Matière et Révolution
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69144Les « démocraties » victorieuses en 1918 imposent leur paix à Versailles...
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https://matierevolution.org/spip.php?article90502026-08-22T22:19:00Ztext/htmlfrRobert ParisAllemagne Deutschland1917-1919FranceGuerre War
<p>Les « démocraties » victorieuses en 1918 imposent leur paix à Versailles en juin 1919 et la conséquence : le nazisme et un nouveau bain de sang généralisé <br class='autobr' />
L'armistice de 1918 n'est pas la paix <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7998 <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=JprEX7iSGRE <br class='autobr' />
Un traité de paix de Versailles seulement en 1919 et qui se fait entièrement contre le vaincu et sans lui… <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=2pQI7USz2BE <br class='autobr' />
Qu'est-ce que le traité de Versailles ? (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Les « démocraties » victorieuses en 1918 imposent leur paix à Versailles en juin 1919 et la conséquence : le nazisme et un nouveau bain de sang généralisé</h2>
<p>L'armistice de 1918 n'est pas la paix</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7998" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7998</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=JprEX7iSGRE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=JprEX7iSGRE</a></p>
<p>Un traité de paix de Versailles seulement en 1919 et qui se fait entièrement contre le vaincu et sans lui…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=2pQI7USz2BE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=2pQI7USz2BE</a></p>
<p>Qu'est-ce que le traité de Versailles ?</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles#:~:text=Le%20trait%C3%A9%20de%20Versailles%20est,de%20la%20Premi%C3%A8re%20Guerre%20mondiale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles#:~:text=Le%20trait%C3%A9%20de%20Versailles%20est,de%20la%20Premi%C3%A8re%20Guerre%20mondiale</a>.</p>
<p>Le texte intégral</p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles_1919" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Versailles_1919</a></p>
<p>La signature du traité</p>
<p><a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000006048/episode-4-versailles-28-juin-1919-la-signature-du-traite.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000006048/episode-4-versailles-28-juin-1919-la-signature-du-traite.html</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=PAHwcZHvnlc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=PAHwcZHvnlc</a></p>
<p>« La guerre mondiale s'est terminée par l'écroulement de trois puissances impérialistes : l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Russie. Quatre grands rapaces sont sortis victorieux de la lutte : les États-Unis, l'Angleterre, la France et le Japon. Les traités de paix, dont celui de Versailles constitue le noyau central, sont une tentative de stabiliser la domination mondiale de ces quatre puissances victorieuses. » affirme le 4e congrès de l'Internationale communiste, tenu en novembre 1922.</p>
<p>Versailles : du traité de paix à… la guerre…</p>
<p>La guerre se termina par la victoire totale des démocraties, bien que la Russie Soviétique, dirigée par les bolcheviks, ait quitté leur camp sacré. Le résultat de cette victoire fut la Paix de Versailles qui avait bien sûr coûté des millions de vies, mais qui devait établir une fois pour toutes sur cette terre le règne de la démocratie, le libre développement des nations et la coopération pacifique des peuples sur la base du désarmement général. La Société des Nations couronna cette guerre qui aurait dû être "la dernière des guerres" : c'est ce que promettaient Wilson et la Seconde Internationale. <br class='autobr' />
Le Paradis sur terre ne s'est cependant pas matérialisé mais à sa place quelque chose qui ressemblerait plus à l'Enfer. La Paix de Versailles étrangla l'Europe. Le protectionnisme étrangla l'économie. La guerre "pour la démocratie" ouvrit l'ère de la dégénérescence finale de la démocratie. Le monde s'appauvrit et se referma sur lui-même. L'un après l'autre, les États prirent le chemin du fascisme ou de la dictature militaire. Les relations internationales devinrent de plus en plus menaçantes. Le désarmement fut remplacé par des programmes militaristes qui eussent été des cauchemars à la veille de la guerre précédente. Les premières escarmouches des futurs conflits sanglants sont apparues en divers endroits du monde. C'est précisément le moment que choisit le Komintern pour abandonner ses derniers restes d'internationalisme et proclamer que la tâche de cette ère nouvelle est l'alliance entre le prolétariat et les démocraties impérialistes en décomposition, "contre le fascisme". Le premier foyer d'infection est le tas de détritus, rebut de ce qui fut jadis l'internationale Communiste.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/10/381010.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/10/381010.htm</a></p>
<p>Le traité de Versailles a mis fin à la Première Guerre mondiale et préparé la seconde…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_06.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_06.htm</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-comment-le-traite-de-versailles-mis-fin-la-premiere-guerre-mondiale-et-prepare-la-deuxieme?utm_source=pocket-newtab-fr-fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-comment-le-traite-de-versailles-mis-fin-la-premiere-guerre-mondiale-et-prepare-la-deuxieme?utm_source=pocket-newtab-fr-fr</a></p>
<p>…et le fascisme…</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/00/320000a.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/00/320000a.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/06/330610.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/06/330610.htm</a></p>
<p>Qu'en disaient les travailleurs communistes révolutionnaires :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/07/vil19200719.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/07/vil19200719.htm</a></p>
<p>Aux Travailleurs de France et d'Allemagne !</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/pcf/works/1922/02/pcfkpd.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/pcf/works/1922/02/pcfkpd.htm</a></p>
<p>La croissance rapide du sentiment fasciste était donc due à l'impasse économique, dans laquelle l'Allemagne avait été conduite par l'état du capitalisme d'après-guerre, la crise économique profonde et le système de Versailles, avec en toile de fond la faiblesse de l'avant-garde prolétarienne.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1933/04/bolchevikn2.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1933/04/bolchevikn2.htm</a></p>
<p>Le traité de Versailles avait fait endosser la responsabilité de la guerre de 14-18 à l'Allemagne et au nom de cette responsabilité réelle de la bourgeoisie allemande (qui a contribué à la guerre d'une façon identique à la bourgeoisie française, anglaise, etc...), on a infligé les pires maux aux peuples de l'Europe Centrale et de tous les Etats vaincus.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1943/03/ldc11_032743.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/barta/1943/03/ldc11_032743.htm</a></p>
<p>Le Traité de Versailles, l'occupation de la Ruhr par Poincaré et le slogan « Le Boche payera ! » se trouvent au moins autant à la base de la victoire nazie que les crimes de Noske et d'Ebert, et que l'imbécile théorie du « social-fascisme » de Staline.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1953/07/vingt.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/mandel/works/1953/07/vingt.pdf</a></p>
<p>En fait, les grands impérialismes ont refait les cartes du monde…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=zdC7kyq1WOs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=zdC7kyq1WOs</a></p>
<p>La conférence de paix de la première guerre mondiale a accouché de… la deuxième guerre mondiale…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=QYds014hK-4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=QYds014hK-4</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=NMUrSSOty4w" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=NMUrSSOty4w</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=OgDbtL-RsWw" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=OgDbtL-RsWw</a></p>
<h2 class="spip">Le traité de Versailles n'a donné ni la sécurité, ni la paix, ni le bien-être des peuples, et surtout pas ceux des peuples colonisés !</h2>
<p><a href="https://www.lhistoire.fr/le-vrai-%C3%A9chec-du-trait%C3%A9-de-versailles" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lhistoire.fr/le-vrai-%C3%A9chec-du-trait%C3%A9-de-versailles</a></p></div>
La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer
https://matierevolution.org/spip.php?article9680
https://matierevolution.org/spip.php?article96802026-08-09T22:03:00Ztext/htmlfrAlex, WaraaFranceGuerre WarImpérialisme
<p>La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer <br class='autobr' />
C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la marche à la guerre. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici. <br class='autobr' />
Le fait qu'en France aucun parti n'ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des objectifs proposés aux exploités. Les (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre » : un permis de tuer</h2>
<p>C'est seulement du point de vue de la révolution socialiste mondiale que l'on peut comprendre des événements tels que la marche à la guerre. Et c'est seulement par de la propagande pour cette révolution mondiale en France, que les révolutionnaires peuvent agir ici.</p>
<p>Le fait qu'en France aucun parti n'ait ces objectifs est illustré par la pauvreté des objectifs proposés aux exploités. Les slogans du communisme révolutionnaires sont depuis Blanqui, Marx et Engels, Jaurès et Lénine : Armement du prolétariat et désarmement de la bourgeoisie ! Dictature du prolétariat ! Dissolution des armées permanentes ! A bas les guerres impérialistes et vive la guerre civile ! Transformation de la guerre impérialiste en révolution sociale !</p>
<p>La police et l'armée sont les deux principaux organes de répression aux mains de la bourgeoisie, contre le prolétariat. Cette analyse en termes de lutte des classes, il est important de la défendre haut et fort, alors que les faux marxistes (LO, NPA-R, RP) donnent aux exploités des analyses sur la question de l'Etat en termes de "lutte des races", de "lutte contre l'extrême droite", de "lutte du progrès contre la régression" de "lutte électorale" plutôt que de lutte des classes.</p>
<p>Par exemple, LO dans sa brochure <a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027</a>, ne fait aucune référence aux classes sociales dans la question de la police :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Même si Darmanin ou Retailleau ont commencé à mettre en œuvre cette politique xénophobe au ministère de l'Intérieur, une victoire du RN renforcerait les racistes, notamment au sein de la police et de l'appareil d'État, ainsi que les identitaires et les apprentis fascistes. »</p>
</blockquote>
<p>Ce sont les vainqueurs des élections qui détermineraient des changements de politique dans la police, pas la bourgeoisie, LO voit tout par les élections ; et l'extrême-droite serait "pire" que les autres ! Que la gauche contre révolutionnaire fasse assassiner des dirigeants ouvrier blancs, comme cela arriva en France en juin 1848 et lors de la semaine sanglante en 1871, en 1919 en Allemagne et en Hongrie, en 1936 en Espagne, ce n'est plus d'actualité si l'on en croit LO. Madame "main propre" N. Arthaud justifie dès maintenant un "vote républicain" contre Le Pen au second tour des élections présidentielles ... sans y appeler. Son analyse est celle du PC, de la CGT : formidable c'est bon pour les carrières de ses militants.</p>
<p><strong>La loi du 7 juillet 2026 dénoncée par Amnesty International</strong></p>
<p>L'organisation de défense des Droits de l'Homme dénonce clairement cette loi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Le 7 juillet 2026, l'Assemblée nationale a adopté la loi sur la « présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre ». C'est un vote de la honte : 313 députés ont voté pour cette loi venue initialement de l'extrême droite, portée par Les Républicains (LR) et soutenue par le gouvernement. Cette loi revient à offrir un « permis de tuer » à la police. Avant son adoption définitive, elle doit désormais passer devant le Sénat. Nous continuerons de nous opposer fermement à cette loi, voici pourquoi. »</p>
</blockquote>
<p>Cet engagement est tout à fait juste. Amnesty explique ensuite la signification de cette loi :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « 1. Tout tir de policier est considéré légal</p>
<p>Aujourd'hui, un tir de policier ou gendarme doit être démontré comme étant strictement nécessaire et proportionné. Demain, il sera automatiquement présumé légal.</p>
<p>Cette nouvelle loi s'appuie sur une législation plus ancienne, de 2017, connue sous le nom de l'article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure. Derrière ce nom abstrait, se cache en réalité un changement majeur : la loi vient élargir les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre peuvent utiliser leurs armes. Concrètement, un policier ou un gendarme peut ouvrir le feu sur une personne qu'il pense « susceptible » de représenter un danger. Or, depuis son adoption, les tirs mortels de policiers sur des véhicules ont été cinq fois plus nombreux qu'avant. »</p>
</blockquote>
<p>Amnesty passe pudiquement que ce "changement majeur" eut lieu sous Hollande/Cazeneuve, Amnesty explique à juste titre :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « C'est dans ce contexte déjà alarmant que la nouvelle loi s'inscrit. Plutôt que de corriger les failles de la loi de 2017, la nouvelle loi votée à l'Assemblée nationale les aggrave. Jusqu'ici, en cas de tir, une enquête doit vérifier si les conditions exigées par l'article L.435-1 sont bien réunies. Avec la nouvelle loi, cette vérification ne sera même plus nécessaire : à chaque fois qu'un policier utilisera son arme, le tir sera automatiquement considéré comme légal. (...)</p>
<p>Aujourd'hui, si un policier ou gendarme utilise son arme et tue, c'est à l'État de démontrer que le tir mortel était strictement nécessaire et proportionné. Demain, ce sera aux familles, en plein deuil, de prouver le contraire. </p>
<p>C'est une inversion inédite de la charge de la preuve que propose cette nouvelle loi. Quand un agent de l'État tue, c'est à l'État de justifier cet acte. Mais dès lors que le tir est présumé légal, ce sera aux familles des victimes de prouver que le tir responsable de la mort de leur proche était illégal. Comment apporter des preuves en plein deuil ? Comment prouver quelque chose sans avoir été présent, sans accès aux caméras, aux rapports, aux témoignages des agents des forces de l'ordre ? »</p>
</blockquote>
<p>Certes, l'extrême-gauche ne manquera pas de s'exprimer contre les "violences policières". Mais cette dénonciation qui est le signe d'une conscience de classe lorsqu'elle est le produit de la colère spontanée de travailleurs, ou de victimes directe de cette violence. Mais elle est démoralisante lorsque la propagande d'un parti "révolutionnaire" s'y limite. Car elle fait croire qu'une bonne police bourgeoise est possible.</p>
<p>Par exemple, LO n'envisage cette question qu'en fonction de Mélenchon. Mais au lieu de dire clairement que Mélenchon est un politicien bourgeois comme Le Pen, et enverra la police contre la classe ouvrière tout comme elle si besoin est, LO fait de Mélenchon un pur innocent utopique, mais qui n'est pas dénoncé comme un ennemi de classe :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « En admettant même que Mélenchon puisse arriver au pouvoir, est-ce que cela<br class='autobr' />
ferait disparaître les racistes dans la police ou les services des préfectures ? Est-ce que cela fera disparaître les petites frappes identitaires ou les néonazis qui attaquent des personnes parce qu'elles sont arabes, noires, ou parce qu'elles fréquentent des mosquées ? Bien sûr que non ! »</p>
</blockquote>
<p>Le fait que Mélenchon puisse jouer le rôle d'un Ebert, social-démocrate ami des futurs nazis, assassin de Rosa Luxemburg, LO le nie. Le seul reproche fait à Mélenchon par LO est que sa méthode "ne marche pas". Mais sur le fond, c'est donc un gars sympa ! Que Mélenchon admire ouvertement Mitterrand, artisan du génocide au Rwanda en 1994, pas question d'en parler !</p>
<p>La dénonciation des violences policières n'est pour les révolutionnaires qu'un chapitre de la dénonciation des violences de la bourgeoisie contre le prolétariat et les exploités. Des démocrates bourgeois comme Amnesty le font très bien.</p>
<p>La seule revendication prolétarienne est le désarmement de la bourgeoisie, de sa police, et l'armement du prolétariat, énoncés dans le programme rédigé en 1880 par Marx pour les socialistes français :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « a) PARTIE POLITIQUE.</p>
<p>(...)<br class='autobr' />
4. Abolition des armées permanentes et armement général du peuple.</p>
<p>5. La commune maîtresse de son administration et de sa police »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm" class="spip_out" rel="external">Programme du Parti ouvrier (1880)</a></p>
</blockquote>
<p>Trotsky dans son programme de transition, ne fit que développer ces principes fondamentaux :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Le devoir de la IV° Internationale est d'en finir, une fois pour toutes, avec cette politique servile. Les démocrates petits bourgeois - y compris les sociaux-démocrates, les staliniens et les anarchistes - poussent des cris d'autant plus forts sur la lutte contre le fascisme qu'ils capitulent plus lâchement devant lui en fait. Aux bandes du fascisme, seuls peuvent s'opposer avec succès des détachements ouvriers armés qui sentent derrière leur dos le soutien de dizaines de millions de travailleurs. La lutte contre le fascisme commence, non pas dans la rédaction d'une feuille libérale, mais dans l'usine, et finit dans la rue. Les jaunes et les gendarmes privés dans les usines sont les cellules fondamentales de l'armée du fascisme. Les PIQUETS DE GRÈVES sont les cellules fondamentales de l'armée du prolétariat. C'est de là qu'il faut partir. A l'occasion de chaque grève et de chaque manifestation de rue, il faut propager l'idée de la nécessité de la création de DÉTACHEMENTS OUVRIERS D'AUTODÉFENSE. Il faut inscrire ce mot d'ordre dans le programme de l'aile révolutionnaire des syndicats. Il faut former pratiquement des détachements d'autodéfense partout où c'est possible, à commencer par les organisations de jeunes, et les entraîner au maniement des armes.</p>
<p>La nouvelle vague du mouvement des masses doit servir, non seulement à accroître le nombre de ces détachements, mais encore à les unifier, par quartiers, par villes, par régions. Il faut donner une expression organisée à la haine légitime des ouvriers pour les jaunes et les bandes de gangsters et de fascistes. Il faut lancer le mot d'ordre de la MILICE OUVRIÈRE, comme seule garantie sérieuse de l'inviolabilité des organisations, des réunions et de la presse ouvrières.</p>
<p>C'est seulement grâce à un travail systématique, constant, inlassable, courageux, dans l'agitation et la propagande, toujours en relation avec l'expérience des masses elles-mêmes, qu'on peut extirper de leur conscience les traditions de docilité et de passivité ; éduquer des détachements de combattants héroïques, capables de donner l'exemple à tous les travailleurs ; infliger une série de défaites tactiques aux bandes de la contre-révolution ; accroître la confiance en eux-mêmes des exploités et des opprimés ; discréditer le fascisme aux yeux de la petite-bourgeoisie et frayer la voie à la conquête du pouvoir par le prolétariat.</p>
<p>Engels définissait l'État comme des "détachements de gens armés". L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT est un élément constituant indispensable de sa lutte émancipatrice. Quand le prolétariat le voudra, il trouvera les voies et les moyens de s'armer. La direction, dans ce domaine aussi, incombe naturellement aux sections de la IV° Internationale. »</p>
<a href="</quote>
<p>L'armée du prolétariat, c'est ce qu'il faut construire !</p>
<p>Or cette extrême-gauche pseudo-révolutionnaire, en dénonçant toutes les armées, fait une propagande insidieuse contre l'armée du prolétariat, dont le prototype fut l' Armée rouge de Trotsky. Cette extrême-gauche pseudo-révolutionnaire, en dénonçant toutes les guerres, passe sous silence que la révolution prolétarienne, c'est une guerre civile étendue à l'échelle mondiale.</p>
<p>{{La guerre impérialiste est dirigée contre le prolétariat }}</p>
<p>De même que la police, l'armée française est un instrument dans les mains de la bourgeoisie, dirigé contre le prolétariat.</p>
<p>Cette analyse en termes de lutte des classes est absent des analyses de l'extrême-gauche électoraliste.</p>
<p>Dans sa brochure électorale [Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027->https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf">Programme de Transition (1938)</p>
</a>
<p>, LO ne cite pas l'armée française, mais les armées "étrangères", américaines et israéliennes :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Démonstration de force de l'armée américaine en mer de Chine. (...) Dès le lendemain de sa signature, l'armée israélienne poursuivait les bombardements sur le Liban. (...) Il n'y a pas non plus de paix ou de victoire pour les centaines de milliers de Libanais chassés de leurs maisons et de leurs terres détruites ou occupées par l'armée israélienne. »</p>
<p><a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Brochure présidentielles 2027</a></p>
</blockquote>
<p>D'après la brochure <a href="https://www.lutte-ouvriere.org/medias/document/fichiers/2026/06/brochure-ete-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">Nathalie Arthaud - Présidentielle 2027</a>, le principal ennemi est l'armée d'Israël, l'armée française est épargnée par LO.</p>
<p>Le NPA-R est également dans l'Union sacrée, en dénonçant les puissances étrangères malfaisantes :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Cet emballement guerrier n'est pas seulement le résultat de choix politiques de dirigeants comme Poutine, Trump ou Netanyahou. Certes, ces brutes sont prêtes à sacrifier des peuples, y compris les leurs. Mais, comme leurs prédécesseurs (et comme leurs successeurs si nous n'y mettons pas un terme), ils défendent les intérêts sonnants et trébuchants des grands groupes capitalistes de leurs pays. »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/le-capitalisme-cest-la-guerre-pour-avoir-la-paix-il-faut-le-renverser/" class="spip_out" rel="external">Le capitalisme c'est la guerre : pour avoir la paix, il faut le renverser</a></p>
</blockquote>
<p>Nous français, nous aurions donc de la chance d'avoir des dirigeants différents ?! Ils ne sont pas des brutes. Ils sont même "faibles", l'Allemagne nazie alliée à la France de Pétain, ce ne serait qu'un mauvais souvenir :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « À la tête de pays toujours impérialistes mais devenus secondaires, Macron et Merz (...) »</p>
</blockquote>
<p>Le fait qu'écraser la classe ouvrière est un des buts de guerres impérialistes est masqué par le NPA-R, qui n'invoque que des raisons économiques :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « Comme Trump et Poutine, Macron ou son successeur, quel qu'il soit, sera prêt à toutes les exactions pour défendre les intérêts des Dassault, Total ou Orano. Le capitalisme transforme régulièrement la concurrence économique en guerres sans fin (...) »</p>
</blockquote>
<p>Au lieu d'opposer la guerre civile à la guerre impérialiste, le NPA-R et proposent des actions purement morales et économiques :</p>
<blockquote class="spip">
<p> « À la jungle capitaliste qui vire à la guerre de tous contre tous, opposons la solidarité des travailleurs et travailleuses du monde entier ! »</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/le-capitalisme-cest-la-guerre-pour-avoir-la-paix-il-faut-le-renverser/" class="spip_out" rel="external">NPA-R</a></p>
</blockquote>
<p>La Commune de Paris avait "renversé le capitalisme". Mais en se contentant de réformes économiques, elle négligea la question militaire, et fut écrasée par l'armée versaillaises.</p>
<p>Des organisations comme LO et le NPA-R usurpent leur étiquette de "communiste révolutionnaire". Car si à partir de 1840 le communisme avait gagné Paris, il se divisa immédiatement en communismes pacifique et révolutionnaires. Les pacifiques se contentaient de revendications économiques. Les révolutionnaires, blanquistes ou babouvistes, revendiquaient l'armement du prolétariat. Marx et Engels dans leur Manifeste ne firent que reprendre les expressions des communistes français en évoquant la prise du pouvoir. Mais à la lumière de 1848, Marx forgea en 1850 le terme de dictature du prolétariat.</p>
<p>Les "expropriations sans indemnité", la "levée du secret commercial" font certes partie du programme de transition, mais la bourgeoisie exproprie régulièrement, et un candidat bourgeois comme Asselineau réclame lui-même le retour au "contrôle de capitaux". Un "programme de transition" qui ne ferait pas allusion au "programme final" (incluant la dictature du prolétariat) n'est plus un programme de transition, c'est un programme bourgeois.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p>Dissolution des armées et polices bourgeoises ! Destruction de l'appareil d'Etat des exploiteurs capitalistes ! Vivent les futures armées rouges et milices ouvrières, instruments de la dictature du prolétariat ! Utilisons la guerre impérialiste pour soulever les peuples contre les classes dirigeantes et casser leur appareil armé !</p>
<p>Voilà les seuls slogans dignes des véritables communistes révolutionnaires, que Blanqui dès 1830 avait apporté au mouvement ouvrier naissant. 200 ans plus tard, revenons aux sources !</p></div>
5 et 6 Novembre 1956 : Massacre français en Egypte
https://matierevolution.org/spip.php?article9093
https://matierevolution.org/spip.php?article90932026-07-22T22:27:00Ztext/htmlfrRobert ParisFranceGuerre WarEgypte
<p>5 et 6 Novembre 1956 : Massacre français en Egypte <br class='autobr' />
Film 1 <br class='autobr' />
Film 2 <br class='autobr' />
Film 3 <br class='autobr' />
Film 4 <br class='autobr' />
Film 5 <br class='autobr' />
Film 6 <br class='autobr' />
Film 7 <br class='autobr' />
Texte 1 <br class='autobr' />
Texte 2 <br class='autobr' />
Texte 3 <br class='autobr' />
Texte 4 <br class='autobr' />
Texte 5 <br class='autobr' />
Texte 6 <br class='autobr' />
Texte 7 <br class='autobr' />
Texte 8</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique65" rel="directory">25- Guerres impérialistes</a>
/
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">5 et 6 Novembre 1956 : Massacre français en Egypte</h2>
<p><a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000060/occupation-de-port-fouad-et-port-said.html" class="spip_out" rel="external">Film 1</a></p>
<p><a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000059/interview-de-guy-mollet-3-la-crise-de-suez.html" class="spip_out" rel="external">Film 2</a></p>
<p><a href="https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000180/la-guerre-israelo-egyptienne-de-1956.html" class="spip_out" rel="external">Film 3</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=i7PC2DxG0OI" class="spip_out" rel="external">Film 4</a></p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/man1246358865/la-crise-du-canal-de-suez" class="spip_out" rel="external">Film 5</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=jywBz8yXFEY" class="spip_out" rel="external">Film 6</a></p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf96065803/parachutistes-francais-a-chypre" class="spip_out" rel="external">Film 7</a></p>
<p><a href="https://jacques-tourtaux-over-blog-com.over-blog.com/article-5-et-6-novembre-1956-massacre-francais-en-egypte-88026407.html" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://www.gauchemip.org/spip.php?article17496" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://theatrum-belli.com/5-novembre-1956-les-francais-sautent-sur-port-said-crise-de-suez/" class="spip_out" rel="external">Texte 3</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_canal_de_Suez" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p>
<p><a href="https://www.herodote.net/6_novembre_1956-evenement-19561106.php" class="spip_out" rel="external">Texte 5</a></p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/cdlm/881?lang=en" class="spip_out" rel="external">Texte 6</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Mousquetaire" class="spip_out" rel="external">Texte 7</a></p>
<p><a href="https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/2021-07/mousquetaire.pdf" class="spip_out" rel="external">Texte 8</a></p></div>
Lutte ouvrière, l'hélicoptère et le clairon
https://matierevolution.org/spip.php?article9676
https://matierevolution.org/spip.php?article96762026-07-21T22:27:00Ztext/htmlfrKarob, Robert ParisGuerre WarImpérialisme
<p>Lutte ouvrière, l'hélicoptère et le clairon : le social-chauvinisme d'atelier sous pavillon « trotskyste » <br class='autobr' />
*Ils ne veulent pas marcher derrière le clairon du 14 juillet. Mais pour trois cents euros, ils assembleront l'hélicoptère de guerre — et leur presse applaudit.* <br class='autobr' />
Airbus Helicopters Marignane, juin 2026 : débrayages massifs — près de 2 000 grévistes le 16 juin, selon le correspondant de Lutte ouvrière lui-même — contre une augmentation générale de 30 euros brut et une prime de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag">Impérialisme</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000069889.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/1000069889-10a2e.jpg?1790037630' width='500' height='667' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">Lutte ouvrière, l'hélicoptère et le clairon : le social-chauvinisme d'atelier sous pavillon « trotskyste »</h2>
<p>*Ils ne veulent pas marcher derrière le clairon du 14 juillet. Mais pour trois cents euros, ils assembleront l'hélicoptère de guerre — et leur presse applaudit.*</p>
<p>Airbus Helicopters Marignane, juin 2026 : débrayages massifs — près de 2 000 grévistes le 16 juin, selon le correspondant de Lutte ouvrière lui-même — contre une augmentation générale de 30 euros brut et une prime de participation divisée par deux, quand le groupe vient d'annoncer 5,2 milliards de profits records, nourris par les carnets de commandes militaires. Dans Lutte ouvrière n° 3021 (« Airbus – Marignane : des débrayages remarqués », 24 juin 2026), le « Correspondant LO » rapporte, sans l'ombre d'une réserve, le slogan repris au défilé dans l'usine derrière la sono de la CGT : « 300 € sinon pas d'hélico ». Et il referme son article sur l'enthousiasme militant — sans un mot sur ce que sort l'usine. Le silence vaut adhésion.</p>
<p>**« 300 euros — et pas d'hélico de guerre » : le mot d'ordre qu'ils ont enterré**</p>
<p>Ce que sort l'usine, c'est le NH90 Caïman, hélicoptère militaire à système d'armes intégré, assemblé à Marignane pour l'armée de terre et la marine françaises, déployé sur leurs théâtres d'opérations, du Sahel à l'Afghanistan. Un engin de guerre, fait pour tuer — hommes, femmes, enfants. Et « 300 € sinon pas d'hélico » ne conteste rien de sa fabrication : le « sinon » n'est qu'une menace d'en retarder la livraison pour arracher la prime. Traduit : payez-nous, et nous le construirons. L'ouvrier y réclame sa part du surprofit des commandes de guerre — trois cents euros sur 5,2 milliards : l'impôt du sang.</p>
<p>Le mot d'ordre juste était à portée de main : « 300 euros — et pas d'hélico de guerre pour l'impérialisme français ». Pas d'hélicoptère, parce que les travailleurs imposent leur contrôle sur ce qui sort de la chaîne et refusent d'armer les guerres de leur propre bourgeoisie. Qu'on se batte sur les salaires à Airbus, évidemment. Mais suspendre le salaire à la poursuite de la production de guerre, c'est le social-chauvinisme à l'état chimiquement pur : non le drapeau brandi, mais la revendication indexée sur la marche des usines d'armement. De ce mot d'ordre-là, Lutte ouvrière ne dit pas une syllabe. Où est le défaitisme révolutionnaire ? Où est la lutte contre le social-chauvinisme et le social-impérialisme ? Nulle part.</p>
<p>**Un seul homme, deux mandats, une seule capitulation**</p>
<p>Ce n'est pas une abstraction. Lutte ouvrière, qui se présente à toutes les élections, a pour tête de liste à Marseille aux municipales de 2026 Rémy Bazzali — « Les travailleurs font tout fonctionner dans la société », proclame sa présentation de campagne (lutte-ouvriere.org, 19 février 2026). Le même Rémy Bazzali est, à Airbus Helicopters Marignane, élu CSE CGT sur le NH90 (cgtairbus.fr). La vitrine électorale de Lutte ouvrière est donc, à l'établi, un représentant syndical de la chaîne qui assemble l'hélicoptère de guerre. « Les travailleurs font tout fonctionner » — y compris la production des Caïman pour l'armée française — et ce qu'on en exige, c'est trois cents euros. La revendication monte de la sono de sa CGT, le silence complice descend de la presse de son parti : la boucle du social-impérialisme se referme dans un seul homme.</p>
<p>**Arthaud cite Liebknecht d'une main, l'enterre de l'autre**</p>
<p>À la veille du défilé, le 13 juillet, Nathalie Arthaud signe l'éditorial de Lutte ouvrière : « Ne marchons pas derrière le clairon qui sonne ». Elle y dénonce le défilé, la marche à la guerre, le conditionnement des esprits ; elle écrit même que pour empêcher le capitalisme de nous mener à la guerre, « il faudra le renverser » — au futur ; et elle conclut sur Karl Liebknecht : « L'ennemi principal est dans notre propre pays ! » Beau slogan. Mais un slogan n'est pas un programme. Dans tout l'éditorial, le travailleur subit la guerre, la paie, s'y verra envoyé — jamais il ne la produit. Pas une ligne pour les soldats, qu'il faudrait appeler à retourner leurs armes plutôt qu'à obéir. Pas une ligne pour les ouvriers de l'armement — ceux de Marignane, précisément —, qu'il faudrait appeler au contrôle ouvrier et au refus de fabriquer les engins de mort. Pas une ligne pour la jeunesse dont on prépare la transformation en viande de boucherie. Le programme de Lénine — transformer la guerre impérialiste en guerre civile — est escamoté au moment même où l'on en cite la conclusion. L'apparence de Liebknecht dans l'éditorial du 13 juillet ; la pratique de Jouhaux dans la correspondance d'entreprise du 24 juin.</p>
<p>**Quand LO et Arthaud riment avec Jouhaux**</p>
<p>Cette pratique a un état civil, et Alfred Rosmer en a dressé la chronique pièce par pièce dans *Le mouvement ouvrier pendant la Première Guerre mondiale*. Le 4 août 1914, sur la tombe de Jaurès, le secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux proclamait sa haine de l'impérialisme et du militarisme — le jour même où il ralliait la centrale à l'union sacrée. Sa doctrine reçut un nom, la « politique de présence » : puisque la guerre est là, être présent, participer, en tirer sa part. Monatte démissionna du bureau confédéral dès décembre 1914 ; Rosmer et une poignée d'internationalistes refusèrent, presque seuls. Vingt ans plus tard, le communiqué Laval-Staline du 15 mai 1935 enfonçait le même clou : Staline « comprend et approuve pleinement la politique de défense nationale faite par la France » — et l'antimilitarisme du PCF et de la CGTU fut liquidé d'un trait, l'impérialisme français « compris et approuvé » contre un pacte. Jouhaux est mort, Staline est mort ; le cadavre putréfié du social-chauvinisme, lui, est bien vivant. À Marseille il se présente aux élections, à Marignane il siège au CSE sur la chaîne du NH90, dans Lutte ouvrière il a sa tribune. LO, Arthaud, Jouhaux : la rime n'est pas que phonétique.</p>
<p>**Le clairon qu'ils n'entendront pas**</p>
<p>Lutte ouvrière ne veut pas marcher derrière le clairon de la bourgeoisie. Soit. Mais marchera-t-elle au son du tocsin de la révolution sociale, au clairon de l'Armée rouge de demain, quand ils sonneront ? Celui qui, à l'usine, marchande le prix de l'hélicoptère au lieu d'en refuser la fabrication a déjà répondu. Le devoir des révolutionnaires n'est pas d'arracher trois cents euros pour construire les armes de l'impérialisme français : c'est d'arracher ces armes, et ces usines, à l'impérialisme français. « L'ennemi principal est dans notre propre pays » — encore faut-il cesser de lui fabriquer ses hélicoptères.</p>
<p>**Le syndicalisme à la sauce LO-Mercier**</p>
<p>Mercier (dirigeant bureaucratique de la CGT puis de SUD et… de LO) appelle à « renouer avec les luttes et avec la conscience révolutionnaire ». Cela parait une belle proclamation d'intention mais il ne faudrait pas en rester aux formulations…</p>
<p><a href="https://lutte-ouvriere.org/journal/article/jean-pierre-mercier-renouer-avec-luttes-avec-conscience-revolutionnaire-187452.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://lutte-ouvriere.org/journal/article/jean-pierre-mercier-renouer-avec-luttes-avec-conscience-revolutionnaire-187452.html</a></p>
<p>Cependant, il y a bien des mensonges et des non-dits dans cette déclaration qui éxagère l'état de lutte et de conscience des travailleurs : « Depuis des décennies, non seulement la combativité ouvrière est au plus bas »</p>
<p>Il y a des déclarations justes mais qui ne sont nullement suivies par les actes : « Aucun mouvement de contestation ne pourra l'emporter contre la bourgeoisie sans idées politiques et sans organisation – mais des idées politiques communistes et une organisation qui vient d'en bas, une organisation discutée et décidée à la base, imposée par la base ! … Leurs dirigeants, les travailleurs devront les trouver parmi eux. Leur stratégie, leurs modes d'actions, leur programme, leurs revendications, ils devront les définir eux-mêmes, démocratiquement, à la base, en reprenant l'habitude de se réunir, de discuter, de voter et d'élire leurs propres représentants en créant leurs propres organes de direction – comités de lutte, comités de grève ! »</p>
<p>Cherchez si Mercier appelle aujourd'hui à la formation de comités ouvriers de l'Automobile contre les licenciements et vous ne trouverez… rien !</p>
<p>Lors de la fermeture de PSA Aulnay, Mercier avait laissé se former des comités mais se gardait bien de mettre en avant une banderole ou des tracts des comités, de rendre publique cette formation de l'embryon d'une auto-organisation ouvrière. Cela aurait gêné ses relations avec les appareils syndicaux !</p>
<p>Mercier sait que la lutte de Stellantis Poissy concerne aussi Renault Flins mais il n'appelle pas à la lutte d'ensemble, à organiser des assemblées et des comités en commun…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=LAaJNHVJSbE" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=LAaJNHVJSbE</a></p>
<p>Mercier peut parler de « bombe sociale » mais surtout pas lancer une lutte d'ensemble organisée par des comités de travailleurs…<br class='autobr' />
<a href="https://www.leprogres.fr/france-monde/2012/07/15/jean-pierre-mercier-leader-cgt-des-psa-aulnay-on-est-une-bombe-sociale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leprogres.fr/france-monde/2012/07/15/jean-pierre-mercier-leader-cgt-des-psa-aulnay-on-est-une-bombe-sociale</a></p>
<p>Et quand il y a une lutte d'ensemble comme les Gilets jaunes, Arthaud-LO ne fait que s'en démarquer en affirmant mensongèrement que cette lutte n'est pas tournée contre le grand capital ! Voir la fin de cet interview :</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=lgdMoBxfeXQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=lgdMoBxfeXQ</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve968" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve968</a></p>
<p>« Une grève illimitée serait une erreur tactique : ça nous épuiserait rapidement financièrement et ça aurait un pouvoir de nuisance limité », martèle Mercier !</p>
<p>Notez que, même dans cette envolée en paroles en faveur des comités, il n'est nullement dit que ce sont de tels comités ouvriers révolutionnaires de masse qui devront prendre la totalité du pouvoir, pour fonder la dictature du prolétariat ! Et ce n'est ni erreur, ni omission, c'est un choix !</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513</a></p>
<p>N'en déplaise à tous les Mercier-Arthaud de Lutte ourière, l'objectif numéro un des travailleurs révolutionnaires : les soviets et leur prise du pouvoir…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277</a></p>
<p>Et cet objectif est d'actualité…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647</a></p>
<div class='spip_document_17759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/ccc-2-31ef5.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/ccc-2-31ef5-ec700.jpg?1790037630' width='500' height='708' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07-ece0c.jpg?1790037630' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07-ece0c.jpg?1790037630' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017978-f5961-3682f.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH784/1000017978-f5961-3682f-b05e1.jpg?1790037630' width='500' height='784' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017978-f5961-3682f.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH784/1000017978-f5961-3682f-b05e1.jpg?1790037630' width='500' height='784' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/appel_aux_soldats_2-5-a4786-bdf4c.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/appel_aux_soldats_2-5-a4786-bdf4c-87a77.jpg?1790037630' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/aaa.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/aaa-a2cd8.jpg?1790037630' width='500' height='708' alt='' /></a>
</figure>
</div></div>
La lutte contre l'impérialisme
https://matierevolution.org/spip.php?article9080
https://matierevolution.org/spip.php?article90802026-07-12T22:34:00Ztext/htmlfrRobert ParisGuerre WarRosa LuxemburgImpérialisme
<p>Rosa Luxemburg <br class='autobr' />
La lutte contre l'impérialisme <br class='autobr' />
La lutte contre l'Impérialisme <br class='autobr' />
Malgré la dictature militaire et la censure de la presse, malgré la faillite de la social-démocratie, malgré la guerre fratricide, la lutte des classes ressort avec une force élémentaire de l'« Union sacrée » et la solidarité internationale des ouvriers surgit des vapeurs sanglantes des champs de bataille. Non pas dans les tentatives faiblardes pour galvaniser artificiellement la vieille Internationale, non (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Rosa Luxemburg
<p>La lutte contre l'impérialisme</p>
</h2>
<p>La lutte contre l'Impérialisme</p>
<p>Malgré la dictature militaire et la censure de la presse, malgré la faillite de la social-démocratie, malgré la guerre fratricide, la lutte des classes ressort avec une force élémentaire de l'« Union sacrée » et la solidarité internationale des ouvriers surgit des vapeurs sanglantes des champs de bataille. Non pas dans les tentatives faiblardes pour galvaniser artificiellement la vieille Internationale, non pas dans les promesses qui sont renouvelées par-ci, par-là de faire à nouveau cause commune aussitôt que la guerre sera terminée. Non, c'est maintenant, pendant la guerre, et à partir de la guerre, qu'apparaît à nouveau, avec une force et une importance toutes nouvelles, le fait que les prolétaires de tous les pays ont un seul et même intérêt. La guerre mondiale réfute elle-même la mystification à laquelle elle avait donné lieu.</p>
<p>Victoire ou défaite ? Tel est le mot d'ordre lancé par le militarisme dominant dans chacun des pays belligérants, et auquel les dirigeants sociaux-démocrates ont fait chorus. Pour les prolétaires d'Allemagne, de France, d'Angleterre et de Russie de même que pour les classes dirigeantes de ces pays, tout devrait être suspendu à l'alternative de la victoire ou de la défaite sur les champs de bataille. Aussitôt que les canons se mettent à tonner, le prolétariat de chaque pays devrait être intéressé à sa victoire et à la défaite des autres pays. Voyons donc ce que la guerre peut apporter au prolétariat.</p>
<p>D'après la version officielle reprise telle quelle par les leaders de la social-démocratie, la victoire représente pour l'Allemagne la perspective d'un essor économique illimité et sans obstacle, et la défaite, au contraire, la menace d'une ruine économique. Cette conception s'appuie à peu près sur le schéma de la guerre de 1870. Or, la prospérité que connut l'Allemagne après la guerre de 1870 ne résultait pas de la guerre, mais bien de l'unification politique, même si celle-ci n'avait que la forme rabougrie de l'Empire allemand créé par Bismarck. L'essor économique découla de l'unification politique malgré la guerre et malgré les nombreux obstacles réactionnaires qu'elle entraîna. L'effet propre de la guerre victorieuse, ce fut de consolider la monarchie militaire de l'Allemagne et le régime des junkers prussiens, alors que la défaite de la France avait contribué à liquider l'Empire et à instaurer la République. Mais aujourd'hui il en va autrement dans tous les États impliqués. Aujourd'hui la guerre ne fonctionne plus comme une méthode dynamique susceptible de procurer au jeune capitalisme naissant les conditions politiques indispensables de son épanouissement « national ». A la rigueur peut-on admettre que la guerre possède ce caractère en Serbie, et seulement si on la considère isolément. Réduite à son sens historique objectif, la guerre mondiale actuelle est d'un point de vue général, une lutte de concurrence d'un capitalisme déjà parvenu à sa pleine maturité, pour la souveraineté mondiale et pour l'exploitation des dernières zones du monde restées non capitalistes. C'est pourquoi on assiste à un changement complet dans le caractère de la guerre elle-même et de ses effets. Le degré élevé du développement économique de la production capitaliste se manifeste aussi bien dans le niveau extraordinairement élevé de la technique c'est-à-dire de la puissance de destruction des armements de guerre, que dans son niveau approximativement égal pour tous les pays belligérants. L'organisation internationale de l'industrie de guerre se reflète actuellement dans l'équilibre des forces qui se rétablit sans cesse à travers les décisions et les hésitations partielles de la balance, et qui diffère sans cesse une décision générale. A son tour, l'indécision des opérations militaires a pour conséquence que de nouveaux effectifs sont constamment envoyés au feu : aussi bien de nouvelles masses de population dans les pays belligérants que de nouveaux pays qui étaient restés neutres jusque-là. La guerre trouve partout à profusion de nouveaux désirs impérialistes et de nouveaux conflits à exploiter, elle en crée elle-même de nouveaux et ainsi elle se propage et fait boule de neige. Mais plus il y a de masses colossales de population et de pays qui sont entraînés dans la guerre, et plus sa durée se prolonge. Tout cela ensemble fait qu'avant même qu'intervienne une décision militaire, la guerre produit un phénomène que les guerres précédentes des temps modernes n'ont pas connu : la ruine économique de tous les pays qui y prennent part et même d'une manière croissante des pays qui sont formellement non impliqués. A mesure que la guerre se prolonge, ce phénomène se confirme et se renforce : à chaque mois qui passe, la possibilité de récolter les fruits d'une victoire militaire s'éloigne encore de dix ans. Ni la victoire ni la défaite ne peuvent en fin de compte rien changer à ce phénomène, qui rend au contraire tout à fait douteuse une décision purement militaire : il est de plus en plus vraisemblable que la guerre s'achèvera finalement par l'épuisement extrême de tous les adversaires. Dans ces conditions, si l'Allemagne devait sortir victorieuse de la guerre - même si les fauteurs de guerre impérialistes accomplissaient leurs rêves ambitieux, s'ils réussissaient à poursuivre le massacre jusqu'à l'élimination complète de tous leurs adversaires -, elle ne remporterait qu'une victoire à la Pyrrhus. Elle aurait pour trophées : l'annexion de quelques territoires dépeuplés et réduits à la mendicité et, chez elle, le spectre ricanant de la ruine qui surviendra lorsque auront disparu le carton-pâte d'une économie financière soutenue par les emprunts de guerre et les villages de Potemkine du « bien-être inébranlable du peuple » maintenus en activité par les livraisons de guerre. Il crève les yeux que même l'État le plus victorieux ne peut espérer réparer, si peu que ce soit, avec les indemnités de guerre, les dégâts subis pendant la guerre. En guise de compensation et pour compléter sa « victoire », l'Allemagne assisterait à la ruine peut-être plus grande encore du camp opposé, de la France et de l'Angleterre, c'est-à-dire des pays avec lesquels elle est le plus étroitement liée du point de vue économique, son renouveau économique dépendant en grande partie de leur propre prospérité. C'est dans ce cadre qu'après la guerre - une guerre « victorieuse », bien entendu - il s'agira pour le peuple allemand de payer après coup la note des frais de guerre que les parlementaires patriotes ont « approuvés » par avance, c'est-à-dire de supporter à la fois la charge d'une série interminable d'impôts et le poids d'une réaction militaire renforcée : voilà quel sera le seul fruit durable et tangible de sa « victoire ».</p>
<p>Si on cherche maintenant à se représenter les pires conséquences d'une défaite, on constate qu'à l'exception des annexions impérialistes elles ressemblent trait pour trait à l'ensemble des conséquences qui résulteraient inéluctablement d'une victoire : c'est que les effets de la guerre elle-même sont si profonds et si étendus que son issue militaire ne peut y changer grand-chose.</p>
<p>Imaginons néanmoins un instant que l'État victorieux entende malgré tout se décharger du plus gros de la ruine et en accabler son adversaire vaincu, et qu'il étrangle son développement économique par des entraves de toutes sortes. La classe ouvrière allemande peut-elle après la guerre aller de l'avant avec succès si l'action syndicale des ouvriers français, anglais, belges et italiens est entravée par un dépérissement économique ? Jusqu'en 1870, le mouvement ouvrier progressait encore indépendamment dans chaque pays, et les décisions tombaient dans des villes isolées. C'est sur le pavé de Paris que se sont livrées et décidées les batailles du prolétariat. Mais le mouvement ouvrier actuel, avec sa lutte quotidienne laborieuse et mesurée et son organisation de masse, est fondé sur la coopération de tous les pays qui connaissent la production capitaliste. S'il est vrai que la cause ouvrière ne peut prospérer que sur la base d'une vie économique saine et vigoureuse, alors cela ne vaut pas seulement pour l'Allemagne, mais aussi pour la France, l'Angleterre, la Belgique, la Russie, l'Italie. Et si le mouvement ouvrier stagne dans tous les États capitalistes d'Europe, si on y trouve partout des salaires bas, des syndicats faibles et peu de résistance de la part des exploités, alors il est impossible que le mouvement syndical soit florissant en Allemagne. A ce point de vue, le dommage est en fin de compte exactement le même pour la lutte économique du prolétariat si le capitalisme allemand se renforce aux dépens du capitalisme français ou si le capitalisme anglais se renforce aux dépens du capitalisme allemand.</p>
<p>Mais tournons-nous vers les conséquences politiques de la guerre. Ici, on devrait pouvoir trancher plus facilement que dans le domaine économique. Depuis toujours, les sympathies et le soutien des socialistes sont allés à celui des belligérants qui combattait pour le progrès historique et contre la réaction. Dans la guerre mondiale actuelle, quel camp représente le progrès et quel camp la réaction ? Il est clair qu'on ne peut juger de cette question d'après les étiquettes extérieures des Etats belligérants, telles que « démocratie » ou « absolutisme », mais uniquement d'après les tendances objectives de la position adoptée par chaque camp dans la politique mondiale. Avant de pouvoir juger de ce qu'une victoire allemande peut apporter au prolétariat allemand, nous devons envisager les conséquences qu'elle aurait sur la configuration d'ensemble de la situation politique en Europe. La victoire nette de l'Allemagne aurait comme première conséquence l'annexion de la Belgique et probablement aussi de quelques morceaux de territoires à l'Est et à l'Ouest et d'une partie des colonies françaises ; elle permettrait en même temps la conservation de la monarchie habsbourgeoise qui s'enrichirait de nouveaux territoires, et enfin la conservation de l'« intégrité » fictive de la Turquie sous protectorat allemand, c'est-à-dire pratiquement la transformation immédiate de l'Asie mineure et de la Mésopotamie en provinces allemandes, sous une forme ou une autre. La deuxième conséquence, ce serait l'hégémonie militaire et économique effective de l'Allemagne en Europe. S'il faut s'attendre à ce qu'une victoire nette de l'Allemagne produise tous ces résultats, ce n'est pas parce qu'ils correspondent aux souhaits des braillards impérialistes au cours de la guerre actuelle, mais bien parce qu'ils découlent inévitablement de la position adoptée par l'Allemagne dans la politique mondiale, des oppositions avec l'Angleterre, la France et la Russie dans lesquelles l'Allemagne est prise et qui au cours de la guerre se sont développées bien au-delà de leurs dimensions initiales. Il suffit cependant de se représenter ces résultats pour comprendre qu'en aucun cas ils ne pourraient donner lieu à un équilibre stable de la politique mondiale. Malgré la ruine qu'aura représentée la guerre pour tous les pays impliqués et plus encore peut-être pour les vaincus, le lendemain même de la conclusion de la paix, des préparatifs en vue d'une nouvelle guerre mondiale commenceront à se faire sous la direction de l'Angleterre, pour secouer le joug du militarisme prusso-allemand qui devrait peser sur l'Europe et l'Asie. Une victoire de l'Allemagne ne serait donc qu'un prélude à une deuxième guerre mondiale qui surviendrait aussitôt après, et de ce fait, ne serait que le point de départ à de nouveaux préparatifs militaires fiévreux ainsi qu'au déchaînement de la réaction la plus noire dans tous les pays, mais en premier lieu en Allemagne même. D'autre part, la victoire de l'Angleterre et de la France conduirait, très vraisemblablement, à la perte pour l'Allemagne d'une partie au moins de ses colonies et de sa métropole et à coup sûr à la faillite de la position de l'impérialisme allemand dans la politique mondiale. Ce qui signifie : le morcellement de l'Autriche-Hongrie et la liquidation complète de la Turquie. Ces deux États sont maintenant des produits si archi-réactionnaires, et leur chute correspond à ce point aux exigences de l'évolution du progrès, que, dans le cadre concret actuel de la politique mondiale, la chute de la monarchie habsbourgeoise et de la Turquie ne pourrait aboutir à rien d'autre qu'à la distribution de leurs territoires et de leurs populations entre la Russie, l'Angleterre, la France et l'Italie. Cette redistribution géographique de grande envergure et ce réajustement des forces dans les Balkans et dans la Méditerranée se prolongerait inévitablement en Asie par la liquidation de la Perse et par un nouveau démantèlement de la Chine. Par là, le conflit anglo-russe et le conflit anglo-japonais passeraient à l'avant-plan de la politique mondiale, ce qui, aussitôt après la liquidation de la guerre mondiale actuelle, entraînerait peut-être une nouvelle guerre mondiale dont l'enjeu pourrait être Constantinople, et ce qui ferait en tout cas de cette guerre une perspective ultérieure inévitable. De ce côté, la victoire conduirait donc aussi à de nouveaux préparatifs militaires fiévreux dans tous les Etats - l'Allemagne vaincue prenant évidemment la tête des opérations - et par là ouvrirait une ère de domination incontestée du militarisme et de la réaction dans l'Europe entière, avec comme but final une nouvelle guerre mondiale.</p>
<p>Ainsi, si dans la guerre actuelle elle doit prendre position pour l'un ou l'autre des deux camps au point de vue du progrès et de la démocratie, en considérant globalement la politique mondiale et ses perspectives futures, la politique prolétarienne est, somme toute, coincée entre Charybbe et Scylla, et la question : victoire ou défaite revient dans ces conditions, pour la classe ouvrière européenne, tant sur le plan politique que sur le plan économique, à un choix désespéré entre deux malheurs. Ce n'est donc qu'une funeste illusion de la part des socialistes français que de s'imaginer qu'en écrasant l'Allemagne par les armes ils vont frapper le militarisme ou même l'impérialisme en plein coeur et ouvrir la voie à la démocratie pacifique dans le monde. Tout au contraire : quel que soit le vainqueur de la guerre, l'impérialisme et son serviteur le militarisme y trouveront largement leur compte, sauf dans un cas : si, par son intervention révolutionnaire, le prolétariat vient brouiller leurs comptes.</p>
<p>En effet, la leçon la plus importante que la politique du prolétariat doit tirer de la guerre actuelle, c'est l'absolue certitude que ni en Allemagne, ni en France, ni en Angleterre, ni en Russie, le prolétariat ne peut faire sien le mot d'ordre : victoire ou défaite, un mot d'ordre qui n'a de sens véritable que pour l'impérialisme et qui, dans chaque grand État, équivaut à la question : renforcement ou perte de sa puissance dans la politique mondiale, de ses annexions, de ses colonies et de sa prédominance militaire. Si on considère la situation actuelle globalement, la victoire ou la défaite de chacun des deux camps est tout aussi funeste pour le prolétariat européen, de son point de vue de classe. C'est la guerre elle-même, et quelle que soit son issue militaire, qui représente pour le prolétariat européen la plus grande défaite concevable, et c'est l'élimination de la guerre et la paix imposée aussi rapidement que possible par la lutte internationale du prolétariat qui peuvent apporter la seule victoire à la cause prolétarienne. Et c'est uniquement cette victoire qui permettra de sauver réellement la Belgique et la démocratie européenne.</p>
<p>Dans la guerre actuelle, le prolétariat conscient ne peut identifier sa propre cause à aucun des deux camps. En résulte-t-il que la politique du prolétariat exige le maintien du statu quo ? Que nous n'ayons d'autre programme d'action que ce voeux : que subsiste l'ancien état de choses, que tout reste comme avant la guerre ? D'abord nous ne saurions jamais tenir pour idéal l'état de choses existant qui d'ailleurs ne résulte nullement de la libre détermination des peuples ; qui plus est, on ne peut plus en revenir à l'état de choses ancien parce qu'il n'existe plus, même si venaient à subsister les actuelles frontières entre les États. Même avant d'avoir épuisé toutes ses conséquences, la guerre a amené un changement si considérable dans les rapports de force et dans l'évaluation des forces antagonistes, dans les alliances et les oppositions politiques, elle a si radicalement modifié les relations des États entre eux et des classes à l'intérieur de la société, elle a anéanti tant de vieilles illusions et de vieilles lunes, créé tant de nouvelles urgences et de nouvelles tâches, que le retour à la vieille Europe telle qu'elle existait avant le 4 août 1914 est tout à fait exclu, tout comme il est impossible de retourner à la situation qui avait précédé une révolution, même lorsque cette révolution a été écrasée. D'ailleurs, la politique du prolétariat ne connaît pas de « retour en arrière », elle ne peut qu'aller de l'avant, il lui faut toujours aller au-delà de ce qui existe, dépasser ce qui vient d'être créé. C'est en ce sens seulement qu'il peut opposer sa propre politique à celle de chacun des deux camps impérialistes en guerre.</p>
<p>Mais pour les partis sociaux-démocrates, cette politique ne saurait consister à se retrouver dans des conférences internationales pour élaborer à qui-mieux-mieux des projets, chacun pour soi ou tous ensemble, et pour inventer des recettes subtiles à l'usage de la diplomatie bourgeoise : il ne s'agit pas de lui expliquer comment elle doit conclure la paix pour permettre à l'avenir une évolution pacifique et démocratique. Toutes les revendications qui tendent par exemple à un « désarmement » total ou partiel, à l'abolition de la diplomatie secrète, au démembrement de tous les grands États en vue de créer des petits Etats nationaux, et tutti quanti, relèvent toutes sans exception de l'utopie, tant que la classe capitaliste tient les rênes en main ; d'autant plus que, étant donné l'orientation impérialiste actuelle, la bourgeoisie ne saurait renoncer au militarisme, à la diplomatie secrète, au grand État multinational centralisé puisque aussi bien tous ces postulats reviennent au fond, si l'on veut être conséquent, à cette simple « exigence » l'abolition de l'État de classe capitaliste. La politique du prolétariat ne peut reconquérir la place qui lui revient en donnant des conseils utopiques ou en élaborant des projets qui permettraient, au moyen de réformes partielles, d'adoucir, de dompter, de modérer l'impérialisme dans le cadre de l'Etat bourgeois. Le problème réel que pose aux partis socialistes cette guerre mondiale, et de la solution duquel dépendent les destins du mouvement ouvrier, c'est la capacité d'action des masses prolétariennes dans leur lutte contre l'impérialisme. Ce qui manque au prolétariat international, ce ne sont pas des postulats, des programmes, des mots d'ordre, ce qui lui fait défaut ce sont des actions, une résistance efficace, la capacité d'attaquer l'impérialisme au moment opportun, dans la guerre justement, et de mettre en pratique le vieux mot d'ordre « guerre à la guerre ». C'est ici qu'il faut faire le saut, c'est ici que se situe le noeud gordien de la politique du prolétariat et de son avenir. Il est vrai que l'impérialisme, avec toute la violence brutale de sa politique et la chaîne ininterrompue de catastrophes sociales qu'il provoque, est une nécessité historique pour les classes dirigeantes du monde capitaliste moderne. Rien ne serait plus funeste pour le prolétariat que de garder encore la moindre illusion et le moindre espoir au sortir de la guerre actuelle quant à la possibilité d'une évolution idyllique et paisible du capitalisme. Mais la conclusion qui résulte pour la politique prolétarienne de la nécessité historique de l'impérialisme n'est pas qu'elle doit capituler devant l'impérialisme pour ronger ensuite à ses pieds l'os qu'il voudra bien lui jeter après sa victoire.</p>
<p>La dialectique de l'histoire progresse au milieu des contradictions et, avec chaque chose nécessaire, elle met au monde son contraire. La domination de classe bourgeoise est sans aucun doute une nécessité historique, mais le soulèvement contre elle de la classe ouvrière n'en est pas moins nécessaire. Le capitalisme est une nécessité historique, mais son fossoyeur aussi, le prolétariat socialiste ; la domination mondiale de l'impérialisme est une nécessité historique, mais également son renversement par l'Internationale prolétarienne. A chaque pas existent deux nécessités historiques qui se contestent l'une l'autre, et la nôtre, la nécessité du socialisme, a plus de souffle. Notre nécessité est pleinement justifiée dès le moment où l'autre, la domination de classe bourgeoise, cesse d'être porteuse de progrès historique et devient un carcan et un danger pour l'évolution ultérieure de la société. C'est précisément ce que la guerre actuelle a révélé à propos de l'ordre capitaliste.</p>
<p>La force impérialiste d'expansion du capitalisme qui marque son apogée et constitue son dernier stade a pour tendance, sur le plan économique, la métamorphose de la planète en un monde où règne le mode de production capitaliste, l'éviction de toutes les formes de production et de société périmées, précapitalistes, la transmutation de toutes les richesses de la terre et de tous les moyens de production en capital, tandis que les masses laborieuses de tous les pays sont transformées, elles, en esclaves salariés. En Afrique, en Asie, du cap Nord au cap Horn et à l'océan Pacifique, les derniers vestiges de communautés communistes primitives, de conditions de domination féodales, d'économies paysannes patriarcales, de productions artisanales séculaires sont anéantis, foulés aux pieds par le capitalisme qui extermine des peuples entiers et efface de la surface du globe des civilisations millénaires pour y substituer les moyens les plus modernes d'extorquer du profit. Cette marche triomphale au cours de laquelle le capitalisme fraie brutalement sa voie par tous les moyens : la violence, le pillage et l'infamie, possède un côté lumineux : elle a créé les conditions préliminaires à sa propre disparition définitive ; elle a mis en place la domination mondiale du capitalisme à laquelle seule la révolution mondiale du socialisme peut succéder. Tel était le seul aspect culturel et progressiste de ce que l'on a appelé la grande oeuvre civilisatrice du capitalisme dans les pays primitifs. Pour les économistes et les politiciens bourgeois libéraux, des chemins de fer, des allumettes suédoises, des canalisations de rue et des comptoirs de commerce représentent le « progrès » et la « civilisation ». Mais, en eux-mêmes, ces ouvrages greffés sur des conditions économiques primitives ne représentent ni le progrès, ni la civilisation, car ils sont vendus au prix de la ruine économique accélérée des pays où ils sont introduits, leurs peuples ayant à subir d'un seul coup la misère et l'épouvante de deux âges : celui des rapports de domination de l'économie naturelle traditionnelle et celui de l'exploitation capitaliste la plus moderne et la plus raffinée. C'est seulement en tant que conditions préliminaires à la suppression de la domination du capital et à l'abolition de la société de classes que, dans un sens historique plus large, les ouvrages de la marche triomphale du capitalisme portaient la marque du progrès. C'est en ce sens que l'impérialisme, en dernière analyse, travaillait pour nous.</p>
<p>La guerre mondiale est un tournant dans l'histoire du capitalisme. Pour la première fois, le fauve que l'Europe capitaliste lâchait sur les autres continents fait irruption d'un seul bond en plein milieu de l'Europe. Un cri d'effroi parcourut le monde lorsque la Belgique, ce précieux petit bijou de la civilisation européenne, ainsi que les monuments culturels les plus vénérables du nord de la France furent ravagés par l'impact d'une force de destruction aveugle. Le « monde civilisé » qui avait assisté avec indifférence aux crimes de ce même impérialisme : lorsqu'il voua des milliers de Hereros à la mort la plus épouvantable et remplit le désert de Kalahari des cris déments d'hommes assoiffés et des râles de moribonds, lorsque sur le Putumayo en l'espace de dix ans quarante mille hommes furent torturés à mort par une bande de chevaliers d'industrie venus d'Europe et que le reste d'un peuple fut rendu infirme, lorsqu'en Chine une civilisation très ancienne fut mise à feu et à sang par la soldatesque européenne et livrée à toutes les horreurs de la destruction et de l'anarchie, lorsque la Perse, impuissante, fut étranglée par les lacets toujours plus serrés de la tyrannie étrangère, lorsqu'à Tripoli les Arabes furent soumis par le feu et l'épée au joug du capital et que leur civilisation et leurs habitations furent rayées de la carte - ce même « monde civilisé » vient seulement de se rendre compte que la morsure du fauve impérialiste est mortelle, que son haleine est scélérate. Il vient de le remarquer maintenant que le fauve a enfoncé ses griffes acérées dans le sein de sa propre mère, la civilisation bourgeoise européenne. Et cette découverte se propage sous la forme de l'hypocrisie bourgeoise qui veut que chaque peuple ne reconnaisse l'infamie que dans l'uniforme national de son adversaire. « Les barbares allemands ! » - comme si chaque peuple qui se prépare au meurtre organisé ne se transformait pas à l'instant même en une horde de barbares ; « les horreurs cosaques ! » comme si la guerre n'était pas en soi l'horreur des horreurs et comme si le fait d'exalter la boucherie humaine comme une entreprise héroique dans un journal de jeunesse socialiste n'était pas de la graine d'esprit cosaque !</p>
<p>Mais le déchaînement actuel du fauve impérialiste dans les campagnes européennes produit encore un autre résultat qui laisse le « monde civilisé » tout à fait indifférent : c'est la disparition massive du prolétariat européen. Jamais une guerre n'avait exterminé dans ces proportions des couches entières de population ; jamais, depuis un siècle, elle n'avait frappé de cette façon tous les peuples civilisés d'Europe. Dans les Vosges, dans les Ardennes, en Belgique, en Pologne, dans les Carpates, sur la Save, des millions de vies humaines sont anéanties, des milliers d'hommes sont réduits à l'état d'infirmes. Or, c'est la population ouvrière des villes et des campagnes qui constitue les neuf dixièmes de ces millions de victimes. C'est notre force, c'est notre espoir qui est fauché quotidiennement sur ces champs de bataille par rangs entiers, comme des épis tombent sous la faucille ; ce sont les forces les meilleures, les plus intelligentes, les mieux éduquées du socialisme international, les porteurs des traditions les plus sacrées, les représentants les plus audacieux, les plus héroïques du mouvement ouvrier moderne, les troupes d'avant-garde de l'ensemble du prolétariat mondial : les ouvriers d'Angleterre, de France, de Belgique, d'Allemagne, de Russie qui sont maintenant massacrés après avoir été bâillonnés. Ces ouvriers des nations capitalistes dirigeantes d'Europe sont ceux à qui incombe la mission historique d'accomplir la révolution socialiste. C'est seulement d'Europe, c'est seulement de ces pays capitalistes les plus anciens que peut venir, lorsque l'heure aura sonné, le signal de la révolution sociale qui libérera l'humanité. Seuls les ouvriers anglais, français, belges, allemands, russes et italiens peuvent ensemble prendre la tête de l'armée des exploités et des opprimés des cinq continents. Eux seuls peuvent, quand le temps sera venu, faire rendre des comptes au capitalisme pour ses crimes séculaires envers tous les peuples primitifs, pour son oeuvre d'anéantissement sur l'ensemble du globe, et eux seuls peuvent exercer des représailles. Mais pour que le socialisme puisse faire sa trouée et remporter la victoire, il faut qu'existent des masses dont la puissance réside tant dans leur niveau culturel que dans leur nombre. Et ce sont ces masses précisément qui sont décimées dans cette guerre. La fleur de l'âge viril et de la jeunesse, des centaines de milliers de prolétaires dont l'éducation socialiste, en Angleterre et en France, en Belgique, en Allemagne et en Russie, était le produit d'un travail d'agitation et d'instruction d'une dizaine d'années, d'autres centaines de milliers qui demain pouvaient être acquis au socialisme - ils tombent et ils tuent misérablement sur les champs de bataille. Le fruit de dizaines d'années de sacrifices et d'efforts de plusieurs générations est anéanti en quelques semaines, les troupes d'élite du prolétariat international sont décimées.</p>
<p>La saignée de la boucherie de Juin avait paralysé le mouvement ouvrier français pour une quinzaine d'années. La saignée du carnage de la Commune l'a encore retardé de dix ans. Ce qui a lieu maintenant est un massacre massif sans précédent qui réduit de plus en plus la population ouvrière adulte de tous les pays civilisés qui font la guerre à n'être plus composée que de femmes, de vieillards et d'infirmes. C'est une saignée qui risque d'épuiser mortellement le mouvement ouvrier européen. Encore une guerre de ce genre, et les perspectives du socialisme sont enterrées sous les ruines entassées par la barbarie impérialiste. C'est beaucoup plus grave que la destruction scandaleuse de Louvain et de la cathédrale de Reims. C'est un attentat non pas à la culture bourgeoise du passé, mais à la civilisation socialiste de l'avenir, un coup mortel porté à cette force qui porte en elle l'avenir de l'humanité et qui seule peut transmettre les trésors précieux du passé à une société meilleure. Ici, le capitalisme découvre sa tête de mort, ici il trahit que son droit d'existence historique a fait son temps, que le maintien de sa domination n'est plus compatible avec le progrès de l'humanité.</p>
<p>Ici encore la guerre actuelle s'avère non seulement un gigantesque assassinat, mais aussi un suicide de la classe ouvrière européenne. Car ce sont les soldats du socialisme, les prolétaires d'Angleterre, de France, d'Allemagne, de Russie, de Belgique qui depuis des mois se massacrent les uns les autres sur l'ordre du capital, ce sont eux qui enfoncent dans leur coeur le fer meurtrier, s'enlaçant d'une étreinte mortelle, chancelant ensemble, chacun entraînant l'autre dans la tombe.</p>
<p>« L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout ! Vive la démocratie ! Vive le tsar et le panslavisme ! » Dix mille toiles de tentes garanties standard, cent mille kilos de lard, d'ersatz-café livrables immédiatement ! Les dividendes grimpent et les prolétaires tombent, et avec chacun d'eux c'est un combattant de l'avenir, un soldat de la révolution, un de ceux qui délivreront l'humanité du joug du capitalisme, qui descend au tombeau.</p>
<p>Cette folie cessera le jour où les ouvriers d'Allemagne et de France, d'Angleterre et de Russie se réveilleront enfin de leur ivresse et se tendront une main fraternelle couvrant à la fois le choeur bestial des fauteurs de guerre impérialistes et le rauque hurlement des hyènes capitalistes, en poussant le vieux et puissant cri de guerre du Travail :</p>
<p>Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !</p>
<p>Rosa Luxemburg</p>
<p>La crise de la social-démocratie</p>
<p>1915</p></div>
Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre
https://matierevolution.org/spip.php?article9652
https://matierevolution.org/spip.php?article96522026-07-07T22:07:00Ztext/htmlfrKarobGuerre War
<p>Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre <br class='autobr' />
À la Fête de Lutte Ouvrière 2026, deux forums sur la guerre <br class='autobr' />
Et pas un mot d'ordre contre l'impérialisme français <br class='autobr' />
À la Fête de Lutte Ouvrière (Pentecôte 2026), deux forums ont été consacrés à la guerre impérialiste. D'un côté, « Industrie de l'armement : quel rôle pour les militants révolutionnaires ? », où sont intervenus trois militants ouvriers : Rémy Bazzali (élu CSE NH90 CGT à Airbus Helicopters Marignane, tête de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
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</div><h2 class="spip">Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre</h2>
<p>À la Fête de Lutte Ouvrière 2026, deux forums sur la guerre</p>
<p>Et pas un mot d'ordre contre l'impérialisme français</p>
<p>À la Fête de Lutte Ouvrière (Pentecôte 2026), deux forums ont été consacrés à la guerre impérialiste. D'un côté, « Industrie de l'armement : quel rôle pour les militants révolutionnaires ? », où sont intervenus trois militants ouvriers : Rémy Bazzali (élu CSE NH90 CGT à Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO aux municipales de Marseille 2026), Abdelkader Benramdane (militant CGT à Thales dans les Yvelines, candidat LO aux législatives dans la Manche en 2017, 2022 et 2024) et Pascal Le Manach (délégué syndical CGT à Renault Cléon depuis 1999, conseiller municipal LO d'Oissel, porte-parole LO de Normandie). De l'autre, « La guerre, la classe ouvrière et les révolutionnaires », deux interventions de tribune suivies d'un débat avec la salle.</p>
<p>Une oratrice y reprend la formule de Liebknecht — « l'ennemi principal est dans notre pays ». Et au bout du compte : pas un mot d'ordre de défaite militaire de la France, pas une revendication d'expropriation des trusts d'armement français, pas un appel au refus d'ordre dans l'armée, aucune politique d'agitation en direction des soldats français déployés au Sahel, au Liban ou dans le Golfe. Pas un mot sur Istres, où la France a autorisé le 5 mars 2026 cinq ravitailleurs américains KC-135 — les avions qui permettent aux bombardiers de frapper l'Iran à longue distance — à faire le plein sur la base, pendant l'opération « Fureur épique » ; l'état-major a juré qu'ils ne participaient « en aucune mesure » aux frappes, mais le sophisme de l'« appui purement défensif » ne change rien au fait que ravitailler les KC-135, c'est ravitailler la machine de guerre impérialiste. Pas un mot de la tribune sur la défaite française au Sahel ni sur la filière d'armement de groupes djihadistes via l'Ukraine révélée au printemps. Les livraisons d'armes françaises à Israël pendant le génocide à Gaza ? C'est une intervention de la salle qui les nomme — « Qui c'est qui vend des armes à Israël pour faire ces massacres à Gaza ? C'est la France. Continue d'en vendre. » — et la tribune n'en fait rien : aucun mot d'ordre, aucune tâche, aucune conséquence. Pas un mot, surtout, sur la convergence entre la position de la CGT Métallurgie défendant le « Pôle public national de défense » et la position du Rassemblement national sur la souveraineté industrielle d'armement — nous y revenons plus bas, pièces en main. Il faut nommer cette position pour ce qu'elle est : un centrisme kautskyste, c'est-à-dire, dans les termes de Lénine en 1915, un social-chauvinisme objectif sous masque défaitiste — et plus dangereux que le social-chauvinisme ouvert, précisément parce qu'il se présente sous un masque révolutionnaire.</p>
<p>Le kautskysme de 2026 : la France « impérialisme de seconde zone »</p>
<p>La première intervention de tribune qualifie explicitement la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon d'« impérialismes de seconde zone » subordonnés aux États-Unis. La première réponse au débat parle de « petits impérialistes » qui « ont la rage » et « veulent les miettes du gâteau ». Cette formule n'est pas une nuance descriptive : c'est la pièce maîtresse du dispositif politique — c'est le kautskysme de 2026. Il minore l'ennemi national. Il déplace la dénonciation principale vers Washington. Et il s'accompagne du refus de qualifier d'impérialiste le bloc adverse. La Chine ? « Pas en guerre depuis 1979 », « une seule base militaire », « État issu d'une révolution bourgeoise qui a empêché le pillage », « en position défensive ». La Russie ? Dictature de Poutine, oui — impérialisme au sens des cinq critères matériels que Lénine fixe en 1916, non. L'Iran ? « Puissance régionale » écrasée par les États-Unis.</p>
<p>À deux militants de la salle — l'un de Gauche Révolutionnaire, l'autre de l'AG Antifa de Brest et d'Autonomie de Classe — qui posent la question avec précision (l'impérialisme se définit chez Lénine par des critères matériels : capital financier comme fusion de la banque et de l'industrie, exportation de capitaux, monopoles internationaux, partage du monde entre les puissances — et la Chine satisfait ces critères), la tribune répond par des images concrètes (Huawei contre Orange, cent cinquante usines occidentales en Chine) et par un argument fonctionnel : « si on dit que tout le monde est impérialiste, on ne distingue plus l'ennemi ». Cet argument fonctionnel est précisément ce que Lénine combattait chez Kautsky : tordre la définition matérielle pour produire la conclusion politique commode. La désignation de l'ennemi principal du prolétariat français ne se fait pas en niant la nature impérialiste des autres bourgeoisies — elle se fait en désignant sa propre bourgeoisie nationale, sans hiérarchie commode entre les autres. C'est toute la différence entre le défaitisme révolutionnaire et sa phraséologie.</p>
<p>Ce qui manque : la chaîne complète du programme bolchevique-léniniste</p>
<p>Ce que la formule de Liebknecht implique nécessairement — et qui est intégralement absent des deux forums — peut s'énoncer en six axes que la tradition Marx-Lénine-Trotsky-Barta a fixés sans ambiguïté.</p>
<p>Premier axe absent : la défaite militaire du gouvernement français comme mot d'ordre. La France est belligérante en 2026 sur quatre théâtres : recomposition militaire et guerre par procuration au Sahel, livraisons à l'Ukraine, complicité dans le génocide à Gaza, soutien logistique à la guerre américano-israélienne contre l'Iran depuis Istres. La défaite de la France n'est posée comme mot d'ordre par aucune des deux interventions de tribune. La formule des bolcheviks de 1914 — « transformer la guerre impérialiste actuelle en guerre civile » (manifeste du Comité central, rédigé en septembre, publié le 1er novembre 1914 dans le Sotsial-Demokrat) — n'est jamais prononcée. On reprend Liebknecht pour la formule, mais on évacue le contenu pratique que Liebknecht lui-même y mettait quand il votait seul contre les crédits de guerre au Reichstag le 2 décembre 1914.</p>
<p>Deuxième axe absent : l'expropriation sans indemnité ni rachat du complexe militaro-industriel français. Le mot « expropriation » n'apparaît pas une seule fois dans les deux forums. Le mot « nationalisation » non plus. Le mot d'ordre maximum est « confiscation des profits de guerre » et « contrôle des entreprises par les travailleurs ». Or la confiscation des profits laisse intacte la propriété, donc le rapport de production. Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran, KNDS, Airbus Defence and Space — les neuf grands groupes de ce que l'État bourgeois appelle lui-même sa « base industrielle et technologique de défense », la chaîne par laquelle la bourgeoisie française finance ses guerres et engraisse sur le sang des peuples — restent propriétés capitalistes dans le programme exposé à la Fête. Le Programme de transition de 1938 — texte fondateur du courant dont LO se réclame — pose pourtant l'expropriation de groupes capitalistes entiers et le contrôle ouvrier sur l'industrie de guerre comme tâches transitoires centrales. Cette omission n'est pas un détail rédactionnel : c'est le contournement de la rupture de classe.</p>
<p>Troisième axe absent : l'armement du prolétariat et les comités de soldats. Aucune mention des milices ouvrières d'autodéfense. Aucune mention de la fraternisation. Aucune mention de comités de soldats avec droit de refus d'ordre. Aucune mention de l'élection des gradés et de leur révocabilité — point central du programme militaire bolchevique de 1917. Aucune mention du droit syndical et politique pour les soldats. Aucune mention de la garde nationale révolutionnaire — le peuple en armes contre la caste militaire de l'armée bourgeoise. La phrase de tribune « il faut que nous soyons présents [...] dans les usines et demain dans l'armée » est édifiante : pourquoi « demain » ? La France a aujourd'hui même des soldats au Sahel résiduel, dans le Golfe, sur la base d'Istres, au Liban. Où est l'agitation actuelle de LO en direction de ces soldats ? Le silence est total.<br class='autobr' />
Quatrième axe absent : la fraction révolutionnaire publique dans les syndicats — ce que faisait Barta. Lutte Ouvrière revendique sa filiation avec Barta : la fraction de l'Union communiste à Renault en 1947, le bulletin d'entreprise La Voix des Travailleurs dénonçant nominativement les dirigeants confédéraux CGT, la grève d'avril-mai 1947 déclenchée hors du cadre confédéral et contre lui. C'est précisément ce qui manque à LO en 2026. Les trois ouvriers du forum d'armement ne se présentent pas comme animateurs d'une fraction publique dans la CGT de leur entreprise : ils se présentent comme « ouvriers », sans dire leurs mandats. Ils citent et dénoncent les positions de la CGT Métallurgie sur le « Pôle public national de défense », de la CGT-Renault sur la « défense nationale sous contrôle public » — mais sans porter publiquement une fraction qui nomme la bureaucratie syndicale, qui produit son bulletin propre, qui appelle à la grève contre la production de drones et de missiles.</p>
<p>Le cas Renault est exemplaire. Pascal Le Manach, délégué syndical CGT à Cléon depuis vingt-sept ans, a multiplié en janvier 2026 les déclarations choc dans la presse régionale contre la production de drones militaires du programme Chorus — « engins meurtriers », « hors de question », « insupportable ». Trois semaines plus tard, au CSE extraordinaire de Renault Le Mans des 9 et 10 février 2026 — Le Mans et Cléon sont les deux sites jumeaux du programme : l'assemblage au Mans, les moteurs à Cléon —, la CGT s'est abstenue. Bilan du vote : dix voix pour (CFE-CGC et FO), onze abstentions (CGT et CFDT), zéro voix contre. Nouvelle abstention CGT au CSE du 9 avril 2026. Et du côté de Cléon : aucun tract dénonçant l'abstention de sa propre confédération sur le site jumeau, aucun appel à la grève, aucune motion d'expropriation. À la Fête, Le Manach qualifie la position de la CGT-Renault d'« hypocrite et mensongère » — sans dire qu'il est lui-même, depuis vingt-sept ans, délégué syndical de cette CGT, et sans dire un mot des deux abstentions. La dénonciation verbale couvre le silence pratique. C'est le contraire exact de ce que faisait Barta. C'en est la caricature.<br class='autobr' />
Cinquième axe absent : la dictature du prolétariat et l'Internationale ouvrière à reconstruire. Aucune des deux interventions de tribune ne nomme positivement la dictature du prolétariat comme objectif transitoire. Les formules restent négatives — « renverser », « briser l'État de la bourgeoisie », « s'emparer du pouvoir ». La formule de Marx, de la Commune, de 1917, de L'État et la révolution, est évacuée du vocabulaire. La seconde intervention pose que « la révolution prolétarienne ne peut pas se faire dans un seul pays » — c'est juste — mais ne nomme pas la reconstruction d'une Internationale ouvrière révolutionnaire comme tâche actuelle. L'Union communiste internationaliste, dont LO est la section française, n'est jamais nommée : une seule allusion à « notre tendance ». Aucune délimitation publique avec les autres courants se réclamant du trotskysme.</p>
<p>L'internationalisme est réduit à « notre fête se veut un rendez-vous international ». Cela ne vaut pas le mot d'ordre final du Manifeste de 1848.</p>
<p>Le vocabulaire lui-même est un symptôme. D'un bout à l'autre des deux forums, les intervenants se désignent comme « militants communistes révolutionnaires » et parlent des « idées communistes révolutionnaires ». Jamais « bolcheviks-léninistes » — l'étiquette historique du courant trotskyste, celle que Trotsky lui-même revendiquait. Ce n'est pas un hasard de plume : « communiste révolutionnaire » est l'auto-désignation commode qui permet de ne pas dire bolchevik-léniniste — parce que s'en réclamer engagerait le programme complet que nous venons d'énumérer : défaite de sa propre bourgeoisie, expropriation, comités de soldats, dictature du prolétariat, Internationale. Ils jouent sur les mots. Nous sommes intransigeants sur les mots, parce que les mots engagent le programme.</p>
<p>Sixième axe absent : la cause matérielle de la marche à la guerre. La tribune décrit un capitalisme « sénile », « à bout de souffle », « empêtré dans une crise due à ses contradictions internes ». Mais la sénilité n'est pas une catégorie marxienne. Ce qui est en crise, et de manière ouverte depuis 2008, c'est la valorisation du capital : chute du taux de profit, suraccumulation, saturation des marchés solvables, masse de capital sans débouché productif rentable. Et c'est précisément cette crise structurelle qui rend nécessaire la bascule vers l'économie d'armement comme dernier débouché stable du capital surnuméraire. La dépense improductive étatique — armement, infrastructures militaires, dette publique — n'est pas une dérive politique des impérialistes : c'est la forme matérielle qu'a prise la reproduction du capital depuis l'épuisement du cycle de valorisation. Sans nommer cette mécanique, l'analyse reste métaphorique. Et qui ne nomme pas la cause matérielle ne peut pas indiquer l'issue : ce qui est en crise n'est pas une politique, c'est un mode de production — qui ne peut être surmonté que par la révolution sociale, c'est-à-dire l'expropriation des moyens de production, la dictature du prolétariat et la planification socialiste internationale.</p>
<p>Ce que LO ne dit pas : la CGT et le RN écrivent le même programme de souveraineté d'armement<br class='autobr' />
Au forum d'armement, Abdelkader Benramdane cite et dénonce — c'est à mettre à son crédit — le dossier de la CGT Métallurgie d'octobre 2025 : « Pour reconquérir la souveraineté industrielle, la création du PPND, Pôle public national de défense, doit permettre cette réappropriation de la maîtrise publique des industries d'armement et de leur stratégie industrielle. » Il y voit, à juste titre, « l'union sacrée pour la future guerre ». Mais ni lui ni personne à la tribune ne fait le pas suivant, qui est pourtant la clef politique de la période : cette ligne converge matériellement avec celle du Rassemblement national.</p>
<p>Les pièces sont publiques. Dès la loi de programmation militaire 2024-2030, le groupe RN dépose par la voix de Laurent Jacobelli un amendement réclamant « la création d'un fonds souverain de défense » pour « protéger des entreprises disposant de technologies critiques dans le domaine militaire » et servir « notre souveraineté en matière de défense » (amendement n°318 au texte n°1234, mai 2023). En novembre 2025, lors du débat sur la nationalisation d'ArcelorMittal — nationalisation soutenue par la FTM-CGT au nom de la « souveraineté industrielle » et de la capacité du pays à produire de l'acier —, le même Jacobelli et trois députés RN déposent l'amendement n°133, dont l'exposé sommaire dit tout : « L'acier demeure un matériau stratégique pour l'ensemble de notre base industrielle et technologique de défense : production d'armements, infrastructures, navires, blindés ou encore équipements lourds. »</p>
<p>Mettons les énoncés en regard. La CGT Métallurgie dit : pôle public national de défense, maîtrise publique des industries d'armement, souveraineté industrielle. Le RN dit : fonds souverain de défense, protection étatique des entreprises militaires critiques, acier pour les blindés et les navires de guerre. Ce ne sont pas deux programmes opposés : ce sont deux habillages du même substrat matériel — le même appareil productif d'armement, le même opérateur étatique français appelé à le garantir, la même souveraineté de l'impérialisme français. La CGT le déguise en emploi et en paix. Le RN l'assume en défense. Et pendant que les confédérations syndicales font de la « lutte contre l'extrême droite » l'axe central de leur communication, elles écrivent avec elle, sur la question décisive de la guerre, le même programme. Voilà ce qu'un forum révolutionnaire sur l'industrie d'armement aurait dû établir, pièces en main. LO s'est arrêtée au seuil.</p>
<p>La division des deux forums : architecture de la coupure</p>
<p>Il faut enfin nommer le dispositif lui-même. LO n'a pas tenu un forum sur la guerre, mais deux — séparés, étanches, complémentaires. Le forum d'armement, terrain économique-syndical, où parlent les militants ouvriers. Le forum politique-théorique, où parle la tribune. Cette division reproduit architecturalement la coupure entre lutte économique et lutte politique que Lénine a combattue dès Que faire ? en 1902 et dans toute sa polémique contre la IIe Internationale après 1914. Conséquence matérielle : aucun des deux forums ne peut produire — par construction du dispositif — une position défaitiste révolutionnaire complète, qui suppose précisément la fusion du programme économique (expropriation, contrôle ouvrier, ouverture des livres de comptes) et du programme politique (défaite, dictature du prolétariat, Internationale). Le militant ouvrier reste cantonné dans la dénonciation morale de l'industrie d'armement. La tribune reste cantonnée dans la théorie générale. Aucun lieu ne pose les deux ensemble.</p>
<p>Conclusion : un anti-impérialisme à frais réduits</p>
<p>Ce que les deux forums produisent n'est pas un anti-impérialisme révolutionnaire. C'est un anti-impérialisme à frais réduits — anti-Trump, anti-Netanyahou, anti-Poutine quand il faut : dénoncer l'impérialisme des autres ne coûte rien politiquement. Mais quand il s'agit de sa propre bourgeoisie, l'opération est constante : la France est minorée en « impérialisme de seconde zone » ; les trusts d'armement français ne sont pas nommés comme ennemis à exproprier ; les soldats français déployés ne sont l'objet d'aucune agitation politique actuelle ; les bureaucraties syndicales qui défendent le pôle public de défense et la souveraineté industrielle ne sont pas combattues par des fractions publiques organisées ; la convergence CGT-RN sur l'armement n'est pas nommée ; la défaite militaire de la France n'est pas posée comme mot d'ordre.</p>
<p>Ce dispositif a un nom dans la tradition léniniste : le centrisme kautskyste. À l'époque, Kautsky écrivait abondamment sur l'impérialisme mais couvrait, au moment décisif, le vote des crédits de guerre. Aujourd'hui, la tribune de LO prononce « l'ennemi principal est dans notre pays » mais ne pose aucune des tâches concrètes qui transformeraient cette formule en programme. La forme a changé. Le contenu pratique est le même : la phrase couvre l'inaction, et l'inaction couvre l'adaptation à l'impérialisme français. Lénine ajoutait que cette conciliation masquée est plus dangereuse que l'opportunisme déclaré — précisément parce qu'elle parle la langue de la révolution.<br class='autobr' />
La candidature commune Arthaud 2027 (LO et NPA-Révolutionnaires) repose matériellement sur ce substrat partagé : même formule « seconde zone » — le kautskysme de 2026 partagé, même évacuation du défaitisme révolutionnaire, même silence sur les soldats déployés et sur la convergence CGT-RN, même absence de fractions publiques dans les syndicats. C'est une candidature de l'écosystème social-patriote de la gauche française, pas une candidature ouvrière révolutionnaire.</p>
<p>Une politique bolchevique-léniniste sur la guerre impérialiste de 2026, c'est l'inverse exact de ce dispositif. C'est nommer la bourgeoisie française et ses trusts d'armement comme ennemis principaux du prolétariat de France. C'est poser la défaite militaire du gouvernement français dans toutes ses interventions. C'est exproprier sans indemnité ni rachat Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran, KNDS et l'aviation militaire d'Airbus, sous contrôle ouvrier, avec veto ouvrier sur les destinations d'exportation — comme les dockers de Fos-sur-Mer, que Le Manach cite avec admiration sans en tirer la conséquence, l'ont esquissé en refusant de charger des armes pour Israël. C'est porter une fraction révolutionnaire publique dans la CGT — comme le faisait Barta — qui nomme la bureaucratie, produit son bulletin et appelle à la grève contre la production d'armement, à Cléon comme au Mans, à Marignane comme à Élancourt. C'est construire les comités de soldats du rang, l'élection et la révocabilité des gradés, le droit syndical pour les soldats, et l'agitation politique actuelle — pas « demain » — en direction des troupes déployées. C'est lier économie et politique dans la même bataille, contre l'architecture de la coupure. Et c'est le faire sur la base matérielle de l'analyse de la crise de valorisation, parce qu'on ne peut pas combattre l'impérialisme français sans nommer le mode de production qui l'engendre.</p>
<p>Voilà ce qui manque aux deux forums de Lutte Ouvrière à la Pentecôte 2026. Et voilà ce que nous posons.</p>
<p>Matière et Révolution</p>
<hr class="spip" />
<p>Fête de Lutte Ouvrière 2026</p>
<p>Retranscription intégrale des deux forums sur la guerre et l'industrie d'armement</p>
<p>FORUM 1 — « INDUSTRIE DE L'ARMEMENT : QUEL RÔLE POUR LES MILITANTS RÉVOLUTIONNAIRES ? »</p>
<p>Présentation du forum</p>
<p>Trois intervenants se succèdent, présentés par un modérateur (Pascal Le Manach, ouvrier Renault Cléon, qui intervient également en troisième position) :</p>
<p>1. Rémy Bazzali — Élu CSE NH90 CGT, ouvrier à Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO Marseille 1er secteur municipales 2026</p>
<p>2. Abdelkader Benramdane (« Abdel ») — 63 ans, ouvrier mécanicien à Thales Avionics (région parisienne, Yvelines), militant CGT, candidat LO législatives 4e circo Manche 2017/2022/2024</p>
<p>3. Pascal Le Manach — 59 ans, ouvrier électricien Renault Cléon depuis 1997, délégué syndical CGT Renault Cléon depuis 1999, conseiller municipal LO Oissel, porte-parole LO Normandie</p>
<p>I. Intervention de Rémy Bazzali — Élu CSE NH90 CGT, Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO Marseille 1er secteur 2026</p>
<p>Merci. Donc bonjour tout le monde.</p>
<p>Donc Airbus, où je travaille comme ouvrier, est plus connu pour ses avions, satellites et hélicoptères civils que pour ses engins de guerre. Pourtant, ce groupe n'aurait jamais pu se développer et se maintenir dans sa concurrence internationale sans le soutien continu des États européens et en particulier l'État français avec l'achat continu d'appareils militaires. Car guerre ou pas, l'armement a toujours été une source très stable de revenus pour les capitalistes.</p>
<p>La période du Covid en a été la parfaite démonstration pour Airbus quand l'activité dite civile a dû être fortement ralentie. C'est non seulement le ministère des armées qui a justifié le maintien de la production, mais c'est aussi la production de l'armement qui a pris le relais pour maintenir les commandes et renflouer les caisses en argent frais.</p>
<p>Dans un registre plus large et pour ne parler que des hélicoptères militaires, Airbus ne vend pas seulement à quelques armées nationales. Son marché militaire est imbriqué dans celui de l'OTAN et de ses alliés. La France, l'Allemagne, l'Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Royaume-Uni forment le cœur politique et budgétaire de cette clientèle, auquel s'ajoutent des relais hors-OTAN comme le Brésil, le Koweït, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Oman, Singapour, l'Indonésie ou le Maroc. Actuellement, on peut estimer à environ 2 500 hélicoptères Airbus en activité dans plus de 140 pays. Et si on ajoute aux hélicos tout ce que produit Airbus directement ou indirectement en armement, il y a les missiles de MBDA, le M51, c'est-à-dire le missile nucléaire d'Ariane, les satellites de défense, l'avion A400M, les drones. Ça représente en fait plusieurs centaines de milliards d'euros qui passent des budgets étatiques dans la poche du groupe et cela depuis des décennies.</p>
<p>Pour donner une idée de ce que coûte à l'État — bon là je parle de l'État français — mais rien qu'un NH90, qui est un hélicoptère de combat, il est acheté en moyenne 36 millions d'euros. Chaque heure de vol, en moyenne c'est 18 000 €, c'est-à-dire que c'est même plus cher qu'une heure de vol d'un Rafale de Dassault qui coûte 14 000. Et cela, c'est en temps normal, sans engagement sur un quelconque terrain de guerre.</p>
<p>Alors ce n'est pas une découverte me direz-vous. Les armées en effet ne regardent pas vraiment à la dépense et ce n'est pas près de s'arrêter. Mis bout à bout, ce sont des sommes qui donnent le vertige à une époque où les gouvernants et les politiciens affirment, et pas qu'en France, qu'il faut faire des sacrifices économiques, continuer à saigner les budgets de l'école, de la santé, de la retraite. Vous connaissez le reste.</p>
<p>Ceci dit, Airbus est encore loin d'être comparable à un fournisseur massif d'armes comme l'ont toujours été les industriels américains. Si jusque-là dans un groupe comme Airbus, la part du militaire garantissait un financement continu et stable des profits, cette part restait néanmoins secondaire.<br class='autobr' />
Mais depuis la guerre en Ukraine, et l'aubaine que représente à la fois l'embargo russe, qui a permis à la France de passer deuxième exportateur d'armes au monde, et l'augmentation des budgets militaires exigés par l'OTAN, on peut voir que la part de l'armement dans les profits d'Airbus est désormais croissante. En 10 ans, elle est passée — on estime ça à peu près — de 20 % à 40 % des profits.</p>
<p>Alors, il ne sera jamais de trop que de rappeler que c'est pour les peuples, la guerre, c'est la mort, massacre et destruction. Et bien pour les capitalistes de l'armement, ça signifie avant tout un marché juteux par lequel ils s'en mettent plein les poches.</p>
<p>Alors bien sûr, cela ne veut pas dire que la guerre mondiale dans laquelle les impérialistes nous entraînent ne serait faite qu'en vue d'enrichir les industriels de l'armement. Bien d'autres en profitent déjà, on a l'exemple des capitalistes du pétrole actuellement qui ont sauté sur l'occasion pour nous dépouiller et qui continuent d'ailleurs à nous dépouiller ici en aggravant l'inflation, et bien sûr ce n'est pas près de s'arrêter.</p>
<p>D'autre part, ce qui est commun actuellement à toutes les nations impérialistes, c'est la politique menée par les gouvernements d'embrigadement et de conditionnement de la population, à commencer par la jeunesse et les travailleurs. Car il est évident qu'aucun travailleur n'ira spontanément mourir pour les profits des industriels, profiteurs de guerre, les marchés des capitalistes ou les calculs des états-majors.</p>
<p>Non, pour le pouvoir bourgeois, comme par le passé, ils font raconter des mensonges et faire passer leur politique cannibale de pillage en défense de la liberté, de la démocratie, de la civilisation, et préparer surtout les têtes — comme le disait le général Mandon — à accepter de souffrir économiquement et de sacrifier ses enfants.</p>
<p>Et bien cette opération idéologique de tromperie et de préparation patriotique à accepter de devenir de la chair à canon passe à la fois par les campagnes de propagande à l'école, dans les médias, dans les discours des politiciens, y compris les municipalités. Mais aussi — ça c'est un peu nouveau quand même — par les directions des usines d'armement. Depuis 2 ans, on peut constater la multiplication des interventions directes de l'armée auprès des salariés d'Airbus.</p>
<p>Les syndicats contribuent eux aussi à cela en organisant par l'intermédiaire des CSE des conférences et des rencontres avec l'armée, ou en accrochant à la veste des délégués des cocardes bleu-blanc-rouge, voire à rendre leur logo totalement patriotique, voire même semblable à ceux du RN.<br class='autobr' />
Non seulement les militaires s'adressent aux cadres dirigeants, mais ils viennent aussi directement faire des discours aux ouvriers dans les ateliers pour les flatter sur leur travail et les encourager à donner plus d'eux-mêmes. Car ils disent, je cite, « même si nous ne connaissons pas encore notre adversaire, la guerre arrive et nos soldats ont besoin de vous et de vos appareils exceptionnels. » Fin de citation. On voit de plus en plus de vêtements de travail avec des drapeaux bleu-blanc-rouge et des logos qui vantent la production gouvernementale. Il y a même des hiérarchies qui demandent à ceux qui n'auraient pas applaudi lors d'un discours : « ben pourquoi vous ne l'avez pas fait ? »<br class='autobr' />
Tout ceci donc n'est pas anodin. Car si personne aujourd'hui ne nie l'escalade guerrière mondiale, eh bien elle est perçue comme une fatalité. Et la question de comment lutter contre cette guerre, contre cette marche à la guerre, eh bien elle est complexe. Parce que certains, parmi les collègues, disent « mais si demain la France est attaquée, il faudra bien se défendre. » D'autres, la majorité disons, sont plutôt animés par des réflexes pacifistes. Tous, en effet, sont inquiets et ne sont pas du tout prêts évidemment à sacrifier leurs enfants, mais ils ne voient aucune solution, à part dans l'illusion des discours pacifistes.</p>
<p>Dans ce contexte, le rôle des militants communistes révolutionnaires, d'autant plus dans les citadelles de l'industrie de l'armement, c'est de défendre une autre perspective que la résignation et l'acceptation à cette marche à la guerre. Alors non pas dans un sens pacifiste, abstrait et moraliste — car le pacifisme n'a jamais combattu le capitalisme ni ne le désigne comme étant la cause des guerres — mais par contre de le faire dans un sens révolutionnaire, en montrant que sous le régime capitaliste, la paix n'existe pas et n'existera jamais, et que si on veut véritablement la paix, il sera nécessaire de préparer la révolution.</p>
<p>Alors, les travailleurs de l'armement, comme un élément de l'ensemble des travailleurs, eh bien oui, ils peuvent jouer un véritable rôle actif dans cette perspective. Pour ne parler que d'un groupe dans lequel je travaille, Airbus, c'est 165 000 travailleurs répartis partout dans le monde, avec des liens par centaines, par milliers, avec d'autres travailleurs sous-traitants ou filiales, tous participant morceau par morceau à la production des mêmes armes.</p>
<p>Car faut-il le rappeler, si les travailleurs ne décident de rien sous le régime capitaliste, ce sont pourtant eux qui fabriquent tout de A à Z. Que ce soit une casserole, un médicament, du carburant ou un missile Exocet, sans notre travail, toute la société s'écroulerait tout autant que les guerres. Même pour faire la guerre, au-delà de la fabrication des armes et des munitions, les militaires, ils ont besoin des travailleurs, car aucun hélicoptère ni aucun avion ne pourrait être mis en marche, ni décoller sans le concours de plusieurs dizaines d'ouvriers, de mécaniciens, de techniciens, d'ingénieurs.</p>
<p>Alors oui, militer dans une entreprise de l'armement, c'est permettre aux travailleurs de prendre conscience de cette force qu'ils représentent et comment elle pourrait être dirigée pour non seulement arrêter toutes les guerres, mais aussi en finir une bonne fois pour toutes avec la dictature du capitalisme. Donc je passe la parole.</p>
<p>II. Intervention d'Abdelkader Benramdane (« Abdel ») — Militant CGT, Thales Avionics (Yvelines), candidat LO législatives 4e circo Manche 2017/2022/2024</p>
<p>Je suis ouvrier mécanicien sur un site de Thales en région parisienne dans les Yvelines. Ce n'est pas un très gros site, on est moins de 1 000, mais il y a encore de la production. On fabrique des armes, pas des armes à proprement parler, mais des composants électroniques de haute technologie, des amplificateurs d'ondes, qui peuvent servir à pas mal de choses, entre autres à la fabrication de missiles. Les plus connus sont les missiles Aster dont on a entendu parler à propos de la guerre en Ukraine. Des missiles qui permettent de viser et de détruire à des milliers de kilomètres.<br class='autobr' />
Le milieu ouvrier de l'usine lié à la production est plutôt CGT. C'est une vieille tradition. Voilà un peu pour décrire le site où je milite en tant que communiste révolutionnaire.</p>
<p>La marche à la guerre, on le ressent par certaines décisions que la direction du groupe prend. Par exemple, il y a une usine à Thonon-les-Bains que la direction voudrait consacrer davantage à l'armement. Évidemment, elle réclame pour ça l'aide de l'État.</p>
<p>Et puis un peu partout dans le groupe, la direction serre la vis. Ça n'a rien de spécifique aux usines d'armement, mais voilà comment ça se met en place chez nous.</p>
<p>Dans des zones dites secret défense comme il y en a sur mon site, on n'a plus le droit d'avoir un téléphone, ni d'appareil connecté. Dans ce secteur justement, secret défense, il y a eu trois accidents graves sur une courte durée. Mais pour la direction, pas question de prendre le temps d'en examiner les causes. L'activité devait reprendre vite sans arrêter la production. Le climat change et se tend dans une usine où la discipline n'était jusque-là pas trop sévère.</p>
<p>Thales est un grand groupe lié à Dassault, avec la croissance forte des budgets militaires dans de nombreux pays, c'est un marché supplémentaire considérable qui s'offre aux capitalistes et qui fait saliver les actionnaires du groupe entre autres Thales.</p>
<p>Même les travailleurs en viennent à penser que c'est une bonne chose. Un exemple : un collègue de travail qui est pourtant syndiqué à la CGT m'a dit « Regarde, avec l'OTAN, il y a énormément de ventes d'armes, et si l'Europe se laisse balader, ce seront les Américains qui récupéreront le marché. Alors, quitte à vendre des armes, autant que ça soit les nôtres. »</p>
<p>En fait, le premier piège, c'est de se faire avoir en pensant que ce qui est bon pour les actionnaires du groupe serait bon pour les travailleurs. Ça, c'est une arnaque comme dans tous les secteurs. L'armement n'est pas différent des autres. Évidemment, on sait que c'est n'importe quoi.</p>
<p>Et de ce point de vue-là, un travailleur précaire chez McDonald's est peut-être plus conscient de la réalité des choses que certains de mes collègues syndiqués à la CGT, mais qui ont bossé toute leur vie chez Thales et qui pensent qu'ils sont mariés avec l'entreprise. Ce sentiment-là a été entretenu et diffusé par les dirigeants syndicaux y compris ceux de la CGT. Et je critique la CGT, mais je voudrais justement mentionner que je suis moi-même militant dans ce syndicat.</p>
<p>Comme les patrons, les directions syndicales de l'entreprise se vantent de développer de nouveaux marchés en mettant en avant ce qu'elles appellent une politique industrielle.<br class='autobr' />
Alors voilà ce qu'écrit la CGT Métallurgie dans un dossier du mensuel des métallurgistes d'octobre 2025 intitulé « La paix, la défense et l'industrie, cohabitation possible ? » Rien que le titre annonce la couleur. Je cite : « Dans la métallurgie, nous sommes au cœur des enjeux entre perte de souveraineté industrielle, industrie de défense et austérité sociale. Cette situation que nous combattons nous engage à militer pour la transformation de la société, pour un monde de paix, de sécurité sociale, de défense et de souveraineté nationale. » Et je cite encore : « Pour reconquérir la souveraineté industrielle, la création du PPND, Pôle public national de défense, doit permettre cette réappropriation de la maîtrise publique des industries d'armement et de leur stratégie industrielle. »<br class='autobr' />
Et voilà, ils osent parler de paix mais en réalité ils préparent l'union sacrée pour la future guerre. Si on les écoute, c'est fini la lutte de classe. Tous unis avec nos exploiteurs contre les travailleurs du monde entier. Voilà ce que ces gens-là osent dire, qu'ils militent pour la transformation de la société.<br class='autobr' />
En réalité, en parlant ainsi, ils rendent un sacré service aux exploiteurs. Cela brouille les intérêts de classe des travailleurs et cela participe à souder les travailleurs derrière les patrons, comme s'ils avaient un intérêt commun. Alors nous travailleurs, on devrait se mettre à la remorque de la stratégie commerciale de nos patrons ? Non, nous n'avons rien à y gagner.</p>
<p>Car comment les patrons mènent-ils leur guerre commerciale contre leurs concurrents, si ce n'est en augmentant le temps de travail, en bloquant les salaires voire même en les baissant ? Car c'est ce qu'il se passe avec l'inflation. C'est ce qui se passe quand les patrons baissent les salaires d'embauche.</p>
<p>Comme le groupe Thales fait énormément de profit, on pourrait imaginer qu'il va aussi acheter une paix sociale pour pouvoir produire des armes. C'est ce que pensent certains travailleurs. Il y en a qui disent que les salaires vont rester confortables parce qu'ils ont besoin de nous et parce qu'ils ont beaucoup de fric.</p>
<p>Mais ça c'est illusoire, car en temps de guerre, c'est la loi martiale et la dictature dans les ateliers qui nous attendent. Et si les marchés d'armes explosent, oui, ça fera des milliards de profit, mais pour les patrons. Mais nous, les ouvriers, dans les usines d'armement, on marchera à la trique pendant que nos enfants iront mourir sur le front, sous les bombes que nous aurons fabriqué.</p>
<p>Je me souviens avoir vu un documentaire sur les ouvrières qui travaillaient dans les fabriques de production de munitions en Angleterre. Pendant la Première Guerre mondiale, leurs conditions de vie était extrêmement difficiles. Au milieu de la guerre, le besoin en munition était tel que les travailleuses faisaient des journées à rallonge. Et à cause du manque de nourriture, chaque jour des dizaines d'ouvrières s'évanouissaient dans leur usine. Mais durant l'automne 1917, année où la révolution éclata en Russie, ces ouvrières se mirent en grève par centaines de milliers.<br class='autobr' />
Je prends cet exemple parce que je le connais. Mais c'était la même situation dans tous les pays en guerre et partout dans tous les pays, ces grèves ont contribué à affaiblir les capitalistes et leurs gouvernements qui se faisaient la guerre. Elles ont été un élément de la situation révolutionnaire engendrée par la guerre.</p>
<p>Nous sommes confrontés aujourd'hui à cette contradiction. Certains travailleurs croient que la perspective de profit des patrons du secteur de l'armement est une bonne chose pour nous. Demain, l'État français mobilisera sans doute tous ses moyens de propagande, de répression pour nous faire participer massivement à l'économie de guerre. La seule façon de nous préparer à l'énorme pression nationaliste et guerrière qui nous tombera dessus, c'est justement de garder dès aujourd'hui une conscience claire de nos intérêts de travailleurs.</p>
<p>Donc ne nous laissons pas manipuler alors même que la pression n'est pas encore trop forte.<br class='autobr' />
Alors l'autre problème qu'on pourrait se poser, c'est pourquoi nous travailleurs on accepterait de produire des armes. Ce qui est à priori un choix qui n'est pas moral. Mais pour moi, ce n'est pas une question de morale pour deux raisons.</p>
<p>D'abord parce que quand on est ouvrier, on décide de rien. On est exploité, soumis aux décisions de nos exploiteurs comme partout.</p>
<p>Et l'autre raison, c'est que si on veut la paix et pas la guerre, on n'y arrivera pas simplement en supprimant les armes, mais en arrachant le pouvoir aux capitalistes.</p>
<p>Il faudra empêcher les capitalistes, leurs politiciens et leurs états-majors d'utiliser les armes pour leur guerre, retourner nos armes contre nos propres généraux comme dit l'Internationale. Ce n'est pas simplement un slogan, c'est un programme révolutionnaire, et c'est bien les révolutionnaires russes qui, en 1917, ont mis fin à la guerre, en permettant à la classe ouvrière russe de prendre le pouvoir contre les gouvernements capitalistes. Et ce sont les masses ouvrières allemandes, en révolution, qui ont forcé les grandes puissances à signer l'armistice de 1918.</p>
<p>Par ailleurs, le fait que nous produisons des armes devrait nous faire réfléchir plus que tout autre travailleur à ce que la société nous prépare. Si les marchés d'armes explosent, c'est bien le signe extrêmement concret que les guerres se généralisent, que la guerre mondiale se met en place. Et qui ira sur les champs de bataille tenir les fusils ? Qui sera dans les chars de haute technologie, qui seront les artilleurs ? Qui enverra les missiles ? Et qui les recevra sur la figure si ce n'est des travailleurs comme nous, si ce n'est pas nos enfants ? Qui peut croire que les usines d'armement ne seront pas bombardées avec dedans des travailleurs comme nous ? Les États-Unis l'ont fait en Iran.<br class='autobr' />
La guerre qu'on voit à la télé en Ukraine, au Proche-Orient nous annonce celle qu'on vivra bientôt ici. On doit prendre conscience qu'on est même en train de produire les armes de cette guerre. C'est ça que j'essaie de dire à mes camarades, que ce système capitaliste ne fait pas simplement de nous exploiter, il est en train de nous transformer en futurs petits soldats et en chair à canon.<br class='autobr' />
En tant que travailleur d'une entreprise d'armement, je dirais pour conclure que nos intérêts ne sont pas différents de ceux des autres travailleurs.</p>
<p>Pas question de nous laisser berner par la propagande des patrons et des syndicats à laquelle s'ajoute la propagande nationaliste et guerrière de l'État. Notre seule perspective dans le monde actuel, c'est la lutte des classes menée par les travailleurs de toutes les entreprises, de tous les secteurs, contre leur patron et contre l'État pour renverser la domination capitaliste.</p>
<p>C'est cette perspective-là que la montée guerrière nous impose. Et aujourd'hui, toute notre activité prépare cet avenir révolutionnaire. Nos bulletins d'entreprise regroupent des travailleurs dans cette perspective.</p>
<p>Les travailleurs dans les usines d'armement ne sont pas bien moins placés pour pouvoir combattre la machine capitaliste et ses conséquences catastrophiques que ceux des autres secteurs. D'ailleurs, une montée guerrière entraînera une économie de guerre. Presque tous les secteurs deviendront des secteurs orientés vers la guerre.</p>
<p>Reprenons l'exemple de la révolution russe. Un des bastions ouvriers de cette révolution ouvrière dans la capitale Petrograd furent les usines Poutilov. Or, sachez qu'au départ, c'était des usines de production de locomotives, puis des usines sidérurgiques, et qu'à l'approche de la guerre, ce sont devenus des usines d'armement. Quelques jours avant que n'éclate la révolution de février, lancée par les femmes, les travailleurs de Poutilov se sont mis en grève, entraînant au total 200 000 grévistes. Personne ne pouvait alors s'en douter, mais cette grève était annonciatrice de la révolution.<br class='autobr' />
Les militants ouvriers dans les usines d'armement peuvent être à la base des luttes de demain contre l'exploitation au quotidien. Durant les guerres, se révolter dans les usines d'armement, c'est attaquer les capitalistes sur leurs bases arrière. Alors à nous de nous préparer aux révoltes futures.</p>
<p>III. Intervention de Pascal Le Manach — Délégué syndical CGT Renault Cléon (depuis 1999), conseiller municipal LO Oissel, porte-parole LO Normandie</p>
<p>Je travaille à l'usine Renault à Cléon près de Rouen, une usine d'environ 2 500 travailleurs, qui produit des moteurs thermiques et électriques pour l'automobile. Je ne travaille donc pas comme Rémy et Abdel sur un site de production d'armement, et pourtant, dans le contexte de préparation à une guerre de haute intensité comme le dit le gouvernement, eh bien l'État prépare son armée et augmente ses dépenses militaires.</p>
<p>Alors en juin 2025, il y a quasiment un an, l'armée a demandé à Renault la possibilité de produire des drones volants. Et en mars de cette année, l'armée lui a commandé la fabrication cette fois-ci de drones terrestres.</p>
<p>Alors, pourquoi faire appel à l'industrie automobile pour produire des armes ? Eh bien, déjà à la veille des guerres mondiales de 1914 et de 1939, pour produire en masse des obus, des chars, voire même des avions, l'armée a eu besoin de l'industrie automobile et en particulier de Renault. D'ailleurs, je rappelle que c'est la Première Guerre mondiale qui a commencé la fortune de Renault.</p>
<p>Ce groupe automobile a une ingénierie qui a l'habitude de créer, d'organiser, de faire produire rapidement en quantité à des coûts réduits grâce à des chaînes de montage, des ateliers d'usinage développés et à une logistique bien huilée.</p>
<p>On le voit depuis plusieurs années dans le conflit Russie-Ukraine, on a vu l'importance des drones. On voit également comment l'Iran fait face aujourd'hui à l'attaque de l'armée américaine. Là aussi grâce aux drones, notamment des drones volants appelés « drones kamikazes », car ils font le trajet aller pour détruire, tuer, pas le chemin du retour.</p>
<p>Alors à ce jour, la commande de l'État à Renault serait de 600 drones par mois et pourrait évidemment augmenter très rapidement si besoin. Renault se positionne nationalement, mais aussi dans une course à l'armement qui se déroule à l'échelle internationale, car le groupe pourrait évidemment vendre ses productions à n'en pas douter à bien d'autres pays qui se réarment également.</p>
<p>Alors bien sûr, comme l'industrie de l'armement, Renault ne se lance pas seulement dans la production pour la défense de la patrie, mais avant tout parce qu'il y a beaucoup, beaucoup d'argent à se faire. Au dire de la direction du groupe Renault, je les cite, « cette coopération représente une opportunité économique rentable. » Et bien c'est le moins qu'on puisse dire, car les seuls drones kamikazes, avec cette production il y aurait 1 milliard à la clé et ce n'est qu'un début. L'État perd rubis sur ongle. Les commandes de l'armée sont toujours un très bon moyen de gagner énormément d'argent, des milliards facilement gagnés pour les profiteurs de guerre.</p>
<p>Alors, prenant des précautions, Renault a d'abord annoncé aux travailleurs de ses usines que la commande de drones volants n'avait rien à voir avec la production d'armes meurtrières. Ce serait seulement des drones d'observation. C'était évidemment du baratin. C'est la presse qui annoncera que le groupe allait produire des drones, des armes de guerre à Cléon et au site du Mans. Les capitalistes dévoilent leur plan quand ils le veulent et on le sait, ce sont des menteurs professionnels.<br class='autobr' />
Alors à Cléon, l'usine où je travaille, cette annonce a été une surprise et a beaucoup fait discuter. Depuis des mois, nous, les militants de Lutte ouvrière, discutions évidemment de la guerre, et surtout de la guerre en Ukraine. On dénonçait bien sûr les bombardements russes sur la population civile, mais aussi les fausses excuses occidentales pour participer à cette guerre. On tenait à affirmer que les USA n'aidaient pas l'Ukraine pour la défense de la population mais par intérêt pur. Ce qu'on a pu vérifier par la suite avec les propos de Trump sur les terres rares.</p>
<p>On dénonçait cette guerre comme une guerre impérialiste dans laquelle il ne fallait pas choisir un camp, en dehors de celui des peuples contre leur gouvernement. Et on en profitait pour expliquer que la bourgeoisie de chaque État, dans un capitalisme en crise, n'avait comme solution pour se défendre de ses concurrents, que la guerre non plus seulement économique, mais la guerre de conquête pour dominer leurs concurrents militairement, économiquement, politiquement.<br class='autobr' />
Et dans ce contexte la marche à la guerre généralisée avait commencé. Alors, il faut le dire, on nous écoutait mais nous ne convainquions finalement que très peu des nôtres.</p>
<p>Et maintenant que la direction du groupe Renault nous demandait de produire des armes, eh bien ça a changé la situation. Des armes qui faisaient la Une de l'actualité dans la guerre Russie-Ukraine, mais aussi à Gaza, des armes qui tuaient des femmes, des enfants, des hommes chaque jour.<br class='autobr' />
Alors, la guerre qui jusque-là se déroulait très loin de nous, finalement se rapprochait car on nous demandait d'y participer indirectement avec notre travail. Et quasiment au même moment, il y avait dans l'actualité les déclarations du général Mandon, le général fraîchement nommé chef d'état-major des armées et en service commandé de l'Élysée, qui enchaînait les discours va-t-en-guerre. Il annonçait qu'il fallait se préparer à la guerre et il demandait à se tenir prêt, je le cite, « à accepter de perdre ses enfants et de souffrir économiquement. » Les discussions n'étaient plus seulement théoriques. La direction du groupe exigeait de nous de participer à un certain niveau à la guerre.<br class='autobr' />
Cette direction, sentant qu'il y avait un flottement chez les salariés, expliqua qu'elle comprenait les interrogations, mais que c'était une réelle opportunité, sous-entendant que cela garantirait du travail pour de nombreux salariés. Alors, elle laisse surtout les syndicats maison expliquer que cela pourrait permettre de donner du travail dans une situation de recul de la production.</p>
<p>Bon, finalement à l'usine, ça ne prenait pas. La plupart des travailleurs étaient conscients que cela ne changerait rien de toute façon au niveau de l'emploi. Et au contraire, ils étaient assez nombreux à exprimer ne pas vouloir participer à ce genre de production. Certains avaient entendu par exemple parler de l'action des dockers de Fos-sur-Mer qui avaient refusé de charger des armes à destination d'Israël et ils trouvaient cette action courageuse.</p>
<p>Mais au même moment, une cheffe d'atelier annonça qu'elle démissionnerait si on l'obligeait à travailler à la production d'armes. Et bien cette position de la part d'un hiérarchique fit le tour des ateliers et fit beaucoup discuter. Pour certains, elle avait le courage de sa position. Bien sûr, pour d'autres, nombreux, bien que contre la production d'armes, pour eux, il était hors de question de perdre leur boulot, payer les factures, nourrir la famille, c'est prioritaire.</p>
<p>Alors, dans ce contexte, nous avons fait des réunions avec des travailleurs pour discuter de la crise du capitalisme, du fait que chaque bourgeoisie veut, pour survivre, conquérir de nouveaux marchés, de nouvelles sources de matières premières et que la guerre économique engendre des guerres qui aujourd'hui se généralisent.</p>
<p>Dans ces réunions, le but était aussi d'expliquer que le seul moyen de combattre les guerres, c'est de se débarrasser de ce système. Car après avoir servi de chair à production, notre propre bourgeoisie voudra qu'on lui serve de chair à canon.</p>
<p>Les discussions étaient nombreuses également parmi les militants ouvriers et en particulier parmi les militants de la CGT. La grande majorité des militants de base, comme la plupart des travailleurs, se sentent pacifistes. La direction de la CGT de Renault, elle se positionna, je cite une de leurs déclarations : « Si Renault devait se diversifier, cela ne saurait se faire au détriment de son éthique, ni au prix d'une implication dans des logiques guerrières. » Mais elle rajoutait : « Si une production d'armement devait exister, celle-ci ne pourrait répondre qu'à des besoins de défense nationale, sous contrôle public, et en aucun cas à des logiques de marché, de rentabilité ou d'exportation alimentant les conflits armés. Nous réaffirmons notre refus de voir l'industrie automobile mise au service de la guerre. »</p>
<p>Alors, une position hypocrite et mensongère, qui accepterait la production d'armes si seulement elle n'était pas faite par les groupes capitalistes dans une société capitaliste.</p>
<p>Comme avant chaque conflit, la CGT est d'accord pour soutenir la guerre, si elle est défensive, et on connaît ce genre de baratin sur la guerre prétendument défensive. La CGT sait pertinemment que les capitalistes ont décidé de produire des armes et qu'ils se préparent ouvertement à la guerre. Mais la direction de la CGT, ne voulant surtout pas mettre à bas le capitalisme, n'a d'autre perspective que de discuter, de collaborer finalement avec le patronat comme elle fait constamment.</p>
<p>Même son discours pacifiste n'est pas une perspective. Le pacifisme, ça consiste à dénoncer la guerre, sans plus, comme si on pouvait empêcher des guerres sans s'attaquer à ceux qui les déclenchent. Le monde capitaliste serait supportable si les capitalistes ne faisaient pas la guerre ?<br class='autobr' />
Mais le monde capitaliste ne peut pas vivre sans guerre. C'est la guerre contre les travailleurs par l'exploitation. C'est la guerre contre leurs concurrents pour conquérir des marchés. C'est la guerre pour dominer les autres. C'est la guerre sociale. C'est la guerre en Afrique depuis des décennies. C'est la guerre perpétuelle au Moyen-Orient, etc.</p>
<p>Alors nous à l'usine, nous défendons auprès de nos camarades de travail toutes autres perspectives. Vouloir la paix, c'est vouloir s'en donner les moyens, et cela commence par désigner sans ambiguïté ceux que l'on doit combattre. Il ne s'agit pas de se transformer en militants pacifistes contre la guerre, mais au contraire de dire que tant que les travailleurs n'auront pas pris la direction de la société, les guerres continueront pour défendre les intérêts de la bourgeoisie avec notre peau.<br class='autobr' />
En tant que militants ouvriers communistes révolutionnaires, nous militons dans les grandes entreprises, dans les bastions du capitalisme. Là où demain, lorsque les travailleurs conscients de leur force, de leur nombre, de leurs intérêts de travailleurs, se battront et ils se confronteront alors directement aux dirigeants de cette société.</p>
<p>À l'usine, nous militons aussi pour gagner des travailleurs à la construction du parti ouvrier, du parti communiste révolutionnaire qui nous manque tant.</p>
<p>Car il ne suffit pas de défendre un programme communiste. Il s'agit aussi de gagner des travailleurs à ce combat. Des travailleurs persuadés que pour combattre la guerre, il faudra que la classe ouvrière lutte dans les usines contre ses exploiteurs. Des ouvriers convaincus que l'humanité ne pourra se débarrasser de la guerre, comme de tous les maux qu'engendre la société capitaliste, que s'il renverse et brise l'État de la bourgeoisie, cet instrument de l'exploitation capitaliste.</p>
<p>FORUM 2 — « LA GUERRE, LA CLASSE OUVRIÈRE ET LES RÉVOLUTIONNAIRES »</p>
<p>Deuxième forum de la Fête LO 2026. Deux oratrices LO + débat avec la salle (six interventions + trois réponses LO).</p>
<p>Première intervention LO — Caractérisation de la période et de la guerre mondiale en préparation<br class='autobr' />
Alors en 2026, 45 % de la population mondiale vit dans une région en guerre, près d'un être humain sur deux. Ces dernières années, les guerres se multiplient. À l'Ukraine s'est ajouté Gaza, puis le Liban et maintenant l'Iran, sans parler du Soudan, du Yémen, du Congo. Bref, le capitalisme, c'est la guerre.</p>
<p>Le 28 février, les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran, puissance régionale de 90 millions d'habitants. Pendant cinq semaines, les bombardements ont fait plus de 3 000 morts, détruit des écoles, des habitations, des dépôts de pétrole et des infrastructures. Les frappes ont cessé, mais le détroit d'Ormouz reste bloqué et la guerre peut reprendre à tout moment.</p>
<p>Contrairement à ce qu'affirme un ancien chef des services secrets américains démissionnaire, cette guerre n'est pas le résultat de la mainmise de Netanyahou sur Trump, ni même d'Israël sur les États-Unis. Israël est le chien de garde de l'impérialisme au Moyen-Orient, mais il n'est pas la puissance dominante qui impose sa loi au reste du monde. Sans les livraisons d'armes et les milliards de dollars d'aides américaines, Israël n'aurait pas les moyens de sa politique criminelle, ni à Gaza, ni en Cisjordanie, ni au Liban. Aux États-Unis, faire porter la responsabilité à Israël, c'est le moyen de dédouaner la bourgeoisie américaine.</p>
<p>Mais même pour nous ici, c'est important de comprendre que ces guerres sont le produit du système capitaliste sénile, et pas le fait du colonialisme sans limite d'Israël, de guerre de religion ou de culture. De même que cette guerre n'est pas due à la folie de Trump depuis un mois, du fait du revers subi par Trump en Iran. Il est de bon ton de dire qu'il fait n'importe quoi. S'il est incontestable que par mégalomanie ou par incompétence, il a minimisé les capacités de résistance du régime iranien et n'a pas anticipé sa capacité à bloquer le détroit d'Ormouz, l'attaque contre l'Iran s'inscrit en fait dans une politique. Elle est dans la continuité du kidnapping de Maduro au Venezuela en janvier, de l'asphyxie de Cuba depuis lors.</p>
<p>Les États-Unis ont décidé de cogner les régimes qui sont en dehors de leur contrôle. En Iran, ils ont cherché, dès sa naissance, à affaiblir ce régime, sinon à le faire tomber. Et en février dernier, Trump et derrière lui l'état-major américain ont estimé qu'il y avait une fenêtre car ils jugeaient le régime affaibli par les revers de ses alliés régionaux, le Hezbollah et le Hamas, suite aux guerres d'Israël, et par les révoltes de la population en janvier.</p>
<p>Et puis derrière l'Iran et le Venezuela, les États-Unis visaient aussi la Chine. Ils cherchent à la priver d'une part importante de ses approvisionnements en pétrole ainsi que de partenaires politiques et commerciaux majeurs. Ils visent en fait les pays dans lesquels les entreprises chinoises investissent et font du commerce. En achetant 90 % du pétrole iranien, la Chine permettait au régime de Khamenei de se financer malgré l'embargo américain. La guerre contre l'Iran est une manière de réaffirmer qui est le patron dans la région stratégique du Moyen-Orient.</p>
<p>C'est pourquoi cette guerre n'est pas seulement une guerre régionale au Moyen-Orient. Bien sûr, la région est déchirée depuis plus de 100 ans par des guerres engendrées par les puissances impérialistes car ses puits de pétrole et sa situation stratégique attisent leurs appétits et leurs rivalités. Mais cette guerre, elle est bien plus que cela. À la fois par ses conséquences — le blocage du détroit d'Ormouz déstabilise l'économie mondiale — et aussi par la période dans laquelle elle a été déclenchée, celle du capitalisme sénile empêtré dans une crise due à ses contradictions internes qui durent et qui ne cessent de s'aggraver.</p>
<p>Les révolutionnaires, les marxistes ont toujours expliqué que le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. La concurrence et les rivalités pour accéder aux matières premières et disposer d'un marché garanti, la lutte permanente pour étendre sa domination, exporter des marchandises produites en quantité toujours plus grandes avec des moyens de production toujours plus nombreux et efficaces sont inscrites dans les gènes du capitalisme.</p>
<p>Et depuis que le capitalisme a conquis toute la planète, il y a plus d'un siècle, cette rivalité a engendré une période de guerre entre impérialismes concurrents, de crises, de convulsions politiques, quasiment sans interruption entre 1914 et 1945. Ces deux guerres mondiales ont directement touché l'Europe et les pays impérialistes eux-mêmes, mais aussi bien d'autres régions du monde et leurs populations.</p>
<p>Depuis 80 ans, les rivalités entre États et bourgeoisies des pays développés n'ont cessé, même si elles étaient longtemps masquées par la guerre froide entre l'impérialisme et l'Union soviétique. Guerre froide qui a d'ailleurs menacé à plusieurs reprises de dégénérer en un conflit mondial. Pendant des décennies, les impérialistes se sont affrontés par l'intermédiaire de multiples guerres plus ou moins localisées, mais au prix de dizaines de millions de morts dans les anciens pays colonisés. Même si elles ont mobilisé et tué aussi des soldats américains et européens, ces guerres, la population, elle a pu ici imaginer y échapper.</p>
<p>Et depuis 50 ans, la crise du capitalisme, elle est marquée par la financiarisation du système, par la place qu'y occupe la spéculation, qui provoque des krachs boursiers avec leur cortège de misère, de morts, de familles jetées à la rue. En 2008, lors de la crise des subprimes, les banques des pays riches ont été sauvées par les États qui se sont massivement endettés. Et encore aujourd'hui, les capitalistes sont sous perfusion de milliers de milliards d'euros et de dollars d'argent public. Voilà qui donne la mesure du degré de sénilité atteint par le capitalisme.</p>
<p>Financiarisation, bulle spéculative, guerre locale — tout cela, loin de résoudre les contradictions du capitalisme, les a encore approfondies, et ces contradictions poussent à un affrontement entre les puissances. Cela s'est vu avec le retour en force du protectionnisme. Bien avant Trump, les États-Unis ont lancé une guerre commerciale féroce à tous leurs rivaux, alliés ou pas, à coup d'énormes programmes de subventions et de droits de douane contre les produits industriels étrangers. Ils veulent ainsi asseoir leur position de numéro 1 et sont prêts à cogner pour cela. Trump a déclaré une guerre commerciale au monde entier. Et cette guerre, elle devient de plus en plus militaire.<br class='autobr' />
La guerre mondiale qui a déjà démarré ne ressemble pas aux précédentes. À travers les deux premières, les États-Unis se sont imposés comme l'impérialisme dominant, rejetant au second rang [les autres] puissances. Les États comme la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore le Japon sont désormais subordonnés aux États-Unis, tout en restant des rivaux. Leurs bourgeoisies ont fini par se soumettre et s'aligner car elles n'ont pas les moyens de tenir tête à l'Amérique. Dans la lutte pour les marchés, pour les ressources, ces impérialismes de seconde zone essaient de préserver les intérêts de leurs capitalistes respectifs. C'est justement pour cela qu'ils prennent leur place dans la guerre qui se généralise.</p>
<p>En Ukraine, les États-Unis sont les principaux vainqueurs de la guerre entre les puissances impérialistes et la Russie de Poutine. Guerre qui provoque depuis plus de 4 ans des centaines de milliers de morts et de vies brisées, de destructions et de souffrances sans nom. Cette guerre a affaibli les capitalistes européens privés du gaz russe. Les entreprises américaines ont raflé la part du lion, des terres, des mines, des usines, des banques d'Ukraine comme des ventes d'armes. Mais pour préserver les intérêts de Dassault, de Bouygues ou du Crédit Agricole et de leurs homologues anglais, allemands, Macron, Starmer et Merz, écartés des négociations entre Trump et Poutine, se posent en alliés indéfectibles de Zelensky.</p>
<p>Au Moyen-Orient, Macron a envoyé l'armée française dans le Golfe protéger les intérêts des patrons français. En participant aux guerres impérialistes lancées par les États-Unis, ils espèrent avoir des miettes du gâteau.</p>
<p>Alors, autre différence avec les deux premières guerres mondiales, depuis 1945, certains pays autrefois colonisés ou semi-colonisés, après avoir arraché leur indépendance, se sont en partie développés, profitant de ce que l'impérialisme américain ne pouvait pas encore s'imposer partout. Dans cette période de guerre froide, ils pouvaient obtenir un soutien diplomatique et économique auprès de l'URSS.</p>
<p>La Chine, elle a suivi un cours particulier. Pillée et dépecée par les grandes puissances depuis le XIXᵉ siècle, elle s'est libérée de leur mainmise lors de la révolution bourgeoise de 1949 dirigée par l'appareil politico-militaire de Mao. Celle-ci a fait naître un État fort et centralisé. Sous embargo pendant 25 ans, le pays s'est construit en opposition à l'impérialisme. Quand celui-ci l'a réintégrée au marché mondial, en position de sous-traitant, l'État chinois a empêché un pillage en règle du pays. S'il a mis les travailleurs chinois à la disposition des capitalistes occidentaux, le rôle prépondérant de cet État centralisé contrôlant l'économie a permis, comme nulle part ailleurs, le développement de grandes entreprises nationales.</p>
<p>De l'atelier du monde, la Chine s'est transformée jusqu'à devenir un concurrent sérieux dans de nombreux domaines. Les entreprises chinoises ne sont plus simplement des sous-traitants du capital occidental. Elles fournissent des produits finis et de haute technologie. Entravées dans leur développement par les limites du marché intérieur, elles se sont tournées vers les marchés internationaux et cette montée en puissance renforce l'agressivité de l'impérialisme américain.<br class='autobr' />
Mais contrairement à toute la propagande qu'on entend, les deux pays ne sont pas à égalité dans ce bras de fer. L'impérialisme américain mène l'offensive, défendant bec et ongles sa position dominante. La bourgeoisie des pays impérialistes s'est enrichie en soumettant et pillant le monde entier, en exploitant les travailleurs de toute la planète depuis plus d'un siècle. Elle ne peut exister qu'en maintenant sa domination sur toute la planète.</p>
<p>Face à cela, l'État chinois et derrière lui la bourgeoisie qu'il maintient en tutelle sont pour l'instant en position défensive dans la guerre commerciale que leur livre l'Occident, tout comme dans les rapports de force armés. À ce jour, la Chine ne possède qu'une base militaire en dehors de son territoire contre 850 pour les États-Unis. C'est une armada américaine qui patrouille près des côtes chinoises, pas des porte-avions chinois au large de la Californie. Et ce n'est pas Xi Jinping qui met l'Amérique latine à sa botte, qui veut annexer le Canada et le Groenland.</p>
<p>Alors, même si elle semble erratique, la politique brutale de Trump a une cohérence. Il veut assurer à la bourgeoisie américaine des marchés, des routes commerciales, l'accès aux matières premières indispensables, le pétrole, le gaz, et donc en priver ses concurrents. Dans cette fuite en avant, chaque pas nous rapproche d'une déflagration mondiale.</p>
<p>Ainsi, la guerre actuelle contre l'Iran aggrave les causes qui lui ont donné naissance. La crise, la concurrence entre capitalistes, les rivalités entre États. Le blocage du détroit d'Ormouz génère un chaos économique mondial. Pour ne prendre que l'exemple de l'hélium, le Qatar assurait un tiers de la production mondiale de ce gaz indispensable à la fabrication des semi-conducteurs. Après le bombardement des installations gazières, les capacités de production de puces sont menacées et la guerre entre branches industrielles et constructeurs s'intensifie.</p>
<p>Alors même si le conflit actuel se termine par une trêve, ça ne permettra pas la paix. Cela aura au contraire accumulé encore plus de poudre dans le chaos d'un système capitaliste qui ne peut plus rien apporter de bien à l'humanité.</p>
<p>La guerre en Iran montre aussi que s'imposer n'est pas si simple, même pour l'impérialisme le plus puissant de la planète. Cela coûte aux États-Unis 1 à 2 milliards de dollars par jour, soit 23 000 dollars la seconde. Les stocks de munitions sont au plus bas et la guerre est impopulaire dans la population américaine. Alors avec la Chine, cela sera encore plus difficile. Mais ces difficultés ne font que renforcer les États-Unis dans leur volonté de s'y préparer. Ils tirent des leçons. Un de leurs problèmes notamment est d'arriver à mettre leur population en condition. Et cette préparation des esprits, mon camarade, y reviendra.</p>
<p>La préparation matérielle, elle se poursuit. Ces guerres accélèrent la militarisation. Même si les économies ne sont pas encore réorganisées pour être des économies de guerre, tous les budgets militaires dans tous les pays sont en hausse. Ils ont atteint 2 500 milliards d'euros au niveau mondial en 2025. En France, une rallonge de 36 milliards du budget militaire vient d'être votée sans la moindre polémique.</p>
<p>Tout cela montre que nous sommes entrés dans le processus d'une nouvelle guerre mondiale. Les dirigeants et les bourgeoisies des pays impérialistes en sont très conscients et s'y préparent activement. Quelles seront les prochaines étapes ? Quels seront les prochains peuples sous les bombes ? On l'ignore, mais directement ou indirectement les peuples et les travailleurs de tous les pays seront plongés dans la barbarie et transformés en chair à canon.</p>
<p>Il n'y a pas de paix possible sous le règne de l'impérialisme, mais il existe une force sociale capable d'en finir avec ce chaos et cette barbarie, la classe ouvrière mondiale. Elle seule peut et pourra transformer cette guerre impérialiste en une guerre révolutionnaire, une guerre sociale pour jeter à bas un système capitaliste éternel fauteur de guerre. Pour cela, la classe ouvrière doit se doter d'une politique, devenir consciente de la force qu'elle représente et des tâches qui s'imposent à elle.</p>
<p>Deuxième intervention LO — La politique de la classe ouvrière face à la guerre</p>
<p>Si la peur de la guerre est dans toutes les têtes, beaucoup ont encore l'espoir de lui échapper. L'espoir qu'un politicien pacifiste gardera le pays à l'écart des conflits du monde, qu'une armée suffisamment puissante pourra nous protéger, l'espoir que Poutine ou Xi Jinping tiennent tête face aux États-Unis, qu'il est possible d'aller se planquer à la campagne ou de quitter le pays, que cette guerre c'est celle des Américains et qu'on peut y échapper en restant spectateur, ou que le problème c'est Trump, qu'il est fou et qu'il suffirait qu'il disparaisse pour que tout rentre dans l'ordre. Mais l'espoir ça n'évite pas la catastrophe.</p>
<p>Impossible de raisonner sans être pleinement conscient que la guerre, c'est l'avenir que nous prépare le capitalisme ici aussi. La bourgeoisie sait que pour faire la guerre, elle doit d'abord gagner les populations à cette idée pour ensuite les mobiliser dans l'armée. Trump bombarde l'Iran mais il n'envoie pas de troupes au sol parce qu'il sait qu'une majorité d'Américains est hostile à cette guerre. Elle est aussi impopulaire que la guerre du Vietnam. Celle-là même qui avait suscité un mouvement de masse dans la jeunesse et en particulier chez les jeunes noirs des classes populaires. Mouvement de masse qui avait contribué à précipiter le retrait des États-Unis et la fin de cette effroyable boucherie.</p>
<p>Pour nous convaincre de mourir pour la patrie, la liberté ou le droit international, la bourgeoisie doit faire campagne, dramatiser, mentir, diviser, réprimer. Si les grandes puissances choisissent la mobilisation militaire, elles utiliseront tous les incidents, les monteront en épingle, en fabriqueront, si besoin. Quand il s'agit de nous mentir, elles ne reculent devant rien.</p>
<p>En ce moment, Trump dit que les États-Unis font la guerre contre l'Iran pour se défendre. Lors de la première guerre contre l'Irak en 1991, il martelait qu'au Koweït, des soldats irakiens avaient assassiné des bébés. Ça avait secoué l'opinion occidentale à l'époque. Ils avaient même dit que l'Irak possédait la bombe atomique. Quelques mois plus tard, on apprenait que c'était des mensonges. Ils ont fait la même chose en 2003 au moment de la deuxième guerre contre l'Irak avec le bobard sur les armes de destruction massive et la fameuse 2ᵉ armée du monde. Pareil avec la guerre en Ukraine présentée comme la résistance d'un peuple pour sa liberté face à l'invasion russe. Or, cela fait 30 ans que les stratèges américains affirment qu'il faut à tout prix séparer l'Ukraine de la Russie pour affaiblir cette dernière. Et finalement, c'est Trump lui-même qui a ouvertement déclaré que son véritable but était de mettre la main sur les richesses et les marchés ukrainiens.</p>
<p>La bourgeoisie a une politique et elle a du personnel pour la mener. Tous ces partis politiques qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition et les directions des syndicats. Par exemple, un parti comme LFI, qui fait des voix dans les classes populaires, apparaît pour beaucoup comme pacifiste. En réalité, c'est un réel soutien pour la bourgeoisie dans la préparation à la guerre. Macron envoie des Rafale pour défendre les monarchies du Golfe et LFI se précipite pour dire qu'il est normal que la France respecte ses engagements militaires envers ces pays qui ont acheté des armes françaises. Autrement dit, Mélenchon critique en se plaçant du point de vue de la défense des intérêts de l'État et de la bourgeoisie française.</p>
<p>Quant au Parti socialiste, qui a été de tous les gouvernements qui ont mené les guerres coloniales, il ne fait même pas semblant, lui est pour le réarmement massif, envoyer des troupes en Ukraine et en Afrique et intervenir militairement dans le golfe persique. Pour lui, Macron ne donne pas assez de moyens pour préparer la guerre.</p>
<p>Les syndicats, la CFDT, c'est clair également. Tout ce qu'elle réclame, c'est d'être invitée à discuter de l'économie de guerre. La CGT, elle a aussi une politique nationaliste. Elle défend les industries d'armement, le Rafale, le nouveau porte-avion français. Tout cela au nom de la souveraineté nationale, c'est-à-dire des intérêts de l'État et de la bourgeoisie française. Et quand elle dénonce les pays étrangers comme responsables de la crise de l'industrie française, elle participe à entraîner les travailleurs dans l'Union nationale avec la bourgeoisie française. En même temps, la CGT se dit pacifiste, mais le pacifisme c'est un leurre. Il consiste à faire croire que la paix peut exister dans le cadre du capitalisme. Il n'a jamais permis ni d'empêcher la guerre ni même d'y mettre fin. Et bien des fois, les pacifistes d'avant-guerre sont devenus de fervents partisans de la guerre dès que les hostilités ont éclaté.</p>
<p>Quant à l'extrême droite, elle a aujourd'hui l'oreille de certains travailleurs car les partis de gauche se sont déconsidérés. Une partie de la bourgeoisie cherche donc à promouvoir le RN parce que c'est un outil de plus pour détourner la colère des classes populaires vers un bouc émissaire, les immigrés, les pauvres et toutes les minorités.</p>
<p>Si aujourd'hui les travailleurs sont résignés et qu'ils encaissent les coups sans réagir, la résignation peut se transformer du jour au lendemain en colère et en révolte. Alors, dans les conseils d'administration et les hautes sphères de l'armée, ils se préparent à briser les possibles résistances de la classe ouvrière. L'autoritarisme de l'État et des forces de répression, c'est ce qu'on voit grandir en France depuis les Gilets jaunes, qu'on a vécu lors du Covid et lors de la guerre d'Israël contre Gaza. C'est le début d'une telle politique. C'est aussi cela que propose de faire l'extrême droite, renforcer l'autoritarisme et mettre en place un pouvoir fort.</p>
<p>De toute façon, que ce soit la gauche, la droite, l'extrême droite ou les directions syndicales, les travailleurs ne peuvent avoir aucune confiance en eux pour se prémunir de la catastrophe guerrière qui s'annonce. La classe ouvrière doit avoir une politique indépendante. Elle doit défendre ses propres intérêts et commencer par en prendre conscience.</p>
<p>Les travailleurs n'ont aucun intérêt à soutenir le dictateur Poutine qui fait la guerre à sa propre population autant qu'à l'Ukraine. Mais quel intérêt auraient-ils à s'aligner derrière les impérialistes occidentaux contre la Russie ? Aucun. Par contre, c'est l'intérêt des financiers français d'être présents en Ukraine. Quel est l'intérêt des travailleurs dans les interventions militaires françaises en Afrique ? Aucun. Quel est l'intérêt des travailleurs d'envoyer un porte-avion dans le Golfe et de lancer des missiles à 600 000 € pièce ? Aucun. Mais pour Total et ses installations pétrolières et gazières, pour les banques françaises qui ont placé des capitaux dans la région, pour Dassault qui vend des Rafales aux monarchies du Golfe, l'intérêt de cette guerre se compte en centaines de milliards.<br class='autobr' />
Une politique pour la classe ouvrière en France, c'est déjà de dénoncer systématiquement les capitalistes français qui tirent profit de la guerre. Les Total, Dassault, Thales, les industriels de l'armement, les banques, les armateurs et même la grande distribution profitent de la multiplication des conflits. La fortune de la bourgeoisie dégouline du sang des peuples aux quatre coins de la planète depuis des siècles.</p>
<p>Une politique pour la classe ouvrière, c'est aussi de dénoncer l'unité nationale, de montrer le vrai visage de l'État qui n'a pas pour vocation de défendre un soi-disant peuple français, mais de servir uniquement les intérêts des capitalistes en prétendant que ce sont ceux de la population.<br class='autobr' />
Cette montée vers la guerre, les travailleurs en France la payent déjà par les prix et les impôts qui augmentent, par la réduction massive des moyens pour les hôpitaux, les écoles et les services utiles à la population, par l'aggravation de l'exploitation dans les entreprises et la pression sur les travailleurs au chômage. Plus la guerre va se généraliser, plus la bourgeoisie va mener la guerre de classe contre eux.</p>
<p>Nous faisons tout fonctionner dans cette société. Rien, y compris l'armée, la guerre elle-même ne peuvent fonctionner sans les travailleurs. Mais le drame, c'est que le système capitaliste nous contraint à tout faire fonctionner dans l'intérêt de la bourgeoisie. Quand Total va piller le pétrole et le gaz à l'échelle de la planète, quand Dassault vend des Rafales au prix d'accords de défense, quand des grandes banques françaises mettent la main sur des centaines de milliards d'hectares de terre agricole en Ukraine, ils le font pour leur profit. Ce sont eux qui plongent le monde dans la guerre.<br class='autobr' />
Alors oui, les travailleurs doivent se défendre. Pas contre des travailleurs d'autres pays qui partagent notre sort et notre condition, mais contre nos véritables ennemis, ceux qui menacent notre existence, nos vies, nos familles. Contre cette bourgeoisie, son exploitation, son gâchis, ses guerres et ses cadavres.</p>
<p>Les travailleurs devront s'organiser pour la renverser et construire une société sur des bases collectives dans l'intérêt de l'ensemble de la population. Oui, l'ennemi principal est dans notre pays.<br class='autobr' />
Dans l'immédiat, il faut enfoncer un coin entre la bourgeoisie et les travailleurs. Il faut montrer en quoi la guerre correspond aux intérêts de la classe capitaliste. Il faut se battre pour que les travailleurs ne se sentent pas solidaires des patrons. Il faut dénoncer les capitalistes profiteurs de guerre, affirmer la nécessité de confisquer les profits de guerre. Les actionnaires font des milliards de bénéfices sur l'industrie d'armement. C'est sur le dos de l'ensemble de la société, des hôpitaux, de l'enseignement. Il faut bien sûr dénoncer la hausse des budgets militaires.</p>
<p>Mais tant que le pouvoir restera entre les mains de la bourgeoisie, ce sont les capitalistes qui décideront. Ces entreprises doivent passer sous le contrôle des travailleurs qui doivent pouvoir décider de ce qu'ils en feront. Mais cela ne pourra se faire tant que l'État restera entre les mains de la grande bourgeoisie.</p>
<p>Ça nous paraît loin aujourd'hui certainement. La conscience de notre classe est en retard face à la guerre qui vient. C'est un fait. Mais nous savons par les expériences du passé que la colère, la révolte peuvent surgir à tout moment. Ce ne sont pas les révolutionnaires qui la provoqueront. Ce sont les capitalistes même ou leurs représentants politiques à cause d'une guerre, d'une attaque générale contre le monde du travail ou d'une humiliation de trop comme en 1871 lors de la Commune de Paris pendant la guerre entre la France et la Prusse, comme en Russie en février 1917 puis en Finlande, en Allemagne, en Hongrie et en Italie en 1918, 1919 et 1920. Les exploités en se soulevant ont arrêté la Première Guerre mondiale, ce que les prétendus pacifistes n'ont jamais fait.</p>
<p>Dans ces moments où la colère des travailleurs explose, il faut des militants révolutionnaires dans la classe ouvrière. Il faut qu'ils soient connus, eux et leurs idées reconnues par leurs camarades de travail. C'est la condition pour que la révolte puisse devenir révolution, une lutte décisive pour l'avenir de la société et de l'humanité. Toute l'activité militante d'un révolutionnaire doit se faire dans ce but. C'est le travail que depuis ses origines Lutte ouvrière mène dans les entreprises. Actuellement, ça se fait autour de nos bulletins même quand il n'y a pas de combativité collective. Ces bulletins expriment avec régularité les idées révolutionnaires dans les petites choses de l'exploitation quotidienne comme dans les grandes luttes sociales.</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Il cherche à amener les travailleurs à la politique et les réunir même en petit nombre pour commencer afin d'échanger, discuter et décider ensemble afin de comprendre ensemble ce que veut dire une action collective, consciente et démocratique. Aujourd'hui, nous faisons un travail à une échelle moléculaire à travers nos bulletins, notre intervention dans les luttes petites ou grandes, notre participation aux élections.</p>
<p>Mais c'est une préparation pour un combat à un tout autre niveau dont les travailleurs ont besoin. Le temps où la bourgeoisie pouvait concéder quelques réels droits sociaux pour acheter la paix sociale est terminé depuis longtemps. Le temps où les générations se succèdent sans connaître la guerre, en tout cas dans les pays riches, est terminé. Nous sommes entrés dans une période de changements brutaux, d'affrontements militaires, de guerres et de révolutions. Nous allons être confrontés à bien des situations que nous ne pouvons même pas imaginer. Mais nous savons que quelles que soient les circonstances, ce sont les idées communistes révolutionnaires qui permettront aux militants ouvriers d'aider les travailleurs à comprendre, à éviter les pièges, à trouver un moyen de s'organiser pour agir.<br class='autobr' />
Aujourd'hui, nous sommes à la Fête de Lutte ouvrière. On discute, on débat et on fait la fête. Mais demain, que ferons-nous en cas de mobilisation générale, en cas d'attaque directe sur le territoire, en cas d'interdiction des organisations ouvrières ? Si nous voulons pouvoir répondre en révolutionnaires à ces questions quand elles se posent, il faut avoir gardé les idées claires, des idées de lutte de classe et d'internationalisme. Mais il faut surtout que nous soyons présents, que ce soit dans les usines et demain dans l'armée. Notre sort est lié à celui de notre classe.</p>
<p>Cette perspective d'autres groupes révolutionnaires, en particulier de notre tendance, la défendent dans d'autres pays. Car si nous militons là où nous vivons, là où nous travaillons contre un ennemi local, notre propre bourgeoisie, nous savons bien que pour réussir, la révolution prolétarienne ne peut pas se faire dans un seul pays. C'est pourquoi notre fête se veut un rendez-vous international, le rendez-vous de ceux qui veulent implanter, développer et faire vivre les idées communistes révolutionnaires parmi les travailleurs de tous les pays, de ceux qui veulent défendre la nécessité de la révolution sociale mondiale.</p>
<p>C'est la seule perspective qui permette que dans les luttes et les révoltes de demain, malgré les obstacles et les manœuvres des directions syndicales, des partis politiques, de la bourgeoisie et de la répression de son État, la classe ouvrière renverse la bourgeoisie et s'empare du pouvoir afin de révolutionner toute la société pour en finir avec le capitalisme, les crises, la misère et la guerre.</p>
<p>Débat — interventions de la salle et réponses LO</p>
<p>Intervention 1 — Arthur, Gauche Révolutionnaire</p>
<p>Bonjour tout le monde. Donc moi c'est Arthur de Gauche Révolutionnaire et il y a deux points dans vos interventions sur lesquels j'aurais bien aimé que vous reveniez parce que je n'étais pas sûr de comprendre quels étaient vos arguments.</p>
<p>Déjà c'est concernant la Chine. Vous avez dit et à juste titre que la Chine a une seule base militaire comparée aux quelques 800 des États-Unis et donc on ne pouvait pas dire que la Chine était à un même niveau d'impérialisme que les États-Unis. Et aussi que ce qui est vrai par ailleurs qu'il n'y a pas de bâtiments chinois qui croisent au large des côtes américaines alors que l'inverse est vrai. Mais d'un autre côté, il n'y a pas de bâtiments français ou britanniques qui croisent au large des côtes américaines alors que les impérialistes britanniques, français, américains restent quand même opposés sur énormément de sujets comme on le voit avec la fracturation de l'OTAN notamment ou comme on le voit sur le fait qu'ils ne sont pas d'accord sur le sort à réserver au Groenland. Et ça c'est historique. Dès le débarquement américain au Maroc, lors de la Seconde Guerre mondiale, les Français étaient très emmerdés parce qu'ils disaient « Mais quand même, c'est notre colonie et puis là, il y a des soldats américains qui vont venir avec des entreprises américaines, avec du capital américain. » Donc bon, est-ce que c'est vraiment une si bonne chose que ça pour nous ?<br class='autobr' />
Donc du coup, si vous n'hésitez pas et à juste titre à qualifier l'impérialisme britannique et français comme un impérialisme au sens strict au même titre que ce que les États-Unis, pourquoi ne pas réserver le même sort à la Chine qui quand même par bien des égards est un impérialisme tout à fait classique, qui plonge des pays dans la misère et dans la dette, qui place ses troupes — un peu moins ses troupes parce qu'ils en ont moins les moyens d'accord — mais qui place ses entreprises, qui place ses intérêts, qui place ses aides diplomatiques et ainsi de suite.</p>
<p>Et l'autre point, vous avez dit qu'il y a plein de gouvernements qui se préparent à une troisième guerre mondiale. Mais alors moi je ça m'étonne parce que vous voyez en 1960 la part du budget mondial destiné aux armements c'était 6 %. Aujourd'hui, c'est 2 %. Et c'est pas du tout dans la même économie, parce que le PIB mondial en 1960 c'était 1 000 milliards de dollars [...] et aujourd'hui c'est 114 000 milliards de dollars. Donc du coup, comment est-ce que ça se fait que vous pouviez dire qu'on va vers une troisième guerre mondiale alors que non seulement la proportion en valeur absolue des budgets militaires, elle baisse par rapport aux années 60, mais en plus en valeur relative, elle s'effondre aussi. Je trouve ça un peu étonnant. Merci.</p>
<p>Intervention 2 — Victor, AG Antifa de Brest et Autonomie de Classe</p>
<p>Bonjour, moi c'est Victor, je milite à l'AG Antifa de Brest et à Autonomie de Classe.<br class='autobr' />
Je pense que je rejoins le premier point, pas le deuxième, du camarade sur la Chine. Je pense qu'en fait l'élément peut-être de confusion, c'est que vous n'avez pas défini ce que c'est l'impérialisme. Et c'est un peu difficile de parler de la guerre sans définir l'impérialisme avant tout. Et je pense que la confusion qu'on a aujourd'hui, c'est qu'on pense que l'impérialisme c'est la domination des États forts sur les États faibles, et ça comme conséquence. Mais l'impérialisme avant tout, c'est une compétition entre tous les États et toutes leurs bourgeoisies.</p>
<p>Et la Chine, elle fait partie de cette compétition. Je pense que concrètement ça se voit très bien parce que la Chine a les mêmes relations asymétriques avec l'Amérique latine où la Chine va par exemple exporter uniquement des biens manufacturés, donc à valeur ajoutée de fou furieux et en même temps, elle importe que des matières premières. Et donc en fait si on dit que la France elle est impérialiste en Afrique, la Chine elle l'est aussi partout dans le monde parce qu'en fait ça n'existe pas un État non impérialiste. Tout État est impérialiste par définition.</p>
<p>Et le deuxième point sur lequel je voulais revenir, c'est les perspectives concrètes. Vous parliez du budget [militaire] qu'il n'y avait pas vraiment eu d'opposition au budget militaire. Il y a eu une opposition au budget quand même. Et c'est le mouvement « Bloquons tout ». On pouvait passer à côté du mouvement « Bloquons tout » au début de l'année et ça a été quand même quelque chose de super stylé. Mais par contre, c'est très clair qu'il manquait un angle antimilitariste aussi fort que ça aurait pu l'être. Et en fait, c'est notre rôle à nous les militants révolutionnaires d'aller dans tous les mouvements qui existent, qu'ils soient féministes, antiracistes, antifascistes etc. et de pousser pour que ces mouvements deviennent non seulement féministes, antifascistes etc., mais en plus anti-guerre, antimilitaristes et révolutionnaires.</p>
<p>Première réponse LO</p>
<p>Bon, alors effectivement, c'est revenu dans plusieurs questions. L'impérialisme, moi je pense que je l'ai quand même souligné, mais pour y revenir, l'impérialisme c'est le capitalisme qui s'est développé à un tel point. Ça date quand même depuis plus d'un siècle. C'est des bourgeoisies des pays où ça s'est développé le capitalisme en premier, qui deviennent tellement puissantes, tellement importantes qu'elles ont un besoin d'exporter des capitaux, de répandre leur domination sur l'ensemble de la planète. Bon, l'impérialisme c'est ça entre autres. Elles le font à la force de leurs armées pour aller s'imposer, piller des pays, piller des ressources, prendre, réduire aussi, aller implanter des capitaux pour tirer de la plus-value, pour tirer du sang, de la sueur des ouvriers aux quatre coins du monde et le ramener dans leur portefeuille, leur coffre-fort.</p>
<p>Bon, l'impérialisme, c'est un système qui domine la planète entière. Maintenant, il faut quand même qu'on voit que non, tous les États ne sont pas impérialistes. Je suis désolé, le Mali n'est pas impérialiste. Enfin, je veux dire le Vietnam n'est pas impérialiste, sinon on comprend plus rien. Voilà. Et que si on veut se repérer dans la période actuelle, si on veut piger la guerre dans laquelle ils nous plongent, si on veut avoir des billes pour leur mener la guerre, faut quand même qu'on voit qui sont nos ennemis. Et nos ennemis, c'est en premier l'impérialisme hégémonique.</p>
<p>Enfin, je veux dire les États-Unis, je vais pas faire une avalanche de chiffres parce que je pense que c'est pas ça qui permet de comprendre, mais quand même, des groupes dont vous avez sûrement entendu parler financiers, Vanguard Group, BlackRock, ils sont américains. C'est eux qui cumulent des milliers de milliards de dollars qui détiennent des trusts entiers qui mettent la planète en coupe réglée. Bon ça c'est pas chinois, c'est pas malien, c'est pas péruvien. Voilà, l'impérialisme qui domine la planète, c'est l'impérialisme américain. Il s'est imposé dans des guerres. Il a fallu les guerres, la première, la seconde guerre mondiale pour qu'il s'impose face à d'autres impérialismes qui étaient là avant et qui sont toujours là.</p>
<p>Effectivement, il y a encore des rivalités. Effectivement, la France, la Grande-Bretagne, c'est des petits impérialistes, mais ils ont quand même la rage. Ils ont envie d'avoir des miettes du gâteau. Alors, eux aussi, ils foutent du pognon dans l'armée et ils sont prêts à nous faire crever pour leur marché. Qu'est-ce que le Charles de Gaulle fait dans le détroit d'Ormouz ? Eh bien il va protéger CMA CGM, il va protéger Total et ils sont prêts à nous faire crever pour ça.</p>
<p>Nos ennemis ici en France, c'est avant tout la bourgeoisie française et l'État à son service. Mais c'est aussi l'impérialisme américain qui met toute la planète en coupe réglée, qui n'a jamais accepté qu'il y ait un centimètre carré de la planète qui lui échappe et qui pour ça est prêt à nous plonger et nous plonge déjà dans plein de pays dans un bain de sang.</p>
<p>Alors, il y a quand même une autre façon de voir l'impérialisme. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'impérialisme, nous on le vit ici. On n'est pas chinois, on n'est pas américain non plus. On est français, on habite en France. En tout cas, on est des travailleurs de France, on a un gouvernement qui est ici. On a un État qui est au service de nos capitalistes et ça fait une différence. L'ennemi principal, il est dans notre pays. C'est notre ennemi principal. C'est celui-là qu'il faut abattre.<br class='autobr' />
Si on commence à penser qu'ils sont tous [impérialistes] et que pourquoi choisir entre les uns et les autres ? Ah non, la classe ouvrière, elle doit faire un choix. Ton ennemi, il est chez toi, abats-le chez toi. Et que chacun fasse le ménage dans son coin là-dessus.</p>
<p>Bon, alors non, c'est pas Victor mais c'est Arthur de la Gauche Révolutionnaire. Tu es étonné qu'on puisse parler de 3ᵉ guerre mondiale ? Écoute, tu es une des rares personnes que j'ai rencontrées cette année qui en soit étonnée. Dans les usines, dans les quartiers, tout le monde en parle ou ne veut pas en parler. Dans les écoles, les militaires viennent rencontrer les jeunes pour leur vanter le bonheur du patriotisme et de défendre la nation. Dans les usines d'armement, les militaires viennent pour rencontrer les ouvriers, pour leur dire : ce que vous fabriquez, c'est formidable. On ne sait pas contre qui on va se battre encore. Mais ce que vous fabriquez là, ça va nous être très précieux, très précieux. Continuez les petits gars.</p>
<p>Trump, il est pas en train de s'étonner de la troisième guerre mondiale. Il a fait la guerre, lui il s'embête pas avec ça. Il a fait la guerre pour n'importe quelle raison, on s'en fout. Le problème, c'est que la deuxième guerre mondiale, comme la première guerre mondiale, elles ont été appelées comme ça après. Nous, pourquoi on parle de la troisième guerre mondiale à tout bout de champ ? Parce qu'aujourd'hui, tout n'est pas égal. Aujourd'hui, il y a un danger qui pèse sur le monde, qui pèse sur notre classe sociale et sur l'humanité tout entière. C'est la 3ᵉ guerre mondiale. Les péripéties qui peuvent se passer à Matignon, au Sénat ou à la Chambre des députés, c'est de la gnognote par rapport aux milliards qui sont mis dans les bombes. C'est juste irréel.</p>
<p>Oui, il y a des tas de gens aujourd'hui qui veulent vous parler d'autre chose que de la troisième guerre mondiale. Tous les gens qui vous parlent d'autre chose que de la 3ᵉ guerre mondiale sont en train de vous détourner de votre avenir, sont en train de vous désarmer comme si ça n'allait pas arriver, comme si le capitalisme pouvait l'éviter.</p>
<p>Oui, les capitalistes ne veulent pas faire la troisième guerre mondiale. Le problème c'est qu'il y en a aucun qui veut perdre et que le capitalisme c'est la guerre. C'est la guerre économique, c'est la guerre sociale et c'est la guerre entre pays, entre bourgeoisies pour rafler tout ce qu'il y a à rafler. Et aujourd'hui, ça fait 50 ans de crise, ils vont se repartager le monde comme ils l'ont fait déjà deux fois.</p>
<p>Voilà. Alors, on peut dire que c'est pas vrai. On peut dire que oui. Ils dépensaient plus à ce moment-là, n'empêche que cette année ils dépensent plus que l'année passée et l'année passée ils dépensaient plus que l'année d'avant. Si ça c'est pas un signe qu'ils vont y aller ou qu'ils s'y préparent, eh bien il y a un problème là parce que c'est un signe. Et nous, notre rôle, le rôle des révolutionnaires c'est de pas minimiser ça parce que des conflits, on n'a pas fini d'en voir et des révoltes non plus.</p>
<p>Des révoltes, il y en a eu toute l'année. Il n'y a pas eu que des guerres. Il y a des tas d'endroits où on s'est révolté, où des peuples, des gens se sont révoltés, des travailleurs ont été dans la rue en Iran. Là, il y a quelques mois, il y a des gens qui étaient dans la rue, des travailleurs qui descendaient dans la rue au péril de leur vie pour contester une dictature. Et aujourd'hui, ces mêmes travailleurs se retrouvent à être sous les bombes et sous une dictature qui a changé de nom mais qui reste la même. Les problèmes là, eux, ils sont concrets. Vous avez envie d'aller dire à un Iranien qui serait peut-être ici « oui, la troisième guerre mondiale, vu les chiffres qu'il y avait il y a 50 ans, non c'est pas vrai. » Si, c'est évident. Ça pleut de bombes partout.</p>
<p>Alors qu'on soit pro-LGBT, qu'on soit pour le droit des femmes, pour le droit à l'avortement, contre l'antisémitisme, contre le racisme, qu'on soit pour défendre tout ce que vous voulez, qu'on soit pour défendre les baleines, qu'on soit pour défendre le climat, qu'on soit pour défendre tout ce que vous voulez, vous ne pouvez pas le faire dans le cadre du capitalisme. Vous avez perdu d'avance. C'est un combat sans fin car le capitalisme se nourrit de ça. Il se nourrit de nos divisions. Il se nourrit en écrasant les minorités, en en faisant des boucs émissaires. C'est une de ses manières de tenir bon.<br class='autobr' />
Si vraiment vous voulez défendre votre combat, eh bien la seule classe sociale qui peut le faire, c'est la classe ouvrière. Mais elle le fera pour ses propres intérêts. Alors moi, j'ai un conseil à vous donner. Rejoignez le combat, rejoignez la classe ouvrière. Essayez de faire en sorte que dans les usines, dans les quartiers ouvriers, on parle de nos intérêts de travailleurs. Parce que tout le monde parle de tout, sauf de nos intérêts de travailleurs, et qu'on parle que notre ennemi, il est dans notre pays et qu'il va falloir l'abattre. Il va falloir l'abattre parce que personne ne sera libre tant que les capitalistes seront au pouvoir.</p>
<p>Intervention 3 — Salle (non identifié), précision sur la Chine en Afrique</p>
<p>Juste pour rajouter un petit truc, il y a quelques mois, il y a une LDC [Lutte de Classe] qui est sortie avec un article sur la Chine qui explique ce que fait la Chine en Afrique. Juste pour rajouter sur ce que vous avez dit, par exemple Huawei, ils construisent certes des antennes en Chine, les opérateurs c'est Orange. Enfin, il faut aussi avoir ça en tête. Oui, tout ce que vous avez dit sur l'aspect militaire, moi ça me suffit. Mais c'est ça en fait que la Chine c'est pas un impérialisme, c'est qu'ils prennent les miettes même là, ils ont ça même devant la France, ils s'imposent pas quoi.</p>
<p>Intervention 4 — Salle (non identifié), Russie/OTAN et impérialismes anciens<br class='autobr' />
Le premier point, on est bien déjà dans la 3ᵉ guerre mondiale et même l'engrenage qui va conduire les pays de l'OTAN ou européens à être directement touchés et probablement déjà engagés puisque le climat en Russie change rapidement. Avant il y avait quelques fous furieux qui parlaient d'utiliser les bombes atomiques et de s'en prendre avec plus de véhémence aux pays de l'OTAN qui paraissaient marginalisés et qui maintenant ont de plus en plus de poids que ce soit auprès du pouvoir que dans la population. En particulier, c'est la conséquence de la politique de l'OTAN qui en permanence va un petit peu plus loin en bravant les interdits qu'il s'est lui-même fixés. Pas de F16, finalement il y a des F16. Pas de bombardement en Russie, finalement il y a des bombardements en Russie. Et le pouvoir russe finalement finit par avoir des difficultés à résister à l'envie de bombarder directement les pays occidentaux alors que les pièces des drones arrivent par avion en Ukraine pour être assemblées, être envoyées en Russie. Idem pour les drones qui sont fabriqués dans les pays baltes et qui sont envoyés sur les populations russes directement.</p>
<p>Second point, en effet, le problème de savoir si la Chine, la Russie, l'Iran sont des pays impérialistes, c'est clair qu'ils ont des bourgeoisies dont ils défendent les intérêts. Ceci dit, ce sont des pays qui partagent d'être des anciens pays dominés et qui peut-être en ce moment peut-être vont changer cet état de fait ou augmenter leur place dans la hiérarchie mondiale. Pour l'instant en fait, on ne voit pas, on n'a pas vu de politique militariste de ces pays-là, de la Chine etc. Ils n'ont qu'une seule base militaire. Pour l'instant, ils ont des armes mais ils ne les utilisent pas. Ils essayent juste de défendre leur accès maritime autour du détroit de Formose. Et voilà. Mais ils ne sont pas vraiment engagés dans une politique agressive comme le sont les anciennes puissances coloniales et impérialistes.</p>
<p>Deuxième réponse LO</p>
<p>Alors pour répondre à la question qui n'a pas été posée, qu'est-ce que ça change quand on dit que la classe ouvrière nous c'est sur celle-là qu'on mise, c'est sur notre classe sociale, c'est celle-là qui va changer le monde, c'est celle-là qui a les moyens de le faire.</p>
<p>Il y a la bombe atomique, ça pourrait nous péter à la gueule de partout. Aujourd'hui, les impérialistes et même les pas impérialistes, ils ont la bombe atomique et ils peuvent la détruire plusieurs fois. La France peut déjà le faire à elle toute seule. Bon, très bien. Si on raisonne en se disant qu'on est foutu par rapport à ça, oui, peut-être, mais on va tous mourir un jour. Et c'est pas une raison pour se dire le matin qu'on est foutu par rapport à ça.</p>
<p>Il y a plein de choses à faire et moi ce que je vois c'est que la classe ouvrière dans toute sa composante non seulement on va participer à la guerre en tant que chair à canon mais aussi en pourvoyeurs de missiles, de drones, de porte-avions, d'avions, d'engins de mort. C'est nous qui allons le faire.</p>
<p>Il y a quelques temps là, vous avez remarqué qu'il y a un énorme porte-avion, un des fleurons de la marine américaine qui était censé s'occuper de l'Iran et qui a dû faire demi-tour pour rentrer au port. Il est rentré au port parce que les chiottes étaient bouchées. Ils ne sont pas bouchés tout seuls. Dans ce bateau, il y a que des soldats professionnels. Ça faisait 9 mois qu'ils étaient en mer. Ils devaient certainement en avoir ras-le-bol et ils se sont organisés pour faire en sorte que le bateau y rentre parce qu'ils en avaient marre. C'est ça aussi qu'on va vivre. On va vivre des tas de moments difficiles, mais on va vivre aussi des tas de révoltes. Celle-là, c'en est une. C'est pas n'importe quoi. Un porte-avions qui doit rentrer pour un détail pareil.</p>
<p>Et puis quand même effectivement ils peuvent faire des tas de choses. Ils ont une puissance technologique aujourd'hui qui peut sembler impressionnante. Je vais vous prendre un exemple bête, mais dans les années 90, il y avait Canal Plus et Canal Plus, si on voulait regarder, fallait avoir un décodeur. Moi, je travaillais dans une usine où on fabriquait des photocopieurs, pas du tout des décodeurs, mais il y avait une ligne parallèle clandestine dans l'usine de travailleurs qui fabriquaient des décodeurs clandestins pour qu'on n'ait pas à payer les décodeurs de Canal Plus. La classe ouvrière, c'est aussi ça. Nous sommes la ressource, nous fabriquons tout. Tout est dans notre tête, tout est dans nos mains. Les capitalistes, ils peuvent rien faire sans nous. Nous, on peut largement se passer d'eux mais eux ils peuvent rien faire sans nous.</p>
<p>Et des solutions pour parer toutes les saloperies qu'ils vont nous faire, on les a dans nos têtes. Mais ça ne peut marcher qu'à condition que les travailleurs soient organisés. Parce que demain, si ça explose, il y a des tas de travailleurs partout qui ne marcheront pas dans les plans pourris. Mais ne pas marcher dans les plans pourris tout seul un par un, même si on est des milliers, c'est pas la même chose que si on est quelques centaines organisés, parce qu'on réfléchit ensemble, on agit ensemble, on devient une force. Et la classe ouvrière, elle doit retrouver ça. Nous sommes une force. Nous sommes — c'est pas les États-Unis la première force du monde. La première force du monde et de loin, c'est la classe ouvrière. Et notre rôle c'est de la réveiller.</p>
<p>Intervention 5 — Salle, Hiroshima et refus de choisir un camp</p>
<p>Oui. Alors juste pour dire, je trouvais ça vraiment bien l'exemple que tu as donné sur l'Afrique et vraiment éclairant sur ce côté, voilà, ils prennent les miettes quoi. Et c'est quelque chose qui est précieux à garder en tête. Mais aussi sur ce côté de l'autre intervention en disant oui les bombes atomiques contre l'OTAN, mais enfin quand même la seule pays qui a utilisé des bombes atomiques contre une population c'est les États-Unis enfin c'est Hiroshima, c'est Nagasaki. Qui c'est qui bombarde aujourd'hui ? Qui c'est qui met la planète à feu et à sang ? C'est les États-Unis, c'est la France. Qui c'est qui vend des armes à Israël pour faire ces massacres à Gaza ? C'est la France. Continue d'en vendre.</p>
<p>Et moi je pense que c'est d'autant plus précieux d'avoir ça en tête que, oui, on est en France, oui, on est dans un pays impérialiste et que c'est nos États, c'est nos bourgeoisies qui sèment la terreur à travers la planète et que je rejoins le camarade, tout à fait. Ceux qui ont les manettes dans les mains pour mettre un terme à ça, évidemment c'est les travailleurs et c'est la classe ouvrière. Il faut qu'on voie notre ennemi.</p>
<p>Mais d'un autre côté, tous ces autres régimes qui apparaissent en opposition, que ça soit les mollahs en Iran, que ça soit le régime chinois, c'est pas du tout des régimes qui sont de notre côté non plus. Et moi je trouve que ce qui est très dangereux aujourd'hui, ça serait de rester spectateur. Ça serait de se dire dans ces conflits là, dans quel camp je me range ? Est-ce que je me mets un peu plus du côté États-Unis France ou un peu plus du côté iranien ?</p>
<p>Bien sûr qu'on est content là que les États-Unis soient tombés sur un os en Iran, que ce pays tout-puissant, enfin cette bourgeoisie, ces dirigeants qui pensaient pouvoir réduire ce pays en miettes, là pour le moment ils n'y arrivent pas. Mais enfin, c'est qui qui tire profit ? Le régime des mollahs. Qu'est-ce que ça change pour les prolos iraniens ? Le régime des mollahs, c'est ceux qui les exploitent, c'est ceux qui s'enrichissent sur leur dos, c'est ceux qui piquent l'eau qui font qu'il y a plein de gens qui sont dans une situation catastrophique. Quand on est communiste révolutionnaire, on ne choisit pas le prochain maître d'esclaves. On ne se dit pas ça sera un peu moins pire avec un tel ou un tel. On se dit nous notre camp, faut qu'on se prépare, faut qu'on s'arme et qu'on s'arme dans la tête et plus tard militairement pour les foutre dehors. C'est pas question de passer d'une oppression à une autre.</p>
<p>Intervention 6 — Militant LO Stellantis Vesoul</p>
<p>Bonjour, je me présente, je travaille à Vesoul dans l'est de la France, parce que beaucoup de gens ne connaissent pas Vesoul. Donc c'est dans l'est de la France. Je travaille à Stellantis Vesoul, je suis ouvrier et je rebondis par rapport à ce que j'ai entendu du camarade de la Gauche Révolutionnaire. Ça m'a un peu surpris parce que je me rappelle en 2022, je sais plus quand, quand il y a le conflit entre l'Ukraine et la Russie, on commençait à raconter à nos collègues de travail qu'il y avait une escalade vers la guerre généralisée qui se mettait en place. Je milite à Lutte ouvrière. Et on passait un peu pour des extraterrestres.</p>
<p>Puis peu de temps après, il y a l'attaque du Hamas, la réaction sur le site de Gaza. Là les gens commençaient à réagir dans l'atelier, commençaient à se demander qu'est-ce qui se passait. Donc nous on a commencé à parler de 3ᵉ guerre mondiale. On est un petit peu pour des extraterrestres. Ensuite, ce qui se passe aujourd'hui avec l'Iran et l'impérialisme américain, je pense qu'à l'usine aujourd'hui, quand on parle de 3ᵉ guerre mondiale, on ne passe plus du tout pour des extraterrestres.</p>
<p>Je peux même vous raconter, il y a beaucoup de gens qui ont peur et ils imaginent que Poutine, il est fou, puis qu'il irait envahir l'Europe. D'autres qui pensent que c'est au contraire Trump qui est un danger. D'autres qui disent « Ouais, ça vient du Covid. » Enfin, ils ont leurs explications à eux, les travailleurs. Mais en attendant, il y a une chose qui est sûre, c'est qu'ils ont peur quand même d'un conflit généralisé. Alors que le camarade de la Gauche Révolutionnaire, lui, ne s'en rend pas compte, il faut qu'il aille bosser dans une usine déjà pour commencer. Et il faut savoir que la plupart des travailleurs me le disent tous les jours. Moi j'arrête de regarder la télé, j'en peux plus. J'ai trop peur de voir des images de guerre. Ils font un peu l'autruche mais en même temps, je les comprends. Moi aussi, j'en ai marre de regarder. Dès que j'allume, je vois l'Iran, je vois des bombes. Mais c'est le monde tel qu'il est aujourd'hui.</p>
<p>Je peux vous dire que je travaille donc en Haute-Saône et en Haute-Saône, il y a une base aérienne. Rien que pour les bases aériennes, il n'y avait plus l'arme nucléaire. Donc là, elle revient. Il y a le nouveau escadron de Rafale qui va revenir. Puis rien que pour faire le réfectoire et puis les dortoirs de la base aérienne, ils mettent 1 milliard 5. Un milliard 5. Et, à côté, nous on n'a pas de médecin, liste d'attente dans les hôpitaux, on subit déjà la marche vers la guerre, on la subit déjà.<br class='autobr' />
Je vois les entreprises qui commencent à travailler pour l'armée. Moi je pense à la Magyar vers Arc-lès-Gray, c'est aussi une autre zone. Ils n'avaient plus de boulot. Là, ils ont du boulot, ils font des citernes puis ils renouvellent le parc de camions de TRM, pour ceux qui ont fait l'armée, ils connaissent. Enfin voilà, il y a des budgets militaires qui commencent à se mettre en place. Vous allez boire une bière dans un bar, je regarde, excusez-moi, c'est pas forcément ce qu'il faut faire tout le temps, je conseille pas. Et qu'est-ce que je vois ? Je vois un sous-bock « Armée de Terre — Engagez-vous ». Dans ma ville, il y a des partenariats entre l'armée de l'air et BTS Aviation. Dans les collèges et dans les lycées, on commence à faire des partenariats avec l'armée.<br class='autobr' />
Moi, je me rappelle quand j'étais gosse, je suis né dans les années 70, quand j'étais gosse, j'ai dû voir une fois un militaire, un poilu qui est venu me voir, j'étais en CM1, je me rappelle comme si c'était hier. C'est vieux, mais il est venu raconter les horreurs de la guerre et le gaz moutarde, comment c'était la vie dans les tranchées pour dire c'est une horreur, une horreur la guerre. Maintenant on parle de la patrie, de l'armée, de l'avenir de la jeunesse. Franchement, si on ne voit pas là un début au moins de propagande de guerre, c'est qu'on a la merde dans les yeux. Excusez-moi.</p>
<p>Troisième réponse LO</p>
<p>Bon, du coup, revenir sur la Chine pas impérialiste. Moi, ce que je trouve marquant, c'est que cette question revienne autant. Alors il y a une part, c'est normal, on se questionne qu'est-ce que c'est que la Chine ? Mais enfin il y a quand même une part de propagande ici en France. On n'arrête pas de nous dire dans les médias, le gouvernement etc. que c'est la Chine, vous rendez compte, c'est l'automobile chinoise qui va faire s'effondrer des trusts comme Stellantis et comme Renault. Mais ça c'est quand même un peu dingue. Enfin là, c'est quoi ? Ils ouvrent une ligne de production dans une usine en Bretagne, mais à l'inverse, il y a 150 usines de groupes occidentaux en Chine qui depuis 40 ans font suer et exploitent à n'en plus finir les ouvriers chinois. Voilà, l'impérialisme c'est ça. L'impérialisme c'est aller piller, aller exploiter dans tous les coins de la planète, y compris en Chine et d'avoir d'ailleurs l'État chinois qui joue le garde-chiourme et qui fait bosser la classe ouvrière et qui essaie de lui taper le plus fort possible sur la tête pour que le pognon il parte dans les coffres-forts de Renault, de Stellantis, d'Apple et compagnie. C'est juste une image mais c'est marquant.</p>
<p>En fait c'est relié. Il faut pas qu'on sépare l'économie et le militaire, c'est relié. Je veux dire la Chine, elle a même pas été en guerre depuis 1979. Et là, je ne vais pas vous faire toute la liste de tous les conflits dans lesquels l'impérialisme américain, français, britannique, ils ont été plongés depuis 1945, parce qu'on n'en aurait pas fini. Ils sont en guerre permanente. Ils sont en guerre permanente parce que leur système capitaliste, il est à bout de souffle, qu'il faut aller choper le moindre marché, qu'il faut aller choper la moindre parcelle pour cette course au profit qui n'en finit pas et qui n'en finira pas tant qu'ils auront les manettes. C'est ça l'impérialisme.</p>
<p>Et l'impérialisme c'est aussi plus d'un siècle. Ça veut dire que ces puissances elles ont des liens, il y a des liens humains chez qui ils vont se former les dirigeants des pays africains, les officiers. Pendant un temps, c'était en France et puis après ça a été aux États-Unis. Et c'est ces liens-là qui sont puissants. C'est des liens entre appareils d'État mais enfin c'est des liens aussi. Les capitalistes français, les capitalistes américains, les capitalistes britanniques, ils ont des liens parce que ça fait des siècles qu'ils exploitent ces pays-là. Ça se construit, ça prend du temps. La Chine c'est pas du tout ça. C'est absolument pas ça.</p>
<p>Et s'il faut à ce point-là qu'on s'explique, j'y reviens quand même, c'est parce qu'on nous fout dans la tête que notre danger à nous, ce qui nous menace, c'est la Chine. Mais enfin, c'est pas la Chine qui fait qu'on peut pas faire son plein. C'est pas la Chine aujourd'hui qui fait que les travailleurs on va bosser tous les jours et on n'arrive même pas à remplir son caddy. Ça c'est Total, c'est Carrefour, c'est les capitalistes français et c'est l'État français à leur service.</p></div>
Sur le caractère de la guerre à venir
https://matierevolution.org/spip.php?article8879
https://matierevolution.org/spip.php?article88792026-06-23T22:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisGuerre War
<p>Sur le caractère de la guerre à venir <br class='autobr' />
10 octobre 1938 – Vingt ans après la première guerre mondiale impérialiste, qui a complètement détruit les illusions « démocratiques », les dirigeants de l'Internationale communiste tentent de prouver que le monde capitaliste a radicalement changé de nature ; que l'impérialisme n'est plus le facteur décisif sur notre planète ; que les antagonismes mondiaux ne sont pas déterminés par les intérêts prédateurs du capital monopolistique, mais par des (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
<div class='rss_texte'><p>Sur le caractère de la guerre à venir</p>
<p>10 octobre 1938 – Vingt ans après la première guerre mondiale impérialiste, qui a complètement détruit les illusions « démocratiques », les dirigeants de l'Internationale communiste tentent de prouver que le monde capitaliste a radicalement changé de nature ; que l'impérialisme n'est plus le facteur décisif sur notre planète ; que les antagonismes mondiaux ne sont pas déterminés par les intérêts prédateurs du capital monopolistique, mais par des principes politiques abstraits, et que le nouveau massacre de peuples sera une guerre défensive de la part de démocraties innocentes et épris de paix contre les « agresseurs fascistes ». La mémoire humaine doit en effet être bien courte si, à la veille d'une nouvelle guerre impérialiste, les aventuriers de la Troisième Internationale osent mettre en circulation les idées mêmes utilisées par les traîtres de la IIe Internationale pour tromper les masses lors de la dernière guerre.</p>
<p>Il y a cependant bien plus que de simples répétitions. Dans la mesure où le capitalisme a atteint, au cours du dernier quart de siècle, un stade très avancé de décadence économique et politique, les falsifications de la Troisième Internationale revêtent un caractère incomparablement plus évident, cynique et avili que celui atteint par le système social, avec les doctrines patriotiques de la dernière guerre. Les dirigeants de la IIe Internationale, qui avaient déjà perdu confiance dans les vertus des formules « démocratiques » et frôlaient le désespoir total, furent saisis d'étonnement et d'un nouvel espoir face à l'aide inattendue de l'Internationale communiste. A leur suite, une partie de la bourgeoisie impérialiste tourna les yeux vers les patriotes communistes. Telle est la principale source de la politique pourrie et infâme des « Fronts populaires ».</p>
<p>Toute crise profonde – qu'elle soit économique, politique ou militaire – a son côté positif, dans la mesure où elle met à l'épreuve toutes les valeurs et formules traditionnelles, mettant à nu la pourriture de celles qui servaient à masquer les contradictions du « temps de paix », et stimulant ainsi avancer le développement général. La crise diplomatique en Tchécoslovaquie a parfaitement accompli cette tâche progressiste. Il ne reste plus aux marxistes qu'à tirer toutes les conséquences politiques nécessaires de l'expérience récente.</p>
<p>L'expérience de la dernière guerre</p>
<p>Commençons par un bref retour en arrière. La guerre de 191418 était, comme on le sait, une « guerre pour la démocratie ». L'alliance de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et des États-Unis permettait aux sociaux-patriotes de l'Entente de fermer honteusement les yeux sur leur cinquième allié, le tsarisme. Après le renversement de Nicolas II par la révolution de février 1917, le front démocratique était définitivement aligné. Seuls les bolcheviks incorrigibles purent encore crier à l'impérialisme. Cela valait-il vraiment la peine d'ergoter parce que le libéral Milioukov et le quasi-socialiste Kerensky voulaient s'emparer de la Galicie, de l'Arménie et de Constantinople ? En fin de compte, Milioukov et Kerensky expliquèrent que les bolcheviks n'étaient que les agents de Ludendorff (le « Hitler » de l'époque).</p>
<p>La guerre s'est terminée par la victoire complète des démocraties, même si la Russie soviétique, dirigée par les bolcheviks, avait abandonné son camp sacré. Le résultat de cette victoire fut le traité de Versailles, payé certes par des millions de vies, mais destiné à établir une fois pour toutes sur cette terre le règne de la démocratie, le libre développement des nations et la collaboration pacifique des peuples. sur la base du désarmement général. La Société des Nations a couronné les conquêtes d'une guerre qui était censée être une guerre « pour mettre fin à toutes les guerres » – ainsi l'ont promis Wilson et la Deuxième Internationale.</p>
<p>Cependant, ce n'est pas un paradis qui s'est matérialisé, mais plutôt quelque chose qui ressemble beaucoup à l'enfer. La paix de Versailles a étouffé l'Europe. La vie économique était étouffée par le protectionnisme. La guerre « pour la démocratie » a marqué le début d'une époque de déclin final de la démocratie. Le monde est devenu plus pauvre et plus confiné. Les États se sont succédés sur la voie d'une dictature fasciste ou militaire. Les relations internationales devenaient de plus en plus menaçantes. Le désarmement s'est manifesté sous la forme de programmes militaristes qui auraient ressemblé à un cauchemar à la veille de la dernière guerre. Les premiers affrontements de nouveaux conflits sanglants ont commencé à avoir lieu dans différentes parties du monde. Ce moment précis a été choisi par l'Internationale communiste pour abandonner les derniers vestiges de l'internationalisme et proclamer que la tâche de la nouvelle ère était une alliance entre le prolétariat et les démocraties impérialistes en déclin « contre le fascisme ». La plus grande source d'infection au monde est le tas d'ordures qui reste de ce qui fut autrefois l'Internationale Communiste.</p>
<p>La lutte pour et contre une nouvelle partition du monde</p>
<p>Certains théoriciens de la IIe Internationale, comme Kautsky, qui essayaient d'envisager une sorte de perspective, exprimaient l'espoir que les impérialistes, ayant mesuré leurs forces dans le grand massacre des peuples, seraient contraints de s'entendre entre eux et de établir un régime pacifique sur le monde sous la forme d'une société (la théorie du « super-impérialisme »). Cette théorie philistino-pacifiste – ombre social-démocrate de la Société des Nations – tentait de fermer les yeux sur deux processus : d'abord, le changement constant des rapports de forces entre les différents États impérialistes, avec l'impossibilité totale de mesurer ces changements dans pratiquer sauf par la force des armes ; deuxièmement, la lutte libératrice du prolétariat dans les centres métropolitains et des peuples colonisés, lutte qui est le facteur le plus important de rupture de l'équilibre et qui, par sa nature même, exclut la possibilité d'un pillage impérialiste « pacifique ». C'est précisément pour ces raisons que les programmes de désarmement restent de misérables utopies.</p>
<p>La disproportion flagrante et toujours croissante entre le poids spécifique de la France et de l'Angleterre, sans parler de la Hollande, de la Belgique et du Portugal, dans l'économie mondiale et les dimensions colossales de leurs possessions coloniales sont autant la source de conflits mondiaux et de nouvelles guerres que l'avidité insatiable des « agresseurs » fascistes. Pour mieux dire, les deux phénomènes ne sont que les deux faces d'une même médaille. Les démocraties « pacifiques » anglaises et françaises reposent sur la répression de mouvements démocratiques nationaux de centaines de millions de personnes en Asie et en Afrique au nom des surprofits qui en découlent. À l'inverse, Hitler et Mussolini promettent de devenir plus « modérés » s'ils obtiennent un territoire colonial adéquat.</p>
<p>Les États-Unis, grâce à leur possession presque totale d'un continent entier aux richesses naturelles inépuisables et grâce à des conditions historiques favorables, ont étendu leur domination sur le monde de manière très « pacifique » et « démocratique », si l'on fait abstraction de bagatelles telles que l'extermination. des Indiens, le pillage des régions les plus prisées du Mexique, l'écrasement de l'Espagne, la participation à la dernière guerre, etc. Ce mode d'exploitation « idyllique » appartient désormais au passé. Le déclin rapide et effrayant du capitalisme américain pose devant lui la question de la vie ou de la mort sous une forme militaire de plus en plus évidente. Depuis les quatorze points pacifistes de Wilson, le Quaker ARA (l'organisation philanthropique internationale) de Hoover, le New Deal réformateur de Roosevelt, la doctrine de l'isolement, les lois de la neutralité absolue, etc., les États-Unis se dirigent inévitablement vers une explosion impérialiste telle que le monde l'a connue. jamais vu.</p>
<p>Rejetée très loin par la paix de Versailles, l'Allemagne a pris la tâche de « l'unification nationale » comme base de son programme impérialiste. C'est sous ce slogan que le fascisme, héritier légitime de la démocratie de Weimar, est né et s'est renforcé. Quelle ironie du sort ! Dans sa période d'essor historique (des guerres napoléoniennes à la paix de Versailles de 1871), la tardive bourgeoisie allemande s'est révélée incapable de réaliser l'unification nationale par ses propres forces. Bismarck n'a rempli qu'à moitié cette tâche, laissant presque intacts tous les déchets féodaux et particularistes. Certes, la révolution de 1918 a aboli les dynasties allemandes (uniquement parce que la social-démocratie était impuissante à les sauver !), mais trahie par la social-démocratie entre les mains des Junkers, des banquiers, de la bureaucratie et des officiers de l'armée, la révolution était incapable non seulement d'assurer une Grande République allemande centralisée, mais même de centraliser bureaucratiquement l'Allemagne des Hohenzollern. Ces deux tâches incombaient à Hitler. Le leader du fascisme s'est présenté, à sa manière, comme le continuateur de Bismarck, qui à son tour avait été l'exécuteur testamentaire des faillites bourgeoises de 1848. Mais ce n'est, à la longue, que l'aspect superficiel du processus. Son contenu social a radicalement changé. De facteur progressiste qu'il était, l'État national s'est depuis longtemps transformé dans les pays avancés en un frein au développement des forces productives. Dix millions d'Allemands supplémentaires à l'intérieur des frontières de l'Allemagne ne changent rien à la nature réactionnaire de l'État national. À leur manière, les impérialistes le comprennent très bien. Pour Hitler, il ne s'agit pas du tout d'« unifier l'Allemagne » en tant que tâche indépendante, mais de créer un champ d'exercices européen plus large pour une future expansion mondiale. La crise des Allemands des Sudètes, ou plutôt des montagnes des Sudètes, fut un épisode sur la voie de la lutte pour les colonies.</p>
<p>Une nouvelle partition du monde est à l'ordre du jour. La première étape dans l'éducation révolutionnaire des travailleurs doit être de développer la capacité de percevoir derrière les formules officielles, les slogans et les expressions hypocrites, les véritables appétits, plans et calculs impérialistes.</p>
<p>Le Quatuor impérialiste remplace le « Front des démocraties »</p>
<p>La docilité d'agneau des démocraties européennes n'est pas le produit de l'amour de la paix, mais de la faiblesse. La cause de la faiblesse n'est pas le régime démocratique en tant que tel, mais plutôt la disproportion entre les fondements économiques des centres métropolitains et les empires coloniaux hérités du passé. A cette disproportion s'ajoute la lutte libératrice des colonies qui menace, surtout en temps de guerre, de dégénérer en un incendie révolutionnaire. Dans ces conditions, la « démocratie » en déclin devient en réalité une source supplémentaire de faiblesse pour les vieilles puissances impérialistes.</p>
<p>La réaction ouverte en France profite sans aucun doute des capitulations du Front populaire. On peut s'attendre avec certitude à un renforcement du fascisme français, favorisé par le patronage des milieux militaires dirigeants. En Angleterre, où la bourgeoisie conservatrice est au pouvoir, l'opposition travailliste gagnera probablement plus que le fascisme dans la prochaine période. Mais au vu de l'ensemble de la situation historique, la prise du pouvoir par le parti travailliste ne peut être qu'un épisode, ou plus exactement, une étape sur la voie de changements plus radicaux. Ni le major Attlee ni Sir Walter Citrine ne seront capables de faire face aux esprits malins de notre époque !</p>
<p>D'une manière ou d'une autre, le « front mondial des démocraties » promis par les charlatans des « Fronts populaires » s'est retrouvé remplacé par un front à quatre puissances : l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre et la France. Après la conférence de Munich, où l'Angleterre et la France capitulèrent devant Hitler, avec la médiation toujours équivoque de Mussolini, les chefs des quatre États se présentèrent devant leurs peuples respectifs comme des héros nationaux : Hitler avait unifié les Allemands ; Chamberlain et Daladier avaient évité la guerre ; Mussolini – a aidé les deux camps. Vive les Big Four ! La fraternité petite-bourgeoise que la Guépéou mobilise habituellement pour toutes sortes de congrès pacifistes commence déjà à se tourner vers les nouveaux messies de la paix. Les socialistes français se sont abstenus sur la question de l'octroi de pouvoirs spéciaux à Daladier, le héros de la capitulation. L'abstention n'était qu'une étape transitoire du camp de Moscou au camp des Big Four. L'isolement des prétoriens staliniens à la Chambre des députés et au Sénat symbolisait l'isolement complet du Kremlin dans la politique européenne.</p>
<p>Mais on peut déjà affirmer avec certitude que le quatuor de Munich est aussi peu capable de préserver la paix que le « front des démocraties » qui n'a jamais été réalisé. L'Angleterre et la France ont jeté la Tchécoslovaquie dans la gueule d'Hitler pour lui donner quelque temps à digérer et ainsi reporter la question des colonies. Chamberlain et Daladier ont fait des promesses très vagues et incertaines selon lesquelles un accord commun sur toutes les questions controversées serait atteint. De son côté, Hitler a promis de ne plus présenter de revendications territoriales en Europe . Il a en tout cas indiqué par là son intention de présenter des revendications territoriales dans d'autres parties du monde. En ce qui concerne l'Alsace-Lorraine, le Schleswig, etc., Hitler reporte au mieux la solution de ces questions à la nouvelle guerre mondiale. Si le fascisme conquérait la France dans un an ou deux et que le Parti travailliste gagnait en Angleterre, ces changements politiques ne modifieraient que très peu la répartition des figures impérialistes sur l'échiquier mondial. La France fasciste serait aussi peu encline que la France du « Front populaire » à céder l'Alsace-Lorraine à Hitler, ou à partager ses colonies avec lui. Le Parti travailliste, imprégné de l'esprit impérialiste, ne pouvait pas atténuer l'antagonisme avec l'Italie dans la Méditerranée, ni freiner le développement de l'antagonisme mondial entre les intérêts allemands et britanniques. Dans ces conditions, la combinaison des quatre puissances, si elle se réalise un jour, ne mènera qu'à une nouvelle crise, que nous n'aurons pas longtemps à attendre. L'impérialisme se dirige inévitablement et irrésistiblement vers un nouveau partage du monde, correspondant au changement des rapports de forces. Pour éviter la catastrophe, l'impérialisme doit être étranglé. Toutes les autres méthodes sont des fictions, des illusions, des mensonges.</p>
<p>Le sens du tournant gouvernemental en Tchécoslovaquie</p>
<p>Le refus de la France et de la Grande-Bretagne de défendre les intérêts impérialistes de la bourgeoisie tchèque a conduit non seulement au démembrement de la Tchécoslovaquie mais aussi à l'effondrement de son régime politique. Cette expérience a révélé sous une forme chimiquement pure que la démocratie tchécoslovaque n'était pas une expression de la « volonté du peuple », mais simplement un appareil par lequel le capitalisme monopolistique tchèque s'adaptait à ses États patrons. A peine le patronage militaire s'est-il effondré que la machinerie démocratique s'est révélée non seulement inutile mais nuisible dans la mesure où elle menaçait de provoquer des frictions inutiles avec Hitler. Les dirigeants bourgeois tchèques ont immédiatement créé un nouvel appareil d'adaptation impérialiste sous la forme d'une dictature militaire. Ce changement de régime s'est réalisé sans la moindre participation du peuple, sans nouvelles élections et même sans aucune consultation de l'ancien parlement. Le président, élu par le peuple, l'archi-« démocrate » Benes, a convoqué au pouvoir le général en chef de la république. Cette convocation eut d'abord l'apparence d'une concession envers le peuple, excité, qui protestait, manifestait et exigeait la résistance à Hitler, les armes à la main. Résistance ? Voici un général en leader national ! Après avoir accompli cet acte, le président se retira. Alors le général, qui était autrefois à la tête des forces armées et qui était pour ainsi dire l'épée brillante de la démocratie, annonça son intention, dans un souci d'amitié avec Hitler, d'instituer un nouveau régime d'État. Et c'était tout ! [1]</p>
<p>D'une manière générale, la démocratie est indispensable à la bourgeoisie à l'époque de la libre concurrence. Pour un capitalisme monopolistique, reposant non pas sur une concurrence « libre » mais sur un commandement centralisé, la démocratie ne sert à rien ; il en est gêné et embarrassé. L'impérialisme peut tolérer la démocratie comme un mal nécessaire jusqu'à un certain point. Mais son instinct intérieur le pousse à la dictature. Au cours de la dernière guerre, il y a vingt-deux ans, Lénine écrivait : « La différence entre la bourgeoisie impérialiste républicaine-démocrate et la bourgeoisie impérialiste monarchique-réactionnaire s'efface précisément parce que les deux pourrissent. » En outre, il a ajouté : « La réaction politique sur toute la ligne est inhérente à l'impérialisme. » Seuls des idiots désespérés peuvent croire que les antagonismes impérialistes mondiaux sont déterminés par l'inconciliabilité entre la démocratie et le fascisme. En fait, les cliques dirigeantes de tous les pays considèrent la démocratie, la dictature militaire, le fascisme, etc. comme autant d'instruments différents pour soumettre leurs propres peuples aux objectifs impérialistes. D'ailleurs, l'un de ces régimes politiques, à savoir la démocratie, inclut d'emblée en lui, sous la forme, par exemple, de l'état-major, un autre régime – celui de la dictature militaire.</p>
<p>En Allemagne, la bourgeoisie impérialiste, avec l'aide active de la social-démocratie, a placé le maréchal von Hindenburg, en tant que défenseur contre le fascisme, à la présidence. Hindenburg, à son tour, appela Hitler au pouvoir, après quoi le maréchal ne démissionna certes pas, mais mourut. Il ne s'agit ici que d'une question de technique et d'âge. En substance, le renversement en Tchécoslovaquie reproduit les principales caractéristiques du renversement en Allemagne, révélant ainsi les ressorts de la mécanique politique de l'impérialisme. La question du régime tchécoslovaque a sans doute été tranchée en coulisses lors de conférences de magnats du capitalisme tchèque, français, britannique et allemand, ainsi que des dirigeants des états-majors et des diplomates. Le principal souci du déplacement des frontières étatiques était de nuire le moins possible aux intérêts de l'oligarchie financière. Le changement d'orientation de la France et de l'Angleterre vers l'Allemagne signifiait essentiellement un échange de stocks, une nouvelle répartition des commandes militaires pour les usines Skoda, etc.</p>
<p>D'ailleurs, personne ne s'est préoccupé de la position de la social-démocratie et de l'ex-Parti communiste, car en Tchécoslovaquie ils n'étaient pas plus capables de résistance que ne l'étaient leurs frères aînés en Allemagne. S'inclinant devant les « nécessités nationales », ces organisations complètement corrodées ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour paralyser la résistance révolutionnaire de la classe ouvrière. Une fois le renversement consommé, la clique financière organisera probablement un « référendum », c'est-à-dire offrira au peuple, poussé dans une impasse, la précieuse opportunité d'« approuver », sous le canon du fusil de Syrovy, les changements apportés sans succès.</p>
<p>Faut-il défendre « l'indépendance nationale » de la Tchécoslovaquie ?</p>
<p>Au cours de la semaine critique de septembre, nous a-t-on appris, des voix se sont élevées même sur l'aile gauche du socialisme, affirmant qu'en cas de « combat unique » entre la Tchécoslovaquie et l'Allemagne, le prolétariat serait obligé d'aider la Tchécoslovaquie et de sauver son « pays ». l'indépendance », même dans une alliance avec Benes. Cette situation hypothétique ne s'est pas produite. Les héros de l'indépendance tchécoslovaque, comme il fallait s'y attendre, capitulèrent sans combattre. Il est cependant impossible, dans l'intérêt de l'avenir, de ne pas souligner ici la grossière et dangereuse erreur de ces théoriciens hors saison de « l'indépendance nationale ».</p>
<p>Indépendamment de ses liens internationaux, la Tchécoslovaquie est un État absolument impérialiste. Économiquement, le capitalisme monopolistique y règne. Politiquement, la bourgeoisie tchèque règne (peut-être dira-t-on bientôt, elle régnait autrefois) sur plusieurs nationalités opprimées. Une guerre, même de la part d'une Tchécoslovaquie isolée, aurait donc été menée non pas pour l'indépendance nationale mais pour la préservation et, si possible, l'extension des frontières de l'exploitation impérialiste.</p>
<p>Même si les autres États impérialistes n'étaient pas immédiatement impliqués, il serait inadmissible d'envisager une guerre entre la Tchécoslovaquie et l'Allemagne en dehors du modèle des relations impérialistes européennes et mondiales dont une telle guerre aurait été un épisode. D'ici un mois ou deux, une guerre tchéco-allemande – si la bourgeoisie tchèque était désireuse et capable de se battre – aurait presque inévitablement impliqué d'autres Etats. Ce serait donc une erreur de la part des marxistes de définir leur position sur la base de regroupements diplomatiques et militaires épisodiques plutôt que sur la base du caractère général des forces sociales derrière cette guerre.</p>
<p>Nous avons réitéré à des centaines de reprises la thèse irremplaçable et inestimable de Clausewitz selon laquelle la guerre n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens. Afin de déterminer dans chaque cas donné le caractère historique et social d'une guerre, nous devons nous laisser guider non pas par des impressions et des conjectures mais par une analyse scientifique de la politique qui a précédé la guerre et l'a conditionnée. Dès le premier jour de la formation de la Tchécoslovaquie rafistolée, cette politique était de caractère impérialiste.</p>
<p>On peut affirmer qu'après avoir séparé les Allemands des Sudètes, les Hongrois, les Polonais et peut-être les Slovaques, Hitler ne s'arrêtera pas avant l'esclavage des Tchèques eux-mêmes et que, dans ce cas, leur lutte pour l'indépendance nationale aurait tout droit à l'esclavage. avec le soutien du prolétariat. Cette manière de formuler la question n'est rien d'autre qu'un sophisme social-patriotique. Nous ne savons pas quelles voies suivra le développement futur des antagonismes impérialistes. La destruction totale de la Tchécoslovaquie est évidemment tout à fait possible. Mais il est également possible qu'avant que cette destruction ne soit accomplie, une guerre européenne éclate, dans laquelle la Tchécoslovaquie se trouverait du côté des vainqueurs et participerait à un nouveau démembrement de l'Allemagne. Le rôle d'un parti révolutionnaire est-il alors celui d'une nourrice auprès des gangsters « estropiés » de l'impérialisme ?</p>
<p>Il est bien évident que le prolétariat doit construire sa politique sur la base d'une guerre donnée, telle qu'elle est, c'est-à-dire telle qu'elle a été conditionnée par tout le cours précédent du développement, et non sur des spéculations hypothétiques sur l'issue stratégique possible de la guerre. Dans de telles spéculations, chacun choisira invariablement la variante qui correspond le mieux à ses propres désirs, sympathies et antipathies nationales. De toute évidence, une telle politique ne serait pas marxiste mais subjective, non pas internationaliste mais chauvine.</p>
<p>Une guerre impérialiste, quel que soit l'endroit où elle commence, sera menée non pas pour « l'indépendance nationale » mais pour une redistribution du monde dans l'intérêt de cliques distinctes du capital financier. Cela n'exclut pas qu'en passant, la guerre impérialiste puisse améliorer ou aggraver la situation de telle ou telle « nation » ; ou, plus exactement, d'une nation aux dépens d'une autre. Ainsi, le traité de Versailles a démembré l'Allemagne. Une nouvelle paix pourrait démembrer la France. Les sociaux-patriotes invoquent précisément ce possible péril « national » du futur comme argument pour soutenir « leurs » bandits impérialistes du présent. La Tchécoslovaquie ne constitue nullement une exception à cette règle.</p>
<p>En réalité, tous les arguments spéculatifs de ce type et les illusions de calamités nationales imminentes dans le but de soutenir telle ou telle bourgeoisie impérialiste découlent du rejet tacite de la perspective révolutionnaire et d'une politique révolutionnaire . Naturellement, si une nouvelle guerre se termine seulement par une victoire militaire de tel ou tel camp impérialiste ; si une guerre ne provoque ni un soulèvement révolutionnaire ni une victoire du prolétariat ; si une nouvelle paix impérialiste plus terrible que celle de Versailles impose au peuple de nouvelles chaînes pour des décennies ; si la malheureuse humanité supporte tout cela en silence et dans la soumission, alors non seulement la Tchécoslovaquie ou la Belgique, mais aussi la France peuvent être rejetées dans la position d'une nation opprimée (la même hypothèse peut être formulée à propos de l'Allemagne). Dans cette éventualité, la poursuite de la décomposition effroyable du capitalisme entraînerait tous les peuples en arrière pendant de nombreuses décennies. Bien sûr, si cette perspective de passivité, de capitulation, de défaites et de déclin se réalise, les masses opprimées et des peuples entiers seront obligés de grimper à nouveau, en versant leur sueur et leur sang, en retraçant à quatre pattes le chemin historique déjà parcouru.</p>
<p>Une telle perspective est-elle exclue ? Si le prolétariat subit sans fin la direction des sociaux-impérialistes et des communo-chauvinistes ; si la Quatrième Internationale est incapable de trouver un chemin vers les masses ; si les horreurs de la guerre ne poussent pas les ouvriers et les soldats à la rébellion ; si les peuples coloniaux continuent de saigner patiemment dans l'intérêt des esclavagistes ; alors, dans ces conditions, le niveau de civilisation s'abaissera inévitablement et la régression et la décomposition générales pourraient remettre les guerres nationales à l'ordre du jour pour l'Europe. Mais alors nous, ou plutôt nos fils, devrons déterminer leur politique à l'égard des guerres futures en fonction de la nouvelle situation. Aujourd'hui, nous n'avançons pas dans la perspective du déclin mais dans celle de la révolution. Nous sommes défaitistes aux dépens des impérialistes et non aux dépens du prolétariat. Nous ne lions pas la question du sort des Tchèques, des Belges, des Français et des Allemands en tant que nations aux changements épisodiques des fronts militaires lors d'une nouvelle bagarre des impérialistes, mais au soulèvement du prolétariat et à sa victoire sur tous les impérialistes. Nous regardons vers l'avant et non vers le passé. Le programme de la Quatrième Internationale déclare que la liberté de toutes les nations européennes, petites et grandes, ne peut être assurée que dans le cadre des États-Unis socialistes d'Europe.</p>
<p>Encore une fois sur la démocratie et le fascisme</p>
<p>Bien entendu, tout cela n'implique pas qu'il n'y a aucune différence entre la démocratie et le fascisme, ou que cette différence ne concerne pas la classe ouvrière, comme l'insistaient il n'y a pas si longtemps les staliniens. Les marxistes n'ont rien de commun avec un nihilisme politique aussi bon marché. Seulement, il faut, dans chaque cas donné, bien comprendre le contenu réel de cette différence et ses véritables limites.</p>
<p>Pour les pays coloniaux et semi-coloniaux arriérés, la lutte pour la démocratie, y compris la lutte pour l'indépendance nationale, représente une étape nécessaire et progressive du développement historique. C'est justement pour cette raison que nous estimons qu'il est non seulement le droit mais aussi le devoir des travailleurs de ces pays de participer activement à la « défense de la patrie » contre l'impérialisme, à condition, bien sûr, qu'ils préservent leur totale indépendance. de leurs organisations de classe et mener une lutte impitoyable contre le poison du chauvinisme. Ainsi, dans le conflit entre le Mexique et les rois du pétrole et leur comité exécutif, qui est le gouvernement démocratique de Grande-Bretagne, le prolétariat conscient de classe du monde entier se range entièrement du côté du Mexique (cela ne s'applique bien sûr pas aux laquais impérialistes à la tête du pays). du Parti travailliste britannique).</p>
<p>En ce qui concerne le capitalisme avancé, celui-ci a depuis longtemps dépassé non seulement les anciennes formes de propriété, mais aussi l'État national et, par conséquent, la démocratie bourgeoise. La crise fondamentale de la civilisation contemporaine réside précisément là. La démocratie impérialiste est en train de se putréfier et de se désintégrer. Un programme de « défense de la démocratie » pour les pays avancés est un programme de réaction. La seule tâche progressiste ici est la préparation de la révolution socialiste internationale. Son objectif est de briser le cadre de l'ancien État national et de reconstruire l'économie conformément aux conditions géographiques et technologiques, sans impôts ni taxes médiévales.</p>
<p>Encore une fois, cela n'implique pas une attitude d'indifférence à l'égard des méthodes politiques actuelles de l'impérialisme. Dans tous les cas où les forces contre-révolutionnaires tendent à s'éloigner de l'État « démocratique » en décomposition et à se tourner vers le particularisme provincial, vers la monarchie, la dictature militaire, le fascisme – le prolétariat révolutionnaire sans assumer la moindre responsabilité dans la « défense de la démocratie » (il est indéfendable !) affrontera ces forces contre-révolutionnaires par une résistance armée, afin, en cas de succès, de diriger son offensive contre la « démocratie » impérialiste.</p>
<p>Cette politique n'est toutefois applicable qu'en ce qui concerne les conflits internes, c'est-à-dire dans les cas où la lutte implique réellement la question d'un régime politique, comme ce fut par exemple le cas en Espagne. La participation des travailleurs espagnols à la lutte contre Franco était leur devoir élémentaire. Mais précisément et seulement parce que les travailleurs n'ont pas réussi à remplacer à temps le régime de la démocratie bourgeoise par leur propre pouvoir, la « démocratie » a pu ouvrir la voie au fascisme.</p>
<p>Mais c'est de la pure fraude et du charlatanisme que de transférer mécaniquement les lois et les règles de la lutte entre différentes classes d'une même nation vers une guerre impérialiste, c'est-à-dire la lutte menée par une seule et même classe de différentes nations. À l'heure actuelle, après la nouvelle expérience de la Tchécoslovaquie, il n'est pas nécessaire, semble-t-il, de démontrer que les impérialistes se battent les uns contre les autres non pas pour des principes politiques mais pour la domination du monde, sous le couvert de principes qui serviront leurs objectifs.</p>
<p>Mussolini et ses plus proches collaborateurs, autant que l'on puisse en juger, sont athées, c'est-à-dire qu'ils ne croient ni en Dieu ni au diable. Le roi d'Angleterre et ses ministres sont embourbés dans des superstitions médiévales et croient non seulement au diable mais aussi à la grand-mère du diable. Cela ne veut pas dire pour autant qu'une guerre entre l'Italie et l'Angleterre serait une guerre de la science contre la religion. Mussolini, l'athée, fera tout ce qui est en son pouvoir pour attiser les passions religieuses des mahométans. Le fervent chambellan protestant demandera, de son côté, l'aide du pape, etc. Dans le calendrier du progrès humain, une république est au-dessus d'une monarchie. Mais cela signifie-t-il qu'une guerre menée par la France républicaine, par exemple contre la Hollande monarchiste pour les colonies, serait une guerre d'une république contre une monarchie ? Nous n'insisterons même pas sur le fait qu'en cas de guerre nationale menée par le bey de Tunis contre la France, le progrès serait du côté du monarque barbare et non de celui de la république impérialiste. L'hygiène occupe une place importante dans la culture humaine. Mais lorsqu'il s'agit d'un meurtre, la question de savoir si le meurtrier s'est lavé les mains au préalable n'est pas d'une importance décisive. Remplacer les objectifs réels des camps impérialistes en guerre par des abstractions politiques ou morales, ce n'est pas lutter pour la démocratie, mais aider les brigands à dissimuler leurs vols, leurs pillages et leurs violences. C'est précisément là la fonction principale des Deuxième et Troisième Internationales.</p>
<p>La politique internationale de la clique bonapartiste du Kremlin</p>
<p>Le coup immédiat tomba cette fois sur la Tchécoslovaquie. La France et l'Angleterre ont été grièvement blessées. Mais le coup le plus redoutable a été subi par le Kremlin. Son système de mensonges, de charlatanisme et de fraudes a connu un effondrement international.</p>
<p>Après avoir écrasé les masses soviétiques et rompu avec la politique de révolution internationale, la clique du Kremlin est devenue un jouet de l'impérialisme. Dans tout ce qui est essentiel, la diplomatie de Staline au cours des cinq dernières années n'a été qu'un reflet et un complément de la diplomatie hitlérienne. En 1933, Staline s'efforça de devenir l'allié d'Hitler. Mais la main tendue fut repoussée, dans la mesure où Hitler, en quête de l'amitié de l'Angleterre, se présentait comme le sauveur de l'Allemagne et de l'Europe du bolchevisme. Staline s'est alors donné pour tâche de prouver à l'Europe capitaliste qu'elle n'avait pas besoin d'Hitler, que le bolchevisme ne contenait aucun danger en lui-même, que le gouvernement du Kremlin était un animal domestique, dressé à se dresser sur ses hanches et à mendier. Ainsi, en s'éloignant d'Hitler, ou plus exactement en étant repoussé par lui, Staline est progressivement devenu un laquais et un tueur à gages au service des pays à l'impérialisme repu.</p>
<p>D'où cette soudaine frénésie de génuflexion devant la démocratie bourgeoise gangrenée de la part de la bande totalitaire du Kremlin ; d'où l'idéalisation idiote et fausse de la Société des Nations ; d'où les « Fronts populaires » qui ont étranglé la révolution espagnole ; d'où la substitution à la lutte de classes réelle de déclamations « contre le fascisme ». La fonction internationale actuelle de la bureaucratie soviétique et du Komintern a été révélée avec une impudence particulière lors du congrès pacifiste de Mexique (septembre 1938), où les agents de Moscou ont tenté de convaincre les peuples d'Amérique latine qu'ils ne devaient pas lutter contre le tout. un impérialisme trop réel qui les menaçait mais uniquement contre le fascisme.</p>
<p>Comme il fallait s'y attendre, Staline n'a gagné ni amitié ni confiance grâce à ces manœuvres bon marché. Les impérialistes ont pris l'habitude d'évaluer la société non pas d'après les déclarations de ses « dirigeants », ni même d'après le caractère de sa superstructure politique, mais d'après ses fondements sociaux. Tant que la propriété d'État des moyens de production protégés par le monopole du commerce extérieur sera maintenue en Union soviétique, les impérialistes, y compris les impérialistes « démocrates », continueront à considérer Staline avec pas plus de confiance et incomparablement moins de respect que les monarchistes féodaux. L'Europe a vu le premier Bonaparte. Entouré de l'auréole des victoires et de sa suite de brillants maréchaux, Napoléon ne put échapper à Waterloo. Staline a couronné sa série de capitulations, d'échecs et de trahisons par la destruction massive des maréchaux de la révolution. Peut-il y avoir le moindre doute sur le sort qui l'attend ?</p>
<p>Le seul obstacle sur le chemin de la guerre est la peur des classes possédantes de la révolution. Tant que l'Internationale communiste restait fidèle aux principes de la révolution prolétarienne, elle représentait, avec l'Armée rouge, avec laquelle elle était étroitement liée, le facteur de paix le plus important. Après avoir prostitué le Komintern et l'avoir transformé en une agence de l'impérialisme « démocratique » ; Après avoir décapité et paralysé la puissance militaire des Soviétiques, Staline a complètement délié les mains d'Hitler, ainsi que celles de ses adversaires, et a poussé l'Europe au bord de la guerre.</p>
<p>Les falsificateurs de Moscou jettent aujourd'hui des malédictions à bas prix sur leur ancien ami démocrate Benès parce qu'il a « capitulé » prématurément et a empêché l'Armée rouge d'écraser Hitler, quelle que soit la ligne de conduite de la France. Ce tonnerre théâtral ne fait que mettre en lumière d'une manière encore plus flagrante l'impuissance et la duplicité du Kremlin. Qui donc vous a poussé à croire en Benes ? Qui vous a forcé à inventer le mythe de « l'alliance des démocraties » ? Et enfin, qui vous a empêché, aux heures critiques où toute la Tchécoslovaquie bouillonnait comme une marmite, d'appeler le prolétariat de Prague à prendre le pouvoir et d'envoyer à son secours l'Armée rouge ? Apparemment, il est beaucoup plus difficile de lutter contre le fascisme que de tirer et d'empoisonner les vieux bolcheviks... De l'exemple de la Tchécoslovaquie, tous les petits États et surtout tous les peuples colonisés doivent apprendre quelle sorte d'aide ils peuvent attendre de Staline.</p>
<p>Seul le renversement de la clique bonapartiste du Kremlin peut rendre possible la régénération de la force militaire de l'URSS. Seule la liquidation de l'ex-Komintern ouvrira la voie à l'internationalisme révolutionnaire. La lutte contre la guerre, l'impérialisme et le fascisme exige une lutte impitoyable contre le stalinisme, taché de crimes. Celui qui défend le stalinisme directement ou indirectement, celui qui garde le silence sur ses trahisons ou exagère sa force militaire est le pire ennemi de la révolution, du socialisme, des peuples opprimés. Plus tôt la bande du Kremlin sera renversée par l'offensive armée des ouvriers, plus grandes seront les chances d'une régénération socialiste de l'URSS, plus proches et plus larges seront les perspectives de la révolution internationale.</p>
<p>La base sociale de l'opportunisme</p>
<p>Afin de comprendre le rôle actuel de la social-démocratie et de l'ex-Komintern, il est nécessaire de rappeler une fois de plus les fondements économiques sur lesquels repose l'opportunisme dans le mouvement ouvrier mondial. L'épanouissement du capitalisme, qui dura, avec d'inévitables oscillations, jusqu'en 1913, permit à la bourgeoisie d'une part d'élever légèrement le niveau de vie de certaines couches prolétariennes, et d'autre part de jeter des coups de pouce assez juteux à la bureaucratie et à l'aristocratie du travail. , les élevant ainsi au-dessus des masses. La bureaucratie syndicale et parlementaire, dont le « problème social » semblait proche d'une solution, était en mesure de signaler aux masses les prémices d'un changement positif dans leur propre vie. C'est la base sociale du réformisme (opportunisme) en tant que système d' illusions pour les masses et système de tromperie de la part de la bureaucratie ouvrière. L'optimisme réformiste de la Deuxième Internationale a atteint son apogée la plus luxuriante dans les années du dernier boom économique avant la guerre (1909-1913). C'est pour cette raison que les dirigeants ont salué la guerre et l'ont présentée aux masses comme une calamité extérieure menaçant les bases d'un bien-être national croissant. D'où la politique de « défense de la patrie », qui était en réalité, de la part des masses, une défense inconsciente, et du côté de la bureaucratie, une défense consciente ou semi-consciente des intérêts impérialistes de leurs bourgeoisies respectives.</p>
<p>La guerre s'est avérée en réalité non pas une calamité « extérieure » qui avait temporairement perturbé le progrès national, mais plutôt l'explosion des contradictions internes du système impérialiste à un moment où tout progrès ultérieur sur la base de ce système était devenu pratiquement impossible. Et comme la guerre n'a pu ni agrandir notre planète ni ramener la jeunesse au capitalisme, elle a fini par accélérer et aggraver à l'extrême tous les processus de décadence capitaliste. Le déclin de la démocratie s'accompagne du déclin de la bureaucratie du travail. Le fascisme n'a apporté aux ouvriers « qu'un » redoublage d'esclavage ; pour la bureaucratie réformiste, cela a entraîné une ruine totale.</p>
<p>La forme politique de la démocratie, même si elle est extrêmement mutilée (« pouvoirs d'urgence », lois sur l'immigration, abandon du droit d'asile, etc.), n'a été préservée parmi les grandes puissances que par la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Les Etats, les pays capitalistes les plus riches, traditionnellement les plus prédateurs et privilégiés, qui ont depuis longtemps concentré entre leurs mains la part du lion des possessions coloniales et des principales ressources naturelles de notre planète. Il n'est pas difficile de trouver l'explication de cette « sélection naturelle ». La démocratie ne peut être maintenue que tant que les contradictions de classe n'atteignent pas un état explosif. Afin d'atténuer les frictions sociales, la bourgeoisie a été obligée de nourrir une large couche d'intellectuels petits-bourgeois, ainsi que la bureaucratie et l'aristocratie du travail. Plus l'abreuvoir est grand, plus le social-patriotisme est ardent. L'abreuvoir réformiste n'a aujourd'hui été préservé que dans les pays qui ont pu, dans le passé, accumuler d'immenses richesses, grâce à l'exploitation du marché mondial et au pillage des colonies. En d'autres termes, dans un état de décadence capitaliste, un régime démocratique n'est accessible (jusqu'à un certain temps) qu'à la bourgeoisie la plus aristocratique. La base du social-patriotisme reste l'esclavage colonial.</p>
<p>Dans des pays comme l'Italie et l'Allemagne, qui n'ont pas hérité du passé de vastes accumulations de richesses et qui sont privés de la possibilité de tirer des superprofits de leurs colonies, la bourgeoisie a détruit le Parlement, dispersé la bureaucratie réformiste et placé les travailleurs dans un étau de fer. . Certes, la bureaucratie fasciste dévore non pas moins mais plus que la bureaucratie réformiste ; mais, en retour, il n'est pas obligé de faire des concessions aux masses ni d'émettre des traites que le capitalisme en décomposition ne peut plus payer. Privée de sa mangeoire, la bureaucratie social-démocrate à la retraite d'Italie, d'Allemagne et d'Autriche brandit haut l'étendard du défaitisme – celui de l'émigration.</p>
<p>La principale source de force des partis sociaux-patriotiques, ou plus exactement des partis sociaux-impérialistes, est la protection de la bourgeoisie qui, à travers le Parlement, la presse, l'armée et la police, protège et défend la social-démocratie contre toutes sortes de mouvements révolutionnaires, mouvements et même contre la critique révolutionnaire. Dans la guerre future, en raison de l'aggravation des contradictions nationales et internationales, ce lien organique entre la bureaucratie et la bourgeoisie se révélera encore plus ouvertement et cyniquement, ou pour le dire plus exactement, il se révèle déjà, surtout dans la perfide politique des Fronts populaires, absolument inconcevable à la veille de la dernière guerre. Cependant, l'initiative des Fronts populaires ne vient pas de la Deuxième Internationale mais de la Troisième Internationale.</p>
<p>Communo-Chauvinisme</p>
<p>Le développement monstrueux et rapide de l'opportunisme soviétique trouve son explication dans des causes analogues à celles qui, dans la génération précédente, ont conduit à l'épanouissement de l'opportunisme dans les pays capitalistes, à savoir le parasitisme de la bureaucratie ouvrière, qui avait réussi à résoudre sa « question sociale ». » sur la base d'une montée en puissance des forces productives en URSS. Mais comme la bureaucratie soviétique est incomparablement plus puissante que la bureaucratie ouvrière des pays capitalistes et que le mangeoire dont elle dispose se distingue par sa capacité presque illimitée, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'opportunisme soviétique ait immédiatement pris une dimension considérable. Le bureaucrate, personnage particulièrement perfide et vil.</p>
<p>En ce qui concerne l'ex-Komintern, sa base sociale proprement dite est de double nature. D'une part, il vit des subventions du Kremlin, se soumet aux ordres de ce dernier et, à cet égard, tout ancien bureaucrate communiste est le frère cadet et le subordonné du bureaucrate soviétique. D'un autre côté, les différentes machines de l'ex-Komintern se nourrissent des mêmes sources que la social-démocratie, c'est-à-dire des surprofits de l'impérialisme. La croissance des partis communistes ces dernières années, leur infiltration dans les rangs de la petite bourgeoisie, leur installation dans l'appareil d'État, les syndicats, les parlements, les municipalités, etc., ont renforcé à l'extrême leur dépendance à l'égard de l'impérialisme national au niveau national. aux dépens de leur dépendance traditionnelle à l'égard du Kremlin. Il y a dix ans, on prédisait que la théorie du socialisme dans un seul pays conduirait inévitablement à la croissance des tendances nationalistes dans les sections du Komintern. Cette prédiction est devenue une évidence. Mais jusqu'à récemment, le chauvinisme des partis communistes français, britannique, belge, tchécoslovaque, américain et autres semblait être, et était dans une certaine mesure, une image réfractée des intérêts de la diplomatie soviétique (« la défense de l'URSS » ). Aujourd'hui, nous pouvons prédire avec assurance le début d'une nouvelle étape. La croissance des antagonismes impérialistes, la proximité évidente du danger de guerre et l'isolement tout aussi évident de l'URSS doivent inévitablement renforcer les tendances nationalistes centrifuges au sein de l'Internationale communiste. Chacune de ses sections commencera à développer pour son propre compte une politique patriotique. Staline a réconcilié les partis communistes des démocraties impérialistes avec leurs bourgeoisies nationales. Cette étape est désormais franchie. Le procureur bonapartiste a joué son rôle. Les communo-chauvinistes devront désormais s'inquiéter de leur propre peau, dont les intérêts ne coïncident pas toujours avec la « défense de l'URSS ». Lorsque l'Américain Browder a jugé possible de déclarer devant un comité sénatorial qu'en cas de guerre entre les États-Unis et l'Union soviétique, son parti se trouverait aux côtés de sa patrie passionnément aimée, il aurait pu lui-même considérer cette déclaration comme un simple stratagème. Mais en réalité, la réponse de Browder est un symptôme indubitable d'un changement d'orientation « moscovite » vers une orientation « nationale ». Le « stratagème » est né de la nécessité de s'adapter au « patriotisme » impérialiste. La grossièreté cynique de ce stratagème (le passage de la « patrie des travailleurs » à la république du dollar) révèle l'étendue profonde de la dégénérescence qui s'est produite et toute l'étendue de la dépendance des sections du Komintern à l'égard de l'opinion publique de la bourgeoisie.</p>
<p>Quinze années d'épurations ininterrompues, de dégradations et de corruption ont amené la bureaucratie de l'ex-Komintern à un tel degré de démoralisation qu'elle est devenue capable et désireuse de prendre ouvertement entre ses mains l'étendard du social-patriotisme. Les staliniens (nous disons bientôt les ex-staliniens) n'ont bien sûr pas mis le feu à la Tamise. Ils ont simplement repris les banalités éculées de l'opportunisme petit-bourgeois. Mais en les propageant, ils leur ont injecté la frénésie des parvenus « révolutionnaires », qui ont transformé la calomnie totalitaire, le chantage et le meurtre en méthodes normales de « défense de la démocratie ». Quant aux vieux réformistes classiques, se lavant les mains en toute innocence après chaque situation embarrassante, ils ont su utiliser l'appui des nouvelles recrues au chauvinisme.</p>
<p>Dans ce pays impérialiste qui se trouve dans le même camp que l'URSS pendant la guerre (s'il en existe un), la section de l'ex-Komintern « défendra » naturellement Moscou. Mais cette défense n'aura pas une grande valeur, car dans un tel pays, tous les partis « défendront » l'URSS. (Pour ne pas se compromettre avec son allié impérialiste, Moscou ordonnerait probablement au Parti communiste de ne pas crier trop fort et pourrait éventuellement tenter de le dissoudre complètement.) Au contraire, dans les pays du camp hostile, c'est-à-dire précisément là où Moscou aura le plus grand besoin de défenseurs, les anciens partis communistes se trouveront entièrement du côté de leur patrie impérialiste : cette voie sera infiniment moins dangereuse et bien plus profitable. La clique au pouvoir à Moscou récoltera les justes fruits de quinze années de prostitution du Komintern.</p>
<p>Les deuxième et troisième internationales dans les pays coloniaux</p>
<p>Le véritable caractère de la social-démocratie en tant que parti dont la politique reposait et repose encore sur l'exploitation impérialiste des peuples arriérés apparaît le plus clairement dans le fait que dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, la IIe Internationale n'a jamais eu aucune influence. La bureaucratie ouvrière des pays impérialistes craignait, consciemment ou semi-consciemment, de déclencher dans les colonies un mouvement qui aurait pu saper les bases de sa propre prospérité dans les centres métropolitains. Il en était autrement avec le Komintern. En tant qu'organisation véritablement internationaliste, elle s'est immédiatement jetée sur le sol vierge des colonies et y a acquis une influence importante grâce au programme révolutionnaire du léninisme. La dégénérescence bourgeoise ultérieure du Komintern a transformé ses sections dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, notamment en Amérique latine, en une agence de gauche de l'impérialisme européen et américain. Parallèlement à cela, un changement s'est également produit dans la base sociale des partis « communistes » coloniaux. En pillant sans pitié ses esclaves asiatiques et africains et ses semi-esclaves latino-américains, le capitalisme étranger est actuellement contraint dans les colonies de nourrir une mince couche d'aristocratie – pitoyable, pathétique, mais toujours une aristocratie au milieu de la pauvreté universelle. Le stalinisme est devenu ces dernières années le parti de cette « aristocratie » ouvrière ainsi que de la section « gauche » de la petite bourgeoisie, en particulier les fonctionnaires. Les avocats bourgeois, les journalistes, les enseignants, etc., s'adaptant à la révolution nationale et exploitant les organisations ouvrières pour faire carrière, trouvent dans le stalinisme la meilleure idéologie possible.</p>
<p>La lutte révolutionnaire contre l'impérialisme exige du courage, de la détermination et un esprit d'abnégation. Où sont les héros petits-bourgeois de la phrase pour trouver ces qualités ? D'un autre côté, l'adaptation à l'impérialisme « démocratique » leur permet de se forger des carrières placides et agréables sur le dos des travailleurs. Le meilleur moyen possible de cacher cette adaptation aux travailleurs est de recourir au slogan de « défense de l'URSS », c'est-à-dire d'amitié avec l'oligarchie du Kremlin. Cela ouvre la possibilité de publier des journaux sans lecteurs, d'organiser des congrès pompeux et toutes sortes de publicité internationale. Cette corporation d'« amis professionnels de l'Union soviétique », de faux « socialistes » et « communistes », qui, par leurs bruyantes déclamations contre le fascisme, dissimulent leur parasitisme social et leur asservissement aux impérialistes et à l'oligarchie du Kremlin, est devenue un véritable fléau de le mouvement ouvrier dans les pays coloniaux et semi-coloniaux. Le stalinisme – sous tous ses masques – est le principal obstacle sur le chemin de la lutte libératrice des peuples arriérés et opprimés. Le problème des révolutions coloniales est désormais indissolublement lié à la mission historique de la Quatrième Internationale.</p>
<p>L'Association Internationale des Citrons Pressés (N°3¼)</p>
<p>Le Bureau londonien des centristes incurables (Fenner Brockway, Walcher et compagnie), conjointement avec Brandler, Sneevliet, Marceau Pivert et avec la participation des « sections qui se sont séparées de la soi-disant Quatrième Internationale », s'est uni en vue de la danger de guerre à créer – s'il vous plaît, ne souriez pas ! – le Fonds d'Urgence de Guerre. Ces messieurs ne se souciaient pas d'un « fonds » d'idées. Dieu merci, ce sont des matérialistes et non des idéalistes. On peut se demander si cette nouvelle « unification » représente un danger pour l'impérialisme. Mais il rend un grand service à la Quatrième Internationale, car il rassemble la superficialité, l'hybridité et l'incohérence de toutes les variétés et nuances du centrisme, c'est-à-dire de cette tendance qui est en contradiction la plus flagrante avec l'esprit de notre époque. Comme toutes les « unifications » mécaniques similaires, elle deviendra une source de nouveaux conflits et divisions internes et s'effondrera au moment même où viendra l'heure de l'action.</p>
<p>Pourrait-il en être autrement ? Les organisations chargées de la création héroïque du « Fonds » ne sont pas nées sur la base d'un programme commun, mais sont arrivées de tous les coins de la carte politique du centrisme comme des fragments sans abri d'anciens partis et factions opportunistes, qui perdurent encore aujourd'hui. jouer avec toutes les couleurs de l'arc-en-ciel opportuniste, et évoluer dans des directions différentes. Tous ont décliné et se sont affaiblis ces dernières années, à l'exception du parti récemment divisé de Marceau Pivert, pour lequel on peut prédire le même sort peu enviable. Dans aucun pays au monde, le Bureau de Londres n'a réussi à créer une nouvelle organisation à partir de jeunes éléments frais sur la base de son propre programme. Aucun groupe révolutionnaire ne se ralliera à cette bannière qui n'a ni passé ni avenir. Dans les pays coloniaux, le Bureau de Londres n'a pas même l'ombre d'une influence. On peut considérer comme une loi que l'organisation « révolutionnaire », qui à notre époque impérialiste est incapable de s'enraciner dans les colonies, est vouée à végéter misérablement.</p>
<p>Chacun de ces groupes survivants tient ensemble par la force de l'inertie et non par la force des idées. La seule organisation ayant un passé révolutionnaire plus sérieux dans ce domaine, le POUM, s'est jusqu'à présent montré incapable de réviser courageusement sa politique centriste, qui fut l'une des principales raisons de l'effondrement de la révolution espagnole. Les autres membres du groupe sont encore moins capables de critique et d'autocritique. L'esprit du dilettantisme sénile plane sur toute cette entreprise.</p>
<p>Assurément, quelques « restes » s'étaient rassemblés au début autour de la bannière de la Quatrième Internationale. Mais l'énorme travail de sélection, de nettoyage et de rééducation a été accompli ici sur la base d'une théorie scientifique et d'un programme clair. Ce travail, dont les philistins n'ont jamais compris le sens et l'importance, s'est poursuivi et se poursuit encore dans une atmosphère de discussion libre, ouverte et patiente. Celui qui n'a pas réussi ce test a prouvé dans l'action son incapacité organique à contribuer quoi que ce soit à la construction d'une Internationale révolutionnaire. Ce sont ces « vestiges » vannés, usés et rejetés qui ont été incorporés aujourd'hui dans le « Fonds » du centrisme international. Ce seul fait donne à l'ensemble de l'entreprise le cachet d'un handicap désespéré.</p>
<p>Dans un moment de lucidité, Marceau Pivert a déclaré il y a quelques années que toute tendance de la classe ouvrière menant une lutte contre le « trotskisme » se caractérise par là même comme une tendance réactionnaire. Cela n'a pas empêché Pivert, en tant que centriste congénital dont les paroles sont toujours contraires à ses actes, de rejoindre le Bureau de Londres, qui cherche à créer sa propre physionomie en se détournant convulsivement du « trotskysme ».</p>
<p>Il n'est cependant pas difficile de prédire que la bourgeoisie, les réformistes et les staliniens continueront à qualifier les créateurs du « Fonds » de « trotskystes » ou de « semi-trotskystes ». Cela se fera en partie par ignorance, mais surtout pour les contraindre à s'excuser, à se justifier et à se démarquer. Et ils jurent en fait, de toutes leurs forces, qu'ils ne sont pas du tout trotskystes et que s'il leur arrive d'essayer de rugir comme des lions, alors, comme leur prédécesseur Bottom le tisserand, ils réussiront à « rugir » comme des colombes allaitantes. . Nous les connaissons : ce ne sont pas des novices. Les Fenner Brockway, les Walcher, les Brandler, les Sneevliet, les Pivert, ainsi que les éléments rejetés de la Quatrième Internationale, ont réussi, au cours de longues années – pour certains, des décennies – à manifester leur éclectisme désespéré en théorie et en leur stérilité en pratique. Ils sont moins cyniques que les staliniens et un peu à gauche des sociaux-démocrates de gauche – c'est tout ce qu'on peut dire d'eux. C'est pourquoi dans la liste des Internationaux ils doivent donc être inscrits sous le numéro trois et un huitième ou trois et un quart. Avec ou sans « fonds », ils entreront dans l'histoire comme une association de citrons pressés. Lorsque les grandes masses, sous les coups de la guerre, se mettront en mouvement révolutionnaire, elles ne prendront pas la peine de s'enquérir de l'adresse du Bureau de Londres.</p>
<p>Points de vue</p>
<p>Toutes les forces et tous les ressorts de la dernière guerre sont à nouveau mis en mouvement, mais sous une forme incomparablement plus violente et ouverte. Le mouvement suit des sillons bien usés et se déroule donc à un rythme plus rapide. Personne ne croit aujourd'hui, comme à la veille de 1914, à l'inviolabilité des frontières ou à la stabilité des régimes. C'est un énorme avantage pour le parti révolutionnaire. Si, à la veille de la dernière guerre, les sections de la IIe Internationale elles-mêmes ne savaient pas encore quelle serait leur conduite le lendemain et adoptaient des résolutions surrévolutionnaires ; si les éléments de gauche ne se sont libérés que progressivement du marécage pacifiste et ont cherché leur chemin à tâtons, alors aujourd'hui toutes les positions de départ ont été occupées avec précision avant la guerre. Personne n'attend une politique internationaliste de la part des partis sociaux-démocrates, qui eux-mêmes ne promettent que la « défense de la patrie ». Le départ des sociaux-patriotes tchèques de la IIe Internationale marque le début de la désintégration officielle de cette dernière selon des lignes nationales. La politique de la Troisième Internationale est fixée d'avance presque aussi distinctement ; le pronostic dans ce cas n'est que légèrement compliqué par un élément d'aventurisme. Si les sociaux-démocrates et ex-communistes allemands et italiens sont des défaitistes platoniques, c'est uniquement parce qu'Hitler et Mussolini leur interdisent d'être des patriotes. Mais partout où la bourgeoisie continuera à alimenter la bureaucratie ouvrière, les sociaux-démocrates et les ex-communistes se trouveront entièrement du côté de leurs états-majors et, de plus, le premier violon du chauvinisme sera entre les mains des musiciens de l'école Staline. Non seulement le violon, mais aussi le revolver pointé contre les ouvriers révolutionnaires.</p>
<p>Au début de la dernière guerre, Jean Jaurès fut assassiné, et à la fin de la guerre, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. En France, l'assassinat du chef du Parti socialiste français n'a pas dissuadé d'autres dirigeants d'entrer dans le gouvernement de guerre impérialiste. En Allemagne, l'assassinat de deux grands révolutionnaires a eu lieu avec la participation directe du gouvernement social-démocrate. Le véritable meurtrier en France était un obscur chauvin petit-bourgeois, tandis qu'en Allemagne, ce sont des officiers contre-révolutionnaires qui ont commis le meurtre. La situation aujourd'hui, même à cet égard, est incomparablement plus claire. Le travail d'extermination des internationalistes avait déjà commencé à l'échelle mondiale avant le déclenchement de la guerre. L'impérialisme n'a plus besoin de dépendre d'un « heureux hasard ». La mafia stalinienne dispose d'une agence internationale toute prête pour l'extermination systématique des révolutionnaires. Jaurès, Liebknecht et Luxembourg jouissaient d'une renommée mondiale en tant que dirigeants socialistes. Rudolf Klement était un jeune révolutionnaire encore peu connu. Néanmoins, l'assassinat de Klement parce qu'il était secrétaire de la Quatrième Internationale revêt une profonde signification symbolique. Par l'intermédiaire de ses gangsters staliniens, l'impérialisme indique d'avance de quel côté le danger mortel le menacera en temps de guerre. Les impérialistes ne se trompent pas. S'ils ont réussi, après la dernière guerre, à se maintenir partout sauf en Russie, c'est uniquement grâce à l'absence de partis révolutionnaires. Se libérant difficilement de l'écheveau de l'ancienne idéologie, avec son fétichisme de « l'unité », la plupart des éléments d'opposition de la social-démocratie n'allèrent pas plus loin que le pacifisme. Dans les moments critiques, de tels groupements se sont révélés plus capables de freiner le mouvement révolutionnaire de masse que de le diriger. En ce sens, il n'est pas exagéré de dire que « l'unité » des partis de la IIe Internationale a sauvé la bourgeoisie européenne.</p>
<p>Actuellement, des sections de la Quatrième Internationale existent dans trente pays. Il est vrai qu'ils ne sont que l'avant-garde de l'avant-garde. Mais si aujourd'hui, avant la guerre, nous avions des organisations révolutionnaires de masse, alors la révolution et non la guerre serait à l'ordre du jour. Cela nous manque bien sûr et nous ne nous faisons aucune illusion à ce sujet. Mais la position de l'avant-garde révolutionnaire est bien plus favorable aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a vingt-cinq ans. La principale conquête est qu'avant la guerre, il existait déjà dans tous les pays les plus importants du monde des cadres éprouvés, au nombre de centaines et de milliers de révolutionnaires en nombre croissant, soudés entre eux par l'unité d'une doctrine et éprouvés à l'école des persécutions les plus cruelles. par la bourgeoisie impérialiste, la social-démocratie et, en particulier, la mafia stalinienne. La Deuxième, la Troisième et l'Internationale d'Amsterdam ne peuvent actuellement pas convoquer leurs congrès, parce qu'elles sont paralysées par leur dépendance à l'égard de l'impérialisme et parce qu'elles sont déchirées par des contradictions « nationales ». Au contraire, les sections de la Quatrième Internationale, malgré leurs ressources extrêmement maigres, les difficultés d'obtention des visas, l'assassinat de leur secrétaire et la salle des répressions, ont pu, au moment le plus critique, convoquer leur congrès international et adopter des décisions unanimes, dans lequel les tâches de la lutte titanesque actuelle sont formulées de manière précise et concrète, sur la base de toute l'expérience historique.</p>
<p>Ces précieux cadres ne seront déviés de leur route par aucune vague de chauvinisme, ni intimidés par les Mausers et les couteaux staliniens. La Quatrième Internationale entrera dans la prochaine guerre comme une unité étroitement soudée, dont les sections pourront suivre une seule et même politique, quelles que soient les frontières et les tranchées qui les divisent. Il est fort possible qu'au début de la guerre, lorsque l'instinct aveugle de conservation combiné à la propagande chauvine poussera les masses populaires vers leurs gouvernements, les sections de la Quatrième Internationale se trouveront isolées. Ils sauront résister à l'hypnose nationale et à l'épidémie de patriotisme. Dans les principes de l'internationalisme, ils trouveront un rempart contre la panique grégaire d'en bas et la terreur d'en haut. Ils considéreront avec mépris les oscillations et les hésitations de la « démocratie » philistine. En revanche, ils écouteront attentivement les couches les plus opprimées de la population et l'armée qui verse son sang. Chaque nouveau jour de guerre jouera en notre faveur. L'humanité est devenue plus pauvre qu'elle ne l'était il y a vingt-cinq ans, tandis que les moyens de destruction sont devenus infiniment plus puissants. Dès les premiers mois de la guerre, une réaction orageuse contre les vapeurs du chauvinisme s'installera parmi les masses laborieuses. Les premières victimes de cette réaction, avec le fascisme, seront les partis de la Deuxième et de la Troisième Internationale. Leur effondrement sera la condition indispensable d'un mouvement révolutionnaire déclaré, qui ne trouvera pour sa cristallisation aucun autre axe que la Quatrième Internationale. Ses cadres trempés conduiront les travailleurs à la grande offensive.</p>
<p>Léon Trotsky</p>
<p>Octobre 1938</p>
<p>Remarques</p>
<p>1. Dès son arrivée en Angleterre, l'ancien président tchécoslovaque Benes a déclaré à la presse que le sort de la Tchécoslovaquie était entre des « mains fiables ». Cela a mis tous les points sur les i. Toutes les distinctions entre démocratie et fascisme se sont estompées lorsqu'il s'est avéré qu'il s'agissait des intérêts fondamentaux du capitalisme. Benes, démocrate et francophile, n'éprouve aucune honte à reconnaître publiquement le général Syrovy, fascistophile et germanophile, comme un guide « fiable » du destin de la Tchécoslovaquie. En dernière analyse, ils sont tous deux les intendants d'un seul et même maître.</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/imperial.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/trotsky/1938/10/imperial.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p></div>
Réponse de VDT au camarade Bibeau sur le défaitisme révolutionnaire
https://matierevolution.org/spip.php?article9609
https://matierevolution.org/spip.php?article96092026-06-08T22:16:00Ztext/htmlfrKarobLénineGuerre WarImpérialisme
<p>## L'insurrection populaire **avec** le défaitisme révolutionnaire, non contre lui <br class='autobr' />
### Réponse fraternelle de Voix des Travailleurs à Normand et Robert Bibeau **Camarade Bibeau,** <br class='autobr' />
Votre article *L'insurrection populaire plutôt que le « Défaitisme Révolutionnaire »* publié le 17 mars 2026 sur *les 7 du Québec* mérite une réponse circonstanciée. Sur la phase historique que nous traversons — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la « FORTERESSE AMERICA », repartage du monde (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot31" rel="tag">Lénine</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag">Impérialisme</a>
<div class='rss_texte'><p>## L'insurrection populaire **avec** le défaitisme révolutionnaire, non contre lui</p>
<p>### Réponse fraternelle de Voix des Travailleurs à Normand et Robert Bibeau</p>
<p>— -</p>
<p>**Camarade Bibeau,**</p>
<p>Votre article *L'insurrection populaire plutôt que le « Défaitisme Révolutionnaire »* publié le 17 mars 2026 sur *les 7 du Québec* mérite une réponse circonstanciée. Sur la phase historique que nous traversons — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la « FORTERESSE AMERICA », repartage du monde par la guerre, troisième guerre mondiale interimpérialiste déjà engagée — il y a peu à objecter et beaucoup à reprendre dans votre dénonciation du social-chauvinisme. Sur le programme, en revanche, votre construction politique s'effondre dès qu'on confronte votre texte aux textes mêmes que vous invoquez. Cette réponse est fraternelle, mais elle ne fait pas de concession sur le fond.</p>
<p>— -</p>
<p>### 1. Le défi philologique se retourne contre vous</p>
<p>Vous mettez vos contradicteurs au défi de produire l'expression « défaitisme révolutionnaire » dans le russe original de Lénine, en présentant cette expression comme une « formulation employée par ses détracteurs pour discréditer les révolutionnaires ». Vous écrivez : « JAMAIS LÉNINE N'A ASSOCIÉ, DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT, LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE À LA MOINDRE 'DÉFAITE' OU AU MOINDRE 'DÉFAITISME' ».</p>
<p>Or vous citez vous-même *De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste* (26 juillet 1915). Relisons ce que Lénine y écrit littéralement :</p>
<p>> « Les adversaires **du mot d'ordre du défaitisme** ont tout simplement peur d'eux-mêmes, car ils n'osent pas regarder en face ce fait archiévident qu'il existe une liaison indissoluble entre l'agitation révolutionnaire contre le gouvernement et le concours apporté à la défaite de ce dernier. »</p>
<p>Et plus loin :</p>
<p>> « **Récuser le mot d'ordre de défaitisme**, c'est ramener l'esprit révolutionnaire à une phrase vide de sens ou à une pure hypocrisie. »</p>
<p>Le mot russe est *porazhenchestvo* (поражeнчество). Lénine ne l'emploie pas comme injure venue de ses adversaires : il l'assume comme **mot d'ordre prolétarien**, et il qualifie d'« adversaires » ceux qui le récusent. Vous adoptez précisément, mot pour mot, la position que Lénine identifie comme celle des social-chauvins et des conciliateurs : « Récuser le mot d'ordre de défaitisme ». Vous prétendez réfuter une formulation que Lénine avait déjà adoptée et défendue.</p>
<p>Quant à l'expression complète « défaitisme révolutionnaire », elle est employée littéralement par Trotsky en mai 1938 dans *Il faut apprendre à penser* :</p>
<p>> « **Le défaitisme révolutionnaire** signifie seulement que dans sa lutte de classe le parti du prolétariat ne s'arrête devant aucune considération 'patriotique', car la défaite de son propre gouvernement impérialiste, provoquée ou accélérée par le mouvement révolutionnaire des masses est un mal infiniment moindre que la victoire de ce gouvernement, acquise au prix de l'union nationale, c'est-à-dire de la prostration politique du prolétariat. C'est en cela tout le sens du défaitisme, et ce sens est pleinement suffisant. »</p>
<p>Filiation directe : *porazhenchestvo* léninien 1915 → « défaitisme révolutionnaire » trotskyen 1938 → Programme de Transition → Barta et l'Union Communiste 1940-1953 → Matière et Révolution. Ce n'est ni une « formulation de détracteurs » ni une « version gauchiste » : c'est la colonne vertébrale stratégique de la tradition à laquelle vous prétendez vous rattacher.</p>
<p>— -</p>
<p>### 2. L'erreur d'attribution à Trotsky du slogan « ni victoire ni défaite »</p>
<p>Vous écrivez que « le slogan réducteur et démoralisant de 'défaitisme révolutionnaire' semble être la version 'gauchiste' du slogan de Trotsky de : 'ni victoire, ni défaite' ». Erreur factuelle directement réfutable par le texte de Lénine que vous citez.</p>
<p>Lénine attribue explicitement ce slogan, non à Trotsky, mais à **Semkovski et au Comité d'organisation menchévique** :</p>
<p>> « Et par quoi donc nous offre-t-on de remplacer le 'mot d'ordre' de la défaite ? Par le 'mot d'ordre' : 'Ni victoire ni défaite !' (Semkovski, dans le n°2 des *Izvestia*. De même que tout le Comité d'organisation dans le n°1). »</p>
<p>Le reproche de Lénine à Trotsky est autre, et il faut être précis : Lénine reproche à Trotsky des « phrases ampoulées par lesquelles Trotski justifie toujours l'opportunisme » et le fait de se placer pratiquement « au point de vue de la guerre que mènent les gouvernements ». Critique sévère, qui range Trotski en 1915 parmi les « acolytes impuissants des social-chauvins » — mais qui n'est pas le grief « ni victoire ni défaite » fait à Semkovski et aux mencheviks. Confondre les deux critiques brouille la cartographie léninienne de 1915.</p>
<p>Et accessoirement, Trotsky lui-même corrigera sa position de 1915 et fera la sienne celle de Lénine — c'est tout le sens de *Il faut apprendre à penser* en 1938, qui assume et défend explicitement le défaitisme révolutionnaire comme position de la Quatrième Internationale.</p>
<p>— -</p>
<p>### 3. La fausse opposition « défaitisme » contre « triomphalisme prolétarien »</p>
<p>Vous construisez le cœur rhétorique de votre article sur une opposition entre le « défaitisme » présenté comme « réducteur et démoralisant » et le « triomphalisme prolétarien » présenté comme son contraire dialectique. Cette opposition est fictive et elle repose sur une lecture sentimentale du mot.</p>
<p>Chez Lénine, le « défaitisme » n'a aucune charge psychologique de découragement : c'est le nom technique d'une position politique précise, qui consiste à souhaiter et à concourir à la défaite militaire de **son propre État bourgeois** dans une guerre réactionnaire, parce que cette défaite affaiblit l'appareil de répression bourgeois et crée les conditions objectives de la révolution. Lénine le dit avec une précision qui ne laisse aucune marge d'interprétation :</p>
<p>> « La révolution en temps de guerre, c'est la guerre civile ; or, d'une part, la transformation d'une guerre de gouvernements en une guerre civile est facilitée par les revers militaires (par la 'défaite') des gouvernements ; d'autre part, il est impossible de contribuer pratiquement à cette transformation si l'on ne pousse pas, du même coup, à la défaite. »</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire est donc **la forme pratique** du triomphalisme prolétarien, pas son antonyme. Rejeter le défaitisme révolutionnaire au nom du « triomphalisme prolétarien » revient à conserver l'enveloppe rhétorique en vidant le contenu de classe : il reste un mot d'ordre déclamatoire (« renverser le capitalisme ») qui peut accueillir n'importe quel contenu — y compris celui de la « défense de la patrie » repeinte en rouge, comme l'avait montré David, le leader des opportunistes allemands, justement cité par Lénine.</p>
<p>Et historiquement, la Commune de Paris que vous mobilisez comme exemple paradigmatique est précisément un cas de défaitisme révolutionnaire victorieux : la Commune naît de la défaite de Sedan. Octobre 1917 naît de la défaite militaire de l'État tsariste puis de Kerenski. La révolution allemande de novembre 1918 naît de la défaite du Reich. La révolution prolétarienne victorieuse passe **toujours**, dans toute l'expérience historique du mouvement ouvrier, par la défaite militaire de son propre État bourgeois. C'est exactement ce que Lénine théorise et nomme défaitisme révolutionnaire.</p>
<p>— -</p>
<p>### 4. Le test léninien à trois critères que vous esquivez</p>
<p>Lénine, dans le même texte, propose un test rigoureux qui mérite d'être appliqué à votre article :</p>
<p>> « Celui qui voudrait sérieusement réfuter le 'mot d'ordre' de la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste devrait démontrer un de ces trois points : que la guerre de 1914-1915 n'est pas réactionnaire ; que la révolution à l'occasion de cette guerre est impossible ; que la corrélation et la coopération des mouvements révolutionnaires de tous les pays belligérants sont impossibles. »</p>
<p>Or, qu'est-ce que votre article démontre ?</p>
<p>Premièrement, il démontre que la guerre actuelle **est** réactionnaire et impérialiste : vous dénoncez la « FORTERESSE AMERICA » comme programme de la bourgeoisie impérialiste occidentale et identifiez la phase actuelle comme « 3e Guerre mondiale interimpérialiste qui a débuté ». Point 1 invalidé.</p>
<p>Deuxièmement, il démontre que la révolution prolétarienne **est** possible et nécessaire : vous citez Lénine sur les « semaines où se passent des décennies » et appelez à abattre « ce régime capitaliste de profits et d'emplois mortifères ». Point 2 invalidé.</p>
<p>Troisièmement, votre article se conclut par « PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS » — donc la coordination internationale **est** possible. Point 3 invalidé.</p>
<p>Vous validez donc en pratique les trois prémisses du défaitisme révolutionnaire, mais vous en récusez la conclusion. C'est exactement la position que Lénine identifie comme « ne pas rompre réellement avec le social-chauvinisme ». Votre rejet du « défaitisme » n'est ni théorique ni politique — il est sentimental. Vous n'aimez pas le mot. Cela ne suffit pas à le réfuter.</p>
<p>— -</p>
<p>### 5. Ce que Trotsky 1938 ajoute — et qui vous concerne directement</p>
<p>Le texte *Il faut apprendre à penser* (20 mai 1938) ne polémique pas contre le défaitisme révolutionnaire — il le défend contre les ultra-gauches qui le transforment en formule abstraite et mécanique. Trotsky écrit :</p>
<p>> « Les scholastes ultra-gauches n'opèrent pas avec des notions concrètes, mais avec des abstractions vides. C'est en une abstraction vide de ce genre qu'ils ont changé l'idée de défaitisme. Ils ne se représentent de façon vivante ni la marche de la guerre ni la marche de la révolution. Ils cherchent une formule hermétiquement bouchée qui ne laisse pas passer l'air frais. »</p>
<p>Cette critique vise les ultra-gauches sectaires qui appliquent le défaitisme comme un signe « moins » automatique en face de tout signe « plus » de la bourgeoisie. Trotsky introduit la différenciation décisive du paragraphe 44 des Thèses de la Quatrième Internationale : « en distinguant strictement d'ailleurs un État ouvrier d'un État bourgeois, un pays colonial d'un pays impérialiste ».</p>
<p>Trotsky donne l'exemple d'un soulèvement national algérien armé par l'Italie fasciste contre la France démocratique : les ouvriers italiens ne saboteront pas les bateaux d'armes pour les rebelles, et les ouvriers français au contraire feront tout pour empêcher leur bourgeoisie d'envoyer des armes contre les rebelles. Le défaitisme y est non seulement compatible avec, mais identique à, l'internationalisme prolétarien — appliqué concrètement, pas mécaniquement.</p>
<p>Conséquence pour aujourd'hui : le défaitisme révolutionnaire dans la troisième guerre mondiale interimpérialiste ne signifie pas « renvoyer dos à dos » Washington et Pékin de façon abstraite. Il signifie que **dans chaque pays impérialiste**, le prolétariat doit faire la défaite militaire de **sa propre** bourgeoisie. Le prolétariat américain doit souhaiter et préparer la défaite de Trump et de la « FORTERESSE AMERICA ». Le prolétariat russe doit souhaiter et préparer la défaite de Poutine. Le prolétariat chinois la défaite de Xi. Le prolétariat français la défaite de Macron-Lecornu et de leur Loi de Programmation Militaire à 413 milliards d'euros. Le prolétariat britannique la défaite de Starmer et du complexe d'armement britannique. Le prolétariat allemand la défaite de Merz et du *Sondervermögen* de 500 milliards. Sans cela, votre dénonciation indifférenciée des « challengers RENÉGATS chinois, russes, iraniens et nord-coréens » devient interchangeable avec un campisme par défaut — soit anti-américain, soit anti-oriental, selon les humeurs du jour.</p>
<p>— -</p>
<p>### 6. Le risque objectif : campisme et essentialisme</p>
<p>Vous dénoncez à juste titre la « FORTERESSE AMERICA » comme programme de la bourgeoisie impérialiste occidentale. Mais quand vous écrivez « la couardise et la lâcheté **génétique** des challengers RENÉGATS chinois, russes, iraniens et nord-coréens », vous quittez le terrain du matérialisme historique pour entrer dans celui de l'essentialisme racial. « Génétique » n'est pas un mot que Marx, Engels, Lénine ou Trotski auraient laissé passer dans une polémique de classe.</p>
<p>De même quand vous dénoncez en bloc les « prétentions civilisationnelles de MARTYRS d'idéologies confucéennes, orthodox, islamiques, hindouistes, chrétiennes, etc. réactionnaire moyenâgeuses ». Les religions et idéologies sont des superstructures de rapports de production déterminés. Les traiter comme des essences civilisationnelles homogènes et coextensives à des peuples, c'est adopter le schéma de Samuel Huntington, pas celui de Marx. Et accessoirement, c'est un terrain où la bourgeoisie nous attend de pied ferme — celui où elle a réussi à faire passer le « choc des civilisations » pour une analyse du monde, en évacuant la lutte de classe au profit d'un déterminisme culturel-religieux.</p>
<p>L'imprécation polémique massive de votre texte (« SIONAZIS », « nabot petite-fille de nazie », « idiote de service », « agent orangé aux cheveux peroxydés », « Vercingétorix sous le joug », « gourous SIONAZIS CHRÉTIENS/JUIFS PENTECÔTISTES ») ne remplace pas l'analyse de classe. Marx, Engels, Lénine, Trotski polémiquent vigoureusement — mais ils analysent **toujours** les positions politiques par leur contenu de classe et leur fonction objective, pas par les attributs physiques, ethniques ou religieux des personnes. La forme du discours n'est pas neutre : elle conditionne l'audience prolétarienne qu'on peut espérer toucher et elle protège ou non le texte des récupérations confusionnistes. Le ton fielleux et personnalisé éloigne le prolétariat conscient autant qu'il rapproche les amateurs d'invectives.</p>
<p>— -</p>
<p>### 7. « Insurrection populaire » contre « défaitisme révolutionnaire » : un glissement de paradigme</p>
<p>Vous renvoyez à votre livre *De l'insurrection populaire à la révolution prolétarienne*. Sur la terminologie elle-même : « insurrection populaire » est un terme interclassiste — *peuple*, dans toute sa polysémie populiste depuis 1848 jusqu'à aujourd'hui. « Défaitisme révolutionnaire » désigne au contraire la **rupture de classe** au sein de chaque camp belligérant, le moment précis où le prolétariat se sépare politiquement et pratiquement de sa propre bourgeoisie.</p>
<p>Substituer le premier au second, ce n'est pas un gain de clarté agitationnelle : c'est un glissement de paradigme. Si l'insurrection populaire est conçue comme moment tactique qui précède dialectiquement la révolution prolétarienne, soit. La Commune de Paris commence comme insurrection populaire et devient pouvoir prolétarien. Mais elle ne saurait **remplacer** le mot d'ordre stratégique central qui distingue le prolétariat révolutionnaire de toutes les variantes du défensisme petit-bourgeois et du social-chauvinisme.</p>
<p>Le risque politique du glissement est concret : dans la phase actuelle, où le RN s'organise comme parti de gouvernement bonapartiste et où des fractions militantes se laissent gagner par le populisme jaune-brun, le mot d'ordre d'« insurrection populaire » sans qualification de classe explicite peut accueillir tout et son contraire — du communisme prolétarien au confusionnisme conspirationniste anti-élites de type Soral-Asselineau-Chouard. Le défaitisme révolutionnaire, lui, est imperméable à cette récupération : il définit exactement contre qui (sa propre bourgeoisie nationale), par qui (le prolétariat organisé en parti), et pour quoi (la dictature du prolétariat).</p>
<p>— -</p>
<p>### 8. L'élément que vous omettez : la dictature du prolétariat et le parti</p>
<p>Le commentaire reproduit dans le fil de discussion sous votre article, par un correspondant fraternel, pointe à juste titre l'absence dans votre communiqué initial sur l'Iran et le Liban d'un élément central : « pour tout communiste la guerre révolutionnaire doit mener à la dictature du prolétariat ce qui n'est pas mentionné dans le communiqué. Et pour que cette révolution prolétarienne soit victorieuse il faut un parti internationale et internationaliste qui est à créer. »</p>
<p>C'est le point décisif. Sans dictature du prolétariat comme objectif stratégique explicite, et sans parti internationaliste à construire comme tâche organisationnelle, « insurrection populaire » et « triomphalisme prolétarien » restent des slogans agitationnels — utiles mais insuffisants. Le défaitisme révolutionnaire de Lénine n'est pas un mot d'ordre tactique isolé : il est indissociable du programme complet :</p>
<p>> guerre impérialiste → défaitisme révolutionnaire dans chaque pays → transformation en guerre civile → dictature du prolétariat → Internationale communiste mondiale → société sans classes.</p>
<p>Vous coupez le défaitisme du programme et vous récusez le défaitisme : il ne reste alors qu'une indignation morale anti-impérialiste, certes vigoureuse, certes nécessaire, mais sans tranchant programmatique et sans débouché organisationnel.</p>
<p>Or aujourd'hui, alors que la Russie de Poutine fait la guerre à l'Ukraine, que l'Iran est attaqué, que les USA imposent leur recomposition impérialiste à l'Europe (700 milliards d'euros arrachés par Trump à von der Leyen), que la France relance son industrie d'armement (Dassault, Thales, Nexter, Naval Group, Safran, MBDA) sous prétexte d'« autonomie stratégique européenne », que l'Allemagne mobilise 500 milliards de *Sondervermögen*, que le Royaume-Uni réarme massivement, alors que la troisième guerre mondiale interimpérialiste est entrée dans sa phase active — le mot d'ordre du défaitisme révolutionnaire est précisément ce qui manque dans tout le mouvement ouvrier officiel français et international. Le récuser au moment où il devient le plus nécessaire, c'est un contresens politique majeur.</p>
<p>— -</p>
<p>### 9. Sur la troisième guerre mondiale interimpérialiste : la double tâche</p>
<p>Sur l'analyse de la phase, comme dit en ouverture, nous partageons l'essentiel. La « FORTERESSE AMERICA » est bien le programme de recomposition de la bourgeoisie impérialiste occidentale — repli stratégique sur le continent américain, sanctuarisation des deux douves océaniques, vassalisation tarifaire des « alliés » européens et asiatiques, captation des marchés énergétiques par destruction concurrente, relance de l'industrie d'armement comme dernier secteur compétitif. L'analyse est juste, et elle est cohérente avec la lecture léninienne de l'impérialisme — concurrence interimpérialiste, repartage du monde, crise de surproduction résolue par la destruction et la guerre.</p>
<p>Mais cette analyse de la phase appelle précisément le mot d'ordre que vous récusez. La double tâche du prolétariat dans cette phase est :</p>
<p>D'une part, dénoncer simultanément tous les pôles impérialistes — Washington, Bruxelles, Paris, Londres, Berlin, Moscou, Pékin — sans concession à aucun « moindre mal » géopolitique, sans illusion sur les BRICS comme alternative progressiste, sans soutien à un État capitaliste contre un autre, en distinguant strictement (selon le paragraphe 44 trotskyen) les États impérialistes des pays opprimés sous joug colonial ou semi-colonial.</p>
<p>D'autre part, et c'est inséparable, organiser le défaitisme révolutionnaire dans **chaque** pays impérialiste : refus des crédits de guerre, refus de l'union sacrée, refus de la mobilisation industrielle militaire, expropriation de l'industrie d'armement nationale, comités de soldats avec droit de refus d'ordre, fraternisation aux frontières, grèves dans les ports et les arsenaux contre les transports de troupes et de matériel, transformation de la guerre extérieure en guerre civile pour la dictature du prolétariat.</p>
<p>Sans le second volet, le premier devient bavardage internationaliste sans contenu. Et sans dénoncer la fonction objective des appareils syndicaux et politiques qui freinent ce mot d'ordre — CGT, FSU, Solidaires, LO, NPA-R, RP, LFI, PCF — l'appel au « PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS » reste verbal.</p>
<p>— -</p>
<p>10. Conclusion fraternelle</p>
<p>Sur la phase historique — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la forteresse américaine, troisième guerre mondiale interimpérialiste — nous partageons l'essentiel. Sur le programme, désaccord central et irréductible. Le mot d'ordre pour la phase actuelle reste celui de Lénine 1915, repris et précisé par Trotsky 1938, le Programme de Transition, Barta et l'Union Communiste, et aujourd'hui Matière et Révolution :</p>
<p>**Défaitisme révolutionnaire dans chaque pays. Transformation de la guerre interimpérialiste en guerre civile. Dictature du prolétariat. Internationale ouvrière à reconstruire.**</p>
<p>L'insurrection populaire n'est pas une alternative au défaitisme révolutionnaire — elle peut en être un moment tactique, à condition de se dépasser dialectiquement en révolution prolétarienne consciente, organisée en parti, articulée à l'objectif de la dictature du prolétariat. Coupée du défaitisme, elle reste interclassiste et peut basculer dans n'importe quelle direction, y compris bonapartiste ou jaune-brun. C'est précisément ce dépassement, et non son refus, qui définit la continuité Marx-Engels-Lénine-Trotsky-Barta dont nous nous réclamons.</p>
<p>Comme l'écrivait Trotsky en clôture de *Il faut apprendre à penser* : « Pour mener une juste politique en temps de guerre, il faut apprendre à penser correctement en temps de paix. » La troisième guerre mondiale interimpérialiste a commencé. Il ne reste plus beaucoup de temps de paix pour apprendre.</p>
<p>Fraternellement, sur le terrain commun de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile et de la dictature du prolétariat.</p>
<p>— -</p>
<p>La Voix des Travailleurs</p>
<p>— -</p>
<p>Lire aussi :</p>
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<p><a href="https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article61771" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article61771</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/07/vil19150726.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/07/vil19150726.html</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/05/lt19380520.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/05/lt19380520.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8715" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8715</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6753" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6753</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2888" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2888</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3484" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3484</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7509</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8709</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8155" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8155</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7973" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7973</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390</a></p></div>
NPA-R : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale
https://matierevolution.org/spip.php?article9592
https://matierevolution.org/spip.php?article95922026-05-30T22:21:00Ztext/htmlfrKarobGuerre War
<p>NPA-R, édito du 18 mai 2026 : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale <br class='autobr' />
Le NPA-Révolutionnaires publie son éditorial à la veille du vote de la Loi de programmation militaire. <br class='autobr' />
Source : https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/ <br class='autobr' />
L'article reconnaît, dans son premier paragraphe, que les 436 milliards d'euros de la LPM *« alimentent une course mondiale aux armements et participent à la menace qu'éclate dans un horizon pas si lointain (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><h2 class="spip">NPA-R, édito du 18 mai 2026 : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale</h2>
<p>Le NPA-Révolutionnaires publie son éditorial à la veille du vote de la Loi de programmation militaire.</p>
<p>Source : <a href="https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/</a></p>
<p>L'article reconnaît, dans son premier paragraphe, que les 436 milliards d'euros de la LPM *« alimentent une course mondiale aux armements et participent à la menace qu'éclate dans un horizon pas si lointain une guerre d'envergure ».* La montagne est posée. Six paragraphes plus loin, elle a accouché d'une souris : la seule revendication concrète de l'édito est une augmentation de salaire de 400 euros mensuels et un Smic à 2 000 euros net. Entre la menace de guerre mondiale et la fiche de paie, rien. Pas une ligne pour dire comment le prolétariat de France peut arrêter la machine impérialiste française. Pas une consigne. Pas un programme. L'économisme à l'état pur.</p>
<p>## L'impérialisme français escamoté</p>
<p>L'édito désigne l'adversaire : Trump. *« Vivre dans un pays allié de Trump, ça coûte cher. »* *« Ses sales guerres au Moyen-Orient. »* *« Par sa faute. »* La guerre contre l'Iran est qualifiée d'« américano-israélienne » et le porte-avions Charles de Gaulle se contente de faire des « ronds dans l'eau en appui » — choix de mots qui transforme un acte d'agression impérialiste française en suivisme passif, en figuration. La bourgeoisie française n'est pas l'adversaire principal de l'édito. Elle n'apparaît qu'en clause subordonnée, sous la formule générique des « grandes entreprises françaises ». Thales, Dassault, MBDA, Naval Group, KNDS, Airbus Defence and Space, qui empochent les 36 milliards de rallonge votés ce mardi 19 mai, ne sont pas nommés une seule fois.</p>
<p>C'est la position invariante de Lutte Ouvrière, et le NPA-R la reproduit fidèlement : la France serait un impérialisme de seconde zone, un allié, un suiveur. Cette formule n'est pas une variante secondaire du marxisme. C'est l'opérateur kautskyste de l'ultra-impérialisme, dénoncé par Lénine en 1915 dans *L'impérialisme, stade suprême du capitalisme* : transformer les rapports inter-impérialistes en hiérarchie pacifique de dominants et dominés, gommer la concurrence réelle, et déplacer toute la critique sur la puissance hégémonique pour épargner sa propre bourgeoisie. La France remplit pourtant les cinq critères léninistes de l'impérialisme : capital financier dominant, fusion capital bancaire-industriel, exportation de capitaux, partage du monde entre groupes monopolistes nationaux, partage territorial achevé et constamment redéployé.</p>
<p>## Ce que l'édito ne dit pas : l'Afrique en mouvement</p>
<p>Et c'est précisément sur ce dernier point — le partage territorial constamment redéployé — que le silence du NPA-R devient assourdissant. Pas un mot sur le Mali. Pas un mot sur le Burkina Faso. Pas un mot sur le Niger. Pas un mot sur les événements de Kidal du 26 avril 2026, qui scellent le recul francophone au Sahel. Pas un mot sur la chaîne d'intervention par procuration que la bourgeoisie française met en œuvre pour compenser ce recul : opérations clandestines du renseignement militaire ukrainien (GUR) au Sahel, formation et armement par Paris des Forces Libres Africaines (FLA) contre les juntes de Bamako, Ouagadougou et Niamey. La France a transféré le sale boulot à un proxy — l'Ukraine, qu'elle finance par ailleurs — pendant que l'édito du NPA-R parle du *« pillage des pays pauvres par les pays riches »* comme on récitait un catéchisme avant 1914. Abstraction généralisante, identique à celle qui permit aux socialistes français de voter les crédits de guerre en août 1914 : le pillage est l'œuvre de tous les pays riches en général, donc de personne en particulier, donc pas spécifiquement de la bourgeoisie française.</p>
<p>Et pas un mot, surtout, sur la séquence qui se déroule sous les yeux du NPA-R : Macron vient de sortir d'un déplacement africain — Nairobi, 23 milliards d'euros d'engagements, partenariat avec le Kenya, ATIDI, prise de position de CMA CGM sur le port de Mombasa — qui n'est pas l'agonie d'un empire mais le redéploiement actif d'un impérialisme de plein exercice depuis la zone francophone vers la zone anglophone du continent. Ce n'est pas une défaite française : c'est une recomposition. Et ce redéploiement, qui mobilise précisément les capitaux, l'armement, la diplomatie et les forces auxquels la LPM votée le 19 mai apporte 36 milliards de plus, n'apparaît nulle part dans l'éditorial. Tout se passe comme si la guerre se déroulait quelque part — au Moyen-Orient, dans l'imaginaire d'un Trump tout-puissant — mais jamais en Afrique, jamais sous direction française, jamais à portée d'une grève de dockers à Marseille, d'un blocage à l'aéroport militaire d'Évreux, d'un appel aux soldats du 1er RHP de Tarbes ou aux marins de Toulon. Une analyse de la guerre qui passe à côté du redéploiement africain de l'impérialisme français en mai 2026, c'est une analyse qui demande à être contournée.</p>
<p>## Ce que l'édito refuse de dire</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire — *porazhenchestvo* de Lénine, repris par Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, transmis par Barta — exige cinq positions cumulatives : nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal, appeler à la défaite militaire de son propre gouvernement, exiger l'expropriation sans indemnité de l'industrie d'armement nationale, appeler à la constitution de comités de soldats avec droit de refus d'ordres, et articuler le tout à la dictature du prolétariat et à l'Internationale à reconstruire. L'édito du NPA-R ne valide aucune de ces cinq positions. Pas un appel aux marins du Charles de Gaulle. Pas un appel aux dockers de Toulon ou de Marseille pour refuser de charger les obus à destination du Sahel ou du Levant. Pas un appel aux ouvriers de Roanne, Bourges, Saint-Chamond, Marignane, Bordes pour bloquer la production d'armement. Pas un appel à la fraternisation avec les soldats iraniens, les ouvriers de Téhéran ou de Tabriz, ni avec les populations maliennes, burkinabées, nigériennes en lutte contre la recomposition impérialiste qui les vise. Pas un mot sur l'expropriation de Thales et Dassault. Pas un mot sur l'Internationale.</p>
<p>L'édito ne sort pas du cadre national de la négociation salariale. Il ne pose à aucun moment la question : comment empêcher matériellement le départ d'un convoi d'armes, le décollage d'un Rafale chargé, l'appareillage d'un bâtiment de guerre, l'embarquement d'un instructeur militaire vers Kiev ou vers Nairobi ? Ce silence n'est pas un oubli. C'est la position.</p>
<p>## La fausse auto-organisation</p>
<p>L'édito conclut : *« rien ne nous empêche d'organiser, à la base, une lutte qui s'étende partout où les bas salaires sévissent. »* Formule centriste classique. La fraction révolutionnaire dans les syndicats existants, méthode Barta dans la CGT des années 1940, n'est pas posée. La construction du parti embryonnaire, section française d'une Internationale à reconstruire, n'est pas posée. Le Front Unique Prolétarien comme stratégie d'unité du prolétariat sur son propre terrain de classe n'est pas posé. L'« organisation à la base » sans aucun de ces leviers concrets n'est pas l'auto-organisation prolétarienne : c'est l'invocation d'une spontanéité abstraite, qui dispense de poser la question du programme et de l'organisation. Les directions syndicales confédérales — CGT, FO, FSU, Solidaires — qui se taisent sur la LPM, qui votent ou laissent voter dans leurs branches les productions militaires, ne sont pas nommées. Le silence sur la chaîne Marignane-Bordes-Bourges-Saint-Chamond protège les bureaucraties syndicales en même temps qu'il protège la bourgeoisie française.</p>
<p>Et pendant que l'édito explique qu'« il ne sert à rien d'attendre 2027 », la page d'accueil du même site, le même jour, met « à la une » une vidéo titrée *« Le NPA Révolutionnaires sera présent aux élections présidentielles de 2027 ! »*, doublée d'un article complet — *« Présidentielles 2027 : le NPA-R s'engage dans une campagne ouvrière et révolutionnaire »* — qui théorise par le détail les modalités de cette candidature. La phraséologie anti-électoraliste de l'édito recouvre la pratique électoraliste effective affichée à dix centimètres au-dessus. Contradiction de centriste, jamais théorisée, jamais expliquée aux lecteurs : on leur dit dans l'édito que la présidentielle est un piège — et on les invite, sur la même page, à soutenir la candidature NPA-R à cette même présidentielle. Le centrisme parle deux langues simultanément parce qu'il vit deux pratiques simultanément, l'une révolutionnaire en mots, l'autre réformiste en actes.</p>
<p>## Le même jour, à l'autre bout du même mensonge : Lutte Ouvrière</p>
<p>Et il y a plus comique encore. Le même 18 mai 2026, Nathalie Arthaud signe pour Lutte Ouvrière un éditorial qui dénigre « le cirque présidentiel », « la comédie dont il ne faut rien attendre », et appelle les travailleurs à se détourner des urnes pour « s'organiser pour mener la lutte de classe ». Pas une ligne pour préciser qu'Arthaud sera elle-même candidate à cette présidentielle de 2027. Pas un mot. Côté NPA-R : édito anti-élections, et sur la même page d'accueil une vidéo « À la une » et un article complet annonçant la candidature pour 2027. Côté LO : édito anti-élections signé par la candidate elle-même, qui se garde bien de le dire. Deux éditos synchrones, deux postures identiques : *l'électoralisme honteux*. On dénigre publiquement les urnes pour rassurer la base militante sur la pureté révolutionnaire, et on s'y présente quand même pour ne pas perdre la subvention publique, la profession de foi distribuée à tous les foyers, le temps d'antenne, et le rituel groupusculaire qui tient lieu d'horizon stratégique depuis quarante ans. Mieux : l'article du NPA-R sur 2027 propose explicitement une campagne commune à Lutte Ouvrière — proposition que LO aurait annoncé refuser. Symétrie parfaite, fusion programmée puis manquée — sur la base d'un programme inexistant des deux côtés, soudés non par une stratégie mais par cette même incapacité à articuler candidature et révolution autrement que par le mensonge à leurs propres lecteurs. Lénine en 1920, dans *La maladie infantile du communisme*, distinguait la position léniniste de l'abstentionnisme : utilisation de la tribune parlementaire bourgeoise *et* construction simultanée des soviets. LO et le NPA-R pratiquent la moitié électoraliste de l'équation tout en répudiant verbalement le terrain électoral. C'est l'inversion exacte du léninisme : la tribune sans les soviets, et la dénégation de la tribune par-dessus le marché.</p>
<p>## La position objective</p>
<p>Reconnaître la menace de guerre mondiale et conclure par une revendication salariale, c'est désarmer le prolétariat devant la guerre. C'est lui dire qu'il peut réclamer son dû sans poser la question du pouvoir, sans poser la question de l'armement, sans poser la question de l'État, sans poser la question des opérations clandestines françaises au Sahel, sans poser la question du redéploiement vers Nairobi. C'est lui interdire d'utiliser sa position de classe productrice — y compris dans les usines d'armement, sur les bases militaires, dans les ports, sur les voies de chemin de fer qui transportent les obus, dans les aéroports militaires qui acheminent les conseillers — pour stopper la guerre impérialiste française. C'est, objectivement, une position sociale-chauvine : compatible avec la marche à la guerre du capital français, parce qu'elle ne pose aucun acte qui pourrait l'enrayer.</p>
<p>La revendication des 400 euros est juste. Elle est nécessaire. Mais sans l'échelle mobile des salaires indexée sur les prix calculés par contrôle ouvrier, sans l'échelle mobile des heures, sans la confiscation des gros capitaux et l'expropriation sans indemnité des industries d'armement, sans le défaitisme révolutionnaire intégral devant la guerre d'Iran, la LPM, l'intervention par procuration au Sahel et la recomposition vers l'Afrique anglophone, elle est une lutte d'arrière-garde présentée comme avant-garde. La montagne du 19 mai 2026 — vote de 36 milliards de plus pour tuer — méritait autre chose qu'une souris salariale.</p>
<p># Premier mensonge du NPA-R : « c'est la faute de Trump »</p>
<p>**Brève — édito NPA-Révolutionnaires du 18 mai 2026**</p>
<p>Le NPA-Révolutionnaires sort le 18 mai 2026 un éditorial qui, le jour où l'Assemblée s'apprête à voter 36 milliards de rallonge à la Loi de programmation militaire, désigne au prolétariat français un seul et unique responsable : Donald Trump. *« Vivre dans un pays allié de Trump, ça coûte cher. »* *« Trump fait payer au monde entier ses sales guerres au Moyen-Orient. »* *« Par sa faute, de plus en plus de pays sont confrontés aux pénuries d'électricité. »* Toute la chaîne causale — la guerre, les pénuries d'énergie, les pénuries alimentaires, les licenciements, l'inflation, jusqu'au panier de courses du supermarché — est imputée à un homme : le président des États-Unis.</p>
<p>C'est le premier mensonge, et c'est le mensonge fondateur. Parce que pendant que le NPA-R désigne Washington, à Paris la bourgeoisie française vote 36 milliards de plus pour ses canons. Pendant que le NPA-R désigne Washington, le porte-avions Charles de Gaulle croise au large de l'Iran — pas en « appui » comme le prétend l'édito, mais en acteur de plein droit d'une agression impérialiste à laquelle la France a sa part. Pendant que le NPA-R désigne Washington, le renseignement militaire ukrainien (GUR), financé et armé par Paris, exécute pour le compte de la bourgeoisie française les opérations clandestines au Sahel que l'armée française ne peut plus mener directement après les défaites de Bamako, Ouagadougou et Niamey. Pendant que le NPA-R désigne Washington, Macron sort d'un déplacement à Nairobi avec 23 milliards d'engagements et redéploie depuis la zone francophone en recul vers l'Afrique anglophone, le port de Mombasa, le partenariat avec le Kenya, ATIDI, CMA CGM. Cette séquence — l'impérialisme français en pleine recomposition active, mai 2026 — n'apparaît nulle part dans l'édito du NPA-R. Pas un mot.</p>
<p>Désigner Trump comme l'adversaire principal, c'est la formule sociale-chauvine la plus efficace de 2026. Elle permet à un militant NPA-R de paraître anti-impérialiste tout en n'attaquant jamais sa propre bourgeoisie. Elle permet de mobiliser le ressentiment populaire contre les États-Unis pour le détourner du seul terrain où il pourrait devenir révolutionnaire : la lutte contre l'État français, son armée, son industrie d'armement, ses opérations en Ukraine, au Sahel, au Levant, en Afrique anglophone. C'est exactement la fonction qu'a remplie en août 1914 le « c'est la faute du Kaiser » pour les socialistes français votant les crédits de guerre, et le « c'est la faute des Alliés » pour les sociaux-démocrates allemands faisant la même chose au Reichstag : externaliser l'adversaire pour épargner sa propre bourgeoisie.</p>
<p>Cette position porte un nom dans le marxisme. Lénine l'a appelée *social-chauvinisme* en 1915, dans *Le socialisme et la guerre* : « socialiste en paroles, chauvin en actes ». La rhétorique anti-Trump tient lieu de socialisme en paroles. Le silence complet sur Thales, Dassault, MBDA, KNDS, Naval Group, Airbus Defence and Space, sur la chaîne ukrainienne, sur le redéploiement vers Nairobi — c'est le chauvinisme en actes. Le NPA-R n'est pas seul à pratiquer cette opération : Lutte Ouvrière fait la même chose depuis quarante ans avec sa formule de la France « impérialisme de seconde zone », opérateur kautskyste qui transforme la concurrence inter-impérialiste réelle en hiérarchie pacifique de dominants et dominés. Le NPA-R reproduit la même position en la modernisant : on remplace « les États-Unis dominent » par « Trump est aux commandes », mais le résultat politique est identique. La bourgeoisie française est épargnée. Sa LPM est votée. Ses ouvriers de l'armement restent à leur poste. Ses dockers chargent les obus. Ses marins embarquent sur le Charles de Gaulle. Ses Rafale décollent vers l'Iran et vers Nairobi.</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire — *porazhenchestvo* de Lénine en 1915, repris par Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, transmis par Barta dans la résistance à l'Union sacrée stalino-gaulliste de 1944 — pose une règle non négociable : **chaque prolétariat combat principalement sa propre bourgeoisie**. Le prolétariat français n'arrêtera pas la guerre en s'indignant de Trump à Washington. Il l'arrêtera en bloquant les convois d'armes à Marseille, en stoppant les Rafale sur les pistes d'Évreux, en immobilisant les chaînes de production de Bordes, Bourges, Marignane, Saint-Chamond, en appelant à la fraternisation les marins du Charles de Gaulle et les soldats du 1er RHP de Tarbes, en exigeant l'expropriation sans indemnité de Thales et de Dassault, et en se donnant pour horizon la dictature du prolétariat et l'Internationale à reconstruire. Aucun de ces actes n'est nommé dans l'édito du NPA-R. C'est exactement ce que le mensonge « c'est Trump » sert à empêcher de penser.</p>
<p>Le premier mensonge produit tous les autres. Désigner Trump, c'est dispenser le NPA-R de désigner l'industrie d'armement française. Dispenser le NPA-R de désigner l'industrie d'armement française, c'est dispenser le NPA-R de mener la fraction révolutionnaire dans la CGT de Marignane. Dispenser le NPA-R de mener la fraction dans la CGT, c'est se contenter d'une revendication salariale plate — 400 euros, Smic à 2 000 — qui n'enraye rien. La chaîne se déroule entière. *« C'est la faute de Trump »* est le premier maillon. C'est par là qu'il faut commencer à dénoncer.</p></div>
A bas la production massive d'armes, prélude à la guerre mondiale !
https://matierevolution.org/spip.php?article9595
https://matierevolution.org/spip.php?article95952026-05-29T22:24:00Ztext/htmlfrKarobGuerre WarImpérialisme
<p>A bas la production massive d'armes, prélude à la guerre mondiale ! <br class='autobr' />
Lire encore : <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7480 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8252 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7127 <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362 Désarmer les capitalistes et leur (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique117" rel="directory">14 - TRAVAILLEURS SANS FRONTIERES - WORKERS HAVE NO FRONTIERS AND A WORLD TO CONQUER</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag">Impérialisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">A bas la production massive d'armes, prélude à la guerre mondiale !</h2><div class='spip_document_17560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
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</div><div class='spip_document_17577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000018768-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000018768-2-0fefb.jpg?1790037634' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000019166-3ec3e-2.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019166-3ec3e-2-716bd.jpg?1790037635' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019317-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019317-2-944c3.jpg?1790037635' width='500' height='750' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/signal-2025-09-19-170827.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/signal-2025-09-19-170827-48ddd.jpg?1790037635' width='500' height='500' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019320-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019320-2-28a6f.jpg?1790037635' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019334-3.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019334-3-4e1b8.jpg?1790037635' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019336-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019336-2-a879b.jpg?1790037635' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019331-3.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019331-3-cf8b4.jpg?1790037636' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000019338-2.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000019338-2-b4612.jpg?1790037636' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17585 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000045549-5.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/1000045549-5-aadbc.jpg?1790037636' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/socialisme_ou_guerre-4.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/socialisme_ou_guerre-4-8bf93.jpg?1790037636' width='500' height='750' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/339919286_758583309123785_4751786273383185931_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH395/339919286_758583309123785_4751786273383185931_n-a3881.jpg?1790037636' width='500' height='395' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/339933090_732878455201754_133734323437791382_n.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH404/339933090_732878455201754_133734323437791382_n-2dea2.jpg?1790037636' width='500' height='404' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17590 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/signal-2025-03-14-194100_002.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/signal-2025-03-14-194100_002-6fabc.jpg?1790037636' width='500' height='500' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/x1080-5.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/x1080-5-94df3.jpg?1790037636' width='500' height='281' alt='' /></a>
</figure>
</div><div class='spip_document_17592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L225xH225/images-135-c5542.jpg?1790037636' width='225' height='225' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Lire encore :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8249</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7458</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7480" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7480</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8252" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8252</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7127" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7127</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7362</a></p>
<h2 class="spip">Désarmer les capitalistes et leur Etar ! Organiser les travailleurs et les petits soldats ! Armer le prolétariat !</h2></div>