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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Les femmes dans la grande r&#233;bellion de l'Irlande de 1798</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les femmes dans la grande r&#233;bellion de l'Irlande de 1798 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes dans la grande r&#233;bellion de l'Irlande de 1798 &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai jamais lu dans l'histoire d'un pays autant d'histoires de grandes combattantes que dans l'histoire de l'Irlande. Les histoires de Maeve, de Macha, de Granuaile, de Fleas et bien d'autres surprennent quand on regarde l'Irlande d'aujourd'hui et qu'on voit la majorit&#233; de ses femmes si compl&#232;tement indiff&#233;rentes &#224; la lutte qui se d&#233;roule autour d'elles ; se souciant tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les femmes dans la grande r&#233;bellion de l'Irlande de 1798&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les femmes dans la grande r&#233;bellion de l'Irlande de 1798&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais lu dans l'histoire d'un pays autant d'histoires de grandes combattantes que dans l'histoire de l'Irlande. Les histoires de Maeve, de Macha, de Granuaile, de Fleas et bien d'autres surprennent quand on regarde l'Irlande d'aujourd'hui et qu'on voit la majorit&#233; de ses femmes si compl&#232;tement indiff&#233;rentes &#224; la lutte qui se d&#233;roule autour d'elles ; se souciant tr&#232;s peu de la cause nationale, pourvu qu'ils puissent &#234;tre amus&#233;s, bien nourris et prosp&#232;res pour vivre dans le m&#234;me style que leurs amis et contemporains. Mais en 1998, les femmes ont souffert et ont vu d'autres souffrir, et vivaient quotidiennement dans la peur de la brutalit&#233;, de la torture et du meurtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pensais que j'aurais d&#251; avoir du mal &#224; rassembler suffisamment de mat&#233;riel parmi les histoires et les m&#233;moires auxquels j'ai acc&#232;s pour &#233;crire un article sur les femmes de 98. Mais tout au long des r&#233;cits de la lutte pour l'ind&#233;pendance, des allusions aux actes accomplis par les femmes et les filles d&#233;rivent, nous donnant une id&#233;e de la place prise par les femmes irlandaises dans la lutte nationale. Nous les apercevons &#224; travers la fum&#233;e de leurs fermes en feu, et dans la poussi&#232;re et le vacarme des champs de bataille ; et la plupart de ces aper&#231;us nous montrent que les femmes d'Irlande &#233;taient dignes du pays qui les portait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il y a cent ans, la lecture et l'&#233;criture n'&#233;taient pas aussi courantes qu'aujourd'hui, et tr&#232;s peu d'hommes instruits qui se sont battus pour l'Irlande ou qui ont jou&#233; un r&#244;le important dans la lutte pour la libert&#233; ont &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s pour raconter l'histoire. . &#201;crire aussi &#233;tait aussi dangereux que se battre, quand il suffisait de soup&#231;onner un homme d'&#234;tre un patriote &#8211; quand une phrase fortuite d'une lettre intercept&#233;e suffisait, et qu'il &#233;tait arr&#234;t&#233;, emprisonn&#233; et soumis &#224; toutes les tortures qui (britanniques) la cruaut&#233; pouvait inventer, et mais trop souvent couronn&#233;e de la couronne du martyre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il est difficile de recueillir une grande partie des agissements et des souffrances des h&#233;ro&#239;nes de 1998 au cours des ann&#233;es assombries par les lois p&#233;nales, o&#249; il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un crime d'aimer son pays, et quiconque osait lui enseigner l'histoire et raconter le courage de ses patriotes fut punie avec &#171; la plus grande rigueur de la loi &#187;. Des m&#233;moires ont n&#233;anmoins &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s, ainsi que des lettres, dont beaucoup ont surv&#233;cu. Des documents confidentiels ont &#233;t&#233; examin&#233;s par des historiens curieux et leur contenu publi&#233;. Il y a aussi de vieilles ballades qui se transmettent de bouche en bouche ; de vieilles histoires racont&#233;es les nuits d'hiver autour du feu de gazon, racont&#233;es avec r&#233;v&#233;rence par des vieillards dont les p&#232;res avaient pu leur raconter ce qu'ils avaient eux-m&#234;mes souffert et vu se produire en ces jours glorieux. J'ai eu le privil&#232;ge de conna&#238;tre un de ces vieillards quand j'&#233;tais petite, on l'appelait &#171; Mickey Oge &#187;, bien qu'il soit l'homme le plus &#226;g&#233; du quartier. Son p&#232;re, enfant, avait assist&#233; &#224; la bataille de Colloony, ou Carricknagat, comme on l'appelle &#224; Sligo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l'histoire d'une femme myst&#233;rieuse qui s'est battue avec l'arm&#233;e fran&#231;aise. V&#234;tue d'un habit vert, avec le panache tricolore et rouge &#224; son chapeau, et accompagn&#233;e d'un vieil homme idiot, elle chevauchait aux premiers rangs des troupes fran&#231;aises. D'o&#249; elle venait, ni o&#249; elle est all&#233;e, je ne le sais pas, et je ne l'ai jamais entendu donner un nom... Peut-&#234;tre a-t-elle &#233;t&#233; tu&#233;e, peut-&#234;tre pire encore, elle est tomb&#233;e aux mains des Anglais apr&#232;s Ballinamuck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, nous entendons parler de femmes qui jouent leur r&#244;le de mani&#232;re h&#233;ro&#239;que. Beaucoup d'entre eux combattaient r&#233;ellement dans les rangs, et ceux qui n'&#233;taient pas de l'ancienne nature martiale et qui reculaient devant le choc des armes ... envoy&#232;rent leur humanit&#233; au combat avec une parole courageuse et de nombreuses pri&#232;res sinc&#232;res et profondes. Les plus timides d'entre eux aussi &#233;taient toujours pr&#234;ts &#224; soigner les bless&#233;s, &#224; cacher le fugitif et &#224; mettre tous leurs nerfs au service de la cause nationale et des h&#233;ros de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de son amant, de son mari, de son fils, de son p&#232;re ou de son fr&#232;re, les femmes de 98 ne semblent pas avoir bronch&#233; au moment de la s&#233;paration, elles les ont envoy&#233;es au combat avec courage, connaissant les risques, et se sont tenues &#224; leurs c&#244;t&#233;s dans le quai ou au pied de l'&#233;chafaudage, les soutenant avec la force qui &#233;tait la leur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait aussi un devoir qui pouvait leur co&#251;ter cher, car m&#234;me les femmes &#226;g&#233;es et aux cheveux gris &#233;taient trait&#233;es avec peu de respect en ces temps terribles. J'ai entendu l'histoire de Mme O'Neill, dont le fils vivait &#224; la caserne de Gen&#232;ve, condamn&#233; &#224; finir sa vie dans les mines de sel prussiennes. Apr&#232;s de nombreuses tentatives infructueuses, elle r&#233;ussit &#224; soudoyer un ge&#244;lier pour qu'il lui permette de le voir. Les adieux lui furent si p&#233;nibles qu'elle ne put retenir ses sanglots et fut entendue par les soldats brutaux. Elle a &#233;t&#233; saisie et tra&#238;n&#233;e dans la cour, o&#249; les soldats se sont amus&#233;s &#224; la harceler... une femme aux cheveux gris... Ils lui ont arrach&#233; ses v&#234;tements et l'ont jet&#233;e dans une couverture, pour s'amuser d'un moment d'oisivet&#233;. Quand ils furent las de leur jeu et qu'elle &#233;tait trop engourdie pour leur permettre de s'amuser davantage, ils lui jet&#232;rent quelques haillons et la laiss&#232;rent partir. Elle pouvait &#224; peine ramper, mais elle r&#233;ussit &#224; se tra&#238;ner, presque nue, jusqu'&#224; une cabane voisine, o&#249; elle fut re&#231;ue en toute gentillesse et piti&#233;, mais elle mourut quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que les femmes visitant les prisonniers incarc&#233;r&#233;s &#224; Gen&#232;ve &#233;taient toujours sujettes &#224; de terribles injures et indignit&#233;s. En effet, partout on faisait souffrir les femmes, et souvent ce n'&#233;tait pas pour elles une protection qu'elles soient du c&#244;t&#233; de l'Angleterre, car les soldats &#233;taient trop press&#233;s d'attendre et de leur demander. Il suffisait d'&#234;tre irlandais et de ne pas &#234;tre prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les historiens contemporains de la r&#233;bellion ont des histoires &#224; raconter sur les souffrances et l'h&#233;ro&#239;sme des femmes de 1998. J'en s&#233;lectionne quelques-uns. Il y avait la femme dont &#171; Eva &#187; de The Nation a d&#233;crit comme &#233;tant la M&#232;re Patriote . Le po&#232;me d&#233;crit comment un gar&#231;on de 14 ou 15 ans a &#233;t&#233; fait prisonnier (par les Anglais) et a promis sa vie et sa libert&#233; s'il trahissait les noms des rebelles aux c&#244;t&#233;s desquels il a combattu sur le Curragh, tandis que son refus de parler serait puni. par la potence. Le proc&#232;s s'est d&#233;roul&#233; pr&#232;s de chez lui, et sa m&#232;re a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;e dehors pour l'entendre tenter, les soldats anglais pensant que son amour pour lui lui donnerait envie de lui sauver la vie &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait une femme d'une grande nature h&#233;ro&#239;que, qui aimait son fils si profond&#233;ment et si sinc&#232;rement qu'elle pr&#233;f&#233;rait le voir mort plut&#244;t que d&#233;shonor&#233;, et elle profitait de l'occasion de lui parler pour le fortifier dans sa haute r&#233;solution, en l'exhortant &#224; &#234;tre fid&#232;le &#224; ses camarades et &#224; son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort plut&#244;t que le d&#233;shonneur &#233;tait son principe, et avec son soutien le gar&#231;on put affronter l'arbre &#224; potence en souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me histoire est racont&#233;e &#224; propos de Willie Nelson et de sa m&#232;re. Il a &#233;t&#233; pendu &#224; un arbre devant la porte de sa m&#232;re parce qu'il refusait de dire o&#249; se cachait McCracken. Mais m&#234;me si elle &#233;tait assez forte pour le soutenir dans sa d&#233;termination h&#233;ro&#239;que, ses forces lui ont fait d&#233;faut par la suite et elle n'a jamais r&#233;cup&#233;r&#233; du choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demi-pendaison &#233;tait un proc&#233;d&#233; courant pour juger l'esprit des Irlandaises : elles souffraient encore et encore de la torture d'&#234;tre &#233;trangl&#233;es par la queue d'une charrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen le plus courant et, dois-je ajouter, le plus humain utilis&#233; pour tenter d'extorquer des informations aux Irlandaises consistait &#224; les piquer avec des ba&#239;onnettes sur les bras, le cou et la poitrine, mais la plupart des femmes restaient fid&#232;les, comme Anne Devlin, qui pr&#233;f&#233;rait &#234;tre pendue plut&#244;t que d'&#234;tre pendue. un tra&#238;tre &#224; Robert Emmet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous donner une id&#233;e de la fa&#231;on dont les Irlandaises de base ont souffert, j'ai copi&#233; les quelques statistiques suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s la retraite de Vinegar Hill, sept femmes furent maltrait&#233;es et assassin&#233;es pr&#232;s de Ballaghkeene par les Homperg Dragoons, quatre femmes furent abattues apr&#232;s la d&#233;faite et l'abandon de Wexford, trois femmes furent frapp&#233;es &#224; la ba&#239;onnette &#224; Enniscorthy, neuf femmes et six enfants furent assassin&#233;s entre Vinegar Hill. Hill et Gorey, trois femmes ont &#233;t&#233; abattues par Yeos &#224; Aughrim, quatre femmes ont &#233;t&#233; assassin&#233;es par des Yeomen suppl&#233;mentaires entre Gorey et Arklow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un simple catalogue de crimes n'est pas int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miles Byrne raconte la marche de Kilcavin &#224; Vinegar Hill :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre colonne &#233;tait alors tr&#232;s encombr&#233;e par le grand nombre de femmes pauvres qui s'enfuyaient avec leurs enfants et tout ce qui avait de la valeur qu'elles pouvaient emporter avec elles, de l'arm&#233;e anglaise et des Yeomen, qui d&#233;vastaient tout le pays que nous avions quitt&#233;, allant de de maison en maison, tirant sur tous les hommes malades ou bless&#233;s qu'ils rencontraient et ravissant les femmes. Lorsqu'une division de notre arm&#233;e en route vers les montagnes de Wicklow est arriv&#233;e, elle a vu plusieurs femmes allong&#233;es, les intestins d&#233;chir&#233;s et de jeunes enfants serr&#233;s dans leurs bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Irlande, ces atrocit&#233;s semblent avoir &#233;t&#233; courantes. Le Dr Madden raconte l'histoire d'une jeune fille du nom de Quinn, qui a &#233;t&#233; abattue par les Yeomen &#224; Antrim. Apr&#232;s la d&#233;faite des rebelles, les Yeos, pour s'amuser, tir&#232;rent au canon sur les maisons. La maison voisine de celle occup&#233;e par les Quinn a &#233;t&#233; frapp&#233;e, sur laquelle M. Quinn et sa fille, une belle fille de 16 ans, ont tent&#233; de s'enfuir par le jardin. Ils ont tous deux &#233;t&#233; abattus, les militaires ayant pour ordre de tuer tous ceux qui portaient des v&#234;tements de couleur. Ils furent enterr&#233;s l&#224; o&#249; ils &#233;taient tomb&#233;s, mais si pr&#233;cipitamment que les beaux et longs cheveux de la jeune fille rest&#232;rent en partie d&#233;couverts et furent vus par de nombreuses personnes s'agitant dans le vent pendant plusieurs jours jusqu'&#224; ce que son fr&#232;re puisse s'aventurer hors de chez lui. de dissimulation et donner aux corps un enterrement respectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre ballade de Joyce, The Petticoat , raconte une histoire encore plus triste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tachement de rebelles, marchant vers Enniscorthy, retrouve une jeune fille sauvagement assassin&#233;e au bord de la route. Elle a &#233;t&#233; reconnue comme &#171; Norah, la fiert&#233; des servantes de Wexford &#187;, par son fr&#232;re et plusieurs de ses amis et voisins qui faisaient partie du groupe. Ils enterr&#232;rent avec r&#233;v&#233;rence le pauvre corps mutil&#233;, mais pas avant que son fr&#232;re n'ait enlev&#233; son jupon et ne l'ait fix&#233; au bout de sa pique, lui et ses camarades ayant jur&#233; de ne faire aucun quartier &#224; aucun combat du c&#244;t&#233; anglais. Men&#233;e par cette &#233;trange banni&#232;re... embl&#232;me de la f&#233;rocit&#233; britannique... la bande s'avan&#231;a, et l'on nous dit que le serment fut bien tenu, car les hommes de la &#171; Petticoat Brigade &#187; m&#233;ritaient le surnom d'&#234;tre les plus f&#233;roces et les plus t&#233;m&#233;raires. des hommes de 98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces femmes ne sont pas mortes en vain ; leurs histoires resteront grav&#233;es dans les chansons et dans l'histoire chaque fois que l'histoire de 1998 sera racont&#233;e. Ce sont cependant les passifs ; de l'actif, je le dirai dans un autre article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe maintenant aux femmes qui ont pris une part active &#224; la r&#233;bellion. Bien s&#251;r, comme dans le cas de leurs s&#339;urs plus passives, beaucoup d'informations ont &#233;t&#233; perdues, mais il en reste suffisamment pour nous donner un aper&#231;u de la grandeur h&#233;ro&#239;que de celles-ci, nos a&#239;eules, qui peuvent &#234;tre une lumi&#232;re sur le chemin pour nous, les femmes d'aujourd'hui. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait la jolie Molly Weston, qui allait de Fingal &#224; Tara pour rejoindre les insurg&#233;s. Mont&#233;e sur un poney gris fougueux, v&#234;tue d'un habit vert et avec la cocarde des United Irishmen dans son chapeau, elle galopa vers les insurg&#233;s et se joignit aussit&#244;t &#224; la bataille. Comme il n'y avait pas de chef capable parmi les rebelles, cette jeune fille, fille d'un fermier, se pla&#231;a &#224; leur t&#234;te, et, sans autre arme qu'un fouet, mena les patriotes &#224; la charge, ne semblant se soucier d'aucun danger, pourvu qu'elle puisse le faire. rallier les insurg&#233;s chaque fois qu'ils &#233;taient repouss&#233;s, et les conduire encore et encore &#224; la charge. Son poney fut enfin tu&#233; sous les ordres de l'intr&#233;pide jeune fille, et elle fut entour&#233;e par les soldats anglais ; mais heureusement un officier, qui ne pouvait qu'admirer sa bravoure, la fit rel&#226;cher, et elle courut vers ses camarades insurg&#233;s. Je n'ai pas pu trouver d'autres informations &#224; son sujet. Je serais heureux de savoir si elle s'est encore battue, si elle a &#233;chapp&#233; saine et sauve &#224; tous les dangers qui l'entouraient, si elle s'est finalement mari&#233;e et nous a laiss&#233; derri&#232;re elle ses filles et ses petites-filles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Doyle a combattu &#224; la bataille de New Ross. Elle &#233;tait la fille d'un coupeur de p&#233;d&#233;s. Arm&#233;e d'une serpe, elle se pla&#231;a devant l'arm&#233;e rebelle, et se d&#233;pla&#231;ant entre les deux arm&#233;es comme si elle portait une vie enchant&#233;e, elle coupa les ceintures des soldats bless&#233;s et morts, et, vidant les cartouches, ravitailla les rebelles. avec des cartouches pour terminer le combat. Lorsqu'elle comprit qu'ils &#233;taient d&#233;sesp&#233;r&#233;ment battus et qu'ils allaient abandonner un petit canon qu'ils avaient avec eux, elle s'y opposa et, montant dessus, refusa de s'en passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les gar&#231;ons, dit-elle, je resterai l&#224;, peu importe ce qui m'arrive, &#224; moins que vous ne preniez aussi mon cher petit pistolet. Les paroles de cette femme courageuse &#233;taient si inspirantes que ses compagnons d'armes se retourn&#232;rent vaillamment et la chass&#232;rent avec son petit fusil, comme elle l'appelait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la pauvre Elizabeth, ou Betsy Grey, qui s'est battue et est morte &#224; la bataille de Ballinahinch, nous montre que les femmes du Nord n'&#233;taient pas derri&#232;re les femmes du Sud en termes de bravoure et de patriotisme. Mary McCracken et Charles Teeling racontent son histoire. Elle quitta sa maison de Killinchy pour apporter des provisions &#224; son fr&#232;re au camp des patriotes d'Ednavady.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son amoureux &#233;tait aussi avec les rebelles. Elle a insist&#233; pour rester avec eux &#171; pour partager leur sort &#187;, dit-elle. Le lendemain, ils lui trouv&#232;rent un poney et, prenant un drapeau vert dans ses mains, elle les accompagna au combat. Mercredi, apr&#232;s que la bataille de Ballinahinch se soit sold&#233;e par une d&#233;faite et une fuite, elle s'est &#233;chapp&#233;e avec ses deux camarades et ils se sont dirig&#233;s vers Hillsborough. Arriv&#233;s &#224; la rivi&#232;re, qui est un peu difficile &#224; traverser, ils la laiss&#232;rent attendre et se reposer quelques instants en cherchant un gu&#233;. Se retournant brusquement, ils virent Betsy aux mains d'une troupe de Yeomanry. Il leur aurait &#233;t&#233; tr&#232;s facile de s'enfuir de l'autre c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re, car les soldats &#233;taient tellement occup&#233;s avec la jeune fille qu'ils ne les avaient pas remarqu&#233;s. Mais ils se sont pr&#233;cipit&#233;s &#224; ses c&#244;t&#233;s, exhortant les soldats &#224; la laisser partir et &#224; leur tirer dessus. La seule r&#233;ponse que les soldats ont apport&#233;e a &#233;t&#233; de tirer sur la pauvre Betsy. Un homme du nom de Thomas Neilson lui a tir&#233; une balle dans l'&#339;il droit, nous dit-on. Son fr&#232;re et amant ne lui surv&#233;cut pas plusieurs minutes. L'un des autres hommes qui ont contribu&#233; &#224; ce meurtre s'appelait Little, et Miss McCracken nous raconte que sa femme a &#233;t&#233; vue portant le jupon vert et les boucles d'oreilles en or de la pauvre Elizabeth Grey pendant plusieurs jours apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis s&#251;r qu'il y avait beaucoup d'autres femmes &#8211; des h&#233;ro&#239;nes oubli&#233;es et anonymes qui se sont battues et sont mortes sur les champs de bataille de 1998. Sir Jonah Barrington, dans Vinegar Hill, &#233;crit : &#171; Un grand nombre de femmes se sont battues avec fureur, plusieurs ont &#233;t&#233; retrouv&#233;es mortes parmi les hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait plusieurs femmes dans les montagnes avec Holt. Dans ses m&#233;moires, il raconte comment l'un d'eux a &#233;t&#233; bless&#233;. Anne Byrne &#233;tait son nom ; elle re&#231;ut une balle dans l'&#233;paisseur de son bras, mais Holt la pansa pour elle, et elle se r&#233;tablit au bout de quinze jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa femme &#233;galement accompagnait Holt partout o&#249; elle le pouvait, et elle devait &#234;tre une femme tr&#232;s d&#233;vou&#233;e et courageuse, m&#234;me si Miles Byrne nous dit qu'elle &#233;tait la cause de ses soup&#231;ons, car son propre peuple &#8211; les Manning &#8211; &#233;tait des Orangistes. Un jour, alors qu'ils campaient &#224; Glenmalure, son arriv&#233;e fit circuler de telles histoires &#8211; selon lesquelles elle aurait conclu des accords avec les Orangistes pour lui &#8211; car il pensa qu'il &#233;tait plus sage de ne pas la laisser rester et s'arrangea donc pour qu'elle parte. Miles Byrne continue en disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ... plusieurs de ces hommes qui le connaissaient bien pensaient qu'il partirait avec sa femme et, en cons&#233;quence, ils ont surveill&#233; attentivement la maison toute la nuit pour l'en emp&#234;cher. Holt, cependant, renvoya sa femme le lendemain, &#233;liminant ainsi tout soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il raconte lui-m&#234;me une aventure au cours de laquelle ils ont failli perdre la vie tous les deux. Il fallut franchir &#224; gu&#233; la rivi&#232;re Glenmalure, qui &#233;tait alors en crue et tr&#232;s dangereuse. Mme Holt &#233;tait mont&#233;e sur un cheval qui &#233;tait bien apte &#224; nager avec elle, mais alors qu'elle venait d'entrer dans la rivi&#232;re, un membre de la bande lui demanda de le prendre derri&#232;re elle. Elle le laissa monter et poussa son cheval dans le torrent. Le double poids &#233;tait trop lourd pour l'animal ; aussit&#244;t ses pieds ne touchaient plus le fond, et il dut nager, il &#233;tait impuissant ; et apr&#232;s quelques luttes impuissantes, il se retourna, d&#233;versant son fardeau dans la rivi&#232;re. Holt lui-m&#234;me a plong&#233; pour tenter de sauver sa femme, mais il savait &#224; peine nager, et tous deux se seraient probablement noy&#233;s si l'un des membres du groupe, un homme appel&#233; Miley, n'avait pas &#233;t&#233; un bon nageur. Il sauta &#224; bord et les sauva tous les deux. Tremp&#233;e, son chapeau disparu et une chaussure perdue &#224; jamais, la pauvre Mme Holt sortit de la rivi&#232;re ; mais elle n'&#233;tait pas pour autant plus mal, car ils furent tous rapidement r&#233;chauff&#233;s et s&#233;ch&#233;s dans la chaumi&#232;re la plus proche ; et comme le dit Holt lui-m&#234;me : &#171; Qu'importe une chaussure &#8211; de toute fa&#231;on, elle est plus facile &#224; remplacer qu'une femme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en grande partie gr&#226;ce &#224; la femme qu'il appelait son &#171; Moving Magazine &#187; que Holt est rest&#233; en libert&#233; si longtemps. Susey O'Toole &#233;tait la fille d'un forgeron et forte comme un homme ; elle &#233;tait courageuse et fid&#232;le, avait un talent pour jouer et se d&#233;guiser. Avec un grand panier rempli de pain d'&#233;pices, de bonbons et d'autres bricoles, elle parcourait le pays pour recueillir des informations et envoyer l'ennemi sur une mauvaise piste. La majeure partie du trafic se faisait avec l'arm&#233;e anglaise, o&#249; elle rendrait d'immenses services &#224; Holt, en d&#233;couvrant leurs mouvements et qui, parmi les soldats, sympathisaient avec les Irlandais. Elle doit son surnom au fait qu'elle ne revenait jamais d'une exp&#233;dition sans un chargement de deux ou trois cents cartouches, vol&#233;es ou arrach&#233;es aux soldats auxquels elle vendait ses marchandises. Voici le propre r&#233;cit de Holt &#224; son sujet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon 'Moving Magazine' avait environ 30 ans. Elle &#233;tait la fille de Phelim O'Toole, un forgeron pr&#232;s d'Annamoe, qui, n'ayant pas de fils, employait Susy &#224; manier le tra&#238;neau &#8211; ce qui n'&#233;tait pas un travail tr&#232;s distingu&#233; ou f&#233;minin, il faut l'admettre &#8211; mais cela la qualifiait admirablement pour le r&#244;le. elle devait agir &#224; mon service. Elle mesurait environ 5 pieds 8 pouces lorsqu'elle se tenait debout, ce qui n'&#233;tait pas souvent le cas ; car, par l'habitude de faire de la luge, elle avait acquis une courbure ; mais ses &#233;paules, bien que rondes, &#233;taient larges et ses membres forts et muscl&#233;s. Son visage, lorsqu'il &#233;tait jeune, &#233;tait large comme la pleine lune, et son nez presque plat sur son visage, ayant &#233;t&#233; bris&#233; par une pierre, ce qui d&#233;figurait beaucoup l'uniformit&#233; et la beaut&#233; de son visage, lui donnant beaucoup l'apparence de celui d'une femme. joint. Ses yeux avaient &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;s dans le conflit et &#233;taient noirs et brillants ; ce qu'ils auraient &#233;t&#233; dans un beau visage, avec un nez d&#233;cent entre eux, je n'oserai le dire ; mais l&#224; o&#249; ils &#233;taient, ils avaient, lorsqu'ils &#233;taient excit&#233;s, une expression diabolique. Pourtant, elle pouvait arborer un regard implorant et suppliant jusqu'&#224; l'admiration. La mutilation de son visage la faisait para&#238;tre tr&#232;s vieille, et lorsqu'elle voulait prendre l'apparence de la vieillesse, personne ne la prenait pour moins de soixante-dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle avait un pouvoir extraordinaire d'allonger son visage en baissant la m&#226;choire, ce qui changeait tellement son visage qu'elle ne paraissait plus la m&#234;me personne. Avec son manteau ext&#233;rieur sale &#224; frise poivre et sel, sa m&#226;choire vo&#251;t&#233;e et baiss&#233;e, elle pouvait appara&#238;tre comme une &#171; baccagh &#187; d&#233;cr&#233;pide et mis&#233;rable, &#224; peine capable de ramper ; mais lorsqu'il fallait agir avec vigueur, ses muscles puissants et ses membres muscl&#233;s faisaient d'elle plus qu'un adversaire pour de nombreux hommes. Un coup de poing ferm&#233; alarmerait un homme presque autant qu'un coup de pied de cheval. Elle ne manquait pas de bavardages &#233;loquents, et avait une langue tout &#224; fait &#224; la hauteur de ses besoins ; elle &#233;tait prompte &#224; trouver des exp&#233;dients et pr&#234;te &#224; trouver une raison pour toutes les occasions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Leadbetter, une femme quaker vivant &#224; Ballitore, laisse deux volumes de m&#233;moires et de lettres, dans lesquels nous pouvons glaner de nombreux d&#233;tails int&#233;ressants sur ce que les femmes ont d&#251; souffrir en 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary Leadbetter &#233;tait anglaise dans ses sympathies et elle d&#233;plorait la r&#233;bellion ; mais, &#233;tant Quaker, elle &#233;tait totalement contre la guerre et contre toute forme de force physique. Elle, comme ses amis, a adopt&#233; une position neutre, pr&#234;te &#224; secourir et &#224; cacher les fugitifs des deux c&#244;t&#233;s ou &#224; soigner les bless&#233;s, quels qu'ils soient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'on puisse lire &#224; chaque page de ses &#233;crits combien elle consid&#233;rait les officiers anglais comme ses protecteurs naturels, en m&#234;me temps elle nous raconte franchement et sans cesse comment les femmes et les enfants &#233;taient brutalis&#233;s et assassin&#233;s par les r&#233;giments anglais, et de la chevalerie et l'humanit&#233; qu'ils ont rencontr&#233;es, &#224; presque chaque occasion, aux mains des rebelles. Pour citer ses propres mots : &#171; &#192; peu d'exceptions pr&#232;s, nous avons &#233;t&#233; trait&#233;s avec gentillesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si elle a fait l'exp&#233;rience de cette gentillesse de la part des nombreuses troupes indisciplin&#233;es de paysans irlandais luttant pour la libert&#233; de leur pays qui visitaient le village, elle ne parle pas de la m&#234;me mani&#232;re des Irlandais servant dans l'arm&#233;e anglaise et enseignaient la discipline dans l'arm&#233;e anglaise. &#233;cole. Un soir, des hommes ivres de la milice de Tyrone sont entr&#233;s de force dans sa maison et ont commenc&#233; &#224; tout mettre sens dessus dessous. Imaginez ses sentiments lorsqu'elle se souvint qu'elle avait laiss&#233; tra&#238;ner dans son bureau un p&#233;tard comique ou une ballade &#233;mise par les rebelles, se moquant des Anglais. Elle savait que si on le d&#233;couvrait, elle souffrirait tr&#232;s probablement &#224; la fois avec tous ceux qui lui &#233;taient les plus chers, et qu'au mieux ils seraient tous soup&#231;onn&#233;s ; et &#224; cette &#233;poque, les suspects portaient leur vie entre leurs mains et pouvaient &#234;tre emmen&#233;s et tortur&#233;s au gr&#233; de n'importe quelle bande de soldats indisciplin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle parle tr&#232;s ouvertement de tout ce qu'ils ont d&#251; souffrir des &#171; quartiers libres &#187; et se plaint que m&#234;me les loyalistes n'&#233;taient pas en s&#233;curit&#233;, car la r&#233;bellion a servi de pr&#233;texte aux soldats anglais pour entrer dans les maisons partout o&#249; ils le pouvaient et pour maltraiter ceux-ci. qu'ils y ont trouv&#233;s, et de les voler ou de d&#233;truire leurs biens. Peu leur importait que les d&#233;tenus soient du c&#244;t&#233; irlandais ou anglais : personne n'&#233;tait en s&#233;curit&#233;. &#171; Les soldats, dit-elle, courb&#233;s sous des charges de butin, &#233;taient monnaie courante dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un voisin fid&#232;le, Robert Bailey, a &#233;t&#233; pers&#233;cut&#233; parce qu'il avait os&#233; lui enlever son propre cheval, et un autre qui avait tu&#233; un cochon s'est fait voler son bacon alors qu'il se rendait &#224; Dublin pour le commercialiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si la milice de Tyrone &#233;tait d&#233;j&#224; assez mauvaise, leur brutalit&#233; &#233;tait surpass&#233;e par les &#171; Suffolk Fencibles &#187; et les fameux &#171; Ancient Britons &#187; qui sont arriv&#233;s dans le village un peu plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vieil homme, leur jardinier, gisait cach&#233; dans des buissons pr&#232;s de la maison, lorsqu'il fut retrouv&#233; par des soldats qui l'auraient assassin&#233; de sang-froid sur-le-champ, mais sa fille Polly vola &#224; son secours et &#171; s'empara de l'instrument &#187;. de mort qui a &#233;t&#233; frapp&#233;e sur sa poitrine. Le c&#339;ur des soldats fut attendri par les supplications de la pauvre enfant et &#233;pargna son p&#232;re, mais Polly paya son courage de sa propre sant&#233;. C'&#233;tait une fille d&#233;licate, qui ne s'est jamais remise du choc et de l'horreur, et a &#233;t&#233; sujette &#224; des crises pour le reste de ses jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats qui ont assassin&#233; Owen Finn, un forgeron, apr&#232;s qu'il ait &#233;t&#233; jug&#233; pour avoir fabriqu&#233; des piques et acquitt&#233;, n'ont pas &#233;t&#233; aussi humains. Sa femme, avec un b&#233;b&#233; dans les bras, est arriv&#233;e juste &#224; temps pour le voir mourir, sur quoi les soldats l'ont injuri&#233;e de toutes sortes, l'injuriant, la frappant et la mena&#231;ant de la tuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Duffy, l'&#233;pouse d'un Yeoman qui avait &#233;t&#233; tu&#233; &#224; Kilcullen, pensait qu'elle serait de toute fa&#231;on en parfaite s&#233;curit&#233; avec les soldats. Mais elle fut cruellement tromp&#233;e, car sa maison fut pill&#233;e ; et son fr&#232;re, son fils et le domestique furent tous assassin&#233;s. Sa petite fille est morte du choc qu'elle a re&#231;u en voyant ces horreurs, et elle est elle-m&#234;me devenue folle. Lorsqu'ils sont entr&#233;s dans Ballitore, des soldats sont entr&#233;s dans sa cuisine. On lui a demand&#233; si elle avait des hommes de United dans la maison. Elle leur dit la v&#233;rit&#233;, que sa maison &#233;tait toujours ouverte &#224; toute personne en d&#233;tresse ou fuyant pour sa vie, sur quoi il devenait tr&#232;s abusif et grossier ; l'insultant de noms qu'elle n'avait jamais entendus auparavant et qu'elle ne comprenait pas. Il lui a alors demand&#233; du lait et, lorsqu'elle l'a apport&#233;, il lui a dit qu'elle l'avait empoisonn&#233; et l'a forc&#233;e &#224; en boire, continuant tout le temps &#224; la maudire et &#224; la maltraiter. Un autre jour, un soldat, se pr&#233;cipitant dans la cuisine, lui pr&#233;senta son fusil &#224; la poitrine. Elle &#233;tait tr&#232;s effray&#233;e : &#171; Car, dit-elle, il semblait avoir la volont&#233;, mais pas le pouvoir, de me tuer. &#187; Elle lui a demand&#233; de ne pas lui tirer dessus. Il paraissait dans une rage terrible, il jetait toutes les casseroles et les pichets de la table de la cuisine, brisait les vitres, la mena&#231;ant tout le temps. Elle parvint enfin &#224; l'esquiver et courut dans la rue, o&#249; elle trouva deux hommes qui vinrent et le chass&#232;rent de la maison pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie la plus int&#233;ressante de ses m&#233;moires est peut-&#234;tre celle qui traite de Holt et des hommes qui ont r&#233;sist&#233; si longtemps dans les montagnes de Dublin et de Wick-low. Ils effectuaient de nombreuses visites nocturnes &#224; Ballitore, cherchant des provisions, des v&#234;tements, des armes ou de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si, bien entendu, elle s'indigne avec v&#233;h&#233;mence contre les brigands et les maraudeurs, comme elle les appelle, qui l'ont vol&#233;e, elle nous r&#233;p&#232;te sans cesse qu'elle n'a jamais eu peur d'eux, car elle savait qu'ils cherchaient &#224; manger et &#224; boire et les n&#233;cessit&#233;s de la vie et n'avait pas l'intention d'assassiner qui que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire qu'elle raconte raconte qu'un soir d'octobre, &#224; 22 heures, alors qu'elle rentrait chez elle apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; au restaurant, elle a pens&#233; qu'elle passerait chez elle et dirait bonsoir &#224; ses amis Mary et John Doyle. Alors qu'elle et son mari atteignaient la porte des Doyle, quatre hommes les rejoignirent et entr&#232;rent dans la maison avec eux. Les hommes ont exig&#233; des provisions et se sont mis &#224; la recherche d'objets de valeur. M. Leadbetter, d&#232;s qu'il avait remarqu&#233; que les hommes &#233;taient arm&#233;s, &#233;tait parti chercher de l'aide, mais n'en avait trouv&#233; aucune. Il &#233;tait donc revenu, mais les maraudeurs ne l'avaient pas autoris&#233; &#224; entrer dans la maison &#8211; heureusement, dit sa femme, car elle avait peur. que pourrait-il arriver s'il se mettait en col&#232;re et insultait les insurg&#233;s. Le pire qui soit arriv&#233;, c'est qu'un des rebelles a point&#233; un pistolet sur la t&#234;te de Mary. Mais Mary Leadbetter dit : &#171; J'ai vu l'homme le d&#233;sarmer en premier ! &#187; L'un des hommes, raconte-t-elle, s'appelait Doyle par ses camarades et &#233;tait particuli&#232;rement beau. Il faisait semblant de parler un anglais approximatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois qu'ils sont venus chez elle, ils ont pris de la nourriture, de l'argent et des v&#234;tements, fouillant chaque armoire et chaque bo&#238;te qui attirait leur attention. En ouvrant une armoire avec la crosse d'un pistolet, l'arme est partie, la balle a travers&#233; le lit o&#249; gisait l'un des enfants. C'est une panique g&#233;n&#233;rale : les enfants crient, les domestiques effray&#233;s se pr&#233;cipitent dans la pi&#232;ce pleine de fum&#233;e. Le rebelle, arr&#234;tant le travail qu'il faisait, se pr&#233;cipita anxieusement pour voir si l'enfant &#233;tait bless&#233;. Elle lui sourit simplement et lui dit de ne pas avoir peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux hommes arriv&#232;rent encore, qui voulaient de l'argent ; sa vieille connaissance, Doyle, en faisait partie. L'un des hommes s'assit, le canon de son tromblon point&#233; vers elle. Elle n'aimait pas vraiment cela, alors elle lui demanda de le refuser, ce qu'il fit imm&#233;diatement. Lorsqu'elle lui a dit qu'elle n'avait pas d'argent pour eux, l'homme qui n'avait pas d'arme a fait semblant de lutter avec son camarade pour obtenir le tromblon avec lequel lui tirer dessus. La seule chose qui l'effrayait, c'&#233;tait l'id&#233;e que le tromblon pourrait exploser par accident, car elle voyait bien que ce n'&#233;tait qu'un pr&#233;texte pour l'effrayer. Peu de temps apr&#232;s, ils lui dirent bonne nuit et la quitt&#232;rent chez Doyle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;moires de Mary Leadbetter sont particuli&#232;rement pr&#233;cieuses car elles donnent, d'une source impartiale, une image vivante des horreurs et des dangers de l'&#233;poque, en particulier pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IV&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les femmes de 1998, le nom de Mary McCracken figure en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son amour pour son fr&#232;re et son ami Thomas Russell a fait l'objet de nombreuses ballades. Le Dr Madden, qui a publi&#233; un grand nombre de ses lettres, dit des femmes irlandaises en g&#233;n&#233;ral, et d'elle en particulier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quels que soient les r&#233;cits de la vie et de l'histoire des Irlandais unis qui ont &#233;t&#233; sauv&#233;s de l'oubli, leur pr&#233;servation, dans la plupart des cas qui sont parvenus &#224; notre connaissance, est due &#224; la fid&#233;lit&#233; de l'amiti&#233; ou de l'affection f&#233;minine de la part de leurs parentes. , les s&#339;urs et les filles des hommes engag&#233;s dans la lutte de 1798, que ni le temps ni l'opprobre, ni les liens et int&#233;r&#234;ts nouveaux n'avaient rompu ni n'avaient pu &#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nom de Mary McCracken est d&#233;sormais associ&#233; dans le Nord &#224; celui de son fr&#232;re bien-aim&#233;. Le souvenir de chacun de ses actes semble avoir &#233;t&#233; emmagasin&#233; dans son esprit, comme si elle sentait que la charge de sa r&#233;putation lui avait &#233;t&#233; confi&#233;e particuli&#232;rement. Dans cet attachement, il y a des traits &#224; remarquer, r&#233;v&#233;lateurs non seulement d'une simplicit&#233; de c&#339;ur et d'une disposition bienveillante, mais d'un noble esprit d'h&#233;ro&#239;sme, manifest&#233; de mani&#232;re frappante dans l'accomplissement de devoirs p&#233;rilleux, de services rendus au p&#233;ril de la vie, au grand prix. sacrifice p&#233;cuniaire, non seulement &#224; ce cher fr&#232;re, mais plus tard &#224; son fid&#232;le ami, le malheureux Thomas Russell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Henry Joy McCracken fut intern&#233; &#224; Newgate en 1796, les lettres de sa s&#339;ur lui furent d'une grande consolation. On peut voir en lisant leur correspondance &#224; quel point elle avait confiance en lui et &#224; quel point il lui faisait confiance. Lorsque les prisonniers politiques &#233;taient en d&#233;saccord, notamment Henry Joy et Neilson, elle faisait tout son possible pour r&#233;tablir l'harmonie. Elle lui &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'est-il pas pr&#233;judiciable &#224; la cause de l'Union que deux hommes qui, d&#232;s le d&#233;but, ont travaill&#233; main dans la main pour la promouvoir, soient ainsi en d&#233;saccord ? Un tel exemple de d&#233;sunion entre eux, et cela sans rupture s&#233;rieuse de l'amiti&#233;, ne donnerait-il pas un triomphe &#224; vos ennemis et n'occasionnerait-il pas de vexation &#224; vos amis ? Vont-ils pointer du doigt chacun de vous lorsque vous passez ? 'Vous voyez, voici un promoteur de l'union qui ne pouvait pas &#234;tre d'accord avec son ami intime.'&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une sage parole dont devraient se souvenir ceux qui travaillent aujourd'hui. McCracken a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; sous caution &#224; temps pour devenir l'un des dirigeants de la r&#233;bellion et participer &#224; la bataille d'Antrim. James Hope a laiss&#233; une lettre nous racontant comment, apr&#232;s la d&#233;faite, alors qu'ils se cachaient sur le Black Bowhill, &#171; Deux dames arriv&#232;rent &#224; ce moment-l&#224; de Belfast, au p&#233;ril de leur vie, avec la nouvelle que le g&#233;n&#233;ral Nugent &#233;tait inform&#233; de notre intention. . &#187; Cette intention &#233;tait d'essayer de rejoindre les hommes de Wexford, qui auraient march&#233; vers le nord. Je raconterai l'histoire de l'aventure de Miss McCracken dans ses propres mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelques jours apr&#232;s la bataille d'Antrim, n'ayant re&#231;u aucune nouvelle de mon fr&#232;re, je me mis &#224; sa poursuite, accompagn&#233; de Mme M..., s&#339;ur de John Shaw, de Belfast, qui souhaitait obtenir des renseignements sur son mari, et aussi un fr&#232;re de Mme Shaw. Nous nous sommes dirig&#233;s vers la Maison Blanche et avons fait quelques recherches dans le quartier. Le soir, nous rejoign&#238;mes J. McG &#224; la r&#233;sidence de campagne de M. John Brown, banquier alors en Angleterre, dont le jardinier, Cunningham, appr&#238;mes-nous, avait h&#233;berg&#233; occasionnellement les vagabonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la tomb&#233;e de la nuit, cet homme nous a emmen&#233;s dans une maison pr&#232;s de Cave Hill, appartenant &#224; John Brier, que je connaissais un peu, o&#249; nous avons trouv&#233; un lit cette nuit-l&#224;. Le matin, j'ai exhort&#233; Mme M... &#224; rentrer chez elle, ce qu'elle a g&#233;n&#233;reusement refus&#233;, bien qu'elle ait obtenu les informations dont elle avait besoin. Elle a insist&#233; pour m'accompagner. Son mari s'&#233;tait mis en s&#233;curit&#233; &#224; Belfast d&#233;guis&#233; en compatriote avec un panier d'&#339;ufs, puis &#233;tait en s&#233;curit&#233; dans la maison de Shaw ; il avait &#233;galement particip&#233; &#224; la bataille d'Antrim. Le lendemain, nous avons continu&#233; nos recherches et avons finalement rencontr&#233; Gavin Watt et une autre personne, qui ont promis de nous emmener le soir dans un endroit o&#249; nous obtiendrions des renseignements. Ce dernier nous emmena chez un forgeron sur la route calcaire menant &#224; Antrim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans l'arri&#232;re-boutique de la maison de cet homme, nous avons trouv&#233; environ huit des fugitifs en consultation sur ce qu'il fallait faire. Je leur ai fortement recommand&#233; de se s&#233;parer et de rentrer chez eux, s'ils le pouvaient en toute s&#233;curit&#233;. Ils m'ont r&#233;pondu qu'il y avait quelque chose en vue, mais que si cela n'arrivait pas, ils suivraient mon conseil. Trois membres du groupe se charge&#232;rent de nous escorter ; nous avons voyag&#233; en mont&#233;e, &#224; travers champs, drains et foss&#233;s, pendant deux heures ; nos compagnons &#233;taient Robert Henry, un ma&#238;tre d'&#233;cole, William Leith et Robert Johnstone. Je n'avais jamais vu personne de la f&#234;te auparavant, &#224; l'exception de Johnstone &#224; une occasion, et seulement pendant quelques minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons fait une marche rapide pendant deux heures lorsque nous sommes arriv&#233;s au Bowhill, o&#249; mon cher fr&#232;re et six autres personnes (James Hope, l'un des nombreux) &#233;taient assis au sommet de la colline. Henry parut surpris et se r&#233;jouit de cette rencontre ; et, apr&#232;s &#234;tre rest&#233; longtemps assis avec le groupe, discutant de leurs aventures et de leurs &#233;vasions, il nous conduisit dans une maison, o&#249; nous f&#251;mes re&#231;us dans l'obscurit&#233;, la femme de la maison n'osant pas allumer une bougie ni allumer le feu. J'ai insist&#233; pour que Mme M... occupe la seule chaise pour le reste de la nuit, tandis que je prenais un tabouret bas et posais ma t&#234;te sur ses genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon fr&#232;re devait &#234;tre avec nous &#224; sept heures du matin. Nous avons pens&#233; que la nuit &#233;tait tr&#232;s longue, mais quand sept heures sont arriv&#233;es et qu'aucun Harry n'est apparu, nous sommes devenus tr&#232;s inquiets ; mais plus encore, lorsque Smith, un gar&#231;on irr&#233;fl&#233;chi, accompagn&#233; du ma&#238;tre d'&#233;cole, arriva et ne l'avait pas rencontr&#233;, n'ayant pas trouv&#233; refuge au m&#234;me endroit. Il arriva enfin, apr&#232;s avoir attendu les autres jusqu'&#224; deux heures pass&#233;es. Puis il repartit pour rentrer chez lui, et il nous accompagna un peu, souhaitant voir McG, que nous lui envoy&#226;mes. M&#234;me alors, ils n'avaient aucun espoir d'un autre mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle alla bient&#244;t le revoir chez David Bodles, un ouvrier habitant pr&#232;s de Cave Hill, et nous raconte comment sa femme et ses filles allaient sans repos, nuit apr&#232;s nuit, pour regarder pendant que les fugitifs prenaient quelques des heures dorment dans leur propre lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle nous raconte que c'est le jour de son propre anniversaire, le 9 juillet, qu'elle a appris la nouvelle de l'enl&#232;vement de son fr&#232;re. Elle se rendit imm&#233;diatement &#224; Carrickfergus et r&#233;ussit, avec beaucoup de difficult&#233;s et de dangers, &#224; obtenir une entrevue avec lui le soir m&#234;me. Elle a tent&#233; de le revoir le lendemain, mais la permission lui a &#233;t&#233; refus&#233;e. Cependant, elle a r&#233;ussi &#224; &#233;changer quelques mots avec lui &#224; travers la fen&#234;tre de sa cellule, et &#224; lui prendre de la main une bague qui, nous dit-elle, avait &#171; un tr&#232;fle vert &#224; l'ext&#233;rieur et les mots &#171; Souviens-toi d'Orr &#187; &#224; l'int&#233;rieur. . &#187; Cette bague, elle devait l'apporter &#224; sa m&#232;re. Apr&#232;s la mort de sa m&#232;re, elle est devenue la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 au soir, jour o&#249; il fut amen&#233; &#224; Belfast, elle et sa s&#339;ur all&#232;rent aussit&#244;t essayer de lui parler. Il se tenait sur la Place du Ch&#226;teau, entour&#233; de soldats, et elle ne pouvait pas l'atteindre ; elle se rendit donc chez le colonel Durham et lui demanda la permission d'avoir une br&#232;ve entrevue avec son fr&#232;re. Le colonel Durham se tenait sur le pas de sa porte lorsqu'elle s'est approch&#233;e, et il ne l'a trait&#233;e que de la mani&#232;re la plus grossi&#232;re et la plus cruelle, et lui a finalement claqu&#233; la porte au nez. Mais, sans se laisser intimider, cette brave fille se rendit chez le colonel Barber, qui lui donna la permission d&#233;sir&#233;e, et envoya un jeune officier veiller &#224; son admission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils discut&#232;rent de ses chances et de la meilleure mani&#232;re de mener sa d&#233;fense et, &#224; sa demande, elle se leva &#224; six heures du matin et se rendit &#224; Lisburn pour aller chercher deux cousines, Mme Holmes, une fille, et Mary Toomb, une petite-fille de Henry Joy, dont il avait t&#233;moign&#233;. l'id&#233;e pourrait &#234;tre utile au proc&#232;s. Toute la journ&#233;e, elle restait &#224; la Bourse, assise, nous dit-elle, pr&#232;s de la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re, ayant soif, lui demanda de lui procurer soit une orange, soit du vin et de l'eau, alors elle quitta la cour et rentra chez elle. Sur le chemin du retour, elle rencontra une certaine Mme Thompson, l'&#233;pouse d'un tailleur d'imprim&#233;s en calicot employ&#233; par son fr&#232;re, qui lui proposa &#8211; si sa vie &#233;tait en danger &#8211; de jurer qu'elle l'avait vu dans les rues de Belfast le jour de la bataille d'Antrim. . Bien entendu, la proposition de cette aimable femme ne pouvait &#234;tre accept&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que les t&#233;moins aient &#233;t&#233; interrog&#233;s, Mary McCracken s'est lev&#233;e et s'est tenue pr&#232;s de la table, et a soulign&#233; les divergences dans les preuves, leur insistant fortement sur le fait que cela &#233;tait totalement insuffisant pour justifier qu'ils se suicident. Son fr&#232;re lui murmura qu'&#171; elle devait se pr&#233;parer &#224; une condamnation &#187; ; elle quitta donc pr&#233;cipitamment le tribunal avant la fin des d&#233;bats pour en parler &#224; sa m&#232;re, qui alla aussit&#244;t chercher une entrevue avec le g&#233;n&#233;ral Nugent, qui lui fut refus&#233;e. Mary nous raconte que &#171; tout ce que ses amis pouvaient faire pour lui &#233;tait de s'efforcer d'obtenir que sa peine soit commu&#233;e en bannissement &#187;. Elle continue en disant qu'elle avait peu ou pas d'espoir ; &#034;... mais&#034;, dit-elle, &#034;je sentais que j'avais un devoir &#224; accomplir : emp&#234;cher les fausses d&#233;clarations et mettre hors du pouvoir de ses ennemis de nuire &#224; son caract&#232;re de son vivant, ou &#224; sa m&#233;moire une fois mort.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa condamnation, elle se rendit de nouveau &#224; la caserne d'artillerie et demanda &#224; un major Fox de lui permettre de voir son fr&#232;re ; il lui a dit d'attendre, mais elle l'a suivi &#224; l'int&#233;rieur, &#224; temps pour voir la porte de la cellule de son fr&#232;re s'ouvrir et pour entendre le major dire : &#171; Vous avez re&#231;u l'ordre d'une ex&#233;cution imm&#233;diate. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle faillit s'&#233;vanouir &#224; ces mots, et son fr&#232;re la prit dans ses bras ; mais elle n'a pas perdu connaissance, et elle nous dit qu'elle a ressenti &#171; une sorte &#233;trange de calme et de ma&#238;trise de soi, et dans cet &#233;tat d'esprit j'ai continu&#233; toute la journ&#233;e &#187;. Elle nous raconte comment tous deux parl&#232;rent de sa mort avec beaucoup de calme, la consid&#233;rant comme une dispensation de la Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souhaitant garder une partie de ses cheveux en souvenir, elle lui demanda une paire de ciseaux. Un jeune officier les lui apporta, mais h&#233;sita &#224; les lui laisser, jusqu'&#224; ce qu'elle lui demande avec indignation s'il pensait qu'elle voulait faire du mal &#224; son fr&#232;re. Le reste, je le raconterai dans ses propres mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il m'a ensuite donn&#233; les ciseaux, et j'ai coup&#233; une partie des cheveux d'Harry qui s'enroulaient autour de son cou, je les ai pli&#233;s dans du papier et je les ai mis sur ma poitrine. Fox entra &#224; ce moment dans la chambre et me pria de la lui donner, car &#171; on avait d&#233;j&#224; fait trop d'usage, dit-il, de telles choses &#187;. J'ai refus&#233;, disant que je ne m'en s&#233;parerais que dans la mort ; quand mon cher fr&#232;re a dit : &#171; Oh Marie, donne-le-lui &#8211; quelle valeur a-t-il ? Je sentais que sa possession ne serait pour moi qu'une simple satisfaction, et, ne voulant pas le d&#233;ranger par le concours, j'y renon&#231;ai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le temps qui lui &#233;tait imparti &#233;tait d&#233;sormais &#233;coul&#233; : il esp&#233;rait depuis quelques jours pouvoir rendre compte &#224; ses amis de tous les derniers &#233;v&#233;nements auxquels il avait pris part. Vers 17 heures, on l'a envoy&#233; sur le lieu de l'ex&#233;cution, o&#249; on m'a dit que c'&#233;tait l'ordre du g&#233;n&#233;ral que je devais le quitter, ce que j'ai refus&#233; p&#233;remptoirement. Harry m'a suppli&#233; d'y aller. En l'entourant de mes mains (je n'avais pas pleur&#233; jusque-l&#224;), je pouvais tout supporter sauf le quitter. Trois fois il m'embrassa et me supplia de partir ; et, regardant autour de lui pour voir un ami dont je pourrais me charger, il fit signe &#224; un certain M. Boyd et lui dit : &#171; Il prendra soin de vous. M. Boyd s'est avanc&#233;, et craignant qu'un nouveau refus ne perturbe le dernier moment de mon tr&#232;s cher fr&#232;re, je me suis laiss&#233; emmener.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme courageuse et intr&#233;pide, qui pouvait esp&#233;rer contre tout espoir et qui n'&#233;tait jamais &#224; bout de ressources, a soudoy&#233; le bourreau pour qu'il ne pende pas McCracken sur-le-champ. Elle fit venir le m&#233;decin de famille et l'apothicaire &#224; la maison. Gr&#226;ce aux instances de la famille et de leurs amis, le corps leur fut imm&#233;diatement rendu intact, et tous les efforts furent d&#233;ploy&#233;s pour le ressusciter. Ils r&#233;ussirent en partie, mais la vue d'un soldat regardant par la fen&#234;tre de la d&#233;pendance o&#249; ils travaillaient les effraya et les fit s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendons parler d'Henry Joy McCracken aid&#233; plus d'une fois par des femmes courageuses autres que sa s&#339;ur. Au d&#233;but de 1998, sa cousine, l'une des filles d'Henry Joy, r&#233;ussit &#224; l'avertir &#224; temps pour qu'il puisse s'&#233;chapper de Belfast. En passant le long de Hercules Road, il rencontra James Hope, &#224; qui nous sommes redevables de l'histoire de la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; attaqu&#233; dans Hercules St par des Yeomen arm&#233;s, et aurait &#233;t&#233; tu&#233; si la femme d'un boucher, appel&#233;e Hamell, n'&#233;tait pas venue &#224; son secours. avec un grand couteau. Lorsque les Yeomen se sont enfuis, elle a conduit Henry Joy dans sa maison et l'a fait sortir en toute s&#233;curit&#233; par une voie d&#233;tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Madden nous parle d'une autre femme qui a aid&#233; les Irlandais unis dans le Nord. Il la d&#233;crit comme &#171; une s&#339;ur des Sinclair et une jeune femme dot&#233;e de grandes attirances personnelles &#187;. Elle rencontrait constamment le g&#233;n&#233;ral Lake et, en raison de sa vanit&#233; intense et de son incapacit&#233;, &#233;tait en mesure d'extraire toutes les informations et les ordres qui lui &#233;taient donn&#233;s par le gouvernement britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mary McCracken parle de Biddy Magee, une simple enfant de douze ans, au temp&#233;rament nerveux et timide. Une nuit, elle entendit un r&#233;giment de soldats passer devant la porte de la chaumi&#232;re o&#249; elle habitait, et elle comprit qu'ils ne pouvaient qu'aller rendre une visite surprise &#224; une maison o&#249; &#233;taient cach&#233;s certains hommes des &#201;tats-Unis. Elle sauta du lit, jetant &#224; la h&#226;te quelques-uns de ses v&#234;tements, et courut par un raccourci solitaire &#224; travers les champs jusqu'&#224; la chaumi&#232;re. Son courage a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;, car elle est arriv&#233;e &#224; temps pour avertir et sauver les rebelles, et pour rentrer elle-m&#234;me chez elle en toute s&#233;curit&#233;. Cette enfant &#233;tait si nerveuse qu'elle n'osait pas aller chercher seule un seau d'eau au puits au cr&#233;puscule de la soir&#233;e. Le patriotisme lui a donn&#233; du courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miles Byrne avait la chance, comme McCracken, d'avoir une s&#339;ur au caract&#232;re exceptionnel. Bien qu'elle n'ait que 18 ans et soit d'une nature gaie, heureuse et l&#233;g&#232;re, elle semble avoir &#233;t&#233; absolument fiable, dans les circonstances les plus terriblement &#233;prouvantes, et avoir &#233;t&#233; d'une grande aide &#224; son fr&#232;re et &#224; bien d'autres pour &#233;chapper aux troupes anglaises. , et enfin &#224; s'&#233;chapper en toute s&#233;curit&#233;. La ma&#238;trise de soi et le bon sens, le courage et l'esprit sont quelques-unes des qualit&#233;s qu'il lui attribue. Elle a r&#233;ussi &#224; s'en sortir de tr&#232;s peu, que je vais raconter avec les propres mots de son fr&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si je n'avais pas remarqu&#233; une longue cicatrice sur son cou, elle n'en aurait rien dit elle-m&#234;me. Un yeoman du nom de Wheatley, du corps de Gorey, le jour o&#249; le pauvre Hugh fut arr&#234;t&#233;, mena&#231;a de lui trancher la gorge avec son sabre si elle ne r&#233;v&#233;lait pas sur-le-champ l'endroit o&#249; je me cachais. Le l&#226;che sc&#233;l&#233;rat aurait sans aucun doute mis sa menace &#224; ex&#233;cution si certains de ses camarades n'&#233;taient intervenus pour l'en emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de fr&#233;quentes allusions &#224; elle tout au long des m&#233;moires, que je n'ai pas l'espace de d&#233;tailler. Sa belle-s&#339;ur ainsi que diverses autres femmes sont mentionn&#233;es pour avoir aid&#233; &#224; son &#233;vasion ; en fait, tout le ton du livre tend &#224; montrer comment, &#224; Wexford, les hommes avaient l'habitude de compter sur les femmes pour les tenir au courant des informations, leur fournir de la nourriture, les cacher et les aider &#224; s'&#233;chapper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de la r&#233;bellion, sa s&#339;ur l'a cach&#233; dans une grotte, creus&#233;e par un voisin, qu'il appelle Ned Cane, derri&#232;re la chemin&#233;e du rez-de-chauss&#233;e. Il est rest&#233; l&#224; jusqu'&#224; ce qu'elle puisse organiser son &#233;vasion. Elle s'est arrang&#233;e avec une autre femme, Mme Richards de Coolafaney, pour que cette dame se rende &#224; Dublin sous pr&#233;texte d'emmener son fils &#224; l'&#233;cole, et que Miles Byrne conduise la voiture pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs des United Irishmen semblent tous avoir &#233;t&#233; tr&#232;s chanceux en ce qui concerne les femmes qu'ils ont &#233;pous&#233;es. Je n'ai rencontr&#233; qu'une seule femme qui &#233;tait assez faible pour implorer son mari de sauver sa propre vie, aux d&#233;pens de ses amis. Le mari, Tom Armstrong, pendu &#224; Lisburn, r&#233;pondit &#224; ses supplications et &#224; ses larmes en disant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non, Mary, je ne sauverai pas ma vie dans de telles conditions. Si je le faisais, un grand nombre d'&#233;pouses resteraient veuves et de nombreux enfants priv&#233;s de leurs principaux protecteurs. Je ne laisserai qu'une veuve et deux enfants, et le Dieu de la veuve et de l'orphelin les prendra en charge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pamela &#233;tait une &#233;pouse d&#233;vou&#233;e de Lord Edward Fitzgerald, bien qu'il dise quelque part qu'il n'a jamais discut&#233; de ses projets avec elle, tant il &#233;tait anxieux qu'elle ne soit pas g&#234;n&#233;e par le fait d'avoir ses dangereux secrets &#224; garder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pouse de James Hope &#233;tait une femme exceptionnelle. De nombreuses histoires sont racont&#233;es sur son courage et son intelligence. Une anecdote est tout ce pour quoi j'ai le temps. Je l'ai pris de Madden :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle fut envoy&#233;e dans une maison du Liberty, o&#249; une quantit&#233; de cartouches &#224; balles avait &#233;t&#233; log&#233;e, pour les emporter, afin d'&#233;viter que la ruine ne soit apport&#233;e &#224; la maison et &#224; ses habitants. Elle est all&#233;e &#224; la maison, les a mis dans une taie d'oreiller et a vid&#233; le contenu dans le canal, &#224; l'endroit qui alimente le bassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pouse de Putnam McCabe s'appelait Mme Lee, ainsi que Mme Maxwell, afin de le suivre de France en Irlande, d'&#234;tre pr&#232;s de lui et de l'aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pouse de James Porter a essay&#233; d'obtenir un sursis par tous les moyens en son pouvoir ; et nous entendons parler d'elle et d'une Miss Jackson l'accompagnant sur le lieu de son ex&#233;cution. Mme Neilson, Mme O'Connor, Mme Thomas Addis Emmet et de nombreuses autres femmes ont suivi les prisonniers politiques jusqu'&#224; Fort George et sont rest&#233;es pour les encourager et les r&#233;conforter pendant leur long et fatigant bannissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes de 1998 ont notamment pu rendre de bons services &#224; leur pays en transmettant, de bouche &#224; oreille, des messages trop dangereux pour qu'on puisse les confier au papier et &#224; l'encre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entendons parler de Miss Betty Palmer comme &#233;tant l'agent confidentiel d'Emmet et Russell. Elle &#233;tait la fille du vieux John Palmer de Cutpurse Row. Le Dr Madden la traite d'une sorte de Mme Roland irlandaise et raconte comment, lorsqu'il &#233;tait dangereux d'&#234;tre vue dans les rues, c'&#233;tait elle qui transportait les messages entre Emmet, Long, Hevey, Fitzgerald et Russell. Margaret Spaight a fait de m&#234;me pour John Sheares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence de Mme Bond a souvent &#233;t&#233; admir&#233;e. Elle obtint la permission d'envoyer des provisions aux prisonniers Russell et Neilson. Parmi les friandises fournies par elle se trouvait une d&#233;licieuse tarte. Une fois ouvert, il s'est av&#233;r&#233; qu'il contenait des lettres adress&#233;es &#224; des amis, du mat&#233;riel d'&#233;criture, des journaux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La triste histoire de la pauvre Sarah Cullen entre rarement dans une conf&#233;rence sur 1998, mais nous entendons parler d'Anne Devlin en relation avec certains des h&#233;ros tu&#233;s dans les montagnes de Wicklow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'&#233;t&#233; 1999, nous entendons parler d'elle et de Mary Dwyer, &#233;pouse de Michael Dwyer, son oncle, montant avec trois autres jeunes femmes &#224; minuit pour d&#233;terrer les corps de Sam McAllister et Tom Costello et les amener &#224; Kilranelagh pour y &#234;tre soign&#233;s. enterrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, j'arrive &#224; la fin de ma conf&#233;rence &#8211; non pas parce qu'il n'y a plus rien &#224; dire sur les agissements et les souffrances des femmes de 98, mais parce que ma conf&#233;rence est d&#233;j&#224; trop longue. Lorsque j'ai entrepris cette t&#226;che, j'ai pens&#233; qu'il me serait difficile de rassembler suffisamment de faits ; mais, au contraire, mon probl&#232;me a &#233;t&#233; de savoir quoi s&#233;lectionner, compresser ou laisser de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rangs rebelles, les abus et les meurtres de femmes semblent absolument inconnus. Aussi inexp&#233;riment&#233;s et indisciplin&#233;s qu'ils l'&#233;taient, combattant un ennemi cruel et barbare, chacun ayant un tort personnel &#224; venger, exasp&#233;r&#233;s par le traitement inflig&#233; &#224; leurs femmes, &#224; leurs enfants, &#224; leurs pr&#234;tres, &#224; leurs dirigeants, d&#233;sesp&#233;r&#233;s et affam&#233;s, comme ils l'&#233;taient auparavant. &#192; la fin, avec les maisons incendi&#233;es, les r&#233;coltes et le b&#233;tail d&#233;truits, ils respectaient toujours les femmes. L'avenir, s'ils &#233;chappaient &#224; la corde, n'avait que peu de chances pour ces hommes, mais ils n'oubliaient jamais qu'ils &#233;taient Irlandais ; tandis que les Yeomen et la milice irlandaise semblaient avoir rivalis&#233; avec les r&#233;giments britanniques dans le traitement r&#233;serv&#233; &#224; leurs compatriotes tomb&#233;es en leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps ont sans doute chang&#233; depuis, et les hommes n'osent plus se montrer aussi ouvertement brutaux ; mais les femmes souffrent encore aujourd'hui du militarisme, tout comme les plus faibles souffrent toujours &#224; la merci des forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/markievicz/1915/11/women98.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/markievicz/1915/11/women98.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il m'est difficile de concevoir une quelconque mani&#232;re de r&#233;former efficacement le syst&#232;me p&#233;nitentiaire anglais. Un syst&#232;me aussi atroce devrait &#234;tre aboli, et lorsque les prisons auront &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;es, les fonctionnaires mis &#224; la retraite et tout le m&#233;canisme mis au rebut, un nouveau syst&#232;me pourrait &#234;tre con&#231;u selon lequel les personnes qui constituent un danger pour la communaut&#233; pourraient &#234;tre d&#233;tenues &#224; titre de garantie. des conditions o&#249; ils auraient une chance d'am&#233;liorer leur caract&#232;re et d'apprendre &#224; tirer le meilleur parti de la mauvaise position dans laquelle ils se sont mis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison, en tant que punition, est un vestige de la barbarie. Pour le prisonnier, c'est la vengeance du fort envers le faible, et chaque jour pass&#233; l&#224;-bas le rend plus amer. La nature humaine est telle qu'aucune punition ne peut avoir un effet dissuasif sur une personne souhaitant r&#233;cidiver ; cela pourrait les amener &#224; changer de tactique et &#224; devenir plus prudents, mais cela semble toujours leur demander de se venger des autorit&#233;s pour tout ce qu'ils ont subi, et de les inciter &#224; &#234;tre plus mignons et plus audacieux. &#224; leur lib&#233;ration. La seule fa&#231;on dont je peux concevoir que cela agisse comme un moyen de dissuasion est dans les cas o&#249; des prisonniers malheureux sont bris&#233;s dans leur sant&#233; et leur esprit &#224; leur lib&#233;ration et d&#233;rivent vers l'asile de travail pour finir leurs jours dans une mis&#232;re impuissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison pourrait &#224; juste titre &#234;tre d&#233;crite comme une &#233;cole dans laquelle de nombreux malheureux &#233;taient initi&#233;s &#224; toutes les formes de vices, et d'o&#249; ils &#233;taient lanc&#233;s dans le monde souterrain des criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayons d'imaginer l'&#233;tat mental des primo-d&#233;linquants coup&#233;s soudainement et impitoyablement de toute pens&#233;e et association innocente, de toute affection et int&#233;r&#234;t ext&#233;rieur, et rejet&#233;s sur eux-m&#234;mes. Leurs pens&#233;es se tournent de plus en plus vers le crime dont ils souffrent et la terrible vengeance qui leur est impos&#233;e. Leurs seuls rapports humains ont lieu avec d'autres aussi mauvais ou pires qu'eux-m&#234;mes ; la seule vari&#233;t&#233; dans leur vie est l'arriv&#233;e d'un nouveau criminel ou le retour d'un ancien d&#233;linquant avec une nouvelle peine. Ainsi, le crime, comment le commettre et comment &#233;chapper &#224; ses cons&#233;quences, devient pour eux d'un int&#233;r&#234;t captivant, jusqu'&#224; ce qu'il devienne pour eux aussi naturel et banal que toute autre activit&#233;. Ils n'ont plus honte d'avoir assassin&#233; ou vol&#233;, ils ont honte d'&#234;tre d&#233;couverts. Leurs longues heures solitaires sont consacr&#233;es &#224; revenir sur l'insouciance et l'indiscr&#233;tion qui ont conduit &#224; leur arrestation et &#224; leur condamnation, et &#224; planifier toutes sortes de plans pour se venger de faux amis, pour prendre le dessus sur la loi et l'ordre et pour vivre le reste de leur vie. leur vie est sauvage, luxueuse et oisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les condamn&#233;s sont divis&#233;s en classes de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les &#171; &#233;toiles &#187;, c'est-&#224;-dire les d&#233;linquants primaires, qui se distinguent par le port sur leur manche d'une &#233;toile rouge situ&#233;e imm&#233;diatement sous le num&#233;ro par lequel ils se distinguent dans la prison ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; bars &#187;, ceux qui portent une barre ; et&lt;br class='autobr' /&gt; ceux qui ne portent aucun signe distinctif, pour la plupart des d&#233;linquants &#226;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette classification a sans doute &#233;t&#233; institu&#233;e pour tenter de s&#233;parer les d&#233;linquants endurcis et constants de ceux qui ont &#233;t&#233; victimes de circonstances malheureuses et qui, sous l'influence de passions fortes, ont commis un acte insens&#233;. Cela est totalement inutile &#224; cette fin, car aucun &#234;tre humain ne pourra jamais faire de discrimination au point de pouvoir reconna&#238;tre &#224; vue ceux qui constituent un danger pour autrui ; et les mettre dans une classe &#224; part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez classer par taille, par forme ou par couleur, ou par toute preuve ext&#233;rieure que vos sens ou votre esprit peuvent saisir, mais pr&#233;tendre conna&#238;tre et juger une &#226;me humaine est une tentative d'usurper les pouvoirs du Dieu Tout-Puissant. Vous en trouverez donc toujours parmi les &#233;toiles qui ont une influence tr&#232;s corruptrice. Le nombre limit&#233; de cette classe rend impossible d'en &#233;viter une en particulier. Il fait &#233;galement partie du syst&#232;me que si l'on vous voit essayer d'en &#233;viter une, vous serez probablement mis au travail avec elle, car en prison, toute affection humaine, toute tentative de discrimination ou d'aspiration est impitoyablement marqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous montrez que vous pr&#233;f&#233;rez travailler dans la m&#234;me &#233;quipe qu'une de vos compagnes, vous &#234;tes imm&#233;diatement s&#233;par&#233; d'elle, si vous manifestez une pr&#233;f&#233;rence pour une gardienne, si on vous a entendu dire qu'elle est gentille ou si on vous a vu lui sourire. , elle est &#224; la fois un objet de suspicion aupr&#232;s des autres gardiennes et des autorit&#233;s sup&#233;rieures. Un syst&#232;me d'espionnage effroyable, appel&#233; &#171; surveillance &#187;, vous poursuit m&#234;me lorsque vous vous agenouillez devant l'Autel de Dieu, et m&#234;me le mis&#233;rable petit grain de r&#233;confort que vous pouvez obtenir en discutant quelques minutes avec un autre prisonnier ne peut &#234;tre obtenu que par des ruses et des ruses sans fin. tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre objection &#224; la division en classes r&#233;side dans les jalousies et les r&#233;criminations sans fin qu'elle suscite. Les stars se consid&#232;rent bien meilleures que quiconque, tandis que celles qui sont plus &#226;g&#233;es en prison se situent au sommet de leur propre estimation. Les &#233;toiles alternent en les admirant et en les m&#233;prisant. On se donne le plus grand mal pour entrer en communication avec eux, et bien des malheureuses filles apprennent gr&#226;ce &#224; eux &#224; entrer en contact avec &#171; la vie gay &#187; &#224; Londres et dans d'autres villes anglaises, lorsqu'elles sont lib&#233;r&#233;es &#224; la fin de leur peine. La &#171; vie gay &#187; est la vie des salles de jeux, des maisons closes, des cuisines des voleurs et des clubs de danse, et s'applique &#224; tous les rapports sociaux de ceux qui vivent du vol, des faux-semblants, de la prostitution et pire encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison est le meilleur terrain de recrutement pour les criminels professionnels, et parmi les stars, ils trouvent de nombreux jeunes imb&#233;ciles pour rejoindre leur groupe, un environnement mis&#233;rable qui rend l'id&#233;e d'une vie gay doublement attrayante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que si les prisonniers &#233;taient autoris&#233;s &#224; se regrouper pour travailler, il y aurait beaucoup moins de d&#233;moralisation. Les semblables se transformeraient en semblables, et ceux qui n'aimaient pas les mauvaises paroles ne seraient pas oblig&#233;s de les &#233;couter jusqu'&#224; ce que cela devienne une seconde nature pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle du silence incite simplement les gens &#224; avoir des relations sexuelles sournoises. Les anciens sont experts en la mati&#232;re et leurs conversations sont souvent sales. Quelques mots &#233;chang&#233;s valent tous les risques qu'on peut courir, surtout pour un nouveau venu, et c'est avec le pire de leurs camarades qu'il leur est le plus facile de dialoguer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#232;gle est tr&#232;s d&#233;moralisante pour les gardiennes ; car aucun gardien ne pourrait l'ex&#233;cuter et, par cons&#233;quent, doit faire un clin d'&#339;il &#224; ceux qui l'offensent ; une fois qu'une gardienne a fait un clin d'&#339;il, elle s'est mise dans la position de permettre que quelque chose se produise qu'elle n'avait pas le pouvoir de permettre, et qui, s'il &#233;tait d&#233;couvert, lui causerait des ennuis. Cela la met au pouvoir des for&#231;ats, car elle a toujours peur des histoires que lui raconte le premier qu'elle offense ; alors, petit &#224; petit, elle se retrouve &#224; jouer un double jeu et &#224; aider constamment les condamn&#233;s &#224; &#233;chapper aux r&#232;gles. Cela finit par qu'elle n'ose pas d&#233;noncer un condamn&#233; de peur qu'on lui raconte des histoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout se fait selon des r&#232;gles, et il y a des r&#232;gles sans fin, des formalit&#233;s administratives sans fin et des inspections sans fin. Tout cela semble avoir &#233;t&#233; institu&#233; &#224; l'origine pour la protection du prisonnier, mais &#224; la longue, tous sont soit inutiles, soit utilis&#233;s contre elle pour la protection des fonctionnaires, et chacun est comme un coup de mors s&#233;v&#232;re sur un cheval nerveux. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#238;ner est toujours inspect&#233;, apr&#232;s sa cuisson, par le gouverneur ou le sous-gouverneur. Un tableau d'&#171; &#233;chantillons &#187; est soigneusement dress&#233;. Les morceaux sont soigneusement s&#233;lectionn&#233;s par les gardiens responsables, et ce sont toujours les meilleurs morceaux que le gouverneur regarde et go&#251;te et dit invariablement &#171; excellent &#187;, tandis que nous sourions ironiquement. Aucun inspecteur n'a jamais eu le bon sens de prendre une ration au hasard, de la peser et de la go&#251;ter, et les aliments crus n'ont jamais &#233;t&#233; examin&#233;s &#224; ma connaissance. Si cela avait &#233;t&#233; fait, on aurait constat&#233; que le suif &#233;tait principalement constitu&#233; de peau roul&#233;e ; il &#233;tait constamment entach&#233; et toujours plein de ce qu'on m'a dit depuis &#234;tre des glandes tuberculeuses. Ils &#233;taient de formation globulaire, allant de la taille d'un pois &#224; un gros raisin ; certaines sont de couleur jaune ros&#233;, d'autres violettes et couvertes de petites veines. Nous les r&#233;cup&#233;rions dans un plat &#224; tarte et les br&#251;lions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons mang&#233; du poisson jeudi ; boeuf d'intimidation le dimanche ; d'autres jours, nous mangions du mouton ou du b&#339;uf ; quelques petites tranches de viande flottant dans de l'eau grasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cela, nous avions 12 onces de l&#233;gumes, principalement des pommes de terre, avec des tranches de carottes, ou des haricots secs, ou des oignons, tr&#232;s occasionnellement des poireaux ou du chou, etc. Les d&#238;ners &#233;taient servis dans des bo&#238;tes de conserve &#224; deux &#233;tages, utilis&#233;es indistinctement par 200 femmes, et, plus , certaines canettes tr&#232;s vieilles et moisies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait qu'un grand nombre de femmes souffraient de maladies v&#233;n&#233;riennes et, &#224; l'&#233;poque, on essayait de garder leurs bo&#238;tes s&#233;par&#233;es. Cela a &#233;t&#233; abandonn&#233; apr&#232;s un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y avait pas de locaux ad&#233;quats pour laver ces 400 bo&#238;tes. J'en faisais 200 avec un autre d&#233;tenu. Nous avons fait de notre mieux pour les nettoyer dans un grand bol en terre cuite pos&#233; sur la table de la cuisine et les s&#233;cher sur deux serviettes. Parfois, l'eau n'&#233;tait pas chaude et on ne pouvait alors ni s&#233;cher ni nettoyer les bo&#238;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la prison d'Aylesbury, je travaillais dans la cuisine et une partie de mon travail consistait &#224; laver quotidiennement plus de 200 bo&#238;tes de conserve. Ils n'ont jamais pu &#234;tre lav&#233;s correctement, car il n'y avait pas de logement convenable. Nous avons fait de notre mieux pour les rincer dans un bol en terre cuite pos&#233; sur la table de la cuisine. Souvent, l'eau n'&#233;tait pas assez chaude et parfois il n'y avait ni savon ni soda. La plupart des bo&#238;tes &#233;taient rouges et rouill&#233;es &#224; l'int&#233;rieur. Il n'y avait que deux serviettes pour les s&#233;cher. Si j'avais le temps, je pourrais vous donner d'innombrables exemples de propret&#233; anglaise. Cela peut se r&#233;sumer ainsi : cuivres, parquets, poign&#233;es de porte, tout cela saute aux yeux, immacul&#233;, mais salet&#233; et n&#233;gligence dans les coulisses. J'ai vu de la vermine trouv&#233;e dans les bains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les d&#233;tenus vivaient avec les nerfs &#224; vif, l'horreur d'attraper la syphilis, la lutte pour conserver sa sant&#233; afin de pouvoir travailler une fois lib&#233;r&#233;, occupaient tout le monde. C'&#233;tait leur horreur de s'effondrer, bien plus que la gourmandise, qui faisait courir aux femmes le risque de punitions s&#233;v&#232;res lorsqu'elles tentaient de voler de la margarine ou du jus de fruit, ou un oignon cru, ou un morceau de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreuses horreurs que je n'ai pas le temps d'aborder. Ceux qui s'enqui&#232;rent des conditions de d&#233;tention pourraient trouver utiles les suggestions suivantes quant &#224; l'endroit o&#249; diriger les enqu&#234;tes. Vous pourriez &#233;crire des rames sur chacun :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Diviser les prisonniers en classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#232;gle du silence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les conditions insalubres dans lesquelles travaillent et vivent les d&#233;tenus (cellules, nourriture, conditions de travail, &#171; acc&#233;l&#233;rations &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ensemble des relations des officiers avec les prisonniers et le syst&#232;me de discipline entre eux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; M&#233;thodes de supervision, au service divin et &#224; tout autre moment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Recherches&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rupture compl&#232;te de tous les liens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mani&#232;re dont les lettres sont censur&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mani&#232;re dont se d&#233;roulent les quelques courtes visites&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les cent petites r&#232;gles et r&#232;glements exasp&#233;rants qui ont pouss&#233; tant de malheureux dans la maison de fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=&lt;/a&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/markievicz/1922/10/womenjails.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/markievicz/1922/10/womenjails.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LIRE ENCORE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/chrhc/1085?lang=en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/chrhc/1085?lang=en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_irlandaise_de_1798&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_irlandaise_de_1798&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/irlande-quand-les-femmes-etaient-au-coeur-de-la-revolution-211858&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/irlande-quand-les-femmes-etaient-au-coeur-de-la-revolution-211858&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que les femmes doivent &#224; Karl Marx...</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9005</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9005</guid>
		<dc:date>2026-03-18T23:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce que les femmes doivent &#224; Karl Marx &lt;br class='autobr' /&gt;
Clara Zetkin &lt;br class='autobr' /&gt;
25 mars 1903 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 14 mars marquait le vingti&#232;me anniversaire de la mort de Karl Marx &#224; Londres. Engels, dont la vie &#233;tait intimement li&#233;e &#224; la vie de travail et de lutte de Marx pendant quarante ans, &#233;crivit &#224; New York &#224; un ami commun, le camarade Sorge : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'humanit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;duite d'une t&#234;te, &#224; savoir de la t&#234;te la plus importante qu'elle poss&#233;dait aujourd'hui. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a fait mouche avec cette note. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne peut pas &#234;tre notre t&#226;che, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que les femmes doivent &#224; Karl Marx&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Clara Zetkin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25 mars 1903&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 mars marquait le vingti&#232;me anniversaire de la mort de Karl Marx &#224; Londres. Engels, dont la vie &#233;tait intimement li&#233;e &#224; la vie de travail et de lutte de Marx pendant quarante ans, &#233;crivit &#224; New York &#224; un ami commun, le camarade Sorge :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'humanit&#233; a &#233;t&#233; r&#233;duite d'une t&#234;te, &#224; savoir de la t&#234;te la plus importante qu'elle poss&#233;dait aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fait mouche avec cette note.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne peut pas &#234;tre notre t&#226;che, dans le cadre de cet article, de discuter de ce que Karl Marx, en tant qu'homme de science et combattant r&#233;volutionnaire, a donn&#233; au prol&#233;tariat et ce qu'il est pour lui. Cela reviendrait &#224; r&#233;p&#233;ter ce qui s'est pass&#233; ces jours-ci. On a parl&#233; dans la presse socialiste de son &#339;uvre scientifique et pratique incommensurablement riche et profonde et de sa personnalit&#233; &#233;norme et unifi&#233;e, qui s'est mise compl&#232;tement, sans r&#233;serve, sans marchandage ni marchandage, au service du prol&#233;tariat. Pour cela, nous voudrions indiquer bri&#232;vement ce pour quoi le mouvement des femmes prol&#233;tariennes, oui, le mouvement des femmes en g&#233;n&#233;ral, doit le remercier en particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes : Marx n'a jamais abord&#233; la question des femmes &#171; en soi &#187; et &#171; en tant que telle &#187;. N&#233;anmoins, il a quelque chose d'irrempla&#231;able, c'est lui qui a apport&#233; la contribution la plus importante &#224; la lutte des femmes pour leurs pleins droits. Avec une vision mat&#233;rialiste de l'histoire, il ne nous a pas donn&#233; de formules toutes faites sur la question des femmes, mais il nous a donn&#233; quelque chose de mieux : la m&#233;thode correcte et pr&#233;cise pour la rechercher et la comprendre. Seule la vision mat&#233;rialiste de l'histoire nous a permis de comprendre clairement la question des femmes dans le flux du d&#233;veloppement historique g&#233;n&#233;ral, &#224; la lumi&#232;re du contexte social g&#233;n&#233;ral, dans sa condition et sa justification historiques, d'en reconna&#238;tre les forces motrices et de soutien, les objectifs vers lesquels il est dirig&#233; Conditions dans lesquelles seuls les probl&#232;mes survenus peuvent &#234;tre r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bris&#233;e dans la poussi&#232;re, la vieille superstition selon laquelle la position des femmes dans la famille et dans la soci&#233;t&#233; &#233;tait quelque chose d'&#233;ternellement immuable, cr&#233;&#233;e selon des lois morales ou des r&#232;glements divins, a sombr&#233; dans la poussi&#232;re. Il a &#233;t&#233; clairement r&#233;v&#233;l&#233; que la famille, comme les autres institutions et formes d'existence dans la soci&#233;t&#233;, est sujette &#224; une croissance et &#224; un d&#233;clin constants et qu'elle change avec les conditions &#233;conomiques et l'ordre de propri&#233;t&#233; qu'elles soutiennent. Mais c'est le d&#233;veloppement des forces productives &#233;conomiques qui entra&#238;ne ce changement en r&#233;volutionnant le mode de production et en l'opposant &#224; l'ordre &#233;conomique et foncier. Sur la base des conditions et des connexions &#233;conomiques r&#233;volutionn&#233;es, la r&#233;volution de la pens&#233;e des gens a lieu, leur effort pour remodeler la superstructure sociale dans ses institutions conform&#233;ment aux changements dans la base &#233;conomique, pour &#233;liminer ce qui s'est fig&#233; dans les formes de propri&#233;t&#233; et de pouvoir. relations. Ce sont les luttes des classes qui permettent &#224; cette lutte de pr&#233;valoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la pr&#233;face d'Engels &#224; son &#233;tude lumineuse sur l' origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'&#201;tat, nous savons que les processus de pens&#233;e th&#233;orique et les points de vue d&#233;velopp&#233;s ici sont en grande partie un h&#233;ritage marxiste, auquel l'ami a pr&#233;sid&#233; comme un fid&#232;le incomparable. et un brillant ex&#233;cuteur testamentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui peut &#234;tre &#233;limin&#233; en tant qu'hypoth&#232;se en d&#233;tail, oui, doit &#234;tre &#233;limin&#233; : dans son ensemble, l'ouvrage nous donne une richesse &#233;blouissante d'aper&#231;us th&#233;oriques clairs sur les conditions tr&#232;s alambiqu&#233;es dans lesquelles la forme actuelle de la famille et du mariage se d&#233;veloppe sous l'influence des relations &#233;conomiques et immobili&#232;res s'est progressivement d&#233;velopp&#233;e. Et cette vision nous apprend non seulement &#224; &#233;valuer correctement la position des femmes dans le pass&#233;, mais jette &#233;galement un pont solide pour comprendre la situation sociale et le statut priv&#233; et &#233;tatique du genre f&#233;minin dans le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que des forces historiques irr&#233;sistibles et imparables soient &#224; l'&#339;uvre dans l'ordre social actuel pour r&#233;volutionner fondamentalement cette situation et ce statut juridique et pour instaurer l'&#233;galit&#233; des droits pour les femmes ressort clairement du pouvoir convaincant du capital . En suivant avec une ma&#238;trise classique le d&#233;veloppement et la nature de la production capitaliste jusqu'&#224; ses plus fines ramifications, en diss&#233;quant ses phases les plus confuses et en d&#233;couvrant sa propre loi du mouvement dans la th&#233;orie de la plus-value, Marx a - notamment dans les affirmations selon lesquelles les id&#233;es des femmes et de Dealing with travail des enfants - a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re concluante que le capitalisme d&#233;truit les bases du travail domestique traditionnel des femmes, dissolvant ainsi la forme familiale traditionnelle, rendant les femmes &#233;conomiquement ind&#233;pendantes en dehors de la famille et construisant ainsi des bases solides pour leurs droits &#233;gaux en tant qu'&#233;pouses, m&#232;res et citoyennes. Mais autre chose ressort clairement des &#339;uvres de Marx : le prol&#233;tariat est seul la classe r&#233;volutionnaire qui, avec l'ordre social socialiste, peut et doit cr&#233;er les conditions sociales essentielles &#224; la solution compl&#232;te de la question des femmes. Outre le fait que la campagne bourgeoise pour les droits des femmes ne veut ni ne peut lutter pour la lib&#233;ration sociale de la femme prol&#233;taire, elle se r&#233;v&#232;le &#233;galement impuissante &#224; r&#233;soudre les nouveaux conflits graves qui doivent surgir sur la base de l'&#233;galit&#233; sociale et juridique entre les sexes. l'ordre capitaliste. Ces conflits ne disparaissent que lorsque l'exploitation de l'homme par l'homme et les contradictions qu'elle engendre sont surmont&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que le Capital enseigne dans la recherche scientifique sur l'effondrement de la famille et ses causes est r&#233;sum&#233; dans le Manifeste du Parti Communiste - l'&#339;uvre conjointe de Marx et Engels - en phrases succinctes et puissantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Moins le travail manuel demande d'habilet&#233; et d'effort de force, c'est-&#224;-dire h. Plus l'industrie moderne se d&#233;veloppe, plus le travail des hommes est remplac&#233; par celui des femmes et des enfants. Les diff&#233;rences de sexe et d'&#226;ge n'ont plus aucune validit&#233; sociale pour la classe ouvri&#232;re. Il n'existe que des instruments de travail qui co&#251;tent diff&#233;remment selon l'&#226;ge et le sexe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie a arrach&#233; le voile touchant et sentimental de la relation familiale et l'a r&#233;duite &#224; une relation purement mon&#233;taire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions de vie de l'ancienne soci&#233;t&#233; ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;truites par les conditions de vie du prol&#233;tariat. Le prol&#233;taire n'a pas de propri&#233;t&#233; ; sa relation avec sa femme et ses enfants n'a plus rien de commun avec la relation familiale bourgeoise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur quoi est bas&#233;e la famille bourgeoise actuelle ? Sur le capital, sur l'acquisition priv&#233;e. Pleinement d&#233;velopp&#233;e, elle n'existe que pour la bourgeoisie ; mais elle trouve son compl&#233;ment dans l'absence de famille forc&#233;e des prol&#233;taires et dans la prostitution publique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paroles bourgeoises sur la famille et l'&#233;ducation, sur les relations intimes entre parents et enfants, deviennent d'autant plus d&#233;go&#251;tantes que tous les liens familiaux sont d&#233;chir&#233;s pour les prol&#233;taires par la grande industrie et que les enfants sont transform&#233;s en de simples objets de commerce. et instruments de travail.&#034; [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Marx ne nous ouvre pas seulement les yeux sur le fait que le d&#233;veloppement historique est destructeur, il nous remplit aussi de la conviction victorieuse qu'il construit quelque chose de nouveau, de plus haut et de plus parfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aussi terrible et d&#233;go&#251;tante qu'apparaisse la dissolution de l'ancien syst&#232;me familial au sein du syst&#232;me capitaliste &#187;, lit-on dans &#171; Capital &#187;, &#171; la grande industrie cr&#233;e n&#233;anmoins le r&#244;le d&#233;cisif qu'elle joue pour les femmes, les jeunes et les enfants des deux sexes dans la soci&#233;t&#233;. les processus de production organis&#233;s au-del&#224; de la sph&#232;re du m&#233;nage, la nouvelle base &#233;conomique d'une forme sup&#233;rieure de famille et les relations entre les deux sexes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels r&#233;pondent fi&#232;rement et avec un m&#233;pris sup&#233;rieur aux sales soup&#231;ons concernant cet id&#233;al du futur par une caract&#233;risation impitoyable de l'&#201;tat actuel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le bourgeois consid&#232;re sa femme comme un simple instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent &#234;tre exploit&#233;s collectivement et, bien s&#251;r, il ne peut rien imaginer d'autre que le fait que le sort de la communaut&#233; affectera &#233;galement les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'imagine pas qu'il s'agit d'abolir la position des femmes comme simples instruments de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, rien n'est plus ridicule que l'horreur hautement morale de nos bourgeois &#224; l'&#233;gard de la pr&#233;tendue communaut&#233; officielle des femmes des communistes. Les communistes n'ont pas besoin d'introduire la communaut&#233; des femmes ; elle a presque toujours exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos bourgeois, non satisfaits de disposer des femmes et des filles de leurs prol&#233;taires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent leur principal plaisir &#224; s&#233;duire leurs femmes les unes chez les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mariage civil est en r&#233;alit&#233; l'union des &#233;pouses. Au mieux, on pourrait accuser les communistes de vouloir introduire une communaut&#233; de femmes officielle et ouverte pour remplacer une communaut&#233; hypocritement cach&#233;e. Il va de soi d'ailleurs qu'avec l'abolition des rapports de production actuels, la communaut&#233; des femmes qui en est issue, c'est-&#224;-dire h. La prostitution officielle et officieuse est en train de dispara&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce que le mouvement des femmes doit &#224; Marx ne se limite en aucun cas au fait que lui, comme aucun autre, a jet&#233; une lumi&#232;re &#233;clatante sur le processus tortueux de d&#233;veloppement qui conduit le sexe f&#233;minin de la servitude sociale &#224; la libert&#233;, de l'atrophie &#224; l'harmonie et &#224; la puissance. humanit&#233;. Gr&#226;ce &#224; son analyse profonde et perspicace des antagonismes de classe dans la soci&#233;t&#233; actuelle et de leurs racines, il nous a ouvert les yeux sur le contraste irr&#233;conciliable des int&#233;r&#234;ts qui s&#233;parent les femmes des diff&#233;rentes classes. Comme des bulles de savon iris&#233;es, les &#171; bavardages d'amour &#187; sur l'unique grande &#171; sororit&#233; &#187; qui est cens&#233;e nouer un lien unificateur autour des dames bourgeoises et des femmes prol&#233;taires se sont dispers&#233;es dans l'air de la vision mat&#233;rialiste de l'histoire. Marx a forg&#233; et appris &#224; utiliser l'&#233;p&#233;e qui a rompu le lien entre les mouvements de femmes prol&#233;tariens et bourgeois ; Mais il a &#233;galement forg&#233; la cha&#238;ne de r&#233;flexion qui lie inextricablement les premiers au mouvement ouvrier socialiste et &#224; la lutte de classe r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat. Il a ainsi donn&#233; &#224; notre lutte la clart&#233; et la grandeur, la sublimit&#233; du but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une richesse incommensurable de faits, d'id&#233;es et de suggestions sur la question du travail des femmes, la situation des travailleuses, la justification de la protection juridique des travailleurs, etc. est accumul&#233;e dans Le Capital . C'est une arme intellectuelle in&#233;puisable pour notre lutte pour les revendications du moment ainsi que pour le noble objectif socialiste de l'avenir. Marx nous enseigne &#224; appr&#233;cier correctement le petit travail, souvent insignifiant, de la journ&#233;e, qui est d'une n&#233;cessit&#233; vitale pr&#233;cis&#233;ment pour accro&#238;tre la capacit&#233; de combat des prol&#233;taires. Mais cela nous &#233;l&#232;ve aussi &#224; une &#233;valuation ferme et clairvoyante de la grande lutte r&#233;volutionnaire pour la conqu&#234;te du pouvoir politique par le prol&#233;tariat, sans laquelle la soci&#233;t&#233; socialiste et la lib&#233;ration du sexe f&#233;minin restent de brillants r&#234;ves. Surtout, cela nous remplit de la conviction que seul le but sublime donne valeur et sens au travail quotidien. De cette mani&#232;re, il nous prot&#232;ge de la perte de la grande connaissance fondamentale de la nature de notre mouvement dans la foule des ph&#233;nom&#232;nes individuels, des t&#226;ches et des succ&#232;s et de la perte de vue du vaste horizon historique sur lequel se l&#232;ve l'aube des temps nouveaux en raison de le labeur quotidien &#233;puisant. Tout comme il est le ma&#238;tre de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire, il reste le leader de la lutte r&#233;volutionnaire, dont les combats &#224; mener sont le devoir et la fiert&#233;, le bonheur et le titre de gloire du mouvement des femmes prol&#233;tariennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
* * *&lt;br class='autobr' /&gt;
Remarques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Karl Marx/Friedrich Engels, Lettres choisies, Dietz Verlag. Berlin 1933. P. 432.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Marx/Engels, &#338;uvres, tome 4, pp. 459-493, ici pp. 469-478.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Karl Marx, Le Capital, vol. 1, p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Marx/Engels, &#338;uvres, tome 4, pp. 459-493, ici p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels citent aussi Fourier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'adult&#232;re, la s&#233;duction font honneur aux s&#233;ducteurs et sont de bon ton... Mais, pauvre jeune fille ! l'infanticide, quel crime ! Si elle tient &#224; son honneur, il faut qu'elle fasse dispara&#238;tre les traces du d&#233;shonneur ; et si elle sacrifie son enfant aux pr&#233;jug&#233;s du monde, elle est d&#233;shonor&#233;e davantage encore et tombe sous les pr&#233;jug&#233;s de la loi... Tel est le cercle vicieux que d&#233;crit tout m&#233;canisme civilis&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La jeune fille n'est-elle pas une marchandise expos&#233;e &#224; qui veut en n&#233;gocier l'acquisition et la propri&#233;t&#233; exclusive ? De m&#234;me qu'en grammaire deux n&#233;gations valent une affirmation, l'on peut dire qu'en n&#233;goce conjugal deux prostitutions valent une vertu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le changement d'une &#233;poque historique se laisse toujours d&#233;terminer en fonction du progr&#232;s des femmes vers la libert&#233; parce que c'est ici, dans le rapport de la femme avec l'homme, du faible avec le fort qu'appara&#238;t de la fa&#231;on la plus &#233;vidente la victoire de la nature humaine sur la brutalit&#233;. Le degr&#233; de l'&#233;mancipation f&#233;minine est la mesure naturelle du degr&#233; de l'&#233;mancipation g&#233;n&#233;rale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'avilissement du sexe f&#233;minin est un trait essentiel &#224; la fois de la civilisation et de la barbarie, avec cette seule diff&#233;rence que l'ordre civilis&#233; &#233;l&#232;ve chacun des vices que la barbarie pratique en mode simple, &#224; un mode d'existence compos&#233;, &#224; double sens, ambigu et hypocrite... Personne n'est plus profond&#233;ment puni que l'homme du fait que la femme est maintenue dans l'esclavage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900ag.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900ag.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La lutte des femmes contre l'esclavage</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8736</link>
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		<dc:date>2026-02-02T23:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La lutte des femmes contre l'esclavage &lt;br class='autobr' /&gt;
L'esclavage des femmes, ce n'est pas seulement des pays comme l'Iran, l'Afghanistan, la Libye, la Mauritanie et des pays tr&#232;s pauvres du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Asie qui le connaissent. Il concerne les pays de l'Est mais aussi de l'Ouest, du Sud mais aussi du Nord. C'est le plus souvent un esclavage sexuel &#224; but lucratif. Dans le monde occidental dit d&#233;mocratique, la pornographie cache g&#233;n&#233;ralement un esclavage des femmes et notamment des jeunes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte des femmes contre l'esclavage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage des femmes, ce n'est pas seulement des pays comme l'Iran, l'Afghanistan, la Libye, la Mauritanie et des pays tr&#232;s pauvres du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Asie qui le connaissent. Il concerne les pays de l'Est mais aussi de l'Ouest, du Sud mais aussi du Nord. C'est le plus souvent un esclavage sexuel &#224; but lucratif. Dans le monde occidental dit d&#233;mocratique, la pornographie cache g&#233;n&#233;ralement un esclavage des femmes et notamment des jeunes femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappeler le combat pass&#233; des femmes esclaves n'est pas seulement faire un rappel historique mais aussi mener un combat actuel&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://flam-mauritanie.org/la-resistance-des-femmes-de-nder-talaata-i-nder-7-mars-1820-7-mars-2020-un-episode-marquant-et-symbolique-de-la-lutte-contre-lesclavage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2843259-20200823-journee-internationale-souvenir-traite-negriere-trois-femmes-puissantes-combattu-esclavage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/culture/en-regions/dix-femmes-en-lutte-contre-l-esclavage-une-histoire-racontee-au-musee-schoelcher-de-fessenheim_4077307.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://information.tv5monde.com/terriennes/hommage-aux-femmes-esclaves-heroines-meconnues-29090&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/sylvia-duverger/blog/191221/le-combat-d-olympe-de-gouges-contre-l-esclavage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://la1ere.francetvinfo.fr/quelques-figures-femmes-au-coeur-esclavages-829602.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://collectifmemoireesclavagemontpellier.e-monsite.com/pages/femmes-dans-la-lutte-contre-l-esclavage.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pur/128499?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.biblio.sitpi.fr/SIGB/doc/SYRACUSE/2664000/wake-l-histoire-cachee-des-femmes-meneuses-de-revoltes-d-esclaves-rebecca-hall?_lg=fr-FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33366447/f7.item&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33366447?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage et la lutte continuent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.ch/fr/sur-amnesty/publications/magazine-amnesty/2008-2/une-esclave-pour-500-euros&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/prostitution-il-faut-sortir-ces-personnes-esclavage-sexuel-1851698.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Esclavage_sexuel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2023/03/1133677&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anthropologie a trop longtemps ni&#233; avec assurance la place des femmes dans les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s humaines</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9361</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9361</guid>
		<dc:date>2025-12-08T23:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qui a fait cela, des femmes ou des... hommes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire &lt;br class='autobr' /&gt;
https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand l'anthropologie a ni&#233; avec assurance, tranquilit&#233; et m&#233;thode, mais faussement, le r&#244;le des femmes dans les anciennes soci&#233;t&#233;s, quand ce n'est pas leur existence&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement &lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe encore tout un courant dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot287" rel="tag"&gt;Pr&#233;histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/webp/mh_fete_prehistoire_bandeau_web_2048x975.jpg.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/mh_fete_prehistoire_bandeau_web_2048x975.jpg.webp?1763193007' width=&#034;800&#034; height=&#034;381&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/IMG/webp/aurochs-representes-dans-la-grotte-de-lascaux.-lascaux-2.webp?1763193333' width=&#034;720&#034; height=&#034;472&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui a fait cela, des femmes ou des... hommes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://revue-histoire.fr/prehistoire/ou-sont-les-femmes-prehistoriques/?srsltid=AfmBOopVrqI5W2DPZykfLhquYq1fWCtTRjigS_2CZjFt8Mxk4al1_uRo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand l'anthropologie a ni&#233; avec assurance, tranquilit&#233; et m&#233;thode, mais faussement, le r&#244;le des femmes dans les anciennes soci&#233;t&#233;s, quand ce n'est pas leur existence&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe encore tout un courant dans les sciences (pr&#233;histoire, histoire, sociologie, pal&#233;ontologie, ethnologie, anthropologie, linguistique, arch&#233;ologie, histoire de l'art, art rupestre, philosophie des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s, etc.) pour nier la diff&#233;rence entre la place des femmes des premi&#232;res soci&#233;t&#233;s humaines (d'abord de chasseurs-cueilleurs) puis de celles &#224; domination masculine de l'&#233;poque n&#233;olithique puis de l'&#226;ge du Bronze. Ils r&#233;cusent l'id&#233;e que les femmes avaient une place pr&#233;pond&#233;rante avant et une place nulle apr&#232;s. Bien s&#251;r, ils rejettent le terme de &#171; matriarcat &#187; pour cette phase ancienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Opposer une phase dite &#171; matriarcat &#187; (les timor&#233;s et les hypocrites veulent ne reconnaitre qu'une phase matrilin&#233;aire, de matrilignages ou encore matrilocale pour ne pas trop f&#226;cher leurs adversaires machistes) &#224; la phase dite &#171; patriarcat &#187; ne signifie pas que les deux soient sym&#233;triques et que le matriarcat oppresse, exploite et m&#233;prise les hommes comme le patriarcat oppresse, exploite et m&#233;prise les femmes&#8230; Ce sont les patriarcaux qui veulent penser cela pour mieux d&#233;truire la th&#232;se d'un matriarcat primitif. D&#233;tourner une th&#232;se est la mani&#232;re la plus simple pour se donner les moyens de la combattre ensuite avec succ&#232;s&#8230; D&#233;j&#224;, les soci&#233;t&#233;s matriarcales ne se d&#233;veloppent absolument pas dans le m&#234;me contexte que le patriarcat. Quand le matriarcat se d&#233;veloppe, il n'existe ni la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, ni de grandes richesses accumul&#233;es, ni l'agriculture, ni les outils m&#233;talliques, ni le commerce g&#233;n&#233;ralis&#233;, ni l'exploitation de l'homme, ni la division en classes sociales, ni l'Etat, ni la s&#233;dentarit&#233; syst&#233;matique. Donc les femmes dominantes ne peuvent pas &#234;tre &#224; la t&#234;te des m&#234;mes biens, des m&#234;mes pouvoirs que les hommes dominants, simplement parce que la soci&#233;t&#233; ancienne matriarcale n'agissait pas dans une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, l'exploitation de l'homme, la vente des marchandises et l'Etat. On ne risquait pas de consid&#233;rer les m&#226;les comme un bien &#224; vendre ou &#224; &#233;changer parce que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e n'existait pas. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a jamais eu de femmes dominantes. Les machistes et d&#233;fenseurs du patriarcat &#171; naturel &#187; savent retourner tous les arguments et il est difficile de les convaincre, voire impossible, mais cela ne signifie pas qu'ils ont raison. Seulement que dans une histoire beaucoup plus ancienne que celle de la domination masculine les preuves ne sont pas abondantes. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est toute une r&#233;volution qui reste &#224; faire et pas seulement dans les &#233;crits et &#233;tudes scientifiques mais dans toute la soci&#233;t&#233;. Les femmes sont victimes de ce monde capitaliste de plus en plus barbare, victimes des guerres, des violences de toutes sortes. La place rogn&#233;e des femmes dans l'&#233;tude des soci&#233;t&#233;s premi&#232;res n'est qu'une image de la place r&#233;elle de la femme dans la soci&#233;t&#233; actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La notion de matriarcat signifie non seulement une place diff&#233;rente des femmes mais l'existence d'un &#171; pouvoir des femmes &#187;, en tant que femmes, pas simplement de quelques femmes qui avaient personnellement du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/clio/178?lang=en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/clio/178?lang=en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se fait-il que les sciences aient tendance maintenant &#224; consid&#233;rer cela comme &#171; un mythe &#187; ? Comme le fait ici le machiste (ne pas confondre avec marxiste) ou misogyne d'extr&#234;me gauche Christophe Darmangeat :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lahuttedesclasses.net/2025/10/linsubmersible-matriarcat-primitif.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lahuttedesclasses.net/2025/10/linsubmersible-matriarcat-primitif.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pr&#233;tend pour l'&#233;galit&#233; hommes-femmes (il se dit m&#234;me r&#233;volutionnaire !) mais, par machisme, il r&#233;cuse l'existence d'une phase tr&#232;s ancienne o&#249; les soci&#233;t&#233;s humaines donnaient une place pr&#233;pond&#233;rante aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il des manifestations marquantes que tout le mat&#233;riel scientifique actuel soit manifestement machiste, et place les femmes en second ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit d'examiner le langage. Un &#234;tre humain, c'est&#8230; un homme ! On n'emploie quasiment jamais le terme de &#171; m&#226;le &#187; pour les humains masculins et ils n'ont donc pas de terme pour les d&#233;signer, contrairement aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;tiers &#171; nobles &#187; ne se conjuguent qu'au masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes sales salissent d'abord les femmes. Putain n'a pas de masculin. Catin non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renomm&#233; Louis-Nicolas Bescherelle, qui donna son nom aux livres pos&#233;s sur les tables d'&#233;cole comme la Bible de la langue fran&#231;aise, &#233;crit en 1835 dans la Grammaire Nationale : &#8220;La masculinit&#233; annonce toujours une id&#233;e grande et noble.&#8221; Au cas o&#249; ce n'&#233;tait pas encore limpide, il ajoute : &#8220;Le masculin est plus noble que le f&#233;minin.&#8221; C'est dit ! Depuis, comme une &#233;vidence, transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, la r&#232;gle &#8220;le masculin l'emporte sur le f&#233;minin&#8221; est encore enseign&#233;e par les ma&#238;tresses et ma&#238;tres d'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas vrai que de la linguistique, les autres sciences aussi sont machistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire, l'anthropologie, la pal&#233;ontologie, la sociologie, et on en passe, sont machistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on suppose toujours d'abord que ce sont des hommes au sens masculin qui ont produit de grandes &#339;uvres d'art, des inventions technologiques, des sciences, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'on trouve des grottes sculpt&#233;es ou peintes, des outils, des maisons, des villages, des villes, etc, on dit que ce sont des hommes (masculin) qui les ont produites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses fois, la suite des &#233;tudes scientifiques sera bien oblig&#233;e de conclure le contraire&#8230; si des scientifiques n'ont pas refus&#233; d'envisager cette conclusion qui contredit les pr&#233;jug&#233;s pr&#233;c&#233;dents !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/dossiers/de-homme-de-menton-a-la-dame-du-cavillon/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hominides.com/dossiers/de-homme-de-menton-a-la-dame-du-cavillon/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le saviez-vous ? En arch&#233;ologie, certains fossiles ont &#8220;chang&#233; de sexe&#8221; !&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a a &#233;t&#233; le cas de la Dame du Cavillon. Exhum&#233;e en 1872 par le m&#233;decin &#201;mile Rivi&#232;re, elle a longtemps &#233;t&#233; prise pour un homme du fait de sa stature plut&#244;t grande. Il faudra attendre 1988 et la nouvelle analyse de la pr&#233;historienne Marie-Antoinette de Lumley pour revenir sur cette fausse interpr&#233;tation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette analyse pose la question des st&#233;r&#233;otypes de genre dans ce domaine de recherche. La conf&#233;rence &#8220;Femmes et arch&#233;ologie : un double regard&#8221; revient sur ce sujet et aborde, plus largement, la question de la place des femmes en arch&#233;ologie de ses d&#233;buts &#224; nos jours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.museedelhomme.fr/fr/les-femmes-et-l-archeologie-un-double-regard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.museedelhomme.fr/fr/les-femmes-et-l-archeologie-un-double-regard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'aper&#231;oit ainsi qu'on avait, par simple pr&#233;jug&#233;, refus&#233; d'envisager que des femmes soient &#224; l'origine de tout progr&#233;s, de toute d&#233;couverte, de toute nouveaut&#233; ! Les scientifiques eux-m&#234;mes bloquaient la recherche de la v&#233;rit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;alisations novatrices de l'homme (en g&#233;n&#233;ral) ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement transform&#233;es par les rapports de recherche en r&#233;alisations de l'homme (masculin) ! Si on trouve dans un site pr&#233;historique ou antique UNE pierre taill&#233;e, UNE flute, UNE machine rudimentaire, UNE pirogue, UNE veste en peau, UNE parure, UNE demeure construite, UNE tombe, on dit d'abord que c'est UN homme qui l'a fabriqu&#233;, UN artisan, UN b&#226;tisseur, UN peintre, UN artiste, UN inventeur qui en est l'auteur. Pas d'autrice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la science des soci&#233;t&#233;s humaines est &#224; r&#233;&#233;crire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de &#171; sciences de l'homme &#187;, cela devrait s'appeler sciences de l'homme et de la femme. Et le mus&#233;e de l'homme devrait lui aussi changer de nom !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devrait aussi modifier le terme &#171; humain &#187; qui englobe tous les &#234;tres humains alors que &#171; f&#233;minin &#187; ne concerne que les femmes&#8230; Il n'y a pas d'expression pour n'indiquer que les r&#233;alisations masculines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, d&#232;s que ces pr&#233;jug&#233;s sont combattus, on trouve des peintures de femmes, des sculptures de femmes, des statues r&#233;alis&#233;es par des femmes, des tombes de femmes, des chasses r&#233;alis&#233;es par des femmes, des instruments artistiques de femmes et on en passe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la soci&#233;t&#233; bourgeoise exclue cela depuis belle lurette&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4787&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4787&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat c'est que la science a &#233;t&#233; charg&#233;e de propager, de soutenir, de garantir la validit&#233; des pr&#233;jug&#233;s de la soci&#233;t&#233; dominante. Ce qu'elle ne fait pas que dans ce domaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#171; la science &#187; (en fait la soci&#233;t&#233; patriarcale cach&#233;e derri&#232;re ce mot) a aussi supprim&#233; syst&#233;matiquement les femmes de son tr&#244;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle sup&#233;riorit&#233; des hommes (masculin) sur les femmes ? Aucune !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; actuelle est patriarcale, m&#234;me si on ne cesse de nous dire qu'elle lutte pour l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes. Une caract&#233;ristique : les hommes dominent dans le domaine de la guerre et les femmes n'y sont quasi pas repr&#233;sent&#233;es. Les directions capitalistes sont tout aussi masculines. Les m&#233;dias et la science ne donnent pas la part belle aux femmes (regardez les dirigeants de m&#233;dias, regardez la recherche, regardez le prix Nobel !). Et ne parlons pas des dirigeants politiques (parlements, gouvernements, partis). Nous sommes bel et bien dans une soci&#233;t&#233; patriarcale et le capitalisme compte l&#224;-dessus pour diriger la soci&#233;t&#233;. Ce n'est pas lui qui a invent&#233; le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand cette soci&#233;t&#233; capitaliste patriarcale &#233;tudie les soci&#233;t&#233;s pass&#233;es, elle le fait bien s&#251;r avec ses propres pr&#233;jug&#233;s. Cela n'a rien d'&#233;tonnant. On voit bien les pr&#233;jug&#233;s des historiens concernant le pass&#233; des peuples colonis&#233;s. Ils sont d&#233;termin&#233;s par la justification de l'oppression coloniale qualifi&#233;e d'&#339;uvre civilisatrice. L'Histoire est faite pour justifier le droit du vainqueur. Et l'homme (masculin) est vainqueur de la femme&#8230; pour le moment du moins&#8230; Ce qui n&#233;cessite de pr&#233;tendre que c'est&#8230; naturel, tout comme on nous a racont&#233; que l'homme blanc a domin&#233; &#171; naturellement &#187; les peuples asiatiques, africains et am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme serait naturellement plus faible que l'homme, d&#233;j&#224; physiquement et n'aurait donc pas pu accomplir les grands exploits r&#233;alis&#233;s par les hommes. Quiconque n'est pas compl&#232;tement aveugle sait que ce sont des bobards. Les femmes montrent des capacit&#233;s &#224; diriger qui ne peuvent &#234;tre battues qu'en adoptant un syst&#232;me d'oppression syst&#233;matique qui ravale les femmes. Cela n'a donc absolument rien de naturel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le patriarcat est-il ancestral ? Ce n'est pas ce que dit la science !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/societe-le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/societe-le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que la science peut prouver l'existence d'une phase matriarcale des soci&#233;t&#233;s humaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle sup&#233;riorit&#233; naturelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'a-t-on pas la preuve que les femmes sont moins fortes naturellement ? C'est statistiquement vrai. Mais, chez les hommes (au sens masculin), est-ce que ce sont uniquement les grands costaux qui dominent ? Certainement pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de porter les enfants ne peut certainement pas &#234;tre qualifi&#233; de faiblesse et surtout pas aux &#233;poques les plus anciennes ! Le fait de concevoir de nouveaux &#234;tres humains pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la capacit&#233; la plus d&#233;terminante pour la survir du groupe, de la tribu, du clan&#8230; Et la conception a &#233;t&#233; longtemps un secret f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est plut&#244;t r&#233;cent que des femmes estiment ne pas pouvoir faire des t&#226;ches en m&#234;me temps que porter un enfant. Ce n'&#233;tait pas le cas autrefois. Dans les anciennes &#233;poques o&#249; la vie &#233;tait tr&#232;s dure &#224; la fois pour les hommes et les femmes, la question ne se posait pas ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#233;l&#233;ment de diff&#233;rence entre les sexes, il y a pourtant la guerre, le crime conjugal, la violence meurtri&#232;re. On notera que, dans toutes les phases o&#249; les hommes sont pour se lancer dans une nouvelle guerre, les femmes sont contre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7748&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7748&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/sextant/473&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/sextant/473&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a m&#234;me longtemps cru que, chez les humains, &#171; seuls les m&#226;les peuvent faire &#231;a &#187; et c'est partiellement vrai. Les humains sont m&#234;me les seuls animaux dont les m&#226;les tuent les femelles ! Curieuse singularit&#233;&#8230; Nullement une sup&#233;riorit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/francoise-heritier-nous-sommes-les-seuls-parmi-les-especes-ou-les-males-tuent-les-femelles-2572109&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/francoise-heritier-nous-sommes-les-seuls-parmi-les-especes-ou-les-males-tuent-les-femelles-2572109&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/francoise-heritier-l-homme-est-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles_7660&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/francoise-heritier-l-homme-est-la-seule-espece-dont-les-males-tuent-les-femelles_7660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les femmes qui enfantent, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont plant&#233; les premi&#232;res graines, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont construit les premiers foyers, pas les hommes ! Ce sont les femmes qui ont marqu&#233; le changement r&#233;volutionnaire d'une situation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont invent&#233; non seulement la culture des plantes mais aussi les ustensiles domestiques, la s&#233;dentarit&#233;, les maisons, l'amour, l'amiti&#233;, la vie collective, la paix entre les humains, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.centrepompidou.fr/en/pompidou-plus/magazine/article/pour-une-prehistoire-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.centrepompidou.fr/en/pompidou-plus/magazine/article/pour-une-prehistoire-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/marylene-patou-mathis-les-femmes-prehistoriques-ne-passaient-pas-leur-temps-a-balayer-la-grotte-4551923&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/marylene-patou-mathis-les-femmes-prehistoriques-ne-passaient-pas-leur-temps-a-balayer-la-grotte-4551923&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://christaldesaintmarc.com/la-condition-des-femmes-dans-les-societes-prehistoriques-et-ses-transf-a210964646&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://christaldesaintmarc.com/la-condition-des-femmes-dans-les-societes-prehistoriques-et-ses-transf-a210964646&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/quelle-etait-la-place-des-femmes-a-la-prehistoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/livres-et-medias/femmes-de-la-prehistoire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hominides.com/livres-et-medias/femmes-de-la-prehistoire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nouvelobs.com/societe/20190627.OBS15012/la-femme-prehistorique-ni-chef-ni-soumise.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nouvelobs.com/societe/20190627.OBS15012/la-femme-prehistorique-ni-chef-ni-soumise.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/femmes-prehistoriques-utilisaient-arme-ingenieuse-atlatl-propulseur-age-pierre-invention-egalite-hommes-chasse-force-216263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/femmes-prehistoriques-utilisaient-arme-ingenieuse-atlatl-propulseur-age-pierre-invention-egalite-hommes-chasse-force-216263&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/article-magazine/chasseuse-artiste-technicienne-la-femme-prehistorique-netait-pas-celle-que-lon-croit&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/article-magazine/chasseuse-artiste-technicienne-la-femme-prehistorique-netait-pas-celle-que-lon-croit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.slate.fr/egalites/nouveaux-regards-sur-la-femme-prehistorique/episode-1-prehistoriens-cliches-mythes-organisation-societe-roles-hommes-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.slate.fr/egalites/nouveaux-regards-sur-la-femme-prehistorique/episode-1-prehistoriens-cliches-mythes-organisation-societe-roles-hommes-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.historia.fr/histoire-de-france/prehistoire/le-premier-meunier-de-lhumanite-est-une-femme-2059522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.historia.fr/histoire-de-france/prehistoire/le-premier-meunier-de-lhumanite-est-une-femme-2059522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.celles-qui-osent.com/femmes-prehistoriques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.celles-qui-osent.com/femmes-prehistoriques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/prehistoire-quelle-place-pour-les-femmes-189054&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=zKM2qLHgibE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=zKM2qLHgibE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes (au sens masculin) ont invent&#233; la guerre, les oppressions de classe, l'arm&#233;e, l'Etat, l'exploitation, l'oppression, les violences de toutes sortes, que ce soit contre les femmes ou contre les hommes et m&#234;me contre les animaux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que dit l'anthropologie non patriarcale, non machiste, non raciste anti-femmes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question d&#233;bute &#224; la Pr&#233;histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les sp&#233;cialistes notamment du Pal&#233;olithique ont revaloris&#233; syst&#233;matiquement la place sociale de la femme. Contrairement &#224; ce qu'on a longtemps cru, les femmes pr&#233;historiques n'&#233;taient pas cantonn&#233;es aux t&#226;ches domestiques. Elles n'&#233;taient pas de passives m&#233;nag&#232;res d&#233;pendantes de leurs hommes tout-puissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chasseuses, collectrices, artisanes, artistes&#8230; les femmes &#233;taient au contraire hyperactives. Tout comme les hommes, elles pouvaient se montrer courageuses, cr&#233;atives, audacieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/ce-chasseur-prehistorique-mort-il-y-a-9-000-ans-etait-une-femme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/ce-chasseur-prehistorique-mort-il-y-a-9-000-ans-etait-une-femme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/html/actualites/mains-prehistoire-realisees-par-des-femmes-0762.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hominides.com/html/actualites/mains-prehistoire-realisees-par-des-femmes-0762.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/ces-chasseurs-prehistoriques-etaient-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lhumanologue.fr/4626/que-faisaient-les-femmes-au-temps-de-lascaux&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lhumanologue.fr/4626/que-faisaient-les-femmes-au-temps-de-lascaux&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses civilisations telles que lepenski Vir ou Catal hoyuk ont &#233;t&#233; probablement domin&#233;es par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://zientzia.eus/artikuluak/historiaurreko-emakumearen-irudi-berria/fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://zientzia.eus/artikuluak/historiaurreko-emakumearen-irudi-berria/fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/prehistorique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/prehistorique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologue Christophe Darmangeat, qui s'est dit r&#233;volutionnaire (LO), rompt volontiers des lances contre les auteurs qui voient une p&#233;riode pass&#233;e o&#249; la place des femmes &#233;tait plus importante que dans le patriarcat actuel. Il se moque du matriarcat primitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://alencontre.org/societe/histoire/linsubmersible-matriarcat-primitif-a-propos-dun-article-du-nouvel-observateur.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://alencontre.org/societe/histoire/linsubmersible-matriarcat-primitif-a-propos-dun-article-du-nouvel-observateur.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lahuttedesclasses.net/2021/10/lady-sapiens-les-femmes-prehistoriques.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lahuttedesclasses.net/2021/10/lady-sapiens-les-femmes-prehistoriques.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage du matriarcat au patriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat a &#233;t&#233; initi&#233; par la r&#233;volution agricole et est n&#233; &#224; l'&#226;ge du Bronze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Du Pal&#233;olithique au N&#233;olithique : l'&#233;mergence de nouvelles in&#233;galit&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement aux repr&#233;sentations victoriennes de l'homme des cavernes tra&#238;nant sa femme par les cheveux, les soci&#233;t&#233;s pal&#233;olithiques offraient probablement plus de libert&#233; aux femmes. Celles-ci participaient &#224; diverses activit&#233;s, y compris la chasse, et l'espacement naturel des naissances leur permettait une plus grande mobilit&#233;. Le tournant d&#233;cisif intervient au N&#233;olithique (10-12 000 ans) avec la s&#233;dentarisation et l'agriculture. Cette r&#233;volution impose de nouveaux r&#244;les : les femmes doivent produire davantage d'enfants pour cultiver la terre, ce qui les confine progressivement &#224; l'espace domestique, tandis que les hommes occupent l'espace social et politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#226;ge du bronze et l'institutionnalisation du patriarcat&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au troisi&#232;me mill&#233;naire avant notre &#232;re, avec l'&#233;mergence des cit&#233;s-&#201;tats m&#233;sopotamiennes, que la domination masculine s'institutionnalise d&#233;finitivement. L'invention de l'&#233;criture permet de codifier les rapports in&#233;galitaires dans les lois, tandis que la m&#233;tallurgie renforce les capacit&#233;s de violence et de guerre. Les contrats de mariage deviennent des transactions commerciales entre hommes, traitant les femmes comme des biens. Cette p&#233;riode voit &#233;galement na&#238;tre les grandes religions du Livre (juda&#239;sme, christianisme, islam) qui perp&#233;tueront ces cadres patriarcaux jusqu'&#224; nos jours. Claudine Cohen conclut que si ces structures se sont construites historiquement, elles peuvent aussi &#234;tre d&#233;construites par l'&#233;volution des mentalit&#233;s, des lois et de l'&#233;ducation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-09-septembre-2025-1205757&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mardi-09-septembre-2025-1205757&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de l'exploitation des &#234;tres humains par le travail est directement li&#233;e &#224; l'oppression des femmes. Tous les changements sociaux suivants ont contribu&#233; &#224; aggraver la situation des femmes : apparition de grands propri&#233;taires terriens, grand commerce, naissance des classes sociales, propri&#233;t&#233; priv&#233;e, amoncellement de richesse &#224; un p&#244;le et de pauvret&#233; &#224; l'autre, s&#233;dentarisation, cr&#233;ation de l'Etat, des lois, de l'appareil r&#233;pressif, etc. Il en r&#233;sulte la vente des femmes, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des femmes et des enfants, les punitions contre les femmes trop libres, l'enfermement des femmes, la dot des filles &#224; marier, la femme comme bien d'&#233;change, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fin de l'oppression des femmes par la r&#233;volution permanente</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9377</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9377</guid>
		<dc:date>2025-12-07T23:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La fin de l'oppression des femmes par la r&#233;volution permanente &lt;br class='autobr' /&gt;
1. La r&#233;volution permanente : strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et non slogan institutionnel &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; r&#233;volution permanente &#187; est une orientation strat&#233;gique formul&#233;e par Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky. Elle n'a rien de commun avec l'organisation fran&#231;aise qui a usurp&#233; ce nom pour couvrir une ligne r&#233;formiste incompatible avec la th&#233;orie dont elle se r&#233;clame. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution permanente s'oppose frontalement au gradualisme, au r&#233;formisme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fin de l'oppression des femmes par la r&#233;volution permanente&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. La r&#233;volution permanente : strat&#233;gie r&#233;volutionnaire et non slogan institutionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;volution permanente &#187; est une orientation strat&#233;gique formul&#233;e par Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle n'a rien de commun avec l'organisation fran&#231;aise qui a usurp&#233; ce nom pour couvrir une ligne r&#233;formiste incompatible avec la th&#233;orie dont elle se r&#233;clame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente s'oppose frontalement au gradualisme, au r&#233;formisme et &#224; toutes les approches fragment&#233;es qui s&#233;parent programme imm&#233;diat et programme communiste. Elle refuse l'id&#233;e qu'il faudrait m&#233;nager les pr&#233;jug&#233;s ou les peurs suppos&#233;es des prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vise &#224; transformer toutes les souffrances, toutes les oppressions, toutes les violences produites par la vieille soci&#233;t&#233; en armes r&#233;volutionnaires contre le capitalisme et l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, il ne s'agit pas seulement des &#8220;femmes&#8221; en g&#233;n&#233;ral, mais des femmes prol&#233;tariennes, des femmes du peuple travailleur, celles dont l'existence mat&#233;rielle est directement frapp&#233;e par l'exploitation capitaliste et l'oppression patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression des femmes est, pour cette raison, un potentiel explosif colossal que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire peut retourner contre l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Rompre avec les &#233;tapes : combiner toutes les revendications, d&#233;truire l'ordre ancien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente ne segmente pas la lutte en s&#233;quences &#233;tanches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle articule les objectifs &#233;conomiques, politiques et sociaux pour qu'ils se renforcent mutuellement, jusqu'&#224; la destruction totale de l'ordre bourgeois et la construction d'un nouvel ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant l'oppression des femmes, il ne s'agit donc pas d'aligner le mouvement ouvrier sur des revendications f&#233;ministes bourgeoises ou petites-bourgeoises, ni de mettre le prol&#233;tariat &#224; la remorque d'id&#233;ologies domin&#233;es par la classe moyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit au contraire que le prol&#233;tariat prenne la t&#234;te de toutes les luttes, en premier lieu celles des femmes prol&#233;taires, et les transforme en leviers pour l'insurrection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. L'illusion r&#233;formiste : &#233;galit&#233; formelle et d&#233;mocratie bourgeoise comme impasse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'objectif n'est pas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de &#171; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s &#187;,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'&#233;largir les droits dans le cadre du capitalisme,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de corriger les exc&#232;s,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'obtenir des miettes de d&#233;mocratie,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ni de moraliser les institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#234;ves r&#233;formistes sont d'autant plus illusoires que nous vivons la phase d'effondrement du capitalisme, o&#249; m&#234;me les contre-r&#233;formes ne suffisent plus &#224; la classe dominante.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imp&#233;rialisme a besoin d'une contre-r&#233;volution brutale, militaris&#233;e, r&#233;actionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette dynamique, l'oppression des femmes prol&#233;taires est un rouage central de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Patriarcat, classes sociales et &#201;tat : une architecture mat&#233;rielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant l'apparition de la propri&#233;t&#233;, des surplus et de l'&#201;tat, les soci&#233;t&#233;s du communisme primitif &#8212; jusqu'au N&#233;olithique et parfois jusqu'&#224; l'&#194;ge du Bronze &#8212; connaissaient des formes matrilin&#233;aires et matrifocales, sans oppression masculine syst&#233;matique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce &#171; matriarcat &#187; n'&#233;tait pas la domination des femmes sur les hommes : c'&#233;tait une organisation sociale sans exploitation, o&#249; les femmes disposaient d'une pr&#233;&#233;minence due &#224; leur r&#244;le central dans la reproduction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat s'installe avec :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la production de surplus,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la transmission h&#233;r&#233;ditaire,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la guerre organis&#233;e,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'&#201;tat en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme ne cr&#233;e pas le patriarcat : il l'h&#233;rite, le modernise, l'industrialise, l'utilise.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une technologie politique au service de la domination bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. L'alliance structur&#233;e du capitalisme et du patriarcat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a besoin de l'oppression des femmes pour :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;duire massivement les co&#251;ts de reproduction sociale,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; b&#233;n&#233;ficier du travail domestique gratuit,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; discipliner la force de travail par la hi&#233;rarchie sexuelle,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; imposer l'ordre par la famille bourgeoise,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fournir un r&#233;servoir permanent de main-d'&#339;uvre surexploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le capitalisme prosp&#233;rait, il n'a jamais renonc&#233; &#224; l'oppression des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'agonie, il renforce cette oppression pour maintenir son pouvoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce sont les femmes prol&#233;taires qui en payent le prix le plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Transformer l'oppression des femmes en arme centrale de la r&#233;volution permanente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cl&#233; strat&#233;gique de la r&#233;volution permanente est simple : transformer toutes les formes d'oppression en armes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression des femmes doit devenir un canon braqu&#233; contre l'&#201;tat bourgeois, non une revendication sectorielle dispers&#233;e dans des ONG, des associations ou des appareils syndicaux opportunistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat doit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; proclamer imm&#233;diatement la lib&#233;ration totale des femmes prol&#233;taires,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; porter cette lutte dans les entreprises, les quartiers, les syndicats,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;masquer tous les appareils r&#233;formistes qui pr&#233;tendent soutenir les femmes tout en pr&#233;servant l'&#201;tat bourgeois,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; structurer des organes r&#233;volutionnaires o&#249; les femmes du peuple travailleur jouent le r&#244;le dirigeant que leur position mat&#233;rielle exige.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. La ligne scientifique et politique : la lib&#233;ration ne viendra jamais des institutions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que le capitalisme aggrave la condition des femmes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que les institutions bourgeoises ne lib&#233;reront jamais les femmes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que le capitalisme d&#233;clinant est incompatible avec la libert&#233; des femmes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que capitalisme et patriarcat fonctionnent comme un syst&#232;me unifi&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que le patriarcat est une arme du capital financier :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; que les femmes opprim&#233;es et les travailleurs exploit&#233;s peuvent renverser ensemble le capitalisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;8. Le matriarcat comme horizon dialectique : n&#233;gation de la n&#233;gation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Proclamer la n&#233;cessit&#233; d'un retour au matriarcat n'est ni une nostalgie, ni une provocation.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une th&#232;se dialectique : le patriarcat a ni&#233; le communisme primitif ; la r&#233;volution doit nier le patriarcat ; la n&#233;gation de la n&#233;gation ouvre la voie &#224; l'&#233;galit&#233; r&#233;elle et &#224; la fin de toute domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'un mod&#232;le &#224; copier, mais d'un horizon politique :&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;tablir la puissance sociale des femmes du peuple travailleur comme moment n&#233;cessaire de la destruction de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de l'&#201;tat et de la hi&#233;rarchie de sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui effraie les r&#233;formistes, ce n'est pas la th&#233;orie : c'est l'id&#233;e qu'il faudra abattre l'ordre patriarcal en bloc &#8212; &#201;tat, arm&#233;e, police, justice, religions, propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;9. Les faux radicaux : ceux qui craignent l'objectif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formistes et l'extr&#234;me gauche opportuniste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refusent la dictature des conseils,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refusent de d&#233;sarmer la bourgeoisie,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refusent l'armement du prol&#233;tariat,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refusent d'unifier prol&#233;taires, femmes, jeunes, migrants et pauvres,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; refusent la destruction de l'appareil d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils brandissent la r&#233;volution comme un slogan inoffensif mais reculent d&#232;s qu'il s'agit de toucher &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; l'arm&#233;e, &#224; la police&#8230; ou &#224; la domination masculine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils confondent radicalit&#233; et rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;10. R&#233;volution et primaut&#233; des femmes : une n&#233;cessit&#233; objective&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque mouvement r&#233;volutionnaire moderne &#8212; Maghreb 2011, Chili, Iran, Soudan, Alg&#233;rie, Gilets jaunes, USA, etc. &#8212; les femmes prol&#233;tariennes ont &#233;t&#233; &#224; l'avant-garde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non par accident, mais parce qu'elles subissent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exploitation capitaliste en tant que travailleuses,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'oppression patriarcale en tant que femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles seront donc, dans toute r&#233;volution s&#233;rieuse, en premi&#232;re ligne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la soci&#233;t&#233; nouvelle devra leur donner une primaut&#233; politique organis&#233;e, dans les conseils, les comit&#233;s, les organes de pouvoir du peuple travailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que l'Histoire a montr&#233; : R&#233;volution fran&#231;aise, Commune de Paris, r&#233;volution russe de 1917, r&#233;volution espagnole de 1936, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;11. D&#233;raciner l'ensemble du syst&#232;me patriarcal-capitaliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;truire le patriarcat signifie en m&#234;me temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;truire l'arm&#233;e permanente,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;truire la police et l'appareil r&#233;pressif,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;truire les religions qui culpabilisent les femmes,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;truire l'&#233;ducation bourgeoise,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;truire la misogynie syst&#233;mique produite par les m&#233;dias, l'art, la philosophie, la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un programme &#8220;trop radical&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la condition mat&#233;rielle de la lib&#233;ration r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;12. Conclusion : la r&#233;volution sera dirig&#233;e par les femmes ou ne sera pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;mocraties bourgeoises ont syst&#233;matiquement soutenu les dictatures qui &#233;crasaient les r&#233;voltes f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'Arabie saoudite &#224; l'Iran, de l'Alg&#233;rie &#224; l'Afghanistan, des USA aux Gilets jaunes, la r&#233;pression frappe d'abord les femmes du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix strat&#233;gique est clair :&lt;br class='autobr' /&gt;
ou bien la r&#233;volution lib&#232;re les femmes en premier, ou bien elle &#233;choue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente n'est pas un programme d'ajustement progressif :&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est la destruction m&#233;thodique du patriarcat, du capitalisme et de l'&#201;tat, men&#233;e par la classe travailleuse et par les femmes prol&#233;tariennes en t&#234;te de cort&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chute du patriarcat et&#8230; du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie n'abandonne jamais une arme tant qu'elle lui sert. Le patriarcat n'est pas un accident de l'histoire : c'est une pi&#232;ce ma&#238;tresse de la domination capitaliste. Il lui garantit une main-d'&#339;uvre surexploit&#233;e, une reproduction sociale gratuite et une division permanente du camp des exploit&#233;s. Croire qu'un tel syst&#232;me s'effondrera sous le poids de p&#233;titions, de lois symboliques ou de r&#233;formes cosm&#233;tico-f&#233;ministes, c'est capituler avant m&#234;me d'avoir combattu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le patriarcat ne tombera pas par d&#233;cret : il tombera sous les coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule force capable de briser cette architecture mill&#233;naire, c'est l'irruption r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat &#8212; celui qui n'a rien &#224; perdre et qui porte dans ses rangs les premi&#232;res victimes du syst&#232;me : les femmes du peuple travailleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur col&#232;re accumul&#233;e, si elle se politise et s'organise, devient une force historique que plus rien ne peut contenir. Elle n'ouvre pas un &#8220;chapitre&#8221; du socialisme ; elle ouvre la br&#232;che par laquelle tout l'ancien monde commence &#224; s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution permanente ne tol&#232;re aucune demi-mesure : d&#233;truire le capital, d&#233;sarmer l'&#201;tat bourgeois, abolir la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, armer le peuple travailleur, renverser la domination masculine. Celui qui recule sur un seul de ces points trahit l'ensemble du programme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et sans la direction des femmes prol&#233;tariennes, aucune victoire n'est possible, aucune soci&#233;t&#233; nouvelle ne peut tenir, aucune &#233;galit&#233; r&#233;elle ne peut na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; les femmes du peuple conduiront l'insurrection, ce jour-l&#224; le capitalisme aura d&#233;j&#224; perdu. Et le lendemain, l'&#201;tat, la hi&#233;rarchie sexuelle et l'exploitation n'auront plus nulle part o&#249; s'abriter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;CE QUE NOUS COMBATTONS : LE FEMINISME BOURGEOIS L'EXEMPLE DE NOUS TOUTES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;#NousToutes : un f&#233;minisme bourgeois qui prot&#232;ge l'&#201;tat, pas les femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
Le discours de #NousToutes s'impose comme une &#233;vidence morale : violences, indignation, &#8220;sororit&#233;&#8221;, hashtags violets, bonnes intentions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re le vernis progressiste, leur projet politique est parfaitement align&#233; sur les besoins de l'&#201;tat bourgeois, des ONG subventionn&#233;es et des classes moyennes urbaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un mouvement d'&#233;mancipation : c'est une gestion id&#233;ologique des violences dans l'int&#233;r&#234;t de l'ordre &#233;tabli.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Elles parlent d'&#233;galit&#233; mais elles d&#233;fendent l'ordre bourgeois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Leur programme r&#233;el n'est pas de renverser les rapports sociaux qui produisent la domination masculine :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la famille comme unit&#233; &#233;conomique priv&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; le travail domestique gratuit,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la d&#233;pendance mat&#233;rielle,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la double journ&#233;e,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la pr&#233;carit&#233; structurelle des femmes prol&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne parlent jamais de socialisation de la reproduction, d'abolition du salariat, de propri&#233;t&#233; priv&#233;e, de division du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout leur cadre repose sur l'id&#233;e que la loi, la police, la justice, les campagnes de sensibilisation r&#233;soudront les violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit :&lt;br class='autobr' /&gt;
leur horizon politique, c'est plus d'&#201;tat, pas moins de domination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Elles transforment un conflit de classes en conflit entre les sexes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Leur ligne centrale est simple :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'homme = danger individuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
La femme = victime individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sch&#233;ma a une fonction politique tr&#232;s pr&#233;cise :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; emp&#234;cher l'unit&#233; de classe des exploit&#233;&#183;es.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; opposer les femmes aux hommes prol&#233;taires.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;signer l'homme du quartier, de l'usine, de l'entrep&#244;t comme menace.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais le patron, jamais l'&#201;tat, jamais l'organisation mat&#233;rielle de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un f&#233;minisme moral, psychologique, individualiste, qui remplace l'analyse &#233;conomique par la gestion des comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de lire leurs campagnes : pas une fois le mot capital, salariat, exploitation, propri&#233;t&#233;, prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#233;minisme-l&#224; ne vise pas l'&#233;mancipation compl&#232;te de l'&#234;tre humain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vise l'encadrement de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Un f&#233;minisme carc&#233;ral qui renforce police et justice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous leurs mots d'ordre reviennent &#224; la m&#234;me r&#233;alit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; plus de police,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; plus de procureurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; plus de bracelets &#233;lectroniques,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; plus d'ordonnances de protection,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; plus de dispositifs de surveillance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un f&#233;minisme centr&#233; sur l'appareil coercitif de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un f&#233;minisme institutionnel, non r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un f&#233;minisme qui croit que la police &#8212; institution historiquement patriarcale, raciste et anti-ouvri&#232;re &#8212; serait un vecteur d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas d'&#233;mancipation polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une reproduction &#233;tatique de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Un mouvement des classes moyennes pour les classes moyennes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Regardons qui compose #NousToutes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; communicantes,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; &#233;tudiantes en sciences sociales,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; cadres du secteur associatif,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; militantes ONG,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; professions interm&#233;diaires,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; influenceuses politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard :&lt;br class='autobr' /&gt;
leur discours refl&#232;te leur position de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne parlent pas pour les femmes de m&#233;nage, les aides-soignantes, les caissi&#232;res, les travailleuses du care, les manutentionnaires, les femmes pr&#233;caires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles parlent &#224; leur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles leur imposent un discours fabriqu&#233; dans les laboratoires universitaires et institutionnels de la petite bourgeoisie progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur f&#233;minisme n'a rien de r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est un produit culturel de classe moyenne, pour classe moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Un f&#233;minisme qui g&#232;re les violences, mais qui ne combat jamais leurs causes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a besoin du travail domestique gratuit des femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a besoin de la famille comme lieu de reproduction de la force de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a besoin de la pr&#233;carit&#233; f&#233;minine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a besoin de la d&#233;pendance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;minisme bourgeois ne touche &#224; rien de tout cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il g&#232;re les sympt&#244;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il produit des campagnes de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il exige des lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il demande des budgets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne remet jamais en cause le syst&#232;me qui produit les violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que ce syst&#232;me est pr&#233;cis&#233;ment celui qui finance, encadre, l&#233;gitime et r&#233;cup&#232;re #NousToutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. Nous voulons l'unit&#233; de classe.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Elles veulent la division entre les sexes.**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre perspective est simple :&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes et hommes prol&#233;taires unis contre le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La leur :&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes contre hommes au sein de la classe exploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un f&#233;minisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est une strat&#233;gie de fragmentation sociale au b&#233;n&#233;fice de l'&#201;tat et de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Conclusion :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur f&#233;minisme renforce l'ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le n&#244;tre renverse l'ordre.**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de f&#233;minisme r&#233;volutionnaire sans :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; l'abolition du salariat,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la socialisation de la reproduction,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la destruction de la famille comme unit&#233; &#233;conomique,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; la prise de pouvoir par les masses exploit&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; l'unit&#233; hommes/femmes du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;minisme bourgeois de #NousToutes est un obstacle,&lt;br class='autobr' /&gt;
pas un alli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous voulons :&lt;br class='autobr' /&gt;
la r&#233;volution, pas la gestion violette de la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;#NousToutes joue pour le f&#233;minisme ce que les appareils syndicaux jouent pour la classe ouvri&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt;
un r&#244;le de d&#233;rivation, de neutralisation et de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on que les directions syndicales transforment la col&#232;re des travailleurs en journ&#233;es d'action st&#233;riles, n&#233;gociations sans fin, accompagnement social des contre-r&#233;formes,&lt;br class='autobr' /&gt;
#NousToutes transforme la col&#232;re l&#233;gitime des femmes en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; marches ritualis&#233;es,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; revendications institutionnelles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; appels &#224; l'&#201;tat,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; dispositifs policiers et judiciaires,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; campagnes morales sur les comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un mouvement d'&#233;mancipation.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un pare-chocs du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les bureaucraties syndicales pr&#233;tendent repr&#233;senter le monde ouvrier tout en d&#233;sarmant ses luttes,&lt;br class='autobr' /&gt;
#NousToutes pr&#233;tend repr&#233;senter les femmes tout en dissimulant les rapports mat&#233;riels qui produisent leur oppression :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; exploitation domestique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; pr&#233;carit&#233; salariale,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; d&#233;pendance &#233;conomique,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; destruction des services publics,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; absence de socialisation de la reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles nomment des coupables individuels &#8212; les hommes &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme les directions syndicales nomment des ministres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais le rapport social.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout :&lt;br class='autobr' /&gt;
elles ram&#232;nent syst&#233;matiquement les femmes vers l'&#201;tat,&lt;br class='autobr' /&gt;
exactement comme les bureaucraties ram&#232;nent les travailleurs vers la n&#233;gociation institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction est identique : emp&#234;cher l'auto-organisation de la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; nous voulons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; comit&#233;s populaires,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; solidarit&#233; de classe,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; unit&#233; prol&#233;taire femmes-hommes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; socialisation de la reproduction,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; pouvoir ouvrier,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elles produisent un f&#233;minisme de gestion,&lt;br class='autobr' /&gt;
int&#233;gr&#233;, subventionn&#233;, approuv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**En un mot :&lt;br class='autobr' /&gt;
#NousToutes est au f&#233;minisme ouvrier ce que la bureaucratie syndicale est au syndicalisme r&#233;volutionnaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
un frein, un couvercle, un dispositif de domestication sociale.**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, nous voulons l'&#233;mancipation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles veulent l'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons la r&#233;volution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles veulent l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La manif du 22 novembre : un exemple de f&#233;minisme bourgeois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;22 NOVEMBRE : MASCARADE F&#201;MINISTE D'&#201;TAT CONTRE LE PROL&#201;TARIAT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILS ORGANISENT LA HAINE DES HOMMES, ILS SAUVENT LE CAPITAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journ&#233;e ONU, f&#233;minisme d'&#201;tat et division femmes/hommes contre le prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous vend le 22 novembre comme une &#171; journ&#233;e de lutte contre les violences faites aux femmes &#187;. En r&#233;alit&#233;, ce 22 novembre n'est que l'appendice militant d'une journ&#233;e d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233;e et cadr&#233;e par l'ONU : le 25 novembre, &#171; Journ&#233;e internationale pour l'&#233;limination de la violence &#224; l'&#233;gard des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale de l'ONU a officiellement d&#233;sign&#233; le 25 novembre comme &#171; International Day for the Elimination of Violence against Women &#187; et appelle &#201;tats et ONG &#224; organiser ce jour-l&#224; des activit&#233;s de sensibilisation&lt;br class='autobr' /&gt;
(voir ONU : &lt;a href=&#034;https://www.un.org/en/observances/ending-violence-against-women-day&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et en fran&#231;ais &lt;a href=&#034;https://www.un.org/fr/observances/ending-violence-against-women-day&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;l&#224;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UNESCO explique elle-m&#234;me que, &#171; chaque ann&#233;e, le 25 novembre, l'UNESCO marque la Journ&#233;e internationale pour l'&#233;limination de la violence &#224; l'&#233;gard des femmes &#187;, journ&#233;e comm&#233;mor&#233;e depuis 1999 apr&#232;s proclamation de l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.unesco.org/en/articles/international-day-elimination-violence-against-women&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;UNESCO&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc : ce n'est pas une date issue de la lutte de classe, c'est un produit onusien, repris par tous les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Une journ&#233;e ONU = une journ&#233;e d'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les structures les plus &#171; mod&#233;r&#233;es &#187; le reconnaissent noir sur blanc. Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Amnesty France rappelle que, &#171; depuis sa cr&#233;ation par les Nations unies en 1999, la Journ&#233;e internationale (&#8230;) a lieu chaque 25 novembre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.amnesty.fr/focus/pourquoi-une-journee-internationale-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes-le-25-novembre&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;Amnesty&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT AG2R &#233;crit : &#171; En 1999, les Nations Unies cr&#233;e la Journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (&#8230;) Cette journ&#233;e a lieu chaque 25 novembre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.cgt-ag2r.fr/25-novembre-journee-internationale-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes/&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;CGT AG2R&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc quand on nous propose de &#171; marcher &#187; le 22 ou le 23, on ne &#171; cr&#233;e &#187; rien :&lt;br class='autobr' /&gt;
on adapte simplement la journ&#233;e d'&#201;tat au week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attac le dit tranquillement dans son appel 2025 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Attac est signataire des deux appels &#224; la mobilisation les 22 et 25 novembre, &#224; l'occasion de la journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/se-mobiliser/mobilisations-feministes/article/manifestations-des-22-et-25-novembre-2025-contre-les-violences-sexistes-et&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;Attac 22&#8211;25 novembre&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preuve mat&#233;rielle :&lt;br class='autobr' /&gt;
le 22 est subordonn&#233; au 25, lui-m&#234;me calendrier ONU&#8211;&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. ONG, syndicats, associations : la fa&#231;ade &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; du dispositif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ONG f&#233;ministes comme Nous Toutes servent de courroie de transmission entre ONU/&#201;tat et &#171; mouvements &#187;. Leur page pour 2025 annonce :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Samedi 22 novembre : manifs contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.noustoutes.org/manifestations-feministes-2025/&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;Nous Toutes &#8211; manifestations 2025&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jamais remettre en cause l'origine onusienne, l'appel se contente de d&#233;cliner :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; violences sexistes, sexuelles et de genre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
cartes des manifs, kit militant, comit&#233;s locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syndicats reprennent la m&#234;me musique. Par exemple, la FSU appelle &#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; manifester partout le samedi 22 novembre 2025 et le mardi 25 novembre, journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://fsu.fr/25-novembre-mobilisees-contre-les-violences-faites-aux-femmes/&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;FSU&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle jamais de classe, de propri&#233;t&#233;, de salariat. Tout est reformul&#233; en :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; violences sexistes et sexuelles &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; loi int&#233;grale &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; moyens pour les politiques publiques &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit : le probl&#232;me est moral-juridique, la solution est l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. 22 novembre : version f&#233;ministe des journ&#233;es d'action bidon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, championne des &#171; journ&#233;es d'action &#187; sans lendemain, applique la m&#234;me m&#233;thode :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel CGT de novembre 2025 explique qu'il faut &#171; manifester le 22 novembre contre les violences sexistes et sexuelles &#187; en encha&#238;nant chiffres de viol et objectifs de moyens&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.cgt.fr/actualites/france/violences-sexistes-et-sexuelles/manifestons-le-22-novembre-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;CGT &#8211; 22 novembre&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forme classique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;appel national&lt;br class='autobr' /&gt;
tracts pr&#234;ts, slogans pr&#234;ts, rendez-vous d&#233;clar&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
tout se d&#233;roule dans le cadre du droit bourgeois, sous le contr&#244;le de la pr&#233;fecture.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est exactement le m&#234;me mod&#232;le que les journ&#233;es retraite ou pouvoir d'achat :&lt;br class='autobr' /&gt;
on encadre la col&#232;re sur un jour, puis on renvoie tout le monde &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre n'est donc pas un moment offensif, auto-organis&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est une journ&#233;e d'actions symboliques, aussi &#171; efficace &#187; (au sens ironique) que les gr&#232;ves de 24h qui permettent aux directions syndicales de montrer leur drapeau sans menacer le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. L'extr&#234;me gauche dans la mascarade : preuve par ses propres textes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, on passe du soup&#231;on au constat, citations &#224; l'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son site, le NPA &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 25 novembre est la journ&#233;e internationale de lutte contre les violences envers les femmes et les minoris&#233;es de genre. C'est l'occasion de dire dans la rue (&#8230;) La meilleure r&#233;ponse est de participer massivement aux mobilisations du 22 et 25 novembre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://npa-lanticapitaliste.org/agir/feminisme/contre-les-violences-faites-aux-femmes-manifestons-massivement-dans-la-rue-et-dans&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;NPA &#8211; contre les violences faites aux femmes&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre article :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 25 novembre est la Journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Manifestons pour nos droits ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://npa-lanticapitaliste.org/actualite/feminisme/violences-faites-aux-femmes-se-retrouver-sorganiser-lutter&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;NPA &#8211; violences faites aux femmes : se retrouver, s'organiser, lutter&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;acceptation int&#233;grale de la &#171; Journ&#233;e internationale &#187; ONU,&lt;br class='autobr' /&gt;
appel &#224; se mobiliser &#171; &#224; cette occasion &#187; : subordination totale au calendrier d'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lutte Ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LO rappelle elle aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1999, l'ONU a fait du 25 novembre la Journ&#233;e Internationale de lutte contre les violences faites aux femmes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/breves/manifestation-samedi-23-novembre-contre-violences-faites-femmes-179827.html&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;LO &#8211; br&#232;ve 2024&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans un article plus ancien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les chiffres rappel&#233;s &#224; l'occasion de la Journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, sont terrifiants &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2005-11-23-non-aux-violences-faites-aux-femmes_11945.html&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;LO &#8211; Non aux violences faites aux femmes !&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc LO s'aligne explicitement sur une journ&#233;e cr&#233;&#233;e par l'ONU, se contente d'y accrocher quelques phrases sur l'exploitation, mais ne rompt jamais avec le cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RP ne fait pas autre chose. En 2024 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce 25 novembre, journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, se tiendra dans un contexte particuli&#232;rement r&#233;actionnaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/25-novembre-contre-les-violences-patriarcales-et-l-extreme-droite-pour-un-feminisme-revolutionnaire&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;R&#233;volution Permanente &#8211; 25 novembre contre les violences patriarcales&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en 2023 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce 25 novembre, journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, manifeste avec Du Pain et Des Roses&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.revolutionpermanente.fr/25-novembre-manifestons-dans-les-corteges-pour-la-Palestine-contre-toutes-les-violences-faites-aux&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;RP &#8211; 25 novembre : manifestons&#8230;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me formule :&lt;br class='autobr' /&gt;
on reconnait comme horizon la journ&#233;e ONU, on habille &#231;a en &#171; journ&#233;e de lutte &#187;, mais on ne touche pas au cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion :&lt;br class='autobr' /&gt;
NPA, LO, RP prouvent eux-m&#234;mes, noir sur blanc, qu'ils :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;reprennent le vocabulaire ONU (&#171; Journ&#233;e internationale de lutte contre les violences faites aux femmes &#187;),&lt;br class='autobr' /&gt;
se calent sur cette date,&lt;br class='autobr' /&gt;
appellent &#224; d&#233;filer &#171; &#224; l'occasion &#187; de cette journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ce terrain, il n'y a plus de s&#233;paration de classe :&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#171; extr&#234;me gauche &#187; se fond dans la gauche bourgeoise, les syndicats et les ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Comment tout cela sert &#224; opposer femmes et hommes du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarde le contenu commun :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ONU : &#171; violence against women and girls is a global scourge &#187; et appel &#224; &#171; un front uni &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://press.un.org/en/2025/sgsm22913.doc.htm&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;d&#233;claration du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
UNESCO : &#171; chacun a un r&#244;le &#224; jouer &#187; pour ne plus tol&#233;rer les &#171; violences fond&#233;es sur le genre &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.unesco.org/en/days/elimination-violence-against-women&#034; target=&#034;_blank&#034; rel=&#034;noopener&#034;&gt;UNESCO &#8211; journ&#233;e 2024&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
syndicats et ONG parlent sans cesse de &#171; violences sexistes et sexuelles &#187;, de &#171; violences patriarcales &#187;, de &#171; fl&#233;au &#187;, de &#171; culture du consentement &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans tous ces discours :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on parle de &#171; femmes &#187; et d'&#171; hommes &#187; en g&#233;n&#233;ral ;&lt;br class='autobr' /&gt;
on gomme la division entre bourgeoises et prol&#233;taires ;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ennemi devient &#171; l'homme violent &#187;, le conjoint, le &#8220;mec&#8221;, la &#8220;culture patriarcale&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le patron,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le propri&#233;taire,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le chef de service,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la pr&#233;fecture,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la police&lt;br class='autobr' /&gt;
disparaissent comme classe. Ils ne sont plus que des &#171; acteurs &#187; &#224; &#171; sensibiliser &#187;, des &#171; institutions &#187; &#224; &#171; former &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat politique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les femmes prol&#233;taires sont invit&#233;es &#224; tourner leur col&#232;re principalement contre les hommes de leur classe,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pas contre les capitalistes et leur &#201;tat qui organisent la d&#233;pendance mat&#233;rielle, la pr&#233;carit&#233;, les bas salaires, le logement pourri et l'asphyxie des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e ONU-&#201;tat, reprise par la gauche et l'extr&#234;me gauche, a donc une fonction pr&#233;cise :&lt;br class='autobr' /&gt;
substituer la guerre des sexes &#224; la lutte de classes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;6. F&#233;minisme bourgeois contre f&#233;minisme ouvrier et r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#233;minisme institutionnel, estampill&#233; ONU, g&#233;r&#233; par les &#201;tats, relay&#233; par les mairies, revendiqu&#233; par les ONG, les syndicats et l'extr&#234;me gauche int&#233;gr&#233;e, a un contenu de classe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il veut plus de femmes dans les parlements, conseils d'administration, hi&#233;rarchies de l'&#201;tat ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il r&#233;clame plus de lois, plus de dispositifs, plus de bracelets &#233;lectroniques, plus de flics &#171; form&#233;s &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; il cherche l'&#233;galit&#233; dans l'exploitation, pas la fin de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, le f&#233;minisme ouvrier, issu du socialisme scientifique (Marx, Engels, L&#233;nine, Kollonta&#239;, IC) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; part de la situation des femmes du prol&#233;tariat, au travail et dans la reproduction domestique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lie violence domestique, violence patronale, violence polici&#232;re et judiciaire comme expressions du m&#234;me syst&#232;me ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ne demande pas &#224; l'&#201;tat bourgeois de se &#171; f&#233;miniser &#187;, mais vise sa destruction avec tout l'ordre capitaliste ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ne cherche pas &#224; opposer femmes et hommes du peuple, mais &#224; les unir contre leur ennemi commun : la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment ce f&#233;minisme de classe que la journ&#233;e ONU du 25&#8211;22 novembre &#233;touffe, en l'enfermant dans des marches symboliques encadr&#233;es, o&#249; l'on r&#233;cite le cat&#233;chisme des droits humains et des politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;7. Notre position : rompre avec le 22/25 ONU, reconstruire l'unit&#233; de classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les textes officiels, les appels des ONG, syndicats, partis de gauche et d'extr&#234;me gauche suffisent &#224; le prouver :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le 25 novembre est une journ&#233;e d'&#201;tat, cr&#233;&#233;e par l'ONU, ritualis&#233;e par les institutions ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le 22 novembre en est une simple d&#233;clinaison logistique ;&lt;br class='autobr' /&gt;
l'ensemble du dispositif sert &#224; cadrer le f&#233;minisme dans les limites de l'ordre bourgeois et &#224; d&#233;tourner la col&#232;re des femmes prol&#233;taires de la lutte de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous refusons d'&#234;tre int&#233;gr&#233;s &#224; cette m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous combattons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la division abstraite &#171; femmes vs hommes &#187; qui efface la division r&#233;elle &#171; bourgeois vs prol&#233;taires &#187; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'illusion que l'ONU, les gouvernements, les mairies, la police, la justice pourraient &#234;tre les garants de la lib&#233;ration des femmes ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la capitulation de l'extr&#234;me gauche qui, en se coulant dans ce calendrier et ce langage, prouve qu'elle n'est pas un danger pour l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;fendons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'unit&#233; des femmes et des hommes du prol&#233;tariat contre le capitalisme ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'auto-organisation des femmes ouvri&#232;res dans des comit&#233;s sur les lieux de travail et dans les quartiers, li&#233;s aux assembl&#233;es de classe ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la lutte contre toutes les violences comme partie int&#233;grante de la lutte contre l'exploitation ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la destruction de l'&#201;tat bourgeois et l'abolition du salariat comme condition mat&#233;rielle pour en finir r&#233;ellement avec la d&#233;pendance, la mis&#232;re et les violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre comme dans d'autres manifestations, ils veulent notre pr&#233;sence dans leur calendrier, sous leurs mots d'ordre, dans une guerre des sexes qui laisse intacte la dictature du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nous de reconstruire un f&#233;minisme ouvrier r&#233;volutionnaire, qui refuse cette mise en sc&#232;ne et pr&#233;pare l'unit&#233; des deux sexes dans la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discutons avec l'organisation fran&#231;aise Lutte ouvri&#232;re sur son article &#171; Friedrich Engels, les soci&#233;t&#233;s pr&#233;historiques et l'oppression des femmes &#187;</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9288</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9288</guid>
		<dc:date>2025-09-13T22:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Discutons avec l'organisation fran&#231;aise (notez que de la part d'internationalistes, c'est d&#233;j&#224; une critique !) Lutte ouvri&#232;re sur son article &#171; Friedrich Engels, les soci&#233;t&#233;s pr&#233;historiques et l'oppression des femmes &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le texte de LO que nous discutons : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur est Christophe Darmangeat, anthropologue connu, qui n'est autre que le militant (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot287" rel="tag"&gt;Pr&#233;histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L238xH320/couverture-79b34.jpg?1777693332' width='238' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L333xH500/41nfihwasrl__sy1000_-d64af.jpg?1777693332' width='333' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Discutons avec l'organisation fran&#231;aise (notez que de la part d'internationalistes, c'est d&#233;j&#224; une critique !) Lutte ouvri&#232;re sur son article &#171; Friedrich Engels, les soci&#233;t&#233;s pr&#233;historiques et l'oppression des femmes &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le texte de LO que nous discutons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/mensuel/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est Christophe Darmangeat, anthropologue connu, qui n'est autre que le militant Raner de l'organisation fran&#231;aise Lutte Ouvri&#232;re, membre de son comit&#233; central (ou peut-&#234;tre son ex membre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat d&#233;clare dans ce texte, pour se justifier de rompre avec Engels, que &#171; Pour Engels, il n'y avait pas de dogme. Comme il l'&#233;crivit en 1891, il &#233;tait pr&#234;t &#224; revoir ses &#233;crits si la documentation &#233;voluait, ce qui fut le cas au 20e si&#232;cle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, il affirme que partout dans le monde, il n'y a jamais eu aucun matriarcat ni une forme de celui-ci. Ce qui signifie que Engels (et Marx) se sont tromp&#233;s lourdement sur cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il affirme d'ailleurs sur ce plan des choses contradictoires, disant que les grands auteurs marxistes n'ont jamais cru au matriarcat primitif et en m&#234;me temps il affirme qu'il faut corriger Marx et Engels sur ce th&#232;me&#8230; Bien entendu, nous sommes parfaitement d'accord pour consid&#233;rer que le marxisme vivant est scientifique et donc susceptible d'erreurs et de corrections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivions m&#234;me : &#171; En rester au texte de Marx, c'est tuer la d&#233;marche de Marx. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2855&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3330&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Darmangeat fait semblant de comprendre le matriarcat comme le sym&#233;trique du patriarcat. Du coup, il ne peut que comprendre que le matriarcat primitif n'a jamais exist&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons d'abord que penser du r&#244;le central des femmes dans les soci&#233;t&#233;s primitives...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/el-argar-une-societe-de-lage-de-bronze-qui-pourrait-avoir-ete-dirigee-par-des-femmes-204035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/el-argar-une-societe-de-lage-de-bronze-qui-pourrait-avoir-ete-dirigee-par-des-femmes-204035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/le-patriarcat-est-il-ancestral-ce-n-est-pas-ce-que-dit-la-science-debunk-fact-matrilignage-droits-des-femmes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici d'autres exemples...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes avaient une place centrale dans la civilisation de Caral il y a 5000 ans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/une-tombe-vieille-de-5000-ans-revele-la-place-centrale-des-femmes-dans-la-civilisation-de-caral-198011.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/une-tombe-vieille-de-5000-ans-revele-la-place-centrale-des-femmes-dans-la-civilisation-de-caral-198011.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Amazones ont bel et bien exist&#233; chez les Scythes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/fact-antiquite-grecque-mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/fact-antiquite-grecque-mythologie-les-fieres-amazones-ont-bel-et-bien-existe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes spartiates jouaient un grand r&#244;le dans la soci&#233;t&#233;, y compris quand, en Gr&#232;ce, elles avaient cess&#233; de le jouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-123/les-femmes-de-sparte/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-123/les-femmes-de-sparte/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que nombreux soient les textes grecs et latins pr&#233;sentant des discours qui inf&#233;riorisent les femmes et les excluent, on peut trouver les moyens de discerner leur v&#233;ritable place et leur reconna&#238;tre une autorit&#233; &#233;pist&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=JAywi3uwKGk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=JAywi3uwKGk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#199;atal H&#246;y&#252;k, les femmes jouaient un r&#244;le cl&#233; &#8211; social, &#233;conomique et spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/une-societe-dominee-par-les-femmes-ce-que-revelent-les-sepultures-de-l-une-des-plus-anciennes-villes-du-monde-227366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/une-societe-dominee-par-les-femmes-ce-que-revelent-les-sepultures-de-l-une-des-plus-anciennes-villes-du-monde-227366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'invasion par l'Empire romain, les femmes dominaient la Grande-Bretagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.techno-science.net/actualite/femmes-dominaient-elles-avant-romains-N26416.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.techno-science.net/actualite/femmes-dominaient-elles-avant-romains-N26416.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des restes des anciennes soci&#233;t&#233;s matriarcales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.feminisme-antia.com/blogs/blog-feministe/les-femmes-prennent-le-pouvoir&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.feminisme-antia.com/blogs/blog-feministe/les-femmes-prennent-le-pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagerie populaire d'antan les d&#233;peignait volontiers trait&#233;es sans m&#233;nagement par les hommes. Rien n'est plus &#233;loign&#233; de la r&#233;alit&#233;, expliquent aujourd'hui les experts. Mesdames n&#233;andertaliennes et Sapiens taillaient le silex, chassaient, &#233;taient artistes... Un r&#244;le aux antipodes du clich&#233; de la femme victime et d&#233;munie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/soumises-les-femmes-prehistoriques-227006&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/soumises-les-femmes-prehistoriques-227006&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 427 av. J.-C., la noblesse de Corfou (ou Corcyre) est an&#233;antie par la r&#233;volution populaire avec une participation marquante des femmes.Voir le r&#233;cit de de Thucyde :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre3.htm#LXIX&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre3.htm#LXIX&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 1500 ans, les femmes vikings &#224; l'&#233;gal des hommes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/il-y-a-1500-ans-les-femmes-vikings-a-legal-des-hommes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/05/il-y-a-1500-ans-les-femmes-vikings-a-legal-des-hommes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-birka-guerres-conquetes-a-armes-egales-la-vraie-histoire-des-femmes-vikings&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-birka-guerres-conquetes-a-armes-egales-la-vraie-histoire-des-femmes-vikings&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un royaume des femmes en Chine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://photo.geo.fr/chine-matriarcat-mosuo-40539#-fa5ad&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://photo.geo.fr/chine-matriarcat-mosuo-40539#-fa5ad&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat chez les Indiens des Am&#233;riques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Amazones, un mythe ou une r&#233;alit&#233; mal accept&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat dans les vieilles soci&#233;t&#233;s en Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cucuteni-Trypillia, la civilisation matriarcale n&#233;olithique la plus ancienne et brillante d'Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ligures, un peuple antique communautaire et matriarcal du sud de l'Europe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes familiales se sont d&#233;velopp&#233;es en fonction du mode de production de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lavamedia.be/fr/a-lorigine-de-loppression-des-femmes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lavamedia.be/fr/a-lorigine-de-loppression-des-femmes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mythes, l&#233;gendes et religions qui ont accompagn&#233; le renversement violent du matriarcat par le patriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anthropologie a longtemps &#233;t&#233; machiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.linflux.com/monde-societe/aux-origines-etaient-les-femmes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.linflux.com/monde-societe/aux-origines-etaient-les-femmes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle essaie d'&#233;voluer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_f%C3%A9ministe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropologie_f%C3%A9ministe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui a invent&#233; la domination masculine ? &#187; demande Jean-Paul Demoule, dans &#171; Les dix mill&#233;naires oubli&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5446&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5446&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte d'Engels sur l'Origine de la famille et de l'oppression de la femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article170&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article170&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation Lutte Ouvri&#232;re qui affirme s'y connaitre en &#233;tudes des vieilles soci&#233;t&#233;s humaines par le biais d'un de ses membres, persiste et signe : pas de matriarcat primitif&#8230; dans les soci&#233;t&#233;s les plus anciennes pour cette organisation, suivant ainsi Testart, qu'elle pr&#233;tend combattre, et renon&#231;ant &#224; Engels, qu'elle pr&#233;tend d&#233;fendre, dans le m&#234;me article&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En ce qui concerne les relations entre les hommes et les femmes, de nombreux scientifiques affirment aujourd'hui que rien ne permet de penser que les soci&#233;t&#233;s humaines ont d'abord exist&#233; sous la forme d'un matriarcat primitif, o&#249; les femmes auraient domin&#233; l'ensemble de la communaut&#233; en y disposant des leviers du pouvoir. Un tel matriarcat ne se rencontre dans aucune soci&#233;t&#233; observ&#233;e par les ethnologues et aucun indice arch&#233;ologique n'y conduit. Engels ne parlait d'ailleurs pas non plus de matriarcat. Mais le fait que les femmes ne dominent pas ne veut pas dire qu'elles sont opprim&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/2023-06-26-friedrich-engels-les-societes-prehistoriques-et-loppression-des-femmes_725161.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe DARMANGEAT, membre du comit&#233; central de Lutte ouvri&#232;re et anthropologue, a &#233;crit &#171; Le communisme primitif n'est plus ce qu'il &#233;tait &#187; o&#249; il affirme en fait que la communaut&#233; des biens primitive ainsi que le matriarcat primitif (g&#233;n&#233;ralis&#233;s &#224; l'ensemble des soci&#233;t&#233;s primitives pr&#233;c&#233;dent les classes et l'Etat) n'auraient &#233;t&#233; que des erreurs de Marx et Engels li&#233;es &#224; la m&#233;connaissance de l'&#233;poque, pr&#233;tend cependant agir ainsi pour d&#233;fendre&#8230; le marxisme. La preuve, c'est qu'il se dit marxiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le matriarcat primitif n'est plus ce qu'il n'a jamais &#233;t&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Christophe Darmangeat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://hal.science/hal-03738415v1/document&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2019, la th&#232;se de l'anthropologue allemande Heide Goettner-Abendroth &#171; Les soci&#233;t&#233;s matriarcales &#8211; Recherche sur les cultures autochtones &#224; travers le monde &#187;, principale th&#232;se combattue par Testart, n'est m&#234;me pas mentionn&#233;e par Lutte Ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.desfemmes.fr/essai/les-societes-matriarcales/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.desfemmes.fr/essai/les-societes-matriarcales/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/les-societes-matriarcales--9782721007018?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/les-societes-matriarcales--9782721007018?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Darmangeat-LO, aucun matriarcat primitif n'a jamis exist&#233; ! Et ils appellent cela la fid&#233;lit&#233; &#224; Engels et &#224; l'observation scientifique des anciennes soci&#233;t&#233;s humaines !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/fudop/le-matriarcat-primitif-par-christophe-darmangeat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils sont loin de convaincre tout le monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scienceshumaines.com/les-matriarcats-mythe-ou-realite_fr_44489.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.scienceshumaines.com/les-matriarcats-mythe-ou-realite_fr_44489.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de Malinoski et de sa lecture par Darmangeat-Lutte Ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici l'ouvrage de Malinovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://classiques.uqam.ca/classiques/malinowsli/vie_sexuelle/vie_sexuelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://classiques.uqam.ca/classiques/malinowsli/vie_sexuelle/vie_sexuelle.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le commentaire de Darmangeat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lahuttedesclasses.net/2014/07/borislaw-malinovski-et-le-matriarcat.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lahuttedesclasses.net/2014/07/borislaw-malinovski-et-le-matriarcat.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici notre propre commentaire : Darmangeat ne retient dans le texte de Malinovski que ce qui indique que les hommes jouaient un grand r&#244;le et pas les femmes. Or tel n'est pas le sens du texte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le premier paragraphe, le sens du texte est tr&#232;s clair : les M&#233;lan&#233;siens sont matrilin&#233;aires et la place de la femme est consid&#233;rable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat ne connaissait pas ce texte pourtant tr&#232;s souvent cit&#233; mais surtout il ne peut pas le lire sans le corriger &#224; sa mani&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la seule fois que les choix de Darmangeat sont &#233;tonnants et pleins de pr&#233;jug&#233;s. Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.internationalism.org/content/5473/a-propos-du-livre-communisme-primitif-nest-plus-ce-quil-etait-i-communisme-primitif-et&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.internationalism.org/content/5473/a-propos-du-livre-communisme-primitif-nest-plus-ce-quil-etait-i-communisme-primitif-et&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons que le site de Darmangeat se pique de citer et de r&#233;pondre &#224; tous ceux qui ont cit&#233; et critiqu&#233; son ouvrage qu'il appelle &#171; son communisme primitif &#187;. Mais il feint d'ignorer notre article dat&#233; de 2019 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5393&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lahuttedesclasses.net/search?q=communisme+primitif&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lahuttedesclasses.net/search?q=communisme+primitif&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que Lutte ouvri&#232;re n'y r&#233;pond jamais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matrilin&#233;arit&#233; des soci&#233;t&#233;s les plus anciennes a un caract&#232;re presque &#233;vident puisque les &#234;tres humains primitifs ne connaissaient pas le r&#244;le de l'homme masculin dans la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anthropologues commencent seulement &#224; r&#233;&#233;valuer la place de la femme dans les plus anciennes soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/diversite-de-la-vie-evolution-et-prehistoire/de-l-homme-et-de-la-femme-prehistoriques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas compter sur Lutte ouvri&#232;re pour y contribuer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de vue sur le &#171; communisme primitif &#187; autre que celui de Lutte ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3219&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3029&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1429&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1429&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7514&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7514&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisons la d&#233;fense de Darmangeat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lahuttedesclasses.net/2024/06/la-propriete-privee-la-domination.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lahuttedesclasses.net/2024/06/la-propriete-privee-la-domination.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Lutte ouvri&#232;re passe presque pour f&#233;ministe avec sa candidate &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle mais il ne faut pas oublier que l'un de ses principaux dirigeants historiques r&#233;p&#233;tait sans cesse une blague machiste &#233;cul&#233;e : &#171; la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les dirigeants de LO, bien avant Darmangeat affirmaient qu'il faudrait r&#233;viser Engels dans son &#171; Origine de la famille&#8230; &#187;. C'est surtout tr&#232;s remarquable de la part d'une organisation qui ne voulait pas &#233;crire de programme ni de th&#233;orie sous pr&#233;texte que &#171; nous ne sommes pas Marx, Engels ou L&#233;nine ou Trotsky et il ne faut pas &#234;tre pr&#233;tentieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://louvrier.org/sites/default/files/2020-12/V43-%20L%27oppression%20des%20femmes%2C%20les%20origines.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://louvrier.org/sites/default/files/2020-12/V43-%20L%27oppression%20des%20femmes%2C%20les%20origines.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Encore et &#224; nouveau sur le matriarcat</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9122</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9122</guid>
		<dc:date>2025-05-17T22:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Encore et &#224; nouveau sur le matriarcat &lt;br class='autobr' /&gt;
N'en d&#233;plaise &#224; Picq, Testart ou encore Demoule et autres d&#233;fenseurs de l'&#233;ternit&#233; du patriarcat, le matriarcat, sous de multiples formes a &#233;t&#233; une &#233;tape de l'humanit&#233; (et de loin la plus longue) et cela pour de multiples raisons. Il faut d'abord souligner l'importance des femmes due au fait que l'homme (le m&#226;le) ignorait autrefois son propre r&#244;le dans la procr&#233;ation humaine, la fabrication des enfants, un r&#244;le si essentiel &#224; la survie du groupe. Il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Encore et &#224; nouveau sur le matriarcat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; Picq, Testart ou encore Demoule et autres d&#233;fenseurs de l'&#233;ternit&#233; du patriarcat, le matriarcat, sous de multiples formes a &#233;t&#233; une &#233;tape de l'humanit&#233; (et de loin la plus longue) et cela pour de multiples raisons. Il faut d'abord souligner l'importance des femmes due au fait que l'homme (le m&#226;le) ignorait autrefois son propre r&#244;le dans la procr&#233;ation humaine, la fabrication des enfants, un r&#244;le si essentiel &#224; la survie du groupe. Il faut ensuite insister sur le fait que les femmes &#233;taient bloqu&#233;es sur place par la charge de l'enfantement et de l'&#233;ducation des enfants et avaient, du coup, des t&#226;ches qui correspondaient &#224; tous les objets durables du groupe : fabrication de petits objets, conservation des stocks de nourriture, de v&#234;tements, d'outils et &#224; la cueillette. C'est ce qui a permis aux femmes, partout dans le monde, d'&#234;tre &#224; l'origine de la d&#233;couverte de la culture des plantes. A une &#233;poque o&#249; l'&#233;levage n'existait pas ou &#233;tait naissant, ces t&#226;ches f&#233;minines &#233;taient au moins aussi importantes que la chasse. Une des causes essentielles de ce qui allait devenir le patriarcat n'existait pas encore : la n&#233;cessit&#233; de faire h&#233;riter les enfants car la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#233;tait tout au plus naissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.axellemag.be/le-matriarcat-une-utopie-non-realite/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes patriarcales les plus d&#233;favorables aux femmes ne remontent pas aux premiers temps de l'humanit&#233; mais &#224; une &#233;volution bien post&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lhumanologue.fr/2617/le-matriarcat-a-t-il-vraiment-existe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lhumanologue.fr/2617/le-matriarcat-a-t-il-vraiment-existe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'invasion par l'Empire romain, les femmes dominaient la Grande-Bretagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.slate.fr/sciences/avant-invasion-empire-romain-femmes-dominaient-grande-bretagne-analyse-adn-genomes-celtes-enterres-societe-matrilocale-pouvoir-lignee-feminine-fouille-archeologie-genes-rome-antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ancienne civilisation du P&#233;rou r&#233;v&#232;le le pouvoir cach&#233; des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/archeologie/perou-la-decouverte-dune-salle-du-trone-revele-le-pouvoir-cache-des-femmes-dune-ancienne-civilisation-precolombienne-179881.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/archeologie/perou-la-decouverte-dune-salle-du-trone-revele-le-pouvoir-cache-des-femmes-dune-ancienne-civilisation-precolombienne-179881.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci aimait un glorieux anc&#234;tre&#8230; femme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/articles/cw9dz12z4djo&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/articles/cw9dz12z4djo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne : d&#233;couverte d'une soci&#233;t&#233; matriarcale vieille de 4000 ans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nessma.tv/fr/internationale/actu/espagne-decouverte-d-une-civilisation-matriarcale-vieille-de-4-000-ans/291926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nessma.tv/fr/internationale/actu/espagne-decouverte-d-une-civilisation-matriarcale-vieille-de-4-000-ans/291926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Khasis, cette soci&#233;t&#233; matrilin&#233;aire indig&#232;ne de l'Inde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/afrique/region-56632146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/afrique/region-56632146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme celte avait du pouvoir dans la soci&#233;t&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ouest-france.fr/bretagne/erdeven-56410/erdeven-la-femme-celte-avait-du-pouvoir-dans-la-societe-6217465&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ouest-france.fr/bretagne/erdeven-56410/erdeven-la-femme-celte-avait-du-pouvoir-dans-la-societe-6217465&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sparte : une cit&#233; antique grecque aux usages matriarcaux, loin du patriarcat ath&#233;nien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/sparte/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/sparte/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Moso, une des derni&#232;res soci&#233;t&#233;s matriarcales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/photographie/les-moso-une-des-dernieres-societes-matriarcales&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/photographie/les-moso-une-des-dernieres-societes-matriarcales&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tape matriarcale de la soci&#233;t&#233; humaine a bel et bien exist&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.huffingtonpost.fr/ca-marche/article/cette-chercheuse-allemande-a-passe-sa-vie-a-etudier-les-societes-matriarcales-voici-ce-qu-elle-a-decouvert_151956.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.huffingtonpost.fr/ca-marche/article/cette-chercheuse-allemande-a-passe-sa-vie-a-etudier-les-societes-matriarcales-voici-ce-qu-elle-a-decouvert_151956.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matriarcat en Oc&#233;anie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/oceanie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matriarcat en Am&#233;rique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/amerique-nord/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat basque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/basque/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/basque/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat germain pr&#233;-aryen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matricien.wordpress.com/geo-hist-matriarcat/europe/germain/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5248&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7136&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7136&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.vice.com/fr/article/pourquoi-le-matriarcat-est-une-bien-meilleure-societe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.vice.com/fr/article/pourquoi-le-matriarcat-est-une-bien-meilleure-societe/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;minisme et classes sociales</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8562</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8562</guid>
		<dc:date>2025-04-12T22:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;F&#233;minisme et classes sociales &lt;br class='autobr' /&gt;
Les bases sociales de la question f&#233;minine &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement f&#233;ministe et le r&#244;le de la femme travailleuse dans la lutte de classe &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
L'origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat Friedrich Engels (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;F&#233;minisme et classes sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les bases sociales de la question f&#233;minine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandra Kollonta&#239;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1909/00/bases_sociales.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement f&#233;ministe et le r&#244;le de la femme travailleuse dans la lutte de classe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alexandra Kollonta&#239;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/kollontai/works/1921/0a/kollontai_conf_08.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'origine de la famille, de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et de l'Etat&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la femme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Lafargue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/pl19040000.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lafargue/works/1904/pl19040000.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme et le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;August Bebel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/bebel/bebel_fs.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs g&#233;n&#233;raux du mouvement f&#233;minin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions du mode de vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/qmv/qmv6.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/qmv/qmv6.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matriarcat, ses causes et sa fin sous les coups de la guerre sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2288&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les femmes s'y mettent, c'est la r&#233;volution sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiekoura Levi Hamed&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article254&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article254&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les racines de classe du mouvement f&#233;ministe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hal Draper en collaboration avec Anne Lipow&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/draper/1976/women2/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/draper/1976/women2/index.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ration des femmes n'est jamais venue et ne viendra jamais des institutions de la bourgeoisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2931&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on en finira avec le patriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russie r&#233;volutionnaire (1917-1923) : la r&#233;volution dans les m&#339;urs, dans la lib&#233;ration des femmes, et notamment dans la sexualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5239&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5239&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Femmes opprim&#233;es et travailleurs exploit&#233;s, ensemble pour le renversement du capitalisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les femmes s'insurgent, en t&#234;te des exploit&#233;s et des opprim&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5350&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5350&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime contre l'humanit&#233;&#8230; f&#233;minine !!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie contre l'oppression des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2309&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2309&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'accuse le patriarcat d'&#234;tre l'instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires marxistes sont-ils des adeptes de &#171; la th&#233;orie du genre &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7405&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7405&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;ses sur la question de l'oppression des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oppression des femmes s'aggrave partout dans le monde, en relation avec l'effondrement capitaliste d&#233;but&#233; en 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mythes, l&#233;gendes et religions qui ont accompagn&#233; le renversement violent du matriarcat par le patriarcat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5326&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Iran comme en France et ailleurs, lib&#233;ration des femmes et lib&#233;ration des exploit&#233;s sont ins&#233;parables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alex et Waraa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6985&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette soci&#233;t&#233; d'exploitation tient &#224; continuer de faire subir des violences aux femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1800&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1800&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Femme qui souffre et qui lutte, je suis avec toi...</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9025</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9025</guid>
		<dc:date>2025-01-02T23:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Femme qui souffre et qui lutte, je suis avec toi &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la femme qui souffre d'avoir un enfant et de le regarder d&#233;p&#233;rir par manque de sant&#233; publique ou souffrir de la faim, je suis avec toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la femme qui est d&#233;cri&#233;e et reni&#233;e parce qu'elle n'a pas d'enfant, je suis avec toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la femme qui souffre parce qu'elle a un mari ou parce qu'elle n'en a pas, je suis avec toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la femme qui meurt en couches, du fait du manque de moyens sanitaires, je suis avec toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH168/sans_titre-10-eeaaf.jpg?1777698875' width='300' height='168' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Femme qui souffre et qui lutte, je suis avec toi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui souffre d'avoir un enfant et de le regarder d&#233;p&#233;rir par manque de sant&#233; publique ou souffrir de la faim, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est d&#233;cri&#233;e et reni&#233;e parce qu'elle n'a pas d'enfant, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui souffre parce qu'elle a un mari ou parce qu'elle n'en a pas, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui meurt en couches, du fait du manque de moyens sanitaires, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est oblig&#233;e de voir ses enfants mourir du fait des guerres et des dictatures, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est contrainte &#224; des rapports sexuels non consentis, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est soumise &#224; l'exploitation sexuelle, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est tu&#233;e sous les coups, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui puise de l'eau dans les profondeurs des puits, dans les entrailles de la terre, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui pleure dans la solitude pour un milliard de raisons, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui moule les briques et aura la douleur &#224; sa poitrine durant toute sa vie, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui va chercher du bois sur sa t&#234;te &#224; des kilom&#232;tres, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui, devant ses yeux, voit ses enfants mourir sous les balles, sous la torture, sous les coups de b&#226;tons, sous les maladies curables, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui subit des tortures morales et psychologiques, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui est sous-pay&#233;e parce qu'elle est femme, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui travaille sans salaire, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme d&#233;sign&#233;e du doigt par toutes les religions, trait&#233;e d'impure, punie de crimes qu'elle n'a pas commis, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui se bat contre l'excision, contre le mariage for&#231;&#233;, pour le divorce, pour l'&#233;galit&#233; des salaires, pour l'&#233;tude de ses enfants, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui sait &#224; quelle heure elle commence &#224; travailler mais ne sais jamais &#224; qu'elle heure elle finit, je suis avec toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme frapp&#233;e, menac&#233;e, viol&#233;e, attach&#233;e, exploit&#233;e, tu&#233;e, esclavagis&#233;e, discrimin&#233;e, trait&#233;e de sorci&#232;re, &#233;puis&#233;e, m&#233;pris&#233;e, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui ne supporte plus le patriarcat, la soumission religieuse, le m&#233;pris des femmes sous le capitalisme, les violences des forces de l'ordre &#224; l'&#233;gard des femmes, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui se dresse contre les dictatures les plus f&#233;roces, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui milite partout dans le monde pour am&#233;liorer la condition de la femme, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui fait chuter des dictatures de par le monde, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui risque tous les jours sa vie pour sa libert&#233; et celle de ses enfants, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui refuse qu'on ne soit pas trait&#233;s comme des &#234;tres humains, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui veut en finir avec toute exploitation et toute oppression, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme qui ne plie pas l'&#233;chine, qui ne ferme pas sa bouche, qui ne m&#233;nage pas ses efforts pour un monde meilleur, qui crie &#171; libert&#233; ! &#187;, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la femme r&#233;volt&#233;e qui est la premi&#232;re &#224; s'unir avec les prol&#233;taires et la jeunesse r&#233;volutionnaires, je suis avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7743&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour la femme qui subit un capitalisme d&#233;liquescent et plus anti-femmes et plus violent avec les enfants que jamais&#8230;, je suis avec toi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1800&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi cette soci&#233;t&#233; d'exploitation tient &#224; continuer de faire subir des violences aux femmes ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2545&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'oppression des femmes s'aggrave partout dans le monde, en relation avec l'effondrement capitaliste d&#233;but&#233; en 2007&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5352&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour les femmes, j'accuse le patriarcat d'&#234;tre l'instrument de guerre du grand capital contre les femmes et contre les peuples&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6903&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Femmes opprim&#233;es et travailleurs exploit&#233;s, ensemble pour le renversement du capitalisme !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5350&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les femmes s'insurgent, en t&#234;te des exploit&#233;s et des opprim&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4397&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le crime contre l'humanit&#233;&#8230; f&#233;minine !!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve417&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour les femmes de la vague des r&#233;volutions depuis 2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7862&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Et aussi pour les enfants qui luttent pour lib&#233;rer leurs m&#232;res et leurs p&#232;res !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale</title>
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		<dc:date>2024-09-29T22:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Femmes women</dc:subject>

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&lt;p&gt;La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale &lt;br class='autobr' /&gt;
On dit fr&#233;quemment : &#171; le degr&#233; de civilisation d'un peuple se mesure le mieux &#224; la situation que la femme y d&#233;tient &#187;. Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aper&#231;oit alors que notre civilisation si renomm&#233;e n'en est pas encore arriv&#233;e bien loin dans ce sens &lt;br class='autobr' /&gt;
On dit fr&#233;quemment : &#171; le degr&#233; de civilisation d'un peuple se mesure le mieux &#224; la situation que la femme y d&#233;tient &#187;. Nous tenons cette formule pour bonne, mais on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;11- CONTRE L'OPPRESSION DES FEMMES - AGAINST WOMEN'S OPPRESSION &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Femmes women&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La situation des femmes en 1891 en Europe occidentale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On dit fr&#233;quemment : &#171; le degr&#233; de civilisation d'un peuple se mesure le mieux &#224; la situation que la femme y d&#233;tient &#187;. Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aper&#231;oit alors que notre civilisation si renomm&#233;e n'en est pas encore arriv&#233;e bien loin dans ce sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit fr&#233;quemment : &#171; le degr&#233; de civilisation d'un peuple se mesure le mieux &#224; la situation que la femme y d&#233;tient &#187;. Nous tenons cette formule pour bonne, mais on s'aper&#231;oit alors que notre civilisation si renomm&#233;e n'en est pas encore arriv&#233;e bien loin dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &#171; l'asservissement de la femme &#187; (le titre indique l'id&#233;e que se fait l'auteur de la situation de la femme en g&#233;n&#233;ral), John Stuart Mill dit : &#171; La vie des hommes est devenue plus s&#233;dentaire. Le progr&#232;s de la civilisation unit l'homme &#224; la femme par un plus grand nombre de liens &#187;. La premi&#232;re proposition n'est pas exacte, la seconde ne l'est que conditionnellement ; celle-ci peut &#234;tre juste dans le cas o&#249; les relations conjugales entre l'homme et la femme sont sinc&#232;res. Tout homme sens&#233; doit consid&#233;rer comme avantageux pour lui-m&#234;me et pour sa femme que celle-ci, sortant du cercle &#233;troit de ses occupations domestiques, entre davantage dans la vie, se familiarise avec le courant de son &#233;poque et lui impose ainsi des &#171; liens &#187;, peut-&#234;tre, mais pas bien lourds. D'autre part, il y a lieu de rechercher &#233;galement si notre vie moderne n'a pas introduit dans la vie conjugale des facteurs qui contribuent bien plus que jadis &#224; d&#233;truire le mariage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que jadis aussi, dans les pays o&#249; la femme pouvait &#234;tre propri&#233;taire, les consid&#233;rations mat&#233;rielles influaient sur les mariages beaucoup plus que l'amour et l'affection r&#233;ciproques, mais nous n'avons pas d'exemple que le mariage soit devenu autrefois, comme aujourd'hui, d'une mani&#232;re aussi cynique, une esp&#232;ce de march&#233; public livr&#233; &#224; la sp&#233;culation, une simple question d'argent. De nos jours le trafic matrimonial est pratiqu&#233; sur une vaste &#233;chelle parmi les classes qui poss&#232;dent - il n'a aucun sens pour ceux qui n'ont rien - avec urne impudeur qui permet de consid&#233;rer comme une am&#232;re ironie le mot souvent r&#233;p&#233;t&#233; de la &#171; saintet&#233; &#187; du mariage. Comme toutes choses, cette mani&#232;re de faire n'est pas sans avoir sa raison d'&#234;tre. &#192; aucune &#233;poque, il n'a &#233;t&#233; plus difficile qu'aujourd'hui &#224; la grande majorit&#233; de l'humanit&#233; d'atteindre au bien-&#234;tre tel qu'on le con&#231;oit en g&#233;n&#233;ral ; mais &#224; aucune &#233;poque non plus on n'a men&#233; aussi universellement la lutte - d'ailleurs juste en elle-m&#234;me - pour arriver &#224; une existence digne de l'&#234;tre humain et &#224; toutes les jouissances de la vie. Il n'y a pas, &#224; proprement parler, de diff&#233;rences entre les positions et les classes. L'id&#233;e d&#233;mocratique de l'&#233;galit&#233; de tous dans le droit &#224; la jouissance a r&#233;veill&#233; dans tous les esprits le d&#233;sir de transporter aussi ce droit dans la r&#233;alit&#233;. Mais la majorit&#233; ne comprend pas encore que l'&#233;galit&#233; dans la jouissance n'est possible que s'il y a &#233;galit&#233; dans les droits et les conditions de l'existence sociale. Par contre, les id&#233;es qui l'emportent aujourd'hui et l'exemple venu d'en haut apprennent &#224; chaque individu &#224; se servir de n'importe quel moyen de nature &#224; l'amener, d'apr&#232;s lui, &#224; son but, sans trop le compromettre. C'est surtout ainsi que la sp&#233;culation sur le mariage d'argent est devenue un moyen de parvenir. Le d&#233;sir d'avoir de l'argent, le plus d'argent possible, d'une part, l'ambition du rang, des titres, des dignit&#233;s, de l'autre, trouvent particuli&#232;&#173;rement &#224; se satisfaire mutuellement dans ce que l'on est convenu d'appeler les hautes r&#233;gions de la soci&#233;t&#233;. Le mariage y est le plus souvent consid&#233;r&#233; comme une simple affaire ; il constitue un lien purement conventionnel que les deux parties respectent ext&#233;rieurement, tandis que pour le reste chacune d'elles agit &#224; sa fantaisie. Et nous ne faisons ici qu'une demi-allusion aux mariages politiques dans les plus hautes sph&#232;res. Dans ces unions, le privil&#232;ge d'entretenir impun&#233;ment des relations extra-conjugales selon son caprice ou ses besoins s'est silencieusement &#233;tabli en r&#232;gle - &#224; la v&#233;rit&#233;, encore, beaucoup plus au profit de l'homme qu'&#224; celui de la femme. Il fut un temps o&#249; &#234;tre la ma&#238;tresse d'un souverain &#233;tait de bon ton, o&#249; chaque prince devait avoir au moins une ma&#238;tresse qui faisait dans une certaine mesure partie de ses attributs princiers. C'est ainsi que Fr&#233;d&#233;ric-guillaume Ier de Prusse (1713-1740) entretint, au moins pour la forme, avec la femme d'un g&#233;n&#233;ral, des relations dont l'intimit&#233; consistait en ce qu'il se promenait chaque jour pendant une heure avec elle dans la cour du ch&#226;teau. D'autre part, il est connu de tout le monde que l'avant-dernier roi d'Italie, le &#171; roi-gentilhomme &#187;, ne laissa pas moins de trente-deux enfants adult&#233;rins. Et l'on pourrait multiplier largement ces exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire intime de la plupart des Cours et des familles nobles de l'Europe est pour tout homme qui &#171; sait &#187; une chronique scandaleuse presque ininterrompue, sou&#173;vent assombrie par des crimes de la pire esp&#232;ce. Il est donc on ne peut plus n&#233;cessaire que des sycophantes retra&#231;ant l'histoire, non-seulement mettent hors de doute la &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187; des diff&#233;rents &#171; p&#232;res et m&#232;res de la patrie &#187; qui se sont succ&#233;d&#233;, mais encore qu'ils s'&#233;vertuent &#224; nous les pr&#233;senter tous comme des mod&#232;les des vertus domestiques, comme des maris fid&#232;les et de bons p&#232;res de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toutes les grandes villes, il y a des endroits et des jours d&#233;termin&#233;s o&#249; se r&#233;unit la haute soci&#233;t&#233; dans le but de provoquer des fian&#231;ailles et des mariages. Ces r&#233;unions, on les a fort proprement appel&#233;es la &#171; Bourse du mariage &#187;. Car, comme &#224; la Bourse, la sp&#233;culation et le jeu y jouent le principal r&#244;le ; ni la tromperie ni le mensonge n'y font d&#233;faut. Des officiers cribl&#233;s de dettes, mais pouvant pr&#233;senter un titre de vieille noblesse ; des rou&#233;s, cass&#233;s par la d&#233;bauche, cherchant &#224; refaire dans le port du mariage leur sant&#233; ruin&#233;e et ayant besoin d'une garde-malade ; des industriels, des commer&#231;ants ou des banquiers frisant la banqueroute ou la prison et qui demandent &#224; &#234;tre &#171; sauv&#233;s &#187; ; enfin tous ceux qui ne songent qu'a acqu&#233;rir de l'or et des richesses ou &#224; augmenter celles qu'ils ont, s'y rencontrent avec des employ&#233;s qui ont de l'avancement en perspective, mais qui, pour l'heure, ont des besoins d'argent. Tout ce monde vient s'offrir et passe march&#233; sans s'occuper de savoir si la femme est jeune ou vieille, belle ou laide, saine ou malade, bien ou mal &#233;lev&#233;e, pieuse ou frivole, chr&#233;tienne ou juive. Et quelle est l'expression dont s'est servi un illustre homme d'&#201;tat : &#171; Un mariage entre un &#233;talon catholique et une jument juive est chose on ne peut plus recommandable &#187;. Cette image, emprunt&#233;e d'une fa&#231;on si frappante au langage de l'&#233;curie, trouve, ainsi que l'exp&#233;rience le d&#233;montre, une application vivante dans les hautes r&#233;gions de notre soci&#233;t&#233;. L'argent &#233;galise toutes les tares et l'emporte dans la balance sur toutes les imperfections. D'innombrables agences matrimoniales, puissamment organis&#233;es, des entremetteurs et des entremetteuses de tous genres op&#232;rent le racolage et cherchent candidats et candidates pour le &#171; saint &#233;tat du mariage &#187;. Ce commerce est particuli&#232;rement profitable lorsqu'il &#171; travaille &#187; pour des membres des hautes classes. C'est ainsi qu'en 1878 eut lieu &#224; Vienne contre une entremetteuse un proc&#232;s pour empoisonnement qui se termina pour l'accus&#233;e par une condamnation &#224; 15 jours de prison, et au cours duquel il fut &#233;tabli que l'ancien ambassadeur de France &#224; Vienne, le comte Banneville, avait pay&#233; &#224; cette femme 22.000 florins de commission pour lui avoir procur&#233; son &#233;pouse. D'autres membres encore de la haute aristocratie furent fortement compromis dans le m&#234;me proc&#232;s. Il sautait aux yeux que pendant des ann&#233;es certains fonctionnaires de l'&#201;tat avaient laiss&#233; cette femme accomplir ses men&#233;es t&#233;n&#233;breuses et criminelles. Pourquoi ? Ce qu'on apprit ne laissait &#224; cet &#233;gard aucun doute. On se raconte des histoires analogues qui se passent dans la capitale de l'empire allemand. Quiconque, jeune homme ou jeune fille, ne trouve aujourd'hui sous la main rien de convenable pour se marier, confie ses peines de c&#339;ur &#224; des journaux pieusement conservateurs ou moralement lib&#233;raux qui veillent moyennant finances et sans bonnes paroles &#224; ce qu'il se trouve des &#226;mes s&#339;urs. L'abus des entremises matrimoniales est devenu tel que les gou&#173;vernements se sont, de ci de l&#224;, vus forc&#233;s de combattre par des avertissements et des mesures r&#233;pressives des escroqueries devenues trop manifestes. C'est ainsi qu'en l876 la capitainerie g&#233;n&#233;rale de Leipzig publiait un avis pour appeler l'attention sur l'industrie clandestine des agences matrimoniales et invitait la police &#224; lui signaler pour &#234;tre punis les empi&#233;tements qui se produiraient sur les limites fix&#233;es. Du reste l'&#201;tat qui, en d'autres cas, - par exemple lorsqu'il s'agit de partis politiques qui deviennent g&#234;nants - se pose volontiers en gardien de &#171; l'ordre et de la morale &#187;, se d&#233;cide assez rarement &#224; lutter d'une fa&#231;on s&#233;rieuse contre un scandale qui s'aggrave tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre ordre d'id&#233;es, l'&#201;tat aussi bien que l'&#201;glise ne jouent pas un r&#244;le bien brillant dans les mariages de ce genre, si &#171; sacr&#233;s &#187; soient-ils. Le fonctionnaire de l'&#201;tat &#224; qui revient la mission de conclure le mariage, a beau &#234;tre fermement convaincu que le couple qui est devant lui a &#233;t&#233; r&#233;uni au moyen des pratiques les plus viles ; il a beau &#234;tre de notori&#233;t&#233; publique que les fianc&#233;s ne sont pas le moins du monde assortis ni par leur &#226;ge ni par leurs qualit&#233;s physiques ou morales ; la femme a beau avoir vingt ans et l'homme soixante-dix, ou r&#233;ciproquement ; la fianc&#233;e a beau &#234;tre jeune, jolie, heureuse de vivre, et le futur vieux, rhumatisant et grognon : tout cela ne regarde ni le repr&#233;sentant de l'&#201;tat ni celui de l'&#201;glise ; ils n'ont rien &#224; demander &#224; ce sujet. L'union est &#171; consacr&#233;e &#187;, et consacr&#233;e par l'&#201;glise avec d'autant plus de solennit&#233; que la r&#233;tribution de ce &#171; commerce sacr&#233; &#187; a &#233;t&#233; plus abondante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'au bout de quelque temps un mariage conclu de cette mani&#232;re se montre comme malheureux au possible, ainsi que tout le monde, la triste victime elle-m&#234;me - qui est r&#233;guli&#232;rement la femme - l'avait pr&#233;vu ; que l'une des parties demande sa s&#233;paration de l'autre ; alors l'&#201;tat comme l'&#201;glise soul&#232;vent les plus grandes difficul&#173;t&#233;s, eux qui, pr&#233;c&#233;demment, ne s'&#233;taient pas inqui&#233;t&#233; de savoir si les liens qu'on leur demande de d&#233;lier avaient &#233;t&#233; nou&#233;s par un amour r&#233;el, par un penchant purement naturel et moral ou par un &#233;go&#239;sme cynique et malpropre. Ni l'&#201;tat ni l'&#201;glise ne jugent de leur devoir de se renseigner avant le mariage sur ce que l'union peut avoir de manifestement contre-nature, et, par suite, de profond&#233;ment immoral. Qu'il s'agisse de s&#233;paration, on n'admet que rarement la r&#233;pulsion morale pour motif ; on exige des preuves palpables qui toujours d&#233;shonorent ou rabaissent l'une des parties dans l'opinion publique et faute desquelles la s&#233;paration n'est pas prononc&#233;e. L'&#201;glise romaine principalement, en n'accordant la dissolution du lien conjugal que par une dispense sp&#233;ciale du pape, fort difficile &#224; obtenir, et en ne pronon&#231;ant tout au plus que la s&#233;paration de corps, aggrave l'&#233;tat de choses sous lequel g&#233;missent toutes les nations catholiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment on encha&#238;ne l'un &#224; l'autre des &#234;tres humains ; l'une des parties devient l'esclave de l'autre et est contrainte, par &#171; devoir conjugal &#187;, de se soumettre &#224; ses baisers, &#224; ses caresses les plus intimes, qu'elle a peut-&#234;tre plus en horreur que ses injures et ses mauvais traitements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant je pose cette question : un pareil mariage - et il y en a beaucoup de ce genre - n'est-il pas pire que la prostitution ? La prostitu&#233;e est encore jusqu'&#224; un certain point libre de se soustraire &#224; son honteux m&#233;tier et, si elle ne vit pas dans une maison publique, elle a le droit de se refuser &#224; vendre ses caresses &#224; un homme qui, pour une raison ou pour une autre, ne lui pla&#238;t pas. Mais une femme vendue par le mariage est tenue de subir les caresses de son mari, quand bien m&#234;me elle a cent raisons de le ha&#239;r et de le m&#233;priser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains autres mariages conclus sous l'influence pr&#233;pond&#233;rante de consid&#233;&#173;rations mat&#233;rielles, les situations sont moins mauvaises. On s'arrange, on &#233;tablit un modus vivendi, on accepte le fait accompli comme une chose &#224; laquelle on ne peut rien changer, parce qu'on a peur du scandale, parce que l'on craint de nuire &#224; ses int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels, que l'on a des enfants auxquels il faut songer, - encore que ce soient pr&#233;cis&#233;ment ceux-ci qui souffrent le plus, au milieu de l'existence froide et sans amour des parents qui m'a m&#234;me pas besoin pour cela de se changer en hostilit&#233; ouverte, en disputes et en querelles. L'homme, de qui provient le plus souvent, com&#173;me le d&#233;montrent les proc&#232;s en s&#233;paration, le scandale dans le mariage, sait, gr&#226;ce &#224; sa situation pr&#233;pond&#233;rante, se d&#233;dommager ailleurs. La femme ne peut que bien plus rarement prendre ainsi les chemins de traverse, d'abord parce que s'y lancer est plus dangereux pour elle, pour des raisons d'ordre physique, en sa qualit&#233; de partie pre&#173;nante, et ensuite parce que chaque pas fait en dehors du mariage lui est compt&#233; comme un crime que ni l'homme ni la Soci&#233;t&#233; ne pardonnent. La femme ne se r&#233;sou&#173;dra &#224; la s&#233;paration que dans les cas les plus graves d'infid&#233;lit&#233; ou de mauvais traite&#173;ments de la part du mari, parce qu'elle est oblig&#233;e, en pesant le pour et le contre, de consid&#233;rer le mariage comme un asile. Elle ne se trouve le plus souvent pas dans une position mat&#233;rielle ind&#233;pendante, et une fois s&#233;par&#233;e, la soci&#233;t&#233; lui fait une situation qui n'a rien d'enviable. Si, malgr&#233; cela, l'&#233;norme majorit&#233; des demandes en s&#233;paration proviennent de la femme (88 % en France, par exemple) [4], c'est l&#224; un sympt&#244;me de la dangereuse gravit&#233; des maux que le mariage entra&#238;ne pour elle. Le nombre chaque ann&#233;e croissant, dans presque tous les pays, des unions dissoutes, en t&#233;moigne large&#173;ment. Il exag&#233;rait donc &#224; peine, ce juge autrichien qui, d'apr&#232;s un feuilleton du &#171; Jour&#173;nal de Francfort &#187; de 1878, s'&#233;criait : &#171; les plaintes en adult&#232;re sont aussi nombreuses que les plaintes pour carreaux cass&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ins&#233;curit&#233; sans cesse croissante du travail, la difficult&#233; chaque jour plus grande d'atteindre une position &#224; moiti&#233; certaine au milieu de la lutte &#233;conomique de tous contre tous, ne permettent pas d'entrevoir que, sous notre syst&#232;me social, toutes les mis&#232;res dont le mariage est la cause puissent cesser ou m&#234;me s'att&#233;nuer. Au contraire, les maux qui d&#233;coulent du mariage ne pourront que grandir et s'aggraver par ce fait qu'il est &#233;troitement li&#233; aux conditions actuelles de la fortune et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part la corruption croissante du mariage, de l'autre et surtout l'impossibilit&#233; pour un grand nombre de femmes d'arriver &#224; conclure une union l&#233;gitime, permettent de consid&#233;rer comme des paroles irr&#233;fl&#233;chies les raisonnements comme celui-ci : la femme doit rester confin&#233;e dans son m&#233;nage ; c'est comme ma&#238;tresse de maison et comme m&#232;re qu'elle a sa mission &#224; remplir. Par contre, la corruption forc&#233;ment gran&#173;dissante du mariage multipliera n&#233;cessairement les raisons qui y mettent obstacle - malgr&#233; les facilit&#233;s que pourra accorder l'&#201;tat - ainsi que les relations sexuelles extra-conjugales, la prostitution et toute la s&#233;rie des vices contre nature [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les classes qui poss&#232;dent, il n'est pas rare que, tout comme dans la Gr&#232;ce antique, la femme tombe au rang de machine &#224; produire des enfants l&#233;gitimes, de gardienne de la maison, ou de garde-malade de son mari. L'homme entretien pour son plaisir et pour la satisfaction de ses fantaisies amoureuses des courtisanes et des h&#233;ta&#239;res - qu'on appelle chez nous des ma&#238;tresses - avec les &#233;l&#233;gantes demeures des&#173;quelles on pourrait faire les plus beaux quartiers de nos villes. En dehors de cela, les mariages contre nature m&#232;nent &#224; toutes sortes de crimes, comme l'assassinat du conjoint ou la recherche de jouissances artificielles. L'assassinat conjugal doit surtout se pratiquer fr&#233;quemment pendant les &#233;pid&#233;mies chol&#233;riques, &#233;tant donn&#233; qu'on pense g&#233;n&#233;ralement que les sympt&#244;mes du chol&#233;ra ressemblent en bien des points &#224; ceux de l'empoisonnement, que l'&#233;motion g&#233;n&#233;rale, le grand nombre des cadavres, le danger de la contagion diminuent ce que la visite peut avoir de m&#233;ticuleux et rendent n&#233;cessai&#173;res le prompt enl&#232;vement et l'enfouissement rapide des cadavres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les classes de la soci&#233;t&#233; o&#249; l'on n'a pas les moyens d'entretenir une ma&#238;tresse, on se rabat sur les lieux de plaisir publics ou intimes, les caf&#233;s chantants, les concerts, les bals, les maisons de femmes. Les progr&#232;s de la prostitution sont un fait partout reconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans les classes moyennes et sup&#233;rieures de la soci&#233;t&#233;, le mariage se trouve d&#233;consid&#233;r&#233;, d'une part en raison de son caract&#232;re mercantile, du superflu des riches&#173;ses, de l'oisivet&#233;, du sybaritisme, et d'un autre c&#244;t&#233; par une nourriture du c&#339;ur et de l'esprit correspondante, par la frivolit&#233; des spectacles, le caract&#232;re lascif de la musi&#173;que, l'immoralit&#233; et la grivoiserie des romans et des illustrations, des causes analogues ou diff&#233;rentes produisent le m&#234;me r&#233;sultat dans les classes inf&#233;rieures. La possibilit&#233;, pour le salari&#233;, de se cr&#233;er par son travail une situation, est aujourd'hui chose si pr&#233;caire qu'il n'en est pas tenu compte par la masse des travailleurs dans les questions qu'ils ont &#224; agiter. Le mariage d'argent ou d'int&#233;r&#234;t leur est, par lui-m&#234;me, interdit aussi bien qu'&#224; la partie f&#233;minine de leur classe. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, le mariage n'est pour le travailleur que la satisfaction du penchant qu'il a pour une femme ; cependant il n'est pas rare que le calcul de voir l'&#233;pouse gagner un salaire avec lui joue un r&#244;le dans cette sorte d'unions, de m&#234;me qu'il lui arrive d'envisager ce fait que les enfants pourront acqu&#233;rir de bonne heure la valeur d'un instrument de travail et couvriront ainsi, dans une certaine mesure, les frais de leur entretien. Cela est triste, mais ce n'est que trop vrai. En dehors de cela, il ne manque pas d'autres motifs qui mettent obstacle au mariage de l'ouvrier. Une trop riche f&#233;condit&#233; sexuelle affaiblit ou annihile m&#234;me la main-d'&#339;uvre de la femme, et augmente les d&#233;penses du m&#233;nage ; les crises commerciales et industrielles, l'introduction de nouvelles machines ou de m&#233;thodes de production perfectionn&#233;es, les guerres, la f&#226;cheuse action des trait&#233;s de commerce et de douane, les imp&#244;ts indirects, diminuent plus ou moins, pour une dur&#233;e tant&#244;t longue, tant&#244;t courte, le gain de l'ouvrier, et finissent par le jeter tout &#224; fait sur la paille. Tous ces coups du hasard aigrissent les caract&#232;res, et c'est sur la vie domestique qu'ils influent tout d'abord, quand chaque jour, &#224; chaque heure, femme et enfants r&#233;clament &#224; l'homme leur strict n&#233;cessaire sans qu il puisse leur donner satisfaction. Trop souvent, de d&#233;sespoir, il cherche sa consolation au cabaret dans son verre de mauvaise eau-de-vie ; le dernier sou du m&#233;nage se d&#233;pense ; les disputes et les querelles ne prennent plus fin. C'est l&#224; qu'est la ruine du mariage et de la vie de famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons un autre exemple. L'homme et la femme vont au travail. Les enfants sont laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes ou &#224; la surveillance de fr&#232;res et s&#339;urs plus &#226;g&#233;s auxquels man&#173;que la premi&#232;re qualit&#233; n&#233;cessaire a cette mission : l'&#233;ducation. Ce qu'on appelle le d&#238;ner (repas de midi) est englouti au grand galop, &#224; la condition encore que les parents aient le temps de revenir chez eux ; le soir, tous deux rentrent &#224; la maison &#233;puis&#233;s de fatigue. Au lieu d'un int&#233;rieur agr&#233;able et riant, ils trouvent un logis &#233;troit, malsain, manquant d'air, de lumi&#232;re et souvent des commodit&#233;s les plus indispensables. La femme a maintenant de l'ouvrage plein les mains, du travail jusque par-dessus la t&#232;te pour ne mettre en ordre que le plus n&#233;cessaire. Les enfants, criant et faisant tapage, sont vivement mis au lit ; la femme s'assied, coud et raccommode jusque tard dans la nuit. Les distractions intellectuelles, les consolations de l'esprit font enti&#232;rement d&#233;faut. Le mari n'a pas d'instruction, ne sait pas grand chose, la femme encore moins, le peu qu'on a &#224; se dire est vite &#233;puis&#233;. L'homme va chercher au cabaret la distraction qui lui manque chez lui ; il boit, et si peu qu'il d&#233;pense, c'est encore beaucoup pour sa position. Parfois, il s'abandonne aussi au jeu, vice qui fait plus particuli&#232;rement tant de victimes dans les classes &#233;lev&#233;es, et il perd trois fois, dix fois plus qu'il ne d&#233;pense &#224; boire. Pendant ce temps, la femme, assise &#224; sa besogne, se laisse aller &#224; la rancune contre son mari ; il lui faut travailler comme une b&#234;te de somme, il n'y a pour elle ni un instant de repos ni une minute de distraction ; l'homme, lui, use de la libert&#233; qu'il doit au hasard d'&#234;tre n&#233; homme. La m&#233;sintelligence est compl&#232;te. Mais si la femme est moins fid&#232;le &#224; son devoir, si rentrant le soir fatigu&#233;e du travail, elle cherche les d&#233;lassements auxquels elle a droit, alors le m&#233;nage marche &#224; rebours, et la mis&#232;re de&#173;vient doublement dure. Oui, en v&#233;rit&#233;, nous vivons dans &#171; le meilleur des mondes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces circonstances contribuent aujourd'hui &#224; d&#233;sorganiser davantage le mariage du prol&#233;taire. M&#234;me les p&#233;riodes pendant lesquelles le travail marche le mieux ont leur influence n&#233;faste, car cela oblige l'ouvrier &#224; travailler le dimanche, &#224; faire des heures suppl&#233;mentaires, et lui enl&#232;ve le peu de temps qu'il lui restait &#224; consacrer &#224; sa famille. Dans des milliers de cas, il lui faut des demi-heures, des heures enti&#232;res m&#234;me pour se rendre &#224; son travail ; utiliser le repos de midi pour revenir &#224; la maison est presque toujours une impossibilit&#233; ; il se l&#232;ve donc le matin &#224; la premi&#232;re heure, alors que les enfants sont encore profond&#233;ment endormis et il rentre tard le soir pour les trouver d&#233;j&#224; couch&#233;s. Beaucoup de travailleurs, notamment les ouvriers du b&#226;timent dans les grandes villes, restent dehors toute la semaine &#224; cause de l'&#233;loi&#173;gnement de leur chantier et ne rentrent chez eux que le dimanche ; et l'on veut que la vie de famille prosp&#232;re dans ces conditions-l&#224; ! D'autre part, l'emploi du travail de la femme et de l'enfant prend chaque jour plus d'extension, surtout dans l'industrie texti&#173;le qui fait servir ses milliers de m&#233;tiers &#224; vapeur et de machines &#224; filer, par des femmes et des enfants dont la main d'&#339;uvre est peu r&#233;tribu&#233;e. Dans ce cas, les condi&#173;tions des sexes et des &#226;ges sont presque retourn&#233;es. La femme et l'enfant vont &#224; la fabrique ; l'homme, n'avant plus d'emploi, reste &#224; la maison et vaque aux travaux domestiques. &#192; Colmar, &#224; la fin de novembre 1873, sur 8109 ouvriers employ&#233;s &#224; l'industrie textile, il y avait 3509 femmes, 3416 hommes seulement et 1184 enfants, de telle sorte que femmes et enfants r&#233;unis formaient un total de 4693 contre 3416 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie cotonni&#232;re anglaise, il y avait en 1875, sur 479.515 travailleurs, 258.667 femmes, soit 54 % du chiffre total ; 38.558 ou 8 % de jeunes ouvriers des deux sexes, &#226;g&#233;s de 13 &#224; 18 ans ; 66.900 ou 14 % d'enfants au-dessous de 13 ans, et seulement 115.391 hommes, soit 24 %. Qu'on se fasse une id&#233;e de la vie de famille que ces gens-l&#224; peuvent mener !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;tat &#171; chr&#233;tien &#187;, dont on cherche inutilement le &#171; christianisme &#187; partout o&#249; il devrait &#234;tre appliqu&#233;, quitte &#224; le trouver partout o&#249; il est funeste ou superflu, cet &#233;tat &#171; chr&#233;tien &#187; agit absolument commue le bourgeois &#171; chr&#233;tien &#187;, ce qui ne saurait &#233;tonner aucun de ceux qui savent que le premier n'est que le commis du second. Non seulement il se garde bien d'&#233;dicter des lois qui fixent des limites normales au travail de la femme, et interdisent absolument celui des enfants, mais encore il n'accorde lui-m&#234;me &#224; beaucoup de ses employ&#233;s ni le repos complet du dimanche, ni une dur&#233;e normale de travail, et il trouble ainsi leur vie de famille. Les employ&#233;s des postes, des chemins de fer, des prisons, etc., sont tenus en grand nombre de remplir leurs fonc&#173;tions au-del&#224; des limites de temps habituelles, et leur r&#233;tribution est en proportion inverse du travail qu'ils fournissent. Mais c'est l&#224; une situation partout normale aujourd'hui, et pour le moment la majorit&#233; la trouve parfaitement dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'autre part les loyers sont trop &#233;lev&#233;s en comparaison des salaires et des revenus des petits employ&#233;s et des petites gens, travailleurs et petites gens sont oblig&#233;s de se resserrer &#224; l'extr&#234;me. On prend &#224; domicile ce qu'on appelle des logistes, hommes ou femmes, souvent m&#234;me des deux sexes &#224; la fois. Jeunes et vieux vivent dans le cercle le plus limit&#233;, sans s&#233;paration des sexes, &#233;troitement entass&#233;s m&#234;me dans les circonstances les plus intimes : ce qu'il en r&#233;sulte pour la pudeur et la morale, des faits &#233;pouvantables le d&#233;montrent. Et quelle influence peut avoir, dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, sur les enfants, le travail de la fabrique ? Incontestablement la plus mauvaise qui se puisse imaginer, tant au point de vue physique qu'au point de vue moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emploi toujours plus r&#233;pandu des femmes m&#234;me mari&#233;es est appel&#233; &#224; avoir les plus funestes cons&#233;quences, notamment pendant les grossesses, au moment des accouchements et durant le premier &#226;ge des enfants, alors que la nourriture de ceux- ci par la m&#232;re est indiqu&#233;e. Il en r&#233;sulte, pendant la grossesse, une foule de maladies qui influent d'une fa&#231;on aussi pernicieuse sur l'enfant que sur l'organisme de la femme, des avortements, des venues avant terme ou de mort-n&#233;s. L'enfant une fois mis au monde, la m&#232;re est oblig&#233;e de retourner le plus rapidement possible &#224; la fabrique pour que sa place n'y soit pas prise par une concurrente. Ce qu'il on r&#233;sulte in&#233;vitablement pour les petits nourrissons, c'est qu'ils ne re&#231;oivent que des soins n&#233;glig&#233;s, une nourriture mal appropri&#233;e ou compl&#232;tement nulle ; on les bourre d'opiats pour les faire rester tranquilles. Cons&#233;quences : une mortalit&#233; consid&#233;rable, les maladies de langueur, le d&#233;p&#233;rissement, en un mot la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la race. Les enfants grandissent, dans bien des cas, sans avoir eu quoi que ce soit joui de l'amour paternel ou maternel, et sans avoir, de leur c&#244;t&#233;, ressenti le v&#233;ritable amour filial. Voil&#224; comment na&#238;t, vit et meurt le prol&#233;tariat. Et l'&#233;tat &#171; chr&#233;tien &#187;, la soci&#233;t&#233; &#171; chr&#233;tienne &#187; s'&#233;tonnent de voir la grossi&#232;ret&#233;, l'immoralit&#233;, les crimes de toute nature, s'accro&#238;tre sans cesse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, au d&#233;but de la p&#233;riode d&#233;cennale de 1860, des milliers et des milliers d'ouvriers des districts cotonniers d'Angleterre furent r&#233;duits au ch&#244;mage par suite de la guerre de s&#233;cession de l'Am&#233;rique du Nord, les m&#233;decins firent cette d&#233;couverte saisissante que, malgr&#233; la profonde mis&#232;re de la population, la mortalit&#233; des enfants diminua. La raison en &#233;tait fort simple. Les enfants &#233;taient mieux soign&#233;s et rece&#173;vaient la nourriture de la m&#232;re dont ils n'avaient jamais profit&#233; pendant les p&#233;riodes de travail meilleures. Le m&#234;me fait a &#233;t&#233; constat&#233; par les hommes de l'art de l'Am&#233;rique du Nord, lors de la crise des ann&#233;es 1810, dans les &#233;tats de New-York et du Massachusetts. Le manque g&#233;n&#233;ral de travail for&#231;a les femmes &#224; ch&#244;mer et leur laissa le temps de soigner leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'industrie &#224; domicile, que les th&#233;oriciens romantiques aiment tant &#224; nous pr&#233;senter comme idyllique, les conditions de la vie de famille et de la morale n'en sont pas d'un cheveu meilleures. Du matin au soir la femme y est encha&#238;n&#233;e au travail &#224; c&#244;t&#233; de l'homme ; les enfants, d&#232;s leur plus jeune &#226;ge, sont employ&#233;s &#224; la m&#234;me besogne. Entass&#233;s dans les locaux les plus exigus que l'on puisse imaginer, l'homme, la femme et la famille, filles et gar&#231;ons, vivent au milieu des d&#233;chets du travail, parmi les exhalaisons et les odeurs les plus d&#233;sagr&#233;ables, priv&#233;s de la plus indispensable propret&#233;. Les chambres &#224; coucher forment le pendant des locaux o&#249; l'on se tient dans le jour et o&#249; l'on travaille. Ce sont en g&#233;n&#233;ral des trous obscurs, sans ventilation, qui re&#231;oivent pour la nuit un nombre d'&#234;tres humains dont le quart seulement y serait d&#233;j&#224; log&#233; dans les conditions les plus malsaines. Bref, il existe des situations telles qu'elles donnent le frisson &#224; quiconque est habitu&#233; &#224; une existence digne d'un &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour l'existence devenant chaque jour plus p&#233;nible, hommes et femmes en sont souvent r&#233;duits &#224; commettre et &#224; supporter des actes qu'ils auraient, autrement, en horreur. C'est ainsi qu'en 1877, &#224; Munich, il fut constat&#233; que, parmi les prostitu&#233;es inscrites &#224; la police et surveill&#233;es par elle, il ne se trouvait pas moins de 203 femmes mari&#233;es &#224; des ouvriers ou &#224; des artisans. Et combien de femmes mari&#233;es exercent ce honteux m&#233;tier par n&#233;cessit&#233;, sans se soumettre au contr&#244;le de la police, qui froisse au supr&#234;me degr&#233; le sentiment de la pudeur et la dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le prix &#233;lev&#233; des grains pendant un an influe d&#233;j&#224; dans une mesure appr&#233;ciable sur l'abaissement du chiffre des mariages et des naissances, les crises, telles qu'elles sont in&#233;luctablement li&#233;es &#224; notre syst&#232;me industriel, et qui durent des ann&#233;es enti&#232;res, ont, &#224; ce point de vue particulier, une influence encore plus sensible. C'est ce que d&#233;montre d'une fa&#231;on frappante la statistique des mariages dans l'Empire alle&#173;mand. En 1872, l'ann&#233;e du &#171; r&#233;veil &#187; industriel, il fut conclu 423.900 mariages : en 1879, o&#249; la crise atteignit son maximum d'intensit&#233;, 335.133 seulement ; les mariages avaient donc diminu&#233; de 25 %, et m&#234;me de 33 %, si l'on tient compte de l'augmen&#173;tation de population qui s'&#233;tait produite entre temps. En Prusse, pendant les ann&#233;es o&#249; la crise s&#233;vit v&#233;ritablement, de 1876 &#224; 1879, le chiffre des unions avait d&#233;cru d'une fa&#231;on remarquable d'ann&#233;e en ann&#233;e. Ces chiffres &#233;taient de 224.773 en 1876, de 210.357 en 1877, de 207.754 en 1878 et de 206.752 en 1879. Le chiffre des nais&#173;sances diminuait &#233;galement d'une fa&#231;on significative. La crainte de la mis&#232;re, la pens&#233;e de ne pouvoir donner aux enfants une &#233;ducation en rapport avec leur situation, poussent encore les femmes de toutes classes &#224; des agissements qui ne sont pas plus d'accord avec les lois de la nature qu'avec le Code p&#233;nal. &#192; ces agissements appar&#173;tiennent les diff&#233;rents moyens employ&#233;s pour emp&#234;cher la conception, et, quand celle-ci a eu lieu malgr&#233; tout, la suppression du fruit importun, l'avortement. On ferait fausse route si l'on voulait affirmer que ces moyens ne sont employ&#233;s que par des femmes &#224; l'esprit l&#233;ger et d&#233;nu&#233;es de conscience. Ce sont au contraire fort souvent des &#233;pouses fid&#232;les &#224; leurs devoirs qui, pour &#233;chapper &#224; ce dilemme, ou de se refuser &#224; leur mari en comprimant &#233;nergiquement leur instinct sexuel ou de pousser leur &#233;poux &#224; des d&#233;tours qu'il n'a en g&#233;n&#233;ral que trop de propension &#224; suivre, pr&#233;f&#232;rent se r&#233;sou&#173;dre &#224; employer des man&#339;uvres abortives. &#192; c&#244;t&#233; de celles-l&#224;, il y en a d'autres, particuli&#232;rement dans les classes &#233;lev&#233;es, qui, pour cacher une faute, ou par r&#233;pu&#173;gnance pour les incommodit&#233;s de la grossesse, de l'accouchement, de l'&#233;levage, ou encore par crainte de voir plus vite leurs charmes se fl&#233;trir et de peur de perdre alors en consid&#233;ration aupr&#232;s de leur mari ou des hommes de leur monde, se soumettent &#224; ces man&#339;uvres coupables et trouvent au poids de l'or l'aide complaisante du m&#233;decin et de la sage-femme. C'est ainsi qu'au printemps de 1878, &#224; New-York, se suicida une femme qui habitait un palais somptueux, qui pendant plus d'une g&#233;n&#233;ration avait exerc&#233; son honteux m&#233;tier sous les yeux de la police et de la justice, et qui finit par payer sa dette &#224; la vindicte publique &#224; la suite d'une d&#233;nonciation qui faisait peser sur elle de lourdes charges. Cette femme, malgr&#233; son existence fastueuse, laissa une for&#173;tune qui fut &#233;valu&#233;e &#224; plus d'un million et demi de dollars. Sa client&#232;le se recrutait exclusivement dans les cercles les plus riches de New-York. &#192; en juger par le chiffre croissant des offres non d&#233;guis&#233;es qui s'&#233;talent dans nos journaux, chaque jour aug&#173;mente le nombre des &#233;tablissements de tout genre o&#249; l'on fournit aux femmes et aux filles des classes riches les moyens d'attendre dans le plus rigoureux secret les suites de leurs &#171; fautes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte de voir le nombre des enfants devenir trop consid&#233;rable eu &#233;gard &#224; la fortune que l'on poss&#232;de et aux frais de leur entretien, a &#233;lev&#233; dans des classes, dans des peuples entiers, les r&#232;gles de continence &#224; la hauteur d'un syst&#232;me et, dans certains cas, en a fait une calamit&#233; publique. C'est ainsi qu'il est un fait g&#233;n&#233;ralement constat&#233;, &#224; savoir que le malthusianisme est pratiqu&#233; &#224; tous les degr&#233;s de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Dans aucun pays civilis&#233; le nombre proportionnel des mariages n'est aussi &#233;lev&#233; qu'en France, et dans aucun le chiffre des naissances n'est aussi bas, l'augmen&#173;tation de la population aussi lente. &#192; ce dernier point de vue la France ne vient m&#234;me qu'apr&#232;s la Russie. En France, le bourgeois, le petit propri&#233;taire, le petit cultivateur, suivent ce syst&#232;me, et le travailleur fran&#231;ais se laisse aller au courant g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est pas autrement chez les Saxons de Transylvanie ; soucieux de conserver compacte leur grande fortune pour rester parmi le peuple la classe pr&#233;pond&#233;rante, et de ne pas trop affaiblir leur patrimoine par les partages, ils s'appliquent &#224; r&#233;duire leur post&#233;rit&#233; l&#233;gitime le plus possible. Par contre, les hommes cherchent en grand nombre la satisfaction de leur instinct sexuel en dehors du mariage. Ainsi s'explique ce qui a frapp&#233; les ethnologues, &#224; savoir le nombre des boh&#233;miens blonds et des roumains ayant le type ainsi que les qualit&#233;s caract&#233;ristiques du germain, l'activit&#233; et l'&#233;cono&#173;mie, qualit&#233;s qui en dehors de cela se trouvent si rarement chez eux. Gr&#226;ce &#224; ce syst&#232;me, les Saxons, bien qu'immigr&#233;s en grand nombre en Transylvanie d&#232;s la fin du XII&#232;me si&#232;cle, s'y trouvent &#224; peine port&#233;s aujourd'hui au nombre de 200.000. En revanche, en France, o&#249; il n'y a pas de races &#233;trang&#232;res sp&#233;cialement utilis&#233;es &#224; la satisfaction des instincts sexuels, le chiffre des infanticides et des abandons d'enfants suit une progression significative, ces deux cat&#233;gories de crimes &#233;tant encore favori&#173;s&#233;es par les dispositions du Code civil fran&#231;ais qui interdit la recherche de la paternit&#233; [6]. La bourgeoisie fran&#231;aise, comprenant bien quelle monstruosit&#233; elle com&#173;mettait, en mettant, de par la loi, les femmes tromp&#233;es dans l'impossibilit&#233; de s'adres&#173;ser au p&#232;re de leur enfant pour le nourrir, a cherch&#233; &#224; all&#233;ger le sort de celles-ci par la cr&#233;ation d'orphelinats. D'apr&#232;s notre fameuse &#171; morale &#187;, le sentiment paternel n'exis&#173;te pas, on le sait, pour l'enfant naturel ; il n'existe que pour les &#171; h&#233;ritiers l&#233;giti&#173;mes &#187;. Par l'institution des orphelinats, la m&#232;re devait, elle aussi, &#234;tre enlev&#233;e aux nouveau-n&#233;s. Ceux-ci viennent au monde orphelins. La bourgeoisie fait &#233;lever ses b&#226;tards aux frais de l'&#201;tat, comme &#171; enfants de la Patrie &#187;. Merveilleuse institution ! Cependant, malgr&#233; les orphelinats, o&#249; les soins &#224; donner aux enfants leur font d&#233;faut et o&#249; ceux-ci meurent en masse, l'infanticide et l'avortement augmentent en France dans une pro&#173;portion bien plus &#233;lev&#233;e que la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1830 &#224; 1880, les cours d'assises fran&#231;aises eurent &#224; juger 8563 infanticides, et encore ce chiffre monta de 471 en 1831 &#224; 980 en 1880. Dans le m&#234;me laps de temps, il fut prononc&#233; 1032 condamnations pour avortements, mais 41 en 1831 et 100 en 1880. Naturellement ce n'est que l'immense minorit&#233; des avortements qui vient &#224; la connaissance de la justice et seulement, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, lorsqu'ils ont pour cons&#233;&#173;quences des maladies graves ou des cas de mort. La population des campagnes figure dans les infanticides pour 75 % ; celle des villes pour 67 % dans les cas d'avorte&#173;ments. &#192; la ville les femmes ont sous la main plus de moyens d'emp&#234;cher la naissance ; de l&#224; un grand nombre de cas d'avortements et relativement moins d'infan&#173;ticides. &#192; la campagne, la proportion est renvers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est l'image que nous pr&#233;sente, dans la plupart des cas, le mariage actuel. Elle s'&#233;carte, s&#233;rieusement, des jolies peintures que nous en font les po&#232;tes et des fantai&#173;sistes englu&#233;s de po&#233;sie, mais elle a l'avantage... d'&#234;tre vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cette image serait incompl&#232;te si je n&#233;gligeais d'y ajouter encore quelques traits essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le r&#233;sultat des controverses sur les capacit&#233;s intellectuelles des deux sexes - et nous reviendrons ult&#233;rieurement sur cette question - il n'existe aucune divergence d'opinion sur ce fait qu'&#224; l'heure actuelle le sexe f&#233;minin, compar&#233; au sexe masculin, lui est moralement inf&#233;rieur. Il est vrai que Balzac, qui n'&#233;tait pourtant pas un ami des femmes, a d&#233;clar&#233; ceci : &#171; Une femme qui a re&#231;u une &#233;ducation masculine poss&#232;de en r&#233;alit&#233; les qualit&#233;s les plus brillantes et les plus f&#233;condes pour fonder son bonheur propre et celui de son mari &#187; ; et G&#246;the, qui connaissait &#224; coup s&#251;r bien les femmes et les hommes de son temps, dit finement dans les &#171; Ann&#233;es d'apprentissage de Wilhelm Meister (Confessions d'une belle &#226;me) &#187; : &#171; On avait rendu ridicules les femmes savantes et l'on ne voulait pas non plus souffrir les femmes instruites, pro&#173;bablement parce que l'on ne trouvait pas poli de faire honte &#224; un aussi grand nombre d'hommes ignorants &#187; ; mais de nos jours, la masse n'a rien r&#233;solu de ces deux opinions. La diff&#233;rence entre les deux sexes consiste et doit consister en ceci que la femme est ce que les hommes, ses ma&#238;tres, l'ont faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation de la femme, en g&#233;n&#233;ral, a &#233;t&#233;, de tout temps, plus n&#233;glig&#233;e encore que celte du prol&#233;taire, et toutes les am&#233;liorations que l'on fait aujourd'hui dans cet ordre d'id&#233;es sont encore insuffisantes &#224; tous &#233;gards. Nous vivons en un temps o&#249; le besoin d'&#233;changer ses id&#233;es cro&#238;t dans tous les cercles, m&#234;me dans la famille ; la grande n&#233;gligence dans l'&#233;ducation de la femme se pr&#233;sente donc comme une lourde faute qui porte en elle son ch&#226;timent pour l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond de l'&#233;ducation morale de l'homme consiste, en deux mots, &#224; &#233;clairer sa raison, &#224; aiguiser sa pens&#233;e, &#224; &#233;tendre ses connaissances pratiques, &#224; renforcer sa volont&#233;, bref &#224; perfectionner ses fonctions intellectuelles. Pour la femme au contraire, l'&#233;ducation, l&#224; surtout o&#249; elle se donne dans une large mesure, s'attache principale&#173;ment &#224; rendre plus profondes ses facult&#233;s sensitives, &#224; lui donner une culture toute de forme et de bel esprit, qui agit au plus haut degr&#233; sur sa sensibilit&#233; et sa fantaisie, comme par la musique, les belles-lettres, l'art et la po&#233;sie. C'est l&#224; le syst&#232;me le plus fou, le plus malsain que l'on p&#251;t appliquer ; il fait voir que les autorit&#233;s charg&#233;es d'&#233;tablir la mesure d'&#233;ducation &#224; donner &#224; la femme ne se sont laiss&#233;es guider que par leurs id&#233;es pr&#233;con&#231;ues de la nature de son caract&#232;re f&#233;minin et de la position qui lui est assign&#233;e dans la vie humaine. Ce qui manque &#224; nos femmes, ce n'est ni une vie surchauff&#233;e, toute de sensations et de fantaisie, ni un renforcement de leur nervosit&#233;, ni la connaissance du beau, ni celle du bel esprit ; le caract&#232;re f&#233;minin a &#233;t&#233; richement d&#233;velopp&#233; et perfectionn&#233; dans ce sens, et l'on n'a donc fait qu'accentuer le mal. Mais si la femme, au lieu d'avoir trop de sensibilit&#233;, ce qui devient souvent d&#233;sagr&#233;able, avait une bonne portion de raison juste, de facult&#233; de penser exacte ; si au lieu d'&#234;tre nerveuse et timide elle avait du courage physique et les nerfs solides ; si elle avait la science du monde, des hommes et des forces de la nature, au lieu de les ignorer com&#173;pl&#232;tement et de ne conna&#238;tre que l'&#233;tiquette et le bel esprit, elle s'en trouverait bien mieux et l'homme aussi, sans aucun doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, ce que l'on a jusqu'ici le plus nourri, et sans mesure, chez la femme, c'est ce que l'on appelle la vie de l'esprit et de l'&#226;me : par contre, on a emp&#234;ch&#233; ou profond&#233;ment n&#233;glig&#233; le d&#233;veloppement de sa raison. Il en r&#233;sulte qu'elle souffre litt&#233;ralement d'une hypertrophie de vie intellectuelle et spirituelle, qu'elle en devient plus accessible &#224; toutes les superstitions, &#224; toutes les croyances miraculeuses, qu'elle constitue toujours un terrain inappr&#233;ciable pour toutes les charlataneries, religieuses et autres, un instrument appropri&#233; &#224; toutes les r&#233;actions. La masse des hommes, born&#233;s comme ils le sont, s'en plaignent parce qu'ils en souffrent personnellement, mais ils n'y changent rien parce qu'ils sont eux-m&#234;mes emp&#234;tr&#233;s dans les pr&#233;jug&#233;s jusqu'aux oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; des femmes &#233;tant, au point de vue intellectuel, form&#233;es comme nous venons de le d&#233;peindre, il en d&#233;coule naturellement qu'elles envisagent le monde sous un tout autre aspect que ne le font les hommes ; et la fin de l'histoire, c'est qu'il se soul&#232;ve entre les deux sexes des diff&#233;rends continuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation &#224; la vie publique est aujourd'hui, pour tout homme, un de ses devoirs essentiels ; que nombre d'individus ne le comprennent pas, cela ne change rien &#224; l'affaire. Mais chaque jour s'&#233;largit le cercle de ceux qui reconnaissent que la vie publique et ses institutions sont li&#233;es de la fa&#231;on la plus intime &#224; ce que l'on appelle les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de chacun ; que le bien ou le mal, pour l'individu comme pour la famille, d&#233;pendent beaucoup plus de l'&#233;tat des institutions publiques et com&#173;munes que des qualit&#233;s ou des actes d'un chacun, en raison de ce fait que tous les efforts tent&#233;s par l'homme isol&#233; pour lutter contre des privations qui r&#233;sultent de l'&#233;tat des choses et constituent sa propre situation, sont absolument impuissants. Comme d'autre part la lutte pour l'existence exige une t&#233;nacit&#233; bien plus consid&#233;rable que par le pass&#233;, il faut &#224; l'homme, pour parer &#224; toutes les obligations qui lui incombent, une d&#233;pense de temps qui diminue notablement celui qu'il consacrait ou devait consacrer &#224; la femme. La femme, par contre, en raison de l'&#233;ducation qu'elle a re&#231;ue et de sa fa&#231;on d'envisager le monde, ne peut absolument pas comprendre que l'int&#233;r&#234;t que porte l'homme aux &#233;v&#233;nements publics ait un autre but que celui de se trouver en la soci&#233;t&#233; de ses pareils, de gaspiller son argent et sa sant&#233;, de se cr&#233;er des soucis nou&#173;veaux, toutes choses dont elle aurait seule le dommage. Voil&#224; l'origine des querelles de m&#233;nage. Le mari se voit souvent plac&#233; dans l'alternative ou de renoncer &#224; travailler &#224; la chose publique et de se soumettre &#224; sa femme, - ce qui ne le rend pas plus heureux-, ou de renoncer &#226; une partie de la paix conjugale et des agr&#233;ments du m&#233;na&#173;ge s'il place au-dessus de tout cela la revendication du bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral, qu'il sait &#234;tre &#233;troitement li&#233; au sien propre et &#224; celui de sa famille. S'il r&#233;ussit &#224; faire entendre raison &#224; sa femme et &#224; la dompter, c'est qu'il a franchi un rude &#233;cueil ; mais cela n'arrive que rarement. En g&#233;n&#233;ral, l'homme a cette id&#233;e que ce qu'il veut ne regarde pas sa femme et qu'elle n'y entend rien. Il ne prend pas la peine de l'&#233;clairer. &#171; Tu ne comprends rien &#224; ces choses-l&#224; &#187; est la r&#233;ponse st&#233;r&#233;otyp&#233;e quand la femme se plaint et s'&#233;tonne d'&#234;tre si compl&#232;tement mise de c&#244;t&#233; &#224; son sens. Si les femmes ne com&#173;prennent pas, cela provient du manque de raison de la plupart des hommes. Mais quand la femme en arrive &#224; ce que l'homme emploie des faux-fuyants pour sortir de chez lui et aller satisfaire son besoin de conversation - besoin qui, en g&#233;n&#233;ral ne r&#233;pond pas &#224; des pr&#233;tentions &#233;lev&#233;es mais qui cependant ne peut &#234;tre satisfait &#224; la maison - alors surgissent de nouveaux motifs de querelles conjugales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rences dans l'&#233;ducation et dans les mani&#232;res de voir passent presque inaper&#231;ues au d&#233;but du mariage, quand la passion est encore dans toute sa force. Mais elles s'accentuent en m&#234;me temps que m&#251;rissent les ann&#233;es et se font alors d'autant plus sensibles, parce que la passion sexuelle s'&#233;teint de plus en plus, et qu'elle devrait d'autant plus n&#233;cessairement faire place &#224; l'harmonie morale entre les &#233;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons m&#234;me de c&#244;t&#233; la question de savoir si l'homme a le sentiment de ses devoirs civiques et s'il les remplit. Sa situation naturelle, ses relations professionnelles avec le dehors, le mettent, dans une foule de circonstances, en rapports suivis avec les &#233;l&#233;ments et les opinions les plus divers, et le font ainsi p&#233;n&#233;trer dans une atmosph&#232;re intellectuelle qui &#233;largit le cercle de ses vues, m&#234;me sans qu'il y soit pour rien. Il se trouve le plus souvent, de par son &#233;tat, dans un milieu intelligent ; par contre la femme, en raison de ses travaux domestiques qui l'absorbent du matin au soir, se voit enlever ou diminuer le temps de s'instruire, quand m&#234;me elle y serait dispos&#233;e ; bref, elle s'encro&#251;te et se p&#233;trifie moralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un passage de l'opuscule : &#171; Notes &#224; ajouter au livre de la vie &#187;, de Gerhard d'Amyntor (Sam. Lukas, Elberfeld) d&#233;peint bien le genre de vie de la plupart des fem&#173;mes mari&#233;es &#224; notre &#233;poque. On y lit, entre autres, dans le chapitre intitul&#233; &#171; piq&#251;res mortelles &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce ne sont pas les &#233;v&#233;nements les plus terribles &#224; l'abri desquels nul ne saurait &#234;tre, la mort du mari, la ruine morale d'un enfant bien-aim&#233;, une longue et cruelle maladie, l'&#233;croulement d'un projet ch&#232;rement caress&#233;, qui d&#233;truisent chez la m&#232;re de famille tout ce qu'elle a de fra&#238;cheur et de force, mais bien les petits soucis, chaque jour renouvel&#233;s, et qui la consument jusque dans la moelle de ses os. Que de millions de braves petites m&#232;res de famille laissent leur esprit enjou&#233;, leur teint de roses, leur gracieux minois s'&#233;tioler et s'user dans les soins du m&#233;nage jusqu'&#224; ce qu'elles en soient r&#233;duites &#224; l'&#233;tat de vieilles momies ratatin&#233;es, dess&#233;ch&#233;es, cass&#233;es. L'&#233;ternel retour de la question : &#171; que faut-il faire cuire aujourd'hui ? &#187;le renouvellement quotidien de la n&#233;cessit&#233; de balayer, de battre et brosser les habits, d'&#233;pousseter, tout cela, c'est la goutte d'eau dont la chute constante finit par ronger lentement, mais s&#251;rement, l'esprit aussi bien que le corps. C'est sur le fourneau de cuisine que s'&#233;tablit le plus tristement la balance entre les d&#233;penses et les recettes, que se font les consi&#173;d&#233;rations les plus d&#233;solantes sur la chert&#233; toujours croissante des vivres et la difficult&#233; sans cesse plus grande de gagner l'argent n&#233;cessaire. Sur l'autel flamboyant o&#249; mijote le pot-au-feu, sont sacrifi&#233;es jeunesse, libert&#233;, beaut&#233;, bonne humeur ; et qui pourrait reconna&#238;tre dans la vieille cuisini&#232;re &#224; l'&#339;il cave, courb&#233;e sous les soucis, la jeune mari&#233;e, joyeuse et rayonnante sous la coquette parure de sa couronne de myrte. D&#233;j&#224; les anciens tenaient leur foyer pour sacr&#233;, et pla&#231;aient aupr&#232;s de lui leurs Lares et leurs dieux tut&#233;laires - ; qu'il nous soit sacr&#233; aussi le foyer sur lequel la m&#233;nag&#232;re allemande, toute &#224; son devoir, offre sa vie en un long sacrifice pour tenir la maison toujours confortable, la table mise et la famille en bonne sant&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; tout ce que le monde bourgeois offre de consolations &#224; la femme que l'ordre de choses actuel m&#232;ne mis&#233;rablement &#224; sa perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les femmes auxquelles leur situation p&#233;cuniaire ou sociale donne plus de libert&#233;, l'&#233;ducation fauss&#233;e, toute dans un sens et superficielle, unie aux facult&#233;s caract&#233;ristiques h&#233;r&#233;ditaires du sexe f&#233;minin, exerce particuli&#232;rement une influence s&#233;rieuse. Elles n'ont de pens&#233;e que pour les choses ext&#233;rieures, ne songent qu'&#224; la toilette et aux chiffons et cherchent leur occupation et leur satisfaction dans la culture d'une &#233;l&#233;gance d&#233;prav&#233;e, en sacrifiant aux passions du luxe le plus exub&#233;rant. Une grande partie d'entre elles ne songent que fort peu &#224; leurs enfants et &#224; leur &#233;ducation, qu'elles abandonnent autant que possible &#224; la nourrice et aux domestiques, pour les confier plus tard au pensionnat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe donc une s&#233;rie assez consid&#233;rable de causes de toutes sortes qui exercent sur la vie maritale de nos jours une action perturbatrice et destructive, et par suite desquelles, dans un tr&#232;s grand nombre de cas, le but du mariage n'est atteint qu'en partie ou ne l'est m&#234;me pas du tout. Encore ne peut-on pas conna&#238;tre toutes les situa&#173;tions de ce genre, parce que chaque couple d'&#233;poux s'ing&#233;nie &#224; jeter un voile sur sa position, ce qui s'explique fort bien, notamment dans les classes sup&#233;rieures de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Mainl&#228;nder : &#171; Philosophie der Erl&#246;sung &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; Les intentions et les sentiments avec lesquels deux &#233;poux s'unissent ont une influence incontestablement d&#233;cisive sur les r&#233;sultats de l'acte sexuel et transmettent certaines qualit&#233;s caract&#233;ristiques &#224; l'enfant qui doit en na&#238;tre &#187;. (Dr Elisabeth Blackwall : &#171; The moral education of the young in relation to sex &#187;). Voir aussi les &#171; affinit&#233;s &#233;lectives &#187; de G&#246;the, qui y d&#233;peint d'une fa&#231;on frappante l'action des sentiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] M. E..., un fabricant, m'apprend qu'il emploie d'une fa&#231;on exclusive des femmes &#224; ses m&#233;tiers &#224; tisser m&#233;caniques ; il donne la pr&#233;f&#233;rence aux femmes mari&#233;es, particuli&#232;rement &#224; celles qui ont &#224; la maison des familles qui, pour leur entretien, d&#233;pendent d'elles ; elles sont bien plus attentives et plus aptes &#224; s'instruire que les filles, et oblig&#233;es d'astreindre toutes leurs forces au travail pour gagner leurs moyens d'existence indispensables. C'est ainsi que les qualit&#233;s, les vertus qui sont le propre du caract&#232;re de la femme, tournent &#224; son d&#233;savantage ; - c'est ainsi que tout ce qu'il y a de moral et de d&#233;licat dans sa nature devient un moyen pour la rendre esclave et la faire souffrir (Discours de lord Ashley sur le &#171; bill des dix heures &#187;, 1844. Voir &#171; le Capital &#187; de Karl Marx, 2&#232;me &#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; en France les moyennes suivantes de plaintes en s&#233;paration de corps par an : De 1856 &#224; 1861, 1729 par les femmes, 184 par les maris ; de 1861 &#224; 1866, 2135 et 260 ; de 1866 &#224; 1871, 2591 et 330. (Bridel : &#171; Puissance maritale &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le Dr Karl B&#252;cher, lui aussi, dans son ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; &#171; la question des femmes au moyen &#226;ge &#187;, d&#233;plore la d&#233;ch&#233;ance du mariage et de la vie de famille. Il en accuse l'emploi croissant de travail des femmes dans l'industrie et r&#233;clame le &#171; retour &#187; de la femme &#224; sa mission la plus appropri&#233;e, &#224; la maison et &#224; la famille, o&#249; seulement son travail acquiert de la &#171; valeur &#187;. Les revendications des partisans modernes des droits de la femme lui apparaissent comme du &#171; dilettantisme &#187; et il esp&#232;re finalement que &#171; l'on entrera bient&#244;t dans une voie plus vraie &#187; sans &#234;tre lui-m&#234;me manifestement en &#233;tat d'indiquer un seul chemin menant au succ&#232;s. Cela n'est pas davantage possible si l'on part du point de vue o&#249; se placent nos petits bourgeois d&#233;mocrates ; d'apr&#232;s celui-ci, il faut consid&#233;rer toute l'&#233;volution moderne comme une sorte de cercle vicieux, comme une immense b&#233;vue com&#173;mise par la civilisation. Seulement les peuples ne font pas de b&#233;vues dans leur d&#233;velop&#173;pement ; leur &#233;volution s'accomplit suivant des lois immanentes. Ces lois, il est du devoir des penseurs de les d&#233;couvrir et, guid&#233;s par elles, de montrer le chemin qui doit conduire &#224; la suppression des maux de l'heure pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le &#167; 340 du &#171; Code Civil &#187; dit : &#171; La recherche de la paternit&#233; est interdite &#187;. Par contre, le &#167; 341 dispose que &#171; la recherche de la maternit&#233; est admise &#187;. Les tentatives faites pour obtenir l'abroga&#173;tion du &#167; 340 ont &#233;chou&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation industrielle de la femme, ses facult&#233;s intellectuelles, le darwinisme et la situation sociale de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations de la femme vers la libert&#233; industrielle et vers son ind&#233;pendance personnelle ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; un certain point reconnues comme &#171; fond&#233;es en droit &#187; par la soci&#233;t&#233; bourgeoise, absolument comme celles des travailleurs vers la libert&#233; de circulation. Au fond de ce bon accueil il y avait une chose : l'int&#233;r&#234;t de classe de la bourgeoisie. Celle-ci avait besoin de bras, tant masculins que f&#233;minins, pour pouvoir porter la grande production &#224; son maximum d'intensit&#233;. Et au fur et &#224; mesure que le machinisme se d&#233;veloppe, que le syst&#232;me de production se divise de plus en plus en sp&#233;cialit&#233;s et exige une moindre &#233;ducation technique, que d'autre part s'accentue la concurrence des fabricants et la lutte de branches enti&#232;res d'industrie les unes contre les autres - pays contre pays, partie du monde contre partie du monde, - le nombre des femmes employ&#233;es par l'industrie ira, tout particuli&#232;rement, en augmentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la condition sociale et dans le caract&#232;re de la femme qu'il y a lieu de chercher les raisons de l'extension sans cesse croissante de son emploi dans une foule chaque jour plus consid&#233;rable de branches d'industrie. La femme, de tout temps consid&#233;r&#233;e par l'homme comme un &#234;tre inf&#233;rieur, a pris par suite, &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233;, que le prol&#233;taire masculin, un caract&#232;re fait d'effacement, de docilit&#233; et de soumission. Elle peut donc, de prime abord, compter ne trouver de l'occupation aux c&#244;t&#233;s de l'homme ou &#224; sa place que l&#224; o&#249; ses exigences mat&#233;rielles sont inf&#233;rieures &#224; celle de l'ouvrier masculin. Une autre particularit&#233;, provenant de sa nature m&#234;me en tant qu'&#234;tre sexuel, l'oblige principalement &#224; offrir sa main d'&#339;uvre &#224; meilleur mar&#173;ch&#233; : c'est qu'elle est plus souvent, comparativement &#224; l'homme, sujette &#224; des accidents physiques qui am&#232;nent une interruption de son travail et d&#233;terminent facilement des d&#233;rangements dans la combinaison et l'organisation des forces produc&#173;tives, telles qu'elles existent aujourd'hui dans la grande industrie. La grossesse et les couches prolongent ces ch&#244;mages. Le patron exploite cette situation et cherche une double compensation aux d&#233;sagr&#233;ments dont il est menac&#233; dans la grande modicit&#233; du salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le travail de la femme, notamment celui de la femme mari&#233;e - comme nous l'avons vu dans la note de la page 70 - a aussi ses avantages pour le patron. La femme est plus soumise, plus patiente, elle se laisse mieux exploiter que l'homme et supporte plus facilement les mauvais traitements. Si elle est mari&#233;e, elle est - comme le dit la note en question - &#171; bien plus attentive et plus apte &#224; s'instruire que les filles, et oblig&#233;e d'astreindre toutes ses forces au travail pour gagner ses moyens d'existence indispensables. &#187; Le fait que l'ouvri&#232;re ne cherche que tout exceptionnellement &#224; s'unir &#224; ses camarades pour obtenir une am&#233;lioration dans ses conditions de travail augmente aux yeux du patron sa valeur comme sujet d'exploitation ; elle constitue m&#234;me entre ses mains un excellent atout contre les r&#233;calcitrances des ouvriers masculins. D'autre part, il n'est pas douteux qu'une plus grande patience, une dext&#233;rit&#233; plus adroite, un sens du go&#251;t plus d&#233;velopp&#233;, la rendent bien plus habile que l'homme dans une foule de travaux, notamment dans les plus d&#233;licats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces qualit&#233;s f&#233;minines, le vertueux capitaliste sait pleinement les appr&#233;cier, et c'est ainsi qu'avec le d&#233;veloppement de notre industrie la femme trouve d'ann&#233;e en ann&#233;e &#224; s'employer davantage, et - ceci est p&#233;remptoire - sans am&#233;liorer d'une fa&#231;on notable sa situation sociale. Partout o&#249; la main d'&#339;uvre f&#233;minine est employ&#233;e, elle &#233;vince r&#233;guli&#232;rement la main d'&#339;uvre masculine. Celle-ci, supplant&#233;e de la sorte, veut vivre ; elle s'offre moyennant un salaire plus bas. Cette offre influe encore sur le salaire de la femme. La diminution du salaire devient une sorte de vis sans fin qui fait mouvoir avec d'autant plus de force le m&#233;canisme du progr&#232;s industriel, toujours en r&#233;volution, que ce mouvement progressiste &#233;vince aussi la main d'&#339;uvre f&#233;minine et multiplie l'offre des &#171; bras &#187; pour le travail. Des d&#233;couvertes, des proc&#233;d&#233;s industriels nouveaux combattent dans une certaine mesure cet exc&#232;s de main d'&#339;uvre, mais pas avec assez d'efficacit&#233; pour arriver &#224; de meilleures conditions dans le travail. Car tout accroissement de salaire ,au-dessus d'une certaine mesure, d&#233;termine le patron &#224; se pr&#233;occuper d'am&#233;liorer encore son outillage et &#224; remplacer le cerveau et les bras humains par la machine, automatique et sans volont&#233;. Si, &#224; l'origine du syst&#232;me de production capitaliste, le travailleur masculin s'est &#233;puis&#233; &#224; lutter contre le travailleur masculin, aujourd'hui c'est un sexe qui lutte contre l'autre, et par la suite on luttera &#226;ge contre &#226;ge. La femme supplante l'homme, et elle sera supplant&#233;e &#224; son tour par l'enfant. Voil&#224; ce qui constitue &#171; l'ordre moral &#187; dans l'industrie moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance qu'ont les patrons &#224; augmenter notamment la dur&#233;e de la journ&#233;e de travail pour exprimer de leurs ouvriers le maximum de production se trouve parti&#173;culi&#232;rement favoris&#233;e par le peu de force de r&#233;sistance qu'y opposent les ouvri&#232;res. De l&#224; ce ph&#233;nom&#232;ne qu'en Allemagne, par exemple, c'est dans l'industrie textile, &#224; laquelle les femmes fournissent souvent plus de la moiti&#233; de la main d'&#339;uvre totale, que la journ&#233;e de travail est la plus longue. Habitu&#233;es d&#232;s la maison, par les travaux du m&#233;nage, &#224; ce que la dur&#233;e du travail n'ait pas de limite, les femmes se laissent imposer, sans r&#233;sistance, des exigences croissantes. Dans d'autres branches d'indus&#173;trie, telles que les modes, la fabrication des fleurs artificielles, etc., o&#249; le travail &#224; la main l'emporte, elles g&#226;tent leur salaire et la dur&#233;e de leur journ&#233;e en emportant de l'ouvrage suppl&#233;mentaire chez elles, o&#249; elles restent jusqu'&#224; minuit et plus &#224; la besogne sans s'apercevoir qu'&#224; la fin du mois elles n'ont gagn&#233;, avec un travail de seize heures, que ce qu'elles auraient d&#251; gagner avec un travail r&#233;gulier de dix ou douze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; maintes fois mis en &#233;vidence par des chiffres l'&#233;norme extension prise graduellement par l'emploi de la femme dans l'industrie. Eu 1861, le chiffre des femmes utilis&#233;es par cette derni&#232;re &#233;tait - en n&#233;gligeant une s&#233;rie de petits m&#233;tiers, - rien que pour l'Angleterre et le pays de Galles, de 1.024.277, et il a &#233;t&#233; certainement port&#233; au double de nos jours. &#192; Londres, on comptait, d'apr&#232;s le dernier recensement, outre 226.000 domestiques f&#233;minins, 16.000 institutrices et gouvernantes, 5.100 relieuses, 4.500 fleuristes, 58.500 modistes, 14.800 couturi&#232;res, 26.800 ling&#232;res, 4.800 piqueuses de bottines, 10.800 couseuses &#224; la machine et 41.000 blanchisseuses. On voit qu'il n'est fait ici aucune mention d'une longue s&#233;rie de branches d'industrie qui emploient les femmes en plus ou moins grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par suite du manque de ce genre de statistique pour l'Allemagne, nous n'avons pas sous les yeux de chiffres positifs sur l'extension du travail manuel et industriel de la femme dans ce pays ; ce que nous en savons n'embrasse que des branches d'occupa&#173;tions limit&#233;es, qui ne permettent pas d'&#233;tablir une proportion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure actuelle, les m&#233;tiers et les industries dont les femmes sont encore exclues ne sont qu'en petit nombre. Par contre, il existe une quantit&#233; consid&#233;rable de m&#233;tiers, notamment ceux qui sont aliment&#233;s par la fabrication d'objets n&#233;cessaires &#224; leur sexe, que les femmes exercent d'une fa&#231;on exclusive ou &#224; peu pr&#232;s. Dans d'autres branches d'industrie, telles que l'industrie textile d&#233;j&#224; cit&#233;e, le nombre des femmes n'a pas tard&#233; &#224; atteindre ou m&#234;me &#224; d&#233;passer celui des hommes,. qu'elles supplantent de plus en plus. Le r&#233;sultat total est que le chiffre des femmes employ&#233;es en lui-m&#234;me, aussi bien que celui des genres d'occupation qui leur sont accessibles dans l'industrie, dans les diverses professions et dans le commerce, est en voie de prendre urne extension rapide. Et ce d&#233;veloppement ne s'applique pas seulement &#224; cette cat&#233;gorie de travaux qui conviennent davantage &#224; la femme, en raison de sa faiblesse physique, mais il embrasse encore, sans tenir compte de cette situation, toutes les fonctions dans lesquelles l'exploitation moderne croit pouvoir retirer de la femme une plus grande somme de profits. &#192; cette cat&#233;gorie appartiennent les genres de travaux les plus p&#233;ni&#173;bles physiquement, aussi bien que les plus d&#233;sagr&#233;ables et les plus nuisibles &#224; la sant&#233;. Voil&#224; qui contribue encore &#224; r&#233;duire &#224; sa v&#233;ritable valeur cette conception fantastique par laquelle on ne voit dans la femme que l'&#234;tre d&#233;licat et doucement sensible, tel que les po&#232;tes et les romanciers le d&#233;peignent, pour chatouiller les sens de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits sont des t&#233;moins opini&#226;tres, et nous n'avons &#224; nous occuper que des faits, puisqu'eux seuls nous gardent des d&#233;ductions fausses et des radotages sentimentaux. Or ils nous apprennent que nous trouvons actuellement la femme employ&#233;e dans les industries suivantes : les tissages de lin, de coton et d'&#233;toffes, les fabriques de draps ; les filatures m&#233;caniques, les ateliers d'impression sur &#233;toffes, les teintureries ; les fabriques de plumes m&#233;talliques et d'&#233;pingles ; les sucreries, papeteries et fabriques de bronzes ; les verreries, les porcelaineries, la peinture sur verre ; les filatures de soie, les tissages de ruban et de soieries ; la fabrication du savon, de la chandelle et du caoutchouc ; les fabriques d'ouate et de paillassons ; la maroquinerie et le cartonnage ; les fabriques de dentelles et de passementerie ; la fabrication de la chaussure et des objets en cuir ; la bijouterie, les ateliers de galvanoplastie ; les raffineries d'huile et de mati&#232;res grasses ; les usines de produits chimiques de tout genre ; la manutention des chiffons et des guenilles ; les fabriques d'&#233;corce, le d&#233;coupage sur bois, la xylogra&#173;phie, la peinture sur fa&#239;ence ; la fabrication et le blanchiment des chapeaux de paille ; les manufactures de vaisselle et de tabac ; les fabriques de colle et de g&#233;latine ; la ganterie, la pelleterie et la chapellerie ; la fabrication des jouets ; les moulins &#224; broyer le lin, l'industrie des laines de shoddy et celle des cheveux ; l'horlogerie, la peinture en b&#226;timents ; le nettoyage du duvet, la fabrication des pinceaux et des pains &#224; cacheter ; la glacerie ; les poudreries et les fabriques de mati&#232;res explosives, d'allu&#173;mettes phosphoriques et d'arsenic ; l'&#233;tamage du fer blanc ; l'appr&#233;tage ; l'imprimerie et la composition typographique ; la taille des pierres fines ; la lithographie, la photographie, la chromolithographie et la m&#233;ta-chromotypie ; la tuilerie, la fonderie et les usines m&#233;tallurgiques ; la construction des b&#226;timents et des chemins de fer ; les mines, le transport des bateaux par voie fluviale ou par les canaux, etc. Nous trouvons encore les femmes dans le vaste champ qu'ouvrent &#224; leur activit&#233; le jardinage, l'agriculture, l'&#233;levage du b&#233;tail et toutes les industries qui s'y rattachent, et enfin dans les diff&#233;rentes cat&#233;gories de m&#233;tiers dont elles se sont occup&#233;es depuis longtemps et jusqu'&#224; certain point &#224; un titre privil&#233;gi&#233; : le blanchissage du linge, la confection des v&#234;tements de femmes, les diff&#233;rentes branches des choses de la mode ; nous rencon&#173;trons encore les femmes comme vendeuses et d'une fa&#231;on de plus en plus fr&#233;quente, dans ces derniers temps, comme demoiselles de comptoir, institutrices, directrices d'&#233;coles enfantines, auteurs et artistes, etc. Il y a encore des milliers de femmes des classes moyennes employ&#233;es comme filles de magasin ou dans les march&#233;s, qui par suite sont presque enti&#232;rement soustraites &#224; toute fonction domestique et notamment &#224; l'&#233;levage des enfants. Enfin il y a lieu de mentionner encore une industrie dans laquelle les femmes jeunes et surtout jolies trouvent chaque jour davantage &#224; s'employer, mais au grand d&#233;triment de leur d&#233;veloppement physique, intellectuel et moral ; nous voulons parler des lieux publics de tous genres dans lesquels elles entrent pour servir et attirer par leurs s&#233;ductions la client&#232;le masculine, toujours avide de jouissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces divers m&#233;tiers, il y en a beaucoup d'extr&#234;mement dangereux. C'est ainsi que, dans la fabrication et le blanchiment des chapeaux de paille, les gaz sulfureux et alcalins pr&#233;sentent, par leurs effets, un danger constant ; il en est de m&#234;me pour l'inspiration des vapeurs de chlore dans le blanchiment des &#233;toiles v&#233;g&#233;tales ; des dangers d'empoisonnement existent dans la production des papiers peints, des pains &#224; cacheter de couleur et des fleurs artificielles, de la m&#233;tachromotypie, des poisons et des produits chimiques, et surtout dans la peinture des soldats de plomb et des jouets de m&#234;me m&#233;tal. La manipulation du mercure dans la miroiterie constitue autant dire un arr&#234;t de mort pour le fruit des femmes enceintes qui se livrent &#224; cette occupation ; la fabrication des allumettes phosphoriques, la manutention des laines de shoddi, la filature de la soie, pr&#233;sentent &#233;galement de grands dangers. La vie des travailleurs est encore menac&#233;e par les mutilations de membres auxquelles les exposent le machi&#173;nisme de l'industrie textile, la fabrication des mati&#232;res explosives et le travail aux machines agricoles. Un simple regard jet&#233; par le lecteur sur la liste que nous venons de dresser lui prouvera qu'une foule des m&#233;tiers cit&#233;s appartiennent aux plus p&#233;nibles et aux plus fatigants, m&#234;me pour l'homme. On se contente toujours de dire que telle ou telle occupation est indigne de la femme ; on n'arrivera &#224; rien de bon avec cela aujourd'hui, si l'on ne trouve pas &#224; lui assigner d'autres fonctions, plus convenables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment, ce n'est pas un beau spectacle que de voir, sur les chantiers de cons&#173;truction des chemins de fer, des femmes, et m&#234;me des femmes enceintes, lutter avec les hommes &#224; qui poussera le plus de brouettes lourdement charg&#233;es ; ni de les apercevoir, dans la construction des b&#226;timents, faire office de man&#339;uvres, g&#226;cher la chaux et le ciment ou porter de lourds fardeaux de pierres ; ni de les voir occup&#233;es au lavage de la houille ou du mimerai de fer, etc. On d&#233;pouille ainsi la femme de ce qu'elle a de plus l&#233;gitimement f&#233;minin, on foule aux pieds son sexe, de m&#234;me que, par r&#233;ciprocit&#233;, dans une foule de m&#233;tiers diff&#233;rents, on enl&#232;ve &#224; nos hommes tout ce qu'ils ont de masculin. Ce sont les cons&#233;quences de l'exploitation et de la guerre sociales. Nos d&#233;testables conditions sociales mettent fr&#233;quemment la nature sens dessus dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc compr&#233;hensible et naturel que, par suite de l'extension que prend et tend &#224; prendre davantage encore le travail f&#233;minin dans tous les genres de m&#233;tiers, les hommes ne voient pas d'un bon oeil ce qui se passe, et qu'il s'&#233;l&#232;ve des r&#233;clamations comme celle par laquelle ou demande la suppression absolue et l'interdiction l&#233;gale du travail de la femme. Il n'est pas douteux qu'avec le d&#233;veloppement pris par le travail f&#233;minin, la vie de famille va se perdant de plus en plus pour l'ouvrier, que la d&#233;sorganisation du mariage et de la famille en est la cons&#233;quence, et que l'immoralit&#233;, la d&#233;moralisation, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence, les maladies de toute nature, la mortalit&#233; des enfants, augmentent dans d'effrayantes proportions. Et malgr&#233; tout cela, cette &#233;volu&#173;tion, dans son ensemble, n'en constitue pas moins un progr&#232;s, exactement comme en a &#233;t&#233; un l'introduction de la libert&#233; du travail, de la libert&#233; d'&#233;tablissement et de mariage, et la suppression de toutes les prohibitions, mesures qui ont favoris&#233; le d&#233;ve&#173;loppement du grand capitalisme mais qui ont port&#233; le dernier coup &#224; la petite et &#224; la moyenne industrie, et qui pr&#233;parent leur ruine, sans salut possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sont peu enclins &#224; venir en aide &#224; la petite industrie quand celle-ci cherche &#224; prolonger encore un moment, d'une fa&#231;on artificielle - car il ne saurait &#234;tre question de faire davantage, - l'existence de professions d'une importance infime au moyen de mesures r&#233;actionnaires comme la limitation de la libert&#233; du travail et d'&#233;tablissement, des corporations et des corps de m&#233;tier, etc. il est &#233;galement impos&#173;sible d'en revenir &#224; l'ancien ordre de choses en ce qui concerne le travail des femmes, ce qui, bien entendu, n'emp&#234;che pas que des lois rigoureuses sur le r&#233;gime des fabriques mettent obstacle &#224; l'exag&#233;ration de l'emploi de la main d'&#339;uvre f&#233;minine et enfantine, et l'interdisent m&#234;me absolument pour les enfants en &#226;ge de fr&#233;quenter l'&#233;cole. Ici les int&#233;r&#234;ts des travailleurs se rencontrent avec ceux de l'&#201;tat [1], et les int&#233;r&#234;ts de l'humanit&#233; en g&#233;n&#233;ral avec ceux de la civilisation. Le but final &#224; atteindre doit &#234;tre la suppression des inconv&#233;nients qui r&#233;sultent des progr&#232;s r&#233;alis&#233;s tels que le d&#233;veloppement du machinisme, le perfectionnement de l'outillage et toute la m&#233;thode de travail moderne, de telle sorte qu'il n'en reste que les avantages, mais que ceux-ci profitent &#224; tous les membres de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un contre-sens et une criante anomalie, que les progr&#232;s de la civilisation et des conqu&#234;tes qui sont le produit du d&#233;veloppement de l'humanit&#233; tout enti&#232;re, ne profitent qu'&#224; ceux qui peuvent se les approprier en vertu de leur puissance mat&#233;rielle, que des milliers de travailleurs et d'ouvriers laborieux soient frapp&#233;s de terreur et d'angoisse en apprenant que le g&#233;nie humain vient encore d'inventer urne machine qui produit vingt et trente fois plus que le bras de l'homme et qu'il ne leur reste plus d&#232;s lors que la perspective d'&#234;tre jet&#233;s sur le pav&#233; comme inutiles et superflus [2]. Il en r&#233;sulte que ce qui devrait &#234;tre salu&#233; avec joie par tout le monde devient l'objet des sentiments les plus hostiles, sentiments qui, &#224; des &#233;poques plus &#233;loign&#233;es, ont d&#233;termin&#233; plus d'une fois l'assaut des fabriques et la d&#233;molition des machines. Le m&#234;me esprit d'hostilit&#233; existe aujourd'hui entre l'homme et la femme. Ceci est &#233;gale&#173;ment contre-nature. il y a donc lieu de chercher &#224; fonder un ordre social dans lequel la totalit&#233; des instruments de travail soit la propri&#233;t&#233; de la communaut&#233;, qui reconnaisse l'&#233;galit&#233; des droits &#224; tous, sans distinction de sexe, qui entreprenne l'appli&#173;cation de tous les perfectionnements et de toutes les d&#233;couvertes, tant techniques que scientifi&#173;ques, qui enr&#244;le en m&#234;me temps pour le travail tous ceux qui, &#224; l'heure actuelle, ne produisent pas ou emploient leur activit&#233; &#224; des choses nuisibles, les paresseux et les fain&#233;ants, de telle sorte que la dur&#233;e du travail n&#233;cessaire &#224; l'entretien de la soci&#233;t&#233; soit r&#233;duite &#224; son minimum et que, par contre, le d&#233;veloppement physi&#173;que et intellectuel de tous ses membres soit port&#233; &#224; son plus haut degr&#233;. De cette fa&#231;on seulement la femme deviendra, comme l'homme, un membre de la soci&#233;t&#233; utilement productif et &#224; droits &#233;gaux ; de cette fa&#231;on seulement elle pourra donner leur plein d&#233;veloppement &#224; ses facult&#233;s physiques et morales, remplir tous ses devoirs et jouir de tous ses droits sexuels. Une fois plac&#233;e vis-&#224;-vis de l'homme dans la pl&#233;nitude de sa libert&#233; et de son &#233;galit&#233;, elle sera &#224; l'abri de toute exploitation indigne d'elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite de cet expos&#233; montrera que toute notre &#233;volution actuelle tend &#224; une situation de ce genre et que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les maux dont nous souffrons tant et si cruellement au cours de cette &#233;volution qui am&#232;neront, dans un temps qui n'est pas trop lointain, l'&#233;tat de choses r&#234;v&#233;. Commuent ? - Nous le discuterons plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le progr&#232;s caract&#233;ristique r&#233;alis&#233; dans la situation de la femme au sein de notre vie sociale se touche du doigt et que quiconque a les yeux ouverts soit oblig&#233; de le voir, on n'en entend pas moins tous les jours parler de la vocation naturelle de la femme qui la destinerait exclusivement au m&#233;nage et &#224; la famille. Et m&#234;me ce langage retent&#238;t le plus haut l&#224; o&#249; la femme cherche &#224; entrer aussi dans le cercle de ce qu'on appelle les carri&#232;res &#233;lev&#233;es, par exemple dans les branches sup&#233;rieures de l'enseignement et de l'administration, dans les carri&#232;res m&#233;dicale et judiciaire, dans les sciences naturelles. On y va chercher les raisonnements les plus risibles et les plus absurdes, que l'on d&#233;fend avec les apparences de l'&#233;rudition. Il en est souvent des appels &#224; la science et &#224; l'instruction comme des appels &#224; l'ordre et &#224; la morale. Bien qu'il ne se soit pas encore trouv&#233; d'hommes pour pr&#233;senter l'immoralit&#233; et le d&#233;sordre comme une situation d&#233;sirable (il faudrait faire une exception pour les individus qui se sont empar&#233;s du pouvoir et de la puissance au moyen du d&#233;sordre et de l'immo&#173;ralit&#233;, cas dans lequel ceux-ci se sont toujours efforc&#233;s de pr&#233;senter leurs actes comme n&#233;cessaires &#224; l'ordre, &#224; la religion et &#224; la morale), ces plaisanteries n'en vont pas moins, avec tous leurs effets pr&#233;judiciables, &#224; l'adresse des hommes qui veulent fonder la vraie morale, le v&#233;ritable ordre, en un mot un &#233;tat de choses plus digne de l'humanit&#233;. De m&#234;me l'appel &#224; l'instruction et &#224; la science doit faire aujourd'hui les frais des railleries pour d&#233;fendre ce qu'il y a de plus absurde et de plus r&#233;actionnaire. On vient mous dire que la nature et la conformation physique de la femme la destinent &#224; la vie domestique et &#224; la famille, que c'est l&#224; qu'elle doit remplir le but de sa vie. Nous avons vu commuent elle peut le faire. Et le grand argument que l'on invoque, c'est que la femme est, au point de vue intellectuel, inf&#233;rieure &#224; l'homme, et qu'il est absurde de croire que dans cet ordre d'id&#233;es elle soit on mesure de produire quoi que ce soit de remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces opinions, &#233;mises par des &#171; savants &#187;, r&#233;pondent si bien au pr&#233;jug&#233; commun &#224; tous les hommes sur la vocation essentielle et les capacit&#233;s de la femme, que celui qui les produit peut toujours compter sur l'approbation de la masse des hommes et aujourd'hui encore sur celle de la majorit&#233; des femmes. Mais bien que la majorit&#233; doive d&#233;cider, bien qu'elle ne laisse rien s'accomplir contre sa volont&#233; et ses pr&#233;jug&#233;s, cela ne veut pas dire qu'elle veuille toujours ce qu'il y a de plus raisonnable. Des id&#233;es nouvelles rencontreront toujours une r&#233;sistance &#233;nergique, aussi longtemps que l'instruction et la facult&#233; de comprendre seront aussi rudimentaires qu'aujourd'hui et que les conditions sociales seront telles que la r&#233;alisation de ces id&#233;es soit de nature &#224; l&#233;ser les int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes. Il est facile &#224; ces classes int&#233;ress&#233;es d'exploiter &#224; leur profit le pr&#233;jug&#233; des masses, et c'est ainsi qu'au d&#233;but les id&#233;es nouvelles ne conqui&#232;rent qu'une faible minorit&#233;, qu'on les raille, qu'on les vilipende et qu'on les pers&#233;cute par dessus le march&#233;. Mais lorsque ces id&#233;es sont bonnes et raisonnables, lorsqu'elles surgissent comme une cons&#233;quence n&#233;cessaire des circons&#173;tances, elle gagnent du terrain et la minorit&#233; finit par devenir la majorit&#233;. Il en a &#233;t&#233; ainsi de toutes les id&#233;es nouvelles dans le cours de l'histoire de l'humanit&#233;, et celle du socialisme, avec laquelle la v&#233;ritable et compl&#232;te &#233;mancipation de la femme est en si intime corr&#233;lation, offre aujourd'hui le m&#234;me spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Christianisme n'a-t-il pas &#233;t&#233; au d&#233;but en infime minorit&#233; ? Les id&#233;es de la R&#233;forme et de la bourgeoisie moderne n'ont-elles pas eu aussi leurs adversaires tout-puissants ? Et n'en ont-elles pas moins vaincu pour cela ? Et le socialisme est-il en quoi que ce soit perdu parce que, dans l'empire allemand il est garrott&#233; par des lois d'exception et ne peut remuer ? Jamais sa victoire n'a &#233;t&#233; plus certaine que lorsqu'on a cru l'avoir tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des socialistes qui ne se montrent pas moins antipathiques &#224; l'&#233;mancipation de la femme que ne le sont les capitalistes au socialisme. Tout socialiste se rend compte de la situation d&#233;pendante dans laquelle il se trouve vis-&#224;-vis du capitaliste et il s'&#233;tonne que d'autres, et notamment les capitalistes eux-m&#234;mes, ne veuillent pas s'en rendre compte comme lui ; mais il arrive dans bien des cas qu'il ne sent pas &#224; quel point la femme est d&#233;pendante de l'homme, parce que son propre et cher moi en viendrait &#224; &#234;tre mis en question. C'est la tendance &#224; sauvegarder des int&#233;r&#234;ts, r&#233;els ou suppos&#233;s, qui alors sont toujours primordiaux et sacr&#233;s, qui rend les hommes aveugles de la sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invoquer la vocation naturelle de la femme &#224; n'&#234;tre qu'une m&#233;nag&#232;re ou une &#233;leveuse d'enfants a juste aussi peu de sens que pr&#233;tendre qu'il devra &#233;ternellement y avoir des rois parce qu'il y en a toujours eu partout, depuis que nous avons une &#171; histoire &#187;. Bien que nous ne sachions pas d'o&#249; le premier roi a tir&#233; son origine, pas plus que nous ne savons o&#249; se r&#233;v&#233;la le premier capitaliste de vocation, il nous est cependant connu que la royaut&#233; a subi, dans le cours des si&#232;cles, des modifications profondes, qu'on tend de plus en plus &#224; la d&#233;pouiller de sa puissance, et nous pouvons en conclure &#224; bon droit qu'un temps viendra o&#249; on consid&#233;rera la royaut&#233; comme superflue. Comme la royaut&#233;, toute institution gouvernementale ou sociale est sou&#173;mise &#224; des transformations, &#224; des &#233;volutions constantes, et finalement vou&#233;e &#224; la disparition compl&#232;te, il en va exactement de m&#234;me pour le mariage et pour la condition de la femme dans celui-ci. La situation de la femme dans le mariage, au temps de l'ancienne famille patriarcale, diff&#232;re essentiellement de celle qu'elle occupait on Gr&#232;ce o&#249;, comme nous le voyons d'apr&#232;s les paroles de D&#233;mosth&#232;ne, la femme avait pour seul but &#171; de faire des enfants l&#233;gitimes et d'&#234;tre une fid&#232;le gardienne du foyer. &#187; Qui donc oserait d&#233;fendre aujourd'hui comme &#171; conforme &#224; la nature &#187;une pareille situation, sans s'attirer le reproche de d&#233;consid&#233;rer la femme ? Il m'est pas douteux qu'il existe encore aujourd'hui des originaux qui partagent dans leur for int&#233;rieur la mani&#232;re de voir des Ath&#233;niens, mais nul n'oserait &#224; l'heure actuelle exprimer hautement ce qu'un des hommes les plus remarquables de la Gr&#232;ce pouvait reconna&#238;tre publiquement et en toute libert&#233; comme naturel il y a 2.200 ans. C'est en cela que consiste le grand progr&#232;s r&#233;alis&#233;. Si donc tout le d&#233;veloppement moderne, notamment dans la vie industrielle, a sap&#233; par la base des millions de mariages, il a d'autre part exerc&#233; sur l'union conjugale une action heureuse, notamment l&#224; o&#249; la situation sociale des conjoints permettait d'&#233;carter les influences n&#233;fastes. C'est ainsi qu'il n'y a pas de longues ann&#233;es, on ne consid&#233;rait pas seulement comme naturel, dans tous les m&#233;nages de bourgeois ou de paysans, que la femme s'occup&#226;t de la couture, du tricot, de la lessive - bien que cela soit d&#232;s aujourd'hui fort pass&#233; de mode -, mais encore elle cuisait le pain, filait, tissait et blanchissait la toile, brassait la bi&#232;re, fabriquait le savon et la chandelle. Faire confectionner une pi&#232;ce d'habillement hors de la maison &#233;tait par toute la ville consid&#233;r&#233; comme une &#233;norme prodigalit&#233;, discut&#233; et jug&#233; par les hommes aussi bien que par les femmes comme un &#233;v&#233;nement. Cet &#233;tat de choses dure peut-&#234;tre encore par-ci par-l&#224; de nos jours, mais &#224; l'&#233;tat d'exception. Plus de 90 femmes sur 100 se dispensent aujourd'hui de la plupart de ces besognes, et avec juste raison. D'une part, beaucoup de ces travaux s'ex&#233;cutent mieux, d'une fa&#231;on plus pratique et &#224; meilleur compte que ne pouvait les faire la m&#233;nag&#232;re, et d'autre part l'installation domestique qu'ils exigent ferait aujourd'hui d&#233;faut, tout au moins dans les villes. C'est ainsi qu'en une courte p&#233;riode d'ann&#233;es, il s'est r&#233;alis&#233; dans notre vie de famille une grande r&#233;volution &#224; laquelle nous ne pr&#234;tons si peu d'attention que parce que nous la consid&#233;rons comme naturelle. L'homme s'accommode des faits nouveaux et ne les remarque m&#234;me pas s'ils ne se produisent pas devant lui d'une fa&#231;on trop subite ; mais en pr&#233;sence des id&#233;es nouvelles qui tendent &#224; l'arracher &#224; la routine consacr&#233;e, il se cabre avec ent&#234;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;volution qui s'est accomplie dans notre vie domestique et qui se poursuit toujours plus avant, a aussi, dans un autre ordre d'id&#233;es, modifi&#233; d'une fa&#231;on profonde la situation de la femme dans la famille. Elle est devenue plus libre, plus ind&#233;pen&#173;dante. Nos grands m&#232;res n'avaient pas song&#233; &#224; cela, et ne pouvaient pas y songer, que des jeunes ouvriers, des apprentis, en viendraient &#224; vivre hors de la maison et loin de la table de famille, &#224; fr&#233;quenter les th&#233;&#226;tres, les concerts et les lieux de plaisir, et souvent m&#234;me - cela est terrible &#224; dire - pendant la semaine. Et laquelle de ces bonnes vieilles femmes aurait pens&#233;, aurait os&#233; penser &#224; se pr&#233;occuper des affaires publiques, quand bien m&#234;me non politiques, comme cela arrive pourtant de nos jours pour beaucoup de femmes d&#233;j&#224; ? On fonde des associations dans les buts les plus divers, on entretient des journaux, on r&#233;unit des congr&#232;s. Comme ouvri&#232;re, la femme entre dans des corporations, assiste aux r&#233;unions et aux assembl&#233;es d'hommes et se trouve d&#233;j&#224; par-ci par-l&#224; - je parle de l'Allemagne - en possession du droit de vote pour la nomination des conseils de prud'hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc le routinier qui voudrait supprimer tous ces changements, bien qu'il soit ind&#233;niable que dans cet &#233;tat de choses, &#224; c&#244;t&#233; des rayons, il se trouve aussi des ombres qui pr&#233;cis&#233;ment tiennent &#224; nos conditions sociales g&#226;t&#233;es et pourries, mais qui ne l'emportent pas sur le c&#244;t&#233; lumineux. Si l'on faisait voter les femmes, si conser&#173;vatrices qu'elles soient jusqu'&#224; pr&#233;sent en g&#233;n&#233;ral, il en ressortirait qu'elles n'ont aucune disposition &#224; revenir aux anciennes et &#233;troites conditions patriarcales du commencement du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, o&#249; la soci&#233;t&#233;, il est vrai, est encore aussi plac&#233;e sur le pied bourgeois, mais o&#249; elle n'a &#224; se d&#233;battre ni avec les vieux pr&#233;jug&#233;s europ&#233;ens ni avec des institutions surann&#233;es, et o&#249; l'on est bien plus dispos&#233; &#224; adopter les id&#233;es nou&#173;velles quand elles promettent des avantages, on envisage depuis longtemps et dans des milieux tr&#232;s &#233;tendus la situation de la femme tout autrement que chez nous. On y est par exemple d&#233;j&#224; venu, en maints endroits, &#224; cette saine pens&#233;e qu'il n'est pas seulement p&#233;nible, embarrassant et dangereux pour la bourse, que la femme cuise encore le pain et brasse la bi&#232;re elle-m&#234;me, mais on consid&#232;re d&#233;j&#224; comme superflu et nuisible &#224; la caisse qu'elle pr&#233;pare encore ses repas dans sa propre cuisine. La cuisine particuli&#232;re est remplac&#233;e par des soci&#233;t&#233;s alimentaires, munies de fourneaux &#224; vapeur et de machines ; les femmes font le service &#224; tour de r&#244;le, et le r&#233;sultat est que le manger revient trois fois moins cher, qu'il a meilleur go&#251;t, qu'il offre plus de vari&#233;t&#233; et co&#251;te beaucoup moins de peine &#224; pr&#233;parer. Nos officiers qui, &#224; part cela, ne sont pas d&#233;cri&#233;s comme socialistes et communistes, font absolument de m&#234;me ; ils forment dans leurs cercles une soci&#233;t&#233; &#224; capital variable, nomment un administrateur qui veille aux achats et se procure les vivres en gros ; on convient du menu et la pr&#233;paration se fait &#224; la cuisine &#224; vapeur de la caserne. Ils vivent &#224; bien meilleur compte qu'&#224; l'h&#244;tel et ont une nourriture pour le moins aussi bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#224; c&#244;t&#233; de la cuisine on installe le lavoir et le s&#233;choir &#224; vapeur comme il en existe d&#233;j&#224; ; qu'au chauffage par le fourneau, qui fait perdre du temps et n'est pas agr&#233;able, on substitue un syst&#232;me de chauffage central pratique comme il en existe d&#233;j&#224; - bien qu'insuffisants et imparfaits - dans nos h&#244;tels, nos riches maisons particu&#173;li&#232;res, nos h&#244;pitaux, nos &#233;coles et nos casernes, et la femme sera d&#233;charg&#233;e de travaux &#233;minemment p&#233;nibles et qui lui font perdre un temps pr&#233;cieux. On hausse volontiers les &#233;paules en entendant exposer ces plans et d'autres analogues. Si, il y a cinquante ou soixante ans, on avait propos&#233; &#224; nos femmes d'&#233;pargner &#224; leurs filles et &#224; leurs domestiques la corv&#233;e d'aller puiser de l'eau par l'installation d'un service distributeur, elles n'auraient pas manqu&#233; de d&#233;clarer la chose insens&#233;e et inutile, bonne tout au plus &#224; donner &#224; leurs filles et &#224; leurs servantes des habitudes de paresse. Napol&#233;on Ier n'a-t-il pas proclam&#233; absurde l'id&#233;e de faire marcher un navire &#224; la vapeur ? Et combien n'a-t-on pas critiqu&#233; nos chemins de fer en consid&#233;ration de ces &#171; pauvres rouliers &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la soci&#233;t&#233; bourgeoise actuelle laisse entrevoir, dans tous les domaines, des germes que la soci&#233;t&#233; nouvelle n'aura qu'&#224; d&#233;velopper en grand et d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;&#173;rale pour d&#233;terminer une puissante &#233;volution vers le mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort clairement de tout cela que l'&#233;volution enti&#232;re de notre existence sociale ne tend pas &#224; renfermer &#224; nouveau la femme &#224; la maison et pr&#232;s de son foyer, comme le lui assignent nos fanatiques de la vie domestique, qui soupirent apr&#232;s cela comme au milieu du d&#233;sert les Juifs pleuraient les plat&#233;es de viande de l'&#201;gypte perdues, mais bien au contraire &#224; la faire sortir du cercle &#233;troit de son m&#233;nage, &#224; lui faire compl&#232;tement prendre part &#224; la vie publique du peuple - dans lequel on cessera de ne compter que les hommes - et &#224; tous les devoirs civilisateurs de l'humanit&#233;. C'est ce qu'a pleinement reconnu aussi Laveleye, en &#233;crivant [3] : &#171; &#192; mesure que progresse ce que nous nous plaisons &#224; appeler la civilisation, le sentiment de la pi&#233;t&#233; et les liens de la famille s'affaiblissent et exercent une moindre influence sur les actions des hommes. Ce fait est si g&#233;n&#233;ral qu'on peut le consid&#233;rer comme une loi d'&#233;volution sociale &#187;. Parfaitement exact. Ce n'est pas seulement la situation de la femme qui a subi des modifications profondes, mais encore celle du fils et de la fille dans la famille ; ceux-ci ont acquis une ind&#233;pendance inconnue jadis. Cela se voit surtout aux &#201;tats-Unis o&#249;, gr&#226;ce &#224; l'atmosph&#232;re sociale enti&#232;re, l'&#233;ducation est pouss&#233;e &#224; un degr&#233; bien plus &#233;lev&#233; que chez nous dans le sens du personnalisme et de l'ind&#233;pendance masculins. Les points sombres qui font &#233;galement tache aujourd'hui &#224; cette forme de l'&#233;volution ne sont pas absolument n&#233;cessaires et, sous l'influence de conditions sociales meilleures, ils pourront fort bien se dissiper, et ils se dissiperont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que Laveleye, le Dr Schaeffle reconna&#238;t que la modification profonde du caract&#232;re de la famille &#224; notre &#233;poque est due &#224; ces causes sociales. Il dit [4] : &#171; La tendance qu'a la famille, comme il a &#233;t&#233; expos&#233; dans le chap. 2, &#224; revenir &#224; ses fonc&#173;tions sp&#233;cifiques, se manifeste clairement au cours de l'histoire. La famille constitue une fonction dont on se sert provisoirement et pour suppl&#233;er aux autres. Quelle que soit la place qu'elle ait prise, &#224; titre purement surrogatif, dans les lacunes des fonc&#173;tions sociales, elle la c&#232;de aux institutions sp&#233;ciales du droit, de l'ordre, de la puissance, de la religion, de l'instruction, de la science technique, etc., d&#232;s que ces institutions prennent naissance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes elles-m&#234;mes vont plus loin, bien que tout d'abord en minorit&#233; seulement, et quoique leurs vis&#233;es manquent de clart&#233; compl&#232;te. Elles ne veulent pas seulement pouvoir mesurer leurs forces avec celles de l'homme sur un terrain indus&#173;triel plus &#233;tendu, elles ne veulent pas seulement conqu&#233;rir une situation plus libre et plus ind&#233;pendante dans la famille, elles veulent particuli&#232;rement utiliser leurs capa&#173;cit&#233;s intellectuelles dans les positions &#233;lev&#233;es. Il s'agit ici, maintenant, de cet argument aux termes duquel elles n'y seraient pas aptes, parce qu'elles n'y auraient pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;es par la nature. Bien que la question de l'exercice des hautes fonctions par les femmes n'en concerne, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, qu'un petit nombre, elle n'en est pas moins d'une importance capitale. Car si on la r&#233;solvait n&#233;gativement, la possibilit&#233; affirm&#233;e d'un plus complet d&#233;veloppement et de l'&#233;galisation des droits de la femme serait mise en question aussi. En outre, il faut d&#233;truire le pr&#233;jug&#233; qui consis&#173;te pour la grande majorit&#233; des hommes &#224; croire tr&#232;s s&#233;rieusement que les femmes doivent rester et resteront toujours leurs inf&#233;rieures au point de vue intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est maintenant que plus facile de voir comment ces m&#234;mes hommes, qui ne trouvent aucun moyen de rem&#233;dier &#224; ce que la femme soit occup&#233;e &#224; des travaux dont beaucoup sont extr&#234;mement p&#233;nibles, souvent dangereux, dans lesquels les plus grands p&#233;rils menacent sa pudeur et o&#249; il lui faut manquer de la fa&#231;on la plus &#233;clatante &#224; ses devoirs d'&#233;pouse et de m&#232;re, comment ces m&#234;mes hommes, disons-nous, cherchent &#224; l'&#233;carter d'occupations o&#249; ces obstacles et ces dangers existent beaucoup moins et qui conviendraient bien mieux &#224; son corps d&#233;licat, lequel malgr&#233; cela pourrait encore supporters pour la vigueur, une comparaison victorieuse avec celle de plus d'un savant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les savants qui, en Allemagne, ne veulent pas entendre parler, ou tout au plus d'une fa&#231;on tr&#232;s-restreinte, de l'accession de la femme aux hautes &#233;tudes, on compte, par exemple, le professeur Bischof, de Munich, le Dr Louis Hirt, de Breslau, le professeur H. Sybel, L de Baerenbach, le Dr E. Reich et nombre d'autres. De Baerenbach croit m&#234;me pouvoir refuser &#224; la femme l'accession &#224; la science et lui en d&#233;nier les aptitudes, notamment par ce fait que jusqu'ici il ne s'est r&#233;v&#233;l&#233; parmi les femmes aucun g&#233;nie et qu'elles sont manifestement inaptes &#224; l'&#233;tude de la philosophie. Il me semble que jusqu'ici le monde s'est content&#233; de philosophes masculins et qu'il peut se passer des f&#233;minins. Et pour ce qui est de l'objection que les femmes n'auraient encore produit aucun g&#233;nie, elle ne me para&#238;t ni solide ni probante. Les g&#233;nies ne tombent pas du ciel, il leur faut l'occasion de se former et de se d&#233;velopper ; cette occasion, l'historique que nous avons fait dans cet ouvrage de la formation intellectuelle de la femme l'a suffisamment prouv&#233;, a jusqu'ici fait presque compl&#232;te&#173;ment d&#233;faut &#224; celle-ci, que l'on a m&#234;me, pendant des milliers d'ann&#233;es, opprim&#233;e de toutes fa&#231;ons. Dire que la femme n'a aucune pr&#233;disposition au g&#233;nie parce qu'on croit pouvoir refuser tout g&#233;nie au nombre pourtant &#233;lev&#233; de femmes remarquables, est exactement aussi faux que si l'ont pr&#233;tendait que parmi les hommes il n'y a pas eu d'autres g&#233;nies possibles que ceux que l'on consid&#232;re comme tels parce qu'ils ont en l'occasion de se manifester. Le dernier des ma&#238;tres d'&#233;cole de village sait d&#233;j&#224; quelle quantit&#233; d'aptitudes n'arriveront m&#234;me pas &#224; se former parmi ses &#233;l&#232;ves, parce que toute possibilit&#233; de se produire leur fera d&#233;faut. Les g&#233;nies et les talents, dans l'huma&#173;nit&#233; masculine, ont certainement &#233;t&#233; mille fois plus nombreux que ceux qui se sont manifest&#233;s jusqu'ici, les conditions sociales les avant &#233;touff&#233;s ; il en est exactement de m&#234;me pour les capacit&#233;s du sexe f&#233;minin qui, depuis des milliers d'ann&#233;es, a &#233;t&#233; bien plus encore soumis &#224; l'oppression, aux entraves et &#224; l'&#233;tiolement. Nous n'avons mal&#173;heureusement aujourd'hui pas la moindre donn&#233;e qui nous permette de juger de l'abondance de forces et de capacit&#233;s intellectuelles qui se d&#233;velopperaient chez l'homme comme chez la femme, le jour o&#249; elles pourraient se former dans des conditions conformes &#224; la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va aujourd'hui dans l'humanit&#233; exactement comme dans le monde v&#233;g&#233;tal, o&#249; des millions de pr&#233;cieuses graines n'arrivent pas &#224; percer parce que le sol sur lequel elles tombent est d&#233;j&#224; occup&#233; par d'autres plantes qui d&#233;robent au jeune rejeton la nourriture, l'air et la lumi&#232;re. Les m&#234;mes lois qui r&#233;gissent la nature r&#232;glent aussi la vie humaine. Si de nos jours un jardinier ou un cultivateur s'avisait d'affirmer que telle ou telle plante est incapable de se d&#233;velopper ou d'arriver &#224; sa croissance, sans l'avoir exp&#233;riment&#233;e ou m&#234;me apr&#232;s l'avoir g&#234;n&#233;e jusque-l&#224; dans son d&#233;veloppement par un traitement mal appropri&#233;, ce jardinier ou ce cultivateur serait consid&#233;r&#233; comme un nigaud par tous ses voisins plus &#233;clair&#233;s, et ce serait &#224; bon droit. La m&#234;me chose arriverait si, pour obtenir un animal de race plus parfaite, il se refusait &#224; croiser une femelle de ses animaux domestiques avec un m&#226;le de race sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait pas en Allemagne un seul paysan assez ignorant pour ne pas se rendre compte des r&#233;sultats que produirait un semblable traitement pour ses plantes et son b&#233;tail, -une autre question est de savoir si ses moyens lui permettent d'appliquer les meilleures m&#233;thodes - ; ce n'est que pour 'humanit&#233; que des gens m&#234;me p&#233;tris de science se refusent &#224; admettre ce qu'ils consid&#232;rent comme une loi immuable pour tout le reste des objets terrestres. Et pourtant chacun peut, sans &#234;tre un naturaliste, faire dams la vie de tous les jours ses remarques les plus instructives. Comment se fait-il que les fils de paysans se diff&#233;&#173;rencient des enfants des villes ? Comment se fait-il que les enfants des classes les mieux plac&#233;es se distinguent de ceux des pauvres par la conformation de la figure et du corps, et m&#234;me relativement par certaines qualit&#233;s intellectuelles ? Cela provient de la diff&#233;rence dans les conditions de la vie et de l'&#233;ducation. L'exclusivisme qui existe dans l'&#233;ducation en vue d'une vocation d&#233;finie imprime &#224; l'homme son propre caract&#232;re. Un pr&#234;tre, un instituteur, se reconna&#238;t facilement, dans la plupart des cas, &#224; l'allure, &#224; l'expression de la physionomie ; un militaire &#233;galement, m&#234;me quand il est en tenue bourgeoise. Un cordonnier se distingue ais&#233;ment d'un tailleur, un menuisier d'un serrurier. Deux jumeaux qui, dans leur enfance, se seront ressembl&#233;s d'une fa&#231;on frappante, offriront dans un &#226;ge plus avanc&#233; une diff&#233;rence remarquable si leur carri&#232;re n'a pas &#233;t&#233; la m&#234;me, si l'un s'est livr&#233; &#224; un rude travail manuel, comme for&#173;geron par exemple, et si l'autre s'est adonn&#233; &#224; l'&#233;tude de la philosophie. L'h&#233;r&#233;dit&#233; et l'adaptation jouent donc un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans le d&#233;veloppement de l'&#234;tre humain comme dans le r&#232;gne animal, et l'homme parait m&#234;me &#234;tre, de toutes les cr&#233;atures, la plus souple et la plus docile. Il suffit souvent de peu d'ann&#233;es d'un autre genre de vie et d'occupation pour faire de lui un homme tout diff&#233;rent. Ce changement rapide, au moins quant &#224; l'ext&#233;rieur, ne se manifeste nulle part d'une fa&#231;on plus frappante que l&#224; o&#249; un homme de conditions ch&#233;tives et pauvres passe brusquement &#224; une situation de beaucoup meilleure. Si c'est la culture de son esprit qui lui permet le moins de renier son pass&#233;, cela ne tient pas &#224; l'impossibilit&#233; de la perfectionner davantage mais bien &#224; ce que, pass&#233; un certain &#226;ge, la majeure partie des hommes n'&#233;prouvent plus le besoin d'acqu&#233;rir davantage de connaissances intellectuelles, ou le tiennent pour parfaitement inutile. Voil&#224; surtout pourquoi un parvenu de ce genre n'a que peu &#224; souffrir de ce d&#233;faut. Notre &#233;poque, qui n'a de regards que pour l'argent et les moyens mat&#233;riels, s'incline bien plus volontiers devant l'homme au gros sac d'argent que devant l'homme de g&#233;nie richement dou&#233; au point de vue intellectuel, quand celui-ci a le malheur d'&#234;tre pauvre et roturier. Il est certain que l'on ne reconna&#238;t presque plus leur origine dans les mani&#232;res et les allures des enfants d'un semblable parvenu, et moralement ils deviennent aussi de tout autres hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exemple le plus frappant de ce que font de l'homme le changement radical des conditions de la vie et l'&#233;ducation, nous le trouvons dans nos districts industriels. Les travailleurs et les bourgeois y offrent des contrastes ext&#233;rieurs tels qu'on les dirait appartenir &#224; deux races d'hommes diff&#233;rentes. Bien que je fusse habitu&#233; &#224; ce contraste, il ne m'en frappa pas moins d'une fa&#231;on presque effrayante &#224; l'occasion d'une r&#233;union &#233;lectorale que je tins en 1877 dans une ville industrielle du cercle de l'Erzgebirge. La r&#233;union, dans laquelle j'avais une discussion avec un professeur lib&#233;ral, &#233;tait organis&#233;e de telle sorte que les deux partis &#233;taient fortement repr&#233;sent&#233;s et serr&#233;s l'un contre l'autre dans l'enceinte. Nos adversaires s'&#233;taient empar&#233;s du devant de la salle ; c'&#233;taient presque tous des hommes forts, vigoureux, souvent de haute taille, &#224; l'aspect plein de sant&#233; ; dans le fond de la salle et sur les galeries s'&#233;taient plac&#233;s les ouvriers et les petits bourgeois, pour les neuf dixi&#232;mes des tisserands, petits, minces, &#224; la poitrine &#233;troite, aux joues p&#226;les, dont les soucis et la mis&#232;re se lisaient sur le visage. Les uns repr&#233;sentaient la vertu satisfaite et la morale solvable, les autres &#233;taient les abeilles laborieuses et les b&#234;tes de somme, gr&#226;ce au produit du travail desquelles les premiers avaient si bonne mine, tandis qu'eux-m&#234;mes souffraient de la faim. Que pendant une g&#233;n&#233;ration on les place dans des conditions d'existence &#233;galement favorables et le contraste dispara&#238;tra, il sera s&#251;rement effac&#233; dans leur descendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part il est visible qu'il y a plus de difficult&#233; &#224; discerner la situation sociale chez la femme que chez l'homme, parce qu'elle s'accommode &#224; une situation nouvelle et adopte des habitudes d'existence sup&#233;rieures avec bien plus de souplesse et d'habilet&#233;. Son aptitude dans ce sens d&#233;passe celle de l'homme, plus embarrass&#233; en tous points. Quelle raison a-t-on donc de douter qu'au point de vue intellectuel elle soit capable d'un grand d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela nous permet de reconna&#238;tre les effets consid&#233;rables qu'ont les lois de la nature sur le d&#233;veloppement et sur les conditions sociales de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#234;tre born&#233; ou de mauvaise foi que de nier qu'une condition sociale am&#233;&#173;lior&#233;e, au point de vue de l'existence et de l'&#233;ducation tant physiques que morales, pourrait &#233;lever la femme &#224; un degr&#233; de perfection dont nous n'avons aujourd'hui aucune notion pr&#233;cise. Ce que jusqu'&#224; pr&#233;sent des femmes isol&#233;es ont r&#233;alis&#233; ne permet presque pas d'en douter, car ces femmes s'&#233;l&#232;vent au-dessus de la masse de leur sexe, au moins d'autant que les hommes de g&#233;nie d&#233;passent la foule de leurs cong&#233;n&#232;res. Dans le gouvernement des &#201;tats, les femmes, eu &#233;gard &#224; leur nombre, et en prenant pour &#233;tablir la valeur de leurs actes la m&#234;me mesure dont on se plait &#224; se servir pour juger aujourd'hui les princes, ont montr&#233; en g&#233;n&#233;ral plus de talent m&#234;me que les hommes. Rappelons pour exemples Isabelle et Blanche de Castille, &#201;lisabeth de Hongrie, &#201;lisabeth d'Angleterre, Catherine de Russie, Marie-Th&#233;r&#233;se, etc. Au reste, plus d'un grand homme de l'histoire se r&#233;duirait singuli&#232;rement si l'on savait toujours ce qu'il se devait &#224; lui-m&#234;me et ce qu'il devait aux autres. Des historiens allemands, par exemple Mr de Sybel, ont pr&#233;sent&#233; comme l'orateur le plus remar&#173;quable et l'un des plus grands g&#233;nies de la R&#233;volution fran&#231;aise le comte Mirabeau. Et voici que les recherches ont prouv&#233; que ce g&#233;nie si puissant doit le canevas de presque tous ses discours, et celui des plus remarquables sans exception, au concours obligeant et &#224; l'assistance de quelques savants travaillant silencieusement, qu'il sut habilement employer. D'un autre c&#244;t&#233;, des figures de femmes comme Madame Roland, madame de Sta&#235;l, George Sand, m&#233;ritent la plus haute estime et plus d'une &#233;toile masculine p&#226;lit aupr&#232;s d'elles. Ce que des femmes ont fait comme m&#232;res d'hommes remarquables est &#233;galement connu. Pour tout dire en un mot, les femmes ont produit, dans l'ordre intellectuel, tout ce qu'il &#233;tait possible de donner dans des circonstances &#233;minemment d&#233;favorables, et cela justifie les meilleures esp&#233;rances dans leur d&#233;veloppement moral ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais admettons que les femmes ne soient en g&#233;n&#233;ral pas aussi susceptibles de d&#233;veloppement que les hommes, qu'elles ne doivent devenir ni des g&#233;nies ni de grands philosophes ; est-ce que cette circonstance a servi de r&#232;gle pour la majorit&#233; des hommes lorsqu'on leur a accord&#233;, tout au moins dans les termes de la loi, l'&#233;galit&#233; de droits avec les &#171; g&#233;nies &#187; et les philosophes &#187; ? Les m&#234;mes savants qui d&#233;nient &#224; la femme des aptitudes &#233;lev&#233;es sont aussi facilement enclins &#224; en faire autant &#224; l'&#233;gard des travailleurs manuels et des ouvriers. Quand le noble se r&#233;clame de son &#171; sang bleu &#187; et de son arbre g&#233;n&#233;alogique, ils sourient d&#233;daigneusement et haussent les &#233;paules ; mais vis-&#224;-vis de l'homme des classes inf&#233;rieures ils se tiennent pour une aristocratie qui doit ce qu'elle est devenue non pas &#224; la faveur des circonstances de la vie, - il n'y a pas de danger ! ce serait ravaler leurs personnes - mais bien en tout et pour tout &#224; leur propre talent, &#224; leur propre intelligence. Les m&#234;mes hommes qui, sur certains points, sont les plus d&#233;nu&#233;s de pr&#233;jug&#233;s, qui n'ont qu'une pi&#232;tre opinion de ceux qui ne pensent pas librement comme eux sont, sur d'autres points, d&#232;s qu'il s'agit de leur int&#233;r&#234;t d'&#233;tat ou de classe, de leur pr&#233;somption et de leur amour-propre, born&#233;s jusqu'&#224; l'&#233;troitesse et anim&#233;s d'une hostilit&#233; qui va jusqu'au fanatisme. Voil&#224; ce que les hommes des hautes sph&#232;res pensent de ceux des classes inf&#233;rieures, voil&#224; comment ils les jugent, et voil&#224; comment &#224; son tour le monde masculin tout entier pense et juge lorsqu'il est question des femmes. Les hommes, pris en grande majorit&#233;, ne voient dans la femme qu'un instrument de profits et de plaisir ; la consid&#233;rer comme leur &#233;gale en droits r&#233;pugne &#224; leurs pr&#233;jug&#233;s. La femme, pour eux, doit &#234;tre soumise, ob&#233;issante, rester confin&#233;e exclusivement dans son m&#233;nage et abandonner tout le reste comme domaine &#171; au roi de la cr&#233;ation. &#187; Elle devrait comprimer ses pens&#233;es, ses aspirations personnelles autant que possible et attendre patiemment ce que sa Pro&#173;vidence terrestre, le p&#232;re ou le mari, d&#233;cidera d'elle. Plus elle se soumet &#224; toutes ces exigences, plus elle est estim&#233;e &#171; raisonnable, morale et vertueuse &#187;, dut-elle p&#233;rir &#224; moiti&#233; ou compl&#232;tement sous le poids des douleurs physiques et morales qui sont la cons&#233;quence de sa situation d'opprim&#233;e. Mais si l'on parle d'&#233;galit&#233; entre tous les &#234;tres humains, c'est une absurdit&#233; que de vouloir en exclure la moiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De par la nature, la femme a les m&#234;mes droits que l'homme ; le hasard de la naissance n'y peut rien changer. L'exclure des droits de l'humanit&#233; parce qu'elle est n&#233;e femme et non homme - ce qui n'est pas plus la faute de l'homme que la sienne - est aussi absurde et injuste que si l'on faisait d&#233;pendre l'exercice de ces droits du hasard de la religion ou des opinions politiques, ou que si deux individus se consid&#233;&#173;raient comme ennemis parce que le hasard de la naissance les a fait appartenir &#224; des races ou &#224; des nationalit&#233;s diff&#233;rentes. Toutes ces entraves, toutes ces tendances oppressives sont indignes d'un homme libre et le progr&#232;s de l'humanit&#233; consiste &#224; les &#233;carter et m&#234;me le plus rapidement possible. Nulle autre in&#233;galit&#233; n'a le droit d'exister que celles cr&#233;&#233;es par la nature pour l'accomplissement, diff&#233;rent dans la forme mais semblable au fond, du but naturel de la vie. Mais aucun sexe ne saurait d&#233;passer les limites que lui impose la nature, parce que ce faisant il d&#233;truirait son propre but naturel. Nous pouvons en &#234;tre assur&#233;s, et aucun sexe, pas plus qu'une classe, n'est fond&#233; &#224; imposer ses limites &#224; l'autre sexe ou &#224; une autre classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions arr&#234;ter ici notre argumentation contre ce qu'il y a d'injustifi&#233; &#224; exclure la femme des hautes fonctions intellectuelles ou m&#234;me &#224; lui on d&#233;nier les capacit&#233;s, mais il nous reste encore &#224; examiner une objection capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand cheval de bataille de nos adversaires est que la femme a une cervelle plus petite que l'homme, ce qui d&#233;montrerait son &#233;ternelle inf&#233;riorit&#233;. Le premier point est exact ; nous allons voir ce qu'il en est de la conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grosseur du cerveau, et par suite le poids de la masse c&#233;r&#233;brale, sont g&#233;n&#233;&#173;ralement inf&#233;rieurs chez le sexe f&#233;minin. D'apr&#232;s Huschke [5], le volume moyen du cerveau de l'Europ&#233;en est de 1.446 centim&#232;tres cubes, celui de la femme de 1.226. Diff&#233;rence : 220 centim&#232;tres cubes. Comme poids, le professeur Bischoff estime que le cerveau masculin est en g&#233;n&#233;ral de 126 grammes plus lourd que le f&#233;minin. Le professeur Meinert estime que le rapport en poids du cerveau masculin au f&#233;minin est comme 100 &#224; 90. Mais le poids de la masse c&#233;r&#233;brale est tr&#232;s diff&#233;rent chez les divers individus de l'un et de l'autre sexe. D'apr&#232;s le professeur Reclam, le cerveau du natu&#173;raliste Cuvier pesait 1.861 grammes, celui de Byron 1.807, celui du math&#233;maticien Dirichlet 1.520, celui du c&#233;l&#232;bre math&#233;maticien Gaus 1.492 seulement, celui du philologue Hermann 1.358 et celui du savant Hausmann 1.226. Nous trouvons l&#224; une diff&#233;rence absolument &#233;norme dans le poids du cerveau d'hommes richement dou&#233;s au point de vue intellectuel. Le cerveau de Hausmann pesait &#224; peu pr&#232;s le poids moyen du cerveau de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rences dans les cerveaux permettent de constater tout d'abord que c'est aller trop vite en besogne que de faire d&#233;pendre exclusivement du poids de la masse c&#233;r&#233;brale la mesure des capacit&#233;s intellectuelles. Somme toute, les recherches sur ce point sont encore trop nouvelles et trop peu nombreuses pour rendre possible un jugement d&#233;finitif. Mais, en dehors du poids moyen du cerveau chez les deux sexes, il faut aussi faire entrer en ligne de compte le reste de leur organisation physique, et alors on s'aper&#231;oit qu'en prenant en consid&#233;ration la taille et le poids moyen du corps, le cerveau f&#233;minin est proportionnellement plus gros que celui de l'homme. Autant la taille du corps d&#233;cide peu de sa vigueur, autant peut-&#234;tre la seule masse c&#233;r&#233;brale influe peu sur la masse intellectuelle. Nous voyons de tr&#232;s petits animaux (les four&#173;mis, les abeilles) en surpasser en intelligence de bien plus gros (par exemple le mouton, la vache), de m&#234;me que nous constatons souvent que des individus de belle prestance restent, pour leurs aptitudes intellectuelles, loin derri&#232;re d'autres, de petite taille et d'ext&#233;rieur insignifiant. Tout cela d&#233;pend donc, tr&#232;s vraisemblablement, non pas seulement de la masse du cerveau, mais encore et surtout de son organisation, et tout d'abord de sa culture et de son exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cerveau, pour pouvoir d&#233;velopper enti&#232;rement toutes ses facult&#233;s, doit, comme tous les autres organes, &#234;tre soigneusement exerc&#233; et convenablement nourri. Si l'on n&#233;glige ce soin, ou si le fa&#231;onnement du cerveau est entrepris d'apr&#232;s une m&#233;thode enti&#232;rement fausse, au lieu d'en stimuler et d'en d&#233;velopper les parties qui repr&#233;&#173;sentent surtout le discernement, on d&#233;veloppera plut&#244;t celles o&#249; le sentiment et la fantaisie ont leur si&#232;ge ; de la sorte on ne l'entravera pas seulement, mais on ira jusqu'&#224; l'atrophier. L'une des parties se nourrira aux d&#233;pens de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, il n'est pas un homme connaissant un peu l'histoire de l'&#233;volution de la femme qui puisse nier que, dans l'ordre d'id&#233;es qui nous occupe, on a commis une lourde faute &#224;. l'&#233;gard de celle-ci depuis des milliers d'ann&#233;es et qu'on en commet encore. Lorsque le professeur Bischoff pr&#233;tend que la femme a, tout aussi bien que l'homme, pu d&#233;velopper son cerveau et son intelligence, cela prouve une somme d'ignorance inou&#239;e et interdite &#224; un savant sur un sujet qu'il a lui-m&#234;me mis en dis&#173;cussion. Comment donc expliquer ce fait frappant que, parmi les peuples peu cultiv&#233;s, tels que les n&#232;gres et presque toutes les peuplades sauvages, la masse et le poids du cerveau chez l'homme et la femme se rapprochent beaucoup plus que chez les peuples civilis&#233;s ? Uniquement par ceci que les hommes de ces derniers peuples ont d&#233;ve&#173;lopp&#233; au plus haut degr&#233; leurs fonctions c&#233;r&#233;brales et que celles-ci ont &#233;t&#233; enray&#233;es chez les femmes. Dans la premi&#232;re partie de cet ouvrage nous avons montr&#233; com&#173;ment, au d&#233;but, les qualit&#233;s physiques et morales des deux sexes ont pu n'&#234;tre qu'&#224; peine diff&#233;rentes, mais comment aussi, par suite de la situation pr&#233;pond&#233;rante prise par l'homme sur la femme pendant une longue p&#233;riode d'&#233;volution, cette diff&#233;&#173;rence a n&#233;cessairement d&#251; aller en s'accentuant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos savants veulent &#234;tre des lumi&#232;res de l'histoire naturelle, qu'ils daignent aussi comprendre que les lois de leur science trop &#233;troite sont applicables &#224; la vie et au d&#233;veloppement des &#234;tres humains. Qu'ils daignent apprendre que les lois de l'&#233;volution, de l'h&#233;r&#233;dit&#233;, de l'adaptation, s'appliquent aussi exactement &#224; l'homme qu'&#224; tout autre &#234;tre, que l'homme n'est pas une exception dans la nature, que la con&#173;naissance exacte des phases de son d&#233;veloppement particulier et la doctrine de l'&#233;volution appliqu&#233;e &#224; son cas nous font appara&#238;tre clair comme le jour ce qui sans cela reste obscur et voil&#233;, et devient un sujet de mysticisme scientifique ou de science mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques savants, le Dr L. B&#252;chner, par exemple, pr&#233;tendent que la diff&#233;rence entre les cerveaux des deux sexes n'est pas la m&#234;me chez les divers peuples civilis&#233;s. Elle serait la plus grande chez les Allemands et les Hollandais ; viendraient ensuite les Anglais, les Italiens, les Su&#233;dois, les Fran&#231;ais. C'est chez ces derniers que les sexes se rapprocheraient le plus quant au cerveau. Mais B&#252;chner ne s'explique pas sur la question de savoir s'il faut en conclure que chez les fran&#231;ais les femmes ont acquis un plus grand d&#233;veloppement et se sont ainsi rapproch&#233;es des hommes ou si, inver&#173;sement, les hommes se sont moins d&#233;velopp&#233;s et ont d&#233;termin&#233; de la sorte cette plus grande ressemblance, - car les deux cas seraient possibles. D'apr&#232;s l'&#233;tat de l'instruction en France, on peut fort bien admettre le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait certain, c'est donc que la forme du cerveau s'est &#233;galement d&#233;velopp&#233;e en raison de l'&#233;ducation donn&#233;e, si tant est que ce mot d'&#233;ducation puisse &#234;tre employ&#233; surtout pour une grande partie des temps pass&#233;s et que l'expression &#171; d'&#233;levage &#187; ne soit pas plus exacte. Tous les physiologistes sont d'accord sur ce point que le si&#232;ge propre de la formation de l'intelligence est dans les parties ant&#233;rieures du cerveau, au-dessus des. yeux, c'est-&#224;-dire la face imm&#233;diatement ant&#233;rieure de la bo&#238;te cr&#226;nienne. Les parties du cerveau qui int&#233;ressent la vie sentimentale et affective, comme nous la d&#233;signons, doivent se trouver dans la portion centrale de la t&#234;te. La diff&#233;rence de la forme de la t&#234;te chez l'homme et chez la femme corrobore cette opinion ; chez le premier, c'est la face ant&#233;rieure de la t&#234;te qui est la plus d&#233;velopp&#233;e, chez la femme c'en est le milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est d'apr&#232;s cette conformation de la t&#234;te, r&#233;sultat de la condition pr&#233;pon&#173;d&#233;rante de l'homme d'une part et de l'&#233;tat de suj&#233;tion de la femme de l'autre, que s'est d&#233;velopp&#233;e la conception de la beaut&#233; pour les deux sexes. D'apr&#232;s l'id&#233;e du beau, telle que l'avaient les Grecs et telle qu'elle sert encore de r&#232;gle aujourd'hui, la femme doit avoir un front &#233;troit, plut&#244;t bas, l'homme un front haut et particuli&#232;rement large. Et cette conception de la beaut&#233;, qui d&#233;montre leur inf&#233;riorit&#233;, les femmes en sont p&#233;n&#233;tr&#233;es &#224; tel point qu'elles tiennent pour une regrettable marque de laideur un front &#233;lev&#233;, d&#233;passant la moyenne, et cherchent &#224; corriger artificiellement la nature en ramenant de force leurs cheveux sur le front, pour le faire para&#238;tre plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout cela il n'y a donc pas lieu de s'&#233;tonner de ce que les femmes soient intellectuellement ce qu'elles sont. Certes Darwin a raison quand il dit que si l'on pla&#231;ait l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre une liste comprenant les hommes qui se sont le plus distingu&#233;s dans la po&#233;sie, la peinture, la sculpture, la musique, la science et la philo&#173;sophe, et une seconde liste des femmes les plus remarquables dans cet ordre d'id&#233;es, il n'y aurait aucune comparaison &#224; &#233;tablir entre les deux. Mais faut-il s'&#233;tonner de cela ? Il y aurait lieu de s'&#233;tonner s'il en &#233;tait autrement. Le Dr Dodel-Port [6] r&#233;pond aussi tr&#232;s justement &#224; cette argumentation que les choses prendraient une tout autre tournure si, durant un certain nombre de g&#233;n&#233;rations, hommes et femmes recevaient la m&#234;me &#233;ducation et la m&#234;me instruction dans l'exercice de ces arts et de ces scien&#173;ces. La femme, prise dans sa g&#233;n&#233;ralit&#233;, est aussi plus faible que l'homme, ce qui pr&#233;cis&#233;ment n'est pas le cas chez beaucoup de peuples sauvages et se manifeste m&#234;me fr&#233;quemment d'une fa&#231;on inverse. Mais, quant aux modifications que l'exercice et l'&#233;ducation d&#232;s le jeune &#226;ge peuvent apporter &#224; cet &#233;tat de choses, nous le constatons chez les &#233;cuy&#232;res et les acrobates qui peuvent lutter de courage, de d&#233;sinvolture, d'agilit&#233; et de vigueur avec n'importe quel homme et ex&#233;cutent souvent des choses &#233;tonnantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;s lors donc que tout cela n'est que la condition de la vie et de l'&#233;ducation, du &#171; dressage &#187;, pour employer cr&#251;ment une expression scientifique, et que l'application des lois de la nature produit aujourd'hui des effets tout &#224; fait surprenants, notamment en ce qui concerne nos animaux domestiques, il ne saurait &#234;tre douteux le moins du monde que l'application de ces lois &#224; la vie physique et intellectuelle des &#234;tres humains m&#232;nerait &#224; de mien autres r&#233;sultats encore, parce que l'homme, en tant que sujet d'&#233;ducation, connaissant son but et ses fins, y mettrait lui-m&#234;me du sien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit, d'apr&#232;s tout ce que nous venons d'exposer, en quelle corr&#233;lation &#233;troite, voire intime, les sciences naturelles modernes sont avec toute notre existence sociale et son d&#233;veloppement. On voit encore que les lois naturelles, appliqu&#233;es &#224; la soci&#233;t&#233; humaine, nous &#233;clairent sur mos conditions respectives, que sans elles nous ne saurions atteindre dans toute leur &#233;tendue. Si, par l'application de ces lois naturelles au d&#233;veloppement de l'&#234;tre humain [7], nous poussons jusqu'aux causes premi&#232;res , nous trouvons que l'autorit&#233;, le caract&#232;re. les qualit&#233;s physiques, chez un individu comme pour des classes ou les peuples entiers, d&#233;pendent en premi&#232;re ligne des conditions de l'existence, c'est-&#224;-dire de la puissance &#233;conomique et sociale qui, &#224; son tour, subit l'influence du climat, de la conformation et de la fertilit&#233; du sol. Marx, Darwin, Buckle ont tous trois, chacun dans sa propre sph&#232;re, la plus grande port&#233;e pour l'&#233;volution moderne ; leurs doctrines et leurs d&#233;couvertes influeront dans la plus large mesure sur la forme et le d&#233;veloppement &#224; venir de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les tristes conditions et l'indignit&#233; de l'existence humaine, - c'est-&#224;-dire l'imper&#173;fection de l'&#233;tat social - sont reconnues &#234;tre cause de l'insuffisance et de la d&#233;fectuo&#173;sit&#233; du d&#233;veloppement individuel, il en d&#233;coule n&#233;cessairement que l'am&#233;lioration des conditions de la vie doit &#233;galement avoir de l'action sur les &#234;tres humains. La conclusion en est encore que l'application rationnelle &#224; ceux-ci des lois de la nature, connue sous le nom de Darwinisme, cr&#233;era des &#234;tres humains nouveaux, mais exigera aussi des conditions sociales appropri&#233;es et finira par mener ainsi, selon la doctrine de Marx, au socialisme. Il ne servira de rien de se rebiffer et d'essayer d'enrayer le mouvement... &#171; Et si tu ne marches pas de bon gr&#233;, j'emploierai la force &#187;... la force de la raison, s'entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi darwinienne de la lutte pour l'existence, qui a pour point essentiel dans la nature que l'&#234;tre le mieux organis&#233; et le plus robuste supplante et d&#233;truit l'&#234;tre inf&#233;&#173;rieur, am&#232;ne pour l'esp&#232;ce humaine cette conclusion que l'homme, en tant qu'&#234;tre pensant et dou&#233; de discernement, peut modifier, am&#233;liorer et perfectionner d'une fa&#231;on profonde les conditions de son existence, c'est-&#224;-dire son &#233;tat social et tout ce qui s'y rattache, de telle sorte qu'en fin de compte elles deviennent &#233;galement favorables pour tous les &#234;tres humains. L'humanit&#233; se cr&#233;e petit &#224; petit, sous forme de lois et d'institutions, des conditions qui permettent &#224; chaque individu de d&#233;velopper ses aptitudes et ses capacit&#233;s pour son bien propre comme pour le bien g&#233;n&#233;ral, mais qui lui enl&#232;ve le pouvoir de nuire a autrui ou &#224; la collectivit&#233; parce qu'il est imm&#233;&#173;diatement compr&#233;hensible que ce faisant il se nuirait &#224; lui-m&#234;me. Cet &#233;tat de choses agit finalement de telle sorte sur l'intelligence et sur les id&#233;es de l'homme que la pens&#233;e de dominer et de nuire finit par ne plus trouver la moindre place dans son cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Darwinisme est donc, comme toute science vraie, une science &#233;minemment d&#233;mocratique [8], et lorsque ses propres repr&#233;sentants se refusent &#224; le reconna&#238;tre et vont m&#234;me jusqu'&#224; soutenir le contraire, c'est qu'ils ne savent pas appr&#233;cier la port&#233;e de leur propre science, ce qui d'ailleurs n'est pas nouveau. Ses adversaires, et tout particuli&#232;rement les honorables membres du clerg&#233;, qui ont toujours le nez creux quand il s'agit d'avantages terrestres ou de choses nuisibles pour eux, l'ont mieux compris, et ils d&#233;noncent en cons&#233;quence le Darwinisme comme socialiste et ath&#233;e. Il n'est pas du tout &#224; l'honneur de M. le professeur Virchow d'&#234;tre d'accord avec ces gens et d'avoir, en 1877, au Congr&#232;s des naturalistes &#224; Munich, object&#233; au professeur Haeckel que &#171; le Darwinisme m&#232;ne au socialisme &#187;, naturellement pour discr&#233;diter et d&#233;crier la doctrine parce que Haeckel demandait l'introduction de la th&#233;orie de l'&#233;volution dans les programmes d'&#233;tudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les th&#233;ories Darwiniennes m&#232;nent au socialisme, comme le pr&#233;tend Virchow, cela ne prouve rien contre ces th&#233;ories, mais cela prouve en faveur du socialisme. Car la v&#233;ritable science n'a en rien &#224; se pr&#233;occuper de savoir si ses cons&#233;quences m&#232;nent &#224; telle ou telle institution politique, &#224; telle ou telle situation sociale. Elle a &#224; examiner si les th&#233;ories sont justes, et si elles le sont, on doit les accepter avec toutes leurs cons&#233;quences. Celui qui agit autrement, en vue de son avantage personnel, pour se m&#233;nager les faveurs d'en haut, dans un int&#233;r&#234;t de classe ou de parti, commet un acte m&#233;prisable et fait tort &#224; la science. La science professionnelle, telle qu'elle existe en particulier dans nos Universit&#233;s, ne peut en effet que dans des cas extr&#234;mement rares pr&#233;tendre &#224; l'ind&#233;pendance et au caract&#232;re personnel. La peur de perdre leur place et les faveurs du pouvoir, d'&#234;tre oblig&#233;s de renoncer aux titres, aux d&#233;corations et &#224; l'avancement, conduit la plupart des repr&#233;sentants de la science &#224; plier l'&#233;chine, &#224; cacher leurs convictions ou m&#234;me &#224; dire publiquement le contraire de ce qu'ils pensent et savent dans leur for int&#233;rieur. Quand, comme en 1870. &#224; l'occasion d'une prestation de serment de fid&#233;lit&#233;, un Dubois-Reymond en vient &#224; s'&#233;crier en pleine Acad&#233;mie de Berlin : &#171; Les Universit&#233;s sont les centres d'&#233;ducation de la garde du corps intellectuelle des Hohenzollern &#187;, on peut juger par l&#224; de ce que pensent du but de la science le gros de ceux qui sont bien au-dessous de Dubois-Reymond comme savoir et comme importance [9]. La science est raval&#233;e au rang d'humble servante de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est par suite aussi fort explicable que le professeur Haeckel et ses adh&#233;rents, tels que le professeur Schmidt, M. de Hellwald et d'autres encore, se d&#233;fendent &#233;nergi&#173;quement contre cet &#233;pouvantable reproche que le Darwinisme fait les affaires du socialisme, et pr&#233;tendent de leur c&#244;t&#233; &#171; qu'au contraire, le Darwinisme est aristocra&#173;tique en ce qu'il enseigne que partout dans la nature l'&#234;tre mieux organis&#233; et plus robuste opprime l'&#234;tre inf&#233;rieur ; que, par suite, les classes instruites et poss&#233;dantes, repr&#233;sentant dans l'humanit&#233; ces &#234;tres mieux organis&#233;s et plus robustes, leur pr&#233;domination est justifi&#233;e parce qu'elle est conforme aux lois de la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les arguments que nous avons d&#233;j&#224; produits, la fausset&#233; de cette conclusion est &#233;vidente. Admettons que ce soit l&#224; la conviction de ces messieurs ; ils n'appliquent alors leurs th&#233;ories &#224; l'humanit&#233; que d'une fa&#231;on brutalement m&#233;canique. Parce que la lutte pour l'existence se poursuit inconsciemment dans la nature chez des animaux et des &#234;tres qui n'ont aucune connaissance de ses lois, il doit donc en &#234;tre de m&#234;me pour l'esp&#232;ce humaine ? Mais, heureusement que ces messieurs les savants le veuillent on non, l'humanit&#233; en vient &#224; conna&#238;tre les lois qui r&#233;gissent son &#233;volution et elle n'a donc besoin que d'appliquer cette connaissance &#224; ses institutions politiques, sociales et religieuses, pour les transformer. Par cons&#233;quent, la diff&#233;rence entre l'&#234;tre humain et l'animal consiste en ceci que l'homme est un animal pensant tandis que l'animal n'est pas un homme pensant. Voil&#224; ce que, dans toute leur science, messieurs les Darwiniens n'ont pas entrevu. D'o&#249; le cercle vicieux dans lequel ils tournent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, M. le professeur Haekel et ses gens nient aussi que le Darwinisme conduise &#224; l'ath&#233;isme, et ils font alors, apr&#232;s avoir, par toutes leurs d&#233;ductions et toutes leurs d&#233;monstrations, &#233;cart&#233; le &#171; cr&#233;ateur &#187; , les efforts les plus &#233;nergiques pour le faire rentrer en contrebande par la porte de derri&#232;re. On se fabrique alors son genre personnel de &#171; religion &#187;, que l'on appelle &#171; haute moralit&#233; &#187;, &#171; principes moraux &#187;, etc. M. le professeur Haeckel essaya m&#234;me, en 1882, au Congr&#232;s des naturalistes d'Eisenach, et en pr&#233;sence de la famille grand-ducale de Weimar, non seulement de sauver la religion, mais encore de pr&#233;senter son ma&#238;tre Darwin comme un homme religieux. L'entreprise &#233;choua piteusement comme purent le constater tous ceux qui ont lu ce discours et la lettre de Darwin cit&#233;e, et qui savent penser. La lettre de Darwin disait exactement le contraire de ce qu'elle devait dire d'apr&#232;s le professeur Haeckel, bien qu'avec pr&#233;caution, parce que Darwin, tenant compte lui aussi de la &#171; pi&#233;t&#233; &#187; de ses compatriotes les anglais, ne se risquait jamais &#224; dire publiquement ce qu'il pensait en r&#233;alit&#233; de la religion. Il l'avait fait dans l'intimit&#233;, comme on le sut peu apr&#232;s le Congr&#232;s de Weimar, &#224; l'endroit du Dr B&#252;chner, auquel il avait avou&#233; que, depuis sa quaranti&#232;me ann&#233;e, c'est-&#224;-dire depuis 1849, il ne croyait plus &#224; rien parce qu'il n'avait pu arriver &#224; aucune d&#233;monstration en faveur de la foi. Dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Darwin a aussi soutenu secr&#232;tement un journal ath&#233;e paraissant &#224; New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en dire autant de la science moderne et de son influence sur le d&#233;velop&#173;pement de l'esp&#232;ce humaine, et des d&#233;n&#233;gations conscientes de ses principaux repr&#233;sentants en Allemagne ou de la port&#233;e inconsciente qu'ils lui donnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le professeur Virchow le Dr D&#252;hring tombe aussi sur Darwin et le Darwinisme, et il le fait, &#224; la v&#233;rit&#233;, d'une fa&#231;on parfaitement grossi&#232;re. Pour y arriver il se d&#233;peint le Darwinisme tel qu'il n'est pas et il le combat avec des armes qu'il a emprunt&#233;es en partie au Darwinisme lui-m&#234;me. Ce sont l&#224; des extravagances ave lesquelles on ne discute pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; notre v&#233;ritable sujet, faisons encore ressortir ceci. Si les sciences naturelles et le syst&#232;me d'&#233;levage artificiel dont elles sont la base ont pu, on parfaite connaissance de leur objectif et de leur but, produire dans le monde animal et v&#233;g&#233;tal des formes et des esp&#232;ces enti&#232;rement nouvelles (ce syst&#232;me d'&#233;levage va si loin pour les animaux domestiques que l'on arrive &#224; rapetisser artificiellement la t&#234;te d'une certaine esp&#232;ce de b&#339;ufs pour augmenter le poids de la viande dans les autres parties du corps, que pour la m&#234;me raison on raccourcit les jambes des porcs et que l'on obtient, on appliquant les lois de l'&#233;volution d&#233;j&#224; connues, des modifications analo&#173;gues et qui paraissent presque incroyables), les lois de l'&#233;volution adapt&#233;es &#224; l'&#233;ducation humaine devront finalement conduire &#224; ce que l'on puisse susciter des qualit&#233;s physiques et morales donn&#233;es et d&#233;velopper les individus avec harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#8226; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes veulent donc, en vertu de leur instinct inn&#233; de perfectionnement, entamer aussi la lutte avec l'homme sur le terrain intellectuel, et se refusent &#224; attendre qu'il plaise &#224; celui-ci de d&#233;velopper leurs fonctions c&#233;r&#233;brales. Elles y trouvent pour obstacle l'esprit du si&#232;cle, cette force latente mais dont les effets sont profonds, cette essence de tous les embarras mat&#233;riels et moraux de l'humanit&#233;. Par-ci par-l&#224; elles ont r&#233;ussi, d'accord avec les hommes, &#224; supprimer toutes les entraves qui leur &#233;taient impos&#233;es et &#224; se jeter dans l'ar&#232;ne intellectuelle ; dans certains pays m&#234;me elles ont pu le faire avec un succ&#232;s particulier. Ces pays sont principalement l'Am&#233;rique du Nord et la Russie, qui, dans leur organisation politique et sur beaucoup de points de leur organisation sociale, sont les deux extr&#234;mes. C'est ainsi qu'il y a aujourd'hui en Am&#233;rique et en Russie de nombreuses femmes m&#233;decins parmi lesquelles beaucoup jouissent d'une grande renomm&#233;e et ont une grosse client&#232;le [10]. Il n'est pas douteux que la femme, aux aptitudes de laquelle &#224; soigner les malades on tend volontiers justice, est aussi particuli&#232;rement donn&#233;e pour l'exercice de la m&#233;decine. En dehors de cela, l'introduction de m&#233;decins f&#233;minins serait un grand bienfait pour nos femmes, car le fait d'avoir &#224; se confier &#224; des hommes en cas de maladie et &#224; propos des perturbations physiques si diverses qui se rattachent aux fonctions de leur sexe, en emp&#234;che beaucoup d'en appeler en temps utile aux secours de l'art. Il en r&#233;sulte une foule d'inconv&#233;nients, non seulement pour les femmes, mais encore pour les hommes. Il n'est pas un m&#233;decin qui n'ait eu &#224; se plaindre de cette r&#233;serve souvent coupable des femmes et de leur r&#233;pugnance &#224; avouer franchement leur mal. Cela est naturel ; il est seulement insens&#233; que les hommes, et tout particuli&#232;rement les m&#233;decins, ne veuillent pas reconna&#238;tre combien l'&#233;tude de la m&#233;decine est justifi&#233;e pour la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de la m&#233;decine par la femme aurait encore une autre utilit&#233; par suite de ce fait qu'il y a p&#233;nurie de m&#233;decins, tout au moins dans les campagnes, et que notre jeunesse bourgeoise, reculant autant que possible devant les efforts s&#233;rieux,. ne s'y adonne pas en foule. En g&#233;n&#233;ral le z&#232;le et l'ardeur de cette jeunesse pour l'&#233;tude sem&#173;blent assez louches - il suffit de voir les r&#233;sultats annuels des examens pour le volontariat d'un an pour s'en convaincre - et la concurrence f&#233;minine produirait un effet tr&#232;s salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce point de vue encore les &#201;tat-Unis fournissent de bons exemples. Il y existe, &#224; la stup&#233;faction de toutes nos vieilles perruques savantes ou ignorantes des deux sexes, des &#233;cales sup&#233;rieures o&#249; des &#233;l&#232;ves masculins et f&#233;minins r&#233;unis re&#231;oivent l'instruction. &#201;coutons-en le r&#233;sultat. Le pr&#233;sident White, de l'Universit&#233; du Michigan, d&#233;clare ceci : &#171; Sur l.300 &#233;tudiants le meilleur &#233;l&#232;ve pour la langue grecque est depuis plusieurs ann&#233;es une jeune fille : le meilleur &#233;l&#232;ve pour les math&#233;matiques, dans une des classes les plus fortes de notre Institut, est &#233;galement une jeune fille, et nombre de nos meilleurs &#233;l&#232;ves en histoire naturelle et en science g&#233;n&#233;rale, sont encore des jeunes filles &#187;. Le Dr Fairshild, pr&#233;sident du coll&#232;ge Oberlin, dans l'Ohio, dont plus de mille &#233;tudiants des deux sexes suivent les cours en commun, dit : &#171; Pendant mes huit ann&#233;es de professorat des langues mortes, - latin, grec et h&#233;breu - et des sciences philosophiques et morales, ainsi que pendant mes onze ann&#233;es d'enseignement des math&#233;matiques pures et appliqu&#233;es, je n'ai remarqu&#233; aucune esp&#232;ce de diff&#233;rence entre les deux sexes, sauf dans leur fa&#231;on de s'exprimer &#187;. Edouard H. Machill, pr&#233;sident du coll&#232;ge Swarthmore dans le Delaware, auteur de l'ouvrage auquel nous avons emprunt&#233; les donn&#233;es ci-dessus [11], dit qu'apr&#232;s une exp&#233;rience de quatre ann&#233;es il en est arriv&#233; &#224; cette conclusion qu'au point de vue moral comme au point de vue des m&#339;urs m&#234;me, l'&#233;ducation commune des deux sexes a donn&#233; les meilleurs r&#233;sultats. Cela soit dit incidemment pour ceux qui regardent les bonnes m&#339;urs comme com&#173;promises par une &#233;ducation de ce genre. Il faudra couper encore bien des perruques en Allemagne avant que la raison se soit fray&#233; la voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objecte encore &#224; cela qu'il n'est pas convenable d'admettre les femmes &#224; c&#244;t&#233; des &#233;tudiants masculins dans les amphith&#233;&#226;tres, dans les salles d'op&#233;rations et d'accouchement. Si les hommes ne trouvent rien de choquant &#224; proc&#233;der &#224; leurs &#233;tudes et &#224; leurs recherches sur des sujets f&#233;minins en pr&#233;sence d'infirmi&#232;res et d'au&#173;tres femmes malades, il n'y a aucune raison pour que cela ne convienne pas aussi pour des &#233;tudiantes. Le professeur peut &#233;galement faire beaucoup par sa mani&#232;re d'enseigner et exercer une grande influence sur le maintient de ses auditeurs des deux sexes. Il y a lieu d'admettre encore que les femmes qui, dans les conditions actuelles, se consacrent &#224; des &#233;tudes de ce genre, sont anim&#233;es d'un s&#233;rieux et d'une force de volont&#233; tels qu'elles l'emportent de beaucoup &#224; ce point de vue sur la plupart des &#233;tudiants masculins. Des professeurs qui ont simultan&#233;ment enseign&#233; &#224; des &#233;l&#232;ves des deux sexes, constatent ce fait. Le z&#232;le des femmes est g&#233;n&#233;ralement plus grand que celui des jeunes gens. Enfin les femmes, une fois leurs &#233;tudes de m&#233;decine achev&#233;es, pourraient aussi entreprendre l'instruction de leurs cong&#233;n&#232;res - si d&#233;cid&#233;ment on s'obstine &#224; tenir pour n&#233;cessaire la s&#233;paration des sexes, peu naturelle quand il s'agit des choses de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ce sont de tout autres motifs qui portent la plupart des professeurs de m&#233;decine, surtout ceux de l'Universit&#233;, &#224; prendre vis-&#224;-vis des &#233;tudiantes une attitude hostile. lis voient l&#224; une &#171; diminution &#187; de la science, qui pourrait perdre en consi&#173;d&#233;ration aux yeux de la foule born&#233;e si l'on voyait que les cerveaux f&#233;minins sont eux aussi capables de saisir une science qui jusqu'ici n'a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;e qu'&#224; l'&#233;lite du sexe masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; toutes les grandes phrases qu'on pourrait nous objecter, il n'en est pas moins vrai que notre &#233;tat universitaire se trouve, comme notre &#233;tat g&#233;n&#233;ral d'&#233;duca&#173;tion, dans une situation pr&#233;caire. &#192; l'&#233;cole primaire on d&#233;robe &#224; l'enfant son temps le plus pr&#233;cieux pour bourrer sa cervelle de choses qui ne concordent ni avec la raison ni avec les constatations de la science ; on le charge d'un lourd bagage dont il ne trou&#173;vera pas l'emploi dans la vie et qui le g&#234;nera bien plut&#244;t dans son avenir et dans son d&#233;veloppement ; il en est de m&#234;me pour nos &#233;coles sup&#233;rieures. Dans les &#233;tablisse&#173;ments pr&#233;paratoires aux &#233;tudes universitaires, on bourre la m&#233;moire des &#233;l&#232;ves d'un tas de mati&#232;res arides et inutiles dont l'&#233;tude absorbe le plus clair de leur temps et la force la plus pr&#233;cieuse de leurs cerveaux ; ont agit le plus souvent de la m&#234;me fa&#231;on dans l'Universit&#233;, o&#249; on leur enseigne une masse de choses vieillies, surann&#233;es, superflues, &#224; c&#244;t&#233; d'une minime proportion de choses utiles. La plupart des profes&#173;seurs, leurs cahiers de cours une fois &#233;tablis, les rab&#226;chent pendant des ann&#233;es, semestre par semestre, sans omettre les plaisanteries dont ils sont parsem&#233;s. Les hautes fonctions de l'enseignement deviennent pour beaucoup un pur et simple m&#233;tier, et les &#233;tudiants n'ont pas besoin de bien de la sagacit&#233; pour s'en apercevoir. L'id&#233;e que se font ceux-ci de la vie universitaire contribue aussi &#224; ne pas leur faire prendre trop au s&#233;rieux leurs ann&#233;es d'&#233;tudes, et plus d'un qui voudrait les prendre au s&#233;rieux en est rebut&#233; par la m&#233;thode d'enseignement p&#233;dantesque et fastidieuse de la plupart des professeurs. Vienne l'&#233;poque des examens et l'on se fourrera alors rapide&#173;ment, m&#233;caniquement, dans la t&#232;te, en une couple de mois, ce qui parait absolument indispensable pour pouvoir s'en tirer passablement. L'examen une fois heureusement pass&#233; et quelque situation administrative ou professionnelle obtenue, la majeure partie de ces &#171; lettr&#233;s &#187;continuent d'exp&#233;dier leur besogne d'une fa&#231;on purement machinale et routini&#232;re et trouvent fort mauvais que quelque &#171; illettr&#233; &#187; ne les accueille pas de la fa&#231;on la plus respectueuse, en ne les consid&#233;rant et traitant pas comme une race d'hommes &#224; part et d'une noblesse sup&#233;rieure. Seul l'homme qui a le d&#233;sir de faire des progr&#232;s ne d&#233;couvre que plus tard combien il a appris de choses inutiles, &#224; l'exclusion pr&#233;cis&#233;ment de celles qui lui seraient le plus n&#233;cessaires, et ne commence qu'alors &#224; apprendre effectivement. Pendant la meilleure partie de sa vie on l'a importun&#233; d'une foule de choses inutiles ou nuisibles ; il lui faut en consacrer une autre partie &#224; se d&#233;barrasser de ce fatras et se mettre &#224; force de travail &#224; la hauteur des id&#233;es de son temps, et ce n'est qu'alors qu'il peut r&#233;ellement devenir un membre utile de la soci&#233;t&#233;. Beaucoup n'arrivent pas &#224; se tirer de la premi&#232;re phase, d'autres restent emp&#234;tr&#233;s dans la seconde, un petit nombre seulement parvient &#224; s'&#233;lever jusqu'&#224; la troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le &#171; decorum &#187; exige que l'on conserve tout cette d&#233;froque du Moyen-&#226;ge, toutes ces mati&#232;res d'enseignement inutiles, et comme les femmes, en raison de leur sexe, sont de prime-abord exclues des &#233;coles pr&#233;paratoires, cette situation fournit un pr&#233;texte commode pour leur fermer les portes des amphith&#233;&#226;tres. Un des professeurs de m&#233;decine les plus renomm&#233;s de Leipzig fit un jour franchement &#224; une dame l'aveu suivant : &#171; L'&#233;ducation de coll&#232;ge n'est, &#224; la v&#233;rit&#233;, pas n&#233;cessaire pour comprendre la m&#233;decine, mais il faut l'exiger comme condition pr&#233;liminaire d'introduction aux &#233;tudes, pour que le prestige de la science ne souffre pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur Bischoff, de Munich, a donn&#233; entre autres pour raison du conseil qu'il donne aux femmes de ne pas se livrer &#224; l'&#233;tude de la m&#233;decine &#171; la brutalit&#233; des &#233;tudiants &#187;, ce qui est certes fort significatif. Le m&#234;me professeur dit encore dans un passage de son travail sur le sujet en question - et ce passage est caract&#233;ristique : Pourquoi n'accorderait-on pas, m&#234;me si l'on est professeur, par-ci par-l&#224;, &#224; une femme int&#233;ressante, intelligente et jolie par-dessus le march&#233;, de suivre un cours traitant de quelque science simple ? C'est l&#224;, une mani&#232;re de voir que partage visiblement M. Von Sybel et qu'il exprime ainsi : &#171; Rarement un homme a &#233;t&#233; en mesure de refuser &#224; une &#233;coli&#232;re avide d'apprendre et aimable sou concours et son aide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait dommage de perdre un seul mot de plus pour r&#233;futer de semblables &#171; raisons &#187; et de pareilles id&#233;es. Le temps viendra o&#249; on ne se pr&#233;occupera ni de la brutalit&#233; des gens bien &#233;lev&#233;s, ni de l'esprit de routine on des vell&#233;it&#233;s sensuelles des savants, mais o&#249; l'on fera ce qu'ordonnent la raison et la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous l'avons d&#233;j&#224; remarqu&#233;, les traditions pleines de pr&#233;jug&#233;s dont souffrent l'Europe en g&#233;n&#233;ral et l'Allemagne en particulier, se rencontrent bien moins dans l'Am&#233;rique du Nord. C'est ainsi que les femmes y sont arriv&#233;es &#224; des situations tr&#232;s consid&#233;r&#233;es comme m&#233;decins, avocats, professeurs, et cela dans les plus grands &#233;tablissements d'instruction - les femmes d&#233;tenant en Am&#233;rique la majorit&#233; des places de l'enseignement et dans les divers emplois publics des communes ou de l'&#201;tat. En Russie &#233;galement on professe &#224; l'&#233;gard des femmes des id&#233;es bien plus libres et plus &#233;lev&#233;es qu'en Allemagne. Nombre de femmes russes se sont adonn&#233;es avec un grand succ&#232;s aux diff&#233;rentes &#233;tudes scientifiques. Au printemps de 1878, une &#233;tudiante russe &#224; Berne, Madame Litwinow, de Toula, passa ses examens avec une telle distinc&#173;tion, notamment pour les math&#233;matiques, que la Facult&#233; de Philosophie lui d&#233;cerna le dipl&#244;me du Doctorat &#224; l'unanimit&#233;, avec la note la plus &#233;lev&#233;e. Un fait analogue se produisit quelques mois apr&#232;s pour une autrichienne, mademoiselle Welt, devant la Facult&#233; de m&#233;decine de Berne. Et depuis, nombre de cas de ce genre se sont pr&#233;sent&#233;s [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement allemand, dans le peu de cas o&#249; il a employ&#233; les femmes, par pur esprit de sp&#233;culation, ne les a consid&#233;r&#233;es que comme une main d'&#339;uvre moins ch&#232;re, qu'il paie, pour des services identiques, beaucoup plus mal que celle des hommes. Mais comme ceux-ci, dans les conditions actuelles, sont personnellement anim&#233;s d&#233;j&#224;, vis-&#224;-vis de la femme, de sentiments hostiles n&#233;s de la concurrence, et commue cette hostilit&#233; se double par le fait que leurs bras risquent d'&#234;tre supplant&#233;s par d'autres moins co&#251;teux, il en r&#233;sulte pour les femmes une situation qui n'a rien d'agr&#233;able et qui am&#232;ne de nombreux conflits. Ajoutez &#224; cela qu'en Allemagne l'ar&#173;m&#233;e fournit chaque ann&#233;e, en sous-officiers lib&#233;r&#233;s du service et en officiers r&#233;form&#233;s, une telle quantit&#233; d'aspirants &#224; des emplois administratifs qu'il ne reste plus de place pour les autres forces actives. De l&#224; une rapide mise &#224; l'&#233;cart des femmes d&#233;j&#224; employ&#233;es. Il ne faut pas non plus m&#233;conna&#238;tre que, par suite de l'exag&#233;ration de la dur&#233;e du travail quotidien que l'&#201;tat comme les particuliers imposent &#224; la main-d'&#339;uvre f&#233;minine, il se produit partout de lourds inconv&#233;nients, notamment lorsque la femme a encore &#224; remplir en outre des devoirs domestiques. Le syst&#232;me actuel de la vie de m&#233;nage est autant en contradiction avec les exigences que la vie impose &#224; des millions de femmes que la forme &#233;conomique g&#233;n&#233;rale l'est avec la dignit&#233; d'homme de chaque individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont d&#233;montr&#233; et d&#233;montrent chaque ann&#233;e davantage que, malgr&#233; toute la n&#233;gligence apport&#233;e &#224; la culture de leurs facult&#233;s intellectuelles, elles n'en manquent point, et que d&#232;s aujourd'hui elles sont en mesure d'entreprendre la lutte avec l'homme sur bien des terrains. Il y a parmi elles autant de bons &#233;crivains et d'artistes, et cela dans les genres les plus divers, que de repr&#233;sentants de toutes les professions lib&#233;rales. Cela tend &#224; prouver, contre les clameurs r&#233;actionnaires, qu'on ne pourra pas, &#224; la longue, leur refuser l'&#233;galit&#233; des droits. Mais il n'est &#233;galement pas douteux que, dans les circonstances actuelles, elles n'en ont pas davantage atteint pour cela leur but, ni pour elles, ni pour l'homme. L'entr&#233;e plus fr&#233;quente de la femme dans les hautes carri&#232;res - ce qui n'est jamais possible qu'&#224; une minorit&#233;, - aura n&#233;cessaire&#173;ment l&#224; les m&#234;mes effets que dans le domaine de l'industrie. Non-seulement la femme sera plus mal pay&#233;e dans les carri&#232;res lib&#233;rales, &#224; mesure que l'offre grandira avec la concurrence, mais elle y sera encore bien plus opprim&#233;e, et cela pour les m&#234;mes raisons que nous avons d&#233;velopp&#233;es plus haut en ce qui concernait les femmes utilis&#233;es par l'industrie ; Je connais cependant un cas o&#249; une femme devait prendre la place d'un homme dans l'enseignement sup&#233;rieur, mais&#8230; avec la moiti&#233; des appointe&#173;ments seulement. C'est l&#224; une proposition honteuse, mais parfaitement justifi&#233;e par les principes qui dominent dans le monde bourgeois ; elle a &#233;t&#233; faite et accept&#233;e par la force des circonstances, il ne reste donc aucun doute sur ce point : la conqu&#234;te de l'acc&#232;s aux carri&#232;res lib&#233;rales ne vaudra ni aux femmes, ni aux hommes qui en seront les victimes, d'&#234;tre d&#233;livr&#233;s de la mis&#232;re sociale. Il faut aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la race chez les travailleurs, ,produite par le r&#233;gime moderne des manu&#173;factures, a par exemple oblig&#233; plusieurs fois l'&#201;tat, dans les derni&#232;res p&#233;riodes d&#233;cennales, &#224; diminuer la taille r&#233;glementaire pour l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'inspecteur de fabrique A. Redgrave pronon&#231;a en 1871 &#224; Bradford un discours dans lequel il dit entre autres choses : &#171; Ce qui m'a frapp&#233; depuis quelque temps, c'est le changement d'aspect des fabriques de laine. Jadis elles &#233;taient peupl&#233;es de femmes et d'enfants, maintenant le machinisme semble faire toute la besogne. Un fabricant a r&#233;pondu &#224; une de mes questions par cette expli&#173;cation : Avec l'ancien syst&#232;me, j'employais 63 personnes ; apr&#232;s l'introduction de machines perfec&#173;tionn&#233;es, je r&#233;duisis mes ouvriers &#224; 33, et plus r&#233;cemment, par suite de nouvelles et importantes modifications, j'&#233;tais en mesure de les r&#233;duire de 33 &#224; 13 &#187;. Il r&#233;sulte de l&#224; qu'en peu d'ann&#233;es, avec le syst&#232;me de grande production actuel, le chiffre des ouvriers a, dans une seule fabrique, diminu&#233; de pr&#232;s de 80 %, la production restant au moins la m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
On trouvera, dans le &#171; Capital &#187; de Karl Marx, de nombreuses et int&#233;ressantes commu&#173;nications dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#171; De la propri&#233;t&#233; et de va forme primitive &#187;. Chap. 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#171; Structure et vie du corps social &#187;. Tome I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Dr L. B&#252;chner : &#171; Die Frau, ihre naturliche Stellung und gesellschaftliche Bestimmung &#187;. - &#171; Neue Gesellschaft &#187;, ann&#233;es 1879 et 1880.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &#171; La nouvelle histoire de la cr&#233;ation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] C'est l&#224; une d&#233;couverte que Karl Marx a &#233;t&#233; le premier &#224; faire et qu'il a &#233;tabli d'une fa&#231;on classique dans ses ouvrages, particuli&#232;rement dans &#171; Le Capital &#187;. Le &#171; manifeste communiste &#187; de f&#233;vrier 1848, r&#233;dig&#233; par Karl Marx et Fr. Engels, repose sur cette id&#233;e fondamentale et peut &#234;tre consid&#233;r&#233; aujourd'hui encore comme le mod&#232;le achev&#233; de l'&#339;uvre de propagande la plus parfaite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#171; L'amphith&#233;&#226;tre de la science est le temple de la d&#233;mocratie &#187;. Buckle : &#171; Histoire de la Civili&#173;sation en Angleterre &#187;, tome II, 2e partie, chap. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] M Dubois-Raymond a r&#233;p&#233;t&#233; cette phrase au mois de f&#233;vrier 1883, lors de la f&#234;te anniversaire de Fr&#233;d&#233;ric le grand, en rappelant les attaques dont il avait &#233;t&#233; l'objet &#224; ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Il existait d&#233;j&#224;, d&#232;s le IXe et le Xe si&#232;cles, des femmes m&#233;decins et des praticiennes de grand renom dans l'empire arabe, et notamment sous la domination des Maures en Espagne, o&#249; elles faisaient leurs &#233;tudes &#224; l'universit&#233; de Cordoue. La femme &#233;tait, &#224; cette &#233;poque, bien plus libre dans l'empire musulman-arabe, gr&#226;ce &#224; Mahomet qui am&#233;liora consid&#233;rablement sa situation sociale. Mais, dans la suite, les influences asiatiques, persanes et turques, ont amoindri sa situation en Orient. On trouvera d'int&#233;ressants renseignements l&#224;-dessus dans l' &#171; histoire de la civilisation de l'orient &#187; de von Kremer. Au XIIe si&#232;cle, des femmes &#233;tudiaient &#233;galement la m&#233;decine &#224; Bologne et &#224; Palerme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] An Adress upon the Co-Education of the Sexes. Philadelphie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#192; Berlin aussi la glace est enfin rompue. On y comptait, au printemps de 1883 cinq femmes exer&#173;&#231;ant la m&#233;decine et jouissant d'une client&#232;le totale tr&#232;s &#233;tendue. Les vieilles perruques des savants allemands s'en agitent avec inqui&#233;tude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Archives Lenine Archives Internet des marxistes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de la femme devant le droit. Sa place dans la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une cat&#233;gorie, une classe d'individus, se trouve dans la d&#233;pendance et dans l'oppression, cette d&#233;pendance trouve toujours son expression dans les lois du pays o&#249; elle est en usage. Les lois constituent l'&#233;tat social d'un peuple, ramen&#233; &#224; certaines formules et exprim&#233; par celles-ci ; elles en sont la propre image. Les femmes, en tant que sexe d&#233;pendant et opprim&#233; ne font pas exception &#224; cette r&#232;gle. Les lois sont d'ordre n&#233;gatif et d'ordre positif. N&#233;gatif, en ce sens que dans la r&#233;partition des droits elles ne tiennent pas plus compte des &#234;tres opprim&#233;s que s'ils n'existaient pas ; positif, en ce qu'elles les instruisent de leur situation d'inf&#233;riorit&#233; et indiquent, le cas &#233;ch&#233;ant, certaines exceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre droit commun est bas&#233; sur le droit romain qui ne connaissait l'homme que comme &#234;tre poss&#233;dant quelque chose. Cependant l'ancien droit germanique, qui concevait l'homme plus libre et se faisait &#233;galement de la femme une id&#233;e plus digne - d&#233;j&#224;, au temps de tacite, il existait des tribus qui avaient des femmes pour chefs, ce qui constituait une monstruosit&#233; aux yeux des Romains, - a conserv&#233; son influence. Par contre, chez les nations latines, les id&#233;es du droit romain dominent encore aujourd'hui, particuli&#232;rement en ce qui concerne le sexe f&#233;minin. Ce n'est pas l'effet du hasard si, dans la langue fran&#231;aise, l'&#234;tre humain pris en g&#233;n&#233;ral et l'&#234;tre humain masculin ne sont d&#233;sign&#233;s que par un seul et m&#234;me mot : &#171; l'homme &#187;. Le droit fran&#173;&#231;ais ne conna&#238;t l'&#234;tre humain qu'en tant qu'homme. Il en &#233;tait de m&#234;me &#224; Rome. Il y avait des citoyens romains, et seulement des femmes de citoyens romains ; la citoyenne n'existait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est superflu d'&#233;num&#233;rer la liste vari&#233;e des nombreux droits communs, particu&#173;li&#232;rement ceux de l'Allemagne. Quelques exemples suffiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le droit commun allemand, la femme est partout une mineure par rapport &#224; l'homme ; celui-ci est le ma&#238;tre auquel elle doit ob&#233;issance dans le mariage. Si elle n'est pas ob&#233;issante, le code prussien donne &#224; l'homme de &#171; basse &#187; condition le droit de lui infliger une correction corporelle immod&#233;r&#233;e. Comme la vigueur et le nombre des coups ne sont inscrits nulle part, l'homme en d&#233;cide souverainement. Dans le code de la ville de Hambourg il est dit : &#171; Mais l'application &#233;quitable d'une correction l&#233;g&#232;re est permise et accord&#233;e &#224; l'homme sur son &#233;pouse, aux parents sur leurs enfants, aux instituteurs sur leurs &#233;l&#232;ves, au ma&#238;tre et &#224; la ma&#238;tresse de la maison sur leurs domestiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des prescriptions de ce genre existent en grand nombre en Allemagne. D'apr&#232;s le code prussien l'homme peut encore prescrire &#224; sa femme pendant combien de temps elle devra donner le sein &#224; son enfant. C'est l'homme qui tranche toutes les questions concernant les enfants. Vient-il &#224; mourir, la femme est partout oblig&#233;e d'accepter un tuteur pour eux ; elle est consid&#233;r&#233;e commue mineure et incapable de les &#233;lever seule, m&#234;me quand il n'est subvenu &#224; leur entretien que par sa fortune ou son travail personnels. Sa fortune est administr&#233;e par l'homme ; en cas de faillite, dans la plupart des &#201;tats, on la consid&#232;re comme la propri&#233;t&#233; de celui-ci et on en dispose lorsqu'un contrat pass&#233; avant le mariage n'en a pas assur&#233; la possession &#224; la femme. L&#224; o&#249; le droit de primog&#233;niture existe pour la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, la femme, quand elle est l'a&#238;n&#233;e, ne peut entrer en possession du bien si elle a des fr&#232;res ou s'il existe des hommes dans la famille ; elle ne recueille la succession que si elle n'a pas de fr&#232;res ou si ceux-ci sont morts. Les droits politiques, qui, en g&#233;n&#233;ral, reposent sur la m&#234;me base, elle ne peut pas les exercer, sauf dans quelques cas particuliers, comme en Saxe, o&#249; la loi communale lui accorde comme propri&#233;taire le droit &#233;lectoral actif, mais lui refuse le droit passif, c'est-&#224;-dire l'&#233;ligibilit&#233;. Mais si elle a un mari, tous les droits se reportent sur celui-ci. Dans la plupart des &#201;tats, elle n'a pas le droit de conclure de trait&#233; sans le consentement de son mari, hors le cas o&#249; elle poss&#232;de une maison de commerce personnelle, que la loi nouvelle lui permet de fonder. La femme est exclue de toute action. La loi prussienne sur le droit de r&#233;union interdit aux &#233;coliers, aux apprentis au-dessous de 18 ans et aux femmes de prendre part aux r&#233;unions et aux assembl&#233;es politiques. Il n'y a pas encore bien des ann&#233;es que plusieurs codes de proc&#233;dure criminelle allemands interdisaient la pr&#233;sence des femmes dans l'auditoire pendant les d&#233;bats publics des tribunaux. Une femme engendre-t-elle un enfant ill&#233;gitime ? Elle n'a aucun droit &#224; une pension alimentaire si, au moment o&#249; elle a &#233;t&#233; f&#233;cond&#233;e, elle a accept&#233; un cadeau de son amant. Une femme fait-elle prononcer sa s&#233;paration de son mari ? Elle n'en porte pas moins son nom comme un souvenir &#233;ternel de lui ; c'est donc comme si elle se mariait une seconde fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples doivent suffire. En France, la femme est plus mal partag&#233;e encore. Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; de la fa&#231;on dont on y traite la recherche de la paternit&#233; dans les cas de naissance ill&#233;gitime. &#192; cela se rattache ce fait, qu'en cas de simple adult&#232;re de la part du mari, la femme ne peut pas porter de plainte en s&#233;paration de corps ; il faut que l'adult&#232;re ait &#233;t&#233; commis avec des circonstances aggravantes. Par contre, l'homme a le droit de demander la s&#233;paration de plano. Il en est de m&#234;me en Espagne, en Portugal et en Italie. D'apr&#232;s l'art. 215 du code civil, elle n'a pas le droit de tester en justice sans le consentement de son mari et de deux de ses plus proches parents, m&#234;me si elle exerce un commerce public. D'apr&#232;s l'art. 213, l'homme doit aide et protection &#224; son &#233;pouse, et celle-ci lui doit ob&#233;issance. L'administration de la fortune est l'affaire du mari, etc. Des dispositions analogues se rencontrent dans la Suisse fran&#231;aise, par exemple dans le canton de Vaud. il existe un mot bien significatif, qui donne une id&#233;e de la fa&#231;on dont Napol&#233;on 1er concevait la situation de la femme en France : &#171; Il y a une chose qui n'est pas fran&#231;aise, c'est une femme qui puisse faire ce qu'il lui pla&#238;t [1] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre, la situation de la femme devant le droit s'est sensiblement am&#233;li&#173;or&#233;e depuis le mois d'ao&#251;t 1882, et cela &#224; la suite d'une &#233;nergique propagande faite par les femmes dans le peuple et dans le Parlement. Avant cela, la femme anglaise &#233;tait purement et simplement l'esclave de son mari, qui pouvait en toute libert&#233; disposer &#224; sa guise de sa personne et de ses biens. Celui-ci &#233;tait responsable du crime commis par elle en sa pr&#233;sence, &#224; tel point elle &#233;tait consid&#233;r&#233;e absolument comme une mineure. La femme causait-elle un dommage &#224; autrui, on condamnait le mari tout comme si le dommage avait &#233;t&#233; caus&#233; par quelqu'un de ses animaux domestiques ; c'&#233;tait &#224; lui d'en r&#233;pondre. Par la loi d'Ao&#251;t 1882, la femme a &#233;t&#233; mise sur le m&#234;me pied que l'homme au point de vue du Droit Civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les &#201;tats europ&#233;ens. c'est en Russie que la femme a la situation la plus libre. Aux &#201;tats-Unis, tout au moins dans la majorit&#233; des &#201;tats, elle a gagn&#233; de haute lutte sa pleine &#233;galit&#233; devant le Droit Civil. Encore l'a-t-elle amoindrie dans ces pays par l'introduction des lois anglaises et analogues sur la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'in&#233;galit&#233; &#233;vidente et tangible des femmes devant le droit, par rapport aux hommes, a fait na&#238;tre cirez les plus avanc&#233;es d'entre elles la pr&#233;tention aux droits politiques pour pouvoir agir l&#233;gislativement en vue d'obtenir leur &#233;galit&#233;. C'est la m&#234;me pens&#233;e qui a d&#233;termin&#233; la classe des travailleurs &#224; diriger partout leur agitation sur la conqu&#234;te du pouvoir politique. Ce qui semble juste pour la classe des travail&#173;leurs ne peut ne pas l'&#234;tre pour les femmes. Opprim&#233;es, priv&#233;es de droits, partout trait&#233;es avec injustice, elles ont, non seulement le droit, mais encore le devoir de se d&#233;fendre et de s'emparer de tous les moyens qui leur semblent bons pour conqu&#233;rir une situation plus ind&#233;pendante. Contre ces efforts s'&#233;l&#232;vent naturellement encore les clameurs sinistres de la r&#233;action Voyons de quel droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande R&#233;volution fran&#231;aise de l789, qui disloqua tout le vieil organisme social et qui amena une d&#233;livrance des esprits telle que le monde n'en a point vu de pareille, fit aussi entrer les femmes en sc&#232;ne. Beaucoup d'entre elles, dans les vingt ann&#233;es qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent imm&#233;diatement l'explosion de la R&#233;volution, avaient d&#233;j&#224; pris urne part active aux grandes luttes intellectuelles qui passionnaient &#224; cette &#233;poque la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Elles accouraient en foule aux discussions s&#233;rieuses, se m&#234;laient aux cercles politiques et scientifiques, et aid&#232;rent pour leur part &#224; pr&#233;parer la R&#233;vo&#173;lution qui f&#238;t passer les th&#233;ories dans la pratique. La plupart des historiens n'ont pris acte que des exc&#232;s commis, et comme toujours quand il s'agit de jeter des pierres au peuple et d'exciter l'horreur contre lui, ils les ont d&#233;figur&#233;s jusqu'au monstrueux pour pouvoir n'en embellir que plus facilement les infamies des grands. Ils ont diminu&#233; ou pass&#233; sous silence l'h&#233;ro&#239;sme et la grandeur d'&#226;me dont ont fait preuve beaucoup de femmes de cette &#233;poque. Aussi longtemps que les vainqueurs seront seuls &#224; &#233;crire l'histoire des vaincus, il en sera de m&#234;me. Mais les temps changent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois d'octobre 1789, les femmes demand&#232;rent, par une p&#233;tition &#224; l'Assem&#173;bl&#233;e nationale, que l'on r&#233;tabl&#238;t l'&#233;galit&#233; entre l'homme et la femme, qu'on leur accord&#226;t la libert&#233; du travail et qu'on les admit aux fonctions auxquelles leurs aptitu&#173;des les pr&#233;disposaient. La demande du &#171; r&#233;tablissement &#187; de l'&#233;galit&#233; entre l'homme et la femme donne &#224; penser que celle-ci aurait pr&#233;c&#233;demment exist&#233;. Mais c'est l&#224; une erreur &#224; laquelle on se laissait aller &#224; cette &#233;poque pour tout ce qui concernait le pass&#233; de l'humanit&#233;. Tromp&#233; par une &#233;tude superficielle de l'histoire, sans notions des lois de l'&#233;volution humaine, on professait la croyance que les hommes avaient jadis v&#233;cu plus libres et plus heureux. Cette id&#233;e est encore aujourd'hui r&#233;pandue par-ci par-l&#224;, mais elle &#233;tait alors enseign&#233;e et repr&#233;sent&#233;e par les &#233;crivains les plus influents, et notamment par Rousseau. C'est pourquoi les &#171; revendications &#187; jou&#232;rent un grand r&#244;le dans toutes les discussions politiques et sociales ; on les retrouve fr&#233;quemment encore aujourd'hui chez les &#233;crivains radicaux fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1793 la Convention eut proclam&#233; les Droits le l'homme, les femmes perspicaces s'aper&#231;urent bien que ce n'&#233;tait que des droits des hommes qu'il &#233;tait question. Olympe de Gouges, Louise Lacombe, et d'autres encore, leur oppos&#232;rent les &#171; droits de la femme &#187; en 17 articles, les basant le 28 Brumaire (20 novembre 1793), devant la Commune de Paris, sur cette d&#233;claration : &#171; Si la femme a le droit de monter &#224; l'&#233;chafaud, elle doit avoir aussi celui de monter &#224; la tribune &#187;. Et lorsqu'en pr&#233;sence de toute l'Europe r&#233;actionnaire marchant contre elle, la Convention eut d&#233;clar&#233; &#171; la patrie en danger &#187;et convi&#233; tous les hommes en &#233;tat de porter les armes &#224; accourir en toute h&#226;te pour d&#233;fendre la Patrie et la R&#233;publique, d'enthousiastes parisiennes s'offrirent &#224; faire ce que r&#233;alis&#232;rent effectivement vingt ans plus tard contre le despo&#173;tisme de Napol&#233;on des femmes prussiennes : d&#233;fendre la patrie le fusil &#224; la main. Le radical Chaumette alla au-devant d'elles en leur criant : &#171; Depuis quand est-il permis aux femmes de renier leur sexe et de se changer en hommes ? Depuis quand est-il d'usage de les voir d&#233;laisser les soins pieux de leur m&#233;nage et les berceaux de leurs enfants pour venir, sur les places publiques, prononcer des discours du haut de la tribune, se m&#234;ler aux rangs des troupes, en un mot remplir des devoirs que la nature n'a donn&#233;s en partage qu'aux hommes ? La nature a dit &#224; l'homme : sois homme ! Les courses, la chasse, l'agriculture, la politique, les fatigues de tout genre sont ton privil&#232;ge. Elle a dit &#224; la femme : sois femme ! Le soin de tes enfants, les d&#233;tails du m&#233;nage, les douces inqui&#233;tudes de la maternit&#233;, voil&#224; tes travaux Femmes impru&#173;dentes, pourquoi voulez-vous devenir des hommes ? Le genre humain n'est-il pas assez divis&#233; ? Que vous faut-il de plus ? Au nom de la nature, restez ce que vous &#234;tes ; et, bien loin de nous envier les p&#233;rils d'une vie si orageuse, contentez-vous de nous les faire oublier au sein de nos familles, en laissant nos yeux se reposer sur le d&#233;licieux tableau de nos enfants, heureux gr&#226;ce &#224; vos soins &#233;clair&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes se laiss&#232;rent convaincre et s'en all&#232;rent. Sans aucun doute, le radical Chaumette a nettement rendu la pens&#233;e d'une foule de nos hommes qui, &#224; part cela, ont horreur de lui. Du reste, je crois aussi, pour ma part, que c'est faire une r&#233;partition convenable des devoirs de chacun que de confier &#224; l'homme la d&#233;fense de la patrie et &#224; la femme la garde du pays natal et du foyer. En Russie, &#224; l'&#233;poque actuelle, les hommes de villages entiers, une fois leurs champs labour&#233;s, s'en vont &#224; la fin de l'automne vers les usines lointaines, laissant &#224; leurs femmes la garde de la maison et l'administration de la commune. Au reste, les po&#233;tiques &#233;panchements de Chaumette se trouvent d&#233;truits par tout ce que nous avons dit de la vie de famille et de l'existence de la femme &#224; notre &#233;poque. Ce qu'il dit des fatigues de l'homme dans l'agriculture n'est pas exact non plus, car, depuis les temps les plus recul&#233;s jusqu'&#224; nos jours, ce n'est pas le r&#244;le le moins p&#233;nible que la femme y a jou&#233;. En ce qui concerne les &#171; fatigues &#187; de la chasse, des courses et de la politique, ces fatigues sont exclusive&#173;ment, quant aux deux premiers objets, un plaisir pour l'homme, et la politique n'a de danger que pour ceux qui veulent lutter contre le courant ; du reste elle leur donne au moins autant de plaisir que de fatigue. C'est l'&#233;go&#239;sme masculin qui parle, dans ce discours. Mais le discours a &#233;t&#233; tenu en 1793 ; cela excuse l'orateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les choses vont un peu diff&#233;remment. Les circonstances ont fortement chang&#233; depuis cette &#233;poque, et elles ont aussi modifi&#233; la situation de la femme. Mari&#233;e ou non, elle est plus int&#233;ress&#233;e que par le pass&#233; aux conditions sociales et politiques existantes. Il ne peut pas lui &#234;tre indiff&#233;rent que l'&#201;tat retienne chaque ann&#233;e dans l'arm&#233;e permanente des centaines de milliers d'hommes sains et vigou&#173;reux, que la politique soit belliqueuse ou pacifique, quelle charge d'imp&#244;ts il y a &#224; supporter et comment ils doivent &#234;tre pr&#233;lev&#233;s. Il ne peut pas lui &#234;tre indiff&#233;rent non plus que les choses les plus n&#233;cessaires &#224; l'existence rench&#233;rissent par suite des imp&#244;ts indirects qui favorisent la falsification des vivres et frappent la famille, d'autant plus lourdement qu'elle est plus nombreuse, dans un temps o&#249; les moyens d'existence sont eux-m&#234;mes d&#233;j&#224; r&#233;duits &#224; l'extr&#234;me. Elle est int&#233;ress&#233;e au plus haut degr&#233; au syst&#232;me d'&#233;ducation, car elle ne peut pas rester indiff&#233;rente &#224; la fa&#231;on dont son sexe sera &#233;lev&#233; dans l'avenir ; comme m&#232;re elle y a un double int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il y a aujourd'hui, comme nous l'avons montr&#233;, des millions de femmes qui, dans des centaines de genres e m&#233;tier, sont int&#233;ress&#233;es &#224; la mani&#232;re dont est faite la loi sociale qui les concerne. Les questions qui ont trait &#224; la dur&#233;e de la journ&#233;e, au travail de nuit et du dimanche, &#224; celui des enfants, aux salaires, aux termes du cong&#233;, aux certificats, aux mesures de s&#251;ret&#233; dans les usines, &#224; la disposition des ateliers, etc., tous ces points essentiels de la loi les regardent aussi bien que les hommes. Les ouvriers ne connais&#173;sent que fort peu ou m&#234;me ignorent compl&#232;tement les conditions du travail dans un grand nombre de branches d'industrie o&#249; les femmes sont employ&#233;es exclusivement ou en majorit&#233;. Les patrons ont tout int&#233;r&#234;t &#224; passer sous silence des vices d'organisation qui sont leur propre faute. L'inspection des fabriques, de son c&#244;t&#233;, ne s'&#233;tend pas &#224; un grand nombre des m&#233;tiers exclusivement exerc&#233;s par les femmes ; elle est encore et surtout d'une inefficacit&#233; notoire, et cependant une foule de ces branches d'industrie auraient besoin de se voir appliquer des mesures de s&#251;ret&#233; de tous genres. Il suffit de rappeler ici les ateliers de nos grandes villes o&#249; sont parqu&#233;es en commun les couturi&#232;res, les tailleuses, les modistes, etc. Aucune plainte ne s'en &#233;l&#232;ve, et c'est &#224; peine si on les inspecte. Le triste r&#233;sultat de l'enqu&#234;te officielle faite en 1874 sur les occupations auxquelles se livrent les femmes, montre au mieux combien l'organisation manque encore et combien il reste &#224; faire de ce c&#244;t&#233;. Enfin, en tant que productrice, la femme est &#233;galement int&#233;ress&#233;e &#224; la l&#233;gislation commerciale et douani&#232;re, il n'existe donc aucun doute sur ce point qu'elle a le droit de r&#233;clamer une influence, au moyen de la loi, sur la forme des conditions sociales. Sa partici&#173;pation &#224; la vie publique ne manquerait pas de donner &#224; cette influence un essor consid&#233;rable et d'ouvrir une quantit&#233; de points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; des r&#233;clamations de ce genre on coupe imm&#233;diatement court par cette r&#233;ponse : les femmes ne comprennent rien &#224; la politique, et pour la plupart ne veulent pas en entendre parler ; elles ne savent pas non plus se servir du droit de vote. cela est vrai et cependant ne l'est pas. Ce qu'il y a de certain, c'est que jusqu'&#224; pr&#233;sent il n'y a eu qu'un tr&#232;s petit nombre de femmes, en Allemagne tout au moins, qui se soient risqu&#233;es &#224; r&#233;clamer pour leur sexe l'&#233;galit&#233; des droits politiques. Une seule, &#224; ma connaissance, Madame Edwige Dohm, est intervenue dans ce sens par ses &#233;crits ; elle ne l'en a fait que plus &#233;nergiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exciper du peu d'int&#233;r&#234;t que les femmes ont apport&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent au mouve&#173;ment politique ne prouve absolument rien. De ce que les femmes ne se sont pas, jusqu'ici, pr&#233;occup&#233;es de la politique, il ne ressort pas qu'elles ne le devaient pas. Comment en a-t-il &#233;t&#233; jadis pour les hommes ? Les m&#234;mes raisons que l'on fait valoir aujourd'hui contre le droit &#233;lectoral des femmes, on les a invoqu&#233;es en Allemagne contre le suffrage universel des hommes, pendant la premi&#232;re moiti&#233; de la p&#233;riode d&#233;cennale de 1860-1870, et l'adoption de celui-ci en l867 a fait &#233;vanouir d'un seul coup toutes les objections. Moi-m&#234;me j'appartenais encore, en 1863,&#224; ceux qui se d&#233;claraient contre le suffrage universel, et quatre ans apr&#232;s je lui devais mon &#233;lection au Reichstag. Il en fut. de m&#234;me pour des milliers d'autres qui trouv&#232;rent leur chemin de Damas. Toutefois, ils sont encore nombreux les hommes qui ne se servent pas de leur droit politique essentiel ou qui ne savent pas s'en servir ; mais il ne viendra &#224; l'id&#233;e de personne de vouloir le leur retirer pour cela. En Allemagne, dans les &#233;lections au Reichstag, il y a r&#233;guli&#232;rement 40 % de citoyens qui ne votent pas, et ces abstentionnistes se recrutent dans toutes les classes, il s'y trouve des savants comme des ouvriers manuels. Et parmi les 60 % qui prennent part au scrutin, la plupart, &#224; mon sens, votent encore comme ils ne devraient pas le faire s'ils comprenaient leur v&#233;ritable int&#233;r&#234;t. Qu'ils ne le comprennent pas, cela tient au manque d'&#233;ducation politique, que ces 60 % ont n&#233;anmoins encore &#224; un plus haut degr&#233; que les 40 % qui s'abstiennent compl&#232;tement, d&#233;duction faite de ceux qui se tiennent &#224; l'&#233;cart de l'urne &#233;lectorale parce qu'ils ne peuvent pas voter suivant leur libre conviction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'&#233;ducation politique des masses ne peut se faire si on les tient un dehors des affaires publiques, mais seulement si on leur accorde l'exercice de leurs droits. Pas d'exercice, pas de ma&#238;tre. Jusqu'ici les classes dirigeantes ont cherch&#233;, dans leur int&#233;&#173;r&#234;t, &#224; tenir la majorit&#233; du peuple en tutelle politique, et cela leur a toujours parfaitement et compl&#232;tement r&#233;ussi. C'est ainsi que, jusqu'&#224; l'heure actuelle, il n'a &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; qu'&#224; une minorit&#233; d'hommes privil&#233;gi&#233;s ou favoris&#233;s par les circonstances, de prendre la t&#234;te de l'attaque et de combattre avec &#233;nergie et enthousiasme pour tous, afin de r&#233;veiller peu &#224; peu la grande masse engourdie et de l'entra&#238;ner apr&#232;s eux. Il en a &#233;t&#233; ainsi jusqu'&#224; pr&#233;sent dans tous les grands mouvements d'opinion ; il n'y a donc pas plus lieu de s'&#233;tonner que de se d&#233;courager s'il n'en est pas autrement ni dans le mouvement du prol&#233;tariat moderne ni dans celui de la question des femmes. Les r&#233;sultats obtenus d&#233;j&#224; prouvent que peines, fatigues et sacrifices, trouvent leur r&#233;compense, et l'avenir nous donnera la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le moment o&#249; les femmes auront obtenu l'&#233;galit&#233; de leurs droits, na&#238;tra aussi on elles la conscience de leurs devoirs. Sollicit&#233;es de donner leurs voix, elles se demanderont &#224; leur tour : pourquoi ? pour qui ? D&#232;s cet instant, il s'&#233;changera entre l'homme et la femme des inspirations qui, loin de nuire &#224; leurs rapports r&#233;ciproques, ne feront au contraire que les am&#233;liorer dans une large mesure. La femme moins instruite, aura recours &#224; l'homme, qui le sera davantage. il s'en suivra un &#233;change d'id&#233;e s, de conseils, un &#233;tat de choses enfin comme il n'en aura exist&#233; jusque-l&#224; entre les deux sexes que dans des cas extr&#234;mement rares. Cela donnera &#224; leur vie un charme tout nouveau. La malheureuse diff&#233;rence d'&#233;ducation et de conception que nous avons d&#233;peinte plus haut, qui cause tant de divergences d'opinion, tant de querelles de m&#233;nage, fait h&#233;siter le mari entre ses divers devoirs et nuit au bien de la communaut&#233;, s'effacera de plus en plus. Au lieu d'un obstacle, l'homme trouvera un soutien dans la personne d'une femme pensant comme lui ; elle ne grondera pas, m&#234;me quand ses propres devoirs l'emp&#234;cheront d'y prendre part, lorsque l'homme remplira ses obliga&#173;tions. Elle trouvera &#233;galement fort bien qu'une faible partie du salaire soit d&#233;pens&#233;e pour un journal, pour la propagande, parce que le journal servira aussi &#224; son instruction et &#224; sa distraction, parce qu elle comprendra la n&#233;cessit&#233; de faire des sacrifices pour conqu&#233;rir ce qui lui manque &#224; elle, comme &#224; son mari et &#224; ses enfants : une existence vraiment humaine, une &#233;galit&#233; de droits compl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'entr&#233;e de chacun des deux membres du m&#233;nage dans la vie politique aura une action infiniment plus noble, plus moralisatrice, sur le bien-&#234;tre commun, lequel est li&#233; de la fa&#231;on la plus &#233;troite au bien-&#234;tre individuel ; elle produira donc l'effet contraire de ce que pr&#233;tendent les gens &#224; courte vue ou les adversaires d'une r&#233;publique ayant pour base l'&#233;galit&#233; des droits de tous ses membres. Et ces rapports entre les deux sexes s'am&#233;lioreront encore, &#224; mesure que les institutions sociales d&#233;livreront l'homme et la femme des soucis mat&#233;riels et du poids d'un travail exag&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, comme dans beaucoup d'autres cas, l'habitude et l'&#233;ducation seront donc d'un grand secours. Si je ne vais pas &#224; l'eau, je n'apprendrai jamais &#224; nager ; si je n'&#233;tudie pas une langue &#233;trang&#232;re, si je ne la pratique pas, je ne la comprendrai jamais. Tout le monde trouve cela naturel et dans l'ordre, mais ne comprend pas que cela s'applique &#233;galement aux conditions de l'&#201;tat, de la soci&#233;t&#233;. Nos femmes sont-elles plus incapables que les n&#232;gres bien inf&#233;rieurs &#224; elles &#224; qui on a reconnu, dans l'Am&#233;rique du Nord, l'enti&#232;re &#233;galit&#233; de droits politiques ? Et des milliers de femmes intelligentes doivent-elles jouir de moins de droits que l'homme le plus grossier, le moins civilis&#233;, qu'un t&#226;cheron ignorant du fond de la Pom&#233;ranie, ou quelque terrassier ultramontain de la Pologne, pour cette seule raison que le hasard de la naissance a fait de ceux-ci des hommes. Le fils a plus de droits que la m&#232;re de laquelle il tient peut-&#234;tre ses meilleures qualit&#233;s et qui l'a fait ce qu'il est. C'est bizarre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au surplus, nous ne sommes pas, en Allemagne, les premiers qui aient risqu&#233; un saut dans l'inconnu, dans ce qui ne s'&#233;tait jamais vu. L'Am&#233;rique du Nord et l'Angle&#173;terre ont d&#233;j&#224; fray&#233; la voie. Dans plusieurs &#201;tats de la premi&#232;re, les femmes jouissent des m&#234;mes droits &#233;lectoraux que les bommes. Les r&#233;sultats en sont excellents. Dans le territoire de Wyoming on a d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233; le droit &#233;lectorat des femmes depuis 1869. Le rapport ci-dessous nous renseigne au mieux sur les effets de cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 d&#233;cembre 1872, le juge Kingmann, de Laramie-City, dans le territoire de Wyomning, &#233;crivait au Journal des Femmes (Women's Journal) de Chicago :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; il y a aujourd'hui trois ans que, dans notre territoire, les femmes ont obtenu le droit de vote, en m&#234;me temps que celui de participer aux emplois comme les autres &#233;lecteurs. Dans ce laps de temps elles ont vot&#233; et ont &#233;t&#233; &#233;lues &#224; diff&#233;rentes fonctions ; elles ont notamment rempli celles de jur&#233;s et de juges de paix. Elles ont en g&#233;n&#233;ral pris part &#224; toutes nos &#233;lections et, bien que je croie qu'au d&#233;but un certain nombre d'entre nous n'approuvaient pas cette introduction de la femme dans la vie publique, je n'en pense pas moins que personne ne saurait se d&#233;fendre de reconna&#238;tre qu'elle a exerc&#233; sur nos &#233;lections une influence heureuse au point de vue de la bonne &#233;duca&#173;tion. Il se produisit ce fait que les &#233;lections se pass&#232;rent tranquillement, dans le plus grand ordre, et que, dans le m&#234;me temps, nos tribunaux furent mis en mesure d'atteindre et de punir diff&#233;rents genres de crimes rest&#233;s impunis jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi, par exemple, que, lors de l'organisation de l'&#201;tat, il n'y avait presque personne qui ne port&#226;t un revolver sur soi et qui n'en fit usage pour la moindre querelle. Je n'ai pas souvenir d'un seul cas ou un jury compos&#233; d'hommes ait reconnu coupable un de ceux qui avaient tir&#233;, mais avec deux ou trois femmes dans le jury, celui-ci a toujours donn&#233; suite aux instructions judiciaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus loin le juge Kingmann explique qu'&#224; la v&#233;rit&#233; il arriva fr&#233;quemment que l'on ne put avoir des femmes dans le jury &#224; cause de leurs occupations domestiques - ce que regrettaient les juges, - mais qu'une fois qu'elles avaient accept&#233; une fonction, elles la remplissaient avec beaucoup de conscience. Elles donnaient, d'apr&#232;s lui, plus d'attention que les hommes &#224; la marche des d&#233;bats, &#233;taient moins influenc&#233;es par les relations d'affaires et des consid&#233;rations &#233;trang&#232;res au proc&#232;s, et avaient une con&#173;science plus scrupuleuse de leur responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, leur pr&#233;sence, commue jur&#233;s ou comme juges, aurait eu pour effet de faire r&#233;gner dans la salle d'audience plus d'ordre et plus de tranquillit&#233; ; les hommes s'y seraient comport&#233;s avec beaucoup de respect et de politesse ; les auditeurs y auraient paru mieux habill&#233;s ; les d&#233;bats auraient, &#224; tous &#233;gards, pris un caract&#232;re plus digne, et les affaires se seraient d&#233;nou&#233;es plus rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes auraient eu la m&#234;me heureuse influence saur les &#233;lections publiques. Celles-ci qui, pr&#233;c&#233;demment, ne se passaient jamais sans force scandale, tumulte et violences de tous genres, et o&#249; les ivrognes ne manquaient pas auraient pris depuis un aspect tout autre et enti&#232;rement diff&#233;rent. Les femmes venant exercer leur droit de vote seraient trait&#233;es par chacun avec les plus grands &#233;gards, les braillards et les tapageurs auraient disparu, et les &#233;lections se passeraient aussi tranquillement qu'on peut le souhaiter. Elles ont &#233;galement pris part aux &#233;lections en nombre toujours croissant, et il est arriv&#233; fr&#233;quemment qu'elles vot&#232;rent dans un autre sens que leurs maris, sans que jusqu'ici cela ait rien amen&#233; de f&#226;cheux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge Kingmann termine sa lettre par ces paroles, dignes d'&#234;tre remarqu&#233;es : &#171; Je proclame aussi hautement que possible que, tandis que j'ai vu de grands avanta&#173;ges et beaucoup de bien r&#233;sulter pour la vie publique de cette modification de nos lois, je n'y ai pu d&#233;couvrir ni un mal ni un inconv&#233;nient, malgr&#233; les mauvais pr&#233;sages que la concession accord&#233;e aux femmes avait fait &#233;mettre aux adversaires de cette mesure &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre &#233;galement, o&#249; dans un grand nombre de communes les femmes qui paient le cens jouissent du droit de vote3 il n'en est en aucune fa&#231;on ressorti rien de f&#226;cheux. Sur 27.946 femmes qui, dans 66 communes, poss&#233;daient le droit de voter, 14.415, soit plus de 50 %, prirent part au premier scrutin. Sur 166.781 hommes, &#224; peu pr&#232;s 65 % y particip&#232;rent. En Allemagne aussi, par exemple en Saxe, le droit de vote est accord&#233; &#224; la femme, d'une fa&#231;on tout exceptionnelle, il est vrai. D'apr&#232;s le code des communes rurales, elle a le droit &#171; actif &#187; de vote quand elle est propri&#233;taire fon&#173;ci&#232;re et non mari&#233;e. Supposons le cas o&#249;, dans une commune, il se trouverait une majorit&#233; d'&#233;lecteurs de cette cat&#233;gorie : elles pourraient &#233;lire les deux tiers du conseil communal, mais il leur faudrait voter&#8230; pour des hommes. D&#232;s que la femme prend un mari, elle perd son droit de vote qui passe sur la t&#232;te de celui-ci ; la propri&#233;t&#233; est-elle ali&#233;n&#233;e, ils perdent leur droit de vote tous deux. Le droit de vote n'est donc pas attach&#233; &#224; la personne, mais au&#8230; sol. Voil&#224; qui en dit long sur la morale et sur les conceptions de l'&#201;tat. Homme, tu n'es qu'un z&#233;ro, si tu ne poss&#232;des ni argent ni bien ; la raison, l'intelligence sont des accessoires, elles ne comptent pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, on objecte encore que le droit de suffrage des femmes est dangereux parce que la femme est facilement accessible aux suggestions religieuses et parce qu'elle est conservatrice. Bien ; mais elle n'est l'un et l'autre que parce qu'elle est ignorante. Qu'on fasse donc son &#233;ducation et qu'on lui apprenne o&#249; g&#238;t son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t. Au reste, &#224; mon avis, on s'exag&#232;re l'influence religieuse dans les &#233;lections. Si la propagande ultramontaine en Allemagne a &#233;t&#233; si fertile en r&#233;sultats, c'est unique&#173;ment et absolument parce qu'elle a m&#234;l&#233; l'int&#233;r&#234;t social &#224; l'int&#233;r&#234;t religieux. Les calotins de l'ultramontanisme ont lutt&#233; avec les d&#233;mocrates socialistes &#224; qui r&#233;v&#233;lerait la pourriture sociale. De l&#224; leur influence sur les masses. D&#232;s l'instant o&#249; la paix sera faite dans le &#171; Kulturkampf &#187;, ces messieurs seront oblig&#233;s de se calmer, le feuillet se retournera, et l'on verra alors combien est mince la v&#233;ritable influence religieuse. Cela s'applique aussi &#224; la femme. D&#232;s qu'elle aura entendu, par les hommes, dans les assembl&#233;es, par les journaux, d&#232;s qu'elle aura appris par sa propre exp&#233;rience o&#249; se trouve son v&#233;ritable int&#233;r&#234;t, elle s'&#233;mancipera du clerg&#233; aussi rapidement que l'homme. Mais admettons que cela n'arrive pas ; cela pourrait-il constituer une raison &#233;quitable pour lui refuser le droit de vote ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires les plus acharn&#233;s du droit de suffrage des femmes sont les pr&#234;tres. Ils savent pourquoi. C'est leur puissance dans leur dernier domaine qui serait en cause. Que diraient les travailleurs si les lib&#233;raux voulaient abolir le suffrage uni&#173;versel - qui leur est fort d&#233;sagr&#233;able - parce qu'il sert de plus en plus aux socialistes ? Un droit bon en soi ne devient pas mauvais par le seul fait que celui qui l'exerce n'a pas encore appris &#224; en faire bon usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que le droit de vote actif est li&#233; au droit passif, autrement ce serait un couteau sans lame. J'entends encore cette objection : &#171; Une femme &#224; la tribune du Reichstag ! Ce serait du propre &#187; Nous avons d&#233;j&#224; pris l'habitude de voir les femmes &#224; la tribune dans leurs Congr&#232;s et dans leurs r&#233;unions, en Am&#233;rique aussi dans la chaire et au banc des jur&#233;s, pourquoi donc alors ne monteraient-elles pas &#233;galement &#224; la tribune du Reichstag ? On peut &#234;tre certain que la premi&#232;re femme qui entrerait au Reichstag en serait une qui saurait s'imposer aux hommes. Lorsque les premiers repr&#233;sentants des travailleurs y entr&#232;rent, on crut aussi pouvoir se moquer d'eux et l'on pr&#233;tendit que les travailleurs ne tarderaient pas &#224; s'apercevoir de la folie qu'ils avaient commise. Mais ils surent rapidement se faire respecter, et maintenant on craint qu'ils ne deviennent bient&#244;t trop nombreux. Des plaisantins font cette objection frivole : &#171; Repr&#233;sentez-vous donc une femme enceinte &#224; la tribune du Reichstag ! Ce que &#231;a manquerait d' &#171; esth&#233;tique &#187; ! Mais ces m&#234;mes messieurs trouvent parfaite&#173;ment convenable que des femmes par centaines, et dans l'&#233;tat de grossesse le plus avanc&#233;, soient employ&#233;es aux occupations les moins &#171; esth&#233;tiques &#187;, o&#249; dignit&#233; f&#233;minine, sant&#233;, m&#339;urs, sont foul&#233;es aux pieds. C'est &#224; mes yeux un triste individu que celui qui ne trouve que des plaisanteries pour une femme enceinte, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve quand il la voit dans cet &#233;tat. La seule pens&#233;e que sa propre m&#232;re a eu le m&#234;me aspect avant de le mettre au monde devrait lui faire monter le rouge au visage ; et cette autre pens&#233;e que c'est, de par la nature, un homme qui a &#233;t&#233; le complice de cette position, et que lui-m&#234;me, le brutal insulteur, attend d'un &#233;tat semblable de sa femme la r&#233;alisation de ses v&#339;ux les plus chers, devrait le rendre muet de honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout ne roulait que sur l'ext&#233;rieur suffisamment esth&#233;tique des repr&#233;sentants du peuple, plus d'un parmi ces messieurs du Reichstag supporterait mal l'&#233;preuve. Plus d'un d'entre eux est pourvu d'un embonpoint excessif qu'il ne doit pas &#224; un effet primordial et essentiel de la nature, mais aux soins exag&#233;r&#233;s qu'il prend de sa ch&#232;re personne, et par lequel il fait le plus grand tort &#224; son caract&#232;re et &#224; son intelligence. L'ob&#233;sit&#233; est presque toujours le signe d'une existence de parasite, tandis que, pour une femme, la grossesse est un signe de sant&#233; physique, le t&#233;moignage de l'accom&#173;plissement consciencieux d'une fonction naturelle. La femme qui fait des enfants rend &#224; la collectivit&#233; un service pour le moins &#233;gal &#224; celui de l'homme qui d&#233;fend, au p&#233;ril de sa vie, son pays et son foyer contre le pillage ennemi. De plus, la vie de la femme est mise en jeu &#224; chaque maternit&#233; nouvelle ; toutes nos m&#232;res ont, &#224; notre naissance, vu la mort de pr&#232;s, et beaucoup ont pay&#233; cet acte de leur vie. Le nombre des femmes qui meurent pendant leurs couches ou qui d&#233;p&#233;rissent de leurs suites est vraisem&#173;blablement plus &#233;lev&#233; que celui des hommes qui sont tu&#233;s ou bless&#233;s sur le champ de bataille. Pour cette raison encore la femme a droit &#224; l'&#233;galit&#233;, notamment au cas o&#249; l'homme ferait valoir pr&#233;cis&#233;ment ses devoirs de d&#233;fenseur de la patrie comme un argument d&#233;cisif contre la femme. D'ailleurs, en raison de nos institutions militaires, la plupart des hommes n'ont m&#234;me pas &#224; remplir ce devoir qui, pour la majorit&#233; d'entre eux, n'existe que sur le papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces objections superficielles contre l'action de la femme dans les affaires publiques ne pourraient &#234;tre formul&#233;es si la situation respective des deux sexes &#233;tait naturelle, si elle ne constituait pas un antagonisme, d&#251; &#224; l'&#233;ducation, des rapports de ma&#238;tre &#224; esclave, et si, d&#232;s l'enfance, elle ne s&#233;parait pas les deux sexes au point de vue social. C'est principalement cet antagonisme, dont le christianisme est coupable, qui tient constamment s&#233;par&#233;s l'homme et la femme, l'un au-dessus de l'autre main&#173;tenus dans l'obscurit&#233;, et qui entrave leur libert&#233; d'allures, leur confiance mutuelle, le d&#233;veloppement r&#233;ciproque complet de leurs qualit&#233;s caract&#233;ristiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des premiers et des plus importants devoirs d'une soci&#233;t&#233; rationnelle sera de supprimer cette m&#233;sintelligence entre les deux sexes et de replacer la nature en pleine possession de ses droits. D&#232;s l'&#233;cole, on commence &#224; agir contre la nature. On commence par s&#233;parer les gar&#231;ons des filles ; puis on ne leur donne qu'une instruction fausse, voire nulle, sur tout ce qui concerne l'&#234;tre humain consid&#233;r&#233; au point de vue sexuel. Pourtant aujourd'hui on enseigne l'histoire naturelle dans toute &#233;cole passa&#173;ble : l'enfant apprend que les oiseaux pondent des oeufs et les couvent ; on lui dit aussi &#224; quelle &#233;poque se forment les couples, qu'il faut pour cela des m&#226;les et des femelles qui se chargent de concert de construire le nid, de couver les oeufs et de soigner les petits. Il apprend encore que les mammif&#232;res mettent au monde leurs petits tout vivants ; on lui parle de l'&#233;poque &#224; laquelle ces animaux entrent en rut et des combats que se livrent les m&#226;les entre eux pendant ce temps ; on lui fait conna&#238;tre le nombre habituel des petits, peut-&#234;tre aussi la dur&#233;e de la gestation chez la femelle. Mais on le laisse dans l'ignorance compl&#232;te en ce qui concerne la formation et le d&#233;veloppement de son propre sexe ; on lui cache cela sous un voile plein de myst&#232;re. Et lorsque l'enfant cherche &#224; satisfaire par des questions &#224; ses parents - il s'adresse rarement pour cela &#224; son ma&#238;tre - son d&#233;sir bien naturel de savoir, on lui fait avaler les histoires les plus b&#234;tes, qui ne peuvent le contenter, et produisent un effet d'autant plus f&#226;cheux lorsqu'un beau jour il apprend quand m&#234;me le secret de sa naissance. Il doit y avoir peu d'enfants qui, &#224; l'&#226;ge de douze ans, ne le connaissent pas d&#233;j&#224;. Ajoutez &#224; cela que, dans toute petite ville ainsi qu'&#224; la campagne, les enfants ont sous les yeux, d&#232;s leur premi&#232;re jeunesse. L'accouplement de la volaille, le rut des animaux domestiques, et cela &#224; proximit&#233; d'eux, dans la cour de la maison, dans la rue, quand les animaux sont men&#233;s au p&#226;turage, etc. Ils entendent comment l'&#233;tat de chaleur et son assouvissement chez les diff&#233;rents animaux domestiques, de m&#234;me que la mise au monde de leurs petits font, de la part de leurs parents, des domestiques, de leurs fr&#232;res et s&#339;urs a&#238;n&#233;s, l'objet des discussions les plus approfondies et les moins gaz&#233;es pendant les repas du matin, de midi et du soir. Tout cela fait na&#238;tre dans l'esprit de l'enfant un doute au sujet de la description que lui a faite sa m&#232;re de sa propre entr&#233;e dans la vie. Le jour o&#249; il sait tout arrive quand m&#234;me, mais dans des conditions bien diff&#233;rentes de celles dans lesquelles il serait venu si on avait suivi un syst&#232;me d'&#233;ducation naturel et rationnel. Le secret de l'enfant a pour cons&#233;quence de l'&#233;loigner de ses parents et notamment de sa m&#232;re. Il arrive juste le contraire du r&#233;sultat que l'on voulait atteindre par impr&#233;voyance et manque de bons sens. Quiconque se rappelle sa propre enfance et celle de ses camarades du premier &#226;ge sait quelles sont fr&#233;quem&#173;ment les suites de cet &#233;tat de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; &#233;crit sur ce sujet, par une am&#233;ricaine [2], un livre dans lequel celle-ci nous dit entre autres choses que, pour satisfaire aux questions que lui posait sur son arriv&#233;e au monde son fils &#226;g&#233; de huit ans, et ne voulant pas lui faire de contes - ce qu'elle tenait pour immoral -, elle lui r&#233;v&#233;la sa v&#233;ritable origine. L'enfant, raconte-t-elle, l'&#233;couta avec la plus grande attention, et du jour o&#249; il sut ce qu'il avait co&#251;t&#233; &#224; sa m&#232;re de soins et de douleurs, il s'attacha &#224; elle avec une tendresse et un respect jusque-l&#224; inconnus et reporta m&#234;me ce respect sur les autres femmes L'auteur part de ce point de vue tr&#232;s juste qu'une &#233;ducation conforme &#224; la nature peut seule avoir pour cons&#233;&#173;quence n&#233;cessaire une am&#233;lioration sensible des rapports entre les deux sexes et notamment le d&#233;veloppement du respect et de la retenue de l'homme &#224; l'&#233;gard de la femme. Quiconque, libre d'id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, pense d'une fa&#231;on naturelle, ne saurait arriver &#224; une conclusion diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le point d'o&#249; l'on parte pour critiquer notre situation, on en revient toujours, en fin de compte, &#224; ceci : une modification essentielle des conditions sociales et, par l&#224;, des rapports entre les sexes. Mais d&#232;s lors que la femme, livr&#233;e &#224; ses propres forces, ne pourrait jamais atteindre ce but, il lui faut s'enqu&#233;rir d'alli&#233;s, qu'elle trouve tout naturellement dans l'agitation prol&#233;tarienne consid&#233;r&#233;e comme le mouvement d'une classe opprim&#233;e. Les travailleurs ont, depuis longtemps d&#233;j&#224;, entre&#173;pris de donner l'assaut &#224; cette forteresse, l'&#201;tat de classes, qui repr&#233;sente la domi&#173;nation d'une classe aussi bien que celle d'un sexe sur l'autre. Cette forteresse, il faut de toutes parts l'entourer de tranch&#233;es et de chemins couverts ; il faut. employer des armes de tous les calibres pour l'obliger &#224; se rendre. Notre arm&#233;e trouve partout ses officiers et les munitions n&#233;cessaires. L'&#233;conomie sociale et les sciences natu&#173;relles, unies aux recherches historiques, &#224; la p&#233;dagogie, &#224; l'hygi&#232;ne, et la statistique viennent &#224; notre aide pour des raisons diverses ; la philosophie ne veut pas rester en arri&#232;re et nous annonce, par la&#171; Philosophie de la d&#233;livrance &#187;, de Ma&#239;nland, la r&#233;alisation de l' &#171; &#201;tat id&#233;al &#187; comme &#233;tant d'un avenir prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui facilite la conqu&#234;te finale de l'&#201;tat de classes actuel et son renversement, c'est la division qui r&#232;gne parmi ses d&#233;fenseurs qui, malgr&#233; leur association d'int&#233;r&#234;ts contre l'ennemi commun, ne s'en combattent pas moins constamment dans leur lutte &#171; pour l'assiette au beurre &#187;. Les int&#233;r&#234;ts des deux factions se combattent. Ce sont ensuite les r&#233;voltes qui &#233;clatent chaque jour plus nombreuses dans les rangs de nos ennemis, dont les troupes, pour la plupart corps de notre corps, chair de notre chair, n'ont jusqu'ici combattu contre nous et contre elle-m&#234;mes que fourvoy&#233;es par suite de malentendus, et en arrivent &#224; voir toujours plus clair. Et ce n'est pas en dernier lieu qu il faut compter les d&#233;sertions des hommes honorables appartenant aux milieux de nos adversaires, mais dont les yeux se sont dessill&#233;s, que leur haute science, leur connais&#173;sance plus approfondie des choses, excitent &#224; se soustraire aux mis&#233;rables int&#233;r&#234;ts de classe et &#224; l'&#233;go&#239;sme, et qui, ob&#233;issant &#224; l'impulsion de leur id&#233;al, apportent &#224; l'huma&#173;nit&#233; alt&#233;r&#233;e de libert&#233; le secours de leur enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le degr&#233; complet de d&#233;sagr&#233;gation o&#249; se trouvent d&#233;j&#224; d&#232;s aujour&#173;d'hui l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; ne ressort pas encore clairement aux yeux de beaucoup de gens, bien que nous en ayons &#224; maintes reprises montr&#233; les parties sombres, il est n&#233;cessaire d'en faire aussi l'expos&#233;. C'est le sujet du chapitre suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Bridel : &#171; Puissance maritale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Womanhood : its Sanctities and Fidelities by Isabella Beecher-Hooker. Boston : Lee and Shepard, Publishers. New-York : Lee Shepard and Dillingham, 1874.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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