d'une conscience de classe affirm&#233;e. Par exemple, l'immense majorit&#233; des syndicats refuse d'adh&#233;rer &#224; l'UDF, front ouvertement bourgeois. Seul le SACTU, dirig&#233; par l'ANC, y participe. Le FOSATU vote coup sur coup des r&#233;solutions contre la collaboration de classe pr&#244;n&#233;e par l'ANC et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative du r&#233;gime d'assouplir un peu les r&#232;gles de l'apartheid (notamment la suppression de l'interdiction des mariages mixtes, de la s&#233;gr&#233;gation dans les salles de th&#233;&#226;tre, les plages et les h&#244;tels de luxe, la cr&#233;ation d'un parlement consultatif pour les M&#233;tis, d'un autre pour les Indiens, la nomination d'un ministre indien et d'un ministre m&#233;tis &#8211; sans portefeuille), depuis 1984, n'a nullement permis de d&#233;mobiliser la jeunesse, ni n'a diminu&#233; le soutien de l'ensemble de la population &#224; son combat contre l'apartheid. En t&#233;moignent les chiffres impressionnants de la r&#233;pression, et l'augmentation consid&#233;rable du nombre de jeunes arr&#234;t&#233;s. Selon les chiffres officiels, truqu&#233;s bien entendu, parmi le nombre de personnes d&#233;tenues entre le 2 juillet 1985 et le 7 mars 1986, il y avait 21.000 jeunes de moins de 16 ans. Des centaines, des milliers d'associations communautaires naissent dans les townships qui t&#233;moignent d'une mont&#233;e du militantisme dans les milieux populaires. Certaines associations organisent le boycott des transports dont le prix augmente, d'autres organisent la gr&#232;ve des loyers des logements g&#233;r&#233;s par les municipalit&#233;s. Des comit&#233;s de quartier sont charg&#233;s d'emp&#234;cher l'entr&#233;e des forces de l'ordre. Des enfants de parents d&#233;tenus ou &#171; disparus &#187; se regroupent. Les gens s'organisent pour abattre les mouchards ou les conseillers municipaux vendus au syst&#232;me. L'&#233;norme majorit&#233; des organisations noires appellent au boycott des &#233;lections en Afrique du sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement de Botha pr&#233;tend qu'il va r&#233;former l'apartheid, si depuis 1986 il affirme vouloir aller doucement vers la suppression du &#171; pass &#187; (le fameux passeport int&#233;rieur cause de nombreuses &#233;meutes) et d&#233;clare : &#171; Je suis engag&#233; dans un processus de r&#233;formes destin&#233;es &#224; &#233;largir la d&#233;mocratie &#187;, ce n'est pas seulement pour am&#233;liorer son image &#224; l'ext&#233;rieur mais parce que, depuis l'&#233;t&#233; 1984, l'insurrection populaire et ouvri&#232;re gagne chaque ann&#233;e en ampleur dans tout le pays. En ao&#251;t 1984, quelques jours apr&#232;s les &#233;lections, des &#233;meutes &#233;clatent dans la r&#233;gion de Johannesburg, violemment r&#233;prim&#233;es et faisant 29 mort officiellement. A Sabokeng, une grande cit&#233; noire, les forces de l'ordre tentent de d&#233;truire les groupes noirs arm&#233;s. 7000 policiers occupent la ville, fouillent les maisons, et se heurtent &#224; la population noire, faisant officiellement 95 morts. Le maire de Tembissa, une autre grande cit&#233; noire, a d&#251; fuir devant la haine de la population qui manifestait et mena&#231;ait de s'occuper de lui. En avril 1985, dix conseillers municipaux noirs, accus&#233;s de collaboration avec le pouvoir blanc, ont &#233;t&#233; tu&#233;s et 174 d'entre eux ont d&#251; d&#233;missionner. En juillet 1985, 410 policiers ont &#233;t&#233; soit tu&#233;s soit ont vu leur maison br&#251;l&#233;e par les jeunes manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie (imp&#233;rialiste et sud africaine), inqui&#232;te de la mont&#233;e ouvri&#232;re et populaire, cherche &#224; trouver une issue politique qui int&#232;grerait les nationalistes et les r&#233;formistes, en d&#233;tournant le risque social. Les n&#233;gociations de la grande bourgeoisie blanche sud africaine avec l'ANC d&#233;butent en 1985. Le 18 septembre 1985, une d&#233;l&#233;gation d'hommes d'affaire blancs sud africains se rend en Zambie pour rencontrer la direction de l'ANC. L'un d'entre eux est Oppenheimer, principal actionnaire de la De Beer, premier producteur de diamant qui contr&#244;le les deux tiers de la production mondiale de diamant. Il affirme qu'il va falloir rapidement supprimer l'apartheid. Ces patrons blancs n'ont cure des souffrances de la majorit&#233; de la population pauvre d'Afrique du sud, ni des exactions particuli&#232;res subies par les Noirs mais le danger d'explosion ouvri&#232;re incontr&#244;lable, de plus en plus &#233;vident pour tous, les pousse &#224; vouloir changer de r&#233;gime au plus vite. Ils trouvent dans l'ANC (et ses alli&#233;s de l'UDF) un partenaire pr&#234;t &#224; sacrifier la r&#233;volution pour obtenir une part du pouvoir en sauvant la grande bourgeoisie. L'ANC qui affirmait vouloir le socialisme et diriger &#171; une r&#233;volution d&#233;mocratique assurant la lib&#233;ration des opprim&#233;s &#187; rassure les poss&#233;dants d'Afrique du sud. En fait, l'ANC n'avait jamais d&#233;fendu une perspective de renversement de la bourgeoisie, mais seulement de mise place d'une bourgeoisie noire, comme le dit clairement son programme : &#171; la charte de la libert&#233; &#187;. En 1956, Nelson Mandela la commentait ainsi : &#171; Si la Charte proclame la n&#233;cessit&#233; de changement d&#233;mocratique, il ne s'agit en aucune mani&#232;re d'une prise de position pour un Etat socialiste, mais d'un programme pour l'unification des diff&#233;rentes classes et groupements populaires sur une base d&#233;mocratique. &#187; Il concluait : &#171; Le d&#233;mant&#232;lement de ces monopoles (banques et mines d'or) ouvrira un horizon au d&#233;veloppement d'une classe bourgeoise prosp&#232;re non-europ&#233;enne. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire de ce pays, une bourgeoisie non-europ&#233;enne aura l'opportunit&#233; de poss&#233;der en son propre nom et en toute l&#233;gitimit&#233; les mines et les usines. Le commerce et l'entreprise priv&#233;e conna&#238;tront un boom et fleuriront comme jamais auparavant. &#187; Rien &#224; voir avec l'image socialiste, et m&#234;me communiste, que les partis communistes ont donn&#233; de Nelson Mandela. Lui, n'a jamais cautionn&#233; cette image. M&#234;me si la mobilisation ouvri&#232;re a contraint, par la suite, l'ANC &#224; parler des travailleurs, le docteur Montlana, num&#233;ro deux de l'ANC, d&#233;clarait : &#171; La solution, c'est que les Noirs travaillent plus dur au sein du syst&#232;me capitaliste. (&#8230;) Laissez ceux qui ont l'ambition, l'ambition capitaliste, individuelle et priv&#233;e, de travailler &#224; la satisfaire et ne leur tournez pas le dos parce qu'ils ne veulent pas devenir des vagabonds avec leur sac sur le dos. (&#8230;) Il y a des gens qui attendent d'un r&#233;gime socialiste qu'il les conduise au pays du lait et du miel. A ces gens-l&#224;, je dis : vous &#234;tes des idiots. Trop de nos gens sont simplement fain&#233;ants. Trop souvent nous reprochons au syst&#232;me nos propres limites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1986, la situation a tellement empir&#233; que le gouvernement Botha est contraint de d&#233;cr&#233;ter l'Etat d'urgence. La r&#233;pression qui s'abat alors est massive et f&#233;roce. Des organisations d'opposition jusque l&#224; tol&#233;r&#233;es sont interdites, leurs membres arr&#234;t&#233;s, tortur&#233;s, tu&#233;s. Cependant, les gr&#232;ves continuent de se multiplier. L'une des plus grandes est la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la r&#233;gion du Triangle de Vaal, en novembre 1984, dans laquelle 150.000 travailleurs sont soutenus par 250.000 &#233;l&#232;ves et &#233;tudiants. Les mots d'ordre sont : d&#233;part des forces de r&#233;pression des cit&#233;s noires, suppression des augmentations de loyers, des tarifs de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, abolition de taxes pour les habitants, am&#233;lioration du syst&#232;me &#233;ducatif pour les noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nationalistes, qu'il s'agisse de l'ANC, des autres r&#233;formistes, bourgeois, religieux noirs ou du mouvement de la conscience noire, s'implantent massivement dans les comit&#233;s de la jeunesse des townships et les autres associations qui y fleurissent, les civics. Ils y organisent des actions de harc&#232;lement mais utilisent aussi ces structures pour encadrer le mouvement et se pr&#233;parer au pouvoir. Les comit&#233;s font la loi contre les Noirs eux-m&#234;mes. C'est l'objet des &#171; tribunaux populaires &#187;. Le dirigeant du comit&#233; de Mamelody explique que les comit&#233;s doivent faire la loi, imposer une politique et punir ceux qui pr&#233;tendent s'en affranchir. C'est le but des &#171; campagnes de nettoyage &#187; qui punissent les &#171; d&#233;linquants &#187;. Un embryon d'appareil d'Etat-ANC et des forces de r&#233;pression nouvelles sont ainsi mises en place, d&#233;tournant le d&#233;sir des jeunes de se donner les moyens de lutter contre le r&#233;gime. L'un des objectifs de l'ANC et du PC sud-africain dans les civics est de s'en servir pour intimider les organisations syndicales qui refusent la tutelle de l'ANC et de son alliance avec la bourgeoisie noire et blanche, l'UDF. Des syndcalistes sont violemment attaqu&#233;s. Des gr&#232;ves sont impos&#233;es par les civics aux salari&#233;s de certaines entreprises et tous les syndicats qui ne se conforment pas &#224; la gr&#232;ve impos&#233;e sont frapp&#233;s. La non-participation &#224; l'UDF est stigmatis&#233;e comme une complicit&#233; au pouvoir. La principale centrale ouvri&#232;re, la FOSATU, qui refuse la tutelle de l'ANC et l'appartenance &#224; l'UDF, voit sa direction violemment attaqu&#233;e, politiquement et parfois physiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce aux pressions conjugu&#233;es de l'ANC, du PC, de la bourgeoisie et de l'Etat, les principaux dirigeants syndicaux firent finalement le choix de renoncer &#224; la perspective qu'ils d&#233;fendaient jusque l&#224; : une Afrique du Sud post-apartheid o&#249; les travailleurs auraient le contr&#244;le du pouvoir et des richesses de la soci&#233;t&#233;, ont accept&#233; progressivement de devenir le prolongement politique de l'ANC dans la classe ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire d'&#234;tre la monnaie d'&#233;change contre laquelle l'ANC est arriv&#233;e au pouvoir. C'est sur cette base que se constitua le COSATU, la grande centrale syndicale unifi&#233;e. L'unification des forces de la classe ouvri&#232;re a servi &#224; cacher un changement complet d'orientation. Pour l'ANC, le PC sud-africain et pour la bourgeoisie comme pour l'imp&#233;rialisme, les dirigeants nationalistes noirs n'&#233;taient une bou&#233;e de sauvetage face &#224; la menace r&#233;volutionnaire que s'ils s'av&#233;raient capables de canaliser et de freiner le mouvement r&#233;volutionnaire des masses ouvri&#232;res d'Afrique du sud. Ils ont d&#251; en faire progressivement la d&#233;monstration pendant que l'Afrique du sud faisait &#224; pas compt&#233;s quelques gestes de d&#233;sengagement dans le syst&#232;me de l'apartheid et dans ses interventions militaires contre les pays voisins. Le 22 d&#233;cembre 1988, l'Afrique du Sud, l'Angola et Cuba signent &#224; New York deux trait&#233;s qui pr&#233;voient, l'un le retrait des soldats cubains d'Angola et l'autre, l'accession de la Namibie &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 ao&#251;t 1988, Nelson Mandela, chef historique du Congr&#232;s national africain (ANC), emprisonn&#233; depuis 1963, est hospitalis&#233; au Cap apr&#232;s avoir contract&#233; la tuberculose. En fait, il s'agit du r&#233;sultat d'une n&#233;gociation au sommet entre les dirigeants de la grande bourgeoisie sud-africaine et les dirigeants de l'ANC qui suit une autre n&#233;gociation au sommet entre la haute bureaucratie russe et l'imp&#233;rialisme US. La fin de l'apartheid accompagne la fin de la politique des blocs et la r&#233;int&#233;gration de la haute bureaucratie russe au sein de la bourgeoisie mondiale. Les gestes se multiplient et les pas de chaque partie se succ&#232;dent. Le 23 novembre 1988, le pr&#233;sident Botha d&#233;cide de gracier les &#034; six de Sharpeville &#034;, tous les recours judiciaires ayant &#233;t&#233; &#233;puis&#233;s apr&#232;s le sursis &#224; ex&#233;cution obtenu le 17 mars. Le 15 mars 1989, Pieter Botha reprend ses fonctions &#224; la t&#234;te de l'Etat apr&#232;s la congestion c&#233;r&#233;brale dont il a &#233;t&#233; victime le 18 janvier. Le Parti national, au pouvoir depuis 1948, a souhait&#233;, le 13, que Frederik De Kerk, qui dirige le parti depuis la d&#233;mission, le 2 f&#233;vrier, de Pieter Botha, devienne pr&#233;sident de la R&#233;publique &#034; dans l'int&#233;r&#234;t du pays &#034;. Le 5 juillet 1989, le pr&#233;sident Pieter Botha re&#231;oit, dans sa r&#233;sidence du Cap, Nelson Mandela, chef historique de l'ANC emprisonn&#233; depuis 1963, qui se prononce pour &#034; une &#233;volution pacifique de la situation &#034;. Le 25 ao&#251;t 1989, Frederik De Klerk, nouveau pr&#233;sident sud africain, confirme ses intentions r&#233;formistes : supprimer l'apartheid de fa&#231;on n&#233;goci&#233;e. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 15 octobre 1989, huit dirigeants nationalistes, dont Walter Sisulu, compagnon de Nelson Mandela, sont lib&#233;r&#233;s apr&#232;s vingt cinq ans pass&#233;s en prison. Les sept membres de l'ANC lib&#233;r&#233;s participent, le 29, au premier rassemblement autoris&#233; par le r&#233;gime depuis 1960, qui r&#233;unit soixante mille personnes dans le stade de Soweto. Le 2 f&#233;vrier 1990, le pr&#233;sident sud africain Frederik De Klerk annonce devant le Parlement la l&#233;galisation des mouvements nationalistes noirs, dont le Congr&#232;s national africain (ANC), interdit depuis 1960, la lib&#233;ration des prisonniers politiques qui n'ont pas commis de violences, la fin de la censure et la suspension des ex&#233;cutions capitales. Le 11 f&#233;vrier 1990, Nelson Mandela est lib&#233;r&#233; apr&#232;s vingt sept ans de captivit&#233;. Le 13 f&#233;vrier 1990, parlant devant plus de cent mille personnes au stade de Soweto, &#224; Johannesburg, Nelson Mandela multiplie les appels &#034; au calme et &#224; la discipline &#034;. Le16 f&#233;vrier 1990, le comit&#233; ex&#233;cutif de l'ANC, r&#233;uni depuis le 14 &#224; Lusaka (Zambie) en l'absence de Nelson Mandela, accepte de rencontrer Frederik De Klerk. Le 4 mars 1990, Lennox Sebe, &#034; pr&#233;sident &#224; vie &#034; du bantoustan du Ciskei, est renvers&#233; par un coup d'Etat militaire dirig&#233; par le g&#233;n&#233;ral Josh Gqozo. Le nouveau pouvoir r&#233;clame la r&#233;int&#233;gration du Ciskei au sein de l'Afrique du Sud. Le 2 mai 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent leur premi&#232;re s&#233;rie de discussions directes au Cap : ils s'engagent &#224; &#034; lutter contre la violence et l'intimidation, d'o&#249; qu'elles viennent &#034;. Le 7 juin 1990, l'&#233;tat d'urgence, instaur&#233; le 12 juin 1986, est lev&#233;, sauf dans la province du Natal, o&#249; se poursuivent des affrontements entre factions rivales dans les cit&#233;s noires. Le 19, la loi abolissant, &#224; partir du 15 octobre, la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics est vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s. Le 6 ao&#251;t 1990, le gouvernement et l'ANC tiennent, &#224; Pretoria, leur deuxi&#232;me s&#233;rie de pourparlers pr&#233;alables &#224; des n&#233;gociations sur une nouvelle Constitution. Dans l'accord sign&#233; apr&#232;s quinze heures de discussions, l'ANC annonce qu'elle suspend la lutte arm&#233;e, tandis que le gouvernement s'engage &#224; lib&#233;rer tous les prisonniers politiques et &#224; autoriser le retour des exil&#233;s avant la fin de l'ann&#233;e. Le 13, &#233;clatent de tr&#232;s violents affrontements entre partisans de l'ANC et partisans du mouvement zoulou Inkatha dans les cit&#233;s noires autour de Johannesburg. Le 18 octobre 1990, l'&#233;tat d'urgence est lev&#233; au Natal, seule r&#233;gion o&#249; il &#233;tait encore en vigueur en raison des affrontements entre membres de l'Inkatha et militants de l'ANC, qui ont fait plus de quatre mille morts en quatre ans. Le 27 juin 1991, apr&#232;s le vote du Parlement, le pr&#233;sident Frederik De Klerk signe l'abrogation des trois derni&#232;res lois qui r&#233;gissaient l'apartheid. Le 14 septembre 1991, le pr&#233;sident De Klerk et une vingtaine d'organisations politiques, syndicales et religieuses, dont l'ANC et le Parti Inkatha &#224; dominante zouloue, signent un accord de paix destin&#233; &#224; mettre fin aux violences entre factions noires rivales, qui ont fait pr&#232;s de dix mille morts depuis 1984. Le 20 d&#233;cembre 1991, dix neuf partis et organisations participent, pr&#232;s de Johannesburg, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de la Convention pour une Afrique du Sud d&#233;mocratique, charg&#233;e d'&#233;laborer une nouvelle Constitution, qui consacrera la fin de l'apartheid. Le 17 mars 1992, le succ&#232;s massif du &#034; oui &#034; (68,7 % des 3,29 millions d'&#233;lecteurs blancs) au r&#233;f&#233;rendum sur la politique de r&#233;formes, demand&#233; par le pr&#233;sident Frederik De Klerk, ouvre la voie &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la politique de partage du pouvoir entre les Blancs et les Noirs. Les 26-29 avril 1994, les premi&#232;res &#233;lections multiraciales mettent fin au r&#233;gime de l'apartheid. Le Congr&#232;s national africain (ANC) de Nelson Mandela recueille 62,65 % des voix, soit 252 si&#232;ges sur 400, contre 20,39 % (82 si&#232;ges) au Parti national (PN) du pr&#233;sident sortant, Frederik De Klerk, et 10,54 % (43 si&#232;ges) &#224; l'Inkatha de Mangosuthu Buthelezi. Le 10 mai 1994, &#233;lu le 9 &#224; la pr&#233;sidence de l'Etat par le Parlement, Nelson Mandela, est investi en pr&#233;sence de quarante-deux chefs d'Etat ou de gouvernement. Le 25, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU vote la lev&#233;e de l'embargo impos&#233; &#224; l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux, qui avaient jou&#233; le r&#244;le de pompiers du soul&#232;vement ouvrier, re&#231;urent leur r&#233;compense. Sur les 400 si&#232;ges du parlement national issu des premi&#232;res &#233;lections multiraciales de l'histoire du pays, en 1994, 76 &#233;taient occup&#233;s par des syndicalistes du COSATU, 80 par des membres du Parti communiste (SACP), tous &#233;lus sous une &#233;tiquette ANC. Mais le &#171; Programme de Reconstruction et de D&#233;veloppement &#187; du nouveau gouvernement Mandela, qui devait apporter aux pauvres des emplois, des maisons, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau potable, confi&#233; &#224; la tutelle de l'ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du COSATU, resta sur le papier. Et une loi interdisait d&#232;s 1995 les gr&#232;ves dans les services dits &#171; essentiels &#187; et rendait ill&#233;gale toute gr&#232;ve organis&#233;e contre des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; sud-africaine a fait dispara&#238;tre l'apartheid formel mais elle reste plus que jamais l'une des plus in&#233;galitaires au monde. Les Noirs sont toujours exclus et exploit&#233;s au profit des m&#234;mes soci&#233;t&#233;s capitalistes mais ils le sont en tant que prol&#233;taires, plus en tant que noirs ! Mais la bureaucratie du COSATU a pu se lancer dans les affaires. Les milliards de dollars vers&#233;s dans des caisses de retraite et de pr&#233;voyance par les 3,2 millions de syndiqu&#233;s ont &#233;t&#233; utilis&#233;s par les organisations syndicales pour monter des fonds d'investissement. Le NUM, le syndicat des mineurs, a investi 1,5 milliard de francs&#8230; dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu millionnaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, il est devenu clair que le cr&#233;dit de l'ANC ne suffisait plus &#224; calmer le m&#233;contentement social. La police sud-africaine est intervenue violemment durant tout la fin du mois de mai 2005 pour disperser des manifestations massives d'habitants des townships, les anciens ghettos noirs devenus des ceintures de la mis&#232;re. Cela fait plus de deux mois que des troubles ont lieu non seulement dans un grand nombre de townships de la ville du Cap (avec de v&#233;ritables soul&#232;vements &#224; Blackheath, Khayelitsha et Gugulethu) et de l'Etat de Western Cape (Sud-Ouest du pays) dont la ville du Cap fait partie mais touchent &#233;galement d'autres Etats comme l'Eastern Cape (r&#233;gion sud-est) ou de Free State (une r&#233;gion du centre). A Harrismith (Free State) et &#224; Port Elisabeth (Eastern Cape) o&#249; les affrontements ont dur&#233; quatre jours, les forces de l'ordre ne peuvent plus circuler sans &#234;tre prises &#224; partie. Des responsables locaux ont &#233;t&#233; escort&#233;s vers la sortie par la population r&#233;volt&#233;e. La population pauvre, lasse d'attendre des logements d&#233;cents et des services sociaux de base, s'est r&#233;volt&#233;e. A Kommitjie (un bidonville &#224; 45 km au sud du Cap), les &#233;meutes ont explos&#233; le lundi 30 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a d&#233;but&#233; en f&#233;vrier 2005 dans deux townships de la r&#233;gion de Free State, pr&#232;s de Ventersburg (r&#233;gion de Free State), avant de s'&#233;tendre &#224; Harrismith, Warden et Vrede (townships &#233;galement de Free State). Il n'a cess&#233; de se d&#233;velopper, atteignant en avril les bidonvilles de la ville du Cap. Le 27 avril, des centaines d'habitants de plusieurs townships proches du Cap, dont Langa, Gugulethu et Nyanga, ont march&#233; sur la ville. Un leader du bidonville de Gugulethu d&#233;clarait : &#171; Des maisons maintenant ou des terres. Sinon, nous sommes pr&#234;ts &#224; mourir pour cette cause. &#187; Les manifestants ont r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement local qui a propos&#233; quelques logements et ont &#233;t&#233; suivis par de nombreux autres township qui ont affront&#233; les forces de l'ordre dans de v&#233;ritables batailles rang&#233;es impliquant parfois un grand nombre de gens. Pneus br&#251;l&#233;s, jets de pierre contre les v&#233;hicules de police, barricades, tirs contre les &#233;meutiers et arrestations massives, on se croirait revenu &#224; l'&#233;poque o&#249; le parti raciste blanc imposait la dictature des blancs sur les noirs. Devant le Parlement du Cap, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait que &#171; ce n'est pas encore un danger imm&#233;diat pour notre d&#233;mocratie. Mais ils (les mouvements) refl&#232;tent les failles dont nous avons h&#233;rit&#233; du pass&#233; et qui, s'ils s'enracinaient et gagnaient un v&#233;ritable soutien populaire, ils repr&#233;senteraient une menace pour la stabilit&#233; de l'Afrique du sud d&#233;mocratique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques squats et bidonvilles pourraient d&#233;stabiliser un pays ? En fait, la r&#233;volte des townships avait contribu&#233; &#224; d&#233;stabiliser le r&#233;gime de l'apartheid en 1976-77 et en 1985-88. Elle peut encore menacer le r&#233;gime post-apartheid parce que la population qui ne dispose que d'un logement pr&#233;caire repr&#233;sente toujours l'essentiel et 5 millions d'habitants sont dans des bidonvilles. Selon Jeune Afrique du 4 mai 2004, &#171; 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;. Les noirs ont un taux de ch&#244;mage de 50% contre 10% pour les blancs et de 75% pour les 16-24 ans. Les townships o&#249; vivent plusieurs millions de personnes offrent un environnement insalubre et dangereux. Contrairement &#224; la parano&#239;a d&#233;velopp&#233;e par les riches et les blancs, les principales victimes de violence sont bien les noirs. &#187; La mis&#232;re, le ch&#244;mage, la violence sont toujours le pain quotidien de la grande majorit&#233; de la population noire m&#234;me si une grande bourgeoisie et une petite bourgeoisie noires ont fait leur apparition. Les in&#233;galit&#233;s se sont accrues et, face &#224; un enrichissement d'une minorit&#233; de noirs, 22 millions de sud-africains vivent avec moins de un dollar par jour alors que la croissance du PIB &#233;tait de 3,7% en 2004. La hausse massive du ch&#244;mage est ni&#233;e par le gouvernement qui publie des statistiques en contradiction flagrante avec la r&#233;alit&#233; v&#233;cue par la population. Dans sa lettre hebdomadaire aux membres de l'ANC de fin mai 2005, le pr&#233;sident Thabo Mbeki d&#233;clarait qu'il &#233;tait impossible que 26,9% (contre 23% en 2003) soit douze millions sur 44 millions soient sans emploi. &#171; C'est un nombre trop grand pour qu'on ne les ait pas remarqu&#233; &#187;. Il affirmait que &#171; La question est plus un manque de qualification qu'un manque de travail. (..) Le ch&#244;mage n'a augment&#233; que dans la mesure de la hausse des aides aux plus pauvres. &#187;, une mani&#232;re de dire que c'est la faute des travailleurs s'ils ne sont pas assez qualifi&#233;s et que les pauvres ne devraient plus &#234;tre aid&#233;s pour &#234;tre oblig&#233;s &#224; travailler. Les syndicats r&#233;pondaient que Thabo Mbeki avait mis des ann&#233;es &#224; admettre que le virus HIV causait le sida et qu'il n'&#233;tait pas &#233;tonnant qu'il nie l'existence d'un ch&#244;mage massif. Le sida est d'ailleurs la principale catastrophe de l'Afrique su sud avec la mis&#232;re car elle condamne une grande partie des enfants &#224; devenir des orphelins et les malades n'ont pas les moyens de se soigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est telle que la centrale syndicale COSATU, qui fait pourtant partie int&#233;grante de la coalition au pouvoir, s'est crue oblig&#233;e de faire mine de s'opposer publiquement au projet de r&#233;forme du droit du travail propos&#233; par le gouvernement ANC, un v&#233;ritable plan de d&#233;r&#233;glementation sociale pour favoriser le bourgeoisie. Sous pr&#233;texte de favoriser l'embauche des jeunes, il s'agit s'imposer la flexibilit&#233; des salaires, des horaires et des conditions de travail. L'Afrique du sud est le th&#233;&#226;tre d'une offensive anti-sociale tous azimuts. L'Etat intervient violemment contre les gr&#233;vistes, r&#233;prime les townships, r&#233;duit les aides aux ch&#244;meurs et aux sans logis. Les municipalit&#233;s font de m&#234;me et r&#233;duisent &#233;galement les aides aux pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, avec la fin de l'Apartheid, la bourgeoisie sud-africaine a eu gain de cause : la r&#233;volte a &#233;t&#233; pacifi&#233;e et le pays dirig&#233; par des noirs a pu se tourner vers un r&#244;le de leader &#233;conomique (vendeur d'armes notamment) et politique du continent africain. Le pays p&#232;se un quart du PIB de toute l'Afrique soit l'&#233;quivalent de la Gr&#232;ce. &#171; L'Afrique du sud n'existera que si elle a sa place dans le monde &#187; d&#233;clare un ministre. Et le pays intervient dans un nombre de plus en plus grand de conflits africains, prenant la place de la France notamment aupr&#232;s des dictateurs africains. Pour les travailleurs noirs, la fin de l'Apartheid en 1994 signifiait l'espoir d'une vie meilleure, et ils ont fait, &#224; tort, cr&#233;dit aux dirigeants de l'ANC. Dor&#233;navant, ils savent qu'ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la force des travailleurs reste la principale du pays comme le retour des grandes gr&#232;ves le d&#233;montre. Le 10 ao&#251;t 2005, pr&#232;s de 100000 mineurs sud-africains en gr&#232;ve illimit&#233;e. Premier arr&#234;t national depuis 18 ans. Les gr&#233;vistes, membres du syndicat national des mineurs (NUM) protestent &#224; la fois contre les conditions de salaire et de travail dans l'industrie. La direction propose d'augmenter les salaires de 5-6% mais le syndicat dit que cela ne prend pas en compte la hausse du prix de l'or. En m&#234;me temps, 800 000 travailleurs municipaux sont aussi en gr&#232;ve pour les salaires et s'affrontent &#224; la police. Le syndicat appelle &#224; la gr&#232;ve illimit&#233;e apr&#232;s que trois journ&#233;es d'action en ao&#251;t et une autre en juillet. L'arr&#234;t des mines co&#251;te environ une perte de $12m par jour, selon un analyste. C'est une des plus grandes luttes de travailleurs depuis la fin de l'apartheid. &#171; Je ne pense pas que l'industrie peut se permettre une gr&#232;ve, mais je suis absolument convaincu qu'elle ne peut pas se permettre une augmentation des salaires &#187; a dit Bernard Swanepoel, PDG de Harmony Gold. Mais selon le NUM, puisque les cours de l'or et du rand montent en fl&#232;che depuis deux ans, les mineurs &#8211; qui travaillent souvent &#224; 40&#176;C &#224; 3 km sous terre &#8211; r&#233;clament une meilleure r&#233;partition des b&#233;n&#233;fices. Et un autre syndicat, Solidarity, semble se joindre &#224; la lutte. La plupart des membres de ce syndicat Solidarit&#233; sont blancs et c'est rare de sa part de prendre part &#224; une action aux c&#244;t&#233;s du syndicat NUM, principalement noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2006, les mineurs sont &#224; nouveau en gr&#232;ve, rappelant que d&#233;sormais la fin de l'apartheid n'est plus un argument anti-gr&#232;ve. Des Noirs gouvernent et d'autres travaillent. Entre eux, il n'y a aucune solidarit&#233; mais une opposition claire et franche : une opposition de classe, comme partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Une gauche syndicale en Afrique du sud (1978-1993) &#187; de Claude Jacquin :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les ann&#233;es quatre-vingt ont &#233;t&#233;, dans l'histoire sud-africaine, celles des plus grandes mobilisations politiques et sociales. Le mouvement syndical fut l'un des principaux protagonistes. (&#8230;) La gauche syndicale forma notamment la F&#233;d&#233;ration syndicale FOSATU en 1979 (Federation of South African Trade Unions). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant les ann&#233;es soixante-dix, plusieurs courants syndicaux se sont d&#233;velopp&#233;s et se sont progressivement diff&#233;renci&#233;s sur fond de reprise des conflits sociaux. (&#8230;) Le premier s'est constitu&#233; autour de la tradition syndicale du South African Congress Trade Union (SACTU) et de son lien &#224; l'African National Congress (ANC). Le second s'est form&#233; &#224; partir de la mouvance Black Consciousness (Mouvement de la Conscience noire). Il formera notamment le Council of Unions of South Africa (CUSA), un certain nombre de dirigeants du CUSA &#233;tant li&#233;s &#224; l'organisation politique Azanian People's Organization (AZAPO). Le dernier, enfin, est apparu de mani&#232;re originale, sans lien apparent avec un courant politique connu. Il a donn&#233; naissance, en 1979, &#224; la Federation of South African Trade Unions (FOSATU), la nouvelle f&#233;d&#233;ration unitaire. (&#8230;) Ce courant a donn&#233; naissance aux principaux syndicats de l'industrie (hormis celui des mines) c'est-&#224;-dire, entre autres, de l'automobile, de la m&#233;tallurgie, de la chimie, du textile. Il a d&#233;velopp&#233; au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt un projet syndical original et ce, &#224; partir d'une conception explicitement ind&#233;pendante des principales forces politiques. (...)&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut comprendre pourquoi un pays semi-industrialis&#233; et disposant d&#233;j&#224; d'un appareil d'Etat solide &#171; s'aventure &#187;, apr&#232;s 1947, dans l'aggravation d'un syst&#232;me de s&#233;gr&#233;gation raciale produit du colonialisme, &#224; une &#233;poque o&#249; commence &#224; se poser le probl&#232;me des formes nouvelles de contr&#244;les politique et &#233;conomique des empires. (&#8230;) Le danger d'une nouvelle r&#233;sistance des ouvriers noirs avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; par la gr&#232;ve des mineurs africains de 1946. Bien que cette gr&#232;ve ait &#233;t&#233; d&#233;faite et que les tentatives de solidarit&#233; parmi les travailleurs urbains aient &#233;chou&#233;, l'Etat avait besoin de trouver une solution &#224; long terme au probl&#232;me du contr&#244;le social. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, au-del&#224; des professions de foi politiques ou id&#233;ologiques des uns et des autres sur la sup&#233;riorit&#233; de la race blanche ou sur une meilleure int&#233;gration des Noirs, divers secteurs discutaient depuis plusieurs ann&#233;es de la meilleure mani&#232;re de maintenir une main d'&#339;uvre au moindre co&#251;t tout en &#233;vitant la dislocation du syst&#232;me politique. La victoire &#233;lectorale du Parti national en 1948 sanctionna la victoire de la seconde option, ouvrant une nouvelle p&#233;riode de l'histoire sud-africaine, jusqu'&#224; ce que ce choix s'&#233;puise progressivement au cours des ann&#233;es soixante-dix. (&#8230;) L'observation des taux de production des mines d'or montre que la production augmente substantiellement et r&#233;guli&#232;rement de 1952 jusqu'&#224; 1970 avec un seul petit recul en 1967. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, les deux principales f&#233;d&#233;rations de syndicats enregistr&#233;s &#233;taient le Trade Union Council of South Africa (TUCSA) avec environ 234.000 membres (60% &#233;tant m&#233;tis) et la South African Confederation of Labour (SACOL) avec 180.000 adh&#233;rents (en fait uniquement des syndicats de travailleurs blancs). (&#8230;) Des soixante syndicats non enregistr&#233;s qui existaient en 1961, trente-six avaient &#233;t&#233; affili&#233;s au South African Congress of Trade Unions (le SACTU li&#233; &#224; l'ANC) et seize &#224; la Federation of Free African Trade Union of South Africa (la FOFATUSA li&#233;e au PAC qui s'&#233;teint en 1966). (&#8230;) L'essentiel des cadres du SACTU quitt&#232;rent le pays pour l'exil malgr&#233; le fait que le SACTU ne fut jamais interdit. (&#8230;) Ce fut le tournant de l'ANC vers une &#171; strat&#233;gie de lutte arm&#233;e &#187; &#224; partir d'un &#233;tat-major en exil. En tout cas, au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix, l'influence de l'ANC dans le mouvement syndical est fortement affaiblie et ne passe plus par une structure sp&#233;cifique comme cela avait pu l'&#234;tre avec le SACTU. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les gr&#232;ves du Natal en 1973 (&#8230;) D. du Toit &#233;crit (&#8230;) Les travailleurs africains qui avaient peur de rejoindre des syndicats jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es soixante ne craignaient plus quelques ann&#233;es plus tard de participer ) des gr&#232;ves ill&#233;gales. &#187; (&#8230;) 69 gr&#232;ves en 1971 pour 4.196 gr&#233;vistes, 71 gr&#232;ves en 1972 avec 8.814 participants, 370 conflits du travail en 1973 avec 98.029 gr&#233;vistes et, en 1974, 384 gr&#232;ves engageant 58.975 travailleurs. (d'apr&#232;s Darcy du Toit)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Darcy du Toit &#233;crit : &#171; Les militants radicaux sur le terrain syndical n'avaient pas grand-chose &#224; faire avec leurs homologues du mouvement de la Conscience noire. Alors m&#234;me qu'en un sens les activit&#233;s des intellectuels noirs et blancs &#233;taient parall&#232;les, elles demeuraient s&#233;par&#233;es du fait m&#234;me de l'id&#233;ologie de la Conscience noire. Ironiquement ce furent les intellectuels blancs qui furent les plus capables d'approcher les ouvriers africains sur la base des int&#233;r&#234;ts de classe. Le Mouvement de la Conscience noire, en g&#233;n&#233;ral, a minimis&#233; ces int&#233;r&#234;ts et a approch&#233; des travailleurs noirs non pas comme des ouvriers mais comme des Noirs. &#187; (dans &#171; Capital et Travail en Afrique du sud, luttes de classe des ann&#233;es 70 &#187;) (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;v&#233;nements de Soweto, de juin 1976, allaient confirmer le changement politique en cours dans le pays. La r&#233;volte des jeunes du Transvaal s'ajouta &#224; la renaissance du mouvement ouvrier noir pour d&#233;boucher sur les grands mouvements sociaux et politiques des ann&#233;es quatre-vingt. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La fondation de la FOSATU en avril 1979 repr&#233;sentait, depuis la disparition de la SACTU et l'autodissolution de la FOSATUSA, la r&#233;apparition d'une f&#233;d&#233;ration majoritairement compos&#233;e de syndicats non-enregistr&#233;s. (&#8230;) A son lancement cette derni&#232;re annon&#231;ait 45.000 membres au sein de douze syndicats. Parmi ceux-ci, seuls deux &#233;taient n&#233;s avant la p&#233;riode 1973-74 : le National Automobile and Allied Workers Union (1967) et le Jewellers and Goldsmiths Union (1939). La philosophie g&#233;n&#233;rale &#233;tait : &#171; refus de la division raciale, contr&#244;le ouvrier, syndicats de branche, organisation &#224; la base, ind&#233;pendance ouvri&#232;re, solidarit&#233; ouvri&#232;re internationale, unit&#233; syndicale. &#187; (&#8230;) Cette position exprima tout &#224; la fois la pr&#233;occupation d'une ind&#233;pendance organique par rapport &#224; tout mouvement politique, dont l'ANC, et celle d'un projet strat&#233;gique ind&#233;pendant identifiant classe ouvri&#232;re, mouvement ouvrier et mouvement syndical. (&#8230;) La FOSATU est implant&#233;e dans les secteurs industriels repr&#233;sentatifs de l'&#233;volution r&#233;cente de l'&#233;conomie du pays : la m&#233;tallurgie (Metal and Allied Workers Union) et surtout l'Automobile (National Automobile and Allied Workers Union) avec une nette croissance au niveau de concentration de la main d'&#339;uvre : le textile (NUTW), l'alimentation (SFAWU), et la chimie (CWIU) qui ont connu eux aussi une forte croissance des effectifs (&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut tout d'abord noter l'importance des dirigeants blancs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alec Erwin, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du TUACC puis de la FOSATU (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; John Copelyn, dirigeant du syndicat du textile, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rob Crompton, dirigeant de la chimie, bas&#233; &#224; Durban&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Berny Fanaroff, astrophysicien de formation, dirigeant de la m&#233;tallurgie, bas&#233; &#224; Johanesburg. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Leur motivation comportant un fort volet politique consistant, en g&#233;n&#233;ral, &#224; faire le choix de la construction syndicale pour &#233;tablir un instrument plus sp&#233;cifiquement &#171; ouvrier &#187; dans la lutte anti-apartheid. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourrait aussi souligner la tr&#232;s grande collaboration entre Alec Erwin et Enver Motala, intellectuel de Durban. Ce dernier dirigeait le bureau local du SACHED-Lacon, un organisme ind&#233;pendant et f&#233;d&#233;ratif de publication et de formation au profit des mouvements sociaux. Enver Motala travailla avec Alec Erwin &#224; l'&#233;laboration du programme de formation des cadres de la FOSATU (&#8230;) qui comportait un volet sur la crise bureaucratique de l'Union sovi&#233;tique. C'est l'organisme de Durban du Lacon qui publia en 1987 un livre de formation sur l'histoire du mouvement syndical tout &#224; fait proche des analyses de l'ancienne FOSATU. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers la fin des ann&#233;es vingt, des militants adh&#233;rant aux critiques trotskystes se d&#233;tachaient du Parti communiste. Certains d'entre eux furent les dirigeants d'un mouvement assez large dans les ann&#233;es quarante, portant le nom de Unity Movement. Par ailleurs, un syndicaliste de renom dans les ann&#233;es trente et quarante, Max Gordon, &#233;tait trotskyste. Ce courant s'est fragment&#233; et fortement affaibli dans les ann&#233;es cinquante. Mais il existait toujours au Cap, dans les ann&#233;es soixante-dix, une forte implantation de ces groupes, principalement parmi les enseignants et la jeunesse militante noire. (&#8230;) Le dirigeant du syndicat des travailleurs municipaux du Cap avait &#233;t&#233; membre du Unity Movement. Marcel Golding, avant de devenir un dirigeant du syndicat des mineurs, a fait partie d'un petit groupe d'&#233;tude d'orientation trotskyste. Il faut souligner que d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, ces cadres syndicaux consid&#232;rent tous ces groupes comme sectaires et obsol&#232;tes. (&#8230;) Alec Erwin souligne par ailleurs qu'ils pensaient d&#232;s cette &#233;poque que la perspective de fondation d'un parti &#233;tait pr&#233;matur&#233;e et qu'ils &#233;taient effray&#233;s par les d&#233;g&#226;ts de la division et du sectarisme dans l'extr&#234;me gauche britannique. (&#8230;) Les orientations suivantes leur sont communes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; une opposition &#224; l'ANC &#224; partir d'une lecture critique de la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; consid&#233;r&#233;e comme un document &#171; nationaliste &#187;, ne distinguant pas les int&#233;r&#234;ts divergents entre classes sociales au cours de la lutte de lib&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; une opposition aux relations avec les lib&#233;raux blancs, avec le Parti f&#233;d&#233;ral progressiste (PFP) voire avec l'association des &#233;tudiants blancs, NUSAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; une affirmation du r&#244;le central, si ce n'est exclusif, de la classe ouvri&#232;re dans les luttes d'&#233;mancipation et de transformation de la soci&#233;t&#233;, et ce, en opposition avec la strat&#233;gie de l'ANC et du Parti communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; une critique du Parti communiste comme courant prosovi&#233;tique, sectaire et &#171; stalinien &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cadre, c'est la FOSATU qui apparaissait, en ce d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, comme la seule vraie tentative, large et repr&#233;sentative, de mettre en pratique une telle identit&#233; politique. (&#8230;) Le d&#233;bat va s'acc&#233;l&#233;rer &#224; partir du d&#233;but de l'ann&#233;e 1982. En avril de cette ann&#233;e-l&#224;, la FOSATU tient son second congr&#232;s. Un rapport politique g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par le noyau de direction et est pr&#233;sent&#233; par Joe Foster. (&#8230;) Le rapport Foster semble correspondre &#224; une p&#233;riode d'euphorie au sein de la FOSATU. Il faut en effet souligner qu'en 1982 l'ANC reste une force relativement faible. Il n'a pas reconstruit son h&#233;g&#233;monie politique sur toute l'opposition &#224; l'apartheid comme il sera capable de la faire &#224; partir de 1984. Il peut m&#234;me appara&#238;tre comme un mouvement handicap&#233; par l'exil de sa direction et incapable de saisir les changements profonds survenus dans le pays. Le noyau dirigeant de la FOSATU se sent, &#224; l'inverse, en phase avec les &#233;volutions socio-&#233;conomiques : importance grandissante des conflits du travail, &#233;mergence d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration ouvri&#232;re, formation de nouvelles exp&#233;riences de confrontation avec l'Etat et le patronat. Le rapport de Joe Foster souligne la possibilit&#233; nouvelle de placer la lutte contre l'apartheid sous le drapeau des &#171; luttes anti-capitalistes &#187;. C'est une orientation qui s'&#233;carte ouvertement des postulats politiques de l'ANC et du Parti communiste. (&#8230;) Foster parle &#224; ce propos de &#171; construire le mouvement ouvrier &#187; apr&#232;s avoir parl&#233; de &#171; parti des travailleurs &#187;, en opposition &#224; la notion de mouvement de lib&#233;ration incarn&#233; par l'ANC. Le contexte international de 1982, marqu&#233; entre autres par l'essor de Solidarnosc en Pologne, permet alors &#224; la direction de la FOSATU de pr&#233;senter ses vues sur le &#171; socialisme r&#233;ellement existant. &#187; (&#8230;) En octobre 1983, le journal &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publia un article en double page centrale sur Solidarnosc et la Pologne. (&#8230;) Au Br&#233;sil, c'est une &#233;quipe de syndicalistes de la m&#233;tallurgie qui, en 1979, avait lanc&#233; l'id&#233;e d'un &#171; parti des travailleurs &#187;. C'est finalement ce qu'ils r&#233;alis&#232;rent en fondant ce parti autour d'Ignacio Lula da Silva, dirigeant syndical de la banlieue de Sao Paulo. En 1985, les num&#233;ros 39 et 40 de &#171; Fosatu &#8211; workers news &#187; publiaient un long article de reportage sur le Parti des Travailleurs du Br&#233;sil. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut garder en m&#233;moire que les ann&#233;es 1980-1982 voient une nouvelle acc&#233;l&#233;ration des conflits du travail et un renforcement des organisations syndicales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ann&#233;es : 1978 1979 1980 1981 1982&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nb de gr&#232;ves : 106 101 207 342 281&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nb de gr&#233;vistes : 14160 22803 61785 92842 189022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Ce sont les syndicats de la FOSATU qui totalisent le plus de gr&#232;ves &#224; leur actif, et notamment ceux de la m&#233;tallurgie et de l'automobile. (&#8230;) Seul le secteur des mines totalise, en 1982, un nombre sup&#233;rieur de gr&#233;vistes, malgr&#233; un nombre total de d&#233;brayages plus modeste. Mais il s'agit pour l'essentiel d'un seul conflit en juillet, sur des questions de salaires, impliquant neuf mines du Transvaal et trois autres au Natal. La r&#233;pression fut tr&#232;s dure et de nombreux gr&#233;vistes furent renvoy&#233;s dans leurs bantoustans. Il s'agissait du plus grand conflit dans les mines depuis la gr&#232;ve de 1946, annonciateur de la place qu'allait bient&#244;t prendre ce secteur dans le mouvement syndical. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'un des grands probl&#232;mes auquel d&#251; faire face le mouvement syndical fut singuli&#232;rement celui du d&#233;veloppement d'une autre forme d'organisation de la population noire : les civics ou community associations. Sous ce vocable ont &#233;t&#233; souvent regroup&#233;es toutes les formes associatives se d&#233;veloppant au niveau des townships. (&#8230;) Les civics se sont rapidement d&#233;velopp&#233;es au Cap &#224; la fin des ann&#233;es soixante-dix. Elles prolongeaient d'une certaine mani&#232;re les formes d'organisation au sein des townships qui &#233;taient apparues au cours des mouvements de juin 1976 au Transvaal. (&#8230;) Beaucoup ont pu appara&#238;tre sous la forme de comit&#233; de lutte, soit pour le boycott des transports en commun contre une augmentation des tarifs, soit pour un boycott des loyers contre l'augmentation de ceux-ci. Certains ont pris la forme de comit&#233; politique traitant de tous les probl&#232;mes de la communaut&#233;. (&#8230;) Il semble que le d&#233;veloppement des civics se soit surtout fait au d&#233;part au Cap sous l'impact de deux courants politiques concurrents &#224; l'&#233;poque dans cette r&#233;gion : celui de la gauche politique ind&#233;pendante (la n&#233;buleuse politique h&#233;riti&#232;re du Unity Movement) et celui li&#233; ou influenc&#233; par l'ANC. C'est ainsi qu'au Cap les militants du Unity Movement form&#232;rent avec les associations qu'ils contr&#244;laient Federation of Cape Civic Associations et que les militants de l'ANC et du Parti communiste form&#232;rent de leur c&#244;t&#233; le Cape Area Housing Action Committee (CAHAC). S'y est rajout&#233;e l'activit&#233; propre du parti Azapo et celle des militants du PAC. (&#8230;) Pour la gauche syndicale le probl&#232;me &#233;tait donc assez complexe. Elle voyait se d&#233;velopper une forme compl&#233;mentaire d'organisation sociale susceptible de toucher la grande masse de ceux et celles qui ne travaillent pas ou &#233;teint employ&#233;s dans des entreprises inaccessibles au mouvement syndical. (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de ces associations avaient comme principaux activistes des gens socialement stables ayant une certaine habilet&#233; politique. Beaucoup de ceux-l&#224; &#233;taient des enseignants, des hommes d'&#233;glises, des m&#233;decins et plus g&#233;n&#233;ralement des membres de familles &#224; revenus moyens au sein des quartiers. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus l'ANC &#233;tendait son influence sur les civics plus cela devenait un face-&#224;-face entre ce parti (avec ses militants apparaissant sous le drapeau de leur association et d&#233;fendant la &#171; Charte de la Libert&#233; &#187; et les principaux syndicats de la FOSATU. (&#8230;) Les exemples abondent avec parfois des cas de violence physique. Les dirigeants de la FOSATU se plaignent que (&#8230;) des groupes de jeunes li&#233;s aux civics s'en prennent parfois &#224; des travailleurs effectuant normalement leur travail. (&#8230;) &#171; Au d&#233;but du mois de mai, il y eut les fun&#233;railles d'un membre du FOSATU qui avait &#233;t&#233; tu&#233; durant les heurts. Au cours de la procession des groupes de jeunes ont lanc&#233; des pierres contre celle-ci. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les 5 et 6 novembre 1984 se d&#233;roula une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans la r&#233;gion du Transvaal. Cette gr&#232;ve fut conjointement appel&#233;e par le mouvement syndical, dont la FOSATU, et des organisations affili&#233;es &#224; l'UDF (dont l'organisation &#233;tudiante COSAS). (&#8230;) Cette gr&#232;ve du Transvaal de novembre 1984 fut un &#233;norme succ&#232;s et le gouvernement ne s'y trompant pas r&#233;prima essentiellement des syndicalistes. Plusieurs dirigeants dont Chris Dlamini (FOSATU), Moses Mayekiso (FOSATU), P Camay (CUSA) furent arr&#234;t&#233;s. L'entreprise d'Etat Sasol (P&#233;trole), par exemple, licencia 90% des 6.500 travailleurs. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'ANC ne r&#233;ussit jamais, jusqu'an 1985, &#224; s'affirmer de mani&#232;re h&#233;g&#233;monique dans le mouvement syndical, il n'en fut pas de m&#234;me au niveau des civics et du mouvement de la jeunesse scolaris&#233;e. Le projet originel de Joe Foster et de la FOSATU impliquait une intervention syndicale hors des entreprises, dans les townships. Le projet existait, il &#233;tait discut&#233; mais ne fut jamais vraiment tent&#233;. L'ANC disposa ainsi d'un espace suppl&#233;mentaire pour se reconstruire &#224; l'int&#233;rieur du pays. Il le fit en utilisant sa modeste pr&#233;sence syndicale (SAAWU, MACWUSA,&#8230;), ses rapports avec les &#233;glises (Desmond Tutu et Alan Boestak) ainsi que ses relations avec des milieux lib&#233;raux d&#233;mocrates blancs (par exemple le syndicat &#233;tudiant NUSAS ou des &#233;l&#233;ments du Parti F&#233;d&#233;ral Progressiste). L'occasion fut l'annonce par le gouvernement d'une modification constitutionnelle en vue d'un syst&#232;me &#224; trois chambres (blanche, m&#233;tis et indienne) et d'un conseil pr&#233;sidentiel consultatif. L'ensemble des forces d'opposition d&#233;nonc&#232;rent ce projet. Et appel&#232;rent au boycott (&#8230;) mais s'oppos&#232;rent le courant ANC et celui des divers groupes de la gauche &#171; trotskyste &#187;. Alors qu'une partie de ces derniers fondaient le National Forum Committee avec l'Azapo, l'ANC de son c&#244;t&#233; mit en place l'UDF, en prenant bien soin de donner, dans un premier temps, une place substantielle aux repr&#233;sentants des &#233;glises. (&#8230;) La mise en place de l'UDF produisit une aggravation de la tension entre le courant ANC et la gauche syndicale. (&#8230;) Il est facile de voir la contradiction qu'il y a entre la fondation de l'UDF et le projet du rapport Foster. (&#8230;) Le comit&#233; central du FOSATU prit position le 15 et 16 octobre 1983 : &#171; La FOSATU a d&#233;cid&#233; de ne pas s'affilier &#224; l'UDF. (&#8230;) L'UDF repr&#233;sente une vari&#233;t&#233; d'int&#233;r&#234;ts de classe (&#8230;) &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;plique de l'ANC fut d'une extr&#234;me v&#233;h&#233;mence. (&#8230;) En substance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les syndicats qui ne sont pas dans l'UDF m&#232;nent une politique &#171; &#233;coomiciste &#187; et se refusent &#224; participer au combat politique pour la fin de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ces syndicats sont dirig&#233;s par des gens qui ont eux-m&#234;mes un projet politique, et celui-ci est enti&#232;rement tourn&#233; contre la direction historique et l&#233;gitime que sont l'ANC et la SACTU (voire le Parti communiste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ces directions sont incapables de comprendre l'importance des alliances sociales dans un pays comme l'Afrique du sud et dans la lutte contre l'apartheid. (&#8230;) Le Parti communiste (SACP) joua &#233;galement un r&#244;le de tout premier plan dans ces pol&#233;miques. (&#8230;) Dans le couple ANC-SACP, le premier est en effet consid&#233;r&#233; comme le cadre large, mais cependant dirigeant, de la lutte de lib&#233;ration nationale et de &#171; la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale &#187;. (&#8230;) Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, une partie de la direction de l'ANC est form&#233;e de membres du PC et l'appareil de la SACTU est essentiellement compos&#233; de membres du parti. Il faut aussi rappeler que l'aile arm&#233;e, Umkhonto we Sizwe, n'a pas &#233;t&#233; con&#231;ue au d&#233;part comme un simple pseudopode de l'ANC, mais comme un organe conjoint de l'ANC et du PC. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La gauche syndicale sous-estime le poids de l'ANC et du Parti communiste. C'est avec retard qu'elle d&#233;couvre le prestige de l'ANC et de Nelson Mandela, l'impact sur la jeunesse des actions de propagande arm&#233;e et surtout la capacit&#233; des cadres du SACP &#224; reconstituer dans les civics puis dans les syndicats la base large qu'ils n'avaient pas encore au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. De ce point de vue la cr&#233;ation de l'UDF marque un tournant dans la course de vitesse que se livrent ces deux forces. (&#8230;.) Si l'on compare les textes de l'ANC et ceux de la FOSATU ayant valeur de propagande g&#233;n&#233;rale, on constate que le premier a plut&#244;t tendance &#224; annoncer un d&#233;bouch&#233; victorieux sur court ou moyen terme (&#8230;) La direction de l'ANC opta pour une propagande ultra-radicale, d&#233;crivant une situation insurrectionnelle et un mouvement de masse aux portes du pouvoir. (&#8230;.) Durant toute cette p&#233;riode le sectarisme des activistes de l'UDF sera &#224; son comble &#224; l'encontre de tous ceux qui ne dressent pas banni&#232;re de la Charte de la Libert&#233;, que certaines directions syndicales vont vivre comme une menace pour le mouvement ouvrier. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en septembre 1985 que se d&#233;roula la premi&#232;re grande initiative publique de contact entre les lib&#233;raux blancs et la direction de l'ANC. Une d&#233;l&#233;gation importante se rendit &#224; Lusaka dont Garvin Relly, dirigeant de l'Anglo American. Il dira &#224; ce propos : &#171; ce fut une des journ&#233;es les plus agr&#233;ables que j'ai jamais pass&#233;e. &#187; (&#8230;) Le 27 septembre 1985, 90 des plus grands noms du monde des affaires et de la haute finance, appartenant essentiellement &#224; la communaut&#233; anglophone, signaient un document r&#233;clamant la fin de l'apartheid. (&#8230;) L'&#233;v&#234;que Desmond Tutu et le leader de l'Inkhata Buthelezi soutinrent ce document. Parmi les signataires se trouvaient les patrons de la Nedbank, de Toyota, de la banque Barclays, de l'Anglo American (dont H.F.Oppenheimer), d'IBM, de Data, de Coca-Cola, du groupe de presse Argus, de Colgate, de Volkswagen, de General Motors&#8230; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le congr&#232;s du COSATU, le South African Trade Union Congress, eut lieu du 29 novembre au 1er d&#233;cembre 1985, &#224; Durban. (&#8230;) Le rapport de forces interne r&#233;el va &#234;tre d&#233;termin&#233; par le syndicat des mines, la NUM. Celui-ci avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1982 et avait adh&#233;r&#233; au CUSA. Mais il avait rompu avec ce dernier et bascul&#233; dans le camp de ceux qui formeront le COSATU. Sa direction vient donc majoritairement de la Conscience noire mais, tr&#232;s vite, son principal dirigeant, Cyril Ramaphosa, s'affiche comme le plus chaud partisan du courant chartiste &#224; la t&#234;te du plus gros syndicat de la nouvelle f&#233;d&#233;ration. (&#8230;) Les relations internes allaient demeurer tr&#232;s tendues jusqu'en 1987. De forts doutes na&#238;tront chez les anciens de la FOSATU sur la viabilit&#233; de l'unit&#233;. Les attaques des partisans de l'ANC seront incessantes. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Des personnalit&#233;s lib&#233;rales (&#8230;) vont rencontrer les dirigeants de la COSATU. Un premier contact se fait &#224; Harare avec Jay Naidoo, son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, fin 1985, puis les 5 et 6 mars 1986, une r&#233;union se tient &#224; Lusaka avec des d&#233;l&#233;gations du COSATU, de l'ANC et de la SACTU. (&#8230;) La mise en forme concr&#232;te de cette &#171; alliance &#187; se fit, de mani&#232;re privil&#233;gi&#233;e, entre le COSATU et le South African Youth Congress (SAYCO). (&#8230;) L'axe COSATU-SAYCO est pr&#233;sent&#233; comme un axe usines-townships et comme un moyen de r&#233;gler pacifiquement le passif entre syndicalistes et jeunes activistes des civics. (&#8230;) Le courant chartiste avait progressivement pr&#233;sent&#233; l'alliance COSATU-UDF et COSATU-SAYCO comme &#233;tant fond&#233;e sur la Charte de la Libert&#233;. La pr&#233;paration du congr&#232;s de 1987 sera l'occasion de pousser l'avantage et de r&#233;clamer que chaque syndicat fasse du programme de l'ANC sa propre r&#233;f&#233;rence. (&#8230;) Pour la NUM, la Charte &#233;tait alors &#171; un guide pour la lutte contre l'oppression nationale &#187;. (&#8230;) Le Parti communiste, pour sa part et sans surprise, donne son aval aux positions de la NUM : &#171; L'adoption de la Charte de la Libert&#233; par le r&#233;cent congr&#232;s de la NUM refl&#232;te correctement le sentiment et la compr&#233;hension des masses populaires. C'est un signe donn&#233; au mouvement syndical pour un lien plus r&#233;aliste, dans la p&#233;riode actuelle, entre lutte &#233;conomique et lutte politique. &#187; (&#8230;) Finalement Jay Naidoo, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la COSATU, cherchera &#224; concilier les diff&#233;rentes positions (&#8230;) : &#171; En adoptant la Charte, nous voyons cela comme un cadre de r&#233;f&#233;rence et non comme un sch&#233;ma. (&#8230;) Il n'y aura pas de suspension de la lutte pour une soci&#233;t&#233; sans exploitation. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les d&#233;bats de cette p&#233;riode doivent se comprendre dans le cadre d'une tr&#232;s forte activit&#233; syndicale et gr&#233;viste. (&#8230;) Le d&#233;but de l'ann&#233;e 1987 voit des mouvements gr&#233;vistes d'une tr&#232;s grande intensit&#233; : la gr&#232;ve des cheminots et des postiers, la gr&#232;ve des employ&#233;s de commerce (&#8230;) Pour une partie des syndicats (essentiellement l'aile chartiste) la question du pouvoir est bien entrain de se poser. La question du programme politique est ainsi per&#231;ue comme une question de court ou moyen terme : quelle sera la nature d'un &#171; gouvernement ANC &#187; ? (&#8230;) La question de la Charte de Libert&#233; (adopt&#233;e par la majorit&#233; des syndicats de la COSATU) est celle de l'acceptation d'un monopole accord&#233; au seul ANC (&#8230;) En 1987 et 1988, la gauche syndicale n'a plus le monopole des r&#233;f&#233;rences au &#171; socialisme &#187;. Dans le mouvement syndical, l'aile li&#233;e au SACP en a &#233;galement fait sa banni&#232;re. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le Parlement, le 2 f&#233;vrier 1990, Frederick De Klerck annon&#231;ait qu'il avait d&#233;cid&#233;, dans la perspective d'une n&#233;gociation globale, la l&#233;galisation de l'ANC, du Parti communiste et de toutes les organisations interdites : &#171; La dynamique en cours dans la politique internationale a &#233;galement cr&#233;&#233; de nouvelles opportunit&#233;s pour l'Afrique du sud. (&#8230;) L'&#233;croulement du syst&#232;me &#233;conomique en Europe de l'Est constitue aussi un signal. &#187; (&#8230;) Le Parti communiste sud-africain &#233;tait d&#233;sormais sous la pression sovi&#233;tique (&#8230;) La direction du SACP avait toujours montr&#233; un suivisme sans faille envers les positions du Parti communiste d'Union sovi&#233;tique. (&#8230;) L'ANC et le Parti communiste d&#233;cid&#232;rent &#224; la suite de leur l&#233;galisation en 1990 la &#171; suspension de l lutte arm&#233;e &#187;. La Charte de la Libert&#233; fut progressivement oubli&#233;e au profit d'une s&#233;rie de propositions constitutionnelles ou &#233;conomiques de l'ANC qui s'&#233;loignaient de plus en plus des professions de foi ant&#233;rieures. La perspective de la nationalisation des plus grandes entreprises fut &#233;cart&#233;e (&#8230;) &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1989-1990, le cadre de r&#233;flexion est donn&#233; par Alec Erwin : &#171; Nous devons nous pr&#233;parer &#224; gouverner et &#224; reconstruire le pays. (&#8230;) Notre priorit&#233; est de renforcer nos organisations politiques &#8211; l'ANC et le Parti communiste &#8211; et les syndicats, les civics. &#187; (&#8230;) Au d&#233;but d'ann&#233;e 1994, alors qu'en apparence le gouvernement et la direction de l'ANC se dirigent avec qui&#233;tude et &#224; l'amiable vers les &#233;lections du 27 avril, la soci&#233;t&#233;, elle, reste une norme marmite bouillonnante. (&#8230;) L'ANC et le parti national de F.W. De Klerk s'appr&#234;tent d&#233;sormais &#224; cog&#233;rer l'Etat sud-africain (&#8230;) ce choix politique ne lib&#232;re pas pour autant la soci&#233;t&#233; sud-africaine de son h&#233;ritage raciste. La pauvret&#233; des plus pauvres s'est m&#234;me aggrav&#233;e au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Vers le pouvoir populaire, un pari &#224; gagner &#187;, d&#233;claration du Comit&#233; central du Parti communiste sud-africain de novembre 1979 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans notre situation, la lutte pour mettre fin &#224; l'exploitation capitaliste ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e de la lutte contre la tyrannie nationale. Une &#171; lutte de classe &#187; qui ignorerait cette v&#233;rit&#233; ne pourrait combattre s'en amphith&#233;&#226;tre et non dans la v&#233;ritable ar&#232;ne de combat. C'est cette r&#233;alit&#233; qui permet d'expliquer pourquoi nous estimons qu'&#224; l'&#233;tape actuelle de notre lutte la principale strat&#233;gie est de lutter pour remporter notre r&#233;volution d&#233;mocratique nationale, premi&#232;re &#233;tape vers une transformation socialiste. (&#8230;) Notre histoire nous apprend qu'une large alliance des forces sociales renforce plut&#244;t qu'elle n'affaiblit la volont&#233; de lib&#233;ration. (&#8230;) Nier toute possibilit&#233; pour les couches moyennes noires de jouer un r&#244;le aux c&#244;t&#233;s de la r&#233;volution serait une simplification grossi&#232;re et dangereuse. (&#8230;) Il faut prendre toutes les mesures possibles pour consolider et &#233;largir le v&#233;ritable mouvement syndical qui refuse tous les efforts d&#233;ploy&#233;s pour &#233;loigner les ouvriers de la lutte de lib&#233;ration nationale. (&#8230;) Les ouvriers doivent refuser de s'inscrire aux syndicats &#171; multiraciaux &#187; qui en feraient des pions dans le jeu des ouvriers blancs. (&#8230;) La politique de la lutte arm&#233;e, les attentats contre l'ennemi et les mesures prises pour que l'arm&#233;e de lib&#233;ration nationale puisse se retrancher dans les villes comme dans les campagnes sont un &#233;l&#233;ment vital de la strat&#233;gie de lib&#233;ration. (&#8230;) Notre parti est une composante essentielle de l'alliance r&#233;volutionnaire en vue de la lib&#233;ration nationale que dirige l'ANC. En tant que tel, il n'a aucun int&#233;r&#234;t qui le s&#233;pare de l'un quelconque des &#233;l&#233;ments de cette alliance que nous avons toujours cherch&#233; &#224; renforcer. (&#8230;) Construisons en 1980, 25e anniversaire de la Charte de la Libert&#233;, un large front de toutes les forces patriotiques et anti-racistes sous la banni&#232;re de l'ANC. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le combat du Parti communiste sud-africain contre le courant &#171; lutte de classe &#187; au sein du FOSATU :&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits d'un article de Ruth Nhere de la revue &#171; The African Communist &#187; du Parti communiste sud-africain n&#176;99 de septembre 1984 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un ouvri&#233;risme &#233;conomiste&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grandes avanc&#233;es du mouvement syndical ind&#233;pendant en Afrique du sud depuis 1973 ont &#233;t&#233; bien appr&#233;ci&#233;es comme fondamentales dans notre lutte r&#233;volutionnaire. Il y a cependant d'importantes divergences de vue concernant le r&#244;le et les possibilit&#233;s de ces luttes syndicales. Un des courants de pens&#233;e les concernant peut &#234;tre appel&#233; &#171; ouvri&#233;risme &#187; ou &#171; classisme &#187; est en fait une variante de ce que L&#233;nine avait appel&#233; &#171; l'&#233;conomisme &#187; en Russie et qu'il avait combattu en ces termes : &#171; La pr&#233;tention que la politique doit suivre avec ob&#233;issance l'&#233;conomie est une pens&#233;e &#224; la mode, qui exerce une influence irr&#233;sistible sur la masse de la jeunesse attir&#233;e par le mouvement, mais qui, dans la majorit&#233; des cas, ne conna&#238;t du marxisme que ce qu'en ont dit les publications l&#233;gales. &#187; C'est un &#233;conomisme de ce type qui forme la base d'adresse de Joe Foster &#224; la conf&#233;rence de 1982 du FOSATU, conf&#233;rence si bien critiqu&#233;e par Toussaint dans son article pour la revue &#171; The African Communist &#187;, article intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187;. La question du r&#244;le du mouvement syndical et son alliance avec le mouvement d&#233;mocratique dans son ensemble sont toujours chaudement d&#233;battues comme le montrent les d&#233;bats sur la question de l'adh&#233;sion des syndicats &#224; l'United Democratic Front. Dans une r&#233;cente publication du Cap, &#171; Social Review &#187;, un auteur anonyme r&#233;pondait &#224; un article d'un num&#233;ro pr&#233;c&#233;dent qui d&#233;fendait la ligne ouvri&#233;riste contre les alliances entre classes sociales : &#171; Je voudrait r&#233;pondre que, si ce sont les travailleurs qui dirigent la lutte, une plus grande conscience socialiste sera d&#233;velopp&#233;e au sein de la classe ouvri&#232;re si celle-ci m&#232;ne des alliances entre classes et les dirige elle-m&#234;me. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) L'id&#233;e d'une spontan&#233;it&#233; du mouvement de la classe ouvri&#232;re et sa &#171; puret&#233; &#187; semblent caract&#233;ristiques des conceptions d'une partie des intellectuels travaillant dans le mouvement syndical ind&#233;pendant. Argumentant contre les alliances avec d'autres classes et groupes sociaux dans la lutte politique, ils proclament que &#171; les travailleurs eux-m&#234;mes doivent d&#233;cider &#224; quel moment et &#224; quelles conditions une telle alliance serait souhaitable. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Les avocats de l'ouvri&#233;risme nient farouchement que leurs arguments servent &#224; combattre le r&#244;le du parti politique de classe. Ils affirment qu' &#171; il n'y a pas, pour le moment, une telle organisation sp&#233;cifique de la classe ouvri&#232;re en Afrique du sud. &#187; Ces sentiments sont ceux qui sont repris dans la direction du FOSATU. On pourrait penser qu'il s'agit de gens qui esp&#232;rent, et attendent, qu'une telle organisation politique de la classe ouvri&#232;re, sur la base d'une conscience socialiste, apparaisse dans le cours des &#233;v&#233;nements mais il semble au contraire que cela ne soit pas leur but. En lisant leurs publications, on discerne une autre strat&#233;gie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains d'entre eux ont &#233;t&#233; fascin&#233;s par l'exemple du Br&#233;sil. Un article r&#233;cent sur ce pays dans le &#171; South African Labour Bulletin &#187; tente de dresser un parall&#232;le avec les d&#233;veloppements r&#233;cents en Afrique du sud. Au br&#233;sil, ils rappellent que le militantisme syndical de masse a donn&#233; naissance &#224; un parti politique qui &#171; s'est rapidement d&#233;velopp&#233; chez les travailleurs, les ch&#244;meurs, la base de l'Eglise, la jeunesse progressiste et les intellectuels de gauche&#8230; &#187; L'auteur mentionne en passant que ce parti &#171; a attir&#233; beaucoup d'hostilit&#233; de la part du Parti communiste br&#233;silien ill&#233;gal qui pr&#233;tend (nous soulignons) qu'ils d&#233;tiennent historiquement le titre de parti des travailleurs. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Br&#233;sil sert aussi de base d'&#233;tude au programme de formations militantes du FOSATU et &#224; son journal. Dans ce cas, le raisonnement et les critiques contre le Parti communiste sont d'avantage sous-entendues qu'explicites : &#171; Ce sont les travailleurs de la M&#233;tallurgie et du Textile qui ont lanc&#233; la r&#233;organisation des syndicats ill&#233;gaux. Chaque ann&#233;e depuis 1977, les travailleurs avaient men&#233; des gr&#232;ves pour leurs droits et pour de meilleurs salaires&#8230; Il en est sorti un Parti des Travailleurs afin de repr&#233;senter les ouvriers dans les futures &#233;lections. Cela rencontra l'opposition de l'Etat, des autres partis et des dirigeants des syndicats officiels. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Probablement que les auteurs de ce type de document ont conscience qu'un anticommunisme trop ouvert ne leur permettrait pas d'obtenir le soutien qu'ils recherchent au sein de la classe ouvri&#232;re. Cependant, ils font semblant d'ignorer le programme et m&#234;me l'existence de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;) Les tentatives de cacher l'histoire, la strat&#233;gie et les tactiques des organes existants du mouvement de lib&#233;ration, l'ANC et le Parti communiste sud-africain, doivent &#234;tre combattues dans les syndicats et au niveau du d&#233;bat th&#233;orique, dans la propagande l&#233;gale et ill&#233;gale. Certains de ces &#233;crits li&#233;s &#224; ce groupe jouent un r&#244;le important de division contre le mouvement de masse. Un article dans la presse estudiantine &#171; Work in progress &#187; caract&#233;rise par exemple le United Democratic Front comme mouvement &#171; lib&#233;ral radical &#187; ayant sa base de classe &#171; au sein de la petite-bourgeoisie noire et surtout indienne. &#187; (&#8230;) Ils n'ont pas du tout per&#231;u les interactions entre oppression nationale et oppression de classe qui donnent aux r&#233;volutionnaires d'Afrique du sud des t&#226;ches strat&#233;giques sp&#233;cifiques fondant les programmes de l'ANC et du Parti communiste sud-africain. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte id&#233;ologique sur le front syndical&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Toussaint intitul&#233; &#171; Un syndicat n'est PAS un parti politique &#187; dans le num&#233;ro 93 de 1983 de la revue &#171; The African Communist &#187; est une des plus importantes contributions de cette revue depuis longtemps. (&#8230;) Nous avions remarqu&#233; que notre parti avait tard&#233; &#224; r&#233;pondre &#224; la d&#233;claration de Joe Foster qui constituait une attaque id&#233;ologique contre nous et contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale. Nous devons nous reprocher de ne pas avoir donn&#233; une r&#233;ponse imm&#233;diate et scientifiquement fond&#233;e &#224; Foster. Pour faire des progr&#232;s et gagner notre lutte id&#233;ologique, pour rester proches des masses, nous devons leur expliquer la nature des bases id&#233;ologique de Joe Foster, leurs racines sociales et le danger qu'elles repr&#233;sentent pour la classe ouvri&#232;re et les masses opprim&#233;es d'Afrique du sud. (&#8230;) Depuis les ann&#233;es 70, un nombre croissant de personnalit&#233;s de l'intelligentsia blanche ont pris une part active dans le travail des syndicats. Une partie d'entre eux sont sur nos bases. Mais on voit tr&#232;s clairement qu'un certain nombre d'entre eux adoptent des positions ultra-gauches. (&#8230;) Il est int&#233;ressant de remarquer que le FOSATU a le m&#234;me type de soutiens qu'avaient autrefois le Gang des Quatre et ils ont &#233;galement en commun leur rejet du parti communiste et du syndicat SACTU. Le Gang des Quatre voulait, comme Foster, cr&#233;er une alternative &#224; notre Parti. Dans la r&#233;alit&#233; de la situation de l'Afrique du sud, rejeter le r&#244;le du parti communiste et du SACTU, sous-estimer la contribution de l'ANC dans notre r&#233;volution, est le moyen de faire d&#233;vier la lutte de son vrai chemin en l'amenant vers une impasse tout en se cachant derri&#232;re des slogans sonnant comme tr&#232;s r&#233;volutionnaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le langage de Foster a une tonalit&#233; tr&#232;s r&#233;volutionnaire mais son essence est de d&#233;sarmer la classe ouvri&#232;re et, en cons&#233;quence, de servir les int&#233;r&#234;ts des r&#233;formistes que les ultra-gauches favorisent finalement. Ultragauches et r&#233;formistes ont le m&#234;me but : rejeter les principes du marxisme-l&#233;ninisme dans le processus r&#233;volutionnaire et rejeter les formes correctes de lutte. Comme Toussaint l'a justement remarqu&#233;, Foster d&#233;veloppe l'illusion que la lutte &#233;conomique des travailleurs peut d&#233;velopper leur conscience politique. Foster consid&#232;re que ce qui est n&#233;cessaire n'est pas un Parti, auquel il ne fait m&#234;me pas r&#233;f&#233;rence, ni un syndicat comme le SACTU, auquel il reproche de s'occuper de politique, et pas non plus une ANC qui tendrait &#224; devenir une organisation populiste, mais un mouvement ouvrier du type de Solidarnosc (en Pologne). Cette id&#233;ologie repr&#233;sente un danger pour le mouvement ouvrier et pour toute la lutte des masses en Afrique du sud. (&#8230;) Dans &#171; Que faire ? &#187;, L&#233;nine &#233;tablit une distinction claire entre politique syndicaliste et politique communiste dans la lutte pour l'&#233;mancipation compl&#232;te des millions d'opprim&#233;s, et souligne le r&#244;le dirigeant du parti dans la lutte contre tous les opportunismes visant &#224; limiter la lutte &#224; quelques am&#233;liorations de salaires, du niveau de vie et &#224; de petites r&#233;formes l&#233;gales. L'Afrique du sud n'est pas une exception &#224; cette r&#232;gle. La politique syndicale doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; la politique communiste. Toussaint d&#233;finit clairement la n&#233;cessit&#233; et le r&#244;le du d&#233;tachement avanc&#233; de la classe ouvri&#232;re, le Parti communiste sud-africain. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il y a une seule critique &#224; faire &#224; l'article de Toussaint, c'est qu'il est trop gentil avec Foster. Bien que Foster &#233;vite soigneusement d'attaquer directement le Parti communiste, son point de vue est une attaque directe contre tout le mouvement de lib&#233;ration nationale et toutes les forces qui constituent cette alliance. Les prises de position de Foster et tous ceux qui suivent des positions du m&#234;me type sont un poison pour la classe ouvri&#232;re et peuvent amener, comme le remarquait L&#233;nine, &#224; une subordination des int&#233;r&#234;ts des travailleurs derri&#232;re ceux de la bourgeoisie. De tels courants vont se poursuivre au cours de l'intensification de la lutte. C'est pour cette raison que nous ne devons pas &#234;tre gentils avec Foster et que nous devons le consid&#233;rer comme un ennemi id&#233;ologique et adopter une attitude plus offensive. Cette attaque de Foster doit &#234;tre comprise non seulement comme un combat contre l'opportunisme mais comme un moyen d'&#233;duquer les masses. Il ne faut pas le comprendre comme une attaque contre le FOSATU, ou toute autre organisation de masse, mais comme des &#233;l&#233;ments s'adressant &#224; ces organisations pour leur &#233;viter de se tromper de direction dans la r&#233;volution. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de Toussaint appelle l'attention sur les t&#226;ches du Parti communiste en relation avec la dynamique croissante du mouvement syndical et, en g&#233;n&#233;ral, avec les luttes politiques en Afrique du sud. Selon nous, le Parti a devant lui les t&#226;ches suivantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est urgent d'augmenter notre travail dans les syndicats, un domaine vital pour notre Parti et o&#249; il doit absolument consolider sa position. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) En m&#234;me temps, nous devons combattre la prolif&#233;ration des id&#233;es ultra-gauches et de droite. &lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Dans notre programme en direction des masses, nous devons d&#233;velopper de diverses mani&#232;res des concepts comme &#171; le colonialisme d'un type sp&#233;cial &#187; pour en d&#233;duire notre place vis-&#224;-vis des autres organisations et leurs relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les relations de Mandela et de l'ANC avec le Parti communiste sud-africain et avec les communisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de la d&#233;claration de Nelson Mandela &#224; son Proc&#232;s de Rovonia d'octobre 1963-mai 1964 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (&#8230;) Je nierai pas le fait que j'ai &#233;t&#233; un des fondateurs de l'Umkonto we Sizwe, (organisation militaire clandestine de la lutte arm&#233;e contre l'Apartheid), et que j'y ai jou&#233; un r&#244;le important jusqu'&#224; mon arrestation en ao&#251;t 1962. mais je veux dire d'embl&#233;e que l'id&#233;e &#233;mise par l'accusation dans son r&#233;quisitoire selon laquelle la lutte en Afrique du sud serait dirig&#233;e par des &#233;trangers ou des communistes est d&#233;nu&#233;e de fondement. (...) Les fondateurs de l'Umkonto &#233;taient tous membres du Congr&#232;s National Africain et nous avions derri&#232;re nous une longue tradition de non-violence et de recours &#224; la n&#233;gociation pour r&#233;soudre les conflits politiques. (&#8230;) En 1956, cent cinquante-six membres dirigeants de l'Alliance du Congr&#232;s (r&#233;unissant l'ANC, le Congr&#232;s indien, l'union nationale des gens de couleur, le Congr&#232;s d&#233;mocrate, enfin le syndicat SACTU), dont j'&#233;tais furent arr&#234;t&#233;s sous l'inculpation de haute trahison, et inculp&#233;s en vertu de la Loi sur la suppression du communisme. L'accusation mit en doute la politique non violente de l'ANC, mais la Cour en vint &#224; la conclusion qu'il ne pratiquait pas une politique de violence, lorsque cinq ans plus tard nous f&#251;mes acquitt&#233;s de tous les chefs d'accusation, parmi lesquels la pr&#233;tendue intention d'&#233;tablir un Etat communiste &#224; la place du r&#233;gime existant. Le gouvernement a toujours cherch&#233; &#224; qualifier ses adversaires de communistes. Aujourd'hui il a de nouveau repris ce grief, mais ainsi que je le montrerai, l'ANC n'est pas et n'a jamais &#233;t&#233; une organisation communiste. (&#8230;) Depuis longtemps le peuple souhaitait la violence en parlant du jour o&#249; il combattrait l'homme blanc et reconqu&#233;rrait son pays, tandis que nous, dirigeants de l'ANC, nous efforcions de faire pr&#233;valoir notre point de vue : le recours aux voies pacifiques. (&#8230;) Chaque d&#233;sordre exprimait clairement la conviction qui se r&#233;pandait parmi les Africains que la violence devenait la seule solution ; il montrait aussi qu'un gouvernement qui utilise la force pour maintenir son pouvoir apprend aux opprim&#233;s &#224; se servir de la force pour lutter contre lui. D&#233;j&#224;, de petits groupes s'&#233;taient form&#233;s dans les r&#233;gions urbaines et pr&#233;paraient spontan&#233;ment les bases d'une action violente. (&#8230;) D&#233;but juin 1961, apr&#232;s avoir m&#251;rement &#233;tudi&#233; la situation, nous arriv&#226;mes &#224; cette conclusion que les dirigeants africains feraient preuve de peu de r&#233;alisme et de clairvoyance s'ils continuaient &#224; pr&#234;cher la paix et la non-violence, au moment o&#249; le gouvernement r&#233;pondait &#224; nos requ&#234;tes pacifiques par la force. Nous n'about&#238;mes pas de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; une telle conclusion. Ce fut seulement quand tout le reste eut &#233;chou&#233;, quand toutes les voies de protestation pacifique nous eurent &#233;t&#233; barr&#233;es, que la d&#233;cision fut prise de s'engager dans les formes violentes d'action et de constituer l'Umkonto we Sizwe. (&#8230;) Il y a quatre formes d'action violente possible : le sabotage, la gu&#233;rilla, le terrorisme et la r&#233;volution ouverte. Nous avons choisi d'adopter la premi&#232;re m&#233;thode (&#8230;) Notre Manifeste proclamait : &#171; (&#8230;) Nous esp&#233;rons ramener le pouvoir et ses partisans au bon sens avant qu'il ne soit trop tard. Nous esp&#233;rons qu'une transformation du gouvernement et de sa politique interviendront avant qu'on ait atteint le seuil irr&#233;vocable de la guerre civile. &#187; (&#8230;) Les attaques contre les points vitaux de l'&#233;conomie du pays devaient s'accompagner de sabotage des b&#226;timents gouvernementaux et d'autres symboles de l'apartheid. Ces attaques devaient constituer un signal de ralliement pour notre peuple, et l'encourager &#224; participer &#224; des actions de masse non-violentes, comme des gr&#232;ves et des manifestations. Constituant par ailleurs un exutoire pour les partisans des m&#233;thodes violentes, elles nous permettraient de prouver concr&#232;tement &#224; nos militants que nous avions adopt&#233; une ligne plus dure et que nous riposterions d&#233;sormais aux diverses positions de force du gouvernement. (&#8230;) Les activit&#233;s de l'Umkonto &#233;taient contr&#244;l&#233;es et dirig&#233;es par le haut commandement national qui avait pouvoir de cooptation et de nommer des commandements r&#233;gionaux. (&#8230;) Je signale au passage que les termes &#171; haut commandement &#187; et &#171; commandement r&#233;gional &#187; avaient &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; l'organisation nationale juive clandestine Irgoun Zvai Leumi, qui op&#233;ra en Isra&#235;l entre 1944 et 1948. (Mandela fait r&#233;f&#233;rence &#224; l'organisation d'extr&#234;me droite juive). (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'accusation assure encore que les faits et les objectifs de l'ANC et du Parti communiste sont identiques. Je voudrai en parler, ainsi que de ma propre position politique. Je cite ces all&#233;gations car il est &#224; craindre que l'accusation ne se fonde sur certaines pi&#232;ces pour affirmer que j'ai tent&#233; d'introduire le marxisme dans l'ANC. L'all&#233;gation, en ce qui concerne l'ANC, est totalement fausse. Ce n'est pas un argument neuf : il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;fut&#233; au proc&#232;s de trahison. Mais, puisqu'on le ressort, j'en parlerai ici, de m&#234;me que des relations entre l'ANC et le Parti communiste d'une part et avec le parti Umkonto d'autre part.&lt;br class='autobr' /&gt;
La doctrine de l'ANC consiste et a toujours consist&#233; dans un nationalisme africain. (&#8230;.) Le document politique le plus important qu'ait adopt&#233; l'ANC est la Charte de la libert&#233;, qui n'est en aucune fa&#231;on un manifeste pour un Etat socialiste. Elle appelle &#224; une redistribution, mais non &#224; une nationalisation de la terre. (&#8230;) Selon la Charte de la libert&#233;, les nationalisations s'inscriraient dans une &#233;conomie fond&#233;e sur l'entreprise priv&#233;e. La r&#233;alisation de la Charte de la libert&#233; offrirait de nouvelles perspectives &#224; toutes les classes &#8211; bourgeoisie comprise &#8211; d'une population africaine d&#232;s lors prosp&#232;re. L'ANC n'a jamais, &#224; aucune p&#233;riode de son histoire, pr&#233;conis&#233; un changement r&#233;volutionnaire de la structure &#233;conomique du pays. Il n'a jamais non plus, autant que je m'en souvienne, condamn&#233; la soci&#233;t&#233; capitaliste. (&#8230;) Je suis entr&#233; &#224; l'ANC en 1944. Quand j'&#233;tais jeune, je pensais que l'admission des communistes au sein de l'ANC et la coop&#233;ration &#233;troite qui existait parfois sur des probl&#232;mes particuliers entre cette organisation et le parti communiste finiraient par alt&#233;rer le concept de nationalisme africain. J'&#233;tais alors membre de la Ligue de la jeunesse de l'ANC, et j'appartins &#224; un groupe qui demanda l'expulsion des communistes de l'ANC. Cette motion fut repouss&#233;e &#224; une grosse majorit&#233;. On trouvait parmi ceux qui votaient contre quelques uns des &#233;l&#233;ments les plus conservateurs de l'opinion africaine. Ils disaient que, depuis sa cr&#233;ation, l'ANC s'&#233;tait form&#233; et d&#233;velopp&#233; non comme un parti exprimant une politique rigoureuse, mais comme un Parlement du peuple africain accueillant des gens d'opinions politiques diff&#233;rentes unis par un but commun : la lib&#233;ration nationale. Je fus finalement converti &#224; cette fa&#231;on de voir. Je l'ai soutenue depuis lors. (&#8230;) La t&#226;che fondamentale, en ce moment, doit &#234;tre l'&#233;limination de toute discrimination raciale et l'&#233;tablissement de droits d&#233;mocratiques sur la base de la Charte de la libert&#233;. La lutte pour ces droits devrait &#234;tre men&#233;e par un ANC fort. Dans la mesure o&#249; le parti communiste fait sien cet objectif qu'il soit le bienvenu. De mes lectures d'ouvrages marxistes et de mes conversations avec des communistes, j'ai tir&#233; l'impression que les communistes consid&#232;rent le syst&#232;me parlementaire occidental comme non d&#233;mocratique et r&#233;actionnaire. Moi, au contraire, je l'admire. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste</title>
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		<dc:date>2019-11-13T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Fascisme</dc:subject>
		<dc:subject>Bolivie Bolivia</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;mission d'Evo Morales face au coup d'Etat de l'arm&#233;e et de la police a laiss&#233; les deux vraies forces l'une en face de l'autre, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat et les forces arm&#233;es de la bourgeoisie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 11 novembre, sous pr&#233;texte de pillages dans la capitale et, en fait, face &#224; des r&#233;volt&#233;s politiques qui, pro-Morales ou pas, s'opposaient au coup d'Etat, l'arm&#233;e a rejoint la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Fascisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot154" rel="tag"&gt;Bolivie Bolivia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En Bolivie, le face &#224; face entre prol&#233;taires en armes et contre-r&#233;volution militaire, polici&#232;re et capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mission d'Evo Morales face au coup d'Etat de l'arm&#233;e et de la police a laiss&#233; les deux vraies forces l'une en face de l'autre, c'est-&#224;-dire le prol&#233;tariat et les forces arm&#233;es de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 novembre, sous pr&#233;texte de pillages dans la capitale et, en fait, face &#224; des r&#233;volt&#233;s politiques qui, pro-Morales ou pas, s'opposaient au coup d'Etat, l'arm&#233;e a rejoint la police pour imposer le calme dans le rues mais les fermes intentions des forces de r&#233;pression, et leurs m&#233;thodes ultraviolentes n'ont pas suffi ni &#224; calmer les &#233;meutiers ni &#224; &#233;craser l'&#233;meute, ni en une heure, ni en un jour, la r&#233;volte &#233;tant trop massive et trop profonde pour cela. La r&#233;volte contre la nouvelle dictature militaire n'est pas l'action d'infimes minorit&#233;s mais une action de masse. Qui plus est de masses prol&#233;tariennes en armes ! El Alto, ville prol&#233;tarienne et mini&#232;re a des fameuses traditions de combat et ne craint pas la lutte prol&#233;tarienne arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'arm&#233;e tire dans les rues, ne croyez pas que c'est pour tuer, non c'est pour&#8230; faire le moins de morts officiels possibles mais le plus de cadavres !!! &#171; Le commandement militaire a d&#233;cid&#233; que des op&#233;rations conjointes seront men&#233;es avec la police pour &#233;viter le sang et le deuil dans la famille bolivienne &#187;, a d&#233;clar&#233; le commandant en chef de l'arm&#233;e, William Kaliman, dans une d&#233;claration t&#233;l&#233;vis&#233;e. Il a appel&#233; ses troupes &#224; utiliser &#171; la force de mani&#232;re proportionn&#233;e contre les actions de groupes de vandales qui provoquent la terreur dans la population &#187;. L'arm&#233;e a d&#233;cr&#233;t&#233; : &#171; nous ne tirons pas sur le peuple mais sur les ennemis du peuple &#187; et il ne reste plus que de savoir qui est l'ennemi des peuple et qui sont ses amis !!! Ce d&#233;bat ne se tranchera pas par la parole mais par les armes ! L'arm&#233;e tire dans les rues, se pr&#233;tendant seulement sur la d&#233;fensive et &#233;tant attaqu&#233;e par les r&#233;volt&#233;s, et d&#233;clare tirer sur des bandits et des pillards &#171; en rappelant &#224; la population que les forces arm&#233;es n'ouvriront jamais le feu contre elle &#187;. Chacun appr&#233;ciera la nuance : si on lui tire dessus, c'est qu'il est consid&#233;r&#233; comme un bandit. La plupart des gens ne sortent donc plus de chez eux. Allez savoir ce que cela signifie sur leur position face au coup d'Etat ?!!! Cela montre en tout cas que l'arm&#233;e avait peur que son intervention violente ne pousse le peuple bolivien dans le camp des r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux points de la r&#233;volte arm&#233;e &#233;taient &#224; El Alto, &#224; La Paz (la capitale) et &#224; Cocabamba, l&#224; o&#249; le militantisme radical qui est le plus hostile au coup d'Etat s'est le plus d&#233;velopp&#233;, organis&#233; et arm&#233;, pr&#234;t &#224; en d&#233;coudre dans le sang s'il le faut mais nullement pr&#234;t &#224; reculer m&#234;me face &#224; l'arm&#233;e bolivienne. Et celle-ci ne les minimise pas, ne les n&#233;glige pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne pouvait n&#233;gliger la menace d'El Alto d'envahir La Paz, ce type de menace du quartier le plus prol&#233;tarien de d&#233;ferler sur la capitale a toujours fait trembler la classe poss&#233;dante&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier jour de cette r&#233;volte contre le coup d'Etat, de tr&#232;s nombreux commissariats de police ont flamb&#233; du fait des actions des manifestants. C'est ce qui a justifi&#233; l'appel officiel du chef de la police au chef de l'arm&#233;e et la tentative de faire passer le coup d'Etat en simple op&#233;ration de maintien de l'ordre contre des &#171; pillards &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les semaines d'affrontement entre Morales et ses opposants, un grand nombre de policiers avaient d&#233;missionn&#233; ou disparu, ce qui a augment&#233; le chaos, les partisans des deux camps se battant physiquement et s'armant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre forces sociales se sont unies pour combattre la mise en place de la dictature militaire : les prol&#233;taires, les d&#233;munis des villes, les paysans et les Am&#233;rindiens ! Il en r&#233;sulte que l'insurrection n'est nullement une protestation finale de d&#233;fenseurs de Morales mais des combattants d'une lutte que ce dernier a choisi de ne pas mener et a fui&#8230; Si la fuite de Morales a affaibli moralement ses partisans, comme ses m&#233;thodes de gouvernement les avait discr&#233;dit&#233;s dans les milieux populaires, elle a aussi attis&#233; leur col&#232;re et les a amen&#233;s &#224; rejoindre les plus pauvres et les ouvriers radicaux, constituant un camp r&#233;volutionnaire pas ridicule du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement Morales a fui le combat mais il a appel&#233; son camp &#224; la cessation des violences, en somme &#224; se laisser faire et &#224; compter sur l'Organisation des Etats am&#233;ricains pour refuser la dictature militaire en Bolivie !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e s'est retranch&#233; derri&#232;re son &#171; devoir constitutionnel &#187;, suite &#224; son d&#233;part et au vide du pouvoir, pour justifier la mise en place d'une nouvelle dictature sanglante soutenue par les USA que la population civile ne souhaite absolument pas, y compris la plupart des opposants &#224; Morales qui &#233;taient descendus dans les rues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de r&#233;pression sont le seul reste du pouvoir d'Etat, tous ses responsables ayant d&#233;missionn&#233;, le pr&#233;sident, le vice-pr&#233;sident, la pr&#233;sidente et le vice-pr&#233;sident du S&#233;nat ainsi que le pr&#233;sident de la Chambre des d&#233;put&#233;s. C'est le vide institutionnel. Tous les dirigeants politiques de la bourgeoisie reconnaissent se sentir incapables de gouverner un peuple en r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, le chef de l'arm&#233;e affirme que ce vide n'est que provisoire et que l'arm&#233;e ne supprime pas le gouvernement civil. Il cherche &#224; rassurer dans un pays o&#249; la dictature militaire est de sinistre m&#233;moire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de soutien au coup d'Etat essaient de faire croire que c'est Evo Morales qui a manipul&#233; la r&#233;volte arm&#233;e mais c'est compl&#232;tement faux puisqu'il a appel&#233; au contraire publiquement ses partisans &#224; abandonner le combat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de lancer des appels r&#233;volutionnaires, Morales a essay&#233; d'&#233;teindre le feu pour &#171; ne pas tomber dans la violence de groupes qui cherchent &#224; d&#233;truire l'&#201;tat de droit &#187;. &#171; Nous ne pouvons pas nous battre entre fr&#232;res boliviens. J'appelle urgemment &#224; r&#233;soudre les divergences par le dialogue et la consultation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacifiste Morales ne pouvait emp&#234;cher l'occupation des rues par l'arm&#233;e et la police qui tirent dans la foule. Il pouvait seulement achever de d&#233;sarmer politiquement ses militants et une partie du camp des plus d&#233;munis, montrant une fois de plus qu'il n'a fait que tromper les pauvres et les Indiens opprim&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de se m&#233;prendre : la r&#233;volte, ce n'est pas Morales contre le coup d'Etat, c'est bel et bien une guerre civile entre prol&#233;tariat des villes et des campagnes et bourgeoisie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires d'El Alto et La Paz ont tenu des barricades d&#233;fendues par de la dynamite fournie par les ouvriers mineurs ! Comme ils ne craignaient pas de sauter avec, les militaires et policiers n'&#233;taient pas trop d&#233;sireux de se confronter directement &#224; eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e bolivienne a affirm&#233; ne pas d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts de personnes mais &#171; la constitution bolivienne &#187; mais cela ne trompe personne : la nouvelle dictature est soutenue par les &#233;l&#233;ments les plus racistes et fascistes des classes poss&#233;dantes ainsi que par le pr&#233;sident Trump !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Kaliman, devenu le nouveau pouvoir, pr&#233;tend ne pas l'&#234;tre et ne servir qu'&#224; ramener l'ordre mais cela ne trompe personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des combats acharn&#233;s ont eu lieu alors que des milliers de paysans et de travailleurs d'El Alto et d'autres r&#233;gions environnantes de La Paz se sont mobilis&#233;s dans la capitale pour protester contre le coup d'&#201;tat en scandant &#171; Maintenant, l'heure de la guerre civile &#187;. Plusieurs b&#226;timents de la police ont &#233;t&#233; occup&#233;s puis incendi&#233;s &#224; El Alto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces arm&#233;es ont r&#233;agi en activant &#171; Plan Sebasti&#225;n Pagador &#187; pour &#171; r&#233;tablir la paix et la stabilit&#233; &#187;, ce que la police applique en tirant des manifestants &#224; coups de balles r&#233;elles et de grenades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me une fois que nombre de ses partisans &#233;taient engag&#233;s dans la lutte arm&#233;e contre le coup d'Etat, Morales s'est gard&#233; de prendre leur parti dans le conflit. Il s'est content&#233;, avec son parti le MAS, d'appeler l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (OEA), qui avait d&#233;j&#224; demand&#233; un deuxi&#232;me tour avant les r&#233;sultats finaux, &#224; effectuer un &#171; audit contraignant &#187; sur les &#233;lections ! Une d&#233;robade ridicule ! L'OEA a annonc&#233; que Morales avait trich&#233; et exig&#233; une nouvelle &#233;lection et Morales le a suivis, s'inclinant devant cette d&#233;cision. Mais ce n'est pas l'OEA qui va emp&#234;cher l'arm&#233;e d'instaurer une dictature militaire avant toute &#233;lection et m&#234;me sans &#233;lection, et d'&#233;craser violemment le peuple travailleur. N'en d&#233;plaise &#224; Morales, pour cela il ne faut certainement pas compter sur l'OEA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fausses extr&#234;mes gauches du monde qui semaient des illusions sur Morales en sont pour leurs mensonges ! Les ouvriers, les paysans, les femmes, les jeunes qui ont cru en Morales et dans le MAS ont appris rapidement qui &#233;taient leurs faux amis et quelles &#233;taient leurs vraies forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'arm&#233;e bourgeoise bolivienne, que Morales n'a jamais dissoute bien entendu, et qui s'est ainsi montr&#233;e fid&#232;le &#224; ses traditions fascistes !&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une v&#233;ritable guerre civile qui a eu lieu en Bolivie, les troupes tirant &#224; balles r&#233;elles et avec des grenades contre des manifestants qui bloquaient des rues et des autoroutes. Les paysans de Cochabamba ont subi les tirs d'h&#233;licopt&#232;res tirant dans la foule !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, c'est l'ensemble du commandement militaire qui d&#233;tient le pouvoir absolu en Bolivie et les exactions et vengeances contre leurs opposants se sont multipli&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volte et la fuite des esclaves des mines du Laurion en Gr&#232;ce en 413 avant J.-C</title>
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		<dc:date>2019-08-01T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;volte et la fuite des esclaves des mines du Laurion en Gr&#232;ce en 413 avant J.-C. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'une des grandes r&#233;voltes d'esclaves connues de l'Antiquit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a vu, en Attique m&#234;me, &#224; la fin du second si&#232;cle av. les esclaves des mines du Laurion massacrer leurs surveillants, s'emparer de la forteresse de Sounion, et d&#233;vaster pendant longtemps le pays. (Osidonios, fragm. 35 - M&#252;ller) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mines, de l'argent et de plomb du Laurion, exploit&#233; par Ath&#232;nes au Ve si&#232;cle av. J.-C., utilisaient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_12762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/Mines_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH370/Mines_1-e5011.jpg?1778039377' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH473/350px-Carte_bd-9b7b4.jpg?1778039377' width='350' height='473' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L349xH287/350px-Carte_du_Laurion_antique-3fb8d.jpg?1778039377' width='349' height='287' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH258/550px-Laveries_et_citernes_du_laurion-2d1a7.jpg?1778039377' width='500' height='258' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH173/260px-Lavrion499-dee34.jpg?1778039377' width='260' height='173' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/h-S4UZv8vsPxslCpyfsjwHc5ewI.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/h-S4UZv8vsPxslCpyfsjwHc5ewI-1b421.jpg?1778039377' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH264/260px-Mineur_grec_ancien2-74330.jpg?1778039377' width='259' height='264' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L330xH474/330px-Galena_Galenit_Bleiglanz-d503d.jpg?1778039377' width='330' height='474' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L398xH398/11-556505-985e2.jpg?1778039377' width='398' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte et la fuite des esclaves des mines du Laurion en Gr&#232;ce en 413 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l'une des grandes r&#233;voltes d'esclaves connues de l'Antiquit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a vu, en Attique m&#234;me, &#224; la fin du second si&#232;cle av. les esclaves des mines du Laurion massacrer leurs surveillants, s'emparer de la forteresse de Sounion, et d&#233;vaster pendant longtemps le pays. (Osidonios, fragm. 35 - M&#252;ller)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mines, de l'argent et de plomb du Laurion, exploit&#233; par Ath&#232;nes au Ve si&#232;cle av. J.-C., utilisaient une grande quantit&#233; d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les mines du Laurion dans l'antiquit&#233;&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On d&#233;signe sous le nom de Laurion (Aaupiov, Aaupetov) la r&#233;gion &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'Attique, dont les Ath&#233;niens ont exploit&#233; dans l'antiquit&#233; les &lt;br class='autobr' /&gt;
gisements de plomb argentif&#232;re. Elle est situ&#233;e &#224; l'extr&#233;mit&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;ridionale du pays et forme un triangle dont les trois sommets &lt;br class='autobr' /&gt;
sont occup&#233;s par le cap Sounion, le golfe Saint-Nicolas et la &lt;br class='autobr' /&gt;
baie de Daskalio. Elle est constitu&#233;e par un groupe de collines, &lt;br class='autobr' /&gt;
qui, baign&#233; par la mer Eg&#233;e &#224; l'Est, au Sud, et au Sud-Ouest, est &lt;br class='autobr' /&gt;
born&#233; au Nord par la plaine de K&#233;rat&#233;a (plaine Misog&#233;&#233;) et parla &lt;br class='autobr' /&gt;
plaine d'Anavyssos. Entre les deux, le col de M&#233;tropisi (162&#8482;) l'isole de la montagne de K&#233;rat&#233;a (mont Paneion) ; au Nord Est &lt;br class='autobr' /&gt;
seulement, les hauteurs qui bordent le rivage se rattachent &lt;br class='autobr' /&gt;
sans solution de continuit&#233; &#224; celles de Daskalio et de Porto- &lt;br class='autobr' /&gt;
Raphti. Ainsi d&#233;limit&#233;, le Laurion mesure environ dix-sept kilo- &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#232;tres et demi de longueur sur une largeur maxima de douze &lt;br class='autobr' /&gt;
kilom&#232;tres ; ce n'est donc qu'une tr&#232;s petite partie de l'Attique &lt;br class='autobr' /&gt;
ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la nature de ses terrains, le Laurion appartient au syst&#232;me &lt;br class='autobr' /&gt;
des schistes cristallins et des calcaires-marbres qui forment le &lt;br class='autobr' /&gt;
Sud de l'Attique et de l'Eub&#233;e et la majorit&#233; des Cyclades. Ces &lt;br class='autobr' /&gt;
couches s&#233;dimentaires anciennes se r&#233;partissent en cinq s&#233;ries : &lt;br class='autobr' /&gt;
deux se composent de schistes et trois de calcaires. Reposant &lt;br class='autobr' /&gt;
les unes sur les autres en stratification concordante, elles ont &lt;br class='autobr' /&gt;
toutes &#233;galement subi l'action des forces orog&#233;niques. Elles sont &lt;br class='autobr' /&gt;
pliss&#233;es sous la forme d'un anticlinal, dont l'axe est dirig&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
du Sud-Ouest au Nord 15e Est. Du c&#244;t&#233; de l'Est, elles s'inclinent &lt;br class='autobr' /&gt;
en pente douce ; du c&#244;t&#233; de l'Ouest, le plongement en est plus &lt;br class='autobr' /&gt;
rapide et est encore accentu&#233; par une longue faille presque &lt;br class='autobr' /&gt;
rectiligne qui suit la vall&#233;e Legrana et s'allonge jusqu'au Lulie &lt;br class='autobr' /&gt;
Kouki. En outre, l'ar&#234;te anticlinale ondule verticalement, de telle &lt;br class='autobr' /&gt;
sorte que les strates se rel&#232;vent lentement du cap Sounion &#224; Plaka &lt;br class='autobr' /&gt;
et au del&#224; descendent vers le Nord. Ce grand plissement donne au &lt;br class='autobr' /&gt;
relief du Laurion son trait essentiel : le fa&#238;te orographique principal, nettement orient&#233; du S.S.O. au N.N.E., est parall&#232;le &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'axe de l'anticlinal et se confond sensiblement avec lui. Telle est, &lt;br class='autobr' /&gt;
en effet, la direction des sommets de l'Ovrio Castro (312&#8482;) et du &lt;br class='autobr' /&gt;
Tsakiri (328&#8482;), celle aussi des monts Ripari (372&#034;a)et du plateau qui &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tale au Sud ses contreforts jusqu'au cap Sounion. Sont align&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
de m&#244;me &#224; l'Ouest la cr&#234;te irr&#233;guli&#232;re qui court du Lulie Kouki &lt;br class='autobr' /&gt;
(204&#8482;) au Katzulieri (220&#034;) ; &#224; l'Est, celle qui, partant du V&#233;laturi &lt;br class='autobr' /&gt;
ou pic de Thoricos (145&#034;), longe la vall&#233;e du Potamo. Sous ce &lt;br class='autobr' /&gt;
rapport, les collines du Laurion ressemblent au mont Hymette et &lt;br class='autobr' /&gt;
appartiennent comme lui &#224; la s&#233;rie des ridements, orient&#233;s du &lt;br class='autobr' /&gt;
Sud-Ouest au Nord-Est, qui caract&#233;risent plusieurs r&#233;gions &lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;ti&#232;res de la mer Eg&#233;e. Mais le dessin tectonique du pays est &lt;br class='autobr' /&gt;
moins simple qu'on ne le supposerait d'apr&#232;s cette indication. Un &lt;br class='autobr' /&gt;
plissement secondaire est venu compliquer en deux endroits la &lt;br class='autobr' /&gt;
structure du relief. D'abord, au centre, les hauteurs de Plaka &lt;br class='autobr' /&gt;
(360&#8482;) interrompent et coupent &#224; angle droit la cha&#238;ne ma&#238;tresse : sur plus de trois kilom&#232;tres, de M&#233;tropisi &#224; Thoricos, &lt;br class='autobr' /&gt;
leur axe irr&#233;gulier prolonge celui de la montagne de K&#233;rat&#233;a. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, au Sud-Ouest, le cha&#238;non du Proph&#232;te Elias (356&#8482;) est &lt;br class='autobr' /&gt;
perpendiculaire &#224; l'alignement normal. Nous retrouvons ici l'orientation du mont Pent&#233;lique et des monts de la Gr&#232;ce centrale. Ainsi, sur une petite surface, se manifestent clairement &lt;br class='autobr' /&gt;
les effets du double effort de plissement qui a travaill&#233; la r&#233;gion &lt;br class='autobr' /&gt;
occidentale de l'Archipel, et le Laurion est comme une image &lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;duite d'une contr&#233;e beaucoup plus vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des accidents locaux ont modifi&#233; dans le d&#233;tail les r&#233;sultats &lt;br class='autobr' /&gt;
g&#233;n&#233;raux des actions orog&#233;niques. La grande faille, qui, sur &lt;br class='autobr' /&gt;
douze kilom&#232;tres de longueur, a fendu en ligue droite le versant &lt;br class='autobr' /&gt;
occidental du pli anticlinal, a trac&#233; les premiers lin&#233;aments d'un &lt;br class='autobr' /&gt;
sillon, creus&#233; et d&#233;blay&#233; ensuite par l'&#233;rosion. On le suit du Sud &lt;br class='autobr' /&gt;
au Nord quand, partant du rivage, on remonte la vall&#233;e Legrana : &lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce tron&#231;on inf&#233;rieur, un torrent, qui ne roule d'eau qu'&#224; la &lt;br class='autobr' /&gt;
suite des orages, a &#233;tabli son lit. La petite plaine de M&#233;gala &lt;br class='autobr' /&gt;
Pevka et le val Berz&#233;ko prolongent le couloir jusqu'au col de &lt;br class='autobr' /&gt;
Synt&#233;rini. Au del&#224;, le m&#234;me accident repara&#238;t encore, mais &#224; une &lt;br class='autobr' /&gt;
altitude plus &#233;lev&#233;e (164&gt;) sur le plateau septentrional, allong&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
au pied des Ripari. C'est ainsi qu'une voie naturelle de communication relie les districts miniers du Nord &#224; ceux du Sud. C'est &lt;br class='autobr' /&gt;
de m&#234;me &#224; une cassure que la vall&#233;e du Potamo doit naissance, &lt;br class='autobr' /&gt;
nouveau chemin d'acc&#232;s, le plus facile, sinon le plus court, de &lt;br class='autobr' /&gt;
ceux qui joignent Thoricos &#224; la plaine de K&#233;rat&#233;a. L'&#233;rosion a &lt;br class='autobr' /&gt;
aplani ce corridor sinueux, que suit aujourd'hui le chemin de fer &lt;br class='autobr' /&gt;
d'Ath&#232;nes au Laurion : dans le fond circule un ruisseau, qui n'a &lt;br class='autobr' /&gt;
d'un fleuve que le nom, mais c'est le seul du pays qui conserve. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tann&#233;e durant, quelques pieds d'eau dans certaines parties de &lt;br class='autobr' /&gt;
son cours. C'est encore &#224; un accident local qu'on peut attribuer &lt;br class='autobr' /&gt;
le petit pointement granitique, qui, aux environs de Plaka, a &lt;br class='autobr' /&gt;
interrompu l'allure normale des couches : il surgit en coupole &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; l'extr&#233;mit&#233; septentrionale de la faille, et barre le sillon qu'elle &lt;br class='autobr' /&gt;
a creus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terrains du Laurion ont &#233;t&#233; diversement model&#233;s par &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;rosion. Les deux assises sup&#233;rieures de calcaire et de schiste &lt;br class='autobr' /&gt;
ont beaucoup souffert. Le calcaire sup&#233;rieur a disparu presque &lt;br class='autobr' /&gt;
partout ; on ne le trouve plus qu'&#224; l'&#233;tat de t&#233;moin au sommet &lt;br class='autobr' /&gt;
des plus hautes collines, et l&#224; il se pr&#233;sente en masses tabulaires &lt;br class='autobr' /&gt;
aux parois abruptes. Le schiste sup&#233;rieur, laiss&#233; &#224; d&#233;couvert, &lt;br class='autobr' /&gt;
poss&#232;de par endroits une &#233;paisseur de quarante &#224; soixante &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#232;tres, ma&#239;s souvent aussi il a &#233;t&#233; compl&#232;tement enlev&#233;. L&#224; o&#249; &lt;br class='autobr' /&gt;
il a r&#233;sist&#233;, il se pr&#233;sente sous l'aspect d'&#233;minences aux contours &lt;br class='autobr' /&gt;
arrondis, ou de talus aux pentes douces ; quand il se d&#233;sagr&#232;ge, &lt;br class='autobr' /&gt;
il se r&#233;duit en une argile grise, qui, m&#234;l&#233;e de blocs calcaires, &lt;br class='autobr' /&gt;
va dans les creux de terrain s'amasser en un sol v&#233;g&#233;tal &lt;br class='autobr' /&gt;
de m&#233;diocre valeur. Les couches inf&#233;rieures, plus dures &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
entamer et soumises depuis moins longtemps aux intemp&#233;ries &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'air, ont fait meilleure contenance : elles couvrent encore &lt;br class='autobr' /&gt;
de vastes surfaces. Mais elles affectent des formes semblables &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
celles des strates pr&#233;c&#233;dentes : les parois verticales du calcaire &lt;br class='autobr' /&gt;
moyen surplombent les plans inclin&#233;s du schiste inf&#233;rieur. De l&#224;, &lt;br class='autobr' /&gt;
dans les traits du paysage Lauriotique, une certaine monotonie &lt;br class='autobr' /&gt;
rachet&#233;e, il est vrai, par le vif contraste des masses sombres &lt;br class='autobr' /&gt;
des schistes et des blancheurs &#233;clatantes des marbres. On &lt;br class='autobr' /&gt;
rencontre enfin &#231;&#224; et l&#224; des serpentines, d'origine douteuse, &lt;br class='autobr' /&gt;
qui, sur le bord de la mer, se dressent en falaises &#224; pic et &lt;br class='autobr' /&gt;
dessinent des pointes aigu&#235;s. Quant aux lambeaux de terrains &lt;br class='autobr' /&gt;
tertiaires que l'on retrouve eu quelques points, ils ne changent &lt;br class='autobr' /&gt;
en rien le model&#233; du relief&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de mine et de m&#233;tallurgie au Laurion &#233;taient &lt;br class='autobr' /&gt;
ex&#233;cut&#233;s par des esclaves. Les hommes libres, citoyens ou &#233;tran- &lt;br class='autobr' /&gt;
gers, se bornaient &#224; les diriger ; souvent m&#234;me ils remettaient ce &lt;br class='autobr' /&gt;
soin &#224; des intendants. Cependant, il arrivait que des Ath&#233;niens, &lt;br class='autobr' /&gt;
peu fortun&#233;s, travaillaient de leurs propres mains dans leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
concessions. Un client de D&#233;mosth&#235;ne d&#233;clare qu'il a gagn&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
beaucoup d'argent, eu payant de sa personne dans l'exploitation &lt;br class='autobr' /&gt;
des mines. Un autre Ath&#233;nien, nomm&#233; Callias, inventa lui- &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me un proc&#233;d&#233; pour fabriquer du cinabre avec un sable &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il extrayait de sa mine. Il semble que ces exemples &lt;br class='autobr' /&gt;
ne soient pas des exceptions. X&#233;nopbon nous apprend qu'il y &lt;br class='autobr' /&gt;
avait &#224; Ath&#232;nes une foule de gens qui avaient vieilli dans le &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;tier. Il est en effet probable que les petits industriels, qui &lt;br class='autobr' /&gt;
louaient des parts de mine &#224; 150 ou 160 drachmes par an, ne &lt;br class='autobr' /&gt;
se contentaient pas de surveiller leurs ouvriers, mais maniaient &lt;br class='autobr' /&gt;
eux-m&#234;mes le pic et le marteau. Il en &#233;tait de m&#234;me pour les &#233;trangers : l'un se glorifie d'avoir &#233;t&#233; un v&#233;ritable artiste en &lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;tallurgie ; un autre se donne le titre de ma&#238;tre fondeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faut remarquer que ces hommes libres &#233;taient toujours &lt;br class='autobr' /&gt;
les concessionnaires de leurs mines ou propri&#233;taires de leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
usines : ils travaillaient donc &#224; leur propre compte. Nous &lt;br class='autobr' /&gt;
n'avons en tous cas aucun indice qui nous laisse supposer qu'on &lt;br class='autobr' /&gt;
trouv&#226;t au Laurion des ouvriers libres embauch&#233;s et salari&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
par autrui. Il n'y avait gu&#232;re place, &#224; c&#244;t&#233; des ma&#238;tres, que &lt;br class='autobr' /&gt;
pour des esclaves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mine comme dans l'usine, on peut distinguer diverses &lt;br class='autobr' /&gt;
cat&#233;gories d'ouvriers. Chaque chantier comportait un certain nombre d'hommes qui avaient chacun leurs &lt;br class='autobr' /&gt;
fonctions. Tout d'abord venaient les mineurs proprement dits, &lt;br class='autobr' /&gt;
ceux qui maniaient la pointerolle et le pic ; derri&#232;re eux, les porteurs, que les auteurs comiques d&#233;signaient sous un sobriquet, parce qu'ils portaient sur leurs &#233;paules les &lt;br class='autobr' /&gt;
sacs remplis de minerais ou de d&#233;blais. Enfin, il y &lt;br class='autobr' /&gt;
avait des trieurs, charg&#233;s de s&#233;parer les minerais riches des &lt;br class='autobr' /&gt;
gangues st&#233;riles. On choisissait pour le premier m&#233;tier les &lt;br class='autobr' /&gt;
hommes adultes les plus robustes ; les jeunes gens et les enfants &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;taient employ&#233;s au transport ; je suppose que les femmes et les &lt;br class='autobr' /&gt;
vieillards &#233;taient occup&#233;s au triage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me dans les ateliers, il y avait trois classes d'ouvriers : &lt;br class='autobr' /&gt;
les esclaves des mortiers et des meules, les laveurs et les fondeurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon leur vigueur, leur &#226;ge, leur sexe, les esclaves &#233;taient &lt;br class='autobr' /&gt;
affect&#233;s &#224; des t&#226;ches diff&#233;rentes. Ce sont des adultes qui &lt;br class='autobr' /&gt;
maniaient le pilon ; ce sont des vieillards et des femmes qui &lt;br class='autobr' /&gt;
tournaient la meule. Il est clair que les mineurs et les fondeurs formaient le personnel de choix : tous les autres pouvaient &lt;br class='autobr' /&gt;
n'&#234;tre que de simples man&#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessus des ouvriers, il y avait des contre-ma&#238;tres &lt;br class='autobr' /&gt;
et des surveillants. Les premiers avaient la &lt;br class='autobr' /&gt;
direction des travaux techniques, et ils &#233;taient estim&#233;s tr&#232;s haut : &lt;br class='autobr' /&gt;
nous savons, par exemple, que le riche Nicias avait d&#233;pens&#233; un &lt;br class='autobr' /&gt;
talent (5,689 francs) pour l'achat d'un bon contre-ma&#238;tre. L'&#233;pistate &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait tant&#244;t un ma&#238;tre mineur, tant&#244;t un ma&#238;tre fondeur. C'est &lt;br class='autobr' /&gt;
lui qui conduit les recherches, l'abatage, l'extraction ; c'est lui &lt;br class='autobr' /&gt;
qui pr&#233;side aux lavages des minerais, qui v&#233;ritie les teneurs, qui &lt;br class='autobr' /&gt;
indique la composition &#224; donner aux lits de fusion et veille &#224; la &lt;br class='autobr' /&gt;
coupellation&#8230; Outre les &#233;pistates, il y avait des gardiens qui surveillaient l'ex&#233;cution des travaux, stimulaient &lt;br class='autobr' /&gt;
les ouvriers paresseux et pr&#233;venaient &#233;meutes et d&#233;sertions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mine, on travaillait jour et nuit. C'est du moins ce qui &lt;br class='autobr' /&gt;
se passait dans les mines d'or de la Haute-Egypte et dans les &lt;br class='autobr' /&gt;
mines d'Espagne, et nous n'avons pas de raison de supposer &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il en f&#251;t autrement au Laurion. Par suite, pour ne pas interrompre la besogne, il &#233;tait bon de remplacer les &#233;quipes &#224; certaines heures : il y avait des postes qui se succ&#233;daient r&#233;guli&#232;rement. Certains d&#233;tails de travail, que nous avons relev&#233;s dans &lt;br class='autobr' /&gt;
les galeries anciennes, nous permettent d'&#233;tablir quelle &#233;tait &#224; peu pr&#232;s la dur&#233;e de chaque veille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques auteurs anciens d&#233;plorent le sort des esclaves qui &lt;br class='autobr' /&gt;
vivaient dans les mines. Plutarque reproche &#224; Nicias d'avoir employ&#233; des esclaves ordinaires. &#171; Il n'y a personne, dit-il, qui &lt;br class='autobr' /&gt;
puisse approuver le travail que Nicias faisait faire dans ses &lt;br class='autobr' /&gt;
mines, o&#249; l'on n'emploie ordinairement que des sc&#233;l&#233;rats et des &lt;br class='autobr' /&gt;
barbares dont la plupart sont encha&#238;n&#233;s et p&#233;rissent t&#244;t ou tard &lt;br class='autobr' /&gt;
dans ces cavernes souterraines o&#249; l'air est toujours malsain. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien Diodore fait une peinture path&#233;tique de leurs souffrances dans les mines d'Egypte et d'Espagne. &#171; Tout le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
est saisi de commis&#233;ration &#224; l'aspect de ces malheureux, qui se &lt;br class='autobr' /&gt;
livrent &#224; ces travaux p&#233;nibles sans avoir autour du corps la &lt;br class='autobr' /&gt;
moindre &#233;toffe qui cache leur nudit&#233;. On ne fait gr&#226;ce ni &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
l'infirme ni &#224; l'estropi&#233;, ni au vieillard d&#233;bile, ni &#224; la femme &lt;br class='autobr' /&gt;
malade. On les force tous au travail &#224; coups redoubl&#233;s, jusqu'&#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
ce que, &#233;puis&#233;s de fatigue, ils expirent &#224; la peine. C'est pourquoi &lt;br class='autobr' /&gt;
ces infortun&#233;s, ployant sous les maux du pr&#233;sent, sans esp&#233;rance &lt;br class='autobr' /&gt;
de l'avenir, attendent avec joie la mort, qui leur est pr&#233;f&#233;rable &#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archive.org/stream/lesminesdulauri02ardagoog/lesminesdulauri02ardagoog_djvu.txt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation des filons de plomb argentif&#232;re du Laurion, au sud de l'Attique, commence sur une grande &#233;chelle en -483/-482, apr&#232;s la d&#233;couverte du filon. C'est la principale ressource financi&#232;re d'Ath&#232;nes. &#192; Ath&#232;nes, les esclaves sont les principaux extracteurs des mines d'argent du Laurion, n&#233;cessaires &#224; la stabilit&#233; mon&#233;taire de la cit&#233; grecque. Lauffer estime m&#234;me que pr&#232;s de 30 000 esclaves ont pu travailler dans ces seules mines et leurs moulins de traitement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ath&#233;nien afferme les mines. Il se constitue des associations de capitaux et l'exploitation donne lieu &#224; toutes sortes de march&#233;s. Certains capitalistes se sp&#233;cialisent dans la location d'esclaves aux entrepreneurs : Nicias, qui poss&#232;de un millier d'esclaves, parvient &#224; constituer une fortune consid&#233;rable. &#171; Il n'y a personne qui puisse approuver le travail que Nicias faisait faire dans ses mines, o&#249; l'on n'emploie ordinairement que des sc&#233;l&#233;rats et des barbares, dont la plupart sont encha&#238;n&#233;s et p&#233;rissent t&#244;t ou tard dans ces cavernes souterraines o&#249; l'air est toujours malsain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site du Laurion, &#224; l'extr&#233;mit&#233; S.-E. de l'Attique, constitue un exemple significatif d'exploitation mini&#232;re, dont l'importance pour l'&#233;conomie ath&#233;nienne du Ve si&#232;cle, d&#233;j&#224; soulign&#233;e par Thucydide et par X&#233;nophon, a &#233;t&#233; largement confirm&#233;e par l'investigation arch&#233;ologique. Ses mines de plomb argentif&#232;re, qui s'&#233;tendaient depuis le cap Sounion jusqu'au village de Thorikos, comportaient des puits descendant jusqu'&#224; 120 m&#232;tres de profondeur et pourvus d'un dispositif d'a&#233;rage, un syst&#232;me de galeries horizontales &#224; deux &#233;tages, des bassins de d&#233;cantation tr&#232;s intelligemment am&#233;nag&#233;s. Ces mines appartiennent &#224; l'&#201;tat qui, moyennant adjudication, accorde, suivant des conventions variables (cf. Aristote, Constitution d'Ath&#232;nes, 47), des concessions aux citoyens riches ; les droits et devoirs des parties sont garantis par la loi, et les conflits, r&#233;gl&#233;s lors de proc&#232;s dont les archontes saisissent un tribunal particulier. La main-d'&#339;uvre servile affect&#233;e au Laurion travaille dans des conditions si rudes qu'elles ont suscit&#233; &#224; plusieurs reprises d&#233;sertions (cf. Thucydide, VII, 27, 5) et r&#233;voltes (Ath&#233;n&#233;e, VI, 272 f) ; quant &#224; son importance d&#233;mographique, il est tr&#232;s difficile d'avancer une estimation : pour le Ve si&#232;cle, les chiffres vont de 10.000 &#224; 30.000 (cf. par exemple C.E. Conophagos, Le Laurion antique et la technique grecque de la production de l'argent, Ath&#232;nes 1980, p. 105 et 349). &#8212; La r&#233;gularit&#233; &#224; Ath&#232;nes de cette pratique du partage (&#948;&#953;&#945;&#957;&#959;&#956;&#8053;) des revenus miniers a &#233;t&#233; tr&#232;s discut&#233;e par les critiques modernes ; elle est en tout cas attest&#233;e pour Siphnos d&#232;s avant 524.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie mini&#232;re on distingue quelques gros concessionnaires. En Attique, on citait des personnages qui s'&#233;taient enrichis dans les mines du Laurion. Tel &#233;tait Nicias, dont la fortune montait &#224; cent talents (600.000 fr. environ) ; il exploita d'abord lui-m&#234;me sa concession avec mille esclaves, puis il sous-loua le tout &#224; un certain Sosias pour une redevance fixe. Celle d'&#201;picrat&#232;s et Cie fournissait un b&#233;n&#233;fice annuel de cent talents. Diphilos avait gagn&#233; beaucoup d'argent en n&#233;gligeant de prendre dans la sienne les mesures de s&#233;curit&#233; prescrites par la loi, c'est au point que, lorsque ses biens furent confisqu&#233;s, il fut distribu&#233; cent soixante talents (960.000 francs) entre les citoyens. Tous ces lots &#233;taient assur&#233;ment fort consid&#233;rables, mais ils formaient une infinie minorit&#233;. La multiplicit&#233; des travaux anciens, le nombre des puits, le r&#233;seau si serr&#233; des galeries, tout laisse supposer que le partage des terrains miniers &#233;tait extr&#234;me et les concessions tr&#232;s morcel&#233;es5. Aussi &#233;taient-elles &#224; la port&#233;e des plus petites bourses ; t&#233;moin cet Ath&#233;nien qui, avec un patrimoine de 4.500 francs, en acquit une o&#249; il fit la besogne d'un simple ouvrier. Il en &#233;tait de m&#234;me des ateliers de m&#233;tallurgie. L'examen attentif des lieux a conduit M. Ardaillon &#224; celle conclusion qu'il n'y avait pas au Laurion de vastes ensembles organis&#233;s sous une m&#234;me direction et par un seul ma&#238;tre pour traiter en grand des masses &#233;normes de minerai, mais plut&#244;t une foule de petits ateliers, ayant chacun leur ind&#233;pendance et leurs moyens propres, et appartenant chacun &#224; un propri&#233;taire distinct. Cette assertion est confirm&#233;e par les textes. Nous connaissons notamment deux ateliers de ce genre, dont l'un fut hypoth&#233;qu&#233;, esclaves compris, pour la somme de 6.000 francs, et dont l'autre, garni de trente esclaves, servit de garantie &#224; une cr&#233;ance de 10.500 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 425 avant J.-C., les Ath&#233;niens en conflit avec Sparte, utilisent la guerre sociale comme moyen de d&#233;stabiliser l'adversaire : il s'agit d'encourager, depuis leur base militaire de Pylos, les esclaves hilotes de Sparte &#224; se r&#233;volter. Sparte r&#233;agit en agissant de m&#234;me contre Ath&#232;nes. Avec une base permanente &#224; D&#233;c&#233;lie, ils encouragent la r&#233;volte des esclaves des mines de Laurion&#8230; avec succ&#232;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la guerre du P&#233;loponn&#232;se, 20.000 esclaves, exploit&#233;s dans les mines de plomb et d'argent du Laurion, se r&#233;voltent, s'enfuient et mettent le pays &#224; sac. L'exploitation du plomb argentif&#232;re est durablement interrompue. Or ces rentr&#233;es de richesses sont un &#233;l&#233;ment important de la richesse d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mines_du_Laurion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les mines du Laurion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://rrhh.free.fr/antiqu/laurion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'esclavage et l'exploitation des mines du Laurion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1949 : la gr&#232;ve de l'amiante au Qu&#233;bec (Abestos- Mines Theford)</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article5956</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article5956</guid>
		<dc:date>2018-08-28T22:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Eglise appuie les poss&#233;dants... La r&#233;pression violente &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1949, un conflit de travail &#233;clate &#224; Asbestos. Les mineurs de l'amiante r&#233;clament de meilleures conditions de travail, un meilleur salaire et surtout de meilleures protections contre les risques li&#233;s &#224; la sant&#233; dans les mines d'amiante. Duplessis appuie les patrons, mais les 5000 mineurs (d'Asbestos et de Thetford Mines) n'abandonnent pas. Le conflit dure 4 mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les mouvements syndicaux appuient la cause. Des denr&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_10401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/-4568.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-4568-9a86d.jpg?1778036992' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise appuie les poss&#233;dants...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH299/-4569-25c2c.jpg?1778036992' width='400' height='299' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;La r&#233;pression violente&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10409 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L435xH284/-4576-18649.jpg?1778036992' width='435' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L295xH458/-4579-e2c1a.jpg?1778036992' width='295' height='458' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1949, un conflit de travail &#233;clate &#224; Asbestos. Les mineurs de l'amiante r&#233;clament de meilleures conditions de travail, un meilleur salaire et surtout de meilleures protections contre les risques li&#233;s &#224; la sant&#233; dans les mines d'amiante. Duplessis appuie les patrons, mais les 5000 mineurs (d'Asbestos et de Thetford Mines) n'abandonnent pas. Le conflit dure 4 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les mouvements syndicaux appuient la cause. Des denr&#233;es sont envoy&#233;es aux gr&#233;vistes pour les aider. Comme la gr&#232;ve est jug&#233;e ill&#233;gale, Duplessis envoie les policiers, ce qui fait grimper la violence au sein des mineurs. C'est dans ce contexte que le gouvernement a impos&#233; la Loi contre les &#233;meutes qui stipule que la police peut arr&#234;ter n'importe qui ne se trouvant ni chez lui ni &#224; son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve d'Asbestos de 1949, qui dura plus de 8 mois, s'&#233;tendit aux mines de Thetford, a &#233;t&#233; l'un des conflits de travail les plus s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;s de l'histoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L280xH330/-4580-4e4af.jpg?1778036992' width='280' height='330' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10414 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH270/-4581-3ddba.jpg?1778036992' width='480' height='270' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L351xH264/-4570-3988b.jpg?1778036992' width='351' height='264' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/-4571.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-4571-fb4f5.jpg?1778036992' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH209/-4572-c0d4f.jpg?1778036992' width='300' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH362/-4574-c96cc.jpg?1778036992' width='500' height='362' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/-4575.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-4575-1f7dd.jpg?1778036992' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH318/-4578-22033.jpg?1778036992' width='500' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_10415 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH137/-4582-5b52a.jpg?1778036992' width='200' height='137' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10416 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L444xH249/-4583-1f191.jpg?1778036992' width='444' height='249' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10417 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH314/-4584-de3e8.jpg?1778036992' width='480' height='314' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_document_10410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L283xH178/-4577-57091.jpg?1778036992' width='283' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/-4573.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/-4573-6c303.jpg?1778036992' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La grande gr&#232;ve de l'amiante de 1949 d'Abestos au Qu&#233;bec &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_de_l%27amiante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;clenchement d'une gr&#232;ve par les travailleurs de l'amiante &#224; Asbestos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://pages.infinit.net/histoire/19990213.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Article dans &#171; Le Devoir &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sahra.qc.ca/exposition/progres.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un article de presse de l'&#233;poque&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://asbestos1949.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gr&#232;ve au travers de la presse&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://ici.radio-canada.ca/actualite/zonelibre/02-02/asbestos.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zone libre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lignedutemps.org/#evenement/8/1949_greve_de_lamiante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un expos&#233; sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/rouillard_jacques/greve_amiante_mythe/greve_amiante_mythe.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire Jacques Rouillard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/rouillard_jacques/greve_amiante_projet_reforme/greve_amiante_projet_reforme.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/contemporains/david_helene/greve_et_le_bon_dieu/greve.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire H&#233;l&#232;ne David&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=9dBisetskUY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un film sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/docs/asbestos/6Af.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore un article de Rouillard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eve.coop/?a=30&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La gr&#232;ve de l'amiante, r&#233;cit de Fran&#231;ois Lamarche&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/docs/asbestos/6Bc.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;cit de Roger Chartier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les films :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=5yz4H_7JFQo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un film sur l'amiante d'Abestos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ydRO3zwOZYo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film de la gr&#232;ve (en anglais)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=9dBisetskUY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une autre vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=jdkDm2OygL8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encore sur la gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=GKO_4HydD0U&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les gr&#233;vistes d'Abestos en 1949&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=owYxPB3Sggs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gr&#232;ve des mineurs de l'amiante&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://archives.radio-canada.ca/sports/syndicalisme/clips/15944/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canada&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mDZs4103w7Y&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les d&#233;buts de l'exploitation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image rest&#233;e embl&#233;matique :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10418 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/-4585.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-4585-b734e.jpg?1778036992' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Octobre 1934 en Espagne : la r&#233;volution manqu&#233;e</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article5890</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article5890</guid>
		<dc:date>2018-05-04T22:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Socialisme - Socialism</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Grandizo Munis : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Venons-en enfin aux Asturies, la seule partie du pays o&#249; le mouvement d'octobre 1934 prit d&#232;s le premier jour un caract&#232;re insurrectionnel aigu. Le mouvement ouvrier espagnol ne rendra jamais assez hommage &#224; ces courageux mineurs, qui surent s'emparer rapidement de la r&#233;gion en attaquant la Garde civile avec seulement quelques armes et de la dynamite. Gr&#226;ce &#224; eux, l'insultante d&#233;sertion socialiste se retourna contre les dirigeants du PSOE ; gr&#226;ce &#224; leur geste magnifique, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot97" rel="tag"&gt;Socialisme - Socialism&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Grandizo Munis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Venons-en enfin aux Asturies, la seule partie du pays o&#249; le mouvement d'octobre 1934 prit d&#232;s le premier jour un caract&#232;re insurrectionnel aigu. Le mouvement ouvrier espagnol ne rendra jamais assez hommage &#224; ces courageux mineurs, qui surent s'emparer rapidement de la r&#233;gion en attaquant la Garde civile avec seulement quelques armes et de la dynamite. Gr&#226;ce &#224; eux, l'insultante d&#233;sertion socialiste se retourna contre les dirigeants du PSOE ; gr&#226;ce &#224; leur geste magnifique, la r&#233;action se trouva embourb&#233;e dans son offensive et le prol&#233;tariat put &#224; nouveau relever la t&#234;te, r&#233;cup&#233;rer de l'&#233;nergie et contre-attaquer ; gr&#226;ce &#224; ce soul&#232;vement, la r&#233;action fut finalement stopp&#233;e, bien que le prix &#224; payer f&#251;t immense ; gr&#226;ce aux mineurs asturiens, le prol&#233;tariat et les paysans espagnoles eurent l'occasion d'&#233;crire, pendant la Guerre civile, une des pages les plus glorieuses et les attachantes de l'histoire r&#233;volutionnaire mondiale. Les classes r&#233;volutionnaires se souviendront &#224; jamais des Asturies rouges de 1934. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_10222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L197xH255/-4458-9eb94.jpg?1778039377' width='197' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-4459-2c7c7.jpg?1778039377' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L200xH341/-4460-7779d.jpg?1778039377' width='200' height='341' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_10225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L298xH200/-288-5d794.png?1778039377' width='298' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Octobre 1934 : pourquoi les Asturies ont &#233;t&#233; isol&#233;es malgr&#233; l'insurrection montante dans toute l'Espagne ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De Grandizo Munis&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement insurrectionnel d'octobre 1934 &#224; Madrid, en Catalogne et dans les Asturies (extrait de &#171; Le&#231;ons d'une d&#233;faite, promesse de victoire &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; La vague &#171; &#224; gauche &#187; qui parcourait l'Europe (fin 1933) poussait les jeunes socialistes &#224; l'extr&#234;me gauche&#8230; de la deuxi&#232;me internationale (social-d&#233;mocratie). S'ajoutant en Espagne aux r&#233;sultats r&#233;actionnaires de la collaboration de classe (politique pr&#233;c&#233;dente des &#171; socialistes &#187;), elle provoqua la division du Parti socialiste en deux tendances, l'une dirig&#233;e par Julian Besteiro, solidement attach&#233;e &#224; un r&#233;formisme traditionnel, et l'autre dirig&#233;e par Largo Caballero. Partisan et acteur de la collaboration de classes depuis Primo de Rivera jusqu'&#224; Manuel Aza&#241;a, Largo Caballero se saisit de l'occasion pour se reconvertir en d&#233;fenseur du virage &#224; gauche&#8230; Ce virage &#224; gauche eut un effet &#233;lectrique sur les masses espagnoles. Quand, de la tribune d'un village paysan de l'Est&#233;madure, Largo Caballero d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes convaincus que la d&#233;mocratie bourgeoise a &#233;chou&#233; ; &#224; partir d'aujourd'hui, notre objectif sera la dictature du prol&#233;tariat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le panorama politique en fut soudain radicalement modifi&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction Caballero ne fit rien d'autre que rendre au mouvement ouvrier et paysan ses sentiments et ses penchants naturels, b&#226;illonn&#233;s jusqu'alors par le Parti socialiste lui-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indalecio Prieto, dirigeant socialiste, venait de prononcer l'un de ses vibrants discours au ton olympien et mena&#231;ant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Devant le prol&#233;tariat espagnol et le prol&#233;tariat mondial, le Parti socialiste prend l'engagement solennel de d&#233;clencher la r&#233;volution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le partisan actuel du corporatisme mena&#231;ait le fascisme. Mais le fasciste Gil Robles, nullement impressionn&#233;, lui r&#233;pondit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous, les socialistes, vous ne serez jamais capables de d&#233;clencher la r&#233;volution, car vous en avez peur ; nous savons qu'en ce qui vous concerne, tout restera au niveau des paroles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du triomphe du fascisme dans toute l'Europe est condens&#233;e dans cette r&#233;ponse du chef le plus accr&#233;dit&#233; de la r&#233;action espagnole, du moins &#224; l'&#233;poque. Il est difficile d'imaginer un jugement plus infamant pour un parti ouvrier qui se pr&#233;tend socialiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre les &#233;v&#233;nements de cette p&#233;riode et les causes d&#233;terminantes de la d&#233;faite d'octobre 1934, il nous faut diviser la chronologie en trois &#233;tapes, correspondant aux changements des rapports de forces directement d&#233;termin&#233;s par l'&#233;volution concr&#232;te de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape s'&#233;tend du virage &#224; gauche socialiste (&#224; la fin de 1933) jusqu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Madrid (en avril 1934) et &#224; la crise gouvernementale qu'elle provoqua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;tape s'&#233;tend d'avril 1934 &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des paysans, durant l'&#233;t&#233; 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me d&#233;bute par la d&#233;b&#226;cle des paysans et s'ach&#232;ve par la d&#233;faite des ouvriers en octobre 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; leur &#233;crasante majorit&#233; parlementaire, Gil Robles et sa bande de troglodytes n'osaient pas si&#233;ger au gouvernement&#8230; et ils soutinrent le gouvernement form&#233; par Alejandro Lerroux dans l'espoir que celui-ci briserait le renouveau d'&#233;nergie des masses et h&#226;terait l'av&#232;nement de la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette perspective s'&#233;loignait &#224; mesure que les semaines passaient. L'activit&#233; et l'optimisme gagnaient chaque jour du terrain chez les ouvriers et les paysans. La majorit&#233; des gr&#232;ves &#8211; qui, au cours du mois pr&#233;c&#233;dent, se terminaient par des d&#233;faites &#8211; remportaient maintenant des victoires triomphales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux petites organisations (la Izquierda Communista et le Bloc ouvrier et paysan), prirent l'initative de cr&#233;er des organismes de front unique qui auraient pu se transformer en organes de pouvoir ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le nom d'Alliance Ouvri&#232;re (AO), le premier apparut &#224; Barcelone, ville o&#249; le Parti socialiste &#233;tait quasiment inexistant. L'UGT, l'Union socialiste, la izquierda Communista, le Bloc Ouvrier et Paysan, le PSOE, les syndicats d'opposition &#171; trentistes &#187; et la Union de Rabassaires (m&#233;tayers-vigneronts) s'engag&#232;rent &#224; cr&#233;er un front unique ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal paragraphe de la d&#233;claration de l'Alliance Ouvri&#232;re de Barcelone d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous, les organisations signataires, aux tendances et aspirations doctrinales diverses, mais unies dans un d&#233;sir commun de pr&#233;server les conqu&#234;tes obtenues jusqu'ici par la classe ouvri&#232;re espagnole, avons constitu&#233; l'Alliance Ouvri&#232;re pour nous opposer &#224; l'intronisation de la r&#233;action dans notre pays&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses formules extr&#234;mement vagues et le caract&#232;re d&#233;fensif, limit&#233;, de ce texte, cet engagement commun stimula beaucoup l'action et marqua un pas en avant essentiel vers la cr&#233;ation d'organismes de pouvoir ouvrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques h&#233;sitations des socialistes, une deuxi&#232;me Alliance Ouvri&#232;re fut cr&#233;&#233;e &#224; Madrid, avec des repr&#233;sentants du Parti socialiste, des Jeunesses socialistes, du syndicat UGT, de la Izquierda Communista et des groupes syndicaux &#171; trentistes &#187;. La F&#233;d&#233;ration syndicale du tabac, organisation ind&#233;pendante, la rejoignit ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois en Espagne, le Front unique ouvrier &#233;tait accept&#233; par des organisations de masse aussi importantes que l'UGT et le Parti socialiste. Le fait aurait pu &#234;tre d&#233;cisif pour le triomphe de la r&#233;volution, si les socialistes avaient consid&#233;r&#233; les Alliances Ouvri&#232;res comme un v&#233;ritable instrument d'unit&#233; et d'action ouvri&#232;res, plut&#244;t que d'y voir un moyen de pression suppl&#233;mentaire pour obliger le pr&#233;sident de la R&#233;publique &#224; accepter de nouveau un gouvernement de coalition socialo-r&#233;publicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchistes et staliniens refus&#232;rent d'entrer dans les Alliances Ouvri&#232;res, malgr&#233; les propositions r&#233;p&#233;t&#233;es qui leur furent adress&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CNT se divisa en deux tendances : l'une hostile, l'autre favorable &#224; l'adh&#233;sion. La seconde tendance gagnait du terrain tous les jours et s'imposa dans la r&#233;gion des Asturies, o&#249; la CNT participa &#224; la cr&#233;ation d'une troisi&#232;me Alliance Ouvri&#232;re ; dans le reste de l'Espagne, l'isolationnisme des anarchistes persista, en grande partie gr&#226;ce &#224; l'incapacit&#233; des deux principales Alliances Ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les staliniens, soumis &#224; la dictature de leurs chefs incontest&#233;s, ne purent exprimer deux tendances visibles &#224; ce sujet&#8230; Deux d&#233;l&#233;gu&#233;s furent envoy&#233;s &#224; l'AO de Madrid pour l'attaquer avec les quelques ritournelles stupides qu'il maniait &#224; l'&#233;poque : &#171; social-fascisme &#187;, &#171; trotsko-fascisme &#187;, &#171; front unique &#224; la base &#187;, etc. L'un des principaux dirigeants staliniens s'&#233;cria : &#171; Si je devais m'asseoir &#224; la m&#234;me table que des dirigeants socialistes, je rougirais comme une vierge plac&#233;e au milieu des prostitu&#233;es. &#187; Quelques mois plus tard, le m&#234;me et son organisation exigeaient la cr&#233;ation d'un parti unique avec ces m&#234;mes prostitu&#233;es et pr&#233;tendaient se faire passer pour les cr&#233;ateurs des AO&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re et les paysans consid&#233;raient les Alliances Ouvri&#232;res comme &#171; leurs &#187; organisations et ils s'attendaient &#224; les voir se multiplier partout, se mettre &#224; la t&#234;te des luttes ouvri&#232;res et organiser la prise du pouvoir. Mais les socialistes n'en avaient nullement l'intention&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance Ouvri&#232;re la plus importante &#224; l'&#233;chelle nationale, celle de Madrid, &#233;tait &#233;cras&#233;e sous le poids des d&#233;l&#233;gu&#233;s socialistes. Le vote de ces derniers jouait un r&#244;le d&#233;cisif. On ne pouvait esp&#233;rer modifier le rapport de forces ni influencer les votes &#224; travers la discussion, &#233;tant donn&#233; le caract&#232;re bureaucratique des d&#233;l&#233;gations. Et il &#233;tait impossible de changer leur mode de d&#233;signation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s diverses r&#233;unions nationales des jeunesses de l'Action populaire (mouvement fasciste de Gil Robles qui arborait une chemise &#224; la mode fasciste), organis&#233;es, sans grand succ&#232;s, loin de la capitale, le Chef convoqua une grande r&#233;union nationale &#224; l'Escorial, haut lieu des fantasmes imp&#233;riaux&#8230; Depuis plusieurs semaines, la Izquierda Communista soulignait, au sein de l'Alliance Ouvri&#232;re, la n&#233;cessit&#233; de combattre ce projet par tous les moyens&#8230; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s socialistes s'opposaient syst&#233;matiquement &#224; ces propositions et d&#233;clar&#232;rent que &#171; l'AO ne doit pas s'immiscer dans des questions de cette nature &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Barcelone, l'Alliance Ouvri&#232;re ordonna vingt-quatre heures de gr&#232;ve en soutien aux travailleurs de Madrid. Le mouvement fut un succ&#232;s. Pour la premi&#232;re fois, une AO d&#233;passait les limites fix&#233;es &#224; son initiative par le contr&#244;le exasp&#233;rant des socialistes qui, &#224; Madrid, accueillirent plut&#244;t de mauvaise gr&#226;ce la solidarit&#233; des Barcelonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les forces de la r&#233;action commenc&#232;rent &#224; comprendre que, si les menaces de r&#233;volution &#233;taient de simples paroles en l'air dans la bouche des dirigeants socialistes, elles se transformaient en convictions solides et en actes quand elles se r&#233;percutaient dans la conscience des masses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au dernier moment, l'apr&#232;s-midi m&#234;me du 21 avril 1934, les dirigeants socialistes capitul&#232;rent devant la pression prolong&#233;e des d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Izquierda Communista et des syndicats &#171; trentistes &#187; oppositionnels : ils accept&#232;rent de lancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de vingt-quatre heures &#224; Madrid ! N&#233;anmoins, l'ordre ne fut pas lanc&#233; au nom de l'Alliance Ouvri&#232;re, mais des Jeunesses socialistes, tellement les sociaux-d&#233;mocrates craignaient que l'Alliance Ouvri&#232;re n'acqui&#232;re une force et un prestige nationaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme s'y attendaient tous ceux qui poussaient &#224; la gr&#232;ve depuis des semaines, le succ&#232;s de la mobilisation fut total, d'une rapidit&#233; surprenante et d'une ampleur telle qu'il mit en &#233;chec le rassemblement fascisant. Moins de trois heures apr&#232;s l'appel &#224; la gr&#232;ve, la ville &#233;tait enti&#232;rement paralys&#233;e et plong&#233;e dans le silence, comme si elle avait &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;e par ses habitants&#8230; La grande mobilisation fasciste subit un &#233;chec &#233;norme et ridicule&#8230; Le succ&#232;s m&#234;me de la gr&#232;ve souligna combien la direction socialiste avait &#233;t&#233; incapable de tirer parti de la situation. Pour les dirigeants socialistes, la gr&#232;ve repr&#233;sentait une sorte de saut dans le vide, les yeux ferm&#233;s, auquel ils n'avaient pas pu r&#233;sister. Ils laiss&#232;rent localement des ouvriers, de jeunes militants socialistes et des organisations minoritaires prendre l'initiative et d&#233;cider des actions &#224; mener&#8230; Les dirigeants socialistes ne lanc&#232;rent pas d'autre consigne que celle d'une gr&#232;ve passive&#8230; Le principal objectif &#224; ce moment &#233;tait la dissolution des Cortes r&#233;actionnaires. Le Parti socialiste fut incapable de lancer ce mot d'ordre, extr&#234;mement populaire, et d'agir pour le faire triompher. Ce qui aurait pu &#234;tre une action offensive d'une grande profondeur et aux cons&#233;quences importantes (Barcelone, Valence, les Asturies et Bilbao auraient pu s'adjoindre au mouvement) resta, gr&#226;ce aux socialistes, une simple bataille locale et d&#233;fensive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de solidarit&#233; avec la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Saragosse, qui durait d&#233;j&#224; depuis plusieurs mois, donna aux socialistes une nouvelle occasion de violer traitreusement, et d'une fa&#231;on encore plus &#233;hont&#233;e, les d&#233;cisions de l'Alliance Ouvri&#232;re. Le d&#233;l&#233;gu&#233; de la Izquierda Communista, de concert avec le d&#233;l&#233;gu&#233; des syndicats &#171; trentistes &#187;, proposa &#224; l'AO de Madrid que les ouvriers de toutes les organisations repr&#233;sent&#233;es fassent don d'une journ&#233;e de travail &#224; un fonds de r&#233;sistance pour les gr&#233;vistes, dont la lutte prolong&#233;e, les plongeant dans la mis&#232;re, risquait de faire gagner les patrons&#8230; En m&#234;me temps, les dirigeants socialistes publiaient les propositions en les pr&#233;sentant comme une initiative de la commission administrative de l'UGT. Que pouvait-on faire avec des alli&#233;s aussi man&#339;uvriers qui niaient totalement le r&#244;le de l'Alliance Ouvri&#232;re et qui l'&#233;loignaient de plus en plus de son indispensable transformation en un organisme de front unique d&#233;mocratique, susceptible de servir de base au futur pouvoir r&#233;volutionnaire ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, la d&#233;mission du gouvernement d'Alejandro Lerroux repr&#233;senta une victoire pour le prol&#233;tariat&#8230; Mais l'action ouvri&#232;re n'avait pas r&#233;ussi &#224; obliger la r&#233;action &#224; op&#233;rer une retraite g&#233;n&#233;rale, uniquement un repli momentan&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes, qui vivaient dans la nostalgie de leur coalition avec la bourgeoisie, crurent que le pr&#233;sident de la R&#233;publique regrettait son &#233;volution vers la droite, et que son geste inaugurait une nouvelle idylle socialo-r&#233;publicaine. Au lieu d'acc&#233;l&#233;rer la lutte r&#233;volutionnaire, de donner plus d'ampleur au front unique, et de prendre l'offensive, comme la situation l'exigeait, ils intensifi&#232;rent leur campagne contre les gr&#232;ves, mod&#233;r&#232;rent leur phras&#233;ologie r&#233;volutionnaire et rel&#226;ch&#232;rent encore davantage leurs liens avec les autres organisations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indalecio Prieto &#8211; qui (dr&#244;le de paradoxe) passait pour un grand rh&#233;teur, voire un th&#233;oricien r&#233;volutionnaire &#8211; fut le premier &#224; se retourner vers les r&#233;publicains bourgeois. Dans un discours prononc&#233; au Parlement, il promit tacitement de mettre fin aux vell&#233;it&#233;s r&#233;volutionnaires de son parti, de rompre les contacts avec les autres organisations ouvri&#232;res et de conclure une nouvelle alliance socialo-bourgeoise. C'est avec un pied dans l'alliance avec la bourgeoisie et un demi-pied dans l'alliance avec le prol&#233;tariat, que les socialistes abord&#232;rent la gr&#232;ve paysanne, l'une des plus importantes au cours de la r&#233;volution espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les progr&#232;s du prol&#233;tariat, les gr&#232;ves victorieuses, les gr&#232;ves politiques &#224; Madrid, &#224; Barcelone et dans les Asturies, l'enthousiasme g&#233;n&#233;ral en faveur du front unique, les quelques pas positifs effectu&#233;s dans cette direction et les promesses d'une r&#233;volution prochaine, ainsi que l'aggravation chronique des probl&#232;mes agricoles provoqu&#232;rent une renaissance de l'activit&#233; et de la conscience paysanne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;clata au moment o&#249; les paysans du Sud devaient commencer les moissons. Des milliers d'ouvriers agricoles s'arr&#234;t&#232;rent de travailler, stimul&#233;s par les promesses de victoire lanc&#233;es par les dirigeants socialistes de la F&#233;d&#233;ration. Le deuxi&#232;me jour, pas moins de cent mille ouvriers agricoles &#233;taient en gr&#232;ve dans toute l'Espagne. L'action, dont les mobiles imm&#233;diats &#233;taient &#233;conomiques, avaient indirectement une importance politique exceptionnelle&#8230; Vaincu, le mouvement paysan serait perdu pour l'action r&#233;volutionnaire et le prol&#233;tariat se retrouverait seul devant la r&#233;action au moment de l'affrontement. Et vaincre sans le soutien du prol&#233;tariat urbain &#233;tait impossible aux paysans. Le moment &#233;tait propice pour une action convergente de prol&#233;tariat industriel, du prol&#233;tariat agricole et de la paysannerie pauvre&#8230; Les moissons attendaient dans les champs ; les tensions politiques et la d&#233;termination des paysans &#233;taient &#224; l'acm&#233;. Les patrons ne pouvaient retarder la r&#233;colte sous peine de subir de graves pertes. Dans les villes, l'esprit combatif du prol&#233;tariat bouillonnait de nouveau ; il avait r&#233;cup&#233;r&#233; de ses d&#233;faites ant&#233;rieures, gr&#226;ce aux victoires des gr&#232;ves politiques et aux gr&#232;ves du B&#226;timent, de la M&#233;tallurgie et de Saragosse et il se sentait enclin &#224; soutenir les paysans qu'il sentait comme ses alli&#233;s naturels. Le moment politique &#233;tait exceptionnellement favorable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Izquierda Communista posa &#224; l'Alliance Ouvri&#232;re de Madrid la question de la gr&#232;ve paysanne, des semaines avant que celle-ci ne d&#233;marre&#8230; Les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Parti socialiste r&#233;pondaient invariablement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Inutile de s'engager dans des discussion th&#233;oriques profondes ; c'est &#224; la F&#233;d&#233;ration des travailleurs de la terre de se charger du probl&#232;me des paysans. L'Aliance Ouvri&#232;re ne doit pas se m&#234;ler des luttes quotidiennes&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La nuit suivante, on re&#231;ut de nombreuses informations sur la violence f&#233;roce qui se d&#233;cha&#238;nait contre les paysans. L'Andalousie et l'Estr&#233;madure n'&#233;taient plus qu'un immense champ de gu&#233;rillas, o&#249; les paysans d&#233;sarm&#233;s et dispers&#233;s dans des milliers de villages, tombaient sous les balles de la garde civile et de la garde d'assaut, sp&#233;cialement concentr&#233;es contre eux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Izquierda Communista publia un manifeste qui fut tr&#232;s bien accueilli, o&#249; il demandait aux ouvriers d'exiger de leurs syndicats qu'ils lancent une gr&#232;ve de solidarit&#233; avec les paysans durant quarante-huit heures&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces mois o&#249; les socialistes jou&#232;rent aux pseudo-r&#233;volutionnaires, et o&#249; les masses se radicalis&#232;rent effectivement, durant cette p&#233;riode o&#249; altern&#232;rent triomphes et &#233;checs, grandes impostures et promesses ou possibilit&#233;s v&#233;ritables, la CNT ne joua qu'un r&#244;le secondaire. Elle s'enfon&#231;ait de plus en plus dans la crise qui avait d&#233;but&#233; par la lutte de tendance entre ses oppositionnels &#171; trentistes &#187; et la FAI. Contr&#244;lant presque totalement la direction, l'anarchisme affaiblissait chaque jour davantage l'organisation syndicale avec ses principes et ses m&#233;thodes absurdes. Son refus du front unique faillit provoquer une nouvelle scission. Sensibles aux sentiments du prol&#233;tariat et aux n&#233;cessit&#233;s du moment, les &#233;l&#233;ments les plus conscients luttaient au sein de la CNT pour adh&#233;rer aux Alliances Ouvri&#232;res. Malheureusement, ils ne r&#233;ussirent pas &#224; s'imposer, en dehors des Asturies. La lutte interne autour de cette question donna de nouveau l'occasion aux militants de la FAI les plus r&#233;calcitrants de combattre la tendance favorable au front unique avec de grandes proclamations antimarxistes et en d&#233;ployant un verbalisme ultra-maximaliste&#8230; L'influence de la FAI &#233;tait si manifestement n&#233;faste que l'Association Internationale des Travailleurs (l'AIT, l'organisme international des anarchistes) se vit oblig&#233;e d'intervenir et condamna tacitement, dans une lettre, les man&#339;uvres irresponsables et les aventures de la FAI&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse de la CNT allait forc&#233;ment laisser le champ libre au r&#233;formisme de l'UGT et du Parti socialiste&#8230; Les dirigeants anarchistes commirent une &#233;norme faute en refusant le front unique. Fond&#233;e sur les int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, et certainement plus sensible &#224; l'&#233;motion r&#233;volutionnaire des masses, leur participation aux Alliances Ouvri&#232;res aurait permis &#224; ces organisations de prendre des d&#233;cisions que les socialistes, en l'absence de la CNT, purent rejeter en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme pr&#233;tendait ignorer l'importance &#233;norme de la lutte qui se d&#233;roulait entre le prol&#233;tariat et la r&#233;action, en Espagne. Il aspirait uniquement &#224; rester en marge de ce combat. Apr&#232;s la grande gr&#232;ve politique du 8 septembre, l'organe anarchiste de la CNT de Madrid &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si les luttes actuelles pour le pouvoir opposent fascistes et marxistes, personne ne doit s'&#233;tonner de notre ind&#233;pendance, car nous n'avons jamais eu d'app&#233;tit pour le pouvoir, et que la lutte &#233;lectorale est &#233;trang&#232;re &#224; nos principes comme &#224; notre tactique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Ayant ma&#238;tris&#233; le front rural, le gouvernement et la r&#233;action se retourn&#232;rent contre le front prol&#233;tarien. La suspension des garanties constitutionnelles, les mesures contre la presse ouvri&#232;re et la libert&#233; d'expression, l'interdiction de r&#233;unions, l'emprisonnement de milliers de paysans et d'ouvriers, la fermeture de locaux syndicaux et politiques, la destitution de conseils municipaux hostiles au gouvernement, toutes les mesures arbitraires et les violences exerc&#233;es par le pouvoir furent lanc&#233;es par le gouvernement Samper, en pr&#233;paration de la future attaque contre le prol&#233;tariat ! Tout cela de la part d'un gouvernement qui n'aurait pas r&#233;sist&#233; &#224; une offensive coh&#233;rente et bien cibl&#233;e des masses. Tel fut le r&#233;sultat de la veulerie du Parti socialiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 octobre, les socialistes annonc&#232;rent aux d&#233;l&#233;gu&#233;s de l'Alliance Ouvri&#232;re qu'on passerait &#224; l'insurrection au cas o&#249; l'Action populaire serait admise dans le nouveau cabinet&#8230; En effet, le 4 octobre 1934, lorsque fut rendue publique la composition du nouveau gouvernement pr&#233;sid&#233; par Lerroux et auquel participait l'Action populaire (avec trois ministres, plus deux grands propri&#233;taires), les socialistes adress&#232;rent &#224; l'AO un nouveau communiqu&#233;. Mais il ne s'agissait pas de l'insurrection&#8230; Non, les socialistes faisaient passer &#224; l'AO un mot d'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pacifique&#8230; afin de laisser au pr&#233;sident Zamora le temps de m&#233;diter et demander la d&#233;mission du gouvernement qui venait de se constituer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsque se produisit l'&#233;v&#233;nement dont le Parti socialiste avait claironn&#233; qu'il serait le signal de la r&#233;volution, ce parti resta totalement coi. Le parti et ses bureaucrates disparurent comme si la terre les avait aval&#233;s. Les masses prol&#233;tariennes furent abandonn&#233;es &#224; elles-m&#234;mes, comme l'avaient auparavant &#233;t&#233; les masses paysannes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on annon&#231;a la composition du nouveau gouvernement, la gr&#232;ve rev&#234;tit un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral avant m&#234;me que soit connu l'appel du PSOE. D&#232;s la soir&#233;e du 4 juillet, la foule envahit les rues dans l'attente des armes qui avaient &#233;t&#233; vaguement promises. Un frisson terrible, de ceux qui pr&#233;c&#232;dent les grands bouleversements, courut d'un bout &#224; l'autre de Madrid. On sentait l'atmosph&#232;re surcharg&#233;e d'&#233;lectricit&#233;, pr&#234;te &#224; exploser&#8230; La foule &#233;nerv&#233;e, mais d&#233;cid&#233;e et impatiente de se lancer &#224; l'attaque, se concentra intuitivement aux endroits strat&#233;giques de la ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans s'inqui&#233;ter des forces de l'ordre, le prol&#233;tariat resta &#224; son poste, attendant que le Parti socialiste lui procure des armes et lui dise comment et o&#249; commencerait le soul&#232;vement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, le 5, il n'&#233;tait pas trop tard pour agir. Les masses occupaient encore les rues, pleines d'&#233;nergie et optimistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de son c&#244;t&#233; avait repris un peu de confiance et occup&#233; militairement les points les plus importants de la ville, mais il n'&#233;tait pas s&#251;r de ses troupes. Ses seuls &#233;l&#233;ments de r&#233;pression s&#251;rs &#233;taient la Garde civile et la Garde d'assaut. Les soldats de la garnison de Madrid &#233;taient en majorit&#233; des paysans dont les familles souffraient des cons&#233;quences de la r&#233;pression de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pr&#233;c&#233;dente ; ils n'avaient donc que des raisons d'&#234;tre hostiles au gouvernement et de sympathiser avec les r&#233;volutionnaires. Au premier succ&#232;s du prol&#233;tariat, ils auraient d&#233;sert&#233; les rangs du gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrestations qui avaient commenc&#233; la nuit pr&#233;c&#233;dentes, se multipli&#232;rent d'heure en heure durant toute la journ&#233;e du 5 octobre. Et d'heure en heure s'estompait la possibilit&#233; d'une insurrection d'envergure&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Madrid dura avec une parfaite unanimit&#233; jusqu'au 13 octobre, jour o&#249; les socialistes donn&#232;rent l'ordre de retourner au travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En Catalogne, malgr&#233; un prol&#233;tariat plus concentr&#233; que celui de Madrid, et aussi une Alliance Ouvri&#232;re (AO), sur laquelle le fardeau socialiste pesait moins, le mouvement d'octobre ne se d&#233;veloppa pas beaucoup mieux qu'&#224; Madrid. Cependant, dans cette r&#233;gion il fallait compter avec un autre avantage : la question r&#233;gionaliste (catalane), question qui n'avait pas re&#231;u de solution, s'&#233;tait exacerb&#233;e depuis qu'un conflit ouvert entre le gouvernement catalan de la G&#233;n&#233;ralit&#233; et le gouvernement central, du fait d'une loi sur les contrats agricoles &#233;dict&#233;e par le premier. Bien utilis&#233;es, ces circonstances pouvaient faciliter grandement le triomphe du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation du mouvement ouvrier catalan avait montr&#233;, dans les derniers mois, certaines particularit&#233;s qui devaient le mener &#224; sa d&#233;faite. Il ne s'agissait pas d'un obstacle infranchissable, mais la politique suivie par les partis alli&#233;s dans l'Alliance Ouvri&#232;re et la politique de la FAI converg&#232;rent pour maintenir ces particularit&#233;s d&#233;plorables jusqu'au moment m&#234;me de l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La scission syndicale en Catalogne (de l'aile de la CNT, dite des &#171; Trentistas &#187; favorable au front unique ouvrier, contre l'isolationnisme et de l'abstentionnisme de la FAI), a atteint son maximum durant les mois qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; Octobre&#8230; Cependant, le Bloc (Bloc Ouvrier et Paysan, principale force de l'Alliance Ouvri&#232;re en Catalogne et qui sera &#224; l'origine de la formation du POUM) ne posa pas le probl&#232;me syndical dans ses objectifs de classe : d&#233;fendre et renforcer la CNT comme centrale syndicale, sans cesser de combattre le soi-disant apolitisme et l'isolationnisme aventuriste. A l'inverse, le Bloc vit dans la crise de la CNT une occasion de la liquider, en cr&#233;ant sa propre centrale syndicale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation permettait permettait &#224; la FAI de mettre sur le m&#234;me plan la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne, l'AO catalane et la gauche caballeriste, de justifier son abstention et celle de la CNT. La FAI alla plus loin encore, et en vint &#224; consid&#233;rer que le gouvernement de Barcelone &#233;tait davantage son ennemi que celui de Madrid&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, m&#234;me si Barcelone &#233;tait le berceau, le prol&#233;tariat catalan avait perdu l'initiative r&#233;volutionnaire dont il avait presque toujours fait preuve auparavant. Cette initiative passa &#224; Madrid et aux Asturies. Les grandes gr&#232;ves politiques et ce vaste mouvement de solidarit&#233; avec les gr&#233;vistes aragonais, affam&#233;s et h&#233;ro&#239;ques, commenc&#232;rent &#224; Madrid, et cela repr&#233;senta une victoire politique retentissante. Ce fut dans les Asturies, et non en Catalogne, que le mouvement d'octobre 1934 acquit son plein niveau insurrectionnel et s'avan&#231;a le plus loin. Et si Madrid, par d&#233;cision des socialistes, laissa tomber les paysans en juin, Barcelone ne se posa m&#234;me pas le probl&#232;me. N&#233;anmoins, si le prol&#233;tariat catalan uni s'&#233;tait mis en marche, il aurait probablement r&#233;ussi &#224; insuffler au mouvement d'octobre 1934 un cours triomphant dans l'Espagne enti&#232;re. Ce qui l'emp&#234;cha de remplir sa mission d'avant-garde, ce fut d'une part l'isolement anarchiste, opportunisme d&#233;guis&#233; en radicalisme, et d'autre part l'opportunisme manifeste des partis coalis&#233;s dans l'Alliance Ouvri&#232;re, ainsi que le profond opportunisme de la gauche caballeriste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Barcelone, l'Alliance Ouvri&#232;re appela &#224; des gr&#232;ves en son propre nom et s'offrit au prol&#233;tariat comme une force collective dirigeante. Elle avait un avenir splendide en tant qu'organe de pouvoir et aurait pu servir d'exemple au reste du pays. Mais elle avait besoin, avant tout, de vaincre l'abstention de la CNT gr&#226;ce &#224; une politique juste, de se d&#233;mocratiser en mettant la nomination des d&#233;l&#233;gu&#233;s entre les mains des usines, et de cesser tout flirt avec la bourgeoisie r&#233;gionaliste, attitude commune &#224; presque toutes les organisations qui faisaient partie de l'AO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance Ouvri&#232;re catalane &#233;choua sur les trois questions. Au lieu de se convertir en poste avanc&#233; des Alliances Ouvri&#232;res, en adoptant en comportement quotidien ferme et en amor&#231;ant sa transformation en organes de pouvoir directement li&#233;s aux masses, l'AO vivota et finit par se laisser &#233;touffer, comme un appendice de la G&#233;n&#233;ralit&#233; bourgeoise catalane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat aurait pu exploiter le conflit entre le gouvernement central et la G&#233;n&#233;ralit&#233;, &#224; condition de le faire servir aux int&#233;r&#234;ts du mouvement r&#233;volutionnaire, et non de mettre ce dernier au service des int&#233;r&#234;ts de la G&#233;n&#233;ralit&#233;. C'est pourtant ce que fit l'AO de Barcelone&#8230; Voil&#224; les fruits empoisonn&#233;s du catalanisme effr&#233;n&#233; de la majorit&#233; des organisations qui la composaient, surtout le Bloc Ouvrier et Paysan&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance Ouvri&#232;re appela &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et s'adressa au gouvernement de la G&#233;n&#233;ralit&#233; pour lui demander ce qu'il comptait faire. Comme ce dernier, &#224; ce moment-l&#224; (le 4 octobre 1934) entrevoyait seulement la possibilit&#233; que Madrid lui accorde vie, l'AO attendit que la G&#233;n&#233;ralit&#233; avance une id&#233;e&#8230; L'AO avait bien organis&#233;, il est vrai, une manifestation devant le palais du gouvernement pour r&#233;clamer des armes ; celles-ci ayant &#233;t&#233; refus&#233;es, elle repartit attendre que bourgeois et petits-bourgeois catalanistes veuillent bien se battre&#8230; Mais ni aux r&#233;gions ni au prol&#233;tariat, l'AO ne sut donner de directive, concernant une action insurrectionnelle ni d'un autre genre. Le mouvement la d&#233;passait, il lui glissait entre les mains. Dans de nombreux villages, le prol&#233;tariat s'&#233;tait rendu ma&#238;tre de la situation ; des barricades s'&#233;levaient &#224; Barcelone ; partout les masses agissaient spontan&#233;ment et de fa&#231;on d&#233;sorganis&#233;e, sans que l'Alliance Ouvri&#232;re ne les guide et ne se place &#224; l'avant-garde. Et comment l'aurait-elle fait, puisqu'elle &#233;tait paralys&#233;e par un sch&#233;ma qui octroyait l'initiative et la direction aux petits-bourgeois atterr&#233;s de la G&#233;n&#233;ralit&#233; ? (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la G&#233;n&#233;ralit&#233; ne se d&#233;cida &#224; faire quelque chose que lorsque la pression des masses lui interdit toute neutralit&#233; et lui barra la voie qu'elle empruntait pour s'entendre avec Madrid. Elle mit alors en sc&#232;ne une insurrection symbolique, uniquement pour &#171; sauver l'honneur &#187;, selon le sermon du fameux document officiel de la Esquerra catalana. On &#233;tait d&#233;j&#224; le 6 octobre : c'&#233;tait trop tard. Trop tard pour Madrid, et aussi pour Barcelone. A Madrid, les masses se sentaient d&#233;j&#224; trahies et d&#233;courag&#233;es, et le gouvernement tr&#232;s s&#251;r de lui et ma&#238;tre de la rue&#8230; Il &#233;tait aussi trop tard pour Barcelone, et ceci pour deux raisons : premi&#232;rement parce que durant les deux jours pr&#233;c&#233;dents on ne sut pas faire l'unit&#233; prol&#233;tarienne entre l'Alliance Ouvri&#232;re et la CNT, ce qui affaiblissait excessivement la capacit&#233; combative des masses et donnait &#224; leur action un caract&#232;re inorganique et m&#234;me contradictoire ; deuxi&#232;mement parce que, dans ces conditions, l' &#171; insurrection &#187; de la G&#233;n&#233;ralit&#233; marquait seulement le signal de sa capitulation. Si l'AO s'&#233;tait adress&#233;e &#224; la CNT aux moments d&#233;cisifs en lui proposant une action commune et ind&#233;pendante, le mouvement aurait pu passer rapidement dans les mains de la direction ouvri&#232;re unifi&#233;e. C'&#233;tait l'unique fa&#231;on d'emp&#234;cher la G&#233;n&#233;ralit&#233; de capituler ou de faire que sa capitulation n'emporte pas avec elle le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que raconte Aza&#241;a &#224; propos de la conversation qu'il eut le 6 octobre, &#224; une heure de l'apr&#232;s-midi, avec Juan Lluhi, conseiller de la G&#233;n&#233;ralit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le samedi&#8230; monsieur Lluhi vint me voir, &#224; une heure de l'apr&#232;s-midi, pour me dire qu'ils ne pouvaient plus r&#233;sister &#224; la pression populaire ; ils craignaient que les &#233;l&#233;ments qui la composaient donnent l'assaut &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233; et y aillent arm&#233;s ; qu'ils s'emparent du gouvernement par la violence ; que d&#233;j&#224; on les traitait de tra&#238;tres, de mauvais Catalans et de mauvais r&#233;publicains. &#187; Et apr&#232;s lui avoir dit que, pour emp&#234;cher cela, ils proclameraient l'apr&#232;s-midi un &#171; Etat catalan &#224; l'int&#233;rieur de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale espagnole &#187;, Lluhi encha&#238;na : &#171; Puis nous laisserons faire, les uns et les autres. Ici nous devrons c&#233;der, comme nous avons laiss&#233; faire avec la R&#233;publique catalane quand la R&#233;publique espagnole est arriv&#233;e ; &#224; Madrid aussi ils laisseront faire, et tout se passera calmement. &#187; (dans &#171; Ma r&#233;volte &#224; Barcelone &#187; de Manuel Aza&#241;a, 1935)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) Venons-en enfin aux Asturies, la seule partie du pays o&#249; le mouvement d'octobre 1934 prit d&#232;s le premier jour un caract&#232;re insurrectionnel aigu. Le mouvement ouvrier espagnol ne rendra jamais assez hommage &#224; ces courageux mineurs, qui surent s'emparer rapidement de la r&#233;gion en attaquant la Garde civile avec seulement quelques armes et de la dynamite. Gr&#226;ce &#224; eux, l'insultante d&#233;sertion socialiste se retourna contre les dirigeants du PSOE ; gr&#226;ce &#224; leur geste magnifique, la r&#233;action se trouva embourb&#233;e dans son offensive et le prol&#233;tariat put &#224; nouveau relever la t&#234;te, r&#233;cup&#233;rer de l'&#233;nergie et contre-attaquer ; gr&#226;ce &#224; ce soul&#232;vement, la r&#233;action fut finalement stopp&#233;e, bien que le prix &#224; payer f&#251;t immense ; gr&#226;ce aux mineurs asturiens, le prol&#233;tariat et les paysans espagnoles eurent l'occasion d'&#233;crire, pendant la Guerre civile, une des pages les plus glorieuses et les attachantes de l'histoire r&#233;volutionnaire mondiale. Les classes r&#233;volutionnaires se souviendront &#224; jamais des Asturies rouges de 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale de la CNT, peut-&#234;tre parce qu'elle baignait dans un milieu socialiste plus ouvrier et combatif qu'ailleurs, se montra toujours moins sectaire que les anarcho-syndicalistes dans le reste du pays. Elle fut d&#232;s le d&#233;part partisane du front unique prol&#233;tarien, au point de d&#233;fendre cette tactique &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance Ouvri&#232;re put se former t&#244;t dans les Asturies, et la participation de la F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale c&#233;n&#233;tiste lui donna un caract&#232;re moins fictif. M&#234;me si elle &#233;tait moins forte dans la r&#233;gion que l'UGT, la CNT contrebalan&#231;ait le poids des socialistes, donnant ainsi au front unique d'action un caract&#232;re solide. Ce facteur contribua &#224; faire du mouvement dans les Asturies une insurrection v&#233;ritable, au lieu d'une mascarade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte sign&#233; par les deux centrales syndicales &#8211; la CNT et l'UGT &#8211; en mars 1934 fut le plus radical de tous ceux r&#233;dig&#233;s par les Alliances Ouvri&#232;res. Une clause de non-exclusion des partis politiques du mouvement ouvrier, qui concluait le document, entama la rupture du pr&#233;tendu principe d'apolitisme cher &#224; la CNT&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AO asturienne conquit imm&#233;diatement la sympathie des ouvriers de toute l'Espagne et enflamma la volont&#233; de ceux de sa r&#233;gion. La confiance que leur insuffla l'unit&#233; combative de leur classe les remplit d'assurance et de foi dans la victoire, un facteur capital pour le d&#233;veloppement ult&#233;rieur des &#233;v&#233;nements. Ces initiales terrifiantes aux yeux de la bourgeoisie, UHP (Union des Fr&#232;res Prol&#233;taires), ce slogan anonyme surgi du fond de la mine que les insurg&#233;s grav&#232;rent sur leurs tanks de fabrication grossi&#232;re, et au cri duquel tomb&#232;rent cribl&#233;s de balles des milliers de h&#233;ros, sont un exemple &#224; suivre dans les batailles r&#233;volutionnaires &#224; venir du prol&#233;tariat espagnol et mondial&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'insurrection eut lieu et gagna aux Asturies, ce fut en d&#233;pit du Parti socialiste et aucunement par sa volont&#233; ou &#224; son instigation&#8230; Lorsqu'on connut la composition du nouveau cabinet, dans l'apr&#232;s-midi du 4 octobre, les socialistes, comme &#224; Madrid, &#233;cart&#232;rent l'Alliance Ouvri&#232;re et firent circuler, par le biais de l'UGT, l'ordre de gr&#232;ve. Celle-ci commen&#231;a pacifiquement l&#224; o&#249; la bureaucratie r&#233;formiste &#233;tait forte, mais elle prit instantan&#233;ment un caract&#232;re insurrectionnel irr&#233;sistible dans le bassin minier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bassin minier d&#233;sob&#233;it &#224; la direction socialiste, et il disposait du minimum de moyens indispensables pour se lancer dans l'insurrection sans attendre ceux que la direction leur promettait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection elle-m&#234;me constitue une preuve irr&#233;futable contre la direction socialiste. Tous les ouvrages publi&#233;s sur la geste asturienne rel&#232;vent que l'insurrection est partie de la p&#233;riph&#233;rie. Le mouvement d&#233;marre dans le bassin minier, dans la nuit du 4 au 5 octobre et prend imm&#233;diatement un caract&#232;re insurrectionnel. Les mineurs attaquent les postes des Gardes civils et des Gardes d'assaut, avec tr&#232;s peu d'armes et une bonne quantit&#233; de dynamite&#8230; Ils sont rapidement vainqueurs sur les lieux principaux du bassin, Langreo, Mieres, Sama, La Felguera, Pola de Sena, Olloniego, Avil&#233;s, Alba&#241;a, etc., et se r&#233;pandent dans toute la r&#233;gion en d&#233;truisant les bases de l'Etat bourgeois. Mais Gijon et Oviedo, o&#249; &#233;taient concentr&#233;s les contingents les plus nombreux des forces de r&#233;pression, rest&#232;rent inactifs, en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale non insurrectionnelle, comme &#224; Madrid, pendant la nuit du 4 et toute la journ&#233;e du 5 octobre. Or Gijon &#233;tait un centre maritime de la plus haute importance, d'o&#249; la flotte de guerre pouvait se lancer &#224; l'attaque ; quant &#224; Oviedo, c'&#233;tait le si&#232;ge du gouvernement provincial et de la bureaucratie r&#233;formiste de la province. Il fallut que des d&#233;tachements de mineurs se pr&#233;sentent le 6 octobre aux portes d'Oviedo pour que la capitale provinciale entre en action. Manuel Grossi rapporte dans &#171; L'Insurrection des Asturies &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; d&#233;j&#224; trente heures que nous soutenons une lutte victorieuse dans le bassin houiller et les ouvriers d'Oviedo ne semblent inform&#233;s de rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment qu'ils &#233;taient inform&#233;s, mais comme le m&#234;me Grossi le raconte, le prol&#233;tariat d'Oviedo, lorsqu'il voulut entrer dans l'action le 5 octobre, en fut dissuada par ses dirigeants. D&#232;s qu'il aper&#231;ut les mineurs venus &#224; Oviedo, il courut se joindre &#224; eux et ce fut le d&#233;but d'une bataille &#233;pique contre des forces bien plus nombreuses, sup&#233;rieurement arm&#233;es, disciplin&#233;es et strat&#233;giquement retranch&#233;es, de la Garde civile, de la Garde d'assaut et de l'arm&#233;e. Employant presque exclusivement de la dynamite, les mineurs et les ouvriers d'Oviedo contraignirent les forces gouvernementales &#224; &#233;vacuer les positions tr&#232;s fortes qu'elles tenaient pour les acculer dans la fameuse caserne de Pelayo, qui ne put &#234;tre prise parce que l'aviation profita de sa position en dehors de la ville&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms de Jos&#233; Maria Martinez, de Bonifacio Martin, et de tous les Martin et Martinez inconnus ont &#233;t&#233; l'&#226;me de l'insurrection, tandis que les Belarmino Tomas, Les Javier Bueno, les Gonzalez Pe&#241;a ont &#233;t&#233; des obstacles du commencement de la lutte, des entraves pendant la lutte, et des poids morts au court de la phase d&#233;fensive. Sans les premiers, l'insurrection asturienne n'aurait pas eu lieu ; quant aux dirigeants, effray&#233;s qu'elle se soit produite malgr&#233; eux, ils ne pens&#232;rent qu'&#224; la liquider&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Gijon, le retard provoqua l'&#233;chec de l'insurrection&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction socialiste de la province fut incapable d'avoir un projet insurrectionnel parce que son action dans les deux villes principales, o&#249; elle &#233;tait majoritaire, fut justement la m&#234;me qu'&#224; Madrid et servit les forces gouvernementales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le mouvement dans les Asturies, le caract&#233;rise aussi dans le reste du pays : partout o&#249; l'influence bureaucratique &#233;tait faible, ou inexistante, le prol&#233;tariat rompit avec la docilit&#233; impos&#233;e par les dirigeants et donna au mouvement une tournure insurrectionnelle et un contenu socialiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincu qu'aucun danger ne le mena&#231;ait plus dans le reste de l'Espagne, le gouvernement concentra son attention et ses forces arm&#233;es contre les insurg&#233;s asturiens. Se m&#233;fiant, non sans motif, des troupes espagnoles, il chargea les Maures et les aventuriers du Troisi&#232;me R&#233;giment de la L&#233;gion Etrang&#232;re, qu'il fit pr&#233;cipitamment rapatrier du Maroc, de former l'avant-garde de la lutte contre les mineurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection des Asturies souffrait d'une grave contradiction. Avec la prise d'Oviedo, la direction de l'insurrection passa entre les mains du Comit&#233; provincial socialiste, compos&#233; de bonzes r&#233;formistes &#224; l'esprit tout &#224; fait &#233;tranger &#224; un &#233;v&#233;nement r&#233;volutionnaire de ce type, et de plus ineptes au dernier degr&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antagonisme entre la direction r&#233;formiste et l'insurrection &#233;clata brusquement le 11 octobre quand la quasi-totalit&#233; des dirigeants d&#233;serta&#8230; abandonna l'insurrection au chaos, et les militants effectivement r&#233;volutionnaires, ceux qui avaient pris l'initiative dans le bassin houiller, aux repr&#233;sailles f&#233;roces du gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que le prol&#233;tariat asturien entama une autre action, prompte et admirable. Loin de s'effrayer, de perdre la t&#234;te et de d&#233;serter lui-m&#234;me, il lan&#231;a, comme dans la journ&#233;e du 5 octobre, une multitude d'initiatives anonymes. Partout, de nouveaux comit&#233;s improvis&#233;s prirent en mains la direction de la lutte arm&#233;e et de l'administration. La bourgeoisie les appela ensuite des &#171; comit&#233;s extr&#233;mistes &#187; parce qu'en effet, ils &#233;taient compos&#233;s de la fraction la plus avanc&#233;e du prol&#233;tariat asturien&#8230; Ainsi, par exemple, la d&#233;fense de Lopez Ochoa dura encore huit jours. On eut le temps de r&#233;fl&#233;chir et d'organiser la retraite, de cacher des armes, de sauver des militants&#8230; Le prol&#233;tariat asturien avait sauv&#233; le prestige de la r&#233;volution et gagn&#233; l'ouverture d'une nouvelle lutte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier mot du prol&#233;tariat asturien &#171; Le prol&#233;tariat peut &#234;tre battu mais jamais vaincu. &#187; annon&#231;ait le 19 juillet 1936&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lire encore sur la r&#233;volution de 1934 dans les Asturies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une r&#233;volution manqu&#233;e ! Une de plus ! Et qui a &#233;t&#233; marqu&#233;e, d'abord et avant tout, par le dynamisme de l'Alliance Ouvri&#232;re (anarchistes unis aux socialistes et syndicalistes) aux Asturies mais autant par l'abstention scandaleuse des anarcho-syndicalistes hors de la r&#233;gion asturienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Catalogne aussi, il y a eu une Alliance Ouvri&#232;re et un &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/poum/works/1933/12/poum_19331200.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appel r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt; de celle-ci, mais la CNT ne s'est pas jointe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance ouvri&#232;re de Madrid, simple organe de liaison, appendice du Parti socialiste madril&#232;ne, n'a pas &#233;t&#233; non plus l'organe de front unique et de combat r&#233;volutionnaire attendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut remarquer aussi que le parti stalinien a pris position contre le front uni ouvrier et r&#233;volutionnaire qui a pr&#233;valu dans les Asturies, unissant CNT et UGT. &#171; Travailleurs, ne vous laissez pas abuser par le chemin de l'unit&#233;. Vos chefs vous trahissent. L'Alliance ouvri&#232;re est le nerf de la contre-r&#233;volution. A bas l'Alliance ouvri&#232;re de la trahison ! &#187; : c'est ce qu'&#233;crivait le P.C. vingt-quatre heures avant que s'engage l'action r&#233;volutionnaire. C'est-&#224;-dire le 4 octobre 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1934 la direction du Parti socialiste d'alors appelle &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et au soul&#232;vement dans toute l'Espagne. Mal pr&#233;par&#233;, mal coordonn&#233;, ce mouvement, accompagn&#233; parfois d'affrontements arm&#233;s, &#233;choue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, au nord de l'Espagne, dans les Asturies, c'est une r&#233;volution sociale qui va secouer l'ensemble de la r&#233;gion mini&#232;re. Sous le mot d'ordre de UHP (&#171; &#161; Un&#237;os hermanos proletarios ! &#187;, &#171; Unissez-vous fr&#232;res prol&#233;taires ! &#187;), arm&#233;s de fusils, de b&#226;tons de dynamite, de canons et de mitrailleuses, les mineurs asturiens de l'UGT et de la CNT vont instaurer une v&#233;ritable Commune ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Asturies, la CNT avec Jos&#233; Maria Mart&#237;nez, est entr&#233;e dans l'Alliance ouvri&#232;re, que rejoint &#233;galement en derni&#232;re minute le Parti communiste, et qui lance le c&#233;l&#232;bre mot d'ordre d'&#171; UHP &#187; (Uni&#243;n hermanos proletarios : union, fr&#232;res prol&#233;taires). Dans tous les villages miniers se sont constitu&#233;s des comit&#233;s locaux qui, d&#232;s la nuit du 4 octobre, lancent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, occupent le 5 la plupart des localit&#233;s, attaquant par surprise et d&#233;sarmant les forces de police, occupant enfin la capitale provinciale, Oviedo, le 6. La nouvelle de l'&#233;chec de Barcelone et de Madrid ne diminue pas la volont&#233; de combat des mineurs dont les comit&#233;s prennent le pouvoir en mains, &lt;br class='autobr' /&gt;
armant et organisant les milices, faisant r&#233;gner un ordre r&#233;volutionnaire tr&#232;s strict, occupant les &#233;difices, confisquant les entreprises, rationnant les vivres et les mati&#232;res premi&#232;res. Ils s'emparent de l'arsenal de La Trubia, de La Vega et de Marigoya, disposant de 30000 fusils et m&#234;me d'une artillerie et de quelques blind&#233;s, mais manquant de munitions, emploieront surtout la dynamite, arme traditionnelle de leurs combats. S&#251;r de tenir le reste de l'Espagne, le gouvernement emploie les grands moyens, et sur les conseils des g&#233;n&#233;raux Goded et Franco, confie au g&#233;n&#233;ral Limez Ochoa, charg&#233; de la reconqu&#234;te, des troupes d'&#233;lite, Marocains et L&#233;gion &#233;trang&#232;re. Oviedo tombe le 12 octobre, et le socialiste Ram&#243;n Gonz&#225;les Pe&#241;a d&#233;missionne du comit&#233; r&#233;volutionnaire La r&#233;sistance continue, et l'arm&#233;e reprendra village apr&#232;s village. Jusqu'au 18 octobre o&#249; le socialiste Belarmino Tom&#225;s n&#233;gocie la &lt;br class='autobr' /&gt;
reddition des insurg&#233;s. Des francs-tireurs r&#233;sisteront encore ici ou l&#224;, pendant des semaines. La r&#233;pression est f&#233;roce plus de 3000 travailleurs tu&#233;s, 7000 bless&#233;s, plus de 40000 emprisonn&#233;s dont certains soumis &#224; la torture des agents du commandant Doval qui soul&#232;veront l'indignation dans des milieux tr&#232;s larges. L'&#233;tat de guerre est maintenu pendant trois mois encore et de nombreuses municipalit&#233;s suspendues, dont celles de Madrid, &lt;br class='autobr' /&gt;
Barcelone et Valence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils seront &#233;cras&#233;s sans piti&#233; par l'arm&#233;e, la L&#233;gion &#233;trang&#232;re et les suppl&#233;tifs marocains d&#233;p&#234;ch&#233;s d'urgence d'Afrique. La r&#233;sistance des mineurs et la r&#233;pression qui s'ensuivirent r&#233;sonn&#232;rent profond&#233;ment, en Espagne et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cet &#233;chec, la R&#233;volution des Asturies peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le pr&#233;lude &#224; la R&#233;volution de 1936 en Espagne. Trahison stalinienne et faiblesse de la CNT sont d&#233;j&#224; l&#224; en 1934&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1934-10-linsurrection-des-asturies/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'insurrection des Asturies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bsstock.files.wordpress.com/2014/03/munis-quc3a9-son-las-dianzas-obreras-1934.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Que sont les Alliances Ouvri&#232;res (esp)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_asturienne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://redskins-limoges.over-blog.org/article-asturies-1934-une-revolution-inconnue-62522178.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des anarchistes estiment cette exp&#233;rience riche d'enseignements&#8230; mais sans les tirer vraiment, mis &#224; part l'int&#233;r&#234;t de l'unit&#233; ouvri&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alternativelibertaire.org/?Lire-Asturies-octobre-1934-une&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le point de vue d'Alternative Libertaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1934-10-linsurrection-des-asturies/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi La Bataille Socialiste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Histoire de la lutte des classes en Afrique du sud</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article5678</link>
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		<dc:date>2017-11-13T00:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>prol&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Manifestation</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud South Africa</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Histoire de la lutte des classes en Afrique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Chronologie de l'Afrique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
Les groupes San ou Bochimans &lt;br class='autobr' /&gt;
Les groupes Kho&#239;kho&#239; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les groupes Ko&#239;sans &lt;br class='autobr' /&gt;
Les groupes Bantous &lt;br class='autobr' /&gt;
1075 : Royaume de Mapungubwe &lt;br class='autobr' /&gt;
1652 : Fondation de la Colonie du Cap &lt;br class='autobr' /&gt;
1652 : D&#233;but des guerres anglo-n&#233;erlandaises qui s'&#233;ch&#232;veront en 1784 &lt;br class='autobr' /&gt;
1795 : D&#233;buts des r&#233;publiques boers &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de 1797 : les d&#233;buts sanglants du colonialisme capitaliste anglais en Afrique du sud &lt;br class='autobr' /&gt;
1816 : Le Royaume zoulou de Shaka (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Ouvriers Workers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Manifestation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;Afrique du sud South Africa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire de la lutte des classes en Afrique du sud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l%27Afrique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronologie de l'Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bochimans&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les groupes San ou Bochimans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kho%C3%AFkho%C3%AF&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les groupes Kho&#239;kho&#239;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Kho%C3%AFsan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les groupes Ko&#239;sans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bantous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les groupes Bantous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Mapungubwe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1075 : Royaume de Mapungubwe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Colonie_du_Cap&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1652 : Fondation de la Colonie du Cap&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_anglo-n%C3%A9erlandaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1652 : D&#233;but des guerres anglo-n&#233;erlandaises qui s'&#233;ch&#232;veront en 1784&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publiques_boers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1795 : D&#233;buts des r&#233;publiques boers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A partir de 1797 : les d&#233;buts sanglants du colonialisme capitaliste anglais en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_zoulou&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1816 : Le Royaume zoulou de Shaka&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Trek&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1835 : Le Grand Trek&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Cafrerie_britannique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1835 : La cafrerie britannique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Boers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1880 : D&#233;but de la Guerre des Boers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchisme_en_Afrique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1880 : Naissance du mouvement anarchiste qui joue un r&#244;le important jusqu'en 1920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1552&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1899 : Le massacre des Boers par l'arm&#233;e anglaise&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_d%27Afrique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1910 : Fondation de l'Union d'Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_national_(Afrique_du_Sud)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1914 : Fondation du Parti National, parti bourgeois des Afrikaners les plus racistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/international/comintern/sections/sacp/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1917 : Le communisme r&#233;volutionnaire ne s&#233;parait pas la lutte des Noirs de la lutte des classes (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_sud-africain&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1921 : Fondation du Parti communiste sud-africain, qui deviendra ensuite stalinien puis l'un des piliers de la trahison de Mandela aux c&#244;t&#233;s de l'imp&#233;rialisme et de la bourgeoisie sud-africaine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/international/comintern/sections/sacp/1921/manifesto.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1921 : Le Manifeste du Parti communiste sud-africain, quand il &#233;tait r&#233;volutionnaire et visait au renversement mondial du capitalisme comme le bolchevisme russe (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Rand&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1922 : La r&#233;volte arm&#233;e des mineurs du rand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/revhist/backiss/vol4/no4/hirson04.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1930 : Naissance des groupes trotskystes en Afrique du sud (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1935/04/lt19350420.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1935 : Le point de vue de Trotsky sur les t&#226;ches des bolcheviks-l&#233;ninistes en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1017&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1937 : La question coloniale en Afrique du sud (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3548&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les premi&#232;res luttes du prol&#233;tariat sud-africain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=966&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1946 : Gr&#232;ve des mineurs dans la r&#233;gion de Witwatersrand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=498&amp;langue=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1948 : &#201;lection du Parti national de Daniel Malan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1948 : Mise en place de l'Apartheid&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/revue-internationale/201501/9181/contribution-a-histoire-du-mouvement-ouvrier-afrique-du-sud-naissan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Capitalisme et mouvement ouvrier en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Sharpeville&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1960 : Massacre de Sharpeville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%27Afrique_du_Sud_(1961-1994)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1961 : Mise en place de la R&#233;publique d'Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/international/comintern/sections/sacp/1962/road-freedom.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1962 : La mani&#232;re dont les staliniens justifient leur politique (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Biko&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1968 : Steve Biko fonde le Mouvement de la Conscience noire, tr&#232;s critique de la politique r&#233;formiste de l'ANC, et sera arr&#234;t&#233; par la police le 18 ao&#251;t 1977, et assassin&#233; le 11 septembre 1977 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/015097.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1973 : Vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res contre l'Apartheid et les patrons&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/025067.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ann&#233;es 1970-1980 : le renouveau du syndicalisme noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=Qm-cKIJCpq8C&amp;pg=PT265&amp;dq=luttes+de+classes+en+afrique+du+sud&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=luttes%20de%20classes%20en%20afrique%20du%20sud&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aile radicale du syndicalisme sud-africain de classe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1066&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le syndicalisme r&#233;volutionnaire en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?client=firefox-b&amp;dcr=0&amp;q=syndicalisme+afrique+du+sud&amp;oq=syndicalisme+afrique+du+sud&amp;gs_l=psy-ab.3..0i7i5i30k1.9688.13539.0.13734.16.15.1.0.0.0.137.1450.8j6.14.0....0...1.1.64.psy-ab..3.11.1118...0i7i30k1j0i13i30k1.XixX9-yxBog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le syndicalisme en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4078&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'apartheid et la lutte pour le combattre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article282&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le r&#244;le des syndicats dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/subject/africa/slovo/1988/national-democratic-revolution.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1988 : Pour le parti stalinien, la r&#233;volution n'est plus socialiste et internationale mais d&#233;mocratique et nationale, donc bourgeoise (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gociations_sur_le_d%C3%A9mant%C3%A8lement_de_l%27apartheid_en_Afrique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1990 : D&#233;but des n&#233;gociations pour la sortie de l'Apartheid sans heurts et sans dommages pour le grand capital&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/ltt/sa-crossroads91.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1991 : Les grandes man&#339;uvres de la bourgeoisie, de l'ANC et des staliniens pour d&#233;tourner la menace r&#233;volutionnaire (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/ltt/sa-negs-rdca.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1992 : La petite bourgeoisie nationaliste et les staliniens trahissent la lutte r&#233;volutionnaire contre l'Apartheid (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://conflits.revues.org/137&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1999-2000 : Les pr&#233;tendus &#171; affrontements intercommunautaires &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article120&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La fin de l'apartheid en Afrique du Sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique73&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment le prol&#233;tariat s'est fait voler sa r&#233;volution contre l'apartheid par la bourgeoisie gr&#226;ce &#224; Mandela et au parti stalinien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://socialisme.free.fr/bulletin/2014_03_19_cps_53_afrique_du_sud.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le v&#233;ritable r&#244;le de Mandela pour sauver les capitalistes et d&#233;tourner la lutte des classes r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1598&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui est Nelson Mandela ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique49&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1988-1991 : L'Afrique noire &#233;tait, elle aussi, en &#233;bullition ; la trahison n'a pas seulement tromp&#233; et &#244;t&#233; leurs perspectives propres aux masses sud-africaines mais &#224; toute l'Afrique noire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Afrique-du-sud-la-nouvelle-revolte-des-townships&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2005 : La nouvelle r&#233;volte des townships&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ted_Grant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2006 &#8211; D&#233;c&#232;s de Ted Grant, dirigeant trotskiste sud-africain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_2007_en_Afrique_du_Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2007 : Gr&#232;ve des mineurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codePays=JPN&amp;codeEve=1128&amp;grandesRegions=100&amp;slide=2000&amp;codeStat2=x&amp;mode=carte&amp;langue=fr&amp;afficheNom=aucun&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2008 : La classe dirigeante manipule les d&#233;rives x&#233;nophobes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve69&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2009 : &#233;meute dans les townships&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve58&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2009 : r&#233;volte sociale en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2009 : Gr&#232;ve &#224; General Motors (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article937&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2009 : o&#249; va l'Afrique du sud ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve85&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2009 : Gr&#232;ve dans la plus grande mine de platine du monde&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://spartacus1918.canalblog.com/archives/2014/12/15/31144924.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2010 : La plus importante vague de luttes de classes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1666&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2010 : Afrique du sud, la coupe est pleine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve225&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2010 : Emeutes en Afrique du sud pour comm&#233;morer le d&#233;tournement de la lutte contre l'apartheid&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve375&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2010 : Gr&#232;ve de l'aluminerie de Hillside&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1735&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Octobre 2010 : Les syndicats sud-africains arr&#234;tent une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de la fonction publique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve437&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2011 : Les townships s'embrasent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve252&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2011 : gr&#232;ves en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve467&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2011 : trois jours de batailles de rue dans le township d'Ermelo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2772&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : Les mineurs contestent les syndicats officiels proches du pouvoir et des patrons (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve484&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : c'est toujours l'apartheid !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve431&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : la gr&#232;ve des mineurs noy&#233;e dans le sang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2012/08/14/emeute-ouvriere-neuf-morts-a-la-mine-de-lonmin-marikana-13-aout-2012/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : Emeute ouvri&#232;re, neuf morts &#224; la mine de Lonmin (Marikana)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2012/09/04/affrontements-et-fusillade-a-la-mine-de-rustenburg-3-septembre-2012/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : Affrontements et fusillade &#224; la mine de Rustenburg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve482&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : Assassinats et licenciements pour casser la lutte des mineurs (en)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_%C3%A0_Marikana&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : La gr&#232;ve des mineurs de Marikana et le massacre des mineurs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=1452&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2012 : La r&#233;volte sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve588&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : Le monde capitaliste pleure Nelson Mandela&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve551&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : Vers une grande gr&#232;ve dans les mines sud-africaines&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2013/02/18/mineurs-affrontements-a-rustenburg-18-fevrier-2013/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : Nouveaux affrontements dans la mine de Rustenberg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve589&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : Lettre ouverte &#224; Mandela, Vous avez trahi et vendu le peuple noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve555&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : B&#226;timent, Automobile, Mines, Pompistes, BTP, Transports, etc.. en gr&#232;ve&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/afrique/20130907-afrique-sud-mineurs-or-cessent-leur-mouvement-greve&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2013 : Les syndicats font arr&#234;ter la gr&#232;ve des mineurs d'or&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve612&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2014 : Le plus puissant syndicat sud-africain cr&#233;e un parti politique ouvrier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve602&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Janvier 2014 : la gr&#232;ve se poursuit chez les trois premiers producteurs mondiaux de platine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve641&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mai 2014 : L'ANC soutient les patrons des mines de platine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve633&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mai 2014 : les patrons font &#224; nouveau assassiner les mineurs de Marikana&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2014/11/30/contre-la-mine-de-platine-emeute-a-mahwelereng-limpopo-27-novembre-2014/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2014 : Emeute &#224; la mine de platine de Mahwelereng&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2014/06/30/20002-20140630ARTFIG00169-afrique-du-sud-les-greves-sement-le-trouble-dans-le-secteur-automobile.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2014 : Le syndicat Numsa, jaune de la gr&#232;ve des mines, tente de se recr&#233;dibiliser par une gr&#232;ve automobile&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve697&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2015 : Mort de l'&#233;crivain sud-africain Andr&#233; Brink&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2015/05/14/confllit-minier-affrontements-a-limpopo-13-mai-2015/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2015 : Conflit minier&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2016/09/08/conflit-des-taxis-affrontements-a-durban-7-septembre-2016/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2016 : Conflit des taxis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2016/05/26/emeute-de-leau-a-jozini-kwazulu-natal-24-25-mai-2016/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2016 : Emeute de l'eau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2016/03/13/greve-affrontements-a-johannesburg-11-mars-2016/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2016 : affrontements des piquets de gr&#232;ve avec la police&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=2017+afrique+du+sud+expulsions+bertho+alain+&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&amp;gfe_rd=cr&amp;dcr=0&amp;ei=CWSkWdHQDI2CaK6IgeAD&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : expulsions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/2017/06/23/emeutes-de-lelectricite-a-mamelodi-pretoria-21-22-juin-2017/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : Emeutes de l'&#233;lectricit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.fr/presse/afrique-du-sud-cinq-ans-aprs-les-faits-les-victime&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : Les mineurs victimes du massacre de Marikana et leurs familles n'ont toujours pas obtenu justice&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://apanews.net/fr/news/effondrement-dune-mine-dor-en-afrique-du-sud-un-mort-quatre-autres-pieges-dans-les-decombres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : Effondrement d'une mine d'or&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/APDUSA-Point-de-vue-d-extreme-gauche-sur-la-situation-politique-en-Afrique-du-Sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : La situation politique en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxiste.org/international/afrique/afrique-du-sud/2159-crise-politique-en-afrique-du-sud&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2017 : La crise politique&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/emeutes-en-afrique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emeutes en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=gr%C3%A8ve+afrique+du+sud&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&amp;gfe_rd=cr&amp;dcr=0&amp;ei=9HekWe7BDNGDaNLBu0A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les gr&#232;ves r&#233;centes en Afrique du sud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.labourstart.org/cgi-bin/newsquery2.pl?searchtext=afrique+du+sud&amp;number=1000&amp;language=fr&amp;Go=OK&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les derni&#232;res luttes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.investigaction.net/fr/afrique-du-sud-le-paradis-des-inegalites-de-races-et-de-classes-23/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Conclusion : L'Afrique du Sud reste le paradis des in&#233;galit&#233;s de races et de classes, le paradis des exploiteurs et l'enfer pour les Noirs pauvres&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?num=30&amp;domains=www.marxists.org&amp;hl=en&amp;biw=1024&amp;bih=643&amp;ie=ISO-8859-1&amp;oe=ISO-8859-1&amp;q=allintext%3A++africa+OR+south+site%3Awww.marxists.org&amp;oq=allintext%3A++africa+OR+south+site%3Awww.marxists.org&amp;gs_l=psy-ab.3...5125.9193.0.9612.7.7.0.0.0.0.341.734.5j1j0j1.7.0....0...1.1.64.psy-ab..0.0.0.QUdyDBCvBN8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Read in english&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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