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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon...</title>
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		<dc:date>2026-07-27T22:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Japon Japan</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;meutes du riz de 1918 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; &#233;meutes du riz &#187; qui touch&#232;rent le pays durant l'&#233;t&#233; 1918 sont sans doute le plus grand soul&#232;vement populaire qu'ait connu le Japon au cours de son histoire. Le mouvement concerna 38 villes, 153 bourgs et 77 villages, selon des rapports sans doute sous &#233;valu&#233;s, entra&#238;nant environ 700 000 personnes, peut-&#234;tre plus encore, dans des manifestations et des cort&#232;ges de rue dont certains tourn&#232;rent &#224; l'affrontement avec la police ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot131" rel="tag"&gt;Japon Japan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes de 1918 &#224; 1922 au Japon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;meutes du riz de 1918&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; &#233;meutes du riz &#187; qui touch&#232;rent le pays durant l'&#233;t&#233; 1918 sont sans doute le plus grand soul&#232;vement populaire qu'ait connu le Japon au cours de son histoire. Le mouvement concerna 38 villes, 153 bourgs et 77 villages, selon des rapports sans doute sous &#233;valu&#233;s, entra&#238;nant environ 700 000 personnes, peut-&#234;tre plus encore, dans des manifestations et des cort&#232;ges de rue dont certains tourn&#232;rent &#224; l'affrontement avec la police ou l'arm&#233;e1. Ces &#233;meutes sonn&#232;rent comme un coup de tonnerre dans un pays o&#249; l'agitation politique et sociale &#233;tait non pas inexistante mais somme toute mesur&#233;e. Elles furent tr&#232;s vite comprises comme un mouvement de nature ambigu&#235;, &#224; la fois une r&#233;volte du type de celles qui avaient &#233;clat&#233; sous l'ancien r&#233;gime Tokugawa et dans les premi&#232;res ann&#233;es Meiji2, un ikki &#19968;&#25542;, et dans ce cas, le plus important mais aussi &#8211; on le sait aujourd'hui &#8211; le dernier d'entre eux. On y vit aussi un mouvement de col&#232;re populaire, alliant aux anciens modes de protestation des revendications touchant aux conditions d'existence, de travail et aux salaires. Quoi qu'il en soit, les contemporains constat&#232;rent que les &#233;meutes du riz apparaissaient comme un tournant dans l'histoire politique et sociale du Japon au d&#233;but du xxe si&#232;cle, d&#233;clenchant dans leur foul&#233;e une vague de protestations, notamment dans la classe ouvri&#232;re, le tout dans un contexte international de mont&#233;e de l'agitation sociale au lendemain de la r&#233;volution russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3 &#192; la suite des mouvements de gr&#232;ve qui atteignirent un nombre record en 1907, la police proc&#233;da &#224; d (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 4 &#192; partir du printemps 1910, des rafles polici&#232;res aboutirent &#224; plus d'une centaine d'arrestations p (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 5 En ao&#251;t 1910, Ishikawa Takuboku, proche des milieux socialistes, proposa au journal T&#333;ky&#333; Asahi shi (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 6 Arahata (2016 [1975] : 383).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2La r&#233;pression qui frappa au Japon le mouvement socialiste et plus g&#233;n&#233;ralement le mouvement ouvrier &#224; partir de 19073, puis la vague d'arrestations de 1910 suivie d'ex&#233;cutions en janvier 1911 dans le cadre de l'affaire du complot de l&#232;se-majest&#233; (taigyaku jiken &#22823;&#36870;&#20107;&#20214;)4, d&#233;sorganis&#232;rent, voire d&#233;capit&#232;rent, un mouvement social naissant. Le jeune po&#232;te Ishikawa Takuboku &#30707;&#24029;&#21828;&#26408; (1886-1912) &#233;voqua alors en une formule qui devint c&#233;l&#232;bre une &#171; p&#233;riode de repli &#187;, &#171; une p&#233;riode bloqu&#233;e &#187;5. Outre la r&#233;pression proprement dite et la surveillance polici&#232;re incessante, la crainte d'&#234;tre m&#234;l&#233; de pr&#232;s ou de loin &#224; un complot contre l'empereur &#233;loignait les sympathisants de la cause socialiste, isolant encore un peu plus les militants. Cet isolement fut d'ailleurs aggrav&#233; par la scission des partis socialistes europ&#233;ens qui, presque tous, ralli&#232;rent la cause nationale pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale. Entre 1910-1911 et 1917-1918, le mouvement socialiste d'un c&#244;t&#233;, et le mouvement ouvrier syndical de l'autre, connurent ce qui au Japon est qualifi&#233; d'&#171; &#232;re d'hiver &#187; ou de &#171; p&#233;riode d'hibernation &#187; (fuyu no jidai &#20908;&#12398;&#26178;&#20195;). La tendance g&#233;n&#233;rale &#233;tait au repli. Les rares militants &#233;taient arr&#234;t&#233;s pour simple distribution de tracts et la d&#233;moralisation les gagnait6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3Pourtant, l'agitation continua dans les ann&#233;es 1913-1918. Mais il s'agissait d'une agitation politique qui touchait plut&#244;t les nouvelles couches moyennes urbaines, avec le d&#233;veloppement d'un mouvement en faveur du suffrage universel (masculin) en remplacement du suffrage censitaire &#233;litiste, et cherchant &#224; promouvoir un gouvernement repr&#233;sentant les forces parlementaires et non les anciennes factions f&#233;odales. Certains lib&#233;raux voyaient dans le changement de r&#232;gne imp&#233;rial en 1912 l'av&#232;nement sinon d'une nouvelle politique, du moins d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le contexte politique : de la nature de la d&#233;mocratie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7 Les ministres de la guerre et de la marine ne pouvaient &#234;tre issus que des cadres de l'arm&#233;e de ter (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4En 1912, le cabinet Saionji, sous l'influence du parti Seiy&#363;kai &#25919;&#21451;&#20250;, refusa, pour des raisons budg&#233;taires, la cr&#233;ation des deux nouvelles divisions r&#233;clam&#233;es par l'arm&#233;e de terre pour le maintien de l'ordre en Cor&#233;e. Le ministre de la Guerre d&#233;missionna mais l'arm&#233;e de terre refusa d'en d&#233;signer un nouveau7 : ce fut la premi&#232;re &#233;preuve de force entre un cabinet civil et l'&#233;tat-major. Saionji Kinmochi &#35199;&#22290;&#23546;&#20844;&#26395; (1849-1940) fut alors contraint de d&#233;missionner. Katsura Tar&#333; &#26690;&#22826;&#37070; (1848-1913) forma un cabinet conservateur en s'appuyant sur les forces traditionnelles, les anciennes cliques f&#233;odales (hanbatsu &#34281;&#38309;) des fiefs du Sud-Ouest, la bureaucratie et l'&#233;tat-major des deux armes. Mais une partie de la presse se d&#233;cha&#238;na contre ce retour en force des milieux les plus traditionnels. L'opposition se mobilisa avec des mots d'ordre du type &#171; Prot&#233;geons le r&#233;gime constitutionnel ! &#187;, &#171; &#192; bas les cliques f&#233;odales ! &#187;. Certains milieux financiers pr&#234;t&#232;rent de l'argent aux d&#233;put&#233;s et aux journalistes d'opposition pour d&#233;clencher une dynamique susceptible de faire tomber le gouvernement Katsura, fra&#238;chement mis en place. Ce dernier mena&#231;a d'user de la censure et de la r&#233;pression mais, d&#233;but 1913, des manifestations populaires contre le gouvernement emp&#234;ch&#232;rent la Di&#232;te de si&#233;ger, tandis que des locaux de police et des si&#232;ges de journaux &#233;taient incendi&#233;s. Apr&#232;s 53 jours de gouvernement, Katsura d&#233;missionna devant le risque de d&#233;bordement g&#233;n&#233;ral. Le coup de force de l'arm&#233;e avait &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 8 Kamiya (1986 :1).&lt;br class='autobr' /&gt; 9 Des f&#233;ministes s'engag&#232;rent de leur c&#244;t&#233;, non sans r&#233;sultats, pour le suffrage universel r&#233;el et la (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5La d&#233;mission de Katsura sonna le coup d'envoi de la vague d&#233;mocratique dite de Taish&#333;. &#192; titre d'exemple, &#224; Namerikawa, sur la c&#244;te de la mer du Japon, l'un des bourgs o&#249; d&#233;buteront les &#233;meutes de 1918, 800 personnes vinrent &#233;couter le 21 juin 1913 les orateurs du mouvement qui d&#233;non&#231;aient les cliques f&#233;odales monopolisant le pouvoir et parlaient en faveur du suffrage universel8. Ce mouvement pour le suffrage universel (masculin), fusen und&#333; &#26222;&#36984;&#36939;&#21205;, gagna sans cesse en importance apr&#232;s 1913 et pourtant le gouvernement ne c&#233;da qu'en 19259. D&#232;s 1914, par un curieux effet de retournement, la propagande en faveur de la guerre contre l'Allemagne reprit le th&#232;me de la lutte contre le militarisme allemand au nom des id&#233;aux d&#233;mocratiques proclam&#233;s par les alli&#233;s. La propagande belliciste offrit ainsi au mouvement d&#233;mocratique une nouvelle raison d'esp&#233;rer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 10 Yoshino (1984 [1916] : 113).&lt;br class='autobr' /&gt; 11 Yoshino (1984 [1916] : 110).&lt;br class='autobr' /&gt; 12 Yoshino (1984 [1916]).&lt;br class='autobr' /&gt; 13 Le mot circulait d&#233;j&#224; et avait &#233;t&#233; utilis&#233; par plusieurs journalistes avant que Yoshino n'en donne (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 14 Yoshino (1984 [1916] : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6Parmi les porte-paroles de ce mouvement, un professeur de l'universit&#233; imp&#233;riale de Tokyo, Yoshino Sakuz&#333; &#21513;&#37326;&#20316;&#36896; (1878-1933), inventa un discours particulier sur la d&#233;mocratie, la d&#233;mocratie de type minpon shugi &#27665;&#26412;&#20027;&#32681;, d&#233;mocratie au sein du r&#233;gime imp&#233;rial. Pour traduire le mot de d&#233;mocratie, on parlait au Japon &#224; la fin du xixe si&#232;cle de minshu shugi &#27665;&#20027;&#20027;&#32681; (doctrine o&#249; le peuple est son propre ma&#238;tre, doctrine socialisante et dangereuse, nous dit Yoshino10) ou de shumin shugi &#20027;&#27665;&#20027;&#32681; (doctrine o&#249; le ma&#238;tre est le peuple). On a &#233;galement pu &#233;voquer minsh&#363; shugi &#27665;&#34886;&#20027;&#32681; (doctrine des masses populaires) et m&#234;me heimin shugi &#24179;&#27665;&#20027;&#32681; (doctrine du peuple). C'est finalement le premier terme qui va l'emporter, et passer aussi en chinois (m&#237;nzh&#468; zh&#468; y&#236;), en cor&#233;en (minju ju&#365;i) et m&#234;me en vietnamien (d&#226;nch&#7911; ch&#7911; ngh&#297;a). Yoshino avance de son c&#244;t&#233; l'expression de minpon shugi (doctrine o&#249; le peuple est au fondement des choses), dont il nous explique qu'elle est la traduction en japonais du mot occidental &#171; d&#233;mocratie &#187;11. Tous ces termes constitu&#232;rent les mots-cl&#233;s des discours politiques lib&#233;raux au cours de l'&#232;re Taish&#333; (1912-1926). Minpon shugi, m&#234;me s'il se retrouve dans de rares occurrences chez Mencius pour d&#233;signer la politique, est quasi inexistant en chinois et tr&#232;s peu usit&#233; en cor&#233;en. Yoshino se fit vraiment remarquer quand, d&#233;j&#224; professeur &#224; l'universit&#233;, il publia un long article dans la revue Ch&#363;&#333; k&#333;ron &#20013;&#22830;&#20844;&#35542;, en janvier 1916, intitul&#233; &#171; Les principes du gouvernement constitutionnel et les moyens de les r&#233;aliser pleinement12 &#187;. Dans cet article, il &#233;voquait pour la premi&#232;re fois son id&#233;e de minpon shugi, de &#171; d&#233;mocratie &#224; la japonaise &#187;13. Le concept de minpon shugi &#8211; mot aujourd'hui quelque peu d&#233;mod&#233; &#8211; r&#233;sonne fortement car il associe empereur, nation et d&#233;mocratie, c'est-&#224;-dire qu'il op&#232;re une forme de synth&#232;se entre les tenants de l'autorit&#233; imp&#233;riale, les thurif&#233;raires de la nation et les classes moyennes qui revendiquent une participation plus active aux d&#233;cisions politiques. Pour Yoshino, ce concept rel&#232;ve de la science politique moderne. Il pose la question : comment faire progresser les id&#233;es et les pratiques d&#233;mocratiques dans le cadre de la constitution imp&#233;riale ? Pour lui, minpon shugi est non seulement la traduction du concept occidental de d&#233;mocratie mais a aussi pour signification le fait que &#171; les objectifs fondamentaux de l'activit&#233; souveraine de l'&#201;tat doivent r&#233;sider dans le peuple14 &#187;. Selon Yoshino, un r&#233;gime constitutionnel ne peut se limiter &#224; l'application stricte de la Constitution, mais doit se consacrer &#224; la mise en pratique de l'esprit qui a pr&#233;sid&#233; &#224; la mise en place de ladite Constitution. Et quel est donc cet esprit ? Yoshino r&#233;pond : ce sont les trois principes fondamentaux de la protection des droits du peuple, de la s&#233;paration des trois pouvoirs (ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire), du syst&#232;me d'&#233;lection des repr&#233;sentants du peuple. L'&#233;largissement r&#233;el des droits du peuple est possible, selon lui, dans le cadre de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 15 Yoshino (1984 [1916] : 121).&lt;br class='autobr' /&gt; 16 Yoshino (1984 [1916] : 179-180). &#192; propos du droit de vote pour les femmes, Yoshino reste assez amb (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7Pour Yoshino, le fondement spirituel de la Constitution, c'est la d&#233;mocratie en tant que telle. La politique n'a pour objet que le bonheur de la population ordinaire et toute d&#233;cision politique doit se situer dans ce cadre15. Assurer la protection du peuple, respecter la s&#233;paration des pouvoirs ex&#233;cutif, l&#233;gislatif et judiciaire, &#233;lire des assembl&#233;es au suffrage universel, tels doivent &#234;tre les principes ultimes d'un gouvernement constitutionnel. Pour cela, il est n&#233;cessaire d'assurer le respect de la libert&#233; d'expression et d'&#233;largir le suffrage censitaire en vigueur. Yoshino oppose &#171; la population ordinaire &#187; aux &#171; classes privil&#233;gi&#233;es &#187;, c'est-&#224;-dire l'aristocratie qui b&#233;n&#233;ficie de sa position historique et les capitalistes qui ont profit&#233; de la conjoncture r&#233;cente. Contre &#171; les partisans de l'invasion, le militarisme, le capitalisme, les tenants des privil&#232;ges de classe &#187;, il pr&#233;conise &#171; la domination de la sagesse et de la morale du peuple &#187; (kokumin chitoku &#22269;&#27665;&#30693;&#24499;), &#171; un principe immuable qui devrait dominer le monde &#187;. Une d&#233;mocratie r&#233;elle au Japon permettrait, &#224; son avis, &#171; d'avancer avec le reste du monde &#187;, mais cette avanc&#233;e reste li&#233;e au niveau g&#233;n&#233;ral d'&#233;ducation du peuple. Il termine en proclamant haut et fort la n&#233;cessit&#233; d'un syst&#232;me fond&#233; sur le gouvernement des partis politiques &#233;lus au Parlement au suffrage universel, la supr&#233;matie de la Chambre basse sur la Chambre des pairs, la responsabilit&#233; du cabinet devant le Parlement16, et se prononce en faveur de r&#233;formes d&#233;mocratiques dans le cadre de la Constitution imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 17 Duus et Scheiner (1998 : 174).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8Il n'est pas inint&#233;ressant &#224; ce stade de remarquer qu'&#224; c&#244;t&#233; d'un vocabulaire tr&#232;s influenc&#233; par la philosophie politique occidentale, Yoshino, et d'autres d&#233;mocrates dans son sillage, utilisent dans leurs travaux une rh&#233;torique largement tir&#233;e des classiques chinois. &#192; partir d'expressions forg&#233;es autour de quatre id&#233;ogrammes comme kanmin d&#333;ky&#333; &#23448;&#27665;&#21516;&#20849; (coop&#233;ration du peuple et des fonctionnaires), kunmin d&#333;chi &#21531;&#27665;&#21516;&#27835; ou kunmin d&#333;sei &#21531;&#27665;&#21516;&#25919; (gouvernement conjoint du souverain et du peuple), banmin d&#333;chi &#19975;&#27665;&#21516;&#27835; (gouvernement conjoint de tout le peuple), expressions issues du r&#233;pertoire chinois, ils tentent de faire passer l'id&#233;e d'un processus engendr&#233; par des notions traditionnelles, comme si ces tournures avaient valeur int&#233;grative en recr&#233;ant du connu et du commun17. Ces conceptions reposent finalement sur un m&#233;lange de foi dans le progr&#232;s mais aussi de volont&#233; tr&#232;s influenc&#233;e par la pens&#233;e classique de faire triompher la morale et l'harmonie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 18 Yamakawa (1976 [1918] : 15-35).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9D&#232;s leur parution, les th&#232;ses de Yoshino furent critiqu&#233;es par des socialistes qui lui reproch&#232;rent d'abandonner certains principes essentiels, de couper l'id&#233;e de d&#233;mocratie en tranches, d'en r&#233;duire le sens. Ils l'accus&#232;rent de ne vouloir que le d&#233;veloppement de pratiques d&#233;mocratiques dans le cadre d'un &#201;tat domin&#233; par l'empereur : le minpon shugi serait ainsi une sorte de &#171; d&#233;mocratie imp&#233;riale &#187;, une d&#233;mocratie &#224; l'int&#233;rieur d'un syst&#232;me qui, par essence, est non d&#233;mocratique. Yoshino aurait renonc&#233; en fait &#224; l'id&#233;e d&#233;mocratique d'&#171; un gouvernement du peuple pour le peuple par le peuple &#187;, selon la fameuse expression de Lincoln. Plus grave, il aurait abandonn&#233; au profit de l'institution imp&#233;riale l'id&#233;e d'une souverainet&#233; populaire18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 19 Narita (2007 : 31).&lt;br class='autobr' /&gt; 20 Stegewerns (2003 : 127).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10L'historien Narita Ry&#363;ichi nuance cependant ces critiques : Yoshino &#233;tait un pragmatique qui savait la r&#233;pression toujours possible. Il aurait en fait tent&#233; un compromis pour vider de leur substance les tendances autoritaires manifest&#233;es dans le texte constitutionnel. En clair, il n'&#233;tait pas en d&#233;saccord avec les tenants d'une conception plus radicale de la d&#233;mocratie, mais &#233;tait plus attach&#233; aux r&#233;formes &#224; venir de la Constitution qu'&#224; sa critique th&#233;orique19. Yoshino voulait faire savoir aux vieux conservateurs que la &#171; d&#233;mocratie &#187; (minpon shugi) ne mena&#231;ait pas le corps national, le kokutai &#22269;&#20307;. Le drame de Yoshino n&#233;anmoins, c'est qu'il fut en avance sur son temps dans les ann&#233;es 1914-18 et critiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1919-1920 par une nouvelle g&#233;n&#233;ration pour sa relative mod&#233;ration20. Pourtant sa pens&#233;e influen&#231;a consid&#233;rablement ses contemporains jusque dans des milieux a priori peu vers&#233;s dans les d&#233;bats th&#233;oriques de science politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le boom &#233;conomique de la guerre : profiteurs et mis&#233;rables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 21 Pour un indice de la production industrielle (indice Nagoya kosh&#333;) on passe de 100 en 1914 &#224; 487 en (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 22 Crawcour (1997 : 101).&lt;br class='autobr' /&gt; 23 Imai (1998 [1974] : 105). Sur une base 100 en 1914, les salaires &#233;taient &#224; 115 environ quand les pr (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11Au cours des ann&#233;es de guerre, le capitalisme japonais, qui avait achev&#233; sa r&#233;volution industrielle dans les premi&#232;res ann&#233;es du xxe si&#232;cle, accomplit un v&#233;ritable bond en avant21. Profitant des difficult&#233;s des Alli&#233;s en guerre, le Japon imposa ses produits sur les principaux march&#233;s d'Asie, notamment la Chine et, pour la premi&#232;re fois, exporta &#224; destination de l'Europe certains produits m&#233;tallurgiques et miniers ainsi que des fournitures militaires. Le poids de l'industrie lourde s'accrut tandis que naissait une puissante industrie chimique. C'est le moment o&#249; apparurent des conglom&#233;rats, les zaibatsu &#36001;&#38309;, comparables par leur taille aux grandes entreprises am&#233;ricaines, allemandes ou britanniques. Entre 1914 et 1918, on estime que le PNB s'accrut de 40 % et que la croissance atteignit 9 % par an22. Pour la premi&#232;re fois, le poids des activit&#233;s industrielles d&#233;passa celui des activit&#233;s agricoles. Cette activit&#233; industrielle donna un coup de fouet aux exportations et au commerce maritime en particulier. Entre 1914 et 1918, les prix doubl&#232;rent en moyenne alors que les salaires connurent un d&#233;crochage notable, la hausse nominale n'&#233;tant que de 50 % environ23. Dans l'industrie, les profits s'accumulaient tandis que surgissaient de &#171; nouveaux riches &#187;, les narikin &#25104;&#37329;, ceux qui avaient su profiter de la croissance rapide pour faire fortune en peu de temps. Ces nouveaux magnats s'enrichirent dans les secteurs industriels les plus divers (pharmacie, teinturerie, m&#233;tallurgie, papeterie, textile&#8230;), mais les fortunes les plus impressionnantes tout autant que soudaines apparurent surtout dans l'exploitation des mines, puis dans le secteur de l'appareillage &#233;lectrique (Hitachi par exemple) et du transport maritime. Le nombre des ouvriers travaillant dans le secteur moderne de l'industrie doubla entre 1914 et 1919, notamment dans l'industrie lourde et les transports. La nouvelle classe ouvri&#232;re &#233;tait compos&#233;e d&#233;sormais de plus en plus de travailleurs masculins adultes et qualifi&#233;s, alors que la premi&#232;re industrialisation fond&#233;e sur l'industrie l&#233;g&#232;re (textile surtout) avait &#233;t&#233; le fait d'une main-d'&#339;uvre f&#233;minine tr&#232;s jeune et peu qualifi&#233;e. On eut donc au Japon, toutes proportions gard&#233;es, un ph&#233;nom&#232;ne &#224; l'inverse de ce qui se produisit dans les pays d'Europe o&#249; la Premi&#232;re Guerre mondiale favorisa plut&#244;t l'essor du travail industriel f&#233;minin. Dans le cas japonais, la f&#233;minisation du salariat &#224; cette &#233;poque toucha plut&#244;t le secteur des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 24 Le nombre de mouvements sociaux portant sur l'am&#233;lioration des salaires passe de 25 en 1914, &#224; 304 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12Ce d&#233;veloppement rapide de l'industrie japonaise dans les ann&#233;es 1914-1918 fut &#224; l'origine d'un retournement de la conjoncture politique, fruit d'une crise dans les relations du travail : la raret&#233; de la main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e cr&#233;a un rapport de force nouveau et relativement favorable aux travailleurs, qui cherch&#232;rent d&#232;s lors &#224; obtenir de meilleurs salaires24. Dans un contexte international nouveau &#8211; li&#233; principalement &#224; la r&#233;volution russe &#8211; o&#249; les mouvements sociaux touch&#232;rent de nombreux pays d'Europe, le nombre de travailleurs japonais en gr&#232;ve s'accrut en 1917 avant de conna&#238;tre un premier pic en 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 25 Hamon (2007 : 234 sqq.).&lt;br class='autobr' /&gt; 26 Eguchi (1989 : 74-75).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13Le nombre des amicales et mutuelles ouvri&#232;res, qui jouaient dans les faits le r&#244;le de syndicats non officiels, &#233;tait en constante augmentation &#224; la fin des ann&#233;es 1910. Suzuki Bunji &#37428;&#26408;&#25991;&#27835; (1885-1946), dipl&#244;m&#233; de l'universit&#233; de Tokyo converti au protestantisme et pr&#233;occup&#233; de questions sociales, fonda en 1912 la Y&#363;aikai &#21451;&#24859;&#20250; (L'Amicale), con&#231;ue comme une soci&#233;t&#233; ouvri&#232;re de secours mutuel. Cette association, qui ne comptait qu'une quinzaine de membres &#224; ses d&#233;buts, mettait l'accent sur le d&#233;veloppement harmonieux des relations entre patrons et ouvriers. Suzuki entretenait d'excellentes relations avec Samuel Gompers (1850-1924), le charismatique leader de la F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail (AFL), qu'il avait rencontr&#233; lors d'un s&#233;jour aux &#201;tats-Unis, et il avait dans l'id&#233;e de fonder un syndicat ouvrier de type am&#233;ricain, qui chercherait &#224; obtenir des r&#233;formes substantielles en n&#233;gociant des compromis avec le patronat. La Y&#363;aikai re&#231;ut le patronage de Shibusawa Eiichi &#28171;&#27810;&#26628;&#19968; (1840-1931), l'un des capitaines de l'industrie et de la finance les plus en vue de son temps25. En 1915, elle comptait plus de 6 000 membres, 22 000 au printemps 191826.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 27 Garon (1987 : 10-38).&lt;br class='autobr' /&gt; 28 Il s'agit en fait, malgr&#233; ce titre, d'un essai &#233;conomique sur la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14&#192; partir du milieu des ann&#233;es 1910, la question sociale fut en effet l'objet d'une litt&#233;rature dans les revues et la presse27. Dans cette veine, il faut signaler notamment Binb&#333; monogatari &#36007;&#20047;&#29289;&#35486; (Roman de la mis&#232;re)28, compos&#233; en livre en 1917, &#224; la suite d'une s&#233;rie d'articles publi&#233;s l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente dans l'&#332;saka Asahi shinbun &#22823;&#38442;&#26397;&#26085;&#26032;&#32862;. L'auteur, un &#233;conomiste qui venait d'&#234;tre nomm&#233; professeur de l'universit&#233; imp&#233;riale de Kyoto, Kawakami Hajime &#27827;&#19978;&#32903; (1879-1946), r&#233;digea cet essai &#224; son retour d'un s&#233;jour en Europe (1913-1915).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 29 Kawakami (2008 [1917] : 4).&lt;br class='autobr' /&gt; 30 Yokoyama (1985 [1899]). Voir, &#224; ce sujet, Souyri (2016 : 363-368).&lt;br class='autobr' /&gt; 31 Kawakami (2008 [1917] : 13).&lt;br class='autobr' /&gt; 32 Kawakami (2008 [1917] : 16).&lt;br class='autobr' /&gt; 33 Kawakami (2008 [1917] : 163).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15Dans l'introduction de son ouvrage, Kawakami &#233;crit : &#171; L'homme ne vit pas seulement de pain, mais il ne vit pas non plus sans pain : c'est en gardant pareille id&#233;e en t&#234;te que l'auteur de ces lignes a r&#233;dig&#233; cet ouvrage29 &#187;. Kawakami montre que dans les pays d'Europe les plus d&#233;velopp&#233;s la pauvret&#233; touche une majorit&#233; de la population et qu'au Japon, pays qui a su profiter de la conjoncture n&#233;e de la Premi&#232;re Guerre mondiale pour d&#233;velopper une &#233;conomie capitaliste solide, la guerre donne naissance &#224; un groupe social de &#171; nouveaux riches &#187;. Mais cette prosp&#233;rit&#233; a ses ombres, car elle a aussi favoris&#233; l'&#233;mergence d'une mis&#232;re sociale, aggrav&#233;e par la hausse des prix. Kawakami part d'une constatation terrible : alors que l'&#233;conomie ne cesse de se d&#233;velopper, le nombre de pauvres, au lieu de reculer, ne fait que s'accro&#238;tre. Il analyse le ph&#233;nom&#232;ne d'un point de vue humaniste, avec le souci de faire prendre conscience au lecteur des lacunes et des insuffisances criantes des syst&#232;mes de pr&#233;voyance sociale et de solidarit&#233;. Kawakami &#233;crit l&#224;, sans le vouloir, une sorte de bestseller (120 000 exemplaires vendus d&#232;s la premi&#232;re &#233;dition), un peu &#224; l'image de celui r&#233;dig&#233; par Yokoyama Gennosuke &#27178;&#23665;&#28304;&#20043;&#21161; (1871-1915) presque vingt ans plus t&#244;t30. &#171; Il est &#233;tonnant de voir pareille mis&#232;re dans des pays civilis&#233;s comme les n&#244;tres &#187; &#233;crit Kawakami dans l'introduction de son essai, avec presque de la na&#239;vet&#233;31. Plus loin, constatant que tous les pays occidentaux sont confront&#233;s &#224; cette m&#234;me question et qu'en Angleterre, &#171; l'un des pays les plus riches du monde, les pauvres forment encore 30 % de la population32 &#187;, il conclut : &#171; la mis&#232;re est la grande maladie du xxe si&#232;cle &#187;. Pour gu&#233;rir cette maladie, il ne voit qu'une seule solution, l'implication active de l'&#201;tat et &#171; la r&#233;forme de l'opinion33 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 34 Kawakami (2008 [1917] : 110).&lt;br class='autobr' /&gt; 35 Kawakami Hajime devint marxiste au cours des ann&#233;es 1920, fut expuls&#233; de l'universit&#233; de Kyoto en 1 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16Kawakami Hajime s'interroge sur l'absurdit&#233; d'un syst&#232;me qu'il juge incapable de se r&#233;former et se rapproche des th&#232;ses d&#233;fendues par les socialistes. Le probl&#232;me r&#233;side, selon lui, dans la demande qui est insuffisante et ne pousse pas le syst&#232;me &#224; produire autant qu'il faut, d'autant que le peu de richesse produite est mal r&#233;parti ou redistribu&#233;. L'&#201;tat doit intervenir par des lois somptuaires pour obliger les riches &#224; ne pas surconsommer34. Kawakami reste dans une logique &#171; asiatique &#187;, c'est-&#224;-dire dans l'id&#233;e tr&#232;s confuc&#233;enne que l'harmonie sociale est le produit d'une forme de vertu, et que le chaos est le fruit de l'exc&#232;s. &#201;go&#239;sme et individualisme conduisent, sous pr&#233;texte de libert&#233;, &#224; cr&#233;er de la pauvret&#233;. C'est donc au nom d'autres principes, plus moraux, que l'ordre peut &#234;tre r&#233;tabli. En fin de compte, ce n'est pas l'&#233;conomie elle-m&#234;me mais la vertu, mise en &#339;uvre par l'&#201;tat, qui peut combattre les d&#233;sordres de l'&#233;conomie. Et Kawakami de se montrer finalement partisan d'un &#171; &#233;tatisme &#233;conomique &#187; fond&#233; sur des principes moraux. Il faut bien reconna&#238;tre que, jusqu'alors, les &#233;conomistes ne traitaient souvent que de l'enrichissement ou de l'&#233;pargne. Kawakami fut sans doute l'un des premiers universitaires japonais &#224; se pencher sur le ph&#233;nom&#232;ne de la pauvret&#233;35. On mesure dans son discours &#8211; comme dans celui de Yoshino, nous l'avons vu &#8211; la pr&#233;gnance des r&#233;f&#233;rences classiques confuc&#233;ennes &#224; c&#244;t&#233; de r&#233;flexions inspir&#233;es par la lecture d'Adam Smith ou de Karl Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 36 Imai (1998 [1974] : 93 sqq.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17La premi&#232;re loi sociale vot&#233;e en 1911 entra en vigueur en 1916, mais la r&#233;putation du travail en usine, assimil&#233; au bagne, restait terrible. Les principales dispositions de la nouvelle loi pr&#233;voyaient l'interdiction du travail en usine aux enfants de moins de 12 ans et l'interdiction du travail de nuit (entre 22 h et 4 h du matin&#8230;) pour les femmes et les gar&#231;ons de moins de 15 ans. La dur&#233;e de la journ&#233;e de travail ne pouvait exc&#233;der 12 heures. Les soins li&#233;s aux accidents du travail devaient &#234;tre pris en charge par les employeurs. Dans les faits, bien peu de ces mesures furent mises en place en 1916. C'est sous l'impact des conflits sociaux des ann&#233;es 1920 que la plupart des employeurs durent se r&#233;soudre &#224; appliquer la l&#233;gislation en vigueur36.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution russe vue du Japon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 37 Arahata (2016 [1975] : 384).&lt;br class='autobr' /&gt; 38 Ishibashi Tanzan, &#171; Kagekiha o enjo seyo &#187; &#36942;&#28608;&#27966;&#12434;&#25588;&#21161;&#12379;&#12424; (Aidons les factions extr&#233;mistes), T&#333;y&#333; keizai (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18La r&#233;volution russe, qui chassa le tsar en mars 1917 (r&#233;volution de F&#233;vrier), puis se radicalisa pour d&#233;boucher sur la prise du pouvoir par les bolcheviques d&#233;but novembre (r&#233;volution d'Octobre), suscita, au Japon comme ailleurs, un immense int&#233;r&#234;t parmi les intellectuels et les travailleurs. Dans la presse, les mots jadis r&#233;serv&#233;s &#224; la propagande socialiste &#8211; comme &#171; capitalisme &#187;, &#171; socialisme &#187;, &#171; exploitation &#187;, &#171; classe sociale &#187; &#8211; se retrouvaient d&#233;sormais sous la plume de journalistes et d'essayistes. &#171; Le mot de &#8220;r&#233;volution&#8221; &#233;tait sur toutes les l&#232;vres37 &#187;. Dans son &#233;dition du 10 novembre 1917, le T&#333;ky&#333; Asahi shinbun &#26481;&#20140;&#26397;&#26085;&#26032;&#32862; titra sur la prise du pouvoir en Russie par des &#171; factions extr&#233;mistes d'ouvriers et de soldats &#187;. En quelques semaines, le mot extr&#233;miste devint synonyme de bolchevique, et le terme restera longtemps pour qualifier le nouveau pouvoir russe. Pourtant, la proclamation par ce dernier du principe d'une paix sans annexions ni compensations et la d&#233;nonciation de la diplomatie secr&#232;te suscit&#232;rent de grands espoirs parmi ceux qui comprenaient que les relations internationales fond&#233;es sur des rapports de force cyniques n'avaient fait que d&#233;boucher sur la catastrophe de la guerre. Mettre de l'ordre dans les relations entre nations n&#233;cessitait d'imaginer de nouvelles formes de coop&#233;ration mondiale, et l'attitude des dirigeants bolcheviques suscita, dans un premier temps, de l'empathie dans une grande partie de l'opinion publique japonaise, y compris parmi les classes moyennes. Dans un article paru dans le T&#333;y&#333; keizai shinp&#333; &#26481;&#27915;&#32076;&#28168;&#26032;&#22577; en juillet 1918 et consacr&#233; au &#171; nouveau r&#233;gime extr&#233;miste russe &#187;, le journaliste Ishibashi Tanzan &#30707;&#27211;&#28251;&#23665; (1884-1973) rappelait que les &#171; troubles &#187; qui avaient &#233;clat&#233; dans ce pays &#233;taient le produit d'une &#171; guerre civile de classes, elle-m&#234;me cons&#233;quence d'une situation &#233;conomique &#187;, et qu'on aurait tort de n&#233;gliger ce que pense profond&#233;ment le peuple russe et de le laisser &#224; son sort. &#192; l'encontre du sentiment du gouvernement japonais, Ishibashi concluait qu'il &#171; fallait reconna&#238;tre le r&#233;gime extr&#233;miste russe et m&#234;me l'aider38 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19L'&#233;mergence du r&#233;gime bolchevique eut &#233;videmment de lourdes cons&#233;quences sur les rapports de force entre grandes puissances en Asie. Inquiets des effets sociaux et politiques de l'effondrement du pouvoir tsariste, les dirigeants japonais estimaient le nouveau r&#233;gime communiste inacceptable. La convention russo-japonaise d'amiti&#233;, renouvel&#233;e en 1916, fut rapidement d&#233;nonc&#233;e par Tokyo. Pour certains commentateurs, l'effondrement de l'ancien r&#233;gime en Russie faisait craindre qu'il n'advienne quelque chose de semblable au Japon, avec une remise en cause de la monarchie imp&#233;riale. Mais d'autres &#8211; une partie des cadres de l'arm&#233;e et certains milieux d'affaires &#8211; y voyaient une occasion en or pour avoir les mains libres en Mandchourie du Nord et en Sib&#233;rie. La r&#233;volution victorieuse &#224; P&#233;trograd pouvait bien signifier une extension possible de la sph&#232;re d'influence japonaise et, en d&#233;finitive, une bonne opportunit&#233; pour ceux qui r&#234;vaient d'expansion sur le continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 39 Fin 1917, les Alli&#233;s envoy&#232;rent des troupes &#224; Arkhangelsk. Fin 1918, des troupes fran&#231;aises d&#233;barqu (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20Inquiets n&#233;anmoins des premiers succ&#232;s de l'Arm&#233;e rouge, les Occidentaux, et notamment Washington, press&#232;rent le Japon, &#224; partir de mai 1918, de venir en aide aux 50 000 prisonniers tch&#233;coslovaques de Sib&#233;rie qui avaient profit&#233; du chaos pour se constituer en arm&#233;e anti-bolchevique. Il fut finalement d&#233;cid&#233; le 20 juillet que le Japon interviendrait militairement en Sib&#233;rie, avec l'appui am&#233;ricain, tandis que les alli&#233;s ouvriraient un nouveau front, plus tard, en Ukraine, &#224; partir de la Mer Noire39. L'intervention japonaise aurait pour objectif de constituer un r&#233;gime contre-r&#233;volutionnaire dans l'Extr&#234;me-Orient sib&#233;rien et de placer la Mandchourie du Nord sous influence japonaise, tout en pesant plus fortement sur le gouvernement chinois, lui-m&#234;me fort inquiet de la pression communiste sur ses fronti&#232;res septentrionales. Le d&#233;part du premier contingent japonais pour Vladivostok fut fix&#233; au 14 ao&#251;t 1918.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La jacquerie des femmes de l'Etch&#363; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 40 La population totale du Japon passe d'environ 44 millions d'habitants en 1900 &#224; 55 millions en 1920&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21Or, au cours de l'ann&#233;e 1918, la bonne conjoncture li&#233;e &#224; l'expansion &#233;conomique avait d&#233;clench&#233; des ph&#233;nom&#232;nes inflationnistes difficiles &#224; ma&#238;triser. Hausse d&#233;mographique40, am&#233;lioration du niveau de vie des couches moyennes urbaines, prol&#233;tariat industriel dont les salaires repartaient &#224; la hausse, allaient dans le sens d'une &#233;l&#233;vation de la demande, notamment en riz. Le syst&#232;me de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re ne poussait cependant gu&#232;re ni &#224; une augmentation de la production ni &#224; des gains de productivit&#233; dans la riziculture. En fait la production agricole stagnait. L'offre restait inf&#233;rieure &#224; la demande. En pr&#233;vision de la mont&#233;e des prix, les marchands de riz stock&#232;rent. Malgr&#233; l'inqui&#233;tude d&#233;clar&#233;e des dirigeants, dont certains craignaient une explosion de type russe, aucune mesure particuli&#232;re ne fut prise pour am&#233;liorer le sort des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 41 En avril 1917, le prix du koku de riz est de 20 yens. En avril 1918, il est d&#233;j&#224; de 33 yens, 40 yen (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22De leur c&#244;t&#233;, les autorit&#233;s r&#233;quisitionnaient le peu de riz qui restait sur le march&#233; pour &#233;quiper les soldats sur le d&#233;part vers la Sib&#233;rie. Le prix du riz se mit &#224; flamber entre avril et juillet puis explosa d&#233;but ao&#251;t41. &#192; l'inqui&#233;tude devant la hausse des prix succ&#233;da soudain une grande anxi&#233;t&#233;. Dans les milieux populaires, on redoutait la faim. L'annonce que le gouvernement s'appr&#234;tait &#224; envoyer des troupes en Sib&#233;rie quand le peuple &#233;tait au bord de la disette survenait on ne peut plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 42 Ces bourgades avaient une forte densit&#233;. Uozu comptait 15 000 habitants, Mizuhashi 7 000 et Namerik (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23Le premier incident s&#233;rieux &#233;clata le 23 juillet &#224; Uozu (d&#233;partement de Toyama), un port de la mer du Japon. L&#224;, le prix du riz avait augment&#233; de 35 % depuis janvier. Une cinquantaine de femmes de marins se rassembl&#232;rent sur le port et entrav&#232;rent le chargement d'un bateau transportant du riz en direction de Nemuro pour les soldats en partance. La police dispersa les manifestantes mais la presse rapporta l'incident. Des mouvements de m&#234;me type impliquant des femmes &#233;clat&#232;rent les jours suivants dans les autres ports de la r&#233;gion, &#224; Mizuhashi et &#224; Namerikawa notamment. Au large de ces ports, les eaux &#233;taient peu poissonneuses et la plupart des hommes &#233;taient sur les bateaux, en pleine campagne de p&#234;che, vers Hokkaid&#333; ou Sakhaline. Les femmes, seules &#224; la maison, s'inqui&#233;taient de la hausse des prix. Cette population urbaine de p&#234;cheurs &#233;tait d'autant plus vuln&#233;rable qu'elle &#233;tait totalement coup&#233;e de la paysannerie de l'arri&#232;re-pays, et ne pouvait gu&#232;re compter sur des revenus d'appoint42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 43 Komatsu (2009 : 167).&lt;br class='autobr' /&gt; 44 Komatsu (2009 : 168).&lt;br class='autobr' /&gt; 45 Tachibana (2014 : 80).&lt;br class='autobr' /&gt; 46 La formule ichimi d&#333;shin &#19968;&#21619;&#21516;&#24515; signifie &#171; les c&#339;urs &#224; l'unisson &#187;. Elle se retrouve dans les serment (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 47 Ninomiya (1990 : 391 sqq.). Voir aussi Katsumata (2011 : 249 sqq.).&lt;br class='autobr' /&gt; 48 Notamment des &#233;meutes dites &#171; bandori &#187; (bandori s&#333;d&#333; &#12496;&#12531;&#12489;&#12522;&#39442;&#21205;), de l'appellation locale du mino &#34001;, l (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 49 Katsuyama (2010 : 39).&lt;br class='autobr' /&gt; 50 Kamiya (2004 : 150).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&#192; partir du 3 ao&#251;t, des cort&#232;ges de femmes se form&#232;rent dans plusieurs agglom&#233;rations de la r&#233;gion. Les manifestantes r&#233;clamaient le riz &#171; &#224; sa juste valeur &#187; (tekisei kakaku &#36969;&#27491;&#20385;&#26684;), l'aide aux plus d&#233;munis et l'interdiction des exportations. Des affichettes appelaient la foule (qui se fit de plus en plus masculine) &#224; se rendre &#224; la nuit tomb&#233;e au sanctuaire local. On faisait sonner le gong comme un tocsin puis on d&#233;boulait en cort&#232;ge devant les maisons des accapareurs de riz, on brisait les r&#233;verb&#232;res, coupait les fils t&#233;l&#233;graphiques et, dans l'obscurit&#233; totale &#224; l'exception des torches apport&#233;es par les manifestants, les maisons &#233;taient prises d'assaut et d&#233;molies (uchikowashi &#25171;&#12385;&#22730;&#12375;)43. Si la police intervenait, elle &#233;tait accueillie par des jets de tuiles et de pierres. On s'emparait des sacs de riz et parfois m&#234;me on jetait le riz depuis le toit sur la foule (&#171; Il pleut du riz, comme c'est dr&#244;le ! &#187;)44. Les manifestants scandaient washira zenbu ga ichimi yazo &#12431;&#12375;&#12425;&#20840;&#37096;&#12364;&#19968;&#21619;&#12420;&#12382;45 (tous ensemble, tous ensemble !), reprenant cette expression ichimi tout droit sortie des r&#233;voltes des temps m&#233;di&#233;vaux46. D&#232;s le 25 juillet, le Hokuriku Times &#21271;&#38520;&#12479;&#12452;&#12512;&#12473; titrait : &#171; l'ikki &#224; l'assaut des maisons de marchands de riz &#187;. Plusieurs journaux &#233;voqu&#232;rent d&#233;but ao&#251;t &#171; la jacquerie des femmes de l'Etch&#363; &#187; (Etch&#363; nyob&#333; ikki &#36234;&#20013;&#22899;&#25151;&#19968;&#25542;), de l'ancien nom de la province qui correspondait au d&#233;partement de Toyama, et la presse nationale relaya l'information. Ces mouvements ressemblaient en effet &#224; s'y m&#233;prendre aux pouss&#233;es de fureur populaire de la premi&#232;re moiti&#233; du xixe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque des Tokugawa, quand on envahissait et d&#233;molissait les maisons des usuriers et des marchands47. La presse ne manqua pas de le relever, d'autant que la r&#233;gion avait connu de nombreux incidents &#224; l'&#233;poque Meiji48. Entre le 23 juillet et le 19 ao&#251;t, on ne compta pas moins de vingt-deux nuits d'&#233;meutes dans la r&#233;gion, regroupant selon le cas entre quelques dizaines et un millier de personnes. Ainsi la police rapporta, pour la seule bourgade de Namerikawa, trois cents manifestantes le 5 ao&#251;t, plus d'un millier d'hommes et de femmes le 6 ao&#251;t, sept cents personnes le 7, et six cents personnes manifestant dans deux endroits diff&#233;rents de la ville, soit mille deux cents personnes en tout, le 8 ao&#251;t49. &#192; chaque fois, les femmes semblent avoir lanc&#233; le mouvement, qui gagne en puissance avec le renfort d'&#233;l&#233;ments masculins, ceux-ci attisant la col&#232;re et la violence de la foule. Parmi les hommes qui particip&#232;rent aux manifestations, le petit peuple : ouvriers des chantiers, journaliers, marchands colporteurs, rejoints parfois par des gens &#224; peine plus ais&#233;s, petits commer&#231;ants, ouvriers imprimeurs, vanniers, voire employ&#233;s de commerce&#8230; &#192; chaque fois, le m&#234;me sc&#233;nario : on se rassemble devant la maison d'un sp&#233;culateur ou consid&#233;r&#233; comme tel (le 6 ao&#251;t &#224; Namerikawa, la foule regroup&#233;e devant la maison d'un grossiste, Kanegawa S&#333;saemon, comptait pr&#232;s de 2 000 personnes selon les t&#233;moins, les deux tiers &#233;tant des femmes50). On fait le si&#232;ge du grenier, on menace de br&#251;ler le b&#226;timent voire d'en massacrer les occupants (notons n&#233;anmoins que nulle part cette derni&#232;re menace ne fut mise &#224; ex&#233;cution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25Mais une autre inqui&#233;tude devint perceptible dont la presse se fit aussi l'&#233;cho. Le Toyama ky&#363;h&#333; &#23500;&#23665;&#24613;&#22577; le nota dans son &#233;dition du 7 ao&#251;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 51 Cit&#233; par Imai (1998 [1974] : 175).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La jacquerie des femmes de l'Etch&#363; fait penser &#233;videmment aux &#233;meutes de la faim qui ont &#233;clat&#233; en f&#233;vrier de l'an dernier dans les villes russes51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26Le m&#234;me jour, le journal local de Takaoka, le Takaoka shinp&#333; &#39640;&#23713;&#26032;&#22577;, &#233;tait encore plus explicite, sur le mode lyrique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 52 Imai (1998 [1974] : 175).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution russe a d&#233;bord&#233; du chaudron. Le militarisme allemand, lui aussi, sera t&#244;t ou tard maudit et expuls&#233; du chaudron. Les &#233;meutes populaires qui ont &#233;clat&#233; &#224; Nishi Mizuhashi, &#224; Higashi Mizuhashi et &#224; Namerikawa nous envoient un signal social effrayant. M&#234;me s'il a &#233;t&#233; facile pour la police de r&#233;tablir l'ordre, pourra-t-on pour autant calmer les esprits52 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes se g&#233;n&#233;ralisent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 53 Komatsu (2009 : 165).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27Or, &#224; partir du 8 ao&#251;t, le mouvement &#8211; dont la presse avait largement rendu compte &#8211; changea soudain de nature53. Circonscrit g&#233;ographiquement aux ports de la Mer du Japon, et socialement pour l'essentiel aux femmes de p&#234;cheurs, il s'&#233;tendit soudain aux villes de l'int&#233;rieur, commen&#231;ant par celles de l'ouest du pays (des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent &#224; Okayama, Wakayama, Kyoto, Osaka). &#192; Nagoya, le 10 ao&#251;t, le bruit se r&#233;pandit qu'un grand meeting se tiendrait le soir dans le parc de Tsurumai pour &#233;voquer la lutte contre la hausse des prix, et plus de 10 000 personnes se rassembl&#232;rent, ouvriers, &#233;tudiants, employ&#233;s de commerce, pour &#233;couter les discours. La foule commen&#231;a &#224; jeter des pierres sur les cordons de policiers, puis d&#233;cida de s'en prendre aux maisons de commerce qui stockaient le riz, et l'&#233;meute commen&#231;a. Le lendemain soir, 50 000 personnes se rassembl&#232;rent au parc de nouveau, selon la police, et le lendemain encore 30 000. Le 11 ao&#251;t, les troubles gagn&#232;rent K&#333;be et le lendemain, les ouvriers des chantiers navals Mitsubishi provoqu&#232;rent le chaos dans l'usine : le soir, la ville &#233;tait livr&#233;e &#224; l'&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28L'envoy&#233; sp&#233;cial du journal T&#333;ky&#333; nichi nichi shinbun &#26481;&#20140;&#26085;&#12293;&#26032;&#32862; t&#233;moigne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 54 Reproduit dans Imai (1998 [1974] : 177-178).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand la nuit tomba, la ville de K&#333;be &#233;tait en proie &#224; une gigantesque &#233;meute. Dans l'avenue de Sakaemachi, un, deux, trois groupes, plus encore, marchaient en vocif&#233;rant. La maison de commerce Suzuki, sise &#224; Sakaemachi yonch&#333;me, &#233;tait en flammes. Le b&#226;timent du Heishinkan, o&#249; se trouvent les bureaux d'un pr&#234;teur sur gages r&#233;put&#233; dur avec le petit peuple, br&#251;lait &#233;galement, ainsi que les entrep&#244;ts de Hy&#333;go de raffinage du riz qui appartiennent &#224; la maison Suzuki. Les trois &#233;tages du b&#226;timent du K&#333;be shinbun, le journal de K&#333;be qui se fait souvent l'avocat des int&#233;r&#234;ts Suzuki, furent incendi&#233;s. Les aci&#233;ries de Wakinohama &#233;taient en cendres ainsi que le si&#232;ge de la caisse des d&#233;p&#244;ts de K&#333;be. L'incendie toucha aussi le si&#232;ge principal de la maison Suzuki, au Grand H&#244;tel, au milieu des cris et des insultes de la foule.&lt;br class='autobr' /&gt; Le lendemain, le 13 ao&#251;t au matin, je pris un pousse-pousse pour faire le tour de la ville et nous f&#251;mes retenus par un groupe de gens qui nous bloqu&#232;rent le passage. Un homme &#224; l'air convaincu qui semblait &#234;tre le chef, nu avec un linge en coton autour de la taille et un sabre fourr&#233; autour des hanches, s'en prit &#224; moi qui &#233;tais perch&#233; en haut de la voiture : &#171; Quand nous sommes en train de mater les salopards qui s'en prennent &#224; notre existence, toi tu te balades en voiture ? C'est honteux. Descends de l&#224; ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Je me rendis alors au parc de la Minato o&#249;, devant un sanctuaire entour&#233; d'arbres, avait lieu un meeting improvis&#233;. Des hommes, un bandeau ceint autour du front, v&#234;tus d'une veste &#224; rayures blanches, criaient des slogans : &#171; &#192; bas le cabinet Terauchi ! Salauds de riches ! Cette nuit, on va aller chercher le riz que vous avez cach&#233;54 ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 55 Komatsu (2009 : 170).&lt;br class='autobr' /&gt; 56 Narita (2007 : 88).&lt;br class='autobr' /&gt; 57 On y rapporte toutefois quelques incidents mineurs, comme &#224; Hakodate le 18 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29Dans la plupart des villes du Kansai, &#224; Kyoto notamment, les gens des ghettos de discrimin&#233;s (buraku &#37096;&#33853;) jou&#232;rent un r&#244;le important, &#224; c&#244;t&#233; de personnes issues de milieux populaires divers, exasp&#233;r&#233;es par la hausse des prix. &#192; Fukui, la foule attaqua la pr&#233;fecture et un commissariat. Puis le 13 ao&#251;t, les &#233;meutes gagn&#232;rent Tokyo, le Kant&#333; et le Ky&#363;sh&#363;. Les forces de l'ordre tir&#232;rent sur la foule pour disperser les manifestants. De nombreuses villes japonaises connurent des sc&#232;nes d'&#233;meute au cours de ces journ&#233;es. En certains endroits, les danses de la f&#234;te du Bon, la f&#234;te des morts, le 15 ao&#251;t, d&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent et les danseurs se mu&#232;rent en &#233;meutiers, comme &#224; K&#333;ga, dans le d&#233;partement de Shiga55. Pass&#233; la mi-ao&#251;t, le mouvement gagna les villages de l'int&#233;rieur ainsi que les agglom&#233;rations mini&#232;res comme Miike dans le nord de Ky&#363;sh&#363;. En ao&#251;t 1918, on d&#233;nombrait 108 usines en gr&#232;ve, un record ! Des troubles &#233;clat&#232;rent jusqu'&#224; S&#233;oul, le 28 ao&#251;t, contre la hausse des prix du riz56. Tout le pays, sauf Okinawa, le nord de Honsh&#363; et Hokkaid&#333;57, fut touch&#233; par ce mouvement d'une ampleur tout &#224; fait inconnue jusqu'alors. Le 12 septembre, les mineurs de Manda, &#224; Miike, &#233;taient quasiment en &#233;tat d'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 58 Komatsu (2009 : 166).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30Le retournement de la conjoncture contribua &#224; calmer les esprits &#224; partir de la fin ao&#251;t. Pris de panique devant l'ampleur de l'&#233;meute, les marchands jet&#232;rent sur le march&#233; les stocks qu'ils d&#233;tenaient, faisant redescendre rapidement le prix du koku de riz &#224; des niveaux plus raisonnables. &#192; la mi-septembre, les prix &#233;taient revenus aux niveaux de 1916. Mais les &#233;meutes s'&#233;taient succ&#233;d&#233; &#224; un rythme quasi ininterrompu pendant pr&#232;s de six semaines. D&#233;bord&#233;e, la police fut remplac&#233;e par l'arm&#233;e d&#232;s le 11 ao&#251;t &#224; Kyoto. &#192; Kure, l'infanterie de marine fut mobilis&#233;e contre la foule le 18 ao&#251;t, faisant quatre morts58. Environ 100 000 hommes de troupe particip&#232;rent &#224; la r&#233;pression des &#233;meutes. On releva en tout une trentaine de tu&#233;s, ce qui est finalement assez peu, eu &#233;gard &#224; la violence d&#233;ploy&#233;e. Plusieurs milliers de personnes furent arr&#234;t&#233;es, sept cents d'entre elles furent condamn&#233;es &#224; des peines de prison, dont soixante-et-onze &#224; des peines de travaux forc&#233;s. Deux condamn&#233;s &#224; mort furent ex&#233;cut&#233;s (issus du ghetto des burakumin de Wakayama). La plupart des personnes arr&#234;t&#233;es et condamn&#233;es &#233;taient des hommes jeunes, issus des milieux les plus humbles de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 59 Eguchi (1989 : 74), Kinbara (2009 [1973] : 19-20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31De nombreux contemporains, ne pouvant s'expliquer l'ampleur des &#233;meutes, soup&#231;onn&#232;rent un complot organis&#233;59. Le mouvement avait pourtant &#233;clat&#233; sans leaders, sans organisation, de mani&#232;re tout &#224; fait spontan&#233;e. Les socialistes ou les syndicalistes n'y eurent aucune influence notable. On a vu que les femmes jou&#232;rent un r&#244;le central dans les premi&#232;res manifestations. Dans les grandes villes, c'est le petit peuple qui entra en action : prol&#233;taires des petits m&#233;tiers, ouvriers des usines, parias des quartiers discrimin&#233;s, mineurs, m&#233;tallos des aci&#233;ries, travailleurs cor&#233;ens puis, plus tard, quand le mouvement toucha les campagnes, petits paysans qui s'en prirent aux propri&#233;taires fonciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 60 Imai (1998 [1974] : 182-183).&lt;br class='autobr' /&gt; 61 Ishibashi Tanzan, &#171; S&#333;sh&#333; no seijiteki igi &#20105;&#35359;&#12398;&#25919;&#27835;&#30340;&#24847;&#32681; &#187; (La signification politique de la contestatio (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 62 Arahata (2016 [1975] : 388).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32Le gouvernement commit par ailleurs une erreur strat&#233;gique en cherchant &#224; museler la presse pour l'emp&#234;cher de relater l'importance des &#233;v&#233;nements. D&#232;s le 7 ao&#251;t, le Takaoka shinp&#333; &#39640;&#23713;&#26032;&#22577;, jug&#233; trop en empathie avec les manifestants, fut censur&#233;. Le 14, le gouvernement interdit &#224; la presse nationale de rapporter l'ampleur des &#233;meutes. Il est vrai que les journalistes utilisaient un m&#233;talangage en &#233;voquant le mot ikki ou les pratiques d'uchikowashi (d&#233;molissage) qui r&#233;sonnaient dans les oreilles populaires et &#233;taient parfaitement compr&#233;hensibles. Rendus furieux par une censure brutale sur l'information, les patrons de presse et les journalistes organis&#232;rent d&#232;s lors r&#233;unions sur r&#233;unions, &#224; Tokyo, dans le Kansai et ailleurs en province, pour protester. La plupart d'entre eux avaient d&#233;j&#224; particip&#233; au mouvement contre le cabinet Katsura en 1913. &#171; Les &#233;meutes ne sont pas le fait de la presse mais des erreurs du gouvernement &#187;, proclamaient de nombreuses motions de journalistes vot&#233;es en assembl&#233;e. Une grande partie des journaux mena alors campagne contre le gouvernement Terauchi, accus&#233; d'inertie, qui devait &#171; d&#233;sormais tirer les cons&#233;quences de ses erreurs60 &#187;. La bataille pour la baisse du prix du riz se doubla d&#232;s lors d'une bataille pour la libert&#233; d'expression, largement inspir&#233;e des th&#232;ses de Yoshino Sakuz&#333;. D&#232;s septembre, Ishibashi Tanzan note que ces &#233;meutes seraient in&#233;vitables tant que le fonctionnement politique serait aussi scl&#233;ros&#233;. Pour lui, les couches prol&#233;tariennes n'avaient fait que chercher &#224; se d&#233;fendre et les &#233;meutes &#233;taient donc le reflet de la gravit&#233; de la crise politique61. De son c&#244;t&#233;, le socialiste Arahata Kanson &#33618;&#30033;&#23506;&#26449; (1887-1981) explique dans ses m&#233;moires que &#171; face &#224; un peuple qui crevait de faim, le gouvernement n'a pas pris la moindre mesure et d'ailleurs, s'il en avait prise une, elle aurait &#233;t&#233; probablement d'un effet mineur. Le peuple a donc pris les choses en main62 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 63 Eguchi (1989 : 59-60) ; Kinbara (2009 : 93).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33Devant l'ampleur de la crise et l'hostilit&#233; de la presse, le gouvernement Terauchi fut contraint &#224; la d&#233;mission le 21 septembre. Hara Takashi &#21407;&#25964; (1856-1921), un dirigeant de parti parlementaire non issu des anciennes coteries f&#233;odales du Sud-Ouest, devint chef de gouvernement. C'&#233;tait l&#224; une premi&#232;re et un coup s&#233;v&#232;re port&#233; &#224; l'oligarchie politique qui pr&#233;sidait aux destin&#233;es du pays depuis la restauration monarchique63. De leur c&#244;t&#233;, les populations japonaises n'avaient gu&#232;re appr&#233;ci&#233; de voir l'arm&#233;e intervenir contre elles. On peut lire dans l'&#233;ditorial du 22 ao&#251;t de l'&#332;saka Asahi shinbun :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 64 Cit&#233; par Imai (1998 [1974] : 181). L'exp&#233;dition en Sib&#233;rie, d&#233;cid&#233;e dans le secret des &#233;tats-majors (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jusqu'&#224; pr&#233;sent, quand l'&#201;tat utilisait la force dans les affaires internationales, le peuple japonais approuvait avec fr&#233;n&#233;sie les mouvements de troupes &#224; l'&#233;tranger, comme si les territoires conquis allaient lui appartenir. Or d&#233;sormais il ne s'int&#233;resse plus aux op&#233;rations ext&#233;rieures qui ne semblent plus le concerner. Quand les autorit&#233;s politiques &#233;voquent un moment capital qui se joue sur les th&#233;&#226;tres d'op&#233;ration &#224; l'&#233;tranger, le peuple ne se demande plus si ce sera utile au pays. Chacun s'interroge plut&#244;t sur l'utilit&#233; de tout cela pour son profit personnel64.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;flexions sur la crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 65 Komatsu (2009 : 168).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34Les observateurs qui se sont alors pench&#233;s sur cette crise y virent la conjonction de plusieurs mouvements. D'abord une anxi&#233;t&#233; populaire devant les difficult&#233;s croissantes &#224; assurer la stabilit&#233; du foyer alors que l'inflation d&#233;rapait et que le gouvernement, pr&#233;occup&#233; par l'exp&#233;dition de Sib&#233;rie, restait inerte. C'est ce qui fut &#224; l'origine de la col&#232;re des femmes de p&#234;cheurs notamment. Dans les villes, le petit peuple se r&#233;volta contre &#171; l'immoralit&#233; des riches &#187; qui continuaient de sp&#233;culer sur la mis&#232;re des bonnes gens. Aliment&#233; par l'inflation, per&#231;ue comme une man&#339;uvre pour s'enrichir encore sur leur dos, le ressentiment contre les nantis joua certainement un r&#244;le essentiel. L'absence de syst&#232;mes d'aide laissa les plus pauvres d&#233;munis face &#224; la flamb&#233;e des prix, et l'inexistence de moyens pour contrecarrer la crise fut comprise comme une trahison de la n&#233;cessaire bienveillance que devaient exercer les plus puissants &#224; l'&#233;gard des plus faibles, dans le cadre de repr&#233;sentations g&#233;n&#233;rales aux accents toujours confucianistes. Les puissants avaient en quelque sorte failli &#224; leur devoir de protection et, dans ces conditions, la violence paraissait l&#233;gitime. On fit pr&#233;valoir une &#171; &#233;conomie morale &#187; et un certain sens de la justice, pr&#233;occupations qui r&#233;sonnaient comme en ad&#233;quation avec les th&#232;ses de Kawakami Hajime, rappel&#233;es ci-dessus. &#192; la question des autorit&#233;s qui demandaient aux manifestants arr&#234;t&#233;s s'ils ne regrettaient pas d'avoir particip&#233; aux &#233;meutes, nombreux furent ceux qui r&#233;pondirent : &#171; Mais pourquoi donc devrais-je le regretter ? C'est cela qui a fait baisser le prix du riz, non65 ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 66 Got&#333; Shinpei dans son journal personnel, cit&#233; par Kinbara (2009 : 19).&lt;br class='autobr' /&gt; 67 Gordon (1991 : 108).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35L'intervention des gens des ghettos, les descendants des parias, qui vinrent grossir les rangs des &#233;meutiers, notamment dans les villes du Kansai, &#233;tait &#233;videmment li&#233;e &#224; la hausse des prix mais ces gens &#233;taient aussi exasp&#233;r&#233;s par un sentiment g&#233;n&#233;ral et de plus en plus insupportable de ne pas &#234;tre trait&#233;s comme les autres. Le mouvement des mineurs et des petits paysans &#8211; qui se propagea alors que les prix avaient commenc&#233; &#224; redescendre &#8211; traduisit aussi une exasp&#233;ration contre les conditions de travail difficiles auxquelles ils &#233;taient r&#233;duits. Les tensions sociales qui &#233;clat&#232;rent au grand jour en septembre relevaient d&#233;j&#224; d'une autre dimension qui d&#233;passait la lutte contre la chert&#233;. Got&#333; Shinpei &#24460;&#34276;&#26032;&#24179; (1857-1929), alors ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, pensait qu'il s'agissait l&#224; d'une manifestation extr&#234;me de la guerre des classes66. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; paralys&#233;s par l'atmo&#173;sph&#232;re de &#171; l'&#232;re d'hiver &#187;, ouvriers, mineurs et petits paysans redressaient en effet la t&#234;te. Leur mouvement pr&#233;figurait l'agitation sociale qui caract&#233;risera la nouvelle p&#233;riode67.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 68 Cit&#233; par Duus &amp; Scheiner (1998 : 177).&lt;br class='autobr' /&gt; 69 Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36Au-del&#224; des &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes, la violence qu'exprimait le mouvement renvoyait &#8211; et nombreux furent les analystes de l'&#233;poque qui le not&#232;rent &#8211; &#224; une incapacit&#233; profonde du syst&#232;me politique japonais d'alors &#224; prendre en compte les aspirations des couches sociales subalternes, qui se sentirent abandonn&#233;es par l'&#201;tat. Certains, comme les d&#233;mocrates Yoshino Sakuz&#333; ou Ishibashi Tanzan, accus&#232;rent un gouvernement incapable d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute du peuple et point&#232;rent du doigt la bureaucratie d'&#201;tat et le Parlement, totalement d&#233;nu&#233;s, l'un comme l'autre, de la moindre volont&#233; de comprendre les difficult&#233;s populaires et de leur trouver une solution. Fukuda Tokuz&#333; &#31119;&#30000;&#24499;&#19977; (1874-1930) pensait que l'impr&#233;voyance du gouvernement avait pouss&#233; le peuple &#171; &#224; un point extr&#234;me &#187; o&#249; le droit &#224; la vie l'emporte sur le droit de propri&#233;t&#233;68. Au bout du compte, l'aggravation sensible des divisions sociales, la distribution in&#233;gale de la richesse, les difficult&#233;s &#233;conomiques combin&#233;es &#224; l'imp&#233;ritie des classes poss&#233;dantes, avaient pouss&#233; le peuple dans la rue69. Le socialiste Katayama Sen &#29255;&#23665;&#28508; (1859-1933), &#224; l'&#233;poque en exil aux &#201;tats-Unis, cherchant &#224; saisir le sens historique de l'&#233;pisode, y voyait la premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution &#224; venir. Plus tard, il &#233;crira depuis Moscou, en 1933 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 70 Katayama (1963 [1933] : 453).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les classes laborieuses au Japon ont consenti de lourds et terribles sacrifices lors des &#233;meutes du riz. Mais le mouvement de 1918, c'est la premi&#232;re action de lutte des masses qui a fait trembler les classes exploiteuses de ce pays70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 71 Matsuo Takayoshi, cit&#233; par Meyer (2005 : 70-71).&lt;br class='autobr' /&gt; 72 Sur ces questions, voir en fran&#231;ais L&#233;vy (2014) et Souyri (2016 : 431-455).&lt;br class='autobr' /&gt; 73 Une synth&#232;se sur le r&#244;le des femmes dans les &#233;meutes d'ancien r&#233;gime par Tsutsumi Y&#333;ko dans Hosaka (...)&lt;br class='autobr' /&gt; 74 On notera que l'&#233;pisode inflationniste de 1918 touche de nombreuses contr&#233;es en Asie : la Cor&#233;e en (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37&#192; l'automne 1918, la capitulation d'un ministre conservateur, incapable de r&#233;agir &#224; une crise sociale, donna de l'espoir &#224; tous ceux qui luttaient contre un syst&#232;me qui ne laissait gu&#232;re de place &#224; la libre expression et &#224; la contestation. Tous ceux qui, dans les classes moyennes, s'&#233;taient oppos&#233;s les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes &#224; un syst&#232;me politique verrouill&#233; par les anciennes cliques f&#233;odales des principaut&#233;s du Sud-Ouest, le Conseil priv&#233; de l'empereur (S&#363;mitsuin &#26530;&#23494;&#38498;), les Anciens (genr&#333; &#20803;&#32769;) et les factions militaires, retrouv&#232;rent espoir. Certes, les &#233;meutes du riz ont pu &#234;tre d&#233;crites comme la cons&#233;quence d'une grave mais classique crise de subsistance que les structures modernes ne permettaient pas de juguler, l&#224; o&#249; les m&#233;canismes traditionnels seigneuriaux de r&#233;gulation sous les Tokugawa se r&#233;v&#233;laient relativement efficaces. Mais dans les grandes villes comme &#224; Tokyo, les &#233;meutiers ne s'en prirent pas qu'aux maisons des sp&#233;culateurs, ils jet&#232;rent des pierres sur les grands magasins de Nihonbashi, sur les boutiques de v&#234;tements chics de Ginza, sur les restaurants, les banques et les b&#226;timents des grandes entreprises qui incarnaient l'enrichissement brutal de certains, bref s'en prirent &#224; tout ce qui repr&#233;sentait ce luxe des couches moyennes et sup&#233;rieures auxquels les manifestants n'avaient pas acc&#232;s. Et comment ignorer, dans la foul&#233;e de ces &#233;meutes, la tenue d'un congr&#232;s national des syndicats en ao&#251;t 1919 et la naissance de groupuscules prol&#233;tariens dont certains seront &#224; l'origine du Parti communiste ? Le r&#244;le remarqu&#233; dans les manifestations des discrimin&#233;s issus des ghettos de buraku est souvent consid&#233;r&#233; comme le premier pas qui mena &#224; la naissance de l'organisation des parias, la Suiheisha &#27700;&#24179;&#31038;, fond&#233;e en 192271. Enfin, le r&#244;le des femmes dans le d&#233;clenchement des &#233;meutes intervint dans un contexte de contestation grandissante de la position subordonn&#233;e des femmes dans la soci&#233;t&#233;72, m&#234;me si on se rend compte aujourd'hui qu'elles ont toujours jou&#233; un r&#244;le important dans les r&#233;voltes sous l'ancien r&#233;gime Tokugawa73. Nombreux furent les observateurs de l'&#233;poque qui comprirent que les &#171; &#233;meutes du riz &#187; n'&#233;taient pas qu'une fureur populaire de type classique li&#233;e &#224; une crise de subsistance, mais qu'il s'agissait d'une crise politique, sociale, &#233;conomique de grande ampleur qui, d'une certaine mani&#232;re, contribuait &#224; &#171; d&#233;livrer une soci&#233;t&#233; bloqu&#233;e &#187; par un couvercle de plomb, celui de la r&#233;pression contre le mouvement social74.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 75 Le nombre d'&#233;tudiants est de 24 000 en 1900, de 47 000 en 1910, de 80 000 en 1920. &#192; partir de 1918 (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38L'ann&#233;e 1918 marque, &#224; n'en pas douter, un jalon dans l'histoire de l'archipel, &#224; l'origine d'un nouveau cycle de contestations et de ruptures : le Japon n'est plus seulement une soci&#233;t&#233; engag&#233;e dans un processus de modernisation, qui progresse avec plus ou moins de bonheur. L'ambigu&#239;t&#233; du mouvement, &#224; la fois fureur populaire de type classique et mouvement social ancr&#233; dans la r&#233;alit&#233; du monde capitaliste, est &#224; l'image du Japon de cette &#233;poque, o&#249; cohabitent des modes de pens&#233;e qui s'inscrivent tout autant dans le vocabulaire et l'id&#233;ologie &#171; &#224; la chinoise &#187; que dans des discours cherchant &#224; r&#233;guler les syst&#232;mes d'exploitation, pour les am&#233;liorer ou les d&#233;passer. Les &#233;meutes du riz sont un tournant non seulement parce qu'elles correspondent &#224; l'irruption d'une conflictualit&#233; sociale sans commune mesure avec ce qui &#233;tait connu jusqu'alors, et qui se manifestera pendant toutes les ann&#233;es 1920, mais parce qu'elles indiquent aussi la fin d'un cycle de r&#233;volte, celui de l'&#233;meute spontan&#233;e et brutale qui marqua toute l'histoire du Japon au xixe si&#232;cle. Le nouveau cycle qui commence alors traduit tout autant l'&#233;mergence d'une classe ouvri&#232;re combative que l'essor d'une soci&#233;t&#233; de masse avec une nouvelle culture de la consommation (taish&#363; bunka &#22823;&#34886;&#25991;&#21270;), ou encore de nouvelles couches intellectuelles d'une g&#233;n&#233;ration pass&#233;e par les lyc&#233;es et les universit&#233;s75, c'est-&#224;-dire &#233;duqu&#233;e dans le cadre d'un syst&#232;me de pens&#233;e largement diff&#233;rent de celui qui forma la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39Le Japon se trouve d&#232;s lors impliqu&#233;, comme les autres pays avanc&#233;s de son temps, dans une crise des relations sociales dont la r&#233;solution se pose en termes de plus en plus antagoniques. La mont&#233;e du mouvement ouvrier &#224; partir des ann&#233;es 1918-1919, la crise de l'&#233;conomie qui frappe le syst&#232;me en 1930, l'imp&#233;rialisme et l'intervention de l'&#201;tat comme rem&#232;des &#224; la crise, les tendances autoritaires de plus en plus affirm&#233;es dans le corps social puis finalement la guerre, sont des processus que connaissent nombre de soci&#233;t&#233;s avanc&#233;es dans les ann&#233;es 1920 et 1930. Le Japon n'y &#233;chappe pas. En ce sens, il n'est plus un pays engag&#233; dans la modernisation de ses structures, il est d&#233;j&#224; un pays &#171; moderne &#187; confront&#233; &#224; une crise g&#233;n&#233;rale de la &#171; modernit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ebisu/1868&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/ebisu/1868&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_du_riz_de_1918&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_du_riz_de_1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/katayama/works/1921/07/japon.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/katayama/works/1921/07/japon.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/communist_review/1922/08/class_war_japan.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/communist_review/1922/08/class_war_japan.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme au Japon, entre &#233;meutes du riz et r&#233;pression g&#233;n&#233;ralis&#233;e (1918-1938)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/lrf/4522&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/lrf/4522&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; en 1884&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Chichibu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Chichibu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et aussi en 1637&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Shimabara&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9bellion_de_Shimabara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>1957-1974 : gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales des banques en France</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9103</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9103</guid>
		<dc:date>2026-07-25T22:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



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&lt;p&gt;1957-1974 : gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales des banques en France &lt;br class='autobr' /&gt; La gr&#232;ve des banques de juillet 1957 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/07/24/la-greve-des-banques-se-poursuit-apres-l-echec-de-la-reunion-de-lundi_2319333_1819218.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rcc8904092487/amiens-banques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1957-1974 : gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales des banques en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La gr&#232;ve des banques de juillet 1957&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/eemans/works/1957/11/eemans_57.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/07/24/la-greve-des-banques-se-poursuit-apres-l-echec-de-la-reunion-de-lundi_2319333_1819218.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/07/24/la-greve-des-banques-se-poursuit-apres-l-echec-de-la-reunion-de-lundi_2319333_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rcc8904092487/amiens-banques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/rcc8904092487/amiens-banques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/05/24/le-personnel-des-banques-envisage-une-greve-de-vingt-quatre-heures-le-5-juin_2336129_1819218.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/archives/article/1957/05/24/le-personnel-des-banques-envisage-une-greve-de-vingt-quatre-heures-le-5-juin_2336129_1819218.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des banques de 1974&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=rRjZiXolfe0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=rRjZiXolfe0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/quand-les-banquiers-criaient-a-bas-les-profits-1332927&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-fabrique-de-l-histoire/quand-les-banquiers-criaient-a-bas-les-profits-1332927&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/1974-greve-credit-lyonnais-cest-base-decide-166432.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/1974-greve-credit-lyonnais-cest-base-decide-166432.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/doc_uc/1974/greve_CL.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/sotra_0038-0296_1983_num_25_1_1917&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/sotra_0038-0296_1983_num_25_1_1917&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=K-Vx289odwE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=K-Vx289odwE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=fadKLJfy_mM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=fadKLJfy_mM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Films sur la condition ouvri&#232;re en 1900</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9078</link>
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		<dc:date>2026-07-24T22:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Ouvriers Workers</dc:subject>
		<dc:subject>Video</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Films sur la condition ouvri&#232;re en 1900 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 13&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique94" rel="directory"&gt;07- SOCIOLOGIE - SOCIOLOGY &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Video&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Films sur la condition ouvri&#232;re en 1900&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ECqJjTeCKPw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ZgwtrkXoj5E&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=z5HFy-KJvrw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=227fIDisfGg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1e0B99ZyEeI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=O6zreoyiYhc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=d4dNFPxguBg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=vibxY3IOVPU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=KygUNB4LHbM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ei4psY9s9n0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=AnfT3rSGC9I&amp;t=2712s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mWHhU0F2gGA&amp;t=4s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=t470vJFws6M&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Groupe SNCF est une annexe de l'arm&#233;e... Cheminots, battons-nous contre la guerre imp&#233;rialiste !</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9681</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9681</guid>
		<dc:date>2026-07-23T22:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob</dc:creator>


		<dc:subject>Cheminots</dc:subject>
		<dc:subject>SNCF</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le Groupe SNCF est un appui efficace de l'action de l'&#201;tat. Partenaire de la d&#233;fense nationale, le groupe a particip&#233; &#224; plusieurs exercices militaires et s'est engag&#233; &#224; promouvoir la r&#233;serve op&#233;rationnelle en juillet 2023 en renouvelant sa &#034;convention de soutien aux politiques de r&#233;serve&#034; avec le minist&#232;re des Arm&#233;es et des Anciens combattants. &#187; &#8212; Fiche officielle du minist&#232;re des Arm&#233;es, &#171; Troupes &#224; pied : R&#233;servistes du Groupe SNCF &#187;, juillet 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
14 juillet 2026 : dans les guerres &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag"&gt;SNCF&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_21_juil__2026_14_48_05.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/chatgpt_image_21_juil__2026_14_48_05-92df3.jpg?1785207905' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Groupe SNCF est un appui efficace de l'action de l'&#201;tat. Partenaire de la d&#233;fense nationale, le groupe a particip&#233; &#224; plusieurs exercices militaires et s'est engag&#233; &#224; promouvoir la r&#233;serve op&#233;rationnelle en juillet 2023 en renouvelant sa &#034;convention de soutien aux politiques de r&#233;serve&#034; avec le minist&#232;re des Arm&#233;es et des Anciens combattants. &#187; &#8212; Fiche officielle du minist&#232;re des Arm&#233;es, &#171; Troupes &#224; pied : R&#233;servistes du Groupe SNCF &#187;, juillet 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 juillet 2026 : dans les guerres &#224; venir annonc&#233;es par Macron, la SNCF renoue avec la d&#233;fense nationale et pr&#233;pare les cheminots &#224; servir l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#8212; Kazib/SUD-Rail/R&#233;volution Permanente d&#233;tourne le regard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aveu ne vient pas d'un tract syndical ni d'un pamphlet : il vient du minist&#232;re lui-m&#234;me. &#171; Appui efficace de l'action de l'&#201;tat &#187;, &#171; partenaire de la d&#233;fense nationale &#187;, &#171; plusieurs exercices militaires &#187;, convention de soutien aux politiques de r&#233;serve renouvel&#233;e avec le minist&#232;re des Arm&#233;es. L'institution se d&#233;crit elle-m&#234;me, et sa langue dit tout. Reste &#224; la traduire, et &#224; regarder qui, &#224; gauche, a choisi de ne pas le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 juillet 2026, 107 agents du groupe SNCF ont d&#233;fil&#233; &#224; pied sur les Champs-&#201;lys&#233;es, aux c&#244;t&#233;s des forces arm&#233;es, sous le commandement d'un colonel de r&#233;serve devenu &#171; r&#233;f&#233;rent Garde nationale &#187; permanent dans l'organigramme de l'entreprise. La question n'est pas de savoir ce que le 14 juillet fut jadis &#8212; la prise de la Bastille. La question est : &#224; quoi sert ce d&#233;fil&#233;-ci, cette ann&#233;e-ci. La veille, Macron y a r&#233;pondu lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pr&#233;parer les guerres &#224; venir &#187; : le mot d'ordre est pr&#233;sidentiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 juillet, &#224; l'h&#244;tel de Brienne, Macron ne dresse pas un bilan qui se ferme. Il trace une ligne &#224; poursuivre : &#171; Oui, nous devons pr&#233;parer les guerres &#224; venir &#187;, &#171; ce sont les guerres d'aujourd'hui que nous devons gagner &#187;. Il revendique un budget militaire port&#233; &#224; 64 milliards d'euros en 2027, soit en dix ans un doublement du budget des arm&#233;es, plus 36 milliards suppl&#233;mentaires pour la p&#233;riode 2026-2030. Il assume la formule : la France se tient pr&#234;te &#224; combattre pour d&#233;fendre la libert&#233; et le droit, au prix du sang s'il le faut. Ce n'est pas un spectacle du pass&#233; : c'est un armement tourn&#233; vers l'avenir, prononc&#233; devant Zelensky et vingt-cinq chefs d'&#201;tat de la &#171; Coalition des volontaires &#187; r&#233;unis la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le mot que la fiche SNCF emploie pour se d&#233;crire &#8212; &#171; participer &#224; la r&#233;silience de la Nation &#187; &#8212; est d&#233;fini dans ce discours : l'actualisation de la loi de programmation militaire entend renforcer la r&#233;silience de la Nation et consolider cette force d'&#226;me. Le vocabulaire de l'entreprise ferroviaire n'est pas une fioriture de communicant : c'est un fragment du lexique de guerre du chef des arm&#233;es. Quand la SNCF dit &#171; r&#233;seau strat&#233;gique d&#233;fense &#187; et &#171; r&#233;silience &#187;, elle parle la langue de Brienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;serve n'est pas du folklore : c'est un pilier nomm&#233; de l'&#233;conomie de guerre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me discours soude la jeunesse et la r&#233;serve dans une seule phrase. Le nouveau service national, &#171; purement militaire &#187;, lanc&#233; en septembre 2026, est selon Macron essentiel pour continuer &#224; recruter les meilleurs, essentiel pour continuer aussi &#224; accro&#238;tre notre r&#233;serve. La r&#233;serve op&#233;rationnelle &#8212; celle qu'alimentent les 1 500 cheminots r&#233;servistes du groupe &#8212; n'est donc pas une lubie d'entreprise : c'est un rouage revendiqu&#233; de l'&#233;conomie de guerre, au m&#234;me rang que l'embrigadement des 18-25 ans. Le d&#233;fil&#233; des cheminots et le service national rel&#232;vent du m&#234;me dispositif : fournir le &#171; sang &#187; que r&#233;clame le r&#233;armement, &#224; c&#244;t&#233; des milliards. L'agent SNCF en uniforme et le jeune appel&#233; de septembre sont deux produits de la m&#234;me cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que la SNCF met en sc&#232;ne, l'&#201;tat l'a d&#233;j&#224; inscrit dans le contrat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;fil&#233; ne se surajoute pas au rapport salarial : il le d&#233;voile. Le r&#233;seau &#233;tant class&#233; infrastructure de d&#233;fense, le cheminot accepte, en signant, d'&#234;tre appel&#233; sous les drapeaux sur son lieu de travail en cas de mobilisation. La &#171; r&#233;serve volontaire &#187; festive qu'on parade le 14 juillet n'est que la face consentie d'une subordination militaire d&#233;j&#224; l&#224;, pr&#233;-inscrite. Dans la conjoncture de 2026 &#8212; &#233;conomie de guerre que Macron juge lui-m&#234;me insuffisante, d&#233;sengagement &#233;tats-unien report&#233; sur les imp&#233;rialismes europ&#233;ens, front ukrainien &#233;rig&#233; en priorit&#233; &#8212; cette clause dormante cesse d'&#234;tre th&#233;orique. On habitue aujourd'hui les corps, par la fiert&#233; et la parade, &#224; ce que l'&#233;conomie de guerre exigera d'eux demain par la contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilisation du cheminot n'a d'ailleurs rien d'in&#233;dit : elle a d&#233;j&#224; servi contre lui. En ao&#251;t 1953, lorsque quatre millions de travailleurs se mettent en gr&#232;ve contre les d&#233;crets Laniel reculant l'&#226;ge de la retraite des fonctionnaires, le gouvernement r&#233;quisitionne les cheminots et les postiers en s'appuyant sur un d&#233;cret de 1938 relatif &#224; la s&#233;curit&#233; du territoire en temps de guerre. Les ordres de r&#233;quisition finirent en feu de joie et la gr&#232;ve l'emporta ; mais le principe &#233;tait pos&#233;, et il tient toujours : l'&#201;tat se r&#233;serve de traiter le cheminot en mobilisable, arme d'abord dirig&#233;e contre ses propres gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une histoire qu'il faut nommer sans la travestir : direction contre cheminots, 1940-1944&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'appareil ne soit jamais neutre, l'histoire de l'entreprise l'a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233;. Mais il faut nommer qui, dans cette histoire, fit quoi. La m&#234;me fiche minist&#233;rielle fait d&#233;filer le pass&#233; du Groupe &#171; de la reconstruction d'apr&#232;s-guerre &#224; l'accueil des r&#233;fugi&#233;s ukrainiens &#187; &#8212; et saute par-dessus 1940-1944.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous l'Occupation, la direction de la SNCF, cr&#233;&#233;e en 1938, a mis l'entreprise au service de l'effort de guerre allemand : acheminement des mati&#232;res premi&#232;res, de la main-d'&#339;uvre du travail forc&#233;, et des convois de d&#233;portation des Juifs &#8212; wagons, horaires, factures &#224; l'occupant, &#233;tablies sur la foi des travaux de l'historien Christian Bachelier (rapport SNCF/CNRS, 1996). C'est l'appareil qui collabore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce ne sont pas les cheminots. Une fraction d'entre eux a sabot&#233; pr&#233;cis&#233;ment cet effort de guerre : d&#233;boulonnage de rails, aiguillages d&#233;truits, machines lanc&#233;es &#224; contre-voie, renseignement, fili&#232;res d'&#233;vasion, et la gr&#232;ve du 10 ao&#251;t 1944 qui pr&#233;cipita l'insurrection de Paris. Ils l'ont pay&#233; : autour de 2 000 cheminots fusill&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s, quelque 7 000 d&#233;port&#233;s. La ligne de classe passe &#224; l'int&#233;rieur de l'entreprise, entre une hi&#233;rarchie qui sert l'&#201;tat du moment et des travailleurs qui le combattent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore ne faut-il pas id&#233;aliser cette r&#233;sistance ouvri&#232;re &#8212; et c'est ici que le mythe fabriqu&#233; doit &#234;tre &#233;cart&#233;. D&#232;s 1946, la SNCF commande &#224; Ren&#233; Cl&#233;ment le film La Bataille du rail, qui exalte le cheminot h&#233;ro&#239;que et efface la collaboration de la direction ; l'entreprise est cit&#233;e &#224; l'ordre de la Nation, d&#233;cor&#233;e de la L&#233;gion d'honneur en 1951. Cette geste r&#233;sistancialiste a servi &#224; souder r&#233;trospectivement direction et agents dans un m&#234;me &#171; service de la Nation &#187; &#8212; exactement l'op&#233;ration que reconduit la fiche de 2026. Et sur le fond, le sabotage cheminot, acte de classe r&#233;el, fut capt&#233; par le PCF et la CGT ralli&#233;s &#224; de Gaulle : plac&#233; sous la tutelle du terrain bourgeois de l'union nationale, il fut d&#233;sarm&#233; &#224; la Lib&#233;ration &#8212; &#171; une seule arm&#233;e, une seule police, un seul &#201;tat &#187;, dira Thorez &#8212; et retourn&#233; en discipline productiviste au service de la reconstruction de l'&#201;tat capitaliste. L'&#233;nergie de classe &#233;tait r&#233;elle ; faute d'organisation ind&#233;pendante, elle fut confisqu&#233;e. La le&#231;on vaut pour aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle de gr&#232;ves : ce que la parade veut faire oublier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On fait d&#233;filer derri&#232;re l'arm&#233;e une corporation dont l'histoire est faite d'affrontements avec l'&#201;tat patronal. Il faut les rappeler, car on les a oubli&#233;s &#8212; ou jamais appris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre-d&#233;cembre 1947. N&#233;e &#224; la r&#233;gie Renault en avril, une vague de gr&#232;ves quasi insurrectionnelles emporte trois millions de travailleurs ; les cheminots y tiennent une place centrale, jusqu'aux voies sabot&#233;es d&#233;but d&#233;cembre. Mais le PCF et la CGT, qui accompagnent le mouvement, ne cherchent jamais &#224; en faire une v&#233;ritable gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale capable de renverser le rapport de forces : ils veulent reconqu&#233;rir un cr&#233;dit perdu, non prendre le pouvoir. Le conflit s'ach&#232;ve sur la scission de la CGT et la naissance de Force ouvri&#232;re, mont&#233;e avec l'appui financier des syndicats am&#233;ricains. Premi&#232;re d&#233;monstration, &#224; chaud, de ce que co&#251;te &#224; la classe ouvri&#232;re la tutelle de directions qui la subordonnent &#224; leurs man&#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1953. Contre le plan d'aust&#233;rit&#233; Laniel et le recul de l'&#226;ge de la retraite des fonctionnaires, une gr&#232;ve partie des postiers de Bordeaux s'&#233;tend en quelques jours &#224; toute la fonction publique : SNCF, mines, PTT, EDF, puis m&#233;tallurgie, banques, chimie. Quatre millions de gr&#233;vistes, trois semaines, les r&#233;quisitions brav&#233;es. Le gouvernement recule : aucun d&#233;cret n'est appliqu&#233;, l'&#226;ge de la retraite n'est pas repouss&#233;. Une victoire arrach&#233;e par en bas, largement au-del&#224; des consignes syndicales &#8212; ce n'est pas une gr&#232;ve &#171; cheminote &#187; mais un mouvement d'ensemble o&#249; les cheminots furent un contingent moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre 1986 - janvier 1987. C'est la pi&#232;ce ma&#238;tresse. Partie des agents de conduite de Paris-Nord r&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, contre une grille de salaire &#171; au m&#233;rite &#187; liquidant l'anciennet&#233; et une remise en cause du statut, la gr&#232;ve reconductible gagne 80 % des d&#233;p&#244;ts. Surtout, les cheminots se dotent de leurs propres organes : comit&#233;s de gr&#232;ve r&#233;unissant syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s, puis une Coordination nationale des agents de conduite &#8212; 55 d&#233;p&#244;ts sur 94 repr&#233;sent&#233;s par des gr&#233;vistes mandat&#233;s en AG, contr&#244;lant eux-m&#234;mes les n&#233;gociations, occupant les voies. La direction retire son projet de grille le 31 d&#233;cembre. Cette auto-organisation, l'une des plus avanc&#233;es du dernier demi-si&#232;cle, fut violemment combattue par la CGT, qui voyait la base lui &#233;chapper. Elle montre, en acte, ce dont les cheminots sont capables quand ils d&#233;cident eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre-d&#233;cembre 1995. Contre le plan Jupp&#233; &#8212; allongement de la dur&#233;e de cotisation, attaque frontale sur les r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#8212;, la SNCF et la RATP partent en gr&#232;ve reconductible, anim&#233;e par des AG, et paralysent le pays trois semaines. Rejoints par la Poste, EDF, France T&#233;l&#233;com, port&#233;s par le mot d'ordre &#171; Tous ensemble &#187; et le soutien de l'opinion, les gr&#233;vistes font plier le gouvernement : le 15 d&#233;cembre, Jupp&#233; retire sa r&#233;forme des retraites et l'attaque contre les r&#233;gimes sp&#233;ciaux. La derni&#232;re grande victoire sociale arrach&#233;e sous la Ve R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars-juin 2018. Contre le &#171; pacte ferroviaire &#187; qui met fin au recrutement au statut pour tout cheminot embauch&#233; apr&#232;s le 31 d&#233;cembre 2019 et pr&#233;pare l'ouverture &#224; la concurrence, l'intersyndicale organise une gr&#232;ve &#171; perl&#233;e &#187;, deux jours sur cinq pendant trois mois. Le dispositif, pens&#233; en haut, &#233;puise les gr&#233;vistes sans jamais bloquer durablement ; la loi passe. D&#233;faite lourde : le statut, conqu&#234;te ouvri&#232;re du XIX&#7497; si&#232;cle, est liquid&#233; pour les g&#233;n&#233;rations suivantes. La d&#233;monstration par la n&#233;gative de 1986 &#8212; sans contr&#244;le de la base sur sa propre gr&#232;ve, la combativit&#233; se d&#233;pense en pure perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janvier-mars 2023. Contre la retraite &#224; 64 ans, les cheminots sont de toutes les journ&#233;es d'une mobilisation qui d&#233;passe en ampleur les records de 1995 et de 2010. Mais l'intersyndicale s'en tient &#224; des journ&#233;es d'action espac&#233;es, sans jamais chercher le blocage reconductible qui, seul, aurait pu faire c&#233;der l'ex&#233;cutif ; celui-ci passe en force au 49.3 le 16 mars et impose sa loi. Le rejet massif, faute de strat&#233;gie de rupture, ne se transforme pas en victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la lign&#233;e qu'on fait d&#233;filer derri&#232;re l'arm&#233;e. De ces six moments se d&#233;gage une m&#234;me le&#231;on : les cheminots ne l'ont emport&#233; (1953, 1986, 1995) que lorsqu'ils d&#233;bordaient les directions syndicales et prenaient leur gr&#232;ve en main ; ils ont &#233;t&#233; d&#233;faits (2018, 2023) chaque fois qu'ils s'en sont remis &#224; des &#233;tats-majors g&#233;rant la mobilisation par en haut. C'est cette histoire d'ind&#233;pendance de classe que la parade du 14 juillet veut recouvrir d'un drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retourner la question de l'armement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 juillet 2026 est le renversement de cette histoire, et il n'est pas symbolique : il enr&#244;le cette force, dans le moment pr&#233;cis o&#249; Macron annonce ses guerres &#224; venir, du c&#244;t&#233; de l'appareil qu'elle a pass&#233; un si&#232;cle &#224; combattre. Ces r&#233;servistes cheminots viennent &#171; renforcer &#187;, dit la fiche, les forces &#171; de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure &#187; &#8212; celles-l&#224; m&#234;mes qui &#233;borgnent les manifestants et qu'ils pourraient un jour retrouver en face, en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fil&#233; pose une question, et c'est une question militaire : qui arme qui, pour le compte de quelle classe, sous quel commandement. L'&#201;tat capitaliste y r&#233;pond en armant les cheminots pour son ordre &#224; lui &#8212; la r&#233;serve, la mobilisation inscrite au contrat, le dressage &#224; l'ob&#233;issance. La seule r&#233;ponse cons&#233;quente ne consiste pas &#224; d&#233;plorer cette militarisation, mais &#224; en retourner le sens. Le prol&#233;tariat ne d&#233;l&#232;gue pas sa d&#233;fense &#224; l'appareil qui l'exploite. Ce que 1944 a montr&#233; par la n&#233;gative &#8212; une classe qui saborde l'occupant puis se laisse d&#233;sarmer par ses propres directions &#8212; trace la t&#226;che par l'endroit : les cheminots, comme l'ensemble du peuple travailleur, ont &#224; s'organiser de mani&#232;re autonome et ind&#233;pendante, hors de la tutelle de l'&#201;tat, de ses syndicats int&#233;gr&#233;s et des partis qui g&#232;rent son ordre. &#192; former leurs propres cadres, leurs propres bataillons du peuple travailleur &#8212; l'armement du prol&#233;tariat pour sa cause, et non pour les guerres de la bourgeoisie fran&#231;aise. Les coordinations de 1986 en furent une &#233;bauche : la base d&#233;cidant elle-m&#234;me, mandatant, contr&#244;lant. Il s'agit de reprendre ce fil, et de le mener jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution Permanente d&#233;r&#233;alise ce qu'il faudrait prendre au mot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste ceux qui, &#224; gauche, pr&#233;tendent porter cette perspective et d&#233;tournent le regard au moment de l'appliquer. Le m&#234;me 14 juillet, R&#233;volution Permanente publie deux articles contre le d&#233;fil&#233;. L'un d&#233;nonce les douze policiers de la BRAV-M dans le cort&#232;ge motoris&#233;. L'autre, sous la plume de Gregorio Oneto, formule pourtant la th&#232;se juste : la reconstruction de la capacit&#233; destructive de l'arm&#233;e &#224; l'&#233;tranger implique une militarisation interne de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Anasse Kazib tweete le jour m&#234;me contre &#171; les &#233;craseurs de r&#233;volution, les tabasseurs de gilets jaunes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux probl&#232;mes, du point de vue mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord le mot choisi. Oneto titre &#171; le spectacle militariste de Macron &#187; et le lit comme &#224; l'image des deux mandats du pr&#233;sident &#8212; une cl&#244;ture, un bilan. Mais Macron dit l'inverse : non pas un bilan qui se ferme, une trajectoire qu'il enjoint &#224; son successeur de continuer, vers les guerres &#224; venir. Nommer &#171; spectacle &#187; &#8212; le registre de la repr&#233;sentation, de l'illusion &#8212; c'est d&#233;r&#233;aliser l'&#233;v&#233;nement &#224; l'instant pr&#233;cis o&#249; il faudrait le prendre au mot comme pr&#233;paration mat&#233;rielle. On regarde le 14 juillet comme une image, quand il est un ordre de marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite l'angle mort, et il est s&#233;lectif. RP d&#233;nonce le r&#233;armement en g&#233;n&#233;ral, l'aust&#233;rit&#233;, la canicule, la BRAV-M, l'embrigadement de la jeunesse &#8212; jusqu'en Allemagne, o&#249; l'article cite le fiasco du service militaire. Partout, sauf dans le seul lieu o&#249; l'organisation a des militants, un mandat, une prise r&#233;elle : la r&#233;serve op&#233;rationnelle de la SNCF. Pas une ligne, dans aucun des deux articles, sur les 107 cheminots d&#233;filant &#224; pied dans le m&#234;me cort&#232;ge que les douze policiers rep&#233;r&#233;s. Kazib et Laura Varlet sont cheminots ; RP est implant&#233; &#224; la SNCF ; le journal sait suivre l'entreprise quand un agent y est licenci&#233;. Mais la militarisation de sa propre branche &#8212; l'incarnation exacte, dans le monde du travail, de la militarisation interne de la soci&#233;t&#233; qu'Oneto th&#233;orise &#8212; reste invisible. On voit la militarisation quand elle porte l'uniforme de l'ennemi d&#233;sign&#233; ; on ne la voit pas quand elle porte le gilet de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une distraction, c'est une position. Saisir la r&#233;serve SNCF obligerait &#224; porter l'antimilitarisme dans les d&#233;p&#244;ts, contre la direction et contre l'adh&#233;sion d'une partie des agents, en rupture avec le cadre national-d&#233;fensiste que l'appareil syndical &#8212; SUD-Rail, Solidaires &#8212; ne conteste pas, pas plus qu'il ne conteste le soutien &#224; la guerre en Ukraine. RP tient la cl&#233; th&#233;orique, la militarisation interne de la soci&#233;t&#233;, et ne la tourne pas dans la seule serrure qui l'engagerait vraiment : son propre lieu de travail. Le radicalisme se d&#233;ploie o&#249; il ne co&#251;te rien &#8212; la police honnie, Gaza &#8212; et se retire l&#224; o&#249; il faudrait rompre. La question de l'armement du prol&#233;tariat ne se pose pas sur les r&#233;seaux, &#224; distance des tabasseurs de gilets jaunes. Elle se pose dans les d&#233;p&#244;ts, l&#224; o&#249; l'&#201;tat vient pr&#233;cis&#233;ment de recruter ses r&#233;servistes. C'est l&#224;, et nulle part ailleurs, qu'on mesure une politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_21_juil__2026_14_47_05.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/chatgpt_image_21_juil__2026_14_47_05-8cfec.jpg?1785207905' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17770 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/chatgpt_image_21_juil__2026_14_47_56.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/chatgpt_image_21_juil__2026_14_47_56-28af2.jpg?1785207906' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>5 et 6 Novembre 1956 : Massacre fran&#231;ais en Egypte</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9093</link>
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		<dc:date>2026-07-22T22:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;5 et 6 Novembre 1956 : Massacre fran&#231;ais en Egypte &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Film 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Texte 8&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;25- Guerres imp&#233;rialistes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5 et 6 Novembre 1956 : Massacre fran&#231;ais en Egypte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000060/occupation-de-port-fouad-et-port-said.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000059/interview-de-guy-mollet-3-la-crise-de-suez.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000180/la-guerre-israelo-egyptienne-de-1956.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=i7PC2DxG0OI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/man1246358865/la-crise-du-canal-de-suez&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=jywBz8yXFEY&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf96065803/parachutistes-francais-a-chypre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Film 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://jacques-tourtaux-over-blog-com.over-blog.com/article-5-et-6-novembre-1956-massacre-francais-en-egypte-88026407.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gauchemip.org/spip.php?article17496&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theatrum-belli.com/5-novembre-1956-les-francais-sautent-sur-port-said-crise-de-suez/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_du_canal_de_Suez&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/6_novembre_1956-evenement-19561106.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/cdlm/881?lang=en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Mousquetaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/sites/default/files/2021-07/mousquetaire.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Texte 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lutte ouvri&#232;re, l'h&#233;licopt&#232;re et le clairon</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9676</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article9676</guid>
		<dc:date>2026-07-21T22:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karob, Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre War</dc:subject>
		<dc:subject>Imp&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re, l'h&#233;licopt&#232;re et le clairon : le social-chauvinisme d'atelier sous pavillon &#171; trotskyste &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
*Ils ne veulent pas marcher derri&#232;re le clairon du 14 juillet. Mais pour trois cents euros, ils assembleront l'h&#233;licopt&#232;re de guerre &#8212; et leur presse applaudit.* &lt;br class='autobr' /&gt;
Airbus Helicopters Marignane, juin 2026 : d&#233;brayages massifs &#8212; pr&#232;s de 2 000 gr&#233;vistes le 16 juin, selon le correspondant de Lutte ouvri&#232;re lui-m&#234;me &#8212; contre une augmentation g&#233;n&#233;rale de 30 euros brut et une prime de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory"&gt;16- EDITORIAUX DE &#034;LA VOIX DES TRAVAILLEURS&#034; - &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;Guerre War&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot279" rel="tag"&gt;Imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/png/1000069889.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/1000069889-10a2e.jpg?1785207906' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lutte ouvri&#232;re, l'h&#233;licopt&#232;re et le clairon : le social-chauvinisme d'atelier sous pavillon &#171; trotskyste &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;*Ils ne veulent pas marcher derri&#232;re le clairon du 14 juillet. Mais pour trois cents euros, ils assembleront l'h&#233;licopt&#232;re de guerre &#8212; et leur presse applaudit.*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Airbus Helicopters Marignane, juin 2026 : d&#233;brayages massifs &#8212; pr&#232;s de 2 000 gr&#233;vistes le 16 juin, selon le correspondant de Lutte ouvri&#232;re lui-m&#234;me &#8212; contre une augmentation g&#233;n&#233;rale de 30 euros brut et une prime de participation divis&#233;e par deux, quand le groupe vient d'annoncer 5,2 milliards de profits records, nourris par les carnets de commandes militaires. Dans Lutte ouvri&#232;re n&#176; 3021 (&#171; Airbus &#8211; Marignane : des d&#233;brayages remarqu&#233;s &#187;, 24 juin 2026), le &#171; Correspondant LO &#187; rapporte, sans l'ombre d'une r&#233;serve, le slogan repris au d&#233;fil&#233; dans l'usine derri&#232;re la sono de la CGT : &#171; 300 &#8364; sinon pas d'h&#233;lico &#187;. Et il referme son article sur l'enthousiasme militant &#8212; sans un mot sur ce que sort l'usine. Le silence vaut adh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**&#171; 300 euros &#8212; et pas d'h&#233;lico de guerre &#187; : le mot d'ordre qu'ils ont enterr&#233;**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que sort l'usine, c'est le NH90 Ca&#239;man, h&#233;licopt&#232;re militaire &#224; syst&#232;me d'armes int&#233;gr&#233;, assembl&#233; &#224; Marignane pour l'arm&#233;e de terre et la marine fran&#231;aises, d&#233;ploy&#233; sur leurs th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations, du Sahel &#224; l'Afghanistan. Un engin de guerre, fait pour tuer &#8212; hommes, femmes, enfants. Et &#171; 300 &#8364; sinon pas d'h&#233;lico &#187; ne conteste rien de sa fabrication : le &#171; sinon &#187; n'est qu'une menace d'en retarder la livraison pour arracher la prime. Traduit : payez-nous, et nous le construirons. L'ouvrier y r&#233;clame sa part du surprofit des commandes de guerre &#8212; trois cents euros sur 5,2 milliards : l'imp&#244;t du sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre juste &#233;tait &#224; port&#233;e de main : &#171; 300 euros &#8212; et pas d'h&#233;lico de guerre pour l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#187;. Pas d'h&#233;licopt&#232;re, parce que les travailleurs imposent leur contr&#244;le sur ce qui sort de la cha&#238;ne et refusent d'armer les guerres de leur propre bourgeoisie. Qu'on se batte sur les salaires &#224; Airbus, &#233;videmment. Mais suspendre le salaire &#224; la poursuite de la production de guerre, c'est le social-chauvinisme &#224; l'&#233;tat chimiquement pur : non le drapeau brandi, mais la revendication index&#233;e sur la marche des usines d'armement. De ce mot d'ordre-l&#224;, Lutte ouvri&#232;re ne dit pas une syllabe. O&#249; est le d&#233;faitisme r&#233;volutionnaire ? O&#249; est la lutte contre le social-chauvinisme et le social-imp&#233;rialisme ? Nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Un seul homme, deux mandats, une seule capitulation**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une abstraction. Lutte ouvri&#232;re, qui se pr&#233;sente &#224; toutes les &#233;lections, a pour t&#234;te de liste &#224; Marseille aux municipales de 2026 R&#233;my Bazzali &#8212; &#171; Les travailleurs font tout fonctionner dans la soci&#233;t&#233; &#187;, proclame sa pr&#233;sentation de campagne (lutte-ouvriere.org, 19 f&#233;vrier 2026). Le m&#234;me R&#233;my Bazzali est, &#224; Airbus Helicopters Marignane, &#233;lu CSE CGT sur le NH90 (cgtairbus.fr). La vitrine &#233;lectorale de Lutte ouvri&#232;re est donc, &#224; l'&#233;tabli, un repr&#233;sentant syndical de la cha&#238;ne qui assemble l'h&#233;licopt&#232;re de guerre. &#171; Les travailleurs font tout fonctionner &#187; &#8212; y compris la production des Ca&#239;man pour l'arm&#233;e fran&#231;aise &#8212; et ce qu'on en exige, c'est trois cents euros. La revendication monte de la sono de sa CGT, le silence complice descend de la presse de son parti : la boucle du social-imp&#233;rialisme se referme dans un seul homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Arthaud cite Liebknecht d'une main, l'enterre de l'autre**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille du d&#233;fil&#233;, le 13 juillet, Nathalie Arthaud signe l'&#233;ditorial de Lutte ouvri&#232;re : &#171; Ne marchons pas derri&#232;re le clairon qui sonne &#187;. Elle y d&#233;nonce le d&#233;fil&#233;, la marche &#224; la guerre, le conditionnement des esprits ; elle &#233;crit m&#234;me que pour emp&#234;cher le capitalisme de nous mener &#224; la guerre, &#171; il faudra le renverser &#187; &#8212; au futur ; et elle conclut sur Karl Liebknecht : &#171; L'ennemi principal est dans notre propre pays ! &#187; Beau slogan. Mais un slogan n'est pas un programme. Dans tout l'&#233;ditorial, le travailleur subit la guerre, la paie, s'y verra envoy&#233; &#8212; jamais il ne la produit. Pas une ligne pour les soldats, qu'il faudrait appeler &#224; retourner leurs armes plut&#244;t qu'&#224; ob&#233;ir. Pas une ligne pour les ouvriers de l'armement &#8212; ceux de Marignane, pr&#233;cis&#233;ment &#8212;, qu'il faudrait appeler au contr&#244;le ouvrier et au refus de fabriquer les engins de mort. Pas une ligne pour la jeunesse dont on pr&#233;pare la transformation en viande de boucherie. Le programme de L&#233;nine &#8212; transformer la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile &#8212; est escamot&#233; au moment m&#234;me o&#249; l'on en cite la conclusion. L'apparence de Liebknecht dans l'&#233;ditorial du 13 juillet ; la pratique de Jouhaux dans la correspondance d'entreprise du 24 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Quand LO et Arthaud riment avec Jouhaux**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique a un &#233;tat civil, et Alfred Rosmer en a dress&#233; la chronique pi&#232;ce par pi&#232;ce dans *Le mouvement ouvrier pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale*. Le 4 ao&#251;t 1914, sur la tombe de Jaur&#232;s, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT L&#233;on Jouhaux proclamait sa haine de l'imp&#233;rialisme et du militarisme &#8212; le jour m&#234;me o&#249; il ralliait la centrale &#224; l'union sacr&#233;e. Sa doctrine re&#231;ut un nom, la &#171; politique de pr&#233;sence &#187; : puisque la guerre est l&#224;, &#234;tre pr&#233;sent, participer, en tirer sa part. Monatte d&#233;missionna du bureau conf&#233;d&#233;ral d&#232;s d&#233;cembre 1914 ; Rosmer et une poign&#233;e d'internationalistes refus&#232;rent, presque seuls. Vingt ans plus tard, le communiqu&#233; Laval-Staline du 15 mai 1935 enfon&#231;ait le m&#234;me clou : Staline &#171; comprend et approuve pleinement la politique de d&#233;fense nationale faite par la France &#187; &#8212; et l'antimilitarisme du PCF et de la CGTU fut liquid&#233; d'un trait, l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais &#171; compris et approuv&#233; &#187; contre un pacte. Jouhaux est mort, Staline est mort ; le cadavre putr&#233;fi&#233; du social-chauvinisme, lui, est bien vivant. &#192; Marseille il se pr&#233;sente aux &#233;lections, &#224; Marignane il si&#232;ge au CSE sur la cha&#238;ne du NH90, dans Lutte ouvri&#232;re il a sa tribune. LO, Arthaud, Jouhaux : la rime n'est pas que phon&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Le clairon qu'ils n'entendront pas**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re ne veut pas marcher derri&#232;re le clairon de la bourgeoisie. Soit. Mais marchera-t-elle au son du tocsin de la r&#233;volution sociale, au clairon de l'Arm&#233;e rouge de demain, quand ils sonneront ? Celui qui, &#224; l'usine, marchande le prix de l'h&#233;licopt&#232;re au lieu d'en refuser la fabrication a d&#233;j&#224; r&#233;pondu. Le devoir des r&#233;volutionnaires n'est pas d'arracher trois cents euros pour construire les armes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais : c'est d'arracher ces armes, et ces usines, &#224; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais. &#171; L'ennemi principal est dans notre propre pays &#187; &#8212; encore faut-il cesser de lui fabriquer ses h&#233;licopt&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**Le syndicalisme &#224; la sauce LO-Mercier**&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercier (dirigeant bureaucratique de la CGT puis de SUD et&#8230; de LO) appelle &#224; &#171; renouer avec les luttes et avec la conscience r&#233;volutionnaire &#187;. Cela parait une belle proclamation d'intention mais il ne faudrait pas en rester aux formulations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lutte-ouvriere.org/journal/article/jean-pierre-mercier-renouer-avec-luttes-avec-conscience-revolutionnaire-187452.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lutte-ouvriere.org/journal/article/jean-pierre-mercier-renouer-avec-luttes-avec-conscience-revolutionnaire-187452.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y a bien des mensonges et des non-dits dans cette d&#233;claration qui &#233;xag&#232;re l'&#233;tat de lutte et de conscience des travailleurs : &#171; Depuis des d&#233;cennies, non seulement la combativit&#233; ouvri&#232;re est au plus bas &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des d&#233;clarations justes mais qui ne sont nullement suivies par les actes : &#171; Aucun mouvement de contestation ne pourra l'emporter contre la bourgeoisie sans id&#233;es politiques et sans organisation &#8211; mais des id&#233;es politiques communistes et une organisation qui vient d'en bas, une organisation discut&#233;e et d&#233;cid&#233;e &#224; la base, impos&#233;e par la base ! &#8230; Leurs dirigeants, les travailleurs devront les trouver parmi eux. Leur strat&#233;gie, leurs modes d'actions, leur programme, leurs revendications, ils devront les d&#233;finir eux-m&#234;mes, d&#233;mocratiquement, &#224; la base, en reprenant l'habitude de se r&#233;unir, de discuter, de voter et d'&#233;lire leurs propres repr&#233;sentants en cr&#233;ant leurs propres organes de direction &#8211; comit&#233;s de lutte, comit&#233;s de gr&#232;ve ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cherchez si Mercier appelle aujourd'hui &#224; la formation de comit&#233;s ouvriers de l'Automobile contre les licenciements et vous ne trouverez&#8230; rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la fermeture de PSA Aulnay, Mercier avait laiss&#233; se former des comit&#233;s mais se gardait bien de mettre en avant une banderole ou des tracts des comit&#233;s, de rendre publique cette formation de l'embryon d'une auto-organisation ouvri&#232;re. Cela aurait g&#234;n&#233; ses relations avec les appareils syndicaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercier sait que la lutte de Stellantis Poissy concerne aussi Renault Flins mais il n'appelle pas &#224; la lutte d'ensemble, &#224; organiser des assembl&#233;es et des comit&#233;s en commun&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=LAaJNHVJSbE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=LAaJNHVJSbE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercier peut parler de &#171; bombe sociale &#187; mais surtout pas lancer une lutte d'ensemble organis&#233;e par des comit&#233;s de travailleurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.leprogres.fr/france-monde/2012/07/15/jean-pierre-mercier-leader-cgt-des-psa-aulnay-on-est-une-bombe-sociale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leprogres.fr/france-monde/2012/07/15/jean-pierre-mercier-leader-cgt-des-psa-aulnay-on-est-une-bombe-sociale&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand il y a une lutte d'ensemble comme les Gilets jaunes, Arthaud-LO ne fait que s'en d&#233;marquer en affirmant mensong&#232;rement que cette lutte n'est pas tourn&#233;e contre le grand capital ! Voir la fin de cet interview :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=lgdMoBxfeXQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=lgdMoBxfeXQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve968&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve968&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une gr&#232;ve illimit&#233;e serait une erreur tactique : &#231;a nous &#233;puiserait rapidement financi&#232;rement et &#231;a aurait un pouvoir de nuisance limit&#233; &#187;, mart&#232;le Mercier !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez que, m&#234;me dans cette envol&#233;e en paroles en faveur des comit&#233;s, il n'est nullement dit que ce sont de tels comit&#233;s ouvriers r&#233;volutionnaires de masse qui devront prendre la totalit&#233; du pouvoir, pour fonder la dictature du prol&#233;tariat ! Et ce n'est ni erreur, ni omission, c'est un choix !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8462&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7513&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise &#224; tous les Mercier-Arthaud de Lutte ouri&#232;re, l'objectif num&#233;ro un des travailleurs r&#233;volutionnaires : les soviets et leur prise du pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8277&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cet objectif est d'actualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8647&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/ccc-2-31ef5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/ccc-2-31ef5-ec700.jpg?1785207906' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07-ece0c.jpg?1785207906' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/sortir_de_l_union_sacree-4-2-a5e07-ece0c.jpg?1785207906' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017978-f5961-3682f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH784/1000017978-f5961-3682f-b05e1.jpg?1785207906' width='500' height='784' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/1000017978-f5961-3682f.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH784/1000017978-f5961-3682f-b05e1.jpg?1785207906' width='500' height='784' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/appel_aux_soldats_2-5-a4786-bdf4c.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/appel_aux_soldats_2-5-a4786-bdf4c-87a77.jpg?1785207906' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/aaa.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH708/aaa-a2cd8.jpg?1785207906' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage &#224; John Brown</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8828</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.org/spip.php?article8828</guid>
		<dc:date>2026-07-20T22:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5063 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5079&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4877 &lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Novack - Hommage &#224; John Brown (janvier 1938) &lt;br class='autobr' /&gt;
John Brown &#233;tait un terroriste r&#233;volutionnaire. Il n'y avait rien d'&#233;tranger ou d'exotique chez lui ; il &#233;tait une v&#233;ritable pousse du sol am&#233;ricain. Les racines de son arbre g&#233;n&#233;alogique des deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;08- Le mouvement noir aux USA&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;USA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5063&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5063&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4877&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4877&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Georges Novack - Hommage &#224; John Brown (janvier 1938)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;John Brown &#233;tait un terroriste r&#233;volutionnaire. Il n'y avait rien d'&#233;tranger ou d'exotique chez lui ; il &#233;tait une v&#233;ritable pousse du sol am&#233;ricain. Les racines de son arbre g&#233;n&#233;alogique des deux c&#244;t&#233;s remontaient aux premiers colons anglais du Connecticut. Les g&#233;n&#233;rations de Brown &#233;taient de pieux pionniers protestants, durs et honn&#234;tes, et singuli&#232;rement coh&#233;rents dans leurs id&#233;es, leurs caract&#232;res et leurs modes de vie. John Brown &#233;tait le troisi&#232;me combattant pour la libert&#233; de ce nom dans sa famille et &#233;tait lui-m&#234;me le p&#232;re d'un quatri&#232;me. Son grand-p&#232;re est mort alors qu'il servait comme capitaine pendant la guerre d'ind&#233;pendance. Son p&#232;re &#233;tait un abolitionniste actif, chef de gare et conducteur de m&#233;tro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1800, le d&#233;roulement des cinquante premi&#232;res ann&#233;es de John Brown reproduit la vie de son p&#232;re. Son p&#232;re s'est mari&#233; trois fois et a eu seize enfants ; John Brown s'est mari&#233; deux fois et a eu vingt enfants, dont chaque &#226;me vivante s'est engag&#233;e &#224; ha&#239;r et &#224; combattre la servitude noire. Comme son p&#232;re, John &#233;tait &#233;galement &#171; tr&#232;s rapide dans ses d&#233;placements &#187;, se d&#233;pla&#231;ant une dizaine de fois dans les &#201;tats du Nord-Est avant son appel au Kansas. Il fut successivement - mais sans grand succ&#232;s - berger, tanneur, agriculteur, g&#233;om&#232;tre, expert en b&#233;tail, sp&#233;culateur immobilier et marchand de laine. Dans son agitation, ses changements constants d'occupation et de r&#233;sidence, John Brown &#233;tait un citoyen am&#233;ricain typique de la classe moyenne de son &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment cet agriculteur et homme d'affaires ordinaire, ce pieux patriarche, s'est-il transform&#233; en chef frontalier et en terroriste r&#233;volutionnaire ? John avait h&#233;rit&#233; de l'amour de sa famille pour la libert&#233; et de l'abolitionnisme de son p&#232;re. D&#232;s son plus jeune &#226;ge, il avait jur&#233; une guerre &#233;ternelle contre l'esclavage. Sa grange &#224; Richmond, en Pennsylvanie, o&#249; il installa en 1825 une tannerie, la premi&#232;re de ses entreprises commerciales, &#233;tait une gare du m&#233;tro. Dix ans plus tard, il discutait du projet de cr&#233;ation d'une &#233;cole pour n&#232;gres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si une fois les chr&#233;tiens des &#201;tats libres se mettaient s&#233;rieusement au travail pour enseigner aux noirs, &#233;crit-il &#224; son fr&#232;re, les peuples des &#201;tats esclavagistes se trouveraient constitutionnellement pouss&#233;s &#224; entreprendre imm&#233;diatement l'&#339;uvre d'&#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que le pouvoir esclavagiste resserrait son emprise sur le gouvernement, les vues de John Brown sur l'&#233;mancipation chang&#232;rent radicalement. &#171; Croyant fermement &#224; l'authenticit&#233; divine de la Bible &#187;, il a puis&#233; son inspiration et ses conseils dans l'Ancien Testament plut&#244;t que dans le Nouveau. Il perdit toute sympathie pour les abolitionnistes de l'&#233;cole de Garrison qui pr&#244;naient la doctrine christique de non-r&#233;sistance &#224; la force. Il s'identifia au berger G&#233;d&#233;on qui mena sa bande contre les Madianites et les tua de sa propre main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un projet visant &#224; porter la guerre dans le camp ennemi germait depuis longtemps dans l'esprit de John Brown. En &#233;tablissant un bastion dans les montagnes bordant le territoire du Sud &#224; partir duquel ses hommes pourraient attaquer les plantations, il envisageait de lib&#233;rer les esclaves et de les expulser vers le Canada. Lors d'une tourn&#233;e en Europe en 1851, il inspecta les fortifications en vue de leur utilisation future ; il &#233;tudia soigneusement les tactiques militaires, notamment la gu&#233;rilla en territoire montagneux. Des cahiers sur ses lectures existent toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ses premiers assauts contre la puissance esclavagiste devaient avoir lieu, non pas depuis les montagnes du Maryland et de la Virginie occidentale, mais dans les plaines du Kansas. Au printemps 1855, ses quatre fils a&#238;n&#233;s avaient &#233;migr&#233; au Kansas pour s'y installer et aider &#224; gagner le territoire pour le parti du libre-sol. En mai, John Brown, Jr., a envoy&#233; l'appel urgent suivant &#224; son p&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... tandis que les int&#233;r&#234;ts du despotisme ont assur&#233; &#224; sa cause des centaines et des milliers d'hommes les plus m&#233;chants et les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s, arm&#233;s jusqu'aux dents... soigneusement organis&#233;s... pay&#233;s par les d&#233;tenteurs d'esclaves, les amis de la libert&#233; sont pas un quart d'entre eux n'est &#224; moiti&#233; arm&#233; , et quant &#224; l'organisation militaire parmi eux, elle n'existe nulle part sur le territoire ... &#034; avec pour r&#233;sultat &#034; que les gens d'ici font preuve de l'esprit le plus abject et le plus l&#226;che... Nous proposons... que le La partie anti-esclavagiste des habitants devrait imm&#233;diatement s'armer compl&#232;tement et s'organiser en compagnies militaires . Pour y parvenir, certaines personnes doivent commencer et diriger le processus. Voici 5 hommes d'entre nous qui sont non seulement impatients de se pr&#233;parer pleinement, mais &#233;galement d&#233;termin&#233;s &#224; se battre. Nous ne voyons pas d'autre moyen de r&#233;pondre &#224; cette affaire. &#034;Il ne s'agit plus de l'esclavage des n&#232;gres, mais de notre propre esclavage.&#034; Nous voulons que vous nous procuriez ces armes. Nous en avons plus besoin que de pain&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233; de rejoindre ses enfants au Kansas, John Brown n'avait pas besoin d'une seconde convocation. Au cours des mois suivants, il rassembla des quantit&#233;s consid&#233;rables d'armes et des sommes d'argent aupr&#232;s de diverses sources sympathiques, y compris plusieurs caisses d'armes appartenant &#224; l'&#201;tat de l'Ohio, qui furent &#171; d&#233;tourn&#233;es &#187; pour son usage. En ao&#251;t, il partit de Chicago pour le Kansas dans un chariot &#224; un cheval charg&#233; d'armes et de munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; son arriv&#233;e &#224; Ossawatomie, John Brown est devenu le capitaine de la compagnie de milice locale et l'a dirig&#233;e dans la &#171; guerre de Wakarusa &#187; sans effusion de sang. Il se plonge alors au c&#339;ur de la lutte pour la possession du territoire qui lui donne le nom de &#171; Bleeding Kansas &#187;. En repr&#233;sailles au limogeage de Laurence par les Border Ruffians, les hommes de Brown, dont quatre de ses fils, massacr&#232;rent cinq sympathisants pro-esclavagistes lors d'un raid nocturne pr&#232;s de Pottawatomie Creek. Brown a assum&#233; l'enti&#232;re responsabilit&#233; de ces meurtres ; il combattit selon l'injonction scripturaire : &#171; &#338;il pour &#339;il, dent pour dent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sailles d'un c&#244;t&#233; engendraient des repr&#233;sailles de l'autre. La colonie d'Ossawatomie a &#233;t&#233; pill&#233;e et incendi&#233;e ; Le fils de Brown, Frederick, tu&#233; ; ses forces battues et dispers&#233;es. Par la suite, John Brown et sa bande &#233;taient des hors-la-loi, vivant en fuite, c&#233;dant la route aux troupes gouvernementales et lan&#231;ant des raids soudains contre les forces pro-esclavagistes. John Brown est devenu une puissance au Kansas. Son nom &#233;quivalait &#224; &#171; une arm&#233;e avec des banni&#232;res &#187; aux yeux des colons militants de Free-Soil ; le murmure de sa pr&#233;sence suffisait &#224; disperser les rassemblements pro-esclavagistes. Il poursuivit sa gu&#233;rilla tout au long de 1856 jusqu'&#224; ce que le Kansas soit pacifi&#233; par les troupes f&#233;d&#233;rales. Ses exp&#233;riences au Kansas ont achev&#233; la transformation de John Brown en r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; John Brown est une production naturelle, n&#233;e sur le sol du Kansas, issue des chaleurs naissantes qu'a engendr&#233;e la grande comp&#233;tition sur le sol de ce territoire &#187;, a &#233;crit JS Pike, correspondant &#224; Washington du New York Tribune apr&#232;s le raid de Harper's Ferry. &#171; Avant le jour des outrages et de l'oppression au Kansas, aucune personne telle qu'Ossawatomie Brown n'existait. Aucune telle personne n'aurait pu exister. Il est n&#233; de la rapine, de la cruaut&#233; et du meurtre... Les actes du Kansas, les exp&#233;riences du Kansas, la discipline du Kansas ont cr&#233;&#233; John Brown aussi enti&#232;rement et compl&#232;tement que la R&#233;volution fran&#231;aise a cr&#233;&#233; Napol&#233;on Bonaparte. Il est autant le fruit du Kansas que Washington &#233;tait le fruit de notre propre r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1856 et 1858, John Brown a fait la navette entre le Kansas et l'Est pour chercher du soutien dans la lutte contre les Border Ruffians. Il re&#231;ut des fournitures, des armes et des encouragements moraux de la part de nombreux abolitionnistes de renom, tels que Gerrit Smith, le philanthrope new-yorkais, et de nombreux membres du Massachusetts State Kansas Committee, TW Higginson, Theodore Parker, etc. Mais il n'y avait pas de place pour John Brown. dans la condition de neutralit&#233; arm&#233;e qui r&#233;gnait au Kansas apr&#232;s 1856.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayant plus besoin du Kansas, John Brown revint &#224; son projet de guerre en montagne qu'il ch&#233;rissait depuis longtemps. Pour pr&#233;parer son entreprise, il convoqua une convention de ses partisans et des Noirs libres &#224; Chatham, au Canada, et leur exposa ses plans. Un des membres de la convention rapporta qu'apr&#232;s avoir invoqu&#233; l'exemple de Spartacus, de Toussaint L'ouverture et d'autres h&#233;ros historiques qui s'&#233;taient enfuis avec leurs partisans dans les montagnes et y avaient d&#233;fi&#233; et vaincu les exp&#233;ditions de leurs adversaires, Brown disait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ... d&#232;s la premi&#232;re annonce d'un plan form&#233; pour la lib&#233;ration des esclaves, ils se soul&#232;veraient imm&#233;diatement dans tous les &#201;tats du Sud. Il supposait qu'ils viendraient dans les montagnes pour le rejoindre... et que nous serions en mesure de nous &#233;tablir dans les forteresses, et si une action hostile (comme cela pourrait &#234;tre) &#233;tait entreprise contre nous, soit par les milices des &#201;tats s&#233;par&#233;s ou par les arm&#233;es des &#201;tats-Unis, nous avions l'intention de vaincre d'abord les milices, et ensuite, si cela &#233;tait possible, les troupes des &#201;tats-Unis, puis d'organiser les noirs lib&#233;r&#233;s selon la constitution provisoire, qui r&#233;serverait &#224; la localit&#233; de sa juridiction toute cette r&#233;gion montagneuse dans laquelle les noirs devaient &#234;tre &#233;tablis et dans laquelle ils devaient apprendre les arts utiles et m&#233;caniques, et &#234;tre instruits dans toutes les affaires de la vie... Les n&#232;gres devaient constituer les soldats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit r&#233;volutionnaire de la constitution adopt&#233;e par la convention pour ce projet d'&#201;tat libre peut &#234;tre jug&#233; &#224; partir de ce pr&#233;ambule :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Attendu que l'esclavage, tout au long de son existence aux &#201;tats-Unis, n'est autre qu'une guerre des plus barbares, non provoqu&#233;es et injustifiables d'une partie de ses citoyens contre une autre partie ; dont les seules conditions sont l'emprisonnement perp&#233;tuel et la servitude sans espoir ou l'extermination absolue ; au m&#233;pris total et en violation des v&#233;rit&#233;s &#233;ternelles et &#233;videntes &#233;nonc&#233;es dans notre D&#233;claration d'ind&#233;pendance : Par cons&#233;quent , nous, citoyens des &#201;tats-Unis et peuple opprim&#233;, qui, par une r&#233;cente d&#233;cision de la Cour supr&#234;me, sommes d&#233;clar&#233;s n'avoir aucun les droits que l'Homme Blanc est tenu de respecter ; avec toutes les autres personnes d&#233;grad&#233;es par ses lois, ordonnons et &#233;tablissons pour le moment pour nous-m&#234;mes la Constitution et les ordonnances provisoires suivantes, afin de mieux prot&#233;ger nos personnes, nos biens, nos vies et nos libert&#233;s : et pour gouverner nos actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brown a &#233;t&#233; &#233;lu commandant en chef en vertu de cette Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; son audace, le projet de John Brown &#233;tait d&#233;sesp&#233;r&#233; &#224; tous points de vue et pr&#233;destin&#233; &#224; l'&#233;chec. Ses principaux d&#233;fauts ont &#233;t&#233; signal&#233;s au pr&#233;alable par Hugh Forbes, l'un de ses partisans critiques. En premier lieu, &#171; aucun avis pr&#233;paratoire n'ayant &#233;t&#233; donn&#233; aux esclaves... l'invitation &#224; se lever pourrait, &#224; moins qu'ils ne soient d&#233;j&#224; dans un &#233;tat d'agitation, ne rencontrer aucune r&#233;ponse ou une r&#233;ponse faible &#187;. Deuxi&#232;mement, m&#234;me si elle r&#233;ussissait, une telle sortie &#171; ne serait tout au plus qu'une simple explosion locale&#8230; et serait assur&#233;ment r&#233;prim&#233;e &#187;. Enfin, le r&#234;ve de John Brown d'une Convention du Nord de ses partisans de la Nouvelle-Angleterre qui r&#233;tablirait la tranquillit&#233; et renverserait l'administration pro-esclavagiste &#233;tait &#171; une erreur bien &#233;tablie. Les amis de Brown en Nouvelle-Angleterre n'auraient pas le courage de se montrer tant que l'issue serait douteuse. Les pr&#233;dictions de Forbes se sont r&#233;alis&#233;es &#224; la lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convaincu que &#171; Dieu l'avait cr&#233;&#233; pour &#234;tre le lib&#233;rateur des esclaves de la m&#234;me mani&#232;re que Mo&#239;se avait d&#233;livr&#233; les enfants d'Isra&#235;l &#187;, Brown a surmont&#233; ces objections et a commenc&#233; &#224; mobiliser ses forces. Cependant, avant de pouvoir mettre son plan &#224; ex&#233;cution, il fut contraint de retourner au Kansas pour la derni&#232;re fois, o&#249;, sous le nom de guerre de Shubel Morgan, il mena un raid sur certaines plantations de l'autre c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re du Missouri, tuant un planteur et mettant en libert&#233; onze esclaves. Le gouverneur du Kansas et le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis ont offert des r&#233;compenses pour son arrestation. Avec une valeur de 3 000 $ sur sa t&#234;te, John Brown s'enfuit au Canada avec les affranchis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 1859, une ferme fut lou&#233;e &#224; environ cinq milles de Harper's Ferry. L&#224;, John Brown rassembla ses hommes et pr&#233;para son coup d'&#201;tat . Dans la nuit du 16 octobre, ils descendirent sur Harper's Ferry ; pris possession des armureries des &#201;tats-Unis ; emprisonn&#233; un certain nombre d'habitants ; et persuada quelques esclaves de les rejoindre. &#192; midi, des compagnies de milice sont arriv&#233;es de Charleston, &#224; proximit&#233;, et ont bloqu&#233; sa seule route pour s'&#233;chapper. La nuit suivante, une compagnie de marines am&#233;ricains command&#233;e par le colonel Robert E. Lee est apparue et, &#224; l'aube, lorsque Brown a refus&#233; de se rendre, a pris d'assaut la salle des machines dans laquelle Brown, ses hommes survivants et ses prisonniers &#233;taient barricad&#233;s. Combattant avec un sang-froid et un courage incomparables pour le corps de son fils mourant, il fut ma&#238;tris&#233; et arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix hommes avaient &#233;t&#233; tu&#233;s ou mortellement bless&#233;s, parmi lesquels deux des propres fils de Brown, et onze captur&#233;s lors de l'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journaliste du New York Herald d&#233;crit la sc&#232;ne lors de son contre-interrogatoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au milieu des ennemis dont il avait envahi la maison ; bless&#233;, prisonnier, entour&#233; d'une petite arm&#233;e de fonctionnaires et d'une arm&#233;e plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'hommes en col&#232;re ; avec la potence le regardant en face, il s'est allong&#233; sur le sol et, en r&#233;ponse &#224; chaque question, a donn&#233; des r&#233;ponses qui t&#233;moignaient de l'esprit qui l'animait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brown a fermement insist&#233; sur le fait qu'un seul objectif &#233;tait derri&#232;re toutes ses actions : lib&#233;rer les Noirs, &#171; le plus grand service qu'un homme puisse rendre &#224; Dieu &#187;. Un passant interrog&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous consid&#233;rez-vous comme un instrument entre les mains de la Providence ? &#187; &#8211; &#171; Oui. &#187; &#8211; &#171; Sur quel principe justifiez-vous vos actes ? &#187; &#8211; &#171; Sur la r&#232;gle d'or. Je plains les pauvres en esclavage qui n'ont personne pour les secourir ; c'est pourquoi je suis ici ; pas pour satisfaire mon animosit&#233; personnelle, ma vengeance ou mon esprit vindicatif. C'est ma sympathie pour les opprim&#233;s et les l&#233;s&#233;s qui sont aussi bons que vous et aussi pr&#233;cieux aux yeux de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inculp&#233; de &#171; trahison envers le Commonwealth &#187; et de &#171; complot avec des esclaves en vue de commettre une trahison et un meurtre &#187;, John Brown a &#233;t&#233; rapidement jug&#233; par un tribunal d'&#201;tat et condamn&#233; &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant son s&#233;jour en prison, John Brown a atteint les sommets les plus h&#233;ro&#239;ques. Son attitude digne, sa gentillesse ont s&#233;duit ses ge&#244;liers, ses ravisseurs et ses juges. Ses lettres de la prison o&#249; il attendait son ex&#233;cution &#233;taient empreintes de la m&#234;me d&#233;termination r&#233;solue et de la m&#234;me acceptation calme et consciente de son sacrifice pour la cause de la libert&#233;, que les lettres de Bartholomew Vanzetti, son camarade r&#233;volutionnaire. Aux amis qui envisageaient son sauvetage, il r&#233;pondit : &#171; Je vaux infiniment plus &#224; mourir qu'&#224; vivre. &#187; &#192; un autre, il &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne me sens pas coupable de prendre les armes ; et si c'&#233;tait en faveur des riches et des puissants, des intelligents, des grands &#8211; comme les hommes consid&#232;rent la grandeur &#8211; de ceux qui forment des lois &#224; leur convenance et corrompent les autres, ou certains de leurs amis, que je suis intervenu, que j'ai souffert, que je me suis sacrifi&#233; et que je suis tomb&#233;. , cela aurait &#233;t&#233; tr&#232;s bien fait... Ces l&#233;g&#232;res afflictions qui durent un instant produiront pour moi un poids de gloire bien plus excessif et &#233;ternel ... Dieu s'occupera s&#251;rement de sa propre cause de la meilleure fa&#231;on possible et temps, et il n'oubliera pas le travail de ses propres mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre 1859, un mois apr&#232;s sa condamnation, mille cinq cents soldats escort&#232;rent John Brown jusqu'&#224; l'&#233;chafaud &#224; l'ombre des Blue Ridge Mountains qui lui avait offert pendant tant d'ann&#233;es la promesse de la libert&#233; des esclaves. D'un seul coup de hache du sh&#233;rif, il est &#171; pendu entre ciel et terre &#187;, le premier Am&#233;ricain ex&#233;cut&#233; pour trahison. Le silence a &#233;t&#233; bris&#233; par le discours du commandant en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors p&#233;rissez tous ces ennemis de Virginie ! Tous ces ennemis de l'Union. Tous ces ennemis de la race humaine !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que ceux&#8230; qui ont des reproches &#224; adresser aux auteurs du tumulte sanglant de Harper's Ferry et de la frayeur g&#233;n&#233;rale du Sud, reviennent &#224; la v&#233;ritable cause de tout cela. Qu'ils ne bl&#226;ment pas les instruments aveugles et in&#233;vitables de l'&#339;uvre, ni calomnient faussement ceux qui ne sont en aucune fa&#231;on impliqu&#233;s, directement ou indirectement ; mais qu'ils recherchent patiemment la v&#233;ritable source d'o&#249; cette d&#233;monstration est n&#233;e, et qu'ils accordent ensuite leurs mal&#233;dictions et leurs anath&#232;mes en cons&#233;quence. Il est enfantin et absurde de la part du gouverneur Wise de saisir et de s'asseoir &#224; califourchon sur le corps bless&#233; et haletant du vieux Brown, et de penser qu'il a attrap&#233; le m&#233;chant qui a d&#233;clench&#233; ce m&#233;fait. En aucun cas. Les principaux conspirateurs contre la paix en Virginie sont l'ancien pr&#233;sident Franklin Pierce et le s&#233;nateur Douglas. Ce sont ces partis qu'il doit appr&#233;hender, enfermer et juger pour avoir provoqu&#233; cette insurrection. A c&#244;t&#233; d'eux, il devrait s'emparer des s&#233;nateurs Mason et Hunter de Virginie, comme accessoires. Qu'il poursuive en appr&#233;hendant tous les partisans du projet de loi du Nebraska, et quand il les aura tous amen&#233;s &#224; un ch&#226;timent digne, il aura rempli son devoir, mais pas avant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Old Brown n'est qu'une &#233;tincelle d'un grand feu allum&#233; par des mortels &#224; courte vue&#8230; Il n'y a aucune juste responsabilit&#233; qui repose nulle part, aucune juste attribution de causes nulle part, pour cette tentative violente qui ne tombe pas directement sur le Sud lui-m&#234;me. Il a d&#233;lib&#233;r&#233;ment d&#233;fi&#233; et provoqu&#233; sans raison les &#233;l&#233;ments qui se sont concentr&#233;s et ont explos&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'a &#233;crit le m&#234;me journaliste dont nous avons d&#233;j&#224; cit&#233; la caract&#233;risation de John Brown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas grand-chose &#224; ajouter &#224; ce jugement historique port&#233; au milieu des &#233;v&#233;nements. Les conciliateurs qui tent&#232;rent d'imposer &#224; jamais l'esclavage au peuple am&#233;ricain contre sa volont&#233;, et les repr&#233;sentants des propri&#233;taires d'esclaves qui les y incit&#232;rent furent, en derni&#232;re analyse, responsables du raid sur Harper's Ferry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brown s'attendait &#224; ce que le choc de son assaut &#233;lectris&#226;t les esclaves et effraye les propri&#233;taires d'esclaves pour qu'ils lib&#232;rent leurs biens. Son exp&#233;rience d'&#233;mancipation s'est sold&#233;e par une catastrophe totale. Au lieu d'affaiblir l'esclavage, son raid a temporairement fortifi&#233; les forces pro-esclavagistes en consolidant leurs rangs, en intensifiant leur r&#233;pression et en renfor&#231;ant leur r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;John Brown a &#233;t&#233; induit en erreur par l'apparente efficacit&#233; de ses activit&#233;s terroristes au Kansas. Il ne comprenait pas que l&#224;-bas, ses raids et ses repr&#233;sailles faisaient partie int&#233;grante de la lutte ouverte des colons du Free-Soil contre l'invasion des Hessois des propri&#233;taires d'esclaves, et &#233;taient des facteurs accessoires et subordonn&#233;s dans la d&#233;cision de cette lutte prolong&#233;e. L'&#233;chec des Border Ruffians &#224; imposer l'esclavage sur le territoire a d&#233;montr&#233; que la violence &#224; elle seule &#233;tait impuissante &#224; d&#233;terminer l'issue de cette guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de John Brown d'imposer l'&#233;mancipation du Sud en s'appuyant exclusivement sur des m&#233;thodes terroristes s'est heurt&#233;e au m&#234;me &#233;chec. D'autres voies et moyens &#233;taient n&#233;cessaires pour lib&#233;rer, amplifier et contr&#244;ler les forces r&#233;volutionnaires capables de renverser le pouvoir esclavagiste et d'abolir l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le raid de John Brown n'a pas eu des effets totalement r&#233;actionnaires. Son coup contre l'esclavage s'est r&#233;percut&#233; dans tout le pays et a inspir&#233; ceux qui allaient le suivre. La nouvelle de son acte audacieux a sonn&#233; comme une cloche de feu dans la nuit, r&#233;veillant la nation et mettant ses nerfs &#224; rude &#233;preuve. Gr&#226;ce &#224; John Brown, la guerre civile &#224; venir est entr&#233;e dans les nerfs du peuple plusieurs mois avant qu'elle ne se manifeste dans ses id&#233;es et ses actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Sud s'alarme. Les &#171; actes d'assassin &#187; confirm&#232;rent leurs craintes d'une insurrection d'esclaves provoqu&#233;e par les abolitionnistes du Nord et les R&#233;publicains noirs. Les liens personnels de Brown avec de nombreux abolitionnistes &#233;minents &#233;taient ind&#233;niables, et leurs d&#233;n&#233;gations de connivence et leur d&#233;sapprobation de ses actions ne les rendaient pas moins coupables aux yeux des propri&#233;taires d'esclaves, mais seulement plus l&#226;ches et hypocrites... Les propri&#233;taires d'esclaves &#233;taient convaincus que leurs ennemis prenaient d&#233;sormais l'offensive en lan&#231;ant une attaque arm&#233;e directe contre leur vie, leurs maisons et leurs biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La conviction est devenue courante dans le Sud, dit Frederic Bancroft, biographe de Seward, que John Brown ne diff&#233;rait de la majorit&#233; des habitants du Nord que par l'audace et le caract&#232;re d&#233;sesp&#233;r&#233; de ses m&#233;thodes. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de l'opinion officielle au Nord a condamn&#233; &#171; l'entreprise criminelle &#187; de John Brown et justifi&#233; son ex&#233;cution. De grandes r&#233;unions unionistes ont exploit&#233; l'incident au profit du Parti d&#233;mocrate. Le Richmond Enquirer du 25 octobre 1859 notait avec satisfaction que la presse conservatrice pro-esclavagiste du Nord &#171; fait preuve d'une d&#233;termination &#224; faire de la morale de l'invasion de Harper une arme efficace pour rallier tous les hommes non fanatiques contre le parti dont les dirigeants ont &#233;t&#233; directement impliqu&#233; dans le meurtre &#224; minuit de citoyens de Virginie et la destruction de biens gouvernementaux &#187;. Les dirigeants r&#233;publicains, un peu moins directs mais non moins d&#233;cisifs, s'empress&#232;rent de d&#233;noncer l'acte et de jeter de l'eau b&#233;nite sur l'ex&#233;cution. Lincoln a d&#233;clar&#233; : &#171; Nous ne pouvons pas nous opposer &#224; l'ex&#233;cution &#187;, et Seward a fait &#233;cho : &#171; c'&#233;tait n&#233;cessaire et juste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des milliers de personnes se sont ralli&#233;es aux c&#244;t&#233;s de John Brown, le saluant comme un martyr de la cause de l'&#233;mancipation. Les abolitionnistes radicaux se sont prononc&#233;s avec le plus d'audace en sa faveur et ont &#233;valu&#233; avec la plus grande justesse l'importance de sa vie et de sa mort. Lors des fun&#233;railles de John Brown, Wendell Phillips a prononc&#233; ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Merveilleux vieillard ! ... Il a aboli l'esclavage en Virginie... C'est vrai, l'esclave est toujours l&#224;. Ainsi, lorsque la temp&#234;te d&#233;racine un pin sur votre colline, il reste vert pendant des mois, un an ou deux. Pourtant, c'est du bois, pas un arbre. John Brown a d&#233;tach&#233; les racines du syst&#232;me esclavagiste ; il ne fait que respirer &#8211; il ne vit pas &#8211; d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longfellow a &#233;crit dans son journal le jour de la pendaison :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sera un grand jour dans notre histoire ; la date d'une nouvelle R&#233;volution, tout aussi n&#233;cessaire que l'ancienne. Au moment m&#234;me o&#249; j'&#233;cris, ils m&#232;nent le vieux John Brown &#224; l'ex&#233;cution en Virginie pour avoir tent&#233; de sauver des esclaves ! C'est semer le vent pour r&#233;colter le tourbillon, qui viendra bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Frank P. Steams, un marchand de Boston qui avait g&#233;n&#233;reusement contribu&#233; &#224; la campagne de John Brown au Kansas, d&#233;clara devant le comit&#233; d'enqu&#234;te s&#233;natorial :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'aurais d&#233;sapprouv&#233; [le raid] si j'en avais eu connaissance ; mais j'ai depuis chang&#233; d'avis ; Je crois que John Brown est l'homme repr&#233;sentatif du si&#232;cle, comme Washington l'a &#233;t&#233; du dernier : l'affaire Harper's Ferry et la capacit&#233; d&#233;montr&#233;e par les Italiens &#224; se gouverner eux-m&#234;mes, les grands &#233;v&#233;nements de cette &#233;poque. L'un lib&#233;rera l'Europe et l'autre l'Am&#233;rique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se dirigeant vers l'&#233;chafaud, John Brown remit ce dernier testament &#224; un ami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Moi, John Brown, je suis maintenant tout &#224; fait certain que les crimes de ce pays coupable : ne seront jamais effac&#233;s ; mais avec du sang. J'avais, comme je le pense maintenant : je me suis flatt&#233; en vain que sans beaucoup d'effusion de sang : cela pourrait &#234;tre fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;visions proph&#233;tiques allaient bient&#244;t se r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an et demi apr&#232;s son ex&#233;cution, l'esprit r&#233;volutionnaire de John Brown ressuscita chez les volontaires du Massachusetts, qui d&#233;fil&#232;rent dans les rues de Boston en chantant l'hymne de bataille que quatre d'entre eux venaient d'improviser : le corps de John Brown . Leurs mouvements &#233;taient ouverts et l&#233;gaux ; Les actions de John Brown &#233;taient cach&#233;es et constituaient une trahison. Pourtant, les manifestants ont fi&#232;rement reconnu leur communion avec lui, alors qu'ils partaient pour la Virginie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, les r&#233;cents d&#233;fenseurs de l'Union &#233;taient devenus des perturbateurs de l'Union ; les punisseurs de la trahison eux-m&#234;mes sont des tra&#238;tres ; les bourreaux des rebelles eux-m&#234;mes en r&#233;bellion ouverte. Le ravisseur de John Brown, Robert E. Lee, avait d&#233;j&#224; rejoint l'arm&#233;e conf&#233;d&#233;r&#233;e qu'il devait commander. L'ex-gouverneur Wise, qui avait autoris&#233; la pendaison de Brown, conspirait, comme lui, pour s'emparer de l'arsenal de Harper's Ferry et, comble d'ironie, il exhortait ses voisins de Richmond &#224; imiter John Brown.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Prenez une le&#231;on de John Brown, fabriquez vos lames &#224; partir de vieux fer, m&#234;me s'il s'agit des attaches de vos roues de charrette.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, les forces oppos&#233;es dans le processus historique, que John Brown appelait Dieu, chacune &#224; sa mani&#232;re, ont rendu hommage au p&#232;re de la Seconde R&#233;volution am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi Staline a-t-il vaincu</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Stalinisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE &lt;br class='autobr' /&gt;
POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags. L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique185" rel="directory"&gt;8- La contre-r&#233;volution&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Stalinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE THERMIDOR SOVIETIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POURQUOI STALINE A-T-IL VAINCU ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien de l'U.R.S.S. ne pourra pas manquer de conclure que la politique de la bureaucratie dirigeante a &#233;t&#233;, dans les grandes questions, contradictoire et faite d'une s&#233;rie de zigzags.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'explication ou la justification de ces zigzags par le &#034;changement des circonstances&#034; est visiblement inconsistante. Gouverner c'est, dans une certaine mesure tout au moins, pr&#233;voir. La fraction Staline n'a pas pr&#233;vu le moins du monde les in&#233;vitables r&#233;sultats du d&#233;veloppement qui l'ont accabl&#233;e &#224; plusieurs reprises. Elle a r&#233;agi par des r&#233;flexes administratifs, cr&#233;ant apr&#232;s coup la th&#233;orie de ses tournants, sans se soucier de ce qu'elle enseignait la veille. Les faits et les documents incontestables obligeront aussi l'historien &#224; conclure que l'opposition de gauche a donn&#233; une analyse infiniment plus juste des &#233;volutions en cours dans le pays et a pr&#233;vu beaucoup mieux leur cours ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation para&#238;t &#224; premi&#232;re vue en contradiction avec le simple fait que la fraction du parti la moins capable de pr&#233;voir remporta d'incessantes victoires, tandis que le groupe plus perspicace alla de d&#233;faite en d&#233;faite. Cette objection, qui se pr&#233;sente d'elle-m&#234;me &#224; l'esprit, n'est convaincante que pour celui qui, appliquant la pens&#233;e rationnelle &#224; la politique, n'y voit qu'un d&#233;bat logique ou une partie d'&#233;checs. Or la lutte politique est au fond celle des int&#233;r&#234;ts et des forces, non des arguments. Les qualit&#233;s des dirigeants n'y sont nullement indiff&#233;rentes &#224; l'issue des combats, mais elles n'en sont pas le seul facteur ni le facteur d&#233;cisif. Les camps adverses exigent d'ailleurs chacun des chefs &#224; leur image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la r&#233;volution de F&#233;vrier a port&#233; au pouvoir Kerensky et Tseretelli, ce n'est pas qu'ils aient &#233;t&#233; &#034;plus intelligents&#034; ou &#034;plus habiles&#034; que la camarilla gouvernante du tsar, c'est qu'ils repr&#233;sentaient, temporairement tout au moins, les masses populaires r&#233;volutionnaires dress&#233;es contre l'ancien r&#233;gime. Si Kerensky a pu contraindre L&#233;nine &#224; l'ill&#233;galit&#233; et jeter en prison d'autres leaders bolcheviques, ce n'est pas que ses qualit&#233;s personnelles lui aient donn&#233; sur eux la sup&#233;riorit&#233;, c'est que la majorit&#233; des ouvriers et des soldats suivaient encore en ces journ&#233;es la petite bourgeoisie patriote. La &#034;sup&#233;riorit&#233;&#034; personnelle de Kerensky, si ce mot n'est pas d&#233;plac&#233;, &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de ne pas voir plus loin que la grande majorit&#233;. Les bolcheviks vainquirent &#224; leur tour la d&#233;mocratie petite-bourgeoise, non gr&#226;ce &#224; la pr&#233;cellence de leurs chefs, mais gr&#226;ce &#224; un regroupement des forces, le prol&#233;tariat ayant enfin r&#233;ussi &#224; entra&#238;ner contre la bourgeoisie la paysannerie m&#233;contente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuit&#233; des &#233;tapes de la grande R&#233;volution fran&#231;aise, &#224; sa mont&#233;e comme &#224; son d&#233;clin, montre de fa&#231;on tout aussi convaincante que la force des &#034;chefs&#034; et des &#034;h&#233;ros&#034; consistait avant tout dans leur accord avec le caract&#232;re des classes et des couches sociales qui les appuyaient ; cette correspondance seule, et non des sup&#233;riorit&#233;s absolues, permit &#224; chacun d'entre eux de marquer de sa personnalit&#233; une certaine p&#233;riode historique. Il y a dans la succession au pouvoir des Mirabeau, Brissot, Robespierre, Barras, Bonaparte, une l&#233;gitimit&#233; objective infiniment plus puissante que les traits particuliers des protagonistes historiques eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait suffisamment que toutes les r&#233;volutions ont jusqu'ici suscit&#233; apr&#232;s elles des r&#233;actions et m&#234;me des contre-r&#233;volutions qui, il est vrai, n'ont jamais r&#233;ussi &#224; ramener la nation jusqu'&#224; son point de d&#233;part, tout en lui ravissant toujours la part du lion de ses conqu&#234;tes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les pionniers, les initiateurs, les meneurs qui s'&#233;taient trouv&#233;s &#224; la t&#234;te des masses dans la premi&#232;re p&#233;riode sont les victimes de la premi&#232;re vague de r&#233;action, tandis qu'on voit appara&#238;tre au premier plan des hommes du second plan unis aux ennemis d'hier de la r&#233;volution. Les duels dramatiques des grands premiers r&#244;les sur la sc&#232;ne politique masquent des glissements dans les rapports entre les classes et, ce qui n'est pas moins important, de profonds changements dans la psychologie des masses, r&#233;volutionnaires la veille encore...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pondant a de nombreux camarades qui demandaient avec &#233;tonnement ce qu'&#233;tait devenue l'activit&#233; du parti bolchevique et de la classe ouvri&#232;re, leur initiative r&#233;volutionnaire, leur fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne, d'o&#249; surgissait, &#224; la place de ces qualit&#233;s, tant de vilenie, de l&#226;chet&#233;, de pusillanimit&#233; et d'arrivisme, Rakovsky &#233;voquait les p&#233;rip&#233;ties de la R&#233;volution fran&#231;aise du XVIIIe si&#232;cle et l'exemple de Babeuf qui, sortant de la prison de l'Abbaye, se demandait lui aussi avec stupeur ce qu'&#233;tait devenu le peuple h&#233;ro&#239;que des faubourgs de Paris. La r&#233;volution est une grande d&#233;voreuse d'&#233;nergies individuelles et collectives. Les nerfs n'y tiennent pas, les consciences fl&#233;chissent, les caract&#232;res s'usent. Les &#233;v&#233;nements vont trop vite pour que l'afflux de forces nouvelles puisse compenser les d&#233;perditions. La famine, le ch&#244;mage, la perte des cadres de la r&#233;volution, l'&#233;limination des masses des postes dirigeants avaient amen&#233; une telle an&#233;mie physique et morale des faubourgs qu'il leur fallut plus de trente ans pour se lever de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation axiomatique des publicistes sovi&#233;tiques, selon laquelle les lois des r&#233;volutions bourgeoises sont &#034;inapplicables&#034; &#224; la r&#233;volution prol&#233;tarienne, est d&#233;pourvue de tout contenu scientifique. Le caract&#232;re prol&#233;tarien de la r&#233;volution d'Octobre r&#233;sulte de la situation mondiale et d'un certain rapport des forces &#224; l'int&#233;rieur. Mais les classes elles-m&#234;mes, en Russie, s'&#233;taient form&#233;es au sein de la barbarie tsariste et d'un capitalisme arri&#233;r&#233;, et n'avaient pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;es sur commande &#224; la r&#233;volution socialiste. Bien au contraire : c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le prol&#233;tariat russe, encore arri&#233;r&#233; &#224; bien des &#233;gards, avait fait en quelques mois le saut, sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire, d'une monarchie semi-f&#233;odale &#224; la dictature socialiste, que la r&#233;action devait in&#233;luctablement faire valoir ses droits dans ses propres rangs. Elle grandit au cours des guerres qui suivirent. Les conditions ext&#233;rieures et les &#233;v&#233;nements la nourrirent sans arr&#234;t. Une intervention suivait l'autre. Les pays d'Occident ne donnaient pas d'aide directe. Au lieu du bien-&#234;tre attendu, le pays vit la mis&#232;re s'installer chez lui pour longtemps. Les repr&#233;sentants les plus remarquables de la classe ouvri&#232;re avaient p&#233;ri dans la guerre civile ou, s'&#233;levant de quelques degr&#233;s, s'&#233;taient d&#233;tach&#233;s des masses. Ainsi survint, apr&#232;s une tension prodigieuse des forces, des esp&#233;rances et des illusions, une longue p&#233;riode de fatigue, de d&#233;pression et de d&#233;sillusion. Le reflux de la &#034;fiert&#233; pl&#233;b&#233;ienne&#034; eut pour suite un afflux d'arrivisme et de pusillanimit&#233;. Ces mar&#233;es port&#232;rent au pouvoir une nouvelle couche de dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mobilisation d'une arm&#233;e rouge de cinq millions d'hommes devait jouer dans la formation de la bureaucratie un r&#244;le consid&#233;rable. Les commandants victorieux prirent les postes importants dans les soviets locaux, dans la production, dans les &#233;coles, et ce fut pour apporter partout, obstin&#233;ment, le r&#233;gime qui leur avait fait gagner la guerre civile. Les masses furent partout peu &#224; peu &#233;limin&#233;es de la participation effective au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne au sein du prol&#233;tariat fit na&#238;tre de grandes esp&#233;rances et une grande assurance dans la petite bourgeoisie des villes et des campagnes qui, appel&#233;e par la Nep &#224; une vie nouvelle, s'enhardissait de plus en plus. La jeune bureaucratie, form&#233;e au d&#233;but pour servir le prol&#233;tariat, se sentit l'arbitre entre les classes. Elle fut de mois en mois plus autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation internationale agissait puissamment dans le m&#234;me sens. La bureaucratie sovi&#233;tique gagnait en assurance au fur et &#224; mesure que la classe ouvri&#232;re internationale subissait de plus lourdes d&#233;faites. Entre ces deux faits, la relation n'est pas seulement chronologique, elle est causale et r&#233;ciproque : la direction bureaucratique du mouvement contribuait aux d&#233;faites ; les d&#233;faites affermissaient la bureaucratie. La d&#233;faite de l'insurrection bulgare et la retraite sans gloire des ouvriers allemands en 1923. l'&#233;chec d'une tentative de soul&#232;vement en Esthonie en 1924, la perfide liquidation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Angleterre et la conduite indigne des communistes polonais lors du coup de force de Pilsudsky en 1926, l'effroyable d&#233;faite de la R&#233;volution chinoise en 1927, les d&#233;faites plus graves encore qui suivirent en Allemagne et en Autriche &#8212; telles sont les catastrophes historiques qui ont ruin&#233; la confiance des masses en la r&#233;volution mondiale et permis &#224; la bureaucratie sovi&#233;tique de s'&#233;lever de plus en plus haut comme un phare indiquant la voie du salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les causes des d&#233;faites du prol&#233;tariat mondial au cours des treize derni&#232;res ann&#233;es, l'auteur se voit contraint de se r&#233;f&#233;rer &#224; ses ouvrages pr&#233;c&#233;dents, dans lesquels il s'est efforc&#233; de faire ressortir le r&#244;le funeste qu'ont jou&#233;, dans le mouvement r&#233;volutionnaire de tous les pays, les dirigeants conservateurs du Kremlin. Ce qui nous int&#233;resse surtout ici, c'est le fait &#233;difiant et incontestable que les d&#233;faites continues de la r&#233;volution en Europe et en Asie, tout en affaiblissant la situation internationale de l'U.R.S.S., ont extraordinairement affermi la bureaucratie sovi&#233;tique. Deux dates surtout sont m&#233;morables dans cette s&#233;rie historique. Dans la seconde moiti&#233; de 1923, l'attention des ouvriers sovi&#233;tiques se concentra avec passion sur l'Allemagne o&#249; le prol&#233;tariat paraissait avancer la main vers le pouvoir ; la retraite panique du Parti communiste allemand fut pour les masses ouvri&#232;res de l'U.R.S.S. une p&#233;nible d&#233;ception. La bureaucratie sovi&#233;tique d&#233;clencha aussit&#244;t sa campagne contre la &#034;r&#233;volution permanente&#034; et infligea &#224; l'opposition de gauche sa premi&#232;re cruelle d&#233;faite. En 1926-27 la population de l'U.R.S.S. eut un nouvel afflux d'espoir ; tous les regards se port&#232;rent cette fois sur l'Orient o&#249; se d&#233;roulait le drame de la R&#233;volution chinoise. L'opposition de gauche se remit de ses revers et recruta de nouveaux militants. A la fin de 1927, la R&#233;volution chinoise fut torpill&#233;e par le bourreau Tchang Kai-chek auquel les dirigeants de l'Internationale communiste avaient litt&#233;ralement livr&#233; les ouvriers et les paysans chinois. Une vague glac&#233;e de d&#233;senchantement passa sur les masses de l'U.R.S.S. Apr&#232;s une campagne fr&#233;n&#233;tique dans la presse et les r&#233;unions, la bureaucratie se d&#233;cida enfin &#224; proc&#233;der &#224; des arrestations en masse d'opposants (1928).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines de milliers de militants r&#233;volutionnaires s'&#233;taient, il est vrai, rassembl&#233;s sous le drapeau des bolcheviks-l&#233;ninistes. Les ouvriers consid&#233;raient l'opposition avec une sympathie certaine. Mais une sympathie qui restait passive, car on ne croyait d&#233;j&#224; plus pouvoir modifier la situation en luttant. Or la bureaucratie affirmait : &#034;L'opposition se pr&#233;pare &#224; nous jeter dans une guerre r&#233;volutionnaire pour la r&#233;volution internationale. Assez de bouleversements ! Nous avons m&#233;rit&#233; quelque repos. Nous b&#226;tirons chez nous la soci&#233;t&#233; socialiste. Comptez sur nous qui sommes vos chefs !&#034; Cette propagande du repos, cimentant le bloc des fonctionnaires et des militaires, trouvait &#224; n'en pas douter un &#233;cho chez les ouvriers fatigu&#233;s, et plus encore dans les masses paysannes. On se demandait si l'opposition n'&#233;tait pas dispos&#233;e &#224; sacrifier les int&#233;r&#234;ts de l'U.R.S.S. &#224; la &#034;r&#233;volution permanente&#034;. En fait, c'&#233;taient les int&#233;r&#234;ts vitaux de l'U.R.S.S. qui &#233;taient en jeu. En dix ans, la politique erron&#233;e de l'Internationale communiste avait assur&#233; la victoire de Hitler en Allemagne, c'est-&#224;-dire un grave danger de guerre &#224; l'ouest ; une politique non moins erron&#233;e fortifiait l'imp&#233;rialisme japonais et rapprochait au plus haut point le danger &#224; l'est. Mais les p&#233;riodes de r&#233;action sont surtout caract&#233;ris&#233;es par le manque de courage intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition se trouva isol&#233;e. La bureaucratie battait le fer tant qu'il &#233;tait chaud. Exploitant le d&#233;sarroi et la passivit&#233; des travailleurs, dressant les plus arri&#233;r&#233;s contre les plus avanc&#233;s, s'appuyant toujours plus hardiment sur le koulak et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale sur l'alli&#233; petit-bourgeois, la bureaucratie r&#233;ussit &#224; triompher en quelques ann&#233;es de l'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait na&#239;f de croire que Staline, inconnu des masses, sortit tout &#224; coup des coulisses arm&#233; d'un plan strat&#233;gique tout fait. Non. Avant qu'il n'ait lui-m&#234;me entrevu sa voie, la bureaucratie l'avait choisi. Il lui donnait toutes les garanties d&#233;sirables : le prestige d'un vieux-bolchevik, un caract&#232;re ferme, un esprit &#233;troit, une liaison indissoluble avec les bureaux, seule source de son influence personnelle. Staline fut au d&#233;but surpris lui-m&#234;me par son succ&#232;s. C'&#233;tait l'approbation unanime d'une nouvelle couche dirigeante qui cherchait &#224; s'affranchir des vieux principes comme du contr&#244;le des masses et qui avait besoin d'un arbitre s&#251;r dans ses affaires int&#233;rieures. Figure de second plan pour les masses et la r&#233;volution, Staline se r&#233;v&#233;la le chef incontest&#233; de la bureaucratie thermidorienne, le premier d'entre les thermidoriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il apparut bient&#244;t que la nouvelle couche dirigeante avait ses id&#233;es, ses sentiments et, ce qui importe davantage, ses int&#233;r&#234;ts propres. La tr&#232;s grande majorit&#233; des bureaucrates de la g&#233;n&#233;ration actuelle &#233;taient, pendant la r&#233;volution d'Octobre, de l'autre c&#244;t&#233; de la barricade (c'est le cas, pour ne consid&#233;rer que les diplomates sovi&#233;tiques, de MM. Troyanovski, Mayski, Potemkine, Souritz, Khintchouk et autres...) ou, dans le meilleur des cas, &#224; l'&#233;cart de la lutte. Ceux d'entre les bureaucrates d'aujourd'hui qui, aux jours d'Octobre, &#233;taient avec les bolcheviks, n'avaient pas, pour la plupart, de r&#244;le tant soit peu important. Quant aux jeunes bureaucrates, ils sont form&#233;s et s&#233;lectionn&#233;s par les vieux et souvent dans leur propre prog&#233;niture. Ces hommes n'auraient pas fait la r&#233;volution d'Octobre. Ils se trouv&#232;rent les mieux adapt&#233;s pour l'exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs individuels n'ont pas &#233;t&#233;, naturellement, sans influence dans cette succession de chapitres historiques. Il est certain que la maladie et la mort de L&#233;nine ont h&#226;t&#233; le d&#233;nouement. Si L&#233;nine avait v&#233;cu plus longtemps, l'avance de la puissance bureaucratique e&#251;t &#233;t&#233; plus lente, tout au moins dans les premi&#232;res ann&#233;es. Mais, d&#232;s 1926, Kroupska&#239;a disait &#224; des opposants de gauche : &#034;Si L&#233;nine &#233;tait vivant, il serait certainement en prison.&#034; Les pr&#233;visions et les appr&#233;hensions de L&#233;nine &#233;taient encore fra&#238;ches dans sa m&#233;moire et elle ne se faisait pas d'illusions sur sa puissance &#224; s'opposer aux vents et aux courants contraires de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bureaucratie n'a pas vaincu la seule opposition de gauche, elle a aussi vaincu le parti bolchevique. Elle a vaincu le programme de L&#233;nine, qui voyait le danger principal dans la transformation des organes de l'Etat &#034;de serviteurs de la soci&#233;t&#233; en ma&#238;tres de la soci&#233;t&#233;&#034;. Elle a vaincu tous ses adversaires &#8212; l'opposition, le parti de L&#233;nine &#8212; non &#224; l'aide d'arguments et d'id&#233;es, mais en les &#233;crasant sous son propre poids social. L'arri&#232;re-train plomb&#233; s'est trouv&#233; plus lourd que la t&#234;te de la r&#233;volution. Telle est l'explication du Thermidor sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DEGENERESCENCE DU PARTI BOLCHEVIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti bolchevique avait pr&#233;par&#233; et remport&#233; la victoire d'Octobre. Il avait b&#226;ti l'Etat sovi&#233;tique en lui donnant une ferme ossature. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence du parti fut la cause et la cons&#233;quence de la bureaucratisation de l'Etat. Il importe de montrer tout au moins bri&#232;vement comment les choses se sont pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime int&#233;rieur du parti bolchevique est caract&#233;ris&#233; par les m&#233;thodes du centralisme d&#233;mocratique. L'union de ces deux notions n'implique aucune contradiction. Le parti veillait &#224; ce que ses fronti&#232;res fussent toujours strictement d&#233;limit&#233;es, mais il entendait que tous ceux qui p&#233;n&#233;traient &#224; l'int&#233;rieur de ces fronti&#232;res eussent r&#233;ellement le droit de d&#233;terminer l'orientation de sa politique. La libre critique et la lutte des id&#233;es formaient le contenu intangible de la d&#233;mocratie du parti. La doctrine actuelle, qui proclame l'incompatibilit&#233; du bolchevisme avec l'existence des fractions, est en d&#233;saccord avec les faits. C'est un mythe de la d&#233;cadence. L'histoire du bolchevisme est en r&#233;alit&#233; celle de la lutte des fractions. Et comment une organisation authentiquement r&#233;volutionnaire qui se donne pour but de retourner le monde et rassemble sous ses enseignes des n&#233;gateurs, des r&#233;volt&#233;s et des combattants de toute t&#233;m&#233;rit&#233;, pourrait-elle vivre et cro&#238;tre sans conflits id&#233;ologiques, sans groupements, sans formations fractionnelles temporaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La clairvoyance de la direction du parti r&#233;ussit maintes fois &#224; att&#233;nuer et &#224; abr&#233;ger les luttes fractionnelles, mais ne put faire davantage. Le comit&#233; central s'appuyait sur cette base effervescente, il y puisait la hardiesse de d&#233;cider et d'ordonner. La justesse manifeste de ses vues &#224; toutes les &#233;tapes critiques lui conf&#233;rait une haute autorit&#233;, pr&#233;cieux capital moral de la centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime du parti bolchevique, surtout avant la prise du pouvoir, &#233;tait donc aux antipodes de celui de l'Internationale communiste actuellement, avec ses &#034;chefs&#034; nomm&#233;s hi&#233;rarchiquement, ses tournants ex&#233;cut&#233;s sur commande, ses bureaux incontr&#244;l&#233;s, son d&#233;dain de la base, sa servilit&#233; envers le Kremlin. Dans les premi&#232;res ann&#233;es qui suivirent la prise du pouvoir, quand le parti commen&#231;ait &#224; se couvrir de la rouille bureaucratique, n'importe quel bolchevik, et Staline comme tout autre, e&#251;t trait&#233; d'inf&#226;me calomniateur quiconque e&#251;t projet&#233; sur l'&#233;cran l'image du parti tel qu'il devait devenir dix ou quinze ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine et ses collaborateurs eurent pour invariable premier souci de pr&#233;server les rangs du parti bolchevique des tares du pouvoir. Pourtant, l'&#233;troite connexion et quelquefois la fusion des organes du parti et de l'Etat port&#232;rent d&#232;s les premi&#232;res ann&#233;es un pr&#233;judice certain &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;lasticit&#233; du r&#233;gime int&#233;rieur du parti. La d&#233;mocratie se r&#233;tr&#233;cissait au fur et &#224; mesure que croissaient les difficult&#233;s. Le parti voulut et esp&#233;ra d'abord conserver dans le cadre des soviets la libert&#233; des luttes politiques. La guerre civile apporta &#224; cet espoir un correctif s&#233;v&#232;re. Les partis d'opposition furent supprim&#233;s l'un apr&#232;s l'autre. Les chefs du bolchevisme voyaient dans ces mesures, en contradiction &#233;vidente avec l'esprit de la d&#233;mocratie sovi&#233;tique, non des d&#233;cisions de principe, mais des n&#233;cessites &#233;pisodiques de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rapide croissance du parti gouvernant, en pr&#233;sence de la nouveaut&#233; et de l'immensit&#233; des t&#226;ches, engendrait in&#233;vitablement des divergences de vues. Les courants d'opposition, sous-jacents dans le pays, exer&#231;aient de diverses fa&#231;ons leurs pressions sur le seul parti l&#233;gal, aggravant l'&#226;pret&#233; des luttes fractionnelles. Vers la fin de la guerre civile, cette lutte rev&#234;tit des formes si vives qu'elle mena&#231;a d'&#233;branler le pouvoir. En mars 1921, au moment du soul&#232;vement de Cronstadt, qui entra&#238;na pas mal de bolcheviks, le Xe congr&#232;s du parti se vit contraint de recourir &#224; l'interdiction des fractions, c'est-&#224;-dire d'&#233;tendre &#224; la vie int&#233;rieure du parti dirigeant le r&#233;gime politique de l'Etat. L'interdiction des fractions &#233;tait, r&#233;p&#233;tons-le, con&#231;ue comme une mesure exceptionnelle appel&#233;e &#224; tomber en d&#233;su&#233;tude d&#232;s la premi&#232;re am&#233;lioration s&#233;rieuse de la situation. Le comit&#233; central se montrait d'ailleurs extr&#234;mement circonspect dans l'application de la nouvelle loi, et surtout soucieux de ne pas &#233;touffer la vie int&#233;rieure du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui n'avait &#233;t&#233; dans les intentions du d&#233;but que le tribut pay&#233; par n&#233;cessit&#233; &#224; de p&#233;nibles circonstances, se trouva fort du go&#251;t de la bureaucratie, qui se mettait &#224; consid&#233;rer la vie int&#233;rieure du parti sous l'angle exclusif de la commodit&#233; des gouvernants. D&#232;s 1922, sa sant&#233; s'&#233;tant momentan&#233;ment am&#233;lior&#233;e, L&#233;nine s'effraya de la croissance mena&#231;ante de la bureaucratie et pr&#233;para une offensive contre la fraction Staline, devenue le pivot de l'appareil du parti avant de s'emparer de celui de l'Etat. La seconde attaque du mal, puis la mort, ne lui donn&#232;rent pas la possibilit&#233; de mesurer ses forces &#224; celles de la r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts de Staline, avec lequel marchaient &#224; ce moment Zinoviev et Kamenev, tendirent d&#233;sormais &#224; lib&#233;rer l'appareil du parti du contr&#244;le des membres. Staline fut, dans cette lutte pour la &#034;stabilit&#233;&#034; du comit&#233; central, plus cons&#233;quent et plus ferme que ses alli&#233;s. Il n'avait pas &#224; se d&#233;tourner des probl&#232;mes internationaux dont il ne s'&#233;tait jamais occup&#233;. La mentalit&#233; petite-bourgeoise de la nouvelle couche dirigeante &#233;tait la sienne propre. Il croyait profond&#233;ment que la construction du socialisme &#233;tait d'ordre national et administratif. Il consid&#233;rait l'Internationale communiste comme un mal n&#233;cessaire dont il fallait, autant que faire se pouvait, tirer parti &#224; des fins de politique &#233;trang&#232;re. Le parti n'avait de prix &#224; ses yeux que comme la base ob&#233;issante des bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, une autre th&#233;orie fut formul&#233;e &#224; l'usage de la bureaucratie, selon laquelle, pour le bolchevisme, le comit&#233; central est tout, le parti rien. Cette seconde th&#233;orie fut en tout cas r&#233;alis&#233;e avec plus de succ&#232;s que la premi&#232;re. Mettant &#224; profit la mort de L&#233;nine, la bureaucratie commen&#231;a la campagne de recrutement dite de la &#034;promotion de L&#233;nine&#034;. Les portes du parti, jusqu'alors bien gard&#233;es, s'ouvrirent toutes grandes : les ouvriers, les employ&#233;s, les fonctionnaires s'y engouffr&#232;rent en masse. Politiquement, il s'agissait de r&#233;sorber l'avant-garde r&#233;volutionnaire dans un mat&#233;riel humain d&#233;pourvu d'exp&#233;rience et de personnalit&#233;, mais accoutum&#233; en revanche &#224; ob&#233;ir aux chefs. Ce dessein r&#233;ussit. En lib&#233;rant la bureaucratie du contr&#244;le de l'avant-garde prol&#233;tarienne, la &#034;promotion de L&#233;nine&#034; porta un coup mortel au parti de L&#233;nine. Les bureaux avaient conquis l'ind&#233;pendance qui leur &#233;tait n&#233;cessaire. Le centralisme d&#233;mocratique fit place au centralisme bureaucratique. Les services du parti furent radicalement remani&#233;s du haut en bas. L'ob&#233;issance devint la principale vertu du bolchevik. Sous le drapeau de la lutte contre l'opposition, on se mit &#224; remplacer les r&#233;volutionnaires par des fonctionnaires. L'histoire du parti bolchevique devint celle de sa prompte d&#233;g&#233;n&#233;rescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification politique de la lutte en cours s'obscurcissait pour beaucoup du fait que les dirigeants des trois tendances, la droite, le centre et la gauche, appartenaient &#224; un seul &#233;tat-major, celui du Kremlin, le bureau politique : les esprits superficiels croyaient &#224; des rivalit&#233;s personnelles, &#224; la lutte pour la &#034;succession&#034; de L&#233;nine. Mais, sous une dictature de fer, les antagonismes sociaux ne pouvaient en r&#233;alit&#233; se manifester, au d&#233;but, qu'&#224; travers les institutions du parti gouvernant. Bien des thermidoriens sortirent du parti jacobin dont Bonaparte commen&#231;a par &#234;tre un des adh&#233;rents ; et ce fut parmi les anciens jacobins que le Premier consul et, par la suite, l'empereur des Fran&#231;ais trouva ses serviteurs les plus fid&#232;les. Les temps changent et les jacobins, y compris ceux du XXe si&#232;cle, changent avec les temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du bureau politique du temps de L&#233;nine, il ne reste que Staline : deux de ses membres, Zinoviev et Kamenev, qui furent pendant les longues ann&#233;es d'&#233;migration les collaborateurs les plus intimes de L&#233;nine, purgent, au moment o&#249; j'&#233;cris, une peine de dix ann&#233;es de r&#233;clusion pour un crime qu'ils n'ont pas commis ; trois autres, Rykov, Boukharine et Tomski sont tout &#224; fait &#233;cart&#233;s du pouvoir, bien qu'on ait r&#233;compens&#233; leur r&#233;signation en leur accordant des fonctions de second plan ; enfin, l'auteur de ces lignes est banni. La veuve de L&#233;nine, Kroupska&#239;a, est tenue en suspicion, n'ayant pas su, quels qu'aient &#233;t&#233; ses efforts dans ce sens, s'adapter &#224; Thermidor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres actuels du bureau politique ont occup&#233; dans l'histoire du parti bolchevique des places secondaires. Si quelqu'un avait proph&#233;tis&#233; leur &#233;l&#233;vation dans les premi&#232;res ann&#233;es de la r&#233;volution, ils en eussent &#233;t&#233; stup&#233;faits eux-m&#234;mes. La r&#232;gle selon laquelle le bureau politique a toujours raison, et que personne ne saurait en tout cas avoir raison contre lui, n'en est appliqu&#233;e qu'avec plus de rigueur. Mais le bureau politique lui-m&#234;me ne saurait avoir raison contre Staline qui, ne pouvant se tromper, ne peut par cons&#233;quent avoir raison contre lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revendication du retour du parti &#224; la d&#233;mocratie fut en son temps la plus obstin&#233;e et la plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e des revendications de tous les groupements d'opposition. La plate-forme de l'opposition de gauche de 1927 exigeait l'introduction dans le code p&#233;nal d'un article &#034;punissant comme un crime grave contre l'Etat toute pers&#233;cution directe ou indirecte d'un ouvrier en raison de critiques qu'il aurait formul&#233;es...&#034; On trouva plus tard dans le code p&#233;nal un article &#224; appliquer &#224; l'opposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la d&#233;mocratie du parti, il ne reste que des souvenirs dans la m&#233;moire de la vieille g&#233;n&#233;ration. Avec elle, la d&#233;mocratie des soviets, des syndicats, des coop&#233;ratives, des organisations sportives et culturelles s'est &#233;vanouie. La hi&#233;rarchie des secr&#233;taires domine tout et tous. Le r&#233;gime avait acquis un caract&#232;re totalitaire plusieurs ann&#233;es avant que le terme ne nous vint d'Allemagne. &#034;A l'aide des m&#233;thodes d&#233;moralisantes qui transforment les communistes pensants en automates, tuent la volont&#233;, le caract&#232;re, la dignit&#233; humaine&#034;, &#233;crivait Rakovsky en 1928, &#034;la coterie gouvernante a su devenir une oligarchie inamovible et inviolable ; et elle s'est substitu&#233;e &#224; la classe et au parti.&#034; Depuis que ces lignes indign&#233;es ont et&#233; &#233;crites, la d&#233;g&#233;n&#233;rescence a fait d'immenses progr&#232;s. La Gu&#233;p&#233;ou est devenu le facteur d&#233;cisif de la vie int&#233;rieure du parti. Si Molotov a pu, en mars 1936, se f&#233;liciter devant un journaliste fran&#231;ais de ce que le parti gouvernant ne connaisse plus de luttes fractionnelles, c'est uniquement parce que les divergences de vues y sont d&#233;sormais r&#233;gl&#233;es par l'intervention m&#233;canique de la police politique. Le vieux parti bolchevique est mort, aucune force ne le ressuscitera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence politique du parti s'accentuait la corruption d'une bureaucratie &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le. Appliqu&#233; au gros fonctionnaire privil&#233;gi&#233;, le mot &#034;sovbour &#034; &#8212; bourgeois sovi&#233;tique &#8212; entra de bonne heure dans le vocabulaire ouvrier. Avec la Nep, les tendances bourgeoises b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'un terrain plus favorable. L&#233;nine mettait en garde le XIe congr&#232;s du parti, en mars 1922, contre la corruption des milieux dirigeants. Il est plus d'une fois arriv&#233; dans l'histoire, disait-il, que le vainqueur ait adopt&#233; la civilisation du vaincu, si celle-ci &#233;tait sup&#233;rieure. La culture de la bourgeoisie et de la bureaucratie russes &#233;tait mis&#233;rable, sans doute. Mais, h&#233;las ! les nouvelles couches dirigeantes le c&#232;dent encore &#224; cette culture-l&#224;. &#034;Quatre mille sept cents communistes responsables dirigent &#224; Moscou la machine gouvernementale. Qui dirige et qui est dirig&#233; ? Je doute fort qu'on puisse dire que ce sont les communistes qui dirigent...&#034; L&#233;nine n'eut plus &#224; prendre la parole dans les congr&#232;s du parti. Mais toute sa pens&#233;e, dans les derniers mois de sa vie, fut tendue vers la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;munir et d'armer les ouvriers contre l'oppression, l'arbitraire et la corruption bureaucratiques. Il ne lui avait &#233;t&#233; donn&#233; cependant que d'observer les premiers sympt&#244;mes du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christian Rakovsky, l'ancien pr&#233;sident du Conseil des commissaires du peuple d'Ukraine, qui fut plus tard ambassadeur des Soviets &#224; Londres et &#224; Paris, se trouvant en d&#233;portation, envoya en 1928 &#224; ses amis une courte &#233;tude sur la bureaucratie &#224; laquelle nous avons d&#233;j&#224; emprunt&#233; quelques lignes plus haut, car elle reste ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit de mieux sur ce sujet [1]. &#034;Dans l'esprit de L&#233;nine et dans tous nos esprits, &#233;crit Rakovsky, l'objet de la direction du parti &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de pr&#233;server le parti et la classe ouvri&#232;re de l'action dissolvante des privil&#232;ges, des avantages et des faveurs propres au pouvoir, de les pr&#233;server de tout rapprochement avec les restes de l'ancienne noblesse et de l'ancienne petite bourgeoisie, de l'influence d&#233;moralisante de la Nep, de la s&#233;duction des moeurs bourgeoises et de leur id&#233;ologie... Il faut dire franchement, nettement, bien haut, que cette t&#226;che, les bureaux du parti ne l'ont point remplie, qu'ils ont fait preuve dans leur double r&#244;le de pr&#233;servation et d'&#233;ducation d'une incapacit&#233; compl&#232;te, fait banqueroute, manqu&#233; au devoir...&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que Rakovsky, bris&#233; par la r&#233;pression bureaucratique, a par la suite reni&#233; ses critiques. Mais le septuag&#233;naire Galil&#233;e fut contraint, dans les tenailles de la Sainte Inquisition, d'abjurer le syst&#232;me de Copernic, ce qui n'emp&#234;cha pas la terre de tourner. Nous ne croyons pas &#224; l'abjuration du sexag&#233;naire Rakovsky, car il a lui-m&#234;me fait plus d'une fois l'analyse impitoyable d'abjurations de ce genre. Mais sa critique politique a trouv&#233; dans les faits objectifs une base beaucoup plus s&#251;re que dans la fermet&#233; subjective de son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te du pouvoir ne modifie pas seulement l'attitude du prol&#233;tariat envers les autres classes, elle change aussi sa structure int&#233;rieure. L'exercice du pouvoir devient la sp&#233;cialit&#233; d'un groupement social d&#233;termin&#233;, qui tend avec d'autant plus d'impatience &#224; trancher sa propre &#034;question sociale&#034; qu'il a une id&#233;e plus haute de sa mission. &#034;Dans l'Etat prol&#233;tarien, o&#249; l'accumulation capitaliste n'est pas permise aux membres du parti dirigeant, la diff&#233;renciation est d'abord fonctionnelle, puis elle devient sociale. Je ne dis pas qu'elle devienne une diff&#233;renciation de classe, je dis qu'elle devient une diff&#233;renciation sociale...&#034; Rakovsky explique : &#034;La position sociale du communiste qui a &#224; sa disposition une auto, un bon logement, des cong&#233;s r&#233;guliers et qui re&#231;oit le maximum d'appointements fix&#233; par le parti diff&#232;re de celle du communiste qui, travaillant dans les houill&#232;res, gagne de 50 &#224; 60 roubles par mois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enum&#233;rant les causes de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence des jacobins au pouvoir, l'enrichissement, les fournitures de l'Etat, etc., Rakovsky cite une curieuse remarque de Babeuf sur le r&#244;le jou&#233; dans cette &#233;volution par les femmes de la noblesse, tr&#232;s recherch&#233;es des jacobins. &#034;Que faites-vous, s'exclame Babeuf, l&#226;ches pl&#233;b&#233;iens ? Elles vous embrassent aujourd'hui, elles vous &#233;gorgeront demain.&#034; Le recensement des &#233;pouses des dirigeants, en U.R.S.S., donnerait un tableau analogue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sosnovsky, journaliste sovi&#233;tique connu, indiquait le r&#244;le du &#034;facteur auto-garage&#034; dans la formation de la bureaucratie. Il est vrai que, avec Rakovsky, Sosnovsky s'est repenti et est revenu de Sib&#233;rie. Les moeurs de la bureaucratie n'en ont pas &#233;t&#233; am&#233;lior&#233;es. Au contraire, le repentir d'un Sosnovsky prouve les progr&#232;s de la d&#233;moralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieux articles de Sosnovsky, qui passaient nagu&#232;re de mains en mains &#224; l'&#233;tat de manuscrits, contiennent pr&#233;cis&#233;ment d'inoubliables &#233;pisodes de la vie des nouveaux dirigeants montrant bien &#224; quel point les vainqueurs se sont assimil&#233; les moeurs des vaincus. Sans revenir aux ann&#233;es r&#233;volues &#8212; Sosnovsky ayant en 1934 troqu&#233; d&#233;finitivement son fouet contre une lyre &#8212;, bornons-nous &#224; des exemples r&#233;cents emprunt&#233;s &#224; la presse sovi&#233;tique, en choisissant non les &#034;abus&#034;, mais les faits ordinaires, officiellement admis par l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur d'une usine moscovite, communiste connu, se f&#233;licite dans la Pravda du d&#233;veloppement culturel de son entreprise. Un m&#233;canicien lui t&#233;l&#233;phone : &#034;M'ordonnez-vous d'arr&#234;ter le martin ou de patienter ?&#034; &#8212; &#034;Je r&#233;ponds, dit-il, attends un moment...&#034; Le m&#233;canicien lui parle avec d&#233;f&#233;rence, le directeur tutoie le m&#233;canicien. Et ce dialogue indigne, impossible dans un pays capitaliste civilis&#233;, le directeur le relate lui-m&#234;me comme tout &#224; fait banal ! La r&#233;daction n'y fait pas d'objections, ne remarquant rien ; les lecteurs ne protestent pas, ayant l'habitude. Ne nous &#233;tonnons pas non plus : aux audiences solennelles du Kremlin, les &#034;chefs&#034; et les commissaires du peuple tutoient leurs subordonn&#233;s, directeurs d'usines, pr&#233;sidents de kolkhozes, contrema&#238;tres et ouvri&#232;res invit&#233;s pour &#234;tre d&#233;cor&#233;s. Comment ne pas se rappeler que l'un des mots d'ordre r&#233;volutionnaires les plus populaires sous l'ancien r&#233;gime exigeait la fin du tutoiement des subordonn&#233;s par les chefs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etonnants par leur sans-g&#234;ne seigneurial, les dialogues des dirigeants du Kremlin avec le &#034;peuple&#034; attestent sans erreur possible qu'en d&#233;pit de la r&#233;volution d'Octobre, de la nationalisation des moyens de production, de la collectivisation et de la &#034;liquidation des koulaks en tant que classe&#034;, les rapports entre les hommes, et ce, tout au sommet de la pyramide sovi&#233;tique, loin de s'&#233;lever jusqu'au socialisme, n'acc&#232;dent pas encore sous bien des rapports au niveau du capitalisme cultiv&#233;. Un tr&#232;s grand pas en arri&#232;re a &#233;t&#233; fait dans cet important domaine au cours des derni&#232;res ann&#233;es, le Thermidor sovi&#233;tique qui a donn&#233; &#224; une bureaucratie peu cultiv&#233;e une ind&#233;pendance compl&#232;te, soustraite &#224; tout contr&#244;le, et aux masses la fameuse directive du silence et de l'ob&#233;issance, &#233;tant incontestablement la cause des r&#233;cidives de la vieille barbarie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne songeons pas &#224; opposer &#224; l'abstraction dictature l'abstraction d&#233;mocratie pour peser leurs qualit&#233;s respectives sur les balances de la raison pure. Tout est relatif en ce monde ou il n'est de permanent que le changement. La dictature du parti bolchevique fut dans l'histoire l'un des instruments les plus puissants du progr&#232;s. Mais ici, comme dit le po&#232;te, Vernunft wird Unsinn, wohltat Plage[2]. L'interdiction des partis d'opposition entra&#238;na l'interdiction des fractions ; l'interdiction des fractions aboutit &#224; l'interdiction de penser autrement que le chef infaillible. Le monolithisme policier du parti eut pour cons&#233;quence l'impunit&#233; bureaucratique, qui devint &#224; son tour la cause de toutes les vari&#233;t&#233;s de d&#233;moralisation et de corruption.&lt;br class='autobr' /&gt;
LES CAUSES SOCIALES DE THERMIDOR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;fini le Thermidor sovi&#233;tique comme la victoire de la bureaucratie sur les masses. Nous avons essay&#233; de montrer les conditions historiques de cette victoire. L'avant-garde r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat fut en partie absorb&#233;e par les services de l'Etat et peu &#224; peu d&#233;moralis&#233;e, en partie d&#233;truite dans la guerre civile, en partie &#233;limin&#233;e et &#233;cras&#233;e. Les masses fatigu&#233;es et d&#233;&#231;ues n'avaient qu'indiff&#233;rence pour ce qui se passait dans les milieux dirigeants. Ces conditions, si importantes qu'elles soient, ne suffisent nullement &#224; nous expliquer comment la bureaucratie a r&#233;ussi &#224; s'&#233;lever au-dessus de la soci&#233;t&#233; et &#224; prendre pour longtemps en main les destin&#233;es de celle-ci ; sa seule volont&#233; e&#251;t &#233;t&#233; en tout cas insuffisante ; la formation d'une nouvelle couche dirigeante doit avoir des causes sociales plus profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lassitude des masses et la d&#233;moralisation des cadres ont aussi contribu&#233; au XVIIIe si&#232;cle &#224; la victoire des thermidoriens sur les jacobins. Mais un processus organique et historique plus profond s'accomplissait sous ces ph&#233;nom&#232;nes, en r&#233;alit&#233; secondaires. Les jacobins avaient leur appui dans les couches inf&#233;rieures de la petite bourgeoisie, soulev&#233;es par la puissante vague ; or la r&#233;volution du XVIIIe si&#232;cle, r&#233;pondant au d&#233;veloppement des forces productives, ne pouvait manquer d'amener enfin au pouvoir la grande bourgeoisie. Thermidor ne fut qu'une des &#233;tapes de cette &#233;volution in&#233;vitable. Quelle n&#233;cessit&#233; sociale s'exprime donc dans le Thermidor sovi&#233;tique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons tent&#233; dans un chapitre pr&#233;c&#233;dent de donner une explication pr&#233;alable du triomphe du gendarme. Force nous est de continuer ici l'analyse des conditions du passage du capitalisme au socialisme et du r&#244;le qu'y joue l'Etat. Confrontons une fois de plus la pr&#233;vision th&#233;orique et la r&#233;alit&#233;. &#034;Il est encore n&#233;cessaire de contraindre la bourgeoisie&#034;, &#233;crivait L&#233;nine en 1917, traitant de la p&#233;riode qui devait suivre la conqu&#234;te du pouvoir, &#034;mais l'organe de la contrainte, c'est d&#233;j&#224; la majorit&#233; de la population et non plus la minorit&#233;, comme ce fut toujours le cas jusqu'&#224; pr&#233;sent... En ce sens, l'Etat commence &#224; d&#233;p&#233;rir.&#034; En quoi s'exprime son d&#233;p&#233;rissement ? D'abord en ce qu'au lieu &#034;d'institutions sp&#233;ciales appartenant &#224; la minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e&#034; (fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s, commandement de l'arm&#233;e permanente), la majorit&#233; peut elle-m&#234;me &#034;remplir&#034; les fonctions de coercition. L&#233;nine formule plus loin une th&#232;se indiscutable sous sa forme axiomatique : &#034;Plus les fonctions du pouvoir deviennent celles du peuple entier et moins ce pouvoir est n&#233;cessaire.&#034; L'abolition de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production &#233;limine la t&#226;che principale de l'Etat form&#233; par l'histoire : la d&#233;fense des privil&#232;ges de propri&#233;t&#233; de la minorit&#233; contre la tr&#232;s grande majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;p&#233;rissement de l'Etat commence, d'apr&#232;s L&#233;nine, d&#232;s le lendemain de l'expropriation des expropriateurs, c'est-&#224;-dire avant que le nouveau r&#233;gime ait pu aborder ses t&#226;ches &#233;conomiques et culturelles. Chaque succ&#232;s dans l'accomplissement de ces t&#226;ches signifie une nouvelle &#233;tape de la r&#233;sorption de l'Etat dans la soci&#233;t&#233; socialiste. Le degr&#233; de cette r&#233;sorption est le meilleur indice de la profondeur et de l'efficacit&#233; de l'&#233;dification socialiste. On peut formuler le th&#233;or&#232;me sociologique suivant : la contrainte exerc&#233;e par les masses dans l'&#233;tat ouvrier est directement proportionelle aux forces tendant &#224; l'exploitation ou &#224; la restauration capitaliste et inversement proportionnelle &#224; la solidarit&#233; sociale et au d&#233;vouement commun au nouveau r&#233;gime. La bureaucratie &#8212; en d'autres termes, &#034;les fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s et le commandement de l'arm&#233;e permanente&#034; &#8212; r&#233;pond &#224; une vari&#233;t&#233; particuli&#232;re de la contrainte que les masses ne peuvent pas ou ne veulent pas appliquer et qui s'exerce d'une fa&#231;on ou d'une autre contre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les soviets d&#233;mocratiques avaient conserv&#233; jusqu'&#224; ce jour leur force et leur ind&#233;pendance, tout en demeurant tenus de recourir &#224; la coercition dans la m&#234;me mesure qu'au cours des premi&#232;res ann&#233;es, ce fait e&#251;t suffi &#224; nous inqui&#233;ter s&#233;rieusement. Quelle ne doit pas &#234;tre notre inqui&#233;tude en pr&#233;sence d'une situation o&#249; les soviets des masses ont d&#233;finitivement quitt&#233; la sc&#232;ne, c&#233;dant leurs fonctions coercitives &#224; Staline, Iagoda et Cie ! Et quelles fonctions coercitives ! Demandons-nous pour commencer quelle est la cause sociale de cette vitalit&#233; opini&#226;tre de l'Etat et par-dessus tout de sa &#034;gendarmisation&#034;. L'importance de cette question est par elle-m&#234;me &#233;vidente : selon la r&#233;ponse que nous lui donnerons, nous devrons ou r&#233;viser radicalement nos id&#233;es traditionnelles sur la soci&#233;t&#233; socialiste en g&#233;n&#233;ral ou repousser tout aussi radicalement les appr&#233;ciations officielles sur l'U.R.S.S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons dans un num&#233;ro r&#233;cent d'un journal de Moscou la caract&#233;ristique st&#233;r&#233;otyp&#233;e du r&#233;gime sovi&#233;tique actuel, l'une de ces caract&#233;ristiques que l'on r&#233;p&#232;te chaque jour et que les &#233;coliers apprennent par coeur. &#034;Les classes parasites des capitalistes, des propri&#233;taires fonciers et des paysans riches sont &#224; jamais liquid&#233;es en U.R.S.S. o&#249; l'on a de la sorte mis fin pour toujours &#224; l'exploitation de l'homme par l'homme. Toute l'&#233;conomie nationale est devenue socialiste et le mouvement Stakhanov grandissant pr&#233;pare les conditions du passage du socialisme au communisme.&#034; (Pravda, 4 avril 1936). La presse mondiale de l'Internationale communiste ne dit pas autre chose, comme de juste. Mais si l'on a mis fin &#034;pour toujours&#034; &#224; l'exploitation, si le pays est r&#233;ellement engag&#233; dans la voie du communisme, c'est-&#224;-dire dans la phase sup&#233;rieure, il ne reste &#224; la soci&#233;t&#233; qu'&#224; jeter bas, enfin, la camisole de force de l'Etat. Au lieu de quoi &#8212; et c'est l&#224; un contraste &#224; peine concevable ! &#8212; l'Etat sovi&#233;tique prend un aspect bureaucratique et totalitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut faire ressortir la m&#234;me contradiction fatale en &#233;voquant le sort du parti, La question se formule &#224; peu pr&#232;s ainsi : Pourquoi pouvait-on en 1917-21, quand les anciennes classes dominantes r&#233;sistaient encore les armes &#224; la main, quand les imp&#233;rialistes du monde entier les soutenaient effectivement, quand les koulaks arm&#233;s sabotaient la d&#233;fense et le ravitaillement du pays, discuter librement, sans crainte, dans le parti, de toutes les questions les plus graves de la politique ? Pourquoi ne peut-on pas maintenant, apr&#232;s la fin de l'intervention, la d&#233;faite des classes d'exploiteurs, les succ&#232;s incontestables de l'industrialisation, la collectivisation de la grande majorit&#233; des paysans, admettre la moindre critique &#224; l'adresse de dirigeants inamovibles ? Pourquoi tout bolchevik qui s'aviserait, conform&#233;ment aux statuts du parti, de r&#233;clamer la convocation d'un congr&#232;s serait-il aussit&#244;t exclu ? Tout citoyen qui &#233;mettrait tout haut des doutes sur l'infaillibilit&#233; de Staline serait aussit&#244;t trait&#233; &#224; peu pr&#232;s comme un comploteur terroriste. D'o&#249; vient cette terrible, cette monstrueuse, cette intol&#233;rable puissance de la r&#233;pression et de l'appareil policier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#233;orie n'est pas une lettre de change que l'on puisse &#224; tout moment faire acquitter. Si elle s'est trouv&#233;e en d&#233;faut, il convient de la r&#233;viser ou de combler ses lacunes. D&#233;voilons les forces sociales r&#233;elles qui ont fait na&#238;tre la contradiction entre la r&#233;alit&#233; sovi&#233;tique et le marxisme traditionnel. On ne peut pas, en tout cas, errer dans les t&#233;n&#232;bres en r&#233;p&#233;tant les phrases rituelles, peut-&#234;tre utiles au prestige des chefs, mais qui soufflettent la r&#233;alit&#233; vivante. Nous le verrons &#224; l'instant gr&#226;ce &#224; un exemple convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du conseil des commissaires du peuple d&#233;clarait en janvier 1936 &#224; l'Ex&#233;cutif : &#034;L'&#233;conomie nationale est devenue socialiste (applaudissements). Sous ce rapport, nous avons r&#233;solu le probl&#232;me de la liquidation des classes (applaudissements)&#034;. Le pass&#233; nous laisse pourtant encore des &#034;&#233;l&#233;ments fonci&#232;rement hostiles&#034;, d&#233;bris des classes autrefois dominantes. On trouve en outre parmi les travailleurs des kolkhozes, les fonctionnaires de l'Etat, parfois m&#234;me parmi les ouvriers, de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034;, des &#034;dilapidateurs des biens de l'Etat et des kolkhozes&#034;, des &#034;colporteurs de potins antisovi&#233;tiques&#034; etc. De l&#224; la n&#233;cessit&#233; d'affermir encore la dictature. Contrairement &#224; ce qu'attendait Engels, l'Etat ouvrier, au lieu de &#034;s'assoupir&#034; doit devenir de plus en plus vigilant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tableau peint par le chef de l'Etat sovi&#233;tique serait au plus haut point rassurant s'il ne rec&#233;lait une contradiction mortelle. Le socialisme s'est d&#233;finitivement install&#233; dans le pays : &#034;sous ce rapport&#034; les classes sont an&#233;anties (si elles le sont sous ce rapport, elles le sont aussi sous tout autre). Sans doute l'harmonie sociale est-elle &#231;&#224; et l&#224; troubl&#233;e par les scories et d&#233;bris du pass&#233;. On ne peut tout de m&#234;me pas penser que des gens dispers&#233;s, priv&#233;s de pouvoir et de propri&#233;t&#233;, r&#234;vant de la restauration du capitalisme, puissent avec de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; (ce ne sont pas m&#234;me des sp&#233;culateurs tout court !) renverser la soci&#233;t&#233; sans classes. Tout est, semble-t-il, pour le mieux. Mais encore une fois, pourquoi dans ce cas la dictature d'airain de la bureaucratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#234;veurs r&#233;actionnaires disparaissent peu &#224; peu, il faut le croire. Des soviets archid&#233;mocratiques se chargeraient bien de &#034;minuscules sp&#233;culateurs&#034; et de &#034;cancaniers&#034;. &#034;Voyous ne sommes pas des utopistes&#034;, r&#233;pliquait L&#233;nine en 1917 aux th&#233;oriciens bourgeois et r&#233;formistes de l'Etat bureaucratique, &#034;nous ne contestons nullement la possibilit&#233; et l'in&#233;luctabilit&#233; d'exc&#232;s commis par des individus et aussi la n&#233;cessit&#233; de r&#233;primer ces exc&#232;s... Mais point n'est besoin &#224; cette fin d'un appareil sp&#233;cial de r&#233;pression ; le peuple arm&#233; y suffira avec autant d'aisance et de facilit&#233; qu'une foule civilis&#233;e s&#233;pare des hommes en train de se battre ou ne laisse pas insulter une femme.&#034; Ces paroles paraissent avoir &#233;t&#233; destin&#233;es &#224; r&#233;futer les consid&#233;rations de l'un des successeurs de L&#233;nine &#224; la t&#234;te de l'Etat. On &#233;tudie L&#233;nine dans les &#233;coles de l'U.R.S.S., mais visiblement pas au Conseil des commissaires du peuple. Ou bien la d&#233;cision pour laquelle un Molotov emploie sans y r&#233;fl&#233;chir les arguments contre lesquels Lenine dirigeait son arme ac&#233;r&#233;e ne s'expliquerait pas. Flagrante contradiction entre le fondateur et les &#233;pigones ! Alors que L&#233;nine tenait pour possible, sans appareil bureaucratique, la liquidation des classes d'exploiteurs, Molotov, pour justifier apr&#232;s la liquidation des classes l'&#233;touffement de toute initiative populaire par la machine bureaucratique, ne trouve rien de mieux que d'invoquer les &#034;d&#233;bris&#034; des classes liquid&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il devient d'autant plus difficile de se nourrir de ces &#034;d&#233;bris&#034; que, de l'aveu des repr&#233;sentants autoris&#233;s de la bureaucratie, les ennemis de classe d'hier sont assimil&#233;s avec succ&#232;s par la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique. Postychev, l'un des secr&#233;taires du comit&#233; central, disait en avril 1936 au congr&#232;s des Jeunesses communistes : &#034;De nombreux saboteurs se sont sinc&#232;rement repentis... et ont rejoint les rangs du peuple sovi&#233;tique...&#034; Vu le succ&#232;s de la collectivisation, &#034;les enfants des koulaks ne doivent pas payer pour leurs parents&#034;. Ce n'est pas tout ; &#034;Le koulak lui-m&#234;me ne croit sans doute plus aujourd'hui pouvoir recouvrer sa situation d'exploiteur au village.&#034; Ce n&#8216;est pas sans raison que le gouvernement a commenc&#233; l'abolition des restrictions l&#233;gales r&#233;sultant des origines sociales ! Mais si les affirmations de Postychev, approuv&#233;es sans r&#233;serve par Molotov, ont un sens, ce ne peut &#234;tre que celui-ci : la bureaucratie est devenue un monstrueux anachronisme et la contrainte &#233;tatique n'a plus d'objet sur la terre des soviets. Ni Molotov ni Postychev n'admettent cependant cette conclusion rigoureusement logique. Ils pr&#233;f&#232;rent garder le pouvoir, f&#251;t-ce en se contredisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, ils ne peuvent pas y renoncer. En termes objectifs : la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique actuelle ne peut pas se passer de l'Etat, et m&#234;me &#8212; dans une certaine mesure &#8212; de la bureaucratie. Et ce ne sont pas les mis&#233;rables restes du pass&#233;, mais les puissantes tendances du pr&#233;sent qui cr&#233;ent cette situation. La justification de l'Etat sovi&#233;tique, consid&#233;r&#233; comme un m&#233;canisme de contrainte, c'est que la p&#233;riode transitoire actuelle est encore pleine de contradictions sociales qui, dans le domaine de la consommation &#8212; le plus familier et le plus sensible &#224; tout le monde &#8212; rev&#234;tent un caract&#232;re extr&#234;mement grave, mena&#231;ant &#224; tout moment de se faire jour dans le domaine de la production. La victoire du socialisme ne peut d&#232;s lors &#234;tre dite ni d&#233;finitive ni assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorit&#233; bureaucratique a pour base la pauvret&#233; en articles de consommation et la lutte contre tous qui en r&#233;sulte. Quand il y a assez de marchandises au magasin, les chalands peuvent venir &#224; tout moment. Quand il y a peu de marchandises, les acheteurs sont oblig&#233;s de faire la queue &#224; la porte. Sit&#244;t que la queue devient tr&#232;s longue, la pr&#233;sence d'un agent de police s'impose pour le maintien de l'ordre. Tel est le point de d&#233;part de la bureaucratie sovi&#233;tique. Elle &#034;sait&#034; &#224; qui donner et qui doit patienter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle et culturelle devrait, &#224; premi&#232;re vue, amoindrir la n&#233;cessit&#233; des privil&#232;ges, r&#233;tr&#233;cir le domaine du &#034;droit bourgeois&#034; et par l&#224; m&#234;me d&#233;rober le sol sous les pieds de la bureaucratie, gardienne de ces droits. Mais c'est l'inverse qui s'est produit : l'accroissement des forces productives s'est accompagn&#233; jusqu'ici d'un d&#233;veloppement extr&#234;me de toutes les formes de l'in&#233;galit&#233; et des privil&#232;ges et aussi de la bureaucratie. Et ce n'est pas non plus sans raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime sovietique a incontestablement eu dans sa premi&#232;re p&#233;riode un caract&#232;re beaucoup plus &#233;galitaire et moins bureaucratique qu'aujourd'hui. Mais son &#233;galit&#233; &#233;tait celle de la mis&#232;re commune. Les ressources du pays &#233;taient si restreintes qu'elles ne permettaient pas de d&#233;tacher des masses des milieux tant soit peu privil&#233;gi&#233;s. Le salaire &#034;&#233;galitaire&#034;, en supprimant le stimulant individuel, devenait un obstacle au d&#233;veloppement des forces productives. L'&#233;conomie sovi&#233;tique devait sortir quelque peu de son indigence pour que l'accumulation de ces mati&#232;res grasses que sont les privil&#232;ges devint possible. L'&#233;tat actuel de la production est encore tr&#232;s loin d'assurer &#224; tous le n&#233;cessaire. Mais il permet d&#233;j&#224; d'accorder des avantages importants &#224; la minorit&#233; et de faire de l'in&#233;galit&#233; un aiguillon pour la majorit&#233;. Telle est la raison premi&#232;re pour laquelle l'accroissement de la production a jusqu'ici renforc&#233; les traits bourgeois et non socialistes de l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette raison n'est pas la seule. A c&#244;t&#233; du facteur &#233;conomique qui commande dans la phase pr&#233;sente de recourir aux m&#233;thodes capitalistes de r&#233;mun&#233;ration du travail, agit le facteur politique incarn&#233; par la bureaucratie elle-m&#234;me. De par sa nature, celle-ci cr&#233;e et d&#233;fend des privil&#232;ges. Elle surgit tout au d&#233;but comme l'organe bourgeois de la classe ouvri&#232;re. Etablissant et maintenant les privil&#232;ges de la minorit&#233;, elle s'attribue naturellement la meilleure part : celui qui distribue les biens ne s'est encore jamais les&#233;. Ainsi nait du besoin de la soci&#233;t&#233; un organe qui, d&#233;passant de beaucoup sa fonction sociale n&#233;cessaire, devient un facteur autonome et en m&#234;me temps la source de grands dangers pour tout l'organisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La signification du Thermidor sovi&#233;tique commence &#224; se pr&#233;ciser devant nous. La pauvret&#233; et l'inculture des masses se concr&#233;tisent de nouveau sous les formes mena&#231;antes du chef arm&#233; d'un puissant gourdin. Cong&#233;di&#233;e et fl&#233;trie autrefois, la bureaucratie est, de servante de la soci&#233;t&#233;, devenue ma&#238;tresse. En le devenant, elle s'est, socialement et moralement, &#233;loign&#233;e &#224; tel point des masses qu'elle ne peut plus admettre aucun contr&#244;le sur ses actes et sur ses revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur, mystique au premier abord, de la bureaucratie en pr&#233;sence de &#034;minuscules sp&#233;culateurs, de gens sans scrupules et des cancaniers&#034; trouve l&#224; son explication naturelle. N'&#233;tant pas encore en mesure de satisfaire les besoins &#233;l&#233;mentaires de la population, l'&#233;conomie sovi&#233;tique engendre &#224; chaque pas des tendances &#224; la sp&#233;culation et &#224; la fraude int&#233;ress&#233;e. D'autre part, les privil&#232;ges de la nouvelle aristocratie incitent les masses &#224; pr&#234;ter l'oreille aux &#034;rumeurs antisovi&#233;tiques&#034;, c'est-&#224;-dire &#224; toute critique, serait-elle formul&#233;e &#224; mi-voix, des autorit&#233;s arbitraires et insatiables. Il ne s'agit donc pas des fant&#244;mes du pass&#233;, des restes de ce qui n'est plus, en un mot de la neige de l'an dernier, mais de nouvelles et puissantes tendances, sans cesse renaissantes, &#224; l'accumulation personnelle. Le premier afflux de bien-&#234;tre, fort modeste, a, pr&#233;cis&#233;ment &#224; cause de sa faiblesse, non affaibli mais fortifi&#233; ces tendances centrifuges. Les non-privil&#233;gi&#233;s cependant ont senti s'accro&#238;tre le sourd d&#233;sir de mod&#233;rer sans m&#233;nagement les app&#233;tits des nouveaux notables. La lutte sociale s'aggrave de nouveau. Telles sont les sources de la puissance de la bureaucratie. Ce sont aussi celles des p&#233;rils qui menacent cette puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Reproduite dans Les Bolcheviks contre Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La raison devient folie, le bienfait tourment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/ical/ical.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article8726</link>
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		<dc:date>2026-07-18T22:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Trotskisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; Verkhneouralsk, dans la r&#233;gion s&#233;parant la Russie d'Europe de la Sib&#233;rie, les ouvriers charg&#233;s de faire des travaux dans une prison y ont mis au jour une s&#233;rie de documents que des militants trotskystes sovi&#233;tiques avaient cach&#233;s, sous le plancher de leur cellule, dans les ann&#233;es 1930. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Durant la r&#233;volution [dans l'original : le coup d'&#201;tat] (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique81" rel="directory"&gt;4- Ce qu'est le socialisme et ce qu'il n'est pas&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag"&gt;Trotskisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Verkhneouralsk, dans la r&#233;gion s&#233;parant la Russie d'Europe de la Sib&#233;rie, les ouvriers charg&#233;s de faire des travaux dans une prison y ont mis au jour une s&#233;rie de documents que des militants trotskystes sovi&#233;tiques avaient cach&#233;s, sous le plancher de leur cellule, dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise de la r&#233;volution et les t&#226;ches du prol&#233;tariat, vus par les trotskistes prisonniers dans l'isolateur de Verkhn&#233;ouralsk&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la r&#233;volution [dans l'original : le coup d'&#201;tat] d'octobre, la r&#233;volution d&#233;mocratique &#233;tait &#233;troitement li&#233;e au premier stade de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme, &#233;labor&#233; par L&#233;nine pendant le 8e congr&#232;s du Parti bolch&#233;vique, examine la r&#233;volution d'octobre comme une premi&#232;re &#233;tape de la r&#233;volution mondiale dont elle ne peut &#234;tre s&#233;par&#233;e. Le principe m&#234;me de la r&#233;volution permanente a trouv&#233; son expression dans cette disposition de notre programme : &#171; le plus grand probl&#232;me historique de la r&#233;volution russe est la n&#233;cessit&#233; de r&#233;soudre les t&#226;ches internationales&#8230; en r&#233;alisant le passage de la r&#233;volution &#233;troitement nationale &#224; la r&#233;volution mondiale &#187; ; cette caract&#233;risation par L&#233;nine des t&#226;ches de notre r&#233;volution a &#233;t&#233; justifi&#233;e int&#233;gralement par toutes les &#233;tapes suivantes de son d&#233;veloppement. Toutes les difficult&#233;s et les contradictions principales de notre r&#233;volution reposent sur les contradictions entre le caract&#232;re international de la r&#233;volution et le caract&#232;re national de la construction socialiste dans le pays. Voil&#224; pourquoi L&#233;nine r&#233;p&#233;tait inlassablement que &#171; notre salut face &#224; toutes ces difficult&#233;s r&#233;side dans la r&#233;volution europ&#233;enne &#187;, et que &#171; nous sommes loin d'arriver m&#234;me &#224; la fin de la p&#233;riode transitoire du capitalisme au socialisme. Nous ne nous ber&#231;ons pas d'espoirs sur le fait que nous pourrions y r&#233;ussir sans l'aide du prol&#233;tariat international &#187; (L&#233;nine). La ligne strat&#233;gique du marxisme-bolch&#233;visme est d&#233;finie par ces positions de L&#233;nine : elles forment la base de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente. La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays s'oppose &#224; elle, donne un &#233;clairage national &#224; la r&#233;volution effectu&#233;e et la d&#233;tache de la r&#233;volution internationale ; elle appara&#238;t comme la base strat&#233;gique du socialisme national.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre un : La th&#233;orie de la r&#233;volution permanente et les probl&#232;mes de la construction du socialisme en URSS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Le point de d&#233;part principal de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente s'exprime dans les mots suivants de L&#233;nine : &#171; Du moment que la grande industrie &#224; l'&#233;chelle mondiale existe, il est incontestable que l'on peut passer directement au socialisme ; et personne ne d&#233;mentira ce fait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;carte la question de la maturit&#233; ou non de pays particuliers pour le socialisme. Pour le passage victorieux &#224; la r&#233;volution socialiste dans n'importe quel pays techniquement attard&#233; et agricole, il est seulement n&#233;cessaire que, du fait de son r&#244;le social et historique, le prol&#233;tariat de ce pays soit en capacit&#233; de se mettre &#224; la t&#234;te de la r&#233;volution d&#233;mocratique nationale et de renverser le pouvoir de la bourgeoisie. Mais cette position initiale implique que la r&#233;volution prol&#233;tarienne victorieuse en Russie n'est, dans le cadre de la situation internationale, qu'un maillon de la cha&#238;ne internationale. Dans la situation actuelle de l'&#233;conomie mondiale, nous n'existons dans la cha&#238;ne des &#201;tats capitalistes que comme un maillon de l'&#233;conomie mondiale et, par cons&#233;quent, tirer &#171; un juste bilan d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne n'est possible qu'en se pla&#231;ant d'un point de vue international &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'&#233;quilibre dynamique de l'&#233;conomie sovi&#233;tique ne doit pas &#234;tre examin&#233; comme l'&#233;quilibre d'une &#233;conomie ferm&#233;e et autonome. L'&#233;conomie de l'URSS se d&#233;veloppe sous la pression de l'&#233;conomie mondiale ; elle est entr&#233;e dans le syst&#232;me de la division internationale du travail et repr&#233;sente une partie tr&#232;s originale, mais n&#233;anmoins partie prenante, du march&#233; mondial &#171; auquel nous sommes subordonn&#233;s et dont on ne peut se d&#233;tacher &#187; (L&#233;nine). &#192; l'int&#233;rieur [du pays], l'&#233;quilibre &#233;conomique est maintenu par les effets de l'export et de l'import. Plus l'&#233;conomie sovi&#233;tique s'implique dans le syst&#232;me international de la division du travail, plus des &#233;l&#233;ments de l'&#233;conomie sovi&#233;tique, comme les prix et la qualit&#233;, tombent aussit&#244;t directement sous la d&#233;pendance des &#233;l&#233;ments correspondants du march&#233; mondial. En m&#234;me temps, l'&#233;conomie sovi&#233;tique se trouve en lutte incessante avec le syst&#232;me capitaliste mondial, tout en gardant n&#233;cessairement des liens [mot illisible] avec le march&#233; mondial, ce qui aggrave cette lutte. Dans ces conditions, la force de notre opposition &#224; la pression &#233;conomique, militaire et politique du capital mondial est d&#233;termin&#233;e par le rythme de notre d&#233;veloppement &#233;conomique. Mais nous ne sommes pas libres dans le choix des tempos. Ce rythme est d&#233;termin&#233; d'un c&#244;t&#233; par les conditions mat&#233;rielles de notre appareil [le mot qui pr&#233;c&#232;de est illisible dans le manuscrit, mais il semble possible de faire l'interpr&#233;tation propos&#233;e] productif, d'un autre c&#244;t&#233; par la n&#233;cessit&#233;, en dernier ressort, de rattraper et d&#233;passer les pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s, car notre plateforme proclame :&#171; en cas de lutte longue entre les syst&#232;mes hostiles, le capitalisme et le socialisme, l'issue est d&#233;termin&#233;e en dernier ressort par le ratio de la productivit&#233; qui, dans les conditions du march&#233;, se mesure par le ratio entre les prix int&#233;rieurs et les prix mondiaux &#187; [2]. Nous ne saurons conserver un &#233;quilibre dynamique de toutes les parties constituantes de l'&#233;conomie dans son ensemble, et en m&#234;me temps acc&#233;l&#233;rer de toutes les mani&#232;res possibles notre propre d&#233;veloppement, tout en assurant un avantage aux &#233;l&#233;ments socialistes sur les &#233;l&#233;ments capitalistes, que dans la mesure o&#249;, tout en nous appuyant sur les avantages de l'&#233;conomie planifi&#233;e socialiste, nous utiliserons de fa&#231;on pertinente les possibilit&#233;s qui d&#233;coulent des conditions de la division du travail &#224; l'&#233;chelle mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Dans la mesure o&#249; il existe une &#233;conomie mondiale connect&#233;e et une division du travail mondiale, aucun pays pris seul (m&#234;me le plus d&#233;velopp&#233;) ne poss&#232;de une grande industrie d&#233;velopp&#233;e, m&#233;canis&#233;e et polyvalente capable d'assurer la construction du socialisme dans un cadre national ferm&#233; (une telle industrie, assurant la construction du socialisme, existe seulement &#224; l'&#233;chelle mondiale) ; tout cela implique que le prol&#233;tariat est condamn&#233;, dans l'int&#233;r&#234;t de la hausse de la productivit&#233; du travail, et alors que les liens avec le commerce ext&#233;rieur se renforcent, &#224; permettre dans certaines limites le d&#233;veloppement du capitalisme dans le pays (le march&#233; int&#233;rieur, les concessions, les soci&#233;t&#233;s mixtes [parenth&#232;se incompl&#232;te &#224; cause d'un mot illisible qui pourrait &#234;tre le mot soci&#233;t&#233;s qui a &#233;t&#233; introduit]). De l&#224; vient aussi la NEP, comme une telle forme de lien &#233;conomique entre la grande industrie et la masse de petits producteurs agricoles isol&#233;s, qui nous est impos&#233;e par tout le syst&#232;me de l'&#233;conomie mondiale moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette fa&#231;on il appara&#238;t que &#171; notre ordre social est bas&#233; seulement sur la lutte du socialisme et du capitalisme, mais dans certaines limites &#233;galement sur leur coop&#233;ration &#187; (Trotski). Dans ces conditions, la t&#226;che principale consiste &#224; &#171; diriger le d&#233;veloppement in&#233;luctable (dans une certaine mesure et durant un certain laps de temps) du capitalisme dans le cadre du capitalisme d'&#201;tat &#8230;, d'assurer la transformation dans un futur proche du capitalisme d'&#201;tat en socialisme&#8230;, de renforcer les relations r&#233;gul&#233;es par l'&#201;tat pour contrebalancer les relations anarchiques petites-bourgeoises &#187; (L&#233;nine), c'est-&#224;-dire en d'autres termes de soumettre les &#233;l&#233;ments petits-bourgeois &#224; la comptabilit&#233; et au contr&#244;le de l'&#201;tat, et pr&#233;parer les conditions pour l'industrialisation et la collectivisation sur la base de l'&#233;lectrification, car &#171; s'il n'y a pas d'&#233;lectrification, le retour au capitalisme est de toutes les fa&#231;ons in&#233;vitable &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Tous les processus principaux en URSS [bout de phrase illisible car bord de page d&#233;chir&#233;. NdT] &#171; tombent, dans une mesure ou une autre, sous l'action des lois qui dirigent le d&#233;veloppement capitaliste, y compris le changement des conjonctures &#187; (Trotski). Cela cr&#233;e un entrelacement original des contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures avec des liens r&#233;ciproques entre elles. Ces contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures sont inextricablement li&#233;es en un seul ensemble. Pour surmonter les premi&#232;res, il est n&#233;cessaire de r&#233;soudre les secondes. L'impossibilit&#233; de construire une &#233;conomie socialiste autonome refl&#232;te les contradictions int&#233;rieures et ext&#233;rieures de la construction du socialisme dans toute leur ampleur, &#224; chaque nouvelle &#233;tape avec une plus grande ampleur et de fa&#231;on bien plus profonde. Ainsi, toutes les contradictions du d&#233;veloppement de l'URSS m&#232;nent en dernier ressort &#224; la contradiction entre un &#201;tat ouvrier isol&#233; et le monde capitaliste qui l'entoure. L'enti&#232;re r&#233;solution de toutes ces contradictions n'est possible qu'en s'orientant vers la r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) La construction socialiste en URSS se fait sur la base d'une lutte de classes continue et &#226;pre aux plans national et international. La r&#233;volution prol&#233;tarienne, &#224; la diff&#233;rence de toutes les autres r&#233;volutions, tend non &#224; la perp&#233;tuation de la domination d'une seule classe, mais &#224; l'annihilation de toutes les classes. Repr&#233;sentant un processus ininterrompu, la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut s'attarder &#224; une &#233;tape formelle, ne permettant pas &#224; la soci&#233;t&#233; de trouver son &#233;quilibre ; lorsqu'elle se trouve dans une phase de recul, elle doit pr&#233;parer les &#233;l&#233;ments d'une nouvelle avanc&#233;e, sur une base plus &#233;lev&#233;e que celle qui a &#233;t&#233; acquise &#224; l'occasion de l'essor pr&#233;c&#233;dent. Toute l'&#233;volution se d&#233;roule enti&#232;rement &#224; travers des affrontements incessants des diff&#233;rents groupes de classes d'une soci&#233;t&#233; en cours de restructuration ; et la refonte des relations sociales se fait dans une lutte ininterrompue. &#171; Tant qu'il reste des ouvriers et des paysans, le socialisme reste non r&#233;alis&#233; ; une lutte intransigeante se d&#233;roule en pratique et &#224; chaque pas &#187; (L&#233;nine). Cependant, les m&#233;thodes et les formes de cette lutte du prol&#233;tariat avec la paysannerie doivent &#234;tre diff&#233;rentes de celles que le prol&#233;tariat a utilis&#233;es contre les capitalistes et les propri&#233;taires terriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles prennent aussi en m&#234;me temps la forme d'un &#171; rapprochement &#187; : un accord de ces classes sur la base de l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat. Cet accord s'obtient par des concessions, accord&#233;es aux paysans &#171; dans la d&#233;termination des moyens de mise en place des changements socialistes &#187; (programme du Parti communiste de l'Union) dans le cadre d'une politique d'abolition des classes et dans le but de renforcer le pouvoir du prol&#233;tariat. Pour prendre l'ascendant sur la paysannerie, &#171; la derni&#232;re classe capitaliste &#187;, il ne s'agit pas d'emprunter la voie administrative [mots illisibles dans le manuscrit], avec des m&#233;thodes d'expropriation, mais la voie de l'influence [mot illisible] de la grande industrie sur l'agriculture. L'accord avec la paysannerie doit &#234;tre l'une des mesures visant &#224; l'abolition des classes, qui passe par la remise sur pieds de la grande industrie et son d&#233;veloppement puissant et par la transformation sociale de la paysannerie elle-m&#234;me. &#171; Mais cette t&#226;che (la compl&#232;te liquidation de la contradiction entre la ville et la campagne), l'une des t&#226;ches principales du socialisme, exige &#224; son tour l'utilisation des ressources de l'&#233;conomie mondiale. &#187; (Trotski, Les probl&#232;mes du d&#233;veloppement de l'URSS) Accomplir cette t&#226;che int&#233;gralement et jusqu'au bout n'est possible que dans le cadre de l'industrie mondiale, c'est-&#224;-dire apr&#232;s la victoire des ouvriers des pays avanc&#233;s. Avant cette victoire, &#171; la principale question pour nous reste l'&#233;tablissement juste de relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, juste du point de vue de l'abolition des classes &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Dans la mesure o&#249; le r&#233;gime capitaliste domine dans l'ar&#232;ne mondiale, des milliers de liens lient cette petite &#233;conomie marchande au capitalisme mondial et celle-ci donne naissance chaque heure au capitalisme &#224; une grande &#233;chelle. C'est pour cette raison que le d&#233;veloppement de la lutte de classe &#224; l'int&#233;rieur du pays est &#233;troitement li&#233; au d&#233;roulement g&#233;n&#233;ral de la lutte de classe internationale qui le conditionne. La question : &#171; qui prendra le dessus sur qui ? &#187;, m&#234;me du seul point de vue des relations &#224; l'int&#233;rieur du pays, ne d&#233;pend pas pour sa solution d'un ratio entre les &#233;conomies priv&#233;e et &#233;tatique en URSS. Elle d&#233;pend du ratio entre le capitalisme et le socialisme dans l'ar&#232;ne mondiale. Si le r&#233;gime capitaliste &#233;tait en capacit&#233; de tenir encore toute une &#233;poque, alors le capitalisme agraire entrainerait derri&#232;re lui, dans ces conditions, le paysan moyen, paralysant l'influence du prol&#233;tariat sur le village, cr&#233;ant un obstacle politique &#224; la construction socialiste. Tout cela conduirait &#224; une rupture des relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, et rendrait in&#233;luctable la chute de la dictature du prol&#233;tariat. C'est pour cette raison qu'en suivant le camarade Trotski nous affirmons que &#171; la r&#233;volution prol&#233;tarienne ne peut tenir qu'un temps dans un cadre national&#8230; Dans un pays isol&#233;, parall&#232;lement &#224; ses succ&#232;s grandissent in&#233;luctablement des contradictions, engendr&#233;es aussi bien &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur. Si cet isolement se prolongeait, la domination du prol&#233;tariat devrait p&#233;rir, victime des contradictions qui l'assaillent. Son salut r&#233;side uniquement dans la victoire du prol&#233;tariat des pays avanc&#233;s. Mais du point de vue des rapports de force sociaux entre les classes dans l'ar&#232;ne mondiale, il n'y a aucune raison d'estimer que la victoire du prol&#233;tariat des autres pays est l'affaire d'un futur lointain. Le renversement de la bourgeoisie mondiale dans une lutte r&#233;volutionnaire est une t&#226;che beaucoup plus r&#233;aliste et imm&#233;diate que celle de rattraper et d&#233;passer le niveau de l'&#233;conomie capitaliste mondiale, sans franchir les fronti&#232;res de l'URSS &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls ceux qui estiment qu'&#224; l'&#233;tape historique actuelle la chute de la dictature du prol&#233;tariat est in&#233;luctable ou m&#234;me extr&#234;mement probable, &#171; croient &#224; l'immuabilit&#233; du capitalisme mondial ou &#224; sa long&#233;vit&#233;. L'opposition de gauche n'a rien de commun avec un tel optimisme capitaliste &#187; (Trotski). C'est pour cette raison que l'opposition l&#233;niniste n'estime pas objectivement in&#233;luctable la rupture avec la paysannerie &#224; l'&#233;tape historique actuelle. Au point o&#249; nous en sommes aujourd'hui, une telle rupture, et par cons&#233;quent la chute de la dictature du prol&#233;tariat &#224; l'&#233;tape historique actuelle, ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une politique erron&#233;e de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) En se rendant clairement compte que la dictature du prol&#233;tariat peut tenir dans un cadre national seulement un temps et que pour cette raison la t&#226;che principale est la transformation de la dictature du prol&#233;tariat de nationale en internationale, l'opposition l&#233;niniste n'a jamais ignor&#233; la n&#233;cessit&#233; de l'instauration d'un accord avec le paysan moyen, sans affaiblir une seule minute la lutte contre les koulaks et en s'appuyant fermement seulement sur les paysans pauvres. &#171; La t&#226;che int&#233;rieure se ram&#232;ne &#224; se renforcer par une politique de classe juste, par des rapports justes de la classe ouvri&#232;re avec la paysannerie et par un acheminement continuel dans la voie de la construction socialiste. Les ressources int&#233;rieures de l'URSS sont innombrables et rendent la chose tout &#224; fait possible. En utilisant en m&#234;me temps, dans ce but, le march&#233; capitaliste mondial, nous lions nos futures destin&#233;es historiques au d&#233;veloppement ult&#233;rieur de la r&#233;volution mondiale. &#187; C'est ce qu'&#233;crivait la plateforme en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tapes du d&#233;veloppement de la r&#233;volution en URSS sont d&#233;termin&#233;es en dernier ressort par les zigzags du d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale, que l'opposition l&#233;niniste a toujours consid&#233;r&#233;e comme un processus unique : &#171; la soumission des int&#233;r&#234;ts de la lutte prol&#233;tarienne dans un seul pays aux int&#233;r&#234;ts de cette lutte &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187;], tel est le slogan principal de L&#233;nine, qui &#171; d&#233;termine les t&#226;ches strat&#233;giques du prol&#233;tariat socialiste de l'URSS &#187; et qui est en m&#234;me temps l'une des principales positions de la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre deux : Le socialisme national et la r&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'apparition d'une nouvelle vari&#233;t&#233; de socialisme national en Russie a ses origines id&#233;ologiques dans le bolch&#233;visme de droite de la p&#233;riode 1905-1917. Bien que ne partageant pas le point de vue des mencheviks sur la question de l'&#233;valuation du r&#244;le de la bourgeoisie dans la r&#233;volution d&#233;mocratique, le bolch&#233;visme de droite est fermement intervenu en m&#234;me temps en 1905 contre la prise du pouvoir par le prol&#233;tariat et a limit&#233; notre r&#233;volution &#224; des objectifs d&#233;mocratiques bourgeois. Dans la p&#233;riode de f&#233;vrier &#224; mars 1917, tous ceux qui viennent d'&#234;tre d&#233;crits sans exception, ont men&#233; une lutte incessante contre L&#233;nine. Et apr&#232;s l'arriv&#233;e de L&#233;nine, Kamenev, Rykov, puis Zinoviev et les bolch&#233;viks dits de droite, l'ont fait &#224; leur tour. Ce faisant, ils glissaient d&#233;finitivement sur les positions de l'aile gauche de la d&#233;mocratie radicale petite-bourgeoise. Cela a oblig&#233; L&#233;nine &#224; poser m&#234;me la question : &#171; y a-t-il place pour le bolch&#233;visme de droite dans notre parti ? &#187;]. (L&#233;nine, Recueil no 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les successeurs id&#233;ologiques du bolch&#233;visme de droite, en sus des droitiers actuels, sont les centristes staliniens. En Chine, en Inde, en Espagne et dans tous les pays coloniaux et sous-d&#233;velopp&#233;s, et ces derniers temps au Japon aussi, le centrisme se bat contre la ligne strat&#233;gique ax&#233;e sur la r&#233;volution prol&#233;tarienne et la dictature du prol&#233;tariat, ligne qu'il consid&#232;re comme m&#233;thode principale pour faire &#233;chouer les t&#226;ches de la r&#233;volution d&#233;mocratique ; il pr&#244;ne le slogan devenu r&#233;actionnaire de la dictature d&#233;mocratique du prol&#233;tariat et de la paysannerie, compl&#233;t&#233; par la th&#233;orie et la pratique d'un parti regroupant deux classes [les ouvriers et les paysans &#8211; NdT] ; il d&#233;tache la r&#233;volution d&#233;mocratique dans les colonies de la r&#233;volution mondiale grandissante et consid&#232;re la premi&#232;re du point de vue des positions de la r&#233;volution nationale, alors qu'elle est de fait en m&#234;me temps un maillon de la cha&#238;ne internationale et ne repr&#233;sente pas un but en soi. Le centrisme stalinien dissout ainsi le prol&#233;tariat dans la petite bourgeoisie et le soumet &#224; la bourgeoisie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays a &#233;t&#233; &#233;galement proclam&#233;e par les centristes en 1924, et elle est construite sur l'incompr&#233;hension de la contradiction entre le caract&#232;re international de la r&#233;volution prol&#233;tarienne et le caract&#232;re national de la construction du socialisme en URSS ; c'est la ligne strat&#233;gique du socialisme national. &#192; la base de cette th&#233;orie, il y a la vision d'une paysannerie qui poss&#232;derait [mot illisible] des qualit&#233;s socialistes [mot illisible], &#224; savoir la volont&#233; de &#171; s'enraciner dans le socialisme &#187; (ind&#233;pendamment du sort du prol&#233;tariat des autres pays), et l'id&#233;e de surmonter les contradictions internes dans le pays de la dictature du prol&#233;tariat et de construire la soci&#233;t&#233; socialiste nationale, conform&#233;ment &#224; la th&#233;orie des socialistes nationaux. Ce d&#233;passement est garanti par le fait m&#234;me d'un accord avec la paysannerie. Le seul obstacle pour la construction du socialisme national, du point de vue de cette th&#233;orie, ne pourrait &#234;tre que l'intervention [&#233;trang&#232;re].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, si en 1905 les bolch&#233;viks de droite n'acceptaient pas l'id&#233;e de la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat en Russie avant que cela ne se fasse en Europe occidentale, ils faisaient de m&#234;me en 1917 la propagande pour la r&#233;volution d&#233;mocratique en Russie, en soi et pour soi, et rejetaient l'id&#233;e de la dictature du prol&#233;tariat. Leurs successeurs id&#233;ologiques (la droite et le centre actuels) voient depuis 1924 la conqu&#234;te du pouvoir par le prol&#233;tariat dans un cadre national, non comme un acte initial mais comme un acte final de la r&#233;volution : ils ont proclam&#233; comme tout &#224; fait possible la construction d'une soci&#233;t&#233; socialiste isol&#233;e en URSS, en soi et pour soi. La r&#233;volution mondiale a cess&#233; d'&#234;tre pour eux une condition indispensable de la victoire, mais est seulement devenue &#224; leurs yeux une circonstance favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Les principaux caract&#232;res du &#171; socialisme national &#187; moderne sont :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) la limitation de la r&#233;volution au cadre national et la rupture avec l'internationalisme prol&#233;tarien qui exige au contraire &#171; la soumission des int&#233;r&#234;ts de la lutte dans un pays aux int&#233;r&#234;ts de cette lutte &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187; (L&#233;nine) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) la d&#233;connexion des contradictions internes de celles de l'&#233;conomie mondiale, et l'incompr&#233;hension du fait que les succ&#232;s de la construction socialiste grandissent de concert avec ses contradictions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) la n&#233;gation de la position de L&#233;nine selon laquelle nous &#171; existons dans la cha&#238;ne des &#201;tats capitalistes en qualit&#233; de maillon de l'&#233;conomie mondiale &#187; et en liaison avec cela ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) le cap mis sur l'ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'&#233;conomie mondiale et pour la cr&#233;ation d'une &#233;conomie nationale autonome, vivant en cercle ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture avec L&#233;nine dans ces questions particuli&#232;res a conduit &#224; une r&#233;vision compl&#232;te du socialisme aussi bien sur les questions de l'&#233;valuation des forces agissantes de la r&#233;volution nationale, que les centristes et la droite ont &#233;galement cess&#233; de consid&#233;rer comme un maillon de la r&#233;volution mondiale, que pour ce qui est de l'appr&#233;ciation du paysan moyen, qu'ils ont cess&#233; de consid&#233;rer comme &#171; la derni&#232;re classe capitaliste du pays &#187;, contrairement &#224; L&#233;nine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) En plein accord avec la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, les tenants du &#171; socialisme national &#187; consid&#232;rent la NEP comme une &#233;tape historique qui, directement sur la base de la coop&#233;ration avec la paysannerie, cr&#233;e les conditions pour la construction compl&#232;te d'une soci&#233;t&#233; socialiste dans un seul pays, ind&#233;pendamment du sort du prol&#233;tariat dans les autres pays. Au d&#233;but il y avait la coop&#233;ration par la mise &#224; disposition des exploitations agricoles des moyens d'approvisionnement domestique ; maintenant il y a la collectivisation compl&#232;te et l'artel socialiste par la collectivisation du mat&#233;riel agricole ; ces mesures sont d&#233;clar&#233;es comme des conditions suffisantes pour surmonter les contradictions internes et l'int&#233;gration de la paysannerie dans le socialisme. La tactique du &#171; socialisme national &#187; dans le cadre de la NEP est en contradiction profonde avec la ligne strat&#233;gique de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. Elle est la cons&#233;quence de la ligne du &#171; socialisme national &#187;, &#224; savoir sa th&#233;orie du socialisme dans un seul pays. Pour L&#233;nine, la NEP n'a toujours &#233;t&#233; qu'une &#233;tape sur le chemin de la r&#233;volution mondiale, seulement une adaptation au rythme de son d&#233;veloppement. La tactique de L&#233;nine relative &#224; la NEP consistait, parall&#232;lement &#224; des actions lentes et prudentes, comme pour un si&#232;ge, &#224; pr&#233;parer et ensuite prendre l'offensive &#224; l'int&#233;rieur du pays. L&#233;nine rappelait que &#171; la forteresse du Port-Arthur international sera prise, parce que dans tous les pays m&#251;rissent les forces qui l'abattront. &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage &#224; l'offensive n'implique pas en m&#234;me temps l'abandon de la NEP et de ses m&#233;thodes ; mais il [le passage &#224; l'offensive] change seulement les formes des relations avec la paysannerie, dans la mesure o&#249; ce passage signifie le renforcement de la lutte contre la bourgeoisie paysanne et la mise en &#339;uvre de la collectivisation et des sovkhozes, dont le rythme de croissance est d&#233;termin&#233; par le r&#244;le id&#233;al exerc&#233; par la grande industrie, le niveau technique et l'&#233;tendue de nos relations avec l'&#233;conomie mondiale. Dans la mesure o&#249; les processus int&#233;rieurs &#233;conomiques ont des r&#233;percussions politiques complexes, les principaux probl&#232;mes &#233;conomiques de la NEP sont avant tout des probl&#232;mes politiques tr&#232;s complexes, de la r&#233;solution desquels d&#233;pend le sort de l'&#201;tat ouvrier. Les &#171; socialistes nationaux &#187; ignorent ce contenu politique des probl&#232;mes de la NEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Le &#171; socialisme national &#187; en Russie, devenu l'arme de la r&#233;action sociale et politique contre les tendances socialistes d'Octobre, a connu deux p&#233;riodes dans son d&#233;veloppement. Dans les conditions d'un &#233;quilibre relatif dans l'&#233;conomie et la politique de notre pays, quand les principales contradictions de la r&#233;volution &#233;taient encore &#171; consid&#233;r&#233;es &#187; en leur qualit&#233; de soi-disant &#171; p&#233;riode de reconstruction &#187;, le cours du &#171; socialisme national &#187; a trouv&#233; son expression tactique dans la politique d'accord avec le koulak et dans l'adaptation du d&#233;veloppement de l'&#233;conomie d'&#201;tat aux besoins de la bourgeoisie paysanne. La coop&#233;rative, comme forme organisationnelle pure, a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e route principale pour atteindre le socialisme. La lutte contre la th&#233;orie de la r&#233;volution permanente et le &#171; trotskysme &#187; &#233;tait l'&#233;tendard id&#233;ologique au nom duquel se faisait la mobilisation des &#233;l&#233;ments petit-bourgeois et se pr&#233;parait la pression contre les conqu&#234;tes socialistes de la r&#233;volution d'Octobre. En opposant au point de vue de l'opposition, l'id&#233;e que le &#171; paysan moyen &#187; serait un atout principal de la politique du &#171; socialisme national &#187;, ses tenants non seulement quittaient ainsi les positions prol&#233;tariennes mais allaient dans la pratique, &#224; l'encontre de l'union du prol&#233;tariat avec le paysan moyen. La politique du &#171; socialisme national &#187; conduisait &#224; saper objectivement, au nom des int&#233;r&#234;ts de l'union avec &#171; le paysan moyen &#187; (qui &#233;tait en fait, pour les &#171; socialistes nationaux &#187;, synonyme de koulak), l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat, alors que l'opposition l&#233;niniste soulignait inlassablement que l'union avec le paysan moyen est conditionn&#233;e par le fait de r&#233;duire cette p&#233;riode de transition et de renforcer l'h&#233;g&#233;monie du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) La deuxi&#232;me p&#233;riode de d&#233;veloppement du &#171; socialisme national &#187; commence au moment o&#249; le pays est sorti d'un &#233;quilibre relatif et que toutes les forces latentes, qui ont m&#251;ri dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente sous le couvert de la politique de droite, sont sorties de l'ombre et, mettant &#224; nu les contradictions de la r&#233;volution nationale, ont r&#233;v&#233;l&#233; la banqueroute compl&#232;te du cours droitier et centriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;tant dans l'incapacit&#233; de passer sur la ligne strat&#233;gique du prol&#233;tariat et de s'appuyer directement sur l'avant-garde prol&#233;tarienne, et &#224; travers elle sur les larges couches des ouvriers et des paysans pauvres, sans oser en m&#234;me temps op&#233;rer un tournant brusque &#224; droite, de peur de l'opposition du prol&#233;tariat qui a commenc&#233; &#224; se manifester en 1928, l'aile centriste du &#171; socialisme national &#187; a tent&#233; &#171; de s'adapter au prol&#233;tariat, sans d&#233;savouer cependant les bases de principe de sa politique et principalement le concept de son omnipotence &#187; (Trotski). Cela a trouv&#233; son expression dans la tentative de r&#233;soudre toutes les contradictions par une br&#232;ve action d'&#233;clat entreprise dans le cadre national, mais sur la voie de l'aventure ultragauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essence de cette aventure r&#233;side dans une politique d'industrialisation &#224; des rythmes aventureux, dans la suppression de la NEP, dans la liquidation administrative des classes &#224; la campagne et dans la collectivisation totale comme m&#233;thodes de construction de la soci&#233;t&#233; socialiste nationale en quatre ans. Cela a conduit &#224; toute une politique &#233;conomique au-dessus des ressources r&#233;elles et des relations de classes r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons affaire dans ce cas &#224; une politique &#224; la base de laquelle se trouve toujours la m&#234;me vieille th&#233;orie du socialisme dans un seul pays, dont on a pass&#233; la troisi&#232;me vitesse ; c'est la mise sur le cap de l'abolition des classes dans le cadre d'une &#233;conomie ferm&#233;e nationale qui se suffirait &#224; elle-m&#234;me. En chassant toutes les contradictions du village actuel dans les kolkhozes, o&#249; elles se reproduisent sur une nouvelle base, en niant la diff&#233;renciation dans les kolkhozes et en d&#233;clarant que les kolkhozes sont &#224; priori des entreprises socialistes, le centrisme stalinien cache dans les kolkhozes les tendances capitalistes des fermiers et sacrifie les paysans pauvres et les ouvriers agricoles et leur exploitation au profit des kolkhoziens prosp&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant perdu le soutien du koulak et n'en trouvant pas dans la classe ouvri&#232;re, le centrisme stalinien tente de se cr&#233;er un soutien du c&#244;t&#233; du paysan moyen du kolkhoze qui, conform&#233;ment aux d&#233;cisions du 16e congr&#232;s, doit devenir &#171; le soutien du pouvoir sovi&#233;tique &#224; la campagne &#187;. Le paysan moyen devrait s'enraciner dans le socialisme sur la base de l'&#233;conomie petite-bourgeoise, unifi&#233;e administrativement par la collectivisation du mat&#233;riel agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le forcing bureaucratique des rythmes d'industrialisation et de collectivisation, s'appuyant sur une position th&#233;orique fausse, signifie une accumulation insouciante des disproportions et des contradictions, en particulier en ce qui concerne les relations avec l'&#233;conomie mondiale &#187; (Trotski) d'un c&#244;t&#233;, et les relations entre la ville et la campagne de l'autre. Le r&#233;sultat de toute la politique du centrisme est l'aggravation des relations entre l'&#201;tat et le prol&#233;tariat, et entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, parall&#232;lement &#224; l'&#233;l&#233;vation de la bureaucratie au-dessus des classes et &#224; la croissance du m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) La ligne strat&#233;gique du &#171; socialisme national &#187;, v&#233;rifi&#233;e par l'exp&#233;rience des &#233;v&#233;nements, a montr&#233; son &#233;chec complet en mettant le pays de la dictature du prol&#233;tariat face &#224; la menace de sa chute ; elle est en m&#234;me temps un frein pour la r&#233;volution dans les pays sous-d&#233;velopp&#233;s, coloniaux ; elle d&#233;truit et d&#233;sorganise l'Internationale communiste, paralysant le mouvement communiste dans le monde entier : &#171; L'opposition de gauche internationale rejette et condamne cat&#233;goriquement la th&#233;orie du socialisme dans un seul pays cr&#233;&#233;e par les &#233;pigones [citation reconstitu&#233;e gr&#226;ce &#224; l'original. NdT] en 1924, comme la pire des r&#233;actions contre le marxisme et comme le produit principal de l'id&#233;ologie thermidorienne ; la lutte irr&#233;conciliable avec le stalinisme (ou le socialisme national), qui a trouv&#233; son expression dans le programme de l'Internationale communiste, est la condition n&#233;cessaire de la strat&#233;gie r&#233;volutionnaire juste aussi bien dans les questions de la lutte de classes internationale que dans le domaine des t&#226;ches &#233;conomiques de l'URSS &#187; (Trotski).&lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre trois : La crise actuelle de la r&#233;volution et les t&#226;ches strat&#233;giques du prol&#233;tariat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) &#192; la base de toutes les turbulences du syst&#232;me sovi&#233;tique, il y a les principales contradictions historiques suivantes, li&#233;es entre elles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; a) l'h&#233;ritage des contradictions capitalistes et pr&#233;capitalistes de la vieille Russie bourgeoise tsariste, en premier lieu les contradictions entre la ville et la campagne ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; b) la contradiction entre l'arri&#233;ration culturelle g&#233;n&#233;rale et les t&#226;ches de la transformation socialiste, qui ont surgi dialectiquement &#224; partir de cette arri&#233;ration ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; c) la contradiction entre l'&#201;tat ouvrier et l'entourage capitaliste, en particulier entre le monopole du commerce ext&#233;rieur et le march&#233; mondial &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces contradictions, qui en aucun cas ne sont de courte dur&#233;e et &#233;pisodiques, se sont d&#233;velopp&#233;es au cours des neuf derni&#232;res ann&#233;es dans les conditions cr&#233;&#233;es par la politique erron&#233;e de la direction et par les d&#233;faites pass&#233;es du prol&#233;tariat mondial, &#224; partir de 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arri&#233;ration culturelle g&#233;n&#233;rale de notre pays, combin&#233;e &#224; la domination de la petite production dans l'agriculture, a cr&#233;&#233; une contradiction profonde entre la base mat&#233;rielle et la superstructure sociale et politique de la dictature du prol&#233;tariat. C'est sur cette base que la bureaucratie s'est d&#233;velopp&#233;e, renforc&#233;e ; elle s'est enti&#232;rement r&#233;v&#233;l&#233;e &#171; comme une superstructure bas&#233;e sur l'&#233;parpillement et la d&#233;moralisation du petit producteur &#187; (L&#233;nine). De plus elle est d'une part due &#224; l'absence de culture des grandes masses ouvri&#232;res, et d'autre part elle s'est d&#233;velopp&#233;e comme un outil de lutte contre le prol&#233;tariat et contre les tendances socialistes de notre r&#233;volution de la part de l'ancienne couche des fonctionnaires d'&#201;tat, qui repr&#233;sente les d&#233;bris des classes &#233;volu&#233;es pr&#233;c&#233;demment dominantes, petites-bourgeoises, alors que les &#233;l&#233;ments de la direction bureaucratique du Parti communiste de l'Union, qui sont tomb&#233;s dans une certaine mesure sous l'influence des &#233;l&#233;ments bourgeois de l'appareil d'&#201;tat, ont pris de l'importance en profitant de la vague de r&#233;action sociale et politique et du soutien de la direction du parti et du pays. En m&#234;me temps, &#171; la bureaucratie sovi&#233;tique, qui repr&#233;sente un amalgame de la couche sup&#233;rieure du prol&#233;tariat victorieux et de larges couches des classes d&#233;chues, incorporeront l'agence puissante du capital mondial &#187; (Trotski).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du socialisme dans un seul pays va dans le sens des besoins sociaux de la bureaucratie sovi&#233;tique, qui devient de plus en plus conservatrice dans ses aspirations &#224; un r&#233;gime national. Celle-ci a besoin de donner de la r&#233;volution r&#233;alis&#233;e une image d&#233;finitive qui lui garantisse une situation privil&#233;gi&#233;e qui serait cens&#233;e &#234;tre suffisante pour la construction pacifique du socialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un profond antagonisme entre les forces cr&#233;atrices de la r&#233;volution et la bureaucratie. La politique erron&#233;e de la bureaucratie centriste, qui diverge des int&#233;r&#234;ts historiques de la classe ouvri&#232;re, est devenue par elle-m&#234;me depuis longtemps l'une des principales sources de la croissance de la bureaucratie. En profitant d'un rapport de force d&#233;favorable au prol&#233;tariat, la bureaucratie centriste a d&#233;cim&#233; l'opposition l&#233;niniste du parti, a liquid&#233; l'organisation de l'avant-garde du prol&#233;tariat en tant qu'organisation autonome. Elle a &#233;tabli une oppression politique et &#233;conomique, a liquid&#233; les syndicats en qualit&#233; d'organes de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des ouvriers et comme &#233;cole du communisme, a &#233;tabli de fa&#231;on pl&#233;biscitaire un r&#233;gime bonapartiste dans le parti, les unions [professionnelles], les soviets, en renfor&#231;ant ainsi les &#233;l&#233;ments de double pouvoir. La direction centriste a conduit le pays &#224; une crise sociale et &#233;conomique aig&#252;e et &#224; des secousses politiques profondes avec sa politique zigzagante entre l'opportunisme et l'aventurisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La sortie de la crise de la r&#233;volution, cr&#233;&#233;e par neuf ann&#233;es de domination de la bureaucratie du parti et des soviets dans les conditions de la r&#233;action sociale et politique, ne peut se faire que dans deux directions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; soit la restauration bourgeoise par la force via un coup d'&#201;tat contre-r&#233;volutionnaire ouvert ;&lt;br class='autobr' /&gt; soit par le complet r&#233;tablissement de la dictature prol&#233;tarienne via une r&#233;forme profonde du parti, des unions [professionnelles], des soviets. C'est la lutte pour cette deuxi&#232;me voie qui constitue le fond politique de toute la lutte de l'opposition l&#233;niniste, en qualit&#233; de d&#233;tachement russe de l'opposition de gauche internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La t&#226;che principale du prol&#233;tariat dans le domaine &#233;conomique est d'op&#233;rer un repli planifi&#233; &#224; partir des positions aventuristes dans l'industrie et l'agriculture. Ce repli doit poursuivre les buts suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; la cr&#233;ation de plans &#233;conomiques qui tiennent compte de la r&#233;alit&#233;, garantissant la croissance permanente de l'&#233;conomie sur la base d'un &#233;quilibre dynamique ;&lt;br class='autobr' /&gt; le r&#233;tablissement de la confiance des paysans &#224; l'&#233;gard du prol&#233;tariat et de son &#201;tat (rapprochement entre la paysannerie et le prol&#233;tariat) ;&lt;br class='autobr' /&gt; un tel regroupement des forces en ville et &#224; la campagne, cr&#233;erait les conditions pour une offensive future. C'est seulement par l'accomplissement de ces t&#226;ches que le prol&#233;tariat peut renforcer sa dictature et rester sur la voie du socialisme, en attendant la victoire du prol&#233;tariat d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Une retraite planifi&#233;e [celle que pr&#233;conise l'opposition de gauche. NdT] par rapport aux positions aventuristes [celles de la direction stalinienne. NdT] suppose &#233;galement une retraite dans la sph&#232;re des relations entre la ville et la campagne, vers les m&#233;thodes du march&#233;, limit&#233;es par l'action stricte et croissante de la gestion planifi&#233;e. Mais une telle retraite vers les m&#233;thodes du march&#233; ne r&#233;soudra pas encore les probl&#232;mes, ceux des relations avec le paysan moyen, dans le domaine politique. Du fait de la politique d&#233;sastreuse de la direction, la confiance que la paysannerie accordait aux r&#233;sultats du travail socialiste du prol&#233;tariat s'est d&#233;grad&#233;e. Le paysan moyen acceptera-t-il, apr&#232;s ce qu'a fait de lui la direction centriste ces derni&#232;res ann&#233;es, de conclure sur la base de la NEP un accord avec la classe ouvri&#232;re, ou bien le paysan moyen se contentera-t-il de &#171; la restauration de la NEP &#187; et exigera-t-il un renforcement de la NEP [une &#171; NEP de la NEP &#187; dans l'original. NdT] et des garanties politiques ? Il est impossible de le pr&#233;voir. C'est la pratique qui le montrera, l'exp&#233;rience du repli lui-m&#234;me. Et cela d&#233;pendra en premier lieu de la force, dans la lutte avec la contre-r&#233;volution bonapartiste, de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me qui s'emploiera &#224; arracher &#224; l'influence de celle-ci les masses moyennes et pauvres de la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant sur soi l'initiative de la retraite par rapport &#224; l'aventurisme, l'opposition l&#233;niniste r&#233;p&#232;te une fois encore, en suivant L&#233;nine, ses paroles qui doivent &#234;tre prises comme fondement de nos relations avec la paysannerie : &#171; nous d&#233;clarons honn&#234;tement, sans aucun mensonge aux paysans : pour garder le cap vers le socialisme nous vous ferons, camarades paysans, toute une s&#233;rie de concessions, mais seulement dans certaines limites et dans une certaine mesure, et bien s&#251;r, nous d&#233;ciderons nous-m&#234;mes des limites et de la mesure. Voil&#224; comment se pose la question des relations entre le prol&#233;tariat et la paysannerie, c'est-&#224;-dire soit la paysannerie doit aller avec nous pour un accord, et nous lui faisons des concessions &#233;conomiques, soit c'est la lutte &#187; (L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Sous la pression des contradictions et des difficult&#233;s, accentu&#233;es par la politique actuelle, la direction centriste sera oblig&#233;e d'entamer une retraite spontan&#233;e &#224; partir de ses positions aventuristes. Mais cette retraite, sous la domination centriste, d&#233;placera in&#233;luctablement toute la politique vers une &#171; NEP politique &#187;, c'est-&#224;-dire qu'elle transmettra l'initiative aux &#233;l&#233;ments thermidoriens et bonapartistes du Parti communiste de l'Union qui pr&#233;parent d&#232;s &#224; pr&#233;sent le plan d'un accord bonapartiste avec la paysannerie et le capital mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couper la route &#224; une retraite qui irait dans la direction d'une &#171; NEP politique &#187;, l'opposition l&#233;niniste m&#232;ne une lutte intransigeante contre la fraction dirigeante du centrisme et met en avant un programme d&#233;termin&#233; de revendications et de slogans, qui garantissent la sortie de la crise actuelle de la r&#233;volution sur une voie prol&#233;tarienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) &#192; pr&#233;sent, tout comme durant la p&#233;riode de la pr&#233;paration de notre plateforme, &#171; il existe dans le pays deux positions qui s'excluent mutuellement ; l'une est la position du prol&#233;tariat qui construit le socialisme, l'autre est celle de la bourgeoisie qui tente de ramener le d&#233;veloppement sur une voie capitaliste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraction dirigeante du centrisme stalinien, h&#233;sitant entre ces deux positions [illisible] et faisant bloc avec les B&#233;ss&#233;dovski [3] &#171; sur deux fronts &#187;, mais en pratique principalement contre l'opposition l&#233;niniste, conduit &#224; ce que le rapport de force s'&#233;tablisse au profit des forces thermidoriennes et bonapartistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition l&#233;niniste, par contre, est l'unique repr&#233;sentante de la position du prol&#233;tariat. Elle continue de d&#233;fendre dans des conditions difficiles la ligne strat&#233;gique du marxisme-bolch&#233;visme contre le &#171; socialisme national &#187;, et chaque pas de notre r&#233;volution est observ&#233; du point de vue du d&#233;veloppement de la r&#233;volution mondiale. Et son calcul historique principal est li&#233; seulement au d&#233;veloppement de cette r&#233;volution mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans l'original, l'expression est &#171; national-socialisme &#187;, mais il semble pr&#233;f&#233;rable d'&#233;viter cette expression, remplac&#233;e dans cette traduction par &#171; socialisme national &#187;. Remarque valable pour tout le texte. Dans le num&#233;ro 5 d'octobre 1929 du Bulletin de l'opposition (bolchevik-l&#233;niniste), le titre du premier article, r&#233;dig&#233; par Trotski, est Contre le national-communisme ! Dans la premi&#232;re partie des Probl&#232;mes de d&#233;veloppement de l'URSS, Trotski emploie l'expression national-socialisme dans le chapitre intitul&#233; Les contradictions de la p&#233;riode de transition : l'URSS et l'&#233;conomie mondiale (avril 1931) dans le m&#234;me sens que les auteurs de cette brochure traduite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Projet de plateforme des bolcheviks-l&#233;ninistes (de l'opposition) pour le 15e congr&#232;s du PCR(b), intitul&#233; La crise du parti et les voies pour en sortir. Tir&#233; de la partie consacr&#233;e &#224; L'URSS et l'&#233;conomie capitaliste mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Grigori Zinovi&#233;vitch Bess&#233;dovski est n&#233; en janvier 1896 &#224; Poltava (Ukraine) dans la famille d'une couturi&#232;re et d'un employ&#233; de commerce, qui a acquis par la suite un magasin. Le p&#232;re, qui avait eu des activit&#233;s social-d&#233;mocrates, continuait &#224; pr&#234;ter son appartement pour les activit&#233;s du parti. Grigori a &#233;t&#233; fortement marqu&#233; par la r&#233;volution de 1905 et a suivi des &#233;tudes de commerce. Il est devenu membre en 1909 d'un cercle destin&#233; &#224; l'instruction, mais qui est vite devenu anarcho-communiste. Apr&#232;s le suicide de son p&#232;re en 1911, il a gagn&#233; sa vie en donnant des le&#231;ons, mais a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; une premi&#232;re fois pour ses activit&#233;s. Pour &#233;viter ce type de probl&#232;me, il a gagn&#233; la France o&#249; il a repris ses &#233;tudes tout en fr&#233;quentant les anarchistes et les syndicats. Il est revenu dans l'empire peu avant le d&#233;but de la Premi&#232;re Guerre mondiale et, tout en poursuivant ses &#233;tudes, il a fond&#233; deux groupes anarchistes. La guerre l'a conduit &#224; participer &#224; des manifestations antimilitaristes. Apr&#232;s la chute de la monarchie, il est all&#233; rejoindre bri&#232;vement le parti des Cadets. &#192; l'automne 1917, il rejoint les socialistes-r&#233;volutionnaires de gauche tout en passant ses examens. En 1919, il passe chez les SR de gauche d'Ukraine. En 1920, il arrive &#224; convaincre la cellule dont il est membre et secr&#233;taire de fusionner avec le parti bolch&#233;vique apr&#232;s l'occupation de Poltava par l'Arm&#233;e rouge. &#192; partir de ce moment, il occupe des postes de responsabilit&#233; grandissante dans l'agriculture, puis la diplomatie ; il devient conseiller de la mission &#233;conomique &#224; Paris en 1927. Son intervention dans des pourparlers avec les Anglais a &#233;t&#233; mal re&#231;ue, et une enqu&#234;te du NKVD sur son comportement &#224; l'&#233;tranger et une affaire d'argent l'ont conduit &#224; fuir l'ambassade le 3 octobre 1929 et &#224; demander, et obtenir, l'asile politique en octobre 1929. Affirmant dans la presse blanche avoir &#233;t&#233; &#171; au premier rang de la lutte contre &#8220;le trotskysme&#8221; &#187;, il s'empressa de faire aux services de s&#233;curit&#233; occidentaux des &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; desservant l'URSS, sur fond d'un anticommunisme d&#233;clar&#233;. D'autres affaires de ce genre ayant &#233;clat&#233;, Trotsky pr&#233;senta souvent Bessedovsky comme le &#171; prototype du bureaucrate d&#233;sertant dans le camp capitaliste &#187; et comme un r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tat de d&#233;composition de la bureaucratie stalinienne. Il a &#233;t&#233; vu pour la derni&#232;re fois en octobre 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1932/00/opposition.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/urss/1932/00/opposition.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Averine, Vasily Kuzmitch (1885-1945), membre du Parti bolchevique depuis 1904 ; comit&#233; central en Ukraine de 1921 &#224; 1923. &#192; partir de 1923, il a travaill&#233; dans l'industrie de l'aviation, puis il a &#233;t&#233; pr&#233;sident du conseil de la ligne de chemin de fer Moscou-Kazan. Arr&#234;t&#233; en 1937, condamn&#233; &#224; 8 ans de camps de travail correctionnel [ITL]. Lib&#233;r&#233; en novembre 1945, mais assassin&#233; dans son bureau par des personnes inconnues le 28 d&#233;cembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al'ski, Arkadi (M.) Osipovitch (1892-1936), membre du parti &#224; partir de mars 1917 ; &#224; partir de 1921, adjoint du Narkom [commissaire du peuple] des finances de la RSFSR ; &#224; partir de 1923, de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 4 f&#233;vrier 1936 ; fusill&#233; le 4 novembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonov-Ovseenko, Vladimir Aleksandrovitch (1883-1938), membre du parti &#224; partir de juin 1917 ; dans le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; partir de 1901 ; &#224; partir de 1922, chef de la direction politique de l'Arm&#233;e rouge ouvri&#232;re et paysanne (RKKA) et membre du Conseil militaire r&#233;volutionnaire (RVS) de la R&#233;publique. Arr&#234;t&#233; le 12 octobre 1937 ; fusill&#233; le 10 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beloborodov, Alexandre Georgievitch (1891-1938), membre du RSDRP depuis 1907 ; du parti bolchevique depuis 1917 ; &#224; partir de 1923, du Narkom des affaires int&#233;rieures de la RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 15 ao&#251;t 1936 ; fusill&#233; le 9 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boguslavski, Mikha&#239;l Solomonovitch (1886-1937), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1917 ; &#224; partir de 1921, vice-pr&#233;sident du Soviet de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 8 ao&#251;t 1936. Accus&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou en janvier 1937. Fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bosh, Evgu&#233;nia Bogdanovna (1879-1925), membre du parti depuis 1901 ; r&#233;volutionnaire professionnelle ; &#224; partir de 1922, &#224; la suite d'une grave maladie (cancer), le CC lui ordonne de se rendre en Italie et en Allemagne pour y &#234;tre soign&#233;e. D&#233;c&#233;d&#233;e par suicide le 5 janvier 1925.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breslav, Boris Abramovitch (S. V.) (1882-1938), membre du parti depuis 1903 ; &#224; partir de 1922, chef de la direction politique du district militaire de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 31 octobre 1937 ; fusill&#233; le 21 avril 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bubnov, Andrei Sergeevitch (1884-1938), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1922, chef du d&#233;partement Agitation et Propagande du CC PCR (b). Candidat membre du CC du PCR (b). Membre du CC, 1924-1937. Arr&#234;t&#233; le 17 octobre 1937 ; fusill&#233; le 1er ao&#251;t 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Byk, Iosif Moiseevitch (1882-1936), membre du parti bolchevique depuis 1918 ; &#224; partir de 1923, pr&#233;sident de la commission d'audit du fonds sucrier du Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie populaire (VSNKh). Arr&#234;t&#233; le 10 juillet 1936 ; fusill&#233; le 5 octobre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vaganian, (Ter-Vaganian) Vagarshak Arutiunovich (1893-1936), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1912 ; 1922&#8212;23 r&#233;dacteur en chef de la revue Sous la banni&#232;re du marxisme. Accus&#233; au proc&#232;s des 16, le premier proc&#232;s du cadre de Moscou ; fusill&#233; le 26 ao&#251;t 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vasilchenko, Semyon Filippovitch (1884-1937), membre du parti &#224; partir de 1901 ; &#224; partir de 1920, pr&#233;sident du conseil d'administration de la maison d'&#233;dition Le Travailleur de Moscou. Travaille au Gosizdat. Arr&#234;t&#233; le 28 mars 1936 ; fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venediktov, Aleksandr Georgievitch [Abrosimov] (1884-1932), membre du parti &#224; partir de 1904 ; &#224; partir de 1923, dirige la section &#233;ditoriale et le d&#233;partement &#233;conomique de la Maison d'&#233;dition d'&#201;tat. D&#233;c&#233;d&#233; le 21 ao&#251;t 1932.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voronski, Alexandre Konstantinovitch (1884-1937), membre du parti depuis 1904 ; &#224; partir de 1921, r&#233;dacteur de la revue Krasnaia nov [Terre vierge rouge] ; simultan&#233;ment &#224; partir de 1922, r&#233;dacteur de la revue Prozhektor [Phare]. Arr&#234;t&#233; le 1er f&#233;vrier 1937 ; fusill&#233; le 13 ao&#251;t 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goltsman, Abram Zinovievitch (1894-1933), membre du parti &#224; partir de 1917 ; &#224; partir de 1922, membre du pr&#233;sidium et chef de la direction &#233;lectrotechnique principale du VSNKh. D&#233;c&#233;d&#233; dans un accident d'avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danishevski, Karl Yuli. Khristianovitch (J&#363;lijs K&#257;rlis Dani&#353;evskis) (1884-1941), membre du parti depuis 1900 ; &#224; partir de 1921, chef de la direction centrale de l'industrie du bois ; pr&#233;sident du conseil d'administration du trust &#171; Northern Forest &#187;. Arr&#234;t&#233; le 16 juillet 1937 ; fusill&#233; le 8 janvier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drobnis, Yakov Naumovitch (1890-1937), membre du parti &#224; partir de 1906 ; &#224; partir de 1923, membre de la commission administrative et financi&#232;re aupr&#232;s du Conseil des commissaires du peuple de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 6 ao&#251;t 1936. Jug&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou en janvier 1937. Fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dudnik, F. [Akim Minovitch] (1881-1934), membre du parti bolchevique &#224; partir de 1917. En 1923, membre du coll&#232;ge du commissariat populaire &#224; l'agriculture de l'Ukraine sovi&#233;tique. &#192; partir de 1924, membre du pr&#233;sidium du comit&#233; central du parti communiste d'Ukraine. D&#233;c&#233;d&#233; le 14 mars 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zhakov, Mikhail Petrovich (1893-1936), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1923, &#233;tudiant &#224; l'Institut des professeurs rouges. Enseigne &#224; l'universit&#233; Sun Yat Sen de Moscou, 1925-27. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kassior, (Kosior) Vladislav Vikentievitch (1891-1938), membre du parti &#224; partir de 1907 ; r&#233;dacteur du journal Trud [Travail]. En 1921, membre du groupe du Centralisme d&#233;mocratique. En 1925-26, repr&#233;sentant de la Vneshtorgbank &#224; Paris. Condamn&#233; en 1936 &#224; cinq ans de prison &#224; l'Ukhpechlag de Vorkuta. Condamn&#233; &#224; mort le 11 janvier 1938 ; fusill&#233; avec d'autres opposants le 30 mars 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kovalenko, P.A. (1889-1937), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1920, r&#233;dacteur au journal Pravda. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koganovitch, Piotr Kirillovitch (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1905 ; &#224; partir de 1921, membre du conseil d'administration de Tsentrosoiuz. Arr&#234;t&#233; et fusill&#233; en 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levitin, Mark Filippovitch (1891-1938), membre du RSDRP depuis 1909 ; membre du parti bolchevique depuis 1916 ; travail &#233;conomique dans les agences du VSNKh et du STO (Conseil du travail et de la d&#233;fense). Arr&#234;t&#233; le 10 novembre 1937 ; fusill&#233; le 8 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lobanov, Mikha&#239;l (A.) Ivanovitch (1887-1937), membre du parti depuis 1904 ; travail au sein du comit&#233; de Moscou du PCR (b). Fusill&#233; le 9 mars 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lovatskov, Filipp Ivanovitch (1881-1937), membre du parti depuis 1904 ; en 1923, pr&#233;sident du pr&#233;sidium du Conseil r&#233;gional de l'&#233;conomie populaire de l'Oural. Arr&#234;t&#233; le 2 juillet 1937 ; fusill&#233; le 30 octobre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maksimovski, Vladimir Nikola&#239;evitch (1887-1941), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1922, vice-nom des Lumi&#232;res de la RSFSR ; professeur et doyen de l'Acad&#233;mie agricole Timiryazev. Arr&#234;t&#233; le 27 juillet 1937, condamn&#233; &#224; cinq ans d'exil. Mort en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesyatsev, Pavel Aleksandrovitch (1889-1938), membre du parti &#224; partir de 1906 ; &#224; partir de 1921, membre du coll&#232;ge, puis pl&#233;nipotentiaire du commissariat populaire &#224; l'agriculture de la RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 21 ao&#251;t 1937 ; fusill&#233; le 8 f&#233;vrier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minkin, Alexandre Eremeevitch (1887-1955), membre du parti depuis 1903 ; &#224; partir de 1922, travaille au comit&#233; ex&#233;cutif de la Comintern ; &#224; partir de 1923, membre du coll&#232;ge du Narkomtorg. Membre du Glavkotsesskom, 1924-26. Condamn&#233; &#224; huit ans de camp de travail correctionnel (ITL) en 1939 ; arr&#234;t&#233; &#224; nouveau en 1948 et condamn&#233; &#224; dix ans d'ITL ; mort en prison le 13 janvier 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouralov, Nikola&#239; Ivanovitch (1877-1937), membre du parti &#224; partir de 1903 ; &#224; partir de 1921, commandant du district militaire de Moscou. Membre du pr&#233;sidium du Gosplan en 1925-26. Arr&#234;t&#233; le 17 avril 1936 ; accus&#233; au deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nikolaev, Nikola&#239; Ilitch (Bezchetvernoi) (1895-1937), membre du parti depuis 1914 ; r&#233;dacteur en chef du journal Communiste. &#192; partir de 1922, vice-pr&#233;sident du conseil d'administration de la maison d'&#233;dition Krasnaia nov. Arr&#234;t&#233; le 4 septembre 1936 ; fusill&#233; le 29 mai 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Osinski, N. (Obolenski, Val&#233;rian Val&#233;rianovitch) (1887-1938), membre du parti bolchevique depuis 1907 ; en 1920-21, l'un des dirigeants des d&#233;mocrates centralistes ; &#224; partir de 1921, narkom adjoint de l'agriculture de la RSFSR ; vice-pr&#233;sident du VSNKh ; &#224; partir de 1923, ambassadeur de l'URSS en Su&#232;de. Arr&#234;t&#233; le 14 octobre 1937 ; fusill&#233; le 1er septembre 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poliudov, Evgeny Venediktovich (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1907 ; &#224; partir de 1923, membre du coll&#232;ge du Commissariat du peuple aux finances. Arr&#234;t&#233; le 30 avril 1937 ; fusill&#233; le 9 septembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Preobrajenski, Evgeny Alekseevitch (1886-1937), membre du parti depuis 1903 ; secr&#233;taire du comit&#233; central 1920-21 ; comit&#233; de r&#233;daction de la Pravda 1921-27 ; &#224; partir de 1921, pr&#233;sident du comit&#233; des finances du comit&#233; central et du conseil des commissaires du peuple ; figure importante du commissariat du peuple aux Lumi&#232;res de la RSFSR. Preobrajenski &#233;tait l'une des figures les plus influentes de l'&#233;conomie sovi&#233;tique dans les ann&#233;es 1920. Arr&#234;t&#233; en d&#233;cembre 1936, il a &#233;t&#233; fusill&#233; le 13 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puzakov, Aleksei Mikhailovitch (1884-1937), membre du parti depuis 1905 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire du comit&#233; r&#233;gional de Koursk du PCR (b) ; &#224; partir de 1923, secr&#233;taire, puis pr&#233;sident de la commission de contr&#244;le du district. Arr&#234;t&#233; le 31 mai 1934, condamn&#233; &#224; cinq ans d'ITL. Condamn&#233; &#224; mort le 1er octobre 1937 et fusill&#233; le 8 d&#233;cembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Piatakov, Youri (G.) Leonidovitch (1890-1937), membre du parti depuis 1910 ; &#224; partir de 1922, vice-pr&#233;sident du Gosplan ; &#224; partir de 1923, vice-pr&#233;sident du Conseil supr&#234;me de l'&#233;conomie populaire de l'URSS. &#192; l'&#233;poque de la &#171; D&#233;claration des 46 &#187;, il est membre du comit&#233; central du PCR (b). Il a &#233;t&#233; l'une des figures les plus influentes de l'&#233;conomie sovi&#233;tique dans les ann&#233;es 1920. Arr&#234;t&#233; le 13 septembre 1936 ; accus&#233; lors du deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rafail, (Farbman Rafail Borisovitch) (1893-1966), membre du parti depuis 1910 ; &#224; partir de 1922, chef du d&#233;partement de l'&#233;ducation populaire de Moscou. Arr&#234;t&#233; le 14 janvier 1933 ; condamn&#233; le 16 avril &#224; trois ans d'ITL. En camp de 1935 &#224; 1956. Refuse plusieurs fois sa r&#233;habilitation de 1956 &#224; 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rozengolts, Arkadi Pavlovitch (1889-1938), membre du parti depuis 1905 ; &#224; partir de 1922, membre de la commission du commissariat du peuple aux finances de la RSFSR ; &#224; partir de 1923, chef de la direction principale de l'arm&#233;e de l'air ; membre du Conseil militaire r&#233;volutionnaire de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 7 octobre 1937 ; accus&#233; au troisi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 15 mars 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sapronov, Timofei Vladimirovitch (1887-1938), membre du parti &#224; partir de 1911 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire et membre du pr&#233;sidium du VTsIK [Comit&#233; ex&#233;cutif central panrusse]. Arr&#234;t&#233; en 1935, il est condamn&#233; &#224; l'ITL. Dans l'isolateur de Verkhne-Uralsk de 1935 &#224; ao&#251;t 1937 ; fusill&#233; le 28 septembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serebriakov, Leonid Petrovitch (1888-1937), membre du parti depuis 1905 ; membre du comit&#233; central depuis le huiti&#232;me congr&#232;s ; secr&#233;taire du comit&#233; central de 1919 &#224; 21 ; &#224; partir de 1922, adjoint au narkom des transports. Arr&#234;t&#233; le 17 ao&#251;t 1936 ; accus&#233; au deuxi&#232;me proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 1er f&#233;vrier 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smirnov, Vladimir Mikhailovitch (1887-1937), membre du parti &#224; partir de 1907 ; &#224; partir de 1921, membre du coll&#232;ge et pr&#233;sident de la section financi&#232;re du Gosplan de l'URSS. Arr&#234;t&#233; en 1930 ; plac&#233; dans l'isoloir de Souzdal, puis dans celui de Verkhe-Uralsk de 1930 &#224; mai 1937. Fusill&#233; le 26 mai 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smirnov, Ivan Nikititch (1881-1936), membre du parti &#224; partir de 1899 ; &#224; partir de 1923, narkom des postes et t&#233;l&#233;graphes de l'URSS. Arr&#234;t&#233; le 1er janvier 1933. Incarc&#233;r&#233; &#224; la prison centrale de l'OGPU-NKVD du 1er janvier 1933 &#224; ao&#251;t 1936. Accus&#233; au premier proc&#232;s de Moscou ; fusill&#233; le 25 ao&#251;t 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sosnovski, Lev Semyonovich (1886-1937), membre du parti &#224; partir de 1904 ; &#224; partir de 1918, r&#233;dacteur en chef des journaux Bednota et Kommunar. Membre du comit&#233; de r&#233;daction de la Pravda 1923-27. Arrestations et emprisonnements r&#233;p&#233;t&#233;s ; derni&#232;re arrestation le 23 octobre 1936 ; fusill&#233; le 3 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stukov, Innokenty Nikolaevitch (1887-1936), membre du parti &#224; partir de 1905 ; &#224; partir de 1923, r&#233;dacteur en chef de la maison d'&#233;dition Moskovskii rabochii. Membre du Gosplan. Arr&#234;t&#233; le 21 mars 1936 ; fusill&#233; le 4 novembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kharechko, Taras (G.) Ivanovitch (1893-1937), membre du parti depuis 1914 ; &#224; partir de 1922, membre du conseil d'administration de l'universit&#233; de Leningrad, chef du d&#233;partement r&#233;gional des affaires de presse, membre du coll&#232;ge du d&#233;partement de Leningrad de Tsentrokhim. Arr&#234;t&#233; en 1936, d&#233;tenu &#224; l'ITL de 1936 &#224; 1937. Condamn&#233; &#224; mort le 18 septembre 1937 ; fusill&#233; le 27 novembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shmidel, Oskar Karlovich (1889-1937), membre du parti depuis 1917 ; &#224; partir de 1922, secr&#233;taire de la cellule du parti du PCR (b) et &#233;conome de l'usine &#171; Kauchuk &#187; de la r&#233;gion de Khamovnicheski &#224; Moscou. Arr&#234;t&#233; le 17 juin 1937 ; fusill&#233; le 7 octobre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eltsine, Boris Mikhailovitch (1875-1937), membre du parti &#224; partir de 1897 ; &#224; partir de 1921, pr&#233;sident du coll&#232;ge et membre du conseil d'administration de Glavpolitprosvet. Il est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Opposition de gauche sovi&#233;tique en 1928. Ses trois enfants &#233;taient &#233;galement membres de l'opposition. Arr&#234;t&#233; en janvier 1935, condamn&#233; &#224; cinq ans d'ITL ; fusill&#233; le 27 novembre 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yakovleva, Varvara Nikolaevna (1884-1941), membre du parti depuis 1904 ; &#224; partir de 1920, secr&#233;taire du comit&#233; de Moscou du PCR (b) ; &#224; partir de 1921, secr&#233;taire du bureau sib&#233;rien du CC PCR (b) ; &#224; partir de 1922, commissaire adjoint du peuple aux Lumi&#232;res en RSFSR. Arr&#234;t&#233; le 27 septembre 1937 ; fusill&#233; sans jugement &#224; la prison d'Orlov du NKVD le 11 septembre 1941.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/10/21/ztbo-o21.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wsws.org/fr/articles/2023/10/21/ztbo-o21.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/isolateur.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/4int/ogi/corr_opp/isolateur.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un t&#233;moignage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://sinedjib.com/index.php/2022/06/25/anton-ciliga-novembre-1930-dans-lisolateur-politique-de-verkhne-ouralsk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sinedjib.com/index.php/2022/06/25/anton-ciliga-novembre-1930-dans-lisolateur-politique-de-verkhne-ouralsk/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cahiersdumouvementouvrier.org/a-propos-des-trotskystes-de-verkhne-ouralsk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cahiersdumouvementouvrier.org/a-propos-des-trotskystes-de-verkhne-ouralsk/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/cmo/n62/cmo_062.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/cmo/n62/cmo_062.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le peuple d'Alg&#233;rie en a marre de la mis&#232;re&#8230;...</title>
		<link>https://matierevolution.org/spip.php?article9668</link>
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		<dc:date>2026-07-17T22:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le peuple d'Alg&#233;rie en a marre de la mis&#232;re&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 1 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 3 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 5 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 6 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 7 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 9 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 10 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 11 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 13 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 14 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 15 &lt;br class='autobr' /&gt;
Document 16&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory"&gt;08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_17751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/images-146-96e4f.jpg?1785207906' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://matierevolution.org/IMG/jpg/jeunes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/jeunes-870c1.jpg?1785207906' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le peuple d'Alg&#233;rie en a marre de la mis&#232;re&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lematindz.net/2803-la-pauvreteacute-srsquoest-laquonbspconfortablementnbspraquo-installeacutee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.le7tv.ma/2026/01/28/files-dattente-misere-sociale-penuries-alimentaires-et-un-dinar-algerien-sans-valeur-la-puissance-regionale-autoproclamee-seffondre-sous-nos-yeux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6393&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve991&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8417&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5996&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4375&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/02/pour-changer-un-simple-pneu-il-faut-attendre-son-tour-pendant-des-semaines-en-algerie-la-vie-chere-pese-sur-le-moral-des-familles_6717851_3212.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2007/12/04/l-algerie-un-pays-riche-au-peuple-pauvre_985664_3212.html?srsltid=AfmBOor6UmNFwc8wiqUb8spaIusEgQipumUNvKFSxiHcMY2Soni29Rmk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.hespress.com/310565-algerie-pres-de-la-moitie-des-jeunes-vivent-dans-la-pauvrete-et-precarite.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://atlantico.fr/article/decryptage/algerie-pays-riche-peuple-vivant-mal-gachis-ressources-economiques-petrole-ahmed-rouadjia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/breve/2009/08/19/etat-riche-peuple-pauvre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 12&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lematindz.net/2803-la-pauvreteacute-srsquoest-laquonbspconfortablementnbspraquo-installeacutee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 13&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.le7tv.ma/2022/04/19/la-pauvrete-menace-des-millions-dalgeriens-plus-de-43-des-menages-gagnent-moins-de-1-000-dhs-mois/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.aldar.ma/38468.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 15&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://berthoalain.com/?s=hirak&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Document 16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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