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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les nationalisations source d'inflation &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme les nouvelles &#034;nationalisations&#034; annonc&#233;es, malgr&#233; la pr&#233;sence de beaucoup de ministres staliniens au gouvernement, ressemblent aux anciennes &#034;nationalisations&#034;, Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 23-11, dit en mani&#232;re d'excuse : &#034;Nous ne dirons jamais que ce que nous faisons aujourd'hui c'est du socialisme, mais...&#034; Mais est-ce une raison pour se faire les valets de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1945 : le PCF au gouvernement : pas une victoire ouvri&#232;re ni communiste !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nationalisations source d'inflation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme les nouvelles &#034;nationalisations&#034; annonc&#233;es, malgr&#233; la pr&#233;sence de beaucoup de ministres staliniens au gouvernement, ressemblent aux anciennes &#034;nationalisations&#034;, Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 23-11, dit en mani&#232;re d'excuse : &#034;Nous ne dirons jamais que ce que nous faisons aujourd'hui c'est du socialisme, mais...&#034; Mais est-ce une raison pour se faire les valets de la bourgeoisie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car ces gens ont la m&#233;moire vraiment courte : bien avant qu'ils n'envoient leur &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; si&#233;ger dans le nouveau gouvernement, c'est Pleven, l'agent du Grand Capital, qui avait &#233;t&#233; le promoteur des &#034;nationalisations&#034; actuellement projet&#233;es ; et c'est lui encore qui aujourd'hui &#233;tablit le plan de &#034;nationalisation&#034; du cr&#233;dit. Bien avant que Thorez n'entre au gouvernement, L'Humanit&#233; d&#233;non&#231;ait ce genre de nationalisations, effectu&#233;es d&#233;j&#224; dans certains secteurs miniers et industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, les indemnit&#233;s vers&#233;es aux capitalistes constituent une charge &#233;crasante pour les contribuables ; exemple : &#034;les gros actionnaires des mines continuent &#224; toucher des sommes consid&#233;rables (238 millions par an), tandis qu'incombent &#224; l'Etat les difficult&#233;s d'exploitation et le renouvellement de l'outillage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement : la direction continue &#224; &#234;tre assur&#233;e par les capitalistes ; exemple : c'est un repr&#233;sentant des 200 familles qui assume la direction de l'usine Renault &#034;nationalis&#233;e&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ces fausses nationalisations, L'Humanit&#233; donnait aussi l'exemple de la S.N.C.F. au budget d&#233;ficitaire, &#034;nationalis&#233;e&#034; en 1937, et dont les actionnaires continuent &#224; toucher des dizaines de millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie se fait un m&#233;rite de proc&#233;der &#224; de nouvelles &#034;nationalisations&#034;. Le Monde (27-11) approuve celle du cr&#233;dit, car &#034;le financement de la reconstruction pose de nouveaux probl&#232;mes... un immense effort de r&#233;&#233;quipement s'impose aujourd'hui..., les besoins de capitaux seront tels que le cr&#233;dit devra &#234;tre n&#233;cessairement contingent&#233; pour alimenter par priorit&#233; les secteurs essentiels&#034;, et il donne &#224; l'appui l'exemple de l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233; le journal bourgeois anglais The Economist d&#233;montre que la &#034;nationalisation&#034; de la Banque d'Angleterre est destin&#233;e &#224; r&#233;glementer les investissements de capitaux ; d'autre part, pour l'industrie &#034;un tr&#232;s large programme de d&#233;penses est n&#233;cessaire et c'est seulement l'Etat qui peut trouver l'argent. La n&#233;cessit&#233; des nationalisations est g&#233;n&#233;ralement accept&#233;e&#034;... pour que ce soient les contribuables qui paient les frais de r&#233;&#233;quipement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel bon pr&#233;texte donc que ces soi-disant nationalisations pour pr&#233;lever de nouveaux milliards sur le revenu national ! De pareilles nationalisations Hitler et Mussolini en ont pratiqu&#233;. &#034;Le Gouvernement de Franco nationalise les gisements d'uranium&#034;, informe Le Populaire du 6-10-45. Toute la nation est mise en coupe r&#233;gl&#233;e pour les besoins des magnats du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures de sauvetage &#224; l'&#233;gard de certains secteurs capitalistes, des mesures de contr&#244;le bureaucratique et r&#233;actionnaire auxquelles l'Etat de la bourgeoisie est oblig&#233; de recourir dans le propre int&#233;r&#234;t de celle-ci, on les baptise &#034;nationalisations&#034;, pour mieux en faire supporter les frais aux masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela aussi que le but des &#034;nationalisations&#034; est faussement d&#233;sign&#233; comme &#233;tant la &#034;reconstruction &#233;conomique&#034;. En r&#233;alit&#233; rien n'est pr&#233;vu pour cette reconstruction (agriculture, b&#226;timents pour les sinistr&#233;s, etc.). Si l'Etat bourgeois proc&#232;de &#224; la mobilisation des capitaux et des richesses, ce n'est pas pour la reconstruction &#233;conomique, mais pour la reconstruction d'un potentiel de guerre. &#034;La France continue ses commandes en Am&#233;rique en vue de poursuivre sans interruption le r&#233;armement de l'arm&#233;e&#034; (&#034;Le Monde, 2-9). Rien que pour l'occupation de l'Indochine du Nord, les frais sont d'un milliard par mois (Le Monde, 25-11). En France, Renault fabrique des tanks, les usines d'aviation des bombardiers, d'autres des canons, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ainsi que &#034;nationaliser&#034; le cr&#233;dit (&#233;tablir un contr&#244;le de l'Etat capitaliste), est une mesure n&#233;cessaire &#224; la bourgeoisie imp&#233;rialiste, non pas en faveur des masses, mais contre elles.&lt;br class='autobr' /&gt;
La &#034;D&#233;l&#233;gation des gauches avait d&#233;j&#224; reconnu que les d&#233;penses militaires sont le principal facteur de l'inflation. Mais de 167 milliards pour 1945, les demandes de cr&#233;dits militaires sont de 250 milliards pour 1946. Si &#224; ces milliards s'ajoutent les nouveaux milliards d'int&#233;r&#234;ts &#224; payer aux capitalistes &#034;nationalis&#233;s&#034;, o&#249; cela m&#232;nera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous ne voulons ni de d&#233;magogie socialiste, ni de pseudo nationalisations qui consacreraient le r&#232;gne des f&#233;odalit&#233;s&#034;, proclame Herv&#233; dans L'Humanit&#233; du 29-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour ne pas &#234;tre un d&#233;magogue et pour prendre des mesures r&#233;elles contre les monopoleurs capitalistes, IL NE FAUT ACCORDER A CEUX-CI NI RACHAT NI INDEMNITES pr&#233;lev&#233;s sur le travail du peuple et aggravant sa mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut abolir le secret commercial paravent des sp&#233;culations financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut proc&#233;der &#224; la publication des bilans et &#224; l'ouverture des livres de compte de la bourgeoisie (comme l'exigent &#224; l'heure actuelle en Am&#233;rique les gr&#233;vistes m&#233;tallurgistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les Syndicats ouvriers &#233;tablissent le plan d'une production d'objets de consommation pour les masses, de r&#233;&#233;quipement de l'agriculture et du b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut organiser les ouvriers et les employ&#233;s pour le contr&#244;le ouvrier sur la production et la comptabilit&#233; des industries et des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de nationalisations, sans parler en m&#234;me temps de toutes ces mesures essentiellement d&#233;mocratiques et seules efficaces, c'est se faire le valet de la bourgeoisie et agir en d&#233;magogue, comme Herv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de combattre pour ces mesures, les &#034;nationalisations&#034; ne s'av&#233;reront qu'une nouvelle cause d'inflation, de spoliation du peuple et d'accroissement de sa mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie honore les ren&#233;gats, la classe ouvri&#232;re les rejettera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'accession de 5 communistes au Gouvernement est un honneur pour la classe ouvri&#232;re tout enti&#232;re&#034; et la place qu'occupe dans le Gouvernement le P.C.F. &#034;avec notre secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral comme ministre d'Etat&#034; montre que &#034;l'on ne peut gouverner sans la classe ouvri&#232;re&#034;. Suivant ces d&#233;clarations de Herv&#233; et de Duclos, les travailleurs exerceraient dor&#233;navant le pouvoir gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, pour justifier d'avance le travail anti-ouvrier du nouveau Gouvernement, Herv&#233; &#233;crit dans L'Humanit&#233; du 22-11 que &#034;ce ne sera pas de la faute des communistes si ce gouvernement doit ne rien innover&#034; (ne rien apporter de nouveau) car, ajoute-t-il le 29-11, pour &#034;ceux qui n'ont pas perdu tout bon sens, en France en 1945 le prol&#233;tariat, &#224; notre connaissance, ne s'est pas encore empar&#233; de la puissance publique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, Thorez, Billoux, Tillon, Croizat, Paul, si vous n'avez pas pris le pouvoir, vous n'avez donc pris que des portefeuilles minist&#233;riels ! Cela n'est pas le moins du monde un fait nouveau dans l'histoire de la classe ouvri&#232;re. Pourquoi vous en faites-vous un honneur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant le &#034;communiste&#034; Thorez occupe le poste &#034;&#233;minent&#034; de ministre d'Etat (qu'il partage avec 3 autres), en 1936 d&#233;j&#224;, le &#034;socialiste&#034; Blum (se r&#233;clamant aussi de la classe ouvri&#232;re) &#233;tait Premier Ministre. (Lui aussi affirme que ce n'est pas de sa faute si son gouvernement &#034;n'a rien innov&#233;&#034;). Quand Blum, Dormoy, Auriol accept&#232;rent de servir de paravent au gouvernement bourgeois, le minist&#233;rialisme des Viviani, Millerand, Albert Thomas, Briand avait d&#233;j&#224; fait entrer ceux-ci d&#233;finitivement dans l'histoire de la classe ouvri&#232;re sous le nom de ren&#233;gats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher sur les traces des ren&#233;gats et consid&#233;rer cela comme un honneur !... Faut-il regarder ces gens comme des nouveaux-n&#233;s en politique qui ne savent ce qu'ils font, ou l'abondance de sin&#233;cures de ministres, de sous-secr&#233;taires d'Etat, de chefs de cabinet, etc... a-t-elle le don de les frapper d'un aveuglement particulier, &#034;politique&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#233;rialisme bourgeois des repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re a toujours &#233;t&#233; une faillite, une source de trahison, &#224; commencer par l'exp&#233;rience de Louis Blanc en 1848. Car la &#034;puissance publique&#034; dont parle Herv&#233;, le pouvoir, ce ne sont pas les ministres qui le d&#233;tiennent, mais l'Etat, c'est-&#224;-dire la machine bureaucratique et militaire de la bourgeoisie, d&#233;pendant d'elle dans tous les domaines (arm&#233;e permanente, police, bureaucratie, clerg&#233;, magistrature).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a 10 mois encore, Thorez disait dans son discours d'Ivry (le 21-1-45) : &#034;Les Bureaux ! ce n'est pas seulement le sommet de la hi&#233;rarchie administrative. C'est aussi et surtout la mainmise de certains cercles privil&#233;gi&#233;s sur les leviers de commande&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la m&#234;me &#233;poque, le &#034;socialiste&#034; Le Troquer se &#034;plaignait&#034; que les dispositions prises par lui au moment o&#249; il &#233;tait ministre de la Guerre &#233;taient appliqu&#233;es ou non au bon plaisir des &#034;Bureaux&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Laval qui s'est am&#232;rement exclam&#233; &#224; son proc&#232;s : &#034;Un premier ministre, c'est moins qu'un procureur g&#233;n&#233;ral !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les minist&#232;res de coalition les repr&#233;sentants ouvriers, m&#234;me s'ils &#233;taient de bonne foi, n'ont servi que de paravent au Gouvernement bourgeois, de paratonnerre contre l'indignation populaire, d'instrument de duperie des masses, pour endormir leur conscience en leur cachant par leur pr&#233;sence, la v&#233;ritable nature de l'Etat bourgeois. Pour le reste ils sont impuissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la grande vague ouvri&#232;re de 1936, le bourgeois Sarraut a d&#233;sign&#233; l'alliance avec les chefs &#034;communistes&#034; et &#034;socialistes&#034; (le Front Populaire) comme une &#034;soupape de s&#251;ret&#233; du r&#233;gime&#034;, une soupape de s&#251;ret&#233; contre le mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la bourgeoisie attend des chefs &#034;ouvriers&#034; de nombreux services. Le Parisien Lib&#233;r&#233; &#233;crit (22-11) : &#034;Le Parti communiste se trouve d&#233;tenir les principaux leviers de commande de l'&#233;conomie fran&#231;aise... L'effort auquel il s'est livr&#233; depuis des mois, et non sans succ&#232;s, aupr&#232;s des travailleurs pour augmenter le rendement pourra s'exercer &#224; plein&#034;. Et La Voix de Paris (23-11) : &#034;La remise aux Communistes des grands portefeuilles &#233;conomiques suscite des esp&#233;rances, ceux-ci s'&#233;tant toujours montr&#233;s ardents partisans de la formule &#034;remettre la France au travail&#034;. La bourgeoisie attend de la part des chefs staliniens l'utilisation de leur influence pour rejeter comme jusqu'&#224; maintenant sur la classe ouvri&#232;re le fardeau de la mis&#232;re et du travail de for&#231;ats au compte des capitalistes sous le pr&#233;texte de la reconstruction. Les chefs du P.C.F. s'&#233;l&#232;vent-ils contre ces affirmations ? Tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la Chambre des D&#233;put&#233;s, le 19-11, Duclos donne ses &#233;tats de service : &#034;Nous avons redonn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re le sens national... nous avons men&#233; campagne pour le d&#233;sarmement des groupes arm&#233;s (ouvriers) et pour la production&#034;. Et le 23-11 il se r&#233;jouissait de la formation du nouveau gouvernement, car &#034;ceux qui ont &#233;t&#233; &#224; la pointe du combat pour lib&#233;rer la patrie sont indispensables &#224; sa reconstruction... Hier, le devoir &#233;tait de combattre, aujourd'hui il est de travailler, travailler et encore travailler&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que la bourgeoisie attend des repr&#233;sentants tra&#238;tres de la classe ouvri&#232;re. A ce prix ils auront des Minist&#232;res, des portefeuilles, des sin&#233;cures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ces repr&#233;sentants &#034;ouvriers&#034; voulaient porter la moindre atteinte aux privil&#232;ges des capitalistes ou de leur Etat, s'ils essayaient de le faire, la collaboration gouvernementale deviendrait du coup impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la crise, Herv&#233; n'&#233;crivait-il pas dans L'Humanit&#233; du 19-11 que De Gaulle, &#034;g&#233;n&#233;ral &#233;lev&#233; par les j&#233;suites&#034;, n'avait &#034;abandonn&#233; aucun de ses pr&#233;jug&#233;s&#034;, c'est-&#224;-dire de sa haine contre les masses travailleuses, &#034;ni aucune de ses solidarit&#233;s&#034;, c'est-&#224;-dire de sa solidarit&#233; avec la classe des riches ? Si les repr&#233;sentants ouvriers voulaient porter la moindre atteinte aux privil&#232;ges de nos exploiteurs afin de soulager nos mis&#232;res, ils seraient oblig&#233;s d'entrer dans une lutte ouverte contre eux et leur Etat. En collaborant avec les ennemis de la classe ouvri&#232;re, ils ne font donc que la tromper et la trahir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais puisque ces repr&#233;sentants &#034;ouvriers&#034; agissent en ren&#233;gats et ne veulent pas se d&#233;tacher de la bourgeoisie, c'est les travailleurs qui se d&#233;tacheront d'eux pour se tourner vers les ouvriers r&#233;volutionnaires. Si les ouvriers r&#233;volutionnaires ne sont pas aujourd'hui repr&#233;sent&#233;s dans le Parlement bourgeois, ils le sont dans les usines et les chantiers o&#249; ils luttent pour la cause des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement des &#233;v&#233;nements que nous vivons depuis le mouvement ouvrier bris&#233; par Thorez en 1936, la d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole et la deuxi&#232;me guerre mondiale, montre que les masses laborieuses ne pourront s'arracher &#224; l'&#233;treinte de la mis&#232;re, aux d&#233;solations de la guerre capitaliste toujours renaissante, au joug de nos exploiteurs, qu'&#224; la condition de prendre conscience du r&#244;le de trahison jou&#233; par les ren&#233;gats de la classe ouvri&#232;re, de repousser toute conciliation avec la bourgeoisie et de passer aux c&#244;t&#233;s des ouvriers r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les ouvriers r&#233;volutionnaires soutenus par la lutte des masses travailleuses, pourront r&#233;aliser la main-mise du peuple sur les richesses &#233;conomiques et les leviers de commande pour les faire fonctionner au profit de tous, r&#233;aliser les r&#233;formes indispensables &#224; la vie &#233;conomique, garantir la libert&#233;, et pr&#233;server l'humanit&#233; de nouvelles guerres en brisant le pouvoir des capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LA CRISE GOUVERNEMENTALE ET SES ENSEIGNEMENTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Maintenant nous allons combattre&#034;, s'est exclam&#233; une ouvri&#232;re membre du P.C.F., quand &#233;clata le conflit entre De Gaulle et les chefs staliniens au sujet de la r&#233;partition des portefeuilles minist&#233;riels.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La crise de gouvernement... pourrait, si l'on n'y prenait garde, se transformer ais&#233;ment en crise de r&#233;gime&#034;, disait au m&#234;me moment Le Monde (18-11) en parlant au nom de la bourgeoisie. Mais &#034;il est encore possible de recoudre, de former, sous la m&#234;me direction, que nous estimons irrempla&#231;able, un gouvernement efficace et homog&#232;ne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'attente de l'ouvri&#232;re, qui exprimait le sentiment de la majorit&#233; des travailleurs qui avaient vot&#233; &#224; gauche, mais le voeu de la bourgeoisie qu'ont satisfait les Thorez et les Duclos.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; avant la crise, nous &#233;crivions : &#034;Malgr&#233; leurs vantardises (au sujet d'un gouvernement &#224; majorit&#233; socialiste et communiste), les chefs du P.C.F. ne pourront qu'entrer dans le gouvernement De Gaulle et plier l'&#233;chine&#034; (Lutte de Classes 14-11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#034;conflit&#034; entre Thorez et De Gaulle a pleinement confirm&#233; la d&#233;pendance des chefs staliniens vis-&#224;-vis de celui-ci. Malgr&#233; &#034;d'exigeantes&#034; imp&#233;ratives concernant l'Int&#233;rieur, la Diplomatie ou la Guerre, ils sont entr&#233;s dans un minist&#232;re De Gaulle pour y occuper les places que la bourgeoisie en ce moment a grand int&#233;r&#234;t &#224; voir occuper par des &#034;repr&#233;sentants ouvriers&#034; : Economie Nationale, Production Industrielle, Travail, Armement. Autant de postes de contrema&#238;tres pour pousser &#224; la production.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les repr&#233;sentants de la bourgeoisie ont accept&#233; de &#034;recoudre&#034; en faisant de Thorez un des 4 ministres d'Etat, et les bureaucrates staliniens ont pli&#233; l'&#233;chine, pour les m&#234;mes raisons : &#034;En m&#234;me temps que les ouvriers se montrent de plus en plus d&#233;cid&#233;s &#224; opposer leurs propres partis et leurs propres solutions &#224; la bourgeoisie, la r&#233;action bourgeoise s'est &#233;galement renforc&#233;e, et ce renforcement des tendances extr&#234;mes &#8211; prol&#233;tarienne et r&#233;actionnaire &#8211; ne peut que h&#226;ter le conflit entre les deux camps. C'est pour retarder &#224; tout prix ce d&#233;nouement, que les bureaucrates ouvriers se r&#233;fugient derri&#232;re l'arbitrage de De Gaulle&#034; (Lutte de Classes 14-11).&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce refuge pour l'imm&#233;diat n'est qu'un pi&#232;ge pour l'avenir&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la crise, la &#034;Constituante&#034; quoique r&#233;guli&#232;rement &#233;lue, s'est av&#233;r&#233;e aussi d&#233;nu&#233;e de pouvoirs que la pr&#233;c&#233;dente &#034;Consultative&#034; choisie par De Gaulle. C'est la police et l'arm&#233;e qui sont entr&#233;es en sc&#232;ne pour paralyser la classe ouvri&#232;re et faire pression sur les chefs staliniens ; ce sont les bandes fascistes qui ont manifest&#233; et qui depuis ont commenc&#233; &#224; s'attaquer aux meetings de gauche. De Gaulle lui-m&#234;me, en d&#233;clarant que la police est la sauvegarde de la politique ext&#233;rieure, a fait ouvertement l'apologie d'un Etat purement policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise n'est qu'ajourn&#233;e par la soumission des chefs staliniens. Mais que nous enseigne un pass&#233; dont on peut encore se rappeler la le&#231;on ? Il a suffi qu'en septembre 1939 le Parti stalinien d&#233;clare ouvertement son opposition &#224; la politique ext&#233;rieure de Daladier (au moment du pacte germano-sovi&#233;tique et de la guerre franco-allemande), pour que le Parti stalinien, alors d&#233;j&#224; grand parti de masse, animateur d'un &#034;Front populaire&#034; o&#249; participait le m&#234;me Daladier, se trouve du jour au lendemain en butte &#224; une r&#233;pression sauvage uniquement au moyen de l'Etat dont disposait Daladier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la politique ext&#233;rieure (&#034;bloc occidental&#034;) ou int&#233;rieure de la bourgeoisie exigeait que les chefs staliniens soient chass&#233;s du Gouvernement et poursuivis, ce ne sont pas les 5 millions de votes qui pourraient l'emp&#234;cher. En Allemagne aussi les Partis &#034;socialiste&#034; et &#034;communiste&#034; avaient eu la majorit&#233; des votes dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique des chefs staliniens nous m&#232;ne &#224; la catastrophe, comme leur politique du &#034;Front populaire&#034; nous avait men&#233;s &#224; la catastrophe en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les fascistes manifestent &#224; la Concorde et au Quartier Latin, ils s'attaquent d&#233;j&#224; aux vendeurs des journaux d'extr&#234;me-gauche (attaque contre les vendeurs anarchistes &#224; St-Lazare), demain ils viendront attaquer les usines lors des gr&#232;ves et les locaux ouvriers. La t&#226;che principale est donc de faire l'unit&#233; prol&#233;tarienne contre le fascisme et organiser des groupes de d&#233;fense prol&#233;tariens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut forger l'unit&#233; prol&#233;tarienne dans des &#034;parlements&#034; de classe d'usines et de quartiers, &#233;lus par tous les travailleurs en lutte contre le fascisme. C'est ainsi que les ouvriers pourront &#233;prouver sous leurs yeux chaque Parti, chaque tendance prol&#233;tarienne, chaque fraction. C'est ainsi qu'ils pourront trouver de nouveaux &#233;l&#233;ments d&#233;vou&#233;s &#224; leur classe et qu'ils commenceront la lutte pour un gouvernement ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/ldc55_120145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN C.C. D'UNION SACREE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; Central du Parti Communiste Fran&#231;ais s'est r&#233;uni le 21 janvier en pr&#233;sence des &#034;notabilit&#233;s&#034; et des &#034;hauts&#034; fonctionnaires du Parti. Le but de cette r&#233;union appara&#238;t clairement dans l'intervention de Monsieur Thorez (que nous appelons ainsi suivant la consigne du Parti de ne plus tutoyer les &#034;grands&#034; camarades) : en finir une fois pour toutes avec les illusions d&#233;mocratiques qui subsistent encore parmi les militants communistes et dans la masse de ceux qui sympathisent avec le Parti, qui croient encore que le Parti lutte sur les deux fronts &#224; la fois, la guerre contre le fascisme &#224; l'ext&#233;rieur, la lutte pour la d&#233;mocratisation du r&#233;gime &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces illusions cr&#233;ent des difficult&#233;s au gouvernement qui, tout en pr&#233;tendant mener &#224; l'ext&#233;rieur une guerre antifasciste, m&#232;ne &#224; l'int&#233;rieur une action tout &#224; fait anti-d&#233;mocratique. Il exige des chefs staliniens un soutien sans conditions (c'est-&#224;-dire une capitulation compl&#232;te). Ceux-ci, en soutenant la guerre du gouvernement, ne peuvent pas ne pas se soumettre &#224; toutes ses exigences. C'est pourquoi Thorez ne pouvait pas parler autrement qu'il l'a fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1937, r&#233;pondant aux staliniens qui pr&#233;paraient alors leur union sacr&#233;e pour la pr&#233;sente guerre, sous pr&#233;texte de d&#233;fendre la &#034;d&#233;mocratie&#034; contre le fascisme en r&#233;gime capitaliste, Trotsky avertissait : &#034;une victoire de la France... sur l'Allemagne... pourrait signifier... la transformation de la France en un Etat fasciste, parce que pour &#234;tre victorieux d'Hitler il est n&#233;cessaire d'avoir une machine militaire monstrueuse et les tendances fascistes en France sont maintenant puissantes. Une victoire pourrait signifier la destruction du fascisme en Allemagne et l'&#233;tablissement du fascisme en France&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Tout pour la guerre&#034;, lan&#231;ait l'autre jour Thorez, et il ajoutait comme conclusion absolument n&#233;cessaire : &#034;la s&#233;curit&#233; publique doit &#234;tre assur&#233;e par les forces r&#233;guli&#232;res de police constitu&#233;es &#224; cet effet. Les gardes civiques et d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous les groupes arm&#233;s irr&#233;guliers, ne doivent pas &#234;tre maintenus plus longtemps&#034;. C'est la condamnation par le responsable du Parti, des groupements form&#233;s sous l'occupation et qui, dans l'esprit des travailleurs, devaient pr&#233;cis&#233;ment non seulement vaincre l'occupant, mais surtout, par leur structure d&#233;mocratique, &#233;manciper le peuple des vieilles puissances d'oppression qui seules ont provoqu&#233; les malheurs qui se sont abattus sur la France depuis 1939. C'est la condamnation de ces milices dont le d&#233;sarmement, il y a quelques semaines seulement, avait &#233;t&#233; qualifi&#233; par Duclos (autre &#034;grand&#034; camarade du PC) de &#034;coup de force gouvernemental&#034;. Et cette police charg&#233;e de la &#034;s&#233;curit&#233; publique&#034; c'est toujours celle qu'&#224; plusieurs reprises l'Humanit&#233; elle-m&#234;me a d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233;e comme &#233;tant compos&#233;e pour 95% d'&#233;l&#233;ments vichyssois, c'est-&#224;-dire r&#233;actionnaires et pro-fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tant De Gaulle, Thorez dit : &#034;Nous ne manquons pas d'officiers de valeur, y compris ceux qui ont pu se laisser abuser un certain temps par P&#233;tain&#034;. Quelques jours apr&#232;s ce discours, la direction des FFI aupr&#232;s du Minist&#232;re de la Guerre est cong&#233;di&#233;e... Pourquoi l'Humanit&#233; s'indigne-t-elle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi cette guerre soi-disant d&#233;mocratique &#224; l'ext&#233;rieur, se traduit &#224; l'int&#233;rieur par l'abandon de tout le pouvoir au vieil Etat oppresseur, l'Etat des 200 familles qui se sert de Thorez pour paralyser les masses au nom de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. On comprend donc que &#034;les journaux de diverses nuances louent volontiers la sagesse, le sens politique... du porte-parole du PC&#034; comme dit Cachin dans l'Huma du 25/1 ; seulement le journal qui manifeste le plus son accord avec Thorez, c'est Le Monde, justement d&#233;nonc&#233; par l'Huma comme la reconstitution du Temps, organe du Comit&#233; des Forges. On a les amis que l'on m&#233;rite !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comme tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs, Thorez, pour masquer sa trahison, joue au r&#233;aliste. Il affirme que ce qui le pr&#233;occupe c'est &#034;gagner la guerre au plus vite&#034; (cette guerre de 30 ans !), &#034;faire en sorte que revienne bient&#244;t... le lait pour nos petits, le pain pour nos vieux, le verre de vin pour tous&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette promesse &#233;lectorale du verre de vin pour tous rel&#232;ve de la plus basse d&#233;magogie. Car tous les politiciens promettent le bonheur au peuple ; mais par quels moyens, par quelles mesures pr&#233;cises l'obtenir ? Thorez condamne la r&#233;volution. Mais que pr&#233;conise-t-il ? &#034;La confiscation des biens des tra&#238;tres&#034;. Mais ce n'est l&#224; qu'une phrase d&#233;magogique, parce qu'adress&#233;e au gouvernement de la bourgeoisie ; de m&#234;me que la &#034;punition des coupables&#034;. M&#234;me si cette mesure &#233;tait appliqu&#233;e (mais elle ne peut pas l'&#234;tre), elle ne changerait en rien l'&#233;tat des choses. Le peuple a &#233;t&#233; marchand&#233;, exploit&#233;, saign&#233; pendant cinq ans par toute la bourgeoisie, sous Daladier, sous l'occupation et maintenant. Sans l'expropriation de celle-ci, les b&#233;b&#233;s continueront &#224; mourir de froid dans les maternit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez s'&#233;l&#232;ve contre &#034;ceux qui ont constamment &#224; la bouche le mot de r&#233;volution&#034;. C'est ce que les socialistes de trahison (de la II&#232;me Internationale) reprochaient pr&#233;cis&#233;ment aux communistes apr&#232;s la scission de Tours en 1921. Mais peut-&#234;tre Thorez, plus heureux que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, serait-il en train d'obtenir des r&#233;formes am&#233;liorant le sort des masses dans le cadre du r&#233;gime capitaliste, r&#233;formes que les exc&#232;s r&#233;volutionnaires (de langage !) risqueraient de mettre en danger ? Pas plus que les socialistes de trahison de la II&#232;me Internationale, Thorez n'a le moindre programme de r&#233;formes pour am&#233;liorer la situation des classes laborieuses en face d'une bourgeoisie gorg&#233;e de profits. Pour son malheur, ce sont au contraire les r&#233;volutionnaires qui, en m&#234;me temps qu'ils expliquent inlassablement aux travailleurs que sans r&#233;volution ils sont vou&#233;s &#224; l'&#233;crasement complet par les capitalistes, d&#233;fendent aussi inlassablement les travailleurs sur le terrain &#233;conomique &#224; l'usine (en opposant au &#034;travailler d'abord, revendiquer ensuite&#034; des chefs staliniens la lutte pour l'augmentation des salaires, la r&#233;glementation de la journ&#233;e de travail, le contr&#244;le ouvrier, etc...) et luttent pour les droits d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires (droits politiques pour le soldat, libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, la r&#233;partition du papier &#224; chaque groupe de citoyens constitu&#233;, etc...) Contrairement &#224; ce qu'affirme Thorez, seule la lutte r&#233;volutionnaire peut produire des r&#233;sultats pratiques, m&#234;me partiels. Comme les socialistes-jaunes, Thorez s'&#233;l&#232;ve contre la R&#233;volution pour masquer l'appui total qu'il donne aux capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directives de Thorez ont produit dans la masse communiste (militants, jeunesses, sympathisants) des r&#233;actions dont la moindre est &#034;l'&#233;tonnement&#034;. Mais il n'y a rien d'&#233;tonnant dans la politique de Thorez. C'est au contraire la seule attitude logique, car qui veut la fin veut les moyens. Si on pr&#234;che la guerre sous la domination des 200 familles, il faut leur donner l'assurance qu'il ne sera pas touch&#233; &#224; leurs privil&#232;ges. Les 200 familles ne se contentent pas d'assurances verbales : il leur faut la certitude mat&#233;rielle, la disposition &#224; l'int&#233;rieur d'instruments qui garantissent leur domination, la police, l'administration, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thorez reconna&#238;t dans son discours (il ne peut faire autrement) que le ma&#238;tre du pays ce sont les Bureaux (&#034;les bureaux ! Ce n'est pas seulement le sommet de la hi&#233;rarchie administrative. C'est aussi et surtout la mainmise de certains cercles privil&#233;gi&#233;s sur les leviers de commande&#034;). Il ajoute cependant que personne, m&#234;me pas les Comit&#233;s de Lib&#233;ration, ne doit s'immiscer dans leur sph&#232;re d'action. C'est seulement &#224; ce prix que la bourgeoisie consent &#224; l'union sacr&#233;e, c'est-&#224;-dire accepte les services des bureaucrates ouvriers pour la d&#233;fense de ses coffres-forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bureaucrates savent que la bourgeoisie t&#244;t ou tard se d&#233;barrassera d'eux. Mais que faire ? On ne peut pas &#224; l'infini faire semblant d'avoir une politique r&#233;volutionnaire tout en freinant la r&#233;volution. Car &#224; la longue les masses passeraient outre et les bureaucrates seraient d&#233;bord&#233;s. Or la r&#233;volution signifie pour eux la perte de leurs positions dirigeantes, car, engraiss&#233;s, styl&#233;s, pommad&#233;s, dress&#233;s, ils sont &#224; mille lieues de la mentalit&#233; des masses et seraient rejet&#233;s par leur mouvement d&#233;ferlant pour construire un monde nouveau. L'union sacr&#233;e assure aux bureaucrates des postes minist&#233;riels et politiques dans l'appareil de la bourgeoisie et ils esp&#232;rent durer aussi longtemps que la patience des masses supportera le r&#233;gime d'exploitation capitaliste ; ces bureaucrates infatu&#233;s sont convaincus, dans leur haute sagesse, que &#034;le peuple est b&#234;te&#034; et qu'il patientera longtemps, pour leur plus grand bonheur &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les masses comprennent maintenant tr&#232;s rapidement la situation. Elles ont la terrible exp&#233;rience de cinq ann&#233;es de guerre. La nouvelle union sacr&#233;e ne les encha&#238;ne plus sans r&#233;sistance au service de la bourgeoisie. L'appel aux sacrifices de la part de bureaucrates chauff&#233;s qui donnent en exemple L&#233;ningrad (L&#233;ningrad o&#249; en 1917 les ouvriers ont renvers&#233; les capitalistes !), les laisse compl&#232;tement froids, si on peut s'exprimer ainsi. Les masses sont pr&#234;tes &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel de d&#233;fenseurs hardis, r&#233;volutionnaires, capables de les guider effectivement dans la situation terrible o&#249; elles se trouvent et de trouver une issue. Ces d&#233;fenseurs, les r&#233;volutionnaires, augmentent tous les jours en nombre. Car la lutte des militants de la IV&#232;me Internationale pour rassembler en un Parti capable de conduire les travailleurs vers la lib&#233;ration de classe, rencontre un grand &#233;cho dans la masse communiste trahie par ses chefs bureaucrates. C'est pourquoi Marty met en garde le Parti contre &#034;les infiltrations id&#233;ologiques ennemies&#034;. Mais quelle id&#233;ologie peut s'infiltrer et trouver acc&#232;s aupr&#232;s des militants communistes, sinon le trotskysme, car le trotskysme c'est le communisme v&#233;ritable. Et dans le PCF d'union sacr&#233;e, le communisme ne s'est pas encore effac&#233; du c&#339;ur de tous les militants. Si des chefs &#224; la Cachin, qui d'ailleurs continue sa besogne de 14-18, n'ont plus de communiste que le nom, la masse du Parti, les militants de base restent communistes. Voil&#224; pourquoi les chefs staliniens sont oblig&#233;s de lutter constamment contre les &#034;infiltrations&#034; id&#233;ologiques, c'est-&#224;-dire le communisme des militants de base du PCF. Effray&#233;s par cet &#233;tat d'esprit, les chefs staliniens utilisent dans la lutte contre le trotskysme, c'est-&#224;-dire le communisme, toutes les m&#233;thodes, qui commencent &#224; la calomnie et finissent par le crime. Et pourtant les chefs de l'union sacr&#233;e n'arr&#234;teront pas pour cela leur chute. Maintenant que la roue de l'histoire tourne autrement, maintenant que la conscience r&#233;volutionnaire des militants honn&#234;tes et des masses se d&#233;veloppe &#224; un rythme acc&#233;l&#233;r&#233;, ces m&#233;thodes ne feront que pr&#233;cipiter leur chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une promesse d'unit&#233; entre le PC et le PS les bureaucrates pensent pouvoir cacher leur faillite. Mais les bureaucrates du PC, de m&#234;me que ceux du PS, si nombreux qu'ils soient par rapport aux r&#233;volutionnaires, ne repr&#233;sentent que les int&#233;r&#234;ts d'une tr&#232;s &#233;troite couche dans le prol&#233;tariat : l'aristocratie ouvri&#232;re. Par contre, les militants de la IV&#232;me Internationale repr&#233;sentent les int&#233;r&#234;ts de classe de l'&#233;crasante majorit&#233; non seulement des ouvriers, mais de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s en France. Les ouvriers prennent conscience de plus en plus vite de ce fait, et, que nous ayons ou pas une union des bureaucrates, nous marchons d&#233;j&#224; vers une nouvelle scission de Tours, c'est-&#224;-dire la s&#233;paration de tous les communistes et socialistes v&#233;ritables du PC et du PS C'est seulement cette scission qui permettra aux masses travailleuses d'avoir enfin un instrument de d&#233;fense et de victoire sur les exploiteurs, c'est-&#224;-dire le Parti Communiste, section fran&#231;aise de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/01/ldc43_013045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les ouvriers doivent-ils r&#233;pondre au mot d'ordre : &#034;PRODUIRE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; vante l'enthousiasme des ouvriers pour le mot d'ordre &#034;produire&#034; : ceux-ci renoncent aux vacances, acceptent de travailler 12 heures par jour, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; laisse ainsi croire qu'&#224; l'heure actuelle la production est fonction de l'effort des ouvriers, et d&#233;forme la r&#233;alit&#233; que tout ouvrier conna&#238;t du reste : &#224; savoir qu'&#224; l'abri du mot d'ordre produire ; lanc&#233; par nos social-chauvins, le patronat sape et sabote la production &#224; travers son principal &#233;l&#233;ment : la main d'&#339;uvre. Le r&#233;gime de surveillance et de surexploitation instaur&#233; (on nous signale des cas d'ouvriers s'effondrant sur leur machine au milieu du travail) ram&#232;ne la classe ouvri&#232;re, malgr&#233; l'existence de &#034;lois sociales&#034; et de la C.G.T., au moins 100 ans en arri&#232;re. A une conf&#233;rence syndicale des usines Citro&#235;n du 15-9, un d&#233;l&#233;gu&#233; ouvrier s'est exprim&#233; ainsi : &#034;Produire ? Aux ouvriers qui avaient fait le maximum, la direction a fait descendre le chronom&#233;treur, et a diminu&#233; les temps (c'est-&#224;-dire le prix du temps n&#233;cessaire &#224; la fabrication d'une pi&#232;ce) ; produire cela nous laisse sceptiques.&#034; Un autre d&#233;clare : &#034;Il n'y a pas de production &#224; cause du nombre de parasites&#034;. Et encore : &#034;Tout en travaillant honn&#234;tement, il est impossible de gagner sa vie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que les ouvriers de l'opposition syndicale (Citro&#235;n), avec l'approbation de tous les ouvriers du rang, ont pos&#233; de la mani&#232;re suivante, la seule r&#233;aliste et conforme aux int&#233;r&#234;ts du pays, le probl&#232;me de la production :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;1&#176; Le journal de la section syndicale officielle affirme que nous travaillons pour produire des ambulances, des cars pour le transport, des camions pour le ravitaillement. Qu'on nous dise : combien d'ambulances sont sorties de chez Citro&#235;n dans le dernier exercice, combien de cars et quelles lignes ont &#233;t&#233; r&#233;tablies gr&#226;ce &#224; l'effort de notre usine ? Dans quelle mesure avons-nous contribu&#233; &#224; l'am&#233;lioration du ravitaillement, et en particulier au ravitaillement de la C.A.P.U.C. qui nous int&#233;resse directement ? Quel est le plan de production de la firme Citro&#235;n ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Car nous savons que jusqu'&#224; ce jour, nous avons surtout travaill&#233; &#224; r&#233;nover des moteurs am&#233;ricains et que les autres commandes sont destin&#233;es &#224; l'arm&#233;e. La Vie Ouvri&#232;re nous indique que 850 camions et 400 tractions-avant pour militaires sont pr&#233;vus pour septembre. D'autre part le programme de fabrication de Citro&#235;n porte sur la voiture touriste dont on &#233;tudie les prototypes actuellement. Nous voudrions conna&#238;tre exactement le r&#244;le de cette voiture dans le rel&#232;vement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;2&#176; Le journal syndical pr&#233;tend que nous ne travaillons pas pour les profits de M. Boulanger. Nous demandons &#224; la section syndicale, qui par l'interm&#233;diaire du comit&#233; d'entreprise nous dit avoir contact avec tous les groupements de l'automobile, qu'elle nous donne une statistique, ne f&#251;t-ce qu'officielle, des b&#233;n&#233;fices de la firme Citro&#235;n. Qu'elle nous prouve que l'augmentation de notre rendement ne se fera pas au profit de Boulanger !...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Car si les b&#233;n&#233;fices des capitalistes n'augmentent pas, comment expliquer la baisse du standard de vie des ouvriers, l'augmentation des prix du lait, du beurre, du vin, de l'&#233;lectricit&#233;, etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;3&#176; Puisqu'on reproche aux ouvriers les 5+5+5 minutes de perdues dans la journ&#233;e, nous demandons pourquoi il existe dans la r&#233;gion parisienne 75% d'improductifs pour 25% d'ouvriers productifs ? Comment est faite entre les ouvriers existants, la r&#233;partition des heures de travail, et pourquoi demande-t-on aux ouvriers de faire 54 heures pendant qu'il y a encore des ch&#244;meurs ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont l&#224; des questions pr&#233;cises que les ouvriers peuvent poser pour toutes les branches de production, dans toutes les usines. C'est le meilleur moyen de mettre au pied du mur les fonctionnaires syndicaux bureaucratis&#233;s, les socialo-staliniens, et de d&#233;masquer leur politique anti-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc52_092745.htm#comment&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/09/ldc52_092745.htm#comment&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CLASSE OUVRIERE SANS DIRECTION REVOLUTIONNAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affubl&#233; d'une peau de lion, un personnage d'une pi&#232;ce de Shakespeare dit aux spectateurs : &#034;...sous cette peau de lion ce n'est que moi, Snug, le menuisier ; car si j'&#233;tais venu comme un lion irrit&#233; dans ce lieu, ma vie courrait de grands dangers&#034;. Le na&#239;f artisan, qui joue pour la premi&#232;re fois la com&#233;die, craint que son d&#233;guisement ne le mette en danger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs du P.C.F., quoique vieux com&#233;diens nullement na&#239;fs, habitu&#233;s &#224; tromper le public, montrent cependant la m&#234;me crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la campagne &#233;lectorale, ils avaient &#8211; en paroles &#8211; rev&#234;tu la peau du lion populaire pour combattre le nouveau Bonaparte et le M.R.P., supp&#244;t de la r&#233;action capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine les &#233;lections finies, ils se sont mis &#224; braire, avec leurs &#034;adversaires&#034; de la veille, leur amour pour &#034;du neuf et du raisonnable&#034; cher &#224; De Gaulle, au Monde, au Figaro, et leur reconnaissance au g&#233;n&#233;ral (dans L'Huma du 4 novembre, les &#233;lus staliniens du Conseil g&#233;n&#233;ral de la Seine &#034;renouvellent l'expression de leur confiance et de leur gratitude au g&#233;n&#233;ral De Gaulle&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs du P.C.F. ont une peur mortelle que les masses laborieuses, ayant pr&#233;sents &#224; l'esprit non pas leurs reniements r&#233;p&#233;t&#233;s, mais leurs paroles de la veille, les contraignent &#224; lutter effectivement &#034;en lion irrit&#233;&#034; contre Badinguet-De Gaulle, contre le M.R.P., pour la refonte de l'&#233;conomie au service des classes laborieuses, lutte dans laquelle leurs postes, leur tranquillit&#233; de bureaucrates engraiss&#233;s, plus m&#234;me que leur vie, &#034;courraient de grands dangers&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les craintes de Snug sont imaginaires, celles de Thorez ne sont que trop fond&#233;es, car :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; d'une part, la grosse majorit&#233; des 5 millions de votants n'ayant pas encore &#034;compris&#034; les manoeuvres des chefs du P.C.F., patiente actuellement, mais entend voir les actes suivre les paroles ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; d'autre part, un grand nombre d'ouvriers n'ont vot&#233; pour le P.C.F. que pour ne pas voter pour le M.R.P. ou le P.S. ; mais ils sont d&#233;j&#224; conscients qu'ils sont trahis et cherchent une nouvelle direction prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela semble contredit par le fait qu'un Parti qui s'est pr&#233;sent&#233; comme cette nouvelle direction prol&#233;tarienne, le Parti Communiste Internationaliste, n'a recueilli que 8.200 voix dans le premier secteur de Paris. Mais ce Parti est apparu plut&#244;t comme du stalinisme incons&#233;quent, que r&#233;volutionnaire cons&#233;quent. Car, comme le P.C.F., il a particip&#233; au pl&#233;biscite p&#233;tainiste en votant Oui-Non, au lieu d'appeler les ouvriers &#224; le boycotter pour se mobiliser contre le complot de De Gaulle ; comme les chefs du P.C.F., ses dirigeants ont sem&#233; les pires illusions au sujet du Parlement bourgeois en faisant croire que cet instrument d'oppression bourgeois peut &#234;tre transform&#233; en un organe d&#233;mocratique pour les travailleurs ; tout comme les chefs du P.C.F., ils ont dit aux ouvriers que ceux-ci pouvaient contr&#244;ler le Parlement de la bourgeoisie, et comme eux &#233;galement ils ont r&#233;clam&#233; la r&#233;vocabilit&#233; des d&#233;put&#233;s &#233;lus par le suffrage universel, alors que des d&#233;put&#233;s r&#233;vocables &#224; tout instant ne sont possibles que dans un syst&#232;me sovi&#233;tique, celui des Comit&#233;s &#233;lus par les masses en lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, pour dire cela, le &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; Thorez a infiniment plus de poids que le &#034;secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral&#034; Demazi&#232;re , du P.C.I. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peu de voix qui sont all&#233;es au P.C.I. ne d&#233;ment en rien le d&#233;go&#251;t de larges masses prol&#233;tariennes pour la politique du P.C.F. Cela montre seulement que la classe ouvri&#232;re n'a pas encore de nouvelle direction r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;GOUVERNEMENT P.C.F.-P.S.-C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'exp&#233;rience &#233;lectorale n'a rien appris au P.C.I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son organe La V&#233;rit&#233; (le 9-11) appelle &#224; la formation d'un &#034;gouvernement P.C.F., P.S., C.G.T., sans De Gaulle, sans M.R.P., sans Radicaux&#034;, car aux derni&#232;res &#233;lections &#034;le peuple leur a donn&#233; le pouvoir, tout le pouvoir&#034;. Et La V&#233;rit&#233; s'indigne que Thorez et Blum &#034;s'appr&#234;tent &#224; le partager&#034; avec De Gaulle, avec le M.R.P., avec les Radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simple bon sens manque &#224; La V&#233;rit&#233; ! Car si on se base sur les derni&#232;res &#233;lections, le M.R.P. a obtenu presque autant de voix que le P.C.F., et, d'autre part, c'est De Gaulle que le pl&#233;biscite a d&#233;sign&#233; comme futur chef du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, pour tout homme dot&#233; de bon sens, c'est chose claire, pour nos &#233;minents tacticiens de La V&#233;rit&#233;, cela para&#238;t trop simple pour &#234;tre vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le P.C.I., voulant &#224; tout prix d&#233;guiser de simples &#233;lections parlementaires (qui d&#233;cident seulement &#034;quels seront les repr&#233;sentants des classes poss&#233;dantes qui repr&#233;senteront et opprimeront le peuple au Parlement&#034; -L&#233;nine-) en action &#034;r&#233;volutionnaire&#034;, dit des b&#234;tises : car du r&#233;sultat des derni&#232;res &#233;lections on ne peut tirer d'autres conclusions &#034;radicales&#034; que celles de Thorez : &#034;Il faut tenir compte des volont&#233;s du peuple qui a vot&#233; &#224; gauche, former un gouvernement &#224; majorit&#233; socialiste et communiste&#034;. Et l'exp&#233;rience &#233;lectorale des masses donne raison &#224; Thorez et non &#224; La V&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;sultat de ces fantaisies est non seulement que les travailleurs n'y comprennent rien, mais, fait aussi grave, elles conduisent aux pires reniements des v&#233;rit&#233;s &#233;l&#233;mentaires du marxisme : &#034;Le peuple leur a donn&#233; le pouvoir (le 21 octobre)&#034; ! Mais pour cela, il faudrait que le peuple poss&#232;de le pouvoir. Serions-nous d&#233;j&#224;, par hasard, sans nous en &#234;tre aper&#231;us en r&#233;gime prol&#233;tarien ? Comme la bourgeoisie, La V&#233;rit&#233; fait passer les &#233;lections du 21 octobre pour l'expression de la &#034;souverainet&#233; du peuple&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'appareil &#233;tatique actuel, m&#234;me coiff&#233; de ministres communistes et socialistes, ne peut fonctionner que contre le peuple : exemple le gouvernement Blum soutenu &#034;sans &#233;clipse&#034; par Thorez.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement principal du marxisme est bas&#233; sur l'exp&#233;rience de la Commune de Paris qui a montr&#233; que le peuple ne peut pas s'emparer du pouvoir en mettant des pr&#233;fets et des ministres &#034;socialistes&#034; &#224; la t&#234;te des organes bureaucratiques de l'Etat bourgeois. Les r&#233;volutions de 1905 et de 1917 en Russie ont fait surgir pour la premi&#232;re fois la nouvelle forme &#233;tatique du pouvoir des masses ouvri&#232;res : les Comit&#233;s (Soviets), &#034;un pouvoir nouveau &#224; la fois centralis&#233; et pleinement d&#233;mocratique, appuy&#233; sur la lutte directe et sur l'immense force des masses travailleuses&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#034;le peuple&#034;, en la personne de la classe ouvri&#232;re, concentrait ce pouvoir effectif entre ses mains en face de la puissance bourgeoise (police, corps d'officiers, Parlement, Bourse, etc.), si, &#233;lus comme gouvernement du pouvoir ouvrier des Comit&#233;s, les Thorez et les Blum partageaient ce pouvoir ouvrier avec des bourgeois, dans ce cas, leur dire : prenez tout le pouvoir ! ce serait les mettre au pied du mur et d&#233;montrer aux ouvriers qu'ils livrent &#224; la bourgeoisie le pouvoir que les ouvriers lui ont arrach&#233;. Les ouvriers chercheraient alors des repr&#233;sentants plus d&#233;cid&#233;s, pour maintenir leurs conqu&#234;tes et construire la nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pousser les Partis se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re dans la gal&#232;re du gouvernement bourgeois, cela ne servirait qu'&#224; r&#233;p&#233;ter l'exp&#233;rience Blum, qui s'est retourn&#233;e contre la classe ouvri&#232;re au profit de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut lutter pour un gouvernement ouvrier, il ne faut pas mettre les boeufs derri&#232;re la charrue, c'est-&#224;-dire les Socialistes, les communistes et la C.G.T. derri&#232;re la machine de r&#233;pression de la bourgeoisie. Car en r&#233;gime capitaliste, c'est &#224; elle que les masses ont toujours affaire, quel que soit le gouvernement (&#034;le gouvernement passe, la police reste&#034;) ; mais il faut mettre les boeufs devant la charrue, c'est-&#224;-dire atteler les Partis ouvriers au nouveau pouvoir des Comit&#233;s ouvriers. Cela s'appelle Gouvernement des Comit&#233;s ouvriers et paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant mot-d'ordre &#034;P.C., P.S., C.G.T. au pouvoir&#034; sur la base d'&#233;lections contr&#244;l&#233;es par la bourgeoisie n'est qu'un coup de sabre dans l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;QUE VEULENT LES OUVRIERS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manier des mots d'ordre sans contr&#244;ler les sentiments v&#233;ritables de la classe ouvri&#232;re, faire appel aux &#233;tiquettes jaunies du P.C.F., du P.S. et de la C.G.T. pour mobiliser celle-ci, c'est faire montre d'un manque complet de liaison avec les masses ouvri&#232;res : les ouvriers n'ont plus confiance ni dans les &#233;tiquettes, ni dans les promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons le mot d'ordre de &#034;nationalisation&#034; ; l&#224; o&#249; on n'a pas expliqu&#233; aux ouvriers que les nationalisations actuelles ne sont qu'un mensonge, les ouvriers craignent les &#034;nationalisations&#034;, car ils ont constat&#233; que dans les usines &#034;nationalis&#233;es&#034;, le seul changement, c'est qu'ils ont en plus de la garde-chiourme habituelle les dirigeants syndicaux sur leur dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; leur attitude vis-&#224;-vis des Partis, la conclusion la plus r&#233;pandue est celle-ci : &#034;Tous trahissent ! Ceux qui sont fid&#232;les &#233;tant en minorit&#233;, trahiront quand ils deviendront eux-m&#234;mes des dirigeants.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Que doit-on r&#233;pondre, sans aucun embellissement de la v&#233;rit&#233;, aux travailleurs qui commencent &#224; perdre tout espoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;En effet, il est toujours possible que des d&#233;put&#233;s &#034;ouvriers&#034;, une fois &#233;lus au Parlement bourgeois, trahissent ceux qui les ont &#233;lus. Mais si les travailleurs organisent leur propre &#034;Parlement ouvrier ;, c'est-&#224;-dire un Conseil de d&#233;put&#233;s ouvriers, paysans, soldats, d'usine, de quartiers, de village et de r&#233;giment, ils peuvent exercer un contr&#244;le permanent sur leurs &#233;lus et remplacer imm&#233;diatement ceux dont les actes ne correspondent pas &#224; leurs paroles. Les Comit&#233;s ; leur donneraient le moyen non seulement de mettre &#224; l'&#233;preuve les Partis, mais de choisir de nou-veaux repr&#233;sentants qui se r&#233;v&#233;leraient dans la lutte ouvri&#232;re comme les plus clairvoyants et les plus d&#233;vou&#233;s. Les Comit&#233;s ; aboutiraient ainsi non seulement au contr&#244;le, mais &#224; un renouvellement total du personnel politique ouvrier qui, actuellement, sabote la lutte ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie-t-il de la part des ouvriers un effort mille fois plus grand que pendant les &#233;lections, et de tous les jours ? Oui ! Mais les travailleurs ne peuvent pas renoncer &#224; lutter sans se condamner &#224; une existence de plus en plus mis&#233;rable. Et ne font-ils pas au service de la bourgeoisie des sacrifices infiniment plus grands que ceux exig&#233;s pour leur &#233;mancipation politique et sociale ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette lutte, la conscience de millions de prol&#233;taires s'&#233;l&#232;vera au niveau des t&#226;ches &#224; r&#233;soudre. Et sur la base de ses conqu&#234;tes, le prol&#233;tariat sovi&#233;tique de France et du monde sera d&#233;finitivement ma&#238;tre de son destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs conscients profiteront de toutes les luttes ouvri&#232;res pour d&#233;montrer ces v&#233;rit&#233;s aux ouvriers et sur la base d'une exp&#233;rience nouvelle qu'ils feront acqu&#233;rir &#224; tous les travailleurs ils les conduiront VERS LE GOUVERNEMENT DES COMITES D'OUVRIERS ET DE PAYSANS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/ldc54_111445.htm#gouvernement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que disait Barta en 1943 ?</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8831</link>
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		<dc:date>2025-11-13T23:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>IV&#176; Internationale</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Rapport sur l'organisation &lt;br class='autobr' /&gt;
La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot105" rel="tag"&gt;IV&#176; Internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot173" rel="tag"&gt;Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que disait le r&#233;volutionnaire trotskiste Barta en 1943 ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rapport sur l'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition petite-bourgeoise des groupements de la IV&#232;me Internationale en France a &#233;t&#233; prouv&#233;e par l'attitude qu'ils ont prise apr&#232;s Juin 1940 devant l'occupation imp&#233;rialiste du pays. La grande majorit&#233; de ces &#233;l&#233;ments group&#233;s dans les &#171; Comit&#233;s fran&#231;ais de la IV&#232;me Internationale &#187; (actuellement POI) ont alors abandonn&#233; la position internationaliste en faveur d'un &#171; front commun avec tous les &#233;l&#233;ments pensant fran&#231;ais &#187; . D'autre part certains membres en vue sont pass&#233;s &#224; des positions nettement fascistes. Ainsi se justifie d&#233;finitivement la rupture avec tous ces &#233;l&#233;ments, rupture que nous avons accomplie en octobre 1939 pour nous d&#233;limiter d'un milieu petit bourgeois, dont les pratiques organisationnelles &#233;taient social-d&#233;mocratiques et non communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation d&#233;sastreuse du mouvement de la IV&#232;me en France s'explique de la mani&#232;re suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de l'Opposition russe, qui furent la base de la naissance du courant de la IV&#232;me Internationale, n'ont pas pu p&#233;n&#233;trer dans un milieu ouvrier en France. Le prol&#233;tariat se trouvait dans ce pays sous l'emprise de deux partis prol&#233;tariens opportunistes, dont l'un, le PC, se parait du prestige de la r&#233;volution d'Octobre. Le fait que ces id&#233;es ont &#233;t&#233; adopt&#233;es surtout par des intellectuels manquant de v&#233;ritables traditions communistes, qui pendant des ann&#233;es (de 1928 &#224; 1933) n'ont pas eu la possibilit&#233; de militer sur le terrain des luttes ouvri&#232;res, a conf&#233;r&#233; &#224; l'Opposition communiste en France un caract&#232;re petit-bourgeois qui a rendu al&#233;atoire tout d&#233;veloppement ult&#233;rieur du mouvement de la IV&#232;me Internationale en France au moment o&#249; la situation objective (les luttes prol&#233;tariennes de 1934 &#224; 1939) fournissait une base solide &#224; la propagation des id&#233;es de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes engag&#233;s depuis le d&#233;but de la guerre, dans la cr&#233;ation d'une organisation de type r&#233;volutionnaire bolchevik. Le bolchevisme implique, avec une politique juste (qui pour nous est celle d&#233;finie dans &#171; La IV&#232;me et la guerre &#187; et &#171; le Programme de transition &#187; qui continuent la ligne des 4 premiers Congr&#232;s de l'I.C.), un contact r&#233;el et &#233;tendu avec la classe ouvri&#232;re, la participation quotidienne &#224; ses luttes ; il s'inspire des int&#233;r&#234;ts quotidiens et permanents de la classe ouvri&#232;re. Pour se dire parti bolchevik il faut avoir un certain poids organisationnel qui permette la conduite de la lutte de classes dans tout le pays, il faut des traditions de luttes ouvri&#232;res. Il faut avoir un bilan de lutte POLITIQUE favorable. Dans ce sens la question du parti ne peut et ne pouvait &#234;tre r&#233;solue par nos propres forces de A &#224; Z et en 1943 la question du parti reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre travail a &#233;t&#233; con&#231;u comme un travail en direction d'un parti bolchevik. Pour cela notre ind&#233;pendance nous &#233;tait et nous est vitale. Car on ne peut pas commencer la formation de militants communistes (qui le deviennent r&#233;ellement par la pratique de la lutte de classes) dans un milieu petit-bourgeois opportuniste. Nous voulions et nous voulons au moyen de militants instruits et d'une politique cons&#233;quente, affirmer devant les autres organisations prol&#233;tariennes une conception r&#233;volutionnaire. Notre r&#233;ussite dans cette t&#226;che, si nous discernons dans la classe ouvri&#232;re les forces capables de former avec nous le parti, peut d&#233;clencher ou pr&#233;cipiter un regroupement sur la base communiste de tous les militants vraiment r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Dans ce sens la s&#233;lection que nous op&#233;rons actuellement en tant qu'organisation oppos&#233;e aux autres, fera place demain &#224; une nouvelle s&#233;lection des &#233;l&#233;ments r&#233;ellement r&#233;volutionnaires &#224; l'int&#233;rieur d'une seule et m&#234;me organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quel milieu trouvons-nous ce type de militant r&#233;volutionnaire ? Depuis le d&#233;but de la guerre nous avons orient&#233; nos efforts surtout en direction des militants du PC. Le PC avait des militants ouvriers communistes. Notre faiblesse num&#233;rique extr&#234;me ne nous a permis de tirer que peu de fruits de cette orientation d'un point de vue num&#233;rique. Mais proportionnellement &#224; nos forces les r&#233;sultats n'ont pas &#233;t&#233; n&#233;gligeables. C'est cette orientation qui a permis notre existence en tant que groupe autonome. Mais les efforts de la bourgeoisie en emprisonnant ou en enfermant dans des camps des milliers de militants communistes de la base, et la d&#233;portation en Allemagne de 2.000.000 d'ouvriers dont une partie d'ouvriers communistes, rend le travail dans cette direction tr&#232;s difficile. Cependant pour l'avenir (r&#233;cup&#233;ration des prisonniers et des d&#233;port&#233;s, lib&#233;ration des emprisonn&#233;s), en ce qui concerne le recrutement, le travail dans cette direction reste le travail essentiel ; dans la situation actuelle il doit &#234;tre dirig&#233; notamment vers les tr&#232;s jeunes (16-18 ans) avec ou sans traditions politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le camp des groupes se r&#233;clamant de la IV&#232;me la situation a quelque peu chang&#233; par une certaine activit&#233; d'usine. Cela est d&#251; au fait qu'il existe en France un courant d'id&#233;es de la IV&#232;me Internationale dans certains milieux politiques et ouvriers. L'exp&#233;rience de la guerre et les tournants staliniens ont contraint certains &#233;l&#233;ments ouvriers &#224; se grouper dans le POI malgr&#233; l'incapacit&#233; de celui-ci de les organiser et de les conduire efficacement. Le POI a b&#233;n&#233;fici&#233; de ce courant d'id&#233;es, malgr&#233; sa politique opportuniste, en tant qu'organisation num&#233;riquement la plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre t&#226;che est de d&#233;montrer &#224; ces &#233;l&#233;ments ouvriers l'opportunisme des dirigeants du POI et leur pr&#233;senter une organisation et surtout des m&#233;thodes organisationnelles qui inspirent confiance. Pour aboutir &#224; cette organisation et &#224; ces m&#233;thodes organisationnelles justes il faut que, dans le travail r&#233;volutionnaire et politique, chaque membre de notre groupe perde ce qu'il a d'individuel et agisse en tant que membre d'une organisation. C'est seulement ainsi que nous acquerrons la coh&#233;sion interne n&#233;cessaire au travail de regroupement r&#233;volutionnaire, travail pouvant prendre de multiples formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est cette organisation et quelles sont les m&#233;thodes que nous voulons faire pr&#233;valoir ? Nous voulons faire pr&#233;valoir l'organisation et les m&#233;thodes de travail bolcheviks. Du point de vue organisationnel le bolchevisme implique un centralisme rigoureux qui prend tout son sens dans le contr&#244;le politique SOUVERAIN du parti : structure organisationnelle que l'on a appel&#233;e le &#171; centralisme d&#233;mocratique &#187; . La structure centraliste du parti d&#233;coule des t&#226;ches qui incombent &#224; celui-ci &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste : &#171; toute institution a sa structure naturellement et in&#233;vitablement d&#233;termin&#233;e par le contenu de son action &#187; (L&#233;nine, Que Faire ?). Le contenu de l'action r&#233;volutionnaire du parti est double : en tant que contenant le but socialiste, le parti repr&#233;sente une forme sup&#233;rieure d'association humaine, le concours effectif de tous dans l'&#233;laboration de la politique et de l'id&#233;ologie du parti. En tant qu'instrument de lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste actuelle, le parti est adapt&#233; en vue de cette lutte, qui n'est pas possible sans l'organisation centraliste. Car nous vivons &#224; l'&#233;poque imp&#233;rialiste o&#249; une petite minorit&#233; de gros capitalistes concentrent entre leurs mains les moyens &#233;conomiques, techniques, politiques, culturels, etc... de peuples entiers, auxquels on ne peut opposer qu'une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e. Une lutte prol&#233;tarienne rigoureusement centralis&#233;e implique un parti r&#233;volutionnaire rigoureusement centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le contr&#244;le d&#233;mocratique et la structure centralis&#233;e du parti d&#233;coulent de son contenu socialiste et r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception bolcheviste a &#233;t&#233; consacr&#233;e par la victoire de la r&#233;volution d'Octobre 1917. Mais la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de la r&#233;volution d'Octobre, a remis en question la conception m&#234;me du parti. Impuissants &#224; s'expliquer le stalinisme comme le produit de la marche r&#233;elle de la lutte de classes (qui a abouti &#224; une situation dans laquelle le prol&#233;tariat ayant pris le pouvoir et remplac&#233; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e par l'&#233;conomie planifi&#233;e est &#233;cart&#233; du pouvoir politique par une bureaucratie qui, tout en se maintenant sur la base des rapports &#233;tablis par la r&#233;volution, repr&#233;sente au point de vue politique, social, moral, etc... la n&#233;gation m&#234;me du bolchevisme), de nombreux &#171; critiques &#187; en viennent &#224; accuser le bolchevisme lui-m&#234;me comme non d&#233;mocratique, etc... et donc comme responsable du stalinisme. Mais aucun de ces critiques n'a r&#233;ussi &#224; inventer quelque chose de nouveau qui puisse emp&#234;cher le parti, qui est un moyen, de se briser dans l'accomplissement de sa t&#226;che, soit &#224; cause de son contenu mat&#233;riel et id&#233;ologique insuffisant (comme divers partis naissants de la III&#232;me Internationale), soit apr&#232;s l'&#233;puisement de ce contenu dans l'accomplissement de la t&#226;che r&#233;volutionnaire : tel fut le sort du parti bolchevik en Russie. Ces &#171; critiques &#187; ont d'ailleurs fini &#224; l'&#233;cart de la lutte r&#233;volutionnaire et sont revenus &#224; des conceptions bourgeoises. LES MEFAITS DU STALINISME NE PEUVENT PAS ETRE IMPUTES AU BOLCHEVISME, DONT IL N'EST PAS LA CONTINUATION, MAIS LA NEGATION.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie n'est pas une panac&#233;e, c'est une forme dont le contenu peut varier. L'exp&#233;rience de la d&#233;mocratie bourgeoise nous montre d'abord qu'elle cache une dictature : celle du capital sur les exploit&#233;s. Le mod&#232;le de la d&#233;mocratie formelle reste cependant la social-d&#233;mocratie dans laquelle la d&#233;mocratie compl&#232;te (libert&#233; compl&#232;te de discussion) cachait en r&#233;alit&#233; la dictature politique d'un nombre restreint de politiciens sur les ouvriers social-d&#233;mocrates. Cela s'explique par le double contenu petit-bourgeois (la majorit&#233;) et prol&#233;tarien (la minorit&#233;) des partis social-d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dictature de ces politiciens professionnels ne pouvait pas &#234;tre menac&#233;e par la libert&#233; de parole, etc..., tant que le parti &#233;tait divis&#233; par des int&#233;r&#234;ts de classes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la d&#233;mocratie r&#233;elle, vivante, s'&#233;tablit spontan&#233;ment entre des gens visant au m&#234;me but, porteurs d'une m&#234;me flamme. Elle se manifeste dans toutes les r&#233;volutions populaires. C'est dans ce sens que L&#233;nine affirme pour le parti : &#171; AVEC CES QUALITES (secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels), nous aurons QUELQUE CHOSE DE PLUS QUE LA &#171; DEMOCRATIE &#187; : UNE CONFIANCE FRATERNELLE ENTRE REVOLUTIONNAIRES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la d&#233;mocratie a donc deux aspects : d'une part, dans tout groupement renfermant des contradictions de classe, la d&#233;mocratie permet la libre expression des opinions de la minorit&#233;. La majorit&#233; peut la supprimer au nom des int&#233;r&#234;ts de classe qu'elle repr&#233;sente. Ainsi, quand la critique de la minorit&#233; r&#233;volutionnaire devint g&#234;nante pour la bureaucratie SFIO, elle chassa du parti cette minorit&#233;. Le sens r&#233;actionnaire de cette mesure r&#233;sulte non pas abstraitement de la suppression de la d&#233;mocratie pour les r&#233;volutionnaires, mais du fait qu'elle servait &#224; la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la petite bourgeoisie r&#233;formiste. Le parti bolchevik qui fut un des partis les plus d&#233;mocratiques qu'ait connu l'histoire, supprime lui aussi certains droits d&#233;mocratiques (droit de fraction, etc...) en l'ann&#233;e de p&#233;ril 1920. Cependant, dans ce cas, la suppression des droits &#171; d&#233;mocratiques &#187; fut une mesure r&#233;volutionnaire : il fallait, dans les conditions sp&#233;ciales d'alors, emp&#234;cher la pression des classes petites-bourgeoises de se manifester &#224; l'int&#233;rieur du parti bolchevik. D'autre part, dans un groupement ne renfermant pas de contradictions de classe et ayant un contenu r&#233;volutionnaire, la d&#233;mocratie n'est pas une simple libert&#233; de critiquer, de s'exprimer, c'est quelque chose d'infiniment plus, c'est une &#171; confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; qui par les efforts conscients de chacun d&#233;termine la direction g&#233;n&#233;rale, c'est un m&#234;me effort opini&#226;tre pour rendre efficace le travail du parti, obtenir le meilleur rendement de la part de chaque membre, mettre chacun &#224; sa place (l'homme qu'il faut &#224; la place qu'il faut), redresser les fautes politiques, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ill&#233;galit&#233;, le contr&#244;le d&#233;mocratique qui tend dans cette derni&#232;re direction, est beaucoup plus difficile que dans la l&#233;galit&#233;, mais il peut &#234;tre aussi efficace. Il s'agit avant tout de trouver les moyens les plus propres &#224; assurer un &#233;change s&#233;rieux de haut en bas et de bas en haut entre les membres de l'organisation. Le cloisonnement de l'ill&#233;galit&#233; trouble donc la d&#233;mocratie de l'organisation, c'est-&#224;-dire l'&#233;change politique et organisationnel facile et rapide entre tous les rouages du parti. Avec des avantages pour l'organisation (s&#233;lection plus rigoureuse des membres), l'ill&#233;galit&#233; comporte de graves d&#233;savantages pour le progr&#232;s politique de l'organisation. Dans ces conditions, c'est la pr&#233;paration s&#233;rieuse de chaque membre, la qualit&#233; r&#233;elle de la direction, qui peuvent rem&#233;dier partiellement &#224; cette situation. Si bien que dans un groupement r&#233;volutionnaire ayant un contenu de classe prol&#233;tarien, d&#233;mocratie implique centralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condition la plus importante de l'instauration de la v&#233;ritable d&#233;mocratie, c'est la conscience socialiste &#233;lev&#233;e des responsables. Chaque responsable doit &#234;tre convaincu organiquement que sans la d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire sans la participation active de tous, non seulement au travail pratique mais &#233;galement &#224; l'&#233;laboration de la politique de l'organisation, il ne peut pas y avoir de parti r&#233;volutionnaire, donc de victoire du prol&#233;tariat sur la bourgeoisie. Seule la mobilisation totale de toutes les possibilit&#233;s politiques et pratiques que renferme chaque militant permet &#224; une petite organisation de se d&#233;velopper, &#224; une grande organisation de conqu&#233;rir des sympathisants, &#224; une organisation ayant des sympathisants d'influencer les masses, et &#224; une organisation avec sympathisants appuy&#233;e sur les masses de battre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti n'est pas la simple somme de ses membres. Il est une qualit&#233; nouvelle et ce n'est que par les liens de parti que chaque membre s'&#233;l&#232;ve bien au-dessus de ses forces individuelles, devient un militant. Le militant est le produit &#224; la fois de sa propre activit&#233; individuelle et de celle encore plus importante, collective du parti. La subordination de toutes ses ressources morales, intellectuelles et mat&#233;rielles &#224; cette vie collective du parti est donc le devoir supr&#234;me du militant, en premier lieu vis-&#224;-vis de lui-m&#234;me. Le parti d'autre part, contrairement &#224; la mani&#232;re stalinienne, ne consid&#232;re pas ses membres comme des unit&#233;s sans importance, mais au contraire se retrouve dans chaque membre dans ce qu'il a de plus &#233;lev&#233; et de plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan moral, la premi&#232;re exigence du bolchevisme est la rupture compl&#232;te de tous les liens avec la morale bourgeoise. On ne peut pas retenir les objections de ceux qui accusent le bolchevisme d'avoir produit l'amoralisme stalinien. La morale bourgeoise dans ses exigences les plus cach&#233;es est un des freins les plus puissants de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. La morale du militant qui a rompu compl&#232;tement, radicalement, avec la morale bourgeoise, est r&#233;volutionnaire l&#224; o&#249; le parti est appuy&#233; sur le prol&#233;tariat, li&#233; au mouvement des masses, l&#224; o&#249; le contr&#244;le organisationnel et politique du parti sur les membres a comme condition le contr&#244;le du prol&#233;tariat sur le parti par la confiance que celui-ci lui accorde. Et cette morale r&#233;volutionnaire conf&#232;re au militant un comportement, une honn&#234;tet&#233; sans pareils dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Cette morale n'est pas une base abstraite (des r&#232;gles sur ce qui est bien en g&#233;n&#233;ral, sur ce qui est mal en g&#233;n&#233;ral, ce qui est honn&#234;te, ce qui est malhonn&#234;te), elle a une base scientifique d&#233;duite, &#224; l'aide de la m&#233;thode marxiste, de la lutte de classes. Les crit&#232;res varient quand il s'agit d'ennemis directs, d'alli&#233;s temporaires ou du mouvement ouvrier. Le parti est d'autant plus sain que chacun de ses militants est plus instruit et pratiquement li&#233; aux masses. Seule l'organisation centraliste bolchevik permet l'&#233;ducation dirig&#233;e des membres qui rem&#233;die le plus aux in&#233;galit&#233;s culturelles et th&#233;oriques en rehaussant au maximum les capacit&#233;s culturelles et th&#233;oriques de chacun. Seule une organisation centraliste bolchevik permet le maximum d'efficacit&#233; dans le travail des membres vis-&#224;-vis des masses (transfert des membres sur le terrain le plus ad&#233;quat &#224; leurs capacit&#233;s de travail pratique, m&#233;lange d'ouvriers et d'intellectuels pour obtenir le maximum dans le travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le professionnalisme des militants, celui-ci n'implique pas l'abandon de tout lien avec la production ou les diff&#233;rentes sph&#232;res d'activit&#233; sociale. A part une petite minorit&#233; s&#233;lectionn&#233;e, s&#251;re, qui sous le contr&#244;le du parti accomplit des t&#226;ches permanentes (politiques ou techniques), le parti doit &#234;tre li&#233; &#224; l'ensemble de la vie sociale. Le professionnalisme implique que chaque militant est &#224; l'enti&#232;re disposition du parti qui l'utilise comme il l'entend au mieux des int&#233;r&#234;ts de la classe, dans ou hors la production. Nous luttons pour la victoire de formes sociales plus &#233;lev&#233;es, socialistes, et le parti doit disposer du concours le plus large possible d'intellectuels, d'ing&#233;nieurs, d'administrateurs, etc... Dans ce sens il est li&#233; et t&#226;che de se lier en s'y cr&#233;ant des sympathisants, avec tous ces milieux. Mais le professionnel est membre du parti avant d'&#234;tre ing&#233;nieur, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, nous voulons d&#233;gager un type de r&#233;volutionnaire oppos&#233; au monde bourgeois et pour y r&#233;ussir, une discipline parfaite dans l'organisation est absolument n&#233;cessaire. Il faut tendre de plus en plus &#224; organiser le travail d'une fa&#231;on responsable et &#233;tablir des liens de travail politiques et organisationnels entre les militants. Tout notre effort d&#232;s le d&#233;but a &#233;t&#233; dans cette direction, le plus grand danger pour une organisation &#233;tant l'habitude de travailler en suivant les liens personnels (&#171; amiti&#233; &#187;, fa&#231;on de vivre, etc...) qui donne naissance &#224; des petits groupes ou cliques et non pas &#224; un ensemble de rapports r&#233;sultant du travail organisationnel pratique et th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour proc&#233;der &#224; la mise en place de tous les rouages, il est n&#233;cessaire de savoir quels sont les membres qui se sentent capables d'&#234;tre &#171; militants professionnels &#187;, soumis &#224; la discipline absolue de l'organisation et d&#233;terminant par leur vote le cours de notre travail. Ceux qui ne s'en sentent pas encore capables, c'est-&#224;-dire qui ne trouvent pas encore une base suffisante dans le pass&#233; et le pr&#233;sent de l'organisation, continueront &#224; militer comme jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais ne pourront pas d&#233;terminer les voies politiques de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne connaissons maintenant que les c&#244;t&#233;s difficiles et p&#233;nibles de cette vie, mais notre d&#233;veloppement et la lutte des masses transformeront cette situation de professionnel en privil&#232;ge en faisant appara&#238;tre tout ce qu'une telle vie contient de fort et de profond&#233;ment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le r&#233;volutionnaire, c'est qu'il n'attend de son activit&#233; qu'une seule r&#233;compense, c'est la reconnaissance t&#244;t ou tard que celle-ci a &#233;t&#233; conforme aux int&#233;r&#234;ts v&#233;ritables de l'humanit&#233;. C'est pourquoi il peut r&#233;sister &#224; toutes les &#233;preuves : s'il est relativement facile de donner sa vie d'un seul coup, il faut savoir aussi la donner peu &#224; peu dans la lutte opini&#226;tre que n&#233;cessite le renversement de la bourgeoisie. Ce type d'individu n'est pas rare. Le parti d&#233;gage ce sentiment de sacrifice total, de dignit&#233; et, si l'on veut de f&#233;licit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Extraits de &#171; Que faire ? &#187; de L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire et l'habilet&#233; organisatrice sont choses qui s'acqui&#232;rent. Il suffit qu'on veuille d&#233;velopper en soi les qualit&#233;s n&#233;cessaires. Il suffit qu'on ait conscience de ses fautes, conscience qui en mati&#232;re r&#233;volutionnaire, &#233;quivaut &#224; une demi-r&#233;paration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...Sans une &#171; dizaine &#187; de chefs de talent (les talents ne surgissent pas par centaines) &#233;prouv&#233;s et professionnellement pr&#233;par&#233;s et instruits par une longue pratique, bien d'accord entre eux, aucune classe de la soci&#233;t&#233; contemporaine ne peut mener la lutte &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le seul principe s&#233;rieux d'organisation pour les militants de notre mouvement doit &#234;tre : secret rigoureux, choix minutieux des membres, pr&#233;paration de r&#233;volutionnaires professionnels. Avec ces qualit&#233;s, nous aurons quelque chose de plus que la &#171; d&#233;mocratie &#187; : une confiance fraternelle compl&#232;te entre r&#233;volutionnaires &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a vu se v&#233;rifier une fois de plus la bonne remarque de Parvus, qu'il est difficile de saisir un opportuniste avec une simple formule : il signera ais&#233;ment n'importe quelle formule et s'en d&#233;gagera non moins ais&#233;ment, car l'opportunisme consiste pr&#233;cis&#233;ment dans l'absence de tout principe d&#233;termin&#233; et ferme &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA NOUVELLE VICTOIRE POLITIQUE DE L'IMPERIALISME ANGLO-SAXON :&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DISSOLUTION DE LA TROISIEME INTERNATIONALE,&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROLETARIAT REPONDRA PAR LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
SOUS LE DRAPEAU DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; la guerre imp&#233;rialiste mondiale entre dans sa phase d&#233;cisive, une &#034;nouvelle sensationnelle&#034; diffus&#233;e depuis 48 heures par toutes les radios et dans toute la presse du globe y compris les radios et la presse de l'URSS, remplit de stup&#233;faction et d'embarras les prol&#233;tariats de tous les pays : Staline dissout l'Internationale Communiste et recommande &#224; ses membres de subordonner leur action &#224; l'action des Gouvernements &#034;alli&#233;s&#034; dans la lutte contre Hitler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tandis que la propagande de l'Axe s'empresse de qualifier la nouvelle de &#034;bluff&#034; et de &#034;man&#339;uvre grotesque&#034;, la propagande &#034;alli&#233;e&#034; exalte &#034;l'importance historique&#034; de l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE QUOI DONC S'AGIT-IL ? PRESSION ET VICTOIRE DE L'IMPERIALISME ANGLO-AMERICAIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline dissout l'Internationale de L&#233;nine c&#233;dant ainsi &#224; la pression de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain et anglais. La nouvelle de la dissolution du Komintern a &#233;t&#233; annonc&#233;e tout de suite apr&#232;s la visite du repr&#233;sentant de Roosevelt, Davies, &#224; Staline, et avant la fin des travaux de la conf&#233;rence politico-militaire des Anglo-Am&#233;ricains &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste &#233;tant arriv&#233;e &#224; sa phase d&#233;cisive, et le rapport de forces des bellig&#233;rants s'&#233;tant profond&#233;ment modifi&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e en faveur du camp anglo-am&#233;ricain &#224; la suite des d&#233;faites de l'Axe en Russie, en Afrique et dans les airs, l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain est aujourd'hui sur le point de fixer ses plans d&#233;finitifs pour la liquidation de la guerre. Mais avant d'agir sur le terrain militaire en Europe, ayant tir&#233; l'exp&#233;rience am&#232;re de la crise r&#233;volutionnaire qui a suivi la fin de la guerre de 14-18 et qui a menac&#233; jusqu'aux tr&#233;fonds l'&#233;difice capitaliste, il veut s'assurer d'avance la liquidation capitaliste et sans risques pour le r&#233;gime des classes poss&#233;dantes, de cette guerre. L'imp&#233;rialisme subordonne ainsi l'action militaire imm&#233;diate aux consid&#233;rations politiques qui visent &#224; cr&#233;er le climat n&#233;cessaire en Europe, dans lequel aucune crise r&#233;volutionnaire s&#233;rieuse ne serait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison que l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain neutralise d'abord la III&#232;me Internationale qui, malgr&#233; sa d&#233;g&#233;n&#233;rescence bureaucratique croissante pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es, repr&#233;sentait encore gr&#226;ce &#224; ses traditions et sa liaison avec l'URSS un cadre dans lequel se canalisait l'activit&#233; r&#233;volutionnaire spontan&#233;e des masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE CEDE-T-IL ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Staline a c&#233;d&#233; &#224; la pression des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; parce que, malgr&#233; les derni&#232;res victoires de l'Arm&#233;e Rouge, malgr&#233; la d&#233;faite en perspective de l'Axe, l'URSS est sur le plan mondial plus faible que jamais. Faible d'abord parce que la guerre a consomm&#233; et d&#233;truit une masse &#233;norme de richesses naturelles du pays, de r&#233;alisations techniques, de mat&#233;riel et d'hommes. Faible ensuite parce que la force principale de l'URSS en tant que pays qui voulait &#233;riger une soci&#233;t&#233; socialiste bas&#233;e sur un syst&#232;me d'&#233;conomie planifi&#233;e et sans les entraves du r&#233;gime capitaliste de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, r&#233;side dans le soutien actif du prol&#233;tariat mondial, dans le progr&#232;s de son mouvement r&#233;volutionnaire et dans l'&#233;largissement de la r&#233;volution socialiste commenc&#233;e il y a 25 ans en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni mat&#233;riellement en fait, ni politiquement, l'URSS ne pouvait soutenir longtemps la lutte avec son entourage capitaliste. Mais le mouvement r&#233;volutionnaire sous la direction stalinienne n'a accumul&#233; jusqu'&#224; maintenant que des d&#233;faites, qui ont rendu la situation de l'URSS &#224; la longue, et surtout pendant la guerre actuelle, extr&#234;mement pr&#233;caire et &#224; la merci des pressions et des chantages de l'imp&#233;rialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAIS S'IL NE S'AGIT QUE D'UNE MAN&#338;UVRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propagande de l'Axe qui par le succ&#232;s politique de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon a perdu un atout d'argumentation en faveur de la croisade &#034;anti-communiste&#034;, d&#233;nonce la liquidation du Komintern comme une &#034;man&#339;uvre&#034;, et les bureaucrates qui dirigent les partis communistes, embarrass&#233;s par l'ampleur et la vitesse de la d&#233;cision du Kremlin, ne tarderont pas de donner aux ouvriers la m&#234;me explication facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une s&#233;rie de telles man&#339;uvres qui pendant toutes ces derni&#232;res ann&#233;es ont amen&#233; la liquidation pratique du mouvement communiste, et dont l'aboutissement n&#233;cessaire est la liquidation aussi du Komintern. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; du Front Populaire qui a &#233;limin&#233; de la sc&#232;ne politique la physionomie ind&#233;pendante des partis communistes et qui a favoris&#233; ainsi la pr&#233;paration id&#233;ologique de la guerre par la &#034;sainte alliance&#034; des partis bourgeois et &#034;ouvriers&#034;. C'est la &#034;man&#339;uvre&#034; de la subordination du mouvement ouvrier pendant la pr&#233;sente guerre aux mouvements bourgeois nationaux des diff&#233;rents De Gaulle et Giraud dans les camps des pays &#034;alli&#233;s&#034; qui fait &#233;voluer jusqu'&#224; maintenant la guerre selon les d&#233;sirs de l'imp&#233;rialisme mondial et qui pr&#233;pare sa victoire accompagn&#233;e de l'&#233;touffement de toute crise r&#233;volutionnaire et de l'&#233;crasement de ce qui reste encore vivant de la r&#233;volution d'Octobre en URSS. Ce n'est pas la bourgeoisie qui a &#233;t&#233; tromp&#233;e par ces &#034;man&#339;uvres&#034;, c'est le prol&#233;tariat au contraire qui a servi d'instrument docile aux buts r&#233;actionnaires. Il n'y a que des bureaucrates pourris, des coquins ou des imb&#233;ciles qui peuvent faire vanter au prol&#233;tariat les avantages d'une &#034;ing&#233;nieuse&#034; politique de man&#339;uvre et lui d&#233;former ainsi son crit&#232;re de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique prol&#233;tarienne, pour qu'elle soit vraiment r&#233;volutionnaire, c'est-&#224;-dire pour qu'elle fasse avancer la conscience, l'&#233;ducation politique et l'organisation des masses laborieuses, doit &#234;tre telle qu'elle a toujours &#233;t&#233; d&#233;finie par Marx, par L&#233;nine et par Trotsky : franche, audacieuse, avec son propre drapeau, expliquant toujours ce qui est et ce qu'elle veut, au lieu de s'adapter mis&#233;rablement aux dispositions de telle ou telle bourgeoisie &#034;amie&#034; ou &#034;alli&#233;e&#034; de l'URSS. Parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment la politique ext&#233;rieure de l'URSS qui conditionne et qui explique toute la politique opportuniste des partis communistes pendant les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La III&#232;me Internationale &#233;tait devenue aux mains de la bureaucratie stalinienne un simple accessoire de sa politique ext&#233;rieure, qui au lieu d'&#234;tre appuy&#233;e sur l'action r&#233;volutionnaire des masses, les seuls alli&#233;s naturels de l'URSS, a &#233;t&#233; orient&#233;e exclusivement dans la voie des &#034;combines&#034; et des &#034;man&#339;uvres&#034; avec les diff&#233;rents pays imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la bande de bureaucrates qui d'une main aussi l&#233;g&#232;re, sur un geste des ma&#238;tres du Kremlin, dissout maintenant en pleine guerre imp&#233;rialiste l'organisation supr&#234;me du prol&#233;tariat mondial, montre pour une derni&#232;re fois le mis&#233;rable sort que le stalinisme a r&#233;serv&#233; &#224; l'Internationale de L&#233;nine : devenir un simple moyen de marchandage avec les bandits imp&#233;rialistes internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONCESSION DE STALINE NE SERA PAS LA DERNIERE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on prive le prol&#233;tariat de ses armes id&#233;ologiques et organisationnelles pour sa lutte de classe contre la bourgeoisie, plus la position internationale de cette derni&#232;re se renforce et plus elle devient insatiable et agressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liquidation du Komintern par Staline ne peut pas &#234;tre la derni&#232;re de ses concessions &#224; l'imp&#233;rialisme arm&#233; des &#034;alli&#233;s&#034;. Sur la voie d'une d&#233;sorganisation et d'une passivit&#233; progressive du prol&#233;tariat mondial, l'existence de l'URSS avec tout ce qui reste encore debout de la R&#233;volution d'octobre dans ce pays, nationalisation de la propri&#233;t&#233;, &#233;conomie planifi&#233;e, commerce ext&#233;rieur &#233;tatis&#233;, ne pourra pas subsister encore pour longtemps. Le rapport des forces changera chaque jour davantage en faveur du capitalisme, aussi bien &#224; l'int&#233;rieur de l'URSS que sur l'&#233;chelle mondiale et provoquera l'effondrement brusque de toutes les conqu&#234;tes socialistes qui subsistent encore en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#233;rialisme international, d'accord avec les tendances r&#233;actionnaires renforc&#233;es dans certains milieux de la bureaucratie sovi&#233;tique, exercera pendant cette guerre tout son pouvoir pour arracher d'autres concessions substantielles dans le domaine de l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS pour la ramener finalement dans le cycle de l'&#233;conomie anarchique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SURPRISE ? NON, SUITE LOGIQUE DE TOUTE LA POLITIQUE STALINIENNE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous marxistes, nourris de la pens&#233;e et de l'&#339;uvre pratique de Marx, de L&#233;nine, de Trotsky, un fait est l'aboutissement n&#233;cessaire de son &#233;volution ant&#233;rieure. Que Staline dissolve le Komintern, arme supr&#234;me du prol&#233;tariat combattant, &#224; la veille de la phase d&#233;cisive de la guerre imp&#233;rialiste mondiale, ne nous surprend pas. Il y a en fait 15 ans que nous avons commenc&#233; &#224; prouver aux militants de l'avant-garde r&#233;volutionnaire que la politique stalinienne conduisait pratiquement &#224; la liquidation du mouvement communiste. Et il y a plus de 9 ans qu'ayant tir&#233; de l'exp&#233;rience pratique la certitude qu'aucune r&#233;forme ne serait plus possible &#224; l'int&#233;rieur de la III&#232;me Internationale, nous avons proclam&#233; devant le prol&#233;tariat mondial, dans la mesure de nos forces, la n&#233;cessit&#233; historique de la IV&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne verserons pas de larmes inutiles devant la d&#233;pouille de celle qui fut jadis l'Internationale h&#233;ro&#239;que de L&#233;nine et de Trotsky. Nous ne perdrons pas non plus notre courage devant les difficult&#233;s immenses de notre &#339;uvre et notre foi in&#233;branlable dans la justice prol&#233;tarienne et le triomphe certain de notre cause. Nous savons avec Marx que les succ&#232;s faciles ne sont pas propres &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons au contraire que &#034;les r&#233;volutions prol&#233;tariennes se critiquent elles-m&#234;mes constamment, interrompent &#224; chaque instant leur propre cours, reviennent sur ce qui semble d&#233;j&#224; &#234;tre accompli, pour le recommencer &#224; nouveau, raillent impitoyablement les h&#233;sitations, les faiblesses et les mis&#232;res de leurs premi&#232;res tentatives, paraissent n'abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser &#224; nouveau formidable en face d'elles, reculent constamment &#224; nouveau devant l'immensit&#233; infinie de leurs propres buts, jusqu'&#224; ce que soit enfin cr&#233;&#233;e la situation qui rende impossible tout retour en arri&#232;re, et que les circonstances elles-m&#234;mes crient : ...c'est ici qu'il faut sauter !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prol&#233;taires ! Camarades !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons les morts enterrer leurs morts. Aussi p&#233;nible que cela puisse &#234;tre pour des milliers d'entre vous de constater que l'Internationale sous le drapeau de laquelle d'innombrables militants de notre cause ont trouv&#233; la mort et ont souffert dans les ge&#244;les de la bourgeoisie les pires martyrs moyen&#226;geux, vous abandonne au moment le plus critique de la lutte contre l'imp&#233;rialisme qui, une fois de plus, a plong&#233; l'humanit&#233; enti&#232;re dans une mer immense de sang, de d&#233;tresse et de souffrance, ne vous d&#233;couragez pas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en sortira de cette guerre mortellement affaibli. Dans une s&#233;rie de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, la Roumanie, etc... l'effondrement risque d'&#234;tre total et le chaos &#233;conomique et politique indescriptible. Dans les autres pays la guerre n'a pas fait moins de ravages et le d&#233;sordre g&#233;n&#233;ral qui accompagnera sa fin provoquera des explosions gigantesques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#232;re de guerres civiles et de r&#233;volutions commencera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la d&#233;sorganisation et la confusion dans les rangs des r&#233;volutionnaires peuvent permettre de nouveau une stabilisation &#233;ph&#233;m&#232;re du capitalisme. Dans ce cas la mis&#232;re atroce et l'esclavage politique seraient pour une certaine p&#233;riode notre sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme europ&#233;en ne peut en fait se survivre apr&#232;s cette guerre qu'en rabaissant le niveau de vie &#224; ses extr&#234;mes limites et en instaurant un ordre politique dictatorial. Crises &#233;conomiques plus longues et plus profondes que toutes celles que nous avons jusqu'&#224; maintenant connues, ch&#244;mage massif et permanent, salaires bas, vie ch&#232;re, esclavage politique, voil&#224; les perspectives d'apr&#232;s&#173;guerre si nous accordons au capitalisme encore un d&#233;lai d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forgeons d&#232;s maintenant dans la lutte nos armes nouvelles : les nouveaux partis r&#233;volutionnaires, la nouvelle Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la pens&#233;e de Marx, de L&#233;nine et de Trotsky soit notre guide et notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LE TRIOMPHE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le gouvernement r&#233;volutionnaire des Comit&#233;s ouvriers et paysans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la d&#233;fense des conqu&#234;tes socialistes de l'URSS contre les nouveaux assauts de l'imp&#233;rialisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la paix, le pain et la libert&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVE LA QUATRIEME INTERNATIONALE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/05/ldc13s_052443.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; APPEL AUX OUVRIERS COMMUNISTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine guerre imp&#233;rialiste et sous la pression des capitalistes de Londres et de Washington, Staline, qui depuis longtemps avait transform&#233; la III&#232;me Internationale d'instrument de la r&#233;volution mondiale socialiste en objet de marchandages diplomatiques, d&#233;savoue l'Internationale elle-m&#234;me en tant qu'instrument d'&#233;mancipation de l'humanit&#233; de la guerre et de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande est la joie dans le camp de l'imp&#233;rialisme &#034;d&#233;mocratique&#034; qui proclame la faillite de l'internationalisme prol&#233;tarien et exalte la patrie &#034;&#233;ternelle&#034; (capitaliste). Et Staline s'empresse de d&#233;clarer au correspondant de l'agence Reuter &#224; Moscou que la &#034;dissolution de l'Internationale... pr&#233;pare les voies pour l'association des peuples bas&#233;e sur l'&#233;galit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mensonges impudents que les pr&#233;tention des imp&#233;rialistes &#034;d&#233;mocratiques&#034; et de leur valet Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est l'ouvrier qui ne sache pas que l'Internationale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pr&#233;cis&#233;ment non seulement pour l'&#233;mancipation du prol&#233;tariat de la bourgeoisie, mais aussi, en vue de cette &#233;mancipation, pour r&#233;aliser l'&#233;galit&#233; entre toutes les nations ? Quel est le militant communiste qui ne sache pas que le fondement du l&#233;ninisme c'est pr&#233;cis&#233;ment l'incompatibilit&#233; du capitalisme actuel (le capitalisme imp&#233;rialiste des monopoles) avec une &#034;association des peuples bas&#233;s sur l'&#233;galit&#233;&#034; ? La guerre imp&#233;rialiste de 14-18 et la pr&#233;sente guerre imp&#233;rialiste n'ont-elles pas d&#233;montr&#233; pratiquement cette incompatibilit&#233; ? La victoire d'un camp imp&#233;rialiste sur l'autre (victoire alli&#233;e en 1918, victoire de Hitler en 1940) peut-elle &#234;tre autre chose qu'une exploitation renforc&#233;e du prol&#233;tariat et une oppression des nations les plus faibles par la bourgeoisie des pays imp&#233;rialistes les plus forts ? Toute notre lutte jusqu'&#224; maintenant n'a-t-elle pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment de d&#233;montrer que seul l'internationalisme prol&#233;tarien dont l'instrument est l'Internationale peut permettre &#224; chaque exploit&#233; d'avoir r&#233;ellement une patrie &#224; lui ? Que la patrie o&#249; l'ouvrier est exploit&#233; par le capital et o&#249; il peut crever de faim, c'est la patrie du capitaliste et non la sienne propre ? Que la seule base de l'union fraternelle des peuples ce sont les Etats-Unis socialistes d'Europe et du Monde et non pas des &#034;patries&#034; capitalistes isol&#233;es et ennemies ? En dissolvant la III&#232;me Internationale soi-disant pour d&#233;montrer que le &#034;bolch&#233;visme&#034; ne s'immisce pas dans les affaires des nations, Staline ne passe-t-il pas ainsi dans le camp des calomniateurs de l'internationalisme prol&#233;tarien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les brigands imp&#233;rialistes chantent trop t&#244;t victoire. Comme aux si&#232;cles pass&#233;s la monarchie, de nos jours l'internationalisme ne meurt jamais, car la lutte de classes ne s'arr&#234;te jamais. A LA III&#232;me INTERNATIONALE MORTE SUCCEDE LA IV&#232;me INTERNATIONALE .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du sein m&#234;me de la III&#232;me Internationale, en s'opposant &#224; la direction officielle dans toutes les questions o&#249; celle-ci s'&#233;loignait des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re, est n&#233;e depuis 1924 le courant internationaliste qui constitua en 1928 l'Opposition communiste de gauche (&#034;trotskyste&#034;). Quand en 1933 la faillite de la III&#232;me Internationale sous la direction de Staline devint &#233;vidente par la catastrophe allemande, l'opposition de gauche proclama la n&#233;cessit&#233; de la cr&#233;ation de la nouvelle Internationale, la Quatri&#232;me. Car la lutte de classe, base de la soci&#233;t&#233; capitaliste, rend n&#233;cessaire &#224; chaque instant au prol&#233;tariat l'existence d'un Parti prol&#233;tarien sans lequel ses luttes sont vou&#233;es &#224; l'&#233;chec. La IV&#232;me Internationale ne fait que continuer les v&#233;ritables traditions de la III&#232;me Internationale du vivant de L&#233;nine. Sa base politique est constitu&#233;e par les Th&#232;ses et les R&#233;solutions des quatre premiers Congr&#232;s de l'I.C.(1919-20-21-22). Que chaque communiste digne de ce nom &#233;tudie ces th&#232;ses et les compare avec les bases programmatiques de la IV&#232;me Internationale ; il deviendra alors &#233;vident que celle-ci continue celle-l&#224;, que depuis 1933 la IV&#232;me Internationale repr&#233;sente la continuit&#233; r&#233;volutionnaire de la lutte de classes et que le communisme &#224; jamais vivant aux c&#339;urs des exploit&#233;s poss&#232;de contre la bourgeoisie le drapeau sans t&#226;che aucune de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par leur concert de man&#339;uvres, de marchandages et de com&#233;dies diplomatiques sur le dos des peuples, les imp&#233;rialismes anglais, am&#233;ricain, allemand, italien et la bureaucratie conservatrice sovi&#233;tique, essaient d'emp&#234;cher que la voix de la IV&#232;me Internationale arrive aux ouvriers et aux opprim&#233;s de tous les pays. Car la IV&#232;me Internationale est la n&#233;gation m&#234;me de ces pratiques issues de la soci&#233;t&#233; de classe, elle lutte pour le renversement du vieux monde pourri et pour l'av&#232;nement de la nouvelle soci&#233;t&#233; socialiste, sans diplomatie, sans marchandages, et sans les &#034;com&#233;dies&#034; sanglantes de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au cours m&#234;me de cette guerre le prol&#233;tariat n'intervient pas lui-m&#234;me dans la lutte avec ses buts et son v&#233;ritable drapeau, le drapeau du communisme, alors l'imp&#233;rialisme ira plus loin dans son &#339;uvre contre-r&#233;volutionnaire et contraindra la bureaucratie de mettre fin &#233;galement &#224; l'&#233;conomie planifi&#233;e de l'URSS, d&#233;truisant ainsi l'&#339;uvre fondamentale de la r&#233;volution d'Octobre 17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le devoir vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re est le devoir supr&#234;me de tout militant ouvrier. Quand il devient &#233;vident que la Parti auquel on &#233;tait attach&#233; par toutes ses fibres et auquel on &#233;tait pr&#234;t &#224; sacrifier &#224; chaque instant sa vie renonce aux buts permanents de la classe ouvri&#232;re (sous quelque pr&#233;texte que ce soit), alors on ne peut plus continuer &#224; fermer les yeux, &#224; s'endormir avec des &#034;raisonnements&#034;. Il faut imm&#233;diatement tirer la conclusion pratique fondamentale : la rupture avec l'opportunisme, pour l'orientation imm&#233;diate vers la recherche th&#233;orique et pratique d'un milieu r&#233;volutionnaire nouveau, sous peine de trahir le prol&#233;tariat, sous peine de trahir sa propre vie de communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous disions en novembre 1940 : tout militant honn&#234;te qui ne veut pas rester impuissant devant la guerre et le fascisme (dont les m&#233;thodes se sont &#233;tendues &#224; tous les pays capitalistes), doit adopter les principes th&#233;oriques de la IV&#232;me Internationale, h&#233;riti&#232;re des meilleures traditions r&#233;volutionnaires des trois pr&#233;c&#233;dentes Internationales. Nous disions aussi qu'il y aurait en France un Parti r&#233;volutionnaire seulement quand des centaines et des milliers d'entre vous prendront conscience du r&#244;le politique du stalinisme et deviendront les champions de la nouvelle Internationale. La III&#232;me Internationale est morte depuis longtemps. Le d&#233;saveu formel de Staline sous la pression de l'imp&#233;rialisme est le dernier coup donn&#233; aux masses de tous les pays pour lesquelles la III&#232;me Internationale restait encore le symbole de la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays. Reconstruisons ensemble le v&#233;ritable Parti prol&#233;tarien, qui bannissant de son sein le r&#233;formisme et le stalinisme, sera le guide r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re. R&#233;veillons d'abord sur le terrain de l'usine l'activit&#233; des meilleurs &#233;l&#233;ments de la classe ouvri&#232;re en vue de l'organisation de celle-ci pour les luttes qui approchent, luttes qui secoueront de fond en comble le vieil &#233;difice capitaliste et qui, en r&#233;veillant la classe ouvri&#232;re &#224; une activit&#233; r&#233;volutionnaire nouvelle, balaieront de la sc&#232;ne politique les &#233;l&#233;ments pourris de ce qui reste de la II&#232;me et de la III&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant pour le nouveau parti r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivent les Etats-Unis socialistes d'Europe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vive la Quatri&#232;me Internationale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er Juin 1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Groupe Communiste (IV&#232;me Internationale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc13_060143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE VRAI VISAGE DU &#034;COMITE FRANCAIS DE LIBERATION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de longs et p&#233;nibles marchandages, qui ont dur&#233; plus de six mois, les &#233;migr&#233;s gaullistes &#224; Londres et les g&#233;n&#233;raux de la d&#233;faite et du syst&#232;me vichyssois en Afrique du Nord sont arriv&#233;s &#224; un compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Giraud et son &#233;quipe parmi laquelle on comptait jusqu'hier encore en service actif les Peyrouton, les Nogu&#232;s, les Boisson, les Pucheu, etc... repr&#233;sentent sur le terrain politique la tendance la plus r&#233;actionnaire de la bourgeoisie fran&#231;aise de la M&#233;tropole et des colonies. La fraction Giraudiste par son pass&#233; et sa mentalit&#233; est enti&#232;rement dans la ligne de la politique de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; vichyssoise, avec laquelle par ailleurs elle n'a rompu qu'au moment o&#249; l'&#233;volution de la guerre mettait toutes les chances du c&#244;t&#233; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction gaulliste repr&#233;sente l'autre c&#244;t&#233; de la m&#233;daille, la tendance &#034;d&#233;mocratique&#034; de la bourgeoisie fran&#231;aise, qui tente de gagner la guerre et la paix capitalistes en faisant &#034;miroiter&#034; aux masses laborieuses de France la r&#233;surrection de feu la III&#232;me R&#233;publique sur une base constitutionnelle et parlementaire. Elle est la fraction politique du capitalisme fran&#231;ais la plus habile, la plus d&#233;magogique et par cons&#233;quent la plus dangereuse. Ayant exploit&#233; &#224; fond les sentiments d'indignation, de col&#232;re et le d&#233;sir ardent de libert&#233; suscit&#233;s par l'occupation brutale du pays qui souffre et qui saigne sous la botte de l'imp&#233;rialisme allemand, le &#034;Gaullisme&#034; veut regrouper les classes laborieuses fran&#231;aises, en d&#233;guisant sa physionomie capitaliste sous le masque trompeur du &#034;lib&#233;rateur national&#034;. Il est devenu ainsi, gr&#226;ce surtout &#224; la complicit&#233; criminelle des dirigeants staliniens, le principal courant politique en France qui cherche &#224; substituer &#224; la lutte de classes l'&#034;union sacr&#233;e&#034; contre l'ennemi ext&#233;rieur : les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle, dans ses pourparlers avec Giraud, se montra plusieurs fois intransigeant, sachant bien les sentiments qui animent les classes laborieuses de France envers les g&#233;n&#233;raux et les politiciens qui jusqu'&#224; hier d&#233;fendaient en Afrique du Nord la politique r&#233;actionnaire de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition d&#233;finitive du &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034; et les remplacements qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi sa constitution (renvoi de Peyrouton, Nogu&#232;s, etc...) marquent dans les cadres du compromis une premi&#232;re victoire gaulliste. Pour qu'elle soit cependant compl&#232;te, elle doit &#234;tre couronn&#233;e par la main-mise gaulliste sur l'arm&#233;e en Afrique du Nord qui constitue pour le moment la force essentielle de la fraction Giraudiste, et qui tranchera aussi en d&#233;finitif la question de l'influence politique pr&#233;pond&#233;rante. En tout cas, les n&#233;cessit&#233;s impos&#233;es par la guerre, emp&#234;cheront tr&#232;s probablement une aggravation de la crise et maintiendront l'&#233;quilibre &#233;tabli sur la base du compromis entre les deux g&#233;n&#233;raux. Par ailleurs, la pression de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon s'exerce dans la m&#234;me direction actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patriotes g&#233;n&#233;raux et politiciens de Londres et de l'Afrique du Nord multiplient leurs appels, leurs promesses et leurs encouragements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patientons, &#034;ils&#034; viendront bient&#244;t. Mais c'est la partie du capitalisme fran&#231;ais li&#233;e &#233;conomiquement avec l'imp&#233;rialisme anglo-saxon qui se pr&#233;pare &#224; venir, et c'est pour restaurer l'ordre bourgeois d'avant-guerre sur une base mat&#233;rielle et politique infiniment plus restreinte pour les prol&#233;taires de France. Derri&#232;re le drapeau national du &#034;Comit&#233;&#034; fran&#231;ais , derri&#232;re son arm&#233;e et les arm&#233;es &#034;alli&#233;es&#034; de l'imp&#233;rialisme anglo-saxon, viendra la capitalisme et seulement le capitalisme, fr&#232;re siamois du r&#233;gime social de Vichy. Les prol&#233;taires de France, comme par ailleurs les prol&#233;taires de tout le continent, ne changeront que de ma&#238;tres par l'arriv&#233;e des &#034;alli&#233;s&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prol&#233;taires et les couches pauvres de paysans et de petits-bourgeois des villes aspirent &#224; un changement radical de la situation, qui devient de plus en plus intenable sous le r&#233;gime capitaliste. Mais r&#234;ver le retour de la &#034;belle vie&#034; de jadis avec les Daladier, les Blum, les Herriot, et les autres marionnettes &#034;d&#233;mocratiques&#034; du capitalisme fran&#231;ais qui se sont vant&#233;s &#224; Riom d'avoir bris&#233; le mouvement prol&#233;tarien de 34 &#224; 1939 et qui ont pr&#233;par&#233; la guerre, c'est oublier que la situation d'aujourd'hui est le r&#233;sultat de toute la politique du capitalisme fran&#231;ais sous la III&#232;me R&#233;publique. Le retour aux m&#234;me conditions, que nous promet maintenant le &#034;Comit&#233; fran&#231;ais de lib&#233;ration nationale&#034;, signifiera le retour aux m&#234;mes causes organiques qui, &#224; travers une attaque frontale du capitalisme contre les positions &#233;conomiques et politiques du prol&#233;tariat fran&#231;ais ont provoqu&#233; la pr&#233;sente guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; des masses est autre, DOIT &#234;tre autre : faire la R&#233;volution socialiste, qui est la seule solution radicale, la seule issue, la seule chance de salut pour le prol&#233;tariat et les autres couches exploit&#233;es du pays. Face aux pr&#233;paratifs f&#233;briles des g&#233;n&#233;raux et politiciens au service de l'imp&#233;rialisme, qui oppriment l'Afrique du Nord et s'en font un tremplin pour r&#233;tablir la position privil&#233;gi&#233;e du capitalisme fran&#231;ais face au drapeau tricolore des exploiteurs, le prol&#233;tariat activera sa lutte de classe et S'APPRETERA A HISSER SON DRAPEAU ROUGE DE LA REVOLUTION SOCIALISTE. En tendant la main aux ouvriers d'Allemagne, d'Italie et des Balkans, les ouvriers fran&#231;ais lib&#233;reront d'un seul coup le pays de ses ennemis capitalistes int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs, en &#233;difiant en commun l'ordre socialiste bas&#233; sur l'union fraternelle des peuples du continent, LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/06/ldc14_061343.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LA GUERRE IMPERIALISTE, VIVE LA GUERRE CIVILE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles op&#233;rations entam&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand &#224; l'Est et le d&#233;barquement des imp&#233;rialistes alli&#233;s en Sicile, &#233;treignent &#224; nouveau l'Europe dans un &#233;tau de feu et de sang. Que d'&#233;preuves ont d&#251; subir les masses prol&#233;tariennes et les peuples europ&#233;ens depuis 1939, pour que la perspective d'une Europe &#224; nouveau champ de bataille, puisse leur appara&#238;tre comme l'unique solution, comme une perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;. Combien grands ont &#233;t&#233; les crimes de l'imp&#233;rialisme allemand, soutenu par les bourgeoisies des pays occup&#233;s, pour que les masses d&#233;sesp&#233;r&#233;es, tromp&#233;es par les agents imp&#233;rialistes alli&#233;s (et par les partis &#034;communistes&#034;), se r&#233;signent &#224; une telle perspective de &#034;lib&#233;ration&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si tout se passait suivant le programme des imp&#233;rialistes alli&#233;s, m&#234;me si toutes leurs entreprises contre l'imp&#233;rialisme allemand r&#233;ussissaient, un sort terrible attend le prol&#233;tariat et les masses populaires d'Europe. Nous ne pouvons nous attendre &#224; un effondrement brusque des arm&#233;es de l'imp&#233;rialisme allemand, tant que les soldats allemands seront entre l'enclume hitl&#233;rienne et le marteau alli&#233;. Sans perspective de r&#233;volution prol&#233;tarienne qui leur donnerait l'appui des masses prol&#233;tariennes d'Europe contre leur propre bourgeoisie allemande, ils seront oblig&#233;s de tenir bon, tant qu'ils auront &#224; leur disposition les ressources accumul&#233;es par l'imp&#233;rialisme allemand pendant la p&#233;riode de succ&#232;s de 1936 &#224; 1942. La &#034;d&#233;livrance&#034; imp&#233;rialiste de l'Europe n&#233;cessitera une lutte longue, acharn&#233;e et provoquerait les m&#234;mes destructions et les m&#234;mes d&#233;serts que la guerre en a provoqu&#233; en URSS. Les villes de France et d'Europe subiront, comme en Italie et en Allemagne, des bombardements toujours plus destructeurs. En serons-nous consol&#233;s si Radio-Londres nous explique que &#034;mourir sous les bombes alli&#233;es, c'est la plus belle de toutes les morts&#034; ? Accompagn&#233;e sur les arri&#232;res par de v&#233;ritables guerres civiles entre les partisans arm&#233;s de l'imp&#233;rialisme allemand, appuy&#233;s sur l'Etat collaborationniste respectif, et les partisans arm&#233;s de la &#034;lib&#233;ration&#034;, la guerre n'&#233;pargnera aux masses civiles aucune des souffrances que la guerre imp&#233;rialiste inflige sur les champs de bataille aux combattants. En un mot, les imp&#233;rialistes qui nous apportent le m&#234;me joug que nous fait subir l'imp&#233;rialisme allemand uni aux capitalistes fran&#231;ais ne peuvent le faire que par notre aide d&#233;cisive, que par le sang que nous aurons vers&#233; pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perspectives mirobolantes des alli&#233;s pour &#034;apr&#232;s la victoire&#034; sont illustr&#233;es on ne peut mieux par l'entente Giraud-Roosevelt en vertu de laquelle Roosevelt s'engage &#224; armer 300.000 soldats de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#224; condition que cette arm&#233;e continue &#224; se battre pour la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes en Extr&#234;me-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenant que les alli&#233;s ne repr&#233;sentent pas un moindre mal, le prol&#233;tariat peut renverser la situation et transformer le lent &#233;tranglement des masses par la guerre imp&#233;rialiste, en une lutte pour des objectifs propres, prol&#233;tariens, en une lutte pour la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte des &#233;v&#233;nements militaires qui viennent il est d&#233;cisif pour l'issue du conflit et pour le sort des peuples que le prol&#233;tariat garde une conscience de classe et qu'il intervienne dans la lutte sous son propre drapeau. Il doit opposer aux diff&#233;rents drapeaux des exploiteurs (le drapeau &#224; la croix gamm&#233;e, le drapeau tricolore, etc...) le drapeau des exploit&#233;s du monde entier, LE DRAPEAU ROUGE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ouvriers se laissent guider dans les mois qui viennent par la pens&#233;e socialiste, ils peuvent trouver des armes et des alli&#233;s chez le soldat rev&#234;tu de l'uniforme allemand, qui, &#224; une certaine &#233;tape des hostilit&#233;s, se trouvera forc&#233;ment en lutte directe contre son propre &#233;tat-major imp&#233;rialiste, contre ses propres officiers. Il ne faut plus que, comme en juin 1940, les ouvriers restent le jouet des &#233;v&#233;nements, et que la cause des exploit&#233;s soit oubli&#233;e. Il ne faut surtout pas que le prol&#233;tariat commette le crime de repousser &#233;ventuellement une alliance r&#233;volutionnaire avec nos fr&#232;res allemands ouvriers et paysans et participe &#224; la chasse aux &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique de la classe ouvri&#232;re en Europe dans la p&#233;riode qui s'ouvre, c'est de mettre &#224; profit les embarras et les d&#233;faites militaires de l'imp&#233;rialisme allemand pour r&#233;aliser l'armement du prol&#233;tariat, couvrir le pays de ses organes de classe, former des Conseils (Soviets) ouvriers et paysans, conqu&#233;rir les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de r&#233;union, de presse, amnistie politique, droit de gr&#232;ve, etc...), cr&#233;er un gouvernement ouvrier et paysan appuy&#233; sur les Conseils par une politique de classe et d'union avec tous les exploit&#233;s d'Europe. Cette lutte, c'est la lutte pour les Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seule peut arr&#234;ter la d&#233;cadence du continent et sa transformation en une sph&#232;re d'influence am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans le pass&#233; r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fran&#231;ais suffisamment de traditions pour nous donner l'espoir que tel sera le comportement de la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise dans les commotions militaires et sociales qui approchent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Aux man&#339;uvres de la bourgeoisie pour diviser et d&#233;sunir les ouvriers au moyen d'hypocrites appels &#224; la &#034;d&#233;fense nationale&#034; les ouvriers conscients r&#233;pondront par des efforts toujours nouveaux et r&#233;p&#233;t&#233;s pour cr&#233;er l'unit&#233; des ouvriers de toutes les nations dans la lutte contre la domination de la bourgeoisie de toutes nations&#034;. (L&#233;nine)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOCIALISME DE CLASSE ET &#034;SOCIALISME&#034; GOUVERNEMENTAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aspirations de l'humanit&#233; pour un ordre social harmonieux, bas&#233; sur la fraternit&#233; de tous et assurant &#224; tous une vie digne et la participation &#224; tous les biens &#233;conomiques produits par le g&#233;nie de l'homme, se sont cristallis&#233;es au XIX&#232;me si&#232;cle dans le socialisme. Aux yeux des masses opprim&#233;es, socialisme est devenu le synonyme d'une soci&#233;t&#233; humaine nouvelle appel&#233;e &#224; remplacer l'actuelle soci&#233;t&#233; de classe, la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'humanit&#233; put faire des progr&#232;s sur des bases capitalistes, non d'ailleurs sans infliger de tr&#232;s grandes souffrances aux masses, la bourgeoisie d&#233;fendit ouvertement le capitalisme et condamna le socialisme comme une id&#233;ologie d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, avec le capitalisme imp&#233;rialiste (grandes banques, monopoles), le syst&#232;me bourgeois est entr&#233; d&#233;finitivement dans une phase d'impasses et de d&#233;cadence. Dans cette derni&#232;re phase du capitalisme de mis&#232;re et de guerres, le socialisme devint v&#233;ritablement la seule solution non seulement pour am&#233;liorer la vie humaine, mais avant tout pour emp&#234;cher l'humanit&#233; de p&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la d&#233;fense ouverte du syst&#232;me capitaliste devint de plus en plus difficile pour les hommes politiques au service de la bourgeoisie. Et l'on vit peu &#224; peu des partis bourgeois d'extr&#234;me-droite s'intituler &#034;socialistes&#034;, des hommes d'Etat bourgeois mettre en avant des plans &#034;socialistes&#034; pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait commun de tous ces pr&#233;tendus &#034;socialistes&#034; et qui montre qu'ils sont les d&#233;fenseurs des capitalistes, c'est qu'ils pr&#233;tendent construire leur &#034;socialisme&#034; ou imposer des r&#233;formes &#034;socialistes&#034; sur la base de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, c'est-&#224;-dire en maintenant le syst&#232;me capitaliste. Nous avons pu exp&#233;rimenter en quoi consiste le &#034;socialisme&#034; des partis fascistes qui ne se privent pas de faire de la d&#233;magogie contre tel ou tel capitaliste, pour d'autant mieux sauver les autres et d&#233;tourner la col&#232;re des masses. Quant aux plans des aristocrates anglais, ministres de Sa majest&#233;, et des ap&#244;tres de la &#034;d&#233;mocratie&#034; genre Roosevelt, ils pr&#233;tendent &#034;am&#233;liorer&#034; les rapports entre les exploiteurs et les exploit&#233;s. En fait, il s'agit d'un ensemble de mesures ou de concessions id&#233;ologiques destin&#233; &#224; masquer la lutte des classes, &#224; voiler les contradictions de la soci&#233;t&#233; qui sans cela deviendraient intol&#233;rables, &#224; &#233;garer l'esprit des ouvriers et &#224; retarder la formation de leur conscience de classe &#8211; c'est-&#224;-dire la juste connaissance des rapports sociaux et de la mission historique du prol&#233;tariat. En fait il s'agit de cr&#233;er une ar&#232;ne o&#249; l'&#233;nergie ouvri&#232;re cesse d'&#234;tre dangereuse pour la domination bourgeoise, o&#249; elle va se perdre dans les proc&#233;dures comme un fleuve dans le d&#233;sert. Tels sont par exemple l'arbitrage obligatoire (qui implique un terrain commun entre patrons et ouvriers), le &#034;socialisme municipal&#034;, les mesures (vacances, assurances, etc...) destin&#233;es &#224; sauvegarder la force de travail des ouvriers, source de richesse pour le capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; tout ce &#034;socialisme&#034; bourgeois, la lutte des classes gagne en acuit&#233; et en profondeur et la condition ouvri&#232;re, loin de s'am&#233;liorer, empire chaque jour. La bourgeoisie n'arrive pas &#224; adoucir son exploitation brutale de la classe ouvri&#232;re et sa domination politique dictatoriale et sanglante. Et les diff&#233;rents &#034;plans&#034; disparaissent sans laisser de trace, ce qui reste, c'est le matraquage des gr&#233;vistes, la mobilisation des ouvriers. Le &#034;socialisme national&#034; de la bourgeoisie c'est un royaume &#034;qui n'est pas de ce monde&#034; et qui sert seulement &#224; d&#233;tourner les ouvriers de leur mission historique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le prol&#233;tariat peut r&#233;aliser le socialisme. La soci&#233;t&#233; capitaliste, bas&#233;e sur la production de marchandises (o&#249; le travailleur lui-m&#234;me est une marchandise) aboutit automatiquement &#224; la monopolisation de tous les moyens de production dont d&#233;pend la vie de la soci&#233;t&#233; : usines, b&#226;timents, le sol et le sous-sol sont entre les mains d'un petit nombre de capitalistes. Seul le prol&#233;tariat, qui ne poss&#232;de rien, est capable, politiquement et &#233;conomiquement, d'exproprier la classe capitaliste, et de s'emparer des leviers de commande de l'&#233;conomie, c'est-&#224;-dire des banques, des industries-cl&#233;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; une &#233;poque o&#249; les forces productives &#233;touffent dans le cadre &#034;national&#034; cr&#233;&#233; par le capitalisme &#224; ses d&#233;buts, cette expropriation n'est pas possible &#224; l'int&#233;rieur d'un seul pays. En Europe, cette expropriation n'est possible que dans le cadre de plusieurs pays capitalistes avanc&#233;s, France, Allemagne, Italie, les Balkans, etc. pratiquement dans le cadre europ&#233;en ; c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est formul&#233; dans les &#034;Etats-Unis socialistes d'Europe&#034;. Ainsi compris, le socialisme conduit vers de nouvelles formes, sup&#233;rieures, de soci&#233;t&#233;, o&#249; les besoins l&#233;gitimes et les aspirations progressives des travailleurs de chaque nationalit&#233; seront pour la premi&#232;re fois satisfaits dans l'unit&#233; internationale, apr&#232;s l'abolition des barri&#232;res nationales actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'anarchie capitaliste, bas&#233;e sur &#034;l'initiative&#034; (c'est-&#224;-dire sur le profit) du capitaliste individuel, succ&#233;dera la production socialiste, bas&#233;e sur le plan, qui assurera la marche de la production des biens, ainsi que celle de leur r&#233;partition, suivant les int&#233;r&#234;ts des v&#233;ritables producteurs, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, socialisme signifie avant tout l'&#233;veil &#224; la conscience de leur r&#244;le historique des larges masses exploit&#233;es &#8211; notamment des couches les plus d&#233;favoris&#233;es : femmes et jeunes. C'est leur irruption violente sur la sc&#232;ne politique, la prise de leurs destin&#233;es en leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige le bouleversement jusqu'au fondement (c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; la structure &#233;conomique, jusqu'aux rapports de propri&#233;t&#233;) de la vieille soci&#233;t&#233; de classes. Cela exige la destruction compl&#232;te du vieil Etat, qui est le &#034;talon de fer&#034; que la bourgeoisie fait peser sur le prol&#233;tariat. Cela exige, contre les tentatives d&#233;sesp&#233;r&#233;es de la bourgeoisie de r&#233;tablir sa dictature, la construction d'un nouvel appareil d'Etat, outil de la domination de la majorit&#233; contre la minorit&#233; exploitrice hier encore, dictature impitoyable pour les oppresseurs &#8211; plus large d&#233;mocratie possible pour les opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions, le prol&#233;tariat les r&#233;alise au moyen de sa dictature, du POUVOIR DES SOVIETS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instrument de cette dictature, du r&#233;veil des travailleurs, c'est le Parti r&#233;volutionnaire, groupant les &#233;l&#233;ments les plus conscients, les plus d&#233;vou&#233;s, les plus r&#233;solus de la classe ouvri&#232;re. Il la repr&#233;sente en entier, car &#224; travers les flux et les reflux de la lutte sociale, il en exprime les int&#233;r&#234;ts permanents. Il est l'outil, l'arme intelligente par quoi la th&#233;orie marxiste passe dans la vie, rendant capable la transformation du monde. Tel fut le Parti de L&#233;nine, puisant sa discipline dans le d&#233;vouement &#224; la r&#233;volution, dans les rapports &#233;troits avec le prol&#233;tariat et des larges masses exploit&#233;es, dans la claire vision des buts &#224; atteindre. La t&#226;che qui se pose devant les ouvriers d'avant-garde aujourd'hui, sur tous les champs de bataille, c'est de construire un tel Parti. De leur r&#233;ussite ou de leur &#233;chec d&#233;pend leur sort dans les prochaines d&#233;cades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/ldc15_071243.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; UN NOUVEAU &#034;FRONT POPULAIRE&#034; CONTRE... LE PEUPLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis qui ont d&#233;termin&#233; &#224; Alger la nouvelle physionomie du &#034;comit&#233; de la lib&#233;ration nationale&#034; sont les m&#234;mes qui devaient, par leur alliance en 1935, vaincre le fascisme et la guerre et all&#233;ger la situation du peuple. Le nom en moins c'est bel et bien le &#034;Front Populaire&#034; qui rena&#238;t &#224; Alger, un nouveau front politicien contre... le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette fois il ne s'agit plus, en apparence, d'entente sur un programme d&#233;fini de politique int&#233;rieure mais d'une lutte pour la lib&#233;ration de la &#034;patrie&#034; ; il ne s'agit plus d'un pacte &#233;lectoral pour emp&#234;cher l'entr&#233;e au Parlement de d&#233;put&#233;s hostiles au cartel ; mais de &#034;l'union sacr&#233;e&#034; pour rendre au peuple fran&#231;ais sa SOUVERAINETE afin qu'il d&#233;cide lui-m&#234;me ensuite de son propre sort. Mais, pour &#234;tre plus &#034;d&#233;sint&#233;ress&#233;&#034;, ce programme n'est que plus dangereux pour l'avenir du prol&#233;tariat et, par cons&#233;quent, de la libert&#233; (&#034;souverainet&#233;&#034;) du peuple fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est en effet le caract&#232;re essentiel de la politique du comit&#233; d'Alger ? Sa lutte pour la &#034;lib&#233;ration du sol de la patrie&#034;, trouve son compl&#233;ment n&#233;cessaire dans la lutte pour l'asservissement du sol de la patrie d'autres peuples : les Libanais qui viennent de tomber sous les balles des soldats de De Gaulle, r&#233;inscrivent de leur sang la marque &#034;esclavagistes&#034; sur le front des politiciens d'Alger. C'est cette politique de rapines que les pr&#233;tendus socialistes et communistes ont fait leur, bafouant ainsi le drapeau prol&#233;tarien qui porte la devise &#034;UN PEUPLE QUI EN OPPRIME UN AUTRE, N'EST PAS UN PEUPLE LIBRE&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, politique ext&#233;rieure et politique int&#233;rieure d'un gouvernement ne sont que l'avers et le revers d'une m&#234;me m&#233;daille. Alors que, dans les relations entre les peuples, l'action du comit&#233; d'Alger s'efforce de maintenir l'exploitation de la bourgeoisie sur des esclaves coloniaux, quels rapports int&#233;rieurs pourraient na&#238;tre en France d'une victoire d'Alger ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lib&#233;ration du sol de la patrie&#034; par De Gaulle et Cie, signifierait que plus que jamais le sol, le sous-sol et tout ce qui recouvre le sol de la France, resterait la propri&#233;t&#233; des capitalistes ou soumis &#224; leur exploitation indirecte (la petite propri&#233;t&#233; paysanne, commerciale, etc...) Or, le maintien du r&#233;gime capitaliste dans un pays appauvri par la guerre et qui a perdu sa position de grand brigand (&#034;grande puissance&#034;), signifie non seulement le maintien de l'esclavage salari&#233;, mais aussi son aggravation, avec les bas salaires et le ch&#244;mage comme principaux moyens de la bourgeoisie fran&#231;aise pour maintenir son exploitation. Si bien que le soutien du comit&#233; d'Alger par les pr&#233;tendus socialistes et communistes, en reniant le programme socialiste de L'EXPROPRIATION DES EXPROPRIATEURS, doit mener le peuple fran&#231;ais &#224; une nouvelle s&#233;rie de souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#034;lib&#233;rer la patrie&#034; (c'est-&#224;-dire pour que les capitalistes fran&#231;ais puissent retrouver leur position privil&#233;gi&#233;e pour l'exploitation du peuple fran&#231;ais et d'autres peuples), il faut reconstituer une arm&#233;e imp&#233;rialiste, plac&#233;e sous le commandement du corps des officiers. Les &#233;purations d'Alger, qui ont &#233;limin&#233; un certain nombre d'officiers, loin d'&#234;tre un gage pour le peuple fran&#231;ais, ne visent pr&#233;cis&#233;ment qu'&#224; donner une plus grande coh&#233;sion au corps des officiers, des g&#233;n&#233;raux Giraud et De Gaulle. En soutenant la formation d'une telle arm&#233;e, les pr&#233;tendus socialistes et communistes renient ouvertement la strat&#233;gie prol&#233;tarienne : NOS BALLES SONT POUR NOS PROPRES GENERAUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour op&#233;rer la concentration de toutes les &#034;forces fran&#231;aises&#034;, le comit&#233; d'Alger est oblig&#233; de sacrifier &#224; l'idole &#034;R&#233;publique&#034; et au dieu &#034;d&#233;mocratie&#034;. C'est ce qui constitue une ombre de justification pour les pr&#233;tendus socialistes et communistes de la nouvelle union sacr&#233;e (tout comme dans l'ancienne d'ailleurs). Mais qu'y-a-t-il derri&#232;re de si beaux mots ? La R&#233;publique d&#233;mocratique n'a jamais &#233;t&#233; qu'une forme de domination des capitalistes. M&#234;me la premi&#232;re R&#233;publique (1792), qui, elle nettoya la France du f&#233;odalisme et donna naissance &#224; la nouvelle soci&#233;t&#233; bourgeoise, interdit sous peine de mort toute association ouvri&#232;re sous quelque forme que ce fut (loi Le Chapelier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me R&#233;publique (1848), apr&#232;s avoir noy&#233; dans le sang les aspirations du prol&#233;tariat qui voulait des institutions sociales, succomba mis&#233;rablement sous le sabre de bois de Louis Bonaparte (Napol&#233;on III).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me R&#233;publique (septembre 1870) &#233;trangla la Commune de Paris (&#034;l'aube de la r&#233;volution prol&#233;tarienne&#034;) et assassina, apr&#232;s le d&#233;sarmement des ouvriers, 30.000 de nos grand-p&#232;res. La III&#232;me R&#233;publique fut l'&#339;uvre de l'Assembl&#233;e des Ruraux, royaliste, mais qui ne put s'entendre, divis&#233;e qu'elle &#233;tait par des int&#233;r&#234;ts de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et capitaliste, sur le choix d'un roi. La R&#233;publique parlementaire permettait &#224; la bourgeoisie de r&#233;gler ses conflits par la machine &#233;lectorale. D'autre part, l'essor &#233;conomique et les pillages coloniaux lui permirent de former une aristocratie ouvri&#232;re hautement pay&#233;e, gr&#226;ce &#224; laquelle elle put s'assurer du prol&#233;tariat. En effet, dans les heures graves, celle-ci se rangeait &#224; ses c&#244;t&#233;s, notamment en 1914. La bourgeoisie avait d'ailleurs en r&#233;serve des moyens d'action plus directs, comme l'arm&#233;e, la police, la garde-mobile, qui intervenaient de fa&#231;on presque permanente contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette r&#233;publique d&#233;mocratique est morte avec les conditions qui l'ont fait na&#238;tre. L'&#233;conomie capitaliste de libre concurrence s'est transform&#233;e en &#233;conomie imp&#233;rialiste dans laquelle une &#233;troite poign&#233;e de capitalistes, les 200 familles, dirige toute l'&#233;conomie et domine les groupes bourgeois plus petits. La guerre de 1914 fut une explosion de ce syst&#232;me &#233;conomique, qui faisait de tous les vieux pays capitalistes des pays r&#233;actionnaires, ind&#233;pendamment de leur forme politique. C'est pourquoi le prol&#233;tariat, suivant les d&#233;cisions de la II&#232;me Internationale (socialiste) et plus tard la III&#232;me Internationale (communiste), rejeta la d&#233;fense &#034;nationale&#034;, qui n'est qu'un masque dont se pare la bourgeoisie pour mener &#224; bien ses brigandages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invoquant de nouveau le pr&#233;texte de la d&#233;mocratie pour appuyer la politique imp&#233;rialiste du comit&#233; d'Alger, les pr&#233;tendus socialistes et communistes trompent le prol&#233;tariat, qui lutte en effet pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques (droit de gr&#232;ve, de presse, de r&#233;union, amnistie pour tous les militants ouvriers), mais pour renverser la bourgeoisie et &#233;tablir la DICTATURE DU PROLETARIAT, alors qu'eux visent &#224; r&#233;tablir le parlementarisme bourgeois, organe politique de la dictature des capitalistes. Mais dans les conditions d'une &#233;conomie capitaliste de plus en plus pourrie et d'&#233;v&#233;nements politiques et militaires semblables &#224; ceux qui se sont d&#233;roul&#233;s depuis f&#233;vrier 34, derri&#232;re la pompeuse &#233;tiquette &#034;r&#233;publique d&#233;mocratique&#034;, il n'y aurait m&#234;me pas un syst&#232;me parlementaire &#224; fonctionnement &#034;normal&#034; (&#034;paix sociale&#034; relative), mais une dictature militaire polici&#232;re avec des dehors &#034;d&#233;mocratiques&#034;, un ersatz r&#233;publicain de fabrication bonapartiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous restons fid&#232;les au mot-d'ordre : LES SOVIETS PARTOUT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est bien vrai, nous dira un ouvrier qui n'a pas perdu son sens critique et qui reste attach&#233; aux meilleures traditions de la classe ouvri&#232;re. Comme Daladier et P&#233;tain, De Gaulle n'est que l'agent de la bourgeoisie et la bourgeoisie, &#224; travers toutes les p&#233;rip&#233;ties de la guerre, de sa guerre, poursuit des buts de classe visant au renforcement de l'exploitation des travailleurs. Pour cela tous les moyens sont bons : la &#034;d&#233;mocratie&#034; sert d'app&#226;t pour jeter le pays dans la guerre (&#034;contre le fascisme&#034;), la d&#233;fense nationale de Daladier sert de pr&#233;texte &#224; l'&#233;puration et &#224; la domestication des organisations ouvri&#232;res, la d&#233;faite met en avant P&#233;tain le &#034;vainqueur&#034; du militarisme prussien en 1918, pour qu'il impose au pays la grande p&#233;nitence. Et comme r&#233;serve &#034;d&#233;mocratique&#034; (bonapartiste), De Gaulle doit r&#233;ussir par d'autres moyens l&#224; o&#249; la r&#233;action ouverte a &#233;chou&#233;. Au-dessus de tous les politiciens de la bourgeoisie, se tiennent les 200 familles qui exploitent la France. Les travailleurs n'auront quelque chose &#224; d&#233;fendre qu'en renversant la bourgeoisie, qu'en expropriant les 200 familles au profit de la v&#233;ritable nation fran&#231;aise, les ouvriers et les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette lutte pour le renversement du capitalisme est-elle possible quand tout le pays (et chaque prol&#233;tariat doit faire la r&#233;volution dans son propre pays) est occup&#233; par une arm&#233;e imp&#233;rialiste &#233;trang&#232;re, et que par dessus le march&#233; il s'agit de l'arm&#233;e imp&#233;rialiste d'un pays fasciste (la pire oppression contre la classe ouvri&#232;re) ? En ce qui concerne la premi&#232;re objection, nous rappelons que la II&#232;me et la III&#232;me Internationale ont eu comme fondement de leur action la solidarit&#233; essentielle des ouvriers de tous les pays. Et ce, non pas comme simple phrase, mais comme terrain sur lequel elles ont agi effectivement, la II&#232;me Internationale de 1889 &#224; 1914, la III&#232;me de 1919 &#224; 1933. Le crime de la II&#232;me Internationale reconnu ouvertement par tous les ouvriers conscients depuis 1914, a &#233;t&#233; de renier cette solidarit&#233; des travailleurs en faveur de la &#034;d&#233;fense nationale&#034;. Sous d'autres pr&#233;textes, la III&#232;me Internationale &#8211; reni&#233;e ouvertement par Staline &#8211; agit actuellement de la m&#234;me fa&#231;on ignominieuse que la II&#232;me Internationale en 1914 : en &#233;levant un mur de mensonges, de pr&#233;jug&#233;s, de haine contre les &#034;Boches&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'arm&#233;e allemande est une arm&#233;e imp&#233;rialiste, c'est pour les m&#234;mes raisons que l'arm&#233;e anglaise, am&#233;ricaine ou celle de De Gaulle : ouvriers et paysans allemands sous l'uniforme sont soumis au commandement du corps des officiers au service de la bourgeoisie. La t&#226;che des v&#233;ritables militants ouvriers, qui luttent pour un avenir meilleur pour les exploit&#233;s, c'est d'utiliser toutes les circonstances de la guerre pour rendre consciente dans les cerveaux des exploit&#233;s fran&#231;ais et allemands cette solidarit&#233; essentielle de leurs int&#233;r&#234;ts, afin qu'ils se retournent chacun, en s'aidant fraternellement, contre leurs propres exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fascisme ? Pendant des ann&#233;es le fascisme a &#233;t&#233; l'&#233;pouvantail justifiant les volte-face des pr&#233;tendus communistes. Mais depuis la chute de Mussolini, non seulement les ouvriers avanc&#233;s, mais n'importe quel exploit&#233;, a vu clairement que le fascisme n'a pas le don d'abolir la lutte des classes et de soumettre irr&#233;m&#233;diablement les exploit&#233;s &#224; leurs exploiteurs. Hitler ne maintient plus sa dictature sur le peuple allemand que parce que, devant la politique de Staline associ&#233;e &#224; celle des imp&#233;rialistes, il peut aussi dire au peuple allemand (articles de Goebbels) : m&#234;me si vous n'&#234;tes pas contents de nous, il n'y a pas de troisi&#232;me voie ; ou une victoire ou la mort du peuple allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette troisi&#232;me voie existe. C'est la voie de la r&#233;volution prol&#233;tarienne, par l'union entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne contre leur bourgeoisie. C'est la seule voie permettant l'effondrement du fascisme au profit du peuple de France et d'Allemagne et non pas au profit des imp&#233;rialistes alli&#233;s. Plus t&#244;t les ouvriers s'engageront en rangs serr&#233;s dans cette voie, en renouant avec la solidarit&#233; internationale des travailleurs, plus t&#244;t cesseront les souffrances de l'humanit&#233;, plus t&#244;t gu&#233;riront ses plaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CETTE VOIE, C'EST CELLE DES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE, LA VOIE DE LA QUATRIEME INTERNATIONALE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/11/ldc20_112143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AU SEUIL DE L'ANNEE SANGLANTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois &#231;a y est. Les grandes arm&#233;es de la lib&#233;ration ont re&#231;u leurs derni&#232;res cartouches ; les p&#233;niches de d&#233;barquement am&#233;ricaines sortent &#224; un rythme vertigineux des usines des USA, les grands g&#233;n&#233;raux de la victoire sont d&#233;j&#224; nomm&#233;s, ils tiennent le devant de la sc&#232;ne. Tout est pr&#234;t. On n'attend plus que le signal qui jettera sur le continent des millions d'hommes arm&#233;s de pied en cap des plus grandes inventions de mort, on n'attend plus que le signal pour que les prol&#233;taires d'Europe, d'Am&#233;rique et les soldats amen&#233;s des quatre coins du globe s'empoignent dans une derni&#232;re &#233;treinte mortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison humaine vacille quand elle t&#226;che de saisir l'immensit&#233; du crime, l'horreur des convulsions qui se pr&#233;parent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la &#034;lib&#233;ration&#034; f&#251;t d&#233;j&#224; proche en novembre 1942, &#224; la No&#235;l 1943 la v&#233;n&#233;rable &#233;pouse du pr&#233;sident des Etats-Unis nous promet un No&#235;l 1944 &#034;victorieux&#034;. Victorieux ? Nous disons et nous r&#233;p&#233;tons inlassablement aux travailleurs : sans R&#233;volution prol&#233;tarienne, transformant la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile victorieuse sur la bourgeoisie, No&#235;l 1944 sera un No&#235;l encore plus terrible que celui que nous venons de passer. Car alors l'Europe enti&#232;re aura &#233;t&#233; mortellement atteinte par la bataille gigantesque qui mettra aux prises les arm&#233;es allemandes et alli&#233;es. Cette terrible m&#234;l&#233;e, m&#234;me si elle n'est pas suivie imm&#233;diatement par d'autres conflits gigantesques (entre l'URSS et les Alli&#233;s) ou de conflits secondaires entre petites puissances, ne sera cependant pas la fin du conflit mondial. La guerre en Extr&#234;me-Orient continuerait longtemps &#224; maintenir dans une situation insupportable les masses exploit&#233;es du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi en sommes-nous l&#224; ? Parce qu'&#224; nouveau depuis 1914 et malgr&#233; les le&#231;ons de la premi&#232;re guerre imp&#233;rialiste, la bourgeoisie mondiale, aid&#233;e par les social-patriotes, a r&#233;ussi &#224; s&#233;parer les ouvriers d'un pays des ouvriers du pays d'en face, parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; cacher ses crimes derri&#232;re de pr&#233;tendus conflits id&#233;ologiques ou nationaux (d&#233;mocratie contre fascisme, lib&#233;ration des peuples, espace vital, etc...), parce qu'elle a r&#233;ussi &#224; d&#233;truire ou &#224; domestiquer les organisations ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;v&#233;nements militaires qui se pr&#233;parent ouvriront encore, comme ce fut le cas pour l'Italie, des crises dans lesquelles la faillite des dirigeants capitalistes pourra &#234;tre utilis&#233;e par le prol&#233;tariat pour renverser la bourgeoisie et ouvrir &#224; l'humanit&#233; enti&#232;re la voie d'un redressement socialiste. Cependant cela ne sera possible que par une politique ind&#233;pendante de classe, par une politique de fraternisation et d'entente entre les ouvriers et les paysans sous quelque uniforme qu'ils soient, en rejetant la politique d'union avec sa propre bourgeoisie, en hissant haut et ferme le drapeau rouge de l'insurrection prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut d&#232;s maintenant se pr&#233;parer &#224; d&#233;fendre l'avenir des exploit&#233;s et des opprim&#233;s par une claire compr&#233;hension de la nature des &#233;v&#233;nements qui viennent. La classe ouvri&#232;re n'a pas &#224; se sacrifier dans l'int&#233;r&#234;t de l'imp&#233;rialisme, m&#234;me s'il se pare de masques trompeurs. Mais elle doit &#234;tre capable de verser jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte de son sang pour SA PROPRE CAUSE. Il faut que le r&#233;veil de la conscience prol&#233;tarienne et l'activit&#233; croissante des meilleurs &#233;l&#233;ments ouvriers parviennent &#224; reconstituer les organisations de d&#233;fense des ouvriers : (syndicats, etc...), obligent les partis qui se disent prol&#233;tariens &#224; rompre avec la bourgeoisie, et pr&#233;parent &#8211; &#224; travers l'armement du prol&#233;tariat &#8211; la conqu&#234;te des libert&#233;s ouvri&#232;res indispensables &#224; l'&#233;mancipation prol&#233;tarienne : droit de r&#233;union, de presse, ouverture des prisons et des camps de concentration, droit de gr&#232;ve, etc... A travers ces luttes pour les objectifs imm&#233;diats, la classe ouvri&#232;re doit cr&#233;er les organes de son gouvernement, les Conseils ouvriers et paysans (Soviets) qui seuls assurent le gouvernement du peuple par le peuple lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che historique du prol&#233;tariat en Europe est de b&#226;tir les Etats-Unis socialistes d'Europe et non pas de tracer avec leur sang des fronti&#232;res pour les capitalistes. 1944 doit sonner le glas du capitalisme en Europe et dans le monde. Les ouvriers fran&#231;ais ne peuvent pas, apr&#232;s plus d'un si&#232;cle de luttes pour leur &#233;mancipation, se livrer &#224; un moment d&#233;cisif de l'histoire mondiale, &#224; leur ennemi mortel, la bourgeoisie fran&#231;aise charg&#233;e de crimes et d'infamies contre les ouvriers. Forts de la tradition h&#233;ro&#239;que de 1848, de la Commune de 1871, des luttes d'avant 1914 pour la conqu&#234;te d'une vie digne et supportable, des luttes de 1920 &#224; 1940 enfin, les ouvriers fran&#231;ais arm&#233;s de l'exp&#233;rience historique de la classe ouvri&#232;re de tous les pays (Russie 1917, Allemagne, Espagne, etc...) prendront dans leurs mains le destin de toute la nation et en renversant le capitalisme, d&#233;livreront pour toujours l'humanit&#233; de la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GUERRE CIVILE EN ALLEMAGNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent des ouvriers, pas toujours de mauvaise foi, dire en parlant des ouvriers allemands : &#034;Pourquoi ne se r&#233;voltent-ils pas ? Ils ont l'ob&#233;issance dans le sang c'est une nation militariste, etc...&#034; Ces insanit&#233;s sont assez habituelles dans la bouche des ouvriers qui, bon gr&#233; mal gr&#233;, veulent justifier la politique d'union sacr&#233;e avec les exploiteurs fran&#231;ais et &#034;alli&#233;s&#034;. Ceux qui parlent ainsi oublient facilement que le m&#234;me &#034;reproche&#034; pourrait &#234;tre adress&#233; par exemple aux ouvriers espagnols et fran&#231;ais qui subissent eux aussi le m&#234;me joug que les ouvriers allemands, le r&#233;gime totalitaire de Franco et de P&#233;tain. La classe ouvri&#232;re allemande a derri&#232;re elle un pass&#233; de luttes aussi riche que les prol&#233;tariats espagnol et fran&#231;ais. De 1918 &#224; 1933, avec une certaine att&#233;nuation de 1924 &#224; 1928, une dure guerre civile mit aux prises la classe ouvri&#232;re allemande et ses exploiteurs, lutte dont l'issue devait d&#233;cider du sort de l'Allemagne et du monde : vers le socialisme par la victoire du prol&#233;tariat allemand, ou vers une deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale, par la victoire de la bourgeoisie allemande. La trahison de la social-d&#233;mocratie et la bureaucratisation du parti communiste provoqu&#232;rent la d&#233;faite des ouvriers et rendirent les mains libres aux imp&#233;rialistes allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire &#233;clata en Allemagne &#224; la suite de l'&#233;chec d&#233;finitif des plans militaires de l'imp&#233;rialisme allemand (&#233;chec des offensives d'&#233;t&#233; 1918). Le 5 novembre 1918, 20.000 matelots se mutin&#232;rent &#224; Kiel, hissant le drapeau rouge et &#233;tendant leur mouvement aux principales villes avec pour mots-d'ordre : d&#233;mission du Kaiser, amnistie, armistice, paix, droits d&#233;mocratiques. Partout surgirent des Conseils (Soviets) d'ouvriers et de soldats. La r&#233;volution gagna l'Allemagne, le Kaiser fut renvers&#233;, et l'armistice sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mit fin &#224; la guerre, mais le pouvoir, enti&#232;rement entre les mains des Comit&#233;s, fut utilis&#233; par les sociaux-d&#233;mocrates conciliateurs, qui y occupaient une place pr&#233;pond&#233;rante, pour maintenir intact l'ancien ordre bourgeois monarchiste. La guerre civile &#233;clata entre le gouvernement social-d&#233;mocrate d'Ebert et Scheidemann et les fractions avanc&#233;es du prol&#233;tariat (dirig&#233;es par les Ind&#233;pendants d'une part, et les Spartakistes avec Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht d'autre part). Le 6 janvier 1919 le prol&#233;tariat de Berlin tenait entre ses mains la capitale. Mais la direction des Ind&#233;pendants h&#233;sita, atermoya et n'osa pas arr&#234;ter le gouvernement ; les Spartakistes &#233;taient trop faibles et manquaient d'exp&#233;rience bolch&#233;vique. Le mouvement reflua et le gouvernement social-d&#233;mocrate ayant fait appel au &#034;chien sanguinaire&#034; Noske, le bourreau de Kiel, (lui aussi social-d&#233;mocrate), proc&#233;da avec l'aide des g&#233;n&#233;raux monarchistes, au d&#233;sarmement des Spartakistes. Le 15 janvier tomb&#232;rent, l&#226;chement assassin&#233;s, les plus grands martyrs de la classe ouvri&#232;re allemande, Rosa Luxembourg, et Karl Liebknecht et de nombreux autres chefs spartakistes. Etouff&#233; &#224; Berlin, le mouvement se poursuivit sporadiquement en province, provoquant partout des rencontres sanglantes et de graves pertes du c&#244;t&#233; ouvrier, faute d'une direction g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. De novembre 1916 jusqu'en 1923, la guerre civile, les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales, &#233;touff&#233;es ici, &#233;clatant l&#224;, sans cesse r&#233;prim&#233;es pour rena&#238;tre ailleurs, caus&#232;rent des dizaines de milliers de victimes, mais la victoire resta du c&#244;t&#233; de la bourgeoisie, gr&#226;ce &#224; la trahison de la social-d&#233;mocratie, qui joua, en grand, le m&#234;me r&#244;le de bourreau que le &#034;socialiste&#034; fran&#231;ais Dormoy, le fusilleur de Clichy en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte contre les ouvriers, la bourgeoisie allemande a &#233;t&#233; puissamment aid&#233;e mat&#233;riellement par la Commission d'armistice alli&#233;e qui lui fit toutes les concessions n&#233;cessaires en ce qui concerne les armes et les forces arm&#233;es destin&#233;es &#224; la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En automne 1923 une crise r&#233;volutionnaire, d&#233;clench&#233;e par les ouvriers, exceptionnellement favorable pour une insurrection, ne fut pas utilis&#233;e par la direction inexp&#233;riment&#233;e du jeune parti communiste allemand. Et en 1924, d&#233;but d'une certaine stabilisation &#233;conomique au capitalisme allemand, la premi&#232;re vague r&#233;volutionnaire d'apr&#232;s-guerre refluait en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand en 1925-29 commen&#231;a la grande crise &#233;conomique, particuli&#232;rement terrible en Allemagne, o&#249; elle pr&#233;cipita dans la faillite des dizaines de milliers de petits commer&#231;ants, jetant sur le pav&#233; de nombreux millions de ch&#244;meurs, et provoquant le d&#233;sespoir des petits paysans, le prol&#233;tariat allemand se trouva encore moins que par le pass&#233; en possession d'une direction r&#233;volutionnaire. La bureaucratisation de l'Internationale communiste &#224; partir de 1924 avait transform&#233; le PC allemand en un parti incapable de mener au combat des masses d&#233;cisives du prol&#233;tariat allemand. A droite les chefs social-d&#233;mocrates vendus &#224; la bourgeoisie, &#224; gauche les chefs staliniens ob&#233;issant non pas &#224; la marche de la lutte de classes en Allemagne, mais aux ordres de la bureaucratie sovi&#233;tique, voil&#224; le &#034;secret&#034; de la victoire de Hitler contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique stalinienne devant la mont&#233;e de Hitler bas&#233;e sur l'exasp&#233;ration de la petite-bourgeoisie sacrifi&#233;e par la crise capitaliste, est caract&#233;ris&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement par la tactique dite du &#034;social-fascisme&#034; qui opposa les ouvriers communistes aux ouvriers social-d&#233;mocrates, au lieu d'unir la classe ouvri&#232;re sur la base d'un programme minimum de lutte contre le fascisme (front unique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, par l'utilisation d'une certaine d&#233;magogie nationaliste pour faire &#034;concurrence&#034; &#224; Hitler et lui enlever la sympathie des couches petites-bourgeoises (mot d'ordre : &#034;lib&#233;ration nationale du Trait&#233; de Versailles&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la petite bourgeoisie ne s'&#233;tait pas tourn&#233;e vers Hitler par amour de son nationalisme d&#233;vergond&#233;, mais parce qu'elle cherchait une issue &#224; la crise qui l'&#233;treignait mortellement. Devant l'impuissance des partis prol&#233;tariens &#224; lui offrir cette issue par une action r&#233;ellement efficace, la petite bourgeoisie se tourna vers Hitler, de m&#234;me qu'un homme dont les v&#234;tements ont pris feu se jette dans l'eau qui l'engloutira. En mettant en avant le mot d'ordre &#034;lib&#233;ration nationale&#034; par la destruction du trait&#233; de Versailles, avant d'avoir arrach&#233; aux capitalistes allemands la possession de l'Allemagne, le PCA a pouss&#233; le peuple allemand dans la voie de Hitler. En effet, si tous les maux dont souffrait l'Allemagne provenaient en premier lieu du trait&#233; de Versailles, dont l'abolition &#233;tait mise au premier plan par le P.C. lui-m&#234;me, alors le choix des masses, d&#233;tourn&#233;es de la v&#233;ritable cause de leurs souffrances, le capitalisme allemand, ne pouvait se diriger que vers Hitler, qui sur ce terrain &#233;tait tout &#224; fait cons&#233;quent, et allait jusqu'au bout de ses &#034;raisonnements&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'attitude des deux grands partis ouvriers qui conduisaient infailliblement les ouvriers allemands sous la botte de Hitler, les prol&#233;tariats allemand et autrichien men&#232;rent leur lutte avec acharnement contre les bandes fascistes, versant partout leur sang dans des rencontres in&#233;gales parce que mal dirig&#233;es. Apr&#232;s que Hitler e&#251;t pris le pouvoir (1933), des centaines de milliers de militants ouvriers et des ouvriers sans parti tomb&#232;rent sous les balles fascistes, peupl&#232;rent les prisons et remplirent les camps de concentration. En f&#233;vrier 1934 &#224; Vienne, les ouvriers autrichiens lutt&#232;rent &#224; main arm&#233;e contre le bourreau Dollfuss qui fit canonner les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des ouvriers allemands contre leurs bourgeoisie n'a pas cess&#233; apr&#232;s 1933, mais a &#233;t&#233; consid&#233;rablement affaiblie par les succ&#232;s ext&#233;rieurs de Hitler. Les ouvriers qui reviennent d'Allemagne ont pu se rendre compte de la lutte que m&#232;ne aujourd'hui le prol&#233;tariat allemand, lutte qui ne tardera pas &#224; &#233;clater au grand jour &#224; la faveur des d&#233;faites de Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; sont les agents de la bourgeoisie qui osent affirmer que les ouvriers allemands &#034;ne sont pas des hommes comme nous&#034;. Si une communaut&#233; compl&#232;te d'int&#233;r&#234;ts et des aspirations communes n'existaient pas entre les classes ouvri&#232;res fran&#231;aise et allemande, entre le peuple allemand et le peuple fran&#231;ais exploit&#233;s par les capitalistes, alors c'&#233;tait un crime de baser l'activit&#233; de toutes les organisations ouvri&#232;res d'avant 1914 et celle des internationalistes depuis 1914 (au premier chef du parti communiste) sur la pratique d'une solidarit&#233; avec les travailleurs d'outre&#173;Rhin. C'est donner raison &#224; notre bourgeoisie qui a conduit le pays de d&#233;sastre en d&#233;sastre, et qui accuse la classe ouvri&#232;re d'avoir men&#233; le pays &#224; la ruine par son &#034;utopisme criminel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les ouvriers allemands, par leurs traditions de lutte, par leur nombre et leur coh&#233;sion, par la place qu'ils tiennent dans la production europ&#233;enne, par leur haute qualification, occupent dans la lutte anticapitaliste une place de premier ordre. Et sans leur participation d&#233;cisive &#224; cette lutte contre la bourgeoisie, les ouvriers d'Europe ne peuvent m&#234;me pas songer &#224; l'&#233;dification des Etats-Unis socialistes d'Europe, qui seuls assurent la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imp&#233;rialistes savent bien reconna&#238;tre leurs vrais ennemis. L'effort de Hitler pour briser la solidarit&#233; des ouvriers de tous les pays en encha&#238;nant les ouvriers allemands au char de sa guerre imp&#233;rialiste a lamentablement &#233;chou&#233;, en m&#234;me temps que ses plans et ses vis&#233;es capitalistes. Aujourd'hui c'est au tour des imp&#233;rialistes &#034;alli&#233;s&#034; de montrer leur hideuse figure ; en voulant faire de l'Europe un march&#233; pour leurs produits, ils d&#233;truisent les usines et les moyens de production ; par leurs bombardements sauvages et inhumains ils veulent ruiner et frapper &#224; mort la population laborieuse d'Allemagne (de m&#234;me que les ouvriers de tous les pays qui s'y trouvent) pour &#233;puiser leurs forces et les rendre incapables de lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commettre impun&#233;ment leurs crimes, les imp&#233;rialistes d&#233;cha&#238;nent leur propagande chauvine afin d'entraver la solidarit&#233; internationale des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faisant &#233;chec &#224; cette propagande capitaliste criminelle, la Quatri&#232;me Internationale scellera d&#233;finitivement l'union entre les travailleurs d'Europe, en premier lieu entre les travailleurs fran&#231;ais et allemands et, &#224; travers la lutte contre la guerre imp&#233;rialiste, pour le renversement des capitalistes, les m&#232;nera &#224; la paix, &#224; la libert&#233; et &#224; une vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/12/ldc22_123143.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va la France en 1944, par Barta</title>
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		<dc:date>2025-10-25T22:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; va la France en 1944, par Barta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;DE LA &#034;REVOLUTION NATIONALE&#034; A L'&#034;INSURRECTION NATIONALE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'enseigne de l'&#034;insurrection nationale&#034;, nous avons assist&#233; depuis le 15 ao&#251;t (jour o&#249; la police est pass&#233;e des ordres de Laval et de la Gestapo aux ordres de De Gaulle, des G-Men et de l'Intelligence Service) &#224; la m&#234;me escroquerie politique que nous avions subie en juillet 1940 sous le couvert de la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons donc le v&#233;ritable sens de ces deux op&#233;rations. Une r&#233;volution (ou insurrection) signifie avant tout un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e. Or en juin-juillet 1940 l'escroquerie politique consista en ceci qu'on appela &#034;r&#233;volution&#034; une op&#233;ration qui loin d'&#234;tre dirig&#233;e contre l'Etat bourgeois, aboutit au contraire &#224; la domination directe de toute la vie du pays par les organes de l'Etat, c'est-&#224;-dire la police, la bureaucratie et le corps des officiers (devenu ma&#238;tre direct du pays). De septembre 1939 &#224; juin 1940 les masses avaient d&#233;couvert enti&#232;rement que l'Etat n'est pas le d&#233;fenseur de la nation, mais un ensemble d'organismes destin&#233;s uniquement &#224; sauver, par la force et le mensonge, la domination de la bourgeoisie. Le d&#233;go&#251;t et la haine des masses pour ce r&#233;gime mettaient la bourgeoisie en danger. Mais la pr&#233;sence sur le sol fran&#231;ais d'une arm&#233;e capitaliste qui voulait avant tout l'ordre n&#233;cessaire &#224; la continuation de ses propres pillages permit aux militaires, &#224; la haute bureaucratie, &#224; la police, etc, agents des 200 familles, de se maintenir au pouvoir, et ils essay&#232;rent de camoufler leur propre responsabilit&#233; devant les masses par l'annonce de la &#034;r&#233;volution nationale&#034;, d'un &#034;ordre nouveau&#034; et de la &#034;punition des coupables&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais derri&#232;re la d&#233;magogie sociale, &#233;conomique et politique de &#034;l'ordre nouveau&#034; (&#034;communaut&#233; nationale&#034;, lutte contre les trusts &#034;juifs&#034; &#8211; pour mieux sauver les trusts en g&#233;n&#233;ral &#8211;, un r&#233;gime &#034;fort et rajeuni&#034;, etc...) se poursuivit le travail commenc&#233; et m&#234;me accompli quant &#224; l'essentiel par Daladier et Reynaud : la transformation de la III&#232;me R&#233;publique en un r&#233;gime bonapartiste, c'est-&#224;-dire la domination directe de la vie de la nation par l'Etat, la police, le corps des officiers et la haute bureaucratie. Ce n'est pas depuis l'occupation et P&#233;tain que la France a &#233;t&#233; livr&#233;e aux tribunaux militaires et &#224; une censure dictatoriale et s'est couverte de camps de concentration ; que des dizaines de milliers de travailleurs ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s et tortur&#233;s, que la peine de mort a &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e contre la propagande communiste ; que la chasse aux &#034;M&#233;t&#232;ques&#034; a pr&#233;lud&#233; la chasse aux Juifs : c'est depuis le d&#233;but de la guerre &#034;r&#233;publicaine&#034;, de la &#034;d&#233;mocratie contre le fascisme&#034; ! Ce r&#233;gime est n&#233; de la guerre et du militarisme. Les d&#233;placements des fronts et les changements diplomatiques et politiques n'ont pas un instant touch&#233; &#224; sa fonction fondamentale : opprimer les masses par l'Etat pour la guerre, &#233;craser la grande majorit&#233; des travailleurs au b&#233;n&#233;fice d'une petite minorit&#233; de parasites imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, &#034;l'insurrection nationale&#034; a-t-elle touch&#233; &#224; l'Etat tel qu'il a &#233;volu&#233; (jusqu'&#224; devenir monstrueux) pendant cinq ann&#233;es de guerre ? Il y a-t-il eu un d&#233;placement du pouvoir des mains de la classe exploiteuse aux mains de la classe exploit&#233;e ? Le combat sur les barricades contre les &#034;Boches&#034; par les pseudo-milices a bien suscit&#233; au d&#233;but quelque illusion dans ce sens. Mais depuis, les travailleurs ont &#233;t&#233; ou d&#233;sarm&#233;s ou incorpor&#233;s dans l'arm&#233;e permanente, c'est-&#224;-dire qu'ils sont retomb&#233;s sous le joug du corps des officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'effort des ouvriers pour s'arracher au b&#226;illon de l'Etat bourgeois n'a abouti une fois de plus qu'&#224; tirer les marrons du feu pour leur ennemi, la bourgeoisie. La police, qui pendant cinq ans avait martyris&#233; la classe ouvri&#232;re, redore son blason &#224; l'avant-garde de &#034;l'insurrection nationale&#034;. L'arm&#233;e permanente imp&#233;rialiste de la bourgeoisie fran&#231;aise qui s'&#233;tait bris&#233;e dans les &#233;v&#233;nements se reconstitue par un nouvel afflux de chair &#224; canon : les travailleurs dup&#233;s. Les &#034;comp&#233;tences&#034;, c'est-&#224;-dire la haute bureaucratie qui a organis&#233; savamment la famine pour les masses et le march&#233; noir pour la bourgeoisie, restent en place sous pr&#233;texte d'organiser le ravitaillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cela fut-il possible ? Cette tromperie nouvelle fut possible parce qu'&#224; la rescousse de la bourgeoisie vol&#232;rent les social-patriotes, notamment les &#034;Communistes&#034;. Ces plats valets de l'imp&#233;rialisme ont suscit&#233; le mirage des alli&#233;s et du r&#233;gime gaulliste ; ils ont pouss&#233; les travailleurs &#224; renoncer &#224; leur propre lutte, pour r&#233;aliser le front national (l'union avec la bourgeoisie) ; ils ont pouss&#233; &#224; la haine entre les exploit&#233;s de France et d'Allemagne, faisant ainsi non seulement le jeu de la bourgeoisie fran&#231;aise, mais aussi celui de Hitler. Mais deux semaines sont &#224; peine pass&#233;es depuis l'installation du &#034;nouveau&#034; r&#233;gime, que l'Humanit&#233; se plaint d&#233;j&#224; que dans tous les domaines tout se passe comme sous Vichy...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Humanit&#233; demande &#034;l'&#233;puration&#034; de l'Etat. Mais n'avait-elle pas d&#233;j&#224; exig&#233; et entrepris ce travail d'&#233;puration sous le Front Populaire ? Y-a-t-il eu un r&#233;sultat ? Aucun ! Et il n'y a rien d'&#233;tonnant &#224; cela : depuis la Commune de Paris il avait &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que les travailleurs ne peuvent pas se saisir de l'Etat bourgeois et le faire fonctionner pour leurs propres fins. Et Marx en tira cet enseignement fondamental pour les ouvriers : pour abolir l'oppression de la grande majorit&#233; des travailleurs par une minorit&#233; de bourgeois, il faut DETRUIRE les organes de l'Etat bourgeois, police, bureaucratie, arm&#233;e, et les remplacer par les travailleurs en armes (milices ouvri&#232;res) et la participation de tout le peuple aux fonctions administratives, en un mot instaurer la DICTATURE DU PROLETARIAT. Mais les plats valets de l'Humanit&#233; ont depuis longtemps abandonn&#233; le marxisme et avec lui la classe ouvri&#232;re. Ils ne peuvent que prier leurs ma&#238;tres bourgeois d'&#234;tre &#034;compr&#233;hensifs&#034;. Mais cette pri&#232;re les social-d&#233;mocrates allemands l'avaient adress&#233;e jadis &#224; leur bourgeoisie pour les sauver de Hitler, sans que celle-ci en tienne le moindre compte. A la premi&#232;re occasion favorable pour la bourgeoisie, les staliniens verront en quoi consiste la &#034;reconnaissance&#034; des exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'op&#233;ration de &#034;l'insurrection nationale&#034; de De Gaulle est en tous points semblable &#224; la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain. Elle n'a abouti qu'&#224; un changement de cliques au pouvoir et au remplacement de l'occupant allemand par l'occupant anglo-am&#233;ricain. La remise du contr&#244;le de Paris aux autorit&#233;s fran&#231;aises est en tous points semblable au contr&#244;le de Vichy sur l'ancienne zone libre : &#034;les forces am&#233;ricaines resteront dans la ville et aux environs et seront &#224; m&#234;me de venir en aide (lisez intervenir) au g&#233;n&#233;ral Koenig s'il en &#233;tait besoin&#034; (Le Populaire, 30/8). Les 200 familles (en attendant que l'Etat fran&#231;ais se fortifie suffisamment) tirent autant de s&#233;curit&#233; des arm&#233;es imp&#233;rialistes anglo-am&#233;ricaines qu'auparavant de la pr&#233;sence des arm&#233;es imp&#233;rialistes allemandes. Le m&#234;me probl&#232;me surgit devant les travailleurs : pour lutter avec succ&#232;s contre leur propre bourgeoisie il faut se lier aux soldats anglo-am&#233;ricains, il faut fraterniser avec eux contre la guerre, contre l'imp&#233;rialisme. Et ce travail, comme nous en avions averti les travailleurs, est beaucoup plus difficile dans une arm&#233;e imp&#233;rialiste triomphante, qu'il ne l'&#233;tait dans l'arm&#233;e imp&#233;rialiste allemande, &#224; la coh&#233;sion morale fortement entam&#233;e, depuis novembre 1942, par les d&#233;faites militaires. Mais ce qu'on n'a pas voulu accomplir hier, il faudra l'accomplir aujourd'hui ou demain. Car pour en finir avec la guerre et l'exploitation, il n'y a pas d'autre issue pour les travailleurs que l'union internationale des travailleurs en toutes circonstances et en tout lieu. C'est pour avoir m&#233;connu cette v&#233;rit&#233; hier, qu'aujourd'hui tout est &#224; recommencer. Mais les travailleurs trouveront finalement la v&#233;ritable voie pour ne pas &#234;tre &#233;cras&#233;s une fois de plus sous le talon de fer des capitalistes, c'est-&#224;-dire l'Etat bourgeois !&lt;br class='autobr' /&gt;
APRES LA &#034;LIBERATION&#034; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour le prol&#233;tariat la &#034;lib&#233;ration&#034; signifie le retour &#224; un niveau de vie sup&#233;rieur et aux libert&#233;s politiques. Pour la bourgeoisie, la &#034;lib&#233;ration de la France&#034; signifie le retour &#224; une position privil&#233;gi&#233;e dans l'exploitation des masses travailleuses fran&#231;aises et la RECONQUETE DE SES BASES POLITIQUES NECESSAIRES A LA POURSUITE DE BRIGANDAGES INTERNATIONAUX&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, ex&#233;cr&#233;e par les masses de plus en plus et ha&#239;e &#224; partir de septembre 1939, et la rendit responsable de tous les d&#233;sastres qui se sont abattus sur la France, y compris l'effondrement g&#233;n&#233;ral de juin 1940. Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire des cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi pr&#233;senter son pouvoir personnel comme un ordre &#034;nouveau&#034;. La R&#233;sistance s'en prit &#224; la dictature de P&#233;tain, pour mieux sauver les instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prol&#233;tariat : la police, l'arm&#233;e permanente, la bureaucratie, etc... Et si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement derri&#232;re des phrases &#034;r&#233;publicaines&#034; (comme le fit en son temps un certain Louis Bonaparte pour arriver &#224; l'Empire) c'est uniquement pour tromper les masses jusqu'au moment o&#249; la situation aura &#034;&#233;volu&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quatre semaines &#224; peine que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; a remplac&#233; celui de &#034;l'Etat c'est moi&#034;, les fum&#233;es se dissipent et les choses commencent &#224; montrer leur v&#233;ritable aspect. De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034;, ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au gouvernement bourgeois. En vain l'Humanit&#233; (qui fournit au gouvernement de la chair &#224; canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque de d&#233;mocratie v&#233;ritable. Comme nous n'avons cess&#233; de l'expliquer, &#224; notre &#233;poque de guerres imp&#233;rialistes et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la soci&#233;t&#233;, ce n'est pas la forme de l'Etat qui d&#233;cide de la d&#233;mocratie, mais &#224; qui appartient le pouvoir : &#224; la bourgeoisie, par des organes &#233;loign&#233;s des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur &#233;manation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Gr&#226;ce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant cess&#233; d'&#234;tre enti&#232;rement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur &#233;manation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvri&#232;res, comit&#233;s d'usine et de quartier, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle r&#233;ussira-t-il mieux que P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'appareil bureaucratico-militaire, en pr&#233;sence d'une crise profonde politique et &#233;conomique et des bouleversements militaires, ne suffit pas &#224; la bourgeoisie pour mater compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re. L'&#233;chec de P&#233;tain n'est pas d&#251; au retrait des troupes allemandes &#8211; il aurait trouv&#233; l'appui am&#233;ricain s'il avait pu se maintenir, ce fait est actuellement notoire &#8211; mais P&#233;tain est rest&#233; &#034;suspendu en l'air&#034; parce qu'il n'avait aucun appui du c&#244;t&#233; des masses. L'appareil bureaucratico-policier n'e&#251;t rien de plus press&#233; &#224; faire que de passer du c&#244;t&#233; de De Gaulle pour se refaire une &#034;popularit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater compl&#232;tement le prol&#233;tariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le faire. Le fascisme fait plus que r&#233;duire le mouvement ouvrier &#224; l'ill&#233;galit&#233;. Il dissout toute activit&#233; des organisations ouvri&#232;res quelles qu'elles soient, de telle fa&#231;on que le mouvement ne peut plus s'organiser, m&#234;me ill&#233;galement, hormis de petits groupes isol&#233;s de la classe. Car le fascisme est lui-m&#234;me un mouvement de masses, de la petite-bourgeoisie en particulier, qui, exasp&#233;r&#233;e par la crise, est habilement jet&#233;e contre les organisations ouvri&#232;res par les capitalistes cach&#233;s derri&#232;re un sauveur &#034;socialiste&#034; et &#034;national&#034; genre Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper en France un mouvement fasciste d'importance d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle est en pr&#233;sence de la m&#234;me t&#226;che que P&#233;tain : instaurer &#034;l'ordre&#034; dans une situation command&#233;e par la guerre et l'&#233;puisement &#233;conomique, physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les difficult&#233;s de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans attendre, la bourgeoisie s'oppose d&#233;j&#224; &#224; la reprise du travail dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; P&#233;tain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires derri&#232;re lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui font confiance en tant que repr&#233;sentant de leurs aspirations patriotico-chauvines, capable en m&#234;me temps de s'opposer aux exigences de la classe ouvri&#232;re et de mater le communisme. La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. De leur c&#244;t&#233;, les petits-bourgeois, que les capitalistes trompent en attribuant leur mis&#232;re aux revendications ouvri&#232;res, s'exasp&#233;reront. Ne sachant plus &#224; quel saint se vouer, ils seront de plus en plus travaill&#233;s par les cadres fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes isol&#233;s, mais d&#232;s aujourd'hui, &#224; l'&#233;chelle nationale, la base d'un parti fasciste puissant &#224; qui ne manque plus que la sympathie des masses. Ainsi la situation ne peut se d&#233;velopper que vers des solutions extr&#234;mes : ou la dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation de la bourgeoisie (solution progressive de la crise), ou l'&#233;crasement du prol&#233;tariat par le fascisme, rejet de toute la soci&#233;t&#233; vers la barbarie pour le maintien du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle ne repr&#233;sente qu'un r&#233;gime de transition de plus ou moins longue dur&#233;e, un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'&#233;quilibre entre les classes. Mais, de m&#234;me qu'en Allemagne, en Espagne, etc..., seul le heurt d&#233;cisif entre le prol&#233;tariat et les organisations fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie d&#233;cidera de l'issue de la situation.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE BONAPARTISME DE GAUCHE, FOURRIER DU FASCISME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la fonction fondamentale du gouvernement de De Gaulle reste celle du gouvernement P&#233;tain (dictature de la bourgeoisie) cependant, du point de vue dynamique (l'&#233;volution du rapport de forces entre les classes), il repr&#233;sente une nouvelle phase de la lutte de classes en France. La d&#233;composition de l'appareil &#233;tatique, en tant qu'instrument centralis&#233; et ob&#233;issant normalement au seul gouvernement l&#233;gal (d&#233;composition due &#224; la pression contradictoire des imp&#233;rialistes alli&#233;s et allemand sur l'Etat fran&#231;ais ainsi qu'&#224; la r&#233;sistance des masses contre celui-ci), rend n&#233;cessaire au gouvernement l'appui des organisations ouvri&#232;res social-patriotes. En pr&#233;sence des souffrances inou&#239;es inflig&#233;es aux travailleurs par cinq ann&#233;es de guerre et des innombrables preuves de banditisme de la part des classes dirigeantes vis-&#224;-vis des travailleurs fran&#231;ais seule la rentr&#233;e en sc&#232;ne des bureaucrates ouvriers social-patriotes peut maintenir pour un certain temps les masses dans &#034;l'ordre&#034; bourgeois et obtenir leur appui pour la continuation de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'autre part, se maintenir &#224; l'aide des organisations ouvri&#232;res conciliatrices, cela implique une certaine l&#233;galit&#233; de l'action ouvri&#232;re. C'est par l&#224; que le bonapartisme (dictature bureaucratico-polici&#232;re) de gauche de De Gaulle se diff&#233;rencie du bonapartisme de droite de P&#233;tain : non par ce qu'il repr&#233;sente de donn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais par ce que la classe ouvri&#232;re peut conqu&#233;rir, si elle se soustrait &#224; l'influence social-patriote et adopte une politique r&#233;volutionnaire intransigeante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une politique r&#233;volutionnaire, sans une action jusqu'au bout de la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie prenant comme point de d&#233;part la l&#233;galit&#233; de fait, le r&#233;gime actuel ne serait que le fourrier du fascisme. Agissant tout comme celui de P&#233;tain en faveur de la bourgeoisie (chose d&#233;j&#224; &#233;vidente six semaines &#224; peine apr&#232;s son installation), le gouvernement bonapartiste &#034;de gauche&#034; fait endosser, aux yeux des larges couches exploit&#233;es, la responsabilit&#233; de sa politique aux organisations ouvri&#232;res dont il a l'alliance ; ce n'est plus l'Etat bourgeois qui appara&#238;t comme le responsable de la nouvelle faillite, mais le socialisme, le communisme, la classe ouvri&#232;re... C'est ainsi que P&#233;tain put, en 1940, rendre responsable la classe ouvri&#232;re de la politique bourgeoise du Front Populaire, non seulement aux yeux des ennemis de toujours du prol&#233;tariat, mais aussi aux yeux des couches pauvres de la population (paysans, petits rentiers, petits commer&#231;ants, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En absence d'une politique r&#233;volutionnaire qui dresse les ouvriers contre l'Etat bourgeois (surtout quand il se camoufle &#034;&#224; gauche&#034;) le bonapartisme appuy&#233; sur les sommets bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re ne repr&#233;sente qu'une oscillation dans le rapport des forces entre les camps bourgeois et prol&#233;tarien et pr&#233;pare encore plus s&#251;rement que le bonapartisme de droite (P&#233;tain) la r&#233;volte des masses petites-bourgeoises contre le &#034;communisme&#034;, &#034;l'anarchie&#034;. En effet, la lutte des classes entre les ouvriers et la bourgeoisie appelle une solution d&#233;cisive pour savoir qui est ma&#238;tre dans la maison, de l'ouvrier ou du patron. Leurs int&#233;r&#234;ts ne peuvent pas &#234;tre concili&#233;s, on ne le voit que trop depuis 1934. Si c'est l'ouvrier, il faut que les travailleurs instaurent leur dictature pour en finir avec le sabotage et le banditisme patronal ; mais si les travailleurs ne vont pas jusqu'au bout de la lutte, s'ils cherchent des solutions &#034;moyennes&#034; (qui en fait signifient la paralysie de l'&#233;conomie), alors ce sont les patrons qui lancent les bandes fascistes &#224; l'attaque en mobilisant la petite-bourgeoisie contre &#034;l'anarchie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, avant la victoire d&#233;finitive de Hitler (1933) il y eut de semblables oscillations du pouvoir &#233;tatique de droite &#224; &#034;gauche&#034; et de &#034;gauche&#034; &#224; droite, de m&#234;me qu'en France, depuis f&#233;vrier 1934, nous avons connu des oscillations allant du r&#233;actionnaire Doumergue vers le &#034;socialiste&#034; Blum (1936) et de Blum vers Daladier (1938-1939) et vers P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les masses ont successivement exp&#233;riment&#233; le r&#233;gime bureaucratico-militaire sous toutes ses formes, sous la pression des souffrances inou&#239;es que leur inflige le capitalisme (crises, ch&#244;mage, guerres), elles sont pr&#234;tes &#224; adopter une solution extr&#234;me : dictature du prol&#233;tariat ou &#034;r&#233;volution&#034; fasciste. C'est &#224; ce choix in&#233;vitable que nous conduit le gouvernement actuel. Voil&#224; pourquoi, si les organisations social-patriotes maintiennent la classe ouvri&#232;re dans le sillage de De Gaulle au lieu de la mobiliser pour la dictature du prol&#233;tariat, elles pr&#233;parent pour demain la victoire du fascisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES SOURCES &#034;IDEOLOGIQUES&#034; DU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grave danger fasciste, malgr&#233; la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme allemand en France, nous ne l'inventons pas. Quotidiennement l'Humanit&#233; d&#233;nonce l'action anti-ouvri&#232;re et anti-d&#233;mocratique (cette derni&#232;re provenant directement de l'activit&#233; du gouvernement et de l'administration) qui se renforce &#224; une allure de plus en plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir essay&#233; d'attribuer cette action r&#233;actionnaire de grande envergure aux &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034; encore subsistant &#224; l'arri&#232;re, l'Humanit&#233; est oblig&#233;e d'avouer : &#034;mais l'&#233;crasement militaire de l'Allemagne NE SERVIRAIT DE RIEN &#224; la longue si, PARTOUT (donc en France) le fascisme ne subissait pas un &#233;crasement moral et politique complet&#034; (22/10/44). Ainsi l'Humanit&#233; est finalement contrainte d'avouer l'&#233;tendue du danger. La classe ouvri&#232;re n'est pas simplement devant une t&#226;che militaire (lutte physique) contre des &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034;. La classe ouvri&#232;re se trouve devant une t&#226;che politique et morale d&#233;cisive, pour emp&#234;cher les &#233;l&#233;ments du peuple d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou &#233;gar&#233;s (ch&#244;meurs, petits-bourgeois ruin&#233;s des villes, paysans) de se laisser attirer dans le camp fasciste et de transformer celui-ci en une force de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs staliniens &#034;&#233;crasent&#034; politiquement le fascisme, nous l'avons vu dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro : ils soutiennent De Gaulle, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie. En faisant endosser aux organisations ouvri&#232;res les responsabilit&#233;s de la politique gouvernementale dans une situation catastrophique pour les masses, ils portent de l'eau au moulin fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les chefs staliniens ont la pr&#233;tention d'&#233;craser aussi moralement le fascisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;ologie fasciste ? La caract&#233;ristique fondamentale du fascisme, c'est l'exasp&#233;ration du nationalisme. Pourquoi le nationalisme est-il devenu le moyen fondamental de la r&#233;action et du fascisme pour la bourgeoisie, contre les masses exploit&#233;es ? C'est parce qu'&#224; notre &#233;poque le capitalisme, en cr&#233;ant une &#233;conomie mondiale, a d&#233;truit toute possibilit&#233; de vie &#233;conomique ind&#233;pendante (nationale) ; dans ces conditions le nationalisme n'est plus une doctrine d'&#233;mancipation des peuples, mais une doctrine d'asservissement. Pour les vieilles nations capitalistes (Angleterre, France, Allemagne, Etats-Unis, etc&#8230;), le nationalisme n'est pas l'affirmation du droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais de la volont&#233; d'opprimer des peuples plus faibles (Empire pour la France, &#034;espace vital&#034; pour l'Allemagne, etc.). Dans ces conditions, l'exasp&#233;ration du sentiment nationaliste pousse infailliblement les classes sociales opprim&#233;es de ces pays capitalistes (petits-bourgeois et ouvriers) dans les bras de la bourgeoisie, pour une politique imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le nationalisme d&#233;tourne les classes exploit&#233;es de leur propre lutte contre la bourgeoisie (lutte de classes) en leur faisant croire que leurs souffrances inou&#239;es ne sont pas dues au r&#233;gime capitaliste, que la t&#226;che principale n'est pas de renverser leurs propres exploiteurs bourgeois ; il les d&#233;tourne vers la lutte ext&#233;rieure pour les &#034;conqu&#234;tes civilisatrices&#034;, pour la main-mise sur les positions &#233;conomiques et strat&#233;giques n&#233;cessaires &#224; la &#034;mission&#034; sp&#233;ciale de la nation : images derri&#232;re lesquelles se cachent les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contre-poison de &#034;l'id&#233;ologie&#034; nationaliste ne peut &#234;tre que l'internationalisme. Il exprime non pas &#034;un vague r&#234;ve de solidarit&#233;&#034; entre les hommes, mais les int&#233;r&#234;ts d&#233;cisifs de toute la population du globe terrestre (en dehors des cliques capitalistes qui dirigent les peuples), il repr&#233;sente l'alliance r&#233;elle entre tous les opprim&#233;s et exploit&#233;s contre leurs capitalistes. La victoire de l'id&#233;ologie nationaliste ou de l'id&#233;ologie internationaliste au sein de la classe ouvri&#232;re n'est pas une affaire de &#034;sentiments&#034;, mais d&#233;cide de la guerre ou de la paix dans le monde, de la barbare oppression fasciste et militariste ou de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les chefs staliniens pour vaincre l'id&#233;ologie du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;tendu &#233;craser le fascisme avec ses propres armes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en Allemagne le PCA voulut concurrencer Hitler, pour le supplanter aupr&#232;s des masses, sur le terrain nationaliste, et lan&#231;a lui aussi des mots-d'ordre de &#034;lib&#233;ration nationale&#034; (avant 1933) et de &#034;la lutte contre l'&#233;tranger&#034; (contre le trait&#233; de Versailles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le communisme ou le fascisme ne d&#233;pendent pas de la volont&#233; des chefs. Ils d&#233;pendent du choix final que les masses feront entre le Parti ouvrier ou le Parti de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est d&#233;termin&#233; ce choix ? Par la d&#233;magogie des Partis en pr&#233;sence ? Non. Mais par la capacit&#233; du Parti ouvrier &#224; attaquer la base m&#234;me de l'exploitation capitaliste, par sa capacit&#233; de renverser la bourgeoisie, chose qui n'est possible qu'&#224; l'aide d'une id&#233;ologie internationaliste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la d&#233;magogie et du nationalisme, c'est le Parti bourgeois qui doit avoir le dessus. La solution prol&#233;tarienne (internationaliste) n'&#233;tant pas offerte aux masses pour en finir avec un r&#233;gime qui les &#233;touffe, celles-ci ne se consoleront pas avec des raisonnements sur la tactique, mais se tourneront infailliblement vers les Partis qui sur le terrain du nationalisme et de la d&#233;magogie vont jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire qui ont la possibilit&#233; r&#233;elle &#8211; parce qu'agents de la bourgeoisie &#8211; d'offrir, par des aventures militaires &#224; l'ext&#233;rieur, une issue pratique au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain nationaliste et de la d&#233;magogie chauvine, le Parti ouvrier ne peut devenir un Parti dirigeant du pays. Il ne peut &#234;tre qu'un Parti donnant des conseils au gouvernement, t&#226;chant de se montrer plus nationaliste que les autres, mais qui ne sera jamais ma&#238;tre dans la maison. Sur le terrain du nationalisme, c'est toujours les Partis bourgeois qui vaincront ; en abandonnant l'id&#233;ologie internationaliste, les Partis ouvriers pr&#233;parent la victoire du fascisme. Voil&#224; pourquoi en Allemagne, quand la question fut pos&#233;e sur le terrain nationaliste aussi bien par Thaelmann (communiste) que par Hitler, les masses choisirent Hitler, car sur ce terrain c'&#233;tait Hitler seulement qui pouvait aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons aujourd'hui &#224; quelles catastrophes l'abandon de l'internationalisme par le PCA a conduit le peuple allemand. Nous sommes en France, aujourd'hui, en pr&#233;sence d'un danger aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;paration des esprits, les moyens &#034;id&#233;ologiques&#034; des staliniens rendent un service d&#233;cisif aux fascistes. La ligne politique peut &#234;tre redress&#233;e rapidement et les d&#233;faites surmont&#233;es par la simple volont&#233; de tenir compte des le&#231;ons des faits. Mais il en est tout autrement dans le domaine moral de la pr&#233;paration id&#233;ologique. Le poison nationaliste r&#233;pandu dans les masses ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233; du jour au lendemain. Il y faut de longues ann&#233;es. Car ce poison est engendr&#233; constamment par la propagande bourgeoise et ce n'est qu'apr&#232;s un travail d'ann&#233;es que le Parti communiste peut habituer l'avant-garde ouvri&#232;re &#224; une pens&#233;e conforme &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire la pens&#233;e internationaliste. Dans le domaine de la pr&#233;paration id&#233;ologique les chefs staliniens font donc depuis 1935 tout ce qu'ils peuvent pour pr&#233;parer la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais heureusement, la base du Parti, comme en t&#233;moigne le m&#233;contentement croissant parmi les militants du PC, reste fid&#232;le au communisme et chaque fois que se manifeste sur eux l'influence directe du &#034;trotskysme&#034; (communisme v&#233;ritable) ils se montrent tels qu'ils sont, c'est-&#224;-dire internationalistes.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est cette fid&#233;lit&#233; au communisme, qui subsiste dans l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re malgr&#233; le poison id&#233;ologique stalinien, qui est le gage d'avenir le plus pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA LUTTE OUVERTE CONTRE LE FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en ayant exactement compris la v&#233;ritable nature du fascisme que l'avant-garde ouvri&#232;re saura lutter contre cette pire r&#233;action de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme surgit constamment de la pourriture et de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il repr&#233;sente un syst&#232;me de dictature auquel la classe capitaliste a recours pour sauvegarder sa domination menac&#233;e, en instaurant le r&#233;gime politique qui correspond le mieux &#224; sa dictature &#233;conomique incontr&#244;l&#233;e sur la nation. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de production bas&#233; sur le profit et l'appropriation priv&#233;e capitaliste ayant abouti &#224; la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une poign&#233;e de monopoleurs capitalistes, a d&#233;finitivement vou&#233; &#224; la ruine et &#224; la pauvret&#233; les classes interm&#233;diaires, la petite-bourgeoisie. Celle-ci est pass&#233;e, &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste, de la tranquillit&#233; sociale caract&#233;ristique au petit-bourgeois qui en faisait un appui de la d&#233;mocratie, &#224; la r&#233;volte permanente contre l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la petite-bourgeoisie contre l'ordre existant n'est pas par sa nature dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re ; elle est de tendance anti-capitaliste. Mais le petit bourgeois ruin&#233; (rentier, petit commer&#231;ant, petit paysan, etc...) n'a pas la m&#234;me position de classe vis-&#224;-vis du capitaliste que l'ouvrier ; celui-ci, tout naturellement, s'oppose sur le lieu de travail &#224; son exploiteur, &#224; son patron, &#224; son capitaliste ; ce qui fait que l'ensemble des ouvriers s'oppose &#224; l'ensemble des capitalistes. Contrairement &#224; la classe ouvri&#232;re, la petite-bourgeoisie n'a pas une id&#233;e concr&#232;te de ce que c'est que le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que la bourgeoisie, pour sauver l'ensemble de sa domination, organise par l'interm&#233;diaire des politiciens fascistes, une &#034;lutte anti-capitaliste&#034; dirig&#233;e d&#233;magogiquement contre des capitalistes isol&#233;s : &#034;banquiers juifs&#034;, &#034;patrons anti-sociaux&#034;, etc... Le fascisme les prend comme boucs &#233;missaires de la crise &#233;conomique, des louches combinaisons financi&#232;res, etc... Sur le plan politique il s'en prend &#224; la &#034;d&#233;mocratie&#034;, au syst&#232;me parlementaire, &#224; l'impuissance de ce r&#233;gime devant la mis&#232;re des masses (impuissance qui est due au fait que ce r&#233;gime ne camoufle que la dictature de la bourgeoisie). Mais l&#224; o&#249; se d&#233;voile la nature du fascisme, c'est qu'il identifie la dictature bourgeoise parlementaire &#224; l'existence des partis ouvriers, des organisations autonomes, politiques ou professionnelles de la classe ouvri&#232;re, maudit le &#034;communisme&#034; et &#034;l'anarchie&#034; et sous pr&#233;texte de lutter contre le r&#233;gime pourri, lance ses troupes &#224; l'assaut des organisations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme, instrument politique de la grande bourgeoisie, et qui peut prendre n'importe quelle &#233;tiquette et n'importe quel masque, utilise donc la r&#233;volte des couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie en les attirant par sa d&#233;magogie anti-capitaliste et son apparence de force et d'intransigeance. Mais comme solution aux maux dont souffre la petite-bourgeoisie et l'ensemble des masses exploit&#233;es, il ne peut offrir que les aventures guerri&#232;res : c'est pourquoi le petit-bourgeois devenu fasciste ressemble &#224; l'homme dont les v&#234;tements ont pris feu et qui se jette dans l'eau qui l'engloutira. Cependant cela permet aux capitalistes de prolonger leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prol&#233;tariat peut lui aussi utiliser la r&#233;volte des masses exploit&#233;es petites-bourgeoises et les emp&#234;cher de se tourner vers le fascisme ; et il emp&#234;che par l&#224;-m&#234;me non seulement son propre &#233;crasement mais aussi celui de toute la nation sous la botte de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re le peut parce qu'elle est la seule force politique et sociale dans la nation qui est r&#233;ellement capable d'abolir le capitalisme avec ses maux, sa corruption, sa mis&#232;re. Mais il faut aussi que les autres couches opprim&#233;es de la nation puissent s'en rendre compte. Pour cela l'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre dirig&#233;e contre l'existence m&#234;me du r&#233;gime capitaliste, contre les fondements de l'ordre existant, c'est-&#224;-dire l'exploitation capitaliste par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Seule l'expropriation du Capital fera na&#238;tre une soci&#233;t&#233; dans laquelle le petit paysan, le petit rentier, le petit commer&#231;ant, etc... seront lib&#233;r&#233;s par l'ouvrier, par le Gouvernement ouvrier et paysan, des maux engendr&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe ouvri&#232;re prisonni&#232;re de la politique bourgeoise (Front Populaire, R&#233;sistance, etc...) qui pr&#233;tend lutter contre le fascisme dans le cadre du r&#233;gime capitaliste ne peut pas attirer &#224; elle les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens bourgeois et social-tra&#238;tres pr&#233;tendent que pour lutter contre le fascisme, il faut abandonner le programme r&#233;volutionnaire et faire front avec la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie pour la d&#233;fense de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce qui int&#233;resse les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie ce n'est pas tant la &#034;d&#233;mocratie&#034;, qu'une issue &#224; leurs conditions de vie intol&#233;rables. Quant aux ouvriers, la d&#233;mocratie c'est le droit d'association, de presse, de gr&#232;ve, etc... pour mieux se d&#233;fendre contre les capitalistes. Or le syst&#232;me bourgeois &#034;d&#233;mocratique&#034; et ses politiciens maintiennent pour les petits-bourgeois aussi bien que pour les ouvriers l'exploitation et la mis&#232;re, tandis qu'ils s'efforcent le plus possible de limiter les v&#233;ritables droits d&#233;mocratiques. Si bien qu'&#224; la longue les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie cherchent une issue hors du r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034; (capitaliste) ; mais cette issue elles ne peuvent pas la trouver du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat si celui-ci, &#224; cause de la politique de ses dirigeants, est cramponn&#233; aux &#034;d&#233;mocrates&#034; c'est-&#224;-dire aux repr&#233;sentants de &#034;g&#244;che&#034; du capitalisme ; elles la chercheront alors du c&#244;t&#233; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci il r&#233;sulte que le principe fondamental de la lutte contre le fascisme est le suivant : pas d'union avec la bourgeoisie de &#034;gauche&#034; sur un programme &#034;d&#233;mocratique&#034; capitaliste, mais union de tous les d&#233;mocrates v&#233;ritables autour de la lutte prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite-bourgeoisie craint-elle cette action, comme le disent les bureaucrates ouvriers ? Rappelons seulement qu'entre le 12 f&#233;vrier 1934 et juin 1936, la classe ouvri&#232;re, ayant fait montre d'une grande d&#233;cision d'action qui laissait esp&#233;rer &#224; l'ensemble de la population laborieuse la lutte d&#233;cisive pour un r&#233;gime nouveau, la petite-bourgeoisie fit bloc (surtout dans la lutte) autour de l'action ouvri&#232;re. Ce n'est qu'&#224; partir du &#034;il faut savoir finir une gr&#232;ve&#034; de Thorez, pendant les gr&#232;ves de juin 1936, que l'espoir des masses fut d&#233;&#231;u. Les bureaucrates ouvriers ayant trahi le Front Unique prol&#233;tarien en faveur d'un front avec Daladier (Front Populaire), ce &#034;front&#034; sombra dans le marasme parlementaire et la d&#233;sillusion des masses ouvrit la voie &#224; la r&#233;action &#224; partir de 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable lutte contre le fascisme est seulement la lutte anti-capitaliste. C'est donc, comme nous le disions au d&#233;but, par leur position de classe que les ouvriers se trouvent &#234;tre les vrais champions de la lutte anti-fasciste. Mais pour que la classe ouvri&#232;re constitue pour les couches exploit&#233;es petites-bourgeoises un p&#244;le d'attraction dans cette lutte, elle doit r&#233;aliser son unit&#233; de combat, pour devenir assez forte pour renverser la bourgeoisie. D'autre part elle doit pouvoir d&#233;fendre un programme capable de satisfaire les revendications de la petite-bourgeoisie, sur le terrain de la lutte r&#233;volutionnaire. Comment r&#233;aliser cette unit&#233;, quel est ce programme qui peut d&#233;terminer la petite-bourgeoisie &#224; appuyer une classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire ? C'est ce que nous nous proposons d'&#233;tudier dans le prochain num&#233;ro.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'UNITE DE COMBAT DE LA CLASSE OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme a donc comme premi&#232;re condition l'unit&#233; de combat de la classe ouvri&#232;re. Mais la classe ouvri&#232;re ne poss&#232;de pas d'organisation politique unique. Elle est dirig&#233;e par des partis et des fractions ayant des principes et des m&#233;thodes d'action diff&#233;rents et pr&#233;tendant chacun d&#233;tenir seul le secret de la d&#233;livrance. Les principales tendances dans le camp ouvrier sont le r&#233;formisme et la tendance r&#233;volutionnaire, entre lesquelles se situent des nuances interm&#233;diaires. Dans les moments de &#034;calme&#034;, ces derni&#232;res s'efforcent de r&#233;aliser une &#034;synth&#232;se&#034; des deux tendances, mais dans les moments de crise, elles se situent le plus souvent dans le camp r&#233;formiste. La tendance r&#233;formiste et la tendance r&#233;volutionnaire se combattent avec acharnement, s'accusant r&#233;ciproquement des fautes commises et des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une cat&#233;gorie d'ouvriers ayant le sain d&#233;sir de l'unit&#233; se laisse tromper par le mirage suscit&#233; sur l'unit&#233; organique des partis ouvriers, qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de n'&#233;couter qu'un seul guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant r&#233;formisme et r&#233;volution n'expriment pas deux m&#233;thodes diff&#233;rentes pour arriver au m&#234;me but, mais l'opposition irr&#233;conciliable entre les int&#233;r&#234;ts de classe des millions d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s, et les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ouvri&#232;re relativement bien pay&#233;e et de mentalit&#233; profond&#233;ment embourgeois&#233;e. D&#233;tenant un grand nombre de postes de responsables dans les organisations ouvri&#232;res ou dans l'administration bourgeoise (syndicats, partis politiques, mairies, si&#232;ges de d&#233;put&#233;s, etc&#8230;) cette couche domine habituellement l'action ouvri&#232;re, l'emp&#234;chant, la brisant quand elle menace de bouleverser le syst&#232;me qui leur permet de s'&#233;lever au-dessus de leur classe : c'est ainsi qu'en juin 1936 l'aristocratie ouvri&#232;re, repr&#233;sent&#233;e par la bureaucratie syndicale et politique, parvint &#224; arr&#234;ter la pouss&#233;e des millions d'ouvriers les plus exploit&#233;s. Le r&#233;formisme, en s'effor&#231;ant de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie ouvri&#232;re &#233;lev&#233;e au-dessus de la masse, d&#233;fend donc l'ordre bourgeois (qui &#224; son tour engendre le fascisme). L'unit&#233; envisag&#233;e par le PS et le PC ne serait qu'une assurance suppl&#233;mentaire de la bureaucratie contre la r&#233;volution des masses. La r&#233;volution seule permet &#224; ces derni&#232;res de renverser le capitalisme et couper ainsi la racine m&#234;me du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la division en partis de la classe ouvri&#232;re provient de la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts existant en son sein et que ce n'est pas cette division en partis qui cr&#233;e la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts, seule une forme d'organisation englobant directement toute la masse en lutte (et non pas seulement les militants des diff&#233;rents partis) peut unifier l'action de la classe ouvri&#232;re. Cette forme d'organisation, ce sont les Comit&#233;s. Dans les usines et dans les quartiers, les travailleurs, dans des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou de masse, &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;vocables &#224; chaque instant, charg&#233;s d'ex&#233;cuter les mesures vot&#233;es par les assembl&#233;es. Ces comit&#233;s ex&#233;cutifs locaux envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la r&#233;gion, qui &#224; leur tour d&#233;l&#232;guent des responsables nationaux. Ainsi se trouve cr&#233;&#233; un organisme groupant dans son sein les millions d'exploit&#233;s en lutte sans nuire &#224; l'unit&#233; d'action ; car ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent d&#233;mocratiquement (&#224; la majorit&#233;) la politique &#224; suivre dans chaque question donn&#233;e. Chaque parti politique peut ainsi faire la preuve de ce que valent pratiquement ses m&#233;thodes d'action. Il ne s'agit plus d'&#233;tiquette (&#034;r&#233;formiste&#034; ou &#034;r&#233;volutionnaire&#034;), mais de l'attitude devant des faits que les masses touchent du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; tort qu'on a appel&#233; les Comit&#233;s (ou Conseils) ouvriers des &#034;Parlements ouvriers&#034;. Chaque parti garde son enti&#232;re libert&#233; d'agitation et de propagande parmi les masses, mais dans l'action pratique il doit faire approuver sa politique par les masses group&#233;es dans les Comit&#233;s. Mais les Comit&#233;s ne sont pas un organisme seulement l&#233;gif&#233;rant, ils sont &#224; la fois d&#233;lib&#233;ratifs, l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s n'ont pas de vertu en soi. C'est selon la politique qui triomphera en leur sein que se d&#233;cidera le sort de la classe ouvri&#232;re. En voici deux exemples : en Russie en 1917, avec le triomphe dans les masses sovi&#233;tiques de la politique bolch&#233;vique (r&#233;volutionnaire) sur la politique mench&#233;vique (r&#233;formiste), les Soviets (nom russe des &#034;Comit&#233;s&#034;) prirent en main tout le pouvoir et les capitalistes furent renvers&#233;s. En Allemagne en 1918, ce fut la politique r&#233;formiste qui triompha dans les Conseils, gr&#226;ce &#224; la faiblesse politique de la fraction r&#233;volutionnaire ; les r&#233;formistes s'unirent en un Front populaire avec la bourgeoisie, transmirent tout le pouvoir des Conseils &#224; la bourgeoisie et men&#232;rent finalement &#224; leur liquidation. Le sort de l'Allemagne fut d&#233;cid&#233; dans le sens fasciste gr&#226;ce &#224; la trahison r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposerons donc la prochaine fois le programme politique que la IV&#232;me Internationale propose aux travailleurs r&#233;volutionnaires, pour qu'ils puissent soulever les masses ouvri&#232;res et populaires contre la bourgeoisie, les unifier r&#233;ellement dans des Comit&#233;s d'action et concentrer tout le pouvoir, par la dictature du prol&#233;tariat, entre les mains de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important c'est de comprendre les rapports objectifs qui existent entre la lutte r&#233;volutionnaire des travailleurs et les int&#233;r&#234;ts des autres couches exploit&#233;es et opprim&#233;es de la population. Quand le prol&#233;tariat soutient les autres couches exploit&#233;es contre leurs exploiteurs, ce n'est pas l&#224; de sa part une &#034;ruse&#034; destin&#233;e &#224; se faire des alli&#233;s temporaires pour mettre la main sur le pouvoir et le concentrer d&#233;finitivement entre ses mains vis-&#224;-vis d'elles ; la dictature du prol&#233;tariat ne peut pas repr&#233;senter un nouveau pouvoir oppresseur. Le soutien par le prol&#233;tariat des autres exploit&#233;s (quelle que soit la forme de cette exploitation), d&#233;coule tout naturellement de la nature des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Celle-ci ne peut pas lutter contre sa propre exploitation sans affranchir en m&#234;me temps &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re de toute exploitation et de toute oppression. La classe ouvri&#232;re ne lutte pas pour s'emparer pour elle seulement des moyens de production et donc exploiter par ce moyen la soci&#233;t&#233;. En luttant pour l'expropriation de la bourgeoisie, elle n'arrache les moyens de production &#224; celle-ci que pour effectuer leur retour &#224; la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une forme politique de lutte contre la bourgeoisie d&#233;poss&#233;d&#233;e, c'est un organe de la majorit&#233; des travailleurs contre la minorit&#233; d'exploiteurs, c'est un organe qui se dissout de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devient harmonieuse par la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttant pour leurs revendications, les travailleurs s'affirment donc tout naturellement les champions de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s. C'est eux qui repr&#233;sentent la nation en face d'une minorit&#233; de rapaces exploiteurs, si par nation l'on entend les travailleurs des villes et des campagnes sans le sommet exploiteur. Mais le prol&#233;tariat &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste ne peut pas faire pr&#233;valoir effectivement les int&#233;r&#234;ts de la v&#233;ritable nation travailleuse dans le cadre des fronti&#232;res capitalistes. Ce n'est que par le renversement de la bourgeoisie dans tous les pays, par les Etats-Unis Socialistes du Monde, que pourront &#234;tre &#233;mancip&#233;s les exploit&#233;s de chaque pays, donc de France. Voil&#224; le point fondamental du programme politique de la classe ouvri&#232;re. Dans la pratique bien entendu, ce point du programme ne sera que l'aboutissement final de toute une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques et politiques TRANSITOIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux de ces objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser en premier lieu la classe ouvri&#232;re, il faut lutter pour du travail et une existence digne pour tous, c'est-&#224;-dire l'&#233;chelle mobile des salaires, l'&#233;chelle mobile des heures de travail (pas de travail excessif d'un c&#244;t&#233; et le ch&#244;mage de l'autre, mais r&#233;partition du travail existant entre tous les travailleurs), un salaire minimum r&#233;ellement vital. L'exp&#233;rience propre des travailleurs leur montrera que le capitalisme ne peut en aucun cas les laisser vivre et ils comprendront la n&#233;cessit&#233; de s'organiser non seulement dans les Syndicats mais aussi dans les Comit&#233;s d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci exigeront : l'abolition du secret commercial (qui constitue le droit divin du patron) et le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie dans le but de comprendre d'o&#249; viennent les maux qui accablent les travailleurs et que les capitalistes attribuent &#224; la pluie et au beau temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de certains groupes de capitalistes, comme le M&#233;tro, les chemins de fer, les mines, la production d'&#233;nergie, la grosse industrie, l'industrie de guerre. Cet objectif s'impose tellement &#224; l'heure actuelle que le gouvernement capitaliste d&#233;pense beaucoup d'encre et proc&#232;de &#224; beaucoup de mise en sc&#232;ne (&#034;nationalisations&#034;, etc...) pour sauver les trusts et les monopoleurs : c'est au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de montrer que seul il est capable de r&#233;aliser cette expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de tous les b&#233;n&#233;fices de guerre, l'expropriation des banques et l'&#233;tatisation du syst&#232;me de cr&#233;dit. Les op&#233;rations financi&#232;res du gouvernement tombent lourdement sur toutes les couches pauvres (avant tout sur les petits rentiers) ; la confiscation des b&#233;n&#233;fices de guerre r&#233;soudrait les difficult&#233;s financi&#232;res sans accabler la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, c'est-&#224;-dire les petites gens des villes et les paysans, est aussi imm&#233;diatement int&#233;ress&#233;e &#224; ces mesures. Enfin les paysans ne seraient plus les &#233;ternelles victimes des banques et des sp&#233;culateurs de la Bourse. L'alliance entre la ville et la campagne deviendra possible par la suppression des interm&#233;diaires capitalistes qui grugent les paysans et affament les villes. L'&#233;change direct entre les travailleurs producteurs de produits industriels et les paysans rendra la prosp&#233;rit&#233; aux uns comme aux autres, par le soutien des paysans pauvres (cr&#233;dit &#224; bon march&#233;), l'abolition des hypoth&#232;ques qui ont remis aux banques la propri&#233;t&#233; des paysans, le soutien d'un programme de revendications pour les prol&#233;taires agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser les femmes et la jeunesse travailleuses, il faut exiger : A travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! Droits politiques int&#233;graux pour les femmes, les jeunes et les soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien des travailleurs immigr&#233;s et coloniaux, en premier lieu par la revendication du Statut l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires pour tous, comme le droit de gr&#232;ve, d'association, d'expression. Libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, de la censure, du monopole des trusts et la r&#233;partition proportionnelle du papier par chaque groupe de citoyens constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications permettront la mobilisation de toutes les couches exploit&#233;es et opprim&#233;es autour du prol&#233;tariat ; mais elle se heurtera &#224; la r&#233;sistance du pouvoir de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire de son Etat. Pour lutter contre cet Etat, les r&#233;volutionnaires appelleront les masses en lutte &#224; cr&#233;er leurs propres organes du pouvoir, les Conseils ; par les Milices ouvri&#232;res et l'armement du prol&#233;tariat, ils lutteront pour le Gouvernement ouvrier et paysan, expression directe et exclusive de ces Conseils. L'ancien appareil &#233;tatique de la bourgeoisie ne peut pas &#234;tre utilis&#233; par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui &#233;crase les masses, enl&#232;vera &#224; celle-ci ses moyens de domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est-il possible ? demandera le sceptique. N'est-il pas trop radical ? Ne pourrait-on se contenter de solutions plus &#034;raisonnables&#034; ? Par ces questions, le sceptique (imbu d'esprit petit-bourgeois) montre qu'il n'a rien compris &#224; notre &#233;poque qui est celle des monopoles capitalistes, de l'imp&#233;rialisme &#233;conomique. Il faut &#233;videmment une grande &#233;nergie r&#233;volutionnaire aux masses pour que la r&#233;alisation d'un tel programme soit possible. Et les sceptiques voient seulement que les 9/10&#232;me du temps les masses ne d&#233;ploient pas d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire. Mais c'est seulement parce que la r&#233;volution est l'aboutissement historique d'une foule de processus cach&#233;s en temps &#034;normal&#034;, &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a men&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un point o&#249; il n'est plus possible de vivre comme par le pass&#233;. Les masses sont de plus en plus contraintes par la situation objective de trouver en elles l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour se mettre en mouvement. Si les r&#233;volutionnaires ont &#034;tort&#034; les 9/10&#232;me du temps, c'est seulement pour avoir raison au moment de la r&#233;volution. Celle-ci d&#233;veloppe son rythme imp&#233;tueux en un temps relativement court. Mais cette p&#233;riode suffit pour &#233;manciper &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re. Voil&#224; pourquoi travailler minutieusement et attendre patiemment son heure sont les qualit&#233;s les plus pr&#233;cieuses d'un r&#233;volutionnaire. Voil&#224; pourquoi aussi, quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France les appellera &#224; l'action directe, les partisans de la IV&#232;me Internationale seront arm&#233;s de pied en cap id&#233;ologiquement et mat&#233;riellement pour vaincre l'ennemi capitaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur les gr&#232;ves de 1948 en France</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8701</link>
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		<dc:date>2025-06-15T22:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Mineurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur les gr&#232;ves de 1948 en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou le faux radicalisme des staliniens &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1947, les staliniens proclamaient que &#171; la gr&#232;ve est l'arme des trusts &#187; et en 1948 que la gr&#232;ve est l'arme des travailleurs&#8230; un changement qui &#233;tait motiv&#233; par la gr&#232;ve Renault de 1947 qui les avait contraint &#224; sortir du gouvernement pour ne pas &#234;tre d&#233;bord&#233;s par la vague ouvri&#232;re&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve Renault de 1947 : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve Strike&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot235" rel="tag"&gt;Mineurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur les gr&#232;ves de 1948 en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ou le faux radicalisme des staliniens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1947, les staliniens proclamaient que &#171; la gr&#232;ve est l'arme des trusts &#187; et en 1948 que la gr&#232;ve est l'arme des travailleurs&#8230; un changement qui &#233;tait motiv&#233; par la gr&#232;ve Renault de 1947 qui les avait contraint &#224; sortir du gouvernement pour ne pas &#234;tre d&#233;bord&#233;s par la vague ouvri&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve Renault de 1947 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7540&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/04/VDT43_042148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000016/la-greve-des-usines-renault.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1947 qui l'ont suivie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Renault, des mouvements conduits par la CGT se multiplient apr&#232;s mai chez Citro&#235;n, &#224; la SNCF, dans les banques, dans les grands magasins, &#224; EDF, puis chez Peugeot, Berliet, Michelin, etc. Le principal motif des gr&#232;ves est la revendication de hausse des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000017/les-greves-de-l-automne-1947.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000017/les-greves-de-l-automne-1947.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des mineurs de 1948 est soutenue et organis&#233;e par le PCF (stalinisme politique et syndical) mais, m&#234;me massivement suivie et d&#233;termin&#233;e, elle est isol&#233;e du reste de la classe ouvri&#232;re et n'est pas auto-organis&#233;e, et, du coup, elle est finalement vaincue avec un &#233;norme prix &#224; payer (morts, licenci&#233;s, recul social d'envergure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PCF assume toujours la radicalit&#233; de la gr&#232;ve des mineurs et des manifestations, il appara&#238;t comme d&#233;muni d'une strat&#233;gie r&#233;elle, loin des accusations d'organisateur d'une insurrection subversive venues de Jules Moch. Ainsi, s'il appelle &#224; une journ&#233;e de solidarit&#233; le 23 octobre, il n'organise aucune manifestation nationale qui aurait pu &#234;tre f&#233;d&#233;ratrice. Les manifestations organis&#233;es par le PCF le sont trop tardivement pour jouer un r&#244;le utile dans le soutien aux mineurs. De m&#234;me, il ne se sert pas des victimes de la r&#233;pression polici&#232;re pour mobiliser autour des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_mineurs_de_1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves de 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SEULE L'UNITE A LA BASE PERMETTRA AUX TRAVAILLEURS DE MENER LA LUTTE A BIEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a six semaines que, devant la mont&#233;e continuelle des prix, le probl&#232;me de la r&#233;vision du minimum vital et du pouvoir d'achat a &#233;t&#233; &#224; nouveau pos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'a &#233;t&#233; r&#233;solu depuis. Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; : gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d'avertissement de 30.000 mineurs du Nord, gr&#232;ves dans l'alimentation, l'h&#244;tellerie, etc. Les cheminots du Maroc ont obtenu une hausse de salaires ; ailleurs, comme dans l'h&#244;tellerie, les gr&#232;ves visent &#224; obtenir simplement l'augmentation vot&#233;e en novembre dernier. Ce n'est pas le chiffre des revendications qui est en jeu, mais les moyens d'obtenir celles-ci, les moyens de lutter et d'unifier la classe ouvri&#232;re pour ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi demain sera-t-il fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T., qui appuie actuellement les mouvements gr&#233;vistes, a d&#233;menti ses intentions de &#034;lancer de nouveaux mouvements ou de nouveaux mots d'ordre&#034; pour la mi-mars. Mais si elle d&#233;ment devant des journalistes des intentions qu'on lui pr&#234;tait, les ouvriers ne connaissent pas davantage celles qui sont siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par quels moyens entend-elle lutter ? Entend-elle se contenter de palabres ? Entend-elle seulement appuyer les mouvements qui &#233;clatent pour demander le retour du P.C.F. au pouvoir ? ou, comme au mois de novembre, d&#233;clencher un mouvement &#224; l'improviste ? En ce qui la concerne, les ouvriers ne savent pas plus s'ils vont au-devant de grandes luttes qu'au-devant d'une capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que, pendant longtemps, la C.G.T. a pr&#233;sent&#233; la gr&#232;ve comme l'arme des trusts et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme une idiotie, pour d&#233;clencher ensuite une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antid&#233;mocratique, de m&#234;me aujourd'hui, les ouvriers ne savent pas &#224; quoi s'en tenir quant &#224; la C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles m&#233;thodes ne peuvent que conduire &#224; la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, avec les m&#234;mes donn&#233;es, r&#233;p&#233;ter l'exp&#233;rience de novembre : manque de confiance des ouvriers dans ceux qui les repr&#233;sentent, manque de d&#233;mocratie, manque de contr&#244;le sur la marche du mouvement, division de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'est, plus que jamais, valable ce que disait un tract du S.D.R. d&#233;j&#224; avant la gr&#232;ve de novembre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lutte, qu'on le veuille ou pas, reste &#224; l'ordre du jour. Pour la mener &#224; bien, il faut que nous, ouvriers de base, nous nous serrions les coudes et ne nous laissions pas diviser par des gens qui, depuis longtemps, ne savent plus ce qu'est un outil. La situation est loin d'&#234;tre perdue si les ouvriers arrivent, sur le terrain de l'usine, &#224; parler librement, d&#233;terminer une attitude commune et d&#233;cider de moyens de lutte voulus par tous. Ce que nous avons &#224; faire, c'est souder nos rangs pour pouvoir, dans une action d&#233;termin&#233;e par tous, aller de l'avant sans aucune crainte.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en se cachant la t&#234;te sous le sable, que les travailleurs emp&#234;cheront les vieilles bureaucraties syndicales, qui d&#233;fendent la &#034;3&#176; force&#034; ou le retour de ministres P.C.F. au gouvernement, de se servir de leurs luttes pour des buts qui n'ont rien d'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt39_031748.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/03/vdt39_031748.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IL FAUT OBLIGER LES BUREAUCRATES A SE SOUMETTRE A LA VOLONTE DES OUVRIERS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la majorit&#233; des conducteurs du m&#233;tro, group&#233;s dans le syndicat autonome, a d&#233;cid&#233; la gr&#232;ve, la C.G.T. a donn&#233; l'ordre &#224; ses adh&#233;rents, qui sont la minorit&#233;, de continuer le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces temps derniers, la C.G.T. d&#233;fendait &#034;l'action directe&#034; ; elle vantait chaque &#034;victoire&#034;, aussi minime f&#251;t-elle, obtenue par des d&#233;brayages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette attitude de briseurs de gr&#232;ve vis-&#224;-vis des conducteurs du m&#233;tro ? Les dirigeants de la C.G.T. n'ont pu donner d'autre explication que celle-ci : &#034;Il faut d'abord &#233;puiser toutes les possibilit&#233;s de discussion&#034;. Mais le fait, qu'&#224; leur avis, il aurait fallu continuer encore &#224; discuter, justifie-t-il le sabotage d'une action d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; des ouvriers ? Ou le fait que les dirigeants c&#233;g&#233;tistes n'en soient pas les instigateurs autorise-t-il la trahison ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas plus de raisons, dict&#233;es par l'int&#233;r&#234;t ouvrier, dans leur action de briseurs de gr&#232;ve, que dans les gr&#232;ves dont ils prennent la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi plus antigr&#233;vistes ici que progr&#233;vistes ailleurs ? Nulle part leur action n'exprime la volont&#233; de la majorit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs semaines, nous relatons des d&#233;brayages partiels chez Renault. La C.G.T. qui en a eu la direction, n'a jamais consult&#233; les ouvriers, ni sur les revendications qui ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es par les bureaucrates, ni sur les moyens d'action. Des ouvriers r&#233;clament la suppression du travail au rendement, d'autres ont demand&#233; le paiement des heures de gr&#232;ve ; aucune de ces revendications n'a &#233;t&#233; pos&#233;e &#224; la direction par les d&#233;l&#233;gu&#233;s c&#233;g&#233;tistes. Dans un d&#233;partement, le mot d'ordre est d'une heure de gr&#232;ve ; dans l'autre, d'un quart d'heure ; et dans un autre encore, &#034;il ne faut pas faire le jeu de la direction en se mettant en gr&#232;ve !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la gr&#232;ve qu'ils brisent ou dans la gr&#232;ve qu'ils font, les bureaucrates syndicaux ont la m&#234;me attitude. Ils veulent pouvoir agir en &#034;repr&#233;sentants&#034; des ouvriers sans se soumettre &#224; leur contr&#244;le. Et, pour pouvoir mieux man&#339;uvrer les ouvriers, ils doivent les d&#233;shabituer de d&#233;cider eux-m&#234;mes de leurs propres affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ne surmonteront jamais la d&#233;moralisation que ces m&#233;thodes entra&#238;nent parmi eux, s'ils n'obligent pas les organisations syndicales &#224; les laisser s'exprimer et &#224; se soumettre &#224; leur volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein du parlement bourgeois, les d&#233;put&#233;s qui se pr&#233;tendent ouvriers se soumettent bien &#224; la majorit&#233; r&#233;actionnaire ; les d&#233;put&#233;s du P.C.F., qui se disent contre les cr&#233;dits militaires r&#233;guli&#232;rement vot&#233;s, n'ont pas, pour cela, &#034;bris&#233;&#034; la l&#233;galit&#233; parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, au sein du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, ces gens agiraient-ils &#224; leur guise et ne seraient-ils pas contraints de consulter les ouvriers et de se soumettre &#224; la volont&#233; de la majorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt45_050548.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/05/vdt45_050548.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle position doivent prendre les militants r&#233;volutionnaires&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le mouvement gr&#233;viste actuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la grande collaboration et de la participation des staliniens au gouvernement, nous pr&#233;conisions la m&#233;thode d'action gr&#233;viste contre la volont&#233; des staliniens. La vague gr&#233;viste d&#233;clench&#233;e en mai 47 a oblig&#233; les staliniens &#224; se mettre du c&#244;t&#233; des gr&#232;ves. Pour le camarade M., du moment que les staliniens sont du c&#244;t&#233; des gr&#232;ves, nous sommes contre les gr&#232;ves. De cette fa&#231;on, il met en avant le facteur subjectif, que sont les partis et les organisations, et laisse de c&#244;t&#233; le facteur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car nous consid&#233;rons d'abord le mouvement ouvrier comme un fait objectif, auquel on ne commande pas. C'est pour cela qu'il faut partir de l&#224; o&#249; se trouvent les ouvriers et les grouper pour l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne peut pr&#233;tendre que les staliniens soient le parti des ouvriers. Mais le stalinisme s'appuie sur le mouvement ouvrier. Est fausse &#224; cet &#233;gard la discrimination faite entre les &#034;v&#233;ritables r&#233;formistes&#034; et les staliniens agents de Moscou. En r&#233;alit&#233;, les &#034;r&#233;formistes&#034; n'ont jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement des r&#233;formistes, partisans et promoteurs de r&#233;formes. Ce sont les partis de la 2&#232;me Internationale, &#224; l'&#233;poque o&#249; eux-m&#234;mes s'affirmaient r&#233;volutionnaires, qui &#233;taient pratiquement devenus des r&#233;formistes de par l'&#233;poque &#224; laquelle ils vivaient, surtout en occident, c'est-&#224;-dire que par des m&#233;thodes de lutte ils obtenaient, dans le cadre du capitalisme ascendant, des r&#233;formes qui avaient pour r&#233;sultat l'am&#233;lioration du niveau de vie des ouvriers. Quand les r&#233;formistes prennent ouvertement ce nom, apr&#232;s la cr&#233;ation de l'Internationale Communiste, l'&#233;poque des r&#233;formes est close depuis longtemps, et ce sont les r&#233;volutionnaires qui appellent les r&#233;formistes tels, par d&#233;rision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre attitude vis-&#224;-vis des bureaucraties tra&#238;tres n'est pas d&#233;termin&#233;e par leur politique plus ou moins r&#233;formiste, mais par la confiance que peuvent encore leur accorder des couches ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rejetant le mouvement gr&#233;viste parce que li&#233; aux man&#339;uvres staliniennes, le camarade M. rompt avec la conception l&#233;niniste de la r&#233;volution. L&#233;nine a soulign&#233; qu'il n'existe pas de mouvement prol&#233;tarien pur. Toutes les classes sont m&#234;l&#233;es &#224; tout mouvement quel qu'il soit. Tout mouvement est &#034;utilis&#233;&#034; aussi bien par le gouvernement, les fascistes, les staliniens, etc. Si les staliniens utilisent la gr&#232;ve des mineurs pour faire le jeu de l'URSS, il est certain que le gouvernement utilise celle-ci pour faire le jeu de l'imp&#233;rialisme et le sien propre (lois anti-ouvri&#232;res, etc.), et si la classe ouvri&#232;re ne bougeait pas, pour elle le r&#233;sultat serait le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les gr&#232;ves sont-elles le fait des staliniens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; toute l'exp&#233;rience d&#233;ment cette conception artificielle des appareils bureaucratiques d&#233;clenchant les gr&#232;ves &#224; leur convenance. Nous avons vu les ouvriers se mettre en gr&#232;ve contre la volont&#233; des bureaucrates, et aussi bien ne pas suivre des ordres de gr&#232;ve donn&#233;s par eux. Avant tout les ouvriers, actuellement, voient et ressentent qu'ils sont &#233;cras&#233;s et opprim&#233;s par le capitalisme. Ils ont besoin de lutter contre cet &#233;tat de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des camarades ont peur du stalinisme parce qu'ils le surestiment en fait. En r&#233;alit&#233;, les staliniens ont peur du mouvement ouvrier. La CGT est l'obstacle principal dans la voie de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. L'emprise c&#233;g&#233;tiste a bien exist&#233; en 45-46. Mais d&#233;j&#224; bien avant la gr&#232;ve de mai 47 il y a eu des explosions contre l'appareil. A l'heure actuelle la scission entre les ouvriers et l'appareil est plus grande que jamais. Mais les ouvriers voient que chaque fois qu'ils veulent faire quelque chose, ils manquent de cadres. Ce n'est pas en tant que parti que le P.C. m&#232;ne la classe ouvri&#232;re, mais par les syndicats, qui fournissent aux ouvriers des cadres. A plusieurs reprises la classe ouvri&#232;re a essay&#233; de se d&#233;tacher de la CGT et est retomb&#233;e sous sa coupe. Les masses se mettent en mouvement avec les chefs qu'elles trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous suivons dans la lutte la majorit&#233; des ouvriers. Nous sommes donc dans tout mouvement gr&#233;viste d&#233;cid&#233; par la majorit&#233; des ouvriers. Mais ce que nous recherchons c'est que la gr&#232;ve appartienne aux gr&#233;vistes. Car m&#234;me une gr&#232;ve men&#233;e par nous, dans laquelle les ouvriers ne participeraient pas, ne vaut rien. La gr&#232;ve vaut quelque chose dans la mesure o&#249; elle accro&#238;t la combativit&#233;, la conscience et la coh&#233;sion des ouvriers. Il s'agit pour nous que rien ne se passe par-dessus la t&#234;te des ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale est impossible parce qu'il n'y a pas d'organisation r&#233;volutionnaire. Le probl&#232;me n'est donc pas d'&#234;tre pour ou contre les gr&#232;ves, mais d'agir pour arracher la classe ouvri&#232;re, &#233;tudier les besoins du mouvement ouvrier, lui donner le plus de conscience ; car les mots-d'ordre on ne peut pas les inventer, ce sont les besoins ouvriers qui les fournissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne commande pas au mouvement de masse. Ou les appareils, stalinien ou bourgeois, sont les plus forts, et il faut renoncer au mouvement ouvrier, pr&#233;coniser la suppression des gr&#232;ves. Ou nous consid&#233;rons que le mouvement ouvrier est plus fort que tous les appareils, et alors nous devons nous appuyer sur le mouvement et travailler pour lui donner le maximum d'efficacit&#233; et de coh&#233;sion. Notre t&#226;che s'accomplit dans la classe ouvri&#232;re, non &#224; c&#244;t&#233;. &#034;L'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes&#034;. La t&#226;che des r&#233;volutionnaires est, dans toutes les circonstances, d'int&#233;resser les ouvriers, les organiser, les tirer de leur apathie, leur faire prendre leur sort entre leurs propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle fa&#231;on renforcer la coh&#233;sion, l'esprit critique, la volont&#233; des ouvriers ? Voil&#224; comment se pose pour nous le probl&#232;me. (Mais on ne commande pas &#224; la classe ouvri&#232;re ses sentiments et ses r&#233;actions). La caract&#233;ristique essentielle de la r&#233;volution, c'est que les masses font irruption dans les sph&#232;res o&#249; se d&#233;cide leur propre sort. La gr&#232;ve de mai a &#233;t&#233; une action r&#233;volutionnaire d&#233;mocratique, mais parce que les ouvriers ont senti qu'ils avaient sur qui s'appuyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la lutte contre les staliniens, certains vont jusqu'&#224; penser que De Gaulle est un moindre mal. Les ouvriers ne le pensent pas ainsi. A cet &#233;gard les traditions du mouvement ouvrier depuis 1934 sont tout &#224; fait claires. Ils savent bien ce que veulent dire les mesures de Moch, ils savent que c'est du Daladier avec au bout du P&#233;tain-De Gaulle. A cela on ne peut pas r&#233;pondre :...mais les gr&#232;ves sont conduites par les staliniens. Il faut partir de l&#224; o&#249; se trouvent les ouvriers et les grouper pour l'action. Notre t&#226;che est de d&#233;livrer les masses des bureaucrates tra&#238;tres en luttant avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/note_102548.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/10/note_102548.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la gr&#232;ve des mineurs. ILS ONT ETE BATTUS PARCE QU'ILS ONT ETE TROMPES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s huit semaines de gr&#232;ve, les mineurs ont &#233;t&#233; contraints de reprendre le travail, sans qu'aucune de leurs revendications ait &#233;t&#233; satisfaite. Fid&#232;le &#224; la politique de blocage des salaires, inaugur&#233;e par De Gaulle-Thorez-Bidault, le gouvernement Queuille n'a recul&#233; devant rien pour contraindre les mineurs &#224; capituler &#034;sans conditions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, huit semaines durant, par leur combativit&#233; et leur h&#233;ro&#239;sme &#8211; car il fallait de l'h&#233;ro&#239;sme pour opposer, sans armes, une r&#233;sistance acharn&#233;e &#224; un ennemi arm&#233; jusqu'aux dents &#8211; les gueules noires se sont class&#233;es &#224; l'avant-garde de tout le mouvement ouvrier. Une fois de plus, il est donc prouv&#233; que la volont&#233; de lutte et m&#234;me l'h&#233;ro&#239;sme des ouvriers ne suffisent pas pour qu'ils obtiennent la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mineurs ont &#233;t&#233; h&#233;ro&#239;ques, mais leurs dirigeants les ont tromp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tait-ce pas une escroquerie que de faire croire aux mineurs qu'ils pouvaient, par leur seule gr&#232;ve, arracher le Minimum Vital, qu'une gr&#232;ve de 2 ou 3 millions de travailleurs (Y COMPRIS LES MINEURS), en Novembre-D&#233;cembre 47, n'avait pu obtenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tait-ce pas de la poudre aux yeux que de pr&#233;tendre organiser la solidarit&#233; avec les mineurs en demandant aux autres travailleurs de verser des sommes suffisantes pour permettre aux mineurs de tenir ind&#233;finiment, alors que tous les travailleurs, qui d&#233;j&#224; avec leurs salaires n'arrivent pas &#224; joindre les deux bouts, ont &#224; supporter les pertes de salaires occasionn&#233;es par leurs propres combats gr&#233;vistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi les mineurs ont &#233;t&#233; battus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aujourd'hui, par cons&#233;quent, B. Frachon pr&#233;tend que c'est &#034;la faim qui a entam&#233; le bloc des mineurs&#034;, il ne fait que continuer &#224; tromper les ouvriers. Si J. Moch et les capitalistes sont arriv&#233;s &#224; affamer les mineurs, c'est que B. Frachon les avait engag&#233;, d&#232;s le d&#233;but, dans une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en avions d'ailleurs averti les travailleurs d&#232;s le 19 Octobre (n&#176; 50) : &#034;Seule une GREVE GENERALE peut faire aboutir la revendication des travailleurs, un SALAIRE VITAL GARANTI PAR L'ECHELLE MOBILE. Mais la C.G.T. est impuissante &#224; conduire la classe ouvri&#232;re dans une telle lutte. Et comment le pourrait-elle, quand c'est elle qui a &#233;t&#233; depuis la &#034;lib&#233;ration&#034; le principal garde-chiourme de la bourgeoisie (&#034;produire d'abord&#034;), quand c'est elle qui a &#233;t&#233; le principal briseur de gr&#232;ve de Mai &#224; Septembre 47, et quand c'est elle qui en Novembre-D&#233;cembre 47, a men&#233; &#224; la d&#233;faite la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, en &#233;loignant, par son attitude bureaucratique, la majorit&#233; des ouvriers de la lutte ? Cette incapacit&#233; de la C.G.T. de mener la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, qui a d&#233;j&#224; contraint les travailleurs de l'Est de finir leur lutte par un compromis d&#233;risoire, rend in&#233;vitable le &#034;pourrissement de la gr&#232;ve des mineurs elle-m&#234;me, isol&#233;e devant la coalition capitaliste nationale et internationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, c'est du reste ce que d&#233;sirent les travailleurs depuis le mouvement gr&#233;viste commenc&#233; en Avril 47. Car, comme en Juin 1936, seul un mouvement englobant simultan&#233;ment la majorit&#233; &#233;crasante de la classe ouvri&#232;re peut faire capituler les capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sacrifices qu'exige une telle lutte ne peuvent &#234;tre assum&#233;s par les travailleurs que s'ils savent qu'ils ne seront pas abandonn&#233;s dans la lutte, qu'on ne leur tirera pas dans le dos, qu'&#224; l'int&#233;rieur du mouvement les opinions et les personnes seront respect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les agissements anti-d&#233;mocratiques des bureaucrates, C.G.T., F.O., C.F.T.C. ont, au contraire, divis&#233; les travailleurs et avili leur volont&#233; de combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte h&#233;ro&#239;que des mineurs, l'effort qu'elle a co&#251;t&#233; &#224; toute la classe ouvri&#232;re, auront &#233;t&#233; loin d'&#234;tre inutiles si les travailleurs en tirent d&#233;finitivement la le&#231;on. Car c'est depuis bient&#244;t 15 ans, depuis F&#233;vrier 1934, que la classe ouvri&#232;re voit mener &#224; la d&#233;faite par les bureaucrates incontr&#244;l&#233;s ses efforts h&#233;ro&#239;ques d'am&#233;liorer son sort ou de r&#233;sister &#224; la politique de famine des gouvernements capitalistes. Et cependant ce n'est que tr&#232;s lentement qu'elle comprend qu'il faut, sous peine de mort, reb&#226;tir de nouvelles organisations prol&#233;tariennes. Plus t&#244;t la classe ouvri&#232;re apportera une aide d&#233;cisive &#224; la cr&#233;ation de nouvelles organisations ouvri&#232;res, sous le contr&#244;le de la base, plus t&#244;t ses luttes seront couronn&#233;es de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/12/vdt52_120148.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?client=firefox-b-e&amp;q=gr%C3%A8ves+1948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?client=firefox-b-e&amp;q=gr%C3%A8ves+1948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des films&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00135/la-greve-de-1948-greve-insurrectionnelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00135/la-greve-de-1948-greve-insurrectionnelle.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00130/greves-des-mineurs-a-valenciennes-intervention-de-l-armee.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00130/greves-des-mineurs-a-valenciennes-intervention-de-l-armee.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00134/la-situation-tendue-entre-la-cgt-et-le-gouvernement-en-1948.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00134/la-situation-tendue-entre-la-cgt-et-le-gouvernement-en-1948.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00129/les-greves-et-evenements-en-france-et-dans-le-nord-pas-de-calais.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fresques.ina.fr/memoires-de-mines/fiche-media/Mineur00129/les-greves-et-evenements-en-france-et-dans-le-nord-pas-de-calais.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Barta et la question Isra&#235;l/Palestine</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8514</link>
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		<dc:date>2025-05-07T22:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Palestine</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barta et la question Isra&#235;l/Palestine &lt;br class='autobr' /&gt;
Barta &lt;br class='autobr' /&gt;
12 janvier 1949 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intervention militaire anglaise en Palestine &lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI SE GENERALIZATIONS ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249;, pr&#233;lude &#224; la paix g&#233;n&#233;rale en Palestine, des conversations s'engageaient entre Isra&#235;l et l'Egypte, les dirigeants imp&#233;rialistes de Londres ont suscit&#233; le traditionnel incident pour justifier leur intervention arm&#233;e. Cinq avions anglais ayant &#233;t&#233; abattus au-dessus du champ de bataille &#233;gypto-isra&#233;lien, le cabinet de Londres en a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;Palestine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Barta et la question Isra&#235;l/Palestine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 janvier 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intervention militaire anglaise en Palestine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI SE GENERALIZATIONS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249;, pr&#233;lude &#224; la paix g&#233;n&#233;rale en Palestine, des conversations s'engageaient entre Isra&#235;l et l'Egypte, les dirigeants imp&#233;rialistes de Londres ont suscit&#233; le traditionnel incident pour justifier leur intervention arm&#233;e. Cinq avions anglais ayant &#233;t&#233; abattus au-dessus du champ de bataille &#233;gypto-isra&#233;lien, le cabinet de Londres en a aussit&#244;t pris pr&#233;texte pour mettre en place son dispositif de bataille : mobilisation de la flotte, d&#233;barquement de troupes, campagne de presse.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit, une fois de plus, que La Fontaine n'a rien invent&#233; dans sa fable Le Loup et l'Agneau. &#034;Isra&#235;l trouble ma s&#233;curit&#233;&#034;, pr&#233;tend Bevin qui voudrait que les avions de Sa Majest&#233; soient consid&#233;r&#233;s comme tabous m&#234;me au-dessus d'un champ de bataille !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le cynisme de l'intervention anglaise ne s'arr&#234;te pas l&#224;. L'Egypte a, en effet, refus&#233; &#034;l'aide&#034; anglaise, pr&#233;f&#233;rant engager des n&#233;gociations directes avec Isra&#235;l. Impliqu&#233; dans un conflit qui ne pouvait profiter qu'&#224; l'Angleterre, ce pays, &#224; deux doigts d'une catastrophe int&#233;rieure (comme l'a montr&#233; l'assassinat de Nokrachy Pacha), pr&#233;f&#232;re, semble-t-il, actuellement une &#034;mauvaise paix&#034; avec Isra&#235;l &#224; un &#034;bon trait&#233;&#034; avec l'Angleterre. Et c'est la bonne voie, car ce sont les troupes anglaises qui stationnent autour du Canal de Suez et c'est l'Angleterre, comme les journaux l'ont r&#233;v&#233;l&#233;, qui veut occuper le N&#233;guev. Mais qu'&#224; cela ne tienne ! L'Angleterre entend atteindre ses buts strat&#233;giques co&#251;te que co&#251;te. Et si les Arabes ne veulent pas de son &#034;aide&#034;, elle les aidera malgr&#233; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, en effet, les Anglais se g&#234;neraient-ils ? Les Hollandais ne viennent-ils pas de d&#233;clencher, sans l'ombre d'un pr&#233;texte et en violation de leurs propres engagements, la guerre contre les R&#233;publiques Indon&#233;siennes ? La France ne guerroie-t-elle pas depuis plus de trois ans en Indochine ? Les Etats-Unis n'arment-ils pas partout leurs mercenaires et n'occupent-ils pas les principales positions militaires du monde, du Japon &#224; l'Allemagne ? La Russie, sous la conduite des satrapes de Staline, n'est-elle pas redevenue une vaste prison des peuples ? L'O.N.U., comme feu la S.D.N., sert-elle &#224; autre chose qu'&#224; CAMOUFLER le brigandage des grandes puissances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale de tout ceci, c'est que dans un monde livr&#233; aux agissements de brigands militaristes, arm&#233;s de pied en cap, l'indignation, &#224; elle seule, ne sert de rien. Quand il s'agit des int&#233;r&#234;ts vitaux de ces grands brigands, l'opinion publique ne joue qu'un faible r&#244;le. Ainsi, la grande majorit&#233; de la population fran&#231;aise est contre la guerre d'Indochine. Mais cela ne change rien &#224; la conduite de nos capitalistes et de nos gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la paix exige autre chose que de bons sentiments, de bonnes paroles et des pr&#234;ches pour de soi-disant gouvernements mondiaux. Pour arriver &#224; un v&#233;ritable gouvernement mondial et &#224; la paix universelle, il faut que, dans chaque pays, la classe ouvri&#232;re, appuy&#233;e sur les masses populaires et leur servant de guide, balaie les capitalistes et leur Etat militariste. Faute de quoi, les d&#233;sirs et les lamentations des populations laborieuses au sujet de la paix ressembleront fort aux b&#234;lements de moutons qu'on se pr&#233;pare &#224; &#233;gorger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 mars 1957&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ILS NE REGNERONT PAS TOUJOURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dant a la pression conjugu&#233;e de l'O.N.U. et de l'&#034;opinion mondiale&#034; dont, comme chacun sait, le D&#233;partement d'Etat am&#233;ricain est l'expression la plus l&#233;gitime, ISRAEL retire ses troupes de Gaza et d'Akaba. Ce n'est malheureusement que le dernier &#233;pisode et non la fin de la lutte que les grandes, moyennes et petites puissances m&#232;nent dans cette partie du monde autour de tout ce qui touche &#224; la production et au transport du p&#233;trole. Car, nul ne l'ignore &#224; pr&#233;sent, c'est une question de domination &#233;conomique qui anima les conf&#233;rences diplomatiques et non l'int&#233;r&#234;t des peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'attitude de la diplomate am&#233;ricaine &#224; l'&#233;gard d'Isra&#235;l en est une nouvelle illustration. Elle ne fait qui suivre en cela le &#034;diviser pour r&#233;gner &#034; qui a force de loi pour la politique coloniale anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme ils avaient dress&#233;s aux Indes, Musulmans contre Hindous, les hommes du Foreign Office avaient, en Palestine, fait de l'hostilit&#233; des Arabes contre les Juifs une bonne haine bien tenace, la ranimant artificiellement chaque fois qu'elle mena&#231;ait da faiblir. Ils avaient pouss&#233; au plus haut point l'art de m&#233;contenter &#233;galement, de la m&#234;me mesure, les deux populations. Ils n'accordaient pas les m&#234;mes droits aux uns et aux autres. Ils ne permettaient pas l'immigration massive r&#233;clam&#233;e par les Juifs mais la contingentaient, de fa&#231;on &#224; dresser continuellement les Arabes contre les nouveaux arrivants, A cette &#233;poque cette doctrine politique permettait &#224; l'Angleterre d'&#233;conomiser bien des troupes d'occupation en ne jouant, en somme, que le r&#244;le d'arbitre impartial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &#224; la fin de la deuxi&#232;me guerre mondiale, le Sionisme qui jusque l&#224; n'avait trouv&#233; que peu d'&#233;chos est devenu le seul espoir pour les Juifs europ&#233;ens qui avaient pu r&#233;chapper des fours cr&#233;matoires. L'int&#233;gration n'avait pas &#233;t&#233; possible pour eux, il ne leur restait que l'Etat Juif comme perspective. Et ce furent les d&#233;parts massifs vers la Palestine, les convois clandestins for&#231;ant les barrages anglais ; ce fut l'&#233;poque de l'&#034;Exodus&#034; dont le nom est un symbole. Ces immigr&#233;s clandestins s'arm&#232;rent et s'attaqu&#232;rent &#224; la fois aux Arabes et aux troupes anglaises. Ils vainquirent les deux. Cela, avec le soutien, sinon d&#233;terminant, du moins quasi-officiel, des &#201;tats-Unis fort aises de contribuer &#224; cr&#233;er des ennuis &#224; leur &#034;alli&#233;&#034; anglais dans cette partie du monde. Et c'est ainsi que naquit en 1948 l'Etat d'Isra&#235;l. Depuis, les Juifs pris au pi&#232;ge de cet Etat artificiel n'ont cess&#233; de vivre les armes &#224; la main. L'Angleterre s'est servie d'eux lors du &#034;coup de Suez&#034; en les jetant contre l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la diplomatie am&#233;ricaine qui a repris &#224; son compte les int&#233;r&#234;ts, les responsabilit&#233;s et les m&#233;thodes de l'Angleterre, continuent &#224; pratiquer le &#034;diviser pour r&#233;gner&#034;. Agr&#232;s avoir aid&#233; &#224; l'accouchement d'Isra&#235;l, les U.S.A. soutiennent maintenant les Etats arabes contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les peuples ne se dresseront pas &#233;ternellement les uns contre les autres au b&#233;n&#233;fice de quelques commanditaires. Les haines nationales se retournent maintenant contre les colonialistes et les dirigeants du monde se trouvent d&#233;pass&#233;s par les forces qu'ils ont fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 mai 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI LE SANG COULE-T-IL EN PALESTINE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de deux semaines, les journaux commentent largement la guerre de Palestine, mais n'en &#233;clairent pas le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les Anglo-Am&#233;ricains soutiennent la Ligue arabe, l'opinion officielle en France s'est montr&#233;e plut&#244;t favorable aux sionistes. De quel c&#244;t&#233; se trouve la &#034;cause juste&#034; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour les centaines de milliers de Juifs qui cherchent un &#034;foyer&#034; : c'est-&#224;-dire la s&#233;curit&#233;, l'Etat-nain de Palestine n'est pas une solution. Mais si les nationalistes juifs, en se basant sur les traditions de l'histoire, ont fait de ce morceau de terre l'objet de tous leurs espoirs, ce sont pr&#233;cis&#233;ment les imp&#233;rialistes anglais, les combattant aujourd'hui &#224; mort, qui avaient d&#232;s 1917 (d&#233;claration Balfour), promis aux sionistes cette terre se trouvant sous leur domination. Ils n'ont pas tard&#233; &#224; mentir &#224; leurs promesses, car pour eux l'immigration juive, organis&#233;e au compte-goutte n'&#233;tait qu'une machination destin&#233;e &#224; introduire un nouvel &#233;l&#233;ment de trouble et de division dans le monde arabe, suivant la formule &#034;diviser pour r&#233;gner&#034;. Cependant que des milliers de jeunes juifs donnaient le meilleur de leurs forces pour fertiliser cette terre, l'occupant anglais jouait, au mieux de ses propres int&#233;r&#234;ts, tant&#244;t les Arabes contre les Juifs, tant&#244;t contre les Arabes, les quelques Juifs qui avaient pu immigrer au prix des plus grands efforts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la guerre de 1940, avec les milliers d'hommes et de femmes traqu&#233;s et sans foyer, le probl&#232;me palestinien prit une acuit&#233; encore plus grande. Devant les conflits croissant, la Grande-bretagne annon&#231;a brusquement son intention de se retirer de Palestine... mais y resta. Car cette &#034;menace&#034; de se retirer n'&#233;tait en r&#233;alit&#233;, pour des raisons strat&#233;giques, qu'un biais permettant l'immixtion des &#034;Nations Unies&#034;, c'est-&#224;-dire de l'Am&#233;rique. Celle-ci se d&#233;clara favorable au d&#233;coupage de l'Etat palestinien en deux : un morceau pour les Juifs, l'autre pour les Arabes. Mais cette d&#233;cision, qui aggrava les conflits jud&#233;o-arabes, n'eut m&#234;me pas le temps d'&#234;tre appliqu&#233;e, que l'on vit brusquement les Etats-Unis faire des d&#233;clarations en faveur de la Ligue arabe. Washington veut renforcer ces derniers de fa&#231;on &#224; constituer, avec la Gr&#232;ce, la Turquie et l'Iran, un bloc pour contenir ce qu'il est convenu d'appeler l'expansion sovi&#233;tique, &#233;crivait le 15 avril, le journal capitaliste fran&#231;ais Le Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que &#034;les grandes puissances&#034; ne sont pas intervenues en m&#233;diateurs dans le conflit palestinien ; ce sont elles les v&#233;ritables instigateurs des troubles : soutenant tant&#244;t l'un tant&#244;t l'autre, suivant les exigences du moment de leur politique ext&#233;rieure, abusant tout &#224; tour les peuples juif et arabe de leurs promesses (qu'elles ne tiennent jamais), attisant les haines et entretenant un foyer permanent de luttes intestines. N'est-ce pas ainsi qu'&#224; travers toutes les man&#339;uvres, la &#034;d&#233;cision&#034; de l'Angleterre de se retirer de Palestine a abouti aujourd'hui &#224; un d&#233;barquement en force de troupes et de tanks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi de ce m&#234;me point de vue imp&#233;rialiste, qui n'a rien d'id&#233;aliste, que s'explique l'attitude de &#034;d&#233;fense&#034; des Juifs par les capitalistes fran&#231;ais : si les Anglo-Am&#233;ricains soutiennent les seigneurs arabes dans leur expansion nationaliste, n'est-ce pas l&#224; un danger qui peut donner le branle &#224; tout le monde musulman, &#224; cette Afrique du Nord o&#249; &#034;l'ordre&#034; est si p&#233;niblement maintenu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, face &#224; cette guerre de Palestine qui constitue l'un des foyers de la 3&#232;me guerre mondiale, jamais aucun des journaux capitalistes n'a relat&#233;, et pour cause, que les peuples &#8211; le v&#233;ritable peuple ouvrier et paysan &#8211; les peuples juif et arabe, ont montr&#233; qu'ils pouvaient s'entendre. Le mouvement de pacification est sorti du sein de la classe ouvri&#232;re. Les syndicats ouvriers juifs et arabes conclurent des ententes et organis&#232;rent la fraternisation dans des gr&#232;ves communes. Ce sont les imp&#233;rialistes, entretenant leurs agents dans les deux camps nationalistes, qui ont fait assassiner dans la seule ann&#233;e 1947 (comme nous l'avions relat&#233; dans La Voix, n&#176; 21) 13 leaders des syndicats arabes travaillant pour le rapprochement entre les deux peuples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les imp&#233;rialistes, aid&#233;s en cela par les agents nationalistes des deux camps, font tout ce qui est en leur pouvoir pour emp&#234;cher l'union entre les ouvriers et les paysans juifs et arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#034;c'est l'essence du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, de d&#233;fendre aussi la fraternit&#233; entre les peuples. En luttant contre les excitateurs de guerre qui entretiennent la division entre les peuples, le mouvement ouvrier lutte pour la paix&#034;. (La Voix, n&#176; 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, vis-&#224;-vis de la guerre de Palestine, les ouvriers de tous les pays n'ont qu'une position &#224; prendre : appuyer le mouvement d'union et de fraternit&#233; des ouvriers juifs et arabes contre l'imp&#233;rialisme. Ils lutteront ainsi contre les provocateurs de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barta&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er octobre 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVRIERE ET L'UNION DES PEUPLES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me palestinien est un des nombreux probl&#232;mes &#034;insolubles&#034; qui enveniment la situation internationale, au point que l'Angleterre, devant l'impossibilit&#233; de &#034;concilier les th&#232;ses juive et arabe&#034; (entre lesquelles, en r&#233;alit&#233;, elle n'a cess&#233; d'entretenir la discorde), d&#233;clare vouloir &#034;renoncer&#034; &#224; son mandat. Mais ce n'est l&#224; qu'une manoeuvre pour lui permettre de d&#233;gager ses responsabilit&#233;s du chaos dans lequel elle a plong&#233; le pays, comme elle l'a d&#233;j&#224; fait pour l'Inde. Manoeuvre aussi pour justifier l'intervention de l'O.N.U., c'est-&#224;-dire des Etats-Unis, dans cette partie du monde, en vue de la troisi&#232;me guerre imp&#233;rialiste mondiale contre l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quotidiennement, les journaux relatent les actes de terrorisme et les luttes sanglantes qui d&#233;chirent le pays. Mais tandis qu'ils insistent longuement sur les antagonismes irr&#233;ductibles qui opposent nationalistes juifs et arabes, ce n'est qu'incidemment qu'on apprend, &#224; propos de l'activit&#233; des nationalistes chauvins, qu'un chef syndicaliste arabe vient d'&#234;tre abattu par ces derniers pour avoir travaill&#233; au rapprochement entre ouvriers juifs et arabes (d'apr&#232;s Le Monde du 26-9). Il s'agit du treizi&#232;me chef syndicaliste arabe assassin&#233;, dans l'ann&#233;e, pour les m&#234;mes raisons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien qu'&#224; l'importance de cette sanglante r&#233;pression on peut mesurer l'ampleur du mouvement ouvrier et l'&#233;nergie qu'il d&#233;ploie pour opposer &#224; la guerre fratricide, entretenue par les exploiteurs, l'entente et la fraternit&#233; entre exploit&#233;s. Et malgr&#233; cette r&#233;pression, le mouvement ouvrier a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; unir, dans d'importantes gr&#232;ves communes, ouvriers juifs et arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier arabe et juif sait que la seule opposition r&#233;elle &#224; la guerre, la seule solution possible au probl&#232;me palestinien, c'est l'union des ouvriers juifs et arabes contre l'imp&#233;rialisme et contre tous leurs exploiteurs communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me exemple nous est donn&#233; aux Indes o&#249; Gandhi, jadis ap&#244;tre de la non-violence, pr&#234;che la &#034;guerre sainte&#034; contre le Pakistan, alors que le mouvement ouvrier, unissant dans la m&#234;me lutte contre leurs exploiteurs, ouvriers hindous et musulmans, s'efforce d'apporter la paix entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'essence du mouvement ouvrier lui-m&#234;me, pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts, de d&#233;fendre aussi la fraternit&#233; entre les peuples. En luttant contre les excitateurs de guerre qui entretiennent la division entre les peuples, le mouvement ouvrier lutte pour la paix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va la France en septembre 1944 ?</title>
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		<dc:date>2024-09-07T22:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>

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&lt;p&gt;OU VA LA FRANCE ? &lt;br class='autobr' /&gt;
A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans notre dernier num&#233;ro nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses ! &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag"&gt;1943-1947&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;OU VA LA FRANCE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre dernier num&#233;ro nous avons montr&#233; comment l'op&#233;ration appel&#233;e &#034;insurrection nationale&#034; n'&#233;tait qu'une escroquerie politique qui, comme la &#034;r&#233;volution nationale&#034; de P&#233;tain, devait faire croire aux travailleurs que ce n'est pas l'Etat bourgeois dans son ensemble et en tant qu'instrument de domination de la classe capitaliste qui est l'ennemi num&#233;ro un des masses travailleuses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tain s'en prit &#224; la forme parlementaire de l'Etat, ex&#233;cr&#233;e par les masses de plus en plus et ha&#239;e &#224; partir de septembre 1939, et la rendit responsable de tous les d&#233;sastres qui se sont abattus sur la France, y compris l'effondrement g&#233;n&#233;ral de juin 1940. Il appela astucieusement DEMOCRATIE la dictature parlementaire des cliques politiques bourgeoises, pour pouvoir ainsi pr&#233;senter son pouvoir personnel comme un ordre &#034;nouveau&#034;. La R&#233;sistance s'en prit &#224; la dictature de P&#233;tain, pour mieux sauver les instruments de la dictature de la bourgeoisie sur le prol&#233;tariat : la police, l'arm&#233;e permanente, la bureaucratie, etc... Et si le chef du gouvernement, De Gaulle, se camoufle actuellement derri&#232;re des phrases &#034;r&#233;publicaines&#034; (comme le fit en son temps un certain Louis Bonaparte pour arriver &#224; l'Empire) c'est uniquement pour tromper les masses jusqu'au moment o&#249; la situation aura &#034;&#233;volu&#233;&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quatre semaines &#224; peine que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; a remplac&#233; celui de &#034;l'Etat c'est moi&#034;, les fum&#233;es se dissipent et les choses commencent &#224; montrer leur v&#233;ritable aspect. De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034;, ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir DICTATORIAL au gouvernement bourgeois. En vain l'Humanit&#233; (qui fournit au gouvernement de la chair &#224; canon patriotique) se lamente-t-elle sur le manque de d&#233;mocratie v&#233;ritable. Comme nous n'avons cess&#233; de l'expliquer, &#224; notre &#233;poque de guerres imp&#233;rialistes et de guerre civile, quand le capitalisme pourrit toute la soci&#233;t&#233;, ce n'est pas la forme de l'Etat qui d&#233;cide de la d&#233;mocratie, mais &#224; qui appartient le pouvoir : &#224; la bourgeoisie, par des organes &#233;loign&#233;s des masses, au-dessus et contre elles (police, etc...), ou aux travailleurs, par des organes non distincts de la masse, qui sont leur &#233;manation directe : les Conseils ouvriers et paysans, organisations du pouvoir des masses en lutte. Gr&#226;ce aux staliniens, le pouvoir n'a pas un instant cess&#233; d'&#234;tre enti&#232;rement entre les mains de la bourgeoisie, car les masses ne disposent d'aucun organe du pouvoir qui soit leur &#233;manation et leur instrument exclusif contre les entreprises de la bourgeoisie (milices ouvri&#232;res, comit&#233;s d'usine et de quartier, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle r&#233;ussira-t-il mieux que P&#233;tain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'appareil bureaucratico-militaire, en pr&#233;sence d'une crise profonde politique et &#233;conomique et des bouleversements militaires, ne suffit pas &#224; la bourgeoisie pour mater compl&#232;tement la classe ouvri&#232;re. L'&#233;chec de P&#233;tain n'est pas d&#251; au retrait des troupes allemandes &#8211; il aurait trouv&#233; l'appui am&#233;ricain s'il avait pu se maintenir, ce fait est actuellement notoire &#8211; mais P&#233;tain est rest&#233; &#034;suspendu en l'air&#034; parce qu'il n'avait aucun appui du c&#244;t&#233; des masses. L'appareil bureaucratico-policier n'e&#251;t rien de plus press&#233; &#224; faire que de passer du c&#244;t&#233; de De Gaulle pour se refaire une &#034;popularit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mater compl&#232;tement le prol&#233;tariat, cela seules les troupes fascistes auraient pu le faire. Le fascisme fait plus que r&#233;duire le mouvement ouvrier &#224; l'ill&#233;galit&#233;. Il dissout toute activit&#233; des organisations ouvri&#232;res quelles qu'elles soient, de telle fa&#231;on que le mouvement ne peut plus s'organiser, m&#234;me ill&#233;galement, hormis de petits groupes isol&#233;s de la classe. Car le fascisme est lui-m&#234;me un mouvement de masses, de la petite-bourgeoisie en particulier, qui, exasp&#233;r&#233;e par la crise, est habilement jet&#233;e contre les organisations ouvri&#232;res par les capitalistes cach&#233;s derri&#232;re un sauveur &#034;socialiste&#034; et &#034;national&#034; genre Mussolini ou Hitler. Mais la bourgeoisie n'a pas encore r&#233;ussi &#224; d&#233;velopper en France un mouvement fasciste d'importance d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle est en pr&#233;sence de la m&#234;me t&#226;che que P&#233;tain : instaurer &#034;l'ordre&#034; dans une situation command&#233;e par la guerre et l'&#233;puisement &#233;conomique, physique et moral de la nation. Ce qui signifie rejeter toutes les difficult&#233;s de cette situation sur les masses travailleuses et pauvres : sans attendre, la bourgeoisie s'oppose d&#233;j&#224; &#224; la reprise du travail dans des conditions qu'elle n'aurait pas elle-m&#234;me d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; P&#233;tain, De Gaulle a incontestablement les masses populaires derri&#232;re lui. Mais de quoi est faite cette confiance ? Les petits-bourgeois lui font confiance en tant que repr&#233;sentant de leurs aspirations patriotico-chauvines, capable en m&#234;me temps de s'opposer aux exigences de la classe ouvri&#232;re et de mater le communisme. La classe ouvri&#232;re, elle, fait confiance au PC, au PS et &#224; la CGT et compte sur eux pour arracher &#224; De Gaulle des r&#233;formes substantielles en faveur de la d&#233;mocratie et des travailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034;confiance&#034; g&#233;n&#233;rale cache en r&#233;alit&#233; un conflit in&#233;vitable. En l'absence d'une am&#233;lioration &#233;conomique et diplomatique consid&#233;rable et imm&#233;diate &#8211; ce qui est chose exclue &#8211; que se passera-t-il ? Les travailleurs patienteront sous la pression des organisations social-patriotes, mais ne pourront pas cesser d'exiger des am&#233;liorations constantes, ce qui les poussera de plus en plus loin dans la voie de la lutte anti-capitaliste et pour leur propre pouvoir. De leur c&#244;t&#233;, les petits-bourgeois, que les capitalistes trompent en attribuant leur mis&#232;re aux revendications ouvri&#232;res, s'exasp&#233;reront. Ne sachant plus &#224; quel saint se vouer, ils seront de plus en plus travaill&#233;s par les cadres fascistes, constituant non plus comme avant la guerre des groupes isol&#233;s, mais d&#232;s aujourd'hui, &#224; l'&#233;chelle nationale, la base d'un parti fasciste puissant &#224; qui ne manque plus que la sympathie des masses. Ainsi la situation ne peut se d&#233;velopper que vers des solutions extr&#234;mes : ou la dictature du prol&#233;tariat et l'expropriation de la bourgeoisie (solution progressive de la crise), ou l'&#233;crasement du prol&#233;tariat par le fascisme, rejet de toute la soci&#233;t&#233; vers la barbarie pour le maintien du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gaulle ne repr&#233;sente qu'un r&#233;gime de transition de plus ou moins longue dur&#233;e, un essai de dictature bonapartiste voulant maintenir l'&#233;quilibre entre les classes. Mais, de m&#234;me qu'en Allemagne, en Espagne, etc..., seul le heurt d&#233;cisif entre le prol&#233;tariat et les organisations fascistes et bureaucratico-militaires de la bourgeoisie d&#233;cidera de l'issue de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE BONAPARTISME DE GAUCHE, FOURRIER DU FASCISME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la fonction fondamentale du gouvernement de De Gaulle reste celle du gouvernement P&#233;tain (dictature de la bourgeoisie) cependant, du point de vue dynamique (l'&#233;volution du rapport de forces entre les classes), il repr&#233;sente une nouvelle phase de la lutte de classes en France. La d&#233;composition de l'appareil &#233;tatique, en tant qu'instrument centralis&#233; et ob&#233;issant normalement au seul gouvernement l&#233;gal (d&#233;composition due &#224; la pression contradictoire des imp&#233;rialistes alli&#233;s et allemand sur l'Etat fran&#231;ais ainsi qu'&#224; la r&#233;sistance des masses contre celui-ci), rend n&#233;cessaire au gouvernement l'appui des organisations ouvri&#232;res social-patriotes. En pr&#233;sence des souffrances inou&#239;es inflig&#233;es aux travailleurs par cinq ann&#233;es de guerre et des innombrables preuves de banditisme de la part des classes dirigeantes vis-&#224;-vis des travailleurs fran&#231;ais seule la rentr&#233;e en sc&#232;ne des bureaucrates ouvriers social-patriotes peut maintenir pour un certain temps les masses dans &#034;l'ordre&#034; bourgeois et obtenir leur appui pour la continuation de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d'autre part, se maintenir &#224; l'aide des organisations ouvri&#232;res conciliatrices, cela implique une certaine l&#233;galit&#233; de l'action ouvri&#232;re. C'est par l&#224; que le bonapartisme (dictature bureaucratico-polici&#232;re) de gauche de De Gaulle se diff&#233;rencie du bonapartisme de droite de P&#233;tain : non par ce qu'il repr&#233;sente de donn&#233; &#224; la classe ouvri&#232;re, mais par ce que la classe ouvri&#232;re peut conqu&#233;rir, si elle se soustrait &#224; l'influence social-patriote et adopte une politique r&#233;volutionnaire intransigeante vis-&#224;-vis de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une politique r&#233;volutionnaire, sans une action jusqu'au bout de la classe ouvri&#232;re contre la bourgeoisie prenant comme point de d&#233;part la l&#233;galit&#233; de fait, le r&#233;gime actuel ne serait que le fourrier du fascisme. Agissant tout comme celui de P&#233;tain en faveur de la bourgeoisie (chose d&#233;j&#224; &#233;vidente six semaines &#224; peine apr&#232;s son installation), le gouvernement bonapartiste &#034;de gauche&#034; fait endosser, aux yeux des larges couches exploit&#233;es, la responsabilit&#233; de sa politique aux organisations ouvri&#232;res dont il a l'alliance ; ce n'est plus l'Etat bourgeois qui appara&#238;t comme le responsable de la nouvelle faillite, mais le socialisme, le communisme, la classe ouvri&#232;re... C'est ainsi que P&#233;tain put, en 1940, rendre responsable la classe ouvri&#232;re de la politique bourgeoise du Front Populaire, non seulement aux yeux des ennemis de toujours du prol&#233;tariat, mais aussi aux yeux des couches pauvres de la population (paysans, petits rentiers, petits commer&#231;ants, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En absence d'une politique r&#233;volutionnaire qui dresse les ouvriers contre l'Etat bourgeois (surtout quand il se camoufle &#034;&#224; gauche&#034;) le bonapartisme appuy&#233; sur les sommets bureaucratiques de la classe ouvri&#232;re ne repr&#233;sente qu'une oscillation dans le rapport des forces entre les camps bourgeois et prol&#233;tarien et pr&#233;pare encore plus s&#251;rement que le bonapartisme de droite (P&#233;tain) la r&#233;volte des masses petites-bourgeoises contre le &#034;communisme&#034;, &#034;l'anarchie&#034;. En effet, la lutte des classes entre les ouvriers et la bourgeoisie appelle une solution d&#233;cisive pour savoir qui est ma&#238;tre dans la maison, de l'ouvrier ou du patron. Leurs int&#233;r&#234;ts ne peuvent pas &#234;tre concili&#233;s, on ne le voit que trop depuis 1934. Si c'est l'ouvrier, il faut que les travailleurs instaurent leur dictature pour en finir avec le sabotage et le banditisme patronal ; mais si les travailleurs ne vont pas jusqu'au bout de la lutte, s'ils cherchent des solutions &#034;moyennes&#034; (qui en fait signifient la paralysie de l'&#233;conomie), alors ce sont les patrons qui lancent les bandes fascistes &#224; l'attaque en mobilisant la petite-bourgeoisie contre &#034;l'anarchie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, avant la victoire d&#233;finitive de Hitler (1933) il y eut de semblables oscillations du pouvoir &#233;tatique de droite &#224; &#034;gauche&#034; et de &#034;gauche&#034; &#224; droite, de m&#234;me qu'en France, depuis f&#233;vrier 1934, nous avons connu des oscillations allant du r&#233;actionnaire Doumergue vers le &#034;socialiste&#034; Blum (1936) et de Blum vers Daladier (1938-1939) et vers P&#233;tain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les masses ont successivement exp&#233;riment&#233; le r&#233;gime bureaucratico-militaire sous toutes ses formes, sous la pression des souffrances inou&#239;es que leur inflige le capitalisme (crises, ch&#244;mage, guerres), elles sont pr&#234;tes &#224; adopter une solution extr&#234;me : dictature du prol&#233;tariat ou &#034;r&#233;volution&#034; fasciste. C'est &#224; ce choix in&#233;vitable que nous conduit le gouvernement actuel. Voil&#224; pourquoi, si les organisations social-patriotes maintiennent la classe ouvri&#232;re dans le sillage de De Gaulle au lieu de la mobiliser pour la dictature du prol&#233;tariat, elles pr&#233;parent pour demain la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES SOURCES &#034;IDEOLOGIQUES&#034; DU FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence d'un grave danger fasciste, malgr&#233; la d&#233;faite militaire de l'imp&#233;rialisme allemand en France, nous ne l'inventons pas. Quotidiennement l'Humanit&#233; d&#233;nonce l'action anti-ouvri&#232;re et anti-d&#233;mocratique (cette derni&#232;re provenant directement de l'activit&#233; du gouvernement et de l'administration) qui se renforce &#224; une allure de plus en plus rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir essay&#233; d'attribuer cette action r&#233;actionnaire de grande envergure aux &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034; encore subsistant &#224; l'arri&#232;re, l'Humanit&#233; est oblig&#233;e d'avouer : &#034;mais l'&#233;crasement militaire de l'Allemagne NE SERVIRAIT DE RIEN &#224; la longue si, PARTOUT (donc en France) le fascisme ne subissait pas un &#233;crasement moral et politique complet&#034; (22/10/44). Ainsi l'Humanit&#233; est finalement contrainte d'avouer l'&#233;tendue du danger. La classe ouvri&#232;re n'est pas simplement devant une t&#226;che militaire (lutte physique) contre des &#034;&#238;lots hitl&#233;riens&#034;. La classe ouvri&#232;re se trouve devant une t&#226;che politique et morale d&#233;cisive, pour emp&#234;cher les &#233;l&#233;ments du peuple d&#233;sesp&#233;r&#233;s ou &#233;gar&#233;s (ch&#244;meurs, petits-bourgeois ruin&#233;s des villes, paysans) de se laisser attirer dans le camp fasciste et de transformer celui-ci en une force de masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs staliniens &#034;&#233;crasent&#034; politiquement le fascisme, nous l'avons vu dans le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro : ils soutiennent De Gaulle, c'est-&#224;-dire la bourgeoisie. En faisant endosser aux organisations ouvri&#232;res les responsabilit&#233;s de la politique gouvernementale dans une situation catastrophique pour les masses, ils portent de l'eau au moulin fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les chefs staliniens ont la pr&#233;tention d'&#233;craser aussi moralement le fascisme, c'est-&#224;-dire son id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'id&#233;ologie fasciste ? La caract&#233;ristique fondamentale du fascisme, c'est l'exasp&#233;ration du nationalisme. Pourquoi le nationalisme est-il devenu le moyen fondamental de la r&#233;action et du fascisme pour la bourgeoisie, contre les masses exploit&#233;es ? C'est parce qu'&#224; notre &#233;poque le capitalisme, en cr&#233;ant une &#233;conomie mondiale, a d&#233;truit toute possibilit&#233; de vie &#233;conomique ind&#233;pendante (nationale) ; dans ces conditions le nationalisme n'est plus une doctrine d'&#233;mancipation des peuples, mais une doctrine d'asservissement. Pour les vieilles nations capitalistes (Angleterre, France, Allemagne, Etats-Unis, etc&#8230;), le nationalisme n'est pas l'affirmation du droit de ces peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes, mais de la volont&#233; d'opprimer des peuples plus faibles (Empire pour la France, &#034;espace vital&#034; pour l'Allemagne, etc.). Dans ces conditions, l'exasp&#233;ration du sentiment nationaliste pousse infailliblement les classes sociales opprim&#233;es de ces pays capitalistes (petits-bourgeois et ouvriers) dans les bras de la bourgeoisie, pour une politique imp&#233;rialiste de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on, le nationalisme d&#233;tourne les classes exploit&#233;es de leur propre lutte contre la bourgeoisie (lutte de classes) en leur faisant croire que leurs souffrances inou&#239;es ne sont pas dues au r&#233;gime capitaliste, que la t&#226;che principale n'est pas de renverser leurs propres exploiteurs bourgeois ; il les d&#233;tourne vers la lutte ext&#233;rieure pour les &#034;conqu&#234;tes civilisatrices&#034;, pour la main-mise sur les positions &#233;conomiques et strat&#233;giques n&#233;cessaires &#224; la &#034;mission&#034; sp&#233;ciale de la nation : images derri&#232;re lesquelles se cachent les capitalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contre-poison de &#034;l'id&#233;ologie&#034; nationaliste ne peut &#234;tre que l'internationalisme. Il exprime non pas &#034;un vague r&#234;ve de solidarit&#233;&#034; entre les hommes, mais les int&#233;r&#234;ts d&#233;cisifs de toute la population du globe terrestre (en dehors des cliques capitalistes qui dirigent les peuples), il repr&#233;sente l'alliance r&#233;elle entre tous les opprim&#233;s et exploit&#233;s contre leurs capitalistes. La victoire de l'id&#233;ologie nationaliste ou de l'id&#233;ologie internationaliste au sein de la classe ouvri&#232;re n'est pas une affaire de &#034;sentiments&#034;, mais d&#233;cide de la guerre ou de la paix dans le monde, de la barbare oppression fasciste et militariste ou de la libert&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que font les chefs staliniens pour vaincre l'id&#233;ologie du fascisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont pr&#233;tendu &#233;craser le fascisme avec ses propres armes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en Allemagne le PCA voulut concurrencer Hitler, pour le supplanter aupr&#232;s des masses, sur le terrain nationaliste, et lan&#231;a lui aussi des mots-d'ordre de &#034;lib&#233;ration nationale&#034; (avant 1933) et de &#034;la lutte contre l'&#233;tranger&#034; (contre le trait&#233; de Versailles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France depuis le pacte Staline-Laval (1935) les chefs staliniens ont gliss&#233; progressivement vers la d&#233;magogie nationaliste. Ayant repris le mot-d'ordre de &#034;la France aux Fran&#231;ais&#034; &#224; l'Action Fran&#231;aise, ils en sont arriv&#233;s &#224; reprendre &#034;la Marseillaise&#034; aux trusts (Duclos) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chefs staliniens expliquent aux militants de la base que tout cela n'est que de la &#034;tactique&#034;, que l'internationalisme doctrinal est difficile &#224; faire rentrer dans la t&#234;te des masses et qu'en gagnant les masses &#224; eux avec des mots-d'ordre qui &#034;prennent&#034;, ils nous conduiront eux, les chefs, vers le communisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le communisme ou le fascisme ne d&#233;pendent pas de la volont&#233; des chefs. Ils d&#233;pendent du choix final que les masses feront entre le Parti ouvrier ou le Parti de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment est d&#233;termin&#233; ce choix ? Par la d&#233;magogie des Partis en pr&#233;sence ? Non. Mais par la capacit&#233; du Parti ouvrier &#224; attaquer la base m&#234;me de l'exploitation capitaliste, par sa capacit&#233; de renverser la bourgeoisie, chose qui n'est possible qu'&#224; l'aide d'une id&#233;ologie internationaliste de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la d&#233;magogie et du nationalisme, c'est le Parti bourgeois qui doit avoir le dessus. La solution prol&#233;tarienne (internationaliste) n'&#233;tant pas offerte aux masses pour en finir avec un r&#233;gime qui les &#233;touffe, celles-ci ne se consoleront pas avec des raisonnements sur la tactique, mais se tourneront infailliblement vers les Partis qui sur le terrain du nationalisme et de la d&#233;magogie vont jusqu'au bout, c'est-&#224;-dire qui ont la possibilit&#233; r&#233;elle &#8211; parce qu'agents de la bourgeoisie &#8211; d'offrir, par des aventures militaires &#224; l'ext&#233;rieur, une issue pratique au nationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain nationaliste et de la d&#233;magogie chauvine, le Parti ouvrier ne peut devenir un Parti dirigeant du pays. Il ne peut &#234;tre qu'un Parti donnant des conseils au gouvernement, t&#226;chant de se montrer plus nationaliste que les autres, mais qui ne sera jamais ma&#238;tre dans la maison. Sur le terrain du nationalisme, c'est toujours les Partis bourgeois qui vaincront ; en abandonnant l'id&#233;ologie internationaliste, les Partis ouvriers pr&#233;parent la victoire du fascisme. Voil&#224; pourquoi en Allemagne, quand la question fut pos&#233;e sur le terrain nationaliste aussi bien par Thaelmann (communiste) que par Hitler, les masses choisirent Hitler, car sur ce terrain c'&#233;tait Hitler seulement qui pouvait aller jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons aujourd'hui &#224; quelles catastrophes l'abandon de l'internationalisme par le PCA a conduit le peuple allemand. Nous sommes en France, aujourd'hui, en pr&#233;sence d'un danger aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de la pr&#233;paration des esprits, les moyens &#034;id&#233;ologiques&#034; des staliniens rendent un service d&#233;cisif aux fascistes. La ligne politique peut &#234;tre redress&#233;e rapidement et les d&#233;faites surmont&#233;es par la simple volont&#233; de tenir compte des le&#231;ons des faits. Mais il en est tout autrement dans le domaine moral de la pr&#233;paration id&#233;ologique. Le poison nationaliste r&#233;pandu dans les masses ne peut pas &#234;tre &#233;limin&#233; du jour au lendemain. Il y faut de longues ann&#233;es. Car ce poison est engendr&#233; constamment par la propagande bourgeoise et ce n'est qu'apr&#232;s un travail d'ann&#233;es que le Parti communiste peut habituer l'avant-garde ouvri&#232;re &#224; une pens&#233;e conforme &#224; ses propres int&#233;r&#234;ts, c'est-&#224;-dire la pens&#233;e internationaliste. Dans le domaine de la pr&#233;paration id&#233;ologique les chefs staliniens font donc depuis 1935 tout ce qu'ils peuvent pour pr&#233;parer la victoire du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais heureusement, la base du Parti, comme en t&#233;moigne le m&#233;contentement croissant parmi les militants du PC, reste fid&#232;le au communisme et chaque fois que se manifeste sur eux l'influence directe du &#034;trotskysme&#034; (communisme v&#233;ritable) ils se montrent tels qu'ils sont, c'est-&#224;-dire internationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est cette fid&#233;lit&#233; au communisme, qui subsiste dans l'avant-garde de la classe ouvri&#232;re malgr&#233; le poison id&#233;ologique stalinien, qui est le gage d'avenir le plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LUTTE OUVERTE CONTRE LE FASCISME&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en ayant exactement compris la v&#233;ritable nature du fascisme que l'avant-garde ouvri&#232;re saura lutter contre cette pire r&#233;action de la soci&#233;t&#233; bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme surgit constamment de la pourriture et de la d&#233;cadence de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Il repr&#233;sente un syst&#232;me de dictature auquel la classe capitaliste a recours pour sauvegarder sa domination menac&#233;e, en instaurant le r&#233;gime politique qui correspond le mieux &#224; sa dictature &#233;conomique incontr&#244;l&#233;e sur la nation. Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de production bas&#233; sur le profit et l'appropriation priv&#233;e capitaliste ayant abouti &#224; la concentration de toutes les richesses entre les mains d'une poign&#233;e de monopoleurs capitalistes, a d&#233;finitivement vou&#233; &#224; la ruine et &#224; la pauvret&#233; les classes interm&#233;diaires, la petite-bourgeoisie. Celle-ci est pass&#233;e, &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste, de la tranquillit&#233; sociale caract&#233;ristique au petit-bourgeois qui en faisait un appui de la d&#233;mocratie, &#224; la r&#233;volte permanente contre l'ordre existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la petite-bourgeoisie contre l'ordre existant n'est pas par sa nature dirig&#233;e contre la classe ouvri&#232;re ; elle est de tendance anti-capitaliste. Mais le petit bourgeois ruin&#233; (rentier, petit commer&#231;ant, petit paysan, etc...) n'a pas la m&#234;me position de classe vis-&#224;-vis du capitaliste que l'ouvrier ; celui-ci, tout naturellement, s'oppose sur le lieu de travail &#224; son exploiteur, &#224; son patron, &#224; son capitaliste ; ce qui fait que l'ensemble des ouvriers s'oppose &#224; l'ensemble des capitalistes. Contrairement &#224; la classe ouvri&#232;re, la petite-bourgeoisie n'a pas une id&#233;e concr&#232;te de ce que c'est que le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en tenant compte de cette situation que la bourgeoisie, pour sauver l'ensemble de sa domination, organise par l'interm&#233;diaire des politiciens fascistes, une &#034;lutte anti-capitaliste&#034; dirig&#233;e d&#233;magogiquement contre des capitalistes isol&#233;s : &#034;banquiers juifs&#034;, &#034;patrons anti-sociaux&#034;, etc... Le fascisme les prend comme boucs &#233;missaires de la crise &#233;conomique, des louches combinaisons financi&#232;res, etc... Sur le plan politique il s'en prend &#224; la &#034;d&#233;mocratie&#034;, au syst&#232;me parlementaire, &#224; l'impuissance de ce r&#233;gime devant la mis&#232;re des masses (impuissance qui est due au fait que ce r&#233;gime ne camoufle que la dictature de la bourgeoisie). Mais l&#224; o&#249; se d&#233;voile la nature du fascisme, c'est qu'il identifie la dictature bourgeoise parlementaire &#224; l'existence des partis ouvriers, des organisations autonomes, politiques ou professionnelles de la classe ouvri&#232;re, maudit le &#034;communisme&#034; et &#034;l'anarchie&#034; et sous pr&#233;texte de lutter contre le r&#233;gime pourri, lance ses troupes &#224; l'assaut des organisations de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fascisme, instrument politique de la grande bourgeoisie, et qui peut prendre n'importe quelle &#233;tiquette et n'importe quel masque, utilise donc la r&#233;volte des couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie en les attirant par sa d&#233;magogie anti-capitaliste et son apparence de force et d'intransigeance. Mais comme solution aux maux dont souffre la petite-bourgeoisie et l'ensemble des masses exploit&#233;es, il ne peut offrir que les aventures guerri&#232;res : c'est pourquoi le petit-bourgeois devenu fasciste ressemble &#224; l'homme dont les v&#234;tements ont pris feu et qui se jette dans l'eau qui l'engloutira. Cependant cela permet aux capitalistes de prolonger leur domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le prol&#233;tariat peut lui aussi utiliser la r&#233;volte des masses exploit&#233;es petites-bourgeoises et les emp&#234;cher de se tourner vers le fascisme ; et il emp&#234;che par l&#224;-m&#234;me non seulement son propre &#233;crasement mais aussi celui de toute la nation sous la botte de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re le peut parce qu'elle est la seule force politique et sociale dans la nation qui est r&#233;ellement capable d'abolir le capitalisme avec ses maux, sa corruption, sa mis&#232;re. Mais il faut aussi que les autres couches opprim&#233;es de la nation puissent s'en rendre compte. Pour cela l'action de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre dirig&#233;e contre l'existence m&#234;me du r&#233;gime capitaliste, contre les fondements de l'ordre existant, c'est-&#224;-dire l'exploitation capitaliste par la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production. Seule l'expropriation du Capital fera na&#238;tre une soci&#233;t&#233; dans laquelle le petit paysan, le petit rentier, le petit commer&#231;ant, etc... seront lib&#233;r&#233;s par l'ouvrier, par le Gouvernement ouvrier et paysan, des maux engendr&#233;s par le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une classe ouvri&#232;re prisonni&#232;re de la politique bourgeoise (Front Populaire, R&#233;sistance, etc...) qui pr&#233;tend lutter contre le fascisme dans le cadre du r&#233;gime capitaliste ne peut pas attirer &#224; elle les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens bourgeois et social-tra&#238;tres pr&#233;tendent que pour lutter contre le fascisme, il faut abandonner le programme r&#233;volutionnaire et faire front avec la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie pour la d&#233;fense de la &#034;d&#233;mocratie&#034;. Mais ce qui int&#233;resse les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie ce n'est pas tant la &#034;d&#233;mocratie&#034;, qu'une issue &#224; leurs conditions de vie intol&#233;rables. Quant aux ouvriers, la d&#233;mocratie c'est le droit d'association, de presse, de gr&#232;ve, etc... pour mieux se d&#233;fendre contre les capitalistes. Or le syst&#232;me bourgeois &#034;d&#233;mocratique&#034; et ses politiciens maintiennent pour les petits-bourgeois aussi bien que pour les ouvriers l'exploitation et la mis&#232;re, tandis qu'ils s'efforcent le plus possible de limiter les v&#233;ritables droits d&#233;mocratiques. Si bien qu'&#224; la longue les couches exploit&#233;es de la petite-bourgeoisie cherchent une issue hors du r&#233;gime &#034;d&#233;mocratique&#034; (capitaliste) ; mais cette issue elles ne peuvent pas la trouver du c&#244;t&#233; du prol&#233;tariat si celui-ci, &#224; cause de la politique de ses dirigeants, est cramponn&#233; aux &#034;d&#233;mocrates&#034; c'est-&#224;-dire aux repr&#233;sentants de &#034;g&#244;che&#034; du capitalisme ; elles la chercheront alors du c&#244;t&#233; fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout ceci il r&#233;sulte que le principe fondamental de la lutte contre le fascisme est le suivant : pas d'union avec la bourgeoisie de &#034;gauche&#034; sur un programme &#034;d&#233;mocratique&#034; capitaliste, mais union de tous les d&#233;mocrates v&#233;ritables autour de la lutte prol&#233;tarienne contre la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite-bourgeoisie craint-elle cette action, comme le disent les bureaucrates ouvriers ? Rappelons seulement qu'entre le 12 f&#233;vrier 1934 et juin 1936, la classe ouvri&#232;re, ayant fait montre d'une grande d&#233;cision d'action qui laissait esp&#233;rer &#224; l'ensemble de la population laborieuse la lutte d&#233;cisive pour un r&#233;gime nouveau, la petite-bourgeoisie fit bloc (surtout dans la lutte) autour de l'action ouvri&#232;re. Ce n'est qu'&#224; partir du &#034;il faut savoir finir une gr&#232;ve&#034; de Thorez, pendant les gr&#232;ves de juin 1936, que l'espoir des masses fut d&#233;&#231;u. Les bureaucrates ouvriers ayant trahi le Front Unique prol&#233;tarien en faveur d'un front avec Daladier (Front Populaire), ce &#034;front&#034; sombra dans le marasme parlementaire et la d&#233;sillusion des masses ouvrit la voie &#224; la r&#233;action &#224; partir de 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable lutte contre le fascisme est seulement la lutte anti-capitaliste. C'est donc, comme nous le disions au d&#233;but, par leur position de classe que les ouvriers se trouvent &#234;tre les vrais champions de la lutte anti-fasciste. Mais pour que la classe ouvri&#232;re constitue pour les couches exploit&#233;es petites-bourgeoises un p&#244;le d'attraction dans cette lutte, elle doit r&#233;aliser son unit&#233; de combat, pour devenir assez forte pour renverser la bourgeoisie. D'autre part elle doit pouvoir d&#233;fendre un programme capable de satisfaire les revendications de la petite-bourgeoisie, sur le terrain de la lutte r&#233;volutionnaire. Comment r&#233;aliser cette unit&#233;, quel est ce programme qui peut d&#233;terminer la petite-bourgeoisie &#224; appuyer une classe ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UNITE DE COMBAT DE LA CLASSE OUVRIERE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le fascisme a donc comme premi&#232;re condition l'unit&#233; de combat de la classe ouvri&#232;re. Mais la classe ouvri&#232;re ne poss&#232;de pas d'organisation politique unique. Elle est dirig&#233;e par des partis et des fractions ayant des principes et des m&#233;thodes d'action diff&#233;rents et pr&#233;tendant chacun d&#233;tenir seul le secret de la d&#233;livrance. Les principales tendances dans le camp ouvrier sont le r&#233;formisme et la tendance r&#233;volutionnaire, entre lesquelles se situent des nuances interm&#233;diaires. Dans les moments de &#034;calme&#034;, ces derni&#232;res s'efforcent de r&#233;aliser une &#034;synth&#232;se&#034; des deux tendances, mais dans les moments de crise, elles se situent le plus souvent dans le camp r&#233;formiste. La tendance r&#233;formiste et la tendance r&#233;volutionnaire se combattent avec acharnement, s'accusant r&#233;ciproquement des fautes commises et des &#233;checs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute une cat&#233;gorie d'ouvriers ayant le sain d&#233;sir de l'unit&#233; se laisse tromper par le mirage suscit&#233; sur l'unit&#233; organique des partis ouvriers, qui permettrait &#224; la classe ouvri&#232;re de n'&#233;couter qu'un seul guide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant r&#233;formisme et r&#233;volution n'expriment pas deux m&#233;thodes diff&#233;rentes pour arriver au m&#234;me but, mais l'opposition irr&#233;conciliable entre les int&#233;r&#234;ts de classe des millions d'exploit&#233;s et d'opprim&#233;s, et les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; ouvri&#232;re relativement bien pay&#233;e et de mentalit&#233; profond&#233;ment embourgeois&#233;e. D&#233;tenant un grand nombre de postes de responsables dans les organisations ouvri&#232;res ou dans l'administration bourgeoise (syndicats, partis politiques, mairies, si&#232;ges de d&#233;put&#233;s, etc&#8230;) cette couche domine habituellement l'action ouvri&#232;re, l'emp&#234;chant, la brisant quand elle menace de bouleverser le syst&#232;me qui leur permet de s'&#233;lever au-dessus de leur classe : c'est ainsi qu'en juin 1936 l'aristocratie ouvri&#232;re, repr&#233;sent&#233;e par la bureaucratie syndicale et politique, parvint &#224; arr&#234;ter la pouss&#233;e des millions d'ouvriers les plus exploit&#233;s. Le r&#233;formisme, en s'effor&#231;ant de sauvegarder les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie ouvri&#232;re &#233;lev&#233;e au-dessus de la masse, d&#233;fend donc l'ordre bourgeois (qui &#224; son tour engendre le fascisme). L'unit&#233; envisag&#233;e par le PS et le PC ne serait qu'une assurance suppl&#233;mentaire de la bureaucratie contre la r&#233;volution des masses. La r&#233;volution seule permet &#224; ces derni&#232;res de renverser le capitalisme et couper ainsi la racine m&#234;me du fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la division en partis de la classe ouvri&#232;re provient de la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts existant en son sein et que ce n'est pas cette division en partis qui cr&#233;e la diff&#233;rence d'int&#233;r&#234;ts, seule une forme d'organisation englobant directement toute la masse en lutte (et non pas seulement les militants des diff&#233;rents partis) peut unifier l'action de la classe ouvri&#232;re. Cette forme d'organisation, ce sont les Comit&#233;s. Dans les usines et dans les quartiers, les travailleurs, dans des Assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ou de masse, &#233;lisent des d&#233;l&#233;gu&#233;s, r&#233;vocables &#224; chaque instant, charg&#233;s d'ex&#233;cuter les mesures vot&#233;es par les assembl&#233;es. Ces comit&#233;s ex&#233;cutifs locaux envoient des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; la r&#233;gion, qui &#224; leur tour d&#233;l&#232;guent des responsables nationaux. Ainsi se trouve cr&#233;&#233; un organisme groupant dans son sein les millions d'exploit&#233;s en lutte sans nuire &#224; l'unit&#233; d'action ; car ce sont les travailleurs eux-m&#234;mes qui d&#233;terminent d&#233;mocratiquement (&#224; la majorit&#233;) la politique &#224; suivre dans chaque question donn&#233;e. Chaque parti politique peut ainsi faire la preuve de ce que valent pratiquement ses m&#233;thodes d'action. Il ne s'agit plus d'&#233;tiquette (&#034;r&#233;formiste&#034; ou &#034;r&#233;volutionnaire&#034;), mais de l'attitude devant des faits que les masses touchent du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas &#224; tort qu'on a appel&#233; les Comit&#233;s (ou Conseils) ouvriers des &#034;Parlements ouvriers&#034;. Chaque parti garde son enti&#232;re libert&#233; d'agitation et de propagande parmi les masses, mais dans l'action pratique il doit faire approuver sa politique par les masses group&#233;es dans les Comit&#233;s. Mais les Comit&#233;s ne sont pas un organisme seulement l&#233;gif&#233;rant, ils sont &#224; la fois d&#233;lib&#233;ratifs, l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Comit&#233;s n'ont pas de vertu en soi. C'est selon la politique qui triomphera en leur sein que se d&#233;cidera le sort de la classe ouvri&#232;re. En voici deux exemples : en Russie en 1917, avec le triomphe dans les masses sovi&#233;tiques de la politique bolch&#233;vique (r&#233;volutionnaire) sur la politique mench&#233;vique (r&#233;formiste), les Soviets (nom russe des &#034;Comit&#233;s&#034;) prirent en main tout le pouvoir et les capitalistes furent renvers&#233;s. En Allemagne en 1918, ce fut la politique r&#233;formiste qui triompha dans les Conseils, gr&#226;ce &#224; la faiblesse politique de la fraction r&#233;volutionnaire ; les r&#233;formistes s'unirent en un Front populaire avec la bourgeoisie, transmirent tout le pouvoir des Conseils &#224; la bourgeoisie et men&#232;rent finalement &#224; leur liquidation. Le sort de l'Allemagne fut d&#233;cid&#233; dans le sens fasciste gr&#226;ce &#224; la trahison r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposerons donc la prochaine fois le programme politique que la IV&#232;me Internationale propose aux travailleurs r&#233;volutionnaires, pour qu'ils puissent soulever les masses ouvri&#232;res et populaires contre la bourgeoisie, les unifier r&#233;ellement dans des Comit&#233;s d'action et concentrer tout le pouvoir, par la dictature du prol&#233;tariat, entre les mains de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PROGRAMME TRANSITOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus important c'est de comprendre les rapports objectifs qui existent entre la lutte r&#233;volutionnaire des travailleurs et les int&#233;r&#234;ts des autres couches exploit&#233;es et opprim&#233;es de la population. Quand le prol&#233;tariat soutient les autres couches exploit&#233;es contre leurs exploiteurs, ce n'est pas l&#224; de sa part une &#034;ruse&#034; destin&#233;e &#224; se faire des alli&#233;s temporaires pour mettre la main sur le pouvoir et le concentrer d&#233;finitivement entre ses mains vis-&#224;-vis d'elles ; la dictature du prol&#233;tariat ne peut pas repr&#233;senter un nouveau pouvoir oppresseur. Le soutien par le prol&#233;tariat des autres exploit&#233;s (quelle que soit la forme de cette exploitation), d&#233;coule tout naturellement de la nature des int&#233;r&#234;ts de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. Celle-ci ne peut pas lutter contre sa propre exploitation sans affranchir en m&#234;me temps &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re de toute exploitation et de toute oppression. La classe ouvri&#232;re ne lutte pas pour s'emparer pour elle seulement des moyens de production et donc exploiter par ce moyen la soci&#233;t&#233;. En luttant pour l'expropriation de la bourgeoisie, elle n'arrache les moyens de production &#224; celle-ci que pour effectuer leur retour &#224; la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. La dictature du prol&#233;tariat n'est qu'une forme politique de lutte contre la bourgeoisie d&#233;poss&#233;d&#233;e, c'est un organe de la majorit&#233; des travailleurs contre la minorit&#233; d'exploiteurs, c'est un organe qui se dissout de lui-m&#234;me au fur et &#224; mesure que la soci&#233;t&#233; devient harmonieuse par la disparition des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttant pour leurs revendications, les travailleurs s'affirment donc tout naturellement les champions de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s. C'est eux qui repr&#233;sentent la nation en face d'une minorit&#233; de rapaces exploiteurs, si par nation l'on entend les travailleurs des villes et des campagnes sans le sommet exploiteur. Mais le prol&#233;tariat &#224; notre &#233;poque imp&#233;rialiste ne peut pas faire pr&#233;valoir effectivement les int&#233;r&#234;ts de la v&#233;ritable nation travailleuse dans le cadre des fronti&#232;res capitalistes. Ce n'est que par le renversement de la bourgeoisie dans tous les pays, par les Etats-Unis Socialistes du Monde, que pourront &#234;tre &#233;mancip&#233;s les exploit&#233;s de chaque pays, donc de France. Voil&#224; le point fondamental du programme politique de la classe ouvri&#232;re. Dans la pratique bien entendu, ce point du programme ne sera que l'aboutissement final de toute une s&#233;rie d'objectifs &#233;conomiques et politiques TRANSITOIRES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux de ces objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser en premier lieu la classe ouvri&#232;re, il faut lutter pour du travail et une existence digne pour tous, c'est-&#224;-dire l'&#233;chelle mobile des salaires, l'&#233;chelle mobile des heures de travail (pas de travail excessif d'un c&#244;t&#233; et le ch&#244;mage de l'autre, mais r&#233;partition du travail existant entre tous les travailleurs), un salaire minimum r&#233;ellement vital. L'exp&#233;rience propre des travailleurs leur montrera que le capitalisme ne peut en aucun cas les laisser vivre et ils comprendront la n&#233;cessit&#233; de s'organiser non seulement dans les Syndicats mais aussi dans les Comit&#233;s d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-ci exigeront : l'abolition du secret commercial (qui constitue le droit divin du patron) et le contr&#244;le ouvrier sur l'industrie dans le but de comprendre d'o&#249; viennent les maux qui accablent les travailleurs et que les capitalistes attribuent &#224; la pluie et au beau temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de certains groupes de capitalistes, comme le M&#233;tro, les chemins de fer, les mines, la production d'&#233;nergie, la grosse industrie, l'industrie de guerre. Cet objectif s'impose tellement &#224; l'heure actuelle que le gouvernement capitaliste d&#233;pense beaucoup d'encre et proc&#232;de &#224; beaucoup de mise en sc&#232;ne (&#034;nationalisations&#034;, etc...) pour sauver les trusts et les monopoleurs : c'est au prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire de montrer que seul il est capable de r&#233;aliser cette expropriation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiscation de tous les b&#233;n&#233;fices de guerre, l'expropriation des banques et l'&#233;tatisation du syst&#232;me de cr&#233;dit. Les op&#233;rations financi&#232;res du gouvernement tombent lourdement sur toutes les couches pauvres (avant tout sur les petits rentiers) ; la confiscation des b&#233;n&#233;fices de guerre r&#233;soudrait les difficult&#233;s financi&#232;res sans accabler la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bourgeoisie, c'est-&#224;-dire les petites gens des villes et les paysans, est aussi imm&#233;diatement int&#233;ress&#233;e &#224; ces mesures. Enfin les paysans ne seraient plus les &#233;ternelles victimes des banques et des sp&#233;culateurs de la Bourse. L'alliance entre la ville et la campagne deviendra possible par la suppression des interm&#233;diaires capitalistes qui grugent les paysans et affament les villes. L'&#233;change direct entre les travailleurs producteurs de produits industriels et les paysans rendra la prosp&#233;rit&#233; aux uns comme aux autres, par le soutien des paysans pauvres (cr&#233;dit &#224; bon march&#233;), l'abolition des hypoth&#232;ques qui ont remis aux banques la propri&#233;t&#233; des paysans, le soutien d'un programme de revendications pour les prol&#233;taires agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mobiliser les femmes et la jeunesse travailleuses, il faut exiger : A travail &#233;gal, salaire &#233;gal ! Droits politiques int&#233;graux pour les femmes, les jeunes et les soldats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutien des travailleurs immigr&#233;s et coloniaux, en premier lieu par la revendication du Statut l&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droits d&#233;mocratiques &#233;l&#233;mentaires pour tous, comme le droit de gr&#232;ve, d'association, d'expression. Libert&#233; de la presse par la suppression de l'autorisation pr&#233;alable, de la censure, du monopole des trusts et la r&#233;partition proportionnelle du papier par chaque groupe de citoyens constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces revendications permettront la mobilisation de toutes les couches exploit&#233;es et opprim&#233;es autour du prol&#233;tariat ; mais elle se heurtera &#224; la r&#233;sistance du pouvoir de la bourgeoisie, c'est-&#224;-dire de son Etat. Pour lutter contre cet Etat, les r&#233;volutionnaires appelleront les masses en lutte &#224; cr&#233;er leurs propres organes du pouvoir, les Conseils ; par les Milices ouvri&#232;res et l'armement du prol&#233;tariat, ils lutteront pour le Gouvernement ouvrier et paysan, expression directe et exclusive de ces Conseils. L'ancien appareil &#233;tatique de la bourgeoisie ne peut pas &#234;tre utilis&#233; par les travailleurs. La destruction de la police, de la bureaucratie, etc..., organes de la bourgeoisie qui &#233;crase les masses, enl&#232;vera &#224; celle-ci ses moyens de domination politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme est-il possible ? demandera le sceptique. N'est-il pas trop radical ? Ne pourrait-on se contenter de solutions plus &#034;raisonnables&#034; ? Par ces questions, le sceptique (imbu d'esprit petit-bourgeois) montre qu'il n'a rien compris &#224; notre &#233;poque qui est celle des monopoles capitalistes, de l'imp&#233;rialisme &#233;conomique. Il faut &#233;videmment une grande &#233;nergie r&#233;volutionnaire aux masses pour que la r&#233;alisation d'un tel programme soit possible. Et les sceptiques voient seulement que les 9/10&#232;me du temps les masses ne d&#233;ploient pas d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire. Mais c'est seulement parce que la r&#233;volution est l'aboutissement historique d'une foule de processus cach&#233;s en temps &#034;normal&#034;, &#034;pacifique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre imp&#233;rialiste a men&#233; la soci&#233;t&#233; &#224; un point o&#249; il n'est plus possible de vivre comme par le pass&#233;. Les masses sont de plus en plus contraintes par la situation objective de trouver en elles l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour se mettre en mouvement. Si les r&#233;volutionnaires ont &#034;tort&#034; les 9/10&#232;me du temps, c'est seulement pour avoir raison au moment de la r&#233;volution. Celle-ci d&#233;veloppe son rythme imp&#233;tueux en un temps relativement court. Mais cette p&#233;riode suffit pour &#233;manciper &#224; tout jamais l'humanit&#233; enti&#232;re. Voil&#224; pourquoi travailler minutieusement et attendre patiemment son heure sont les qualit&#233;s les plus pr&#233;cieuses d'un r&#233;volutionnaire. Voil&#224; pourquoi aussi, quand la r&#233;volution prol&#233;tarienne en France les appellera &#224; l'action directe, les partisans de la IV&#232;me Internationale seront arm&#233;s de pied en cap id&#233;ologiquement et mat&#233;riellement pour vaincre l'ennemi capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONTRE LE COURANT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuation de la parution clandestine de notre journal au moment o&#249; la CGT, le PC et le PS sont &#034;reconnus&#034; par le nouveau gouvernement, pourrait &#233;tonner les travailleurs qui ont conserv&#233; la foi dans la &#034;l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&#034;. Rappelons &#224; ces travailleurs, les plus nombreux, que le r&#233;gime &#034;r&#233;publicain&#034; couronn&#233; par les d&#233;crets-lois sc&#233;l&#233;rats de 1939-1940 &#8211; toujours en vigueur &#8211; soumet la presse &#224; un contr&#244;le qui rend impossible toute expression vraiment libre et r&#233;prime f&#233;rocement tout mouvement ouvrier anti-militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clandestinit&#233; ne date pas de l'occupation allemande. En 1939-1940, malgr&#233; la l&#233;galit&#233; d'une CGT et d'un PS social-patriotes, le PC, qui combattait alors la politique de guerre des gouvernements Daladier et Reynaud, n'&#233;tait-il pas dans la plus stricte ill&#233;galit&#233; ? Ses militants n'&#233;taient-ils pas traqu&#233;s, emprisonn&#233;s, tortur&#233;s par milliers ? La mise &#224; mort pour activit&#233; communiste n'avait-elle pas commenc&#233;e sous le r&#233;gime r&#233;publicain dont se r&#233;clame De Gaulle ? Si aujourd'hui le PC est redevenu l&#233;gal, c'est uniquement parce que, comme la CGT et le PS, il livre les travailleurs &#224; la bourgeoisie comme chair &#224; canon pour la poursuite de la guerre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions aussi, nous Trotskystes, ill&#233;gaux d&#232;s septembre 1939, parce qu'il nous fallait conserver notre enti&#232;re libert&#233; de mouvement pour combattre la guerre de brigandage imp&#233;rialiste que notre bourgeoisie avait d&#233;cid&#233; de mener, guerre qui ne pouvait conduire les peuples de France et de tous les pays qu'aux catastrophes sans nombre dont aujourd'hui encore on ne voit pas la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette ind&#233;pendance du contr&#244;le bourgeois, c'est-&#224;-dire la clandestinit&#233;, nous est comme avant n&#233;cessaire, car nous restons fid&#232;les &#224; notre t&#226;che. Ce n'est pas au nom d'un soi-disant &#034;int&#233;r&#234;t commun&#034;, &#034;national&#034;, des masses travailleuses fran&#231;aises avec la bourgeoisie, que nous avons combattu Hitler et sa machine de guerre imp&#233;rialiste. C'est au nom de la solidarit&#233; internationale des travailleurs que nous avons combattu et la bourgeoisie fran&#231;aise, et l'imp&#233;rialisme allemand. Nous continuons aujourd'hui, quelles que soient les difficult&#233;s et les h&#233;sitations, quelle que soit l'&#233;ventuelle incompr&#233;hension de certains ouvriers arri&#233;r&#233;s. Les &#233;v&#233;nements montreront que nous ne faisons que remplir notre devoir envers la classe ouvri&#232;re internationale et en premier lieu envers la classe ouvri&#232;re fran&#231;aise. Car, sans la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile, sans le renversement de la bourgeoisie, cette guerre sera suivie &#224; bref d&#233;lai d'autres guerres. (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie essaie aujourd'hui de man&#339;uvrer le mouvement de la IV&#232;me Internationale en France en accordant l'autorisation de para&#238;tre l&#233;galement &#224; un journal qui s'en r&#233;clame. Cette man&#339;uvre, nous la d&#233;non&#231;ons et nous d&#233;non&#231;ons aussi la compromission de ceux qui croient lutter r&#233;ellement contre la guerre imp&#233;rialiste avec l'autorisation et sous le contr&#244;le de la censure bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car on ne peut lutter vraiment contre la guerre sans appeler les choses par leur v&#233;ritable nom : la guerre, imp&#233;rialiste (m&#234;me faite avec l'appui des social-patriotes) ; nos g&#233;n&#233;raux, des cannibales (comme le dit &#034;l'Inter&#034;) ; les gouvernements imp&#233;rialistes, fran&#231;ais allemand, anglais, etc..., les ennemis n&#186; 1 de leurs peuples. Et au moment o&#249; la tuerie imp&#233;rialiste et le chauvinisme d&#233;cha&#238;n&#233; font des ravages terribles, nous ne pouvons pas un instant cesser d'appeler, AVANT TOUT, les soldats des pays bellig&#233;rants &#224; faire entre nous, travailleurs, la tr&#234;ve, et la guerre aux tyrans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utiliserons toutes les possibilit&#233;s qu'offre la l&#233;galit&#233; des organisations ouvri&#232;res social-patriotes pour renforcer notre mouvement et atteindre les couches les plus larges des travailleurs. Mais si la Lutte de Classes continue, elle, &#224; para&#238;tre clandestinement, ce sera jusqu'au moment o&#249; les masses ouvri&#232;res, convaincues par les faits de l'impossibilit&#233; de supporter plus longtemps un r&#233;gime d'oppression, de mis&#232;re et de guerre, dresseront devant le pouvoir de la bourgeoisie leur propre pouvoir, le pouvoir des Conseils d'ouvriers et de paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALORS SEULEMENT LES TRAVAILLEURS POURRONT TROUVER DANS LA PRESSE LEGALE LEUR PROPRE PRESSE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;NATIONALISATION&#034; OU EXPROPRIATION ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les c&#244;t&#233;s les hommes des trusts se posent en champions de l'&#233;limination des monopoles et des trusts. Mais quand on y regarde de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit qu'ici, comme dans tous les autres domaines, la d&#233;magogie des hommes des trusts cache leurs intentions d'oppression et d'exploitation du peuple. Ainsi, le programme du C.N.R. approuv&#233; par De Gaulle, ne demande, en tant que mesure contre les trusts, que &#034;l'&#233;tablissement d'un imp&#244;t progressif sur les b&#233;n&#233;fices de guerre et plus g&#233;n&#233;ralement sur les gains r&#233;alis&#233;s au d&#233;triment du peuple et de la nation pendant la p&#233;riode d'occupation&#034;. En outre, &#034;le retour &#224; la nation &#8211; mais il n'est pas indiqu&#233; comment &#8211; des grands moyens de production monopolis&#233;s (sources d'&#233;nergie, richesses du sous-sol, compagnies d'assurances, grandes banques)&#034;. Mais par ailleurs une voix autoris&#233;e d&#233;clare : &#034;les nationalisations seront des cas d'esp&#232;ce&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde se rappelle encore la com&#233;die des nationalisations de 1936. Encore moins qu'alors les hommes des trusts veulent &#233;liminer leurs ma&#238;tres. Si la classe ouvri&#232;re veut chasser ceux qui ont men&#233; l'humanit&#233; &#224; la catastrophe, elle doit imposer L'EXPROPRIATION SANS RACHAT des grandes compagnies monopoleuses. Pour cette t&#226;che les ouvriers ne doivent faire foi &#224; aucune promesse d&#233;magogique, tendant surtout &#224; les &#233;liminer de l'action. L'Humanit&#233; &#233;crit : &#034;de la police, en particulier, les milieux nationaux attendent qu'elle sache d&#233;jouer toutes les provocations du Comit&#233; des Forges&#034; (7/9/44). Quelle d&#233;rision ! Ce n'est pas &#224; la police, corps sp&#233;cialement entretenu par la bourgeoisie pour sa d&#233;fense, c'est aux ouvriers, dans les usines, les mines et sur les chantiers d'imposer leur contr&#244;le aux capitalistes, en vue de l'expropriation sans rachat ! VIVE LE CONTROLE OUVRIER !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CHOIX QU'IL FAUT FAIRE ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La France aussi DOIT occuper l'Allemagne... la France y a un droit particulier&#034; ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que quotidiennement l'Humanit&#233; revendique pour la France le droit &#224; l'occupation de l'Allemagne. Les staliniens d'aujourd'hui ne peuvent pas plus brutalement et plus cyniquement renier le communisme de la p&#233;riode h&#233;ro&#239;que, quand, en 1923, la bourgeoisie poursuivait comme criminels l'Humanit&#233; pour ses campagnes de presse et les militants du PC pour leurs manifestations contre l'occupation de la Ruhr !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, le r&#233;dacteur de l'Humanit&#233; se &#034;plaint&#034; par ailleurs et &#034;d&#233;nonce&#034; avec une grande vigueur certains projets anglais et am&#233;ricains visant &#224; faire des pays d'Europe occidentale, et de la France en particulier, une &#034;t&#234;te de pont&#034; de l'Angleterre et des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#034;politique&#034; ext&#233;rieure de Magnien a de quoi satisfaire les aspirations les plus profondes du petit-bourgeois obtus : opprimer soi-m&#234;me au nom de la &#034;Justice&#034;, et crier &#224; l'injustice si LES MEMES exigences imp&#233;rialistes le touchent lui-m&#234;me. Car il est &#233;vident que l'occupation de l'Allemagne par les Anglo-Am&#233;ricains, avec ou sans la coop&#233;ration de la France, implique le contr&#244;le de la France. C'est uniquement en contr&#244;lant la France, la Belgique et la Hollande que les Anglo-Am&#233;ricains peuvent &#233;tablir politiquement et techniquement leur contr&#244;le sur l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le capitalisme &#224; son stade imp&#233;rialiste a non seulement s&#233;par&#233; le monde en pays exploiteurs et pays exploit&#233;s (peuples coloniaux, etc...), mais aussi a soumis les imp&#233;rialistes plus faibles (Hollande, Belgique, Italie, France, etc...) &#224; la puissance imp&#233;rialiste mondiale que sont les Etats-Unis. Et Magnien lui-m&#234;me le reconna&#238;t quand il &#233;crit : &#034;on sait qu'elle-m&#234;me (l'Angleterre, qui doit contr&#244;ler l'Occident europ&#233;en) sera dans une certaine mesure dans la d&#233;pendance de l'Am&#233;rique&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la grande question agit&#233;e par la presse patriote, c'est le droit pour la France de d&#233;cider avec les alli&#233;s dans les n&#233;gociations de paix. A cela on r&#233;pond : &#034;ayez une force mat&#233;rielle &#224; la hauteur de vos revendications, et apr&#232;s nous verrons...&#034; Ainsi, la R&#233;sistance nous avait tromp&#233;s quand elle pr&#233;tendait qu'en &#034;se lib&#233;rant elle-m&#234;me&#034; la France acqu&#233;rait des droits et retrouverait une place pr&#233;dominante dans le camp alli&#233;. Cela n'&#233;tait qu'un d&#233;but. Le pays appauvri, ruin&#233;, saign&#233; par cinq ann&#233;es de guerre aura une place non pas en raison des sacrifices apport&#233;s &#224; la cause alli&#233;e, mais &#034;SUIVANT LE RAPPORT DE FORCES&#034; (L&#233;nine), comme cela se passe entre brigands pour partager le butin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; pourquoi &#224; nouveau du sang doit &#234;tre vers&#233; non seulement en Europe, mais aussi en Extr&#234;me-Orient et partout o&#249; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais voudra imposer ses &#034;droits&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc qu'en s'arrachant aux combinaisons imp&#233;rialistes, ce n'est qu'en renon&#231;ant &#224; se faire l'instrument de la politique imp&#233;rialiste, ce n'est qu'en renon&#231;ant &#224; vouloir opprimer d'autres peuples, que la classe ouvri&#232;re arrachera la France &#224; de telles combinaisons et aux maux qui s'en suivent. Si la France doit occuper un jour une place d'honneur dans la grande famille des nations du globe, ce n'est plus en tant que puissance imp&#233;rialiste, mais par la contribution importante qu'elle aura apport&#233;e &#224; la lib&#233;ration d&#233;finitive du genre humain, &#224; l'&#233;tablissement de la soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'alliance avec les imp&#233;rialistes, substituons l'alliance entre tous les opprim&#233;s : A BAS LES SOCIAL-IMPERIALISTES ! VIVENT LES ETATS-UNIS SOCIALISTES D'EUROPE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR UNE VERITABLE DEMOCRATIE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Humanit&#233; du 7/9 Marty avoue : La 5&#232;me colonne est enti&#232;rement ma&#238;tresse des postes d&#233;cisifs en Afrique du Nord... La 5&#232;me colonne est en majorit&#233; dans tous les postes dirigeants de la production industrielle et agricole, des transports par mer et par terre, des administrations. Elle influence m&#234;me l'arm&#233;e et la marine. Elle se renforce journellement&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9/9 Marty d&#233;clare : &#034;nous ne voulons pas voir ici ce qui se passe en Corse, o&#249;, un an apr&#232;s la lib&#233;ration du territoire, rien ne s'est am&#233;lior&#233; dans aucun domaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il s'adresse au gouvernement &#8211; le m&#234;me, celui de De Gaulle &#8211; avec cette demande : &#034;l'&#233;puration doit &#234;tre men&#233;e sans faiblesse ici, &#224; Paris, et sans attendre. Demain, il serait trop tard&#034; (l'Humanit&#233;, 7/9).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant &#224; Paris et dans la M&#233;tropole :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; L'&#034;&#233;puration&#034;, du ressort des cours de justice bourgeoises, n'a aucun caract&#232;re de r&#233;pression vis-&#224;-vis des capitalistes. Mais par ailleurs L'AMNISTIE N'EST PAS ACCORDEE POUR LES DELITS DE 1939-1940 qui marquent encore, pour la justice, seule l&#233;gale, de la bourgeoisie, des dizaines de milliers de travailleurs communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#186; TOUS les leviers de commande &#233;conomiques (donc politiques) restent aux mains des capitalistes. La situation des masses travailleuses d&#233;pend enti&#232;rement de leurs d&#233;cisions. Les &#034;nationalisations&#034; ne sont qu'une phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; L'&#233;tat de si&#232;ge est maintenu et confirm&#233;. En cons&#233;quence L'AUTORITE MILITAIRE d&#233;cide en fait du droit de presse et de r&#233;union. La censure subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; La loi du 18 avril 1938 interdisant le port d'armes aux citoyens est confirm&#233;e. Cette mesure n'est pas dirig&#233;e contre les fascistes, mais contre les ouvriers, car :&lt;br class='autobr' /&gt;
a) des attaques &#224; main arm&#233;e contre les mairies de gauche des XVII&#232;me et XIX&#232;me arrondissements, et des tentatives de d&#233;sarmement des FTP ont &#233;t&#233; dirig&#233;es par les forces officielles de l'ordre, police, garde-mobile (l'Humanit&#233;, 15/9).&lt;br class='autobr' /&gt;
b) des troupes d'assaut sp&#233;ciales sont mises sur pied contre les organisations ouvri&#232;res (l'Humanit&#233; 15/9) sans que le gouvernement s'en &#233;meuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, tandis que l'Humanit&#233; envoie les travailleurs mourir pour les capitalistes sur les champs de bataille, la bourgeoisie pr&#233;pare son attaque contre la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DRESSONS NOS MILICES OUVRIERES D'USINE ET DE QUARTIER CONTRE LES TENTATIVES DE LA BOURGEOISIE. ARMONS-NOUS ! AYONS NOS PROPRES DEPOTS D'ARMES ! Forgeons le front unique prol&#233;tarien pour la d&#233;fense des exploit&#233;s, pour la conqu&#234;te de la v&#233;ritable libert&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A BAS LA CENSURE ! A BAS L'ETAT DE SIEGE ! A BAS LES COURS MARTIALES ANTI-PROLETARIENNES ! A BAS LES DECRETS-LOIS SCELERATS DE 1938-1940 !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vivent les milices ouvri&#232;res !</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article7934</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article7934</guid>
		<dc:date>2024-01-23T23:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Barta, 5 novembre 1944 &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le coup de force gouvernemental &lt;br class='autobr' /&gt;
DRESSONS NOS COMITES OUVRIERS ! &lt;br class='autobr' /&gt;
FORMONS LES MILICES OUVRIERES ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Par un coup de force, le gouvernement vient de d&#233;cider le d&#233;sarmement des milices patriotiques. Dans le camp de la &#034;R&#233;sistance&#034; cela a entra&#238;n&#233; l'approbation des uns (les bourgeois de &#034;l'ordre&#034;) et la protestation platonique des autres (Saillant, les socialistes). L'Humanit&#233; proteste &#034;vigoureusement&#034;, mais ce n'est quand m&#234;me en fin de compte qu'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Barta, 5 novembre 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le coup de force gouvernemental&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DRESSONS NOS COMITES OUVRIERS !
&lt;p&gt;FORMONS LES MILICES OUVRIERES !&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par un coup de force, le gouvernement vient de d&#233;cider le d&#233;sarmement des milices patriotiques. Dans le camp de la &#034;R&#233;sistance&#034; cela a entra&#238;n&#233; l'approbation des uns (les bourgeois de &#034;l'ordre&#034;) et la protestation platonique des autres (Saillant, les socialistes). L'Humanit&#233; proteste &#034;vigoureusement&#034;, mais ce n'est quand m&#234;me en fin de compte qu'une protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement d&#233;clare avoir pris cette mesure afin de mettre les milices patriotiques sous le contr&#244;le direct de l'arm&#233;e et de la police de l'Etat. Ceci &#233;tant justifi&#233; par le maintien de &#034;l'ordre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, Saillant a d&#233;clar&#233; que le C.N.R. projetait de transformer les milices patriotiques en &#034;gardes civiques et r&#233;publicaines&#034;. Et l'Humanit&#233; n'a jamais cess&#233; de r&#233;p&#233;ter : &#034;les milices patriotiques ne d&#233;sirent rien d'autre qu'une collaboration disciplin&#233;e avec les Autorit&#233;s et une collaboration confiante et amicale avec la police r&#233;nov&#233;e&#034; (30/8/44).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si les milices patriotiques ne sont effectivement qu'une &#034;garde civique et r&#233;publicaine&#034;, d&#233;vou&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de la patrie, dont le gouvernement est actuellement le ma&#238;tre, POURQUOI CE GOUVERNEMENT PREND-IL CONTRE CELLES-CI DES MESURES DE FORCE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est la 5&#232;me colonne !&#034;, disent les staliniens. Mais comment un groupe de tra&#238;tres et d'espions, formant cette fameuse &#034;5&#232;me colonne&#034; pourrait-il imposer au gouvernement &#034;d&#233;mocratique&#034; des mesures auxquelles les forces politiques de la R&#233;sistance seraient oppos&#233;es ? OU ALORS IL FAUT AVOUER OUVERTEMENT QUE C'EST LA &#034;5&#232;me COLONNE&#034; QUI EST LE MAITRE DE L'ETAT, et non pas la &#034;d&#233;mocratie&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ces mesures ont &#233;t&#233; prises parce que l'Etat bourgeois, m&#234;me s'il s'intitule &#034;d&#233;mocratique et r&#233;publicain&#034;, ne peut tol&#233;rer aucune force arm&#233;e qui soit ind&#233;pendante de lui, sauf les groupements directement aux ordres de la bourgeoisie (fascistes, briseurs de gr&#232;ve, gardes du corps, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les milices patriotiques sont compos&#233;es en majorit&#233; d'ouvriers, d'exploit&#233;s qui bien que prisonniers de la politique d'union sacr&#233;e des social-patriotes, aspirent quand m&#234;me &#224; l'abolition de l'injustice et de l'in&#233;galit&#233;, &#224; l'am&#233;lioration de leur sort. C'est cela pour eux, la d&#233;fense de la patrie. Mais la patrie bourgeoise ne peut se sauvegarder &#224; l'aide d'un tel patriotisme. La guerre qu'elle m&#232;ne est une guerre pour l'exploitation de son propre peuple et de peuples plus faibles. Pour mener une guerre de rapine, on ne peut pas tol&#233;rer &#224; l'int&#233;rieur le d&#233;sir d'&#233;mancipation des esclaves, il faut que les instruments de REPRESSION et de COMMANDEMENT soient bien dans les mains de la bourgeoisie et qu'elle puisse s'en servir &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre patriotique mobilisant l'enthousiasme des masses et donnant satisfaction &#224; leurs aspirations n'est possible que si la classe capitaliste a &#233;t&#233; d'abord renvers&#233;e et qu'elle n'est plus ma&#238;tre dans le pays. L'Humanit&#233; veut mobiliser les ouvriers pour cette guerre des capitalistes, en nous donnant l'exemple de la Russie ou de la R&#233;volution fran&#231;aise. Mais la Russie est un pays o&#249; la R&#233;volution prol&#233;tarienne et la guerre civile ont mis fin au r&#232;gne des capitalistes. Quant &#224; la France, il est question de la R&#233;volution d'il y a 150 ans, o&#249; la bourgeoisie r&#233;volutionnaire renversait la f&#233;odalit&#233;. Mais aujourd'hui c'est la bourgeoisie qu'il s'agit de renverser. Sa domination &#233;tant chancelante, la bourgeoisie craint comme la peste tout v&#233;ritable mouvement d'en bas, m&#234;me d&#233;vi&#233; par les social-tra&#238;tres vers le patriotisme. En un mot, la bourgeoisie nous frappe uniquement parce que nous sommes des ouvriers et que nos int&#233;r&#234;ts sont naturellement tout &#224; l'oppos&#233; des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duclos se plaint dans l'Humanit&#233; du 31/10 que nous allons vers un &#034;r&#233;gime p&#233;tainiste sans P&#233;tain&#034;, que les lois dites r&#233;publicaines, appliqu&#233;es par le gouvernement de De Gaulle, ne sont que les lois anti-ouvri&#232;res f&#233;roces de Daladier. Mais pourquoi alors les staliniens ont-ils fait alliance, et engag&#233; par l&#224; la classe ouvri&#232;re, avec De Gaulle, le chef de ce p&#233;tainisme ? Pourquoi ont-il laiss&#233; &#224; ce gouvernement p&#233;tainiste l'avantage de gagner du temps et de frapper les ouvriers, au lieu de le d&#233;noncer d&#232;s le d&#233;but et de mettre en garde les ouvriers ? Ce p&#233;tainisme &#233;tait-il difficile &#224; pr&#233;voir ? Non ! La Lutte de Classes avertissait les travailleurs le 19 septembre 1944 : &#034;De Gaulle affirme s'appuyer sur les lois de la R&#233;publique : mais ces lois de la &#034;R&#233;publique&#034; ce sont les lois sc&#233;l&#233;rates vot&#233;es depuis 1938 et surtout en 1939-1940 par le Parlement, lois f&#233;roces anti-communistes et anti-prol&#233;tariennes qui donnent un pouvoir dictatorial au gouvernement bourgeois&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1943 notre journal (n&#176; 20) disait : &#034;la lib&#233;ration du sol de la patrie par De Gaulle et Cie, signifierait que, plus que jamais, le sol, le sous-sol et tout ce qui recouvre le sol de la France, resterait la propri&#233;t&#233; des capitalistes... Or, le maintien du r&#233;gime capitaliste... signifie non seulement le maintien de l'esclavage salari&#233;, mais aussi son aggravation avec les bas salaires et le ch&#244;mage comme principaux moyens de la bourgeoisie fran&#231;aise pour maintenir son exploitation. Si bien que le soutien du Comit&#233; d'Alger par les pr&#233;tendus socialistes et communistes, en reniant le programme socialiste de l'EXPROPRIATION DES EXPROPRIATEURS, doit mener le peuple fran&#231;ais &#224; une nouvelle s&#233;rie de souffrances&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la classe ouvri&#232;re a besoin d'une direction, d'un Etat-major, c'est bien pour pr&#233;voir les &#233;v&#233;nements. Or, tandis que nous &#233;crivions les lignes ci-dessus, le PC engageait les ouvriers dans le sillage de De Gaulle, sous pr&#233;texte d'une lutte commune pour la &#034;d&#233;mocratie&#034; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme du PC ne se diff&#233;rencie pas du programme du gouvernement de De Gaulle. Le gouvernement veut l'ordre et le calme. L'Humanit&#233; dit aussi : &#034;il faut &#224; l'arri&#232;re une France calme et d&#233;tendue dans l'int&#233;r&#234;t de la d&#233;fense int&#233;rieure et ext&#233;rieure&#034; (26/9). Le gouvernement d&#233;sarme les gardes pour instituer &#224; leur place la pr&#233;paration paramilitaire de la jeunesse sous le contr&#244;le de l'arm&#233;e. Mais l'Humanit&#233; aussi dit (21/10) : &#034;l'acte le plus r&#233;volutionnaire est aujourd'hui de faire la guerre&#034;. L'Humanit&#233; &#233;tait pour la reconnaissance du gouvernement De Gaulle par les imp&#233;rialistes alli&#233;s et pr&#233;sentait cette reconnaissance comme une condition de la &#034;grandeur&#034; de la France. Or, le communiqu&#233; gouvernemental du 29/10 parle de l'urgence du r&#232;glement du probl&#232;me des milices patriotiques, &#034;eu &#233;gard &#224; l'ordre public et &#224; la POSITION INTERNATIONALE du pays&#034; : une des premi&#232;res cons&#233;quences de la reconnaissance, c'est l'exigence des imp&#233;rialistes alli&#233;s pour l'instauration de &#034;l'ordre&#034;, c'est-&#224;-dire de l'ob&#233;issance aveugle du peuple devant la clique des dirigeants avec laquelle ils traitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les social-patriotes ont tort de se plaindre : le gouvernement bourgeois ne fait qu'appliquer un programme dont ils se sont fait les promoteurs au sein des masses ouvri&#232;res. Les social-patriotes sont encha&#238;n&#233;s &#224; leur politique gouvernementale d'union sacr&#233;e et ne peuvent opposer aucune r&#233;sistance s&#233;rieuse aux projets r&#233;actionnaires du gouvernement. Voil&#224; pourquoi toute leur action se borne &#224; des protestations et &#224; des compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;sarmement des gardes patriotiques, c'est toute la politique stalinienne qui fait faillite : &#034;la punition des coupables&#034;, &#034;la mise en marche de l'industrie&#034;, &#034;la parole au peuple&#034;. CAR LE DERNIER CONFLIT REVELE QUE DEVANT LE POUVOIR DE LA BOURGEOISIE LA CLASSE OUVRIERE SE TROUVE DESARMEE ET A LA MERCI DES EXPLOITEURS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au coup de force gouvernemental, Duclos r&#233;pond en appelant les ouvriers &#224; s'engager en masse dans les milices patriotiques plac&#233;es maintenant sous le contr&#244;le gouvernemental. Mais les ouvriers peuvent-ils faire partie d'un organisme et avoir le sentiment d'y &#339;uvrer pour leur propre cause, quand cet organisme est sous la f&#233;rule du gouvernement, ennemi de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut effacer le bilan de la politique social-patriote qu'en renversant cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les ouvriers et les masses exploit&#233;es se sont trouv&#233;s impuissants dans toutes les questions vitales, c'est parce que la question du pouvoir a &#233;t&#233; escamot&#233;e par les social-patriotes en faveur de De Gaulle. C'est en liaison avec la cr&#233;ation d'un pouvoir qui soit le leur propre, que les masses doivent donc envisager toutes les questions se posant &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers doivent obliger les social-patriotes &#224; poser la question du pouvoir sous l'angle du pouvoir ouvrier, c'est-&#224;-dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Soutenir la cr&#233;ation de COMITES OUVRIERS (englobant tous les ouvriers sans distinction) d'usine, de chantier, de quartier, etc..., d&#233;mocratiquement &#233;lus, au-dessus de toute division politique ou professionnelle, qui soient l'&#233;manation et l'instrument exclusif des masses ouvri&#232;res contre les entreprises de la bourgeoisie.&lt;br class='autobr' /&gt; Tendre toutes les forces vers l'armement du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices ouvri&#232;res doivent &#234;tre form&#233;es sur la base du lieu de travail et d'habitation et &#234;tre indissolublement li&#233;es &#224; l'ensemble de la classe ouvri&#232;re. Elles doivent avoir comme objectif non pas la d&#233;fense de &#034;l'ordre&#034; en g&#233;n&#233;ral, mais la d&#233;fense des usines contre les attaques fascistes, la d&#233;fense des gr&#232;ves, des r&#233;unions, des syndicats ouvriers, des organisations et de la presse ouvri&#232;res. Elles doivent montrer devant le gouvernement une r&#233;solution in&#233;branlable, qui seule peut imposer le respect &#224; celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que si les Milices se posent des objectifs sp&#233;cifiquement ouvriers, concernant les int&#233;r&#234;ts des classes exploit&#233;es et non de la nation en g&#233;n&#233;ral (c'est-&#224;-dire d'abord de la bourgeoisie), que les millions de travailleurs auront la confiance et le d&#233;vouement n&#233;cessaires pour mettre en &#233;chec les tentatives r&#233;actionnaires de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique prol&#233;tarienne, saine, claire sur les t&#226;ches &#224; accomplir et les m&#233;thodes &#224; suivre, renforcera et resserrera les rangs du prol&#233;tariat. Autour du prol&#233;tariat uni dans ses Comit&#233;s, dans une seule et m&#234;me action pour la d&#233;fense des opprim&#233;s, contre la politique de r&#233;action, de sabotage et d'affamement de la bourgeoisie, contre tout soutien du gouvernement qui est le supp&#244;t de cette bourgeoisie, se rallieront les millions d'opprim&#233;s des villes et des campagnes, qui trouveront dans le prol&#233;tariat un guide pour leur lutte. La force du camp prol&#233;tarien serait alors invincible. Mais si le prol&#233;tariat ne montre pas cette coh&#233;sion et cette capacit&#233; de lutter, la haute bourgeoisie pourra s'emparer des masses petites-bourgeoises pauvres, d&#233;&#231;ues, d&#233;sesp&#233;r&#233;es, pour canaliser leur m&#233;contentement contre le prol&#233;tariat : ce serait alors le fascisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs fran&#231;ais comme autrefois les travailleurs d'Allemagne, se trouvent aujourd'hui &#224; la crois&#233;e des chemins : vers la d&#233;faite, par l'union sacr&#233;e, ou vers la victoire, par une lutte de classe pour les int&#233;r&#234;ts de tous les exploit&#233;s et opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES MILICES OUVRIERES !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VIVENT LES COMITES OUVRIERS !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8034</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8034</guid>
		<dc:date>2023-10-03T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour la CGT de 1945, &#034;produire est le premier devoir de classe&#034;... &lt;br class='autobr' /&gt;
La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946 &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;L'ASPECT ACTUEL DE LA LUTTE DES CLASSES&#034;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s quelques semaines d'une offensive verbale contre la ploutocratie et les trusts, nous assistons aujourd'hui &#224; une offensive r&#233;elle contre la classe ouvri&#232;re. De l'Humanit&#233; au Comit&#233; des Forges tout le monde est unanime pour poser des exigences aux travailleurs. Le Monde, organe du Comit&#233; des Forges, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalism - le syndicalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la CGT de 1945, &#034;produire est le premier devoir de classe&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L440xH347/440px-Benoit_Frachon__la_bataille_de_la_production__1946-1e419.jpg?1785039983' width='440' height='347' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La CGT, police politique anti-ouvri&#232;re dans l'entreprise en 1944-1946&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &#034;L'ASPECT ACTUEL DE LA LUTTE DES CLASSES&#034;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques semaines d'une offensive verbale contre la ploutocratie et les trusts, nous assistons aujourd'hui &#224; une offensive r&#233;elle contre la classe ouvri&#232;re. De l'Humanit&#233; au Comit&#233; des Forges tout le monde est unanime pour poser des exigences aux travailleurs. Le Monde, organe du Comit&#233; des Forges, tombe d'accord avec Thorez qu'il cite dans son num&#233;ro du 20/12 : &#034;L'heure est celle du combat et du travail&#034;. La CGT lance aux ouvriers la formule : &#034;Travailler d'abord, revendiquer ensuite !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bourgeois voit cette politique d'un &#339;il tr&#232;s favorable, car elle ne peut qu'augmenter ses b&#233;n&#233;fices de guerre. Mais la classe ouvri&#232;re la voit d'un tout autre &#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment se pr&#233;sente pour celle-ci la situation ? L'arbitraire patronal r&#232;gne dans les usines. Des augmentations de salaires, pr&#233;lev&#233;es sur les b&#233;n&#233;fices de guerre, devaient avoir lieu ; mais aujourd'hui le ministre de la Production d&#233;clare : &#034;Il ne faut pas se laisser aller &#224; une politique de facilit&#233; (sic) dans la question des salaires&#034;. Les b&#233;n&#233;fices de la sp&#233;culation devaient &#234;tre confisqu&#233;s, mais l'emprunt, &#034;op&#233;ration des banques&#034;, leur a garanti une rente perp&#233;tuelle. Le ch&#244;mage s&#233;vit. Cependant, dans les usines on fait faire aux ouvriers des heures suppl&#233;mentaires, tandis qu'on projette d'envoyer les ch&#244;meurs parisiens en province. Les &#034;nationalisations&#034; devaient mettre fin &#224; l'arbitraire capitaliste. Mais le gouvernement d&#233;clare : &#034;un transfert de propri&#233;t&#233; ne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; par une simple ordonnance de gouvernement&#034; ! C'est-&#224;-dire que les ministres ne peuvent pas s'attaquer aux capitalistes. Les &#034;Comit&#233;s de gestion&#034; ont &#233;t&#233; transform&#233;s en &#034;Comit&#233;s consultatifs&#034; et les d&#233;l&#233;gu&#233;s eux-m&#234;mes se plaignent que leur r&#244;le se r&#233;duit &#224; celui de simples gardes-chiourme pour pousser &#224; la production. Dans les domaines des transports, de la r&#233;partition, du ravitaillement, tous les organismes qui ont pris naissance sous Vichy, c'est-&#224;-dire pendant la guerre, restent en place favorisant scandaleusement les capitalistes et les sp&#233;culateurs au d&#233;triment des masses. Cependant dans les usines on a liquid&#233; les comit&#233;s d'&#233;puration. Que reste-t-il des belles phrases sur le ch&#226;timent des tra&#238;tres, la parole au peuple, l'expropriation des trusts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tract de la CGT dit : &#034;Gagner la bataille de la production, c'est l'aspect actuel de la lutte des classes&#034;. Aspect actuel de la lutte des classes, l'honteuse attitude des bureaucrates ouvriers qui commandent aux ouvriers de se d&#233;penser sans compter, tandis qu'ils savent bien que cela ne servira &#224; rien, car &#034;les vrais leviers de commande ne sont pas d&#233;tenus par les ministres&#034; mais par les capitalistes (Populaire 21/12) ? Aspect de la lutte des classes que cette affirmation de l'Humanit&#233; que ceux qui feraient gr&#232;ve &#8211; seul moyen de contrainte sur le patron &#8211; sont des agents de la Gestapo, tandis que le 3 d&#233;cembre elle donne en exemple une r&#233;union de bureaucrates syndicalistes avec de gros industriels et financiers pour pousser &#224; la production ? Aspect de la lutte des classes ? Oui ! C'est l'aspect de la trahison des social-patriotes qui se mettent au service de la bourgeoisie, sous couleur de servir la &#034;nation&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut mettre en valeur les ressources de la nation&#034;. Mais la nation conna&#238;t-elle ses ressources ? Ce sont les capitalistes individuellement qui seuls poss&#232;dent et connaissent leurs ressources en mati&#232;res premi&#232;res, en capitaux, en machines. Le capitaliste tient &#224; sa merci les ouvriers, car si ses int&#233;r&#234;ts commerciaux ou autres le lui dictent, il peut dissimuler ses ressources, camoufler les stocks, faire &#233;migrer les capitaux. La fable du &#034;bon patron&#034; est invent&#233;e par les tra&#238;tres : chaque patron ne se guide pas d'apr&#232;s sa religion ou sa bont&#233; d'&#226;me, mais suivant ses int&#233;r&#234;ts capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut unir la ville et la campagne&#034;. Mais n'est-ce pas les profits excessifs des capitalistes et les &#233;normes faux-frais de l'anarchie capitaliste (interm&#233;diaires, &#034;r&#233;partiteurs&#034;) qui maintiennent les prix &#233;lev&#233;s et emp&#234;chent les &#233;changes r&#233;guliers, quel que soit l'acharnement au travail des ouvriers et des paysans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi ce qui s'impose avant tout, c'est le droit au CONTROLE OUVRIER sur les ressources &#233;conomiques et leur r&#233;partition. C'est dans le cadre de chaque entreprise, par les Comit&#233;s d'usine &#233;lus dans des assembl&#233;es ouvri&#232;res g&#233;n&#233;rales, que le contr&#244;le ouvrier doit abolir le secret commercial et industriel du capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul le contr&#244;le ouvrier fera que le travail des ouvriers contribue &#224; relever la nation, c'est-&#224;-dire &#224; am&#233;liorer le sort des travailleurs et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Offrir ses bras &#224; la nation&#034; domin&#233;e par les capitalistes de droit divin, c'est seulement produire des b&#233;n&#233;fices pour ceux-ci et perp&#233;tuer la mis&#232;re et la guerre pour les masses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1944/12/ldc41_122444.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d&#233;cision des dirigeants de la CGT avait &#233;t&#233; d'abandonner le 1er mai traditionnel. Tollet, secr&#233;taire de l'U.D. des Syndicats de la R&#233;gion parisienne et membre du PCF avait m&#234;me propos&#233; de faire du 1er mai une journ&#233;e de &#034;travail de choc&#034;. Mais les ouvriers dans les usines et les cadres syndicaux de la base ont oppos&#233; une &#233;nergique r&#233;sistance &#224; cette d&#233;cision. Sous peine de se voir discr&#233;dit&#233;s et aussi pour ne pas perdre le contr&#244;le d'un mouvement qui se pr&#233;parait malgr&#233; eux, les dirigeants de la CGT sont revenus sur leur d&#233;cision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans tout le pays les ouvriers ont r&#233;pondu en masse &#224; l'appel de manifester. La mobilisation des forces a d&#233;pass&#233; l'attente. Et voici l'enseignement qu'en tire un journal d'usine : &#034;les dirigeants syndicaux peuvent voir maintenant... que lorsqu'on propose aux ouvriers de travailler un 1er mai... ils protestent, d&#233;sertent les r&#233;unions syndicales et menacent de d&#233;chirer leur carte. Mais lorsqu'on les convie &#224; la lutte, ils sont pr&#233;sents.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A chaque pas, &#224; chaque exp&#233;rience l'on voit que l'union entre les classes, pr&#233;conis&#233;e par les social-chauvins, est irr&#233;alisable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rejetant tous les fardeaux de la situation &#233;conomique sur les classes laborieuses, la bourgeoisie sait qu'elle les pousse &#224; bout et les oblige &#224; se d&#233;fendre. C'est pourquoi elle pr&#233;pare ses bandes arm&#233;es sp&#233;cialement dress&#233;es contre les ouvriers &#034;comme certaines races de chiens sont dress&#233;es contre le gibier&#034;. Les social-chauvins ont beau parler d'&#034;union&#034;. Mais en v&#233;rit&#233; il est plus facile de concilier les contradictions de classe dans des articles de journaux que dans la r&#233;alit&#233; politique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/05/ldc47_052145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/05/ldc47_052145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; A QUI PROFITE LE CHAUVINISME ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a publi&#233; un communiqu&#233; dans lequel elle revendique le contr&#244;le sur l'utilisation des prisonniers allemands, afin que leur emploi ne &#034;concurrence pas les conditions d'existence&#034; des ouvriers fran&#231;ais et n'entra&#238;ne pas leur ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce probl&#232;me, extr&#234;mement s&#233;rieux pour les conditions de travail et d'existence de tous les ouvriers en France, la direction de la CGT a donc jug&#233; utile de le poser &#224; l'ordre du jour. Mais en pratique, son attitude chauvine, radicalement contraire &#224; l'esprit ouvrier, joue d'ores et d&#233;j&#224; contre les ouvriers fran&#231;ais et facilite la politique patronale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous reproduisons ici notre tract diffus&#233; &#224; l'usine RENAULT et diffus&#233; &#224; la suite d'un incident concernant les prisonniers allemands :&lt;br class='autobr' /&gt;
La direction de chez RENAULT vient de publier un avis mena&#231;ant les ouvriers de renvoi imm&#233;diat au cas o&#249; ils seraient surpris &#224; donner un peu de tabac ou une friandise quelconque aux prisonniers allemands qui font du travail forc&#233; dans l'usine. Cet avis vient &#224; la suite d'un incident soulev&#233; par les responsables syndicaux &#224; propos d'un geste de solidarit&#233; (un ouvrier qui a offert un peu de tabac &#224; un prisonnier allemand).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades, pouvons-nous imaginer un tableau plus r&#233;pugnant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un exploit&#233; qui gagne p&#233;niblement sa vie fait le geste humain de soulager la souffrance d'un autre travailleur qui poss&#232;de encore moins que lui. Aussit&#244;t, sous pr&#233;texte de crimes perp&#233;tr&#233;s pendant l'occupation imp&#233;rialiste allemande en France, les responsables syndicaux s'adressent &#224; la direction pour que celle-ci puisse ajouter une brimade de plus aux autres multiples qu'elle exerce d&#233;j&#224; contre les ouvriers de son usine. Qui est la direction ? La direction du grand trust soi-disant nationalis&#233; de RENAULT (or il n'y a rien de chang&#233; aux conditions de travail, o&#249; tout se passe comme sous l'ancien patron), et tous les capitalistes fran&#231;ais roulent sur l'or et vivent de la richesse extraite du travail p&#233;nible des travailleurs de toute race et de toute nationalit&#233; (fran&#231;ais coloniaux, etc...). Ils maintiennent les travailleurs en esclavage par la violence et le mensonge, et les font s'entre-d&#233;chirer pour mieux les exploiter. Tandis qu'ils enseignent aux ouvriers la haine contre d'autres ouvriers, les capitalistes traitent leurs confr&#232;res &#233;trangers avec beaucoup d'&#233;gards. On le voit clairement dans la fa&#231;on dont la finance alli&#233;e traite par exemple Goering et sa femme (repas somptueux, ch&#226;teau, voiture, domestiques). Il n'y a &#233;videmment pas de Goering aux travaux forc&#233;s chez RENAULT pour expier ses crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposons donc aux responsables syndicaux, au lieu de ramper devant la direction, de faire une enqu&#234;te sur l'origine des prisonniers allemands travaillant chez RENAULT, vous verrez que leur &#233;crasante majorit&#233; sont des travailleurs comme vous, qui en Allemagne, comme vous en France, ont &#233;t&#233; exploit&#233;s par leur RENAULT et Cie, qui comme vous n'ont jamais connu aucune des v&#233;ritables joies de l'existence, qui comme vous ont &#233;t&#233; un beau jour mobilis&#233;s en 1939 et oblig&#233;s sous menace de pendaison de marcher contre les travailleurs d'en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la France a &#233;t&#233; saign&#233;e et maltrait&#233;e, il y a eu les camps de d&#233;portation et de torture (o&#249; se trouvaient d'ailleurs aussi des ouvriers allemands). Mais est-ce que l'Allemagne n'a pas &#233;t&#233; transform&#233;e aussi en un monceau de ruines, est-ce qu'on ne veut pas exterminer aussi les ouvriers allemands, tandis que les capitalistes allemands commencent d&#233;j&#224; &#224; collaborer et &#224; faire des affaires, est-ce que malgr&#233; cette extermination r&#233;ciproque vous pouvez oublier que depuis 1939 les capitalistes de tous les pays n'ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s par aucune circonstance de guerre de ramasser l'or dans le sang des travailleurs ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Camarades, au nom de la classe ouvri&#232;re consciente, dont le destin historique est d'&#233;manciper le monde entier de l'exploitation capitaliste et des guerres fratricides, nous condamnons et d&#233;non&#231;ons comme mis&#233;rable et digne de m&#233;pris cette attitude des responsables syndicaux ; qu'ils se r&#233;tractent ! Faites enqu&#234;ter parmi les travailleurs allemands ! N'oubliez pas que le traitement qui leur est inflig&#233; d&#233;cide de vos salaires aussi, car les capitalistes sont contents d'avoir &#224; leur merci de la main-d'&#339;uvre forc&#233;e, pour mieux faire pression sur vos propres salaires et conditions de vie. Rappelez vous les exemples du pass&#233;. D&#233;fendez les opprim&#233;s qui sont &#224; c&#244;t&#233; de vous pour mieux vous d&#233;fendre vous-m&#234;mes, d&#233;fendez vous ensemble, pour qu'un jour enfin puisse cesser cette condition de l'ouvrier s'&#233;puisant comme une rosse servile au service de ses exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement &#224; l'image des capitalistes allemands, les capitalistes fran&#231;ais &#233;crasent les travailleurs &#233;trangers de fa&#231;on &#224; donner l'illusion &#224; leurs propres esclaves &#034;libres&#034; (les ouvriers fran&#231;ais ) qu'ils sont des privil&#233;gi&#233;s. Faites comprendre aux travailleurs allemands que cette com&#233;die ne durera pas ind&#233;finiment, qu'elle sera bris&#233;e par la solidarit&#233; de tous les exploit&#233;s de chez RENAULT, pour qu'enfin justice soit faite contre les v&#233;ritables responsables de la guerre et de nos mis&#232;res.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
La veille du jour o&#249; ce tract a &#233;t&#233; diffus&#233;, deux travailleurs avaient &#233;t&#233; cong&#233;di&#233;s pour avoir parl&#233; &#224; des ouvriers allemands. Des faits relat&#233;s il ressort avec &#233;vidence que le chauvinisme des bureaucrates syndicaux les am&#232;ne &#224; recourir &#224; l'arbitrage de la direction patronale, pour que celle-ci fasse la police entre les travailleurs de diff&#233;rentes cat&#233;gories. Ils reconnaissent donc, de fait, au patron le droit de disposer &#224; sa guise de ses salari&#233;s. Il est certain dans ce cas que la revendication des dirigeants pourris de la CGT, demandant que l'utilisation des prisonniers allemands ne concurrence pas les conditions d'existence des ouvriers fran&#231;ais, ne pourra, comme tant d'autres, que rester sur le papier. Quelle doit &#234;tre l'attitude des ouvriers fran&#231;ais pour r&#233;ellement faire aboutir cette revendication ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Le patronat ayant &#224; sa disposition une arm&#233;e de travail mis&#233;rablement trait&#233;e (en la personne des prisonniers allemands), fait automatiquement pression sur tous les autres travailleurs (loi de la concurrence). D'autre part, cette arm&#233;e de travailleurs &#233;tant compos&#233;e de prisonniers et astreinte au travail forc&#233;, le patronat l'a &#224; sa merci pour l'utiliser en cas de gr&#232;ve des ouvriers fran&#231;ais et briser ainsi ces mouvements. L'int&#233;r&#234;t &#233;vident des ouvriers fran&#231;ais c'est donc d'exiger l'abolition de tout travail forc&#233; et le statut des travailleurs libres pour les ouvriers &#233;trangers, quelle que soit leur nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Pour que la CGT puisse avoir le contr&#244;le sur ses ouvriers, quel est le meilleur moyen (dans un esprit v&#233;ritablement ouvrier), si ce n'est d'&#233;tendre &#224; tous les travailleurs les droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela les bureaucrates chauvins se font les gardes-chiourme entre les ouvriers fran&#231;ais et allemands, imitant en cela les nazis, puisque ceux-ci emp&#234;chaient aussi, par des sanctions, les ouvriers allemands de parler aux travailleurs &#233;trangers (ce qui n'a d'ailleurs pas emp&#234;ch&#233; les ouvriers allemands de faire des gestes de solidarit&#233; &#224; leur &#233;gard, comme le savent tr&#232;s bien les prisonniers rapatri&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Si la CGT craint que la pr&#233;sence des prisonniers allemands n'entra&#238;ne le ch&#244;mage des ouvriers fran&#231;ais, il faut exiger le renvoi des prisonniers dans leurs foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/07/ldc49_071145.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://marxists.architexturez.net/francais/barta/1945/07/ldc49_071145.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NOTRE BUT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment du cinquantenaire de la C.G.T., quelle est la situation de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat subit dans les usines, les mines, les fabriques et les chantiers une exploitation forcen&#233;e, sa condition est ramen&#233;e &#224; des dizaines d'ann&#233;es en arri&#232;re. L'arbitraire du patronat est aussi complet qu'au temps o&#249; des organisations syndicales n'existaient pas. La semaine de travail est allong&#233;e sans compensation de salaire. Les pires formes d'exploitation capitalistes sont renforc&#233;es : le travail de nuit, le travail &#224; la cha&#238;ne et au boni . Les conditions minimum d'hygi&#232;ne et de s&#233;curit&#233; sont ignor&#233;es, la garde-chiourme se trouve en permanence sur le dos des ouvriers. On nous signale des ouvriers surmen&#233;s s'effondrant sur leur machine et un accroissement excessif des accidents du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pareille situation n'est possible que parce que la r&#233;sistance ouvri&#232;re contre l'exploitation patronale est sabot&#233;e par les dirigeants actuels des Syndicats ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le couvert de la formule &#034;produire&#034;, ils ont repris leur politique d'union sacr&#233;e de 1939-40, quand ils se faisaient les auxiliaires de la r&#233;pression anti-ouvri&#232;re. Les staliniens se sont joints &#224; cette politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui fait qu'aujourd'hui, ils agissent comme une garde-chiourme auxiliaire et encore pire que la garde-chiourme patronale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants syndicaux d&#233;shonorent le Syndicat et le d&#233;tournent de son but qui est avant tout de d&#233;fendre les conditions de travail et de salaire de la classe ouvri&#232;re face au patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant notre d&#233;fense contre le patronat exige l'existence d'un Syndicat ouvrier. Le probl&#232;me c'est donc de remplacer les dirigeants syndicaux qui trahissent notre cause, d'&#233;duquer de nouveaux cadres conscients des t&#226;ches prol&#233;tariennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition syndicale Lutte de Classes se donne pour but d'&#233;duquer de nouveaux cadres et de permettre la coordination de leur travail. &#034;L'avantage des dirigeants actuels de la C.G.T.&#034;, nous disait un travailleur, &#034;c'est de pouvoir combattre des &#233;l&#233;ments isol&#233;s&#034;. Nous devons leur enlever cet avantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de militants et de responsables syndicaux de base n'ob&#233;issent aux consignes de leurs chefs que parce qu'il leur manque la conscience de classe et qu'ils sont dup&#233;s par la politique de ces chefs. L'opposition Lutte de Classes se donne pour but de rendre conscients de leurs t&#226;ches les cadres fid&#232;les de la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son journal, La Voix des Travailleurs se propose d'&#234;tre le porte-parole des ouvriers. Il le sera dans la mesure o&#249; ceux-ci seront d&#233;cid&#233;s &#224; l'utiliser comme une tribune pour leurs revendications et pour leurs luttes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;COMMENT LA C.G.T. DOIT-ELLE AGIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de De Gaulle de recevoir Jouhaux au sujet de la loi &#233;lectorale et la prise de position de l'actuelle direction de la C.G.T. en faveur du &#034;Oui-Non&#034; ont remis sur le tapis une vieille question : la C.G.T. peut-elle se m&#234;ler de questions politiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de &#034;l'autonomie&#034; syndicale trouvent enfin l'occasion de d&#233;montrer combien la politique est nuisible &#224; la C.G.T. &#034;Car&#034;, pr&#233;tendent-ils, &#034;il y a d&#233;sormais conflit entre les syndiqu&#233;s appartenant &#224; diff&#233;rents partis si leur position n'est pas celle de la direction stalinienne de la C.G.T.. Donc, pas de politique, que De Gaulle se &#034;d&#233;brouille&#034; avec les partis, la C.G.T. doit rester neutre, sans quoi au lieu de l'unit&#233; de tous pour la d&#233;fense des salaires et des droits &#233;l&#233;mentaires, elle se divisera en autant de fractions qu'il y a de partis. Ceci, la direction de la C.G.T. l'admet par ailleurs elle-m&#234;me, puisqu'elle n'ose pas donner l'ordre aux syndiqu&#233;s de voter &#034;Oui-Non&#034;, mais se contente de le recommander en g&#233;n&#233;ral au public&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#034;autonomistes&#034; triomphent &#224; tort ! Ils trompent eux-m&#234;mes sciemment les ouvriers. Si la d&#233;cision de la direction stalinienne de la C.G.T. donne prise aux manoeuvres de la bourgeoisie, ce n'est pas parce qu'elle fait de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 f&#233;vrier 1934 , devant l'attaque politique des bandes fascistes, la C.G.T. avait d&#233;cid&#233; de riposter ensemble avec le P.C. et le P.S. par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et par une manifestation de masse. Cette politique juste renfor&#231;a la classe ouvri&#232;re et mena tout droit aux conqu&#234;tes de juin 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bourgeoisie voudrait bien que la C.G.T., sous pr&#233;texte d'int&#233;r&#234;ts corporatifs, d&#233;serte la lutte contre ses entreprises d'an&#233;antissement des libert&#233;s et du niveau de vie des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est seulement parce que la politique des dirigeants de la C.G.T. est mauvaise et bureaucratique qu'elle nuit &#224; la d&#233;fense des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi &#233;lectorale de De Gaulle l&#233;sait-elle directement, mat&#233;riellement, chaque travailleur ? Oui ! Parce que dans son syst&#232;me &#233;lectoral, 2 voix ne valent qu'une voix non-ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle devait donc &#234;tre l'attitude de la C.G.T. ? Exiger qu'une voix ouvri&#232;re vaille au moins une voix non-ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire la re-pr&#233;sentation proportionnelle int&#233;grale, puisqu'il est clair que les questions de salaire d&#233;pendent aussi des droits politiques &#233;l&#233;mentaires des ouvriers. Au besoin, il fallait appuyer cette exigence par la gr&#232;ve, seule arme de la C.G.T., par exemple par une journ&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;-rale comme le 12 f&#233;vrier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude, loin de dresser les syndiqu&#233;s les uns contre les autres, aurait soud&#233; leurs rangs en une seule volont&#233; de combat, puisque sur cette question tous les ouvriers et tous les partis se r&#233;clamant du prol&#233;tariat sont d'accord. D'autre part, l'opinion publique honn&#234;te aurait soutenu un tel combat, car comment admettre cette hypocrisie de De Gaulle d'une &#034;d&#233;mocratie&#034; dans *LIGNE MANQUANTE*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort donc clairement que l'attitude de la direction actuelle de la C.G.T. n'est pas une riposte &#224; De Gaulle, mais plut&#244;t une manoeuvre pour d&#233;tourner l'attention du fait qu'elle est incapable de combattre (de m&#234;me qu'elle a abandonn&#233; la lutte &#233;conomique des ouvriers) pour les libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires et d&#233;mocratiques des travailleurs. C'est pour esquiver la lutte qu'elle a pris une attitude politicienne, car il est bien plus facile de lancer des appels en l'air et controverser dessus entre bureaucrates que de d&#233;-fendre r&#233;ellement les travailleurs dans la lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si &#224; la t&#234;te de la C.G.T. il y avait eu une tendance qui d&#233;fende r&#233;ellement chaque par-celle des droits &#233;conomiques et des libert&#233;s des travailleurs, personne n'aurait pu se plaindre de l'immixtion de la politique dans les Syndicats. Tout au contraire, c'est par une politique r&#233;volutionnaire que les droits ouvriers les plus &#233;l&#233;mentaires seraient efficacement d&#233;fendus.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;DEFENSE DE LA MAIN D'OEUVRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire, Produire, Produire. Tel est le ton sur lequel d&#233;clame toute la presse &#034;syndicale&#034;. On explique aux ouvriers qu'il faut intensifier la production par l'utilisation d'une technique plus approfondie mais dans la pratique on les invite &#224; travailler dans un minimum de temps (&#034;crever le plafond&#034;), &#224; faire des heures suppl&#233;mentaires, &#224; travailler le samedi et m&#234;me le dimanche, &#224; abandonner leurs vacances et surtout &#224; ne pas perdre de temps &#224; faire des gr&#232;ves. Pensez-donc, les bonzes syndicaux sont l&#224; pour discuter avec le patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter la production par l'emploi d'un mat&#233;riel nouveau et perfectionn&#233;, c'est une solution tr&#232;s all&#233;chante pour le patronat mais le mat&#233;riel co&#251;te cher et la bourgeoisie ne peut tout de m&#234;me pas abandonner ses b&#233;n&#233;fices pour relever l'&#233;conomie du pays que sa rapacit&#233; a contribu&#233; &#224; an&#233;antir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la main d'oeuvre dont on peut exiger un accroissement du rendement sans autre d&#233;pense que des promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; en est la main d'oeuvre ? D&#233;j&#224; avant la guerre, elle &#233;tait en d&#233;croissance. La population active qui &#233;tait de 21.720.000 personnes en 1921 n'&#233;tait plus que de 20.261.000 en 1936. Parmi cette population active, la main d'oeuvre productive baissait, tandis que la main d'oeuvre improductive augmentait. En 1921, il y avait 19.970.000 productifs pour 1.750.000 improductifs. En 1936, il avait 18.212.000 productifs pour 2.049.000 improductifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a encore diminu&#233; le nombre de la main d'oeuvre productive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au moins 200.000 militaires ont &#233;t&#233; tu&#233; au cours des op&#233;rations. Le nombre des civils tu&#233;s au cours des bombardements est &#233;valu&#233; &#224; 90.000, &#224; cela il faut ajouter les hommes et les femmes fusill&#233;s ou morts dans les camps et les prisons de France et d'Alle-magne (75.000 fusill&#233;s rien que pour Paris). Les privations et les maladies, cons&#233;quences de la guerre ont augment&#233; la mortalit&#233; ! C'est certainement de plus d'un million de travailleurs que la guerre a r&#233;duit la population active. D'autre part, le nombre des ouvriers &#233;trangers qui &#233;tait de 1.599.000 en 1931 et tomb&#233; &#224; 1.245.000 en 1936, s'est vu r&#233;duire de plusieurs centaines de mille, beaucoup ayant quitt&#233; la France, rappel&#233;s notamment par la mobilisation. La population productive est r&#233;duite &#224; peine &#224; 19.000.000, soit 2.000.000 de moins qu'avant la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la population active a consid&#233;rablement diminu&#233;, le nombre des improductifs a continu&#233; &#224; s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e, les services administratifs (police, ravitaillement, prisonniers et rapatri&#233;s, etc.) emploient un nombre consid&#233;rable de fonctionnaires. En 1936, il y avait 810.000 fonctionnaires ; aujourd'hui, le nombre des fonctionnaires est de 2 millions. Il reste &#224; peine 16.000.000 de travailleurs pour la production, le commerce et les transports contre 18.262.000 en 1936, alors que toute l'&#233;conomie est &#224; reconstruire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est sur la main d'oeuvre, &#233;l&#233;ment essentiel de la production, et d&#233;j&#224; si terriblement &#233;prouv&#233;e, que la bourgeoisie, avec l'appui des organisations dites ouvri&#232;res, veut faire retomber tout le poids de la reconstruction. Le patronat, qui a profit&#233; de l'absence de mouvement ouvrier pendant la guerre pour diminuer les &#034;temps&#034; et ainsi acc&#233;l&#233;rer la cadence, veut conserver celle-ci. On veut exiger du prol&#233;tariat une cadence plus vive, un nombre d'heures de travail plus consid&#233;rable, alors que la nourriture est nettement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que les ouvriers exigent de leurs dirigeants syndicaux qu'ils prennent leurs responsabilit&#233;s pour l'&#233;laboration d'un plan de production et de ravitaillement qui puisse permettre &#224; la classe ouvri&#232;re de recouvrer ses forces. Il leur faut exiger que ceux-ci les soutiennent effectivement lorsqu'ils entrent en lutte pour la d&#233;fense de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER CONGRES DE LA FEDERATION SYNDICALE MONDIALE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration Syndicale &#034;Mondiale&#034; est n&#233;e. Le Peuple nous apprend que l'organisation de la Conf&#233;rence a &#233;t&#233; &#034;parfaite&#034;, que le Palais de Chaillot avait &#233;t&#233; am&#233;nag&#233; d'une fa&#231;on &#034;tr&#232;s heureuse&#034;, etc... Bref, on nous en parle comme s'il s'agissait de la Foire de Paris ou d'une com&#233;die &#224; grand spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A qui ces figurants jouent-ils la com&#233;die ? A l'ensemble des syndiqu&#233;s qu'on amuse pour canaliser leur m&#233;contentement. Tout change, soi-disant. Mais pour que tout reste pareil. La F.S.I. de Jouhaux, Schevenels , Citrine , etc... fait place &#224; la F.S.M. de Citrine, Schevenels, Jouhaux, etc... Mais Schevenels justement rappelle que &#034;la faillite des organisations internationales n'est apr&#232;s tout que la somme des faillites nationales&#034;. Ce n'est pas en passant l'&#233;ponge et en recommen&#231;ant la m&#234;me politique avec les m&#234;mes hommes qu'on arrivera &#224; des r&#233;sultats diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nous pr&#233;sente les politesses des autorit&#233;s comme un fait nouveau, la reconnaissance officielle de l'importance et du r&#244;le du syndicalisme. Mais Belin et Cie jouissaient aussi de toutes les faveurs des autorit&#233;s. Si la bourgeoisie se montre si &#034;aimable&#034;, c'est qu'elle y trouve son compte. Elle s'essaye ainsi &#224; domestiquer le mouvement ouvrier, &#224; le lier &#224; sa politique parce que l'action ouvri&#232;re consciente et organis&#233;e, donc ind&#233;pendante de toute influence bourgeoise, est la plus dangereuse pour les classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les Syndicats remplissent leur r&#244;le d'organisateurs de la lutte ouvri&#232;re et de d&#233;fenseurs de nos conditions de vie, ils doivent &#234;tre ouverts &#224; tous les travailleurs, quel que soit leur pays. Qu'est-ce que c'est que cette F&#233;d&#233;ration &#034;Mondiale&#034; qui n'accepte que les ouvriers des pays vainqueurs, comme si toutes les classes ouvri&#232;res n'&#233;taient pas d'abord, et au m&#234;me titre les vaincues de la guerre ? La F.S.M. prouve ainsi qu'elle n'est destin&#233;e qu'&#224; mener la politique bourgeoise &#224; la mani&#232;re ouvri&#232;re, et c'est pour cela qu'il n'y a en elle aucune unit&#233; de vue, d&#232;s qu'on quitte les lieux communs. C'est pour cela que, comme la presse bourgeoise elle-m&#234;me Combat le signale, les oppositions s'y retrouvent entre grandes et petites puissances, et entre grandes puissances. Bien s&#251;r : du moment qu'on se place au point de vue de nos exploiteurs nationaux, pas moyen de s'entendre avec l'exploit&#233; d'en face. Et c'est comme &#231;a que le &#034;camarade&#034; Sir Citrine ferme la bouche au d&#233;l&#233;gu&#233; des Syndicats de l'Inde r&#233;clamant l'appui de la F.S.M. pour l'affranchissement de son pays !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;occup&#233;s de prouver leur &#034;bonne foi&#034; aux gouvernements, les repr&#233;sentants de la F.S.M. reprennent &#224; leur compte toute la politique dont nous &#233;prouvons chaque jour, dans notre chair, les cons&#233;quences. Ils se r&#233;clament de la Charte des Nations Unies (sic), de la Conf&#233;rence de Potsdam, etc..., mais reconnaissent que jusqu'ici &#034;seul l'appel au travail a retenti partout&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'attend-on pour organiser une action ouvri&#232;re g&#233;n&#233;rale ? En tant que classe opprim&#233;e, les travailleurs ne peuvent prendre la responsabilit&#233; d'aucune action diplomatique bourgeoise, d'aucune &#034;conf&#233;rence de Potsdam&#034; ou d'ailleurs, accomplie en dehors de leur contr&#244;le pr&#233;cis&#233;ment par les fond&#233;s de pouvoir (g&#233;n&#233;raux et politiciens) du grand capital. Les d&#233;cisions des Jouhaux-Frachon etc... ne nous engagent pas plus, car nous n'y avons pas pris part, et elles ne sont que le reflet, dans une mince couche de bureaucrates ouvriers, des d&#233;cisions prises par les diff&#233;rents gouvernements capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les faits sont t&#234;tus&#034;, dit le proverbe. La lutte de classes, reni&#233;e officiellement dans les pays imp&#233;rialistes, revient au premier plan &#224; l'occasion de la lutte pour l'ind&#233;pendance des peuples coloniaux, malgr&#233; le triage sur le volet des d&#233;l&#233;gu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation d'une v&#233;ritable centrale syndicale mondiale sera une victoire consid&#233;rable pour les ouvriers. Mais on ne la construira pas dans les discussions diplomatiques o&#249; les m&#233;fiances et les rivalit&#233;s se cachent sous les embrassades. Elle sera le fruit de la lutte g&#233;n&#233;ralis&#233;e que, dans chaque pays, les travailleurs m&#232;neront contre leurs ma&#238;tres. Un peu partout, les ouvriers entrent en lutte et la bureaucratie syndicale ne les y aide gu&#232;re. Ces premiers combats, et la lutte des exploit&#233;s coloniaux, voil&#224; les pr&#233;mices de l'unit&#233; syndicale mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;QUELQUES REVENDICATIONS URGENTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; L'&#233;chelle mobile des salaires : Lors des derniers rajustements de salaires o&#249; les revendications de la C.G.T. n'ont pas &#233;t&#233; enti&#232;rement accept&#233;es (salaire minimum du manoeuvre &#224; 23 fr.), les ouvriers avaient bien compris que cette augmentation serait bient&#244;t annul&#233;e par la hausse des prix. C'est pourquoi, dans de nombreuses r&#233;unions syndicales, des ouvriers avaient pos&#233; la revendications de l'&#233;chelle mobile des salaires. La C.G.T. a alors envoy&#233; ses &#034;bonzes&#034; un peu partout &#034;expliquer&#034; que l'&#233;chelle mobile n'&#233;tait pas une revendication juste, parce qu'on tournait dans un cercle vicieux. Ce qu'il fallait &#034;c'est emp&#234;cher la vie d'augmenter&#034;. Cependant les salaires ont &#233;t&#233; stabilis&#233;s mais la vie a continu&#233; d'augmenter. Seule l'&#233;chelle mobile des salaires emp&#234;cherait que grandisse le foss&#233; entre les salaires et les prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; L'&#233;chelle mobile des heures de travail pour &#233;tablir une juste r&#233;partition du travail. Il est inadmissible que l'on exige 48, 54 et m&#234;me 60 heures de travail dans certaines usines, qu'on travaille le samedi et le dimanche, que le travail de nuit reprenne dans certaines autres alors que des ouvriers sont r&#233;duits au ch&#244;mage, alors qu'une grande partie de la population est improductive et vit de combines plus ou moins louches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Le retour au principe des 40 heures. Le salaire &#233;tant bas&#233; sur 40 heures, toutes heures effectu&#233;es au-del&#224; de 4O heures devront &#234;tre pay&#233;es comme heures suppl&#233;mentaires, au taux des conventions de 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Le contr&#244;le syndical sur l'embauche pour d&#233;jouer les manoeuvres patronales qui consistent &#224; diviser les ouvriers par des mutations ou des licenciements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; Suppression du travail au boni qui est une v&#233;ritable escroquerie.&lt;br class='autobr' /&gt;
6&#176; Suppression des imp&#244;ts c&#233;dulaires sur les salaires. Derni&#232;rement les imp&#244;ts sur les transactions en Bourse ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, alors que des imp&#244;ts formidables continuent &#224; grever les salaires ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;LA LIBERTE DU TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les patrons de la r&#233;gion de Montb&#233;liard &#8211; ceux de Sochaux notamment &#8211; s'entendent pour refuser le travail aux syndicalistes d'avant 1940. Que font les &#034;dirigeants syndicaux&#034; ? Le Secr&#233;taire du Syndicat des M&#233;taux de Sochaux, Gauchet , ne voit comme solution qu'inviter les pouvoirs publics (dont par ailleurs il d&#233;nonce la complicit&#233; &#233;vidente) &#224; prendre des sanctions. Il fait appel au patriotisme &#8211; alors que c'est justement le pr&#233;texte du patriotisme que les patrons invoquent contre les militants syndicaux brim&#233;s &#8211; et termine : Camarades du syndicat, au boulot, malgr&#233; les attaques que nous saurons bien briser au moment voulu (qu'est-ce qu'ils attendent donc ?), la production ne doit pas s'en ressentir, pas une heure ne doit &#234;tre perdue&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que pourrait dire d'autre un agent du patron ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/10/vdt01_100045.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IL NE FAUT PAS MELER LE VRAI ET LE FAUX, citoyen Beaumont !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers, notamment ceux de chez Citro&#235;n, connaissent bien l'&#233;nergie que d&#233;ploie le citoyen Beaumont quand il s'agit de pourchasser ceux qui luttent contre l'orientation actuelle de la direction de la C.G.T., orientation qui d&#233;shonore les Syndicats aupr&#232;s des travailleurs. C'est ainsi par exemple qu'il a fait renvoyer par le patron, sous de mauvais pr&#233;textes, deux jeunes ouvriers de Citro&#235;n-Levallois qui, apr&#232;s avoir d&#233;ploy&#233; une certaine activit&#233; pour la suppression des heures suppl&#233;mentaires, l'am&#233;lioration des salaires et des conditions de travail dans l'usine, s'&#233;taient ralli&#233;s &#224; notre Opposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail de l'Opposition continuant n&#233;anmoins, le citoyen Beaumont continue sa campagne contre elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un meeting &#233;lectoral, dans lequel il a jou&#233; le r&#244;le honteux d'interdire (coups de poings &#224; l'appui) aux ouvriers de plusieurs tendances de s'exprimer, il a cru pouvoir discr&#233;diter l'Opposition en affirmant : &#034;Enfin l'Opposition Lutte de Classes chez Citro&#235;n ose se r&#233;clamer de la IV&#232;me Internationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pour d&#233;fendre le niveau de vie des travailleurs il faille &#234;tre internationaliste, il n'y a pas de meilleure preuve que l'action nationaliste que m&#232;ne en ce moment le citoyen Beaumont. Lui, qui nous appelle &#224; &#034;produire&#034; sous pr&#233;texte que l'&#233;conomie fran&#231;aise puisse battre la concurrence am&#233;ricaine et anglaise au moment o&#249; les ouvriers am&#233;ricains et anglais luttent avec acharnement pour se d&#233;fendre contre leurs patrons, agit en fait comme un tr&#232;s bon agent de M. Boulanger du trust Citro&#235;n. Nous qui appelons &#224; cette solidarit&#233; internationale entre travailleurs (solidarit&#233; qui ne trouve son sens que dans une lutte effective commune) avons agi pour les ouvriers de chez Citro&#235;n, contre M. Boulanger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais affirmer que l'Opposition se r&#233;clame de la IV&#232;me Internationale (nous ne voyons d'ailleurs pas ce qu'il y aurait d'os&#233; l&#224;-dedans), c'est &#234;tre devenu b&#234;te comme un lecteur du journal des trusts Le Pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, seule la C.G.T. peut se r&#233;clamer d'une Internationale syndicale, et celle-ci &#224; son tour d'une Internationale politique. Comme par exemple la C.G.T.U. , avant que f&#251;t r&#233;alis&#233;e l'union syndicale ; dans la C.G.T. actuelle, se r&#233;clamait de l'Internationale syndicale rouge et celle-ci de la IIIe Internationale. Notre groupe d'opposition ne peut se r&#233;clamer que de la C.G.T., quelle que soit l'appartenance politique de ses membres. Libres d'exprimer toutes leurs id&#233;es au sujet de l'action ouvri&#232;re, ils sont li&#233;s dans l'action par la discipline syndicale, c'est-&#224;-dire par les d&#233;cisions prises &#224; la majorit&#233; par les syndiqu&#233;s, que ce soit sur le plan local, r&#233;gional ou national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, l'Opposition groupe tous les ouvriers qui veulent lutter contre l'exploitation patronale sans imposer aucune discipline que celle de tous les travailleurs syndiqu&#233;s, dans leurs syndicats. C'est pourquoi elle agit efficacement, unissant les ouvriers au lieu de les diviser, renfor&#231;ant la C.G.T. que la direction actuelle compromet irr&#233;m&#233;diablement aupr&#232;s des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'est en m&#234;lant le vrai et le faux que vous esp&#233;rez d&#233;tourner les travailleurs de l'Opposition, d&#233;trompez-vous, citoyen Beaumont. Si vous voulez un bon &#034;tuyau&#034; le voici : changez enti&#232;rement d'attitude. D&#233;fendez les ouvriers contre les patrons au lieu de d&#233;fendre les patrons contre les revendications ouvri&#232;res et vous n'entendrez plus parler de l'Opposition syndicale Lutte de Classes !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous serons &#224; vos c&#244;t&#233;s pour vous soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/11/vdt02_110645.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UN AN DE PARLOTTES ET UNE HEURE DE GREVE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro 2 de La Voix, nous demandions &#224; la C.G.T. d'expliquer par quels moyens (ayant &#233;puis&#233; toutes les possibilit&#233;s de parlotte) elle comptait faire aboutir les revendications, pourtant tr&#232;s minimes, des petits fonctionnaires. Nous indiquions que le seul moyen &#233;tait l'action directe. Il a fallu attendre des mois pour que le Cartel se d&#233;cide &#224; r&#233;pondre aux d&#233;sirs souvent exprim&#233;s des syndiqu&#233;s de base, et appelle les employ&#233;s &#224; l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si les dirigeants de la C.G.T. ont consenti &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#034;d'avertissement&#034; d'une heure, ils se d&#233;clarent en m&#234;me temps adversaires de la gr&#232;ve. &#034;Dans les circonstances actuelles&#034;, dit Raynaud, &#034;une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale serait catastrophique ; elle aurait pour r&#233;sultat, notamment par l'arr&#234;t des chemins de fer, d'affamer le pays&#034;. Ce sont l&#224; les arguments patronaux employ&#233;s de tous temps contre l'action ouvri&#232;re. Qu'est-ce qui emp&#234;che le puissant Syndicat des Cheminots et la C.G.T. d'assurer, en m&#234;me temps que la gr&#232;ve, le transport des denr&#233;es indispensables &#224; la vie de la population laborieuse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, que voyons-nous ? C'est cette gr&#232;ve (m&#234;me d'une heure), &#224; la diff&#233;rence de toutes les supplications ant&#233;rieures, qui a oblig&#233; le gouvernement &#224; mettre &#224; l'ordre du jour la question des salaires dans les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en raison de l'attitude des dirigeants syndicaux qui, AU LIEU DE SUSPENDRE SUR LE GOUVERNEMENT LA MENACE D'UNE GREVE GENERALE JUSQU'A LA SATISFACTION DES REVENDICATIONS, fournissent au contraire tous les arguments contre la gr&#232;ve et s'efforcent d'en d&#233;tourner les employ&#233;s, les &#233;ventuelles concessions gouvernementales seront faites de mani&#232;re &#224; diviser les employ&#233;s des Services publics (augmentations individuelles et de certaines cat&#233;gories). D'autre part, ce qu'il donne d'une main, le gouvernement se pr&#233;pare &#224; le reprendre de l'autre, en liant l'augmentation des salaires &#224; une augmentation des prix du tabac, des P.T.T., des chemins de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant que depuis bient&#244;t un an les salaires sont bloqu&#233;s et que la vie continue &#224; monter sans arr&#234;t, le pr&#233;texte qu'on ne pouvait pas augmenter les salaires parce que cela fait augmenter les prix s'est d&#233;finitivement r&#233;v&#233;l&#233; comme un mauvais pr&#233;texte. Les secr&#233;taires de la C.G.T. ont &#233;t&#233; oblig&#233;s d'indiquer au meeting du Vel d'Hiv quelques unes des d&#233;penses inutiles et anti-populaires faites par le gouvernement et sur lesquelles on pourrait largement pr&#233;lever l'augmentation demand&#233;e par les petits fonctionnaires. Raynaud a parl&#233; de &#034;la D.G.E.R. police de guerre civile qui engloutit des sommes folles&#034; et de la pl&#233;thore de hauts fonctionnaires contr&#244;leurs, agents de la r&#233;patition, etc. Neumeyer a parl&#233; du budget officiel de guerre de 125 milliards &#034;alors que la guerre est termin&#233;e depuis bient&#244;t un an&#034; et des 100 milliards de subventions aux capitalistes. Il aurait pu &#233;galement parler des frais d'occupation en Allemagne, avec l'arm&#233;e de hauts fonctionnaires et de grad&#233;s militaires qu'on y entretient, des frais d'occupation en Indochine, et des milliards qu'on s'appr&#234;te &#224; verser aux capitalistes &#034;nationalis&#233;s&#034;, car, eux, on s'en voudrait de les &#034;l&#233;ser&#034;. Par ailleurs, si un haut fonctionnaire, b&#233;n&#233;ficiant de nombreux avantages, a besoin de 450 000 francs par an pour vivre, comment peut-on tol&#233;rer que le salaire de base d'un petit fonctionnaire soit de 3 200 francs par mois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voil&#224; assez des directives des sph&#232;res bureaucratiques de la C.G.T. En voil&#224; assez des discussions st&#233;riles et des ajournements qui laissent &#224; la bourgeoisie les mains libres de manoeuvrer. SEULE LA GREVE GENERALE jusqu'&#224; la satisfaction de nos revendications, et l'organisation de la solidarit&#233; de classe de tous les travailleurs obligeront le Gouvernement &#224; c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour la d&#233;mocratie dans les syndicats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La d&#233;mocratie syndicale assure &#224; chaque syndiqu&#233; la garantie qu'il peut, &#224; l'int&#233;rieur du syndicat, d&#233;fendre librement son point de vue sur toutes les questions int&#233;ressant la vie et le d&#233;veloppement du syndicat&#034;, est-il proclam&#233; dans le pr&#233;ambule des statuts de la C.G.T. en mars 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, malgr&#233; cette reconnaissance statutaire de la d&#233;mocratie, en fait, &#224; l'heure actuelle, les travailleurs sont impuissants &#224; &#233;tablir leur contr&#244;le sur les dirigeants syndicaux. Or, ce contr&#244;le doit surgir automatiquement l&#224; o&#249; la d&#233;mocratie est une r&#233;alit&#233; et non pas seulement un mot vide de toute signification pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx avait d&#233;couvert, en &#233;tudiant la structure r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; que, d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &#034;le droit (les garanties juridiques statutaires, etc.) ne peut jamais s'&#233;lever au-dessus (se distinguer) du r&#233;gime &#233;conomique et du d&#233;veloppement culturel conditionn&#233; par ce r&#233;gime&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, si l'on veut appliquer ce raisonnent &#224; la question qui nous occupe, ce ne sont pas les statuts de la C.G.T., mais la connaissance de la situation r&#233;elle, &#233;conomique, politique, morale des travailleurs qui nous &#233;clairera sur l'absence de la d&#233;mocratie dans les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les permanents syndicaux, au lieu d'&#234;tre aux ordres des travailleurs, forment une bureaucratie incontr&#244;l&#233;e et par cons&#233;quent hostile aux luttes ouvri&#232;res (qui troublent leur &#034;&#233;l&#233;vation&#034; sociale de laquais du patronat), cela est d&#251;, en effet, &#224; la situation suivante des ouvriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surexploitation patronale, le manque de ravitaillement, des heures de travail souvent fantaisistes impos&#233;es par les capitalistes sous divers pr&#233;textes, enl&#232;vent &#224; la grande majorit&#233; des syndiqu&#233;s la capacit&#233; physique et intellectuelle d'aller aux r&#233;unions. Car, dans celles-ci, les permanents syndicaux repos&#233;s et ayant eu le temps de pr&#233;parer leurs manoeuvres, invoquent des &#034;raisons&#034; que les travailleurs ne peuvent pas contredire sur le champ, mais dont ils aper&#231;oivent la tromperie le lendemain. Ils se voient &#034;roul&#233;s&#034; et renoncent &#224; aller aux r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La minorit&#233; des syndiqu&#233;s qui participe aux r&#233;unions et par les votes de laquelle les bureaucrates donnent une allure &#034;d&#233;mocratique&#034; &#224; leurs d&#233;cisions, se divise en deux cat&#233;gories : les travailleurs qui suivent les &#034;responsables&#034;, soit parce que tromp&#233;s par leurs &#034;justifications r&#233;alistes&#034;, soit parce qu'esp&#233;rant qu'un jour ou l'autre ils feront leur travail, et des travailleurs qui savent &#224; quoi s'en tenir sur eux, mais qui ne veulent pas, ne peuvent pas (et ils ont raison), abandonner l'organisation syndicale. C'est parmi ces derniers surtout que se manifeste un esprit oppositionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui emp&#234;che les opposants de se manifester vigoureusement dans les syndicats ? Car ils auraient alors l'approbation et l'appui de l'&#233;crasante majorit&#233; des syndiqu&#233;s qui ont abandonn&#233; les r&#233;unions et qui y reviendraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, tandis que les bureaucrates b&#233;n&#233;ficient de l'appui de l'Etat bourgeois, qui leur assure, &#224; eux, collaborateurs de la &#034;paix sociale&#034; (l'&#233;crasement des travailleurs sans r&#233;sistance), tous les moyens l&#233;gaux pour leur propagande, les opposants, couverts de calomnies par les bureaucrates, peuvent donner mati&#232;re &#224; la r&#233;pression polici&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; pourquoi, malgr&#233; les statuts de la C.G.T., il n'y a pas de d&#233;mocratie dans les syndicats. Voil&#224; pourquoi les permanents ins&#232;rent dans les journaux seulement ce qui leur pla&#238;t, excluent les opposants que les patrons ont soin de renvoyer ensuite, etc : ils sont aid&#233;s en cela par toute l'exploitation et l'oppression bourgeoises qui p&#232;sent sur l'ensemble de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les opposants, eux, dispers&#233;s et sans journaux, ne sont pas &#224; m&#234;me de leur opposer la force (irr&#233;sistible) de l'ensemble des syndiqu&#233;s. &#034;L'avantage des dirigeants actuels de la C.G.T., c'est de pouvoir combattre des &#233;l&#233;ments isol&#233;s. Nous devons leur enlever cet avantage&#034;, disait La Voix n&#176;1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc unir tous ceux qui, dans le syndicat et dans l'usine, ind&#233;pendamment de leurs opinions politiques, sont de v&#233;ritables d&#233;mocrates-prol&#233;tariens. C'est l&#224; le r&#244;le de l'opposition Lutte de Classes dans la C.G.T., c'est l&#224; le but de La Voix des Travailleurs qui doit devenir une v&#233;ritable tribune des exploit&#233;s, pour lesquels presque personne ne parle aujourd'hui et dont personne ne parlera aussi bien qu'eux-m&#234;mes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/vdt04_121545.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1945/12/vdt04_121545.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre les d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers de chez Alsthom...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Frachon d&#233;fend la carte de pain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier de l'usine Alsthom-Lecourbe nous &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 29 d&#233;cembre, &#224; l'usine Alsthom, dans chaque secteur des ouvriers ont eux-m&#234;me &#233;tabli des listes de protestation contre le r&#233;tablissement de la carte de pain. Des ouvriers ont demand&#233; &#224; la section syndicale d'intervenir au sujet de l'insuffisance de la ration, sans cela ils seraient oblig&#233;s d'agir eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi, &#224; la premi&#232;re heure, a lieu un d&#233;brayage. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s t&#233;l&#233;phonent &#224; la locale. Lorrel arrive pour demander la reprise du travail et explique qu'on n'a pas de bl&#233;, que les Am&#233;ricains n'ont pas tenu leurs promesses, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs camarades ont r&#233;pondu qu'il y avait du bl&#233;, qu'&#224; la campagne il y avait encore des meules intactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorrel promet alors que la C.G.T. allait faire pression sur le gouvernement et qu'une d&#233;l&#233;gation ira au Minist&#232;re du Ravitaillement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous formons une d&#233;l&#233;gation de d&#233;l&#233;gu&#233;s ouvriers et d'ouvriers du rang, en tout 43, qui se rend au Bureau Conf&#233;d&#233;ral, rue Lafayette ; elle est re&#231;ue par Henri Raynaud qui nous renvoie rue Timbaud &#224; l'Union des M&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation ayant r&#233;pondu qu'elle voulait frapper &#224; la t&#234;te, il a commenc&#233; &#224; crier puis a &#233;t&#233; chercher Frachon qui nous donnait du &#034;cher camarade&#034; et a recommenc&#233; le m&#234;me la&#239;us sur la situation difficile, etc. Les camarades insistant pour savoir ce qu'il comptait faire. La r&#233;ponse est : &#034;Ca fait 40 ans que je milite, ce n'est pas pour me faire engueuler dans notre (!?) propre maison&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;l&#233;gation se rend alors rue Timbaud &#224; l'Union des M&#233;taux. H&#233;naff la re&#231;oit et donne la m&#234;me r&#233;ponse sur les temps difficiles, il se met lui aussi &#224; rabrouer quelques ouvriers. Nahele demande si on &#233;tait ici dans une maison de combat. Un ouvrier r&#233;pond que si nous payions des cotisations, il &#233;tait normal qu'on veuille &#234;tre d&#233;fendus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelqu'un a dit &#224; Frachon qu'il s'&#233;tait bien vot&#233; les 1 000 francs d'indemnit&#233; parlementaire. Celui-ci a r&#233;pondu que les communistes avaient vot&#233; contre et qu'ils ne les touchent pas ; que nous venions dans un but politique, que nous n'aurions pas d&#251; faire un mouvement de gr&#232;ve, qu'il ne voulait recevoir qu'une petite d&#233;l&#233;gation, que c'&#233;tait de la provocation (!!), et qu'il a toujours combattu pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons ensuite au Minist&#232;re du Ravitaillement o&#249; on ne voulait laisser monter que quelques gars. Comme nous voulions entrer tous, on nous envoie rue de Varenne qu'on pr&#233;vient de notre arriv&#233;e ; de nombreux agents attendaient, toutes les rues &#233;taient barr&#233;es. Six ouvriers seulement sont re&#231;us par le chef de cabinet ; l&#224; encore on leur dit qu'on ne pouvait pas grand-chose, qu'il fallait s'estimer heureux car la ration de pain aurait pu n'&#234;tre que de 200 grammes, qu'on savait bien qu'il restait du bl&#233; &#224; la campagne, mais qu'il le faudra pour la soudure au mois d'ao&#251;t&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite de notre d&#233;l&#233;gation au Bureau Conf&#233;d&#233;ral, celui-ci a promis de demander l'augmentation de la ration des travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite des protestations qui ont d&#233;j&#224; eu lieu en province, les ouvriers de chez Alsthom donnent ainsi l'exemple dans la r&#233;gion parisienne de la r&#233;sistance aux nouvelles mesures d'affamement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beno&#238;t Frachon, dans L'Humanit&#233; du 4-01, reconna&#238;t que &#034;le pain constitue l'aliment de base des travailleurs... et qu'il est des ouvriers charg&#233;s de famille nombreuse qui ne peuvent acheter la viande que leur octroie le ravitaillement&#034; ; mais il s'indigne contre les protestations des ouvriers et les montre comme foment&#233;es par les syndicats chr&#233;tiens et le M.R.P. ! Il r&#233;p&#232;te la m&#234;me chose que tous les journaux bourgeois : il n'y a pas de bl&#233;, pas de devises... il n'y a qu'&#224; serrer la ceinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Frachon dit-il aujourd'hui que la carte de pain est n&#233;cessaire, quand il y a six mois encore, L'Humanit&#233; affirmait tout le contraire ? Que croire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a pas de devises, pourquoi ont-ils vot&#233; le budget de la guerre, de la D.G.E.R., etc. ? Dans Combat du 19-12 nous lisons : &#034;Les navires (venant d'Am&#233;rique charg&#233;s de bl&#233;) font route vers la France par le d&#233;troit de Magellan et la Terre de feu, car le gouvernement fran&#231;ais ne dispose pas d'assez de devises pour solder leur passage par le Canal de Panama. Le voyage jusqu'aux ports fran&#231;ais dure, dans ces conditions, 40 jours&#034;. Si cette affirmation est vraie, o&#249; passent les devises, sinon pour les nombreuses commandes de mat&#233;riel d'armement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre l'alimentation des riches et des pauvres, il y a un foss&#233;. Les premiers disposent d'une alimentation de luxe et vivent du march&#233; noir. On devrait donc recenser les riches et les &#233;liminer du ravitaillement en leur retirant les cartes d'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; noir prosp&#232;re par le trafic et les stocks cach&#233;s chez les grossistes. On devrait donc inventorier les stocks et &#233;tablir un contr&#244;le par en bas de la r&#233;partition. Les dirigeants syndicaux ont-ils un boeuf sur la langue qu'ils ne parlent pas du contr&#244;le indispensable des ouvriers, des m&#233;nag&#232;res, des paysans sur la production et la r&#233;partition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans toutes usines les ouvriers faisaient montre d'autant d'&#233;nergie que ceux de chez Alsthom, au lieu de frapper &#224; la porte des &#034;responsables&#034;, ils pourraient d'ailleurs organiser directement ce contr&#244;le en commen&#231;ant par aller d&#233;pister et inventorier les stocks et les d&#233;p&#244;ts. Travailleurs, revendiquez le contr&#244;le ouvrier sur la production et la r&#233;partition ! TOUTE LA POPULATION LABORIEUSE EST AVEC VOUS DANS CETTE VOIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/vdt05_010546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/01/vdt05_010546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; BLOCAGE DES PRIX et ECHELLE MOBILE DES SALAIRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la C.G.T. ont promis leur appui &#224; la politique du nouveau gouvernement. En ceci, ils ne se sont certainement pas fait les interpr&#232;tes des syndiqu&#233;s ; les ouvriers ayant bien au contraire accueilli les nouvelles mesures gouvernementales avec beaucoup d'hostilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ils voient qu'en d&#233;finitive, c'est toujours l'ancienne politique qui continue : blocage des salaires &#034;pour &#233;viter l'inflation&#034;, et hausse des prix. O&#249; cela m&#232;nera-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la part de ceux qui ne travaillent pas, on n'entend qu'un cri : il faut produire, car c'est la reprise &#233;conomique qui est le seul rem&#232;de. Cependant, le paysan, qui en temps de s&#233;cheresse, compte sur la pluie qu'il ne peut pr&#233;voir, est bien plus dans le vrai que le gouvernement qui compte sur la &#034;reprise&#034; capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis six mois, tous les probl&#232;mes de la politique gouvernementale se r&#233;duisent &#224; trouver le meilleur moyen de rejeter sur la population travailleuse les charges d'une politique de brigandage : inflation directe, d&#233;flation, alternativement tous les syst&#232;mes sont utilis&#233;s qui visent au m&#234;me but de spoliation. La preuve en est que, loin de se relever progressivement, le pays a continu&#233; &#224; s'enfoncer dans la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau gouvernement a commenc&#233; par promettre monts et merveilles : l'arr&#234;t de l'inflation, la r&#233;duction des d&#233;penses militaires ruineuses, des indemnit&#233;s (subventions) accord&#233;es aux capitalistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'av&#232;re que la r&#233;duction des d&#233;penses militaires ne peut pas se faire s&#233;rieusement, parce qu'on a d&#233;cid&#233; de maintenir une arm&#233;e permanente, l'occupation en Allemagne et aux colonies, la guerre en Indochine, la fabrication des armements. Quant &#224; la r&#233;duction des subventions, elle se transforme en hausse des prix (facteur d'inflation) et retombe toujours sur les m&#234;mes : les consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule mesure a &#233;t&#233; maintenue fermement : le blocage des salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des mois, sous Pleven aussi bien que maintenant, les dirigeants de la C.G.T. essaient de faire patienter les ouvriers en &#034;r&#233;clamant&#034; une politique de &#034;stabilisation des prix&#034;. Cependant, ni l'ancien, ni le nouveau gouvernement ne se sont av&#233;r&#233;s capables de l'imposer. Mais du moment que le gouvernement n'est pas capable d'imposer aux capitalistes le maintien des prix, pourquoi impose-t-il aux ouvriers des salaires de famine ? S'il veut r&#233;ellement mettre fin &#224; leurs man&#339;uvres de vie ch&#232;re, qu'il dise plut&#244;t aux capitalistes : vous ne voulez pas maintenir vos prix, nous d&#233;cr&#233;tons en cons&#233;quence l'&#233;chelle mobile des salaires pour les travailleurs et c'est VOUS qui en paierez les frais.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est de cette fa&#231;on, &#224; l'aide de cette mesure, que les chefs pr&#233;tendus ouvriers qui sont au gouvernement lutteraient contre les capitalistes, s'ils &#233;taient r&#233;ellement socialistes et communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que l'&#233;chelle mobile des salaires n'est pas la solution de la crise, mais seulement un premier et indispensable moyen de d&#233;fense des travailleurs en pr&#233;sence des man&#339;uvres patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ne sont pas contre le blocage des prix. Au contraire, c'est &#224; cela qu'ils veulent ABOUTIR. Mais cette solution s'av&#232;re impossible pour un gouvernement qui d&#233;pend de l'Etat et de l'administration des capitalistes. Le blocage des prix ne peut devenir une r&#233;alit&#233; que quand, &#224; l'int&#233;rieur des usines, les ouvriers pourront faire ouvrir aux capitalistes leurs livres de comptes pour constater comment ils calculent leurs prix, quelle est la part des salaires et celle des profits, pour r&#233;v&#233;ler leurs sp&#233;culations sur la mis&#232;re publique, pour quelles fabrications ils utilisent leurs stocks, quelle est la r&#233;partition des produits fabriqu&#233;s, etc... Le blocage des prix ne deviendrait donc une r&#233;alit&#233; qu'au moment o&#249; les ouvriers arriveront &#224; IMPOSER leur contr&#244;le sur la production et la r&#233;partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne perdant pas de vue que seule la lutte pour le contr&#244;le ouvrier peut amener le blocage des prix et un fonctionnement normal de l'&#233;conomie, face &#224; la vie ch&#232;re organis&#233;e par le patronat, les travailleurs revendiquent l'&#233;chelle mobile des salaires COMME LA MESURE LA PLUS URGENTE de d&#233;fense contre la mis&#232;re capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/vdt07_021846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/02/vdt07_021846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Citro&#235;n-Levallois LES OUVRIERS RECLAMENT UN SALAIRE MINIMUM VITAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;malgr&#233; la direction syndicale qui sabote tout mouvement revendicatif&lt;br class='autobr' /&gt;
Las des pourparlers qui n'en finissent jamais, les ouvriers de Citro&#235;n-Levallois, d&#233;cid&#233;s &#224; obtenir une augmentation g&#233;n&#233;rale des salaires, parlaient de faire gr&#232;ve. Pour leur faire prendre patience, la direction syndicale les a exhort&#233;s &#224; &#034;attendre au moins le retour de la d&#233;l&#233;gation&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu confiants, ils avaient d&#233;cid&#233;, si la d&#233;l&#233;gation ne les satisfaisait pas pleinement, de d&#233;brayer imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse devait parvenir le lundi 25 mars, mais ils durent attendre encore un jour. Apr&#232;s quoi la section syndicale r&#233;unit les ouvriers par coll&#232;ges &#233;chelonn&#233;s sur plusieurs jours pour leur communiquer les r&#233;sultats peu brillants de la d&#233;l&#233;gation : &#034;UN franc d'augmentation pour les r&#233;gleurs, rien pour les autres. Le patron estime que les ouvriers sont au tarif. Du reste, LES SALAIRES SONT BLOQUES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chacun de ces coll&#232;ges qui regroupent normalement 250 ouvriers, 15 &#224; 20 de ces derniers &#233;taient venus, en moyenne. Presque tous ont manifest&#233; leur m&#233;contentement de la politique capitularde du syndicat et menac&#233; &#224; nouveau de se mettre en gr&#232;ve. A cela le bonze, le citoyen Martineau, a r&#233;pondu : &#034;Vous voulez faire gr&#232;ve, on s'en fout, faites-l&#224;, mais nous, ON S'EN LAVE LES MAINS. Nous pensons que la discussion est encore possible. Vos affaires sont entre les mains de Croizat. Des gr&#232;ves, il y en a eu beaucoup ces derniers temps. Ca n'a rien donn&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, Beaumont disait : &#034;Tout le monde veut bien vous satisfaire, mais c'est le Ministre du Travail (&#224; ce moment-l&#224; Parodi) qui ne veut rien savoir&#034;. Nous savions &#224; quoi nous en tenir sur Parodi, ministre bourgeois. Depuis, le r&#233;gime n'a pas chang&#233;, mais Croizat a remplac&#233; Parodi. Ce qui n'emp&#234;che pas que , pour nous convaincre, Martineau dit : &#034;Vos affaires sont entre les mains de Croizat&#034;. En ce cas, elles sont en de bien mauvaises mains. Nous en avons eu la preuve avec la gr&#232;ve des imprimeurs. Et n'est-ce pas lui, Ministre du Travail d'un gouvernement bourgeois, qui maintient le blocage des salaires invoqu&#233; par la direction Citro&#235;n ? Croizat &#034;syndicaliste&#034;, m&#234;me s'il le voulait, pourrait-il agir contre Croizat, Ministre du Travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martineau pr&#233;tend que &#034;les gr&#232;ves n'ont rien donn&#233;&#034;. Les exp&#233;riences de Grenelle et de Clichy nous prouvent que, dans le pire des cas, elles donnent plus que les meilleures parlottes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les gr&#232;ves ne donnent pas plus, c'est qu'elles sont &#233;parpill&#233;es et anarchiques. La force des ouvriers est dans leur unit&#233; d'action. Et c'est la t&#226;che de la direction syndicale de r&#233;aliser cette unit&#233;. Mais au lieu de cela, Martineau vient nous dire : &#034;De vos gr&#232;ves, on s'en lave les mains&#034;. Bien plus, craignant l'esprit combatif des ouvriers, ils &#233;vitent de les r&#233;unir en Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale. En les convoquant par coll&#232;ges, ils les divisent et les emp&#234;chent ainsi d'organiser eux-m&#234;mes leur mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, nos bonzes rejetaient la gr&#232;ve sous le pr&#233;texte que les ouvriers ne les suivraient pas. Aujourd'hui, quand les ouvriers leur prouvent qu'ils sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; agir, &#034;eux s'en lavent les mains&#034;. Nous ne pouvons compter sur eux pour mener notre lutte. A eux, comme &#224; notre direction patronale, nous disons : PAS DE TRAVAIL SANS UN SALAIRE MINIMUM VITAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/vdt10_040246.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/vdt10_040246.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ils pratiquent la D&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union qui eut lieu mardi &#224; Grenelle fut plac&#233;e, tout au moins en paroles, sous le signe de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que les ouvriers se fussent install&#233;s dans la salle, Na&#235;l, un bonze syndical, ouvrit la s&#233;ance en donnant tout simplement la parole aux ouvriers. Vachet, secr&#233;taire de la Section syndicale de Grenelle, dit : &#034;Les ouvriers se plaignent de ce qu'on ne les laisse pas parler, mais maintenant, ils ne pourront pas dire qu'on les emp&#234;che&#034;. Les ouvriers qui viennent de sortir de l'usine encore sous l'influence du bruit infernal de centaines de machines, pleins de fatigue, pris ainsi de court, sont interloqu&#233;s par cette brusque entr&#233;e en mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Na&#235;l go&#251;ta ce silence : &#034;Eh bien quoi ! de quoi se plaignent-ils ?&#034; Ce salari&#233; parvenu regarde d&#233;daigneusement, avec un petit sourire, les ouvriers, comme un cur&#233; regarde ses ouailles du haut de sa chaire. Il parle doucement, en faisant de grands gestes d'orateur : &#034;Je vous expliquerai tout-&#224;-l'heure la justesse de la ligne politique de la C.G.T. Mais nous ne venons pas ici en accus&#233;s, et nous tenons &#224; ce que vous nous expliquiez les raisons de vos m&#233;contentements.&#034; Un ouvrier, dans la salle, murmure : &#034;Il cherche &#224; nous en imposer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ouvriers interviennent, les uns pour l'unification des salaires des ouvriers ou ouvri&#232;res faisant le m&#234;me travail. Mais tous ont parl&#233; d'augmentation de salaires, arguant de la chert&#233; de la vie qui monte sans cesse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Na&#235;l pr&#233;vint tout de suite les ouvriers qu'en ce qui concernait les affaires de d&#233;tail (!) ils n'auraient qu'&#224; s'adresser &#224; Vachet. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; lui, il traiterait les grosses questions. Au bout de quelques minutes de silence, Na&#235;l reprit : &#034;Alors personne n'a plus de r&#233;clamations &#224; faire&#034;. Plusieurs ouvriers se regardaient : c'est ainsi que l'on donnait la parole aux ouvriers, qui n'ont pas eu le temps de se concerter. Les demandes ont &#233;t&#233; relev&#233;es sur le papier, ils en ont pris acte, et maintenant que les ouvriers ont vu ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur, la parole revient &#224; Na&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#034;Oui, je sais qu'il y en a qui se plaignent de la C.G.T., mais ceux-ci se plaindront toujours. Ils ne voient pas les 100% d'augmentation et la r&#233;instauration de la loi sur les 40 heures, qui ont &#233;t&#233; arrach&#233;s au patronat.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salaires ont &#233;t&#233; augment&#233;s de 100%, mais en m&#234;me temps, le co&#251;t de la vie s'est &#233;lev&#233; de 4 et m&#234;me 5 fois, r&#233;duisant ainsi &#224; nouveau ces augmentations de 100% &#224; trois fois rien, de sorte que ces ouvriers qui avaient r&#233;clam&#233; des augmentations, ont eu raison. Quant aux 40 heures, qui en 1936 &#233;taient le salaire de 48 heures ramen&#233; sur la base de 40 heures, elles avaient pour but d'emp&#234;cher le patron de faire faire &#224; l'ouvrier des heures suppl&#233;mentaires, afin que celui-ci puisse mieux se reposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que maintenant, avec le salaire que touche un O.S., celui-ci pour vivre, ne peut faire autrement que faire des heures suppl&#233;mentaires. En ce que Na&#235;l appelle les &#034;40 heures&#034; les ouvriers conscients ne voient pas autre chose qu'un moyen de les exploiter davantage. Pour Na&#235;l, la hausse des prix est quelque chose de tout-&#224;-fait &#224; part ; il ne consid&#232;re que les chiffres et 100% cela fait beaucoup. Il a d'ailleurs laiss&#233; entendre ce qu'il pensait &#224; ce sujet, lorsqu'&#224; un ouvrier qui demandait une augmentation de salaire il a r&#233;pondu : &#034;Encore que les usines Citro&#235;n ne sont pas les plus &#224; plaindre de la R.P. tant du point de vue de la paie que du point de vue du travail (!!)&#034; et ceci prononc&#233; sur un ton qui semblait dire : &#034;De quoi vous plaignez-vous donc ?&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, dans la justification de la ligne politique de la C.G.T., Na&#235;l ne s'arr&#234;te pas l&#224;, n'h&#233;sitant pas pour ce faire &#224; m&#234;ler le pass&#233; au pr&#233;sent : &#034;Des ouvriers disent que la C.G.T. ne fait rien, mais qui a d&#233;clench&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1936, et celle de chez Citro&#235;n en 1933, si ce n'est elle ?&#034;. Na&#235;l oublie que les ouvriers m&#233;contents de la C.G.T. ne lui reprochent que sa politique d'aujourd'hui et non les gr&#232;ves pass&#233;es qui ont d'ailleurs &#233;t&#233; victorieuses. Dans les conditions pr&#233;sentes, ces allusions aux gr&#232;ves de 1933 et 1936 doivent servir &#224; renforcer l'influence d&#233;faillante de la C.G.T. sur ses adh&#233;rents ouvriers et &#224; masquer de ces images de lutte de classes, sa collaboration de classe. Continuant son discours, Na&#235;l en vint &#224; parler de la gr&#232;ve : &#034;Oui, je sais, dit-il, l'on nous reproche aussi de ne plus pousser &#224; la gr&#232;ve. Ceux qui disent cela ignorent sans doute qu'il existe d'autres formes de lutte. Mais les m&#234;mes qui sont pour la gr&#232;ve maintenant, l'ont-ils appliqu&#233;e en 1943 lorsque nous en avons donn&#233; l'ordre ?&#034; Comme un ouvrier l'a fait remarquer, Na&#235;l ne voit pas que le pays &#233;tait occup&#233; et que pour d&#233;brayer dans ces conditions, il fallait que les ouvriers se rendent clairement compte du but vers lequel ils allaient, des possibilit&#233;s de succ&#232;s et surtout qu'ils sentent pr&#234;te &#224; les soutenir et &#224; les guider une organisation ouvri&#232;re. Pour d&#233;clencher une gr&#232;ve, il ne suffit pas d'en donner l'ordre d'un bureau, encore faut-il que les ouvriers soient pr&#233;par&#233;s. Na&#235;l l'ignore compl&#232;tement. Mais la non-application d'une gr&#232;ve, est-ce une raison de supprimer cette arme ? Nullement. Quant aux autres formes de lutte dont parle Na&#235;l, sont-ce les d&#233;l&#233;gations ? Les r&#233;gleurs de Grenelle en savent quelques chose : ayant deux mois durant attendu les r&#233;sultats d'une d&#233;l&#233;gation qui &#233;tait all&#233;e demander une augmentation &#224; la direction, et ayant d&#251; en fin de compte d&#233;brayer 24 heures pour obtenir quelque chose. Ou fait-il allusion &#224; la &#034;bataille de la production&#034; dont P&#233;rot disait &#224; l'A.G. de janvier qu'elle est une forme de lutte, qui n'a pourtant amen&#233; aucune am&#233;lioration du niveau de vie des ouvriers. De l'exp&#233;rience des divers mouvements revendicatifs il ressort au contraire que les ouvriers n'ont pu obtenir satisfaction que dans la mesure o&#249; ils appliquaient la gr&#232;ve : la r&#233;cente gr&#232;ve de Clichy en est une preuve. Le fait que les r&#233;gleurs ont obtenu satisfaction en 24 heures de gr&#232;ve, alors qu'une d&#233;l&#233;gation de deux mois de temps n'a rien obtenu, en est une aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GREVES PARTIELLES CHEZ PEUGEOT A SOCHAUX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CALOMNIES ANTI-OUVRIERES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Peuple du 30 mars publie un article du secr&#233;taire de l'Union des Syndicats de la r&#233;gion de Montb&#233;liard, Bruder, affirmant que la gr&#232;ve partielle qui s'est produite chez Peugeot, &#224; Sochaux, fait partie d'un plan pr&#233;-&#233;tabli de sabotage et est l'&#339;uvre de provocateurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
A ce sujet, un ouvrier nous &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;...les ouvriers de fonderie acier &#233;tant tr&#232;s mal pay&#233;s, et faisant des quinzaines de 1 700 francs se sont adress&#233;s &#224; leur d&#233;l&#233;gu&#233;, afin d'obtenir une am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;l&#233;gu&#233; s'appelle Ehrhart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de Gauchet et G&#233;nin, responsables C.G.T. de la r&#233;gion, Ehrhart prit sur lui la responsabilit&#233; de la gr&#232;ve partielle qui a dur&#233; quelques heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont donc pas des cochons ou des &#034;vichyssois&#034;, ce sont de pauvres types qui triment et qui gagnent peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour des deux &#034;camarades&#034; responsables, une explication eut lieu entre responsables, les ouvriers furent trait&#233;s de &#034;saboteurs&#034; et le &#034;camarade&#034; Bruder &#233;crivit un article plein de fiel et d'injures... Le grand vainqueur est &#233;videmment le patron, qui n'a l&#226;ch&#233; qu'une prime de rendement...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le camarade Ehrhart publie le &#034;rectificatif&#034; suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;...La gr&#232;ve partielle n'est pas, comme vous le pr&#233;tendez, l'&#339;uvre de provocateurs. La protestation &#233;lev&#233;e par l'unanimit&#233; des ouvriers de la fonderie acier le prouve suffisamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ec&#339;ur&#233;s d'&#234;tre affam&#233;s et de voir tous les jours leur pouvoir d'achat diminuer, et d'autre part, d'entendre vers la fin de chaque mois leur &#233;pouse se lamenter de n'avoir plus l'argent n&#233;cessaire pour acheter m&#234;me l'indispensable, ils se sont unis dans l'action pour obtenir un salaire plus r&#233;mun&#233;rateur, car ils savent, eux aussi, par exp&#233;rience, que les j&#233;r&#233;miades et les discours ne changent rien mais que seuls les actes comptent&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois, c'&#233;tait le patron qui accusait les &#034;mauvaises t&#234;tes&#034; de d&#233;baucher les travailleurs en emp&#234;chant les &#034;bons ouvriers&#034; de travailler. Aujourd'hui, nos bureaucrates syndicaux reprennent les m&#234;mes calomnies dans le m&#234;me but : s'opposer &#224; l'action directe des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patron de Sochaux a &#034;c&#233;d&#233;&#034; une prime au rendement. Ce n'est qu'un sous-salaire, une fa&#231;on en travaillant beaucoup plus de gagner un peu plus. Ce n'est qu'une man&#339;uvre patronale pour diviser les ouvriers et accro&#238;tre leur exploitation. Cette man&#339;uvre a &#233;t&#233; facilit&#233;e par les calomnies anti-ouvri&#232;res et le sabotage du mouvement de la part des &#034;responsables&#034;. Ce que veulent les ouvriers, en province comme &#224; Paris, c'est un salaire minimum permettant de vivre sans avoir besoin de se crever, un salaire d&#233;cent pour un travail d&#233;cent. Et les calomniateurs n'y peuvent rien : l'action ouvri&#232;re leur fera justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/vdt11_041646.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/vdt11_041646.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier de chez Renault nous &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il y a environ trois mois que je travaille chez Renault ; il y a deux semaines, un tract de l'opposition syndicale Lutte de Classes, &#224; la diffusion duquel j'ai particip&#233;, a circul&#233;. Un ouvrier, qui a pr&#233;tendu m'avoir vu r&#233;pandre des tracts, est venu me trouver et m'a demand&#233; : &#034;Qui t'a donn&#233; ces tracts ? Tu sais que c'est trotskyste et que &#231;a pousse les ouvriers &#224; la gr&#232;ve ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce que disent ces tracts est juste et c'est la seule fa&#231;on d'obtenir satisfaction en faisant gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tu n'as rien &#224; faire ici, tu n'as pas le droit de circuler dans les ateliers et je te d&#233;fends de remettre les pieds ici. A ce moment, un ouvrier intervint et dit : &#034;Il a le droit de se balader dans l'usine, on est en R&#233;publique, et la d&#233;mocratie, alors ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s, le d&#233;l&#233;gu&#233; de mon atelier vint me chercher pour m'emmener &#224; la direction, au bureau de M. Duten. L&#224;, en pr&#233;sence du d&#233;l&#233;gu&#233;, du d&#233;l&#233;gu&#233; suppl&#233;ant et de l'ouvrier avec qui j'avais eu la discussion et qui m'avait mouchard&#233;, je fus soumis &#224; un v&#233;ritable interrogatoire &#224; l'issue duquel il me fut signifi&#233; par M. Duten que la diffusion de feuilles imprim&#233;es &#233;tant interdite dans l'usine, j'&#233;tais mis &#224; la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux ouvriers se sont indign&#233;s de ces scandaleuses m&#233;thodes de d&#233;lation au sein de la classe ouvri&#232;re. &#034;Ils peuvent te balancer, disait l'un d'eux, ils n'emp&#234;cheront pas les ouvriers d'&#234;tre en rogne et les tracts de circuler&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que ces &#034;responsables&#034; soient tomb&#233;s bien bas pour avoir recours &#224; de pareilles m&#233;thodes. Ces gens pr&#233;tendent qu'actuellement la gr&#232;ve ne peut pas &#234;tre employ&#233;e, parce qu'elle nuit &#224; la production, que l'augmentation de la production est le seul moyen d'am&#233;liorer notre standard de vie, et que chez Renault, nous sommes dans une usine nationalis&#233;e, c'est-&#224;-dire que notre travail ne sert pas &#224; enrichir des actionnaires, mais qu'il profite &#224; la collectivit&#233;. En fait, on constate que partout o&#249; les ouvriers se mettent en col&#232;re et agissent, ils obtiennent quelque chose, et que partout o&#249; ils se contentent de parlottes des &#034;chefs&#034; ouvriers, ils n'ont jamais rien. D'autre part, enrichir la R&#233;gie Renault, ne revient pas &#224; &#034;enrichir&#034; la collectivit&#233; ; car l'usine Renault, qui est en r&#233;gie d'Etat, a une partie de ses actions r&#233;parties &#224; des actionnaires priv&#233;s, qui par cons&#233;quent, touchent leurs dividendes, et une autre partie des actions appartient &#224; l'Etat qui, en fait, a la charge de combler le d&#233;ficit. Que nos &#034;responsables syndicaux ; ne soient pas d'accord avec nous sur l'efficacit&#233; de la gr&#232;ve, c'est leur droit. Et les &#233;v&#233;nements sauront beaucoup mieux les d&#233;mentir que n'importe quel argument. Mais que ces gens-l&#224; pr&#233;tendent IMPOSER leurs opinions aux ouvriers en d&#233;non&#231;ant &#224; la r&#233;pression patronale ceux qui ne veulent pas marcher dans leur combine, voil&#224; qui d&#233;passe toutes les limites de l'inconscience et de la servilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'inconscience, car pour me faire mettre &#224; la porte, ces individus s'appuient sur un point anti-ouvrier du r&#232;glement (la diffusion d'imprim&#233;s est interdite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la servilit&#233;, car la direction tol&#232;re leurs publications, parce que celles-ci invitent &#224; produire et &#224; faire des heures suppl&#233;mentaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvriers doivent rejeter de leur sein les individus qui, au moyen de la calomnie, du mouchardage, des menaces et de la violence, instaurent les m&#233;thodes fascistes au sein de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/ldc60_043046.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/04/ldc60_043046.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Extrait du Bulletin de l'Opposition syndicale Thomson &#8211; Favorites (2 juin) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Une certaine confusion semble se faire jour dans l'esprit des responsables de notre section syndicale... dans leurs rapports avec notre opposition syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous n'avons nullement l'intention de jeter le moindre discr&#233;dit sur le d&#233;vouement et la sinc&#233;rit&#233; de ces camarades. Notre unique but est de leur faire sentir la fausse situation o&#249; les place, vis-&#224;-vis de tous leurs camarades, l'application des mots-d'ordre venus des &#034;bonzes&#034; syndicaux qui n'agissent pas dans le sens voulu par la classe ouvri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Ils sont d'ailleurs parfois les premiers &#224; reconna&#238;tre qu'il y a beaucoup &#224; critiquer dans la politique actuelle de la C.G.T. : ils la d&#233;plorent mais ce n'est pas assez, il faut la combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La lutte int&#233;rieure qu'ils m&#232;nent entre leur discipline de responsables et leur conscience r&#233;volutionnaire, leur amertume devant les assembl&#233;es d&#233;sert&#233;es, de plus en plus squelettiques, leur d&#233;couragement devant l'inaction relative des travailleurs, de tout cela leur &#034;suivisme&#034; ... n'en est-il pas la cause ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/06/ldc63_061246.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/06/ldc63_061246.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CONQUETE DE LA DEMOCRATIE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours un peu plus, les travailleurs acqui&#232;rent, par une exp&#233;rience douloureuse, la certitude que le r&#233;gime actuel, dans tous les domaines, est incapable de r&#233;aliser leurs aspirations d&#233;mocratiques les PLUS ELEMENTAIRES, bien que celles-ci aient servi et servent encore de pr&#233;texte aux agissements de tous les groupes et associations, bien qu'il existe un Parlement cens&#233; garantir la d&#233;mocratie qui, soi-disant, r&#232;gne dans toutes les sph&#232;res de la vie &#034;nationale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour les travailleurs, la d&#233;mocratie r&#233;side dans la possibilit&#233; REELLE de jouir de leurs droits d&#233;mocratiques formellement reconnus : libert&#233; de presse, libre choix de leurs repr&#233;sentants, libre association, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, m&#234;me si ces droits sur le papier ne sont pas aussit&#244;t r&#233;duits &#224; n&#233;ant par une r&#233;glementation pratique POLICIERE (par exemple l'autorisation pr&#233;alable sur la presse, d&#233;claration pr&#233;alable de r&#233;union publique, etc...), ils sont tout de m&#234;me inexistants pour les ouvriers si leur degr&#233; d'exploitation (salaires, temps de travail, nourriture) d&#233;passe une certaine limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, comment le r&#233;gime actuel serait-il quelque peu d&#233;mocratique pour les travailleurs, puisque dans la principale sph&#232;re de LEUR vie, dans l'usine, ils laissent en suant TOUTE LEUR SUBSTANCE PHYSIQUE ET INTELLECTUELLE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, la condition essentielle pour que les travailleurs puissent exercer leurs droits d&#233;mocratiques, c'est qu'ils laissent moins de substance vitale pour le profit du patron, afin d'avoir plus de temps, plus d'&#233;nergie et d'intelligence &#224; consacrer &#224; leurs devoirs sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette t&#226;che &#233;l&#233;mentaire de d&#233;fendre les ouvriers contre la surexploitation patronale est celle du syndicat. Or, cette premi&#232;re forme d'organisation ouvri&#232;re qui devrait &#234;tre leur PREMIER instrument d&#233;mocratique, s'est transform&#233; d'instrument SOUS LEUR CONTROLE ET A LEUR SERVICE, en instrument de la BUREAUCRATIE OUVRIERE qui monnaie la confiance des ouvriers aux capitalistes et leur Etat, en &#233;change de postes et de privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retourn&#233;e contre les ouvriers, l'action bureaucratique est doublement pernicieuse. Non seulement elle emp&#234;che les ouvriers de lutter avec succ&#232;s contre l'exploitation patronale (condition premi&#232;re de la d&#233;mocratie, en g&#233;n&#233;ral), mais pour maintenir SON MONOPOLE DES POSTES responsables, elle introduit dans les organisations ouvri&#232;res m&#234;me un r&#233;gime anti-d&#233;mocratique dont nous avons montr&#233; l'aspect dans de nombreux &#233;chos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie est ainsi sap&#233;e &#224; la source, dans le sein m&#234;me des organisations ouvri&#232;res qui devraient &#234;tre LE PREMIER instrument d&#233;mocratique. C'est dans leurs propres organisations que les ouvriers voient la d&#233;mocratie leur &#233;chapper ; par cons&#233;quent, avant de parler de d&#233;mocratie EN GENERAL, la premi&#232;re t&#226;che des ouvriers, c'est de reconqu&#233;rir la d&#233;mocratie ouvri&#232;re, c'est-&#224;-dire reprendre LEUR contr&#244;le sur LEURS propres organisations.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Comment les chefs syndicaux s'assurent-ils le monopole des postes responsables, contre la volont&#233; des ouvriers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les travailleurs leur reprochent leur action, ils r&#233;pondent : &#034;Nous sommes seuls, il n'y a pas d'ouvriers conscients pour nous aider dans notre t&#226;che.&#034; Et cela est vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, comment de nouveaux cadres pourraient-ils se cr&#233;er, si les ouvriers n'ont pas la possibilit&#233; d'&#233;prouver de nouveaux &#233;l&#233;ments, si les jeunes ou les travailleurs conscients d&#233;sireux de servir leur classe n'ont pas la possibilit&#233; de pratiquer le m&#233;tier de militant, s'ils ne commencent pas par faire leur propre exp&#233;rience dans la lutte r&#233;elle, par apprendre leur travail dans les petites t&#226;ches, se tromper et corriger eux-m&#234;mes leurs erreurs, appuy&#233;s et &#233;clair&#233;s par la masse des ouvriers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, quand de tels &#233;l&#233;ments se manifestent, ils sont en butte, sous divers pr&#233;textes, &#224; la r&#233;pression des bureaucrates, soucieux avant tout de conserver leurs postes. Ceux-ci ont beau jeu de parler de manque de cadres, PUISQUE EN MEME TEMPS CE SONT EUX QUI ETOUFFENT ET EMPECHENT, par leur attitude anti-d&#233;mocratique, CES NOUVEAUX CADRES DE SE FORMER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, c'est leur int&#233;r&#234;t vital d'emp&#234;cher la formation de nouveaux cadres : ensuite, ils en prennent pr&#233;texte comme excuse de leur trahison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, ni &#224; l'int&#233;rieur de l'organisation ouvri&#232;re syndicale, ni &#224; l'ext&#233;rieur dans les usines, ils ne permettent aux masses travailleuses le libre choix de leurs repr&#233;sentants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que la classe ouvri&#232;re n'a pas la possibilit&#233; de former des cadres NOUVEAUX pour remplacer la direction syndicale ; et, assur&#233;e de son monopole, la direction syndicale emp&#234;che la d&#233;mocratie, qui seule pourrait faire na&#238;tre de nouveaux cadres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi se cr&#233;e une situation en apparence sans issue.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; dans de nombreuses usines les ouvriers ont montr&#233; comment on peut r&#233;agir. Puisque les dirigeants syndicaux n'entendent pas respecter la d&#233;mocratie et &#233;tendent leur monopole &#224; toute l'usine, m&#234;me aux ouvriers non organis&#233;s, en emp&#234;chant le libre choix des d&#233;l&#233;gu&#233;s, les travailleurs se sont mis &#224; boycotter les &#233;lections. Il y a quelque temps, ce sont les ouvriers de Gnome qui ont blackboul&#233; les candidats de la C.G.T. Tr&#232;s r&#233;cemment, chez Thomson, ceux-ci ont obtenu de justesse le nombre de voix n&#233;cessaires et certains n'ont pas pu passer : sur 1.150 inscrits pour le coll&#232;ge ouvriers et employ&#233;s et sur 862 votants, il y a eu 449 votes blancs et abstentions.&lt;br class='autobr' /&gt;
IL N'Y A QU'A ETENDRE ET GENERALISER CE PROCEDE. Contre le patron, nous utilisons la gr&#232;ve ; contre nos repr&#233;sentants bureaucrates, utilisons la GREVE DU VOTE, comme beaucoup d'ouvriers l'ont fait d&#233;j&#224; m&#234;me pour les &#233;lections g&#233;n&#233;rales au Parlement. Ne pas accorder notre voix &#224; des gens qui nous sont impos&#233;s et qui n'agissent pas conform&#233;ment &#224; notre volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont les ouvriers qui disent que s'il y avait un mouvement, ils seraient pr&#234;ts &#224; y adh&#233;rer pour se soustraire &#224; la trahison et &#224; la pourriture actuelle. MAIS AUCUN MOUVEMENT NE PEUT SURGIR EN DEHORS DE L'ACTIVITE DE CHAQUE TRAVAILLEUR. Il ne manque pas dans la classe ouvri&#232;re de milliers et de milliers de gens d&#233;vou&#233;s et conscients, capables de devenir de NOUVEAUX cadres. Mais ils ont besoin que tous les travailleurs cr&#233;ent autour d'eux une atmosph&#232;re de sympathie et de solidarit&#233; qui leur permette d'affronter avec succ&#232;s la bureaucratie ouvri&#232;re. Derni&#232;rement, chez Carnaud, une ouvri&#232;re qui avait d&#233;ploy&#233; une certaine activit&#233; dans une gr&#232;ve &#233;tait menac&#233;e de renvoi. Ses camarades se sont solidaris&#233;s avec elle. C'est cette solidarit&#233; pratique pour un &#233;l&#233;ment oppositionnel qui a &#233;t&#233; la meilleure action de la masse ouvri&#232;re contre la bureaucratie syndicale et le patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet effort des travailleurs de refuser d'accorder leur confiance plus longtemps &#224; leurs dirigeants (qui pr&#233;tendent que sans eux ce serait pire, tout en emp&#234;chant les ouvriers de former de meilleurs cadres), cet effort de se solidariser avec les &#233;l&#233;ments qui ont la conscience et l'&#233;nergie de lutter, c'est un effort minimum que la classe ouvri&#232;re DOIT FAIRE, sous peine de se condamner &#224; rester d&#233;finitivement sous la coupe d'une bureaucratie ouvri&#232;re, et PAR CELA MEME sous la dictature de la bourgeoisie et de son Etat policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le ouvrier est-il possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CLASSE OUVRIERE AU PIED DU MUR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que &#034;on ne peut pas dissocier le probl&#232;me des salaires du probl&#232;me des prix&#034;, depuis plus d'un mois se poursuit une &#034;conf&#233;rence &#233;conomique&#034; avec ce seul r&#233;sultat : le patronat refuse l'augmentation des salaires, &#224; moins d'augmenter les prix ou de voir augmenter les subventions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les 25% ont &#233;t&#233; engloutis et d&#233;pass&#233;s par la mont&#233;e des prix. Les choses restent ainsi sur place, ou plut&#244;t elles empirent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs avaient compris cette situation d&#232;s que la revendication des 25% avait &#233;t&#233; pos&#233;e. De m&#234;me que depuis des mois, malgr&#233; l'abondance des produits (il y autant de viande qu'avant la guerre) les ouvriers ne mangent pas, pendant que des discussions &#034;techniques&#034; se poursuivent sur le &#034;probl&#232;me du ravitaillement&#034;, de m&#234;me malgr&#233; l'augmentation de la production industrielle, pour augmenter les salaires, il a fallu de nombreuses &#034;discussions techniques&#034; pour aboutir... &#224; une nouvelle diminution du pouvoir d'achat des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs ont ainsi le sentiment de se heurter &#224; un mur. Il est impossible de ne pas revendiquer l'augmentation des salaires. Mais devant la mont&#233;e incessante des prix, dont aucun &#034;blocage&#034;, aucune augmentation de la production n'ont pu venir &#224; bout, &#034;l'augmentation des salaires ;, quand elle est acquise, ne fait que suivre, de plus en plus de loin, l'augmentation des prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'issue, disent certaines cat&#233;gories d'ouvriers. Mais ceux qui ne veulent pas se r&#233;signer, tirent de cet &#233;tat de choses une autre conclusion : il faut un changement radical. Ce changement, des faits r&#233;cents nous le font clairement comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pourquoi, malgr&#233; toutes les &#034;conf&#233;rences &#233;conomiques&#034; qui doivent soi-disant &#034;confronter les int&#233;r&#234;ts&#034;, &#034;partager les sacrifices&#034;, le patronat arrive-t-il &#224; rejeter sur les travailleurs de nouvelles augmentations de prix, sous pr&#233;texte d'augmentation des salaires ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est parce que, d&#233;clare l'Union des Syndicats, &#034;de l'aveu m&#234;me des services officiels, la direction des prix n'a d'autres bases d'appr&#233;ciation pour la fixation des prix, que celles qui lui sont fournies par les industriels ou n&#233;gociants, alors que chacun sait que ces renseignements sont faux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Pour contester la revendication de la C.G.T., dit Frachon, les repr&#233;sentants du patronat citent des chiffres, des bilans qu'eux seuls peuvent contr&#244;ler... On peut s'imaginer ce qu'il serait permis de d&#233;couvrir si les bilans des soci&#233;t&#233;s pouvaient s'&#233;taler aussi clairement que les budgets ouvriers.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans certains cas, o&#249; la C.G.T. a pu proc&#233;der &#224; des r&#233;v&#233;lations concernant les prix de revient et les b&#233;n&#233;fices, elle a pu faire la preuve, en publiant les bilans de diverses soci&#233;t&#233;s, de la possibilit&#233;, en r&#233;duisant les marges b&#233;n&#233;ficiaires, d'augmenter les salaires et de r&#233;duire les prix. Dans ces cas, le patron a &#233;t&#233;, en cons&#233;quence, oblig&#233; d'accorder l'augmentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, si ce proc&#233;d&#233; est possible occasionnellement, s'il a &#233;t&#233; indispensable pour obtenir une simple augmentation de salaire, quel serait son effet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;s'il &#233;tait g&#233;n&#233;ralis&#233; et appliqu&#233; aux industries-cl&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
s'il &#233;tait PERMANENT et exerc&#233; par des comit&#233;s ouvriers locaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut imaginer l'effet, sur les autres cat&#233;gories pauvres et moyennes de la population, qu'on dresse contre les ouvriers sous pr&#233;texte de leurs revendications, si au lieu de discuter &#034;technique&#034; avec les repr&#233;sentants des 200 familles et de se laisser enfermer dans un cercle vicieux, les travailleurs pouvaient r&#233;v&#233;ler les manigances des capitalistes, leurs profits exorbitants, leurs plans de production dirig&#233;s uniquement dans le but de satisfaire leur souci de gain, leurs responsabilit&#233;s dans l'appauvrissement et la mis&#232;re du peuple. Ce qui a &#233;t&#233; possible dans telle ou telle entreprise petite et moyenne peut l'&#234;tre PARTOUT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous lisons dans L'Humanit&#233; un exemple entre autres : &#034;le personnel de l'entreprise a fait la d&#233;monstration &#224; M. Prin, fabricant de chaudrons... qu'il lui &#233;tait possible de diminuer ses prix de vente et d'augmenter les salaires de 25%. En effet, un chaudron revient, main-d'&#339;uvre et mati&#232;re premi&#232;re comprises &#224; 60 frs., et M. Prin le vend 132...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, peut-on imaginer l'effet de pareilles d&#233;nonciations sur une large &#233;chelle, et avant tout en ce qui concerne non pas les petits fabricants de chaudrons, mais les gros requins de l'industrie et de la finance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agirait plus alors d'une simple augmentation des salaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
La C.G.T. d&#233;clare que &#034;l'on peut par des programmes rationnels donnant une large priorit&#233; &#224; la fabrication de produits utilitaires, diminuer les prix actuels de la plupart des articles de large consommation populaire&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment faire pour qu'on produise dans les usines des articles utilitaires ? Comment faire pour emp&#234;cher que la production ne soit destin&#233;e &#224; l'exportation pour la sauvegarde des march&#233;s ext&#233;rieurs, au b&#233;n&#233;fice des grands trusts et au d&#233;triment de la consommation int&#233;rieure, et dont la cons&#233;quence est l'augmentation des prix int&#233;rieurs ? Comment faire pour r&#233;duire les fabrications d'armements, source majeure d'inflation et de profits pour les capitalistes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe ouvri&#232;re doit revendiquer le contr&#244;le ouvrier sur la production et l'application sous ce contr&#244;le d'un plan de production &#233;tabli par les Syndicats ouvriers ; car seules les classes productrices peuvent mettre de l'ordre dans la production et l'orienter suivant les besoins du pays (reconstruction, machines agricoles, outillage, etc...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le est une chose parfaitement possible aux ouvriers group&#233;s dans leurs puissantes organisations de masse. Si les postiers ont jet&#233; la panique parmi les sp&#233;culateurs, rien qu'en ouvrant une fois leurs t&#233;l&#233;grammes (qui poussaient &#224; la hausse), qu'arriverait-il si de partout, de tous les c&#244;t&#233;s, les capitalistes &#233;taient pris dans le filet du contr&#244;le de la part des producteurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays, les ouvriers sont aujourd'hui oblig&#233;s de poser devant les autres cat&#233;gories de la population la question du contr&#244;le sur les capitalistes. En Belgique, le gouvernement ayant voulu berner les travailleurs avec une baisse de prix de 10%, alors que chacun sait l'&#233;cart qui existe entre prix et salaires, les ouvriers ont pos&#233; dans la gr&#232;ve non seulement la question de l'augmentation des salaires, mais aussi celle du contr&#244;le sur les comptes capitalistes, par des Comit&#233;s ouvriers d'entreprise sans collaboration patronale. En Am&#233;rique aussi, une des premi&#232;res revendications des travailleurs pour appuyer la d&#233;fense de leur salaire, a &#233;t&#233; : ouvrez les livres de compte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;fendre leur niveau de vie de plus en plus bas, les ouvriers sont oblig&#233;s de lutter. Pour obtenir une simple augmentation de salaire, aussit&#244;t engloutie par la vie ch&#232;re, les ouvriers sont oblig&#233;s de se d&#233;penser en efforts, manifester, opposer leur force &#224; l'obstination des capitalistes. Mais les ouvriers ne peuvent pas ind&#233;finiment revendiquer pour courir apr&#232;s les prix. C'est pour cela que des cat&#233;gories de plus en plus nombreuses d'ouvriers, qui se rendent compte que d'une fa&#231;on ou d'une autre les travailleurs font les frais du r&#233;gime, sont pr&#234;ts &#224; lutter pour l'&#233;chelle mobile sur la base d'un salaire d&#233;cent, afin de briser l'arbitrage du gouvernement en faveur des capitalistes. Car enfin, m&#234;me dans les pays o&#249; les ouvriers paient le pain un million, ce n'est pas parce qu'ils avaient impos&#233; l'&#233;chelle mobile ; c'est la faillite de l'Etat qui a oblig&#233; la bourgeoisie &#224; l'instituer, mais &#224; son profit, avec un &#233;cart &#233;norme, pour permettre aux ouvriers de suivre le rythme de l'inflation sur la base d'un salaire de famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas vrai que l'&#233;conomie ne puisse pas supporter une augmentation de salaires. Ce qu'elle ne peut plus supporter c'est les profits exorbitants, &#233;normes, scandaleux, d'une poign&#233;e de capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foss&#233; entre riches et pauvres est aujourd'hui plus grand que jamais. C'est pour cela que les questions se posent sur le tranchant du couteau. Les capitalistes le savent, et de l&#224; vient leur peur des mouvements ouvriers. &#034;Comment n&#233;gliger, &#233;crit Le Monde, ...ces &#034;mouvements dont la gr&#232;ve &amp;8211; r&#233;ussie &amp;8211; des usines de Sochaux vient d'offrir le prodrome&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce pour cela que les Syndicats organisent des manifestations &#224; la sortie du travail, est-ce pour cela qu'ils ont peur de poser devant les travailleurs la question du contr&#244;le ouvrier, qui peut aboutir, comme dans la gr&#232;ve des brasseries de Lille, &#224; la gestion des usines par les producteurs eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de travailleurs comprennent aujourd'hui la situation mieux que les dirigeants officiels ne le font, ou ne veulent le faire. Mais il leur faut aussi parler, convaincre, se grouper avec leurs camarades d'usine, pour faire conna&#238;tre et entendre hautement la vraie volont&#233; de la masse des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la bourgeoisie ne s'arr&#234;te pas &#224; mi-chemin. Elle veut revenir ouvertement au r&#233;gime de P&#233;tain. Si par le contr&#244;le ouvrier, nous ne d&#233;voilons pas &#224; la petite bourgeoisie ruin&#233;e par l'inflation quels sont ses v&#233;ritables ennemis, c'est la bourgeoisie qui la persuadera que l'inflation est due aux &#034;exigences d&#233;mesur&#233;es&#034; des ouvriers, et le fascisme et &#034;l'Etat fort&#034; submergeront le pays, comme cela s'est pass&#233; en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ceux qui veulent nous effrayer par des &#034;nous ne tiendrons pas, c'est trop difficile&#034;, il faut r&#233;pondre que la lutte est aujourd'hui impos&#233;e aux ouvriers, et qu'il faut &#234;tre aveugle ou tra&#238;tre pour nier ce fait. Sans cela, quelle est la raison des multiples gr&#232;ves dispers&#233;es &#224; travers le pays, des manifestations, etc. ? Si cette lutte peut se retourner contre la classe ouvri&#232;re, c'est seulement si elle reste non coordonn&#233;e, non unifi&#233;e pour des objectifs pr&#233;cis et s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce fait que les ouvriers puiseront la volont&#233; de se grouper et d'agir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un salaire minimum vital garanti par l'&#233;chelle mobile ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'abolition du secret commercial et l'ouverture des livres de compte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le contr&#244;le ouvrier exerc&#233; par les ouvriers eux-m&#234;mes dans des comit&#233;s d'usine locaux, et coordonn&#233;s sur le plan local, r&#233;gional et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc65_071946.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/07/ldc65_071946.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ORGANISATION NECESSAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Frachon essaie de justifier la position du P.C.F. vis-&#224;-vis du mouvement gr&#233;viste, dans L'Humanit&#233; du 28 ao&#251;t. En relatant, &#224; sa fa&#231;on, les manifestations et gr&#232;ves de Nantes, Dijon, Bordeaux, etc..., il tire les conclusions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La gr&#232;ve n'est pas une arme dont on use &#224; tort et &#224; travers... Il est des gens qui sont pris d'une subite et violente passion de retour d'&#226;ge pour la gr&#232;ve... Tout cela avec l'objectif bien arr&#234;t&#233; de cr&#233;er un climat favorable &#224; l'&#233;closion de gr&#232;ves d&#233;sordonn&#233;es... Nous demandons &#224; tous les militants d'&#234;tre vigilants, de faire &#233;chec &#224; toutes les tentatives des excitateurs pour qui les revendications ne sont qu'un pr&#233;texte.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le m&#234;me ton, Le Populaire vient &#224; sa rescousse, le 30-8 : &#034;La gr&#232;ve est une arme pr&#233;cieuse pour la classe ouvri&#232;re. Mais il ne faut l'employer qu'&#224; bon escient et ne pas la placer, surtout, entre toutes les mains. Il en est de plus ou moins honn&#234;tes ou bien intentionn&#233;es.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont l&#224; des v&#233;rit&#233;s g&#233;n&#233;rales. Mais dans le cas pr&#233;sent, elles n'ont d'autre but que de cr&#233;er la confusion parmi les ouvriers et de d&#233;placer les propres responsabilit&#233;s de ces &#034;dirigeants syndicaux ; et politiques sur... la r&#233;action et le Malin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons de plus pr&#232;s leurs affirmations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans la totalit&#233; des cas, le m&#233;contentement ouvrier est l&#233;gitime&#034;, les ouvriers ont raison, le motif de leurs gr&#232;ves est juste, reconna&#238;t L'Humanit&#233;. Mais... on peut obtenir satisfaction sans gr&#232;ve ! &#034;Le r&#233;sultat que les postiers ont obtenu, ils pouvaient l'avoir sans gr&#232;ve&#034;, dit Frachon. &#034;Le m&#233;contentement est provoqu&#233; par la r&#233;action et la gr&#232;ve exploit&#233;e par elle.&#034; Or, &#034;la C.G.T. a montr&#233; qu'elle est une organisation s&#233;rieuse, puissante, qui sait obtenir, sans vaine gesticulation, ce dont la classe ouvri&#232;re a besoin.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, les ouvriers pourraient voir leurs revendications satisfaites sans gr&#232;ve, d'une mani&#232;re pacifique ; et bien que la &#034;puissante&#034; C.G.T. soit partisan de cette tactique rationnelle, une minorit&#233; de r&#233;actionnaires prend le dessus dans de nombreux conflits !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc, au lieu de suivre la tactique g&#233;niale et facile du P.C.F., qui peut obtenir des concessions sans l'action des ouvriers, de fa&#231;on &#034;&#233;conomique&#034;, les ouvriers tendent leurs nerfs et leurs muscles dans des conflits gr&#233;vistes r&#233;p&#233;t&#233;s, sont en butte aux attaques de la bourgeoisie et des organisations pr&#233;tendument ouvri&#232;res, m&#232;nent des combats inutiles &#224; seule fin de satisfaire des r&#233;actionnaires !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce ne sont l&#224; que calomnies et mensonges d'autant plus flagrants que, dans tous les mouvements jusqu'&#224; pr&#233;sent, les ouvriers ont repris les revendications m&#234;me de la C.G.T., non satisfaites malgr&#233; toutes les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les revendications ouvri&#232;res pouvaient &#234;tre satisfaites sans gr&#232;ve, verrait-on les ouvriers faire gr&#232;ve ? C'est parce que depuis deux ans les ouvriers ont eu le temps de mettre &#224; l'&#233;preuve la tactique g&#233;niale des Frachon, qui encha&#238;ne tous les jours un peu plus les ouvriers &#224; l'exploitation patronale, qu'ils prennent sur eux, de plus en plus, d'entrer en mouvement &#224; l'encontre de ces &#034;dirigeants&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements ouvriers actuels, c'est la situation g&#233;n&#233;rale des classes travailleuses qui les commande, et rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils surgissent de l'opposition d'int&#233;r&#234;ts irr&#233;ductible entre bourgeoisie et prol&#233;tariat, ils repr&#233;sentent la lutte de la classe ouvri&#232;re contre sa paup&#233;risation, au sortir d'une guerre qui a &#233;t&#233; pour la bourgeoisie un moyen de r&#233;duire les classes laborieuses &#224; une situation de mis&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a dix mois, nous &#233;crivions dans La Lutte de Classes (n&#176;53) : &#034;...Par suite de la politique men&#233;e par la bourgeoisie, les gr&#232;ves, les protestations, etc..., sont tout &#224; fait in&#233;vitables dans la situation actuelle et leur importance ne fera que cro&#238;tre.&#034; Car... &#034;tout le labeur &#224; bas prix des ouvriers n'est pas destin&#233; &#224; la reconstruction, mais &#224; soutenir la concurrence capitaliste. Il n'y a pas, dans ces conditions, d'am&#233;lioration possible &#224; la situation des masses ouvri&#232;res en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la concurrence capitaliste acharn&#233;e qui se livre en m&#234;me temps que se pr&#233;pare la nouvelle guerre, les ouvriers seront sacrifi&#233;s &#233;conomiquement, comme ils le furent physiquement pendant la guerre&#034;. (Lutte de Classes. 56, 24-12-1945.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'aujourd'hui les ouvriers entrent en lutte &#224; l'encontre des dirigeants officiels n'est que le r&#233;sultat du fait que ces dirigeants ne veulent pas aider les ouvriers &#224; lutter contre la bourgeoisie, mais aident la bourgeoisie contre les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;tendant que les ouvriers font des gr&#232;ves inutiles suscit&#233;es par la r&#233;action, les chefs staliniens reprennent les calomnies bourgeoises, selon lesquelles le mouvement ouvrier est provoqu&#233; non par les besoins profonds de la classe ouvri&#232;re, mais par des &#034;meneurs&#034; et des &#034;excitateurs&#034;, que la classe ouvri&#232;re par son &#034;ignorance&#034; met en danger &#034;l'ordre&#034;, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme le mouvement ouvrier r&#233;pond, en r&#233;alit&#233;, au besoin profond de la classe ouvri&#232;re de s'opposer &#224; la politique de spoliation de la bourgeoisie, comme ce mouvement t&#233;moigne d'une forme de conscience sup&#233;rieure prise par les ouvriers, dans le fond les arguments de Frachon ne sont qu'un aveu que les chefs staliniens sont en dehors de ce mouvement, qu'ils ne sont pas &#224; la t&#234;te des ouvriers dans leur lutte contre la bourgeoisie, qu'ils s'opposent &#224; cette lutte ; c'est pour cela qu'ils recourent aux plus basses calomnies.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;sence d'une C.G.T. oppos&#233;e &#224; leurs luttes, les travailleurs ont r&#233;agi en ne tenant pas compte de son opposition, et en poursuivant la lutte contre la volont&#233; de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Cherbourg, Nantes, le mouvement des postiers, il n'est pas rare de trouver maintenant dans L'Humanit&#233; des mises en garde et des protestations de la C.G.T. contre les travailleurs de diff&#233;rentes usines qui font gr&#232;ve sans tenir compte de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l&#224; o&#249; le mouvement d&#233;passe en importance des entreprises isol&#233;es ou m&#234;me des localit&#233;s, plus exactement dans la gr&#232;ve des postiers o&#249; il s'agissait de coordonner en un seul mouvement la lutte de travailleurs dispers&#233;s &#224; l'&#233;chelle nationale, il a fallu remplacer l'organisation syndicale d&#233;faillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle organisation, c'&#233;tait les Comit&#233;s de gr&#232;ve, reli&#233;s entre eux par un Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition de la direction c&#233;g&#233;tiste aux gr&#232;ves n'a donc nullement paralys&#233; le mouvement gr&#233;viste, n'a pas pu le priver d'organisation. Au contraire, dans les Comit&#233;s de gr&#232;ve couronn&#233;s par un Comit&#233; de gr&#232;ve national, les travailleurs ont trouv&#233; une organisation de lutte bien plus d&#233;mocratique et plus efficace. A la t&#234;te du mouvement se trouvaient des gens non pas en vertu de postes de permanents syndicaux, mais &#233;lus par tous les travailleurs. Le Comit&#233; de gr&#232;ve r&#233;alisait ainsi l'unit&#233; de tous les ouvriers engag&#233;s dans la lutte, ind&#233;pendamment de leur appartenance politique ; c'est ainsi que malgr&#233; l'opposition de la F&#233;d&#233;ration stalinienne au mouvement, des membres du P.C.F. ont &#233;t&#233; &#233;lus dans des Comit&#233;s de gr&#232;ve locaux. Mandat&#233;s pour une action d&#233;termin&#233;e, ils donnent la possibilit&#233; &#224; la masse ouvri&#232;re de contr&#244;ler et de renouveler ses dirigeants, sur la base de leurs actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il manque de cadres v&#233;ritablement prol&#233;tariens, par des r&#233;unions fr&#233;quentes, en donnant aux Comit&#233;s un caract&#232;re permanent, en proc&#233;dant &#224; des &#233;lections de bas en haut, en changeant ceux qui ne donnent pas satisfaction, les Comit&#233;s fournissent &#224; la classe ouvri&#232;re un moyen de former une nouvelle direction, par la s&#233;lection de nouveaux cadres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement des postiers, des &#034;dirigeants&#034; profitant de leur situation centrale se sont proclam&#233;s Comit&#233; national, sans &#233;lection pr&#233;alable par les d&#233;l&#233;gu&#233;s de tous les Comit&#233;s de base, sans &#234;tre donc l'expression fid&#232;le de ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me si pour un moment des Jouhaux ou des Staliniens se glissent &#224; la t&#234;te des Comit&#233;s, la forme elle-m&#234;me de l'organisation, bas&#233;e sur les &#233;l&#233;ments engag&#233;s dans la lutte, ne leur permet pas de rester &#224; la t&#234;te, pour peu que la lutte se prolonge, mettant &#224; nu leur v&#233;ritable position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Comit&#233;s de gr&#232;ve, aussi bien sur le plan local qu'en les coordonnant sur le plan national par un Comit&#233; Central, la classe ouvri&#232;re poss&#232;de la meilleure arme pour s'opposer aux men&#233;es bureaucratiques et pour se donner, dans le cadre des luttes &#224; venir, de nouveaux dirigeants d&#233;vou&#233;s &#224; ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ASSEMBLEE DES CADRES SYNDICAUX DE LA REGION PARISIENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la vague de gr&#232;ves revendicatives qui &#233;chappe &#224; leur contr&#244;le et sentant, l'exemple et les r&#233;sultats qui ont &#233;t&#233; obtenus par ces gr&#232;ves aidant, la combativit&#233; de la classe ouvri&#232;re grandir et qu'un mouvement plus large pourrait se d&#233;clencher, l'Union des Syndicats de la R.P. a voulu s'assurer des d&#233;l&#233;gu&#233;s en organisant une assembl&#233;e des cadres syndicaux de la R&#233;gion Parisienne le vendredi 23 ao&#251;t, &#224; la Maison des M&#233;taux, rue Pierre-Timbaud, pour y entendre un expos&#233; de Lunet sur la &#034;grande victoire&#034; des 25%. Pr&#233;vue &#224; 18 h.15, ce n'est que vers les 19 heures qu'il prit la parole et pour plus d'une heure pendant laquelle, apr&#232;s avoir fait le bilan des r&#233;sultats &#034;positifs&#034; obtenus, il fit un appel &#224; l'unit&#233; et mit en garde contre les &#034;diviseurs&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Lunet, l'am&#233;lioration du sort des travailleurs vient de l'effort, &#034;effort qui va en partie aux ouvriers&#034;. Il &#233;tablit avec quelques chiffres les possibilit&#233;s nouvelles du pouvoir d'achat de familles ouvri&#232;res avec quatre enfants ou avec deux. Le rel&#232;vement du niveau de vie devant porter sur le salaire brut, les ouvriers ne veulent conna&#238;tre que celui-ci et non les chiffres fantaisistes obtenus avec les allocations. De plus, le budget ouvrier, nous le connaissons, nous n'avons pas besoin d'un Lunet pour nous l'apprendre, mais qu'il nous parle plut&#244;t du budget de ceux qui ont en mains les moyens de production, et de leur niveau de vie. Pour lutter contre la hausse des prix, il propose les Commissions locales d'assainissement, mais la hausse des mati&#232;res premi&#232;res et articles de consommation &#233;tant autoris&#233;e par arr&#234;t&#233; minist&#233;riel, il faudrait donc que ces Commissions entrent en lutte contre l'Etat et non utopiquement contre les satellites (classes moyennes) d&#233;pendant des gros industriels ou producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis il passe aux calomnies contre les derni&#232;res gr&#232;ves et parle de l'unit&#233; menac&#233;e par les &#034;meneurs de la r&#233;action&#034;, du danger de mouvements isol&#233;s. Ce bureaucrate oublie que le meilleur moyen d'&#233;liminer les mouvements isol&#233;s serait qu'une vaste offensive de la C.G.T. appelle tous les travailleurs &#224; l'action, ce qui, mieux que tous les discours, r&#233;aliserait l'unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il termine en rappelant que les d&#233;l&#233;gu&#233;s doivent apporter beaucoup d'attention &#224; la pr&#233;sentation des journaux locaux, les rendre agr&#233;ables, car beaucoup d'ouvriers ne les lisent pas. Si &#224; chaque fois qu'un d&#233;l&#233;gu&#233; fait un article qui n'est pas dans &#034;la ligne&#034;, il n'&#233;tait pas censur&#233; par les Commissions, et qu'ainsi les ouvriers trouveraient un journal de classe, ils n'auraient pas besoin d'&#234;tre &#034;agr&#233;ables&#034; pour &#234;tre lus. Egalement, le citoyen Lunet trouve que les travailleurs se d&#233;sint&#233;ressent des provocations r&#233;actionnaires, de la politique &#233;trang&#232;re. La classe ouvri&#232;re en a assez des exhortations &#224; la d&#233;fense d'une &#034;d&#233;mocratie&#034; en qui, de plus en plus elle d&#233;couvre le visage m&#234;me de la r&#233;action, et si elle se d&#233;sint&#233;resse de la politique &#233;trang&#232;re, nous pouvons penser que les Lunet et consorts y sont pour quelque chose, &#224; avoir pendant des mois et maintenant encore, men&#233; une politique chauvine. Comme il terminait et que beaucoup de d&#233;l&#233;gu&#233;s pensaient pouvoir prendre la parole, le poisson fut noy&#233; par un bonze du bureau qui, annon&#231;ant que Mme Viollis, l'auteur d'Indochine S.O.S., &#233;tait dans la salle, proposa qu'elle pr&#233;sid&#226;t le bureau pendant que Tollet ferait un expos&#233; sur l'Indochine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il &#233;tait pr&#232;s de 20 heures, beaucoup de d&#233;l&#233;gu&#233;s commen&#231;aient &#224; partir et ceux qui restaient furent faits &#224; l'usure, car l'expos&#233; de Tollet devait se terminer vers 20 h.45 devant une salle tr&#232;s clairsem&#233;e. Dans un discours tr&#232;s &#034;gauchiste&#034;, il d&#233;montra l'exploitation organis&#233;e par les colons en Indochine, le sort mis&#233;rable des travailleurs recrut&#233;s de force par la police et le r&#244;le r&#233;actionnaire des troupes de Leclerc. Brusquement, Tollet d&#233;couvre dans Leclerc, pr&#233;sent&#233; pendant des mois, dans la presse ouvri&#232;re, avec De Gaulle, comme de grands d&#233;mocrates, un g&#233;n&#233;ral capable de faire &#233;diter des tracts de style fasciste o&#249; sont insult&#233;s les patriotes indochinois. Que Tollet nous dise franchement qu'il fallait fatiguer l'auditoire pour le moment du vote de la motion sur les augmentations de salaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, malgr&#233; tous les moyens dont usent les ren&#233;gats pour faire passer leur marchandise de trahison, aucune motion vot&#233;e sous un masque de d&#233;mocratie, qui cache l'atroce dictature d'une poign&#233;e de politiciens d&#233;cadents, n'emp&#234;chera la classe ouvri&#232;re de faire son exp&#233;rience dans la lutte et de reconqu&#233;rir, malgr&#233; eux, au travers de celle-ci, son contr&#244;le sur ses propres organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc66_090646.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc66_090646.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LE MOINDRE MAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine les travailleurs ont-ils obtenu l'augmentation des 25% que d&#233;j&#224; la valeur de cette augmentation a &#233;t&#233; engloutie par la hausse des prix. Le patronat qui, en l&#226;chant cette augmentation a &#233;vit&#233; ainsi de se heurter au mouvement ouvrier mena&#231;ant, a aussit&#244;t entrepris de reprendre d'une main ce qu'il avait l&#226;ch&#233; de l'autre : retards et chicanes dans le calcul de l'augmentation (22% au lieu de 25), incorporation de cette augmentation dans le boni au lieu du salaire de base, proposition de porter la semaine l&#233;gale &#224; 48 heures, et surtout majoration g&#233;n&#233;rale des prix, pour laquelle l'accord du gouvernement ne lui a pas manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exhortations de la C.G.T. pour la &#034;stabilisation des prix&#034; ont piteusement fait faillite ; car ce qui sape cette stabilisation, c'est l'inflation et sur cette base la sp&#233;culation capitaliste, qui, de l'aveu m&#234;me des journaux bourgeois, dominent toute la situation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral r&#232;gne parmi les masses travailleuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des postiers, et d'autres mouvements de gr&#232;ve et protestation isol&#233;s, nous avons maintenant le mouvement de gr&#232;ve des fonctionnaires. Ces mouvements partiels ont &#224; faire face &#224; l'hostilit&#233; de tout le monde officiel. A droite, les r&#233;actionnaires P.R.L., M.R.P. et autres, accusent les travailleurs de faire des gr&#232;ves sous l'instigation d'&#034;agitateurs communistes&#034;, et non pas pour d&#233;fendre leurs salaires. A gauche, les Duclos, Frachon et leurs pareils affirment que les gr&#232;ves sont &#034;foment&#233;es&#034; par des r&#233;actionnaires, dans des buts myst&#233;rieux, inavou&#233;s. Ensuite, d&#233;put&#233;s de droite et d&#233;put&#233;s de gauche se retrouvent &#224; la Chambre pour voter contre les fonctionnaires ; Duclos serre chaleureusement la main &#224; Bidault, sous les applaudissements du P.R.L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison des &#034;dirigeants&#034; officiels qui parlent au nom de la classe ouvri&#232;re, d&#233;courage les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engager la lutte dans ces conditions est difficile ; mais se r&#233;signer est encore plus difficile, puisque tous les jours l'inflation sape les salaires, prive les travailleurs du minimum vital pour vivre, risque de les condamner &#224; la famine et &#224; la d&#233;ch&#233;ance, eux et leurs familles. C'est pourquoi, quelles que soient les difficult&#233;s, c'est la r&#233;sistance contre les plans anti-ouvriers de la bourgeoisie qui est LE MOINDRE MAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maint ouvrier fatigu&#233; ou d&#233;courag&#233; est amen&#233; &#224; dire, devant cette situation : j'aime mieux me laisser crever que lutter. Mais c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment o&#249; la bourgeoisie voudrait en venir. Elle veut, en les appauvrissant, r&#233;duire la force morale des masses travailleuses au point o&#249; elles seraient livr&#233;es sans d&#233;fense &#224; toutes ses entreprises. Mais aujourd'hui l'ensemble de la classe ouvri&#232;re est loin d'en &#234;tre l&#224;. Elle peut mesurer encore la profondeur de l'ab&#238;me o&#249; veut la pousser la bourgeoisie et elle utilisera toutes ses forces pour faire &#233;chouer les plans des affameurs capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patronat a r&#233;ussi jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; reprendre les r&#233;sultats partiels que les travailleurs avaient arrach&#233;s &#224; la suite des gr&#232;ves ouvri&#232;res. Maintenant on voit se dessiner une r&#233;sistance ouverte du gouvernement aux augmentations de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face d'un tel bilan, il s'impose &#224; tous les travailleurs que le seul moyen de prendre le dessus, c'est de d&#233;clencher un seul mouvement d'ensemble, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dont l'objectif doit &#234;tre : UN SALAIRE MINIMUM VITAL GARANTI PAR L'ECHELLE MOBILE, ET LE CONTROLE OUVRIER SUR LES LIVRES DE COMPTE DES CAPITALISTES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation cr&#233;&#233;e actuellement aux masses travailleuses fait que les diff&#233;rences de cat&#233;gories, ou d'une corporation &#224; l'autre, ne peuvent plus compenser la baisse g&#233;n&#233;rale du niveau de vie. Avant d'&#234;tre jeune ou vieux, travailleur sp&#233;cialis&#233; ou employ&#233;, technicien ou manoeuvre, nous sommes tous les victimes de l'offensive des privil&#233;gi&#233;s capitalistes contre les masses travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la n&#233;cessit&#233; de se d&#233;fendre, la classe ouvri&#232;re transformera celle-ci en puissance, en faisant plier la bourgeoisie par un nouveau JUIN 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc68_092546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/09/ldc68_092546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur 9, s'est tenue l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du Syndicat. Sur 1.000 &#224; 1.200 ouvriers que comprend le secteur, il n'y avait qu'une quarantaine de pr&#233;sents. C'est dire que la plupart des ouvriers, dont une grande partie a refus&#233; de prendre son timbre, ne font plus confiance &#224; la C.G.T. et ceux qui continuent &#224; payer, le font beaucoup plus par tradition et par crainte de rester compl&#232;tement d&#233;sorganis&#233;s que parce qu'ils approuvent les d&#233;cisions des grands &#034;chefs&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les appels &#224; la production, tous les grands discours sur la &#034;victoire&#034; des 25% (22,5% pour nous), toutes les campagnes de calomnie contre les ouvriers qui se mettent en gr&#232;ve n'ont plus aucune prise sur nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, au meeting du 20 septembre, malgr&#233; l'appel du secr&#233;taire Plaisance dans la voiture &#224; haut-parleur, le midi ; malgr&#233; le racolage des ouvriers au passage dans l'avenue E.Zola, sur les 25.000 ouvriers environ que comprend l'usine, on pouvait compter &#224; peine 400 pr&#233;sents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mauvaise politique des dirigeants du Syndicat pousse la grande majorit&#233; d'entre nous &#224; se d&#233;sint&#233;resser de leur organisation. Mais, n&#233;anmoins, ces messieurs sont satisfaits d'eux-m&#234;mes. Ils organisent un &#034;vin d'honneur&#034; pour les 430 gestionnaires du Comit&#233; d'entreprise (concluant, on se demande pourquoi, en r&#233;clamant le charbon de la Ruhr) ; ils organisent un &#034;vin d'honneur&#034; pour les tr&#233;soriers et collecteurs, &#224; qui revient le tr&#232;s grand m&#233;rite de faire rentrer les cotisations, malgr&#233; le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral des syndiqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ouvriers rejettent maintenant en masse leur direction tra&#238;tre. Mais il reste &#224; accomplir la t&#226;che la plus difficile : la construction DANS L'ACTION d'une nouvelle avant-garde.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CHEZ GNOME-&amp;-RHONE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essais professionnels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode o&#249; la C.G.T. est aux prises avec des difficult&#233;s int&#233;rieures, les responsables syndicaux parlent beaucoup de d&#233;mocratie. Mais, parall&#232;lement &#224; leurs d&#233;clarations, la pression s'exerce pour que l'atmosph&#232;re reste dans la crainte. Sur le num&#233;ro de juin-juillet du journal du Comit&#233; mixte (6&#176; page), nous en avons un exemple. Il est d&#233;clar&#233; en toutes lettres que, pour les essais professionnels, le recrutement ne se fera en aucun cas sous forme de concours. Les ouvriers ou employ&#233;s d&#233;sirant postuler &#224; un emploi sup&#233;rieur devront se faire inscrire au service du personnel o&#249; l'inscription est limit&#233;e &#224; trois fois le nombre d'emplois vacants (alors, celui qui n'a pas de relation bien plac&#233;e pour &#234;tre pr&#233;venu est d&#233;j&#224; &#233;limin&#233;) ; le tri a lieu ensuite par la Commission des essais, &#224; la t&#234;te de pipe et suivant des r&#233;ponses faites &#224; un questionnaire pr&#233;alable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore quelques mois de ce r&#233;gime et l'esprit de camaraderie r&#232;gnera dans les services, car il n'y aura plus que des &#034;camarades&#034;, bien dans la ligne, entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;CONVERSATIONS&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier pr&#233;tend que la C.G.T. et les organisations ouvri&#232;res ne font pas tout ce qu'elles devraient, mais n&#233;anmoins nous font obtenir certains avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Nous n'en sommes plus &#224; une p&#233;riode o&#249; nous pouvons nous contenter de quelques avantages. Le probl&#232;me qui se pose est : communisme ou fascisme, il n'y a pas de milieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#199;a d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Alors quels sont les avantages que la C.G.T. nous fait obtenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Tu as bien vu dans la V.O., les l&#233;gumes, les textiles ont diminu&#233;, gr&#226;ce &#224; l'action de la C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Dans quelques cas isol&#233;s seulement, mais qu'est-ce que &#231;a change &#224; notre situation &#233;conomique ? Depuis que la C.G.T. a engag&#233; sa bataille pour la baisse des prix, est-ce que tu vis mieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les statistiques officielles (Le Monde, 12-9), de juillet en ao&#251;t, l'indice des prix alimentaires est pass&#233; de 479 &#224; 709.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a la diminution des prix ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Un ouvrier qui est d'accord que les organisations ouvri&#232;res nous ont trahi, me dit : &#034;Mais &#224; quoi &#231;a servira de mettre d'autres dirigeants, quand ils seront au pouvoir, ils trahiront aussi.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; C'est possible. Pour les emp&#234;cher de trahir, il faudra les changer &#224; nouveau tant que nous n'aurons pas &#233;cras&#233; la bourgeoisie. Car lorsque les dirigeants trahissent, c'est quand les ouvriers s'arr&#234;tent de lutter. Quand ils reprennent la lutte, il leur faut une nouvelle direction. La lutte est la seule garantie contre la trahison des chefs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, s'il faut toujours lutter, ce n'est pas une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; La vie est une lutte permanente. Si tu ne luttes pas pour tes int&#233;r&#234;ts, la bourgeoisie t'obligera &#224; lutter pour les siens, et si tu n'as pas le courage de lutter pour ta classe ou de te suicider, il te faudra vivre en esclave dans des conditions toujours plus difficiles, &#034;vivre&#034; une vie de chien crev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc69_100246.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc69_100246.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne manquent pas d'audace&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La C.G.T. vient d'&#233;diter un tract au titre ronflant : &#034;Un succ&#232;s des travailleurs&#034;. Ce tract dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La production a augment&#233; de 100%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les salaires des ouvriers ont augment&#233; de 17.30% &#224; 35%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les fonctionnaires ont &#233;t&#233; augment&#233;s de 25%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les ouvriers agricoles de 25%, etc...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont d&#233;j&#224; suffisamment &#233;loquents. Mais nous serions curieux que la C.G.T. nous dise &#224; combien se sont mont&#233;s les profits des capitalistes et de combien se sont &#233;lev&#233;s les prix des articles de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de &#034;succ&#232;s des travailleurs&#034;, quand ceux-ci voient chaque jour leur standard de vie diminuer et avancer publiquement des chiffres qui prouvent la disproportion grandissante entre les salaires et les prix, n'est-ce pas le comble de l'hypocrisie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc70_101146.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la r&#233;union du secteur 13 des Usines Renault, secteur qui comporte environ 2.000 ouvriers, il y avait une dizaine de pr&#233;sents. C'&#233;tait la premi&#232;re r&#233;union syndicale depuis le 25 mai ! L'ordre du jour a &#233;t&#233; b&#226;cl&#233; en vingt minutes et le responsable a r&#233;cit&#233; Le M&#233;tallo et L'Unit&#233;, organes de la corporation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de pr&#233;sents, alors que rien que les responsables aux diff&#233;rentes t&#226;ches dans le secteur (V.O. collectage, &#339;uvres sociales, etc...) sont plus du double. Non seulement la grande masse des ouvriers, mais m&#234;me leurs propres troupes se d&#233;sint&#233;ressent de nos bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A LA DUCLANISATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici la victoire n'est pas pass&#233;e, le patron s'est abstenu de verser les 25% ! Par contre, pour ce mois, il affiche son b&#233;n&#233;fice de 200.000. Les salaires, eux, sont de : 30 francs pour les femmes et 38 francs pour les hommes. On sort aussi vite que l'on entre dans l'usine, mais le travail est effectu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrais &#034;syndicalistes&#034;, les responsables de la C.G.T. font &#034;leur&#034; travail, c'est-&#224;-dire que tout le monde doit &#234;tre syndiqu&#233;, sous peine de renvoi. Comme argument attractif pour les non syndiqu&#233;s, c'est tr&#232;s convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;chantillon de comportement d&#233;mocratique est un collecteur qui dit &#224; une ouvri&#232;re n'ayant pas d'argent pour prendre sa carte et son timbre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Allons, fais pas d'histoire, sors ton pognon, on sait bien que tu l'as&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est le ton qui fait la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; : &#8211; : &#8211;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par le pass&#233;, les scandales &#224; peine d&#233;nonc&#233;s sont aussit&#244;t &#233;touff&#233;s et finissent, sinon dans l'oubli, du moins dans l'impunit&#233; des principaux responsables. Et les victimes de ces scandales n'ont qu'&#224; serrer d'un cran de plus leur ceinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travailleurs d'usine ont diffus&#233; des tracts pour appeler les ouvriers &#224; r&#233;agir par l'action contre les scandales et exiger un meilleur ravitaillement. Nous en reproduisons un ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps, la section syndicale nous faisait signer une p&#233;tition au Ministre du Ravitaillement pour demander de h&#226;ter la r&#233;partition du vin. Nous n'avons pas, pour cela, eu davantage de vin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement, aujourd'hui, la presse nous d&#233;voile que des millions d'hectolitres ont &#233;t&#233; accapar&#233;s par les sp&#233;culateurs. Ainsi, tandis qu'on tentait de nous faire croire que des suppliques aux Ministres suffiraient &#224; nous assurer un meilleur ravitaillement, MM. les capitalistes organisaient tout &#224; loisir leur march&#233; suivant leurs int&#233;r&#234;ts. A l'affaire du vin, s'ajoutent celles des l&#233;gumes secs, de la farine, des points textiles, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous nous apercevons que les sp&#233;culateurs, les affameurs, sont des gens bien en place, prot&#233;g&#233;s par leur &#034;responsabilit&#233;&#034;, ceux-l&#224; m&#234;me qui, il y a quelques mois, faisaient appel &#224; &#034;l'honn&#234;tet&#233;&#034; g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Huma rappelle qu'elle a d&#233;nonc&#233; ces scandales depuis le 7 mars. Mais, puisqu'ils n'en ont pas moins continu&#233;, cela prouve l'impuissance de tous ces bavardages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que ces messieurs se remplissent les poches, nous, chez Renault, nous voyons nos rations diminuer tous les jours, &#224; la cantine. Quant &#224; la qualit&#233;, elle conviendrait plus &#224; des cochons qu'&#224; des hommes. M. Lefaucheux, qui ne sait pas trouver un moyen de nous nourrir convenablement, sait bien, par contre, nous expliquer qu'il faut travailler plus fort. En r&#233;ponse, la section syndicale se contente de ne pas &#034;&#234;tre d'accord&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel cr&#233;dit pouvons-nous accorder aux paroles de ces gens, quand, dans les actes, ils agissent contre nos int&#233;r&#234;ts. Il n'y a rien d'&#233;tonnant que les Frachon et les Jouhaux ne s'acharnent pas &#224; nous d&#233;fendre, car, que le r&#233;sultat soit favorable ou non, ils auront tout de m&#234;me leur bifteck et leur litre de vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces scandales prouvent que maintenant ce n'est plus une question de p&#233;nurie. Il y a de tout. Ce qui manque, c'est une organisation de la r&#233;partition conforme &#224; nos int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous travaillons, nous donnons notre sueur apr&#232;s avoir donn&#233; notre sang, et le fruit de notre travail s'en va dans des scandales...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, &#224; quoi cela servirait-il de nous lamenter, si nous laissons faire ? Le plus grand scandale, ce serait que l'on continue &#224; tol&#233;rer que le ravitaillement soit organis&#233; par une bande de sp&#233;culateurs. Nous devons nous concerter pour organiser une protestation qui soit v&#233;ritablement efficace. Il faut que nos exploiteurs sachent que nous sommes d&#233;cid&#233;s &#224; ne plus nous laisser faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe d'ouvriers de chez Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc71_101846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/10/ldc71_101846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA C.G.T. PASSE A &#034;L'ACTION&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ca y est, apr&#232;s de longs mois d'appels r&#233;it&#233;r&#233;s au calme et &#224; la discipline, la C.G.T. passe &#224; &#034;l'action&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'augmentation de salaires, la vie est de plus en plus difficile, les prix augmentent, il est grand temps d'y mettre fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi les bureaucrates c&#233;g&#233;tistes ont d&#233;cid&#233; d'organiser un meeting au Vel' d'Hiv'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'allons-nous aller faire au Vel' d'Hiv' ? C'est la question qu'un grand nombre d'ouvriers s'est pos&#233;e. Chez Renault beaucoup disaient : &#034;Ce n'est pas en suivant dans la rue derri&#232;re des pancartes, &#224; user nos chaussures pour aller &#233;couter des discours que &#231;a changera quelque chose.&#034; &#034;Ce qu'il faudrait, c'est arr&#234;ter une journ&#233;e, disaient les autres. Il faudrait une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui paralyse tout, que rien ne marche ; l&#224; ils comprendraient.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables syndicaux ont diffus&#233; un tract chez Renault qui accuse principalement de Menthon et qui a suscit&#233; certaines r&#233;actions de la part des ouvriers. &#034;Je connais cette d&#233;gueulasserie, elle a failli m'&#233;touffer &#224; midi &#224; la cantine&#034;, puis lisant une phrase : &#034;Nous exigeons notre ration de vin de septembre et le litre d'octobre avant le 31, &#233;videmment, sinon il sera p&#233;rim&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre secteur, un ouvrier s'&#233;crie : &#034;Au Vel' d'Hiv' ? Ce n'est pas au Vel' d'Hiv' qu'il est de Menthon. On veut encore nous mener en bateau.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ironisaient : &#034;Ils ont raison, faut &#234;tre calme ; descendre dans la rue ? On ferait passer H&#233;naff et Frachon pour des voyous. Non, non, du calme.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les ouvriers n'ont pas &#233;t&#233; dupes de cette mascarade, comme disait l'un d'eux : &#034;Voil&#224; les &#233;lections qui approchent, les &#034;Communistes&#034; veulent montrer qu'ils font de l'action. S'ils avaient donn&#233; l'ordre de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, on aurait compris ; mais l&#224;, ils se fichent de nous.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie qui augmente sans cesse provoque un tr&#232;s grand m&#233;contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la col&#232;re dont les travailleurs d&#233;bordent, ils leur ont permis de venir la crier dans le vase clos du Vel' d'Hiv'. C'est moins dangereux que de les voir descendre dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette col&#232;re n'est pas assouvie, car nous ne sommes plus dupes, et si nous devons la ravaler pour quelque temps encore, elle n'&#233;clatera que plus violemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DISCUSSION AVEC UN &#034;RESPONSABLE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Renault, les ouvriers sont de plus en plus &#233;c&#339;ur&#233;s par l'attitude de la C.G.T. Aussi, les &#034;responsables&#034; syndicaux ne peuvent-ils plus imposer leur politique de capitulation, mais doivent maintenant la d&#233;fendre devant les ouvriers. Voici, &#224; ce sujet, une discussion parmi tant d'autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#034;responsable&#034; p&#233;rore au milieu d'un groupe d'ouvriers et retrace le &#034;bilan&#034; de la &#034;grande&#034; C.G.T. Mais les ouvriers ne se font plus d'illusions sur ces &#034;victoires&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Avec la hausse des salaires, on l'a encore dans le dos. C'est ceux qui &#233;taient d&#233;j&#224; bien pay&#233;s qui en ont b&#233;n&#233;fici&#233; r&#233;ellement. Quant &#224; nous, on l'a belle...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Que veux-tu qu'elle y fasse, la C.G.T. ? On n'y peut rien, c'est de Menthon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; C'est &#224; de Menthon qu'on paye le timbre ? Au lieu d'aller &#233;couter des bavards au Vel' d'Hiv', il n'y a qu'&#224; faire gr&#232;ve, descendre dans la rue, tout casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mais, camarades, on ne peut pas tout faire en m&#234;me temps, &#231;a viendra, le socialisme... Mais c'est long &#224; renverser, le capital...&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre ouvrier intervient :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah ! tu nous fais bien marrer avec tes histoires politiques. Commence d&#233;j&#224; par bloquer les prix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah ! camarades, les ouvriers s'agitent (l'air de dire : c'est mauvais), mais si vous donniez un peu plus de voix aux partis populaires pour qu'ils aient une grande majorit&#233;... (et fier de sa trouvaille) : Ah ! l&#224;, vous m'approuvez, hein ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne r&#233;pond, mais ce silence en dit long. Non, les ouvriers n'approuvent pas, et l'un d'eux dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Nos voix aux partis populaires... mais vous avez eu la majorit&#233; pendant sept mois. Qu'est-ce que vous en avez fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur d&#233;magogie est inefficace depuis longtemps sur ce terrain. Aussi est-il oblig&#233; d'employer des arguments sp&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Vous vous laissez entortiller par la r&#233;action qui vous divise...&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ouvrier le coupe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; T'en fais pas pour mes sentiments r&#233;volutionnaires. J'en ai plus que toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah ! oui, descendre dans la rue, vous n'avez que &#231;a dans la bouche. Mais les hommes de 1789 et ceux de la Commune...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ce qu'ils ont fait, ce n'est pas avec des discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Peut-&#234;tre, mais comment cela a-t-il fini ? 20.000 ont &#233;t&#233; tu&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Plus que &#231;a, 30.000, et encore, c'est le chiffre officiel. Mais si &#231;a a fini comme &#231;a, c'est justement parce qu'ils n'avaient pas notre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah ! si c'est comme &#231;a, il n'y a plus besoin d'&#233;duquer des cadres pour la classe ouvri&#232;re. C'est bien la peine que j'aille me fatiguer tous les soirs &#224; l'Universit&#233; nouvelle... Vous vous laissez entortiller par les trotskystes. Les ouvriers r&#226;lent apr&#232;s la C.G.T., mais ils la quittent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; C'est normal, ils en ont marre. Tu n'as qu'&#224; y aller, toi, &#224; la cha&#238;ne, tu verras si les discours et les promesses, cela te convaincra.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce langage d&#233;cid&#233;, le &#034;responsable&#034; l'attribue aux &#034;...trotskystes qui vous entortillent. Mais on en a sabr&#233; d&#233;j&#224; ! Il en reste, mais pour ceux-ci, ce sera pareil&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce cas, il ne resterait plus grand monde chez Renault, s'il fallait liquider tous ceux qui pensent ainsi, bien qu'ils ne soient nullement trotskystes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc74_110846.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc74_110846.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHEZ HISPANO (Boulevard Brune)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un compte-rendu de la Section syndicale, nous relevons : &#034;Bien que nous affirmions notre attachement au principe des 40 heures qui furent arrach&#233;es au patronat apr&#232;s de longues ann&#233;es de lutte, nous &#339;uvrerons pour le retour aux 48 heures pour tout le personnel, pour le maintien du pouvoir d'achat d&#233;j&#224; insuffisant en raison du co&#251;t scandaleux de la vie. &#034;Chez Hispano, le travail manque, alors la direction se souvient de la loi des 40 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Section syndicale, elle, passe aux aveux. Quand Croizat a &#233;tabli le principe du travail au rendement, il pr&#233;tendait respecter le principe des 40 heures, les heures suppl&#233;mentaires devant offrir &#224; l'ouvrier un surplus de salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la Section syndicale de chez Hispano reconna&#238;t officiellement ce que sait chaque ouvrier, qu'avec 40 heures on ne peut pas vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; o&#249; est le comble, c'est que la Section syndicale, au lieu de revendiquer une paye suffisante pour vivre avec 40 heures (ce qui serait l'application du principe des 40 heures auquel elle affirme son attachement), elle lutte pour obliger le patron &#224; saboter les 40 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; une fa&#231;on &#233;trange de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc75_111546.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc75_111546.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHEZ RENAULT&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un responsable syndical, faisant du z&#232;le, &#233;teint la lumi&#232;re &#224; un moment o&#249; le travail est encore p&#233;nible sans lumi&#232;re. Devant les protestations des ouvriers, il pr&#233;tend ob&#233;ir aux ordres de la section syndicale pour parer au d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour parer au d&#233;ficit d'&#233;lectricit&#233;, messieurs les &#034;d&#233;fenseurs&#034; de la classe ouvri&#232;re ne trouvent rien de mieux que d'&#233;conomiser sur les yeux des ouvriers... Pendant ce temps, la lumi&#232;re coule &#224; flots aux eaux de Versailles et &#224; toutes les parades chauvines, il ne manque pas une ampoule dans les bo&#238;tes de nuit, et on se garde bien de pr&#233;lever une once de charbon sur la ration des grands h&#244;tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc76_112346.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc76_112346.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conversation ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le M&#233;tallo, dans chacun de ses num&#233;ros, rend r&#233;guli&#232;rement compte des millions de francs de cotisations ouvri&#232;res consacr&#233;es aux &#339;uvres sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, comme tout cet argent ne suffit encore pas &#224; soulager toutes les mis&#232;res engendr&#233;es par le syst&#232;me d'exploitation capitaliste, le Comit&#233; d'entreprise de la R.N.U.R. vient de lancer un appel &#224; une tombola &#034;gratuite&#034;, concluant : &#034;Tous les participants auront &#224; c&#339;ur d'acheter des actions aux &#339;uvres sociales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un responsable syndical qui recommandait l'achat de ces actions s'est attir&#233; la r&#233;ponse suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les &#339;uvres sociales, on s'en fout ! ce n'est pas &#224; nous de payer, c'est aux patrons. C'est une honte de voir que la C.G.T. utilise nos timbres &#224; cela, au lieu de constituer des fonds de gr&#232;ve en cas de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Les gr&#232;ves, mais il n'en faut pas. C'est l'arme de la r&#233;action. Le jour o&#249; il faudra une gr&#232;ve, la C.G.T. vous le dira et elle sera &#224; m&#234;me de prendre ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre encha&#238;ne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Comme elle a fait dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Eh bien ! en les sabotant. La C.G.T. est contre les gr&#232;ves, notre seule arme. C'est pour cela qu'elle nous trahit. Elle a sabot&#233; la gr&#232;ve des cheminots, celle des P.T.T., celle des Postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; C'est parce que c'&#233;taient des gr&#232;ves partielles. Et des gr&#232;ves partielles, cela ne rend rien. Vous devriez &#233;tudier le marxisme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Qui n'enseigne pas de briser les gr&#232;ves, m&#234;me partielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mais on est en 1946, camarades, &#231;a a chang&#233;. Les ouvriers sont illettr&#233;s. Si on faisait une gr&#232;ve, ils ne suivraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Protestation de tous les ouvriers pr&#233;sents : &#034;Eh bien ! alors, qu'est-ce qu'il lui faut...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre responsable intervient et essaie d'expliquer que la source de nos maux, c'est l'ignorance des ouvriers, qui sont souvent illettr&#233;s. Il s'attire cette r&#233;ponse : &#034;Ils ont donc d&#233;sappris &#224; lire depuis 1936 ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation ouvri&#232;re chez Renault&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Action a consacr&#233; un grand article &#224; d&#233;montrer que depuis la nationalisation de l'usine, les ouvriers ont une part active &#224; la gestion de l'entreprise. Au cin&#233;ma, on nous a &#233;galement montr&#233; les ouvriers de la R.N.U.R. comme &#233;tant un peu propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, malgr&#233; la nationalisation, les ouvriers de chez Renault sont parmi les plus mal pay&#233;s de la r&#233;gion parisienne (43 frs. de l'heure), et il ne se passe pas de semaine sans que des ouvriers apportent des preuves &#224; leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s que dans telle ou telle bo&#238;te les salaires sont plus &#233;lev&#233;s pour une cadence plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers participent &#224; la gestion de la maison par l'interm&#233;diaire du Comit&#233; d'Entreprise. Ceux des ouvriers qui avaient plus d'un an de maison, ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; se prononcer une fois par vote, pour d&#233;signer ceux qui les repr&#233;senteraient au Comit&#233; d'Entreprise. Quant &#224; la grande majorit&#233; des ouvriers, ils ne connaissent m&#234;me pas leur repr&#233;sentant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que fait le Comit&#233; d'Entreprise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il collabore avec la Direction sur les questions auxquelles celle-ci lui permet de collaborer. Sa t&#226;che principale, c'est de pousser les ouvriers &#224; la production. Ces jours-ci, on a appos&#233; une note sur les panneaux syndicaux invitant les ouvriers &#224; la participation &#224; un concours ayant pour th&#232;me : &#034;Comment d&#233;velopper la production ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du Comit&#233; d'Entreprise a &#233;t&#233;, suivant M. Lefaucheux, Pr&#233;sident-Directeur de la R.N.U.R., de &#034;contribuer &#224; &#233;clairer le personnel sur les difficult&#233;s de l'entreprise (&#034;on ne peut vous donner que 22,5% au lieu de 25%, la R&#233;gie serait en d&#233;ficit&#034;). Toujours d'apr&#232;s M. Lefaucheux, le r&#244;le du Comit&#233; d'Entreprise a &#233;t&#233; &#034;d'utiliser au maximum chacun des membres du personnel. Les ouvriers de la R.N.U.R. doivent produire beaucoup, car maintenant ils ne travaillent plus pour le seigneur de Billancourt, mais pour eux-m&#234;mes&#034;. Mais M. Lefaucheux, l&#224; encore, nous sp&#233;cifie que &#034;la R&#233;gie Nationale n'appartient pas &#224; son personnel, mais &#224; la Nation (voire l'Etat)&#034;. Et comme disait un ouvrier : &#034;Nous ne travaillons pas pour nous-m&#234;mes, nous sommes la vache nourrici&#232;re de l'Etat qui peut sp&#233;culer avec les devises que fournit notre production, puisque tout est export&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier r&#244;le du Comit&#233; d'Entreprise, c'est de faire le mouchard. Certains ouvriers, tout en le payant, mangent un deuxi&#232;me repas &#224; la cantine (c'est certainement qu'ils ne sont pas gav&#233;s avec un seul) et, para&#238;t-il, des ouvriers &#233;trangers &#224; l'usine viennent aussi prendre leur repas &#224; la cantine chez Renault. L'Acc&#233;l&#233;rateur, journal du Comit&#233; d'Entreprise, traite ces ouvriers de voleurs. Si, comme le dit M. Lefaucheux, la R&#233;gie est propri&#233;t&#233; de la Nation toute enti&#232;re, y a-t-il tant de mal &#224; ce que des ouvriers &#233;trangers &#224; l'usine b&#233;n&#233;ficient de certains avantages r&#233;serv&#233;s au personnel ? Et s'il faut traiter quelqu'un de voleur, n'y a-t-il pas suffisamment d'actionnaires qui empochent de superbes dividendes, de concessionnaires qui, pour la vente d'une simple Juvaquatre, s'octroient 14.950 frs., et enfin, l'Etat, au cours de l'exercice 1945, sous forme d'imp&#244;ts, la coquette somme de : 399.423.419 frs.95.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est contre quelques ouvriers qui resquillent de temps en temps un quart de pinard, quand le ravitaillement n'en fournit pas, que le Comit&#233; d'Entreprise demande &#224; la Direction de prendre des mesures de contr&#244;le s&#233;v&#232;res contre cette &#034;immoralit&#233;&#034; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela, la repr&#233;sentation ouvri&#232;re au &#034;Comit&#233; d'Entreprise&#034; de chez Renault.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc77_113046.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/barta/1946/11/ldc77_113046.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article7802</link>
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		<dc:date>2023-05-07T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Natalia Sedova Trotsky</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
1946 - 1949 &lt;br class='autobr' /&gt;
Union Communiste (Trotskyste) &#224; Natalia Sedova &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, le 16 d&#233;cembre 1946 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ch&#232;re camarade Nathalie, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est que maintenant que nous avons pu obtenir, par hasard, votre adresse. Nous sommes tr&#232;s impatients de vous envoyer une partie de notre mat&#233;riel dans l'espoir que vous trouverez le temps de lire les articles que nous avons soulign&#233;s pour attirer votre attention. Nous serions heureux d'avoir votre appr&#233;ciation (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique45" rel="directory"&gt;0- Le point de vue du r&#233;volutionnaire Barta sur la guerre et l'apr&#232;s-guerre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot91" rel="tag"&gt;Barta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot297" rel="tag"&gt;Natalia Sedova Trotsky&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des lettres entre Barta et Natalia Sedova-Trotsky&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1946 - 1949&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Union Communiste (Trotskyste) &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 16 d&#233;cembre 1946&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Nathalie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que maintenant que nous avons pu obtenir, par hasard, votre adresse. Nous sommes tr&#232;s impatients de vous envoyer une partie de notre mat&#233;riel dans l'espoir que vous trouverez le temps de lire les articles que nous avons soulign&#233;s pour attirer votre attention. Nous serions heureux d'avoir votre appr&#233;ciation critique. Si cela vous int&#233;resse, nous vous enverrons la collection compl&#232;te. Nous sommes pr&#234;ts &#224; clarifier tout ce que vous souhaitez au sujet de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En esp&#233;rant avoir de vos nouvelles, recevez cher camarade nos salutations fraternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNION COMMUNISTE (Trotskyste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adresse : Jacques RAMBOZ 7, Impasse du Rouet PARIS 14&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Natalia Sedova &#224; l'Union Communiste (Trotskyste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coyoacan, 28.1.47&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci pour votre lettre du 16 d&#233;cembre. Je tarde &#224; vous r&#233;pondre car j'ai &#233;t&#233; malade. J'ai &#233;galement re&#231;u tout le mat&#233;riel que vous m'avez envoy&#233; et je vous en remercie. Je lirai avec grand int&#233;r&#234;t tous les articles que vous avez soulign&#233;s. Je n'ai pas pu le faire plus t&#244;t pour la raison que j'ai mentionn&#233;e. Je vous serais bien oblig&#233; si vous continuiez &#224; m'envoyer Lutte de Classes. Apr&#232;s avoir lu les articles, je vous contacterai. En conclusion, je serais tr&#232;s heureux que vous puissiez me donner quelques informations g&#233;n&#233;rales sur votre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recevez cher camarade mon salut fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia S&#233;dova&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Union Communiste (Trotskyste) &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 20 f&#233;vrier 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Sedova,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; ravis de recevoir votre lettre du 28.1.47 ; depuis nous avons continu&#233; et continuerons &#224; vous envoyer r&#233;guli&#232;rement Lutte de Classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous poursuivons comme suit les informations g&#233;n&#233;rales sur nos activit&#233;s et notre d&#233;veloppement : Les camarades qui ont fond&#233; notre organisation ont &#233;t&#233; actifs dans le POI pendant plusieurs ann&#233;es et en 1938 faisaient partie de la fraction qui est entr&#233;e dans le PSOP. En 1939, lorsque les cadres et les groupes trotskystes se sont d&#233;sint&#233;gr&#233;s, nous avons fait notre premier travail ind&#233;pendant, surtout pour des raisons d'organisation, et avons publi&#233;, avec l'aide de quelques jeunes camarades, un journal dupliqu&#233;, L'Ouvrier traitant de la lutte contre le Daladierisme, le la guerre et le r&#244;le de la social-d&#233;mocratie dans la destruction des syndicats. En 1939, nous sommes partis de rien et, apr&#232;s les &#233;v&#233;nements militaires de 1940, nous avons d&#251; repartir de la m&#234;me position. En novembre 1940, nous avons publi&#233; notre pamphlet La Lutte contre la 2e Guerre imp&#233;rialiste mondiale pour d&#233;fendre ce que nous pensions &#234;tre une politique trotskyste contre les positions nationalistes et petites-bourgeoises de l'organisation issue d'une regroupement d'anciens membres du POI. C'est en 1942, apr&#232;s avoir pu &#233;duquer et instruire quelques jeunes camarades issus du PCF ou sans pass&#233; politique, que nous avons publi&#233; notre journal La Lutte de Classes. Ce choix de titre a &#233;t&#233; fait en raison de notre volont&#233; d'opposer, par la propagande r&#233;volutionnaire et internationaliste, le courant pro-gaulliste d'unit&#233; nationale justifi&#233; par la lutte contre la puissance occupante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est apr&#232;s ce travail et sans &#234;tre devenus un nombre appr&#233;ciable que nous avons pu, en octobre 1945, ajouter &#224; notre journal un bulletin pour le travail syndical, La Voix des Travailleurs. Concr&#232;tement, le bulletin &#233;tait le r&#233;sultat de l'exp&#233;rience que nous avions acquise au cours des mois pr&#233;c&#233;dents gr&#226;ce &#224; la publication de tracts locaux d'usine au nom d'un &#171; groupe de travailleurs &#187;, ce qui nous a permis d'avoir des liens avec une usine consciente. travailleurs. Nous avions &#233;labor&#233; notre position syndicale (qui &#233;tait d&#233;fendue par La Voix) sur la base de notre propre travail syndical sans conna&#238;tre les derniers &#233;crits de Trotsky &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, en raison de l'&#233;volution de la situation politique g&#233;n&#233;rale, nous avions intensifi&#233; notre travail d'agitation et, d'octobre 1945 &#224; juin 1946, avions distribu&#233; dans les usines de la r&#233;gion parisienne 100 000 tracts qui mettaient en avant la politique de notre journal. En m&#234;me temps nous avions essay&#233; d'imposer la vente de nos journaux aux portes de l'usine, pour cela nous avions d&#251; entreprendre une lutte physique contre les staliniens, (qui s'opposaient &#224; la vente) prenant une large position d'agitation politique sur les droits de la d&#233;mocratie ouvri&#232;re. En ce sens, nous avions &#233;t&#233; les premiers &#224; nous agiter et &#224; appeler &#224; l'unit&#233; avec le PCI. Nous pouvions dire aussi qu'en raison de l'insuffisance politique du PCI, nous avions &#233;t&#233; en r&#233;gion parisienne pendant plusieurs p&#233;riodes, le seul groupe d&#233;fendant ouvertement la politique trotskyste dans la classe ouvri&#232;re. Dans Non. 60 de La Lutte (30 avril 1946) nous expliquons les raisons de la disparition de La Voix des Travailleurs. Mais nous avons continu&#233; le travail pour trouver le meilleur moyen d'&#233;lever le niveau de conscience des travailleurs avec les m&#234;mes m&#233;thodes et le m&#234;me objectif. Nous sommes num&#233;riquement un petit groupe mais la majorit&#233; sont des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en fait nous n'avons eu aucune relation avec le PCI c'est parce que leurs dirigeants se sont montr&#233;s absolument incapables de respecter les r&#232;gles les plus &#233;l&#233;mentaires d'honn&#234;tet&#233; et de comportement ouvrier (alors qu'ils &#233;taient politiquement &#224; plat devant les sociaux-d&#233;mocrates et les staliniens). Bien que nous soyons apparemment d'accord sur tout ce que nous trouvions, nous n'&#233;tions d'accord sur rien chaque fois que nous examinions telle ou telle question pr&#233;cise. Le PCI s'est oppos&#233; &#224; notre critique ouverte par le silence et &#224; vrai dire, une &#171; unit&#233; &#187; qui, telle qu'il la posait, n'aurait fait qu'occulter les difficult&#233;s et non approfondir le mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez suivre nos diff&#233;rences avec le PCI &#224; partir du mat&#233;riel que vous avez d&#233;j&#224;. Compte tenu de l'importance particuli&#232;re que nous attachons &#224; votre avis, nous vous serions reconnaissants de nous faire part de votre appr&#233;ciation dans les plus brefs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant nous vous adressons, cher camarade, nos salutations fraternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS.1. Nous joignons une copie d'une lettre expliquant notre scission avec les groupes formant le PCI qui n'a pas obtenu de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS.2. Pourriez-vous envoyer vos courriers &#224; l'adresse suivante Jacques Ramboz 3 Boulevard Victor Paris 15&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Union Communiste (Trotskyste) &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 2 avril 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Sedova,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; votre lettre du 28 janvier, nous vous avons envoy&#233; une lettre contenant des informations g&#233;n&#233;rales sur notre organisation le 20 f&#233;vrier. Nous avons &#233;galement continu&#233; &#224; vous envoyer r&#233;guli&#232;rement des Lutte de Classe .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous serions reconnaissants de savoir si vous les avez re&#231;us et nous esp&#233;rons qu'il sera possible de nous le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, nous vous adressons, ch&#232;re camarade Sedova, nos salutations fraternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Union Communiste (Trotskyste)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Union Communiste (Trotskyste) &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 5 juin 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Sedova,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes inqui&#233;t&#233;s de n'avoir re&#231;u aucune r&#233;ponse &#224; nos lettres du 20 f&#233;vrier et du 5 avril ; nous nous demandons si le courrier ne passe pas ou si votre travail ou votre &#233;tat de sant&#233; vous emp&#234;chent de nous r&#233;pondre ; mais quoi qu'il en soit nous esp&#233;rons que vous &#234;tes en bonne sant&#233; et au cas o&#249; vous auriez d&#233;j&#224; &#233;crit nous vous serions reconnaissants de renvoyer la lettre &#224; l'adresse de Michel Bucholz, 2 rue Claude Matrat &#224; Issy-les-Moulineaux (Seine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes heureux d'avoir couronn&#233; notre travail th&#233;orique, politique et organisationnel par une lutte de masse de la plus haute importance pour la classe ouvri&#232;re et pour nous-m&#234;mes. Nous vous avons envoy&#233; les documents relatifs &#224; ces &#233;v&#233;nements et nous esp&#233;rons que le mat&#233;riel plus ancien dont vous disposerez vous renseignera avec pr&#233;cision sur le caract&#232;re organis&#233; de ce mouvement, fruit d'un long et patient travail. Et ce sera certainement pour vous la plus grande satisfaction de recevoir la confirmation qui est essentiellement la pens&#233;e de Trotsky et l'exemple de tous ceux qui se sont enti&#232;rement consacr&#233;s &#224; l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re qui nous ont aid&#233;s &#224; traverser les &#233;preuves de 1939 &#224; aujourd'hui. . Nous continuerons la lutte jusqu'au bout, car les crimes de la classe dirigeante et de la bureaucratie stalinienne ne peuvent inclure que la seule vraie revanche, la r&#233;volution prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous adressons, ch&#232;re camarade Sedova, nos salutations fraternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour l'Union Communiste (Trotskyste)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Natalia Sedova &#224; La Lutte de Classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mexique, 12 juillet 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#224; La Lutte de Classes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chers camarades,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai re&#231;u vos lettres et votre mat&#233;riel. C'est-&#224;-dire l'essentiel de votre mat&#233;riel. A propos de vos divergences avec l'organisation fran&#231;aise pendant la guerre et &#224; l'gard des mouvements de r&#233;sistance, je dois vous informer que nous avons demand&#233; que le prochain Congr&#232;s mondial traite en premier lieu la politique des principaux partis par rapport &#224; ce probl&#232;me. Il me semble que vous devez &#234;tre tout &#224; fait d'accord l&#224;-dessus. Mais votre groupe participera-t-il au congr&#232;s et &#224; la discussion pr&#233;alable ? At-il &#233;t&#233; invit&#233; par le SI ? At-il demand&#233; &#224; prendre part &#224; la discussion et au Congr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vos lettres et votre mat&#233;riel. C'est-&#224;-dire le mat&#233;riel indispensable. A propos de vos diff&#233;rends avec l'organisation fran&#231;aise pendant la guerre &#224; propos des mouvements de r&#233;sistance, je dois vous dire que nous avons demand&#233; au prochain Congr&#232;s mondial de traiter en priorit&#233; de la politique des principaux corps impliqu&#233;s dans cette question. Il me semble que vous seriez tout &#224; fait d'accord avec cela. Mais votre groupe participera-t-il au Congr&#232;s et &#224; la discussion pr&#233;-Congr&#232;s ? A-t-il &#233;t&#233; invit&#233; par l'EI ? A-t-il demand&#233; &#224; participer &#224; la fois &#224; la discussion et au Congr&#232;s ? J'ai vu que vous critiquiez la conduite de notre parti sur la question des gr&#232;ves fran&#231;aises. Ici, il me semble que vous vous trompez. Il me semble que le PCI s'est bien conduit dans les gr&#232;ves et a fait appel aux ouvriers staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, le plus important est de savoir quels obstacles vous ont emp&#234;ch&#233; d'adh&#233;rer au PCI. Je crois me souvenir que la direction du Parti vous a offert l'entr&#233;e avec tous les droits de faction. J'ai lu votre document adress&#233; au Comit&#233; d'Unification et r&#233;dig&#233; en 1944. Avez-vous toujours la m&#234;me position ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux mois, je n'ai pas re&#231;u La Lutte de Classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aimerais conna&#238;tre votre position par rapport &#224; la d&#233;fense de la Russie, &#224; l'appel &#224; un gouvernement PS-PC-CGT et &#224; l'unit&#233; avec le stalinisme, toutes les questions qui sont actuellement d&#233;battues dans notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;salutations fraternelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalia S&#233;dova&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Natalia Sedova &#224; David Korner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coyoacan, 22 octobre 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de recevoir votre lettre du 25 septembre par laquelle je comprends que vous n'avez pas re&#231;u ma lettre du 12 juillet. C'&#233;tait une bonne id&#233;e de m'&#233;crire encore une fois. Car j'&#233;tais tr&#232;s inquiet de ton silence. J'ai joint une copie de ma lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cinq mois, je ne re&#231;ois plus La Lutte de Classe mais je re&#231;ois r&#233;guli&#232;rement La Voix des Travailleurs . Le papier est bien fait, le ton est combatif et la prise de position correcte. Puis-je demander si La Voix des Travailleurs est le successeur de La Lutte de Classe s. Il me semble avoir lu quelque part que vous reveniez au nom de La Lutte de Classe s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends vos nouvelles avec impatience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recevez mon salut fraternel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Natalie S&#233;dova&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;La Voix des Travailleurs &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 6 novembre 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Sedova,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre lettre du 22 octobre nous a remplis de joie. Nous essaierons de r&#233;pondre le plus compl&#232;tement possible &#224; vos questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; La Voix des Travailleurs, elle continue en effet La Lutte de Classe s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Lutte de Classe s para&#238;tra &#224; nouveau sous forme de bulletin th&#233;orique d&#232;s que nous aurons les moyens n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve Renault de mai dernier, d&#233;clench&#233;e et men&#233;e par nos camarades de l'usine, (sans l'aide d'aucune autre organisation) nous a donn&#233; la possibilit&#233; de refonder l'ancienne Voix des Travailleurs sur de nouvelles bases. Un hebdomadaire sera en grande partie vendu dans l'usine Renault ; surtout parmi les 1 200 ouvriers des d&#233;partements 6 et 18. Un ouvrier sur trois est lecteur. Nous voulons l'aide d'un journal pour &#233;duquer et influencer tous les travailleurs qui cherchent une nouvelle voie &#224; suivre. La position strat&#233;gique que nous occupons actuellement chez Renault nous permet d'esp&#233;rer une croissance, sinon rapide, du moins solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet du PCI, apr&#232;s des rebuffades r&#233;p&#233;t&#233;es, nous avons &#233;t&#233; contraints de constater l'impossibilit&#233; de toute collaboration. Nous ne parlons pas la m&#234;me langue et nous avons des opinions et des m&#233;thodes totalement diff&#233;rentes en ce qui concerne l'activit&#233; ouvri&#232;re. Les difficult&#233;s ne viennent pas, en g&#233;n&#233;ral, de divergences politiques mais de la composition sociale du PCI. A ce sujet, notre position de 1944 est toujours valable aujourd'hui. Ensuite, nous esp&#233;rions qu'une partie, sinon la majorit&#233; du PCI, se retrouverait sur la m&#234;me voie r&#233;volutionnaire avec nous. Il nous appara&#238;t aujourd'hui que les dirigeants du PCI, non seulement ne connaissent pas leur m&#233;tier, mais ont la morale de vrais politiciens bourgeois. Dans notre lutte, nous avons re&#231;u des coups non seulement de la bourgeoisie et des staliniens, mais aussi des dirigeants du PCI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, nous avons justifi&#233; notre position vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re dans le n&#176; 75 de La Lutte de Classe s et nous en avons parl&#233; dans le n&#176; 17 de La Voix . (&#171; L'Acier retrouve sa voix &#187;) et dans le n&#176;23 (au sujet des &#233;lections). Nous ne voyons pas tr&#232;s bien quelle est la critique du PCI &#224; laquelle vous faites allusion dans votre lettre au sujet des appels aux ouvriers staliniens. Comme vous pouvez le voir dans La Voi x, nous faisons constamment appel &#224; ces travailleurs (comme nous le faisons aux travailleurs du Parti socialiste, etc.) et pas seulement sur le papier, mais nous nous battons &#224; leurs c&#244;t&#233;s dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; on reproche au PCI son attitude essentiellement opportuniste &#224; l'&#233;gard des dirigeants staliniens, qui va jusqu'&#224; couvrir leurs crimes comme par exemple dans l'assassinat de notre camarade Mathieu. Nous nous sommes habitu&#233;s &#224; l'id&#233;e que, vu la d&#233;cadence actuelle du mouvement ouvrier, personne ne se trouve pour protester contre un tel crime mais nous ne nous attendions pas &#224; ce que le premier se taise et ne travaille pas &#224; la d&#233;couverte et la d&#233;nonciation des assassins, pourraient &#234;tre pr&#233;cis&#233;ment les dirigeants du parti qui est le repr&#233;sentant officiel de la 4e Internationale. [*]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de l'appel &#224; un gouvernement PS-PC-CGT nous vous avons envoy&#233; le n&#176;54 de La Lutte de Classes qui a un article &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ignorons les discussions au sein de l'Internationale au sujet du Front unique avec les staliniens et de la d&#233;fense de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question du Front uni avec le stalinisme, nous pensons que vous avez notre position concr&#232;te dans La Voix (nous nous engageons &#224; l'avenir &#224; vous envoyer nos tracts d'usine.) De m&#234;me nous ne pouvons pas traiter de la d&#233;fense de l'URSS dans l'abstrait ; vous avez &#233;galement dans nos documents la position successive prise par notre organisation pendant et apr&#232;s la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la nature de l'URSS, nous sommes suffisamment &#171; d&#233;mod&#233;s &#187; pour penser que seule l'analyse de Trotsky offre une mani&#232;re scientifique de comprendre la soci&#233;t&#233; &#171; sovi&#233;tique &#187; et donc une orientation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;l&#233;ment de la question de la d&#233;fense de l'URSS qui nous appara&#238;t comme d&#233;cisif est que cette d&#233;fense d&#233;pend de nos forces et que si nous sommes incapables de d&#233;fendre la classe ouvri&#232;re nous ne sommes pas non plus capables de d&#233;fendre l'URSS ; l'erreur est alors de raisonner, non pas sur la base de la croissance organisationnelle, mais en termes abstraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pratique politique, vous avez vu que, par-dessus tout, nous attaquons l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain pour avoir provoqu&#233; la guerre et nous d&#233;non&#231;ons les crimes de Staline et ses m&#233;thodes. Mais nous ne d&#233;non&#231;ons pas l'URSS comme provocateur de guerre ou comme imp&#233;rialiste. Il nous semble que les erreurs de ceux qui, par opportunisme, apportent de l'eau au moulin r&#233;visionniste, ne sont pas dues &#224; une volont&#233; de d&#233;fendre l'URSS mais &#224; leur impuissance dans le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'International, nous serions ravis de participer &#224; la r&#233;union du Congr&#232;s International. Mais apr&#232;s que l'entr&#233;e au PCI nous a &#233;t&#233; refus&#233;e, nous n'avons eu ni invitations ni documents pr&#233;paratoires. Depuis 1939, nous avons &#233;t&#233; compl&#232;tement ignor&#233;s par l'organisation internationale et les seules relations que nous avons eues ont &#233;t&#233; des remontrances pour entrer dans le PCI et arr&#234;ter de jouer aux petits gar&#231;ons etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la situation en France est favorable au Parti R&#233;volutionnaire. La situation qui nous a permis, &#224; une poign&#233;e, de faire le travail que nous avons chez Renault, existe dans la majorit&#233; de la classe ouvri&#232;re. Seulement l&#224; o&#249; nous ne sommes pas, il y a des r&#233;formistes ou autres qui ont le dessus, qui groupent autour d'eux des ouvriers d&#233;go&#251;t&#233;s alors que les dirigeants du PCI appellent dans leur journal &#224; une correction &#224; la CGT et &#224; un front unique avec ces messieurs staliniens. En cons&#233;quence leur influence dans la classe ouvri&#232;re est nulle et vous avez pu le constater apr&#232;s le r&#233;sultat des &#233;lections o&#249; le PCI dans 5 circonscriptions a eu un peu plus de 1000 voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, aussi douloureuse que soit cette conclusion, nous avons pour notre part maintenant la certitude morale que, dans la mesure o&#249; la situation objective nous le permet, nous poursuivrons notre travail jusqu'au bout et avons d&#233;cid&#233; de continuer quoi qu'il arrive. ce qui se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous essaierons de vous tenir au courant le plus possible de tout ce qui se passe ici et souhaitons que votre sant&#233; vous permette de le suivre en attendant des jours meilleurs dont nous sommes certains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez accepter, ch&#232;re camarade Sedova, nos salutations affectueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS. Excusez cette lettre d&#233;cousue mais nous n'avons pas le temps et nous ne voulions pas la retarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Il s'agit de Mathieu Bucholz, qui a rejoint le groupe dirig&#233; par Barta &#224; l'&#226;ge de 19 ans en 1941. Il a &#233;t&#233; enlev&#233; et assassin&#233;, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tortur&#233;, le 11 septembre 1944 sur ordre de dirigeants staliniens. (voir Lutte de Classes, n&#176;67, 18 septembre 1946.)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Natalia Sedova &#224; David Korner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coyoacan, 17 mars 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade Mathieu,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, j'ai re&#231;u votre lettre du 6 novembre 1947. Il n'&#233;tait donc pas n&#233;cessaire de m'en envoyer une autre copie. Mon long silence est d&#251; en partie au fait que j'ai souhait&#233; attendre la parution projet&#233;e de votre revue th&#233;orique La Lutte de Classe s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je re&#231;ois r&#233;guli&#232;rement La Voix des Travailleurs . Merci beaucoup. Cela me fait grand plaisir de l'obtenir si rapidement - il arrive dans trois ou quatre jours. La Voix des Travailleurs est tr&#232;s int&#233;ressante par son ton r&#233;volutionnaire qui fait g&#233;n&#233;ralement d&#233;faut &#224; nos publications. Mais je me demande si son ambiance n'est pas trop limit&#233;e aux questions syndicales. Je peux comprendre la raison, vous le voyez comme faisant partie d'un ensemble de revues compl&#233;t&#233;es par Lutte de Classe s Vous aviez l'intention de publier cela mais malheureusement, il me semble, vous n'y &#234;tes pas parvenu. Et c'est pourquoi les questions th&#233;oriques et la politique g&#233;n&#233;rale manquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'une de vos lettres, &#233;crite me semble-t-il au camarade M. [**] Vous analysez sa brochure Les R&#233;volutionnaires devant la Russie. J'ai l'impression d'avoir vu cette analyse dans plusieurs Lutte de Classe . Vous partagez bon nombre des points avanc&#233;s par l'auteur de cette brochure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saviez-vous que le camarade M. &#233;tait actuellement &#224; Paris ? J'aimerais que vous le connaissiez. Je pense qu'il vous serait facile d'&#234;tre d'accord avec lui. Vous m'avez parl&#233; dans votre lettre de l'impossibilit&#233; de toute entente avec V&#233;rit&#233;. Mais vous ne m'avez pas expliqu&#233; tous vos points de divergence. Au lieu de cela, vous vous plaignez de l'absence de tout caract&#232;re r&#233;volutionnaire dans chacune de leurs actions. C'est tout &#224; fait vrai. Car leur manque de compr&#233;hension r&#233;volutionnaire dicte toutes leurs actions, &#224; la fois th&#233;oriques et pratiques. Dans le camarade M., vous trouverez un alli&#233; enthousiaste. Je vous le recommande et, si vous me le permettez, j'insiste pour que vous rencontriez le camarade M. le plus t&#244;t possible. Vous pouvez lui &#233;crire &#224; cette adresse, Sophie Gallienne, 3 rue Lecourbe, Paris XV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;salutations fraternelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avenue Elena Villalobos Viena 19 - Coyoacan Mexique, DF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**] Fernandez Grandizo, alias Munis (1912-1989). Son pamphlet Les R&#233;volutionnaires devant la Russie et le stalinisme mondial est publi&#233; en 1946 par Editorial Revolucion, Mexico.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;David Korner &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris le 18 juin 1948&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici tout d'abord notre situation en quelques mots. Nous avons &#233;t&#233; contraints de suspendre la publication de notre journal car cela a &#233;t&#233; impossible sur la m&#234;me base. Il avait &#233;t&#233; con&#231;u avant tout comme un moyen de lutte et d'&#233;ducation pour l'avant-garde ouvri&#232;re de Renault. Nous esp&#233;rions, partir de l&#224;, sur la base d'un mouvement ouvrier grandissant, d&#233;placer d'autres couches de travailleurs. Mais notre exp&#233;rience de janvier jusqu'au dernier num&#233;ro (n&#176;47) nous a prouv&#233; que l'&#233;chec de la gr&#232;ve de novembre-d&#233;cembre a mis fin &#224; une telle perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;s &#224; la conclusion qu'il fallait changer de formule et nous avons d&#233;cid&#233; de sortir une revue bimestrielle, dans un format plus grand et aussi de la vendre en kiosque. C'est le seul moyen d'atteindre de nouvelles couches et pas seulement celles de la classe ouvri&#232;re. Bien s&#251;r, le contenu doit &#233;galement changer et sera beaucoup plus proche des anciens La Lutte de Classe s ; mais il faut attendre apr&#232;s les vacances car nous avons grand besoin de prendre un peu de repos avant d'entreprendre cette nouvelle t&#226;che ; d'autre part nous sommes aux postes de combat chez Renault pour faire reconna&#238;tre le syndicat. Tu sais de La Voix que le juge de paix a d&#233;clar&#233; que nous devrions &#234;tre autoris&#233;s &#224; nous pr&#233;senter, mais la direction ne tient pas compte du jugement et nous devons nous battre sur ce terrain. Les &#233;lections des d&#233;l&#233;gu&#233;s ont lieu le 30 juin et comme nous n'avons pas le droit de pr&#233;senter nos candidats, nous avons d&#233;cid&#233; de faire comme si de rien n'&#233;tait, de publier notre liste de candidats, de faire notre publicit&#233; et de demander aux travailleurs de voter pour nous. Entre-temps, le juge de paix a fix&#233; au 23 juin le jugement du concours &#233;lectoral d&#233;cid&#233; par la direction et les autres organes syndicaux sans notre accord. Il est probable que nous gagnerons notre cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas l'essentiel est que nous luttions sur tous les fronts, que nos camarades apprennent &#224; se battre par tous les moyens, que nos liens avec les ouvriers se renforcent et que nos cadres augmentent autant en nombre qu'en qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont nos relations avec les groupes minoritaires du PCI ? Nous avons pris contact avec la faction Gallienne et le r&#233;sultat est plus que trompeur. Je pense qu'il y a un malentendu dans leur volont&#233; de scission avec le PCI. Ces camarades ne voient rien &#224; reprocher au PCI quant &#224; son &#171; sens r&#233;volutionnaire &#187;, leur seule pens&#233;e est que la &#171; discussion &#187;sur l'URSS devrait &#234;tre totalement d&#233;cid&#233;. Bien que tr&#232;s petits et sans aucune base ouvri&#232;re, leur premi&#232;re pens&#233;e n'a pas &#233;t&#233; d'acqu&#233;rir une telle base. Quand nous leur avons expliqu&#233; que nous n'avions pas assez de ressources pour mener &#224; bien le travail syndical, publier notre journal et en m&#234;me temps discuter avec &#171; l'avant-garde &#187;, (c'est-&#224;-dire les fragments de petits groupes, les d&#233;bris sans gloire de cette p&#233;riode de cercles de discussion), ils r&#233;torquent qu'&#171; apr&#232;s tout, ils ont tenu compte de l'exp&#233;rience chez Renault &#187;, mais ce travail &#233;tait moins crucial, le plus urgent &#233;tant &#171; d'en finir &#187; avec les petits groupes, de construire une grande f&#234;te etc. Mais si c'est leur m&#233;tier pourquoi commencer par se s&#233;parer du PCI. Mais toute preuve d'un sens r&#233;volutionnaire fait totalement d&#233;faut lorsqu'ils proposent de se retirer de l'activit&#233; ouvri&#232;re chez Renault o&#249; nos camarades m&#232;nent une lutte extr&#234;mement dure qui ne concerne pas seulement l'avenir du mouvement mais leur propre vie. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour &#233;clairer ces camarades et essayer de travailler avec eux autant que possible ; mais nous n'avons pas de grands espoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade vous serait-il possible de contribuer &#233;ventuellement &#224; une Voix bimensuelle avec ou sans votre signature. Ce serait une aide d&#233;cisive pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous prions de nous &#233;crire sur toutes ces questions sans retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recevez cher camarade les salutations les plus chaleureuses de notre organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.Mathieu&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;David Korner &#224; Natalia Sedova&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 29 juin 1949&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re camarade Sedova,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voulais vous &#233;crire depuis longtemps. Mais j'attendais un r&#233;sultat officiel pour donner du poids &#224; nos revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant c'est arriv&#233;. Par notre travail de masse, de propagande et d'agitation au sein de Renault, nous avons r&#233;ussi &#224; faire reconna&#238;tre notre &#171; repr&#233;sentativit&#233; &#187; et notre participation aux &#233;lections des d&#233;l&#233;gu&#233;s (stewards). Nous avons obtenu en moyenne 1 300 voix et 7 d&#233;l&#233;gu&#233;s sur 132 ; cette notice vous en parlera. Ce que je voudrais vous souligner, c'est que cela ne repr&#233;sente pas un &#171; reste &#187; de notre influence de la gr&#232;ve de mai 1947, mais une nouvelle conqu&#234;te, une p&#233;n&#233;tration &#224; l'int&#233;rieur de l'usine hors des d&#233;partements 16 et 18 (o&#249; nous avons 325 voix.) Pour appr&#233;cier ce r&#233;sultat, il faut comprendre qu'il a &#233;t&#233; obtenu dans une p&#233;riode marqu&#233;e par des d&#233;faites ouvri&#232;res qui, comme toujours, m&#234;me si elles montrent &#224; quel point la politique r&#233;volutionnaire &#233;tait juste, ne profitent qu'aux bureaucrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant aussi une base chez Citro&#235;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mener &#224; bien cette t&#226;che, il faut non seulement vaincre les difficult&#233;s &#224; l'int&#233;rieur de l'usine mais aussi vaincre le d&#233;couragement d&#251; &#224; la d&#233;cadence croissante des milieux &#171; r&#233;volutionnaires &#187;. A ce sujet il faut vous dire que nous pensions que le camarade M. &#233;tait comme quelqu'un d'une autre plan&#232;te et que, non seulement nous n'avons pas pu travailler avec lui, mais son s&#233;jour ici n'a rien fait pour am&#233;liorer la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; nos perspectives d'avenir, elles seraient brillantes s'il pouvait y avoir une croissance qualitative rapide des cadres. Etant donn&#233; que nous ne pouvons compter que sur nos propres forces (il n'a m&#234;me pas &#233;t&#233; possible de rencontrer une deuxi&#232;me fois le camarade Rosmer depuis la gr&#232;ve de mai, qui pourtant semblait pourtant approuver notre travail), il nous faut du temps et, compte tenu de la situation mondiale , le temps presse. Cependant, par rapport au pass&#233;, de grands progr&#232;s vont &#234;tre r&#233;alis&#233;s gr&#226;ce &#224; la nouvelle situation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne Lutte de Classes , il ne nous a pas &#233;t&#233; possible de publier beaucoup de num&#233;ros. En r&#233;alit&#233; nous ne sommes que deux &#233;crivains qui &#233;crivons difficilement, et il y a tant de choses &#224; faire pour faire vivre une organisation engag&#233;e dans la lutte quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je serais heureux d'avoir votre avis sur l'article &#034;Qui va unifier l'Europe&#034; (la partie sur l'URSS.) Nous ne n&#233;gligeons jamais la th&#233;orie car elle nous a permis d'avancer sur une base trotskyste (r&#233;volutionnaire). Mais pour la d&#233;velopper, il faut une action r&#233;volutionnaire pratique - et cela n'est possible que sur la base des th&#233;ories &#034;classiques&#034; - qui am&#232;ne de nouvelles conclusions, sinon on tombe in&#233;vitablement dans le plus terne des r&#233;visionnismes. Nous pensons que l'analyse de Trotsky sur l'URSS (en particulier la R&#233;volution trahie) est une &#339;uvre dont on ne peut trouver l'&#233;quivalent qu'en remontant &#224; Marx et Engels. Une analyse de l'URSS depuis 1940 n'est possible que sur cette base. Nous consid&#233;rons l'URSS comme un &#034;&#201;tat ouvrier d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;&#034; dont les traits n&#233;gatifs l'emportent sur les traits positifs, ce que les effets de l'occupation russe de l'Europe centrale et des Balkans rendent concrets. Seul un sursaut r&#233;volutionnaire mondial pourra r&#233;gler d&#233;finitivement la question de la d&#233;fense de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher camarade, permettez-nous &#224; cette occasion de renouveler l'expression de notre vive reconnaissance pour tout ce que votre g&#233;n&#233;ration a fait pour la r&#233;volution socialiste et vous pouvez &#234;tre certain que votre exemple nous incitera &#224; tenir bon co&#251;te que co&#251;te jusqu'&#224; la fin finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez accepter, ch&#232;re camarade Sedova, nos salutations fraternelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Korner&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment Barta explique en 1954 l'&#233;chec de son groupe r&#233;volutionnaire, l'Union Communiste</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8230</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8230</guid>
		<dc:date>2023-02-17T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ve Strike</dc:subject>
		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Barta</dc:subject>
		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalism - le syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>1943-1947</dc:subject>
		<dc:subject>Parti r&#233;volutionnaire - Revolutionnary party</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>
		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment Barta explique en 1954 l'&#233;chec de son groupe r&#233;volutionnaire, l'Union Communiste, malgr&#233; des succ&#232;s marquants dans la classe ouvri&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt;
Note : le groupe trotskiste UC (dirig&#233; par Barta), bien que tout petit, a anim&#233; la gr&#232;ve Renault en 1947, enlevant &#224; PCF-CGT et autres appareils anti-ouvriers la direction de la lutte, obligeant le PCF &#224; quitter le gouvernement, contest&#233; le monopole des stalinien &#224; Renault en mettant en place un syndicat d&#233;mocratique, le SDR, reconnu des ouvriers, et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment Barta explique en 1954 l'&#233;chec de son groupe r&#233;volutionnaire, l'Union Communiste, malgr&#233; des succ&#232;s marquants dans la classe ouvri&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Note : le groupe trotskiste UC (dirig&#233; par Barta), bien que tout petit, a anim&#233; la gr&#232;ve Renault en 1947, enlevant &#224; PCF-CGT et autres appareils anti-ouvriers la direction de la lutte, obligeant le PCF &#224; quitter le gouvernement, contest&#233; le monopole des stalinien &#224; Renault en mettant en place un syndicat d&#233;mocratique, le SDR, reconnu des ouvriers, et pourtant le groupe scissionne ensuite et &#233;choue dans ses propres buts d'influence r&#233;volutionnaire dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Efficacit&#233; et limites de initiative r&#233;volutionnaire &#187;, Barta, 1954&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apparemment le SDR dispara&#238;t apr&#232;s l'&#233;chec aux &#233;lections de d&#233;l&#233;gu&#233;s de 1950 quand le syndicat recueille &#224; peu pr&#232;s 500 voix au lieu de 1.300 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Mais en r&#233;alit&#233; si cela &#233;tait vrai, la chose serait tr&#232;s simple et ne demanderait pas beaucoup d'explications, mais l'opinion la plus r&#233;pandue c'est en effet que du succ&#232;s gr&#233;viste de 1947 jusqu'en 1950 le syndicat continue &#224; perdre du terrain et finit par dispara&#238;tre. L'image d'une flamb&#233;e r&#233;sume cette opinion. Mais rien n'est plus contraire &#224; la r&#233;alit&#233; : le syndicat conquiert constamment... il dispara&#238;t juste au moment o&#249; il remporte les deux plus grands succ&#232;s. C'est cela qui demande une explication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.300 voix en 1949, ce n'est pas un reste d'influence de 47, mais le fruit d'un travail acharn&#233; et d'une tactique nouvelle &#233;labor&#233;e de 47 &#224; 49. (L'influence n&#233;e de la gr&#232;ve disparaissant pratiquement par le tournant stalinien octobre-novembre 47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi le SDR malgr&#233; ses succ&#232;s constants (attest&#233;s par chiffres et faits) a-t-il disparu, qui plus est apr&#232;s avoir remport&#233; deux succ&#232;s d&#233;cisifs (1.300 voix et 24 novembre). Nous nous trouvons devant ce paradoxe le SDR disparaissant au sommet de ses plus grands succ&#232;s. Il n'y eut pas de revirement ouvrier se traduisant par reflux, 1.300 voix &#224; 500, mais scission, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scission SDR. D&#233;l&#233;gu&#233;s 4/7. Journaux diff&#233;rents. Conflit ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous analysons ici les contradictions qui ont amen&#233; la scission et la fin du SDR et de l'UC, l'un se confondant avec l'autre de 47 &#224; 49, en laissant de c&#244;t&#233; les positions prises par chacun dans cette crise et portant les responsabilit&#233;s respectives. Le manque de s&#232;ve qui provoqua la scission et la fin, quels qu'en soient les responsables, car si d'en bas et lat&#233;ralement l'organisation avait re&#231;u des forces nouvelles de toutes fa&#231;ons des militants d&#233;faillants, quel qu'ait &#233;t&#233; leur travail, auraient &#233;t&#233; remplac&#233;s, comme ce fut le cas avec la scission d&#233;but 46 qui n'emp&#234;cha nullement l'organisation d'accomplir sa mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SDR ne finit pas en juin 50 parce qu'il ne recueille que 500 voix, il ne recueille que 500 voix que parce qu'apr&#232;s scission. La scission devient d&#233;finitive apr&#232;s le succ&#232;s du 24 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contradiction capitale : l'activit&#233; &#233;tait men&#233;e &#224; l'&#233;chelle d'un syndicat d'usine (bien que r&#233;volutionnaire) mais il fallait &#233;laborer la tactique et la strat&#233;gie comme &#224; l'&#233;chelle de la nation, ce qui &#233;tait donc impossible &#224; r&#233;aliser par une &#233;quipe d'ouvriers d'usine quelles qu'auraient &#233;t&#233; leurs qualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : Chambre des d&#233;put&#233;s, cela d&#233;passait l'horizon de l'&#233;quipe, les conflits n'&#233;taient solubles que par des succ&#232;s constants. Car ce n'&#233;tait pas par l'appareil syndical produit par l'usine que nous vivions ; mais par des initiatives constantes justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force d&#233;cisive de l'UC, c'est-&#224;-dire du syndicat, c'&#233;tait sa capacit&#233; d'exprimer &#224; chaque &#233;tape et pendant tout le temps que s'est exerc&#233;e son action le point de vue prol&#233;tarien, selon les int&#233;r&#234;ts de sa masse, au niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un langage toujours clair, non pas en fonction des antagonismes de l'UC avec les autres organisations se r&#233;clamant de la classe ouvri&#232;re, mais au point de vue de la masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er des cadres nouveaux face aux appareils de trahison, impossible sans croissance r&#233;volutionnaire du mouvement ouvrier. De m&#234;me que la social-d&#233;mocratie, cadavre puant depuis 1914, continue de subsister en tant que parti ouvrier de collaboration avec la bourgeoisie, de m&#234;me que le stalinisme, sans croissance r&#233;volutionnaire de la classe ouvri&#232;re empoisonnera encore longtemps le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun des cadres de l'opposition LdC, cadres qui constituent le SDR, n'&#233;tait avant la constitution de cette opposition ouvrier d'usine ; aucun sans exception. D'origine : 2 employ&#233;s SNCF, une couturi&#232;re, un technicien, quelques &#233;tudiants, un seul O.S., mais dont le r&#244;le ne fut pas d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait la pr&#233;sence hebdomadaire de la totalit&#233; des membres de l'UC aux r&#233;unions SDR pour r&#233;soudre non seulement les t&#226;ches politiques et tactiques, mais &#233;galement les t&#226;ches organisationnelles de liaison avec l'usine, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activit&#233; d&#233;ploy&#233;e &#233;tait celle d'une &#233;quipe sur le pied de bataille et non pas le train-train des r&#233;unions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de Mai telle qu'elle a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e n'&#233;tait pas par hasard d&#233;clench&#233;e par des camarades dans l'usine, mais fruit d'un travail acharn&#233; pr&#233;cis&#233;ment en vue de ce but et sous cette forme. D'un c&#244;t&#233; travail organisationnel (opposition syndicale LdC), de l'autre : citation LdC au sujet gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le long de son existence le syndicat fonctionne par la pr&#233;sence hebdomadaire de l'UC. Sur 12 ou 15 pr&#233;sents (sauf exception) la moiti&#233; sont du dehors comme l'&#233;taient les autres avant d'entrer en usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le syndicat ne peut vivre que par l'appui organisationnel, sinon seul, mais par l'appui id&#233;ologique, strat&#233;gique, tactique &#233;crit du journal ou moindre tract des camarades de l'ext&#233;rieur, mais aussi par le travail d'usine des &#233;l&#233;ments du dehors (&#233;tudiants ou autres) maintenant le contact du SDR par visites &#224; domicile, &#224; la porte de l'usine, avec sympathisants de l'usine, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique r&#233;volutionnaire juste existait ; elle est prouv&#233;e par les succ&#232;s de masse pendant plusieurs ann&#233;es par un groupe d'une dizaine de camarades contre des ennemis disposant d'appareils qui, jusqu'alors, avaient pu &#233;touffer toute autre opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan des succ&#232;s pendant des ann&#233;es. Comment expliquer la disparition ? El&#233;ments employ&#233;s, etc... Le s&#233;jour en usine finit par leur enlever les &#034;illusions&#034; r&#233;volutionnaires... Appui incomplet des travailleurs : &#034;c'est tr&#232;s bien, continuez&#034; mais sans proposition de diffuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caract&#232;re incomplet de l'appui rencontr&#233; dans la classe ouvri&#232;re. D'un c&#244;t&#233;, d&#232;s 45, les ouvriers emp&#234;ch&#232;rent les matraqueurs du PCF d'assommer nos camarades, bien qu'ils re&#231;urent souvent des horions, et leur permirent de s'accrocher au terrain (Gn&#244;me &amp; Rh&#244;ne, Renault, Citro&#235;n). Soutien de l'action de l'action de masse. Cadre de la gr&#232;ve : la gr&#232;ve trouvant son noyau d'&#233;l&#233;ments frais, jeunes d'usine, mais par ailleurs pas de diffuseurs pour la presse, pas de cadres SDR, pas de votes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;l&#233;ments les plus conscients de l'usine ne s'&#233;lev&#232;rent pas, ne fut-ce qu'au niveau du SDR (syndicalisme sur des bases r&#233;volutionnaires, seul syndicalisme honn&#234;te possible &#224; notre &#233;poque), nous nous heurt&#226;mes de plus &#224; l'hostilit&#233; presque physique des &#233;l&#233;ments PCI qui aboy&#232;rent avec les dirigeants PCF contre nous, en nous accusant d'&#234;tre des diviseurs, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous n'avons pas ralli&#233; l'opposition aux staliniens, ce n'est pas parce que nous &#233;tions incapables, mais parce que celle-ci n'existait pas dans les actes. Les militants ouvriers &#034;vieux&#034; d'avant-guerre, ne se montr&#232;rent actifs, ni dans la gr&#232;ve, ni ensuite, soit fatigu&#233;s, soit d&#233;go&#251;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attitude des ouvriers vis-&#224;-vis du SDR. Si les travailleurs suivent les appels du SDR, sans exception, rencontrent des succ&#232;s aupr&#232;s des ouvriers, en soulignant telle revendication, mot-d'ordre pr&#233;conisant telle attitude ou d&#233;fendre une situation qui... organisationnellement et &#233;lectoralement la situation change. Par contre les ouvriers susceptibles de renforcer l'organisation (sympathisants, militants, diffuseurs). Les uns accusent le SDR de faire de la politique, les autres du syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de gr&#232;ve organisationnellement c'&#233;tait l'usine, compos&#233; dans sa grande majorit&#233; d'&#233;l&#233;ments surgis avec la lutte (simultan&#233;ment presque) la pr&#233;c&#233;dant seulement de quelques jours, ne s'&#233;tant pas manifest&#233;e auparavant de mani&#232;re importante. Le SDR fut l'UC plus cela pendant quelques mois, ensuite l'UC seule avec quelques &#233;l&#233;ments rest&#233;s quand les autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons plus &#224; faire socialement au prol&#233;tariat d'avant 38 et &#224; plus forte raison &#224; celui d'avant 14. Des couches importantes de travailleurs, surtout dans la p&#233;riode 45-48, cons&#233;quence directe de la guerre, descendent par pas mal de c&#244;t&#233;s au niveau balkanique (la gr&#232;ve a &#233;t&#233; une gr&#232;ve de manoeuvres et d'OS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;s&#233;quilibre cadres - influence fut combl&#233; par une multiplication... &#034;interdiction de mourir ou de tomber malade sous peine d'exclusion&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine ne nous fournit ni cadres syndicaux, &#224; peine quelques cotisants talonn&#233;s par nos militants. En revanche l'organisation par ses initiatives mobilisa les travailleurs, maintint la d&#233;mocratie, imposa aux staliniens...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SDR ne repr&#233;sentait pas, comme il le semblait vu de l'ext&#233;rieur, une croissance de la gr&#232;ve qui alla jusqu'&#224; donner naissance &#224; une organisation non stalinienne, non r&#233;formiste qui n'existait pas auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SDR c'&#233;tait une organisation d&#233;j&#224; existante et pr&#233;par&#233;e de longues ann&#233;es &#224; l'avance. A aucun moment organisationnellement il ne fut autre chose : non seulement en ce sens qu'id&#233;ologiquement et politiquement c'est l'organisation (UC) qui avait pr&#233;par&#233; &#224; la gr&#232;ve qui d&#233;termina toute sa physionomie, mais en ce sens tragique que les apports organisationnels de la gr&#232;ve furent si minimes que nous n'e&#251;mes num&#233;riquement et qualitativement que 25% environ de gens apport&#233;s par la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrait-on imputer ce manque de cadres venant de l'usine, &#224; l'organisation, ses m&#233;thodes... Il est &#233;vident que non, car il ne peut y avoir de contradiction absolue entre des succ&#232;s r&#233;volutionnaires, politiques, syndicaux d'une organisation et sa politique organisationnelle. L'histoire des cadres de l'UC du reste prouve au contraire que c'&#233;tait l&#224; ses premiers points forts, les m&#233;thodes organisationnelles de l'UC. Points forts qui pr&#233;cis&#233;ment d&#233;termin&#232;rent une diff&#233;rence essentielle avec les autres organisations &#034;oppositionnelles&#034; et qui lui permirent d'affronter avec succ&#232;s la p&#233;n&#233;tration des usines et la conqu&#234;te de la sympathie ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la gr&#232;ve et l'activit&#233; du SDR qui nous r&#233;v&#233;l&#232;rent les m&#233;thodes de travail et les objectifs &#224; atteindre. Les m&#233;thodes et les objectifs avaient &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s de 45 &#224; 47 et la gr&#232;ve ne fit que consacrer ces m&#233;thodes, tout en les enrichissant naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n 'y eut pas de croissance organisationnelle de bas en haut vers le syndicat. Ce sont les cadres &#233;duqu&#233;s par l'UC qui s'av&#232;rent les seuls capables d'accomplir des t&#226;ches syndicales dans les conditions de 1947 c'est-&#224;-dire en opposition compl&#232;te, par cons&#233;quent violente et ill&#233;gale, vis-&#224;-vis de l'appareil c&#233;g&#233;tiste qui se manifestait d'une fa&#231;on totalitaire &#224; l'&#233;gard des ouvriers et des opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re p&#233;riode une poign&#233;e de militants form&#233;s dans les circonstances sp&#233;ciales de l'occupation r&#233;ussissent par une politique juste &#224; utiliser la scission morale profonde entre dirigeants et masse ouvri&#232;re et des succ&#232;s leur assurent la coh&#233;sion morale n&#233;cessaire &#224; la lutte, malgr&#233; des d&#233;fections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me phase le non renouvellement des cadres provoque l'usure physique et morale malgr&#233; des succ&#232;s bien plus importants. Il fallait vivre r&#233;volutionnairement au milieu d'organisations non r&#233;volutionnaires et malgr&#233; appui ouvrier.... etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part deux militants dont les d&#233;buts politiques remontent &#224; 31, 33 aucun militant du SDR au moment de la gr&#232;ve ne poss&#232;de une exp&#233;rience de plus de 2 ou 3 ann&#233;es de travail ouvrier s&#233;rieux. Tous sont des jeunes, physiquement et politiquement, ayant commenc&#233; leur &#233;ducation intellectuelle en 42-43 et politique et syndicale en 45 - par le travail syndical d'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut tout red&#233;couvrir chemin faisant : comment r&#233;diger un tract etc... ce fut un tr&#232;s long apprentissage pour les &#034;vieux&#034; pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la gr&#232;ve et du SDR est le fruit de cette opposition syndicale, travail de l'UC depuis 45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But : descendre au plus pr&#232;s de la masse O.S., manoeuvres. Les militants de l'opposition syndicale LdC et du SDR &#233;taient en majorit&#233; hors de l'usine (porte &#224; porte, ventes, discussions, liaisons, etc..).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le noyau qui entreprit le travail ouvrier est un noyau d'intellectuels. Ce sont eux qui pr&#233;conisent et mettent au point le travail d'usine avant que le noyau prol&#233;tarien (&#233;duqu&#233; par eux) en ait la moindre id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier succ&#232;s de l'organisation fut la cr&#233;ation de ce noyau prol&#233;tarien dont la majorit&#233; &#233;tait loin d'&#234;tre des militants de vocation. Initiative permanente des vieux... Gr&#232;ve et SDR non pas une circonstance fortuite, utilisation, d'un mouvement qui surgit, mais pr&#233;paration et pr&#233;vision de longue haleine, fruit d'initiatives ant&#233;rieures, cr&#233;ation de cadres ouvriers (&#233;ducation organisation etc..) conqu&#234;te de la libert&#233; (d&#233;mocratie d'usine, agitation individuelle, ventes, mobilisation pour protection).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas assurer ind&#233;finiment avec succ&#232;s un travail de masse &#224; tendance num&#233;riquement faible qui se limite &#224; une seule usine. Car les cadres de la tendance et les &#233;l&#233;ments &#233;clair&#233;s de la classe ouvri&#232;re ont besoin d'&#234;tre nourris id&#233;ologiquement et soutenus &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Efficacit&#233; des cadres qui donn&#232;rent le meilleur d'eux-m&#234;mes sur la base historique donn&#233;e, mais limit&#233;s par leur manque d'exp&#233;rience r&#233;volutionnaire d'une part, et de l'absence presque totale de s&#232;ve leur venant de la classe ouvri&#232;re, et surtout de s&#232;ve r&#233;volutionnaire provenant de l'&#233;mulation avec d'autres organisations r&#233;volutionnaires. Mais dans la mesure o&#249; la classe ouvri&#232;re r&#233;pond favorablement &#224; notre travail de 45 &#224; 50 les cadres y trouvent l'appui moral indispensable pour d&#233;ployer le meilleur d'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les premiers succ&#232;s vis-&#224;-vis de la classe ouvri&#232;re permettent &#224; l'organisation de moralement subsister, &#224; la longue l'appui incomplet venant d'en bas et l'atmosph&#232;re irrespirable entre diff&#233;rentes tendances (manque de milieu r&#233;volutionnaire qui ne saurait &#234;tre celui d'une organisation m&#234;me s'il ne s'&#233;tait agi d'une petite mais d'une grande organisation), provoqua l'&#233;mulation en sens inverse. Scission 35% avant gr&#232;ve de mai, s'&#233;levant contre le travail ouvrier sans but, sans r&#233;sultat. Si la gr&#232;ve avait tard&#233;, il est probable que l'organisation n'aurait pas pu continuer l'effort en direction Renault. La disparition lui interdisait tout avenir. Conqu&#233;rir une influence de masse &#233;tait la premi&#232;re &#233;tape d'un travail r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 49, d&#233;cision de sortir les militants de l'usine pour leur permettre de respirer, mais la reconnaissance du syndicat obligea de rester. Deux genres de mort. La sortie des militants &#233;tait en fait un renoncement, la fin du SDR, que seule la reconnaissance, obtenue par les efforts depuis 47, retarda. D&#233;lai fix&#233;, m&#234;me dilemme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les appareils staliniens et r&#233;formistes sont incapables d'emp&#234;cher la classe ouvri&#232;re de se mettre en branle quand elle prend conscience que c'est la seule voie, ils sont par contre parfaitement capables de saboter et d'emp&#234;cher que les travailleurs se renforcent dans le combat. Ils tarissent &#224; la source m&#234;me pour les tendances r&#233;volutionnaires authentiques les possibilit&#233;s de se renforcer, de cro&#238;tre, etc..&lt;br class='autobr' /&gt;
En quatre ans de luttes gr&#233;vistes formidables, les travailleurs ont &#233;vit&#233; le pire, emp&#234;ch&#233; le totalitarisme gouvernemental et ouvrier de s'installer, mais ils se sont en m&#234;me temps us&#233;s [**] et ne prirent pas de grandes initiatives r&#233;volutionnaires. Ex. Renault, qui n'entra&#238;na pas tout de suite... gr&#232;ve surgissant ensemble de la m&#234;me fa&#231;on que chez Renault, S.N.C.F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avantage d&#233;cisif de notre explication, outre qu'elle est bas&#233;e sur des faits mat&#233;riels incontestables, c'est qu'elle n'est pas une explication &#224; posteriori. A chaque &#233;tape nous savions les dangers qui nous mena&#231;aient et nous savions d'avance ce qui nous est arriv&#233;, faute de pouvoir les surmonter r&#233;volutionnairement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience UC (Opposition Lutte de Classes) prouve que ce n'est pas la classe ouvri&#232;re qui est stalinienne ou social-d&#233;mocrate, qu'elle est incapable de comprendre et d'accepter une direction r&#233;volutionnaire. La classe ouvri&#232;re est pr&#234;te &#224; accepter et &#224; suivre une telle direction, dans la mesure o&#249; cette direction existerait et prouverait ses capacit&#233;s r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience prouve que c'est l'avant-garde ouvri&#232;re (nous entendons par l&#224; les ouvriers les plus avanc&#233;s et les plus d&#233;cid&#233;s) qui ne peut se hausser &#224; un niveau v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire, constituer des cadres v&#233;ritablement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce double fait contradictoire s'explique, croyons-nous, d'un c&#244;t&#233; par la crise profonde du r&#233;gime et la chute du niveau de vie &#8211; et d'un autre c&#244;t&#233; par la persistance de la mentalit&#233; individualiste du temps de la &#034;prosp&#233;rit&#233;&#034; capitaliste. Les meilleurs &#233;l&#233;ments, au bout de quelques ann&#233;es d'activit&#233; r&#233;volutionnaire, finissent par abandonner ou acqu&#233;rir une mentalit&#233; &#034;au-dessus&#034; des ouvriers du rang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UC cr&#233;e le SDR non pas en raison d'une orientation strat&#233;gique g&#233;n&#233;rale - par exemple solution du probl&#232;me syndical par la cr&#233;ation du syndicat autonome &#8211; mais pour r&#233;soudre un probl&#232;me pr&#233;cis. Il fallait fournir &#224; l'avant-garde ouvri&#232;re surgie par et avec la gr&#232;ve, un point d'appui organisationnel pour poursuivre la lutte contre le stalinisme et le r&#233;formisme, cette lutte ne pouvant pas, comme au temps de l'Opposition Lutte de Classes du reste, &#234;tre men&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de la CGT (refus de la direction CGT de reconna&#238;tre la nouvelle direction des d&#233;partements 6-18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette avant-garde issue de la gr&#232;ve disparut apr&#232;s Novembre-D&#233;cembre 1947 (tournant stalinien) &#224; la fois pour des raisons objectives - sabotage du mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Mai jusqu'&#224; Octobre-Novembre par les stalino-r&#233;formistes, &#8211; et pour des raisons subjectives (le tournant stalinien r&#233;concilia la CGT avec ses &#233;l&#233;ments qui avaient tendance &#224; s'&#233;manciper de son contr&#244;le dans le p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente). Seuls quelques &#233;l&#233;ments furent assimil&#233;s par l'organisations, pas par le syndicat. L'id&#233;ologie d&#233;coulant ou servant de base &#224; l'activit&#233; syndicale proprement dite s'av&#233;ra incapable de servir de support &#224; l'action syndicale elle-m&#234;me, cette activit&#233; syndicale ayant acquis, comme Trotsky l'a bien fait ressortir, un caract&#232;re &#233;minemment r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de l'avant-garde gr&#233;viste de Mai nous place &#224; nouveau devant un dilemme, semblable &#224; celui de l'Opposition Lutte de Classes : assumer nous-m&#234;mes directement la responsabilit&#233; du SDR, &#234;tre le SDR &#224; la place des &#233;l&#233;ments d'usine, ou renoncer &#224; une activit&#233; de masse, inconcevable sans l'activit&#233; syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une croissance r&#233;volutionnaire aurait permis de r&#233;soudre le probl&#232;me, l'activit&#233; syndicale nous permettant de maintenir le contact avec les masses sans que nous soyons absorb&#233;s par cette activit&#233; syndicale. Nous avons d&#251; &#234;tre le SDR non pas en ce sens que c'est nous qui devions trouver la tactique et la strat&#233;gie du syndicat. Le SDR et m&#234;me le Comit&#233; de gr&#232;ve, y compris nos militants en faisant partie, ne pouvaient &#233;videmment &#233;laborer seuls la strat&#233;gie et la tactique &#8211; et cela est normal. Ce n'est pas cela qu'on demande &#224; un syndicat ou &#224; un comit&#233; de gr&#232;ve, m&#234;me &#224; l'&#233;chelle Renault. Ce qu'on leur demande, c'est qu'ils appliquent correctement et en l'assimilant la politique ouvri&#232;re r&#233;volutionnaire, que seule une organisation s'&#233;levant au niveau national et international pouvait &#233;laborer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'UC d&#251;t &#234;tre le SDR aussi en ce qui concerne l'apport qui devait venir de l'usine. L'usine aurait d&#251; nous fournir l'armature ouvri&#232;re militante du syndicat. L'UC devint &#224; tel point le SDR, qu'&#224; un moment donn&#233; elle d&#251;t renoncer &#224; sa presse sp&#233;cifique pour ne plus &#233;diter que le bulletin SDR. Nous esp&#233;rions fermement que le probl&#232;me serait r&#233;solu &#224; la longue par la croissance r&#233;volutionnaire. Un groupe si faible num&#233;riquement n'a pu accomplir les t&#226;ches qu'il a accomplies qu'anim&#233; par une forte volont&#233; r&#233;volutionnaire au niveau de sa politique r&#233;volutionnaire. Le nombre de ses publications, des tracts, la quantit&#233; de travail purement mat&#233;riel fourni par lui, sont &#233;normes par rapport au faible nombre. C'&#233;tait un combat de tous les jours, et tout tenait &#224; un fil qui ne pouvait pas ne pas casser. A tel point, que nous avions l'habitude, en &#034;plaisantant&#034;, de sp&#233;cifier qu'il &#233;tait interdit de tomber malade ou de mourir, sous peine d'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les id&#233;es et la direction r&#233;volutionnaire que la classe ouvri&#232;re a refus&#233;es ; ce qui a manqu&#233;, ce sont les ouvriers conscients qui dans les conditions &#034;occidentales&#034; ne peuvent se hausser &#224; l'activit&#233; r&#233;volutionnaire constante (voir &#224; ce sujet &#034;Souvenirs&#034; de Kroupska&#239;a : &#034;sans ouvriers capables de mourir pour leur cause... pas de parti r&#233;volutionnaire...&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Opposition Lutte de Classes et le SDR ne furent pas le fruit de la fraction ouvri&#232;re de l'Union Communiste, mais la fraction ouvri&#232;re de l'UC y compris l'Opposition Lutte de Classes et le SDR furent le fruit de l'orientation fondamentale de l'UC (voir rapport 1941). Le noyau ouvrier fut &#233;duqu&#233; dans ses t&#226;ches r&#233;volutionnaires et sp&#233;cifiquement ouvri&#232;res par le noyau intellectuel r&#233;volutionnaire de l'UC qui jeta les bases th&#233;oriques et organisationnelles de l'UC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit-on consid&#233;rer le SDR comme un nouvel &#233;chec d'une petite organisation tentant d'&#233;manciper les ouvriers du stalinisme et de la social-d&#233;mocratie ? Rien n'est plus contraire &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du SDR n'est pas l'&#233;chec d'une petite organisation incapable d'exploiter jusqu'au bout un premier succ&#232;s (Avril 1947). Comme nous l'avons vu, la gr&#232;ve de Mai de m&#234;me que l'Opposition Lutte de Classes, le SDR et ses succ&#232;s, tout cela a &#233;t&#233; arrach&#233; de haute lutte par une petite organisation, en d&#233;pit des circonstances insuffisamment favorables &#224; l'obtention de grands succ&#232;s si sa volont&#233; avait &#233;t&#233; moins forte, sa politique moins p&#233;n&#233;trante, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin du SDR c'est la limite trac&#233;e par l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; et de la classe ouvri&#232;re devant l'initiative r&#233;volutionnaire la plus efficace qu'on ait connue en Occident jusqu'&#224; l'heure actuelle. L'UC, le SDR, loin de b&#233;n&#233;ficier par ailleurs de l'appui des autres oppositionnels, des r&#233;volutionnaires comme le PCI par exemple, furent sabot&#233;s politiquement et quelquefois organisationnellement par ces soi-disant r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve, elle, fournit ses propres cadres. Sans quoi elle n'eut pas &#233;t&#233; une v&#233;ritable gr&#232;ve surgie du plus profond de la classe ouvri&#232;re. Mais ces cadres ne dur&#232;rent que ce que dura l'&#233;tat d'esprit gr&#233;viste surgi d'en bas en opposition avec les directions syndicales. Des &#233;l&#233;ments chang&#232;rent de d&#233;partement, d'autres chang&#232;rent d'usine, certains, repentis, revinrent &#224; la CFTC ou &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Origine sociale des militants entr&#233;s en usine : militants les plus actifs, deux employ&#233;s SNCF, un p&#226;tissier, un technicien, une couturi&#232;re, un jeune sans profession fils d'artisan, un &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te des usines se fait de l'ext&#233;rieur vers l'int&#233;rieur et politiquement (syndicalement) et organisationnellement (camarades entr&#233;s). Jamais, aussi bien avant qu'apr&#232;s la gr&#232;ve de Mai, nous ne trouvons &#224; l'int&#233;rieur de l'usine un appui organisationnel direct (&#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires adh&#233;rant &#224; l'organisation) &#8211; appuis de toutes sortes selon les circonstances, mais s'arr&#234;tant l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette conqu&#234;te des usines de l'ext&#233;rieur &#224; l'int&#233;rieur ? But fondamental de l'organisation : rapport 41. Pr&#233;vision du mouvement gr&#233;viste et ses cons&#233;quences, Lutte de Classes, &#034;Thorez hors du gouvernement&#034; et &#034;Le moindre mal&#034;. Organisationnellement : camarades entr&#233;s, et dilemme. Quelle a &#233;t&#233; l'attitude personnelle de chaque &#233;l&#233;ment dans le d&#233;clenchement de la crise, et la rupture intervenue ? Cela est une autre question, qui peut &#234;tre &#233;tudi&#233;e sur la base de documents, des attitudes prises en pr&#233;sence des t&#226;ches. Nous voulons expliquer ici que la crise &#233;tait in&#233;vitable par l'impossibilit&#233; de recruter et de renouveler les cadres, nourrir l'organisation de s&#232;ve prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la gr&#232;ve et le mouvement gr&#233;viste d'avril &#224; novembre, les travailleurs d'usine formant le comit&#233; de gr&#232;ve agissant au sein du SDR d&#233;pass&#232;rent quelquefois en activit&#233; et &#233;nergie certains de nos militants. La masse cent fois plus &#224; gauche (L&#233;nine) (mais tr&#232;s limit&#233; dans le temps). Le rapport de 1941 posait comme objectif fondamental de l'organisation la fusion r&#233;volutionnaire avec la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attitude prise par chacun appartient &#224; l'histoire int&#233;rieure de l'UC Mais l'UC ne pouvait pas vivre, c'est-&#224;-dire se d&#233;velopper, faute de trouver une avant-garde r&#233;volutionnaire dans la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appuy&#233;e sur la volont&#233; de r&#233;sistance ouvri&#232;re aux conditions morales et &#233;conomiques que la bourgeoisie imposa &#224; la &#034;Lib&#233;ration&#034; aux travailleurs avec l'aide des staliniens et des social-d&#233;mocrates, une poign&#233;e de militants agissant sur des bases r&#233;volutionnaires put infliger des coups s&#233;rieux aux social-tra&#238;tres et arracher partiellement les ouvriers &#224; leur influence, dans certaines usines parisiennes. Cette action efficace culmina dans la gr&#232;ve Renault d'Avril-Mai 1947 et dans l'action du SDR qui infligea de rudes coups au totalitarisme stalinien et &#224; la collaboration de classes FO A l'&#233;chelle d'une exp&#233;rience de laboratoire l'Union Communiste (trotskyste) a donc apport&#233; la preuve, pensons-nous, de l'efficacit&#233; de l'initiative v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire face au totalitarisme stalinien, dont la &#034;toute-puissance&#034; s'av&#233;ra inop&#233;rante d&#232;s qu'il n'eut plus devant lui des opposants de tendance ouvri&#232;re conservatrice de par ses tendances th&#233;oriques, ou en fait, malgr&#233; des th&#233;ories &#034;r&#233;volutionnaires&#034; (par ex. PCI toujours &#224; la remorque des initiatives staliniennes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette forte volont&#233; ouvri&#232;re de r&#233;sistance &#8211; sur laquelle &#233;tait bas&#233;e toute la strat&#233;gie et tactique de l'UC avant 47 (voir nombreux articles, notamment Le moindre mal) fut telle, que la classe ouvri&#232;re entra en lutte avec ou sans initiative r&#233;volutionnaire pr&#233;m&#233;dit&#233;e &#8211; comme ce fut le cas chez Renault (Villeneuve St. Georges m&#234;me ann&#233;e, ph&#233;nom&#232;ne identique, avec la base syndicale comme pointe avanc&#233;e). Cette volont&#233; de r&#233;sistance fut suffisante pour amener la classe ouvri&#232;re &#224; la r&#233;sistance gr&#233;viste m&#234;me sans direction centrale (direction &#224; la base seulement) contre leurs propres directions au sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la volont&#233; ouvri&#232;re fit compl&#232;tement d&#233;faut &#224; la cr&#233;ation de nouvelles organisations prol&#233;tariennes. Malgr&#233; la sympathie rencontr&#233;e par l'UC et malgr&#233; son efficacit&#233; dans la lutte de masses (qui dut &#234;tre men&#233;e sans interruption depuis la gr&#232;ve jusqu'&#224; la disparition du SDR), jamais l'apport organisationnel venant d'en bas ne suffit &#224; combler (&#224; plus forte raison permettre le d&#233;veloppement) les pertes en &#233;nergie et fatigue physique provoqu&#233;es par le combat. Car c'&#233;tait un combat de tous les jours. Le d&#233;calage est d&#233;cisif entre l'influence dans les conflits (toujours d&#233;terminante par l'attitude prise) et l'influence morale dans la masse &#224; chaque moment &#8211; votes syndicaux (&#233;lections 47, 48, 49 etc.) &#8211; soutien organisationnel (diffusions, souscriptions, etc.), organisation (adh&#233;rents etc.), militantisme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;calage emp&#234;che &#224; la longue l'organisation de survivre, malgr&#233; son action objectivement efficace dans les luttes ouvri&#232;res. L'initiative r&#233;volutionnaire trouve dans le conservatisme de moeurs, social (des ouvriers &#034;avanc&#233;s&#034;) des limites impossibles &#224; franchir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[*] Barta &#233;crit &#224; leur propos, le 16.03.1976 : &#034;...J'avais r&#233;dig&#233; pour Monatte, qui voulait un article pour la R&#233;volution Prol&#233;tarienne, des notes (elles sont chez Louise) que P&#233;ret a lues (la Mise au point en reprend l'id&#233;e de base) J'avais donn&#233; un titre tr&#232;s important &#224; ce projet d'article : &#034;Efficacit&#233; et limites de l'initiative r&#233;volutionnaire&#034;... P&#233;ret l'a trouv&#233; &#034;pessimiste&#034;. Mais en politique &#034;pessimiste&#034;, &#034;optimiste&#034; ne veulent strictement rien dire. Seuls les objectifs qu'on se fixe et les moyens qu'on met en action pour les atteindre ont une signification...&#034; (extrait d'une lettre &#224; J.P. B.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[**] Equivoque : gr&#232;ves 51-53 prouvent le contraire. Pr&#233;ciser : efforts r&#233;volutionnaires des ouvriers &#233;duqu&#233;s insuffisants, et non pas des masses. La lutte ne peut pas &#034;user&#034; les masses, au contraire. Mais il en va autrement pour les individus. [Note de Barta]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1943/07/barta_rapp43.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ce qu'&#233;taient les bases politiques et organisationnelles de l'UC (Union Communiste) de Barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique de Barta dans la gr&#232;ve Renault de 1947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/06/sdr_060848.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique de Barta avec la fondation du syndicat SDR&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1949/06/sdrns_060949.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1947/07/sdr88_070747.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire encore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1972/08/mise_point.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le bilan de Barta&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/barta/1948/09/sdr14_091448.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conclusion : la n&#233;cessit&#233; de l'organisation des travailleurs par eux-m&#234;mes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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