Matière et Révolution
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69144Les lettres de Natalia Sedova à Léon Trotsky
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https://matierevolution.org/spip.php?article79892025-06-05T22:58:00Ztext/htmlfrRobert ParisNatalia Sedova Trotsky
<p>Lire aussi : <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot308 <br class='autobr' />
Les lettres de Natalia Sedova à Léon Trotsky <br class='autobr' />
Par Vladimir Volkov <br class='autobr' />
Le 1er juillet 2003 <br class='autobr' />
La révolution russe de 1917 n'a pas seulement élevé des millions de travailleurs et de paysans à la vie historique. Elle a aussi promu sur le devant de la scène des événements mondiaux toute une couche de représentants distingués de l'intelligentsia socialiste, porteurs de la conscience politique révolutionnaire, qui avaient absorbé les (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Lire aussi :</p>
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<h2 class="spip">Les lettres de Natalia Sedova à Léon Trotsky</h2>
<p>Par Vladimir Volkov</p>
<p>Le 1er juillet 2003</p>
<p>La révolution russe de 1917 n'a pas seulement élevé des millions de travailleurs et de paysans à la vie historique. Elle a aussi promu sur le devant de la scène des événements mondiaux toute une couche de représentants distingués de l'intelligentsia socialiste, porteurs de la conscience politique révolutionnaire, qui avaient absorbé les traditions internationales de la social-démocratie européenne et le meilleur héritage de la culture européenne en général.</p>
<p>Les femmes ont joué un rôle important dans ce milieu. Des personnages hauts en couleur et aux talents multiples tels Larissa Reissner, Alexandra Kollontai et Inessa Armand étaient les plus connues, bien sûr, mais n'étaient nullement l'exception. Derrière elles, il y avait des dizaines et des centaines d'autres femmes qui entrèrent dans l'histoire de la révolution et laissèrent leurs propres traces indélébiles.</p>
<p>Si l'on se souvient de l'expression classique de Charles Fourier selon laquelle on peut mesurer le degré d'évolution d'une société à son attitude envers les femmes, alors la révolution russe doit être considérée comme un énorme bond en avant en direction de la libération sociale de cette partie de l'humanité qui fut considérée, à travers les siècles, comme la plus dépendante et la plus déshéritée.</p>
<p>Fondées sur la connaissance plutôt que sur des préjugés dépassés, les attitudes révolutionnaires libres envers la famille étaient inséparables de la perspective politique de la révolution. Cette morale avait une existence matérielle réelle et s'exprimait dans les relations personnelles entre les hommes et les femmes qui firent la révolution.</p>
<p>L'un des meilleurs exemples en la matière se trouve peut-être dans la relation entre Léon Trotsky et sa femme Natalia Sedova (1882-1962). Malheureusement nous ne disposons que de peu de preuves écrites ; pendant près de 40 ans ils vécurent côte à côte et n'eurent pas besoin de correspondre et encore moins de rendre publiques leurs relations personnelles. De ce fait nous accordons une grande valeur à ces quelques lettres écrites par Natalia à Trotsky dans les années trente, période de leur dernier exil, et qui sont conservées dans les Archives Trotsky de la Bibliothèque Houghton de l'Université de Harvard (## 5560-5578).</p>
<p>Natalia Sedova était la seconde femme de Trotsky. Il avait deux filles, Nina et Zina, d'un premier mariage avec Alexandra Sokolovskaia, camarade révolutionnaire du sud de la Russie. Fuyant de Sibérie, lieu de son premier exil imposé par le Tsar, en partance vers l'étranger Trotsky fut contraint d'abandonner sa première famille. Néanmoins il maintint toujours des relations très chaleureuses et amicales avec sa première femme et ses filles.</p>
<p>Trotsky rencontra Natalia Sedova à Paris en 1903 lors d'une exposition d'art. C'était une adepte d'Iskra parmi un groupe de jeunes émigrés et lui venait d'arriver de Londres en tant que représentant d'Iskra pour faire un exposé. Ils ne tardèrent pas à se mettre en ménage. En 1906, ils eurent leur premier fils, Liova ; puis en 1908 leur second fils, Sergey naquit à Vienne.</p>
<p>En 1933, après quelques années d'exil en Turquie, où Staline les avait expulsés en 1929, ils quittèrent leur maison de Prinkipo et partirent pour la France. Natalia se rendit dans une station thermale toute seule et envoya quelques lettres à Trotsky. L'autre série de lettres date de 1937, lorsque tous deux vivaient au Mexique, où ils s'étaient réfugiés après avoir été expulsés de Norvège.</p>
<p>Il est naturel que ces quelques lettres de Natalia à Trotsky soient essentiellement de nature personnelle. Elle les commence toujours par ces mots « Mon doux bébé lion » (le prénom de Trotsky est Lev qui signifie 'lion' en russe), et le contenu des lettres évite normalement la politique du moment ou les questions historiques et sociales. La santé et le moral de son mari inquiètent Natalia et elle lui fait part de ses sentiments et de sa situation personnels. Mais de temps à autre il lui arrive d'aborder des questions plus générales ou des souvenirs de leur passé commun.</p>
<p>Par exemple, à Paris lors d'un voyage vers sa station thermale, elle exprime le regret de sa jeunesse, du temps où tous deux vivaient dans cette ville et profitaient de la liberté et du charme de cette capitale mondiale (lettre du 3 septembre 1933).</p>
<p>« J'ai énormément changé », écrit-elle, « un changement entre ce qui était et ce qui est maintenant, entre la jeunesse et la vieillesse. C'est triste et effrayant parfois, et tranquillement satisfaisant qu'il soit possible de revoir le passé et pourtant tout semble différent ; il est douloureusement impossible de ressentir les sensations passées. Nous nous promènerons dans Paris ensemble Mais cela est-il même possible ? C'est comme lire d'anciennes lettres Il est difficile de revenir sur ses pas, ou de lire d'anciennes lettres. »</p>
<p>Dans une autre lettre, datée du 9 octobre 1933, elle mentionne combien leur vie avait été difficile, que beaucoup avait été perdu (des projets, des opportunités), qu'il leur avait fallu venir à bout de bien des difficultés : « C'est une vie comme ça que nous avons partagée, tellement difficile, qu'il nous est impossible après de telles expériences de revenir à la simplicité d'avant, à 'une chambre à un lit' ».</p>
<p>Dans une lettre écrite les 21-22 juillet 1937, elle se souvient de son travail de fonctionnaire au conseil d'administration soviétique du musée et dit qu'elle était mal préparée pour ce type d'activité, que beaucoup d'erreurs étaient faites et que tout était difficile. Quand Trotsky la félicita un jour pour un rapport bien préparé, elle dit qu'elle fut heureuse d'avoir été capable d'avoir préparé quelque chose de valeur.</p>
<p>Voici comment elle décrit ceci : « 22 juillet au matin. Je t'ai dit maintes fois que mon travail au département du musée représentait une tâche importante, très inhabituelle pour moi, très particulière. Mon statut représentait un engagement. J'avais toujours le sentiment de n'être pas à la hauteur, de ne pas faire mon travail correctement, qu'il me fallait faire davantage, mais pour être à la hauteur, il aurait fallu passer encore moins de temps à la maison, consacrer mes soirées au travail. Il était nécessaire de se rendre dans les différentes régions. Parfois mes collègues, notamment ceux des provinces, me le disaient. Et tu n'as jamais vraiment compris mes difficultés, mon manque de préparation et ma responsabilité. Il me fut longtemps très difficile de décider d'accepter ou non ce poste. Je t'en ai parlé et tu m'as conseillé de prendre un poste plus modeste. Mais le Commissariat à l'éducation insista pour que j'accepte ce poste. Mon travail ressemblait à une préparation à un examen, un examen durant plusieurs années. Je me souviens que lorsque j'essayais de te parler de mon travail, des relations personnelles à mon travail, tu essayais d'éviter le sujet, parfois poliment, mais souvent assez sèchement. Je me souviens qu'une fois tu lus une lettre que j'avais écrite au Comité Central au sujet des spécialistes professionnels tu dis : 'C'est bien exprimé'. Ce fut mon moment de gloire. Cela faisait un moment que je voulais te montrer cette lettre, mais ne trouvais pas le bon moment comme tu étais occupé en cette période là. On se voyait à la hâte au déjeuner et au dîner. Je passais des soirées à la maison dans l'espoir de te voir et je m'inquiétais que mes collègues ne me reprochent d'avoir raté encore une conférence du soir. Tu rentrais généralement après que je me sois couchée. Je me souviens de toi les matins, comment tu te levais du lit énergiquement, t'habillais rapidement, demandais qu'on aille chercher la voiture et indirectement, d'un coup d'il ou d'un geste tu nous encourageais Seriozha et moi qui nous réveillions et nous habillions toujours un peu abattus. Comme je me souviens bien de toi, si doux, si gentil, comme je désirais t'embrasser. Je me dépêchais pour te rattraper et pour que nous partions ensemble au travail ».</p>
<p>Dans une lettre écrite le 12 septembre 1933, Natalia reproche à Trotsky de trop travailler, de s'épuiser. C'était l'époque où Trotsky menait le combat pour tirer les leçons de la défaite catastrophique de la classe ouvrière allemande du début de cette année-là et faire en sorte que l'Opposition de gauche internationale embrasse la perspective de la construction d'un nouveau parti révolutionnaire international, la Quatrième internationale.</p>
<p>Natalia écrivit : « Même une personne à la carrure puissante ne peut supporter longtemps le travail que tu fais, sans repos, sans pause, c'est impensable. Mon cher ami, les exigences que tu as vis-à-vis de toi-même sont surhumaines et tu penses que l'âge est responsable de défaillances qui en réalité ne sont nullement des défaillances. Il est vraiment étonnant que tu puisses porter autant sur tes épaules ! On ne peut pas travailler jusqu'aux limites de ses capacités physiques profondes comme tu le fais, et ce jour après jour ».</p>
<p>Au Mexique, Natalia évoque avec nostalgie les souvenirs de leur vie sur l'île de Prinkipo au large d'Istanbul. Elle propose de compenser à l'absence de pêche et de promenades au bord de la mer par le jardinage.</p>
<p>Dans une autre lettre datée du 29 septembre 1933, elle discute du caractère compliqué de Jeanne Molinier, femme de Léon Sedov, puis fait la remarque suivante sur son fils : « Je dirais qu'en règle générale Liova n'est pas distrait. Tu te souviens de lui à Alma Ata ou Constantinople ? Je dirais qu'il était précis et avait une bonne mémoire. Mais il apparaît à présent nerveux et égaré. Chez lui l'optimisme est vite suivi par la dépression. En ce moment il met de grands espoirs pour de succès rapides de l'Opposition ».</p>
<p>Ces quelques lettres de Natalia Sedova parlent d'elles-mêmes. Elles représentent un document humain vivant : celui d'une mère et d'une épouse qui réagit avec sensibilité à ce qui l'entoure et est souvent blessée par les difficultés rencontrées par elle-même et ceux qui lui sont chers. Ces lettres nous montrent aussi en même temps le caractère hors du commun d'une personne courageuse qui défend ses propres positions dans la vie et ne craint pas, quand cela est nécessaire, de se battre contre les circonstances extérieures défavorables.</p>
<p>Contrairement à la littérature morne et terriblement ennuyeuse - bien qu'excessivement volumineuse - publiée par la bureaucratie stalinienne en Union soviétique sur le « caractère moral » des communistes, ces lettres nous aident vraiment à comprendre l'état d'esprit et les sentiments de cette extraordinaire couche de l'intelligentsia socialiste qui soutint le poids moral et intellectuel de la révolution russe.</p>
<p>Trotsky aimait Natalia profondément. Il était attaché à elle non pas seulement du fait des années passées ensemble. Ils étaient aussi unis par leur lutte commune et les sérieuses épreuves humaines auxquelles ils furent soumis (il suffit de se rappeler que leurs deux fils furent assassinés par Staline). Dans son « Testament », que Trotsky écrivit le 27 février 1940, six mois avant son assassinat, il dit de Natalia : « En plus du bonheur d'être un combattant pour la cause du socialisme, le destin m'a donné le bonheur d'être son mari. Durant les presque 40 ans de notre vie commune, elle est restée une source inépuisable d'amour, de magnanimité et de tendresse ». (Ecrits de Léon Trotsky, 1939-40.)</p>
<p>Vadim Rogovin, auteur d'une étude en sept volumes sur la lutte contre le stalinisme dans l'URSS des années 20 et 30, remarqua justement que « la littérature mondiale et les biographies des grands personnages de l'histoire trouveraient très rarement des mots d'amour et de tendresse aussi inspirés, prononcés par une personne, attendant sa mort prochaine, sur la compagne de sa vie ayant passé près de 40 ans à ses côtés ». (Le commencement signifie la fin, Moscou)</p>
<p>Il y a néanmoins des auteurs qui, ne tenant pas compte des faits, essaient d'attribuer à Trotsky une attitude arrogante à l'égard des femmes, de le décrire en espèce de tyran patriarcal. Parmi ces auteurs on trouve l'historien britannique Ian D. Thatcher, dont la biographie de Trotsky a été récemment publiée à Londres.</p>
<p>Ce livre est d'un niveau tellement bas qu'il ne mérite notre attention qu'en tant qu'exemple de catalogue d'accusations et de reproches à l'encontre des dirigeants de la révolution russe. Nous nous limiterons à examiner comment Thatcher tente de discréditer Trotsky au niveau personnel et idéologique.</p>
<p>Commençant d'emblée de sa propre évaluation de l'approche générale du bolchevisme à la question des relations hommes-femmes, Thatcher écrit :</p>
<p>« Les analyses du rôle des hommes et des femmes dans les campagnes de posters bolcheviques montrent que les femmes étaient essentiellement dépeintes dans des rôles 'de second plan' ou subalternes. Peut-être fallait-il s'attendre à cela de la part d'un gouvernement où les hommes occupaient les postes de direction. Il semble qu'il y ait eu méconnaissance du peu d'attractivité que le Parti communiste exerçait sur les femmes, à commencer par ses organisations pour la jeunesse et jusqu'au Comité Central. On peut même déclarer que Trotsky faisait aussi peu cas de ses compatriotes féminines que n'importe quel autre homme égocentrique ». (Ian D. Thatcher, Trotsky, 2003).</p>
<p>Pour étayer cette déclaration catégorique Thatcher cite le journal intime de l'historien russe Yu. V. Gauthier, écrit au printemps 1918. Ce dernier, virulent ennemi des Bolcheviques, soutenait les armées Blanches et aspirait à un retour de la monarchie.</p>
<p>Le 20 avril 1918, Gauthier écrivit que Natalia Sedova se présenta sur son lieu de travail (il travaillait comme bibliothécaire au musée Rumiantsev) et demanda d'emprunter, pour son mari, les dossiers du journal Kievskaia Myls datant de 1915-16. Il la renvoya au prétexte qu'il lui fallait obtenir une autorisation officielle de prêt. Natalia revint le lendemain avec les formulaires officiels requis. Lui ayant fourni les documents demandés, l'historien monarchiste donna libre cours à ses frustrations dans son journal intime. La décrivant comme « une personne de petite taille à l'accent du sud et au nez retroussé », il écrivit qu'elle « arriva richement vêtue mais sans goût, dans une voiture accompagnée d'un soldat se tenant au garde à vous devant elle ». (ibid.)</p>
<p>Tout est dit. Une personne aveuglée par sa haine de la révolution exprime son hostilité à l'égard de la femme de Trotsky. C'est là un exemple courant de détritus historiques entourant les événements mondiaux. Thatcher néanmoins parvient à trouver ici la preuve de « l'exploitation de sa femme comme secrétaire personnel » de la part de Trotsky.</p>
<p>« Il n'est peut-être pas surprenant », continue Thatcher, « que Trotsky n'ait pas appliqué à lui-même les principes qu'il énonçait, à savoir, regarder la réalité à travers les yeux des femmes. Il ne préconisa certainement pas une candidate pour remplacer Lénine ; il ne produisit pas non plus le compte-rendu exhaustif promis de ce qu'il pensait qu'une perspective féminine du monde pouvait bien être ». (ibid.)</p>
<p>Cette tirade absurde est typique de la « biographie » de Thatcher, qui devrait s'intituler « Pourquoi je hais Trotsky ». Essayant par tous les moyens de présenter Trotsky sous un jour négatif, cet auteur britannique fait feu de tous les exemples qu'il trouve, aussi tirés par les cheveux soient-ils, et tant pis s'ils n'ont aucun rapport avec le sujet, pour en faire des amalgames ; c'est-à-dire qu'il combine une vérité partielle avec des inventions et des falsifications pour produire une « démythification » de Trotsky qui n'a absolument rien à voir avec des événements réels.</p>
<p>En effet, quelle est la valeur de son affirmation selon laquelle les dirigeants bolcheviques avaient une approche négative des femmes, avaient des attitudes « sexistes » ? Ici, Thatcher exploite le fait que toute révolution, alors qu'elle ouvre la voie à la libération des femmes, ne peut d'un seul coup nier toutes les barrières du passé, que le mouvement le plus avancé a besoin de temps pour développer entièrement ses possibilités.</p>
<p>L'accusation que Trotsky « exploitait » sa femme est tout aussi absurde et fausse. Il est vrai que Natalia l'aidait souvent et faisait office d'assistante, mais elle le faisait consciemment et sans coercition. Elle comprit que son mari jouait un rôle central dans la préparation de la révolution russe et à partir de la fin des années 20 un rôle unique pour conduire la lutte internationale pour le socialisme et combattre la gangrène du stalinisme. Son rôle d'assistante de Trotsky était sa façon à elle de participer à la cause de la libération de la classe ouvrière et de millions de femmes laborieuses des chaînes de l'oppression sociale.</p>
<p>Seul l'esprit d'un petit bourgeois, débauché par les préjugés du fétichisme du produit marchand, ne peut comprendre les relations entre mari et femme que du point de vue de la nécessité d'une « juste » récompense en argent comptant pour services rendus.</p>
<p>Mais le plus grand mensonge de Thatcher réside dans le fait qu'il confond délibérément la perspective historique réelle de la révolution russe avec son destin tragique ultérieur. Il impute à la révolution les maux qu'elle tenta résolument d'abolir, et qui émergèrent à nouveau plus tard uniquement comme sa négation contre-révolutionnaire.</p>
<p>La révolution socialiste de 1917 fit de l'égalité des femmes une loi fondamentale, elle donna aux femmes le droit à l'éducation, au travail et à la participation aux affaires de la société au même titre que les hommes ; en d'autres termes, elle ouvrit aux femmes la voie : de l'esclavage des fourneaux et de la famille vers la lumière d'une existence vraiment humaine. Il fallut des années de dégénérescence stalinienne et une bacchanale bestiale de sacrifices sanglants durant la Grande Terreur pour effacer cette tradition culturelle et la remplacer par la morale de l'Ancien testament et la soumission approuvée par l'état de la femme envers son mari qui devint la norme en URSS.</p></div>
La culpabilité de Staline
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https://matierevolution.org/spip.php?article82262024-01-06T23:23:00Ztext/htmlfrRobert ParisStalinismeTrotskismeNatalia Sedova Trotsky
<p>Natalia Sédova Trotsky <br class='autobr' />
La culpabilité de Staline <br class='autobr' /> Le 8 juin 1940, Léon Trotsky écrivait : « Je peux donc affirmer que je vis sur cette terre non selon la règle mais comme une exception à la règle ». Et le 20 août 1947, sept ans se seront écoulés depuis la perpétration du crime qui a écourté sa vie. <br class='autobr' />
Tout ce que nous avons dit à propos de la mort violente de LD Trotsky est aujourd'hui pleinement confirmé par les aveux de Louis Budenz, ancien dirigeant du Parti stalinien « communiste » (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Natalia Sédova Trotsky
<p>La culpabilité de Staline</p>
</h2>
<p>Le 8 juin 1940, Léon Trotsky écrivait : « Je peux donc affirmer que je vis sur cette terre non selon la règle mais comme une exception à la règle ». Et le 20 août 1947, sept ans se seront écoulés depuis la perpétration du crime qui a écourté sa vie.</p>
<p>Tout ce que nous avons dit à propos de la mort violente de LD Trotsky est aujourd'hui pleinement confirmé par les aveux de Louis Budenz, ancien dirigeant du Parti stalinien « communiste » américain, dans son livre This Is My Story , publié en mars de cette année. année. Le témoignage de ce sous-agent du GPU, qui a participé au complot contre la vie de LD Trotsky, n'apporte rien de factuel nouveau, mais il corrobore avec autorité tout ce que nous avons dit sur la base de considérations politiques générales ainsi qu'en tenant compte des nombreux faits survenus pendant les années de notre exil.</p>
<p>Les aveux de Louis Budenz mettent en lumière toute l'activité de l'"Appareil" secret de Staline qui a usurpé le pouvoir et qui agit avec un arbitraire sanglant. Selon Budenz, Earl Browder et Jack Stachel ont participé au complot contre la vie de Trotsky. Le plan de l'acte terroriste de Staline a été discuté à New York. Pour de nombreuses raisons, et en premier lieu, parce que Constantin Oumansky, qui a été pendant de longues années attaché au Commissariat des Affaires étrangères en qualité d'agent de la police secrète, a participé à la fois à la mort "accidentelle" et non accidentelle des ennemis de Staline , il est difficile de supposer qu'il n'a pas été impliqué d'une manière ou d'une autre dans le crime perpétré au Mexique pendant son séjour en tant qu'ambassadeur soviétique aux États-Unis. Oumansky lui-même « a été victime d'un accident.</p>
<p>Louis Budenz laisse beaucoup de non-dits... il en sait probablement beaucoup plus ! Mais sous le système complotiste, où chacun des participants au complot n'est informé que de ce qui le concerne et rien de plus, Budenz aurait pu rester dans l'ignorance de certaines des choses les plus importantes. Espérons que bientôt d'autres se présenteront avec des révélations supplémentaires.</p>
<p>Staline caressait le projet de détruire physiquement le chef de l'opposition antitotalitaire avant même l'expulsion de Trotsky du Parti communiste russe. Quelque temps après la mort de Lénine, comme en témoignent Zinoviev et Kamenev, qui formaient alors avec Staline le triumvirat secret au pouvoir, Staline s'est donné pour tâche de se débarrasser à tout prix de son adversaire. Cela trouva sa confirmation dans des tentatives qui ressemblaient alors à des accidents, mais qui n'en étaient pas moins très suspectes. Ainsi, en 1924, alors que LD était en convalescence à Kislovodsk, il se trouva qu'une nuit, nous revenions d'un voyage de chasse avec Mouralov et nos gardes dans une voiture à bras. La voiture à bras a brusquement sauté des rails et s'est renversée. Nous n'avons échappé qu'avec des contusions.</p>
<p>Le 7 novembre 1927, lors de la manifestation de célébration de la Révolution de 1917, l'opposition trotskyste défile avec ses propres banderoles et ses slogans de gauche. Des coups de feu ont été tirés sur l'automobile de LD Trotsky. A cette époque, la clique stalinienne ne pouvait pas aller au-delà des tentatives de ce genre.</p>
<p>Pour les non-initiés, il peut sembler incompréhensible que Staline ait d'abord exilé Trotsky à l'étranger, puis ait essayé pendant des années de le supprimer. En 1928, lorsque Trotsky fut exilé en Asie centrale, il était encore impossible de parler non seulement de lui tirer dessus mais aussi de l'arrêter. La génération avec laquelle Trotsky avait traversé toute la Révolution d'Octobre et la guerre civile était encore vivante. Le Bureau politique se sentait assiégé de toutes parts et le projet de Staline ne pouvait alors se réaliser ni politiquement ni psychologiquement. Même l'exil légal de LD n'a pas été géré avec succès par Staline ; elle a été interrompue par une immense manifestation qui a eu lieu la nuit dans la gare. La foule tumultueuse a installé un grand portrait du chef de la Révolution d'Octobre sur l'une des voitures,arrêté le train au moment où il commençait à avancer. Mais Trotsky n'y était pas. Le départ avait été annulé. Ici aussi, Staline a été obligé de recourir à la tromperie et à un train secret pour obtenir l'exil.</p>
<p>L'exil de Trotsky</p>
<p>L'année passée par LD en Asie centrale a été une année d'intenses discussions par correspondance avec ses co-penseurs. Toute la communauté en exil s'agitait avec la plus grande activité ; à Moscou et à Leningrad, les sympathies pour l'opposition ne cessent de grandir. L'expérience de cette année-là amena Staline à la décision d'exiler Trotsky à l'étranger. Son choix s'est porté sur la Turquie. Staline a calculé qu'une fois qu'il aurait réussi à noircir complètement Trotsky aux yeux de tout le pays, il pourrait alors obtenir du gouvernement turc ami le retour de Trotsky à Moscou pour le règlement définitif des comptes. La question fut mise en discussion au Bureau politique. Staline a dit :</p>
<p>« Trotsky doit être exilé à l'étranger en premier lieu parce qu'il fournit ici la direction idéologique de l'opposition qui ne cesse de croître numériquement ; deuxièmement, pour le découronner aux yeux des masses dès qu'il apparaît comme un allié de la bourgeoisie dans un pays bourgeois ; troisièmement, pour le découronner aux yeux de tout le prolétariat mondial : la social-démocratie exploitera son exil contre l'URSS et prendra la défense de « la victime de la terreur bolchevique – Trotsky » ; et quatrièmement, si Trotsky sort avec des dénonciations de la direction, nous le stigmatiserons comme un traître. Tout cela montre la nécessité de l'exiler. (Nous avions en notre possession une copie du procès-verbal de la séance du Bureau politique au cours de laquelle Staline a donné les arguments ci-dessus.)</p>
<p>Le 16 décembre 1928, à un ultimatum lancé par Moscou pour qu'il cesse et s'abstienne de toute activité révolutionnaire, Trotsky répondit :</p>
<p>« Seuls des fonctionnaires complètement corrompus pourraient exiger d'un révolutionnaire qu'il renonce à l'activité politique, c'est-à-dire qu'il renonce à servir le Parti et la révolution mondiale. Seuls des renégats méprisables pourraient être capables de s'y engager. »</p>
<p>Le 18 janvier 1929 est venu l'ordre du GPU d'exiler Trotsky hors des frontières de l'URSS. Sur la demande d'accuser réception de cet ordre, LD Trotsky écrit :</p>
<p>"Cette décision du Guépéou, criminelle dans son contenu et illégale dans sa forme m'a été présentée le 20 janvier 1929."</p>
<p>Nous avons été amenés d'Odessa à Istanbul sur le bateau à vapeur Ilyich .</p>
<p>Le 18 juillet 1933, le gouvernement « de gauche » de Daladier accorda à Trotsky la permission de s'installer en France, apparemment avec les mêmes droits que les autres étrangers. Mais en réalité, il est interdit de séjour à Paris et est aussitôt placé sous haute surveillance policière. Le 6 février 1934, après une campagne enragée dans la presse, Albert Sarraut, alors ministre de l'Intérieur, signe un arrêté d'expulsion de Trotsky de France. Mais il n'a pas été possible de trouver un seul gouvernement étranger qui accepterait de l'accepter. Pour cette raison, l'ordre d'expulsion n'a pas pu être exécuté. D'un jour à l'autre l'Humanité[Quotidien stalinien français] n'arrêtait pas d'écrire : « Le fasciste Daladier a convoqué le social-fasciste Trotsky afin d'organiser avec son aide une intervention contre l'Union soviétique. Cela n'a pas empêché le parti stalinien d'entrer deux ans plus tard dans un Front populaire antifasciste avec le fasciste Daladier.</p>
<p>En juin 1935, le Parti social-démocrate de Norvège y forma le gouvernement. Trotsky se tourna vers Oslo avec une demande de visa. Le 10 juin, il a été expulsé de France et nous sommes partis pour la Norvège.</p>
<p>La réalisation du projet de Staline a dû être ajournée. Comme le disait Lénine, « ce cuisinier ne prépare que des plats poivrés ». Staline avait besoin de moyens plus puissants pour obtenir la déportation de Trotsky de Norvège, c'est-à-dire qu'il soit effectivement remis au Guépéou. À cette fin, Staline organisa les procès de Moscou.Craquant devant les menaces, la Norvège recourut à l'internement de LD Trotsky. Il semblait que la possibilité d'obtenir un visa pour un autre pays était complètement hors de question. Mais le gouvernement de la République du Mexique en la personne de Lazaro Cardenas a délivré un visa à Trotsky - c'était à l'époque où le Mexique n'avait pas de relations diplomatiques avec l'URSS. Les plans de Staline s'effondrent, il ne lui reste plus qu'à préparer l'acte terroriste. De son côté, Trotsky attendait avec certitude un attentat contre sa vie. En mars 1940, le congrès du Parti stalinien « communiste » du Mexique proclama une ligne de conduite vers « l'extermination du trotskisme ».</p>
<p>L'assaut armé</p>
<p>Le 24 mai 1940 a eu lieu l'assaut armé contre notre maison, dirigé par le peintre David Alfaro Siqueiros, ancien membre du parti stalinien mexicain. Robert Sheldon Harte, l'un des jeunes collaborateurs de Trotsky, a été kidnappé par les bandits staliniens et assassiné. Nous en sommes sortis indemnes grâce à un heureux concours de circonstances, malgré le plan stratégique soigneusement préparé du GPU.</p>
<p>Après la mort de LD Trotsky, le Bulletin de l'opposition russe écrivait :</p>
<p>« A cet échec (de l'attaque menée par Siqueiros) nous devons le document le plus dramatique de la littérature politique moderne ; un homme y explique pourquoi il va tuer et met à nu tous les fils d'un complot qui se resserrait de plus en plus autour de lui... » son assassinat et publié en novembre 1940 par la Quatrième Internationale.</p>
<p>David Alfaro Siqueiros, libéré sous caution de 10 000 pesos, et interdit de quitter le pays où il avait commis un crime politique capital, a néanmoins fui le Mexique, non sans l'aide de personnalités. Son procès a été suspendu sans explication, et quelques mois plus tard, la presse a fait état du vol de tous les dossiers judiciaires dans son affaire et de l'impossibilité de ce fait de poursuivre le procès. Il n'y a pas si longtemps, il a déposé une demande de réadmission au Parti stalinien dont il a été à son époque exclu. La violation complète de la légalité par Siqueiros exige qu'il soit arrêté immédiatement.</p>
<p>Les révélations de Louis Budenz, ancien rédacteur en chef du Daily Worker, le quotidien stalinien aux États-Unis, sont assez précises et sont devenues largement connues. La conscience de l'opinion publique mondiale ne peut ni rester indifférente aux crimes qui ont été commis ni les laisser rester impunis.</p>
<p>Une nouvelle enquête judiciaire complémentaire doit être menée contre l'assassin stalinien désormais incarcéré dans une prison au Mexique, le soi-disant « Jacson », « Mornard », « Vandendreschd » - tous les trois faux pseudonymes. Le détenu doit être soumis à un contre-interrogatoire complémentaire afin d'éclaircir les points suivants : 1) sa véritable identité et son passé ; 2) son rôle probable dans l'assaut des Siqueiros et le meurtre de Robert Sheldon Harte ; 3) ce qu'il a fait lors des voyages qu'il faisait périodiquement à New York ; 4) l'identité de ses supérieurs, inspirateurs et payeurs.</p>
<p>La participation des dirigeants du parti « communiste » des États-Unis au complot contre Trotsky, attestée par Louis Budenz, fournit des motifs suffisants pour traduire en justice Budenz lui-même, ainsi que Browder et Stachel, et les placer dans le mains des autorités judiciaires mexicaines.</p>
<p>Des millions de personnes sont plongées dans un délire monstrueux : elles identifient la Révolution d'Octobre avec le régime totalitaire sanglant qui l'a engloutie, le régime avec son « appareil » d'espionnage, de corruption et de calomnie ; avec son Komintern, l'organisateur des meurtres, formellement dissous en 1942 mais poursuivant toujours ses activités perverses. Le temps est venu pour ceux qui continuent à tâtonner dans le noir d'ouvrir les yeux. La responsabilité des crimes commis à Coyoacan et d'innombrables autres crimes incombe directement – et dans une bien plus grande mesure que sur ses méprisables agents secrets – à Staline lui-même. L'intérêt de l'instruction complète de ce procès exceptionnel exige la présence de Staline ; il doit comparaître devant le tribunal comme auteur et commanditaire du crime. Staline porte la responsabilité devant l'opinion publique mondiale.<br class='autobr' />
Coyoacan</p>
<p>19 avril 1947</p></div>
Quand Staline faisait assassiner en Russie le plus jeune fils de Léon Trotski, Sergueï Sedov
https://matierevolution.org/spip.php?article8043
https://matierevolution.org/spip.php?article80432023-10-19T22:45:00Ztext/htmlfrRobert ParisStalinismeNatalia Sedova Trotsky
<p>Quand Staline faisait assassiner en Russie le plus jeune fils de Léon Trotski, Sergueï Sedov <br class='autobr' />
Sergueï Lvovitch Sedov (en russe : Сергей Львович Седов), né le 21 mars 1908 et mort le 29 octobre 1937 au camp du goulag de Vorkouta, est le plus jeune fils de Léon Trotski (1879-1940), né de sa seconde femme, Natalia Sedova (1882-1962). <br class='autobr' />
Sergueï Sedov fait des études d'ingénieur. Quoiqu'il ne soit pas engagé politiquement, contrairement à son frère aîné Lev Sedov (1906-1938), il est néanmoins (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quand Staline faisait assassiner en Russie le plus jeune fils de Léon Trotski, Sergueï Sedov </h2>
<p>Sergueï Lvovitch Sedov (en russe : Сергей Львович Седов), né le 21 mars 1908 et mort le 29 octobre 1937 au camp du goulag de Vorkouta, est le plus jeune fils de Léon Trotski (1879-1940), né de sa seconde femme, Natalia Sedova (1882-1962).</p>
<p>Sergueï Sedov fait des études d'ingénieur. Quoiqu'il ne soit pas engagé politiquement, contrairement à son frère aîné Lev Sedov (1906-1938), il est néanmoins éliminé au cours des purges menées par Staline en 1937.</p>
<h2 class="spip">Sergei Trotsky emprisonné par les bureaucrates staliniens
Un acte de vengeance</h2>
<p>Une mère demande une enquête sur la dernière série de persécutions</p>
<p>Nathalia Sedova Trotsky</p>
<p>(juin 1935)</p>
<p>Récemment, des rumeurs ont largement circulé parmi les camarades à l'effet que cette fois Staline a choisi notre plus jeune fils Sergei comme objet de sa vengeance.</p>
<p>Les amis ne cessent de nous demander : est-ce vraiment vrai ? Oui, c'est vrai : Sergei a été arrêté au tout début de cette année.</p>
<p>Si d'abord on pouvait espérer que l'arrestation était accidentelle, qu'à un jour ou deux il serait libéré, il est clair que les geôliers ont des desseins bien plus sérieux. Étant donné que beaucoup de camarades sont profondément préoccupés par le nouveau coup porté à notre famille, il serait peut-être préférable que j'énonce tout le cas dans une lettre destinée à l'information générale.</p>
<p>Jamais en politique</p>
<p>Sergei est né en 1908. Au début de la révolution d'Octobre, il était un garçon de neuf ans. Il a grandi au Kremlin. Dans les familles dont les aînés sont absorbés par la politique, les plus jeunes en sont souvent repoussés. Tel était aussi notre cas. Sergei ne s'est jamais occupé de questions politiques ; il n'était même pas membre de la Jeunesse communiste (Komsomol).</p>
<p>Pendant ses années d'école, il a été absorbé par le sport, le cirque et il est devenu un athlète accompli. À l'université, il s'est concentré sur les mathématiques et la mécanique. En tant qu'ingénieur, il a reçu un poste de professeur dans l'une des écoles techniques supérieures et au cours des deux dernières années, il y a mené une vaste activité pédagogique. Avec deux autres collègues, il a publié récemment un ouvrage spécial intitulé : Light Gas Generators of Automobile-Tractor Type . Le livre publié par l'Institut Scientifique Automobile-Tracteur a été chaleureusement accueilli par les spécialistes les plus éminents du domaine.</p>
<p>A séjourné en Russie</p>
<p>Lorsque nous avons été contraints à l'exil à l'étranger, Sergei était encore étudiant. Les autorités permettaient aux membres de notre famille soit de nous accompagner, soit de rester en URSS. Sergueï décida de rester à Moscou pour ne pas être arraché à ce travail qui désormais absorbait tout son être.</p>
<p>Les conditions matérielles de son existence étaient très difficiles mais ne différaient pas à cet égard des conditions de vie de l'écrasante majorité de la jeunesse soviétique défavorisée. Bien sûr, les calomnies honteuses continuellement diffusées par la presse soviétique à propos de LD Trotsky et de ses co-penseurs ne pouvaient manquer de causer des souffrances morales à Sergei.</p>
<p>Mais de cela, je ne peux que supposer. Ma correspondance avec mon fils se limitait exclusivement à des sujets quotidiens « neutres », ne touchant jamais aux questions politiques et aux conditions de vie particulières de notre entourage familial (il faut ajouter que même ces lettres ne lui parvenaient que dans des cas exceptionnels). LD n'a pas du tout correspondu avec notre fils dans les années d'exil pour ne pas donner aux autorités le moindre prétexte à des persécutions ou à de simples ennuis. Et, en fait, au cours des six années de notre émigration actuelle, Sergei a poursuivi son intense travail scientifique et pédagogique sans aucune ingérence de la part des autorités.</p>
<p>Six mois de prison</p>
<p>Les choses ont pris une tournure différente après l'assassinat de Kirov et le fameux procès de Zinoviev et Kamenev. La correspondance cessa complètement. Sergueï a été arrêté. De jour en jour, je m'attendais à ce que la correspondance reprenne. Mais près de six mois se sont écoulés depuis que Sergei est en prison. C'est précisément ce qui m'oblige à penser que les geôliers ont en tête des desseins particuliers.</p>
<p>Est-il possible de concevoir que sous l'influence des événements mon fils se soit engagé récemment dans une activité d'opposition ? Je serais heureux pour lui si je pouvais le penser car alors Sergei pourrait supporter beaucoup plus facilement le coup qui lui a été porté. Mais une telle supposition doit être considérée comme absolument hors de question. De diverses sources, nous savions que Sergei était tout aussi éloigné de la politique ces dernières années qu'avant. Personnellement, je n'avais même pas besoin de ces témoignages car je ne connais que trop bien sa constitution psychologique et son penchant intellectuel.</p>
<p>Un acte de vengeance</p>
<p>Pourquoi, même les autorités, depuis Staline jusqu'en bas, en étaient bien conscientes : Sergei, je le répète, a grandi au Kremlin, le fils de Staline était un visiteur fréquent dans la chambre du garçon ; la Guépéou et les autorités universitaires exercèrent sur lui une surveillance redoublée d'abord en tant qu'étudiant, ensuite en tant que jeune professeur. Il n'a pas été arrêté pour une quelconque activité d'opposition (qui n'existait pas et ne pouvait en aucun cas exister) mais exclusivement en tant que fils de LD dans le but de se venger de la famille. C'est la seule explication possible.</p>
<p>Tous les camarades se souviennent de la tentative du Guépéou de lier le nom de LD à l'assassinat de Kiroff : le consul letton qui a donné de l'argent pour l'acte terroriste a proposé en même temps aux terroristes de transmettre une lettre d'eux à Trotsky. Cependant, tout ce projet échoua et ne servit qu'à compromettre les organisateurs du procès.</p>
<p>Un nouvel amalgame</p>
<p>Mais justement à cause de cela nous répétions fréquemment dans notre entourage familial après le procès : « Ils ne s'arrêteront pas là, ils devront préparer un nouveau dossier pour dissimuler l'échec de l'amalgame avec le consul. La même pensée a également été exprimée par LD dans ses articles du Bulletin russe .</p>
<p>La seule chose que nous ne savions pas était la méthode que le GPU choisira cette fois. Mais maintenant, il ne peut y avoir même l'ombre d'un doute. En arrêtant l'absolument innocent Sergueï et en le gardant en prison pendant des mois, Staline poursuit clairement et indubitablement le but de créer un nouvel « amalgame ».</p>
<p>À cette fin, il doit imposer à Sergei une sorte d'aveu approprié, même s'il ne s'agit que d'une « renonciation » à son père. Je ne parlerai pas des méthodes par lesquelles Staline obtient les aveux qu'il demande, je n'ai aucune information à ce sujet. Mais toutes les circonstances parlent d'elles-mêmes...</p>
<p>Un comité international</p>
<p>Il serait très simple de vérifier les faits énoncés dans cette lettre. Il suffirait, par exemple, d'établir un comité international composé de personnalités faisant autorité et sincères, bien entendu d'amis bien établis de l'URSS. Un tel comité aurait à examiner, entre autres, toutes les répressions liées à l'assassinat de Kirov. cela jetterait également la lumière nécessaire sur le cas de notre fils Sergei.</p>
<p>Cette suggestion n'a rien d'exceptionnel ou d'inacceptable. Lorsque les socialistes-révolutionnaires, les organisateurs des attentats contre Lénine et Trotsky, furent jugés en 1922, le Comité central sous la direction de Lénine et Trotsky accorda à Vandervelde, Kurt Rosenfeld et à d'autres adversaires du gouvernement soviétique le droit de participer à la procès en tant que défenseurs des terroristes accusés. Cela a été fait précisément pour dissiper dans l'esprit du prolétariat international tout doute quant à l'équité du procès.</p>
<p>Romain Rolland, Charles Gide, Bernard Shaw et d'autres amis de l'Union soviétique ne pourraient-ils pas prendre l'initiative de créer un tel comité en accord avec le gouvernement soviétique ? Ce serait le meilleur moyen de vérifier les accusations et les soupçons largement répandus dans les masses ouvrières.</p>
<p>La bureaucratie soviétique ne peut se placer au-dessus de l'opinion publique de la classe ouvrière internationale. En ce qui concerne les intérêts de l'Etat ouvrier, une vérification sérieuse de ses actions ne pouvait qu'être à son avantage. Pour ma part, je soumettrais à un comité aussi compétent toutes les informations et tous les documents nécessaires concernant mon fils.</p>
<p>Cette lettre est donc un appel direct aux organisations de la classe ouvrière et aux amis de l'URSS à l'étranger, non pas aux avocats intéressés de la bureaucratie soviétique, bien sûr, mais aux amis sincères et indépendants de la révolution d'Octobre.</p>
<p>Si après de longues hésitations, je soulève ouvertement la question de Serge, ce n'est pas seulement parce qu'il se trouve être mon fils. Cette raison serait plus que suffisante pour une mère mais insuffisante pour susciter l'initiative politique. Mais le cas de Sergueï représente un cas clair, simple et indiscutable de volonté consciente et criminelle, un cas qui peut être très facilement vérifié : la haute société bureaucratique écrase et tourmente un ouvrier soviétique hautement qualifié, connu pour sa loyauté et absolument innocent - seulement pour satisfaire les vils instincts de vengeance sans aucune justification politique : car n'est-il pas absolument évident que la souffrance physique infligée au fils ne saurait avoir aucune influence sur la direction de l'activité politique du père, une activité à lequel Sergei n'a jamais été lié d'aucune façon ?</p>
<p>C'est pourquoi je me permets de penser que le cas de mon fils mérite l'attention publique. En tout cas, quiconque veut agir doit agir immédiatement, car étant donné le silence et l'impunité, les actes de vengeance de Staline pourraient bientôt prendre un caractère irréparable.</p>
<p>France, 1 juin 1935</p></div>
Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky
https://matierevolution.org/spip.php?article7802
https://matierevolution.org/spip.php?article78022023-05-07T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisBartaNatalia Sedova Trotsky
<p>Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky <br class='autobr' />
1946 - 1949 <br class='autobr' />
Union Communiste (Trotskyste) à Natalia Sedova <br class='autobr' />
Paris, le 16 décembre 1946 <br class='autobr' />
Chère camarade Nathalie, <br class='autobr' />
Ce n'est que maintenant que nous avons pu obtenir, par hasard, votre adresse. Nous sommes très impatients de vous envoyer une partie de notre matériel dans l'espoir que vous trouverez le temps de lire les articles que nous avons soulignés pour attirer votre attention. Nous serions heureux d'avoir votre appréciation (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag">Natalia Sedova Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky</h2><h2 class="spip">1946 - 1949</h2>
<p>Union Communiste (Trotskyste) à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 16 décembre 1946</p>
<p>Chère camarade Nathalie,</p>
<p>Ce n'est que maintenant que nous avons pu obtenir, par hasard, votre adresse. Nous sommes très impatients de vous envoyer une partie de notre matériel dans l'espoir que vous trouverez le temps de lire les articles que nous avons soulignés pour attirer votre attention. Nous serions heureux d'avoir votre appréciation critique. Si cela vous intéresse, nous vous enverrons la collection complète. Nous sommes prêts à clarifier tout ce que vous souhaitez au sujet de notre organisation.</p>
<p>En espérant avoir de vos nouvelles, recevez cher camarade nos salutations fraternelles.</p>
<p>UNION COMMUNISTE (Trotskyste)</p>
<p>Adresse : Jacques RAMBOZ 7, Impasse du Rouet PARIS 14ème</p>
<hr class="spip" />
<p>Natalia Sedova à l'Union Communiste (Trotskyste)</p>
<p>Coyoacan, 28.1.47</p>
<p>Cher camarade,</p>
<p>Merci pour votre lettre du 16 décembre. Je tarde à vous répondre car j'ai été malade. J'ai également reçu tout le matériel que vous m'avez envoyé et je vous en remercie. Je lirai avec grand intérêt tous les articles que vous avez soulignés. Je n'ai pas pu le faire plus tôt pour la raison que j'ai mentionnée. Je vous serais bien obligé si vous continuiez à m'envoyer Lutte de Classes. Après avoir lu les articles, je vous contacterai. En conclusion, je serais très heureux que vous puissiez me donner quelques informations générales sur votre organisation.</p>
<p>Recevez cher camarade mon salut fraternel.</p>
<p>Natalia Sédova</p>
<hr class="spip" />
<p>Union Communiste (Trotskyste) à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 20 février 1947</p>
<p>Chère camarade Sedova,</p>
<p>Nous avons été ravis de recevoir votre lettre du 28.1.47 ; depuis nous avons continué et continuerons à vous envoyer régulièrement Lutte de Classes.</p>
<p>Nous poursuivons comme suit les informations générales sur nos activités et notre développement : Les camarades qui ont fondé notre organisation ont été actifs dans le POI pendant plusieurs années et en 1938 faisaient partie de la fraction qui est entrée dans le PSOP. En 1939, lorsque les cadres et les groupes trotskystes se sont désintégrés, nous avons fait notre premier travail indépendant, surtout pour des raisons d'organisation, et avons publié, avec l'aide de quelques jeunes camarades, un journal dupliqué, L'Ouvrier traitant de la lutte contre le Daladierisme, le la guerre et le rôle de la social-démocratie dans la destruction des syndicats. En 1939, nous sommes partis de rien et, après les événements militaires de 1940, nous avons dû repartir de la même position. En novembre 1940, nous avons publié notre pamphlet La Lutte contre la 2e Guerre impérialiste mondiale pour défendre ce que nous pensions être une politique trotskyste contre les positions nationalistes et petites-bourgeoises de l'organisation issue d'une regroupement d'anciens membres du POI. C'est en 1942, après avoir pu éduquer et instruire quelques jeunes camarades issus du PCF ou sans passé politique, que nous avons publié notre journal La Lutte de Classes. Ce choix de titre a été fait en raison de notre volonté d'opposer, par la propagande révolutionnaire et internationaliste, le courant pro-gaulliste d'unité nationale justifié par la lutte contre la puissance occupante.</p>
<p>C'est après ce travail et sans être devenus un nombre appréciable que nous avons pu, en octobre 1945, ajouter à notre journal un bulletin pour le travail syndical, La Voix des Travailleurs. Concrètement, le bulletin était le résultat de l'expérience que nous avions acquise au cours des mois précédents grâce à la publication de tracts locaux d'usine au nom d'un « groupe de travailleurs », ce qui nous a permis d'avoir des liens avec une usine consciente. travailleurs. Nous avions élaboré notre position syndicale (qui était défendue par La Voix) sur la base de notre propre travail syndical sans connaître les derniers écrits de Trotsky à ce sujet.</p>
<p>En même temps, en raison de l'évolution de la situation politique générale, nous avions intensifié notre travail d'agitation et, d'octobre 1945 à juin 1946, avions distribué dans les usines de la région parisienne 100 000 tracts qui mettaient en avant la politique de notre journal. En même temps nous avions essayé d'imposer la vente de nos journaux aux portes de l'usine, pour cela nous avions dû entreprendre une lutte physique contre les staliniens, (qui s'opposaient à la vente) prenant une large position d'agitation politique sur les droits de la démocratie ouvrière. En ce sens, nous avions été les premiers à nous agiter et à appeler à l'unité avec le PCI. Nous pouvions dire aussi qu'en raison de l'insuffisance politique du PCI, nous avions été en région parisienne pendant plusieurs périodes, le seul groupe défendant ouvertement la politique trotskyste dans la classe ouvrière. Dans Non. 60 de La Lutte (30 avril 1946) nous expliquons les raisons de la disparition de La Voix des Travailleurs. Mais nous avons continué le travail pour trouver le meilleur moyen d'élever le niveau de conscience des travailleurs avec les mêmes méthodes et le même objectif. Nous sommes numériquement un petit groupe mais la majorité sont des travailleurs.</p>
<p>Si en fait nous n'avons eu aucune relation avec le PCI c'est parce que leurs dirigeants se sont montrés absolument incapables de respecter les règles les plus élémentaires d'honnêteté et de comportement ouvrier (alors qu'ils étaient politiquement à plat devant les sociaux-démocrates et les staliniens). Bien que nous soyons apparemment d'accord sur tout ce que nous trouvions, nous n'étions d'accord sur rien chaque fois que nous examinions telle ou telle question précise. Le PCI s'est opposé à notre critique ouverte par le silence et à vrai dire, une « unité » qui, telle qu'il la posait, n'aurait fait qu'occulter les difficultés et non approfondir le mouvement révolutionnaire.</p>
<p>Vous pouvez suivre nos différences avec le PCI à partir du matériel que vous avez déjà. Compte tenu de l'importance particulière que nous attachons à votre avis, nous vous serions reconnaissants de nous faire part de votre appréciation dans les plus brefs délais.</p>
<p>En attendant nous vous adressons, cher camarade, nos salutations fraternelles.</p>
<p>PS.1. Nous joignons une copie d'une lettre expliquant notre scission avec les groupes formant le PCI qui n'a pas obtenu de réponse.</p>
<p>PS.2. Pourriez-vous envoyer vos courriers à l'adresse suivante Jacques Ramboz 3 Boulevard Victor Paris 15ème.</p>
<hr class="spip" />
<p>Union Communiste (Trotskyste) à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 2 avril 1947</p>
<p>Chère camarade Sedova,</p>
<p>Suite à votre lettre du 28 janvier, nous vous avons envoyé une lettre contenant des informations générales sur notre organisation le 20 février. Nous avons également continué à vous envoyer régulièrement des Lutte de Classe .</p>
<p>Nous serions reconnaissants de savoir si vous les avez reçus et nous espérons qu'il sera possible de nous le dire.</p>
<p>En attendant, nous vous adressons, chère camarade Sedova, nos salutations fraternelles.</p>
<p>Union Communiste (Trotskyste)</p>
<hr class="spip" />
<p>Union Communiste (Trotskyste) à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 5 juin 1947</p>
<p>Chère camarade Sedova,</p>
<p>Nous nous sommes inquiétés de n'avoir reçu aucune réponse à nos lettres du 20 février et du 5 avril ; nous nous demandons si le courrier ne passe pas ou si votre travail ou votre état de santé vous empêchent de nous répondre ; mais quoi qu'il en soit nous espérons que vous êtes en bonne santé et au cas où vous auriez déjà écrit nous vous serions reconnaissants de renvoyer la lettre à l'adresse de Michel Bucholz, 2 rue Claude Matrat à Issy-les-Moulineaux (Seine).</p>
<p>Nous sommes heureux d'avoir couronné notre travail théorique, politique et organisationnel par une lutte de masse de la plus haute importance pour la classe ouvrière et pour nous-mêmes. Nous vous avons envoyé les documents relatifs à ces événements et nous espérons que le matériel plus ancien dont vous disposerez vous renseignera avec précision sur le caractère organisé de ce mouvement, fruit d'un long et patient travail. Et ce sera certainement pour vous la plus grande satisfaction de recevoir la confirmation qui est essentiellement la pensée de Trotsky et l'exemple de tous ceux qui se sont entièrement consacrés à l'émancipation de la classe ouvrière qui nous ont aidés à traverser les épreuves de 1939 à aujourd'hui. . Nous continuerons la lutte jusqu'au bout, car les crimes de la classe dirigeante et de la bureaucratie stalinienne ne peuvent inclure que la seule vraie revanche, la révolution prolétarienne.</p>
<p>Nous vous adressons, chère camarade Sedova, nos salutations fraternelles.</p>
<p>pour l'Union Communiste (Trotskyste)</p>
<hr class="spip" />
<p>Natalia Sedova à La Lutte de Classes</p>
<p>Mexique, 12 juillet 1947</p>
<p>à La Lutte de Classes</p>
<p>Chers camarades,</p>
<p>J'ai reçu vos lettres et votre matériel. C'est-à-dire l'essentiel de votre matériel. A propos de vos divergences avec l'organisation française pendant la guerre et à l'gard des mouvements de résistance, je dois vous informer que nous avons demandé que le prochain Congrès mondial traite en premier lieu la politique des principaux partis par rapport à ce problème. Il me semble que vous devez être tout à fait d'accord là-dessus. Mais votre groupe participera-t-il au congrès et à la discussion préalable ? At-il été invité par le SI ? At-il demandé à prendre part à la discussion et au Congrès ?</p>
<p>J'ai vos lettres et votre matériel. C'est-à-dire le matériel indispensable. A propos de vos différends avec l'organisation française pendant la guerre à propos des mouvements de résistance, je dois vous dire que nous avons demandé au prochain Congrès mondial de traiter en priorité de la politique des principaux corps impliqués dans cette question. Il me semble que vous seriez tout à fait d'accord avec cela. Mais votre groupe participera-t-il au Congrès et à la discussion pré-Congrès ? A-t-il été invité par l'EI ? A-t-il demandé à participer à la fois à la discussion et au Congrès ? J'ai vu que vous critiquiez la conduite de notre parti sur la question des grèves françaises. Ici, il me semble que vous vous trompez. Il me semble que le PCI s'est bien conduit dans les grèves et a fait appel aux ouvriers staliniens.</p>
<p>Pour moi, le plus important est de savoir quels obstacles vous ont empêché d'adhérer au PCI. Je crois me souvenir que la direction du Parti vous a offert l'entrée avec tous les droits de faction. J'ai lu votre document adressé au Comité d'Unification et rédigé en 1944. Avez-vous toujours la même position ?</p>
<p>Depuis deux mois, je n'ai pas reçu La Lutte de Classes.</p>
<p>J'aimerais connaître votre position par rapport à la défense de la Russie, à l'appel à un gouvernement PS-PC-CGT et à l'unité avec le stalinisme, toutes les questions qui sont actuellement débattues dans notre organisation.</p>
<p>salutations fraternelles</p>
<p>Natalia Sédova</p>
<hr class="spip" />
<p>Natalia Sedova à David Korner</p>
<p>Coyoacan, 22 octobre 1947</p>
<p>Cher camarade,</p>
<p>Je viens de recevoir votre lettre du 25 septembre par laquelle je comprends que vous n'avez pas reçu ma lettre du 12 juillet. C'était une bonne idée de m'écrire encore une fois. Car j'étais très inquiet de ton silence. J'ai joint une copie de ma lettre.</p>
<p>Depuis cinq mois, je ne reçois plus La Lutte de Classe mais je reçois régulièrement La Voix des Travailleurs . Le papier est bien fait, le ton est combatif et la prise de position correcte. Puis-je demander si La Voix des Travailleurs est le successeur de La Lutte de Classe s. Il me semble avoir lu quelque part que vous reveniez au nom de La Lutte de Classe s.</p>
<p>J'attends vos nouvelles avec impatience.</p>
<p>Recevez mon salut fraternel</p>
<p>Natalie Sédova</p>
<hr class="spip" />
<p>La Voix des Travailleurs à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 6 novembre 1947</p>
<p>Chère camarade Sedova,</p>
<p>Votre lettre du 22 octobre nous a remplis de joie. Nous essaierons de répondre le plus complètement possible à vos questions.</p>
<p>Quant à La Voix des Travailleurs, elle continue en effet La Lutte de Classe s.</p>
<p>La Lutte de Classe s paraîtra à nouveau sous forme de bulletin théorique dès que nous aurons les moyens nécessaires.</p>
<p>La grève Renault de mai dernier, déclenchée et menée par nos camarades de l'usine, (sans l'aide d'aucune autre organisation) nous a donné la possibilité de refonder l'ancienne Voix des Travailleurs sur de nouvelles bases. Un hebdomadaire sera en grande partie vendu dans l'usine Renault ; surtout parmi les 1 200 ouvriers des départements 6 et 18. Un ouvrier sur trois est lecteur. Nous voulons l'aide d'un journal pour éduquer et influencer tous les travailleurs qui cherchent une nouvelle voie à suivre. La position stratégique que nous occupons actuellement chez Renault nous permet d'espérer une croissance, sinon rapide, du moins solide.</p>
<p>Au sujet du PCI, après des rebuffades répétées, nous avons été contraints de constater l'impossibilité de toute collaboration. Nous ne parlons pas la même langue et nous avons des opinions et des méthodes totalement différentes en ce qui concerne l'activité ouvrière. Les difficultés ne viennent pas, en général, de divergences politiques mais de la composition sociale du PCI. A ce sujet, notre position de 1944 est toujours valable aujourd'hui. Ensuite, nous espérions qu'une partie, sinon la majorité du PCI, se retrouverait sur la même voie révolutionnaire avec nous. Il nous apparaît aujourd'hui que les dirigeants du PCI, non seulement ne connaissent pas leur métier, mais ont la morale de vrais politiciens bourgeois. Dans notre lutte, nous avons reçu des coups non seulement de la bourgeoisie et des staliniens, mais aussi des dirigeants du PCI.</p>
<p>Sur ce point, nous avons justifié notre position vis-à-vis de la classe ouvrière dans le n° 75 de La Lutte de Classe s et nous en avons parlé dans le n° 17 de La Voix . (« L'Acier retrouve sa voix ») et dans le n°23 (au sujet des élections). Nous ne voyons pas très bien quelle est la critique du PCI à laquelle vous faites allusion dans votre lettre au sujet des appels aux ouvriers staliniens. Comme vous pouvez le voir dans La Voi x, nous faisons constamment appel à ces travailleurs (comme nous le faisons aux travailleurs du Parti socialiste, etc.) et pas seulement sur le papier, mais nous nous battons à leurs côtés dans l'usine.</p>
<p>En réalité on reproche au PCI son attitude essentiellement opportuniste à l'égard des dirigeants staliniens, qui va jusqu'à couvrir leurs crimes comme par exemple dans l'assassinat de notre camarade Mathieu. Nous nous sommes habitués à l'idée que, vu la décadence actuelle du mouvement ouvrier, personne ne se trouve pour protester contre un tel crime mais nous ne nous attendions pas à ce que le premier se taise et ne travaille pas à la découverte et la dénonciation des assassins, pourraient être précisément les dirigeants du parti qui est le représentant officiel de la 4e Internationale. [*]</p>
<p>Au sujet de l'appel à un gouvernement PS-PC-CGT nous vous avons envoyé le n°54 de La Lutte de Classes qui a un article à ce sujet.</p>
<p>Nous ignorons les discussions au sein de l'Internationale au sujet du Front unique avec les staliniens et de la défense de l'URSS.</p>
<p>Sur la question du Front uni avec le stalinisme, nous pensons que vous avez notre position concrète dans La Voix (nous nous engageons à l'avenir à vous envoyer nos tracts d'usine.) De même nous ne pouvons pas traiter de la défense de l'URSS dans l'abstrait ; vous avez également dans nos documents la position successive prise par notre organisation pendant et après la guerre.</p>
<p>En ce qui concerne la nature de l'URSS, nous sommes suffisamment « démodés » pour penser que seule l'analyse de Trotsky offre une manière scientifique de comprendre la société « soviétique » et donc une orientation politique.</p>
<p>Un élément de la question de la défense de l'URSS qui nous apparaît comme décisif est que cette défense dépend de nos forces et que si nous sommes incapables de défendre la classe ouvrière nous ne sommes pas non plus capables de défendre l'URSS ; l'erreur est alors de raisonner, non pas sur la base de la croissance organisationnelle, mais en termes abstraits.</p>
<p>Dans notre pratique politique, vous avez vu que, par-dessus tout, nous attaquons l'impérialisme américain pour avoir provoqué la guerre et nous dénonçons les crimes de Staline et ses méthodes. Mais nous ne dénonçons pas l'URSS comme provocateur de guerre ou comme impérialiste. Il nous semble que les erreurs de ceux qui, par opportunisme, apportent de l'eau au moulin révisionniste, ne sont pas dues à une volonté de défendre l'URSS mais à leur impuissance dans le mouvement ouvrier.</p>
<p>En ce qui concerne l'International, nous serions ravis de participer à la réunion du Congrès International. Mais après que l'entrée au PCI nous a été refusée, nous n'avons eu ni invitations ni documents préparatoires. Depuis 1939, nous avons été complètement ignorés par l'organisation internationale et les seules relations que nous avons eues ont été des remontrances pour entrer dans le PCI et arrêter de jouer aux petits garçons etc...</p>
<p>Aujourd'hui la situation en France est favorable au Parti Révolutionnaire. La situation qui nous a permis, à une poignée, de faire le travail que nous avons chez Renault, existe dans la majorité de la classe ouvrière. Seulement là où nous ne sommes pas, il y a des réformistes ou autres qui ont le dessus, qui groupent autour d'eux des ouvriers dégoûtés alors que les dirigeants du PCI appellent dans leur journal à une correction à la CGT et à un front unique avec ces messieurs staliniens. En conséquence leur influence dans la classe ouvrière est nulle et vous avez pu le constater après le résultat des élections où le PCI dans 5 circonscriptions a eu un peu plus de 1000 voix.</p>
<p>En tout cas, aussi douloureuse que soit cette conclusion, nous avons pour notre part maintenant la certitude morale que, dans la mesure où la situation objective nous le permet, nous poursuivrons notre travail jusqu'au bout et avons décidé de continuer quoi qu'il arrive. ce qui se produit.</p>
<p>Nous essaierons de vous tenir au courant le plus possible de tout ce qui se passe ici et souhaitons que votre santé vous permette de le suivre en attendant des jours meilleurs dont nous sommes certains.</p>
<p>Veuillez accepter, chère camarade Sedova, nos salutations affectueuses.</p>
<p>PS. Excusez cette lettre décousue mais nous n'avons pas le temps et nous ne voulions pas la retarder.</p>
<p>[*] Il s'agit de Mathieu Bucholz, qui a rejoint le groupe dirigé par Barta à l'âge de 19 ans en 1941. Il a été enlevé et assassiné, après avoir été torturé, le 11 septembre 1944 sur ordre de dirigeants staliniens. (voir Lutte de Classes, n°67, 18 septembre 1946.)</p>
<hr class="spip" />
<p>Natalia Sedova à David Korner</p>
<p>Coyoacan, 17 mars 1948</p>
<p>Cher camarade Mathieu,</p>
<p>Oui, j'ai reçu votre lettre du 6 novembre 1947. Il n'était donc pas nécessaire de m'en envoyer une autre copie. Mon long silence est dû en partie au fait que j'ai souhaité attendre la parution projetée de votre revue théorique La Lutte de Classe s.</p>
<p>Je reçois régulièrement La Voix des Travailleurs . Merci beaucoup. Cela me fait grand plaisir de l'obtenir si rapidement - il arrive dans trois ou quatre jours. La Voix des Travailleurs est très intéressante par son ton révolutionnaire qui fait généralement défaut à nos publications. Mais je me demande si son ambiance n'est pas trop limitée aux questions syndicales. Je peux comprendre la raison, vous le voyez comme faisant partie d'un ensemble de revues complétées par Lutte de Classe s Vous aviez l'intention de publier cela mais malheureusement, il me semble, vous n'y êtes pas parvenu. Et c'est pourquoi les questions théoriques et la politique générale manquent.</p>
<p>Je me souviens d'une de vos lettres, écrite me semble-t-il au camarade M. [**] Vous analysez sa brochure Les Révolutionnaires devant la Russie. J'ai l'impression d'avoir vu cette analyse dans plusieurs Lutte de Classe . Vous partagez bon nombre des points avancés par l'auteur de cette brochure.</p>
<p>Saviez-vous que le camarade M. était actuellement à Paris ? J'aimerais que vous le connaissiez. Je pense qu'il vous serait facile d'être d'accord avec lui. Vous m'avez parlé dans votre lettre de l'impossibilité de toute entente avec Vérité. Mais vous ne m'avez pas expliqué tous vos points de divergence. Au lieu de cela, vous vous plaignez de l'absence de tout caractère révolutionnaire dans chacune de leurs actions. C'est tout à fait vrai. Car leur manque de compréhension révolutionnaire dicte toutes leurs actions, à la fois théoriques et pratiques. Dans le camarade M., vous trouverez un allié enthousiaste. Je vous le recommande et, si vous me le permettez, j'insiste pour que vous rencontriez le camarade M. le plus tôt possible. Vous pouvez lui écrire à cette adresse, Sophie Gallienne, 3 rue Lecourbe, Paris XV.</p>
<p>salutations fraternelles</p>
<p>Nathalie</p>
<p>Avenue Elena Villalobos Viena 19 - Coyoacan Mexique, DF</p>
<p>[**] Fernandez Grandizo, alias Munis (1912-1989). Son pamphlet Les Révolutionnaires devant la Russie et le stalinisme mondial est publié en 1946 par Editorial Revolucion, Mexico.</p>
<hr class="spip" />
<p>David Korner à Natalia Sedova</p>
<p>Paris le 18 juin 1948</p>
<p>Cher camarade,</p>
<p>Voici tout d'abord notre situation en quelques mots. Nous avons été contraints de suspendre la publication de notre journal car cela a été impossible sur la même base. Il avait été conçu avant tout comme un moyen de lutte et d'éducation pour l'avant-garde ouvrière de Renault. Nous espérions, partir de là, sur la base d'un mouvement ouvrier grandissant, déplacer d'autres couches de travailleurs. Mais notre expérience de janvier jusqu'au dernier numéro (n°47) nous a prouvé que l'échec de la grève de novembre-décembre a mis fin à une telle perspective.</p>
<p>Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il fallait changer de formule et nous avons décidé de sortir une revue bimestrielle, dans un format plus grand et aussi de la vendre en kiosque. C'est le seul moyen d'atteindre de nouvelles couches et pas seulement celles de la classe ouvrière. Bien sûr, le contenu doit également changer et sera beaucoup plus proche des anciens La Lutte de Classe s ; mais il faut attendre après les vacances car nous avons grand besoin de prendre un peu de repos avant d'entreprendre cette nouvelle tâche ; d'autre part nous sommes aux postes de combat chez Renault pour faire reconnaître le syndicat. Tu sais de La Voix que le juge de paix a déclaré que nous devrions être autorisés à nous présenter, mais la direction ne tient pas compte du jugement et nous devons nous battre sur ce terrain. Les élections des délégués ont lieu le 30 juin et comme nous n'avons pas le droit de présenter nos candidats, nous avons décidé de faire comme si de rien n'était, de publier notre liste de candidats, de faire notre publicité et de demander aux travailleurs de voter pour nous. Entre-temps, le juge de paix a fixé au 23 juin le jugement du concours électoral décidé par la direction et les autres organes syndicaux sans notre accord. Il est probable que nous gagnerons notre cause.</p>
<p>En tout cas l'essentiel est que nous luttions sur tous les fronts, que nos camarades apprennent à se battre par tous les moyens, que nos liens avec les ouvriers se renforcent et que nos cadres augmentent autant en nombre qu'en qualité.</p>
<p>Quelles sont nos relations avec les groupes minoritaires du PCI ? Nous avons pris contact avec la faction Gallienne et le résultat est plus que trompeur. Je pense qu'il y a un malentendu dans leur volonté de scission avec le PCI. Ces camarades ne voient rien à reprocher au PCI quant à son « sens révolutionnaire », leur seule pensée est que la « discussion »sur l'URSS devrait être totalement décidé. Bien que très petits et sans aucune base ouvrière, leur première pensée n'a pas été d'acquérir une telle base. Quand nous leur avons expliqué que nous n'avions pas assez de ressources pour mener à bien le travail syndical, publier notre journal et en même temps discuter avec « l'avant-garde », (c'est-à-dire les fragments de petits groupes, les débris sans gloire de cette période de cercles de discussion), ils rétorquent qu'« après tout, ils ont tenu compte de l'expérience chez Renault », mais ce travail était moins crucial, le plus urgent étant « d'en finir » avec les petits groupes, de construire une grande fête etc. Mais si c'est leur métier pourquoi commencer par se séparer du PCI. Mais toute preuve d'un sens révolutionnaire fait totalement défaut lorsqu'ils proposent de se retirer de l'activité ouvrière chez Renault où nos camarades mènent une lutte extrêmement dure qui ne concerne pas seulement l'avenir du mouvement mais leur propre vie. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour éclairer ces camarades et essayer de travailler avec eux autant que possible ; mais nous n'avons pas de grands espoirs.</p>
<p>Cher camarade vous serait-il possible de contribuer éventuellement à une Voix bimensuelle avec ou sans votre signature. Ce serait une aide décisive pour nous.</p>
<p>Nous vous prions de nous écrire sur toutes ces questions sans retenue.</p>
<p>Recevez cher camarade les salutations les plus chaleureuses de notre organisation.</p>
<p>A.Mathieu</p>
<hr class="spip" />
<p>David Korner à Natalia Sedova</p>
<p>Paris, le 29 juin 1949</p>
<p>Chère camarade Sedova,</p>
<p>Je voulais vous écrire depuis longtemps. Mais j'attendais un résultat officiel pour donner du poids à nos revendications.</p>
<p>Maintenant c'est arrivé. Par notre travail de masse, de propagande et d'agitation au sein de Renault, nous avons réussi à faire reconnaître notre « représentativité » et notre participation aux élections des délégués (stewards). Nous avons obtenu en moyenne 1 300 voix et 7 délégués sur 132 ; cette notice vous en parlera. Ce que je voudrais vous souligner, c'est que cela ne représente pas un « reste » de notre influence de la grève de mai 1947, mais une nouvelle conquête, une pénétration à l'intérieur de l'usine hors des départements 16 et 18 (où nous avons 325 voix.) Pour apprécier ce résultat, il faut comprendre qu'il a été obtenu dans une période marquée par des défaites ouvrières qui, comme toujours, même si elles montrent à quel point la politique révolutionnaire était juste, ne profitent qu'aux bureaucrates.</p>
<p>Nous avons maintenant aussi une base chez Citroën.</p>
<p>Pour mener à bien cette tâche, il faut non seulement vaincre les difficultés à l'intérieur de l'usine mais aussi vaincre le découragement dû à la décadence croissante des milieux « révolutionnaires ». A ce sujet il faut vous dire que nous pensions que le camarade M. était comme quelqu'un d'une autre planète et que, non seulement nous n'avons pas pu travailler avec lui, mais son séjour ici n'a rien fait pour améliorer la situation.</p>
<p>Quant à nos perspectives d'avenir, elles seraient brillantes s'il pouvait y avoir une croissance qualitative rapide des cadres. Etant donné que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces (il n'a même pas été possible de rencontrer une deuxième fois le camarade Rosmer depuis la grève de mai, qui pourtant semblait pourtant approuver notre travail), il nous faut du temps et, compte tenu de la situation mondiale , le temps presse. Cependant, par rapport au passé, de grands progrès vont être réalisés grâce à la nouvelle situation syndicale.</p>
<p>En ce qui concerne Lutte de Classes , il ne nous a pas été possible de publier beaucoup de numéros. En réalité nous ne sommes que deux écrivains qui écrivons difficilement, et il y a tant de choses à faire pour faire vivre une organisation engagée dans la lutte quotidienne.</p>
<p>Je serais heureux d'avoir votre avis sur l'article "Qui va unifier l'Europe" (la partie sur l'URSS.) Nous ne négligeons jamais la théorie car elle nous a permis d'avancer sur une base trotskyste (révolutionnaire). Mais pour la développer, il faut une action révolutionnaire pratique - et cela n'est possible que sur la base des théories "classiques" - qui amène de nouvelles conclusions, sinon on tombe inévitablement dans le plus terne des révisionnismes. Nous pensons que l'analyse de Trotsky sur l'URSS (en particulier la Révolution trahie) est une œuvre dont on ne peut trouver l'équivalent qu'en remontant à Marx et Engels. Une analyse de l'URSS depuis 1940 n'est possible que sur cette base. Nous considérons l'URSS comme un "État ouvrier dégénéré" dont les traits négatifs l'emportent sur les traits positifs, ce que les effets de l'occupation russe de l'Europe centrale et des Balkans rendent concrets. Seul un sursaut révolutionnaire mondial pourra régler définitivement la question de la défense de l'URSS.</p>
<p>Cher camarade, permettez-nous à cette occasion de renouveler l'expression de notre vive reconnaissance pour tout ce que votre génération a fait pour la révolution socialiste et vous pouvez être certain que votre exemple nous incitera à tenir bon coûte que coûte jusqu'à la fin finir.</p>
<p>Veuillez accepter, chère camarade Sedova, nos salutations fraternelles.</p>
<p>David Korner</p></div>
Hommage à Natalia Sedova Trotsky
https://matierevolution.org/spip.php?article7015
https://matierevolution.org/spip.php?article70152020-08-19T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyRévolutionStalinismeIV° InternationalecommunismeNatalia Sedova Trotsky
<p>Hommage à Natalia Sedova Trotsky <br class='autobr' />
Discours prononcé par André Breton lors des obsèques, à Paris le 29 janvier 1962, de Natalia Sedova Trotsky <br class='autobr' />
« De sa silhouette si menue, fermés ses yeux où se livrèrent les plus dramatiques combats de l'ombre avec la lumière, le seul murmure de son nom retraçant en un éclair les plus saillants épisodes de l'his¬toire contemporaine, s'en va la très grande Dame que fut Natalia Sedova-Trotsky. Soixante ans d'une lutte qui se confond avec celle du prestigieux (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag">communisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag">Natalia Sedova Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_14634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/YIU27PP5D6O6QJJ37F3NRDUPQU.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH312/YIU27PP5D6O6QJJ37F3NRDUPQU-ffbd2.jpg?1790076474' width='500' height='312' alt='' /></a>
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</div> <div class='spip_document_14633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/capture-d-ecran-2019-11-13-a-02-12-33.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH791/capture-d-ecran-2019-11-13-a-02-12-33-7b1bf.jpg?1790076474' width='500' height='791' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Hommage à Natalia Sedova Trotsky</h2>
<p>Discours prononcé par André Breton lors des obsèques, à Paris le 29 janvier 1962, de Natalia Sedova Trotsky</p>
<p>« De sa silhouette si menue, fermés ses yeux où se livrèrent les plus dramatiques combats de l'ombre avec la lumière, le seul murmure de son nom retraçant en un éclair les plus saillants épisodes de l'his¬toire contemporaine, s'en va la très grande Dame que fut Natalia Sedova-Trotsky. Soixante ans d'une lutte qui se confond avec celle du prestigieux compagnon qu'elle s'était choisi — qu'il fût auprès d'elle ou que, victime d'un forfait inex¬piable, il eût cessé de l'être —, ces soixante ans ont vu se poser pour la première fois en termes concrets le problème de l'émancipation humaine. Nul, de par sa position sur l'échiquier du sort, n'y a été mêlé d'aussi près que Natalia Sedova ; nul n'en a connu toutes les exaltations, toutes les ferveurs et aussi n'en a enduré à ce point toutes les affres. Dans l'étudiante de vingt ans, membre de l'Iskra, qui, pour les délasser, mène Lénine et Trotsky à l'Opéra-Comique de Paris où l'on joue Louise, se dessine pour moi sa vocation, non seulement comme militante révolutionnaire mais encore comme personne humaine. Elle se profile déjà en fonction du tout exceptionnel sacrifice que la vie exigera d'elle. On sait que la femme tient par plus de fibres que l'homme au monde des instincts primordiaux : elle aspire, de par sa nature, à l'harmonie du foyer (sa stabilité, son plus grand confort possible tant matériel que moral), car c'est d'elle avant tout que dé¬pendent la sécurité et l'équilibre de l'enfant. Quels assauts intérieurs, dans ce domaine, Natalia n'aura-t-elle pas dû subir ; que ne lui aura-t-il pas fallu prendre sur elle-même pour ne pas fléchir, et faire en sorte que Léon Trotsky garde autant que possible ses forces intactes, jusque devant le trop probable assassinat de leurs deux fils. Si près de nous encore ce matin, il n'y a pas d'emphase à dire qu'elle se tient là à la hauteur des plus grandes figures de l'Antiquité. C'était, il y aura bientôt vingt-quatre ans, au Mexique, où tous deux je les voyais chaque jour (Léon Trotsky avait encore deux ans à vivre). J'arrivais de Paris où leur fils aîné, Léon Sedov, que je connaissais bien, venait de succomber, de manière plus que suspecte, dans une clinique. Quelles que fussent les implications, politiques et autres, de ce drame, dont on eût pu sans doute remonter la filière, Trotsky objectait, de manière cassante, à ce qu'on l'abordât. Ainsi, tant bien que mal effacée du sol cette tragique ombre portée, il fallait voir de quelle sollicitude — sans se départir d'un tact suprême — sa femme aussitôt l'entourait, les yeux à peine voilés. Il y avait là, dans l'éperdu peut-être, une ouverture sur l'identité de cause, la seule qui consacre le couple à jamais. La mort de ceux qui, d'un mot singulièrement trompeur, se disent matérialistes alors qu'ils n'ont vécu que par l'esprit et par le cœur, cette mort est encore la plus conjurable de toutes. Entre ces deux empires, celui de la vie et l'autre, nous avons vue sur un no man's land où germent les idées, les émotions et les conduites qui ont fait le plus honneur à la condition humaine. Sans qu'il soit besoin pour cela d'aucune prière, l'union des cendres de Natalia Sedova à celles de Léon Trotsky, dans l'enclos de ce qu'on nomme « la maison bleue » à Coyoacân, à la fois sous l'angle de la révolution et sous l'angle de l'amour, assure un nouvel éploiement du phénix. Léon Trotsky fut mieux placé que qui¬conque pour nous orienter un jour comme celui-ci. C'est lui-même qui nous dissuade, quelles que soient notre révolte et notre peine, de nous appesantir sur le destin déchirant de quelque être que ce soit, pris en particulier. A la fin de l'essai autobiographique qu'il a intitulé "Ma Vie", « Je ne mesure pas, dit Trotsky, le processus historique avec le mètre de mon sort personnel. Au contraire, j'apprécie mon sort personnel non seulement objectivement mais subjectivement, en liaison indissoluble avec la marche de l'évolution sociale... J'ai lu plus d'une fois dans les journaux des considérations sur la “tragédie” qui m'a atteint. Je ne connais pas de tragédie personnelle. » Qu'elle ait partagé cette façon devoir, c'est toute la vie de Natalia Sedova qui en répond. De parce qui nous lie à elle, il est apaisant, il est presque heureux malgré tout qu'elle ait assez vécu pour voir dénoncer, par ceux-là mêmes qui en ont recueilli l'héritage, le banditisme stalinien qui a usé contre elle des pires raffinements de cruauté. Elle aura su qu'enfin le processus évolutif imposait une révision radicale de l'histoire révolutionnaire de ces quarante dernières années, histoire cyniquement contrefaite et qu'au terme de ce processus irréversible, non seulement toute justice serait rendue à Trotsky, mais encore seraient appelées à prendre toute vigueur et toute ampleur, les idées pour lesquelles il a donné sa vie. C'est dans cette perspective, la seule qu'elle puisse admettre, que je salue Natalia Sedova. Gloire, indissolublement, au Vieux et à la Vieille. »</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3641" class="spip_out" rel="external">Qui était Natalia Sedova Trotsky ?</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?mot308" class="spip_out" rel="external">Lire encore</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/sedova/" class="spip_out" rel="external">Lire toujours</a></p>
<p>Lettre de Natalia Sedova en 1961 :</p>
<p>« Un grand révolutionnaire comme Léon Trotski ne peut en aucune manière être le père de Mao Tsé-Toung, qui a conquis sa position en Chine en lutte directe avec l'Opposition de gauche (trotskiste) et l'a consolidée par l'assassinat et la persécution des révolutionnaires, tout comme l'a fait Tchang Kai-Chek. Les pères spirituels de Mao Tsé-Toung et de son parti sont évidemment Staline (qu'il revendique d'ailleurs comme tel) et ses collaborateurs, M. Khrouchtchev inclus. [...] Je considère l'actuel régime chinois, de même que le régime russe ou tout autre bâti sur le modèle de celui-ci, aussi éloigné du marxisme et de la révolution prolétarienne que celui de Franco en Espagne. »<br class='autobr' />
<a href="http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=551" class="spip_out" rel="external">Source</a></p>
<p><a href="http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=550" class="spip_out" rel="external">Lire aussi</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/sedova/works/1948/04/testament.htm" class="spip_out" rel="external">Un faux testament de Trotsky</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1940/misc/x001.htm" class="spip_out" rel="external">Father and Son</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1941/03/terrorists.htm" class="spip_out" rel="external">Who defend the terrorists ?</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1935/06/sergei.htm" class="spip_out" rel="external">Read also</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/barta/1946-1949/letters01.htm" class="spip_out" rel="external">Letters Barta—Natalia Sedova</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?cof=GALT%3A%23a00000%3BGL%3A0%3BAH%3Acenter%3BLH%3A250%3BL%3Ahttp%3A%2F%2Fsearch.marxists.org%2Fadmin%2Fsearch%2Fsearch.jpg%3BLW%3A400%3BAWFID%3A98b2606990956b52%3B&domains=www.marxists.org&sitesearch=www.marxists.org&as_sitesearch=&hl=en&ie=8859-1&oe=8859-1&as_occt=body&num=30&btnG=Rechercher+%21&as_epq=&as_oq=natalia" class="spip_out" rel="external">Lire encore</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1940/ntrotsky_19401100.htm" class="spip_out" rel="external">Pour finir…</a></p></div>
Qui était Natalia Sedova Trotsky ?
https://matierevolution.org/spip.php?article4680
https://matierevolution.org/spip.php?article46802015-05-03T23:45:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyStalinismeIV° InternationalecommunismeNatalia Sedova Trotsky
<p>Qui était Natalia Sedova Trotsky ? <br class='autobr' />
« Je remercie chaleureusement les amis qui me sont restés loyaux à travers les heures les plus pénibles de ma vie. Je n'en nommerai aucun en particulier faute de pouvoir les nommer tous. Cependant, je me crois justifié à faire une exception pour ma compagne, Natalia Ivanovna Sèdova. En plus du bonheur d'être un combattant pour la cause du socialisme, le destin m'a donné le bonheur d'être son époux. Durant les presque quarante ans de notre vie commune elle (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag">IV° Internationale</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag">communisme</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag">Natalia Sedova Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_5996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH310/-1124-4d874.jpg?1790076474' width='500' height='310' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L180xH294/-1126-b2418.jpg?1790071428' width='180' height='294' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5990 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH336/-1128-4fe83.jpg?1790076474' width='500' height='336' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5991 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH346/-1129-45cfa.jpg?1790076474' width='500' height='346' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L334xH480/-1131-f007a.jpg?1790071428' width='334' height='480' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH420/-1132-c0e5a.jpg?1790076474' width='500' height='420' alt='' />
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</div><div class='spip_document_5995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH398/-1133-dcfc5.jpg?1790076474' width='500' height='398' alt='' />
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</div><h2 class="spip">Qui était Natalia Sedova Trotsky ?</h2>
<p><i>« Je remercie chaleureusement les amis qui me sont restés loyaux à travers les heures les plus pénibles de ma vie. Je n'en nommerai aucun en particulier faute de pouvoir les nommer tous. Cependant, je me crois justifié à faire une exception pour ma compagne, Natalia Ivanovna Sèdova. En plus du bonheur d'être un combattant pour la cause du socialisme, le destin m'a donné le bonheur d'être son époux. Durant les presque quarante ans de notre vie commune elle est restée une source inépuisable d'amour, de grandeur d'âme et de tendresse. Elle a subi de grandes souffrances, surtout dans la dernière période de notre vie. Mais je trouve quelque réconfort dans le fait qu'elle a connu aussi des jours de bonheur. »</i></p>
<p>27 février 1940.</p>
<p>L. TROTSKY.</p>
<p>Coyoacan.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/rosmer/works/1962/natalia.htm" class="spip_out" rel="external">Hommage à Natalia par Alfred Rosmer</a></p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1962-le-deces-de-natalia-trotsky-et-la-quatrieme-internationale/" class="spip_out" rel="external">Hommage par R. Dunayevskaya</a></p>
<p> <a href="https://bataillesocialiste.files.wordpress.com/2009/10/natalia_pdf.pdf" class="spip_out" rel="external">Hommage par Alfred Rosmer</a></p>
<p><a href="http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=544" class="spip_out" rel="external">Courte biographie</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/sedova/" class="spip_out" rel="external">Courte biographie et œuvres de Natalia Sedova Trotsky</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/" class="spip_out" rel="external">Biography and texts (in english)</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/espanol/////bonet/bonet_combio.htm" class="spip_out" rel="external">Par Marguerite Bonnet (en espagnol)</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1945/07/31.htm" class="spip_out" rel="external">Letter of Natalia Sedova Trotsky - Lettre de Natalia (en anglais) à l'occasion du 5ème anniversaire de l'assassinat de Trotsky</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/dunayevskaya/works/1947/letter-natalia.htm" class="spip_out" rel="external">A Letter to Natalia Trotsky on the Theory of State Capitalism</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/espanol/sedova/" class="spip_out" rel="external">Nota biográfica y escritos (en español)</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/sedova/works/1948/04/testament.htm" class="spip_out" rel="external">Déclaration de Natalia sur un « testament » de Trotsky</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1947/04/19.htm" class="spip_out" rel="external">Stalin's Guilt by Natalia</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/barta/1946-1949/letters01.htm" class="spip_out" rel="external">Letters between Barta and Natalia (in english)</a></p>
<p><a href="http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=551" class="spip_out" rel="external">Lettre de Natalia Sedova Trotski au journal France Soir</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/espanol/sedova/1929/001.htm" class="spip_out" rel="external">Recuerdos del destierro (en español)</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1940/08/20.htm" class="spip_out" rel="external">How it Happened by Natalia</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/espanol/peret/1947_carta_pci.htm" class="spip_out" rel="external">Carta abierta al Partido Comunista Internacionalista de Natalia, Munis et Péret</a></p>
<p> <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3486" class="spip_out" rel="external">Sur l'assassinat de Trotsky</a></p>
<p> <a href="https://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/1940/12/12.htm" class="spip_out" rel="external">Letter to Fourth International, by Natalia</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470627.htm" class="spip_out" rel="external">La IV° Internationale en danger, écrit par Natalia, Munis et Péret</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/postwar/1947/06/nt_19470600.htm" class="spip_out" rel="external">Lettre ouverte au Parti Communiste Internationaliste, écrit par Natalia, Munis et Péret</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/urss/natalia.htm" class="spip_out" rel="external">Lettre de Natalia Sedova Trotsky de rupture avec la IVème internationale</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1940/ntrotsky_19401100.htm" class="spip_out" rel="external">« Ce fut ainsi… » : Natalia Sedova écrit sur l'assassinat de Trotsky</a></p>
<div class='spip_document_5983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L482xH662/-1121-f8e6d.jpg?1790071428' width='482' height='662' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Vie et mort de Léon Trotsky, par Victor Serge et Natalia</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Natalia_Sedova" class="spip_out" rel="external">Courte biographie</a></p>
<p><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Natalia_Sedova" class="spip_out" rel="external">Biography of Natalia</a></p></div>
Déclaration sur un « testament » de Trotsky par Natalia Sedova
https://matierevolution.org/spip.php?article4045
https://matierevolution.org/spip.php?article40452014-01-26T02:40:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyNatalia Sedova Trotsky
<p>Déclaration sur un « testament » de Trotsky par Natalia Sedova</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag">Natalia Sedova Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.marxists.org/francais/sedova/works/1948/04/testament.htm" class="spip_out" rel="external">Déclaration sur un « testament » de Trotsky par Natalia Sedova</a></p></div>
Natalia Sedova Trotsky Internet Archive
https://matierevolution.org/spip.php?article2327
https://matierevolution.org/spip.php?article23272012-05-22T03:04:00Ztext/htmlenRobert ParisEnglishTrotskyNatalia Sedova Trotsky
<p>Read here</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory">4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot1" rel="tag">English</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag">Natalia Sedova Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.marxists.org/archive/sedova-natalia/index.htm" class="spip_out" rel="external">Read here</a></p></div>