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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Turquie</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie en 1908-1909 &lt;br class='autobr' /&gt;
La Turquie constitutionnelle &lt;br class='autobr' /&gt;
(1908) &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Rakovski &lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re forteresse de l'absolutisme et de la th&#233;ocratie en Europe est tomb&#233;e : la Turquie est devenue &#224; son tour un &#201;tat constitutionnel. [1] &lt;br class='autobr' /&gt;
On sait comment les &#233;v&#233;nements se d&#233;roul&#232;rent. Vers la mi-juillet, le t&#233;l&#233;graphe r&#233;pandit aux quatre coins du monde l'&#233;trange nouvelle qu'un officier turc, Effendi Niazi, s'&#233;tait enfui dans les montagnes de Monastir avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Turquie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie en 1908-1909&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Turquie constitutionnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1908)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re forteresse de l'absolutisme et de la th&#233;ocratie en Europe est tomb&#233;e : la Turquie est devenue &#224; son tour un &#201;tat constitutionnel. [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait comment les &#233;v&#233;nements se d&#233;roul&#232;rent. Vers la mi-juillet, le t&#233;l&#233;graphe r&#233;pandit aux quatre coins du monde l'&#233;trange nouvelle qu'un officier turc, Effendi Niazi, s'&#233;tait enfui dans les montagnes de Monastir avec une centaine de soldats et de civils. Dans ce pays o&#249; coexistaient le pouvoir des rois montagnards et de leurs bandes et le pouvoir fictif du sultan, cette escapade n'avait rien d'extraordinaire que la qualit&#233; et la nationalit&#233; de son principal acteur. On se demandait si les Jeunes Turcs allaient d&#233;clencher une gu&#233;rilla contre les autorit&#233;s, comme l'avaient fait les r&#233;volutionnaires bulgares, grecs et autres, ou si l'on assistait &#224; un acte isol&#233; sans importance ? Les &#233;v&#233;nements nous montr&#232;rent bient&#244;t que nous assistions &#224; plus qu'&#224; une mutinerie : la Turquie vivait une v&#233;ritable r&#233;volution. L'acte d'Effendi Niazi fit surgir une conspiration qu'un incident fortuit, inconnu jusqu'alors, d&#233;clencha pr&#233;matur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'exploit d'Effendi Niazi, l'&#233;v&#233;nement le plus important de la r&#233;volution fut la capture par Niazi du mar&#233;chal Osman Pacha, envoy&#233; par Constantinople pour r&#233;primer le mouvement. Cette m&#234;me nuit, 24 juillet, le sultan, inform&#233; par Hilmi Pacha, commissaire g&#233;n&#233;ral de Mac&#233;doine, que le corps d'arm&#233;e de cette province s'&#233;tait joint aux insurg&#233;s, s'empressa d'annoncer le r&#233;tablissement de la Constitution de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment, le mouvement r&#233;volutionnaire des Jeunes Turcs devint l&#233;gal et gouvernemental. Il obtint la suppression de la censure, une amnistie g&#233;n&#233;rale et aussi, comme garantie de la sinc&#233;rit&#233; des intentions du Sultan, le remplacement du grand vizir Sa&#239;d Pacha par Kinmil Pacha, consid&#233;r&#233; comme repr&#233;sentant une tendance plus lib&#233;rale. Des changements analogues se produisirent dans le gouvernement et dans la haute administration. Au cours de ces &#233;v&#233;nements, l'attitude de la camarilla fut des plus pitoyables. Tous, Izzet Bey, le premier secr&#233;taire du Sultan, le personnage le plus influent, Melhame Pacha, Mounir Pacha, les ambassadeurs et les organisateurs de l'espionnage &#224; l'&#233;tranger, se convertirent subitement au plus pur constitutionnalisme, tout en essayant de fomenter une contre-r&#233;volution &#8211; t&#233;moin la mutinerie loyaliste des soldats d'Andrinople. Cela n'a rien d'&#233;tonnant, car le Sultan lui-m&#234;me s'empressa de d&#233;clarer qu'il avait toujours &#233;t&#233; un admirateur de la Constitution et que ce n'&#233;taient que les intrigues de personnes mal intentionn&#233;es qui l'avaient pouss&#233; &#224; arr&#234;ter et &#224; emprisonner ses d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne se passe gu&#232;re de jour sans que les journaux ne nous apportent la preuve du z&#232;le constitutionnel du Sultan. Dans son empressement &#224; plaire aux Jeunes Turcs, il a m&#234;me propos&#233; sa propre candidature au poste de pr&#233;sident honoraire du Comit&#233; &#171; Union et Progr&#232;s &#187; et a lui-m&#234;me fait frapper une m&#233;daille comm&#233;morant la proclamation de la libert&#233;, de l'&#233;galit&#233; et de la fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pros&#233;lytisme soudain n'est ni le r&#233;sultat d'un calcul trop &#233;vident pour tromper qui que ce soit, ni la preuve de la puissance des Jeunes Turcs ; il r&#233;v&#232;le plut&#244;t la d&#233;pression psychologique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Atteint de la folie h&#233;r&#233;ditaire morbide dont est mort son fr&#232;re a&#238;n&#233;, affaibli par le surmenage et une affection de la vessie, Abdul Hamid est de plus en plus en proie &#224; des obsessions. Il est hant&#233; par ce que la presse turque &#233;vite soigneusement de mentionner depuis trente-deux ans : le r&#233;gicide. On sait que tous les assassinats d'hommes d'Etat &#233;trangers ont &#233;t&#233; d&#233;crits au peuple turc comme des accidents ou des maladies. On comprend donc que le sultan Abdul Hamid, se voyant compl&#232;tement abandonn&#233; par l'arm&#233;e et ses partisans, tente, par des platitudes mal d&#233;guis&#233;es, de gagner la confiance des Jeunes Turcs tout en emp&#234;chant que les concessions sur la constitution d&#233;passent certaines limites. Ainsi, dans le r&#233;cent Hati-Houmayoun par lequel il r&#233;tablit solennellement la Constitution, Abdul Hamid conserva le droit de nommer directement non seulement le grand-vizir et le cheik-ul-islam (le chef religieux des musulmans) mais aussi les ministres de la guerre et de la marine. Les protestations unanimes que cela provoqua d&#233;termin&#232;rent la chute de Sa&#239;d Pacha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour compl&#233;ter le bilan de la r&#233;volution turque, il faut ajouter que les &#233;lections l&#233;gislatives ont &#233;t&#233; fix&#233;es au mois de novembre. Conform&#233;ment &#224; la Constitution de 1876, le Parlement sera compos&#233; de deux chambres : le S&#233;nat dont les membres seront nomm&#233;s par le Sultan, et la Chambre des d&#233;put&#233;s &#233;lue au suffrage indirect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contentement produit par les &#233;v&#233;nements de Constantinople fut g&#233;n&#233;ral, du moins en apparence. Mais le r&#233;sultat le plus remarquable fut le d&#233;sarmement des bandes en Mac&#233;doine. Ce que trois corps d'arm&#233;e n'avaient pu imposer fut obtenu en vingt-quatre heures par le r&#233;tablissement de la Constitution. Le spectacle des nombreuses bandes bulgares, grecques et serbes, quittant volontairement les montagnes o&#249; elles s'exterminaient mutuellement et descendant dans les villes pour danser ensemble la &#171; danse fraternelle &#187; au milieu des acclamations des foules bigarr&#233;es, fut, sans aucun doute, un merveilleux t&#233;moignage de l'effet pacifiant de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution turque, si elle continue sur la m&#234;me marche triomphale, n'aura pas de cons&#233;quences moins favorables pour la paix dans les Balkans et en g&#233;n&#233;ral pour toute l'Europe. Les convoitises qu'un pass&#233;, consid&#233;r&#233; jusqu'ici comme tr&#232;s r&#233;cent, a suscit&#233;es seront apais&#233;es lorsque chacun verra que la Turquie, loin de dispara&#238;tre, grandira et progressera. Pour la Turquie elle-m&#234;me, jusqu'ici le plus militariste des &#201;tats, le r&#233;gime constitutionnel aura des cons&#233;quences des plus favorables, tant sur le plan financier et politique qu'&#233;conomique et social. Sous l'anarchie qui r&#233;gnait, la puissance de la corruption, l'exemption des &#233;trangers de la juridiction des tribunaux qui mettait tous les tricheurs cosmopolites &#224; peu pr&#232;s &#224; l'abri des poursuites, toute activit&#233; industrielle ou &#233;conomique normale &#233;tait impossible. Pourtant la Turquie, &#233;tendue sur deux continents (1), baign&#233;e de toutes parts par la mer, travers&#233;e par de riches voies d'eau, poss&#233;dant d'abondantes mines, ayant des champs fertiles sur lesquels on peut cultiver des produits propres &#224; tous les climats, pr&#233;sente les conditions les plus favorables au d&#233;veloppement d'une industrie puissante. Il ne lui manque qu'un r&#233;gime lib&#233;ral et honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;gime sera-t-il enfin inaugur&#233; par le triomphe du parti des Jeunes Turcs ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question, il faut d'abord examiner les origines du mouvement lib&#233;ral turc et les circonstances politiques dans lesquelles il est amen&#233; &#224; &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que la Turquie tente d'assimiler les structures politiques occidentales : la Constitution actuelle date de 1876. Mais en r&#233;alit&#233;, le mouvement r&#233;formateur en Turquie remonte &#224; une &#233;poque bien ant&#233;rieure, celle de Selim qui, le premier, au prix de sa vie, tenta de dissoudre la milice des janissaires. Depuis lors, plus d'un r&#233;formateur a tent&#233; d'implanter des institutions occidentales sur les rives du Bosphore. Certains hommes d'Etat ont m&#234;me d&#233;nonc&#233; ce z&#232;le r&#233;formateur comme l'une des causes de la d&#233;cadence turque. C'est le cas de Metternich, entre autres, qui pronon&#231;ait ce dicton, souvent cit&#233; par les vieux Turcs : &#171; Les Turcs doivent rester Turcs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;formes n'ont jamais &#233;t&#233; s&#233;rieusement appliqu&#233;es mais, n&#233;anmoins, on leur doit le r&#233;tablissement des populations chr&#233;tiennes en Turquie. Les principales r&#233;formes furent celles introduites par le sultan Abdul Hamid et connues sous le nom de Tanzimat. Les premi&#232;res furent introduites avec l'arriv&#233;e au tr&#244;ne de ce sultan, soit en 1839, les autres apr&#232;s la guerre de Crim&#233;e. Elles sont contenues dans deux actes : le Hatti Cherif de Gulhane et le Hatti Houmayoum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de toutes ces r&#233;formes &#233;tait de mettre la Turquie en conformit&#233; avec les &#201;tats modernes en ce qui concerne les droits civils et publics. Avant les Tanzimat, il n'y avait pas de s&#233;paration des pouvoirs en Turquie et par cons&#233;quent aucune garantie pour la vie, les biens et l'honneur des citoyens. Les autorit&#233;s administratives appliquaient &#224; leur guise la peine de mort et la confiscation des biens. Les Turcs comme les chr&#233;tiens souffraient de cet &#233;tat de choses, &#224; la diff&#233;rence que ces derniers &#233;taient contraints dans l'exercice de leur religion en plus des humiliations de toutes sortes qu'ils subissaient en tant que peuple conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de 1856 d&#233;cr&#233;tait l'&#233;galit&#233; civile de tous les sujets ottomans sans distinction ; celle de 1839 introduisait un syst&#232;me r&#233;gulier de collecte des imp&#244;ts et limitait le service militaire obligatoire, toutefois pour les seuls musulmans. Mais toutes ces r&#233;formes laissaient intact le pouvoir absolu du sultan et maintenaient la population &#224; l'&#233;cart de toute vie publique. Les chr&#233;tiens, exempt&#233;s de l'arm&#233;e, &#233;taient en outre exclus de fait de toutes les fonctions civiques alors m&#234;me que la r&#233;forme de 1656 [1856 ? &#8211; HR ] avait reconnu leur droit &#224; l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 1876 que l'on assiste &#224; la premi&#232;re grande r&#233;forme politique en Turquie : la proclamation d'une Constitution parlementaire ou Ganouni-Essasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un diplomate fran&#231;ais, le comte Charles de Mouy, d&#233;crit dans la Revue des Deux-Mondes de f&#233;vrier 1900 un &#233;pisode typique li&#233; &#224; cette proclamation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, une conf&#233;rence internationale avait &#233;t&#233; convoqu&#233;e pour donner une autonomie organisationnelle aux provinces de la Turquie d'Europe (Bulgarie, Mac&#233;doine et Bosnie). Au cours de la s&#233;ance du 23 d&#233;cembre 1876, alors que les d&#233;l&#233;gu&#233;s des diff&#233;rentes puissances allaient commencer leurs d&#233;lib&#233;rations, des coups de feu retentirent. Le pr&#233;sident de la conf&#233;rence, le d&#233;l&#233;gu&#233; turc Salvet Pacha, se leva alors et annon&#231;a solennellement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces salves marquent la promulgation de la Constitution que le Sultan accorde &#224; son empire. Cet acte change la forme de gouvernement qui a dur&#233; six cents ans et inaugure une nouvelle &#232;re de prosp&#233;rit&#233; pour les peuples ottomans. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. de Mouy ajouta que les pl&#233;nipotentiaires, non pas surpris comme ils s'attendaient &#224; quelque incident, mais tr&#232;s irrit&#233;s de cette action th&#233;&#226;trale &#233;videmment destin&#233;e &#224; les &#233;blouir et &#224; troubler leur ordre du jour, gard&#232;rent un silence glacial... Puis, sans aucune f&#233;licitation, et comme si de rien n'&#233;tait, pass&#232;rent aux affaires du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements ult&#233;rieurs ont justifi&#233; leur m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdul Hamid qui, avant de monter sur le tr&#244;ne, avait fait preuve d'un constitutionnalisme plus grand que celui de Midhad Pacha, venu n&#233;gocier avec lui, saisit la premi&#232;re occasion favorable pour suspendre la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assiste-t-on &#224; une r&#233;p&#233;tition de cette vieille com&#233;die ? Nul doute que le Sultan n'h&#233;siterait pas &#224; suspendre une seconde fois la Constitution et &#224; jeter en prison ses d&#233;fenseurs s'ils faisaient preuve de faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdul Hamid est en effet l'un des monarques les plus despotiques de l'histoire. Voici ce qu'&#233;crit l'ambassadeur de France &#224; Constantinople dans un document officiel du 15 octobre 1881 publi&#233; dans Le Livre Jaune :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La Porte n'existe plus : c'est m&#234;me le trait essentiel, le caract&#232;re principal du r&#233;gime sous lequel se trouve actuellement l'Empire ottoman. Avant Abdul Hamid, le pouvoir du sultan &#233;tait absolu, mais il s'exer&#231;ait par l'interm&#233;diaire de ministres qui jouaient un r&#244;le actif dans le gouvernement, dans l'administration, dans la conduite de la politique &#233;trang&#232;re, etc., etc. Il n'en est plus ainsi. Les ministres sont de simples gar&#231;ons de courses cens&#233;s ex&#233;cuter sans r&#233;serve les ordres du souverain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir exerc&#233; un pouvoir aussi illimit&#233; pendant vingt-sept ans, Abdul Hamid peut difficilement tol&#233;rer une volont&#233; sup&#233;rieure &#224; la sienne. Il reste donc le principal opposant au nouveau r&#233;gime et ses assurances actuelles n'ont pas plus de valeur que celles de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le grand architecte de la Constitution de 1876 fut Midhad Pacha, qu'il fut destitu&#233; du pouvoir en f&#233;vrier 1877, exil&#233; en Asie Mineure puis emprisonn&#233;, accus&#233; d'avoir d&#233;tr&#244;n&#233; le sultan Abdul Aziz. Midhad Pacha mourut en prison, tr&#232;s probablement empoisonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;chec du parti des Jeunes-Turcs ne fut pas seulement d&#251; &#224; sa faiblesse num&#233;rique mais surtout &#224; sa conception politique erron&#233;e. La place accord&#233;e aux chr&#233;tiens par Midhad Pacha et ses amis dans leur syst&#232;me gouvernemental &#233;tait tout &#224; fait insuffisante pour les rattacher &#224; l'Empire ottoman. Les Jeunes-Turcs de cette &#233;poque se laissaient trop influencer par l'antagonisme racial qui existait entre musulmans et chr&#233;tiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, c'est cet antagonisme qui constitue le principal danger pour la r&#233;volution turque, dans la mesure o&#249; il est r&#233;el et a une dimension non seulement religieuse mais aussi sociale et &#233;conomique. Dans les villes, la bourgeoisie est en majorit&#233; catholique, les Turcs &#233;tant fonctionnaires et militaires. Ajoutez &#224; cela l'organisation particuli&#232;re de la famille turque, fond&#233;e sur l'esclavage absolu des femmes, et l'on comprend l'&#226;pret&#233; des luttes entre musulmans et chr&#233;tiens, le m&#233;pris et la haine qu'ils &#233;prouvent les uns pour les autres. Des si&#232;cles de domination sans partage ont renforc&#233; chez les Turcs leur sentiment de sup&#233;riorit&#233; sur les chr&#233;tiens, les &#171; ghiaours &#187;, race d'&#234;tres inf&#233;rieurs et d'esclaves. C'est la psychologie des classes dominantes turques que les clercs ont r&#233;pandue aussi parmi les classes inf&#233;rieures maintenues dans l'ignorance la plus crasse. Le fait que seuls les musulmans soient soumis au service militaire a renforc&#233; leurs pr&#233;jug&#233;s raciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antagonisme est en quelque sorte confirm&#233; par une tendance sociologique : la diff&#233;rence de natalit&#233; entre Turcs et Chr&#233;tiens. Alors que le taux de natalit&#233; chez les Chr&#233;tiens est de 41,7 pour mille par an (chiffres officiels du recensement bulgare), celui des Turcs n'est que de 23,5. C'est le r&#233;sultat des &#233;volutions sociales diff&#233;rentes des conqu&#233;rants et des conquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance de ce fait nous indique que le but de la r&#233;volution turque doit &#234;tre plus &#233;lev&#233; que la simple instauration d'un syst&#232;me politique. Il doit &#234;tre d'&#233;lever un peuple au niveau de la civilisation et de la culture modernes. En r&#233;alit&#233;, il serait pu&#233;ril de nier que l'&#233;l&#233;ment chr&#233;tien en Turquie est beaucoup plus capable d'une vie politique moderne que l'&#233;l&#233;ment turc et que, par cons&#233;quent, gr&#226;ce &#224; une franche alliance avec lui, le parti r&#233;formateur trouvera les forces n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation de son programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incompatibilit&#233; relative entre la culture musulmane et surtout la famille musulmane et un r&#233;gime de libert&#233; et d'&#233;galit&#233; politique et civile n'est pas g&#233;n&#233;ralement reconnue. Beaucoup de Turcs la nient, et les &#233;v&#233;nements semblent les conforter. En fait, l'empressement avec lequel toute la Turquie, y compris ses astrologues et son &#171; Cheik-ul-Islam &#187;, d&#233;clare &#171; sans r&#233;serve &#187; son soutien au r&#233;gime constitutionnel semble contredire notre affirmation, si ce n'&#233;tait qu'il y avait une autre explication. Il suffit de noter que le foyer de la propagande des Jeunes Turcs &#233;tait la Mac&#233;doine et que l'explosion du mouvement a co&#239;ncid&#233; avec le projet anglo-russe de r&#233;formes pour comprendre les origines plus nationalistes que lib&#233;rales du mouvement actuel. Tous se sont empar&#233;s de la Constitution comme d'un moyen de sauver la Turquie d'une nouvelle amputation. Cela ne signifie pas que tous tiennent compte des concessions qui doivent &#234;tre faites pour r&#233;concilier les chr&#233;tiens et aussi pour donner aux masses populaires turques confiance dans le nouveau r&#233;gime. En tout cas, une diversit&#233; de vues sur ce point existait d&#233;j&#224; avant la r&#233;volution. Les cercles autour de Mechveret montrent des tendances tr&#232;s nationalistes. L'id&#233;al politique de ce groupe est un pouvoir central puissant assist&#233; d'un parlement tel que le pr&#233;voit la Constitution de 1876. L'autre faction, group&#233;e autour du neveu du sultan, Sebah-Edin, et qui a conclu il y a quelques mois une alliance offensive avec les r&#233;volutionnaires arm&#233;niens, cherche le salut de l'empire dans une f&#233;d&#233;ration des peuples habitant la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ind&#233;niable que le programme d&#233;mocratique de ce groupe est le seul qui puisse garantir l'exercice g&#233;n&#233;ral et sinc&#232;re de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va aussi &#224; l'encontre non seulement du programme des r&#233;volutionnaires arm&#233;niens, mais aussi de celui des r&#233;volutionnaires mac&#233;doniens. [A] Les d&#233;clarations de ces r&#233;volutionnaires, leurs manifestations significatives &#224; Salonique et &#224; Monastir, n'auraient pas suffi &#224; nous assurer de la sinc&#233;rit&#233; de leurs intentions s'il n'existait pas d'autres preuves, &#224; savoir les luttes souvent sanglantes entre les f&#233;d&#233;ralistes mac&#233;doniens et les partisans mac&#233;doniens de l'union avec la Bulgarie. L'assassinat de Sarofos, ancien pr&#233;sident du comit&#233; mac&#233;donien de Sofia, n'a &#233;t&#233; qu'un incident dans ce conflit fratricide. Apr&#232;s les r&#233;cents &#233;v&#233;nements de Turquie, les organisations mac&#233;doniennes qui ont des liens avec le comit&#233; de Sofia, et donc avec les milieux bulgares non officiels, ont d&#233;clar&#233; par la voix de leur pr&#233;sident actuel, Pintcheff, qu'elles ne voulaient pas faire obstacle &#224; l'&#339;uvre r&#233;formatrice des Jeunes Turcs. L'instauration d'un r&#233;gime de libert&#233; en Turquie est une n&#233;cessit&#233; si vitale pour tous ses peuples que personne n'ose accepter ouvertement la responsabilit&#233; de s'y opposer. N&#233;anmoins, les gouvernements des pays balkaniques, ainsi que les diplomaties de la Russie, de l'Allemagne et de l'Autriche, tout en faisant des d&#233;clarations favorables aux changements en cours, verraient avec une grande satisfaction l'&#233;chec du mouvement r&#233;formateur. Son succ&#232;s dresserait des obstacles &#224; leur politique d'expansion territoriale ou &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut esp&#233;rer que toutes les intrigues venues de l'&#233;tranger et toutes les r&#233;sistances int&#233;rieures seront vaincues par la collaboration de plus en plus &#233;troite des Jeunes Turcs avec les &#233;l&#233;ments chr&#233;tiens d&#233;mocratiques. Les premiers doivent comprendre que sans l'aide des seconds, et donc sans un r&#233;gime d'&#233;galit&#233; absolue entre Turcs et chr&#233;tiens, l'&#339;uvre de r&#233;novation de la Turquie est impossible. De leur c&#244;t&#233;, les chr&#233;tiens doivent &#234;tre convaincus qu'il est de leur int&#233;r&#234;t le plus imm&#233;diat d'aider les Turcs &#224; cr&#233;er des conditions de vie modernes, honn&#234;tement et sans esprit de s&#233;paratisme ; autrement, on reviendra au r&#233;gime des massacres, de la mis&#232;re et de la tyrannie pour les peuples de l'empire turc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Note du traducteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Il va &#224; l'encontre signifie &#171; aller &#224; l'encontre &#187; selon mon dictionnaire, mais dans le contexte du texte de Rakovsky, il semblerait que le programme f&#233;d&#233;raliste d&#233;mocratique du groupe de Sebah-Edin co&#239;ncide avec ceux des Arm&#233;niens et des Mac&#233;doniens. Il est possible que &#171; va &#224; l'encontre &#187; puisse signifier &#171; va &#224; la rencontre &#187;. C'est ainsi que je l'ai rendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Note&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La Turquie (en Europe et en Asie) a une superficie de 2 775 000 km&#178; et une population de 25 millions d'habitants. En Europe, elle occupe les provinces suivantes : Albanie, Mac&#233;doine, &#201;pire et Thessalie (en partie Thrace, vilayet d'Andrinople). En Asie, elle occupe l'Anatolie, l'Arm&#233;nie turque, l'Arabie, la Syrie, le Kurdistan, la M&#233;sopotamie. En Afrique, elle occupe Tripoli. Nous ne comptons pas les provinces nominalement turques : la Roumanie orientale est unie &#224; la Bulgarie depuis 1885, et l'&#201;gypte est devenue de fait un protectorat de l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/xx/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/xx/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution turque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ao&#251;t 1908)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Russie et la Perse, c'est la Turquie qui entre dans le mouvement r&#233;volutionnaire. Mais ce qui caract&#233;rise la r&#233;volution turque, c'est son &#233;volution rapide et son succ&#232;s rapide &#8211; du moins en apparence. En l'espace de deux semaines, l'arm&#233;e rebelle est devenue ma&#238;tresse de la Mac&#233;doine. Le sultan effray&#233; a &#233;t&#233; contraint d'accepter une constitution ou plut&#244;t de r&#233;tablir celle de 1876. Ainsi est renvers&#233;e la derni&#232;re autocratie europ&#233;enne. La d&#233;claration du g&#233;n&#233;ral Ignatief, ambassadeur de Russie &#224; Constantinople au moment de la proclamation de la premi&#232;re constitution turque : &#171; Nous ne permettrons pas que la Russie reste le seul pays d'Europe sans constitution &#187; n'a plus aucun fondement. En th&#233;orie du moins, toute l'Europe est constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les changements en Turquie ont un int&#233;r&#234;t plus g&#233;n&#233;ral, c'est par rapport &#224; la fameuse &#171; question d'Orient &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommes-nous sur le point de r&#233;soudre ce probl&#232;me et donc d'&#233;liminer l'une des plus grandes causes de guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, si quelqu'un, en dehors des populations de l'Est turc elles-m&#234;mes, a int&#233;r&#234;t &#224; la solution compl&#232;te de cette question, c'est bien le prol&#233;tariat. La Turquie est aujourd'hui un champ ouvert aux complots capitalistes et imp&#233;rialistes de tous les pays. Tous, en attendant l'effondrement de l'empire pour s'emparer de certains de ses territoires, cherchent actuellement &#224; y obtenir une plus grande influence et davantage de concessions et de privil&#232;ges financiers. Il faut dire que le partage des biens de &#171; l'homme malade &#187; avant sa mort a &#233;t&#233; fait avec un grand succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; un Sultan qui ne pense qu'&#224; sa propre conservation et &#224; une bureaucratie despotique, ignorante et corrompue, les vautours de tous les pays, les agents du capitalisme triomphant, ont r&#233;ussi &#224; construire leur nid dans tous les recoins de ce vaste empire. De tous c&#244;t&#233;s, une foule bigarr&#233;e, les propagandistes nationalistes, bulgares, roumains, serbes, grecs, etc., cherchent par le fer, le feu et l'argent &#224; accro&#238;tre leur sph&#232;re d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se fait aux d&#233;pens du peuple turc, abandonn&#233; de tous, luttant avec d&#233;sespoir et impuissant face &#224; la tyrannie du sultan, aux intrigues de ses compatriotes d'autres pays et aux app&#233;tits insatiables des soi-disant puissances protectrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;volution qui donnerait l'initiative aux peuples de Turquie en supprimant ou en r&#233;duisant l'influence de tous ces facteurs n&#233;fastes r&#233;soudrait, par cela seul, la question orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une Turquie r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e, d&#233;mocratique et forte peut r&#233;p&#233;ter avec succ&#232;s le fameux &#171; Hands off &#187; de Gladstone et ainsi couper court &#224; tous les app&#233;tits que son &#233;tat de d&#233;composition a provoqu&#233; chez ses voisins proches et lointains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ce changement pour la paix et pour la cause de la classe ouvri&#232;re sont incalculables. En g&#233;n&#233;ral, il faut dire que &#8211; et c'est l&#224; la grande importance historique du r&#233;veil de tous les peuples de l'Est et de l'Extr&#234;me-Orient &#8211; &#8203;&#8203;la d&#233;faite de l'imp&#233;rialisme agressif et avide de l'Empire capitaliste fera appara&#238;tre de fa&#231;on absolument &#233;vidente la n&#233;cessit&#233; de trouver une solution aux difficult&#233;s de la surproduction et de l'anarchie capitaliste dans une autre organisation du travail national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soupape de s&#233;curit&#233; coloniale n'existant plus, bon gr&#233; mal gr&#233; il faut trouver une v&#233;ritable solution socialement juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de cette cons&#233;quence g&#233;n&#233;rale et large, la r&#233;volution turque aura d'autres cons&#233;quences plus imm&#233;diates et plus pratiques du point de vue de la politique &#233;trang&#232;re de tous les groupes balkaniques et occidentaux dont la vie est li&#233;e &#224; celle de la Turquie. Ce sera une baisse g&#233;n&#233;rale de la tension et peut-&#234;tre un pr&#233;lude &#224; un certain d&#233;sarmement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, nous le r&#233;p&#233;tons, la classe ouvri&#232;re doit accueillir la r&#233;volution turque avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il d'une r&#233;volution ou d'un coup d'&#201;tat militaire sans cons&#233;quences majeures ? L'avenir imm&#233;diat nous le dira. Il semble cependant que la r&#233;volution turque ait, d&#232;s son d&#233;but, montr&#233; une tr&#232;s dangereuse tendance &#224; d&#233;railler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que le seul moyen de pacifier la Turquie, d&#233;chir&#233;e par tant de passions, est la plus grande libert&#233; possible. C'est celle qui, en satisfaisant les justes revendications des diff&#233;rents peuples de l'empire, peut les unir dans un esprit de solidarit&#233; commune. Malheureusement, la puissance des Jeunes-Turcs est, &#224; ce point de vue, totalement insuffisante. La constitution de 1876 qu'ils ont demand&#233;e et obtenue laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer. Elle laisse presque intact le pouvoir autocratique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les Jeunes Turcs, frapp&#233;s sans doute de l'&#233;tat de d&#233;labrement o&#249; ils trouvent l'Empire, n'ont qu'une id&#233;e en t&#234;te : renforcer le plus possible le pouvoir central. Au lieu d'un sultan autocratique, il y aurait une oligarchie non moins autocratique. Et pourtant, il n'est pas de pays qui se pr&#234;te moins &#224; un tel r&#233;gime que la Turquie avec sa diversit&#233; de langues, de m&#339;urs et de conditions &#233;conomiques et sociales dans ses diff&#233;rentes provinces. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;cueil que les Jeunes Turcs ne veulent pas voir. Ils ne veulent pas comprendre cette v&#233;rit&#233; historique que c'est seulement dans une f&#233;d&#233;ration de tous les peuples de l'Empire qu'ils peuvent trouver leur salut et que le vieux slogan &#171; autonomie ou anatomie &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire f&#233;d&#233;ration ou partage &#8211; est aujourd'hui plus vrai que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#224; l'heure actuelle, apr&#232;s tant de luttes sanglantes, les peuples de Turquie se soumettront encore moins qu'il y a trente-deux ans &#224; la tyrannie d'un gouvernement central semi-absolutiste promis par la Constitution de 1876. Nous n'ignorons pas les difficult&#233;s qui entravent le progr&#232;s de la r&#233;volution turque, mais les Jeunes Turcs aggravent eux-m&#234;mes les choses en s'empressant de n&#233;gocier avec Abdul-Hamid. C'est un pacte avec le diable qui, croyons-nous, sera fatal au mouvement. Il n'y a qu'un seul moyen pour que la r&#233;volution turque r&#233;ussisse, c'est d'unir tous les peuples ordinaires de Turquie, sans distinction de race ou de croyance, autour d'un programme v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Parti des Jeunes Turcs est-il capable de r&#233;aliser cette union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quel est le caract&#232;re social du mouvement Jeunes-Turcs ? Les ouvriers et les paysans turcs sont encore sous l'influence du clerg&#233;. La bourgeoisie musulmane, au sein de laquelle les Jeunes-Turcs ont une certaine sympathie, n'a pas beaucoup d'importance. Une longue &#233;volution historique a transform&#233; la bourgeoisie turque en une caste militaire et de fonctionnaires tandis que la bourgeoisie chr&#233;tienne s'occupe d'industrie et de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le seul milieu o&#249; les Jeunes-Turcs soient populaires est celui de l'arm&#233;e et de la bureaucratie. Ces deux &#233;l&#233;ments peuvent garantir &#224; une r&#233;volution un succ&#232;s aussi rapide que de courte dur&#233;e. Mais une man&#339;uvre habile du sultan, appelant au pouvoir le plus grand nombre possible de Jeunes-Turcs, peut d&#233;sorganiser et compromettre tout le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs pourraient trouver un appui solide dans la bourgeoisie et le prol&#233;tariat chr&#233;tiens, mais auront-ils la clairvoyance et le courage moral de le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils pourraient entra&#238;ner les masses musulmanes avec eux en leur promettant de s&#233;rieuses r&#233;formes. L'avenir nous montrera s'ils en sont capables. De leur attitude d&#233;pendra la question de savoir si la r&#233;volution turque sera un simple masque ou un mouvement lourd de cons&#233;quences politiques et sociales pour l'humanit&#233; enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/08/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1908/08/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution et contre-r&#233;volution en Turquie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Mai 1909)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovski&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion de la contre-r&#233;volution turque, heureusement repouss&#233;e (du moins pour le moment), n'a pas &#233;t&#233; une grande surprise pour ceux qui ont suivi de pr&#232;s les &#233;v&#233;nements en Orient. D&#233;j&#224;, au lendemain de la r&#233;volution turque, nous exprimions dans ce journal nos craintes d'une contre-offensive r&#233;actionnaire. Nos appr&#233;hensions, h&#233;las ! n'ont &#233;t&#233; que trop justifi&#233;es par ce qui a suivi, mais nous nous permettons de reproduire la conclusion de notre article, publi&#233; il y a neuf mois, que ces derniers &#233;v&#233;nements ont remis d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, nous le r&#233;p&#233;tons, la classe ouvri&#232;re doit accueillir la r&#233;volution turque avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'agit-il d'une r&#233;volution ou d'un coup d'&#201;tat militaire sans cons&#233;quences majeures ? L'avenir imm&#233;diat nous le dira. Il semble cependant que la r&#233;volution turque ait, d&#232;s son d&#233;but, montr&#233; une tr&#232;s dangereuse tendance &#224; d&#233;railler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que le seul moyen de pacifier la Turquie d&#233;chir&#233;e par tant de passions est la plus grande libert&#233; possible. C'est celle qui, en satisfaisant les justes revendications des diff&#233;rents peuples de l'empire, peut les unir dans un esprit de solidarit&#233; commune. Malheureusement, la puissance des Jeunes-Turcs est, &#224; ce point de vue, totalement insuffisante. La constitution de 1876 qu'ils ont demand&#233;e et obtenue laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer. Elle laisse presque intact le pouvoir autocratique du Sultan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les Jeunes Turcs, frapp&#233;s sans doute de l'&#233;tat de d&#233;labrement o&#249; ils trouvent l'Empire, n'ont qu'une id&#233;e en t&#234;te : renforcer le plus possible le pouvoir central. Au lieu d'un sultan autocratique, il y aurait une oligarchie non moins autocratique. Et pourtant, il n'est pas de pays qui se pr&#234;te moins &#224; un tel r&#233;gime que la Turquie avec sa diversit&#233; de langues, de m&#339;urs et de conditions &#233;conomiques et sociales dans ses diff&#233;rentes provinces. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment cet &#233;cueil que les Jeunes Turcs ne veulent pas voir. Ils ne veulent pas comprendre cette v&#233;rit&#233; historique que c'est seulement dans une f&#233;d&#233;ration de tous les peuples de l'Empire qu'ils peuvent trouver leur salut et que le vieux slogan &#171; autonomie ou anatomie &#187; &#8211; c'est-&#224;-dire f&#233;d&#233;ration ou partage &#8211; est aujourd'hui plus vrai que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#224; l'heure actuelle, apr&#232;s tant de luttes sanglantes, les peuples de Turquie se soumettront encore moins qu'il y a trente-deux ans &#224; la tyrannie d'un gouvernement central semi-absolutiste promis par la Constitution de 1876. Nous n'ignorons pas les difficult&#233;s qui entravent le progr&#232;s de la r&#233;volution turque, mais les Jeunes Turcs aggravent eux-m&#234;mes les choses en s'empressant de n&#233;gocier avec Abdul-Hamid. C'est un pacte avec le diable qui, croyons-nous, sera fatal au mouvement. Il n'y a qu'un seul moyen pour que la r&#233;volution turque r&#233;ussisse, c'est d'unir tous les peuples ordinaires de Turquie, sans distinction de race ou de croyance, autour d'un programme v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Parti des Jeunes Turcs est-il capable de r&#233;aliser cette union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, quel est le caract&#232;re social du mouvement Jeunes-Turcs ? Les ouvriers et les paysans turcs sont encore sous l'influence du clerg&#233;. La bourgeoisie musulmane, au sein de laquelle les Jeunes-Turcs ont une certaine sympathie, n'a pas beaucoup d'importance. Une longue &#233;volution historique a transform&#233; la bourgeoisie turque en une caste militaire et de fonctionnaires tandis que la bourgeoisie chr&#233;tienne s'occupe d'industrie et de commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le seul milieu o&#249; les Jeunes-Turcs soient populaires est celui de l'arm&#233;e et de la bureaucratie. Ces deux &#233;l&#233;ments peuvent garantir &#224; une r&#233;volution un succ&#232;s aussi rapide que de courte dur&#233;e. Mais une man&#339;uvre habile du sultan, appelant au pouvoir le plus grand nombre possible de Jeunes-Turcs, peut d&#233;sorganiser et compromettre tout le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs pourraient trouver un appui solide dans la bourgeoisie et le prol&#233;tariat chr&#233;tiens, mais auront-ils la clairvoyance et le courage moral de le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, ils pourraient entra&#238;ner les masses musulmanes avec eux en leur promettant de s&#233;rieuses r&#233;formes. L'avenir nous montrera s'ils en sont capables. De leur attitude d&#233;pendra la question de savoir si la r&#233;volution turque sera un simple masque ou un mouvement lourd de cons&#233;quences politiques et sociales pour l'humanit&#233; enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des neuf mois qu'ont v&#233;cu les Jeunes Turcs montre qu'ils n'&#233;taient pas suffisamment pr&#233;par&#233;s &#224; la grande entreprise dans laquelle ils s'&#233;taient embarqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire qu'ils &#233;taient confront&#233;s &#224; une t&#226;che extr&#234;mement difficile et que les conditions particuli&#232;res qui pr&#233;valaient en Turquie rendaient la t&#226;che encore plus compliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, comme dans d'autres r&#233;volutions bourgeoises, de lutter seulement contre un ancien r&#233;gime d&#233;j&#224; compromis aux yeux du peuple, mais de lutter contre les pr&#233;jug&#233;s des masses turques qui d&#233;coulent d'un type particulier d'organisation familiale fond&#233;e sur l'esclavage de la femme et sur l'organisation militaire et th&#233;ocratique de l'Empire ottoman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oligarchie militaire, bureaucratique et cl&#233;ricale turque, tirant sa force de l'antagonisme entre musulmans et chr&#233;tiens, n'a cess&#233; d'exciter les premiers contre les seconds, approfondissant et pr&#233;servant habilement les diff&#233;rences qui les s&#233;paraient. Le droit exclusif des musulmans &#224; porter les armes a &#233;t&#233;, ainsi que les privil&#232;ges qui renfor&#231;aient leur sentiment d'&#234;tre la race dominante, &#224; l'origine des effroyables massacres de chr&#233;tiens qui ont ensanglant&#233; la semaine derni&#232;re encore les villes d'Asie Mineure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime constitutionnel, fond&#233; sur le respect de la personnalit&#233; humaine et donc de la femme, ainsi que sur la tol&#233;rance, se heurtait aux pr&#233;jug&#233;s de la race musulmane dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que pour le noyau des masses musulmanes cette sup&#233;riorit&#233; se manifestait par la libert&#233; qu'elles avaient de temps &#224; autre de massacrer et de piller les chr&#233;tiens en toute impunit&#233;, et que dans leur vie quotidienne elles n'&#233;taient pas mieux loties. Mais en nous mettant mentalement &#224; la place des masses turques, nous devons nous demander ce que le nouveau r&#233;gime leur a apport&#233; pour remplacer les privil&#232;ges apparents qu'elles avaient sous l'ancien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel puissant int&#233;r&#234;t pourraient-ils avoir &#224; soutenir ce r&#233;gime et &#224; ne pas se laisser guider par les pr&#234;ches fanatiques des softas et des hodjahs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci souligne pr&#233;cis&#233;ment l'importance de l'application d'un vaste programme de r&#233;formes s&#233;rieuses, tant sociales qu'&#233;conomiques, qui aux yeux des masses musulmanes elles-m&#234;mes indiqueraient la sup&#233;riorit&#233; du nouveau r&#233;gime par rapport &#224; l'ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois sortes de r&#233;formes que le d&#233;veloppement &#233;conomique et social de la Turquie exige. Nous ne pourrons que les mentionner, car les limites de notre article ne nous permettent pas d'entrer dans les d&#233;tails. Ces r&#233;formes sont : la r&#233;forme agraire, la r&#233;forme administrative et la r&#233;forme ouvri&#232;re sans parler des r&#233;formes purement politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle a &#233;t&#233; l'attitude des Jeunes Turcs face &#224; ces &#233;normes probl&#232;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que ce n'&#233;tait pas suffisant serait un euph&#233;misme : c'&#233;tait lamentable. Pour eux, c'&#233;tait comme si ces probl&#232;mes n'existaient pas ou, s'ils faisaient quelque chose, cela aggravait la situation d&#233;j&#224; ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne touch&#232;rent pas &#224; la r&#233;forme agraire. Les r&#233;formes administratives se sold&#232;rent par un fiasco complet. Les deux conseillers europ&#233;ens, Laurent et Crawford, appel&#233;s le premier &#224; r&#233;former les finances et le second les douanes, apr&#232;s avoir travaill&#233; plusieurs mois, se d&#233;clar&#232;rent incapables de rien faire devant l'inertie du gouvernement Jeune-Turc et le rejet de leurs propositions. Les Jeunes-Turcs ne voulaient pas renvoyer chez eux les milliers de parasites qui vivaient aux d&#233;pens de la population chr&#233;tienne et musulmane de peur d'accro&#238;tre le nombre des m&#233;contents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour donner au lecteur une id&#233;e de l'ampleur du parasitisme bureaucratique en Turquie, voici quelques chiffres recueillis par M. Laurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Turquie, pour 210 000 soldats, on compte 46 000 officiers. Dans la Marine notamment, on compte plus de 1 000 officiers pour 6 000 marins !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;tonnant que, dans ces conditions, le budget turc, sans pr&#233;voir la moindre somme pour une r&#233;forme utile, accuse d'&#233;normes d&#233;ficits. Pendant l'ann&#233;e 1909-1910, malgr&#233; toutes les &#233;conomies r&#233;alis&#233;es, il s'est &#233;lev&#233; &#224; 3.540.000 livres turques, soit environ 80 millions. Sur les 28.815.000 livres turques d&#233;pens&#233;es, 8 millions, soit le tiers, ont &#233;t&#233; engloutis par le minist&#232;re de la Guerre. Les minist&#232;res de l'Instruction publique, du Commerce, de l'Agriculture, etc. ont repr&#233;sent&#233; des sommes d&#233;risoires. Et, par-dessus tout, le nouveau gouvernement a pr&#233;sent&#233; un projet n&#233;cessitant 25 millions de livres turques, soit 375 millions de francs, pour r&#233;tablir la marine turque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la nouvelle Turquie appara&#238;t aux yeux des masses comme un gouvernement dispendieux mena&#231;ant le pays de nouveaux imp&#244;ts et de nouvelles cotisations. Cela n'est pas de nature &#224; inspirer la popularit&#233;. Surtout en ce qui concerne la classe ouvri&#232;re, le gouvernement a fait preuve de la plus noire ingratitude. Bien que ce soit uniquement gr&#226;ce &#224; l'appui des ouvriers, de ceux de la corporation des portiers [A] en particulier, qu'il ait pu imposer &#224; l'Autriche le paiement d'une indemnit&#233; de 60 millions de francs, il a refus&#233; de les d&#233;dommager m&#234;me de cette partie de leur salaire perdu. Bien plus, la premi&#232;re loi du travail du nouveau gouvernement &#233;tait une loi dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re en enlevant &#224; une large cat&#233;gorie d'ouvriers le droit de se regrouper. Tel est le texte de la loi annonc&#233; publiquement par le minist&#232;re du Commerce et des Travaux publics dans une circulaire au mois d'octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est &#233;tabli en principe que les employ&#233;s des services officiels et ceux qui administrent la Dette publique (et les Accises qui en font partie) ne peuvent pas faire gr&#232;ve. Par analogie, les employ&#233;s et les ouvriers des services publics tels que les chemins de fer, les ports, les docks, les tramways, l'eau, le gaz et l'&#233;clairage &#233;lectrique, de m&#234;me que les employ&#233;s du gouvernement imp&#233;rial, ne peuvent pas non plus faire gr&#232;ve si cela porte pr&#233;judice &#224; l'int&#233;r&#234;t public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs souhaitaient ainsi faire de la Turquie un paradis terrestre pour le capitalisme cosmopolite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me probl&#232;me auquel les Jeunes Turcs ont d&#251; faire face mais qu'ils ont &#233;galement &#233;t&#233; incapables de r&#233;soudre &#233;tait celui des nationalit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de chercher dans les milieux chr&#233;tiens d&#233;mocratiques un appui contre le parti r&#233;actionnaire turc, ils les ont syst&#233;matiquement exclus du gouvernement. Ils n'ont m&#234;me pas eu le courage moral d'enr&#244;ler les chr&#233;tiens dans l'arm&#233;e, alors que c'est une mesure qu'ils pourraient introduire sans autorisation parlementaire sp&#233;ciale, puisque cet enr&#244;lement est d&#233;j&#224; pr&#233;vu par la Constitution de 1876.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;trang&#232;re des Jeunes Turcs ne fut pas plus fructueuse que leur politique int&#233;rieure. Elle &#233;tait impr&#233;gn&#233;e d'un sentiment ultra nationaliste qui faisait le jeu des chauvins des pays balkaniques, comme la Bulgarie, qui ne cherchaient qu'un pr&#233;texte pour encourager les difficult&#233;s du nouveau r&#233;gime turc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne parle pas ici de toute une s&#233;rie de mesures vexatoires dirig&#233;es contre la presse, les r&#233;unions publiques et les groupements politiques qui ont provoqu&#233; m&#234;me parmi les Jeunes Turcs une scission en deux comit&#233;s : &#171; L'Union et le Progr&#232;s &#187; et &#171; L'Union Lib&#233;rale &#187;, si bien exploit&#233;e par le parti de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeunes Turcs ne sont aujourd'hui qu'une minorit&#233; qui cherche &#224; imposer &#224; la Turquie un nouveau r&#233;gime par la dictature. Mais pour une telle entreprise, le courage physique ne suffit pas, il faut un courage moral que seuls les grands mouvements populaires donnent. Dans la mesure o&#249; les Jeunes Turcs ne sauront pas trouver le moyen de s'attacher les masses musulmanes et chr&#233;tiennes, leur tentative sera condamn&#233;e &#224; un &#233;chec certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note du traducteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Je ne sais pas exactement ce que signifie &#171; corporation des portefaix &#187; . Je pense que cela pourrait d&#233;signer les employ&#233;s du minist&#232;re des Finances. &#8211; RH&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1909/05/15.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1909/05/15.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9084</link>
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		<dc:date>2026-07-08T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Chine China</dc:subject>
		<dc:subject>1936</dc:subject>
		<dc:subject>Paysans</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>1940</dc:subject>
		<dc:subject>1933</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao &lt;br class='autobr' /&gt;
Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589 &lt;br class='autobr' /&gt;
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
Harold Isaacs &lt;br class='autobr' /&gt;
https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;Chine China&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot43" rel="tag"&gt;1936&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot50" rel="tag"&gt;Paysans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag"&gt;1940&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot192" rel="tag"&gt;1933&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre des paysans en Chine sous l'&#233;gide du stalinien Mao&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/09/320922.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article589&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1419&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/strategy.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harold Isaacs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://translate.google.fr/translate?u=https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/history/etol/writers/isaacs/1934/05/break.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CLR James&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6584&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6584&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grandizo Munis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frank Glass&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1935/12/minutes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1935/12/minutes.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Li Fu-jen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1936/05/dark.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1936/05/dark.html?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/09/defense.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/09/defense.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/10/frameup.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/10/frameup.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucifer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/11/newline.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1937/11/newline.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Verre Franck&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1938/01/clchina.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/glass/1938/01/clchina.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tony Cliff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4468&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article4468&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loren Goldner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Paris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1291&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1602&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1602&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment Socrate a gagn&#233; la bataille politique en perdant son proc&#232;s et en &#233;tant&#8230; condamn&#233; &#224; mort&#8230;</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9412</link>
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		<dc:date>2026-06-05T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Socrate</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand la d&#233;mocratie ath&#233;nienne d&#233;cidait, en 399 avant notre &#232;re, de condamner &#224; mort Socrate, elle s'est accus&#233;e elle-m&#234;me&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Diderot dans &#171; Le neveu de Rameau &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De Socrate ou du magistrat qui lui a fait boire la cig&#252;e, quel est aujourd'hui le d&#233;shonor&#233; ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre d'&#233;crivains, d'historiens, de philosophes et d'autres commentateurs ont estim&#233; que la condamnation de Socrate, qui plus est par une toute neuve d&#233;mocratie qui venait d'en finir avec une dictature violente, avait un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L173xH291/sans_titrez-2-edf42.jpg?1785043443' width='173' height='291' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand la d&#233;mocratie ath&#233;nienne d&#233;cidait, en 399 avant notre &#232;re, de condamner &#224; mort Socrate, elle s'est accus&#233;e elle-m&#234;me&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Diderot dans &#171; Le neveu de Rameau &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De Socrate ou du magistrat qui lui a fait boire la cig&#252;e, quel est aujourd'hui le d&#233;shonor&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre d'&#233;crivains, d'historiens, de philosophes et d'autres commentateurs ont estim&#233; que la condamnation de Socrate, qui plus est par une toute neuve d&#233;mocratie qui venait d'en finir avec une dictature violente, avait un caract&#232;re symboliquement fort, d&#233;passant les seules circonstances, Socrate devenant un h&#233;ros proclamant la libert&#233; du penseur par rapport &#224; l'ordre politique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a de quoi &#233;tonner de voir que l'accusation de Socrate lui reproche de proposer d'autres dieux que ceux de la cit&#233;, alors que toute la soci&#233;t&#233; grecque, Ath&#232;nes y compris, croyait en de multiples dieux et tout un chacun pouvait adorer les dieux qui lui chantaient et introduire ceux qu'il voulait. L'accusation d'impi&#233;t&#233; existait mais concernait des gens qui avaient manifest&#233; publiquement le m&#233;pris des dieux et fait des gestes d&#233;sobligeants dans des manifestations religieuses, ce dont personne n'accuse Socrate. Il semble clair que l'accusation de Socrate a &#233;t&#233; mensong&#232;re. Non pas qu'il soit innocent en tout mais parce qu'on ne voulait pas dire clairement ce qu'on lui reprochait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Socrate, choisissant d'avaler la cig&#252;e et de mourir empoisonn&#233;, plut&#244;t que de fuir la ville d'Ath&#232;nes est certainement remarquable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Socrate lui-m&#234;me qui a d&#233;cid&#233; de faire de son proc&#232;s et de sa mort une le&#231;on aux Ath&#233;niens et m&#234;me au-del&#224; aux humains. Il a estim&#233;, lui, qu'il y avait un message profond &#224; retirer de cette condamnation de Socrate et m&#234;me que c'&#233;tait plus important que toutes les le&#231;ons qu'il aurait pu transmettre de son vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme tous les messages de Socrate, celui du proc&#232;s et de la condamnation n'est pas transparent. Ce penseur n'a jamais donn&#233; de le&#231;on directe, jamais transmis un enseignement au sens propre et il n'a pas dit en clair quelle le&#231;on il fallait tirer de sa mort, pas plus que de sa vie. Non seulement il ne l'a pas &#233;crit (il a choisi de ne rien laisser comme &#233;crit) mais sa le&#231;on philosophique, il ne l'a m&#234;me pas dit ouvertement bien qu'ayant sans doute parl&#233; philosophie (et politique) avec un plus grand nombre d'Ath&#233;niens que ses contemporains et de toutes les couches sociales, de haut en bas. Il connaissait personnellement les plus hautes personnalit&#233;s et fr&#233;quentait le petit peuple, ouvriers, domestiques, &#233;trangers, esclaves et femmes compris. Tout Ath&#232;nes savait qui il &#233;tait et, avant m&#234;me son proc&#232;s, il avait fait l'objet d'&#233;crits, de pi&#232;ces de th&#232;&#226;tre, que ce soit pour ou contre Socrate, et &#233;tait le sujet de nombre de conversations et &#233;t&#233; estim&#233; comme un personnage d&#233;rangeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re des le&#231;ons qui nous est parvenue, c'est qu'on ne peut tuer une id&#233;e. Jamais Socrate n'a &#233;t&#233; aussi connu que depuis qu'Ath&#232;nes l'a tu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tu&#233; par la d&#233;mocratie&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, la premi&#232;re chose qui &#233;tonne tout le monde, c'est que Socrate n'a pas &#233;t&#233; sp&#233;cialement inqui&#233;t&#233; par la dictature des Trente (dictature des tyrans impos&#233;e &#224; la cit&#233; ath&#233;nienne en 404 avant J.-C. par la d&#233;faite et l'occupation militaire spartiate pendant moins d'un an) et l'a &#233;t&#233; par la d&#233;mocratie qui lui a succ&#233;d&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jlperillie.com/single-post/propos-5-la-d%C3%A9mocratie-ath%C3%A9nienne-a-tu%C3%A9-le-p%C3%A8re-de-la-philosophie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jlperillie.com/single-post/propos-5-la-d%C3%A9mocratie-ath%C3%A9nienne-a-tu%C3%A9-le-p%C3%A8re-de-la-philosophie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru trouver l'explication dans le fait que Socrate n'aimait pas la d&#233;mocratie. C'est d'autant plus curieux qu'il a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme le p&#232;re de la d&#233;mocratie ath&#233;nienne qui a suivi et qui s'est r&#233;clam&#233;e de lui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate n'&#233;tait pas un adepte de la dictature mais pas non plus du pouvoir des policiens fond&#233; sur le vote majoritaire camouflant une soci&#233;t&#233; domin&#233;e par les maitres d'esclaves, a fortiori s'il s'agissait du vote majoritaire des citoyens, en &#233;liminant les femmes, les esclaves, les mineurs, les &#233;trangers (dits m&#233;t&#232;ques, ce qui comprenait non seulement ceux venant d'autres pays que la Gr&#232;ce mais aussi d'autres cit&#233;s qu'Ath&#232;nes !). Pour Socrate, une majorit&#233; obtenue par des alliances, de la corruption, des complicit&#233;s, de la d&#233;magogie, une telle d&#233;mocratie n'&#233;tait pas le pouvoir du peuple mais des menteurs. Et derri&#232;re les politiciens, derri&#232;re le simulacre de d&#233;mocratie, il y avait une classe exploiteuse tr&#232;s riche de maitres d'esclaves. La d&#233;mocratie trompait le peuple ath&#233;nien en liant l'obtention de droits et de iens au d&#233;veloppement de l'imp&#233;rialisme. Voil&#224; ce que combattait Socrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Socrate r&#233;cuse est parfaitement symbolis&#233; par son proc&#232;s o&#249; un grand nombre de gens ont pu assister, entendre et m&#234;me juger directement sans avoir &#233;t&#233; capables de prendre la bonne d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exclure les femmes, les m&#233;t&#232;ques (il fallait deux parents ath&#233;niens d'origine pour &#234;tre citoyen ath&#233;nien d'apr&#232;s la d&#233;mocratie de P&#233;ricl&#232;s), les esclaves, les non-ath&#233;niens, Socrate n'&#233;tait pas non plus d'accord avec ce racisme, ce rejet des autres, ce m&#233;pris m&#234;me de tout ce qui n'&#233;tait pas m&#226;le ath&#233;nien et cette volont&#233; de dominer les autres. Il reprochait &#224; Ath&#232;nes non pas seulement ses dieux purement ath&#233;niens mais toute cette mentalit&#233; ath&#233;nienne selon laquelle ce qui n'est pas ath&#233;nien ne m&#233;rite pas le moindre int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il reprochait au vote d'envoyer &#224; des fonctions des gens sur la base de leur popularit&#233; et pas de leurs comp&#233;tences dans des sp&#233;cialit&#233;s reconnues par d'autres sp&#233;cialistes. Pour Socrate, on ne d&#233;cide pas qui doit &#234;tre m&#233;decin ou conduire un bateau en faisant voter la population. Cette d&#233;magogie de la pr&#233;tendue d&#233;mocratie lui d&#233;plaisait. Il &#233;tait pour que le peuple se gouverne lui-m&#234;me mais en se fondant sur d'autres crit&#232;res que les r&#233;seaux d'influence et le client&#233;lisme qui permettaient d'acqu&#233;rir des voix populaires ind&#233;pendamment des capacit&#233;s r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Socrate a d&#233;clar&#233; publiquement qu'il ne voulait pas participer aux instances d&#233;mocratiques des citoyens, une d&#233;mocratie qu'il estimait biais&#233;e. Il ne s'est pr&#233;sent&#233; ni aux r&#233;unions des citoyens ni aux &#233;lections, il n'a pas vot&#233; et il l'a fait savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie qui a remplac&#233; la dictature des Trente tyrans en 403 avnt J.-C. &#233;tait fond&#233;e autant que la dictature qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;, sur une minorit&#233;, sur l'esclavage, sur l'exploitation, sur l'oppression et sur l'imp&#233;rialisme. Voil&#224; ce qu'en disait Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au proc&#232;s, les accusateurs se sont bien gard&#233;s de lui reprocher tout cela. Ils auraient lanc&#233; un proc&#232;s ouvertement politique et ne l'auraient m&#234;me pas forc&#233;ment gagn&#233;. Ils auraient mis en d&#233;bat les fondements de leur soci&#233;t&#233; et, justement, c'est ce que cette &#171; d&#233;mocratie &#187; ne permettait pas : remettre en cause les fondements de classe de la domination. Elle permettait seulement de changer le personnel politique. Eh oui, Ath&#232;nes avait invent&#233; le type de d&#233;mocratie que le capitalisme a ensuite utilis&#233;&#8230; Ce n'est pas par hasard que la bourgeoisie occidentale a glorifi&#233; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente loi d'amnistie de -403, vot&#233;e apr&#232;s le r&#233;tablissement de la d&#233;mocratie, explique sans doute pourquoi le proc&#232;s intent&#233; &#224; Socrate n'est pas ouvertement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, ses accusateurs lui ont fait des reproches biais&#233;s, n'allant pas directement aux raisons r&#233;elles de fond qui faisaient que le discours de Socrate devenait g&#234;nant pour les classes dirigeantes de la cit&#233; et le risque qu'il prenne du poids devenant consid&#233;rable &#224; la faveur de la crise qui frappait Ath&#232;nes suite aux d&#233;faites militaires et au d&#233;clin &#233;conomique et social, et m&#234;me moral, qui s'en est suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Socrate ne souligne jamais le caract&#232;re pr&#233;f&#233;rable de la d&#233;mocratie sur la dictature, c'est qu'il r&#233;cusait la validit&#233; de l'Etat en g&#233;n&#233;ral. Cet Etat &#233;tait &#224; peine en train de se cr&#233;er. L'arm&#233;e permanente n'existait pas vraiment. Il n'y avait pas par exemple de fonction permanente de g&#233;n&#233;ral. La police permanente n'existait pas du tout. Il a fait face &#224; la justice grecque mais celle-ci n'&#233;tait pas une v&#233;ritable institution avec de nombreux fonctionnaires. La d&#233;mocratie voulait renforcer l'appareil d'Etat et le couvrir du voile des d&#233;cisions populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Platon et X&#233;nophon, Socrate, qui conna&#238;ssait bien certains des Trente (en particulier Critias) et qui n'est peut-&#234;tre pas d&#233;favorable au principe d'une telle &#171; r&#233;volution &#187; oligarchique, a cependant toujours refus&#233; de se faire le complice de leurs exactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six ans apr&#232;s le proc&#232;s, le sophiste Polycrate n'est pas g&#234;n&#233; de reconnaitre les buts politiques de la condamnation de Socrate dont il pr&#233;tend d&#233;fendre la justesse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ath&#233;niens, Socrate entraine les jeunes gens &#224; combattre les lois (epi tous nomous askei S&#244;krat&#232;s tous neous). Le r&#233;gime est en p&#233;ril. Ce sont des audacieux, des amis de la tyrannie (tyrannikous), des individus insupportables (aphor&#232;tous), contempteurs de l'&#233;galit&#233; (to ison huperor&#244;ntas), ce sont ces gens-l&#224; que le sophiste nous fabrique (ho sophist&#232;s anthr&#244;pous d&#232;miourgei). Ne l'emp&#234;cherons-nous pas ? Ne l'arr&#234;terons-nous pas ? Ne le chasserons-nous pas (ouk ekbaloumen) avant que ses &#233;l&#232;ves (trephomenoi) ne renversent la puissance des lois ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Polycrate, &#171; L'accusation de Socrate &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, nous allons voir que cet ennemi de Socrate en dit plus que ne l'avouent ses amis : Socrate &#233;tait plus que g&#234;nant : il &#233;tait dangereux parce qu'il entrainait la jeunsse contre les fondements m&#234;me de la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne. Rappelons que son ami, le philosophe Z&#233;non d'El&#233;e avait essay&#233; de faire de m&#234;me sans sa ville contre un dictateur qui l'avait supprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, disons le mot : Socrate &#233;tait un r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Socrate n'a-t-il pas tent&#233; de renverser la dictature des Trente plut&#244;t que de le tenter contre la fausse d&#233;mocratie fond&#233;e sur la d&#233;magogie politicienne ? Parce que cette fameuse dictature (dont le nom provient du petit nombre de gens qui exercent les fonctions du gouvernement : trente) avait d&#233;fendu victorieusement la cit&#233; contre l'invasion de Sparte et que Socrate estimait qu'une guerre d&#233;fensive &#233;tait juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure sur cette accusation venue apr&#232;s coup d'un Socrate qui aurait &#233;t&#233; partisan de la dictature, il faut souligner que de tels accusateurs (qui n'ont jamais pris la parole dans ce sens au proc&#232;s mais apr&#232;s) m&#234;lent malhonn&#234;tement deux points qui n'ont rien &#224; voir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Il est vrai que Socrate connaissait personnellement nombre de membres de la dictature des Trente, non pas parce qu'il aurait soutenu ce r&#233;gime, mais parce qu'ils ont &#233;t&#233; choisis par Sparte, vainqueur d'Ath&#232;nes, dans le personnel politique qui &#233;tait oppos&#233; &#224; la guerre de conqu&#234;te d'Ath&#232;nes contre Sparte, ce qui &#233;tait le cas de Socrate. Mais ce dernier n'a nullement tir&#233; profit de cette proximit&#233;, n'a pas particip&#233; &#224; ce r&#233;gime, n'a rien fait en sa faveur, m&#234;me s'il connaissait bien nombre de ces membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) D'un tout autre ordre sont les r&#233;proches de Socrate &#224; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne de son temps, y compris celle d'avant la dictature des Trente, critiques qui, comme on l'a d&#233;j&#224; dit, portent sur le fait que sont exclus de la citoyennet&#233; une large majorit&#233; d'habitants d'Ath&#232;nes, qu'elle donnait le pouvoir aux plus d&#233;magogues, aux plus corrompus, aux plus trompeurs et pas aux plus comp&#233;tents, ni aux plus soucieux de l'int&#233;r&#234;t collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Avant la guerre du P&#233;loponn&#232;se, la d&#233;mocratie ath&#233;nienne n'admettait comme citoyens que les personnes dont les deux parents &#233;taient ath&#233;niens. Pendant la guerre, elle a admis tous ceux qui voulaient d&#233;fendre la cit&#233; contre Sparte. Apr&#232;s la paix et la remise en place de la d&#233;mocratie, Ath&#232;nes a choisi de revenir au syst&#232;me qui ne reconnait comme citoyen que les Ath&#233;niens, une d&#233;mocratie pour une minorit&#233; et que combattait Socrate. Voil&#224; comment on a pu faire passer Socrate pour un ennemi de la d&#233;mocratie en g&#233;n&#233;ral et m&#234;me, pour certains de ses ennemis, pour un ami des spartiates alors qu'il &#233;tait seulement contre la guerre entre les cit&#233;s grecques, contre l'imp&#233;rialisme ath&#233;nien, contre les divisions entre les ath&#233;niens et non-ath&#233;niens, entre hommes et femmes, entre grecs et non-grecs, entre hommes libres et esclaves, contre toute exploitation et toute oppression. De plus, Socrate &#233;tait contre la d&#233;cision d'entrer en guerre contre toutes les cit&#233;s grecques qui ne voulaient pas se soumettre &#224; Ath&#232;nes et c'est la d&#233;mocratie ath&#233;nienne qui avait men&#233; cette politique imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) En fait, Socrate est le seul &#224; avoir eu le courage de s'opposer personnellement &#224; la fois &#224; la d&#233;mocratie et &#224; la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En -406, apr&#232;s la bataille des Arginuses, on d&#233;cide, sous l'influence des d&#233;magogues, de juger collectivement les g&#233;n&#233;raux ayant conduit cette bataille, au motif qu'ils n'ont pas recueilli les corps des morts. Le hasard veut que Socrate se trouve &#234;tre alors prytane et chef de l'assembl&#233;e. Il est le seul des cinquante prytanes &#224; s'opposer, au p&#233;ril de sa vie, &#224; cette proc&#233;dure ill&#233;gale : selon la loi ath&#233;nienne, c'est en effet un &#224; un, et non collectivement, qu'on pouvait condamner ces hommes. Son opposition n'emp&#234;che toutefois pas les g&#233;n&#233;raux d'&#234;tre condamn&#233;s &#224; mort. En -404, sous le r&#233;gime des Trente, il refuse d'ob&#233;ir &#224; l'ordre qui lui est donn&#233; d'arr&#234;ter un proscrit, L&#233;on de Salamine, l&#224; encore au p&#233;ril de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut se demander si ce n'est pas nous qui, apr&#232;s coup, grossissons l'importance de la condamnation de Socrate qui n'est peut-&#234;tre qu'un fait divers juridique qui n'aurait pas tellement compt&#233; pour la population et dans l'histoire d'Ath&#232;nes et de la Gr&#232;ce&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est faux. Le proc&#232;s de Socrate n'avait rien d'un non &#233;v&#233;nement. Selon les t&#233;moignages, tout Ath&#232;nes n'a pas cess&#233; de parler du proc&#232;s avant et surtout apr&#232;s. Une foule y assistait. Les juges qui ont pris la d&#233;cision ne sont pas un, deux ou trois jur&#233;s mais 500. Dans la salle du proc&#232;s, il y avait un grand nombre d'adversaires et d'amis. Et cela montre que Socrate n'&#233;tait pas un personnage sans importance et que son &#233;limination &#233;tait une d&#233;cision politique qui ne concernait pas seulement une petite coterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se dire que Socrate a seulement &#233;t&#233; accus&#233; par deux personnages sans grande importance (M&#233;l&#233;tos et Lycon) et pas par la classe dirigeante d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les principaux accusateurs sont deux personnages falots, sans grande envergure ni grand poids personnel : M&#233;l&#233;tos, un auteur et po&#232;te tragique grec, appuy&#233; par l'orateur Lycon mais derri&#232;re eux se cachait un personnage bien plus consid&#233;rable, le politicien Anytos qu'on peut consid&#233;rer comme le deuxi&#232;me plus puissant homme politique d'Ath&#232;nes &#224; l'&#233;poque du proc&#232;s, qui se pr&#233;sentait comme l'un des grands d&#233;fenseurs de la d&#233;mocratie qui avait particip&#233; au renversement de la Tyrannie des Trente peu d'ann&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs arguments sont tr&#232;s formels, peu convaincants, fond&#233;s seulement sur la r&#233;putation de Socrate, peu &#233;tay&#233;s par des faits et peu appuy&#233;s de soutiens, de t&#233;moins, d'autres accusateurs, mais on sait que l'archonte-roi d'Ath&#232;nes, personnage clef de la Justice &#224; Ath&#232;nes a estim&#233;, lui, que l'accusation est valide et m&#233;rite proc&#232;s. C'est un message clair du feu vert des classes dirigeantes de la toute nouvelle d&#233;mocratie ath&#233;nienne pour se d&#233;barrasser d&#233;finitvement de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Connaissant le personnage de Socrate, tout le monde savait qu'il rel&#232;verait le d&#233;fi d'une telle accusation et ne chercherait pas &#224; s'excuser et &#224; demander une petite punition, &#224; plaider coupable en somme pour sauver sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se cache derri&#232;re l'accusateur M&#233;l&#233;tos, Anytos, est m&#234;me un personnage politique de premier plan de cette nouvelle d&#233;mocratie ath&#233;nienne qui vient de succ&#233;der &#224; la dictature des Trente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intellectuel Isocrate, qui &#233;tudia ce proc&#232;s, affirme qu'Anytos &#233;tait, avec Thrasybule, celui qui jouit de la plus grande autorit&#233; &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anytos est un politicien qui a fait toute sa carri&#232;re en militant contre la tyrannie et en faveur du parti dit d&#233;mocratique, dont il est l'un des meneurs. Strat&#232;ge en 409 av. J.-C. avec Thrasybule, il participe activement &#224; la chute du gouvernement oligarchique des Trente en menant la perc&#233;e du Pir&#233;e. Il se montre &#233;galement un farouche adversaire des sophistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps apr&#232;s le proc&#232;s, Anytos s'est vu confier une magistrature importante &#224; Ath&#232;nes. Il est en effet nomm&#233; sitophylax et c'est lui qui est charg&#233; de veiller au transport du bl&#233; du port du Pir&#233;e &#224; Ath&#232;nes ainsi que de sa distribution. Cela montre la reconnaissance des classes dirigeantes qui ont manipul&#233; ce proc&#232;s en le faisant passer pour une action d&#233;mocratique du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la victoire juridique d'Anytos contre Socrate fut la derni&#232;re, car elle le d&#233;consid&#233;ra aupr&#232;s du peuple et il fut lui-m&#234;me mis ensuite en accusation et condamn&#233; ! Le peuple ath&#233;nien prit d&#232;s lors le parti de Socrate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable que la d&#233;fense de Socrate &#224; son proc&#232;s a surtout &#233;t&#233; une attaque contre Anytos, plus que contre M&#233;l&#233;tos et Lycon&#8230; Pour le reste, il ne semble converser qu'avec le peuple d'Ath&#232;nes comme s'il ne s'agissait pas d'un proc&#232;s mais d'une de ses fameuses discussions comme il &#233;tait le seul &#224; en mener !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a dit, Anytos n'est pas le seul haut personnage impliqu&#233;. Il y a d&#233;j&#224; l'archonte-roi. D'apr&#232;s &#171; L'Euthyphron &#187; de Platon, Euthyphron rencontre Socrate est le si&#232;ge du &#171; roi &#187; (Basileus1), qui s'occupe des proc&#232;s criminels religieux, c'est le lieu du greffe et de l'instruction : le roi y re&#231;oit la &#171; plainte &#187; (graph&#232;) d'un accusateur (ou de plusieurs), qui d&#233;termine une assignation &#224; compara&#238;tre devant lui pour l'accus&#233;, en vue de lui signifier le motif d'accusation (le &#171; crime &#187;), et pr&#233;parer le &#171; proc&#232;s &#187; proprement dit (dik&#232;). Mais graph&#232;, par opposition &#224; dik&#232;, signifie aussi, par extension, dans le droit attique (&#224; Ath&#232;nes), le proc&#232;s criminel (affaire qui concerne l'ordre public en g&#233;n&#233;ral) d&#233;clench&#233; par la plainte, par opposition au proc&#232;s civil (conflit entre simples particuliers). On y apprend que Socrate est poursuivi pour une &#171; affaire criminelle &#187; (son impi&#233;t&#233; est consid&#233;r&#233;e comme une affaire d'&#201;tat : graph&#232; par opposition &#224; dik&#232;) ; d'autre part, on apprend que Socrate n'a pas son &#171; proc&#232;s en cours &#187; (dik&#232; tis ousa) mais qu'il est proche, puisqu'il se rend d&#233;j&#224; &#224; l'assignation &#224; compara&#238;tre (graph&#232;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/vrin/4787?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/vrin/4787?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accus&#233; ne passe pas devant un juge mais devant 500 jur&#233;s et on ne peut pas dire que ce proc&#232;s n'ait concern&#233; qu'un petit milieu. Et c'est une foule de partisans des deux camps qui assistaient au proc&#232;s. En fait, tout le monde savait que le jugement &#233;tait politique et engageait l'avenir de la cit&#233;. Socrate lui-m&#234;me ne laissait &#224; Ath&#233;nes aucune autre possibilit&#233;. Il n'a fait aucun geste pour reculer l'affrontement, au contraire. Le jugement &#233;tait soit pour soit contre Socrate, c'est ce dernier qui l'exigeait. Une partie des poss&#233;dants d'Ath&#232;nes contre Socrate, les uns ou les autres devaient sortir gagnant ou perdant. Les deux parties voulaient la guerre. Socrate aurait pu demander la cl&#233;mence de multiples mani&#232;res, il a refus&#233;. Ce n'est pas par d&#233;faut de caract&#232;re mais par choix politique. S'il refuse de plaider de mani&#232;re classique, ce n'est pas pour faire le malin mais pour envoyer son dernier message politique &#224; tout le peuple d'Ath&#232;nes. C'est lui qui m&#232;ne le proc&#232;s. C'est lui l'accusateur. Il n'aura jamais, il le sait, de meilleure tribune pour ses id&#233;es. Et nous allons voir ensuite qu'il va gagner en fait l'affrontement tout en perdant le proc&#232;s car il aura discr&#233;dit&#233; ses adversaires durablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des principes que d&#233;fend Socrate &#224; son proc&#232;s et qui rompt avec toute d&#233;fense classique &#224; un proc&#232;s &#224; Ath&#232;nes est que l'individu n'est pas inf&#233;rieur &#224; la collectivit&#233;. La base m&#234;me de la justice ath&#233;nienne &#233;tait de consid&#233;rer que le vote des juges &#233;tait forc&#233;ment juste, indiscutable et inattaquable. Socrate, au contraire, estime qu'il est plus habilit&#233; &#224; savoir qu'il est utile &#224; Ath&#232;nes que ne peut le dire tout vote de jur&#233;s ou de citoyens. Il refuse que l'Etat soit sup&#233;rieur &#224; tout individu ! Il refuse que le vote des citoyens soit forc&#233;ment le plus juste. Il affirme qu'un individu peut avoir raison contre la collectivit&#233; ! Il affirme que ce n'est pas le nombre de votes qui indique o&#249; se situe la raison ! Pour lui, la raison est sup&#233;rieure &#224; tout. C'est exactement l'opinion contraire &#224; celle qui dominait alors &#224; Ath&#232;nes ! Mais, contrairement &#224; ce que disent ses ennemis, cela ne veut pas dire que Socrate soit un soutien de la dictature ! D'ailleurs, les vrais partisans de la dictature des Trente et qui avaient particip&#233; &#224; ses exactions violentes avaient &#233;t&#233; amnisti&#233;s. Et personne au proc&#232;s n'a pr&#233;tendu que c'&#233;tait le motif de l'accusation de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autres indices qui montrent que la campagne contre Socrate est bien plus large et date de bien plus longtemps. C'est en 423 avant J.-C., avec &#171; Les nu&#233;es &#187; d'Aristophane, une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre qu'a d&#233;but&#233; la campagne de calomnies et d'accusations sociales, philosophiques et politiques contre Socrate. &#192; la fin de la pi&#232;ce d'Aristophane, l'&#233;cole de Socrate est m&#234;me enti&#232;rement br&#251;l&#233;e par des gens indign&#233;s contre Socrate. La plupart des pi&#232;ces d'Aristophane &#233;taient la critique satirique d'Euripide, disciple de Socrate. Ce dernier relisait, discutait et influen&#231;ait le contenu des pi&#232;ces d'Euripide. Comme Socrate, Euripide combattait contre l'oppression des femmes, contre le faux h&#233;ro&#239;sme guerrier d'Ath&#232;nes fond&#233; sur les mythes de Hom&#232;re dans la guerre contre Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable que toutes les accusations contre Socrate qui seront dites au proc&#232;s sont d&#233;j&#224; dans la pi&#232;ce &#171; Les nu&#233;es &#187; : d&#233;tournement de la jeunesse contre les parents, rejet des dieux traditionnels, sophisme, marginalit&#233; de Socrate, adoration de nouveaux dieux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Platon, Socrate aurait dit &#224; son proc&#232;s : &#171; C'est en effet ce que vous avez vu par vous-m&#234;mes dans la com&#233;die d'Aristophane. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, dans la pi&#232;ce d'Aristophane, Socrate n'est pas accus&#233; d'impi&#233;t&#233; mais d'ath&#233;isme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa pi&#232;ce, Aristophane pr&#234;te ces mots &#224; Socrate :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Par quels dieux jureras-tu ? Car, pour commencer, les dieux, c'est une monnaie qui n'a pas cours chez nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nu%C3%A9es&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Nu%C3%A9es&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut aussi penser que Socrate n'&#233;tait en rien un personnage important &#224; Ath&#232;nes, n'occupant aucune position publique, n'en ayant jamais occup&#233; une, n'y postulant m&#234;me pas, n'&#233;crivant rien, n'appelant &#224; aucune r&#233;union publique, refusant de constituer une &#233;cole philosophique, qui n'a pas &#233;t&#233; un r&#233;el soutien politique &#224; aucun des r&#233;gimes pass&#233;s, et donc son proc&#232;s n'aurait aucune importance politique, sociale ou philosophique, juste une haine personnelle quelconque&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais cela est faux. Certes, Socrate n'est pas un personnage ordinaire, faisant de la politique de mani&#232;re classique, ni pour Ath&#232;nes, ni ailleurs, ni &#224; son &#233;poque ni apr&#232;s. Il affirme d'ailleurs qu'il est le seul &#224; faire vraiment de la politique, ce qui veut dire que sa politique n'a rien &#224; voir avec les cuisines et magouilles politiciennes de ses adversaires. Sa politique consiste en la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts collectifs de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il n'ait jamais particip&#233; au pouvoir, ni aux institutions de la d&#233;mocratie, ni &#224; celles des &#233;coles, des sophistes ou d'autres soci&#233;t&#233;s intellectuelles, ne signifie pas qu'il &#233;tait sans importance politique &#224; Ath&#232;nes. Il influen&#231;ait une grande partie de la jeunesse, y compris les enfants des responsables politiques les plus importants de tous les bords politiques, rejetons des &#233;lites, des grands propri&#233;taires comme des plus d&#233;munis. Par exemple, le fils d'Anytos fait partie de ses fid&#232;les&#8230; Platon, lui-m&#234;me, &#233;tait tout jeune quand il a fait partie des disciples de Socrate et il &#233;tait d'une grande famille de riches propri&#233;taires terriens influents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il n'influen&#231;ait pas que des enfants ou des jeunes&#8230; De nombreux intellectuels se r&#233;clament de lui, des hommes politiques aussi, toutes sortes de gens, du petit peuple comme des personnalit&#233;s, de toutes sortes de milieux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il suffit de voir l'&#233;norme r&#233;action &#224; Ath&#232;nes &#224; la nouvelle de sa condamnation &#224; mort et de son d&#233;c&#232;s. Il y a eu un retournement d'opinion. Le peuple s'est rapidement oppos&#233; violemment &#224; ceux qui l'ont condamn&#233; et notamment &#224; Anytos et M&#233;l&#233;tos, eux m&#234;me accus&#233;s ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a de nombreuses preuves que l'Ath&#232;nes des ann&#233;es suivantes est &#224; fond pour Socrate. Ath&#232;nes demande ainsi au grand sculpteur Lysippe de r&#233;aliser une statue en bronze de Socrate qui est plac&#233;e &#224; l'entr&#233;e de l'Agora. Et 70 ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; accus&#233; de corrompre la jeunesse, il est pr&#233;sent&#233; comme un exemple pour elle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu des &#233;crits pour justifier le proc&#232;s et la condamnation de Socrate comme le texte de Polycrate intitul&#233; &#171; Accusation contre Socrate &#187;, mais il y a eu beaucoup plus d'&#233;crits pour d&#233;fendre Socrate de mani&#232;res tr&#232;s diverses d'ailleurs. C'est d'ailleurs &#224; Polycrate que r&#233;pondent X&#233;nophon et Platon en d&#233;fense de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les historiens estiment qu'il y a eu, dans les ann&#233;es qui ont suivi la mort de Socrate, environ trois cent ouvrages grecs concernant ce proc&#232;s, eh oui 300 !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut se dire que Socrate n'est pas le seul &#224; avoir subi de telles condamnations ou &#224; en &#234;tre menac&#233;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un proc&#232;s pour impi&#233;t&#233; ? Mais Socrate n'est effectivement pas le seul penseur et philosophe &#224; en avoir subi. Un d&#233;cret &#224; ce sujet, datant du d&#233;but de la guerre du P&#233;loponn&#232;se, est mentionn&#233; par Plutarque et aurait vis&#233; P&#233;ricl&#232;s &#224; travers Anaxagore. Ce dernier a sans doute &#233;t&#233; jug&#233; pour impi&#233;t&#233; en 445. Il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; mort et sauv&#233; gr&#226;ce &#224; l'intervention de P&#233;ricl&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aspasie, grande philosophe et joueuse de flute et amie personnelle de Socrate, et compagne de P&#233;ricl&#232;s, aurait elle-m&#234;me &#233;t&#233; menac&#233;e d'un proc&#232;s pour impi&#233;t&#233;. Apr&#232;s les premiers revers de P&#233;ricl&#232;s durant la guerre, la l&#233;gende dit que ses ennemis esp&#232;rent l'atteindre par le biais d'Aspasie en attaquant cette derni&#232;re pour impi&#233;t&#233; &#8212; on vise par l&#224; les conversations philosophiques qui se tiennent dans sa maison. Le po&#232;te comique Hermippos m&#232;ne l'accusation et P&#233;ricl&#232;s doit user de toute son influence pour la faire acquitter. En r&#233;alit&#233;, Aspasie &#233;tait une adepte philosophique de Socrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate a sans doute &#233;t&#233; longtemps sauv&#233; d'une condamnation par le fait que Aspasie intervenait aupr&#232;s de P&#233;ricl&#232;s pour le prot&#233;ger. La mort de P&#233;ricl&#232;s a signifi&#233; la fin d'un r&#233;gime politique &#224; Ath&#232;nes mais aussi la fin de la tranquilit&#233; pour Socrate !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait bien eu un autre proc&#232;s pour impi&#233;t&#233;, celui de Prodicos, mais l&#224; encore il s'agit d'un ami de Socrate !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On peut se demander ce que la partie d'Ath&#232;nes qui d&#233;testait Socrate lui reprochait vraiment&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fait, aucun acte de Socrate ne pouvait &#234;tre qualifi&#233; de preuve d'impi&#233;t&#233; au sens o&#249; on l'entendait &#224; Ath&#232;nes. Il n'a jamais commis d'actes pour m&#233;priser publiquement des manifestations ou des sites religieux, ni fait de grandes d&#233;clarations contre la religion et les dieux, mais il n'en parlait pas du tout, ce qui montre ce qu'il en pensait. Il &#233;tait ath&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reprochait-il aux dieux d'Ath&#232;nes ? De n'&#234;tre des dieux que de la cit&#233; ! De ne prot&#233;ger que les ath&#233;niens ! D'&#234;tre des dieux protecteurs de l'exploitation des esclaves et de l'oppression des femmes, des enfants et des m&#233;t&#232;ques. Effectivement, la religion d'Ath&#232;nes &#233;tait fond&#233;e sur le patriarcat et combattait contre l'ancien matriarcat ! Les dieux d'Ath&#232;nes s'&#233;taient battus pour dominer les d&#233;esses ! Les femmes religieuses de Delphes, qui conservaient un certain poids malgr&#233; la domination de la religion patriarcale, affirmaient que Socrate &#233;tait le plus sage des philosophes et ce n'&#233;tait pas un hasard ! Socrate ne cessait pas de le clamer pour se moquer des religieux patriarcaux. Voil&#224; le genre de positions de Socrate que les pontes d'Ath&#232;nes lui reprochaient en termes de religion. C'est cela qu'ils appelaient &#171; vouloir introduire de nouveaux dieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme un taon sur le flanc d'un cheval un peu mou. &#187; C'est ainsi que Socrate r&#233;sumait son r&#244;le d'agitateur infatigable, &#339;uvrant au sein de la cit&#233; ath&#233;nienne. Jusqu'&#224; sa condamnation &#224; mort en 399 av. J.-C., le philosophe n'eut de cesse de titiller ses concitoyens, au gr&#233; de discussions publiques o&#249; ses interlocuteurs, interrog&#233;s dans le cadre de son art d'accoucher les esprits, se voyaient finalement pi&#233;g&#233;s dans leurs propres contradictions et leurs pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;changes de rues, d'&#233;choppes et de portiques, o&#249; &#171; on lui r&#233;pondait &#224; coups de poing et en lui tirant les cheveux, et la plupart du temps il faisait rire de lui avec m&#233;pris &#187;, rapporte Diog&#232;ne La&#235;rce. Impassible et patient, Socrate v&#233;cut 70 ans &#224; Ath&#232;nes, qu'il ne quitta que tr&#232;s rarement, au point que Platon le dit ancr&#233; dans sa cit&#233; plus que les impotents, les aveugles et les invalides. Issu de l'union d'un sculpteur et d'une sage-femme, Socrate s'empara du savoir-faire maternel pour sa propre ma&#239;eutique philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;X&#233;nophon et Platon en t&#233;moignent, Socrate critiqua vertement deux fondements essentiels de la d&#233;mocratie ath&#233;nienne : le principe de majorit&#233; et le tirage au sort. Il affirmait ainsi que &#171; c'est folie de choisir avec une f&#232;ve les magistrats d'un &#201;tat, tandis que personne ne voudrait employer un pilote d&#233;sign&#233; par une f&#232;ve, ni un architecte, ni un joueur de fl&#251;te &#187;. Il d&#233;plorait encore qu'on laisse les passagers d'un navire commander au d&#233;triment du capitaine, le seul &#224; ma&#238;triser l'art de la navigation. Le philosophe condamna autant l'ignorance du peuple que le poids du nombre. Partisan du gouvernement de ceux qui d&#233;tiennent le savoir, Socrate ne pouvait qu'irriter ses concitoyens d&#233;mocrates ; en 399, le cheval mou eut finalement raison du taon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/socrate-le-maitre-de-la-grece-2134.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/antiquite/socrate-le-maitre-de-la-grece-2134.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate d&#233;bute ainsi sa d&#233;fense au proc&#232;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Voyons, que disaient au juste ceux qui me calomniaient ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons qu'ils nous traduisent devant vous et lisons leur acte d'accusation : &#171; Socrate est coupable : il recherche indiscr&#232;tement ce qui se passe sous la terre et dans le ciel, &lt;br class='autobr' /&gt;
il rend bonne la mauvaise cause et il enseigne &#224; d'autres &#224; faire comme lui. &#187; En voil&#224; la teneur : c'est ce que vous avez vu de vos propres yeux dans la com&#233;die d'Aristophane, c'est-&#224;-dire un certain Socrate qu'on charrie &#224; travers la sc&#232;ne, qui d&#233;clare qu'il se prom&#232;ne dans les airs et qui d&#233;bite cent autres extravagances sur des sujets o&#249; je n'entends absolument rien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais alors, Socrate, quelle affaire est-ce donc que la tienne ? D'o&#249; sont venues ces calomnies r&#233;pandues contre toi ? Tu pr&#233;tends que tu ne fais rien de plus extraordinaire que les autres ; mais tu ne serais s&#251;rement pas l'objet de tant de bruits et de racontars, si tu ne faisais pas autre chose que les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dis-nous donc ce qui en est, afin que nous ne te jugions pas &#224; la l&#233;g&#232;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime r&#233;volutionnaire de Socrate est quadruple : politique, religieux, social et de genre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique parce que Socrate formait secr&#232;tement des jeunes r&#233;volutionnaires, religieux parce qu'il diffusait publiquement une vision ath&#233;e, social parce qu'il combattait la soci&#233;t&#233; de classe et l'esclavage&#8230; Et enfin, il d&#233;molissait le patriarcat ! Il sapait tous les fondements d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un qui se contente de bavarder dans les rues, est-ce un v&#233;ritable danger pour les classes poss&#233;dantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas sous-estimer la crise profonde de la soci&#233;t&#233; grecque.&lt;br class='autobr' /&gt;
J. de Romilly, citant Thucydide d'Ath&#232;nes &#233;crit : &#171; La guerre entre les P&#233;lopon&#233;siens et les Ath&#233;niens&#8230; fut la plus grande crise qui &#233;mut la Gr&#232;ce et une fraction du monde barbare : elle gagna pour ainsi dire la majeure partie de l'humanit&#233;. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, la soci&#233;t&#233; grecque avait atteint son apog&#233;e et, si elle s'est d&#233;truite en se battant entre Grecs, c'est parce qu'elle tentait ainsi de se trouver un nouveau souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la fin de la crise du pouvoir et l'amnistie, Ath&#232;nes reste meurtrie dans sa chair et dans son orgueil : elle n'a plus de flotte, plus de chantiers, pas d'argent. Il fallait aux classes dirigeantes trouver des boucs &#233;missaires de cette situation catastrophique et sans issue. Dans ce but, Socrate a repr&#233;sent&#233; le coupable id&#233;al. Alors que la fiert&#233; d'&#234;tre Ath&#233;nien est port&#233;e &#224; son extr&#234;me par des politiciens d&#233;magogues, Socrate d&#233;clare qu'il n'est ni Ath&#233;nien, ni Grec mais citoyen du monde. Ensuite, Socrate critique les efforts guerriers d'Ath&#232;nes, y compris ceux de l'&#233;poque dite glorieuse, comme lors des ann&#233;es de P&#233;ricl&#232;s. Il d&#233;nonce les guerres de conqu&#234;te et ne donne raison qu'aux guerres de d&#233;fense. Il ne voit aucune gloire &#224; tuer d'autres hommes &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment les amis de Socrate ont-il r&#233;agi &#224; ce proc&#232;s ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tous les amis de Socrate ont, &#224; un moment ou un autre, &#233;t&#233; menac&#233;s par la d&#233;mocratie ath&#233;nienne et il n'est pas &#233;tonnant que, juste apr&#232;s le proc&#232;s, nombre de ses amis aient quitt&#233; pr&#233;cipitamment la cit&#233; et se soient r&#233;fugi&#233;s rapidement &#224; M&#233;gare, pensant qu'il allait y avoir une vaste r&#233;pression contre eux &#224; Ath&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme on l'a dit, l'opinion des Ath&#233;niens s'est retourn&#233;e peu apr&#232;s la mort de Socrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa mort, des disciples ont continu&#233; que jamais &#224; se r&#233;clamer de lui et ont &#233;t&#233; plus nombreux aussi &#224; le faire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses &#233;l&#232;ves, sept sont d'apr&#232;s Diog&#232;ne La&#235;rce consid&#233;r&#233;s comme particuli&#232;rement importants. Ce sont Antisth&#232;ne, Eschine de Sphettos, Platon, X&#233;nophon, Euclide de M&#233;gare, Aristippe de Cyr&#232;ne et Ph&#233;don d'&#201;lis. Tous, sauf peut-&#234;tre Aristippe, ont &#233;crit des dialogues socratiques. Ce sont des fictions litt&#233;raires dans lesquelles des sujets philosophiques font l'objet d'un d&#233;bat &#171; &#224; la mani&#232;re &#187; de Socrate. Seuls nous sont parvenus en entier des dialogues de Platon, du Pseudo-Platon (anciennement attribu&#233;s &#224; Platon mais qui n'ont pas &#233;t&#233; &#233;crits par lui) et de X&#233;nophon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il eut d'autres disciples, dont Apollodore et son fr&#232;re A&#239;antodore ; Isocrate, pendant une courte p&#233;riode ; C&#233;b&#232;s, Ch&#233;r&#233;phon, son ami d'enfance et assistant ; M&#233;nex&#232;ne, Simmias, M&#233;trodore, Alcibiade d&#232;s -431, Charmide, Critias, Th&#233;&#233;t&#232;te d'Ath&#232;nes, Criton et ses enfants Critobule, Hermog&#232;ne, Epig&#232;ne et Ct&#233;sippe ; Spintharos, p&#232;re d'Aristox&#232;ne ; Hermog&#232;ne, Lysanias de Sphettos, p&#232;re d'Eschine de Sphettos ; Coriscos de Scepsis, p&#232;re de N&#233;l&#233;e de Scepsis. L'un de ses disciples, Euclide de M&#233;gare, en 405 av. J.-C., fonda la premi&#232;re &#233;cole des &#171; Petits socratiques &#187; : le m&#233;garisme. En 400 av. J.-C., un autre disciple, Antisth&#232;ne, a fond&#233; la deuxi&#232;me &#233;cole des &#171; Petits socratiques &#187; : le cynisme. L'ann&#233;e suivante, Aristippe fonda la troisi&#232;me &#233;cole : le cyr&#233;na&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi Socrate, qui &#233;tait connu de longue date et violemment critiqu&#233; aussi &#224; Ath&#232;nes depuis longtemps, n'a-t-il &#233;t&#233; mis en proc&#232;s qu'en 399 avant J.-C. ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a dit, son proc&#232;s a lieu cinq ans apr&#232;s la fin de la guerre du P&#233;loponn&#232;se dans laquelle la cit&#233; d'Ath&#232;nes a &#233;t&#233; battue militairement par les Spartiates au bout d'un combat de plus de trente ann&#233;es et qui a amen&#233; la cit&#233; &#224; se d&#233;chirer &#224; l'int&#233;rieur dans une guerre civile entre partisans d'un r&#233;gime oligarchique et d&#233;fenseur d'un syst&#232;me &#233;lectoral dit d&#233;mocratique. Mais la crise interne &#233;tait plus profonde que celle li&#233;e &#224; cette guerre. D'abord, ce n'&#233;taient pas seulement Sparte mais une grande partie de la Gr&#232;ce qui en avait assez de l'oppression d'Ath&#232;nes. Certaines villes comme Corinthe ou Th&#232;bes voulaient m&#234;me plus que Sparte la destruction compl&#232;te et d&#233;finitive d'Ath&#232;nes. Des Ath&#233;niens comme Socrate ont combattu l'imp&#233;rialisme ath&#233;nien. Il y avait un risque qu'une grande partie de la population ath&#233;nienne veuille en finir avec ce syst&#232;me de domination guerri&#232;re et de vol de richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre avait supprim&#233; 10.000 Ath&#233;niens (sur une population de 50.000 citoyens !), fait passer la cit&#233; de la richesse &#224; la pauvret&#233; (destruction des artisanats, des fermes et du commerce, fuite des esclaves), de la grandeur exag&#233;r&#233;e &#224; la honte. Accuser l'aveuglement des classes dirigeantes qui avait men&#233; &#224; cette guerre &#233;tait ais&#233;. L'opinion populaire pouvait changer brutalement face aux classes poss&#233;dantes et c'est dans ces conditions qu'un extr&#233;miste de gauche comme Socrate pouvait d'un seul coup gagner un poids consid&#233;rable et c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas dans la jeunesse. L'accuser d'&#234;tre d'extr&#234;me droite (pro-tyrans ou pro-Sparte) &#233;tait une strat&#233;gie classique pour le discr&#233;diter. Socrate, en les contraignant &#224; carr&#233;ment l'&#233;liminer, a retourn&#233; l'accusation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'en tirer comme le&#231;ons ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelles le&#231;ons les amis et disciples de Socrate en ont tir&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que voulait dire Socrate par son fameux &#171; connais-toi toi-m&#234;me &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4579&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4579&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Nietzsche condamnait Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide, un disciple de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4582&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristophane, un ennemi d&#233;clar&#233; de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon, un pr&#233;tendu disciple de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6379&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6379&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon, D&#233;mocrite, Socrate, Parm&#233;nide, Z&#233;non en d&#233;bat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui es-tu Socrate ? Un r&#233;volutionnaire ? Un ennemi de l'esclavage ? Un f&#233;ministe ? Un dialecticien ? Un communiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate, dialecticien et communiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on consid&#233;rer Socrate comme fondateur des bases de la philosophie des sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8017&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#232;ce antique : la philosophie de Z&#233;non d'El&#233;e et de Socrate&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Socrate nous a dit ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve72&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve72&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tous les jours que Socrate est condamn&#233; par&#8230; nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3765&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3765&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen&#232;se de l'Etat ath&#233;nien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1363&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1363&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#171; Civilisation grecque &#187; n'&#233;tait pas&#8230; grecque !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me la civilisation grecque, sa d&#233;mocratie, sa philosophie, sa po&#233;sie, son th&#233;&#226;tre, sa politique n'ont &#233;t&#233; connus mondialement que par une dictature dont l'origine n'&#233;tait pas grecque mais mac&#233;donienne, celle de l'empereur Alexandre le Grand !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Question nationale en Catalogne et r&#233;volution prol&#233;tarienne en Espagne</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8625</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8625</guid>
		<dc:date>2026-05-22T22:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
17 mai 1931 &lt;br class='autobr' /&gt;
Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui chez les paysans contre le r&#244;le d&#233;nationalisateur du gros capital et contre la bureaucratie d'Etat. Le r&#244;le dirigeant - pour la phase actuelle - de la petite bourgeoisie dans le mouvement d'&#233;mancipation nationale, comme en g&#233;n&#233;ral dans tout le mouvement d&#233;mocratique r&#233;volutionnaire, introduit in&#233;vitablement dans ce dernier nombre de pr&#233;jug&#233;s de toute sorte. Venant de ce milieu, les illusions nationales s'infiltrent &#233;galement parmi les ouvriers. Telle est, vraisemblablement, dans l'ensemble, la situation en Catalogne, et peut-&#234;tre jusqu'&#224; un certain point dans la F&#233;d&#233;ration Catalane. Mais ce que je viens de dire n'att&#233;nue nullement le caract&#232;re progressiste, r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la lutte nationale catalane contre la suzerainet&#233; espagnole, l'imp&#233;rialisme bourgeois et le centralisme bureaucratique. Pas un instant l'on ne doit perdre de vue que l'Espagne tout enti&#232;re et la Catalogne, comme partie constituante de ce pays, sont gouvern&#233;es actuellement non point par des nationaux-d&#233;mocrates catalans, mais par des bourgeois imp&#233;rialistes espagnols, alli&#233;s &#224; de gros propri&#233;taires fonciers, &#224; de vieux bureaucrates et des g&#233;n&#233;raux, avec l'appui des nationaux-socialistes. Toute cette confr&#233;rie est d'avis de maintenir, d'une part, les servitudes des colonies espagnoles et d'assurer, d'autre part, le maximum de centralisation bureaucratique de la m&#233;tropole ; c'est-&#224;-dire qu'elle veut l'&#233;crasement des Catalans, des Basques et des autres nationalit&#233;s par la bourgeoisie espagnole. Dans la phase actuelle, &#233;tant donn&#233; les combinaisons pr&#233;sentes de forces de classes, le nationalisme catalan est un facteur r&#233;volutionnaire progressiste. Le nationalisme espagnol est un facteur imp&#233;rialiste r&#233;actionnaire. Le communiste espagnol qui ne comprend pas cette distinction, qui affecte de l'ignorer, qui ne la met pas en valeur au premier plan, qui s'efforce au contraire d'en att&#233;nuer l'importance, risque de devenir un agent inconscient de la bourgeoisie espagnole et d'&#234;tre &#224; tout jamais perdu pour la cause de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. O&#249; est le danger des illusions nationales petites bourgeoises ? En ceci qu'elles peuvent diviser le prol&#233;tariat d'Espagne en secteurs nationaux. Le danger est tr&#232;s s&#233;rieux. Les communistes espagnols peuvent le combattre avec succ&#232;s, mais d'une seule mani&#232;re : en d&#233;non&#231;ant implacablement les violences commises par la bourgeoisie de la nation suzeraine et en gagnant ainsi la confiance du prol&#233;tariat des nationalit&#233;s opprim&#233;es. Toute autre politique reviendrait &#224; soutenir le nationalisme r&#233;actionnaire de la bourgeoisie imp&#233;rialiste qui est ma&#238;tresse du pays, contra le nationalisme r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la petite bourgeoisie d'une nation opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question nationale en Catalogne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore au sujet des questions actuelles de la r&#233;volution espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi Maurin, le &#034;chef&#034; du Bloc ouvrier et paysan, partage le point de vue du s&#233;paratisme. Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, il s'est d&#233;termine en tant qu'aile gauche du nationalisme petit-bourgeois. J'ai d&#233;j&#224; &#233;crit que le nationalisme petit-bourgeois catalan est, au stade actuel, progressif. Mais &#224; une condition : qu'il d&#233;veloppe son activit&#233; hors des rangs du communisme, et qu'il se trouve toujours ainsi sous les coups de la critique des communistes. Au contraire, permettre au nationalisme petit-bourgeois de se manifester sous le masque communiste signifie en m&#234;me temps porter un coup perfide &#224; l'avant-garde prol&#233;tarienne et tuer la signification progressive du nationalisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que signifie le programme du s&#233;paratisme ? Le d&#233;membrement &#233;conomique et politique de l'Espagne ou, en d'autres termes, la transformation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique en une sorte de p&#233;ninsule balkanique, avec des Etats ind&#233;pendants, divis&#233;s par des barri&#232;res douani&#232;res, ayant des arm&#233;es ind&#233;pendantes et menant des guerres hispaniques &#034;ind&#233;pendantes&#034;. Bien entendu, le sage Maurin dira que ce n'est pas cela qu'il veut. Mais les programmes ont leur logique, ce dont manque Maurin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de l'Espagne sont-ils int&#233;ress&#233;s au d&#233;membrement &#233;conomique du pays ? En aucun cas. C'est pourquoi identifier la lutte d&#233;cisive pour le droit &#224; l'autod&#233;termination avec la propagande pour le s&#233;paratisme constitue un travail n&#233;faste. Notre programme est la F&#233;d&#233;ration hispanique avec le maintien indispensable de l'unit&#233; &#233;conomique. Nous n'avons pas l'intention d'imposer ce programme aux nationalit&#233;s opprim&#233;es de la p&#233;ninsule &#224; l'aide des armes de la bourgeoisie. En ce sens, nous sommes sinc&#232;rement pour le droit &#224; l'autod&#233;termination [2]. Si la Catalogne se s&#233;parait du reste de l'Espagne, la minorit&#233; communiste de Catalogne, comme celle d'Espagne, devrait combattre pour une F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les Balkans, c'est encore la vieille social-d&#233;mocratie d'avant guerre qui a mis en avant le mot d'ordre de F&#233;d&#233;ration balkanique d&#233;mocratique, comme issue &#224; la situation de fous cr&#233;&#233;e par le morcellement des Etats. Aujourd'hui, le mot d'ordre communiste dans les Balkans est celui de la F&#233;d&#233;ration balkanique des soviets (&#224; propos, l'I.C. a adopt&#233; le mot d'ordre de la F&#233;d&#233;ration sovi&#233;tique balkanique, mais a rejet&#233; en m&#234;me temps ce mot d'ordre pour l'Europe !). Pouvons-nous, dans ces conditions, faire n&#244;tre le mot d'ordre de la balkanisation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique ? N'est-ce pas monstrueux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicalistes - tout au moins certains de leurs chefs - ont d&#233;clar&#233; qu'ils lutteront contre le s&#233;paratisme, au besoin les armes &#224; la main. Dans ce cas, communistes et syndicalistes se trouveraient chacun d'un c&#244;t&#233; de la barricade, parce que, sans partager les illusions s&#233;paratistes et tout en les critiquant au contraire, les communistes doivent s'opposer impitoyablement aux bourreaux de l'imp&#233;rialisme et &#224; ses laquais syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si la petite bourgeoisie en arrivait - contre les conseils et la critique des communistes - &#224; d&#233;membrer l'Espagne, les r&#233;sultats n&#233;gatifs d'un tel r&#233;gime ne tarderaient pas &#224; se manifester. Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de la p&#233;ninsule arriveraient vite &#224; cette conclusion : oui, les communistes avaient raison. Mais cela signifie pr&#233;cis&#233;ment que nous ne devons pas assumer la moindre parcelle de responsabilit&#233; dans le programme de Maurin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monatte esp&#232;re que les syndicalistes espagnols cr&#233;eront un nouvel Etat syndicaliste [3]. Au lieu de cela, les amis espagnols de Monatte s'int&#232;grent avec succ&#232;s dans l'Etat bourgeois [4]. C'est l'histoire de cette malheureuse poule qui couve des oeufs de cane ! Aujourd'hui, il est tr&#232;s important de suivre de pr&#232;s tout ce que disent et font les syndicalistes espagnols. Cela ouvrira &#224; l'opposition de gauche en France des possibilit&#233;s pour porter un bon coup &#224; l'anarcho-syndicalisme fran&#231;ais. On ne peut douter un seul instant que, dans les conditions de la r&#233;volution, les anarcho-syndicalistes se compromettront &#224; chaque pas.&lt;br class='autobr' /&gt; L'id&#233;e g&#233;niale des syndicalistes consiste &#224; contr&#244;ler les Cort&#232;s sans y participer ! Employer la violence r&#233;volutionnaire, lutter pour le pouvoir, s'emparer du pouvoir, rien de cela n'est permis. A la place, on recommande de &#034;contr&#244;ler&#034; la bourgeoisie au pouvoir. Magnifique tableau : la bourgeoisie prend son petit d&#233;jeuner, elle d&#233;jeune, elle d&#238;ne et le prol&#233;tariat dirig&#233; par les syndicalistes, le ventre creux, contr&#244;le les op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Trotsky d&#233;veloppe ici la position d&#233;fendue par Lenine et le parti bolchevique &#224; l'&#233;gard des diverses nationalit&#233;s de l'empire des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Dans La R&#233;volution prol&#233;tarienne n0 117, 5 mai 1931, Pierre Monatte s'&#233;tonnait de l'orientation r&#233;formiste des dirigeants de la C. N. T. Il appelait les anarchistes et les anarcho-syndicalistes espagnols &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole de la r&#233;alit&#233; et &#224; accepter la n&#233;cessit&#233; d'une &#034;dictature du prol&#233;tariat&#034; qui ne soit pas, comme en Russie, celle d'un parti ; il sugg&#233;rait que cette &#034;dictature&#034; pourrait, &#233;tant donn&#233; les conditions espagnoles, etre assur&#233;e par les syndicats, qui donneraient ainsi naissance &#224; un nouvel &#034;Etat ouvrier&#034; et &#224; une forme &#034;syndicale&#034; de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Allusion au noyau dirigeant de la C. N. T., avec Angel Pestana, Juan Peiro, etc., qui se compromettait alors ouvertement avec les dirigeants r&#233;publicains et s'orientait vers un plat r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le confusionnisme de Maurin et la question catalane&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus nuisible, le plus dangereux et m&#234;me le plus n&#233;faste, serait que dans l'esprit des ouvriers de Catalogne, d'Espagne et du monde entier, se renforce l'id&#233;e que nous sommes solidaires de la politique de la F&#233;d&#233;ration catalane, que nous en portons la responsabilit&#233;, ou, du moins, que nous sommes plus proches d'elle que du groupe centriste [2]. Les staliniens s'emploient de toutes leurs forces &#224; pr&#233;senter les choses de cette fa&#231;on. Jusqu'&#224; maintenant, nous n'avons pas combattu l&#224;-dessus avec assez de vigueur. Il est d'autant plus urgent et important de dissiper ce malentendu qu'il nous compromettrait terriblement et entraverait le succ&#232;s des ouvriers catalans et espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, c'est d'abord &#224; nos partisans en Catalogne m&#234;me qu'il revient de d&#233;noncer la F&#233;d&#233;ration catalane. Ils doivent se manifester par une critique claire, ouverte, pr&#233;cise, une critique qui ne taise rien sur la politique de Maurin, ce m&#233;lange de pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois, d'ignorance, de &#034;science&#034; provinciale et de coquinerie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections aux Cort&#232;s, la F&#233;d&#233;ration a recueilli pr&#232;s de 10 000 voix. Ce n'est pas beaucoup, mais, au cours d'une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, une organisation v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire est capable de grandir vite. Il y a pourtant une circonstance qui amoindrit consid&#233;rablement le poids de ces 10 000 voix : la F&#233;d&#233;ration catalane a obtenu moins de voix aux &#233;lections aux Cort&#232;s qu'aux &#233;lections municipales &#224; Barcelone, le centre le plus important. Ce fait, &#224; premi&#232;re vue mineur, a en tant que sympt&#244;me une signification &#233;norme. Il d&#233;montre que, pendant que se manifeste encore dans les coins les plus retir&#233;s du pays un afflux, d'ailleurs faible, des ouvriers vers la F&#233;d&#233;ration, &#224; Barcelone, la confusion de Maurin n'attire pas les ouvriers, mais au contraire les &#233;loigne. Bien entendu, la faillite in&#233;vitable de Macia peut b&#233;n&#233;ficier &#224; Maurin en tant que failli de seconde zone. Mais l'impuissance m&#234;me de l'actuelle direction de la F&#233;d&#233;ration est totalement d&#233;montr&#233;e par les &#233;lections aux Cort&#232;s : il faut vraiment un talent particulier pour parvenir &#224; ne pas accro&#238;tre son influence &#224; Barcelone pendant les trois premiers mois de la r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que repr&#233;sente la F&#233;d&#233;ration dans le langage de la politique r&#233;volutionnaire ? Est-ce une organisation communiste ? Et quelle organisation communiste : de droite, de gauche, ou du centre ? Il est hors de doute que ce sont des ouvriers r&#233;volutionnaires, des communistes en puissance, qui votent pour la F&#233;d&#233;ration. Mais ils n'ont dans la t&#234;te aucune clart&#233;. D'o&#249; leur viendrait-elle, puisqu'ils sont dirig&#233;s par des confusionnistes ? Dans ces conditions, les ouvriers les plus hardis, les plus d&#233;cid&#233;s, les plus cons&#233;quents, ne peuvent, in&#233;vitablement, que se pr&#233;cipiter du c&#244;t&#233; du parti officiel. Ce dernier n'a obtenu &#224; Barcelone que 170 voix et un peu moins de 1 000 pour l'ensemble de la Catalogne. Mais il ne faut pas croire que ce sont les plus mauvais &#233;l&#233;ments. Au contraire, la plupart pourraient &#234;tre avec nous, et le seront quand nous d&#233;ploierons notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la r&#233;volution de 1917, la majorit&#233; des organisations social-d&#233;mocrates russes &#233;taient encore communes et comprenaient dans leurs rangs bolcheviks, mencheviks, conciliateurs, etc [3]. La tendance &#224; l'unification &#233;tait si forte qu'&#224; la conf&#233;rence du parti bolchevique, fin mars, Staline, quelques jours avant l'arriv&#233;e de L&#233;nine, se pronon&#231;a pour l'unification avec les mencheviks [4]. Certaines organisations de province rest&#232;rent communes jusqu'&#224; la r&#233;volution d'Octobre. Je me figure la F&#233;d&#233;ration catalane comme une sorte d'organisation commune de ce type, une organisation non d&#233;limit&#233;e, qui comprend de futurs bolcheviks et de futurs mencheviks. Cela justifie une politique qui cherche &#224; provoquer une diff&#233;renciation politique dans les rangs de la F&#233;d&#233;ration. Le premier pas dans cette voie doit &#234;tre la d&#233;nonciation de la vulgarit&#233; politique du maurinisme. Ici, il faut &#234;tre sans piti&#233;. Pourtant, la comparaison entre cette F&#233;d&#233;ration et les organisations unifi&#233;es de Russie exige d'importantes r&#233;serves. Les organisations unifi&#233;es n'excluaient aucun groupement social-d&#233;mocrate existant. Tous avaient le droit de lutter pour leurs opinions &#224; l'int&#233;rieur de l'organisation unifi&#233;e. Il en va tout autrement &#224; l'int&#233;rieur de la F&#233;d&#233;ration catalane. L&#224;, le &#034;trotskisme&#034; est mis &#224; l'index. N'importe quel confusionniste a le droit d'y d&#233;fendre sa confusion, mais le bolchevik-l&#233;niniste ne peut y &#233;lever ouvertement la voix [5]. Ainsi, d&#232;s le d&#233;but, cette organisation unifi&#233;e &#233;clectique se coupe de l'aile gauche. Mais, par cela m&#234;me, elle devient un bloc chaotique de tendances centristes et droiti&#232;res. Le centrisme peut se d&#233;velopper soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Le centrisme de la F&#233;d&#233;ration catalane, qui se s&#233;pare de l'aile gauche pendant la r&#233;volution, est vou&#233; &#224; une destruction honteuse. La t&#226;che de l'opposition de gauche consiste &#224; pr&#233;cipiter cette destruction par une critique impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe une autre circonstance &#224; laquelle il faut accorder une importance exceptionnelle. Officiellement, la F&#233;d&#233;ration catalane est en faveur de l'unification de toutes les organisations et groupements communistes. Il est certain que ses membres, &#224; la base, veulent sinc&#232;rement et loyalement cette unit&#233;, bien qu'ils attachent &#224; ce mot d'ordre toutes sortes d'illusions. Nous sommes tout &#224; fait &#233;trangers &#224; ces illusions. Nous luttons pour l'unit&#233; parce que, dans les cadres d'un parti unifi&#233;, nous esp&#233;rons effectuer avec succ&#232;s un travail progressif de d&#233;limitation id&#233;ologique sur la base des questions et des t&#226;ches, non pas impos&#233;es du dehors, mais d&#233;coulant du d&#233;veloppement de la r&#233;volution espagnole m&#234;me. De toute fa&#231;on, nous soutenons la lutte pour l'unification des communistes. La condition fondamentale de cette unification est pour nous le droit &#224; la possibilit&#233; de lutter pour nos mots d'ordre, pour nos points de vue, dans les cadres de l'organisation unifi&#233;e. Nous pouvons et nous devons promettre une totale loyaut&#233; dans cette lutte, mais cette condition fondamentale est refus&#233;e d&#232;s le d&#233;but par la F&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me tout en luttant sous le drapeau de l'unit&#233;, elle bannit les bolcheviks-l&#233;ninistes de ses propres rangs. Dans ces conditions, conf&#233;rer un r&#244;le dirigeant &#224; la F&#233;d&#233;ration catalane dans la lutte pour l'unit&#233; du P.C. constituerait de notre part la pire ineptie. Au congr&#232;s d'unification, Maurin s'appr&#234;te &#224; jouer les premiers violons. Pouvons-nous tol&#233;rer en silence cette d&#233;go&#251;tante hypocrisie ? En luttant contre l'opposition de gauche, Maurin imite la bureaucratie stalinienne afin de gagner ses faveurs. En r&#233;alit&#233;, il dit aux staliniens : &#034;Donnez-moi votre b&#233;n&#233;diction et avant tout vos subsides, et je vous promets de lutter contre les bolcheviks-l&#233;ninistes, non pas par crainte, mais pour des raisons id&#233;ologiques.&#034; L'activit&#233; de Maurin en faveur de l'unification n'est qu'une forme de chantage vis-&#224;-vis des staliniens. Si nous nous taisions l&#224;-dessus, nous ne serions pas des r&#233;volutionnaires, mais les auxiliaires passifs d'un chantage politique. Nous devons d&#233;noncer sans rel&#226;che le r&#244;le de Maurin, c'est-&#224;-dire son charlatanisme &#034;unificateur&#034;, sans affaiblir un seul instant notre effort en faveur de l'unification r&#233;elle des rangs communistes, sans affaiblir notre lutte pour que les rangs communistes se rangent sous notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de la gauche internationale doit &#234;tre aujourd'hui concentr&#233; pour les neuf dixi&#232;mes sur l'Espagne. Il faut restreindre toutes les d&#233;penses pour avoir la possibilit&#233; de mettre sur pied un hebdomadaire en espagnol avec des &#233;ditions r&#233;guli&#232;res en catalan, tout en distribuant en m&#234;me temps des tracts en quantit&#233; consid&#233;rable. Il faut envisager de restreindre toutes les autres d&#233;penses, sans exception, afin de donner &#224; l'Opposition espagnole l'aide la plus grande possible [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;tariat International doit, &#224; mon avis, consacrer les neuf dixi&#232;mes de ses forces aux questions de la r&#233;volution espagnole. Il faut tout simplement oublier qu'il existe de par le monde toutes sortes de Landau. Il faut tourner le dos &#224; toutes leurs querelles, &#224; toutes les intrigues et &#224; tous les intrigants, sans leur consacrer d&#233;sormais une minute de plus. La r&#233;volution espagnole est &#224; l'ordre du jour. Il faut sans retard traduire les documents les plus importants et les soumettre &#224; la critique n&#233;cessaire. Le prochain num&#233;ro du Bulletin international doit &#234;tre enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la r&#233;volution espagnole. Il faut &#233;galement prendre toute une s&#233;rie de mesures d'organisation. Pour cela, il faut des hommes et des moyens. Il faut trouver les uns et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, et il ne peut y avoir de crime plus grand que de perdre du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International. Il semble, et Pierre Naville le confirmera, que les positions de Trotsky vis-&#224;-vis de Maurin, et de la F&#233;d&#233;ration catalane n'&#233;taient pas comprises par tous, et pas seulement dans les rangs de l'Opposition espagnole,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le &#034; groupe centriste &#034; d&#233;signe ici l'&#233;quipe stalinienne qui dirige le P. C. E. C'est seulement &#224; partir de 1933 que Trotsky r&#233;servera l'&#233;pith&#232;te de &#034;centriste&#034; aux groupes se trouvant entre les II&#176; et III&#176; Internationale d'une part et le mouvement pour la IV&#176; de l'autre : Maurin deviendra alors &#224; ses yeux un &#034;centriste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La plupart des organisations social-d&#233;mocrates russes qui s'&#233;taient reconstitu&#233;es avant 1917 l'avaient &#233;t&#233; sur une base &#034;unitaire&#034;. Nombreuses &#233;taient encore celles qui adh&#233;raient sous cette forme au parti bolchevique au mois d'ao&#251;t de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour faciliter la fusion, Staline proposait le 1&#176; avril que les bolcheviques ne pr&#233;sentent aucune plate-forme politique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il semble - tant par la lecture de la presse contemporaine que selon le t&#233;moignage de Joaquin Maurin lui-m&#234;me - que la F&#233;d&#233;ration catalane ait plut&#244;t employ&#233; la dissuasion que l'exclusion. En tout cas, les amis politiques de Nin qui y avaient adh&#233;r&#233; ne devaient y rester que quelques mois ; ce fut le cas notamment de Molins y Fabrega, Franciso De Cabo et Carlotta Duran. Reste que Nin, de son c&#244;t&#233;, parle bien d' &#034;exclusions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Raymond Molinier, dirigeant et &#034;financier&#034; de la Ligue fran&#231;aise, se rendra peu apr&#232;s en Espagne pour r&#233;gler la question de l'hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le conflit catalan et les t&#226;ches du prol&#233;tariat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#233;t&#233; 1934)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'appr&#233;ciation du conflit catalan et des possibilit&#233;s en r&#233;sultant doit partir du fait que la Catalogne repr&#233;sente aujourd'hui indubitablement la plus forte position des forces d&#233;fensives dirig&#233;es contre la r&#233;action espagnole et contre les dangers du fascisme. Si cette position tombe, la r&#233;action aura remport&#233; une victoire d&#233;cisive et pour longtemps. Avec une politique juste de l'avant-garde prol&#233;tarienne il est possible de faire de cette position d&#233;fensive la plus forte, la position de d&#233;part d'une nouvelle offensive de la r&#233;volution espagnole. Telle doit &#234;tre notre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ce d&#233;veloppement n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan r&#233;ussit &#224; s'emparer lui de la direction de la lutte d&#233;fensive contre le gouvernement central r&#233;actionnaire de Madrid. Mais cela n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan ne promet pas seulement de soutenir cette lutte, au cas qu'elle soit d&#233;clench&#233;e, - soit par l'intransigeance du gouvernement de Madrid, soit par l'agressivit&#233; de la petite-bourgeoisie catalane (cette politique de suivisme est pr&#233;conis&#233;e par nos camarades dans l'Alliance Ouvri&#232;re de Catalogne et r&#233;alis&#233;e contre Maurin) [a] -, mais s'il se met d&#232;s le d&#233;but &#224; la t&#234;te de la r&#233;sistance, s'il dessine des perspectives, lance des mots d'ordre plus hardis et d&#232;s le commencement m&#232;ne la lutte non seulement en paroles, mais en actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Une r&#233;sistance victorieuse n'est concevable que si non seulement elle mobilise toutes les forces de masse de la Catalogne (toutes les conditions en sont actuellement donn&#233;es), mais pousse de plus vers l'offensive. C'est pourquoi il est d'une importance d&#233;cisive que l'avant-garde prol&#233;tarienne sache expliquer d&#232;s maintenant aux masses ouvri&#232;res et paysannes du reste de l'Espagne que par la victoire ou la d&#233;faite de la r&#233;sistance catalane se d&#233;cidera aussi leur victoire ou leur d&#233;faite. La mobilisation de ces alli&#233;s de l'Espagne toute enti&#232;re doit &#234;tre faite d&#232;s maintenant et non pas au moment o&#249; l'offensive r&#233;actionnaire contre la Catalogne sera devenu un fait (ce qui est la position de nos camarades et de la majorit&#233; de l'A.O.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La Catalogne peut &#234;tre pour longtemps le pivot d&#233;cisif de la r&#233;volution espagnole. La conqu&#234;te de la direction en Catalogne doit &#234;tre le centre de notre politique en Espagne. La politique de nos camarades le [b] rend compl&#232;tement impossible. Cette politique doit &#234;tre rapidement chang&#233;e si l'on ne veut qu'une situation d&#233;cisive aboutisse, par notre faute, &#224; une nouvelle d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole qui serait d&#233;cisive pour longtemps. On ne doit pas se celer que la politique de nos camarades dans cette question jusqu'&#224; maintenant a fortement nui au prestige non seulement de notre propre organisation et de l'Alliance Ouvri&#232;re, mais &#224; celui du prol&#233;tariat lui-m&#234;me, ce qui ne saurait &#234;tre r&#233;par&#233; que par un tournant radical et convaincant par les faits. La position de nos camarades et de ceux de l'A.O. ne peut &#234;tre comprise par les masses travailleuses non-prol&#233;tariennes que comme suit : le prol&#233;tariat s'engage par la voix de ces organisations &#224; participer si les autres commencent ; mais m&#234;me pour cela il demande son prix (les conditions pos&#233;es par l'A.O. &#224; l'Esquerra petite-bourgeoise, ignorent compl&#232;tement l'int&#233;r&#234;t particulier des paysans et des petits-bourgeois citadins) ; et cherchera - aussit&#244;t que la possibilit&#233; s'y pr&#234;tera - &#224; donner &#224; la lutte une direction dans les sens de ses propres buts de classe, la dictature du prol&#233;tariat. Au lieu d'appara&#238;tre comme le dirigeant de toutes les couches opprim&#233;es de la nation, comme le leader de la lib&#233;ration nationale, le prol&#233;tariat appara&#238;t ici purement comme un partenaire des autres classes, voire un partenaire tr&#232;s &#233;go&#239;ste, auquel il faut donner ou plut&#244;t promettre sa part parce que et pour aussi longtemps qu'on a besoin de lui. La petite-bourgeoisie catalane et la grande bourgeoisie et la r&#233;action se fondant sur la carence de cette petite-bourgeoisie ne pourraient demander rien de mieux qu'un prol&#233;tariat dans cette position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le tournant de nos camarades, doit consister tout d'abord en ceci : ils doivent propager (par notre propre organisation et par l'A.O.) la proclamation de la R&#233;publique Catalane Ind&#233;pendante et doivent demander pour l'assurer l'armement imm&#233;diat de tout le peuple. Ils ne doivent pas, pour cet armement, attendre le gouvernement, mais commencer imm&#233;diatement &#224; former des milices ouvri&#232;res, qui, elles, doivent alors non seulement revendiquer un meilleur armement de la part du gouvernement, mais doivent s'en procurer un elles-m&#234;mes par le d&#233;sarmement des r&#233;actionnaires et des fascistes. Le prol&#233;tariat doit prouver par les faits aux masses catalanes qu'il prend un int&#233;r&#234;t sacr&#233; &#224; la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance catalane. Dans cela consistera le pas d&#233;cisif vers la conqu&#234;te de la direction de la lutte de toutes les couches pr&#234;tes &#224; la d&#233;fense de la ville et de la campagne. L'armement du peuple doit devenir le centre de notre agitation des prochaines semaines sous les mots d'ordre de : continuation du paiement de tous les salaires ; gouvernement et les employeurs doivent se partager le co&#251;t de l'armement et de l'approvisionnement ; les forces de combat existantes (police, etc.) seront encadr&#233;es comme instructeurs dans la formation des milices ; les officiers seront &#233;lus par les membres de la Milice ; la base des milices est l'usine, ou bien le rayon d'habitation ; les ouvriers des grandes entreprises, des chemins de fer, etc. et de toutes entreprises publiques feront automatiquement partie de la milice ; de plus tous les citoyens sont invit&#233;s &#224; s'enr&#244;ler ; toute formation &#233;lit son comit&#233;, qui, de son c&#244;t&#233;, envoie son repr&#233;sentant (sans doute par des instances interm&#233;diaires) au Comit&#233; central de toutes les formations de milice de Catalogne. Ce comit&#233; central (c.&#224;.d. le Soviet central) remplit la t&#226;che d'un &#233;tat-major politique, mais tout d'abord celle du contr&#244;le, plus tard, de la direction centrale de l'approvisionnement en armes et en vivres, etc. En r&#233;alisant cette t&#226;che, il sera oblig&#233; de devenir, d'un organe &#224; c&#244;t&#233; du gouvernement proprement dit, ce gouvernement lui-m&#234;me. Cela est la forme et le chemin concrets des soviets dans la situation donn&#233;e en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#201;tant donn&#233; l'extr&#234;me division du prol&#233;tariat catalan, qui ne permet pas &#224; son h&#233;g&#233;monie de se faire jour en Catalogne, le prol&#233;tariat dans la situation actuelle ne peut proclamer lui-m&#234;me l'ind&#233;pendance catalane. Mais il peut et il doit en appeler la proclamation de toute sa force et l'exiger de l'Esquerra petite-bourgeoise actuellement gouvernante. Il doit r&#233;pondre &#224; son retardement par la revendication de nouvelles &#233;lections imm&#233;diates : &#034;Nous avons besoin d'un gouvernement qui repr&#233;sente et dirige la volont&#233; r&#233;elle de lutte des masses populaires&#034;. Les comit&#233;s des formations de milice doivent devenir le moyen principal de la r&#233;alisation et de la pr&#233;paration de ces &#233;lections. Autrement dit : dans la mesure o&#249; les deux c&#244;t&#233;s de la chose - proclamation de l'ind&#233;pendance et armement du peuple - peuvent &#234;tre s&#233;par&#233; l'un de l'autre, c'est le dernier par lequel il faut commencer le travail pratique et par le moyen duquel il faut imposer le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Non seulement le prol&#233;tariat doit mettre en avant des revendications d&#233;mocratiques g&#233;n&#233;rales (la libert&#233; de la presse, etc., un Etat qui ne soit pas couteux, le nivellement des salaires des fonctionnaires, une &#233;conomie d&#233;mocratique - plus d'imp&#244;ts indirects, la taxation &#233;lev&#233;e directe des poss&#233;dants pour le financement de la r&#233;sistance, etc.) ; non seulement il doit faire siennes - en dehors de ses propres revendications de classe - toutes les revendications sp&#233;ciales aux paysans et aux petits-bourgeois citadins et m&#234;me d&#233;passer les revendications mises en avant jusqu'alors (il manque ici la connaissance des d&#233;tails, surtout dans la question agraire) ; mais avant tout le prol&#233;tariat doit d&#232;s maintenant et de sa propre initiative jeter les revendications comme mots d'ordre dans les masses et appeler celles-ci &#224; lutter pour eux, - mais non pas poser ces revendications &#224; l'Esquerra gouvernante comme &#034;conditions&#034;, sous lesquelles on serait pr&#234;t &#224; participer &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Plus haut on parle toujours vaguement de &#034;le prol&#233;tariat doit...&#034;. La raison en est que malheureusement on ne peut pas parler du &#034;Parti du prol&#233;tariat&#034;. Notre organisation qui - avec une politique juste - pourrait prendre sur elle le r&#244;le du parti, para&#238;t s'&#234;tre plus ou moins dissoute dans la masse molle d'unit&#233; de l'&#034;Alliance&#034;. Dans quelle mesure ici serait possible un tournant rapide qui corresponde &#224; la pouss&#233;e de l'heure actuelle, il n'est assur&#233;ment pas possible de le fixer hors du lieu-m&#234;me. Comme dans la situation actuelle le sort de la R&#233;volution espagnole et de notre organisation en Espagne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; pour une longue p&#233;riode (naturellement il y a aussi la possibilit&#233; de r&#233;soudre le conflit - mais m&#234;me dans ce cas l'influence de notre organisation, si elle continue la politique actuelle, devrait subir parmi les masses pr&#234;tes &#224; lutter un dommage extraordinaire capable de la pousser enti&#232;rement hors de l'ar&#232;ne politique). L'envoi d'un d&#233;l&#233;gu&#233; du S.I. est n&#233;cessaire. Son voyage devrait &#234;tre pr&#233;par&#233; par une lettre du S.I. &#224; &#233;crire imm&#233;diatement et qui exposerait notre position dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise de la Generalitat ou crise nationale ?
&lt;p&gt;G. Munis&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;janvier 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune organisation n'a expliqu&#233; la v&#233;ritable signification et la v&#233;ritable port&#233;e de la crise du gouvernement de la Catalogne ; pas m&#234;me le POUM, qui en a &#233;t&#233; expuls&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle crise ne peut &#234;tre analys&#233;e comme un &#233;v&#233;nement isol&#233;, ayant des causes sp&#233;cifiques &#224; la Catalogne. De nombreuses mesures et de nombreux &#233;v&#233;nements, qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi cette crise, permettent de prouver, documents &#224; l'appui, que nous sommes en pr&#233;sence de la premi&#232;re attaque de la bourgeoisie nationale et internationale contre la r&#233;volution sociale et le prol&#233;tariat en armes, une menace tr&#232;s inqui&#233;tante pour les exploit&#233;s de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du gouvernement de la Catalogne, dont l'objectif imm&#233;diat &#233;tait d'exclure le POUM, fait partie d'une s&#233;rie de mesures qui a d&#233;but&#233; avec la cr&#233;ation du gouvernement de Largo Caballero. Les instigateurs de ces mesures, les partis socialiste et stalinien, se proposent de d&#233;vier notre guerre civile dans une direction imp&#233;rialiste et de mater l'esprit r&#233;volutionnaire des masses, en les contraignant &#224; accepter la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que les attaques gouvernementales contre la r&#233;volution sociale ont commenc&#233; d&#232;s le 19 juillet [1936], mais elles n'ont pu acqu&#233;rir une force organis&#233;e et avoir des effets pratiques que lorsque les dirigeants socialistes et staliniens se sont empar&#233;s du pouvoir. Dans un premier temps, le triomphe du prol&#233;tariat en armes et ses initiatives rudimentaires, mais d&#233;termin&#233;es, ont totalement paralys&#233; les gouvernements du Front populaire, qui sont les uniques responsables directs du d&#233;clenchement du soul&#232;vement fasciste. Ces gouvernements n'&#233;taient que des parodies de gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir r&#233;el, sous tous ses aspects &#8211; politiques, judiciaires, militaires, &#233;conomiques &#8211; se trouvait r&#233;parti entre tous les prol&#233;taires espagnols. Chaque organisation politique ou syndicale, chaque comit&#233; ouvrier, d&#233;tenait un peu de pouvoir, qu'il exer&#231;ait sans le contr&#244;le des directions politiques et syndicales et souvent contre elles. &#192; ce moment-l&#224;, les staliniens n'ont pas os&#233; invoquer [la d&#233;fense de] la patrie ou [de] l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine, mais, soutenus par les socialistes, ils ont pr&#233;par&#233; le terrain au niveau international, tout en veillant [au niveau national] &#224; prot&#233;ger la propri&#233;t&#233;, les banques, le Parlement, la bureaucratie bourgeoise et les d&#233;bris de l'ancienne arm&#233;e nationale. Si toutes les formes capitalistes sont encore debout, c'est gr&#226;ce aux efforts des socialistes et des staliniens. La collectivisation de l'industrie catalane se caract&#233;rise par le corporatisme syndical, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, elle est compl&#232;tement neutralis&#233;e par la banque, qui a gard&#233; toute sa libert&#233; d'action, et par le caract&#232;re petit-bourgeois du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la d&#233;sorganisation des milices a provoqu&#233; des d&#233;faites militaires, et le chaos de l'&#233;conomie a aggrav&#233; les probl&#232;mes d'approvisionnement ; le gouvernement a donc pr&#233;par&#233; son offensive pour la &#171; d&#233;fense de la R&#233;publique &#187; et a essay&#233; d'&#234;tre accept&#233;, &#224; tout prix, par les gouvernements de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie. Ces Etats, partisans de la non-intervention, sont rest&#233;s neutres, favorisant ainsi Franco [illisible] si les masses allaient, rompre ou non, la camisole de force d&#233;mocrate socialiste et stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que se constitue le fameux &#171; gouvernement de la victoire &#187;. L'histoire a connu peu de chantages politiques aussi monstrueux que celui-ci. Malgr&#233; une situation totalement r&#233;volutionnaire, un prol&#233;tariat en armes, des usines et [des] ateliers aux mains des travailleurs, des terres occup&#233;es par les paysans, une justice exerc&#233;e par des travailleurs, et une situation sociale en Europe qui pouvait facilement se transformer en r&#233;volution, le &#171; gouvernement de la victoire &#187; s'est, d&#232;s sa cr&#233;ation, fix&#233; pour but d'interrompre le d&#233;veloppement de la r&#233;volution, de sauver la bourgeoisie qui avait disparu de la sc&#232;ne espagnole, et de donner &#224; la France, &#224; la Grande-Bretagne et &#224; la Russie, l'assurance que ces Etats pouvaient s'associer avec un gouvernement qui n'avait rien de bolchevik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices, qui ont &#233;t&#233; fond&#233;es dans un esprit prol&#233;tarien, sont une institution qui d&#233;pla&#238;t souverainement aux bourgeoisies fran&#231;aise et britannique, et repr&#233;sente un danger gravissime pour la bourgeoisie nationale. La militarisation des milices fut l'un des premiers d&#233;crets pris par le gouvernement Caballero afin de rassurer cette bourgeoisie. Ce gouvernement ne voulait pas des militants rouges, mais des soldats de la R&#233;publique. Pour s&#233;duire les autres pays et montrer que le gouvernement [espagnol] &#233;tait suffisamment fort pour emp&#234;cher le triomphe de la r&#233;volution sociale, celui-ci cr&#233;a des tribunaux &#171; populaires &#187;, pr&#233;sid&#233;s par des avocats qui jugeaient selon des lois con&#231;ues pour servir la bourgeoisie ; il renfor&#231;a les forces arm&#233;es &#224; la structure bourgeoise ; il dissout le Comit&#233; central des milices de Catalogne ; il mena campagne en faveur de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organe du parti stalinien catalan l'avoua dans son num&#233;ro du 10 janvier : &#171; Nous devons d&#233;montrer aux Etats non fascistes que nous sommes capables de r&#233;soudre d&#233;mocratiquement les probl&#232;mes de demain &#187;, d&#233;clara-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, les bavardages de la SDN [la Soci&#233;t&#233; des Nations] permirent &#224; Alvarez del Vayo de persuader les puissances imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques que le volet civil de notre guerre n'&#233;tait qu'une apparence cachant un complot italo-allemand contre l'h&#233;g&#233;monie franco-britannique en M&#233;diterran&#233;e. Les ministres se mirent &#224; diffuser cette version de la guerre dans toute l'Espagne. Ce ne sont pas, pr&#233;tendaient-ils, les int&#233;r&#234;ts d'une classe r&#233;volutionnaire qui sont en jeu, mais &#171; la paix de l'Europe &#187;, c'est-&#224;-dire la domination de tel ou tel imp&#233;rialisme. En effet, la France, la Grande-Bretagne et la Russie elle-m&#234;me &#233;taient impatientes que les objectifs r&#233;publicains de nos gouvernants se transforment en r&#233;alit&#233;s. La bourgeoisie espagnole serait sauv&#233;e, et, avec elle, la domination coloniale de ces pays sur l'Espagne. Sans doute, la France et la Grande-Bretagne craignent-elles les cons&#233;quences &#233;conomiques et militaires du triomphe de Franco. La non-intervention n'aurait jamais exist&#233; si le dilemme fascisme-ou-d&#233;mocratie &#233;tait une r&#233;alit&#233; sociale et non un leurre, une trahison. Mais face &#224; une r&#233;volution socialiste, la France et la Grande-Bretagne ne pouvaient qu'adopter une position de classe, favorisant les fascistes, tout en encourageant la trahison des socialistes et des staliniens. Dans le num&#233;ro susmentionn&#233; de Treball, ceux-ci avouent que le retrait des &#171; d&#233;mocraties &#187; ob&#233;it fondamentalement &#224; &#171; certaines attitudes observ&#233;es en Espagne &#187;. Ces &#171; attitudes &#187; ne sont rien d'autre que les mesures r&#233;volutionnaires prises par les masses. Ainsi, les staliniens et les socialistes, ob&#233;issant aux ordres de la bourgeoisie europ&#233;enne, recourent &#224; toutes sortes de basses man&#339;uvres, pour discr&#233;diter les r&#233;volutionnaires, et r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; bourgeoise en menant campagne contre les comit&#233;s, les &#171; &#233;l&#233;ments incontr&#244;l&#233;s &#187; (la bourgeoisie a toujours coll&#233; cette &#233;tiquette aux r&#233;volutionnaires), la cr&#233;ation de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine et l'imposition du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces man&#339;uvres, la Russie a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant et d&#233;cisif en orientant le cours des &#233;v&#233;nements. Sa solidarit&#233; active avec le prol&#233;tariat espagnol et avec la r&#233;volution sociale espagnole aurait rapidement d&#233;cid&#233; de l'&#233;volution de la guerre en notre faveur et aurait peut-&#234;tre ouvert les portes &#224; la r&#233;volution europ&#233;enne. Mais en Russie l'&#201;tat est monopolis&#233; par une caste bureaucratique qui ne survivrait pas longtemps &#224; la victoire d'une r&#233;volution socialiste dans n'importe quel pays. Le fascisme (&#224; sa droite) et le prol&#233;tariat (&#224; sa gauche) menacent ses privil&#232;ges, la for&#231;ant &#224; se battre sur ses deux flancs, &#224; trahir la r&#233;volution dans tous les pays pour sauver les alliances militaires qu'elle a conclues contre l'Allemagne. En Espagne, la bureaucratie sovi&#233;tique ne voit pas d'autre alli&#233; que la France. Mais la France ne peut &#234;tre l'alli&#233; d'une Espagne socialiste, et pour emp&#234;cher cette transformation [sociale], les dirigeants staliniens sont de fervents partisans d'une r&#233;publique d&#233;mocratique [bourgeoise].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre, tous leurs efforts tendent vers ce but. L'exclusion du POUM par le gouvernement de la Generalitat constitue une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans cette &#233;volution r&#233;gressive. Il faut dire que si le POUM &#233;tait un v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire, il n'aurait jamais collabor&#233; &#224; un gouvernement dont la constitution visait &#224; gagner du temps jusqu'&#224; ce que le pouvoir puisse enclencher la marche arri&#232;re. Par sa pr&#233;sence le POUM a couvert les tra&#238;tres et s'est lui-m&#234;me ferm&#233; l'acc&#232;s aux masses. Le m&#234;me processus s'est produit avec la CNT, de fa&#231;on plus accentu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la Catalogne a consolid&#233; l'autorit&#233; du gouvernement [r&#233;gional] face &#224; la bourgeoisie europ&#233;enne. [Anthony] Eden, lui-m&#234;me, a d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des communes que ce &#171; serait une calomnie de consid&#233;rer le gouvernement de Valence comme un gouvernement communiste &#187;. De nouveaux accords commerciaux vont &#234;tre conclus avec la Grande-Bretagne et la France, et notre presse reproduit les &#233;loges de la presse capitaliste europ&#233;enne &#224; propos du discours d'Alvarez del Vayo. Et en &#233;change de quelques promesses, le gouvernement a lanc&#233; une vaste offensive contre le prol&#233;tariat. Il appelle &#224; d&#233;fendre la patrie, il supprime les postes de contr&#244;le des ouvriers sur les routes, il dissout les milices de l'arri&#232;re ; et les rues, les banques et les institutions sont de nouveau surveill&#233;es par les forces [de r&#233;pression] bourgeoises, qui portent l'uniforme bien commode de la Garde nationale de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne contre les comit&#233;s, vigoureusement men&#233;e par les socialistes et les staliniens, vise &#224; &#233;liminer compl&#232;tement l'intervention des travailleurs, pour assurer &#224; la France, la Grande-Bretagne et la Russie qu'il existe d&#233;sormais un gouvernement fort, aussi fort que celui de Blum, qui interdit les gr&#232;ves spontan&#233;es, ou [celui] du r&#233;actionnaire Baldwin. Dans cette campagne, le pouvoir mobilise tous les artifices et toute la perfidie dont il dispose puisque son existence d&#233;pend du soutien des masses et qu'en m&#234;me temps il ne peut gouverner sans les trahir. L'anarchie &#233;conomique, provoqu&#233;e par la dissolution des rapports bourgeois et exacerb&#233;e par les besoins de la guerre, est utilis&#233;e pour maintenir en place les rapports bourgeois eux-m&#234;mes. Ce ne sont pas les comit&#233;s qui cr&#233;ent l'anarchie, mais le gouvernement qui les emp&#234;che d'&#233;tablir un contr&#244;le absolu sur l'&#233;conomie, d'exercer le pouvoir politique et d'organiser la soci&#233;t&#233; dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Catalogne et celui de Valence opposent l'ordre d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire bourgeois &#224; l'ordre r&#233;volutionnaire, socialiste, des comit&#233;s. Ils dissolvent ces comit&#233;s et s'arrogent les m&#234;mes pouvoirs que n'importe quel gouvernement capitaliste. La crise de la Generalitat marque le moment o&#249; les questions militaires et les probl&#232;mes d'approvisionnement, qui n'ont pas pu &#234;tre r&#233;solus en raison de l'absence d'un pouvoir r&#233;volutionnaire, &#233;puisent suffisamment la population pour faire reculer la r&#233;volution sans produire de bouleversements dramatiques. Le temps de l'offensive bourgeoise contre le prol&#233;tariat est venu, offensive dont les troupes de choc sont fournies par les partis socialiste et stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus cette offensive r&#233;ussit, plus l'attitude de la France et de la Grande-Bretagne devient favorable envers l'Espagne. La bourgeoisie mondiale, aid&#233;e efficacement par la bureaucratie sovi&#233;tique, s'appuie sur les partis socialiste et stalinien pour sauver la bourgeoisie espagnole et transformer la guerre civile en guerre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le prol&#233;tariat ne balaie pas les tra&#238;tres qui le gouvernent, il viendra un moment o&#249; les mots d'ordre en faveur de la d&#233;fense de la patrie serviront &#224; accueillir dans notre camp les bourgeois et les banquiers qui se sont enfuis, mais sont suffisamment patriotes pour comprendre que, derri&#232;re les &#171; rouges &#187;, il n'y a rien d'autre qu'une politique blanche et un c&#339;ur blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le prol&#233;tariat est politiquement impuissant. Des organisations comme la CNT, la FAI et le POUM ne veulent pas trahir les masses, mais il leur manque les principes n&#233;cessaires pour les guider vers la r&#233;volution. La CNT aujourd'hui reprend le mot de d&#233;fense de la patrie. Elle d&#233;nonce bruyamment les politiciens, mais se laisse entra&#238;ner dans une politique de capitulation, de concessions &#224; la bourgeoisie et de sabotage g&#233;n&#233;ral de la r&#233;volution. Le terrible manque d'un parti r&#233;volutionnaire repr&#233;sente la plus grave menace pour la r&#233;volution. En son absence, les socialistes, les staliniens et la bourgeoisie mondiale r&#233;ussiront &#224; r&#233;aliser l'union sacr&#233;e qui est leur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux efforts d&#233;ploy&#233;s pour dissoudre les comit&#233;s, le prol&#233;tariat doit opposer la multiplication de ces comit&#233;s, en organisant des &#233;lections libres parmi les travailleurs [...] ; &#224; la collaboration de la CNT et du POUM au gouvernement [...], le prol&#233;tariat doit opposer une rupture absolue et la remise du pouvoir aux repr&#233;sentants &#233;lus par ces comit&#233;s. Ce n'est que lorsque le pouvoir politique appartiendra aux organismes des travailleurs qu'ils pourront &#233;tablir une politique r&#233;volutionnaire en mati&#232;re d'approvisionnement, cr&#233;er une arm&#233;e rouge, forte et disciplin&#233;e, balayer toutes les formes &#233;conomiques et politiques bourgeoises et ouvrir l'&#232;re de la r&#233;volution sociale en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.M. [Munis]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felix Morrow&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les journ&#233;es de Mai : barricades &#224; Barcelone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Catalogne &#233;tait, plus encore qu'avant la guerre civile, le centre &#233;conomique principal de l'Espagne. Et cette puissance &#233;conomique &#233;tait maintenant entre les mains des ouvriers et des paysans (du moins le pensaient-ils). L'industrie textile espagnole dans sa totalit&#233; &#233;tait concentr&#233;e. Ses ouvriers produisaient maintenant des v&#234;tements et des couvertures pour l'arm&#233;e et la population civile, et des marchandises d'une n&#233;cessit&#233; vitale pour l'exportation. Comme le fer et les aci&#233;ries de Bilbao &#233;taient virtuellement coup&#233;s du reste de l'Espagne, les travailleurs de la m&#233;tallurgie et de l'industrie chimique de Catalogne avaient cr&#233;&#233; avec la rapidit&#233; la plus h&#233;ro&#239;que une vaste industrie de guerre pour &#233;quiper les arm&#233;es antifascistes. Les collectivit&#233;s agricoles, qui avaient r&#233;alis&#233; les plus grandes r&#233;coltes de toute l'histoire espagnole, nourrissaient l'arm&#233;e et les villes et fournissaient des agrumes pour l'exportation. Les marins de la C.N.T. transportaient les produits export&#233;s qui procuraient &#224; l'Espagne des cr&#233;dits &#233;trangers, et ramenaient de pr&#233;cieuses cargaisons pour la lutte contre Franco. Les masses de la C.N.T. tenaient les fronts de l'Aragon et de Teruel ; elles avaient envoy&#233; Durruti et leurs meilleures milices sauver Madrid juste &#224; temps. En un mot, le prol&#233;tariat catalan constituait la colonne vert&#233;brale des forces antifascistes, et le savait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, apr&#232;s le 19 juillet, son pouvoir avait &#233;t&#233; reconnu par Companys lui-m&#234;me. Le pr&#233;sident catalan, s'adressant pendant les journ&#233;es de juillet &#224; la C.N.T.-F.A.I., avait dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Vous avez toujours &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement pers&#233;cut&#233;s, et moi-m&#234;me, avec beaucoup de peine mais contraint par les r&#233;alit&#233;s politiques, moi-m&#234;me, jadis &#224; vos c&#244;t&#233;s, je me suis vu plus tard oblig&#233; de m'opposer &#224; vous et de vous poursuivre. Aujourd'hui vous &#234;tes les ma&#238;tres de la ville et de la Catalogne, parce vous seuls avez vaincu les soldats fascistes. J'esp&#232;re que vous ne trouverez pas d&#233;plac&#233; que je puisse vous rappeler maintenant que l'aide des hommes de mon parti et de la Garde, plus ou moins nombreux, ne vous a pas manqu&#233; [... ] Vous avez vaincu, et tout est en votre pouvoir. Si vous n'&#233;prouvez pas le besoin ou le d&#233;sir que je sois pr&#233;sident, dites-le maintenant, et je deviendrai un soldat de plus dans la lutte antifasciste. Si, au contraire, vous me croyez quand je dis que je n'abandonnerai ce poste au fascisme victorieux que transform&#233; en, cadavre, je pourrai peut-&#234;tre, de mon nom et de mon prestige, vous servir avec mes camarades du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte et la rage des masses catalanes devant les empi&#233;tements de la contre-r&#233;volution &#233;taient par cons&#233;quent des sentiments d'hommes lib&#233;r&#233;s et ma&#238;tres de leur destin en danger de redevenir esclaves. Il &#233;tait hors de question de se soumettre sans combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 avril &#8211; au lendemain du ralliement des ministres de la C.N.T. &#224; la Generalidad &#8211; un r&#233;giment de carabiniers arriva &#224; Puigcerda et demanda aux patrouilles ouvri&#232;res de la C.N.T. de rendre le contr&#244;le des douanes. Tandis que les dirigeants les plus en vue de la C.N.T. se h&#226;taient vers Puigcerda pour n&#233;gocier une solution pacifique &#8211; c'est-&#224;-dire pour persuader les travailleurs de c&#233;der le contr&#244;le de la fronti&#232;re &#8211; on envoyait les Gardes civiles et d'assaut &#224; Figueras et dans d'autres villes de province pour arracher le contr&#244;le policier aux organisations ouvri&#232;res. En m&#234;me temps, &#224; Barcelone, les gardes d'assaut proc&#233;daient au d&#233;sarmement &#224; vue des travailleurs dans les rues. Durant les derni&#232;res semaines d'avril, ils rapport&#232;rent qu'ils en avaient d&#233;sarm&#233; trois cents de cette mani&#232;re. La nuit, des heurts se produisaient entre ouvriers et Gardes. Des camions de gardes d&#233;sarmaient les travailleurs isol&#233;s. Les travailleurs usaient de repr&#233;sailles. Ceux qui refusaient de se soumettre &#233;taient fusill&#233;s. En retour, des gardes &#233;taient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, Roldan Cortada, dirigeant du syndicat du P.S.U.C., fut assassin&#233; &#224; Molins de Llobregat. On ne sait toujours pas qui l'a tu&#233;. La C.N.T. d&#233;non&#231;a ce meurtre et demanda une enqu&#234;te. Le P.O.U.M. fit remarquer avec bon sens que Cortada avait soutenu Caballero avant la fusion et qu'il &#233;tait connu pour d&#233;sapprouver l'esprit de pogrom engendr&#233; par les staliniens. Mais le P.S.U.C. profita de cette occasion pour d&#233;noncer les &#034; agents fascistes cach&#233;s &#034;, &#034; incontr&#244;lables &#034;, etc. Le 27 avril, des repr&#233;sentants de la C.N.T. et du P.O.U.M. parurent aux fun&#233;railles de Cortada, ils y trouv&#232;rent une manifestation des forces de la contre-r&#233;volution. Pendant trois heures et. demie, &#034; l'enterrement &#034; &#8211; les soldats et la police du P.S.U.C. et du gouvernement, rameut&#233;s de partout et arm&#233;s jusqu'aux dents &#8211; d&#233;fila dans les quartiers ouvriers de Barcelone. C'&#233;tait un d&#233;fi, et les masses de la C.N.T. le prirent comme tel. Le jour suivant, le gouvernement envoya une exp&#233;dition punitive &#224; Molins de Llobregat qui interpella les dirigeants anarchistes locaux et les ramena menottes aux mains &#224; Barcelone. Cette nuit-l&#224; et les suivantes, les groupes de la C.N.T. et des gardes d'assaut du P.S.U.C. se d&#233;sarm&#232;rent mutuellement dans les rues. Les premi&#232;res barricades surgirent dans les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carabiniers, renforc&#233;s et rejoints par les forces locales du P.S.U.C., attaqu&#232;rent les patrouilles ouvri&#232;res &#224; Puigcerda. Antonio Martin, maire et dirigeant de la C.N.T., populaire dans toute la Catalogue, fut tu&#233; par balles par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai, la plus ancienne et la plus ch&#232;re des journ&#233;es ouvri&#232;res, le gouvernement interdit tout meeting et manifestation dans toute l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces derni&#232;res journ&#233;es d'avril, les travailleurs de Barcelone apprirent pour la premi&#232;re fois, dans les pages de Solidaridad obrera, ce qu'il &#233;tait advenu de leurs camarades de Madrid et de Murcia aux mains de la G.P.U. stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Telefonica, principal centre t&#233;l&#233;phonique de Barcelone qui dominait sa place publique la plus affair&#233;e, avait &#233;t&#233; occup&#233;e par les troupes fascistes le 19 juillet, les gardes d'assaut envoy&#233;s par le gouvernement la leur ayant rendue. Les travailleurs de la C.N.T. avaient perdu beaucoup des leurs pour le reconqu&#233;rir. Ils ne tenaient que plus &#224; le conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 19 juillet, le centre t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; par un comit&#233; U.G.T.-C.N.T., avec une d&#233;l&#233;gation gouvernementale install&#233;e dans l'immeuble. L'&#233;quipe de travailleurs appartenait presque int&#233;gralement &#224; la C.N.T., de m&#234;me que les gardes arm&#233;s qui d&#233;fendaient le b&#226;timent contre les incursions fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le de la Telefonica &#233;tait une instance concr&#232;te de double pouvoir. La C.N.T. &#233;tait en mesure d'&#233;couter les appels gouvernementaux. Tant qu'il serait possible aux travailleurs de contr&#244;ler les contacts t&#233;l&#233;phoniques des forces gouvernementales, le bloc bourgeois-stalinien ne serait jamais ma&#238;tre de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 3 mai, &#224; 3 heures de l'apr&#232;s-midi, trois camions de gardes d'assaut sous le commandement personnel de Salas, commissaire &#224; l'ordre public, membre du P.S.U.C. [1] , arriv&#232;rent &#224; la Telefonica. Surpris, les gardes des &#233;tages inf&#233;rieurs furent d&#233;sarm&#233;s. Mais une mitrailleuse emp&#234;cha les gardes d'assaut d'occuper les &#233;tages sup&#233;rieurs. Salas appela des gardes en renfort. Les dirigeants anarchistes lui demand&#232;rent de quitter l'immeuble. Il refusa. La nouvelle se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre aux usines et aux faubourgs ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures apr&#232;s, &#224; 17 heures, les travailleurs se pr&#233;cipitaient dans les centres locaux de la C.N.T.-F.A.I. et du P.O.U.M., s'armaient et dressaient des barricades. Depuis les cachots de la dictature de Rivera jusqu'&#224; aujourd'hui, la C.N.T.-F.A.I. avait toujours organis&#233; des comit&#233;s de d&#233;fense locaux, avec une tradition d'initiative locale. Ces comit&#233;s de d&#233;fense assur&#232;rent la direction dans la semaine qui s'ouvrait, pour autant qu'il y en ait eu une. On ne tira presque pas la premi&#232;re nuit, car les travailleurs &#233;taient incomparablement plus forts que les forces gouvernementales. Dans les faubourgs ouvriers, beaucoup de membres de la police gouvernementale, qui n'avaient pas assez d'estomac pour lutter, rendirent pacifiquement leurs armes. Lo&#239;s Orr, t&#233;moin, &#233;crivit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Le matin suivant (mardi 4 mai), les travailleurs arm&#233;s contr&#244;laient la plus grande partie de Barcelone. Les anarchistes tenaient le port tout entier, et avec lui la forteresse de Montjuich, qui domine la ville et le port de ses canons ; tous les faubourgs de la ville &#233;taient entre leurs mains. Et les forces gouvernementales, &#224; l'exception de quelques barricades isol&#233;es, &#233;taient compl&#232;tement d&#233;bord&#233;es par le nombre et concentr&#233;es au centre de la ville, dans le quartier bourgeois, o&#249; elles pouvaient facilement &#234;tre encercl&#233;es de tous c&#244;t&#233;s comme les rebelles le furent au 19 juillet 1936. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits de la C.N.T., du P.O.U.M. et d'autres confirment cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lerida, les gardes civils rendirent leurs armes aux travailleurs la nuit du lundi, de m&#234;me qu'&#224; Hostafranchs. Les militants du P.O.U.M. et de la C.N.T. s'empar&#232;rent des quartiers g&#233;n&#233;raux du P.S.U.C. et de l'Etat Catala &#224; Tarragone et &#224; Gerone en tant que &#034; mesure pr&#233;ventive &#034;. Ces premiers pas manifestes n'&#233;taient qu'un d&#233;but, car les masses catalanes s'&#233;taient rang&#233;es, &#224; une &#233;crasante majorit&#233;, derri&#232;re les banni&#232;res de la C.N.T. La prise officielle de Barcelone, la constitution d'un gouvernement r&#233;volutionnaire auraient conduit, dans la nuit, au pouvoir ouvrier. Ni les dirigeants de la C.N.T. ni le P.O.U.M. ne contestent s&#233;rieusement que telle en aurait &#233;t&#233; l'issue [2] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'aile gauche de la C.N.T. et du P.O.U.M., des sections de la Jeunesse libertaire, les Amis de Durruti et les bolclieviks-l&#233;ninistes appel&#232;rent &#224; la prise du pouvoir par les travailleurs au travers du d&#233;veloppement d'organes d&#233;mocratiques de d&#233;fense (soviets). Le 4 mai, les bolcheviks-l&#233;ninistes publi&#232;rent le tract suivant, distribu&#233; sur les barricades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; VIVE L'OFFENSIVE REVOLUTIONNAIRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucun compromis ! D&#233;sarmement de la Garde nationale r&#233;publicaine et des gardes d'assaut r&#233;actionnaires. C'est le moment d&#233;cisif. Plus tard il sera trop tard. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toutes les usines, sauf celles qui sont li&#233;es &#224; la poursuite de la guerre, jusqu'&#224; la d&#233;mission du gouvernement r&#233;actionnaire. Seul le pouvoir ouvrier peut assurer la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Armement total de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive l'unit&#233; d'action C.N.T.-F.A.I.-P.O.U.M. ! Vive le front r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ! Comit&#233;s de d&#233;fense r&#233;volutionnaires dans les ateliers, les usines et les districts ! Section bolchevik&#8212;l&#233;niniste d'Espagne (pour la IV&#232;me Internationale). &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tracts des Amis de Durruti, qui appelaient &#224; une &#034; Junte r&#233;volutionnaire &#034;, au complet d&#233;sarmement des gardes d'assaut et de la Garde nationale r&#233;publicaine, qui saluaient le P.O.U.M. pour avoir rejoint les travailleurs sur les barricades appr&#233;ci&#232;rent la situation de la m&#234;me mani&#232;re que les bolcheviks-l&#233;ninistes. En adh&#233;rant toutefois &#224; la discipline de leurs organisations, et sans publier de propagande autonome, la gauche du P.O.U.M. et de la C.N.T., la Jeunesse libertaire avaient la m&#234;me perspective que les bolcheviks-l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient sans aucun doute raison. Aucun apologiste de la direction du P.O.U.M. et de la C.N.T. n'a avanc&#233; contre la prise du pouvoir un quelconque argument qui r&#233;siste &#224; l'analyse. Aucun d'eux n'ose nier que les travailleurs auraient pu ais&#233;ment prendre le pouvoir en Catalogne. Ils apportent trois arguments principaux pour d&#233;fendre la capitulation : La r&#233;volution aurait &#233;t&#233; isol&#233;e, limit&#233;e &#224; la Catalogne, et d&#233;faite de l'ext&#233;rieur ; les fascistes auraient pu, dans cette conjoncture, faire irruption et vaincre ; l'Angleterre et la France auraient &#233;cras&#233; la r&#233;volution par une intervention directe. Examinons successivement ces trois arguments .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'isolement de la r&#233;volution : la forme la plus plausible. la plus radicale donn&#233;e &#224; cet argument, est fond&#233;e sur une analogie avec la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; de juillet 1917 &#224; P&#233;trograd. &#034;En juillet 1917, m&#234;me les bolcheviks ne d&#233;cid&#232;rent pas de prendre le pouvoir, et se limit&#232;rent &#224; la d&#233;fensive, dirigeant les masses hors de la ligne de feu avec le moins de victimes possible.&#034; Curieusement, le P.O.U.M., l'I.L.P., les pivertistes [3] et autres apologistes qui utilisent cet argument sont pr&#233;cis&#233;ment ceux qui ont toujours rappel&#233; aux &#034; trotskystes sectaires &#034; que &#034; l'Espagne n'&#233;tait pas la Russie &#034;, et que, par l&#224; m&#234;me, la politique bolchevique n'&#233;tait pas applicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse trotskyste, c'est-&#224;-dire bolchevique, de la r&#233;volution espagnole s'est toujours fond&#233;e sur la situation concr&#232;te en Espagne. En 1931, nous avons averti que le rythme rapide des &#233;v&#233;nements russes de 1917 ne se r&#233;p&#233;terait pas en Espagne. Au contraire, nous faisions alors l'analogie avec la grande R&#233;volution fran&#231;aise, qui, commenc&#233;e en 1789, franchit une s&#233;rie d'&#233;tapes avant d'atteindre son point culminant en 1793. Justement parce que nous, trotskystes, ne sch&#233;matisons pas les &#233;v&#233;nements historiques, nous ne pouvons prendre au s&#233;rieux l'analogie avec juillet 1917 [4] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Petrograd, la manifestation arm&#233;e &#233;clata quatre mois seulement apr&#232;s la r&#233;volution de F&#233;vrier, trois mois apr&#232;s que les th&#232;ses d'Avril de L&#233;nine aient fix&#233; une perspective r&#233;volutionnaire au parti bolchevique. &#034; La masse &#233;crasante de la population de ce pays gigantesque commen&#231;ait tout juste &#224; &#233;merger des illusions de F&#233;vrier. Il y avait au front une arm&#233;e de douze millions d'hommes qui venaient &#224; peine d'&#234;tre touch&#233;s par les premi&#232;res rumeurs concernant les bolcheviks. Dans ces conditions, l'insurrection isol&#233;e du prol&#233;tariat de Petrograd aurait &#233;t&#233; in&#233;vitablement &#233;cras&#233;e. Il fallait gagner du temps. Telles furent les circonstances qui d&#233;termin&#232;rent la tactique des bolcheviks.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, en Espagne, mai 1937 survenait apr&#232;s six ann&#233;es de r&#233;volution pendant lesquelles les masses avaient acquis une exp&#233;rience gigantesque dans tout le pays. Les illusions d&#233;mocratiques de 1931 avaient &#233;t&#233; d&#233;truites. Nous pouvons citer le t&#233;moignage des dirigeants de la C.N.T., du P.O.U.M., de socialistes, selon lesquels les illusions d&#233;mocratiques redor&#233;es du Front populaire n'eurent aucune influence sur les masses. En f&#233;vrier 1936, elles ne vot&#232;rent pas pour le Front populaire, mais contre Gil Robles, et pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques. Les masses avaient montr&#233; maintes et maintes fois qu'elles &#233;taient pr&#234;tes &#224; aller jusqu'au bout : les nombreuses luttes arm&#233;es dirig&#233;es par les anarchistes, les prises de terres pendant six ans, la r&#233;volte d'octobre 1934, la Commune des Asturies, la prise des usines et de la terre apr&#232;s le 19 juillet ! L'analogie avec juillet 1917 est infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, douze millions de soldats russes &#224; peine touch&#233;s par la propagande bolchevique pouvaient &#234;tre envoy&#233;s contre P&#233;tersbourg. Mais en Espagne la C.N.T. dirigeait plus d'un tiers des forces arm&#233;es, un autre tiers ou presque &#233;tait dirig&#233; par l'U.G.T. dont la plupart des membres &#233;taient socialistes de gauche ou sous leur influence. M&#234;me si l'on accorde que la r&#233;volution n'aurait pas gagn&#233; imm&#233;diatement Madrid ou Valence. Cela ne revient aucunement &#224; affirmer que le gouvernement de Valence aurait trouv&#233; des troupes pour &#233;craser la r&#233;publique ouvri&#232;re de Catalogne ! Tout de suite apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai, les masses de l'U.G.T. firent la preuve de leur hostilit&#233; d&#233;termin&#233;e &#224; l'&#233;gard de mesures r&#233;pressives contre le prol&#233;tariat catalan. C'est une des raisons pour lesquelles Caballero dut quitter le gouvernement. Elles auraient encore moins pu &#234;tre utilis&#233;es contre une r&#233;publique ouvri&#232;re victorieuse. M&#234;me les rangs staliniens n'auraient pas fourni une telle arm&#233;e massive : c'est une chose que d'amener les travailleurs et les paysans arri&#233;r&#233;s &#224; limiter leur lutte &#224; un combat pour une r&#233;publique d&#233;mocratique ; c'en est une autre enti&#232;rement diff&#233;rente que de les amener &#224; &#233;craser une r&#233;publique ouvri&#232;re. Toute tentative du bloc bourgeois-stalinien de rassembler des forces prol&#233;tariennes n'aurait pu que pr&#233;cipiter l'extension de l'Etat ouvrier &#224; toute l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons dire plus : l'exemple de la Catalogne aurait &#233;t&#233; suivi imm&#233;diatement ailleurs. La preuve ? Le bloc stalinien-bourgeois, alors qu'il cherchait &#224; consolider la r&#233;publique bourgeoise, &#233;tait toutefois pouss&#233; par l'atmosph&#232;re r&#233;volutionnaire &#224; avancer le mot d'ordre : &#034; Finissons-en d'abord avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &gt; C'&#233;tait un mot d'ordre habile,. bien propre &#224; faire attendre les masses. Mais le fait m&#234;me que la contre-r&#233;volution ait eu besoin de ce mot d'ordre d&#233;montre qu'elle fondait ses espoirs de victoire sur la r&#233;volution, non sur l'accord des masses, mais sur leur tol&#233;rance impatiente. Grin&#231;ant des dents, les masses disaient : &#034; Nous devons attendre d'en finir avec Franco, puis nous en finirons avec la bourgeoisie et ses laquais. &#034; Ce sentiment sans aucun doute, rarement r&#233;pandu se serait &#233;vanoui devant l'exemple de la r&#233;volution catalane, celle-ci aurait mis un terme &#224; ce : &#034; Nous devons attendre. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Catalogne n'aurait pas touch&#233; la seule Espagne loyaliste. Car une Espagne ouvri&#232;re se serait lanc&#233;e dans une guerre r&#233;volutionnaire contre le fascisme qui aurait d&#233;sint&#233;gr&#233; les rangs franquistes, par les armes politiques plus que par les armes militaires. Toutes les armes politiques contre le fascisme dont le Front populaire n'avait pas autoris&#233; l'utilisation, et dont seule une r&#233;publique ouvri&#232;re pouvait user, auraient &#233;t&#233; d&#233;sormais dirig&#233;es contre Franco. Peu apr&#232;s le 19 juillet, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Comme chacun sait, une guerre civile ne se m&#232;ne pas seulement avec des armes militaires, mais aussi avec des armes politiques. D'un point de vue strictement militaire, la r&#233;volution espagnole est beaucoup plus faible que son ennemi. Sa force r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; jeter les larges masses dans l'action. Elle peut m&#234;me arracher l'arm&#233;e [de Franco] &#224; ses officiers r&#233;actionnaires. Pour ce faire, le programme de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut proclamer qu'&#224; partir de maintenant, la terre, les usines, les ateliers passeront des capitalistes aux mains du peuple. Il faut se diriger imm&#233;diatement vers la r&#233;alisation de ce programme dans les provinces o&#249; les travailleurs sont au pouvoir. L'arm&#233;e fasciste ne pourrait pas r&#233;sister &#224; l'influence d'un tel programme. Les soldats lieraient les pieds et les mains de leurs officiers et les livreraient aux quartiers g&#233;n&#233;raux des milices ouvri&#232;res. les plus proches. Mais les ministres bourgeois ne peuvent accepter un tel programme. En freinant la r&#233;volution sociale, ils poussent les ouvriers et les paysans &#224; r&#233;pandre dix fois plus de leur propre sang qu'il n'en faut dans la guerre civile. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de Trotsky ne s'est av&#233;r&#233;e que trop vraie. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement de Front populaire ne fit aucune propagande en direction des paysans des forces franquistes, et derri&#232;re leurs lignes. Le gouvernement refusa absolument de promettre la terre &#224; ces paysans, et cette promesse n'aurait eu aucun impact tant que le gouvernement n'aurait pas d&#233;cr&#233;t&#233; effectivement la remise des terres aux comit&#233;s paysans dans ses propres zones, &#224; partir desquelles les nouvelles se seraient r&#233;pandues, par des milliers de canaux, jusqu'aux paysans du reste de l'Espagne. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement avait rejet&#233; tout projet (y compris celui d'Abd El Krim et d'autres Maures) de provoquer la r&#233;volution au Maroc par une d&#233;claration d'ind&#233;pendance. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement appela le prol&#233;tariat international &#224; pousser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; ses &#034; Gouvernements &#224; aider l'Espagne &#8211; mais il ne fit jamais directement appel au prol&#233;tariat international en d&#233;pit et contre ses gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des doctrinaires. Nous ne proclamons pas la r&#233;volution tous les ' jours. Nous jugeons &#224; partir de notre analyse concr&#232;te de la situation espagnole en mai 1937 : si la r&#233;publique ouvri&#232;re avait &#233;t&#233; instaur&#233;e en Catalogne, elle n'aurait pas &#233;t&#233; isol&#233;e ou &#233;cras&#233;e. Elle se serait rapidement &#233;tendue au reste de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les fascistes seraient imm&#233;diatement intervenus. La deuxi&#232;me justification de l'inopportunit&#233; de la prise du pouvoir en Catalogne recoupe la premi&#232;re, dans la mesure o&#249; elle nie implicitement l'impact de la prise du pouvoir sur les forces franquistes [5] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettant qu'une r&#233;volution prol&#233;tarienne en mai se soit &#233;tendue dans toute l'Espagne loyaliste, les dirigeants de la C.N.T. expliquent :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il est &#233;vident que, si nous l'avions voulu, le mouvement de d&#233;fense se serait transform&#233; en un mouvement purement libertaire. C'est tr&#232;s bien, mais... les fascistes auraient sans aucun doute profit&#233; des circonstances pour briser toutes les lignes de r&#233;sistance .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Garcia Olivier) [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il traite ostensiblement de la situation sp&#233;cifique de la Catalogne en mai, ce raisonnement est, en fait, beaucoup plus fondamental : &#034; C'est un argument contre la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re au cours de la guerre civile. &#034; C'&#233;tait &#233;galement la ligne du P.O.U.M. Son comit&#233; central soutint que, dans le cas o&#249; le gouvernement refuserait de signer son propre arr&#234;t de mort en convoquant une assembl&#233;e constituante (congr&#232;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s des soldats, des paysans et des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux), ce serait une erreur que de lui arracher le pouvoir par la force :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il [le P.O.U.M] croyait que les ouvriers protesteraient &#224; temps contre la contre-r&#233;volution &#224; laquelle le gouvernement proc&#233;dait, et que la revendication d'une telle assembl&#233;e constituante deviendrait si forte que le gouvernement serait oblig&#233; de se soumettre. Il soutenait qu'une insurrection serait erron&#233;e et peu opportune tant que les fascistes ne seraient pas d&#233;faits, et m&#234;me sur la question de d&#233;clencher ou non l'insurrection &#224; ce moment l&#224;, les opinions divergeaient en son sein [7] .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la C.N.T. et le P.O.U.M. appelaient au socialisme par le biais du gouvernement. Mais si le gouvernement ne donnait pas son accord, alors il fallait attendre au moins jusqu'&#224; la fin de la guerre. Cela revenait en pratique &#224; s'adapter de fa&#231;on camoufl&#233;e au mot d'ordre bourgeois-stalinien : &#034; Finissons-en avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique du P.O.U.M. et de la C.N.T. &#8211; attendre d'en avoir fini avec Franco &#8211; signifiait concr&#232;tement la condamnation de la r&#233;volution. Car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; fait remarquer, le mot d'ordre bourgeois-stalinien d' &#034; attente &#034; &#233;tait destin&#233; &#224; neutraliser les masses jusqu'&#224; ce que l'Etat bourgeois soit r&#233;tabli. Pour cette raison pr&#233;cise, le bloc bourgeois stalinien et ses alli&#233;s anglo-fran&#231;ais n'avaient pas l'intention d'en finir avec Franco, ou (plus vraisemblablement) de faire la paix avec lui, tant que la contre-r&#233;volution n'avait pas consolid&#233; son pouvoir en Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons comment&#233; l'incapacit&#233; du Front populaire et de son Gouvernement &#224; faire de la propagande r&#233;volutionnaire pour d&#233;sint&#233;grer les forces franquistes. Mais le gouvernement ne r&#233;ussit pas plus &#224; combattre Franco avec succ&#232;s sur le plan militaire. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la guerre civile, il n'y a pas de s&#233;paration entre t&#226;ches politiques et t&#226;ches militaires. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement concentrait d'&#233;normes forces de soldats d'&#233;lite et de police dans les villes, d&#233;tournant par l&#224; m&#234;me des hommes et des armes n&#233;cessaires au front. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement poursuivait une strat&#233;gie de guerre dilatoire, qui ne pouvait donner aucun r&#233;sultat d&#233;cisif, tant qu'il proc&#233;dait &#224; la contre-r&#233;volution. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement &#233;tait en train de subordonner les travailleurs basques et asturiens au commandement de la bourgeoisie basque tra&#238;tre qui allait bient&#244;t capituler sur le front Nord. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le Gouvernement &#233;tait en train de saboter directement les fronts de l'Aragon et du Levant tenus par la C.N.T. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement donnait aux agents fascistes (Asensio, Villalba, etc.) la possibilit&#233; de livrer des forteresses loyalistes &#224; Franco (Badajoz, Irun, Malaga) [8] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;volution portait des coups terribles au moral des troupes antifascistes. &#034; Pourquoi mourrions-nous en combattant Franco quand nos camarades sont fusill&#233;s par le gouvernement ? &#034; Cet &#233;tat d'esprit si dommageable &#224; la lutte contre le fascisme pr&#233;dominait apr&#232;s la journ&#233;e de mai et &#233;tait tr&#232;s difficile &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, par tous ces moyens, la politique gouvernementale facilitait les incursions militaires de Franco. L'instauration d'une r&#233;publique ouvri&#232;re aurait mis fin &#224; la tromperie, au sabotage, &#224; la d&#233;moralisation. Dot&#233;e de l'instrument de la planification &#233;tatique, la r&#233;publique ouvri&#232;re aurait pu utiliser comme aucun r&#233;gime capitaliste l'int&#233;gralit&#233; des ressources mat&#233;rielles et morales de l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de permettre aux troupes fascistes de percer, seul le pouvoir ouvrier pouvait conduire &#224; la victoire sur Franco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La menace d'intervention : La C.N.T. se r&#233;f&#232;re confus&#233;ment aux navires de guerre anglais et fran&#231;ais apparus dans le port le 3 mai, et &#224; des plans de d&#233;barquement de troupes anglo-fran&#231;aises. &#034; Dans l'&#233;ventualit&#233; d'un triomphe du communisme libertaire, il aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233; un peu plus tard par l'intervention des puissances capitalistes et d&#233;mocratiques. &#034; (Garcia Oliver)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences de la C.N.T. &#224; des navires de guerre pr&#233;cis, &#224; un complot pr&#233;cis, obscurcit d&#233;lib&#233;r&#233;ment le caract&#232;re fondamental du probl&#232;me . Toute r&#233;volution sociale doit affronter le danger de l'intervention capitaliste. La r&#233;volution russe dut survivre tant &#224; la guerre civile financ&#233;e par les capitalistes qu'&#224; l'intervention imp&#233;rialiste directe. La r&#233;volution hongroise fut &#233;cras&#233;e par l'intervention aussi bien que par ses propres erreurs. N&#233;anmoins, quand les sociaux-d&#233;mocrates allemands et autrichiens justifi&#232;rent la stabilisation de leurs r&#233;publiques bourgeoises par le fait que les puissances alli&#233;es pourraient intervenir contre les Etats socialistes, les socialistes r&#233;volutionnaires et les communistes du monde entier &#8211; comme les anarchistes &#8211; d&#233;nonc&#232;rent les Kautsky et les Bauer comme des tra&#238;tres, et ils eurent raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat autrichien et allemand, disaient alors les r&#233;volutionnaires, doit compter avec la possibilit&#233; d'une d&#233;faite due &#224; l'intervention anglo-fran&#231;aise, parce que les r&#233;volutions courent toujours ce danger, mais attendre le moment hypoth&#233;tique o&#249; les Alli&#233;s seraient trop pr&#233;occup&#233;s pour intervenir, c'&#233;tait manquer la conjoncture favorable &#224; la r&#233;volution. Mais les sociaux-d&#233;mocrates l'emport&#232;rent... et finirent dans les camps de concentration de Hitler et Schuschnigg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les cercles de la C.N.T. ni ceux du P.0,U.M. n'os&#232;rent avancer qu'il existait une quelconque situation conjoncturelle sp&#233;cifique qui rendait en mai 1937 l'intervention capitaliste plus mena&#231;ante qu'&#224; un autre moment. Les d&#233;fenseurs de cette th&#232;se se r&#233;f&#232;rent simplement au danger d'intervention, sans y ajouter d'analyse sp&#233;cifique. Nous posons la question l'intervention &#233;tait-elle plus dangereuse en mai 1937 qu'au moment de la r&#233;volution d'avril 1931 par exemple ? En mai 1937, les travailleurs avaient tous les avantages. En 1931, le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tait prostr&#233; au fond du puits de la crise mondiale. Les travailleurs allemands n'avaient pas encore &#233;t&#233; livr&#233;s &#224; Hitler par leurs dirigeants &#8211; sans combat &#8211; mais le prol&#233;tariat fran&#231;ais &#233;tait aussi assoupi que s'il &#233;tait accabl&#233; par un dictateur. La situation en France, pays limitrophe, est d&#233;cisive pour l'Espagne. Et, en mai 1937, le prol&#233;tariat fran&#231;ais entamait la deuxi&#232;me ann&#233;e du soul&#232;vement ouvert par les gr&#232;ves r&#233;volutionnaires de juin 1936. Il est inconcevable que les millions de travailleurs socialistes et communistes de France, d&#233;j&#224; irrit&#233;s par la neutralit&#233;, et maintenus dans cette ligne avec les plus grandes difficult&#233;s, par leurs dirigeants, aient permis l'intervention capitaliste en Espagne, qu'elle soit le fait de la bourgeoisie fran&#231;aise ou d'une autre. La transformation de la lutte en Espagne, de combat pour la sauvegarde d'une r&#233;publique bourgeoise, en combat pour la r&#233;volution socialiste, aurait enflamm&#233; les prol&#233;tariats fran&#231;ais, belge et anglais, bien plus que ne le fit la r&#233;volution russe, car cette fois la r&#233;volution aurait &#233;t&#233; &#224; leur porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un prol&#233;tariat vigilant, qu'aurait pu faire la bourgeoisie ? La bourgeoisie fran&#231;aise aurait ouvert ses fronti&#232;res &#224; l'Espagne, non pour l'intervention mais pour le commerce, permettant au nouveau r&#233;gime de s'assurer des marchandises &#8211; ou bien elle aurait eu &#224; affronter imm&#233;diatement la r&#233;volution chez elle. La r&#233;publique ouvri&#232;re espagnole n'aurait pas, comme le firent Caballero et Negrin, aid&#233; et encourag&#233; la &#034; non-intervention &#034;. L'Angleterre, indissolublement li&#233;e au sort de la France, n'aurait pas pu intervenir, non seulement &#224; cause du poids de la France, mais aussi &#224; cause du poids de sa propre classe ouvri&#232;re, pour laquelle la r&#233;volution ib&#233;rique aurait ouvert une nouvelle &#233;poque. Le Portugal aurait d&#251; imm&#233;diatement faire face &#224; la r&#233;volution. L'Allemagne et l'Italie auraient, bien entendu, cherch&#233; &#224; augmenter leur aide &#224; Franco. Mais la politique anglo-fran&#231;aise aurait toujours &#233;t&#233; : ni une Espagne socialiste, ni une Espagne tenue par Hitler ou Mussolini. En voulant jouer indistinctement sur les deux tableaux, l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais aurait &#233;t&#233; contraint de restreindre l'intervention italo-allemande dans les limites qui puissent emp&#234;cher l'axe Rome-Berlin de dominer la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins que tout autre, nous avons &#224; apprendre que toutes les puissances capitalistes ont comme commun int&#233;r&#234;t, et cherchent toutes la destruction de toute menace de r&#233;volution sociale. Il est n&#233;anmoins clair que les deux facteurs qui sauv&#232;rent la r&#233;volution russe de l'an&#233;antissement par l'intervention auraient jou&#233; en mai 1937 : en 1917, le prol&#233;tariat mondial, inspir&#233; par la r&#233;volution, imposa l'arr&#234;t de l'intervention, tandis que les imp&#233;rialistes ne pouvaient pas oublier suffisamment leurs divergences pour ne pas s'unir autour d'un plan unique d'an&#233;antissement de la r&#233;publique ouvri&#232;re. Le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tant &#224; nouveau mobilis&#233;, c'est &#224; leurs risques et p&#233;rils que les imp&#233;rialistes auraient cherch&#233; &#224; &#233;teindre l'incendie espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui nous invoquons par-dessus tout l'aide du prol&#233;tariat mondial Vous, les staliniens pour qui les masses ne sont d&#233;sormais rien d'autre que des carcasses que vous offrez en sacrifice sur l'autel de l'alliance avec les imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques ; vous les bureaucrates dont le m&#233;pris des masses, sur le dos desquelles vous vous dressez, vous fait oublier que ces m&#234;mes masses, qui vous servent encore de capital moral et mat&#233;riel, et qui s'amenuise sous votre gestion incomp&#233;tente, ont conduit victorieusement la r&#233;volution d'Octobre et la guerre civile ! Nous savons que vous n'aimez pas que l'on vous rappelle qu'en 1919-1922, le prol&#233;tariat mondial a sauv&#233; l'Union sovi&#233;tique des imp&#233;rialistes. Les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re sont une chose que vous en &#234;tes venus &#224; ha&#239;r et &#224; craindre, car ils menacent vos privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les staliniens qui croient &#224; la possibilit&#233; d'une coexistence pacifique des Etats capitalistes et ouvriers, pas nous. Il est certain que l'Europe capitaliste ne supporterait pas ind&#233;finiment l'existence d'une Espagne socialiste. Mais la conjoncture sp&#233;cifique de mai 1937 &#233;tait assez favorable pour permettre &#224; une Espagne ouvri&#232;re d'installer son r&#233;gime int&#233;rieur et de se pr&#233;parer &#224; r&#233;sister &#224; l'imp&#233;rialisme en &#233;tendant la r&#233;volution &#224; la France et &#224; la Belgique, puis de mener une guerre r&#233;volutionnaire contre l'Allemagne et l'Italie, dans des conditions qui auraient pr&#233;cipit&#233; la r&#233;volution dans les pays fascistes. C'est la seule perspective r&#233;volutionnaire en Europe, dans cette p&#233;riode qui pr&#233;c&#232;de la prochaine guerre, que la r&#233;volution commence en France ou en Espagne. Qui ne l'accepte pas rejette la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les risques ? &#034; Il serait &#233;videmment fort commode de faire l'histoire si l'on ne devait engager la lutte qu'avec &#034; des chances infailliblement favorables &#034; &#233;crivait Marx pendant que la Commune vivait encore. Clairvoyant, il voyait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; le &#034; hasard &#034; malheureux et d&#233;cisif (. . .) dans la pr&#233;sence des Prussiens en France et dans leurs positions si pr&#232;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs parisiens devant l'alternative ou de relever le d&#233;fi ou de succomber sans combat. Dans le dernier cas, la d&#233;moralisation de la classe ouvri&#232;re serait un malheur bien plus grand que la perte d'un nombre quelconque de &#034; chefs &#034;. Gr&#226;ce au combat livr&#233; &#224; Paris, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre la classe capitaliste et l'Etat capitaliste est entr&#233;e dans une nouvelle phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelle qu'en soit l'issue, nous avons obtenu un nouveau point de d&#233;part d'une importance historique universelle.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Lettre &#224; Kugelmann, du 17 avril 1871, &#233;d. Anthropos.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berneri avait raison. Ecras&#233;e entre les Prussiens-franquistes et Versailles-Valence, la Commune de Catalogne aurait pu faire jaillir une flamme embrasant le monde. Et dans des conditions incomparablement plus favorables que celles de la Commune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tent&#233; d'analyser le plus s&#233;rieusement possible les raisons que la direction centriste a donn&#233;es pour ne pas engager une lutte pour le pouvoir contre la contre-r&#233;volution. Comme ils ne sont pas des r&#233;formistes inv&#233;t&#233;r&#233;s, mais des centristes, ils sont tent&#233;s de justifier leur capitulation en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la situation &#034;sp&#233;ciale&#034;, &#034; sp&#233;cifique &#034;, de l'Espagne de mai 1937, mais sans donner de d&#233;tails pr&#233;cis. A l'examen, nous avons trouv&#233; que, comme toujours dans le cas d'alibis de ce type, les r&#233;f&#233;rences &#224; la situation sp&#233;cifique sont d&#233;nu&#233;es de sens et cachent un retrait fondamental par rapport &#224; la voie r&#233;volutionnaire. Ce ne sont pas des erreurs de fait, mais des divergences de principe qui, d'un point de vue mondial et de classe, s&#233;parent les r&#233;volutionnaires tant des dirigeants r&#233;formistes que des centristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 4 mai au matin, les travailleurs arm&#233;s des barricades qui recouvraient Barcelone se sentirent &#224; nouveau, comme le 19 juillet, les ma&#238;tres de leur monde. Comme le 19 juillet, les &#233;l&#233;ments bourgeois et petits-bourgeois terrifi&#233;s se cachaient dans leurs maisons. Les syndicalistes dirig&#233;s par le P.S.U.C. restaient passifs. Seule, une fraction de la police, les gardes arm&#233;s du P.S.U.C. et les voyous arm&#233;s d'Estat Catala se tenaient sur les barricades gouvernementales qui se limitaient au centre de la ville, entour&#233;es par les travailleurs en armes. Le premier discours radiodiffus&#233; de Companys, une d&#233;claration selon laquelle la Generalidad n'&#233;tait pas responsable de la provocation de la Telefonica, indique l'&#233;tat de la situation. Chaque faubourg de la ville, sous la direction des comit&#233;s de d&#233;fense locaux aid&#233;s par les groupes du P.O.U.M., de la F.A.I. et de la Jeunesse libertaire, &#233;tait fermement contr&#244;l&#233; par les travailleurs. Il n'y eut pour ainsi dire aucun coup de feu lundi soir tant la domination ouvri&#232;re &#233;tait totale. Tout ce qui manquait aux travailleurs pour instaurer leur pouvoir, c'&#233;tait la coordination et l'action commune sous la direction du centre... Au centre, la Casa C.N.T., les dirigeants interdirent toute action et ordonn&#232;rent aux travailleurs de quitter les barricades [9] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la C.N.T. ne s'int&#233;ressaient pas &#224; l'organisation des masses arm&#233;es. Ils &#233;taient occup&#233;s par une n&#233;gociation interminable avec le gouvernement. C'&#233;tait un jeu qui convenait parfaitement &#224; ce dernier : retenir les masses sans direction derri&#232;re les barricades, en les ber&#231;ant de l'espoir que l'on trouverait une solution d&#233;cente. La r&#233;union au palais de la Generalidad tra&#238;na jusqu'&#224; 6 heures du matin. Ainsi, les forces gouvernementales gagn&#232;rent assez d'espace vital pour fortifier les b&#226;timents gouvernementaux, et, &#224; l'instar des fascistes en juillet, elles occup&#232;rent les tours de la cath&#233;drale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi matin &#224; 11 heures, les dirigeants se rencontr&#232;rent, non pour organiser la d&#233;fense, mais pour &#233;lire un nouveau comit&#233; pour n&#233;gocier avec le gouvernement. Alors Companys trouva un nouveau truc : Bien sur, nous pouvons en arriver &#224; un accord &#224; l'amiable, nous sommes tous des antifascistes, etc., etc., disaient Companys et le Premier ministre Taradellas. &#8211; Mais nous ne pouvons pas engager de n&#233;gociations tant que les rues ne sont pas d&#233;sert&#233;es par les hommes arm&#233;s. Sur quoi le comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. passa le mardi avec un micro, appelant les travailleurs &#224; quitter les barricades. &#034; Nous vous appelons &#224; baisser vos armes. Pensez &#224; notre grand but, commun &#224; tous... L'unit&#233; avant tout. D&#233;posez vos armes. Un seul mot d'ordre : Nous devons travailler &#224; abattre le fascisme ! &#034; Solidaridad obrera eut l'audace de para&#238;tre, avec, en page 8, la relation de l'attaque du lundi contre la Telefonica, sans mentionner l'&#233;dification des barricades, ne donnant d'autres directives que &#034; restez calmes &#034; afin de ne pas alarmer les miliciens du front auxquels parvenaient des centaines de milliers d'exemplaires du journal. A 5 heures, des d&#233;l&#233;gations du Comit&#233; national de l'U.G.T. et de la C.N.T. arriv&#232;rent de Valence et publi&#232;rent en commun un appel au &#034; peuple :&#034; pour qu'il d&#233;pose les armes. Vasquez, secr&#233;taire national de la C.N.T., se joignit &#224; Companys dans l'appel radiodiffus&#233;. On passa la nuit en nouvelles n&#233;gociations (le Gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; passer un accord incluant l'abandon des barricades par les travailleurs !) dont sortit un accord pour un cabinet provisoire de quatre membres, appartenant &#224; la C.N.T., au P.S.U.C., &#224; l'Union paysanne et &#224; l'Esquerra. Les n&#233;gociations furent ponctu&#233;es d'appels aux dirigeants de la C.N.T. qui avaient de l'autorit&#233;, les invitant &#224; se rendre sur les points o&#249; les travailleurs menaient l'offensive. C'est ainsi qu'&#224; Coll Blanch, il fallait persuader ceux-ci de ne pas occuper les casernes. Tandis que d'autres appels arrivaient &#8211; des quartiers g&#233;n&#233;raux des ouvriers du cuir, de l'Union m&#233;dicale, du centre local de la Jeunesse libertaire, qui demandait du renfort au Comit&#233; r&#233;gional, parce que la police attaquait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi : Ni les nombreux appels &#224; la radio, ni l'appel commun de l'U.G.T.-C.N.T., ni l'&#233;tablissement d'un nouveau cabinet n'avaient arrach&#233; les travailleurs aux barricades. Sur les barricades, les travailleurs anarchistes d&#233;chiraient Solidaridad obrera et brandissaient les poings et les fusils vers les radios quand Montseny &#8211; rappel&#233;e de toute urgence de Valence apr&#232;s l'&#233;chec de Vasquez et de Garcia Oliver &#8211; les exhortait &#224; la dispersion. Les comit&#233;s de d&#233;fense locaux transmirent &#224; la Casa C.N.T. que les travailleurs ne se rendraient pas sans conditions. Tr&#232;s bien, donnons-leur des conditions. La C.N.T. fit parvenir par radio les propositions qu'elle faisait au Gouvernement : que les hostilit&#233;s cessent, que chaque parti reste sur ses positions, que la police et les civils qui combattaient aux c&#244;t&#233;s de la C.N.T. (sans en &#234;tre membres) s'en retirent compl&#232;tement, que les comit&#233;s responsables soient avertis d&#232;s que le pacte est rompu quelque part, que l'on ne r&#233;ponde pas aux coups de feu isol&#233;s, que les d&#233;fenseurs des locaux syndicaux restent passifs et attendent d'autres informations. Le gouvernement annon&#231;a bient&#244;t son accord avec la C.N.T. Et comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Le seul objectif du gouvernement &#233;tait de mettre fin au combat des masses, pour mieux briser leur r&#233;sistance, d&#233;finitivement. De surcro&#238;t, &#034; l'accord &#034; n'engageait en rien le gouvernement. Le contr&#244;le de la Telefonica, le d&#233;sarmement des masses n'&#233;taient pas mentionn&#233;s &#8211; et ce, non par hasard. L'accord fut suivi dans la nuit d'ordres de reprise du travail venant des centres locaux de la C.N.T. et de l'U.G.T. (cette derni&#232;re, il faut s'en souvenir, &#233;tant contr&#244;l&#233;e par les staliniens). &#034; Les organisations et les partis antifascistes r&#233;unis en session au palais de la Generalidad ont r&#233;solu le conflit qui a cr&#233;&#233; cette situation anormale &#034;, d&#233;clarait le manifeste commun. &#034; Ces &#233;v&#233;nements nous ont appris que nous devrons d&#233;sormais &#233;tablir des relations de cordialit&#233; et de camaraderie, dont nous avons beaucoup regrett&#233; l'absence ces derniers jours. &#034; Cependant, comme l'admettait Souchy, les barricades rest&#232;rent toutes en place dans la nuit de mercredi. Mais le jeudi matin, le P.O.U.M. ordonna &#224; ses membres de quitter les barricades qui, pour la plupart, &#233;taient encore sous le feu. Le mardi, le manifeste des Amis de Durruti, jusqu'alors assez froid avec le P.O.U.M., avait salu&#233; sa pr&#233;sence sur les barricades, pr&#233;sence qui d&#233;montrait qu'il s'agissait l&#224; d'une &#034; force r&#233;volutionnaire &#034;,. La Batalla du mardi &#233;tait rest&#233;e dans les limites de la th&#233;orie selon laquelle il ne devait pas y avoir de renversement insurrectionnel du gouvernement pendant la guerre civile, mais elle avait appel&#233; &#224; la d&#233;fense des barricades, &#224; la d&#233;mission de Salas et Ayguad&#233;, &#224; l'abrogation des d&#233;crets de dissolution des patrouilles ouvri&#232;res. Si limit&#233; que fut ce programme, il contrastait tellement avec l'appel du Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. &#224; d&#233;serter les barricades que le prestige du P.O.U.M. s'accrut tr&#232;s fort dans les masses anarchistes. Le P.O.U.M. avait l&#224; une occasion sans pr&#233;c&#233;dent de prendre la t&#234;te du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, la direction du P.O.U.M. s'en remit une fois de plus &#224; celle de la C.N.T. : elle ne fit pas de propositions publiques d'action commune avec la C.N.T., propositions qui auraient dot&#233; la r&#233;bellion embryonnaire d'un ensemble de revendications auxquelles devait acc&#233;der sa directive en toute une ann&#233;e, le P.O.U.M., d'une d&#233;f&#233;rence servile &#224; l'&#233;gard des dirigeants de la C.N.T., n'avait pas fait une seule proposition pr&#233;sentant un net caract&#232;re de front uni. Mais elle proposa une conf&#233;rence en coulisses avec le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. Quelles que fussent les propositions du P.O.U.M., elles &#233;taient rejet&#233;es &#8211; Vous n'&#234;tes pas d'accord ? alors n'en parlons plus Et le matin suivant (5 mai) la Batalla n'eut pas un mot &#224; dire sur les propositions que le P.O.U.M. fit &#224; la C.N.T., sur le comportement timor&#233; des dirigeants de la C.N.T., de leur refus d'organiser la d&#233;fense, etc. [10] . Au lieu de cela : &#034; le prol&#233;tariat de Barcelone a remport&#233; une victoire partielle sur la contre-r&#233;volution &#034;. Et 24 heures plus tard, &#034; la provocation contre-r&#233;volutionnaire ayant &#233;t&#233; repouss&#233;e, il faut quitter la rue. Travailleurs, retournez aux usines &#034; (la Batalla, 6 mai). Les masses avaient r&#233;clam&#233; la victoire sur la contre-r&#233;volution. Les bureaucrates de la C.N.T. avaient refus&#233; le combat. Les centristes du P.O.U.M. avaient ainsi lanc&#233; un pont sur le gouffre qui s&#233;parait les masses des bureaucrates, en assurant celles-ci que la victoire &#233;tait d'ores et d&#233;j&#224; acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi, les Amis de Durruti avaient couru au front, appelant les travailleurs de la C.N.T. &#224; ne pas tenir compte des ordres de d&#233;sertion de la Casa C.N.T. et &#224; continuer la lutte pour le pouvoir ouvrier. Ils avaient chaleureusement accueilli la collaboration du P.O.U.M. Les masses restaient sur les barricades. Le P.O.U.M., qui comptait au moins 30 000 travailleurs en Catalogne, pouvait faire pencher la balance dans n'importe quel sens. Sa direction la poussa vers la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup plus terrible encore contre les travailleurs en lutte le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. d&#233;non&#231;a &#224; toute la presse y compris la presse stalinienne et bourgeoise &#8211; les Amis de Durruti comme des &#034; agents provocateurs &#034; (en fran&#231;ais dans le texte) ; ce qui, naturellement, fut publi&#233; partout en premi&#232;re page le jeudi matin. La presse du P.O.U.M. ne d&#233;fendit pas les anarchistes de l'aile gauche contre cette calomnie r&#233;pugnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi fut rempli d'exemples de &#034; victoires &#034; au nom desquelles le P.O.U.M. appela les travailleurs &#224; quitter les barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, on trouva le corps bris&#233; de Camillo Berneri l&#224; o&#249; les gardes du P.S.U.C., qui avaient enlev&#233; cet homme fragile chez lui, la nuit pr&#233;c&#233;dente, l'avaient abandonn&#233;. Berneri, chef spirituel de l'anarchisme italien depuis la mort de Malatesta, chef de la r&#233;volte d'Anc&#244;ne en 1914, &#233;chapp&#233; des griffes de Mussolini, avait combattu les r&#233;formistes (les dirigeants de la C.N.T. compris) dans Guerra di Classe, son journal tr&#232;s influent. Il avait caract&#233;ris&#233; la politique stalinienne en trois mots &#034; cela pue Noske &#034;. Il avait d&#233;fi&#233; Moscou par des mots retentissants : &#034; Ecras&#233;e entre les Prussiens et Versailles, la Commune de Paris avait allum&#233; un incendie qui enflamma le monde. Que le g&#233;n&#233;ral Goded de Moscou s'en souvienne. &#034;Il avait d&#233;clar&#233; aux masses de la C.N.T. : &#034; Le dilemme : guerre ou r&#233;volution n'a plus aucune signification. Le seul dilemme, c'est : la victoire sur Franco, gr&#226;ce &#224; la guerre r&#233;volutionnaire, ou la d&#233;faite. &#034; Son identification des staliniens &#224; Noske &#233;tait terriblement juste. Les staliniens-d&#233;mocrates ont assassin&#233; Camillo Berneri comme Noske, le social-d&#233;mocrate, avait enlev&#233; et assassin&#233; Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honneur &#224; notre camarade Camillo Berneri. Souvenons nous de lui avec l'amour que nous portons &#224; Karl et &#224; Rosa. En &#233;crivant, camarades, je ne peux m'emp&#234;cher de pleurer, de pleurer Camillo Berneri. La liste de nos martyrs est aussi longue que la vie de la classe ouvri&#232;re. Heureux ceux qui tombent en combattant l'ennemi de classe, qui tombent en pleine lutte au milieu de leurs camarades. Il est bien plus terrible de mourir seul du poignard de ceux qui se disent socialistes ou communistes, comme Karl et Rosa, comme nos camarades qui meurent dans les chambres d'ex&#233;cution de l'exil sib&#233;rien. Le supplice de Camillo Berneri fut sp&#233;cial. Il mourut entre les mains de &#034; marxistes-l&#233;ninistes staliniens &#034;, tandis que ses amis les plus proches, Montseny, Garcia Oliver, Peiro, Vasquez, abandonnaient le prol&#233;tariat de Barcelone &#224; ses bourreaux. Le jeudi 6 mai 1937. Gardons ce jour en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants anarchistes et gouvernementaux &#233;taient all&#233;s &#224; Lerida le mercredi pour arr&#234;ter une force sp&#233;ciale de 500 membres du P.O.U.M. et de la C.N.T. qui se h&#226;taient depuis Hucsca, pourvus d'artillerie l&#233;g&#232;re. Les repr&#233;sentants de Valence et de la Generalidad avaient promis que si les troupes ouvri&#232;res n'avan&#231;aient pas, le gouvernement ne tenterait pas d'envoyer des troupes suppl&#233;mentaires &#224; Barcelone. Les troupes ouvri&#232;res s'&#233;taient arr&#234;t&#233;es, gr&#226;ce &#224; cette promesse et aux exhortations des dirigeants anarchistes. Cependant, le jeudi, on re&#231;ut des appels t&#233;l&#233;phoniques de militants de la C.N.T. des villes qui sont sur la route de Valence &#224; Barcelone : &#034; 5 000 gardes d'assaut sont en route. Devons-nous les arr&#234;ter ? &#034; demand&#232;rent les travailleurs de la C.N.T. Leurs Dirigeants leur ordonn&#232;rent de laisser passer les gardes, ne dirent rien aux troupes ouvri&#232;res qui attendaient &#224; Lerida, et turent la nouvelle de la venue des gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi &#224; 3 heures, la Casa C.N.T. ordonna &#224; ses gardes d'&#233;vacuer la Telefonica. Le gouvernement et la C.N.T. avaient pass&#233; un accord : chaque partie devait retirer ses forces arm&#233;es. D&#232;s que les gardes de la C.N.T. furent partis, la police occupa le b&#226;timent tout entier, et fit entrer des partisans du gouvernement pour accomplir le travail technique ex&#233;cut&#233; auparavant par des travailleurs de la C.N.T. La C.N.T. s'en plaignit au gouvernement qui n'avait pas tenu sa promesse. La Generalidad r&#233;pondit : On ne peut pas revenir sur le &#034; fait accompli &#034; (en fran&#231;ais dans le texte). Souchy, le porte-parole de la C.N.T., admit que &#034; si les travailleurs des districts ext&#233;rieurs avaient &#233;t&#233; imm&#233;diatement inform&#233;s du cours des &#233;v&#233;nements, ils auraient certainement insist&#233; pour que des mesures plus fermes soient prises, et seraient retourn&#233;s &#224; l'attaque &#034;. Ainsi, les dirigeants anarchistes ultra-d&#233;mocratiques avaient tout simplement censur&#233; les nouvelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les ordres de la Casa C.N.T., les employ&#233;s du t&#233;l&#233;phone avaient transmis tous les appels pendant les combats r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires. Alors que, d&#232;s que le gouvernement eut pris la place, les locaux de la C.N.T. et de la F.A.I. furent coup&#233;s du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues que les travailleurs devaient emprunter pour retourner au travail, la police et les gardes du P.S.U.C. fouillaient les passants, d&#233;chiraient les cartes de la C.N.T. et arr&#234;taient ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 4 heures, la gare principale de Barcelone, qui &#233;tait aux mains de la C.N.T. depuis le 19 juillet, fut attaqu&#233;e par le P.S.U.C. et les gardes d'assaut, avec des mitrailleuses et des grenades. Les faibles forces de la C.N.T. qui la gardaient tent&#232;rent de t&#233;l&#233;phoner pour obtenir du renfort... A 4 heures, le g&#233;n&#233;ral Pozas se pr&#233;senta lui-m&#234;me au minist&#232;re de la D&#233;fense de la Catalogne (dont le ministre appartenait &#224; la C.N.T.) et informa poliment les camarades ministres que le poste du minist&#232;re catalan de la D&#233;fense n'existait plus, et que les arm&#233;es catalanes constituaient d&#233;sormais la IVe brigade de l'arm&#233;e espagnole dont Pozas &#233;tait le chef. Le cabinet de Valence avait pris cette d&#233;cision sous l'autorit&#233; de d&#233;crets militaires demandant un commandement unifi&#233;, sign&#233;s par les ministres de la C.N.T. Bien entendu, la C.N.T. remit le contr&#244;le &#224; Pozas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles terribles arrivaient de Tarragone. Une imposante force de police &#233;tait arriv&#233;e le mercredi matin et avait occup&#233; le central t&#233;l&#233;phonique. Ce sur quoi, la C.N.T. avait appel&#233; &#224; l'in&#233;vitable conf&#233;rence. Tandis que les n&#233;gociations se d&#233;roulaient, les r&#233;publicains et les staliniens s'armaient. Le jour suivant, ils prirent d'assaut le quartier g&#233;n&#233;ral de la Jeunesse libertaire. L&#224;-dessus, la C.N.T. demanda une nouvelle conf&#233;rence, o&#249; on l'informa que la Generalidad avait envoy&#233; des instructions explicites pour d&#233;truire les organisations anarchistes si elles refusaient de rendre les armes. (Il faut se rappeler que ces instructions provenaient d'un gouvernement qui comptait des ministres anarchistes.) Les repr&#233;sentants de la C.N.T. consentirent &#224; rendre leurs armes, si le gouvernement lib&#233;rait tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, rempla&#231;ait la police et les gardes du P.S.U.C. par l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, et garantissait l'immunit&#233; pour les membres et les locaux de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le capitaine Barbeta, d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement, accepta. La C.N.T. d&#233;posa les armes et, pendant la nuit, les gardes d'assaut occup&#232;rent ses locaux et tu&#232;rent nombre d'anarchistes, dont Pedro Rua, l'&#233;crivain uruguayen, venu combattre le fascisme, et qui &#233;tait devenu commandant des milices. La Casa C.N.T. remarqua que c'&#233;tait &#034; renier la parole d'honneur donn&#233;e la soir&#233;e pr&#233;c&#233;dente par les autorit&#233;s &#034;. Pas un mot de tout cela ne fut rapport&#233; aux masses de Barcelone, bien que la Casa C.N.T.-F.A.I. ait &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t au courant des &#233;v&#233;nements [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, &#224; 18 heures, la nouvelle parvint &#224; la Casa C.N.T. les premiers d&#233;tachements de Valence,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 500 gardes d'assaut, &#233;taient arriv&#233;s &#224; Tortosa, en route pour Barcelone. La Casa C.N.T. avait dit de ne pas s'y opposer, tout &#233;tait arrang&#233;, etc. Les gardes d'assaut occup&#232;rent tous les locaux de la C.N.T.-F.A.I. et de la Jeunesse libertaire de Tortosa, arr&#234;t&#232;rent tous ceux qu'ils trouv&#232;rent, et en conduisirent certains, menottes aux mains, vers les prisons de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses ne savaient rien des &#233;v&#233;nements de Tarragone, de, Tortosa, de la Telefonica, de Pozas, de l'arriv&#233;e des gardes de Valence. Mais les attaques de travailleurs dans les rues, &#224; la gare, le renouveau des combats sur les barricades, y rappel&#232;rent beaucoup de ceux qui les avaient quitt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux &#233;v&#233;nements catastrophiques du jeudi, la Casa C.N.T. &#034; envoya une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement pour savoir ce que celui-ci avait l'intention de faire (Souchy), mais sans attendre de le savoir, elle publia un nouveau manifeste d'apaisement : tandis que les barricades retentissaient toujours, la Casa C.N.T. d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Maintenant que nous sommes revenus &#224; la normale, que les responsables de la r&#233;volte ont &#233;t&#233; d&#233;mis de leurs responsabilit&#233;s publiques, que tous les ouvriers ont repris le travail, et que Barcelone est &#224; nouveau calme [... ] la C.N.T. et la F.A.I. continuent &#224; collaborer loyalement comme par le pass&#233; avec toutes les organisations politiques et syndicales du front antifasciste. La meilleure preuve en est que la C.N.T. continue &#224; participer au gouvernement central, au gouvernement de la Generalidad et &#224; toutes les municipalit&#233;s. La presse de la C.N.T. a appel&#233; au calme et a appel&#233; la population &#224; retourner au travail. Les nouvelles transmises par radio aux syndicats et aux comit&#233;s de d&#233;fense n'&#233;taient que des appels au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une preuve suppl&#233;mentaire que la C.N.T. ne voulait pas briser et n'a pas bris&#233; le front antifasciste, c'est que lorsque le nouveau gouvernement de la Generalidad a &#233;t&#233; form&#233;, le 5 mai, les repr&#233;sentants de la C.N.T. de Catalogne ont tout fait pour que sa t&#226;che lui soit facilit&#233;e, et que le secr&#233;taire de la C.N.T. en fasse partie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la C.N.T. qui contr&#244;laient le conseil de D&#233;fense (minist&#232;re) de la Generalidad ordonn&#232;rent &#224; toutes leurs forces de n'intervenir dans le conflit ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Et ils veill&#232;rent &#224; ce que leurs ordres soient ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de D&#233;fense de la C.N.T. ordonna &#233;galement &#224; chaque district de Barcelone de ne pas venir au centre r&#233;pondre aux provocations. Ces ordres aussi furent suivis, puisque, effectivement, personne n'y vint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Jusqu'&#224; la fin, nombreux furent ces pi&#232;ges tendus &#224; la C.N.T., mais elle resta fermement sur ses positions et ne r&#233;pondit pas &#224; la provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jeudi soir : les gardes d'assaut et du P.S.U.C. continuent leurs raids, leurs arrestations, leurs fusillades. Et [...] la Casa C.N.T.-F.A.I. envoie une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement avec de nouvelles propositions pour cesser les hostilit&#233;s : tous les groupes doivent se contraindre &#224; retirer leurs gardes arm&#233;s et leurs patrouilles des barricades ; rel&#226;cher tous les prisonniers ; &#233;viter les repr&#233;sailles. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles arriv&#232;rent de Tarragone et Reus, &#034; o&#249; les membres du P.S.U.C. et d'Estat Catala, profitant (!) de la pr&#233;sence de quelques gardes d'assaut qui passaient en allant vers Barcelone, utilis&#232;rent leur avantage passager fourni par cette occasion pour d&#233;sarmer et tuer les ouvriers &#034; (Souchy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La C.N.T. tenta d'obtenir du gouvernement de Barcelone et de Valence la promesse que les gardes d'assaut n'entrent pas imm&#233;diatement (!) dans la ville, mais restent hors de ses limites jusqu'&#224; ce que la situation se soit &#233;claircie... Il y eut quelques sceptiques quant &#224; l'assurance que les troupes qui arrivaient seraient loyales envers les travailleurs. &#034; Mais ce scepticisme (quand surgit-il ?) n'avait pas &#233;t&#233; partag&#233; par les ministres de la C.N.T. des cabinets de Catalogne et de Valence qui avaient vot&#233; pour que le gouvernement central reprenne le contr&#244;le de l'ordre public en Catalogne. Le minist&#232;re de l'Ordre public de Catalogne avait cess&#233; d'exister depuis le 5 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 6 au 7 mai : &#034; Les anarchistes ont propos&#233; maintes et maintes fois de n&#233;gocier, impatients de terminer le conflit. &#034; Naturellement, le gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; n&#233;gocier, pendant que ses forces brisaient les reins de la classe ouvri&#232;re sous le couvert de la Casa C.N.T. Les travailleurs proches des anarchistes s'&#233;taient rassembl&#233;s pour d&#233;fendre Tortosa et Tarragone. A 4 heures, le Comit&#233; provincial &#8211; la direction de la C.N.T. catalane hors de Barcelone &#8211; informa la Casa C.N.T.-F.A.I. qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; retenir les gardes de Valence. Non, il ne faut pas, r&#233;pondit la Casa C.N.T. A 5 h 15, le gouvernement et la Casa C.N.T. pass&#232;rent un autre accord . armistice, &#233;vacuation des barricades, lib&#233;ration des prisonniers de part et d'autre, reprise de leurs fonctions par les patrouilles ouvri&#232;res. Le comit&#233; r&#233;gional transmit &#224; nouveau par radio aux travailleurs : &#034; Comme nous sommes parvenus &#224; un accord [... ] nous voulons vous informer [... ] du r&#233;tablissement complet de la paix et du calme Gardez ce calme et voire pr&#233;sence d'esprit. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi : Selon les ordres de la Casa C.N.T.-F.A.I., quelques travailleurs commenc&#232;rent &#224; d&#233;molir les barricades. Mais celles des gardes d'assaut, de l'Estat Catala et du P.S.U.C. restaient intactes. Les gardes d'assaut d&#233;sarm&#232;rent syst&#233;matiquement les travailleurs. Voyant que les forces gouvernementales continuaient l'offensive, les travailleurs retourn&#232;rent sur les barricades, contre la volont&#233; de la C.N.T. comme du P.O.U.M. Mais la d&#233;sillusion et le d&#233;couragement gagnaient : beaucoup de travailleurs anarchistes avaient fait confiance jusqu'au bout &#224; la C.N.T.-F.A.I., d'autres l'ayant perdue, s'&#233;taient retourn&#233;s vers la direction des travailleurs du P.O.U.M. jusqu'&#224; ce qu'on leur ordonne de quitter les barricades. Les Amis de Durruti et les bolcheviks-l&#233;ninistes furent capables de ramener les travailleurs sur les barricades les nuits de jeudi et de vendredi, mais ils n'&#233;taient pas assez forts, pas assez implant&#233;s dans les masses pour les organiser pour une lutte de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du vendredi, les gardes de Valence arriv&#232;rent. Ils s'empar&#232;rent imm&#233;diatement de la presse et de la direction des Amis de Durruti. Des groupes de gardes patrouillaient dans les rues pour intimider les travailleurs. &#034; Le gouvernement de la Generalidad a r&#233;prim&#233; l'insurrection avec ses propres forces &#034;, d&#233;clara Companys. Voyons, s'&#233;cri&#232;rent les dirigeants de la C.N.T., vous savez que &#231;a n'&#233;tait pas une insurrection, vous l'avez dit. &#034; Nous devons d&#233;raciner les incontr&#244;lables &#034;, r&#233;pondit Companys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promesse de lib&#233;rer les prisonniers ne fut pas tenue. Au contraire, les arrestations de masse commenc&#232;rent. On avait &#233;galement promis qu'il n'y aurait pas de repr&#233;sailles ; mais les semaines suivantes, il y en eut de brutales contre les villes et les quartiers qui avaient os&#233; r&#233;sister. Le gouvernement, naturellement, garda le contr&#244;le de la Telefonica &#8211; ce pour quoi il s'&#233;tait lanc&#233; dans la lutte. Valence d&#233;tenait maintenant le contr&#244;le de la police, qui allait vite revenir aux staliniens. Valence s'&#233;tait appropri&#233; le minist&#232;re de la D&#233;fense et l'arm&#233;e de Catalogne, qui allaient rapidement tomber sous le contr&#244;le de Prieto. Les patrouilles ouvri&#232;res seraient dissoutes sans retard, avec l'application du d&#233;cret de Ayguade sur l'ordre public. L'autonomie catalane avait cess&#233; d'exister avec l'arriv&#233;e des forces arm&#233;es de Valence. Ayguade, &#034; d&#233;missionn&#233; &#034; d'apr&#232;s la C.N.T., allait dans une semaine si&#233;ger &#224; Valence en tant que repr&#233;sentant de la Generalidad au gouvernement central... auquel la C.N.T. participait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'entr&#233;e des gardes d'assaut &#224; Barcelone, la Batalla se plaignit : &#034; C'est une provocation. Ils tentent de changer notre victoire en d&#233;faite par une d&#233;monstration de force. &#034; Et de pleurnicher : &#034; C'est le P.O.U.M. qui a conseill&#233; d'arr&#234;ter la lutte, d'abandonner les rues, de retourner au travail. Nul ne peut douter qu'il lut de ceux qui contribu&#232;rent le plus au retour &#224; la normale. &#034; La pusillanimit&#233; de l'agneau poumiste ne l'avait donc pas sauv&#233; de la gueule du loup. Pauvres politiciens en v&#233;rit&#233;, qui ne savent pas distinguer la victoire de la d&#233;faite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi, un membre de l'ex&#233;cutif central du P.O.U.M. avait dit &#224; Charles Orr &#034; nous ne nous sentons pas assez forts spirituellement ou physiquement pour prendre la t&#234;te de l'organisation des masses pour la r&#233;sistance &#034;. Ainsi... ils avaient th&#233;oris&#233; leur impuissance en &#034; victoire &#034;, pour justifier l'arr&#234;t de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons que le P.O.U.M. se soit mis en avant et, en d&#233;pit de la C.N.T., ait essay&#233; de diriger les travailleurs au moins vers un r&#233;el armistice, c'est-&#224;-dire, ait maintenu les travailleurs en armes et les entreprises pr&#234;tes &#224; r&#233;sister &#224; une offensive ult&#233;rieure. Supposons m&#234;me que cela ait &#233;chou&#233;, et que le P.O.U.M. et les travailleurs aient &#233;t&#233; battus par la pure force des armes. &#034; Dans le pire des cas, fit remarquer l'opposition au sein du P.O.U.M., on aurait pu organiser un comit&#233; central de d&#233;fense, fond&#233; sur la repr&#233;sentation des barricades. Pour cela, il aurait suffi de tenir d'abord un meeting des d&#233;l&#233;gu&#233;s de chacune des barricades du P.O.U.M. et de quelques barricades de la C.N.T., et de nommer un comit&#233; central provisoire. C'est ce &#224; quoi travaillait le comit&#233; local du P.O.U.M., le mardi apr&#232;s-midi. Mais il ne rencontra aucune volont&#233; d'ex&#233;cution de la part de la direction centrale. &#034; A tout le moins, un tel organe central directement enracin&#233; dans les masses aurait pu organiser la r&#233;sistance aux raids, aux arrestations, &#224; l'interdiction de la presse, &#224; la mise hors la loi des Amis de Durruti et du P.O.U.M. qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que l'organisation de la r&#233;sistance n'aurait pas fait plus de victimes que la capitula-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tion : 500 morts et 1 500 bless&#233;s, surtout le mardi apr&#232;s midi, lorsque la C.N.T. commen&#231;a &#224; se retirer ; des centaines d'autres morts ou bless&#233;s dans les &#034; rafles &#034; des semaines suivantes ; &#034; l'&#233;puration &#034; des troupes du P.O.U.M. ou anarchistes envoy&#233;es les semaines suivantes sur la ligne de feu sans protection de l'aviation ou de l'artillerie ; l'assassinat de Nin et Mena, et d'autres dirigeants du P.O.U.M., des milliers et des dizaines de milliers de prisonniers dans la p&#233;riode qui suivit. La capitulation fit au moins autant de victimes que n'en auraient fait la lutte et la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition du P.O.U.M. &#8211; et elle n'&#233;tait pas trotskyste n'avait que trop raison lorsqu'elle d&#233;clarait dans son bulletin du 29 mai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette retraite, ordonn&#233;e sans conditions, sans avoir obtenu le contr&#244;le de l'ordre public, sans la garantie des patrouilles ouvri&#232;res, sans organes concrets du front uni des travailleurs, sans explications satisfaisantes &#224; la classe ouvri&#232;re, mettant tous les &#233;l&#233;ments en lutte (r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires) dans le m&#234;me sac, constitue l'une des plus grandes capitulation et trahison du mouvement ouvrier.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de fer de la politique est inexorable. Un cours erron&#233; entra&#238;ne ses partisans dans des gouffres insoup&#231;onnables. La direction anarchiste, d&#233;termin&#233;e &#224; poursuivre sa politique de collaboration avec l'Etat bourgeois &#8211; il semble pourtant que ces hommes d&#233;fiaient hier encore la monarchie au risque de leur vie &#8211; sacrifiait la vie et l'avenir de ses partisans de la mani&#232;re la plus l&#226;che. S'agrippant aux basques de la C.N.T., les dirigeants du P.O.U.M. chassaient les travailleurs des barricades en plein combat. Moins que tout autre, ils se seraient cru capables de tomber aussi bas une ann&#233;e auparavant. Des dirigeants qui ont trahi les travailleurs de telle fa&#231;on sont irr&#233;vocablement perdus pour le mouvement r&#233;volutionnaire. Ils ne peuvent pas revenir en arri&#232;re, admettre leur terrible complicit&#233;. Ils sont &#233;galement pitoyables, car, au lendemain de leur trahison, la bourgeoisie renforc&#233;e se dispensera de leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aux partisans du P.O.U.M. un autre point sur lequel leur comparaison avec P&#233;tersbourg en juillet, 1917 ne tient pas. L'&#233;chec de la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; fut suivi d'une chasse sauvage aux bolcheviks. Trotsky fut emprisonn&#233;, L&#233;nine et Zinoniev durent se cacher, les journaux bolcheviques furent interdits. On cria &#034; les bolcheviks sont des agents de l'Allemagne &#034;. Toutefois, en quatre mois, les bolcheviks en arriv&#232;rent &#224; la r&#233;volution d'Octobre. J'&#233;cris six mois apr&#232;s les journ&#233;es de mai, et le P.O.U.M. est toujours &#233;cras&#233;, mort. L'analogie ne tient pas sur ce point parce que telle est la diff&#233;rence : les bolcheviks s'&#233;taient mis courageusement &#224; la t&#234;te du mouvement de Juillet, et ils &#233;taient devenus de ce fait la chair et le sang des masses, tandis que le P.O.U.M. leur tourna le dos, et, en retour, elles ne virent pas l'urgence de le sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La question &#233;pineuse de la justification de la reprise par les arm&#233;es de la Telefonica fut &#034; r&#233;solue &#034; dans la presse stalinienne par quatre explications diff&#233;rentes, au moins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &#034; Salas envoya la police r&#233;publicaine arm&#233;e pour y d&#233;sarmer les employ&#233;s, dont la plupart &#233;taient membres des syndicats de la C.N.T. Pendant tr&#232;s longtemps, le service t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; d'une mani&#232;re qui appelait les critiques les plus graves, et il &#233;tait imp&#233;ratif pour toute la conduite de la guerre que l'on rem&#233;die aux d&#233;fauts du service. &#034; (Le Daily Worker de Londres, 11 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; La police &#034; occupa le central t&#233;l&#233;phonique. Ce faisant, la police n'entendait en aucune mani&#232;re porter atteinte aux droits des travailleurs garantis par la loi (comme l'ont pr&#233;tendu par la suite les provocateurs trotskystes). Ce que la police voulait, c'&#233;tait mettre toutes les connections t&#233;l&#233;phoniques sous le contr&#244;le imm&#233;diat du gouvernement. &#034; (Imprecorr, 22 mai.) Toutefois, ce qui &#233;tait &#034; garanti par la loi &#034;, c'&#233;tait le contr&#244;le ouvrier, sanctionn&#233; par le d&#233;cret de collectivisation du 24 octobre 1936 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Une semaine plus tard, ce fut une nouvelle histoire , &#034; Le camarade Salas se rendit &#224; la Telefonica qui avait &#233;t&#233; occup&#233;e la nuit pr&#233;c&#233;dente par cinquante membres du P.O.U.M. et plusieurs &#233;l&#233;ments incontr&#244;lables. Les gardes p&#233;n&#233;tr&#232;rent par la force dans l'immeuble et chass&#232;rent ses occupants. L'affaire fut rapidement r&#233;gl&#233;e. Surpris par la rapidit&#233; de mouvement du gouvernement, les cinquante individus quitt&#232;rent le b&#226;timent et le central t&#233;l&#233;phonique fut &#224; nouveau ( ! )) aux mains du gouveriieinent. &#034; (Inprecorr, 29 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; La version finale fut publi&#233;e par la section catalane du Komintern comme l'histoire rapport&#233;e par Salas : &#034; Tout d'abord, il n'y eut pas d'occupation de la Telefonica, pas plus qu'il ne fut question de l'occuper. Je re&#231;us un ordre sign&#233; de Ayguade, ministre de l'Ordre public, selon lequel un d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement devait y &#234;tre install&#233;, et j'avais la responsabilit&#233; de veiller &#224; ce qu'il le soit. Dans ce but, nous p&#233;n&#233;tr&#226;mes dans le central t&#233;l&#233;phonique, le capitaine Menendez et moi, avec une escorte personnelle de quatre hommes. J'expliquai mon affaire et j'&#233;mis le souhait de parler avec un membre responsable du comit&#233;. On nous dit qu'il n'y en avait pas dans l'immeuble. Nous attend&#238;mes toutefois en bas de l'escalier pendant qu'ils allaient voir. Deux minutes plus tard, quelques individus commenc&#232;rent &#224; nous tirer dessus du haut des escaliers. Aucun de nous ne fut touch&#233;. Je t&#233;l&#233;phonai imm&#233;diatement aux gardes de venir, non pour occuper l'immeuble dans lequel nous &#233;tions d&#233;j&#224;, mais pour l'entourer d'un cordon et emp&#234;cher quiconque d'entrer [...] Eroles [fonctionnaire anarchiste de la police] et moi sommes mont&#233;s au sommet de l'immeuble, o&#249; ils &#233;taient install&#233;s avec une mitrailleuse, des grenades &#224; main et des fusils. Nous sommes mont&#233;s ensemble sans escorte et sans arme. Au sommet, j'ai expliqu&#233; le but de ma visite. Ils sont descendus. Le d&#233;l&#233;gu&#233; fut install&#233; selon les ordres. Les forces ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es. Il n'y eut ni heurts ni arrestations. &#034; Le t&#233;moignage de la C.N.T. stigmatise cette histoire comme un mensonge. Salas commen&#231;a par d&#233;sarmer les gardes et contraindre les travailleurs du t&#233;l&#233;phone &#224; lever les mains. Les gardes des &#233;tages sup&#233;rieurs ne sortirent que le jour suivant, apr&#232;s un accord selon lequel les deux parties devaient &#233;vacuer les lieux &#8211; accord promptement viol&#233; par le gouvernement. Les quatre versions staliniennes diff&#233;rentes attestent la difficult&#233; de camoufler la simple v&#233;rit&#233; ; ils voulaient la fin du contr&#244;le ouvrier sur la Telefonica et ils l'ont obtenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] M&#234;me le dirigeant de l ' I.L.P., Fermer Brockway, toujours &#224;la droite du P.O.U.M., conc&#232;de dans ce cas que &#034; pendant deux jours les travailleurs domin&#232;rent la situation. Une action audacieuse et unie des dirigeants de la C.N.T. aurait renvers&#233; le gouvernement &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Partisans fran&#231;ais de Marceau Pivert, dirigeant du Parti socialiste ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L&#233;on Trotsky, la R&#233;volution espagnole (1930-1940), les Editions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Un dirigeant anarchiste bien connu m'a dit &#034; Vous, trotskystes, vous &#234;tes des utopistes encore pires que nous ne l'avons jamais &#233;t&#233;. Le Maroc est aux mains de Franco, dirig&#233; d'une main de fer. Notre d&#233;claration d'ind&#233;pendance du Maroc serait sans effet. &#034; Je lui ai rappel&#233; que la d&#233;claration d'&#233;mancipation des esclaves de Lincoln avait &#233;t&#233; publi&#233;e alors que la Conf&#233;d&#233;ration tenait toujours le Sud. Les marxistes au moins devraient savoir que Marx et Engels donn&#232;rent &#224; cet acte politique un poids &#233;norme dans la d&#233;faite du Sud. Un autre anarchiste disait : &#034; Nos paysans ont d&#233;j&#224; pris beaucoup de terres, et cependant cela n'a eu aucun impact sur les paysans domin&#233;s par Franco. &#034; A force de questions, il admit toutefois que les paysans craignaient que le gouvernement ne tente de reprendre la terre apr&#232;s la guerre. En Russie aussi, les paysans s'empar&#232;rent de beaucoup de terres en novembre 1917. Toutefois, ils la cultiv&#232;rent maussadement et craintivement. Le d&#233;cret sovi&#233;tique de nationalisation des terres eut un effet psychologique sur les paysans, et en fit dans leur grande maiorit&#233; des partisans du r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Discours de Paris, l'Espagne et le monde (anarchiste), 2 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Fermer Brockway, secr&#233;taire de l'I.L.P. (Parti ind&#233;pendant du travail), la V&#233;rit&#233; sur Barcelone, Londres 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] La politique militaire du gouvernement est analys&#233;e en d&#233;tail dans les chapitres XV et XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Pour les t&#233;moignages critiques des &#233;v&#233;nements des jours suivants, je suis redevable &#224; deux camarades am&#233;ricains, Lois et Charles Orr (ce dernier &#233;tait l'&#233;diteur de Spanish Revolution, journal du P.O.U.M. de langue anglaise), et au rapport long et document&#233; des bolcheviks-l&#233;ninistes espagnols paru dans la Lutte ouvri&#232;re du 10 juin 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le bulletin du P.O.U.M. en langue anglaise (cf. note 29) du 19 mai 1937 dit &#034; Pris dans les r&#234;nes du gouvernement, [la C.N.T.] tenta de m&#233;nager les deux c&#244;t&#233;s par une &#034; union &#034; des opposants [...] L'attitude de la C.N.T. ne manqua pas de provoquer des r&#233;sistances et des protestations. Le groupe des Amis de Durruti fit &#233;merger la volont&#233; des masses de la C.N.T., mais il ne fut pas capable d'en prendre la direction [ ] Les travailleurs, profond&#233;ment &#233;prouv&#233;s par la capitulation de leur f&#233;d&#233;ration syndicale, regardent ailleurs pour trouver une nouvelle direction. Le P.O.U.M. devrait la leur fournir. &#034;Ces lignes radicales n'&#233;taient destin&#233;es qu'&#224; l'exportation. Rien de tel ne parut dans la presse r&#233;guli&#232;re du P.O.U.M. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale Spanish Revolution a donn&#233; aux lecteurs anglais qui ne pouvaient pas suivre sa presse espagnole une image d&#233;form&#233;e de la conduite du P.O.U.M. : ce fut sa &#034; face gauche &#034;. Ceci dit sans aucune volont&#233; de mettre en doute l'int&#233;grit&#233; r&#233;volutionnaire du camarade Charles Orr, son &#233;diteur, qui ne peut gu&#232;re &#234;tre tenu pour responsable de la disparit&#233; existant entre le bulletin anglais et la volumineuse presse du P.O.U.M. en espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ils ne rapport&#232;rent l'&#233;v&#233;nement que dans Solidaridad obrera des 15 et 16 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La commune de Narbonne de 1871</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8921</link>
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		<dc:date>2026-05-05T04:19:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La commune de Narbonne (1871) &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La commune de Narbonne (1871)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 ao&#251;t 1870 et le 13 ao&#251;t 1870 (alors que la Commune de Paris n'est proclam&#233;e que le 28 mars 1871). Mais ce ne sont pas des cas isol&#233;s. La m&#234;me r&#233;volution a lieu au Creusot, &#224; Montpellier, &#224; Perpignan, &#224; Narbonne, &#224; Brest, &#224; Nimes, &#224; Saint-Etienne, &#224; Limoges&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune de Narbonne a de nombreux points commun, par son radicalisme social et politique, avec celle de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune insurrectionnelle et prol&#233;tarienne, ce n'est pas seulement la Commune de Paris de 1871, il y en a eu bien d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune n'a pas commenc&#233; &#224; Paris en 1871 mais &#224; Marseille et Lyon en ao&#251;t-septembre 1870 ! Ou les contreperformances de Bakounine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH810/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z-67d42.jpg?1785080175' width='500' height='810' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Proclamation : &#8220;Peuple de Narbonne !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le 18 mars marque l'anniversaire de la Commune de Paris en 1871, ce mouvement r&#233;volutionnaire inspira d'autres villes fran&#231;aises, dont celle de Narbonne, ma ville natale, 17 000 habitants &#224; l'&#233;poque, dans le d&#233;partement de l'Aude, le 24 mars de cette m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Louis-Napol&#233;on Bonaparte, pr&#233;sident de la R&#233;publique, par son coup d'&#233;tat du 2 d&#233;cembre 1851, viole la Constitution et r&#233;tablit l'Empire h&#233;r&#233;ditaire, 32 d&#233;partements sont mis en &#233;tat de si&#232;ge par le nouveau pouvoir, dont celui de l'Aude. Et lors du dernier pl&#233;biscite intent&#233; par Napol&#233;on III, la ville de Narbonne vote NON par 1 917 voix contre 1 494 OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville, existent deux clubs qui structurent la vie politique : Celui de l'Union, conservateur, qui rallie le Second Empire, puis la IIIe R&#233;publique d'Adolphe Thiers et celui de Lamourguier, r&#233;publicain, qui si&#232;ge dans l'ancienne &#233;glise d&#233;saffect&#233;e du m&#234;me nom. En janvier 1871, la majorit&#233; des membres se constitue en Club de la R&#233;volution. Baptiste Limouzy en est alors &#233;lu pr&#233;sident et d&#233;clare : &#034;pour arriver &#224; la R&#233;publique, il faut passer par la R&#233;volution&#034;, le 22 janvier 1871. C'est au club de la R&#233;volution qu'Emile Digeon, journaliste &#224; La Fraternit&#233; de Carcassonne, invit&#233; le 12 mars devant une salle comble, lance un appel aux armes pour la d&#233;fense de la R&#233;publique et demande d'arborer le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la nouvelle de l'insurrection parisienne du 18 mars 1871, le club de la R&#233;volution tente d&#232;s le 20 mars d'engager la municipalit&#233; narbonnaise dans le mouvement. Mais le conseil municipal, majoritairement favorable au gouvernement de Thiers r&#233;fugi&#233; &#224; Versailles, refuse de s'inscrire dans l'adresse du club de la R&#233;volution qui se termine ainsi : &#034;les soussign&#233;s d&#233;clarent ne plus reconna&#238;tre le gouvernement de Versailles et viennent demander aux conseillers municipaux de Narbonne d'avoir &#224; se prononcer et &#224; informer leurs concitoyens s'ils sont pr&#234;ts &#224; ob&#233;ir au gouvernement de Paris ou &#224; celui de Versailles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des Narbonnais s'arment, envahissent la place de l'h&#244;tel de ville en criant &#034;Vive la Commune !&#034; et occupent la mairie. Emile Digeon se pr&#233;sente au balcon et proclame la &#034;constitution de la Commune centrale de l'arrondissement de Narbonne, avec union &#224; celle de Paris&#034;. Il en est le &#034;chef provisoire&#034;, et Baptiste Limouzy le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narbonne renferme 1 500 soldats du 52e r&#233;giment de ligne. Plus de 200 sont envoy&#233;s &#224; l'h&#244;tel de ville pour en d&#233;loger les communards. Mais voil&#224; qu'ils fraternisent avec ces derniers. Le commandant du 52e de ligne barricade alors le restant de ses hommes dans sa caserne pour &#233;viter la contamination r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison ainsi neutralis&#233;e, les communards occupent la sous-pr&#233;fecture, la gare et le service du t&#233;l&#233;graphe. Ils prennent la communication au s&#233;rieux, pr&#233;parant des t&#233;l&#233;grammes, recevant des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour porter la Commune &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;voyant m&#234;me une exp&#233;dition arm&#233;e sur B&#233;ziers le 29 mars. Pourtant, ils &#233;chouent. Les environs sont tenus par les grands propri&#233;taires viticoles. La tentatives de soul&#232;vement synchronis&#233;e &#224; Perpignan, pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales voisines, est un &#233;chec. La Commune de Toulouse ne tient que du 24 au 25 mars. Les grandes villes voisines (Carcassonne, B&#233;ziers ou S&#232;te) suivent le gouvernement versaillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci envoie la troupe sur Narbonne dont notamment un r&#233;giment de Turcos, des tirailleurs alg&#233;riens. La fusillade est assassine : 3 Narbonnais tu&#233;s et de nombreux bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Versaillais occupent et quadrillent militairement Narbonne Des mandats d'arr&#234;t sont lanc&#233;s. Les citoyens impliqu&#233;s sont emprisonn&#233;s. Ceux qui ont r&#233;ussi &#224; s'enfuir, dont Baptiste Limouzy, sont condamn&#233;s &#224; la d&#233;tention &#224; perp&#233;tuit&#233; et contraints &#224; demeurer exil&#233;s. Plus de 200 soldats communards sont aussi arr&#234;t&#233;s. La majorit&#233; est mut&#233;e dans des bataillons disciplinaires. 19 sont condamn&#233;s &#224; morts, puis graci&#233;s et envoy&#233;s en d&#233;portation en Nouvelle-Cal&#233;donie. Cach&#233;, Emile Digeon se rend pour &#233;viter &#224; la ville d'autres exactions militaires et est incarc&#233;r&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 novembre 1871, les prisonniers sont conduits au palais de justice de Rodez. Ils sont accus&#233;s d'avoir, du 24 au 31 mars 1871, fait partie d'une bande arm&#233;e, &#034;laquelle a ex&#233;cut&#233; un attentat ayant pour but de d&#233;truire ou de changer le gouvernement, et d'exciter &#224; la guerre civile, en portant les citoyens ou les habitants &#224; s'armer les uns contre les autres&#8230; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;sident du tribunal qui conteste &#224; Emile Digeon le droit &#224; l'insurrection, le pr&#233;venu riposte : &#034;Personne ne d&#233;teste plus que moi la guerre civile. Mais il est une chose que je d&#233;teste plus que la guerre civile, c'est la tyrannie. &#187; Le pr&#233;sident lui reproche alors d'avoir arbor&#233; le drapeau rouge. Il r&#233;pond : &#034;Le drapeau rouge est mon drapeau depuis que le drapeau tricolore a &#233;t&#233; souill&#233; &#224; Sedan.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malade et oubli&#233;, &#201;mile Digeon meurt le 24 mars 1894, jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Narbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au bout, il avait mis en garde les travailleurs contre tous ceux qui flattent le peuple pour mieux le duper : &#034;(&#8230;) Au point de vue social, je regarde comme nuisibles &#224; l'humanit&#233; tous les individus qui aspirent &#224; gouverner les autres, sous une forme quelconque et surtout ceux qui causent la mis&#232;re des travailleurs en accaparant les richesses que ces derniers produisent (&#8230;)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/image_0618370_20210323_ob_e93335_image.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/image_0618370_20210323_ob_e93335_image-b3787.jpg?1785080175' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire le r&#233;cit de la r&#233;volution, de la commune et de la repression &#224; Narbonne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3870&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3872&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3872&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article24608&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article24608&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51435&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article9316&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article9316&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article60902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article60902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article182633&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article182633&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51609&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51609&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article67042&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article67042&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article56247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le souvenir de la commune par un de ses massacreurs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8923</link>
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		<dc:date>2026-05-02T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards &lt;br class='autobr' /&gt;
1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Commune de Paris de 1871 -
Lettres et t&#233;moignages de communards&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8894</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8894</guid>
		<dc:date>2026-04-18T22:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution de 1801&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte d'ind&#233;pendance d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire de la lutte des esclaves et du peuple travailleur d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref retour sur une histoire mouvement&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions des esclaves des Antilles et d'Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dessalines, leader r&#233;volutionnaire des masses noires arrach&#233;es &#224; l'esclavage d'Ayiti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint Louverture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jacobins noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise et l'esclavage des Noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissement de l'esclavage par Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1801 : l'exp&#233;dition militaire fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre 1803 : Ha&#239;ti chasse les colons fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moires des l'arm&#233;e coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonie fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne Hispaniola&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution haitienne des esclaves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoires de la r&#233;volution d'Ha&#239;ti (partie fran&#231;aise de Saint Domingue)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons d&#233;noncent la r&#233;volution des esclaves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel des colons &#224; la Nation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la servitude temporaire des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Observations d'un habitant des colonies sur le &#171; m&#233;moire en faveur des gens de couleur et sang-m&#234;l&#233;s de Saint-Domingue &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition fran&#231;aise &#224; Saint-Domingue sous le consulat de Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s de Saint-Malo s'expriment sur la r&#233;volte de noirs de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; &#187; d'un propri&#233;taire fran&#231;ais &#224; Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;cret des gens de couleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte-rendu du g&#233;n&#233;ral Laveaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essai sur les colonies fran&#231;aises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belley, repr&#233;sentant noir du peuple, sur Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tracteurs des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chefs d'arm&#233;e coloniale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fontanges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanchelande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grimouard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;douville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Rigaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Christophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rochambeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte d'Ha&#239;ti contre l'occupation des troupes &#233;trang&#232;res continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !</title>
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		<dc:date>2026-04-11T22:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se sont faits remarquer en d&#233;truisant cette mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate contre Hom&#232;re : extraits de &#8220;La R&#233;publique&#8221; de Platon (cherchez &#171; Hom&#232;re &#187; dans le texte) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous prierons Hom&#232;re et les autres po&#232;tes de ne point trouver mauvais que nous les effacions ; ce n'est point qu'ils manquent de po&#233;sie, et ne flattent l'oreille du grand nombre : mais, plus ils sont po&#233;tiques, moins il convient de les laisser entendre &#224; des enfants et &#224; des hommes qui doivent &#234;tre libres, et redouter l'esclavage plus que la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je peux vous le dire &#224; vous ; car vous n'irez pas me d&#233;noncer aux po&#232;tes tragiques et aux autres auteurs qui pratiquent l'imitation. Il me semble que toutes les &#339;uvres de ce genre causent la ruine de l'&#226;me de ceux qui les entendent, s'ils n'ont pas l'antidote, c'est-&#224;-dire la connaissance de ce qu'elles sont r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est, demanda-t-il, la raison qui te fait parler de la sorte ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que je vous la dise, r&#233;pondis-je, bien qu'une certaine tendresse et un certain respect que j'ai d&#232;s l'enfance pour Hom&#232;re s'oppose &#224; cet aveu ; ccar il semble bien avoir &#233;t&#233; le premier ma&#238;tre et le guide de tous ces beaux po&#232;tes tragiques ; mais on doit plus d'&#233;gards &#224; la v&#233;rit&#233; qu'&#224; un homme, et, comme je l'ai dit, c'est un devoir de parler&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant nous ne demanderons pas compte &#224; Hom&#232;re ni &#224; tout autre po&#232;te de mille choses dont ils ont parl&#233; ; nous ne demanderons pas si ctel d'entre eux a &#233;t&#233; un habile m&#233;decin, et non un simple imitateur du langage des m&#233;decins, quels malades un po&#232;te ancien ou moderne passe pour avoir gu&#233;ris, comme l'a fait Ascl&#233;pios, ou quels disciples savants en m&#233;decine il a laiss&#233;s apr&#232;s lui, comme celui-ci a laiss&#233; ses descendants. Ne les interrogeons pas non plus sur les autres arts : faisons-leur en gr&#226;ce. Mais pour les sujets les plus importants et les plus beaux dont Hom&#232;re s'est m&#234;l&#233; de parler, tels que la guerre, le commandement des arm&#233;es, l'administration des &#201;tats, l'&#233;ducation de l'homme, dil est peut-&#234;tre juste de l'interroger et de lui dire : &#171; Cher Hom&#232;re, s'il est vrai qu'en ce qui regarde la vertu tu ne sois pas &#233;loign&#233; de trois degr&#233;s de la v&#233;rit&#233;, et que tu ne sois pas le simple ouvrier d'images que nous avons d&#233;nomm&#233; imitateur ; si tu t'&#233;l&#232;ves jusqu'au second degr&#233; et si tu fus jamais capable de conna&#238;tre quelles institutions rendent les hommes meilleurs ou pires dans la vie priv&#233;e et dans la vie publique, dis-nous quel &#201;tat te doit la r&#233;forme de son gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais crois-tu, Glaucon, que, si Hom&#232;re e&#251;t &#233;t&#233; r&#233;ellement capable d'instruire les hommes et de les rendre meilleurs, comme un homme qui peut parler de ces mati&#232;res en connaisseur, et non en simple imitateur, crois-tu qu'il ne se serait pas fait de nombreux disciples qui l'auraient honor&#233; et ch&#233;ri ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors nous avons raison de nous attaquer &#224; lui tout de suite, et de le mettre sur la m&#234;me ligne que le peintre ; car il lui ressemble en ce qu'il fait des ouvrages de peu de prix, si on les rapproche de la v&#233;rit&#233;, et il lui ressemble encore par les rapports qu'il a avec bla partie de l'&#226;me qui est de peu de prix aussi, tandis qu'il n'en a pas avec la meilleure. Aussi voyons-nous l&#224; une premi&#232;re raison qui nous justifie de lui refuser l'entr&#233;e d'un &#201;tat qui doit &#234;tre gouvern&#233; par de bonnes lois, puisqu'il r&#233;veille cette mauvaise partie de l'&#226;me, la nourrit, la fortifie et par l&#224; ruine la raison, ainsi qu'il arrive dans un &#201;tat, lorsqu'on donne la force et le pouvoir &#224; des m&#233;chants et qu'on fait p&#233;rir les plus sages. De m&#234;me nous dirons du po&#232;te imitateur qu'il implante dans l'&#226;me de chaque individu un mauvais gouvernement, en flattant la partie d&#233;raisonnable, cqui ne sait pas distinguer ce qui est plus grand de ce qui est plus petit et qui tient les m&#234;mes choses tant&#244;t pour grandes, tant&#244;t pour petites ; qu'il cr&#233;e des fant&#244;mes et qu'il est toujours &#224; une distance infinie de la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir bien en t&#234;te que c'est Platon qui pr&#234;te &#224; Socrate sa propre position (la po&#233;sie doit &#234;te bannie de la r&#233;publique), mais il se fonde sur un point r&#233;el : Socrate combattait la conception de les l&#233;gendes pr&#234;t&#233;es &#224; Hom&#232;re et devenues la mythologie officielle et g&#233;n&#233;rale d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&lt;/a&gt;)/Livre_X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir la critique par Socrate de Hom&#232;re dans &#171; Ph&#233;don &#187; de Platon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son proc&#232;s, Socrate aurait d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si, d'autre part, on fait soci&#233;t&#233; avec Orph&#233;e, Mus&#233;e, H&#233;siode et Hom&#232;re, &#224; quel prix n'ach&#232;teriez-vous pas ce bonheur ? Quant &#224; moi, je consens &#224; mourir plusieurs fois, si ces r&#233;cits sont vrais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il combattait l'omnipr&#233;sence dans la politique de la Gr&#232;ce des r&#233;cits mythologiques racontant des faux h&#233;ros qui aveuglait le peuple, le rendait belliciste et guerrier &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide contre Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re pi&#232;ce d'Euripide, d&#233;j&#224; en rupture avec Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ion, une pi&#232;ce d&#233;j&#224; critique des dieux d'Hom&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate et Euripide (ainsi que leurs amis) ont combattu toute leur vie la th&#232;se dite de Hom&#232;re qui justifie la politique ath&#233;nienne de guerre, de conqu&#234;tes coloniales, de prises d'esclaves, de domination de la Gr&#232;ce et aussi de patriarcat que contient les textes de l'Illiade et de l'Odyss&#233;e racontant la guerre de Troie (encore appel&#233;e Ilios ou Ilion) des peuples de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que, avant d'&#234;tre condamn&#233; &#224; mort par Ath&#232;nes, Socrate a toujours discut&#233; le contenu des pi&#232;ces de son ami Euripide et qu'ils avaient des points de vue tr&#232;s proches au plan politique et social. Et c'&#233;taient des avis tr&#232;s minoritaires par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne o&#249; ils vivaient. On dirait aujourd'hui des positions d'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=socrate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le r&#233;cit d'Hom&#232;re soit mythologique et non historique, ce n'est plus contest&#233; par quasiment personne. On s'interroge seulement sur le fondement historique du r&#233;cit po&#233;tique. Il n'en reste pas moins que ce r&#233;cit attribu&#233; &#224; un certain Hom&#232;re a eu un r&#244;le social et politique fondamental dans la Gr&#232;ce antique jusqu'&#224; l'&#233;poque de Socrate et d'Euripide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire d'abord en quoi la guerre de Troie aurait un rapport avec la lutte du patriarcat contre le matriarcat et avec la lutte d'Ath&#232;nes pour dominer toute la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position tr&#232;s particuli&#232;re d'Euripide et Socrate sur le matriacat et sur la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide &#233;crit que &#171; Puisque les dieux font des choses laides, commettent des actions basses, ce ne sont pas des dieux ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De la ville de Troie, &#171; conquise &#187;, il disait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Scamandre retentit des lamentai ions des captives &#224; qui le sort vient d'assigner un ma&#238;tre. Les unes sont &#233;chues aux Arcadiens, les autres aux Thessaliens, d'autres aux fils de Th&#233;s&#233;e (06) rois d'Ath&#232;nes. Celles des Troyennes qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es au sort sont dans cette tente, r&#233;serv&#233;es aux chefs de l'arm&#233;e ; la fille de Tyndare, H&#233;l&#232;ne, est avec elles, et c'est avec justice qu'on la compte parmi les captives. L&#224;, s'offre &#224; tous les regards l'infortun&#233;e H&#233;cube ; prostern&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la tente, elle verse des larmes abondantes sur la perte de tout ce qui lui fut cher. Sa fille Polyx&#232;ne vient d' &#234;tre immol&#233;e sur le tombeau d'Achille, &#224; l'insu de sa m&#232;re ; Priam n'est plus, ses enfants ne sont plus ; et celle dont Apollon respecta la virginit&#233;, Cassandre, qu'inspire l'esprit proph&#233;tique, Agamemnon, au m&#233;pris du dieu et par une violence impie, la contraint de s'unira lui par une alliance clandestine. Adieu, ville jadis florissante ; adieu, superbes remparts ; si Minerve, fille de Jupiter, n'e&#251;t voulu votre ruine, vous seriez encore debout. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se h&#233;ro&#239;que d'Hom&#232;re est ainsi transform&#233;e par Euripide :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte par le menu comment chaque Troyenne devient l'esclave sexuelle d'un des chefs de l'arm&#233;e grecque qui ont tu&#233;, pill&#233;, d&#233;truit et assassin&#233; les Troyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chefs des cohortes, rassembl&#233;s pour embraser la ville de Priam, ne conservez plus dans vos mains la flamme inactive, lancez, les torches ardentes, afin qu'apr&#232;s avoir renvers&#233; Ilion de fond en comble, nous retournions pleins de joie dans notre patrie. Et vous, filles des Troyens, pour dire la m&#234;me chose d'une double mani&#232;re, d&#232;s que les chefs de l'arm&#233;e feront entendre le son &#233;clatant de la trompette, rendez- vous aux vaisseaux qui doivent vous transporter en Gr&#232;ce. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide donne la parole aux victimes troyennes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il ne faut pas que les souverains donnent des ordres injustes ; qu'ils ne pensent pas que leur prosp&#233;rit&#233; soit inalt&#233;rable. Moi-m&#234;me j'&#233;tais autrefois ; &#224; pr&#233;sent je ne suis plus. Tout mon bonheur, un jour me l'a ravi. O toi que je supplie, respecte ma vieillesse, aie piti&#233; de moi : retourne vers l'arm&#233;e des Grecs, repr&#233;sente-leur combien il est odieux d'&#233;gorger des femmes que vous avez &#233;pargn&#233;es d'abord, en les arrachant au pied des autels, et dont vous avez eu piti&#233;. Chez vous, la loi qui punit le meurtre est &#233;gale pour l'homme libre et pour l'esclave. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(H&#233;cube)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. Arriv&#233;s aux bords du Scamandre, ils y trouvent la mort sans avoir perdu leur terre natale, sans &#234;tre bannis des murs de leur patrie. Ceux que Mars a moissonn&#233;s n'ont pas revu leurs enfants ; les mains de leurs &#233;pouses ne les ont pas envelopp&#233;s des voiles fun&#232;bres, et ils sont rest&#233;s couch&#233;s sur la terre &#233;trang&#232;re. M&#234;mes d&#233;sastres dans leurs foyers domestiques : les femmes y mouraient veuves des p&#232;res priv&#233;s de leurs enfants, qu'ils ont &#233;lev&#233;s pour autrui. Il n'est personne qui fasse couler sur leur tombeau le sang des victimes. Certes voil&#224; une exp&#233;dition bien glorieuse ! Que ma muse reste sans voix, plut&#244;t que de c&#233;l&#233;brer des crimes. Les Troyens, au contraire, sont morts pour leur patrie (ce qui est la plus belle des gloires) ; ceux que le fer a fait p&#233;rir ont &#233;t&#233; rapport&#233;s dans leurs maisons par leurs amis, ils ont re&#231;u la s&#233;pulture sur la terre de leurs p&#232;res, des mains de ceux &#224; qui appartenait ce saint devoir. Ceux des Phrygiens qui ne sont pas morts dans les combats ont pass&#233; leurs jours au milieu de leurs enfants et de leurs &#233;pouses, bonheur refus&#233; aux Grecs. Quant au destin d'Hector, si cruel &#224; tes yeux, &#233;coute ce qu'il en est : il est mort en laissant le renom d'un h&#233;ros, et c'est &#224; la venue des Grecs qu'il en doit l'honneur. S'ils n'eussent assi&#233;g&#233; Troie, sa valeur f&#251;t rest&#233;e inconnue. P&#226;ris a &#233;pous&#233; la fille de Jupiter, et sans cet hymen il e&#251;t trouv&#233; quelque alliance obscure dans sa patrie. Fuir la guerre est un devoir pour le sage ; mais, lorsqu'il faut la faire, la plus glorieuse couronne pour un &#201;tat est de mourir avec courage ; mourir l&#226;chement est une honte. Cesse donc, &#244; ma m&#232;re, de d&#233;plorer le sort de ta patrie et l'hymen de ta fille ; car cet hymen nous vengera de ceux que nous d&#233;testons. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte mille exemples des crimes des pr&#233;tendus dieux r&#233;v&#233;r&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apollon ? Abandonner une fille innocente apr&#232;s l'avoir s&#233;duite, et laisser mourir l'enfant dont il est le p&#232;re ! ah ! cette conduite est indigne de toi ; et puisque tu r&#232;gnes sur les mortels, sois fid&#232;le &#224; la vertu. Les dieux punissent parmi les hommes ceux dont le c&#339;ur est pervers : est-il donc juste que, vous qui avez &#233;crit les lois qui nous gouvernent, vous soyez vous-m&#234;mes les violateurs des lois ? S'il arrivait (chose impossible, je le sais, mais je le suppose), s'il arrivait qu'un jour les hommes vous fissent porter la peine de vos violences et de vos criminelles amours, bient&#244;t toi, Apollon, et Neptune, et Jupiter, roi du ciel, vous seriez contraints de d&#233;pouiller vos temples pour payer le prix de vos fautes. En vous livrant &#224; vos passions au m&#233;pris de la sagesse, vous &#234;tes coupables. Il n'est plus juste d'accuser les hommes, s'ils imitent les vices des dieux, qui leur donnent de si funestes exemples. &#187; (Ion)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre d'Euripide donne syst&#233;matiquement la parole aux femmes, rapporte leur grande humanit&#233;, leur courage, leur d&#233;vouement, montre qu'elles ont un plus grand sens des responsabilit&#233;s que les hommes, en particulier que les guerriers et les chefs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Gr&#232;ce antique de cette &#233;poque est celle d'une domination oppressive, militaire et politique, d'Ath&#232;nes, d'une domination oppressive des hommes sur les femmes, particuli&#232;rement m&#233;pris&#233;es, d'une glorification de la guerre qui donnait sa sup&#233;riorit&#233; &#224; Ath&#232;nes, d'un m&#233;pris pour les peuples &#233;cras&#233;s et train&#233;s en esclavage et aussi d'un m&#233;pris des riches oisifs pour tous les travailleurs, artisans comme ouvriers ou domestiques. Tout cela est d&#233;nonc&#233; par Euripide. Ce dernier est parfaitement en accord sur tous ces points avec son ami Socrate et il d&#233;fend ainsi publiquement toutes les th&#232;ses socratiques sauf une : Socrate n'&#233;tait pas pour rendre publiques de cette mani&#232;re ses id&#233;es. Il a cependant accept&#233; de discuter et de relire les pi&#232;ces qu'Euripide r&#233;digeait et des t&#233;moins affirment qu'il les a largement influenc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;l&#232;ne &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; Les troyennes &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;cube &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; M&#233;d&#233;e &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hom&#232;re, qui aurait v&#233;cu au 8e si&#232;cle avant J.-C., &#233;poque du d&#233;veloppement des cit&#233;s-&#201;tats, aurait racont&#233; des &#233;v&#233;nements qui se seraient produits quatre si&#232;cles auparavant, vers 1250 avant J.-C., &#224; la fin de la civilisation myc&#233;nienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Ce que raconte Hom&#232;re a-t-il exist&#233; ? Ces questions se posent et sont d&#233;battues depuis les premiers historiens grecs, qui s'accordent sur la dur&#233;e de la guerre (dix ans), mais font varier ses dates entre 1344 et 1150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; histoires &#187; de la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide montre que les Troyens sont des victimes, que les Grecs sont &#224; la fois vainqueurs et&#8230;vaincus, triomphants et victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8910</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8910</guid>
		<dc:date>2026-04-05T00:44:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze &lt;br class='autobr' /&gt;
Du n&#233;olithique &#224; l'&#226;ge du bronze &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du n&#233;olithique &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/pica_1272-6117_2011_hos_28_1_3323&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/pica_1272-6117_2011_hos_28_1_3323&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/ch01.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/ch01.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#226;ge du bronze ? Une r&#233;volution industrielle mais aussi &#233;conomique, sociale et politique&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/l-age-d-airain-l-age-du-bronze-une-revolution-industrielle-3160815&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/l-age-d-airain-l-age-du-bronze-une-revolution-industrielle-3160815&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_en_Europe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_en_Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-975.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-975.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/20-ans-de-recherche-sur-l-age-du-bronze-16202&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/20-ans-de-recherche-sur-l-age-du-bronze-16202&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-10223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-10223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/magazine/Il-etait-une-fois-l-age-du-Bronze/Les-activites-productives/la-bronzisation-une-etape-charniere#undefined&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/magazine/Il-etait-une-fois-l-age-du-Bronze/Les-activites-productives/la-bronzisation-une-etape-charniere#undefined&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des civilisations de l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations minoenne, myc&#233;nienne, ph&#233;nicienne, le moyen Empire &#233;gyptien, les empires sum&#233;rien, babylonien, hittite, la civilisation de l'Indus, et les dynasties chinoises Shang sont contemporains de notre &#226;ge du Bronze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/ailleurs-dans-le-monde-pendant-l-age-du-bronze-10232&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/ailleurs-dans-le-monde-pendant-l-age-du-bronze-10232&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-civilisations/la-culture-de-jiroft-mysterieuse-civilisation-de-lage-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-civilisations/la-culture-de-jiroft-mysterieuse-civilisation-de-lage-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/la-dame-de-baza-precieuse-relique-de-lantiquite-espagnole&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/la-dame-de-baza-precieuse-relique-de-lantiquite-espagnole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_atlantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_atlantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_danois&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_danois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geologie-cuivre-premier-metal-travaille-homme-779/page/4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geologie-cuivre-premier-metal-travaille-homme-779/page/4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand commerce international &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6041&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6041&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-subsistance-economie-commerce-10226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-subsistance-economie-commerce-10226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-arts-en-europe/circulations-anciennes-en-europe-exemples-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze-au-haut-moyen-%C3%A2ge/de-la-laine-au-v%C3%AAtement%C2%A0-circulations-commerciales-dans-l%E2%80%99europe-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-arts-en-europe/circulations-anciennes-en-europe-exemples-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze-au-haut-moyen-%C3%A2ge/de-la-laine-au-v%C3%AAtement%C2%A0-circulations-commerciales-dans-l%E2%80%99europe-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cordis.europa.eu/article/id/430488-weighing-in-on-trade-in-the-bronze-age-world/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cordis.europa.eu/article/id/430488-weighing-in-on-trade-in-the-bronze-age-world/fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-265.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-265.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cchyp_0761-8271_2016_num_46_1_1675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cchyp_0761-8271_2016_num_46_1_1675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les in&#233;galit&#233;s sociales remontent &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-inegalites-sociales-un-phenomene-qui-remonte-age-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-inegalites-sociales-un-phenomene-qui-remonte-age-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ce-village-age-du-bronze-est-le-pompei-britannique-archeologie-royaume-uni-protohistoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ce-village-age-du-bronze-est-le-pompei-britannique-archeologie-royaume-uni-protohistoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/culture/histoire/prehistoire-a-quelle-epoque-remontent-les-inegalites-de-genres-17288388.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/culture/histoire/prehistoire-a-quelle-epoque-remontent-les-inegalites-de-genres-17288388.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/10/12/In%C3%A9galit%C3%A9s-sociales-fond%C3%A9es-sur-la-parent%C3%A9-dans-l-%C3%82ge-du-Bronze-Europ%C3%A9en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/10/12/In%C3%A9galit%C3%A9s-sociales-fond%C3%A9es-sur-la-parent%C3%A9-dans-l-%C3%82ge-du-Bronze-Europ%C3%A9en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtbf.be/article/les-recherches-recentes-le-prouvent-la-societe-de-classes-remonte-a-l-age-du-bronze-10367538?id=10367538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtbf.be/article/les-recherches-recentes-le-prouvent-la-societe-de-classes-remonte-a-l-age-du-bronze-10367538?id=10367538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Classes sociales &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/les-classes-sociales-existent-depuis-longtemps-18490.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/les-classes-sociales-existent-depuis-longtemps-18490.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1984_act_290_1_1091&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1984_act_290_1_1091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/commerce-et-statut-social-au-neolithique-1664.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/commerce-et-statut-social-au-neolithique-1664.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-283.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-283.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance de l'Etat &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : les d&#233;buts de l'Etat en Chine datent de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance de l'&#201;tat en Chine peut &#234;tre localis&#233;e autour du site d'Erlitou, situ&#233; dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Yi, dans l'actuelle province du Henan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_d%27Erlitou&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_d%27Erlitou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Shang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Shang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation chinoise de Sangxindui, une autre soci&#233;t&#233; de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7103&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7103&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple : Sumer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6090&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6090&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Matriarcat &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/archeologie/des-tombes-exceptionnelles-de-lage-de-bronze-decouvertes-en-espagne-soulignent-la-place-des-femmes-au-pouvoir-11154080/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/archeologie/des-tombes-exceptionnelles-de-lage-de-bronze-decouvertes-en-espagne-soulignent-la-place-des-femmes-au-pouvoir-11154080/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/il-y-a-4-000-ans-les-femmes-dirigeaient-elles-la-societe-del-argar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/il-y-a-4-000-ans-les-femmes-dirigeaient-elles-la-societe-del-argar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/mom_0766-0510_1985_sem_10_1_2026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/mom_0766-0510_1985_sem_10_1_2026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chutes d'empire et de civilisations, l'effondrement de l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois grandes civilisations du bronze ancien de mer Eg&#233;e (cycladique, minoenne et myc&#233;nienne avant les Grecs) ainsi que celle de Troie (Hissarlik) et des dizaines d'autres plus petites (Dimini, S&#233;sklo, Lemnos, K&#233;phala, etc.) ont &#233;t&#233; balay&#233;es par les invasions et les r&#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8885</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8885</guid>
		<dc:date>2026-04-03T22:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A l'&#232;re des guerriers du N&#233;olithique (d&#233;but d'apparition de l'Etat au service des classes poss&#233;dantes), les hommes sont devenus dominants et les menhirs ont symbolis&#233; la sexualit&#233; masculine &lt;br class='autobr' /&gt;
Chine &lt;br class='autobr' /&gt;
Corse Soddo &lt;br class='autobr' /&gt;
France &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;rou &lt;br class='autobr' /&gt; Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains croient avoir tout expliqu&#233; en disant que ce sont des monuments religieux mais, en fait, c'est bien plus complexe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;galithes sont le signe d'une transition r&#233;volutionnaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'&#232;re des guerriers du N&#233;olithique (d&#233;but d'apparition de l'Etat au service des classes poss&#233;dantes), les hommes sont devenus dominants et les menhirs ont symbolis&#233; la sexualit&#233; masculine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chine&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L262xH193/chine-30392.jpg?1785080175' width='262' height='193' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Corse&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16590 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH195/corse1-a2b56.jpg?1785080175' width='259' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/corse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/corse-b3e22.jpg?1785080175' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Soddo&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L183xH275/soddo-b10bd.jpg?1785080175' width='183' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;France&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L168xH300/france-2-83979.jpg?1785080175' width='168' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;P&#233;rou&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L276xH183/sans_titre-9-00fe8.jpg?1785080175' width='276' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains croient avoir tout expliqu&#233; en disant que ce sont des monuments religieux mais, en fait, c'est bien plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;galithes sont le signe d'une transition r&#233;volutionnaire de passage du stade chasseur-cueilleur au stade agriculteur-&#233;leveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le fait de construire des pierres dress&#233;es n'est pas propre &#224; une seule soci&#233;t&#233;, &#224; une seule culture, &#224; une seule civilisation, &#224; une seule r&#233;gion du monde, &#224; un seul mode de production, &#224; une seule &#233;tape d'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; humaine mais &#224; plusieurs. Il y a eu des m&#233;galithes avant et apr&#232;s la naissance des classes sociales, avant et apr&#232;s l'apparition des villages et des villes, avant et apr&#232;s l'apparition des arm&#233;es et de l'Etat, avant et apr&#232;s la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, avant et apr&#232;s le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas une seule sorte de m&#233;galithes mais plusieurs : menhirs, dolmens, pierres lev&#233;es, cromlechs, all&#233;es couvertes, s&#233;pultures &#224; couloir, tumulus, hypog&#233;es, chambres fun&#233;raires, st&#232;les, enceintes, statues, tertres, cairns, enceintes m&#233;galithiques, etc., en alignement, en cercle, en carr&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas une seule mani&#232;re d'utiliser les m&#233;galithes, un seul usage, une seule signification, une seule id&#233;ologie, &#224; la base d'une seule soci&#233;t&#233;, mais de plusieurs&#8230; Le but fun&#233;raire n'est pas le seul. L'&#233;vocation de grands anciens n'est pas non plus syst&#233;matique. Les m&#233;galithes ont pu &#234;tre b&#226;tis dans un &#233;tat d'esprit puis utilis&#233;s dans un autre. Par exemple, des monuments face &#224; la mer pour prot&#233;ger des invasions, des col&#232;res marines et des monstres marins, puis des mani&#232;res de glorifier les classes dirigeantes pour calmer les classes opprim&#233;es et maintenir l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant les r&#233;gions du monde, les m&#233;galithes sont dat&#233;s du dixi&#232;me mill&#233;naire avant notre &#232;re jusqu'au deuxi&#232;me, ce qui est une large p&#233;riode&#8230; Les diverses constructions de m&#233;galithes, ind&#233;pendantes les unes des autres, ont toutes culmin&#233; dans les d&#233;buts de l'&#232;re agropastorale mais ont pu &#234;tre n&#233;s &#224; celle des chasseurs-cueilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le m&#233;galithe n'est qu'une technique architecturale monumentale, pas un symb&#244;le d'une seule soci&#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains m&#233;galithes n'ont aucune inscription, d'autres sont grav&#233;s. Certaines gravures repr&#233;sentent des armes de guerriers, des figures et corps humains, des dessins abstraits, d'autres pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains m&#233;galithes ont des ossements autour, d'autres pas. La plupart des m&#233;galithes sont li&#233;s &#224; des classes riches ou des classes dirigeantes mais pas tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;galithisme a commenc&#233; &#224; la transition entre chasseurs-cueilleurs et agriculteurs-&#233;leveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/dossiers/introduction-aux-phenomenes-megalithiques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hominides.com/dossiers/introduction-aux-phenomenes-megalithiques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, il s'agissait de s&#233;pultures collectives, mais la plupart des chercheurs s'accordent &#224; dire que ces m&#233;galithes ont eu de multiples fonctions : sociales, culturelles (fun&#233;raire et religieux), astronomiques, artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/quelles-sont-les-caracteristiques-des-megalithes-210772&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/quelles-sont-les-caracteristiques-des-megalithes-210772&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction fun&#233;raire ne dit pas tout : les morts &#233;taient charg&#233;s de quelle t&#226;che parmi les vivants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des chercheurs concern&#233;s s'accorde aujourd'hui &#224; leur reconna&#238;tre un r&#244;le multiple, soit, par ordre d'importance, social, culturel (religieux et fun&#233;raire, les arch&#233;ologues ne pouvant plus toujours mettre en &#233;vidence ce dernier r&#244;le en raison de l'absence totale d'ossements disparus dans les r&#233;gions de roches anciennes, aux sols trop acides), astronomique, astrologique, artistique, agricole, etc. Si toutes ces constructions ne poss&#233;daient pas toutes ces fonctions, elles r&#233;v&#232;lent une soci&#233;t&#233; organis&#233;e &#171; sous la direction d'&#233;lites dirigeantes, princes ou pr&#234;tres, sachant organiser et inciter de gr&#233; ou de force des populations importantes, peut-&#234;tre renforc&#233;es &#224; l'occasion des c&#233;r&#233;monies et des travaux religieux par des &#233;l&#233;ments exog&#232;nes &#187;. Ces constructions cr&#233;ent ou maintiennent la coh&#233;sion du groupe, en indiquant aux nouveaux arriv&#233;s et aux gens de passage une capacit&#233; technique et humaine importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens confondent les peuples b&#226;tisseurs des m&#233;galithes aussi avec le peuple des m&#233;galithes, lequel est apparu bien avant. Apparition des m&#233;galithes : 10.000-2000 av J.-C. et la plupart vers 5000 !!! En fait, les Celtes c'est une population bien plus r&#233;cente&#8230; Premi&#232;re apparition de la civilisation des Celtes (Est de l'Europe) : 500 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4780&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;galithes de l'&#238;le de P&#226;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous savons des m&#233;galithes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4435&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de la civilisation m&#233;galithique, une chute due &#224; la r&#233;volution et &#224; l'absence de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; des m&#233;galithes ou les soci&#233;t&#233;s des m&#233;galithes n'existent pas car le m&#233;galithe n'est pas un syst&#232;me social ni un outil d'un mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1661&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1661&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olithique &#233;tait en train de faire sa r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4312&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4312&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Celtes ne savaient pas b&#226;tir des monuments m&#233;galithiques et se sont content&#233;s de les adorer&#8230; Les peuples des m&#233;galithes &#233;taient pa&#239;ens alors que les Celtes avaient des dieux. Les peuples des m&#233;galithes n'avaient pas une soci&#233;t&#233; tr&#232;s hi&#233;rarchis&#233;e et codifi&#233;e, contrairement aux Celtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore bien des questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les m&#233;galithes sont aussi visibles de loin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monumentalisme m&#233;galithique est un affichage symbolique par lequel une communaut&#233; exprime son emprise sur un territoire donn&#233;. L'ampleur de certaines constructions m&#233;galithiques r&#233;v&#232;le une volont&#233; d'affirmer la puissance du groupe quant la surface et le volume des cairns (Gavrinis, Newgrange) vont au-del&#224; des seules n&#233;cessit&#233;s architecturales21. En mati&#232;re de m&#233;galithisme fun&#233;raire, le choix d'implanter les constructions sur des hauteurs n'est pourtant pas syst&#233;matique : les all&#233;es couvertes enterr&#233;es sont invisibles dans le paysage, les all&#233;es couvertes armoricaines sont parfois &#233;difi&#233;es dans des fonds de vall&#233;e21. Selon l'arch&#233;ologue Jacques Blot, il est probable que les pierres dress&#233;es du Pays Basque correspondent &#224; d'antiques bornages, car elles se trouvent sur de grandes voies de circulation (transhumance des bergers, voies du sel, etc.), d'autres fois, la pierre peut aussi comm&#233;morer un &#233;v&#233;nement ou un personnage important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi y en a-t-il autant en bord de mer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archeologie.culture.gouv.fr/megalithes/fr/le-niveau-de-la-mer-et-les-rivages&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archeologie.culture.gouv.fr/megalithes/fr/le-niveau-de-la-mer-et-les-rivages&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une hypoth&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://teviec0001.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://teviec0001.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous disent les m&#233;galithes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/de-carnac-a-stonehenge-que-nous-disent-les-megalithes-4018533&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/de-carnac-a-stonehenge-que-nous-disent-les-megalithes-4018533&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-08-mai-2024-8295982&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-08-mai-2024-8295982&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/megalithisme-dans-le-monde-6039874&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/megalithisme-dans-le-monde-6039874&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus que probable qu'&#224; l'origine le menhir est un symbole phallique et que le dolmen est un symbole de femme (la chambre du dolmen &#233;tant l'ut&#233;rus), les deux &#233;tant des repr&#233;sentations de la lign&#233;e, les uns montrant une soci&#233;t&#233; patriarcale et les autres une soci&#233;t&#233; matriarcale ou, au moins, en lign&#233;e f&#233;minine. Cependant, les soici&#233;t&#233;s matriarcales et patriarcales s'&#233;tant succ&#233;d&#233; et ayant coexist&#233; tout en se combattant, il existe des cas interm&#233;diaires, ni tout &#224; fait matriarcaux, ni tout &#224; fait patriarcaux. Il existe des menhirs &#224; repr&#233;sentations f&#233;minines par exemple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les menhirs sont souvent des repr&#233;sentations d'hommes chefs guerriers et les dolmens des &#233;vocations de grands-m&#232;res &#224; l'origine de la tribu matriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure preuve, c'est que, dans certaines r&#233;gions, les menhirs repr&#233;sentent clairement des phallus. Les dolmens, eux, &#233;taient appel&#233;s &#171; rochers des f&#233;es &#187; et charg&#233;s d'assurer la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.123rf.com/photo_79632382_phallus-de-pierre-x28menhirsx29-dans-l39ancienne-colonie-de-metsamor-en-arm%C3%A9nie.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.123rf.com/photo_79632382_phallus-de-pierre-x28menhirsx29-dans-l39ancienne-colonie-de-metsamor-en-arm%C3%A9nie.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.luminessens.org/post/2018/10/18/les-pierres-de-f%C3%A9condit%C3%A9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.luminessens.org/post/2018/10/18/les-pierres-de-f%C3%A9condit%C3%A9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alamyimages.fr/photos-images/phallus-sculpture.html?sortBy=relevant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alamyimages.fr/photos-images/phallus-sculpture.html?sortBy=relevant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; certaines id&#233;es v&#233;hicul&#233;es depuis notre enfance par les aventures d'Ast&#233;rix et Ob&#233;lix, les menhirs ne datent pas de l'&#233;poque celtique. Ils sont bien ant&#233;rieurs aux Celtes et m&#234;me ant&#233;rieurs aux Indo-Europ&#233;ens. L'&#226;ge du bronze et l'arriv&#233;e des Indo-Europ&#233;ens sont justement ceux qui marqueront la fin de la p&#233;riode m&#233;galithique &#224; laquelle appartiennent menhirs et dolmens. Le m&#233;galithisme fut une des expressions culturelles du n&#233;olithique. Cette p&#233;riode s'&#233;tend en gros entre 5000 et 2000 avant notre &#232;re. Cette culture pr&#233;-indo-europ&#233;enne des m&#233;galithes s'implanta sur presque toute la fa&#231;ade atlantique de l'ouest europ&#233;en, de la Scandinavie au sud de la p&#233;ninsule ib&#233;rique. Mais ce n'est pas seulement l'Europe qui fut le cadre g&#233;ographique du m&#233;galithisme, car cette culture &#233;tait aussi implant&#233;e en Afrique du nord parmi les populations proto-berb&#232;res. Ceci nous d&#233;montre encore une fois l'unit&#233; ethnico-culturelle entre Berb&#232;res des origines et Pr&#233;-Indo-Europ&#233;ens de la pr&#233;histoire. Le lien suivant pr&#233;sente une carte g&#233;ographique montrant l'&#233;tendue de la culture m&#233;galithique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menhir avait une fonction magico-religieuse multiple dans la soci&#233;t&#233; du n&#233;olithique. Il semble avoir jou&#233; entre autres un r&#244;le de gardien de s&#233;pulture. Dress&#233; non loin d'un d&#233;p&#244;t mortuaire, le menhir &#233;tait cens&#233; prot&#233;ger contre les animaux, les voleurs, et principalement contre la mort elle-m&#234;me. L'incorruptibilit&#233; de la pierre permettait que l'esprit du mort ne se disperse pas et puisse subsister ind&#233;finiment pr&#232;s de son clan d'origine. On fixait ainsi l'esprit des anc&#234;tres de mani&#232;re provisoire ou d&#233;finitive, leur facilitant une &#034;r&#233;sidence&#034; pr&#232;s du monde des vivants. Il semblerait d'ailleurs que les menhirs aient pu marquer la zone g&#233;ographique qui d&#233;limitait le monde des vivants et celui de l'au-del&#224;. Le menhir aurait donc servi &#224; ce niveau de st&#232;le-borne repr&#233;sentant une limite territoriale bien pr&#233;cise. Ce premier aspect du menhir est celui d'une bipolarit&#233; du symbole mort-vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect du menhir est celui qui en fait un symbole phallique. Telle une verge masculine, le menhir se dresse verticalement exprimant la puissance f&#233;condante des forces masculines. Il est dans ce cadre un garant de la fertilit&#233; des champs et de la f&#233;condit&#233; humaine. Il semblerait &#224; ce propos possible que le menhir ait pu &#234;tre en relation &#233;troite avec des centres &#233;nerg&#233;tiques terrestres, des forces telluriques qui se concentrent en des points pr&#233;cis de la surface terrestre. Le menhir aurait donc &#233;t&#233; la marque d'un de ces points de sortie de cette &#233;nergie tellurique. Des &#233;tudes sur le magn&#233;tisme terrestre sembleraient confirmer cet aspect tellurique et chtonien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La verticalit&#233; du menhir est en soi un symbole puissant li&#233; &#224; la force masculine de l'&#234;tre, celle qui &#233;veille l'humain vers les hautes sph&#232;res de la spiritualit&#233;. C'est la conception philosophique de Heidegger, celle de l'&#234;tre et du devenir qui nous permet de comprendre toute cette dimension spirituelle li&#233;e &#224; la verticalit&#233;. Une image pour l'illustrer serait celle de l'&#234;tre humain les pieds bien ancr&#233;s dans la terre, et la t&#234;te dans les &#233;toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305924119546403/315676448571170/?type=3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305924119546403/315676448571170/?type=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'on d&#233;pose un d&#233;funt dans cette chambre, au fond du dolmen, c'est pour lui redonner vie, la vie de l'au-del&#224;. [&#8230;] Et si la caverne du dolmen est ut&#233;rine, le menhir est phallique, se dressant vers le ciel non pas pour capter les &#233;nergies cosmiques &#187; Jean Markale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.philomag.com/articles/pourquoi-des-menhirs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.philomag.com/articles/pourquoi-des-menhirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statues-menhirs du Rouergue et Haut Languedoc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces st&#232;les et statues-menhirs anthropomorphes d'un culte des anc&#234;tres repr&#233;senteraient des &#171; fondateurs mythiques &#187; masculins et les ascendantes les plus proches. Ces fondateurs seraient alors les &#171; authentiques p&#232;res des lignages, ceux dont on se pr&#233;tendait le descendant, les r&#233;f&#233;rences basiques d'une filiation et le ciment du syst&#232;me de parent&#233; &#187;, tandis que les ascendantes seraient &#171; celles aupr&#232;s desquelles on avait parfois v&#233;cu et dont on conservait ou entretenait la m&#233;moire &#187; et dont l'influence se limiterait &#224; l'espace domestique (Guilaine, 2011, p. 228-229). Il ajoute que &#171; rien ne dit que ces anc&#234;tres bienfaiteurs n'&#233;taient pas aussi des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, certaines donn&#233;es arch&#233;o-ethnographiques semblent indiquer que les anc&#234;tres masculins sont plut&#244;t des h&#233;ros fondateurs mythiques, &#233;loign&#233;s dans le temps, tandis que les anc&#234;tres f&#233;minins &#233;taient davantage dans le r&#233;el et le temps proche : &#171; C'&#233;tai[en]t lors les ascendantes des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes dont le souvenir physique &#233;tait conserv&#233; &#187; (Guilaine, 2011, p. 230).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se r&#233;f&#232;re ainsi &#224; un masculin originel, fondateur de la civilisation et de la culture qui &#233;rigent ces repr&#233;sentations. Il donne l'hypoth&#232;se d'un mode de transmission patrilin&#233;aire, &#171; ciment d'un syst&#232;me de parent&#233; &#187;, tandis que les st&#232;les et les statues-menhirs f&#233;minines demeureraient la repr&#233;sentation des femmes qui auraient suivi et qui feraient la transition entre ces p&#232;res &#171; authentiques &#187; et les g&#233;n&#233;rations suivantes. Elles permettraient d'entretenir la m&#233;moire, sans en &#234;tre &#224; l'origine. L&#224; encore, des pr&#233;suppos&#233;s patriarcaux semblent s'accoler &#224; cette th&#233;orisation du culte des anc&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://hal.science/hal-04648783v1/file/CPF%2029%20-%20Session%20F10%20Banabera%20BAT.pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;galithisme en Corse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/dam/2677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/dam/2677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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