Matière et Révolution
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<p>Lettre ouverte aux groupes révolutionnaires <br class='autobr' />
Objet : Droit de réponse et débat sur la participation de « révolutionnaires » aux élections : Y-a-t-il des communistes révolutionnaires (ou trotskyste ou bolcheviks-léninistes) aux élections ? <br class='autobr' />
Des élections législatives partielles ont eu lieu en France auxquelles ont participé des militants se réclamant de la révolution sociale. Issus de cette extrême gauche par laquelle nous avons été formés et parmi laquelle nous avons milité, nous (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
<div class='rss_texte'><p>Lettre ouverte aux groupes révolutionnaires</p>
<p>Objet : Droit de réponse et débat sur la participation de « révolutionnaires » aux élections : Y-a-t-il des communistes révolutionnaires (ou trotskyste ou bolcheviks-léninistes) aux élections ?</p>
<p>Des élections législatives partielles ont eu lieu en France auxquelles ont participé des militants se réclamant de la révolution sociale. Issus de cette extrême gauche par laquelle nous avons été formés et parmi laquelle nous avons milité, nous souhaitons apporter un point de vue critique, un point de vue bolchevik-léniniste (c'est ainsi que Trotsky intitulait son courant), sur cette extrême-gauche qui, pour nous, a rompu avec le communisme et le trotskysme contrairement à ce qu'elle prétend ! Nous nous saisissons donc des élections législatives partielles à laquelle des militants de ces différentes organisations d'extrême gauche participent pour dénoncer des militants présentés à tort comme révolutionnaires.</p>
<p>En effet, des organisations comme LO (Lutte ouvrière) ou encore les deux NPA (Anticapitaliste ou Révolutionnaires) ou Révolution Permanente se présentent à quasi toutes les élections sous diverses étiquettes (anticapitalistes, communistes révolutionnaires voire même trotskystes). Or leur intervention électorale est électoraliste et reste sur le terrain bourgeois et n'a rien à voir avec la tactique électorale développée par les bolcheviks et l'Internationale Communiste (celle de Lénine et Trotsky), mais bien plus avec le réformisme bourgeois au travers d'une critique creuse des institutions qui ne distingue pas vraiment de LFI ou du NFP ! A aucun moment, et nous le verrons, les élections ne sont le moment pour ces organisations pour défendre un programme communiste (bolchevik-léniniste) mais pour défendre un programme économique comme le programme d'urgence de LO ou le programme de luttes ou programme de convergences des luttes dont l'extrême gauche aime se gargariser pour soi-disant se démarquer des réformistes ou des syndicats avec qui pourtant ils s'acoquinent régulièrement pour éviter toute auto-organisation révolutionnaire des prolétaires et du peuple travailleur ! Et malgré tous leurs cris d'orfraies, ils ont à de nombreuses reprises appelé à voter à gauche</p>
<p>Et la prochaine participation électorale ne déroge pas à la règle prouvant encore une fois leur rupture avec le courant bolchevik-léniniste dont Trotsky fut un des derniers représentants historiques mais avec toute la tradition socialiste et communiste depuis Marx que l'on peut retrouver en France au travers du programme du Parti Ouvrier de Français et du syndicalisme révolutionnaire de la CGT dont nos extrêmes gauches taisent l'existence ou ressortent seulement les jours de fêtes pour clamer haut et fort qu'ils sont révolutionnaires et mener au quotidien une politique qui ne peut même plus être qualifier de réformisme ouvrier, celui-ci étant mort en 1914 en passant dans le camp de la bourgeoisie sur des bases social-patriotes.</p>
<p>Voilà pourquoi, en tant que prolétaires bolcheviks-léninistes, nous aimerions avoir la parole, que bien souvent ces courants nous refusent en préférant nous faire taire que combattre publiquement nos idées ET DÉMONTRER L'ACTUALITÉ DU PROGRAMME COMMUNISTE DES BOLCHEVIKS en France !</p>
<p>LES ANTICAPITALISTES OU PSEUDO TROTSKYSTES ROMPENT AVEC LE PARLEMENTARISME RÉVOLUTIONNAIRE ET LA TACTIQUE ÉLECTORALE DU COURANT SOCIALISTE ET COMMUNISTE !</p>
<p>De la première internationale (AIT) à la Troisième Internationale (IC) : parlementarisme révolutionnaire et campagne électorale</p>
<p>Avant d'aller plus loin, nous aimerions rappeler qu'historiquement deux positions se sont affrontées sur la question de la participation aux élections et de l'action parlementaire, parmi ceux qui prônent la participation : une position réformiste qui fait des élections le moyen d'atteindre le socialisme (qui n'est même plus l'objectif de ceux qui se présentent aujourd'hui) et une position révolutionnaire, la position des bolcheviks ainsi de la 3eme Internationale sur ces questions.</p>
<p>La position du bolchevisme et de l'IC prend appui sur la politique développée par la 1ère Internationale pour qui les socialistes doivent :</p>
<p>« Utiliser les Parlements bourgeois pour l'agitation. On envisageait la participation à l'action parlementaire du point de vue du développement de la conscience de classe, c'est-à-dire de l'éveil de l'hostilité des classes prolétariennes contre les classes dirigeantes. »</p>
<p>Avant que l'action parlementaire et électorale des partis socialistes ne sombre dans l'opportunisme :</p>
<p>« La tactique parlementaire des partis socialistes à l'action législative « organique » des Parlements bourgeois et l'importance toujours croissante de la lutte pour l'introduction des réformes dans les cadres du capitalisme, la prédominance du programme minimum des partis socialistes, la transformation du programme maximum en une plate-forme destinée aux discussions sur un « but final » éloigné. Sur cette base se développèrent l'arrivisme parlementaire, la corruption, la trahison ouverte ou camouflée des intérêts primordiaux de la classe ouvrière.</p>
<p>La Troisième Internationale renoue avec la politique révolutionnaire de la Première Internationale tout en l'adaptant à la période impérialiste :</p>
<p>« Dans les conditions actuelles, caractérisées par le déchaînement de l'impérialisme, le Parlement est devenu un instrument de mensonge, de fraude, de violences, de destruction, d'actes de brigandage, œuvres de l'impérialisme. (…) Le communisme doit prendre pour point de départ l'étude théorique de notre époque (apogée du capitalisme, tendances de l'impérialisme à sa propre négation et à sa propre destruction, aggravation continue de la guerre civile, etc.). (…) Pour les communistes, le Parlement ne peut être en aucun cas, à l'heure actuelle, le théâtre d'une lutte pour des réformes et pour l'amélioration de la situation de la classe ouvrière, comme il arriva à certains moments, à l'époque antérieure. Le centre de gravité de la vie politique actuelle est complètement définitivement sorti du Parlement. (…) Aussi le devoir historique immédiat de la classe ouvrière est-il d'arracher ces appareils aux classes dirigeantes, de les briser, de les détruire et de leur substituer les nouveaux organes du pouvoir prolétarien. (…) Le vieux parlementarisme d'adaptation est remplacé par un parlementarisme nouveau, qui est l'un des moyens de détruire le parlementarisme en général. »</p>
<p>Et avec l'objectif politique de mobiliser les masses autour des mots d'ordre de la révolution prolétarienne</p>
<p>« La campagne électorale elle-même doit être menée, non dans le sens de l'obtention du maximum de mandats parlementaires, mais dans celui de la mobilisation des masses sous les mots d'ordre de la révolution prolétarienne. La lutte électorale ne doit pas être le fait des seuls dirigeants du Parti, l'ensemble des membres du Parti doit y prendre part ; tout mouvement des masses doit être utilisé (grèves, manifestations, effervescence dans l'armée et la flotte, etc.). »</p>
<p>II° Congrès de l'I.C, Juillet 1920, Le Parti Communiste et le parlementarisme</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700h.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1920/ic2_19200700h.htm</a></p>
<p>On mesure à quel point l'extrême-gauche est éloignée de cette conception et encore plus la gauche bourgeoise (PS, PCF, LFI et Cie). La participation électorale et l'action parlementaire sont alors des moyens tactiques et non une stratégie en vue de la conquête des pouvoirs publics. L'action parlementaire est donc conditionnée à la lutte pour le pouvoir des soviets dont le mot « d'ordre pour tout pays bourgeois (est) : A bas le Parlement ! Vive le pouvoir des soviets ! »</p>
<p>Lettre-Circulaire du Comité Exécutif de l'Internationale Communiste : Le parlementarisme et la lutte pour les soviets, Grigori Zinoviev, 1er septembre 1919</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1919/09/parlementsoviet.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/zinoviev/works/1919/09/parlementsoviet.htm</a></p>
<p>La position de l'IC a été influencée par l'expérience des bolcheviks, pour qui la participation et l'action parlementaire dépendent de l'approfondissement de la lutte de classe et du niveau de consciences qu'ont les prolétaires dans la machinerie démocratique bourgeoise qui masque la dictature du capital. Le but des révolutionnaires mêmes quand ils participent c'est de faire non seulement des élections un porte-voix mais un outil d'organisation des prolétaires pour la lutte des classes en ne cachant pas leur objectif tout en participant à cette démocratie qui est de briser l'appareil d'État bourgeois et d'aller à la dictature du prolétariat c'est-à-dire de mettre en œuvre la démocratie la plus large du peuple travailleur sur la base de formes d'organisation du type de la Commune de Paris ou des Soviets russes…</p>
<p>LES ANTICAPITALISTES OU PSEUDOS TROTSKYSTES ROMPENT AVEC LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT</p>
<p>Les anticapitalistes ou pseudo trotskystes veulent apparaître révolutionnaire mais ne font jamais de propagande pour la dictature du prolétariat. Voilà pourquoi ces organisations ne défendent pas et ne font jamais de propagande pour les soviets et le degré supérieur que représente un pouvoir soviétique sur la plus démocratique des démocraties bourgeoises.</p>
<p>Marx et la dictature du prolétariat</p>
<p>Dans son article 1, la ligue communiste définit ainsi son but :</p>
<p>« Article 1. - Le but de la Ligue est le renversement de la bourgeoisie, la domination du prolétariat, l'abolition de la vieille société bourgeoise, fondée sur les antagonismes de classe, et l'instauration d'une société nouvelle, sans classes et sans propriété privée. »</p>
<p>Statuts de la Ligue des communistes, Karl Marx, 1847</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/km18470001.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/km18470001.htm</a></p>
<p>Dans son article 1er, La Société Universelle des Communistes Révolutionnaires exprime clairement que :</p>
<p>« Le but de l'association est la déchéance de toutes les classes privilégiées, de soumettre ces classes à la dictature du prolétariat en maintenant la révolution en permanence jusqu'à la réalisation du communisme, qui doit être la dernière forme de constitution de la famille humaine. »</p>
<p>Statuts de la Société Universelle des Communistes Révolutionnaires, K. Marx - F. Engels, 1850</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/04/km_18500400.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/04/km_18500400.htm</a></p>
<p>Marx et Engels sur la Commune de Paris en 1871 :</p>
<p>« Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer ce mot : dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat. »</p>
<p>Fr. Engels, Préface de 1891 à la Guerre civile en France.</p>
<p> Le parti bolchevik et la dictature du prolétariat</p>
<p>A ce sujet, il est bon de rappeler brièvement le point de vue du parti le plus révolutionnaire qui ait jamais existé sur la question des élections pour étudier la participation de ceux qui prétendent d'une manière ou d'une autre avoir un lien avec le communisme révolutionnaire qui ne peut-être que bolchevik-léniniste depuis la Révolution de 1917 :</p>
<p>« De quelle façon le pouvoir gouvernemental peut-il devenir entre les mains du prolétariat un moyen d'affermir — par la lutte des classes — son influence sur les masses laborieuses, afin de les attirer à soi, afin de les arracher à la bourgeoisie ? <br class='autobr' />
Le prolétariat atteint son but non en mettant en action l'ancien mécanisme gouvernemental, mais en le brisant, en n'en laissant pas pierre sur pierre (quelles que soient les jérémiades des petits-bourgeois épouvantés et les menaces des saboteurs) et en créant un nouvel appareil. Ce nouvel appareil gouvernemental est adapté à la dictature du prolétariat et à la lutte qu'il doit soutenir contre la bourgeoisie pour gagner les masses laborieuses non-prolétariennes. Ce nouvel appareil n'a pas été imaginé par qui que ce soit : il est produit par la lutte des classes, par son élargissement et son approfondissement. Ce nouveau mécanisme de gouvernement, ce nouveau type de pouvoir politique7, c'est le pouvoir des Soviets. »</p>
<p>Lénine, Les élections à l'Assemblée Constituante et la dictature du prolétariat, 16 décembre 1919</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/12/vil19191216.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/12/vil19191216.htm</a></p>
<p>Nous retrouvons encore cette orientation dans « Le programme des communistes (bolcheviks) » de Boukharine qui dans sa conclusion rappelle que la :</p>
<p>« Destruction de l'État bourgeois, dictature ouvrière, expropriation des capitalistes, organisation de la production par la classe ouvrière, route libre vers le communisme ! Tel est le programme du parti communiste. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1918/05/20.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1918/05/20.htm</a></p>
<p>Le programme des bolcheviks rappelle la nécessité de la dictature du prolétariat :</p>
<p>« La conclusion inévitable de notre opinion sur la nécessité de la Dictature, est notre lutte contre la forme vieillie de la République parlementaire bourgeoise (on l'appelle aussi quelquefois « démocratie »), à laquelle nous opposons une nouvelle forme d'État : le pouvoir des Conseils de députés ouvriers, paysans et soldats. »</p>
<p>Dans le chapitre 6, Pouvoir des soviets ou république bourgeoise ?</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1918/05/06.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1918/05/06.htm</a></p>
<p>La dictature du prolétariat est le seul moyen de parvenir au Communisme :</p>
<p>« Comment fonder la société communiste ?</p>
<p>Comment y parvenir ?</p>
<p>Le parti communiste répond : Par la dictature du prolétariat !</p>
<p>Dictature ! — Cela signifie un pouvoir de fer, un pouvoir qui n'épargne pas ses ennemis. Dictature de la classe ouvrière ! — Cela signifie le pouvoir d'État de la classe ouvrière qui étrangle la bourgeoisie et les propriétaires fonciers. Ce pouvoir des ouvriers ne peut sortir que de la Révolution socialiste de la classe ouvrière qui détruit l'État bourgeois et le pouvoir bourgeois et qui bâtit sur leurs ruines le pouvoir du prolétariat lui-même et des couches populaires plus pauvres qui le soutiennent.</p>
<p>Ici nous sommes réellement pour un État ouvrier. »</p>
<p>V. Au communisme par la dictature du prolétariat Le programme des Communistes (Bolcheviks), N.I. Boukharine</p>
<p>LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT C'EST L'ÉTAT OUVRIER OU PROLÉTARIEN DONT LES ANTICAPITALISTES NE PARLENT JAMAIS</p>
<p>« Il s'agit de remplacer l'ÉTAT CAPITALISTE, fonctionnant au profit des grands possédants, par l'ÉTAT PROLETARIEN, ouvrier et paysan. Il s'agit d'imposer dans ce pays la domination du peuple travailleur. A tous nous déclarons qu'il ne peut s'agir là d'une « modification » secondaire, mais qu'il s'agit du remplacement de la domination de la classe bourgeoise, petite minorité, par la direction et le pouvoir de l'immense majorité des travailleurs. »</p>
<p>Programme d'action, Ligue Communiste, Juin 1934 –</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm#N10C27" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm#N10C27</a></p>
<p>Jamais nos extrêmes gauches ne font une telle propagande expliquant ce qu'est la dictature du prolétariat cad la forme que celle-ci revêt au travers des soviets ou conseils d'usines qui en se fédérant formeront un État Ouvrier, condition nécessaire pour renverser le capitalisme et allé au communisme. Ne pas défendre la dictature du prolétariat ouvertement amène ces extrêmes gauches à ne plus défendre (ou alors faussement) l'auto-organisation dans les luttes ou les grèves, condition sine qua non, de l'émergence sous le règne de la bourgeoisie d'un pouvoir prolétarien autonome et indépendant imposant une dualité de pouvoir ! Lutter contre la dictature du prolétariat c'est lutter contre la direction des luttes ou grèves par les prolétaires eux-mêmes. C'est maintenir les prolétaires sur un terrain bourgeois encadrée par les syndicats devenus depuis bien longtemps le lieutenant ouvrier du Grand Capital pour éviter toute lutte révolutionnaire contre les classes dirigeantes. N'est-ce pas ces mêmes syndicats qui ont lutté contre les Gilets Jaunes ? Si… Rien d'étonnant alors à ce que ces révolutionnaires qui se disent syndicalistes se soient opposées comme les syndicats aux Gilets Jaunes qui fût depuis bien longtemps, en France, un mouvement révolutionnaire !</p>
<p>UN PROGRAMME DE LUTTE SYNDICALISTE BOURGEOIS EN RUPTURE AVEC LE PROGRAMME COMMUNISTE DU SYNDICALISME RÉVOLUTIONNAIRE DE LA CGT D'AVANT 1914</p>
<p>Non seulement, ces organisations dites révolutionnaires ne mettent jamais en avant les soviets et la dictature du prolétariat qu'il faut opposer au régime politique bourgeois mais opposent faussement les urnes et la rue (qui serait révolutionnaire) faisant des processions syndicales l'opposé de l'action parlementaire. Ce qui est un mensonge puisque l'action syndicale dans la rue est la continuité de l'action parlementaire de la gauche bourgeoise à laquelle l'extrême gauche est inféodé et prétend pourtant combattre. En effet, toutes les dernières « luttes « ou « grèves interprofessionnelles » dirigées par les syndicats avait pour objectif de faire pression sur les parlementaires faisant ainsi du syndicalisme, des luttes et des grèves une prolongation de l'action parlementaire bourgeoise alors que l'action directe telle que théorisée et mis en pratique par la CGT révolutionnaire avait un double objectif, celui d'obtenir des réformes immédiates et mener la lutte pour l'abolition du capitalisme !</p>
<p>Le syndicalisme de Binet comme celui des extrêmes gauches qui militent au sein des syndicats est en rupture avec l'objectif communiste et les méthodes « d'action Directe » théorisée et mis en pratique par les syndicalistes révolutionnaire tels que Pouget, Griffuelhes, Monatte, Rosmer pour ne citer qu'eux et qui furent pour certains parmi les premiers à rejoindre l'IC et à fonder la SFIC qui se stalinisera et deviendra ensuite le PCF.</p>
<p>Le syndicalisme révolutionnaire d'avant 1914 est une dénonciation de la collaboration de classe des syndicats actuels qui sont les petits enfants des tendances réformistes, opportuniste au sein du syndicalisme avant de passer au social patriotisme et de s'intégrer à la société bourgeoise jusqu'à en devenir une intuition de la république du Capital. Les syndicalistes révolutionnaires de la CGT par contre rejoignirent les Bolcheviks car ils avaient un objectif commun avec le bolchevisme :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> L'abolition du salariat par l'expropriation des capitalistes</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> La lutte contre l'État Bourgeois par l'action directe des travailleurs</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Aucune illusion dans le régime républicain de la démocratie bourgeoise.</p>
<p>La CGT avant 1914 : un courant communiste !</p>
<p>« (La CGT) groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat</p>
<p>Tendances, but et moyens ; La CGT, Historique, Constitution, But, Moyens, Paul Delessales, A la publication Sociale, 1907</p>
<p>« Outre cette besogne d'incessantes escarmouches, le Syndicat se préoccupe de l'œuvre d'émancipation intégrale dont il sera l'agent efficace ; elle consistera à prendre possession des richesses sociales, aujourd'hui accaparées par la Bourgeoisie, et à réorganiser la société sur des bases communistes, de façon qu'avec le minimum d'efforts productifs, soit obtenu le maximum de bien-être. »</p>
<p>Chapitre le frein démocratique Les bases du syndicalisme, Émile Pouget, La Guerre Sociale, 5ème édition</p>
<p>« La besogne syndicale a un double objet : elle doit poursuivre, avec une vigueur inlassable, l'amélioration des conditions présentes de la classe ouvrière. Mais, sans se laisser obséder par cette œuvre transitoire, les travailleurs doivent se préoccuper de rendre possible - et prochain, - l'acte primordial d'émancipation intégrale : L'EXPROPRIATION CAPITALISTE. »</p>
<p>La Besogne Syndicale, Le syndicat, Émile Pouget</p>
<p>La CGT ne diffusait aucune illusion dans la démocratie bourgeoise qu'elle dénonçait !</p>
<p>« Dans la direction démocratique, la Bourgeoisie s'est montrée aussi machiavélique. Ayant conquis le pouvoir politique, qui lui assurait l'empire économique, elle n'eut garde de briser la mécanique d'oppression qui avait jusque-là fonctionné au profit de l'aristocratie. Elle se borna à recrépir la façade de l'État, de manière à en changer l'aspect et à le faire accepter comme un organe nouveau par le peuple. Or, dans la société, il n'y a de réel que les fonctions économiques adéquates aux individus et aux groupements utiles. Par conséquent, toute cristallisation extérieure, toute superfétation politique est une excroissance parasitaire et oppressive, - donc nuisible. Mais de cela, le peuple n'en avait pas la conscience. Aussi fût-il facile à duper. La Bourgeoisie, dans l'intention d'entraver la floraison de la souveraineté économique, - réalité en germe dans la liberté d'association qu'elle venait d'étrangler, - dévia le peuple vers le mirage de la souveraineté politique dont les manifestations impuissantes ne pouvaient gêner l'exploitation capitaliste. La duperie· a tellement bien réussi que la notion d'égalité politique, _une des plus mystifiantes qu'il soit, a, durant un siècle, servi de calmant aux masses populaires. Il n'est pourtant pas, semble-t-il, besoin de grande clairvoyance pour comprendre que le capitaliste et le prolo, le propriétaire terrier et le pauvre hère, ne sont pas égaux. L'égalité n'est pas réalisée, parce que les uns et les autres sont nantis d'un bulletin de Vote. »</p>
<p>Chapitre le frein démocratique, Les bases du syndicalisme, Émile Pouget, La Guerre Sociale, 5ème édition</p>
<p>La CGT et l'action directe du prolétariat pour son auto libération et non la soumission des extrêmes gauches aux luttes dirigées par les bureaucraties syndicales Jaunes</p>
<p>« Action directe veut dire action des ouvriers eux-mêmes, c'est-à-dire action directement exercée par les intéressés. C'est le travailleur qui accomplit lui-même son effort ; il l'exerce personnellement sur les puissances qui le dominent, pour obtenir d'elles les avantages réclamés. Par l'action directe, l'ouvrier crée lui-même sa lutte ; c'est lui qui la conduit, décidé à ne pas s'en rapporter à d'autres qu'à lui-même du soin de le libérer. »</p>
<p>VI. L'Action directe, Victor GRIFFUELHES, L'ACTION SYNDICALISTE</p>
<p>« Il faut noter, en outre, que, si l'Action directe est la dominante du syndicalisme français, elle n'en est cependant pas l'unanime tendance. Il y a, au sein de la Confédération — comme en tout groupement —, deux pôles : à côté des éléments révolutionnaires, survivent des groupements « réformistes », à manifestations hétérogènes, mais qui peuvent cependant se rattacher à deux conceptions : le corporatisme et l'interventionnisme.</p>
<p>LA TACTIQUE : L'ACTION DIRECTE, Émile Pouget La Confédération Générale du Travail</p>
<p>« L'ACTION DIRECTE est la symbolisation du syndicalisme agissant. Cette formule est représentative de la bataille livrée à l'Exploitation et à l'Oppression. Elle proclame, avec une netteté qu'elle porte en soi, le sens et l'orientation de l'effort de la classe ouvrière dans l'assaut livré par elle, et sans répit, au Capitalisme. L'Action Directe est une notion d'une telle clarté, d'une si évidente limpidité, qu'elle se définit et s'explique par son propre énoncé. Elle signifie que la Classe Ouvrière, en réaction constante contre le milieu actuel, n'attend rien des hommes, des puissances ou des forces extérieures à elle, mais qu'elle crée ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d'action. »</p>
<p>Ce qu'on entend par « Action directe », L'action Directe, Émile Pouget, édition de La Guerre Sociale</p>
<p>Nos extrêmes gauches opportunistes ne reprennent même pas le programme syndical de la CGT quand elle était révolutionnaire et que ces meilleurs éléments formaient la SFIC. Non nos extrêmes préfèrent reprendre un programme RÉFORMISTE BOURGEOIS purement économique saupoudrée de phrases creuses pseudo socialistes, pseudos communistes avec des références frelatées qui n'a rien à envier en réalité à ceux des syndicats actuels dirigés par la gauche bourgeoise ! Leur pseudo programme radical a pour objectif de cacher la réalité de leur programme qui est à l'opposé du programme communiste contenu dans la Manifeste du parti Communiste, les 4 premiers congrès de l'Internationale communiste, l'opposition de gauche trotskyste (bolcheviks-léninistes), le programme de transition et le programme d'alerte de Trotsky !</p>
<p>UN PROGRAMME DE LUTTE SYNDICALISTE BOURGEOIS EN RUPTURE AVEC LE PROGRAMME SOCIALISTE DU PARTI OUVRIER FRANÇAIS (ÉCRIT PAR MARX)</p>
<p>Sur une question comme les retraites ou la dette publique par exemple, l'extrême gauche défend les retraites par répartition cad financé par le Travail et non le Capital, ne dénonce pas les fonds de pensions français auquel siègent les syndicats ne mettent jamais en avant l'annulation pure et simple des dettes publiques ni même des impôts sur le Travail alors que les socialistes du POF défendait ces mesures immédiates dans son programme :</p>
<p>Sur la dette publique</p>
<p>Dans le grand « A) partie politique », il met en avant dans son point 3 la « suppression de la dette publique ».</p>
<p>Sur les retraites</p>
<p>Dans le point « B) partie économique dans son point 8 met en avant la « Suppression de toute immixtion des employeurs dans l'administration des caisses ouvrières de secours mutuels, de prévoyance, etc., restituées à la gestion exclusive des ouvriers. »</p>
<p>Sur les impôts</p>
<p>Dans son point 12 « Abolition de tous les impôts indirects et transformation de tous les impôts directs en un impôt progressif sur les revenus dépassant 3.000 francs. Suppression de l'héritage en ligne collatérale et de tout héritage en ligne directe dépassant 20.000 francs. ».</p>
<p>Programme du Parti Ouvrier Français</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm</a></p>
<p>LES ANTICAPITALISTES ET LE PÔLE DES RÉVOLUTIONNAIRE : UN ANTI BOLCHEVISME QUI AIME SE DONNER DES MÉDAILLES DE TROTSKYSME OU DE RÉVOLUTIONNAIRE !</p>
<p>Il est à noter que toutes ces organisations qui aiment se dire trotskystes ouvertement ou non ou estampillée en tant quel par les médias ne reprennent jamais dans aucune élection le programme bolchevik ou de l'IC avant sa stalinisation ALORS QUE TROTSKY qu'ils aiment à citer n'hésitait pas à se qualifier de bolchevik-léniniste et à en défendre le programme politique.</p>
<p>« La IV° Internationale se tient totalement et sans réserve sur les fondements de la tradition révolutionnaire du bolchevisme et de ses méthodes organisationnelles. »</p>
<p>« Notre programme est fondé sur le bolchevisme » Trotsky, manifeste d'alarme de la iv internationale, mai 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523y.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt19400523y.htm</a></p>
<p>LES ANTICAPITALISTES ROMPENT AVEC LE PROGRAMME MILITAIRE DE LA RÉVOLUTION SOCIALISTE !</p>
<p>La révolution sociale a depuis longtemps un programme militaire qui s'appuie sur l'armement des travailleurs. Le programme socialiste a un programme militaire, celui de la révolution prolétarienne, à savoir l'armement des travailleurs comme celle des sans-culottes pendant la révolution française ou la Commune de Paris en 1871 avec l'abolition des armées permanentes.</p>
<p>DE LA RÉVOLUTION DE 1848 À LA VEILLE DE LA RÉVOLUTION RUSSE</p>
<p>BLANQUI ET LE BILAN SUR L'ECHEC DE LA REVOLUTION EN 1848 EN FRANCE :</p>
<p>« Traîtres seraient les gouvernements qui, élevés sur les pavois prolétaires, ne feraient pas opérer à l'instant même :</p>
<p>1° - Le désarmement des gardes bourgeoises.</p>
<p>2° - L'armement et l'organisation en milice nationale de tous les ouvriers.</p>
<p>Sans doute, il est bien d'autres mesures indispensables, mais elles sortiraient naturellement de ce premier acte qui est la garantie préalable, l'unique gage de sécurité pour le peuple.</p>
<p>Il ne doit pas rester un fusil aux mains de la bourgeoisie. Hors de là, point de salut.</p>
<p>Les doctrines diverses qui se disputent aujourd'hui les sympathies des masses, pourront un jour réaliser leurs promesses d'amélioration et de bien-être, mais à la condition de ne pas abandonner la proie pour l'ombre.</p>
<p>Les armes et l'organisation, voilà l'élément décisif de progrès, le moyen sérieux d'en finir avec la misère.</p>
<p>Qui a du fer, a du pain.</p>
<p>On se prosterne devant les baïonnettes, on balaye les cohues désarmées. La France hérissée de travailleurs en armes, c'est l'avènement du socialisme.</p>
<p>En présence des prolétaires armés, obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra. »</p>
<p>Avis au Peuple (le Toast de Londres) 25-02-1851</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/blanqui/1851/blanqui_toast_londres.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/blanqui/1851/blanqui_toast_londres.htm</a></p>
<p>LA COMMUNE DE PARIS EN 1871 : ABOLITION DE L'ARMÉE PERMANENTE ET PEUPLE EN ARMES</p>
<p>À la suite des élections du 26 mars 1871, le Comité central de la Garde nationale remet les pouvoirs à la Commune qui adopte ses décrets abolissant la conscription et les armées permanentes :</p>
<p>La Commune de Paris décrète :</p>
<p>1° La conscription est abolie ;</p>
<p>2° Aucune force militaire, autre que la garde nationale, ne pourra être créée ou introduite dans Paris ;</p>
<p>3° Tous les citoyens valides font partie de la garde nationale.<br class='autobr' />
Hôtel-de-Ville, 29 mars 1871.</p>
<p>Journal officiel de la Commune de Paris, n°1er, Jeudi 31 mars 1871.</p>
<p>LE PARTI OUVRIER FRANÇAIS ET L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT !</p>
<p>Les socialistes du Parti Ouvrier Français (POF) de Guesde et Lafargue qui seront ensuite membre de la SFIO avec Jaurès ont des positions qui ne sont plus reprises ni à gauche ni à l'extrême gauche. Dans sa « A) partie politique »,</p>
<p>« Le programme du POF met en avant dans son point 4 « l'abolition des armées permanentes et armement général du peuple ».</p>
<p>Le programme du parti ouvrier (à partir de 1893 "Parti ouvrier français", dirigé par J.Guesde. Marx participera étroitement à son élaboration :</p>
<p> <a href="https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_soc/pof/18800700.htm</a></p>
<p>LE PROGRAMME DE TRAVAIL ET D'ACTION DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS</p>
<p>Dans point 8, il est défendu :</p>
<p>« Un travail systématique de pénétration communiste dans l'armée doit être entrepris par le Parti. La propagande antimilitariste doit se différencier nettement du pacifisme bourgeois hypocrite et s'inspirer du principe de l'armement du prolétariat et du désarmement de la bourgeoisie. Dans leur presse, au Parlement, en toute occasion favorable, les communistes soutiendront les revendications des soldats, préconiseront la reconnaissance des droits politiques de ceux-ci, etc. Lors des appels de nouvelles classes, des menaces de guerre, l'agitation antimilitariste révolutionnaire doit être intensifiée. Elle se fera sous la direction d'un organe spécial du Parti, avec participation des Jeunesses Communistes. »</p>
<p>IV° Congrès, Internationale Communiste, Programme de travail et d'action du parti communiste français, 1922 –</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_19.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_19.htm</a></p>
<p>TROTSKY : LA CONTINUITÉ DU SOCIALISME ET BOLCHEVIME SUR L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT !</p>
<p>Le Programme militaire prendra sa forme ultime avec la révolution russe et dont le Programme de Transition citée bien souvent par nos extrêmes gauches pour l'oublier au plus vite montre le lien dialectique entre les piquets de grève et l'armement du prolétariat que nos amis ont vite fait d'enterrer alors que ce dernier défend que le :</p>
<p>« Le devoir de la IV° Internationale est d'en finir, une fois pour toutes, avec cette politique servile. Les démocrates petits bourgeois - y compris les sociaux-démocrates, les staliniens et les anarchistes - poussent des cris d'autant plus forts sur la lutte contre le fascisme qu'ils capitulent plus lâchement devant lui en fait. Aux bandes du fascisme, seuls peuvent s'opposer avec succès des détachements ouvriers armés qui sentent derrière leur dos le soutien de dizaines de millions de travailleurs. La lutte contre le fascisme commence, non pas dans la rédaction d'une feuille libérale, mais dans l'usine, et finit dans la rue. Les jaunes et les gendarmes privés dans les usines sont les cellules fondamentales de l'armée du fascisme. Les PIQUETS DE GRÈVES sont les cellules fondamentales de l'armée du prolétariat. C'est de là qu'il faut partir. A l'occasion de chaque grève et de chaque manifestation de rue, il faut propager l'idée de la nécessité de la création de DÉTACHEMENTS OUVRIERS D'AUTODÉFENSE. Il faut inscrire ce mot d'ordre dans le programme de l'aile révolutionnaire des syndicats. Il faut former pratiquement des détachements d'autodéfense partout où c'est possible, à commencer par les organisations de jeunes, et les entraîner au maniement des armes.</p>
<p>Les piquets de grève, les détachements de combats, la milice ouvrière, l'armement du prolétariat (Programme de Transition, Léon Trotsky,1938)</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran10.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran10.html</a></p>
<p>On est très loin du barrage électoral au RN ou à la lutte moraliste de nos extrêmes gauches contre l'extrême droite ou le fascisme oubliant que le réformisme bourgeois des syndicats présentés comme un appui dans cette lutte, est en réalité l'allié objectif de ces courants contre la révolution prolétarienne que tous combattent !</p>
<p>LES ANTICAPITALISTES : UN ANTI-IMPÉRIALISME ENTRE PACIFISME BOURGEOIS ET UNION SACRÉE !</p>
<p>Les « anticapitalistes » aiment se dire internationaliste, anti-impérialistes, voire même dénoncent l'Union Sacrée. Mais, là encore, il s'agit d'une tromperie. Ils réclament des armes pour l'Ukraine se plaçant ainsi sur le camp de leur propre impérialisme ou pour les plus intelligents dénoncent les livraisons d'armes mais ne dénoncent jamais les syndicats où ils militent comme social-patriotes et partie prenante de cette Union Sacrée qu'ils dénoncent mais dont ils font en partie en réalité. Leur dénonciation creuse cherche à masquer qu'ils n'ont aucune politique concrète contre l'impérialisme et la guerre inter-impérialiste. Jamais ils ne mettent en œuvre la politique défaitiste révolutionnaire (préférer la défaite de son propre impérialisme, État et classe possédante et dirigeantes) dans un conflit opposant deux puissances impérialistes comme en ce moment avec la guerre en Ukraine qui oppose la France à la Russie ! Ils ne mènent aucune intervention pour le retrait des troupes, pour une politique de démoralisation envers les soldats, pour la mise en place de comités de soldats, pour la défaite militaire de la France…. Leur internationalisme n'a rien à voir avec celui de Lénine ou des Bolcheviks.</p>
<p>LENINE ET LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE : LE DÉFAITISME RÉVOLUTIONNAIRE</p>
<p>« Les partisans de la victoire de leur gouvernement dans la guerre actuelle, de même que les partisans du mot d'ordre : “ Ni victoire ni défaite ”, adoptent les uns et les autres le point de vue du social chauvinisme. Dans une guerre réactionnaire, la classe révolutionnaire ne peut pas ne pas souhaiter la défaite de son gouvernement ; elle ne peut manquer de voir le lien entre les échecs militaires de ce dernier et les facilités qui en résultent pour le renverser. Seul le bourgeois qui croit que la guerre engagée par les gouvernements finira de toute nécessité comme une guerre entre gouvernements, et qui le désire, trouve “ ridicule ” ou “ absurde ” l'idée que les socialistes de tous les pays belligérants doivent affirmer qu'ils veulent la défaite de tous les gouvernements, de “ leurs ” gouvernements. Par contre, une telle position correspondrait exactement à la pensée secrète de tout ouvrier conscient et s'inscrirait dans le cadre de notre activité visant à transformer la guerre impérialiste en guerre civile. »</p>
<p>Le socialisme et la guerre, LENINE, 1915</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800b.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/08/vil19150800b.htm</a></p>
<p>Cette brochure bolchévique servit de base à la clarification et au regroupement des social-démocrates internationalistes dans le cadre de la préparation de la conférence de Zimmerwald.</p>
<p>Il est à noter que nos extrêmes gauches opportunistes ne mettent pas en avant ce type de politique même de manière propagandiste. Ils ne dénoncent pas les troupes militaires française en Europe de l'Est comme en Roumanie et mettent pas en avant leur retrait pour lutter contre l'impérialisme français ! Au contraire l'extrême gauche quand elle ne demande pas des armes pour l'Ukraine ouvertement (Besancenot/Poutou) appellent à voter NFP alors que cette alliance de partis bourgeois est pour l'économie de guerre et la guerre contre la Russie en livrant des armes à l'Ukraine. Autrement dit derrière des phrases creuses pseudo anti-impérialiste, l'extrême gauche est dans l'Union Sacrée. Elle y est d'autant plus qu'elle est intégrée à cette union sacrée par le biais des syndicats social-patriotes et impérialistes depuis 1914 en taisant ce fait publiquement tant dans les syndicats qu'à l'extérieur. Leur anti-impérialisme de façade ne doit pas surtout pas faire mener cette critique et dénonciation !</p>
<p>LA COMMUNE DE PARIS : ABOLITION DE L'ARMEE PERMANENTE ET COMITES DE SOLDATS</p>
<p>Cette extrême gauche ne mène aucune politique de démoralisation en direction des soldats avec objectif la lutte pour des comités de soldats, le droit de grève et de se syndiquer aux armées, l'abolition des grades et l'élection des chefs, comme le fit la Commune de Paris en 1871 :</p>
<p>« En attendant la loi sur la réorganisation de la garde nationale, et vu l'urgence,</p>
<p>« Le Comité central arrête :</p>
<p>Tous les bataillons de la garde nationale de Paris procéderont vendredi prochain aux élections nécessaires pour compléter leurs cadres.<br class='autobr' />
Il sera également procédé, dans les compagnies qui ne l'ont pas encore fait, à l'élection des délégués de la Fédération républicaine de la garde nationale.</p>
<p>Les procès-verbaux de ces élections, ainsi que les états nominatifs des cadres de tous les bataillons devront être parvenus au Comité central samedi prochain au plus tard.</p>
<p>Le Comité central rappelle aux gardes nationaux qu'ils ont le droit de révoquer leurs chefs dès qu'ils ont perdu la confiance de ceux qui les ont nommés. »</p>
<p>Paris, le 29 mars 1871. Les membres du Comité central. PRUDHOMME, LAVALETTE, ED. MOREAU, FOUGERET, BAROUD</p>
<p>Le véritable anti-impérialisme ne peut être mené que de pair avec une politique antimilitariste, de démoralisation des troupes sur la base du défaitisme militaire de son propre impérialisme quel que soit la guerre et mettre en avant l'armement du prolétariat ! De tout cela, il n'est plus question dans l'extrême gauche anticapitaliste ou non de type NPA ou LO….</p>
<p>LES ANTICAPITALISTES : UN ANTICOLONIALISME SILENCIEUX SUR LA QUESTION DE L'INDÉPENDANCE EN RUPTURE AVEC LE BOLCHEVISME ET LE COMMUNISME RÉVOLUTIONNAIRE</p>
<p>Comme sur la question de l'anti-impérialisme, nos amis anticapitalistes défendent un anticolonialisme de façade qui, malgré de nombreuses dénonciations, ne met jamais en avant la question de l'indépendance et le retrait de toutes les troupes coloniales (militaires comme policières) des DOM-TOM actuels. N'est-ce pas Nathalie Arthaud de LO qui explique que Mayotte est Française comme Mitterrand disait que l'Algérie était Française. En fait l'extrême gauche ne défend pas le droit des minorités nationales à disposer d'elles-mêmes.</p>
<p>LE PROGRAMME DE TRAVAIL ET D'ACTION DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS</p>
<p>Dans point 9, il est défendu :</p>
<p>« Le Parti doit prendre en mains la cause des populations coloniales exploitées et opprimées par l'impérialisme français, soutenir leurs revendications nationales constituant des étapes vers leur libération du joug capitaliste étranger, défendre sans réserve leur droit à l'autonomie ou à l'indépendance. Lutter pour leurs libertés politiques et syndicales sans restriction, contre la conscription des indigènes, pour les revendications des soldats indigènes, telle est la tâche immédiate du Parti. Celui-ci doit combattre impitoyablement les tendances réactionnaires existant, même parmi certains éléments ouvriers, et consistant dans la limitation des droits des indigènes. Il créera auprès de son Comité Directeur un organisme spécial consacré au travail communiste dans les colonies. »</p>
<p>IV° Congrès, Internationale Communiste, Programme de travail et d'action du parti communiste français, 1922 - <a href="https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_19.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/inter_com/1922/ic4_19.htm</a></p>
<p>LE PROGRAMME D'ACTION, LIGUE COMMUNISTE, 1934</p>
<p>Dans son point XI : Droit des Nationalités à disposer d'elles mêmes, y compris jusqu'à la séparation, la Ligue Communiste défend alors que :</p>
<p>« La bourgeoisie française n'opprime pas seulement indirectement toute une partie de l'Europe : elle écrase et ruine aussi des colonies immenses. Pour tous les peuples opprimés par les grands capitalistes français, par les de Wendel et les Michelin, les Banques de Paris et autres, pour les Alsaciens-Lorrains aussi bien que pour les Indochinois, les Marocains et les Malgaches, nous réclamons le DROIT À DISPOSER ENTIÈREMENT D'EUX-MÊMES, JUSQUES ET Y COMPRIS LA SÉPARATION S'ILS LE VEULENT. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm#N10C27" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/4int/prewar/1934/prog34.htm#N10C27</a></p>
<p>LE PROGRAMME DE TRANSITION ET LA QUESTION DE L'INDEPENDANCE</p>
<p>(…) Les problèmes centraux des pays coloniaux et semi-coloniaux sont : la RÉVOLUTION AGRAIRE, c'est-à-dire la liquidation de l'héritage féodal, et l'INDÉPENDANCE NATIONALE, c'est-à-dire le renversement du joug de l'impérialisme. Ces deux tâches sont étroitement liées l'une à l'autre.</p>
<p>IL N'Y A PAS DE REVOLUTIONNAIRES BOLCHEVIKS-LENINISTES <br class='autobr' />
AUX ELECTIONS BOURGEOISES MAIS DES CENTRISTES !</p>
<p>Ces exemples montrent toute la rupture de la gauche et de l'extrême gauche avec le socialisme et le bolchevisme-léninisme bien que ces diverses candidatures donnent l'illusion à bien des prolétaires que des révolutionnaires se présentent aux élections. Or il n'en est rien.</p>
<p>Aucune de ces organisations ne défend un programme communiste au sens bolchevik-léniniste du terme (c'est ainsi que se caractérisait l'opposition de gauche, future 4eme Internationale, au sein l'Internationale Communiste).</p>
<p>En effet, ces organisations sont, au mieux, des organisations centristes quand elles ne sont pas l'extrême-gauche de la gauche bourgeoise même si pour les besoins la presse bourgeoise leur décerne des titres ronflants comme celui de Trotskystes ou communistes, quand ils ne s'auto-congratulent pas eux-mêmes en se les décernant ! Le programme de toute ces organisations sont un programme réformiste, syndical, économiste saupoudrée d'une phraséologie creuse pseudo socialiste !</p>
<p>En effet, qu'apparait-il quand on ne reste pas la surface de la prose anticapitaliste ? Une politique anti-communiste au même titre que le fût le stalinisme et avant lui encore le syndicalisme jaune à la tête du syndicalisme depuis 1914 et les opportunistes au sein de la démocratie passant de l'opportunisme au social patriotisme !</p>
<p>La bourgeoisie a toujours eu des éléments bourgeois au sein du mouvement ouvrier, d'abord minoritaire, ils ont ensuite pris la direction de l'ensemble des organisations et même de celles prétendument révolutionnaires ! Et cela date déjà du temps de Marx où un chapitre est consacré à ce type de courant réactionnaire. Le communisme, au sens où c'est le mouvement d'auto libération du prolétariat, a toujours été confronté à deux écueils : la contre-révolution fasciste et la contre-révolution démocratique. Et en dernier lieu, ils s'allient objectivement contre le communisme et le prolétariat !</p>
<p>Dans la situation actuelle de montées des tensions inter-impérialistes, de troisième guerre mondiale, de montée des fascismes (religieux ou non ), il nous semble impérieux que les prolétaires qu'ils soient appelés ou non aux urnes puissent avoir accès au programme bolchevik-léniniste qui représente la synthèse théorique et pratique du programme de la révolution prolétarienne sur lequel on doit s'appuyer à l'adaptant à notre période d'effondrement du capitalisme qui ouvre une situation de guerres et révolutions à l'échelle mondiale.</p></div>
Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre
https://matierevolution.org/spip.php?article9652
https://matierevolution.org/spip.php?article96522026-07-07T22:07:00Ztext/htmlfrKarobGuerre War
<p>Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre <br class='autobr' />
À la Fête de Lutte Ouvrière 2026, deux forums sur la guerre <br class='autobr' />
Et pas un mot d'ordre contre l'impérialisme français <br class='autobr' />
À la Fête de Lutte Ouvrière (Pentecôte 2026), deux forums ont été consacrés à la guerre impérialiste. D'un côté, « Industrie de l'armement : quel rôle pour les militants révolutionnaires ? », où sont intervenus trois militants ouvriers : Rémy Bazzali (élu CSE NH90 CGT à Airbus Helicopters Marignane, tête de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
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</div><h2 class="spip">Critique du forum de Lutte Ouvrière sur l'armement et la guerre</h2>
<p>À la Fête de Lutte Ouvrière 2026, deux forums sur la guerre</p>
<p>Et pas un mot d'ordre contre l'impérialisme français</p>
<p>À la Fête de Lutte Ouvrière (Pentecôte 2026), deux forums ont été consacrés à la guerre impérialiste. D'un côté, « Industrie de l'armement : quel rôle pour les militants révolutionnaires ? », où sont intervenus trois militants ouvriers : Rémy Bazzali (élu CSE NH90 CGT à Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO aux municipales de Marseille 2026), Abdelkader Benramdane (militant CGT à Thales dans les Yvelines, candidat LO aux législatives dans la Manche en 2017, 2022 et 2024) et Pascal Le Manach (délégué syndical CGT à Renault Cléon depuis 1999, conseiller municipal LO d'Oissel, porte-parole LO de Normandie). De l'autre, « La guerre, la classe ouvrière et les révolutionnaires », deux interventions de tribune suivies d'un débat avec la salle.</p>
<p>Une oratrice y reprend la formule de Liebknecht — « l'ennemi principal est dans notre pays ». Et au bout du compte : pas un mot d'ordre de défaite militaire de la France, pas une revendication d'expropriation des trusts d'armement français, pas un appel au refus d'ordre dans l'armée, aucune politique d'agitation en direction des soldats français déployés au Sahel, au Liban ou dans le Golfe. Pas un mot sur Istres, où la France a autorisé le 5 mars 2026 cinq ravitailleurs américains KC-135 — les avions qui permettent aux bombardiers de frapper l'Iran à longue distance — à faire le plein sur la base, pendant l'opération « Fureur épique » ; l'état-major a juré qu'ils ne participaient « en aucune mesure » aux frappes, mais le sophisme de l'« appui purement défensif » ne change rien au fait que ravitailler les KC-135, c'est ravitailler la machine de guerre impérialiste. Pas un mot de la tribune sur la défaite française au Sahel ni sur la filière d'armement de groupes djihadistes via l'Ukraine révélée au printemps. Les livraisons d'armes françaises à Israël pendant le génocide à Gaza ? C'est une intervention de la salle qui les nomme — « Qui c'est qui vend des armes à Israël pour faire ces massacres à Gaza ? C'est la France. Continue d'en vendre. » — et la tribune n'en fait rien : aucun mot d'ordre, aucune tâche, aucune conséquence. Pas un mot, surtout, sur la convergence entre la position de la CGT Métallurgie défendant le « Pôle public national de défense » et la position du Rassemblement national sur la souveraineté industrielle d'armement — nous y revenons plus bas, pièces en main. Il faut nommer cette position pour ce qu'elle est : un centrisme kautskyste, c'est-à-dire, dans les termes de Lénine en 1915, un social-chauvinisme objectif sous masque défaitiste — et plus dangereux que le social-chauvinisme ouvert, précisément parce qu'il se présente sous un masque révolutionnaire.</p>
<p>Le kautskysme de 2026 : la France « impérialisme de seconde zone »</p>
<p>La première intervention de tribune qualifie explicitement la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon d'« impérialismes de seconde zone » subordonnés aux États-Unis. La première réponse au débat parle de « petits impérialistes » qui « ont la rage » et « veulent les miettes du gâteau ». Cette formule n'est pas une nuance descriptive : c'est la pièce maîtresse du dispositif politique — c'est le kautskysme de 2026. Il minore l'ennemi national. Il déplace la dénonciation principale vers Washington. Et il s'accompagne du refus de qualifier d'impérialiste le bloc adverse. La Chine ? « Pas en guerre depuis 1979 », « une seule base militaire », « État issu d'une révolution bourgeoise qui a empêché le pillage », « en position défensive ». La Russie ? Dictature de Poutine, oui — impérialisme au sens des cinq critères matériels que Lénine fixe en 1916, non. L'Iran ? « Puissance régionale » écrasée par les États-Unis.</p>
<p>À deux militants de la salle — l'un de Gauche Révolutionnaire, l'autre de l'AG Antifa de Brest et d'Autonomie de Classe — qui posent la question avec précision (l'impérialisme se définit chez Lénine par des critères matériels : capital financier comme fusion de la banque et de l'industrie, exportation de capitaux, monopoles internationaux, partage du monde entre les puissances — et la Chine satisfait ces critères), la tribune répond par des images concrètes (Huawei contre Orange, cent cinquante usines occidentales en Chine) et par un argument fonctionnel : « si on dit que tout le monde est impérialiste, on ne distingue plus l'ennemi ». Cet argument fonctionnel est précisément ce que Lénine combattait chez Kautsky : tordre la définition matérielle pour produire la conclusion politique commode. La désignation de l'ennemi principal du prolétariat français ne se fait pas en niant la nature impérialiste des autres bourgeoisies — elle se fait en désignant sa propre bourgeoisie nationale, sans hiérarchie commode entre les autres. C'est toute la différence entre le défaitisme révolutionnaire et sa phraséologie.</p>
<p>Ce qui manque : la chaîne complète du programme bolchevique-léniniste</p>
<p>Ce que la formule de Liebknecht implique nécessairement — et qui est intégralement absent des deux forums — peut s'énoncer en six axes que la tradition Marx-Lénine-Trotsky-Barta a fixés sans ambiguïté.</p>
<p>Premier axe absent : la défaite militaire du gouvernement français comme mot d'ordre. La France est belligérante en 2026 sur quatre théâtres : recomposition militaire et guerre par procuration au Sahel, livraisons à l'Ukraine, complicité dans le génocide à Gaza, soutien logistique à la guerre américano-israélienne contre l'Iran depuis Istres. La défaite de la France n'est posée comme mot d'ordre par aucune des deux interventions de tribune. La formule des bolcheviks de 1914 — « transformer la guerre impérialiste actuelle en guerre civile » (manifeste du Comité central, rédigé en septembre, publié le 1er novembre 1914 dans le Sotsial-Demokrat) — n'est jamais prononcée. On reprend Liebknecht pour la formule, mais on évacue le contenu pratique que Liebknecht lui-même y mettait quand il votait seul contre les crédits de guerre au Reichstag le 2 décembre 1914.</p>
<p>Deuxième axe absent : l'expropriation sans indemnité ni rachat du complexe militaro-industriel français. Le mot « expropriation » n'apparaît pas une seule fois dans les deux forums. Le mot « nationalisation » non plus. Le mot d'ordre maximum est « confiscation des profits de guerre » et « contrôle des entreprises par les travailleurs ». Or la confiscation des profits laisse intacte la propriété, donc le rapport de production. Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran, KNDS, Airbus Defence and Space — les neuf grands groupes de ce que l'État bourgeois appelle lui-même sa « base industrielle et technologique de défense », la chaîne par laquelle la bourgeoisie française finance ses guerres et engraisse sur le sang des peuples — restent propriétés capitalistes dans le programme exposé à la Fête. Le Programme de transition de 1938 — texte fondateur du courant dont LO se réclame — pose pourtant l'expropriation de groupes capitalistes entiers et le contrôle ouvrier sur l'industrie de guerre comme tâches transitoires centrales. Cette omission n'est pas un détail rédactionnel : c'est le contournement de la rupture de classe.</p>
<p>Troisième axe absent : l'armement du prolétariat et les comités de soldats. Aucune mention des milices ouvrières d'autodéfense. Aucune mention de la fraternisation. Aucune mention de comités de soldats avec droit de refus d'ordre. Aucune mention de l'élection des gradés et de leur révocabilité — point central du programme militaire bolchevique de 1917. Aucune mention du droit syndical et politique pour les soldats. Aucune mention de la garde nationale révolutionnaire — le peuple en armes contre la caste militaire de l'armée bourgeoise. La phrase de tribune « il faut que nous soyons présents [...] dans les usines et demain dans l'armée » est édifiante : pourquoi « demain » ? La France a aujourd'hui même des soldats au Sahel résiduel, dans le Golfe, sur la base d'Istres, au Liban. Où est l'agitation actuelle de LO en direction de ces soldats ? Le silence est total.<br class='autobr' />
Quatrième axe absent : la fraction révolutionnaire publique dans les syndicats — ce que faisait Barta. Lutte Ouvrière revendique sa filiation avec Barta : la fraction de l'Union communiste à Renault en 1947, le bulletin d'entreprise La Voix des Travailleurs dénonçant nominativement les dirigeants confédéraux CGT, la grève d'avril-mai 1947 déclenchée hors du cadre confédéral et contre lui. C'est précisément ce qui manque à LO en 2026. Les trois ouvriers du forum d'armement ne se présentent pas comme animateurs d'une fraction publique dans la CGT de leur entreprise : ils se présentent comme « ouvriers », sans dire leurs mandats. Ils citent et dénoncent les positions de la CGT Métallurgie sur le « Pôle public national de défense », de la CGT-Renault sur la « défense nationale sous contrôle public » — mais sans porter publiquement une fraction qui nomme la bureaucratie syndicale, qui produit son bulletin propre, qui appelle à la grève contre la production de drones et de missiles.</p>
<p>Le cas Renault est exemplaire. Pascal Le Manach, délégué syndical CGT à Cléon depuis vingt-sept ans, a multiplié en janvier 2026 les déclarations choc dans la presse régionale contre la production de drones militaires du programme Chorus — « engins meurtriers », « hors de question », « insupportable ». Trois semaines plus tard, au CSE extraordinaire de Renault Le Mans des 9 et 10 février 2026 — Le Mans et Cléon sont les deux sites jumeaux du programme : l'assemblage au Mans, les moteurs à Cléon —, la CGT s'est abstenue. Bilan du vote : dix voix pour (CFE-CGC et FO), onze abstentions (CGT et CFDT), zéro voix contre. Nouvelle abstention CGT au CSE du 9 avril 2026. Et du côté de Cléon : aucun tract dénonçant l'abstention de sa propre confédération sur le site jumeau, aucun appel à la grève, aucune motion d'expropriation. À la Fête, Le Manach qualifie la position de la CGT-Renault d'« hypocrite et mensongère » — sans dire qu'il est lui-même, depuis vingt-sept ans, délégué syndical de cette CGT, et sans dire un mot des deux abstentions. La dénonciation verbale couvre le silence pratique. C'est le contraire exact de ce que faisait Barta. C'en est la caricature.<br class='autobr' />
Cinquième axe absent : la dictature du prolétariat et l'Internationale ouvrière à reconstruire. Aucune des deux interventions de tribune ne nomme positivement la dictature du prolétariat comme objectif transitoire. Les formules restent négatives — « renverser », « briser l'État de la bourgeoisie », « s'emparer du pouvoir ». La formule de Marx, de la Commune, de 1917, de L'État et la révolution, est évacuée du vocabulaire. La seconde intervention pose que « la révolution prolétarienne ne peut pas se faire dans un seul pays » — c'est juste — mais ne nomme pas la reconstruction d'une Internationale ouvrière révolutionnaire comme tâche actuelle. L'Union communiste internationaliste, dont LO est la section française, n'est jamais nommée : une seule allusion à « notre tendance ». Aucune délimitation publique avec les autres courants se réclamant du trotskysme.</p>
<p>L'internationalisme est réduit à « notre fête se veut un rendez-vous international ». Cela ne vaut pas le mot d'ordre final du Manifeste de 1848.</p>
<p>Le vocabulaire lui-même est un symptôme. D'un bout à l'autre des deux forums, les intervenants se désignent comme « militants communistes révolutionnaires » et parlent des « idées communistes révolutionnaires ». Jamais « bolcheviks-léninistes » — l'étiquette historique du courant trotskyste, celle que Trotsky lui-même revendiquait. Ce n'est pas un hasard de plume : « communiste révolutionnaire » est l'auto-désignation commode qui permet de ne pas dire bolchevik-léniniste — parce que s'en réclamer engagerait le programme complet que nous venons d'énumérer : défaite de sa propre bourgeoisie, expropriation, comités de soldats, dictature du prolétariat, Internationale. Ils jouent sur les mots. Nous sommes intransigeants sur les mots, parce que les mots engagent le programme.</p>
<p>Sixième axe absent : la cause matérielle de la marche à la guerre. La tribune décrit un capitalisme « sénile », « à bout de souffle », « empêtré dans une crise due à ses contradictions internes ». Mais la sénilité n'est pas une catégorie marxienne. Ce qui est en crise, et de manière ouverte depuis 2008, c'est la valorisation du capital : chute du taux de profit, suraccumulation, saturation des marchés solvables, masse de capital sans débouché productif rentable. Et c'est précisément cette crise structurelle qui rend nécessaire la bascule vers l'économie d'armement comme dernier débouché stable du capital surnuméraire. La dépense improductive étatique — armement, infrastructures militaires, dette publique — n'est pas une dérive politique des impérialistes : c'est la forme matérielle qu'a prise la reproduction du capital depuis l'épuisement du cycle de valorisation. Sans nommer cette mécanique, l'analyse reste métaphorique. Et qui ne nomme pas la cause matérielle ne peut pas indiquer l'issue : ce qui est en crise n'est pas une politique, c'est un mode de production — qui ne peut être surmonté que par la révolution sociale, c'est-à-dire l'expropriation des moyens de production, la dictature du prolétariat et la planification socialiste internationale.</p>
<p>Ce que LO ne dit pas : la CGT et le RN écrivent le même programme de souveraineté d'armement<br class='autobr' />
Au forum d'armement, Abdelkader Benramdane cite et dénonce — c'est à mettre à son crédit — le dossier de la CGT Métallurgie d'octobre 2025 : « Pour reconquérir la souveraineté industrielle, la création du PPND, Pôle public national de défense, doit permettre cette réappropriation de la maîtrise publique des industries d'armement et de leur stratégie industrielle. » Il y voit, à juste titre, « l'union sacrée pour la future guerre ». Mais ni lui ni personne à la tribune ne fait le pas suivant, qui est pourtant la clef politique de la période : cette ligne converge matériellement avec celle du Rassemblement national.</p>
<p>Les pièces sont publiques. Dès la loi de programmation militaire 2024-2030, le groupe RN dépose par la voix de Laurent Jacobelli un amendement réclamant « la création d'un fonds souverain de défense » pour « protéger des entreprises disposant de technologies critiques dans le domaine militaire » et servir « notre souveraineté en matière de défense » (amendement n°318 au texte n°1234, mai 2023). En novembre 2025, lors du débat sur la nationalisation d'ArcelorMittal — nationalisation soutenue par la FTM-CGT au nom de la « souveraineté industrielle » et de la capacité du pays à produire de l'acier —, le même Jacobelli et trois députés RN déposent l'amendement n°133, dont l'exposé sommaire dit tout : « L'acier demeure un matériau stratégique pour l'ensemble de notre base industrielle et technologique de défense : production d'armements, infrastructures, navires, blindés ou encore équipements lourds. »</p>
<p>Mettons les énoncés en regard. La CGT Métallurgie dit : pôle public national de défense, maîtrise publique des industries d'armement, souveraineté industrielle. Le RN dit : fonds souverain de défense, protection étatique des entreprises militaires critiques, acier pour les blindés et les navires de guerre. Ce ne sont pas deux programmes opposés : ce sont deux habillages du même substrat matériel — le même appareil productif d'armement, le même opérateur étatique français appelé à le garantir, la même souveraineté de l'impérialisme français. La CGT le déguise en emploi et en paix. Le RN l'assume en défense. Et pendant que les confédérations syndicales font de la « lutte contre l'extrême droite » l'axe central de leur communication, elles écrivent avec elle, sur la question décisive de la guerre, le même programme. Voilà ce qu'un forum révolutionnaire sur l'industrie d'armement aurait dû établir, pièces en main. LO s'est arrêtée au seuil.</p>
<p>La division des deux forums : architecture de la coupure</p>
<p>Il faut enfin nommer le dispositif lui-même. LO n'a pas tenu un forum sur la guerre, mais deux — séparés, étanches, complémentaires. Le forum d'armement, terrain économique-syndical, où parlent les militants ouvriers. Le forum politique-théorique, où parle la tribune. Cette division reproduit architecturalement la coupure entre lutte économique et lutte politique que Lénine a combattue dès Que faire ? en 1902 et dans toute sa polémique contre la IIe Internationale après 1914. Conséquence matérielle : aucun des deux forums ne peut produire — par construction du dispositif — une position défaitiste révolutionnaire complète, qui suppose précisément la fusion du programme économique (expropriation, contrôle ouvrier, ouverture des livres de comptes) et du programme politique (défaite, dictature du prolétariat, Internationale). Le militant ouvrier reste cantonné dans la dénonciation morale de l'industrie d'armement. La tribune reste cantonnée dans la théorie générale. Aucun lieu ne pose les deux ensemble.</p>
<p>Conclusion : un anti-impérialisme à frais réduits</p>
<p>Ce que les deux forums produisent n'est pas un anti-impérialisme révolutionnaire. C'est un anti-impérialisme à frais réduits — anti-Trump, anti-Netanyahou, anti-Poutine quand il faut : dénoncer l'impérialisme des autres ne coûte rien politiquement. Mais quand il s'agit de sa propre bourgeoisie, l'opération est constante : la France est minorée en « impérialisme de seconde zone » ; les trusts d'armement français ne sont pas nommés comme ennemis à exproprier ; les soldats français déployés ne sont l'objet d'aucune agitation politique actuelle ; les bureaucraties syndicales qui défendent le pôle public de défense et la souveraineté industrielle ne sont pas combattues par des fractions publiques organisées ; la convergence CGT-RN sur l'armement n'est pas nommée ; la défaite militaire de la France n'est pas posée comme mot d'ordre.</p>
<p>Ce dispositif a un nom dans la tradition léniniste : le centrisme kautskyste. À l'époque, Kautsky écrivait abondamment sur l'impérialisme mais couvrait, au moment décisif, le vote des crédits de guerre. Aujourd'hui, la tribune de LO prononce « l'ennemi principal est dans notre pays » mais ne pose aucune des tâches concrètes qui transformeraient cette formule en programme. La forme a changé. Le contenu pratique est le même : la phrase couvre l'inaction, et l'inaction couvre l'adaptation à l'impérialisme français. Lénine ajoutait que cette conciliation masquée est plus dangereuse que l'opportunisme déclaré — précisément parce qu'elle parle la langue de la révolution.<br class='autobr' />
La candidature commune Arthaud 2027 (LO et NPA-Révolutionnaires) repose matériellement sur ce substrat partagé : même formule « seconde zone » — le kautskysme de 2026 partagé, même évacuation du défaitisme révolutionnaire, même silence sur les soldats déployés et sur la convergence CGT-RN, même absence de fractions publiques dans les syndicats. C'est une candidature de l'écosystème social-patriote de la gauche française, pas une candidature ouvrière révolutionnaire.</p>
<p>Une politique bolchevique-léniniste sur la guerre impérialiste de 2026, c'est l'inverse exact de ce dispositif. C'est nommer la bourgeoisie française et ses trusts d'armement comme ennemis principaux du prolétariat de France. C'est poser la défaite militaire du gouvernement français dans toutes ses interventions. C'est exproprier sans indemnité ni rachat Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran, KNDS et l'aviation militaire d'Airbus, sous contrôle ouvrier, avec veto ouvrier sur les destinations d'exportation — comme les dockers de Fos-sur-Mer, que Le Manach cite avec admiration sans en tirer la conséquence, l'ont esquissé en refusant de charger des armes pour Israël. C'est porter une fraction révolutionnaire publique dans la CGT — comme le faisait Barta — qui nomme la bureaucratie, produit son bulletin et appelle à la grève contre la production d'armement, à Cléon comme au Mans, à Marignane comme à Élancourt. C'est construire les comités de soldats du rang, l'élection et la révocabilité des gradés, le droit syndical pour les soldats, et l'agitation politique actuelle — pas « demain » — en direction des troupes déployées. C'est lier économie et politique dans la même bataille, contre l'architecture de la coupure. Et c'est le faire sur la base matérielle de l'analyse de la crise de valorisation, parce qu'on ne peut pas combattre l'impérialisme français sans nommer le mode de production qui l'engendre.</p>
<p>Voilà ce qui manque aux deux forums de Lutte Ouvrière à la Pentecôte 2026. Et voilà ce que nous posons.</p>
<p>Matière et Révolution</p>
<hr class="spip" />
<p>Fête de Lutte Ouvrière 2026</p>
<p>Retranscription intégrale des deux forums sur la guerre et l'industrie d'armement</p>
<p>FORUM 1 — « INDUSTRIE DE L'ARMEMENT : QUEL RÔLE POUR LES MILITANTS RÉVOLUTIONNAIRES ? »</p>
<p>Présentation du forum</p>
<p>Trois intervenants se succèdent, présentés par un modérateur (Pascal Le Manach, ouvrier Renault Cléon, qui intervient également en troisième position) :</p>
<p>1. Rémy Bazzali — Élu CSE NH90 CGT, ouvrier à Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO Marseille 1er secteur municipales 2026</p>
<p>2. Abdelkader Benramdane (« Abdel ») — 63 ans, ouvrier mécanicien à Thales Avionics (région parisienne, Yvelines), militant CGT, candidat LO législatives 4e circo Manche 2017/2022/2024</p>
<p>3. Pascal Le Manach — 59 ans, ouvrier électricien Renault Cléon depuis 1997, délégué syndical CGT Renault Cléon depuis 1999, conseiller municipal LO Oissel, porte-parole LO Normandie</p>
<p>I. Intervention de Rémy Bazzali — Élu CSE NH90 CGT, Airbus Helicopters Marignane, tête de liste LO Marseille 1er secteur 2026</p>
<p>Merci. Donc bonjour tout le monde.</p>
<p>Donc Airbus, où je travaille comme ouvrier, est plus connu pour ses avions, satellites et hélicoptères civils que pour ses engins de guerre. Pourtant, ce groupe n'aurait jamais pu se développer et se maintenir dans sa concurrence internationale sans le soutien continu des États européens et en particulier l'État français avec l'achat continu d'appareils militaires. Car guerre ou pas, l'armement a toujours été une source très stable de revenus pour les capitalistes.</p>
<p>La période du Covid en a été la parfaite démonstration pour Airbus quand l'activité dite civile a dû être fortement ralentie. C'est non seulement le ministère des armées qui a justifié le maintien de la production, mais c'est aussi la production de l'armement qui a pris le relais pour maintenir les commandes et renflouer les caisses en argent frais.</p>
<p>Dans un registre plus large et pour ne parler que des hélicoptères militaires, Airbus ne vend pas seulement à quelques armées nationales. Son marché militaire est imbriqué dans celui de l'OTAN et de ses alliés. La France, l'Allemagne, l'Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Royaume-Uni forment le cœur politique et budgétaire de cette clientèle, auquel s'ajoutent des relais hors-OTAN comme le Brésil, le Koweït, l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Oman, Singapour, l'Indonésie ou le Maroc. Actuellement, on peut estimer à environ 2 500 hélicoptères Airbus en activité dans plus de 140 pays. Et si on ajoute aux hélicos tout ce que produit Airbus directement ou indirectement en armement, il y a les missiles de MBDA, le M51, c'est-à-dire le missile nucléaire d'Ariane, les satellites de défense, l'avion A400M, les drones. Ça représente en fait plusieurs centaines de milliards d'euros qui passent des budgets étatiques dans la poche du groupe et cela depuis des décennies.</p>
<p>Pour donner une idée de ce que coûte à l'État — bon là je parle de l'État français — mais rien qu'un NH90, qui est un hélicoptère de combat, il est acheté en moyenne 36 millions d'euros. Chaque heure de vol, en moyenne c'est 18 000 €, c'est-à-dire que c'est même plus cher qu'une heure de vol d'un Rafale de Dassault qui coûte 14 000. Et cela, c'est en temps normal, sans engagement sur un quelconque terrain de guerre.</p>
<p>Alors ce n'est pas une découverte me direz-vous. Les armées en effet ne regardent pas vraiment à la dépense et ce n'est pas près de s'arrêter. Mis bout à bout, ce sont des sommes qui donnent le vertige à une époque où les gouvernants et les politiciens affirment, et pas qu'en France, qu'il faut faire des sacrifices économiques, continuer à saigner les budgets de l'école, de la santé, de la retraite. Vous connaissez le reste.</p>
<p>Ceci dit, Airbus est encore loin d'être comparable à un fournisseur massif d'armes comme l'ont toujours été les industriels américains. Si jusque-là dans un groupe comme Airbus, la part du militaire garantissait un financement continu et stable des profits, cette part restait néanmoins secondaire.<br class='autobr' />
Mais depuis la guerre en Ukraine, et l'aubaine que représente à la fois l'embargo russe, qui a permis à la France de passer deuxième exportateur d'armes au monde, et l'augmentation des budgets militaires exigés par l'OTAN, on peut voir que la part de l'armement dans les profits d'Airbus est désormais croissante. En 10 ans, elle est passée — on estime ça à peu près — de 20 % à 40 % des profits.</p>
<p>Alors, il ne sera jamais de trop que de rappeler que c'est pour les peuples, la guerre, c'est la mort, massacre et destruction. Et bien pour les capitalistes de l'armement, ça signifie avant tout un marché juteux par lequel ils s'en mettent plein les poches.</p>
<p>Alors bien sûr, cela ne veut pas dire que la guerre mondiale dans laquelle les impérialistes nous entraînent ne serait faite qu'en vue d'enrichir les industriels de l'armement. Bien d'autres en profitent déjà, on a l'exemple des capitalistes du pétrole actuellement qui ont sauté sur l'occasion pour nous dépouiller et qui continuent d'ailleurs à nous dépouiller ici en aggravant l'inflation, et bien sûr ce n'est pas près de s'arrêter.</p>
<p>D'autre part, ce qui est commun actuellement à toutes les nations impérialistes, c'est la politique menée par les gouvernements d'embrigadement et de conditionnement de la population, à commencer par la jeunesse et les travailleurs. Car il est évident qu'aucun travailleur n'ira spontanément mourir pour les profits des industriels, profiteurs de guerre, les marchés des capitalistes ou les calculs des états-majors.</p>
<p>Non, pour le pouvoir bourgeois, comme par le passé, ils font raconter des mensonges et faire passer leur politique cannibale de pillage en défense de la liberté, de la démocratie, de la civilisation, et préparer surtout les têtes — comme le disait le général Mandon — à accepter de souffrir économiquement et de sacrifier ses enfants.</p>
<p>Et bien cette opération idéologique de tromperie et de préparation patriotique à accepter de devenir de la chair à canon passe à la fois par les campagnes de propagande à l'école, dans les médias, dans les discours des politiciens, y compris les municipalités. Mais aussi — ça c'est un peu nouveau quand même — par les directions des usines d'armement. Depuis 2 ans, on peut constater la multiplication des interventions directes de l'armée auprès des salariés d'Airbus.</p>
<p>Les syndicats contribuent eux aussi à cela en organisant par l'intermédiaire des CSE des conférences et des rencontres avec l'armée, ou en accrochant à la veste des délégués des cocardes bleu-blanc-rouge, voire à rendre leur logo totalement patriotique, voire même semblable à ceux du RN.<br class='autobr' />
Non seulement les militaires s'adressent aux cadres dirigeants, mais ils viennent aussi directement faire des discours aux ouvriers dans les ateliers pour les flatter sur leur travail et les encourager à donner plus d'eux-mêmes. Car ils disent, je cite, « même si nous ne connaissons pas encore notre adversaire, la guerre arrive et nos soldats ont besoin de vous et de vos appareils exceptionnels. » Fin de citation. On voit de plus en plus de vêtements de travail avec des drapeaux bleu-blanc-rouge et des logos qui vantent la production gouvernementale. Il y a même des hiérarchies qui demandent à ceux qui n'auraient pas applaudi lors d'un discours : « ben pourquoi vous ne l'avez pas fait ? »<br class='autobr' />
Tout ceci donc n'est pas anodin. Car si personne aujourd'hui ne nie l'escalade guerrière mondiale, eh bien elle est perçue comme une fatalité. Et la question de comment lutter contre cette guerre, contre cette marche à la guerre, eh bien elle est complexe. Parce que certains, parmi les collègues, disent « mais si demain la France est attaquée, il faudra bien se défendre. » D'autres, la majorité disons, sont plutôt animés par des réflexes pacifistes. Tous, en effet, sont inquiets et ne sont pas du tout prêts évidemment à sacrifier leurs enfants, mais ils ne voient aucune solution, à part dans l'illusion des discours pacifistes.</p>
<p>Dans ce contexte, le rôle des militants communistes révolutionnaires, d'autant plus dans les citadelles de l'industrie de l'armement, c'est de défendre une autre perspective que la résignation et l'acceptation à cette marche à la guerre. Alors non pas dans un sens pacifiste, abstrait et moraliste — car le pacifisme n'a jamais combattu le capitalisme ni ne le désigne comme étant la cause des guerres — mais par contre de le faire dans un sens révolutionnaire, en montrant que sous le régime capitaliste, la paix n'existe pas et n'existera jamais, et que si on veut véritablement la paix, il sera nécessaire de préparer la révolution.</p>
<p>Alors, les travailleurs de l'armement, comme un élément de l'ensemble des travailleurs, eh bien oui, ils peuvent jouer un véritable rôle actif dans cette perspective. Pour ne parler que d'un groupe dans lequel je travaille, Airbus, c'est 165 000 travailleurs répartis partout dans le monde, avec des liens par centaines, par milliers, avec d'autres travailleurs sous-traitants ou filiales, tous participant morceau par morceau à la production des mêmes armes.</p>
<p>Car faut-il le rappeler, si les travailleurs ne décident de rien sous le régime capitaliste, ce sont pourtant eux qui fabriquent tout de A à Z. Que ce soit une casserole, un médicament, du carburant ou un missile Exocet, sans notre travail, toute la société s'écroulerait tout autant que les guerres. Même pour faire la guerre, au-delà de la fabrication des armes et des munitions, les militaires, ils ont besoin des travailleurs, car aucun hélicoptère ni aucun avion ne pourrait être mis en marche, ni décoller sans le concours de plusieurs dizaines d'ouvriers, de mécaniciens, de techniciens, d'ingénieurs.</p>
<p>Alors oui, militer dans une entreprise de l'armement, c'est permettre aux travailleurs de prendre conscience de cette force qu'ils représentent et comment elle pourrait être dirigée pour non seulement arrêter toutes les guerres, mais aussi en finir une bonne fois pour toutes avec la dictature du capitalisme. Donc je passe la parole.</p>
<p>II. Intervention d'Abdelkader Benramdane (« Abdel ») — Militant CGT, Thales Avionics (Yvelines), candidat LO législatives 4e circo Manche 2017/2022/2024</p>
<p>Je suis ouvrier mécanicien sur un site de Thales en région parisienne dans les Yvelines. Ce n'est pas un très gros site, on est moins de 1 000, mais il y a encore de la production. On fabrique des armes, pas des armes à proprement parler, mais des composants électroniques de haute technologie, des amplificateurs d'ondes, qui peuvent servir à pas mal de choses, entre autres à la fabrication de missiles. Les plus connus sont les missiles Aster dont on a entendu parler à propos de la guerre en Ukraine. Des missiles qui permettent de viser et de détruire à des milliers de kilomètres.<br class='autobr' />
Le milieu ouvrier de l'usine lié à la production est plutôt CGT. C'est une vieille tradition. Voilà un peu pour décrire le site où je milite en tant que communiste révolutionnaire.</p>
<p>La marche à la guerre, on le ressent par certaines décisions que la direction du groupe prend. Par exemple, il y a une usine à Thonon-les-Bains que la direction voudrait consacrer davantage à l'armement. Évidemment, elle réclame pour ça l'aide de l'État.</p>
<p>Et puis un peu partout dans le groupe, la direction serre la vis. Ça n'a rien de spécifique aux usines d'armement, mais voilà comment ça se met en place chez nous.</p>
<p>Dans des zones dites secret défense comme il y en a sur mon site, on n'a plus le droit d'avoir un téléphone, ni d'appareil connecté. Dans ce secteur justement, secret défense, il y a eu trois accidents graves sur une courte durée. Mais pour la direction, pas question de prendre le temps d'en examiner les causes. L'activité devait reprendre vite sans arrêter la production. Le climat change et se tend dans une usine où la discipline n'était jusque-là pas trop sévère.</p>
<p>Thales est un grand groupe lié à Dassault, avec la croissance forte des budgets militaires dans de nombreux pays, c'est un marché supplémentaire considérable qui s'offre aux capitalistes et qui fait saliver les actionnaires du groupe entre autres Thales.</p>
<p>Même les travailleurs en viennent à penser que c'est une bonne chose. Un exemple : un collègue de travail qui est pourtant syndiqué à la CGT m'a dit « Regarde, avec l'OTAN, il y a énormément de ventes d'armes, et si l'Europe se laisse balader, ce seront les Américains qui récupéreront le marché. Alors, quitte à vendre des armes, autant que ça soit les nôtres. »</p>
<p>En fait, le premier piège, c'est de se faire avoir en pensant que ce qui est bon pour les actionnaires du groupe serait bon pour les travailleurs. Ça, c'est une arnaque comme dans tous les secteurs. L'armement n'est pas différent des autres. Évidemment, on sait que c'est n'importe quoi.</p>
<p>Et de ce point de vue-là, un travailleur précaire chez McDonald's est peut-être plus conscient de la réalité des choses que certains de mes collègues syndiqués à la CGT, mais qui ont bossé toute leur vie chez Thales et qui pensent qu'ils sont mariés avec l'entreprise. Ce sentiment-là a été entretenu et diffusé par les dirigeants syndicaux y compris ceux de la CGT. Et je critique la CGT, mais je voudrais justement mentionner que je suis moi-même militant dans ce syndicat.</p>
<p>Comme les patrons, les directions syndicales de l'entreprise se vantent de développer de nouveaux marchés en mettant en avant ce qu'elles appellent une politique industrielle.<br class='autobr' />
Alors voilà ce qu'écrit la CGT Métallurgie dans un dossier du mensuel des métallurgistes d'octobre 2025 intitulé « La paix, la défense et l'industrie, cohabitation possible ? » Rien que le titre annonce la couleur. Je cite : « Dans la métallurgie, nous sommes au cœur des enjeux entre perte de souveraineté industrielle, industrie de défense et austérité sociale. Cette situation que nous combattons nous engage à militer pour la transformation de la société, pour un monde de paix, de sécurité sociale, de défense et de souveraineté nationale. » Et je cite encore : « Pour reconquérir la souveraineté industrielle, la création du PPND, Pôle public national de défense, doit permettre cette réappropriation de la maîtrise publique des industries d'armement et de leur stratégie industrielle. »<br class='autobr' />
Et voilà, ils osent parler de paix mais en réalité ils préparent l'union sacrée pour la future guerre. Si on les écoute, c'est fini la lutte de classe. Tous unis avec nos exploiteurs contre les travailleurs du monde entier. Voilà ce que ces gens-là osent dire, qu'ils militent pour la transformation de la société.<br class='autobr' />
En réalité, en parlant ainsi, ils rendent un sacré service aux exploiteurs. Cela brouille les intérêts de classe des travailleurs et cela participe à souder les travailleurs derrière les patrons, comme s'ils avaient un intérêt commun. Alors nous travailleurs, on devrait se mettre à la remorque de la stratégie commerciale de nos patrons ? Non, nous n'avons rien à y gagner.</p>
<p>Car comment les patrons mènent-ils leur guerre commerciale contre leurs concurrents, si ce n'est en augmentant le temps de travail, en bloquant les salaires voire même en les baissant ? Car c'est ce qu'il se passe avec l'inflation. C'est ce qui se passe quand les patrons baissent les salaires d'embauche.</p>
<p>Comme le groupe Thales fait énormément de profit, on pourrait imaginer qu'il va aussi acheter une paix sociale pour pouvoir produire des armes. C'est ce que pensent certains travailleurs. Il y en a qui disent que les salaires vont rester confortables parce qu'ils ont besoin de nous et parce qu'ils ont beaucoup de fric.</p>
<p>Mais ça c'est illusoire, car en temps de guerre, c'est la loi martiale et la dictature dans les ateliers qui nous attendent. Et si les marchés d'armes explosent, oui, ça fera des milliards de profit, mais pour les patrons. Mais nous, les ouvriers, dans les usines d'armement, on marchera à la trique pendant que nos enfants iront mourir sur le front, sous les bombes que nous aurons fabriqué.</p>
<p>Je me souviens avoir vu un documentaire sur les ouvrières qui travaillaient dans les fabriques de production de munitions en Angleterre. Pendant la Première Guerre mondiale, leurs conditions de vie était extrêmement difficiles. Au milieu de la guerre, le besoin en munition était tel que les travailleuses faisaient des journées à rallonge. Et à cause du manque de nourriture, chaque jour des dizaines d'ouvrières s'évanouissaient dans leur usine. Mais durant l'automne 1917, année où la révolution éclata en Russie, ces ouvrières se mirent en grève par centaines de milliers.<br class='autobr' />
Je prends cet exemple parce que je le connais. Mais c'était la même situation dans tous les pays en guerre et partout dans tous les pays, ces grèves ont contribué à affaiblir les capitalistes et leurs gouvernements qui se faisaient la guerre. Elles ont été un élément de la situation révolutionnaire engendrée par la guerre.</p>
<p>Nous sommes confrontés aujourd'hui à cette contradiction. Certains travailleurs croient que la perspective de profit des patrons du secteur de l'armement est une bonne chose pour nous. Demain, l'État français mobilisera sans doute tous ses moyens de propagande, de répression pour nous faire participer massivement à l'économie de guerre. La seule façon de nous préparer à l'énorme pression nationaliste et guerrière qui nous tombera dessus, c'est justement de garder dès aujourd'hui une conscience claire de nos intérêts de travailleurs.</p>
<p>Donc ne nous laissons pas manipuler alors même que la pression n'est pas encore trop forte.<br class='autobr' />
Alors l'autre problème qu'on pourrait se poser, c'est pourquoi nous travailleurs on accepterait de produire des armes. Ce qui est à priori un choix qui n'est pas moral. Mais pour moi, ce n'est pas une question de morale pour deux raisons.</p>
<p>D'abord parce que quand on est ouvrier, on décide de rien. On est exploité, soumis aux décisions de nos exploiteurs comme partout.</p>
<p>Et l'autre raison, c'est que si on veut la paix et pas la guerre, on n'y arrivera pas simplement en supprimant les armes, mais en arrachant le pouvoir aux capitalistes.</p>
<p>Il faudra empêcher les capitalistes, leurs politiciens et leurs états-majors d'utiliser les armes pour leur guerre, retourner nos armes contre nos propres généraux comme dit l'Internationale. Ce n'est pas simplement un slogan, c'est un programme révolutionnaire, et c'est bien les révolutionnaires russes qui, en 1917, ont mis fin à la guerre, en permettant à la classe ouvrière russe de prendre le pouvoir contre les gouvernements capitalistes. Et ce sont les masses ouvrières allemandes, en révolution, qui ont forcé les grandes puissances à signer l'armistice de 1918.</p>
<p>Par ailleurs, le fait que nous produisons des armes devrait nous faire réfléchir plus que tout autre travailleur à ce que la société nous prépare. Si les marchés d'armes explosent, c'est bien le signe extrêmement concret que les guerres se généralisent, que la guerre mondiale se met en place. Et qui ira sur les champs de bataille tenir les fusils ? Qui sera dans les chars de haute technologie, qui seront les artilleurs ? Qui enverra les missiles ? Et qui les recevra sur la figure si ce n'est des travailleurs comme nous, si ce n'est pas nos enfants ? Qui peut croire que les usines d'armement ne seront pas bombardées avec dedans des travailleurs comme nous ? Les États-Unis l'ont fait en Iran.<br class='autobr' />
La guerre qu'on voit à la télé en Ukraine, au Proche-Orient nous annonce celle qu'on vivra bientôt ici. On doit prendre conscience qu'on est même en train de produire les armes de cette guerre. C'est ça que j'essaie de dire à mes camarades, que ce système capitaliste ne fait pas simplement de nous exploiter, il est en train de nous transformer en futurs petits soldats et en chair à canon.<br class='autobr' />
En tant que travailleur d'une entreprise d'armement, je dirais pour conclure que nos intérêts ne sont pas différents de ceux des autres travailleurs.</p>
<p>Pas question de nous laisser berner par la propagande des patrons et des syndicats à laquelle s'ajoute la propagande nationaliste et guerrière de l'État. Notre seule perspective dans le monde actuel, c'est la lutte des classes menée par les travailleurs de toutes les entreprises, de tous les secteurs, contre leur patron et contre l'État pour renverser la domination capitaliste.</p>
<p>C'est cette perspective-là que la montée guerrière nous impose. Et aujourd'hui, toute notre activité prépare cet avenir révolutionnaire. Nos bulletins d'entreprise regroupent des travailleurs dans cette perspective.</p>
<p>Les travailleurs dans les usines d'armement ne sont pas bien moins placés pour pouvoir combattre la machine capitaliste et ses conséquences catastrophiques que ceux des autres secteurs. D'ailleurs, une montée guerrière entraînera une économie de guerre. Presque tous les secteurs deviendront des secteurs orientés vers la guerre.</p>
<p>Reprenons l'exemple de la révolution russe. Un des bastions ouvriers de cette révolution ouvrière dans la capitale Petrograd furent les usines Poutilov. Or, sachez qu'au départ, c'était des usines de production de locomotives, puis des usines sidérurgiques, et qu'à l'approche de la guerre, ce sont devenus des usines d'armement. Quelques jours avant que n'éclate la révolution de février, lancée par les femmes, les travailleurs de Poutilov se sont mis en grève, entraînant au total 200 000 grévistes. Personne ne pouvait alors s'en douter, mais cette grève était annonciatrice de la révolution.<br class='autobr' />
Les militants ouvriers dans les usines d'armement peuvent être à la base des luttes de demain contre l'exploitation au quotidien. Durant les guerres, se révolter dans les usines d'armement, c'est attaquer les capitalistes sur leurs bases arrière. Alors à nous de nous préparer aux révoltes futures.</p>
<p>III. Intervention de Pascal Le Manach — Délégué syndical CGT Renault Cléon (depuis 1999), conseiller municipal LO Oissel, porte-parole LO Normandie</p>
<p>Je travaille à l'usine Renault à Cléon près de Rouen, une usine d'environ 2 500 travailleurs, qui produit des moteurs thermiques et électriques pour l'automobile. Je ne travaille donc pas comme Rémy et Abdel sur un site de production d'armement, et pourtant, dans le contexte de préparation à une guerre de haute intensité comme le dit le gouvernement, eh bien l'État prépare son armée et augmente ses dépenses militaires.</p>
<p>Alors en juin 2025, il y a quasiment un an, l'armée a demandé à Renault la possibilité de produire des drones volants. Et en mars de cette année, l'armée lui a commandé la fabrication cette fois-ci de drones terrestres.</p>
<p>Alors, pourquoi faire appel à l'industrie automobile pour produire des armes ? Eh bien, déjà à la veille des guerres mondiales de 1914 et de 1939, pour produire en masse des obus, des chars, voire même des avions, l'armée a eu besoin de l'industrie automobile et en particulier de Renault. D'ailleurs, je rappelle que c'est la Première Guerre mondiale qui a commencé la fortune de Renault.</p>
<p>Ce groupe automobile a une ingénierie qui a l'habitude de créer, d'organiser, de faire produire rapidement en quantité à des coûts réduits grâce à des chaînes de montage, des ateliers d'usinage développés et à une logistique bien huilée.</p>
<p>On le voit depuis plusieurs années dans le conflit Russie-Ukraine, on a vu l'importance des drones. On voit également comment l'Iran fait face aujourd'hui à l'attaque de l'armée américaine. Là aussi grâce aux drones, notamment des drones volants appelés « drones kamikazes », car ils font le trajet aller pour détruire, tuer, pas le chemin du retour.</p>
<p>Alors à ce jour, la commande de l'État à Renault serait de 600 drones par mois et pourrait évidemment augmenter très rapidement si besoin. Renault se positionne nationalement, mais aussi dans une course à l'armement qui se déroule à l'échelle internationale, car le groupe pourrait évidemment vendre ses productions à n'en pas douter à bien d'autres pays qui se réarment également.</p>
<p>Alors bien sûr, comme l'industrie de l'armement, Renault ne se lance pas seulement dans la production pour la défense de la patrie, mais avant tout parce qu'il y a beaucoup, beaucoup d'argent à se faire. Au dire de la direction du groupe Renault, je les cite, « cette coopération représente une opportunité économique rentable. » Et bien c'est le moins qu'on puisse dire, car les seuls drones kamikazes, avec cette production il y aurait 1 milliard à la clé et ce n'est qu'un début. L'État perd rubis sur ongle. Les commandes de l'armée sont toujours un très bon moyen de gagner énormément d'argent, des milliards facilement gagnés pour les profiteurs de guerre.</p>
<p>Alors, prenant des précautions, Renault a d'abord annoncé aux travailleurs de ses usines que la commande de drones volants n'avait rien à voir avec la production d'armes meurtrières. Ce serait seulement des drones d'observation. C'était évidemment du baratin. C'est la presse qui annoncera que le groupe allait produire des drones, des armes de guerre à Cléon et au site du Mans. Les capitalistes dévoilent leur plan quand ils le veulent et on le sait, ce sont des menteurs professionnels.<br class='autobr' />
Alors à Cléon, l'usine où je travaille, cette annonce a été une surprise et a beaucoup fait discuter. Depuis des mois, nous, les militants de Lutte ouvrière, discutions évidemment de la guerre, et surtout de la guerre en Ukraine. On dénonçait bien sûr les bombardements russes sur la population civile, mais aussi les fausses excuses occidentales pour participer à cette guerre. On tenait à affirmer que les USA n'aidaient pas l'Ukraine pour la défense de la population mais par intérêt pur. Ce qu'on a pu vérifier par la suite avec les propos de Trump sur les terres rares.</p>
<p>On dénonçait cette guerre comme une guerre impérialiste dans laquelle il ne fallait pas choisir un camp, en dehors de celui des peuples contre leur gouvernement. Et on en profitait pour expliquer que la bourgeoisie de chaque État, dans un capitalisme en crise, n'avait comme solution pour se défendre de ses concurrents, que la guerre non plus seulement économique, mais la guerre de conquête pour dominer leurs concurrents militairement, économiquement, politiquement.<br class='autobr' />
Et dans ce contexte la marche à la guerre généralisée avait commencé. Alors, il faut le dire, on nous écoutait mais nous ne convainquions finalement que très peu des nôtres.</p>
<p>Et maintenant que la direction du groupe Renault nous demandait de produire des armes, eh bien ça a changé la situation. Des armes qui faisaient la Une de l'actualité dans la guerre Russie-Ukraine, mais aussi à Gaza, des armes qui tuaient des femmes, des enfants, des hommes chaque jour.<br class='autobr' />
Alors, la guerre qui jusque-là se déroulait très loin de nous, finalement se rapprochait car on nous demandait d'y participer indirectement avec notre travail. Et quasiment au même moment, il y avait dans l'actualité les déclarations du général Mandon, le général fraîchement nommé chef d'état-major des armées et en service commandé de l'Élysée, qui enchaînait les discours va-t-en-guerre. Il annonçait qu'il fallait se préparer à la guerre et il demandait à se tenir prêt, je le cite, « à accepter de perdre ses enfants et de souffrir économiquement. » Les discussions n'étaient plus seulement théoriques. La direction du groupe exigeait de nous de participer à un certain niveau à la guerre.<br class='autobr' />
Cette direction, sentant qu'il y avait un flottement chez les salariés, expliqua qu'elle comprenait les interrogations, mais que c'était une réelle opportunité, sous-entendant que cela garantirait du travail pour de nombreux salariés. Alors, elle laisse surtout les syndicats maison expliquer que cela pourrait permettre de donner du travail dans une situation de recul de la production.</p>
<p>Bon, finalement à l'usine, ça ne prenait pas. La plupart des travailleurs étaient conscients que cela ne changerait rien de toute façon au niveau de l'emploi. Et au contraire, ils étaient assez nombreux à exprimer ne pas vouloir participer à ce genre de production. Certains avaient entendu par exemple parler de l'action des dockers de Fos-sur-Mer qui avaient refusé de charger des armes à destination d'Israël et ils trouvaient cette action courageuse.</p>
<p>Mais au même moment, une cheffe d'atelier annonça qu'elle démissionnerait si on l'obligeait à travailler à la production d'armes. Et bien cette position de la part d'un hiérarchique fit le tour des ateliers et fit beaucoup discuter. Pour certains, elle avait le courage de sa position. Bien sûr, pour d'autres, nombreux, bien que contre la production d'armes, pour eux, il était hors de question de perdre leur boulot, payer les factures, nourrir la famille, c'est prioritaire.</p>
<p>Alors, dans ce contexte, nous avons fait des réunions avec des travailleurs pour discuter de la crise du capitalisme, du fait que chaque bourgeoisie veut, pour survivre, conquérir de nouveaux marchés, de nouvelles sources de matières premières et que la guerre économique engendre des guerres qui aujourd'hui se généralisent.</p>
<p>Dans ces réunions, le but était aussi d'expliquer que le seul moyen de combattre les guerres, c'est de se débarrasser de ce système. Car après avoir servi de chair à production, notre propre bourgeoisie voudra qu'on lui serve de chair à canon.</p>
<p>Les discussions étaient nombreuses également parmi les militants ouvriers et en particulier parmi les militants de la CGT. La grande majorité des militants de base, comme la plupart des travailleurs, se sentent pacifistes. La direction de la CGT de Renault, elle se positionna, je cite une de leurs déclarations : « Si Renault devait se diversifier, cela ne saurait se faire au détriment de son éthique, ni au prix d'une implication dans des logiques guerrières. » Mais elle rajoutait : « Si une production d'armement devait exister, celle-ci ne pourrait répondre qu'à des besoins de défense nationale, sous contrôle public, et en aucun cas à des logiques de marché, de rentabilité ou d'exportation alimentant les conflits armés. Nous réaffirmons notre refus de voir l'industrie automobile mise au service de la guerre. »</p>
<p>Alors, une position hypocrite et mensongère, qui accepterait la production d'armes si seulement elle n'était pas faite par les groupes capitalistes dans une société capitaliste.</p>
<p>Comme avant chaque conflit, la CGT est d'accord pour soutenir la guerre, si elle est défensive, et on connaît ce genre de baratin sur la guerre prétendument défensive. La CGT sait pertinemment que les capitalistes ont décidé de produire des armes et qu'ils se préparent ouvertement à la guerre. Mais la direction de la CGT, ne voulant surtout pas mettre à bas le capitalisme, n'a d'autre perspective que de discuter, de collaborer finalement avec le patronat comme elle fait constamment.</p>
<p>Même son discours pacifiste n'est pas une perspective. Le pacifisme, ça consiste à dénoncer la guerre, sans plus, comme si on pouvait empêcher des guerres sans s'attaquer à ceux qui les déclenchent. Le monde capitaliste serait supportable si les capitalistes ne faisaient pas la guerre ?<br class='autobr' />
Mais le monde capitaliste ne peut pas vivre sans guerre. C'est la guerre contre les travailleurs par l'exploitation. C'est la guerre contre leurs concurrents pour conquérir des marchés. C'est la guerre pour dominer les autres. C'est la guerre sociale. C'est la guerre en Afrique depuis des décennies. C'est la guerre perpétuelle au Moyen-Orient, etc.</p>
<p>Alors nous à l'usine, nous défendons auprès de nos camarades de travail toutes autres perspectives. Vouloir la paix, c'est vouloir s'en donner les moyens, et cela commence par désigner sans ambiguïté ceux que l'on doit combattre. Il ne s'agit pas de se transformer en militants pacifistes contre la guerre, mais au contraire de dire que tant que les travailleurs n'auront pas pris la direction de la société, les guerres continueront pour défendre les intérêts de la bourgeoisie avec notre peau.<br class='autobr' />
En tant que militants ouvriers communistes révolutionnaires, nous militons dans les grandes entreprises, dans les bastions du capitalisme. Là où demain, lorsque les travailleurs conscients de leur force, de leur nombre, de leurs intérêts de travailleurs, se battront et ils se confronteront alors directement aux dirigeants de cette société.</p>
<p>À l'usine, nous militons aussi pour gagner des travailleurs à la construction du parti ouvrier, du parti communiste révolutionnaire qui nous manque tant.</p>
<p>Car il ne suffit pas de défendre un programme communiste. Il s'agit aussi de gagner des travailleurs à ce combat. Des travailleurs persuadés que pour combattre la guerre, il faudra que la classe ouvrière lutte dans les usines contre ses exploiteurs. Des ouvriers convaincus que l'humanité ne pourra se débarrasser de la guerre, comme de tous les maux qu'engendre la société capitaliste, que s'il renverse et brise l'État de la bourgeoisie, cet instrument de l'exploitation capitaliste.</p>
<p>FORUM 2 — « LA GUERRE, LA CLASSE OUVRIÈRE ET LES RÉVOLUTIONNAIRES »</p>
<p>Deuxième forum de la Fête LO 2026. Deux oratrices LO + débat avec la salle (six interventions + trois réponses LO).</p>
<p>Première intervention LO — Caractérisation de la période et de la guerre mondiale en préparation<br class='autobr' />
Alors en 2026, 45 % de la population mondiale vit dans une région en guerre, près d'un être humain sur deux. Ces dernières années, les guerres se multiplient. À l'Ukraine s'est ajouté Gaza, puis le Liban et maintenant l'Iran, sans parler du Soudan, du Yémen, du Congo. Bref, le capitalisme, c'est la guerre.</p>
<p>Le 28 février, les États-Unis et Israël ont attaqué l'Iran, puissance régionale de 90 millions d'habitants. Pendant cinq semaines, les bombardements ont fait plus de 3 000 morts, détruit des écoles, des habitations, des dépôts de pétrole et des infrastructures. Les frappes ont cessé, mais le détroit d'Ormouz reste bloqué et la guerre peut reprendre à tout moment.</p>
<p>Contrairement à ce qu'affirme un ancien chef des services secrets américains démissionnaire, cette guerre n'est pas le résultat de la mainmise de Netanyahou sur Trump, ni même d'Israël sur les États-Unis. Israël est le chien de garde de l'impérialisme au Moyen-Orient, mais il n'est pas la puissance dominante qui impose sa loi au reste du monde. Sans les livraisons d'armes et les milliards de dollars d'aides américaines, Israël n'aurait pas les moyens de sa politique criminelle, ni à Gaza, ni en Cisjordanie, ni au Liban. Aux États-Unis, faire porter la responsabilité à Israël, c'est le moyen de dédouaner la bourgeoisie américaine.</p>
<p>Mais même pour nous ici, c'est important de comprendre que ces guerres sont le produit du système capitaliste sénile, et pas le fait du colonialisme sans limite d'Israël, de guerre de religion ou de culture. De même que cette guerre n'est pas due à la folie de Trump depuis un mois, du fait du revers subi par Trump en Iran. Il est de bon ton de dire qu'il fait n'importe quoi. S'il est incontestable que par mégalomanie ou par incompétence, il a minimisé les capacités de résistance du régime iranien et n'a pas anticipé sa capacité à bloquer le détroit d'Ormouz, l'attaque contre l'Iran s'inscrit en fait dans une politique. Elle est dans la continuité du kidnapping de Maduro au Venezuela en janvier, de l'asphyxie de Cuba depuis lors.</p>
<p>Les États-Unis ont décidé de cogner les régimes qui sont en dehors de leur contrôle. En Iran, ils ont cherché, dès sa naissance, à affaiblir ce régime, sinon à le faire tomber. Et en février dernier, Trump et derrière lui l'état-major américain ont estimé qu'il y avait une fenêtre car ils jugeaient le régime affaibli par les revers de ses alliés régionaux, le Hezbollah et le Hamas, suite aux guerres d'Israël, et par les révoltes de la population en janvier.</p>
<p>Et puis derrière l'Iran et le Venezuela, les États-Unis visaient aussi la Chine. Ils cherchent à la priver d'une part importante de ses approvisionnements en pétrole ainsi que de partenaires politiques et commerciaux majeurs. Ils visent en fait les pays dans lesquels les entreprises chinoises investissent et font du commerce. En achetant 90 % du pétrole iranien, la Chine permettait au régime de Khamenei de se financer malgré l'embargo américain. La guerre contre l'Iran est une manière de réaffirmer qui est le patron dans la région stratégique du Moyen-Orient.</p>
<p>C'est pourquoi cette guerre n'est pas seulement une guerre régionale au Moyen-Orient. Bien sûr, la région est déchirée depuis plus de 100 ans par des guerres engendrées par les puissances impérialistes car ses puits de pétrole et sa situation stratégique attisent leurs appétits et leurs rivalités. Mais cette guerre, elle est bien plus que cela. À la fois par ses conséquences — le blocage du détroit d'Ormouz déstabilise l'économie mondiale — et aussi par la période dans laquelle elle a été déclenchée, celle du capitalisme sénile empêtré dans une crise due à ses contradictions internes qui durent et qui ne cessent de s'aggraver.</p>
<p>Les révolutionnaires, les marxistes ont toujours expliqué que le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage. La concurrence et les rivalités pour accéder aux matières premières et disposer d'un marché garanti, la lutte permanente pour étendre sa domination, exporter des marchandises produites en quantité toujours plus grandes avec des moyens de production toujours plus nombreux et efficaces sont inscrites dans les gènes du capitalisme.</p>
<p>Et depuis que le capitalisme a conquis toute la planète, il y a plus d'un siècle, cette rivalité a engendré une période de guerre entre impérialismes concurrents, de crises, de convulsions politiques, quasiment sans interruption entre 1914 et 1945. Ces deux guerres mondiales ont directement touché l'Europe et les pays impérialistes eux-mêmes, mais aussi bien d'autres régions du monde et leurs populations.</p>
<p>Depuis 80 ans, les rivalités entre États et bourgeoisies des pays développés n'ont cessé, même si elles étaient longtemps masquées par la guerre froide entre l'impérialisme et l'Union soviétique. Guerre froide qui a d'ailleurs menacé à plusieurs reprises de dégénérer en un conflit mondial. Pendant des décennies, les impérialistes se sont affrontés par l'intermédiaire de multiples guerres plus ou moins localisées, mais au prix de dizaines de millions de morts dans les anciens pays colonisés. Même si elles ont mobilisé et tué aussi des soldats américains et européens, ces guerres, la population, elle a pu ici imaginer y échapper.</p>
<p>Et depuis 50 ans, la crise du capitalisme, elle est marquée par la financiarisation du système, par la place qu'y occupe la spéculation, qui provoque des krachs boursiers avec leur cortège de misère, de morts, de familles jetées à la rue. En 2008, lors de la crise des subprimes, les banques des pays riches ont été sauvées par les États qui se sont massivement endettés. Et encore aujourd'hui, les capitalistes sont sous perfusion de milliers de milliards d'euros et de dollars d'argent public. Voilà qui donne la mesure du degré de sénilité atteint par le capitalisme.</p>
<p>Financiarisation, bulle spéculative, guerre locale — tout cela, loin de résoudre les contradictions du capitalisme, les a encore approfondies, et ces contradictions poussent à un affrontement entre les puissances. Cela s'est vu avec le retour en force du protectionnisme. Bien avant Trump, les États-Unis ont lancé une guerre commerciale féroce à tous leurs rivaux, alliés ou pas, à coup d'énormes programmes de subventions et de droits de douane contre les produits industriels étrangers. Ils veulent ainsi asseoir leur position de numéro 1 et sont prêts à cogner pour cela. Trump a déclaré une guerre commerciale au monde entier. Et cette guerre, elle devient de plus en plus militaire.<br class='autobr' />
La guerre mondiale qui a déjà démarré ne ressemble pas aux précédentes. À travers les deux premières, les États-Unis se sont imposés comme l'impérialisme dominant, rejetant au second rang [les autres] puissances. Les États comme la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou encore le Japon sont désormais subordonnés aux États-Unis, tout en restant des rivaux. Leurs bourgeoisies ont fini par se soumettre et s'aligner car elles n'ont pas les moyens de tenir tête à l'Amérique. Dans la lutte pour les marchés, pour les ressources, ces impérialismes de seconde zone essaient de préserver les intérêts de leurs capitalistes respectifs. C'est justement pour cela qu'ils prennent leur place dans la guerre qui se généralise.</p>
<p>En Ukraine, les États-Unis sont les principaux vainqueurs de la guerre entre les puissances impérialistes et la Russie de Poutine. Guerre qui provoque depuis plus de 4 ans des centaines de milliers de morts et de vies brisées, de destructions et de souffrances sans nom. Cette guerre a affaibli les capitalistes européens privés du gaz russe. Les entreprises américaines ont raflé la part du lion, des terres, des mines, des usines, des banques d'Ukraine comme des ventes d'armes. Mais pour préserver les intérêts de Dassault, de Bouygues ou du Crédit Agricole et de leurs homologues anglais, allemands, Macron, Starmer et Merz, écartés des négociations entre Trump et Poutine, se posent en alliés indéfectibles de Zelensky.</p>
<p>Au Moyen-Orient, Macron a envoyé l'armée française dans le Golfe protéger les intérêts des patrons français. En participant aux guerres impérialistes lancées par les États-Unis, ils espèrent avoir des miettes du gâteau.</p>
<p>Alors, autre différence avec les deux premières guerres mondiales, depuis 1945, certains pays autrefois colonisés ou semi-colonisés, après avoir arraché leur indépendance, se sont en partie développés, profitant de ce que l'impérialisme américain ne pouvait pas encore s'imposer partout. Dans cette période de guerre froide, ils pouvaient obtenir un soutien diplomatique et économique auprès de l'URSS.</p>
<p>La Chine, elle a suivi un cours particulier. Pillée et dépecée par les grandes puissances depuis le XIXᵉ siècle, elle s'est libérée de leur mainmise lors de la révolution bourgeoise de 1949 dirigée par l'appareil politico-militaire de Mao. Celle-ci a fait naître un État fort et centralisé. Sous embargo pendant 25 ans, le pays s'est construit en opposition à l'impérialisme. Quand celui-ci l'a réintégrée au marché mondial, en position de sous-traitant, l'État chinois a empêché un pillage en règle du pays. S'il a mis les travailleurs chinois à la disposition des capitalistes occidentaux, le rôle prépondérant de cet État centralisé contrôlant l'économie a permis, comme nulle part ailleurs, le développement de grandes entreprises nationales.</p>
<p>De l'atelier du monde, la Chine s'est transformée jusqu'à devenir un concurrent sérieux dans de nombreux domaines. Les entreprises chinoises ne sont plus simplement des sous-traitants du capital occidental. Elles fournissent des produits finis et de haute technologie. Entravées dans leur développement par les limites du marché intérieur, elles se sont tournées vers les marchés internationaux et cette montée en puissance renforce l'agressivité de l'impérialisme américain.<br class='autobr' />
Mais contrairement à toute la propagande qu'on entend, les deux pays ne sont pas à égalité dans ce bras de fer. L'impérialisme américain mène l'offensive, défendant bec et ongles sa position dominante. La bourgeoisie des pays impérialistes s'est enrichie en soumettant et pillant le monde entier, en exploitant les travailleurs de toute la planète depuis plus d'un siècle. Elle ne peut exister qu'en maintenant sa domination sur toute la planète.</p>
<p>Face à cela, l'État chinois et derrière lui la bourgeoisie qu'il maintient en tutelle sont pour l'instant en position défensive dans la guerre commerciale que leur livre l'Occident, tout comme dans les rapports de force armés. À ce jour, la Chine ne possède qu'une base militaire en dehors de son territoire contre 850 pour les États-Unis. C'est une armada américaine qui patrouille près des côtes chinoises, pas des porte-avions chinois au large de la Californie. Et ce n'est pas Xi Jinping qui met l'Amérique latine à sa botte, qui veut annexer le Canada et le Groenland.</p>
<p>Alors, même si elle semble erratique, la politique brutale de Trump a une cohérence. Il veut assurer à la bourgeoisie américaine des marchés, des routes commerciales, l'accès aux matières premières indispensables, le pétrole, le gaz, et donc en priver ses concurrents. Dans cette fuite en avant, chaque pas nous rapproche d'une déflagration mondiale.</p>
<p>Ainsi, la guerre actuelle contre l'Iran aggrave les causes qui lui ont donné naissance. La crise, la concurrence entre capitalistes, les rivalités entre États. Le blocage du détroit d'Ormouz génère un chaos économique mondial. Pour ne prendre que l'exemple de l'hélium, le Qatar assurait un tiers de la production mondiale de ce gaz indispensable à la fabrication des semi-conducteurs. Après le bombardement des installations gazières, les capacités de production de puces sont menacées et la guerre entre branches industrielles et constructeurs s'intensifie.</p>
<p>Alors même si le conflit actuel se termine par une trêve, ça ne permettra pas la paix. Cela aura au contraire accumulé encore plus de poudre dans le chaos d'un système capitaliste qui ne peut plus rien apporter de bien à l'humanité.</p>
<p>La guerre en Iran montre aussi que s'imposer n'est pas si simple, même pour l'impérialisme le plus puissant de la planète. Cela coûte aux États-Unis 1 à 2 milliards de dollars par jour, soit 23 000 dollars la seconde. Les stocks de munitions sont au plus bas et la guerre est impopulaire dans la population américaine. Alors avec la Chine, cela sera encore plus difficile. Mais ces difficultés ne font que renforcer les États-Unis dans leur volonté de s'y préparer. Ils tirent des leçons. Un de leurs problèmes notamment est d'arriver à mettre leur population en condition. Et cette préparation des esprits, mon camarade, y reviendra.</p>
<p>La préparation matérielle, elle se poursuit. Ces guerres accélèrent la militarisation. Même si les économies ne sont pas encore réorganisées pour être des économies de guerre, tous les budgets militaires dans tous les pays sont en hausse. Ils ont atteint 2 500 milliards d'euros au niveau mondial en 2025. En France, une rallonge de 36 milliards du budget militaire vient d'être votée sans la moindre polémique.</p>
<p>Tout cela montre que nous sommes entrés dans le processus d'une nouvelle guerre mondiale. Les dirigeants et les bourgeoisies des pays impérialistes en sont très conscients et s'y préparent activement. Quelles seront les prochaines étapes ? Quels seront les prochains peuples sous les bombes ? On l'ignore, mais directement ou indirectement les peuples et les travailleurs de tous les pays seront plongés dans la barbarie et transformés en chair à canon.</p>
<p>Il n'y a pas de paix possible sous le règne de l'impérialisme, mais il existe une force sociale capable d'en finir avec ce chaos et cette barbarie, la classe ouvrière mondiale. Elle seule peut et pourra transformer cette guerre impérialiste en une guerre révolutionnaire, une guerre sociale pour jeter à bas un système capitaliste éternel fauteur de guerre. Pour cela, la classe ouvrière doit se doter d'une politique, devenir consciente de la force qu'elle représente et des tâches qui s'imposent à elle.</p>
<p>Deuxième intervention LO — La politique de la classe ouvrière face à la guerre</p>
<p>Si la peur de la guerre est dans toutes les têtes, beaucoup ont encore l'espoir de lui échapper. L'espoir qu'un politicien pacifiste gardera le pays à l'écart des conflits du monde, qu'une armée suffisamment puissante pourra nous protéger, l'espoir que Poutine ou Xi Jinping tiennent tête face aux États-Unis, qu'il est possible d'aller se planquer à la campagne ou de quitter le pays, que cette guerre c'est celle des Américains et qu'on peut y échapper en restant spectateur, ou que le problème c'est Trump, qu'il est fou et qu'il suffirait qu'il disparaisse pour que tout rentre dans l'ordre. Mais l'espoir ça n'évite pas la catastrophe.</p>
<p>Impossible de raisonner sans être pleinement conscient que la guerre, c'est l'avenir que nous prépare le capitalisme ici aussi. La bourgeoisie sait que pour faire la guerre, elle doit d'abord gagner les populations à cette idée pour ensuite les mobiliser dans l'armée. Trump bombarde l'Iran mais il n'envoie pas de troupes au sol parce qu'il sait qu'une majorité d'Américains est hostile à cette guerre. Elle est aussi impopulaire que la guerre du Vietnam. Celle-là même qui avait suscité un mouvement de masse dans la jeunesse et en particulier chez les jeunes noirs des classes populaires. Mouvement de masse qui avait contribué à précipiter le retrait des États-Unis et la fin de cette effroyable boucherie.</p>
<p>Pour nous convaincre de mourir pour la patrie, la liberté ou le droit international, la bourgeoisie doit faire campagne, dramatiser, mentir, diviser, réprimer. Si les grandes puissances choisissent la mobilisation militaire, elles utiliseront tous les incidents, les monteront en épingle, en fabriqueront, si besoin. Quand il s'agit de nous mentir, elles ne reculent devant rien.</p>
<p>En ce moment, Trump dit que les États-Unis font la guerre contre l'Iran pour se défendre. Lors de la première guerre contre l'Irak en 1991, il martelait qu'au Koweït, des soldats irakiens avaient assassiné des bébés. Ça avait secoué l'opinion occidentale à l'époque. Ils avaient même dit que l'Irak possédait la bombe atomique. Quelques mois plus tard, on apprenait que c'était des mensonges. Ils ont fait la même chose en 2003 au moment de la deuxième guerre contre l'Irak avec le bobard sur les armes de destruction massive et la fameuse 2ᵉ armée du monde. Pareil avec la guerre en Ukraine présentée comme la résistance d'un peuple pour sa liberté face à l'invasion russe. Or, cela fait 30 ans que les stratèges américains affirment qu'il faut à tout prix séparer l'Ukraine de la Russie pour affaiblir cette dernière. Et finalement, c'est Trump lui-même qui a ouvertement déclaré que son véritable but était de mettre la main sur les richesses et les marchés ukrainiens.</p>
<p>La bourgeoisie a une politique et elle a du personnel pour la mener. Tous ces partis politiques qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition et les directions des syndicats. Par exemple, un parti comme LFI, qui fait des voix dans les classes populaires, apparaît pour beaucoup comme pacifiste. En réalité, c'est un réel soutien pour la bourgeoisie dans la préparation à la guerre. Macron envoie des Rafale pour défendre les monarchies du Golfe et LFI se précipite pour dire qu'il est normal que la France respecte ses engagements militaires envers ces pays qui ont acheté des armes françaises. Autrement dit, Mélenchon critique en se plaçant du point de vue de la défense des intérêts de l'État et de la bourgeoisie française.</p>
<p>Quant au Parti socialiste, qui a été de tous les gouvernements qui ont mené les guerres coloniales, il ne fait même pas semblant, lui est pour le réarmement massif, envoyer des troupes en Ukraine et en Afrique et intervenir militairement dans le golfe persique. Pour lui, Macron ne donne pas assez de moyens pour préparer la guerre.</p>
<p>Les syndicats, la CFDT, c'est clair également. Tout ce qu'elle réclame, c'est d'être invitée à discuter de l'économie de guerre. La CGT, elle a aussi une politique nationaliste. Elle défend les industries d'armement, le Rafale, le nouveau porte-avion français. Tout cela au nom de la souveraineté nationale, c'est-à-dire des intérêts de l'État et de la bourgeoisie française. Et quand elle dénonce les pays étrangers comme responsables de la crise de l'industrie française, elle participe à entraîner les travailleurs dans l'Union nationale avec la bourgeoisie française. En même temps, la CGT se dit pacifiste, mais le pacifisme c'est un leurre. Il consiste à faire croire que la paix peut exister dans le cadre du capitalisme. Il n'a jamais permis ni d'empêcher la guerre ni même d'y mettre fin. Et bien des fois, les pacifistes d'avant-guerre sont devenus de fervents partisans de la guerre dès que les hostilités ont éclaté.</p>
<p>Quant à l'extrême droite, elle a aujourd'hui l'oreille de certains travailleurs car les partis de gauche se sont déconsidérés. Une partie de la bourgeoisie cherche donc à promouvoir le RN parce que c'est un outil de plus pour détourner la colère des classes populaires vers un bouc émissaire, les immigrés, les pauvres et toutes les minorités.</p>
<p>Si aujourd'hui les travailleurs sont résignés et qu'ils encaissent les coups sans réagir, la résignation peut se transformer du jour au lendemain en colère et en révolte. Alors, dans les conseils d'administration et les hautes sphères de l'armée, ils se préparent à briser les possibles résistances de la classe ouvrière. L'autoritarisme de l'État et des forces de répression, c'est ce qu'on voit grandir en France depuis les Gilets jaunes, qu'on a vécu lors du Covid et lors de la guerre d'Israël contre Gaza. C'est le début d'une telle politique. C'est aussi cela que propose de faire l'extrême droite, renforcer l'autoritarisme et mettre en place un pouvoir fort.</p>
<p>De toute façon, que ce soit la gauche, la droite, l'extrême droite ou les directions syndicales, les travailleurs ne peuvent avoir aucune confiance en eux pour se prémunir de la catastrophe guerrière qui s'annonce. La classe ouvrière doit avoir une politique indépendante. Elle doit défendre ses propres intérêts et commencer par en prendre conscience.</p>
<p>Les travailleurs n'ont aucun intérêt à soutenir le dictateur Poutine qui fait la guerre à sa propre population autant qu'à l'Ukraine. Mais quel intérêt auraient-ils à s'aligner derrière les impérialistes occidentaux contre la Russie ? Aucun. Par contre, c'est l'intérêt des financiers français d'être présents en Ukraine. Quel est l'intérêt des travailleurs dans les interventions militaires françaises en Afrique ? Aucun. Quel est l'intérêt des travailleurs d'envoyer un porte-avion dans le Golfe et de lancer des missiles à 600 000 € pièce ? Aucun. Mais pour Total et ses installations pétrolières et gazières, pour les banques françaises qui ont placé des capitaux dans la région, pour Dassault qui vend des Rafales aux monarchies du Golfe, l'intérêt de cette guerre se compte en centaines de milliards.<br class='autobr' />
Une politique pour la classe ouvrière en France, c'est déjà de dénoncer systématiquement les capitalistes français qui tirent profit de la guerre. Les Total, Dassault, Thales, les industriels de l'armement, les banques, les armateurs et même la grande distribution profitent de la multiplication des conflits. La fortune de la bourgeoisie dégouline du sang des peuples aux quatre coins de la planète depuis des siècles.</p>
<p>Une politique pour la classe ouvrière, c'est aussi de dénoncer l'unité nationale, de montrer le vrai visage de l'État qui n'a pas pour vocation de défendre un soi-disant peuple français, mais de servir uniquement les intérêts des capitalistes en prétendant que ce sont ceux de la population.<br class='autobr' />
Cette montée vers la guerre, les travailleurs en France la payent déjà par les prix et les impôts qui augmentent, par la réduction massive des moyens pour les hôpitaux, les écoles et les services utiles à la population, par l'aggravation de l'exploitation dans les entreprises et la pression sur les travailleurs au chômage. Plus la guerre va se généraliser, plus la bourgeoisie va mener la guerre de classe contre eux.</p>
<p>Nous faisons tout fonctionner dans cette société. Rien, y compris l'armée, la guerre elle-même ne peuvent fonctionner sans les travailleurs. Mais le drame, c'est que le système capitaliste nous contraint à tout faire fonctionner dans l'intérêt de la bourgeoisie. Quand Total va piller le pétrole et le gaz à l'échelle de la planète, quand Dassault vend des Rafales au prix d'accords de défense, quand des grandes banques françaises mettent la main sur des centaines de milliards d'hectares de terre agricole en Ukraine, ils le font pour leur profit. Ce sont eux qui plongent le monde dans la guerre.<br class='autobr' />
Alors oui, les travailleurs doivent se défendre. Pas contre des travailleurs d'autres pays qui partagent notre sort et notre condition, mais contre nos véritables ennemis, ceux qui menacent notre existence, nos vies, nos familles. Contre cette bourgeoisie, son exploitation, son gâchis, ses guerres et ses cadavres.</p>
<p>Les travailleurs devront s'organiser pour la renverser et construire une société sur des bases collectives dans l'intérêt de l'ensemble de la population. Oui, l'ennemi principal est dans notre pays.<br class='autobr' />
Dans l'immédiat, il faut enfoncer un coin entre la bourgeoisie et les travailleurs. Il faut montrer en quoi la guerre correspond aux intérêts de la classe capitaliste. Il faut se battre pour que les travailleurs ne se sentent pas solidaires des patrons. Il faut dénoncer les capitalistes profiteurs de guerre, affirmer la nécessité de confisquer les profits de guerre. Les actionnaires font des milliards de bénéfices sur l'industrie d'armement. C'est sur le dos de l'ensemble de la société, des hôpitaux, de l'enseignement. Il faut bien sûr dénoncer la hausse des budgets militaires.</p>
<p>Mais tant que le pouvoir restera entre les mains de la bourgeoisie, ce sont les capitalistes qui décideront. Ces entreprises doivent passer sous le contrôle des travailleurs qui doivent pouvoir décider de ce qu'ils en feront. Mais cela ne pourra se faire tant que l'État restera entre les mains de la grande bourgeoisie.</p>
<p>Ça nous paraît loin aujourd'hui certainement. La conscience de notre classe est en retard face à la guerre qui vient. C'est un fait. Mais nous savons par les expériences du passé que la colère, la révolte peuvent surgir à tout moment. Ce ne sont pas les révolutionnaires qui la provoqueront. Ce sont les capitalistes même ou leurs représentants politiques à cause d'une guerre, d'une attaque générale contre le monde du travail ou d'une humiliation de trop comme en 1871 lors de la Commune de Paris pendant la guerre entre la France et la Prusse, comme en Russie en février 1917 puis en Finlande, en Allemagne, en Hongrie et en Italie en 1918, 1919 et 1920. Les exploités en se soulevant ont arrêté la Première Guerre mondiale, ce que les prétendus pacifistes n'ont jamais fait.</p>
<p>Dans ces moments où la colère des travailleurs explose, il faut des militants révolutionnaires dans la classe ouvrière. Il faut qu'ils soient connus, eux et leurs idées reconnues par leurs camarades de travail. C'est la condition pour que la révolte puisse devenir révolution, une lutte décisive pour l'avenir de la société et de l'humanité. Toute l'activité militante d'un révolutionnaire doit se faire dans ce but. C'est le travail que depuis ses origines Lutte ouvrière mène dans les entreprises. Actuellement, ça se fait autour de nos bulletins même quand il n'y a pas de combativité collective. Ces bulletins expriment avec régularité les idées révolutionnaires dans les petites choses de l'exploitation quotidienne comme dans les grandes luttes sociales.</p>
<p>Mais ce n'est pas tout. Il cherche à amener les travailleurs à la politique et les réunir même en petit nombre pour commencer afin d'échanger, discuter et décider ensemble afin de comprendre ensemble ce que veut dire une action collective, consciente et démocratique. Aujourd'hui, nous faisons un travail à une échelle moléculaire à travers nos bulletins, notre intervention dans les luttes petites ou grandes, notre participation aux élections.</p>
<p>Mais c'est une préparation pour un combat à un tout autre niveau dont les travailleurs ont besoin. Le temps où la bourgeoisie pouvait concéder quelques réels droits sociaux pour acheter la paix sociale est terminé depuis longtemps. Le temps où les générations se succèdent sans connaître la guerre, en tout cas dans les pays riches, est terminé. Nous sommes entrés dans une période de changements brutaux, d'affrontements militaires, de guerres et de révolutions. Nous allons être confrontés à bien des situations que nous ne pouvons même pas imaginer. Mais nous savons que quelles que soient les circonstances, ce sont les idées communistes révolutionnaires qui permettront aux militants ouvriers d'aider les travailleurs à comprendre, à éviter les pièges, à trouver un moyen de s'organiser pour agir.<br class='autobr' />
Aujourd'hui, nous sommes à la Fête de Lutte ouvrière. On discute, on débat et on fait la fête. Mais demain, que ferons-nous en cas de mobilisation générale, en cas d'attaque directe sur le territoire, en cas d'interdiction des organisations ouvrières ? Si nous voulons pouvoir répondre en révolutionnaires à ces questions quand elles se posent, il faut avoir gardé les idées claires, des idées de lutte de classe et d'internationalisme. Mais il faut surtout que nous soyons présents, que ce soit dans les usines et demain dans l'armée. Notre sort est lié à celui de notre classe.</p>
<p>Cette perspective d'autres groupes révolutionnaires, en particulier de notre tendance, la défendent dans d'autres pays. Car si nous militons là où nous vivons, là où nous travaillons contre un ennemi local, notre propre bourgeoisie, nous savons bien que pour réussir, la révolution prolétarienne ne peut pas se faire dans un seul pays. C'est pourquoi notre fête se veut un rendez-vous international, le rendez-vous de ceux qui veulent implanter, développer et faire vivre les idées communistes révolutionnaires parmi les travailleurs de tous les pays, de ceux qui veulent défendre la nécessité de la révolution sociale mondiale.</p>
<p>C'est la seule perspective qui permette que dans les luttes et les révoltes de demain, malgré les obstacles et les manœuvres des directions syndicales, des partis politiques, de la bourgeoisie et de la répression de son État, la classe ouvrière renverse la bourgeoisie et s'empare du pouvoir afin de révolutionner toute la société pour en finir avec le capitalisme, les crises, la misère et la guerre.</p>
<p>Débat — interventions de la salle et réponses LO</p>
<p>Intervention 1 — Arthur, Gauche Révolutionnaire</p>
<p>Bonjour tout le monde. Donc moi c'est Arthur de Gauche Révolutionnaire et il y a deux points dans vos interventions sur lesquels j'aurais bien aimé que vous reveniez parce que je n'étais pas sûr de comprendre quels étaient vos arguments.</p>
<p>Déjà c'est concernant la Chine. Vous avez dit et à juste titre que la Chine a une seule base militaire comparée aux quelques 800 des États-Unis et donc on ne pouvait pas dire que la Chine était à un même niveau d'impérialisme que les États-Unis. Et aussi que ce qui est vrai par ailleurs qu'il n'y a pas de bâtiments chinois qui croisent au large des côtes américaines alors que l'inverse est vrai. Mais d'un autre côté, il n'y a pas de bâtiments français ou britanniques qui croisent au large des côtes américaines alors que les impérialistes britanniques, français, américains restent quand même opposés sur énormément de sujets comme on le voit avec la fracturation de l'OTAN notamment ou comme on le voit sur le fait qu'ils ne sont pas d'accord sur le sort à réserver au Groenland. Et ça c'est historique. Dès le débarquement américain au Maroc, lors de la Seconde Guerre mondiale, les Français étaient très emmerdés parce qu'ils disaient « Mais quand même, c'est notre colonie et puis là, il y a des soldats américains qui vont venir avec des entreprises américaines, avec du capital américain. » Donc bon, est-ce que c'est vraiment une si bonne chose que ça pour nous ?<br class='autobr' />
Donc du coup, si vous n'hésitez pas et à juste titre à qualifier l'impérialisme britannique et français comme un impérialisme au sens strict au même titre que ce que les États-Unis, pourquoi ne pas réserver le même sort à la Chine qui quand même par bien des égards est un impérialisme tout à fait classique, qui plonge des pays dans la misère et dans la dette, qui place ses troupes — un peu moins ses troupes parce qu'ils en ont moins les moyens d'accord — mais qui place ses entreprises, qui place ses intérêts, qui place ses aides diplomatiques et ainsi de suite.</p>
<p>Et l'autre point, vous avez dit qu'il y a plein de gouvernements qui se préparent à une troisième guerre mondiale. Mais alors moi je ça m'étonne parce que vous voyez en 1960 la part du budget mondial destiné aux armements c'était 6 %. Aujourd'hui, c'est 2 %. Et c'est pas du tout dans la même économie, parce que le PIB mondial en 1960 c'était 1 000 milliards de dollars [...] et aujourd'hui c'est 114 000 milliards de dollars. Donc du coup, comment est-ce que ça se fait que vous pouviez dire qu'on va vers une troisième guerre mondiale alors que non seulement la proportion en valeur absolue des budgets militaires, elle baisse par rapport aux années 60, mais en plus en valeur relative, elle s'effondre aussi. Je trouve ça un peu étonnant. Merci.</p>
<p>Intervention 2 — Victor, AG Antifa de Brest et Autonomie de Classe</p>
<p>Bonjour, moi c'est Victor, je milite à l'AG Antifa de Brest et à Autonomie de Classe.<br class='autobr' />
Je pense que je rejoins le premier point, pas le deuxième, du camarade sur la Chine. Je pense qu'en fait l'élément peut-être de confusion, c'est que vous n'avez pas défini ce que c'est l'impérialisme. Et c'est un peu difficile de parler de la guerre sans définir l'impérialisme avant tout. Et je pense que la confusion qu'on a aujourd'hui, c'est qu'on pense que l'impérialisme c'est la domination des États forts sur les États faibles, et ça comme conséquence. Mais l'impérialisme avant tout, c'est une compétition entre tous les États et toutes leurs bourgeoisies.</p>
<p>Et la Chine, elle fait partie de cette compétition. Je pense que concrètement ça se voit très bien parce que la Chine a les mêmes relations asymétriques avec l'Amérique latine où la Chine va par exemple exporter uniquement des biens manufacturés, donc à valeur ajoutée de fou furieux et en même temps, elle importe que des matières premières. Et donc en fait si on dit que la France elle est impérialiste en Afrique, la Chine elle l'est aussi partout dans le monde parce qu'en fait ça n'existe pas un État non impérialiste. Tout État est impérialiste par définition.</p>
<p>Et le deuxième point sur lequel je voulais revenir, c'est les perspectives concrètes. Vous parliez du budget [militaire] qu'il n'y avait pas vraiment eu d'opposition au budget militaire. Il y a eu une opposition au budget quand même. Et c'est le mouvement « Bloquons tout ». On pouvait passer à côté du mouvement « Bloquons tout » au début de l'année et ça a été quand même quelque chose de super stylé. Mais par contre, c'est très clair qu'il manquait un angle antimilitariste aussi fort que ça aurait pu l'être. Et en fait, c'est notre rôle à nous les militants révolutionnaires d'aller dans tous les mouvements qui existent, qu'ils soient féministes, antiracistes, antifascistes etc. et de pousser pour que ces mouvements deviennent non seulement féministes, antifascistes etc., mais en plus anti-guerre, antimilitaristes et révolutionnaires.</p>
<p>Première réponse LO</p>
<p>Bon, alors effectivement, c'est revenu dans plusieurs questions. L'impérialisme, moi je pense que je l'ai quand même souligné, mais pour y revenir, l'impérialisme c'est le capitalisme qui s'est développé à un tel point. Ça date quand même depuis plus d'un siècle. C'est des bourgeoisies des pays où ça s'est développé le capitalisme en premier, qui deviennent tellement puissantes, tellement importantes qu'elles ont un besoin d'exporter des capitaux, de répandre leur domination sur l'ensemble de la planète. Bon, l'impérialisme c'est ça entre autres. Elles le font à la force de leurs armées pour aller s'imposer, piller des pays, piller des ressources, prendre, réduire aussi, aller implanter des capitaux pour tirer de la plus-value, pour tirer du sang, de la sueur des ouvriers aux quatre coins du monde et le ramener dans leur portefeuille, leur coffre-fort.</p>
<p>Bon, l'impérialisme, c'est un système qui domine la planète entière. Maintenant, il faut quand même qu'on voit que non, tous les États ne sont pas impérialistes. Je suis désolé, le Mali n'est pas impérialiste. Enfin, je veux dire le Vietnam n'est pas impérialiste, sinon on comprend plus rien. Voilà. Et que si on veut se repérer dans la période actuelle, si on veut piger la guerre dans laquelle ils nous plongent, si on veut avoir des billes pour leur mener la guerre, faut quand même qu'on voit qui sont nos ennemis. Et nos ennemis, c'est en premier l'impérialisme hégémonique.</p>
<p>Enfin, je veux dire les États-Unis, je vais pas faire une avalanche de chiffres parce que je pense que c'est pas ça qui permet de comprendre, mais quand même, des groupes dont vous avez sûrement entendu parler financiers, Vanguard Group, BlackRock, ils sont américains. C'est eux qui cumulent des milliers de milliards de dollars qui détiennent des trusts entiers qui mettent la planète en coupe réglée. Bon ça c'est pas chinois, c'est pas malien, c'est pas péruvien. Voilà, l'impérialisme qui domine la planète, c'est l'impérialisme américain. Il s'est imposé dans des guerres. Il a fallu les guerres, la première, la seconde guerre mondiale pour qu'il s'impose face à d'autres impérialismes qui étaient là avant et qui sont toujours là.</p>
<p>Effectivement, il y a encore des rivalités. Effectivement, la France, la Grande-Bretagne, c'est des petits impérialistes, mais ils ont quand même la rage. Ils ont envie d'avoir des miettes du gâteau. Alors, eux aussi, ils foutent du pognon dans l'armée et ils sont prêts à nous faire crever pour leur marché. Qu'est-ce que le Charles de Gaulle fait dans le détroit d'Ormouz ? Eh bien il va protéger CMA CGM, il va protéger Total et ils sont prêts à nous faire crever pour ça.</p>
<p>Nos ennemis ici en France, c'est avant tout la bourgeoisie française et l'État à son service. Mais c'est aussi l'impérialisme américain qui met toute la planète en coupe réglée, qui n'a jamais accepté qu'il y ait un centimètre carré de la planète qui lui échappe et qui pour ça est prêt à nous plonger et nous plonge déjà dans plein de pays dans un bain de sang.</p>
<p>Alors, il y a quand même une autre façon de voir l'impérialisme. Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'impérialisme, nous on le vit ici. On n'est pas chinois, on n'est pas américain non plus. On est français, on habite en France. En tout cas, on est des travailleurs de France, on a un gouvernement qui est ici. On a un État qui est au service de nos capitalistes et ça fait une différence. L'ennemi principal, il est dans notre pays. C'est notre ennemi principal. C'est celui-là qu'il faut abattre.<br class='autobr' />
Si on commence à penser qu'ils sont tous [impérialistes] et que pourquoi choisir entre les uns et les autres ? Ah non, la classe ouvrière, elle doit faire un choix. Ton ennemi, il est chez toi, abats-le chez toi. Et que chacun fasse le ménage dans son coin là-dessus.</p>
<p>Bon, alors non, c'est pas Victor mais c'est Arthur de la Gauche Révolutionnaire. Tu es étonné qu'on puisse parler de 3ᵉ guerre mondiale ? Écoute, tu es une des rares personnes que j'ai rencontrées cette année qui en soit étonnée. Dans les usines, dans les quartiers, tout le monde en parle ou ne veut pas en parler. Dans les écoles, les militaires viennent rencontrer les jeunes pour leur vanter le bonheur du patriotisme et de défendre la nation. Dans les usines d'armement, les militaires viennent pour rencontrer les ouvriers, pour leur dire : ce que vous fabriquez, c'est formidable. On ne sait pas contre qui on va se battre encore. Mais ce que vous fabriquez là, ça va nous être très précieux, très précieux. Continuez les petits gars.</p>
<p>Trump, il est pas en train de s'étonner de la troisième guerre mondiale. Il a fait la guerre, lui il s'embête pas avec ça. Il a fait la guerre pour n'importe quelle raison, on s'en fout. Le problème, c'est que la deuxième guerre mondiale, comme la première guerre mondiale, elles ont été appelées comme ça après. Nous, pourquoi on parle de la troisième guerre mondiale à tout bout de champ ? Parce qu'aujourd'hui, tout n'est pas égal. Aujourd'hui, il y a un danger qui pèse sur le monde, qui pèse sur notre classe sociale et sur l'humanité tout entière. C'est la 3ᵉ guerre mondiale. Les péripéties qui peuvent se passer à Matignon, au Sénat ou à la Chambre des députés, c'est de la gnognote par rapport aux milliards qui sont mis dans les bombes. C'est juste irréel.</p>
<p>Oui, il y a des tas de gens aujourd'hui qui veulent vous parler d'autre chose que de la troisième guerre mondiale. Tous les gens qui vous parlent d'autre chose que de la 3ᵉ guerre mondiale sont en train de vous détourner de votre avenir, sont en train de vous désarmer comme si ça n'allait pas arriver, comme si le capitalisme pouvait l'éviter.</p>
<p>Oui, les capitalistes ne veulent pas faire la troisième guerre mondiale. Le problème c'est qu'il y en a aucun qui veut perdre et que le capitalisme c'est la guerre. C'est la guerre économique, c'est la guerre sociale et c'est la guerre entre pays, entre bourgeoisies pour rafler tout ce qu'il y a à rafler. Et aujourd'hui, ça fait 50 ans de crise, ils vont se repartager le monde comme ils l'ont fait déjà deux fois.</p>
<p>Voilà. Alors, on peut dire que c'est pas vrai. On peut dire que oui. Ils dépensaient plus à ce moment-là, n'empêche que cette année ils dépensent plus que l'année passée et l'année passée ils dépensaient plus que l'année d'avant. Si ça c'est pas un signe qu'ils vont y aller ou qu'ils s'y préparent, eh bien il y a un problème là parce que c'est un signe. Et nous, notre rôle, le rôle des révolutionnaires c'est de pas minimiser ça parce que des conflits, on n'a pas fini d'en voir et des révoltes non plus.</p>
<p>Des révoltes, il y en a eu toute l'année. Il n'y a pas eu que des guerres. Il y a des tas d'endroits où on s'est révolté, où des peuples, des gens se sont révoltés, des travailleurs ont été dans la rue en Iran. Là, il y a quelques mois, il y a des gens qui étaient dans la rue, des travailleurs qui descendaient dans la rue au péril de leur vie pour contester une dictature. Et aujourd'hui, ces mêmes travailleurs se retrouvent à être sous les bombes et sous une dictature qui a changé de nom mais qui reste la même. Les problèmes là, eux, ils sont concrets. Vous avez envie d'aller dire à un Iranien qui serait peut-être ici « oui, la troisième guerre mondiale, vu les chiffres qu'il y avait il y a 50 ans, non c'est pas vrai. » Si, c'est évident. Ça pleut de bombes partout.</p>
<p>Alors qu'on soit pro-LGBT, qu'on soit pour le droit des femmes, pour le droit à l'avortement, contre l'antisémitisme, contre le racisme, qu'on soit pour défendre tout ce que vous voulez, qu'on soit pour défendre les baleines, qu'on soit pour défendre le climat, qu'on soit pour défendre tout ce que vous voulez, vous ne pouvez pas le faire dans le cadre du capitalisme. Vous avez perdu d'avance. C'est un combat sans fin car le capitalisme se nourrit de ça. Il se nourrit de nos divisions. Il se nourrit en écrasant les minorités, en en faisant des boucs émissaires. C'est une de ses manières de tenir bon.<br class='autobr' />
Si vraiment vous voulez défendre votre combat, eh bien la seule classe sociale qui peut le faire, c'est la classe ouvrière. Mais elle le fera pour ses propres intérêts. Alors moi, j'ai un conseil à vous donner. Rejoignez le combat, rejoignez la classe ouvrière. Essayez de faire en sorte que dans les usines, dans les quartiers ouvriers, on parle de nos intérêts de travailleurs. Parce que tout le monde parle de tout, sauf de nos intérêts de travailleurs, et qu'on parle que notre ennemi, il est dans notre pays et qu'il va falloir l'abattre. Il va falloir l'abattre parce que personne ne sera libre tant que les capitalistes seront au pouvoir.</p>
<p>Intervention 3 — Salle (non identifié), précision sur la Chine en Afrique</p>
<p>Juste pour rajouter un petit truc, il y a quelques mois, il y a une LDC [Lutte de Classe] qui est sortie avec un article sur la Chine qui explique ce que fait la Chine en Afrique. Juste pour rajouter sur ce que vous avez dit, par exemple Huawei, ils construisent certes des antennes en Chine, les opérateurs c'est Orange. Enfin, il faut aussi avoir ça en tête. Oui, tout ce que vous avez dit sur l'aspect militaire, moi ça me suffit. Mais c'est ça en fait que la Chine c'est pas un impérialisme, c'est qu'ils prennent les miettes même là, ils ont ça même devant la France, ils s'imposent pas quoi.</p>
<p>Intervention 4 — Salle (non identifié), Russie/OTAN et impérialismes anciens<br class='autobr' />
Le premier point, on est bien déjà dans la 3ᵉ guerre mondiale et même l'engrenage qui va conduire les pays de l'OTAN ou européens à être directement touchés et probablement déjà engagés puisque le climat en Russie change rapidement. Avant il y avait quelques fous furieux qui parlaient d'utiliser les bombes atomiques et de s'en prendre avec plus de véhémence aux pays de l'OTAN qui paraissaient marginalisés et qui maintenant ont de plus en plus de poids que ce soit auprès du pouvoir que dans la population. En particulier, c'est la conséquence de la politique de l'OTAN qui en permanence va un petit peu plus loin en bravant les interdits qu'il s'est lui-même fixés. Pas de F16, finalement il y a des F16. Pas de bombardement en Russie, finalement il y a des bombardements en Russie. Et le pouvoir russe finalement finit par avoir des difficultés à résister à l'envie de bombarder directement les pays occidentaux alors que les pièces des drones arrivent par avion en Ukraine pour être assemblées, être envoyées en Russie. Idem pour les drones qui sont fabriqués dans les pays baltes et qui sont envoyés sur les populations russes directement.</p>
<p>Second point, en effet, le problème de savoir si la Chine, la Russie, l'Iran sont des pays impérialistes, c'est clair qu'ils ont des bourgeoisies dont ils défendent les intérêts. Ceci dit, ce sont des pays qui partagent d'être des anciens pays dominés et qui peut-être en ce moment peut-être vont changer cet état de fait ou augmenter leur place dans la hiérarchie mondiale. Pour l'instant en fait, on ne voit pas, on n'a pas vu de politique militariste de ces pays-là, de la Chine etc. Ils n'ont qu'une seule base militaire. Pour l'instant, ils ont des armes mais ils ne les utilisent pas. Ils essayent juste de défendre leur accès maritime autour du détroit de Formose. Et voilà. Mais ils ne sont pas vraiment engagés dans une politique agressive comme le sont les anciennes puissances coloniales et impérialistes.</p>
<p>Deuxième réponse LO</p>
<p>Alors pour répondre à la question qui n'a pas été posée, qu'est-ce que ça change quand on dit que la classe ouvrière nous c'est sur celle-là qu'on mise, c'est sur notre classe sociale, c'est celle-là qui va changer le monde, c'est celle-là qui a les moyens de le faire.</p>
<p>Il y a la bombe atomique, ça pourrait nous péter à la gueule de partout. Aujourd'hui, les impérialistes et même les pas impérialistes, ils ont la bombe atomique et ils peuvent la détruire plusieurs fois. La France peut déjà le faire à elle toute seule. Bon, très bien. Si on raisonne en se disant qu'on est foutu par rapport à ça, oui, peut-être, mais on va tous mourir un jour. Et c'est pas une raison pour se dire le matin qu'on est foutu par rapport à ça.</p>
<p>Il y a plein de choses à faire et moi ce que je vois c'est que la classe ouvrière dans toute sa composante non seulement on va participer à la guerre en tant que chair à canon mais aussi en pourvoyeurs de missiles, de drones, de porte-avions, d'avions, d'engins de mort. C'est nous qui allons le faire.</p>
<p>Il y a quelques temps là, vous avez remarqué qu'il y a un énorme porte-avion, un des fleurons de la marine américaine qui était censé s'occuper de l'Iran et qui a dû faire demi-tour pour rentrer au port. Il est rentré au port parce que les chiottes étaient bouchées. Ils ne sont pas bouchés tout seuls. Dans ce bateau, il y a que des soldats professionnels. Ça faisait 9 mois qu'ils étaient en mer. Ils devaient certainement en avoir ras-le-bol et ils se sont organisés pour faire en sorte que le bateau y rentre parce qu'ils en avaient marre. C'est ça aussi qu'on va vivre. On va vivre des tas de moments difficiles, mais on va vivre aussi des tas de révoltes. Celle-là, c'en est une. C'est pas n'importe quoi. Un porte-avions qui doit rentrer pour un détail pareil.</p>
<p>Et puis quand même effectivement ils peuvent faire des tas de choses. Ils ont une puissance technologique aujourd'hui qui peut sembler impressionnante. Je vais vous prendre un exemple bête, mais dans les années 90, il y avait Canal Plus et Canal Plus, si on voulait regarder, fallait avoir un décodeur. Moi, je travaillais dans une usine où on fabriquait des photocopieurs, pas du tout des décodeurs, mais il y avait une ligne parallèle clandestine dans l'usine de travailleurs qui fabriquaient des décodeurs clandestins pour qu'on n'ait pas à payer les décodeurs de Canal Plus. La classe ouvrière, c'est aussi ça. Nous sommes la ressource, nous fabriquons tout. Tout est dans notre tête, tout est dans nos mains. Les capitalistes, ils peuvent rien faire sans nous. Nous, on peut largement se passer d'eux mais eux ils peuvent rien faire sans nous.</p>
<p>Et des solutions pour parer toutes les saloperies qu'ils vont nous faire, on les a dans nos têtes. Mais ça ne peut marcher qu'à condition que les travailleurs soient organisés. Parce que demain, si ça explose, il y a des tas de travailleurs partout qui ne marcheront pas dans les plans pourris. Mais ne pas marcher dans les plans pourris tout seul un par un, même si on est des milliers, c'est pas la même chose que si on est quelques centaines organisés, parce qu'on réfléchit ensemble, on agit ensemble, on devient une force. Et la classe ouvrière, elle doit retrouver ça. Nous sommes une force. Nous sommes — c'est pas les États-Unis la première force du monde. La première force du monde et de loin, c'est la classe ouvrière. Et notre rôle c'est de la réveiller.</p>
<p>Intervention 5 — Salle, Hiroshima et refus de choisir un camp</p>
<p>Oui. Alors juste pour dire, je trouvais ça vraiment bien l'exemple que tu as donné sur l'Afrique et vraiment éclairant sur ce côté, voilà, ils prennent les miettes quoi. Et c'est quelque chose qui est précieux à garder en tête. Mais aussi sur ce côté de l'autre intervention en disant oui les bombes atomiques contre l'OTAN, mais enfin quand même la seule pays qui a utilisé des bombes atomiques contre une population c'est les États-Unis enfin c'est Hiroshima, c'est Nagasaki. Qui c'est qui bombarde aujourd'hui ? Qui c'est qui met la planète à feu et à sang ? C'est les États-Unis, c'est la France. Qui c'est qui vend des armes à Israël pour faire ces massacres à Gaza ? C'est la France. Continue d'en vendre.</p>
<p>Et moi je pense que c'est d'autant plus précieux d'avoir ça en tête que, oui, on est en France, oui, on est dans un pays impérialiste et que c'est nos États, c'est nos bourgeoisies qui sèment la terreur à travers la planète et que je rejoins le camarade, tout à fait. Ceux qui ont les manettes dans les mains pour mettre un terme à ça, évidemment c'est les travailleurs et c'est la classe ouvrière. Il faut qu'on voie notre ennemi.</p>
<p>Mais d'un autre côté, tous ces autres régimes qui apparaissent en opposition, que ça soit les mollahs en Iran, que ça soit le régime chinois, c'est pas du tout des régimes qui sont de notre côté non plus. Et moi je trouve que ce qui est très dangereux aujourd'hui, ça serait de rester spectateur. Ça serait de se dire dans ces conflits là, dans quel camp je me range ? Est-ce que je me mets un peu plus du côté États-Unis France ou un peu plus du côté iranien ?</p>
<p>Bien sûr qu'on est content là que les États-Unis soient tombés sur un os en Iran, que ce pays tout-puissant, enfin cette bourgeoisie, ces dirigeants qui pensaient pouvoir réduire ce pays en miettes, là pour le moment ils n'y arrivent pas. Mais enfin, c'est qui qui tire profit ? Le régime des mollahs. Qu'est-ce que ça change pour les prolos iraniens ? Le régime des mollahs, c'est ceux qui les exploitent, c'est ceux qui s'enrichissent sur leur dos, c'est ceux qui piquent l'eau qui font qu'il y a plein de gens qui sont dans une situation catastrophique. Quand on est communiste révolutionnaire, on ne choisit pas le prochain maître d'esclaves. On ne se dit pas ça sera un peu moins pire avec un tel ou un tel. On se dit nous notre camp, faut qu'on se prépare, faut qu'on s'arme et qu'on s'arme dans la tête et plus tard militairement pour les foutre dehors. C'est pas question de passer d'une oppression à une autre.</p>
<p>Intervention 6 — Militant LO Stellantis Vesoul</p>
<p>Bonjour, je me présente, je travaille à Vesoul dans l'est de la France, parce que beaucoup de gens ne connaissent pas Vesoul. Donc c'est dans l'est de la France. Je travaille à Stellantis Vesoul, je suis ouvrier et je rebondis par rapport à ce que j'ai entendu du camarade de la Gauche Révolutionnaire. Ça m'a un peu surpris parce que je me rappelle en 2022, je sais plus quand, quand il y a le conflit entre l'Ukraine et la Russie, on commençait à raconter à nos collègues de travail qu'il y avait une escalade vers la guerre généralisée qui se mettait en place. Je milite à Lutte ouvrière. Et on passait un peu pour des extraterrestres.</p>
<p>Puis peu de temps après, il y a l'attaque du Hamas, la réaction sur le site de Gaza. Là les gens commençaient à réagir dans l'atelier, commençaient à se demander qu'est-ce qui se passait. Donc nous on a commencé à parler de 3ᵉ guerre mondiale. On est un petit peu pour des extraterrestres. Ensuite, ce qui se passe aujourd'hui avec l'Iran et l'impérialisme américain, je pense qu'à l'usine aujourd'hui, quand on parle de 3ᵉ guerre mondiale, on ne passe plus du tout pour des extraterrestres.</p>
<p>Je peux même vous raconter, il y a beaucoup de gens qui ont peur et ils imaginent que Poutine, il est fou, puis qu'il irait envahir l'Europe. D'autres qui pensent que c'est au contraire Trump qui est un danger. D'autres qui disent « Ouais, ça vient du Covid. » Enfin, ils ont leurs explications à eux, les travailleurs. Mais en attendant, il y a une chose qui est sûre, c'est qu'ils ont peur quand même d'un conflit généralisé. Alors que le camarade de la Gauche Révolutionnaire, lui, ne s'en rend pas compte, il faut qu'il aille bosser dans une usine déjà pour commencer. Et il faut savoir que la plupart des travailleurs me le disent tous les jours. Moi j'arrête de regarder la télé, j'en peux plus. J'ai trop peur de voir des images de guerre. Ils font un peu l'autruche mais en même temps, je les comprends. Moi aussi, j'en ai marre de regarder. Dès que j'allume, je vois l'Iran, je vois des bombes. Mais c'est le monde tel qu'il est aujourd'hui.</p>
<p>Je peux vous dire que je travaille donc en Haute-Saône et en Haute-Saône, il y a une base aérienne. Rien que pour les bases aériennes, il n'y avait plus l'arme nucléaire. Donc là, elle revient. Il y a le nouveau escadron de Rafale qui va revenir. Puis rien que pour faire le réfectoire et puis les dortoirs de la base aérienne, ils mettent 1 milliard 5. Un milliard 5. Et, à côté, nous on n'a pas de médecin, liste d'attente dans les hôpitaux, on subit déjà la marche vers la guerre, on la subit déjà.<br class='autobr' />
Je vois les entreprises qui commencent à travailler pour l'armée. Moi je pense à la Magyar vers Arc-lès-Gray, c'est aussi une autre zone. Ils n'avaient plus de boulot. Là, ils ont du boulot, ils font des citernes puis ils renouvellent le parc de camions de TRM, pour ceux qui ont fait l'armée, ils connaissent. Enfin voilà, il y a des budgets militaires qui commencent à se mettre en place. Vous allez boire une bière dans un bar, je regarde, excusez-moi, c'est pas forcément ce qu'il faut faire tout le temps, je conseille pas. Et qu'est-ce que je vois ? Je vois un sous-bock « Armée de Terre — Engagez-vous ». Dans ma ville, il y a des partenariats entre l'armée de l'air et BTS Aviation. Dans les collèges et dans les lycées, on commence à faire des partenariats avec l'armée.<br class='autobr' />
Moi, je me rappelle quand j'étais gosse, je suis né dans les années 70, quand j'étais gosse, j'ai dû voir une fois un militaire, un poilu qui est venu me voir, j'étais en CM1, je me rappelle comme si c'était hier. C'est vieux, mais il est venu raconter les horreurs de la guerre et le gaz moutarde, comment c'était la vie dans les tranchées pour dire c'est une horreur, une horreur la guerre. Maintenant on parle de la patrie, de l'armée, de l'avenir de la jeunesse. Franchement, si on ne voit pas là un début au moins de propagande de guerre, c'est qu'on a la merde dans les yeux. Excusez-moi.</p>
<p>Troisième réponse LO</p>
<p>Bon, du coup, revenir sur la Chine pas impérialiste. Moi, ce que je trouve marquant, c'est que cette question revienne autant. Alors il y a une part, c'est normal, on se questionne qu'est-ce que c'est que la Chine ? Mais enfin il y a quand même une part de propagande ici en France. On n'arrête pas de nous dire dans les médias, le gouvernement etc. que c'est la Chine, vous rendez compte, c'est l'automobile chinoise qui va faire s'effondrer des trusts comme Stellantis et comme Renault. Mais ça c'est quand même un peu dingue. Enfin là, c'est quoi ? Ils ouvrent une ligne de production dans une usine en Bretagne, mais à l'inverse, il y a 150 usines de groupes occidentaux en Chine qui depuis 40 ans font suer et exploitent à n'en plus finir les ouvriers chinois. Voilà, l'impérialisme c'est ça. L'impérialisme c'est aller piller, aller exploiter dans tous les coins de la planète, y compris en Chine et d'avoir d'ailleurs l'État chinois qui joue le garde-chiourme et qui fait bosser la classe ouvrière et qui essaie de lui taper le plus fort possible sur la tête pour que le pognon il parte dans les coffres-forts de Renault, de Stellantis, d'Apple et compagnie. C'est juste une image mais c'est marquant.</p>
<p>En fait c'est relié. Il faut pas qu'on sépare l'économie et le militaire, c'est relié. Je veux dire la Chine, elle a même pas été en guerre depuis 1979. Et là, je ne vais pas vous faire toute la liste de tous les conflits dans lesquels l'impérialisme américain, français, britannique, ils ont été plongés depuis 1945, parce qu'on n'en aurait pas fini. Ils sont en guerre permanente. Ils sont en guerre permanente parce que leur système capitaliste, il est à bout de souffle, qu'il faut aller choper le moindre marché, qu'il faut aller choper la moindre parcelle pour cette course au profit qui n'en finit pas et qui n'en finira pas tant qu'ils auront les manettes. C'est ça l'impérialisme.</p>
<p>Et l'impérialisme c'est aussi plus d'un siècle. Ça veut dire que ces puissances elles ont des liens, il y a des liens humains chez qui ils vont se former les dirigeants des pays africains, les officiers. Pendant un temps, c'était en France et puis après ça a été aux États-Unis. Et c'est ces liens-là qui sont puissants. C'est des liens entre appareils d'État mais enfin c'est des liens aussi. Les capitalistes français, les capitalistes américains, les capitalistes britanniques, ils ont des liens parce que ça fait des siècles qu'ils exploitent ces pays-là. Ça se construit, ça prend du temps. La Chine c'est pas du tout ça. C'est absolument pas ça.</p>
<p>Et s'il faut à ce point-là qu'on s'explique, j'y reviens quand même, c'est parce qu'on nous fout dans la tête que notre danger à nous, ce qui nous menace, c'est la Chine. Mais enfin, c'est pas la Chine qui fait qu'on peut pas faire son plein. C'est pas la Chine aujourd'hui qui fait que les travailleurs on va bosser tous les jours et on n'arrive même pas à remplir son caddy. Ça c'est Total, c'est Carrefour, c'est les capitalistes français et c'est l'État français à leur service.</p></div>
La charlatanerie statistique du GIEC, applaudie par le NPA-R : "les événements extrêmes sont rares par définition"
https://matierevolution.org/spip.php?article9659
https://matierevolution.org/spip.php?article96592026-07-06T22:56:00Ztext/htmlfrAlex
<p>Un article du NPA-R <br class='autobr' />
Le désintérêt pour la science, la soumission complète à la propagande climatique des Etats, aboutit à l'article Inondations et changement climatique : un avenir sombre et incertain du NPA-R. <br class='autobr' />
La camarade auteur de cet article est une vraie passionaria du GIEC, voir par exemple <br class='autobr' />
https://npa-revolutionnaires.org/crise-ecologique-que-dit-la-recherche-scientifique/ <br class='autobr' />
Pour les profs du NPA-R, leur patron, la science officielle, est désintéressée, pure, pas du tout "vendue (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
<div class='rss_texte'><p><strong>Un article du NPA-R</strong></p>
<p>Le désintérêt pour la science, la soumission complète à la propagande climatique des Etats, aboutit à l'article <a href="https://npa-revolutionnaires.org/inondations-et-changement-climatique-un-avenir-sombre-et-incertain/" class="spip_out" rel="external">Inondations et changement climatique : un avenir sombre et incertain</a> du NPA-R.</p>
<p>La camarade auteur de cet article est une vraie passionaria du GIEC, voir par exemple</p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/crise-ecologique-que-dit-la-recherche-scientifique/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://npa-revolutionnaires.org/crise-ecologique-que-dit-la-recherche-scientifique/</a></p>
<p>Pour les profs du NPA-R, leur patron, la science officielle, est désintéressée, pure, pas du tout "vendue aux dividendes" comme le proclama Jaurès.</p>
<p>Mais concentrons nous sur l'aspect scientifique :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Contrairement à ce que racontent les climato-sceptiques de tous poils, à commencer par Trump, les scientifiques spécialistes du climat se montrent très prudents lorsqu'il s'agit de prédire l'évolution des inondations dans les décennies à venir. Et pour cause : une inondation est par définition un phénomène extrême, très localisé dans l'espace et dans le temps, en clair ce qu'il y a de plus éloigné des valeurs moyennes simulées par les modèles climatiques.</p>
</blockquote>
<p>Les "climato-sceptiques" ne sont, c'est dommage pas nommés par le NPA-R, alors que de grands scientifiques en font partie (feu Paul Deheuvels, grand mathématicien d'extrême-droite, pourfendeur du capital financier corrupteur des scientifiques).</p>
<p>Quant à la phrase : « <i>une inondation est par définition un phénomène extrême, très localisé dans l'espace et dans le temps, en clair ce qu'il y a de plus éloigné des valeurs moyennes simulées par les modèles climatiques</i> », quelle obscurantisme !</p>
<p>La "définition", c'est dommage, l'auteur du NPA-R ne nous la donne pas. De plus qu'est-ce que "les valeurs moyennes simulées par les modèles climatiques" ? Des modèles simulent des résultats, que l'on peut résumer en calculant des moyennes, des valeurs extrêmes, etc. Ces modèles simulent donc normalement très bien les valeurs extrêmes.</p>
<p>Ne cherchons pas du sens dans ces phrases du NPA-R, référons nous aux documents du GIEC dont le NPA-R fait l'apologie. L'article du NPA-R donne une référence en anglais qui date de 2012. Donner la référence en anglais est plus impressionnant, mais le même document étant présent en français sur le site du GIEC, c'est ce document que nous commenterons.</p>
<p><strong>La perle du GIEC</strong></p>
<p>On lit à la page 6 du rapport <a href="https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/03/IPCC_SREX_FR_web-1.pdf" class="spip_out" rel="external">GESTION DES RISQUES ....</a> :</p>
<blockquote class="spip">
<p>Les phénomènes extrêmes étant rares par définition, on dispose de données limitées pour apprécier leur variation en fréquence ou en intensité.</p>
</blockquote>
<p>Nous donnons une copie de ce passage, car le lecteur averti pourra penser que que nous attribuons à tort des énormités au GIEC :</p>
<div class='spip_document_17713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH106/capture_d_ecran_2026-05-17_165432-26b43-d7f0e.jpg?1790051047' width='500' height='106' alt='' />
</figure>
</div>
<p>Le GIEC affirme donc comme le NPA-R : "Les phénomènes extrêmes étant rares par définition". C'est une erreur.</p>
<p><strong>Pile ou face : seuls des événements extrêmes sont possibles </strong></p>
<p>Lançons une pièce. Si le lancer donne Pile, je vous donne un euro. Si le lancer donne Face, vous me donnez un euro. Voulez-vous jouer ? Dans un cas votre résultat en euro est +1, dans l'autre cas c'est -1.</p>
<p>Avez vous besoin de plusieurs heures pour comprendre que le jeu est équitable ? Que votre gain moyen est 0 ? Pourtant, 0 qui est la moyenne des gains, est un gain moyen qui ne se produira jamais lors d'un lancer. Le gain extrême est +1, la perte extrême est -1, et c'est un tel extrême qui se produit à chaque événement.</p>
<p>Tout le monde comprend à partir de cet exemple simple, qu'un événement extrême n'est pas rare par définition.</p>
<p>Pour paraphraser Renaud : à part peut-être le NPA-R !</p>
<p><strong>Pile ou face : la série des n tirages</strong></p>
<p>Le premier exemple peut paraître "pathologique". Il ne l'est en rien. Montrons comment un autre événement extrême arrive bien plus souvent que l'événement moyen.</p>
<p>Votre gain est une suite de 1 et de -1. Nous vous invitons à prendre une feuille de papier, et à écrire une suite de 32 résultats qui soient 1 et -1. Ou mieux : a demander à un militant du NPA-R de le faire.</p>
<p>Voici ce que nous a donné un tirage effectué par ordinateur :</p>
<p>1 1 -1 1 -1 -1 -1 -1 -1 1 1 -1 1 1 1 -1 1 1 -1 1 1 1 -1 -1 1 1 -1 1 -1 1 1 1</p>
<p>On constate qu'un événement "extrême" s'est produit : -1 est sorti 5 fois de suite ! Un être humain en général, un militant du NPA-R en particulier, simulera un "tirage aléatoire" comme une suite où -1 et 1 alternent parfaitement :</p>
<p>1 -1 1 -1 1 etc.</p>
<p>Bien sûr, le "hasard" viendra un peu perturber cette régularité trop rigide, et cette personne, maline, écrira par exemple :<br class='autobr' />
1 -1 1 -1 -1 1 1 -1 1 1 -1 etc</p>
<p>Mais écrire 5 fois de suite le même tirage, cela parait trop "extrême", "déréglé" .... comme le climat. En résumé : l'école ne nous apprend pas ce qu'est le hasard, nous donnant souvent la vision idéale d'oscillations régulières autour d'une valeur moyenne, les "extrêmes" étant rares et néfastes, comme en politique.</p>
<p>En complément, voici plusieurs résultats de 32 tirages :</p>
<p>a) 1 -1 -1 -1 <strong> 1 1 1 1 1</strong> -1 -1 1 -1 <strong>1 1 1 1 1</strong> -1 1 -1 -1 -1 -1 1 1 -1 -1 1 -1 -1 -1 <br class='autobr' />
b) 1 -1 -1 1 -1 1 -1 1 -1 -1 -1 -1 1 -1 -1 <strong>1 1 1 1 1</strong> -1 -1 -1 -1 1 -1 1 -1 -1 1 -1 -1<br class='autobr' />
c) 1 -1 -1 1 -1 1 1 1 1 -1 -1 -1 1 1 -1 -1 1 -1 1 1 -1 -1 1 -1 1 1 1 -1 1 1 -1 1</p>
<p>La série c) ne contient pas notre événement "extrême", mais la série a) en contient 2.</p>
<p>Ce phénomène est lié au résultat mathématique suivant, très facile à comprendre mais très difficile à prouver : <br class='autobr' />
une série de 4 tirages contiendra sûrement une suite de 2 tirages identiques,<br class='autobr' />
une série de 8 tirages contiendra sûrement une suite de 3 tirages identiques,<br class='autobr' />
une série de 16 tirages contiendra sûrement une suite de 4 tirages identiques,<br class='autobr' />
une série de 32 tirages contiendra sûrement une suite de 5 tirages identiques,<br class='autobr' />
une série de 64 tirages contiendra sûrement une suite de 6 tirages identiques,<br class='autobr' />
etc.</p>
<p>Mais un autre extrême est encore caché dans cette simple suite de 1 et de -1.</p>
<p><strong>La persistance de la malchance</strong></p>
<p>Comme Sarkozy le disait : ce qui compte, c'est le résultat ! Le "détail" des lancers n'intéresse que le pauvre, dont la fortune en euro se compte en unités, pour qui un euro en plus ou en moins est vital. Regardons donc quels sont vos bilans cumulés à ce jeu. A priori, vos gains vont osciller autour de la "valeur moyenne" zéro. Sinon, le NPA-R parlera de "dérèglement". Or ce n'est pas du tout ce qui arrive.</p>
<p>Reprenons notre premier tirage par ordinateur :</p>
<p>1 1 -1 1 -1 ....<br class='autobr' />
Le total de vos gains est 1, puis 1+1=2, puis 1 + 1 -1 =1, puis 1 1 -1 + 1 =2, puis 1 + 1 -1 + 1 -1=1. La pièce a été lancée 5 fois, et 5 fois sur 5, vos gains sont strictement positifs !</p>
<p>Regardons sur d'autres exemples si la chance "persiste". Les 32 tirages <br class='autobr' />
1 1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 1 1 1 -1 -1 -1 -1 1 1 -1 -1 1 -1 1 -1 -1 1 -1 1 1 -1 1 -1 <br class='autobr' />
donnent <br class='autobr' />
1 2 1 0 -1 -2 -3 -4 -5 -4 -3 -2 -3 -4 -5 -6 -5 -4 -5 -6 -5 -6 -5 -6 -7 -6 -7 -6 -5 -6 -5 0<br class='autobr' />
30 fois sur 35 vos comptes sont dans le rouge !</p>
<p>Les 32 tirages <br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 1 1 1 1 1 -1 1 -1 1 1 1 1 1 -1 -1 -1 1 -1 -1 -1 1-1 1 1 1 -1 1 1 1 1 1 1<br class='autobr' />
donnent <br class='autobr' /> -1 0 1 2 3 2 3 2 3 4 5 6 7 6 5 4 5 4 3 2 3 2 3 4 5 4 5 6 7 8 9 0<br class='autobr' />
Seulement 1 fois sur 35, vos comptes sont dans le rouge !</p>
<p>Enfin les 32 tirages<br class='autobr' />
1 1 1 1 1 1 1 -1 1 -1 -1 -1 1 -1 -1 -1 1 -1 1 -1 1 -1 -1 1 -1 1 -1 -1 1 1 1 1<br class='autobr' />
donnent <br class='autobr' /> 1 2 3 4 5 6 7 6 7 6 5 4 5 4 3 2 3 2 3 2 3 2 1 2 1 2 1 0 1 2 3 0<br class='autobr' />
Vos comptes sont 35 fois sur 35 dans le vert ! <br class='autobr' />
On remarque que les 32 tirages ont commencé par 7 tirages identiques, ce qui n'étonnera que les ignorants du GIEC, ou le "pôle des révolutionnaires" du NPA-R.</p>
<p>Si on a affaire à des températures, on dira que les gelées sont systématiques, ou au contraire qu'elles disparaissent. Chaque année, on assiste à des événements "extrêmes" : quasiment pas de gelées, ou que des gelées ! Notre "pièce climatique" semble déréglée ! Or elle ne l'est pas du tout.</p>
<p>C'est la globalité des tirages qui est symétrique autour de zéro, mais les événements observés sont quasiment tous des "extrêmes", aucun n'est, regardé isolément, symétrique relativement à zéro. Même et surtout alors que la "loi des grands nombre" est à l'oeuvre. Pauvre GIEC !</p>
<p> <strong>La misérable définition des événements extrêmes</strong></p>
<p>Il est rare qu'un "événement" puisse est résumé à un seul nombre, et que cet événement soit qualifié d'extrême si ce nombre est très grand. Mais supposons que ce soit le cas. Evénement extrême ne veut pas dire événement rare. On l'a vu précédemment, avec le tirage à pile ou face. Si l'on convertit en +1 euro et -1 euro les deux événements possibles, leur moyenne 0 ne se produira jamais. L'événement moyen est non seulement rare mais impossible, les événements extrêmes sont non seulement fréquent mais certains !</p>
<p>Le Giec envisage un seul type de distribution. Or il en existe 4 autres.</p>
<p>1) Pour les distribution en U, les valeurs extrêmes sont fréquentes, la valeur moyenne rare. <br class='autobr' />
2) Pour les distributions uniformes, les valeurs extrêmes sont aussi fréquentes que les valeurs moyennes.<br class='autobr' />
3) Pour les distributions d'asymétrie dite positive (typiquement la distribution des revenus) , les petites valeurs extrêmes sont plus fréquentes que les valeurs moyennes, elles-mêmes plus fréquentes que les grandes valeurs extrêmes. <br class='autobr' />
4) Pour les distributions d'asymétrie dite négatives , les petites valeurs extrêmes sont moins fréquentes que les valeurs moyennes, elles-mêmes moins fréquentes que les grandes valeurs extrêmes.</p>
<p>Mais nous sommes dans le cas où un événement peut être réduit à un seul nombre, et les mesures comparées entre elles. Mesurez le cap des avions qui passent au dessus de chez vous : qu'est-ce qu'un cap "extrême" ? le nord est plus grand que le sud ? Quel est le "jour moyen" de la semaine ? Quelle est l'heure moyenne de la journée ?</p>
<p>(a suivre ...)</p></div>
Derrière la posture pseudo-révolutionnaire du NPA-R
https://matierevolution.org/spip.php?article9613
https://matierevolution.org/spip.php?article96132026-06-26T22:46:00Ztext/htmlfrKarob
<p># UNE POSTURE RÉVOLUTIONNAIRE OPPOSÉE À TOUTE POLITIQUE BOLCHEVIQUE-LÉNINISTE <br class='autobr' />
Cet article fait suite à celui-ci : Forum du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026... <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8789 <br class='autobr' />
Et ils répondent à <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=yqsd5FNfdRU <br class='autobr' />
https://npa-revolutionnaires.org/rassemblement-non-a-la-guerre-a-paris-le-17-avril-une-premiere-initiative-pour-en-construire-dautres/ <br class='autobr' />
## Anatomie politique du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026 <br class='autobr' />
*Un (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<p># UNE POSTURE RÉVOLUTIONNAIRE OPPOSÉE À TOUTE POLITIQUE BOLCHEVIQUE-LÉNINISTE</p>
<p>Cet article fait suite à celui-ci : Forum du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026...</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8789" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8789</a></p>
<p>Et ils répondent à</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=yqsd5FNfdRU" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=yqsd5FNfdRU</a></p>
<p><a href="https://npa-revolutionnaires.org/rassemblement-non-a-la-guerre-a-paris-le-17-avril-une-premiere-initiative-pour-en-construire-dautres/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://npa-revolutionnaires.org/rassemblement-non-a-la-guerre-a-paris-le-17-avril-une-premiere-initiative-pour-en-construire-dautres/</a></p>
<p>## Anatomie politique du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026</p>
<p>*Un social-patriotisme déguisé en marxisme révolutionnaire — comment le NPA-R se range dans l'union sacrée derrière l'impérialisme français*</p>
<p>*Forum tenu au stand accordé par LO. Thème annoncé : « la nécessité de construire un front des révolutionnaires dans les élections comme dans les luttes, en toute indépendance de la gauche radicale. » Trois intervenants de la direction nationale du NPA-R : Ken Armède (électromécanicien, Stellantis Poissy, SUD), Gaël Quirante (postier licencié, porte-parole, SUD-PTT 92), Selma Labib (porte-parole nationale, conductrice de bus RATP).*</p>
<p>— -</p>
<p>## Ce qu'un parti évacue dit ce qu'il est</p>
<p>La méthode marxiste-léniniste évalue les organisations politiques **par ce qu'elles omettent**. Les tâches concrètes refusées, les questions évacuées, les mots d'ordre absents révèlent l'intégration aux appareils mieux que les déclarations doctrinales. Toute organisation se réclamant du marxisme révolutionnaire est jugée sur le matériel — pas sur le verbal.</p>
<p>Trois interventions à analyser séparément, parce que chacune occupe un registre distinct dans la chorégraphie du panel : Ken Armède porte la **légitimité ouvrière concrète** (l'usine en lutte), Gaël Quirante porte la **justification politique** (le pôle, la candidature commune), Selma Labib porte la **synthèse stratégique** (l'impérialisme mondial, le débouché politique). Puis critique globale d'ensemble — ce que les trois interventions, articulées, disent de la politique réelle du NPA-R.</p>
<p>On confrontera systématiquement ces interventions à plusieurs ordres de critères élaborés dans la tradition marxiste révolutionnaire elle-même. Lénine, dans *Le socialisme et la guerre* (1915) et toute sa production de 1914-1916 contre les social-chauvins de la IIᵉ Internationale, caractérise la guerre impérialiste comme guerre réactionnaire menée par des bourgeoisies pour le repartage du monde, pose la possibilité concrète d'une révolution socialiste sortie de cette guerre, et exige une coordination internationale des révolutionnaires contre les social-chauvins. Sur la position défaitiste révolutionnaire et ses prolongements pratiques, c'est toute la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste élaborée de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938 — Lénine, Liebknecht, Trotsky, premiers Congrès de l'Internationale communiste, Ligue Communiste française 1934, Programme de Transition de la IVᵉ Internationale — qui implique une chaîne pratique cohérente : nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal, souhaiter et organiser sa défaite militaire dans la guerre impérialiste, travailler dans l'armée et organiser les soldats, exproprier l'industrie de guerre, armer le prolétariat, articuler le défaitisme à la dictature du prolétariat et à la reconstruction d'une Internationale ouvrière révolutionnaire. On confrontera aussi ces interventions à ce que faisait Barta à Renault-Billancourt en 1947 — fraction publique distincte du syndicat, organe propre, comité de grève élu en assemblée générale souveraine avec mandats révocables — et à la logique de la Charte d'Amiens de 1906 : indépendance de l'organisation ouvrière, action directe, refus de subordonner la lutte syndicale aux médiations politiques institutionnelles.</p>
<p>— -</p>
<p># Partie I — L'OUVRIER MIS EN SCÈNE POUR CACHER LA COLLABORATION DE CLASSE AVEC L'ÉTAT</p>
<p>## Ken Armède ou le tripartisme sous étiquette trotskyste</p>
<p>### I.1 L'ouvrier hissé à la tribune — fonction de légitimation</p>
<p>Ouvrier de l'automobile dans l'usine la plus chargée politiquement de la période, première intervention du panel. Ken Armède **ancre** le forum dans la classe en lutte. Argument d'autorité matériel : un militant Stellantis Poissy en plein chantage de fermeture, dans le secteur automobile qui est simultanément délocalisé (Kénitra, Saragosse) et recyclé dans l'armement (Renault Chorus). Si le panel a une légitimité ouvrière à prouver, c'est ici qu'elle se joue.</p>
<p>### I.2 La part incompressible — saisie correcte du chantage Stellantis</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Diagnostic correct du chantage Stellantis : mensonge patronal, calendrier post-présidentielle 2027, passage à une équipe, mutations forcées, indemnités faibles ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Politique de **coordination inter-boîtes** matériellement tissée : Stellantis → MA France (Aulnay) → Valeo (Isère) → Michelin (Cholet) ; sous-traitants OP Mobility (Normandie), Forvia, MC Synchro, Lear (Yvelines) ; aboutissement le 23 avril 2026, 400 travailleurs ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Refus du **nationalisme économique** et des « projets industriels bidon » de la gauche institutionnelle (LFI, PCF) et des centrales syndicales.</p>
<p>Cela n'est pas négligeable. C'est plus que ce que produisent les appareils CGT/SUD seuls, et plus que la propagande LO sur le même dossier (« occupons-nous des nôtres »).</p>
<p>### I.3 « Au nom de SUD » — la fraction enterrée là où elle pourrait revivre</p>
<p>Ken Armède parle **« au nom de SUD »**, jamais au nom des militants communistes organisés en fraction *à l'intérieur* de SUD. Pas d'organe politique propre dans l'usine, pas de plateforme révolutionnaire publique distincte du syndicat. Rupture frontale avec ce que faisait Barta à Renault-Billancourt en 1947 : noyau organisé, journal d'usine propre (*La Voix des Travailleurs de chez Renault*), programme propre, confronté ouvertement à l'appareil syndical.</p>
<p>L'ironie est décisive : **Ken Armède (NPA-R) et Jean-Pierre Mercier (LO) sont dans le même syndicat (SUD), dans la même usine (Poissy)**. L'« intervention remarquée de notre syndicat SUD » du 23 avril dont parle Ken Armède, c'est le syndicat de Mercier autant que de Ken Armède. Ils coexistent au point de production le plus brûlant de l'extrême gauche française aujourd'hui.</p>
<p>Or sur quel terrain réclament-ils « l'unité des révolutionnaires » ? **Sur la présidentielle** — la candidature Arthaud commune. Sur le terrain le plus stérile pour la classe. Sur le terrain où elle serait décisive — une **fraction révolutionnaire commune dans SUD à Poissy**, un programme transitoire commun porté ensemble dans l'AG, l'usine, la coordination — rien. Pas un texte. **Ils ont l'unité sous la main, au point de production, et ils la portent à l'isoloir.**</p>
<p>### I.4 Le comité de grève qu'il ne nomme pas — auto-organisation comme slogan creux</p>
<p>Ken Armède parle de « débrayages », de « se montrer », de « contacts » et de « coordination » entre boîtes. **Pas une fois** : comité de grève élu en AG, comité de lutte souverain, mandat révocable. L'organe central de Barta — *« les Comités sont les organes de lutte de la classe ouvrière où les ouvriers élisent des représentants révocables à tout instant »* (La Lutte de Classes nº89, avril 1947) — a purement disparu.</p>
<p>Ce qui le remplace : le **label syndical** (« notre syndicat SUD ») et des contacts inter-entreprises *gérés par les militants*. Et là où Barta posait le devoir de la fraction de **se soumettre aux décisions collectives** des travailleurs (refus de s'auto-baptiser « comité de lutte »), Ken Armède pose l'inverse exact : *« seuls les militants de l'extrême gauche peuvent proposer cette coordination »*. Le militant comme sujet indispensable. Substitutionnisme.</p>
<p>L'invocation de « mettre de côté les étiquettes syndicales » et de la direction « par les travailleurs syndiqués ou non » peut donner l'impression d'une filiation avec la pratique politique singulière qu'a déployée Barta à Renault-Billancourt en 1947 — d'autant que Ken Armède provient de la tendance L'Étincelle, issue de la fraction de Lutte Ouvrière qui a rejoint le NPA puis a participé à la formation du NPA-R, et que cette tendance se réclame généalogiquement de cette filiation. Mais l'invocation reste verbale. **Sans l'organe** — le comité élu, l'AG souveraine, le mandat révocable — la formule est creuse : on met de côté les étiquettes syndicales pour mieux porter le label NPA-R et la candidature commune Arthaud à la présidentielle 2027. La filiation est revendiquée comme étiquette, abandonnée comme pratique.</p>
<p>### I.5 « Contresignée par le gouvernement » — l'aveu tripartite, contre Amiens 1906</p>
<p>Maximum revendicatif de Ken Armède : des garanties « signées par la direction et **contresignées par le gouvernement** ». Ce n'est pas une illusion d'État, c'est une **revendication positive du tripartisme** — patronat + État + syndicats à la table, l'architecture exacte du **capitalisme monopoliste d'État** où les appareils syndicaux deviennent co-administrateurs du compromis social et co-gestionnaires de la reconfiguration industrielle.</p>
<p>Ken Armède ne se trompe pas sur la nature de l'État : il **demande son siège** à la table de la négociation. Et c'est explicitement « au nom de notre syndicat SUD » qu'il le demande — Solidaires partage cette ligne. C'est la position constitutive du **réformisme syndical depuis 1914**, de la CFTC à la CGT-PCF de la bataille de la production en passant par FO. Le « radicalisme » de SUD est dans les **formes d'action** (occupations, blocages, AG combatives) — pas dans l'**horizon stratégique**, qui reste tripartite.</p>
<p>Cette ligne **renverse la logique de la Charte d'Amiens (1906)**. La CGT révolutionnaire d'avant 1914 (Pouget, Griffuelhes, Pelloutier, Monatte, Rosmer) s'est précisément construite sur trois principes articulés que la Charte porte explicitement : l'indépendance de l'organisation ouvrière à l'égard des partis politiques et des sectes philosophiques, la primauté de l'action directe sur l'arbitrage parlementaire, et le refus de subordonner la lutte syndicale aux médiations politiques institutionnelles. La Charte ne se réduit pas à un anti-étatisme abstrait : elle pose le syndicat comme organisation autonome du prolétariat, irréductible aux médiations parlementaires, gouvernementales ou partisanes. Cette logique est intégralement renversée dès lors que la revendication centrale d'un militant trotskyste en lutte contre la fermeture devient une garantie *contresignée par le gouvernement*. SUD-Solidaires hérite verbalement de cette tradition (filiation Bourses du Travail, héritage CGT-U 1922) et la renie en pratique dès qu'il s'agit de la défense de l'emploi : il appelle l'État à la table comme arbitre garant. Et Ken Armède, depuis SUD, articule ce reniement comme s'il portait au contraire la radicalité ouvrière.</p>
<p>Et le NPA-R porte ce tripartisme **sous drapeau trotskyste**. Ken Armède proclame le trotskysme et la révolution ; son intervention défend explicitement la négociation tripartite. **Aveu pratique de collaboration de classe** : verbalement intransigeant, programmatiquement aligné sur l'État.</p>
<p>### I.6 Kénitra muette, Mirafiori effacée — l'internationalisme à frontières françaises</p>
<p>Ken Armède ne prononce **jamais** Kénitra. **Jamais** l'Italie. Jamais Tafraoui, jamais Saragosse, jamais Cassino, jamais Mirafiori. Sa coordination est strictement **franco-française** : Aulnay, Isère, Cholet, Normandie, Yvelines, Renault. Hexagone clos.</p>
<p>Le chantage Stellantis est pourtant transnational :
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Kénitra (Maroc)** : 1,2 Md€ investis, capacité doublée à 535 000 véhicules/an, Citroën C4 transférée de Madrid à Kénitra en 2029 ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Tafraoui (Algérie)** : 90 000 unités/an d'ici 2026 ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Saragosse** : récupère la DS3 prise à Poissy ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Italie** : −31,7 % de production en 2024, Cassino −37 % ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> 46 Md€ de liquidités conservées par le groupe.</p>
<p>« Défendre les emplois à Poissy » sans articuler Kénitra–Tafraoui–Saragosse–Cassino, c'est **exactement le patriotisme économique** déjà démontré chez Mercier/LO — défendre le droit des ouvriers français à être exploités par *leur* bourgeoisie, en mettant objectivement Poissy en concurrence avec Kénitra. Seule différence avec LO : **Ken Armède revendique explicitement le trotskysme et l'internationalisme** dans les mots ; et c'est précisément là que la confrontation est cruelle : *l'internationalisme verbal s'effondre au contact de la revendication concrète, strictement nationale*. Social-patriotisme habillé en radicalité.</p>
<p>Internationalisme conséquent : **comité international des travailleurs de Stellantis** (Poissy–Kénitra–Tafraoui–Saragosse–Cassino–Mirafiori), refus de la mise en concurrence des sites, contre la fermeture *ici* et les bas salaires *là-bas* — un seul trust, un seul programme. Ken Armède ne pose rien de cela.</p>
<p>### I.7 Le Mans, point aveugle — la reconversion militaire qu'il refuse de nommer</p>
<p>Ken Armède parle de « la lutte au niveau de l'automobile… la chimie, l'électronique, le commerce » et **pas un mot** sur Renault Le Mans, sur les drones Chorus, sur la reconversion militaire de son propre secteur à 200 km de Poissy. La guerre n'est posée **pas une seule fois** dans son intervention.</p>
<p>Or :
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Poissy** : fermé, production transférée vers Kénitra, Saragosse, Tafraoui ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Renault Le Mans** : recyclé dans l'armement. Projet **Chorus** (avec Turgis & Gaillard, sous égide DGA) — munition téléopérée à longue portée de type Shahed iranien, « consommable », à charge explosive. Contrat 1 Md€ sur 10 ans, bâtiment « JJ » sécurisé, prototypes été 2026, ligne opérationnelle fin 2026, objectif plusieurs centaines de drones/mois ; Cléon en appoint moteurs.</p>
<p>Une seule et même reconfiguration du capital : **on ferme ici pour délocaliser, on recycle là dans la production d'armes.** Omission politiquement dangereuse : défendre « les emplois de l'automobile » dans l'abstrait, sans nommer la reconversion militaire, laisse le champ libre à l'argument social-chauvin par excellence — *« défendons les emplois industriels, quoi qu'ils produisent »*, y compris la chaîne de drones du Mans au nom de l'« emploi » et de la « souveraineté ». **Le révolutionnaire qui ne nomme pas la guerre dans son secteur prépare, par son silence, la capitulation devant l'union sacrée industrielle.**</p>
<p>Ce que faisait Barta en 1947, transposé en 2026, serait : poser **Poissy et Le Mans comme une seule lutte** — contre la fermeture *ici* et la reconversion militaire *là* — et faire du **refus de produire des armes + reconversion sous contrôle ouvrier** le levier politique de la grève, comme Barta faisait des 10 francs le levier pour briser la bataille de la production.</p>
<p>### I.8 Bilan — ouvriériste sur scène, social-patriote par omission</p>
<p>Ouvriérisme syndicaliste-radical à horizon tripartite, sous étiquette trotskyste. Ce que faisait Barta — fraction publique, organe propre, comité élu — liquidé dans la pratique syndicale. Patriotisme économique de la défense nationale des emplois reconduit malgré le label révolutionnaire. Guerre intégralement escamotée. Aucun des points qui définissent la position défaitiste révolutionnaire dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938 n'est porté par Ken Armède : ni la désignation de la bourgeoisie française comme adversaire principal, ni l'appel à la défaite militaire du gouvernement français, ni l'expropriation de l'industrie d'armement, ni les comités de soldats, ni le travail dans la troupe, ni l'armement du prolétariat, ni le lien à la dictature du prolétariat et à l'Internationale ouvrière.</p>
<p>— -</p>
<p># Partie II — LE FRONT UNIQUE LIQUIDÉ EN CARTEL D'APPAREILS<br class='autobr' />
## Gaël Quirante ou le retour à 2002 contre Lénine 1921</p>
<p>### II.1 Le théoricien du pôle — fonction de justification stratégique</p>
<p>Porte-parole national, postier licencié, militant historique de SUD-PTT 92. Deuxième intervention : il porte la **justification stratégique** du « pôle des révolutionnaires » et de la candidature commune Arthaud. C'est l'intervention politique-théorique du panel — celle qui doit lier la légitimité ouvrière de Ken Armède à la perspective stratégique de Selma Labib.</p>
<p>### II.2 La part incompressible — la théorie de l'État correctement énoncée</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Refus de l'illusion réformiste « désarmer la BAC » (LFI) : énonciation correcte de la thèse léniniste sur l'État (*« une bande d'hommes armés »*, Engels-Lénine, *L'État et la révolution*) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Refus du « programme électoral municipaliste » et du barrage républicain ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Saisie de la force démontrée par le mouvement des retraites face à l'extrême droite ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Refus verbal de l'« addition électorale » comme seul horizon.</p>
<p>C'est sur la théorie générale de l'État que Gaël Quirante est ponctuellement plus juste que LFI.</p>
<p>### II.3 Quand le front unique léniniste devient cartel d'appareils</p>
<p>Toute l'intervention de Gaël Quirante converge vers la **candidature commune présidentielle** + les **législatives** annoncées d'avance. Et quand il parle d'« unité d'action dans les entreprises et lieux d'étude », le contenu concret qu'il énumère est : la manif du 17 avril, une manif prévue en juin (PT + UCL), des listes communes, des meetings. **Jamais une fraction, jamais un comité d'usine, jamais un programme transitoire commun.** « Unité d'action » = cosignature de manifs et de listes.</p>
<p>C'est l'**inversion exacte de la doctrine léniniste invariante** : le front unique cesse d'être une *tactique pour unifier la classe* autour d'un programme et devient une *stratégie d'unité des appareils d'extrême gauche* sur le terrain électoral et manifestant. Aveu de capitulation organisationnelle.</p>
<p>La méthode du Comintern 1921-1922 (front unique ouvrier) visait à briser l'emprise des appareils réformistes en posant des revendications transitoires que la base obligeait les directions à reprendre ou à révéler leur trahison. Ce que Gaël Quirante appelle « front des révolutionnaires » est le contraire : un cartel d'appareils d'extrême gauche sans contenu transitoire, sur la base d'un positionnement (« contre la gauche institutionnelle »).</p>
<p>### II.4 « Une bande d'hommes armés » — et pas un mot sur l'armement du prolétariat, contrairement au programme ouvrier français de Guesde-Lafargue rédigé avec Marx</p>
<p>Sur la police, Gaël Quirante énonce correctement : l'État capitaliste est *« une bande d'hommes armés »*, la police « sert avant tout les intérêts des capitalistes », *« il faut en finir avec cette logique »*. Et il rejette à juste titre l'illusion « désarmer la BAC ».</p>
<p>Mais il s'arrête à la **propagande de l'idée achevée** sans le pont transitoire concret. Sur ce point précis — *qu'opposer à la police de classe ?* — le mouvement ouvrier français a une réponse écrite et signée depuis 1880. Le **Programme du Parti ouvrier français** de Jules Guesde et Paul Lafargue, rédigé directement avec Karl Marx à Londres en mai 1880 (préambule de Marx, articles de Lafargue), porte parmi ses revendications politiques fondamentales :</p>
<p>> *« Suppression des armées permanentes et armement général du peuple. »*</p>
<p>Ce n'est pas un détail, c'est l'un des piliers du programme ouvrier français à sa fondation. La filiation est ancienne et continue.</p>
<p>Blanqui en 1851, dans son *Toast du 24 février*, souvent connu sous le titre *Avis au peuple* : *« Les armes et l'organisation, voilà l'élément décisif du progrès, le moyen sérieux d'en finir avec la misère ! Qui a du fer a du pain. »*</p>
<p>Expérience de la garde nationale armée de la Commune de Paris en 1871.</p>
<p>Au Congrès de Marseille de la CGT en octobre 1908, la motion votée par 681 voix contre 421 : *« Le Congrès déclare qu'il faut faire l'instruction des travailleurs, afin qu'en cas de guerre, les travailleurs répondent à la déclaration de guerre par une déclaration de grève générale révolutionnaire. »*</p>
<p>Au IIᵉ Congrès de l'Internationale communiste de juillet 1920, le Manifeste annonce : *« Le prolétariat mondial est à la veille d'une lutte décisive. […] Bientôt, dans tous les pays où il y a un mouvement ouvrier conscient, la classe ouvrière aura à livrer une série de combats acharnés, les armes à la main. »*</p>
<p>À la Ligue Communiste française en juin 1934, le *Programme d'action* publié dans *La Vérité* conclut : *« PAR L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT ! PAR LA MILICE ANTIFASCISTE DU PEUPLE ! EN AVANT, VERS LA COMMUNE OUVRIÈRE ET PAYSANNE ! »*</p>
<p>Dans le *Programme de Transition* rédigé par Trotsky en 1938 pour la fondation de la IVᵉ Internationale, le chapitre 10 s'intitule précisément *« Les piquets de grève, les détachements de combats, la milice ouvrière, l'armement du prolétariat »* — et pose explicitement l'enchaînement : *« Les PIQUETS DE GRÈVES sont les cellules fondamentales de l'armée du prolétariat. C'est de là qu'il faut partir. À l'occasion de chaque grève et de chaque manifestation de rue, il faut propager l'idée de la nécessité de la création de DÉTACHEMENTS OUVRIERS D'AUTODÉFENSE. »*</p>
<p>Toute cette filiation historique est connue.</p>
<p>Gaël Quirante, qui se réclame de Marx et Lénine, **ne prononce pas le mot**. Pas un mot sur l'armement du prolétariat. Pas un mot sur les milices ouvrières. Pas un mot sur l'autodéfense organisée. Pas un mot sur la dissolution des corps répressifs *liée à l'armement du peuple*. Tell matérialiste : clair sur la thèse générale abstraite (l'État = bande d'hommes armés), vide dès qu'il faut le programme transitoire qui répond à cette analyse — exactement comme Ken Armède, clair sur le diagnostic, vide sur l'expropriation. **La clarté est réservée à ce qui n'engage pas.**</p>
<p>### II.5 Le 17 avril érigé en modèle — la matrice moraliste-souverainiste</p>
<p>Gaël Quirante cite le 17 avril 2026 comme **modèle** d'unité d'action. Or l'appel public est signé NPA-R + NPA Jeunes Révolutionnaires + Parti des Travailleurs + FJR + UCL, **et LO s'y est jointe** (communiqué public LO du 14 avril). Le « pôle des révolutionnaires » fonctionne donc déjà concrètement, LO incluse, sur ces bases.</p>
<p>Les mots d'ordre publics du 17 avril :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *« Arrêt immédiat de l'intervention militaire américano-israélienne contre l'Iran et de l'intervention israélienne contre le Liban »* ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *« Aucune participation française à cette sale guerre »* ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *« Retrait immédiat des troupes françaises, retour du porte-avions Charles De Gaulle »* ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> *« L'argent pour les salaires et les services publics, pas pour la guerre »*.</p>
<p>**C'est la matrice moraliste-pacifiste-souverainiste pure.** Quatre mots d'ordre : *arrêter* (moral), *pas de participation* (souverainisme républicain), *retour du PA* (souverainisme militaire), *redéploiement budgétaire* (keynésianisme).</p>
<p>Quand on confronte l'appel commun NPA-R + PT + UCL + LO aux exigences du programme bolchevique-léniniste, c'est-à-dire à ce qu'un mouvement révolutionnaire devrait poser contre une guerre impérialiste en cours, voici ce qu'on constate sur les onze axes décisifs du programme transitoire face à la guerre.</p>
<p>L'appel ne pose pas la défaite militaire du gouvernement français. Il porte le mot d'ordre du retrait des troupes — qui en lui-même est un mot d'ordre transitoire défendable, et que nous portons aussi : le retrait immédiat et inconditionnel des troupes françaises du Moyen-Orient, du Sahel, du Tchad, de Djibouti, de partout, est l'un des moyens concrets de combattre notre propre impérialisme, et il s'inscrit dans toute la tradition léninienne et trotskyste (résolutions du Comintern sur la question coloniale, *Programme de Transition* 1938, etc.).</p>
<p>Mais le retrait des troupes, posé conséquemment, est inséparable d'un travail d'agitation politique direct en direction des soldats eux-mêmes — conscrits, réservistes, militaires professionnels en opérations. La position bolchevique-léniniste ne s'adresse pas seulement à la population civile pour qu'elle exige le retrait : elle s'adresse aussi, et au même titre, aux soldats français déployés au Sahel, au Moyen-Orient, à Djibouti, pour qu'ils refusent les ordres, qu'ils fraternisent avec les peuples qu'on leur demande de réprimer, qu'ils constituent leurs propres comités dans l'armée. Le travail révolutionnaire dans les casernes est une tâche centrale, posée explicitement par Liebknecht entre 1914 et 1918, par les premiers Congrès de l'Internationale communiste, par la Ligue Communiste française de 1934 et par le *Programme de Transition* de Trotsky de 1938 qui pose comme tâches transitoires l'*« instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contrôle immédiat des comités ouvriers et paysans »* et la *« substitution à l'armée permanente, c'est-à-dire de caserne, d'une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes »*. Sans cette dimension, le mot d'ordre du retrait reste amputé — il fait du soldat un objet de la décision politique, pas son sujet.</p>
<p>Or l'appel du 17 avril, comme l'ensemble des prises de position publiques du NPA-R, ne pose à aucun moment ce travail d'agitation politique en direction des soldats français. Pas un texte adressé aux conscrits déployés. Pas un mot d'ordre de refus d'ordre. Pas une mention du droit de désertion politique en temps de guerre impérialiste. Pas une tâche organisée en direction des troupes. L'agitation reste intégralement extérieure à l'armée — pétitions, manifestations, communiqués — comme si l'armée n'était pas elle-même un milieu prolétaire à conquérir politiquement.</p>
<p>Dans l'appel du 17 avril, le retrait des troupes est ainsi posé sans aucune articulation à la position défaitiste léninienne plus large — sans appel à la défaite de la France, sans expropriation de l'industrie d'armement, sans comités de soldats, sans armement du prolétariat, sans rupture avec les directions syndicales social-chauvines. Le retrait devient un point d'arrivée à la place d'un point d'appui. Et la formulation accompagnante — *« retour du porte-avions Charles De Gaulle »* — porte, elle, une charge souverainiste-républicaine directe : le porte-avions est un instrument actif de l'impérialisme français, on ne demande pas son « retour » intact pour le placer en réserve nationale, on demande son désarmement et son démantèlement sous contrôle ouvrier.</p>
<p>L'appel ne pose pas l'expropriation sans indemnité ni rachat de l'industrie d'armement nationale — Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran. Il la remplace par le mot d'ordre redistributif « l'argent pour les salaires », qui laisse intacte la propriété privée des moyens de production militaire. Le programme transitoire de Trotsky en 1938 articulait au contraire le refus de la guerre impérialiste à l'expropriation effective des trusts d'armement, sous contrôle ouvrier.</p>
<p>L'appel ne pose à aucun moment le contrôle ouvrier sur la production, l'ouverture des livres comptables des industries d'armement, la transparence sur les commandes militaires, la révélation publique des accords secrets-défense. Il ne pose pas non plus la formation de comités de soldats avec droit de refus d'ordre, qui est pourtant le pendant militaire de l'auto-organisation ouvrière et qui figure dans toute la tradition de Liebknecht à la Ligue Communiste de 1934. Il ne pose pas l'armement général du peuple, alors que c'est dans le programme du Parti ouvrier français depuis 1880, rédigé par Guesde et Lafargue avec Marx. Il ne pose pas le blocage de l'envoi d'armes, ni le refus des cheminots de transporter munitions et matériel militaire vers les zones de guerre, ni le refus des dockers de charger les navires d'armement — mots d'ordre matériels et concrets qui transforment l'opposition à la guerre en acte ouvrier réel.</p>
<p>L'appel ne pose pas la constitution de fractions révolutionnaires publiques dans les confédérations syndicales (CGT, SUD-Solidaires, FO, FSU) pour combattre les directions social-chauvines qui participent à la programmation militaire et qui couvrent, dans le cas de Solidaires, l'adhésion au RESU pro-OTAN. Il ne pose pas le refus spécifique de la production des drones Chorus à Renault Le Mans, ni leur reconversion sous contrôle ouvrier — alors que la chaîne de production démarre en juin 2026 et que c'est le terrain matériel le plus brûlant en France sur la guerre. Il ne pose pas l'interpellation publique des militants d'extrême gauche dans Dassault, Thales, MBDA, Naval Group : *quelle ligne portez-vous dans vos boîtes ?* Il ne pose pas, enfin, le lien organique entre le défaitisme révolutionnaire dans le pays, la perspective de la dictature du prolétariat comme issue de la guerre, et la reconstruction d'une Internationale ouvrière révolutionnaire — articulation pourtant centrale chez Lénine entre 1914 et 1919.</p>
<p>Sur onze axes décisifs, **aucun** n'est porté. L'appel commun ne porte aucun mot d'ordre bolchevique. Il porte un pacifisme républicain-souverainiste habillé d'invectives anti-impérialistes. **C'est la matrice de l'union sacrée à drapeau pacifiste** — pas un cran au-dessus de ce que portait la SFIO majoritaire en 1914-1917 quand elle votait les crédits de guerre tout en se déclarant pour « la paix juste et durable ».</p>
<p>Gaël Quirante fait du 17 avril un modèle. C'est-à-dire qu'il **érige en référence stratégique** une matrice pacifiste-souverainiste qui ne porte rien de la position défaitiste révolutionnaire.</p>
<p>### II.6 Avec le PT lambertiste, avec l'UCL libertaire — la délimitation programmatique liquidée</p>
<p>Gaël Quirante annonce une discussion en cours avec le PT (Parti des Travailleurs) et l'UCL (Union Communiste Libertaire) pour une manifestation en juin 2026 « contre la rivalité interimpérialiste menée par les USA ». La date n'est pas encore publiquement annoncée sur l'agenda NPA-R.</p>
<p>Trois traditions s'agrègent ici sous une bannière commune :
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **PT** — filiation OCI-lambertiste (Pierre Lambert, Daniel Gluckstein), historiquement caractérisée par un **républicanisme jacobin** assumé (« République sociale », laïcité-fétiche, anti-UE *au nom de la nation française*), des accointances structurelles avec la bureaucratie FO (lignée Bergeron-Blondel), et un anti-impérialisme rhétorique adossé à un **social-patriotisme républicain** en pratique ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **UCL** — anarcho-communiste, position **anti-étatique abstraite** qui s'arrête à la dénonciation du « pouvoir » sans la dictature du prolétariat ni la question du parti ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **NPA-R** — qui se proclame trotskyste et matérialiste dialectique.</p>
<p>Le critère du « pôle » n'est plus le programme — c'est le positionnement (« contre la gauche institutionnelle »). N'importe quelle organisation acceptant cette étiquette y entre. **La méthode bolchevique exigeait l'inverse** : délimitation programmatique d'abord (les 21 conditions de 1920), construction de la fraction ensuite. NPA-R fait du regroupement *sans* délimitation. Liquidation programmatique pure et simple.</p>
<p>La position juste, à l'inverse : la question n'est pas de refuser par principe de manifester avec PT/UCL — Lénine n'a jamais refusé l'unité d'action ponctuelle. La question est : **sur quelle base, pour dire quoi, en gardant quelle indépendance programmatique publique**. Refuser de manifester avec PT/UCL au prétexte de leurs traditions serait du sectarisme. *Manifester avec eux sans porter publiquement les onze mots d'ordre bolcheviques manquants*, c'est s'aligner programmatiquement sur eux.</p>
<p>### II.7 Quand Gaël Quirante dit « USA » et Selma Labib dit « France » — la contradiction sur l'ennemi principal</p>
<p>Gaël Quirante cadre l'ennemi comme *« l'impérialisme dominant »* / *« la rivalité interimpérialiste menée par les USA »*. Selma Labib, juste après, dira *« l'ennemi principal est dans notre propre pays »*. Les deux porte-parole de la **même direction nationale** ne tiennent pas la même ligne sur la question décisive de la période. Cette oscillation n'est pas un détail rhétorique : **c'est la signature du social-patriotisme déguisé**, qui emprunte tantôt le langage défaitiste (Liebknecht), tantôt le langage anti-américain (cadre USA = ennemi principal), selon l'orateur et le moment — sans jamais en porter les conséquences pratiques (la défaite de la France, l'expropriation de Dassault, les comités de soldats).</p>
<p>### II.8 2002, 2004, 10 septembre — la diplomatie d'appareils comme méthode politique</p>
<p>L'argument historique 2002/2004 (LCR-LO refus 2002, listes communes 2004) est **entièrement** sur la diplomatie d'appareils : qui a appelé à voter Chirac, qui a fait des listes communes. Pas un mot de programme. Confirme que l'enjeu, pour Gaël Quirante, est l'**alliance des organisations**, pas la **délimitation programmatique**.</p>
<p>Le 10 septembre 2025 / Bayrou : il salue le « blocage de l'économie » comme politisation sans bilan de méthode (qui dirige ? comités ou appareils ? débouché ?). *« Les explosions sociales sont devant nous »* = attentisme : la classe produira l'occasion, le rôle du parti se réduit à « prendre des responsabilités » = être présent électoralement.</p>
<p>### II.9 Bilan — centriste sous drapeau léniniste</p>
<p>Théorie de l'État léniniste verbale + pratique politique cartelliste-électorale. Front unique théorisé comme rassemblement d'appareils. Inclusion régressive du PT-lambertiste et de l'UCL libertaire. Modèle du 17 avril érigé en référence — c'est-à-dire la matrice pacifiste-souverainiste où aucun des onze mots d'ordre bolcheviques face à la guerre n'est porté. **Social-patriotisme à drapeau révolutionnaire** — défaitisme dans les mots quand c'est commode, pacifisme-souverainiste dans la pratique. Aucun des critères du défaitisme révolutionnaire élaborés dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938 n'est tenu par Gaël Quirante.</p>
<p>— -</p>
<p># Partie III — SE CACHER DERRIÈRE KARL LIEBKNECHT POUR MIEUX FAIRE OUBLIER LE DÉFAITISME RÉVOLUTIONNAIRE</p>
<p>## Selma Labib en clôture du panel</p>
<p>### III.1 La porte-parole nationale en clôture — fonction de synthèse stratégique</p>
<p>Porte-parole nationale du NPA-R, conductrice de bus RATP. Troisième et dernière intervention : elle **clôt** le panel en articulant l'analyse de la situation mondiale, la justification idéologique du pôle, le cadre électoral final. La voix qui prétend hisser le panel à la hauteur stratégique. Si le NPA-R a une ligne anti-impérialiste à porter, c'est ici qu'elle s'énonce officiellement.</p>
<p>### III.2 La part la plus avancée du panel — et précisément ce qui en révèle la limite</p>
<p>Honnêteté matérialiste : c'est l'intervention la plus avancée des trois.</p>
<p>Selma Labib :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Nomme l'impérialisme français comme cible prioritaire, en reprenant la formule de Liebknecht (*« l'ennemi principal est dans notre propre pays »*) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Nomme les colonies françaises (Mayotte, Antilles, Kanaky, Afrique générique) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Dénonce *« mourir pour la patrie »* = « mourir pour la prospérité de la bourgeoisie nationale » ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Cite le vote de l'arc républicain PS→RN sur les 36 Md€ supplémentaires pour le budget militaire 2030 ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Amorce une confrontation des partis de gauche aux critères du défaitisme (antimilitarisme ? affaiblir notre bourgeoisie ? internationalisme ?) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Critique frontale de Bompard/Mélenchon défendant « l'indépendance de la France » et « la stratégie de l'impérialisme français sur les cinq continents » ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Saisie matérielle de l'éclatement public-privé RATP/Keolis (parallèle structurel à la fragmentation Stellantis).</p>
<p>C'est, sur les critères du défaitisme révolutionnaire posés par Lénine, plus que Ken Armède et Gaël Quirante. Le NPA-R n'est pas LFI. Mais c'est précisément la partie la plus avancée qui révèle, par contraste avec ses propres prolongements absents, la nature de l'ensemble.</p>
<p>### III.3 « Impérialisme français de seconde zone » — l'opérateur Kautsky partagé avec LO</p>
<p>Le résultat est fatal. Selma Labib dit, mot pour mot :</p>
<p>> *« L'impérialisme français de seconde zone… celui que nous visons ici en priorité, c'est son allié [des USA] »*</p>
<p>C'est **l'opérateur Kautsky** déjà identifié et critiqué chez LO. Deux propositions incompatibles dans la même phrase :</p>
<p>1. *« L'ennemi principal est dans notre propre pays »* → Liebknecht, défaitisme ;</p>
<p>2. *« L'impérialisme français de seconde zone… son allié [des USA] »* → Kautsky, hiérarchie quantitative des puissances.</p>
<p>Si l'ennemi principal est chez soi, **on ne classe pas sa propre bourgeoisie en « seconde zone »**, junior de Washington. Le qualificatif est l'échappatoire social-chauvine par excellence : *« nous ne sommes qu'une puissance subalterne, le vrai fauteur c'est l'Amérique »* — passerelle vers l'anti-américanisme mou partagé avec PCF/LFI et seuil du campisme.</p>
<p>**Fonction politique de la formule.** Le problème n'est pas de constater que les États-Unis dominent hiérarchiquement le système impérialiste mondial — c'est une réalité matérielle empiriquement vérifiable, et la tradition léniniste a toujours reconnu qu'il existe entre puissances impérialistes des rapports inégaux de domination. Le problème est ailleurs : dans une intervention qui devrait armer le défaitisme révolutionnaire contre sa propre bourgeoisie, qualifier la France d'« impérialisme de seconde zone » fonctionne politiquement comme un **opérateur de minoration de l'ennemi national**. La catégorie devient un opérateur de déplacement : elle réintroduit l'idée que le centre réel se trouve ailleurs, que la responsabilité principale est chez le partenaire dominant, et que la bourgeoisie française n'est qu'un acteur subalterne entraîné dans des conflits qui le dépassent. Cette opération est très exactement celle que Kautsky a théorisée dans son « ultra-impérialisme » : substituer à l'analyse léniniste de l'impérialisme comme rapport (capital financier, fusion banque-industrie, exportation de capitaux, monopoles, partage du monde) une hiérarchie quantitative des puissances qui désigne les « gros » comme adversaires principaux et atténue politiquement la responsabilité des « moyens ». La France satisfait pourtant intégralement les critères léniniens : TotalEnergies, Dassault, Thales, Naval Group, MBDA, Safran, dissuasion nucléaire, 2ᵉ domaine maritime mondial, siège permanent au CSNU, Françafrique, interventions militaires permanentes au Sahel et au Liban, LPM 436 Md€ programmée jusqu'en 2030. Le retrouver dans la bouche de la porte-parole nationale du NPA-R, exactement comme dans la bouche d'Arthaud et de la rédaction de *Lutte de Classe*, **confirme la thèse de l'écosystème social-patriote unique** : la candidature commune Arthaud n'est pas un accident organisationnel, elle repose sur un **substrat programmatique partagé** — dont la minoration politique de l'impérialisme français est un opérateur central, qui permet précisément de ne pas porter conséquemment le défaitisme révolutionnaire contre sa propre bourgeoisie.</p>
<p>### III.4 Quand le programme devient thermomètre — l'opportunisme programmatique assumé</p>
<p>Selma Labib cite Ken Armède nommément :</p>
<p>> *« Ken Armède l'a bien dit, dans ce contexte les travailleurs ne se sentent peut-être pas forcément de se mettre en bagarre pour aller chercher, au-delà de garanties face aux fermetures. Les garanties, c'est déjà nécessaire ; et si les travailleurs sont prêts à se battre même pour discuter du montant des indemnités de départ, évidemment on sera totalement solidaires et partie prenante de cette lutte. Mais ces mots d'ordre évoluent, ils peuvent évoluer, ils sont dépendants d'un rapport de force. »*</p>
<p>C'est de l'**opportunisme programmatique explicite, endossé comme ligne de parti**. Chez Trotsky (*Programme de transition*, 1938), le programme transitoire n'est pas un thermomètre du rapport de force — il est le pont permanent à porter pour transformer la conscience de la classe, indépendamment de son humeur immédiate. Les revendications transitoires partent des conditions actuelles et de la conscience actuelle des masses, et mènent invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. **Le rôle du parti est d'élever la conscience à la hauteur du programme, pas d'aligner le programme sur l'humeur perçue.**</p>
<p>Selma Labib fait l'inverse, et l'assume au nom du parti : tant que les travailleurs ne « se sentent pas », on les accompagne sur les indemnités ; quand le rapport de force changera, on portera autre chose. **C'est la conception menchévique du programme** — adaptation aux étapes objectives, refus de poser les tâches d'avance. Confirmation que la stratégie de Ken Armède (indemnités d'abord, expropriation peut-être plus tard) **n'est pas un dérapage individuel — c'est la ligne du parti**, formalisée par sa porte-parole nationale.</p>
<p>### III.5 Le maximum keynésien — Florange 2014 sous étiquette révolutionnaire</p>
<p>Le programme maximum que Selma Labib oppose à la « négociation d'indemnités » :</p>
<p>> *« Une lutte d'ensemble pour l'interdiction des licenciements, pour dire non aux fermetures d'usine, pour dire que c'est aux patrons de payer leur politique avec leur profit, et pas aux travailleurs. »*</p>
<p>Ce n'est pas un programme marxiste, c'est le **périmètre commun de toute la gauche** — LFI, PCF, CGT le portent depuis vingt ans (Loi Florange 2014). « Les patrons paient avec leurs profits » = redistribution-fiscalité-régulation. **Pas d'expropriation sans indemnité ni rachat, pas de contrôle ouvrier, pas d'ouverture des livres, pas de question du pouvoir.** L'« interdiction des licenciements » sans expropriation est juridiquement intenable sous capitalisme : le capital ferme avant l'interdiction, ou délocalise (Kénitra, Saragosse). C'est exactement la limite de Florange — et c'est le « maximum » de Selma Labib. Délimitation prétendue avec la gauche radicale, contenu programmatique identique.</p>
<p>### III.6 Tripartisme dénoncé chez Binet, revendiqué chez Ken Armède — la contradiction interne du panel</p>
<p>Selma Labib attaque LFI et la CGT pour leur tripartisme procédural :</p>
<p>> *« Quand Mélenchon s'intéresse aux usines d'armement, c'est pour aller discuter avec Trappier, le PDG de Dassault, pas pour aller discuter avec les travailleurs du secteur. »*</p>
<p>> *« Quand Sophie Binet de la CGT s'inquiète des fermetures d'usine, c'est pour aller parler de plan industriel aux ministres macronistes de l'industrie et au patronat, pas pour aller parler aux travailleurs. »*</p>
<p>Critique juste sur le plan procédural — mais **directement contradictoire avec la revendication de son propre camarade Ken Armède** (garanties « contresignées par le gouvernement »). Si parler aux ministres au lieu des travailleurs est une trahison chez Binet et Mélenchon, alors demander aux ministres de contre-signer les garanties Stellantis est la même trahison sous une forme syndicaliste plus radicale dans les mots. **Tripartisme dénoncé chez les autres, revendiqué chez soi.**</p>
<p>### III.7 L'auto-organisation comme rhétorique — pas un dispositif n'est posé</p>
<p>Selma Labib reprend la phraséologie : *« Les travailleurs doivent décider par eux-mêmes de leurs revendications et de l'évolution de leur lutte. »* Mais comme Ken Armède, **aucun dispositif** : pas de comité de grève élu en AG, pas de mandat révocable, pas d'organe propre des travailleurs syndiqués et non-syndiqués. Le mot d'ordre flotte sans architecture. Invocation rituelle de l'auto-organisation sans la méthode qui la rend opérante.</p>
<p>### III.8 RATP, Keolis : diagnostic juste, programme transitoire amputé — encore</p>
<p>Selma Labib personnalise : *« Demain, au 1er août, je serai chez Keolis »*. Bonne saisie matérielle de l'éclatement public-privé du secteur transport (open data, ouverture à la concurrence régionale). Structurellement parallèle à la fragmentation Stellantis (CDI/CDD/sous-traitants). Mais **aucun mot d'ordre conséquent** : pas de ré-unification du secteur transport sous contrôle ouvrier, pas d'expropriation des opérateurs privés, pas de coordination RATP-Keolis-SNCF posée comme tâche. Même architecture politique que Ken Armède : diagnostic juste, programme transitoire amputé.</p>
<p>### III.9 LFI comme cible commode — désigner ce qui n'est pas dans son camp pour ne pas attaquer ce qui l'est</p>
<p>Selma Labib déploie une critique frontale de LFI. Cette critique est juste sur ce qu'elle dit — Mélenchon défend ouvertement l'impérialisme français, l'industrie d'armement nationale et la dissuasion nucléaire. Mais comme cible politique principale du tir révolutionnaire en 2026, LFI est une **cible commode** plutôt que la cible décisive. LFI exprime un républicanisme bourgeois de gauche dans la lignée Millerand-Blum, qui s'inscrit dans le cadre de la gestion républicaine de l'État impérialiste français. Elle n'est pas le cœur du problème léniniste du social-chauvinisme.</p>
<p>La catégorie léniniste de **social-chauvinisme** désigne, depuis 1914-1916, une trahison spécifique : celle des partis et syndicats *à l'intérieur du mouvement ouvrier organisé* qui ont rallié leur propre bourgeoisie pendant la guerre — Plekhanov en Russie, Guesde en France, Hyndman en Grande-Bretagne, Scheidemann en Allemagne, et l'écrasante majorité des directions syndicales de la IIᵉ Internationale. C'est cette trahison interne au mouvement ouvrier qui produit l'union sacrée, parce qu'elle livre la classe à sa bourgeoisie depuis l'intérieur de ses propres organisations. Le problème décisif, pour des révolutionnaires en 2026, est donc la trahison à l'intérieur du mouvement ouvrier organisé : directions syndicales (CGT, FSU, Solidaires, FO) qui participent au tripartisme de la LPM, qui ont appelé à voter NFP en 2024, qui couvrent par leur silence le RESU pro-OTAN et les livraisons d'armes à l'Ukraine ; et courants politiques se réclamant du marxisme révolutionnaire (LO, NPA-R, RP, NPA-A, PCR) qui n'organisent aucune lutte fractionnelle de rupture dans ces structures.</p>
<p>Critiquer LFI sur son nationalisme est facile et politiquement insuffisant — c'est désigner ce qui n'est pas dans son camp pour ne pas avoir à attaquer ce qui l'est. **Position de dénonciation extérieure, pas position défaitiste interne au mouvement ouvrier.**</p>
<p>### III.10 Le silence sur le social-chauvinisme syndical — NFP 2024, LPM, Binet épargnée sur le fond</p>
<p>Le social-chauvinisme syndical français de la période est massif et structurellement multiple — Selma Labib le passe entièrement sous silence :</p>
<p>**a) Vote NFP 2024.** CGT, FSU, Solidaires (et LO au second tour) ont appelé à voter pour un front incluant le PS de Hollande — soudure de la classe à un cartel républicain-impérialiste. Acte social-chauvin syndical le plus récent et le plus massif. **Selma Labib : silence total.**</p>
<p>**b) Le RESU et les livraisons d'armes à l'Ukraine.** Voir III.11 ci-dessous.</p>
<p>**c) La tripartite LPM.** Les directions syndicales sont conviées et participent aux tours de table sur la programmation militaire ; aucune n'a posé l'expropriation de Dassault/Thales/MBDA ni le refus de produire les drones Chorus. **Selma Labib : silence total.**</p>
<p>**d) Sophie Binet / CGT.** Selma Labib la critique procéduralement, pas programmatiquement. Aucun mot sur le vote NFP 2024 de la CGT, aucun mot sur le silence CGT sur les livraisons d'armes, aucun mot sur la participation CGT à la LPM. **La critique procédurale fonctionne comme écran devant la critique programmatique qu'il faudrait faire.**</p>
<p>### III.11 La chaîne en cinq maillons : NPA-R → Solidaires → RESU → armer l'Ukraine → OTAN</p>
<p>La complicité matérielle se documente en cinq maillons :</p>
<p>**Maillon 1.** Des militants du NPA-R militent à **Solidaires** — Gaël Quirante à SUD-PTT 92 (confirmé publiquement).</p>
<p>**Maillon 2.** **Solidaires est officiellement membre du RESU** (Réseau européen de solidarité avec l'Ukraine) — confirmé sur solidaires.org : *« dont est membre l'Union syndicale Solidaires »*.</p>
<p>**Maillon 3.** **Le RESU appelle explicitement à armer l'Ukraine** : *« L'Ukraine doit pouvoir recevoir et produire les armes et munitions qui lui manquent »*. Position social-chauvine sur les livraisons d'armes dissimulée sous drapeau syndical-solidaire.</p>
<p>**Maillon 4.** Armer l'Ukraine contre la Russie = soutenir le flux d'armement OTAN. **Le RESU agit donc comme relais de la position OTAN dans le mouvement ouvrier**, sous couverture syndicale. Équivalent fonctionnel de l'appui des SPD allemands aux crédits de guerre 1914.</p>
<p>**Maillon 5 — décisif.** Les militants du NPA-R à Solidaires **n'émettent aucune critique publique** : ni du RESU, ni des livraisons d'armes, ni du soutien officiel de Solidaires au RESU. Pas un texte de fraction publique. Silence intégral. Définition opératoire du social-chauvinisme par omission : on ne défend pas verbalement la livraison d'armes, mais on milite dans une structure (Solidaires) qui en est officiellement partenaire, et on n'engage aucune lutte fractionnelle publique contre cette ligne. **Ce que faisait Barta — fraction publique distincte du syndicat avec organe propre — liquidé précisément là où il serait politiquement décisif.**</p>
<p>Et c'est ce maillon 5 qu'on retrouve dans le panel : Selma Labib, porte-parole nationale, invitée à parler des guerres impérialistes à la Fête de LO 2026, **passe le RESU et les livraisons d'armes sous silence intégral en clôture du panel**.</p>
<p>### III.12 Le Sahel escamoté — Mali, Niger, Burkina jamais nommés</p>
<p>Lecture intégrale du transcript de Selma Labib. Mentions géographiques :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Guerres en cours nommées** : Palestine, Liban, Iran, Ukraine, Congo, Afghanistan, Soudan, « peut-être Cuba » ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Colonies nommées** : Mayotte, Antilles, Kanaky, « Afrique » (générique) ;</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> **Répression sanglante nommée** : Kanaky 2024.</p>
<p>**Mali : absent. Niger : absent. Burkina Faso : absent. Tchad : absent. Centrafrique : absent. Sénégal : absent.** Tout le front sahélien est escamoté. Trois silences concentriques :</p>
<p>1. **Pas de mention des opérations françaises en cours** (Tchad jusqu'en 2024-2025, opérations DGSE/COS, soutien aux régimes alliés, formation des armées locales).</p>
<p>2. **Pas de dénonciation ouverte** des déploiements français. Selma Labib prononce *« la France n'est pas encore engagée dans une guerre de haute intensité »* — formule qui escamote la guerre française réelle, étalée et continue en Afrique depuis vingt ans.</p>
<p>3. **Pas un mot sur les défaites françaises récentes** : Mali (expulsion Barkhane 2022), Niger (coup et expulsion 2023), Burkina (2022-2023), Tchad (départ 2024-2025), Sénégal (annonce fermeture des bases 2024-2025).</p>
<p>Or pour un défaitiste révolutionnaire français en 2026, ces dossiers sont **les seuls fronts où l'impérialisme français a subi des défaites concrètes récentes**. Position léniniste : *« Pendant une guerre réactionnaire, une classe révolutionnaire ne peut pas ne pas souhaiter la défaite de son gouvernement »* (Lénine, juillet 1915). Les défaites françaises au Sahel — quelles que soient les forces qui les opèrent — affaiblissent l'impérialisme français et sont à saluer publiquement.</p>
<p>**Asymétrie politique précise** : Selma Labib nomme l'oppression française *là où elle se voit* (Kanaky), tait les opérations françaises *là où elles se déploient* (Sahel), escamote les défaites françaises *là où elles s'opèrent* (Mali, Niger, Burkina). **Position de dénonciation sélective, pas position défaitiste.**</p>
<p>### III.13 La présidentielle comme barrage anti-extrême droite — l'alignement républicain qui ne dit pas son nom</p>
<p>Phrase clé en clôture : *« mener une campagne… pour lutter contre toutes les idées d'extrême droite qui sont défendues bien au-delà de l'extrême droite »*. La candidature présidentielle est ici justifiée comme **instrument du barrage idéologique anti-extrême droite**, pas comme tribune d'un programme révolutionnaire pour le pouvoir ouvrier. Cela **s'aligne objectivement sur le front républicain** que Selma Labib dénonce verbalement : l'extrême droite comme adversaire principal, plutôt que la bourgeoisie comme productrice de l'extrême droite. Sur ce point, la cohérence avec NFP 2024 (l'horizon, pas le vote) est plus forte qu'elle ne le voit.</p>
<p>### III.14 Bilan — anti-impérialisme moraliste à vernis liebknechtien</p>
<p>Anti-impérialisme moraliste à vernis liebknechtien — invocation citationnelle de Liebknecht sans aucun des prolongements programmatiques de la tradition bolchevique-léniniste-trotskyste. Pas une fois la défaite de la France posée comme mot d'ordre. Couverture du social-chauvinisme syndical (Solidaires/RESU notamment). Escamotage du Sahel. Faux ennemi LFI désigné à la place des directions syndicales. Maximum keynésien-Florange. La phraséologie défaitiste sert d'identification révolutionnaire sans contenu, pour mieux faire oublier l'absence totale de défaitisme matériel — c'est-à-dire pour mieux **dissimuler la position d'union sacrée par intégration syndicale silencieuse**. Sur les critères du défaitisme révolutionnaire élaborés dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938, Selma Labib n'en porte qu'un seul, et encore est-il affaibli dans sa propre formulation par l'opérateur kautskyste « impérialisme français de seconde zone » : elle nomme la bourgeoisie française comme adversaire principal dans une phrase, et la déclasse comme puissance « subalterne » dans la suivante.</p>
<p>— -</p>
<p># Partie IV — L'UNION SACRÉE À DRAPEAU RÉVOLUTIONNAIRE</p>
<p>## La politique d'ensemble du NPA-R</p>
<p>### IV.1 Trois registres, une chorégraphie — la division du travail dans le panel</p>
<p>Les trois interventions ne sont pas redondantes : elles constituent une **chorégraphie politique cohérente** où chacun tient un registre distinct. Ken Armède porte le registre ouvrier-usinier — il assure la légitimité matérielle de la lutte concrète à Stellantis Poissy. Gaël Quirante porte le registre politique-théorique — il assure la justification stratégique du pôle des révolutionnaires et de la candidature commune. Selma Labib porte le registre stratégique-mondial — elle clôt en assurant la synthèse internationaliste qui prétend hisser le panel à la hauteur du moment historique.</p>
<p>L'ordre est calculé : on part de l'usine (la classe en lutte), on monte au politique (l'unité), on culmine au mondial (l'impérialisme). Architecture rhétorique éprouvée des congrès trotskystes — du concret au stratégique. Mais c'est précisément cette architecture qui rend les **contradictions internes du panel lisibles comme système politique**, pas comme accidents : Gaël Quirante cadre l'ennemi USA, Selma Labib le cadre comme France ; Ken Armède demande la contre-signature étatique, Selma Labib dénonce le tripartisme. Le panel se contredit *parce qu'il est ce qu'il est* — un social-patriotisme à drapeau révolutionnaire qui doit emprunter alternativement le langage défaitiste et le langage anti-américain selon le registre.</p>
<p>Et quand on confronte chacune de ces trois interventions aux critères du défaitisme révolutionnaire élaborés dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938, le résultat est sans appel. Ken Armède ne porte aucun de ces critères — sa position défaitiste est intégralement nulle. Gaël Quirante non plus — sa théorie léniniste de l'État reste verbale et ne se traduit jamais en programme défaitiste concret. Seule Selma Labib tient ponctuellement, dans une phrase, le premier critère — la désignation de la bourgeoisie française comme adversaire principal — et elle l'affaiblit dans la phrase suivante par la formule kautskyste « impérialisme français de seconde zone ». **Sur l'ensemble des critères défaitistes — désignation de la propre bourgeoisie, défaite militaire, expropriation de l'industrie d'armement, comités de soldats, travail dans la troupe, armement du prolétariat, lien à la dictature du prolétariat et à l'Internationale — appliqués aux trois intervenants, une seule occurrence est tenue à l'échelle du panel, et elle est immédiatement affaiblie par son propre énoncé.**</p>
<p>### IV.2 Les six invariants — ce que le NPA-R porte structurellement</p>
<p>Sous les variations de registre, **six invariants** structurent le panel — c'est là qu'on lit la politique réelle du NPA-R :</p>
<p>**1. Front unique converti en cartel électoral des appareils d'extrême gauche.** Tactique léniniste du front unique ouvrier pour unifier la classe (FUO) → stratégie de regroupement d'organisations sur la base d'un positionnement (« contre la gauche institutionnelle »). Inversion de la doctrine.</p>
<p>**2. Auto-organisation invoquée verbalement, dispositif inexistant.** Tous trois citent « les travailleurs doivent décider par eux-mêmes » ; aucun ne pose le comité de grève élu en AG souveraine, le mandat révocable, l'organe ouvrier propre. La pratique qu'incarnait Barta-Pierre Bois est revendiquée en généalogie et **liquidée en pratique**.</p>
<p>**3. Tripartisme revendiqué chez soi, dénoncé chez les autres.** Ken Armède demande des garanties contresignées par le gouvernement ; Selma Labib critique Binet et Mélenchon pour parler aux ministres. Contradiction non vue. **Collaboration de classe structurelle** — phraséologie intransigeante, programme tripartite. Rupture pratique avec la Charte d'Amiens 1906.</p>
<p>**4. Programme transitoire amputé sur tous les axes.** Pas d'expropriation sans indemnité ni rachat. Pas de contrôle ouvrier. Pas d'ouverture des livres. Pas d'échelle mobile. Pas d'occupation productive. Pas de fraction publique. Pas d'armement du prolétariat (alors que c'est le pilier du programme ouvrier français depuis 1880). Maximum revendicatif (« interdiction des licenciements + patrons paient avec leurs profits ») = périmètre Florange 2014.</p>
<p>**5. Opérateur Kautsky « impérialisme français de seconde zone » partagé avec LO.** Cela **confirme matériellement** que la candidature commune Arthaud n'est pas un accident organisationnel : elle repose sur un **substrat programmatique partagé** — minoration de l'impérialisme français, primauté américaine comme grille de lecture, pacifisme-souverainisme « aucune participation française ». Le « pôle » est un **écosystème unique social-patriote sous étiquette trotskyste**.</p>
<p>**6. Horizon électoral et anti-extrême droite.** La finalité politique pratique du panel = candidature présidentielle 2027 et législatives, justifiées comme **barrage idéologique anti-extrême droite**. Alignement objectif sur le cadre républicain qu'ils dénoncent verbalement.</p>
<p>### IV.3 Ce qu'ils prétendent défendre, ce qu'ils font vraiment — douze contradictions</p>
<p>Quand on confronte systématiquement les prétentions programmatiques affichées par le NPA-R à sa pratique politique réelle, telle qu'elle ressort du panel et des bulletins d'entreprise, on relève douze contradictions cardinales :</p>
<table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>Ce qu'ils prétendent défendre</td>
<td>Ce qu'ils font dans la pratique politique réelle</td></tr>
<tr class='row_even even'>
<td>---</td>
<td>---</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>L'indépendance de classe</td>
<td>Un cartel d'appareils sur le terrain électoral bourgeois</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>Le trotskysme et le matérialisme dialectique</td>
<td>L'opportunisme programmatique assumé et l'opérateur kautskyste « impérialisme français de seconde zone »</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>La fraction révolutionnaire à la manière de Barta</td>
<td>Aucun texte de fraction publique distincte de Solidaires ; intervention « au nom de SUD »</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>L'auto-organisation des travailleurs</td>
<td>Aucun dispositif posé — pas de comité de grève élu en AG souveraine, pas de mandat révocable</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>L'internationalisme prolétarien</td>
<td>Une coordination strictement franco-française, Kénitra et Mirafiori escamotées</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>L'anti-impérialisme conséquent</td>
<td>Un moralisme pacifiste-souverainiste qui ne porte aucun des onze mots d'ordre bolcheviques face à la guerre</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>La rupture avec la gauche radicale</td>
<td>Un programme maximum keynésien-Florange identique à celui de LFI, PCF, CGT</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>L'anti-tripartisme</td>
<td>La demande de garanties « contresignées par le gouvernement » à Stellantis</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>Le refus du barrage républicain</td>
<td>Une candidature présidentielle justifiée comme outil de lutte anti-extrême droite</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>Le défaitisme révolutionnaire</td>
<td>Aucun des critères de la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste 1914-1938 tenu, hors une formulation isolée affaiblie par Kautsky</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>La délimitation programmatique du « pôle »</td>
<td>L'inclusion du PT lambertiste-républicain et de l'UCL libertaire sans aucune base programmatique commune posée</td></tr>
</tbody>
</table><table class="table spip">
<tbody>
<tr class='row_odd odd'>
<td>La critique des social-chauvins</td>
<td>LFI bourgeoise dénoncée mais centrales syndicales (NFP 2024, RESU, LPM) entièrement couvertes</td></tr>
</tbody>
</table>
<p>### IV.4 Cinq déterminations convergentes — du centrisme syndical au cartel électoral</p>
<p>Le NPA-R, à travers ce panel, manifeste cinq déterminations qui se renforcent mutuellement :</p>
<p>**1. Social-patriotisme par intégration syndicale silencieuse.** Refus verbal du NFP ; mais aucune fraction, aucun programme transitoire, aucun défaitisme conséquent, aucun internationalisme programmatique. Oscille entre langage défaitiste (Selma Labib : Liebknecht) et langage anti-américain (Gaël Quirante : USA = principal). Les militants NPA-R restent dans Solidaires, qui est officiellement membre du RESU pro-OTAN, sans aucune rupture publique. C'est la définition matérielle de l'union sacrée déguisée : on ne vote pas les crédits de guerre nommément, mais on milite dans la structure qui les soutient par sa participation au RESU, et on n'organise aucune fraction publique de rupture.</p>
<p>**2. Collaboration de classe syndicale.** Verbalement intransigeant dans SUD ; programmatiquement aligné sur le tripartisme État/patronat/syndicats. Rupture avec Amiens 1906. Pas de fraction publique distincte du syndicat. Couverture du RESU/Solidaires sur les livraisons d'armes à l'Ukraine.</p>
<p>**3. Cartel électoral propagandiste sous étiquette trotskyste.** Le « front des révolutionnaires » n'est ni le Front Unique Ouvrier issu de la IIIᵉ Internationale ni le front unique léniniste, c'est un **rassemblement d'appareils** sur la base d'un positionnement, avec inclusion régressive du PT-lambertiste et de l'UCL libertaire.</p>
<p>**4. Écosystème social-patriote partagé avec LO.** L'opérateur Kautsky « impérialisme français de seconde zone » utilisé par la porte-parole nationale est exactement la formule LO, déjà largement documentée et critiquée par ailleurs. La candidature commune Arthaud n'est pas un accident — c'est l'expression d'un **substrat programmatique commun**.</p>
<p>**5. Silence systématique sur le Sahel.** Sur 13 bulletins d'entreprise consultés et sur l'intervention publique de la porte-parole nationale à la Fête de LO 2026, le Sahel n'apparaît jamais. Mali, Niger, Burkina, Tchad : non nommés. Or ce sont les fronts où l'impérialisme français a été matériellement défait depuis 2022. Taire ces défaites systématiquement, c'est protéger objectivement l'impérialisme français là où il opère. **Définition léniniste du social-patriotisme par omission organisée.**</p>
<p>### IV.5 Fonction politique objective — réservoir de LO, courroie de Solidaires, canalisation de la jeunesse</p>
<p>Au-delà de ce que le NPA-R croit faire, le panel révèle sa fonction politique objective :</p>
<p>**Vis-à-vis de LO :** réservoir de jeunesse et de travail électoral gratuit pour la candidature Arthaud 2027. Dépendance déguisée en indépendance. La candidature commune réclamée par NPA-R équivaut à une demande d'intégration au dispositif électoral LO.</p>
<p>**Vis-à-vis de Solidaires :** courroie de transmission entre la phraséologie révolutionnaire et l'appareil syndical réformiste. Couverture par omission du social-chauvinisme de Solidaires (vote NFP 2024, RESU, LPM). Pas de fraction publique distincte du syndicat. Ce que faisait Barta — fraction publique dans le syndicat avec organe propre — est liquidé précisément là où il serait politiquement décisif.</p>
<p>**Vis-à-vis de la jeunesse politisée par les retraites, le 10 septembre, Gaza, l'Iran :** offre une apparence de radicalité (trotskysme proclamé, mots d'ordre anti-impérialistes verbaux, refus du NFP, anti-électoralisme rhétorique) qui canalise cette énergie vers la candidature présidentielle 2027 et la « lutte contre les idées d'extrême droite » — c'est-à-dire vers le cadre républicain qu'elle prétend dépasser.</p>
<p>**Vis-à-vis de l'État bourgeois :** ne représente aucune menace stratégique. Programme keynésien-Florange dans les revendications, demande de tripartisme dans les négociations, cartel électoral propagandiste sans implantation décisive, silence sur la reconversion militaire industrielle, silence sur les défaites françaises au Sahel. **Acceptable pour le système.**</p>
<p>### IV.6 Ce que Lénine demandait à un révolutionnaire en temps de guerre — ce que le panel n'a pas porté</p>
<p>Reste à confronter ce panel à la position défaitiste révolutionnaire telle qu'elle s'est construite dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste, de Lénine à partir de 1914 contre les social-chauvins et les centristes de la IIᵉ Internationale, à Trotsky et au *Programme de Transition* de la IVᵉ Internationale en 1938, en passant par Liebknecht entre 1914 et 1918, les premiers Congrès de l'Internationale communiste, et la Ligue Communiste française de 1934. Cette chaîne pratique cohérente, élaborée et précisée pendant un quart de siècle de combat révolutionnaire, est ce à quoi un courant trotskyste en 2026 doit être confronté quand il prend la parole publiquement sur la guerre impérialiste.</p>
<p>Dans *Le socialisme et la guerre* (1915), Lénine distingue d'abord trois critères pour caractériser une guerre impérialiste : son caractère réactionnaire comme guerre menée par des bourgeoisies pour le repartage du monde, la possibilité d'une révolution socialiste sortant de cette guerre, et l'exigence d'une coordination internationale des révolutionnaires contre la trahison social-chauvine. Sur ces trois critères, le panel NPA-R coche verbalement les trois — la guerre est nommée comme impérialiste, la perspective révolutionnaire est invoquée, l'internationalisme est proclamé. Mais aucun des trois n'est traduit en programme transitoire concret : la position est reconnue dans son énoncé général, refusée dans ses conséquences pratiques.</p>
<p>Sur la position défaitiste révolutionnaire elle-même, la tradition bolchevique-léniniste-trotskyste pose plusieurs exigences articulées. La première est de nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal. Ken Armède ne le fait jamais — son ennemi est Stellantis comme entreprise, jamais la bourgeoisie française dans son ensemble. Gaël Quirante cadre l'ennemi principal comme « l'impérialisme dominant » américain, ce qui désigne la bourgeoisie *des autres* et non la sienne. Seule Selma Labib reprend la formule de Liebknecht *« l'ennemi principal est dans notre propre pays »*, mais elle l'affaiblit immédiatement par le qualificatif kautskyste « impérialisme français de seconde zone » qui déclasse la France au rang de puissance subalterne et déplace, dans la même intervention, la cible vers l'allié américain. Sur le premier critère défaitiste — le plus élémentaire — le panel ne tient qu'à moitié, et encore par la seule porte-parole nationale qui se contredit dans la phrase suivante.</p>
<p>La deuxième exigence est de souhaiter et d'organiser la défaite militaire de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste. Cette exigence n'est portée par aucun des trois intervenants, sous aucune forme, ni nommément ni implicitement. Elle n'est pas non plus présente dans l'appel commun du 17 avril érigé en modèle par Gaël Quirante. La défaite de la France comme mot d'ordre n'est pas écrite, pas dite, pas portée.</p>
<p>La troisième exigence est l'expropriation de l'industrie d'armement nationale — Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran — sans indemnité ni rachat, sous contrôle ouvrier. Cette exigence n'est posée par aucun des trois. Ce qui la remplace dans leurs interventions et dans leurs bulletins, c'est la formule redistributive « l'argent pour les salaires, pas pour la guerre », qui laisse intacte la propriété privée des trusts d'armement et la chaîne de commandement militaro-industrielle.</p>
<p>La quatrième exigence est l'organisation de comités de soldats avec droit de refus d'ordre, et le travail d'agitation politique direct en direction des soldats français — conscrits, réservistes, militaires en opérations. Cette exigence figure dans toute la tradition révolutionnaire de Liebknecht 1914-1918 (campagne contre les crédits de guerre et travail dans la troupe allemande) aux thèses militaires des premiers Congrès de l'Internationale communiste, au Programme d'action de la Ligue Communiste française de 1934, et au *Programme de Transition* de Trotsky en 1938 qui pose comme tâches transitoires l'*« instruction militaire et armement des ouvriers et des paysans sous le contrôle immédiat des comités ouvriers et paysans »* et la *« substitution à l'armée permanente, c'est-à-dire de caserne, d'une milice populaire en liaison indissoluble avec les usines, les mines, les fermes »*. Aucun des trois intervenants ne pose ce mot d'ordre. La question du travail révolutionnaire dans l'armée française, alors même que cette armée est en opérations actives en Iran, au Liban et au Sahel, n'est pas posée par le panel. L'agitation reste extérieure à la troupe : pétitions, manifestations, communiqués — comme si l'armée n'était pas elle-même un milieu prolétaire à conquérir politiquement.</p>
<p>La cinquième exigence est l'armement général du peuple — pilier programmatique élaboré par tout le mouvement ouvrier révolutionnaire, depuis Blanqui en 1851 *« qui a du fer a du pain »*, jusqu'au chapitre 10 du *Programme de Transition* de 1938 *« Les piquets de grève, les détachements de combats, la milice ouvrière, l'armement du prolétariat »*, en passant par la garde nationale de la Commune de Paris de 1871, le Programme du Parti ouvrier français de 1880, la motion antimilitariste du Congrès de Marseille de 1908, le Manifeste du IIᵉ Congrès de l'Internationale communiste de 1920 (*« les armes à la main »*), et le Programme d'action de la Ligue Communiste française de 1934 (*« PAR L'ARMEMENT DU PROLÉTARIAT ! PAR LA MILICE ANTIFASCISTE DU PEUPLE ! »*). Gaël Quirante, qui prononce la thèse léniniste de l'État comme « bande d'hommes armés », n'en tire pas la conséquence transitoire : pas un mot sur l'armement du prolétariat, pas un mot sur les milices ouvrières, pas un mot sur la dissolution des corps répressifs liée à l'armement du peuple. Aucun des trois intervenants ne porte cette exigence.</p>
<p>La sixième exigence est l'articulation du défaitisme révolutionnaire à la dictature du prolétariat comme issue politique de la guerre et à l'Internationale ouvrière révolutionnaire à reconstruire comme cadre stratégique — c'est-à-dire ce qui distingue le défaitisme bolchevique-léniniste du pacifisme social-démocrate ou du défensivisme syndicaliste. Aucun des trois intervenants ne porte cette articulation. La dictature du prolétariat n'est jamais nommée, ni comme catégorie ni comme perspective. L'Internationale est invoquée rituellement par Selma Labib en clôture, mais sans qu'aucune tâche concrète de reconstruction soit posée comme conséquence pratique du défaitisme — et sans qu'aucune délimitation soit faite à l'égard des courants centristes (CIQI/WSWS, QI mandelienne, IST, Pabloïstes) qui se réclament eux aussi de l'Internationale tout en ayant abandonné le défaitisme révolutionnaire.</p>
<p>**Sur l'ensemble des exigences cardinales du défaitisme révolutionnaire élaborées dans la chaîne bolchevique-léniniste-trotskyste de 1914-1916 jusqu'au *Programme de Transition* de 1938, le panel NPA-R n'en tient qu'une seule, et de manière affaiblie. Ce n'est pas une position défaitiste révolutionnaire. C'est, dans les termes mêmes que Lénine forgea pour caractériser ses adversaires de l'époque et que Trotsky a précisés par la suite, une position de social-patriotisme déguisé sous une phraséologie défaitiste verbale et occasionnelle.**</p>
<p>— -</p>
<p># Partie V — CE QU'UN PROGRAMME BOLCHEVIQUE-LÉNINISTE DÉFENDRAIT EN FRANCE EN 2026</p>
<p>Conséquence pratique du diagnostic : ce qu'une politique conséquente doit porter à Stellantis Poissy, à Renault Le Mans, à la RATP, dans SUD, dans la CGT, dans les manifestations contre la guerre — *publiquement et avec un organe propre*.</p>
<p>### V.1 À Stellantis Poissy — sept points pour rompre avec la ligne du NPA-R</p>
<p>1. **Comité de lutte élu en AG souveraine**, syndiqués et non-syndiqués, mandats révocables, autonome des appareils CGT/SUD (FUO, tactique) — la fraction influence et se soumet aux décisions collectives (ce que faisait Barta à Renault 1947).</p>
<p>2. **Fraction révolutionnaire publique dans SUD/CGT avec organe propre** (*Voix des Travailleurs*), distincte du syndicat — au lieu de parler « au nom de SUD ».</p>
<p>3. **Ouverture des livres** : CICE/CIR/PPE perçus, transferts vers Kénitra-Saragosse-Tafraoui, 46 Md€ de liquidités du groupe.</p>
<p>4. **Expropriation sans indemnité ni rachat, sous contrôle ouvrier** — refus du tripartisme et de toute « contre-signature » de l'État bourgeois ; la classe ne négocie pas son siège à la table du compromis, elle exproprie.</p>
<p>5. **Coordination ouvrière transnationale Stellantis** (Poissy-Kénitra-Tafraoui-Saragosse-Cassino-Mirafiori) contre la mise en concurrence des sites.</p>
<p>6. **Lier Poissy à Le Mans** : contre la fermeture *et* la production de guerre ; refus des drones Chorus ; reconversion sous contrôle ouvrier vers la production socialement utile.<br class='autobr' />
7. **La grève comme acte politique** : rompre les travailleurs avec les bureaucraties *et* avec l'horizon électoral, poser la question du pouvoir.</p>
<p>### V.2 Sur la guerre — neuf points contre l'union sacrée industrielle</p>
<p>1. **Défaite militaire du gouvernement français** posée comme mot d'ordre, ouvertement, à l'usine, dans la rue, dans la presse révolutionnaire.</p>
<p>2. **Expropriation sans indemnité ni rachat** de Dassault, Thales, MBDA, Naval Group, Safran — non leur étatisation, leur passage sous contrôle ouvrier.</p>
<p>3. **Armement général du peuple** — pilier du programme ouvrier français depuis 1880 (POF Guesde-Lafargue-Marx), lié à la dissolution des corps répressifs et à la formation des milices ouvrières.</p>
<p>4. **Comités de soldats** dans l'armée française, droit de refus d'ordre, fraternisation.</p>
<p>5. **Blocage de l'envoi d'armes** par les travailleurs des transports — cheminots refusant de transporter munitions et matériel militaire ; dockers refusant le chargement.</p>
<p>6. **Retrait immédiat et inconditionnel des troupes françaises** du Sahel, du Tchad, du Moyen-Orient, de Djibouti, de partout — articulé au refus de toute opération extérieure française et à la défaite politique de l'impérialisme français ; salut public aux défaites françaises récentes (Mali 2022, Niger 2023, Burkina 2023, Tchad 2024-2025).</p>
<p>7. **Dénonciation publique du RESU** comme relais OTAN dans la classe ouvrière, et lutte fractionnelle dans Solidaires pour la rupture avec le RESU.</p>
<p>8. **Interpellation publique** des organisations du « pôle des révolutionnaires » (PT, UCL, NPA-R) et des syndicalistes d'extrême gauche dans l'armement : *quelle ligne portez-vous dans VOS boîtes ?* Si vous ne portez pas l'expropriation, le refus de produire les armes, le contrôle ouvrier, vous êtes social-patriotes en pratique quelle que soit l'étiquette.</p>
<p>9. **Internationale ouvrière révolutionnaire à reconstruire** comme débouché — la révolution prolétarienne ne se fait pas dans un cadre national.</p>
<p>### V.3 Vis-à-vis du NPA-R — unité d'action conditionnée, délimitation programmatique imposée</p>
<p>NPA-R **ne peut pas être traité comme partenaire stratégique** — son cadre programmatique social-patriote est en contradiction avec la construction du parti révolutionnaire.</p>
<p>**L'unité d'action n'est pas refusée — elle est conditionnée.** Sur quelle base ? Pour dire quoi ? Avec quelle indépendance programmatique préservée ? Les onze axes du programme bolchevique-léniniste face à la guerre (défaite, expropriation, contrôle ouvrier, comités de soldats, armement, blocage, cheminots, fractions, Le Mans, interpellation, Internationale) sont l'instrument de cette confrontation :
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> On entre dans la manif si le contenu progresse vers la défaite organisée et porte la rupture avec les directions syndicales social-chauvines ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> On en sort, on tracte, on dénonce publiquement, on porte la fraction propre si le contenu se limite au plus petit dénominateur commun pacifiste-souverainiste — sans articulation à la défaite, sans expropriation de l'armement, sans comités de soldats, sans armement du prolétariat.</p>
<p>**Délimitation programmatique d'abord, regroupement ensuite** — méthode léniniste des 21 conditions (Comintern 1920), inversée par le « pôle des révolutionnaires » qui regroupe sans délimiter.</p>
<p>Le combat à mener contre le NPA-R est sur les points précis qu'il refuse :
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi pas un texte sur la fraction révolutionnaire dans Solidaires ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi le RESU jamais critiqué ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi le silence sur le vote NFP 2024 de Solidaires ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi Le Mans / Chorus absent quand on parle d'automobile ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi Kénitra absent quand on parle de Stellantis ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi le Sahel escamoté quand on parle d'impérialisme français ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi « impérialisme français de seconde zone » au lieu d'impérialisme français point ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi les mots d'ordre « évoluent en fonction du rapport de force » au lieu d'être portés en permanence ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi des garanties « contresignées par le gouvernement » quand on dénonce le tripartisme ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi pas un mot d'armement du prolétariat, alors que c'est dans le programme ouvrier français depuis 1880 ?
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> Pourquoi la candidature présidentielle comme outil anti-extrême droite quand on refuse le barrage républicain ?</p>
<p>Ces questions ne sont pas rhétoriques. Elles sont les **points de rupture programmatique** sur lesquels la fraction défaitiste-révolutionnaire doit forcer la délimitation publique.</p>
<p>— -</p>
<p># Conclusion — Démasquer le social-patriotisme à drapeau rouge, la tâche bolchevique-léniniste en France</p>
<p>Le panel NPA-R à la Fête de LO 2026 livre une **photographie politique précise** à un moment historiquement chargé (France belligérante, reconversion militaro-industrielle en marche, présidentielle 2027 à un an). Ce que la photographie montre :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> une organisation qui **proclame le trotskysme et le matérialisme dialectique** ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui pratique en réalité une **collaboration de classe structurelle** (politique, syndicale, organisationnelle) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **partage le substrat social-patriote de LO** (opérateur Kautsky « seconde zone ») ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **liquide ce que faisait Barta** dont elle se réclame (pas de fraction publique dans Solidaires, pas de comité de grève élu, pas de bulletin-organe de fraction) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **dissout sa délimitation programmatique** dans un cartel d'appareils (PT-lambertiste, UCL libertaire) ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **couvre par omission** le social-chauvinisme des directions syndicales (RESU, NFP 2024, LPM) où militent ses propres camarades ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **escamote les défaites françaises au Sahel** que tout défaitiste devrait saluer publiquement ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> qui **réduit l'horizon politique** à la candidature présidentielle 2027 justifiée comme barrage idéologique anti-extrême droite.</p>
<p>NPA-R **est dans l'union sacrée par intégration syndicale silencieuse** — verbalement révolutionnaire, programmatiquement aligné sur l'effort de guerre français par sous-traitance syndicale (Solidaires officiellement membre du RESU pro-OTAN, sans rupture publique de ses militants), et intégré à l'horizon électoral républicain. Le panel à la Fête de LO 2026 confirme cette caractérisation au-delà de ce que n'importe quel article extérieur aurait pu démontrer — parce qu'il s'agit du panel officiel, de la direction nationale, qui formalise la ligne du parti devant son rival-allié LO.</p>
<p>C'est ce que Lénine appelait, dans *Le socialisme et la guerre* (1915), **l'opportunisme parvenu à maturité** : la pratique objective de l'alliance avec sa propre bourgeoisie en guerre, sous couverture phraséologique révolutionnaire. La forme a évolué en 2026 — ce n'est plus le vote des crédits de guerre comme en 1914, c'est l'intégration silencieuse à un syndicalisme combatif qui est lui-même officiellement courroie d'OTAN. Mais la nature politique est la même : **social-patriotisme**.</p>
<p>Le combat n'est pas de refuser l'unité d'action avec NPA-R ; c'est de **forcer la délimitation programmatique publique** sur les points où NPA-R recule. Sur la fraction dans Solidaires. Sur le RESU. Sur Le Mans. Sur Kénitra. Sur le Sahel. Sur la défaite de la France. Sur l'expropriation. Sur l'armement du prolétariat. Sur les comités de soldats. Sur l'Internationale.</p>
<p>**Démasquer le social-patriotisme à drapeau rouge** — démontrer publiquement, par documentation matérielle, que la posture révolutionnaire couvre une pratique d'union sacrée par sous-traitance syndicale — est la tâche bolchevique-léniniste de la période. Pas la rupture sectaire avec les militants honnêtes du NPA-R qui peuvent rompre avec leur direction. La rupture programmatique publique avec la ligne du parti, sur la base d'une fraction défaitiste révolutionnaire qui porte ce que NPA-R refuse de porter : le programme transitoire dans son intégralité.</p></div>
Barbarie ou révolution socialiste
https://matierevolution.org/spip.php?article8647
https://matierevolution.org/spip.php?article86472026-06-22T22:28:00Ztext/htmlfrCrise CrisisFascisme
<p>Nous publions ce texte de WSWS de 2024, toujours aussi actuel... <br class='autobr' />
La classe ouvrière, la lutte contre la barbarie capitaliste et la construction du Parti mondial de la révolution socialiste <br class='autobr' />
La résurgence de l'extrême droite et l'effondrement de la démocratie dans le monde <br class='autobr' />
1. Alors que le génocide est ouvertement adopté comme instrument de la politique dans l'assaut israélien lancé contre Gaza et soutenu par l'impérialisme, et que la mort en masse a été normalisée dans la réponse de la (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>
<div class='rss_texte'><p>Nous publions ce texte de WSWS de 2024, toujours aussi actuel...</p>
<h2 class="spip">La classe ouvrière, la lutte contre la barbarie capitaliste et la construction du Parti mondial de la révolution socialiste</h2>
<p>La résurgence de l'extrême droite et l'effondrement de la démocratie dans le monde</p>
<p>1. Alors que le génocide est ouvertement adopté comme instrument de la politique dans l'assaut israélien lancé contre Gaza et soutenu par l'impérialisme, et que la mort en masse a été normalisée dans la réponse de la classe dirigeante à la pandémie, les mouvements fascistes et autoritaires font à nouveau partie du paysage politique dominant dans le monde entier. En l'absence de toute réponse véritablement anticapitaliste de la part des organisations de la classe moyenne et de la pseudo-gauche face à l'intensification de la crise économique et à la détérioration du niveau de vie, les gains politiques sont engrangés par l'extrême droite.</p>
<p>2. Dans les premiers jours de la nouvelle année, les commentaires se sont multipliés dans les médias bourgeois sur la situation périlleuse des formes démocratiques de gouvernement en 2024 : « Une année décisive pour la démocratie dans le monde » (Time magazine) ; « 2024 : une vague d'élections avec la démocratie mondiale en ligne de mire » (Washington Post) ; « 2024 pourrait être une année très difficile pour la démocratie » (New Yorker) ; « Pourquoi 2024 pourrait être l'année la plus importante pour la démocratie à ce jour » (The Economist) ; ou « La démocratie peut-elle survivre en 2024 ? (Financial Times).</p>
<p>3. Les commentaires notent qu'en 2024, il y aura entre 70 et 80 élections distinctes dans le monde, auxquelles participeront environ 4,2 milliards de personnes, soit plus de la moitié de la population mondiale. Cela inclut l'élection présidentielle aux États-Unis, ainsi que les élections en Inde, dans l'Union européenne, au Royaume-Uni, au Mexique, en Indonésie, au Bangladesh, en Afrique du Sud et dans des dizaines d'autres pays.</p>
<p>4. Au milieu de toutes ces élections, le cadre des institutions démocratiques bourgeoises s'effondre. « Société après société, les valeurs antilibérales et les hommes politiques qui les défendent gagnent du terrain », écrit le Washington Post. « De nombreux gouvernements élus semblent déterminés à saper les principes fondamentaux du projet démocratique, depuis la liberté de la presse jusqu'à l'indépendance d'institutions telles que le pouvoir judiciaire, en passant par la capacité des partis d'opposition à rivaliser équitablement avec l'establishment au pouvoir ». Le Financial Times écrit : « L'Initiative mondiale sur l'état de la Démocratie de l'Institut international pour la Démocratie et l'Assistance électorale de la Suède a constaté que 2023 marquait la sixième année consécutive de recul de la démocratie dans la moitié des pays, le plus long recul depuis le début de l'enregistrement des données en 1975 ».</p>
<p>5. Mais les médias capitalistes ne proposent nulle part une analyse historique des processus politiques sous-jacents à cette « crise de la démocratie », et encore moins un examen des facteurs sociaux fondamentaux à l'origine de l'évolution vers la dictature et l'autoritarisme.</p>
<p>6. Le renforcement de l'extrême droite est un phénomène universel. Les élections américaines de cette année se tiendront trois ans seulement après le coup d'État fasciste du 6 janvier 2021. Trump, le principal candidat à l'investiture du Parti républicain, est actuellement en tête des sondages dans toute compétition avec Biden. Pour les élections européennes de juin, les sondages actuels prévoient que le groupe d'extrême droite Identité et Démocratie, qui comprend le Rassemblement national de Marine Le Pen en France et le parti fasciste Alternative pour l'Allemagne (AfD), remportera suffisamment de sièges pour devenir le troisième ou le quatrième parti au Parlement européen.</p>
<p>7. L'année dernière a vu, en novembre, l'élection en Argentine de la personnalité fasciste de la télévision Javier Milei, et l'ascension du Parti pour la liberté (PVV) antimusulman de Geet Wilders aux Pays-Bas, qui est devenu la plus importante force de la politique néerlandaise, suite aux élections de décembre. Le première ministre italienne est Giorgia Meloni, élue en 2022, dont le pedigree politique remonte directement à Mussolini. En Inde, le premier ministre Narendra Modi et son parti fasciste, le Bharatiya Janata Party (BJP), devraient remporter un troisième mandat après leur victoire aux élections des États en décembre.</p>
<p>8. Sur le plan politique, la montée des partis et individus fascistes est bien moins un mouvement de masse venu d'en bas que le résultat d'un glissement universel vers la droite de la classe dirigeante. Quelle que soit leur étiquette — social-démocrate, démocrate, travailliste ou conservatrice — la politique des partis de l'establishment est essentiellement la même : coupes massives dans les dépenses sociales et augmentations énormes des dépenses militaires ; soutien à la guerre menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie en Ukraine et au génocide israélien à Gaza.</p>
<p>9. Dans le même temps, les partis capitalistes établis adoptent de plus en plus le programme et la politique des fascistes. L'année s'est terminée sur l'adoption par les représentants des États membres de l'UE et le Parlement européen du « régime d'asile européen commun » (RAEC), qui abolit le droit d'asile, étend la forteresse Europe et sanctionne les déportations massives et la détention des réfugiés dans ce qui s'apparente à des camps de concentration.</p>
<p>10. Ce glissement vers la droite inclut des partis de la « gauche » nominale : Syriza en Grèce, qui est arrivé au pouvoir en 2015 en promettant de mettre fin à l'austérité soutenue par le FMI et a procédé à la mise en œuvre de mesures d'austérité encore plus profondes que son prédécesseur ; le Corbynisme au Royaume-Uni, qui s'est efforcé de canaliser l'opposition derrière le Parti travailliste, aboutissant à la montée de Keir Starmer et à la propre éviction de Corbyn du parti ; le Parti de gauche en Allemagne, dont la politique de droite à conduit à l'effondrement de son soutien parmi les travailleurs et les jeunes.<br class='autobr' />
L'oligarchie et les inégalités sociales</p>
<p>11. Ces processus politiques sont sous-tendus par des processus sociaux plus fondamentaux. Expliquant la crise de la démocratie bourgeoise entre la Première et la Deuxième Guerre mondiale, Trotsky a comparé la démocratie à « un système de fusibles et de disjoncteurs pour la protection contre la trop forte tension de la lutte nationale ou sociale… Sous l'impact des contradictions de classe et internationales trop chargées, les fusibles de la démocratie soit sautent, soit explosent. C'est ce que représente le court-circuit de la dictature ».</p>
<p>12. Les contradictions internationales qui court-circuitent les fusibles de la démocratie sont les mêmes que celles qui sous-tendent l'extension du conflit mondial et la normalisation du génocide en tant qu'instrument de politique étrangère. Comme l'expliquait Lénine, l'impérialisme est « la réaction sur toute la ligne ». Le capital financier, tant dans sa politique étrangère que dans sa politique intérieure, « s'efforce de parvenir non pas à la démocratie, mais à la dictature ». La subordination de l'ensemble de la société à une politique de guerre sans fin entraîne non seulement le détournement des ressources sociales pour financer l'explosion des budgets militaires, mais encore des mesures de plus en plus directes pour réprimer l'opposition à la guerre à l'intérieur du pays.</p>
<p>13. Les contradictions de classe essentielles qui minent les formes démocratiques de gouvernement se manifestent avant tout dans la croissance extrême des inégalités sociales. La société capitaliste a pris la forme d'une oligarchie, dans laquelle toute la vie économique, sociale et politique est contrôlée par une petite élite. Pour utiliser une autre analogie, la concentration extrême de richesse se métastase comme une tumeur incontrôlée et infecte toutes les institutions de l'État, les tribunaux et les médias.</p>
<p>14. Selon Oxfam, le 1 pour cent le plus riche de la population possède aujourd'hui près de la moitié des richesses mondiales, alors que les 50 pour cent les plus pauvres n'en possèdent que 0,75 pour cent. Seuls 81 milliardaires possèdent plus de richesses que la moitié de la population mondiale.</p>
<p>15. La Base de données sur les inégalités dans le monde (BIM) développée par Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, calcule que la richesse détenue par les 0,01 pour cent les plus riches de la population (aujourd'hui, environ 800.000 personnes) est passée de 8 pour cent en 1995 à 12 pour cent aujourd'hui. L'écart de richesse entre les 0,01 pour cent les plus riches et les 50 pour cent les plus pauvres est 50 pour cent plus élevé aujourd'hui qu'en 2008. Les inégalités de revenus augmentent également. Les 10 pour cent les plus riches de la population mondiale perçoivent plus de la moitié (52 pour cent) de l'ensemble des revenus mondiaux, tandis que la moitié inférieure n'en perçoit que 8,5 pour cent.</p>
<p>16. Le « Rapport sur les inégalités dans le monde 2022 » de la BIM, la dernière mise à jour disponible, révèle ce qui suit :</p>
<p> Les multimillionnaires mondiaux ont accaparé une part disproportionnée de la croissance de la richesse mondiale au cours des dernières décennies : les 1 pour cent les plus riches ont accaparé 38 pour cent de toute la richesse supplémentaire accumulée depuis le milieu des années 1990, alors que les 50 pour cent les plus pauvres n'en ont accaparé que 2 pour cent. Cette inégalité découle d'une grave inégalité des taux de croissance entre les segments supérieurs et inférieurs de la répartition des richesses. La richesse des individus les plus riches de la planète a augmenté de 6 à 9 pour cent par an depuis 1995, alors que la richesse moyenne a augmenté de 3,2 pour cent par an. Depuis 1995, la part de la richesse mondiale détenue par les milliardaires est passée de 1 pour cent à plus de 3 pour cent. Cette augmentation a été exacerbée pendant la pandémie de COVID. En fait, l'année 2020 a marqué la plus forte augmentation jamais enregistrée de la part de la richesse mondiale détenue par les milliardaires.</p>
<p>17. Les États-Unis abritent la plus forte concentration de milliardaires au monde, dont la richesse collective, selon Americans for Tax Fairness, a atteint 5.200 milliards de dollars en novembre 2023, soit le montant le plus élevé jamais enregistré. Au troisième trimestre 2023, les 10 pour cent les plus riches de la population américaine possédaient les deux tiers de la richesse totale, tandis que la moitié inférieure n'en possédait que 2,6 pour cent.</p>
<p>18. « L'accumulation de richesse à un pôle signifie donc en même temps à l'autre pôle une accumulation de misère, de torture à la tâche, d'esclavage, d'ignorance, de brutalité et de dégradation morale… ». Quelque 700 millions de personnes, soit près de 9 pour cent de la population mondiale, dont 333 millions d'enfants vivent dans ce que les Nations unies définissent comme l'extrême pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 2,15 dollars par jour.</p>
<p>19. L'accumulation de richesses personnelles, bien qu'immensément importante en soi, est secondaire et liée à l'immense concentration du pouvoir économique dans un petit nombre de méga conglomérats détenus par les élites dirigeantes capitalistes.</p>
<p>20. L'ampleur des ressources contrôlées par les banques et institutions financières géantes est énorme. En 2023, JPMorgan Chase (PDG Jamie Dimon) est devenue la plus grande banque du monde, après avoir acquis First Republic, avec 3 700 milliards de dollars d'actifs (plus que le PIB du Royaume-Uni). De gigantesques sociétés de capital-investissement comme Vanguard (7700 milliards de dollars d'actifs sous gestion) et BlackRock (9 400 milliards de dollars) contrôlent, grâce à leurs participations, de vastes pans de l'économie. À lui seul, Vanguard est le premier actionnaire de 330 entreprises du S&P 500, tandis qu'il est premier investisseur dans 38 autres.</p>
<p>21. La forte hausse de l'indice boursier S&P 500 en 2023 est due à sept entreprises technologiques : Amazon, Apple, Alphabet (Google), Meta Platforms (Facebook et Instagram), Microsoft, Nvidia et Tesla. Leur capitalisation boursière combinée a augmenté de 5 200 milliards de dollars au cours de l'année écoulée, ce qui représente plus de 60 pour cent de l'augmentation de 8 200 milliards de dollars de l'ensemble du S&P 500. Quatre investisseurs seulement — Jeff Bezos (Amazon), Mark Zuckerberg (Meta), Elon Musk (Tesla) et le gestionnaire d'investissements privés Vanguard — ont gagné 491 milliards de dollars grâce à leurs participations. Selon Forbes, la moitié des gains de richesse des milliardaires américains l'année dernière provenait de la hausse des valeurs technologiques, huit milliardaires de la technologie ayant augmenté leur fortune d'au moins 10 milliards de dollars.</p>
<p>22. Ces sociétés et leurs propriétaires exercent un pouvoir énorme sur l'internet et les réseaux sociaux, en particulier depuis l'acquisition de Twitter/X par Musk en 2022. Elles sont étroitement liées à l'État et utilisent leur contrôle sur les communications pour censurer les opinions d'opposition et de lutte contre la guerre. Le World Socialist Web Site est régulièrement rétrogradé dans les résultats de recherche pour des termes clés, un processus de censure initialement dévoilé en 2017 mais qui s'est poursuivi depuis.</p>
<p>23. Cette dynamique sociale existe dans tous les pays impérialistes, ainsi que dans les petites puissances. L'homme le plus riche d'Asie est actuellement l'Indien Mukesh Ambani (100 milliards de dollars), l'un des principaux soutiens de Modi, dont la fortune a grimpé en flèche à la suite des victoires du BJP aux élections régionales de décembre. La richesse d'Ambani provient du contrôle qu'il exerce sur Reliance Industries, la plus grande société indienne en termes de capitalisation boursière, un conglomérat qui possède des activités majeures dans les domaines de l'énergie, de la vente au détail, des télécommunications et du textile. La personne la plus riche du Mexique est Carlos Slim (valeur nette de 105 milliards de dollars) qui contrôle de larges pans de l'économie mexicaine par l'intermédiaire de son conglomérat Grupo Carso et d'autres investissements.</p>
<p>24. Telles sont les forces qui aspirent l'oxygène de la démocratie dans le monde entier. L'idée que les droits démocratiques fondamentaux peuvent être préservés sans s'attaquer aux forces et aux intérêts économiques sous-jacents qui sont à l'œuvre n'est qu'un vœu pieux.<br class='autobr' />
La crise de la démocratie américaine et les élections de 2024</p>
<p>25. Ces processus ne sont nulle part plus évidents qu'aux États-Unis, le cockpit de l'impérialisme mondial et le centre mondial du capital financier. La campagne électorale de 2024 se déroule dans l'ombre du coup d'État fasciste du 6 janvier 2021, au cours duquel Donald Trump a cherché à empêcher la certification par le Congrès de sa défaite électorale face à Biden, à abolir la Constitution et à instaurer une dictature personnaliste.</p>
<p>26. Dans sa déclaration publiée le lendemain du coup d'État, le World Socialist Web Site écrivit qu'il s'agissait là d'un « tournant de l'histoire des États-Unis ».</p>
<p> Les glorifications de l'invincibilité et de l'intemporalité de la démocratie américaine ont été totalement démasquées et discréditées comme le mythe politique creux qu'elle sont. L'expression populaire « It Can't Happen Here » [Cela ne peut arriver ici], tirée du titre du très célèbre récit fictif de Sinclair Lewis sur la montée du fascisme américain, a été résolument dépassée par les événements. Non seulement un coup d'État fasciste peut se produire ici. Il s'est produit ici, dans l'après-midi du 6 janvier 2021.</p>
<p> De plus, même si l'effort initial n'a pas atteint son but, il se reproduira.</p>
<p>27. Dans les mois qui ont précédé le coup d'État et dans sa foulée, le WSWS a documenté la vaste conspiration derrière l'insurrection fasciste, dans laquelle la prise d'assaut du Capitole à l'instigation de Trump n'était que l'étape finale. Cette conspiration impliquait non seulement le président en exercice, mais encore la plupart des dirigeants du Parti républicain, ainsi que des sections importantes de l'appareil militaro-policier et du pouvoir judiciaire.</p>
<p>28. Aucune institution de l'establishment politique ne s'est opposée activement à la tentative d'instaurer une dictature, qui a failli réussir. L'armée et la Garde nationale se sont retirées pendant que la foule fasciste de Trump prenait le contrôle du Capitole, cherchant à prendre des otages. Le Parti démocrate n'a rien dit pendant que le coup d'État se déroulait, Biden lui-même attendant des heures avant de lancer un lamentable appel à Trump pour qu'il parle à la télévision nationale et annule le coup d'État.</p>
<p>29. Les informations substantielles sur les événements du 6 janvier rendues publiques au cours des trois dernières années ont confirmé cette évaluation de ce qui s'est produit. Les conditions sociales et politiques à l'origine du coup d'État n'ont fait que s'intensifier depuis.</p>
<p>30. Les élections de 2024 se déroulent dans des conditions de crise politique existentielle et d'effondrement de toutes les institutions de l'appareil d'État. Il n'est pas certain que l'élection, à supposer qu'elle ait lieu comme prévu, produise un résultat qui soit accepté comme légitime par le parti perdant.</p>
<p>31. À la fin de l'année 2023, la Cour suprême du Colorado et le secrétaire d'État du Maine ont tous deux décidé que Trump ne pouvait figurer sur le bulletin de vote dû à ses actions anticonstitutionnelles du 6 janvier, tandis que les responsables des États contrôlés par les républicains ont menacé d'en retirer Biden en guise de représailles. L'État du Texas a pris des mesures qui remettent ouvertement en question l'autorité constitutionnelle du gouvernement fédéral en matière de politique d'immigration. Une contestation similaire du résultat des élections de novembre est tout à fait possible, et pas seulement au Texas.</p>
<p>32. L'escalade des tendances sectionnelles menace de briser l'ensemble de l'accord post-guerre civile qui a rétabli l'autorité fédérale unifiée sur les différents États. Il convient de rappeler qu'en 1860, Lincoln ne figurait sur le bulletin de vote d'aucun des États du Sud. La décision de sept États du Sud de faire sécession et de former les États confédérés d'Amérique, avant l'investiture de Lincoln, a déclenché les événements qui ont mené au déclenchement de la guerre civile quelques mois plus tard.</p>
<p>33. Bien entendu, le conflit qui déchire les structures politiques existantes n'oppose pas des factions progressistes et réactionnaires de la classe dirigeante. Les Démocrates et les Républicains sont deux factions réactionnaires de l'oligarchie financière et patronale. Quelle que soit l'intensité de leurs différences tactiques, elles sont entièrement subordonnées à leur programme réactionnaire commun.</p>
<p>34. Biden aurait affirmé qu'il placerait la menace de Trump pour la démocratie au centre de sa campagne de réélection. C'est un peu comme si un tenancier de bordel proclamait qu'il bâtirait la réputation de son établissement en défendant des pratiques commerciales éthiques. C'est Biden qui a déclaré, dans les jours qui ont suivi l'insurrection du 6 janvier, que son objectif était d'avoir un Parti républicain « fort ». Le Parti démocrate a fait tout ce qu'il a pu pour empêcher que les forces politiques et sociales à l'origine du coup d'État ne soient révélées au grand jour. Les différentes enquêtes et auditions se sont succédé sans produire le moindre résultat.</p>
<p>35. Au cours des trois dernières années, la principale préoccupation du gouvernement Biden a été d'intensifier la guerre contre la Russie, puis de soutenir ouvertement le génocide à Gaza. À la fin de l'année, les hauts responsables du gouvernement Biden ont réitéré leur promesse de soutenir l'agenda fasciste anti-immigrés des Républicains en échange d'un financement militaire accru pour l'Ukraine.</p>
<p>36. Les Démocrates et les Républicains ont uni leurs forces pour soutenir le génocide à Gaza et dans la campagne de plus en plus virulente visant à qualifier d'antisémite l'opposition à Israël. La démission forcée de Claudine Gay, présidente de Harvard, fait partie d'une campagne d'intimidation politique et de censure sur les campus universitaires, qui inclut l'interdiction de groupes étudiants opposés au génocide.<br class='autobr' />
Socialisme contre capitalisme et oligarchie</p>
<p>37. Prétendre que les formes démocratiques de gouvernement peuvent être défendues en dehors d'une attaque frontale menée contre la richesse de l'élite dirigeante et sa domination sur l'économie est le comble de la charlatanerie politique et intellectuelle.</p>
<p>38. La montée en puissance de la droite n'est pas tant liée à son pouvoir intrinsèque qu'à la faillite totale de ce qu'on fait passer pour la gauche. C'est la génuflexion devant le saint des saints, la propriété privée, les profits patronaux et la richesse personnelle, qui sous-tend la nullité des diverses formes de politique pseudo-de gauche – Bernie Sanders et les Socialistes démocrates d'Amérique (initiales anglaises DSA) aux États-Unis, le Parti de gauche en Allemagne, Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, le mouvement « Marée rose » et les partisans de Lula en Amérique latine. Leurs invocations occasionnelles du « socialisme » ne sont que du vent. Le « socialisme » dont ils rêvent est celui qui peut être obtenu sans provoquer une chute de la valeur des actions à Wall Street, c'est-à-dire un socialisme sans lutte des classes, sans expropriation de la classe dirigeante et sans transfert du pouvoir à la classe ouvrière. Le « socialisme » de Jeremy Corbyn fait apparaître celui des anciens Fabiens comme presque bolchevique. Celui de Sanders, d'Ocasio-Cortez et des Socialistes démocrates d'Amérique est bien à droite du réformisme bourgeois de la période allant du New Deal de Roosevelt à la Great Society de Johnson.</p>
<p>39. Le véritable électorat social de la pseudo-gauche est constitué par les sections privilégiées de la classe moyenne supérieure. Leur objectif n'est pas de restructurer radicalement la vie sociale et économique, mais bien plutôt de redistribuer les richesses au sommet. La promotion sans fin de diverses formes de politiques raciales et de genre est la forme par laquelle des sections de la classe moyenne supérieure rivalisent pour obtenir des positions de pouvoir et de privilèges au sein des conseils d'administration des trusts, des universités, de l'appareil syndical et de l'État.</p>
<p>40. Aux États-Unis, les trois années de gouvernement Biden ont permis de mettre à nu les prétentions « de gauche » des Socialistes démocrates d'Amérique. Les principaux membres des DSA au Congrès, dont Ocasio-Cortez, ont voté pour interdire la grève des cheminots et financer la guerre menée par les États-Unis et l'OTAN contre la Russie en Ukraine. En plein génocide israélien à Gaza, Ocasio-Cortez a annoncé qu'elle soutiendrait le financement du Dôme de fer d'Israël.</p>
<p>41. Tous les discours sur la défense de la démocratie et la lutte contre le fascisme qui ignorent la question fondamentale de la classe et du pouvoir économique — reconnaissant par conséquent la nécessité de la mobilisation de la classe ouvrière à l'échelle mondiale pour le renversement du capitalisme — sont de la démagogie cynique et politiquement impuissante. La richesse des milliardaires doit être expropriée et les gigantesques trusts doivent être transformés, sans compensation pour les gros actionnaires, en services publics contrôlés par l'État, gérés sur la base des besoins sociaux et non du profit privé. Les institutions antidémocratiques et les organes répressifs de l'État capitaliste (armée professionnelle, police et agences de renseignement) doivent être abolis et remplacés par des organisations de contrôle et de pouvoir des travailleurs, afin d'établir une économie démocratique et planifiée à l'échelle mondiale.</p>
<p>42. Les luttes grandissantes des travailleurs du monde entier constituent la base objective du développement d'un mouvement international de masse pour le socialisme. La transformation de ce mouvement objectif en lutte consciente pour le pouvoir exige le développement dans la classe ouvrière d'un mouvement socialiste international de masse basé sur la théorie marxiste et sur le programme et les principes défendus par le Comité international de la IVe Internationale.</p>
<p>Source : WSWS</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/06/lfqw-j06.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2024/01/06/lfqw-j06.html</a></p></div>
Vidéo et retranscription du forum de Lutte ouvrière sur les licenciements
https://matierevolution.org/spip.php?article9616
https://matierevolution.org/spip.php?article96162026-06-10T02:58:48Ztext/htmlfrKarob
<p>Vidéo et retranscription du forum de Lutte Ouvrière sur les licenciements à la fête de LO <br class='autobr' />
Voir la vidéo : <br class='autobr' />
https://youtu.be/gwvTgMekDJo?is=jGnX3IODOFQky2OA <br class='autobr' />
Avertisssement <br class='autobr' />
On ne trouvera pas dans toutes ces interventions de l'organisation Lutte ouvrière une seule fois le mot comité de grève, ni assemblée souveraine et décisionnelle, ni conseils de travailleurs, ni soviets, ni auto-organisation des travailleurs. Il y a des critiques de la politique des directions syndicales mais aucune (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
<div class='rss_texte'><p>Vidéo et retranscription du forum de Lutte Ouvrière sur les licenciements à la fête de LO</p>
<p>Voir la vidéo :</p>
<p><a href="https://youtu.be/gwvTgMekDJo?is=jGnX3IODOFQky2OA" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://youtu.be/gwvTgMekDJo?is=jGnX3IODOFQky2OA</a></p>
<p>Avertisssement</p>
<p>On ne trouvera pas dans toutes ces interventions de l'organisation Lutte ouvrière une seule fois le mot comité de grève, ni assemblée souveraine et décisionnelle, ni conseils de travailleurs, ni soviets, ni auto-organisation des travailleurs. Il y a des critiques de la politique des directions syndicales mais aucune perspective pour y faire face. Or, l'organisation qui discute ainsi se dit révolutionnaire trotskyste ! En fait, elle est parfaitement alignée sur la gauche syndicale...</p>
<p># Forum « Quelle politique pour les travailleurs face aux licenciements et aux fermetures d'usine »</p>
<p>## Intervention de Jean-Pierre Mercier (LO / SUD Stellantis Poissy) + débat</p>
<p>— -</p>
<p>### Introduction de la modératrice</p>
<p>Bon, du coup on va débuter le forum sur quelle politique pour les travailleurs face aux licenciements et aux fermetures d'usine. Et du coup je passe la parole à Jean-Pierre Mercier.</p>
<p>### Topo de Jean-Pierre Mercier</p>
<p>550 plans de licenciement, près de 300 000 travailleurs concernés. C'est le bilan provisoire que fait la CGT au niveau national. Tout secteur d'activité confondu.</p>
<p>Le secteur automobile, qui emploie plusieurs centaines de milliers de travailleurs, est sans doute un des secteurs les plus touchés par les vagues de licenciement et les fermetures d'usine.</p>
<p>Alors avant de parler des causes réelles de tous ces licenciements, puis de développer la politique que nous, militants de Lutte ouvrière, défendons dans les usines, il est important je crois, pour ne pas discuter dans le vide, de faire un constat de la situation.</p>
<p>Oui, le patronat amplifie ses attaques et elles continueront tant que le monde du travail ne retrouvera pas confiance dans sa force collective et ne retrouvera pas le chemin des luttes.</p>
<p>Nous savons qu'aucun gouvernement, qu'aucune Assemblée nationale, qu'aucune loi ne pourront protéger les travailleurs des attaques du patronat. Tous les gouvernements, et à commencer par les gouvernements de gauche, ont systématiquement choisi leur camp, celui du patronat, des actionnaires. Car dans cette société capitaliste, le pouvoir réel se trouve dans les conseils d'administration des grandes entreprises. Les politiciens peuvent avoir un langage radical quand ils sont dans l'opposition — et encore on le voit de moins en moins — mais dès qu'ils accèdent au pouvoir, ils servent la soupe au grand patronat et défendent les intérêts de la bourgeoisie. Cela a été le cas avec Mitterrand, Jospin, Hollande, et cela le sera avec Mélenchon.</p>
<p>Pour s'opposer aux licenciements, les travailleurs n'ont pas d'autre choix que de reprendre conscience que ce qui leur donne la force, la capacité de défendre leurs intérêts, c'est que non seulement ils représentent l'écrasante majorité de la société, mais qu'ils occupent la place centrale dans l'économie par le fait qu'ils produisent tout.</p>
<p>En effet, les travailleurs sont à la base du fonctionnement de toute la société, à la base de la création de la moindre richesse. Sans eux, absolument rien ne peut être produit, vendu, recyclé. C'est vrai dans l'industrie automobile comme dans tous les secteurs de l'économie.</p>
<p>Ce qui leur manque, c'est justement cette conscience. C'est la conscience d'appartenir à une classe sociale sur laquelle l'ensemble de la société repose. Une classe non seulement incontournable, mais qui porte en elle collectivement la solution pour s'opposer à la bourgeoisie, changer cette société pourrie. Et la conscience qui en est inséparable, que ces intérêts sont irrémédiablement opposés à ceux des capitalistes, qu'il ne peut pas et qu'il ne pourra jamais y avoir d'intérêts communs. Nous sommes deux classes sociales ennemies.</p>
<p>Je dis « retrouver », car décennies après décennies cette conscience politique a reculé. Alors je n'ai pas le temps de m'étendre sur les raisons de ce recul, mais il y a de moins en moins de luttes, de grèves, y compris sectorielles. Les travailleurs discutent ou font de moins en moins de politique, et aujourd'hui ce sont les idées réactionnaires qui gagnent du terrain parmi les nôtres.</p>
<p>Voilà le constat sans détour réel de l'état de conscience et de la combativité de la classe ouvrière aujourd'hui. C'est dans ce contexte que le patronat déroule ses attaques avec l'objectif de maintenir et d'augmenter ses profits. Car la seule raison des licenciements et des fermetures d'usine est bien celle-ci : la recherche perpétuelle des profits. Les politiciens, qu'ils soient de gauche, de droite ou d'extrême droite, cherchent à masquer cette réalité derrière des mots ronflants tels que l'intérêt national ou la fameuse compétitivité.</p>
<p>Selon eux, les usines françaises ne seraient pas assez compétitives, ce qui nuirait aux intérêts français. En réalité, ils cherchent à cacher que ce qu'ils appellent l'intérêt national, ce sont les intérêts des capitalistes français, et que la compétitivité, c'est uniquement une question de profit puisque c'est la capacité des patrons à payer des travailleurs le moins possible pour qu'ils produisent le plus possible.</p>
<p>Mais en racontant ces balivernes sur l'intérêt national et le patriotisme économique, les patrons, les politiciens bourgeois et les experts à leur service ont un objectif : convaincre les travailleurs que leur problème, c'est la concurrence des travailleurs des autres pays, pour leur faire détourner le regard de leurs vrais ennemis, des vrais responsables de l'exploitation et du chômage, les capitalistes. Cette rengaine sur la concurrence des travailleurs étrangers, tous les politiciens bourgeois — et là sans exception les camarades — l'ont reprise à un moment ou à un autre. Le dernier en date étant François Ruffin. À une époque, l'ennemi était le travailleur japonais, puis celui d'Europe de l'Est, les Slovaques, les Tchèques ou le fameux plombier polonais. Aujourd'hui, c'est aux Chinois qu'ils s'en prennent. Ces fameux Chinois qui se préparent à inonder le marché français de leurs voitures et à ruiner les industriels français.</p>
<p>Mais quelle hypocrisie ! D'une main, un groupe comme Stellantis explique qu'il ferme des usines du fait de la concurrence chinoise. Et de l'autre, le même groupe conclut une alliance avec Leapmotor, un constructeur chinois, pour importer ses voitures en Europe. Et il ouvre récemment — vous avez dû en entendre parler — il ouvre ses usines de Rennes, de Saragosse et de Madrid à ses alliés chinois Dongfeng et Leapmotor pour que ceux-ci y fabriquent directement des voitures. Et là, il n'y a pas de concurrence chinoise qui tienne. Car la seule chose qui importe aux actionnaires de Stellantis, les familles Peugeot et Agnelli, c'est combien de milliards ils vont ramasser à la fin dans de telles opérations. Alors les patrons savent et ont toujours su faire des profits en se moquant des frontières. Alors pas question que nous, les travailleurs, nous nous fassions avoir dans leur baratin sur la concurrence étrangère.</p>
<p>La seule concurrence qui existe réellement, elle n'est pas entre les travailleurs mais entre les groupes capitalistes eux-mêmes. C'est une loi inhérente au système capitaliste lui-même. Une loi qui n'a jamais été votée par aucun parlement, mais qui s'applique dans le monde entier. Les groupes capitalistes sont en guerre les uns contre les autres. Il se livre une bataille à mort pour gagner des parts de marché et faire mordre la poussière, écraser, avaler ou tuer leurs concurrents. Et dans cette guerre à mort, la victoire revient toujours à celui qui est le plus capable de produire moins cher que les autres, c'est-à-dire d'exploiter davantage ses ouvriers que les concurrents. C'est pour cette raison, et pour cette raison seulement, que les capitalistes suppriment des emplois par milliers pendant qu'ils aggravent les conditions d'exploitation pour les ouvriers qui restent, pour baisser leur coût de production afin de gagner des parts de marché à leurs concurrents. Comme l'expliquait clairement Carlos Tavares, l'ex-patron de Stellantis, je le cite : « Pour survivre, il faut aller manger dans la gamelle des autres. »</p>
<p>Effectivement, les capitalistes n'ont pas d'autre solution. C'est inhérent à leur système. C'est dire que le capitalisme à visage humain qu'essaient de continuer à vendre aux travailleurs les Ruffin, les Mélenchon et les Roussel n'est qu'un mensonge, un piège grotesque. Le vrai visage, le seul visage que peut avoir le capitalisme, c'est celui de la guerre. La guerre économique, la guerre commerciale, la guerre de classe, la guerre tout court. Et cela ne changera pas tant que la classe ouvrière ne dirigera pas la société, c'est-à-dire tant qu'elle n'aura pas exproprié les capitalistes de leurs usines, de leurs fortunes personnelles, et ne les aura pas mis hors d'état de nuire.</p>
<p>Alors quand je parle de retrouver une conscience politique, c'est d'abord et avant tout de cette conscience-là que je parle. C'est celle d'avoir conscience que tant que ce seront les lois du marché, de la concurrence et du profit qui géreront l'économie, les travailleurs seront réduits constamment à se battre contre les licenciements et les fermetures d'usine, c'est-à-dire à se battre pour leur droit à l'existence, pour leur droit à ne pas tomber dans la misère, pour leur droit à ne pas crever.</p>
<p>C'est cette politique que défendait Léon Trotsky dans le Programme de transition en 1938 et qui garde aujourd'hui toute son actualité face aux fermetures d'usine et au licenciement, et qui, à Lutte ouvrière, nous sert de boussole. Je cite Léon Trotsky : « Le droit au travail est le seul droit sérieux que l'ouvrier a dans une société fondée sur l'exploitation. Cependant, ce droit ne cesse de lui être contesté. » Fin de citation.</p>
<p>Autrement dit, les capitalistes ont créé une société où la seule possibilité pour un travailleur de gagner son pain est d'aller s'embaucher chez un patron pour se faire exploiter. Mais à chaque instant, les capitalistes peuvent le priver de ce gagne-pain. C'est la raison profonde pour laquelle, fondamentalement, le capitalisme ne pourra jamais offrir aucune sécurité — même pas celle de survivre — au travailleur, et pour laquelle il est nécessaire de le renverser.</p>
<p>Oui, jusqu'à ce que la classe ouvrière prenne le pouvoir et s'empare des usines et des banques, ce seront les capitalistes qui seront propriétaires des moyens de production et les géreront uniquement en fonction de leurs intérêts.</p>
<p>Les militants ouvriers qui cherchent une solution pour les travailleurs dans le cadre du capitalisme ne peuvent aller que de désillusion en déception et en trahison. Tant que ce sont les bourgeois qui dirigent la société, il n'y aura jamais de bonnes solutions pour les travailleurs. Jamais de répit. Ce sera une lutte continuelle, incessante pour défendre leurs intérêts face à ceux irrémédiablement opposés des capitalistes. Sans cette conscience politique, camarades, les travailleurs et les militants ouvriers seront toujours en retard d'une bataille face à leurs exploiteurs.</p>
<p>Alors cette bataille pour le droit à l'existence, le droit au travail dont parlait Trotsky, c'est-à-dire le droit à avoir un salaire pour vivre, cette lutte contre les licenciements et les fermetures d'usine, quelle forme prend-elle concrètement ?</p>
<p>Pour nous, militants de Lutte ouvrière, elle ne peut se mener qu'en raisonnant uniquement en fonction des intérêts de classe des travailleurs. Elle ne peut s'articuler qu'en fonction du rapport de force réel que les travailleurs ont la capacité d'imposer au patronat dans le cadre d'une mobilisation. Dans le cadre — j'insiste parce que ça va venir dans le débat, j'en suis convaincu — dans le cadre d'une mobilisation massive et générale de la classe ouvrière face aux fermetures d'usine, oui, il serait possible de revendiquer et de chercher à imposer à l'échelle d'un groupe industriel comme Stellantis, d'un secteur tout entier comme celui de l'automobile, ou d'un pays, la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire, c'est-à-dire, comme le défendait Léon Trotsky, l'échelle mobile des heures de travail.</p>
<p>La répartition du travail est un objectif de lutte qui permet de combattre la division qui existe entre les travailleurs qui ont du travail et ceux qui en sont privés. Cette répartition du travail entre tous, c'est même au-delà des frontières qu'il faudrait l'imposer, car le problème des fermetures d'usine et du chômage est le même dans tous les pays, et pour nous, la classe ouvrière est une et indivisible à l'échelle de toute la planète.</p>
<p>Lorsque des syndicats ici réclament la relocalisation en France de la production de tel ou tel modèle de voiture aujourd'hui fabriqué au Maroc ou en Slovaquie, ils ne font rien d'autre, au fond, que de réclamer des fermetures d'usine au Maroc ou en Slovaquie en espérant sauver des emplois ici en France. Ce n'est pas seulement une utopie réactionnaire, c'est aussi la démonstration de leur nationalisme, leur défense des intérêts dont je parlais tout à l'heure, des intérêts français, en se moquant bien du sort des ouvriers d'autres pays qui seraient jetés eux aussi dans la misère si leur usine fermait. Et bien nous, nous refusons de raisonner de la sorte.</p>
<p>Nous sommes internationalistes dans la lignée du mouvement ouvrier du 19e siècle qui a commencé par créer une Internationale ouvrière pour tenter de faire tomber les œillères nationalistes des ouvriers, pour proclamer que les intérêts de la classe ouvrière sont les mêmes dans tous les pays, en lançant la célèbre devise : « Prolétaires de tous les pays, unissons-nous. »</p>
<p>Pour lutter contre les fermetures d'usine et les licenciements, il faudrait amener les travailleurs à contester ce principe patronal érigé en loi éternelle, que c'est le travailleur qui doit payer, par la perte de son emploi, la baisse de production ou l'augmentation de la productivité que le marché impose au patron de l'usine. Il serait légitime d'imposer l'interdiction des licenciements et de forcer les patrons à garder tous les travailleurs en imposant la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire. Dans un cadre de mobilisation générale, ce serait vital de défendre auprès des travailleurs ces objectifs de lutte. Que les travailleurs tendent à interdire aux patrons de licencier et les obligent à embaucher serait un pas énorme vers la contestation de leur pouvoir sur leurs usines et sur l'économie. Cela leur ferait franchir un pas décisif dans la conscience qu'il faut contester à la bourgeoisie la direction de la société.</p>
<p>Mais en dehors d'une telle mobilisation générale, de luttes massives où la classe ouvrière est combative, déterminée et surtout consciente, les combats contre les fermetures d'usine et les licenciements se heurtent à d'immenses difficultés.</p>
<p>À Poissy, dans l'usine où je travaille, comme dans 550 entreprises, c'est la difficile situation que nous vivons. Ces combats, tant qu'ils restent limités à une entreprise, se mènent dans le cadre d'un rapport de force défavorable pour les travailleurs, sur un terrain et selon un calendrier choisis par les patrons de cette entreprise. Les travailleurs le savent, ils ne sont pas bêtes, ils ne sont pas fous, et c'est ce qui peut les faire hésiter à s'engager dans ce combat.</p>
<p>Malgré cette évidence, les confédérations syndicales et les partis de gauche comme le PC ou LFI défendent des politiques totalement fausses, erronées, suicidaires pour les travailleurs. C'est pourquoi nous sommes en opposition totale avec ce qu'elles défendent. Ces politiques consistent à lever le drapeau de la défense de notre industrie française, à davantage se désoler de la perte des savoir-faire que des emplois, à se lamenter sur la disparition de notre tissu industriel. Bref, à raisonner comme les meilleurs défenseurs de l'exploitation capitaliste telle qu'elle est, et à faire croire qu'il y a une solution pour les travailleurs s'ils arrivent à convaincre les patrons de leur projet industriel.</p>
<p>C'est le cas à l'usine Stellantis à Poissy où des syndicats, CGT en tête, proposent aux travailleurs de se battre pour un projet industriel. En l'occurrence un petit véhicule pas cher, populaire. Alors depuis que le patronat de l'automobile a levé le pied sur le véhicule électrique et que les preuves s'accumulent que le moteur électrique n'est pas forcément moins polluant que le thermique, la CGT a modifié son projet industriel. Ce n'est plus le tout électrique, mais aussi le thermique et l'hybride. Alors, pourquoi petit véhicule populaire pas cher ? Allez savoir. Les gars à l'usine expliquent naturellement qu'ils n'achètent pas des petits véhicules mais des grands pour y caser toute la famille. Mais laissons la CGT dans ses contradictions. La réalité, c'est qu'ils n'y croient pas eux-mêmes, et que les patrons n'ont que faire de leurs conseils et savent mieux que les syndicalistes comment et où faire du profit. Ironie de l'histoire, Stellantis vient juste d'annoncer la fabrication d'un petit véhicule électrique populaire, une nouvelle deux chevaux, mais pas à Poissy, en Italie, à l'usine de Pomigliano, et sûrement accompagné de suppression d'emploi.</p>
<p>Mais le plus grave, c'est que proposer un projet industriel comme objectif de lutte, c'est se placer directement sur le terrain du patron. C'est tenter de faire la preuve que ce petit véhicule populaire à Poissy serait rentable pour le patron à fabriquer. C'est se transformer en conseiller patronal. C'est faire complètement abstraction que si le patron a décidé de fermer son usine de Poissy, de détruire cet appareil de production, de se débarrasser de milliers d'emplois, c'est que cela correspond à ses intérêts dans la guerre commerciale qu'il mène à l'échelle mondiale contre ses concurrents. Son but, c'est de rentabiliser son appareil de production, de le rendre plus productif, plus compétitif, et de produire les voitures qui auraient dû sortir des chaînes de Poissy dans une autre usine en surchargeant ses capacités de production, c'est-à-dire en intensifiant l'exploitation de ces travailleurs.</p>
<p>Encore une fois, pour que les actionnaires de Stellantis reculent sur la fermeture de l'usine de Poissy, il faudrait d'abord que les travailleurs engagent le combat non seulement dans l'usine de Poissy — ça, c'est la base — mais aussi sur l'ensemble du groupe Stellantis, voire sur l'ensemble du secteur automobile. Il faudrait que le patronat de l'automobile soit confronté à cette fameuse mobilisation générale. Et nous savons tous, nous avons tous conscience ici, que nous ne sommes pas encore là.</p>
<p>Mais même dans ce cas-là, ce serait une impasse que de proposer aux travailleurs d'aller sur le terrain du patron en lui conseillant de produire tel ou tel véhicule ou tel ou tel moteur ou boîte de vitesse, en lui démontrant que c'est rentable, qu'avec cette production, oui, il peut faire du profit sur le dos des travailleurs et qu'il ne s'inquiète pas. La réalité est qu'au lieu de faire le procès d'un système, ces dirigeants confédéraux et politiciens attachent les travailleurs aux intérêts de leur patron et ils démolissent ainsi la conscience d'appartenir à une classe dont les intérêts sont à l'opposé de ceux des capitalistes.</p>
<p>Au contraire, dans ces combats par définition défensifs que les travailleurs n'ont pas choisi de mener, contrairement aux luttes pour les salaires, nous devons d'abord expliquer les causes réelles des fermetures d'usine et des licenciements. Nous devons faire le procès de ce système capitaliste qui rejette ceux qu'il a exploités sans retenue pour les pousser du jour au lendemain vers la misère, et donner ainsi aux travailleurs la justification morale de se battre pour sauver leur peau.</p>
<p>C'est précisément cette politique que nous défendons auprès des travailleurs de Stellantis Poissy, qui a pris la forme des garanties à imposer pour continuer à faire vivre nos familles après la dernière voiture produite. Car ce qui doit guider notre politique avant tout, c'est que les travailleurs fassent valoir leur droit à l'existence. Tous les travailleurs : les CDI, les intérimaires, ceux des sous-traitants, c'est englober tout le monde dans cette propagande et ce combat. C'est le choix conscient, militant, de rester sur le terrain de classe, c'est-à-dire faire l'état des lieux sans bluffer, mettre à nu la soif insatiable de profit de ces grands groupes capitalistes, la complicité des États et des politiciens. C'est rappeler les dizaines de milliards de profits accumulés depuis des années. C'est rappeler que tous ces patrons nous ont pris notre santé, notre vie, à fabriquer leur fortune. C'est dénoncer l'opulence, la richesse, les privilèges de ces maîtres du monde. De défendre l'objectif de lutte que nous et nos familles, on refuse de crever, on refuse d'être engloutis avec la fin de l'usine, et qu'on impose par la lutte les garanties nécessaires pour continuer à faire vivre nos familles après la dernière voiture sortie des chaînes de production.</p>
<p>C'est donner comme objectif de prendre sur les profits actuels, et si la boîte n'en fait plus, eh bien de prendre sur les profits accumulés depuis des années. Non seulement sur les profits, mais aller même taper les fortunes personnelles de ces grands bourgeois, de ces 500 familles les plus riches du pays. Ces grandes familles bourgeoises qui sont bien en chair et en os et qui vivent dans le luxe et l'opulence. C'est dire à ses camarades de travail que la seule chose qui compte, c'est de se battre pour sauver au mieux notre peau et celle de nos familles, et que nous n'aurons que ce que nous arracherons, mais nous le ferons ensemble en restant unis dans la lutte jusqu'où nos forces nous porteront.</p>
<p>C'est marteler qu'ils ne sont pas les seuls dans ce combat, bien au contraire, mais que nos alliés ne sont pas tous ces politiciens véreux qui viennent verser leurs larmes de crocodile, mais les 300 000 travailleurs dans tout le pays, de tous les secteurs de l'économie, qui subissent le même sort, c'est-à-dire perdre leur salaire. Que nos alliés sont aussi — et je voudrais dire surtout — tous les autres, tous ceux qui triment actuellement dans des usines qui tournent à fond avant de se faire licencier à leur tour. Et même à l'issue du combat, s'ils n'arrivent pas à empêcher la fermeture de l'usine ou les licenciements, eh bien nous voulons faire en sorte qu'ils gagnent en conscience et en expérience. Et pour l'avoir vécu avec mes camarades de PSA à Aulnay, je peux vous assurer que c'est l'essentiel.</p>
<p>Alors certes, le chemin peut être difficile, mais rendre les travailleurs maîtres de leur destin est le seul moyen pour qu'ils puissent sortir renforcés du combat. Que leur conscience de classe en soit augmentée, qu'ils soient bien conscients que tant qu'existera cette société d'exploitation pourrie, il n'y aura jamais de paix ni de sécurité pour les travailleurs et les générations futures de travailleurs.</p>
<p>### Modératrice</p>
<p>Bon, eh bien voilà, du coup maintenant la parole est à la salle. Si voilà, ceux qui prendront la parole et qui sont dans les partis politiques, eh bien ça serait bien qu'ils l'annoncent. Et puis voilà, on y va.</p>
<p>### Intervention A — Ancien salarié PSA Aulnay (« Grévis »)</p>
<p>Bonjour camarades, je suis l'ancien salarié de WNY 2014 et fermeture. Je suis Grévis, je m'appelle Grévis. Et Jean-Pierre Mercier venait d'annoncer, il a dit, pour les garanties, les garanties ne vont pas venir comme ça. Je parle pour les camarades de Poissy : j'ai écouté à la télé, ils ont dit qu'ils arrêtent la position le 28, je ne sais pas qu'est-ce qu'ils attendent. Franchement, le patron il est dur, le patron il est très très dur, lui il ramasse l'argent, il s'en va, et nous on est pauvres. Moi je connais, j'ai passé pendant 3 mois la grève. J'étais claqué avec les camarades. Il y a des camarades qui sont partis, ils ont décidé, il donne un paradis pour lui. Je pense à eux. C'est dur la lutte. Lui, c'est dur, c'est compliqué, mais il faut être très fort.</p>
<p>J'étais couché pendant 3-4 jours, j'ai laissé ma famille à la maison. Ma femme dit « rentre là-bas, il y a des camarades dans l'usine, tu fais quoi ici ? ». Je suis parti. J'étais le peintre, Grévis camarade. J'étais le peintre. C'est moi qui peignait. Le directeur, il est venu, il dit « comment vous touchez l'argent ? ». Je dis mais vous allez voir, je vais montrer ma paie, ça va être la même paie que toi que tu me donnes, que je crevais ici, que je suis tranquille.</p>
<p>Voilà, on a laissé tous les syndicats, Jean-Pierre Mercier et plus les camarades de Julien — eux, qui étaient FO — avec nous, on a ramené la lutte, l'usine s'est bloquée. Quand on dit l'usine fermée, ça veut dire c'est à nous, c'est à nous la bagnole, c'est pas les patrons, parce que nous on n'est pas là, les patrons ils ne sont pas là, vous comprenez qu'est-ce que ça veut dire.</p>
<p>Mais là à Poissy, le 28, c'est fait la position, c'est fini, il y a plus de position, ils vont casser, ils vont mettre la Stade de France, je ne sais pas quoi là. Monsieur Macron, il va partir. Voilà, là ils vont venir tous là-bas, tous les politiciens vont venir avec les caméras, ils vont dire « ouais, je m'occupe, je m'occupe » de rien. Ça va faire comme l'histoire d'Aulnay : tout le monde, même monsieur Mélenchon, il va venir là-bas avec sa caméra : « ouais, vous inquiétez pas, je vais m'occuper de ça ». Personne il va s'occuper.</p>
<p>Alors il faut bouger les camarades, je vous dis il faut bouger. Si vous bougez pas, il n'y a pas d'argent. Ils vont proposer quoi ? Ils vont proposer 19 000 €, 10 000 €, allez casse-toi. Non, on a fait tous ça là-bas. Moi, il m'a proposé d'aller à la peinture. J'ai dit, je suis venu une journée de jours, il m'a massacré là-bas parce que j'étais crevé. J'ai pris mon dossier, j'ai dit à mon chef, j'ai dit « casse-toi, je sors ». Moi je suis parti, je suis venu à Saint-Ouen, j'ai appris chez Inn, j'ai quitté Peugeot. Maintenant, j'ai beaucoup de problèmes avec Action. Je suis rentré chez Action, ça fait 3 ans. Les salariés, ils sont en train de souffrir. Il y a des actions, ils travaillent, ils parlent mal aux directions. Et ben je suis là-bas pour la lutte. Voilà, camarade.</p>
<p>### Intervention B — Travailleuse Technocentre Renault</p>
<p>Alors oui, alors moi c'est juste pour raconter un témoignage par rapport à là où je travaille. Donc je suis au Technocentre Renault. Donc le Technocentre Renault, on est quelques-uns ici à travailler. Les attaques de la direction sont de plus en plus nombreuses depuis des années. C'est un site d'ingénierie de près de 12 000 personnes, travailleurs.</p>
<p>Parmi les attaques, c'est surtout les plans de suppression d'emploi qui se succèdent et on encourage les collègues qui sont proches de l'âge de la retraite de partir plus tôt avec un salaire payé à 72 % pendant 3 ans. Et on ne remplace pas ceux qui partent, et du coup la charge de travail augmente sur ceux qui restent et on voit beaucoup de nos collègues qui finissent par faire des burn-outs. Ce sont les dépressions liées à la surcharge de travail.</p>
<p>Et en plus, parmi les autres attaques, la direction il y a 2 ans, elle a réduit le nombre de congés pour les cadres et elle met des conditions de plus en plus strictes pour partir en vacances en été. Par exemple, voilà, sur les collègues qui travaillent sur des projets soi-disant urgents, on les empêche de partir quand ils veulent et on met la pression de plus en plus pour faire travailler les collègues le samedi.</p>
<p>Et donc nous aussi, on a droit au prétexte de la concurrence chinoise. Comme quoi les travailleurs en Chine, ils travaillent 6 jours sur 7 ; et aussi comme quoi les constructeurs chinois, eux, ils sortent des nouveaux modèles tous les 2 ans. Donc nous aussi, il faut qu'on fasse vite vite vite.</p>
<p>Donc la concurrence, voilà, comme l'a dit le camarade, c'est une stratégie pour nous diviser entre travailleurs des différents pays. Et on le vivait déjà même avec nos collègues qui travaillent dans les centres d'ingénierie qui sont dans d'autres pays, qui sont Renault mais dans d'autres pays, par exemple en Roumanie, en Corée, au Maroc, au Brésil, etc.</p>
<p>Mais en réalité, quel que soit le pays où l'on se trouve, on subit l'exploitation et les attaques des patrons. Et la preuve, encore un nouveau plan de Renault, c'est de supprimer 2 000 postes dans l'ingénierie monde, cette fois. Et donc là, c'est dans tous les sites de tous les pays qu'il y aura des suppressions, et notamment en Roumanie, 70 % de l'équipe qui travaille sur l'électronique va être supprimée.</p>
<p>Donc c'est l'occasion quand même pour nous de se rendre compte, nous les travailleurs de Renault, de l'automobile ou autre, que notre sort est lié les uns aux autres et d'en profiter pour essayer de nous unir par-delà les frontières pour nous battre contre les capitalistes qui s'enrichissent par notre travail. Portons ces idées et discutons-en autour de nous avec nos collègues.</p>
<p>### Intervention C — Radia, SUD Stellantis Poissy</p>
<p>Bonjour tout le monde. Je suis Radia, de Stellantis Poissy. Je travaille avec Jean-Pierre. Nous, on est à SUD Stellantis, ex-CGT historique de l'usine, que la Fédération de la CGT a détruite, a cassée.</p>
<p>Voilà, nous à l'usine de Stellantis Poissy, ça fait 2 ans qu'on est en train de prévenir les salariés comme quoi la direction, elle est en train de nous préparer un coup, elle est en train de préparer la fermeture de l'usine de Stellantis. Certains salariés au début ne nous ont pas crus, mais maintenant tout le monde nous croit.</p>
<p>Mais ce qui nous reste, c'est le terrain. C'est que les salariés se révoltent, que les salariés se réveillent, qu'ils ne croient pas aux promesses, aux fausses promesses du patronat. Parce que les patronats, ils mentent comme ils respirent, ils vont mentir jusqu'à la dernière minute.</p>
<p>À SUD, on ne demande pas une voiture. Parce que je suis une ancienne d'Aulnay aussi : à Aulnay on a demandé une voiture, mais on n'a rien eu. Et on peut compter sur nous-mêmes. Nous les salariés, on ne peut pas compter sur quelqu'un d'autre, ni sur les politiciens, ni sur aucune personne. Je me rappelle, on est parti voir Hollande, il nous a promis que s'il passait président, il n'allait pas fermer l'usine. Mais au contraire, directement il était tout d'accord pour fermer l'usine d'Aulnay. Et parmi nous il y a des anciens d'Aulnay, ils peuvent vous raconter notre historique. On s'est battu pendant plus de 3 mois.</p>
<p>Mais maintenant on se bat, nous à SUD Stellantis. Au contraire de certains syndicats, on se bat à l'intérieur de l'usine et on se bat à l'extérieur de l'usine. Depuis 2 ans, on a commencé à faire des actions parce qu'on est parti voir tous les sous-traitants qui travaillent pour nous à l'usine. Je donne un exemple : par exemple LEAR, on est le seul client pour eux. Demain, sur le passage par exemple — notre direction, maintenant on va passer à une seule équipe — eh bien l'usine de LEAR, ils vont licencier la moitié de l'équipe d'ici le mois d'octobre, il y aura plus que la moitié d'équipe. Les autres salariés, ils vont partir tous à la porte.</p>
<p>Nous, depuis 2 ans, on est parti jusqu'à Douvrin. On est parti voir les camarades de Douvrin pour leur dire « il faut se réveiller, il faut se réunir, parce que votre combat c'est notre combat. Si on ne se lève pas aujourd'hui — les patronats entre eux sont unis — il faut que les salariés soient unis. » Parce qu'on croit aux syndicats maison. Les syndicats maison sont toujours avec le patron et vont fermer l'usine de n'importe quelle façon. À Aulnay, on avait la CFTC, on avait d'autres syndicats qui ont dit « on est obligé de signer sur la fermeture pour sauver les autres » — ils n'ont pas sauvé. Après il y avait la fermeture de Saint-Ouen, il y a maintenant la fermeture de Douvrin aussi, et la fermeture nez.</p>
<p>Le patron, à partir de la fermeture d'Aulnay, il a compris qu'il ne faut jamais annoncer la fermeture. Les patronats, ils ont des gens qui travaillent avec eux, ils les paient pour que nous les salariés, on ferme notre gueule. Qu'est-ce qu'ils ont fait maintenant ? Ils disent « on ne ferme pas Poissy, on va vous ramener des activités annexes ». Mais que du mensonge. Que du mensonge ! Seulement pour diviser les salariés.</p>
<p>Pour que nous les salariés, on soit unis — nous le syndicat SUD Stellantis Poissy — qu'est-ce qu'on demande ? On demande des garanties adaptées à chacun parmi nous. Quelqu'un qui va partir à la retraite, on dit « garantie pour lui ». Quelqu'un qui veut un plan senior, un plan senior plus long et aussi mieux payé. Parce que par exemple notre direction maintenant a un plan de 2 ans qui n'est pas du tout intéressant, où on perd sur notre salaire entre 600 et 900 €. C'est un plan à 70 %. Et la direction a cru qu'en faisant ce plan-là, 200 personnes seraient à la porte, mais les gens ils ne veulent pas partir. Aussi on veut des garanties pour les jeunes, les jeunes qui veulent encore travailler, soit ils veulent travailler avec Stellantis dans d'autres usines, ou bien à l'extérieur, mais avec des garanties. Aussi les gens qui ne veulent pas rester avec Stellantis, qui veulent partir, ils veulent un chèque, un chèque avec un congé de reclassement plus long, plus intéressant pour chercher du travail, faire des formations.</p>
<p>C'est ça ce qu'on veut maintenant. Et aussi on dit non à la fermeture. Parce qu'on ne veut pas que les usines ferment en France, parce que si toutes les usines on ferme parce qu'il y a la technologie qui remplace les humains, nous on est contre ça. Si vous avez remarqué, c'est partout maintenant : dans les centres commerciaux, ils mettent des caisses à la place des caissières. Par exemple nous à notre place, nous qui travaillons dans les usines, ils robotisent, ils mettent des robots à notre place. C'est ça qu'on dit, on est contre ça. On veut du travail pour tout le monde.</p>
<p>Pour répondre au camarade ancien d'Aulnay : oui camarade, on est en train de travailler sur le terrain. Ça fait 2 ans, on a fait tous les marchés. On était voir Valérie Pécresse, on était voir le maire de Poissy. On a mis tous les gens de Poissy au courant de notre affaire. On est en train de se battre à l'extérieur et à l'intérieur.</p>
<p>Par contre, il y a des syndicats — il y a des syndicats maintenant qui avant étaient des syndicats qui défendaient la cause ouvrière, maintenant sont 100 % avec les patrons. Ils ne croient pas à la révolte du salarié à l'intérieur. Ils veulent faire que des actions à l'extérieur, et ça ne va jamais marcher. Parce que le patronat, même si on met de tente, on bloque l'extérieur, s'il n'y a que nous les délégués, on ramène d'autres personnes qui nous soutiennent à l'extérieur. Par exemple je vous donne un exemple, la CGT, qu'est-ce qu'elle fait ? Ramener, ramener — mais il faut que les salariés se réveillent, que les salariés bloquent la production. C'est ça le patron. Parce que le patron, même il n'aime pas la publicité, bien sûr il n'aime pas la publicité, mais ce qui le touche, c'est quand tu le touches dans sa poche, quand tu bloques la production. Et nous ce qui nous reste maintenant, il ne nous reste qu'un an de production, c'est sûr et certain, mais le patron, il ne veut pas le dire. C'est pour cela que les salariés, il faut qu'ils se réveillent. Et merci.</p>
<p>### Intervention D — Question depuis la salle (coordination internationale)</p>
<p>D'autres interventions… aussi revigorantes là, justement, justice. Comme il y a des grèves partout, est-ce que ce n'est pas possible, je précise, de coordonner le mouvement aussi bien à l'échelle nationale qu'à l'échelle internationale, s'il vous plaît ?</p>
<p>**Réponse de Mercier** : Oui, malheureusement il n'y a pas de grèves partout, il y a des attaques partout. Ça discute beaucoup dans les discussions individuelles.</p>
<p>### Intervention E — Militant (non identifié)</p>
<p>Moi je trouve que les attaques menées dans le cadre, enfin dans la branche automobile en ce moment particulièrement — même si Jean-Pierre a rappelé que c'était une offensive générale, mais dans le cadre de l'automobile — ça met en lumière en fait le fonctionnement du système capitaliste. Quand on a des discussions avec nos copains dans les ateliers, souvent le raisonnement d'une grande partie de nos copains d'atelier consiste à trouver naturelle la concurrence. C'est normal, c'est comme ça. Faire du profit, ben ça fait partie du jeu. Tout ça, c'est des choses qui sont un peu en filigrane, en arrière-plan dans les têtes.</p>
<p>Mais en tout cas les discussions nous permettent d'aller assez loin pour dire : « Bon ben écoutez, si on en est là, c'est quoi l'issue pour nous ? Si on veut relocaliser des usines ici, parce que c'est souvent ça qui revient, eh bien ça impliquera quoi dans le cadre du système capitaliste ? Et bien ça voudra dire qu'il faut qu'on accepte de travailler pour 200, 300, 400 ou 500 € par mois. Est-ce que c'est ça l'avenir ? Et quand bien même ça serait ça, il faudrait être encore plus productif parce qu'on sera toujours en concurrence les uns avec les autres. »</p>
<p>Donc ça nous permet au niveau individuel d'avoir des discussions sur le fonctionnement du capitalisme et le fait que c'est une voie sans issue pour nous les travailleurs. Donc moi je trouve que voilà, dans les discussions individuelles. Après du coup sur le plan politique, ça nous permet de mettre en avant des perspectives autres que les pièges et les saloperies mis en avant par les politiciens ou même les syndicats, qui consistent finalement à nous faire raisonner et à nous faire rester dans le cadre du système capitaliste.</p>
<p>Et c'est pour ça que c'est important qu'on mette en avant non seulement l'idée qu'il va falloir lutter pied à pied, mais en plus qu'on ait une autre perspective. En tout cas, que les travailleurs sachent qu'il y a des militants qui défendent d'autres perspectives. Et ces perspectives-là, ce n'est pas des voies sans issue. Sûr, c'est sûr que c'est dur d'imaginer une révolution, d'imaginer une prise du pouvoir, d'imaginer exproprier les patrons. Tout ça c'est dur. Mais en même temps, dans des situations de lutte, dans des explosions de colère, eh bien tout devient possible. Mais en tout cas, nous on a cette perspective-là, on la défend, il faut la maintenir, et c'est ça qui va compter pour l'avenir. Tout le reste, c'est l'impasse. Voilà.</p>
<p>### Intervention F — Militant Révolution Permanente</p>
<p>Merci. Bonjour. Moi je suis militant à Révolution Permanente. Je voulais remercier d'abord Jean-Pierre Mercier pour le topo qui était vraiment très bien, et je trouve aussi la discussion intéressante.</p>
<p>Moi j'avais une question. Donc c'est vrai que on est en train de voir que, comme disait Jean-Pierre, les plans de licenciement se multiplient à une échelle grand V. Il y a le secteur automobile qui continue à être saigné et cetera, mais plus globalement il y a une offensive généralisée du patronat qui cherche à faire payer la crise aux travailleurs. Et c'est vrai du coup qu'on a vu même le chiffre là des 8 % de chômage, on voit qu'il y a une montée plus globale du chômage et de l'offensive contre la classe ouvrière.</p>
<p>Du coup voilà, on voit que pour l'instant la réponse du mouvement ouvrier, voilà, il y a une forme d'atonie, de passivité qui reste là et qui y compris est l'expression en définitive de la défaite de la bataille des retraites. Mais du coup la question, oui, c'est que le rôle des directions syndicales aujourd'hui, il joue un rôle clé je pense dans cette passivité. Typiquement même la question des revendications qui sont posées par les directions syndicales. Typiquement même sur la question de l'interdiction des licenciements que posait Jean-Pierre. Voilà, par exemple Sophie Binet, ce qu'elle propose c'est un moratoire sur les licenciements. C'est voilà des formules vagues et vides. Et évidemment l'absence de plan de bataille national pour répondre à cette crise sociale qu'on est en train de vivre.</p>
<p>Et du coup voilà, pour moi en tout cas, on ne doit absolument pas bégayer sur les revendications. La question de l'interdiction des licenciements, c'est une question vitale pour le mouvement ouvrier, une question d'urgence qui, on va dire, remet en question y compris voilà en partie la propriété privée du capital, dans le sens de refuser qu'on nous licencie.</p>
<p>Donc la question que je voulais poser là, c'est dans ce cadre où en vrai il y a une offensive importante sur la question du chômage : moi j'ai un doute en tout cas, une nuance sur la question du mot d'ordre sur la question des garanties et du poids qu'on donne à cette revendication. Même si évidemment on n'est pas opposé à la question voilà d'avoir de meilleures indemnités et cetera. Et le poids qu'on donne et qu'on devrait donner, moi je pense à la question du maintien de l'emploi, du non à la fermeture d'usine comme le disait la camarade juste avant, et pour moi c'est une question y compris stratégique pour, on va dire, monter de refuser cette offensive patronale, le partage du temps de travail, et d'imposer cette question-là. Parce que voilà, les attaques elles continuent, le chômage avance et la pression augmente.</p>
<p>En tout cas, voilà, moi j'avais cette question du maintien de l'emploi pour moi, elle est vitale, et je pense qu'il faudrait peut-être donner plus de poids à cette question. Merci beaucoup.</p>
<p>### Modératrice</p>
<p>On prend une question avant les réponses. Il y avait la camarade et puis après il y avait Farid et Ken.</p>
<p>### Intervention G — Travailleuse Mosereon (ex-Redel), sous-traitant</p>
<p>Je travaille chez Mosereon, avant c'était Redel. Donc je travaille pour Stellantis, Renault, Volvo Truck, DAF et tous les autres. Et là dernièrement, on a un PSE qui s'est invité comme ça du jour au lendemain. Mais pour l'instant, faut qu'on soit tranquille — on est tranquille parce que c'est que les emplois qui sont touchés. Donc la main-d'œuvre indirecte, donc sur les quatre sites que Mosereon possède en France, parce que Mosereon c'est quand même une entreprise indienne qui a plus de 47 usines à travers le monde, qui touchent principalement l'automobile mais aussi l'aérospatial depuis peu. Après le médical, le paramédical, ils mettent leurs billes partout.</p>
<p>Et là le plan, donc pour l'instant c'est 70 personnes sur quatre sites. Donc Gonesse où je travaille — Arnage c'est le centre technique — après il y a Roche-en-Igout qui travaille aussi pour Stellantis, et après il y a Plessis-Robinson. Là, c'est une petite structure qui est amenée à fermer dans pas longtemps puisque là-bas, ils en ont 5. En tout, il y en a 70. Nous sur Gonesse, on en a 12.</p>
<p>La plupart de ceux qui vont partir, c'est la secrétaire, la DRH, il y a un peu de tout : des techniciens, beaucoup de techniciens alors qu'on en manque cruellement. Mais ils ont ouvert des postes. Il y a une centaine de postes dans la France qui sont ouverts. Donc là pour l'instant ils leur disent que s'ils veulent postuler ailleurs — donc comme en Auvergne, après sur Pau, sur Liévin puisque dans l'aérospatial, ils ont racheté celle de Liévin.</p>
<p>Et la dernière fois que j'ai discuté avec Omayun, notre directeur intérimaire — là pour l'instant parce que lui aussi est sur la sellette — je lui ai demandé comment ça va aller parce que nous on travaille principalement pour Stellantis au niveau de la K0 de Hordin. Et quand on lui a posé le problème de Poissy parce que il a dit « bah ton Hordin c'est ouvert pour nous, ça va, la K0 elle restera chez nous ». Mais si Stellantis a l'intention de fermer Hordin, c'est sûr que ce sera plus intéressant de la faire fabriquer à l'étranger puisque le transport il va coûter trop cher. Donc c'est que de la finition.</p>
<p>### Intervention H — Ken (NPA-Révolutionnaires, électromécanicien Stellantis Poissy)</p>
<p>Oui, rapidement, je m'appelle Ken, je suis électromécanicien à Stellantis Poissy et je suis aussi militant au NPA Révolutionnaire. Et je suis aussi sur Stellantis comme Radia et d'autres.</p>
<p>Je voulais juste répondre à des choses qui ont été dites. Par rapport au mot d'ordre de l'interdiction des licenciements, moi je pense — je suis convaincu, je pense que là dans la salle, il n'y a personne qui pense qu'il y a un mot d'ordre magique. Et l'interdiction des licenciements pour entraîner les travailleurs massivement, c'est pas non plus un mot d'ordre magique. Je pense comme tu as dit camarade, c'est essentiel de le mettre en avant, parce que ça permet en fait de critiquer le capitalisme, dire des choses profondes sur le fonctionnement du système.</p>
<p>Mais le problème majeur qu'on a, c'est d'être fort. Et pour être fort, il faut entraîner un maximum de travailleurs. Et il y a les travailleurs autour de nous dans l'usine, leur problème, c'est pas le renversement du capitalisme pour l'instant. Je souhaite qu'un jour ce sera ça, mais c'est pas le cas actuellement. Là, leur problème, c'est qu'ils sont tout cassés. Ils ont 55 ans, 58 ans, 60 ans. On les fait même travailler peut-être jusqu'à 64 ans. Ils en peuvent plus, ils veulent vraiment quitter l'usine.</p>
<p>Donc cela, certains, ils sont prêts à lutter et aller très loin en fait, mais pas sur des mots d'ordre un peu compliqués et un peu lointains comme l'interdiction des licenciements. Par contre, si c'est pour discuter d'une préretraite à 5 ans et payée à 80 % ou 85 %, là ils sont capables de se transformer comme des lions, quoi. Voilà.</p>
<p>Donc ce que je veux dire c'est que il faut absolument qu'on arrive à entraîner un maximum de travailleurs dans notre usine et ailleurs. Et pour ça il faut parler du système capitaliste et comment l'abattre et cetera, sur les problèmes de fond. Mais il faut aussi qu'on arrive à entraîner les travailleurs sur leur revendication qu'eux ont imaginée, qui correspond à leur situation. Après, ça peut commencer sur des choses un peu modestes et après ça peut devenir beaucoup plus compliqué, beaucoup plus fort comme revendication et beaucoup plus critique par rapport au système économique et politique et social.</p>
<p>Et dernière chose que je voulais dire, c'est par rapport à pour entraîner les travailleurs, il y a aussi une autre manière, c'est le phénomène de la boule de neige. Plus on est fort, plus en fait les travailleurs, ils voient qu'il y a un coup à jouer et qu'il faut rentrer dans la lutte. Et une des manières d'être fort en fait, c'est essayer de se coordonner avec d'autres travailleurs qui ont les mêmes problèmes que nous dans d'autres entreprises, dans d'autres boîtes en France. Et ça, la CGT, elle ne le veut absolument pas.</p>
<p>Je rappelle juste qu'il y a 3 ans, on s'est fait exclure, on était 250 syndiqués à la CGT PSA Poissy. On s'est fait virer la CGT parce que la CGT, elle savait très bien qu'elle allait avoir une vague de licenciements. Elle ne voulait pas avoir des trublions qui proposent la lutte de classe. Ce qu'elle voulait, c'était en fait des bureaucrates tout gentils qui cherchent la collaboration avec le patron. Voilà. Donc la CGT, le PCF ou LFI, eux tout ça c'est les impasses.</p>
<p>Une des manières d'être fort, c'est de se coordonner avec d'autres travailleurs. Et pour ça il faut être absolument vu. C'est-à-dire qu'il faut qu'on mène la — nous les ouvriers, il faut qu'on mène la bataille dans notre usine, mais il faut aussi qu'on l'amène à l'extérieur pour être visible, pour qu'il y ait les salariés je sais pas, à l'autre bout de la France, même en région parisienne, ils comprennent qu'il faut absolument se rallier à nous. Faut nouer des liens, et quand on sera un peu peut-être mieux coordonnés aussi à l'extérieur, les ouvriers d'intérieur, ils verront « ça vaut le coup, on n'est pas tout seuls à Stellantis. Il y a peut-être des salariés d'autres sous-traitants de l'automobile ou pas, de la chimie, d'autres secteurs. Eux aussi, ils peuvent se battre. » Et ça donnera envie en fait aussi aux ouvriers de Poissy de s'y mettre.</p>
<p>### Intervention I — Lecture du tract RN Sébastien Chenu</p>
<p>Ouais. Et du coup là, moi je voulais mettre l'accent sur le fait, comme l'ont dit pas mal de camarades, qu'il n'y a pas de sauveur suprême, et que tous ceux qui voudront parler à notre place — à nous les travailleurs — eh bien c'est des gens qui nous mettront dans des impasses. <br class='autobr' />
À l'ouverture, voilà les syndicats, les politiciens véreux, mais de toute façon ce sont tous les mêmes. Il n'y en a pas un qui va s'occuper du sort des travailleurs. C'est pas vrai.</p>
<p>On a parlé beaucoup de critiquer aussi Mélenchon parce que bon voilà. Mais là moi, il y a pas longtemps, il y a eu un tract qui a été distribué devant l'usine Stellantis d'Hordin. Je vous lis une ou deux phrases. Voilà.</p>
<p>Et euh, vous avez appris comme nous. Donc ça commence comme ça. « La nouvelle du 16 avril. Stellantis va mettre fin à l'assemblage de voitures à Poissy d'ici fin 2028. Derrière les mots froids de la direction sur "capacité industrielle, réorganisation, transition", ce sont des centaines de familles supplémentaires dont la vie bascule. Et derrière cette annonce, une question que vous êtes nombreux à vous poser en ce moment, et nous à Hordin et Valenciennes : sommes-nous les prochains ? Cette inquiétude est légitime, logique invoquée par Stellantis pour fermer Poissy et la même qui pourrait demain menacer vos sites. »</p>
<p>Plus loin, il dit « Je saisis le ministre de l'industrie pour lui demander une rencontre d'urgence en votre nom et en présence de vos syndicats, et je saisis de nouveau la direction de Stellantis afin de nous recevoir avec des réponses claires sur la pérennité de nos sites et de nos emplois, les investissements prévus pour votre avenir industriel et les perspectives de production à court terme et moyen terme. »</p>
<p>Et plus loin : « Notre territoire a déjà trop payé. Usine Hordin, Tex éternit à Chin, ArcelorMittal Valdunes, et Saint-Léger, autant de drames industriels que nous portons encore. Il n'est pas question qu'Hordin et Valenciennes s'ajoutent à cette liste. Vous méritez des réponses. »</p>
<p>Ce tract, il est de qui ? Ruffin, Mélenchon, la CGT ? Eh ben non, c'est le tract d'un député qui s'appelle Sébastien Chenu et qui est député Rassemblement National dans le Nord. Bon, ben voilà, ouais, ça fait rire mais ils sont tous les mêmes. Les travailleurs ont leur sort en main et à eux de le défendre. Il n'y a pas de sauveur suprême. Si nous les travailleurs, on met notre sort dans ces mains-là, eh bien on est sûr d'aller dans le mur. Voilà.</p>
<p>### Intervention J — Militant LO Stellantis Poissy</p>
<p>Bon ben, j'ai pas le choix. On m'a dit de faire court. De toute façon je vais pas me répéter parce qu'il y a plusieurs camarades de Stellantis Poissy qui ont pris la parole. Juste pour dire que effectivement nous on a fait — donc bon, ce qui a été dit dans l'introduction, effectivement il y a une attaque sans précédent contre les travailleurs dans le pays. Bon, nous ça fait longtemps qu'on a fait abstraction des politiciens qui ont été cités ici, bon sans les reciter, et effectivement des organisations syndicales qui font une politique d'accompagnement. Bon, je vais pas reciter la CGT et tout ça, mais voilà, quand on parle de projet industriel et tout ça — bon voilà, nous, je suis militant à l'usine Stellantis Poissy — nous, on est en opposition totale avec cette politique. On est convaincu qu'on peut compter que sur nous-mêmes, les travailleurs. Et là-dessus, c'est que comme ça qu'on pourra y arriver.</p>
<p>Nous effectivement, il y a l'usine, elle va fermer, mais ça ne dit pas son nom quoi. Ils disent toujours qu'il va y avoir du boulot pendant 30 ans. Bon nous ce qu'on a gagné dans l'usine c'est quand même au niveau de la conscience : tout le monde est conscient, ou majoritairement les salariés sont conscients que ça va fermer.</p>
<p>Après effectivement partir sur une grève, on en est pas encore là. Bon, on milite au quotidien. Voilà. Bon, il y a eu des petits débrayages et tout ça, mais on a gagné le fait que bon, les salariés ils savent qu'il faut qu'on se mobilise. La question : à quand ?</p>
<p>Maintenant, il n'y a pas de recette magique. On n'a pas une recette pour décréter la grève, mais en tout cas on milite au quotidien pour que ça se fasse. Et ça, on est convaincu qu'on peut compter que sur nous-mêmes quoi. Seul avec les travailleurs comme nous, on a fait abstraction de toutes les organisations syndicales, des bureaucrates syndicaux. Nous on sait que c'est que contre nous-mêmes qu'on pourra. Et d'ailleurs l'année dernière on avait fait un débrayage, on avait retiré nos gilets, quoi. Il était plus question d'organisation syndicale mais de travailleurs. Et c'est que comme ça qu'on pourra y arriver. Voilà, on est convaincu de ça et ça viendra quoi.</p>
<p>Et je voulais vous dire également, effectivement il y a à l'intérieur mais je vais pas revenir mais effectivement on s'est adressé aux salariés des alentours parce qu'on sait très bien que tout seuls on pourra pas gagner. Ce qui est primordial, c'est à l'intérieur de l'usine. Ça, on est tous conscients. Mais également dans le pays, il y a des salariés qui souffrent comme nous et c'est en faisant cause commune qu'on pourra y arriver. Voilà les camarades.</p>
<p>### Réponse finale de Mercier</p>
<p>Alors juste, je voudrais pour conclure répondre au camarade de Révolution Permanente qui met en avant le mot d'ordre de maintien de l'emploi. Maintien de l'emploi qui correspond pour lui à interdiction des licenciements. Il critique Sophie Binet, que Sophie Binet c'est pas l'interdiction des licenciements mais le moratoire des licenciements.</p>
<p>C'est, bah oui, la CGT, Sophie Binet, c'est pas eux qui vont nous défendre, c'est pas eux qui vont défendre les travailleurs. Ils sont du côté du patronat. Se plaindre des mots d'ordre de la CGT c'est se payer de mots. C'est faire croire que d'une certaine manière ils pourraient avancer des mots d'ordre, ils pourraient avancer une politique, défendre une politique pour que les travailleurs se défendent. C'est mort les copains, depuis 1914 c'est mort. Donc laissons ça de côté et occupons-nous de nos affaires.</p>
<p>Deuxièmement, et là c'est la vraie différence, c'est la vraie frontière. Le maintien de l'emploi. Le maintien de l'emploi, comment tu le fais ? Le maintien de l'emploi dans l'usine de Poissy et dans tous les sous-traitants qui sont en train de se faire massacrer, quand Poissy va arrêter la voiture, tu le fais comment le maintien de l'emploi ? Eh ben en refaisant un nouveau modèle. C'est-à-dire que tu te remets à militer.</p>
<p>Et moi sincèrement les copains, je pensais que cette question elle allait venir d'un militant cégétiste honnête, sincère, tranquille. Non, ça vient de chez vous. Ben ça veut dire c'est se remettre sur le terrain de la CGT. Ça veut dire se remettre sur le terrain du Parti communiste et puis de LFI. « Oui, pour maintenir l'emploi, il faut un véhicule électrique ou hybride ou thermique, peu importe, monsieur le patron. Mais faites-nous bosser, vous savez, nous on sait se faire exploiter, on fait de la qualité et cetera et cetera. »</p>
<p>Le maintien de l'emploi, c'est bidon. Le maintien de l'emploi, c'est aller sur le terrain du patronat. C'est aller sur le terrain du projet industriel. Et le patron, il en a — excusez-moi — il en a rien à faire du projet industriel. Lui, il sait ce qui est bon pour lui parce qu'il a une vision au niveau mondial, et pour lui, il doit fermer Poissy pour que Pomigliano en Italie fasse ce petit véhicule, ce fameux projet industriel pour maintenir l'emploi et cetera. Il le maintiendra même pas l'emploi en Italie, il va le supprimer en plus.</p>
<p>Non, ce qu'il faut les copains, c'est qu'on raisonne en tant que travailleur. Et en tant que travailleur, ça veut dire qu'il faut qu'on défende notre peau, il faut qu'on défende notre droit à l'existence. Il faut pas qu'on crève avec cette usine. Alors cette usine, elle crèvera sûrement, parce que aujourd'hui — et je parle aujourd'hui, me dites pas que je suis défaitiste — aujourd'hui on ne la sent pas la mobilisation générale, on ne la sent pas, le nouveau Mai 68. Parce que s'il y avait un nouveau Mai 68, oui les garanties, elles exploseraient, on les ferait avaler par leur gorge et on prendrait la tête des usines. Et là alors là, ouais là c'est un sacré projet industriel les copains. Reprendre la société en main et les foutre dehors.</p></div>
Réponse de VDT au camarade Bibeau sur le défaitisme révolutionnaire
https://matierevolution.org/spip.php?article9609
https://matierevolution.org/spip.php?article96092026-06-08T22:16:00Ztext/htmlfrKarobLénineGuerre WarImpérialisme
<p>## L'insurrection populaire **avec** le défaitisme révolutionnaire, non contre lui <br class='autobr' />
### Réponse fraternelle de Voix des Travailleurs à Normand et Robert Bibeau **Camarade Bibeau,** <br class='autobr' />
Votre article *L'insurrection populaire plutôt que le « Défaitisme Révolutionnaire »* publié le 17 mars 2026 sur *les 7 du Québec* mérite une réponse circonstanciée. Sur la phase historique que nous traversons — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la « FORTERESSE AMERICA », repartage du monde (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot31" rel="tag">Lénine</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag">Impérialisme</a>
<div class='rss_texte'><p>## L'insurrection populaire **avec** le défaitisme révolutionnaire, non contre lui</p>
<p>### Réponse fraternelle de Voix des Travailleurs à Normand et Robert Bibeau</p>
<p>— -</p>
<p>**Camarade Bibeau,**</p>
<p>Votre article *L'insurrection populaire plutôt que le « Défaitisme Révolutionnaire »* publié le 17 mars 2026 sur *les 7 du Québec* mérite une réponse circonstanciée. Sur la phase historique que nous traversons — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la « FORTERESSE AMERICA », repartage du monde par la guerre, troisième guerre mondiale interimpérialiste déjà engagée — il y a peu à objecter et beaucoup à reprendre dans votre dénonciation du social-chauvinisme. Sur le programme, en revanche, votre construction politique s'effondre dès qu'on confronte votre texte aux textes mêmes que vous invoquez. Cette réponse est fraternelle, mais elle ne fait pas de concession sur le fond.</p>
<p>— -</p>
<p>### 1. Le défi philologique se retourne contre vous</p>
<p>Vous mettez vos contradicteurs au défi de produire l'expression « défaitisme révolutionnaire » dans le russe original de Lénine, en présentant cette expression comme une « formulation employée par ses détracteurs pour discréditer les révolutionnaires ». Vous écrivez : « JAMAIS LÉNINE N'A ASSOCIÉ, DIRECTEMENT OU INDIRECTEMENT, LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE À LA MOINDRE 'DÉFAITE' OU AU MOINDRE 'DÉFAITISME' ».</p>
<p>Or vous citez vous-même *De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste* (26 juillet 1915). Relisons ce que Lénine y écrit littéralement :</p>
<p>> « Les adversaires **du mot d'ordre du défaitisme** ont tout simplement peur d'eux-mêmes, car ils n'osent pas regarder en face ce fait archiévident qu'il existe une liaison indissoluble entre l'agitation révolutionnaire contre le gouvernement et le concours apporté à la défaite de ce dernier. »</p>
<p>Et plus loin :</p>
<p>> « **Récuser le mot d'ordre de défaitisme**, c'est ramener l'esprit révolutionnaire à une phrase vide de sens ou à une pure hypocrisie. »</p>
<p>Le mot russe est *porazhenchestvo* (поражeнчество). Lénine ne l'emploie pas comme injure venue de ses adversaires : il l'assume comme **mot d'ordre prolétarien**, et il qualifie d'« adversaires » ceux qui le récusent. Vous adoptez précisément, mot pour mot, la position que Lénine identifie comme celle des social-chauvins et des conciliateurs : « Récuser le mot d'ordre de défaitisme ». Vous prétendez réfuter une formulation que Lénine avait déjà adoptée et défendue.</p>
<p>Quant à l'expression complète « défaitisme révolutionnaire », elle est employée littéralement par Trotsky en mai 1938 dans *Il faut apprendre à penser* :</p>
<p>> « **Le défaitisme révolutionnaire** signifie seulement que dans sa lutte de classe le parti du prolétariat ne s'arrête devant aucune considération 'patriotique', car la défaite de son propre gouvernement impérialiste, provoquée ou accélérée par le mouvement révolutionnaire des masses est un mal infiniment moindre que la victoire de ce gouvernement, acquise au prix de l'union nationale, c'est-à-dire de la prostration politique du prolétariat. C'est en cela tout le sens du défaitisme, et ce sens est pleinement suffisant. »</p>
<p>Filiation directe : *porazhenchestvo* léninien 1915 → « défaitisme révolutionnaire » trotskyen 1938 → Programme de Transition → Barta et l'Union Communiste 1940-1953 → Matière et Révolution. Ce n'est ni une « formulation de détracteurs » ni une « version gauchiste » : c'est la colonne vertébrale stratégique de la tradition à laquelle vous prétendez vous rattacher.</p>
<p>— -</p>
<p>### 2. L'erreur d'attribution à Trotsky du slogan « ni victoire ni défaite »</p>
<p>Vous écrivez que « le slogan réducteur et démoralisant de 'défaitisme révolutionnaire' semble être la version 'gauchiste' du slogan de Trotsky de : 'ni victoire, ni défaite' ». Erreur factuelle directement réfutable par le texte de Lénine que vous citez.</p>
<p>Lénine attribue explicitement ce slogan, non à Trotsky, mais à **Semkovski et au Comité d'organisation menchévique** :</p>
<p>> « Et par quoi donc nous offre-t-on de remplacer le 'mot d'ordre' de la défaite ? Par le 'mot d'ordre' : 'Ni victoire ni défaite !' (Semkovski, dans le n°2 des *Izvestia*. De même que tout le Comité d'organisation dans le n°1). »</p>
<p>Le reproche de Lénine à Trotsky est autre, et il faut être précis : Lénine reproche à Trotsky des « phrases ampoulées par lesquelles Trotski justifie toujours l'opportunisme » et le fait de se placer pratiquement « au point de vue de la guerre que mènent les gouvernements ». Critique sévère, qui range Trotski en 1915 parmi les « acolytes impuissants des social-chauvins » — mais qui n'est pas le grief « ni victoire ni défaite » fait à Semkovski et aux mencheviks. Confondre les deux critiques brouille la cartographie léninienne de 1915.</p>
<p>Et accessoirement, Trotsky lui-même corrigera sa position de 1915 et fera la sienne celle de Lénine — c'est tout le sens de *Il faut apprendre à penser* en 1938, qui assume et défend explicitement le défaitisme révolutionnaire comme position de la Quatrième Internationale.</p>
<p>— -</p>
<p>### 3. La fausse opposition « défaitisme » contre « triomphalisme prolétarien »</p>
<p>Vous construisez le cœur rhétorique de votre article sur une opposition entre le « défaitisme » présenté comme « réducteur et démoralisant » et le « triomphalisme prolétarien » présenté comme son contraire dialectique. Cette opposition est fictive et elle repose sur une lecture sentimentale du mot.</p>
<p>Chez Lénine, le « défaitisme » n'a aucune charge psychologique de découragement : c'est le nom technique d'une position politique précise, qui consiste à souhaiter et à concourir à la défaite militaire de **son propre État bourgeois** dans une guerre réactionnaire, parce que cette défaite affaiblit l'appareil de répression bourgeois et crée les conditions objectives de la révolution. Lénine le dit avec une précision qui ne laisse aucune marge d'interprétation :</p>
<p>> « La révolution en temps de guerre, c'est la guerre civile ; or, d'une part, la transformation d'une guerre de gouvernements en une guerre civile est facilitée par les revers militaires (par la 'défaite') des gouvernements ; d'autre part, il est impossible de contribuer pratiquement à cette transformation si l'on ne pousse pas, du même coup, à la défaite. »</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire est donc **la forme pratique** du triomphalisme prolétarien, pas son antonyme. Rejeter le défaitisme révolutionnaire au nom du « triomphalisme prolétarien » revient à conserver l'enveloppe rhétorique en vidant le contenu de classe : il reste un mot d'ordre déclamatoire (« renverser le capitalisme ») qui peut accueillir n'importe quel contenu — y compris celui de la « défense de la patrie » repeinte en rouge, comme l'avait montré David, le leader des opportunistes allemands, justement cité par Lénine.</p>
<p>Et historiquement, la Commune de Paris que vous mobilisez comme exemple paradigmatique est précisément un cas de défaitisme révolutionnaire victorieux : la Commune naît de la défaite de Sedan. Octobre 1917 naît de la défaite militaire de l'État tsariste puis de Kerenski. La révolution allemande de novembre 1918 naît de la défaite du Reich. La révolution prolétarienne victorieuse passe **toujours**, dans toute l'expérience historique du mouvement ouvrier, par la défaite militaire de son propre État bourgeois. C'est exactement ce que Lénine théorise et nomme défaitisme révolutionnaire.</p>
<p>— -</p>
<p>### 4. Le test léninien à trois critères que vous esquivez</p>
<p>Lénine, dans le même texte, propose un test rigoureux qui mérite d'être appliqué à votre article :</p>
<p>> « Celui qui voudrait sérieusement réfuter le 'mot d'ordre' de la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste devrait démontrer un de ces trois points : que la guerre de 1914-1915 n'est pas réactionnaire ; que la révolution à l'occasion de cette guerre est impossible ; que la corrélation et la coopération des mouvements révolutionnaires de tous les pays belligérants sont impossibles. »</p>
<p>Or, qu'est-ce que votre article démontre ?</p>
<p>Premièrement, il démontre que la guerre actuelle **est** réactionnaire et impérialiste : vous dénoncez la « FORTERESSE AMERICA » comme programme de la bourgeoisie impérialiste occidentale et identifiez la phase actuelle comme « 3e Guerre mondiale interimpérialiste qui a débuté ». Point 1 invalidé.</p>
<p>Deuxièmement, il démontre que la révolution prolétarienne **est** possible et nécessaire : vous citez Lénine sur les « semaines où se passent des décennies » et appelez à abattre « ce régime capitaliste de profits et d'emplois mortifères ». Point 2 invalidé.</p>
<p>Troisièmement, votre article se conclut par « PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS » — donc la coordination internationale **est** possible. Point 3 invalidé.</p>
<p>Vous validez donc en pratique les trois prémisses du défaitisme révolutionnaire, mais vous en récusez la conclusion. C'est exactement la position que Lénine identifie comme « ne pas rompre réellement avec le social-chauvinisme ». Votre rejet du « défaitisme » n'est ni théorique ni politique — il est sentimental. Vous n'aimez pas le mot. Cela ne suffit pas à le réfuter.</p>
<p>— -</p>
<p>### 5. Ce que Trotsky 1938 ajoute — et qui vous concerne directement</p>
<p>Le texte *Il faut apprendre à penser* (20 mai 1938) ne polémique pas contre le défaitisme révolutionnaire — il le défend contre les ultra-gauches qui le transforment en formule abstraite et mécanique. Trotsky écrit :</p>
<p>> « Les scholastes ultra-gauches n'opèrent pas avec des notions concrètes, mais avec des abstractions vides. C'est en une abstraction vide de ce genre qu'ils ont changé l'idée de défaitisme. Ils ne se représentent de façon vivante ni la marche de la guerre ni la marche de la révolution. Ils cherchent une formule hermétiquement bouchée qui ne laisse pas passer l'air frais. »</p>
<p>Cette critique vise les ultra-gauches sectaires qui appliquent le défaitisme comme un signe « moins » automatique en face de tout signe « plus » de la bourgeoisie. Trotsky introduit la différenciation décisive du paragraphe 44 des Thèses de la Quatrième Internationale : « en distinguant strictement d'ailleurs un État ouvrier d'un État bourgeois, un pays colonial d'un pays impérialiste ».</p>
<p>Trotsky donne l'exemple d'un soulèvement national algérien armé par l'Italie fasciste contre la France démocratique : les ouvriers italiens ne saboteront pas les bateaux d'armes pour les rebelles, et les ouvriers français au contraire feront tout pour empêcher leur bourgeoisie d'envoyer des armes contre les rebelles. Le défaitisme y est non seulement compatible avec, mais identique à, l'internationalisme prolétarien — appliqué concrètement, pas mécaniquement.</p>
<p>Conséquence pour aujourd'hui : le défaitisme révolutionnaire dans la troisième guerre mondiale interimpérialiste ne signifie pas « renvoyer dos à dos » Washington et Pékin de façon abstraite. Il signifie que **dans chaque pays impérialiste**, le prolétariat doit faire la défaite militaire de **sa propre** bourgeoisie. Le prolétariat américain doit souhaiter et préparer la défaite de Trump et de la « FORTERESSE AMERICA ». Le prolétariat russe doit souhaiter et préparer la défaite de Poutine. Le prolétariat chinois la défaite de Xi. Le prolétariat français la défaite de Macron-Lecornu et de leur Loi de Programmation Militaire à 413 milliards d'euros. Le prolétariat britannique la défaite de Starmer et du complexe d'armement britannique. Le prolétariat allemand la défaite de Merz et du *Sondervermögen* de 500 milliards. Sans cela, votre dénonciation indifférenciée des « challengers RENÉGATS chinois, russes, iraniens et nord-coréens » devient interchangeable avec un campisme par défaut — soit anti-américain, soit anti-oriental, selon les humeurs du jour.</p>
<p>— -</p>
<p>### 6. Le risque objectif : campisme et essentialisme</p>
<p>Vous dénoncez à juste titre la « FORTERESSE AMERICA » comme programme de la bourgeoisie impérialiste occidentale. Mais quand vous écrivez « la couardise et la lâcheté **génétique** des challengers RENÉGATS chinois, russes, iraniens et nord-coréens », vous quittez le terrain du matérialisme historique pour entrer dans celui de l'essentialisme racial. « Génétique » n'est pas un mot que Marx, Engels, Lénine ou Trotski auraient laissé passer dans une polémique de classe.</p>
<p>De même quand vous dénoncez en bloc les « prétentions civilisationnelles de MARTYRS d'idéologies confucéennes, orthodox, islamiques, hindouistes, chrétiennes, etc. réactionnaire moyenâgeuses ». Les religions et idéologies sont des superstructures de rapports de production déterminés. Les traiter comme des essences civilisationnelles homogènes et coextensives à des peuples, c'est adopter le schéma de Samuel Huntington, pas celui de Marx. Et accessoirement, c'est un terrain où la bourgeoisie nous attend de pied ferme — celui où elle a réussi à faire passer le « choc des civilisations » pour une analyse du monde, en évacuant la lutte de classe au profit d'un déterminisme culturel-religieux.</p>
<p>L'imprécation polémique massive de votre texte (« SIONAZIS », « nabot petite-fille de nazie », « idiote de service », « agent orangé aux cheveux peroxydés », « Vercingétorix sous le joug », « gourous SIONAZIS CHRÉTIENS/JUIFS PENTECÔTISTES ») ne remplace pas l'analyse de classe. Marx, Engels, Lénine, Trotski polémiquent vigoureusement — mais ils analysent **toujours** les positions politiques par leur contenu de classe et leur fonction objective, pas par les attributs physiques, ethniques ou religieux des personnes. La forme du discours n'est pas neutre : elle conditionne l'audience prolétarienne qu'on peut espérer toucher et elle protège ou non le texte des récupérations confusionnistes. Le ton fielleux et personnalisé éloigne le prolétariat conscient autant qu'il rapproche les amateurs d'invectives.</p>
<p>— -</p>
<p>### 7. « Insurrection populaire » contre « défaitisme révolutionnaire » : un glissement de paradigme</p>
<p>Vous renvoyez à votre livre *De l'insurrection populaire à la révolution prolétarienne*. Sur la terminologie elle-même : « insurrection populaire » est un terme interclassiste — *peuple*, dans toute sa polysémie populiste depuis 1848 jusqu'à aujourd'hui. « Défaitisme révolutionnaire » désigne au contraire la **rupture de classe** au sein de chaque camp belligérant, le moment précis où le prolétariat se sépare politiquement et pratiquement de sa propre bourgeoisie.</p>
<p>Substituer le premier au second, ce n'est pas un gain de clarté agitationnelle : c'est un glissement de paradigme. Si l'insurrection populaire est conçue comme moment tactique qui précède dialectiquement la révolution prolétarienne, soit. La Commune de Paris commence comme insurrection populaire et devient pouvoir prolétarien. Mais elle ne saurait **remplacer** le mot d'ordre stratégique central qui distingue le prolétariat révolutionnaire de toutes les variantes du défensisme petit-bourgeois et du social-chauvinisme.</p>
<p>Le risque politique du glissement est concret : dans la phase actuelle, où le RN s'organise comme parti de gouvernement bonapartiste et où des fractions militantes se laissent gagner par le populisme jaune-brun, le mot d'ordre d'« insurrection populaire » sans qualification de classe explicite peut accueillir tout et son contraire — du communisme prolétarien au confusionnisme conspirationniste anti-élites de type Soral-Asselineau-Chouard. Le défaitisme révolutionnaire, lui, est imperméable à cette récupération : il définit exactement contre qui (sa propre bourgeoisie nationale), par qui (le prolétariat organisé en parti), et pour quoi (la dictature du prolétariat).</p>
<p>— -</p>
<p>### 8. L'élément que vous omettez : la dictature du prolétariat et le parti</p>
<p>Le commentaire reproduit dans le fil de discussion sous votre article, par un correspondant fraternel, pointe à juste titre l'absence dans votre communiqué initial sur l'Iran et le Liban d'un élément central : « pour tout communiste la guerre révolutionnaire doit mener à la dictature du prolétariat ce qui n'est pas mentionné dans le communiqué. Et pour que cette révolution prolétarienne soit victorieuse il faut un parti internationale et internationaliste qui est à créer. »</p>
<p>C'est le point décisif. Sans dictature du prolétariat comme objectif stratégique explicite, et sans parti internationaliste à construire comme tâche organisationnelle, « insurrection populaire » et « triomphalisme prolétarien » restent des slogans agitationnels — utiles mais insuffisants. Le défaitisme révolutionnaire de Lénine n'est pas un mot d'ordre tactique isolé : il est indissociable du programme complet :</p>
<p>> guerre impérialiste → défaitisme révolutionnaire dans chaque pays → transformation en guerre civile → dictature du prolétariat → Internationale communiste mondiale → société sans classes.</p>
<p>Vous coupez le défaitisme du programme et vous récusez le défaitisme : il ne reste alors qu'une indignation morale anti-impérialiste, certes vigoureuse, certes nécessaire, mais sans tranchant programmatique et sans débouché organisationnel.</p>
<p>Or aujourd'hui, alors que la Russie de Poutine fait la guerre à l'Ukraine, que l'Iran est attaqué, que les USA imposent leur recomposition impérialiste à l'Europe (700 milliards d'euros arrachés par Trump à von der Leyen), que la France relance son industrie d'armement (Dassault, Thales, Nexter, Naval Group, Safran, MBDA) sous prétexte d'« autonomie stratégique européenne », que l'Allemagne mobilise 500 milliards de *Sondervermögen*, que le Royaume-Uni réarme massivement, alors que la troisième guerre mondiale interimpérialiste est entrée dans sa phase active — le mot d'ordre du défaitisme révolutionnaire est précisément ce qui manque dans tout le mouvement ouvrier officiel français et international. Le récuser au moment où il devient le plus nécessaire, c'est un contresens politique majeur.</p>
<p>— -</p>
<p>### 9. Sur la troisième guerre mondiale interimpérialiste : la double tâche</p>
<p>Sur l'analyse de la phase, comme dit en ouverture, nous partageons l'essentiel. La « FORTERESSE AMERICA » est bien le programme de recomposition de la bourgeoisie impérialiste occidentale — repli stratégique sur le continent américain, sanctuarisation des deux douves océaniques, vassalisation tarifaire des « alliés » européens et asiatiques, captation des marchés énergétiques par destruction concurrente, relance de l'industrie d'armement comme dernier secteur compétitif. L'analyse est juste, et elle est cohérente avec la lecture léninienne de l'impérialisme — concurrence interimpérialiste, repartage du monde, crise de surproduction résolue par la destruction et la guerre.</p>
<p>Mais cette analyse de la phase appelle précisément le mot d'ordre que vous récusez. La double tâche du prolétariat dans cette phase est :</p>
<p>D'une part, dénoncer simultanément tous les pôles impérialistes — Washington, Bruxelles, Paris, Londres, Berlin, Moscou, Pékin — sans concession à aucun « moindre mal » géopolitique, sans illusion sur les BRICS comme alternative progressiste, sans soutien à un État capitaliste contre un autre, en distinguant strictement (selon le paragraphe 44 trotskyen) les États impérialistes des pays opprimés sous joug colonial ou semi-colonial.</p>
<p>D'autre part, et c'est inséparable, organiser le défaitisme révolutionnaire dans **chaque** pays impérialiste : refus des crédits de guerre, refus de l'union sacrée, refus de la mobilisation industrielle militaire, expropriation de l'industrie d'armement nationale, comités de soldats avec droit de refus d'ordre, fraternisation aux frontières, grèves dans les ports et les arsenaux contre les transports de troupes et de matériel, transformation de la guerre extérieure en guerre civile pour la dictature du prolétariat.</p>
<p>Sans le second volet, le premier devient bavardage internationaliste sans contenu. Et sans dénoncer la fonction objective des appareils syndicaux et politiques qui freinent ce mot d'ordre — CGT, FSU, Solidaires, LO, NPA-R, RP, LFI, PCF — l'appel au « PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER UNISSEZ-VOUS » reste verbal.</p>
<p>— -</p>
<p>10. Conclusion fraternelle</p>
<p>Sur la phase historique — décomposition de l'hégémonie occidentale, repli sur la forteresse américaine, troisième guerre mondiale interimpérialiste — nous partageons l'essentiel. Sur le programme, désaccord central et irréductible. Le mot d'ordre pour la phase actuelle reste celui de Lénine 1915, repris et précisé par Trotsky 1938, le Programme de Transition, Barta et l'Union Communiste, et aujourd'hui Matière et Révolution :</p>
<p>**Défaitisme révolutionnaire dans chaque pays. Transformation de la guerre interimpérialiste en guerre civile. Dictature du prolétariat. Internationale ouvrière à reconstruire.**</p>
<p>L'insurrection populaire n'est pas une alternative au défaitisme révolutionnaire — elle peut en être un moment tactique, à condition de se dépasser dialectiquement en révolution prolétarienne consciente, organisée en parti, articulée à l'objectif de la dictature du prolétariat. Coupée du défaitisme, elle reste interclassiste et peut basculer dans n'importe quelle direction, y compris bonapartiste ou jaune-brun. C'est précisément ce dépassement, et non son refus, qui définit la continuité Marx-Engels-Lénine-Trotsky-Barta dont nous nous réclamons.</p>
<p>Comme l'écrivait Trotsky en clôture de *Il faut apprendre à penser* : « Pour mener une juste politique en temps de guerre, il faut apprendre à penser correctement en temps de paix. » La troisième guerre mondiale interimpérialiste a commencé. Il ne reste plus beaucoup de temps de paix pour apprendre.</p>
<p>Fraternellement, sur le terrain commun de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile et de la dictature du prolétariat.</p>
<p>— -</p>
<p>La Voix des Travailleurs</p>
<p>— -</p>
<p>Lire aussi :</p>
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<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/07/vil19150726.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1915/07/vil19150726.html</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/05/lt19380520.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/05/lt19380520.htm</a><br class='autobr' />
<a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/hrrusse/hrr15.htm</a></p>
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<p><a href="https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2888" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/efr_0000-0000_1987_act_95_1_2888</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article3484" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.org/spip.php?article3484</a></p>
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<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8155" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8155</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7973" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7973</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7390</a></p></div>
Forum du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026...
https://matierevolution.org/spip.php?article9610
https://matierevolution.org/spip.php?article96102026-05-31T22:36:00Ztext/htmlfrKarob
<p># Forum du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026 <br class='autobr' />
## Retranscription complète des trois interventions <br class='autobr' />
**Cadre.** Forum tenu au stand accordé par Lutte ouvrière à la Fête de LO 2026. Thème annoncé : *« la nécessité, dans l'intérêt des travailleurs, de construire un front des révolutionnaires dans les élections comme dans les luttes, en toute indépendance de la gauche radicale »*. Trois intervenants de la direction nationale du NPA-R : **Ken** (électromécanicien, NPA-R Stellantis Poissy, (…)</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17615 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/sans_titre-11.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/sans_titre-11-5f106.jpg?1790051048' width='500' height='707' alt='' /></a>
</figure>
</div>
<p># Forum du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026</p>
<p>## Retranscription complète des trois interventions</p>
<p>**Cadre.** Forum tenu au stand accordé par Lutte ouvrière à la Fête de LO 2026. Thème annoncé : *« la nécessité, dans l'intérêt des travailleurs, de construire un front des révolutionnaires dans les élections comme dans les luttes, en toute indépendance de la gauche radicale »*. Trois intervenants de la direction nationale du NPA-R : **Ken** (électromécanicien, NPA-R Stellantis Poissy, SUD), **Gaël Quirante** (postier licencié, porte-parole NPA-R, SUD-PTT 92), **Selma Labi** (porte-parole nationale, conductrice de bus région parisienne, RATP).</p>
<p>— -</p>
<p>Voir la video :</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=yqsd5FNfdRU" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=yqsd5FNfdRU</a></p>
<p>## 0. Présentateur</p>
<p>« Nous tenons à remercier encore une fois les camarades de Lutte ouvrière pour leur accueil, le stand qu'ils nous accordent et la possibilité d'organiser ce forum. Cette année, nous avons choisi de centrer la discussion sur la nécessité — dans l'intérêt des travailleurs et des travailleuses — de construire un front des révolutionnaires dans les élections comme dans les luttes, en toute indépendance de la gauche radicale. Trois camarades de notre direction nationale interviendront : Ken, ouvrier de l'automobile à Stellantis Poissy ; Gaël, postier syndicaliste licencié mais ayant obtenu le droit de continuer à intervenir dans les centres de La Poste ; et enfin Selma Labi, porte-parole nationale, conductrice de bus en région parisienne. Je passe la parole à Ken. »</p>
<p>— -</p>
<p>## 1. Ken (NPA-R / SUD Stellantis Poissy)</p>
<p>Ken se présente : électromécanicien, militant du **NPA-R à Stellantis Poissy** et **militant à SUD**.</p>
<p>**Diagnostic.** Plus de 2 000 salariés (CDI, CDD, sous-traitants internes). La direction cache un plan de fermeture : fin officielle de la production automobile en 2028, prétendu maintien de 1 000 salariés sur « d'autres activités » restées vagues. Ken n'y croit pas (« des menteurs comme nos patrons ») : la production peut s'arrêter avant 2028, le site être vidé en ne gardant que 200 salariés quelques années. Calendrier politique : une fois la **présidentielle de mai 2027** passée, Stellantis « videra l'usine ». En septembre : passage à une seule équipe ( 500), pressions au départ ou mutation à des centaines de kilomètres, indemnités faibles.</p>
<p>**Revendications.** Des « garanties écrites **signées par la direction et contresignées par le gouvernement** » sur : emplois, salaires, pré-retraites, limites de licenciement, formations.</p>
<p>**Méthode interne.** « Mettre de côté les étiquettes syndicales » ; lutte dirigée par les travailleurs, syndiqués ou non ; débrayages.</p>
<p>**Méthode externe.** Sortir de l'isolement, « se montrer à l'extérieur », prendre contact avec d'autres boîtes menacées. Chaîne tissée : Stellantis → MA France (Aulnay) → Valeo (Isère) → Michelin (Cholet) ; sous-traitants directs OP Mobility (Normandie), Forvia, MC Synchro, Lear (Yvelines). Aboutissement : rassemblement du **23 avril, 400 travailleurs** (Stellantis, Forvia, MC Synchro, soutiens Renault), « intervention remarquée de notre syndicat SUD ». À amplifier vers Renault, la chimie, l'électronique, le commerce.</p>
<p>**Conclusion politique.** Seule l'extrême gauche (« le NPA-R **et** Lutte ouvrière ») peut proposer cette coordination ; CGT, PCF, LFI en sont « incapables », « s'y opposent même » : impasses électorales/parlementaires, nationalisme économique, projets industriels bidon. « C'est la seule manière de se faire craindre du patronat et de gagner. »</p>
<p>— -</p>
<p>## 2. Gaël Quirante (NPA-R / SUD-PTT 92)</p>
<p>« Insister sur les remerciements à Lutte ouvrière n'est pas pure rhétorique : cette fête permet à l'ensemble de la gauche révolutionnaire de débattre librement. C'est une des fêtes les plus importantes de la gauche révolutionnaire au niveau européen ; même sans être membre de LO, on peut juger ce moment important pour le débat entre révolutionnaires.</p>
<p>Vous me direz : c'est pour ça que le NPA-R a proposé, à son dernier CPN, une campagne commune à la présidentielle avec pour candidate Nathalie Arthaud. Mais les raisons sont plus profondes. Des tweetos malicieux ont dit : "le NPA-R fait une proposition qui sera à nouveau refusée." Vous avez raison — on l'a faite aux municipales, aux européennes, aux législatives. Et on va tuer le suspense : on ne va pas arrêter. On ne cessera pas de proposer l'unité des révolutionnaires, parce que la situation — la guerre sociale et la guerre tout court — l'exige. Non par défensive, mais pour des raisons politiques : une proximité politique et programmatique.</p>
<p>Nous mettons au centre la classe ouvrière, l'indépendance de classe, l'implantation ouvrière. Sans la mise en mouvement des travailleurs, rien ne tourne ; c'est la classe ouvrière qui a la force et la responsabilité historique d'en finir avec l'exploitation. Nous assumons pleinement une perspective révolutionnaire, une société communiste, les idées communistes révolutionnaires, le trotskysme. Cette proximité n'est pas le fruit du hasard : le NPA-R est l'expression, à petite échelle, d'une fusion de camarades venant des deux traditions du trotskysme en France — la LCR et Lutte ouvrière. Prenons le meilleur des courants révolutionnaires et fusionnons, non pour la concurrence mais pour défendre une nouvelle tradition. Cette proximité, vérifiée dans les élections récentes, c'est aussi ne pas jouer à la petite gauche institutionnelle ou "fût-elle radicale" avec un programme électoraliste, la petite mesurette. Nous avons défendu en commun que tout était possible par nos luttes, nos grèves, leur généralisation, les occupations — sans mentir sur le rapport de force.</p>
<p>Quand LO, pour justifier qu'il n'y aurait pas besoin de faire ensemble, alourdit le trait sur les reculs : évidemment qu'on n'a pas un boulevard, qu'on n'est pas en 68. Mais ce qui manque, ce ne sont pas les luttes, ce sont des militants révolutionnaires communistes capables d'y intervenir et d'empêcher qu'elles restent isolées. La situation peut changer à tout moment. Le mouvement des retraites n'a pas été victorieux, mais il a permis d'accumuler des expériences et de montrer la force des travailleurs — y compris vis-à-vis de l'extrême droite : quand les travailleurs se mettent en mouvement, l'extrême droite ferme son clapet, bien plus qu'à n'importe quel moment électoral où la gauche institutionnelle, fût-elle radicale, nous appelle aux multiples barrages républicains.</p>
<p>Quand nous défendons des revendications, ce n'est pas un programme électoral municipaliste ou pour les législatives : ce sont des mesures de lutte, un programme de lutte où l'on dit la vérité, avec toutes ses difficultés. Sans mouvement d'ensemble, sans prise en main par les travailleurs, rien ne changera. Notre rôle n'est pas de dire "votez pour nous pour régler vos problèmes". Même face à la police : notre problème, ce n'est pas qu'ils aient des LBD, ce ne serait pas de dire "il faut les désarmer". On est marxistes, révolutionnaires : l'État capitaliste, c'est une bande d'hommes armés. Cette police sert avant tout les intérêts des capitalistes ; il faut en finir avec cette logique. Dire qu'on en finira avec la police de classe en lui retirant une arme, c'est comme dire qu'on en finira avec l'exploitation en gardant des patrons "de gauche" — non, ça maintient l'exploitation et la domination par les armes, propres au capitalisme.</p>
<p>On a porté ces éléments ensemble — mais séparément. Cette logique du "on additionne nos résultats"… nous disons que rien ne nous cantonne à une marginalité électorale. Une campagne commune proposée par deux organisations révolutionnaires, ça ferait un changement, ça montrerait la capacité d'organisations proches à prendre au sérieux ce qu'elles disent. Si on dit qu'il y a une guerre sociale et une guerre tout court, si on décrit l'offensive de l'impérialisme dominant — et qu'on y va séparément… L'histoire nous oblige à tisser ces liens politiques et organisationnels. Sinon on laisse le nationalisme l'emporter, on laisse Mélenchon faire l'ode au PDG de Dassault, alors qu'on pourrait disputer ensemble ce combat.</p>
<p>Les camarades de LO vont nous dire "bonne chance, obtenez vos parrainages" — et on le fera, on se donnera les moyens d'être présents à cette présidentielle, parce que ce discours porte bien au-delà des militants et des votants de la gauche révolutionnaire. Le 10 septembre nous est tombé sur le coin du bec : quand Bayrou a annoncé retirer des jours fériés, un mécontentement fort s'est installé tout l'été, d'où la nécessité du blocage de l'économie autour du 10 septembre, qui a politisé des travailleurs et des jeunes. Ces explosions sociales sont devant nous. L'unité d'action entre révolutionnaires est essentielle, dans nos entreprises, nos lieux d'étude. On l'a fait à Paris le 17 avril contre la guerre impérialiste. **Dans le cadre de la rivalité interimpérialiste menée par les États-Unis, une discussion est menée avec le Parti des travailleurs, le NPA-R et l'UCL pour une manifestation en juin.** Il faut relayer ce type d'initiative. Contre la répression, plusieurs syndicats et députés ont défendu qu'il faut s'opposer à toute répression ; c'est à nous de construire ces initiatives.</p>
<p>Je termine : LO refuse aujourd'hui, comme en 2002. Elle nous écrit que c'était justifié parce que la direction de la Ligue avait appelé à voter Chirac de manière fourbe. Ça tombe bien : aucun des camarades aujourd'hui au NPA-R n'a mené cette politique — ce qui n'a pas empêché des listes communes régionales en 2004. Soyons sérieux : on peut faire ensemble, il faut le faire ensemble, la situation l'exige. On le proposera pour la présidentielle, et tenez-vous prêts, on le proposera aussi aux prochaines législatives. »</p>
<p>— -</p>
<p>## 3. Selma Labi (porte-parole nationale, NPA-R / RATP)</p>
<p>« Salut. Je veux remercier chaleureusement les camarades de Lutte ouvrière de faire vivre, une fois par an, ce pôle des révolutionnaires à l'occasion de la fête — pour les 3 ans d'existence du NPA-R, entre rupture et continuité.</p>
<p>"Pôle des révolutionnaires" : à force, on pourrait croire que c'est notre mantra, une croyance, comme nous le dit LO dans son courrier. On rappelle qu'on est communistes, révolutionnaires, trotskystes, attachés au matérialisme dialectique, pas aux croyances. Ce n'est pas une façon de se tenir au chaud entre convaincus : c'est une proposition pour raisonner au-delà de nous-mêmes et de nos milieux respectifs, vers des objectifs de lutte d'ensemble pour notre classe. Cette proposition découle de notre analyse de la situation.</p>
<p>Quelle situation ? Des concurrences économiques accrues qui tournent à la guerre économique entre grandes puissances impérialistes, menée sur la peau des travailleurs, premières victimes ; des guerres économiques qui se transforment en guerres tout court contre les peuples : Palestine, Liban, Iran, Ukraine, mais aussi Congo, Afghanistan, Soudan, peut-être bientôt Cuba. Des guerres impérialistes pour l'accaparement des ressources, qui puent le pétrole, le gaz, les terres rares. Le principal fauteur de guerre, c'est l'impérialisme américain — le principal, pas le seul : en Europe, c'est le régime capitaliste russe de Poutine qui tente d'annexer l'Ukraine. Mais l'Amérique reste le principal, un impérialisme dont la domination est contestée et qui emploie les moyens les plus sordides pour maintenir sa mainmise.</p>
<p>Le principal — mais celui que nous visons ici en priorité, c'est son allié : **l'impérialisme français de seconde zone**. C'est l'impérialisme français qu'on vise en priorité, parce que l'ennemi principal est dans notre propre pays, et que l'État français sert les plus grands groupes capitalistes français, qui exploitent ici et sur toute la planète, y compris dans les colonies — Mayotte, les Antilles, la Kanaky, l'Afrique. Cette montée du militarisme s'accompagne d'une propagande nationaliste pour faire avaler aux travailleurs qu'ils paient déjà la facture et qu'on les prépare à mourir pour la patrie — autrement dit pour la prospérité de la bourgeoisie nationale. La France n'est pas encore engagée dans une guerre de haute intensité mobilisant des centaines de milliers de soldats — on n'en est pas là. Mais son armée régulière n'a jamais cessé de semer le chaos, notamment en Afrique, et réprime dans le sang quand les peuples se révoltent, comme en Kanaky il y a deux ans. On nous prépare à plus, quand on donne la parole à des colonels qui nous demandent de faire des gosses pour servir de chair à canon.</p>
<p>Qui s'y oppose dans le champ politique ? La semaine dernière, l'arc républicain, du PS au RN, a voté en chœur 36 milliards de plus pour un budget militaire déjà record d'ici 2030. Certains partis de gauche ont voté contre — mais regardons les arguments. Est-ce de l'antimilitarisme ? Non. S'agit-il d'affaiblir notre propre bourgeoisie, notre ennemi ? Non plus. Est-ce au nom de l'internationalisme ? Et puis quoi encore — non, tout ça c'est au nom de l'indépendance de la France et de sa défense. C'est Manuel Bompard qui le dit. Pour cette gauche qui se dit radicale mais surtout pas d'extrême gauche — et on les rassure, ils ne sont pas d'extrême gauche — ce n'est pas le budget militaire le problème, c'est "la stratégie de l'impérialisme français" que Mélenchon prétend défendre, comme il dit, sur les cinq continents.</p>
<p>Dans cette situation, qui d'autre que l'extrême gauche va enfoncer ce clou, appuyer la contradiction entre l'affichage pacifiste de la gauche et sa responsabilité historique vis-à-vis de la bourgeoisie impérialiste ? **Est-ce que par exemple — Gaël en a parlé — l'initiative du Parti des travailleurs d'un rassemblement des révolutionnaires contre les guerres impérialistes, qu'on propose à nouveau fin juin, qui dénonce notre propre impérialisme et qui assume des perspectives clairement internationalistes : est-ce qu'on pense que c'est un petit pas pour qu'une autre issue se démarque ?** On assume, on pense que oui. Deux rassemblements et des discussions entre révolutionnaires, ça ne va pas menacer Macron et l'impérialisme français, évidemment. Mais c'est un point d'appui, un point d'accroche, un point de rendez-vous pour celles et ceux qui ne sont pas résignés et qui veulent exprimer leur colère dans un cadre clair. C'est aussi une aide pour discuter avec nos collègues, nos amis, nos voisins, avec celles et ceux qui sont plus loin de nos idées, qui sont aussi un peu perdus. Défendre nos idées ensemble, même avec leurs nuances, ça aide à rendre nos perspectives communistes révolutionnaires plus crédibles.</p>
<p>Le pôle des révolutionnaires, on cherche à le construire pour qu'une ligne claire et nette se dessine, une perspective au-delà de tous ceux et celles qui aspirent à gérer le système capitaliste — y compris la gauche. Parce que cette gauche ne s'en prend jamais au pouvoir du patronat. Alors que le capitalisme nous emmène dans une nouvelle crise, financière probablement doublée d'un choc pétrolier, que nous promet la France insoumise ? Une économie verte pour sortir de la dépendance au pétrole, et plus de réglementation du secteur financier. Et quand Mélenchon s'intéresse aux usines d'armement, c'est pour aller discuter avec Trappier, le PDG de Dassault, pas pour aller discuter avec les travailleurs du secteur. Quand Sophie Binet de la CGT et les autres directions syndicales s'inquiètent des fermetures d'usine, c'est pour aller parler de plan industriel aux ministres macronistes de l'industrie et au patronat — avec leur pitoyable salon Made in France — pas pour aller parler aux travailleurs dont les emplois sont menacés.</p>
<p>**Ken l'a bien dit, dans ce contexte les travailleurs ne se sentent peut-être pas forcément de se mettre en bagarre pour aller chercher, au-delà de garanties face aux fermetures. Les garanties, c'est déjà nécessaire ; et si les travailleurs sont prêts à se battre même pour discuter du montant des indemnités de départ, évidemment on sera totalement solidaires et partie prenante de cette lutte. Mais ces mots d'ordre évoluent, ils peuvent évoluer, ils sont dépendants d'un rapport de force.** Et qui d'autre que les révolutionnaires pour défendre la perspective face aux restructurations qu'organise le patronat : une lutte d'ensemble pour l'**interdiction des licenciements**, pour dire non aux fermetures d'usine, pour dire que c'est aux patrons de payer leur politique avec leur profit, et pas aux travailleurs.</p>
<p>On peut se poser le problème de ce qui manque aux travailleurs qui baissent la tête et ne se sentent pas la force de se battre. On voudrait aussi prendre le problème dans l'autre sens : qu'est-ce qui a manqué aux travailleurs qui ont relevé la tête et se sont battus ? À ceux-là, on pense qu'il leur a manqué, entre autres, une autre perspective que celle défendue par les centrales syndicales ou par la gauche — d'autres perspectives que celle de tenir dans sa tôle face à un patronat de combat qui mène, avec l'aide de l'État, une politique de division des travailleurs. Cette politique de s'adresser à d'autres, de faire que les travailleurs décident par eux-mêmes : on la défend chacun de notre côté, mais ce serait autre chose de le faire ensemble.</p>
<p>Autre exemple : on sort de période de NaO, négociations annuelles obligatoires. Dans beaucoup d'entreprises, ça a été la bulle ou la bulle avec une virgule, rien qui permette de vivre. Mais sur les salaires il y a eu des luttes : SXI, les ateliers de la RATP, et d'autres. On a chacun tenté de faire connaître ces luttes, d'en parler dans nos journaux, souvent sur les mêmes entreprises. Pour défendre que les travailleurs doivent décider par eux-mêmes de leurs revendications ; pour défendre le piège que sont les NaO — on négocie chacun dans sa boîte face à son patron, avec un petit budget déjà préparé en amont, alors que tous les travailleurs sont dans la même merde ; pour proposer aux collègues en bagarre d'aller s'adresser à d'autres : bien sûr que ce sont les révolutionnaires, pour défendre la nécessité d'une bagarre générale pour les salaires et contre les licenciements, pour reprendre les termes du camarade de Lutte ouvrière de l'automobile dans l'Est dans son intervention radio de la semaine dernière.</p>
<p>Moi je bosse dans le transport, aujourd'hui à la RATP. Demain, au 1er août, je serai chez Keolis, parce que les travailleurs des transports en région parisienne ont fait les frais d'une vieille politique du patronat — la division — déjà à l'œuvre quasiment partout, maintenant en cours à la RATP et à la SNCF, pour que chacun soit bien gardé dans son entreprise. Dans le transport, c'est vraiment visible : rien que dans l'année, combien de travailleurs ont fermé leurs dépôts par la grève en grande couronne pour défendre leurs conditions de travail et leur salaire, et combien se sont retrouvés isolés face à leur patron qui jouait la montre, et combien ont cherché des perspectives pour gagner ?</p>
<p>Face aux politiques de division, on pense que les révolutionnaires ensemble pourraient être force de proposition, jusqu'à faire que des travailleurs se rencontrent, discutent, créent des liens précieux dans les luttes à venir. Ce serait une force, plutôt que de défendre ça chacun dans son entreprise, ce serait une force et un appui de le faire en commun dans le cadre d'un pôle des révolutionnaires.</p>
<p>Ce pôle, oui, c'est pour se faire entendre — on est convaincus que, dans ce cadre, 1 + 1 pourrait faire plus que 2. Évidemment on le défend aussi dans le cadre des campagnes électorales. Dans leur réponse à notre proposition, LO prétend que rien n'indique qu'on ferait ensemble plus de voix que la somme de nos scores séparés. C'est vrai, personne ne peut l'affirmer. Mais qui peut nier que ça répondrait à une certaine aspiration à l'unité qu'on entend de partout, en conservant une délimitation stricte avec la gauche institutionnelle et nationaliste, fût-elle radicale comme la France insoumise ? Ce serait un facteur de clarification politique. Ça permettrait peut-être à des travailleurs de s'y retrouver. Est-ce qu'ils voteront plus pour nous ? Je n'en sais rien. Peut-être qu'ils resteront prisonniers du vote utile ou du découragement. Mais peut-être que certains viendraient à des meetings s'ils sont communs. Rien que ça, même si ce ne sont pas, comme nous dit LO dans sa lettre, des centaines de milliers qui deviendraient révolutionnaires, ce serait une avancée pour nos idées, un petit pas modeste pour le rapport de force, mais un petit pas. Parce que franchement, on ne marquera pas de points les uns contre les autres, et on ne marquera pas de points les uns indépendamment des autres.</p>
<p>LO nous répond aussi qu'il n'y a pas d'enjeu à l'unité pour les présidentielles parce qu'il n'y a pas d'élus possibles. On a fait la même proposition aux dernières municipales, aux législatives, aux européennes — même réponse. À force de faire feu de tout bois pour refuser une proposition difficile à refuser, les camarades en viennent à se contredire. On prend acte une nouvelle fois du refus de LO. On maintient la proposition. Le NPA-R se donnera les moyens de présenter une candidature aux prochaines présidentielles, pour mener une campagne qui s'adresse à notre classe, pour se faire l'écho des luttes, pour lutter contre toutes les idées d'extrême droite qui sont défendues bien au-delà de l'extrême droite. Le NPA-R va mener cette campagne, va se donner les moyens d'y être comme aux européennes, aux législatives, aux municipales — y compris pour défendre que les révolutionnaires soient unis dans cette période. Ce ne sera pas facile, mais c'est un combat qu'on va mener, parce que le NPA-R c'est aussi tous les militants qui ont défendu, face à l'ancienne direction du NPA, que la perspective face à la montée de l'extrême droite et à l'offensive du patronat, ce n'est pas de s'effacer derrière la gauche, c'est de se donner les moyens d'exister pour combattre les illusions qu'elle entretient et le terreau qu'elle donne à l'extrême droite par tous ses échecs. Donc on aura les moyens d'être présents. »</p>
<p>— -</p>
<p># Les questions que le NPA Révolutionnaires ne se pose pas</p>
<p>*À propos du panel de la direction nationale du NPA-R à la Fête de Lutte ouvrière 2026*</p>
<p>— -</p>
<p>À la Fête de Lutte ouvrière 2026, le NPA Révolutionnaires a tenu un forum sur le thème : *« construire un front des révolutionnaires dans les élections comme dans les luttes, en toute indépendance de la gauche radicale »*. Trois intervenants de sa direction nationale ont pris la parole : un militant ouvrier de l'automobile, un porte-parole syndicaliste licencié et une porte-parole nationale conductrice de bus en région parisienne.</p>
<p>Nous les avons écoutés.</p>
<p>À la lecture de leurs interventions, ce qui frappe n'est pas ce qu'ils ont dit. C'est ce qu'ils n'ont pas dit. Ce qu'ils n'ont, à aucun moment, posé. Un courant politique se juge à ce qu'il évacue autant qu'à ce qu'il proclame.</p>
<p>Voici les questions que le NPA Révolutionnaires ne se pose pas.</p>
<p>— -</p>
<p>**Quelle est la situation du capitalisme ?** Ils ne se posent pas la question.</p>
<p>**Quelles sont les perspectives pour les classes possédantes ?** Ils ne se posent pas la question.</p>
<p>**Quel est le programme qui caractérise actuellement les révolutionnaires ?** Ils ne se posent pas la question.</p>
<p>**Quelles sont les armes des travailleurs face à la guerre, face au fascisme, face à la dictature, face à la barbarie qui monte ?** Ils ne se posent pas la question.</p>
<p>**Comment frapper l'impérialisme, comment frapper l'État, comment saper la guerre, comment démoraliser l'armée, comment profiter des faiblesses de l'adversaire — et quelles sont-elles ?** Ils ne se posent pas la question. *Le mot défaitisme révolutionnaire ne vient même pas à leur bouche.*</p>
<p>**De quelle manière les travailleurs révolutionnaires doivent-ils s'organiser ?** *Le mot soviets ne vient même pas à la bouche de ces prétendus léninistes.*</p>
<p>**Quelle politique criminelle de votre propre impérialisme combattez-vous en ce moment ?** Ils ne se posent même pas la question.</p>
<p>**Quelle stratégie de lutte proposez-vous aux travailleurs, et que les bureaucraties syndicales rejettent systématiquement ?** Ils ne se posent même pas la question.</p>
<p>— -</p>
<p>## L'unité qu'ils prônent — et celle qu'ils ne prônent pas</p>
<p>Ils ont souvent à la bouche le mot d'« unité ». Mais leur unité — celle qu'ils appellent « unité des révolutionnaires » — ils ne l'ont pas prônée avec ceux qui se battaient avec un gilet jaune. Pourtant, c'était cela, l'unité des travailleurs.</p>
<p>Quand la classe se tait et se laisse encadrer par l'horizon républicain, ils réclament l'unité. Quand la classe se met en mouvement réel, hors des partis, hors des appareils, dans la rue, ils ne la posent pas.</p>
<p>## Politique et syndicalisme : la confusion qu'ils entretiennent</p>
<p>Ils se disent militants politiques et syndicaux au même titre.</p>
<p>Les révolutionnaires marxistes, léninistes et trotskystes ne le font pas. Ils défendent l'idée que **le syndicalisme s'accommode de la société, et que la politique révolutionnaire veut renverser le vieux monde.** Les deux registres ne sont ni identiques, ni hiérarchisables : ils sont qualitativement distincts.</p>
<p>La méthode bolchevique consiste à porter, à l'intérieur du syndicat, une **fraction politique révolutionnaire publique**, avec son propre organe, son propre programme, son indépendance publique. Aucune des interventions de la direction nationale du NPA Révolutionnaires ne pose cette question. Tous se présentent *au nom de leur syndicat* — pas au nom des militants communistes organisés en fraction à l'intérieur du syndicat.</p>
<p>## L'auto-organisation invoquée, l'auto-organisation refusée</p>
<p>Ils disent vouloir que les travailleurs, syndiqués et non-syndiqués, organisent eux-mêmes leurs luttes.</p>
<p>Mais en réalité, ils se font les militants des appels des intersyndicales bureaucratiques, totalement et virulemment opposées à l'auto-organisation des travailleurs. Pas un mot, dans le panel, sur le comité de grève élu en assemblée générale souveraine, sur le mandat révocable à tout instant, sur l'organe ouvrier propre, sur la coordination des AG par-dessus les directions syndicales. Le mot d'ordre flotte sans architecture.</p>
<p>— -</p>
<p>## Le test</p>
<p>*Quelle stratégie proposez-vous aux travailleurs, et que les bureaucraties syndicales rejettent systématiquement ?* — c'est la question qui discrimine.</p>
<p>Une politique révolutionnaire se reconnaît à ceci : **les bureaucraties la combattent.** Si la stratégie qu'on propose ne déclenche pas le refus structuré des appareils, c'est qu'elle leur convient.</p>
<p>Or les coordinations inter-boîtes que propose le NPA-R, les manifestations qu'il co-signe, les meetings qu'il appelle à tenir en commun, les candidatures qu'il propose : rien de tout cela ne provoque le refus des appareils. Tout cela leur convient.</p>
<p>Ce qui ne leur convient pas — ce qu'ils combattent systématiquement — c'est :</p>
<p><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> la fraction révolutionnaire publique distincte du syndicat ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> le comité de grève élu en AG souveraine, autonome de l'appareil ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> l'expropriation sans indemnité ni rachat de l'industrie d'armement, sous contrôle ouvrier ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> le refus de produire des armes et la reconversion industrielle décidée par les travailleurs eux-mêmes ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> les comités de soldats et le droit de refus d'ordre ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> la défaite de son propre gouvernement posée ouvertement comme mot d'ordre ;
<br /><span class="spip-puce ltr"><b>–</b></span> l'Internationale ouvrière révolutionnaire à reconstruire.</p>
<p>Aucun de ces mots d'ordre n'a été prononcé par les trois intervenants de la direction nationale du NPA Révolutionnaires à la Fête de Lutte ouvrière 2026.</p>
<p>Le mot **défaitisme révolutionnaire** ne vient pas à leur bouche.</p>
<p>Le mot **soviets** ne vient pas à leur bouche.</p>
<p>Voilà ce qu'il fallait dire et qu'ils ne diront pas.</p>
<p>Concluons par la liste des copains du NPA-R :</p>
<p><a href="https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1</a></p></div>
NPA-R : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale
https://matierevolution.org/spip.php?article9592
https://matierevolution.org/spip.php?article95922026-05-30T22:21:00Ztext/htmlfrKarobGuerre War
<p>NPA-R, édito du 18 mai 2026 : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale <br class='autobr' />
Le NPA-Révolutionnaires publie son éditorial à la veille du vote de la Loi de programmation militaire. <br class='autobr' />
Source : https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/ <br class='autobr' />
L'article reconnaît, dans son premier paragraphe, que les 436 milliards d'euros de la LPM *« alimentent une course mondiale aux armements et participent à la menace qu'éclate dans un horizon pas si lointain (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_17548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000065794.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/1000065794-fa8af.jpg?1790051048' width='500' height='707' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_17550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000065826.png' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png"> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/1000065826-624f1.jpg?1790051048' width='500' height='707' alt='' /></a>
</figure>
</div><h2 class="spip">NPA-R, édito du 18 mai 2026 : la guerre mondiale dissoute dans une revendication salariale</h2>
<p>Le NPA-Révolutionnaires publie son éditorial à la veille du vote de la Loi de programmation militaire.</p>
<p>Source : <a href="https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://npa-revolutionnaires.org/preparons-nous-a-nous-battre-pour-nos-salaires/</a></p>
<p>L'article reconnaît, dans son premier paragraphe, que les 436 milliards d'euros de la LPM *« alimentent une course mondiale aux armements et participent à la menace qu'éclate dans un horizon pas si lointain une guerre d'envergure ».* La montagne est posée. Six paragraphes plus loin, elle a accouché d'une souris : la seule revendication concrète de l'édito est une augmentation de salaire de 400 euros mensuels et un Smic à 2 000 euros net. Entre la menace de guerre mondiale et la fiche de paie, rien. Pas une ligne pour dire comment le prolétariat de France peut arrêter la machine impérialiste française. Pas une consigne. Pas un programme. L'économisme à l'état pur.</p>
<p>## L'impérialisme français escamoté</p>
<p>L'édito désigne l'adversaire : Trump. *« Vivre dans un pays allié de Trump, ça coûte cher. »* *« Ses sales guerres au Moyen-Orient. »* *« Par sa faute. »* La guerre contre l'Iran est qualifiée d'« américano-israélienne » et le porte-avions Charles de Gaulle se contente de faire des « ronds dans l'eau en appui » — choix de mots qui transforme un acte d'agression impérialiste française en suivisme passif, en figuration. La bourgeoisie française n'est pas l'adversaire principal de l'édito. Elle n'apparaît qu'en clause subordonnée, sous la formule générique des « grandes entreprises françaises ». Thales, Dassault, MBDA, Naval Group, KNDS, Airbus Defence and Space, qui empochent les 36 milliards de rallonge votés ce mardi 19 mai, ne sont pas nommés une seule fois.</p>
<p>C'est la position invariante de Lutte Ouvrière, et le NPA-R la reproduit fidèlement : la France serait un impérialisme de seconde zone, un allié, un suiveur. Cette formule n'est pas une variante secondaire du marxisme. C'est l'opérateur kautskyste de l'ultra-impérialisme, dénoncé par Lénine en 1915 dans *L'impérialisme, stade suprême du capitalisme* : transformer les rapports inter-impérialistes en hiérarchie pacifique de dominants et dominés, gommer la concurrence réelle, et déplacer toute la critique sur la puissance hégémonique pour épargner sa propre bourgeoisie. La France remplit pourtant les cinq critères léninistes de l'impérialisme : capital financier dominant, fusion capital bancaire-industriel, exportation de capitaux, partage du monde entre groupes monopolistes nationaux, partage territorial achevé et constamment redéployé.</p>
<p>## Ce que l'édito ne dit pas : l'Afrique en mouvement</p>
<p>Et c'est précisément sur ce dernier point — le partage territorial constamment redéployé — que le silence du NPA-R devient assourdissant. Pas un mot sur le Mali. Pas un mot sur le Burkina Faso. Pas un mot sur le Niger. Pas un mot sur les événements de Kidal du 26 avril 2026, qui scellent le recul francophone au Sahel. Pas un mot sur la chaîne d'intervention par procuration que la bourgeoisie française met en œuvre pour compenser ce recul : opérations clandestines du renseignement militaire ukrainien (GUR) au Sahel, formation et armement par Paris des Forces Libres Africaines (FLA) contre les juntes de Bamako, Ouagadougou et Niamey. La France a transféré le sale boulot à un proxy — l'Ukraine, qu'elle finance par ailleurs — pendant que l'édito du NPA-R parle du *« pillage des pays pauvres par les pays riches »* comme on récitait un catéchisme avant 1914. Abstraction généralisante, identique à celle qui permit aux socialistes français de voter les crédits de guerre en août 1914 : le pillage est l'œuvre de tous les pays riches en général, donc de personne en particulier, donc pas spécifiquement de la bourgeoisie française.</p>
<p>Et pas un mot, surtout, sur la séquence qui se déroule sous les yeux du NPA-R : Macron vient de sortir d'un déplacement africain — Nairobi, 23 milliards d'euros d'engagements, partenariat avec le Kenya, ATIDI, prise de position de CMA CGM sur le port de Mombasa — qui n'est pas l'agonie d'un empire mais le redéploiement actif d'un impérialisme de plein exercice depuis la zone francophone vers la zone anglophone du continent. Ce n'est pas une défaite française : c'est une recomposition. Et ce redéploiement, qui mobilise précisément les capitaux, l'armement, la diplomatie et les forces auxquels la LPM votée le 19 mai apporte 36 milliards de plus, n'apparaît nulle part dans l'éditorial. Tout se passe comme si la guerre se déroulait quelque part — au Moyen-Orient, dans l'imaginaire d'un Trump tout-puissant — mais jamais en Afrique, jamais sous direction française, jamais à portée d'une grève de dockers à Marseille, d'un blocage à l'aéroport militaire d'Évreux, d'un appel aux soldats du 1er RHP de Tarbes ou aux marins de Toulon. Une analyse de la guerre qui passe à côté du redéploiement africain de l'impérialisme français en mai 2026, c'est une analyse qui demande à être contournée.</p>
<p>## Ce que l'édito refuse de dire</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire — *porazhenchestvo* de Lénine, repris par Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, transmis par Barta — exige cinq positions cumulatives : nommer sa propre bourgeoisie comme adversaire principal, appeler à la défaite militaire de son propre gouvernement, exiger l'expropriation sans indemnité de l'industrie d'armement nationale, appeler à la constitution de comités de soldats avec droit de refus d'ordres, et articuler le tout à la dictature du prolétariat et à l'Internationale à reconstruire. L'édito du NPA-R ne valide aucune de ces cinq positions. Pas un appel aux marins du Charles de Gaulle. Pas un appel aux dockers de Toulon ou de Marseille pour refuser de charger les obus à destination du Sahel ou du Levant. Pas un appel aux ouvriers de Roanne, Bourges, Saint-Chamond, Marignane, Bordes pour bloquer la production d'armement. Pas un appel à la fraternisation avec les soldats iraniens, les ouvriers de Téhéran ou de Tabriz, ni avec les populations maliennes, burkinabées, nigériennes en lutte contre la recomposition impérialiste qui les vise. Pas un mot sur l'expropriation de Thales et Dassault. Pas un mot sur l'Internationale.</p>
<p>L'édito ne sort pas du cadre national de la négociation salariale. Il ne pose à aucun moment la question : comment empêcher matériellement le départ d'un convoi d'armes, le décollage d'un Rafale chargé, l'appareillage d'un bâtiment de guerre, l'embarquement d'un instructeur militaire vers Kiev ou vers Nairobi ? Ce silence n'est pas un oubli. C'est la position.</p>
<p>## La fausse auto-organisation</p>
<p>L'édito conclut : *« rien ne nous empêche d'organiser, à la base, une lutte qui s'étende partout où les bas salaires sévissent. »* Formule centriste classique. La fraction révolutionnaire dans les syndicats existants, méthode Barta dans la CGT des années 1940, n'est pas posée. La construction du parti embryonnaire, section française d'une Internationale à reconstruire, n'est pas posée. Le Front Unique Prolétarien comme stratégie d'unité du prolétariat sur son propre terrain de classe n'est pas posé. L'« organisation à la base » sans aucun de ces leviers concrets n'est pas l'auto-organisation prolétarienne : c'est l'invocation d'une spontanéité abstraite, qui dispense de poser la question du programme et de l'organisation. Les directions syndicales confédérales — CGT, FO, FSU, Solidaires — qui se taisent sur la LPM, qui votent ou laissent voter dans leurs branches les productions militaires, ne sont pas nommées. Le silence sur la chaîne Marignane-Bordes-Bourges-Saint-Chamond protège les bureaucraties syndicales en même temps qu'il protège la bourgeoisie française.</p>
<p>Et pendant que l'édito explique qu'« il ne sert à rien d'attendre 2027 », la page d'accueil du même site, le même jour, met « à la une » une vidéo titrée *« Le NPA Révolutionnaires sera présent aux élections présidentielles de 2027 ! »*, doublée d'un article complet — *« Présidentielles 2027 : le NPA-R s'engage dans une campagne ouvrière et révolutionnaire »* — qui théorise par le détail les modalités de cette candidature. La phraséologie anti-électoraliste de l'édito recouvre la pratique électoraliste effective affichée à dix centimètres au-dessus. Contradiction de centriste, jamais théorisée, jamais expliquée aux lecteurs : on leur dit dans l'édito que la présidentielle est un piège — et on les invite, sur la même page, à soutenir la candidature NPA-R à cette même présidentielle. Le centrisme parle deux langues simultanément parce qu'il vit deux pratiques simultanément, l'une révolutionnaire en mots, l'autre réformiste en actes.</p>
<p>## Le même jour, à l'autre bout du même mensonge : Lutte Ouvrière</p>
<p>Et il y a plus comique encore. Le même 18 mai 2026, Nathalie Arthaud signe pour Lutte Ouvrière un éditorial qui dénigre « le cirque présidentiel », « la comédie dont il ne faut rien attendre », et appelle les travailleurs à se détourner des urnes pour « s'organiser pour mener la lutte de classe ». Pas une ligne pour préciser qu'Arthaud sera elle-même candidate à cette présidentielle de 2027. Pas un mot. Côté NPA-R : édito anti-élections, et sur la même page d'accueil une vidéo « À la une » et un article complet annonçant la candidature pour 2027. Côté LO : édito anti-élections signé par la candidate elle-même, qui se garde bien de le dire. Deux éditos synchrones, deux postures identiques : *l'électoralisme honteux*. On dénigre publiquement les urnes pour rassurer la base militante sur la pureté révolutionnaire, et on s'y présente quand même pour ne pas perdre la subvention publique, la profession de foi distribuée à tous les foyers, le temps d'antenne, et le rituel groupusculaire qui tient lieu d'horizon stratégique depuis quarante ans. Mieux : l'article du NPA-R sur 2027 propose explicitement une campagne commune à Lutte Ouvrière — proposition que LO aurait annoncé refuser. Symétrie parfaite, fusion programmée puis manquée — sur la base d'un programme inexistant des deux côtés, soudés non par une stratégie mais par cette même incapacité à articuler candidature et révolution autrement que par le mensonge à leurs propres lecteurs. Lénine en 1920, dans *La maladie infantile du communisme*, distinguait la position léniniste de l'abstentionnisme : utilisation de la tribune parlementaire bourgeoise *et* construction simultanée des soviets. LO et le NPA-R pratiquent la moitié électoraliste de l'équation tout en répudiant verbalement le terrain électoral. C'est l'inversion exacte du léninisme : la tribune sans les soviets, et la dénégation de la tribune par-dessus le marché.</p>
<p>## La position objective</p>
<p>Reconnaître la menace de guerre mondiale et conclure par une revendication salariale, c'est désarmer le prolétariat devant la guerre. C'est lui dire qu'il peut réclamer son dû sans poser la question du pouvoir, sans poser la question de l'armement, sans poser la question de l'État, sans poser la question des opérations clandestines françaises au Sahel, sans poser la question du redéploiement vers Nairobi. C'est lui interdire d'utiliser sa position de classe productrice — y compris dans les usines d'armement, sur les bases militaires, dans les ports, sur les voies de chemin de fer qui transportent les obus, dans les aéroports militaires qui acheminent les conseillers — pour stopper la guerre impérialiste française. C'est, objectivement, une position sociale-chauvine : compatible avec la marche à la guerre du capital français, parce qu'elle ne pose aucun acte qui pourrait l'enrayer.</p>
<p>La revendication des 400 euros est juste. Elle est nécessaire. Mais sans l'échelle mobile des salaires indexée sur les prix calculés par contrôle ouvrier, sans l'échelle mobile des heures, sans la confiscation des gros capitaux et l'expropriation sans indemnité des industries d'armement, sans le défaitisme révolutionnaire intégral devant la guerre d'Iran, la LPM, l'intervention par procuration au Sahel et la recomposition vers l'Afrique anglophone, elle est une lutte d'arrière-garde présentée comme avant-garde. La montagne du 19 mai 2026 — vote de 36 milliards de plus pour tuer — méritait autre chose qu'une souris salariale.</p>
<p># Premier mensonge du NPA-R : « c'est la faute de Trump »</p>
<p>**Brève — édito NPA-Révolutionnaires du 18 mai 2026**</p>
<p>Le NPA-Révolutionnaires sort le 18 mai 2026 un éditorial qui, le jour où l'Assemblée s'apprête à voter 36 milliards de rallonge à la Loi de programmation militaire, désigne au prolétariat français un seul et unique responsable : Donald Trump. *« Vivre dans un pays allié de Trump, ça coûte cher. »* *« Trump fait payer au monde entier ses sales guerres au Moyen-Orient. »* *« Par sa faute, de plus en plus de pays sont confrontés aux pénuries d'électricité. »* Toute la chaîne causale — la guerre, les pénuries d'énergie, les pénuries alimentaires, les licenciements, l'inflation, jusqu'au panier de courses du supermarché — est imputée à un homme : le président des États-Unis.</p>
<p>C'est le premier mensonge, et c'est le mensonge fondateur. Parce que pendant que le NPA-R désigne Washington, à Paris la bourgeoisie française vote 36 milliards de plus pour ses canons. Pendant que le NPA-R désigne Washington, le porte-avions Charles de Gaulle croise au large de l'Iran — pas en « appui » comme le prétend l'édito, mais en acteur de plein droit d'une agression impérialiste à laquelle la France a sa part. Pendant que le NPA-R désigne Washington, le renseignement militaire ukrainien (GUR), financé et armé par Paris, exécute pour le compte de la bourgeoisie française les opérations clandestines au Sahel que l'armée française ne peut plus mener directement après les défaites de Bamako, Ouagadougou et Niamey. Pendant que le NPA-R désigne Washington, Macron sort d'un déplacement à Nairobi avec 23 milliards d'engagements et redéploie depuis la zone francophone en recul vers l'Afrique anglophone, le port de Mombasa, le partenariat avec le Kenya, ATIDI, CMA CGM. Cette séquence — l'impérialisme français en pleine recomposition active, mai 2026 — n'apparaît nulle part dans l'édito du NPA-R. Pas un mot.</p>
<p>Désigner Trump comme l'adversaire principal, c'est la formule sociale-chauvine la plus efficace de 2026. Elle permet à un militant NPA-R de paraître anti-impérialiste tout en n'attaquant jamais sa propre bourgeoisie. Elle permet de mobiliser le ressentiment populaire contre les États-Unis pour le détourner du seul terrain où il pourrait devenir révolutionnaire : la lutte contre l'État français, son armée, son industrie d'armement, ses opérations en Ukraine, au Sahel, au Levant, en Afrique anglophone. C'est exactement la fonction qu'a remplie en août 1914 le « c'est la faute du Kaiser » pour les socialistes français votant les crédits de guerre, et le « c'est la faute des Alliés » pour les sociaux-démocrates allemands faisant la même chose au Reichstag : externaliser l'adversaire pour épargner sa propre bourgeoisie.</p>
<p>Cette position porte un nom dans le marxisme. Lénine l'a appelée *social-chauvinisme* en 1915, dans *Le socialisme et la guerre* : « socialiste en paroles, chauvin en actes ». La rhétorique anti-Trump tient lieu de socialisme en paroles. Le silence complet sur Thales, Dassault, MBDA, KNDS, Naval Group, Airbus Defence and Space, sur la chaîne ukrainienne, sur le redéploiement vers Nairobi — c'est le chauvinisme en actes. Le NPA-R n'est pas seul à pratiquer cette opération : Lutte Ouvrière fait la même chose depuis quarante ans avec sa formule de la France « impérialisme de seconde zone », opérateur kautskyste qui transforme la concurrence inter-impérialiste réelle en hiérarchie pacifique de dominants et dominés. Le NPA-R reproduit la même position en la modernisant : on remplace « les États-Unis dominent » par « Trump est aux commandes », mais le résultat politique est identique. La bourgeoisie française est épargnée. Sa LPM est votée. Ses ouvriers de l'armement restent à leur poste. Ses dockers chargent les obus. Ses marins embarquent sur le Charles de Gaulle. Ses Rafale décollent vers l'Iran et vers Nairobi.</p>
<p>Le défaitisme révolutionnaire — *porazhenchestvo* de Lénine en 1915, repris par Trotsky en 1938 dans le *Programme de transition*, transmis par Barta dans la résistance à l'Union sacrée stalino-gaulliste de 1944 — pose une règle non négociable : **chaque prolétariat combat principalement sa propre bourgeoisie**. Le prolétariat français n'arrêtera pas la guerre en s'indignant de Trump à Washington. Il l'arrêtera en bloquant les convois d'armes à Marseille, en stoppant les Rafale sur les pistes d'Évreux, en immobilisant les chaînes de production de Bordes, Bourges, Marignane, Saint-Chamond, en appelant à la fraternisation les marins du Charles de Gaulle et les soldats du 1er RHP de Tarbes, en exigeant l'expropriation sans indemnité de Thales et de Dassault, et en se donnant pour horizon la dictature du prolétariat et l'Internationale à reconstruire. Aucun de ces actes n'est nommé dans l'édito du NPA-R. C'est exactement ce que le mensonge « c'est Trump » sert à empêcher de penser.</p>
<p>Le premier mensonge produit tous les autres. Désigner Trump, c'est dispenser le NPA-R de désigner l'industrie d'armement française. Dispenser le NPA-R de désigner l'industrie d'armement française, c'est dispenser le NPA-R de mener la fraction révolutionnaire dans la CGT de Marignane. Dispenser le NPA-R de mener la fraction dans la CGT, c'est se contenter d'une revendication salariale plate — 400 euros, Smic à 2 000 — qui n'enraye rien. La chaîne se déroule entière. *« C'est la faute de Trump »* est le premier maillon. C'est par là qu'il faut commencer à dénoncer.</p></div>
Quand l'extrême gauche révolutionnaire (Mehring) n'hésitait pas à critiquer l'extrême gauche opportuniste (la social-démocratie allemande)
https://matierevolution.org/spip.php?article9039
https://matierevolution.org/spip.php?article90392026-05-05T22:09:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Franz Mehring <br class='autobr' /> La question avant (août/septembre 1905) <br class='autobr' />
Leipziger Volkszeitung, n° 197-200, 204-208, 26, 28-30. Du 4 août au 8 septembre 1905, marqué « * ». Copié avec remerciements du site Socialist Classics 2.0 . Balisage HTML : Einde O'Callaghan pour les archives Internet des marxistes. je <br class='autobr' />
Dans notre numéro du 16 août, nous annoncions déjà que l'éditorial sur le « bon ton » que nous avions publié le 5 août avait amené le Vorwärts à publier quatre chroniques étroitement imprimées, (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a>
<div class='rss_texte'><p>Franz Mehring</p>
<p>La question avant<br class='autobr' />
(août/septembre 1905)</p>
<p>Leipziger Volkszeitung, n° 197-200, 204-208, 26, 28-30. Du 4 août au 8 septembre 1905, marqué « * ».<br class='autobr' />
Copié avec remerciements du site Socialist Classics 2.0 .<br class='autobr' />
Balisage HTML : Einde O'Callaghan pour les archives Internet des marxistes.<br class='autobr' />
je</p>
<p>Dans notre numéro du 16 août, nous annoncions déjà que l'éditorial sur le « bon ton » que nous avions publié le 5 août avait amené le Vorwärts à publier quatre chroniques étroitement imprimées, doublées de K.E., pleines de pitreries littéraires et d'insultes sciemment fausses sur le point de déverser le Leipziger Volkszeitung . Nous avons ajouté qu'au départ nous ne voulions pas répondre à une attaque de cette envergure, mais que de nombreuses lettres du parti nous ont persuadés de profiter de cette opportunité qui nous était imposée et de soumettre l'ensemble de la question du Vorwärts à une discussion systématique et fondée sur des principes.</p>
<p>Le Vorwärts note : « Bien qu'elle concerne la question du Leipziger Volkszeitung , la note construit une question du Vorwärts . C'est une naïveté artificielle qui ne peut impressionner personne. » Le Vorwärts sait mieux que quiconque à quel point le mécontentement général au sein du parti est grand à son égard et à l'égard de ses réalisations, et ce n'est en aucun cas naïf, mais plutôt des raisons complètement différentes qui poussent la cause principale de ce mécontentement général à vouloir construire une question du Leipziger Volkszeitung. par : bombarde notre journal avec tout un barrage d'accusations sans fondement. Mais si ces raisons rendent très difficile pour nous de répondre à ces attaques, ce sont elles qui ont suscité dans notre joie le souhait que nous répondions à la question urgente des régions dans lesquelles K[ urt] E[isner] voudrait l'éterniser avec des querelles inutiles, voudrait l'élever au niveau fondamental auquel il peut être résolu uniquement pour le bénéfice du parti.</p>
<p>Si nous avons décidé de répondre à ces souhaits, nous le faisons dans l'espoir que, à notre avis, dans les innombrables débats prospectifs qui ont eu lieu notamment lors des congrès du parti et qui se sont tous terminés par eux, depuis l' organe central du parti jusqu'à font que leur souffrance centrale augmente , les points de vue corrects ont été manqués ou même de loin, ils n'ont pas reçu la reconnaissance qu'ils méritent. Cela semble présomptueux, mais cela ne devrait pas l'être et ce n'est pas le cas. Parce que l'appréciation correcte de ces points de vue ne nécessite rien d'autre que de nombreuses années d'expérience dans le secteur de la presse, ce qui ne doit pas nécessairement être pour tout le monde, ni un avantage particulier et, surtout, une bénédiction particulière. Nous voudrions donner une opinion d'expert, pour ainsi dire, sur la question du Vorwärts , et tout comme ces expertises se caractérisent généralement par une certaine objectivité sèche, il est heureux que nous puissions accomplir notre tâche sans formuler de critique personnelle à l'égard d'aucun camarade du parti. Les quinze années d'histoire du Vorwärts sont un exemple véritablement classique de la façon dont un faux principe de base a toujours des conséquences néfastes, malgré les efforts les plus honnêtes et les plus mûrement réfléchis pour éliminer ces conséquences sans affecter le faux principe lui-même.</p>
<p>Nous n'aurons qu'à régler nos comptes personnellement avec K[urt] E[isner]. Nous aimerions aussi nous le donner si nous n'avions pas nos expériences, si nous ne savions pas que le silence total sur ses accusations contre nous serait mal interprété. On dirait que nous n'avons rien à répondre et que nous déplaçons donc l'argument dans un autre domaine. En attendant, nous devrons aussi prouver à Kurt E[isner] qu'il est bien plus une victime que un coupable, bien plus à excuser qu'à accuser. Nous essaierons également d'accomplir cette partie de notre tâche aussi brièvement et rapidement que possible en présentant à nos lecteurs un échantillon caractéristique des pitreries de la fiction sans un mot de critique et en opposant simplement les insultes sciemment fausses avec les faits documentés, avec le moins raisonnement le plus possible.</p>
<p>K[urt] E[isner] commence par une considération des cliques bourgeoises, qui ne nous intéresse plus ici. Il prétend également en avoir découvert des traces individuelles au sein du parti, même si, à son avis, le fait que les membres du parti se déchirent les uns les autres n'est pas le pire phénomène ; un certain système de promotion est bien plus inquiétant. Et puis il est dit littéralement :</p>
<p>« Pour un, mais un seul journal du parti, il suffisait que quelqu'un ait son opinion dans un différend, et l'organe en question, aussi éphémère qu'était une journée de travail, était alors considéré comme le modèle d'un jugement indépendant, d'une connaissance fondée sur des principes et d'une les sentiments partisans sont claironnés sans discernement. À l'inverse, si quelqu'un avait quelque chose à redire dans le journal du parti, il n'y avait plus une seule bonne chose dans le journal. Il était si misérablement endommagé qu'aucun chien qui se respectait n'aurait pu accepter un morceau de pain de la part de telles mains. Cependant, on a parfois observé aussi des baisses et des changements très tristes dans les estimations faites par cet organe du parti. Il est venu par ex. Par exemple, un journal a été salué pendant des années comme un modèle de perfection, puis, pour une raison quelconque, il est entré en conflit avec le journal du parti favorisé et ce journal, lui aussi, est soudainement devenu subordonné à ce journal , même si rien n'avait changé dans l'équipe éditoriale. ou, dans son essence, des serviteurs qui ne sont pas dignes de porter le nom d'un camarade de parti décent. Comme je l'ai dit, le « mauvais ton » utilisé par certains camarades du parti est encore plus offensant que ce ton trop bon, car il conduit à l'idée pernicieuse selon laquelle il n'est pas important que chacun exprime au mieux ses convictions. de leur capacité à ce qu'on n'examine pas la valeur ou l'indignité d'une opinion ou d'une réalisation sur la base de considérations objectives, mais plutôt qu'on fonde son jugement sur elles, il m'appartient, alors il a toujours raison, alors il écrit toujours avec brio ; mais s'il est finalement mon adversaire, alors il risque de devenir un héros, il ne bénéficiera jamais d'une censure décente. La procédure rappelle un peu ces certificats peu recommandables que les maîtres notent dans le livret de gestion du « domestique », ces certificats qui dépendent du fait que le maître s'entende avec les domestiques ou se dispute. À partir de ces commentaires, vous pouvez voir que l'article final ne dit rien sur le bon ou le mauvais ton. Le bon son peut être bien pire que le pire son.</p>
<p>La Leipziger Volkszeitung, qui a la réputation et la profession d'avoir une longueur d'avance infinie dans la pénétration du parti avec l'éclairage fondamental de l'ensemble des masses du parti, teste aujourd'hui une fois de plus cette éducation à la clarté fondamentale en publiant un éditorial complet dessus Dédié à la question de bon ton. Nous comprenons que la Leipziger Volkszeitung s'intéresse tellement à cette question qu'elle l'aborde à chaque occasion. La Leipziger Volkszeitung a toujours défendu de la même manière le droit d'utiliser un mauvais ton, même si elle y voit certainement un droit de monopole . Au moins, nous ne voudrions pas conseiller à quiconque de ne pas être entièrement d'accord avec le Leipziger Volkszeitung sur quelque sujet que ce soit ; même les expressions les plus polies et les plus tendres d'un tel désaccord ne protégeraient pas contre la lecture demain dans ce journal du parti qu'un acte malveillant a été commis contre lui. lui, ce qui n'a jamais été commis , même par les individus les plus négligés, dans l' histoire des classes sociales dégénérées . Celui qui se défend contre ce droit monopolistique d'utiliser un mauvais ton est - c'est toujours le seul argument avancé - philistin ou sentimental, il est pleurnicheur, il pleurniche, il est dégoûté comme une vieille fille, c'est un faible, bref il est un idiot et un scélérat en plus.</p>
<p>On se contente volontiers de rabaisser cet exemple de critique partisane et objective.</p>
<p>II.</p>
<p>Le Vorwärts prétend que Kurt E[isner] ne faisait que répondre à « une attaque farfelue » par ses attaques contre nous. Regardons !</p>
<p>Vollmar a été condamné par le Vorwärts en raison de son envoi au Tägliche Rundschau . D'un autre côté, dans notre éditorial sur les « bonnes manières », nous affirmions que la condamnation de Vollmar n'aboutirait à rien si la mauvaise coutume qui a abouti à son envoi n'était pas complètement éclaircie. Nous avons donné l'exemple selon lequel le Vorwärts venait de commettre la même erreur, mais pas de manière aussi flagrante que Vollmar. Cette critique était tout aussi « tirée par les cheveux » que celle du Vorwärts à l'égard de Vollmar.</p>
<p>Nos lecteurs connaissent le cas lui-même, mais nous devons nous permettre de le récapituler à nouveau. Fin mai de cette année, les camarades berlinois ont publié dans le Vorwärts un appel dans lequel ils annonçaient leur intention de remplir un devoir de piété envers leurs ancêtres et de publier une histoire du mouvement ouvrier berlinois, pour laquelle ils demandaient matériel à soumettre. L'appel, qui ne contenait pas la moindre attaque contre les partis adverses, a incité Eugen Richter à écrire un long éditorial dans lequel il demandait avec mépris aux camarades berlinois de dire dans l'ouvrage historique qu'ils prévoyaient que Bismarck et son fonds de reptiles [étaient utilisés pour la corruption. la presse] furent les parrains du mouvement ouvrier berlinois. Le Vorwärts est resté silencieux à ce sujet, tandis que nous avons rassemblé dans une courte note certains des mensonges particulièrement vicieux de Richter et l'avons ensuite traité de "voyou qui est encore en train de mourir". Le Vorwärts resta silencieux. Ce n'est que dix ou douze jours plus tard, lorsque le Kölnische Zeitung a appelé la presse du parti à désavouer notre expression utilisée à l'égard des juges, que le Vorwärts - le seul de tous les journaux du parti - a fait cette demande et y a accédé en désapprouvant notre expression, sans dire également à ses lecteurs de dire une seule syllabe sur les faits qui nous ont amenés à l'appeler M. Richter, comme nous l'appelions.</p>
<p>Nous ne nous sommes pas plaints de la désapprobation du Vorwärts lui-même, car s'il l'avait produit lui-même, il aurait été en son pouvoir, ce que nous ne pouvons et ne voulons pas nier. Nous nous sommes seulement plaints du fait que le Vorwärts avait exprimé sa désapprobation à la demande d'un journal adverse, même si cela n'avait absolument aucune importance de savoir si cela était justifié ou non. Nous avons aligné ce processus sur l'envoi de Vollmar au Tägliche Rundschau, même si nous n'avons pas manqué de constater que le cas de Vollmar était encore pire. Écoutons maintenant ce que Kurt E[isner] a à dire à propos de notre plainte :</p>
<p>« C'est vraiment déplacé et nous trouvons incompréhensible que la Leipziger Volkszeitung ne se contente pas d'admettre ce déraillement, mais tente au contraire d'en faire un titre de gloire pour le leader du Parti populaire libéral, un adversaire aussi ignorant et haineux qu'il est, en ce moment où il repose gravement malade, un « voyou qui est encore mourant ». A l'époque, nous nous sommes contentés de déclarer simplement que nous n'approuvons pas de telles phrases, qui ne sont pas de « mauvais ton » mais révèlent plutôt un regrettable manque de sensibilité, plutôt que de mener à cette occasion une grande polémique contre le journal de notre parti. L'inconvenance de cette phrase a été exacerbée par le fait que l'organe d'Eugen Richter, dans son évaluation de l'affaire Leader des travailleurs du parti c. Schweitzer s'était essentiellement appuyé sur une citation correctement citée d'un discours de Bebel, sans que la Leipziger Volkszeitung, lorsqu'elle utilisait cette phrase à propos du malade Eugen Richter, ait jugé nécessaire de communiquer ce fait. C'est une excuse certaine, mais pas suffisante, pour que l'organe d'Eugen Richter continue de soutenir les affirmations de Bebel concernant M. v. Schweitzer avait malicieusement généralisé. Si la Leipziger Volkszeitung nous accuse maintenant de nous contenter de simplement désapprouver leur expression, ce n'était que la forme la plus douce, car sinon nous n'aurions pas dû omettre de souligner que dans l'attaque de la Leipziger Volkszeitung , on a dans une certaine mesure, les membres du parti ont également été touchés.</p>
<p>Ces phrases sont une déformation consciente des faits. Nous n'avons pas accusé le Vorwärts de se contenter d'une simple désapprobation ; notre plainte était qu'il avait exprimé sa désapprobation à la demande d'un journal adverse. Kurt E[isner] omet volontairement ce point, autour duquel tourne toute la controverse. D'autre part, il affirme que nous n'avons pas jugé nécessaire de communiquer l'appel de Richter à une déclaration de Bebel et il prétend avoir choisi la "forme de désapprobation la plus douce", car autrement il n'aurait pas dû omettre de souligner que notre les attaques qui ont conduit à une certaine partie des membres du parti ont également été touchées. Tout cela est soit déformé, soit inventé afin de tromper les lecteurs du Vorwärts sur le véritable contexte des choses.</p>
<p>Comme on le sait, il y a une trentaine d'années, le camarade Bebel avait qualifié son ancien camarade du parti Schweitzer de « scélérat politique » et d'« agent du gouvernement ». Depuis lors, M. Eugen Richter a imprimé à maintes reprises cette déclaration de Bebel, y compris dans l'article où il se moquait assez sans vergogne d'une intention pieuse des camarades berlinois. Si nous avions prétendu que chaque phrase de l'article de Richter était une calomnie, nous aurions alors été obligés de mentionner sa citation comme un discours de Bebel. Mais nous en étions si loin que, même dans notre courte note, nous avons corrigé pas moins de trois fausses déclarations de Richter, qui, nous l'admettons, ne sont, à notre avis, imputables à aucune intention diffamatoire. Alors, pour quelle raison avons-nous dû insister sur le fait que M. Eugen Richter a imprimé peut-être pour la centième fois la déclaration de Bebel sur Schweitzer ?</p>
<p>En outre, il a été tenu compte de la loyauté envers les camarades du parti que Kurt E[isner] nous recommande si fortement. Le directeur politique de notre journal [Franz Mehring] a attaqué à tort le jugement de Bebel sur Schweitzer à une époque où Kurt E[isner] n'était pas encore membre du parti ; et Bebel a alors déclaré qu'il fonderait son opinion sur ses Mémoires [De ma vie] , sur lesquels il travaillait au moment où son activité de parti le quittait. D'ici là, devrions-nous polémiquer contre Bebel chaque fois qu'Eugen Richter cite la déclaration de Bebel - et cela arrive au moins une fois toutes les quatre semaines ? Cela reviendrait à tomber dans la « bagarre stérile » et la « bagarre désolée » contre lesquelles Kurt E[isner] nous met si sérieusement en garde.</p>
<p>Pour ces raisons, nous n'avons pas mentionné l'appel de Richter à Bebel et avons seulement mis en évidence les affirmations de Richter qui restent des calomnies sans valeur, même si le jugement de Bebel sur Schweitzer était tout à fait correct. Bien que Schweitzer ait pu être un « scélérat politique », Eugen Richter n'a pas le droit d'inclure dans les articles de Bismarck écrits par Schweitzer un contenu dont il n'y a pas une seule syllabe, juste pour utiliser ce faux contenu pour donner les débuts des travailleurs allemands. Un mouvement sale Pour accuser Schweitzer de corruption, et bien que Schweitzer ait pu être un "agent du gouvernement", Eugen Richter n'a pas le droit de prétendre que le premier journal social-démocrate d'Allemagne a été soutenu par le fonds des reptiles, ce qui signifie que de vieux amis et les compagnons d'armes de Bebel, tels que Tölcke, Hasenclever et Bracke, soient encore insultés dans leurs tombes comme des canailles corruptibles.</p>
<p>Kurt E[isner] exige-t-il que la première organisation de la social-démocratie allemande soit interdite par tout menteur capitaliste parce que Bebel considère, à juste titre, l'un de ses membres éminents comme un faux frère ? Mettons les choses au clair avec un exemple, en supposant que le jugement de Bebel sur Schweitzer soit correct, avec un exemple qui est idéalement tout à fait correct, même si cela est donc pratiquement impossible. Supposons que éditeurl'</p>
<p>Lorsque K[urt] E[isner] nous accuse alors d'un « regrettable manque de sensibilité », nous acceptons volontiers ce reproche auto-produit, mais nous regrettons que son pouvoir évolutif soit immédiatement paralysé par la phrase suivante publiée au même moment. heure à Vorwärts :</p>
<p>"Le camarade Haenisch, rédacteur en chef local (de Dortmund), rejoint le Leipziger Volkszeitung à la place du camarade Jaeckh ."</p>
<p>L'annonce de l'entrée imminente du camarade Haenisch dans notre rédaction a été diffusée dans toute la presse du parti, seul l'organe central du parti y a ajouté le faux ajout que nous avons mis en évidence par des tirages bloqués. Le Vorwärts savait qu'il y avait une lacune dans notre rédaction, car il avait lui-même rapporté - avant même le Leipziger Volkszeitung, bien que, comme d'habitude chez lui, en donnant des détails incorrects - le transfert du camarade Wagner de notre journal à l'organe du Parti Bauter [ ?] signalé. Dans le même numéro du Vorwärts , où Kurt E[isner] dédie ses « sentiments » au « malade Eugen Richter », le camarade malade du parti Jaeckh reçoit un coup dans le dos et est immédiatement renvoyé au Leipziger Volkszeitung , au moins dans le Leipziger Volkszeitung Aux yeux de ceux qui tiennent pour acquis que les événements du parti sont rapportés de manière véridique dans l'organe central du parti.</p>
<p>Notons d'ailleurs que nous avons immédiatement attiré l'attention du Vorwärts sur l'inexactitude de son rapport sur le camarade Jaeckh, sans qu'il l'ait corrigé jusqu'à présent, bien que cela ait incité la presse bourgeoise à lancer les attaques les plus méprisantes contre un camarade dont l'appartenance au parti ne pourraient être mieux classés par personne protégée que par ceux qui les connaissent le plus étroitement, à savoir leurs camarades du parti à Leipzig.</p>
<p>III.</p>
<p>Immédiatement après sa déformation consciente des juges, Kurt E[isner] continue :</p>
<p>« Et lorsque le Leipziger Volkszeitung appelle finalement avec une grande colère à la camaraderie face aux attaques d'opposants que le Vorwärts aurait blessés, alors la mémoire du Leipziger Volkszeitung ne devrait pas être si courte qu'elle ne sache pas que le Vorwärts est a exercé à chaque occasion cette solidarité, mais que la Leipziger Volkszeitung a poignardé le Vorwärts dans le dos dans des cas répétés où non seulement toute la presse bourgeoise hurlait à notre sujet, mais où nous avions aussi de très graves conflits avec la justice bourgeoise , et même car ses adversaires ont également donné le signal de l'attaque.</p>
<p>Nous n'avons exigé aucune camaraderie ou quoi que ce soit de la part du Vorwärts ; Nous sommes extrêmement modestes sur ce point. Nous avons seulement demandé que le Vorwärts ne gêne pas le parti en refusant, à la demande de la presse adverse, de refuser la publication de journaux d'autres partis s'ils représentent au mieux les intérêts légitimes du parti.</p>
<p>Sinon, Kurt E[isner] renverse la vérité avec les phrases énumérées ci-dessus. Notre mémoire est assez longue pour savoir que nous n'avons jamais poignardé dans le dos un journal du parti qui était en combat avec ses opposants, mais il n'a fallu que très peu de temps pour se rappeler qu'en décembre de l'année dernière, le Leipziger Volkszeitung avait été hurlé par « toute la presse bourgeoise » à cause de l'article sur les douanes, et Kurt E[isner] lui a poignardé dans le dos avec des réflexions édifiantes sur « les insultes froides et insignifiantes », les « puissances », la « phraséologie vide », « l'athlétisme en mots », etc. Nous avons répondu à cela avec des phrases plus fortes que celles que nous voulons utiliser aujourd'hui, mais dans le sens que quiconque est coincé avec l'histoire du Kaiserinsel et des sensations similaires devrait au moins avoir un certain temps d'attente dans sa vie comme maître d'école d'autres camarades sans rien pardonner de sa dignité. C'était notre droit, et pas seulement parce que nous avons été intelligemment mis au défi. Un journal de parti qui se trouve en lutte avec son adversaire, même si c'est par sa propre faute, a parfaitement le droit de se voir épargner les sermons moraux de ses propres camarades, mais ce serait mettre un prix trop attractif à la stupidité du parti si ils devraient le faire et devraient être considérés comme des traditions vénérables du parti pour toute l'éternité, car dans le passé, ils ont été bénéfiques et agréables pour les opposants.</p>
<p>Juste un petit mot sur « donner des signaux » à l'adversaire ! Depuis que le parti existe, il y a eu des divergences d'opinions en son sein, et aussi longtemps que ces divergences d'opinion ont été exprimées publiquement, elles ont été exploitées par les opposants. Nous admettons volontiers que le Leipziger Volkszeitung a parfois été opposé au Vorwärts , mais il faut ajouter que le Vorwärts est encore plus souvent opposé au Leipziger Volkszeitung . Combien de fois devons-nous encore entendre aujourd'hui « l'athlétisme en paroles » de la part de nos adversaires, et même les deux articles que K[urt] E[isner] a dirigés contre nous ont déjà été écrits par Hanswurst Liman dans le Leipziger Neuesten Nachrichten à travers un grotesque virtuose. la danse a été glorifiée. Sommes-nous en train de dire que le Vorwärts a donné à ses opposants le « signal » pour attaquer le Leipziger Volkszeitung ? Nous n'y pensons même pas ! Nous appartenons encore à cette époque ancienne où le parti tout entier était imprégné par la parole de Lassalle selon laquelle l'indépendance de l'opinion publique que créent les stylos à encre capitalistes était la première condition préalable pour réaliser quelque chose de valable pour la classe ouvrière, malgré toutes les cabrioles de ces coolies sifflés et sifflés. en matière de fête, aucune danse n'était faite sur la musique du #daily Rundschau ou sur la musique de la Kölnische Zeitung .</p>
<p>Mais voici maintenant la principale accusation portée contre nous. K[urt] E[isner] dit aux lecteurs du Vorwärts :</p>
<p>« Le Leipziger Volkszeitung a parfois accusé deux rédacteurs du Vorwärts du procès de Plötzensee d' avoir supporté la justice du cabinet, même s'ils n'en étaient pas à l'origine. La justice de cabinet n'est pas un gros mot, ni une expression grossière, ni un mauvais ton ; c'est une expression technique très noble et stylistiquement tout à fait digne. Cependant, le contenu de cette accusation est si grave que, si elle était justifiée, il suffirait de provoquer immédiatement l'exclusion de tout membre du parti coupable d'une telle conduite. Oui, tout avocat civil accusé à juste titre d'une telle faute devrait être radié de la profession juridique. Le Leipziger Volkszeitung a lancé cette accusation sur la base d'une confusion incompréhensible et grossière : le ministre de la Justice a été cité comme chef du ministère public principal, qui avait intenté une action en justice dans l'intérêt des fonctionnaires du ministère de la Justice. Il s'agissait du ministre de la Justice, en tant que chef des fonctionnaires prétendument insultés, d'influencer la personne autorisée à retirer la plainte pénale. Toutefois, il n'est pas question pour le Ministre de la Justice, en tant que plus haut fonctionnaire de l'administration de la justice, d'intervenir de sa propre autorité dans l'administration indépendante de la justice. Si Plötzensee n'appartenait pas au ministère de la Justice mais, comme la plupart des autres prisons, était sous la juridiction du ministre de l'Intérieur, alors il aurait fallu faire appel au ministre de l' Intérieur . Un avocat civil a expliqué très clairement cette différence. Mais le Leipziger Volkszeitung , au lieu de retirer loyalement cette attaque scandaleuse , a déclaré que cette différence fondamentale était « une coupe en quatre », sans répéter elle-même les déclarations convaincantes ! Si un journal de parti lance l' accusation la plus grave qu'on puisse imaginer contre les rédacteurs du parti en raison d'une confusion négligente de termes fondamentaux et si, après avoir attiré l'attention sur cette confusion, il ne retire pas son attaque avec remords et loyauté , mais donne néanmoins l'apparence d'une bonne loi , pour ne pas... S'il perd l'infaillibilité qu'il revendiquait, ce n'est certainement pas une question de bon ou de mauvais ton. Quiconque n'essaie pas de lutter par tous les moyens contre de telles méthodes ne sait pas ce qu'il doit à son devoir de parti. »</p>
<p>Il s'agit d'un enchevêtrement de distorsions et de distorsions que nous pouvons plus facilement démêler en le confrontant à la vérité documentée.</p>
<p>Lorsque le procès de Plötzensee eut son issue inattendue, un sténographe judiciaire publia une note que lui avait dictée l'avocat Löwenstein, dans laquelle il était indiqué que M. Löwenstein avait entamé les négociations de règlement en rendant visite au ministre de la Justice. Il continue littéralement en disant :</p>
<p>>« Bien que le ministre n'ait pas eu de jour de réception, le Dr. Löwenstein fut néanmoins reçu immédiatement après que le Ministre de la Justice eut été informé de l'objet de l'audience demandée. La rencontre entre les deux hommes a duré plus d'une demi-heure. À la fin de la même chose, le ministre a déclaré qu'il devait personnellement rejeter toute ingérence dans le procès en cours et toute influence directe sur les autorités qui avaient déposé la plainte pénale, mais qu'il ne l'empêcherait pas si, par contre, base de l'avocat Dr. Sur la base de la proposition de Löwenstein, des négociations ont eu lieu avec le parquet , qui a ensuite retiré la plainte pénale. »</p>
<p>Notons que selon cette note, dictée par M. Löwenstein lui-même, le ministre de la Justice était adressé comme le supérieur du parquet, l'autorité qui avait déposé la plainte pénale, c'est-à-dire comme le chef de l' administration judiciaire , de sorte que pas une seule syllabe n'a été utilisée pour indiquer qu'il avait été pressenti administration pénitentiaire . Lorsque le ministre de la Justice a déclaré qu'il « rejetait toute ingérence personnelle dans le procès en cours », il rejetait ce que, dans le langage sensuel de la vie ordinaire, on appelle la justice de cabinet, et puisque M. Löwenstein ne prétend nullement que le ministre avait prononcé par erreur, la seule conclusion qui restait après cette note était que la demande qu'il avait rejetée avait également été adressée au ministre de la Justice.</p>
<p>Ainsi, dans notre numéro du 13 juin, faisant suite à la note du sténographe judiciaire, nous disions :</p>
<p>« Ensuite, l'initiative de mettre fin au procès est venue d'un des avocats de la défense, et bien sûr pas d'un avocat de la défense des rédacteurs en chef du parti accusé. Après tout, cela fait une impression tellement embarrassante qu'un avocat de la défense dans un procès politique s'adresse au ministre de la Justice pour lui demander, même gentiment réprimandé par M. Schönstedt, d'intervenir dans un procès en cours. Bien sûr, nous savons très bien ce qu'est la soi-disant « indépendance » de la jurisprudence dans l'Empire germano-prussien, mais le fait qu'un avocat de la défense essaie de provoquer un système judiciaire de cabinet est nouveau, mais ce n'est pas le cas. bon."</p>
<p>A propos de cet avis, le Vorwärts a fait remarquer, sur le « bon ton » qui lui convient si bien, que, malgré sa bêtise, elle n'est pas née de la bêtise ; nous les aurions aspirés de nos doigts, avec une malice originelle, etc. Il a ensuite donné l'explication suivante de la tactique de Löwenstein :</p>
<p>« Comme on le sait, une plainte a été déposée pour insulte à des fonctionnaires de l'administration judiciaire - Plötzensee appartient au département du ministère de la Justice - et le ministre de la Justice, en tant que chef de l'administration, était également à la tête des requérants criminels : sans son consentement, la procédure ne pouvait ni être engagée ni arrêtée pour les fonctionnaires de son département !</p>
<p>Malgré son embellissement grossier, nous avons immédiatement repris textuellement cette information dans notre numéro du 17 juin ; Bien que nous ayons souligné leur contradiction avec la note du sténographe judiciaire, nous avons admis que, selon le récit du Vorwärts , le comportement de M. Löwenstein semblait « formellement moins incorrect ». Même dans ce cas, la chose en elle-même ne serait pas plus agréable, ce que nous expliquons ainsi :</p>
<p>« Une considération humaine devrait-elle être accordée au Dr. Baer décide, comme le Vorwärts l'a récemment affirmé, qu'il aurait alors fallu négocier avec le vieux monsieur et son avocat, qui étaient présents à l'audience en tant que co-plaignants, et s'il était enclin à le faire, on pouvait lui laisser le soin d'obtenir le consentement de ses supérieurs pour retirer son consentement afin d'obtenir une plainte pénale. S'adresser au ministre de la Justice comme acte d'introduction aux négociations de règlement était, peu importe qui écoutait M. Schönstedt, un manque flagrant de tact, c'est le moins qu'on puisse dire. »</p>
<p>Immédiatement après, Her Löwenstein a publié une déclaration dans laquelle il expliquait sa tactique de la même manière que le Vorwärts, dont nous avons immédiatement imprimé les informations textuellement, comme je l'ai dit. Cependant, M. Löwenstein n'a pas couvert sa déclaration, comme le Vorwärts, par des remarques coquines contre le Leipziger Volkszeitung, mais par un charabia juridique sur le fait qu'il avait déjà dit la même chose dans la note du sténographe judiciaire selon laquelle il nous en disait plus. . Nous n'avions pas la moindre raison ni la moindre envie de discuter avec lui à ce sujet, après avoir expliqué à nos lecteurs du Vorwärts comment M. Löwenstein voulait excuser sa démarche auprès du ministre de la Justice. Néanmoins, nous avons également résumé les explications ultérieures de M. Löwenstein lorsque le camarade Karl Liebknecht s'est exprimé dans un article du Sächsische Arbeiterzeitung comme si la "presse du parti" avait accusé les rédacteurs du parti accusés et leurs défenseurs d'avoir provoqué la justice du cabinet. Nous écrivions dans notre numéro du 21 juin :</p>
<p>« Nous voudrions déclarer une fois de plus que nous n'avons formulé ni aux rédacteurs en chef ni à leurs avocats l'accusation que défend si vigoureusement le camarade Liebknecht. Nous avons dit avec toute la prudence nécessaire que « bien entendu, il ne s'agissait pas d'un défenseur des rédacteurs en chef du parti accusés », mais que M. Löwenstein, que nous avons expressément désigné comme défenseur de M. Ahrens, avait tenté d'amener le ministre de la Justice à rendre un jugement de cabinet. M. Löwenstein lui-même l'a fait savoir publiquement avec des mots qui, s'ils sont censés avoir un sens, ne peuvent avoir que ce sens . Si M. Löwenstein lui-même tente aujourd'hui de renverser la situation en remaniant longuement le concept de justice de cabinet, qu'il publie dans la presse bourgeoise, nous manquons de place et de temps pour nous lancer dans ces discussions en quatre, mais même si nous sommes en faveur de... Si M. Löwenstein veut supposer qu'il s'est simplement exprimé de manière maladroite dans sa première note , il n'en reste pas moins que sa demande auprès du ministre de la Justice était au moins un grossier tact politique. Si des négociations de règlement devaient être entamées, la seule chose appropriée à faire était de négocier avec les co-plaignants, qui pourraient alors se retrouver avec le procureur général et le ministre de la Justice.</p>
<p>Bien entendu, nous maintenons encore aujourd'hui toutes ces déclarations jusqu'à la dernière syllabe. Nous avons immédiatement communiqué à nos lecteurs les circonstances atténuantes que le Vorwärts réclamait pour les actes de M. Löwenstein ; Mais si Kurt E[isner] ne comprend pas que, même en dépit de ces circonstances atténuantes, s'adresser au ministre de la Justice était une grossière maladresse, tant sur le plan juridique que politique, alors ce que Karl Marx entendait par « simple tact moral » n'en demeure pas moins un mystère pour lui.</p>
<p>Passons maintenant aux rédacteurs en chef du parti accusés, que nous accusons, dit-on, des actions les plus déshonorantes qu'on puisse imaginer. Dans notre édition du 13 juin, nous avons demandé des éclaircissements - qui n'ont toujours pas été donnés - sur les raisons pour lesquelles le procès de Plötzensee a été interrompu afin de priver les opposants de la possibilité de mener une « bataille honorable et victorieuse avec un semblant de justice ». se moquer » ; et nous avons dit à propos des efforts des opposants :</p>
<p>« La Vossische Zeitung présente l'affaire comme si le Vorwärts avait commencé sa critique du système pénal du Plötzensee comme une guerre de préjudice contre les gens, mais qu'il n'était pas en mesure de le prouver devant un tribunal et qu'il se défendait maintenant par un humble pater peccavi [ » Père, j'ai péché"] de cette affaire. Il s'agit là d'une déformation honteuse des faits. Le Vorwärts a largement contribué à sa critique du système pénal du Plötzensee ; Ses rédacteurs accusés ont pu expliquer à maintes reprises en toute conscience et avec honneur : nous ne voulions pas insulter les gens, mais plutôt améliorer un système désastreux. Ses rédacteurs et leurs défenseurs n'ont pas gagné un moindre mérite en s'engageant avec vigueur et ténacité dans le combat pour la justice que leur ont imposé l'institution et la gestion du processus. Dans cette bataille, ils remportèrent non seulement des honneurs, mais aussi victoire après victoire ; Le système pénal et le système judiciaire, comme cela est courant en Prusse, ont subi une défaite dévastatrice.</p>
<p>Le lendemain, 14 juin, une déclaration du coaccusé civil Schneidt, selon laquelle les prévenus ne pouvaient pas vérifier l'exactitude de la note du journaliste susmentionné, nous a donné l'impulsion à des commentaires, dont le premier faisait référence à celui de Schneidt : réputée incorrecte - l'affirmation selon laquelle M. Löwenstein a été persuadé par le parquet de s'adresser au ministère de la Justice, tandis que la seconde était :</p>
<p>« En outre, les accusés doivent au moins pouvoir vérifier les informations fournies par le sténographe judiciaire, selon lesquelles ils ont également autorisé M. Löwenstein à mener les négociations de règlement après s'être adressé au ministre de la Justice. Cela ne serait pas tout à fait naturel compte tenu de la tactique « quelque peu étrange » de M. Löwenstein, comme le dit à juste titre le Frankfurter Zeitung [bourgeois-libéral] ».</p>
<p>En réponse à cette expression douce et timide d'un point de vue que d'autres journaux de parti, comme le Dortmunder Arbeiterzeitung et l' Elberfelder Freie Presse, ont exprimé dix fois plus durement et, bien sûr, avec dix fois plus de précision, l'opinion est que l'accusé les rédacteurs du parti, malgré tous leurs mérites par ailleurs reconnus, M. Löwenstein n'aurait plus dû être autorisé à le faire après son entrée au ministère de la Justice, Kurt E[isner] lance ses accusations sommaires de haute trahison contre le parti et ses camarades du parti .</p>
<p>Ajoutons à la soupe d'indignation morale qu'il verse sur les faits qu'il a fabriqués, bien sûr, sans la saler d'un mot critique :</p>
<p>« Ce n'est pas une question de bonnes ou de mauvaises manières si l'on prétend mensongèrement sur les membres du parti des choses qui dégradent leur parti et leur honneur personnel. Ce n'est pas une question de style fort ou sentimental de savoir si l'on les accuse à tort d'actions qui doivent les exposer de la manière la plus sensible. Ce n'est pas du tout une question de « ton » que l'on prétende ou non des choses fausses sur les membres du parti, que l'on déforme leurs opinions, que l'on calomnie leurs opinions, que l'on se moque de leurs qualifications sans preuve - ce sont des questions de doctrine du parti et peu importe que de telles attaques sont faites en jurant ou en s'exprimant sur les « tons » les plus doux. Une polémique utilisant de tels moyens ronge le noyau du parti, et il est impossible que des compagnons de route partageant les mêmes idées, qui travaillent et luttent pour le même idéal, s'accusent mutuellement de choses - sans aucun fondement réel - qui empêchent la coopération. pour toujours, il faut empêcher toute nouvelle relation partisane si l'on veut prendre au sérieux ceux qui cultivent fanatiquement de telles attaques, ce qui est la condition préalable à toute polémique partisane. Il n'est pas acceptable d'ignorer ces attaques sur le long terme ; même si elles sont pratiquées systématiquement, elles ne peuvent être excusées comme des manquements ponctuels ; il faut à tout prix les éradiquer !</p>
<p>Nos vœux les plus sincères accompagnent K[urt] E[isner] dans la campagne d'extermination pour laquelle il a si solennellement annoncé ses méthodes de combat.<br class='autobr' />
* * *</p>
<p>Résumons ! L'un des crimes de parti que nous aurions commis consiste en une plainte dont Kurt E[isner] lui-même est si convaincu de la justification qu'il n'ose même pas la communiquer aux lecteurs du Vorwärts , mais l'autre est que En plus d'une vive reconnaissance du Vorwärts et de ses rédacteurs accusés dans le procès de Plötzensee, nous avons ajouté la légère réserve selon laquelle ces rédacteurs n'auraient pas dû autoriser les négociations de règlement à un avocat bourgeois qui s'était exposé juridiquement et politiquement par son discours anti-chambre. d'un ministre prussien dans cette affaire précise.</p>
<p>Il nous suffit que dans les deux cas nous ayons gardé objectivement les traditions de Lassalle, Marx et Engels.</p>
<p>IV.</p>
<p>En abordant le sujet en question, nous faisons suite à une motion qui a été adoptée il y a quelques jours par la conférence de district de la circonscription de Bochum et qui est libellée comme suit :</p>
<p>« La conférence de district de la circonscription de Bochum-Gelsenkrichen-Witten-Hattingen demande à la conférence du parti d'Iéna de s'exprimer avec vigueur contre les querelles incessantes d'un groupe de membres du parti littéraire et de ne pas laisser la conférence du parti devenir un terrain de jeu pour des disputes littéraires personnelles. Plus la querelle dure, plus il apparaît clairement que le débat ne porte pas sur des questions fondamentales, dont une discussion objective serait très bénéfique, mais plutôt qu'un petit groupe de rédacteurs du parti défend des « différences de principe » pour être capables de céder à leur obsession personnelle d'avoir raison.</p>
<p>Cette situation intolérable porte gravement atteinte aux intérêts du parti et paralyse l'enthousiasme des camarades du pays. Si les camarades à l'avant-garde de la lutte personnelle savaient à quel point ils rendent plus difficile la tâche des agitateurs de notre mouvement, en particulier des travailleurs sociaux-démocrates qui agitent parmi leurs camarades de classe, pour éduquer les masses, ils utiliseraient certainement toutes leurs forces. contre les opposants de plus en plus brutaux au mouvement ouvrier au lieu de gaspiller autant de combats contre les camarades. La conférence de district attend donc du congrès du parti qu'il déclare fermement les activités qui nuisent au parti : jusqu'à présent et pas plus loin !</p>
<p>Le Vorwärts est d'accord avec cette résolution et ne fait qu'un commentaire nuancé : mais ce n'est pas nous qui sommes responsables, mais « la folie de la Leipziger Volkszeitung habillée sous le costume du parti de sauvetage ». Nous, en revanche, ne sommes pas d'accord avec la résolution des camarades de Bochum parce qu'elle repose sur de fausses hypothèses, même si nous reconnaissons que si ses hypothèses étaient correctes, elle répartirait à juste titre la faute sur les deux côtés. Nous ne serions alors pas assez « opiniâtres » pour nier notre part de responsabilité ; Dans une simple querelle littéraire, tous ceux qui y participent sont coupables.</p>
<p>Les camarades de Bochum peuvent déjà voir , à travers cet accueil différent que leur proposition a reçu de la part du Vorwärts et de nous, qu'il s'agit de véritables divergences et non de simples opinions.</p>
<p>Nous apprécions l'effusion avec laquelle ils ont fait leur proposition, et nous sommes heureux qu'ils l'aient justifiée mieux que le dicton traditionnel selon lequel la grande masse de la classe ouvrière ne veut pas entendre parler de « querelles personnelles » dans leur presse. Cette phrase est en soi un lieu commun évident, mais dans sa répétition éternelle, c'est un compliment extrêmement triste au parti, à savoir le compliment qu'il veut conquérir un monde hostile, mais pas avec une poignée de « personnels » pendant des années. Les « Wranglers » peuvent être traités. La raison invoquée par les camarades de Bochum pour justifier leur proposition est malheureusement valable ; Nous reconnaissons que le pouvoir d'agitation émergent est mis à mal par les conflits qu'ils veulent éliminer, et sur lesquels nous sommes entièrement d'accord avec eux. Mais avec un élan d'excitation dans la voix : Maintenant, une tempête céleste est enfin sur le point de frapper ! Ne faites pas de bonne politique. Les camarades de Bochum ne nous tiendront pas ouvertement parole si nous ajoutons que nous, à savoir les « littéraires » de la Leipziger Volkszeitung, avons été victimes d'une explosion très similaire il y a quelques mois et avons également laissé entendre à ce propos, complètement à tort, que nous viennent d'être convaincus par les travailleurs que c'est totalement intenable.</p>
<p>C'était en janvier de cette année lorsque, après un conflit entre le Vorwärts et le Leipziger Volkszeitung, nous avons déclaré :</p>
<p>« Nous sommes à bout de nerfs. Vous nous avez donné pour directive de rédiger votre journal comme un journal ayant des principes clairs dans l'esprit de Lassalle, Marx et Engels et de combattre toutes les tendances déviantes, mais nous ne pouvons pas exécuter cet ordre sans que des querelles personnelles ne surgissent au sein du parti qui dirige votre journal. tout aussi dommageable que le parti lui-même. Donnez-nous donc une autre directive selon laquelle nous laissons tomber le drapeau de Lassalle, de Marx et d'Engels et nous imposons une réserve qui ne sera utilisée par aucun membre du parti qui veut suivre des tendances déviantes. causé une quelconque offense.</p>
<p>Les autorités du parti de Leipzig ont rejeté cette proposition parce qu'elles considéraient notre point de vue beaucoup trop pessimiste et estimaient notamment que nous pourrions éviter toutes les « querelles personnelles » en étant plus prudents dans notre forme. Vous vous êtes désormais assuré, notamment grâce à notre article d'hier, que plus nous représentons avec douceur et timidité les vieux principes du parti, plus la pluie d'accusations personnelles s'abattra sur nous avec violence et que nous ne sommes pas trop pessimistes à ce sujet. respect, mais ils ont jugé de manière trop optimiste. Sur ce seul point, ils avaient sans aucun doute raison s'ils ne voulaient pas renoncer à leur décision mûrement réfléchie parce que d'autres en profitaient pour se livrer à des « querelles personnelles ».</p>
<p>Le simple fait est qu'aujourd'hui aucun journal du parti ne peut être édité selon les anciens principes du parti sans entrer constamment en collision avec l'organe central du parti, et qu'aucun journal du parti ne peut entrer en collision avec l'organe central du parti sans être immédiatement critiqué pour son manque de « bonnes manières » à cause de « folie », à cause de « discussion impossible », à cause de la présomption d'avoir choisi Lassalle, Marx et Engels comme « collègues proches », à cause de « vanité littéraire », Être accusé de manière embarrassante de « pitreries littéraires » et de « frictions littéraires » n'est pas seulement le sort du Leipziger Volkszeitung, mais aussi de nombreux autres journaux du parti, car heureusement, les vieux principes du parti prévalent encore au sein du parti, pour ne pas dire, dans le sens de le Vorwärts : le Vorwärts est le seul à blâmer et nous autres sommes de purs agneaux innocents ; il nous incombera de prouver que cette évolution déplorable dans... les conditions et non les gens. Pour l'instant, nous constatons simplement un fait et en tirons la conclusion que les conflits actuels ne prendront fin que lorsque aucun journal du parti ne sera édité selon les anciens principes du parti ou que le Vorwärts ne sera pas donné à ceux à qui il appartient. les camarades de Berlin, où les vieux principes du parti sont aussi vivants que partout ailleurs dans le Reich. C'est la position tortueuse et, comme nous voulons le démontrer, historiquement impossible du Vorwärts en tant qu'organe central présumé du parti qui crée les frictions déplorables auxquelles les camarades de Bochum sont en droit de vouloir mettre un terme.</p>
<p>Mais si leur proposition prend la mauvaise direction et aboutit exactement à ce qu'ils veulent éviter, à savoir transformer la conférence du parti en un terrain de jeu pour des disputes littéraires personnelles, alors la proposition des camarades berlinois de retirer au Vorwärts son statut d'organe central échoue. certainement de la bonne manière. Il va à la racine du problème et non seulement permet, mais permet, une discussion tout à fait objective de la question. Nous saluons cette proposition, dont nous n'avions pas connaissance au moment où nous avons commencé à rédiger ces articles lors d'un séjour d'été, car elle raccourcit considérablement notre tâche, mais la rend également d'autant plus nécessaire. Car si les camarades berlinois revendiquent d'abord leur droit, ce qui est tout à fait justifié et naturel, alors nous devrons prouver que l'acceptation de la candidature est également nécessaire dans l'intérêt général du parti.</p>
<p>Il n'est pas moins approprié que, comme nous le lisons dans la presse du parti, la rédaction du Vorwärts elle-même soutienne fermement la motion des camarades berlinois. Cette fois-ci, nous sommes donc entièrement d'accord avec elle et pouvons faire honneur à notre tâche sans avoir à craindre l'accusation de « folie », de « vanité littéraire » et d'autres belles choses du même genre.</p>
<p>v.</p>
<p>Lorsque le Vorwärts devint un organe central lors de la conférence du parti à Halle en 1890, l'ensemble du parti s'accorda sur la nécessité d'un organe central.</p>
<p>Seule l'opposition factuelle, menée à l'époque par quelques membres du parti, a nié cette nécessité, mais plutôt pour des raisons factuelles qui ne pouvaient et, à juste titre, n'ont fait aucune impression. Par ailleurs, il y avait un débat sur la forme de l'organe central, mais pas sur sa nécessité, qui était considérée comme allant de soi, même par les membres du parti qui, par ailleurs, n'étaient pas enthousiasmés par une centralisation stricte. Vollmar a expliqué qu'il était impossible de se passer d'un organe central capable de faire entendre sa voix chaque jour au siège du pouvoir à Berlin, « bien servi par des personnalités de premier plan ».</p>
<p>Cette conviction générale s'appuyait sur près de trente ans d'expérience. Jusque-là, le parti avait toujours ou presque toujours eu de bonnes expériences avec ses organes centraux. Ils avaient rendu les services les plus importants et les plus irremplaçables en tant qu'outil éducatif pour le parti naissant : pour la faction lassallienne, le social-démocrate et le nouveau social-démocrate à Berlin ; pour la faction Eisenacher, l' hebdomadaire démocrate, le Volksstaat et le Vorwärts de Leipzig. Les Lassalliens considéraient l'organe central comme une condition si essentielle d'une bonne organisation qu'ils n'autorisaient pas la parution de journaux locaux ; Les habitants d'Eisenach se montrèrent plus tolérants à cet égard, mais les journaux qui apparurent dans leurs rangs aux côtés de l'organe central de Leipzig étaient tous des journaux locaux au sens le plus étroit du terme, qui restaient entièrement dépendants du Volksstaat et plus tard du Vorwärts dans leur activité. politique.</p>
<p>Après la fusion des deux factions lors de la conférence du parti de Gotha en 1875, les deux organes centraux continuèrent à exister côte à côte pendant encore un an, en grande partie pour des raisons financières, mais le Leipziger Vorwärts fut ensuite élevé au rang d'organe central unique, toujours pour le C'est pour cette raison que le parti désormais unifié ne pouvait avoir qu'un seul organe central. Le parti n'a plus eu d'aussi bonnes expériences avec ce seul organe central ; Alors que par ailleurs la fusion des deux factions a donné partout l'impulsion la plus puissante au mouvement social-démocrate, son nouvel organe central est tombé dans une consommation imparable. De 12 000 abonnés, il est tombé à 7 000 en moins de deux ans, et ce déclin s'est poursuivi de manière ininterrompue et n'a pu être stoppé, même si tout l'appareil du parti était déployé. [?]</p>
<p>La raison en elle-même n'était pas difficile à découvrir. À Berlin et à Hambourg, des journaux de parti sont apparus, qui n'étaient plus seulement des journaux locaux, mais qui représentaient les principes du parti, intellectuellement et politiquement, de manière totalement indépendante de l'organe central de Leipzig. Leur concurrence a rendu la vie aigre à l'orgue central de Leipzig. Mais à cette époque, personne n'avait encore réalisé que le parti s'était développé à ce point qu'il n'avait plus besoin d'un organe central comme moyen d' éducation . La faute, au départ très évidente, a été imputée à la publication quotidienne du Berliner Freie Presse, tandis que le Leipziger Vorwärts paraissait trois fois par semaine. Un regard sur Hambourg montre que cela ne veut pas tout dire. Le journal n'y paraissait que deux fois par semaine et gagna bientôt 22 000 abonnés, tandis que le Vorwärts subissait le déclin le plus brutal et le plus imparable à Hambourg, avec une main-d'œuvre relativement bien payée, qui avait toujours fait preuve d'une grande volonté de faire des sacrifices pour le parti et était particulièrement fort avait un esprit centraliste. Entre-temps, avant que l'ensemble du phénomène puisse être compris dans son contexte historique, est entrée en vigueur la loi socialiste qui, dans un premier temps - pour des raisons que nous n'avons pas besoin d'expliquer ici - a fait d'un organe central apparaissant à l'étranger un moyen de défense absolument nécessaire .</p>
<p>Sur la base de ces expériences, la conférence du parti à Halle a décidé d'élever l'ancien Berliner Volksblatt au rang d'organe central du parti sous le nom de Vorwärts . L'effondrement rapide de l'ancien Vorwärts a été évoqué à plusieurs reprises par Auer, qui a évoqué la question organisationnelle, mais toujours uniquement dans le sens que cet organe, qui paraissait trois fois par semaine, ne pouvait pas résister à la concurrence du Berliner Freie Presse en tant que quotidien. papier. Auer s'est donc battu contre la renaissance de l'ancien Vorwärts et pensait qu'après seulement un an de publication d'un tel journal, le parti crierait : « Pour l'amour de Dieu, il suffirait de mettre de nouveau l'organe central de côté ! » prouve-le.</p>
<p>Quoi qu'il en soit, si le congrès du parti de Halle était d'accord sur la nécessité d'un organe central, il était aussi plus sûr de ce que devrait être cet organe central, c'est-à-dire de ce qu'étaient les organes centraux précédents : le véritable schéma de principe du le parti, qui a exprimé ses objectifs révolutionnaires avec fermeté et clarté, est représenté, dans toutes les fluctuations et changements de la politique quotidienne, sans se laisser décourager par les courants locaux et provinciaux de la classe ouvrière elle-même et suffisamment familier avec le travail de pensée des grands pionniers socialistes pour pouvoir examiner les nouveaux problèmes de manière approfondie et objective. Bien entendu, la question de savoir si un seul organe pourrait suffire à répondre aux exigences de développement intellectuel que le parti avait déjà atteintes au moment de la conférence du parti à Halle ne s'est pas posée.</p>
<p>La question de savoir si le nouvel organe central devait être subordonné au comité exécutif du parti n'a pas non plus été discutée. Cela semblait non seulement aller de soi, mais était également une évidence si l'on voulait créer un organe central. Mais on ne s'est pas demandé - et on ne pouvait pas se demander compte tenu de la situation à l'époque - si la position de la direction du parti n'était pas également soumise au changement historique des événements. À l'époque de la naissance du parti, il était à la fois pouvoir exécutif et organe administratif et, à cet égard également, le court laps de temps entre le congrès d'unification de Gotha et l'adoption de la loi socialiste a apporté de nombreuses expériences dans le sens où le parti Elle s'est développée à tel point qu'elle n'a plus besoin d' aucun moyen d ' éducation et n'a plus besoin d' un éducateur . Bien sûr, dans les années 1875 à 1878, l'indépendance intellectuelle naissante du parti ne se manifestait initialement que dans un tourbillon chaotique d'opinions, mais cela seul révélait que l'exécutif du parti n'avait plus la direction intellectuelle du parti. Entre-temps, l'avènement de la loi socialiste et les états d'urgence qu'elle a créés ont une fois de plus empêché une appréciation exhaustive du phénomène nouvellement apparu, et même si lors de la conférence du parti à Halle avec beaucoup de zèle et, à notre avis, aussi avec beaucoup de raison , surtout encore une fois par Vollmar, le complet Alors que l'indépendance du reste de la presse du parti était prônée et imposée par l'exécutif du parti, ce zèle même a contribué au fait que la question de savoir si l'exécutif du parti était même approprié comme autorité de surveillance L'organe central, qui, pour ainsi dire, donne le ton au reste de la presse du parti, n'a pas été contacté du tout.</p>
<p>Nous le soulignons encore une fois : ces commentaires critiques ne s'appuient pas sur de meilleures connaissances de l'époque, mais plutôt sur les expériences acquises depuis. Ils sont apparus dès que le nouvel organe central a commencé à prendre effet.</p>
<p>VI.</p>
<p>Dans les premières années qui ont suivi la conférence du parti de Halle, le Vorwärts a cherché à rendre justice aux tâches d'un organe central au sens où il avait été fondé en tant que tel. Il en va de même dans le conflit avec l'opposition factuelle des « Jeunes », ainsi dans le conflit avec Vollmar au sujet du socialisme d'État.</p>
<p>Mais il n'a pas fallu longtemps pour que les choses lui parviennent. Comme nous n'avons absolument aucun penchant ni talent policier et que nous ne tenons pas de registre des erreurs possibles commises par les journaux d'autres partis, nous ne savons pas préciser l'heure exacte à laquelle les choses ont changé, et il s'en tient à l'heure et au jour, voire même juste la semaine et le mois sont également difficiles à déterminer. Il suffit de constater qu'en 1895 au plus tard, il y a dix ans maintenant, lorsque le débat agricole commença au sein du parti, les grands conflits qui n'ont jamais cessé depuis lors, le Vorwärts avait renoncé à toute prétention et à toute tentative de direction politique du parti et n'était plus que toujours le grand bassin collecteur où se heurtent toutes les vues possibles et où chacun prend ce qu'il veut. Le Vorwärts a recueilli les différentes opinions exprimées au sein du parti, mais de tous les journaux du parti, c'est celui qui a le moins fait pour clarifier la situation.</p>
<p>Il est compréhensible que cet échec complet de l'organisme central ait provoqué d'âpres plaintes et protestations. La faute a été imputée aux éditeurs, peut-être à juste titre sur certains points, sur lesquels nous reviendrons plus loin, mais à tort sur le fond. Le développement intellectuel du parti était bien trop mouvementé, bien trop diversifié, bien trop riche, les tâches qui l'attendaient étaient devenues bien trop vastes et compliquées pour qu'un seul quotidien, aussi grand soit-il, puisse jouer un rôle de premier plan. sur eux. Le parti avait sa littérature scientifique, il avait toute une série de quotidiens qui, bien que moins dotés en ressources, étaient néanmoins tout à fait égaux intellectuellement au Vorwärts ; La vie intérieure du parti était alimentée par des sources très diverses et c'est seulement dans cette diversité qu'elle se reflétait pleinement ; que devrait ou comment un organe central pourrait-il flotter au-dessus des eaux en mouvement ?</p>
<p>Expliquons le problème en utilisant les exemples les plus anciens et les plus récents ! Si l'on considère la richesse des débats et la masse de littérature scientifique que la question agricole a générée au cours des dix dernières années, il est clair que le Vorwärts ne pouvait pas d'emblée parler comme un organe central donnant le ton sur cette question. Il pouvait participer aux débats comme n'importe quel autre journal, mais il ne pouvait le faire avec une quelconque prétention d'autorité. Son rôle d'organe central s'est avéré être une entrave qui lui a fermé la bouche. Ou prenons le débat actuel sur la grève de masse ! Pour cette question particulière, le livre du camarade Roland-Holst est un véritable modèle de la manière dont un organe central devrait préparer le débat en rassemblant tous les documents historiques, en les expliquant dans leur contexte interne, en éclairant toutes les objections et, dans une certaine mesure, en préparant la question. pour décision. Les écrits du camarade Roland-Holst sont à eux seuls le produit d'un travail long et fastidieux, qui a été effectué dans le cadre de l'étude au cours de plusieurs mois de réflexion concentrée, et qui n'a pas changé l'urgence et la précipitation de la bataille quotidienne que l'organe central doit mener. être accordé.</p>
<p>En outre, la direction du parti a également changé historiquement. S'il avait auparavant pris une part décisive au développement intellectuel du parti, il ne le faisait plus, et plus se développaient les contradictions internes du parti, qui sont une condition incontournable de son progrès intellectuel, plus il se réservait. . C'était non seulement son droit, mais aussi son devoir. Les membres individuels de l'exécutif du parti peuvent exercer et ont exercé une influence plus ou moins grande sur le développement intellectuel du parti à travers leurs autres activités du parti, mais l'exécutif du parti en tant que tel ne peut le faire sans exacerber les contradictions existantes dans une mesure intolérable. Nous ne pouvons que remercier la direction de notre parti de n'avoir jamais fait la moindre tentative d'agir comme une sorte d'autorité suprême de censure. Mais d'un autre côté, il ne faut pas négliger le fait que cela créait une contradiction flagrante entre ses tâches et celles de l'organe central, qui résistait à ses directives.</p>
<p>Ce n'est pas comme si nous voulions dire que le comité exécutif du parti a jamais voulu ou même favorisé le retrait du Vorwärts des batailles d'opinion fondamentales du parti. Au contraire ! Les membres du comité exécutif du parti se sont souvent prononcés publiquement à ce sujet dans les termes les plus amers et les plus durs. Ici seulement, nous abordons l'un des points dont l'appréciation correcte ou au moins exhaustive ne peut être obtenue qu'à partir d'une connaissance précise du système journalistique, du fonctionnaire - nous utilisons ici le mot sans aucune connotation offensante - de la dépendance officielle à l'égard d'un organisme officiel, ce qui est toujours certain. La nécessité d'être prévenant n'a jamais servi à aucun journal, elle a encore, pour ainsi dire, étranglé la gorge de tous les journaux. Lorsque nous abordions ce point il y a quelques années lors d'une conversation avec un membre de l'exécutif du parti, on nous répondait avec une certaine indignation : « Mais où pensez-vous ? Personne ne serait aussi heureux que nous si le Vorwärts était un journal rigoureux et fondé sur des principes. C'est notre vœu le plus fervent, et nous n'y mettons pas une goutte d'eau. » Cela est sans doute aussi vrai aujourd'hui qu'alors, mais dans de telles circonstances entrent en jeu mille impondérables ; L'idée même d'établir dans une certaine mesure la plus haute autorité du parti avec un mauvais jugement, avec une parole imprudente, a un effet paralysant, en particulier sur une rédaction consciencieuse. Toutes les raisons avancées à Halle et ailleurs pour justifier l'indépendance complète de la presse du parti par rapport à la direction du parti sont également entrées en vigueur pour le Vorwärts dès que les relations antérieures entre la direction du parti et l'organe central ont disparu.</p>
<p>Depuis que le Vorwärts, au plus tard au début des débats agricoles il y a dix ans, s'est retiré du débat de parti selon lequel il lui appartenait de diriger et de réguler, il s'en est essentiellement tenu à cela, mais comme toujours sur une pente glissante, de plus en plus bas. Alors que les aperçus qu'il donnait des opinions des autres journaux du parti étaient au moins suffisamment objectifs pour vous donner une image réelle, aujourd'hui les nouvelles du parti du Vorwärts sont éditées avec un niveau de déloyauté que nous devons dire, à l'honneur du La presse du parti y est complètement seule. Comme l'a récemment décrit un ouvrier dans un article du Dortmunder Arbeiterzeitung, on en est resté à la « réserve diplomatique », à la « neutralité », à la « méthode démodée d'avoir un poste mais pas d'opinion ».</p>
<p>Les théories les plus merveilleuses ont été avancées pour prouver que le retrait du Vorwärts de la discussion de principe du parti est le véritable principe d'un organe central. On a dit que toutes les nuances du parti devaient être représentées dans un organe central et qu'il était inévitable qu'un rédacteur représente l'autre. Ou encore, on a dit qu'un organe central a un tel pouvoir que s'il intervient avec force dans de profondes divergences d'opinions, il peut faire exploser le parti. Nous n'avons pas besoin de dire un mot sur tout cela, car si nous évaluons objectivement la situation, il ne devrait y avoir aucun désaccord au sein du parti, tant sur le fait que, s'il doit y avoir un organe central, le congrès du parti de Halle détermine correctement les tâches d'un tel journal, mais aussi sur le fait que le Vorwärts a complètement négligé ces tâches pendant au moins dix ans.</p>
<p>En soi, ce ne serait pas la pire des choses. Si le Vorwärts d'aujourd'hui avait été créé de la même manière que son ancien homonyme, il aurait subi depuis longtemps le sort dont il a été sauvé par la loi socialiste, qui l'a tué d'un coup brutal, sinon il serait mort d'un abonnement chronique. consommation. Avant cela, l'actuel Vorwärts était sécurisé parce qu'il était lié en tant qu'organe central au quotidien le plus important et le plus puissant du parti. Son échec total en tant qu'organe central a eu un effet désastreux sur l'organe de presse le plus grand et le plus puissant du parti. De même que des causes similaires produisent toujours des effets similaires, le déracinement fondamental du Vorwärts a réveillé en lui des tendances qui ressemblaient désespérément aux tendances de la presse radicale bourgeoise au moment du conflit constitutionnel prussien [1862-1863]. Nous voulons seulement l'esquisser ici brièvement dans deux directions : la surestimation du parlementarisme et la critique purement morale et donc politiquement inefficace des opposants.</p>
<p>VII.</p>
<p>Cela fait neuf ans que le camarade Parvus écrivait dans son excellent ouvrage sur les syndicats et la social-démocratie :</p>
<p>« Ce dont nous avons le plus à reprocher [...] au Vorwärts , c'est qu'il devienne progressivement un journal purement parlementaire . Le grand mouvement historique du socialisme ne consiste pas exclusivement en une activité politique et l'activité politique ne consiste pas exclusivement en un parlementarisme. La presse, avant tout, doit se préserver de ce que Marx appelle le « crétinisme parlementaire », « une souffrance qui imprègne ses malheureuses victimes de la sublime conviction que le monde entier, son histoire et son avenir peuvent être déterminés par une majorité de voix ». en particulier un corps représentatif qui a l'honneur de les compter parmi ses membres, et que tout ce qui se passe hors des murs de la maison - guerres, révolutions, construction de chemins de fer, colonisation de nouveaux continents entiers, découvertes d'or californiennes, centrales Les canaux américains, les armées russes et tout ce qui peut prétendre influencer les destinées de l'humanité - que tout cela n'est rien comparé aux événements incommensurables qui se cachent dans le giron des questions importantes, qui, quelles qu'elles soient, sont actuellement au cœur des préoccupations. à ce moment-là, l'attention de la haute maison appartient ». Le Vorwärts , cependant, parvient de plus en plus à adapter l'ensemble de son contenu uniquement au Reichstag allemand. Ceci ou [dans Mehring : ou] la grande majorité de ses éditoriaux et de son aperçu politique sont consacrés aux différentes lois et projets de loi, aux partis parlementaires et aux nombreuses choses qui s'y rapportent. Au lieu de contrecarrer les sables mouvants des bagatelles parlementaires, dont ces années ont été si riches, en mettant en avant les points de vue majeurs et en discutant des phénomènes extra-parlementaires de la politique mondiale, le Vorwärts coupe peut-être encore une fois tous les cheveux parlementaires et n'obtient presque jamais de cette occupation qui prend du temps. Cela devient ennuyeux parce que cela prend toujours du retard parce que nos parlementaires sont là et font le travail immédiatement et minutieusement. Si vous imprimiez accidentellement un discours social-démocrate des négociations du Reichstag sous forme d'éditorial, vous ne remarqueriez généralement même pas l'erreur. Cela signifie, entre autres choses, que les articles, tant dans leur contenu que dans leur forme, sont bien plus destinés à interagir avec les parlementaires et les journaux bourgeois qu'à diffuser les principes du socialisme parmi les masses travailleuses. C'est le Vorwärts qui mène le moins de propagande purement socialiste , d'où les plaintes selon lesquelles il produit si peu d'« articles éclairants » [Parvus, comme une série d'articles dans la Sächsische Arbeiterzeitung sous le titre ».Les syndicats et le mouvement ouvrier allemand du 13 mai au 21 juin 1896 parurent, repris sous forme de brochure sous le titre Les syndicats et la social-démocratie allemande, la citation est dans l'article 19 du 19 juin 1896 ou chapitre 17 de la brochure, p . 76 s.]</p>
<p>Tout cela est aussi vrai aujourd'hui qu'il y a neuf ans, mais les choses ont empiré depuis. Dans les premières années qui ont suivi la chute de la loi socialiste, une certaine surestimation du parlementarisme était compréhensible et pardonnable ; La tribune du Reichstag avait rendu de grands services à la classe ouvrière sous la pression d'une loi d'exception. Mais au moins depuis décembre 1902, depuis que la bande des travailleurs du pain a renversé d' un coup brutal toutes les barrières à la légalité parlementaire et montré ainsi que le parlementarisme allemand n'était, au mieux, enraciné que dans des sables mouvants, il était du devoir de la presse ouvrière de non pas sur l' inutilité, mais pour souligner l' insuffisance des armes parlementaires. Lorsque le Vorwärts a célébré la victoire de trois millions de dollars du 16 juin 1903 comme un tournant mondial, six mois après les actes violents des usuriers du pain, nous nous sommes permis des « pitreries littéraires » en faisant remarquer que le monde capitaliste ne pouvait pas être conquis. avec le scrutin. Ce n'est pas pour autant que nous ayons sous-estimé la victoire à trois millions de dollars ; C'est précisément en s'opposant à ses détracteurs que nous avons donné l'impulsion suivante à l'explosion de la clique Harden à Dresde. [1] Mais nous ne pensons pas qu'il incombe à la presse du parti d'évoquer à haute voix la classe ouvrière au-dessus de la réalité nue.</p>
<p>La dernière découverte du Vorwärts selon laquelle l'assemblée « anarcho-socialiste » remonte au dénigrement « de principe » du parlementarisme par certains auteurs du parti enrichit ses méthodes de lutte en tentant d'accuser comme ses auteurs les avertisseurs du danger . Cette méthode n'est certainement pas nouvelle, car elle était auparavant réservée aux partis réactionnaires. Nous avertissons les ouvriers de ne pas surestimer le parlementarisme bourgeois et essayons de leur faire comprendre sa juste appréciation ; Il est dégoûté par ceux qui lui prêtent des effets qu'il n'a jamais eu et qu'il ne pourra jamais avoir.</p>
<p>D'ailleurs, les « écrivains du parti de principe » n'ont d'autre mérite que celui, très modeste, d'étudier ce que veut la classe ouvrière elle-même. Il a créé la grève politique de masse comme complément nécessaire aux armes parlementaires. Ils admettent que nous n'avons pas fait l'autruche face à un phénomène de masse prolétarien qui a déjà pris des formes historiques mondiales dans la révolution russe. Mais le Vorwärts a complètement tourné en rond lorsqu'il a envoyé aux camarades allemands le livre du camarade Roland-Holst, qui traite de façon magistrale de cette question unique, qui serait la tâche d'un organe central, avec un résumé déformé du contenu et un des dizaines de triviaux essayaient d'insulter les lieux communs.</p>
<p>Une autre tendance provoquée par le déracinement fondamental du Vorwärts est la critique morale des scandales qui surviennent dans la société capitaliste. La manière la plus destructrice de combattre cette société n'est-elle pas de susciter l'indignation morale de tous les nobles d'esprit contre elle ? Et qui nierait qu'il soit possible de rassembler ainsi un large public ? Le noble Philistin ne réagit à rien plus facilement à la table des habitués qu'aux scandales, qui lui inculquent la conviction qu'il est fondamentalement une personne meilleure que le « grand » et « l'éminent » à qui il tire docilement son chapeau dans la rue. et hourra rugit. Mais cela prouve aussi l'inutilité politique et l'inefficacité de cette critique morale qui, si elle veut éclairer les travailleurs et ne pas dégénérer en une ennuyeuse chasse au sensationnel, doit aussi être fondamentalement fondée. [UN]</p>
<p>Nous ne voulons pas remuer ici de vieilles histoires et juste utiliser un cas plus récent pour montrer comment la dernière trace du principe se perd dans ces sensations éternelles. Il y a deux mois, alors que certains agitateurs pressaient le Chancelier du Reich d'interdire le discours du camarade Jaurès à Berlin, le Vorwärts écrivait :</p>
<p>« Il semble à première vue inconcevable que le chancelier du Reich puisse empêcher le politicien français lui-même de s'exprimer en faveur de la paix, à qui il doit essentiellement le succès diplomatique dont il se vante après le différend avec le ministre français des Affaires étrangères éliminé, Delcassé. Ce serait une honte pour le Reich allemand et pour l'amour de la paix toujours souligné par ses dirigeants si le même homme du Reich allemand qui a combattu plus que quiconque contre le chauvinisme français et plus que quiconque pour l'Allemagne devait être privé de son pouvoir. mot – L'amitié française fonctionne.</p>
<p>Si le Chancelier du Reich avait agi selon les motivations que lui a ainsi imposées le Vorwärts , la manifestation révolutionnaire planifiée, dirigée contre toutes les machinations diplomatiques, serait devenue une sensation quotidienne à la merci d'un Junker de l'Est de l'Elbe. Le Vorwärts a déjà perdu tout sentiment à ce sujet.</p>
<p>Notons au passage que nous avons également critiqué cette violation fondamentale du Vorwärts de manière tout à fait objective et formellement réservée ; nous avons qualifié cela d'erreur qui aurait facilement pu avoir de mauvaises conséquences pour la fête. Si nous avions voulu appeler cet enfant par son nom correct, le « pire ton » aurait suffi.</p>
<p>VIII.</p>
<p>Plus les mauvaises tendances provoquées par le déracinement fondamental se faisaient sentir au sein du Vorwärts , plus les efforts devenaient zélés pour le remettre sur la bonne voie. Mais comme le faux principe de base n'a pas été abordé, ces efforts, aussi bien pensés soient-ils en eux-mêmes, n'ont fait qu'accroître le mal qu'ils cherchaient à éliminer.</p>
<p>Lorsque le Congrès du Parti de Halle a voulu créer un organe central, il a eu raison de lui donner un rédacteur en chef. C'est une conception tout à fait erronée de cette institution que de chercher à la concentrer, pour ainsi dire, sur le fait que le rédacteur en chef devrait, dans une certaine mesure, se présenter comme un génie supérieur aux éditeurs spécialisés et interférer avec eux de ci-dessus dans leurs activités particulières, qu'ils comprennent généralement bien mieux que lui. Un rédacteur en chef qui voyait son métier de cette façon méritait d'être jeté en enfer aujourd'hui plutôt que demain. Sa véritable tâche est de garantir que le journal fonctionne de manière uniforme et cohérente et, pour ce faire, d'être, pour ainsi dire, entièrement responsable de l'organisation du parti qui possède le journal. Pour expliquer la question par un exemple, dans l'histoire de la guerre - et les organes du parti sont là pour faire la guerre - il n'y a pas de déclaration plus indiscutable et incontestée que celle selon laquelle même un général médiocre qui agit à sa manière et assume la responsabilité morale de son les actions portent l'affaire bien mieux qu'un conseil de guerre composé des meilleurs stratèges et tacticiens, dont l'un représente le chemin des autres, surtout les plus sages, et en fin de compte personne ne porte la responsabilité que tout le monde devrait porter. Mais pour un organe central, une attitude uniforme et cohérente est la première et absolue nécessité, et c'est pourquoi il était tout à fait naturel que la conférence du parti de Halle ait donné au Vorwärts un rédacteur en chef.</p>
<p>Il n'était pas moins naturel que [Wilhelm] Liebknecht obtienne ce poste. Non seulement parce qu'il avait été rédacteur en chef de l'ancien organe central, mais aussi grâce à ceux qui étaient encore en vie - à l'exception d'Engels, dont on ne pouvait pas tenir compte - il avait apporté la plus grande contribution à l'éclairage fondamental et théorique du parti. Mais il est vite apparu qu'il n'était pas à la hauteur car personne ne pouvait le faire étant donné le développement intellectuel du parti à cette époque. La juste vision était encore une fois obscurcie par le fait que la force de Liebknecht était fragmentée par mille autres revendications du parti, et qu'il se trouvait à un âge où l'on n'apprend plus les petites manœuvres techniques nécessaires à la direction d'un grand journal. Après tout, le sentiment instinctif que la vraie difficulté résidait plus dans la question que dans la personne a eu une telle influence qu'après la mort de Liebknecht, le rédacteur en chef a été abandonné et l'équipe éditoriale majoritaire a été introduite.</p>
<p>Mais c'était une logique extérieure avec laquelle on argumentait : si ça ne marche pas comme ça, ça doit marcher dans l'autre sens. Même en parler, un comité de rédaction majoritaire est une contradiction dans les termes, et le qualifier d'institution « démocratique » repose sur une erreur. La loi de la démocratie se confond avec la loi de la division du travail. Si l'on veut qu'il soit basé sur le principe de la démocratie, sur le principe de l'égalité des droits pour tous, alors les rédactions d'un organe du parti devraient passer tour à tour entre les membres de l'organisation à laquelle il appartient. C'est bien sûr un non-sens que personne ne veut ou n'a jamais voulu. En fait, les rédacteurs sont sélectionnés selon la loi de la division du travail ; Les organisations locales pourvoient les postes dans leurs journaux en fonction du niveau de compétences et de connaissances requis pour un rédacteur politique, un rédacteur de reportages, un rédacteur syndical, un rédacteur local, etc. Or, ces compétences et connaissances s'excluent désormais mutuellement selon la loi de la division du travail ; personne - à moins d'être une personne exceptionnelle - ne peut être aussi bon rédacteur en chef de sujets politiques et de reportages, d'affaires syndicales et locales, etc. ; Au contraire, mieux chacun comprend son sujet, moins il comprend les autres sujets. Si les camarades élisent désormais les rédacteurs de leurs journaux selon cette loi de division du travail et constituent ensuite une équipe éditoriale majoritaire, cela ne signifie au fond rien d'autre que que le rédacteur qui comprend le mieux son sujet et est donc nommé à ce poste soit nommé dominé par ses collègues qui comprennent moins bien ou pas du tout son sujet et ont donc été placés à d'autres postes.</p>
<p>Au fond, disons-nous, parce que la pratique corrige naturellement des principes qui sont en eux-mêmes intenables à cause des intérêts communs du parti, des attitudes de camaraderie, des contraintes des circonstances, etc. La manière générale dont les choses se passent est que chaque éditeur spécialisé se tient comme un chérubin devant son département. avec une épée flamboyante Mais chacun croit que c'est son droit inaliénable de parti d'interférer avec le rédacteur politique, ce qui est un joli signe du zèle politique qui anime tous les camarades, mais ne favorise pas toujours l'attitude uniforme du journal. Néanmoins, la préférence de nombreux cercles de parti pour une rédaction majoritaire repose sur un sentiment tout à fait juste : si elle est composée d'éléments similaires, c'est-à-dire de camarades qui partent des mêmes vues fondamentales et s'accordent sur toutes les questions essentielles de théorie et tactique, alors tous les inconvénients qui découlent de leur principe peuvent disparaître.</p>
<p>Nous ne voulons nullement dire par là que les contradictions internes qui existent au sein du parti empêchent un travail commun dans la presse du parti. Bien que la Leipziger Volkszeitung soit opposée au révisionnisme, elle a toujours eu et a toujours des collaborateurs révisionnistes. Mais au sein de la rédaction elle-même et surtout au sein de la rédaction politique, si elle comprend plusieurs membres, une opinion globale uniforme - il y aura toujours des différences dans les détails, car heureusement tout le monde n'est pas mis dans le même panier - est une nécessité absolue. Si les camarades d'un endroit décident de donner à leur journal une direction révisionniste, à notre avis ils ont le droit absolu de rejeter un candidat au poste de rédacteur en chef parce qu'il a une vision radicale. D'un autre côté, on peut signaler qu'un organe révisionniste, le journal du parti Dessauer, a récemment écrit d'une manière approbatrice : les habitants de Leipzig ont toujours maintenu une équipe éditoriale homogène. Toute autre vision conduit à considérer les positions éditoriales des journaux du parti comme des sources d'approvisionnement pour les camarades du parti qui se trouvent être des écrivains, ce qui révolutionnerait fondamentalement la nature entière de la presse ouvrière.</p>
<p>Mais si une rédaction majoritaire est tout à fait viable en raison de la similitude de ses membres, tous ses inconvénients sont poussés à l'extrême si elle est composée d'éléments fondamentalement différents, aussi fondamentalement différents qu'il puisse jamais y en avoir dans le cadre général du parti. Tel fut le sort du Vorwärts, et encore une fois pour des raisons tout à fait respectables. Nous ne nous soucions absolument pas de savoir si le fait que les camarades berlinois se soient finalement vu accorder une partie de leurs revendications légitimes et que, aux côtés de la direction du parti, [ils] se soient vu accorder le droit de superviser le Vorwärts, ait joué un rôle. Rien n'a été rendu public à ce sujet. En soi, bien entendu, il est évident qu'il ne peut pas accroître l'efficacité d'un tract de combat s'il est placé sous la direction de deux corps dont les tâches diffèrent de la même manière que - pour reprendre une comparaison militaire - l'avant-garde d'une armée devrait porter son drapeau d'assaut et le ministère de la Guerre, qui est responsable de l'administration de toute l'armée du parti.</p>
<p>En outre, l'orientation différente des éléments de l'équipe éditoriale du Vorwärts est initialement née du fait que les gens ont abandonné le principe qui avait toujours été observé au cours des premières années, consistant à considérer d'abord leur évolution politique et économique lors du choix de leurs rédacteurs. C'est sans doute le bon principe, même s'il est indéniable que la formation économique et politique est relativement rarement combinée avec d'excellentes compétences journalistiques au sens professionnel du terme. Dans toute l'histoire de notre parti, nous ne pouvons citer que Schoenlank comme le seul exemple dans lequel les deux étaient en parfait équilibre. Cependant, l'augmentation relativement lente du nombre d'abonnés au Vorwärts pendant longtemps, qui était en fait due à sa qualité d'organe central pour des raisons déjà développées, était plutôt attribuée au manque de compétence journalistique que le rédacteur en chef du journal, formé à l'économie, avait démontré Maintenant, pour de nouvelles positions - outre le fort esprit de parti, qui est toujours resté la condition préalable évidente - avant tout sur les excellentes compétences journalistiques. De cette manière, l'objectif souhaité est atteint dans une certaine mesure, mais seulement au prix où les tendances apparues d'elles-mêmes en raison du déracinement fondamental de l'organe central rencontraient beaucoup moins de résistance qu'auparavant dans l'équipe éditoriale.</p>
<p>Les conséquences désagréables sont vite devenues apparentes, et les gens sont donc revenus au principe correct d'antan. Ces dernières années, de nouvelles personnes ont été recrutées au Vorwärts , la dernière chose que nous contesterions est qu'elles appartiennent à tous égards au plus grand quotidien du parti. Mais la rédaction est désormais complètement déchirée en interne - nous entendons bien sûr : déchirée en principe et en théorie, car les relations personnelles de ses membres, qui malgré cela peuvent être les meilleures au monde, ne préoccupent pas le public. Mais la rupture entre la théorie des principes est devenue publiquement apparente à travers des événements bien connus, et elle peut donc également être déclarée publiquement.</p>
<p>Cependant, ces conditions sont totalement intenables au sein de l'organe central du parti si l'on ne veut pas qu'elles causent les pires dommages au parti.</p>
<p>IX.</p>
<p>D'après ce que nous avons dit jusqu'à présent, on comprendra le sens dans lequel notre premier article disait que Kurt E[isner] devait être considéré davantage comme une victime que comme un coupable, qu'il devait être excusé plutôt que condamné. C'est là que les fausses tendances qui ont germé spontanément au sein du Vorwärts en raison de sa position tortueuse et impossible en tant qu'organe central, ont le plus d'effet car elles ne rencontrent aucune résistance économique et politique.</p>
<p>Nous n'avons pas dit un mot contre son honneur personnel ou politique, et nous ne nions même pas qu'il puisse être plus « éminent » que Kautsky et tous les marxistes – il n'y a aucune mention de tout cela. Tout ce que nous disons, c'est que la pensée économico-matérialiste lui est complètement étrangère et que, aussi bonnes que soient ses intentions, il sème une grande confusion. Et nous disons cela seulement pour traiter de cette confusion et non comme un reproche personnel, parce que nous lui avons toujours donné tout le mérite de ce que Marx a écrit un jour à propos de Schweitzer, à savoir que chacun de nous dépend plus des circonstances que de ses désirs. [FB]</p>
<p>Et nous ne lui reprochons même pas personnellement le fait qu'il rejette toute tentative de discussion objective des différences existantes comme des « pitreries littéraires » et qu'il tire immédiatement la ligne sur le « grand général de Steglitz » [2] , etc. Nous savons qu'il veut veiller de bonne foi aux intérêts du parti. Nous le comprenons parfaitement parce que son socialisme esthétique représente une phase dépassée depuis longtemps du mouvement socialiste, mais il ne nous comprend pas parce que la pensée économico-matérialiste lui est incompréhensible. Nous ne disons pas qu'il veut discuter des choses de manière non objective, mais plutôt qu'il ne peut pas discuter des choses de manière objective . Ce qui, pour nous, est le fruit de décennies de travail théorique et le meilleur contenu de notre vie, est pour lui une folie, fondée sur une conviction que nous, en tant que tels, respectons pleinement. C'est pourquoi la « vanité littéraire », le « sauveur non nommé du parti » et le « grand général » eux-mêmes nous nuisent. En matière de bonnes manières, nous pensons comme Lessing, qui, lorsqu'on lui a demandé si les bonnes manières étaient une chose courante, a simplement répondu : "Certainement, mais c'est si peu de chose quand le Vorwärts veut nous ennuyer personnellement plutôt que de nous embêter ." objectivement Pour discuter avec nous, nous ne passons pas beaucoup de temps à répéter des jérémiades sur le "manque de bonnes manières" qui ne mènent à rien, mais nous éliminons bien plus complètement et plus rapidement les perturbations dans la paix du parti en ne nous mettant pas en colère.</p>
<p>Nous sommes donc désormais également d'accord avec le Vorwärts - nous le comprenons désormais et continuons à le comprendre comme la partie prédominante de l'équipe éditoriale, qui est regroupée autour de K[urt] E[isner], et en particulier le rédacteur en chef des nouvelles du parti est un étudiant. qui surpasse presque le maître - Aussi disposés que nous soyons à nous rendre disponibles au Vorwärts en tant que victimes de son esprit gracieux, sa méthode consistant à transformer immédiatement toute tentative de discussion objective des différences qui existent dans le domaine des conflits personnels a un effet extrêmement effet désastreux sur le développement théorique du parti a. Le Vorwärts est l'organe central du parti et, en tant que tel, dispose d'une autorité qui, quelle que soit sa justification interne, a un fort impact externe. Il est lu par tous les confidents du parti, fournit du matériel à une grande partie de la petite presse du parti, etc. Il assure maintenant encore et encore - et il observe cette méthode non seulement contre nous, mais contre chaque journal du parti et contre tout camarade de parti qui le suit, des objections de principe surgissent - on ne le dérange que pour des motifs vils, par vanité, par dépit, par envie, alors cela fonctionne comme la goutte qui creuse peu à peu la pierre.</p>
<p>Cependant, nous sommes suffisamment impartiaux pour ne pas tracer la limite de la culpabilité personnelle plus loin que ce qui est objectivement correct. La méthode du Vorwärts que nous venons de décrire n'aurait pas pu se développer à un tel point et n'aurait pas eu un tel effet sur le parti si les circonstances de l'époque ne l'avaient pas favorisée. À long terme, les tactiques fondées sur des principes se sont toujours révélées très bénéfiques pour le parti, y compris pour son expansion externe ; Dans ce contexte, cela ne sera pas interprété comme une vantardise indue si l'on rappelle que la Leipziger Volkszeitung, toujours accusée de « perturber le parti », a le nombre d'abonnés relativement le moins élevé de la presse du parti et, en particulier, un nombre relativement élevé d'abonnés. moins cher que le Vorwärts. Mais pour le moment, une tactique de principe du parti peut entraver son expansion externe, surtout dans les conditions qui existent actuellement en Allemagne, où la majorité usuraire a les rênes et où une opposition bourgeoise digne de ce nom n'existe pas du tout. Les principes sont facilement perçus comme le lest perturbateur d'une agitation de masse par les perspectives les plus tentantes et, dans un certain sens, ils sont aussi le lest du parti. Si vous les jetez, vous courez le risque que le navire chavire lors de la prochaine tempête.</p>
<p>Les congrès du parti ont jusqu'à présent été conscients de ce danger et, comme le camarade Stadthagen l'a souligné récemment à juste titre, ont toujours insisté sur le fait que le parti devait adopter une position de principe ferme. Le congrès du parti d'Iéna devrait maintenant prononcer une « parole de force » ; Il doit arrêter les « lutteurs », etc. Nous n'avons aucun doute sur la volonté de certains milieux de créer une seconde Dresde, mais ils ne doivent pas imaginer que cela nous empêchera de remplir notre devoir. Nous n'avons certes qu'une bonne cause et une bonne conscience, mais nous en avons juste assez. Nous attendons donc avec impatience la prétendue « parole de pouvoir » du congrès du parti en toute sérénité ; Même si le congrès du parti avait le pouvoir d'interdire aux autres journaux du parti de critiquer fondamentalement l'organe central, il est impossible qu'un congrès du parti social-démocrate en 1905 fasse reculer de 60 ans la position théorique du parti.</p>
<p>C'est le cas de la menace d'appel au congrès du parti. Le socialisme esthétique qui prédomine aujourd'hui au Vorwärts et qui veut libérer la classe ouvrière avec des sentiments esthétiques et un raisonnement éthique n'est en aucun cas un phénomène nouveau ; Son apogée se situe dans les années 1940, où il connaît une croissance luxuriante, notamment en France et en Allemagne. Marx et Engels l'ont alors combattu comme un pur poison pour le mouvement ouvrier moderne, pour lequel ils étaient d'ailleurs déjà parés de toutes les épithètes que le Vorwärts répand aujourd'hui généreusement, et l'ont ensuite théoriquement rejeté dans le Manifeste du Parti Communiste. . Aussitôt après, la révolution, en Allemagne comme en France, le pesa sur sa balance pratique ; elle le trouvait un rien esthétique et un zéro éthique. Si le congrès du parti voulait s'engager en faveur de ce socialisme, les « anarcho-socialistes » diraient avec un droit vraiment cruel que le parti abandonnerait les positions qu'il a conquises depuis longtemps et que la caisse des travailleurs perdrait le droit d'objection si le congrès du parti voulait s'engager en faveur de ce socialisme. La bourgeoisie s'appuyait sur le titre historique légitime de supériorité intellectuelle pour gouverner. Parce que le socialisme esthétique est bien en dessous du niveau spirituel que maintient encore la société capitaliste, dans toute sa décadence. Il préfère se recruter avec désinvolture dans les esprits flous de la bourgeoisie, dont les esprits clairs ont longtemps été habitués à le ridiculiser en le traitant d'une folie inoffensive, et à juste titre de leur point de vue.</p>
<p>Bien entendu, rien de tout cela ne peut arriver et n'arrivera jamais. Il s'agit de savoir si l'on veut éliminer le mal à temps et d'une main douce, ou si l'on veut attendre encore quelques années jusqu'à ce qu'une réaction fondamentalement saine et puissante éclate de la part de la grande masse des camarades du parti, qui cela créerait alors pour eux des difficultés complètement différentes, créerait un parti que toutes les soi-disant « querelles littéraires » depuis les débuts jusqu'à nos jours ont causé ou pourront jamais causer. En ce qui nous concerne, nous sommes favorables à la méthode douce et c'est pourquoi nous soutenons la proposition des camarades de Berlin, non pas pour leurs raisons, qu'ils peuvent et veulent bien sûr représenter eux-mêmes, mais pour nos raisons, qu'ils ne représentent pas. mais nous le faisons dans ces articles. C'est le remède le plus doux et en même temps le plus radical : le plus doux parce qu'il ne fait de mal à personne, le plus radical parce qu'il réforme les conditions.</p>
<p>Cependant , Vorwärts estime que les camarades berlinois seraient très satisfaits de son style actuel. Nous ne discuterons pas de cela car cela ne nous importe pas. Nous jugeons ces questions non pas en fonction des humeurs ou des bouleversements du moment, mais plutôt en fonction de leurs aspects durables. Si nous laissons le Vorwärts aux camarades berlinois à leur libre disposition, leur esprit se retrouvera bientôt dans ses colonnes, tout comme l'esprit des camarades auxquels ils appartiennent se retrouve dans les colonnes de tous les journaux du parti. En douter, ce serait douter du principe sur lequel la presse ouvrière tire sa force.<br class='autobr' />
* * *<br class='autobr' />
Remarques</p>
<p>1. Lors de la conférence du parti SPD à Dresde en 1903, la majorité radicale a attaqué la collaboration des membres du SPD au journal sensationnel Zukunft de Maximilian Harden, qui glorifiait Bismarck. Ils ont riposté par une campagne de diffamation, notamment contre Mehring.</p>
<p>R. Nous nous sommes toujours exprimés de la même manière que ci-dessus lorsque nous critiquions les sensations du Vorwärts . C'est pourquoi nous écrivions le 24 juin : « Nous le répétons une fois de plus : il ne nous vient pas à l'esprit de jeter le bébé avec l'eau du bain et d'exiger que le parti ouvrier se bande les yeux et ignore les scandales qui ravagent le corps du capitalisme comme des signes de la pourriture éclate. Ce que nous souhaitons seulement, c'est que notre politique à l'égard de ces phénomènes soit la critique requise d'un point de vue fondamental, que nous n'accordions pas une importance excessive à la lutte prolétarienne pour l'émancipation, que nous sachions les présenter comme des conséquences inévitables du mode de production capitaliste. , même au risque de perdre l'approbation conditionnelle et hautement trompeuse du philistin instruit." Néanmoins, l'employé du journal du parti de Kassel parvient à présenter le leader politique de notre journal [= Mehring] comme un type ennuyeux qui accuse les autres de ce qu'il aime faire lui-même, en énumérant toute une liste leporello de scandales capitalistes que Mehring a couverts dans la Neue Zeit . Lorsqu'on lui demande comment Mehring l'a traitée, il ne répond pas davantage et, étant comme nous, nous ne nous plaignons pas de la négligence de ces finesses intempestives. L'homme moralement crucifié sera peut-être plus susceptible de pousser un léger cri de plainte parce que son juge a oublié de dire que la liste Leporello s'étend sur quatorze années du Nouvel Âge , de sorte que lorsque vous les comptez à rebours, chaque année du Nouveau Temps est en moyenne même un scandale traité par Mehring tombe. Après que Mehring ait été exposé de cette manière ingénieuse au mépris de ses camarades, on tente au même endroit de ridiculiser Kautsky pour ses polémiques contre le Vorwärts en annonçant dans des imprimés bloqués que la Neue Zeit ne prend aucune part à la montée du Vorwärts. la presse du parti, tandis que Aller de l'avant est au premier plan, « grâce au talent journalistique exceptionnel du camarade Eisner ». Il est à noter que le Vorwärts décrit ensuite ce « vieux camarade du parti » comme une colombe de la paix avec un rameau d'olivier dans le bec, juste après que Kurt E[isner] ait exprimé son indignation face aux prétendues cliques et à la publicité dans le Leipziger Volkszeitung .</p>
<p>B. La courte note dans notre numéro du samedi [No. 203, 2 septembre 1905], dans lequel nous expliquions pourquoi la publication de ces articles avait été interrompue pendant plusieurs jours afin d'écarter les soupçons selon lesquels nous souhaitions un retard qui pourrait empêcher le Vorwärts de répondre avant la conférence du parti, a éveillé des soupçons personnels. dans certains journaux du parti, ce qui peut être résumé comme si ces articles étaient écrits dans une rage insensée contre une seule personnalité. Bien que nous croyions pouvoir laisser la justification aux articles eux-mêmes, nous voudrions noter au passage, à l'intention des camarades préoccupés par la question, que les opinions que nous avons développées sont défendues depuis des années par nous. Dans des cercles de parti plus étroits, les maux qui règnent dans les Vorwärts remontent à une seule personnalité. Nous avons toujours dit : « Vous avez raison dans cette affaire, mais vous faites du tort à l'homme. Pas plus que nous, il ne peut se sortir de sa peau, et l'influence qu'il exercera à l'avenir est due à ses compétences et à son activité dans le domaine journalistique, c'est-à-dire à des moyens tout à fait légitimes. Ce sont les circonstances qui ont placé l'homme au mauvais endroit qui sont à l'origine du désastre. » Lorsque Kurt E[isner] s'est déchaîné avec ses allégations diffamatoires et mensongères contre la Leipziger Volkszeitung et que nous avons d'abord hésité quant à savoir si nous devions répondre, amis du parti, à que nous avions commenté à plusieurs reprises dans le sens indiqué, nous a demandé de développer publiquement notre point de vue dans son contexte. Ils étaient guidés par le désir de poser la question sur la base d'une discussion objective, et c'est uniquement pour répondre à ce désir que nous avons rédigé ces articles.</p>
<p>2. Franz Mehring vivait à Berlin-Steglitz.</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/archiv/mehring/1905/08/vorwaerts.html?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/deutsch/archiv/mehring/1905/08/vorwaerts.html?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p></div>