Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société
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https://matierevolution.org/spip.php?article87602026-08-14T22:10:00Ztext/htmlfrRobert ParisMarxisme
<p>Sociologie de Karl Marx : <br class='autobr' />
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https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/societe/societe_communiste.pdf <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/boukharine/works/1921/index.htm <br class='autobr' />
George Novack <br class='autobr' />
Sociologie et matérialisme historique <br class='autobr' />
La place de la sociologie parmi les sciences <br class='autobr' />
Le processus de devenir et d'être dans notre monde est un tout sans fin et matériellement unifié. Ce processus évolutif peut être divisé en deux sections selon (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Sociologie de Karl Marx :</p>
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<h2 class="spip">George Novack
<p>Sociologie et matérialisme historique</p>
</h2>
<p>La place de la sociologie parmi les sciences</p>
<p>Le processus de devenir et d'être dans notre monde est un tout sans fin et matériellement unifié. Ce processus évolutif peut être divisé en deux sections selon leur ordre d'émergence et leur niveau de développement. La première période comprend le développement de l'univers physique depuis ses débuts observables jusqu'à l'avènement des premiers humains. Selon les derniers calculs hypothétiques, cette évolution cosmique a pris au moins vingt milliards d'années.</p>
<p>La deuxième période couvre les origines et la croissance de notre espèce depuis le moment où nos ancêtres primates sont passés de l'état animal jusqu'à aujourd'hui. Ce processus d'humanisation a duré près de deux millions d'années.</p>
<p>Les sciences naturelles, depuis l'astrophysique et la géologie jusqu'à la biologie et la zoologie, traitent de l'un ou l'autre secteur de l'évolution du monde matériel en dehors de l'existence sociale de l'humanité. Les sciences sociales, depuis l'archéologie et l'anthropologie jusqu'à l'économie politique et l'histoire, ont pour objets d'investigation l'un ou l'autre des aspects de la vie sociale découlant des activités des êtres humains.</p>
<p>La sociologie fait partie des sciences sociales. Quelles sont ses particularités et ses relations avec les autres branches de l'investigation sociale ?</p>
<p>D'autres sciences sociales, telles que l'archéologie, l'économie, la démographie, le droit, la linguistique, la psychologie, la logique, étudient des aspects particuliers et des domaines restreints de l'activité et des réalisations humaines. La linguistique, par exemple, s'intéresse uniquement aux phénomènes de la parole humaine et à ses éléments structurels. Ces sciences qui cherchent à découvrir les lois d'un domaine délimité de la vie sociale ont nécessairement un caractère étroit et unilatéral.</p>
<p>Mais la société n'est pas réellement découpée en domaines complètement isolés les uns des autres, ni son développement en étapes absolument disjointes. La vie humaine s'est développée de manière continue depuis ses origines jusqu'à nos jours. Chaque étape de l'histoire humaine et de son organisation sociale a eu une constitution intégrée dépendant de son mode de production et de sa place appropriée dans la séquence du processus historique.</p>
<p>La sociologie est la branche de la connaissance scientifique qui étudie l'évolution de la société dans son ensemble et le contenu de la vie sociale dans sa plénitude. Il s'efforce de découvrir les lois qui régissent le progrès de la vie sociale depuis la forme d'organisation sociale la plus primitive et la plus simple jusqu'à ses structures les plus complexes et les plus matures.</p>
<p>Les lois de la nature comme les lois de la société ont un caractère historique puisqu'elles découlent de phénomènes en constante évolution. Mais les phénomènes sociaux sont qualitativement différents des événements purement naturels à partir desquels ils sont issus et dans lesquels ils restent enracinés. Les faits sociaux sont produits par notre espèce, qui obtient ses moyens d'existence de manière unique grâce au travail coopératif. Les activités de production de l'homme et leurs résultats confèrent aux lois du développement social des caractéristiques distinctement différentes de celles qui régissent les autres créatures vivantes.</p>
<p>Les lois de l'évolution sociale ont conservé certains traits communs avec les lois de l'évolution organique, puisque jusqu'à présent celles-ci ont fonctionné sans direction ni contrôle collectifs conscients. C'est pourquoi Marx considérait « l'évolution de la formation économique de la société « comme un processus d'histoire naturelle », comme il l'écrivait dans la préface de la première édition du tome 1 du Capital . Mais les traits dominants du processus socio-historique sont fondamentalement différents de ceux qui prévalent dans le reste de la réalité.</p>
<p>La portée et les objectifs étendus de la sociologie en font la plus générale des sciences sociales. Il cherche à synthétiser les découvertes du reste des sciences sociales dans une conception globale de la dynamique du processus historique.</p>
<p>La sociologie joue un rôle par rapport aux sciences sociales comparable à la cosmologie scientifique, qui explique de manière globale l'évolution de l'univers physique, ou à la biologie synthétique, qui vise à fournir une image cohérente de l'ensemble du domaine de la matière vivante.</p>
<p>Dans la mesure où la sociologie parvient à comprendre les lois du développement humain, elle fournit aux autres sciences sociales une méthode générale d'investigation qui peut servir de guide à leurs études plus spécialisées. Il existe une interdépendance indissoluble et une interaction constante entre la sociologie et les départements plus spécialisés des sciences sociales, chacun jouissant de sa relative autonomie. Les données fournies par ceux-ci enrichissent et étendent à leur tour les idées et la méthode de la sociologie à mesure qu'elle se développe.</p>
<p>La sociologie cherche à répondre à des questions telles que : Qu'est-ce que la société et en quoi diffère-t-elle de la nature ? Comment est née la vie sociale ? Comment et pourquoi ça change ? Quels sont les moteurs les plus puissants de son développement ? Par quelles étapes l'évolution sociale est-elle passée ? Quelles formes d'organisation la société a-t-elle acquises ? Quelles sont les normes du progrès social ? Quelles relations entretiennent entre eux les différents aspects de la structure sociale ? Quelles lois régissent le remplacement d'un degré de développement social par un autre et la transformation d'un type d'organisation sociale en un autre ?</p>
<p>Sociologie et philosophie de l'histoire</p>
<p>La généralité qui distingue la sociologie en tant que science contraste le plus clairement avec l'histoire. Ces deux branches du savoir sont si intimement liées qu'en certains points de leurs frontières, elles sont à peine séparables.</p>
<p>L'histoire raconte ce que les hommes ont fait à un certain moment, dans un certain lieu et dans certaines circonstances spécifiques, quelle que soit l'étendue de la période et du théâtre des opérations. La sociologie reprend là où l'histoire s'arrête. Partant des résultats de la recherche historique, elle cherche à découvrir en eux et à travers eux les liens internes et les lois causales du processus historique actuel. Des données historiques considérables ont dû être rassemblées avant que la sociologie ne devienne possible.</p>
<p>La sociologie et l'histoire ont la portée la plus large de toutes les sciences sociales. Ces deux éléments se confondaient à cette frontière qui a été désignée comme « la philosophie de l'histoire ». Ce terme, inventé par Voltaire, fait référence à l'interprétation théorique systématique du processus historique dans son ensemble, ce que Hegel appelait l'Histoire universelle.</p>
<p>Cet aspect de l'étude de l'histoire a été énergiquement poursuivi par les penseurs d'Europe occidentale des XVIIe et XVIIIe siècles qui cherchaient à étendre aux phénomènes sociaux les méthodes qui révolutionnaient la recherche sur le monde physique. Ils partaient du principe que le monde de l'homme, tout autant que le monde de la nature, était un système rationnel dont les principes de développement pouvaient être découverts et devaient être connus. Ils ont donc entrepris de vérifier les lois causales qui ont déterminé l'histoire humaine.</p>
<p>Même si certaines de leurs spéculations ont échoué, ces explorateurs de la logique du processus historique ont rassemblé des matériaux et ouvert la voie à ces éminents théoriciens du XIXe siècle, de Saint-Simon à Marx, qui ont placé l'étude de la société sur de solides bases scientifiques. .</p>
<p>Ces recherches théoriques sur les forces motrices de l'histoire étaient motivées et favorisées par des objectifs pratiques. Les philosophes des Lumières qui ont annoncé la Révolution française, et leurs successeurs des périodes napoléonienne et de la Restauration qui ont suivi la révolution, ont recherché les agents efficaces de l'histoire pour changer la société selon leurs lumières. Tout comme les physiciens avaient acquis un contrôle sur la nature grâce à une connaissance plus approfondie de ses modes de fonctionnement, ces penseurs aspiraient à contrôler la reconstruction de la société en comprenant et en gérant les principaux facteurs qui ont façonné le cours de l'histoire.</p>
<p>Les auteurs des conjectures associées à la philosophie de l'histoire étaient des précurseurs idéologiques et des ancêtres de la sociologie. Tout ce qui était valable dans leurs contributions et conclusions sur l'ensemble de l'histoire humaine a été incorporé dans la science de la société.</p>
<p>La philosophie de l'histoire en tant que telle appartient cependant au stade préscientifique de la connaissance sociologique. Elle entretient avec la sociologie scientifique le même rapport que l'alchimie avec la chimie et l'astrologie avec l'astronomie. Ses hypothèses étaient stimulantes et indispensables aussi longtemps que les forces motrices premières du développement social étaient inconnues et recherchées. Mais une fois que le matérialisme historique a découvert les véritables lois de l'évolution sociale et que la recherche progressiste guidée par des principes scientifiques a pu remplacer les conjectures, la vieille approche philosophique purement spéculative de la sociologie est devenue obsolète et rétrograde.</p>
<p>Types de théorie sociologique</p>
<p>La sociologie a une longue préhistoire qui remonte aux Grecs. Ibn Khaldun, éminent érudit et homme d'État berbère du XIVe siècle, fut très probablement le premier penseur à formuler une conception claire de la sociologie. Il l'a fait sous le nom d'étude de la culture.</p>
<p>Il a écrit : « L'histoire est le témoignage de la société humaine, ou de la civilisation mondiale ; des changements qui s'opèrent dans la nature de cette société, comme la sauvagerie, la sociabilité et la solidarité de groupe ; des révolutions et des soulèvements d'un groupe de personnes contre un autre avec les royaumes et les États qui en résultent, avec leurs différents rangs ; des différentes activités et occupations des hommes, soit pour gagner leur vie, soit dans les diverses sciences et métiers ; et, en général, de toutes les transformations que subit la société de par sa nature même. » ( An Arab Philosophy of History de Charles Issawi, Londres, 1950.)</p>
<p>Mais la sociologie est une branche relativement récente des sciences sociales. Des sciences telles que l'économie et l'histoire se sont développées de manière indépendante beaucoup plus tôt et plus rapidement. La sociologie n'a été constituée comme branche distincte du savoir qu'après la Révolution française. August Comte lui a donné son propre nom il y a plus de 150 ans.</p>
<p>Depuis lors, la sociologie s'est développée dans différentes directions et a donné naissance à une multitude d'approches théoriques hétéroclites. Les diverses écoles peuvent être grossièrement classées en trois grandes catégories : les tendances matérialistes, idéalistes et éclectiques ou dualistes.</p>
<p>Les idéalistes s'appuient sur des facteurs mentaux, superstructuraux ou purement subjectifs pour expliquer principalement les phénomènes socio-historiques. Ainsi l'écrivain suisse Bachofen, qui fut le premier à attirer l'attention sur le système de parenté à travers les mères, disait dans l'introduction de son livre Das Mutterrecht : « La religion est le seul levier efficace de toute civilisation. Chaque élévation et chaque dépression de la vie humaine a son origine dans un mouvement qui commence dans ce département suprême.</p>
<p>L'anthropologue américain Alexander Goldenweiser a déclaré dans son ouvrage sur la civilisation primitive : « Ainsi, la civilisation tout entière, si elle était suivie étape par étape en arrière, pourrait finalement être résolue, sans résidus, en bribes d'idées dans l'esprit des individus. » €</p>
<p>Le biologiste britannique Julian Huxley englobe l'ensemble du développement social avec une explication similaire : « L'évolution humaine se produit principalement dans le domaine des idées et de leurs résultats – dans ce que les anthropologues appellent la culture » ( Issues in Evolution , p. 45.)</p>
<p>L'idéalisme historique prévaut non seulement dans les sciences mais dans tous les domaines de la culture. Ainsi, le critique littéraire Alfred Kazin, dans sa revue de La vie de l'esprit en Amérique : de la révolution à la guerre civile de Perry Miller, affirme : « En fin de compte, l'esprit national est la force nationale. » C'est un hégélianisme dilué. .</p>
<p>Les matérialistes, quant à eux, enseignent que tout dans la vie sociale provient de causes matérielles objectives et observables, de caractère physique ou artificiel. Ainsi, dans La Nature des choses , le poète-philosophe romain Lucrèce attribuait la découverte des utilisations des métaux à l'attention réfléchie des hommes à leur fusion par les incendies de forêt et à leur moulage dans le lit à partir duquel le morceau d'argent et d'or, le cuivre ou du plomb, a été levé. Il tendait vers une explication matérialiste de la révolution métallique qui avait donné une immense impulsion au progrès humain plusieurs milliers d'années avant lui.</p>
<p>Au XIVe siècle, Ibn Khaldun cherchait à expliquer l'émergence de l'État civilisé à partir de la communauté tribale primitive selon les lignes essentiellement matérialistes suivantes : Pour satisfaire les besoins physiques de nourriture, de procréation et de protection qu'ils partageaient avec les plantes et les animaux, les hommes étaient poussés à coopérer, apprendre à fabriquer des outils et des armes et établir de petites communautés simples. Le développement de la coopération et la division du travail ont conduit à produire plus que ce qui était nécessaire à la simple survie. Les violents conflits qui s'ensuivirent pour la possession de ce surplus de richesse menacèrent l'existence des hommes. Pour freiner leurs appétits animaux et créer l'ordre civil, ils ont mis en place un dirigeant puissant et compétent qui a forcé l'ensemble à obéir à ses directives. Ainsi, la royauté et l'État sont nés comme le résultat nécessaire de l'opulence économique.</p>
<p>L'interaction des facteurs naturels et anthropiques dans l'élaboration du cours de l'histoire a été soulignée par le penseur français Montesquieu du XVIIIe siècle, qui a désigné la géographie et le gouvernement comme les principaux déterminants des phénomènes sociaux. L'influence du premier facteur a prévalu dans les premiers stades du développement humain ; la seconde est apparue à mesure que la civilisation progressait. Mais les deux continuent d'agir ensemble sur la vie mentale de l'homme et génèrent ses caractéristiques prédominantes. Ainsi la chaleur et le despotisme rendaient certains peuples asiatiques placides et dociles tandis que le froid et la démocratie rendaient certains Européens actifs d'esprit et de corps.</p>
<p>Outre ces efforts pour appliquer des procédures idéalistes ou matérialistes d'une manière plus ou moins cohérente et claire, nous trouvons un éventail de penseurs qui oscillent entre ces modes de raisonnement opposés et arrivent dans leurs travaux aux conclusions les plus incongrues. La littérature des sciences sociales est saturée d'un tel éclectisme en théorie et en méthode ; c'est le point de vue habituel et normatif de l'érudition occidentale contemporaine.</p>
<p>Une expression caractéristique de ce dualisme a été fournie par Charles Beard, l'historien libéral américain. Son dernier mot en matière de philosophie historique fut que les idées et les intérêts étaient les deux forces motrices de la civilisation. Si l'on lui demande ce qui prédomine en règle générale et à long terme, il répond que cela ne peut pas être déterminé à l'avance. Tout dépend des circonstances concrètes du cas considéré. La porte était ainsi grande ouverte pour que les considérations idéologiques prévalent sur les conditions matérielles, en particulier et en général.</p>
<p>Même si l'approche idéaliste de l'histoire est fausse en principe, elle n'est pas entièrement fausse. Il prend en compte certaines caractéristiques du développement de la société. Les idées, les opinions, les religions, les actions individuelles font toutes partie de l'histoire et contribuent à sa construction. Le fait est qu'ils ne sont pas les facteurs décisifs de la vie sociale et ne peuvent donc pas servir à expliquer le reste. Ce sont des éléments secondaires et dérivés qui ont eux-mêmes besoin d'être expliqués. La conception idéaliste est trompeuse parce qu'elle est superficielle ; elle n'atteint pas le noyau interne, les causes essentielles des phénomènes sociaux.</p>
<p>Toutes les écoles matérialistes d'explication historique ont eu des notions erronées et inadéquates. Mais leur démarche était essentiellement valable parce qu'elle orientait l'enquête sociale dans la bonne direction. Les matérialistes recherchaient les forces motrices et les causes profondes de l'évolution sociale dans l'influence et les changements des conditions matérielles de l'existence humaine et creusaient toujours plus profondément. Avec Marx et Engels, ils ont réussi à atteindre le fondement : ils ont placé la base de la société dans le mode de production qui naît de l'état donné de la lutte de l'homme avec la nature pour les moyens de vivre et le développement ultérieur.</p>
<p>Matérialisme historique</p>
<p>Le matérialisme historique est un type particulier de théorie sociologique. C'est la méthode sociologique du marxisme. Il étudie les mêmes phénomènes que les écoles rivales de sociologie, mais d'une manière plus approfondie, plus diversifiée et rigoureusement scientifique, qui donne un meilleur aperçu de la vie totale de la société et une plus grande prévision de ses tendances de développement.</p>
<p>Le matérialisme historique ne constitue pas l'intégralité de la théorie marxiste. Elle forme une branche particulière née de l'application de ses principes dialectiques et matérialistes à l'évolution de la société. Ceci est contesté par certains interprètes révisionnistes du marxisme, comme Sidney Hook et Jean-Paul Sartre, qui soutiennent que le domaine marxiste se limite aux phénomènes sociaux, à la vie de l'homme, et ne peut s'étendre à la nature. Le marxiste russe Plékhanov a déclaré, avec plus de justesse, qu'elle disposait d'une compétence universelle qui s'étend à tout le monde.</p>
<p>Plekhanov a divisé la structure unifiée et systématique de la pensée marxiste en trois parties : 1. Le matérialisme dialectique , l'approche la plus générale de la réalité, qui couvre la nature, la société et l'esprit et qui vise à découvrir les lois générales régissant les modes de mouvement dans les trois parties. secteurs d'existence en interaction ; 2. Le matérialisme historique , l'application de ces lois au développement de l'humanité et la découverte des lois spécifiques impliquées dans l'existence sociale ; 3. Le socialisme scientifique , l'application des lois du matérialisme historique à cette étape particulière de l'évolution sociale dans laquelle le capitalisme prend forme, réalise et épuise son potentiel et passe à la formation supérieure du socialisme. Ainsi le matérialisme dialectique est une école de philosophie, de logique et de théorie de la connaissance ; le matérialisme historique, de sociologie ; et du socialisme scientifique, de l'économie politique et de la pratique révolutionnaire.</p>
<p>Le matérialisme historique est nommé avec précision. Il n'a acquis aucun des deux éléments de sa désignation par hasard. Son titre formule les traits essentiels qui distinguent cette méthode des autres manières d'interpréter les phénomènes sociaux : d'une part, le fait qu'elle fait dériver toutes les manifestations supérieures de la culture de leurs fondements économiques l'oppose aux idéalismes historiques qui ont été le principal adversaire de l'idéologie matérialiste. pensée en histoire et en sociologie. D'un autre côté, certaines tendances ont analysé les processus et les structures sociales de manière matérialiste, mais ont ignoré ou minimisé leurs aspects évolutifs. Ces matérialismes non historiques attribuaient les éléments fondamentaux des formations sociales soit à une nature immuable, soit à certains traits fixes de la nature humaine.</p>
<p>La particularité de la sociologie marxiste vient de la fusion de l'approche matérialiste de la société avec une vision évolutionniste approfondie. Il enseigne que tout dans la vie sociale est sujet à modification et à transformation en accord avec des causes de caractère physique ou historique.</p>
<p>Une philosophie idéaliste de l'histoire peut aussi être évolutionniste, comme chez Hegel, mais elle confie les agents causals ultimes à des facteurs non matériels tels que l'esprit, l'esprit ou Dieu. Le marxisme est en fait né du détachement de la perspective évolutionniste projetée par Hegel dans sa logique dialectique de son contexte idéaliste et de la suppression des éléments non historiques des théories matérialistes précédentes. De nombreux critiques insistent sur le fait que ce mariage de la méthode dialectique avec les principes matérialistes est impossible. Néanmoins, leur combinaison indivisible constitue le cœur de la pensée marxiste en sociologie comme dans tous les autres domaines.</p>
<p>Le caractère de classe de la sociologie</p>
<p>La sociologie n'aurait pas pu naître ou prospérer dans un milieu social homogène, harmonieux, équilibré et immuable. Les changements économiques accélérés, l'instabilité sociale et les antagonismes de classes caractéristiques de la civilisation commerciale étaient nécessaires pour pousser les hommes à rechercher les forces qui animaient et transformaient la société.</p>
<p>Les premières observations systématiques et réflexions critiques sur le cours et les causes du changement social ont été faites par des penseurs grecs dans ces cités-États déchirées par des conflits de classes où révolutions et contre-révolutions bouleversaient et remplaçaient périodiquement la forme de gouvernement. Platon a exposé les spécifications de sa république idéale dans la quête de la stabilité, en face des régimes agités de la société commerciale esclavagiste qui l'entourait. Aristote a soigneusement analysé les causes de la révolution dans le but de les prévenir et non de les promouvoir.</p>
<p>Ibn Khaldun a présenté sa nouvelle science de la culture, le premier essai de sociologie, en réponse au déclin et à la désintégration des États islamiques d'Afrique du Nord et d'Espagne au cours du 14e siècle. Vivant à une époque de détresse et de désolation où les incursions nomades et la peste noire avaient ruiné le Maghreb, il ressentait profondément le besoin d'une compréhension plus profonde de l'histoire. « Lorsque l'univers est bouleversé, nous devons nous demander s'il change de nature, s'il doit y avoir une nouvelle création et un nouvel ordre dans le monde. C'est pourquoi nous avons aujourd'hui besoin d'un historien capable de décrire l'état du monde, de ses pays et de ses habitants, et de montrer les changements survenus dans les coutumes et les croyances », écrit-il.</p>
<p>Depuis son époque, la recherche des causes du progrès et de la régression sociale s'est accélérée chaque fois que l'ordre social a été perturbé, renversé, et le destin historique des peuples a été radicalement réorienté. Les bouleversements dans les relations sociales et les institutions politiques résultant du développement des révolutions démocratiques bourgeoises en Angleterre, en France et en Amérique du Nord ont fourni à la fois les incitations et les données pour les recherches et les réflexions qui se sont cristallisées dans la création de la sociologie en tant que science distincte au XIXe siècle. siècle.</p>
<p>Conçues, cultivées et fonctionnant dans un contexte d'intérêts sociaux conflictuels, les sciences sociales ne pouvaient éviter d'avoir un caractère de classe. Afin de servir d'outils et d'armes dans la lutte des forces sociales, ils ont été orientés vers des objectifs de classe.</p>
<p>Ce biais peut être observé dès l'Antiquité. C'est évident dans la Politique d'Aristote . Comme d'autres aristocrates grecs, il considérait l'État comme fondé sur des foyers où l'homme est maître des épouses, des enfants, des esclaves et de tous les biens ; le concept d'égalité sexuelle, civique ou universelle est manifestement absent de la pensée sociale d'Aristote.</p>
<p>À notre époque, les sociologues anglo-américains qui ignorent l'évolution de la société, négligent les changements révolutionnaires dans l'organisation sociale et se concentrent exclusivement sur les corrélations fonctionnelles dans des structures statiques à petite échelle sont également conditionnés par leur perspective de classe. Ils présentent le point de vue de l'intellectuel libéral ou progressiste de la classe moyenne.</p>
<p>Comment concilier le caractère manifestement de classe des sciences sociales et de leurs praticiens avec les tests d'objectivité scientifique ? C'est l'un des problèmes les plus épineux de la sociologie de la connaissance. Si la vision du chercheur est inévitablement brouillée et déformée par des motivations de classe, comment peut-on atteindre des vérités valables dans les sciences sociales ?</p>
<p>Karl Mannheim a proposé une solution ingénieuse. Il a soutenu qu'il est interdit aux idéologues de la bourgeoisie et du prolétariat d'être lucides et impartiaux parce qu'ils doivent défendre des intérêts matériels écrasants. Leurs visions sont obscurcies par une « fausse conscience » trompeuse et un utopisme qui, malgré son irréalisme, est en pratique générateur d'action politique et de progrès social. Heureusement pour la science, le relativisme et le subjectivisme des représentants des grandes classes peuvent être compensés par la capacité d'intellectuels socialement détachés et politiquement peu engagés à comprendre et à évaluer les phénomènes sociaux sans préjugés. Mannheim a ainsi tenté de résoudre la contradiction entre les porte-parole prévenus des forces sociales en conflit et les exigences de la science en confiant les vertus de l'objectivité à une élite intellectuelle déracinée mais impartiale à laquelle il s'identifiait.</p>
<p>Le marxisme aborde ce problème d'une manière plus correcte et plus cohérente. Il reconnaît que les penseurs de tous les régimes et couches sociales sans exception sont animés par des considérations de classe, même s'ils sont peu ou très conscients de l'influence qu'elles exercent sur elles. Cette vision de classe peut entraver leur travail et fausser leurs conclusions. Mais il ne s'agit pas d'un obstacle insurmontable à l'acquisition d'une véritable connaissance et peut même, dans certaines circonstances, favoriser et accélérer son développement.</p>
<p>Chaque classe dirigeante successive – et la classe montante qui conteste sa suprématie – a créé une conception générale du monde et de la société conforme à ses besoins. Ces idéologies mélangent des descriptions précises et des explications correctes des phénomènes avec des préjugés découlant de la situation particulière et des perspectives de la formation de classe dont elles parlent. Ce double caractère imprègne la Politique d'Aristote , qui, à travers son angle de vision aristocratique, véhicule des informations précieuses et des généralisations valables sur les caractéristiques économiques, sociologiques et politiques des cités-États grecques.</p>
<p>Les exigences qu'un ordre social ou une classe sociale donnée impose à ses idéologues ont des effets différentiels sur leurs capacités à étendre leurs connaissances à différents moments de leur évolution historique. Lorsque les intérêts fondamentaux d'une classe accélèrent le développement économique et favorisent le progrès politique et culturel, l'influence bénéfique de ses prédispositions et préoccupations rayonne à travers les sciences et stimule le progrès de la connaissance.</p>
<p>La science de la minéralogie a reçu sa plus forte impulsion de l'intérêt économique direct des propriétaires de mines d'Europe occidentale pour l'étude des roches. Le père de la minéralogie, le médecin allemand Georg Bauer (1490-1555), plus connu sous son nom latinisé Agricola, qui vécut et travailla dans l'un des centres miniers du continent, écrivit sur la répartition géographique de divers métaux économiquement utiles : le développement de la métallurgie et de ses machines en Allemagne et en Autriche, et la classification des minéraux connus à son époque. Après lui, une attention croissante a été portée à l'étude des roches pour leur valeur économique potentielle et de nombreux établissements d'enseignement ont créé des postes d'enseignant en minéralogie. Le développement de cette science a conduit à une connaissance accrue de l'histoire de la Terre et, finalement, à la nécessité de déterminer une échelle de temps pour la préhistoire. Ainsi, les progrès réalisés dans la connaissance positive et les bénéfices accumulés pour l'humanité ont transcendé et survécu à la recherche du profit privé qui a donné naissance à la minéralogie.</p>
<p>Les mêmes considérations s'appliquent aux sciences sociales. Les hommes d'affaires, les financiers et les hommes d'État du début de l'ère bourgeoise avaient besoin de statistiques plus complètes et plus précises à des fins commerciales, d'assurance, bancaires, fiscales et administratives. Leurs intérêts ont donné naissance à la science des statistiques pendant et après le XVIIe siècle. Pourtant, cette branche du savoir a une base objective et une validité scientifique qui dépassent les motivations de classe particulières indissociables de ses origines et de son développement.</p>
<p>Afin de mener une lutte victorieuse contre les institutions et les idées précapitalistes, la bourgeoisie montante devait sonder plus profondément la structure de la société et les forces motrices de l'histoire. Ses économistes étudiaient le commerce extérieur, le rôle de la monnaie et les formes de capital et de travail, rassemblant des matériaux et élaborant des théories permettant de placer l'économie sur des bases scientifiques solides. Ses penseurs politiques ont développé des théories de souveraineté populaire et de gouvernement représentatif en opposition aux vues monarchiques et théocratiques. Leur pensée critique et créative a apporté un éclairage durable dans ces domaines des sciences sociales.</p>
<p>À mesure qu'un type de régime social en a supplanté un autre au cours de la marche de la civilisation, il y a eu une croissance cumulative des connaissances sur la société. La compréhension des relations sociales et de leurs modes de transformation à laquelle sont parvenus les théoriciens les plus pénétrants d'un stade donné du développement social et scientifique et de sa classe dominante a été réévaluée, passée au crible et corrigée par les principaux idéologues de la formation sociale supérieure suivante. Ainsi, l'économie politique de la classe ouvrière est née d'une refonte critique des doctrines des économistes bourgeois classiques, tout comme sa philosophie combinait les principes des matérialistes précédents avec la méthode logique des philosophes allemands de Kant à Hegel. De cette manière, les déficiences et les limitations inhérentes à l'étape dépassée ont été réduites et supprimées tandis que la réserve de connaissances authentiques a été amplifiée et améliorée par les nouvelles découvertes des représentants des forces de classe les plus progressistes.</p>
<p>Les incitations à la recherche et au jugement objectifs en sociologie diminuent et les progrès de la science ralentissent lorsque les efforts majeurs d'une classe se consacrent à la préservation d'un système de production obsolète et d'une structure politique réactionnaire. Les hommes d'État et les économistes de l'esclavage du Sud n'ajoutèrent que très peu de choses à la somme de leurs connaissances, même sur les lois régissant leur propre régime social. Cet aveuglement face aux forces réelles en mouvement au sein de la société et à leurs tendances de développement a affligé toutes les classes dirigeantes décadentes et dépassées. Parce qu'ils ont agi comme puissance dominante dans la politique nationale pendant des décennies, les représentants de la slavocratie pensaient pouvoir continuer à exercer leur influence même après que le rapport de force économique, social et politique du pays se soit retourné de manière décisive contre eux. L'épreuve de la guerre civile a brisé cette illusion.</p>
<p>Aujourd'hui, les hommes d'État et les idéologues de la grande puissance capitaliste s'attendent à ce que les États-Unis exercent la même suprématie prolongée sur les affaires mondiales que l'Angleterre il y a 100 ans, quel que soit le poids croissant des États et des forces anticapitalistes au cours de ce siècle. Leur vision et leur prévision de l'histoire mondiale sont altérées, et non aiguisées, par leur position de classe et leurs préjugés.</p>
<p>La meilleure compréhension de la société dont dispose la classe ouvrière mondiale est contenue et codifiée dans les principes du matérialisme historique. Il s'agit du système de lois sociologiques le plus complet et le plus intégré et de l'interprétation la plus profonde du développement historique. Il intègre la connaissance vérifiée de l'histoire et de la société léguée par le passé avec les apports des maîtres du marxisme.</p>
<p>Les besoins de la classe ouvrière dans sa lutte pour l'émancipation imposent à ses idéologues des exigences exigeantes et une stricte objectivité. Comme l'ont démontré les deux guerres mondiales et le fascisme, la classe ouvrière doit payer lourdement pour chaque échec de connaissance de la dynamique de la société contemporaine. Il souffre de tous les exemples d'ignorance, de subjectivité et de myopie dans les analyses socio-économiques de ses dirigeants et universitaires.</p>
<p>Cela met l'accent sur la découverte de la réalité des conditions sociales et politiques et sur la vérification des mouvements précis des diverses forces sociales. Les idées fausses doivent être constamment corrigées par les résultats de l'expérience réelle dans l'arène de la lutte à l'échelle mondiale ; une image plus objective et plus complète de la situation concrète dans tous ses aspects interactifs doit être élaborée si l'on veut atteindre les objectifs historiques du mouvement socialiste.</p>
<p>Ces stimuli vitaux émanant du mouvement de libération de l'esclavage de la société de classes sont l'élément vital du progrès du matérialisme historique. Cette méthode enseigne que théorie et pratique, science et expérience vont de pair tout au long de l'histoire. Mais les deux n'évoluent pas symétriquement ; leur progression est extrêmement inégale. La compréhension qu'ont les peuples et les classes de leur situation et de leurs tâches est généralement très en retard par rapport à leurs relations réelles et aux possibilités de les modifier.</p>
<p>Cet écart n'a jamais été aussi grand qu'à l'ère atomique. Bien que le monde soit prêt à accueillir le socialisme, une partie considérable de la classe ouvrière occidentale n'est pas prête à y parvenir. Pourtant, le salut même de l'humanité dépend de sa capacité à intervenir en tant que force dominante et décisive pour réorienter l'histoire de notre temps. Les lumières et les conseils fournis par le matérialisme historique peuvent faire beaucoup pour modifier le déséquilibre flagrant entre l'immense potentiel révolutionnaire inexploité des travailleurs et leur niveau de conscience actuel, insuffisant.</p>
<p>Des années 1840 aux années 1960, les victoires et les défaites, les avancées et les revers des masses dans leurs efforts pour changer le cours de l'histoire et reconstruire la société sur de nouvelles fondations ont amplifié la méthode et enrichi le contenu du matérialisme historique. La plus grande valeur de toute science vient de son utilité pratique. La science du processus social formulée dans le matérialisme historique doit elle aussi satisfaire et réussir ce test suprême.</p>
<p>L'histoire du siècle dernier a donné de nombreuses preuves de ses capacités supérieures à déchiffrer le passé, à analyser les événements actuels et à prévoir les variantes du développement social et politique. Sa vérité et sa puissance seront irréfutablement justifiées à mesure que l'application de ses idées permettra aux forces révolutionnaires de élaborer une politique susceptible d'aboutir avec la plus grande rapidité et efficacité à l'abolition de l'ordre ancien et à la construction d'un monde meilleur.</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/history/ch10.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/history/ch10.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p></div>
Films sur la condition ouvrière en 1900
https://matierevolution.org/spip.php?article9078
https://matierevolution.org/spip.php?article90782026-07-24T22:46:00Ztext/htmlfrRobert ParisOuvriers WorkersVideo
<p>Films sur la condition ouvrière en 1900 <br class='autobr' />
Film 1 <br class='autobr' />
Film 2 <br class='autobr' />
Film 3 <br class='autobr' />
Film 4 <br class='autobr' />
Film 5 <br class='autobr' />
Film 6 <br class='autobr' />
Film 7 <br class='autobr' />
Film 8 <br class='autobr' />
Film 9 <br class='autobr' />
Film 10 <br class='autobr' />
Film 11 <br class='autobr' />
Film 12 <br class='autobr' />
Film 13</p>
-
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
/
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot100" rel="tag">Video</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Films sur la condition ouvrière en 1900</h2>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ECqJjTeCKPw" class="spip_out" rel="external">Film 1</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZgwtrkXoj5E" class="spip_out" rel="external">Film 2</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=z5HFy-KJvrw" class="spip_out" rel="external">Film 3</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=227fIDisfGg" class="spip_out" rel="external">Film 4</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=1e0B99ZyEeI" class="spip_out" rel="external">Film 5</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=O6zreoyiYhc" class="spip_out" rel="external">Film 6</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=d4dNFPxguBg" class="spip_out" rel="external">Film 7</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=vibxY3IOVPU" class="spip_out" rel="external">Film 8</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=KygUNB4LHbM" class="spip_out" rel="external">Film 9</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ei4psY9s9n0" class="spip_out" rel="external">Film 10</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=AnfT3rSGC9I&t=2712s" class="spip_out" rel="external">Film 11</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=mWHhU0F2gGA&t=4s" class="spip_out" rel="external">Film 12</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=t470vJFws6M" class="spip_out" rel="external">Film 13</a></p></div>
Le dernier humanisme est bel et bien… le marxisme !
https://matierevolution.org/spip.php?article8835
https://matierevolution.org/spip.php?article88352026-01-31T23:17:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Le dernier humanisme est bel et bien… le marxisme ! Même si la caricature stalienne a fait croire l'inverse ! <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/index.htm <br class='autobr' />
« L'émancipation de l'Allemagne n'est pratiquement possible que si l'on se place au point de vue de la théorie qui déclare que l'homme est l'essence suprême de l'homme. » <br class='autobr' />
Karl Marx <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm <br class='autobr' />
« Le travail est de prime abord un acte qui se passe (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
<div class='rss_texte'><p>Le dernier humanisme est bel et bien… le marxisme ! Même si la caricature stalienne a fait croire l'inverse !</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/index.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/index.htm</a></p>
<p>« L'émancipation de l'Allemagne n'est pratiquement possible que si l'on se place au point de vue de la théorie qui déclare que l'homme est l'essence suprême de l'homme. »</p>
<p>Karl Marx</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm</a></p>
<p>« Le travail est de prime abord un acte qui se passe entre l'homme et la nature L'homme y joue lui-même vis-à-vis de la nature le rôle d'une puissance naturelle. Les forces dont son corps est doué, bras et jambes, tête et mains, il les met en mouvement afin de s'assimiler des matières en leur donnant une forme utile à sa vie. En même temps qu'il agit par ce mouvement, sur la nature extérieure et la modifie, il modifie sa propre nature, et développe les facultés qui y sommeillent. Nous ne nous arrêterons pas à cet état primordial du travail où il n'a pas encore dépouillé son mode purement instinctif. Notre point de départ, c'est le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l'homme. Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habileté de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l'imagination du travailleur. Ce n'est pas qu'il opère seulement un changement de forme dans les matières naturelles ; il y réalise du même coup son propre but, dont il a conscience, qui détermine comme loi son mode d'action, et auquel il doit subordonner sa volonté. Et cette subordination n'est pas momentanée. L'œuvre exige pendant toute sa durée, outre l'effort des organes qui agissent, une attention soutenue, laquelle ne peut elle-même résulter que d'une tension constante de la volonté. Elle l'exige d'autant plus que par son objet et son mode d'exécution, le travail entraîne moins le travailleur, qu'il se fait moins sentir à lui, comme le libre jeu de ses forces corporelles et intellectuelles ; en un mot, qu'il est moins attrayant. »</p>
<p>« Le procès de travail tel que nous venons de l'analyser dans ces moments simples et abstraits, l'activité qui a pour but la production de valeurs d'usage, l'appropriation des objets extérieurs aux besoins est la condition générale des échanges matériels entre l'homme et la nature, une nécessité physique de la vie humaine, indépendante par cela même de toutes ses formes sociales, ou plutôt également commune à toutes. Nous n'avions donc pas besoin de considérer les rapports de travailleur à travailleur. L'homme et son travail d'un côté, la nature et ses matières de l'autre, nous suffisaient. Pas plus que l'on ne devine au goût du froment qui l'a cultivé, on ne saurait, d'après les données du travail utile, conjecturer les conditions sociales dans lesquelles il s'accomplit. A t il été exécuté sous le fouet brutal du surveillant d'esclaves ou sous l'œil inquiet du capitaliste ? Avons nous affaire à Cincinnatus labourant son lopin de terre ou au sauvage abattant du gibier d'un coup de pierre ? Rien ne nous l'indique »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-7.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-7.htm</a></p>
<p>Pour Marx, les prétendues relations économiques de marchandises entre elles reposent sur des relations réelles d'hommes entre eux, des relations sociales :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-4.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-4.htm</a></p>
<p>Pour Marx, l'homme commence à se distinguer de l'animal en produisant ses propres condtions d'existence matérielle</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm</a></p>
<p>Marx sur la division du travail dans la manufacture :</p>
<p>Un certain rabougrissement de corps et d'esprit est inséparable de la division du travail dans la société. Mais comme la période manufacturière pousse beaucoup plus loin cette division sociale en même temps que par la division qui lui est propre elle attaque l'individu à la racine même de sa vie, c'est elle qui la première fournit l'idée et la matière d'une pathologie industrielle.<br class='autobr' />
« Subdiviser un homme, c'est l'exécuter, s'il a mérité une sentence de mort ; c'est l'assassiner s'il ne la mérite pas. La subdivision du travail est l'assassinat d'un peuple. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-14-5.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-14-5.htm</a></p>
<p>L'homme est social et c'est l'idéologie bourgeoise qui le présente comme un individu isolé :</p>
<p>« Plus on remonte dans le cours de l'histoire, plus l'individu – et par suite l'individu produc¬teur, lui aussi, - apparaît dans un état de dépendance, membre d'un ensemble plus grand : cet état se manifeste tout d'abord de façon tout à fait naturelle dans la famille et dans la famille élargie jusqu'à former la tribu ; puis dans les différentes formes de communautés, issues de l'opposition et de la fusion des tribus. Ce n'est qu'au XVIII° siècle, dans la « société bourgeoise », que les différentes formes de l'ensemble social se présentent à l'individu com¬me un simple moyen de réaliser ses buts particuliers, comme une nécessité extérieure. Mais l'époque qui engendre ce point de vue, celui de l'individu isolé, est précisément celle où les rapports sociaux (revêtant de ce point de vue un caractère général) ont atteint le plus grand développement qu'ils aient connu. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm</a></p>
<p>« L'essence de l'homme n'est pas une abstraction inhérente à l'individu isolé. Dans sa réalité, elle est l'ensemble des rapports sociaux. »</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm</a></p>
<p>Marx dénonce : le capitalisme, dès ses débuts, avilit l'homme :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-5-d.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-5-d.htm</a></p>
<p>L'humanisme marxiste</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6709" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6709</a></p>
<p>Raya Dunayevskaya. 1963, « Le caractère unique du marxiste-humanisme »</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1963/uniqueness.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1963/uniqueness.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Raya Dounayevskaïa, 1965, "L'humanisme de Marx aujourd'hui"</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1965/marx-humanism.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/dunayevskaya/works/1965/marx-humanism.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Raya Dounayevskaïa, L'humanisme de Marx et les luttes de masse depuis la Seconde Guerre mondiale , décembre 1965</p>
<p><a href="http://newsandletters.org/issues/2006/June-July/FTA_June-July_06.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://newsandletters.org/issues/2006/June-July/FTA_June-July_06.htm</a></p>
<p>Raya Dounayevskaïa, De Marx au marxiste-humaniste</p>
<p><a href="https://web-archive-org.translate.goog/web/20130821173556/http://newsandletters.org/issues/2004/August-September/FTA_August2004.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://web-archive-org.translate.goog/web/20130821173556/http://newsandletters.org/issues/2004/August-September/FTA_August2004.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p>Le capitalisme renie tout humanisme</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7694</a></p></div>
État statistique des lieux ou fabrication d'un ennemi intérieur ?
https://matierevolution.org/spip.php?article9372
https://matierevolution.org/spip.php?article93722025-12-09T23:06:00Ztext/htmlfrKarobFranceReligion
<p>État statistique des lieux ou fabrication d'un ennemi intérieur ? <br class='autobr' />
À propos du sondage de l'Ifop sur “l'islam et l'islamisme des musulmans de France” <br class='autobr' />
Avertissement : nous ne défendons aucune religion, pas plus l'islam qu'une autre. Nous ne défendons aucun communautarisme. Nous ne sommes pour aucune forme de nationalisme, ni pro ni anti musulmans. Nous faisons seulement remarquer le parti pris de ce sondage qui mériterait d'être contrebalancé par le même côté catholique qui, présenté de (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot98" rel="tag">Religion</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">État statistique des lieux ou fabrication d'un ennemi intérieur ?</h2>
<p>À propos du sondage de l'Ifop sur “l'islam et l'islamisme des musulmans de France”</p>
<p>Avertissement : nous ne défendons aucune religion, pas plus l'islam qu'une autre. Nous ne défendons aucun communautarisme. Nous ne sommes pour aucune forme de nationalisme, ni pro ni anti musulmans. Nous faisons seulement remarquer le parti pris de ce sondage qui mériterait d'être contrebalancé par le même côté catholique qui, présenté de même, donnerait les mêmes résultats…</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">Note introductive : l'Ifop, appareil idéologique du capital</h2>
<p>Avant toute analyse du sondage publié le 18 novembre 2025 par l'Ifop (<a href="https://www.ifop.com/article/etat-des-lieux-du-rapport-a-lislam-et-a-lislamisme-des-musulmans-de-france">lien</a>), une mise au point s'impose sur la nature de cet institut.</p>
<p>L'Ifop n'est pas un acteur neutre.</p>
<p>Son histoire parle d'elle-même :</p>
<p>• Longtemps contrôlé par Laurence Parisot, présidente du MEDEF de 2005 à 2013.<br class='autobr' />
• Ensuite racheté par Dentressangle, groupe d'investissement familial opérant dans le capital-investissement.<br class='autobr' />
• Depuis 2022, propriété du fonds financier LFPI (La Financière Patrimoniale d'Investissement), un acteur majeur du private equity.</p>
<p>Difficile d'imaginer un ancrage plus clair dans les fractions décisives de la bourgeoisie française.</p>
<p>Un institut contrôlé tour à tour par le patronat organisé, une holding d'investissement et un fonds financier n'a rien d'un observatoire indépendant : c'est un segment de l'appareil idéologique du capital.</p>
<p>Une certaine proximité de l'extrême droite peut être relevée dans les instituts de sondage. Vincent Bolloré, connu pour ses positions racistes-fascistes, contrôle à 60 % l'agence Havas et est l'actionnaire principal de l'institut CSA. Damien Philippot, le frère aîné de Florian Philippot (vice-président du Front national), a quitté son poste de directeur adjoint du département opinion de l'IFOP pour rejoindre la campagne de Marine Le Pen comme directeur d'un pôle « rédaction ». Résultat de tout cela : comme par hasard, tous les sondages vont dans le sens des prises de positions de Le Pen…</p>
<p>Un sondage que cette étude se garde de publier : 62 %des Français s'inquiètent d'un climat d'hostilité croissant à l'égard des musulmans en France.</p>
<p>Dans ces conditions, impossible d'aborder ce sondage comme une simple photographie objective.<br class='autobr' />
Il s'agit d'une production idéologique située, répondant à des besoins politiques précis.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">1. Cadrage : la problématique est définie avant les chiffres</h2>
<p>Le titre même du rapport conditionne la lecture :</p>
<p>“État des lieux du rapport à l'islam et à l'islamisme des musulmans de France : entre réislamisation et tentation islamiste.”</p>
<p>Ce cadrage n'observe pas une population : il la désigne.</p>
<p>Il transforme une fraction du prolétariat issue des migrations post-coloniales en corps problématique, en population suspecte dont il s'agirait de mesurer le niveau d'orthodoxie religieuse et de tentation politique “islamiste”.</p>
<p>Avant même le premier graphique, tout est déjà inscrit :<br class='autobr' />
• un peuple,<br class='autobr' />
• une religion,<br class='autobr' />
• un risque,<br class='autobr' />
• une dérive,<br class='autobr' />
• un processus.</p>
<p>Le sondage ne questionne pas l'existence d'un “problème musulman” ; il l'entérine.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">2. Construction de la population interrogée : un effet statistique maquillé en dynamique religieuse</h2>
<p>L'Ifop explique avoir interrogé :</p>
<p>• 14 244 personnes âgées de 15 ans ou plus ;<br class='autobr' />
• parmi elles, 1 005 se déclarant “de religion musulmane”.</p>
<p>Autrement dit : définition par auto-identification religieuse, dans un contexte où cette autoproclamation est chargée politiquement.</p>
<p>Or, les comparaisons historiques utilisées par l'Ifop ne reposent pas sur la même définition.</p>
<p>Les enquêtes passées utilisaient souvent :<br class='autobr' />
“musulmans ou personnes d'origine musulmane” — une catégorie beaucoup plus large.</p>
<p>Résultat mécanique :</p>
<p>• Les plus sécularisés glissent aujourd'hui dans la case “sans religion”.<br class='autobr' />
• Ce qui reste dans la case “musulmans” est plus intensément croyant par construction.</p>
<p>La “réislamisation” mesurée par l'Ifop est donc en partie un artefact statistique.</p>
<p>Comparer des populations définies différemment et affirmer qu'elles témoignent d'une évolution historique est une manipulation, volontaire ou non. Cela produit une courbe, pas une histoire réelle.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">3. Marges d'erreur : une précision apparente, une fragilité réelle</h2>
<p>À partir d'un sous-échantillon de 1 005 personnes, les marges d'erreur sont :</p>
<p>• ±3 points sur l'ensemble ;<br class='autobr' />
• ±5 à ±6 points sur les sous-groupes (par exemple 291 jeunes de 15-24 ans) ;<br class='autobr' />
• ±8 à ±10 points sur les micro-groupes (opinions sur le salafisme, le Tabligh, le wahhabisme, etc.).</p>
<p>Pourtant, l'Ifop publie et commente des chiffres au pourcent près, comme s'ils décrivaient une réalité robuste :</p>
<p>• “59 % des jeunes pour la charia”,<br class='autobr' />
• “57 % pour la primauté de la religion sur la loi”,<br class='autobr' />
• “42 % de sympathie pour l'islamisme”,<br class='autobr' />
• “32 % proches des Frères musulmans”,<br class='autobr' />
• “9 % salafistes”.</p>
<p>Ces chiffres ne sont pas faux arithmétiquement, mais impossibles à interpréter politiquement dans ces conditions.</p>
<p>L'effet recherché n'est pas la rigueur scientifique :<br class='autobr' />
c'est la fabrication d'une impression de masse critique, de basculement, de danger.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">4. Catégories idéologiques : “intégrisme”, “islamisme”, “séparatisme de genre”</h2>
<p>L'Ifop ne décrit pas des comportements : il les classe.</p>
<p>• Les refus de bise, de piscine mixte, de poignée de main sont interprétés comme “séparatisme de genre”.<br class='autobr' />
• La préférence pour la loi religieuse sur la loi française est l'indice d'un “absolutisme religieux”.<br class='autobr' />
• L'adhésion partielle à des règles religieuses devient “intégrisme”.<br class='autobr' />
• Une sympathie vague pour la confrérie des Frères musulmans devient une “proximité idéologique”.</p>
<p>Ces catégories sont des fabrications normatives, pas des instruments objectifs.</p>
<p>Elles servent à construire une échelle de dangerosité.</p>
<p>Le commentaire final de François Kraus le confirme :<br class='autobr' />
l'étude “montre une réislamisation durable”, “un renforcement du rigorisme”, “une tentation islamiste générationnelle”.</p>
<p>C'est un discours politique, pas une description sociologique.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">5. Le point aveugle central : la classe sociale</h2>
<p>Tout l'appareil conceptuel de l'Ifop repose sur une omission gigantesque :<br class='autobr' />
la place de ces personnes dans les rapports de production.</p>
<p>Rien sur :</p>
<p>• les types de contrats,<br class='autobr' />
• le chômage de masse,<br class='autobr' />
• la précarité,<br class='autobr' />
• les bas salaires,<br class='autobr' />
• l'assignation territoriale,<br class='autobr' />
• la relégation scolaire,<br class='autobr' />
• la discrimination structurelle,<br class='autobr' />
• la police comme institution dominante.</p>
<p>Ces éléments ne sont pas secondaires : ils sont structurants.</p>
<p>C'est dans ces conditions que se forment :</p>
<p>• les pratiques religieuses,<br class='autobr' />
• les normes morales,<br class='autobr' />
• les attitudes face à la mixité,<br class='autobr' />
• le rapport à la loi française,<br class='autobr' />
• le rejet de la “science officielle”,<br class='autobr' />
• les formes d'identification collectives.</p>
<p>La religion n'est pas la cause : c'est la forme prise par la conscience dans un contexte d'écrasement matériel.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">6. Ce qu'aurait dû être une enquête sérieuse : une contre-enquête matérialiste</h2>
<p>a) Partir de la classe sociale, pas de la religion</p>
<p>Une enquête rigoureuse aurait construit les groupes non à partir de la religion déclarée, mais de la position dans le salariat :</p>
<p>• jeunes prolétaires issus des migrations post-coloniales (1re, 2e, 3e génération),<br class='autobr' />
• jeunes prolétaires “autochtones” dans les mêmes quartiers,<br class='autobr' />
• fractions de la petite-bourgeoisie salariale,<br class='autobr' />
• secteurs où la mobilité sociale s'est effondrée.</p>
<p>b) Mesurer la base matérielle</p>
<p>Variables incontournables :</p>
<p>• type d'emploi, contrat, revenus, horaires,<br class='autobr' />
• discriminations à l'embauche,<br class='autobr' />
• contrôles policiers répétés,<br class='autobr' />
• situation de logement,<br class='autobr' />
• santé, accès aux soins,<br class='autobr' />
• expérience scolaire, orientation forcée, filières reléguées.</p>
<p>c) Analyser ensuite les représentations religieuses</p>
<p>Avec croisement rigoureux :</p>
<p>• pratique religieuse × précarité,<br class='autobr' />
• opinions sur la charia × position dans le travail,<br class='autobr' />
• attitudes sur la mixité × exposition à la police,<br class='autobr' />
• rapport à la “science” × humiliations institutionnelles.</p>
<p>d) Interroger le rapport aux organisations politiques</p>
<p>• syndicats,<br class='autobr' />
• partis réformistes,<br class='autobr' />
• partis de gauche,<br class='autobr' />
• absence totale d'alternative ouvrière,<br class='autobr' />
• perception de l'État,<br class='autobr' />
• rapport au conflit social.</p>
<p>Une telle enquête aurait montré :</p>
<p>• l'écrasement de la jeunesse ouvrière issue des migrations,<br class='autobr' />
• la désagrégation du mouvement ouvrier,<br class='autobr' />
• l'absence totale d'horizon collectif,<br class='autobr' />
• la fonction compensatoire de la religion,<br class='autobr' />
• la réaction identitaire face à la violence de l'État.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">7. Fonction politique réelle : produire un ennemi intérieur en temps de marche à la guerre</h2>
<p>Pourquoi ce sondage maintenant ?</p>
<p>Le capital français marche à la guerre.</p>
<p>Guerre impérialiste extérieure et guerre préventive intérieure vont toujours ensemble.</p>
<p>L'idéologie d'État a besoin :</p>
<p>• d'un ennemi extérieur (Russie, Chine, axe anti-occidental),<br class='autobr' />
• d'un ennemi intérieur (prolétaires issus de l'immigration, requalifiés en “musulmans tentés par l'islamisme”).</p>
<p>Quand la bourgeoisie prépare la guerre, elle prépare l'unité nationale.</p>
<p>Et pour construire cette unité, elle construit un dédoublement de l'ennemi :</p>
<p>• l'ennemi géopolitique extérieur,<br class='autobr' />
• l'ennemi social intérieur chargé de fracturer le prolétariat.</p>
<p>L'étude de l'Ifop tombe parfaitement à point : elle fournit “scientifiquement” la matière brute pour :</p>
<p>• renforcer la surveillance,<br class='autobr' />
• légitimer les lois d'exception,<br class='autobr' />
• désigner un bloc suspect,<br class='autobr' />
• détourner la colère de la crise économique,<br class='autobr' />
• reconfigurer la conflictualité autour d'un axe culturel/religieux.</p>
<p>La bourgeoisie française entre en crise profonde.</p>
<p>Elle perd l'emprise sur sa reproduction économique :<br class='autobr' />
effondrement de secteurs productifs, explosion de la dette, déclassement impérial, tension internationale.</p>
<p>Dans ce cadre, la montée de l'islam – y compris de ses courants ultra-conservateurs ou réactionnaires – est un effet, pas une cause.</p>
<p>C'est un produit de la décomposition sociale, aggravée par :</p>
<p>• la destruction des organisations ouvrières,<br class='autobr' />
• la relégation des quartiers populaires,<br class='autobr' />
• la vacuité politique totale,<br class='autobr' />
• l'absence de perspective révolutionnaire visible.</p>
<p>L'Ifop transforme cet effet en menace.</p>
<p>Et il transforme cette menace en outil idéologique.</p>
<hr class="spip" /><h2 class="spip">Conclusion générale : pas un sondage, une opération idéologique de guerre intérieure</h2>
<p>L'Ifop n'est pas neutre.</p>
<p>Sa structure capitalistique l'inscrit clairement dans le camp bourgeois.</p>
<p>Le cadrage du sondage, ses catégories, ses comparaisons historiques, ses omissions méthodologiques, tout converge vers un objectif : produire l'ennemi intérieur dont l'État capitaliste a besoin.</p>
<p>Au moment où la France s'aligne sur une trajectoire de guerre extérieure, où la crise du capital atteint un seuil de décomposition ouvert, la bourgeoisie a besoin de deux choses :</p>
<p>• un drapeau extérieur pour l'union sacrée,<br class='autobr' />
• un coupable intérieur pour la peur, la surveillance, la division et la discipline.</p>
<p>Ce sondage répond exactement à cette fonction.</p>
<p>Il ne dit rien de vrai sur la “réislamisation”.</p>
<p>Il dit tout sur l'état de la bourgeoisie française, sa peur, sa démoralisation, et son besoin de fabriquer une cohésion nationale autour d'un double ennemi.</p>
<p>Guerre extérieure et guerre intérieure avancent ensemble.</p>
<p>Et tant que le mouvement ouvrier ne reconstruit pas son autonomie politique, l'État et ses instruments – dont l'Ifop – continueront de produire des récits destinés à empêcher l'unité de classe et à détourner la colère sociale vers un faux adversaire.</p>
<p>Ce texte doit être lu pour ce qu'il est :</p>
<h2 class="spip">non pas une enquête sur les “musulmans de France”, mais une opération stratégique dans la lutte de classe.</h2>
<p>NON à la guerre civile entre Musulmans et non-Musulmans</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7604" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7604</a></p></div>
La méthode historique de Karl Marx
https://matierevolution.org/spip.php?article8282
https://matierevolution.org/spip.php?article82822025-05-15T22:19:00Ztext/htmlfrRobert ParisKarl Marx
<p>Paul Lafargue <br class='autobr' />
La méthode historique de Karl Marx <br class='autobr' />
(1903) <br class='autobr' />
« Le mode de production des moyens de vie physiques domine en règle générale le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle » (Karl Marx). I. Les critiques socialistes. <br class='autobr' />
Marx, il y a un demi-siècle, a proposé une nouvelle méthode d'interprétation de l'histoire, que lui et Engels ont appliquée dans leurs études. Il n'est pas surprenant que les historiens, sociologues et philosophes, craignant que le penseur (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot30" rel="tag">Karl Marx</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Paul Lafargue
<p>La méthode historique de Karl Marx</p>
</h2>
<p>(1903)</p>
<p>« Le mode de production des moyens de vie physiques domine en règle générale le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle » (Karl Marx).</p>
<p>I. Les critiques socialistes.</p>
<p>Marx, il y a un demi-siècle, a proposé une nouvelle méthode d'interprétation de l'histoire, que lui et Engels ont appliquée dans leurs études. Il n'est pas surprenant que les historiens, sociologues et philosophes, craignant que le penseur communiste ne corrompe leur innocence et ne leur fasse perdre les faveurs de la bourgeoisie, aient ignoré cette méthode : mais il est étrange que les socialistes hésitent à l'employer, peut-être pour peur d'arriver à des conclusions qui pourraient bousculer leurs notions bourgeoises, dont ils restent inconsciemment prisonniers. Au lieu de l'expérimenter pour en juger d'après son usage, ils préfèrent discuter la question de sa valeur et ils lui découvrent d'innombrables défauts ; elle méconnaît, dit-on, l'idéal et son fonctionnement ; il brutalise les vérités et les principes éternels ; elle ne tient pas compte de l'individu et de son rôle ; elle conduit à un fatalisme économique qui dispense l'homme de tout effort, etc. Que penseraient ces camarades d'un charpentier qui, au lieu de travailler avec les marteaux, les scies et les rabots mis à sa disposition, se brouillerait avec eux ? Puisqu'il n'existe pas d'outils parfaits, il aurait amplement l'occasion de s'en prendre à eux. La critique ne commence à être féconde au lieu d'être futile que lorsqu'elle vient après l'expérience, qui, mieux que le raisonnement le plus subtil, nous fait sentir les imperfections et nous apprend à les corriger. L'homme a d'abord utilisé le maladroit marteau de pierre, et son utilisation lui a appris à le transformer en plus d'une centaine de types, différents par leur matière première, leur poids et leur forme. scies et rabots mis à sa disposition, faut-il se quereller avec eux ? Puisqu'il n'existe pas d'outils parfaits, il aurait amplement l'occasion de s'en prendre à eux. La critique ne commence à être féconde au lieu d'être futile que lorsqu'elle vient après l'expérience, qui, mieux que le raisonnement le plus subtil, nous fait sentir les imperfections et nous apprend à les corriger. L'homme a d'abord utilisé le maladroit marteau de pierre, et son utilisation lui a appris à le transformer en plus d'une centaine de types, différents par leur matière première, leur poids et leur forme. scies et rabots mis à sa disposition, faut-il se quereller avec eux ? Puisqu'il n'existe pas d'outils parfaits, il aurait amplement l'occasion de s'en prendre à eux. La critique ne commence à être féconde au lieu d'être futile que lorsqu'elle vient après l'expérience, qui, mieux que le raisonnement le plus subtil, nous fait sentir les imperfections et nous apprend à les corriger. L'homme a d'abord utilisé le maladroit marteau de pierre, et son utilisation lui a appris à le transformer en plus d'une centaine de types, différents par leur matière première, leur poids et leur forme.</p>
<p>Leucippe et son disciple Démocrite, cinq siècles avant l'ère chrétienne, introduisirent leur concept d'atome pour expliquer la constitution de l'esprit et de la matière, et pendant plus de deux mille ans, les philosophes, l'idée ne leur vint pas de recourir à l'expérience qu'ils pourrait tester l'hypothèse atomique, se livrer à des discussions sur l'atome en lui-même, sur le plein de la matière indéfiniment continué, sur le vide, la discontinuité, etc. et ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que Dalton a utilisé la conception de Démocrite pour expliquer combinaisons chimiques. L'atome, avec lequel les philosophes n'avaient rien pu faire, est devenu entre les mains des chimistes « l'un des outils de recherche les plus puissants que la raison humaine ait réussi à créer ». Mais maintenant, après son utilisation, l'outil merveilleux s'est trouvé imparfait et la radioactivité de la matière oblige les physiciens à pulvériser l'atome, cette particule ultime de matière, indivisible et impénétrable, en particules ultra-ultimes, de même nature dans tous les atomes, et porteuses d'électricité . On dit que les atomicules, mille fois plus petites que l'atome d'hydrogène, le plus petit des atomes, tournent avec une vitesse extraordinaire autour d'un noyau central, comme les planètes et la terre tournent autour du soleil. L'atome pourrait être un système solaire en miniature et les éléments des corps que nous connaissons pourraient ne différer en eux-mêmes que par le nombre et les mouvements giratoires de leurs atomicules. Les découvertes récentes de la radioactivité, qui ébranlent les lois fondamentales de la physique mathématique, ruinent la base atomique de la structure chimique. Il est impossible de citer un exemple plus remarquable de la stérilité des discussions verbales et de la fécondité de l'expérience. Seule l'action dans le monde matériel et intellectuel est féconde : « Au commencement était l'action ».</p>
<p>Le déterminisme économique est un nouvel outil mis par Marx à la disposition des socialistes pour mettre un peu d'ordre dans le désordre des faits historiques, que les historiens et les philosophes ont été incapables de classer et d'expliquer. Leurs préjugés de classe et leur étroitesse d'esprit donnent aux socialistes le monopole de cet outil ; mais ceux-ci avant de s'en servir veulent se convaincre qu'il est absolument parfait et qu'il peut devenir la clef de tous les problèmes de l'histoire ; à ce compte, il leur est tout à fait possible de continuer pendant toute leur vie à discourir et à écrire des articles et des volumes sur le matérialisme historique, sans ajouter une seule idée au sujet. Les hommes de science sont moins craintifs. Ils pensent que « du point de vue pratique, il est d'une importance secondaire que les théories et les hypothèses soient correctes pourvu qu'elles nous guident vers des résultats en accord avec les faits ». La vérité, après tout, n'est que la meilleure hypothèse de travail ; souvent l'erreur est le chemin le plus court vers la découverte. Christophe Colomb, partant de l'erreur de chiffrage faite par Ptolémée, sur la circonférence de la terre, découvrit l'Amérique, lorsqu'il crut arriver aux Indes Orientales. Darwin reconnaît que la première idée de sa théorie de la sélection naturelle lui a été suggérée par la fausse loi de Malthus sur la population, qu'il a acceptée les yeux fermés. Les physiciens peuvent aujourd'hui s'apercevoir que l'hypothèse de Démocrite est insuffisante pour englober les phénomènes récemment étudiés, mais cela n'enlève rien au fait qu'elle a servi à construire la chimie moderne.</p>
<p>On remarque en effet peu que Marx n'a pas présenté sa méthode d'interprétation historique comme un corps de doctrine avec des axiomes, des théorèmes, des corollaires et des lemmes ; ce n'est pour lui qu'un instrument de recherche ; il le formule dans un style professionnel et le met à l'épreuve. On ne peut donc le critiquer qu'en contestant les résultats qu'il donne entre ses mains, par exemple en réfutant sa théorie de la lutte des classes. C'est ce que nos historiens et philosophes s'abstiennent soigneusement de faire. Ils la considèrent comme l'œuvre impure du démon, précisément parce qu'elle a conduit Marx à découvrir ce puissant moteur de l'histoire.</p>
<p>II. Philosophies déistes et idéalistes de l'histoire.</p>
<p>L'histoire est un tel chaos de faits échappant au contrôle de l'homme, progressant et reculant, s'entrechoquant et s'entrechoquant, apparaissant et disparaissant sans raison apparente, que nous sommes tentés de croire qu'il est impossible de les relier et de les classer en séries d'où l'on puisse découvrir les causes de évolution et révolution.</p>
<p>L'effondrement des systèmes dans l'histoire a fait naître dans l'esprit d'hommes pensants comme Helmholtz le doute qu'il soit possible de formuler une loi historique que la réalité confirmerait. Ce doute est devenu si général que les intellectuels n'osent plus construire comme les philosophes de la première moitié du XIXe siècle des plans d'histoire universelle ; elle fait bien écho à l'incrédulité des économistes quant à la possibilité de contrôler les forces économiques. Mais faut-il conclure des difficultés du problème historique et de l'insuccès des tentatives pour le résoudre que sa solution est hors de portée de l'esprit humain ? Dans ce cas, les phénomènes sociaux seraient à part comme les seuls qui ne pourraient être logiquement liés à des causes déterminantes.</p>
<p>Le sens commun n'a jamais admis une telle impossibilité ; au contraire, les hommes ont toujours cru que ce qui leur arrivait, heureux ou malheureux, faisait partie d'un plan préconçu par un être supérieur. L'homme propose et Dieu dispose est un axiome historique de la sagesse populaire qui porte autant de vérité que les axiomes de la géométrie, à condition toutefois d'interpréter le sens du mot Dieu.</p>
<p>Tous les peuples ont pensé qu'un dieu dirigeait leur histoire. Les villes de l'Antiquité possédaient chacune une divinité d'État ou poliadecomme l'appelaient les Grecs, veillant sur leurs destinées et demeurant dans le temple qui lui était consacré. Le Jéhovah de l'Ancien Testament était une divinité de ce genre ; il fut logé dans une caisse en bois, appelée "Arche d'Alliance", qui fut transportée lorsque les tribus d'Israël changèrent d'emplacement, et qui fut placée à l'avant des armées afin qu'il combatte pour son peuple. Il prit tellement à cœur ses querelles, selon la Bible, qu'il extermina ses ennemis – hommes, femmes, enfants et bêtes. Les Romains, pendant la seconde guerre punique, crurent utile comme moyen de résistance à Hannibal d'accoupler leur divinité d'État à celle de Pessinus, à savoir Cybèle, la mère des dieux ; ils firent venir d'Asie Mineure sa statue, grosse pierre informe, et introduisirent à Rome son culte orgiaque : comme ils étaient à la fois des politiciens superstitieux et astucieux, ils annexèrent la divinité d'État de chaque ville conquise, en envoyant sa statue au Capitole ; ils pensaient que, n'habitant plus parmi les peuples vaincus, il cesserait de les protéger.</p>
<p>Les chrétiens n'avaient pas d'autre idée de la divinité lorsque, pour chasser les dieux païens, ils brisèrent leurs statues et brûlèrent leurs temples, et lorsqu'ils invoquèrent Jésus et son Père éternel pour combattre les démons qui attisaient les hérésies d'Allah qui s'opposaient le croissant à la croix. Les cités du moyen âge se plaçaient sous la protection des divinités municipales ; Sainte Geneviève était celle de Paris. La république de Venise, pour avoir en abondance ces divinités protectrices, rapporta d'Alexandrie le squelette de saint Marc et vola à Montpellier celui de saint Roques. Les nations civilisées n'ont jamais renié la croyance païenne : chacune accapare à son usage le Dieu unique et universel des chrétiens, et en fait sa divinité d'État. Ainsi il y a autant de dieux uniques et universels qu'il y a de nations chrétiennes, et les premiers se battent entre eux dès que les seconds déclarent la guerre ; chaque nation prie son Dieu unique et universel d'exterminer son rival et chanteTe Deum est en son honneur s'il est victorieux, convaincu qu'il ne doit son triomphe qu'à sa toute-puissante intervention. La croyance en l'intrusion de Dieu dans les querelles humaines n'est pas simulée par les hommes d'État pour plaire à la grossière superstition des foules ignorantes ; ils le partagent. Les lettres privées récemment publiées, que Bismarck écrivit à sa femme pendant la guerre de 1870-1871, le montrent croyant que Dieu passait son temps à s'occuper de lui, de son fils et des armées prussiennes.</p>
<p>Les philosophes qui ont pris Dieu pour guide directeur de l'histoire partagent cet engouement ; ils s'imaginent que ce Dieu, créateur de l'univers et de l'humanité, ne peut s'intéresser qu'à leur pays, à leur religion et à leur politique. Le Discours sur l'histoire universelle de Bossuet est l'un des spécimens les plus réussis de ce genre : les nations païennes s'exterminent pour préparer l'avènement du christianisme, sa religion, et les nations chrétiennes s'entretuent pour assurer la grandeur de la France, sa patrie, et la gloire de Louis XIV, son maître. Le mouvement historique, guidé par Dieu, a culminé avec le Roi Soleil ; lorsqu'il fut éteint, des ténèbres envahirent le monde, et éclata la Révolution, que Joseph de Maistre appelle « l'œuvre de Satan ».</p>
<p>Satan a triomphé de Dieu, divinité d'État de l'aristocratie et des Bourbons. La bourgeoisie, la classe que Dieu méprisait, s'empara du pouvoir et guillotina le roi qu'il avait oint : les sciences naturelles, qu'il avait maudites, triomphèrent et engendrèrent à la bourgeoisie plus de richesses qu'il n'avait pu en donner à ses favoris. , les nobles et les rois légitimes ; La raison, qu'il avait liée, brisa ses chaînes et le traîna devant son tribunal. Le règne de Satan avait commencé. Les poètes romantiques de la première moitié du XIXe siècle ont composé des hymnes en son honneur ; il était l'invincible vaincu, le grand martyr, le consolateur et l'espérance des opprimés ; il symbolisait la bourgeoisie en perpétuelle révolte contre les nobles, les prêtres et les tyrans. Mais la bourgeoisie victorieuse n'eut pas le courage de le prendre pour sa divinité d'Etat ; elle rafistolait Dieu, que la Raison avait légèrement défiguré, et lui rendait honneur ; néanmoins, n'ayant pas une foi entière en sa toute-puissance, elle lui adjoignit une troupe de demi-dieux : Progrès, Justice, Liberté, Civilisation, Humanité, Patrie, etc. qui furent choisis pour présider aux destinées des nations qui avaient secoué le joug de l'aristocratie.</p>
<p>Ces nouveaux dieux sont des « Idées », des « Forces Spirituelles », des « Forces impondérables ». Hegel entreprit de ramener ce polythéisme des Idées dans le monothéisme de l'Idée qui, née d'elle-même, crée le monde et l'histoire par son propre déroulement. Le Dieu de la philosophie historique est un mécanicien qui, pour son amusement, construit l'univers, dont il règle les mouvements, et fabrique l'homme, dont il dirige les destinées d'après un plan connu de lui seul, mais les historiens philosophes n'ont pas aperçu que ce Dieu éternel est non pas le créateur, mais la créature de l'homme, qui, en proportion de son propre développement, le remodèle, et que, loin d'être le directeur, il est le jouet des événements historiques.</p>
<p>La philosophie des idéalistes, en apparence moins enfantine que celle des déistes, est une application malheureuse à l'histoire de la méthode déductive des sciences abstraites, dont les propositions, logiquement liées, découlent de certains axiomes indémontrables qui s'imposent par le principe d'évidence. . Les mathématiciens ont tort de ne pas s'inquiéter de la manière dont les idées se sont glissées dans l'esprit humain. Les idéalistes dédaignent de s'enquérir de l'origine de leurs Idées, venues on ne sait d'où ; ils se bornent à affirmer qu'ils existent par eux-mêmes, qu'ils sont perfectibles, et qu'à mesure qu'ils se perfectionnent ils modifient les hommes et les phénomènes sociaux, placés sous leur contrôle ; il suffit donc de connaître l'évolution des Idées pour acquérir les lois de l'histoire.</p>
<p>Mais parce que les axiomes des mathématiques ne peuvent être démontrés par le raisonnement, cela ne prouve pas qu'ils ne soient pas des propriétés des corps, tout comme la couleur, la forme, le poids et la chaleur, que l'expérience seule révèle, et dont l'idée n'existe dans le cerveau que parce que l'homme est entré en contact avec les corps de la nature. Il est, en effet, aussi impossible de prouver par le raisonnement qu'un corps est carré, coloré, lourd ou chaud que de démontrer que la partie est plus petite que le tout, que deux et deux font quatre, etc. : on ne peut que énoncer le fait expérimental et en tirer les conclusions logiques.</p>
<p>Les Idées de Progrès, de Justice, de Liberté, de Patrie, etc., comme les axiomes des mathématiques, n'existent pas hors d'elles-mêmes et hors du domaine spirituel ; elles ne précèdent pas l'expérience mais la suivent ; ils n'engendrent pas les événements de l'histoire, mais ils sont la conséquence des phénomènes sociaux qui en évoluant les créent, les transforment et les suppriment ; elles ne deviennent des forces actives que dans la mesure où elles émanent directement des courants sociaux. Une des tâches de l'histoire ignorée des philosophes est la découverte des causes sociales dont ils sont eux-mêmes le produit, et qui leur donnent la puissance agissant sur le cerveau des hommes d'une époque donnée.</p>
<p>Bossuet et les philosophes déistes, qui ont promu Dieu à la dignité de directeur conscient du mouvement historique, n'ont après tout fait que se conformer à l'opinion populaire sur le rôle historique joué par la divinité : les idéalistes qui lui substituent les Idées-Forces n'ont fait que utiliser de façon historique l'opinion bourgeoise vulgaire. Tout bourgeois proclame que ses actes privés et publics sont inspirés par le Progrès, la Justice, le Patriotisme, l'Humanité, etc. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir les annonces des industriels et des marchands, les prospectus des financiers et les programmes électoraux. des politiciens.</p>
<p>Les idées de progrès et d'évolution sont modernes dans leur origine ; ils sont un transport dans l'histoire de cette perfectibilité humainedevenu à la mode au XVIIIe siècle. Il était inévitable que la bourgeoisie considère son entrée au pouvoir comme un immense pas de progrès social, tandis que l'aristocratie y voyait un revers désastreux. La Révolution française, parce qu'elle s'est produite un siècle après la Révolution anglaise, et par conséquent dans des conditions plus mûres, a substitué si brusquement et complètement la bourgeoisie à la noblesse, que dès lors l'idée du Progrès s'est solidement enracinée dans l'opinion publique de l'Europe. Les capitalistes européens se croyaient fondés sur la puissance du Progrès. Ils affirmaient de bonne foi que leurs mœurs, leurs mœurs, leurs vertus, leur moralité privée et publique, leur organisation sociale et familiale, leur industrie et leur commerce étaient un progrès sur tout ce qui avait existé. Le passé n'était qu'ignorance, barbarie, injustice et déraison : « Enfin, pour la première fois », s'écrie Hegel, « la raison devait gouverner le monde ». Les bourgeois de 1793 la divinisent ; déjà au début de la période bourgeoise dans le monde antique Platon (dans leTimée ) la déclara supérieure à la Nécessité, et Socrate reprocha à Anaxagore d'avoir, dans sa cosmogonie, tout expliqué par des causes matérielles sans avoir fait aucun usage de la Raison, dont on pouvait tout espérer ( Phédon ). La domination sociale de la bourgeoisie est le règne de la Raison.</p>
<p>Mais un événement historique, même aussi considérable que la prise du pouvoir par la bourgeoisie, ne suffit pas à lui seul à prouver le Progrès. Les déistes avaient fait de Dieu l'unique auteur de l'histoire ; les idéalistes, ne voulant pas qu'on dise que le Progrès dans le passé s'était déporté comme une Idée oisive, ont découvert qu'au Moyen Age il avait préparé le triomphe de la classe bourgeoise en l'organisant, en lui donnant la culture intellectuelle, et en l'enrichissant, tandis qu'elle usait la forteresse offensive et défensive de l'Église. L'idée d'évolution devait donc s'introduire naturellement à la suite de l'idée de Progrès.</p>
<p>Mais pour la bourgeoisie il n'y a d'évolution progressive que celle qui prépare son propre triomphe, et comme ce n'est que depuis une dizaine de siècles que ses historiens peuvent retrouver des traces définitives de son développement organique, ils perdent leur fil d'Ariane dès qu'ils s'aventurent dans le labyrinthe de l'histoire antérieure, dont ils se contentent de raconter les faits sans tenter de les rassembler en séries progressives. Puisque le but de l'évolution progressive est l'établissement de la dictature sociale de la bourgeoisie, ce but une fois atteint, le Progrès doit cesser de progresser. En fait, les bourgeois qui proclament que leur prise du pouvoir est un progrès social unique dans l'histoire, déclarent que ce serait un retour à la barbarie, « à l'esclavage », comme dit Herbert Spencer, s'ils étaient délogés du pouvoir par le prolétariat. L'aristocratie vaincue ne considérait pas sa défaite sous un autre jour. La croyance au décret du Progrès, instinctive et inconsciente dans les masses bourgeoises, se montre consciente et raisonnée chez certains penseurs bourgeois. Hegel et Comte, pour ne citer que deux des plus célèbres, affirment carrément que leur système philosophique clôt la série, qu'il est le couronnement et la fin de l'évolution progressive de la pensée. Alors, la philosophie et les institutions sociales et politiques ne progressent que pour arriver à leur forme bourgeoise, puis le Progrès ne progresse plus. affirment carrément que leur système philosophique clôt la série, qu'il est le couronnement et la fin de l'évolution progressive de la pensée. Alors, la philosophie et les institutions sociales et politiques ne progressent que pour arriver à leur forme bourgeoise, puis le Progrès ne progresse plus. affirment carrément que leur système philosophique clôt la série, qu'il est le couronnement et la fin de l'évolution progressive de la pensée. Alors, la philosophie et les institutions sociales et politiques ne progressent que pour arriver à leur forme bourgeoise, puis le Progrès ne progresse plus.</p>
<p>La bourgeoisie et ses intellectuels les plus intelligents, qui fixent des limites infranchissables à leur progrès progressif, font mieux encore ; ils soustraient à son influence certaines organisations sociales de première importance. Les économistes, les historiens et les moralistes, pour démontrer d'une façon irréfutable que la forme paternelle de la famille et la forme individuelle de la propriété ne se transformeront pas, nous assurent qu'elles ont existé de tout temps. Ils avancent ces affirmations impudentes au moment où des recherches poursuivies depuis un demi-siècle mettent en lumière les formes primitives de la famille et de la propriété. Ces savants bourgeois les ignorent, ou raisonnent comme s'ils les ignoraient.</p>
<p>Les idées de Progrès et d'évolution étaient surtout à la mode dans les premières années du XIXe siècle, alors que la bourgeoisie était encore enivrée de sa victoire politique et du développement prodigieux de ses richesses économiques ; les philosophes, les historiens, les moralistes, les hommes politiques, les romanciers et les poètes ont mis leurs écrits et leurs enseignements à la sauce du Progrès progressif, que Fourier était seul ou presque seul à injurier. Mais vers le milieu du siècle, ils furent obligés de calmer leur enthousiasme immodéré : l'apparition du prolétariat sur la scène politique en Angleterre et en France éveilla dans l'esprit de la bourgeoisie certaines réflexions inquiétantes sur la durée éternelle de sa domination sociale. Le progrès progressif a perdu ses charmes. Les idées de Progrès et d'évolution auraient définitivement cessé d'être courantes dans la phraséologie bourgeoise si les hommes de science, qui dès la fin du XVIIIe siècle avaient saisi l'idée d'évolution circulant dans le milieu social, ne l'avaient utilisée pour expliquer la formation des mondes et l'organisation des végétaux et des animaux. Ils lui donnaient une telle valeur scientifique et une telle popularité qu'il était impossible de s'en détourner.</p>
<p>Mais montrer le développement progressif de la bourgeoisie depuis un certain nombre de siècles en arrière n'explique pas plus ce mouvement historique que tracer la courbe décrite dans la chute d'une pierre lancée en l'air ne nous apprend les causes de sa chute. Les historiens philosophes attribuent cette évolution à l'action incessante des Forces Spirituelles, en particulier la Justice, la plus puissante de toutes, qui selon un philosophe idéaliste et académique, « est toujours présente même si elle n'arrive que par degrés dans la pensée humaine et dans les faits sociaux ». .” La société bourgeoise et sa pensée sont donc les dernières et les plus hautes manifestations de cette Justice immanente, et c'est pour obtenir ces beaux résultats que cette belle dame a peiné dans les mines de l'histoire.</p>
<p>Consultons les archives judiciaires de ladite dame pour connaître son caractère et ses manières.</p>
<p>Une classe dirigeante considère toujours que ce qui sert ses intérêts économiques et politiques est juste et que ce qui les dessert est injuste. La Justice qu'il conçoit se réalise lorsque ses intérêts de classe sont satisfaits. Les intérêts de la bourgeoisie sont ainsi les guides de la justice bourgeoise, comme les intérêts de l'aristocratie étaient ceux de la justice féodale. Ainsi, par une ironie inconsciente, la Justice est représentée les yeux bandés pour ne pas voir les intérêts mesquins et sordides qu'elle protège de son égide.</p>
<p>L'organisation féodale et corporatiste, lésant la bourgeoisie, était à ses yeux si injuste que la Justice immanente résolut de la détruire. Les historiens bourgeois racontent qu'elle ne pouvait tolérer les brigandages forcés des barons féodaux, qui ne connaissaient pas d'autre moyen d'arrondir leurs champs et de remplir leurs bourses. Ce qui n'empêche pas leur honnête Justice immanente d'encourager les brigandages forcés que, sans risquer leur peau, les capitalistes pacifiques ont commis par des prolétaires déguisés en soldats dans les pays barbares de l'ancien et du nouveau monde. Ce n'est pas que ce genre de vol plaise à la vertueuse ; elle n'approuve et n'autorise solennellement, avec toutes les sanctions légales, que le vol économique que, sans violence bruyante, la bourgeoisie commet quotidiennement sur le salarié.</p>
<p>La justice, qui, comme disent les philosophes, a fait merveille dans le passé, qui règne dans la société bourgeoise et qui conduit les hommes vers un avenir de paix et de bonheur, est au contraire la mère féconde des iniquités sociales. C'est la justice qui a donné à l'esclavagiste le droit de posséder l'homme comme un meuble ; c'est encore elle qui donne au capitaliste le droit d'exploiter les enfants, les femmes et les hommes du prolétariat pire que des bêtes de somme. C'est la Justice qui a permis à l'esclavagiste de châtier l'esclave, qui s'endurcit le cœur en le lacérant de coups. C'est encore elle qui autorise le capitaliste à saisir la plus-value créée par le salarié, et qui met sa conscience en paix lorsqu'il récompense par des salaires de misère le travail qui l'enrichit. Je me tiens à ma droite, dit le propriétaire d'esclaves en fouettant l'esclave ; je me tiens sur ma droite,</p>
<p>La classe capitaliste, mesurant tout selon ses propres normes, décore du nom de Civilisation et d'Humanité son ordre social et sa manière de traiter les êtres humains. Ce n'est que pour exporter la civilisation vers les nations barbares, que pour les soustraire à leur grossière immoralité, que pour améliorer leurs misérables conditions d'existence qu'elle entreprend ses expéditions coloniales, et sa Civilisation et son Humanité se manifestent sous la forme spécifique de la stupéfaction à travers Christianisme, empoisonnement à l'alcool, pillage et extermination des indigènes. Mais nous commettrions une injustice si nous pensions qu'elle favorise les barbares et qu'elle ne diffuse pas les bienfaits de son Humanité sur les classes laborieuses des nations qu'elle gouverne. Sa Civilisation et son Humanité s'y comptent par la masse des hommes, femmes et enfants dépossédés de tous biens, condamnés au travail obligatoire jour et nuit, à des vacances périodiques à leurs frais, à l'alcoolisme, à la consommation, au rachitisme ; par le nombre croissant de délits et de crimes, par la multiplication des asiles d'aliénés et par le développement et l'amélioration du système pénitentiaire.</p>
<p>Jamais classe dirigeante n'a tant réclamé l'Idéal, car jamais classe dirigeante n'avait eu un tel besoin d'obscurcir ses actions par un bavardage idéaliste. Ce charlatanisme idéologique est sa méthode la plus sûre et la plus efficace de ruse politique et économique. L'étonnante contradiction entre ses paroles et ses actes n'a pas empêché les historiens et les philosophes de prendre les Idées et les Principes éternels pour les seuls moteurs de l'histoire des nations capitalisées. Leur erreur monumentale, qui dépasse toutes les limites même pour les intellectuels, est une preuve incontestable de la puissance des Idées et de l'habileté avec laquelle la bourgeoisie a réussi à cultiver et à exploiter cette force pour en tirer un revenu. Les financiers garnissent leurs prospectus de principes patriotiques, d'idées de civilisation, sentiments humanitaires, et six pour cent. investissements pour les pères de famille. Ce sont des appâts infaillibles lors de la pêche aux meuniers. De Lesseps n'aurait jamais pu gonfler sa magnifique bulle à Panama, engrangeant les économies de huit cent mille petites gens, si ce « grand Français » n'avait promis d'ajouter une autre gloire à l'auréole de sa Patrie, d'élargir l'humanité civilisée et d'enrichir le les abonnés.</p>
<p>Les Idées et Principes Éternels sont des attraits si irrésistibles qu'il n'y a pas de prospectus financier, industriel ou commercial, ni même une publicité pour une boisson alcoolisée ou un médicament breveté, mais qu'ils en soient épicés ; les trahisons politiques et les fraudes économiques hissent l'étendard des Idées et des Principes.</p>
<p>La philosophie historique des idéalistes ne pouvait être qu'une guerre de mots, également insipide et indigeste, puisqu'ils n'ont pas aperçu que le capitaliste parade les principes éternels dans le seul but de masquer les mobiles égoïstes de ses actions, et qu'ils n'en sommes pas arrivés à reconnaître la fumisterie de l'idéologie bourgeoise. Mais les lamentables avortements de la philosophie idéaliste ne prouvent pas qu'il soit impossible d'arriver aux causes déterminantes de l'organisation et de l'évolution des sociétés humaines comme les chimistes ont réussi à le faire avec celles qui règlent l'agglomération des molécules en corps complexes.</p>
<p>« Le monde social, dit Vico, le père de la philosophie de l'histoire, est incontestablement l'œuvre de l'homme, d'où il résulte que nous ne pouvons et ne devons trouver ses principes nulle part ailleurs que dans la modification de l'intelligence humaine. N'est-il pas surprenant pour tout homme pensant que les philosophes aient sérieusement entrepris de connaître le monde de la nature, que Dieu a fait et dont il s'est réservé la connaissance, et qu'ils aient négligé de méditer sur ce monde social, la connaissance de que les hommes peuvent avoir, puisque les hommes l'ont fait ?</p>
<p>Les nombreux échecs des méthodes déistes et idéalistes imposent l'essai d'une nouvelle méthode d'interprétation de l'histoire.</p>
<p>III. Les "lois historiques" de Vico</p>
<p>Vico, peu lu par les historiens philosophes, bien qu'ils jouent avec quelques-unes de ses phrases qu'ils interprètent mal aussi souvent qu'ils les répètent, a formulé dans sa Scienza nuova certaines lois fondamentales de l' histoire .</p>
<p>Il pose comme loi générale du développement des sociétés que toutes les nations, quels que soient leur origine ethnique et leur habitat géographique, parcourent les mêmes routes historiques ; ainsi, l'histoire d'une nation quelconque est une répétition de l'histoire d'une autre nation parvenue à un degré supérieur de développement.</p>
<p>« Il existe, dit-il, une histoire idéale éternelle traversée sur la terre par les histoires de toutes les nations, de quelque statut de sauvagerie, de barbarie et de férocité que les hommes aient entrepris de se civiliser », de se domestiquer, selon son expression. ( Scienza nuova , libr.II, §5)</p>
<p>Morgan, qui ne connaissait probablement pas Vico, est arrivé à une conception de la même loi qu'il formule d'une façon plus positive et plus complète. L'uniformité historique que le philosophe napolitain attribuait à leur développement selon un plan préétabli, l'anthropologue américain l'attribue à deux causes, à la ressemblance intellectuelle des hommes et à la similitude des obstacles qu'ils ont dû surmonter pour développer leur sociétés. Vico croyait aussi à leur ressemblance intellectuelle. « Il existe nécessairement, disait-il, dans la nature des affaires humaines, un langage mental universel, commun à toutes les nations, qui dessine uniformément la substance des choses jouant un rôle actif dans la vie sociale des hommes et l'exprime avec beaucoup de modifications car il y a différents aspects que ces choses peuvent prendre. Nous reconnaissons son existence dans les proverbes, ces maximes de la sagesse populaire, qui sont de la même substance dans toutes les nations, anciennes et modernes, bien qu'elles s'expriment de tant de manières différentes. (Ib.Degli Elem . XXIII.)</p>
<p>"L'esprit humain", dit Morgan, "spécifiquement le même dans toutes les tribus et nations de l'humanité, et limité dans la gamme de ses pouvoirs, travaille et doit travailler, dans les mêmes canaux uniformes et dans des limites étroites de variation. Il en résulte des régions de l'espace déconnectées et des âges du temps largement séparés, articulés dans une chaîne logiquement connectée d'expériences communes ». Ailleurs dans ce livre, Morgan montre que, comme des formations géologiques successives, les tribus de l'humanité peuvent se superposer en couches successives selon leur développement : ainsi classées, elles révèlent avec une certaine exactitude la marche complète du progrès humain de la sauvagerie à civilisation ; car les chemins des expériences humaines dans les diverses nations ont été presque parallèles. Marx, qui a étudié le parcours des « expériences » économiques, confirme l'idée de Morgan.Le capital , montre à ceux qui le suivent sur l'échelle industrielle l'image de leur propre avenir.</p>
<p>Ainsi donc, « l'histoire éternelle idéale » que, selon Vico, les différents peuples de l'humanité doivent parcourir chacun à leur tour, n'est pas un plan historique préétabli par une intelligence divine, mais un plan historique du progrès humain conçu par l'historien. qui, après avoir étudié les étapes parcourues par chaque peuple, les compare en séries progressives selon leurs degrés de complexité.</p>
<p>Des recherches, poursuivies pendant un siècle sur les tribus sauvages et les peuples anciens et modernes, ont triomphalement prouvé l'exactitude de la loi de Vico. Ils ont établi le fait que tous les hommes, quelle que soit leur origine ethnique ou leur habitat géographique, avaient dans leur développement traversé les mêmes formes de famille, de propriété et de production, ainsi que les institutions sociales et politiques. Les anthropologues danois ont été les premiers à le reconnaître et à diviser la période préhistorique en âges successifs de pierre, de bronze et de fer, caractérisés par la matière première des outils fabriqués et par conséquent du mode de production. Les histoires générales des différentes nations, qu'elles appartiennent à la race blanche, noire, jaune ou rouge, et qu'elles habitent la zone tempérée, l'équateur ou les pôles, ne se distinguent les uns des autres que par le stade de l'histoire idéale de Vico, que par la strate historique de Morgan, que par le tour d'échelle économique de Marx auquel ils sont parvenus. Ainsi les peuples les plus développés montrent à ceux qui le sont moins l'image de leur propre avenir.</p>
<p>Les productions de l'intelligence n'échappent pas à la loi de Vico. Les philologues et les grammairiens ont trouvé que, pour la création des mots et des langues, les hommes de toutes les races ont suivi les mêmes règles. Les folkloristes ont recueilli les mêmes contes chez les peuples sauvages et civilisés. Vico avait déjà reconnu parmi eux les mêmes proverbes. Beaucoup de folkloristes, au lieu de considérer les contes semblables comme les productions de nations qui ne les conservent que par la tradition orale, pensent qu'ils ont été conçus dans un seul centre, d'où ils ont été dispersés sur la terre. Ceci est inadmissible et contredit ce qui a été observé dans les institutions sociales et autres productions, tant intellectuelles que matérielles.</p>
<p>L'histoire de l'idée d'âme et des idées auxquelles elle a donné naissance est un des exemples les plus curieux de la remarquable uniformité du développement de la pensée. L'idée de l'âme, qui se rencontre chez les sauvages, même les plus bas, est une des premières inventions intellectuelles. L'âme une fois inventée, il fallait la doter d'une demeure, sous la terre ou dans le ciel, pour y loger après la mort, afin de l'empêcher d'errer sans domicile et de harceler les vivants. L'idée de l'âme, très vive chez les nations sauvages et barbares, après avoir contribué à la fabrication du Grand Esprit et de Dieu, s'évanouit chez les nations parvenues à un plus haut degré de développement, pour renaître avec une vie et une force nouvelles lorsqu'elles arriver à un autre stade d'évolution. Les historiens, après avoir signalé chez les nations historiques du bassin méditerranéen l'absence de l'idée d'âme, qui pourtant avait existé chez elles durant la période sauvage précédente, reconnaissons sa renaissance quelques siècles avant l'ère chrétienne, ainsi que sa persistance jusqu'à nos jours. propres jours. Ils se contentent d'évoquer ces phénomènes extraordinaires de disparition et de réapparition d'une idée aussi fondamentale sans leur attacher d'importance et sans songer à en chercher l'explication qu'ils n'auraient pourtant pas trouvée dans le champ de leurs investigations, et que nous ne peut espérer découvrir qu'en appliquant la méthode historique de Marx, en la cherchant dans les transformations du monde économique. qui pourtant avait existé parmi eux pendant la période sauvage précédente, reconnaissent sa renaissance quelques siècles avant l'ère chrétienne, ainsi que sa persistance jusqu'à nos jours. Ils se contentent d'évoquer ces phénomènes extraordinaires de disparition et de réapparition d'une idée aussi fondamentale sans leur attacher d'importance et sans songer à en chercher l'explication qu'ils n'auraient pourtant pas trouvée dans le champ de leurs investigations, et que nous ne peut espérer découvrir qu'en appliquant la méthode historique de Marx, en la cherchant dans les transformations du monde économique. qui pourtant avait existé parmi eux pendant la période sauvage précédente, reconnaissent sa renaissance quelques siècles avant l'ère chrétienne, ainsi que sa persistance jusqu'à nos jours. Ils se contentent d'évoquer ces phénomènes extraordinaires de disparition et de réapparition d'une idée aussi fondamentale sans leur attacher d'importance et sans songer à en chercher l'explication qu'ils n'auraient pourtant pas trouvée dans le champ de leurs investigations, et que nous ne peut espérer découvrir qu'en appliquant la méthode historique de Marx, en la cherchant dans les transformations du monde économique.</p>
<p>Les savants qui ont mis au jour les formes primitives de la famille, de la propriété et des institutions politiques, ont été trop absorbés par le travail de la recherche pour avoir le temps de s'interroger sur les causes de leurs transformations : ils n'ont fait que de l'histoire descriptive, et la science du monde social doit être à la fois explicative et descriptive.</p>
<p>Vico pense que l'homme est le moteur inconscient de l'histoire et que ce ne sont pas ses vertus mais ses vices qui en sont les forces agissantes. Ce n'est pas « le désintéressement, la générosité et l'humanité, mais la férocité, l'avarice et l'ambition » qui créent et développent les sociétés ; "Ces trois vices qui égarent le genre humain, produisent l'armée, le commerce et le pouvoir politique, et par conséquent le courage, la richesse et la sagesse des républiques : de sorte que ces vices, capables de détruire le genre humain sur la terre, produisent félicité civile.</p>
<p>Ce résultat inattendu fournit à Vico la preuve de « l'existence d'une providence divine, d'une intelligence divine, qui, à partir des passions des hommes, entièrement absorbées par leurs intérêts privés, qui pourraient les faire vivre dans des solitudes comme des bêtes féroces, organisent la vie civile. ordre, nous permettant ainsi de vivre dans une société humaine.</p>
<p>La providence divine qui dirige les mauvaises passions des hommes est une seconde édition de l'axiome populaire : « l'homme propose et Dieu dispose ». Cette providence divine du philosophe napolitain et ce Dieu de la sagesse populaire qui conduit l'homme à l'aide de ses vices et de ses passions, qu'est-ce que c'est ?</p>
<p>Le mode de production, dit Marx.</p>
<p>Vico, conformément au jugement populaire, affirme que l'homme seul fournit le moteur de l'histoire. Mais ses passions, mauvaises et bonnes, et ses besoins ne sont pas des quantités invariables comme le supposent les idéalistes, pour qui l'homme est toujours resté le même. Par exemple, l'amour maternel, cet héritage des animaux, sans lequel l'homme à l'état sauvage n'aurait pu vivre et se perpétuer, diminue dans la civilisation au point de disparaître chez les mères de la classe riche, qui dès sa naissance se déchargent de l'enfant et le confier aux soins de mercenaires ; – d'autres femmes civilisées ressentent si peu le besoin de la maternité qu'elles font vœu de virginité [1] ; l'amour paternel et la jalousie sexuelle, qui ne peuvent se manifester dans les tribus sauvages et barbares à l'époque polyandre, sont au contraire très développés chez les peuples civilisés ; – le sentiment d'égalité, vif et impérieux chez les sauvages et les barbares, qui vivent en communautés, au point d'interdire à chacun la possession d'un objet que les autres ne pourraient posséder, s'est si bien oblitéré depuis que l'homme vit sous le système de la propriété individuelle, que les pauvres et les salariés de la civilisation acceptent avec résignation et comme un destin divin et naturel leur infériorité sociale.</p>
<p>Ainsi donc, au cours du développement humain, des passions fondamentales se transforment, s'atténuent et s'éteignent, tandis que d'autres naissent et grandissent. Chercher uniquement dans l'homme les causes déterminantes de leur production et de leur évolution, ce serait admettre que, bien que vivant dans la nature et la société, il ne subit pas l'influence de la réalité environnante. Une telle supposition ne peut naître même dans le cerveau de l'idéaliste le plus extrême, car il n'oserait supposer qu'on rencontre le même sentiment de pudeur chez la respectable mère de famille et l'infortunée qui gagne sa vie avec son sexe ; même rapidité de calcul chez l'employé de banque et chez le philosophe ; la même agilité des doigts du pianiste professionnel et du creuseur de fossés. Il est donc indéniable que l'homme sur le plan physique, intellectuel,</p>
<p>IV. Le milieu naturel et le milieu artificiel ou social</p>
<p>L'action du milieu n'est pas seulement directe, elle ne s'exerce pas seulement sur l'organe qui fonctionne, sur la main chez le pianiste et le creuseur de fossés, sur le sens moral chez l'honnête femme et la prostituée ; elle est encore indirecte et réagit sur tous les organes. Cette généralisation de l'action du milieu que Geoffrey Saint-Hillaire désignait sous le nom caractéristique de subordination des organes et que les naturalistes modernes appellent loi de corrélation, Cuvier l'explique ainsi : « Tout être organisé forme un tout, un système unique et clos, dont les parties se correspondent et contribuent à une même action définie par une action réciproque. Aucune de ces parties ne peut changer sans que les autres parties ne changent également. Par exemple, la forme des dents d'un animal ne peut être modifiée pour quelque cause que ce soit sans entraîner des modifications dans les mâchoires, les muscles qui les meuvent, les os du crâne auxquels elles sont attachées, le cerveau que le crâne enveloppe, les os et les muscles qui soutiennent la tête, la forme et la longueur des intestins, voire dans toutes les parties du corps. Les modifications qui se produisent dans les membres antérieurs dès qu'ils ont cessé de servir à la marche ont amené des transformations organiques qui ont définitivement séparé l'homme des singes anthropoïdes.</p>
<p>Il n'est pas toujours possible de prévoir et de comprendre les modifications entraînées par le changement survenu dans tel ou tel organe : par exemple, pourquoi la fracture d'une patte ou l'ablation d'un testicule chez le cerf provoque l'atrophie de la corne sur le le côté opposé ; pourquoi les chats blancs sont sourds ; pourquoi les mammifères à sabots sont herbivores et ceux à cinq doigts armés de griffes sont carnivores.</p>
<p>Un simple changement dans les habitudes, en soumettant un ou plusieurs organes à un usage inaccoutumé, entraîne parfois des modifications radicales de tout l'organisme. Darwin dit que le simple fait de brouter constamment sur des pentes abruptes a occasionné des variations dans le squelette de certaines races de vaches écossaises. Les naturalistes s'accordent à considérer les cétacés – baleines, cachalots et dauphins – comme d'anciens mammifères terrestres qui, trouvant dans la mer des aliments plus abondants et plus faciles à se procurer, sont devenus nageurs et plongeurs : ce nouveau mode de vie a transformé leurs organes, les réduisant à un état rudimentaire. celles qui ne sont plus utilisées, en développant les autres et en les adaptant aux besoins du milieu aquatique. Les plantes du désert du Sahara, pour s'adapter au milieu aride, ont été obligées de se rabougrir, de réduire le nombre de leurs feuilles à deux ou quatre, se revêtir d'une couche de cire pour empêcher l'évaporation, et prolonger énormément leurs racines à la recherche de l'humidité : leurs changements périodiques vont à l'encontre des saisons ordinaires ; elles dorment en été pendant la saison chaude et végètent en hiver, en saison relativement froide et humide. Les plantes d'autres déserts présentent des caractéristiques analogues : un milieu donné implique l'existence d'êtres présentant une combinaison de caractéristiques définies.</p>
<p>Les milieux cosmiques ou naturels, auxquels végétaux et animaux doivent s'adapter sous peine de mort, constituent, comme l'être organisé dont parle Cuvier, des combinaisons, des systèmes complexes sans limites précises dans l'espace, dont les parties sont : la formation géologique et composition du sol, proximité de l'équateur, élévation au-dessus du niveau de la mer, cours des rivières qui l'irriguent, quantité de pluie qu'il reçoit et de la chaleur solaire qu'il emmagasine, etc., et plantes et animaux qui y vivent. Ces parties se correspondent de telle manière que l'une d'elles ne peut changer sans entraîner de changement dans les autres parties : les changements du milieu naturel, quoique moins rapides que ceux qui se produisent chez les êtres organisés, sont néanmoins appréciables. Les forêts, par exemple, ont une influence sur la température et les pluies, par conséquent sur l'humidité et la composition physique du sol. Darwin a montré que des animaux apparemment insignifiants, comme le ver, ont joué un rôle considérable dans la formation des moisissures végétales ; Berthelot et les agronomes Hellriegal et Willfarth ont prouvé que les bactéries qui pullulent dans les protubérances des racines des légumineuses sont actives dans la fertilisation du sol. L'homme, par le travail du sol et la culture, exerce une influence marquée sur le milieu naturel ; les défrichements commencés par les Romains ont transformé les pays fertiles d'Asie et d'Afrique en déserts inhabitables. Berthelot et les agronomes Hellriegal et Willfarth ont prouvé que les bactéries qui pullulent dans les protubérances des racines des légumineuses sont actives dans la fertilisation du sol. L'homme, par le travail du sol et la culture, exerce une influence marquée sur le milieu naturel ; les défrichements commencés par les Romains ont transformé les pays fertiles d'Asie et d'Afrique en déserts inhabitables. Berthelot et les agronomes Hellriegal et Willfarth ont prouvé que les bactéries qui pullulent dans les protubérances des racines des légumineuses sont actives dans la fertilisation du sol. L'homme, par le travail du sol et la culture, exerce une influence marquée sur le milieu naturel ; les défrichements commencés par les Romains ont transformé les pays fertiles d'Asie et d'Afrique en déserts inhabitables.</p>
<p>Les végétaux, les animaux et l'homme à l'état de nature, tous soumis à l'action du milieu naturel, sans autre moyen de résistance que la faculté d'adaptation de leurs organes, doivent finir par se différencier, même s'ils ont une d'origine commune, si, pendant des centaines et des milliers de générations, ils vivent dans des milieux naturels différents. Les milieux naturels dissemblables tendent ainsi à diversifier les hommes ainsi que les plantes et les animaux. C'est, en effet, pendant la période sauvage que se sont formées les différentes races humaines.</p>
<p>L'homme ne modifie pas seulement par son industrie le milieu dans lequel il vit, mais il crée de toutes pièces un milieu artificiel ou social, qui lui permet, sinon de soustraire son organisme au milieu naturel, du moins de réduire considérablement cette action. . Mais ce milieu artificiel agit à son tour sur l'homme tel qu'il y vient de son milieu naturel. L'homme, comme la plante et l'animal domestiqué, subit ainsi l'action de deux milieux.</p>
<p>Les milieux artificiels ou sociaux que les hommes ont successivement créés diffèrent entre eux par leur degré d'élaboration et de complexité, mais des milieux de même degré d'élaboration et de complexité présentent entre eux de grandes ressemblances, quelles que soient les races humaines qui les ont créés, et quelles que soient peuvent être leurs habitats géographiques : de sorte que si les hommes continuent à subir l'action diversifiante de milieux naturels dissemblables, ils sont également soumis à l'action de milieux artificiels semblables qui opèrent pour diminuer les différences des races et développer en elles les mêmes besoins, les mêmes intérêts, les mêmes passions et la même mentalité. Par ailleurs, les mêmes milieux naturels, comme par exemple ceux situés à la même latitude et altitude, exercer une action unificatrice égale sur les végétaux et les animaux qui les habitent ; ils ont une flore et une faune analogues. Comme les milieux artificiels tendent ainsi à unifier l'espèce humaine qui, contrairement aux milieux naturels, s'est diversifiée en races et sous-races.</p>
<p>Le milieu naturel évolue avec une lenteur si extrême que les espèces végétales et animales qui s'y adaptent semblent immuables. Le milieu artificiel, au contraire, évolue avec une rapidité croissante, ainsi l'histoire de l'homme et de ses sociétés comparée à celle des animaux et des végétaux est extraordinairement mobile.</p>
<p>Les milieux artificiels, comme l'être organisé et le milieu naturel, forment des combinaisons, des systèmes complexes sans limites précises dans l'espace et dans le temps, dont les parties se correspondent et sont si étroitement liées les unes aux autres qu'une seule ne peut être modifiée sans que toutes les autres le soient. secoués et contraints de subir à leur tour des retouches. Le milieu artificiel ou social, d'une extrême simplicité et composé d'un petit nombre de parties chez les peuples sauvages, se complique à mesure que l'homme progresse par l'adjonction de parties nouvelles et par le développement de celles déjà existantes. Elle a été formée, depuis l'époque historique, par des institutions économiques, sociales, politiques et juridiques, par des traditions, des coutumes, des mœurs et des mœurs, par le bon sens et l'opinion publique, par des littératures religieuses, des arts, des philosophies, des sciences, modes de production et d'échange, etc., et par les hommes qui y vivent. Ces parties, en se transformant et en réagissant les unes sur les autres, ont donné naissance à une série de milieux sociaux de plus en plus complexes et étendus, qui, à proportion de l'extension, ont modifié les hommes ; car, comme le milieu naturel, un milieu social donné implique l'existence d'hommes présentant une certaine combinaison de caractères analogues, physiques et moraux. Si toutes ces parties correspondantes n'étaient stables ou ne variaient qu'avec une lenteur excessive, comme celles du milieu naturel, le milieu artificiel resterait en équilibre et il n'y aurait pas d'histoire ; son équilibre, au contraire, est extrêmement et de plus en plus instable, constamment déséquilibré par les changements agissant dans l'une ou l'autre des parties,</p>
<p>Mais les parties d'un milieu artificiel ne peuvent réagir les unes sur les autres que par l'intermédiaire de l'homme. La partie modifiée doit commencer par transformer physiquement et mentalement les hommes qu'elle fait fonctionner, et doit leur suggérer les modifications qu'elles doivent apporter aux autres parties pour les mettre au niveau des progrès réalisés en elle, afin qu'elles ne l'entravent pas dans son développement, et pour qu'elles lui correspondent à nouveau. Les parties non modifiées manifestent leur inconvénient précisément par les qualités utiles qui constituaient jadis leur « bon côté », qui en devenant surannées sont nuisibles et constituent alors autant de « mauvais côtés ». Elles sont d'autant plus insupportables que les modifications qu'elles auraient dû subir sont plus importantes.</p>
<p>Quelques faits historiques, trop récents pour être oubliés, illustreront le jeu des diverses parties de l'environnement artificiel par l'intermédiaire de l'homme.</p>
<p>Lorsque l'industrie a utilisé l'élasticité de la vapeur comme force motrice, elle a exigé de nouveaux moyens de transport pour transporter son combustible, sa matière première et ses produits. Il suggéra aux industriels intéressés l'idée de la traction à vapeur sur rails de fer qui commença à être pratiquée dans les bassins houillers du Gard en 1830 et dans ceux de la Loire en 1832 ; c'est en 1829 que la première locomotive de Stephenson tire un train en Angleterre. Mais lorsqu'on a voulu étendre ce mode de locomotion, on s'est heurté à des oppositions actives et diverses, qui ont retardé son développement pendant des années. M. Thiers, l'un des chefs politiques du capitalisme officiel, et l'un des représentants autorisés de son bon sens et de son opinion publique, s'y oppose énergiquement, car, déclare-t-il, « un chemin de fer ne peut pas fonctionner ». Les chemins de fer, en effet, bouleversent les idées les plus raisonnables et les plus établies : elles nécessitaient, entre autres choses impossibles, de graves changements dans le mode de propriété – servant de base à l'édifice social de la bourgeoisie alors au pouvoir. Jusque-là, un capitaliste créait une industrie ou un établissement marchand avec son propre argent, augmenté, tout au plus, de celui d'un ou deux amis et connaissances qui avaient confiance en son honnêteté et son habileté ; il dirigeait l'emploi des fonds et était le propriétaire réel et nominal de l'usine ou de la maison de commerce. Mais les chemins de fer étaient obligés d'amasser des capitaux si énormes qu'il fallait donc amener un grand nombre de capitalistes à confier leur argent, qu'ils n'avaient jamais quitté de vue, à des gens dont ils connaissaient à peine le nom, encore moins leur capacité ou moralité. Lorsqu'ils ont lâché l'argent, ils ont perdu tout contrôle sur son utilisation ; ils n'avaient pas la propriété personnelle des gares, wagons, locomotives, etc., qu'elle servait à créer ; au lieu de pièces d'or ou d'argent, ayant volume, poids et autres qualités solides, ils recevaient en retour une feuille de papier étroite et légère, représentant fictivement, un morceau immatériel de la propriété collective, dont il portait le nom, imprimé en grosses lettres . Jamais de mémoire bourgeoise la propriété n'avait pris une telle forme métaphysique. Cette forme nouvelle, qui dépersonnalise la propriété, est en contradiction si violente avec celle qui résume les joies des capitalistes, celle qu'ils ont connue et transmise depuis des générations, que pour la défendre et la propager, il ne se trouve plus que les hommes. accusés de tous les crimes et dénoncés comme les pires perturbateurs de l'ordre social, – les socialistes. Fourier et St. Simon salue la mobilisation de la propriété en papier-titres. On retrouve dans les rangs de leurs disciples les industriels, ingénieurs et financiers qui préparèrent la révolution de 1848 et furent les conspirateurs du 2 décembre : ils profitèrent de la révolution politique pour révolutionner le milieu économique en centralisant les neuf banques provinciales dans la Banque de France , en légalisant la nouvelle forme de propriété et en la faisant accepter par l'opinion publique, et en créant le réseau des chemins de fer français.</p>
<p>La grande industrie mécanique, qui doit puiser au loin son combustible et sa matière première, et qui doit éparpiller largement ses produits, ne peut tolérer le morcellement d'une nation en petits États autonomes, avec tarifs, lois, poids et mesures, pièces de monnaie, papier devises, etc., qui leur sont propres ; elle exige au contraire le développement de nations unifiées et centralisées. L'Italie et l'Allemagne ont répondu à ces exigences de la grande industrie, mais seulement au prix de guerres sanglantes. MM. Thiers et Proudhon, qui avaient de nombreux points de ressemblance et qui représentaient les intérêts politiques de la petite industrie, devinrent les ardents défenseurs de l'indépendance des États de l'Église et des princes italiens.</p>
<p>Puisque l'homme crée et modifie successivement les parties de l'environnement social, c'est donc en lui que résident les forces motrices de l'histoire, – ainsi Vico et la sagesse populaire tiennent, plutôt que dans la Justice, le Progrès, la Liberté et autres entités métaphysiques, comme les plus philosophiques. répètent bêtement les historiens. Ces idées confuses et inexactes varient selon les époques historiques et selon les groupes ou même les individus d'une même époque ; car ils sont les reflets mentaux des phénomènes produits dans les différentes parties du milieu artificiel ; par exemple, le capitaliste, le magistrat et le salarié ont des idées différentes de la justice. Le socialiste entend par justice la restitution aux producteurs salariés des richesses qui leur ont été volées, tandis que pour le capitaliste la justice est la conservation de cette richesse volée, et comme ce dernier possède le pouvoir économique et politique, sa notion prédomine et fait la loi, qui, pour le magistrat, devient justice. Précisément parce que le même mot recouvre des notions contradictoires, la classe capitaliste a fait de ces idées un instrument de tromperie et de domination.</p>
<p>Cette partie du milieu artificiel ou social dans lequel l'homme évolue lui donne une éducation physique, intellectuelle et morale. Cette éducation par les choses, qui engendre en lui des idées et excite ses passions, est inconsciente ; ainsi, lorsqu'il agit, il s'imagine suivre librement les impulsions de ses passions et de ses idées, alors qu'il ne cède qu'aux influences exercées sur lui par l'une des parties du milieu artificiel, qui ne peut réagir sur les autres parties que par intermédiaire de ses idées et de ses passions. Obéissant instinctivement à la pression indirecte du milieu, il attribue la direction de ses actions et de ses émotions à un Dieu, à une intelligence divine, ou à des idées de Justice, de Progrès, d'Humanité, etc. Si la marche de l'histoire est inconsciente, puisque comme dit Hegel , l'homme finit toujours par un résultat autre que celui qu'il cherchait,</p>
<p>Quelle est la partie la plus instable du milieu social, celle qui change le plus souvent en quantité et en qualité, celle qui est le plus susceptible de troubler l'ensemble ?</p>
<p>Le mode de fabrication ; répond Marx.</p>
<p>Par mode de production, Marx n'entend pas ce qui est produit, mais la manière de le produire ; il y a donc eu du tissage dès la préhistoire, mais ce n'est que depuis un siècle environ qu'il y a eu du tissage à la machine. La production mécanique est la caractéristique essentielle de l'industrie moderne. Nous avons sous les yeux un exemple sans précédent de son pouvoir terrible et irrésistible de transformer les institutions sociales, économiques, politiques et juridiques d'une nation. Son introduction au Japon a élevé ce pays en une génération de l'état féodal du moyen âge à l'état constitutionnel du monde capitaliste et l'a placé au premier rang des puissances mondiales.</p>
<p>Des causes multiples s'unissent pour assurer au mode de production cette toute-puissance d'action. La production absorbe, directement ou indirectement, l'énergie d'une immense majorité des individus d'une nation, tandis que dans les autres parties constituant le milieu social (politique, religion, littérature, etc.) une faible minorité est occupée, et même cette minorité peut ne pas être intéressé à se procurer les moyens d'existence, matériels et intellectuels. Par conséquent, tous les hommes subissent mentalement et physiquement, plus ou moins, l'influence modificatrice du mode de production, tandis qu'un très petit nombre d'hommes subit celle des autres parties ; or, comme c'est par l'intermédiaire des hommes que les différentes parties du milieu social agissent les unes sur les autres, celle qui modifie le plus les hommes possède nécessairement le plus d'énergie pour mouvoir toute la masse.</p>
<p>Le mode de production, relativement peu important dans le milieu social du sauvage, prend une importance prépondérante et toujours croissante par l'incorporation incessante dans la production des forces de la nature, à mesure que l'homme apprend à les connaître : l'homme préhistorique a commencé cette incorporation. en utilisant des pierres pour les armes et les outils.</p>
<p>Les progrès du mode de production sont relativement rapides, non seulement parce que la production occupe une masse énorme d'hommes, mais encore parce que, en attisant « trois furies de l'intérêt privé », elle met en jeu les trois vices qui, pour Vico, sont les mobiles forces de l'histoire, - la dureté de cœur, l'avarice et l'ambition.</p>
<p>Les progrès du mode de production sont devenus si irréfléchis depuis deux siècles que les hommes intéressés à la production doivent sans cesse remodeler les parties correspondantes du milieu social pour les maintenir au niveau ; les résistances qu'ils rencontrent donnent lieu à d'incessants conflits, économiques et politiques. Ainsi, pour découvrir les causes premières des mouvements historiques, il faut les chercher dans le mode de production de la vie matérielle, qui, comme le dit Marx, domine en général le développement de la vie sociale, politique et intellectuelle.</p>
<p>Le déterminisme économique de Marx ôte à la loi d'unité du développement historique de Vico son caractère de prédétermination, qui porterait l'idée que les phases historiques par lesquelles passe une nation, comme les phases embryonnaires d'un animal, sont, comme le pensait Geoffrey Saint-Hillaire , indissolublement liée à sa nature même et déterminée par l'action inévitable d'une force intérieure, une « force évolutive », qui la conduirait dans des voies préétablies vers des fins tracées à l'avance ; d'où il s'ensuivrait que toutes les nations devaient progresser, toujours et ou non, d'un pas égal et par une seule et même voie. La loi de l'unité de développement, ainsi conçue, ne serait vérifiée par le développement d'aucune nation.</p>
<p>L'histoire, au contraire, montre les nations telles qu'elles sont, les unes traversant en boitillant certains stades de l'évolution, que d'autres parcourent comme des chevaux de course, tandis que d'autres encore remontent des stades déjà atteints. Ces retards, progressions et récessions ne s'expliquent que lorsque l'on examine l'histoire sociale, politique et intellectuelle des diverses nations à la lumière de l'histoire des milieux artificiels dans lesquels elles ont évolué, les changements de ces milieux, déterminés par le mode de la production, déterminent à leur tour des événements historiques.</p>
<p>Les milieux artificiels ne se transformant qu'au prix de luttes nationales et internationales, les événements historiques d'une nation sont ainsi soumis à des relations qui s'établissent entre le milieu artificiel à transformer et la nation, façonnée qu'elle a été par son milieu naturel et ses caractéristiques héréditaires et acquises. Le milieu naturel et le passé historique ont imprimé à chaque nation certaines caractéristiques originales ; il s'ensuit donc que le même mode de production ne produit pas, avec une exactitude mathématique, les mêmes milieux artificiels ou sociaux, et par conséquent n'occasionne pas des événements historiques absolument semblables dans les différentes nations et à tous les moments de l'histoire, puisque la concurrence internationale vitale s'accroît et s'intensifie en proportion de l'accroissement du nombre des nations qui arrivent aux stades supérieurs de la civilisation. L'évolution historique des nations n'est donc pas prédéterminée, pas plus que l'évolution embryonnaire des individus : si elle passe par des organisations semblables de la famille, de la propriété, du droit et de la politique, et par des formes de pensée analogues en philosophie, religion, art, et la littérature, c'est que les nations, quelles que soient leur race et leur habitat géographique, éprouvent dans leur développement des besoins matériels et intellectuels substantiellement semblables et doivent inévitablement recourir, pour la satisfaction de ces besoins, aux mêmes méthodes de production.</p>
<p>Note</p>
<p>1. Le même phénomène s'observe chez les insectes qui ont réussi à se créer un milieu social : la reine des abeilles, qui est la mère de la ruche, ne s'occupe pas de sa progéniture, et tue ses filles pourvues d'organes sexuels, que les ouvriers neutres sont obligés de protéger de sa fureur maternelle. Certaines races de volailles domestiques ont perdu l'instinct de maternité ; bien qu'excellentes pondeuses, elles ne s'assoient jamais.</p></div>
La situation des travailleurs en Mauritanie...
https://matierevolution.org/spip.php?article9166
https://matierevolution.org/spip.php?article91662025-04-22T22:03:00Ztext/htmlfrKarim, Robert ParisOuvriers WorkersprolétairesMauritanie
<p>La situation des travailleurs en Mauritanie <br class='autobr' />
Quand on indique les salaires des travailleurs en Mauritanie, on devrait toujours en retirer les sommes non négligeables qu'il faut payer pour obtenir ce travail, les pourboires qu'il faut donner à ses supérieurs et aux embaucheurs, les détournements divers de salaire camouflés et inofficiels, les sommes à payer aux forces de l'ordre, aux services administratifs et étatiques… La corruption règne à tous les échelons comme une loi des classes (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>,
<a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot207" rel="tag">Mauritanie</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La situation des travailleurs en Mauritanie</h2>
<p>Quand on indique les salaires des travailleurs en Mauritanie, on devrait toujours en retirer les sommes non négligeables qu'il faut payer pour obtenir ce travail, les pourboires qu'il faut donner à ses supérieurs et aux embaucheurs, les détournements divers de salaire camouflés et inofficiels, les sommes à payer aux forces de l'ordre, aux services administratifs et étatiques… La corruption règne à tous les échelons comme une loi des classes possédantes de Mauritanie. Si les salaires sont ainsi diminués, les horaires et charges de travail, eux, sont augmentés selon la volonté de l'employeur.</p>
<p><a href="https://www.asso-sherpa.org/wp-content/uploads/2017/09/Sherpa-La-Corruption-en-Mauritanie_Un-gigantesque-syst%C3%A8me-d%C3%A9vaporation-2017.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.asso-sherpa.org/wp-content/uploads/2017/09/Sherpa-La-Corruption-en-Mauritanie_Un-gigantesque-syst%C3%A8me-d%C3%A9vaporation-2017.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.asso-sherpa.org/corruption-mauritanie-gigantesque-systeme-devaporation-2" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.asso-sherpa.org/corruption-mauritanie-gigantesque-systeme-devaporation-2</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/11/05/en-mauritanie-un-cas-de-corruption-policiere-met-a-mal-la-cooperation-antimigratoire-avec-l-union-europeenne_6377204_3212.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/11/05/en-mauritanie-un-cas-de-corruption-policiere-met-a-mal-la-cooperation-antimigratoire-avec-l-union-europeenne_6377204_3212.html</a></p>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/29/en-mauritanie-la-societe-civile-se-mobilise-contre-les-affaires-de-corruption-qui-eclaboussent-l-ancien-pouvoir_6054111_3212.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/29/en-mauritanie-la-societe-civile-se-mobilise-contre-les-affaires-de-corruption-qui-eclaboussent-l-ancien-pouvoir_6054111_3212.html</a></p>
<p><a href="https://mondafrique.com/economie/la-mauritanie-gangrenee-par-la-corruption/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://mondafrique.com/economie/la-mauritanie-gangrenee-par-la-corruption/</a></p>
<p>L'esclavage et le travail forcé y sont encore mélangés avec le salariat</p>
<p><a href="https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2022/05/mauritania-un-expert-encouraged-progress-says-more-work-needed-fully" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2022/05/mauritania-un-expert-encouraged-progress-says-more-work-needed-fully</a></p>
<p><a href="https://www.equaltimes.org/la-mauritanie-peine-a-eradiquer-l?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.equaltimes.org/la-mauritanie-peine-a-eradiquer-l?lang=fr</a></p>
<p><a href="https://www.justiceinfo.net/fr/81041-esclavage-justice-toujours-enchainee-mauritanie.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.justiceinfo.net/fr/81041-esclavage-justice-toujours-enchainee-mauritanie.html</a></p>
<p><a href="https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Mauritanie-20-population-vit-toujours-esclavage-2018-06-25-1200949985" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.la-croix.com/Monde/Afrique/Mauritanie-20-population-vit-toujours-esclavage-2018-06-25-1200949985</a></p>
<p><a href="https://www.lecalame.info/?q=node/6894" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lecalame.info/?q=node/6894</a></p>
<p>Les Nations Unies font l'éloge du travail en Mauritanie, présenté comme un vrai paradis pour les jeunes !</p>
<p>« Des emplois qui changent des vies » prétendent-ils !</p>
<p><a href="https://unsdg.un.org/fr/latest/stories/jobs-changélives-mauritania-prospects-better-liféarénow-within-reach-many-young" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://unsdg.un.org/fr/latest/stories/jobs-changélives-mauritania-prospects-better-liféarénow-within-reach-many-young</a></p>
<p>Institut Français, Bureau International du Travail et Union européenne reprennent le refrain :</p>
<p><a href="https://institutfrancais-mauritanie.com/des-emplois-qui-changent-des-vies/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://institutfrancais-mauritanie.com/des-emplois-qui-changent-des-vies/</a></p>
<p><a href="https://trust-fund-for-africa.europa.eu/news/des-emplois-qui-changent-des-vies-un-projet-décommunication-entréla-mauritaniéet-leuropé2021-09-24_en" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://trust-fund-for-africa.europa.eu/news/des-emplois-qui-changent-des-vies-un-projet-décommunication-entréla-mauritaniéet-leuropé2021-09-24_en</a></p>
<p> <a href="https://www.ilo.org/fr/resource/construiréla-mauritaniéstructuration-et-plaidoyer-pour-lemploi-decent" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ilo.org/fr/resource/construiréla-mauritaniéstructuration-et-plaidoyer-pour-lemploi-decent</a></p>
<p>Ils prétendent que la Mauritanie est en train de réduire les inégalités !</p>
<p><a href="https://mauritania.un.org/fr/sdgs/10" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://mauritania.un.org/fr/sdgs/10</a></p>
<p>Les salaires des professionnels en Mauritanie</p>
<p><a href="https://www.rivermate.com/fr/guides/mauritanie/salaire" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rivermate.com/fr/guides/mauritanie/salaire</a></p>
<p><a href="https://www.paylab.com/mr/salaires?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.paylab.com/mr/salaires?lang=fr</a></p>
<p>Ils font semblant de se pencher sur les bas salaires…</p>
<p><a href="https://atlasinfo.info/fr/node/4627" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://atlasinfo.info/fr/node/4627</a></p>
<p>Selon les estimations du BIT, la Mauritanie est le 108e pays le plus inégalitaire au monde en termes de salaires</p>
<p><a href="https://www.reports.inequalityindex.org/wp-content/uploads/2021/12/Mauritanie_Profil_Pays_IERI.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.reports.inequalityindex.org/wp-content/uploads/2021/12/Mauritanie_Profil_Pays_IERI.pdf</a></p>
<p>Les travailleurs domestiques au bas l'échelle</p>
<p><a href="https://senalioune.com/mauritaniétravailleurs-domestiques-salaires-démiserérealitéinvisibléoumar-sy/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://senalioune.com/mauritaniétravailleurs-domestiques-salaires-démiserérealitéinvisibléoumar-sy/</a></p>
<p><a href="https://taqadoum.mr/fr/node/9587" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://taqadoum.mr/fr/node/9587</a></p>
<p>Les bas salaires des mineurs</p>
<p><a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20150323-mauritaniégrevémineurs-snim" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rfi.fr/fr/emission/20150323-mauritaniégrevémineurs-snim</a></p>
<p>Les pêcheurs surexploités de Mauritanie alors que la pèche est une des principales ressources du pays</p>
<p><a href="https://archimer.ifremer.fr/doc/00000/4279/3797.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://archimer.ifremer.fr/doc/00000/4279/3797.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.greenpeace.org/africa/fr/communiques-dépresse/13363/greenpeacécondamnélépillagémassif-des-stocks-dépoissons-mauritaniens-essentiels-a-la-securitéalimentaire/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.greenpeace.org/africa/fr/communiques-dépresse/13363/greenpeacécondamnélépillagémassif-des-stocks-dépoissons-mauritaniens-essentiels-a-la-securitéalimentaire/</a></p>
<p><a href="https://www.peches.gov.mr/IMG/pdf/resume_rapport_fiti_2022.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.peches.gov.mr/IMG/pdf/resume_rapport_fiti_2022.pdf</a></p>
<p>https://pechédev.org/spip.php?article546</p>
<p>Le taux de pauvreté, dans le pays, passe de 23,9 % en 2021 à 26,5 % en 2022</p>
<p><a href="https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3508" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse/3508</a></p>
<p>Quand l'économie va bien, ce ne sont pas les travailleurs qui en profitent</p>
<p><a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/584205/economiéentreprises/mauritaniéleconomiérepart-la-precaritépersiste/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.jeuneafrique.com/mag/584205/economiéentreprises/mauritaniéleconomiérepart-la-precaritépersiste/</a></p>
<p>Le confinement covid aencore aggravé les choses pour les travailleurs</p>
<p><a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200510-mauritaniéles-ouvriers-en-difficult%C3%A9-pendant-léconfinement" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200510-mauritaniéles-ouvriers-en-difficult%C3%A9-pendant-léconfinement</a></p>
<p>Le code du travail en Mauritanie</p>
<p><a href="https://www.droit-afrique.com/upload/doc/mauritanie/MauritaniéCodé2004-du-travail-MAJ-2009.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.droit-afrique.com/upload/doc/mauritanie/MauritaniéCodé2004-du-travail-MAJ-2009.pdf</a></p>
<p><a href="http://www.unpm.mr/images/Code_du_travail.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.unpm.mr/images/Code_du_travail.pdf</a></p>
<p>Des travailleurs de Mauritanie en lutte</p>
<p><a href="https://www.business-humanrights.org/fr/derni%C3%A8res-actualit%C3%A9s/gr%C3%A8véillimit%C3%A9édans-unéimportantéminédor-en-mauritaniéles-travailleurs-r%C3%A9clament-lémaintien-davantages-sociaux/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.business-humanrights.org/fr/derni%C3%A8res-actualit%C3%A9s/gr%C3%A8véillimit%C3%A9édans-unéimportantéminédor-en-mauritaniéles-travailleurs-r%C3%A9clament-lémaintien-davantages-sociaux/</a></p>
<p><a href="https://fr.saharamedias.net/leconomiémauritaniennémenaceédéparalysiépar-unégrevéen-perspectivédes-syndicats-professionnels-détransport/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.saharamedias.net/leconomiémauritaniennémenaceédéparalysiépar-unégrevéen-perspectivédes-syndicats-professionnels-détransport/</a></p>
<p><a href="https://www.business-humanrights.org/fr/derni%C3%A8res-actualit%C3%A9s/la-direction-détotal-mauritaniérèC3%A7oit-les-repr%C3%A9sentants-du-personnel-en-gr%C3%A8ve/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.business-humanrights.org/fr/derni%C3%A8res-actualit%C3%A9s/la-direction-détotal-mauritaniérèC3%A7oit-les-repr%C3%A9sentants-du-personnel-en-gr%C3%A8ve/</a></p>
<p><a href="https://www.agenceecofin.com/operateur/1407-99711-mauritaniéles-employes-démoov-mauritel-en-grevéjusqu-au-21-juillet" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.agenceecofin.com/operateur/1407-99711-mauritaniéles-employes-démoov-mauritel-en-grevéjusqu-au-21-juillet</a></p>
<p><a href="https://www.uatci.org/patfr-article/editorial-les-travailleurs-dézoueratéont-unéfois-déplus-montréleur-force/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.uatci.org/patfr-article/editorial-les-travailleurs-dézoueratéont-unéfois-déplus-montréleur-force/</a></p>
<p><a href="https://www.uatci.org/patfr-article/la-grevéa-la-minédor-détasiast-les-travailleurs-ont-fait-plier-la-direction/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.uatci.org/patfr-article/la-grevéa-la-minédor-détasiast-les-travailleurs-ont-fait-plier-la-direction/</a></p>
<p><a href="https://www.afriquesenlutte.org/afriquédu-nord/mauritanié55/article/mauritaniéhaltéa-la-repression" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.afriquesenlutte.org/afriquédu-nord/mauritanié55/article/mauritaniéhaltéa-la-repression</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2667" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2667</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7778" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7778</a></p>
<p>Le peuple travailleur de Mauritanie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7809" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7809</a></p>
<p>Le peuple travailleur, exclus des richesses</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7917" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7917</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7895" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7895</a></p>
<p>Des travailleurs mauritaniens émigrés</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7955" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7955</a></p></div>
Plus que jamais, les enfants travaillent à l'usine.
https://matierevolution.org/spip.php?article9126
https://matierevolution.org/spip.php?article91262025-03-22T23:08:00Ztext/htmlfrRobert ParisOuvriers WorkersReligion
<p>Plus que jamais, les enfants travaillent à l'usine <br class='autobr' />
Birmanie <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=yz03jwrvvhk <br class='autobr' />
Inde <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=n8tz0z9zRjk <br class='autobr' />
Afrique <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=ac2lFGTVLpA <br class='autobr' />
Turquie <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=nwH1K5aj-lI <br class='autobr' />
Ethiopie <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=jzvfhruzf10 <br class='autobr' />
Colombie <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=vCow8isfjNs <br class='autobr' />
Philippines <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=DLwgJ4h8_SY <br class='autobr' />
Italie <br class='autobr' />
htt</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Plus que jamais, les enfants travaillent à l'usine</h2>
<p>Birmanie</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=yz03jwrvvhk" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=yz03jwrvvhk</a></p>
<p>Inde</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=n8tz0z9zRjk" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=n8tz0z9zRjk</a></p>
<p>Afrique</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ac2lFGTVLpA" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=ac2lFGTVLpA</a></p>
<p>Turquie</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=nwH1K5aj-lI" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=nwH1K5aj-lI</a></p>
<p>Ethiopie</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=jzvfhruzf10" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=jzvfhruzf10</a></p>
<p>Colombie</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=vCow8isfjNs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=vCow8isfjNs</a></p>
<p>Philippines</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=DLwgJ4h8_SY" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=DLwgJ4h8_SY</a></p>
<p>Italie</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=D-KIpwI6J80" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=D-KIpwI6J80</a></p>
<p>Portugal</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=QHYCo5GcOZo" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=QHYCo5GcOZo</a></p>
<p>Madagascar</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=NfkzQ_OKiOQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=NfkzQ_OKiOQ</a></p>
<p>Ghana</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l</a>'usine</p>
<p>160 millions d'enfants sont obligés de travailler</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=w8UmoDNU5kA" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=w8UmoDNU5kA</a></p>
<p>La pandémie et le travail forcé des enfants</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l</a>'usine</p>
<p>France</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l</a>'usine</p>
<p>19e siècle</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ll8ngnsam2E" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Ll8ngnsam2E</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Ll8ngnsam2E" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=Ll8ngnsam2E</a></p>
<p>USA</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/results?search_query=enfants+travaillant+à+l</a>'usine</p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3746" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3746</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=wdFG-va1fTs" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=wdFG-va1fTs</a></p>
<h2 class="spip">A tous les Gavroches du monde : entrainez vos parents dans la révolution sociale et renversez le système d'exploitation tout pourri et les Etats capitalistes assassins !</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7862" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7862</a></p></div>
Des écrits pour comprendre le suicide
https://matierevolution.org/spip.php?article8083
https://matierevolution.org/spip.php?article80832024-09-14T22:50:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>UN SUICIDE <br class='autobr' />
O pauvre oiseau blessé, mis à mort par la vie ! <br class='autobr' />
Cœur qui battais trop fort, cœur trop doux et trop fier, <br class='autobr' />
Te voilà replié sous ton aile engourdie <br class='autobr' />
Et tu ne sais plus rien des souffrances d'hier. <br class='autobr' />
Quoi ! la rigidité ! Quoi ! la paix immobile ! <br class='autobr' />
Quoi ! le combat cessé ! Quoi ! la trêve de Dieu ! <br class='autobr' />
O lutteur désarmé de ta force inutile <br class='autobr' />
Et qui te réservais ton dernier coup de feu ! <br class='autobr' />
Qu'attendais-tu du monde et que voulait ton âme ? <br class='autobr' />
Que te disait ta fièvre et qu'as-tu donc (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
<div class='rss_texte'><blockquote class="spip">
<p>UN SUICIDE</p>
<p>O pauvre oiseau blessé, mis à mort par la vie !</p>
<p>Cœur qui battais trop fort, cœur trop doux et trop fier,</p>
<p>Te voilà replié sous ton aile engourdie</p>
<p>Et tu ne sais plus rien des souffrances d'hier.</p>
<p>Quoi ! la rigidité ! Quoi ! la paix immobile !</p>
<p>Quoi ! le combat cessé ! Quoi ! la trêve de Dieu !</p>
<p>O lutteur désarmé de ta force inutile</p>
<p>Et qui te réservais ton dernier coup de feu !</p>
<p>Qu'attendais-tu du monde et que voulait ton âme ?</p>
<p>Que te disait ta fièvre et qu'as-tu donc cru voir</p>
<p>Pour t'être enveloppée en ton secret de femme ?</p>
<p>Silence, larmes, sang, pourpre du désespoir !</p>
<p>Qu'attendais-tu du monde en ton rude courage ?</p>
<p>Quels soleils autrefois t'étaient donc apparus ?</p>
<p>O vous tous qui passez, qu'aucun mépris n'outrage</p>
<p>Ce sanglot ignoré qui ne tressaille plus !</p>
</blockquote><h2 class="spip">Des écrits pour comprendre le suicide</h2>
<p>Karl Marx</p>
<p>Peuchet : Au sujet du suicide</p>
<p>La critique française de la société possède au moins en partie le grand avantage d'avoir mis en évidence les contradictions et la monstruosité de la vie moderne non seulement dans les rapports sociaux de classes particulières mais dans tous les cercles et toutes les structures de l'ensemble des relations sociales actuelles et, cela, avec des descriptions d'une vivacité immédiate, d'une intuition profonde, d'une délicatesse et d'une originalité d'homme du monde qu'on peut vainement chercher chez toute autre nation. Que l'on compare, par exemple, les exposés critiques d'Owen et de Fourier, dans la mesure où ils concernent le mouvement social actuel, pour se faire une idée de cette supériorité des français. Ce n'est pas en France, seulement chez des écrivains véritablement et proprement « socialiste » que l'on doit chercher la description critique des conditions sociales mais chez des écrivains appartenant à toutes les branches de la littérature, notamment de la littérature romanesque et des mémoires. Je vais donner, â l'aide de quelques extraits concernant « Le suicide » pris dans les « mémoires tirés des archives de police etc... par Jacques Peuchet », un exemple de cette critique française qui peut immédiatement montrer jusqu'à quel point peut être fondée l'illusion des bourgeois philanthropes selon laquelle il s'agirait de donner un peu de pain et d'éducation aux prolétaires, que seul le travailleur s'étiolerait seulement à cause de l'état social actuel et, qu'ensuite, le monde existant serait le meilleur des mondes. [1]</p>
<p>Chez J. Peuchet, comme chez beaucoup de vieux praticiens français, presque tous disparus, qui ont connu, depuis 1789, les innombrables illusions, enthousiasmes, constitutions, régimes, défaites et victoires, la critique des rapports de propriété, des rapports familiaux existants et, particulièrement, des rapports privés, en un mot de la vie privée, apparaît comme la conséquence de leurs expériences politiques. J. Peuchet (né en 1760) passa des belles lettres à la médecine, de la médecine à la jurisprudence, de la jurisprudence à l'administration et à la police. Avant l'éruption de la révolution française il travailla avec l'Abbé Morellet à un dictionnaire du commerce dont, seul, le prospectus est paru et, depuis lors, s'occupa de préférence d'économie politique et de l'administration. C'est seulement durant une courte période que Peuchet fut un partisan de la révolution française ; il se tourna très tôt vers le parti royaliste et eut, durant un certain temps, la direction de la Gazette de France et, plus tard, se chargea de la fameuse publication royaliste le « Mercure » de Mollet du Pan. Il se faufila de façon très rusée à travers la révolution française, tantôt poursuivi, tantôt occupé au département de l'administration et de la police. La géographie commerçante (5 volumes, in folio) qu'il publia en 1800 attira sur lui l'attention de Bonaparte, le premier consul ; il fut nommé membre du Conseil du commerce et des arts. Plus tard il occupa, sous le ministère de François de Neufchateau, une place élevée dans l'administration. En 1814 la Restauration le fit censeur. Durant les cent jours il se retira. Lors de la restauration des Bourbons il obtint le poste de conservateur des archives de la préfecture de police de Paris qu'il occupa jusqu'en 1827. Peuchet allait droit au but et en tant qu'écrivain, il ne fut pas sans influencer les orateurs de la Constituante, de la Convention, du Tribunal ainsi que, sous la Restauration, les députés dé la Chambre. Parmi ses nombreuses œ ;uvres, la plupart économiques, la plus connue, en dehors de sa géographie commerçante déjà citée, est sa Statistique de la France (1807).</p>
<p>Peuchet rédigea ses mémoires, dont il rassembla la matière à partir des archives de la police de Paris et à partir de sa longue expérience pratique dans la police et dans l'administration, alors qu'il était vieux, et ne laissa paraître qu'après sa mort de telle sorte qu'on ne peut en aucun cas le compter parmi les socialistes et les communistes "irréfléchis" dont la merveilleuse profondeur et les connaissances universelles se distinguent nettement de la grande médiocrité de notre écrivain, bourgeois fonctionnaire et pratique.</p>
<p>Ecoutons notre conservateur des archives de la préfecture de police au sujet du suicide.</p>
<p> Le chiffre annuel des suicides, en quelque façon normal et périodique parmi nous, ne peut être considéré que comme le symptôme d'un vice constitutif de la société moderne, car à l'époque des disettes et dans les hivers rigoureux, ce symptôme est toujours plus manifeste, de même qu'il prend un caractère épidémique lors des haltes de l'industrie et quand les banqueroutes se succèdent en ricochet. La prostitution et le vol grandissent alors dans la même proportion. En principe, bien que la plus large source du suicide découle principalement de la misère, nous le retrouvons dans toutes les classes, chez les riches désoeuvrés, comme chez les artistes et les hommes politiques. La diversité des causes qui le motivent nous paraît échapper au blâme uniforme et sans charité des moralistes.</p>
<p> Des maladies de consomption ; contre lesquelles la science actuelle est inerte et insuffisante, des amitiés, méconnues, des amours trompés, des ambitions qui se découragent, des douleurs de famille, une émulation étouffée, le dégoût d'une vie monotone, un enthousiasme refoulé sur lui-même, sont très certainement des occasions de suicide pour les natures d'une certaine richesse, et l'amour même de la vie, ressort énergique de la personnalité, conduit fort souvent à se débarrasser d'une existence détestable.</p>
<p> Madame de Staël, qui ressassa beaucoup de lieux communs et les réhabilita quelque temps dans le plus beau style du monde, s'est attachée à démontrer que le suicide est une action contre nature, et que l'on ne saurait le regarder comme un acte de courage ; elle a surtout établi qu'il était plus digne de lutter contre le désespoir que d'y succomber. De semblables raisons affectent peu les âmes que le malheur accable. Sont-elles religieuses, elles spéculent sur un meilleur monde ; ne croient-elles en rien au contraire, elles cherchent le repos du néant. Les tirades philosophiques n'ont aucune valeur à leurs yeux, et sont d'un faible recours dans le chagrin. Il est surtout absurde de prétendre qu'un acte qui se consomme si fréquemment soit un acte contre nature ; le suicide n'est d'aucune manière contre nature, puisque nous en sommes journellement les témoins. Ce qui est contre nature n'arrive pas. Il est au contraire de la nature de notre société d'enfanter beaucoup de suicides ; tandis que les Berbères et les Tartares ne se suicident pas. Toutes les sociétés n'ont donc pas les mêmes produits ; voilà ce qu'il faut se dire pour travailler à la réforme de la nôtre, et la faire gravir un des échelons supérieurs de la destinée du genre humain. Quant au courage, si l'on passe pour en avoir dès que l'on brave la mort en plein jour et sur le champ de bataille, sous l'empire de toutes les excitations réunies, rien ne prouve que l'on en manque nécessairement quand on se donne la mort soi-même et dans les ténèbres. On ne tranche pas une pareille controverse par des insultes contre les morts. [Que le motif qui détermine l'individu à se tuer soit léger ou ne le soit pas, la sensibilité, ne saurait se mesurer chez les hommes sur la même échelle ; on ne peut pas plus conclure à l'égalité des sensations qu'à celle des caractères et des tempéramens ; et tel événement n'excite qu'un sentiment imperceptible chez les uns, qui fait naître une douleur violente chez les autres. Le bonheur ou le malheur ont autant de manières d'être et de se manifester qu'il y a de différences entre les individus et les esprits. Un poète a dit : Ce qui fait ton bonheur deviendrait mon tourment ; Le prix de ta vertu serait mon châtiment.] [2].</p>
<p> Tout ce que l'on a dit contre le suicide tourne dans le même cercle d'idées. On oppose au suicide les décrets de la Providence, [sans nous faire lire ces décrets d'une façon bien claire, puisque, après tout, ceux qui se frappent en doutent. Ce peut être par la faute de ceux qui n'auront pas rendu les termes de ces décrets-là intelligibles et satisfaisans. Le diamant de l'Évangile est lui-même resté dans son argile] On nous parie de nos devoirs envers la société, sans que nos droits sur la société soient à leur tour nettement définis et établis ; et l'on exalte enfin le mérite plus grand mille fois, dit-on, de surmonter la douleur que d'y succomber, ce qui est un aussi triste mérite qu'une triste perspective. Bref, on en fait un acte de lâcheté, An crime contre les lois et l'honneur.</p>
<p> D'où vient que, malgré tant d'anathèmes, l'homme se tue ? C'est que le sang ne coule pas de la même façon dans les veines des gens désespérés que le sang des êtres froids qui se donnent le loisir de débiter tous ces stériles raisonnements.</p>
<p> [Peut-être n'a-t-on pas encore étudié toutes les causes qui président au suicide ; on n'examine pas assez les subversions de l'âme dans ces terribles momens, et quels germes vénéneux de très longues douleurs ont pu développer insensiblement dans le caractère]. L'homme semble un mystère pour l'homme ; on ne sait que blâmer et l'on ignore [3].</p>
<p> A voir combien les institutions sous l'empire desquelles vit l'Europe disposent légèrement du sang et de la vie des peuples, et, aussi, comme la justice Civilisée s'environne d'un riche matériel de prisons, de châtimens, d'instrumens de supplice pour la sanction de ses arrêts incertains ; et le nombre inouï de classes laissées de toutes parts dans la misère ; et les parias sociaux qu'on frappe d'un mépris brutal et préventif pour se dispenser peut-être de les arracher à leur fange ; à voir tout cela, on ne conçoit guère en vertu de quel titre on pourrait ordonner à l'individu de respecter sur lui-même une existence dont nos coutumes, nos préjugés, nos lois et nos mœurs font si généralement bon marché.</p>
<p> [Quel que soit le motif principal et déterminant du suicide, il est certain que son action agit avec une puissance absolue sur sa volonté. Pourquoi donc s'étonner si, jusqu'à présent, tout ce qu'on a dit ou fait pour vaincre cet entraînement aveugle, est resté sans effet, et si les législateurs et les moralistes ont également échoué dans leurs tentatives ? Pour en arriver à comprendre le cœur humain, il faut d'abord avoir la miséricorde et la pitié du Christ].</p>
<p> On a cru pouvoir arrêter les suicides par des peines flétrissantes et par une sorte d'infamie jetée sur la mémoire du coupable. Que dire de l'indignité d'une flétrissure lancée sur des gens qui ne sont plus là pour plaider leur cause ? Les malheureux s'en soucient peu du reste ; et si le suicide accuse quelqu'un vis-à-vis de Dieu, l'accusation plane surtout sur les gens qui restent ; puisque, dans cette foule, pas un n'a mérité que l'on vécût pour lui. Les moyens puérils et atroces qu'on a imaginés ont-ils lutté victorieusement contre les suggestions du désespoir ? Qu'importent à l'être qui veut fuir le monde les injures que le monde promet à son cadavre ! Il ne voit dans l'ignominie de la claie que l'opinion lui prépare qu'une lâcheté de plus de la part des vivans. Qu'est-ce, en effet, qu'une société où l'on trouve la solitude la plus profonde au sein de plusieurs millions d'âmes, où l'on peut être pris d'un désir implacable de se tuer sans que qui que ce soit nous devine ? Cette société-là n'est pas une société ; c'est, comme le dit Jean-Jacques, un désert peuplé des bêtes féroces.</p>
<p> Dans les places que j'ai remplies a l'administration de la police, les suites des suicides étaient en partie dans mes attributions ; j'ai voulu connaître si dans leurs causes déterminantes il ne s'en trouverait pas dont on pût modérer ou prévenir l'effet. J'avais entrepris sur ce sujet important un travail considérable. Sans m'appesantir sur des théories, j'essaierai de présenter des faits [4].</p>
<p> Parmi les causes de désespoir qui font rechercher la mort aux personnes douées d'une grande susceptibilité nerveuse, aux êtres passionnés et mélancoliques, j'ai remarqué, comme fait prédominant, les mauvais traitemens, les injustices, les peines secrètes, que des parens durs et prévenus, des supérieurs irrités et menaçans, font éprouver aux personnes qui sont dans leur dépendance. La révolution n'a pas fait tomber toutes les tyrannies ; les inconvéniens reprochés aux pouvoirs arbitraires subsistent dans les familles ; ils y causent des crises analogues à celles des révolutions. [Est-il sûr, comme on le suppose, que la crainte de voir leurs amis, leurs parents ou leurs domestiques, livrés à l'infamie, et les corps traînés dans la boue, ramènerait ces hommes impitoyables à la prudence, à la modération, à la justice envers leurs inférieurs, et les porterait d prévenir ainsi des meurtres volontaires, commis dans la pensée de se soustraire à leur domination ? Je ne le pense pas ; ce serait, par un double sacrilège, souiller deux cultes à la fois, le culte des vivants et le culte des morts. On ne voit pas jusqu'ici que ce moyen ait atteint le but ; on y a sagement renoncé.</p>
<p> Pour obtenir un bon résultat sur l'esprit des supérieurs envers leurs subordonnés, et principalement sur les parents entre eux, on a pensé que la crainte de se voir atteint par la diffamation et le scandale public serait encore une mesure efficace. Cette mesure ne suffirait pas, et le blâme plein d'amertume qu'on verse à loisir sur le maheureux qui s'est arraché la vie, diminue chez les provocateurs, si même il n'en éteint le sentiment en eux, la honte de tous ces scandales et la conscience d'en avoir été les vrais provocateurs. Le clergé me semble plus irréligieux que la société même lorsqu'il donne la main à de si lâches préjugés par le refus de toute sépulture religieuse]. En somme, les rapports entre les intérêts et les esprits, les véritables relations entre les individus, sont à créer de fond en comble parmi nous ; et le suicide n'est qu'un des mille et un symptômes de cette lutte sociale, toujours, flagrante, dont tant de combattants se retirent parce qu'ils sont las de compter parmi tes victimes et parce qu'ils se révoltent contre la pensée de prendre un grade au milieu des bourreaux [5]. En veut-on quelques exemples ; je vais les extraire des procès-verbaux authentiques.</p>
<p> Dans le mois de juillet 1816, la fille d'un tailleur, domicilié sous les piliers des halles, était promise en mariage a un étalier boucher, jeune homme de bonnes mœurs, économe et laborieux, très épris de sa jolie fiancée, qui le lui rendait bien. La jeune fille était couturière ; elle avait l'estime de tous ceux qui la connaissaient ; et les parents de son futur l'aimaient tendrement. Ces braves gens ne laissaient échapper aucune occasion d'anticiper sur la possession de leur bru ; on imaginait des parties de plaisir dont elle était la reine et l'idole. [L'estime générale ajoutait à l'estime que les fiancés avaient l'un pour l'autre].</p>
<p> L'époque du mariage arrive ; tous les arrangemens sont faits entre les deux familles, et les conventions arrêtées. La veille du jour fixé pour se rendre à la municipalité, la jeune fille et ses parents devaient souper dans la famille du jeune homme ; un léger incident survint. De l'ouvrage à rendre pour une riche maison de leur clientelle retint au logis le tailleur et sa femme ; ils s'excusèrent ; mais la mère de l'étalier s'obstinant, vint chercher sa petite bru qui reçut l'autorisation de la suivre.</p>
<p> Malgré l'absence de deux des principaux convives, le repas fut des plus joyeux. Il se débita beaucoup de ces gaudrioles de famille que la perspective d'une noce autorise. [La belle-mère se voyait déjà marraine d'un gros poupon. On but, on chanta]. L'avenir fut mis sur le tapis. Fort avant dans la nuit, on se trouvait encore à table. Par une tolérance qui s'expliue, les parens du jeune homme, enthousiasmés de leurs enfans et jouissant de leur double tendresse, fermèrent le yeux sur le tacite accord des deux futurs. Les mains se cherchaient ; le feu se mettait aux poudres. L'amour et la familiarité leur montaient la tête. Après tout, l'on regardait le mariage comme fait ; et ces pauvres jeunes gens se fréquentaient depuis longtemps sans que l'on eût le plus léger reproche à leur adresser ? Jamais les plaisirs d'un bon mariage n'avaient été analysés plus vivement. L'attendrissement du père et de la mère du fiancé, à qui ce couple d'amoureux rappelait des souvenirs de jeunesse, l'heure avancée, des désirs mutuels et déprisonnés par la tolérance de leurs mentors, la gaieté sans gêne qui règne toujours dans de semblables repas, tout cela réuni, et l'occasion qui s'offrait en souriant, et le vin qui pétillait dans les cerveaux, tout favorisait un dénouement qui se devine. Les amoureux se retrouvèrent dans l'ombre, lorsque l'on eut éteint les lumières. On fit semblant de n'y rien comprendre, de ne pas s'en douter. Leur bonheur n'avait là que des amis et pas d'envieux. [Le fond prit un instant le pas sur la forme, et ce plaisir à demi dérobé ne dut en être que plus doux].</p>
<p> La jeune fille ne retourna chez ses parens que le lendemain matin. Ce qui prouve combien elle se croyait peu coupable, c'est qu'elle y revint seule. [Son tort était grand sans doute, n'eût-elle considéré que l'inquiétude des siens grâce au prolongement d'absence ; mais si jamais la bonté, l'indulgence, la prudence, la retenue, furent imposées à des parens envers un enfant, ce devait être dans une circonstance pareille, puisque tout s'apprêtait pour légitimer l'escapade amoureuse. De plus coupables ont été plus heureux].</p>
<p> La petite se glissa dans sa chambre et dépêcha sa toilette ; mais ses parens l'eurent à peine aperçue, que, dans un accès de colère dont on ne put les détourner, ils prodiguèrent à leur fille, avec acharnement, tous les noms, toutes les épithètes dont on peut se servir pour vouer l'imprudence au déshonneur. Le voisinage en fut témoin, le scandale n'eut pas de bornes. Jugez de la secousse dans une âme qui se sentait vierge par sa pudeur et par le mystère que l'on outrageait. Vainement l'enfant éperdue représentait à ses parens qu'ils la livraient eux-mêmes à la diffamation, qu'elle avouait son tort, sa folie, sa désobéissance ; mais que tout allait être réparé. Ses raisons et sa douleur ne désarmèrent pas leur furie. Compères et commères accoururent à l'éclat, et firent chorus [6]. Le sentiment de la honte qui résultait de cette scène affreuse fit prendre à l'enfant la résolution de s'ôter la vie ; elle descendit, d'un pas rapide, à travers les malédictions, et courut, l'égarement dans les yeux, se précipiter à la rivière ; les mariniers ne la retirèrent de l'eau que morte, et parée de ses ornemens de noces. Comme de raison, ceux qui s'étaient d'abord mis contre la fille, se tournèrent aussitôt contre les parens : cette catastrophe épouvantait leurs âmes [7]</p>
<p> Peu de jours après, les parens vinrent réclamer à la police une chaîne d'or, que l'enfant portait à son cou, et que le père de son futur lui avait donnée, une montre d'argent doré, des boucles d'oreilles et une bague garnie d'une petite émeraude, tous objets qui avaient été déposés dans les bureaux, comme on le pense bien.</p>
<p> Je ne manquai pas de reprocher avec force à ces gens leur imprudence et leur barbarie. Dire à ces forcenés qu'ils en rendraient compte devant Dieu, vu leurs préjugés étroits, et le manque de religion qui règne dans les basses classes mercantiles, ç'aurait été leur faire trop peu d'impression ; la cupidité les attirait, plus que le désir de posséder deux ou trois reliques ; je crus pouvoir les punir par là. Ils réclamaient les bijoux de la jeune fille ; je les leur refusai ; je gardai les certificats dont ils avaient besoin pour retirer ces effets de la caisse où, suivant l'usage, on les avait déposés. Tant que je fus à ce poste, ils eurent tort dans leurs réclamations, et je pris plaisir à braver leurs injures. Ce n'est que depuis ma sortie qu'ils en ont obtenu la remise.</p>
<p> La même année, un jeune créole, d'une figure charmante, appartenant à l'une des plus riches familles de la Martinique, se présenta dans mon bureau, et dès que nous fûmes seuls, me fit la révélation d'une de ces plaies qui laissent d'incurables ulcères au foyer de la vie privée. Il venait s'opposer formellement à la remise du cadavre d'une jeune femme, sa belle-sœur, que le mari, propre frère du créole, réclamait depuis la veille. Cette femme s'était noyée. Ce genre de mort volontaire est le plus fréquent. Les préposés à la fouille de la rivière avaient retrouvé le corps non loin de la grève d'Argenteuil. Par un de ces instincts réfléchis dé pudeur qui domine les femmes, jusque dans l'aveuglement du désespoir, la triste victime avait noué soigneusement la frange de sa robe autour de ses pieds. Cette précaution pudique prouvait le suicide jusqu'à l'évidence. À peine était-elle défigurée lorsque les mariniers la transportèrent à la Morgue. Sa beauté, sa jeunesse, la richesse de ses vêtemens, prétaient à mille conjectures sur la cause première de cette catastrophe. L'affliction du mari, qui la reconnut le premier, passait d'ailleurs les bornes ; il ne comprenait pas le premier mot de ce malheur, du moins me l'avait-on dit ; je n'avais pas encore vu cet homme. Je représentai au créole que nul ne pouvait prévaloir contre les droits et la réclamation du mari qui faisait en ce moment élever un magnifique tombeau de marbre pour ensevelir les restes inanimés de sa femme. « Après l'avoir tuée, le monstre ! » criait le créole en se promenant avec agitation.</p>
<p> À la chaleur du désespoir de ce jeune homme, à ses supplications pour que j'obtempérasse à ses voeux, à ses larmes, je crus reconnaître des symptômes d'amour, et je le lui dis. Il me l'avoua ; mais en me jurant, avec les attestations les plus vives, que sa belle-sœur n'en avait jamais rien su. Seulement, pour mettre à l'abri la réputation de sa belle-sœur que ce meurtre volontaire pouvait faire accuser d'une intrigue par l'opinion publique toujours prompte à noircir le chagrin, il prétendait produire à la lumière les barbaries de son frère, fallût-il s'asseoir pour cela lui-même sur la sellette d'un tribunal. Il me suppliait de le guider dans cette affaire. À travers le décousu de sa révélation emportée, voici ce que je recueillis. M. de M..., frère de ce créole, homme à bonnes fortunes, avec des goûts d'artiste aimant le luxe et la vie de représentation, s'était uni depuis moins d'un an à cette jeune femme, sous les auspices d'une inclination réciproque ; ils formaient le plus beau couple que l'on pût voir. Après le mariage, un vice de sang, venu de famille peut-être, s'était déclaré tout à coup et violemment dans la constitution du nouvel époux. Cet homme, si fier d'un beau physique, d'une tournure élégante, et d'une perfection de formes qui semblaient ne pas lui permettre de craindre des rivaux autour de lui, travaillé tout à coup par un mal inconnu contre les ravages duquel la science avait échoué, s'était misérablement transformé des pieds à la tête. Il avait perdu ses cheveux ; sa colonne vertébrale s'était déviée ; de jour en jour, la maigreur et les rides le métamorphosaient a vue d'oeil ; pour les autres, du moins ! car son amour-propre essayait de se soustraire à l'évidence. Mais ceci ne l'alitait pas ; une vigueur de fer semblait triompher des atteintes de ce mal ! il se survivait vigoureusement dans ses propres débris. Le corps tombait en ruines et l'âme restait debout. II continuait de donner des fêtes, de présider à des parties de chasse, et de mener le riche et fastueux train de vie qui paraissait la loi de son caractère et de sa nature. Cependant, les avanies, les quolibets, les mots plaisans des écoliers et des gamins lorsqu'il se promenait à cheval dans les promenades, des sourires désobligeans et moqueurs, d'officieux avertissements d'amis sur les nombreux ridicules qu'il se donnait par l'obstination de ses manières galantes auprès des femmes dont il devenait le plastron, dissipèrent enfin son illusion et le mirent sur ses gardes vis-à-vis de lui-même. Dès qu'il s'avoua sa laideur et sa difformité, dès qu'il en eut la conscience, son caractère s'aigrit, des pusillanimités lui vinrent. Il parut moins empressé de conduire sa femme aux soirées, aux bals, aux concerts ; il se réfugia dans sa demeure, à la campagne ; supprima les invitations, élimina des gens sous mille prétextes ; et les politesses de ses amis envers sa femme, tolérées par lui tant que l'orgueil lui donnait la certitude de sa supériorité, le rendirent jaloux, soupçonneux, violent. Il voyait dans tous ceux qui persévéraient à le fréquenter le parti pris de faire capituler le cœur de celle qui lui restait comme son dernier orgueil et sa dernière consolation. Vers ce temps, le créole arriva de la Martinique pour des affaires dont la réinstallation des Bourbons sur le trône de France semblait devoir favoriser la réussite. Sa belle-soeur lui fit un excellent accueil ; et, dans le naufrage des relations sans nombre qu'elle avait contractées, mais qu'il fallut voir s'engloutir, le nouveau venu conserva les avantages que son titre de frère lui donnait tout naturellement auprès de M. de M... Notre créole prévit la solitude qui se formerait autour de ce ménage, tant par les querelles directes que son frère eut avec plusieurs amis, que par mille procédés indirects pour en venir à chasser et à décourager les visiteurs. Sans trop se rendre compte de l'impulsion amoureuse qui le rendait exclusif lui-même, le créole approuva ces idées de retraite, et les favorisa même de ses conseils. M. de M.... taillant dans le vif, finit par se retirer tout à fait dans une jolie maison de Passy, qui devint en peu de temps un désert.</p>
<p> La jalousie s'alimente des moindres choses. Quand elle ne sait à quoi se prendre, elle se consume et s'ingénie ; tout sert d'aliment. Peut-être la jeune femme regrettait-elle les plaisirs de son âge. Des murs interceptèrent la vue des habitations voisines ; les persiennes furent fermées du matin au soir. M. de M.... rôdait avec des armes pendant la nuit, et faisait sa ronde avec des chiens. Il s'imaginait apercevoir des traces sur le sable, et créait des suppositions étranges à propos d'une échelle changée de place par le jardinier. Le jardinier lui-même, ivrogne presque sexagénaire, fut mis à la porte : L'esprit d'exclusion n'a pas de frein dans ses outrages, il va jusqu'à l'imbécillité. Le frère, innocent complice de tout cela, comprit enfin qu'il travaillait au malheur de la jeune femme, qui, de jour en jour surveillée, insultée, privée de tout ce qui pouvait distraire une imagination riche et heureuse, devint chagrine et mélancolique autant qu'elle avait été franche et rieuse. Elle pleurait et cachait ses larmes, mais la trace en était assez visible. Un remords vint au créole. Résolu de s'expliquer naïvement avec sa belle-sœur, et de réparer une faute à laquelle un sentiment furtif d'amour donnait assurément naissance, il se glissa de bon matin sous un bosquet où de temps en temps la captive allait prendre l'air et cultiver des fleurs. En usant de cette liberté si restreinte, elle se savait, il faut le croire, sous l'oeil de son jaloux ; car, à l'aspect de son beau-frère, qui se trouvait pour la première fois et à l'improviste en tête-à-tête avec elle, la jeune femme montra la plus grande alarme. Elle joignit les mains :</p>
<p> Eloignez-vous, au nom du ciel ! lui dit-elle avec terreur ; éloignez-vous !</p>
<p> Et, de fait, le beau-frère eut à peine le temps de se cacher dans une serre, que M. de M... survint. Le créole entendit des éclats, il voulut écouter ; le battement de son coeur l'empêcha de saisir le plus léger mot d'une explication que cette fuite, si le mari la découvrait, pouvait rendre plus déplorable encore. Cet incident aiguillonna le beau-frère ; il y vit la nécessité d'être dès ce jour le protecteur d'une victime. Il s'efforça de sacrifier toute arrière-pensée d'amour, dans la résolution de se dévouer pour sa belle-sœur. L'amour peut aller jusqu'au renoncement le plus absolu, sans abdiquer néanmoins son droit de protectorat car ce dernier renoncement serait d'un lâche. Il continua de voir son frère, prêt à lui parler franchement, à s'avouer, à lui dire tout. M. de M.... n'avait pas encore de soupçons de ce côté ; mais cette persistance de son frère en fit naître. Sans lire trop clairement dans les causes de cet intérêt, M. de M.... s'en méfia, prévoyant ce que l'intérêt pourrait devenir. Le créole comprit bientôt que son frère n'était pas toujours absent, comme il le prétendait après coup, toutes les fois que l'on venait inutilement sonner à la porte de la maison dé Passy. Un ouvrier serrurier fit les clefs que l'on voulut sur le modèle de celles que son bourgeois avait déjà forgées pour M. de M... Le créole ne s'effrayait pas des chiens de garde : les chiens le connaissaient. Après un éloignement de dix jours, rouerie assez habile de l'époux, le créole, exaspéré par la crainte, et se mettant lui-même des chimères dans l'esprit, pénétra de nuit dans l'enclos, franchit une grillé placée devant la cour principale, atteignit les toits au moyen d'une échelle, et se glissa le long des plombs jusque sous la fenêtre d'un grenier qui lui permit d'arriver près de la chambre à coucher de son beau-frère. Des exclamations violentes lui donnèrent la facilité d'arriver contre une porte vitrée. Ce qu'il vit le navra. La clarté d'une lampe éclairait l'alcôve. Sous les rideaux, les cheveux en désordre et la figure pourpre de rage, M. de M... à demi-nu, agenouillé près de sa femme et sur le lit même dont elle n'osait sortir, quoiqu'en se dérobant à demi, l'accablait des reproches les plus sanglans, et semblait un tigre prêt à la mettre en pièces.</p>
<p> - Oui ! lui disait-il, je suis hideux, je suis un monstre, et je ne le sais que trop ; je te fais peur. Tu voudrais qu'on te débarrassât de moi, qu'on te délivrât de ma vue. Tu désires l'instant qui te rendra libre. Et ne me dis pas le contraire ; je devine ta pensée dans ton effroi, dans ta répugnance, dans tes larmes. Tu rougis des indignes sourires que j'excite, et je te révolte ! Tu comptes sans doute une par une les minutes qui doivent s'écouler jusqu'à ce que je ne t'obsède plus de mes infirmités et de ma présence. Tiens ! il me prend des désirs affreux, des rages de te défigurer, de te rendre semblable à moi, pour que tu ne puisses conserver l'espoir de te consoler avec tes amans du malheur de m'avoir connu. Je briserai toutes les glaces de cette maison, pour qu'elles ne me reprochent pas un contraste, pour qu'elles cessent d'alimenter ton orgueil. Ne faudrait-il pas te mener ou te laisser aller dans le monde, pour voir chacun t'encourager à me haïr ? Non, non ! tu ne sortiras d'ici qu'après m'avoir tué. Tue-moi ! Préviens ce que je suis tenté de faire tous les jours. Tue-moi !</p>
<p> Et le forcené se roulait sur le lit avec des cris, avec des grincemens, de l'écume aux lèvres et mille symptômes de frénésie, avec des coups qu'il se portait lui-même dans sa fureur, près de cette femme éperdue qui lui prodiguait les caresses les plus tendres et les supplications les plus pathétiques. Enfin elle le dompta. La miséricorde avait sans doute remplacé l'amour ; mais ce n'était pas assez pour cet homme devenu si repoussant, et dont les passions avaient encore tant d'énergie. Un long abattement fut la suite de cette scène qui pétrifia le créole. Il frémit, et ne sut à qui s'adresser pour soustraire la malheureuse à ce supplice. Cette scène, évidemment, devait se renouveler tous les jours ; car, dans les spasmes qui la suivirent, madame de M.... recourut à des fioles préparées par elle, à dessein de rendre un peu de calme à son bourreau. Le créole, à Paris, représentait à lui seul, pour le moment, la famille de M. de M.... ; peut-être deviendrait-il dangereux de risquer une démarche. C'est dans ce cas surtout que l'on pourrait maudire la lenteur des formes juridiques et l'insouciance des lois que rien ne ferait sortir de leurs allures compassées, parce qu'après tout, il ne s'agissait que d'une femme, l'être que le législateur entoure le moins de garanties. Une lettre de cachet, une mesure arbitraire auraient seules prévenu des malheurs que le témoin de ces rages prévoyait trop. I1 se résolut pourtant à risquer le tout pour le tout, sauf à prendre les suites à son compte, sa fortune le mettant à même de faire d'énormes sacrifices, et de ne pas craindre la responsabilité de toutes les audaces. Déjà des médecins de ses amis, déterminés comme lui-même, préparaient une irruption dans la maison de M. de M.... pour constater ces momens de délire et séparer de vive force les deux époux, lorsque l'événement du suicide, en éclatant, justifia des prévisions tardives et trancha la difficulté.</p>
<p> Certes, pour quiconque ne borne pas tout l'esprit des mots à leur lettre, ce suicide était un assassinat ; mais il était aussi le résultat d'un vertige extraordinaire de jalousie [8] ; et le malheureux mari, qui survécut fort peu de temps à sa femme, échappait à l'accusation de son frère autant à la faveur des termes exprès de notre législation que par l'exagération même du penchant qui le rendait coupable. On juge bien que cette affaire n'eut pas d'autres suites, et que je parvins, sinon à rendre la paix au créole, du moins à l'empêcher de faire un éclat inutile et dangereux. Dangereux surtout pour la mémoire de celle qu'il aimait, car les désœuvrés auraient accusé la victime d'une liaison adultère avec le frère de son mari. Le cadavre fut remis à M. de M...., dont la douleur occupa la capitale par une scène déchirante au cimetière Montmartre, lorsque le prêtre jeta la dernière pelletée de cendre sur le cercueil. J'en fus témoin, et le reproche expira sur mes lèvres. Personne ne sut, sinon le frère et moi, la vérité de cette triste affaire, et le coupable même, trop amoureux de sa victime pour lire dans son propre cœur, semblait l'ignorer comme tout le monde. J'entendis murmurer autour de moi des ignominies sur ce suicide, et je les méprisai. On rougit de l'opinion publique lorsqu'on la voit de près, avec ses lâches acharnemens et ses sales conjectures]. ,</p>
<p> Peu de semaines au reste s'écoulaient sans m'apporter des révélations de ce genre.</p>
<p> Dans la même année j'enregistrai des conventions amoureuses, causées par les refus de parens, terminées par un double coup de pistolet.</p>
<p> Je notai pareillement des suicides d'hommes du monde, réduits à l'impuissance à la fleur de l'âge, et que l'abus des plaisirs avait plongés dans une insurmontable mélancolie.</p>
<p> Beaucoup de gens mettent fin à leurs jours sous l'empire de cette obsession que la médecine, après les avoir inutilement tourmentés par des prescriptions ruineuses, est impuissante à les délivrer de leurs maux.</p>
<p> On ferait un curieux recueil, aussi, des citations d'auteurs célèbres et des pièces de vers écrites par les désespérés qui se piquent d'un certain faste dans les préparatifs de leur mort. Pendant le moment d'étrange sang-froid qui succède à la résolution de mourir, une sorte d'inspiration contagieuse s'exhale de ces âmes et déborde sur le papier, même au sein des classes les plus dépourvues d'éducation. En se recueillant devant le sacrifice dont elles sondent la profondeur, toute leur puissance se résume pour s'épancher dans une expression chaude et caractéristique.</p>
<p> Quelques-unes des pièces de vers qui sont enfouies dans les archives sont des chefs-d'oeuvre. Un lourd bourgeois qui met son âme dans le trafic et son Dieu dans le commerce, peut trouver tout cela très romanesque, et réfuter par ses ricanements des douleurs dont il n'a pas l'intelligence : son dédain ne nous étonne pas [9]. Mais que dire des bonnes gens qui font les dévots, et qui répètent ces grossièretés ?... Sans doute, il est d'une haute importance que les pauvres diables supportent la vie, ne fût-ce que dans l'intérêt des classes privilégiées de ce monde que le suicide universel de la canaille ruinerait ; mais n'y aurait-il pas d'autre moyen de faire supporter l'existence à cette canaille que les avanies, les ricanements et les belles paroles ? D'ailleurs il doit exister quelque noblesse d'âme dans ces sortes de gueux qui, décidés qu'ils sont à la mort, se frappent sans chercher d'autres ressources, et ne prennent pas le chemin du suicide par le détour de l'échafaud [10]. Il. est vrai que, dans les époques d'incrédulité, ces suicides généreux de la misère tendent à devenir de plus en plus rares ; l'hostilité se dessine, et le misérable court franchement les chances du vol et de l'assassinat. On obtient plus facilement la peine capitale que de l'ouvrage.</p>
<p> Je n'ai remarqué dans la fouille des archives de la police qu'un seul symptôme de lâcheté bien manifeste sur la liste des suicides. Il s'agissait d'un jeune Américain, Wilfrid Ramsay, qui se donna la mort pour ne pas se battre en duel. [Il avait été souffleté par un garde-du-corps dans un bal public. Sa justification fut donnée par un quaker dans une feuille du temps que j'avais gardée et que je ne retrouve pas. Son défenseur l'accusait encore, et lui reprochait de ne pas avoir su porter noblement le poids de cet affront].</p>
<p> La classification des diverses causes de suicides serait la classification même des vices de la, société. [Mon dessein n'est pas de me livrer à cette analyse difficile, que le législateur doit aborder pourtant s'il veut extirper souverainement de notre sol les germes de dissolution où notre génération croît et dépérit comme au sein d'une ivraie qui la ronge.] On s'est tué pour la spoliation d'une découverte par des intrigants, à l'occasion de laquelle l'inventeur, plongé dans la plus affreuse détresse par suite des recherches savantes auxquelles il avait dû se livrer, ne pouvait même prendre un brevet. On s'est tué pour éviter les frais énormes et l'humiliation des poursuites dans les embarras pécuniaires, si fréquents, du reste, que les hommes chargés de la régie des intérêts généraux ne s'en inquiètent pas le moins du monde. On s'est tué faute de pouvoir se procurer du travail, après avoir longtemps gémi sous les avanies et l'avarice de ceux qui en sont, au milieu de nous, les distributeurs arbitraires. [La législation, providence sociale et secondaire, doit un compte de sang à Dieu, son premier législateur et le nôtre, de tout ce qui avorte dans les misères du corps, dans les souffrances de l'âme, dans les élans de l'esprit. On ne peut pas se trouver quitte envers les vivants par des insultes sur les tombeaux.] [11]</p>
<p> Un médecin vint me consulter un jour sur une mort, dont je lui conseillai (ce qu'il fit) de laisser les causes dans l'ombre, quoiqu'il jugeât nécessaire de soumettre la question qu'une mort pareille soulève trop souvent à l'examen des hommes de cœur et de tête. Il s'en accusait, et je laisse aux consciences délicates à déterminer si cet homme était réellement coupable. Ses scrupules m'occupèrent et m'en donnèrent.</p>
<p> Un soir, à Belleville, où il demeurait, en rentrant par une petite ruelle au fond de laquelle était sa porte, il fut arrêté dans l'ombre par une femme enveloppée dont il ne vit pas la figure, et qui le supplia d'une voix tremblante de l'écouter. À quelque distance, une personne dont il ne discerna pas davantage les traits, se promenait de long en large. Il comprit qu'un cavalier protégeait la démarche de cette dame.</p>
<p> - Monsieur, lui dit-elle, je suis enceinte, et si cela se découvre je suis déshonorée. Ma famille, l'opinion du monde, les gens d'honneur ne me le pardonneront pas. La femme dont j'ai trompé la confiance et l'estime en deviendrait folle, et romprait infailliblement avec son mari. Je ne plaide pas ma cause. Je suis au milieu d'un scandale que ma mort seule empêcherait d'éclater. Je voulais me tuer, on veut que je vive. On m'a dit que vous étiez pitoyable, et cela même m'a persuadé que vous ne seriez pas le complice d'un assassinat sur un enfant, quoique cet enfant ne soit pas encore au monde. Vous voyez qu'il s'agit d'un avortement. Je ne m'abaisserai pas jusqu'à la prière, jusqu'à déguiser ce qui me semble le plus abominable des crimes. J'ai cédé seulement à des supplications en me présentant à vous, car je saurai mourir. J'appelle la mort, et pour cela je n'ai besoin de personne. On fait semblant de se plaire à arroser un jardin ; on met pour cela des sabots ; on choisit un endroit glissant où l'on va puiser tous les jours, on s'arrange pour disparaître dans le bassin de la source ; et les gens disent que c'est un malheur. J'ai tout prévu, monsieur. Je voudrais que ce fût demain, j'irais de tout mon cœur. Tout est préparé pour qu'il en soit ainsi. On m'a dit de vous le dire, je vous le dis. C'est à vous de décider s'il y aura deux meurtres ou s'il n'y en aura qu'un. Puisque l'on a obtenu de ma lâcheté le serment que je me soumettrais sans réserve à ce que vous décideriez, prononcez !</p>
<p> « Cette alternative, continua le docteur, m'effraya. La voix de cette femme avait un timbre pur et harmonieux ; sa main que je tenais dans la mienne, était fine et délicate. Son désespoir franc et résolu dénotait une âme distinguée. Mais il s'agissait d'un point sur lequel en effet je me sentais frémir ; quoique dans mille cas, dans les accouchemens difficiles, par exemple, quand la question chirurgicale se complique entre le salut de la mère et celui de l'enfant, la politique ou l'humanité tranchent sans scrupule à leur gré sur ces graves questions.</p>
<p> « - Fuyez à l'étranger, lui dis-je.</p>
<p> « - Impossible, me dit-elle d'un ton bref ; il n'y faut pas songer.</p>
<p> « - Prenez des précautions habiles.</p>
<p> « - Je n'en puis prendre ; je dors dans la même alcôve que la femme dont j'ai trahi l'amitié.</p>
<p> « - Vous êtes sa parente ?</p>
<p> « -Je ne dois plus vous répondre.</p>
<p> « J'aurais donné le plus pur de mon sang pour éviter à cette femme le suicide ou le crime, ou pour qu'elle pût sortir de ce conflit sans avoir besoin de moi. Je m'accusais de barbarie en reculant devant la complicité d'un meurtre. La lutte fut affreuse. Puis un démon me suggéra qu'on ne se tuait pas pour vouloir mourir ; qu'en ôtant aux gens compromis la puissance de faire le mal, on les forçait à se résigner à leurs fautes. Je devinais du luxe dans les broderies qui se jouaient sous ses doigts, et les ressources qu'offre la fortune dans la diction élégante de son discours. On croit devoir moins de pitié aux riches ; ma conscience se révoltait contre l'idée d'une séduction récompensée au poids de l'or, quoiqu'on n'eût pas touché ce chapitre, te qui était une délicatesse de plus et la preuve qu'on estimait mon vrai caractère. Je refusai ; mais le refus une fois parti, j'aurais voulu pouvoir le reprendre. La femme s'éloigna rapidement. L'incertitude s'empara de moi et me retint en balance. Le bruit d'un cabriolet m'apprit que je ne pouvais réparer ce que je venais de faire.</p>
<p> « Quinze jours après, les papiers publics m'apportaient la solution de cet effroyable doute. La jeune nièce d'un banquier de Paris, âgée tout au plus de dix-huit ans, pupille chérie de sa tante, qui ne la perdait pas de vue depuis la mort de sa mère, s'était laissée glisser dans une source de la propriété de ses tuteurs, à Villemomble. Ses tuteurs furent inconsolables ; la qualité d'oncle excusa sans doute les larmes amères de 'son séducteur. Mais, moi, j'avais tué la mère en voulant épargner l'enfant ».</p>
<p> Faute de mieux, on le voit, le suicide est le recours suprême contre les maux de la vie privée.</p>
<p> [Citerai-je maintenant le trait de cet enfant, enfermé, par la colère de son père, dans un grenier, et qui se laissa choir d'un cinquième au milieu de ses proches, dans un accès de colère frénétique ? Citerai-je encore ces malheureux qui, chaque année, s'asphyxient avec leurs enfants pour échapper aux avanies de la misère ? Je quitte ce chapitre attristant où le mal qui ronge toutes les classes de la société se met trop énergiquement en relief. Il faut avoir raison avec sobriété.]</p>
<p> Parmi les causes des suicides, j'ai compté fort souvent les destitutions de places, les refus de travaux, l'abaissement subit des salaires, par suite de quoi des familles se trouvaient au-dessous des nécessités de leur entretien, d'autant que la plupart vivent au jour le jour, et qu'en général peu de gens sont au niveau de leur revenu.</p>
<p> À l'époque où, dans la maison du roi, l'on réforma les gardes de la prévôté de l'Hôtel, un brave homme fut supprimé, comme tout le reste, et sans plus de cérémonies. Les gouvernemens `représentatifs n'y regardent pas de si près ; on taille en grand dans les économies, tant pis pour les événemens de détail. Son âge et son peu de protection ne lui permirent pas de se replacer dans le militaire ; l'industrie était fermée à son ignorance. Il essaya d'entrer dans l'administration civile ; les prétendans, nombreux là comme ailleurs, lui fermèrent cette voie. Il prit un chagrin noir et se suicida. On trouva sur lui une lettre et des renseignemens. Sa femme était une pauvre couturière ; ses deux filles, âgées de seize à dix-huit ans, travaillaient avec elle. Tarnau disait « que, ne pouvant plus être utile à sa famille, et qu'obligé de vivre à la charge de sa femme et de ses enfants, vivant à peine du travail de leurs mains, il avait cru devoir s'ôter la vie pour les soulager de ce surcroît de fardeau ; qu'il recommandait ses enfants à madame la duchesse d'Angoulême ; qu'il espérait de la bonté de cette princesse qu'on aurait pitié de tant de misère ». Je fis un rapport à M. le préfet de police Anglès. [On remit une note au vicomte de Montmorency, chevalier d'honneur de Son Altesse Royale ; Madame donna des ordres pour qu'une somme de 600 francs fut remise à la famille du malheureux Tarnau. M. Bastien Beaupré, commissaire de police du quartier, fut chargé de la remise de ce bienfait.]</p>
<p> Triste ressource sans doute, après une semblable perte ; mais comment exiger que la famille royale se charge de tous les malheureux, lorsque tout compte fait, la France, telle qu'elle est, ne pourrait les nourrir. La charité des riches n'e suffirait pas, quand même toute notre nation serait religieuse, ce qui est loin d'être. Le suicide lève le plus fort de la difficulté ; l'échafaud, le reste. C'est à la refonte de notre système général d'agriculture et d'industrie qu'il faut demander des revenus et des richesses. On peut facilement proclamer, sur le parchemin, des constitutions, le droit de chaque citoyen à l'éducation, au travail, et surtout au minimum de subsistances. Mais ce n'est pas tout que d'écrire ces souhaits généreux sur le papier, il reste à féconder ces vues libérales sur notre sol par des institutions matérielles et intelligentes. La discipline païenne a jeté des créations magnifiques sur la terre ; la liberté moderne, cette fille du Christ, sera-t-elle au-dessous de sa rivale ? Qui donc viendra souder ensemble ces deux magnifiques éléments de puissance ?...</p>
<p> C'est presque toujours avec un ton railleur d'incrédulité que l'on repousse les pronostics indiscrets sortis de la bouche du désespoir. On les taxe d'abord de banalités vaines ; le suicide devant être, suivant l'opinion assez leste de ceux qui ne veulent pas qu'on les en occupe, du nombre de ces choses que l'on fait et dont on ne se vante point. En général, l'expression du malheur des autres nous importune. A celui qui se plaint de ses douleurs, on répond : - Croyez-vous donc que nous n'avons pas les nôtres ?... Et l'on s'imagine avoir mis un baume suffisant sur sa plaie. On se dispense du reste.</p>
<p> S'il est juste de dire que tous les gens qui ont parlé de se mettre à mort se sont pour la plupart résignés à vivre, toujours est-il que ce symptôme n'a jamais fait défaut au chagrin de ceux qui prirent une détermination plus en rapport avec leurs paroles. Ainsi, nourrissez dans l'âme un chagrin secret, on ne vous devinera pas ; mais que le secret vous en échappe, on sourira de ce que vous aurez dit. Voilà votre alternative. Cherchez ou ne cherchez pas de recours, c'est tout comme.</p>
<p> Le désespoir se trouve donc parmi nous repoussé de la cécité à l'incrédulité, double résultat de l'isolement des familles et de l'insouciance inévitable des mœurs ; et c'est entre ces deux écueils que l'on se tue. Il va bien à la société de déblatérer après cela sur ses victimes !... (p. 150-151).</p>
<p> « L'esprit de propriété nous rend tigres. » (p. 154)<br class='autobr' /> « Mais, d'après cette fidèle analyse des tortures d'un malheureux couple qui vécut de divorce et divorça par un suicide, que penser des jugeurs qui s'agenouillent sur une tombe pour graver sur l'épitaphe, avec de fausses larmes, une injure contre la morte, une calomnie contre les vivants !... L'opinion est trop fractionnée par l'isolement des moeurs, trop ignorante, pour avoir dans nos consciences l'autorité d'un tribunal équitable. Entre la version qui purifie et la version qui injurie, l'opinion prendra plus communément la plus accusatrice, à la manière des procureurs du roi et des magistrats. On ne doit, d'après elle, traîner qui que ce soit sur la claie [12] ». (p. 167)</p>
<p>Notes de J. Camatte</p>
<p>[1] « J'ai utilisé le texte allemand – Peuchet : vom Selbstmord - paru dans le volume 4 de la MEGA (œuvres complètes de K. Marx et F. Engels), reprise du texte paru en janvier 1846 dans la revue de Moses Hess Geselleschaftspiegel. J'ai confronté avec le texte en français de J. Peuchet qui est constitué par le chapitre LVIII (pp. 117-181), Du suicide et de ses causes du livre, Mémoires historiques tirés des archives. Les photocopies de ce chapitre m'ont été fournies par G. Pogorel. Malheureusement, je n'ai pas l'indication de l'édition.</p>
<p>Du texte de K. Marx, je n'ai pas reproduit les tableaux statistiques sur le nombre de suicides, leurs causes, etc. Ces tableaux diffèrent d'ailleurs de ceux publiés par J. Peuchet. En outre j'ai reproduit des passages – qui me semblaient intéressants - non traduits par K. Marx. Enfin j'ai signalé les commentaires interpolés de K. Marx, comme celui-ci par exemple. « Les hommes les plus peureux, les plus incapables de résistance deviennent inexorables dés qu'ils pensent faire valoir leur autorité parentale absolue. L'abus de cette dernière est également un substitut grossier aux multiples soumissions et dépendances auxquelles ils sont soumis, volontairement ou contre leur volonté, dans la société bourgeoise » (p. 396 du texte de K. Marx ; cette insertion se place p. 127 de celui de J. Peuchet après le mot furie de la phrase « Ses raisons et sa douleur ne désarmèrent pas leur furie », et non après chorus, dernier mot de la phrase suivante, comme ce fut indiqué, de façon erronée, dans Invariance à la note 5, p. 29). »</p>
<p>J. Peuchet exprimait bien une conviction majoritairement partagée : la répression existe depuis le début, et elle est nécessaire pour le bien des hommes et des femmes. La répression est un fondement de Homo Sapiens.</p>
<p>[2] Les passages entre crochets n'ont pas été traduits par Marx. En revanche tous les mots soulignés l'ont été par lui.</p>
<p>[3] Dans sa traduction Marx écrit ceci, après Providence : « Mais l'existence du suicide lui-même est une protestation ouverte contre les décrets illisibles ».</p>
<p>[4] Dans la traduction de Marx la phrase suivante termine le paragraphe :<br class='autobr' />
« Je trouvais que toutes les tentatives seraient vaines en dehors d'une réforme totale de l'ordre social actuel. »</p>
<p>[5] Marx écrit ou à la place de et.</p>
<p>[6] Après chorus, Marx écrit :<br class='autobr' />
« Les hommes les plus peureux, les plus incapables de résistance deviennent inexorables dés qu'ils pensent faire valoir leur autorité parentale absolue. L'abus de cette dernière est également un substitut grossier aux multiples soumissions et dépendances auxquelles ils sont soumis, volontairement ou contre leur volonté, dans la société bourgeoise ».</p>
<p>[7] Marx écrit : nichtigen Seele - ceux qui n'ont pas d'âme</p>
<p>[8] Marx interpole ici une réflexion que Peuchet est amené â faire lors du récit d'une autre anecdote qu'il ne rapporte pas :<br class='autobr' />
« Au jaloux, il faut un esclave. Le jaloux peut être amant, mais l'amour n'est qu'un sentiment de luxe pour la jalousie ; le jaloux est avant tout propriétaire ».<br class='autobr' />
Il est probable que les autres phrases qui semblent avoir été ajoutées par Marx soient également de Peuchet. Comme nous n'avons pas lu toute l'oeuvre de Peuchet d'où, sont extraits ces passages concernant le suicide, nous ne pouvons pas nous prononcer.</p>
<p>[9] Marx ajoute ici : « Qu'attendre d'autre de ces trois pour cent qui ne se doutent pas que journellement, heure par heure, petit à petit, ils assassinent leur nature humaine. »</p>
<p>[10] Marx traduit cette expression par Handelsepoche - époque du commerce.</p>
<p>[11] Marx n'a pas traduit les pages 143 à 169 où Peuchet expose différents cas afin d'étoffer sa théorie sur les causes du suicide. « Je rentre dans les misères de la vie privée, ma thèse favorite. », écrit celui-ci au début de la page 143.<br class='autobr' />
Parsemant le récit de divers suicides, on trouve dans ces pages un certain nombre de remarques fort intéressantes qui permettent de mieux deviner la personnalité de Peuchet :<br class='autobr' />
« La fourberie produisait sur lui l'effet qu'elle produit sur les meilleures âmes, qui la conçoivent quand ils comprennent nos moeurs, l'excusent et la justifient au besoin, parce que la fourberie est le droit de l'esclave, et que les femmes sont esclaves. » (p. 148)<br class='autobr' />
« Puis elle se révolta contre l'idée de s'humilier ainsi devant l'un de ceux que son sexe se reconnaît le droit de tenir à ses genoux. L'amour, c'est la royauté des femmes, leur élément, leur vie. Toutes répugnent dans le fond du coeur à se croire soumises au jugement de qui que ce soit sur ce point. » (p. 149)</p>
<p>[12] « Claie : haie, clôture, ouvrage de vannier, formé de plusieurs bâtons menus et parallèles, plus ou moins espacés, et fixés par une chaîne d'osier et d'autres bâtons menus et flexibles. Traîner sur la claie : traîner publiquement un cadavre sur une claie que le bourreau faisait anciennement tirer par un cheval. ». Napoléon Landais, Dictionnaire général et grammatical des dictionnaires français, Edition de 1836.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/suicide.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/suicide.htm</a></p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/france/surrealists/1925/suicide.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Suicide_(Durkheim)</p>
<p>[Texte 3 -> https://www.marxists.org/archive/bhagat-singh/1930/x01/x02.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/tolstoy/1898/tolstoy-on-suicide.html" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/history/etol/newspape/atc/406.html" class="spip_out" rel="external">Texte 5</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/archive/libertad/1907/the-joy-of-life.html" class="spip_out" rel="external">Texte 6</a></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/Hume_david/essais_moraux_pol_lit/essai_sur_le_suicide/essai_sur_le_suicide.html" class="spip_out" rel="external">Texte 7</a></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/Durkheim_emile/textes_2/textes_2_07/suicide_natalite.html" class="spip_out" rel="external">Texte 8</a></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/Halbwachs_maurice/causes_du_suicide/causes_du_suicide.html" class="spip_out" rel="external">Texte 9</a></p>
<p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/Hume_david/essais_moraux_pol_lit/dix_essais_retires_non_publies/dix_essais_retires.html" class="spip_out" rel="external">Texte 10</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_philosophique/Garnier_(1878)/De_Caton,_du_suicide" class="spip_out" rel="external">Texte 11</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Voici..._Une_enqu%C3%AAte,_et_quelques_opinions_sur_le_suicide" class="spip_out" rel="external">Texte 12</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Suicides_par_mis%C3%A8re_%C3%A0_Paris" class="spip_out" rel="external">Texte 13</a></p>
<p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Journal_d%E2%80%99un_%C3%A9crivain/1876/Octobre,_III" class="spip_out" rel="external">Texte 14</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve778" class="spip_out" rel="external">Texte 15</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/books/edition/Le_suicide_il_faut_en_parler/GC6UFbpKf2IC?hl=fr&gbpv=1&dq=le+suicide&printsec=frontcover" class="spip_out" rel="external">Texte 16</a></p>
<p><a href="https://www.google.fr/books/edition/Comprendre_le_suicide/gaQL7ejK-WAC?hl=fr&gbpv=1&dq=le+suicide&printsec=frontcover" class="spip_out" rel="external">Texte 17</a></p></div>
Comment un enfant devient bon en maths
https://matierevolution.org/spip.php?article8614
https://matierevolution.org/spip.php?article86142023-12-16T23:21:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Comment un enfant devient bon en maths et... comment il devient hostile aux mathématiques... <br class='autobr' />
Beaucoup de gens s'inquiètent que le niveau des élèves en mathématiques en France ne cesse de baisser et s'interrogent pourquoi cette évolution négative et continuelle que les réformes successives n'ont fait qu'aggraver. <br class='autobr' />
Le gouvernement français fait semblant qu'il va faire une nouvelle révolution dans l'enseignement des mathématiques en adoptant la méthode de Singapour mais il l'a déjà adoptée (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Comment un enfant devient bon en maths et... comment il devient hostile aux mathématiques...</h2>
<p>Beaucoup de gens s'inquiètent que le niveau des élèves en mathématiques en France ne cesse de baisser et s'interrogent pourquoi cette évolution négative et continuelle que les réformes successives n'ont fait qu'aggraver.</p>
<p>Le gouvernement français fait semblant qu'il va faire une nouvelle révolution dans l'enseignement des mathématiques en adoptant la méthode de Singapour mais il l'a déjà adoptée depuis bien des années…</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_de_Singapour" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_de_Singapour</a></p>
<p><a href="https://www.midilibre.fr/2023/12/06/en-quoi-consiste-la-methode-de-singapour-plebiscitee-par-gabriel-attal-pour-apprendre-les-maths-a-lecole-primaire-11623993.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.midilibre.fr/2023/12/06/en-quoi-consiste-la-methode-de-singapour-plebiscitee-par-gabriel-attal-pour-apprendre-les-maths-a-lecole-primaire-11623993.php</a></p>
<p>Tout d'abord, il faut se rappeler que les mathématiques ne sont rien d'autre qu'un jeu… de l'esprit et que les enseigner comme une matière ennuyeuse est un choix consistant à en faire une matière à sélection visant à remplacer le latin dans ce rôle, choix qui est celui d'une école des « élites » sociales et pas intellectuelles.</p>
<p><a href="https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/46190" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/46190</a></p>
<p><a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/la-selection-par-les-maths-a-l-ecole-un-elitisme-souvent-critique-par-le-passe" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/la-selection-par-les-maths-a-l-ecole-un-elitisme-souvent-critique-par-le-passe</a></p>
<p><a href="https://aufutur.fr/revisions/mathematiques/maths-propice-inegalites/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://aufutur.fr/revisions/mathematiques/maths-propice-inegalites/</a></p>
<p>Or l'école française veut toujours défendre les inégalités sociales malgré un discours prétendument « républicain » et faussement égalitaire.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7343" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7343</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3523" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3523</a></p>
<p>L'Education nationale fait de l'école une question politique et sociale, pas une question pédagogique.Le Conseil supérieur des programmes (CSP), qui est l'instance qui définit les programmes de l'Education Nationale en France, est constitué à plus de 95% de non scientifiques, et à 100% de personnes n'ayant jamais enseigné.</p>
<p>Le plus grave, ce n'est pas les résultats mauvais en maths et en baisse, c'est que les enfants détestent les maths, les accusent de les avoir fait échouer et ont peur de cette matière.</p>
<p><a href="https://www.lavoixdunord.fr/1068882/article/2021-09-13/les-francais-mauvais-en-mathematiques-un-eleve-sur-deux-peur-de-cette-matiere" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lavoixdunord.fr/1068882/article/2021-09-13/les-francais-mauvais-en-mathematiques-un-eleve-sur-deux-peur-de-cette-matiere</a></p>
<p>Les mathématiques, un jeu ? Pas plus d'un pourcent des adultes le perçoivent ainsi. J'ai moi-même enseigné les mathématiques de cette manière pendant quelques années au collège et j'ai été contraint d'arrêter non du fait de l'administration, de l'inspection ni du rectorat, ni du fait d'un rejet des élèves mais du fait des parents, étonnés des réactions des enfants revenant à la maison en disant qu'on s'est bien amusés en mathématiques et criagnant que leurs enfants ne suivent pas l'année suivante avec un autre professeur…</p>
<p> Pourquoi nous n'avons pas aimé les mathématiques…</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3756" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3756</a></p>
<p>Que voulez-vous dite en affirmant que les mathématiques sont un jeu ?</p>
<p>« Faire des mathématiques, c'est comme entamer un voyage à la découverte de territoires nouveaux guidé par son intuition. On évolue dans un monde idéal, sans contraintes, une sorte de caverne de Platon où les seules limites sont celles de la pensée humaine. » écrit Marwan Lahoud.</p>
<p>Un exemple de jeu géométrique : la forme du ballon de foot</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=pwjNdh1RP4M" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=pwjNdh1RP4M</a></p>
<p>Et les nombres ?</p>
<p>Eh bien, il faut apprendre différentes choses comme dénombrer, reconnaitre l'écriture des chiffres, comparer les nombres entre eux (différent, plus grand, plus petit, égal). Ces différentes tâches peuvent aisément s'apprendre avec un seul jeu : un simple jeu de cartes et deux joueurs. On tire les cartes et on compare les résultats. On compte les points de chaque carte et on compare au chiffre écrit sur la carte. On désigne le gagnant. On apprend des mathématiques sans du tout s'en rendre compte.</p>
<p>Il y a d'autres activités possibles avec des cartes et elles développent davantage la compréhension des séries et des ensembles. Jouer à des jeux de cartes où il faut combiner, assembler des cartes et les déssassembler et mémoriser (jeu de rami recombinant par exemple). Dans le rami recombinant, on peut repartir des cartes disposées sur le tapis pour reconstruire d'autres séries à condition de ne pas laisser de cartes abandonnée seule. Le rami est un jeu « simple » et le rami recombinant nécessite d'imaginer des solutions pour caser les cartes qui vous restent en main.</p>
<p>On peut aussi apprendre les mathématiques (mêlant arithmétique et géométrie) en jouant avec des petites réglettes. On mesure des distances, on compare des distances, on regarde les chiffres inscrits sur la réglette, on compte le nombre de petites barres correspondantes…</p>
<p>Par exemple, on peut s'initier ainsi à la division. On prend deux règles, une petite et unegrande. Combien de fois peut-on placer la petite règle dans la longueur de la grande et que reste-t-il comme longueur restante ?</p>
<p>Très jeune, les comptages d'objets, dés, cartes, règles, balances, montres, casses tête, bouliers, jeux divers vont permettre de pénétrer le monde des mathématiques et pas seulement pour compter mais pour se repérer dans l'espace, construire, comparer, mesurer…</p>
<p>Le dessin mathématique est aussi propice à de nombreux jeux et découvertes, notamment à l'aide du cercle et des figures s'appuyant sur des lignes droites mais aussi des volumes.On peut à l'aide de petits objets aimantés reconstituer de nombreuses figures géométriques et cela à de très petits âges.</p>
<p>Chanter aussi peut aider à compter. Chanter en comptant avec les doigts. Chanter en faisant des mouvements de bras. Chanter en faisant des mouvements de roue avec les deux mains. Etc… Tout cela peut se faire très tôt.</p>
<p>On peut apprendre les mathématiques bien avant de savoir lire et écrire.</p>
<p>Le comptage d'objets peut être aussi mis à contribution. On compte les marrons que chaque équipe a récoltés en un temps limité.</p>
<p>Le temps est aussi un excellent moyen de comptage qui plait. Les montres, les battements, les bruits répétés permettent de compter.</p>
<p>Combien de fois avons-nous tapé sur le tambour ? Qui peut donner la réponse ?</p>
<p>Tout cela se fait très jeune, répétons-le et c'est des mathématiques !</p>
<p>Mais ce n'est pas fini. Ensuite aussi, les mathématiques, c'est du jeu et pas une punition ou un pensum ennuyeux ! C'est un casse-tête et pas un cassement de tête !</p>
<p><a href="https://curriculum.novascotia.ca/sites/default/files/documents/resource-files/P-3%20Home%20Math%20Kits%20individual%20cards_FRE.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://curriculum.novascotia.ca/sites/default/files/documents/resource-files/P-3%20Home%20Math%20Kits%20individual%20cards_FRE.pdf</a></p>
<p>Cela commence en maternelle !</p>
<p><a href="https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02893371/document" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02893371/document</a></p>
<p>Et cela continue ensuite en classe comme hors de la classe…</p>
<p><a href="https://theses.hal.science/tel-00665076/document" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://theses.hal.science/tel-00665076/document</a></p>
<p>On peut apprendre aussi par la magie…</p>
<p><a href="https://blogacabdx.ac-bordeaux.fr/mathematiques33/wp-content/uploads/sites/29/2020/02/Des-maths-comme-par-magie.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://blogacabdx.ac-bordeaux.fr/mathematiques33/wp-content/uploads/sites/29/2020/02/Des-maths-comme-par-magie.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.apmep.fr/IMG/pdf/AAA17023.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.apmep.fr/IMG/pdf/AAA17023.pdf</a></p>
<p>Les mathématiques par le jeu, ce n'est des mathématiques sérieuses et cela ne fait que perdre du temps pour les acquérir, direz-vous ? Vous n'y êtes pas ! Elles sont bien plus sérieuses que ce qu'on enseigne généralement à l'école. C'est même du jeu tout en étant d'un très haut niveau de difficulté. Des anciens élèves de Polyttechnique peuvent y échouer et des enfants y réussir.</p>
<p>L'exemple le plus frappant et intéressant est le concours Kagourou des mathématiques</p>
<p><a href="http://www.mathkang.org/concours/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.mathkang.org/concours/</a></p>
<p>Mais pour apprendre les maths à son enfant, encore faudrait-il être soi-même très bon dans cette matière. C'est faux ! Voici un exemple de choses simples pour apprendre les mathématiques au petit enfant tout en jouant sans être soi-même un as des mathématiques.</p>
<p><a href="https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/comment-eveiller-enfant-mathematiques/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/comment-eveiller-enfant-mathematiques/</a></p>
<p>Pas besoin des ordinateurs ni des écrans ni des jeux informatiques ! La nature elle-même permet de compter en glands, marrons, fraises, feuilles… et de comparer en tailles d'arbres, etc.</p>
<p>L'informatique et les écrans visuels, contrairement aux apparences, c'est très peu favorable au développement du cerveau…</p>
<p>Or, pendant nombre d'années, les gouvernants se sont dits que c'était une bonne idée (pour l'économie) de faire passer des achats de matériel informatique pour des achats pédagogiques !</p>
<p>Ensuite, une autre étape indispensable aux mathématiques, c'est la musique ! La musique transforme les liens du cerveau. Eh oui ! Ecouter de la musique classique par exemple (mais pas seulement) c'est développer le corps calleux entre les deux hémisphères cérébraux. Et qu'est-ce qui est particulièrement développé chez les bons en maths ? Le corps calleux ! Comment fait-on grandir une zone du cerveau ? En la stimulant ! La zone inter-hémispérique grandit en écoutant de la musique classique et nombre de mathématiciens sont aussi musiciens classiques.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5088" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5088</a></p>
<p><a href="https://blog.allegromusique.fr/jouer-de-la-musique-peut-%C3%A9norm%C3%A9ment-faire-progresser-votre-cerveau-cest-la-science-qui-le-dit" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://blog.allegromusique.fr/jouer-de-la-musique-peut-%C3%A9norm%C3%A9ment-faire-progresser-votre-cerveau-cest-la-science-qui-le-dit</a></p>
<p>Albert Einstein, reconnu comme l'un des plus grands scientifiques au monde, était un<br class='autobr' />
violoniste virtuose. Et il pensait que ses découvertes scientifiques étaient le fruit de la musique.</p>
<p>Il aurait affirmé : « La découverte de la relativité restreinte m'est arrivée par intuition, et la musique était la force motrice derrière cette intuition. Ma découverte est le résultat de la perception musicale. ».</p>
<p>Déjà Pythagore, au VIème siècle avant JC, considéra la musique comme une science mathématique. C'est le premier à s'interroger sur le lien entre deux sons, à chercher donc à<br class='autobr' />
expliquer la hauteur tonale, la consonnance et la dissonance, et va ainsi créer un instrument, le monocorde qui va lui permettre de comprendre les rapports au sein de la gamme occidentale,comme la quinte qui représente les deux tiers de la gamme.</p>
<p>Jean-Sébastien Bach, grand compositeur de renom de la première moitié du XVIIIème siècle, s'est amusé à appliquer des principes mathématiques à ses compositions, notamment la symétrie à certaines de ses fugues (BWV 1079 : 5, Ricercare A 6 par exemple) ou le début de la suite de Fibonacci (prélude en do Majeur).</p>
<p>Comme l'explique Emmanuel Bigand (date), la musique améliore les compétences spatiales, le calcul numérique, le traitement temporel des informations et toutes les capacités de raisonnement nécessitant une mémoire de travail, celle-ci se trouvant améliorée par l'éducation musicale.</p>
<p>Une équipe canadienne (Guhn, Emerson et Gouzouasis, 2019)14 a étudié les dossiers de nombreux étudiants de Colombie Britannique (plus de 100 000) ayant terminé le lycée en 2019 et débuté l'école entre 2000 et 2003. Ces sujets ont subi des tests de mathématiques, de sciences et d'anglais (langue maternelle dans cette région du Canada). Les résultats ont démontré, après prise en compte des autres facteurs comme le genre ou l'origine sociale, que les étudiants ayant un parcours musical ont de meilleurs résultats.</p>
<p>Le 8 décembre 2020 étaient publiés les résultats de l'enquête TIMSS (Trends in<br class='autobr' />
International Mathematics and Science Study)29, qui depuis 24 ans compare tous les 4 ans les niveaux des élèves de CM1 et de 4ème, au niveau de l'Union Européenne et de l'OCDE.</p>
<p>Nous avons découvert que les résultats français étaient les moins bons de l'Union<br class='autobr' />
européenne en CM1, et les avant-derniers en 4ème. Que ce soit en mathématiques ou en sciences, les Français sont bien en dessous de la moyenne, et ont baissé de niveau par rapport à 1995 : les élèves de 4° ont le niveau des élèves de 5° de l'époque.</p>
<p>Etant en pleine écriture théorique de ce mémoire lors de la publication de ces résultats, je me suis interrogée quant à la possibilité d'améliorer ces résultats grâce à l'apprentissage de la musique. Nous avons vu en première partie que la formation musicale pouvait avoir des bénéfices sur les apprentissages, y compris les mathématiques, mais est-ce une conséquence de la musique ou est-ce que les « matheux » vont naturellement plus souvent étudier la musique ?</p>
<p>Ce travail réflexif va donc tenter de répondre à la problématique suivante : « Y a-t-il une corrélation entre formation musicale et compétences en mathématiques ? »<br class='autobr' />
En se posant cette question et en la mettant en relation avec les résultats de l'enquête<br class='autobr' />
TIMSS, on peut également se demander si, à contrario, les pays ayant les meilleurs résultats en mathématiques ont une politique d'éducation à la musique forte ou non. Les deux premiers pays se démarquant du lot sont la Corée du Sud et le Japon.</p>
<p>En Corée du Sud, la musique classique a pris de l'importance durant les dernières années. Et comme le souligne Frédéric Cardin30, beaucoup de Sud-Coréens se présentent à de grands concours internationaux de musique. Le gouvernement aurait décidé de mettre la culture au centre de son patrimoine.</p>
<p>Au Japon, la musique est étudiée dès l'école primaire comme une matière essentielle, au même titre que les mathématiques par exemple. Son apprentissage occupe une heure et demie par semaine du programme de l'école primaire. Les élèves, dès 6 ans, apprennent le chant choral, le solfège, la pratique instrumentale.</p>
<p>On remarque donc que les deux premiers pays au niveau mathématiques ont mis en place une très forte éducation musicale, on pourrait donc y voir un bon départ pour notre questionnement. Pourtant, ces deux pays ne sont pas réputés pour privilégier le bien-être de leurs concitoyens, et on peut leur reprocher leur trop grande volonté de réussite qui crée des élèves exténués et a des répercussions sur le taux de suicide chez les étudiants.<br class='autobr' />
On peut donc se dire que l'exigence du système éducatif du Japon et de la Corée du Sud augmente le niveau attendu et atteint dans toutes les matières, mais on peut quand même espérer qu'une partie de ces résultats est due à un apprentissage précoce de la musique chez leurs enfants</p>
<p><a href="https://univ-fcomte.hal.science/hal-03352888/document" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://univ-fcomte.hal.science/hal-03352888/document</a></p>
<p>La règle de base des mathématiques par le jeu est de toujours considérer les mathématiques non comme une leçon obligée mais comme un plaisir de l'esprit.</p>
<p><a href="https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/comment-eveiller-enfant-mathematiques/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/comment-eveiller-enfant-mathematiques/</a></p>
<p>L'enseignement des mathématiques a très mal évolué et pas du tout dans cette direction ni avec cette préoccupation…</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/comment-les-petits-francais-sont-devenus-nuls-en-maths-7545470" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/comment-les-petits-francais-sont-devenus-nuls-en-maths-7545470</a></p>
<p>Les mathématiques ne sont pas les seules dont l'enseignement ait péricilité.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4552" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4552</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4295" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4295</a></p>
<h2 class="spip">Conclusion : </h2>
<p>Ce ne sont pas seulement les élèves qui baissent en maths, c'est la matière enseignée qui est de plus en plus bas de gamme. Un signe net de cette chute là, c'est la renonciation aux démonstrations qui sont pourtant un point fort et indispensable des mathématiques.</p>
<p>Le gouvernement diffuse un message selon lequel les mathématiques, ce n'est pas le raisonnement déductif !</p>
<p>Dans Education.gouv.fr, on peut lire ce texte « Raisonnement et démonstration » :</p>
<p><a href="https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Mathematiques/50/0/doc_acc_clg_raisonnementetdemonstration_223500.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Mathematiques/50/0/doc_acc_clg_raisonnementetdemonstration_223500.pdf</a></p>
<p><a href="https://ww2.ac-poitiers.fr/math/spip.php?article238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://ww2.ac-poitiers.fr/math/spip.php?article238</a></p>
<p>Pourquoi les démonstrations mathématiques ne sont-elles plus enseignées à l'école ? Apprendre à raisonner aux classes exploitées est trop dangereux. Il faut leur apprendre le principe… d'autorité qui se traduit par : « c'est nous qui avons le savoir, pas vous, et vous n'avez qu'à nous écouter et nous suivre, tous les scientifiques sont d'accord entre eux, vous n'allez pas les contester. » Les média, les ministres de l'Education nationale et les gouvernements ne s'inquiètent pas que les enfants soient malheureux à l'école, n'apprécient pas d'apprendre, n'y voient pas leur réussite personnelle, mais que leur échec soit mauvais pour… la France, son image et même son niveau technologique, scientifique et économique !!! Décidément l'école n'est pas faite pour les élèves mais pour le pouvoir d'Etat et c'est seulement en fonction des intérêts des classes possédantes que cet Etat décide de l'Education comme du reste.</p></div>
La France capitaliste d'aujourd'hui, grande tueuse d'ouvriers...
https://matierevolution.org/spip.php?article8573
https://matierevolution.org/spip.php?article85732023-11-24T23:23:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>L'exploitation capitaliste tue ! Et le patronat français est en tête des tueurs mondiaux ! <br class='autobr' />
Dans la France seule : <br class='autobr' />
2 morts chaque jour… <br class='autobr' />
100 blessés par jour <br class='autobr' />
700 à 800 morts par an… <br class='autobr' />
600 000 accidents du travail par an <br class='autobr' />
Chiffres en hausse de 12 % entre 2020 et 2021 <br class='autobr' />
41% de hausse chez les femmes <br class='autobr' />
Le plus mauvais taux statistique d'Europe : 3,53 accidents mortels du travail pour 100 000 salariés. (…)</p>
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<a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory">07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY </a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'exploitation capitaliste tue ! Et le patronat français est en tête des tueurs mondiaux !</h2>
<p>Dans la France seule :</p>
<p>2 morts chaque jour…</p>
<p>100 blessés par jour</p>
<p>700 à 800 morts par an…</p>
<p>600 000 accidents du travail par an</p>
<p>Chiffres en hausse de 12 % entre 2020 et 2021</p>
<p>41% de hausse chez les femmes</p>
<p>Le plus mauvais taux statistique d'Europe : 3,53 accidents mortels du travail pour 100 000 salariés.</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/accidents-du-travail-en-france-cinq-chiffres-a-retenir-2759756" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceinter/accidents-du-travail-en-france-cinq-chiffres-a-retenir-2759756</a></p>
<p>La France est en tête des pays où les capitalistes sont tueurs d'ouvriers !</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bien-etre-au-travail/accidents-du-travail-y-a-t-il-plus-de-morts-en-france-que-dans-les-autres-pays-a5e1cec4-466d-11ee-b203-68eb03acac75" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/bien-etre-au-travail/accidents-du-travail-y-a-t-il-plus-de-morts-en-france-que-dans-les-autres-pays-a5e1cec4-466d-11ee-b203-68eb03acac75</a></p>
<h2 class="spip">Tapez seulement « ouvrier » dans Google actualités, et vous n'obtenez quasiment que des ouvriers morts ou grièvement blessés…</h2>
<p>Ecrasé sous un arbre…</p>
<p><a href="https://actu.fr/normandie/argueil_76025/un-ouvrier-forestier-ecrase-sous-un-arbre-en-seine-maritime_60355795.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/normandie/argueil_76025/un-ouvrier-forestier-ecrase-sous-un-arbre-en-seine-maritime_60355795.html</a></p>
<p>Ecrasé par un tronc d'arbre…</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/faits-divers/accidents/un-ouvrier-forestier-gravement-blesse-apres-avoir-ete-ecrase-par-un-tronc-darbre-en-seine-maritime-c42320ba-87bb-11ee-9632-b62f00689e79" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/faits-divers/accidents/un-ouvrier-forestier-gravement-blesse-apres-avoir-ete-ecrase-par-un-tronc-darbre-en-seine-maritime-c42320ba-87bb-11ee-9632-b62f00689e79</a></p>
<p>Chuté d'échafaudage…</p>
<p><a href="https://www.ladepeche.fr/2023/11/20/lechafaudage-netait-pas-aux-normes-un-ouvrier-devenu-paraplegique-apres-une-chute-de-plusieurs-metres-sur-un-chantier-11591251.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ladepeche.fr/2023/11/20/lechafaudage-netait-pas-aux-normes-un-ouvrier-devenu-paraplegique-apres-une-chute-de-plusieurs-metres-sur-un-chantier-11591251.php</a></p>
<p>Happé par une foreuse…</p>
<p><a href="https://www.charentelibre.fr/charente/cognac/mainxe-gondeville-le-bras-happe-par-une-foreuse-un-ouvrier-gravement-blesse-en-posant-la-fibre-17536837.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.charentelibre.fr/charente/cognac/mainxe-gondeville-le-bras-happe-par-une-foreuse-un-ouvrier-gravement-blesse-en-posant-la-fibre-17536837.php</a></p>
<p>Enseveli dans une carrière…</p>
<p><a href="https://actu.fr/grand-est/reding_57566/lorraine-les-secours-mettent-5h-pour-degager-un-ouvrier-enseveli-jusqu-au-cou-dans-une-carriere_60339745.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/grand-est/reding_57566/lorraine-les-secours-mettent-5h-pour-degager-un-ouvrier-enseveli-jusqu-au-cou-dans-une-carriere_60339745.html</a></p>
<p><a href="https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2023/11/15/reding-d-importants-moyens-de-secours-mobilises-pour-un-ouvrier-enseveli-dans-une-carriere-jusqu-a-la-tete" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.estrepublicain.fr/faits-divers-justice/2023/11/15/reding-d-importants-moyens-de-secours-mobilises-pour-un-ouvrier-enseveli-dans-une-carriere-jusqu-a-la-tete</a></p>
<p>Chuté d'un échafaudage…</p>
<p><a href="https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/un-ouvrier-blesse-evacue-d-un-echafaudage-sur-le-chantier-de-la-cathedrale-de-clermont-ferrand_14404438/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/un-ouvrier-blesse-evacue-d-un-echafaudage-sur-le-chantier-de-la-cathedrale-de-clermont-ferrand_14404438/</a></p>
<p>Chuté dans un champ viticole…</p>
<p><a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/un-ouvrier-de-19-ans-en-urgence-absolue-apres-une-chute-de-cinq-metres-dans-un-champ-viticole-2874254.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/un-ouvrier-de-19-ans-en-urgence-absolue-apres-une-chute-de-cinq-metres-dans-un-champ-viticole-2874254.html</a></p>
<p>Deux morts en quatre mois sur le chantier du Lyon-Turin…</p>
<p> <a href="https://www.leparisien.fr/faits-divers/projet-lyon-turin-un-ouvrier-de-31-ans-meurt-sur-le-chantier-le-deuxieme-en-quatre-mois-08-11-2023-JNIAWC5OJVBJNALFPCKZADW3BQ.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leparisien.fr/faits-divers/projet-lyon-turin-un-ouvrier-de-31-ans-meurt-sur-le-chantier-le-deuxieme-en-quatre-mois-08-11-2023-JNIAWC5OJVBJNALFPCKZADW3BQ.php</a></p>
<p><a href="https://www.lyoncapitale.fr/actualite/un-ouvrier-de-31-ans-perd-la-vie-sur-le-chantier-du-lyon-turin" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lyoncapitale.fr/actualite/un-ouvrier-de-31-ans-perd-la-vie-sur-le-chantier-du-lyon-turin</a></p>
<p>Mort d'une chute…</p>
<p><a href="https://www.lalsace.fr/faits-divers-justice/2023/11/16/saint-louis-un-ouvrier-heliporte-dans-un-etat-grave-apres-une-chute" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lalsace.fr/faits-divers-justice/2023/11/16/saint-louis-un-ouvrier-heliporte-dans-un-etat-grave-apres-une-chute</a></p>
<p>Electrocuté…</p>
<p><a href="https://www.lejournaldici.com/actualite/a-la-une/ouvrier-electrocute-il-navait-aucune-chance" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lejournaldici.com/actualite/a-la-une/ouvrier-electrocute-il-navait-aucune-chance</a></p>
<p>Chuté…</p>
<p><a href="https://www.lepopulaire.fr/limoges-87000/actualites/un-ouvrier-chute-de-7-metres-et-se-blesse-gravement-au-crane-a-limoges_14403856/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lepopulaire.fr/limoges-87000/actualites/un-ouvrier-chute-de-7-metres-et-se-blesse-gravement-au-crane-a-limoges_14403856/</a></p>
<p>Ecrasé par un robot…</p>
<p><a href="https://www.midilibre.fr/2023/11/11/le-robot-industriel-le-prend-pour-une-boite-de-poivron-un-ouvrier-meurt-dans-des-conditions-abominables-11573857.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.midilibre.fr/2023/11/11/le-robot-industriel-le-prend-pour-une-boite-de-poivron-un-ouvrier-meurt-dans-des-conditions-abominables-11573857.php</a></p>
<p>Main sectionnée…</p>
<p><a href="https://www.sudouest.fr/faits-divers/cazalis-un-ouvrier-grievement-blesse-a-une-main-17329040.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sudouest.fr/faits-divers/cazalis-un-ouvrier-grievement-blesse-a-une-main-17329040.php</a></p>
<p>A l'occasion d'un accident mortel dont on ne nous dit pas la cause, on apprend que « la Caisse régionale d'assurance maladie d'Ile-de-France (Cramif) a montré que le nombre d'accidents du travail a augmenté de 84 % en Ile-de-France entre 2012 et 2021. »</p>
<p><a href="https://www.20minutes.fr/faits_divers/4060558-20231102-seine-saint-denis-ouvrier-meurt-aubervilliers-enquete-ouverte" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.20minutes.fr/faits_divers/4060558-20231102-seine-saint-denis-ouvrier-meurt-aubervilliers-enquete-ouverte</a></p>
<p><a href="https://actu.fr/ile-de-france/aubervilliers_93001/mort-d-un-ouvrier-sur-un-chantier-a-aubervilliers-une-enquete-ouverte_60279064.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/ile-de-france/aubervilliers_93001/mort-d-un-ouvrier-sur-un-chantier-a-aubervilliers-une-enquete-ouverte_60279064.html</a></p>
<p>Electrocuté…</p>
<p><a href="https://actu.fr/occitanie/lacrouzette_81128/un-ouvrier-meurt-electrocute-par-une-ligne-haute-tension-dans-le-tarn_60309162.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/occitanie/lacrouzette_81128/un-ouvrier-meurt-electrocute-par-une-ligne-haute-tension-dans-le-tarn_60309162.html</a></p>
<p>Chuté d'un toit…</p>
<p><a href="https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2023/11/06/un-ouvrier-se-blesse-gravement-en-chutant-d-un-toit" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leprogres.fr/faits-divers-justice/2023/11/06/un-ouvrier-se-blesse-gravement-en-chutant-d-un-toit</a></p>
<p>Chuté…</p>
<p><a href="https://actu.fr/occitanie/larreule_65262/hautes-pyrenees-un-ouvrier-de-60-ans-dans-un-etat-grave-apres-une-chute-de-trois-metres_60287194.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://actu.fr/occitanie/larreule_65262/hautes-pyrenees-un-ouvrier-de-60-ans-dans-un-etat-grave-apres-une-chute-de-trois-metres_60287194.html</a></p>
<p>« Les accidents et la mort au travail constituent un phénomène social massif qui concerne d'abord des ouvriers et des hommes. Un fait peu médiatisé rapporté à l'ampleur des souffrances qu'il entraîne dans la population. »</p>
<p><a href="https://www.inegalites.fr/Accidents-graves-et-morts-au-travail-surtout-des-hommes-et-des-ouvriers" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.inegalites.fr/Accidents-graves-et-morts-au-travail-surtout-des-hommes-et-des-ouvriers</a></p>
<p>« Le 2 novembre 2022, le ministère du travail a publié une étude statistique recensant 783 600 accidents du travail en 2019, soit plus de 2 500 accidents du travail par jour ouvrable. 780 salariés en sont morts.</p>
<p>En reportant le nombre de décès au nombre de travailleurs, nous obtenons un ratio de 3,5 accidents mortels pour 100 000 salariés. En comparant aux résultats des autres pays européens, nous dépassons le double de la moyenne européenne (1,7) alors que le taux d'incidence est par exemple de 0,5 aux Pays-Bas, de 0,7 en Suède et de 0,8 en Allemagne. Cela fait de la France, le pays européen ayant le plus fort ratio de décès du travail d'Europe : c'est inacceptable ! »</p>
<p>C'est le Sénat qui dit cela…</p>
<p><a href="https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ221103881.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ221103881.html</a></p>
<p>Le patronat français est celui qui tue le plus de toute l'Europe !!!</p>
<p><a href="https://www.leprogres.fr/social/2022/07/28/la-france-plus-mauvais-eleve-europeen-des-accidents-du-travail" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.leprogres.fr/social/2022/07/28/la-france-plus-mauvais-eleve-europeen-des-accidents-du-travail</a></p>
<p>Le nombre de morts au travail est en nette augmentation !</p>
<p><a href="https://www.20minutes.fr/paris/4037237-20230516-ile-france-nombre-morts-travail-nette-augmentation" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.20minutes.fr/paris/4037237-20230516-ile-france-nombre-morts-travail-nette-augmentation</a></p>
<p>Pourquoi le capital tue autant en France...</p>
<p>Tout en prétendant que c'est le travail qui tue !</p>
<p><a href="https://www.alternatives-economiques.fr/travail-tue-autant-france/00103597" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.alternatives-economiques.fr/travail-tue-autant-france/00103597</a></p></div>