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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>&#034;La question n&#232;gre&#034; par CLR James</title>
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		<dc:date>2026-02-16T23:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>C. L. R. James</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La question n&#232;gre &lt;br class='autobr' /&gt;
Par CLR James &lt;br class='autobr' /&gt;
1943 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot198" rel="tag"&gt;C. L. R. James&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par CLR James&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1943&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement historique des N&#232;gres dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historique de la question n&#232;gre et du mouvement r&#233;volutionnaire am&#233;ricain, en g&#233;n&#233;ral, ainsi que celui du mouvement trotskyste, en particulier, rend actuellement n&#233;cessaire l'examen, m&#234;me bref, du r&#244;le des n&#232;gres dans le d&#233;veloppement politique de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1776, les masses n&#232;gres ne jouaient aucun r&#244;le primordial et la r&#233;volution aurait eu le d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral qu'elle a eu effectivement, m&#234;me si pas un n&#232;gre n'avait v&#233;cu aux Etats-Unis. Cependant, d&#232;s que commen&#231;a la lutte r&#233;volutionnaire, les n&#232;gres oblig&#232;rent la bourgeoisie r&#233;volutionnaires &#224; comprendre les droits des n&#232;gres dans les droits de l'homme. Les n&#232;gres eux-m&#234;mes jou&#232;rent un r&#244;le important dans la lutte militaire de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1800 et 1830, les n&#232;gres, d&#233;sappoint&#233;s par les r&#233;sultats de la r&#233;volution, firent l'exp&#233;rience d'une s&#233;rie de r&#233;voltes. Vers 1831, la d&#233;mocratie petite bourgeoise am&#233;ricaine entra dans une p&#233;riode d'agitation d&#233;bordante d'&#233;galitarisme humanitaire. D&#233;sappoint&#233;s par leurs d&#233;faites des ann&#233;es 1800 &#224; 1830, les esclaves n&#232;gres du Sud, aid&#233;s par les N&#232;gres libres du Nord, cherch&#232;rent &#224; acqu&#233;rir leur libert&#233; par une lutte de masses. Gr&#226;ce &#224; cette action spontan&#233;e, le mouvement petit bourgeois pour les droits de l'homme fut rapidement domin&#233; par la lutte pour l'abolition de l'esclavage ; le lien qui existait entre la bourgeoisie nordiste et les planteurs sudistes dut beaucoup plus fort en 1860 que celui qui reliait la bourgeoisie coloniale et la bourgeoisie anglaise en 1776. La bourgeoisie nordiste usa de tous les moyens en son pouvoir pour &#233;viter le choc r&#233;volutionnaire. L'agitation de la petite bourgeoisie, stimul&#233;e, maintenue et renforc&#233;e pendant des ann&#233;es par le refus des masses esclaves d'accepter leur situation, fut le facteur subjectif le plus important pour d&#233;ployer dans la conscience du peuple l'id&#233;e de l'irr&#233;pressibilit&#233; du conflit. Pendant la guerre civile, l'action r&#233;volutionnaire des masses n&#232;gres du Sud joua un r&#244;le d&#233;cisif dans la victoire nordiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le mouvement agraire du Sud des ann&#233;es 1890, les fermiers et les semi-prol&#233;taires n&#232;gres, organis&#233;s d'une mani&#232;re autonome &#224; concurrence d'un million deux cent cinquante mille dans l'Alliance nationale des fermiers de couleur, constitu&#232;rent une aile active et puissante du mouvement populiste. Ils furent des partisans actifs de la scission avec le Parti R&#233;publicain et de la constitution d'un troisi&#232;me parti ayant des buts sociaux aussi bien qu'&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance des N&#232;gres, en tant que force r&#233;volutionnaire, s'est d&#233;velopp&#233;e en m&#234;me temps que l'&#233;conomie am&#233;ricaine. Parall&#232;lement s'est d&#233;velopp&#233; le pr&#233;jug&#233; racial contre les N&#232;gres. Entre 1830 et 1860 les planteurs sudistes ont cultiv&#233; la th&#233;orie de l'inf&#233;riorit&#233; noire &#224; un degr&#233; d&#233;passant de tr&#232;s loin celui des temps les plus recul&#233;s de l'esclavage ; ils &#233;taient pouss&#233;s &#224; agir ainsi par les divergences croissantes qui se d&#233;veloppaient entre la d&#233;mocratie bourgeoisie en pleine croissance et les besoins de l'&#233;conomie esclavagiste. Afin de vaincre la menace terrible que constitue l'unit&#233; des blancs et des noirs en particulier celle pr&#233;conis&#233;e par le Populisme, la &#171; plantocratie &#187; sudiste &#233;leva la conscience raciale &#224; la hauteur d'un principe. Tout le pays fut impr&#233;gn&#233; de cette id&#233;e. Ainsi, au fur et &#224; mesure qu'ils sont de plus en plus int&#233;gr&#233;s dans la production, int&#233;gration qui devient de jour en jour un processus sociale, les N&#232;gres deviennent plus conscients que jamais qu'ils sont exclus des privil&#232;ges d&#233;mocratiques en tant que groupe racial s&#233;par&#233; de la communaut&#233;. Ce double ph&#233;nom&#232;ne est la cl&#233; de l'analyse marxiste de la question n&#232;gre aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, dans l'ensemble du pays, comme dans le monde en g&#233;n&#233;ral, les droits d&#233;mocratiques deviennent de plus en plus un br&#251;lant probl&#232;me politique &#224; cause des attaques g&#233;n&#233;ralis&#233;es de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en d&#233;clin contre les principes de la d&#233;mocratie en g&#233;n&#233;ral. Simultan&#233;ment, l'ascension du mouvement ouvrier accroit la conscience du fait que la classe des travailleurs est une force sociale dans la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, le N&#232;gre dans sa lutte plus que centenaire pour les droits d&#233;mocratiques se trouve plac&#233; en face de la conscience subjective de lui-m&#234;me en tant que minorit&#233; raciale opprim&#233;e et la conscience objective des travailleurs en tant que rempart de la lutte d&#233;mocratique en g&#233;n&#233;ral dans ce pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la lumi&#232;re de cette contradiction que nous devons &#233;tudier le d&#233;veloppement parmi les N&#232;gres de la compr&#233;hension de ce qu'est l'oppression nationale et de ce que doivent &#234;tre, &#224; l'&#233;poque actuelle, les efforts pour s'en lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : premi&#232;re phase&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;action des masses noires &#224; la consolidation du bloc sudiste fut la politique de Booker T. Washington, qui conseilla la soumission, l'apprentissage dans l'industrie, et le d&#233;veloppement des entreprises n&#232;gres. Pendant un moment, les N&#232;gres du Sud sembl&#232;rent accepter de programme. Mais en r&#233;alit&#233; naquit alors une haine furieuse mais contenue envers les blancs du fait de l'oppression, et en particulier de l'humiliation raciale &#224; laquelle les N&#232;gres &#233;taient alors soumis. L'appr&#233;ciation de ce fait est fondamentale pour comprendre un tant soit peu le probl&#232;me n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la premi&#232;re guerre mondiale, les besoins de l'industrie nordiste amen&#232;rent vers le Nord des milliers de N&#232;gres. Le ressentiment tacite &#233;clata alors ouvertement, s'organisa et s'&#233;gara dans le Garveyisme. Ainsi, une explosion essentiellement nationaliste eut lieu au moment m&#234;me o&#249; les N&#232;gres s'int&#233;graient dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et o&#249; ils pouvaient par cela m&#234;me s'exprimer librement. Sa premi&#232;re signification fut d'endiguer la force puissante de protestation sociale qui couvait dans le c&#339;ur des N&#232;gres. La seconde r&#233;side dans le fait qu'elle se constitua pr&#233;cis&#233;ment parce que les n&#232;gres avaient fait un progr&#232;s &#233;conomique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et les organisations ouvri&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres, gr&#226;ce &#224; la place qu'ils occupent en tant que section la plus opprim&#233;e du prol&#233;tariat et gr&#226;ce &#224; leur sens de l'oppression nationale, se sont toujours montr&#233;s pr&#234;ts, dans l'ensemble, &#224; se joindre aux organisations ouvri&#232;res. L'exclusion des N&#232;gres de l'A.F.L. Correspondait &#224; une p&#233;riode de collaboration de classe pratiqu&#233;e par la direction de l'A.F.L. Quand le I.W.W. Brandit le drapeau du syndicalisme militant parmi les sections les plus opprim&#233;es et les plus exploit&#233;es de la population laborieuse, les ouvriers n&#232;gres r&#233;pondirent aussi bien en tant que membres qu'en tant qu'organisateurs. De plus. l'I.W.W, donna aux N&#232;gres l'id&#233;e d'un programme social pour la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la soci&#233;t&#233; avec laquelle les N&#232;gres ont toujours &#233;t&#233; d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1932, les N&#232;gres, de m&#234;me que le reste du mouvement ouvrier, suivirent le programme du New Deal avec ses grandes promesses d'un ordre nouveau am&#233;ricain. Mais le gouvernement de Roosevelt, bien qu'ayant n&#233;cessairement compris les N&#232;gres dans son programme social pour les ch&#244;meurs, ne fit rien pour r&#233;aliser ses vagues promesses pour l'am&#233;lioration du sort des N&#232;gres opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le C.I.O., &#233;tant surtout une organisation des industries lourdes, fut oblig&#233; d'organiser les N&#232;gres des grandes industries comme les aci&#233;ries et l'industrie automobile, ou bien de ne rien organiser du tout. Les masses n&#232;gres, en d&#233;pit de quelques h&#233;sitations, r&#233;pondirent magnifiquement, et aujourd'hui elles constituent des groupes puissants et progressistes dans plusieurs syndicats du C.I.O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette participation au mouvement syndical actif est indubitablement d'une grande signification, non seulement pour la classe ouvri&#232;re en g&#233;n&#233;ral, mais pour le peuple n&#232;gre. Cependant, la lutte principale des masses n&#232;gres des Etats-Unis a &#233;t&#233; et, jusqu'&#224; l'accomplissement du socialisme, continuera &#224; &#234;tre leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques en tant que minorit&#233; nationale opprim&#233;e. Leur entr&#233;e dans les rangs des organisations ouvri&#232;res n'amoindrit pas leur sens de l'oppression nationale. Au contraire, elle l'accro&#238;t et, en plein accord avec le r&#244;le qu'elles Jou&#232;rent dans les crises r&#233;volutionnaires pass&#233;es et dans le d&#233;veloppement des antagonismes de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, cette action autonome des masses n&#232;gres joue d&#233;j&#224; un r&#244;le li&#233; &#224; celui du prol&#233;tariat am&#233;ricain qui constitue un des &#233;l&#233;ments les plus importants de la lutte cour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme n&#232;gre : seconde phase !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tumultueuse situation mondiale, l'&#233;touffement de la d&#233;mocratie par l'imp&#233;rialisme anglo-am&#233;ricain et les revendications croissantes des travailleurs organis&#233;s des &#201;tats-Unis pour l'extension de plus en plus grande des droits d&#233;mocratiques, ces revendications stimul&#232;rent chez le peuple n&#232;gre, au commencement de la deuxi&#232;me guerre mondiale, un d&#233;sir plus intense que jamais de lutter pour l'&#233;galit&#233;. Pouss&#233; par les n&#233;cessit&#233;s de la guerre, le gouvernement de Roosevelt appela le peuple am&#233;ricain &#224; faire de grands sacrifices n&#233;cessaires &#224; la guerre, au nom de la d&#233;mocratie. En m&#234;me temps, cependant, les besoins sp&#233;ciaux et les pratiques de la soci&#233;t&#233; sudiste et de l'industrie en g&#233;n&#233;ral fortifi&#232;rent, gr&#226;ce au pr&#233;jug&#233; racial maintenant bien &#233;tabli dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, toute interdiction &#224; l'extension des droits d&#233;mocratiques au peuple n&#232;gre. Au contraire, les pers&#233;cutions et les discriminations de la premi&#232;re guerre mondiale ont &#233;t&#233; intensifi&#233;es. Les attaques violentes et les humiliations auxquelles les n&#232;gres on ! &#233;t&#233; soumis, dans l'arm&#233;e en particulier, ont soulev&#233; l'indignation des masses n&#232;gres &#224; un haut degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ont r&#233;pondu par une offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e dans tout le pays. Cette offensive, qui a pour but surtout l'obtention du droit d'entr&#233;e dans l'Industrie et aussi dans les syndicats de Jim Crow, s'est exprim&#233;e non seulement par des mouvements de masses mais par une d&#233;termination croissante de lutter d'une mani&#232;re individuelle et souvent terroriste contre toute manifestation de sup&#233;riorit&#233; de la part des blancs. Les jeunes n&#232;gres en particulier marchent maintenant dans les rues de beaucoup de villes avec la d&#233;termination de se d&#233;fendre. Et dans des &#201;tats comme la Virginie, les Carollnes et le Tennessee, leur attitude dans les tramways, leur soumission pleine de ressentiment aux vieilles lois de Jim Crow a cr&#233;&#233; un degr&#233; de tension sociale inconnue dans ces r&#233;glons depuis deux g&#233;n&#233;rations. Ceci a &#233;t&#233; une des causes essentielles qui a contribu&#233; &#224; cr&#233;er les &#233;ruptions racistes qui ont eut lieu dans diff&#233;rentes r&#233;gions du pays, L'Attorney general des Etats-Unis a fait la proposition fantastique et sans pr&#233;c&#233;dent d'interdire aux n&#232;gres de venir dans les cit&#233;s nordistes et a exprim&#233; publiquement ses craintes de rixes racistes imminentes. Il est caract&#233;ristique de la banqueroute de la bourgeoisie, face &#224; l'offensive massive des noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re et le haut degr&#233; de d&#233;veloppement de l'offensive g&#233;n&#233;ralis&#233;e des n&#232;gres a son expression caract&#233;ristique &#224; Harlem. Harlem est la concentration n&#232;gre urbaine la plus vaste de tout le pays. C'est l'endroit o&#249; les n&#232;gres se sentent le plus en s&#251;ret&#233;, les plus libres et partant le plus capables l'exprimer leur ressentiment. C'est donc pr&#233;cis&#233;ment &#224; Harlem qu'apparaissent le plus violemment les sentiments nationalistes n&#232;gres et les protestations sociales les plus profondes. En 1935 les n&#232;gres de Harlem firent une manifestation spontan&#233;e contre leurs conditions sociales en g&#233;n&#233;ral et en particulier contre le fait qu'ils n'&#233;taient pas employ&#233;s dans les magasins de Harlem. Les manifestations marqu&#232;rent le d&#233;but d'un mouvement qui amena des corrections substantielles &#224; cette injustice. En 1941 la communaut&#233; de Harlem organisa et mena &#224; la victoire une manifestation contre le refus d'employer des n&#232;gres comme conducteurs d'autobus. Des actions semblables ou des tentatives d'actions prirent place sur tout le territoire, sauf dans la partie la plus profonde du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne se satisfont pas de manifestations locales ou simplement r&#233;gionales. Hautement significative est l'expression organis&#233;e de leur l'es sentiment. En 1940, le conseiller Powell, r&#233;alisant la n&#233;cessit&#233; de donner une expression organis&#233;e a l'&#233;chelle nationale de ce ressentiment, essaya de convoquer une conf&#233;rence nationale des leaders n&#232;gres &#224; New York. Le mouvement ne se mat&#233;rialisa pas, mais vers 1941, la pression des masses n&#232;gres for&#231;a la formation d'une organisation ayant pour but de marcher sur Washington et de faire une protestation violente &#224; l'&#201;tat contre l'oppression nationale des N&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants n&#232;gres petits bourgeois vivent leurs organisations du N.A.A.C.P. et de l'Urban League rejet&#233;es toutes deux par les masses n&#232;gres comme incapables de satisfaire leurs revendications. Ils trembl&#232;rent devant cette pouss&#233;e puissante des masses n&#232;gres pr&#234;tes &#224; affronter l'&#201;tat capitaliste avec un esprit conscient de l'injustice dont elles sont victimes. Dans les personnes de A. Philip Randolph et de Walter White, Ils se h&#226;t&#232;rent de se mettre &#224; la t&#234;te du mouvement et de le diriger imm&#233;diatement vers le gouvernement Roosevelt qui se transforma lui-m&#234;me en dirigeant du peuple n&#232;gre sous les dehors de la Commission pour des pratiques justes dans l'emploi (F.E.P.C.). Les masses n&#232;gres attendirent patiemment que la F.E.P.C. r&#233;solve leurs probl&#232;mes dans l'industrie et, dans l'&#201;tat capitaliste, am&#233;liore la situation des n&#232;gres dans l'arm&#233;e. Du fait de l'incapacit&#233; du gouvernement Roosevelt et de la F.E.P.C &#224; am&#233;liorer l'injustice dont elles souffraient, les masses n&#232;gres se d&#233;cid&#232;rent &#224; prendre leur propre sort entre leurs mains. L'expression la plus caract&#233;ristique de ce sentiment fut la manifestation de Harlem &#224; laquelle particip&#232;rent plusieurs milliers de personnes, regard&#233;e avec sympathie par la grande majorit&#233; des habitants de Harlem et des n&#232;gres de tout le territoire am&#233;ricain. Examin&#233;e dans son ensemble elle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une des manifestations les plus caract&#233;ristiques depuis le mouvement de Garvey de l'ind&#233;pendance protestataire sur le plan social de la part des N&#232;gres. Elle ne concernait pas seulement l'habitat mis&#233;rable, l'insuffisance des terrains de jeux ou la pauvret&#233; croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem, de m&#234;me que la gr&#232;ve des mineurs, repr&#233;sente une &#233;tape significative dans le d&#233;veloppement de la lutte contre la soci&#233;t&#233; capitaliste. La gr&#232;ve des mineurs n'&#233;tait pas seulement caus&#233;e par l'Injustice imm&#233;diate dont souffraient les mineurs mais par le degr&#233; de d&#233;veloppement atteint par le prol&#233;tariat am&#233;ricain dans son ensemble. Les mineurs firent ce que des millions d'Am&#233;ricains voulaient faire. La manifestation de Harlem est &#233;galement une indication des sentiments de la grande majorit&#233; des n&#232;gres de ce pays. Ces deux manifestations sont, dans leur force et dans leur faiblesse, les deux plus importants indices du ressentiment croissant des masses contre la soci&#233;t&#233; existante : c'est-&#224;-dire la soci&#233;t&#233; capitaliste, ressentiment r&#233;sultant de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, les leaders n&#232;gres petit bourgeois ont produit un manifeste politique qui, en d&#233;pit de toutes ses faiblesses prouve que le peuple n&#232;gre, dans l'ensemble, a adopt&#233; une attitude critique, en tant que N&#232;gres, - vis-&#224;-vis &#224; la fols du Parti R&#233;publicain et du Parti D&#233;mocrate. Les N&#232;gres qui protestent dans la rue et les petits bourgeois timides et h&#233;sitants ont atteint aujourd'hui un niveau tel dans leur &#233;volution que comme toujours dans le pass&#233;, le prochain pas historique qui leur reste &#224; faire est l'unit&#233; avec la classe r&#233;volutionnaire : c'est-&#224;-dire aujourd'hui le prol&#233;tariat am&#233;ricain. Dans la mesure o&#249; les N&#232;gres sont plus int&#233;gr&#233;s dans l'industrie et les syndicats, leur conscience de race opprim&#233;e et leur ressentiment contre cette oppression deviennent de plus en plus grands, et non moindres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double d&#233;veloppement du peuple n&#232;gre pendant ces derni&#232;res ann&#233;es pose des probl&#232;mes exceptionnels et offre des occasions exceptionnelles au prol&#233;tariat am&#233;ricain et partant au part ! r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain et la question n&#232;gre aujourd'hui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat am&#233;ricain est la classe dont le r&#244;le objectif &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente est de r&#233;soudre les probl&#232;mes fondamentaux de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Toute analyse th&#233;orique du probl&#232;me n&#232;gre contemporain doit donc commencer par le lien croissant qui doit exister entre la lutte des n&#232;gres et les luttes g&#233;n&#233;rales du prol&#233;tariat, en tant que dirigeant des classes opprim&#233;es de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	A l'&#233;tape pr&#233;sente du capitalisme am&#233;ricain le grand danger pour les masses est le fascisme. Les &#233;v&#233;nements de Detroit et d'ailleurs ont d&#233;montr&#233; que les &#233;l&#233;ments fascistes exploitent jusqu'&#224; la derni&#232;re limite le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis afin de semer la confusion, de d&#233;sorganiser et de diviser les grandes masses populaires et de d&#233;router le leader naturel de la lutte contre le fascisme : la classe ouvri&#232;re organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La bourgeoisie am&#233;ricaine, qu'elle soit d&#233;mocrate ou r&#233;publicaine, est parfaitement au courant de la nature permanente de la crise agricole et a d&#233;j&#224; prouv&#233; sa d&#233;termination de corrompre les paysans en vue de la maintenir contre les organisations ouvri&#232;res. Cependant, les ouvriers agricoles et tout le prol&#233;tariat paysan sont ins&#233;parables dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste. La solution du probl&#232;me agraire aux &#201;tats-Unis r&#233;side dans le prol&#233;tariat et toute solution est li&#233;e automatiquement &#224; la situation sociale g&#233;n&#233;rale de millions de n&#232;gres des &#201;tats sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Sud pr&#233;sente le probl&#232;me le plus grave de la d&#233;mocratie aux &#201;tats-Unis. Les reliquats &#233;conomiques de l'esclavage, une paysannerie nombreuse et sans propri&#233;t&#233;, le d&#233;veloppement sur une grande &#233;chelle, surtout des industries extractives, le transfert de l'industrie textile du Nord, un mouvement ouvrier qui se d&#233;veloppe de plus en plus ; tout cela est p&#233;n&#233;tr&#233; d'un syst&#232;me de castes comparable &#224; rien d'autre dans le monde moderne. Pour faire tenir ensemble ces &#233;l&#233;ments divers et contradictoires, il existe une superstructure politique avec les formes ext&#233;rieures de la d&#233;mocratie bourgeoise. Ce conglom&#233;rat extraordinaire de forces explosives est situ&#233;, non pas comme aux Indes, &#224; des milliers de kilom&#232;tres de la m&#233;tropole, mais au c&#339;ur m&#234;me de la d&#233;mocratie bourgeoise la plus avanc&#233;e du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arm&#233;s de la th&#233;orie de Trotsky sur la r&#233;volution permanente que nous devons appliquer dans notre pays, aussi bien que dans les autres pays, le parti Bolchevik doit &#234;tre capable de pr&#233;voir le &#171; t&#233;lescopage &#187; de la r&#233;volution industrielle, agricole et sociale dans le Sud. Ces contradictions se d&#233;veloppent &#224; un moment o&#249; le fascisme, l'ennemi de la d&#233;mocratie et le d&#233;fenseur le plus &#233;loquent de la domination raciale, fait l'exp&#233;rience de d&#233;faites &#233;clatantes aux prix de grands sacrifices de la part du peuple am&#233;ricain. L'hypocrisie grossi&#232;re qu'il comporte a p&#233;n&#233;tr&#233; profond&#233;ment dans l'esprit des n&#232;gres du Sud. La familiarit&#233; avec cette situation et l'acceptation comparative par les masses, en particulier les masses n&#232;gres, dans le pass&#233;, ne doit pas affaiblir notre compr&#233;hension du potentiel dynamique que la situation repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible qu'avant que les forces &#233;conomiques et politiques g&#233;n&#233;rales du Sud aient atteint leur point d'explosion, les masses n&#232;gres puissent par leurs actions ind&#233;pendantes de masses poser toutes les questions purement en termes d'&#233;galit&#233; des droits n&#232;gres. Quelle que soit l'allure du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ra ! ou les formes qu'il peut prendre, nous devons nous attendre &#224; ce que dans le cours de la prochaine p&#233;riode, la p&#233;riode de la crise sociale en Am&#233;rique, le prol&#233;tariat am&#233;ricain, dans l'ensemble, se trouve plac&#233; en face de ce probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	M&#234;me aujourd'hui, dans les luttes quotidiennes pour les droits d&#233;mocratiques, les propri&#233;taires et les industriels sudistes se sont r&#233;v&#233;l&#233;s &#234;tre les ennemis irr&#233;ductibles, non seulement de la classe ouvri&#232;re, mais des droits d&#233;mocratiques du peuple am&#233;ricain dans son ensemble. De larges sections de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, en particulier les travailleurs organis&#233;s et la majorit&#233; des N&#232;gres du Nord sont maintenant pleinement conscients de cela et sont &#233;galement conscients que la base de la puissance politique sudiste est la d&#233;gradation &#233;conomique et raciale des N&#232;gres du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des quatre points ci-dessus, certaines conclusions d'une extr&#234;me importance pour le prol&#233;tariat am&#233;ricain peuvent &#234;tre tir&#233;es. En Am&#233;rique, comme dans tout autre pays, une lutte fondamentale existe entre le prol&#233;tariat et la bourgeoisie pour le contr&#244;le des sources &#233;conomiques de la puissance sociale et politique. Mais dans tous les pays cette lutte rev&#234;t des formes historiques sp&#233;ciales. C'est la t&#226;che du parti r&#233;volutionnaire, tout d'abord, de s'&#233;clairer lui-m&#234;me afin d'&#234;tre capable d'&#233;clairer le prol&#233;tariat sur le r&#244;le crucial du probl&#232;me n&#232;gre dans la d&#233;fense de ses propres positions et la reconstruction de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question nationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 14 millions de n&#232;gres des &#201;tats-Unis sont soumis &#224; toutes les vari&#233;t&#233;s concevables de l'oppression &#233;conomique et de la discrimination sociale et politique. Ces tortures sont, dans une large mesure, sanctifi&#233;es par la loi et pratiqu&#233;es sans aucune honte par tous les organes gouvernementaux. Les n&#232;gres, toutefois, sont et ont &#233;t&#233; pendant plusieurs si&#232;cles et dans tous les sens du mot Am&#233;ricains. Ils ne sont pas s&#233;par&#233;s de leurs oppresseurs par des diff&#233;rences de culture, des diff&#233;rences de religion, de langage, comme les habitants de l'Inde ou de l'Afrique. Ils ne sont pas m&#234;me r&#233;gionalement s&#233;par&#233;s du reste de la communaut&#233; comme les groupes nationaux de Russie, d'Espagne ou de Yougoslavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres sont en majorit&#233; des prol&#233;taires ou des semi-prol&#233;taires et, partant, la lutte des n&#232;gres est fondamentalement une question de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#232;gres ne constituent pas une nation, mais &#224; cause de leur situation sp&#233;ciale, leur groupement isol&#233; du reste de la population, l'oppression &#233;conomique, sociale et politique dont ils sont victimes, la diff&#233;rence de couleur qui les singularise si facilement du reste de la communaut&#233;, leur probl&#232;me devient le probl&#232;me d'une minorit&#233; nationale. La question n&#232;gre fait partie de la question nationale mais non pas la question &#171; nationale &#187;. Cette minorit&#233; nationale est plus facilement distincte du reste de la communaut&#233; par ses caract&#233;ristiques raciales. Mais la question n&#232;gre est une question de race et non de &#171; race &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition qui existe entre leur situation et les privil&#232;ges dont jouissent ceux qui les entourent a toujours fait des n&#232;gres la section de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine la plus r&#233;ceptive aux id&#233;es r&#233;volutionnaires et aux solutions radicales des probl&#232;mes sociaux. Les luttes de la classe ouvri&#232;re blanche contre la loi objective du capitalisme et pour des buts subjectifs concrets, &#224; la veille m&#234;me de la r&#233;volution, ne peut se manifester enti&#232;rement en termes concrets et positifs. Les n&#232;gres, au contraire, luttent et continueront &#224; lutter objectivement contre le capital, mais &#224; rencontre des travailleurs blancs, ils luttent pour des droits d&#233;mocratiques tr&#232;s concrets et objectifs qu'ils voient autour d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toute l'histoire des &#201;tats-Unis et celle du r&#244;le des n&#232;gres dans l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine sont une preuve constante du fait qu'il est impossible aux n&#232;gres de conqu&#233;rir l'&#233;galit&#233; sous le r&#233;gime capitaliste am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; capitaliste am&#233;ricaine et le r&#244;le que les n&#232;gres y jouent sont tels que la lutte des noirs pour ses droits d&#233;mocratiques met les n&#232;gres presque imm&#233;diatement face &#224; face avec le capitalisme et avec l'&#201;tat. Le soutien des marxistes de la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ne constitue pas une concession de leur part. Aux &#201;tats-Unis aujourd'hui cette lutte constitue une part directe de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte nationale et la lutte pour le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les probl&#232;mes s&#233;rieux issus de la question n&#232;gre tournent autour du lien qui existe entre les actions ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au IIe Congr&#232;s de l'Internationale Communiste, les th&#232;ses de L&#233;nine distinguent comme exemples de la question nationale et coloniale la question irlandaise et la question des n&#232;gres d'Am&#233;rique. L&#233;nine basait ses appr&#233;ciations sur une &#233;tude serr&#233;e de la situation &#233;conomique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et de la R&#233;volte Irlandaise en 1916.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le d&#233;veloppement historique de la lutte des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis et ses rapports avec la lutte des classes r&#233;volutionnaires prouve que l'analyse l&#233;niniste de la question n&#232;gre comme partie de la question nationale constitue la m&#233;thode juste avec laquelle on doit aborder ce probl&#232;me. Il est donc n&#233;cessaire d'avoir une conception pr&#233;cise et claire de l'application de cette m&#233;thode. L'exemple le meilleur en est l'appr&#233;ciation de L&#233;nine de la R&#233;volte Irlandaise pendant la premi&#232;re guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine souhaite illustrer la lutte sp&#233;cifiquement nationaliste de la R&#233;volte Irlandaise dans ses relations avec la lutte socialiste du prol&#233;tariat britannique contre l'imp&#233;rialisme britannique. Il se sert de l'exp&#233;rience de la R&#233;volution Russe de 1905 qui prit place exclusivement dans le cadre des limites nationales de la Russie. Il utilise &#233;galement non pas les luttes des minorit&#233;s nationales opprim&#233;es, mais la lutte de la petite bourgeoisie des paysans et des autres groupes non prol&#233;tariens, interm&#233;diaires entre les classes, en rapport avec la lutte du prol&#233;tariat russe. Nous avons ainsi une illustration concr&#232;te de l'application de la m&#233;thode &#224; des groupes et des classes superficiellement divers mais fondamentalement semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution russe de 1905 a &#233;t&#233; une r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise. Elle a consist&#233; en une s&#233;rie de batailles livr&#233;es par toutes les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de la population. Parmi eux, il y avait des masses aux pr&#233;jug&#233;s les plus barbares, luttant pour les objectifs les plus vagues et les plus fantastiques, il y avait des groupuscules qui recevaient de l'argent japonais, il y avait des sp&#233;culateurs et des aventuriers, etc. Objectivement, le mouvement des masses &#233;branlait le tsarisme et frayait la voie &#224; la d&#233;mocratie, et c'est pourquoi les ouvriers conscients &#233;taient &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution socialiste consistera en une s&#233;rie de batailles auxquelles les classes, groupes et &#233;l&#233;ments m&#233;contents de tous les types participeront selon leur propre voie et formeront une force qui contribuera aux grandes luttes ultimes qui seront guid&#233;s par le prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La r&#233;volution socialiste en Europe ne peut pas &#234;tre autre chose que l'explosion de la lutte de masse des opprim&#233;s et m&#233;contents de toute esp&#232;ce. Des &#233;l&#233;ments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arri&#233;r&#233;s y participeront in&#233;vitablement - sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible, aucune r&#233;volution n'est possible - et, tout aussi in&#233;vitablement, ils apporteront au mouvement leurs pr&#233;jug&#233;s, leurs fantaisies r&#233;actionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais, objectivement, ils s'attaqueront au capital, et l'avant-garde consciente de la r&#233;volution, le prol&#233;tariat avanc&#233;, qui exprimera cette v&#233;rit&#233; objective d'une lutte de masse disparate, discordante, bigarr&#233;e, &#224; premi&#232;re vue sans unit&#233;, pourra l'unir et l'orienter, conqu&#233;rir le pouvoir, s'emparer des banques, exproprier les trusts ha&#239;s de tous (bien que pour des raisons diff&#233;rentes !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la r&#233;volution sociale est impossible sans les luttes ind&#233;pendantes des masses n&#232;gres, quels que soient les pr&#233;jug&#233;s, les fantaisies r&#233;actionnaires, la faiblesse et les erreurs de ces luttes. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre et la croissance du mouvement ouvrier offrent des possibilit&#233;s au peuple n&#232;gre de perdre ces pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La lutte des nations opprim&#233;es en Europe, capable d'en arriver &#224; des insurrections et &#224; des combats de rues, &#224; la violation de la discipline de fer de l'arm&#233;e et &#224; l'&#233;tat de si&#232;ge, &#171; aggravera la crise r&#233;volutionnaire en Europe &#187; infiniment plus qu'un soul&#232;vement de bien plus grande envergure dans une colonie lointaine. A force &#233;gale, le coup port&#233; au pouvoir de la bourgeoisie imp&#233;rialiste anglaise par l'insurrection en Irlande a une importance politique cent fois plus grande que s'il avait &#233;t&#233; port&#233; en Asie ou en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coups port&#233;s par une minorit&#233; nationale opprim&#233;e aussi li&#233;e &#224; la structure sociale des &#201;tats-Unis que l'est la minorit&#233; n&#232;gre, renferment une signification politique d'une plus grande importance dans ce pays qu'un coup port&#233; par tout autre section de la population except&#233; le prol&#233;tariat organis&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La dialectique de l'histoire fait que les petites nations, impuissantes en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre l'imp&#233;rialisme, jouent le r&#244;le d'un des ferments, d'un des bacilles, qui favorisent l'entr&#233;e en sc&#232;ne de la force v&#233;ritablement capable de lutter contre l'imp&#233;rialisme, &#224; savoir : le prol&#233;tariat socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, les n&#232;gres sont indubitablement d&#233;nu&#233;s du pouvoir de r&#233;aliser leur &#233;mancipation compl&#232;te ou m&#234;me substantielle en tant que facteur ind&#233;pendant dans la lutte contre le capitalisme am&#233;ricain. Mais le r&#244;le historique des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis est tel, et leur relation avec le prol&#233;tariat am&#233;-ricain est telle que leurs luttes ind&#233;pendantes constituent le stimulant le plus fort dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine pour faire reconna&#238;tre au prol&#233;tariat am&#233;ricain quelles sont ses r&#233;elles responsabilit&#233;s vis-&#224;-vis du processus national, dans son ensemble et quelle force il repr&#233;sente contre l'Imp&#233;rialisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation id&#233;ale serait que la lutte du groupe minoritaire soit organis&#233;e et conduite par le prol&#233;tariat. Mais faire de cela la condition sine qua non du soutien de la lutte des groupes non-prol&#233;tariens, semi-prol&#233;tariens ou sans conscience de classe est une r&#233;pudiation de toute la th&#233;orie et de la pratique marxistes. Ainsi, il est absolument faux de conclure que la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e seulement comme une &#233;tape pr&#233;liminaire vers la reconnaissance par les n&#232;gres que la vraie lutte est la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste et la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement marxiste aux &#201;tats-Unis n'a pas r&#233;ussi, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, &#224; comprendre le fait que la question n&#232;gre fait partie de la question nationale. Ceci n'est pas surprenant car il a t&#233;moign&#233; peu d'int&#233;r&#234;t aux n&#232;gres, sauf lorsqu'il &#233;tait stimul&#233; directement et avec insistance par le mouvement international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement socialiste de Debs consid&#233;rait tout appel au peuple n&#232;gre comme contraire &#224; l'esprit du socialisme. Randolph a fait appel aux n&#232;gres pour qu'ils deviennent socialistes, mais se montre lui-m&#234;me incapable d'appr&#233;hender le mouvement nationaliste du Garveyisme qui pr&#233;valait &#224; l'&#233;poque. Le parti communiste presque jusqu'en 1928 &#233;tait incapable de comprendre et la signification de la question n&#232;gre aux Etats-Unis et la m&#233;thode de travail n&#233;cessaire pour l'aborder. Ce ne fut que gr&#226;ce &#224; l'Intervention radicale de l'I.C., quel que f&#251;t le but qu'elle poursuivait, que le parti communiste en 1929 commen&#231;a &#224; aborder s&#233;rieusement la question n&#232;gre. En d&#233;pit de nombreuses exag&#233;rations, le tournant vers ce probl&#232;me fut sain et efficace, mais il fut s&#233;rieusement handicap&#233; par l'adoption d'une politique de soutien &#224; l'auto-d&#233;termination de la Ceinture Noire. En 1936 avec le nouveau tournant de l'I.C. vers le social patriotisme, le travail du parti communiste parmi les n&#232;gres commen&#231;a &#224; se d&#233;t&#233;riorer progressivement. Le mouvement trotskyste depuis ses origines, de 1928 &#224; 1938, t&#233;moigna encore moins d'int&#233;r&#234;t &#224; la question n&#232;gre que le parti communiste, et, cette fois encore, ce fut sous l'influence de l'organisation internationale que le mouvement marxiste am&#233;ricain s'int&#233;ressa activement &#224; la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky et la question n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky commen&#231;a &#224; prendre un int&#233;r&#234;t sp&#233;cial &#224; la question n&#232;gre d&#232;s qu'il s'attaqua lui-m&#234;me aux probl&#232;mes am&#233;ricains du point de vue de la constitution d'une organisation trotskyste r&#233;volutionnaire. Depuis ce temps-l&#224; il ne cessa de mettre l'accent sur l'importance de cette question. Bien que non ordon-n&#233;es et dans une certaine mesure accidentelles, ces discussions et ces conversations sont organis&#233;es gr&#226;ce &#224; la mani&#232;re tr&#232;s homog&#232;ne dont les questions y sont trait&#233;es et r&#233;unies toutes ensemble, elles constituent un exemple remarquable d'analyse marxiste pour tout travail n&#232;gre aux Etats-Unis. Dans toute r&#233;solution sur la question n&#232;gre &#224; l'&#233;poque actuelle, il est n&#233;cessaire de r&#233;sumer bri&#232;vement les id&#233;es de Trotsky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la question de l'auto-d&#233;termination, Trotsky pensait que les diff&#233;rences qui existent entre les Indes, la Catalogne, la Pologne, etc. et la situation des n&#232;gres aux &#201;tats-Unis n'&#233;taient pas d&#233;cisives. En d'autres termes, la question n&#232;gre faisait partie pour lui de la question nationale. Il s'opposait fermement &#224; tous ceux qui dans la IVe Internationale rejetaient tout de go le principe de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres des &#201;tats-Unis. Dans une discussion datant de 1939, Trotsky d&#233;clarait qu'il ne proposait pas que le parti invoqu&#226;t le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination pour les n&#232;gres am&#233;ricains, mais il insista sur le fait que le parti devait se d&#233;clarer pr&#234;t &#224; lutter avec les n&#232;gres sur le mot d'ordre de l'auto-d&#233;termination, &#224; quelque moment que ceux-ci la revendiquent. Trotsky insistait sur le fait que si les n&#232;gres d&#233;cidaient, sous la pouss&#233;e d'&#233;v&#233;nements historiques impr&#233;vus (par exemple une p&#233;riode de fascisme aux &#201;tats-Unis) de lutter pour l'auto-d&#233;termination, la lutte serait de toute fa&#231;on progressive, pour la raison bien simple que cette auto-d&#233;termination ne pourrait &#234;tre obtenue qu'&#224; travers une guerre contre le capitalisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre sont contenues tr&#232;s clairement, quoique incompl&#232;tement, dans une discussion datant de 1939. En abordant le travail n&#232;gre, Trotsky se basait sur les sentiments des masses n&#232;gres r&#233;elles aux U.S.A. et le fait que leur oppression en tant que n&#232;gres est si forte qu'ils la ressentent &#224; chaque instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous ceux qui souffrent de l'oppression et de la discrimination, les n&#232;gres furent de tout temps les plus opprim&#233;s et les plus discrimin&#233;s au sein m&#234;me du milieu le plus dynamique de la classe ouvri&#232;re. Le parti devrait dire aux &#233;l&#233;ments conscients parmi les n&#232;gres qu'ils ont &#233;t&#233; convoqu&#233;s par le processus historique pour prendre leur place &#224; l'avant-garde de la lutte de la classe ouvri&#232;re pour le socialisme. Trotsky disait aussi que si le parti &#233;tait incapable de se tracer une voie pour atteindre cette couche de la soci&#233;t&#233;, dans laquelle il donnait aux n&#232;gres une place tr&#232;s importante, cela signifierait qu'il s'avoue lui-m&#234;me incapable d'aller vers la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que conscient du r&#244;le des n&#232;gres dans l'avant-garde, Trotsky, toutefois mettait toujours l'accent sur la conscience que devaient avoir les n&#232;gres d'&#234;tre une minorit&#233; opprim&#233;e &#224; l'&#233;chelle nationale. Chaque fois que cela &#233;tait possible, il insistait sur la conclusion politique qui devait &#234;tre tir&#233;e de la situation politique sp&#233;ciale des n&#232;gres sous le capitalisme am&#233;ricain pendant 300 ans. Il pr&#233;voyait sauvent des r&#233;voltes violentes parmi les n&#232;gres &#224; l'occasion desquelles ils se vengeraient de toute l'oppression et de toutes les humiliations dont ils ont souffert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trotsky s'int&#233;ressa beaucoup au mouvement de Garvey en tant qu'expression des sentiments spontan&#233;s des masses n&#232;gres, sontan&#233;it&#233; qui le pr&#233;occupait essentiellement. Il recommandait sp&#233;cialement au parti d'&#233;tudier l'attitude des n&#232;gres pendant la guerre civile pour comprendre la question n&#232;gre aujourd'hui. Il recommandait l'&#233;tude du mouvement de Garvey en tant qu'indication indispensable pour le parti s'il voulait trouver la voie qui m&#232;ne vers les masses noires. Il approuvait l'id&#233;e d'une organisation ind&#233;pendante de masse du peuple n&#232;gre, form&#233;e gr&#226;ce &#224; l'instrument du parti. La mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dont il abordait ie probl&#232;me n&#232;gre peut se caract&#233;riser par le fait suivant : il pensait que dans certaines occasions le parti r&#233;volutionnaire pouvait retirer son propre candidat aux &#233;lections pour le congr&#232;s et soutenir un d&#233;mocrate n&#232;gre pr&#233;sent&#233; par une communaut&#233; n&#232;gre soucieuse d'avoir son propre repr&#233;sentant. Dans toutes ces id&#233;es Trotsky ne fait qu'appliquer &#224; la lutte concr&#232;te le principe fondamental compris dans le droit de l'auto-d&#233;termination.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune t&#226;che n'est plus urgente que la collection et la publication des textes et des id&#233;es de Trotsky sur la question n&#232;gre aux &#201;tats-Unis, ainsi que leur &#233;tude s&#233;rieuse par tous les membres du parti et leur divulgation sous une forme organis&#233;e parmi le prol&#233;tariat et les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me partie : Le Workers Party et le travail n&#232;gre dans le mouvement ouvrier organis&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du parti se divise donc en deux parties : 1&#176;) les luttes du prol&#233;tariat am&#233;ricain pour le socialisme et sus relations avec la lutte des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques ; 2&#176;) les luttes ind&#233;pendantes des n&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et leur rapport avec la lutte du prol&#233;tariat pour le socialisme. Sous aucun pr&#233;texte ces deux &#233;l&#233;ments s&#233;par&#233;s ne peuvent &#234;tre confondus et trait&#233;s ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Workers Party aborde le travail n&#232;gre dans les organisations ouvri&#232;res en basant son action sur la crise sociale et sur la pr&#233;paration du prol&#233;tariat &#224; la r&#233;volution socialiste. Aujourd'hui une des plus grandes faiblesses subjectives du prol&#233;tariat am&#233;ricain vient du fait qu'il n'est pas conscient de l'opposition qui existe entre le travail et le capital dans la direction du pays. Ceci &#233;tant, om s'ensuit que les autres classes, &#233;l&#233;ments et groupes opprim&#233;s et m&#233;contents n'ont pas encore appris &#224; consid&#233;rer la classe ouvri&#232;re comme poss&#233;dant la solution radicale ou m&#234;me &#171; r&#233;formiste &#187; &#224; leur probl&#232;me. Les classes n'apprennent de telles le&#231;ons que par des exp&#233;riences massives &#224; l'&#233;chelle nationale, ce n'est qu'aux derni&#232;res &#233;tapes de la r&#233;volution que la paysannerie russe apprit que le prol&#233;tariat &#233;tait son leader. D&#233;j&#224;, une action ind&#233;pendante des masses n&#232;gres du Nord &#233;veille enfin les organisations ouvri&#232;res et les am&#232;nent &#224; la conscience du fait qu'elles doivent aborder le probl&#232;me n&#232;gre non seulement comme syndical mais comme un probl&#232;me social et national, ce nouveau processus aide a clarifier et &#224; d&#233;finir les t&#226;ches du parti,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti continue, comme il l'a fait dans le pass&#233;, &#224; faire de l'agitation pour l'&#233;galit&#233; des droits et l'abolition des lois de Jim Crow dans tous les aspects de la vie industrielle et syndicale. Le parti enregistre avec une grande satisfaction les progr&#232;s remarquables faits par le C.I.O. dans son appr&#233;ciation du probl&#232;me n&#232;gre en tant que probl&#232;me syndical. Le parti lutte contre le Klan et les autres &#233;l&#233;ments anti-n&#232;gres dans les syndicats, mais ne laisse pas les &#233;meutes contre les n&#232;gres qui eurent lieu &#224; Detroit, Mobile et ailleurs masquer les progr&#232;s dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, cependant, va au-del&#224; du simple syndicalisme progressiste. Il place devant le mouvement syndical le grave danger que l'existence m&#234;me d'une question n&#232;gre dans le pays pose pour le mouvement syndical et le pays dans son ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que les &#233;l&#233;ments fascistes et profascistes, dans leurs efforts pour abattre les organisations ouvri&#232;res, ne manqueront pas d'utiliser la tension raciale croissante dans le pays, comme les Nazis ont utilis&#233; l'antis&#233;mitisme en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti pr&#233;vient le mouvement ouvrier que le ch&#244;mage qui vient cr&#233;era de graves dangers pour le mouvement ouvrier, en particulier en d&#233;veloppant les antagonismes qui existent entre les travailleurs blancs et noirs. Le Parti fait ressortir la situation dangereuse dans le Sud et l'activit&#233; r&#233;actionnaire et antiouvri&#232;re des d&#233;mocrates sudistes et la base qu'a cette activit&#233; dans la d&#233;gradation sociale des n&#232;gres. Le Parti propose donc au mouvement ouvrier l'adoption de son programme transitoire pour un Labor Party comme moyen principal &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente pour mettre en &#233;chec ce danger. Le parti demande hardiment au mouvement ouvrier qu'il sente la n&#233;cessit&#233; de d&#233;montrer aux n&#232;gres que les organisations ouvri&#232;res reconnaissent leur responsabilit&#233; de r&#233;soudre les probl&#232;mes n&#232;gres par des mesures radicales. Le monde du travail am&#232;nera ainsi &#224; lui la force militante de la vaste majorit&#233; des N&#232;gres opprim&#233;s et. accro&#238;tra ainsi sa force sociale et politique dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle prise en charge de la cause n&#232;gre attirera l'attention de tous les autres groupes opprim&#233;s dans la soci&#233;t&#233; vers le r&#244;le des organisations ouvri&#232;res. Elle donnera aux organisations ouvri&#232;res une grande confiance en elles-m&#234;mes. Elle cr&#233;era un sentiment puissant de bonne volont&#233; et de respect envers le prol&#233;tariat am&#233;ricain parmi les grandes masses d'Europe, d'Afrique et d'Asie. La propagande du Parti dans ce domaine doit &#234;tre audacieuse, compl&#232;te et puissante dans son insistance sur les dangers pour la soci&#233;t&#233; et la honte continuelle que constitue le probl&#232;me n&#232;gre, la n&#233;cessit&#233; d'une solution prol&#233;tarienne et les bienfaits directs et indirects qui suivront les premiers pas d&#233;cisifs qu'aura fait le monde du travail dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, dans son agitation quotidienne attire l'attention du mouvement syndical sur le danger concret repr&#233;sent&#233; par les mouvements soudains qui &#233;clat&#232;rent il y a quelques mois et qui, t&#244;t ou tard, recommenceront avec une violence s&#251;rement redoubl&#233;e. Le parti demande instamment au mouvement syndical d'en placer la responsabilit&#233; sur les ennemis des N&#232;gres. Il demande instamment aux syndicats de reconna&#238;tre que l'esprit d'agressivit&#233; du peuple n&#232;gre est le r&#233;sultat de leur oppression interminable. Les organisations ouvri&#232;res ne doivent pas d&#233;courager mais doivent stimuler cette activit&#233; comme &#233;tant la plus s&#251;re d&#233;fense de la d&#233;mocratie non seulement pour les n&#232;gres mais pour les organisations ouvri&#232;res elles-m&#234;mes et les classes opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti demande au mouvement ouvrier de prendre la t&#234;te de cette activit&#233; et de la lier &#224; la lutte pour la reconstruction de la soci&#233;t&#233;, aux ouvriers blancs qui se plaignent des &#171; exc&#232;s &#187; des n&#232;gres, le parti d&#233;montrera la grande importance de la lutte des masses n&#232;gres et rel&#233;guera ces plaintes &#224; la sph&#232;re subordonn&#233;e qui doit &#234;tre la leur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant tout, il doit montrer que dans les conflits entre les n&#232;gres et les blancs dans la communaut&#233; n&#232;gre, le mouvement ouvrier doit &#233;viter d'appara&#238;tre d'une mani&#232;re ou d'une autre comme &#171; gardien de la paix &#187; soucieux uniquement de restaurer le statu quo. Ce n'est qu'en aidant le mouvement n&#232;gre &#224; agir dans des voies efficaces et en mettant en avant d'une mani&#232;re efficace un programme &#224; la fols imm&#233;diat et g&#233;n&#233;ral pour les n&#232;gres en g&#233;n&#233;ral que le mouvement ouvrier sera effectivement capable d'agir en cas de crise et d'&#233;viter les multiples dangers de la seule action pacifiste dans ce domaine. Dans toutes les manifestations n&#232;gres de r&#233;sistance les organisations ouvri&#232;res doivent jouer un r&#244;le dirigeant et actif. Le parti doit sans cesse enseigner au mouvement ouvrier que la meilleure fa&#231;on de s'assurer que la r&#233;sistance des n&#232;gres est dirig&#233;e contre le capital et ses alli&#233;s est de l'encourager, de l'organiser et de le soutenir jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti se souviendra que la propagande et l'agitation dans ce domaine est d'une importance sp&#233;ciale, car elle n'est men&#233;e par aucun autre groupe. Dans la pr&#233;sente p&#233;riode critique, alors que nombreux sont ceux qui sont pouss&#233;s &#224; penser au-del&#224; de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats, la question n&#232;gre forme un moyen particuli&#232;rement pr&#233;cieux d'&#233;ducation des ouvriers avanc&#233;s dans les principes g&#233;n&#233;raux du socialisme et de la lutte r&#233;volutionnaire des masses. Le parti montrera que parce que les n&#232;gres ont persist&#233; dans leur lutte, et gr&#226;ce &#224; l'attitude sympathique du mouvement ouvrier due au grand nombre de n&#232;gres qu'il renferme dans ses rangs, la lutte des n&#232;gres &#224; D&#233;troit s'est d&#233;velopp&#233;e selon sa propre logique. Ceci est le r&#233;sultat d'une alliance politique aux &#233;lections r&#233;centes entre les organisations ouvri&#232;res et la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble. En d&#233;pit de l'&#233;chec des &#233;lections, cette combinaison est une des &#233;tapes les plus importantes jamais atteintes dans la lutte des masses ouvri&#232;res et des masses n&#232;gres pour s'&#233;manciper des maux et des injustices de la soci&#233;t&#233; capitaliste. C'est en suivant cette voie et en faisant des efforts actifs des deux c&#244;t&#233;s que le parti doit chercher, selon sa force, &#224; diriger les luttes qui se d&#233;veloppent. Les organisations ouvri&#232;res doivent chercher &#224; gagner, pour leur propre avantage, la conscience et l'organisation radicales croissantes qui accompagnent l'int&#233;gration des n&#232;gres dans les fonctions sociales de la soci&#233;t&#233; capitaliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Workers Party et le travail n&#232;gre parmi les N&#232;gres - La lutte des N&#232;gres pour les droits d&#233;mocratiques et le socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti fait une propagande puissante et pers&#233;v&#233;rante aupr&#232;s des N&#232;gres pour leur faire comprendre que la direction des organisations ouvri&#232;res est n&#233;cessaire et indispensable au succ&#232;s de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
En particulier, dans cette p&#233;riode de crise, il leur indique le socialisme comme seule solution &#224; leurs probl&#232;mes. Il analyse les racines &#233;conomiques de l'oppression raciale. Il d&#233;nonce, avant tout, le r&#244;le de la concurrence entre les membres de la classe ouvri&#232;re, qui d&#233;truit la solidarit&#233; blanche et noire. Il pr&#233;conise une direction nationale ouvri&#232;re sans laquelle l'accomplissement des droits d&#233;mocratiques est impossible. Il souligne la nature de classe fondamentale de l'oppression raciale et l'unit&#233; objective des opprim&#233;s dans la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps le parti, avec une tr&#232;s grande conscience de la signification des luttes de masses ind&#233;pendantes des n&#232;gres, consid&#232;re que son principal travail d'agitation parmi les n&#232;gres est la stimulation et l'encouragement de ces luttes de masses. Se basant sur les principes les plus fondamentaux du marxisme, le parti reconna&#238;t que c'est seulement sur la base de l'approfondissement et de l'&#233;largissement continuel de sa lutte ind&#233;pendante de masses que le peuple n&#232;gre sera en d&#233;finitive amen&#233; &#224; reconna&#238;tre que la classe ouvri&#232;re organis&#233;e est la vraie alli&#233;e de ses luttes et que ses luttes font partie de la lutte pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti, en stimulant les luttes ind&#233;pendantes du peuple n&#232;gre, lui apprend le marxisme dans les seuls mots dans lesquels il l'apprendra : les mots de ses propres d&#233;sirs et exp&#233;riences. Ainsi, &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente du d&#233;veloppement capitaliste en Am&#233;rique, le parti cherche o&#249; il est possible et opportun de concentrer l'attention des masses n&#232;gres sur la responsabilit&#233; du gouvernement pour leur condition d'opprim&#233;s. Il apprend ainsi aux n&#232;gres d'une mani&#232;re permanente que l'Etat est le comit&#233; ex&#233;cutif de la classe dirigeante et sur cette base il cherche &#224; les mobiliser dans leurs propres voies et selon leurs propres d&#233;sirs instinctifs, contre l'&#201;tat capitaliste et son r&#244;le dominant dans la soci&#233;t&#233; contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti apporte le marxisme aux n&#232;gres en leur montrant que l'&#233;mancipation des travailleurs sera l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes. Il d&#233;montre aux n&#232;gres que l'&#233;mancipation des n&#232;gres ne peut avoir lieu sans la lutte vigoureuse et le sacrifice des n&#232;gres eux-m&#234;mes. Il condamne vigoureusement la distorsion de la v&#233;rit&#233; marxiste qui d&#233;clare ou sous-entend que les n&#232;gres par leur action ind&#233;pendante ne peuvent arriver &#224; une premi&#232;re &#233;tape sans la direction des organisations ouvri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti veille &#224; stimuler et encourager toute tendance instinctive &#224; l'organisation ind&#233;pendante et &#224; la lutte militante des masses n&#232;gres objectivement dirig&#233;es contre le capitalisme am&#233;ricain. L'histoire du peuple n&#232;gre a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait capable de cr&#233;er et d'organiser de telles luttes. Et c'est sur la base de l'analyse et de la critique de ces efforts cr&#233;ateurs que le parti cherche &#224; guider et &#224; corriger. Ce n'est que par ce moyen qu'il peut aider &#224; la direction des efforts des masse n&#232;gres dans les voies les plus puissantes et les plus profitables pour atteindre leur propre but et celles qui sont les plus capables de d&#233;velopper la lutte g&#233;n&#233;rale pour le socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti encourage les masses du peuple n&#232;gre &#224; chercher l'aide des organisations ouvri&#232;res dans l'organisation de leur propre d&#233;fense et &#224; toutes les &#233;tapes de leur lutte pour les droits d&#233;mocratiques. Mais, dans son agitation, il les encourage &#224; agir ainsi dans le but sp&#233;cifique, le premier de tous, d'obtenir satisfaction &#224; leurs propres revendications d&#233;mocratiques. Sous aucun pr&#233;texte il, ne doit submerger le but sp&#233;cifique de cette alliance dans l'esprit du peuple n&#232;gre sous des termes g&#233;n&#233;raux de lutte pour le socialisme. La reconnaissance par les masses du peuple n&#232;gre que les organisations ouvri&#232;res sont leurs alli&#233;e dans leurs luttes pour les droits d&#233;mocratiques peut &#234;tre un plus grand pas en avant vers le socialisme que l'acceptation par quelques n&#232;gres des principes th&#233;oriques du marxisme. C'est par la reconnaissance g&#233;n&#233;rale par les masses de l'alliance entre la lutte des n&#232;gres pour leurs droits d&#233;mocratiques et les organisations ouvri&#232;res que nait la possibilit&#233; de gagner &#224; nous, non pas un ou deux, mais des douzaines de militants n&#232;gres au parti r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le du prol&#233;tariat n&#232;gre fait partie du d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral du mouvement syndical et ouvrier dans son ensemble. Le parti doit &#234;tre sur ses gardes pour analyser toutes les politiques qui peuvent emp&#234;cher le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier de se consid&#233;rer comme &#233;tant le premier et au premier rang dans la lutte de la classe ouvri&#232;re pour les droits ouvriers et pour le socialisme. L'oppression des n&#232;gres en tant que minorit&#233; nationale pr&#233;pare sp&#233;cialement le prol&#233;tariat n&#232;gre dans le mouvement ouvrier &#224; avoir une place au c&#339;ur de l'avant-garde pour le socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prol&#233;tariat n&#232;gre, cependant, a un r&#244;le sp&#233;cial &#224; jouer dans la lutte de la communaut&#233; n&#232;gre pour ses droits d&#233;mocratiques. Le parti doit stimuler le prol&#233;tariat n&#232;gre &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; n&#232;gre afin qu'il prenne la t&#234;te de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques, en accord avec le r&#244;le des travailleurs dans la soci&#233;t&#233; moderne. La communaut&#233; n&#232;gre et les organisations n&#232;gres doivent &#234;tre stimul&#233;es pour utiliser le prol&#233;tariat n&#232;gre comme repr&#233;sentants aupr&#232;s du mouvement ouvrier organis&#233; dans leurs revendications pour l'assistance et l'organisation de la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres. Le lien dans la lutte pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres r&#233;side entre la communaut&#233; n&#232;gre dans son ensemble et les organisations ouvri&#232;res et non entre le prol&#233;tariat n&#232;gre seulement et le prol&#233;tariat blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente le parti doit conduire jusqu'&#224; la limite de ses ressources une propagande et une agitation vigoureuse et constante selon les orientations expos&#233;es ci-dessus. La situation actuelle offre un champ fertile pour un tel travail parmi les masses n&#232;gres. L'exp&#233;rience du parti avec son agitation &#224; la manifestation de Harlem a d&#233;j&#224; montr&#233; la r&#233;ceptivit&#233; des masses n&#232;gres et des &#233;l&#233;ments prol&#233;tariens n&#232;gres &#224; une agitation de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti est certain de recueillir des r&#233;sultats concrets car &#224; l'&#233;tape pr&#233;sente il n'y a pas une seule organisation ouvri&#232;re ou radicale qui consid&#232;re la manifestation militante des n&#232;gres comme autre chose que, au mieux, justifi&#233;e par des n&#233;cessit&#233;s malheureuses. Ceci signifie que le parti sera &#233;cout&#233; avec attention par les masses n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti a besoin d'analyser soigneusement et de tirer les le&#231;ons de tels mouvements comme celui de Harlem. Ce n'est qu'ainsi qu'il sera capable de guider les N&#232;gres et le prol&#233;tariat, de pr&#233;parer de futurs mouvements conjointement avec eux, et &#233;tudier conjointement avec eux le d&#233;veloppement r&#233;volutionnaire des masses am&#233;ricaines. Toute crise &#171; mineure &#187; dans un &#233;tat capitaliste, dit L&#233;nine, renferme pour nous en miniature les &#233;l&#233;ments et les germes de batailles qui doivent in&#233;vitablement avoir lieu sur une large &#233;chelle dans une &#233;poque de grande crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation de Harlem ne fut pas une gr&#232;ve &#171; mineure &#187;. Ce fut, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;, une manifestation organis&#233;e, une protestation nationaliste n&#232;gre, &#224; une &#233;tape beaucoup plus avanc&#233;e que le Garveyisme, englobant comme participants actifs ou comme sympathisants des dizaines de milliers de personnes. Le jour de la manifestation on pouvait voir d'un c&#244;t&#233; les masses populaires et de l'autre &#171; maintenant l'ordre &#187; la municipalit&#233; locale (La Guardia), la Social-D&#233;mocratie (Crosswaithe), le Stalinisme (Max Yergan et Hope Stevens), la petite bourgeoisie n&#232;gre (Walter White et Grangen). Dewey annon&#231;a qu'il tenait en r&#233;serve les forces arm&#233;es de l'&#201;tat. Ces derni&#232;res formaient un groupe unique tandis que les masses se ruaient sur eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit r&#233;solument prendre sa place parmi les masses protestataires et expliquer patiemment l'unit&#233; de ceux qui sont rang&#233;es en face d'elles. Le parti ne doit pas se borner &#224; expliquer pourquoi les masses font de telles actions. Il corrige les exag&#233;rations et les erreurs des masses, mais comme quel-qu'un qui en fait partie, en prenant part &#224; la lutte avec elles et en cherchant &#224; accro&#238;tre et &#224; diriger leur col&#232;re justifi&#233;e dans des voies plus constructives. Selon la tradition marxiste il subordonne tout au fait que les masses ont refus&#233; passivement d'endurer l'injustice et ont violemment exprim&#233; leur haine. Le parti propage ces id&#233;es et condamne l'attitude juridique, explicative ou celles des travailleurs sociaux. Ce n'est que sur cette base que le parti, qui est plus certain alors de gagner l'oreille des masses, peut les aider &#224; comprendre leurs erreurs et les aider &#224; organiser des manifestations plus grandes, plus puissantes et plus efficaces, susceptibles en &#233;voluant de devenir des mouvements actifs &#224; l'&#233;chelle nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et les mouvements nationalistes n&#232;gres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti engage une guerre sans merci contre les mouvements nationalistes n&#232;gres tels que les organisations garveyistes et pro-japonaises, etc. Il d&#233;nonce leurs propositions fantastiques et r&#233;actionnaires pour l'&#233;mancipation n&#232;gre. Il explique en d&#233;tail l'impossibilit&#233; de leur r&#233;alisation et, de plus, prend la peine d'expliquer que, m&#234;me si celles-ci &#233;taient r&#233;alis&#233;es, cela ne serait d'aucun b&#233;n&#233;fice pour les grandes masses du peuple n&#232;gre. Le parti saisit cette occasion d'analyser et de d&#233;noncer l'imp&#233;rialisme japonais et l'oppression des masses japonaises. Ainsi, avec les mots de la vie et des int&#233;r&#234;ts des n&#232;gres, il construit un sentiment de solidarit&#233; des opprim&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, cependant, il doit soigneusement &#233;tudier ces mouvements pour diff&#233;rencier les dirigeants nationalistes n&#232;gres de leur base sinc&#232;re mais &#233;gar&#233;e. Il explique aux masses que le d&#233;sir de voir le Japon victorieux est en r&#233;alit&#233; un d&#233;sir de destruction de la force apparemment in&#233;branlable de leur propre oppresseur, l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. La d&#233;faite imminente du Japon brisera bien des espoirs d'aide directe ou indirecte au &#171; peuple de couleur &#187;, qu'aurait apport&#233;e une victoire japonaise. Les mouvements nationaux, cependant, m&#234;me avant la d&#233;faite du Japon ont utilise le Garveyisme et le sentiment pro-japonais uniquement comme base id&#233;ologique pour une politique dirig&#233;e vers le renforcement du nationalisme n&#232;gre aux Etats-Unis. Les mouvements qui cherchent &#224; &#171; faire sortir les Juifs de Harlem ou du quartier sud &#187; ont une solide base de classe. Ils constituent les r&#233;actions du n&#232;gre revanchard qui cherche un secours &#233;conomique et quelques rem&#232;des &#224; son orgueil de race humili&#233;. Que ces sentiments puissent &#234;tre exploit&#233;s par des idiots fanatiques, des N&#232;gres antis&#233;mites ou N&#232;gres affairistes, cela ne saurait changer leur base fondamentalement progressive. Cet aspect progressif ne peut en aucune fa&#231;on &#234;tre confondu avec l'insatisfaction de la petite bourgeoisie blanche d&#233;moralis&#233;e qui cherche un refuge dans le fascisme. La r&#233;action am&#233;ricaine peut financer et financera probablement ou encouragera quelques-uns de ces mouvements (Bilbo et Back to Africa) afin d'alimenter la malveillance. Mais les N&#232;gres sont des prol&#233;taires, des semi-prol&#233;taires et des paysans dans leur composition sociale. Le cours g&#233;n&#233;ral de l'histoire am&#233;ricaine est tel que tout mouvement fasciste d'&#233;tendue nationale (aussi d&#233;guis&#233; soit-il) sera oblig&#233; d'attaquer la lutte des N&#232;gres pour l'&#233;galit&#233;. Mais la lutte pour l'&#233;galit&#233; est la force conductrice principale du mouvement de masse n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parti, tout en attaquent &#233;nergiquement les mouvements nationalistes, ne le fait pas de la m&#234;me fa&#231;on que s'il s'agissait d'un mouvement fasciste. Il les attaque sur la base d'un programme pour une lutte n&#232;gre comme cela a &#233;t&#233; indiqu&#233; pr&#233;alablement. C'est l'absence d'un programme et d'une action compl&#232;te pour les droits n&#232;gres et la lutte n&#232;gre mise en avant par les organisations ouvri&#232;res, c'est la pr&#233;sentation sectaire de la doctrine de lutte n&#232;gre comme une lutte de classe qui donne de la force aux nationalistes. La faillite des programmes &#171; magiques &#187; des nationalistes pour le salut dans toutes les parties du monde est si &#233;vidente que leur force principale, &#224; Harlem par exemple, ne vient pas de leurs programmes, mais du r&#244;le actif qu'ils ont jou&#233; dans les protestations et les manifestations pour am&#233;liorer le sort des N&#232;gres ici en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti et la petite bourgeoisie n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen &#233;conomique de l'Am&#233;rique, d&#233;montrera combien fragiles sont les bases &#233;conomiques de la petite bourgeoisie n&#232;gre. La petite bourgeoisie n&#232;gre est, dans sa majorit&#233;, un groupe pitoyablement disproportionn&#233; d'intellectuels, de personnel domestique bien pay&#233;, d'artistes, etc. La soci&#233;t&#233; bourgeoise les a rigidement exclus, non seulement du contact social avec les blancs, mais &#233;galement des positions et des occasions de prendre une part de la plus-value, et d'obtenir un niveau de distinction, qui lient tant de fonctionnaires petits-bourgeois blancs &#224; la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Ils peuvent faire du mal comme dans le Comit&#233; pour une Marche sur Washington, mais leur incapacit&#233; &#224; retenir les masses n&#232;gres lorsque celles-ci veulent bouger, a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233;e durant la derni&#232;re p&#233;riode. Une influence comme celle que la bourgeoisie nationaliste indienne, par exemple, a exerc&#233; sur les masses indiennes ne pourra jamais &#234;tre exerc&#233;e par la petite bourgeoisie n&#232;gre sur les N&#232;gres. Le parti observe que l'instinct des masses n&#232;gres pour l'action directe n'a pas pr&#234;t&#233; attention &#224; la N.A.A.C.P. ou &#224; l'Urban League. Mais le parti garde l'&#339;il ouvert pour entrer dans les nouvelles organisations que les N&#232;gres forment aujourd'hui &#224; profusion, m&#234;me si parfois ils le font pour des buts limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti attaque sans cesse les dirigeants petits bourgeois n&#232;gres, mais s'attache &#224; le faire, non pas sur des bases g&#233;n&#233;rales, mais parce qu'ils ne m&#232;nent pas une lutte militante pour les droits d&#233;mocratiques et trahissent la lutte &#224; chaque occasion. Sa mani&#232;re de les attaquer est voisine de celle qu'il emploie vis-&#224;-vis de la direction de la social d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres et le Labor Party&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti doit mener une agitation parmi les n&#232;gres, en faveur d'un Labor Party ind&#233;pendant. Le fait que le peuple n&#232;gre a effectu&#233; cas derni&#232;res ann&#233;es un changement rapide dans son attitude vis-&#224;-vis des organisations ouvri&#232;res est un signe du r&#244;le sp&#233;cial qu'il joue dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine et de sa conscience sociale m&#251;rissante. Si les organisations ouvri&#232;res mettent en avant un programme d'action en vue de la formation d'un Labor Party ind&#233;pendant, l'histoire pass&#233;e des N&#232;gres et les indications actuelles montrent que le mouvement n&#232;gre sera fort en sa faveur et aura peut-&#234;tre la force d'un ouragan. Selon toute probabilit&#233;, les N&#232;gres joueront un r&#244;le dans l'aile gauche de l'organisation. Mais ici aussi la situation des n&#232;gres en tant que minorit&#233; particuli&#232;rement opprim&#233;e doit &#234;tre prise en consid&#233;ration. Un Labor Party ind&#233;pendant aux &#201;tats-Unis, comme dans beaucoup de pays europ&#233;ens, consistera certainement en une f&#233;d&#233;ration de diff&#233;rents groupes, dont la base, la force conductrice et la direction seraient fournies par le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Labor Party ind&#233;pendant ne tol&#233;rera aucune distinction de couleur dans ses rangs. Des organisations locales non syndicales de tous les types chercheront &#224; s'y affilier. Les N&#232;gres devraient &#234;tre encourag&#233;s &#224; se joindre &#224; de telles organisations affili&#233;es. Mais le parti doit faire une agitation vigoureuse parmi les organisations militantes n&#232;gres luttant pour les droits d&#233;mocratiques des N&#232;gres, non seulement pour qu'elles se joignent &#224; l'agitation pour le Labor Party ind&#233;pendant mais aussi pour qu'elles prennent une part active &#224; sa formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;tape pr&#233;sente de la crise capitaliste aux &#201;tats-Unis, ce travail particulier du parti offre-des moyens exceptionnels pour la formation d'un pont entre la lutte ind&#233;pendante des masses n&#232;gres et le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral de la reconstruction de la soci&#233;t&#233;. Les organisations n&#232;gres devraient, elles-m&#234;mes, &#234;tre encou-rag&#233;es &#224; formuler des revendications pour leurs propres droits d&#233;mocratiques et le parti doit insister sur le fait que ni le parti d&#233;mocrate ni le parti r&#233;publicain ne sont le type d'organisation capable de donner aux organisations n&#232;gres l'occasion ds se battre pour ces droits dans un cadre plus large. En m&#234;me temps, m&#234;me &#224; la plus nationaliste des organisations n&#232;gres, le parti doit poser la question de la formation d'un programme, non seulement pour les droits d&#233;mocratiques n&#232;gres, mais pour le pays tout entier. Les organisations n&#232;gres ne doivent regarder ni vers l'imp&#233;rialisme europ&#233;en en Afrique, ni vers l'imp&#233;rialisme japonais, mais vers des alli&#233;s en puissance dans ce pays, et apporter leur contribution &#224; l'&#233;laboration de ce type d'ordre social dans lequel les n&#232;gres trouveraient enfin l'&#233;galit&#233;. Ceci doit &#234;tre pr&#233;sent&#233; de telle fa&#231;on que les organisations n&#232;gres doivent se faire un devoir d'y parvenir. C'est par ce moyen que les n&#232;gres, sur la base de leurs propres pr&#233;occupations nationalistes, sont amen&#233;s &#224; consid&#233;rer leurs propres probl&#232;mes, en relation avec le probl&#232;me fondamental de l'ordre social dans son ensemble. Le parti saisira cette occasion de pr&#233;senter son propre programme transitoire aux n&#232;gres et de le reconsid&#233;rer pour eux &#224; la lumi&#232;re de leur d&#233;sir intense de solution non seulement imm&#233;diate, mais g&#233;n&#233;rale &#224; la d&#233;gradation dont ils ont souffert depuis tant de si&#232;cles. La composition prol&#233;tarienne du peuple n&#232;gre est telle, ce peuple est si hostile a l'ordre social existant, &#224; cause de l'avilissement sp&#233;cial auquel cet ordre le soumet, que l'organisation politique qui sait comment utiliser ses pr&#233;occupations, peut trouver les voies et les moyens pour mener &#224; bien cette propagande pour le socialisme, qui doit toujours constituer l'apog&#233;e de l'effort r&#233;volutionnaire, particuli&#232;rement dans cette p&#233;riode. En partant de la base des luttes ind&#233;pendantes pour les droits d&#233;mocratiques et sans jamais cesser de leur pr&#234;ter attention, le parti trouvera dans les contradictions croissantes de l'ordre social la possibilit&#233; d'unir &#224; des niveaux toujours plus hauts de d&#233;veloppement le mouvement objectif du prol&#233;tariat am&#233;ricainvers la direction de la nation et le mouvement des masses n&#232;gres vers le prol&#233;tariat am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chauvinisme n&#232;gre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des N&#232;gres aux &#201;tats-Unis est l'histoire de leur conscience de race croissante, de leur d&#233;sir croissant de d&#233;fendre leur pass&#233; de race n&#232;gre en tant que race. Ceci est l'in&#233;vitable r&#233;sultat de leur position dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, du d&#233;veloppement de cette soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, et ceci n'est pas seulement un processus puissant, mais encore habituel et familier &#224; toutes tes luttes de groupes nationalement opprim&#233;s. Ce ph&#233;nom&#232;ne n'est pas moindre en cas de d&#233;veloppement social des groupes opprim&#233;s et oppresseurs. Au contraire, il s'accro&#238;t en fonction directe du d&#233;veloppement du capitalisme et des possibilit&#233;s de lib&#233;ration. Ceci fut reconnu par le Socialist Workers Party &#224; son Congr&#232;s de 1939, lorsqu'il adopta une r&#233;solution commen&#231;ant ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience politique qui s'&#233;veille chez les n&#232;gres n'est pas sans prendre tout naturellement la forme du d&#233;sir d'une action incontr&#244;l&#233;e par les blancs. Les n&#232;gres ont longtemps senti et sentent m&#234;me encore aujourd'hui la n&#233;cessit&#233; de cr&#233;er leurs propres organisations avec leurs propres dirigeants et affirmer ainsi, non seulement en th&#233;orie, mais dans la. pratique, leur d&#233;sir d'avoir une &#233;galit&#233; compl&#232;te avec les autres citoyens am&#233;ricains. Un tel d&#233;sir est l&#233;gitime et m&#234;me lorsqu'il prend la forme d'un chauvinisme assez agressif, il doit &#234;tre bienvenu. Le chauvinisme noir en Am&#233;rique aujourd'hui est tout simplement l'exc&#232;s naturel du d&#233;sir d'&#233;galit&#233;, alors que le chauvinisme am&#233;ricain blanc, expression de la domination raciale est essentiellement r&#233;actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement est si clair qu'aujourd'hui m&#234;me la bourgeoisie le reconna&#238;t. Dans un An American Dilemma de Gurman Myrdal, malgr&#233; son attitude humanitariste petite-bourgeoise, il appara&#238;t du moins que l'auteur a fait une &#233;tude s&#233;rieuse, compl&#232;te, et qui &#224; beaucoup d'&#233;gards fait autorit&#233; sur la question n&#232;gre. Une de ses conclusions est que &#171; les N&#232;gres commencent &#224; former une nation consciente d'elle-m&#234;me dans la nation &#187; d&#233;finissant chaque jour plus clairement ses griefs fondamentaux contre l'Am&#233;rique blanche &#187;. Un tel mouvement avec de telles racines historiques doit in&#233;vitablement amener des exag&#233;rations, des exc&#232;s, des courants id&#233;ologiques que l'on peut seulement qualifier de chauvinisme. Ce courant a indubitablement des dangers. Le marxisme a d&#233;montr&#233; th&#233;oriquement et pratiquement que le seul moyen de le surmonter est de reconna&#238;tre la tendance fondamentalement progressive de ce courant et de distinguer nettement entre le chauvinisme des opprim&#233;s et le chauvinisme des oppresseurs. Le devoir du parti est non seulement de diriger les aspirations l&#233;gitimes des masses n&#232;gres, mais &#233;galement d'&#233;duquer les organisations ouvri&#232;res dans leur ensemble vis-&#224;-vis de la l&#233;gitimit&#233; de leurs sentiments et de la contribution importante qu'ils peuvent apporter &#224; la lutte pour le socialisme. En d&#233;pit des difficult&#233;s apparentes, une politique audacieuse et confiante de la part de notre parti a toutes les chances de succ&#232;s. La raison en est simple. Tandis qu'en Europe, les mouvements nationalistes ont eu g&#233;n&#233;ralement pour but la s&#233;paration de leur oppresseur, aux &#201;tats-Unis, la conscience de race et le chauvinisme des N&#232;gres repr&#233;sentent fondamentalement une consolidation de leur force, dans le but de s'int&#233;grer &#224; la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre en tant que question internationale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n&#232;gre, c'est-&#224;-dire la question de l'esclavage aux &#201;tats-Unis pendant le 19e si&#232;cle a excit&#233; l'int&#233;r&#234;t et la sympathie agissante du prol&#233;tariat international. L'&#233;mancipation des esclaves n&#232;gres et la guerre civile sont indissolublement li&#233;es &#224; la formation de la l'Internationale, La IIIe Internationale reconnaissait cet aspect de la question n&#232;gre lorsque, dans sa R&#233;solution sur la question n&#232;gre au IVe Congr&#232;s, non seulement elle r&#233;it&#233;ra le soutien du Comintern aux luttes r&#233;volutionnaires noires, mais elle cr&#233;a une section sp&#233;ciale justifi&#233;e par l'importance du r&#244;le que les n&#232;gres des Etats-Unis pourraient jouer dans l'&#233;mancipation des n&#232;gres du monde entier et surtout en Afrique. Aujourd'hui le processus du d&#233;veloppement historique et de la d&#233;sint&#233;gration capitaliste a &#233;lev&#233; le probl&#232;me n&#232;gre aux &#201;tats-Unis &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233; dans ses relations internationales. Ce n'est pas seulement chez les masses britanniques que la question n&#232;gre occupe une place de choix en tant que t&#233;moignage de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine, mais dans le monde entier et particuli&#232;rement dans les pays orientaux, la situation et la lutte du peuple n&#232;gre des &#201;tats-Unis sont devenues un des crit&#232;res gr&#226;ce auxquels les nationalit&#233;s opprim&#233;es p&#232;sent les possibilit&#233;s de leurs propres &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les N&#232;gres am&#233;ricains eux-m&#234;mes reconnaissent que le r&#244;le et le sort de l'Inde, de la Chine et de la Birmanie dans leurs luttes &#233;mancipatrices sont li&#233;s &#224; leurs propres luttes. La presse n&#232;gre a vou&#233; plusieurs pages aux luttes des peuples orientaux et le &#171; Courrier de Pittsburgh &#187; a deux rubriques hebdomadaires r&#233;guli&#232;res, l'une d'un Indien, l'autre d'un Chinois. Les organisations n&#232;gres, dans leur manifeste commun aux deux Congr&#232;s R&#233;publicain et D&#233;mocrate de 1944, ont fait de &#171; l'&#233;galit&#233; de la Chine avec toutes les nations alli&#233;es &#187; une de leurs revendications essentielles. C'est le r&#244;le de la IVe Internationale de d&#233;velopper et de clarifier ces efforts instinctifs des peuples vers l'internationalisme. Avec le plus grand s&#233;rieux, le parti doit reconna&#238;tre et exposer les racines historiques de ce d&#233;veloppement et le diriger vers l'&#233;ducation et l'organisation du prol&#233;tariat international et de ses alli&#233;s actuels dans les luttes pour le socialisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Programme d'action&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le premier point est l'&#233;ducation syst&#233;matique du parti sur la question n&#232;gre. Dans la p&#233;riode dans laquelle nous entrons, la p&#233;riode des soul&#232;vements mondiaux et des crises raciales en Am&#233;rique, les membres du parti doivent d'abord sur cette question difficile et compliqu&#233;e avoir une claire orientation th&#233;orique. Dans la New International et dans les bulletins int&#233;rieurs, il doit y avoir une s&#233;rie d'&#233;tudes bien document&#233;es sur les N&#232;gres dans l'histoire des &#201;tats-Unis De telles &#233;tudes n'existent pas aux &#201;tats-Unis, sauf quelques d&#233;buts d'&#233;tudes par les staliniens. Il est impossible au parti de progresser un tant soit peu dans le travail n&#232;gre sans quelque pr&#233;paration. Pour l'instant signalons quelques points qui m&#233;riteraient d'&#234;tre imm&#233;diatement consid&#233;r&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans la guerre civile. La guerre civile est l'axe th&#233;orique de l'analyse des &#201;tats-Unis au m&#234;me degr&#233; que la R&#233;volution Fran&#231;aise l'est pour l'Europe moderne. Et au centre de la guerre civile est la question de l'esclavage, c'est-&#224;-dire la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans le mouvement ouvrier organis&#233;, leur d&#233;veloppement historique dans ce mouvement, et la relation de cette communaut&#233; n&#232;gre avec ces luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les organisations n&#232;gres dans le pass&#233; r&#233;cent et &#224; l'heure actuelle, en particulier le mouvement de Garvey en tant que mouvement des masses n&#232;gres, le plus important que l'histoire am&#233;ricaine connaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les n&#232;gres dans l'agriculture sudiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le d&#233;veloppement social n&#232;gre et les luttes politiques en Afrique et en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	L'exp&#233;rience concr&#232;te du Workers Party dans le travail n&#232;gre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tudes, pour la plupart, concernent tout d'abord des faits positifs, mais elles sont aussi sujettes &#224; interpr&#233;tation. Elles constituent pratiquement un terrain vierge, non seulement pour le parti, mais pour tous les marxistes des &#201;tats-Unis. Elles sont donc et seront pendant longtemps des sujets de discussion. C'est au travers de la discussion de ces probl&#232;mes que le parti &#233;duquera ses membres et leur donnera la possibilit&#233; de repr&#233;senter le marxisme parmi les N&#232;gres et dans les rangs des organisations ouvri&#232;res. C'est par ce moyen aussi que le parti sera capable d'influencer et de diriger l'int&#233;r&#234;t toujours en &#233;veil d'un peuple nationalement opprim&#233; pour tout ce qui touche &#224; l'oppression nationale, aussi impopulaires et &#233;loign&#233;es du sens commun ordinaire que soient par ailleurs les id&#233;es g&#233;n&#233;rales d'un groupe r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme pr&#233;mices, il est n&#233;cessaire de publier les paroles et les observations de Trotsky sur la question n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le Comit&#233; national doit, en accord avec la tradition au mouvement bolchevique, organiser un rayon sp&#233;cial n&#232;gre s'occupant du travail g&#233;n&#233;ral parmi les n&#232;gres. Ce travail ne doit en aucune fa&#231;on &#234;tre subordonn&#233; au travail parmi les N&#232;gres dans les organisations ouvri&#232;res, travail qui appartient plus sp&#233;cifiquement au rayon syndical. Le travail des deux rayons doit &#234;tre coordonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rayon n&#232;gre devra &#234;tre responsable d'une rubrique sp&#233;ciale dans le journal sur la question n&#232;gre, et devra inviter les sympathisants en dehors du parti, &#224; participer &#224; son travail th&#233;orique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Connaissez-vous Malcolm X ?</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8756</link>
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		<dc:date>2025-10-03T22:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En janvier 1965, Malcolm X a dit &#171; je crois qu'il y aura finalement un conflit entre les opprim&#233;s et ceux qui font l'oppression. Je crois qu'il y aura un conflit entre ceux qui r&#233;clament la libert&#233;, la justice, et l'&#233;galit&#233; pour chacun et ceux qui veulent continuer le syst&#232;me d'exploitation&#8230; Il est incorrect de qualifier la r&#233;volte du n&#232;gre simplement comme un conflit racial du noir contre le blanc, ou comme un probl&#232;me purement am&#233;ricain. En revanche, nous voyons aujourd'hui une r&#233;bellion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En janvier 1965, Malcolm X a dit &#171; je crois qu'il y aura finalement un conflit entre les opprim&#233;s et ceux qui font l'oppression. Je crois qu'il y aura un conflit entre ceux qui r&#233;clament la libert&#233;, la justice, et l'&#233;galit&#233; pour chacun et ceux qui veulent continuer le syst&#232;me d'exploitation&#8230; Il est incorrect de qualifier la r&#233;volte du n&#232;gre simplement comme un conflit racial du noir contre le blanc, ou comme un probl&#232;me purement am&#233;ricain. En revanche, nous voyons aujourd'hui une r&#233;bellion globale de l'opprim&#233; contre l'oppresseur, de l'exploit&#233; contre l'exploiteur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Et d'abord, qu'est-ce qu'une r&#233;volution ? Parfois je suis enclin &#224; croire qu'un grand nombre des n&#244;tres utilisent le mot &#171; r&#233;volution &#187; sans se soucier de pr&#233;cision, sans prendre comme il convient en consid&#233;ration la signification r&#233;elle du mot et ses caract&#233;ristiques historiques. Lorsqu'on &#233;tudie la nature historique des r&#233;volutions, le motif d'une r&#233;volution, l'objectif d'une r&#233;volution, le r&#233;sultat d'une r&#233;volution, et les m&#233;thodes utilis&#233;es dans une r&#233;volution, il est possible de transformer les mots. (&#8230;) De toutes les &#233;tudes auxquelles nous nous consacrons, celle de l'histoire est la mieux &#224; m&#234;me de r&#233;compenser notre recherche. Et lorsque vous vous apercevez que vous avez des probl&#232;mes, vous n'avez tout simplement qu'&#224; &#233;tudier la m&#233;thode historique utilis&#233;e dans le monde entier par d'autres qui ont des probl&#232;mes identiques aux n&#244;tres. (...) je vous rappelle ces r&#233;volutions, mes fr&#232;res et mes s&#339;urs, pour vous montrer qu'il n'existe pas de r&#233;volution pacifique. Il n'existe pas de r&#233;volution o&#249; on tende l'autre joue. Une r&#233;volution non-violente, &#231;a n'existe pas.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un meeting qu'il tint le 8 avril 1964 &#224; un rassemblement du Militant Labor Forum, d'ailleurs devant un public au &#190; blanc, Malcolm X d&#233;clara : &#171; Les r&#233;volutions ne sont jamais des compromis, ne reposent jamais sur des n&#233;gociations. Les r&#233;volutions ne reposent jamais sur une sorte de cadeau ; les r&#233;volutions ne reposent pas non plus sur la demande mendiante d'&#234;tre accept&#233; dans une soci&#233;t&#233; corrompue ou un syst&#232;me corrompu. Les r&#233;volutions renversent les syst&#232;mes. Et sur cette terre il n'y a pas de syst&#232;me qui se soit r&#233;v&#233;l&#233; plus corrompu, plus criminel que ce syst&#232;me qui colonise en 1964 encore 22 millions d'Afro-am&#233;ricains, qui a toujours comme esclaves 22 millions d'afro-am&#233;ricains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hoover, responsable du FBI durant cette p&#233;riode et ayant men&#233; une v&#233;ritable guerre contre les leaders radicaux noirs, en particulier les Black Panthers, avait r&#233;dig&#233; une note qui annon&#231;ait clairement que : &#171; Le Cointelpro doit emp&#234;cher la naissance d'un messie qui pourrait unifier et &#233;lectriser le mouvement nationaliste noir (...) Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que, s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts (...) ne vaut-il pas mieux &#234;tre une vedette sportive, un athl&#232;te bien pay&#233; ou un artiste, un employ&#233; ou un ouvrier plut&#244;t qu&#8216;un Noir qui ne pense qu'&#224; d&#233;truire l'establishment et qui, ce faisant, d&#233;truit sa propre maison, ne gagnant pour lui et son peuple que la haine et le soup&#231;on des Blancs ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le pouvoir noir &#187;, textes de Malcolm X :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'aimerais faire quelques commentaires sur la diff&#233;rence entre la r&#233;volution noire et la r&#233;volution n&#232;gre. (&#8230;) Et d'abord, qu'est-ce qu'une r&#233;volution ? Parfois je suis enclin &#224; croire qu'un grand nombre des n&#244;tres utilisent le mot &#171; r&#233;volution &#187; sans se soucier de pr&#233;cision, sans prendre comme il convient en consid&#233;ration la signification r&#233;elle du mot et ses caract&#233;ristiques historiques. Lorsqu'on &#233;tudie la nature historique des r&#233;volutions, le motif d'une r&#233;volution, l'objectif d'une r&#233;volution, le r&#233;sultat d'une r&#233;volution, et les m&#233;thodes utilis&#233;es dans une r&#233;volution, il est possible de transformer les mots. (&#8230;) De toutes les &#233;tudes auxquelles nous nous consacrons, celle de l'histoire est la mieux &#224; m&#234;me de r&#233;compenser notre recherche. Et lorsque vous vous apercevez que vous avez des probl&#232;mes, vous n'avez tout simplement qu'&#224; &#233;tudier la m&#233;thode historique utilis&#233;e dans le monde entier par d'autres qui ont des probl&#232;mes identiques aux n&#244;tres. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je vous rappelle ces r&#233;volutions, mes fr&#232;res et mes s&#339;urs, pour vous montrer qu'il n'existe pas de r&#233;volution pacifique. Il n'existe pas de r&#233;volution o&#249; on tende l'autre joue. Une r&#233;volution non-violente, &#231;a n'existe pas. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme blanc sait ce qu'est une r&#233;volution. (&#8230;) La r&#233;volution est en Asie, la r&#233;volution est en Afrique, et le blanc crie de peur parce qu'il voit que la r&#233;volution est en Am&#233;rique latine. Comment pensez-vous qu'il va r&#233;agir &#224; votre &#233;gard lorsque vous aurez appris ce qu'est une vraie r&#233;volution ? Vous ne savez pas ce qu'est une r&#233;volution. Si vous le saviez, vous ne vous serviriez pas de ce mot. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution ne conna&#238;t pas le compromis, la r&#233;volution renverse et d&#233;truit tout ce qui lui fait obstacle. (&#8230;) Si vous avez peur du nationalisme noir, vous avez peur de la r&#233;volution. Et si vous aimez la r&#233;volution, vous aimez le nationalisme noir. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Je tiens &#224; vous rappeler bri&#232;vement un autre point encore : la m&#233;thode utilis&#233;e par le blanc, la fa&#231;on dont il se sert des &#171; gros bonnets &#187;, des dirigeants noirs, pour lutter contre la r&#233;volution noire. Apr&#232;s que Martin Luther King n'eut pas r&#233;ussi &#224; obtenir la d&#233;s&#233;gr&#233;gation &#224; Albany, en G&#233;orgie, la lutte pour les droits civiques tomba &#224; son niveau le plus bas. En tant que dirigeant, King &#233;tait pour ainsi dire discr&#233;dit&#233;. (&#8230;) Sit&#244;t que King eut &#233;chou&#233; &#224; Birmingham, les noirs descendirent dans la rue. (&#8230;) Les noirs &#233;taient dans la rue. Ils discutaient de la fa&#231;on dont ils allaient marcher sur Washington. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette &#233;poque qu'avit eu lieu l'explosion de Birmingham, et les noirs de Birmingham, souvenez-vous, firent explosion eux-aussi. Ils commenc&#232;rent &#224; poignarder les racistes dans le dos et &#224; les mettre cul par-dessus t&#234;te &#8211; eh oui, c'est ce qu'ils firent. C'est alors que Kennedy envoya la troupe &#224; Birmingham. Apr&#232;s cela, Kennedy se produisit &#224; la t&#233;l&#233;vision et dit : &#171; C'est une question morale &#187;. C'est alors qu'il d&#233;clara qu'il allait faire une loi relative aux droits civiques. Et lorsqu'il fit allusion &#224; cette loi et que les racistes du Sud se mirent &#224; envisager la fa&#231;on dont ils pourraient la boycotter ou emp&#234;cher son adoption par des man&#339;uvre d'obstruction, les noirs prirent la parole &#8211; pour dire quoi ? Qu'ils allaient marcher sur Washington, marcher sur le S&#233;nat, marcher sur la Maison Blanche, marcher sur le Congr&#232;s, le mettre en cong&#233;s, mettre un terme &#224; ses travaux et emp&#234;cher le gouvernement de fonctionner. Ils dirent m&#234;me qu'ils se rendraient &#224; l'a&#233;roport, se coucheraient sur les pistes et ne laisseraient pas atterir un seul avion. Je vous r&#233;p&#232;te ce qu'ils disaient. C'&#233;tait la r&#233;volution. C'&#233;tait la r&#233;volution. C'&#233;tait la r&#233;volution noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient les masses qui &#233;taient dans la rue. Elles faisaient mortellement peur &#224; l'homme blanc et aux organes du pouvoir blanc &#224; Washington, DC : j'y &#233;tais. Quand ils se rendirent compte que le rouleau compresseur noir allait descendre sur la capitale, ils convoqu&#232;rent Wilkins, ils convoqu&#232;rent Randolph. Ils convoqu&#232;rent ces dirigeants nationaux des noirs, que vous respectez, et leur dirent : &#171; D&#233;commandez la marche &#187;. Kennedy d&#233;clara : &#171; Voyons, vous tous, vous laissez cette affaire aller trop loin. &#187; Et le p&#232;re Tom dit : &#171; &#171; Patron, je ne peux pas l'arr&#234;ter, parce que je ne l'ai pas lanc&#233;e. &#187; Je vous r&#233;p&#232;te ce qu'ils dirent. Ils dirent : &#171; Je n'y participe m&#234;me pas, comment pourrais-je diriger ? &#187; Ils dirent : &#171; Ces noirs agissent de leur propre chef. Ils courent en avant de nous. &#187; Et ce vieux renard rus&#233; leur r&#233;pondit : &#171; Si vous n'y &#234;tes pas, je vous y mettrai. Je vous placerai &#224; la t&#234;te du mouvement. Je lui donnerai ma caution. Je lui ferai bon accueil. Je le soutiendrai. Je m'y rallierai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures s'&#233;coul&#232;rent. Ils assist&#232;rent &#224; une r&#233;union organis&#233;e &#224; l'Hotel Carlyle, &#224; New York. L'Hotel Carlyle est la propri&#233;t&#233; de la famille Kennedy (&#8230;) C'est l&#224; qu'une soci&#233;t&#233; philanthropique dirig&#233;e par un blanc nomm&#233; Stephen Currier convoqua les principaux dirigeants du mouvement des droits civiques. Currier leur dit : &#171; (&#8230;) Puisque vous vous disputez &#224; propos de l'argent donn&#233; par les lib&#233;raux blancs, fondons le Council for United Civil Rights Leadership. Constituons ce conseil : toutes les organisations des droits civiques en feront partie, et nous l'utiliserons pour lever des fonds. &#187; (&#8230;) Une fois form&#233; ce conseil domin&#233; par le blanc, Currier leur promit et leur donna 800.000 dollars, &#224; partager entre les &#171; Six Grands &#187; (dont King, Randolph, Wilkins,&#8230;), et leur dit qu'apr&#232;s la marche, ils en recevraient encore 700.000. Un million cinq cent mille dollars, r&#233;partis entre des dirigeants que vous avez suivis, pour lesquels vous &#234;tes all&#233;s en prison, pour lesquels vous avez vers&#233; des larmes de crocodiles. (&#8230;) Une fois le d&#233;cor mont&#233;, l'homme blanc mit &#224; leur disposition les plus &#233;minents experts en relations publiques et tous les moyens d'information du pays, qui commenc&#232;rent &#224; pr&#233;senter ces &#171; Six Grands &#187; comme les dirigeants de la marche. A l'origine, ils n'y participaient m&#234;me pas. (&#8230;) Ils devinrent la marche. Ils s'en empar&#232;rent. Et la premi&#232;re mesure qu'ils prirent apr&#232;s s'en &#234;tre empar&#233;s, ce fut d'inviter Walter Reuther, un blanc ; ils y invit&#232;rent un pr&#234;tre catholique, un rabbin et un vieux pasteur blanc. Les m&#234;mes &#233;l&#233;ments blancs qui avaient port&#233; Kennedy au pouvoir &#8211; les syndicats, les catholiques, les juifs et les protestants lib&#233;raux &#8211; la m&#234;me clique qui l'avait port&#233; au pouvoir se joignit &#224; la marche sur Washington. (&#8230;) La marche sur Washington, ils s'y sont ralli&#233;s. Ils ne s'y sont pas int&#233;gr&#233;s, ils l'ont infiltr&#233;e. Comme ils s'en emparaient, elle a perdu tout caract&#232;re militant. Elle a perdu sa col&#232;re, sa chaleur, son refus du compromis. Oui, elle a m&#234;me cess&#233; d'&#234;tre une marche pour devenir un pique-nique, un cirque. Rien qu'un cirque, avec les clowns et tout le reste. (&#8230;) Quand James Baldwin est arriv&#233; de Paris, ils n'ont pas voulu le laisser parler, parce qu'ils ne pouvaient pas l'obliger &#224; respecter le script. (&#8230;) Ils exer&#231;aient un contr&#244;le si serr&#233; qu'ils disaient &#224; ces noirs &#224; quelle heure il fallait arriver &#224; Washington, comment s'y rendre, o&#249; s'arr&#234;ter, quelles pancartes porter, quels chants chanter, quels discours faire et ne pas faire ; et puis ils leur disaient de quitter la ville au cr&#233;puscule. Et, au cr&#233;puscule, tous ces Tom sans exception avaient quitt&#233; la ville. Oui, je sais que vous n'aimez pas ce que je vous dit l&#224;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours prononc&#233; &#224; Detroit peu apr&#232;s sa rupture avec les Blacks Muslims, en mars 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est impossible &#224; un blanc qui croit au capitalisme de ne pas croire au racisme. Le capitalisme ne saurait aller sans le racisme. Lorsque vous acqu&#233;rez la certitude, au cours d'une discussion avec un blanc, qu'il n'y a pas de place pour le racisme dans sa philosophie, c'est ordinairement qu'il s'agit d'un socialiste ou d'un homme dont la doctrine politique est le socialisme. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nulle religion ne me fera jamais oublier la condition des n&#244;tres dans ce pays. Nulle religion ne me fera jamais oublier que, dans ce pays, on ne cesse de lancer des chiens sur les n&#244;tres. Nulle religion ne me fera oublier les matraques abattues sur nos t&#234;tes par les policiers. Nul dieu, nulle religion, rien ne me le fera oublier tant que ce ne sera pas fini, termin&#233;, &#233;limin&#233;. Je tiens &#224; ce que cela soit bien clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous travaillerons avec tous les hommes, avec tous les groupes, quelle que soit leur couleur, pourvu qu'ils soient vraiment d&#233;sireux de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux injustices dont sont afflig&#233;s les noirs. Peu importe leur couleur, peu importe leur doctrine politique, &#233;conomique ou sociale ; nous n'y trouverons rien &#224; redire, pourvu qu'ils se donnent pour but la destruction du syst&#232;me de proie qui suce le sang des noirs de ce pays. Mais, s'ils appartiennent, si peu que ce soit, &#224; la dangereuse esp&#232;ce des amateurs du compromis, nous pensons qu'il faut les combattre. (&#8230;) Pour toute d&#233;fense, les ma&#238;tres du pouvoir et du syst&#232;me qui nous exploite se sont content&#233;s de qualifier de racistes et d'extr&#233;mistes ceux qui condamnent ce syst&#232;me sans accepter de compromis. S'il existe des blancs qui en aient vraiment et sinc&#232;rement assez de voir les noirs d'Am&#233;rique vivre dans ces conditions, qu'ils prennent position, mais que leur position soit sans compromis, sans demi-mesures, qu'elle ne soit pas non-violente&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discours prononc&#233; suite &#224; son voyage religieux &#224; La Mecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tant que le blanc vous envoyait en Cor&#233;e, vous versiez votre sang. Il vous a envoy&#233; en Allemagne, vous avez vers&#233; votre sang. Il vous a envoy&#233; dans le sud du Pacifique faire la guerre aux Japonais et vous avez vers&#233; votre sang. Vous le versez pour les blancs, mais lorsque les choses en viennent au point o&#249; vous voyez d&#233;truire vos &#233;glises &#224; la bombe et assassiner des fillettes noires, voil&#224; que vous n'avez plus de sang&#8230; Comment allez-vous faire pour &#234;tre non-violents dans le Mississipi, vous qui &#233;tiez si violents en Cor&#233;e ? (&#8230;) La r&#233;volution est en Asie, la r&#233;volution est en Afrique, et le blanc crie de peur parce qu'il voir la r&#233;volution en Am&#233;rique latine. Comment pensez-vous qu'il va r&#233;agir &#224; votre &#233;gard lorsque vous aurez appris ce que c'est qu'une vraie r&#233;volution ? La R&#233;volution n'est pas l'abolition de la s&#233;gr&#233;gation dans les wc, ni l'abolition de la s&#233;gr&#233;gation dans les bars ou dans les salles de th&#233;&#226;tre. Il n'y a pas de R&#233;volution pacifique. Il n'y a pas de R&#233;volution sans verser de sang. Il n'y a pas de R&#233;volution sans violence. Alors si vous n'&#234;tes pas pr&#234;ts &#224; la violence, rayez le mot R&#233;volution de votre vocabulaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm X, sur la non-violence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; Le 20e si&#232;cle am&#233;ricain &#187; de Howard Zinn :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La r&#233;volte noire qui frappa le Nord comme le Sud dans les ann&#233;es 1950 et 1960 prit tout le monde de court. Il ne s'agissait pourtant pas d'une r&#233;elle surprise. La m&#233;moire des opprim&#233;s ne s'efface jamais, et le souvenir des &#233;v&#233;nements qui la composent ne cesse de nourrir la r&#233;volte. La m&#233;moire des Noirs am&#233;ricains &#233;tait d'abord celle de l'esclavage, puis celle de la s&#233;gr&#233;gation, des lynchages et des humiliations subies. En fait, ce n'&#233;tait pas seulement une question de m&#233;moire, mais aussi du v&#233;cu pr&#233;sent bien r&#233;el (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Truman signa, quatre mois avant les &#233;lections de 1948, un d&#233;cret exigeant que l'arm&#233;e, au sein de laquelle la s&#233;gr&#233;gation raciale continuait d'&#234;tre pratiqu&#233;e, mette en &#339;uvre &#171; aussi vite que possible &#187; une politique d'&#233;galit&#233; raciale (&#8230;.) pour pr&#233;server le moral des soldats noirs en cette p&#233;riode de guerre probable. Cette d&#233;sagr&#233;gation des forces arm&#233;es mit plus de dix ans &#224; se r&#233;aliser. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui paraissait &#234;tre aux yeux des autres une fulgurante avanc&#233;e ne satisfaisait pourtant pas les Noirs. Au d&#233;but des ann&#233;es 60, ils se soulev&#232;rent dans tout le Sud. A la fin des ann&#233;es 60, ils &#233;taient engag&#233;s dans de violentes &#233;meutes qui secou&#232;rent une centaine de villes du Nord. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin 1955, &#224; Montgomery, capitale de l'Alabama, (&#8230;) Rosa Sparks, couturi&#232;re &#226;g&#233;e de 43 ans, refusa d'ob&#233;ir aux l&#233;gislations discriminantes sur la s&#233;gr&#233;gation dans les bus municipaux. Pourquoi, finalement, elle &#233;tait all&#233;e s'asseoir dans la section &#171; blanche &#187; d'un bus : &#171; D'abord, j'avais travaill&#233; dur toute la journ&#233;e. J'&#233;tais vraiment fatigu&#233;e apr&#232;s cette journ&#233;e de travail. Mon travail, c'est de fabriquer les v&#234;tements que portent les Blancs. (&#8230;) Je voulais savoir quand et comment pourrait-on affirmer nos droits en tant qu'&#234;tres humains. (&#8230;) J'ai &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e. &#187; Les Noirs de Montgomery appel&#232;rent &#224; manifester. Ils d&#233;cid&#232;rent de boycotter les bus municipaux et la plupart d'entre eux, d&#233;laissant les cars de ramassage charg&#233;s de les conduire au travail, s'y rendirent &#224; pied. (&#8230;) Certains s&#233;gr&#233;gationnistes blancs se livr&#232;rent &#224; des violences. (&#8230;) Malgr&#233; toutes les violences, la communaut&#233; noire de Montgomery ne baissa pas les bras : en novembre 1956, la Cour supr&#234;me interdisait la s&#233;gr&#233;gation dans les transports municipaux. Montgomery allait servir de mod&#232;le au vaste mouvement de protestation qui secouerait le Sud pendant les dix ann&#233;es suivantes (&#8230;) Lors de cette r&#233;union (deux mille Noirs dans une &#233;glise de Montgomery), Martin Luther King (&#8230;) d&#233;clara : &#171; (&#8230;) Nous devons user de l'arme de l'amour. Nous devons faire preuve de compassion et de compr&#233;hension envers ceux qui nous d&#233;testent. Nous devons r&#233;aliser que tant de gens ont appris &#224; nous d&#233;tester et qu'ils ne sont finalement pas totalement responsables de la haine qu'ils nous portent. (&#8230;) &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;) Deux ans apr&#232;s le boycott de Montgomery, un ancien soldat du nom de Robert Williams, pr&#233;sident du NAACP de Monroe, se rendit c&#233;l&#232;bre en expliquant que les Noirs devaient se d&#233;fendre eux-m&#234;mes contre la violence, par les armes si n&#233;cessaire. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Core (Congress Racial Equality) organisa ce qu'on a appel&#233; les &#171; freedom riders &#187; au cours desquels Blancs et Noirs se rendaient ensemble en bus dans le Sud, mettant ainsi en cause les pratiques discriminatoires des transports entre Etats. (&#8230;) Les deux bus qui quitt&#232;rent Washington DC le 4 mai 1961 &#224; destination de la Nouvelle Orl&#233;ans n'y arriv&#232;rent jamais. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'approche de l'&#233;t&#233; 1964, le SNCC et d'autres groupes qui travaillaient ensemble pour les droits civiques et se voyaient confront&#233;s &#224; une recrudescence de violence d&#233;cid&#232;rent de faire appel &#224; la jeunesse am&#233;ricaine pour attirer l'attention sur la situation au Mississipi. (&#8230;) Trois militants des droits civiques, un jeune noir et deux volontaire blancs &#233;taient arr&#234;t&#233;s &#224; Philadelphie (Mississipi). Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s en pleine nuit, puis enlev&#233;s et rou&#233;s de coups, ils furent assassin&#233;s. (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement f&#233;d&#233;ral essayait, sans pour autant engager de v&#233;ritable changement, de ma&#238;triser une situation explosive. Il fallait canaliser cette col&#232;re par les m&#233;canismes classiques d'apaisement : vote, p&#233;titions et manifestations autoris&#233;es. Quand les responsables noirs du mouvement des droits civiques d&#233;cid&#232;rent d'organiser une gigantesque marche sur Washington, &#224; l'&#233;t&#233; 1963, (&#8230;) le pr&#233;sident Kennedy et les autres dirigeants nationaux s'empress&#232;rent de r&#233;cup&#233;rer le projet et le transform&#232;rent en rassemblement &#339;cum&#233;nique. C'est &#224; cette occasion que Martin Luther King fit, devant deux cent mille Am&#233;ricains blancs et noirs, son fameux discours &#171; I have a dream&#8230; &#187; Discours superbe, certes, mais totalement d&#233;nu&#233; de cette col&#232;re que ressentaient de nombreux Noirs. John Lewis, un jeune responsable du SNCC originaire d'Alabama qui avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et battu de nombreuses fois, tenta d'exprimer ce sentiment d'indignation. Il en fut emp&#234;ch&#233; par les organisateurs de la marche qui exig&#232;rent qu'il renonce &#224; certaines critiques tr&#232;s dures sur le gouvernement et &#224; ses appels &#224; l'action directe. Dix-huit jours apr&#232;s le rassemblement de Washington, comme une expression du m&#233;pris affich&#233; envers cette mod&#233;ration, une bombe explosait dans le sous-sol d'une &#233;glise noire &#224; Birmingham, tuant quatre fillettes qui assistaient au cat&#233;chisme. Si le pr&#233;sident Kennedy avait appr&#233;ci&#233; &#171; la profonde ferveur et la dignit&#233; calme &#187; de la marche, le militant noir Malcolm X &#233;tait probablement plus en accord avec les v&#233;ritables sentiments de la communaut&#233; noire. A Detroit, deux mois apr&#232;s la marche sur Washington et l'attentat de Birmingham, Malcolm X d&#233;clarait dans son style rythm&#233;, puissant et incisif : &#171; Les Noirs &#233;taient l&#224; dans les rues. Ils discutaient de leur projet de marche sur Washington. (&#8230;) Ils allaient marcher sur Washington, sur le S&#233;nat, sur la Maison Blanche, sur le Congr&#232;s, et leur lier les mains, les forcer &#224; s'arr&#234;ter et emp&#234;cher le gouvernement de fonctionner. Ils disaient m&#234;me qu'ils iraient &#224; l'a&#233;roport et s'allongeraient sur les pistes pour emp&#234;cher les avions d'atterrir. Je dis juste ce qu'ils disaient. C'&#233;tait la r&#233;volution. Oui, c'&#233;tait la r&#233;volution. La r&#233;volution noire. C'&#233;tait le peuple l&#224; dans la rue. Les Blancs avaient une peur bleue ; le pouvoir blanc &#224; Washington DC avait une peur bleue. J'&#233;tais l&#224;. Quand ils ont compris que ce bulldozer noir allait descendre vers la capitale, ils ont appel&#233; ces responsables noirs que vous respectez tant et leur ont dit &#171; arr&#234;tez tout ! &#187; Kennedy a dit : &#171; Ecoutez, vous laissez aller les choses un peu trop loin. &#187; Et le Vieux Tom a r&#233;pondu : &#171; Patron, je peux pas l'arr&#234;ter parce que c'est pas moi qui l'ai d&#233;marr&#233;. &#187; (&#8230;) Alors, le vieux renard a r&#233;pondu : &#171; Si vous &#234;tes pas dans le coup, moi je vais vous y mettre. Je vais vous mettre &#224; la t&#234;te de tout &#231;a. Je le prendrai &#224; mon compte, j'approuverai, j'aiderai et m&#234;me j'en serai. &#187; C'est ce qu'ils ont fait avec la marche sur Washington. (&#8230;) Puisqu'ils ont dirig&#233;, tout cela a perdu toute &#233;nergie militante. Plus de col&#232;re, plus de pression, plus de radicalit&#233;. D'ailleurs, c'&#233;tait m&#234;me plus une marche, c'&#233;tait un pique-nique, un v&#233;ritable cirque. &#187; (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut pr&#233;cis&#233;ment pendant ces ann&#233;es 1964-65, au cours desquelles le Congr&#232;s vot&#233; les lois sur les droits civiques, qu'eurent lieu de nombreuses &#233;meutes &#224; travers tout le pays : en Floride, apr&#232;s l'assassinat d'une femme noire et une menace d'attentat &#224; la bombe contre un lyc&#233;e noir ; &#224; Cleveland, lorsqu'un pr&#233;dicateur noir fut tu&#233; alors qu'il protestait pacifiquement contre la discrimination raciale dans la profession du b&#226;timent ; &#224; New York, quand un jeune noir de quinze ans fut abattu au cours d'une altercation avec un policier en dehors de son service. Rochester, Jersey City, Chicago et Philadelphie connurent &#233;galement des &#233;meutes. En ao&#251;t 1965, (&#8230;) le ghetto noir de Watts, &#224; Los Angeles, se souleva et fut le th&#233;&#226;tre des plus violentes &#233;meutes urbaines depuis la fin de la seconde guerre mondiale. (&#8230;) A l'&#233;t&#233; 1966, les &#233;meutes se multipli&#232;rent. (&#8230;) Ce fut en 1967 qu'&#233;clat&#232;rent dans les ghettos noirs du pays les plus importantes &#233;meutes urbaines de l'histoire des Etats-Unis. Selon le rapport du &#171; National Advisory Committee on Urban Disorders &#187;, (&#8230;) il y eut &#171; huit &#233;meutes majeures &#187;, trente trois &#171; soul&#232;vements s&#233;rieux mais de moindre envergure &#187; et cent vingt-trois &#171; d&#233;sordre mineurs &#187;. (&#8230;) Le mot d'ordre &#233;tait d&#233;sormais &#171; Black Power &#187; (&#8230;) Malcolm X fut sans conteste le porte-parole le plus convaincant de cette mouvance. (&#8230;) L'assassinat de Martin Luther King entra&#238;na de nouvelles &#233;meutes urbaines &#224; travers tout le pays. (&#8230;) Un v&#233;ritable plan contre les militants noirs fut &#233;labor&#233; par les forces de police et le FBI. Le 4 d&#233;cembre 1969, peu avant cinq heures du matin, une patrouille de la police de Chicago arm&#233;e de mitraillettes et de fusils envahissait un appartement o&#249; vivaient des Black Panthers. Ils tir&#232;rent entre 80 et 200 coups de feu dans l'appartement. (&#8230;) Des &#233;meutes de Detroit en 1967 &#233;tait n&#233;e une organisation destin&#233;e &#224; encadrer les travailleurs noirs en vue de bouleversements r&#233;volutionnaires. La Ligue des travailleurs noirs r&#233;volutionnaires resta en activit&#233; jusqu'en 1971 et mobilisa des milliers de personnes &#224; Detroit. (&#8230;) A la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, le syst&#232;me faisait tout ce qu'il pouvait pour contenir l'effrayante capacit&#233; explosive des &#233;meutes noires. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de l'ann&#233;e 65, &#224; Mac Comb (Mississipi), des jeunes Noirs qui venaient d'apprendre qu'un de leurs camarades &#233;tait mort au Vietnam distribu&#232;rent un prospectus r&#233;dig&#233; en ces termes : &#171; Aucun Noir du Mississipi ne devrait se battre au Vietnam pour d&#233;fendre la libert&#233; du Blanc tant que le peuple noir ne sera pas libre au Mississipi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcom X &#233;tait assassin&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 21 f&#233;vrier 1965 que Malcom X, un des leaders noirs radicaux les plus connus pendant les ann&#233;es de lutte des Noirs am&#233;ricains contre la s&#233;gr&#233;gation et le racisme, fut assassin&#233; lors d'une r&#233;union publique, dans le quartier noir de Harlem &#224; New York.&lt;br class='autobr' /&gt;
A-t-il &#233;t&#233; &#233;limin&#233; par des opposants politiques li&#233;s aux &#171; Black muslims &#187;, (&#171; Musulmans noirs &#187;) ? Cela semble acquis aujourd'hui ; mais sa mort serait le r&#233;sultat d'une action conjointe d'une fraction des Musulmans noirs et de la CIA (dirig&#233;e alors par Hoover, raciste acharn&#233; et anticommuniste visc&#233;ral). Il fut donc &#233;limin&#233; par le pouvoir nord-am&#233;ricain. Malcom X apparaissait &#224; l'&#233;poque comme le plus intransigeant repr&#233;sentant de la r&#233;volte noire contre la s&#233;gr&#233;gation aux Etats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses critiques envers les leaders noirs mod&#233;r&#233;s, &#171; oncles Tom modernes, utilis&#233;s par les Blancs pour nous maintenir passifs, paisibles, non-violents &#187; et envers son propre mouvement : &#171; nous aurions int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;viser notre politique de non-engagement et nous trouver&#8230; aux c&#244;t&#233;s des Noirs&#8230; qui s'engagent r&#233;solument dans la lutte &#187; lui valurent d'&#234;tre exclu de la &#171; Nation de l'Islam &#187; organisation des musulmans noirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dirigeants des Musulmans noirs entendaient ainsi couper les ailes d'un dirigeant qui avait pris beaucoup d'ascendant et le marginaliser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais malgr&#233; son exclusion, Malcom X prenait de plus en plus d'autorit&#233; aupr&#232;s de la jeunesse radicale. Il mena&#231;ait l'autorit&#233; des Musulmans noirs sur le peuple des ghettos et surtout il mettait en danger l'autorit&#233; du gouvernement am&#233;ricain. La r&#233;volte des Noirs am&#233;ricains, succ&#233;dant au mouvement pour les droits civiques dirig&#233; par Martin Luther King, &#233;branlait l'&#233;tat am&#233;ricain, et Malcom X m&#234;me seul, repr&#233;sentait un dangereux tison qu'il fallait &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son assassinat allait profiter aux Musulmans noirs, dont les tendances affairistes dans les ghettos noirs se d&#233;velopp&#232;rent largement par la suite. Ceux-ci voulaient &#234;tre les ma&#238;tres de toute activit&#233; &#233;conomique dans les quartiers noirs et y faire des affaires. C'est cette fa&#231;on d&#8216;exploiter la situation et les difficult&#233;s des quartiers noirs face au racisme et &#224; la pauvret&#233; qui permit par exemple, au chef actuel des Musulmans noirs, Farrakhan, de devenir multi millionnaire. Il est vrai, que s'ils pouvaient le faire, c'est parce que les &#171; Musulmans noirs &#187; avaient gagn&#233; un certain ascendant dans les ghettos sur de nombreux Noirs dont beaucoup de jeunes d&#233;linquants qui, comme Malcom X jeune, avaient &#233;t&#233; recrut&#233;s dans les prisons. Les Musulmans les avaient redress&#233;s et en avaient fait des nationalistes noirs, hostiles au pouvoir blanc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet assassinat de Malcom X faisait aussi l'affaire de l'Etat am&#233;ricain qui ne pouvait tol&#233;rer la mont&#233;e d'une violence r&#233;volutionnaire dans les mouvements noirs. Il fallait faire le m&#233;nage, surtout &#233;viter la contagion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la r&#233;volte. A travers l'assassinat de Malcom X, il fallait d&#233;capiter le mouvement de masse qu'il repr&#233;sentait, faire un exemple aux yeux des 22 millions de noirs am&#233;ricains r&#233;volt&#233;s potentiels. Malcom X ne fut d'ailleurs pas le seul dirigeant populaire assassin&#233;. Apr&#232;s lui, ce fut le tour de Martin Luther King, pourtant plus mod&#233;r&#233; dans ses propos, puis de plusieurs dirigeants et militants des &#171; black Panthers &#187; qui pr&#244;naient l'auto d&#233;fense arm&#233;e et la mirent en pratique en patrouillant arm&#233;s dans les ghettos pour se faire respecter de la police blanche. Cette pratique avait du reste &#233;t&#233; inaugur&#233;e par Malcom X.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation massive des Noirs dont un grand nombre se reconnaissait peu ou prou en tous ces dirigeants faisait craindre le pire au gouvernement am&#233;ricain. Les &#233;meutes noires massives dans tous les grands ghettos noirs embrasaient les USA, &#224; Harlem, Newark, Watts, D&#233;troit et ailleurs. Pour mettre un terme &#224; la radicalisation du mouvement noir, l'Etat am&#233;ricain r&#233;prima durement. Sa police et ses militaires tiraient &#224; vue dans les ghettos, y compris avec des armes lourdes, rasant des quartiers, assassinant des centaines de manifestants. Le pouvoir emprisonna plusieurs milliers d'entre eux, puis liquida un grand nombre de dirigeants et militants les plus radicaux. Ensuite, le pouvoir fit des concessions. La p&#233;riode de lutte engag&#233;e pour la reconnaissance des droits civiques et pour mettre fin &#224; la s&#233;gr&#233;gation partout aux Etats-Unis, porta ces quelques fruits ; ce qui n'&#233;tait pas n&#233;gligeable, notamment pour ceux qui subissaient depuis toujours ce racisme officiel, mais aussi pour tous ceux qui en faisait un probl&#232;me de dignit&#233; humaine. La pression de cette lutte ouvrit certes un peu plus d'emplois &#224; des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lendemains de ces luttes profit&#232;rent surtout &#224; la bourgeoisie et petite bourgeoisie noires. Mais ces luttes avaient soulev&#233; des espoirs qui allaient au-del&#224; du probl&#232;me racial ; c'est tout le probl&#232;me des in&#233;galit&#233;s, de l'exploitation, de la mis&#232;re qui soulevait l'enthousiasme et la combativit&#233; de beaucoup de ceux qui manifestaient, se battaient dans les rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour tous ceux l&#224;, pour leurs enfants d'aujourd'hui, ce combat reste &#224; poursuivre, certes dans d'autres conditions. La cause fondamentale du racisme, de l&#8216;oppression, de la mis&#232;re ne pouvait pas &#234;tre &#233;radiqu&#233;e uniquement par les quelques lois sur les droits civiques consentis par le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste encore, aujourd'hui, aux Noirs am&#233;ricains, &#224; se battre, de nouveau, contre le syst&#232;me d'exploitation capitaliste qui est la cause de la mis&#232;re et de toutes formes d'oppression dans le pays le plus riche du monde, le mod&#232;le permanent du capitalisme ! Il est possible qu'au fil de sa vie militante, en particulier dans les derniers mois v&#233;cus, Malcom X se soit approch&#233; de cette v&#233;rit&#233;, sans en avoir tir&#233; toutes les cons&#233;quences. Le pouvoir ne lui pas donn&#233; le temps d'y parvenir, si toutefois c'&#233;tait dans ses intentions. Quoiqu'il en soit nous devons appr&#233;cier &#224; sa juste valeur le courage et l'engagement de cet homme qui refusait de se laisser berner par les contes mod&#233;r&#233;s et les faux-fuyant des leaders mod&#233;r&#233;s et proclamait cette v&#233;rit&#233; simple que &#171; le pouvoir est au bout du fusil &#187;, quand des masses nombreuses se mobilisent et tiennent en main de nombreux fusils face aux brutes arm&#233;es du pouvoir d'&#233;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vie et la mort de Malcolm X, par George Novack&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Afro-Am&#233;ricains ont produit de nombreux dirigeants remarquables, de Crispus Attucks &#224; Frederick Douglas. Malcolm X &#233;tait le dernier et non le moindre de ces repr&#233;sentants r&#233;volutionnaires du peuple noir. Sa sensibilit&#233; lui a permis d'&#233;tablir une communion instantan&#233;e avec les millions d'opprim&#233;s qui attendent avec impatience l'&#233;mancipation et l'&#233;galit&#233; qui leur sont promises. Il &#233;tait parfaitement &#224; l'&#233;coute de leurs sentiments de frustration, d'indignation et de r&#233;bellion. &#034;Il l'a dit clairement, il le dit tel qu'il est&#034;, telle a &#233;t&#233; leur r&#233;ponse spontan&#233;e &#224; ses accusations depuis la tribune, &#224; la t&#233;l&#233;vision et dans les rues de Harlem, concernant les tourments que l'Am&#233;rique capitaliste inflige &#224; ses citoyens noirs - et &#224; son appel &#224; r&#233;sister et &#224; les abolir par tous les moyens disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intransigeance de Malcolm a eu le m&#234;me attrait puissant aupr&#232;s de la jeunesse rebelle, noire et blanche, aux &#201;tats-Unis, que les personnalit&#233;s de Fidel Castro et d'Hugo Blanco en Am&#233;rique latine. Il m&#233;ritait une telle admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Malcolm, qui a dur&#233; 39 ans, a travers&#233; trois p&#233;riodes distinctes. Dans sa jeunesse, il a &#233;t&#233; victime des cruaut&#233;s et des privations des ghettos des grandes villes du Nord. Mais il n'&#233;tait pas insensible. Il a ripost&#233; en recourant aux m&#233;thodes de la jungle pour survivre dans la jungle asphalt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison dans laquelle il est entr&#233; ne l'a pas davantage corrompu mais a servi d'&#233;cole dans laquelle il a d&#233;couvert pour la premi&#232;re fois les musulmans noirs. Sa conversion &#224; leurs doctrines et pratiques a r&#233;g&#233;n&#233;r&#233; et renforc&#233; son caract&#232;re, l'armant d'un &#233;vangile de salut racial oppos&#233; au christianisme hypocrite de l'homme blanc qui sanctifiait la servitude de l'homme noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a acquis une notori&#233;t&#233; nationale en tant que principal porte-parole et organisateur de la confr&#233;rie d'Elijah Muhammad. Son appel &#224; l'autonomie des Noirs, ses condamnations des dirigeants noirs mod&#233;r&#233;s li&#233;s &#224; la structure de pouvoir &#233;tablie et sa justification ouverte du droit et du devoir de l&#233;gitime d&#233;fense contre la violence raciste ont fait de lui la cible de diffamation et de fausses d&#233;clarations. Malcolm a &#233;t&#233; crucifi&#233; par la presse payante bien avant d'&#234;tre martyris&#233; par les balles des assassins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient leurs convictions, la plupart des Noirs ont accueilli favorablement le message du ministre Malcolm. Il a exprim&#233; ce qu'ils ressentaient et pensaient r&#233;ellement &#224; propos de l'Am&#233;rique blanche. Dans le m&#234;me temps, le mouvement Freedom Now ne pouvait pas &#234;tre canalis&#233; dans un sectarisme religieux &#233;troit qui se d&#233;tournait des luttes sociales et politiques. Les masses noires insurg&#233;es devaient &#234;tre unies autour d'un programme social combinant des m&#233;thodes d'action de masse vigoureuse avec la construction d'un pouvoir ind&#233;pendant &#224; tous les niveaux de la vie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sagacit&#233; politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm a d&#233;montr&#233; sa sagacit&#233; politique exceptionnelle en reconnaissant que le culte th&#233;ocratique d'Elijah Muhammad allait &#224; l'encontre des besoins imp&#233;ratifs de la r&#233;volte noire. Au d&#233;but de 1964, il se s&#233;para de l'homme qu'il avait v&#233;n&#233;r&#233; comme le messager d'Allah et la source de la sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rupture a marqu&#233; le d&#233;but &#8211; et peut-&#234;tre pr&#233;par&#233; la fin &#8211; du dernier chapitre de la brillante et trop br&#232;ve carri&#232;re de Malcolm. Se d&#233;tacher de la tutelle et des liens de la Nation de l'Islam exigeait un courage personnel, moral et intellectuel de haut niveau. Malcolm a d&#251; rejeter les enseignements antipolitiques, sectaires et anti-blancs des musulmans noirs. Il a d&#251; construire une nouvelle organisation &#224; partir de z&#233;ro tout en ajoutant davantage d'ennemis &#224; un groupe d'opposants d&#233;j&#224; &#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien conscient des risques, Malcolm a avanc&#233; sans crainte dans sa nouvelle voie. Il a s&#233;par&#233; le c&#244;t&#233; religieux de son activit&#233; du projet d'Organisation de l'unit&#233; afro-am&#233;ricaine. Il commen&#231;a &#224; rassembler ses partisans nombreux et dispers&#233;s. Il a fait un p&#232;lerinage &#224; La Mecque et s'est rendu au Proche-Orient et en Afrique o&#249; il a discut&#233; des probl&#232;mes de la lutte de lib&#233;ration avec certaines des principales figures des forces anti-imp&#233;rialistes, du premier ministre Nkrumah du Ghana &#224; Muhammad Babu de Tanzanie et Che Guevara de Cuba. Il cherchait &#224; obtenir du soutien pour l'appel en faveur des droits de l'homme qu'il devait soumettre aux Nations Unies au nom des 22 millions de Noirs am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entreprit de formuler un programme et des perspectives qui pourraient r&#233;orienter le mouvement Freedom Now vers des lignes plus efficaces. Il &#233;tait sur le point d'annoncer les premiers r&#233;sultats de sa r&#233;flexion lorsqu'il fut abattu dans la salle de bal Audubon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces derniers mois, Malcolm se d&#233;barrassait de ses vieilles id&#233;es, en absorbait et en &#233;mettait de nouvelles avec une rapidit&#233; &#233;tonnante. Il apprenait, grandissait, changeait. Il a adopt&#233; non seulement le credo musulman officiel, mais aussi de nombreuses id&#233;es partag&#233;es par les combattants de la libert&#233; les plus intransigeants d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine et par les socialistes r&#233;volutionnaires des &#201;tats-Unis. Il est devenu pr&#234;t &#224; collaborer avec tous ceux qui refusaient de se recroqueviller devant les pouvoirs en place et &#233;tait pr&#234;t &#224; se battre pour les droits de la population noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, il n'a pas eu le temps de formuler un programme global, de le transmettre &#224; ses partisans et de b&#226;tir une organisation nationale forte. Lors d'une discussion avec lui et son coll&#232;gue James Shabazz &#224; son si&#232;ge de Harlem, quelques semaines avant son assassinat, nous avons &#233;voqu&#233; les discours qu'il envisageait de prononcer en f&#233;vrier. &#034;J'esp&#232;re qu'ils sont meilleurs que celui que j'ai donn&#233; dimanche dernier&#034;, a-t-il d&#233;clar&#233;. &#171; Pourquoi ? &#187; J'ai demand&#233;, &#171; souffriez-vous comme beaucoup d'entre nous d'un coup de grippe ? &#187; &#171; Non, &#187; r&#233;p&#233;ta-t-il deux fois, &#171; je suis juste fatigu&#233;. Mentalement fatigu&#233;. &#187; Cette fatigue venait des immenses fardeaux que Malcolm portait pour lancer une nouvelle organisation r&#233;volutionnaire avec des ressources et des forces insuffisantes, assi&#233;g&#233;e par des ennemis riches et acharn&#233;s qui ne cessaient de le harceler. Il s'effor&#231;a de surmonter ces difficult&#233;s gr&#226;ce &#224; une forte volont&#233; et des efforts infatigables. Il savait qu'il travaillait comme homme marqu&#233; avec un temps limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; Toussaint L'Ouverture, Malcolm X n'a &#8203;&#8203;pas pu d&#233;ployer toutes les qualit&#233;s de g&#233;n&#233;ral qu'il poss&#233;dait. N&#233;anmoins, il dominait tellement ses contemporains que sa mort raccourcit d'une t&#234;te la lutte pour l'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnalit&#233;s comme Martin Luther King, honor&#233;es et soutenues par l'establishment, continuent de tenir le devant de la sc&#232;ne dans le mouvement des droits civiques. Mais ce sont des sommit&#233;s du moment, des repr&#233;sentants d'une phase passag&#232;re de la marche de lib&#233;ration des Noirs aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proph&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm, dont ils peuvent prot&#233;ger la m&#233;moire maintenant qu'il a &#233;t&#233; r&#233;duit au silence, &#233;tait le h&#233;raut et le porte-parole authentique de son avenir. Son ascension &#233;tonnante du gouffre de la d&#233;gradation jusqu'aux sommets du leadership national et international montre quel tr&#233;sor de talents et de capacit&#233;s cr&#233;atrices se cache dans les ghettos noirs qui peuvent &#234;tre suscit&#233;s par la r&#233;volte en cours. Il montre comment les meilleurs combattants de la libert&#233; peuvent se d&#233;placer dans le feu de la bataille vers les points de vue et les positions les plus avanc&#233;s. Il est pass&#233; en quelques ann&#233;es de la d&#233;pravation et de la d&#233;moralisation &#224; l'illumination et &#224; l'&#233;nergie d'un agitateur de masse, puis du sectarisme religieux &#224; l'action sociale r&#233;volutionnaire. Il est pass&#233; de la haine, de la peur et de la suspicion envers tous les Blancs, qui &#233;taient une conclusion compr&#233;hensible de l'humiliation et de l'oppression, &#224; l'id&#233;e que les actions et les convictions d'une personne et d'un groupe sont plus importantes que la teinte de leur peau. Il sollicitait la coop&#233;ration de tous les opposants &#224; Jim Crow pour autant que cela n'implique aucun sacrifice ou subordination du bien-&#234;tre des masses noires &#224; la majorit&#233; blanche. Il esp&#233;rait une alliance d'hommes et de femmes noirs avec des r&#233;volutionnaires blancs dans des luttes anticapitalistes pour apporter l'&#233;galit&#233; et la justice &#224; tous nos compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes et les supr&#233;macistes blancs feraient bien de tenir compte et de se souvenir de l'avertissement de Malcolm selon lequel l'explosion raciale r&#233;sultant du m&#233;contentement du peuple noir peut &#234;tre plus dangereuse pour eux qu'une explosion atomique. Il existe d'autres Malcolm potentiels parmi les jeunes qui s'inspireront de sa vie et de sa mort pour poursuivre son travail. Ils l'aideront &#224; accomplir ses t&#226;ches inachev&#233;es en fusionnant les objectifs nationalistes noirs progressistes d'&#233;galit&#233;, de dignit&#233;, d'emploi et de justice avec les objectifs d'une Am&#233;rique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mars 1965&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1965/mar/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1965/mar/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Malcolm X, nationalisme noir et socialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette critique de La derni&#232;re ann&#233;e de Malcolm X : L'&#233;volution d'un r&#233;volutionnaire de George Breitman a &#233;t&#233; initialement pr&#233;sent&#233;e lors d'un symposium &#224; San Francisco avec Eldridge Cleaver, le 4 mai 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Malcolm X a &#233;t&#233; abattu en f&#233;vrier 1965, il &#233;tait clair que sa m&#233;moire serait ch&#233;rie par les millions d'hommes et de femmes noirs qui pleureraient leur dirigeant martyr. Il n'&#233;tait pas si certain que le mouvement qu'il avait initi&#233; apr&#232;s son d&#233;part de Nation of Islam ou les id&#233;es qu'il &#233;laborait et diffusait au cours de sa derni&#232;re ann&#233;e survivraient et gagneraient du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes arm&#233;s ont r&#233;duit au silence une personnalit&#233; en pleine mutation qui avait encore beaucoup &#224; apprendre par elle-m&#234;me ainsi qu'&#224; enseigner et &#224; dire aux autres. Leurs balles ont retir&#233; du champ de bataille un commandant exceptionnellement comp&#233;tent avant qu'il n'ait eu le temps de former les officiers et de rassembler les troupes pour une arm&#233;e d'&#233;mancipation afro-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai &#233;crit un article n&#233;crologique sur le sens de sa vie et de sa mort &#224; cette &#233;poque, j'ai pens&#233; qu'il &#233;tait probable que Malcolm deviendrait une l&#233;gende h&#233;ro&#239;que en tant que d&#233;fieur incassable de la supr&#233;matie blanche et entrerait dans la m&#233;moire populaire des opprim&#233;s aspirant &#224; la libert&#233;, comme Patrice. Lumumba ou Joe Hill. L'image de &#171; notre brillant prince noir &#187; &#233;voqu&#233;e par Ossie Davis lors des fun&#233;railles allait dans cette direction et tendait pendant un certain temps &#224; voiler les opinions et perspectives politiques plus prosa&#239;ques mais puissantes que Malcolm avait projet&#233;es au cours des mois les plus cr&#233;atifs de sa carri&#232;re. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celles-ci se sont encore att&#233;nu&#233;es lorsque le mouvement qu'il venait de lancer et commen&#231;ait &#224; peine &#224; construire, l'Organisation de l'unit&#233; afro-am&#233;ricaine, s'est fragment&#233; et, passant sous un autre type de direction, s'est &#233;loign&#233; de plus en plus de la nouvelle voie qu'il avait trac&#233;e. Cette &#233;volution malheureuse ne peut &#234;tre imput&#233;e &#224; Malcolm lui-m&#234;me. Il fut contraint de se lancer seul au printemps 1964, avec des handicaps extr&#234;mement lourds. Il jouissait d'une notori&#233;t&#233; nationale et internationale consid&#233;rable et d'un large public. Mais cette communaut&#233; &#233;tait amorphe et restait &#224; souder et &#224; r&#233;&#233;duquer selon des lignes quelque peu diff&#233;rentes. Malcolm manquait de moyens pour cr&#233;er une base d'organisation suffisamment large et solide pour mettre en &#339;uvre les objectifs qu'il s'&#233;tait fix&#233;s pour le mouvement. Il s'agissait de grands objectifs qui exigeaient des ressources consid&#233;rables et des forces puissantes pour leur promotion et leur r&#233;alisation. Il aurait fallu beaucoup de temps et d'efforts pour les acqu&#233;rir et les assembler &#8211; et ce temps a &#233;t&#233; enlev&#233; au r&#233;volutionnaire de trente-neuf ans ainsi que le souffle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ar&#232;ne d'influence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si l'organisation de Malcolm a &#233;chou&#233; et n'a pas r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser son potentiel en tant que centre de ralliement pour l'unit&#233; et le militantisme noirs, son exemple et ses id&#233;es ont connu un destin plus heureux. Au cours des deux ann&#233;es qui ont suivi sa mort, ces id&#233;es ont p&#233;n&#233;tr&#233; les c&#339;urs et les esprits de la population du ghetto du nord au sud, de Harlem &#224; Watts. Ses arguments, ses paroles piquantes et pleines d'esprit et ses arguments r&#233;v&#233;lateurs sont r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; de nombreuses reprises par les porte-parole afro-am&#233;ricains et int&#233;gr&#233;s dans leurs d&#233;bats et discussions &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision. Ils orientent le mouvement du pouvoir noir qui a conquis le SNCC et le CORE dont les membres r&#233;pandent l'&#233;vangile dans des cercles plus larges. Le Sunday NY Times Book Review a r&#233;cemment rapport&#233; que l'autobiographie et les discours de Malcolm figurent en bonne place parmi les lectures pr&#233;f&#233;r&#233;es des communaut&#233;s noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux canaux de communication dans ces communaut&#233;s ne sont pas litt&#233;raires mais verbaux. Ainsi, les id&#233;es de Malcolm sont transmises &#224; travers la parole qu'il ma&#238;trise lui-m&#234;me par ceux qui les ont lues ou entendues de diverses sources. Les gar&#231;ons et les filles en pleine croissance, afflig&#233;s par les r&#233;alit&#233;s brutales de la pauvret&#233; et du racisme, comme Malcolm, absorbent ses id&#233;es aussi facilement qu'ils respirent la poussi&#232;re des rues des grandes villes et des routes rurales. Les paroles de Malcolm sont transmises dans les salles de classe et les cours d'&#233;cole, au coin des rues et sur les perrons des immeubles, et germent comme des graines sur un sol tropical riche parce qu'elles correspondent aux sentiments les plus profonds, aux aspirations inarticul&#233;es et aux exp&#233;riences de vie de la jeunesse noire rebelle. Ses id&#233;es sont devenues une part pr&#233;cieuse et inali&#233;nable du patrimoine culturel et politique de l'Afro-Am&#233;rique, nourrissant le nationalisme noir qui bouillonne et bout dans les chaudrons g&#233;ants des ghettos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'influence de Malcolm ne s'arr&#234;te pas aux c&#244;tes am&#233;ricaines. Il est honor&#233; et plac&#233; aux c&#244;t&#233;s de Lumumba par les combattants de la libert&#233; d'un bout &#224; l'autre de l'Afrique. Ce n'est pas surprenant. Il est plus remarquable que son autobiographie et ses discours aient &#233;t&#233; publi&#233;s &#224; l'&#233;tranger et traduits dans plusieurs langues : fran&#231;ais, allemand, italien et japonais. Une pi&#232;ce sur sa vie vient d'&#234;tre produite avec un grand succ&#232;s en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales raisons de sa renomm&#233;e r&#233;sident dans l'int&#233;grit&#233; et le courage de l'homme, les capacit&#233;s de croissance et de leadership dont il a fait preuve, la justesse et la pertinence de ses positions, et surtout la gravit&#233; et l'importance de la cause afro-am&#233;ricaine. la lib&#233;ration qu'il repr&#233;sentait. Mais si le message de Malcolm a pris son envol et s'est propag&#233; aussi loin et aussi rapidement dans les pages imprim&#233;es, c'est tout le m&#233;rite du d&#233;vouement de George Breitman. Il fut l'un des premiers, certainement parmi les radicaux blancs, &#224; discerner la v&#233;ritable stature et l'importance de Malcolm en tant que champion le plus r&#233;actif du nationalisme noir depuis Marcus Garvey. Il entreprit de le d&#233;fendre contre ses d&#233;tracteurs et diffamateurs. Il a expliqu&#233; et propag&#233; ses opinions parmi les militants blancs et noirs puis, lorsque Malcolm ne pouvait plus parler pour lui-m&#234;me, il a rassembl&#233; et &#233;dit&#233; les documents trouv&#233;s dans Malcolm X Speaks .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant la mort de Malcolm, j'ai parl&#233; avec le leader tr&#232;s fatigu&#233; et son lieutenant James Shabazz au si&#232;ge de l'OAAU &#224; l'h&#244;tel Theresa &#224; Harlem au sujet de la publication de ses discours. Il &#233;tait d'accord avec la proposition, mais elle ne devait pas &#234;tre mise en &#339;uvre sous sa direction. Son mouvement a &#233;t&#233; plong&#233; dans un tel d&#233;sarroi apr&#232;s son assassinat que leur apparition aurait &#233;t&#233; ind&#233;finiment retard&#233;e, et les militants noirs auraient &#233;t&#233; priv&#233;s de ces tr&#233;sors bien plus longtemps, si George Breitman n'avait pas pris l'initiative de les rassembler de diff&#233;rents c&#244;t&#233;s et de les pousser. &#224; travers la presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interpr&#233;tation de la direction de Malcolm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a ensuite estim&#233; qu'il fallait faire plus que simplement rendre disponible le texte des discours. Les d&#233;clarations de Malcolm devaient &#234;tre assembl&#233;es et interpr&#233;t&#233;es avec pr&#233;cision, non seulement au vu des nombreuses distorsions de ses positions, mais aussi parce que la vision de Malcolm avait &#233;volu&#233; si radicalement et si rapidement apr&#232;s son d&#233;part des musulmans noirs que m&#234;me de nombreux ses partisans et admirateurs ne pouvaient pas suivre le rythme de son d&#233;veloppement th&#233;orique et politique et ignoraient toute sa port&#233;e et ses applications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif principal du dernier livre de Breitman est de montrer en quoi Malcolm a chang&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e de sa vie ? Breitman analyse Malcolm, l'agitateur, en transition agit&#233;e. D'o&#249; Malcolm est-il parti et vers quoi se dirigeait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un colloque sur ce livre au Militant Labour Forum &#224; New York le 14 avril, l'un des participants qui &#233;tait, comme Malcolm X, un ancien ministre musulman, a d&#233;clar&#233; qu'en substance il n'avait jamais chang&#233;. Cette vision est balay&#233;e et ne parvient pas &#224; rendre justice aux caract&#233;ristiques diff&#233;rentielles des &#233;tapes successives de la croissance de Malcolm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du moment o&#249; il a pris conscience de sa propre d&#233;gradation et du pi&#233;geage de son peuple dans les cages de la soci&#233;t&#233; capitaliste blanche, Malcolm a &#233;t&#233; impr&#233;gn&#233; d'une d&#233;termination sans faille. Il s'agissait de s'opposer, de combattre et de d&#233;jouer le syst&#232;me qui a appauvri, &#233;cras&#233; et humili&#233; vingt-deux millions de Noirs. Ce feu r&#233;volutionnaire ardent ne s'est jamais &#233;teint en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'individualisme &#224; l'organisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses premiers modes de r&#233;sistance et de r&#233;bellion furent individualistes. Il a cherch&#233; &#224; se soulager et &#224; se lib&#233;rer de l'enfer domin&#233; par les blancs appel&#233; Am&#233;rique en &#171; r&#233;ussissant &#187; par tous les moyens, l&#233;gaux ou illicites, que la vie de ghetto lui laissait libre. Le premier grand tournant s'est produit lorsqu'il a eu le temps de lire et de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'int&#233;rieur des murs de la prison et qu'il a constat&#233; que cette d&#233;marche imprudente menait &#224; une impasse ou &#224; une mort pr&#233;matur&#233;e et sans but. Sa conversion &#224; la Nation de l'Islam n'&#233;tait pas seulement une r&#233;demption personnelle et un r&#233;veil racial, mais aussi un formidable pas en avant pour lui et pour des milliers d'autres qui sont entr&#233;s dans les rangs des musulmans noirs dans la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela repr&#233;sentait le passage d'une &#233;vasion individuelle d'un environnement terriblement oppressant et cruellement d&#233;pressif &#224; une organisation et une action collectives. Certes, les impulsions r&#233;volutionnaires nationales et sociales qui flottaient &#224; travers la congr&#233;gation de cette secte religieuse n'avaient pas encore trouv&#233; leur canal appropri&#233;. N&#233;anmoins, la Nation de l'Islam a fourni une expression &#233;l&#233;mentaire, bien qu'inad&#233;quate, de solidarit&#233; raciale et de conscience nationale &#233;mergente, une coh&#233;sion n&#233;e du besoin ardent de combattre les diaboliques ma&#238;tres blancs en tant que bande unie de fr&#232;res et s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les d&#233;fauts insurmontables du mouvement musulman, les douze ann&#233;es qu'il y a servies ont &#233;t&#233; un facteur incontournable, indispensable et pr&#233;cieux dans la formation du r&#233;volutionnaire Malcolm X. Il n'aurait pas pu &#234;tre &#233;duqu&#233; et ses talents particuliers de leadership mis en valeur dans un autre mani&#232;re disponible. Par temp&#233;rament et par formation, c'&#233;tait un homme d'action qui devait tester les id&#233;es dans la pratique pour voir ce qu'elles valent. Il avait soif de connaissances de toutes sortes et les assimilait &#224; grandes gorg&#233;es. Pour lui, les g&#233;n&#233;ralisations th&#233;oriques ne pr&#233;c&#233;daient pas mais d&#233;coulaient de ses propres exp&#233;riences de lutte. Par exemple, il a d&#251; se heurter aux contraintes du mouvement musulman avant de pouvoir &#234;tre convaincu de leur inexactitude et de leur insuffisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, il a cru fermement et avec ferveur que Mahomet d&#233;tenait les cl&#233;s du royaume du salut et que sa sagesse suffisait &#224; orienter le mouvement. Dans les cercles religieux comme dans les cercles politiques radicaux, il n'y a rien d'inhabituel dans une telle relation ma&#238;tre-disciple d&#233;f&#233;rente et dans la discipline qui y est attach&#233;e. Pensez aux millions de personnes qui ont adopt&#233; une attitude comparable de foi aveugle et d'ob&#233;issance &#224; l'&#233;gard des d&#233;clarations d'un Staline ou d'un Mao Ts&#233;-toung &#8211; et cela dans des mouvements qui ne sont pas d'inspiration religieuse mais vraisemblablement anim&#233;s par la philosophie critique du mat&#233;rialisme. .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm n'a affirm&#233; toutes ses capacit&#233;s de leadership autonome qu'apr&#232;s s'&#234;tre remis de la surprise et du choc de sa rupture avec Mahomet et avoir proc&#233;d&#233; &#224; l'examen et &#224; la r&#233;vision de sa pens&#233;e pass&#233;e. Breitman d&#233;limite et documente les &#233;tapes successives de cette deuxi&#232;me p&#233;riode de transformation de sa vision. Ce changement consistait essentiellement &#224; passer du rejet total &#224; la r&#233;volution d&#233;lib&#233;r&#233;e de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. Une telle t&#226;che n&#233;cessitait l'&#233;laboration d'un programme politique pour guider l'action des masses noires et la construction d'une organisation capable de les sortir de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es cl&#233;s qu'il a avanc&#233;es dans sa propre charte du nationalisme noir incluent le leadership noir du peuple noir &#224; tous les niveaux r&#233;sum&#233; dans l'id&#233;e du pouvoir noir ; auto d&#233;fense ; la fiert&#233; raciale et la solidarit&#233; face &#224; l'ennemi ; l'identification &#224; l'Afrique et &#224; la lutte de lib&#233;ration coloniale ; une opposition intransigeante &#224; la structure du pouvoir capitaliste blanc et &#224; ses partis jumeaux ; une action politique noire ind&#233;pendante ; opposition &#224; toutes les interventions imp&#233;rialistes contre les peuples coloniaux ; une collaboration sur une base d'&#233;galit&#233; entre les militants noirs et les militants blancs pr&#234;ts &#224; faire plus que simplement parler de la lutte contre l'injustice raciale et les in&#233;galit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats des r&#233;&#233;valuations de Malcolm se sont depuis largement r&#233;pandus dans la communaut&#233; noire. Mais lorsque sa vie fut &#233;court&#233;e, il se retrouva embarqu&#233; dans un nouvel et troisi&#232;me &#233;tat de transition qui n'est pas si bien connu ni si largement connu. Dans ce livre, Breitman ne traite qu'en passant de cette phase incompl&#232;te de la pens&#233;e de Malcolm, bien qu'il ait d&#233;j&#224; &#233;crit sur le sujet ailleurs, notamment dans Marxism and the Negro Struggle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm &#233;tait en passe de devenir quelque chose de plus qu'un pur et simple nationaliste noir et un d&#233;fenseur r&#233;volutionnaire du pouvoir noir ; il commen&#231;ait &#224; adopter certaines id&#233;es du socialisme, en particulier la conviction consciente que le capitalisme am&#233;ricain et son imp&#233;rialisme vautour devaient &#234;tre renvers&#233;s et abolis si l'on voulait lib&#233;rer les Afro-Am&#233;ricains et les exploit&#233;s et opprim&#233;s du reste du monde. Ces conclusions ont une immense influence &#224; la fois sur les probl&#232;mes de la lib&#233;ration des Noirs et sur les perspectives d'une Am&#233;rique socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de nombreux malentendus sur les relations r&#233;elles entre le nationalisme militant progressiste et le socialisme r&#233;volutionnaire. On pr&#233;tend souvent que le nationalisme et le socialisme n'ont absolument rien en commun, qu'ils sont des oppos&#233;s irr&#233;conciliables. Il s'agit d'un jugement unilat&#233;ral. Il est vrai que l'&#201;tat-nation a &#233;t&#233; le produit caract&#233;ristique de la soci&#233;t&#233; bourgeoise et du d&#233;veloppement politique capitaliste ; que les marxistes sont des internationalistes ; et que l'un des principaux objectifs du socialisme est d'abolir les fronti&#232;res nationales qui entravent l'activit&#233; &#233;conomique et les animosit&#233;s nationales qui divisent les peuples et permettent aux forces r&#233;actionnaires de les opposer les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendance nationale anti-imp&#233;rialiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela constitue une partie du programme socialiste. Mais sa position ne se r&#233;sume pas &#224; cela, surtout &#224; ce stade de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les marxistes reconnaissent que la conqu&#234;te, la division et l'exploitation imp&#233;rialistes du monde ont abouti &#224; l'assujettissement et &#224; l'oppression de nombreux peuples. Leurs efforts pour se d&#233;barrasser de la domination &#233;conomique, politique et culturelle des grandes puissances capitalistes et conqu&#233;rir l'ind&#233;pendance et l'unit&#233; nationales sont non seulement irr&#233;pressibles mais tout &#224; fait l&#233;gitimes. Ces luttes ont droit au soutien, selon leurs propres m&#233;rites, de la part de tout v&#233;ritable partisan de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe d'autres raisons pour lesquelles les socialistes r&#233;volutionnaires saluent et soutiennent les luttes de lib&#233;ration nationale en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Am&#233;rique latine &#224; tous les stades. Ces mouvements anti-imp&#233;rialistes portent des coups de massue aux dirigeants capitalistes qui sont les principaux ennemis de la classe ouvri&#232;re mondiale et les opposants au socialisme et modifient ainsi l'&#233;quilibre des forces de classe en faveur du camp anticapitaliste. Ainsi, les nationalit&#233;s insurg&#233;es sont en alliance objective avec les forces du socialisme contre toutes les formes de r&#233;action et de r&#233;pression imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet alignement de deux mouvements sociaux et politiques distincts ne se limite pas &#224; la sc&#232;ne internationale ; elle peut &#233;galement &#234;tre op&#233;rationnelle au sein des bastions imp&#233;rialistes eux-m&#234;mes. C'est le cas aujourd'hui aux &#201;tats-Unis, o&#249; les sentiments nationalistes exprim&#233;s dans la croisade du pouvoir noir et dans le mouvement socialiste r&#233;volutionnaire s'opposent de la m&#234;me mani&#232;re au r&#233;gime capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;veloppement in&#233;gal des travailleurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les mouvements d'opposition ne marchent pas &#224; l'unisson mais sont souvent en d&#233;calage les uns par rapport aux autres. C'est certainement le cas aujourd'hui, alors que les masses noires sont loin en t&#234;te, pr&#234;tes &#224; d&#233;fier la structure du pouvoir en tant que force sociale la plus rebelle de la vie am&#233;ricaine, tandis que la plupart des travailleurs blancs sont conservateurs et apathiques. Tout comme les zones coloniales sont le th&#233;&#226;tre de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire la plus intense &#224; l'&#233;chelle mondiale, le mouvement de r&#233;sistance noire occupe la priorit&#233; dans les luttes anticapitalistes aux &#201;tats-Unis. Cette &#233;volution irr&#233;guli&#232;re cr&#233;e de nombreux probl&#232;mes extr&#234;mement difficiles pour les r&#233;volutionnaires, noirs et blancs, soucieux de construire une opposition gagnante au statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les exp&#233;riences des r&#233;volutions coloniales avec lesquelles les militants noirs se sentent si proches ont de nombreuses le&#231;ons &#224; enseigner &#224; ceux qui, comme Malcolm, veulent r&#233;fl&#233;chir &#224; leurs probl&#232;mes pour mener le combat le plus efficace. Parmi ceux-ci figurent la n&#233;cessit&#233; d'une unit&#233; dans la lutte, une hostilit&#233; sans compromis envers les hommes d'argent et la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de tous leurs agents, conservateurs ou lib&#233;raux, ouverts ou d&#233;guis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux de ces le&#231;ons que Malcolm a appris sont d'une importance capitale, voire d&#233;cisive. L'une est l'utilit&#233; d'avoir des alli&#233;s lorsque vous &#234;tes assailli par un ennemi redoutable. Pour repousser et vaincre les assauts de l'imp&#233;rialisme, les insurg&#233;s coloniaux ont besoin de toute l'aide qu'ils peuvent obtenir de n'importe quel c&#244;t&#233;, et notamment de la part des habitants m&#233;contents des pays de leurs oppresseurs. Nous en voyons un nouvel exemple dans le regain de moral des Vietnamiens et dans les dissensions sem&#233;es &#224; Washington par les mobilisations anti-guerre qui ont suscit&#233; des attaques aussi fr&#233;n&#233;tiques de la part de Johnson, Westmoreland, Lodge et Nixon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les combattants noirs de la libert&#233; ici, comme Malcolm s'en est rendu compte, peuvent b&#233;n&#233;ficier d'alliances avec des forces fraternelles dans leur pays, &#224; condition que ces alignements ne fassent pas obstacle &#224; leur propre unit&#233; et ind&#233;pendance ou ne d&#233;couragent pas et ne dissuadent pas leur propre action r&#233;volutionnaire. Ce qui compte dans les alliances, comme le souligne Breitman, n'est pas la couleur de peau ou l'appartenance nationale des participants, mais la nature et le but de leur partenariat dans la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre v&#233;rit&#233; qui a &#233;t&#233; rappel&#233;e &#224; de nombreux rebelles coloniaux, parfois &#224; leur grand &#233;tonnement et consternation, est qu'une lutte nationale qui s'arr&#234;te &#224; mi-chemin ne peut pas r&#233;pondre aux besoins et aux aspirations sociales les plus profonds de leurs peuples. La lutte pour l'&#233;mancipation doit &#234;tre men&#233;e jusqu'&#224; sa conclusion logique. Il ne suffit pas de conqu&#233;rir la souverainet&#233; politique sous le capitalisme. L'ind&#233;pendance nationale peut devenir fictive et devenir un pi&#232;ge et une illusion si le pouvoir populaire, jaune, noir ou blanc, n'est pas renforc&#233; par la propri&#233;t&#233; publique des moyens de vie et du travail. Tant que les int&#233;r&#234;ts des propri&#233;taires &#233;trangers ou locaux contr&#244;leront les principales ressources nationales, les demandes des masses resteront insatisfaites et le pays pourra facilement retomber dans l'asservissement &#233;conomique de l'imp&#233;rialisme. Le r&#233;tablissement du n&#233;ocolonialisme sous des r&#233;gimes noirs formellement ind&#233;pendants est aujourd'hui impos&#233; dans de nombreux pays africains nouvellement lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du nationalisme au socialisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution n'est pas pr&#233;d&#233;termin&#233;e. Cela peut &#234;tre &#233;vit&#233; et la voie du progr&#232;s peut &#234;tre emprunt&#233;e si la r&#233;volution nationale se combine avec une r&#233;volution plus profonde et plus large selon des lignes socialistes par laquelle un gouvernement d'ouvriers et de paysans prend en charge les installations productives du pays et g&#232;re une &#233;conomie planifi&#233;e dans un cadre d&#233;mocratique. mani&#232;re. C'est pourquoi les mouvements anti-imp&#233;rialistes de lib&#233;ration nationale dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s ont irr&#233;sistiblement tendance &#224; passer de fondements purement nationalistes &#224; des objectifs et &#224; des mesures socialistes, souvent en rh&#233;torique mais parfois en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;orientation d'une r&#233;volution nationaliste d&#233;mocratique vers des voies socialistes, qui s'inscrit dans la dynamique m&#234;me d'un puissant soul&#232;vement de masse, a eu lieu &#224; Cuba apr&#232;s la Chine et le Vietnam. Commen&#231;ant par des luttes arm&#233;es de lib&#233;ration nationale, ces r&#233;volutions se sont transform&#233;es en mouvements consciemment socialistes gr&#226;ce aux conclusions d&#233;riv&#233;es de confrontations et de collisions directes avec les imp&#233;rialistes et leurs serviteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle application ces d&#233;veloppements de la r&#233;volution coloniale ont-ils &#224; la lutte afro-am&#233;ricaine pour l'&#233;galit&#233; et l'&#233;mancipation ? Il y a trois composantes diverses &#224; l'&#339;uvre dans le mouvement de libert&#233; noir : sa composition sociale de classe ouvri&#232;re, son nationalisme noir et son socialisme submerg&#233; et latent. L'interrelation et l'interaction de ces &#233;l&#233;ments sont rarement clairement visibles et sont souvent ni&#233;es et rejet&#233;es, parce qu'elles ne se manifestent pas de mani&#232;re &#233;gale et ne m&#251;rissent pas au m&#234;me rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident pour presque tous les Am&#233;ricains noirs, qu'ils soient nationalistes ou non, qu'ils doivent travailler pour gagner leur vie (s'ils peuvent trouver un emploi) et que l'existence toute enti&#232;re de leur peuple est d&#233;figur&#233;e par la barre de couleur. Ces conditions g&#233;n&#232;rent une r&#233;volte f&#233;roce et explosive. Mais la dynamique et l'orientation anticapitalistes, et donc pro-socialistes, de sa lutte ne sont pas si &#233;videntes, surtout lorsqu'il n'est pas encore familiaris&#233; avec la pens&#233;e socialiste authentique, lorsque le mouvement ouvrier est passif et indiff&#233;rent &#224; son sort, et lorsque le mouvement ouvrier est passif et indiff&#233;rent &#224; sa situation critique. les &#233;l&#233;ments socialistes avou&#233;s sont majoritairement blancs et faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles circonstances, il existe des dangers dans une vision qui est en principe pr&#233;jug&#233;e contre le socialisme ou le marxisme, qui est politiquement floue et qui ignore l'anticapitalisme implicite dans le caract&#232;re ouvrier de la r&#233;volte noire. Elle risque de rester &#224; la tra&#238;ne par rapport aux besoins et de freiner la marche en avant du mouvement lui-m&#234;me. Les millions d'habitants des ghettos ne sont pas seulement emprisonn&#233;s par la s&#233;gr&#233;gation raciale ; ils sont quotidiennement confront&#233;s &#224; des probl&#232;mes sociaux, &#233;conomiques, politiques et &#233;ducatifs qui ne peuvent &#234;tre att&#233;nu&#233;s, et encore moins r&#233;solus, dans le cadre du syst&#232;me &#233;conomique et politique existant ou sans l'aide des id&#233;es socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification exceptionnelle de l'&#233;volution de Malcolm du nationalisme noir au socialisme &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale &#233;tait que, &#224; partir de ses observations du monde colonial et de son analyse de l'histoire moderne, il avait commenc&#233; &#224; comprendre la n&#233;cessit&#233; de la fusion de ces deux mouvements et cherchent une synth&#232;se des aspects r&#233;volutionnaires nationalistes et socialistes de la lutte pour la libert&#233;. Cette &#233;tape de son &#233;volution n'&#233;tait ni accidentelle ni strictement individuelle ; c'&#233;tait une conclusion politique logique de toute son exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire. &#192; cet &#233;gard, il a anticip&#233; l'avenir du mouvement tout en incarnant le meilleur de son &#233;tape actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son &#233;volution &#233;tait incompl&#232;te &#8211; ou plut&#244;t incompl&#232;te. Il n'&#233;tait pas, ou n'&#233;tait pas encore, comme Breitman prend soin de le souligner, un marxiste. Cependant, certains de ses disciples aujourd'hui, inspir&#233;s par la vision de Malcolm et son don pour le d&#233;veloppement, commencent &#233;galement &#224; comprendre que le nationalisme noir et le socialisme r&#233;volutionnaire ne doivent pas n&#233;cessairement &#234;tre des adversaires ou des rivaux, mais peuvent et doivent &#234;tre des amis et des alli&#233;s dont les adh&#233;rents peuvent travailler ensemble &#224; des fins communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article7816</link>
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		<dc:date>2023-04-08T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte de classes - Class struggle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 12&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag"&gt;Lutte de classes - Class struggle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Douze textes sur la relation entre question noire aux USA et lutte des classes r&#233;volutionnaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1945/negro-revolution.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=f&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6577&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5731&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1614&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article76&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1830&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5949&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1933/02/lt19330228.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve704&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390404a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390405b.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/parties/spusa/1903/1100-debs-negroclassstrug.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>1966-1968 : le Pouvoir Noir ou quand l'insurrection des Noirs montait aux USA vers la r&#233;volution sociale....</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8200</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8200</guid>
		<dc:date>2023-02-07T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Panorama des organisations &lt;br class='autobr' /&gt;
Black Power : &#171; Pouvoir noir &#187;, expression emprunt&#233;e &#224; l'ouvrage de Richard Wright, Black Power &#233;crit en 1945. Mouvement lanc&#233; par Stokely Carmicha&#235;l (&#224; la t&#234;te du SNCC en 1967). Le Black Power est un mouvement radical, qui vise &#224; abattre le pouvoir des Blancs pour affirmer le pouvoir des Noirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Black Panther Party : Fond&#233; en octobre 1966 &#224; Oakland (Californie) par Huey Newton et Bobby Seale, sous le nom de Black Panther Party for Self-Defense. Il adopte une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Panorama des organisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Black Power : &#171; Pouvoir noir &#187;, expression emprunt&#233;e &#224; l'ouvrage de Richard Wright, Black Power &#233;crit en 1945. Mouvement lanc&#233; par Stokely Carmicha&#235;l (&#224; la t&#234;te du SNCC en 1967). Le Black Power est un mouvement radical, qui vise &#224; abattre le pouvoir des Blancs pour affirmer le pouvoir des Noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Black Panther Party : Fond&#233; en octobre 1966 &#224; Oakland (Californie) par Huey Newton et Bobby Seale, sous le nom de Black Panther Party for Self-Defense. Il adopte une orientation r&#233;volutionnaire et se r&#233;clame du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nation of islam : Organisation politique fond&#233;e par Wallace Fard en 1931. Elle pr&#244;ne le s&#233;paratisme, met l'accent sur l'&#171; africanisme &#187; des Noirs am&#233;ricains et l'islam comme unificateur des Noirs. Sous l'influence de Malcom X, le parti rassemble pr&#232;s de 40 000 &#171; Black Muslims &#187; (musulmans noirs) en 1964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Southern Christian Leadership Conference (SCLC) : &#171; Conf&#233;rence des dirigeants des chr&#233;tiens du Sud &#187;. Organisation politique dont Luther King est le pr&#233;sident, cr&#233;e par les &#233;lites noires du Sud, en 1957, suite au succ&#232;s de la campagne de boycott des bus &#224; Montgomery (Alabama). Ce parti se bat pour les droits civiques par la non-violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Student Nonviolent Coordinating Comittee (SNCC) : &#171; Comit&#233; de coordination des &#233;tudiants non-violents &#187;. Cr&#233;&#233; en avril 1960 &#224; Atlanta (Georgie) par des &#233;tudiantes et &#233;tudiants favorables &#224; la politique des sit-in. Ce parti appara&#238;t comme le principal d&#233;fenseur des droits civiques. Fin 1968, il abandonne ses principes non-violents et change la signification de son &#171; N &#187; pour d&#233;fendre le nationalisme noir : &#171; Student National Coordinating Committee &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte socio-politique du mouvement pour le pouvoir noir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;v&#233;nements eurent lieu au cours de l'&#233;t&#233; 1966, qui devaient exercer une grande influence sur le d&#233;veloppement du mouvement noir ; &#224; premi&#232;re vue, ils semblent n'avoir rien de commun, mais en fait, ils &#233;taient l'un et l'autre des r&#233;ponses &#224; l'&#233;tat d'oppression des Noirs, et dans la dialectique profonde de l'histoire, ils &#233;taient effectivement li&#233;s. Le premier eut lieu lors d'un jour d'&#233;t&#233; tr&#232;s chaud, en juin, au Mississipi : James Meredith, le premeir noir &#224; avoir &#233;t&#233; dipl&#244;m&#233; de l'Universit&#233; du Mississipi, accomplissait sa fameuse &#034;marche contre la peur&#034; &#224; travers son &#233;tat natal. La marche &#233;tait suivie par des agents du FBI, des journalistes, des photographes, des sympathisants et Stokely Carmichael.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier venait d'&#234;tre &#233;lu pr&#233;sident du Comit&#233; de coordination des &#233;tudiants non violents (SNCC) et il connaissait le Mississipi, symbole particuli&#232;rement odieux de l'oppression noire. Il avait une connaissance directe de l'&#233;tat de mis&#232;re mat&#233;rielle et de servitude politique qui, en d&#233;pit des lois sur les soi-disant droits civiques, restait la caract&#233;ristique dominante de la vie des r&#233;sidents noirs de cet &#233;tat. Il savait aussi ce qu'il en &#233;tait de la violence blanche dans ce m&#234;me &#233;tat - violence dont Meredith fut victime peu apr&#232;s le d&#233;but de sa marche audacieuse. Carmichael savait aussi que les d&#233;fil&#233;s et les marches n'avaient pas chang&#233; et ne pouvaient pas changer profond&#233;ment ces conditions d'existence. Lui-m&#234;me et d'autres dirigeants du SNCC &#233;taient depuis quelque temps en qu&#234;te de moyens plus efficaces et plus directs pour mener l'assaut contre cette structure d'exploitation monolithique qui paraissait imprenable et insensible &#224; tout argument moral. Ils pensaient avoir trouv&#233; une solution dans l'id&#233;e d'un pouvoir politique noir. Willie Ricks, autre dirigeant du SNCC pr&#233;sent lors de la marche de Meredith, ramena l'expression &#224; deux mots : Pouvoir Noir. Ils &#233;taient vigoureusement expressifs et pouvaient devenir une formule vivante, Carmichael et Ricks allaient bient&#244;t en donner la preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens d'information s'empar&#232;rent du nouveau slogan, le trait&#232;rent comme une information sensationnelle et le port&#232;rent dans tout le pays aux oreilles d'une opinion am&#233;ricaine affol&#233;e. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second &#233;v&#233;nement, bien que d'&#233;gale importance, fit beaucoup moins de bruit, et ne donna pas lieu &#224; des discussions hyst&#233;riques ; sauf pour les sp&#233;cialistes, il s'agissait de quelque chose de banal. De fait, c'&#233;tait une allocution de McGeorge Bundy, pr&#233;sident de la richissime Fondation Ford, au banquet annuel de la Ligue urbaine nationale &#224; Philadelphie, et il n'y avait pas mati&#232;re &#224; gros titres. Bundy d&#233;clara que la Fondation Ford avait d&#233;cid&#233; de contribuer &#224; la r&#233;alisation de la &#034;pleine &#233;galit&#233; de tous les Noirs am&#233;ricains&#034;. Ses auditeurs ne furent pas surpris car depuis un certain temps la Fondation s'&#233;tait occup&#233;e de l'am&#233;lioration de l'enseignement sup&#233;rieur pour les Noirs et avait contribu&#233; &#224; la r&#233;alisation de certains projets de la Ligue dans le domaine du logement. (...) ce qu'ignoraient cependant les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Ligue urbaine, tout comme le grand public am&#233;ricain, c'est qu'au-del&#224;, la Fondation Ford, qui jouait d&#233;j&#224; un r&#244;le d'avant-garde dans la p&#233;n&#233;tration n&#233;o-colonialiste du tiers-monde, s'appr&#234;tait &#224; op&#233;rer une p&#233;n&#233;tration analogue dans le mouvement noir militant. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation du mouvement noir &#224; l'&#233;t&#233; 1966 &#233;tait domin&#233;e par trois facteurs principaux : a) le mouvement des droits civiques aboutissait &#224; un point mort et, dans sa lanc&#233;e, lui succ&#233;daient des r&#233;voltes urbaines provoqu&#233;es par l'&#233;tat de stagnation des ghettos ; b) les nouveaux dirigeants, comme Robert Williams et Malcolm X, qui avaient &#233;t&#233; les pionniers d'un mouvement nationaliste encore embryonnaire, avaient &#233;t&#233; bris&#233;s, l'un par un exil forc&#233;, l'autre par l'assassinat avant d'avoir pu mettre sur pied des organisations politiques de masse ; c) la guerre du Vietnam et d'autres &#233;v&#233;nements du tiers monde donnaient de plus en plus &#224; penser aux militants noirs des USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au premier facteur, le mouvement pour les droits civiques, non violent et centr&#233; sur le Sud, avait d&#233;bouch&#233; dans une impasse. Dans d'innombrables villes, des militants et des dizaines de milliers de Noirs s'&#233;taient engag&#233;s pleins d'espoir dans de nombreuses manifestations et d&#233;fil&#233;s, s'&#233;taient laiss&#233; brutaliser, battre, emprisonner, tuer m&#234;me, et avaient suivi les appels de dirigeants moralistes qui les avaient invit&#233;s &#224; &#034;aimer l'ennemi&#034; et &#224; &#034;tendre l'autre joue&#034; parce que toutes ces souffrances devaient un jour aboutir &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de luttes intenses jalonn&#233;es de plusieurs morts, il apparaissait &#224; l'&#233;t&#233; 1963 qu'un nouvel effort devait &#234;tre fait pour rapprocher ce jour de libert&#233; tant attendu. Les militants de la abse parl&#232;rent de marcher sur Washington et de bloquer la ville jusqu'&#224; ce que les Noirs aient obtenu la pleine &#233;galit&#233;. mais cet &#233;lan fut rapidement neutralis&#233; par l'administration Kennedy et la coalition des lib&#233;raux et syndicalistes du parti d&#233;mocrate qui tenait l'&#233;lectorat noir pour sa propri&#233;t&#233;. C'est ainsi que la marche sur Washington avec ses 250.000 participants devint un pique-nique estival en l'honneur de John Kennedy et de sa loi sur les droits civiques ; on invitait les Noirs &#224; y trouver la r&#233;ponse &#224; leur pri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (&#8230;) Quant au projet de loi, il fut d&#233;finitivement vot&#233; en 1964. Sur le papier, il mettait fin &#224; la discrimination raciale en ce qui concerne la proc&#233;dure &#233;lectorale, certains lieux publics, certains emplois, et dans le syst&#232;me scolaire. Mais le probl&#232;me, avec cette loi aussi bien qu'avec celle de 1965 sur le droit de vote, c'&#233;tait l'application. Les Noirs qui estimaient que leurs droits civiques avaient &#233;t&#233; bafou&#233;s devaient engager une proc&#233;dure longue et compliqu&#233;e pour obtenir r&#233;paration. (&#8230;) Bref, ces d&#233;lais, cette lenteur apprirent au peuple noir et &#224; ses dirigeants que la loi ne signifie rien si elle n'est pas effectivement appliqu&#233;e. (&#8230;) Le gouvernement f&#233;d&#233;ral avait le pouvoir, mais il avait besoin du soutien des r&#233;actionnaires du sud, qui d&#233;tenaient plusieurs pr&#233;sidences de commissions au S&#233;nat et &#224; la Chambre des repr&#233;sentants. D&#232;s lors, les lois sur les droits civiques devinrent simplement de nouvelles preuves de cette v&#233;rit&#233; connue, que la d&#233;mocratie am&#233;ricaine est soumise aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques des d&#233;tenteurs r&#233;els du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1964, l'exp&#233;rience du parti d&#233;mocratique du Mississipi pour la Libert&#233; (MFDP) en apportait une autre confirmation. (...) Dans le Mississsipi o&#249; la section du parti d&#233;mocrate &#233;tait raciste, les militants du SNCC avaient cru pouvoir la d&#233;fier et la battre en cr&#233;ant une structure politique parall&#232;le, de mani&#232;re &#224; l'emporter &#224; la Convention nationale d'Atlantic City. En proclamant leur loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard de la direction nationale, ce que ne faisait pas la d&#233;l&#233;gation &#034;r&#233;guli&#232;re&#034;, les dissidents du MFDP croyaient pouvoir faire exclure la d&#233;l&#233;gation raciste et remporter un succ&#232;s dans la lutte d&#233;mocratique pour une &#233;volution. Mais le parti, qui avait besoin d'appui dans le Sud, en revint au racisme et repoussa les dissidents. Nouvelle et am&#232;re le&#231;on pour le mouvement noir. Le mouvement noir pour les droits civiques n'&#233;choua pas seulement &#224; cause de ces coups d'arr&#234;ts, (&#8230;) mais &#224; cause du caract&#232;re bourgeois du mouvement. (&#8230;) A preuve, il n'a rien fait pour am&#233;liorer les conditions d'existence des couches les plus pauvres de la population noire. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'explosion commen&#231;a en 1964 avec la r&#233;volte d'Harlem et d'autres r&#233;voltes dans 14 villes, et elle continua dans tout le pays avec les &#171; &#233;t&#233;s chauds &#187; des ann&#233;es soixante. Ces r&#233;voltes &#233;taient spontan&#233;es et inorganis&#233;es, mais elles ob&#233;issaient &#224; une logique interne. Attaques et pillages &#233;taient pour l'essentiel dirig&#233;s contre les propri&#233;t&#233;s des commer&#231;ants blancs qui exploitaient la communaut&#233; noire : ainsi &#224; Harlem, plus tard &#224; Watts. Les Noirs r&#233;cup&#233;raient en somme les produits qui leur avaient &#233;t&#233; vol&#233;s sous la forme de travail sous-pay&#233; et de prix prohibitifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce genre d'action, ces &#233;meutiers, qui &#233;taient bien loin d'&#234;tre une infime minorit&#233;, rejetaient les dirigeants du mouvement pour les droits civiques et d&#233;montraient qu'il fallait de nouveaux dirigeants capables de mener la lutte contre l'oppression, la mis&#232;re et la suj&#233;tion et qui puissent vraiment parler au nom de la majorit&#233; des masses noires. Mais l'&#233;mergence d'une nouvelle direction de ce type aurait constitu&#233; une menace frontale contre l'ordre &#233;tabli et l'on pouvait s'attendre &#224; ce que les autorit&#233;s entreprennent de la briser par n'importe quel moyen. Les manifestations non-violentes, d&#233;fi moral &#224; l'injustice, n'&#233;taient pas une menace pour l'ordre &#233;tabli, pour le pouvoir en place. Mais si les Noirs se mettaient &#224; s'armer, f&#251;t-ce dans un but d'autod&#233;fense, alors tout changeait. Un syst&#232;me social injuste doit garder le monopole des forces de r&#233;pression. Si l'on peut briser ce monopole, on n'est pas loin de pouvoir briser le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi un dirigeant comme Robert Williams qui, &#224; la fin des ann&#233;es 50, organisait une section noire de l'Association nationale de tir &#224; Monroe (Caroline du Nord), ne pouvait pas &#234;tre trait&#233; comme un adversaire n&#233;gligeable. (&#8230;) Williams fut aussit&#244;t attaqu&#233; par la presse, et les lib&#233;raux blancs qui appuyaient le mouvement non violent des droits civiques lui tourn&#232;rent le dos. (&#8230;) Williams se r&#233;fugia d'abord &#224; Cuba o&#249; il est rest&#233; trois ans, puis en Chine. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malcolm, &#224; qui revient la paternit&#233; id&#233;ologique du mouvement pour le Pouvoir Noir, et en qui les masses exasp&#233;r&#233;es d'Harlem voyaient le nouveau dirigeant qu'elles attendaient, fut assassin&#233; juste cinquante semaines apr&#232;s avoir officiellement rompu avec les Musulmans noirs. (&#8230;) C'&#233;tait un militant, et ce trait fut &#224; l'origine de sa rupture avec Muhammad (dirigeant des Musulmans noirs). Dans les ann&#233;es 60, les militants noirs accusaient de plus en plus fr&#233;quemment les Musulmans noirs de parler haut et de ne rien faire. Le mouvement noir se d&#233;veloppait, il ne suffisait plus de d&#233;noncer bruyamment les &#171; diables blancs &#187;. Or, les Musulmans noirs restaient &#224; l'&#233;cart de toute forme d'action politique et sociale ; Malcolm, lui, commen&#231;ait &#224; avoir des doutes sur la sagesse d'une telle ligne. Dans son &#171; Autobiographie &#187;, il reconna&#238;t que dans ce temps-l&#224;, il pensait que la &#171; la nation de l'Islam aurait pu &#234;tre encore plus utile aux Noirs am&#233;ricains si elle passait enfin aux actes. &#187; Mais cette conception-l&#224; se heurtait aux objectifs de Muhammad et de ses lieutenants. Malcolm fut suspendu en d&#233;cembre 1963, officiellement &#224; cause de son commentaire, qui avait fait du bruit, sur l'assassinat de John Kennedy : &lt;i&gt;&#171; Les poulets qui reviennent se faire r&#244;tir &#187;&lt;/i&gt; (autrement dit : la haine fait boomerang). Mais il apparut vite que la suspension &#233;tait sine die, et que Malcolm n'&#233;tait plus persona grata chez les Musulmans noirs. En mars 1964, il annon&#231;ait lui-m&#234;me sa rupture d&#233;finitive avec eux. Il d&#233;clara qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; s'engager &#224; fond dans la campagne nationale pour les droits civiques, parce que chaque lutte locale &#171; ne peut qu'&#233;lever le niveau de conscience des Noirs &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, c'est toute son id&#233;ologie qu'il se mit &#224; reb&#226;tir. Il voyait la n&#233;cessit&#233; de l'unit&#233; des Noirs pour que leur combat soit efficace. Il se proclamait lui-m&#234;me un adepte du nationalisme noir qu'il d&#233;finissait comme un mouvement autonome des Noirs pour leur libert&#233;, leur droit &#224; la justice et &#224; l'&#233;galit&#233;. L'id&#233;e centrale &#233;tait que les Noirs devaient contr&#244;ler eux-m&#234;mes les institutions &#233;conomiques, politiques et sociales de leurs propres communaut&#233;s et il s'identifiait avec la notion d'autod&#233;termination. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s la rupture, Malcolm rejeta les utopies s&#233;paratistes, celles du retour en Afrique, ou celle de la cr&#233;ation d'un Etat noir en Am&#233;rique. Mais il refusait en m&#234;me temps l'int&#233;grationnisme, formule vide ou tentative d'int&#233;gration des Noirs dans une soci&#233;t&#233; blanche en d&#233;clin. A la diff&#233;rence des Musulmans noirs qui attribuaient l'oppression des Noirs &#224; la nature m&#233;chante de la race blanche, Malcolm comprenait que c'&#233;tait la structure sociale qui avait &#233;t&#233; la cause non seulement de la mis&#232;re des Noirs, mais du racisme des Blancs. Dans une discours de 1964, il d&#233;clara : &lt;i&gt;&#171; Le syst&#232;me de ce pays ne peut donner la libert&#233; aux Afro-Am&#233;ricains. C'est impossible &#224; ce syst&#232;me, ce syst&#232;me &#233;conomique, ce syst&#232;me politique, ce syst&#232;me social, en un mot &#224; ce syst&#232;me. Ce syst&#232;me dans son &#233;tat actuel est incapable de donner la libert&#233; imm&#233;diate aux Noirs de ce pays. &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en revendiquant l'autod&#233;termination pour les Noirs, il avait conscience que cet objectif ne pourrait pas &#234;tre atteint dans le cadre du capitalisme. A la diff&#233;rence de certains nationalistes noirs, il comprenait qu'il &#233;tait de l'int&#233;r&#234;t des militants noirs de lutter pour une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine dans son ensemble, condition d'une autod&#233;termination effective. Sinon, le contr&#244;le par les Noirs des communaut&#233;s noires ne signifierait aucunement la lib&#233;ration puisqu'elles resteraient elles-m&#234;mes une partie subordonn&#233;e d'une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur l'exploitation de l'homme par l'homme. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un discours prononc&#233; &#224; New York le 8 avril 1964, il indiqua les grandes lignes de ce processus tel qu'il le voyait se d&#233;velopper :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ainsi, lorsque les noirs se mettent aujourd'hui en qu&#234;te de ce que l'Am&#233;rique reconna&#238;t &#234;tre leurs droits, et qu'ils sont victimes de la brutalit&#233; de ceux qui les leur refusent, ils sont en droit de faire tout ce qui est n&#233;cessaire pour assurer leur propre protection. C'est ce qu'ils ont fait la nuit derni&#232;re &#224; Cleveland : &#224; la police qui avait braqu&#233; sur eux les lances &#224; incendie et les bombardait de gaz lacrymog&#232;nes, ils ont r&#233;pondu par une gr&#234;le de pierres et de briques. Il y a deux semaines, &#224; Jacksonville, en Floride, un noir qui n'avait pas vingt ans leur a lanc&#233; des cocktails Molotov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, il y a dix ans, les noirs ne faisaient pas cela. La le&#231;on qu'il faut en tirer, c'est qu'aujourd'hui ils s'&#233;veillent. Ils y allaient &#224; coups de pierres hier, &#224; coups de cocktails Molotov aujourd'hui, et apr&#232;s-demain, tout ce qui leur tombera sous la main&#8230; Vingt-deux millions d'Afro-Am&#233;ricains sont pr&#234;ts &#224; se battre d&#232;s &#224; pr&#233;sent pour leur ind&#233;pendance&#8230; Je ne pense pas &#224; une lutte non violente ni &#224; une lutte o&#249; l'on tend l'autre joue. Ces temps sont r&#233;volus. Ils appartiennent &#224; l'histoire ancienne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme pour s'assurer que son auditoire, en majorit&#233; blanc, ne pourrait pas s'abandonner &#224; un malentendu, Malcolm ajoutait que la r&#233;volte noire &#233;tait en train de se transformer en &lt;i&gt;&#171; une authentique r&#233;volution noire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La lutte r&#233;volutionnaire ne se m&#232;ne jamais en tendant l'autre joue. La r&#233;volution n'est jamais fond&#233;e sur l'amour des ennemis et le pardon des offenses. La lutte r&#233;volutionnaire n'est jamais men&#233;e sur l'air de &#171; We shall overcome &#187;. La r&#233;volution, c'est l'effusion de sang. &#187;&lt;/i&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne v&#233;cut pas assez longtemps pour voir les r&#233;sultats de son action. Le 13 f&#233;vrier 1965 au matin, sa maison &#233;tait incendi&#233;e &#224; coups de cocktails Molotov, mais lui-m&#234;me et sa famille parvenaient &#224; s'&#233;chapper sains et saufs. Sur le moment, il attribua l'attentat aux Musulmans noirs, mais tr&#232;s vite, il en vint &#224; soup&#231;onner d'autres &#233;l&#233;ments. Il connaissait les possibilit&#233;s r&#233;elles et les limites des Musulmans noirs. Le dimanche suivant, ces &#171; autres &#233;l&#233;ments &#187; parvenaient &#224; leurs fins et l'assassinaient au cours d'un meeting &#224; New York. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;es de Malcolm X n'avaient pas pu &#234;tre assassin&#233;es comme il l'avait &#233;t&#233;. Celle du lien n&#233;cessaire entre la lutte des Noirs am&#233;ricains et l'ensemble du combat du tiers monde en particulier n'allait pas s'&#233;vanouir. (&#8230;) Le 6 janvier 1966, le SNCC publiait une d&#233;claration par laquelle il prenait publiquement position contre la guerre du Vietnam et donnait son appui &#224; la campagne de r&#233;sistance &#224; la conscription. (&#8230;) Or, le 4 janvier 1966, un militant du SNCC, Sammy Younge Jr, &#233;tait assassin&#233; &#224; Tuskegee (Alamaba) pour avoir voulu utiliser les toilettes r&#233;serv&#233;es aux Blancs dans une station d'essence. L'&#233;pisode pr&#233;cipita la publication de la d&#233;claration d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233;e (du SNCC). &lt;i&gt;&#171; Samuel Younge a &#233;t&#233; tu&#233; parce que les lois am&#233;ricaines ne sont pas appliqu&#233;es ; de m&#234;me, les Vietnamiens sont massacr&#233;s parce que les Etats-Unis dans leur politique d'agression refusent d'appliquer la loi internationale. (&#8230;) Nous sommes en plein accord avec tous ceux qui dans ce pays refusent de r&#233;pondre &#224; un appel sous les drapeaux qui les contraindrait &#224; donner leur vie en faveur d'une agression am&#233;ricaine effectu&#233;e au nom de cette libert&#233; qui n'est que tromperie dans notre pays ; nous donnerons notre appui &#224; tous ceux qui refusent d'aller combattre au Vietnam. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la d&#233;claration indiquait que &#171; la cr&#233;ation de structures d&#233;mocratiques dans tout le pays &#187; &#233;tait une alternative valable, bien que non l&#233;gale, &#224; la conscription ; quelques mois plus tard, le SNCC s'engageait &#224; fond dans la r&#233;sistance au recrutement sur la base d'un plan d'action &#233;tendu &#224; tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel &#233;tait le contexte politique de l'&#233;t&#233; 1966, le contexte des initiatives de Stokely Carmichael. Il s'effor&#231;ait de recueillir l'h&#233;ritage id&#233;ologique de Malcolm X, et de l'appliquer dans ces conditions-l&#224;. Mais il h&#233;sitait encore sur sa voie, partag&#233; entre le r&#233;formisme et la r&#233;volution, ne sachant si il serait un r&#233;volt&#233; ou un r&#233;volutionnaire noir. Conflit d'ailleurs caract&#233;ristique de tout le mouvement noir, et annonce du conflit qui allait bient&#244;t &#233;clater entre ces deux genres de militants noirs. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, dans un article retentissant publi&#233; dans le &#171; New York Review of Books &#187; du 22 septembre 1966, Carmichael abordait de front le probl&#232;me du pouvoir : comment attaquer et affaiblir le pouvoir blanc oppresseur et cr&#233;er contre lui la force lib&#233;ratrice du pouvoir noir ? (&#8230;) Le langage &#233;tait encore prudent, mais la potentialit&#233; r&#233;volutionnaire &#233;vidente. Depuis 1966, il est devenu clair que la r&#233;volte serait n&#233;cessairement violente, parce que les d&#233;fenseurs et propagandistes de la mythologie du droit &#224; la propri&#233;t&#233; ne permettront pas de changements pacifiques. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, &#224; son congr&#232;s de Baltimore, le CORE (Congress of racial equality) reprenait &#224; son compte le mot d'ordre du Pouvoir Noir. La r&#233;solution adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233; d&#233;clarait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le Pouvoir Noir est le contr&#244;le effectif et l'autod&#233;termination exerc&#233;e par les Noirs dans leurs propres secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir signifie contr&#244;le complet de la vie &#233;conomique, politique, sociale, scolaire, de notre communaut&#233;, du sommet &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exercice du pouvoir au niveau local n'est rien d'autre que ce que d'autres groupes de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine ont fait pour acqu&#233;rir une part d'initiative dans la vie de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233; 1966 &#233;tait pour le CORE un tournant aussi d&#233;cisif que pour le SNCC. Jusque-l&#224;, le CORE avait &#233;t&#233; un mouvement int&#233;grationniste qui faisait confiance &#224; la non-violence pour atteindre ses buts. (&#8230;) Le CORE subit une &#233;clipse pendant la p&#233;riode o&#249; se d&#233;veloppait le Congr&#232;s pour les droits civiques pr&#233;sid&#233; par William L. Patterson, jusqu'en 1951, puis pendant celle des campagnes de Martin Luther King, et encore au d&#233;but des sit-in &#233;tudiants vers 1960. Mais en 1961, apr&#232;s avoir organis&#233; les marches de la libert&#233; en Alabama et au Mississipi, il attirait de nouveau l'attention de tout le pays et sa composition se modifiait ; en 1963, pour la premi&#232;re fois, il comptait une majorit&#233; absolue de membres noirs. C'est qu'il attirait &#224; lui nombre de militants d&#233;&#231;us par la NAACP. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son congr&#232;s de 1965, dont le th&#232;me central &#233;tait le g&#233;ant qui s'&#233;veille, les ghettos noirs, le CORE abrogea l'article de ses statuts qui interdisait toute activit&#233; politique directe. (&#8230;) La motion sur le Pouvoir Noir vot&#233;e par le CORE au congr&#232;s de 1966 abandonnait apparemment l'objectif de l'int&#233;gration qui avait &#233;t&#233; celui du mouvement (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que SNCC et CORE lan&#231;aient le mot d'ordre du Pouvoir Noir, les ma&#238;tres du pouvoir blanc avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; &#233;laborer les grandes lignes de leur contre-attaque. Ce n'est pas tellement le mot d'ordre lui-m&#234;me qui les avait mis en &#233;veil, mais pr&#233;cis&#233;ment la situation int&#233;rieure qui avait d&#233;j&#224; provoqu&#233; la radicalisation du mouvement noir, situation caract&#233;ris&#233;e par l'incapacit&#233; du mouvement pour les droits civiques d'emp&#234;cher l'appauvrissement continuel des Noirs, et par les r&#233;voltes urbaines qui avaient suivi. (&#8230;) La nouvelle r&#233;ponse commen&#231;ait &#224; appara&#238;tre dans ce discours du pr&#233;sident de la Fondation Ford McGeorge Bundy, discours prononc&#233; le 2 ao&#251;t 1966 au banquet de la Ligue Urbaine Nationale &#224; Philadelphie : &lt;i&gt;&#171; Nous pensons que la pleine &#233;galit&#233; de tous les Noirs am&#233;ricains est aujourd'hui le probl&#232;me int&#233;rieur le plus urgent, et nous pensons que la Fondation Ford doit jouer tout son r&#244;le dans ce domaine (&#8230;) C'est ainsi que la Ligue Urbaine s'appr&#234;tait &#224; devenir la plus puissante organisation, bien que celle dont on parle le moins, &#224; s'occuper de &#171; manipuler &#187; le mouvement noir avanc&#233;. De son immeuble ultra-moderne de la 43&#232;me Rue Est &#224; New York, la Fondation se m&#234;le de financer et d'influencer nombre d'organisations plus ou moins contestataires, telles que le CORE, le SCLC, la Ligue Nationale Urbaine et la NAACP ; Agissant directement ou indirectement &#224; travers ces organisations et quelques autres, elle esp&#232;re canaliser le mouvement de lib&#233;ration noir, et pr&#233;venir les r&#233;voltes urbaines. (&#8230;) C'est sous la direction de Bundy, auparavant conseiller sp&#233;cial du pr&#233;sident pour la s&#233;curit&#233; nationale, et qui, en cette qualit&#233;, avait &#233;t&#233; un des principaux promoteurs de l'intervention au Vietnam, que la Fondation avait d&#233;cid&#233; en 1966 d'&#233;tendre ses activit&#233;s au mouvement noir. (&#8230;) En 1950, la Fondation, dans laquelle avaient &#233;t&#233; investis des b&#233;n&#233;fices de guerre, prit de l'extension et son champ d'action s'&#233;tendit &#224; l'ensemble des Etats-Unis et &#224; 80 pays &#233;trangers. (&#8230;) En 1962, Dyke Brown, alors vice-pr&#233;sident charg&#233; du secteur des affaires publiques, pouvait &#233;crire que la Fondation &#171; &#233;tait pass&#233;e du domaine de l'administration publique &#224; celui de la vie politique &#187;. Ses programmes, ajoutait-il, &#171; tendaient de plus en plus &#224; &#234;tre des programmes d'action, et non plus seulement de recherches &#187;, ce qui impliquait qu'il fallait prendre certains &#171; risques politiques &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pourquoi, un an apr&#232;s le discours de Bundy d&#233;j&#224; cit&#233;, elle accordait un pr&#234;t important au CORE, pr&#234;t destin&#233; &#224; des &#171; efforts pacifiques et constructifs &#187; dans le district de Hough, &#224; Cleveland, qui avait &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de violentes r&#233;voltes. C'est pourquoi enfin elle a annonc&#233;, en septembre 1968, qu'elle comptait investir 10 millions de dollars pour aider &#224; la formation d'un capitalisme noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, elle s'est transform&#233;e en un des instruments les plus subtils et les plus raffin&#233;s du n&#233;o-colonialisme am&#233;ricain, y compris celui qui s'exerce dans la colonie de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bundy, quand il en a pris la direction &#224; l'issue de son s&#233;jour dans les parages de la Maison Blanche, &#233;tait l'homme id&#233;al pour une telle politique. (&#8230;) Il avait en m&#234;me temps &#233;t&#233; le partisan de la politique d'intervention militaire au Vietnam de Kennedy et de Johnson et de la politique de contacts maintenus avec l'URSS. Il &#233;tait donc fort bien pr&#233;par&#233; pour travailler avec les organisations noires, y compris celles qui d&#233;fendaient le mot d'ordre du Pouvoir Noir (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'automne de 1966, se produisirent deux &#233;v&#233;nements capitaux pour le mouvement noir. En septembre, c'&#233;tait la premi&#232;re tentative &#8211; pas enti&#232;rement consciente &#8211; de mettre en &#339;uvre la doctrine du Pouvoir Noir dans une situation concr&#232;te. Il s'agissait de l'enseignement qui &#224; New York &#233;tait en pleine crise. Les parents de Harlem demandaient &#224; avoir le contr&#244;le effectif d'un &#233;tablissement scolaire, l'&#233;cole I.S. 201. L'autre &#233;v&#233;nement eut lieu &#224; l'autre bout du pays et fit peu de bruit, la fondation du Parti de la Panth&#232;re Noire &#224; Oakland (Californie). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1965, Malcolm X a dit &lt;i&gt;&#171; je crois qu'il y aura finalement un conflit entre les opprim&#233;s et ceux qui font l'oppression. Je crois qu'il y aura un conflit entre ceux qui r&#233;clament la libert&#233;, la justice, et l'&#233;galit&#233; pour chacun et ceux qui veulent continuer le syst&#232;me d'exploitation&#8230; Il est incorrect de qualifier la r&#233;volte du n&#232;gre simplement comme un conflit racial du noir contre le blanc, ou comme un probl&#232;me purement am&#233;ricain. En revanche, nous voyons aujourd'hui une r&#233;bellion globale de l'opprim&#233; contre l'oppresseur, de l'exploit&#233; contre l'exploiteur. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour r&#233;pondre &#224; tous ceux qui ont cru ou voulu croire en un Obama, Malcolm X r&#233;pondait d&#233;j&#224; : &lt;i&gt;Malcolm : &#171; vous avez mis en avant les D&#233;mocrates et les D&#233;mocrates vous ont mis en arri&#232;re. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Rep&#232;res chronologiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1946 D&#233;cision de la Cour supr&#234;me interdisant la s&#233;gr&#233;gation dans les transports en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1947 Premi&#232;res Freedom rides, manifestations dont le but est d'obtenir l'application de la d&#233;cision de la Cour supr&#234;me de 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er d&#233;cembre 1955 Rosa Parks, &#224; Montgomery (Alabama) refuse de c&#233;der sa place &#224; un Blanc, conform&#233;ment &#224; la loi. D&#233;but d'un scandale et d'une lutte fondatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1960 Sit-in de Greensboro (Caroline du Nord), contre la s&#233;gr&#233;gation dans une caf&#233;t&#233;ria, point de d&#233;part du mouvement pour les droits civiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 ao&#251;t 1963 Marche sur Washington de plus de 200 000 personnes. Discours de Martin Luther King &#171; I have a dream &#187; dans lequel il aspire &#224; une Am&#233;rique unie, sans s&#233;gr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 juillet 1964 Adoption par l'administration Johnson du Civil Rights Act : d&#233;sormais, la justice peut intervenir pour mettre un terme &#224; la s&#233;gr&#233;gation raciale dans les lieux publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 f&#233;vrier 1965 Assassinat de Malcom X, en plein meeting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 ao&#251;t 1965 Emeutes de Watts, Los Angeles, qui durent une semaine (34 morts, 1071 bless&#233;s, 400 arrestations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 1966 Lancement du Black Power par Stokely Carmicha&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 1966 Fondation du Black Panther Party for Self-Defense (BPP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 d&#233;cembre 1967 Luther King lance la Poor People's Campaign.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 f&#233;vrier 1968 D&#233;but de la gr&#232;ve des &#233;boueurs de Memphis (Tennessee).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 mars 1968 Luther King prend la parole devant les &#233;boueurs en gr&#232;ve &#224; Memphis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mars 1968 Luther King conduit &#224; Memphis une manifestation dispers&#233;e avec violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 avril 1968 Assassinat de Martin Luther King au Lorraine motel, &#224; Memphis. Martin Luther King disait : &#171; Aimez vos ennemis, b&#233;nissez ceux qui vous maudissent, (...) recherchez la r&#233;conciliation, la justice, et non la victoire. &#187;. Sa mort d&#233;clencha une vague d'&#233;meutes dans plus de 125 villes. Le gouvernement d&#233;ploya 75 000 soldats et gardes nationaux, tandis que 50 000 soldats &#233;taient en alerte dans les bases militaires. La r&#233;pression des manifestations fit 46 morts, 3 500 bless&#233;s et entra&#238;na 20 000 arrestations. Le Washington Post remarqua que, dans la capitale m&#234;me des &#201;tats-Unis, l'&#233;meute avait mobilis&#233; 20 000 personnes, pour les trois quarts des travailleurs noirs. La masse des Noirs pauvres perdait patience. Elle ne supportait plus le ch&#244;mage, les discriminations &#224; l'embauche, &#224; l'&#233;cole ou dans le logement, l'insalubrit&#233; des ghettos, les brutalit&#233;s polici&#232;res, ni de savoir que nombre d'entre eux mouraient chaque jour au Vi&#234;t-nam, dans une guerre pour des int&#233;r&#234;ts qui n'&#233;taient pas les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des Noirs am&#233;ricains se radicalisaient. La mort du non-violent Martin Luther King sous les balles d'un tireur blanc donnait raison &#224; ceux qui, au sein du mouvement noir, concluaient que rien ne pourrait &#234;tre conquis sans des luttes, y compris violentes, contre un syst&#232;me qui r&#233;gnait par la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des organisations nationalistes noirs radicales comme le Black Power (Pouvoir Noir) ou les Black Panthers (Panth&#232;res Noires) allaient conna&#238;tre un essor. Ce radicalisme d'une partie des Noirs exprimait leur d&#233;termination &#224; en finir avec la soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attica prison&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes de la prison d'Attica sont des soul&#232;vements de prisonniers du centre correctionnel d'Attica &#224; Attica, aux &#201;tats-Unis, qui ont eu lieu entre le 9 et le 13 septembre 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tenus avaient demand&#233; de meilleures conditions de vie, des douches, des moyens pour &#233;tudier et moins de censure sur les courriers et les visites. Ils avaient droit &#224; cette &#233;poque &#224; une douche par semaine et un rouleau de papier hygi&#233;nique par mois par personne[1]. Une de leurs plus simples revendications &#233;tait de pouvoir disposer de papier hygi&#233;nique &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re requ&#234;te avait &#233;t&#233; adress&#233;e par lettre avant toute action physique. Puis, en r&#233;ponse &#224; des rumeurs de torture de deux prisonniers, les d&#233;tenus se r&#233;volt&#232;rent prenant quarante-deux gardiens et civils en otage. Les prisonniers n&#233;goci&#232;rent avec une &#233;quipe de m&#233;diateurs qui avait &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;e et qui comprenait Tom Vicker, un r&#233;dacteur du New York Times, James Ingram du Michigan Chronicle, le repr&#233;sentant de l'&#201;tat Arthur Eve et d'autres &#233;lus. Un garde bless&#233; lors de l'&#233;meute mourut le samedi 11 septembre &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 des demandes des prisonniers furent accept&#233;es mais la revendication d'amnistie pour les prisonniers impliqu&#233;s dans la mort du gardien f&#251;t refus&#233;e et tout prisonnier impliqu&#233; serait passible de la chaise &#233;lectrique (aucune condamnation &#224; mort n'eut finalement lieu). Les n&#233;gociateurs des deux parties r&#233;clam&#232;rent la pr&#233;sence du gouverneur Nelson Rockefeller qui refusa de venir, pensant que sa pr&#233;sence n'aiderait en rien &#224; sortir du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 4 jours de r&#233;volte, 211 officiers de la police de l'&#201;tat de New York ont pris le centre correctionnel d'assaut. Le bilan final fut de 10 gardiens tu&#233;s (dont 9 lors de l'assaut, tu&#233;s par les armes de la police) et de 29 prisonniers (4 prisonniers ont &#233;t&#233; tu&#233;s par leurs co-d&#233;tenus, les 25 autres par la police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias ont rapport&#233; que les prisonniers avaient &#233;gorg&#233; plusieurs des otages (un journal avait par exemple titr&#233; &#171; J'ai vu des gorges ouvertes &#187;) mais cela fut contredit par les expertises m&#233;dicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes d'Attica ont attir&#233; l'attention des m&#233;dias sur l'&#233;tat des prisons aux &#201;tats-Unis pendant les ann&#233;es 1960 et 1970. Elles ont aussi mis en &#233;vidence le fonctionnement raciste du syst&#232;me p&#233;nitentiaire am&#233;ricain et le fanatisme des gardiens. 27 ans apr&#232;s l'&#233;meute, l'&#201;tat de New York a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un non-lieu dans un proc&#232;s avec les familles des d&#233;tenus tu&#233;s et &#224; l'automne 2004, 12 millions de dollars d'indemnisation ont finalement &#233;t&#233; attribu&#233;s par ce m&#234;me &#201;tat de New-York aux familles des gardiens de prison d&#233;c&#233;d&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus de trente longues ann&#233;es se sont &#233;coul&#233;es depuis ce matin bruineux du 13 septembre 1971 o&#249; les troupes f&#233;d&#233;rales prirent d'assaut la prison d'Attica dans l'Etat de New York. Notre collaborateur D&#233;n&#232;tem propose une analyse cultiv&#233;e, riche et critique de cette r&#233;volte, une des plus signifiantes des populations carc&#233;rales am&#233;ricaines, porteuse d'une contestation profonde du syst&#232;me de l&#233;gitimation US. Apr&#232;s avoir saisi les prisons am&#233;ricaines dans leur triple dimension de zoo, d'usine et de camp de concentration, il d&#233;crypte la dimension r&#233;volutionnaire qu'a pu incarner une insoumission de taulards qui &#233;taient en passe de produire une contre-culture, un centre formation pour une jeunesse rejet&#233;e qui aspirait &#224; un autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Search and destroy &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut comprendre la r&#233;volte d'Attica et sa port&#233;e politique sans se r&#233;f&#233;rer au contexte de quasi guerre civile dans lequel elle se produisit. &#171; On peut d&#233;crire le fonctionnement du syst&#232;me judiciaire am&#233;ricain comme une &#171; mission de localisation et de destruction &#187; (&#171; search and destroy &#187;) de la jeunesse noire &#187; (Les prisons de la mis&#232;re, Wacquant). Le harc&#232;lement policier voire militaire (en 1965, &#224; Los Angeles : violence de la r&#233;pression du soul&#232;vement noir du ghetto de Watts) de la jeunesse noire am&#233;ricaine d&#233;buta vraiment dans les ann&#233;es 60, au moment de la mont&#233;e des mouvements d'&#233;mancipation noirs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les assassinats politiques du pasteur Martin Luther King et de Malcolm X ne doivent pas faire oublier le fait que ce furent les membres du Black Panthers Party qui furent la cible privil&#233;gi&#233;e de la r&#233;pression polici&#232;re. Le cas de Mumia Abu-Jamal, ancienne panth&#232;re noire toujours coinc&#233;e dans le couloir de la mort, t&#233;moigne de cet acharnement. Face &#224; la brutalit&#233; polici&#232;re et aux violences racistes, les Panth&#232;res Noires se consid&#233;raient comme des r&#233;sistants : leur veste en cuir noire et leur b&#233;ret faisaient clairement r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;sistance fran&#231;aise. Au niveau de leurs r&#233;f&#233;rences id&#233;ologiques, ils puisaient autant dans le livre rouge de Mao que dans l'existentialisme de Sartre ou Les damn&#233;s de la Terre de Frantz Fanon. Dans la pratique, ils mirent en place non seulement des groupes d'autod&#233;fense arm&#233;e (contre les violences polici&#232;res) mais aussi toute une politique sociale et culturelle : des &#171; programmes de survie communautaire &#187; et des services gratuits comme les dispensaires, les &#233;coles, les transports vers les prisons etc. Et surtout, ce parti se distinguait des autres organisations noires (parfois tr&#232;s nationalistes et sexistes comme Nation of Islam) par sa volont&#233; d'agir en association avec d'autres groupes progressistes comme les pacifistes (contre la guerre du Vietnam), les mouvements gay et f&#233;ministes (voir les &#233;crits de la panth&#232;re Angela Davis) etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le danger de l'&#233;mergence d'une vaste coalition de mouvements de gauche radicaux, en 1969, Edgar Hoover, le directeur du FBI, d&#233;cr&#233;ta le Black Panthers Party ennemi public num&#233;ro un et mit au point une op&#233;ration de contre-espionnage, baptis&#233;e COINTELPRO qui dura dix ans : des dizaines de Panth&#232;res furent tu&#233;es lors de fusillades provoqu&#233;es par la police, des centaines de membres et de sympathisants furent emprisonn&#233;s. Par la force des choses, les Black Panthers furent donc en premi&#232;re ligne dans les luttes carc&#233;rales. &#171; La lutte dans les prisons est devenue un front nouveau de la r&#233;volution &#187; (cit&#233; par Michelle Perrot in Les ombres de l'histoire) affirmait George Jackson, l'un des leaders des Panthers. Le cas de Jackson est embl&#233;matique, condamn&#233; &#224; vie en 1961 pour un vol de 70 dollars dans une station d'essence, il se forma en prison, &#224; la lecture de Karl Marx, d'Adam Smith, de Frantz Fanon et d'autres penseurs. Les jeunes qui comme lui n'avaient pu acc&#233;der ni &#224; l'&#233;ducation ni &#224; l'emploi, ceux qui avaient &#233;t&#233; forc&#233;s &#224; s'auto-&#233;duquer en prison, il les appelait, dans ses &#233;crits, les &#171; intellectuels du lumpenprol&#233;tariat &#187; (ch&#244;meurs, d&#233;linquants, marginaux&#8230;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les prisons &#233;taient devenues en effet pour les jeunes noirs am&#233;ricains de v&#233;ritables centres de formation politique. Des livres comme le Manifeste communiste ou le Livre rouge de Mao &#233;taient r&#233;&#233;crits &#224; la main dans un langage simplifi&#233; et utilis&#233;s dans des groupes d'alphab&#233;tisation de base. Des journaux, toute une litt&#233;rature de prison &#233;taient produits par les d&#233;tenus, on faisait parvenir clandestinement les manuscrits &#224; des &#233;diteurs ext&#233;rieurs. Le livre m&#234;me de Jackson, Les Fr&#232;res de Soledad (Folio, intro de Jean Genet), circulait de main en main dans les prisons am&#233;ricaines o&#249; on se l'arrachait. La lib&#233;ration des esprits devait devenir une arme contre l'oppresseur, Jackson mettait toute son &#233;nergie &#224; faire en sorte que la mentalit&#233; des jeunes paum&#233;s noirs se transforme en mentalit&#233; de r&#233;volutionnaires noirs, en conscience politique. &#171; J'&#233;tais r&#233;volt&#233;. J'&#233;tais en prison et je regardais autour de moi pour d&#233;couvrir quelque chose qui pourrait vraiment faire enrager les matons. J'ai d&#233;couvert que rien ne les faisait autant enrager que la philosophie &#187;. Le 21 ao&#251;t 1971, pr&#233;textant une tentative d'&#233;vasion, les &#171; matons &#187; de la prison californienne de Saint Quentin abattirent froidement Georges Jackson. Il &#233;tait temps de b&#226;illonner ce foyer de dissidence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entendre le grondement de la bataille &#187; (in Surveiller et punir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de George Jackson suscita dans l'ensemble des prisons am&#233;ricaines un grand vide, une vive &#233;motion, un sentiment de r&#233;volte. Alors que cette mort &#233;tait survenue en Californie, de l'autre c&#244;t&#233; des Etats-Unis, elle d&#233;clencha presque aussit&#244;t une gr&#232;ve de la faim spontan&#233;e, suivie par un grand nombre de d&#233;tenus, dans la prison new-yorkaise d'Attica. Le 9 septembre 1971, les 1500 d&#233;tenus du block cellulaire D d&#233;cid&#232;rent d'aller plus loin en organisant une mutinerie : ils prirent en otage 40 surveillants et s'assur&#232;rent rapidement le contr&#244;le g&#233;n&#233;ral des b&#226;timents. La situation dans le p&#233;nitencier f&#233;d&#233;ral d'Attica &#233;tait depuis longtemps explosive. Attica, c'&#233;tait le dernier cercle de l'enfer carc&#233;ral am&#233;ricain : surpeuplement, r&#233;gime ultra-disciplinaire et punitif, conditions d'hygi&#232;ne atroces, soins m&#233;dicaux inexistants etc. La mort de Jackson joua donc le r&#244;le de l'&#233;tincelle qui met le feu aux poudres. Ce qui r&#233;v&#232;le le caract&#232;re d&#233;termin&#233;, r&#233;fl&#233;chi et, d'une certaine mani&#232;re, l&#233;gitime de la r&#233;bellion des d&#233;tenus de cette prison, c'est bien le ton et le contenu de la d&#233;claration que fit le Comit&#233; de Lib&#233;ration d'Attica : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous, prisonniers d'Attica, cherchons &#224; mettre fin &#224; l'injustice dont souffrent tous les prisonniers, quelle que soit leur race, leur confession, leur couleur. La pr&#233;paration et le contenu de ce document ont &#233;t&#233; &#233;tablis gr&#226;ce aux efforts unifi&#233;s de toutes les races et de toutes les cat&#233;gories sociales de cette prison. Il est &#233;tabli, et de notori&#233;t&#233; publique, que l'administration p&#233;nitentiaire de New York a transform&#233; des institutions initialement pr&#233;vues pour corriger socialement des individus en ces camps de concentration que l'on trouve dans l'Am&#233;rique actuelle. Compte tenu du fait que la prison d'Attica est l'une des institutions les plus classiques de cruaut&#233; organis&#233;e exerc&#233;e sur les hommes, la liste de revendications qui suit a &#233;t&#233; adopt&#233;e. Nous, les prisonniers d'Attica, nous vous disons &#224; vous les bien-pensants de la soci&#233;t&#233; : le syst&#232;me carc&#233;ral que vos tribunaux ratifient est la grimace terrifiante du tigre en papier, du pleutre au pouvoir. Manifeste respectueusement pr&#233;sent&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; &#224; titre de protestation contre les marchands d'esclaves, abjects et corrompus : le gouverneur de l'&#201;tat de New York, le d&#233;partement p&#233;nitentiaire de l'&#201;tat de New York, l'assembl&#233;e l&#233;gislative de l'&#201;tat de New York, les tribunaux de l'&#201;tat de New York, les tribunaux des &#201;tats-Unis, le d&#233;partement des lib&#233;rations conditionnelles de l'&#201;tat de New York. Et ceux qui soutiennent ce syst&#232;me d'injustice. Cette liste de revendications va vous &#234;tre pr&#233;sent&#233;e. Nous essayons d'agir selon la voie d&#233;mocratique. Nous avons le sentiment qu'il n'est pas n&#233;cessaire de dramatiser ces demandes. &#187; (extrait de Au pied du mur, &#233;d. L'Insomniaque) Suivent 26 revendications concernant : le droit &#224; l'&#233;ducation, la journ&#233;e de travail de 8 heures, les droits syndicaux, la possibilit&#233; de se doucher r&#233;guli&#232;rement, une nourriture digne de ce nom, l'acc&#232;s aux soins&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement de soutien populaire s'organisa &#224; l'ext&#233;rieur. Le Comit&#233; de Solidarit&#233; avec les Prisonniers, un groupe fond&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente par les Youth Against War And Fascism (Jeunes Contre la Guerre et le Fascisme), rassembla de l'argent et loua des cars pour que les familles de d&#233;tenus puissent se rendre &#224; Attica. Le Comit&#233; de Solidarit&#233; fit en sorte &#233;galement que les d&#233;tenus puissent b&#233;n&#233;ficier d'une aide juridique en faisant appel &#224; des avocats et juristes. Des membres du mouvement des droits civiques, des Black Panthers et d'autres groupes contestataires se rassembl&#232;rent autour de la prison pour mener diverses actions : manifestations de soutien aux rebelles, sensibilisation de l'opinion publique, interpellations des hommes politiques etc. Les n&#233;gociations devaient d&#233;buter le 13 septembre. Mais le jour J l'Etat envoya pr&#232;s de mille hommes, des f&#233;d&#233;raux, des gardes nationaux, des sections d'assaut, qui par une op&#233;ration coup de poing d'une extr&#234;me violence (armes automatiques, lance-grenade, h&#233;lico&#8230;) r&#233;ussirent &#224; reprendre la prison en moins d'une heure. L'assaut fit 43 morts, dont dix otages, et 200 bless&#233;s. Les autorit&#233;s p&#233;nitentiaires pr&#233;tendirent que les d&#233;tenus avaient &#233;gorg&#233; les dix otages. Mais les autopsies des m&#233;decins l&#233;gistes r&#233;v&#233;l&#232;rent que les otages n'&#233;taient pas morts la gorge tranch&#233;e mais des suites des blessures inflig&#233;es par les tirs des forces de l'ordre ; ce qui fut confirm&#233; par la commission d'enqu&#234;te McKay de l'Etat de New York&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux t&#233;l&#233;films am&#233;ricains retra&#231;ant l'&#233;meute ont &#233;t&#233; produits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; * en 1980 : Attica, de Marvin J. Chomsky, avec George Grizzard,&lt;br class='autobr' /&gt; * en 1994 : La R&#233;volte d'Attica (Against the Wall), de John Frankenheimer, avec Samuel L. Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs un documentaire intitul&#233; Attica, &#233;galement am&#233;ricain, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en 1974 par Cinda Firestone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mississipi burning&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1964, trois hommes disparaissent &#224; Jessup County dans l'&#201;tat du Mississippi, sans laisser aucune trace. Ce sont des militants pour les droits civiques. Rupert Anderson et Alan Ward, des agents du FBI (Federal Bureau of Investigation) sont charg&#233;s d'&#233;claircir cette affaire. Le premier est un homme d'exp&#233;rience, agissant avec diplomatie et d&#233;termination. Le second, plus jeune et impatient d'obtenir des r&#233;sultats, se comporte de mani&#232;re plus rustre, et fait appel &#224; d'importants moyens en hommes qui occupent la ville. Il questionne publiquement un noir, nomm&#233; Hollis, qui est sauvagement tabass&#233; quelques heures plus tard. La ville est la proie d'un acc&#232;s de violence : des &#233;glises et des maisons br&#251;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anderson poursuit l'enqu&#234;te selon des m&#233;thodes plus subtiles. Ses soup&#231;ons se portent sur le sh&#233;rif Stuckey et son adjoint Pell ; ce dernier est couvert par son &#233;pouse. Les incendiaires sont arr&#234;t&#233;s, mais le jury compos&#233; de blancs les condamne &#224; des peines d&#233;risoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance est d&#233;l&#233;t&#232;re et explosive : un homme est lynch&#233;, alors que Townley, le leader du Ku Klux Klan, attise les haines et la violence. Mrs Pell, la femme de l'adjoint du sherif, &#233;c&#339;ur&#233;e par ces &#233;v&#232;nements se r&#233;sout &#224; parler et r&#233;v&#232;le &#224; Anderson l'endroit o&#249; se trouvent les corps des trois disparus. Tilman, le maire, commence &#224; prendre peur et donne des indications au FBI qui d&#233;bouchent sur l'arrestation des coupables : Swilley, Cowens, Bailey, Stuckey et Pell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est la d&#233;monstration de l'impossibilit&#233; de combattre le fascisme par des moyens &#233;tatiques et l&#233;gaux... et autrement que par une mobilisation sociale radicale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mouvement noir aux USA en 1963 par Raya Dunayevska&#239;a</title>
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		<dc:date>2022-08-11T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>

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&lt;p&gt;Marche sur Washington &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et la pr&#233;paration des usines am&#233;ricaines pour la production de guerre ont presque an&#233;anti le ch&#244;mage &#8211; le ch&#244;mage des blancs. Mais pr&#232;s de 25 % de la main-d'&#339;uvre noire restait au ch&#244;mage en 1940. Le fait m&#234;me que, tant au Sud qu'au Nord, le Noir se soit urbanis&#233; et syndiqu&#233; n'a fait qu'aiguiser son sentiment d'oppression en tant que minorit&#233; nationale. La puissance m&#234;me au sein des syndicats a rendu cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marche sur Washington&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et la pr&#233;paration des usines am&#233;ricaines pour la production de guerre ont presque an&#233;anti le ch&#244;mage &#8211; le ch&#244;mage des blancs. Mais pr&#232;s de 25 % de la main-d'&#339;uvre noire restait au ch&#244;mage en 1940. Le fait m&#234;me que, tant au Sud qu'au Nord, le Noir se soit urbanis&#233; et syndiqu&#233; n'a fait qu'aiguiser son sentiment d'oppression en tant que minorit&#233; nationale. La puissance m&#234;me au sein des syndicats a rendu cette ghetto&#239;sation et ce ch&#244;mage &#224; l'ext&#233;rieur plus frustrants. Cette fois, la grande agitation parmi les n&#232;gres n'est pas pass&#233;e inaper&#231;ue aupr&#232;s des dirigeants noirs am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Philip Randolph, pr&#233;sident de la Confr&#233;rie des porteurs de voitures-lits, a organis&#233; une marche sur le mouvement de Washington. Cette organisation de masse enti&#232;rement noire pr&#233;voyait de mobiliser 100 000 personnes pour sa marche sur la capitale nationale. Sous sa pression, le pr&#233;sident Roosevelt a publi&#233; le d&#233;cret ex&#233;cutif n &#176; 8802 qui interdisait la discrimination dans les industries de guerre. Si cette petite version du Fair Employment Practices Act s'est arr&#234;t&#233;e en mars sur la capitale, elle n'a pas arr&#234;t&#233; le mouvement en tant qu'organisation qui a ensuite proc&#233;d&#233; &#224; sa transformation en un comit&#233; pour mettre fin &#224; Jim Crow dans l'arm&#233;e [1] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, le gain de certaines de ses demandes n'a fait qu'aiguiser le sentiment du n&#232;gre de ne pas avoir tous ses droits. Dans le logement, en particulier, les conditions devinrent insupportables &#224; mesure que de plus en plus de milliers de travailleurs, blancs et noirs, s'installaient dans les centres industriels. Ni le CIO, qui comptait alors environ un million et demi de membres noirs, ni le mouvement March on Washington dans un domaine plus restreint, n'avaient obtenu ce pour quoi les noirs se battaient : les pleins droits d&#233;mocratiques. Ils semblaient impossibles &#224; atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette fois, loin de rejoindre un quelconque mouvement de &#171; Retour en Afrique &#187;, ou de prendre la d&#233;fensive face aux attaques du KKK et de tels &#233;l&#233;ments racistes, le n&#232;gre a pris l'offensive. En 1943, il y eut une explosion de manifestations massives de n&#232;gres &#224; New York, Chicago, Detroit. C'&#233;tait aussi l'ann&#233;e de la premi&#232;re grande gr&#232;ve de guerre parmi les mineurs, qui, in&#233;vitablement, comptait un grand nombre de membres noirs. Le Noir am&#233;ricain a pris l'offensive et a montr&#233; une grande discrimination dans ce qu'il a attaqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque chose de nouveau s'est produit aussi dans le sens o&#249; il y a eu des exemples de solidarit&#233; blanche, en particulier &#224; Detroit, o&#249; le CIO s'est engag&#233; &#224; ce que les Blancs et les Noirs travaillent c&#244;te &#224; c&#244;te &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de l'usine . Surtout, personne n'a os&#233; l'attaquer comme antipatriotique. Aucun, sauf les communistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les communistes s'opposent au mouvement n&#232;gre ind&#233;pendant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale, le slogan des communistes am&#233;ricains &#233;tait &#034;Les Yanks ne viennent pas&#034;. Ils ont essay&#233; de reproduire la trahison du pacte Staline-Hitler en se joignant aux fascistes &#171; America Firsters &#187; - pour les communistes, tout ce qui emp&#234;cherait l'Am&#233;rique d'entrer en guerre aux c&#244;t&#233;s des alli&#233;s &#233;tait justifiable. S'ils s'opposaient &#224; quoi que ce soit dans l'organisation originelle de la Marche sur Washington, c'est qu'elle n'&#233;tait pas assez militante parce qu'elle se laissait diriger par A. Philip Randolph. Tout cela a chang&#233; du jour au lendemain lorsque, en juin 1941, l'Allemagne a envahi la Russie. La guerre imp&#233;rialiste a maintenant &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e par ces artistes du changement rapide, qui suivent invariablement les lignes de la politique &#233;trang&#232;re russe, comme &#233;tant devenue &#171; une guerre de lib&#233;ration nationale &#187;. Ils ont commenc&#233; &#224; exiger la mise en place imm&#233;diate d'un &#034;deuxi&#232;me front&#034; - partout,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, ils ont commenc&#233; &#224; attaquer A. Philip Randolph comme un v&#233;ritable &#171; subversif &#187; et le mouvement March on Washington comme &#233;tant &#171; trop belliqueux &#187;. Par sa lutte pour des emplois pour les Noirs, a d&#233;clar&#233; James Ford, candidat &#224; la vice-pr&#233;sidence du Parti communiste et leader noir, il &#171; cr&#233;ait des humeurs d&#233;routantes et dangereuses dans les rangs du peuple noir et utilisait ses griefs justifi&#233;s comme une arme d'opposition au Le programme de guerre de l'administration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#171; griefs justifi&#233;s &#187; ne semblaient pas justifier, aux yeux des communistes, un programme m&#234;me aussi doux que celui du Pittsburgh Courier qui avait lanc&#233; le mot d'ordre du &#171; Double V &#187; : &#171; double victoire de la d&#233;mocratie chez nous et &#224; l'&#233;tranger &#187;. .&#8221; Ceci, disait le Daily Worker , dans son symposium sp&#233;cial sur la question n&#232;gre en mars 1942, d&#233;truit l'unit&#233; nationale ! &#034;Hitler est l'ennemi principal et les ennemis des droits des n&#232;gres dans ce pays doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme secondaires.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux sympathisants des communistes et ce qu'ils avaient fait sur des cas tels que les Scottsboro Boys dans les ann&#233;es 1930 ont &#233;t&#233; surpris. Comme l'a dit George Schuyler [2] : &#171; Alors qu'&#224; un moment ils &#233;taient tous pour l'arr&#234;t de la production &#224; cause des politiques d'emploi de Jim Crow, des bas salaires ou des mauvaises conditions de travail, ils sont maintenant tout &#224; fait favorables &#224; la politique du gouvernement de ne pas faire de gr&#232;ves en temps de guerre et ont effectivement approuv&#233; la conscription du travail, c'est-&#224;-dire l'esclavage humain. Tout doit &#234;tre fait pour sauver la Russie m&#234;me si les droits des n&#232;gres doivent passer &#224; la trappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes proc&#233;d&#232;rent &#233;galement &#224; la r&#233;&#233;criture de l'histoire n&#232;gre. Robert Minor, dans &#171; L'h&#233;ritage de l'association politique communiste &#187;, a d&#233;couvert que &#171; l'abolition de l'oppression nationale est une r&#233;forme d&#233;mocratique bourgeoise &#187; et est donc r&#233;alisable dans le cadre du capitalisme am&#233;ricain tant que &#171; le peuple noir suit la bonne voie &#187;. &#8211; le cours Frederick Douglass de soutien total de la guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de la d&#233;claration calomnieuse sur ce grand abolitionniste noir, Frederick Douglass, comme s'il soutenait sans r&#233;serve la guerre civile,la guerre civile s'est finalement transform&#233;e en une guerre r&#233;volutionnaire qui a aboli l'esclavage. Il m&#233;ritait donc aussi le soutien de la classe ouvri&#232;re internationale qui lui &#233;tait donn&#233; par l'Association internationale des travailleurs dirig&#233;e par Karl Marx. La Seconde Guerre mondiale, en revanche, est rest&#233;e une guerre imp&#233;rialiste, comme en t&#233;moigne le type de soutien que lui ont apport&#233; les communistes am&#233;ricains. Ils se sont prononc&#233;s (1) en faveur de l'engagement de non-gr&#232;ve des syndicats, sans parler des plans d'int&#233;ressement de l'entreprise ; (2) contre toute activit&#233; ind&#233;pendante des n&#232;gres pour leurs droits soit au travail, soit dans l'arm&#233;e, ou n'importe o&#249; ; (3) aider &#224; envoyer les trotskystes en prison en vertu du Smith Act ; et (4) rivalisant avec le DAR dans son &#171; patriotisme &#187;, c'est-&#224;-dire qualifiant de &#171; subversifs &#187; tous ceux qui n'&#233;taient pas d'accord avec eux. M&#234;me la NAACP &#233;tait devenue trop militante pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, Frederick Douglas &#233;tait un chef de file du mouvement abolitionniste qui n'a pas cess&#233; son activit&#233; ind&#233;pendante pendant la guerre civile. Bien qu'il ait soutenu sans &#233;quivoque Lincoln lorsqu'il a publi&#233; la Proclamation d'&#233;mancipation, voici comment il a d&#233;crit Lincoln lors du d&#233;voilement du Freedman's Monument &#224; Lincoln : &#171; Il faut l'admettre, la v&#233;rit&#233; m'oblige &#224; l'admettre, m&#234;me ici en pr&#233;sence du monument que nous avons &#233;rig&#233; &#224; sa m&#233;moire, Abraham Lincoln n'&#233;tait, au sens plein du terme, ni notre homme ni notre mod&#232;le. Dans ses int&#233;r&#234;ts, dans ses associations, dans ses habitudes de pens&#233;e et dans ses pr&#233;jug&#233;s, c'&#233;tait un homme blanc. Il &#233;tait par excellence le pr&#233;sident de l'homme blanc, enti&#232;rement d&#233;vou&#233; au bien-&#234;tre des hommes blancs ? Vous &#234;tes les enfants d'Abraham Lincoln. Nous ne sommes au mieux que ses beaux-enfants ; enfants par adoption, enfants par la force des choses et la n&#233;cessit&#233;. Mais, nous vous supplions de ne pas m&#233;priser l'humble offrande que nous vous d&#233;voilons aujourd'hui ; car tandis qu'Abraham Lincoln vous a sauv&#233; un pays, il nous a d&#233;livr&#233;s d'un esclavage, selon Jefferson, dont une heure a &#233;t&#233; pire que des si&#232;cles d'oppression contre lesquels vos p&#232;res se sont r&#233;volt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la manifestation de masse de 1943, le conseiller communiste Benjamin A. Davis est apparu avec le maire La Guardia &#224; Harlem et sur la m&#234;me plate-forme s'est prononc&#233; contre l'explosion n&#232;gre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Earl Browder : &#034;La r&#233;alisation imm&#233;diate de cette p&#233;riode sous le syst&#232;me am&#233;ricain actuel d'une &#233;galit&#233; compl&#232;te pour les Noirs a &#233;t&#233; rendue possible par la crise et par le caract&#232;re de cette guerre en tant que guerre populaire de lib&#233;ration nationale.&#034; Et juste au cas o&#249; il y aurait une illusion sur &#171; l'&#233;galit&#233; compl&#232;te pour les n&#232;gres &#187; n&#233;cessitant toute activit&#233;, le communiste noir Doxey A. Wilkerson l'a &#233;nonc&#233;e pour tous comme ni plus ni moins que le &#171; soutien total de la victoire &#187;. - la politique de guerre de notre commandant en chef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communistes &#233;taient si enthousiastes dans leur soutien &#224; l'administration Roosevelt qu'ils parlaient non seulement &#171; d'unit&#233; en temps de guerre &#187;, mais aussi de plans d'apr&#232;s-guerre . Nous ne parlons pas de ceux de la guerre froide qu'ils n'avaient pas anticip&#233;s. Non, dans ce m&#234;me pamphlet de 1944, What The Negro Wants , Wilkerson &#233;crivait : &#171; R&#233;diger des plans de guerre id&#233;alistes pour les Noirs ? tend &#224; d&#233;tourner l'&#233;nergie n&#233;cessaire de la t&#226;che vraiment urgente d'aujourd'hui : gagner la guerre &#187;. Nuances du Bourbon Sud !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant que les n&#232;gres par milliers - car ils avaient rejoint le Parti communiste dans les ann&#233;es 1930 - aient d&#233;chir&#233; leurs cartes du Parti communiste et n'aient pas &#233;t&#233; &#224; nouveau dup&#233;s par le nouveau changement de ligne qui a accompagn&#233; la guerre froide de Moscou qui a rendu les communistes am&#233;ricains une fois de plus (pour combien de temps ?) sortir &#171; pour la lib&#233;ration n&#232;gre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le plus grand scandale de la guerre ! L'histoire de Jim Crow en uniforme, publi&#233; par le March on Washington Movement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. George Schuyler (1895-1977) &#233;tait un journaliste afro-am&#233;ricain pionnier, longtemps associ&#233; au Pittsburgh Courier. Il a publi&#233; une autobiographie, Black and Conservative, en 1966. [Transcriber]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;volte de la prison d'Attica</title>
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		<dc:date>2020-06-14T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

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&lt;p&gt;La r&#233;volte de la prison d'Attica L'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volte des prisonniers noirs de la prison d'Attica &lt;br class='autobr' /&gt;
1971 : La r&#233;volte de la prison d'Attica &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mouvements pour les droits civiques et le pouvoir noir des ann&#233;es 60 et 70 ont g&#233;n&#233;r&#233; un esprit r&#233;volutionnaire de r&#233;volte qui a touch&#233; tous les segments de la soci&#233;t&#233;, y compris la population carc&#233;rale. En septembre 1971, les d&#233;tenus du centre correctionnel d'Attica &#224; New York ont &#8203;&#8203;organis&#233; une r&#233;volte qui a dur&#233; cinq jours. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_14026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L480xH263/s26-atti-yard-480-d9379.jpg?1782252097' width='480' height='263' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L375xH310/18_attica_03-4a279-31266.jpg?1782252097' width='375' height='310' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/attica_prison_ap_img.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH315/attica_prison_ap_img-01bff.jpg?1782252097' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH309/prison-8-e0ae0-ab46d.jpg?1782252097' width='400' height='309' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crasement dans le sang de la r&#233;volte des prisonniers noirs de la prison d'Attica&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14024 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/091202attica4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/091202attica4-9c884.jpg?1782252097' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1971 : La r&#233;volte de la prison d'Attica&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements pour les droits civiques et le pouvoir noir des ann&#233;es 60 et 70 ont g&#233;n&#233;r&#233; un esprit r&#233;volutionnaire de r&#233;volte qui a touch&#233; tous les segments de la soci&#233;t&#233;, y compris la population carc&#233;rale. En septembre 1971, les d&#233;tenus du centre correctionnel d'Attica &#224; New York ont &#8203;&#8203;organis&#233; une r&#233;volte qui a dur&#233; cinq jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions d'existence &#224; Attica &#233;taient horribles. L'&#233;tablissement a &#233;t&#233; construit pour contenir 1 200 d&#233;tenus, mais il en regorgeait de 2 225. Les d&#233;tenus se sont vu refuser des installations sanitaires de base, n'avaient qu'une douche par semaine et un rouleau de papier toilette par mois. Environ 54% des d&#233;tenus &#233;taient noirs mais tous les gardiens de prison &#233;taient blancs, ce qui a favoris&#233; la violence et les tensions racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soul&#232;vement &#224; Attica a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; par le meurtre de George Jackson par des gardiens de prison. Jackson &#233;tait un prisonnier r&#233;volutionnaire noir influent qui s'&#233;tait politis&#233; et avait rejoint les Black Panthers alors qu'il purgeait une peine de 23 ans &#224; perp&#233;tuit&#233; pour un crime qu'il avait commis &#224; 18 ans. Sa mort a provoqu&#233; des ondes de choc dans tout le pays, d&#233;clenchant des r&#233;voltes dans de nombreuses prisons, mais le plus puissant &#233;tait &#224; Attica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 septembre, des prisonniers ont lib&#233;r&#233; un d&#233;tenu qui devait &#234;tre d&#233;tenu dans sa cellule, puis ont cass&#233; les portes pour envahir la cour. Plus de 1 000 prisonniers ont pu prendre le contr&#244;le de la cour et de la prison, prenant 40 gardiens en otage. Ils exigeaient l'acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature, une meilleure nourriture et de meilleures conditions, et d'&#234;tre trait&#233;s comme des &#234;tres humains. Comme les prisonniers l'ont dit dans leur d&#233;claration au monde ext&#233;rieur : &#171; Nous sommes fermes dans notre d&#233;termination et nous exigeons, en tant qu'&#234;tres humains, la dignit&#233; et la justice qui nous sont dues de plein droit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde avait un r&#244;le et quelque chose &#224; apporter pendant la gr&#232;ve. Les gr&#233;vistes se sont organis&#233;s en comit&#233;s tels que la s&#233;curit&#233;, la distribution de nourriture, l'&#233;limination des d&#233;chets et la protection des otages. Malgr&#233; toutes les tensions raciales pass&#233;es, il y avait un sentiment incroyable d'unit&#233; parmi les prisonniers comme jamais auparavant. Un attaquant noir a d&#233;crit : &#171; Je n'ai jamais pens&#233; que les Blancs pouvaient vraiment s'en sortir&#8230; J'ai en fait pleur&#233; que c'&#233;tait si proche, tout le monde si ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des n&#233;gociations se sont d&#233;roul&#233;es de mani&#232;re ouverte et d&#233;mocratique entre les d&#233;tenus, au cours desquelles les repr&#233;sentants ont relay&#233; des informations aux gr&#233;vistes de la cour. Malgr&#233; l'attention et le soutien de la communaut&#233; internationale, les responsables de la prison ont pu caler et ont refus&#233; de bouger sur la question de l'amnistie. Apr&#232;s quatre jours de n&#233;gociations entre les repr&#233;sentants des d&#233;tenus et les responsables de la prison, Nelson Rockefeller, alors gouverneur de New York, a appel&#233; &#224; reprendre la prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a &#233;t&#233; mobilis&#233;e avec une brutalit&#233; incroyable. Munis de mitrailleuses et de gaz lacrymog&#232;nes, ils ont pris la prison, tuant sans discrimination, entra&#238;nant la mort de dix gardiens et employ&#233;s de la prison ainsi que de 33 prisonniers. Des prisonniers ont &#233;t&#233; abattus alors qu'ils se rendaient, certains d'entre eux gisant sur le sol. Les survivants ont &#233;t&#233; battus avec des b&#226;tons de nuit et contraints de ramper nus &#224; travers du verre bris&#233;. La presse a &#233;t&#233; interdite de la zone et n'a &#233;t&#233; inform&#233;e de la brutalit&#233; que par des informations divulgu&#233;es par la police et des survivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la classe dirigeante am&#233;ricaine, l'Attica a d&#251; &#234;tre &#233;cras&#233;e car elle repr&#233;sentait la r&#233;volte des prisonniers contre un syst&#232;me fondamentalement injuste. La capacit&#233; des d&#233;tenus &#224; s'organiser collectivement &#224; travers les lignes raciales a fourni un exemple qui pourrait &#234;tre li&#233; aux mouvements sociaux plus larges qui balayent le reste de la soci&#233;t&#233;. Pour cette raison, le gouverneur Rockefeller &#233;tait pr&#234;t &#224; utiliser une brutalit&#233; incroyable pour &#233;craser la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la r&#233;pression violente massive, le soul&#232;vement de la prison d'Attica nous montre le potentiel des personnes les plus marginalis&#233;es &#224; se rassembler et &#224; lutter pour la justice et la dignit&#233; humaine fondamentale, m&#234;me dans les pires conditions. Pour cette raison, l'Attica est devenue un symbole de la r&#233;sistance des prisonniers dont on se souvient encore aujourd'hui du nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois t&#233;l&#233;films am&#233;ricains retra&#231;ant l'&#233;meute ont &#233;t&#233; produits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 1980 : R&#233;volte dans la prison d'Attica, de Marvin J. Chomsky, avec George Grizzard ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 1994 : Les R&#233;volt&#233;s d'Attica (Against the Wall), de John Frankenheimer, avec Samuel L. Jackson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; en 2001 : Le Massacre d'Attica (The Killing Yard), de Euzhan Palcy, avec Alan Alda, Morris Chestnut et Rose McGowan (Showtime/Paramount) pour le 30e anniversaire des &#233;meutes et du massacre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs un documentaire intitul&#233; Attica, &#233;galement am&#233;ricain, a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; en 1974 par Cinda Firestone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=_3dp3n8Mcy4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kNzSV6AVpAQ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bXgP0lkqPNk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VD1-J2IFgZ8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0CWcuDrgIo8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fulltv.tv/movies/the-killing-yard.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Forty years since the Attica uprising&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nixon-Rockefeller tapes praise bloodbath&#8212;&#8220;A beautiful operation&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By Nancy Hanover - WSWS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This month marks the 40th anniversary of the 1971 uprising by prisoners at the Attica Correctional Facility in upstate New York and its bloody suppression by state police called in by New York Governor Nelson Rockefeller. The Attica rebellion was a major historical event, reflecting the acute social and political crisis of American imperialism at the height of the anti-Vietnam War movement, which coincided with a militant strike wave by industrial workers and the aftermath of the ghetto riots of the 1960s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The homicidal response of the American ruling class to the protest by prisoners against inhumane conditions crystallized the brutal and violent character of class relations just beneath the surface of American life. Today, forty years later, the intensification of social tensions is leading to an unprecedented period of social upheavals as the US ruling class, in response to the world economic crisis and the protracted decline of American capitalism, prosecutes a social counterrevolution aimed at destroying all of the past social gains of the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This gives the tragic events at Attica immense contemporary relevance. The political lessons of the Attica uprising are of great import today for working people and youth in the US and around the world.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 9, 1971, a skirmish at the Attica Correctional Facility in upstate New York escalated into an organized rebellion and political protest by 1,280 prisoners. Inmates seized prison guards as hostages, issued demands, and began four days of negotiations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 13, Governor Nelson Rockefeller abruptly severed the talks and ordered a Vietnam-style assault by helicopters, state police sharpshooters and prison guards to retake the prison by force. Cell Block D, the scene of the uprising, was gassed and upwards of 3,000 rounds of ammunition were indiscriminately fired into the melee. Twenty nine inmates and 10 prison guards died in the carnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The New York State Special Commission on Attica, headed by Robert McKay of the New York University law school, held public hearings in April 1972. It said that the event, with the exception of massacres of Native Americans in the late 19th century, was &#8220;the bloodiest one-day encounter between Americans since the Civil War.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;At the time, the Bulletin, the weekly newspaper of the Workers League, forerunner of the Socialist Equality Party, stated that the bloodbath at Attica was premeditated and directed by the highest levels of the US government. The Bulletin warned that the military-style repression of the Attica inmates was a preparation for mass repression directed against the working class.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;University of New Hampshire at Manchester Professor Theresa C. Lynch recently released to the public recordings of conversations between President Richard Nixon and Rockefeller that occurred in the immediate aftermath of the killings. These tapes corroborate the analysis of the Workers League : the slaughter at Attica was not a mistake or overreaction. It was a calculated political response to what was considered an intolerable challenge to the authority of the capitalist state.&lt;br class='autobr' /&gt;
What drove the inmates to rebel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conditions at the prison, built in 1931, were notoriously brutal. Medical attention was often denied. The food was bad and sanitation non-existent. An all-white force of prison guards abused the inmates, predominately African-American and Puerto Rican, and deliberately provoked racial animosities.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prisoners were allocated one roll of toilet paper a month. Muslims were denied the right to hold religious services, newspapers were banned from the library, and all mail was censored. Many young people were in prison for minor infractions, but bail was routinely set at impossibly high levels. Hard-core lifers were housed with those incarcerated for petty infractions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;These terrible conditions were at the root of the uprising, but it quickly assumed a political character. American society in 1971 was a tinderbox. Prison conditions were just one expression of a society riven by social contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Many of the young men incarcerated in New York prisons had been influenced by the rise of black and Puerto Rican nationalism and organizations such as the Black Panthers and Young Lords. These oppositional currents were fed by the failure of the civil rights movement to effect any real improvements for the majority of minority youth. This was the period of the Vietnam War and convulsive events such as the assassinations of Malcolm X (1965), Martin Luther King Jr. (1968) and, less than a month prior to the Attica rebellion, Black Panther member George Jackson (August 21, 1971).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The early 1970s was a period of intense struggle by the American labor movement against declining living standards, unemployment and attacks on the unions. In 1970, US postal workers walked out in their first national work stoppage and Nixon deployed the National Guard as strikebreakers to carry the mail. This was followed by a two-month strike of nearly 400,000 General Motors workers in the US and Canada. In July 1971, dock workers shut down all 56 ports on the West Coast.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On August 15, 1971 Nixon imposed a 90-day wage freeze and established a national pay board to control wage increases. This was part of a series of emergency measures taken to halt a run on the dollar. The most fateful of these was the removal of the gold backing of the dollar, which had been put in place as the centerpiece of the dollar-based world monetary system established at the Bretton Woods conference in 1944.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The wage freeze and pay board prompted wildcat strikes by workers in many unions throughout the country as well as calls for a general strike. The International Longshoremen's Association, which represented the East Coast dock workers, joined the West Coast dockers' strike in October. Nixon retaliated by invoking the anti-union Taft-Hartley law to force a return to work.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By 1971, over 50,000 Americans had died in the Vietnam War. The nation's campuses and many cities were periodically convulsed by anti-Vietnam War protests and, in some cases, National Guard occupations. In May 1970, students protesting the expansion of the war into Cambodia were shot dead by National Guard troops at Kent State University in Ohio and by state police at Jackson State in Mississippi, sparking a student strike that shut down colleges and universities across the country. In 1971, the US further expanded bombing into Laos. In April of that year, more than half a million people protested against the war in Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It was under these conditions of unprecedented domestic unrest and rising class struggle that the events at Attica occurred. The bourgeoisie had a lot to fear.&lt;br class='autobr' /&gt;
The uprising&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In July, Attica prisoners petitioned the new corrections commissioner, Russell Oswald, regarding a series of grievances. Their demands included coverage by state minimum wage laws (many worked for 25 cents a day in temperatures above 100 degrees in the metal shop), political and religious freedoms, and betterment of living conditions. Attica was designed to hold 1,200 men, but was actually housing 2,225.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A meeting with Oswald, after numerous delays, was set take place in August. But on August 21, Black Panther Party member and &#8220;Soledad Brother&#8221; George Jackson was killed by prison guards in San Quentin, California.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jackson, originally jailed for a $70 theft, had developed into a political figure through his correspondence (most famously with Angela Davis), after taking up a study of Marxism in prison. The day after Jackson's killing, the prisoners at Attica held a silent fast in his memory and donned black armbands. In view of these events, Oswald decided the situation was too tense and he cancelled the meeting with the inmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We were convinced that he [George Jackson] was murdered,&#8221; John Andrini, a member of the Attica Prisoners Negotiating Committee, told the Bulletin following the events in 1971. &#8220;The day they buried him, the whole prison population fasted, and I mean all the prisoners&#8212;blacks, whites, Indians, Puerto Ricans. They were fasting and the administration was very worried about this. In fact, we were wearing black armbands that morning when we got up and they made us take the armbands off&#8230; they were frightened to see how well we could get together, unite together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Workers League stated presciently in an article published in the Bulletin : &#8220;The killing of Jackson was a political act aimed against the working class&#8230; Jackson's murder came only days after Nixon's orders to drive back the living standards of the working class. It is clear that the government is now preparing to unleash a wave of political repression in order to carry out its plans.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 9, a fight broke out between inmates and guards. This was not an unusual occurrence. However, it was followed by a malfunction of the internal gate system. This enabled inmates to rush into the yards, take over the cellblocks and eventually seize 38 guards and civilian employees as hostages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I would say that the politically active inmates had a little foresight, took this riot over [from the lifers who started it]&#8221; explained Andrini. &#8220;They took the hostages away from this 10 percent of the people and formed it into an organized rebellion. They decided since the damage was done, that we were going to suffer the consequences anyway, let's put it to some good use. Let's right some of the wrong things that are perpetrated here at Attica.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On the first day of the standoff the prisoners released prison guard William Quinn, who was severely injured in the original fight, and 11 other injured hostages so that they could get medical help. The prisoners set up an elected representative council to be spokesmen in the negotiations. They also established a protective human chain around the hostages and called for a group of outside observers to assist in the bargaining over grievances. Thirty-three people participated in this group, including New York Congressman Herman Badillo, State Assemblyman Arthur Eve, civil rights attorney William Kunstler, and Tom Wicker of the New York Times.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A series of 31 demands were drawn up, 28 of which Oswald eventually agreed to. The observers' committee issued a public appeal to Governor Rockefeller to come to Attica to meet with them. Rockefeller refused.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On September 12, four of the observers telephoned Rockefeller and for 90 minutes pleaded with him to come to Attica to effect a peaceful solution, but the governor was unyielding. The decision had already been made to attack. The government would later claim that the inmates were slitting the throats of the hostages and even castrating them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On Sunday morning, September 13, four days after the prisoners had seized control, the assault began. Two helicopters swooped down, dropping CN and CS pepper gas over the prison courtyard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As prisoners and hostages fell to the ground, state troopers, correction officers, deputy sheriffs and park police opened fire with shotguns, pistols, Thompson submachine guns and .270 caliber rifles loaded with dum-dum bullets. They were firing blindly through thick clouds of gas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Firing continued for about an hour. By the time the facility was retaken, the government had killed 9 hostages and 25 inmates, seriously injuring 89 others. One prison officer had been killed in the initial fight with inmates and 4 inmates had been killed by other inmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the aftermath, guards and troopers brutalized the prisoners. Inmates were made to strip and crawl through lines of enraged officers. Witnesses said several men bled to death after being denied medical treatment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Men were marked with &#8220;X&#8221;s on their backs and threatened with castration by vindictive prison guards. These attacks behind the prison walls went on for days.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;According to Time magazine : &#8220;A team of doctors who treated prisoners in their cells later said inmates in widely separated parts of the prison described in identical detail instances of &#8216;indiscriminate' firing by the officers and the calculated slaying of unresisting convicts. Reported Dr. Lionel Sifontes of Buffalo : &#8216;Many of the ringleaders were approached by guards and shot systematically. Some had their hands in the air surrendering. Some were lying on the ground.'&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autopsies the next day showed that none of the lurid claims of executions or castrations were true. All but one of the deceased hostages were killed by the state assault.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rockefeller calls Nixon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The transcripts of the discussion between Governor Rockefeller and President Nixon, now made available for the first time publicly, reveal the racism and contempt for human life of the two speakers&#8212;both leading representatives of the American ruling class. Exulting in the human carnage, they celebrate the success of the operation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : I know you've had a hard day, but I want you to know that I just back you to the hilt... the courage you showed and the judgment in not granting amnesty, it was right, and I don't care what the hell the papers or anybody else says. I don't care what they say. I think that you had to do it that way, because if you would have granted amnesty in this case, it would have meant that you would have had prisons in an uproar all over this country.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : That's right, absolutely.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : And you did the right thing. It's a tragedy that these poor fellows were shot, but I just want you to know that's my view, and I've told the troops around here they're to back that right to the hilt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : Well, aren't you great, Mr. President. I only called you because I wanted to alert you that we were going in.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : Right.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller then, in an extraordinary admission, replies &#8220;And when we went in, we couldn't tell whether all 39 hostages would be killed and maybe two or three hundred prisoners.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller continues : &#034;Well, you know this is one of those things. You can't have sharp shooters picking off the prisoners when the hostages are there with them at a distance with tear gas without maybe having a few accidents.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#034;Oh sure. Well, you saved a lot of the guards.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#034;Thirty-two of them got out.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#034;That's what I mean. It was worth it.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentators have pointed out that Rockefeller was preoccupied with dispelling his liberal reputation in view of the 1972 presidential primary season. No doubt this was a factor. But more fundamental issues were involved, and the decision to drown the uprising in blood was taken at the national level.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;It reflected the fear within the ruling class of the growth of social opposition and political radicalism not simply among the inmates in one prison, but among broad sections of the working class and the youth in the US. The crushing of the Attica rebellion was intended to intimidate all those who were seeking to oppose the policies of the ruling class in Vietnam and elsewhere internationally as well as within the US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The Bulletin commented at the time : &#8220;The government never had any intention of meeting these demands, but all the while they were preparing for the massacre. There was no room for compromise.&#8221; The following week, the Bulletin stated : &#8220;The warning is clear. When Rockefeller and the capitalist class are faced with a threat to their system they will use all the brutal force at their disposal to crush it.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tape documents the unvarnished racism which prevailed at the highest levels of the American political establishment. Throughout, Nixon refers to the rebellion&#8212;erroneously&#8212;as &#8220;basically a black thing&#8221; and is clearly concerned that Rockefeller's policy should set a national example for how to respond to potential unrest among blacks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;You just stand firm there and don't give an inch. Because I think in the country, you see, the example you set may stiffen the backs of a few other governors that may have a problem. But also in the country, too, I think that it might discourage this kind of a riot occurring someplace else&#8230; Tell me, are these primarily blacks that you're dealing with ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;Oh, yes, the whole thing was led by the blacks.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actually, the facts at Attica were different. Tom Wicker, the observer for the New York Times, reported how one prisoner shouted, &#8220;To oppressed people all over the world. We got the solution. The solution is unity.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wicker described the movement with &#8220;its strikingly effective organization, its fierce political radicalism, its submergence of racial animosity in class solidarity.&#8221; He explained : &#8220;That kind of organization, not to mention the unity displayed by the prisoners, would have been impossible if there had been racial discord in Block D&#8230; the human security chains were interracial ; the leadership committee features at least three white men, although the rebelling inmates must have been at least 84 percent black and Puerto Rican&#8230;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the September 27, 1971 Bulletin, the Workers League wrote : &#8220;All the outcries by liberals and clergy about Rockefeller's &#8216;mistake' at Attica will not change the fact that Rockefeller and Nixon consciously made a decision to murder the prisoners and will not hesitate to do so again. Even after Rockefeller knew that the hostages had been shot [by the state police] and that every statement about the prison officials was a lie, he stated : &#8216;There was no alternative but to go in.' And he made it very clear why when he said that the prison revolt &#8216;had political implications beyond the reform of the prison which was not possible for us to conform to and at the same time preserve a free society.'&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The tapes confirm this analysis, showing that the massacre was the result of a political decision to use overwhelming force to quash what was deemed a challenge to the capitalist state.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;We did it, though, only when they were in the process of murdering the guards, or when they were attacking our people as they came in to get the guards.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;You had to do it.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;And otherwise we recaptured all the cell blocks and so forth without shooting a shot. And no troopers were wounded. One of them&#8212;well, one of them was, in the leg. But&#8212;&#8220;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;Only one trooper was wounded ?&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;That's right.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nixon : &#8220;Good, good, good.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rockefeller : &#8220;It really was a beautiful operation.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A beautiful operation&#8221; indeed ! Thirty-nine dead, many more tortured in the aftermath. As for the pretext for the raid&#8212;the safety of the hostages&#8212;Dr. John Edland, the medical examiner, said some had been shot by the attacking troopers and police &#8220;as many as 5, 10, 12 times&#8221; with &#8220;two types of buckshot and large caliber missiles.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In the aftermath, the State of New York stonewalled the legal suits of families of both inmates and prison guards. Only in 2000 did the courts finally declare that inmates were &#8220;treated like garbage&#8221; and award $8 million to families of surviving inmates and hostages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forty years later, we live in a far more unequal and divided society, with unending wars and escalating social brutality. Attica was not an exception to the rule, but an expression of the rule itself. Behind the ever-growing class divide stands the violence of the capitalist state. This fact makes all more necessary the building of a political movement of the working class based on the lessons of history, including the tragic events of September 13, 1971.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Que disait Eldridge Cleaver ?</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article5949</link>
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		<dc:date>2018-10-14T22:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'int&#233;gralit&#233; du dernier discours d'Eldridge Cleaver, un dirigeant des &#171; Musulmans noirs &#187; puis des &#171; Panth&#232;res noires &#187;, dirigeant aussi des &#233;meutes noires d'Oakland (f&#233;vrier 1968) : &lt;br class='autobr' /&gt;
San Franciso, le 22 novembre 1968 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Bonsoir tout le monde. &#199;a se bouscule pas, les mots, ce soir. Je ne sais pas si c'est un bonjour ou un au revoir. J'ai parl&#233; &#224; mon agent de mise en libert&#233; conditionnelle aujourd'hui et il m'a dit que le vendredi 27, il fallait que je lui t&#233;l&#233;phone vers huit heures et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_11347 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/untitled-article-1445606052-body-image-1445606637.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH330/untitled-article-1445606052-body-image-1445606637-4ea31.jpg?1782252097' width='500' height='330' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gralit&#233; du dernier discours d'Eldridge Cleaver, un dirigeant des &#171; Musulmans noirs &#187; puis des &#171; Panth&#232;res noires &#187;, dirigeant aussi des &#233;meutes noires d'Oakland (f&#233;vrier 1968) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;San Franciso, le 22 novembre 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bonsoir tout le monde. &#199;a se bouscule pas, les mots, ce soir. Je ne sais pas si c'est un bonjour ou un au revoir. J'ai parl&#233; &#224; mon agent de mise en libert&#233; conditionnelle aujourd'hui et il m'a dit que le vendredi 27, il fallait que je lui t&#233;l&#233;phone vers huit heures et demie afin qu'il me fixe un rendez-vous pour me conduire &#224; Saint Quentin. Ils veulent obtenir une audience pour que ma libert&#233; soit r&#233;voqu&#233;e et je suppose qu'ils croient avoir le droit de le faire. En tout cas, ils agissent comme s'ils l'avaient. Je les connais bien et je sais que lorsqu'ils vous tiennent dans leurs griffes, ils font ce qu'ils veulent, qu'ils en aient le droit ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des gens ne connaissent rien du tout au syst&#232;me des prisons. Je soup&#231;onne qu'ils commettent la m&#234;me erreur lorsqu'ils consid&#232;rent cette administration de la m&#234;me mani&#232;re que les flics : ils pensent qu'il s'agit en quelque sorte, dans les deux cas, des gardiens de la loi, qui sont l&#224; pour prot&#233;ger la soci&#233;t&#233;, que tout ce qu'ils disent est la v&#233;rit&#233;, que tout ce qu'ils entreprennent est bien ; Mais moi, je suis au courant. Pas tellement &#224; cause de ma propre exp&#233;rience, mais parce que j'ai pu observer d'autre cas dans les diverses prisons de Californie. Il y a tout un tas de gens derri&#232;re ces murs et qui ne devraient pas y &#234;tre. Et tous ceux qui sont derri&#232;re ces murs se trouvent soumis &#224; des r&#233;gimes non autoris&#233;s et sans rapport avec les raisons pour lesquelles on les a enferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Californie, la r&#233;habilitation est pire qu'une mauvaise plaisanterie. Je ne sais m&#234;me pas ce qu'il faut entendre par l&#224;, &#171; r&#233;habilitation &#187;. Cela suppose qu'un jour on a &#233;t&#233; &#171; habilit&#233; &#187; et que, d'une certaine fa&#231;on, on a quitt&#233; la bonne voie, on a &#233;t&#233; mis dans ce garage ou dans cet atelier de r&#233;parations afin que l'on s'occupe de vous et qu'ensuite on vous rel&#226;che. R&#233;habilit&#233; et mis sur la bonne voie. Bon, je suppose que la &#171; bonne voie &#187; doit &#234;tre cette sc&#232;ne-ci : le &#171; monde libre &#187;. Les condamn&#233;s nous appellent, nous autres du dehors, ceux du &#171; monde libre &#187;. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; derri&#232;re ces murs pour un moment, je suppose que celui-ci commence &#224; ressembler &#224; l'Eden. Les d&#233;tenus ne peuvent pas percevoir toutes les petites luttes qui se d&#233;roulent au-dehors. Alioto, maire de San Francisco, ne ressemble pas tellement &#224; Al Capone, vu de si loin. C'est vrai. Al Capone, Alioto &#8211; le grand Al. Allez hop, Oto. Vous connaissez. Les gens br&#251;lent, les gens br&#251;lent derri&#232;re ces murs, du d&#233;sir de regagner le monde libre. De retourner dans la soci&#233;t&#233;. D'&#234;tre libres et de ne pas &#234;tre renvoy&#233;s au p&#233;nitencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, lorsque je suis rentr&#233; au p&#233;nitencier, j'ai pris une d&#233;cision. Je jetai un long et dur regard sur moi-m&#234;me et le dis, bon, tu as poursuivi ce chemin un peu trop longtemps, tu t'en es fatigu&#233;. Il est certain que ce que tu fabriquais avant d'arriver ici n'&#233;tait pas ce qu'il fallait. Tant que tu seras ici, il va falloir que tu t'occupes de toi, et &#224; fond, afin qu'une fois dehors, tu puisses y rester. En effet, une chose &#233;tait parfaitement claire pour moi : c'&#233;tait la derni&#232;re fois, je ne pourrai plus avoir affaire aux prisons. J'imagine que j'acquis alors comme une conscience sociale. Je d&#233;cidai de sortir de l&#224;, de m'atteler aux probl&#232;mes sociaux, de m'engager dans le Mouvement et d'y contribuer par tous les moyens &#224; ma port&#233;e. Quand je pris cette d&#233;cision, je crus que les autorit&#233;s de la mise en libert&#233; conditionnelle seraient au comble de la joie, car c'&#233;tait exactement &#224; quoi elles m'incitaient. Elles me traitaient sans cesse d'&#233;go&#239;ste : elles me demandaient pourquoi je ne me d&#233;cidais pas &#224; m'occuper des autres, pourquoi je me limitais &#224; mon propre horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, c'est ce que je fis, vous le savez. Et je veux dire ceci : j'ai eu plus d'ennuis avec les agents de la mise en libert&#233; conditionnelle et avec le &#171; Department of Corrections &#187;, parce que j'&#233;tais tout simplement engag&#233; dans le Mouvement, que je n'en ai eu lorsque je commettais des cambriolages, des vols et autres fautes pour lesquelles je n'ai pas &#233;t&#233; pris. Voil&#224; la v&#233;rit&#233;. Si j'&#233;tais sur la sellette pour vol, bon, il y aurait quelques personnes que cela &#233;nerverait. C'&#233;tait un probl&#232;me qui avait l'air d'&#234;tre localis&#233; et ne semblait pas affecter le syst&#232;me des prisons dans sa totalit&#233; ou tout le conseil de la mise en libert&#233; sur parole. Vous savez, ils ne semblaient pas avoir beaucoup de temps pour d&#233;battre de l'affaire. Dans leurs r&#233;unions, votre cas est tr&#232;s, tr&#232;s vite exp&#233;di&#233;. C'est comme s'il n'&#233;tait m&#234;me pas pris en consid&#233;ration. Mais je sais que maintenant mon dossier est en permanence sur leurs bureaux et que mon agent a peu de choses &#224; faire, sauf de ne pas me perdre de vue. Il veut savoir o&#249; je vais, combien je gagne par mois, o&#249; j'habite, &#224; quel moment je vais quitter la ville ; il veut que je lui t&#233;l&#233;phone &#224; mon retour et lui demande la permission de faire ceci ou cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attaquer verbalement les cochons du pouvoir pr&#233;sente davantage de danger que p&#233;n&#233;trer dans la Bank of America avec un fusil et l'attaquer carr&#233;ment. Les banquiers ont horreur du vol &#224; main arm&#233;e, mais ce qui les rend furieux, c'est celui qui se dresse pour mettre directement en question leur syst&#232;me raciste. Je ne sais pas s'il y a des banquiers dans la salle ce soir ; en tout cas, j'esp&#232;re qu'il y en a. J'aimerais qu'il y en ait au moins un, ou un ami, ou quelqu'un qui lui fera la commission. Et je souhaiterais tout sp&#233;cialement qu'il y en ait un de la Bank of America. Aujourd'hui, j'ai entendu aux informations que le fr&#232;re Cesar Chavez (leader syndicaliste des ouvriers agricoles de Californie) avait d&#233;clar&#233; la guerre &#224; la Bank of America. La Bank of America, c'est celle d'Alioto. Ma femme m'a appris ce soir que la Bank of America lui avait pass&#233; un coup de fil pour lui dire qu'elle allait nous reprendre notre voiture car nous &#233;tions en retard de trois mois dans les paiements. C'est faux, mais j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; n'avoir pas d&#233;bours&#233; un seul sou pour la payer et aller voir cette clique pour leur dire : &#171; Haut les mains, nique-ta-m&#232;re ! Je prends &#231;a. &#187; Voil&#224; ce que j'en pense. Voil&#224; ce que j'en pense maintenant. Je ne veux plus de ce syst&#232;me de cr&#233;dit &#8211; regardez la marchandise maintenant, emportez-la chez vous, payez plus tard&#8230; mais assurez-vous que vous paierez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je n'ai pas fait sauter ses coffres-forts, si je ne suis pas entr&#233; dans la Bank of America ou dans tout autre &#233;tablissement pour reprendre le butin qu'ils renferment, ce fut seulement parce que je me figurais que j'aurais besoin d'un climat favorable pour toutes les autres choses que je d&#233;sirais faire. Je ne sais donc pas ce qu'ils attendent de moi, vous comprenez ? Je n'ai commis aucun crime. Je ne crois pas que la r&#233;habilitation soit n&#233;cessaire. Je n'&#233;prouve pas le besoin de retourner au p&#233;nitencier de &#171; Sale Rouge &#187; : avec Warden Nelson (celui de Saint Quentin). Les gardiens de prison l'appellent le &#171; Grand Rouge &#187;, mais les condamn&#233;s le nomment le &#171; Sale Rouge &#187;. Le voil&#224; assis de l'autre c&#244;t&#233; de la baie &#224; m'attendre, parce qu'il y a un petit malentendu entre nous. Il ne m'aime pas. Mon agent de mise en libert&#233; ne m'aime pas. Il dit aux journalistes : &#171; Ouais, je crois que c'est vraiment un chic type. Je crois qu'il s'est bien r&#233;habilit&#233;. Si ce n'&#233;tait cette inculpation bien particuli&#232;re prononc&#233;e contre lui, je serais tout pr&#234;t &#224; continuer de m'occuper de lui. &#187; Cependant, si vous allez au service de la mise en libert&#233; conditionnelle et leur demandez de consulter mon dossier, vous ne trouverez qu'une seule charge retenue contre moi, en dehors de celles dont j'ai &#233;t&#233; l'objet au comt&#233; d'Alameda et qui doivent encore &#234;tre prononc&#233;es. Je n'ai pas &#233;t&#233; traduit en justice pour ces charges-l&#224;. J'ai plaid&#233; &#171; non-coupable &#187;. La seule accusation l&#233;gitime &#224; leur disposition est : &#171; N'a pas collabor&#233; avec son agent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois, je ne compris pas ce que cela voulait dire et je fis le maximum afin de collaborer avec cette pourriture. Donc je lui demandai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que cela veut dire au juste ? Quel est le fond de tout cela ,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il dit, tenez-vous bien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous souvenez-vous lorsque vous &#234;tes all&#233; &#224; New York pour enregistrer le show de David Susskind ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;pondis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, je m'en souviens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Vous souvenez-vous que je vous avais demand&#233; de t&#233;l&#233;phoner pour me faire savoir que vous &#233;tiez de retour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, oui, et c'est ce que je fis, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, vous ne l'avez pas fait. Cela enfreint le r&#232;glement. Et c'est la seule affaire litigieuse &#8211; et encore ! &#8211; qu'ils ont dans mon dossier. Toutes les autres choses qui me valent leur haine, ils ne peuvent pas les inscrire dans les dossiers car cela est contraire &#224; la loi. C'est contraire &#224; la Constitution ; le mettre par &#233;crit et l'ajouter &#224; mon dossier les condamneraient &#224; la honte. Ils ont sans doute un deuxi&#232;me dossier qu'ils se repassent &#224; la d&#233;rob&#233;e. Mais ils ne peuvent pas venir vous raconter un seul de mes actes pouvant &#224; la rigueur justifier mon renvoi au p&#233;nitencier ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me suffit de dire que je n'ai rien laiss&#233; dans ce p&#233;nitencier sinon mon esprit et mon &#226;me pour moiti&#233;, et que cela est mort l&#224;-bas. Je n'en ai que faire. Cela leur appartient. Ils peuvent le prendre. C'est ma dette envers eux. C'est ma dette envers la soci&#233;t&#233; et je ne leur dois plus une foutue chose ! Ils ne m&#233;ritent rien. Dor&#233;navant, tout ce qui leur tombera sous la main, ils devront le prendre ! Je crois que notre heure est arriv&#233;e. Au point o&#249; nous en sommes, il suffit de tirer un trait, car le pouvoir de ce pays a &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;masqu&#233;. Le droit n'est pas de leur c&#244;t&#233;. Nous savons que c'est pour des raisons politiques qu'ils s'attaquent aux gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une expression que j'aime bien, celle qui nous dit qu'il existe un moment o&#249; finit la prudence et o&#249; commence la l&#226;chet&#233;. Tout le monde a peur des cochons, du pouvoir. Le peuple a raison de s'en inqui&#233;ter car ils poss&#232;dent ces forces nazies &#224; qui ils donnent des ordres. Elles arrivent avec leurs gourdins et leurs fusils et elles vous extermineront si c'est n&#233;cessaire pour satisfaire la volont&#233; de leurs patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me demande comment faire pour attendre jusqu'&#224; ce que les gens se d&#233;cident &#224; faire ce qu'ils disent. Vraiment, je ne sais pas comment faire. Car tout ce que je vois, c'est une situation fort critique, une situation chaotique marqu&#233;e par la douleur, la souffrance et la mort, et je ne vois pas comment justifier que l'on remette &#224; demain ce que l'on pourrait dire ce soir. Il n'y a aucune raison d'attendre que d'autres personnes soient pr&#234;tes, m&#234;me si je dois agir seul. Je pense &#224; mon attitude &#224; l'&#233;gard de ces criminels &#8211; y compris mon agent de mise en libert&#233; sur parole &#8211; qui contr&#244;lent le syst&#232;me des prisons et le conseil de la libert&#233; conditionnelle. Je ne peux pas me r&#233;concilier avec eux, car je les ai vus trop longtemps faire avaler de la merde aux gens. Je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas dans la mani&#232;re dont ils traitent les gens. Je savais que m&#234;me en faisant un effort d'imagination, cela ne pouvait pas &#234;tre bien. Il m'a fallu pas mal de temps pour mettre le doigt dessus, mais ma satisfaction n'en a pas &#233;t&#233; moindre. Et l'&#233;tant aper&#231;u qu'ils &#233;taient le contraire de ce qu'ils auraient d&#251; &#234;tre, cela me mit tr&#232;s en col&#232;re. Je ne veux pas qu'ils tirent leur &#233;pingle du jeu. Je veux qu'on les mette au p&#233;nitencier. C'est l&#224; qu'ils doivent &#234;tre parce qu'ils ont commis trop de crimes contre les droits de l'homme. C'est au p&#233;nitencier qu'ils doivent aller !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque vous consid&#233;rez les p&#233;nitenciers pour adultes, cherchant &#224; trouver le d&#233;but du processus, c'est la fin que vous apercevez. Mais si vous voulez vraiment comprendre ce que rec&#232;le el syst&#232;me des prisons, vous devez commencer par les maisons de redressement. C'est de l&#224; que vous devez partir. C'est l&#224; que &#8211; pour certaine inculpation &#8211; se situe le d&#233;part de ma carri&#232;re, vers l'&#226;ge de douze ans. Je ne me souviens plus laquelle &#8211; vandalisme ? Je crois que j'avais chapard&#233; une bicyclette, peut-&#234;tre deux ou trois. Il se peut que je faisais commerce de bicyclettes. Ils m'envoy&#232;rent &#224; la maison de redressement et il me fallut environ six mois pour en sortir. L&#224;-bas je fis la connaissance de beaucoup de gens. Je connus beaucoup de vrais, gentils, excellent types, qui &#233;taient tr&#232;s actifs, des gens tout &#224; fait sains et qui avaient vol&#233; des bicyclettes et autres choses semblables. Puis je gravis un &#233;chelon, en passant de la maison de redressement &#224; la maison de correction de Whittier pour jeunes gens. J'en sortis avec dipl&#244;mes et honneurs et allai dans un autre &#233;tablissement un peu sup&#233;rieur, l'&#233;cole industrielle de Preston. J'en fus dipl&#244;m&#233; et, d'un bond, ils me firent passer dans la grande conjuration, dans le syst&#232;me p&#233;nitencier des adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remarquai qu'&#224; chacun de mes retours en prison je retrouvais les types qui &#233;taient avec moi ou un peu avant ma sortie. Ils semblaient &#234;tre l&#224; en permanence. En Californie, le syst&#232;me des prisons vous transporte de la maison de redressement &#224; la colonie p&#233;nitentiaire pour vieux de San Luis Obispo en attendant que vous mouriez l&#224;. Alors, on vous enterre si personne au-dehors ne r&#233;clame votre corps, ce qui est le cas de la plupart des for&#231;ats. J'&#233;tudiais ces arrivages, ces g&#233;n&#233;rations. J'avais l'occasion d'observer les g&#233;n&#233;rations qui suivaient la mienne et je parlai avec de plus jeunes que moi. Je leur demandais s'ils avaient d&#233;j&#224; fait de la prison. Vous trouviez des classes sortantes qui venaient de la maison de redressement et continuaient leur chemin. Il me vint &#224; l'id&#233;e que la soci&#233;t&#233; commettait une erreur et une erreur qu'aucun effort d'imagination ne peut justifier. M&#234;me en faisant cet effort d'imagination, on ne peut pas condamner les enfants de la maison de redressement car ils sont innocents et mis en accusation par un monde sur lequel ils n'ont aucune prise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez un peu les prisons pour adultes, vous ne leur trouverez ni queue ni t&#234;te. Au moment o&#249; ces hommes y arrivent, c'est pour meurtre, viol, cambriolage et autres crimes importants. Mais jetez un regard sur leur pass&#233; : vous y trouverez la maison de redressement. Vous devez vous poser la question, pourquoi n'existe-t-il pas dans ce pays un programme susceptible d'int&#233;resser les jeunes ? Cela les engagerait activement, en ferait des personnes saines menant une vie saine. Avant que quelqu'un ne r&#233;ponde &#224; cette question, la seule attitude que je puisse avoir &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me des prisons, sans excepter la maison de redressement, c'est : abattez ces murs et lib&#233;rez tout le monde. Voil&#224; de quoi il s'agit. Comment faire pour abattre ces murs et lib&#233;rer ceux qui sont derri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens interrogent le programme du parti des Panth&#232;res noires sur le point qui exige la libert&#233; de tous les Noirs maintenus dans les prisons f&#233;d&#233;rales, municipales, d'Etat et de comt&#233;. Et ils trouvent qu'il est difficile d'accepter ce point-l&#224;. Ils peuvent comprendre que l'on veuille expulser la police de la communaut&#233;, mais ils disent : &#171; Ceux qui sont en prison ont commis des crimes. Ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour crime. Comment osez-vous les faire sortir ? Si vous les lib&#233;rez, leur intenteriez-vous un proc&#232;s dans la communaut&#233; noire et les renverriez-vous en prison ? &#187; Je ne sais pas ce qu'il faut entendre par de tels propos. La r&#233;ponse est non. NON ! Faites-les sortir et laissez-les tranquilles. Lib&#233;rez-les car ils sont &#224; notre hauteur &#224; nous tous, ici, dans le &#171; monde libre &#187;. Dirigez-les vers le parti des Panth&#232;res noires. Donnez-les nous. Nous r&#233;parerons pour eux les promesses jamais tenues de la statue de la Libert&#233;. Nous tenons &#224; leur disposition un programme qui les occupera, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et je ne pense pas &#224; ces huit costauds &#224; bord d'un camion bien visible d&#233;valisant un minable poste d'essence pour la somme de soixante-quinze dollars. (allusion &#224; l'arrestation de huit Panth&#232;res noires arr&#234;t&#233;es sous l'accusation de cambriolage d'un poste d'essence &#224; San Francisco) Lorsque je me mets &#224; machiner un vol, je choisis comme objectif la Bank of America ou la Chase Manhattan Bank ou Brinks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; &#224; la biographie de Huey P. Newton avec Bobby Seale. Bob Scheer et moi-m&#234;me, nous emmen&#226;mes Bobby Seale &#224; Carmel-by-the-Sea. Mais nous nous sommes &#233;loign&#233;s de la mer. Nous nous sommes install&#233;s dans une petite cabane, nous nous sommes procur&#233; une bouteille de Scotch, quelques verres d'eau pour apr&#232;s, un magn&#233;toscope et une bonne provision de bandes vierges. Nous avons dit : &#171; Bobby, prends le Scotch et parle-nous du fr&#232;re Huey P. Newton. &#187; Et Bobby s'est mis &#224; parler de Huey. Je fus tout simplement sci&#233; quand il dit qu'avant d'organiser le parti des Panth&#232;res noires, tous deux avaient projet&#233; le gigantesque cambriolage d'une banque. Ils y avaient pens&#233; car ils se rendaient compte qu'ils avaient besoin d'argent pour le Mouvement. Ils tent&#232;rent donc de fabriquer une clef pour ouvrir le coffre-fort. Mais tout en y r&#233;fl&#233;chissant, ils en mesur&#232;rent aussi les implications, Bobby raconte qu'un jour, alors qu'ils d&#233;battaient l'affaire, huey se leva d'un bond et dit : &#171; Au diable la banque. C'est de politique que nous parlons. Au fond, c'est surtout de la lib&#233;ration de notre peuple que nous parlons. Au fond, c'est surtout de la lib&#233;ration de notre peuple que nous parlons. Bon, au diable cette mis&#233;rable banque. Organisons les fr&#232;res et mettons-nous au point. Armons-les pour la d&#233;fense de la communaut&#233; noire. Ce sera comme marcher sur la Maison Blanche et dire : &#171; Haut les mains, nique ta m&#232;re, Nous voulons ce qui nous appartient. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc un rapport essentiel et fort int&#233;ressant entre l'insurrection et des actions men&#233;es seul, une guerre civile personnelle, individuelle. Nous disons qu'il y a guerre civile lorsqu'une soci&#233;t&#233; se scinde en deux partis oppos&#233;s. Faut-il que cela soit une d&#233;finition ? Cinq mille personnes peuvent-elles d&#233;clencher une guerre civile ? Ou quatre mille ou trois mille, deux mille, mille ? Ou la moiti&#233; d'un millier ? Ou la moiti&#233; de cette moiti&#233; ? Ou une seule personne ? Une seule personne peut-elle s'engager dans une guerre civile ? Je ne suis pas avocat. Et certainement pas un juge, mais je dirais qu'une personne, agissant seule, pourrait s'engager en fait dans une guerre civile contre le syst&#232;me oppresseur. Voil&#224; ce que je pense de ces types du p&#233;nitencier. Peu m'importe pourquoi ils y sont &#8211; vol, cambriolage, viol, meurtre, enl&#232;vement, que sais-je ? De toute fa&#231;on, ils ont r&#233;agi &#224; une certaine situation, &#224; un certain milieu. N'importe quel livre de sociologie vous apprendra que si on soumet des gens &#224; environnement hostile on peut pr&#233;dire qu'ils se r&#233;volteront. Ceci donne lieu &#224; une contradiction. Quand on a un groupe social organis&#233; de telle sorte que les gens sont pouss&#233;s &#224; se r&#233;volter contre lui en grand nombre, comment peut-on leur dire apr&#232;s coup qu'ils sont d&#233;biteurs de la soci&#233;t&#233; ? Je dis que la soci&#233;t&#233; a une dette envers eux. Et elle n'a pas l'air de vouloir payer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment m&#234;me, un jeune fr&#232;re appel&#233; Gregory Harrison, se trouve &#224; la maison de redressement du comt&#233; d'Alameda. Il est &#226;g&#233; d'environ quatorze ou quinze ans et il est le leader de l'Union des &#233;tudiants noirs de l'Oakland Tech High School. Ils l'ont envoy&#233; l&#224;-bas, accus&#233; d'insurrection. Ils l'ont accus&#233; d'insurrection parce que l'Union des &#233;tudiants noirs de ce campus exige que l'histoire des Noirs soit ajout&#233;e au programme. Ils veulent que sur leur campus r&#232;gne une nouvelle atmosph&#232;re &#8211; pas dans le but d'apprendre aux Noirs comment &#234;tre noirs, mais dans celui de supprimer certaines contraintes, afin qu'ils puissent tout simplement &#234;tre eux-m&#234;mes et qu'ainsi, leur n&#233;gritude s'&#233;panouisse sans plus attendre. De m&#234;me, vous n'avez pas &#224; apprendre &#224; la rose &#224; &#234;tre rouge ni &#224; l'arbre &#224; faire pousser ses feuilles. Vous les laissez en paix sans verser des sels sur leurs racines, et cela donnera une rose ou un arbre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me de cochons et de criminels. Ce syst&#232;me qui est l'ennemi du peuple. Ce syst&#232;me au sein duquel nous vivons et agissons chaque jour. Ce syst&#232;me dans et sous lequel nous sommes en ce moment m&#234;me. Notre syst&#232;me ? Tous vos syst&#232;mes quels qu'ils soient. S'il se trouve que vous venez d'un autre pays, c'est toujours votre syst&#232;me, car le syst&#232;me qui r&#232;gne dans votre pays en fait partie. Ce syst&#232;me est mal. Il est criminel. Il est meurtrier. Et il domine. Il est au pouvoir. Il est arrogant. Il est fou. Et il consid&#232;re que le peuple lui appartient. A tel point que les flics, qui sont des serviteurs publics, croient avoir le droit de p&#233;n&#233;trer sur un campus universitaire ou de lyc&#233;e et de distribuer des coups de matraque sur la t&#234;te des gens. Ils frappent les gens avec des gourdins et leur tirent m&#234;me dessus s'il le faut pour faire respecter la volont&#233; des Ronald Reagan, des Jesse Unruh et des Mussolini Alioto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avez-vous jamais vu Alioto &#224; la t&#233;l&#233;vision ? A le voir, pouvez-vous jurer qu'il ne vous fait pas peur ou qu'il ne ressemble pas &#224; Al Capone ? Alioto me fait penser &#224; des condamn&#233;s que j'ai connus &#224; la prison de Folsom. Et cela n'est pas un paradoxe. Lorsque je d&#233;fends les condamn&#233;s, je ne veux pas dire que chacun d'eux sortira pour rejoindre le parti &#171; Paix et Libert&#233; &#187;. Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Pourtant je r&#233;clame m&#234;me la libert&#233; de ceux qui sont si peu adapt&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; qu'ils ha&#239;ssent tout le monde. Tels ces types qui ont fait tatouer sur leur poitrine : &#171; N&#233; pour ha&#239;r &#187;, &#171; N&#233; pour perdre &#187;. J'en connais un qui a fait tatouer sur son front : &#171; N&#233; pour tuer &#187;. Celui-l&#224; aussi a besoin qu'on le rel&#226;che. Car m&#234;me si Lyndon B. Johnson ne porte aucun tatouage sur le front, il a les mains ruisselantes de sang. L.B.J. a tu&#233; plus de gens que quiconque dans quelque prison que ce soit des Etats-Unis d'Am&#233;rique depuis leur origine et jusqu'&#224; leur fin. Il a assassin&#233;. Et des gens tels les administrateurs des prisons, les policiers, les maires, les pr&#233;fets de police y souscrivent. Ils appellent m&#234;me &#224; l'escalade, ce qui veut dire : tuez davantage de gens. Je n'en veux pas. Et vous qui &#234;tes ici ce soir, puisque je vois tant de visages connus, je pourrais dire que je sais que vous ne le voulez pas non plus. Il n'est qu'un seul moyen pour s'en d&#233;barrasser. C'est en nous dressant et en tra&#231;ant &#233;nergiquement une fronti&#232;re, une fronti&#232;re nette et ferme, en nous pla&#231;ant du c&#244;t&#233; qui est le n&#244;tre et en le d&#233;fendant par tous les moyens y compris en mettant nos vies en jeu. Non pas en sacrifice, mais en prenant des cochons avec nous. En prenant des cochons avec nous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas me faire &#224; l'id&#233;e de devoir passer les quatre ann&#233;es &#224; venir au p&#233;nitencier avec des fous d&#233;tenant un pouvoir supr&#234;me. Avec Ronald Reagan &#224; la t&#234;te du Department of Corrections comme de tout autre organisme d'Etat. Avec &#171; Sale Rouge &#187; comme gardien. S'ils nommaient le docteur Shapiro (un psychiatre de San Francisco, longtemps d&#233;fenseur des Panth&#232;res noires), s'ils le nommaient gardien de San Quentin, j'irais tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais tant que des monstres sadiques, des hommes m&#233;prisables et cruels contr&#244;leront cet appareil, je dis que mon int&#233;r&#234;t se porte ailleurs. Mon c&#339;ur est au-dehors avec les gens qui essaient d'am&#233;liorer le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes encore plus fous que vous ne croyez si vous approuvez toutes ces condamnations abstraites et ridicules, toutes ces man&#339;uvres manifestement politiques et si vous pensez que je vais y croire. Dites toutes les foutaises que vous voudrez, donnez tous les ordres que vous voudrez. Dans le comt&#233; d'Alameda, on m'a accus&#233; de crime et j'ai h&#226;te de comparaitre devant le tribunal, car nous pourrons nous en occuper. Nous dirons la v&#233;rit&#233; et les cochons devront mentir, et cela est dur pour eux, surtout lorsque nous avons pour nous des sp&#233;cialistes comme l'honorable Charles R. Garry (avocat de Huey Newton). Je ne crains pas de p&#233;n&#233;trer dans aucune salle d'audience de ce pays accompagn&#233; par des avocats comme Garry, parce qu'il peut tenir t&#234;te au juge et &#224; l'avocat de l'accusation. Mais ne venez pas me dire que vous allez r&#233;silier ma mise en libert&#233; sur parole sur une accusation pour laquelle j'ai purg&#233; une peine de neuf ans et &#233;tait cens&#233; &#234;tre acquitt&#233; le mois d'apr&#232;s. Et ne venez pas me d&#233;biter ces conneries parce que je ne veux pas les entendre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eldridge Cleaver&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 novembre 1968&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Eldridge_Cleaver&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui est Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=YhfVCQAAQBAJ&amp;printsec=frontcover&amp;dq=eldridge+cleaver+Soul+on+Ice&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiM9_2v6ZHaAhXSJ1AKHXHDDL4Q6AEIPjAD#v=onepage&amp;q=eldridge%20cleaver%20Soul%20on%20Ice&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Target Zero de Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/writers/landy/1971/06/panthers.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party Splits (June 1971)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/erol/1960-1970/lrbw-class.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party and the League of Revolutionary Black Workers&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/document/icl-spartacists/black-question/Rise_and_Fall_of_Black_Panthers.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Rise and Fall of the Black Panther Party&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/workers/black-panthers/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Black Panther Party&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.google.fr/books?id=FigmDwAAQBAJ&amp;pg=PT355&amp;dq=eldridge+cleaver&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiOseaj7JHaAhURbFAKHYmaDQ44FBDoAQgtMAE#v=onepage&amp;q=eldridge%20cleaver&amp;f=false&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Out of Oakland&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Eldridge_Cleaver&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Who Was Eldridge Cleaver&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve835&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pas de justice pour les Noirs am&#233;ricains !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article2475&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les d&#233;buts du mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?breve860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La longue histoire de meurtres des forces polici&#232;res am&#233;ricaines contre les Noirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=mouvement+noir+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire aussi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le bilan d'Obama pour les Noirs...</title>
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		<dc:date>2016-02-19T00:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le bilan d'Obama pour les Noirs... &lt;br class='autobr' /&gt;
Pas justice pour les Noirs am&#233;ricains !!!! &lt;br class='autobr' /&gt;
Obama pr&#233;sident et les noirs d&#233;sirs ... de la classe dirigeante &lt;br class='autobr' /&gt;
Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;... &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous Obama, une police raciste et violente &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Ku Klux Klan d'Obama &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain, de l'esclavage &#224; Obama : un d&#233;fenseur loyal du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Les discours et les actes de Barack Obama &lt;br class='autobr' /&gt;
Assassinat des Noirs am&#233;ricains par la police - Trop c'est trop ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Cinquante ans depuis la promulgation de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le bilan d'Obama pour les Noirs...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve681&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pas justice pour les Noirs am&#233;ricains !!!!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article729&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama pr&#233;sident et les noirs d&#233;sirs ... de la classe dirigeante&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article1957&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Obama, du mythe &#224; la r&#233;alit&#233;...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve704&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sous Obama, une police raciste et violente&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3517&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Ku Klux Klan d'Obama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2979&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Parti d&#233;mocrate am&#233;ricain, de l'esclavage &#224; Obama : un d&#233;fenseur loyal du capitalisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve28&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les discours et les actes de Barack Obama&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve660&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assassinat des Noirs am&#233;ricains par la police - Trop c'est trop !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2014/aou2014/civi-a18.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cinquante ans depuis la promulgation de la loi sur les droits civiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2014/dec2014/pers-d12.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Race, classe et violence polici&#232;re aux Etats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jui2015/pers-j24.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les racines sociales du racisme aux &#201;tats-Unis&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;tait Marcus Garvey - Who was Marcus Garvey</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article4983</link>
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		<dc:date>2016-01-23T00:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les buts que vous servez, qui sont &#233;go&#239;stes, ne vous &#233;l&#232;veront pas, mais les perspectives que vous servez, qui nous concernent tous en commun, vous am&#232;neront dans la perspective future. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si vous ne l'avez pas confiance en vous, vous &#234;tes battu deux fois dans la course de la vie. Avec confiance, vous avez gagn&#233; avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un peuple sans la connaissance de son histoire, de son origine et de sa culture est comme un arbre sans racines. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La plume est plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L420xH236/-118-4bd49.png?1782252097' width='420' height='236' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les buts que vous servez, qui sont &#233;go&#239;stes, ne vous &#233;l&#232;veront pas, mais les perspectives que vous servez, qui nous concernent tous en commun, vous am&#232;neront dans la perspective future. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous ne l'avez pas confiance en vous, vous &#234;tes battu deux fois dans la course de la vie. Avec confiance, vous avez gagn&#233; avant m&#234;me d'avoir commenc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un peuple sans la connaissance de son histoire, de son origine et de sa culture est comme un arbre sans racines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La plume est plus puissante que l'&#233;p&#233;e, mais la langue est plus puissante que les deux r&#233;unis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Intelligence gouverne le monde, l'Ignorance re&#231;oit la charge ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dieu et la Nature ont &#233;t&#233; les premiers &#224; faire de nous ce que nous sommes, mais c'est de notre propre g&#233;nie que nous pourrons faire de nous ce que nous voulons &#234;tre. Suivez toujours cette grande loi. Laissez le ciel et Dieu &#234;tre notre limite mais la perspective future &#234;tre notre mesure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je consid&#232;re le Klan, les clubs anglo-saxons et les soci&#233;t&#233;s des blancs racistes am&#233;ricains, d&#232;s que le n&#232;gre est concern&#233; par eux, comme de meilleurs amis de notre race que tous les autres groupes de Blancs hypocrites mis ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lib&#233;rez l'esprit des hommes et finalement vous lib&#233;rez le corps des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Grands principes et grands id&#233;aux n'ont pas de nationalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avoir &#233;t&#233; vaincus une premi&#232;re fois est avoir trouv&#233; le motif d'une combat sans fin pour gagner le but final. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8220;The ends you serve that are selfish will take you no further than yourself but the ends you serve that are for all, in common, will take you into eternity.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;If you haven't confidence in self, you are twice defeated in the race of life. With confidence, you have won even before you have started. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A people without the knowledge of their past history, origin and culture is like a tree without roots.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;The pen is mightier than the sword, but the tongue is mightier than them both put together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Intelligence rules the world, ignorance carries the burden...&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;God and Nature first made us what we are, and then out of our own created genius we make ourselves what we want to be. Follow always that great law. Let the sky and God be our limit and Eternity our measurement. &#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;I regard the Klan, the Anglo-Saxon clubs and White American societies, as far as the Negro is concerned, as better friends of the race than all other groups of hypocritical whites put together.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Liberate the minds of men and ultimately you will liberate the bodies of men.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;great principles, great ideals know no nationality.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;we were like crabs in a barrel, that none would allow the other to climb over, but on any such attempt all would continue to pull back into the barrel the one crab that would make the effort to climb out.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;We are going to emancipate ourselves from mental slavery, for though others may free the body, none but ourselves can free the mind. Mind is our only ruler ; sovereign.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;A people without the knowledge of their past history, origin, and culture is like a tree without roots.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Having had the wrong education as a start in his racial career, the Negro has become his own greatest enemy. Most of the trouble I have had in advancing the cause of the race has come from Negroes. Booker Washington aptly described the race in one of his lectures by stating that we were like crabs in a barrel, that none would allow the other to climb over, but on any such attempt all would continue to pull back into the barrel the one crab that would make the effort to climb out. Yet, those of us with vision cannot desert the race, leaving it to suffer and die.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;If I die in Atlanta my work shall then only begin, but I shall live, in the physical or spiritual to see the day of Africa's glory.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;To have built up a new organization, which was not purely political, among Negroes in America was a wonderful feat, for the Negro politician does not allow any other kind of organization within his race to thrive.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Some of us seem to accept the fatalist position, the fatalist attitude, that God accorded to us a certain position and condition, and therefore there is no need trying to be otherwise. The moment you accept such an attitude, the moment you accept such an opinion, the moment you harbor such an idea, you hurl an insult at the great God who created you, because you question Him for His love, you question Him for His mercy.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;You at this time can only be destroyed by yourselves, from within and not from without. You have reached the point where the victory is to be won from within and can only be lost from within.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;Men, there is much to live for, and there is much to die for. The man, the race of nation that is not prepared to risk life itself for the possession of an ideal, shall lose that ideal. If you, I repeat, must be free, you yourselves must strike the blow.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;was the crying voice from the grave that said, &#8216;Garvey, we have suffered for 250 years for your day and for your time ; we expect something from you at this hour.'&#8221;16&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;whipped. It annoys me to be defeated ; hence to me, to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;be defeated ; hence to me, to be once defeated is to find cause for an everlasting struggle to reach the top.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait Marcus Garvey - Who was Marcus Garvey&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.akadem.org/medias/documents/--marcus-garvey_4.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marcus Garvey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcus_Garvey&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qui &#233;tait Marcus Garvey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://afrikhepri.org/discours-de-marcus-garvey/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Discours de Marcus Garvey&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.org/spip.php?article4864&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Panafricanisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/james/1940/06/garvey.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C.L.R. James&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1973/panafricanism.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;James&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/padmore/1931/negro-toilers/ch06.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George Padmore&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1940/06/garvey.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J.R. Johnson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/james-clr/works/1939/06/notes.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Johnson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/etol/newspape/fi/vol16/no04/lavan.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George Lavan&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/rawick/1968/xx/before.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;George P. Rawick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/archive/rawick/1966/xx/watts.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rawick&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/usa/groups/abb/1921/1210-lorenzo-negrolib.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;C. Lorenzo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/history/erol/ncm-8/davidson/d-5.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Carl Davidson&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390404a.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Trotsky&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L250xH230/-2125-4f4d5.jpg?1782252097' width='250' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier message de Marcus Garvey depuis la prison d'Atlanta, 10 F&#233;vrier 1925&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai le plaisir de vous apprendre que votre humble serviteur est aussi heureux de souffrir pour vous et notre cause qu'il est possible dans ces circonstances o&#249; je suis vicieusement outrag&#233; par un groupe de comploteurs en connivence, ne reculant devant rien pour vous humilier &#224; travers moi dans le combat pour la vraie &#233;mancipation et la R&#233;demption Africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis convaincu que vous n'avez pas donn&#233; cr&#233;dit aux mensonges vicieux des journaux blancs et ennemis et de ceux qui ont parl&#233; en r&#233;f&#233;rence &#224; ma reddition. Les menteurs ont complot&#233; par tous les moyens pour faire croire que je n'&#233;tais pas pr&#234;t &#224; me rendre &#224; la cour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon avocat m'a appris qu'aucun mandat ne serait lanc&#233; pendant dix ou quatorze jours, comme il est d'usage dans les cours de justice ; et cela m'aurait donn&#233; le temps d'honorer les engagements oraux que j'avais &#224; D&#233;troit, Cincinnati et Cleveland. Je n'avais pas quitt&#233; la ville depuis dix heures que d&#233;j&#224; les menteurs r&#233;pandirent la nouvelle que j'&#233;tais fugitif. C'&#233;taient les nouvelles &#224; faire circuler partout dans le monde pour d&#233;moraliser les millions de N&#232;gres en Am&#233;rique, en Afrique, en Asie, dans les Antilles et en Am&#233;rique Centrale, mais les imb&#233;ciles doivent savoir d&#233;s maintenant qu'ils ne peuvent pas berner tous les N&#232;gres en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas &#233;crire &#224; ce moment quoi que ce soit qui vous mettrait en difficult&#233; pour vous confronter &#224; l'opposition de l'ennemi sans mon assistance. Contentons nous de dire que l'histoire de l'outrage formera un chapitre splendide dans l'histoire de l'Afrique r&#233;dim&#233;e, quand les hommes noirs ne souffriront plus jamais sous le talon des autres, mais auront une civilisation et un pays &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire enti&#232;re est une honte, et l'ensemble du monde noir le sait. Nous n'oublierons pas. Notre jour peut &#234;tre dans cinquante, cent ou deux cent ans, mais regardons, travaillons et prions, car la civilisation de l'injustice est condamn&#233;e &#224; s'effondrer et &#224; amener la destruction sur la t&#234;te du m&#233;chant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les imb&#233;ciles croyaient qu'ils pouvaient m'humilier personnellement, mais l&#224;-dessus ils se sont tromp&#233;s. Les minutes de souffrance sont compt&#233;es, et quand Dieu et l'Afrique reviendront et p&#232;seront la r&#233;tribution, ces minutes seront multipli&#233;es par milliers pour les p&#233;cheurs. Nos amis Arabes et du Rif seront toujours vigilants, comme le reste de l'Afrique et nous m&#234;me le seront. Soyez assur&#233;s que j'ai bien plant&#233; la graine du nationalisme N&#232;gre qui ne peut pas &#234;tre d&#233;truit, m&#234;me par l'infamie petit jeu dont je fus la victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuez &#224; prier pour moi et je serais toujours fid&#232;le &#224; mon devoir. Je veux que vous, peuples noirs du monde, sachiez que W.E.B. DuBois et cette organisation vicieuse qui ha&#239;t les N&#232;gres connue sous le nom d'Association pour l'Avanc&#233;e des gens &#171; de couleur &#187; sont les plus grands ennemis que le peuple noir ait dans le monde. J'ai tant &#224; faire des quelques minutes dont je dispose que je ne puis &#233;crire en longueur l&#224;-dessus ou sur toute autre chose, mais m&#233;fiez vous de ces deux ennemis. Ne leur permettez pas de vous avoir avec des communiqu&#233;s de presse, des discours et des livres salivants ; ils sont les vip&#232;res qui ont &#233;labor&#233; avec d'autres l'extinction de la race noire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon travail ne fait que commencer, et quand l'histoire de ma souffrance sera achev&#233;e, alors les g&#233;n&#233;rations N&#232;gres futures auront en mains le guide de la connaissance des &#171; p&#233;ch&#233;s &#187; du vingti&#232;me si&#232;cle. Je crois dans le temps, et je sais que vous aussi, et nous attendrons patiemment pendant deux cent ans s'il le faut, pour faire face &#224; nos ennemis &#224; travers notre post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me r&#233;jouirez si vous en faites encore plus pour l'organisation que quand j'&#233;tais parmi vous. &#201;paulez ceux qui la font fonctionner. Aidez-les &#224; bien faire, pour que le travail continue &#224; s'&#233;tendre d'un p&#244;le &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lance aussi un appel de derni&#232;re minute pour le soutien de la Compagnie de Navigation et de Commerce de l'&#201;toile Noire (BLACK STAR LINE). Vous &#234;tes pri&#233;s de faire et d'envoyer vos dons afin de permettre aux directeurs de mener le travail avec succ&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout ce que j'ai-je vous l'ai donn&#233;. J'ai sacrifi&#233; ma maison et ma femme bien-aim&#233;e pour vous. Je vous la confie, pour que vous la prot&#233;giez et la d&#233;fendiez pendant mon absence. C'est la petite femme la plus courageuse que je connaisse. Elle a souffert, s'est sacrifi&#233;e avec moi pour vous ; s'il vous pla&#238;t ne l'abandonnez pas en cette heure sinistre, quand elle se retrouve seule. Je l'ai laiss&#233;e sans le sou et sans aide pour se confronter au monde, parce que je vous ai tout donn&#233;, mais son courage est immense, et je sais qu'elle tiendra bon pour vous et moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand mes ennemis seront satisfaits, dans la vie ou dans la mort je reviendrai &#224; vous pour vous servir de la m&#234;me mani&#232;re que je vous ai servi avant. Vivant je serai le m&#234;me ; dans la mort je serai une terreur pour les ennemis de la libert&#233; N&#232;gre. Si la mort a du pouvoir, alors comptez sur moi dans la mort pour &#234;tre le vrai Marcus Garvey que j'aimerais &#234;tre. Si je dois venir en tremblement de terre, ou en cyclone, ou en plaie, ou en pestilence, ou comme Dieu le veut, alors soyez s&#251;rs que je ne vous abandonnerai jamais et ne laisserai jamais vos ennemis triompher sur vous. N'irai-je pas en enfer un million de fois pour vous ? N'hanterai-je pas la terre, comme le fant&#244;me de Macbeth, pour toujours pour vous ? Ne perdrai-je pas le monde entier et l'&#233;ternit&#233; pour vous ? Ne pleurerai-je pas continuellement au marchepied du Seigneur Omnipotent pour vous ? Ne mourrai-je pas un million de fois pour vous ? Alors, pourquoi &#234;tre tristes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;jouissez-vous, et soyez s&#251;rs que si cela prend un million d'ann&#233;es, les p&#233;ch&#233;s de nos ennemis visiterons la millioni&#232;me g&#233;n&#233;ration de ceux qui nous entravent et nous oppressent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenez-vous que j'ai jur&#233; par vous et mon Dieu de servir jusqu'&#224; la fin de tous les temps, l'effondrement de la mati&#232;re et le fracas des mondes. Les ennemis pensent que j'ai &#233;t&#233; vaincu. Est-ce que les allemands ont vaincu la France en 1870 ? Est-ce que Napol&#233;on a vraiment conquis l'Europe ? Si oui, alors j'ai perdu, mais je vous dis que le monde entendra parler de mes principes m&#234;me deux mille ans apr&#232;s moi. Je suis d&#233;termin&#233; &#224; attendre ma satisfaction et la r&#233;tribution de mes ennemis. Observez mes ennemis et leurs enfants et post&#233;rit&#233;, et un jour vous verrez la r&#233;tribution s'installer chez eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je meurs &#224; Atlanta mon travail ne fera que commencer, mais je vivrai, physiquement ou spirituellement pour voir le jour de la gloire de l'Afrique. Quand je suis mort enveloppez moi de la cape Rouge, Noir et Vert, car dans la nouvelle vie je me rel&#232;verai avec la gr&#226;ce de Dieu et Ses b&#233;n&#233;dictions pour mener les millions jusqu'aux sommets du triomphe avec les couleurs que vous connaissez bien. Cherchez moi dans l'ouragan ou dans la temp&#234;te, cherchez moi tout autour de vous, car, avec la gr&#226;ce de Dieu, je viendrai et am&#232;nerai avec moi les innombrables millions d'esclaves noirs qui sont morts en Am&#233;rique et dans les Antilles et les millions en Afrique pour vous aider dans le combat pour la Libert&#233;, la Justice et la Vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation d'aujourd'hui est devenue ivre et folle avec ses pouvoirs, et par cela elle cherche &#224; travers l'injustice, la fraude et le mensonge &#224; broyer l'infortun&#233;. Mais si je suis apparemment broy&#233; par le syst&#232;me d'influence et de pouvoir corrompu, ma cause s'&#233;l&#232;vera &#224; nouveau pour harceler la conscience du perverti. Cela me satisfait et pour vous, je le r&#233;p&#232;te, je suis content de souffrir et m&#234;me de mourir. A nouveau, je le dis, r&#233;jouissez-vous, car de meilleurs jours sont &#224; venir. J'&#233;crirai l'histoire qui inspirera les millions qui viennent et je laisserai la post&#233;rit&#233; de nos ennemis comptabiliser avec la multitude pour les actes de leurs p&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les plus ch&#232;res b&#233;n&#233;dictions de Dieu, Je vous quitte pour un moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="en">
		<title>Cr&#232;ve sale n&#232;gre de H. Rap Brown - Die Nigger Die by Jamil Abdullah Al-Amin - </title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article4527</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article4527</guid>
		<dc:date>2014-11-25T02:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>en</dc:language>
		<dc:creator>Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>English</dc:subject>
		<dc:subject>USA</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire ici - Read here &lt;br class='autobr' /&gt;
Et ici - And here &lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre - Another &lt;br class='autobr' /&gt;
En lire plus - More readings &lt;br class='autobr' /&gt;
H. Rap Brown was born in Baton Rouge on 4th October 1943. While attending Southern University (1960 to 1964) he joined the civil rights organization, Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC). He became Alabama project director in 1966 and national director of SNCC after Stokely Carmichael left in May, 1967. &lt;br class='autobr' /&gt;
By 1968 Brown had completely abandoned his pacifist beliefs and joined the Black (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://historyisaweapon.org/defcon1/dnd.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici - Read here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href='https://matierevolution.org/&lt;img4756|center&gt;'&gt;Et ici - And here&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.princeton.edu/~achaney/tmve/wiki100k/docs/H._Rap_Brown.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un autre - Another&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://en.wikipedia.org/wiki/H._Rap_Brown&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En lire plus - More readings&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Rap Brown was born in Baton Rouge on 4th October 1943. While attending Southern University (1960 to 1964) he joined the civil rights organization, Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC). He became Alabama project director in 1966 and national director of SNCC after Stokely Carmichael left in May, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By 1968 Brown had completely abandoned his pacifist beliefs and joined the Black Panther Party. He quickly developed a reputation for extremist views reflected in his book, Die Nigger Die! (1969). Associated with the rallying call, &#034;Burn, Baby, Burn&#034;, Brown was arrested and charged with inciting people to riot and committing arson. He was also accused of importation of a weapon into Louisiana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imprisoned several times between 1967 and 1970, Brown was eventually shot and captured by New York City police during an armed robbery. Sentenced to a term of from five to fifteen years in Attica Prison, Brown was paroled in 1976. Converting to Islam, he changed his name to Jamil Abdullah Al-Amin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;After his release in 1976 Al-Amin became a grocery store owner in Atlanta. He also became leader of the National Ummah, one of America's largest black Muslim groups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In March, 2000, two police officers, Aldranon English and Ricky Kinchen went to Al-Amin's store to arrest him for theft. Al-Amin opened fire on the officers with an assault rifle. Both officers were wounded. Evidence was produced in court that while Kitchen lay bleeding Al-Amin produced a 9mm handgun and shot him three times. Two years later Al-Amin was found guilty of murder and sentenced to life imprisonment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son vrai nom Hubert Gerold Brown, H. Rap Brown est n&#233; le 4 Octobre 1943 &#224; Baton Rouge, Louisiane. C'est un activiste noir, militant des droits civiques aux USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60-70, H. Rap Brown &#233;tait pr&#233;sident du SNCC (Student Non-violent Coordinating Committee), et fut &#233;galement ministre de la d&#233;fense du Black Panther Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est connu pour ses propos tenus pendant cette p&#233;riode de lutte des droits civiques: &#034;Violence is as American as cherry pie&#034;, ou encore &#034;If America don't come around, we're gonna' burn it down&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus jeune, il &#233;tait r&#233;put&#233; pour les jeux et batailles verballes comme la &#034;dozens&#034;, d'o&#249; son surnom de H. &#034;RAP&#034; Brown. Ces jeux verbaux &#233;taient tr&#232;s populaire dans la communaut&#233; noire et de nos jours sont reconnus comme ayant inspir&#233; les premiers rappeurs dans les ann&#233;es 70. Rap Brown est d'ailleur l'auteur de cette phrase que reprendra Sugar Hill Gang dans son &#034;Rapper's Delight&#034; en 1979 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034; I'm the Hemp, the Demp,&lt;br class='autobr' /&gt;
The lady's pimp,&lt;br class='autobr' /&gt;
Women's fight for my delight &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, il fut l'un des leaders du mouvement des droits civiques. Il est connu pour ses discours enflamm&#233;s qui d&#233;crivaient les violences subies par la communaut&#233; noire aux USA, H. Rap Brown &#233;tait un orateur redoutable que le pouvoir n'a cess&#233; de vouloir reduire au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;It's time for Cambridge to explode, baby. Black folks built America, and if America don't come around, we're going to burn America down &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967, suite &#224; l'un de ses discours, prononc&#233; &#224; Cambridge, Maryland, et &#224; l'&#233;change de coups de feu entre des Noirs et des policiers blancs qui suivit le rassemblement, il fut inculp&#233; pour &#233;meute et incitation &#224; incendie volontaire; en effet un incendie &#233;clata, le lendemain matin, longtemps apr&#232;s que Rap Brown eut quitter la ville, dans une &#233;cole du quartier ou Rap avait prit la parole. Cet incendie servit de pr&#233;texte pour inculper Rap Brown, alors que le procureur lui-m&#234;me admettait qu'il n'y avait aucune preuve pour l'accuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la suite de cet &#233;venement, qu'il quitta le SNCC (Student Non-violent Coordinating Committee) pour rejoinde le Black Panthers Party dont il sera le ministre de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours 1967, suite &#224; des voyages en avion entre New-York &gt; Nouvelle Orl&#233;ans, Nouvelle Orl&#233;ans &gt; Atlanta et Atlanta &gt; New York, il fut accus&#233; pour &#034;transport ill&#233;gal d'arme au cours de d&#233;placements effectu&#233;s d'un Etat &#224; un autre&#034;, loi dont personne n'avait jamais entendu parler, alors que Rap avait pris soin &#224; chacun de ses trajets de remettre sa carabine 30 M-1 au commandant de bord qui la conservait dans la cabine de pilotage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rap fut lib&#233;r&#233; sous caution pour ces deux accusations d'incitation &#224; incendie et transport ill&#233;gale d'arme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1968, sa libert&#233; sous caution fut annul&#233; suite &#224; un voyage que Rap effectua en Californie pour prendre la parole &#224; une manifestation organis&#233;e pour l'anniversaire de Huey P. Newton (alors ministre de la D&#233;fense du Black Panther Party emprison&#233;). &#034;Le procureur des Etats-Unis pr&#233;tendit qu'il aurait d&#251; demander l'autorisation du tribunal avant d'effectuer ce voyage&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouveau emprison&#233;, sa caution, alors port&#233; &#224; cinquante mille dollars, se voit doubler &#224; cent mille dollars suite &#224; un nouveau chef d'inculpation : &#034;avoir prof&#233;r&#233; des menaces&#034; &#224; l'&#233;gard d'un agent noir du FBI qui avait fait un rapport sur son discours en Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caution exhorbitante de cent mille dollar pour lib&#233;rer Rap Brown est inadmissible, et ce dernier entame un gr&#234;ve de la faim de 40 jours jusqu'&#224; ce qu'une cour d'appel f&#233;d&#233;rale r&#233;tablisse la caution &#224; quinze mille dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acquitt&#233; dans l'affaire de transport ill&#233;gal d'arme entre New York et la Nouvelle Orl&#233;ans, il est malgr&#233; tout condamn&#233; pour &#234;tre retourn&#233; &#224; New York avec son arme o&#249; il aurait particip&#233; &#224; un vol &#224; main arm&#233; qui se termina par &#233;change de coups de feu avec la police de New York. Il doit purger une peine de 5 ans de prison et payer deux mille dollars d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1976 &#224; sa sortie de prison, Rap Brown s'installe &#224; Atlanta. Convertit &#224; l'Islam en prison, il se renome Jamil Abdullah Al-Amin, et est responsable d'une Mosque &#224; Atlanta. Il se met alors au travail, sur le terrain pour lutter contre la drogue, la prostitution et les gangs qui s&#233;vicent dans la communaut&#233; noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, il continue d'&#234;tre la cible de fausses accusations port&#233;es &#224; son &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, il est accus&#233; d'avoir ouvert le feu avec une arme poss&#233;d&#233;e ill&#233;galement sur un homme, qui avouera plus tard avoir &#233;t&#233; manipul&#233; par la police et les autorit&#233;s pour qu'il identifie Abdullah Al-Amin (Rap Brown) comme son agresseur. Al-Amin fut innocent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;USA - Mercredi 16 mars 2000 &#8212; Nouvelle machination polici&#232;re contre un ancien membre du Black Panthers Party.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Imam Jamil Abdullah Al-Amin est recherch&#233; par les services de police americain. Des accusations sans fondement affirment que le mercredi 16 mars 2000, il aurait ouvert le feu sur 2 officiers de la police dont l'un est d&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une nouvelle machination polici&#232;re &#224; l'&#233;gard d'un ancien membre du Black Panthers Party et leader du mouvement des droits civiques qui se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamil Abdullah Al-Amin (Rap Brown) est recherch&#233; par la police, pour ne pas s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; devant la cours suite &#224; une affaire de meurtre: deux offciers de police ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s par un homme arm&#233; non-identifi&#233; ayant refuser de montrer ses mains &#224; la police, l'homme stationnait dans sa voiture pr&#232;s de la boutique que poss&#232;de Abdullah Al-Amin dans le quartier d'Atlanta's West End. L'un des policiers est mort suite &#224; ses blessures, le second affirme avoir identifi&#233; Abdullah Al-Amin comme son aggresseur apr&#232;s pr&#233;sentation de photos de suspects &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'incident qui s'est d&#233;roul&#233; le 16 mars 2000 n'est qu'une nouvelle machination polici&#232;re pour faire taire Jamil Abdullah Al-Amin (Rap Brown) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun t&#233;moin n'a pu pr&#233;tendre avoir vu Al-Amin sur les lieux de l'incident au moment ou celui-ci s'est d&#233;roul&#233;: la seule personne &#224; attester qu'Al-Amin &#233;tait pr&#233;sent est l'officier bless&#233; qui pr&#233;tend &#233;galement qu'Al-Amin est son agresseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police a utilis&#233; les medias en leur faisant interpr&#233;ter que l'accusation port&#233;e sur Al-Amin &#233;tait celle d'&#234;tre l'auteur d'une attaque sur des offciciers de police, alors qu'initialement l'accusation port&#233; contre Al-Amin est de ne pas s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; devant la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le d&#233;roulement des faits : la police frappa &#224; la porte de la boutique d'Al-Amin. Personne ne r&#233;pond. Il s'en vont, font le tour du quartier en voiture, puis reviennent . Les coups de feu &#233;clate dans la rue pr&#232;s d'une voiture qui n'est pas celle d'Al-Amin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse locale &#233;crit qu'il y a 20 affaires de meurtres non &#233;ucid&#233;es actuellement dans le quartier ou l'incident impliquant les 2 policiers a eu lieu. Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'Al-Amin est soupsonn&#233; pour l'un d'entre eux, mais jamais des suspicions &#224; son &#233;gard n'ont pu &#234;tre transfomes en accusation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al-Amin n'a jamais &#233;t&#233; impliqu&#233; dans aucune affaire impliquant des actes violents depuis son arriv&#233; &#224; Atlanta et s'il est encore une fois suspect&#233; dans une affaire de meurtre, ce n'est qu'une machination de plus contre lui, visant &#224; l'emprisonner et &#224; le faire taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable chasse &#224; l'homme est engag&#233; contre Al-Amin... les m&#233;dias l'ont d&#233;j&#224; condamn&#233;... et s'efforcent de le rendre d&#233;j&#224; coupable aux yeux de l'opinion publique alors qu'aucune preuve r&#233;elle n'a &#233;t&#233; retenue contre lui, et que plusieurs pistes indiqueraient qu'Al-Amin n'&#233;tait m&#234;me pas en ville le jour de l'incident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 mars 2000, sur les &#233;crans des cin&#233;mas fran&#231;ais est sortie le film Huricane Carter... certains spectateurs &#224; la fin de la s&#233;ance r&#233;alisent que l'histoire de Huricane est une histoire vraie... et oui c'est une histoire vraie et une r&#233;alit&#233; que vivent des milliers d'Africains Am&#233;ricains, de Latino Am&#233;ricains et d'Am&#233;ricains d'origine, condamn&#233;s pour des meurtres dont ils sont innocents, &#224; commencer par les anciens leaders des droits civiques qui, depuis plus de 30 ans, sont la cible de la police et des juges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jamil Abdullah Al-Amin est un porte-parole au sein de la communaut&#233; noire d'Atlanta. Ne le laissons pas seul face &#224; la machine &#224; d&#233;truire les militants noirs...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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