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Matière et Révolution https://www.matierevolution.org/ Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société Ce site est complémentaire de https://www.matierevolution.fr/ fr SPIP - www.spip.net Matière et Révolution https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-31714.jpg https://www.matierevolution.org/ 69 144 Le développement inégal et combiné des sociétés humaines https://matierevolution.org/spip.php?article6408 https://matierevolution.org/spip.php?article6408 2019-06-16T22:40:00Z text/html fr Robert Paris Licenciements Le développement inégal et combiné des sociétés humaines Une image simple et directe du développement inégal et combiné est celle d'un village africain où les rois, les féodaux, les sorciers ont toujours le pouvoir et le poids moral et réel mais où on est en connexion permanente avec le reste du monde via les moyens médiatiques modernes et où la société de l'argent et des marchandises pénètre comme dans les métropoles capitalistes. Le plus souvent le développement historique des sociétés a été présenté comme (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory">1er chapitre : La marque sociale des révolutions</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot230" rel="tag">Licenciements</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Le développement inégal et combiné des sociétés humaines</h3> <p>Une image simple et directe du développement inégal et combiné est celle d'un village africain où les rois, les féodaux, les sorciers ont toujours le pouvoir et le poids moral et réel mais où on est en connexion permanente avec le reste du monde via les moyens médiatiques modernes et où la société de l'argent et des marchandises pénètre comme dans les métropoles capitalistes.</p> <p>Le plus souvent le développement historique des sociétés a été présenté comme une succession de stades, progression allant régulièrement vers le haut, vers plus d'organisation, de richesse, de développement, de capacités de l'homme et de la société. Mais ce caractère linéaire, continu et progressif, même si c'est un a priori courant chez bien des auteurs, n'est nullement ce qui ressort de l'examen de l'Archéologie et de l'Histoire, les retours en arrière sont nombreux et la continuité de la progression n'apparaît nullement.</p> <p> En fait, ce qui frappe dans l'histoire de chaque civilisation, c'est à quel point elle semble ne venir de rien, sortir du néant, de manière extraordinaire autant que brutale et quitter la scéne de la manière tout aussi extraordinaire, brutale et radicale. C'est une remarque que tous les auteurs reconnaissent, même les partisans de la conception d'une évolution sociale et politique continue.</p> <p>Cependant, des civilisations ont disparu aux quatre coins du monde sans voir une autre prendre le relai, sans laisser de traces, leur mode de production et leur mode de vie ayant disparu, laissant seulement des ruines. Derrière les civilisations de l'Indus ou les premières civilisations d'Egypte, de la Méso-Amérique, de Mésopotamie ou d'Asie, il n'y a rien eu et les civilisations qui ont suivi, longtemps après, n'avaient pas grand-chose à voir et ne s'appuyaient généralement pas sur le même peuple.</p> <p>La civilisation apparaît ainsi clairement comme une discontinuité, dans le domaine du mode de production, du mode de vie, des villes, des découvertes, de l'artisanat, de l'art, du commerce et autres activités, et surtout des relations entre les hommes, des relations sociales comme des mœurs, de la culture, des coutumes, des croyances, de l'idéologie, une révolution globale en somme. Il y a eu révolution à la naissance comme à la mort de ces civilisations. La plupart des civilisations n'ont absolument rien transmis à la suivante, laquelle n'est nullement arrivée rapidement ni en ligne directe.</p> <p>Mais le point essentiel pour comprendre ces civilisations, c'est qu'elles n'ont le plus souvent pas fait disparaître complètement l'ancienne société. Prenons le capitalisme qui a pourtant été un des plus grands destructeurs du vieux monde. Nous constatons qu'il a de mille manières conservé des restes de la vieille société : des royautés, des féodalités, des ethnies, des castes, des noblesses, des principautés, des vieilles idéologies, des vieilles religions, des vieux pouvoirs et des vieilles classes sociales. Le capitalisme n'a pas dominé de manière uniforme la planète. Le vieil empire du Japon a été préservé comme la royauté anglaise et ses nobles. L'Afrique a gardé ses roitelets et se féodalités. Si la noblesse a été éradiquée en France par la révolution, on ne le doit pas à la bourgeoisie mais à la radicalité des classes pauvres mobilisées dans la révolution française de 1789-1793, organisées et armées qui mené de manière en partie autonome leur propre révolution, poussant le plus loin possible cette révolution, pourtant dirigée dans l'ensemble dans le sens des intérêts bourgeois.</p> <p>Cette remarque signifie que chaque société nouvelle, fondée sur un nouveau mode de production, de nouveaux rapports de production, plus productive, plus développée, plus efficace, augmentant la capacité des hommes de se nourrir et d'en nourrir d'autres, de permettre ainsi plus de division du travail, de créations de professions nouvelles et de capacités nouvelles de l'homme sur la nature, a été toujours entourée des vieilles sociétés conservant les anciens modes de production, les anciennes relations sociales, les anciennes croyances, les anciennes mœurs et idéologies ou religions.</p> <p>Cela est très important car les attaques des anciennes sociétés entourant la société la plus moderne ont toujours augmenté quand la nouvelle société est entrée en crise profonde, historique, terminale. On se souvient que les barbares ont envahi Rome ! Les civilisations ont toujours été entourées de peuples de chasseurs-cueilleurs, de peuples nomades, de guerriers des montagnes, des déserts et des forêts voisins.</p> <p>Les peuples dits barbares n'étaient pas seulement des ennemis potentiellement dangereux pour les civilisations, ils étaient aussi un énorme potentiel de main d'œuvre. Ils étaient encore un ferment de construction des sociétés. En effet, des « peuples barbares » étaient l'une des forces qui ont poussé à l'urbanisation, qui ont poussé à la mise en place d'une société civile organisée, qui ont poussé, beaucoup plus tard, à la mise en place de l'Etat. L'armée permanente est, partout dans le monde, née sous les prétexte de lutter contre les barbares alors qu'elle luttait d'abord contre l'ennemi intérieur, contre les risques révolutionnaires que faisaient peser les exploités et les opprimés, quand ceux-ci devenaient trop nombreux et que la société subissait de graves crises de sa domination économique, sociale et politique.</p> <p>Les peuples barbares ont partout servi à la fondation de l'Etat, les armées étant formées de barbares et même souvent de chefs militaire barbares. Les guerres contre les barbares ont soudé les pays, les peuples, les armées. Elles ont servi de ciment organisationnel et idéologique.</p> <p>Ce sont encore les guerres permanentes des peuples barbares qui entouraient les civilisations qui ont permis de renouveler la vitalité du pouvoir quand celle-ci croulait sous la trop grande prospérité, la corruption et le népotisme.</p> <p>Ces guerres fournissaient aussi aux civilisations des quantités sans limite d'esclaves, indispensables aux grands travaux des Etats des royaumes et empires.</p> <p>Le développement des civilisations a donc toujours, depuis la plus haute antiquité, depuis la préhistoire, été inégal et combiné. Le plus grand progrès civilisationnel s'est toujours combiné avec les plus anciennes sociétés, les plus anciens modes de production, les plus anciennes mœurs et relations sociales.</p> <p>Par exemple, jamais un mode de production n'a complètement éteint les modes de production plus anciens. ce n'est pas seulement à la naissance d'une civilisation que les restes des civilisations précédentes et des modes de production et des relations sociales antiques ont subsisté. Dans des sociétés où se développait la propriété privée des moyens de production, notamment la propriété privée de la terre, les villageois continuaient à disposer de terres cultivées collectivement et appartenant à la collectivité villageoise.</p> <p>Dans les sociétés urbanisées, et même celles qui l'étaient depuis longtemps, il a toujours existé, non loin, des peuples de chasseurs-cueilleurs ou de nomades, et les deux ne faisaient pas que faire semblant de s'ignorer, ils échangeaient un grand nombre de marchandises. Parfois, les nomades servaient de base pour mettre sur pied le grand commerce de marchandises qui a toujours été un des fondements indispensables des grandes civilisations urbaines.</p> <p>Lors des chutes des civilisations, les exploités et les opprimés ont le plus souvent détruit carrément tous les rapports sociaux d'exploitation, quittant les travaux forcés, les exploitations agraires et même les villes. Le mode de production a ainsi disparu corps et biens, les peuples exploités retournant au mode d'existence précédent et rejoignant les peuples dits barbares dont ils venaient.</p> <p>Il en résulte que l'image d'un développement linéaire, continu, progressif, dont nous abreuvent les historiens des classes possédantes n'a jamais correspondu au mode de fonctionnement de l'histoire des sociétés humaines.</p> <p>L'histoire n'est pas une lutte entre le progrès et la régression mais une lutte entre des classes sociales, ce qui est très différent. La motivation des classes dirigeante ne s'appelle absolument pas « le progrès » et surtout pas le progrès civilisationnel ou celui du bien-être des peuples. La dynamique des civilisations est bien plus contradictoire au sens dialectique.</p> <p>Ces contradictions dialectiques sont non seulement les oppositions entre exploiteurs et exploités, mais aussi celles entre le développement des forces productives et les rapports de production. Il y a encore la contradiction entre les intérêts des Etats et celles des classes dirigeantes, l'Etat ponctionnant parfois massivement les profits des possédants. Il y a enfin les contradictions au sein même des classes possédantes.</p> <p>Etant fondée sur des contradictions, les civilisations sont nées et mortes dans des révolutions sociales. Car leur naissance elle-même est une véritable révolution des rapports sociaux et politiques, une révolution culturelle et des mœurs également. Le moteur du changement n'est pas le progrès. Ce sont, au contraire, les contradictions, les oppositions qui ont poussé la transformation, en somme une force de négation et non une force positive, du type progrès, culture, civilisation, religion, tendance au bien-être, à la connaissance, à la culture, au développement.</p> <p>La brutalité de l'apparition et de la disparition des civilisations nouvelles, de leurs modes de production, de leurs rapports de production, de leurs mœurs, de leurs cultures provient du fait que la nouveauté doit détruire l'ancien ordre des choses ou, au moins, le dominer, le bloquer, l'empêcher de nuire, et que cela ne peut pas se faire progressivement ni pacifiquement, mais révolutionnairement.</p> <p>Si les civilisations nouvelles ont trouvé une force, une stabilité et une pérennité par le développement économique, social et politique, cela ne signifie pas que ce progrès ait été la force dynamique qui a poussé à l'apparition de ces sociétés. La force initiale est bien plus négative que positive. L'urbanisation nait de la nécessité de se défendre contre les attaques des peuples nomades. L'apparition des classes sociales naît de la nécessité de pérenniser les richesses des familles qui ont le plus accumulé de surproduit social. Les grands Etats naissent de la nécessité pour les classes possédantes de se défendre contre les révolutions sociales. Plus que jamais, avec les civilisations, le positif provient du négatif, dialectiquement en somme.</p> <p>Un exemple : même si ce n'est pas eux qui l'ont découvert et mis en place, le grand développement culturel a été lancé à grande échelle par des grands Etats qui étaient pourtant aux mains de bandes armées où régnait tout le contraire du goût de la culture et du progrès, mais la haine et le sang ! Des civilisations qui ont ensuite connu un développement pacifique fondé sur l'artisanat et le grand commerce sont issues de simples bandes de tueurs qui ont conquis le pouvoir sur des sociétés en développement et se sont ainsi posées et sédentarisées et civilisées.</p> <p>Toujours, ce sont les contradictions violentes, économiques, sociales et politiques qui pilotent le développement des civilisations, leur mise en place, leur progrès comme leur chute. Comprendre une civilisation, c'est d'abord chercher les contradictions fondamentales, et non seulement des forces positives, qui l'ont fondée. La philosophie fondamentale qui permet de comprendre une civilisation se trouve davantage à sa naissance et à sa mort que lors de son cours tranquille. Il en va de même de l'organisme social que de l'organisme humain que l'on comprend mieux dans sa naissance, dans sa maladie et dans sa mort, que dans son cours tranquille.</p></div> Bibliographie d'Histoire Naturelle https://matierevolution.org/spip.php?article6412 https://matierevolution.org/spip.php?article6412 2019-06-15T22:40:00Z text/html fr Robert Paris Sciences Les plus grands ouvrages d'histoire naturelle Pline l'Ancien Pline dans le texte Pline, texte et traduction Manuscrit du Moyen-Age Francis Bacon Introduction de Buffon Buffon Encore Buffon Toujours Buffon Buffon enfin Malesherbes Diderot Encore Diderot D'Alembert D'Holbach [Necker -> https://books.google.fr/books?id=XP... - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique89" rel="directory">15 - BIBLIOGRAPHY - BIBLIOGRAPHIE</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag">Sciences</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Les plus grands ouvrages d'histoire naturelle</h3> <p><a href="http://remacle.org/bloodwolf/erudits/plineancien/index.htm" class='spip_out' rel='external'>Pline l'Ancien</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84511144/f13.image" class='spip_out' rel='external'>Pline dans le texte</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=Eo0TLemeWAUC&pg=PA11&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiTrvv3yeHhAhVFQhoKHbWPCMM4RhDoAQgoMAA#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Pline, texte et traduction</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52508970d/f7.image" class='spip_out' rel='external'>Manuscrit du Moyen-Age</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=swSFSdqhEf8C&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi_p5GE9-jiAhWk0eAKHS8XA0YQ6AEITTAG#v=onepage&q=histoire%20naturelle&f=false" class='spip_out' rel='external'>Francis Bacon</a></p> <p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_naturelle_g%C3%A9n%C3%A9rale_et_particuli%C3%A8re/1" class='spip_out' rel='external'>Introduction de Buffon</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=9RwAAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi29eCZveHhAhWK4YUKHVLaAMwQ6AEILzAB#v=onepage&q=histoire%20naturelle&f=false" class='spip_out' rel='external'>Buffon</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86246116/f7.image" class='spip_out' rel='external'>Encore Buffon</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97502k" class='spip_out' rel='external'>Toujours Buffon</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97521v.image" class='spip_out' rel='external'>Buffon enfin</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=IEVuO9kofCoC&pg=PR80&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiTrvv3yeHhAhVFQhoKHbWPCMM4RhDoAQhSMAc#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Malesherbes</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=q9BjAAAAcAAJ&pg=PP7&dq=histoire+naturelle+encyclop%C3%A9die+diderot&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwix5JK-1-HhAhWvyIUKHXYCAHoQ6AEINDAC#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20encyclop%C3%A9die%20diderot&f=false" class='spip_out' rel='external'>Diderot</a></p> <p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Pens%C3%A9es_sur_l%E2%80%99interpr%C3%A9tation_de_la_nature" class='spip_out' rel='external'>Encore Diderot</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=qRpMAAAAcAAJ&pg=PT1&dq=histoire+naturelle+encyclop%C3%A9die+d%27alembert&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjRqdvV1-HhAhXkzoUKHc64CU8Q6AEIKTAA#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20encyclop%C3%A9die%20d'alembert&f=false" class='spip_out' rel='external'>D'Alembert</a></p> <p><a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/holbach_baron_d/systeme_de_la_nature/systeme_de_la_nature.html" class='spip_out' rel='external'>D'Holbach</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=XPkTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjf7biC1OHhAhUMbBoKHS2IAcQ4UBDoAQg0MAI#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Necker</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=7jXPAAAAMAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjA-_Gc1OHhAhUPxYUKHd2lAQ44WhDoAQg1MAI#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Agassiz-Vogt</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=jXFbAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjUn4movuHhAhUG1BoKHfejDW84MhDoAQgzMAI#v=onepage&q=histoire%20naturelle&f=false" class='spip_out' rel='external'>La Mettrie</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3604" class='spip_out' rel='external'>Hegel</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=DusTAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle+goethe&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj8ud2xyeHhAhVSyYUKHUf5CnwQ6AEIKTAA#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20goethe&f=false" class='spip_out' rel='external'>Goethe</a></p> <p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/La_Nature_-_Revue_des_sciences/1873S2" class='spip_out' rel='external'>La Nature - Revue des sciences/1873</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=ju0XAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj89rKmveHhAhXEy4UKHYXjDPUQ6AEIVDAH#v=onepage&q=histoire%20naturelle&f=false" class='spip_out' rel='external'>Museum d'Histoire Naturelle</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=z-5dAAAAcAAJ&pg=PA19&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjgh-vv1uHhAhVG1hoKHTGQAUc4eBDoAQhLMAY#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Encore Muséum d'Histoire Naturelle</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=lwBdAAAAcAAJ&pg=PR1&dq=histoire+naturelle+l&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjixozl1OHhAhWEy4UKHaL4BeQ4ZBDoAQhBMAQ#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20l&f=false" class='spip_out' rel='external'>Cuvier</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62137840.texteImage" class='spip_out' rel='external'>Encore Cuvier</a></p> <p><a href="https://books.google.fr/books?id=3yi6Ex6QFWwC&pg=PA189&dq=histoire+naturelle+lamarck&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi9xtXAyeHhAhVEzRoKHflCDHEQ6AEILTAB#v=onepage&q=histoire%20naturelle%20lamarck&f=false" class='spip_out' rel='external'>Lamarck</a></p> <p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6564680d.texteImage" class='spip_out' rel='external'>Darwin</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223" class='spip_out' rel='external'>Marx</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf" class='spip_out' rel='external'>Engels</a></p> <p><a href="https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Homme_et_la_Terre/I/Texte_entier" class='spip_out' rel='external'>Elisée Reclus</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3945" class='spip_out' rel='external'>Matière et Révolution</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4665" class='spip_out' rel='external'>Lire encore</a></p></div> La lutte des classes, en France comme dans le monde, est lancée et ne peut être retardée ni délayée https://matierevolution.org/spip.php?article6490 https://matierevolution.org/spip.php?article6490 2019-06-14T22:01:00Z text/html fr Robert Paris Révolution Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles La lutte des classes en France est lancée et ne peut être retardée. Elle ne peut qu'être gagnée ou perdue. L'annonce par le gouvernement français que la remise en question des retraites est en chantier, son annonce que la casse des hôpitaux continue, celle bien sûr des Urgences mais aussi des autres services, celle aussi des EPHAD, de la psychiatrie, avec notamment la confirmation de l'austérité et des suppressions d'emplois dans le secteur de la Santé, son annonce que les suppressions de fonctionnaires (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13015 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/122411239_o-bf372.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">La lutte des classes en France est lancée et ne peut être retardée. Elle ne peut qu'être gagnée ou perdue.</h3> <p>L'annonce par le gouvernement français que la remise en question des retraites est en chantier, son annonce que la casse des hôpitaux continue, celle bien sûr des Urgences mais aussi des autres services, celle aussi des EPHAD, de la psychiatrie, avec notamment la confirmation de l'austérité et des suppressions d'emplois dans le secteur de la Santé, son annonce que les suppressions de fonctionnaires continuent dans tous les services publics, y compris l'enseignement et la recherche, mais aussi les transports et l'énergie, et que seuls armée et police recrutent massivement, son annonce que l'argent public ne sert qu'à supprimer les impôts des riches, son annonce qu'il ne combattra le chômage qu'en radiant les chômeurs de Pôle Emploi sous tous les prétextes imaginables, son annonce que le gouvernement est prêt à brader à tout prix les services publics, entreprises publiques et semi-publiques, que c'est lui qui a suscité la vente de Renault à Fiat en sacrifiant les salariés, toutes ces annonces montrent bien que l'on ne peut se contenter de laisser le mouvement des Gilets jaunes s'essouffler doucement avant les vacances, étranglé qu'il est par le pouvoir et sa répression de masse, historique et complètement nouvelle.</p> <p>Les luttes qui se développent actuellement sont directement marquées par le mouvement des Gilets jaunes, même si celui-ci a été violemment combattu, discrédité et réprimé, et elles montrent notamment que les leçons de cette lutte ont été tirées par de nombreux salariés, qui veulent désormais s'organiser par eux-mêmes comme l'a montré la lutte des Urgences derrière sa coordination Inter-Urgences ou d'autres luttes de l'Hôpital public et de la Santé derrière des comités de grève. Car les journées d'action syndicales ne mènent qu'à des échecs, ainsi que l'a montré la dernière journée d'action des cheminots ou celle des personnels hospitaliers. Ces « actions » sans aucune action, ces prétendues grèves (mais une grève, ce n'est pas quand l'adversaire sait que le lendemain on reprend le travail, ce n'est pas quand on annonce d'avance qu'on arrêtera la lutte sans obtenir satisfaction !!!), ces « journées » décidées sans participation aux décisions des salariés eux-mêmes, ne font en rien peur aux classes possédantes et aux gouvernants à leur service. Il est d'ailleurs remarquable que le secrétaire général de la CGT cheminots affirme lui-même qu'il n'est pas question, lors de la prochaine action syndicale, de reprendre la méthode scandaleuse de la prétendue grève perlée, sans grève réelle (une grève ne peut s'arrêter à date fixée d'avance fût-ce pour reprendre ensuite à date fixée d'avance et transmise aux adversaires) et sans perles !!!</p> <p>Il est remarquable aussi que la lutte d'une seule Urgence parisienne, auto-organisée, militant directement et ouvertement elle-même pour l'extension, ait mené cent Urgence dans toutes les Urgences de France à entrer en grève alors qu'aucune grève dirigée par les syndicats, ni dans l'Hôpital public ni ailleurs, n'a jamais mené à ce résultat… Toutes ces dernières années, l'essentiel de l'effort des appareils syndicaux a consisté, au contraire, à séparer les luttes en petits bouts et cela continue d'être le cas aujourd'hui, les bureaucraties syndicales n'ayant, elles, rien changé depuis le mouvement des Gilets jaunes ! Ainsi, au sein de l'hôpital public, elles ont combattu l'auto-organisation des Urgences autant qu'elles l'ont pu. Elles combattent encore dans certains hôpitaux les tendances à l'extension des grèves à d'autres secteurs que les Urgences. Et tous les appareils syndicaux ne veulent surtout pas de liaisons hôpitaux-cheminots-enseignants-chercheurs-énergie-banques-Renault et on en passe…</p> <p>Pourtant, jamais les travailleurs n'ont eu autant conscience que l'attaques antisociale est générale et très menaçante pour tous les salariés. Jamais ils n'ont eu autant conscience que leur avenir dépend des luttes que nous menons et de celles que nous allons mener dans la période qui vient, les autres prétendues alternatives, élections politiciennes, négociations syndicales, réformes de toutes sortes appelées par les associations réformistes, ne pouvant mener à aucune changement positif, les classes possédantes, le 1% de milliardaires étant moins que jamais disposés à sacrifier le moindre centime de l'exploitation des plus démunis, comme l'a démontré le mouvement des Gilets jaunes.</p> <p>Cette rapacité, cette violence des classes possédantes, c'est la principale leçon de ce mouvement, même si la propagande gouvernementale a essayé de retourner l'argument en prétendant que ce mouvement démontrait la violence des classes dangereuses, des « barbares ». Mais il suffit de poser la question : qui a eu des nez arrachés, des mains arrachées, des joues arrachées, des janbes et des pieds arrachés, des vies brisées, des handicaps et des stress à vie, pour remettre en place la véritable violence, qui n'est pas celle des Gilets jaunes mais celle des forces de répression, qui ont jusqu'à lancer des chiens, des chevaux, des blindés, des armes de guerre contre des manifestants pacifiques, sciemment assimilés à quelques casseurs, même pas plus dangereux qu'ils ne l'ont été dans bien des manifestations passées où de tels moyens n'ont jamais été employés.</p> <p>Et la rapacité des possédants a été démontré par un simple « fait divers », l'incendie de Notre-Dame qui a dévoilé que des sommes colossales dorment dans les coffres des possédants, ne sont ni investis ni utilisés par ceux-ci et pouvaient sortir du jour au lendemain, du moment que ces riches pouvaient espérer supprimer encore quelques impôts !!!</p> <p>Le refrain qui affirmait « l'impôt ne saigne que le malheureux » n'a jamais été aussi vrai. Il vaut mieux être multimilliardaire comme Ghosn, Total ou L'Oréal pour ne pas payer d'impôts que d'être un salarié, un auto-entrepreneur ou un petit commerçant ou artisan ! Balkany a été lâché par les riches mais ce n'est qu'un cas à part et d'ailleurs personne ne va réellement lui imposer de rendre l'argent qu'il a volé notamment aux habitants de Levallois-Perret. Quant aux autres bandits qui nous gouvernent ou nous ont gouverné, l'exemple de Macron, volant l'argent de la vente d'un aéroport public au privé, ne risque pas de démonter le contraire. La Justice n'est pas prête à le traîner en procès… La justice française n'a jamais cherché à enquêter sur les nombreux vols de Ghosn sur l'argent public comme sur celui de Renault et c'est seulement du fait des guerres entre requins de l'Automobile mondiaux que Ghosn a chuté et se retrouve en prison ! Pour faire payer tous ceux qui ne vivent que de leur travail, l'Etat est par contre plus mobilisé que jamais et va même jusqu'à prendre nos sous directement à la source !!! Non seulement ce même Etat ne fait pas payer les banquiers, les financiers, les spéculateurs, les bandits de la spéculation de toutes sortes mais il a prévu, en cas d'effondrement économique général, de leurs donner le droit de mettre la main sur la totalité (et non une partie) de nos épargnes, de nos comptes en banque, de nos assurances-vie et autres comptes nous appartenant !!!</p> <p>Que le gouvernement français ait été jusqu'à bombarder des manifestants pacifiques de grenades agressives pleines de gaz dangereux, qu'ils aient été jusqu'à mener des charges violentes contre des femmes et des enfants, contre des vieillards, contre des handicapés, qu'ils aient imposé aux services d'urgence des hôpitaux de livrer à la police les identités des victimes de la répression qui venaient s'y soigner, qu'ils aient empêché les média d'informer librement des faits liés au mouvement, qu'ils aient policièrement encadré les média d'internet, qu'ils aient utilisé l'armée pour « rétablir l'ordre » dans le pays, tout montre que la lutte actuelle est, de la part des classes dirigeantes, d'une violence inconnue depuis longtemps.</p> <p>Oui, les classes dirigeantes ont bel et bien sorti les couteaux et mènent la lutte des classes. Les Gilets jaunes n'ont fait que, pour la première fois en France, répliquer au niveau de l'attaque. Et ce qui a été le plus frappant, c'est la haine qu'ils ont suscité non seulement de la part des classes possédantes, non seulement de la aprt des gouvernants et des chefs de la répression d'Etat, mais aussi de celle de tous les réformistes qui prônent la négociation avec les premiers, qui essaient de faire croire qu'il y aurait des « solutions » en dehors de la lutte des classes, tous ces Martinez, Mercier, Berger, Brun et autres bureaucrates syndicaux ! Ces derniers n'ont pas eu de mots assez durs dans les média pour dénoncer les Gilets jaunes comme démagogues, violents, barbares, racistes, fascistes, antisémites et autres joyeusetés alors qu'ils attaquaient des gens qui n'exploitent personne, qui ne parviennent pas à finir le mois alors qu'ils travaillent ou cherchent du travail et n'ont pas, comme ces bureaucrates syndicaux l'accès aux média !!!</p> <p>Si tous les réformistes, politiques, syndicaux et associatifs se sont tellement indignés de la lutte des Gilets jaunes, c'est qu'elle remet en cause leurs a priori réformistes, leur prétention à réformer le système capitaliste sans remettre en cause ni la mainmise sur les richesses ni la mainmise sur le pouvoir politique des possesseurs du grand capital.</p> <p>Et cela montre où la lutte des classes devra nous mener demain : à remettre en question fondamentalement le pouvoir économique et politique des milliardaires.</p> <p>Ce n'est pas seulement en France mais partout dans le monde que les luttes de classes changent parce qu'elles suivent le changement de la situation mondiale du capitalisme. Ce n'est pas seulement en Algérie ou au Soudant. Ce n'est pas seulement en Europe, mais aussi en Asie, aussi aux Amériques, partout, que les classes possédantes nous livrent une lutte au couteau et partout aussi que les exploités et opprimés ne supportent plus, que les jeunes se révoltent, que les femmes prennent la tête de soulèvements de masse. Et c'est là que réside l'avenir non seulement des salariés, des chômeurs, des jeunes et des femmes mais celui de l'humanité.</p> <p>Ou nous gagneront ces luttes, ou les classes possédantes nous lancerons les uns contre les autres dans des affrontements meurtriers, fascistes, racistes, guerriers, etc. On le voit partout, dans les guerres qui se profilent notamment contre l'Iran, la Chine et autres, dans les massacres interethniques, comme au Mali, oud ans les montées des fascismes dans le monde.</p> <p>Les derniers mouvements de masse dans le monde, en France comme en Algérie ou au Soudan, montrent que les peuples ne sont pas démunis, que leur force de classe et de masse est intacte et nous étonne comme elle nous étonnera ! L'avenir est à nous si nous comptons sur nos propres forces !</p></div> Faut-il réhabiliter le dirigeant de la révolution bourgeoise anglaise Cromwell https://matierevolution.org/spip.php?article6419 https://matierevolution.org/spip.php?article6419 2019-06-13T22:38:00Z text/html fr Robert Paris Révolution Bourgeois Aristocrates Révolution bourgeoise Angleterre Great Britain Révolte Ce dont été capables les classes populaires et la petite bourgeoisie des villes avec Cromwell à leur tête, mettre en place la république en Angleterre, ni la grande bourgeoisie capitaliste, ni les prétendus dirigeants « de gauche » travaillistes et syndicalistes n'en sont plus capables. Ils sont trop hostiles pour cela au prolétariat ! C'est effectivement le prolétariat révolutionnaire, seul, qui peut le réaliser demain, tout en accomplissant mille autres tâches de la révolution socialiste, à commencer (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot51" rel="tag">Bourgeois</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot52" rel="tag">Aristocrates</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot115" rel="tag">Angleterre Great Britain</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a> <div class='rss_texte'><p>Ce dont été capables les classes populaires et la petite bourgeoisie des villes avec Cromwell à leur tête, mettre en place la république en Angleterre, ni la grande bourgeoisie capitaliste, ni les prétendus dirigeants « de gauche » travaillistes et syndicalistes n'en sont plus capables. Ils sont trop hostiles pour cela au prolétariat ! C'est effectivement le prolétariat révolutionnaire, seul, qui peut le réaliser demain, tout en accomplissant mille autres tâches de la révolution socialiste, à commencer par retirer le pouvoir et les richesses aux possesseurs des capitaux et des entreprises…</p> <p><span class='spip_document_12568 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/_67156100_oliver_cromwell_getty_51239017-3670a.jpg' width='500' height='282' alt="" style='height:282px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_12567 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH350/PridesPurge-cf816.jpg' width='500' height='350' alt="" style='height:350px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_12566 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L317xH400/1005463-Oliver_Cromwell-8b54d.jpg' width='317' height='400' alt="" style='height:400px;width:317px;' /></span><span class='spip_document_12565 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH358/oliver_cromwell-14a7a.jpg' width='500' height='358' alt="" style='height:358px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_12564 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH583/3288291612_1_5_dEnPcIn5-3b4b7.jpg' width='450' height='583' alt="" style='height:583px;width:450px;' /></span> <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2011" class='spip_out' rel='external'>Supprimer la monarchie reste un objectif transitoire du prolétariat révolutionnaire</a></p> <p>Rosa Luxemburg dans « Assemblée constituante ou pouvoir des soviets ? » (décembre 1918) :</p> <p>« Comment les choses se sont-elles passées en Angleterre ? C'est là qu'est le berceau du parlementarisme bourgeois, c'est là qu'il s'est développé le plus tôt, avec le plus de force. Lorsqu'en 1649 l'heure de la première révolution bourgeoise moderne sonna en Angleterre, le parlement anglais avait déjà derrière lui une histoire plus que trois fois centenaire. C'est pourquoi le parlement devint, dès le premier moment de la révolution, son centre, son rempart, son quartier général. Le fameux « Long Parlement » a vu sortir de son sein toutes les phases de la révolution anglaise. Depuis les premières escarmouches entre l'opposition et la puissance royale, jusqu'au procès et à l'exécution de Charles Stuart, ce parlement fut, entre les mains de la bourgeoisie ascendante, un instrument insurpassable, parfaitement adapté.</p> <p>Et qu'advint-il ? Ce même parlement dut créer une « armée parlementaire spéciale, que des généraux choisis dans son sein conduisirent au combat, pour y mettre en déroute complète, au cours d'une guerre civile longue, âpre et sanglante, le féodalisme, l'armée des « cavaliers » fidèles au roi. Ce ne fut pas dans les débats de l'Abbaye de Westminster, qui était pourtant alors le centre spirituel de la révolution, mais sur les champs de bataille de Marstonmoor et de Naseby, ce ne fut point par les brillants discours prononcés au parlement, mais par la cavalerie paysanne, par les « Côtes-de-Fer » de Cromwell que se décida le sort de la révolution anglaise. Et son développement conduisit du parlement, au travers de la guerre civile, à l' « épuration " par la force, à deux reprises, de ce même parlement, et, finalement, à la dictature de Cromwell. »</p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/luxembur/spartakus/rl19181217.htm" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p>Karl Marx dans sa lettre à L. Kugelmann du 29 novembre 1869 : « En réalité, la République anglaise sous Cromwell a échoué à cause... de l'Irlande. »</p> <p>Note : Un soulèvement national avait éclaté en Irlande en 1641. De 1649 à 1652, cette révolution fut réprimé par Cromwell avec cruauté. L'affaire se termina par l'expropriation des Irlandais au profit des nouveaux landlords anglais et cette opération, en renforçant la position des grands propriétaires, prépara le terrain au rétablissement de la monarchie.</p> <p>Karl Marx dans « Le Capital » - Livre premier :</p> <p>« Dès le dernier tiers du XV° siècle, les plaintes contre l'extension croissante de l'agriculture capitaliste et la destruction progressive des paysans indépendants ne cessent d'y retentir que pendant de courts intervalles, et en même temps on retrouve constamment ces paysans, quoique en nombre toujours moindre et dans des conditions de plus en plus empirées. Exceptons pourtant le temps de Cromwell : tant que la République dura, toutes les couches de la population anglaise se relevèrent de la dégradation où elles étaient tombées sous le règne des Tudors. »</p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-30.htm" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p>F. Engels dans « Socialisme scientifique, socialisme utopique » :</p> <p>« Le deuxième grand soulèvement de la bourgeoisie trouva dans le calvinisme une doctrine toute prête. Ce soulèvement eut lieu en Angleterre. La bourgeoisie des villes mit le mouvement en train, et la yeomanry des campagnes le fit triompher. Il est assez curieux que, dans les trois grandes révolutions de la bourgeoisie, la paysannerie fournisse les armées pour soutenir le combat et qu'elle soit précisément la classe qui, la victoire acquise, doive être le plus sûrement ruinée par ses conséquences économiques. Un siècle après Cromwell, la yeomanry avait pratiquement disparu. Cependant sans cette yeomanry et sans l'élément plébéien des villes, jamais la bourgeoisie livrée à ses propres forces n'aurait pu continuer la lutte jusqu'au bout et n'aurait pu faire monter Charles Ire sur l'échafaud. Pour que la bourgeoisie pût consolider jusqu'à ces conquêtes qui étaient alors à portée de sa main, il fallut que la révolution dépassât de beaucoup le but qui lui était assigné exactement comme en France en 1793 et en Allemagne en 1848. Il semble que ce soit là une des lois de l'évolution de la société bourgeoise.</p> <p>Quoi qu'il en soit, cet excès d'activité révolutionnaire fut nécessairement suivi en Angleterre par l'inévitable réaction, qui, à son tour, dépassa le point où elle aurait pu s'arrêter. Après une série d'oscillations, le nouveau centre de gravité finit par être atteint et il devint un nouveau point de départ. La grande période de l'histoire anglaise, que la « respectabilité » nomme la grande rébellion », et les luttes qui suivirent parvinrent à leur achèvement avec cet événement relativement insignifiant de 1689 que les historiens libéraux appellent « la glorieuse révolution ».</p> <p>Le nouveau point de départ fut un compromis entre la bourgeoisie montante et les ci-devant propriétaires féodaux. Ces derniers, bien que nommés alors comme aujourd'hui l'aristocratie, étaient depuis longtemps en train de devenir ce que Louis-Philippe ne devint que beaucoup plus tard : « le premier bourgeois du royaume ». Heureusement pour l'Angleterre, les vieux barons féodaux s'étaient entre-tués durant la guerre des Deux-Roses. Leurs successeurs, quoique issus pour la plupart des mêmes vieilles familles, provenaient cependant de branches collatérales si éloignées qu'ils constituèrent un corps tout à fait nouveau ; leurs habitudes et leurs goûts étaient plus bourgeois que féodaux ; ils connaissaient parfaitement la valeur de l'argent et ils se mirent immédiatement à augmenter leurs rentes foncières, en expulsant des centaines de petits fermiers qu'ils remplaçaient par des moutons. Henry VIII, en dissipant en donations et prodigalités les terres de l'Église créa une légion de nouveaux propriétaires fonciers bourgeois : les innombrables confiscations de grands domaines puis leur octroi à des demi ou à de parfaits parvenus par le biais de concessions, qui furent renouvelées pendant tout le XVIIe siècle, aboutirent au même résultat. C'est pourquoi à partir de Henry VII, l' « aristocratie » anglaise, loin de contrecarrer le développement de la production industrielle, avait au contraire cherché à en bénéficier indirectement ; et de même il s'était toujours trouvé une fraction de grands propriétaires fonciers disposés, pour des raisons économiques et politiques, à coopérer avec les dirigeants de la bourgeoisie industrielle et financière. Le compromis de 1689 se réalisa donc aisément. Les dépouilles politiques — postes, sinécures, gros traitements, furent abandonnées aux grandes familles de la noblesse terrienne, sans que, pour autant, on négligeât le moins du monde les intérêts économiques de la bourgeoisie commerçante, industrielle et financière. Et ces intérêts économiques étaient déjà à l'époque suffisamment puissants pour déterminer la politique générale de la nation. Il pouvait bien y avoir des querelles sur les questions de détail, mais, dans l ensemble, l'oligarchie aristocratique ne savait que trop bien que sa prospérité économique était irrévocablement liée ù celle de la bourgeoisie industrielle et commerçante.</p> <p>Dès lors la bourgeoisie fut une partie intégrante, modeste certes, mais reconnue comme telle, des classes dirigeantes de l'Angleterre. Avec toutes les autres, elle avait un intérêt commun au maintien de la sujétion de la grande masse ouvrière de la nation. Le marchand ou le manufacturier lui-même occupait la position de maître ou, comme on disait jusqu'à ces derniers temps, de « supérieur naturel » envers ses ouvriers, commis et domestiques. Son intérêt lui commandait de leur soutirer autant de bon travail que possible ; pour cela il devait les former à la soumission convenable. Il était lui-même religieux, la religion lui avait fourni le drapeau sous lequel il avait combattu le roi et les seigneurs ; il ne fut pas long à découvrir les avantages que l'on pouvait tirer de cette même religion pour agir sur l'esprit de ses inférieurs naturels et pour les rendre dociles aux ordres des maîtres qu'il avait plu à Dieu de placer au- dessus d'eux. Bref, la bourgeoisie anglaise avait désormais à prendre sa part dans l'oppression des « classes inférieures », de la grande masse productrice de la nation, et un de ses instruments d'oppression fut l'influence de la religion.</p> <p>Un autre fait contribua à renforcer les penchants religieux de la bourgeoisie : la montée du matérialisme en Angleterre. Cette nouvelle doctrine non seulement scandalisait les dévots de la bourgeoisie, mais elle s'annonçait comme une philosophie qui ne convenait qu'aux lettrés et aux gens du monde cultivés, par opposition à la religion qui était tout juste bonne pour la grande masse inculte, y compris la bourgeoisie. Avec Hobbes, le matérialisme apparut sur la scène, comme défenseur de l'omnipotence et des prérogatives royales ; il faisait appel à la monarchie absolue pour maintenir sous le joug ce puer robustus sed malitiosus qu'était le peuple. Il en fut de même avec les successeurs de Hobbes, avec Bolingbroke, Shaftesbury, etc. ; la nouvelle forme déiste du matérialisme demeura une doctrine aristocratique, ésotérique et par conséquent odieuse à la bourgeoisie et par son hérésie religieuse, et par ses associations politiques anti-bourgeoises. Par conséquent, en opposition à ce matérialisme et à ce déisme aristocratiques, les sectes protestantes qui avaient fourni son drapeau et ses combattants à la guerre contre les Stuarts, continuèrent à constituer la force principale dé la classe moyenne progressive et forment aujourd'hui encore l'épine dorsale du « grand Parti libéral ». »</p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/marx/80-utopi/utopi-0.htm" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/marx/works/subject/england/cromwell.htm" class='spip_out' rel='external'>Marx-Engels on English Revolution</a></p> <h3 class="spip">Faut-il réhabiliter le révolutionnaire anglais Cromwell ?</h3> <p>Quand Charles II a rétabli la royauté en Angleterre, momentanément renversée par la révolution bourgeoise et populaire anglaise de Cromwell, il fit déterrer et traîner à Tyburn le cadavre de l'ancien Lord Protecteur du Commonwealth et l'a pendu au gibet. Sa tête a été exposée pendant vingt ans devant Westminster Hall. La royauté française de la Restauration n'en avait pas fait autant des dirigeants révolutionnaires !!!</p> <p>La royauté anglaise tenait à effacer tout sentiment de sympathie populaire à l'égard de la révolution sociale et politique qu'avait connu le pays !</p> <p>Voici ce qu'écrit Guizot sur Cromwell dans son « Histoire générale de la civilisation en Europe » :</p> <p>« Les trois grands partis de la révolution avaient donc été successivement appelés à la conduire, à gouverner le pays selon leur science et leur volonté, et ils ne l'avaient pu ; ils avaient tous les trois échoué complètement ; ils ne pouvaient plus rien. Ce fut alors, dit Bossuet, « qu'un homme se rencontra qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance ; » expression pleine d'erreur et que dément toute l'histoire. Jamais homme n'a plus laissé à la fortune que Cromwell ; jamais homme n'a plus hasardé, n'a marché plus témérairement, sans dessein, sans but, mais décidé à aller aussi loin que le porterait le sort. Une ambition sans limite, et une admirable habileté pour tirer de chaque jour, de chaque circonstance, quelque progrès nouveau, l'art de mettre la fortune à profit sans jamais prétendre la régler, c'est là Cromwell. Il lui est arrivé ce qui n'est arrivé peut-être à aucun autre homme de sa sorte ; il a suffi à toutes les phases, aux phases les plus diverses de la révolution ; il a été l'homme des premiers et des derniers temps, d'abord le meneur de l'insurrection, le fauteur de l'anarchie, le révolutionnaire le plus fougueux de l'Angleterre, ensuite l'homme de la réaction antirévolutionnaire, l'homme du rétablissement de l'ordre, de la réorganisation sociale ; jouant ainsi à lui seul tous les rôles que, dans le cours des révolutions, se partagent les plus grands acteurs. On ne peut dire que Cromwell ait été Mirabeau ; il manquait d'éloquence et que très-actif, n'obtint, dans les premières années du long parlement, aucun éclat. Mais il a été successivement Danton et Buonaparte. Il avait plus que nul autre contribué à renverser le pouvoir ; il le releva parce que nul autre que lui ne le sut prendre et manier ; il fallait bien que quelqu'un gouvernât ; tous y échouaient ; il y réussit. Ce fut là son titre. Une fois maître du gouvernement, cet homme dont l'ambition s'était montrée si hardie, si insatiable, qui avait toujours marché poussant devant lui la fortune, décidé à ne s'arrêter jamais, déploya un bon sens, une prudence, une connaissance du possible, qui dominaient ses plus violentes passions. Il avait sans doute un goût extrême de pouvoir absolu et un très-vif désir de mettre la couronne sur sa tête et dans sa famille. Il renonça à ce dernier dessein dont il sut reconnaître à temps le péril ; et quant au pouvoir absolu, quoiqu'il l'exerçât en fait, il comprit toujours que le caractère de son temps était de n'en pas vouloir, que la révolution à laquelle il avait coopéré, qu'il avait suivie dans toutes ses phases, avait été faite contre le despotisme, et que le vœu impérissable de l'Angleterre était d'être gouvernée par un parlement et dans les formes parlementaires. Lui-même alors, despote de goût et de fait, il entreprit d'avoir un parlement et de gouverner parlementairement. Il s'adressa successivement à tous les partis ; il tenta de faire un parlement avec les enthousiastes religieux, avec les républicains, avec les presbytériens, avec les officiers de l'armée. Il tenta toutes les voies pour constituer un parlement qui pût et voulût marcher avec lui. Il eut beau chercher ; tous les partis, une fois siégeant dans Westminster, voulaient lui arracher le pouvoir qu'il exerçait, et dominer à leur tour. Je ne dis pas que son intérêt, sa passion personnelle, ne fût pas sa première pensée. Il n'en est pas moins certain que, s'il avait abandonné le pouvoir, il eût été obligé de le reprendre le lendemain. Puritains ou royalistes, républicains ou officiers, nul autre que Cromwell n'était alors en état de gouverner avec quelque ordre et quelque justice. L'épreuve avait été faite. Il y avait impossibilité à laisser les parlements, c'est-à-dire les partis siégeant en parlement, prendre l'empire qu'ils ne pouvaient garder. Telle était donc la situation de Cromwell : il gouvernait dans un système qu'il savait très bien n'être pas celui du pays ; il exerçait un pouvoir reconnu nécessaire, mais qui n'était accepté de personne. Aucun parti n'a regardé sa domination comme un gouvernement définitif. Les royalistes, les presbytériens, les républicains, l'armée elle-même, le parti qui semblait le plus dévoué à Cromwell, tous étaient convaincus que c'était un maître transitoire. Au fond il n'a jamais régné sur les esprits ; il n'a jamais été qu'un pis-aller, une nécessité de moment. Le Protecteur, le maître absolu de l'Angleterre a été toute sa vie obligé de faire des tours de force pour retenir le pouvoir ; aucun parti ne pouvait gouverner comme lui, mais aucun ne voulait de lui : il fut constamment attaqué par tous à la fois.</p> <p>A sa mort, les républicains seuls étaient en mesure de porter la main sur le pouvoir ; ils le firent, et ne réussirent pas mieux qu'ils n'avaient déjà fait. Ce ne fut pas faute de confiance, du moins dans les fanatiques du parti. Une brochure de Milton, publiée à cette époque, et pleine de talent et de verve, est intitulée : Un aisé et prompt moyen d'établir la république. Vous voyez quel était l'aveuglement de ces hommes. Ils retombèrent bientôt dans cette impossibilité de gouverner qu'ils avaient déjà subie. Monk prit la conduite de l'événement qu'attendait toute l'Angleterre. La restauration s'accomplit.</p> <p>La restauration des Stuart a été en Angleterre un événement très-national. Elle se présentait à la fois avec les mérites d'un gouvernement ancien, d'un gouvernement qui repose sur les traditions, sur les souvenirs du pays, et les avantages d'un gouvernement nouveau, dont on n'a pas fait la récente épreuve, dont on n'a pas subi naguère les fautes et le poids. L'ancienne monarchie était le seul système de gouvernement qui depuis vingt ans n'eût pas été décrié par son incapacité et son mauvais succès dans l'administration du pays. Ces deux causes rendirent la restauration populaire ; elle n'eut contre elle que la queue des partis violents ; le public s'y rallia très-sincèrement. C'était dans l'opinion du pays la seule chance, le seul moyen de gouvernement légal, c'est-à-dire de ce que le pays désirait avec le plus d'ardeur. Ce fut là aussi ce que promit la restauration, ce fut sous l'aspect de gouvernement légal qu'elle eut soin de se présenter.</p> <p>Le premier parti royaliste qui prit, au retour de Charles II, le maniement des affaires, fut en effet le parti légal, représenté par son plus habile chef, le grand chancelier Clarendon. Vous savez que, de 1660 à 1667, Clarendon fut premier ministre, et la véritable influence dominante en Angleterre. Clarendon et ses amis reparurent avec leur ancien système, la souveraineté absolue du roi, contenue dans les limites légales, réprimée, soit par les chambres en matière d'impôts, soit par les tribunaux en matière de droits privés, de libertés individuelles ; mais possédant, en fait de gouvernement proprement dit, une indépendance presque entière, et la prépondérance la plus décisive, à l'exclusion ou même contre le vœu de la majorité des chambres, et notamment de la chambre des communes ; du reste assez de respect de l'ordre légal, assez de sollicitude des intérêts du pays, un sentiment assez noble de sa dignité, une couleur morale assez grave et honorable ; tel est le caractère de l'administration de Clarendon pendant sept années. Mais les idées fondamentales sur lesquelles cette administration reposait, la souveraineté absolue du roi, et le gouvernement placé hors de l'influence prépondérante des chambres, ces idées, dis-je, étaient vieilles, impuissantes. Malgré la réaction des premiers moments de la restauration, vingt ans de domination parlementaire contre la royauté les avaient ruinées sans retour. Bientôt éclata dans le sein du parti royaliste un nouvel élément, des esprits libres, des roués, de mauvais sujets, qui participaient aux idées du temps, comprenaient que la force était dans les communes, et se souciant assez peu de l'ordre légal ou de la souveraineté absolue du roi, ne s'inquiétaient que du succès et le cherchaient partout où ils entrevoyaient quelque moyen d'influence et de pouvoir. Ils formèrent un parti qui s'allia avec le parti national mécontent, et Clarendon fut renversé.</p> <p>Alors arriva un nouveau système de gouvernement, celui de cette portion du parti royaliste que je viens de décrire ; les roués, les libertins formèrent le ministère qu'on appela le ministère de la Cabale, et plusieurs des administrations qui lui succédèrent. »</p> <p>Après la mort d'Oliver Cromwell, le 3 septembre 1658, celui-ci eut droit à une cérémonie funèbre publique à l'abbaye de Westminster, à la manière des rois qui l'avaient précédé. Après avoir défait et exécuté le roi Charles Ier pendant la Première Révolution anglaise, Cromwell était devenu Lord Protecteur, dirigeant du Commonwealth d'Angleterre. Lui succéda alors son fils, Richard Cromwell, qui, bientôt, fut renversé par l'armée en 1659, après la réinstallation de la monarchie et le rappel de Charles II, alors en exil. Le parlement de Charles ordonna l'exhumation de la dépouille de Cromwell de l'abbaye de Westminster, en plus de celles d'autres régicides, dont John Bradshaw et Henry Ireton, pour une exécution posthume, à Tyburn. Après les avoir pendus et laissés suspendus « du matin à quatre heures de l'après-midi », les corps furent découpés et les têtes empalées sur des piques de six mètres, au-dessus du palais de Westminster. En 1685, une tempête brisa la pique, jetant la tête à terre, après quoi elle circula des mains de collectionneurs particuliers à celles de propriétaires de musées, jusqu'au 25 mars 1960, jour où elle fut enterrée au Sidney Sussex College de Cambridge.</p> <p>Fichée au bout de sa pique au-dessus de l'horizon londonien, la tête constituait un puissant avertissement pour les spectateurs. Au XVIIIe siècle, elle devint une curiosité, une relique. Elle fut admirée, fustigée, puis niée, considérée comme fausse. Après que Thomas Carlyle eut nié l'existence de la tête, déclarant qu'il s'agissait d'une « rumeur frauduleuse » et, après l'apparition d'un nouvel individu prétendant posséder la tête, des analyses scientifiques et archéologiques furent menées, dans le but d'en identifier l'origine. Des tests sans résultats tangibles aboutirent à un rapport détaillé de Karl Pearson et de Geoffrey Morant concluant, qu'après une étude approfondie de la tête et d'autres indices et preuves, l'appartenance de la tête à Cromwell était une « certitude morale ».</p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1221" class='spip_out' rel='external'>« La révolution anglaise », de Charles Ier à Cromwell, d'après Michel Duchein</a></p> <h3 class="spip">« La révolution russe » de Léon Trotsky, chapitre « La dualité de pouvoirs » :</h3> <p>« La révolution anglaise du XVIIe siècle, précisément parce que c'était une grande révolution qui bouleversa la nation de fond en comble, représente nettement les alternatives de dualité des pouvoirs avec les violents passages de l'un à l'autre, sous l'aspect de la guerre civile.</p> <p>D'abord, au pouvoir royal, appuyé sur les classes privilégiées ou les sommets des classes, aristocrates et évêques, s'opposent la bourgeoisie et les couches proches d'elle des hobereaux. Le gouvernement de la bourgeoisie est le Parlement presbytérien qui s'appuie sur la City londonienne. La lutte prolongée de ces deux régimes se résout par une guerre civile ouverte. Deux centres gouvernementaux, Londres et Oxford, créent leurs armées, la dualité des pouvoirs prend forme territorialement, quoique, comme toujours dans une guerre civile, les limitations territoriales soient extrêmement instables. Le parlement l'emporte. Le roi, fait prisonnier, attend son sort.</p> <p>Il semblerait que se constituent les conditions du pouvoir unique de la bourgeoisie presbytérienne. Mais, avant encore que soit brisé le pouvoir royal, l'armée du parlement se transforme en une force politique autonome. Elle rassemble dans ses rangs les indépendants, les petits bourgeois, artisans, agriculteurs, dévots et résolus. L'armée se mêle autoritairement à la vie sociale, non simplement en tant que force d'armée, non comme garde prétorienne, mais comme représentation politique d'une nouvelle classe opposée à la bourgeoisie aisée et riche. En conséquence, l'armée crée un nouvel organe d'État qui se dresse au-dessus des chefs militaires : un conseil de députés soldats et officiers (" agitateurs "). Vient alors une nouvelle période de double pouvoir : ici, le parlement presbytérien, là, l'armée indépendante. La dualité du pouvoir conduit au conflit déclaré. La bourgeoisie se trouve impuissante à dresser contre 1'" armée modèle " de Cromwell - c'est-à-dire la plèbe en armes - ses propres troupes. Le conflit se termine par l'épuration du parlement presbytérien à l'aide du sabre de l'indépendance. Du parlement reste une séquelle, la dictature de Cromwell s'établit. Les couches inférieures de l'armée, sous la direction des " levellers " (niveleurs), aile extrême-gauche de la révolution, tentent d'opposer à la domination des hautes sphères militaires, des grands de l'armée, lotir propre régime, authentiquement plébéien. Mais le nouveau double pouvoir ne parvient pas à se développer : les " levellers ", les basses couches de la petite bourgeoisie, n'ont pas encore et ne peuvent avoir de voie indépendante dans l'histoire, Cromwell a tôt fait de régler leur compte à ses adversaires. Un nouvel équilibre politique, d'ailleurs loin de la stabilité, s'instaure pour un certain nombre d'années. »</p> <p>Oliver Cromwell (né en avril 1599) fit de l'Angleterre une république, abolissant la monarchie et la Chambre des lords, après l'exécution de Charles Ier, en janvier 1649. Cependant, le règne de Cromwell, en tant que Lord Protecteur (qui débuta en décembre 1653), n'était pas différent de celui de son prédécesseur. Il se maintint seul, au pouvoir illimité, et vécut dans plusieurs palais royaux qui, autrefois, hébergèrent l'ancienne dynastie régnante. En 1657, le parlement lui offrit solennellement le titre de roi mais, après « une agonie de conscience », il le refusa. Durant l'année 1658, Cromwell souffrait de maladie et de tragédies personnelles, le laissant faible. Il mourut l'après-midi du 3 septembre 1658.</p> <p>Sa mort et ses funérailles suivirent le même protocole que celui qui était accordé aux monarques. Le 20 septembre 1658, son corps fut déplacé à Somerset House où il fut exposé allongé, afin de le présenter aux yeux du public qui fut autorisé à rendre hommage à sa dépouille, le 18 octobre. Le corps avait été embaumé, couvert et installé dans un cercueil de plomb qui, lui-même, fut placé dans un cercueil de bois, orné richement. Le tout fut placé près d'une statue à son effigie, décorée des symboles royaux, incluant « Un tissu de velours … entouré d'un lacet fait d'or, en plus de fourrures d'hermines ». La procession funèbre, reportée par deux fois tant elle fut élaborée avec soin, traversa Londres, le 23 novembre 1658. Le corps avait déjà été enterré à l'abbaye de Westminster, deux semaines avant l'évènement, pour prévenir les risques de décomposition, la procession funèbre ayant lieu trois mois après sa mort. Un catafalque fut érigé, afin d'abriter ce cercueil qui ressemblait à celui du roi Jacques Ier, étant seulement « plus artistique et plus onéreux ».</p> <p>Le corps de Cromwell demeura intact jusqu'à la Restauration anglaise, sous l'égide du fils de Charles, Charles II, en 1660. Après leurs procès, douze des régicides survivants (ceux ayant participé au procès et à l'exécution de Charles Ier) furent pendus, traînés dans les rues et équarris — c'est-à-dire, traînés dans les rues par une claie jusqu'à la potence, pendus par le cou, éventrés vivants, étêtés et démembrés (coupés en quatre quartiers). De plus, le parlement reformé ordonna l'exécution posthume des défunts Oliver Cromwell, John Bradshaw et Henry Ireton. Les lois relatives à la trahison placent la dépouille d'un traître entre les mains du roi. Les têtes des traîtres étaient souvent exposées sur des ponts, la Tour de Londres, ou encore d'autres points d'affluence de la ville, alors que les quartiers étaient souvent expédiés dans différentes villes de provinces voisines.</p> <p>Caché dans le mur de l'aile centrale de la chapelle d'Henri VII, le corps de Cromwell fut laborieusement extrait tant le bois et les vêtements furent difficiles à déplacer. Le 28 janvier 1661, les corps de Cromwell et Ireton furent déplacés au Red Lion Inn à Holborn, rejoints, le jour suivant, par la dépouille de Bradshaw, avant d'être emmenés à Tyburn pour l'exécution. Au matin du 30 janvier 1661, date de l'anniversaire de Charles Ier, les corps enturbannés dans leurs cercueils ouverts furent traînés par une charrette jusqu'au gibet, où chacun fut pendu devant une foule nombreuse, aux environs de quatre heures de l'après-midi. La tête de Cromwell fut arrachée en étant bastonnée huit fois, empalée sur une pique de six mètres, et plantée au-dessus du Westminster Hall. Il existe une quantité de théories conspirationnistes qui s'interrogent sur le sort du corps. Une rumeur émet la possibilité que Mary, la fille de Cromwell, l'aurait subtilisé après la décapitation et enterré dans le jardin de la demeure de son mari, à Newburgh Priory. Une crypte, scellée par un rocher massif, fut suspectée d'héberger les restes de Cromwell, mais les descendants de Cromwell refusèrent les demandes d'ouverture, dont une d'Édouard VII. Le biographe John Morill déclara qu'il était fort probable que le corps de Cromwell eût été jeté dans une fosse, à Tyburn, où il resta.</p> <p>Charles 1er, roi d'Angleterre, qui n'a besoin du parlement que pour lever des impôts, a besoin d'argent, mais sait qu'il ne peut compter sur un réel soutien de la part des parlementaires, s'abstient de convoquer le parlement. Il a recours à des moyens détournés pour tenter d'augmenter ses revenus. Ces procédés ne sont pas illégaux, mais sont perçus comme contraires aux libertés, et entretiennent des rancœurs.</p> <p>Des réformes religieuses suscitent également des hostilités. En Angleterre, les puritains accusent sans raison Charles de vouloir rétablir le catholicisme et protéger les rentes de situation par des monopoles.</p> <p>En Écosse, les dissensions sont plus graves encore. La politique des plantations en Irlande déclenche la colère. Expropriés, des milliers d'Irlandais ont dû migrer dans les années 1630, comme engagés volontaires, sur la petite île antillaise de la Barbade. Il a été calculé qu'en 1641 près de 125 000 colons s'étaient installés en Irlande. Ces spoliations exacerbent les tensions avec les Écossais qui avaient émigré au début des années 1600 en Irlande. Charles Ier est accusé de favoriser les hommes de cour. Un de ses proches, Thomas Wentworth, Lord Deputy d'Irlande depuis 1632, accéléra les plantations en Irlande, déclenchant en 1639 les guerres des évêques en Écosse qui conduisent à son exécution en 1641 par le parlement.</p> <p>Charles, voulant unifier les pratiques religieuses de ces deux royaumes, cherche à imposer en Écosse un nouveau livre de prières sur le modèle anglican. L'entreprise aboutit à des émeutes qui s'enveniment ; la guerre civile éclate et les insurgés écossais connaissent des succès.</p> <p>En 1640, pour faire face à la rébellion, Charles a besoin de lever de nouveaux impôts. Un nouveau parlement est convoqué. Celui-ci profite de l'occasion pour exposer ses griefs au roi, qui le dissout au bout de quelques semaines, c'est le court parlement. Charles reprend donc la guerre en Écosse sans nouveaux moyens financiers. Mais, face à une situation financière intenable, il se résigne en novembre à convoquer un nouveau parlement.</p> <p>Le nouveau parlement se montre encore plus hostile envers Charles : il fait passer plusieurs lois destinées à défendre ses droits contre le pouvoir royal, notamment la Grande Remontrance. Le parlement interdit notamment au roi de le dissoudre. À partir de ce moment on proposera au Roi différentes voies possibles pour envisager une issue au conflit. Le roi s'opposera à chacune des propositions qui lui seront faites, jugeant qu'elles menacent l'institution royale, et c'est précisément pour ces raisons que la guerre éclatera.</p> <p>La Première guerre civile a lieu de 1642 à 1646. Le long parlement contourne la volonté du roi et monte une armée dirigée par le comte d'Essex (en), afin de contrer une invasion écossaise ainsi que les actions de reprise de pouvoir du roi par les Royalists.</p> <p>Parmi les forces royalistes se distingue un neveu du roi le prince Rupert. Charles Ier disposait de près de 10 000 hommes, mercenaires pour la plupart, dont la solde posait un problème financier aigu. Parmi les forces parlementaires, il y avait un puritain représentant au Parlement, Oliver Cromwell. Ce dernier fut graduellement pressenti comme un successeur possible à Charles 1er notamment pour ses vertus militaires. En effet, suite aux tournures des débuts de la Première guerre civile, la New Model Army est constituée par le Parlement grâce à l'arrivée des Écossais. C'est Cromwell qui semblait aux yeux du Parlement le meilleur pour accomplir cette tâche de mettre en place l'Armée nouveau modèle (New Model Army, composée de soldats professionnels soudés par une foi intense, dont le fer de lance étaient les célèbres régiments de cavalerie des « Têtes rondes »). De ce moment débute l'ascension de Cromwell vers le pouvoir.</p> <p>D'octobre 1642 à octobre 1643, pendant cette période d'un an, les Royalistes remportèrent plusieurs succès, s'emparant notamment de Bristol, du Yorkshire et de la Cornouaille. Toutefois, leurs victoires de Edgehill en octobre 1642 et de Newbury ne furent pas décisives, et Londres resta hors d'atteinte. La fortune changea de camp lorsque les Écossais rejoignirent le camp des Parlementaires dirigés par Olivier Cromwell, en échange de la promesse d'établir un système presbytérien en Angleterre. Leur aide permit à Oliver Cromwell de battre les Royalistes à Marston Moor en juillet 1644 et à la seconde bataille de Newbury en octobre 1644. Défait successivement à Naseby en juin et à Langport en juillet 1645, dans l'incapacité financière de lever d'autres troupes, Charles Ier choisit de se rendre aux Écossais en mai 1646.</p> <p>Pendant la guerre civile, le Parlement (dont les effectifs avaient diminué au point de ne compter guère plus de 150 députés) avait disposé tant de pouvoirs législatifs que de pouvoirs exécutifs. Ses décisions étaient prises sous forme d'ordonnances ayant force de loi. Après la mort de John Pym en décembre 1643, qui avait fait figure de chef virtuel de la révolution, le centre de gravité des Communes avait glissé vers les éléments les plus intransigeants qui réclamaient une totale liberté de conscience, une Église décentralisée, sans évêque ni tutelle royale. L'indépendance totale de chaque paroisse en serait le principe de base. Hostiles à tout compromis avec le roi, les indépendants voulaient arriver à l'abolition pure et simple de la monarchie. La réforme de l'Église fut mise en œuvre petit à petit : l'exécution de William Laud en janvier 1645 fut un symbole, mais la mesure essentielle fut la suppression de l'épiscopat. En pleine tentative de négociation, le roi rejeta en août 1647 un projet constitutionnel soumis par le gendre de Cromwell, Henry Ireton, qui lui retirait tout contrôle sur l'armée et la politique étrangère. Pour sortir de l'impasse, Charles Ier se réconcilia avec les Écossais : il envahit l'Angleterre en avril-mai 1648. Cette seconde guerre civile s'acheva dès le mois d'août par la victoire de Cromwell sur les Écossais à Preston.</p> <p>Le Parlement impose le jugement du roi et Oliver Cromwell participe au procès qui se déroule du 20 au 27 janvier 1649 devant un tribunal spécial, choisi par la soixantaine de députés siégeant encore aux Communes (Parlement croupion). La condamnation de « Charles Stuart » pour haute trahison est acquise d'avance. Cromwell et d'autres personnages importants du pouvoir signeront la condamnation à mort du roi Charles. Il est décapité à Whitehall, près de Westminster, le 30 janvier 1649, à l'âge de 48 ans.</p> <p>La Chambre des lords est supprimée le 6 février et la royauté est abolie le 89.</p> <p>La troisième guerre civile a lieu de 1649 à 1651. Tandis que la conquête cromwellienne de l'Irlande continue, une partie de la New Model Army est rappelée en Écosse afin de lutter contre les Covenanters, au début de la troisième guerre civile. Charles II est en exil et a été couronné en Écosse. Il s'efforce de prendre le commandement des armées écossaises.</p> <h3 class="spip">Trotsky, dans « Où va l'Angleterre ? » :</h3> <p>« Deux traditions : La Révolution du XVIIe siècle et le chartisme</p> <p>« Le rédacteur du Daily Herald doutait récemment qu'il soit permis de qualifier Olivier Cromwell de " pionnier du mouvement ouvrier ". Un des collaborateurs du même journal, opinant dans le même sens, rappelait l'implacable répression du mouvement des Levellers - la secte des Niveleurs (communistes) - par Cromwell. Ces réflexions et ces renseignements sont extrêmement caractéristiques quant à la conception de l'histoire qui est celle des dirigeants du Labour Party. Qu'Olivier Cromwell ait été le premier de la société bourgeoise et non de la société socialiste, voilà semble-t-il un fait à la démonstration duquel il serait superflu de consacrer deux mots. Ce grand bourgeois révolutionnaire fut un adversaire du suffrage universel, où il voyait un danger pour la propriété privée. MM. Webb déduisent d'ici, soit dit en passant, l'incompatibilité de la démocratie et du capitalisme, oubliant sciemment que le capitalisme a appris à s'accommoder au mieux de la démocratie et à manier l'instrument du suffrage universel tout aussi bien que celui de la Bourse [1]. Les ouvriers anglais peuvent néanmoins apprendre beaucoup plus chez Cromwell que chez Macdonald, Snowden, Webb et toute la confrérie conciliatrice. Cromwell fut en son temps un grand révolutionnaire et sut défendre, sans s'arrêter devant rien, les intérêts de la nouvelle société bourgeoise contre l'ancienne société aristocratique. C'est ce qu'il faut apprendre chez lui ; le lion mort du XVIIe siècle vaut à cet égard beaucoup mieux que quantité de chiens vivants.</p> <p>A la suite de tous les auteurs vivants - ce ne sont pas des lions - des éditoriaux du Manchester Guardian et d'autres organes libéraux, les leaders du parti ouvrier opposent habituellement la démocratie à tous les gouvernements despotiques, qu'il s'agisse de la dictature de Lénine ou de celle de Mussolini. La stupidité des vues historiques de ces messieurs ne s'exprime en rien mieux qu'en cette juxtaposition. Non que nous soyons enclins à nier après coup la dictature de Lénine, dont le pouvoir fut exceptionnel si l'on en envisage son influence réelle sur tout le cours des choses dans un immense État. Mais est-il permis de parler d'une dictature en faisant omission de son contenu historico-social ? L'histoire a connu la dictature de Cromwell, celle de Robespierre, celle d'Araktchéieff, celle de Napoléon Ier, celle de Mussolini. Il n'y a pas lieu de discuter avec l'imbécile qui met sur le même plan un Robespierre et un Araktchéieff. Des classes différentes se sont trouvées, dans des conditions différentes, obligées, à des fins différentes, de confier, dans les périodes de leur histoire les plus difficiles impliquant le plus de responsabilité, une force et un pouvoir exceptionnels à ceux d'entre leurs chefs qui s'inspiraient le plus complètement et le plus manifestement de leurs intérêts fondamentaux. Quand il s'agit de la dictature, il importe avant tout d'élucider quels intérêts, les intérêts de quelle classe y trouvent leur expression historique. Olivier Cromwell à une époque, Robespierre à une autre, exprimèrent les tendances progressistes historiques du développement de la société bourgeoise. William Pitt, qui fut aussi très proche de la dictature personnelle, défendit les intérêts de la monarchie, des classes privilégiées, des sommets de la bourgeoisie, contre la Révolution de la petite bourgeoisie, exprimée par la dictature de Robespierre. Les cuistres libéraux se disent habituellement adversaires de la dictature de droite comme de la dictature de gauche, sans manquer toutefois une occasion de soutenir, dans la pratique, la dictature de droite. Pour nous, par contre, la question se résout ainsi : une dictature pousse la société de l'avant, une autre la tire en arrière. La dictature de Mussolini est celle de la bourgeoisie italienne prématurément pourrie, impuissante, rongée jusqu'à la moelle des os ; elle porte la marque des accidents tertiaires du mal mortel. La dictature de Lénine exprime la puissante montée d'une nouvelle classe historique et son duel surhumain avec toutes les forces de la vieille société. S'il faut comparer Lénine à quelqu'un, ce n'est pas à Bonaparte, c'est d'autant moins à Mussolini, c'est à Cromwell et à Robespierre. On est assez en droit de voir en Lénine le Cromwell prolétarien du XXe siècle. Cette définition sera l'apologie la plus haute du Cromwell petit-bourgeois du XVIIe siècle.</p> <p>La bourgeoisie française, ayant falsifié la Grande Révolution, l'a adoptée, monnayée en billon et mise en circulation. La bourgeoisie anglaise a effacé jusqu'au souvenir de la Révolution du XVIIe siècle, ayant dissous tout son passé dans l'idée de " gradation ". Les ouvriers avancés d'Angleterre ont à découvrir la Révolution britannique et, en elle, sous les écailles de la religiosité, la lutte formidable des forces sociales. Le prolétariat anglais peut trouver, dans le drame du XVIIe siècle, de grands précédents d'action révolutionnaire. Tradition nationale aussi, mais tout à fait légitime, tout à fait à sa place dans l'arsenal de la classe ouvrière. Une autre grande tradition nationale du mouvement prolétarien anglais est dans le chartisme. La connaissance de ces deux époques est indispensable à tout ouvrier anglais conscient. Elucider le sens historique de la Révolution du XVIIe siècle et le contenu révolutionnaire du chartisme est un des devoirs les plus importants des marxistes anglais.</p> <p>Étudier l'époque révolutionnaire du développement de l'Angleterre, époque qui dura à peu près de la convocation forcée du Parlement par Charles Stuart jusqu'à la mort d'Olivier Cromwell, est, avant tout, nécessaire pour comprendre la place du parlementarisme et, en général, du droit dans l'histoire vivante et non imaginaire. Le grand historien national Macaulay diminue le drame social du XVIIe siècle en voilant la lutte intestine des forces sociales sous des lieux communs souvent intéressés, mais toujours conservateurs. Le conservateur français Guizot [2] aborde les événements avec plus de profondeur. Quoi qu'il en soit, quelque exposé que l'on prenne, l'homme qui, sait lire, capable d'apercevoir, sous les ombres historiques, les réalités vivantes, physiques, les classes, les fractions, se convaincra par l'expérience de la Révolution anglaise, du rôle subalterne, auxiliaire et conventionnel du droit dans la mécanique des luttes sociales, surtout aux époques révolutionnaires, lorsque les intérêts fondamentaux des classes fondamentales de la société sont en jeu.</p> <p>Nous voyons en Angleterre, vers 1630-1640, un Parlement fondé sur le droit électoral le plus singulier et pourtant considéré comme la représentation du peuple.</p> <p>La Chambre basse représentait la nation en représentant la bourgeoisie et par conséquent les richesses nationales. Il fut établi sous le règne de Charles Ier, non sans stupéfaction, que la Chambre des députés était trois fois plus riche que celle des lords. Le roi dissolvait ce Parlement et le convoquait à nouveau quand ses besoins financiers l'y obligeaient. Le Parlement crée pour se défendre une armée. L'armée concentre, peu à peu, en elle, tous les éléments les plus actifs, les plus virils, les plus résolus. C'est justement la raison pour laquelle le Parlement capitule devant l'armée. La raison, disons-nous. Nous entendons par là que le Parlement capitule non devant une force armée - il n'avait pas capitulé devant l'armée du roi - mais devant l'armée puritaine de Cromwell, qui exprime plus hardiment, plus résolument et avec plus d'esprit de suite que le Parlement même les besoins de la Révolution.</p> <p>Les partisans de l'Église épiscopale ou anglicane, à demi catholique, formaient le parti de la Cour, de la noblesse et, naturellement, du haut clergé. Les presbytériens formaient le parti de la bourgeoisie, le parti de la richesse et des " lumières ". Les " indépendants " et surtout les puritains étaient le parti de la petite bourgeoisie et de la petite propriété. Les Levellers (niveleurs) étaient le parti naissant de la gauche de la bourgeoisie ou plèbe. Sous les apparences des querelles d'Églises, sous la forme de la lutte pour l'organisation religieuse de l'Église, les classes se déterminaient et se regroupaient sur de nouvelles bases bourgeoises. En politique, le parti presbytérien était pour une monarchie limitée ; les " indépendants ", qui s'appelaient alors " réformateurs radicaux " (Root and Branch Men) étaient pour la République. La dualité des presbytériens correspondait parfaitement aux intérêts contradictoires de la bourgeoisie, prise entre la noblesse et la plèbe. Le parti des " indépendants ", qui osait pousser les idées et les mots d'ordre jusque dans leurs ultimes développements, élimina naturellement les presbytériens parmi les masses petites bourgeoises réveillées de la petite bourgeoisie des villes et des campagnes, facteur principal de la Révolution.</p> <p>Les événements se développaient empiriquement. Luttant pour le pouvoir et pour des intérêts de possédants, les deux adversaires se mettaient sous le couvert de la légalité. Guizot l'expose très bien :</p> <p>" Alors commença, entre le Parlement et lui (Charles Ier), une lutte jusque là sans exemple en Europe. Les négociations continuèrent, mais sans que l'un ni l'autre parti en espérât rien, ou se proposât même de traiter. Ce n'était plus l'un à l'autre qu'ils s'adressaient dans leurs déclarations et leurs messages, tous deux parlaient à la nation entière, à l'opinion publique : de cette puissance nouvelle, tous deux semblaient attendre leur force et leur succès, L'origine et l'étendue du pouvoir royal, les privilèges des Chambres, les limites du devoir de fidélité imposé aux sujets, la milice, les pétitions, la disposition des emplois devint l'objet d'une controverse officielle, où les principes généraux de l'ordre social, la diverse nature des gouvernements, les droits primitifs de la liberté, l'histoire, les lois, les coutumes de l'Angleterre, étaient allégués, expliqués, commentés tour à tour. Entre les débats des deux partis au sein des Chambres et leur rencontre à main armée sur les champs de bataille, on ,vit le raisonnement et la science s'interposer, pour ainsi dire, durant plusieurs mois, suspendre le cours des événements, et déployer leurs plus habiles efforts pour conquérir la libre adhésion des peuples, en imprimant à l'une ou à l'autre cause le caractère de la légitimité.</p> <p>" Au moment de tirer l'épée tous s'étonnèrent et s'émurent… Maintenant, les deux partis s'accusaient réciproquement d'illégalité et d'innovation, et tous deux avec justice, car l'un avait violé les anciens droits du pays, et n'abjurait point les maximes de la tyrannie, l'autre réclamait, en vertu de principes encore confus, des libertés et un pouvoir jusque là inconnus. " [3]</p> <p>Au fur et à mesure que se déroulait la guerre civile, les royalistes les plus actifs quittaient la Chambre des Communes de Westminster et la Chambre des Lords et se rendaient à York, au quartier général de Charles : le Parlement se scindait, comme à toutes les grandes époques révolutionnaires. En pareil cas, le fait que la majorité légale soit, dans une circonstance où dans une autre, du côté de la Révolution ou du côté de la réaction, n'est pas décisif.</p> <p>A un certain moment de l'histoire politique, le sort de la démocratie dépendit non du Parlement - aussi terrible que ce soit pour les pacifistes scrofuleux, - mais de la cavalerie. Dans la première phase de la lutte, la cavalerie royale, l'arme la plus importante à l'époque, porta la terreur dans les rangs de la cavalerie du Parlement. Fait digne de remarque, nous observons le même phénomène dans les Révolutions ultérieures et surtout dans la guerre civile des États-Unis d'Amérique, où la cavalerie sudiste eut, au début, une indéniable supériorité sur la cavalerie nordiste, et enfin, dans notre Révolution, dans la première période de laquelle les cavaliers blancs nous portèrent des coups cruels avant d'apprendre aux ouvriers à bien se tenir en selle. De par son origine, la cavalerie est l'arme la plus familière à la noblesse. La cavalerie royale avait une cohésion beaucoup plus grande et faisait preuve de plus de résolution que la cavalerie du Parlement, recrutée au petit bonheur. La cavalerie des sudistes américains était, peut- ou dire, l'arme née des planteurs des plaines, alors qu'on ne faisait, dans le Nord industriel et commerçant que de se familiariser avec le cheval. Enfin, chez nous, les steppes du sud-est, les Vendées cosaques, étaient le foyer principal de la cavalerie blanche. Cromwell comprit de bonne heure, que le sort de sa classe serait décidé par la cavalerie. Il disait à Camden [4] : " Je réunirai des hommes que la crainte de Dieu n'abandonnera jamais, qui n'agiront pas inconsciemment, et je réponds qu'on ne les battra pas. " [5]. Les paroles adressées par Cromwell aux paysans libres et aux artisans qu'il recrutait sont au plus haut point caractéristiques : " Je ne veux pas vous tromper à l'aide des expressions équivoques employées dans les instructions, où il est question de combattre pour le Roi et pour le Parlement. S'il arrivait au Roi de se trouver dans les rangs de l'ennemi, je déchargerais mon pistolet sur lui comme sur n'importe qui ; et si votre conscience vous empêche d'en faire autant, je vous conseille de ne pas vous enrôler sous mes ordres, " [ Ibid., p, 216-217.] Cromwell ne faisait donc pas que former une armée, il formait un parti ; son armée était, dans une certaine mesure, un parti en armes, et c'est justement ce qui fit sa force. En 1644, les escadrons " sacrés " de Cromwell remportaient déjà une brillante victoire sur les cavaliers du roi et recevaient le surnom de " côtes-de-fer ". Il est toujours utile à une Révolution d'avoir des " côtes-de-fer ". A cet égard, les ouvriers anglais ont beaucoup à apprendre chez Cromwell.</p> <p>Les réflexions de l'historien Macauley sur l'armée puritaine ne sont pas dépourvues d'intérêt : " L'armée recrutée de cette façon, pouvait, sans en subir elle-même de préjudice, jouir de libertés qui, consenties à d'autres troupes, eussent exercé sur la discipline une influence destructrice. De façon générale, des soldats qui se fussent formés en clubs politiques, qui eussent élu des députés et adopté des résolutions sur les questions les plus importantes pour l'État, se fussent promptement soustraits à tout contrôle, cessant de constituer une armée pour devenir la pire et la plus dangereuse des cohues. Il ne serait pas sans danger, à notre époque, de tolérer dans un régiment des réunions religieuses, où le caporal familier avec les Écritures instruirait le colonel moins doué et admonesterait le major de peu de foi. Mais tels étaient la raison, le sérieux et la maîtrise d'eux-mêmes de ces combattants…, que l'organisation politique et l'organisation religieuse pouvaient exister dans leur camp sans nuire à l'organisation militaire. Les mêmes hommes, connus en dehors du service comme des démagogues [6] et des prédicateurs champêtres, se distinguaient par leur fermeté, par leur esprit d'ordre et par leur obéissance absolue au poste, à l'exercice et sur le champ de bataille. " Et plus loin : " Dans son seul camp, la discipline la plus sévère voisinait avec l'enthousiasme le plus ardent, ces troupes, qui allaient au combat avec une précision mécanique, brûlaient en même temps du fanatisme sans frein des croisés. " [7]</p> <p>Les analogies historiques exigent la plus grande prudence, surtout quand il s'agit du XVIIe et du XXe siècle ; on ne peut pourtant pas n'être pas étonné de certains traits de ressemblance frappante entre les mœurs et le caractère de l'armée de Cromwell et de l'Armée Rouge. Tout était, il est vrai, fondé dans la première, sur la croyance à la prédestination et sur une sévère moralité religieuse ; chez nous, par contre, règne un athéisme militant. Mais la forme religieuse du puritanisme recouvrait la prédication de la mission historique d'une classe nouvelle, et la doctrine de la prédestination était une conception religieuse de la légitimité historique. Les soldats de Cromwell se sentaient, en premier lieu, des puritains, et des soldats rien qu'en second lieu, de même que les nôtres se sentent avant tout des révolutionnaires et des communistes. Mais les différences sont encore plus grandes que les ressemblances. L'Armée Rouge, formée par le parti du prolétariat, reste son arme. L'armée de Cromwell, embrassant son parti, devint elle-même le facteur décisif. Nous voyons l'armée puritaine commencer à s'adapter le Parlement en l'adaptant à la Révolution. L'armée exige l'exclusion du Parlement de 11 presbytériens, représentants de la droite. Les presbytériens, girondins de la Révolution anglaise, tentent d'organiser un soulèvement contre le Parlement. Le Parlement amputé cherche un refuge dans l'armée et se soumet ainsi à elle de plus en plus. Sous la pression de l'armée, et surtout de sa gauche la plus énergique, Cromwell est contraint d'exécuter Charles Ier, La hache de la Révolution est bizarrement secondée par les psaumes. Mais la hache est plus convaincante. Puis le colonel Pride, de l'armée de Cromwell, fait cerner l'édifice du Parlement et en chasse par la force 81 députés presbytériens. Il ne reste du Parlement qu'un croupion. Il est formé des " Indépendants ", c'est-à-dire des coreligionnaires de Cromwell et, de son armée. Mais c'est justement pourquoi le Parlement, qui a soutenu contre la monarchie une lutte grandiose, cesse, au moment de la victoire, d'être la source d'aucune énergie et d'aucune pensée propres. Cromwell, appuyé directement sur l'armée, mais puisant tout compte fait, ses forces dans l'accomplissement hardi des tâches de la Révolution, devient le point de concentration de toute pensée et de toute énergie. Un imbécile, un ignorant ou un Fabien peuvent seuls ne voir en Cromwell que la dictature personnelle. A la vérité, la dictature d'une classe, de la seule qui fût capable de libérer le noyau de la nation des vieux liens et des vieilles chaînes, revêtait ici, au cours d'une profonde transformation sociale, la forme d'une dictature personnelle. La crise sociale de l'Angleterre au XVIIe siècle unit les caractères de la Réforme allemande du XVIe siècle [8] à ceux de la Révolution française du XVIIIe. En Cromwell, Luther tend la main à Robespierre. Les puritains appelaient volontiers leurs ennemis " philistins ", mais il ne s'agissait pas moins de lutte de classe. La tâche de Cromwell était de porter le coup le plus terrible à la monarchie absolue, à la noblesse de Cour et à l'Église à demi catholique, adaptée aux besoins de la monarchie et de la noblesse. Représentant véritable d'une classe nouvelle, Cromwell avait besoin, à cette fin, de la force et de la passion des masses populaires. La Révolution acquit, sous sa direction, toute l'impétuosité qui lui était nécessaire. Pour autant qu'elle sortit, incarnée par les Levellers (niveleurs), des limites assignées par les besoins de la société bourgeoise, en voie de rénovation, Cromwell se montra implacable envers ces " insensés ". Vainqueur, Cromwell, conjuguant les textes bibliques avec les piques de ses " saints " guerriers, - le mot décisif appartient toujours aux piques - entreprit de créer le droit nouveau de l'État. Le 19 avril 1653, Cromwell dispersa les restes du Long Parlement. Conscient de sa mission historique, le dictateur puritain jeta à la face des députés qu'il chassait, les flétrissures bibliques : " Ivrogne ! " criait-il à l'un ; " Adultère ! " rappelait-il à un antre. Puis il créa un parlement d'hommes inspirés par la crainte de Dieu, c'est-à-dire, en réalité, un parlement de classe : car la classe moyenne, celle qui, s'aidant d'une, sévère moralité, procédait à l'accumulation des richesses et commençait, les textes de l'écriture sainte sur les lèvres, le pillage de l'univers, était composée d'hommes craignant Dieu. Mais ce parlement maladroit gênait le dictateur, en le privant d'une liberté de mouvement nécessaire dans une situation intérieure et internationale difficile. A la fin de l'année 1653, Cromwell épure une fois dé plus la Chambre des Communes avec l'aide de ses soldats. Si le croupion du Long Parlement, dissous en avril, avait été coupable d'incliner à droite, vert un accord avec les presbytériens, le parlement de Barebone était, sur certaines questions, enclin à marcher en trop droite ligne dans la voie de l'honnêteté puritaine, et contrariait ainsi Cromwell, absorbé par l'établissement d'un nouvel équilibre social. Le réaliste révolutionnaire Cromwell bâtissait une société nouvelle. Le parlement n'est pas un but en soi, le droit n'est pas un but en soi, et si Cromwell et ses " saints " considéraient l'accomplissement des lois divines comme la fin en soi, ces lois n'étaient, en réalité, que le matériel idéologique nécessaire à la construction de la société bourgeoise.</p> <p>Dissolvant un Parlement après l'autre, Cromwell manifestait son peu de respect du fétiche de la représentation nationale, de même qu'il avait manifesté, par l'exécution de Charles Ier, un respect insuffisant de la monarchie de droit divin. Il n'en est pas moins vrai que Cromwell frayait les voies au parlementarisme et à la démocratie des deux derniers siècles. Vengeant l'exécution de Charles Ier, Charles II hissa au gibet le cadavre de Cromwell. Mais aucune restauration ne pouvait déjà plus rétablir la société antérieure à Cromwell. L'œuvre de Cromwell ne pouvait pas être liquidée par la législature chaparde de la Restauration, parce que la plume n'efface pas ce que la hache a écrit. Le proverbe est beaucoup plus vrai, les termes ainsi renversés, tout au moins lorsqu'il s'agit de la hache d'une Révolution. L'histoire du Long Parlement qui, pendant vingt ans, connut toutes les vicissitudes des événements et traduisit toutes les impulsions des classes sociales, fut amputé à droite et à gauche, s'insurgea contre le roi, fut ensuite souffleté par ses propres serviteurs armés, fut deux fois dissous et deux fois rétabli, commanda et s'abaissa avant d'avoir enfin la possibilité de promulguer l'acte de sa propre dissolution, conservera toujours un intérêt exceptionnel en tant qu'illustration des rapports entre le droit et la force aux époques de bouleversement social.</p> <p>La Révolution prolétarienne aura-t-elle son Long Parlement ? Nous ne le savons pas. Il est très probable qu'elle se bornera à un parlement court. Elle y arrivera d'autant mieux qu'elle se sera mieux assimilé les leçons de l'époque de Cromwell.</p> <p>Nous ne dirons ici que quelques mots de la deuxième tradition, authentiquement prolétarienne et révolutionnaire. L'époque du chartisme est impérissable, parce qu'elle nous donne, au long de dizaines d'années, une sorte de raccourci schématique de toute l'échelle de la lutte prolétarienne, à partir des pétitions au Parlement jusqu'à l'insurrection armée. Toutes les questions essentielles du mouvement de classe du prolétariat - rapports entre l'action parlementaire et extra-parlementaire, rôle du suffrage universel, trade-unions et coopératives, portée de la grève générale et rapports de celle-ci avec l'insurrection armée, jusqu'aux relations réciproques du prolétariat et du paysan - ne se cristallisèrent pas seulement de façon pratique, dans le cours du mouvement de masse du chartisme, mais y furent aussi résolues en principe. Au point de vue théorique, ces solutions furent loin d'être toujours irréprochablement fondées ; on n'y joignit pas toujours les deux bouts ; le mouvement tout entier et sa contrepartie dans le domaine de la théorie continrent bien des éléments inachevés, d'une maturité insuffisante. Les mots d'ordre révolutionnaires et les méthodes du chartisme demeurent néanmoins, maintenant encore, si la critique les dégage, infiniment supérieurs à l'éclectisme douceâtre des Macdonald et à la stupidité économique des Webb. On peut dire, s'il est permis de recourir à une comparaison un peu risquée, que le mouvement chartiste ressemble au prélude qui donne sans développement le thème musical de tout un opéra. En ce sens, la classe ouvrière anglaise peut et doit voir dans le chartisme, outre son passé, son avenir. De même que les chartistes écartèrent les prédicateurs sentimentaux de " l'action morale " et rassemblèrent les masses sous le drapeau de la Révolution, le prolétariat anglais aura à chasser de son sein les réformistes, les démocrates, les pacifistes, et à se grouper sous le drapeau de la transformation révolutionnaire. Le chartisme n'a pas vaincu, parce que ses méthodes étaient souvent erronées et parce qu'il est venu trop tôt. Il n'était qu'une anticipation historique. La Révolution de 1905 a aussi subi une défaite. Mais ses traditions se sont ranimées après dix ans et ses méthodes ont vaincu en Octobre 1917. Le chartisme n'est pas liquidé. L'histoire liquide le libéralisme et prépare la liquidation du pacifisme faussement ouvrier, justement pour ressusciter le chartisme sur des bases historiques nouvelles infiniment élargies. La vraie tradition nationale du mouvement ouvrier anglais est là !</p> <p>Notes</p> <p>[1] Cité par Beer, dans son Histoire du socialisme en Angleterre.</p> <p>[2] Guizot (1787-1874). Homme politique et historien français. Leader du groupe des " doctrinaires ", partisan du système anglais de monarchie constitutionnelle. Après la Révolution de juillet 1830, qui donne le pouvoir à la bourgeoisie financière. Guizot, un de ses idéologues, dirige momentanément le ministère de l'Instruction publique puis reçoit le portefeuille des Affaires étrangères. Guizot défendit le cens électoral, en vertu duquel il n'y avait sur toute la population de la France que 200.000 électeurs. A la formation du ministère libéral du banquier Lafitte, Guizot se retira. Il forma, en 1832, avec Thiers et le duc de Broglie, un ministère réactionnaire, présidé par le maréchal Soult, et y dirigea l'instruction publique. Appartint en 1837 au cabinet de droite de Molé, mais démissionna au bout d'un an, la politique de Molé ne lui paraissant pas assez conservatrice. Ambassadeur à Londres en 1839, et ministre des Affaires étrangères dans le nouveau cabinet réactionnaire Soult, formé en 1840. Dans ses fonctions, Guizot s'employa .à combattre le mouvement révolutionnaire du continent, en s'efforçant d'unir les mouvements réactionnaires autrichien et français. Il présida en 1847, sous Louis-Philippe, le dernier ministère monarchique. La Révolution de 1848 l'obligea à passer en Angleterre. Son influence politique déclina dès lors. Dans ses nombreux travaux historiques, Guizot s'inspira, pour la première fois, de la lutte des classes, en laquelle il voyait le ressort secret de l'histoire. Cette vue, bien qu'il ne l'ait pas toujours appliquée avec esprit de suite, représentait à l'époque un grand progrès dans le développement des études historiques.</p> <p>[3] Guizot, Histoire de Charles Ier. Paris 1882. Tome I, pages 347-349.</p> <p>[4] John Camden (1595-1643). Un des chefs de l'opposition modérée du Court et Long Parlement, à la veille de la grande Révolution anglaise (voir la note 17). Camden se rendit surtout populaire dans la moyenne bourgeoisie commerçante, en refusant à diverses reprises de payer les taxes royales et les impôts. Pendant la lutte du Long Parlement et du roi Charles Ier, ce dernier ordonna l'arrestation de Camden et de quatre autres leaders de l'opposition. Jusqu'alors partisan de l'opposition légale, Camden fut ainsi amené à se joindre à l'armée révolutionnaire, dont il forma un des meilleurs régiments, Il devait être, peu de temps après, mortellement blessé dans un combat entre les armées royales et parlementaires.</p> <p>[5] Guizot, Ouvrage cité, p. 216.</p> <p>[6] Macauley voulait dire : Comme des agitateurs révolutionnaires. Note de Trotsky.</p> <p>[7] MACAULEY, Œuvres complètes, t. VI. p. .120. Ed. russe, Saint-Petersbourg, 1861.</p> <p>[8] La Réforme allemande du XVIe siècle. La Réforme allemande fut précédée par la domination absolue de l'Église catholique romaine, domination qui se fit sentir tout particulièrement en Allemagne. Le puissant développement du commerce et l'importance prise, dans ce pays, par l'argent, amenèrent l'Église romaine à lui imposer de nombreuses charges. Les artisans, les paysans et la petite bourgeoisie, dont le besoin d'argent était accru par le développement commercia1, en furent mécontents. Les inventions et les découvertes (découverte de l'Amérique, progrès de la navigation et de l'artillerie, imprimerie) préparèrent l'essor du commerce extérieur de l'Allemagne et renforcèrent la bourgeoisie commerçante, La lutte du capital et des féodaux ne pouvait revêtir à ce moment que la forme d'une protestation religieuse.</p> <p>"Où va l'Angleterre ?" de Léon Trotsky</p> <p><a href="https://www.marxists.org/archive/hill-christopher/english-revolution/" class='spip_out' rel='external'>Voici l'article (en anglais) de Christopher Hill que John Rees critique ci-dessous</a></p> <h3 class="spip">John Rees, « La réfutation du révisionisme » :</h3> <p>Note de M et R : les « révisionnistes » dont il s'agit ici nient l'importance dans la construction de l'Angleterre moderne de la révolution bourgeoise de Cromwell.</p> <p>« Christopher Hill est longtemps passé pour un adversaire des historiens révisionnistes de la Révolution anglaise. Bien entendu, Hill a occasionnellement critiqué les révisionnistes dans des articles et des conférences, dont certaines constituent la base de ce livre. Mais en général, il semble être resté un peu à l'écart, cultivant un dédain qui perdure encore dans l'introduction de ce livre où il affirme : « Nous ne devrions pas prendre ces modes trop au sérieux : elles vont par cycles, et c'est sans doute mon âge qui me rend un peu sceptique vis-à-vis des historiens « révisionnistes » qui, de nos jours, essaient de nous convaincre qu'il n'y a pas eu de révolution au 17e siècle en Angleterre, ou que, s'il y en avait eu une, elle n'était liée ni à des causes ni à des conséquences à long terme. »[1]</p> <p>Mais cette absence de rigueur est purement formelle dans un livre dont l'objet est de démolir la thèse révisionniste dans tous les domaines, de l'économie à la sémantique. Un tel objectif cohérent élève le livre au-dessus du niveau de la plupart des recueils d'essais, y compris certaines des recueils de Hill que ses éditeurs nous ont récemment signalés avec une grande fréquence. Ce livre a un impact beaucoup plus grand que la somme de ses parties.</p> <p>Hill commence par une solide défense de la place de la révolution du XVIIe siècle dans l'histoire anglaise, rappelant avec force ses causes et ses conséquences à long terme. Hill analyse comment « Henri VII et Henri VIII ont réduit le pouvoir de la noblesse ; les bandes de serviteurs qui terrorisaient les campagnes s'ajoutaient au surplus de main-d'œuvre agricole créé par l'explosion démographique du XVIe siècle. Le personnel qui pouvait être employé dans la marine marchande ne manquait pas », à l'époque où, comme le faisait remarquer Bacon, la boussole du navigateur ouvrait le monde au commerce européen » [2].</p> <p>Mais la monarchie ne fut pas le principal bénéficiaire de cet affaiblissement de l'aristocratie :</p> <p>"Les ruines des guerres françaises d'Henri VIII ... ont été payées par la nationalisation et la privatisation immédiate des biens de l'église qui auraient pu financer ... l'établissement de la monarchie absolue". [3]</p> <p>La classe qui a profité de la Réforme était constituée de paysans nobles et cultivateurs dont la production était de plus en plus axée sur le marché :</p> <p>« La noblesse dont les ancêtres avaient pillé les monastères était aussi réticente à envisager la restauration du catholicisme que des Protestants plus pieux désintéressés '. [4] En effet, malgré son révisionnisme, John Morrill indique clairement dans le premier essai d'Oliver Cromwell et de la Révolution anglaise que Cromwell a en fait été rejeté de la couche de la petite noblesse dans la couche de fermiers pendant une période significative avant la révolution.</p> <p>En dépit de son lien avec les anciennes richesses, le statut économique de Cromwell était beaucoup plus proche de celui des "négociants de taille moyenne" et des marchands urbains que de celui des comtés et des gouverneurs. Il a toujours vécu dans les villes et non dans un manoir de campagne ; et il travaillait pour gagner sa vie. [5]</p> <p>C'est la classe d'origine de Cromwell, et en particulier leurs représentants aux Communes, qui s'enrichissent grâce au commerce. "Au début du XVIIe siècle, un tiers des membres de la Chambre des communes détenaient des investissements dans des sociétés de commerce étrangères." [6] Cromwell était lié à ces intérêts par un certain nombre de liens familiaux.</p> <p>Une aristocratie faible, une couronne affaiblie et une couche moyenne s'enrichissant se sont affrontés sur deux questions. La taxation en était une. La couronne avait besoin d'argent et, dans la Réforme, elle avait perdu la source unique qui aurait pu la rendre indépendante, la terre. En conséquence, il taxait les nouvelles classes moyennes - et les taxait plus durement que ses parents aristocratiques. C'est bien entendu l'une de ces taxes, Ship Money, qui est devenue une cause immédiate de la révolution. Après la révolution, ce serait différent. Ensuite, "les impôts pesaient plus lourdement sur la classe foncière et les pauvres que sur les pauvres qui pesaient jusque-là le fardeau financier principal" [7]</p> <p>Le deuxième point de conflit était la capacité de l'État à protéger les sources essentielles de la richesse moyenne, de la production capitaliste agraire chez lui et du commerce extérieur. La restauration catholique menaçait la première - une menace qui semblait bien réelle alors que l'Europe était impliquée dans la guerre de Trente ans. Les marines étrangères et les corsaires ont menacé le second. En raison de la faiblesse financière de l'État, il n'a pas été en mesure de contrer l'une ou l'autre menace de manière convaincante, un fait proclamé publiquement quand « dans les années 1630, Charles Ier ordonna aux marchands anglais de rester en dehors de la Méditerranée car il ne pouvait pas les protéger. La faiblesse du gouvernement semblait bloquer la sortie de la dépression des années 30 pour l'industrie du vêtement anglaise. »[8]</p> <p>Ainsi, l'État ne protégerait pas la bourgeoisie naissante s'il ne pouvait pas les taxer et la bourgeoisie ne serait pas imposée à moins de contrôler l'État. C'est sur ce rocher que les tentatives de compromis entre Charles Ier et le Parlement ont constamment échoué. Encore une fois, c'était différent après la révolution :</p> <p>Le long parlement a déclaré les taxes perçues sans son consentement illégal. Les taxes particulièrement désagréables pour les hommes payés furent abolies - monopoles, emprunts forcés, amendes arbitraires, impositions - et furent remplacées par des taxes imposées par le Parlement ... En 1651, la Navigation Act fut adoptée, déclarant que tout l'empire britannique était une zone d'échange fermée. que seuls les marchands anglais devaient commercer et prendre les bénéfices du commerce ... [cela] dépendrait de la puissance de la mer. Les Hollandais monopolisaient pratiquement le commerce avec les colonies anglaises et ils disposaient d'une marine puissante ; leur république était dirigée par et pour les marchands. Avant 1640, aucun gouvernement anglais n'aurait été capable de les prendre en charge. Entre 1652 et 1673, les Hollandais sont forcés, lors de trois guerres, d'accepter l'exclusion de leurs marchands de l'empire britannique. [9]</p> <p>Le même type de transformation qui a balayé l'État et la politique étrangère a également affecté l'économie.</p> <p>L'abolition des régimes féodaux libère les gros propriétaires terriens de droits de succession fréquents mais irréguliers, suffisamment lourds pour perturber les investissements agricoles à long terme. La production pourrait maintenant être planifiée ; c'est la base de la prospérité agricole anglaise à la fin des XVIIe et XVIIIe siècles ... L'agriculture est devenue ce que Edward Thompson a appelé la plus grande industrie capitaliste d'Angleterre : privilèges de l'aristocratie et des tribunaux, droits des propriétaires terriens sur les rivières, etc., qui devaient retarder l'avancée capitaliste la France pré-révolutionnaire et ailleurs, étaient minimes en Angleterre.</p> <p>Hill est à son meilleur ici, allant et venant d'avant en arrière pour démontrer son énorme impact. Son contact a toujours été moins sûr lorsqu'il s'agit de. rôle joué par l'idéologie et la conscience dans la réalisation de la révolution. Cela peut sembler étrange à un historien réputé pour avoir sauvé les idées des révolutionnaires radicaux des années 1640 des ricanements méprisants des historiens de l'establishment. Pourtant, bien que Hill reste attaché à « l'histoire d'en bas » et qu'il soit clair sur la façon dont les idées des révolutionnaires ont surgi du monde qui les entoure, il est moins clair sur la manière dont elles ont façonné ce monde. Il dit :</p> <p>La révolution n'était pas planifiée, pas voulue. Certains historiens pensent qu'il n'y aurait pas de révolution si ce n'était planifié, tout comme toutes les grèves sont faites par de méchants agitateurs. Mais le parlement n'a pas fait la révolution ; personne ne l'a préconisée ... D'ailleurs, personne n'a prévenu d'avance les révolutions française et russe. En 1917, les bolcheviks, s'appuyant sur leurs expériences anglaise et française, ont su tirer parti d'une situation révolutionnaire. Mais ils n'ont pas fait la révolution. Une situation révolutionnaire s'est développée lorsque l'État tsariste s'est effondré, tout comme l'État anglais s'est effondré en 1640 ; et les bolcheviks étaient prêts à en profiter. Les minorités révolutionnaires ne font pas de grandes révolutions. [11]</p> <p>Cela part d'un postulat correct, à savoir que les révolutions sont de grands soulèvements de classe dont l'explosion initiale ne peut être planifiée consciemment, mais semble alors tirer un certain nombre de conclusions fausses. Ce sont : i) que les bolcheviks constituaient une "minorité conspiratrice" qui "profitait simplement" de la situation révolutionnaire existante, ii) la suggestion qu'il était possible d'établir des comparaisons directes entre les révolutions bourgeoise et ouvrière, et iii) qu'aucune Une force organisée et consciente de toutes sortes était présente dans les années 1640.</p> <p>Premièrement, les bolcheviks n'étaient pas une minorité conspiratrice en octobre 1917. Ils dominaient la majorité des Soviets et s'organisaient ouvertement. Sans une telle organisation, il est hautement improbable que la révolution aurait été couronnée de succès. En ce sens, ils n'ont pas simplement « profité de la révolution », ils ont joué un rôle essentiel dans sa réalisation. Ils ne pouvaient jouer un tel rôle que parce qu'ils avaient prédit une révolution et construit leur parti lorsqu'ils étaient minoritaires.</p> <p>Deuxièmement, parce que la classe ouvrière est formée dans une société qui contrôle beaucoup plus la nature et son propre groupe de travail que la société féodale, parce que la classe ouvrière est une classe collective (contrairement à la bourgeoisie) et que la classe ouvrière est une classe exploitée ( encore une fois, contrairement à la bourgeoisie), il a la capacité de former une conscience de classe claire et indépendante d'une manière impossible à la bourgeoisie, d'où sa capacité à créer une critique scientifique de la société et un parti révolutionnaire conscient.</p> <p>Troisièmement, cela signifie-t-il qu'il n'y a pas eu de leadership révolutionnaire ni d'idéologie révolutionnaire dans la révolution bourgeoise ? Cromwell et les Indépendants ont-ils simplement réagi aux événements ? Clairement, c'est faux. Cromwell, les Indépendants, les Niveleurs et les agitateurs de l'armée ont développé au cours de la révolution une conception plus claire de leurs objectifs - une république bourgeoise. Ils ont développé l'organisation pour atteindre ce but, la New Model Army. Ils ont commencé à théoriser, ou d'autres qui les ont soutenus, comme Milton, ont théorisé sur ce qu'ils faisaient.</p> <p>En fait, la contribution de Johann Sommerville à Oliver Cromwell et à la Revolution anglaise est le meilleur essai de ce livre, précisément parce qu'elle montre à quel point les idées d'un gouvernement représentatif et démocratique s'étaient développées avant la révolution et à quel point elles ont rapidement dominé la pensée des parlementaires la révolution était en marche. Il soutient :</p> <p>Il est parfois suggéré à tort que la guerre civile manquait de dimension idéologique ou que, si elle en possédait une, elle revêtait un caractère essentiellement religieux et non politique ou constitutionnel. En fait, les royalistes affirmaient généralement que le pouvoir du roi provenait de Dieu seul, tandis que les parlementaires cherchaient généralement à en faire un acte de transfert du peuple. [12]</p> <p>Ces objectifs, cette organisation et ces théories faisaient partie de la capacité des parlementaires à faire une révolution. Ils se sont nécessairement exprimés dans un langage pré-scientifique, souvent de manière religieuse, mais aussi (et cela n'a pas été suffisamment étudié), simplement et avec pragmatisme, comme il convient à une classe d'affaires déjà partiellement établie. Néanmoins, dans la mesure où les conditions historiques le permettaient, ils ont fait une révolution et l'ont fait consciemment à un certain degré. À tout le moins, ils savaient ce pour quoi ils se battaient bien plus clairement que la classe qui leur était opposée.</p> <p>Hill est moins fort qu'il ne devrait l'être sur ces questions précisément parce que le frontisme populaire de l'époque du parti communiste semble l'avoir laissé confus sur le plan méthodologique, incapable de distinguer correctement les caractéristiques qui définissent les révolutions bourgeoise et prolétarienne. C'est une faiblesse qui est gênante dans Lénine et la révolution russe. Une partie de la difficulté à reconstituer l'idéologie des révolutionnaires tient au fait qu'une grande partie de ce que les gens pensaient de l'État était conduite dans la clandestinité. Hill est de retour sur des terrains plus sûrs quand il se tourne vers ces historiens qui considèrent les papiers d'État et les comptes officiels à leur valeur nominale. Comme il le dit à propos de l'opposition à Ship Money, « le silence en public sur la légalité de la taxe n'est pas plus une preuve d'approbation que le silence sur l'opportunité du communisme en Roumanie avant 1989 était la preuve que tous les Roumains étaient des communistes enthousiastes. » [13]</p> <p>Hill fait beaucoup dans son chapitre sur le discours politique au début du XVIIe siècle en Angleterre pour montrer que, bien qu'il n'y ait pas eu d'idéologie révolutionnaire pré-formée en Angleterre avant 1640, des thèmes émergents de résistance et d'opposition à l'État Stuart étaient communs à beaucoup de gens. le genre médiocre. Hobbes, par exemple, a retenu la leçon que les citoyens londoniens ont tirée de la révolte réussie des Néerlandais : "Un tel changement de gouvernement produirait pour eux la même prospérité". Certains ont peut-être envisagé des changements révolutionnaires. Qui plus est, ils étaient enclins à utiliser le mot "révolution" pour décrire ce qu'ils voulaient.</p> <p>Hill a rendu service à chaque historien de la révolution en établissant ce fait dans son chapitre Le mot révolution. Tous ceux qui liront au sujet de la Révolution anglaise comprendront très vite l'argument selon lequel il ne pouvait pas y avoir de révolution puisque le 17ème siècle n'avait pas le mot pour décrire un tel événement. Au XVIIe siècle, on dit que la révolution devait tourner en rond, et non un changement de gouvernement radical ou une transformation sociale. Les connaissances encyclopédiques de Hill sur le XVIIe siècle ne font que succéder à cette idée, citant des auteurs de 1648 à 1649 qui faisaient référence à « les révolutions et les changements de gouvernement ». [14] En fait, une caractéristique du style de Hill, irritant dans d'autres circonstances, est utilisée ici comme une polémique dévastatrice : il empile simplement citation pour indiquer que le mot révolution a été utilisé pour désigner un changement politique soudain.</p> <p>La même méthode lui sert aussi bien dans Abolishing the Ranters. C'est une réponse directe à l'ouvrage de J.C. Davis, intitulé Fear, Myth and History : The Ranters and the Historians. Davis soutient que les Ranters sont un double mythe. Tout d'abord, ils ont été inventés au 17ème siècle par les royalistes et d'autres ennemis des sectes radicales comme une sorte de « menace rouge », un bâton permettant de vaincre les opposants. Deuxièmement, les historiens de gauche ont réinventé les Ranters au 20ème siècle avec un cas à prouver. Encore une fois, Hill rassemble les citations de ceux qui étaient les amis et ennemis de Ranters (et de ceux qui ne l'étaient pas) pour prouver leur existence. Pour faire bonne mesure, il ajoute deux postscrits sur de nouvelles preuves de l'existence des Ranters qui ont été découverts depuis la rédaction de l'article original.</p> <p>S'il y avait un juge, Davis aurait honte de paraître à nouveau. Malheureusement, il a contribué un chapitre sur la religion de Cromwell à Oliver Cromwell et à la révolution anglaise. Encore plus malheureusement, Davis n'est pas plus éclairant sur Cromwell que sur les Ranters. En se concentrant étroitement sur l'expérience religieuse personnelle et les idées théologiques de Cromwell, sur lesquelles on enregistre relativement peu de choses de toute façon, il se donne tout le loisir de spéculer sur des questions de moindre importance. Heureusement, Anthony Fletcher aborde dans le chapitre suivant les questions très intéressantes sur la religion de Cromwell et son adaptation aux tâches politiques qu'il était censé accomplir.</p> <p>Fletcher n'est certes pas un marxiste, mais il est au moins un assez bon historien universitaire pour fournir des informations intéressantes. Il montre comment Cromwell a vu les élus, le peuple élu de Dieu, comme une minorité embarrassée mais éclairée aux côtés de laquelle Dieu s'est battu et à qui la providence de Dieu accorderait la victoire. Et il continue en montrant comment cela pourrait être une source efficace de courage révolutionnaire. Il a sûrement raison de conclure que Cromwell :</p> <p>“Croyait que, tout comme Dieu avait délivré les Israélites de l'esclavage en Égypte et à Babylone, de même Dieu l'avait choisi pour diriger un nouveau peuple élu vers une nouvelle Jérusalem. En ce sens son régime. du premier au dernier, devait être intensément idéologique. Pourtant, le providentialisme de Cromwell a toujours été tempéré par le sens des circonstances. Cela lui a permis de poursuivre des objectifs à long terme tout en s'adaptant aux exigences à court terme. La dynamique de son régime a été fournie par la relation en constante évolution entre ses réflexions spirituelles personnelles et le déroulement du processus politique. »[15]</p> <p>Étrangement, il s'agit d'une approche plus dialectique que Hill est parfois capable de produire, même si ses amarres matérialistes sont moins sûres.</p> <p>Cependant, dans l'ensemble, le livre de Morrill ne supporte pas une comparaison étroite avec Une nation du changement et de la nouveauté, ni même avec la magnifique biographie de Hill, propre à Cromwell, l'Anglais de Dieu. Ensemble, les huit historiens qui écrivent dans Oliver Cromwell et la Révolution anglaise peuvent fournir un aperçu occasionnel qui manque à Hill ou un détail qu'il a négligé - mais cela revient à démontrer le succès de Hill, même en termes purement académiques. Et il y a tellement d'autres choses dans Hill que ses concurrents ne tentent même pas d'égaler. Il ya son engagement envers l'histoire d'en bas, ses efforts dans deux bons chapitres pour intégrer l'étude littéraire à l'histoire, son refus d'être restreint par une spécialisation académique étroite et sa détermination à ce que l'histoire parle au présent. Dans son dernier chapitre, History and the Present, Hill se plaint poliment (peut-être trop poliment) des années Thatcher - pour censure, pour enseignement de l'histoire jingo, pour avoir ignoré les opprimés et exploités et avoir dévalorisé leurs traditions de lutte. Il conclut :</p> <p>Je n'ai pas de grandes généralisations à offrir sur ce que l'histoire est ou devrait être, et c'est une conclusion proprement sceptique. Laissez-moi en essayer un de Nietzsche. Il a dit que « l'histoire garde en vie… la mémoire des grands combattants contre l'histoire - le pouvoir aveugle de l'actuel ». Le passé aura quand même un pouvoir sur nous, mais nous n'avons pas besoin d'être totalement aveugles. Dans certaines limites, nous pouvons coopérer ou nous opposer à ce qui semble être les tendances dominantes. Mais cela nécessite une compréhension de l'histoire en tant que processus, et pas seulement une histoire d'anecdotes. [16]</p> <p>Il ajoute qu'il serait « encore plus agréable que les connaissances conduisent à l'action ». Quelles que soient les fautes de Hill, ce sont de meilleures conclusions que bien d'autres à la fin de l'ère Thatcher.</p> <p>Le même texte en anglais :</p> <p> John Rees, “Revisionism refuted” (Spring 1991)</p> <p>We have waited some considerable time for Christopher Hill to enter the lists against the revisionist historians of the English Revolution. Of course Hill has taken the occasional potshot at the revisionists in articles and lectures, some of which form the basis for this book. But generally he seems to have stayed a little aloof, cultivating a disdain which still lingers in this book's introduction where he claims, ‘we should not take these fashions too seriously : they go in cycles, and it is no doubt my age that makes me a little sceptical of latter-day “revisionist” historians who try to convince us that there was no revolution in 17th century England, or that if there was it had no long-term causes or consequences.' [1]</p> <p>But such dismissiveness is purely formal in a book whose whose object is to demolish the revisionist case in every area from economics to semantics. Such a coherent aim raises the book above the level of most collections of essays, including some of Hill's own collections which his publishers have recently pushed at us with great frequency. This book has an impact much greater than the sum of its parts.</p> <p>Hill begins with a robust defence of The place of the 17th century Revolution in English history, forcefully restating its longer term causes and consequences. Hill analyses how ‘Henry VII and Henry VIII reduced the power of the nobility ; the gangs of retainers who used to terrorise the countryside added to the surplus agricultural labour created by the population explosion of the 16th century. There was no lack of personnel who could be employed in the merchant marine' just at the time when, ‘as Bacon observed, the mariner's compass opened up the world to European trade.' [2]</p> <p>But the monarchy was not the prime beneficiary of this weakening of the aristocracy, ‘Henry VIII's ruinous French wars ... were paid for by the nationalisation and immediate privatisation of church property which might have financed ... the establishment of absolute monarchy.' [3] The class which did gain from the Reformation were the gentry and yeoman farmers whose production was increasingly geared to the market : ‘The gentry whose forebears had plundered the monasteries were as reluctant to envisage the restoration of Catholicism as were more disinterestedly pious Protestants'. [4] Indeed, in spite of his revisionism John Morrill makes clear in the first essay of Oliver Cromwell and the English Revolution that Cromwell was actually pushed down from the gentry into the yeoman farmer layer for a significant period before the revolution.</p> <p>Despite his connection with ancient riches, Cromwell's economic status was much closer to that of the ‘middling sort' and urban merchants than to the county gentry and governors. He always lived in towns, not in a country manor house ; and he worked for a living. [5]</p> <p>It was the class from which Cromwell came, and especially their representatives in the Commons, who were growing rich through trade. ‘In the early 17th century parliaments a third of the members of the House of Commons held investments in overseas trading companies.' [6] Cromwell was linked to these interests by a number of family ties. A weak aristocracy, a weakened crown and a middling layer who were enriching themselves came into conflict over two questions. Taxation was one. The crown needed money and in the Reformation it had lost the one source which might have made it independent, the land. Consequently it taxed the new middle classes – and taxed them harder than its aristocratic kinsmen. It was, of course, one such tax, Ship Money, that became an immediate cause of the revolution. After the revolution it would be different. Then ‘taxes fell more heavily on the landed class and the poor than on the middling sort which had hitherto borne the main financial burden ‘ [7]</p> <p>The second point of conflict was the state's ability to protect key sources of the middling sort's wealth, agrarian capitalist production at home and trade abroad. Catholic restoration threatened the first – a threat that seemed real enough while Europe was embroiled in the Thirty Years War. Foreign navies and privateers threatened the second. The state's financial weakness meant that it was unable to counter either threat convincingly, a fact publicly proclaimed when ‘in the 1630s Charles I ordered English merchants to stay out of the Mediterranean because he could not protect them there. The road out of the depression of the thirties for the English clothing industry seemed to be blocked by the government's weakness.' [8]</p> <p>Thus the state would not protect the emerging bourgeoisie unless it could tax them and the bourgeoisie would not be taxed unless it controlled the state. It was on this rock that attempts at compromise between Charles I and parliament consistently foundered. Once again, it was different after the revolution :</p> <p>The Long Parliament declared taxation levied without the consent of Parliament illegal. Taxes particularly obnoxious to the monied men were abolished-monopolies, forced loans, arbitrary fines, impositions – and were replaced by taxes imposed by Parliament ... In 1651 the Navigation Act was passed, declaring the whole British empire a closed trading area, in which only English merchants were to trade, and to take the profits of trade ... [this] would depend on sea power. The Dutch were virtually monopolising trade with English colonies, and they had a powerful navy ; their republic was run by and for merchants. Before 1640 no English government would have been capable of taking them on. Between 1652 and 1673 the Dutch were forced in three wars to accept the exclusion of their merchants from the British empire. [9]</p> <p>The same kind of transformation that swept the state and foreign policy also affected the economy :</p> <p>Abolition of feudal tenures had the effect of freeing big landowners from frequent but irregular death duties, heavy enough to disrupt long term agricultural investment. Production could now be planned ; this is the basis of English agricultural prosperity in the late 17th and 18th centuries ... Agriculture became what Edward Thompson called England's greatest capitalist industry : aristocratic and court privileges, landlords' rights over rivers and so on, which were to delay capitalist advance in pre-revolutionary France and elsewhere, were minimal in England. [10]</p> <p>Hill is at his best here, moving backwards and forwards between the period before and the period after the revolution to demonstrate its enormous impact. His touch has always been less sure when dealing with the. role played by ideology and consciousness in making the revolution. This may seem an odd claim to make against a historian who is famous for rescuing the ideas of the radical revolutionaries of the 1640s from the dismissive sneers of establishment historians. Yet although Hill remains wedded to ‘history from below', and is clear on how the ideas of the revolutionaries sprang from the world around them he is less clear on how they in turn shaped that world. He says :</p> <p>The revolution was not planned, not willed. Some historians think there can have been no revolution if it was not planned, just as all strikes are made by wicked agitators. But parliament did not make the Revolution ; no one advocated it ... For that matter, neither the French nor the Russian Revolutions were willed in advance by anyone. By 1917 the Bolsheviks building on English and French experience, were able to take advantage of a revolutionary situation ; but they did not make the Revolution. A revolutionary situation developed when the Tsarist state collapsed, just as the English state collapsed in 1640 ; and the Bolsheviks were prepared to take advantage of it. Great revolutions are not made by conspiratorial minorities. [11]</p> <p>This starts from a correct premise, that revolutions are great class uprisings whose initial outburst cannot be consciously planned, but then seems to draw a number of false conclusions. These are : i) that the Bolsheviks were a ‘conspiratorial minority' who simply ‘took advantage of' an existing revolutionary situation, ii) the suggestion that it is possible to draw direct comparisons between bourgeois and workers' revolutions, and iii) that no organised, conscious force of any description was present in the 1640s.</p> <p>Firstly, the Bolsheviks were not a conspiratorial minority in October 1917. They commanded a majority in the Soviets and organised openly. Without such organisation it is highly unlikely that the revolution would have been successful. In this sense they did not simply ‘take advantage of the revolution', they were an essential component in making it. They could only play such a role because they had predicted a revolution and built their party when they were a minority.</p> <p>Secondly, because the working class is formed in a society which has far greater control over nature and over its own working than feudal society, because the working class is a collective class (unlike the bourgeoisie) and because the working class is an exploited class (again unlike the bourgeoisie), it has the capacity to form a clear, independent class consciousness in a way that was impossible for the bourgeoisie hence its capacity to create a scientific critique of society and a conscious revolutionary party.</p> <p>Thirdly, does this then mean that there was no revolutionary leadership and no revolutionary ideology in the bourgeois revolution ? Did Cromwell and the Independents simply react to events ? Clearly this is wrong. Cromwell, the Independents, the Levellers and the army agitators did develop in the course of the revolution a clearer conception of their goals – a bourgeois republic. They did develop the organisation to achieve that end, the New Model Army. They did begin to theorise, or others who supported them, like Milton, did theorise about what they were doing.</p> <p>In fact Johann Sommerville's contribution to Oliver Cromwell and the English Revolution is the book's best essay precisely because it shows just how strongly the ideas of representative, democratic government had developed before the revolution and how quickly they came to dominate the thinking of the parliamentarians once the revolution was under way. He argues :</p> <p>It is sometimes mistakenly suggested that the civil war lacked an ideological dimension, or that if it possessed such a dimension it was overridingly religious and not political or constitutional in character. In fact royalists generally claimed that the king ‘s power derived from God alone, while parliamentarians usually sought its origins in an act of transference by the people. [12]</p> <p>These goals, organisation and theories were part of the parliamentarians' ability to make a revolution. They necessarily expressed themselves in a pre-scientific language, often religiously but also (and this has been too little investigated) simply and pragmatically, as befits an already partly established business class. Nevertheless, they did, insofar as historical conditions would allow, make a revolution and made it to some degree consciously. At the very least they knew what they fought for far more clearly than the class which opposed them.</p> <p>Hill is less sharp than he should be on these questions precisely because the popular frontism of his Communist Party days seems to have left him methodologically confused, unable to properly distinguish the defining characteristics of bourgeois and proletarian revolutions. This is a weakness which is embarrassingly obvious in his Lenin and the Russian Revolution.</p> <p>Part of the difficulty in piecing together the ideology of the revolutionaries is that so much of what people thought about the state was driven underground. Hill is back on safer ground when he rounds on those historians who take state papers and official accounts at face value. As he says about the opposition to Ship Money, ‘Silence in public about the legality of the tax is no more evidence of approval than silence about the desirability of communism in Romania before 1989 was evidence that all Romanians were enthusiastic communists.' [13]</p> <p>Hill does much in his chapter on Political Discourse in Early 17th Century England to show that, although there was no pre-formed revolutionary ideology in England before 1640, there were emerging themes of resistance and opposition to the Stuart state that were common to many of the middling sort. Hobbes, for instance, recorded the lesson which London citizens took from the successful revolt of the Dutch : that ‘the like change of government would to them produce the like prosperity'. So some, perhaps, did look forward to revolutionary changes. What is more, they were apt to use the word ‘revolution' to describe what they wanted.</p> <p>Hill has done every historian of the revolution a service by establishing this fact in his chapter The word Revolution. Anyone reading about the English Revolution will very quickly come across the argument that there couldn't have been a revolution since the 17th century knew no word to describe such an event. In the 17th century, the argument runs, revolution meant to turn full circle, not a dramatic change of government or a social transformation. Hill's encyclopedic knowledge of the 17th century makes short work of this idea, citing authors in 1648-9 referring to ‘the revolutions and changes in government'. [14] In fact one feature of Hill's style, irritating in other circumstances, is put to devastating polemical use here : he simply piles quotation upon quotation to show that the word revolution was used to mean sudden political change.</p> <p>The same method also serves him well in his Abolishing the Ranters. This is a direct reply to J.C. Davis's book, Fear, Myth and History : the Ranters and the Historians. Davis argues that the Ranters are a double myth. Firstly they were invented in the 17th century by royalists and other enemies of the radical sects as a kind of ‘red menace', a stick with which to beat opponents. Secondly the Ranters were reinvented in the 20th century by left wing historians with a case to prove. Once again Hill piles up the quotations from those who were the Ranters' friends and enemies (and from those who were neither) to prove their existence. Just for good measure he adds two postscripts on new proofs of the Ranters' existence which have come to light since he wrote the original article.</p> <p>If there were any justice Davis would be ashamed to appear in print again. Unfortunately he has contributed a chapter on Cromwell's religion to Oliver Cromwell and the English Revolution. Even more unfortunately Davis is no more enlightening about Cromwell than he was about the Ranters. By focusing narrowly on Cromwell's personal religious experience and theological ideas, about which relatively little is recorded anyway, he gives himself plenty of room to speculate on issues of little importance. Luckily the really interesting questions about Cromwell's religion, how it fitted in with the political tasks he was set to perform, are covered in the following chapter by Anthony Fletcher.</p> <p>Fletcher is certainly no Marxist, but he is at least a good enough academic historian to provide some interesting insights. He shows how Cromwell saw the elect, God's chosen people, as an embattled but enlightened minority on whose side God fought and to whom God's providence would grant victory. And he goes on to show how this could be an effective source of revolutionary fortitude. He is surely right to conclude that Cromwell :</p> <p>“believed that, just as God had delivered the Israelites from slavery in Egypt and Babylon, so now God had chosen him to lead a new chosen people towards a new Jerusalem. In this sense his regime. from first to last, was bound to be intensely ideological. Yet Cromwell's providentialism was always tempered by a sense of circumstances. It enabled him to pursue long-term goals but adapt to short-term exigencies. The dynamic of his regime was provided by the constantly shifting relationship between his personal spiritual ponderings and the unfolding of the political process.” [15]</p> <p>Strangely, this is a more dialectical approach than Hill is sometimes able to produce, even if its materialist moorings are less secure.</p> <p>Overall, however, Morrill's book does not bear close comparison with A Nation of Change and Novelty or indeed with Hill's own splendid biography of Cromwell, God's Englishman. Collectively the eight historians who write in Oliver Cromwell and the English Revolution may provide the occasional insight which Hill has missed or a detail which he has overlooked – but to say that is to demonstrate Hill's success, even in purely academic terms. And there is so much else in Hill which his competitors do not even attempt to match. There is his commitment to history from below, his efforts in two good chapters to integrate literary study with history, his refusal to be restricted by narrow academic specialism and his determination that history must speak to the present. In his final chapter, History and the Present, Hill politely (perhaps too politely) takes the Thatcher years to task – for censorship, for jingoistic history teaching, for ignoring the oppressed and exploited and devaluing their traditions of struggle. He concludes :</p> <p>I have no big generalisations to offer about what history is or should be, and that is a properly sceptical conclusion. Let me try one from Nietzsche. He said that ‘history keeps alive ... the memory of the great fighters against history – the blind power of the actual.' The past is going to have power over us anyway, but we need not be totally blind. Within limits we can co-operate with or oppose what seem to be the dominant trends. But that requires an understanding of history as a process, not just a bran-tub of anecdotes. [16]</p> <p>He goes on to say it would be ‘nicer still if knowledge led to action'. Whatever Hill's faults, those are better conclusions than many others have drawn at the end of the Thatcher era."</p> <p>Notes</p> <p>1. C. Hill, A Nation of Novelty and Change, London 1990, p. 1.</p> <p>2. Ibid., p. 7.</p> <p>3. Ibid., p. 8.</p> <p>4. Ibid., p. 9.</p> <p>5. J. Morrill, The making of Oliver Cromwell, in Oliver Cromwell and the English Revolution, London 1990, p. 22.</p> <p>6. C. Hill, op. cit., p. 7.</p> <p>7. Ibid., p. 10.</p> <p>8. Ibid., p. 9.</p> <p>9. Ibid., pp. 10–11.</p> <p>10. Ibid., pp. 14–15.</p> <p>11. Ibid., pp. 18–19.</p> <p>12. J. Sommerville, Oliver Cromwell and English Political Thought, in Oliver Cromwell and the English Revolution, op. cit., p. 240.</p> <p>13. C. Hill, op. cit., p. 43.</p> <p>14. Ibid., p. 89.</p> <p>15. A. Fletcher, Oliver Cromwell and the Godly Nation, in Oliver Cromwell and the English Revolution, op. cit., p. 212.</p> <p>16. Hill, op. cit., p. 257.</p></div> La chute de la capitale Zapotèque Monte Alban - La caida de la ciudad zapoteca Monte Alban https://matierevolution.org/spip.php?article6420 https://matierevolution.org/spip.php?article6420 2019-06-12T22:38:00Z text/html fr Robert Paris Antiquité Révolution Crise Crisis Révolte Amérindiens La chute des Zapotèques à Monte Albán au début du huitième siècle après J.-C. La caída de la ciudad zapoteca de Monte Albán a comienzo del siglo VIII dC. Les extraits qui suivent montrent que les études sur la chute de la capitale du monde zapotèque au début du huitième siècle sont très divergentes… On remarquera que les textes en français et en espagnol alternent. Los extractos que siguen muestran que los estudios sobre la caída de la capital del mundo zapoteco a principios del siglo VIII son muy (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de l'Antiquité</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot292" rel="tag">Amérindiens</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_12573 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH626/Urna_funeraria_zapoteca__M-_America_Inv-85-1-127__01-f8fc5.jpg' width='500' height='626' alt="" style='height:626px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip"><i>La chute des Zapotèques à Monte Albán au début du huitième siècle après J.-C.</h3> <p>La caída de la ciudad zapoteca de Monte Albán a comienzo del siglo VIII dC.</p> <p><span class='spip_document_12580 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/album_akg655326_2000x1333-59996.jpg' width='500' height='334' alt="" style='height:334px;width:500px;' /></span></p> <p>Les extraits qui suivent montrent que les études sur la chute de la capitale du monde zapotèque au début du huitième siècle sont très divergentes… On remarquera que les textes en français et en espagnol alternent.</p> <p>Los extractos que siguen muestran que los estudios sobre la caída de la capital del mundo zapoteco a principios del siglo VIII son muy divergentes... Se notará que los textos en francés y en español se alternan. <span class='spip_document_12579 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH316/Monte-Alban-79bab.jpg' width='500' height='316' alt="" style='height:316px;width:500px;' /></span></p> <p>La chute de la ville de Monte Albán, centre politique et religieux de la civilisation zapotèque, date de la période 700-800 après J.-C. Chacun peut remarquer que Monte Albán connaît une décadence et une chute à la même époque que Teotihuacàn : environ en 700-800 après J.-C. !!! Etonnant, non ? Cela mérite déjà réflexion !!! Ces deux cités étaient en connexion étroite d'ailleurs…</p> <p>Il semble que les habitants qui ont quitté massivement Téotihuacan après sa chute suite à une révolution sociale, se soient en grande partie agglomérés à Monte Albán, déstabilisant du même coup le rapport de forces entre la masse des pauvres et les classes dirigeantes de cette cité et suscitant les mêmes soulèvements qui avaient déjà eu lieu à Teotihuacan…</p> <p>Teotihuacan chute environ en 700 ap. J.-C. et Monte Albán à peu près en 750 ap. J.-C. En fait, les dates indiquées sont diverses suivant que l'on compte la chute économique (baisse de l'activité productive), les troubles sociaux et politiques, le soulèvement révolutionnaire ou l'effondrement démographique, ou encore l'arrêt complet de la production artisanale et monumentale et la disparition complète de l'occupation du site (abandon et destruction de la ville, des palais et des temples), ce qui mène à des différences de 50 à 70 ans dans les chronologies. C'est dans cette période de 700-800 après J.-C. (fin de la période dite classique) que cinq civilisations amérindiennes ont connu des chutes dans la même période et dans la même région mésoaméricaine, caractérisées par la chute des villes : Teotihuacan, Monte Albán (Zapotèques), Yucuita (Mixtèques), Cerro de las Minas (culture Ñuiñe), et Uaxactún et Barton Ramie (Mayas). Il est probable que cette convergence chronologique des effondrements de plusieurs civilisations ne soit pas due au hasard, même si les historiens n'ont pas encore émis d'hypothèse ni particulièrement discuté à son propos… Soit que des causes communes aient déstabilisé les circuits commerciaux et les échanges ou la production agricole, soit que les révolutions sociales et politiques aient déstabilisé les régimes sociaux et politiques, se contaminant mutuellement. Il est très possible que l'on ait assisté là à une véritable vague internationale de révolutions sociales qui contamine successivement plusieurs sociétés. Cela ne serait pas le seul cas de l'histoire où se genre de phénomène s'est produit.</p> <p>L'archéologue Pascual-Egea explique ainsi que « Ce phénomène, déduit de l'étude des archives funéraires, a caractérisé le long processus de déclin et d'effondrement final des civilisations mésoaméricaines de la fin de la période classique, qui a commencé chez les Teotihuacans, a été transmis aux Zapotèques et s'est terminé chez les Mayas. En fait, l'effondrement de Teotihuacan déclenche une réaction en chaîne d'effet retardé. »</p> <p>Notons également, en 750 de notre ère, la chute de la ville de Pampa Grande, alors capitale de la civilisation péruvienne Lambayèque (ou Sicàn). Encore un hasard, ou bien y a-t-il un lien, les archéologues le diront…</p> <p>La caída de la ciudad de Monte Albán, centro político y religioso de la civilización zapoteca, data del período 700-800 dC Todos pueden notar que Monte Albán está experimentando un declive y una caída al mismo tiempo que Teotihuacan : alrededor de 700-800 dC Asombroso, ¿no ? Esto ya merece reflexión !!! Estas dos ciudades estaban en estrecha conexión en otros lugares...</p> <p>Parece que los habitantes que abandonaron Teotihuacan masivamente después de su caída después de una revolución social, se aglomeraron en gran medida en Monte Albán, desestabilizando al mismo tiempo el equilibrio de poder entre la masa de los pobres y las clases dominantes de esta ciudad. provocando los mismos levantamientos que ya habían tenido lugar en Teotihuacan ...</p> <p>Teotihuacan cae alrededor del 700 dC. J. - C. y Monte Albán aproximadamente en 750 dC. De hecho, las fechas dadas son diferentes según se cuente con la caída económica (disminución de la actividad productiva), el descontento social y político, el levantamiento revolucionario o el colapso demográfico, o el La parada completa de la producción artesanal y monumental y la desaparición completa de la ocupación del sitio (abandono y destrucción de la ciudad, palacios y templos), lo que lleva a diferencias de 50 a 70 años en las cronologías. Es en este período de 700-800 dC (el final del llamado período clásico) que cinco civilizaciones amerindias experimentaron caídas en el mismo período y en la misma región mesoamericana, caracterizada por la caída de las ciudades : Teotihuacan, Monte Albán (Zapotecas), Yucuita (Mixtecas), Cerro de las Minas (cultura Ñuiñe), y Uaxactún y Barton Ramie (Mayas). Es probable que esta convergencia cronológica de los colapsos de varias civilizaciones no se deba al azar, incluso si los historiadores aún no han planteado la hipótesis o han discutido particularmente sobre ello... O bien las causas comunes han desestabilizado los circuitos comerciales y Producción comercial o agrícola, que las revoluciones sociales y políticas han desestabilizado los sistemas sociales y políticos, contaminándose entre sí. Es posible que hayamos presenciado aquí una verdadera ola internacional de revoluciones sociales que contamina sucesivamente a varias sociedades. Este no sería el único caso en la historia donde ocurrió un fenómeno.</p> <p>El arqueólogo Pascual-Egea explica lo siguiente : "Este fenómeno, deducido del estudio de los archivos funerarios, caracterizó el largo proceso de declive y colapso final de las civilizaciones mesoamericanas del final del período clásico, que comenzó entre los Teotihuacanos, fue transmitido a los zapotecas y terminó con los mayas. De hecho, el colapso de Teotihuacan desencadena una reacción en cadena retardada. "</p> <p>Tenga en cuenta también, en 750 dC, la caída de la ciudad de Pampa Grande, entonces capital de la civilización peruana Lambayèque (o Sicán). Otra oportunidad, o hay un enlace, dirán los arqueólogos ...</p> <p> <span class='spip_document_12578 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH545/montealban-350-x-545-2-3a3e2.jpg' width='350' height='545' alt="" style='height:545px;width:350px;' /></span></p> <h3 class="spip">Voici une étude du spécialiste de l'archéologie sociale, Pascual Izquierdo-Egea, qui pointe la montée violente de la crise économique, de la misère des populations pauvres et des conflits sociaux dans la ville de Monte Albán avant sa chute, en étudiant l'évolution économique et sociale au travers des statistiques comparées des offrandes dans les sépultures des différentes phases de la période Classique, celle où cette civilisation s'est effondrée, entre le classique ancien (fin du développement de la civilisation) et le classique récent (crise et chute de la civilisation) :</h3> <p><span class='spip_document_12571 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L304xH216/05-22-20at-204-56-32-20pm-81798.png' width='304' height='216' alt="" style='height:216px;width:304px;' /></span> <span class='spip_document_12574 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/linea-del-tiempo-mesoamerica-1-638-acf64.jpg' width='500' height='282' alt="" style='height:282px;width:500px;' /></span></p> <p>Note</p> <p>Nous donnons pour référence une estimation chronologique générale des civilisations mésoaméricaines :</p> <p>Paléo-Indien (des premières habitations humaines à 3500 avant notre ère),</p> <p>Archaique (de 3500 à 2600 avant notre ère),</p> <p>Préclassique ou période de formation (2500 avant notre ère à 200 de notre ère),</p> <p>Classique (200 de notre ère à 800 de notre ère),</p> <p>Postclassique (800 de notre ère à 1521 de notre ère),</p> <p>Coloniale (1521 de notre ère à 1821 de notre ère),</p> <p>Postcoloniale (de 1821 à nos jours)</p> <p>La période dite classique, celle du développement et de la prospérité des civilisations, est elle-même subdivisée en :</p> <p>Période classique ancienne : 200 après J.-C. à 500 après J.-C.</p> <p>Période classique récente et apogée : 500 à 700 après J.-C.</p> <p>Fin de la période classique et crise : 700 à 800 après J.-C.</p> <p>Période postclassique (mixtèque et plus zapotèque à Monte Alban) : XIIe siècle après J.-C.</p> <p>Pascual Izquierda-Egea, dans « Monte Albán y el colapso clásico según el registro funerario » (Monte Albán et l'effondrement de l'époque classique étudié d'après les dépôts funéraires) :</p> <p>« La première estimation analytique s'est limitée à comparer les premières et dernières périodes du Classique. À la lumière de ses résultats parfaitement démonstratifs, il a été possible d'assurer de manière irréfutable que l'effondrement classique était parfaitement consigné dans les offrandes des sépultures de Monte Albán. Comme le montre le tableau 1, au cours de la période du Classique Ancien, les frais d'enterrement ou la richesse relative ont subi une chute considérable (-91,04%), tandis que les inégalités sociales ont diminué dans une moindre proportion (-22,70%) en fonction du coefficient de variation (CV). La tendance de ce paramètre a également été confirmée par l'indice de Gini. D'autre part, le signe d'un conflit social est déclenché de manière alarmante. Compte tenu de l'expression structurelle de celle-ci (EC), cette variable connaît une augmentation spectaculaire jusqu'à atteindre des limites insoupçonnées (762,78%). La conflictivité dynamique ou conjoncturelle (CD) atteint également une valeur relative très élevée. Tout cela nous donne une claire image d'un conflit social maximum, l'explosion dudit paramètre correspondant au moment de l'effondrement de la civilisation zapotèque de Monte Albán.</p> <p>C'est-à-dire que les sépultures et les tombes diminuent en passant de la période classique à la fin, ce qui peut être attribué à une réduction démographique notoire en raison de l'éclatement d'un conflit social et de la diminution drastique des ressources disponibles, comme nous l'avons vu auparavant. Mais ce n'est pas tout. Il reste à voir ce que les résultats obtenus révèlent en incluant la période qui précède la période du Classique récent dans l'analyse. Bien qu'il reste une difficulté pour comparer directement ces périodes dans les mêmes registres…</p> <p>Les résultats ainsi obtenus confirment ce qui a déjà été observé pour la période du Classique Ancien et éclairent l'obscurité de la période précédente. De cette manière, nous pouvons maintenant constater que la période du Classique Récent n'est pas aussi dynamique que l'on pourrait s'attendre sur le plan économique, car le coût moyen des funérailles dans les offrandes funéraires est en baisse. En d'autres termes, Monte Albán a connu au cours de la période classique récente une diminution de la richesse relative amortie dans les biens funéraires des sépultures (-31,26%). Dans le même temps, l'inégalité sociale diminue légèrement en fonction du CV, mais le coefficient de Gini offre une lecture différente, enregistrant une légère augmentation de ce paramètre.</p> <p>Dans tous les cas, cela provoque une augmentation de la conflictivité sociale structurelle (35,58%) alors que le niveau des ressources disponibles diminue à peine (-9,45%). En revanche, la population représentée augmente (22,86%). Cette contradiction apparente est clarifiée par la tendance révélée par la mesure des autres paramètres fondamentaux : la conflictivité sociale grandit et le niveau des ressources disponibles reste presque inchangé ; puis, en toute logique, le plus grand nombre de sépultures actuellement enregistrées peut être attribué à la mortalité causée par cette augmentation du conflit. La fin de la période classique a conduit à cette tendance avec une forte baisse d'activité productive, associée à une diminution marquée des ressources disponibles et à la diminution brutale de la population représentée (-74,42%) au milieu d'un conflit social débridé. C'est-à-dire que, tout au long de la fin de la période classique, Monte Albán a connu une crise énorme. La richesse relative observable à travers le registre funéraire s'effondre (-81,81%). Les inégalités sociales diminuent (-7,23%) mais ne compensent pas cet énorme gouffre, donnant lieu à un conflit social galopant qui prend de l'ampleur pour atteindre une dimension gigantesque et alarmante (410,06% pour les structurels et 275% pour les dynamiques). À son tour, la mesure du niveau des ressources disponibles montre une valeur sensiblement basse, ce qui indique une chute importante de ce paramètre (-94,90%), en ligne avec la dépression économique qui caractérise cette période ; ce qui justifie le déclin notoire de la population à cette époque.</p> <p>(...) Selon le registre funéraire, Monte Albán de la période terminale de formation (100 av. J.-C. - 200 av. J.-C. après J.-C.) vit une période florissante avec le plus haut niveau de ressources disponibles et le conflit social le plus faible qui soit, selon la série chronologique analysée. Ces données correspondent parfaitement aux informations archéologiques restantes provenant d'autres sources. Concrètement, cela coïncide avec l'expansion territoriale de l'Etat zapotèque au-delà de la vallée d'Oaxaca (González Licón 2011 : 147). En revanche, l'irruption de la période du Classique récent (200-500 après J.-C.) met un terme à la prospérité de la période précédente en indiquant la diminution de la richesse relative enregistrée dans les offrandes des sépultures étudiées. La population de Monte Alban augmente pendant cette période, bien que les terres contrôlées par ce centre urbain soient considérablement réduites. Non seulement cela diminue son territoire, mais aussi son influence sur le tout puissant État Teotihuacan des hauts plateaux centraux, qui projette son ombre portée sur la vallée d'Oaxaca et avec lequel il établit une sorte d'alliance (González Licón 2011 : 171). Or, cette nouvelle situation, qui impliquait l'acceptation de l'hégémonie de Teotihuacan, aurait un impact négatif sur Monte Alban, provoquant un déclin économique naissant qui refléterait parfaitement les données funéraires obtenues.</p> <p>En outre, l'augmentation démographique indiquée par la source susmentionnée coïncide parfaitement avec la tendance inférée du registre mortuaire analysé, même si elle devrait être nuancée par la répercussion négative probable du conflit grandissant et la stagnation des ressources disponibles sur la croissance démographique, ce qui pourrait se traduire par une mortalité plus élevée. Au cours de la fin de la période classique (500-700 / 750 après J.-C.), la population de la vallée d'Oaxaca diminue considérablement et se concentre à Monte Albán ou dans ses environs. Capitale de la civilisation zapotèque, ce centre urbain atteint sa plus grande extension, bien qu'il perde le pouvoir devant la périphérie : la croissance augmente désormais considérablement l'autonomie régionale (González Licón 2011 : 201), ce qui accélérera le déclin de Monte Alban et la fragmentation de son territoire dans les petits États (Feinman et Nicholas 2016 : 256). En d'autres termes, le pouvoir régional zapotèque de Monte Albán décline et de nombreux centres de rang inférieur constituent leurs propres entités politiques locales (Marcus 2009 : 98, 101) que Tainter (1988 : 13) a définis comme de petits États autonomes.</p> <p>Après l'effondrement de l'État de Monte Albán dans la fin de la période classique, la société de la vallée d'Oaxaca est fragmentée et réorganisée politiquement jusqu'à l'émergence de la puissante cité-État de Dainzú-Macuilxóchitl dans la fin du postclassique (Faulseit 2012 : 401). L'archéologie des phénomènes sociaux confirme non seulement la réduction démographique drastique, mais met également en évidence les autres paramètres fondamentaux observés à travers le registre funéraire : un déclin brutal de l'activité économique et des ressources disponibles, parallèlement à une augmentation considérable des conflits sociaux, comme le montre l'étude des Mayas précolombiens du Guatemala et du Belize (Izquierdo-Egea 2015c : 17-18, 24 ans, 2016 : 65). En d'autres termes, cette grave crise économique de la fin du classique, associée à une augmentation spectaculaire des conflits sociaux et à une diminution considérable des ressources disponibles, est documentée en Méso-Amérique à travers les offres mortuaires des bassins des rivières Balsas et Monte Albán au Mexique ou à Uaxactún et Barton Ramie chez les Mayas. C'est-à-dire qu'il s'agit d'une série de phénomènes sociaux coïncidant avec l'effondrement des civilisations classiques mésoaméricaines (Izquierdo-Egea 2015c : 23, 24). Cet appauvrissement généralisé, provoqué par la grave crise économique, aurait créé une situation interne explosive pouvant même affecter la consommation de viande et de légumes.</p> <p>Ce phénomène, déduit des archives funéraires, a caractérisé le long processus de déclin et d'effondrement final des civilisations mésoaméricaines de la fin de la période classique, qui a commencé chez les Teotihuacans, a été transmis aux Zapotèques et s'est terminé chez les Mayas. En fait, l'effondrement de Teotihuacan déclenche une réaction en chaîne d'effet retardé. Ses conséquences modifient le paysage géopolitique mésoaméricain et favorisent l'émergence d'autres États ainsi que leur lutte pour l'hégémonie. Après la chute de Teotihuacan, l'état zapotèque de Monte Albán et les villes-états mayas ont continué d'exister pendant un certain temps. Enfin, cette crise finit par affecter de manière dramatique Monte Albán ainsi que la civilisation maya classique, la plus éloignée du noyau originel de cette dépression complexe. Par conséquent, nous devons insister une nouvelle fois sur la connexion entre les régions mésoaméricaines comme si elles étaient des vases communicants (Izquierdo-Egea 2014 : 16-17). Comme cela a été maintenu dans une étude précédente, les paramètres fondamentaux de l'équation de l'effondrement des civilisations mésoaméricaines classiques sont la surpopulation et l'impact du changement climatique sur l'environnement naturel (comme les sécheresses prolongées signalées par Haug et al., 2003). L'effondrement se produit lorsque l'altération du climat met en péril l'équilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, générant généralement un conflit qui conduit à la genèse de phénomènes violents tels que des révolutions ou des guerres, car les mécanismes régulateurs internes des formations sociales n'existent plus ou sont incapables de contrecarrer ses effets négatifs (Izquierdo-Egea 2014 : 25). »</p> <p>CONCLUSIONS</p> <p>1. L'effondrement classique a été parfaitement consigné dans les offrandes des sépultures de Monte Albán (Oaxaca, Mexique) et la méthodologie utilisée ici a inféré scientifiquement ces preuves, comme dans le bassin de la rivière Balsas ou entre les Mayas de Guatemala et le Belize. .</p> <p>2. L'agonie de Monte Alban de la fin de la période classique montre un déclin considérable de la richesse relative, associé à une crise économique considérable, à un net déclin des ressources disponibles, à un déclin démographique notable et à une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces paramètres constituent un panorama dévastateur qui annonce son effondrement.</p> <p>3. Les témoignages funéraires du bassin de la rivière Balsas, des Mayas du Guatemala et du Belize ou de l'Albuquerque de Monte Alban permettent de garantir que l'effondrement classique a été enregistré dans une bonne partie de la Méso-Amérique. Plus nous progresserons dans cette voie de recherche, plus nous aurons de preuves confirmant la trace matérielle de l'effondrement classique des archives funéraires des civilisations mésoaméricaines.</p> <p>4. Au cours de la fin de la période classique, les ressources disponibles ont considérablement diminué et une grande crise économique a dévasté la Méso-Amérique, générant un appauvrissement généralisé et provoquant une vague de conflits sociaux comme en témoignent les registres funéraires du bassin de Balsas, des Mayas (du Guatemala et du Belize). Monte Albán. Nous savons par d'autres sources qu'un changement climatique défavorable a eu un impact négatif sur une population très nombreuse, brisant l'équilibre entre cette dernière et les ressources disponibles pour la maintenir. Selon ce que nous savons jusqu'à présent, c'est l'étincelle qui a déclenché le conflit social galopant qui a laissé les civilisations classiques mésoaméricaines et qui, avec les autres facteurs, a provoqué son effondrement.</p> <p>Réflexion finale</p> <p>Quatre publications de cet auteur dans cette interview ont fourni des preuves irréfutables que les vrais scientifiques ne peuvent pas ignorer. Tous ont jeté une lumière aveuglante sur les fluctuations de l'économie et les changements sociaux associés à la Mésoamérique préhispanique. Les preuves les plus cohérentes correspondent à l'effondrement des civilisations classiques représentées par Teotihuacan, Monte Albán ou Maya. On ne comprendrait pas que les chercheurs gaspillent de manière injustifiée ces contributions transcendantales de l'archéologie des phénomènes sociaux, une discipline nouvelle et prometteuse, également appelée archéologie, pour faire avancer la connaissance de la Mésoamérique préhispanique. »</p> <p>Le texte original en espagnol :</p> <p>« La primera estimación analítica se limitó a evaluar los periodos temprano y tardío del Clásico. Enfunción de sus contundentes resultados, se pudo demostrar de forma inapelable que el colapso clásico quedó perfectamente registrado en las ofrendasde los entierros de Monte Albán. Como se puede apreciar en la tabla 1, durante el Clásico Tardío, el gasto funerario medio o riqueza relativa sufre una tremenda caída (–91.04 %) mientras la desigualdad social disminuye en menor proporción (–22.70%) según el coeficiente de variación (CV). La tendencia de este parámetro también fue confirmada por el índice de Gini. Por su parte, la conflictividad social se dispara deforma alarmante. Considerando la expresión estructural de la misma (CE), esta variable experimenta un incremento espectacular hasta alcanzar límites insospechados (762.78 %). La conflictividad dinámica o coyuntural (CD) también alcanza un valor relativo muy elevado. Todo lo cual conforma un panorama adverso de máxima conflictividad social, donde el estallido de dicho parámetro muestra el colapso de la civilización zapoteca de Monte Albán.</p> <p>A este caótico paisaje se une la estimación de los recursos disponibles en función de la población representada y la conflictividad estructural, arrojando un descenso brutal de los mismos (–97.05 %) en consonancia con la tremenda caída de la riqueza relativa medida y una enorme disminución demográfica (–74.42 %). Este descenso de la población también es avalado por el tamaño de la muestrade las tumbas no analizadas estadísticamente por el motivo expuesto en la introducción, cuya tendencia coincide plenamente con la mostrada por los entierros. Es decir, tanto los entierros como las tumbas disminuyen al pasar del Clásico Temprano al Tardío, lo cual cabe atribuirlo a una notoria reducción demográfica acorde con el estallido de la conflictividad social y la drástica disminución de los recursos disponibles, como se ha visto antes. Pero esto no es todo. Falta ver qué revelan los resultados obtenidos al incluir el periodo que precede al Clásico Temprano en el análisis. Aunque hay un problema. Para hacer posible este nuevo enfoque diacrónico, como la muestra del Formativo Terminal no especificaba la composiciónde las ofrendas, hubo que igualar las demás suprimiendo las categorías específicas.Los resultados así obtenidos confirman lo ya observado para el Clásico Tardío y arrojan luz sobrela oscuridad del periodo precedente. De este modo, ahora podemos vislumbrar que el Clásico Temprano no es una época tan boyante a nivel económico como cabía esperar, pues se aprecia una disminución del gasto funerario medio en las ofrendas delos entierros. En otras palabras, Monte Albán experimenta durante el Clásico Temprano un descenso de la riqueza relativa amortizada en los ajuares de los entierros (–31.26 %). Al mismo tiempo, disminuye levemente la desigualdad social según el CV como indicador, si bien el coeficiente de Gini ofrece una lectura distinta registrando un ligerísimo incremento de dicho parámetro.</p> <p> En todo caso, sí espatente el aumento de la conflictividad social estructural (35.58 %) mientras apenas disminuye el nivel de recursos disponibles (–9.45 %). En cambio, la población representada aumenta (22.86 %). Esta aparente contradicción es aclarada por la tendencia revelada por la medición de los demás parámetros fundamentales : la conflictividad social crecey el nivel de recursos disponibles se mantiene casi inalterable ; luego, en buena lógica, cabe atribuir a la mortalidad ocasionada por ese incremento de la conflictividad el mayor número de entierros ahora registrado. El Clásico Tardío culmina esa tendencia con una enorme caída de la actividad productiva, asociadaa una marcada disminución de los recursos disponibles y el descenso brutal de la población representada (–74.42 %) en medio de una desbocada conflictividad social. Es decir, a lo largo del Clásico Tardío, Monte Albán sufre una tremenda crisis. La riqueza relativa observable a través del registro funerario cae en picado (–81.81 %). La desigualdad social desciende (–7.23 %) pero no compensa ese enorme abismo, dando lugar a una conflictividad social galopante que se dispara hasta alcanzar una gigantesca y alarmante dimensión (410.06 % para la estructural y 275 % para la dinámica). A su vez, la medición del nivel de recursos disponibles arroja un valor sensiblemente bajo, indicando una enorme caída de este parámetro (–94.90 %) en consonancia con la depresión económica que caracteriza a este periodo ; lo cual justifica el notorio descenso de la población en ese tiempo.</p> <p>(…) Según el registro funerario, el Monte Albán del Formativo Terminal (100 antes J.-C. - 200 despues de J.-C.) vive una época floreciente con el mayor nivel de recursos disponibles y la menor conflictividad social de toda la serie temporal analizada. Esos datos cuadran perfectamente con la restante información arqueológica proveniente de otras fuentes. Concretamente, coincide con la expansión territorial del Estadozapoteco más allá del valle de Oaxaca (González Licón 2011 : 147). En cambio, la irrupción del Clásico Temprano (200-500 despues de J.-C.) pone fin a la prosperidad del periodo precedente según señala el descenso de la riqueza relativa registrada en las ofrendas de los entierros estudiados. La población de Monte Albán crece durante ese tiempo, si bien las tierras controladas por este centro urbano se reducen de forma considerable. No solo mengua su territorio sino que también lo hace su influencia frente al todo poderoso Estado teotihuacano del altiplano central, que proyecta su alargada sombra sobre el valle de Oaxaca, y con el cual establece algún tipo de alianza (González Licón 2011 : 171). Ahora bien, ese nuevo estado de cosas, que implicaba aceptar la hegemonía de Teotihuacan, repercutiría negativamente sobre Monte Albán, provocando una incipiente decadencia económica que muestran perfectamente los datos funerarios obtenidos.</p> <p>Además, el aumento demográfico señalado por la citada fuente coincide plenamente con la tendencia inferida a partirdel registro mortuorio analizado, aunque deba matizarse con la probable repercusión negativa de la creciente conflictividad y el estancamiento de los recursos disponibles sobre el crecimiento de la población, todo lo cual pudo traducirse en una mayor mortalidad. Durante el Clásico Tardío (500-700/750 despues de J.-C.) disminuye drásticamente la población en el valle de Oaxaca y se concentra en Monte Albán o en sus alrededores. Este centro urbano, que fue la capital de la civilización zapoteca, alcanza entonces su mayor extensión, aunque pierde poder frente a la periferia : ahora aumenta significativamente la autonomía regional (González Licón 2011 : 201) que acelerará el ocaso de Monte Albán y la fragmentación de su territorio en estados más pequeños (Feinman y Nicholas 2016 : 256). En otras palabras, el poder regional de los zapotecos de Monte Albándeclina y numerosos centros de rango inferior constituyen sus propias entidades políticas locales (Marcus 2009 : 98, 101) que Tainter (1988 : 13) definiera como pequeños estados autónomos.</p> <p>Tras el colapso del estado de Monte Albán en el Clásico Tardío, la sociedad del valle de Oaxaca se fragmenta y reorganiza políticamente hasta emerger la poderosa ciudad-estado de Dainzú-Macuilxóchitl en el Posclásico Tardío (Faulseit 2012 : 401). La arqueología de los fenómenos sociales no soloconfirma la drástica reducción demográfica sino quearroja luz sobre los otros parámetros fundamentales observados a través del registro funerario : undescenso brutal de la actividad económica y los recursos disponibles, en consonancia con un enorme aumento de la conflictividad social, avanzado alestudiar los mayas prehispánicos de Guatemala y Belice (Izquierdo-Egea 2015c : 17-18, 24 ; 2016:65). En otras palabras, esa aguda crisis económica del Clásico Tardío, asociada a un incremento espectacular de la conflictividad social y un enorme descenso de los recursos disponibles aparece documentada en Mesoamérica a través de las ofrendas mortuorias de la cuenca del río Balsas y MonteAlbán en México o en Uaxactún y Barton Ramie entre los mayas. Es decir, se trata de una serie de fenómenos sociales coincidentes con el colapso de las civilizaciones clásicas mesoamericanas (Izquierdo-Egea 2015c : 23, 24). Ese empobrecimiento generalizado, espoleado por la aguda crisis económica imperante, generaría una situación interna explosiva que incluso repercutió sobre el consumode carne y vegetales.</p> <p>Este fenómeno, inferido apartir del registro funerario, caracterizó el largo proceso de ocaso y colapso final experimentado por las civilizaciones mesoamericanas del Clásico Tardíoque se inicia entre los teotihuacanos, pasa a los zapotecos y finaliza entre los mayas. De hecho, el colapso teotihuacano desata una reacción en cadena de efecto retardado. Sus consecuencias alteranel panorama geopolítico mesoamericano y favorecen la emergencia de otros estados así como la lucha entre ellos por la hegemonía. Tras caer Teotihuacan, el estado zapoteco de Monte Albán y lasciudades-estado mayas mantienen su existencia durante cierto tiempo. Finalmente, esa crisis acaba afectando dramáticamente tanto a Monte Albáncomo a la civilización maya clásica, la más alejada del núcleo originario de esa compleja depresión. Portanto, hay que insistir una vez más en la conexión entre las regiones mesoamericanas como si fuesen vasos comunicantes (Izquierdo-Egea 2014 : 16-17).Tal como se sostuvo en un estudio anterior, los parámetros fundamentales de la ecuación del colapso de las civilizaciones clásicas mesoamericanas son la superpoblación y el impacto del cambio climático sobre el medio natural (como las sequías prolongadas señaladas por Haug et al. 2003). El colapso se produce cuando la alteración del clima rompe el equilibrio entre la población y los recursos disponibles para sostenerla, generando habitualmente un estallido de conflictividad que desembocaen la génesis de fenómenos violentos como revoluciones o guerras porque los mecanismos reguladores internos de las formaciones sociales ya no soncapaces de contrarrestar sus efectos negativos (Izquierdo-Egea 2014 : 25). »</p> <p>CONCLUSIONES</p> <p>1. El colapso clásico quedó perfectamente registrado en las ofrendas de los entierros de Monte Albán (Oaxaca, México) y la metodología aquí empleada ha inferido científicamente esta evidencia como ya lo hiciera en la cuenca del río Balsas o entre los mayas de Guatemala y Belice.</p> <p>2. El agonizante Monte Albán del Clásico Tardío muestra un enorme descenso de la riqueza relativa asociado a una tremenda crisis económica, una acusada disminución de los recursos disponibles, un notable descenso demográfico y un alarmante incremento de la conflictividad social. Todos esos parámetros conforman un panorama desolador queanuncia su colapso.</p> <p>3. Las evidencias funerarias de la cuenca del río Balsas, de los mayas de Guatemala y Belice o de loszapotecas de Monte Albán permiten asegurar que el colapso clásico quedó registrado en buena parte de Mesoamérica. Cuanto más se avance en esta línea de investigación, más evidencias se descubrirán confirmando la huella material del colapso clásico en el registro funerario de las civilizaciones mesoamericanas.</p> <p>4. Durante el Clásico Tardío descienden drásticamente los recursos disponibles y una gran crisis económica asola Mesoamérica, generando un empobrecimiento generalizado y desatando una oleada de conflictividad social atestiguada por el registro funerario de la cuenca del Balsas, los mayas (de Guatemala y Belice) y Monte Albán. Sabemos por otras fuentes que un cambio climático desfavorable repercutió negativamente sobre una población muy numerosa, rompiendo el equilibrio entre esta última y los recursos disponibles para sostenerla. Según lo que hasta ahora conocemos, esa fue la chispa que desató la galopante conflictividad social quedevoró las civilizaciones clásicas mesoamericanas y, junto a los demás factores, provocó su colapso.</p> <p>Reflexión final</p> <p>Cuatro publicaciones del presente autor en estarevista han aportado evidencias irrefutables que losverdaderos científicos no pueden ignorar. Todasellas arrojan una luz cegadora sobre las fluctuaciones de la economía y los cambios sociales asociadosen la Mesoamérica prehispánica. La evidencia máscontundente corresponde al colapso de las civilizaciones clásicas representadas por Teotihuacan, Monte Albán o los mayas. No se entendería quelos investigadores desaprovecharan de forma injustificable estas trascendentales aportaciones de la arqueología de los fenómenos sociales, una nueva y prometedora disciplina también bautizada como arqueonomía, para avanzar en el conocimiento de la Mesoamérica prehispánica. »</p> <p><a href="http://www.laiesken.net/arqueologia/pdf/2016/AI3207.pdf" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_12576 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH200/montealban1-986a1.jpg' width='300' height='200' alt="" style='height:200px;width:300px;' /></span></p> <h3 class="spip">On s'aperçoit dans ce qui suit que le point de vue précédent de Pascual Izquierdo-Egea s'oppose au point de vue le plus courant des archéologues :</h3> <p>« Après une brillante carrière d'archéologue et l'élaboration d'importants travaux sur la céramique préhispanique d'Oaxaca, Ignacio Bernal écrivit en 1965, dans le chapitre du Manuel de référence des Indiens d'Amérique centrale intitulé " Synthèse archéologique d'Oaxaca ", un résumé serré qui regroupe des informations obtenues jusque-là :</p> <p>« Beaucoup de gens s'inquiètent de "étiquetage ethnique" des vestiges archéologiques. Nous ne donnerons ici qu'un nom ethnique aux antiquités qui ont probablement été fabriquées par les villes historiques auxquelles nous les relions ; nous ne le ferons pas avec les cultures des premières périodes ou avec celles dont le lien avec l'horizon historique n'est pas évident. Par conséquent, nous n'appliquerons le nom « zapotèque » qu'aux cultures de Monte Alban IIIA et plus tard, dont les descendants, physiquement et culturellement, sont sans aucun doute les zapotèques du XVIe siècle et d'aujourd'hui. Nous ne considérerons une culture comme Mixtèque que si elle présente les traits caractéristiques des Mixtèques du XVIe siècle. Ainsi, nous espérons nous libérer du danger que représentent les fausses attributions ethniques, sans tomber à l'extrême opposé du découplage des cultures archéologiques des cultures historique et ethnographique (Bernal, 1965a : 788-789). »</p> <p>Au sujet de la répartition géographique des colonies zapotèques de la fin de la période classique, il ajoute :</p> <p>« [...] des sources historiques indiquent que l'occupation de Tehuantepec et d'une bonne partie de l'isthme par les Zapotèques a eu lieu peu de temps avant la Conquête, mais que les objets trouvés là-bas sont très similaires à ceux de la vallée d'Oaxaca. Bien qu'elles ne proviennent pas de fouilles stratigraphiques, elles suggèrent l'existence de colonies zapotèques dans l'isthme depuis la période classique de Monte Albán [...]. D'autre part, l'extrême nord et certaines parties occidentales de la vallée d'Oaxaca ont été considérés comme des mélanges, mais les céramiques collectées sur des sites tels que Suchilquitongo ou Cuilapan sont fondamentalement zapotèques ou antérieures. Seule une mince couche superficielle appartient à une invasion Mixtèque, très proche du temps de la conquête espagnole (Bernal, 1965a : 794). »</p> <p>Bien que des études récentes sur le langage zapotèque et ses variantes aient enrichi ce panorama, les informations fournies par Bernal sont suffisantes pour les besoins de ce travail. A cela, il ajoute plus tard les types de céramique qu'il a découverts lors des voyages avec Lorenzo Gamio et une évaluation générale de la situation archéologique de la vallée :</p> <p>« [...] Près de 90% des tessons collectés sur tous les sites ont été facilement classés en tant que types de Monte Albán. Les 10% restants comprenaient surtout des types connus en dehors de la vallée, que l'on trouve aussi généralement à Monte Albán. En revanche, dans les quelques sites visités en dehors de la vallée, le pourcentage de tessons qui ne rentrent pas dans la typologie de Monte Alban a rapidement atteint 60%. Comme cela s'applique à toutes les époques, on peut faire une déduction importante : toute la vallée de Oaxaca a une histoire commune et constitue une unité écologique dans laquelle les mêmes cultures se sont succédées dans le même ordre (Bernal, 1965a : 795-796). »</p> <p>Pour Bernal, la période IIIB de Monte Alban représente</p> <p>« [...] l'apogée et la fin de Monte Albán. La ville entière semble avoir été reconstruite ; presque tous les monuments que l'on peut voir aujourd'hui, à l'instar de nombreuses inscriptions et tombes hiéroglyphiques, appartiennent à cette période [...] Cependant, leur définition et surtout leur différenciation par rapport à la période IV sont difficiles, car la culture des deux pratiquement les mêmes et ce qui les sépare est un événement important mais clairement local - la fin de Monte Albán. Par conséquent, presque tous les sites de la vallée ont des navires qui peuvent être de la période IIIB ou similaire de la période IV, car ils ne peuvent pas être classés séparément. À Monte Albán, il n'a pas été possible de différencier ces céramiques de manière appropriée, malgré les vastes explorations et les nombreuses tombes. Cependant, il y a des objets de la vallée d'Oaxaca qui n'ont pas été retrouvés à Monte Albán et qui sont sans doute en retard. Cela suggère que l'étude des sites tardifs dans la vallée pourrait aider à résoudre le problème (Bernal, 1965a : 804) (non souligné dans l'original). »</p> <p>De ce qui précède, il est clair que, tant à Monte Albán que dans d'autres sites de la vallée,</p> <p>« [...] tout changement survenu entre les périodes IIIB et IV n'était que superficiel et qu'il s'agissait plutôt de deux sous-phases d'une longue période au lieu de deux. La distinction a été faite parce que la chute de Monte Albán l'indique de cette façon. Cela ne signifie pas que tous ses habitants sont partis, mais que la partie cérémonielle a été abandonnée ; leurs bâtiments n'ont pas été réparés et aucun nouveau bâtiment n'a été construit. Au lieu de cela, des maisons ont dû être construites et de nouvelles tombes utilisées. Monte Albán devint un cimetière habité (Bernal, 1965a : 804) (italiques de l'auteur du présent). »</p> <p>En ce qui concerne la deuxième sous-phase, il en existe des preuves dans presque tous les sites de la vallée :</p> <p>« Dans de nombreux endroits, cette culture, identifiée à la période IV à Monte Albán, semble avoir survécu jusqu'à la conquête espagnole, bien plus mélangés ou associés à la culture mixte » (Bernal, 1965a : 806) ; en d'autres termes, il souligne que, dans de nombreux endroits, la culture identifiée avec la période IV de Monte Alban semble avoir survécu jusqu'à la conquête espagnole, bien qu'elle soit de plus en plus mélangée ou associée à la culture mixtèque. À propos de ce dernier est exprimé comme suit :</p> <p>« Je ne pense pas qu'il soit risqué de dire que les Mixtèques historiques étaient les détenteurs de la culture Mixteca-Puebla dans la région d'Oaxaca [sic], bien que cela ne signifie pas qu'ils en étaient les principaux initiateurs ou porteurs. En fait, le même style se retrouve également dans la phase finale de la région de Chinantla et de Cuicatec. Cela rappelle le problème, dont nous avons déjà parlé, du rôle que d'autres peuples auraient pu jouer dans le développement des anciennes cultures d'Oaxaca » (Bernal, 1965a : 789-790).</p> <p>Enfin, il offre une explication possible de la détérioration de l'industrie céramique classique, bien qu'il ferme les portes à la participation susmentionnée d'autres peuples au processus culturel de la vallée :</p> <p>« Contrairement aux premières périodes, nous n'avons rien trouvé d'extérieur à ce jour. Apparemment, la culture zapotèque se replie sur elle-même et se détache des événements qui ont laissé la place à la Méso-Amérique. Je crois que cette introversion totale a été à l'origine du déclin esthétique et technologique marqué de la période IV [...]. Le processus d '"industrialisation" s'observe non seulement dans le manque d'individualité, mais aussi dans les quantités [...] Les céramiques de la période IV sont abondantes, bien que de qualité médiocre, comme si elles avaient été produites en série et négligentes » (Bernal, 1965a : 805-807).</p> <p>Le supposé déclin de la période IV a amené John Paddock à relier les matériaux archéologiques aux informations documentaires du XVIe siècle et à établir un lien entre l'avenir des habitants de la vallée et celui des Mixtèques. Pour cela, il peint un scénario dans lequel les serranos pourraient expulser les premiers de leur habitat - pour ensuite revenir dans la vallée (Paddock, 1970b : 225, 1986 : 6-7). Les circonstances qui auraient conduit à ce déplacement sont résumées comme suit :</p> <p>Depuis l'abandon de Monte Albán en tant que ville opérationnelle au Xe siècle jusqu'à la conquête espagnole, la culture de la vallée de Zapotèques s'appelle Monte Albán IV ; mais en fait, et à bien des égards, ce fut la continuation ininterrompue de l'II B1, y compris la chute progressive qui a commencé beaucoup plus tôt [...] La seule tentative connue d'établir un nouvel État zapotèque était la centralisation légendaire et non prouvée par l'archéologie à Zaachila [...] Comme Bernal l'a démontré, à l'époque Mitla n'était plus, comme nous le voyons maintenant, centrée sur un groupe de splendides palais situés au nord de la rivière. Son centre était défini par des fondations avec des temples et non par des groupes de palais au sud de la rivière. Les fondations et les palais des périodes IV et V sont représentés au sommet d'une colline fortement fortifiée à la périphérie de la ville [...] Une telle forteresse faisait partie de la communauté et - apparemment - seulement présente Les vestiges de périodes tardives laissent présager l'apparition du militarisme [...] Vers la fin du IIIB et le début du IVème siècle, lorsque Lambityeco fut abandonné, il y eut un boom constructif à Yagul [...] Le fait que cela coïncide avec le début du La construction de la forteresse de Mitla suggère un mouvement généralisé vers l'occupation de sites fortifiés et protégés naturellement, reflétant les changements qui se produisaient à travers toute la Méso-Amérique (Paddock, 1970b : 210-212).</p> <p>Quelque temps plus tard, Marcus et Flannery (1990 : 196-197) ont mis en doute l'expulsion de la population locale pour favoriser l'idée d'une adoption progressive de la culture identifiée avec la période V. D'abord, cette proposition devait être discutée, les résultats des enquêtes menées à Lambityeco et le rôle joué par ce lieu au cours de la période IV. La présence de types de céramique étrangers et la production locale d'imitations trouvées sur ce site et d'autres sites de la vallée méritaient une attention particulière (Paddock, 1970b : 212-213), bien que Bernal ait déjà commenté :</p> <p>La période IV commence avec l'apparition des éléments toltèques. Au sens le plus large [...] de la vallée, il n'y a pas de sculptures connues d'influence évidente toltèque [mais] il existe une série de vaisseaux, nouveaux à Oaxaca, qui montrent de l'influence Toltèque, peut-être indirectement [...] Le meilleur exemple est le groupe de récipients copiant les pâtes, la couleur et les formes de la fine orange, caractéristiques de cette période en Méso-Amérique. Seulement à Monte Albán, 36 spécimens ont été récupérés et, dans la vallée, les tessons de ce style sont communs dans de nombreux endroits. D'autre part, nous avons deux navires du type Plumbate Tohil trouvés à Monte Albán (Bernal, 1965a : 806-808).</p> <p>La découverte de ces plats dans des contextes sans relation avec le complexe culturel toltèque a provoqué de graves maux de tête pour ceux qui souhaitaient détailler la séquence archéologique d'Oaxaca et différencier les matériaux classiques de l'inventaire culturel post-classique (Marcus et Flannery 1990 : 194-196). Le cas des inscriptions en pierre de la période IV, très différentes, dont le format rappelle les enregistrements dynastiques des codex mixtèques. Bien que son style diffère de tout ce qui a été vu auparavant, il ne comprend aucun élément pouvant être lié à l'iconographie des villes voisines :</p> <p>« [...] les inscriptions les plus simples de la période III, faites à partir de combinaisons de symboles et de très grandes figures par rapport à la surface des pierres sur lesquelles elles ont été sculptées, donnent lieu à l'utilisation de pierres plus petites recouvertes de scènes finement détails sculptés et considérables [...] Bien que cette description semble suggérer une influence mixtèque, les éléments eux-mêmes diffèrent clairement de ceux trouvés dans les inscriptions mixtèques (Paddock, 1970b : 213). »</p> <p>Les études technologiques sur les céramiques G3M ont grandement contribué à la compréhension de la période IV et de son passage à la période V. Para Caso et al. (1967 : 447-448), le G3M est un indicateur de l'ère V qui a émergé avec le Monte Alban G3, mais qui s'inspire des objets en céramique de la région Mixtèque. Les analyses de Feinman et al. (1990), au contraire, précisent que le G3M de l'horizon postclassique représente l'aboutissement de la tradition de la céramique grise classique. Son répertoire formel est similaire à celui d'autres régions de la Méso-Amérique, ce qui signifie que les ateliers de potier situés dans la vallée ne se sont pas soudainement mélangés.</p> <p>La période de Monte Alban IIIB-IV</p> <p>Sur la base de la définition d'Ignacio Bernal (1965a : 804), qui considère cette période comme deux sous-phases d'une longue période plutôt que deux, les auteurs de La Ceramica de Monte Alban s'entendent pour dire que :</p> <p>Le problème n'est pas de distinguer cette époque de la précédente, ni du III-A, ni de celle qui vient après, du V ou du Mixtèque ; Il s'agit de savoir s'il peut être subdivisé en deux périodes, l'une plus ancienne que nous appellerions III-B et l'autre plus récente, appelée IV. [Ce que nous apprennent les explorations sur l'abandon et la destruction de la ville] ne semble pas clairement se manifester dans la céramique [...] L'explication la plus plausible est peut-être que la ville n'a pas été abandonnée d'un seul coup, mais lentement certains temples et palais ont été détruits, tandis que d'autres ont continué à être habités et, à certains endroits, ont été suivies de la construction de tombeaux et des structures qui y étaient construites. Cela expliquerait l'importance croissante des autres centres économiques, politiques et religieux de la Vallée où ils concentrent les intérêts de la population et négligent peu à peu la vieille ville sur la colline [...] Si l'on considère également que la céramique à partir de ce moment, il [...] coexiste en partie avec les objets Mixtèques qui caractérisent la période V, qui existait dans la vallée de Oaxaca lorsque les Espagnols sont arrivés, nous devons considérer que la période III-B-IV compterait de 750 ? à 1500 (Caso et al., 1967 : 381-382).</p> <p>Sur les céramiques de la période Mixtèque, en particulier, ils ajoutent que :</p> <p>« Les boues caractéristiques de cette époque V sont naturellement différentes de celles des époques précédentes ; ils appartiennent aux types trouvés dans le Mixteca [mais] Cela ne veut pas dire que les objets ont nécessairement été importés du Mixtèque dans la vallée d'Oaxaca. Ils sont trop abondants, pas tellement à Monte Albán, mais dans d'autres endroits que Yagul et Cuilapan, de sorte que cela semble probable. Il doit s'agir de copies locales des formulaires et des racines du Mixtèque. Parallèlement à ces types, que nous avons appelés mixtèques (pour les raisons susmentionnées, par exemple un G3M), nous trouvons des pièces fabriquées avec la même boue traditionnelle de Monte Albán et avec les mêmes formes que nous considérons comme zapotèques. association de liste est celle qui montre la contemporanéité partielle à laquelle nous avons déjà fait référence, Monte Alban TV et V [...] Ces nouveaux types, comme leur nom l'indique, sont pratiquement égaux aux mêmes types sans le M déjà étudié précédemment. C'est pourquoi nous avons conservé ces noms qui indiquent une relation, mais pas une identité. Dans les fragments qui n'indiquent pas une forme concrète, il est impossible de les distinguer de leurs éponymes ou des époques antiques de Monte Albán, si ce n'est qu'ils sont parfois plus minces et plus finement polis. Le type G3M est de loin le plus abondant ; non seulement c'est un gris fin et poli, mais il a souvent des nuances différentes, même dans le même récipient (Caso et al., 1967 : 447-448). »</p> <p>Avec des résultats aussi convaincants, John Paddock (1970b : 225) élabore un résumé de l'archéologie de Oaxaca dans lequel il soulève une question qui a longtemps maintenu en vie la discussion sur le postclassique dans la vallée d'Oaxaca : "En raison d'une invasion massive Tetlamixteca del Valle et la plupart des villages des vallées d'Etla et de Tlacolula ont été subjugués, sinon peuplés par les envahisseurs. Comment savoir si la culture de Monte Albán IV n'a pas été simplement annulée et remplacée par celle de Monte Alban V ? "Bien que la majorité des auteurs récents ne se soient pas prononcés en faveur d'une invasion Mixtèque, le doute de Paddock persiste parmi ceux qui attribuent aux serranos le type G3M et la poterie polychrome. Dans ce contexte, Richard Blanton (1978) a proposé que le matériel archéologique ne reflète pas nécessairement une situation historique ou une identité ethnique particulière :</p> <p>Ici, nous nous éloignons de Caso et al. et de son idée que la céramique de la période IV appartient à la tradition de la vallée zapotèque, contemporaine des matériaux mixtèques de la période V. On trouve des céramiques de la période V dans tous les lieux que nous avons visités, aussi bien dans les communautés qui ont dû être zapotèques comme dans les communautés mixtèques. Nous pensons que la période V n'est que la fin de la période postclassique de la vallée (Blanton, 1978 : 27).</p> <p>Il convient de préciser que, contrairement à ce qui a été indiqué précédemment, l'auteur indique le début de la période V vers 9 h 50 dans le tableau 1.3. Ainsi, les périodes IIIB et IV se situent dans la période classique tardive et doivent être remplacées - comme le dit Paddock - Pour la culture de Monte Albán, V. Kent Flannery et Joyce Marcus (1983) ont appuyé cette idée, soulignant la confusion créée par le nom de Mixteca dans la céramique grise de Monte Albán V :</p> <p>Nommer Mixtèque des céramiques polychromes ou dans le type Yanhuitlan Roj n'est peut-être pas si grave, mais nous pensons que se référer ainsi à la vaisselle grise G3M va à l'encontre de toutes les preuves archéologiques des 10 dernières années. Brockington (1973) voit G3M émerger du complexe céramique gris du Classique Zapotèque à Miahuatlan ; on voit la même chose à San Sebastián Abasolo [...] dans une grotte à la périphérie de Mitla, des milliers de navires G3M ont été produits [...] La poterie G3M prédomine dans les ruines de Guiengola [...] En effet, la plus grande diversité au sein de G3M est présente dans la vallée d'Oaxaca [...] et est plus courante dans les régions où l'on parle le zapotèque qu'à Yanhuitlán, dans la région de la Mixtèque. En fait - pour souligner le cas - si la céramique G3M est Mixtèque, le zapotèque n'existait pas pendant la fin du postclassique. Cependant, appeler Zapotèque ce qui vient de G3M simplifie trop les choses. [...] Par conséquent, nous proposons que la céramique G3M soit comprise simplement comme la céramique utilitaire qui a dominé la production de poterie de la vallée de Oaxaca à l'époque de Monte Albán V, et nous concluons qu'il a été utilisé par tous ceux qui se trouvaient dans la région à cette époque - Zapotèque, Mixtèque ou Aztèque. À notre avis, son utilité pour déterminer l'appartenance ethnique des sites, des résidences ou des sépultures est proche de zéro (Flannery et Marcus, 1983 : 278).</p> <p>Ce nouveau schéma chronologique pour les périodes IIIB-IV et V a non seulement modifié la signification de nombreux sites que Caso et al. (1967 : 381-382) placés dans le postclassique, mais la façon de comprendre les fouilles de Lambityeco et le matériel qui a été obtenu dans les enquêtes archéologiques de la vallée. Blanton n'ayant pas trouvé les indicateurs de la fin de la période classique trouvés à Lambityeco à Monte Albán, on pensait qu'une grande partie de la grande ville avait été libérée vers la fin du IIIB. Lorsqu'on a découvert qu'il existait dans la vallée plusieurs centres de production de céramique de la période IV qui n'étaient pas liés à Lambityeco, l'absence de tels indicateurs à Monte Albán n'était plus significative. Les deux citations suivantes décrivent comment Blanton (1978) a admis qu'il y avait eu une occupation extensive à Monte Albán au cours de la période IV :</p> <p>Lors de la reconnaissance initiale de Monte Albán, il semblait que l'assemblage consistait en un IIIB « pur », puisqu'aucune des catégories typiques de Lambityeco, communauté bien connue de la période IV, n'a été reconnue à la surface [.. .] Plus tard, nous avons abandonné cette opinion, ne serait-ce que pour le moment. Au cours de sa reconnaissance archéologique de la partie centrale de la vallée d'Oaxaca, Kowalewski a identifié plusieurs centres de production de céramique de la période IV, chacun avec une sphère de distribution différente de celle de Lambityeco [...] ] L'absence de matériaux similaires à ceux de Lambityeco n'est donc pas une preuve de l'absence d'occupation à Monte Albán au cours de la période IV (Blanton, 1978 : 27).</p> <p>L'histoire démographique de la ville depuis son apogée de la période IIIB à la période V est inconnue en raison du manque de céramiques de diagnostic de la période IV. Il est probable qu'il y ait eu une population importante à Monte Albán au cours de la période IV, bien que la place principale ait été abandonnée. Sejourné a estimé que 138 des 172 tombes découvertes par les archéologues de l'INAH étaient propices à l'analyse du symbolisme rituel funéraire à Monte Alban, dont 40 appartiennent à la période IV. Acosta (1965 : 831) mentionne "Enclave" de la période IV sur le versant nord du Monte Alban, où se trouvent la plupart des tombes de cette période. Parmi les tessons recueillis au cours de nos reconnaissances, seuls certains datent de la période IV, dans la catégorie 3030 [Fine Orange], et ils ont été trouvés près du sommet de la colline. Pendant la période V, la majeure partie de la population de la ville vivait loin du sommet de Monte Albán, le long de sa base (Blanton, 1978 : 101).</p> <p>Nommer Mixtèque des céramiques polychromes ou du type Yanhuitlan Roj o-sobre-crema n'est peut-être pas si grave, mais nous pensons que se référer ainsi à la vaisselle grise G3M va à l'encontre de toutes les preuves archéologiques des 10 dernières années. Brockington (1973) voit G3M émerger du complexe céramique gris du Classique Zapotèque à Miahuatlan ; on voit la même chose à San Sebastián Abasolo [...] dans une grotte à la périphérie de Mitla, des milliers de navires G3M ont été produits [...] La poterie G3M prédomine dans les ruines de Guiengola [...] En effet, le plus grand La diversité au sein de G3M est présente dans la vallée d'Oaxaca [...] et est plus courante dans les régions où l'on parle le zapotèque qu'à Yanhuitlán, dans la région mixtèque. En fait - pour souligner le cas - si la céramique G3M est Mixtec, le zapotèque n'existait pas pendant la fin du postclassique. Cependant, appeler Zapotèque auprès de G3M simplifie trop les choses. [...] Par conséquent, nous proposons que la céramique G3M soit comprise simplement comme la céramique utilitaire qui a dominé la production de poterie de la vallée de Oaxaca à l'époque de Monte Albán V, et Nous concluons qu'il a été utilisé par tous ceux qui se trouvaient dans la région à cette époque - Zapotèque, Mixtèque ou Aztèque. À notre avis, son utilité pour déterminer l'appartenance ethnique des sites, des résidences ou des sépultures est proche de zéro (Flannery et Marcus, 1983 : 278).</p> <p>Parmi les types de céramique de Lambityeco cités par Blanton, il y a le Fino Orange Z ou le Balancán, mais pas le X ou le Y qui sont postérieurs. À Monte Albán, en revanche, le type Y figurait parmi les offrandes posées sous des sols en stuc intact. Paddock explique cette situation de la manière suivante :</p> <p>À Monte Albán, certaines activités constructives se sont poursuivies après l'émergence et la disparition de Lambityeco. Cependant, la culture Lambityeco ne peut pas être intégrée à [la période] Monte Albán IIIB car elle comprend de nombreux traits qui ne font pas partie de IIIB et plusieurs de ces traits ont été identifiés (avant de commencer à travailler dans Lambityeco) comme marqueurs. de la période IV dans les fouilles de Monte Albán. Ainsi, le complexe céramique de la période IV semblerait débuter bien avant la fin de la phase de construction du IIIB à Monte Alban (Paddock, 1983b : 187).</p> <p>Les marqueurs de la période IV mentionnés par Paddock incluent le Plumbate Tohil, trouvé à Monte Albán et à d'autres endroits dans la vallée. Caso et Bernal (1965 : 892-893) font également référence à une copie locale du Fine Orange qui est relativement fréquente et qui apparaît dans des sites tels que Yagul et Monte Albán. Ce type est associé au Plumbate, car ils ont été trouvés ensemble. Les formes de ce "pseudo-fin orange" reproduisent les vases "de la griffe de tigre" et les bols sphériques d'inspiration locale, ou reproduisent les vases cylindriques à base annulaire de la côte atlantique. Sans discuter plus avant de la valeur diagnostique de ces céramiques, rapportée dans toutes les régions de Méso-Amérique (Fahmel, 1988), Paddock conclut que :</p> <p>« Un sous-produit des fouilles de Lambityeco a été la meilleure compréhension de la quatrième période de Monte Albán. Cette période a été difficile à définir car Monte Albán était mal connu ; Lambityeco a été le premier site "pur" de la période IV à être fouillé. La confirmation de Blanton selon laquelle Monte Albán est resté habité pendant la période IV (à l'exception de la place principale) confirme notre impression que Lambityeco était occupé avant l'abandon de la place principale de Monte Albán et de cette partie de la ville de Monte Albán y resta après le déplacement des habitants de la période IV de Lambityeco vers un autre lieu, peut-être le voisin Yagul. Six des sept datations au radiocarbone de Lambityeco sont regroupées entre 640 et 755 après J.-C., ce qui nous donne une estimation présumée fiable » (Paddock, 1983a : 201).</p> <p>Ces idées ne sont pas en contradiction avec la définition initiale de l'époque IIIB-IV (Caso et al., 1967), bien que les dates au radiocarbone obtenues dans Lambityeco réduisent considérablement la durée de la période IV et, par conséquent, celle de la période IIIB. Cet ajustement a permis à Blanton (1978) de relier l'abandon de la grande place de Monte Albán à la chute de Teotihuacan et à la fin supposée du militarisme d'Oaxaca :</p> <p>« L'abandon de la place principale reflète sans doute l'effondrement de l'institution politique qui avait son centre à cet endroit. De mon point de vue, au moins deux facteurs auraient pu être à l'origine de cette disparition : premièrement, et plus important encore, c'est qu'au début du VIIe siècle après JC Teotihuacan a commencé à montrer des signes de décadence [...] À un moment donné, peu après l'an 700 de notre ère, Teotihuacan a été massivement abandonné et n'a jamais retrouvé son statut de centre régional clé [...] Si le système politique dirigé par Monte Alban se développait Au cours de la période III, en raison de l'expansionnisme militaire de Teotihuacan, son importance aurait considérablement réduit la valeur d'une alliance militaire dans la vallée de Oaxaca. Peut-être que l'élite des sociétés associées de la vallée a compris qu'il ne valait pas la peine de soutenir la capitale et l'institution politique centrée sur celle-ci. La perte de ce soutien aurait été désastreuse pour un capital politique dépourvu d'une orientation économique forte » (Blanton, 1978 : 103).</p> <p>L'intérêt de lier l'abandon de la ville à l'intrusion massive de groupes de Tetlamixteca et à l'histoire post-toltèque d'Oaxaca a amené Paddock (1983b) à souligner la nécessité de surveiller d'autres sites pour avoir une vision plus large du système économique et politique de la période IV :</p> <p>Lambityeco suggère fortement que, vers 700, et probablement quelques décennies plus tôt, Monte Alban était en train d'être abandonné. À ce moment-là, Lambityeco était largement indépendant. Que cette indépendance indique la perte du statut de capitale régionale de Monte Albán ne peut toutefois pas être déterminé avec les matériaux Lambityeco uniquement ; nous devrions avoir une liste des sites de la période IV, avec les dates. Lambityeco, comme Miahuatlan, se présente bien comme un des premiers déserteurs du système économique et politique de Monte Albán (Paddock, 1983b : 187-188).</p> <p>Du point de vue de Michael Lind (1992), qui a participé aux fouilles de Lambityeco, les matériaux de ce site suggèrent un résultat différent. Après avoir discuté des périodes IIIB et IV en tant que complexe culturel unique, il mentionne la présence du Plumbate Tohil et du Fine Orange Silho à Monte Alban, où les contextes les situent entre 900 et 1000 après JC. D'autre part, dans Lambityeco :</p> <p>« [...] Fino Silho Orange a également été retrouvé dans les décombres des dernières résidences construites à Mounds 190 et 195. De plus, des datations archéomagnétiques de 1035 AD, 1050 AD. et 1065 après JC ont été obtenus en association avec un trépied du type Orange Fino Silho trouvé au-dessus des ruines de la dernière résidence à Mound 190 [...] Les séquences de Monte Albán et de Lambityeco s'accordent alors » (Lind, 1992 : 182).</p> <p>Toutefois, les enquêtes effectuées dans la vallée centrale indiquent que les sites IIIB sont communs dans cette zone, sauf dans la partie orientale, où l'occupation semble avoir été rare. C'est là que Stephen Kowalewski (1983) a découvert deux groupes de sites séparés dans l'espace qui semblaient avoir occupé le Monte Albán IV, bien qu'aucun site ne contienne de complexes céramiques similaires à Lambityeco :</p> <p>Au nord et à l'ouest de la vallée centrale, il semble y avoir des parties occupant une série d'occupations de la fin du classicisme qui ont persisté jusqu'au postclassique. On pourrait discuter ici de la continuité de la céramique entre les vaisseaux gris-cremosa (sic) du complexe [...] classique et le complexe sableux-crème postclassique. Le dernier est constitué de navires utilitaires similaires au Yanhuitlán Rojo-sobre-crema [...]. On ne les trouve pas à Monte Albán, et ils sont très rares dans la vallée de Tlacolula [...] Je suggérerais timidement qu'au début de Monte Albán IV la population de la partie nord-ouest de la vallée d'Oaxaca a diminué, avec une possible persistance dans de petites agglomérations situées à l'ouest de la vallée centrale et une concentration du reste de la population autour de plusieurs collines fortifiées de la vallée d'Etla.</p> <p>Un autre groupe d'établissements qui semblent être Monte Alban IV était situé sur les collines situées à l'est du confluent des rivières Salado et Atoyac [...] Il convient toutefois de noter que la zone couverte par ces établissements comportait quelques sites IIIB, suggérant que l'occupation a commencé alors que Monte Albán était encore fort [...] Dans cette zone, les composants du début du postclassique (Monte Albán IV) sont définis par la prépondérance de vaisseaux gris sans décoration, y compris des exemples de types G- 35 et le début du G3M, qui sont stylistiquement différents de ceux de Monte Albán et de Lambityeco, et à certains égards peut-être différents des matériaux postclásico de Yagul et de Cuilapan. Tout cela indique l'existence de plusieurs centres de production ayant des sphères de distribution distinctes au cours de la période IV (Kowalewski 1983 : 188-190).</p> <p>Ces contextes ont enrichi la base de données de la période IV grâce aux informations obtenues à Jalieza et aux sites que Donald Brockington a situés dans la région de Miahuatlan</p> <p>Au sud de la zone centrale, la majorité de la population de la période IV résidait dans plusieurs grandes communautés [...] De loin, le site le plus vaste de la zone reconnue est lalieza [...] Heureusement, la zone IV du site ne coïncide pas de manière significative avec Les professions Illa et V, nous pouvons donc le voir, en substance, comme un site à un seul composant (Blanton et al., 1982 : 117-118).</p> <p>Outre le complexe en céramique évoquant l'origine de la fine vaisselle grise G3M de Monte Albán V dans la vaisselle grise de la période IV, le site 1A [au sud de Miahuatlan] a produit un pot de "Fino Orange Z ou Balancán" [... ] Ce spécimen ressemble au Bal-ancán Fine Orange découvert par Paddock aux niveaux correspondant à la période IV de Lambityeco (Kowalewski, 1983 : 190).</p> <p>Les informations obtenues plus tard dans la vallée de Tlacolula, où prédominent les sites de la période IV (Kowalewski et al., 1989 : 266 et 291), confirment la distribution différentielle et complémentaire des matériaux attribués au Classique et la période terminale de construction, dont les paradoxes n'ont pas encore été résolus (Kowalewski et al., 1989 : 301-305). Avant d'entrer dans le débat sur la signification de ces matériaux, il est toutefois nécessaire de récupérer certains des arguments utilisés pour distinguer et interpréter les périodes IIIB et IV à Monte Albán. En ce sens, Marcus et Flannery (1990) soulignent que :</p> <p>« Dans les décombres retrouvés sur les structures abandonnées de la Période III, il trouva un complexe de céramique différent, qu'il avait nommé à l'origine de la Période IV ... Il s'agissait d'un assemblage de céramique beaucoup plus monotone, dominé par de gros vaisseaux bruts du type nous connaissons sous le nom de G-35, mais avec une série de formes supplémentaires telles que celles illustrées aux figures 317 à 375 de Caso, Bernal et Acosta (1967). Bien qu'il y ait des vases du type pince de chauve-souris et des brûleurs d'encens ou des braseros ornés de petits cônes, la [...] céramique de la période IV était esthétiquement peu visible comparée à la poterie extravagante des périodes précédentes » (Marcus et Flannery 1990 : 192) .</p> <p>Les auteurs se réfèrent ensuite aux travaux typologiques de Kowalewski (1983 : 190) et de Kowalewski et al. (1989 : 251-254), qui ont :</p> <p>« [...] des variantes régionales identifiées dans les céramiques IIIB et IV [...] Ces dernières années, la reconnaissance des schémas de peuplement de la vallée de Oaxaca [...] a permis d'affiner les diagnostics de la périodes IIIB et IV [...] Par conséquent, les différences entre IIIB et IV sont celles que l'on pourrait s'attendre à trouver entre les sous-phases précoce et tardive d'une phase plus longue [...]. Les différences entre IIIB et IV impliquent des pourcentages (sic) ou des proportions (sic) d'un type à l'autre, pas seulement leur présence ou leur absence » (Marcus et Flannery 1990 : 194-195).</p> <p>Jusqu'à présent, les nouvelles évaluations coïncidaient avec les idées d'Ignacio Bernal (1965a : 804), c'est-à-dire qu '"il s'agit de deux sous-phases d'une longue période au lieu de deux périodes. La distinction a été faite parce que la chute de Monte Albán le dit. " La question centrale n'a toutefois jamais été résolue, car les données récupérées dans la vallée nécessitent une analyse globale plus large et une explication satisfaisante des changements survenus dans la ville à la fin de la Classique. Pris au piège de ce débat, Marcus et Flannery (1990) concluent que :</p> <p>« Avec l'affaiblissement progressif de Monte Albán après 600 après JC, les centres de la vallée tels que Zaachila, Cuilapan, Macuilxochitl, Lambityeco, Mitla et Matatlán, ainsi que ceux qui se trouvaient sur les collines comme lalieza, prenaient de l'importance [...] Ainsi a commencé une période pendant laquelle les Zapotèques n'étaient plus gouvernés par une capitale centrale mais par de nombreux centres en concurrence [...] Les périodes en cause sont Monte Albán IIIB (environ 500 à 750 après JC) et Monte Albán IV (environ 750 a 950 après JC) ; Malheureusement, les céramiques des périodes IIIB et IV sont difficiles à différencier » (Marcus et Flannery 1990 : 191)</p> <p>Pour le début des années 90, le matériel archéologique a clairement montré que l'abandon de la grande place de Monte Albán divise la période IIIB en deux phases : la première correspondant à l'apogée de la ville et la seconde à la floraison des sites. A cette époque, ils conservèrent les traditions du classique. En même temps, et en parallèle, les sites et les contextes connus sous le nom de période IV ont été définis, lesquels comportent également deux phases de développement. De ce point de vue, les cartes de la vallée d'Oaxaca illustrant la distribution des documents IIIB et IV (Kowalewski, 1983 : 188-189, Kowalewski et al., 1989 : 266 et 291) montrent des signes de complémentarité - et non se succéder dans le temps. La durée et les problèmes de chaque phase sont encore sujets à discussion, depuis le matériel fouillé par Leopoldo Batres, Jorge Acosta et John Paddock sur la plate-forme nord de Monte Albán, ou les contextes trouvés par Richard Blanton et Stephen Kowalewski et al. ils recréent une image beaucoup plus complexe que ce qui peut être décrit linéairement ou reflété dans un tableau périodique (Kowalewski et al., 1989 : 305). Dans leur résumé des informations obtenues dans la vallée, Marcus et Flannery (1990) précisent que :</p> <p>Le projet d'établissement des colonies à Oaxaca a permis de découvrir 1 073 sites de Monte Albán IIIB et IV ; sur ce nombre, 629 ont été attribués à IIIB et 444 à IV. La répartition de ces sites a toutefois suscité un débat, car la plupart des lieux attribués à IIIB sont situés dans la vallée d'Etla et la vallée centrale, tandis que la plupart des lieux attribués à IV se trouvent dans les vallées de Tlacolula. et Zaachila-Zimatlan. Cela suggère que des différences régionales et chronologiques sont impliquées [...] Kowalewski et al. (1989 : 252) (sic) suggèrent que les lecteurs troublés par de telles différences régionales peuvent associer, s'ils le souhaitent, les sites de la période IIIB [...] et ceux de la période IV [...] sur une seule carte, l'appelant "Monte Albán IIIB-IV". Cependant, ils préviennent que la combinaison des sites masquerait certaines des meilleures différences chronologiques entre IIIB et IV (Marcus et Flannery 1990 : 195-196).</p> <p>Avant de terminer, il convient de mentionner la périodisation esquissée par Michael Lind (1992), dont la séquence de phases est très simple car elle déconnecte le matériel archéologique du processus culturel étudié. La subdivision d'une période ne représente pas un problème majeur, puisque Caso, Bernal et Acosta (1967) l'ont fait plusieurs fois, à commencer par la période I de Monte Albán. Mais en laissant de côté les antécédents mentionnés dans cet ouvrage et en privilégiant la sérialisation typologique sur l'étude horizontale des contextes, on nie non seulement la complexité de la documentation archéologique, mais également les multiples formes et façons de raconter qu'avaient les anciennes sociétés d'Oaxaca. Bien que les céramiques ne reflètent pas l'identité ethnique de leurs fabricants, elles font partie d'assemblages ou de constellations culturelles d'ordre symbolique et fonctionnel qui méritent d'être étudiés afin de différencier les utilisateurs d'un groupe social ou d'un autre</p> <p>L'époque du Monte Albán V</p> <p>Si, pour Case, Bernal et Paddock, la culture de l'époque V représente l'influence et la présence des Mixtèques parmi les habitants de la vallée, les approches purement archéologiques de Blanton et de Kowalewski considèrent la période V comme l'horizon postclassique de la vallée d'Oaxaca. Cependant, ils identifient parfois la période IV de Monte Albán avec l'horizon postclassique ou toltèque inférieur et la période V avec développements ultérieurs (Blanton, 1978 : 27, Blanton et al., 1982 : 6). Cette division s'explique comme suit :</p> <p>Le postclassique a été une période de plus de 800 ans au cours de laquelle une seule transition céramique a été constatée. L'assemblage en céramique de la période V dure environ 600 ans. Nous suggérons que la permanence des styles de céramique indique un système régional plus stable pendant la période postclassique. Bien sûr, on pourrait faire valoir qu'au cours de la période V, il s'est produit des changements majeurs que nous ne pouvons pas détecter en raison de l'absence d'une chronologie plus fine. Cependant, nous avons soutenu que les changements observés au cours des périodes de Monte Alban sont la conséquence de changements dans l'organisation politique et économique. Par conséquent, l'absence relative de changements dans les céramiques postclassiques tardives est une preuve solide qu'il s'agissait d'une période relativement stable (Blanton et al., 1982 : 115).</p> <p>Marcus et Flannery (1990) envisagent quant à eux la possibilité de subdiviser le postclassique en trois phases en fonction de l'ordre d'apparition des matériaux qui le distinguent. Lorsqu'ils localisent le G3M dans la première phase et reconnaissent qu'il a évolué à partir de la grisaille de la période IV, ils placent cette période dans la période classique tardive avec la période IIIB, et non dans un cas postclassique récent comme suggéré par Blanton et al. . (1982). De son point de vue, Ignacio Bernal (communication personnelle) a prédit il y a de nombreuses années qu'un jour, il serait possible de subdiviser Monte Alban V en trois phases, définies comme suit :</p> <p>1. Une phase V précoce qui émerge de la période IV et présente des céramiques grises G3M ainsi que la Yanhuitlán Rojo-sobre-crema importée de la Mixteca, mais ne comporte pas de céramique polychrome.</p> <p>2. Une phase moyenne V, dans laquelle les polychromes du style Mixteca-Puebla [...] rejoignent le G3M et le Yanhuitlán Red-on-Cream, mais manquent de métaux.</p> <p>3. Une phase en V tardive, qui s'étend jusqu'au XVIe siècle et contient tous les éléments du V central, mais avec des métaux (cuivre, argent, or) (Marcus et Flannery 1990 : 199-200</p> <p>En ce qui concerne G3M, nous avons déjà mentionné ce que Caso, Bernal et Acosta (1967 : 447-448) ont pensé de cette céramique, ainsi que des commentaires sur son arrière-plan technologique dans la vaisselle grise classique (Feinman et al., 1990). Sur la céramique polychrome de Monte Albán, cependant, Caso et al. ils soulignent que :</p> <p>« Du point de vue de la qualité, [...] les objets trouvés à Monte Albán ne peuvent être comparés aux magnifiques céramiques polychromes qui proviennent du Mixteca dans des lieux comme Yanhuitlán, Nochixtlán, Chachoapan et Coixtlahuaca. [À Monte Albán, ce type de céramique] est une boue brun clair, très fine et bien polie, recouverte d'un bain généralement orange ou rouge, et le décor peint avec une grande richesse de couleurs, en utilisant que l'on n'a vu nulle part ailleurs, mais dans cette céramique, par exemple de couleur lilas, ou de couleur grise à reflets métalliques [...] Les formes les plus fréquentes sont les vasques à parois coniques, fond plat, à longs pieds cylindriques, finies en forme de tête d'animal, ou plates en forme de créneau. Comme nous l'avons vu, ces formes se retrouvent également dans les céramiques grises polies, ce qui est beaucoup plus fréquent que les polychromes [...] Outre le bol à fond plat, avec ou sans pieds, il existe d'autres formes moins abondantes [...] le pot à corps globuleux, à haut col, avec une verseuse en forme de pot à crème et une poignée ronde en forme de [...] bols tecomate à fond plat et à bordure horizontale très large [...] Brûleurs d'encens ou braseros constitués d'une sorte de coupe hémisphérique à fond plat, avec deux petites poignées saillantes, avec un trou au centre et des [...] lunettes en forme de griffe de félin » (Caso et al., 1967 : 465-466, 471).</p> <p>Malheureusement, les auteurs n'ont pas analysé les différents types de céramiques polychromes trouvées dans la vallée ni les caractéristiques de leurs dessins, laissant ainsi ouvert le thème de leur relation avec les polychromes du Mixteca. De même, ils n'ont jamais abordé les objets en métal trouvés dans les tombeaux classiques de Monte Albán et leur affiliation avec la métallurgie postclassique, ce qui a eu une incidence sur le manque de connaissances sur leur technologie, l'origine des métaux et leurs mécanismes. de sa distribution. Cependant, ils se sont concentrés sur une autre ressource qui nécessitait une étude détaillée : l'architecture tardive de l'extrémité est de la vallée, et en particulier les groupes de bâtiments ressemblant à des palais. À cet égard, Bernal (1965a : 796) propose qu'il existe à Mida, Matatlán et Yagul une série de vestiges mixtèques qui présentent des éléments d'une autre culture non définie. Plus qu'une étude formelle des structures, elle en offre une interprétation sociale et fonctionnelle :</p> <p>« Avec l'arrivée de l'influence Mixtèque, ou Mixtécoïde comme je préfère l'appeler, ces palais extraordinaires ont été construits. Ils se distinguent non seulement par leur différence par rapport aux plus anciens bâtiments de la région, par leur taille et leur valeur architecturale, mais aussi par leur mode de vie, apparemment jusque-là inconnus dans la vallée, l'accent [...] était mis sur les pièces du chef ou des chefs, et non sur celles des dieux, contrairement à Monte Albán. L'influence mixtèque semble avoir apporté, non seulement dans ce sens, un degré considérable de sécularisation à la culture d'Oaxaca, bien qu'il serait absurde de penser que le pouvoir sacerdotal a disparu ou que le culte des dieux a diminué » (Bernal, 1965a : 811)</p> <p>Flannery et Marcus (1983) partagent ces idées, mais considèrent que le caractère laïc des palais ne doit pas nécessairement être attribué à un nouveau groupe ethnique :</p> <p>« Sans aucun doute, l'architecture de Monte Alban V diffère de celle de la période III comme de celle du Formatif. Mais nulle part dans la Mixteca - ni dans Sa'a Yucu - nous ne voyons de prototypes architecturaux qui nous convainquent que l'architecture de Monte Alban V est le résultat d'une invasion Mixtèque. Les architectes zapotèques étaient certainement au courant des nouvelles tendances et innovations apparues dans de vastes régions de la Méso-Amérique [...] L'État postclassique était, après tout, une forme de gouvernement constitué par le pouvoir politique et la force militaire plutôt que par une religion. le statut élevé du souverain postclassique exigeait une résidence élaborée [... bien que ...], il est difficile de reléguer la religion dans une position insignifiante » (Flannery et Marcus, 1983 : 279) .30</p> <p>Plus tard, l'étude détaillée des palais et des peintures de Mida a permis de découvrir une série de liens avec l'architecture et la peinture du classique qui donnent une autre nuance aux relations qu'il existait entre les habitants de la vallée, les montagnards et d'autres groupes de la Hautes terres centrales (De la Fuente et Fahmel, 2005, Fahmel, 1991, 2007, 2014).</p> <p>Or, si au début c'était John Paddock (1970b : 127-128) qui avait défendu l'hypothèse d'une invasion massive des Mixetéens, la lecture détaillée des sources ethnohistoriques l'avait amené à reconsidérer ses propos et à adopter une position plus objective. La question de l'ethnicité et de sa relation avec le matériel archéologique a toutefois continué à jouer un rôle important dans sa perspective historique :</p> <p>Comme il n'existe aucune preuve tangible dans la science moderne, nous devrions peut-être envisager [...] la possibilité que la culture de Monte Albán V ne résulte pas d'une invasion physique des Mixtèques, mais de la diffusion d'idées et du commerce d'objets de la civilisation mixtèque - des idées et des objets acceptés par une population toujours zapotèque. L'acceptation des idées étrangères par les Zapotèques irait à l'encontre des attitudes que nous connaissons en la matière vis-à-vis de Monte Albán IIIB-IV ; mais les gens changent [...]</p> <p>S'il y avait eu une invasion Mixtèque, il devrait exister deux types de vestiges culturels dans la vallée au cours des dernières années précédant la conquête espagnole, l'un correspondant aux Zapotèques et l'autre aux Mixtèques. En fait, c'est ce que nous avons constaté : Monte Albán IV et Monte Albán V sont deux cultures tout à fait différentes en termes archéologiques, comme le suggèrent les sources documentaires. Deux peuples différents vivaient dans la vallée en même temps, et les différences entre leurs goûts et leurs traditions étaient accentués par leurs relations hostiles [...]</p> <p>Même en 1580, après plus de trois siècles de cohabitation, la relation de Cuilapa mentionne que « les autres Indiens de cette région zapotèque (dans laquelle se trouve cette ville) sont très différents de ces Indiens [mixtéos] pour plusieurs raisons.' ; et continue à énumérer quelques détails de ces différences. La relation chichicapa confirme que pour les Indiens de la vallée, ou du moins pour les Espagnols qui les observaient, il y avait deux groupes opposés : il parle des Zapotèques avec son nom et poursuit en disant que « les Indiens Mixtèques [ont] une autre langue et propre lignée » (Paddock, 1970a : 378) .</p> <p>Ainsi, il n'est pas possible d'omettre le commentaire de Flannery et Marcus (1983) sur la confusion générée par l'utilisation de la céramique archéologique pour la compréhension de la culture dans son ensemble :</p> <p>Nous voyons une modeste présence mixtèque dans la vallée d'Oaxaca, résultat d'alliances matrimoniales stratégiques entre les maisons royales mixtèques et zapotèques, et nous comprenons les « guerres » comme des conflits locaux [mais] nous préconisons la séparation de deux questions : les cultures zapotèque et mixte d'une part, et la céramique postclassique tardive, d'autre part. La confusion archéologique augmente proportionnellement à notre incapacité à les traiter comme des problèmes séparés (Flannery et Marcus, 1983 : 279)</p> <p>Discussion</p> <p>La nécessité de comprendre sa structure et ce qui justifie la périodisation du processus culturel identifié dans la vallée de Oaxaca implique de s'effondrer et de connaître chacun des champs conceptuels dans lesquels se trouvent les éléments du discours archéologique (cf. Kuhn, 1971). Sur le plan ontologique, par exemple, il existe des moyens de voir l'objet de l'étude, historique ou ethnique, et de mettre l'accent sur l'adaptation écologique, le développement économique, l'évolution politique la dynamique sociale. Dans le plan épistémologique, se trouvent les schémas et les modèles procéduraux qui expliquent le classement des données et leur localisation en phases, périodes et horizons. Pour cela, ils traduisent les analyses du matériel récupéré sur le terrain en abstractions comparables aux données ethnographiques et documentaires. Le troisième plan comprend la méthodologie et les étapes à suivre pour obtenir et étudier les informations de base, que ce soit par des lectures d'armoires, des levés de surface ou des excavations. Le but immédiat des analyses est de connaître la continuité et l'évolution des caractéristiques des matériaux et de leur distribution spatiale.</p> <p>Cependant, au cours du XXe siècle, il était courant que le travail sur le terrain soit effectué sans réflexion théorique préalable, ce qui ne signifie pas pour autant qu'il a été rejeté, car toutes les recherches sont basées sur un paradigme qui peut être explicite ou non. Ainsi, le discours initial sur les anciens habitants d'Oaxaca est inscrit dans le particularisme historique boasien, et les assemblages archéologiques ont été interprétés comme des cultures qui se sont succédées dans le temps et dans l'espace. Chaque assemblée aurait eu son propre rythme d'évolution, comme s'il s'agissait d'une culture ethnographique isolée des peuples environnants. Les changements ont été expliqués à partir de l'herméneutique ou par des facteurs externes qui, dans des cas extrêmes, auraient eu un effet catastrophique. L'ethnologie s'est concentrée sur les aspects tangibles et intangibles des cultures ethnographiques, ce qui a permis d'établir des analogies et des relations de correspondance avec les cultures archéologiques.</p> <p>En fin de journée, les caractéristiques de la culture matérielle et les changements détectés sont liés aux conditions environnementales de la vallée et à divers événements historiques, parmi lesquels l'essor politique et culturel de l'État dirigé par Monte Albán et la coexistence de ses habitants avec des groupes étrangers de la fin de la classique. Pour Flannery et Marcus (1983 : 279), le problème central de cette reconstruction réside dans la lecture du matériau à travers les données ethnographiques, sachant que la culture et l'identité ethnique sont des constructions abstraites qui se manifestent de manière très différente. Toutefois, lorsque Ignacio Bernal (1965a : 804) ou Caso, Bernal et Acosta (1967) parlent de l'époque IIIB-IV sans se référer aux groupes ethnolinguistiques qui ont habité la région à l'arrivée des Espagnols, ils avertissent que les deux sous-phases ou Les périodes situées dans différentes localités de la vallée sont liées à la montée et à l'aboutissement des traditions associées à Monte Albán. Cette notion, jointe aux propositions de Willey et Phillips (1958 : 36-39), devait être comprise comme quelque chose d'indépendante des typologies et autres processus sociaux survenus au cours de l'abandon de la ville. Cette approche n'a pas trouvé racine chez les chercheurs qui ont compris cette période comme une certaine structure politico-sociale liée à un assemblage matériel qui, par nécessité méthodologique, précédait ou succédait à un autre assemblage dans le temps et dans l'espace. Les conséquences de cette divergence dans les mentalités sont mieux comprises en consultant la définition proposée par Alex Krieger pour le stade et la période :</p> <p>« Pour les besoins du moment, je considérerai la "scène" comme un segment d'une séquence historique dans une région donnée, caractérisée par un schéma économique dominant. Les aspects généraux de la vie économique des peuples du passé et la structure de leur structure sociale peuvent être déduits fréquemment des vestiges archéologiques et liés à des phénomènes similaires, que les dates soient connues ou inconnues [...] terme "période" peut cependant être considéré comme dépendant d'une chronologie. Par conséquent, le stade ne peut être reconnu que par son contenu, et s'il dispose de dates précises dans une zone donnée, on peut affirmer que le stade a existé pendant telle ou telle période (sic). De plus, le même stade peut apparaître à différentes époques ou à différentes époques, mais aussi à des dates différentes. Le stade peut également inclure plusieurs complexes culturels et divisions temporelles mineures. À cet égard, une bonne discussion est nécessaire » (Krieger apud Willey et Phillips 1958 : 68-69).</p> <p>En examinant les données sur les périodes I à IIIB préparées à partir des informations extraites de l'enquête sur la vallée, on constate qu'elles incluent généralement des abstractions très élaborées sur les structures politiques et économiques qui ont été à l'origine de la distribution spatiale des matériaux. Dans le cas de la période IV, toutefois, ces structures et leurs relations de conséquence ne sont pas discutées en profondeur avec celles qui auraient caractérisé la période IIIB - la manière dont les traditions culturelles classiques seraient mortes sera expliquée. Pour Kowalewski et al. (1989), une discussion de ce type dépend simplement de l'obtention de dates précises permettant d'ordonner l'accumulation des informations relatives aux sites enregistrés :</p> <p>Malheureusement, la valeur de nos résultats sur ces phases volatiles [c.-à-d. IIIB et IV] est limitée par des difficultés chronologiques. Nous ne pouvons pas décrire avec des dates absolues l'enchaînement des événements qui ont marqué l'effondrement de Monte Albán, et nous ne sommes pas toujours certains des établissements contemporains. Mais comme les enquêtes ont identifié les sites clés, il devrait être possible de sécuriser les dates qui résoudront le problème (Kowalewski et al., 1989 : 251).</p> <p>La difficulté représentée par la différenciation des matériaux IIIB - IV et la localisation temporelle des sites en fonction de dates archéométriques, accompagnée d'une vision anthropologique qui ne pose pas de situations pouvant expliquer le développement, la coexistence et le chevauchement de divers assemblages menés, enfin, le passage à la période V était lié à un changement économique et politique généralisé et à la transformation soudaine de toute culture matérielle. La ligne de pensée qui mène à cette proposition peut être tracée à travers les citations suivantes :</p> <p>Nous interprétons la période IIIA [350-500] comme une période de développement intense des sources d'énergie locales par Monte Albán, en réponse à la diminution des taxes impériales et à la menace croissante de Teotihuacan. Les modèles de peuplement IIIB semblent attester de l'échec de la stratégie de développement. Figure 7 - La figure 71 est la carte des sites IIIB dans la zone reconnue. Un bref aperçu de cette carte permet de penser qu'il y a eu des changements majeurs dans la région après l'atteinte de la densité de population maximale au cours de l'IIIA. À l'époque où nous utilisions les types de céramique que nous avons identifiés comme IIIB, il y avait beaucoup moins de sites occupés et une réorientation du système régional tel que nous le connaissons vers la zone centrale de la vallée. Pour des raisons que nous ne pouvons que deviner, le développement massif de la région sud a montré que ce n'était pas une stratégie viable à long terme (Blanton et al., 1982 : 103).</p> <p>Les sites identifiés comme IIIB ont des assemblages céramiques similaires à celui que nous avons vu à Cerro Atzompa [...] La poterie identifiée comme période IV diffère de l'assemblage d'Atzompa de plusieurs manières, bien que les différences ne soient pas toujours faciles à détecter, et surtout lorsque le chercheur Field regarde des pots boueux et érodés. Bien qu'il y ait quelques variations dans les assemblages IV de la région, ils se distinguent généralement des assemblages IIIIB en ce qu'ils montrent 1) plus d'affinité avec la céramique Lambityeco (Paddock, Mogor et Lind 1968), 2) dans certains cas, ils présentent des indicateurs. période IV connue comme l'imitation de Fine Orange, et 3) dans certains cas, ils représentent la transition vers la période V car ils contiennent des tessons G-3M, mais pas avec les formes de Monte Albán V. Notre plus gros problème reste la possibilité que de petites zones d'occupation IIIB peuvent être cachés dans les sites IV plus vastes, comme Jalieza (Blanton et al., 1982 : 103).</p> <p>Après la dissolution de cette forme particulière de colle régionale [c.-à-d. Monte Albán], la région a été temporairement segmentée, mais un système régional a été mis en place, dans lequel l'intégration était commerciale et non gouvernementale (bien que les institutions gouvernementales [...] contrairement à la période classique dans son ensemble, nos éléments de preuve indiquent qu'au cours du postclassique, plus de personnes avaient accès à une gamme plus étendue de produits et que leur qualité était supérieure à celle toute autre période précédente. Nous pourrions affirmer que les institutions gouvernementales postclassiques tardives n'étaient pas en mesure de diriger, contrôler ou réorganiser les systèmes de production et de distribution afin de générer des taxes (Blanton et al., 1982 : 134)</p> <p>Outre ces conclusions, mais sans négliger les informations sur lesquelles elles reposent, il semblerait que la définition de Krieger et le schéma de développement fondé sur les traditions culturelles demeurent la meilleure option pour définir l'avenir des peuples qui habitaient la vallée de Oaxaca ( Willey et Phillips 1958 : 38 ; Caso et al., 1967, Marcus, 1983 : 8-9). Cependant, il convient de souligner que le processus culturel doit avoir été beaucoup plus complexe que ne le révèle la céramique archéologique, et que son résultat se situe dans le contexte des événements historiques postclassiques récents. En ce sens, Bernal souligne que :</p> <p>« [...] certains sites ont conclu leur histoire préhispanique avec la période IV. Cela ne veut pas dire qu'ils ont été abandonnés - beaucoup d'entre eux sont toujours occupés - mais que les Mixetéens ne les ont pas occupés, comme nous le savons par des sources historiques [...] le nombre de ruines, l'abondance de matériaux et la grande taille de certains les ruines indiquent une population très dense dans la vallée de Oaxaca. Des calculs approximatifs suggèrent que, à partir de la période IIIB, la population était très similaire à la population actuelle, bien qu'il ne s'agisse que d'une estimation » (Bernal, 1965a : 796).</p> <p>Étant donné que la distribution spatiale des types de céramique de diagnostic de IIIB et IV est complémentaire, il n'est pas nécessaire de tenir compte de l'abandon des sites occupés pendant la période classique tardive ni du déplacement massif de la population vers d'autres lieux de la vallée (Marcus et Flannery 1990 : 195- 196 ; Lind, 1992 : 180 ; Fahmel, 2007). Dans un environnement de transformation et de changement, il est plus probable que la détérioration de la grisaille classique, évoquée par de nombreux auteurs, équivaut à l'émergence progressive de G3M. Ce dernier appartient à la même tradition de la céramique et aurait remplacé les types précédents pour sa qualité supérieure. Dans ce contexte, les attributs du G3M ayant servi à Caso et al. (1967) pour définir la culture de Monte Alban V comme étant des Mixtèque cessant d'être significatifs. Cela ne signifie toutefois pas que la population de la vallée ne connaissait pas le monde mixtèque. En fait, certains documents suggèrent qu'une partie de la population avait des façons d'être et de voir le monde en relation avec les peuples des montagnes et même au-delà. Pour délimiter et expliquer cette situation, il est essentiel d'évaluer la portée de la période IIIB et la variabilité qui commence à être observée au sein du matériel attribué à la période IV. Il est possible que les informations contenues dans les documents historiques permettent de retracer les causes et les conséquences de ces relations, mais son utilité pour identifier les serranos établis dans la vallée "est proche de zéro" (Flannery et Marcus, 1983 : 278). Il appartient donc à l'archéologie d'affiner sa méthodologie et de développer les analyses permettant de reconnaître les adaptations sociales, technologiques et environnementales garantissant l'appartenance de l'individu à un groupe ethnique, le tout dans un cadre conceptuel prenant en compte de longues traditions dans leur durée.</p> <p>Au-delà du processus culturel, de la périodisation et de l'interprétation du matériel archéologique, d'autres problèmes méritent d'être traités. Le plus important concerne la relation supposée entre la culture IIIB-IV de Monte Alban et la culture zapotèque du XVIe siècle. Il peut être valable de démontrer une continuité à travers les éléments observés dans les traditions céramiques respectives. Cependant, appliquer le nom de Zapotèque "aux antiquités qui ont probablement été fabriquées par les peuples historiques avec lesquels nous les relions" (Bernal, 1965a : 788-789) sans envisager les changements symboliques et fonctionnels qui devraient accompagner la coexistence et l'adaptation à la société à de nouveaux contextes sociaux, justifie la critique que beaucoup de jeunes auteurs ont faite à l'archéologie traditionnelle. Mais alors, le terme zapotèque ne devrait-il pas être supprimé de toutes les publications, sauf s'il concerne les locuteurs de cette langue ?</p> <p>À cet égard, on peut ajouter que, dans les travaux de Bernal (1965a) et de Caso et al. (1967) les périodes prennent leur caractère des relations interrégionales qui ont dominé la vallée à un moment donné. Ce n'est pas pour cette raison qu'ils doivent être compris comme des stades, car l'important est la direction et l'intensité des liens entretenus avec les autres régions mésoaméricaines. La période IIIB-IV, comme il a été dit précédemment, comprend deux périodes ou sous-phases au cours desquelles l'interaction de Monte Albán avec la vallée a prévalu et la coexistence entre les habitants de la vallée et les habitants de la sierra au-delà, de l'autre. La typologie céramique de ces contextes ne diffère pas substantiellement, bien que l'architecture, la peinture murale et l'iconographie soient des éléments reconnus liés à l'environnement culturel étendu et qui apparaissent plus tard comme diagnostics du postclassique tardif. Si l'abandon progressif de Monte Albán et l'occupation ininterrompue de la vallée signifient quelque chose pour l'archéologie, c'est parce que les différents détenteurs de la culture.</p> <p>Avant d'aborder la question Mixtèque et les approches de l'époque V, il est nécessaire de revenir aux cartes de la vallée et d'approfondir la distribution du matériau céramique des périodes IIIB et IV. Bien que Flannery et Marcus (1990 : 195-196) soulignent que "la plupart des lieux attribués à IIIB sont situés dans la vallée d'Etla et la vallée centrale, tandis que la plupart des lieux attribués à IV se trouvent dans les vallées de Tlacolula et Zaachila-Zimatlán [qui] suggère que des différences régionales et chronologiques sont impliquées [sic] ", d'autres auteurs insistent pour que les cartes soient traitées séparément. Ainsi, Flannery et Marcus (1990 : 195-196) soulignent que, selon Kowalewski et al. (1989 : 252) (sic) "Les lecteurs dérangés par de telles différences régionales peuvent combiner, s'ils le souhaitent, les sites de la période IIIB [...] et ceux de la période IV [...] sur une seule carte, en l'appelant Monte Albán IIIB-IV. " Il ne s'agit toutefois pas d'un simple formalisme, c'est l'aboutissement d'un processus culturel millénaire intégré peu de temps après à d'autres processus de plus grande envergure. Il est donc impératif de confronter la carte des périodes IIIB-IV à celle de la période IIIA, d'une part, et aux cartes du V et des époques coloniales, de l'autre (Kowalewski et al., 1989 : 316 ; Taylor, 1972 : 25). La continuité dans le peuplement montre que l'occupation de la vallée, sinon celle de certains sites particuliers, n'a jamais connu de grandes interruptions et que les hypothèses avancées par John Paddock (1970b : 225) et Kowalewski et al. (1989) sur l'abandon et la réoccupation de vastes zones du territoire n'ont aucun soutien. Mais en l'absence de mouvements de population ou d'intrusions massives d'étrangers, comment expliquez-vous l'évolution technologique et formelle de la vaisselle G3M ou l'apparition soudaine de poteries polychromes ? À cet égard, il convient de rappeler ce que Bernal a dit à propos du Toltèque-Chichimèque et de leur rôle dans les changements culturels du postclassique :</p> <p>« La période IV commence avec l'apparition des éléments toltèques. Dans le sens le plus large, [...] il existe une série de navires, nouveaux à Oaxaca, qui montrent une influence toltèque, éventuellement indirecte. Le [...] meilleur exemple est le groupe des récipients qui copient la pâte, la couleur et les formes de la vaisselle fine orange, caractéristiques de cette période en Méso-Amérique » (Bernal, 1965a : 806-807).</p> <p>Si les formes céramiques postclassiques proviennent d'autres régions de la Méso-Amérique, telles que les vallées de Puebla et de Tlaxcala, et que l'iconographie utilisée dans la décoration polychrome ressemble à celle des codex Mixtèques, il est clair que les habitants de la vallée ne se sont pas rapprochés les uns des autres, en contact avec les villes voisines et que celles-ci ont contribué aux innovations formelles et technologiques qui caractérisent l'ère du V. En ce sens, Flannery et Marcus (1983) soulignent la valeur chronologique du type Yanhuitlan Red-on-Cream et sa présence dans de nombreux sites de la région. Vallée Ils commentent également les découvertes de l'ardoise Puuc, du Balancán Fine Orange et du Plumbate Tohil, ainsi que des liens commerciaux qui devaient être maintenus avec les basses terres du sud-est (Marcus et Flannery 1990 : 199). Il convient toutefois de noter que, à Monte Albán, les explorations de Leopoldo Batres (1902) dans le groupe du Sommet géodésique ont permis de découvrir un vaisseau en ardoise de Puuc contenant plusieurs jades mayas de la période classique tardive, et que l'objet en plomb récupéré par Alfonso Caso devait avoir été fabriqué et échangé entre le IXe et le XIe siècle de notre ère (Fahmel, 1988). Dans cette première phase de l'horizon toltèque, les innovations qui distinguent les palais de Mida et sa peinture murale sont également localisées (Fahmel 2014). La représentation de personnages appartenant aux mythes chichimèques soulève une nouvelle question, à savoir si la peinture et les céramiques étrangères susmentionnées peuvent être reliées au travail des Toltèques et des nonoalcas qui vivaient au sud de Puebla et de La Cañada de Tehuacán.</p> <p>Une fois visualisés l'extension horizontale et verticale des céramiques attribuées aux périodes IIIB et IV et l'influence des cultures voisines dans le matériau de l'époque V, il serait possible de déterminer quels sites de la période IV sont situés dans les dernières années de IIIB et lesquels d'autres développés en parallèle. De même, les contextes dans lesquels apparaissent les objets de diagnostic du Classique Ancien, les différentes variétés du G3M et de la poterie polychrome devraient être analysés avec le plus grand soin. Pour comprendre l'impact de ces derniers sur les habitants de la vallée, il est essentiel d'explorer les conséquences des travaux de Feinman et al. (1990) sur la vaisselle G3M et ses centres de production probables. Bien qu'Eréndira Camarena (voir ci-dessous) détaille la tradition formelle et iconographique des différents types de polychrome, il serait intéressant de considérer la permanence ou la disparition d'autres objets figuratifs qui étaient courants à l'époque du IIIB-IV. Ainsi, par exemple, il est urgent de savoir si les urnes - et les dieux qu'elles représentent - ont été conservées dans l'environnement domestique et rituel du pays.</p> <p>Réflexion finale</p> <p>La simplification du travail archéologique, sinon de l'analyse technologique, a souvent conduit à perdre le sens des assemblages retrouvés sur le terrain et à être interprété par des analogies qui ignorent les processus historiques et les relations interculturelles de chaque région. Par conséquent, les tableaux périodiques commencent à manquer de l'attrait et de la valeur qu'ils avaient autrefois en tant qu'outil explicatif. Dans son livre intitulé « Archaéologie Analytique », David Clarke (1978 : 10) désapprouve cette façon de travailler et précise que "si les" faits "archéologiques tirent leur sens d'un autre contexte, nous pouvons alors avoir plus de" faits "mais peu d'informations supplémentaires". Dans cette perspective, Robert Zeitlin (2000) affirme que le matériel archéologique rassemblé à Oaxaca permet toutes sortes d'interprétations et que la validité des résultats obtenus peut toujours être débattue.</p> <p>Pour le cas de la période IIIB-IV et du processus culturel qui distingue la vallée des autres régions d'Oaxaca, les approches ont été nombreuses, bien qu'il reste encore à explorer de nombreux sites restés occupés jusqu'à l'arrivée des Espagnols (Bernal, 1965a : 806). Ce manque de forces oblige à reconsidérer l'idée qu'au cours de la période classique tardive et postclassique, ses habitants vivaient isolés et en paix, puisque les sources sont claires lorsque sont évoquées les difficiles relations politiques, économiques et sociales qu'ils ont entretenues avec les Mixètes, les Mixtes, les Chontales. et les Mexicains. En soulignant son introversion (Bernal, 1965a : 805 ; Paddock, 1970b : 174 ; Blanton et al., 1982 : 134), l'archéologie a oublié que les héritiers des traditions culturelles postclassiques sont aussi les gardiens de multiples expériences leur permettant de les défis de la coexistence quotidienne, tant dans son environnement immédiat que dans le domaine culturel mésoaméricain et bien plus loin.</p> <p><span class='spip_document_13011 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH701/zap-4d2b0.jpg' width='500' height='701' alt="" style='height:701px;width:500px;' /></span></p> <p>Le même texte en espagnol :</p> <p>« Tras una brillante carrera como arqueólogo, y la elaboración de importantes trabajos sobre la cerámica prehispánica de Oaxaca, en 1965 Ignacio Bernal redactó el capítulo del Handbook of Middle American Indians intitulado “Archaeological Synthesis of Oaxaca”. En este apretado resumen de la información obtenida hasta entonces señala.</p> <p>Muchas personas están preocupadas por el “bautismo étnico” de los vestigios arqueológicos. Acá sólo daremos un nombre étnico a las antigüedades que muy probablemente fueron hechas por los pueblos históricos con los cuales las vinculamos ; no lo haremos con las culturas de los periodos tempranos o con aquéllas cuya conexión con el horizonte histórico no sea evidente. Por lo tanto, sólo aplicaremos el nombre zapoteco a las culturas de Monte Albán IIIA y posteriores cuyos descendientes, física y culturalmente, sin duda son los zapotecos del siglo xvi y de hoy. No consideraremos a una cultura como mixteca a menos que tenga los rasgos característicos de los mixtéeos del siglo xvi. Así, esperamos librarnos del peligro de realizar atribuciones étnicas falsas, sin caer en el extremo contrario de desvincular las culturas arqueológicas de las históricas y etnográficas (Bernal, 1965a : 788-789).</p> <p>Sobre la distribución geográfica de los asentamientos zapotecos del Post-clásico tardío añade :</p> <p>[...] fuentes históricas indican que la ocupación de Tehuantepec y buena parte del Istmo por los zapotecos ocurrió poco antes de la Conquista, pero los objetos ahí encontrados se parecen mucho a los del valle de Oaxaca. Aunque no provienen de excavaciones estratigráficas, sí sugieren la existencia de establecimientos zapotecos en el Istmo desde el periodo Clásico de Monte Albán [...]. Por otro lado, el extremo norte y algunas de las partes occidentales del valle de Oaxaca se han considerado mixtecas ; pero la cerámica colectada en sitios como Suchilquitongo o Cuilapan es fundamentalmente zapoteca, o más temprana. Sólo un delgado estrato superficial pertenece a una invasión mixteca, muy cercana al momento de la conquista española (Bernal, 1965a : 794).</p> <p>Aunque los estudios recientes de la lengua zapoteca y sus variantes han enriquecido este panorama, la información brindada por Bernal es suficiente para los propósitos de este trabajo. A ésta agrega, más adelante, los tipos cerámicos que halló en los recorridos efectuados con Lorenzo Gamio y una valoración general de la situación arqueológica del valle :</p> <p>[...] cerca del 90 por ciento de los tiestos recolectados en todos los sitios fue clasificado con facilidad como tipos de Monte Albán. Los demás 10 por ciento comprendían, sobre todo, tipos conocidos fuera del valle, que también suelen encontrarse en Monte Albán. Por otro lado, en los pocos sitios visitados fuera del valle, el porcentaje de tiestos que no caben en la tipología de Monte Albán subió rápidamente a un 60 por ciento. Ya que esto aplica a todos los periodos, podemos hacer una deducción importante : todo el valle de Oaxaca ha tenido una historia en común y constituye una unidad ecológica en la cual las mismas culturas se han sucedido unas a otras en el mismo orden (Bernal, 1965a : 795-796).</p> <p>Ahora bien, para Bernal el periodo IIIB de Monte Albán representa [...] el climax y el fin de Monte Albán. Toda la ciudad parece haber sido reconstruida ; casi todos los monumentos que se pueden ver hoy, al igual que muchas inscripciones jeroglíficas y tumbas, pertenecen a este periodo [...] No obstante, su definición y sobre todo su diferenciación del periodo IV son difíciles, porque la cultura de ambos es prácticamente la misma y lo que los separa es un suceso importante pero netamente local — el fin de Monte Albán. Por lo tanto, casi todos los sitios del valle tienen vasijas que pueden ser del periodo IIIB o igualmente del periodo IV, ya que no pueden ser clasificadas por separado. En Monte Albán no ha sido posible diferenciar estas cerámicas de forma apropiada, a pesar de las extensas exploraciones y numerosas tumbas. Sin embargo, hay algunos objetos del valle de Oaxaca que no han sido hallados en Monte Albán, y que indudablemente son tardíos. Esto sugiere que el estudio de los sitios tardíos en el valle podrá ayudar a resolver el problema (Bernal, 1965a : 804) (cursivas del autor del presente).</p> <p>De lo anterior se desprende que tanto en Monte Albán como en otros sitios del valle,</p> <p>[...] cualquier cambio ocurrido entre los periodos IIIB y IV sólo fue somero, y que más bien estamos tratando con dos subfases de un periodo largo en vez de dos periodos. La distinción se hizo debido a que la caída de Monte Albán lo señala así. Esto no significa que todos sus habitantes se fueron, sino que la parte ceremonial fue abandonada ; sus edificios ya no fueron reparados, y tampoco se construyeron nuevos. En cambio, debieron levantarse casas y usarse nuevas tumbas. Monte Albán se tornó en un cementerio habitado (Bernal, 1965a : 804) (cursivas del autor del presente).</p> <p>Con respecto a la segunda sub-fase indica que hay evidencia de ella en casi todos los sitios del valle : “In many places this culture, identified with Period IV at Monte Albán, seems to have survived until the Spanish conquest, though becoming more and more mixed or associated with the Mixtee culture” (Bernal, 1965a : 806) ; o sea, enfatiza que en muchos lugares la cultura identificada con el periodo IV de Monte Albán parece haber sobrevivido hasta la conquista española, aunque más y más mezclada o asociada a la cultura mixteca. Sobre esta última se expresa de la siguiente manera :</p> <p>No pienso que sea riesgoso afirmar que los mixtéeos históricos fueron los portadores de la cultura Mixteca-Puebla en la región oaxaqueña [sic], aunque ello no significa que fueran sus iniciadores o portadores principales. De hecho, el mismo estilo se encuentra también en la fase final de la Chinantla y del área cuicateca. Esto recuerda el problema, del que ya hemos hablado, del papel que pudieron haber jugado otros pueblos en el desarrollo de las antiguas culturas de Oaxaca (Bernal, 1965a : 789-790) (cursivas del autor del presente).</p> <p>Finalmente ofrece una posible explicación al deterioro déla industria cerámica clásica, aunque con ella cierra las puertas a la susodicha participación de otros pueblos en el proceso cultural del valle :</p> <p>En contraste con los periodos más antiguos, no hemos encontrado nada en esta época que venga de fuera. Al parecer, la cultura zapoteca se repliega sobre sí misma y se desliga de los eventos que dan cauce a Mesoamérica. Yo creo que esta total introversión fue responsable de la marcada decadencia estética y tecnológica durante el periodo IV [...] El proceso de “industrialización” se observa no sólo en la falta de individualidad, sino en las cantidades [...] La cerámica del periodo IV es abundante aunque displicente en calidad, como si hubiera sido producida en masa y sin cuidado (Bernal, 1965a : 805-807).</p> <p>La supuesta decadencia del periodo IV condujo a John Paddock a relacionar los materiales arqueológicos con la información documental del siglo xvi, y a enlazar el devenir de los habitantes del valle con el de los mixtéeos. Para ello pinta un escenario en el cual los primeros pudieron ser expulsados de su habitat por los serranos —para retornar al valle posteriormente (Paddock, 1970b : 225, 1986 : 6-7). Las circunstancias que habrían llevado a dicho desplazamiento se resumen así :</p> <p>Desde el abandono de Monte Albán como ciudad en funciones durante el siglo x hasta la conquista española, la cultura de los zapotecos del valle se nombra Monte Albán IV ; pero de hecho, y en muchos sentidos, fue la continuación ininterrumpida de IIIB, incluida la paulatina caída que dio inicio mucho antes [...] El único intento conocido de establecer un nuevo estado zapoteco fue la legendaria, y arqueológicamente aún no comprobada centralización en Zaachila [...] Como demuestra Bernal, para entonces Mitla no era como la vemos ahora, centrada en un grupo de espléndidos palacios al norte del río. Su centro estaba definido por basamentos con templos, y no por grupos de palacios, al sur del río. Tanto los basamentos como los palacios de los periodos IV y V están representados en la cima de un cerro fuertemente fortificado a las afueras de la ciudad [...] El que una fortaleza tal fuera parte de la comunidad y — al parecer — solo presente vestigios de los periodos tardíos apunta hacia el surgimiento del militarismo [...] Hacia finales de IIIB y principios de IV, cuando Lambityeco era abandonada, hubo un auge constructivo en Yagul [...] El que éste coincida con los inicios de la construcción de la fortaleza de Mitla sugiere un movimiento generalizado hacia la ocupación de sitios fortificados y naturalmente protegidos, como reflejo de los cambios que estaban ocurriendo en toda Mesoamérica (Paddock, 1970b : 210-212).</p> <p>Tiempo después, Marcus y Flannery (1990 : 196-197) pusieron en duda la expulsión de la población local para favorecer la idea de una adopción gradual de la cultura identificada con el periodo V. Para que arraigara esta propuesta hubo que discutir primero, empero, los resultados de las investigaciones realizadas en Lambityeco y el papel que desempeñó este lugar durante el periodo IV. La presencia de tipos cerámicos foráneos y la producción local de imitaciones halladas en éste y otros sitios del valle merecieron atención especial (Paddock, 1970b : 212-213), aunque Bernal ya las había comentado previamente :</p> <p>El periodo IV da inicio con la aparición de elementos toltecas, en el sentido más amplio [...] en el valle no se conocen esculturas con una obvia influencia tolteca [pero] hay una serie de vasijas, nuevas en Oaxaca, que muestran influencia tolteca, posiblemente indirecta [...] El mejor ejemplo es el grupo de vasijas que copia la pasta, el color, y las formas de la vajilla Anaranjada Fina, característica de este periodo en Mesoamérica. Solamente en Monte Albán se han recuperado 36 ejemplares, y en el valle los tiestos de este estilo son comunes en muchos sitios. Por otro lado, tenemos dos vasijas del tipo Plumbate Tohil halladas en Monte Albán (Bernal, 1965a : 806-808).9 El hallazgo de estas vajillas en contextos que no guardaban más relación con el complejo cultural tolteca causó severos dolores de cabeza a quienes querían detallar la secuencia arqueológica de Oaxaca y diferenciar los materiales clásicos del inventario cultural postclásico (Marcus y Flannery 1990 : 194-196). Muy diferente fue el caso de las inscripciones en piedra del periodo IV, cuyo formato recuerda los registros dinásticos de los códices mixtéeos. Aunque su estilo difiere de todo lo visto antes, no incluye elementos que puedan ser relacionados con la iconografía de los pueblos vecinos :</p> <p>[...] las inscripciones más sencillas del periodo III, realizadas con base en combinaciones de símbolos y figuras muy grandes en comparación con la superficie de las piedras en que fueron labradas, dan lugar al uso de piedras menores que fueron cubiertas con escenas finamente talladas y considerable detalle [...] Aunque esta descripción parezca sugerir una influencia mixteca, los elementos en sí difieren claramente de aquellos que se encuentran en las inscripciones mixtecas (Paddock, 1970b : 213).</p> <p>Los estudios tecnológicos de la cerámica G3M contribuyeron de manera importante a la comprensión del periodo IV y su transición hacia el periodo V. Para Caso et al. (1967 : 447-448) el G3M era un indicador de la época V que surgió a la par del G3 de Monte Albán, pero inspirado en los objetos cerámicos de la región mixteca. Los análisis de Feinman et al. (1990), en cambio, dejan en claro que el G3M del horizonte Postclásico representa el culmen de la tradición cerámica gris del Clásico. Su repertorio formal es semejante al de otras regiones de Mesoamérica, lo que significa que los talleres alfareros ubicados en el valle no fueron mixtequizados repentinamente.</p> <p>La Época Monte Albán IIIB-IV</p> <p>Con base en la definición de Ignacio Bernal (1965a : 804), que trata a esta época como dos subfases de un periodo largo en vez de dos periodos, los autores de La cerámica de Monte Albán asientan que :</p> <p>El problema no es distinguir esta época de la anterior o sea la III-A ni de la que viene después, la V o Época Mixteca ; estriba en saber si puede subdividirse en dos periodos, uno de ellos más antiguo que llamaríamos III-B, y el otro más reciente que llamaríamos IV. [Lo que las exploraciones nos dicen sobre el abandono y la destrucción de la ciudad] parece no manifestarse de un modo claro en la cerámica [...] Quizá la explicación más plausible sea que la ciudad no fue abandonada de golpe, sino que lentamente fueron destruyéndose algunos templos y palacios, mientras que otros continuaban siendo habitados y que en algunas partes se seguía la construcción de tumbas y de las estructuras que se levantaban sobre ellas. Esto nos explicaría el aumento en importancia de otros centros económicos, políticos y religiosos en el Valle donde concentraron el interés de la población e hicieron descuidar, poco a poco, la vieja ciudad sobre el cerro [...] Si además consideramos que la cerámica de esta época [...] en parte coexiste con objetos mixtéeos que caracterizan a la Época V, que existía en el Valle de Oaxaca cuando llegaron los españoles, tendremos que considerar que la Época III-B-IV comprendería desde 750 ? a 1500 (Caso et al., 1967 : 381-382).</p> <p>Sobre la cerámica de la época mixteca, en particular, añaden que :</p> <p>Los barros característicos de esta Época V son naturalmente diferentes a los de las épocas anteriores ; pertenecen a los tipos que se encuentran en la Mixteca [pero] Esto no quiere decir que los objetos hayan sido necesariamente importados de la Mixteca al Valle de Oaxaca. Son demasiado abundantes, no tanto en Monte Albán, pero sí en otros sitios como Yagul y Cuilapan para que esto parezca probable. Debe tratarse de copias locales de formas y barrosoriginarios de la Mixteca. Junto con estos tipos, que por las razones anteriores hemos llamado mixtéeos (poniendo una M al fin de su nombre, v.g. G3M), encontramos piezas fabricadas con los mismos barros tradicionales de Monte Albán y con las mismas formas que consideramos zapotecas. lista asociación es la que demuestra la contemporaneidad parcial a la que ya nos hemos referido de Monte Albán TV y V [...] Estos nuevos tipos, como sus nombres lo indican, son prácticamente iguales a los mismos tipos sin la M ya estudiados anteriormente. Por ello les hemos conservado esos nombres que señalan una relación aunque no una identidad. En fragmentos que no indican una forma concreta es imposible distinguirlos de sus epónimos de las épocas antiguas de Monte Albán, salvo en que a veces son más delgados y más finamente pulidos. El tipo G3M es, con mucho, el más abundante ; no sólo es un gris delgado y pulido sino que con frecuencia presenta diferentes tonos, aun en la misma vasija (Caso et al., 1967 : 447-448).</p> <p>Ante resultados tan contundentes, John Paddock (1970b : 225) elaboró un resumen de la arqueología oaxaqueña en el cual plantea una cuestión que por mucho tiempo mantuvo viva la discusión sobre el Postclásico en el valle de Oaxaca : “Debido a que hubo una masiva invasión Tetlamixteca del valle, y la mayoría de los pueblos en los valles de Etla y Tlacolula fueron subyugados, si no poblados por los invasores, ¿cómo sabemos si la cultura Monte Albán IV no fue simplemente dada de baja y reemplazada por la cultura Monte Albán V de los Tetlamixteca ?” Aunque la mayoría de los autores recientes no se pronuncia a favor de una invasión mixteca, la duda de Paddock persiste entre quienes atribuyen a los serranos el tipo G3M y la cerámica policromada. En este contexto, Richard Blanton (1978) propuso que el material arqueológico no necesariamente refleja una situación histórica o una identidad étnica en particular :</p> <p>Acá nos distanciamos de Caso et al. y su noción de que la cerámica del periodo IV pertenece a la tradición zapoteca del valle, contemporánea con los materiales mixtéeos del periodo V. La cerámica del periodo V se encuentra en todos los lugares que hemos recorrido, tanto en las comunidades que debieron ser zapotecas como en las comunidades mixtecas. Sentimos que el periodo V es simplemente el periodo Postclásico tardío del valle (Blanton, 1978 : 27).</p> <p>Cabe aclarar, que a diferencia de lo asentado previamente, en la Tabla 1.3 el autor fecha los inicios del periodo V alrededor de 950. Visto así, los periodos IIIB y IV quedan ubicados en el Clásico tardío, para ser reemplazados — como dice Paddock — por la cultura Monte Albán V. Kent Flannery y Joyce Marcus (1983) secundaron esta idea, subrayando la confusión que se generó al denominar mixteca a la cerámica gris de Monte Albán V :</p> <p>Nombrar mixteca a la cerámica policroma o al tipo Yanhuitlán Roj o-sobre-crema quizá no esté tan mal, pero sentimos que referirse de esta manera a las vajillas grises G3M va en contra de toda la evidencia arqueológica de los últimos 10 años. Brockington (1973) ve al G3M surgir del complejo cerámico gris de los zapotecos del Clásico en Miahuatlan ; nosotros vemos lo mismo en San Sebastián Abasólo [...] en una cueva en las afueras de Mitla se produjeron miles de vasijas G3M [...] la cerámica G3M predomina en las ruinas de Guiengola [...] Efectivamente, la mayor diversidad dentro del G3M ocurre en el valle de Oaxaca [...] y es más común en áreas con hablantes del zapoteco que en Yanhuitlán en la Mixteca. De hecho — para enfatizar el caso — si la cerámica G3M es mixteca, entonces los zapotecos no existieron durante el Postclásico tardío. Sin embargo, llamar zapoteco al G3M simplifica las cosas en demasía [...] Por lo tanto proponemos que se entienda a la cerámica G3M simplemente como la cerámica utilitaria que dominó la producción alfarera del valle de Oaxaca durante la época Monte Albán V, y concluimos que fue usada por todos los que se encontraban en la región en ese momento — zapotecos, mixtéeos, o aztecas. En nuestra opinión, su utilidad para determinar la etnicidad de los sitios, las residencias, o los entierros es próxima a cero (Flannery y Marcus, 1983 : 278).</p> <p>Este nuevo esquema cronológico para los periodos IIIB-IV y V no sólo modificó el significado de numerosos sitios que Caso et al. (1967 : 381-382) situaron en el Postclásico, sino la manera de entender las excavaciones de Lambityeco y el material que se obtuvo en los reconocimientos arqueológicos del valle. Debido a que en un principio Blanton no encontró en Monte Albán los indicadores del Clásico tardío hallados en Lambityeco, se pensó que buena parte de la gran ciudad había sido desocupada hacia finales de IIIB. Al descubrirse que en el valle hubo varios centros de producción cerámica del periodo IV que no estuvieron relacionados con Lambityeco, empero, la falta de dichos indicadores en Monte Albán ya no fue significativa. Las siguientes dos citas describen cómo es que Blanton (1978) aceptó que hubo una ocupación extensa en Monte Albán durante el periodo IV :</p> <p>Cuando efectuamos el reconocimiento original de Monte Albán, parecía que el ensamblaje [assemblage] consistía en un IIIB “puro”, ya que no se reconoció en la superficie ninguna de las categorías típicas de Lambityeco, una comunidad bien conocida del periodo IV [...] Posteriormente abandonamos esta opinión, aunque sólo fuera por el momento. En el curso de su reconocimiento arqueológico de la parte central del valle de Oaxaca, Kowalewski identificó lo que a su sentir fueron varios centros de producción cerámica del periodo IV, cada uno con una esfera de distribución diferente y no relacionada con Lambityeco [...] Por lo tanto, la ausencia de materiales parecidos a los de Lambityeco no es evidencia de una falta de ocupación en Monte Albán durante el periodo IV (Blanton, 1978 : 27).</p> <p>La historia demográfica de la ciudad desde su máximo en IIIB hasta el periodo V se desconoce debido a la falta de cerámica diagnóstica del periodo IV. Es probable que hubiera una población sustancial en Monte Albán durante el periodo IV, aunque la plaza principal estuviera abandonada. De las 172 tumbas excavadas por los arqueólogos del INAH, Sejourné consideró que 138 eran adecuadas para realizar un análisis del simbolismo ritual funerario en Monte Albán, 40 de las cuales pertenecen al periodo IV [...] Acosta (1965 : 831) menciona un “enclave” del periodo IV en la pendiente norte de Monte Albán, donde se encuentra la mayoría de las tumbas de este periodo. Entre los tiestos colectados durante nuestro reconocimiento sólo algunos fechan en el periodo IV, como nuestra categoría 3030 [Fine Orange], y éstos fueron hallados cerca de la cima del cerro. Durante el periodo V el grueso de la población de la ciudad vivía lejos de la cumbre de Monte Albán, a lo largo de su base (Blanton, 1978 : 101).</p> <p>Entre los tipos cerámicos de Lambityeco que comenta Blanton se encuentra el Anaranjado Fino Z o Balancán, pero no el X o Y que son más tardíos. En Monte Albán, en cambio, el tipo Y apareció en ofrendas que se hallan debajo de pisos de estuco intactos. Esta situación la explica Paddock de la siguiente manera :</p> <p>En Monte Albán continuó cierta actividad constructiva después de que surgió y desapareció Lambityeco. Sin embargo, la cultura de Lambityeco no se puede acomodar en [el periodo] Monte Albán IIIB debido a que incluye muchos rasgos que no forman parte de IIIB, y varios de estos rasgos fueron identificados (antes de iniciar los trabajos en Lambityeco) como marcadores del periodo IV en las excavaciones de Monte Albán. De ahí que el complejo cerámico del periodo IV parecería dar inicio con bastante anterioridad al término de la fase constructiva IIIB en Monte Albán (Paddock, 1983b : 187).</p> <p>Los marcadores del periodo IV que menciona Paddock incluyen el Plumbate Tohil, hallado en Monte Albán y otros lugares del valle. Caso y Bernal (1965 : 892-893) también se refieren a una copia local del Anaranjado Fino que es relativamente frecuente y aparece en sitios como Yagul y Monte Albán. Este tipo está asociado al Plumbate, ya que han sido encontrados juntos. Las formas de este “pseudo-Fine Orange” reproducen las vasijas “garra de tigre” y los cajetes esféricos de inspiración local, o copian las vasijas cilindricas con base anular de la costa atlántica. Sin mayor discusión del valor diagnóstico de dichas cerámicas, reportadas en todas las regiones de Mesoamérica (Fahmel, 1988), Paddock concluye que :</p> <p>Un subproducto de las excavaciones en Lambityeco ha sido la mejor comprensión del periodo IV de Monte Albán. Este periodo ha sido difícil de definir porque no se conocía bien en Monte Albán ; Lambityeco fue el primer sitio “puro” del periodo IV en ser excavado. La confirmación de Blanton de que Monte Albán siguió habitada durante el periodo IV (excepto por la plaza principal) apoya nuestra impresión de que Lambityeco fue ocupada antes de que la plaza principal de Monte Albán fuera abandonada, y que una parte de la población de Monte Albán continuó ahí tras el desplazamiento de la gente del periodo IV de Lambityeco hacia otro lugar — quizá la cercana Yagul. Seis de siete fechas de radiocarbono de Lambityeco se agrupan entre 640 y 755 A.D., lo que nos da una estimación presuntamente confiable (Paddock, 1983a : 201).</p> <p>Estas ideas no contravienen la definición original de la época IIIB-IV (Caso et al. 1967), aunque las fechas de radiocarbono obtenidas en Lambityeco reducen dramáticamente la duración del periodo IV, y con ello la del periodo IIIB. Tal ajuste permitió a Blanton (1978) relacionar el abandono de la gran plaza de Monte Albán con la caída de Teotihuacan y el supuesto fin del militarismo oaxaqueño :</p> <p>El abandono de la plaza principal sin duda refleja el colapso de la institución política que tuvo su centro en dicho lugar. Desde mi punto de vista, por lo menos dos factores pudieron haber causado esa desaparición : Primero, y más importante, es que a principios del siglo vii A.D. Teotihuacan empezó a mostrar signos de decadencia [...] En algún momento, poco después del año 700 A.D., Teotihuacan fue abandonada masivamente y nunca recuperó su estatus como centro regional clave [...] Si el sistema político encabezado por Monte Albán creció en importancia durante el periodo III como respuesta al expansionismo militar de Teotihuacan, entonces el colapso de ésta habría reducido considerablemente el valor de una alianza militar en el valle de Oaxaca. Quizá la élite de las sociedades asociadas en el valle percibió que no valía la pena apoyar a la capital y a la institución política centrada en ella. La pérdida de este apoyo habría sido desastrosa para una capital política que carecía de una orientación económica fuerte (Blanton, 1978 : 103).</p> <p>El interés por vincular el abandono de la ciudad con la intrusión masiva de grupos Tetlamixtecas y la historia post-tolteca de Oaxaca llevó a Paddock (1983b), por su parte, a subrayar la necesidad de escudriñar otros sitios para tener un panorama más amplio del sistema económico y político del periodo IV :</p> <p>Lambityeco sugiere fuertemente que para 700 A.D., y probablemente algunas décadas antes, Monte Albán estaba en proceso de abandono. Para entonces Lambityeco era independiente en un grado significativo. El que esa independencia indique la pérdida del estatus de capital regional de Monte Albán no se puede determinar, sin embargo, con los materiales de Lambityeco solamente ; deberíamos tener una lista de sitios del periodo IV, con fechas. Lambityeco, al igual que Miahuatlan, se sitúa bien como un desertor temprano del sistema económico y político de Monte Albán (Paddock, 1983b : 187-188).</p> <p>Desde la perspectiva de Michael Lind (1992), quien participó en las excavaciones de Lambityeco, el material de este sitio sugiere un desenlace diferente. Tras discutir los periodos IIIB y IV como un solo complejo cultural, menciona la presencia del Plumbate Tohil y el Anaranjado Fino Silho en Monte Albán, donde los contextos los ubican entre 900 y 1000 dC. Por otro lado, en Lambityeco</p> <p>[...] el Anaranjado Fino Silho también se ha encontrado en el escombro de las últimas residencias construidas en los Montículos 190 y 195. Además, fechas arqueomagnéticas de 1035 d.C, 1050 d.C. y 1065 d.C. fueron obtenidas asociadas a un cajete trípode del tipo Anaranjado Fino Silho encontrado encima de las ruinas de la última residencia en el Montículo 190 [...] Las secuencias de Monte Albán y de Lambityeco, entonces, concuerdan (Lind, 1992 : 182).</p> <p>Ahora bien, los reconocimientos llevados a cabo en el valle central indican que en esta área los sitios IIIB son comunes, excepto en la porción oriental, donde la ocupación parece haber sido escasa. Es ahí en donde Stephen Kowalewski (1983) encontró dos grupos de sitios espacialmente separados que parecen haber tenido ocupaciones Monte Albán IV, aunque no se hallan sitios con complejos cerámicos semejantes al de Lambityeco :</p> <p>Al norte y occidente del valle central existen partes con una serie de ocupaciones del Clásico tardío que parecen haber persistido hasta el Postclásico. Acá se podría argumentar la continuidad cerámica entre las vasijas gris -cremosa (sic) del Clásico [...] y el complejo arenoso-crema del Postclásico. El último consiste en vasijas utilitarias semejantes al Yanhuitlán Rojo-sobre-crema [...] No se les encuentra en Monte Albán, y son muy raras en el valle de Tlacolula [...] Tentativamente sugeriría que al inicio de Monte Albán IV hubo una disminución en la población de la parte noroeste del valle de Oaxaca, con una posible persistencia en pequeños asentamientos al occidente del valle central, y una concentración de la población restante alrededor de varios cerros fortificados en el valle de Etla.</p> <p>Otro grupo de asentamientos que aparentan ser Monte Albán IV fue localizado en los cerros ubicados al oriente de la confluencia del río Salado y el río Atoyac [...] Cabría señalar, sin embargo, que el área cubierta por estos asentamientos tenía algunos sitios IIIB, lo que sugiere que la ocupación inició cuando Monte Albán aún era fuerte [...] En esta área los componentes del Postclásico temprano (Monte Albán IV) están definidos por la preponderancia de vasijas grises sin decoración, incluyendo ejemplos de los tipos G-35 y G3M temprano que estilísticamente son distintos a los de Monte Albán y Lambityeco, y en algunos aspectos quizá diferentes a los materiales postclásicos de Yagul y Cuilapan. Todo ello indica la existencia de varios centros de producción con esferas de distribución separadas en el periodo IV (Kowalewski 1983 : 188-190).</p> <p>Dichos contextos enriquecieron la base de datos del periodo IV armada con la información obtenida en Jalieza y los sitios que Donald Brockington localizó en el área de Miahuatlan :</p> <p>Al sur del área central la mayoría de la población del periodo IV residía en varias comunidades grandes [...] Con mucho, el sitio más grande del área reconocida es lalieza [...] Afortunadamente el área IV del sitio no coincide significativamente con las ocupaciones Illa y V, por lo que podemos verlo, en esencia, como un sitio con un solo componente (Blanton et al., 1982 : 117-118).</p> <p>Además del complejo cerámico que evoca el origen de la vajilla gris fina G3M de Monte Albán V en la vajilla gris del periodo IV, el sitio 1A [al sur de Miahuatlan] produjo un tiesto de “Anaranjado Fino Z o Balancán” [...] Este espécimen se asemeja al Anaranjado Fino Bal-ancán descubierto por Paddock en los niveles que corresponden al periodo IV de Lambityeco (Kowalewski, 1983 : 190).</p> <p>La información recabada posteriormente en el valle de Tlacolula, donde predominan los sitios del periodo IV (Kowalewski et al., 1989 : 266 y 291), confirmó la distribución diferencial y complementaria de los materiales asignados al Clásico tardío y terminal, lo que creó nuevas paradojas que aún no han sido resueltas (Kowalewski et al., 1989 : 301-305). Antes de entrar al debate sobre el significado de estos materiales conviene, empero, rescatar algunos de los argumentos empleados para distinguir e interpretar los periodos IIIB y IV en Monte Albán. En este sentido, Marcus y Flannery (1990) señalan que :</p> <p>En los escombros hallados sobre las estructuras abandonadas del periodo III Caso encontró un complejo cerámico diferente, al que originalmente nombró periodo IV [...] Este era un ensamblaje [assemblage] cerámico mucho más monótono, dominado por grandes vasijas burdas del tipo que ahora conocemos como G-35, pero con una serie de formas adicionales como las ilustradas en las Figuras 317 a 375 de Caso, Bernal y Acosta (1967). Aunque había vasijas del tipo garra de murciélago e incensarios o braseros adornados con pequeños conos [...] la cerámica del periodo IV era estéticamente poco llamativa si se le compara con la cerámica extravagante de los periodos previos (Marcus y Flannery 1990 : 192).</p> <p>En seguida los autores se refieren al trabajo tipológico de Kowalewski (1983 : 190) y Kowalewski et al. (1989 : 251-254), quienes han :</p> <p>[...] identificado variantes regionales en la cerámica IIIB y IV [...] En fechas recientes el reconocimiento de los patrones de asentamiento del valle de Oaxaca [...] ha brindado la oportunidad de refinar aún más los diagnósticos de los periodos IIIB y IV [...] Por lo tanto, las diferencias entre IIIB y IV son aquéllas que uno esperaría encontrar entre la subíase temprana y la tardía de una fase más larga [...] En la mayoría de los casos, las diferencias entre IIIB y IV implican porcentajes (sic) o proporciones (sic) entre un tipo y otro, no sólo su presencia o ausencia (Marcus y Flannery 1990 : 194-195).</p> <p>Hasta acá las nuevas apreciaciones coinciden con las ideas de Ignacio Bernal (1965a : 804), es decir, “estamos tratando con dos subfases de un periodo largo en vez de dos periodos. La distinción se hizo debido a que la caída de Monte Albán lo señala así”. La cuestión medular, sin embargo, nunca fue resuelta debido a que los datos recuperados en el valle exigen un análisis global más amplio y una explicación satisfactoria de los cambios acaecidos en la ciudad al final del Clásico. Entrampados en este debate, Marcus y Flannery (1990) concluyen que :</p> <p>Con el paulatino debilitamiento de Monte Albán después del año 600 A.D., los centros del valle como Zaachila, Cuilapan, Macuilxochitl, Lambityeco, Mitla y Matatlán, y los que se encontraban en los cerros como lalieza aumentaron en importancia [...] Así empezó un periodo durante el cual los zapotecos ya no fueron gobernados por una capital central sino por numerosos centros que competían entre sí [...] Los periodos implicados son Monte Albán IIIB (aproximadamente 500 a 750 A.D.) y Monte Albán IV (aproximadamente 750 a 950 A.D.) ; y desafortunadamente la cerámica de los periodos IIIB y IV es difícil de diferenciar (Marcus y Flannery 1990 : 191).</p> <p>Para inicio de la década de 1990 el material arqueológico dejaba en claro que el abandono de la gran plaza de Monte Albán divide al periodo IIIB en dos fases : la primera de ellas correspondiente al apogeo de la ciudad, y la segunda al florecimiento de los sitios que tiempo después conservaron las tradiciones del Clásico. Al mismo tiempo, y de forma paralela, se dieron los sitios y contextos conocidos como periodo IV, que también comprenden dos fases de desarrollo. Desde este punto de vista, los mapas del valle de Oaxaca que ilustran la distribución de los materiales IIIB y IV (Kowalewski, 1983 : 188-189 ; Kowalewski et al., 1989 : 266 y 291) dan señas de ser complementarios —y no de sucederse el uno al otro en el tiempo. La duración y problemática de cada fase aún está abierta a discusión, ya que el material excavado por Leopoldo Batres, Jorge Acosta y John Paddock en la Plataforma Norte de Monte Albán, o los contextos hallados por Richard Blanton y Stephen Kowalewski et al. recrean un panorama mucho más complej o de lo que puede describirse linealmente o plasmarse en una cuadro periódico (Kowalewski et al., 1989 : 305). En su resumen de la información obtenida en el valle, Marcus y Flannery (1990) aclaran que :</p> <p>El proyecto Patrones de Asentamiento de Oaxaca encontró 1073 sitios Monte Albán IIIB y IV ; de éstos, 629 fueron asignados a IIIB y 444 a IV. La distribución de estos sitios, sin embargo, ha provocado un debate ya que la mayoría de los lugares asignados a IIIB ocurren en el valle de Etla y el valle Central, mientras que la mayoría de los lugares asignados a IV ocurren en los valles de Tlacolula y Zaachila-Zimatlan. Esto sugiere que están implicadas diferencias regionales [sic] y cronológicas [sic] [...] Kowalewski et al. (1989 : 252) (sic) sugieren que los lectores incomodados por tales diferencias regionales pueden combinar, si así lo desean, los sitios del periodo IIIB [...] y los del periodo IV [...] en un solo mapa, llamándolo “Monte Albán IIIB-IV”. No obstante, advierten que la combinación de los sitios enmascararía algunas de las mejores diferencias cronológicas entre IIIB y IV (Marcus y Flannery 1990 : 195-196).</p> <p>Antes de terminar hay que mencionar la periodización bosquejada por Michael Lind (1992), cuya secuencia de fases es muy simple porque desvincula el material arqueológico del proceso cultural que se está investigando. El subdividir un periodo no representa mayor problema, ya que Caso, Bernal y Acosta (1967) lo hicieron varias veces empezando por la época I de Monte Albán. Pero dejar de lado los antecedentes referidos en este trabajo y privilegiar la seriación tipológica sobre el estudio horizontal de los contextos no sólo denuesta la complejidad del registro arqueológico sino las múltiples formas y maneras de relacionarse que tuvieron las antiguas sociedades de Oaxaca. Aunque la cerámica no refleja la identidad étnica de sus fabricantes, sí forma parte de ensamblajes [assemblages] o constelaciones culturales de orden simbólico y funcional que merecen ser estudiados para diferenciar a los usuarios de uno y otro grupo social.</p> <p>La Época Monte Albán V</p> <p>Si para Caso, Bernal y Paddock la cultura de la época V representa la influencia y presencia mixteca entre los habitantes del valle, los planteamientos netamente arqueológicos de Blanton y Kowalewski ven al periodo V como el horizonte Postclásico del valle de Oaxaca. Sin embargo, hay ocasiones en las que identifican el periodo IV de Monte Albán con el Postclásico temprano u horizonte Tolteca y el periodo V con los desarrollos posteriores (Blanton, 1978 : 27 ; Blanton et al., 1982 : 6). Tal división se explica de la siguiente manera :</p> <p>El Postclásico fue un periodo de más de 800 años, en el cual se discierne una sola transición cerámica. El ensamblaje [assemblage] cerámico del periodo V dura unos 600 de aquellos años. Sugerimos que la permanencia de los estilos cerámicos indica un sistema regional más estable durante el Postclásico. Desde luego podría argumentarse que dentro del periodo V ocurrieron cambios mayores que no podemos detectar debido a la falta de una cronología más fina [sic]. Sin embargo, hemos argumentado que los cambios que se observan en los periodos de Monte Albán son la consecuencia de cambios en la organización política y económica. Por lo tanto, la relativa ausencia de cambios en la cerámica del Postclásico tardío es evidencia fuerte de que comparativamente fue un periodo estable (Blanton et al., 1982 : 115).</p> <p>Marcus y Flannery (1990), por su parte, contemplan la posibilidad de subdividir el Postclásico en tres fases conforme al orden de aparición de los materiales que lo distinguen. Al ubicar el G3M en la primera fase, y reconocer que evolucionó de la vajilla gris del periodo IV, empero, sitúan a este periodo en el Clásico tardío junto con el periodo IIIB, y no en un supuesto Postclásico temprano como lo sugieren Blanton et al. (1982). Desde su punto de vista,</p> <p>Ignacio Bernal (comunicación personal) predijo hace muchos años que algún día sería posible subdividir a Monte Albán V en tres fases, definidas de la siguiente manera :</p> <p>1. Una fase V temprana que emerge del perido IV y presenta la cerámica gris G3M junto con Yanhuitlán Rojo-sobre-crema importado de la Mixteca, pero carece [sic] de cerámica policromada.</p> <p>2. Una fase V media, en la cual los polícromos de estilo Mixteca-Puebla [...] se unen alG3M y al Yanhuitlán Rojo-sobre-crema, pero carece [sic] de metales.</p> <p>3. Una fase V tardía, que se extiende al siglo xvi y cuenta con todos los elementos del V medio, pero con los metales (cobre, plata, oro) (Marcus y Flannery 1990 : 199-200).</p> <p>Con respecto al G3M ya referimos lo que Caso, Bernal y Acosta (1967:447-448) pensaban de esta cerámica, además de comentar sus antecedentes tecnológicos en la vajilla gris del Clásico (Feinman et al., 1990). Sobre la cerámica policromada de Monte Albán, en cambio, Caso et al. señalan que :</p> <p>Desde el punto de vista de la calidad [...] los objetos encontrados en Monte Albán no pueden compararse con la magnífica cerámica policroma que procede de la Mixteca en lugares como Yanhuitlán, Nochixtlán, Chachoapan y Coixtlahuaca. [En Monte Albán, este tipo de cerámica] es de un barro color café claro, muy delgado y bien pulido, cubierta con un baño generalmente de color naranja o rojo, y sobre él la decoración pintada con una gran riqueza de colores, usándose algunos que no hemos visto en ningún otro lugar, sino en esta cerámica, por ejemplo un color lila, o bien un color gris con reflejos metálicos [...] Las formas más frecuentes son cajetes de paredes cónicas, fondo plano, con pies cilindricos largos, rematados en forma de cabeza de animal, o bien planos en forma de almena. Como hemos visto, estas formas también se encuentran en la cerámica gris pulida, que es mucho más frecuente que la policroma [...] Además del cajete de fondo plano, con o sin pies, existen otras formas menos abundantes [...] la olla de cuerpo globular, alto cuello, con vertedera en forma de jarra de crema, y asa redonda [...] vasijas en forma de tecomate [...] platos de fondo plano y borde horizontal muy amplio [...] sahumadores o braseros que consisten en una especie de taza semiesférica de fondo plano, con dos pequeñas asas sobresalientes, con un agujero en el centro [... y ...] vasos en forma de garra de felino (Caso et al., 1967 : 465-466, 471).</p> <p>Desafortunadamente, los autores no analizaron los diversos tipos de cerámica policromada hallados en el valle ni las características de sus diseños, dejando abierto el tema de su relación con los policromos de la Mixteca. De igual manera, nunca llegaron a discutir los objetos de metal hallados en las tumbas clásicas de Monte Albán y su filiación con la metalurgia del Postclásico, lo que hasta la fecha repercute en el desconocimiento de su tecnología, la procedencia de los metales y los mecanismos de su distribución. No obstante, enfocaron otro recurso que requería de un estudio detallado : la arquitectura tardía del extremo oriental del valle, y en particular los grupos de edificios de tipo palacio. Al respecto, Bernal (1965a : 796) propone que en Mida, Matatlán y Yagul hay una serie de vestigios mixtéeos que presentan elementos de otra cultura no definida. Más que un estudio formal de las estructuras, empero, ofrece una interpretación social y funcional de las mismas :</p> <p>Con el arribo de la influencia mixteca, o mixtecoide como prefiero llamarla [se] construyeron aquellos palacios extraordinarios que destacan no sólo por ser diferentes a los edificios más antiguos del área, por su tamaño y su mérito arquitectónico, sino por representar un modo de vida aparentemente desconocido previamente en el valle [...] el énfasis se puso en las habitaciones del jefe o de los jefes, y no en las de los dioses, en fuerte contraste con Monte Albán. La influencia mixteca parece haber traído, no sólo en este sentido, un grado de secularización considerable a la cultura de Oaxaca, aunque sería absurdo pensar que el poder sacerdotal desapareció o que el culto a los dioses disminuyó (Bernal, 1965a : 811).</p> <p>Flannery y Marcus (1983) comparten estas ideas, pero consideran que el carácter secular de los palacios no necesita ser atribuido a un nuevo grupo étnico :</p> <p>Sin lugar a dudas, la arquitectura de Monte Albán V difiere de la del periodo III así como ésta difiere de la del Formativo. Pero en ningún lugar de la Mixteca — ni en Sa'a Yucu — vemos prototipos arquitectónicos que nos convenzan que la arquitectura Monte Albán V resultó de una invasión mixteca. Seguramente los arquitectos zapotecos estuvieron al tanto de las nuevas tendencias e innovaciones que surgían en amplias áreas de Mesoamérica [...] El estado postclásico fue, después de todo, una forma de gobierno constituida por poder político y fuerza militar más que por una religión de estado, y el alto estatus del gobernante postclásico requería de una residencia elaborada [...aunque...] es difícil que la religión fuese relegada a una posición insignificante (Flannery y Marcus, 1983 : 279).</p> <p>Tiempo después, el estudio detallado de los palacios y las pinturas de Mida permitió descubrir una serie de vínculos con la arquitectura y la pintura del Clásico que dan un matiz diferente a las relaciones que hubo entre la gente del valle, los serranos y otros grupos del Altiplano Central (De la Fuente and Fahmel, 2005, Fahmel, 1991,2007,2014).</p> <p>Ahora bien, si en un principio fue John Paddock (1970b : 127-128) quien impulsó la hipótesis sobre una invasión masiva de los mixtéeos, la lectura detallada de las fuentes etnohistóricas lo llevó a reconsiderar sus planteamientos y adoptar una posición más objetiva. El tema de la etnicidad y su relación con el material arqueológico, sin embargo, continuó siendo importante dentro de su perspectiva histórica :</p> <p>Debido a que en la ciencia moderna no hay pruebas contundentes, quizá debiéramos considerar la posibilidad que [...] la cultura Monte Albán V no resultó de una invasión física de los mixtéeos, sino de la difusión de ideas y el comercio de objetos procedentes de la Mixteca — ideas y objetos que fueron aceptados por una población siempre zapoteca. La aceptación de ideas foráneas por los zapotecos sería contraria a las actitudes que en esta materia conocemos de Monte Albán IIIB-IV ; pero la gente cambia [...]</p> <p>De haber habido una invasión mixteca debería haber dos tipos de vestigio cultural en el valle durante los últimos años previos a la conquista española, uno correspondiente a los zapotecos y el otro a los mixtéeos. De hecho, eso es lo que encontramos : Monte Albán IV y Monte Albán V son dos culturas bastante diferentes en términos arqueológicos, tal y como lo sugieren las fuentes documentales. Dos pueblos distintos vivían en el valle al mismo tiempo, y las discrepancias en sus gustos y tradiciones eran acentuadas por sus relaciones hostiles [...]</p> <p>Incluso en el año 1580 — después de más de tres siglos de convivencia - la Relación de Cuilapa menciona que 'los otros indios de esta región zapoteca (en la que se encuentra este pueblo) son muy diferentes de estos indios [mixtéeos] por varias razones' ; y continúa enlistando algunos detalles de esas diferencias. La Relación de Chichicapa confirma que para los indios del valle, o al menos para los españoles que los observaban, había dos grupos que contrastaban : habla de los zapotecos con su nombre, y continúa diciendo que 'los indios mixtéeos [tienen] otra lengua y linaje propio' (Paddock, 1970a : 378).</p> <p>Así las cosas, no es posible omitir el comentario de Flannery y Marcus (1983) sobre la confusión que ha generado el uso de la cerámica arqueológica para la comprensión de la cultura como un todo :</p> <p>Vemos una modesta presencia mixteca en el valle de Oaxaca, como resultado de alianzas matrimoniales estratégicas entre las casas reales mixtecas y zapotecas, y entendemos las “guerras” como conflictos locales [pero] abogamos por la separación de dos asuntos : las culturas zapoteca y mixteca por un lado, y la cerámica del Postclásico tardío por el otro. La confusión arqueológica aumenta en proporción directa con nuestra incapacidad de tratar a éstas como asuntos separados (Flannery y Marcus, 1983 : 279).</p> <p>Discusión</p> <p>La necesidad de entender la manera cómo se estructuró y qué es lo que justifica la periodización del proceso cultural identificado en el valle de Oaxaca implica desglosar y conocer cada uno de los campos conceptuales en los que se ubican los elementos del discurso arqueológico (cfr.Kuhn, 1971). En el plano ontológico, por ejemplo, se encuentran las formas de ver el objeto de estudio, ya sea desde la historia, lo étnico o lo material, y el énfasis que se pone en la adaptación ecológica, el desarrollo económico, la evolución política o la dinámica social. En el plano epistemológico se hallan los esquemas y modelos procesuales que explican el ordenamiento de los datos y su ubicación en fases, periodos y horizontes. Para ello traducen los análisis del material recuperado en el campo en abstracciones equiparables al dato etnográfico y documental. El tercer plano comprende la metodología y los pasos a seguir para la obtención y el estudio de la información básica, ya sea a través de lecturas en gabinete, reconocimientos de superficie o excavaciones. El propósito inmediato de los análisis es conocer la continuidad y el cambio en las características de los materiales y su distribución espacial.</p> <p>Ahora bien, durante el siglo xx fue común que el trabajo de campo se realizara sin una reflexión teórica previa, lo que no significa que se le desestimara ya que toda investigación se erige sobre un paradigma que puede o no ser explicitado. De ahí que el discurso inicial sobre los antiguos habitantes de Oaxaca se inscriba dentro del particularismo histórico boasiano, y que los ensamblajes arqueológicos fueran interpretados como culturas que se sucedieron en el tiempo y el espacio. Cada ensamblaje habría tenido su propio ritmo de evolución, como si se tratase de una cultura etnográfica aislada de los pueblos circundantes. Los cambios se explicaron desde la hermenéutica o mediante factores externos que, en caso extremo, habrían incidido catastróficamente. La etnología se abocó a los aspectos tangibles e intangibles de las culturas etnográficas, lo que permitió establecer analogías y relaciones de correspondencia con las culturas arqueológicas.</p> <p>A final de cuentas, las características de la cultura material y los cambios detectados en ella se vincularon con las condiciones ambientales del valle y con diversos sucesos históricos, entre los que destaca el ascenso político y cultural del Estado encabezado por Monte Albán y la convivencia de sus habitantes con grupos foráneos a partir del Clásico tardío. Para Flannery y Marcus (1983:279), el problema central de esta reconstrucción se encuentra en la lectura del material a través de los datos etnográficos, a sabiendas que la cultura y la identidad étnica son construcciones abstractas que se manifiestan de muy diversa manera. Sin embargo, cuando Ignacio Bernal (1965a : 804) o Caso, Bernal y Acosta (1967) hablan de la época IIIB-IV sin referirse a los grupos etnolinguísticos que habitaban la región a la llegada de los españoles, advierten que las dos subfases o periodos —ubicados en diferentes localidades del valle— se relacionan con el auge y el desenlace de las tradiciones asociadas con Monte Albán. Dicha noción, apegada a las propuestas de Willey y Phillips (1958 : 36-39), había de entenderse como algo independiente de las tipologías y de otros procesos sociales ocurridos durante el transcurso del abandono de la ciudad. Este planteamiento no arraigó entre los investigadores que entendían ulperiodo como una determinada estructura político-social relacionada con un ensamblaje material que por necesidad metodológica precede o sucede a otro ensamblaje en el tiempo y en el espacio. Las consecuencias de esta divergencia en la forma de pensar se comprenden mejor si se consulta la definición que propuso Alex Krieger para el estadio y el periodo :</p> <p>Para los propósitos del momento, consideraré al “estadio” como un segmento de una secuencia histórica en un área dada, caracterizado por un patrón económico dominante. Los aspectos generales de la vida económica de los pueblos pasados, y el bosquejo de su estructura social pueden ser inferidos, frecuentemente, de los vestigios arqueológicos y relacionados con fenómenos similares, ya sea que se conozcan o desconozcan las fechas [...] El término “periodo”, en cambio, puede considerarse que depende de una cronología. Por lo tanto, el estadio puede ser reconocido por su contenido solamente, y de existir fechas precisas para éste en un área determinada, podría decirse que el estadio existió ahí durante tal y cual periodo (sic). Más aún, el mismo estadio puede aparecer en diferentes momentos o periodos en diferentes áreas, y concluir también en diferentes fechas. El estadio también puede incluir varios complejos culturales distintos y divisiones temporales menores. Al respecto hace falta una buena discusión (Krieger apudWilley y Phillips 1958 : 68-69).</p> <p>Al revisar los datos sobre los periodos I a IIIB elaborados mediante la información recuperada en los reconocimientos del valle se constata que, en general, comprenden abstracciones muy elaboradas acerca de las estructuras políticas y económicas que fueron la causa de la distribución espacial de los materiales. En el caso del periodo IV, sin embargo, no se discuten a fondo tales estructuras ni su relación de consecuencia con las que habrían caracterizado al periodo IIIB -amén de explicarse la manera como habrían muerto las tradiciones culturales del Clásico. Para Kowalewski et al. (1989) una discusión de este tipo depende, meramente, de la obtención de fechas precisas que permitan ordenar el cúmulo de información que se tiene de los sitios registrados :</p> <p>Desafortunadamente [...] el valor de nuestros resultados sobre estas fases volátiles [es decir, IIIB y IV] está limitado por dificultades cronológicas. No podemos describir con fechas absolutas la secuencia de eventos que enmarca el colapso de Monte Albán, y no siempre estamos seguros de cuáles asentamientos son contemporáneos. Pero debido a que los reconocimientos identificaron los sitios clave, debería ser posible asegurar las fechas que resolverán el problema (Kowalewski et al., 1989 : 251).</p> <p>La dificultad que representa la diferenciación de los materiales IIIB — IV y la ubicación temporal de los sitios con base en fechas arqueométricas, acompañada de una visión antropológica que no plantea situaciones que pudieran explicar el desarrollo, la convivencia y el traslape de diversos ensamblajes condujo, finalmente, a que el paso al periodo V se vinculara con un cambio económico y político generalizado y con la transformación repentina de toda la cultura material. La línea de pensamiento que lleva a esta propuesta se puede rastrear a través de las siguientes citas :</p> <p>Interpretamos el periodo IIIA [350-500] como un momento de intenso desarrollo de las fuentes de energía locales por Monte Albán, en respuesta a la disminución de los impuestos imperiales y la creciente amenaza de Teotihuacan. Los patrones de asentamiento de IIIB parecen dar fe de una estrategia de desarrollo fallida. La Figura 7- Figura 71 es el mapa de los sitios IIIB en el área reconocida. Una breve mirada a este mapa lo convence a uno que hubo grandes cambios en el área después de haberse alcanzado la máxima densidad poblacional durante IIIA. Para los tiempos en los que se usaban los tipos cerámicos que identificamos como IIIB había mucho menos sitios ocupados, y una reorientación del sistema regional como lo conocemos hacia la zona central del valle. Por razones que sólo podemos adivinar, el desarrollo masivo de la región sureña mostró que no era una estrategia viable a largo plazo (Blanton et al., 1982:103).</p> <p>Los sitios identificados como IIIB tienen ensamblajes cerámicos semejantes al que vimos en Cerro Atzompa [...] La alfarería identificada como periodo IV difiere del ensamblaje de Atzompa en varios sentidos, aunque las diferencias no siempre se detectan fácilmente, y en especial cuando el investigador de campo está mirando tiestos enlodados y erosionados. Si bien hay cierta variación en los ensamblajes IV dentro de la región, en general se distinguen de los ensamblajes IIIIB en que 1) muestran más afinidad con la cerámica de Lambityeco (Paddock, Mogor y Lind 1968), 2) en algunos casos presentan indicadores conocidos del periodo IV como la imitación del Anaranjado Fino, y, 3) en algunos casos representan la transición al periodo V por contener tiestos G-3M, pero no con las formas Monte Albán V. Nuestro mayor problema sigue siendo la posibilidad que pequeñas áreas de ocupación IIIB puedan estar ocultas dentro de los sitios mayores IV, como lo es Jalieza (Blanton et al., 1982 : 103).</p> <p>Después de que esta forma particular de pegamento regional [esto es, Monte Albán] se disolvió, la región estuvo segmentada temporalmente, pero de ello evolucionó un sistema regional en el cual la integración fue de carácter comercial, y no gubernamental (aunque las instituciones gubernamentales siguieron existiendo) [...] a diferencia del periodo Clásico en su conjunto, nuestra evidencia indica que durante el Postclásico hubo más gente con acceso a una gama de bienes más amplia, y que la calidad de dichos bienes fue mayor que la vista en cualquier otro periodo previo. Podríamos argumentar que las instituciones gubernamentales del Postclásico tardío no fueron capaces de dirigir, controlar o reorganizar los sistemas de producción y distribución para generar impuestos (Blanton et al., 1982 : 134).</p> <p>Al margen de estas conclusiones, pero sin soslayar la información en que se basan, parecería que la definición de Krieger y el esquema de desarrollo basado en tradiciones culturales siguen siendo la mejor opción para delinear el devenir de los pueblos que habitaban el valle de Oaxaca (Willey y Phillips 1958 : 38 ; Caso et al., 1967, Marcus, 1983 : 8-9). No obstante, hay que subrayar que el proceso cultural debió ser mucho más complejo de lo que revela la cerámica arqueológica, y que su desenlace se ubica en el contexto de los acontecimientos históricos del Postclásico tardío. En este sentido, Bernal señala que :</p> <p>[...] algunos sitios concluyeron su historia prehispánica con el periodo IV. Esto no significa que fueron abandonados — muchos de ellos aún siguen ocupados —pero que los mixtéeos no los ocuparon, como sabemos de las fuentes históricas [...] el número de ruinas, la abundancia de materiales, y el gran tamaño de algunas de las ruinas apuntan hacia una población muy densa en el valle de Oaxaca. Cálculos aproximados sugieren que a partir del periodo IIIB la población era muy parecida a la actual, aunque sólo se trata de una estimación (Bernal, 1965a : 796).</p> <p>Ya que la distribución espacial de los tipos cerámicos diagnósticos de IIIB y IV es complementaria no es necesario plantear el abandono de los sitios ocupados durante el Clásico tardío ni el desplazamiento masivo de la población hacia otros lugares del valle (Marcus y Flannery 1990:195-196 ;Lind, 1992:180 ;Fahmel, 2007). En un entorno de transformación y cambio es más probable que el deterioro de la vajilla gris del Clásico, referido por numerosos autores, se diera a la par con el surgimiento paulatino del G3M. Este último pertenece a la misma tradición cerámica y habría sustituido a los tipos previos por su mayor calidad. En este contexto, los atributos del G3M que sirvieron a Caso et al. (1967) para definir a la cultura Monte Albán V como mixteca dejan de ser significativos. Ello no significa, empero, que a la población del valle le fuera desconocida la Mixteca. De hecho, hay materiales que sugieren que un sector de la población tenía formas de ser y ver el mundo relacionadas con los pueblos de la sierra, e incluso más allá. Para delimitar y explicar esta situación es imprescindible valorar los alcances del periodo IIIB y la variabilidad que se empieza a observar dentro del material asignado al periodo IV. Es posible que la información contenida en los documentos históricos permita rastrear las causas y consecuencias de dichas relaciones, pero su utilidad para identificar a los serranos establecidos en el valle “es próxima a cero” (Flannery y Marcus, 1983 : 278). De ahí que corresponda a la arqueología refinar su metodología y desarrollar los análisis que ayuden a reconocer las adaptaciones sociales, tecnológicas y ambientales que aseguran la pertenencia del individuo a algún grupo étnico — todo ello en un marco conceptual que tome en cuenta las tradiciones de larga duración.</p> <p>Más allá del proceso cultural y de la periodización e interpretación del material arqueológico se encuentran otros problemas que merecen ser atendidos. El más importante atañe la supuesta relación entre la cultura IIIB-IV de Monte Albán y la cultura zapoteca del siglo xvi. Quizá sea válido demostrar la continuidad mediante los elementos que se observan en las respectivas tradiciones cerámicas. Sin embargo, aplicar el nombre zapoteco “a las antigüedades que muy probablemente fueron hechas por los pueblos históricos con los cuales las vinculamos” (Bernal, 1965a : 788-789) sin contemplar los cambios simbólicos y funcionales que debieron acompañar la convivencia y adaptación a nuevos contextos sociales, justifica la crítica que muchos autores jóvenes han hecho a la arqueología tradicional. Pero entonces, ¿no habría que quitar el término zapoteca de todas las publicaciones, excepto en donde se trata de los hablantes de esa lengua ?</p> <p>Al respecto se puede agregar que en los trabajos de Bernal (1965a) y Caso et al. (1967) los periodos adquieren su carácter de las relaciones interregionales que dominaron el valle durante un momento dado. No por ello se les debe entender como estadios, ya que lo importante es la dirección e intensidad de los vínculos mantenidos con otras regiones mesoamericanas. La época IIIB-IV, como se ha dicho antes, comprende dos periodos o subfases, en los que prevaleció la interacción de Monte Albán con el valle, por un lado, y la convivencia entre los habitantes del valle y los colonos de la sierra y más allá, por el otro. La tipología cerámica de estos contextos no difiere sustancialmente, aunque en la arquitectura, la pintura mural y la iconografía se reconocen elementos que tienen que ver con el entorno cultural ampliado, y que más tarde sobresaldrán como diagnósticos del Postclásico tardío. Si el paulatino abandono de Monte Albán y la ocupación ininterrumpida del valle significan algo para la arqueología se debe, pues, a que los distintos portadores de la cultura representan el desenlace de la época IIIB-IV y el paso a una nueva formación social dominada por las relaciones con el Altiplano Central y el régimen colonial.</p> <p>Ahora bien, como la dinámica relacional de conexión, desconexión y transformación descrita por Caso, Bernal y Acosta (1967) caracteriza todas las épocas de Monte Albán, siendo especialmente notoria durante la época I en la ciudad y la época II en los sitios del valle, ¿por qué conflictuarse y encajonar las dos subfases de la época IIIB-IV en las postrimerías del horizonte Clásico ? La razón que se ha dado tiene que ver con el estatus de Monte Albán como capital del Estado “zapoteco” y la supuesta amenaza que habría representado Teotihuacan para los oaxaqueños (Blanton et al., 1982 : 103). Este argumento, sin embargo, no tiene sentido ya que la fundación de Monte Albán precede a la de Teotihuacan y su función como centro rector del sistema político oaxaqueño perduró hasta el siglo x (Fahmel, 2007, Lind, 1992:178). De ahí que las fechas de radiocarbono obtenidas en Lambityeco sólo sirvan para señalar el fin de la ocupación en ese lugar y no para fijar el término del periodo IV en general (Paddock, 1983b : 187-188).</p> <p>Antes de abordar la cuestión mixteca y los planteamientos sobre la época V hay que volver a los mapas del valle y profundizar en la distribución del material cerámico de los periodos IIIB y IV. Si bien Flannery y Marcus (1990 : 195-196) subrayan que la “mayoría de los lugares asignados a IIIB ocurren en el valle de Etla y el valle central, mientras que la mayoría de los lugares asignados a IV ocurren en los valles de Tlacolula y Zaachila-Zimatlán [lo que] sugiere que están implicadas diferencias regionales y cronológicas [sic],” otros autores insisten en manejar los mapas por separado. Así, Flannery y Marcus (1990 : 195-196) apuntan que según Kowalewski et al. (1989 : 252) (sic) “los lectores incomodados por tales diferencias regionales pueden combinar, si así lo desean, los sitios del periodo IIIB [...] y los del periodo IV [...] en un solo mapa, llamándolo 'Monte Albán IIIB-IV”. No se trata, empero, de un mero formalismo ya que va de por medio el desenlace de un proceso cultural milenario que se integró, poco después, a otros procesos de mayor escala. Resulta imperioso, por lo tanto, contrastar el mapa de los periodos IIIB-IV con el de la época IIIA, por un lado, y con los mapas de la época V y colonial por el otro (Kowalewski et al., 1989:316 ; Taylor, 1972:25). La continuidad en el asentamiento demuestra que la ocupación del valle, si no la de algunos sitios en particular, nunca sufrió grandes interrupciones y que las hipótesis planteadas por John Paddock (1970b : 225) y Kowalewski et al. (1989) sobre el abandono y la reocupación de grandes extensiones de territorio no tienen sustento. Pero si no hubo movimientos de población ni intrusiones masivas de gente foránea, ¿cómo se explica la evolución tecnológica y formal déla vajilla G3M, o la repentina aparición de la cerámica policromada ? Al respecto conviene recordar lo que Bernal decía de los tolteca-chichimeca y de su papel en los cambios culturales del Postclásico :</p> <p>El periodo IV da inicio con la aparición de elementos toltecas, en el sentido más amplio [...] hay una serie de vasijas, nuevas en Oaxaca, que muestran influencia tolteca, posiblemente indirecta [...] El mejor ejemplo es el grupo de vasijas que copia la pasta, el color, y las formas de la vajilla Anaranjada Fina, característica de este periodo en Mesoamérica (Bernal, 1965a : 806-807).</p> <p>Si las formas cerámicas del Postclásico provienen de otras regiones de Mesoamérica, como son los valles de Puebla y Tlaxcala, y la iconografía empleada en la decoración policroma se parece a la de los códices mixtéeos, queda claro que los habitantes del valle no se cerraron al contacto con los pueblos vecinos y que éstos contribuyeron a las innovaciones formales y tecnológicas que caracterizan la época V. En este sentido, Flannery y Marcus (1983) enfatizan el valor cronológico del tipo Yanhuitlán Rojo-sobre-crema y su presencia en numerosos sitios del valle. También comentan el hallazgo del Puuc Slate, el Anaranjado Fino Balancán y el Plumbate Tohil, y los vínculos comerciales que debieron mantenerse con las Tierras Bajas del sureste (Marcus y Flannery 1990 : 199). Cabe aclarar, empero, que en Monte Albán las exploraciones de Leopoldo Batres (1902) en el Grupo del Vértice Geodésico hallaron una vasija Puuc Slate que contenía varios jades mayas del Clásico tardío, y que el Plumbate recuperado por Alfonso Caso debió ser manufacturado y comerciado entre los siglos ix y xi dC (Fahmel, 1988). En esta fase temprana del horizonte Tolteca se ubican también las innovaciones que distinguen a los palacios de Mida y su pintura mural (Fahmel 2014). La representación de personajes que pertenecen a los mitos chichimecas conduce así a una nueva pregunta, es decir, si dicha pintura y la cerámica foránea antes mencionada se pueden relacionar con el quehacer de los toltecas y los nonoalcas que habitaban el sur de Puebla y la Cañada de Tehuacán.</p> <p>Una vez visualizada la extensión horizontal y vertical de la cerámica atribuida a los periodos IIIB y IV, y la influencia de las culturas vecinas en el material de la época V, cabría determinar cuáles sitios del periodo IV se ubican en las postrimerías de IIIB y cuáles otros se desarrollaron de forma paralela. Asimismo, tendrían que analizarse con sumo cuidado los contextos en los que aparecen los objetos diagnósticos del Clásico tardío, las distintas variedades del G3M y la cerámica policromada. Para entender el impacto que tuvo esta última en los habitantes del valle es indispensable explorar las consecuencias de los trabajos de Feinman et al. (1990) sobre la vajilla G3M y sus probables centros de producción. Aunque Eréndira Camarena (s.f.) detalla la tradición formal e iconográfica de los diferentes tipos policromados, valdría la pena contemplar la permanencia o desaparición de otros objetos de carácter figurativo que fueron comunes durante la época IIIB-IV. Así, por ejemplo, es urgente averiguar si las urnas — y los dioses que representan — se conservaron en el ámbito doméstico y ritual de los sitios que continuaron habitados hasta el Postclásico tardío.</p> <p>Por último, queda la necesidad de integrar a la base de datos mesoamericana la información generada sobre la metalurgia oaxaqueña y profundizar en la producción y distribución de objetos metálicos en la sierra mixteca y en el valle. Al respecto se observan grandes avances en el trabajo de Martha Carmona (2003), aunque falta discutir las piezas que empezaron a circular en Teotihuacan, Monte Albán y el valle del Motagua hacia finales del siglo vii (Bernal, 1965a : 808 ; Armillas 1991 ; Cabrera y Hosler 2011) y su relación con aquéllas que poco más tarde fueron comunes en el occidente y sur de Mesoamérica.</p> <p>Reflexión final</p> <p>La simplificación del trabajo arqueológico, si no la de los análisis tecnológicos, ha conducido en muchos casos a que se pierda el significado de los ensamblajes recuperados en el campo y a que se les interprete mediante analogías que pasan por alto los procesos históricos y las relaciones interculturales de cada región. De ahí que las tablas periódicas empiecen a carecer del atractivo y del valor que alguna vez tuvieron como instrumento explicativo. En su obra intitulada Analytical Archaeology, David Clarke (1978 : 10) desaprueba esta forma de trabajar y aclara que “si los 'factos' arqueológicos obtienen su significado de otro contexto, entonces podremos tener más 'factos' pero poca información adicional”. Desde esta perspectiva, Robert Zeitlin (2000) plantea que el material arqueológico recabado en Oaxaca permite todo tipo de interpretación, y que la validez de los resultados obtenidos siempre podrá ser debatida.</p> <p>Para el caso de la época IIIB-IV y el proceso cultural que distingue al valle de otras regiones oaxaqueñas, los planteamientos han sido muchos, aunque falta investigar numerosos sitios que permanecieron ocupados hasta el arribo de los españoles (Bernal, 1965a : 806). Esta carencia obliga a reconsiderar la idea que durante el Clásico tardío y el Postclásico sus habitantes vivieron aislados y en paz, ya que las fuentes son claras al mencionar las difíciles relaciones políticas, económicas y sociales que mantuvieron con los mixtéeos, los mixes, los chontales y los mexicanos. Al enfatizar su introversión (Bernal, 1965a : 805 ; Paddock, 1970b : 174 ; Blanton et al., 1982 : 134) la arqueología olvidó que los herederos de las tradiciones culturales del Postclásico también son los custodios de múltiples experiencias que les permiten enfrentar los retos de la convivencia diaria, tanto en su entorno inmediato como en el área cultural mesoamericana y mucho más allá.</p> <p><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0185122515300102" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_12581 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Monte_Alban_-4b5fb.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span></p> <p>« Sans exclure d'autres facteurs, la croissance démographique des vallées centrales et le développement de techniques agricoles intensives ont permis la mise en place d'une organisation sociale centralisée, caractéristique de la période de splendeur zapotèque. En fait, Richard E. Blanton (1987) mentionne que l'émergence de formes politiques étatiques à Monte Albán a peut-être été en partie une réponse à l'expansion prédatrice de Teotihuacán, qui a connu un essor constructif remarquable. Sur la colline sacrée, le profil architectural du centre cérémonial, si bien connu aujourd'hui, est tracé. Selon les données archéologiques, la ville s'étendait sur environ 6 km², y compris les collines voisines d'El Gallo et d'Atzompa, et la population atteignait 30 000 habitants. La plate-forme nord et le soi-disant complexe de commémoration astronomique se trouvent sur la grande place. Les deux ensembles architecturaux sont devenus des espaces sacrés, pleins de mysticisme religieux et calendaire, ce qui a renforcé le discours politique de domination demandé par le pouvoir central.</p> <p>Cependant, Monte Albán n'échappa pas à la chute du Classique. Vers l'an 800 après J.-C.., leurs structures sociopolitiques étaient en déclin, pour fragmenter le contrôle rigide de l'État. Ensuite, la ville a peu à peu perdu le statut de capitale régionale ; les colonies soumises ont été réorganisées dans des centres locaux, mais la grande ville n'est pas morte. C'est ce que dit John Paddock (1987) : Monte Albán n'a jamais été complètement abandonné, il est resté en vigueur en tant que centre religieux, les offrandes continuant à se déposer dans les ruines d'anciens temples. »</p> <p><a href="http://www.sabuco.com/patrimonio/Monte%20Albàn.pdf" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_12582 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L256xH320/5af1cfdf604fc2e35196193761e8fe6a-24b0f.jpg' width='256' height='320' alt="" style='height:320px;width:256px;' /></span> « Pour 500 avant J.-C., un événement sans précédent se produit, la fondation du centre urbain de Monte Albán , qui devint immédiatement la capitale de la confédération des manoirs locaux de la vallée. Monte Albán a été fondé au sommet d'une montagne, à l'intersection des bras des trois vallées, un lieu qui a permis sa meilleure défense. Monte Albán atteignit 5 000 habitants et environ 200 ans av. sa population était de 17 242 habitants, ce qui en faisait l'une des plus grandes villes d'Amérique à cette époque ; Avec ce contingent humain - qui représente un tiers de la population de la vallée -, trois kilomètres de mur de défense sur les versants occidentaux ont été construits à Monte Albán.</p> <p>La révolution urbaine survenue à Monte Albán a été comparée à la mégalopole (ville agglutinée) de la Grèce antique. À Monte Albán, l'agriculture s'est intensifiée près de la ville, la nourriture a été importée de régions plus éloignées, un tribut a été rendu aux peuples conquis et le travail forcé a été utilisé. Naturellement, ces manifestations sociales étaient contrôlées par un groupe de dirigeants. Entre 300 et 100 av. Il y avait 744 communautés au pied de Monte Albán, certaines avec une population de 1 000 à 2 000 personnes, bien que la plupart soient des villages de moins de 150 habitants. Ces villages ont été regroupés autour de Monte Albán, beaucoup d'entre eux étant situés sur des sites défendables. De même, à Monte Albán, l'utilisation des canaux d'irrigation alimentés par les petits affluents du fleuve Atoyac, qui irriguaient les terrasses agricoles, s'est intensifiée8. La grande population de Monte Albán venait d'Etla et des régions centrales. Entre 100 ans av. et 200 après J.-C. La société zapotèque était organisée comme un État expansionniste. À cette époque, dans la vallée d'Oaxaca, dominée par Monte Albán, il y avait environ 51 000 habitants, dont beaucoup ont été déplacés hors de la vallée en tant que stratégie zapotèque de colonisation des régions voisines.</p> <p>Les constructions monumentales du site de Monte Albán se sont étendues sur 416 ha et ont abrité 14 500 habitants. Pendant ce temps, la construction de structures publiques a augmenté avec une place principale en stuc blanc et une acropole de 250 mètres de côté. Sous la moitié est de la place principale se trouve un tunnel qui aurait permis aux prêtres de se déplacer d'un bâtiment à l'autre sans être vus. La partie supérieure habitait de grands palais construits en mortier d'adobe et de chaux sur des fondations en pierre de taille. A cette époque, les tombes de ces nobles zapotèques étaient construites avec un plafond voûté, une plante en forme de croix avec plusieurs chambres et des niches pour les offrandes, ainsi que des escaliers. Les palais et les tombeaux témoignent de l'ascension d'une société stratifiée. Apparemment, la noblesse a été classée en fonction de sa distance généalogique par rapport au chef suprême et leurs mariages se sont déroulés entre des nobles de la classe même. À cette époque, le pouvoir de Monte Albán s'étendait bien au-delà de la vallée d'Oaxaca : de Tehuacán à la côte pacifique, il existait également une enclave zapotèque à Teotihuacan (dans le bassin de Mexico) et les habitants échangeaient des cadeaux avec les gouverneurs de Chiapa, de Corzo, près de la frontière avec le Guatemala. L'âge d'or de la civilisation zapotèque s'étend de 200 à 700 après J.-C.</p> <p>Au cours de cette période, Monte Albán comptait environ 16 500 habitants et dans la vallée d'Oaxaca, environ 115 000 habitants ; à cette époque, d'autres centres de la vallée d'Oaxaca occupaient également un site monumental, comme c'est le cas de Jalieza, situé à 1 600 mètres d'altitude. À l'apogée de son apogée démographique, Monte Albán atteignait peut-être 24 000 personnes. Cependant, à partir de 700 après JC le site a commencé son déclin pour des raisons qui échappent aux spécialistes.</p> <p>Après la chute de Monte Albán , une fragmentation de l'état zapotèque a commencé. Environ vers l'an 1000, des groupes de langue mixte sont entrés dans la vallée d'Oaxaca en profitant de la faiblesse de l'état zapotèque pour s'établir à Monte Albán. Dans la région d'Etla, dans la vallée d'Oaxaca, a commencé l'émergence du centre zapotèque de Mitla, qui comptait 10 000 habitants et dont l'architecture somptueuse était apparemment un lieu de culte. D'autre part, à cette époque, les rois zapotèques ont initié une série d'alliances matrimoniales avec les Mixtèques ; les Zapotèques ont finalement perdu le contrôle de la vallée d'Oaxaca, de leurs terres à Cuilapan ainsi que de la majeure partie de la vallée d'Etla.</p> <p>Essayant de compenser ces pertes, les Zapotèques lancèrent au XVe siècle une campagne de conquête de l'isthme de Tehuantepec, sous la conduite de leur chef, Cociyopij, descendant de la famille royale de Zaachila. La conquête a été couronnée de succès et il y avait un flux important de Zapotèques de la vallée d'Oaxaca qui se sont installés à Tehuantepec ; la ville divisée en quartiers pouvait accueillir environ 25 000 habitants peu de temps avant la conquête. »</p> <p><a href="https://www.dimensionantropologica.inah.gob.mx/?p=6916" class='spip_out' rel='external'>Source</a> <span class='spip_document_12583 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH380/zapotecass-ef448.jpg' width='500' height='380' alt="" style='height:380px;width:500px;' /></span></p> <p>« Décadence de la capitale zapotèque</p> <p>« Monte Albán connaît un processus très similaire à celui de Teotihuacan et d'autres centres mésoaméricains, selon lequel, après une période d'épanouissement culturel, il perd de son importance, de son prestige, de son pouvoir et de ses contingents humains. Les causes du déclin de ce grand centre politique sont encore inconnues, pas même pour établir clairement la chronologie de son abandon. Il est fort possible qu'elle ait commencé à perdre de l'importance en même temps que Teotihuacan, mais il ne faut pas oublier qu'elle n'a jamais été un centre culturel homogène largement accepté et influent et que son propre établissement au sommet d'une colline a ratifié son caractère stratégique et défensif. ; pour cette même raison, il n'avait aucun avantage pour l'approvisionnement quotidien en aliments et en matières premières. En outre, dans la vallée d'Oaxaca, cohabitaient de grandes agglomérations fonctionnant de manière plus ou moins autonome et disposées, en raison de la grande complexité qu'elles avaient réalisée, à accepter le relief.</p> <p>Pour compliquer encore les choses, dès l'an 700, les États mixtèques du nord et du nord-ouest commencent à exercer des pressions sur la vallée de Oaxaca. Toutes ces causes auraient pu être impliquées dans le harcèlement de la ville jusqu'à ce qu'elles soient finalement dépeuplées. Dans une large mesure, le renforcement de Monte Albán en tant que capitale zapotèque et centre nucléaire d'une confédération de pouvoirs politiques jouissant d'une autonomie considérable s'explique par le fait que Teotihuacan a été impliqué dans un développement culturel considérable. L'ambition expansionniste menaçait d'assimiler de vastes zones de la vallée d'Oaxaca, jusque-là contrôlées par des centres indépendants ; pour cette raison, ils ont été forcés de s'associer et de fonder une capitale puissante et prospère qui a réussi à maintenir les frontières politiques et commerciales de l'avance présumée de Teotihuacan. À partir de 700, libres de toute menace, chacune des colonies qui ont rendu possible la confédération susmentionnée a acquis de plus en plus d'autonomie et a fini par provoquer la chute de Monte Albán . »</p> <p><a href="http://www.mundohistoria.org/temas_foro/historia-la-edad-moderna/los-zapotecas" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_12587 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH312/Cultura-Zapotecaz-c2fd5.jpg' width='500' height='312' alt="" style='height:312px;width:500px;' /></span></p> <p>« Entre 700 et 100 après J.-C, le site de Monte Albán semble être progressivement abandonné en raison, c'est une hypothèse, de la rareté du bois et de l'épuisement des terres. (Notons que les dégâts subis dans la ville ne collent absolument pas avec un simple abandon – note M et R) (…)</p> <p>L'expansion de l'empire zapotèque a atteint son apogée pendant la deuxième période de Monte Albán. Les Zapotèques ont conquis des territoires ou installé des colonies au-delà de la vallée de Oaxaca. Cette expansion s'est traduite de plusieurs manières, la plus importante est le brusque changement des céramiques découvertes dans les régions situées en dehors de la vallée. Ces régions avaient déjà leur propre style qui a été soudainement remplacé par des poteries de style zapotèque, indiquant qu'ils faisaient alors partie de l'empire zapotèque.</p> <p>L'archéologue Alfonso Caso, qui fut l'un des premiers à faire des fouilles à Monte Albán, a fait valoir qu'un bâtiment de la place principale de Monte Albán était une preuve supplémentaire de l'expansion spectaculaire de l'État zapotèque. Le bâtiment, qui est aujourd'hui dénommé bâtiment J, a la forme d'une pointe de flèche et présente plus de 40 pierres sculptées porteuses d'une écriture hiéroglyphique. Les inscriptions des pierres ont été interprétées par les archéologues comme correspondant à des noms de lieux de provinces qui ont été revendiquées par les Zapotèques de Monte Albán. En plus des noms de lieu, chaque groupe de glyphes représente également une tête avec une coiffure élaborée gravée sur les dalles. Cette figure est supposée représenter les gouverneurs des provinces qui sont passées sous la domination des Zapotèques. Les pierres qui montrent une tête renversée sont censées représenter des territoires pris par la force et celles où les têtes ne figurent pas à l'envers correspondent à des provinces qui n'auraient pas résisté à la colonisation et dont le gouverneur aurait eu la vie sauve. Pour cette raison, le bâtiment J est aussi appelé "La dalle de la conquête".</p> <p>À propos de la spectaculaire expansion ultérieure de l'État de Monte Albán à l'extérieur de Oaxaca, Marcus et Flannery écrivent : « une grande disparité dans les populations entre le noyau d'un État et sa périphérie, ne conduit pas nécessairement le premier à coloniser le second. De petites entités politiques, voyant que toute résistance serait vaine, peuvent accepter de se soumettre si on leur offre une occasion de sauver la face. Des entités politiques plus grandes qui ne veulent pas perdre leur autonomie doivent être vaincues militairement. Au cours de l'expansion de la deuxième période de Monte Albán , nous pensons que l'acquisition de nouveaux territoires s'est réalisée à la fois par la colonisation et par la conquête. »</p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zapot%C3%A8ques" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_12572 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH600/los-danzantes-zapotecas-7c957.jpg' width='450' height='600' alt="" style='height:600px;width:450px;' /></span></p> <p>« La cité atteint son développement urbain et démographique maximal pendant cette période (200 – 600 apr. J.-C.). On pense qu'il y avait près de 40 000 habitants sur une superficie de 20 km2. Les principaux édifices se développèrent en noyaux isolés et leur fonction essentielle fut le déroulement de cérémonies religieuses publiques ou privées. Les flancs des montagnes étaient aménagés d'un nombre important de terrasses où l'on trouve des maisons de pierre et des sépultures communes. Durant cette étape, Monte Albán fut le centre urbain le plus important des vallées de Oaxaca et fut l'axe majeur de l'activité de la région, avec un rayonnement assez important. Le cœur de la cité est représenté par un immense espace appelé Gran Plaza, esplanade mesurant 300 m de long et 150 m de large et entourée de diverses structures où se trouvaient d'imposants bâtiments, comme ceux des plates-formes nord et sud. Au milieu on observe un groupe de constructions alignées nord-sud. Les énormes fondations étaient élevées de temples, des plates-formes étagées furent construites, des palais résidentiels, des tombes élégantes de pierre, des systèmes pour le contrôle et l'adduction d'eau et des structures pour le jeu de balle et peut-être des bâtiments destinés aux observations astronomiques. Mais peu à peu la civilisation zapotèque perd de sa puissance. Au point que la cité de Monte Albán est abandonnée vers le milieu du VIIe siècle apr. J.-C. pour des raisons encore non élucidées (guerres, invasions, famines, épuisement des terres arables, déforestation excessive, épidémies, émigration massive…). »</p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n" class='spip_out' rel='external'>Lire aussi</a></p> <p><span class='spip_document_12584 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH597/f01b9b5c95c0a217d492169cbfea4f11-d110d.jpg' width='500' height='597' alt="" style='height:597px;width:500px;' /></span></p> <p>Plusieurs idées ont été proposées pour clarifier la chute de Monte Albán , mais l'explication la plus acceptée impliquait le déplacement des Zapotèques par les Mixtèques voisins, à l'époque de l'effondrement de la grande ville (Bernal, 1965, Bernal, 1966, Caso, 1965). : 869 ; Case et Bernal, 1965, Covarrubias, 1957, Kubler, 1962, Paddock, 1966, Paddock, 1983a). Cette interprétation est principalement venue d'Alfonso Caso, qui a dirigé les premiers grands projets à Monte Albán dans les années 1930 (Caso, 1935, Caso, 1938, Caso, 1942). L'affaire a montré que les Zapotèques ont occupé Monte Albán pendant une longue période, de sa création à la fin de la période classique (environ 500 av. J.-C.) (tableau 1), et ont fouillé relativement tôt dans leurs investigations l'incroyable tombeau 7, qui c'était la plus riche de toutes les Amériques (Caso, 1932a). Le complexe d'objets trouvés dans la tombe était différent du matériel retrouvé dans d'autres parties du site et comprenait des objets en métal, des plats polychromes du style Mixteco-Puebla et d'autres objets non typiques de Monte Albán. Bien que ces objets (et la plupart de ceux trouvés dans la tombe) correspondent à la période postclassique (environ 900-1520 après JC), la construction de la tombe correspond à la période classique.</p> <p><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S018512251630006" class='spip_out' rel='external'>Source</a>6</p> <p><span class='spip_document_12575 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH194/imageszap-19a35.jpg' width='260' height='194' alt="" style='height:194px;width:260px;' /></span></p> <h3 class="spip">La guerre entre les zapotèques, par John M.D. Pohl :</h3> <p>« Dans la vallée d'Oaxaca, la guerre était presque toujours le résultat de conflits liés à la terre - en raison de la rareté de terres fertiles - ou à la succession. De même, la guerre était un facteur essentiel pour que les premiers cacicazgos deviennent des États, comme dans le cas de Monte Albán.</p> <p>« Les archéologues ont proposé un large éventail de théories pour expliquer l'origine des États mésoaméricains. Entre eux, la guerre est considérée comme fondamentale, car ils croient qu'elle s'est développée avec les premières chefferies de la région, durant la période préclassique (de 1500 à 200 avant JC). Les nombreuses recherches menées à Oaxaca révèlent que la guerre était un facteur essentiel pour que les premiers cacicazgos deviennent des États, comme dans le cas de Monte Albán. À mesure que la population augmentait et que l'agriculture devenait intensive dans la vallée d'Oaxaca, les terres fertiles se raréfiaient. Les caciques zapotèques ont alors commencé à organiser leurs hommes les plus forts pour faire des raids et s'emparer des terres des voisins. Les peuples vaincus sont devenus une source importante de main-d'œuvre et les chefs les plus puissants ont réclamé un tribut, sous forme de biens ou de services, en échange de ne pas exercer plus de violence. Cela a conduit à une intensification de la guerre, alors que de nouvelles défenses et de nouvelles méthodes de combat ont été construites pour les désactiver.</p> <p>Les groupes dirigeants qui ont réussi à dominer la vallée d'Oaxaca ont commencé à s'étendre dans d'autres vallées et les vainqueurs ont formé les premiers États de la Méso-Amérique. Ce processus de développement est illustré graphiquement dans les monuments de Monte Albán. Parmi les célèbres "danseurs" figurent des portraits de captifs du cacicazgos ennemi, vaincu et sacrifié rituellement. Plus tard, la défaite de communautés entières a été proclamée en enregistrant son nom de lieu avec la tête décapitée du chef vaincu. Au fur et à mesure que les patrons devenaient plus puissants et que les sociétés se stratifiaient davantage, des armées à plein temps apparaissaient, ce qui entraînait l'émergence d'États militaristes, toujours prêts au combat. Au cours de la période classique, entre 200 et 700 après JC environ, les seigneurs de Monte Albán dominèrent les affaires politiques de la majeure partie de l'actuel Oaxaca, atteignant même la Mixteca Alta au nord et Teotihuacan par la vallée de Tehuacán. . Vers 1500 après JC, l'organisation politique des Zapotèques était très différente de celle qu'ils avaient lors de la période classique. Monte Albán, en tant que capitale, avait été abandonnée vers 800 après JC. et les Zapotèques s'étaient organisés en plusieurs petits États gouvernés par plusieurs rois et reines reconnus comme liés les uns aux autres, descendants des diverses maisons multiethniques régnantes qui existaient à Oaxaca. Les mariages entre les zapotecos de Zaachila et les Mixtecos de Tilantongo ont été considérés parmi les plus prestigieux. Le terrain en activité était considéré comme un bien précieux dans un terrain aussi escarpé. Les nobles de rang inférieur rendaient toutes sortes d'hommages aux grands seigneurs : de la nourriture à l'or en passant par l'aide militaire. Les mariages parmi les élites étaient donc un moyen d'acquérir le statut et étaient fréquemment pratiqués pour avoir accès à plus de biens et à de meilleures terres.</p> <p>La guerre concernait presque toujours les maisons dirigeantes : les paysans y participaient, forcés par leur condition de servitude, et seuls des adultes forts d'un certain âge étaient recrutés. Des armées d'un millier d'hommes au maximum ont été recrutées et organisées en sept unités, dirigées par des nobles de haut rang. La guerre était souvent officiellement déclarée et un champ de bataille était fixé, généralement aux limites des deux royaumes. Comme la guerre était presque toujours due à des conflits de terres ou d'héritage, le roi (ou la reine) attaqué préférait confier ses conseillers de guerre face à l'agresseur. Une fois les fronts déterminés, les meilleurs guerriers d'un royaume choisissaient des ennemis de rang similaire, souvent liés à eux ; les plébéiens se font face. »</p> <p>La guerra entre los zapotecos John M.D. Pohl En el Valle de Oaxaca, la guerra fue resultado casi siempre de disputas sobre tierras –ante la escasez de terrenos fértiles– o sobre herencias. Asimismo, la guerra fue un factor esencial para que los primeros cacicazgos se convirtieran en estados, como en el caso de Monte Albán.</p> <p>Los arqueólogos han propuesto un amplio abanico de teorías para explicar el origen de los estados mesoamericanos ; en ellas se considera fundamental la guerra, pues creen que se desarrolló a la par de los primeros cacicazgos de la región, durante el periodo Preclásico (1500 a.C.-200 d.C.). La abundante investigación en Oaxaca nos revela que la guerra fue un factor esencial para que los primeros cacicazgos se convirtieran en estados, como en el caso de Monte Albán. Conforme aumentó la población y la agricultura se hizo intensiva en el Valle de Oaxaca, la tierra fértil se volvió más escasa ; los caciques zapotecos comenzaron entonces a organizar a sus hombres más fuertes para hacer incursiones y apoderarse de las tierras de los vecinos. Los pueblos derrotados se convirtieron en una importante fuente de mano de obra, y los jefes más poderosos les exigieron tributo, en bienes o servicios, a cambio de no ejercer más violencia. Esto llevó a una intensificación de la guerra, pues se construyeron nuevas defensas y nuevos métodos de combate para inutilizar estas defensas. Los grupos gobernantes que lograron dominar el Valle de Oaxaca comenzaron a expandirse hacia otros valles, y los vencedores formaron los primeros estados de Mesoamérica. Este proceso de desarrollo se muestra gráficamente en los monumentos de Monte Albán. Entre los afamados “danzantes” hay retratos de cautivos de los cacicazgos enemigos, derrotados y sacrificados ritualmente. Más adelante, la derrota de comunidades enteras se proclamó grabando su topónimo con la cabeza decapitada del dirigente derrotado colocada hacia abajo. En la medida que los jefes se volvieron más poderosos y las sociedades más estratificadas, aparecieron ejércitos de tiempo completo, que propiciaron el surgimiento de estados militaristas, siempre listos para el combate. Durante el Clásico, aproximadamente entre 200 y 700 d.C., los señores de Monte Albán dominaron los asuntos políticos de gran parte de lo que ahora es Oaxaca, llegando incluso hasta la Mixteca Alta, por el norte, y hasta Teotihuacan, por el valle de Tehuacán. Hacia 1500 d.C. la organización política de los zapotecos era muy distinta de la que tuvieron durante el Clásico. Monte Albán, como capital, había sido abandonada alrededor de 800 d.C. y los zapotecos se habían organizado en múltiples estados pequeños, regidos por múltiples reyes y reinas que se reconocían como emparentados entre sí, descendientes de las diversas casas reinantes, multiétnicas, que había en Oaxaca. Los matrimonios entre los zapotecos de Zaachila y los mixtecos de Tilantongo se consideraban entre los más prestigiosos. La tierra laborable era vista como una valiosa mercancía en tan escarpados terrenos. Los nobles de menor rango pagaban toda clase de tributos a los grandes señores : desde alimentos hasta oro, e incluso con ayuda militar. Los matrimonios entre las elites, por tanto, eran una forma de adquirir estatus y se practicaban con frecuencia para tener acceso a más bienes y mejores tierras. La guerra era exclusiva, casi siempre, de las casas gobernantes : los campesinos participaban en ellas obligados por su condición de servidumbre y sólo se reclutaba a adultos fuertes de cierta edad. Se reclutaban ejércitos de hasta mil hombres y se organizaban en siete unidades, encabezadas por alguno de los nobles de alto rango. Con frecuencia se declaraba la guerra formalmente y se fijaba un campo de batalla, por lo general en los linderos de los dos reinos. Ya que la guerra se debía casi siempre a disputas sobre tierras o sobre herencias, el rey (o reina) que era atacado prefería encomendar a sus consejeros de guerra el enfrentar al agresor. Una vez determinados los frentes, los mejores guerreros de un reino elegían a enemigos de rango similar, muchas veces emparentados con ellos ; los plebeyos se enfrentaban entre sí.</p> <p><a href="https://arqueologiamexicana.mx/mexico-antiguo/la-guerra-entre-los-zapotecos" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p> <p><span class='spip_document_13012 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L350xH298/zaot-a675f.jpg' width='350' height='298' alt="" style='height:298px;width:350px;' /></span></p> <h3 class="spip">LIRE AUSSI :</h3> <p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5235" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi et comment l'empire Olmèque a-t-il disparu ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class='spip_out' rel='external'>La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class='spip_out' rel='external'>La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class='spip_out' rel='external'>La disparition soudaine de la civilisation des Anasazis</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class='spip_out' rel='external'>La chute de Tula et des Toltèques</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3128" class='spip_out' rel='external'>La révolte des Indiens d'Amérique</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article227" class='spip_out' rel='external'>Révolutions en Méso-Amérique antique</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_peuples_indig%C3%A8nes_des_Am%C3%A9riques" class='spip_out' rel='external'>Liste des peuples indigènes des Amériques</a></p> <p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/documents-historiques/1884-la-gens-iroquoise-engels/" class='spip_out' rel='external'>La gens iroquoise</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_de_la_nation_iroquoise" class='spip_out' rel='external'>La grande fédération iroquoise</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class='spip_out' rel='external'>Démocratie indienne</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9d%C3%A9ration_des_Sept_Feux" class='spip_out' rel='external'>La Fédération des Sept Feux</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class='spip_out' rel='external'>Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class='spip_out' rel='external'>L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6242" class='spip_out' rel='external'>Le massacre des peuples indiens du Guatemala</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class='spip_out' rel='external'>Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4925" class='spip_out' rel='external'>Quand la France colonisait les Indiens des Amériques</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4199" class='spip_out' rel='external'>L'élimination des Indiens de la forêt amazonienne</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4182" class='spip_out' rel='external'>L'élimination des Inuits</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4110" class='spip_out' rel='external'>Le génocide colonial français des peuples amérindiens caraïbes des Petites Antilles de 1625-1660</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve616" class='spip_out' rel='external'>Le massacre des Indiens d'Amérique entre 1800 et 1830</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3004" class='spip_out' rel='external'>"Tuez-nous et enterrez-nous ici" : un appel désespéré d'Indiens menacés d'expulsion</a></p> <p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5168" class='spip_out' rel='external'>Le massacre des Indiens du Guatemala par le pouvoir militaire</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5307" class='spip_out' rel='external'>La chute de l'empire Tiahuacano-Huari</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5288" class='spip_out' rel='external'>Comment a disparu la civilisation Chavín en 200 avant notre ère ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2986" class='spip_out' rel='external'>Administration indienne et démocratie directe</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4973" class='spip_out' rel='external'>L'histoire de la conquête du Brésil par les Occidentaux</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=indiens+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=&gws_rd=ssl" class='spip_out' rel='external'>Lutte actuelles des Indiens d'Amérique</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5253" class='spip_out' rel='external'>L'empire incas, naissance et mort</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5262" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi l'empire aztèque a-t-il été aussi facile à abattre pour une poignée de conquérants espagnols ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5261" class='spip_out' rel='external'>Quelques idées fausses sur les Indiens des Amériques</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5342" class='spip_out' rel='external'>Luttes de classes dans les sociétés amérindiennes précolombiennes</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class='spip_out' rel='external'>La disparition des civilisations précolombiennes est-elle un mystère ?</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27ouvrages_sur_l%27Am%C3%A9rique_pr%C3%A9colombienne_class%C3%A9s_par_th%C3%A8me" class='spip_out' rel='external'>Bibliographie Amérique précolombienne</a></p> <p><span class='spip_document_13013 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH668/zapo-0e8de.jpg' width='500' height='668' alt="" style='height:668px;width:500px;' /></span></p></div> Pourquoi les partis politiques et toutes les institutions bourgeoises sont-ils aussi radicalement et profondément discrédités ? https://matierevolution.org/spip.php?article6482 https://matierevolution.org/spip.php?article6482 2019-06-11T22:01:00Z text/html fr Robert Paris Pourquoi les institutions bourgeoises en France (partis, syndicats, administration, Etat, gouvernement, institutions religieuses, forces de répression et syndicats) sont-elles aussi radicalement et profondément discréditées ? Les média en sont toujours à s'interroger comment, en un temps aussi court, les deux grands partis politiques français, de droite et de gauche, les républicains et les socialistes qui se partageaient quasiment l'essentiel du crédit politique du pays, se sont complètement (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_12991 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH355/A717037B-ac43a.jpg' width='500' height='355' alt="" style='height:355px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_12990 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/hs117-p36_politique-9ac62.jpg' width='500' height='282' alt="" style='height:282px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Pourquoi les institutions bourgeoises en France (partis, syndicats, administration, Etat, gouvernement, institutions religieuses, forces de répression et syndicats) sont-elles aussi radicalement et profondément discréditées ?</h3> <p>Les média en sont toujours à s'interroger comment, en un temps aussi court, les deux grands partis politiques français, de droite et de gauche, les républicains et les socialistes qui se partageaient quasiment l'essentiel du crédit politique du pays, se sont complètement effondrés, au point qu'on se demande s'ils vont survivre. Et on ne peut pas dire que les autres partis aient réellement récupéré l'influence que les précédents ont perdue. Ni Macron ni Le Pen ne peuvent prétendre avoir grandi autant que les deux grands partis français ont chuté. Les écologistes non plus ne gagnent pas de quoi retrouver le crédit perdu par eux. Et c'est sans parler des plus petites formations comme les Insoumis ou l'extrême gauche ou des extrêmes droites et divers partis dont le crédit ne monte pas. En fait, le plus grand parti est celui des déçus ou des révoltés, de tous ceux qui ne croient non seulement plus à un parti, à un politicien, mais même plus à aucune élection dans le cadre du système. Ce sont toutes les institutions politiques et sociales qui sont profondément et durablement discréditées et pas seulement tel ou tel parti, du fait de telle ou telle politique menée ou de tel ou tel dirigeant.</p> <p>Cette perte brutale de crédit politique des institutions bourgeoises n'est pas un changement conjoncturel, un épiphénomène, c'est un changement de fond, ou plutôt cette chute provient d'un changement de fond économique et social de la société française et même au-delà.</p> <p>Bien sûr, les commentateurs accusent les politiques de Hollande-Valls et de Fillon-Wauquiez d'avoir plombé leurs formation politiques mais il est évident que le mal est beaucoup plus important et profond. Le départ des personnalités en question n'a d'ailleurs rien réglé et n'a même pas permis de trouver la voie d'un nouveau crédit dans la population. les scandales qui ont marqué ces formations ne sont eux-mêmes que des épisodes sans grande importance. Le discrédit est beaucoup plus large et plus fondamental. Il est social et politique. la corruption du monde politique, ses liens permanents avec les lobbys, les trusts, les banques, les profiteurs, loin de diminuer, n'ont fait qu'augmenter et que devenir publics, indiscutables, évidents avec le régime Macron qui est ouvertement au service des puissance de l'argent, des milliardaires dont la fortune grandit au même rythme que la pauvreté des plus démunis et que les suppressions d'aides sociales et de services publics, un véritable système de vases communicants.</p> <p>Mais ce ne sont pas seulement les hommes politiques ou leurs partis qui sont discrédités : toutes les institutions bourgeoises apparaissent clairement pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire de purs et simples instruments d'une infime minorité de milliardaires et contre l'immense majorité de la population, c'est-à-dire tous ceux qui ne vivent que de leur travail. Quelles sont ces institutions qui apparaissent au grand jour comme servant les classes possédantes contre les classes laborieuses ? Eh bien, cela va de l'école aux services publics, des élections dites démocratiques aux média, des religions aux associations reconnues, des bureaucraties syndicales aux administrations, des impôts à la justice, de la santé à la retraite !</p> <p>Dans tous ces domaines, ce qui prime ce sont clairement les intérêts d'une infime minorité de possesseurs de capitaux. Eux ne sont pas condamnés en justice, eux ne paient pas d'impôts. Leurs enfants réussissent scolairement et squattent les grandes écoles. L'école ne se contente pas de s'adapter aux divisions sociales, elle les accroit, elle est le domaine de la plus grande discrimination sociale ! L'impôt ne saigne que le malheureux, ce proverbe est plus vrai que jamais et les plus riches ont tellement de moyens de ne pas payer (comme le CICE ou le crédit d'impôt-recherche, sans parler de Notre-Dame, qu'il faudrait qu'ils soient bêtes pour payer ! Les classes possédantes ont toujours l'oreille des gouvernants quelque soit la couleur politique de leurs partis. Ce n'est pas nous seuls, révolutionnaires communistes, qui le disons, c'est tout le monde qui le reconnaît tant c'est devenu une évidence. La présidence est ouvertement au service non du public mais de quelques intérêts privés. Le président n'a-t-il pas déclaré que les seuls jeunes qui l'intéressaient étaient ceux qui voulaient devenir milliardaires !!!</p> <p>Certains attribuent à Macron cette évolution et ils se trompent. Macron n'en est que l'un des sous-produits. la vraie cause de ce changement qui met en évidence clairement, même au sein des prétendues démocraties, la corruption du pouvoir, c'est la crise de 2007-2008. En effet, dans cette crise des millions d'Américains ont perdu leur maison, leur emploi, leur santé, leur famille, mais tous, absolument tous, les grands capitalistes ont été sauvés par l'intervention massive des fonds publics. Les impôts de toute la population ont servi à ne sauver que moins de 1% de la population, les seuls banquiers, patrons des trusts, patrons des organismes financiers et assurances, possesseurs du grand capital. Pas un gouvernement au monde ne s'est refusé à déverser ainsi les milliers de milliards de dollars des coffres des banques d'Etat, des caisses publiques, des banques centrales. Tous ont ainsi reconnu clairement qu'ils ne fonctionnent nullement dans l'intérêt de la population mais exclusivement dans celle des capitalistes.</p> <p>Bien sûr, cela ne signifie pas que le monde entier ait clairement compris le rôle de l'Etat au service du grand capital et l'essentiel de la population de la planète, « démocraties » en tête, continue de croire que l'Etat bourgeois devrait « normalement » être au service de tous les citoyens. Ils n'admettent pas que l'Etat soit de nature bourgeoise, et pensent que c'est l'Etat français, l'Etat allemand ou l'Etat américain, russe ou chinois, c'est-à-dire défenseur des intérêts des français, des Allemands, des Américains, des Russes ou des Chinois. Et c'est la pire erreur politique possible, la plus dangereuse. Partout dans le monde, on n'accuse pas la nature de classe de l'Etat mais seulement de son locataire, de son président, de son parti, de sa politique.</p> <p>Cependant, même cet aveuglement a ses limites. En période de crise aiguë, la réalité des oppositions de classe devient claire et, comme on l'a bien vu dans la lutte des Gilets jaunes, le caractère de classe de l'Etat ne peut que se dévoiler. Qui pourrait croire que les flics, que les média, que les partis, que les gouvernants, que les institutions, que les syndicats ont soutenu les plus déuunis en lutte en gilets jaunes ou même ne leur ont pas été violemment hostiles ? Poser la question, c'est y répondre ! Au contraire, tous les efforts de ces institutions précédemment cités, syndicats et associations y compris, a consisté à discréditer la lutte des plus démunis, à prétendre que l'Etat n'a pas à répondre à leurs exigences, qu'il n'en a pas les moyens, que les classes possédantes sont celles qui fournissent les emplois, qui entreprennent, qui créent l'activité économique, qui doivent être soutenues !!!</p> <p>Eh oui, toutes les institutions bourgeoises, en période de crise, sont clairement du bord opposé de celui des plus démunis, des exploités, des opprimés, du peuple travailleur !!! Les peuples estimaient qu'elles devraient « normalement » être aux côtés de la population mais c'est ignorer que les Etats bourgeois n'ont pas été fondés pour aider les peuples mais pour les combattre. Ils se sont renforcés et durcis dans les révolutions mais pour encadrer et réprimer les peuples. Même au cours de la révolution française, l'Etat a été un instrument de combat contre le peuple travailleur.</p> <p>Les prétendus démocrates disent que tout cela est peut-être vrai mais qu'il faut combattre ce discrédit des institutions car il ne peut que favoriser le retour des dictatures, des fascismes, de toutes les violences des extrêmes droites et des révolutions et contre-révolutions, des terrorismes et des intégrismes. Ce discours dit démocratique ne fait qu'occulter la réalité du fondement de la dictature : le fait qu'une infime minorité détienne toutes les richesses et dicte ses intérêts au pouvoir politique et social. Il suffit de demander à ces prétendus « démocrates » s'il est normal de « sauver » tous les trusts et toutes les banques en faillite du fait de leurs spéculations lors de l'effondrement mondial de 2007-2008 et, par contre, laisser chuter les travailleurs, les plus démunis, les peuples, y compris la petite bourgeoisie dans la crise et la misère dans la même période pour constater que la limite de leur démocratisme est étroite : tous justifient qu'il fallait sauver le système !!!</p> <p>Oui, les démocrates sont pour que les fonds publics servent à sauver les entreprises capitalistes, y compris les partis réformistes, les associations de gauche, les syndicats et bien sûr tous les média et toutes les institutions de la « bonne » société !!!</p> <p>Tous ont le discours, la main sur le cœur, que l'Etat doit être juste, équitable, propre, non corrompu, objectif, libre et on en passe des qualificatifs mensongers mais, dès qu'on pose un problème où on voit réellement s'opposer les intérêts du 1% de possesseurs des capitaux et les intérêts de la population, ils oublient tous leurs discours ronflants et se concentrent sur la défense des capitalistes !</p> <p>A-t-on vu ces gens-là s'en prendre aux trusts pharmaceutiques qui empoisonnent la planète ? Les a-t-on vu s'en prendre aux banquiers pour tous les vols de ces gens-là ? Les a-t-on vu remettre en cause la mainmise, prévue désormais par la loi, des banques sur la totalité de l'argent des comptes des particuliers, sur la totalité de leurs épargnes, sur tous les contrats d'assurance-vie et on en passe, l'Etat se contentant de prétendre garantir une petite fraction de ces sommes alors que l'argent qu'il a provisionné pour cela est ridiculement faible par rapport à ce rôle ? Les a-t-on vus exiger que les capitalistes responsables de la chute de 2007 paient les frais de leur propre crise ? Non, jamais et aucun d'entre eux n'affirme cela. Leur démocratisme ne va pas plus loin que de belles paroles moralisatrices ! C'est pourquoi ils sont aussi discrédités que les autres piliers de la société capitaliste.</p> <p>Le capitalisme lui-même est discrédité. De plus en plus de gens pensent qu'il n'a pas de pérennité. Certes, les média et les politiciens sont parvenus à faire croire que ce discrédit et cette crise étaient « climatiques », que ce qui causait cette absence d'avenir du système était la production… de CO² mais la réalité est que c'est la production de… profits !!! C'est en effet le succès même du capitalisme qui l'a porté às es limites.</p> <p>S'il était encore capable de développer la planète, d'investir dans des productions nouvelles, d'embaucher de plus en plus de gens dans ses entreprises, aucune chance que le capitalisme soit discrédité en même temps que ses institutions politiques et sociales ! Mais non ! Il se contente actuellement de détruire partout ce qu'il a construit au cours des décennies précédentes, les droits sociaux, les liens sociaux, la vie sociale, la stabilité sociale, la paix sociale, le bien-être social ! C'est là que réside la racine de la déstabilisation générale actuelle et pas dans le discours de tel ou tel homme politique. Ce ne sont ni Hollande-Fillon-Macron, ni Trump, ni May, ni Merkel, ni Poutine qui ont discrédité la politique. Ce ne sont ni la droite, ni la gauche, ni le centre, ni même l'extrême droite qui dégradent la politique politicienne. C'est l'effondrement capitaliste qui est à la racine de la chute actuelle.</p> <p>C'est cet effondrement qui explique la nécessité pour les classes possédantes de faire monter partout les haines, les guerres, les terrorismes, les oppositions au sein des peuples, la violence des affrontements sociaux et politiques. C'est cet effondrement qui explique que les classes possédantes anglaises opposent entre eux les travailleurs anglais, en bro-Brexit et anti-Brexit, que les classes possédantes espagnoles opposent les Espagnols entre pro-Catalans et anti-Catalans, que les classes possédantes européennes les opposent entre pro-migrants et anti-migrants, entre pro-Musulmans et anti-Musulmans, etc.</p> <p>C'est cet effondrement qui explique que les patrons et les gouvernants ne jouent plus la conciliation, la négociation, la collaboration, l'alliance des classes sur lesquels les appareils syndicaux avaient longtemps vécu et que ces derniers se retrouvent en culotte courte maintenant que les classes possédantes décident d'employer clairement et crument la lutte des classes ! Les bureaucraties syndicales ont beau en appeler à la négociation, elles ne font qu'en appeler à un passé révolu et à souligner qu'elles ne servent plus à rien dans la situation actuelle des affrontements de classe qu'à tromper les travailleurs et détourner les luttes de classes. Voilà pourquoi eux aussi sont discrédités et dépassés.</p> <p>De tous les mensonges précédents dévoilés par la crise, nous n'avons à en regretter aucun : tous n'étaient que des mensonges, des tromperies « démocratiques » qui nous piégeaient, nous faisant croire qu'on ne pouvait lutter qu'au sein du système.</p> <p>Non, la démocratie, la justice, la paix, le bien-être, le développement économique et social ne sont plus des produits que l'on peut attendre du système capitaliste, des gouvernants capitalistes, des institutions bourgeoises, mais au contraire du combat pour les renverser !</p> <p>L'avenir n'appartient pas aux luttes réformistes mais aux combats révolutionnaires !</p> <p>Concluons avec un propos de Michel Serres, un philosophe qui vient récemment de décéder : « Nous vivons un changement décisif, comme le monde en a très rarement connu. Une sorte d'immense faille s'est ouverte sous nos pieds. Le paysage humain s'est radicalement transformé en quelques décennies. Par contre, nos institutions n'ont pratiquement pas changé. D'où un grand désarroi. Mon intuition est que nous vivons un changement décisif, comme le monde en a très rarement connu : à la fin de l'empire romain, à la Renaissance. On a vu s'effacer effectivement, progressivement, les pouvoirs religieux, militaires, politiques. Celui de la grande finance a sans doute été décuplé, mais son pouvoir est extrêmement fragile. D'une certaine manière, la crise de la finance appartient à la liste des changements observés. L'essentiel aujourd'hui est que les gens comprennent que nous traversons une période exceptionnelle, et non pas une crise de plus. »</p></div> Que sont les diagrammes de Feynman et que nous disent-ils sur la matière, la lumière, le temps, l'énergie et le fonctionnement du monde ? https://matierevolution.org/spip.php?article6315 https://matierevolution.org/spip.php?article6315 2019-06-10T22:04:00Z text/html fr Robert Paris Physique quantique Les particules (fermions) interagissent via des bosons (photons, gluons, etc.) Voici, de manière qualitative, comment on peut lire les diagrammes de Feynman et ce qu'ils représentent Que sont les diagrammes de Feynman et que nous disent-ils sur la matière, la lumière, le temps, l'énergie et le fonctionnement du monde ? C'est une thèse scientifique développée par le grand physicien Feynman et qui a permis des vérifications d'une précision extraordinaire, reposant sur les diagrammes de Feynman qui (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique20" rel="directory">Atome : La rétroaction de la matière/lumière et du vide (de la microphysique à l'astrophysique) - Atom : laws of physics or the feedback of matter/light/ void (from microphysics to astrophysics)</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot62" rel="tag">Physique quantique</a> <div class='rss_texte'><p>Les particules (fermions) interagissent via des bosons (photons, gluons, etc.)<span class='spip_document_11731 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L260xH166/Feynmann_Diagram_Gluon_Radiation-svg-fd518.png' width='260' height='166' alt="" style='height:166px;width:260px;' /></span><span class='spip_document_11722 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH174/img5-288b4.jpg' width='500' height='174' alt="" style='height:174px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11724 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH445/fey1-df482.jpg' width='500' height='445' alt="" style='height:445px;width:500px;' /></span></p> <p><span class='spip_document_11723 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L433xH330/img18-c1597.png' width='433' height='330' alt="" style='height:330px;width:433px;' /></span><span class='spip_document_11725 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L270xH187/images-66-7b494.jpg' width='270' height='187' alt="" style='height:187px;width:270px;' /></span><span class='spip_document_11726 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/slide_5-7fa21.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11727 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L380xH241/forces-9d04d.jpg' width='380' height='241' alt="" style='height:241px;width:380px;' /></span><span class='spip_document_11728 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/Les_interactions_fondamentales-e996c.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11729 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/VI-5-_Interactions_faibles-fcbf5.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span></p> <p><a href="https://slideplayer.fr/slide/2710531/" class='spip_out' rel='external'>Voici, de manière qualitative, comment on peut lire les diagrammes de Feynman et ce qu'ils représentent</a></p> <h3 class="spip">Que sont les diagrammes de Feynman et que nous disent-ils sur la matière, la lumière, le temps, l'énergie et le fonctionnement du monde ?</h3> <p>C'est une thèse scientifique développée par le grand physicien Feynman et qui a permis des vérifications d'une précision extraordinaire, reposant sur les diagrammes de Feynman qui intègrent les particules et antiparticules du vide pour interpréter les interactions physiques, matière comme lumière.</p> <p>Les diagrammes de Feynman sont un outil mathématique puissant mais également conduisent à une espèce de description de « ce qui se passe quand » et c'est une description qui fait appel au virtuel du vide quantique, milieu dans lequel le temps peut s'écouler dans les deux sens…</p> <p>L'électrodynamique quantique de Feynman fut la première théorie quantique des champs dans laquelle les difficultés pour élaborer un formalisme purement quantique permettant la création et l'annihilation de particules ont été résolus de façon satisfaisante.</p> <p>Richard Feynman allait développer l'électrodynamique quantique relativiste, à savoir l'étude des interactions électromagnétiques entre particules (chargées) relativistes. Paul Dirac en avait jeté les premières bases, en donnant une description exacte des particules de spin 1/2 (fermions) et en proposant une équation qui prédisait leur comportement, ainsi que celui de leurs antiparticules. On doit à Feynman une formulation lagrangienne de l'électrodynamique quantique, ainsi qu'une technique perturbative, permettant de calculer les sections efficaces d'interaction entre particules. Pour calculer sans se tromper chaque terme du développement perturbatif, Feynman proposa une technique diagrammatique (les diagrammes de Feynman) utilisée de nos jours dans de nombreux domaines.</p> <p>À partir des diagrammes d'un petit système de particules interagissant dans l'espace-temps, Feynman pouvait maintenant modéliser toute la physique en termes de spins de ces particules et de valeurs de couplages des forces fondamentales.</p> <p>Cohen-Tannoudji expose ainsi dans « Matière-Espace-Temps » : « A l'aide du boson d'interaction, il devient possible d'étudier les niveaux d'élémentarité plus profonds que le niveau atomique. L'échange du boson virtuel entre deux fermions peut être considéré comme le processus élémentaire, le quantum d'interaction entre deux quanta de matière. Le boson virtuel échangé dans l'interaction électromagnétique est le photon. Le diagramme de Feynman permet de visualiser les caractéristiques de ce processus…. »</p> <p>Un diagramme de Feynman est un outil inventé pour réaliser les calculs de diffusion en théorie quantique des champs. Les particules sont représentées par des lignes, qui peuvent être dessinées de plusieurs façons en fonction du type de particule représenté. Un point où des lignes se connectent est appelé sommet d'interaction, ou simplement sommet, ou encore vertex. Les lignes peuvent être de trois catégories : les lignes internes (qui connectent deux sommets), les lignes entrantes (qui s'étendent depuis « le passé » vers un sommet et représentent un état initial non interactif) et les lignes sortantes (qui s'étendent depuis un sommet vers « le futur » et représentent un état final non interactif). Habituellement le bas du diagramme représente le passé et le haut du diagramme représente le futur.</p> <p>Les diagrammes de Feynman sont une représentation graphique d'un terme dans la décomposition perturbative d'une amplitude de diffusion pour l'expérience définie par les lignes entrantes et sortantes. Dans certaines théories quantique des champs (notamment l'électrodynamique quantique), on peut obtenir une excellente approximation de l'amplitude de diffusion à partir de quelques termes de la décomposition en perturbations, correspondant à quelques diagrammes de Feynman simples avec les mêmes lignes entrantes et sortantes connectées par différents sommet et lignes internes.</p> <p>« Un premier électron émet un photon, le photon se propage puis se matérialise en une paire électron-positon qui se propagent puis s'annihilent pour se retransformer en un photon qui se propage et est finalement absorbé par un deuxième électron. Ce processus contient huit diagrammes élémentaires : quatre font intervenir le couplage électron-photon, deux le propagateur du photon et deux le propagateur de l'électron. (...) Trois diagrammes suffisent pour décrire tous les processus de l'électromagnétisme : couplage électron-photon (appelé vertex) : un électron peut émettre ou absorber un photon ; ce processus a une probabilité proportionnelle à la charge électrique de l'électron ; propagateur du photon : un photon peut être émis à un point donné de l'espace-temps et absorbé à un autre ; la probabilité ne dépend que de la distance dans l'espace-temps entre les deux points ; propagateur de l'électron : un électron peut être émis à un point donné de l'espace-temps et absorbé à un autre ; la probabilité est dans ce cas plus compliquée à décrire et elle dépend aussi de la masse de l'électron. Mais le calcul pose des problèmes apparemment insurmontables : il faut additionner les diagrammes de Feynman pris à tous les points de l'espace-temps. Or la somme sur toutes les paires de points de l'espace-temps de la boucle du diagramme représentant la propagation de la paire électron-positon donne un résultat infini. Il existe par ailleurs deux autres diagrammes de Feynman en boucle qui donnent des résultats infinis. (...) Autre exemple du problème des infinis : quelle est la force nécessaire pour mettre en mouvement un électron initialement au repos ? Conformément à la théorie de Maxwell, toute particule chargée accélérée émet des ondes électromagnétiques. Or, ces dernières agissent sur l'électron en le freinant. Le calcul de cette force de freinage selon la théorie de Maxwell donne un résultat infini. Il serait donc impossible de déplacer un électron, ce qui est bien sûr contredit par l'expérience ! Ce n'est qu'en 1949 que Julian Schwinger, Richard Feynman, Sin-Itiro Tomonaga et Freeman Dyson parviennent à résoudre ce problème des quantités infinies des diagrammes en boucle : ils le contournent en inventant une méthode de calcul ingénieuse appelée renormalisation. Elle introduit enfin les concepts quantiques de façon cohérente dans la théorie de Maxwell. Cette nouvelle théorie est appelée électrodynamique quantique. (...) L'électrodynamique quantique est valable jusqu'à une certaine distance minimale qu'on choisit plus ou moins arbitrairement : l'addition des diagrammes de Feynman en boucle sur tous les points de l'espace-temps s'arrête alors à cette distance. On évite ainsi les quantités infinies mais le résultat du calcul de ces diagrammes dépend de cette distance minimale. »</p> <p>Gilles Cohen-Tannoudji dans "La Matière-espace-temps" :</p> <p>« En électrodynamique quantique, la force élémentaire entre deux particules de matière est décrite par le diagramme de Feynman d'échange d'un photon virtuel. Mais les transitions virtuelles introduisent des corrections radiatives (purement quantiques) qui peuvent être évaluées grâce à la théorie de la renormalisation. Ces corrections sont interprétées physiquement comme une polarisation du vide : le photon virtuel se matérialise en une paire électron-positron qui s'annihile pour redonner un photon virtuel. Cette polarisation du vide produit un effet d'écran : un électron numéro deux « voit » une charge électrique de l'électron numéro un « écrantée » par la polarisation du vide. C'est d'ailleurs dans cet effet d'écran que réside l'essentiel de la renormalisation : la charge « nue » de l'électron est infinie, c'est la polarisation du vide par les paires électron-positron (qui vivent le temps des transitions virtuelles) qui écrante, renormalise cette charge et en fait une charge physique, finie, effective, dépendant de la résolution. En électrodynamique quantique donc, le vide est assimilé à un milieu diélectrique, polarisable par les fluctuations quantiques, capable d'écranter la charge électrique. La charge renormalisée décroît quand la distance croît. »</p> <p>En microphysique, les particules échangent des photons lumineux pour interagir. Ce phénomène fondamental de la matière/lumière a été interprété pour la première fois par les diagrammes de Feynman de l'électrodynamique quantique. Il s'agit du seul mode de description connu des interactions entre particules via les photons lumineux. Il a été vérifié par un grand nombre de calculs qui sont les plus précis de toute la physique. Cependant, pour bien des physiciens, la réalité des interactions révélées par Feynman n'est pas encore reconnue unanimement. En effet, elles nécessitent de reconnaître dans le vide un nombre infini de particules, d'antiparticules et de photons éphémères, appelés « virtuels » parce qu'ils sont trop fugitifs pour être mis en évidence par des mesures supérieures au temps de Planck. Les virtuels ne peuvent donc être mesurés par la matière/lumière. Au cours d'une transformation de matière/lumière, elles sont insensibles mais sont nécessaires au calcul et on est amené à supposer qu'elles apparaissent et disparaissent. Nous allons voir qu'au contraire les diagrammes de Feynman ne montrent pas que les corpuscules virtuels apparaissent et disparaissent mais que ce sont les corpuscules matériels dits réels qui apparaissent et disparaissent ! Ceux qui existent réellement sont donc les particules du vide et l'aspect réel, durable, n'est qu'une apparence, effet des interactions.</p> <p>Ainsi, l'interaction électromagnétique, dite coulombienne, est le produit d'échanges de photons dits virtuels et l'interaction nucléaire suppose également des échanges virtuels. Feynman explique ainsi dans son cours de physique (chapitre Mécanique quantique) que "on a l'habitude de dire qu'il y a échange d'un électron "virtuel" quand l'électron doit sauter à travers une région de l'espace où il y a une énergie négative. Plus précisément, un "échange virtuel" signifie que le phénomène implique une interférence quantique entre un état avec échange et un état sans échange. (...) Yukawa a posé en hypothèse que la force entre deux nucléons est due à un effet d'échange similaire - mais dans ce cas, à l'échange virtuel, non pas d'un électron, mais d'une nouvelle particule qu'il a appelé "méson". Aujourd'hui, nous identifions le méson de Yukawa avec le pion qui se produit dans les collisions à haute énergie de protons ou d'autres particules."</p> <p>On a remarqué que deux particules qui n'échangent pas de photons ne peuvent pas définir l'espace qui les sépare ni le temps local. Une particule individuelle, que l'on concevrait comme isolée du reste du monde, ne serait pas située dans un espace-temps ! Plus grave encore, on a constaté qu'aucune particule n'avait une existence individuelle. Aucune n'existait de façon séparée des autres et du milieu. N'oublions pas que l'équation d'énergie (ce qui est perdu en énergie potentielle est gagné en énergie cinétique) signifie justement un échange permanent entre particule et milieu. Sans liaison avec le vide qui l'entoure ou avec les autres particules (via les photons lumineux), aucune particule ne peut exister. Il suffit de dissocier une particule de son environnement pour le constater (expérience de diffraction par exemple). La particule perd alors la mémoire de son mouvement précédent et toutes les directions deviennent possibles. Celle-ci a perdu son orientation dans l'espace et son mouvement. Comment se déroule en effet l'interaction entre deux particules ? Elle est fondée sur l'émission et l'absorption spontanée d'un photon (réel) par une particule (réelle). Remarquons d'abord qu'il s'agit bien d'un phénomène qui est brutal puisqu'il se déroule sur un temps très court, apparemment ponctuel. Montrons maintenant quelles sont les étapes de ce processus d'absorption et d'émission de photon lumineux par les particules matérielles. Le processus d'absorption, par exemple, est le suivant. Première étape, le photon approchant de la particule se décompose en particule et antiparticule, virtuels tous les deux. Deuxième étape : la particule réelle se lie à l'antiparticule virtuelle pour faire apparaître un nouveau photon virtuel. Bilan : il reste une particule. On dit que « la » particule a absorbé le photon. En réalité, la particule qui reste est l'ancienne particule virtuelle. D'autre part, un photon « réel » a été transformé en photon « virtuel ». On peut en conclure que l'état virtuel était tout aussi réel que l'état de la particule matérielle. De même pour le photon. L'une des remarques qui découlent de cette analyse des diagrammes de Feynman est que la révolution est à la base de la dynamique. Ce n'est pas la même particule qui se maintient avant et après l'émission/absorption de photon. Le vide empli de couples particule/antiparticule virtuelles permet de comprendre qu'il n'y a jamais création ex-nihilo mais matérialisation de particules, d'antiparticules ou de photons du vide. L'énergie d'un choc permet par exemple de matérialiser des particules du vide. Par contre, dans le phénomène d'absorption/émission de photons par la matière, il y a changement brutal. Une particule disparaît et une nouvelle particule apparaît qui a les mêmes caractéristiques mais qui n'est pas individuellement la même. Aucune particule matérielle n'est donc appelée à durer aussi longtemps qu'il y paraissait. L'apparence de durée est un effet des multiples rétroactions du vide, de la matière et de la lumière qui se déroulent dans des temps extrêmement courts. On peut également en conclure que l'on comprend pourquoi une particule est partout dans son nuage de polarisation et saute d'une position à une autre dans ce nuage. En effet, la particule peut disparaître à tout moment et réapparaître en tout point proche où se situe un couple particule/antiparticule virtuel. Une autre conclusion est qu'il n'y a pas de différence de nature entre particule virtuelle et particule réelle. Au cours de l'absorption/émission de photon, le virtuel et le réel s'échangent. Si la particule réelle devient virtuelle, c'est le contraire pour le photon. Le nuage de polarisation est justement constitué de ces couples particule/antiparticule virtuels. Richard Feynman fut en 1940 le premier à tenter un retour partiel à une représentation spatio-temporelle en réhabilitant le concept de trajectoires quantiques. Il se rapprocha ainsi d'une conception plus géométrique de la réalité quantique, sans pour autant abandonner son indéterminisme. Feynman a écrit un livre en 1965, avec A Hibbs ; il décrit ainsi les trajectoires virtuelles d'une particule classique : Les chemins importants pour une particule quantique ne sont pas ceux qui ont une pente (ou une vitesse) bien définie partout, mais ceux qui sont au contraire très irréguliers à toute petite échelle... Ainsi, bien qu'une vitesse moyenne puisse être définie, la vitesse quadratique moyenne n'existe en aucun point. En d'autres termes, les trajectoires sont non différentiables. L'espace-temps non différentiable. En termes actuels, cette description des chemins quantique signifie que, bien que tous différents et en nombre infinis, ce sont des courbes fractales caractérisées par une propriété géométrique commune : leur dimension fractale est deux. Einstein lui aussi avait envisagé d'abandonner les équations différentielles. En 1948, il écrit à Wolfgang Pauli : "Je vous ai dit plus d'une fois que je suis un partisan acharné non pas des équations différentielles, mais bien du principe de relativité dont la force heuristique nous est indispensable". D'où l'idée de chercher les structures générales d'un espace-temps non différentiable qui satisferait au principe de relativité. L'espoir sous-jacent est de voir émerger le comportement quantique comme une manifestation de la non-différentiabilité. Le problème semble toutefois d'une difficulté extrême : abandonner la différentiabilité, n'est ce pas abandonner les équations différentielles, l'outil de base de la physique ? Heureusement une autre voie est possible, qui permet de décrire la non-différentiabilité à l'aide d'équations différentielles ! La clef de la solution se trouve dans l'interprétation des travaux de Feynman en terme de fractals. Considérons une fonction continue et presque partout non différentiable, tracée entre deux points du plan. On peut l'approximer par des dissections successives qui en construisent des approximations de plus en plus précises.</p> <p>Gilles Cohen-Tannoudji dans "La Matière-espace-temps" :</p> <p>« En théorie quantique, la force exercée entre deux charges électriques est due à l'échange de photons virtuels. Ces photons sont virtuels car leur existence est éphémère. (...) Des particules quantiques peuvent se trouver dans un état virtuel pendant des durées limitées par les inégalités d'Heisenberg. (...) Le nombre de photons ainsi échangés étant proportionnel au produit des deux charges, on retrouve ainsi la loi de Coulomb. Plus formellement on peut associer à un diagramme de Feynman, dans lequel une seule particule virtuelle est échangée, un potentiel effectif. (...) C'est le potentiel de la théorie classique. La nature attractive ou répulsive du potentiel dépend du signe des constantes de couplage à chacun des vertex du diagramme de Feynman. (...) On dit qu'il y a une transition virtuelle si le diagramme de Feynman comporte au moins une boucle. (...) L'électron n'est pas pensable sans son cortège de photons potentiels. (...) Toute la matière et toutes les interactions sont donc présents dans l'espace vide pourvu que l'on considère cet espace pendant des intervalles de temps suffisamment brefs. Un électron, vu au « microscope », manifeste des structures à toutes les échelles. Ces structures traduisent le caractère indissociable de l'électron et des quanta des champs de force qu'il émet puis réabsorbe. (…) Le processus le plus simple en électrodynamique est l'émission d'un photon par un atome. Elle est facile à visualiser physiquement, et ses conséquences sont familières dans notre vie quotidienne. (…) Une des caractéristiques des diagrammes représentatifs de ces émissions ou absorptions est que ces événements sont décrits comme des faits isolés, se produisant en un endroit précis de l'espace-temps, marqué par un point sur le diagramme. Ce point, appelé le vertex, doit être considéré comme le lieu et le moment où apparaît soudain un photon, et où l'atome retombe dans son état fondamental. Ceci est difficile à réconcilier avec l'image classique d'émission de la lumière : le modèle pré-quantique décrivait la transition progressive de l'électron d'une orbite à une autre, conduisant à l'émission lente d'une onde lumineuse, dont les creux et les bosses apparaissaient graduellement pour former une onde étendue. (…)En électrodynamique quantique, la force élémentaire entre deux particules de matière est décrite par le diagramme de Feynman d'échange d'un photon virtuel. Mais les transitions virtuelles introduisent des corrections radiatives (purement quantiques) qui peuvent être évaluées grâce à la théorie de la renormalisation. Ces corrections sont interprétées physiquement comme une polarisation du vide : le photon virtuel se matérialise en une paire électron-positron qui s'annihile pour redonner un photon virtuel. Cette polarisation du vide produit un effet d'écran : un électron numéro deux « voit » une charge électrique de l'électron numéro un « écrantée » par la polarisation du vide. C'est d'ailleurs dans cet effet d'écran que réside l'essentiel de la renormalisation : la charge « nue » de l'électron est infinie, c'est la polarisation du vide par les paires électron-positron (qui vivent le temps des transitions virtuelles) qui écrante, renormalise cette charge et en fait une charge physique, finie, effective, dépendant de la résolution. »</p> <p>En physique de Feynman, la notion de trajectoire d'objets se déplaçant en continu est abandonnée : dans les diagrammes de Feynman, un électron peut être émis à un point donné de l'espace-temps et absorbé à un autre.</p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Feynman" class='spip_out' rel='external'>Lire encore</a></p></div> Algérie 1871 : l'insurrection armée contre le colonialisme français https://matierevolution.org/spip.php?article6362 https://matierevolution.org/spip.php?article6362 2019-06-09T22:41:00Z text/html fr Robert Paris 1871 France Révolution Révolution bourgeoise Algérie Révolte Le grand soulèvement algérien de 1871 En mars 1871, une partie de l'Algérie, le Constantinois et la Kabylie, se soulèvent contre l'occupant colonial français… Le 15 septembre 1871, le général Durrieu, gouverneur général de l'Algérie, signale dans son rapport au gouvernement de la Défense nationale : « Un mouvement insurrectionnel, impossible à prévenir et susceptible de devenir général, me paraît imminent et avec le peu de troupes dont je dispose, je ne saurais prévoir la gravité de ses conséquences. » Ce (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag">1871</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag">Algérie</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_11985 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L353xH405/1871kabylie-ouahioune-d4104.jpg' width='353' height='405' alt="" style='height:405px;width:353px;' /></span><span class='spip_document_11986 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L294xH172/memoria-n53_054-baab0.jpg' width='294' height='172' alt="" style='height:172px;width:294px;' /></span><span class='spip_document_11987 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH285/1200px-Etendue_de_la_revolte_des_Mokrani-svg-50fbd.jpg' width='500' height='285' alt="" style='height:285px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11988 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH707/kscan_00078-e31d6.jpg' width='500' height='707' alt="" style='height:707px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11989 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L170xH270/170px-Bou_Mezrag-efa5e.jpg' width='170' height='270' alt="" style='height:270px;width:170px;' /></span><span class='spip_document_11990 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH292/6734901-7ed45.jpg' width='500' height='292' alt="" style='height:292px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_11991 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH232/mokrani_796998267-1728x800_c-5ebcd.jpg' width='500' height='232' alt="" style='height:232px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Le grand soulèvement algérien de 1871</h3> <p>En mars 1871, une partie de l'Algérie, le Constantinois et la Kabylie, se soulèvent contre l'occupant colonial français…</p> <p>Le 15 septembre 1871, le général Durrieu, gouverneur général de l'Algérie, signale dans son rapport au gouvernement de la Défense nationale : « Un mouvement insurrectionnel, impossible à prévenir et susceptible de devenir général, me paraît imminent et avec le peu de troupes dont je dispose, je ne saurais prévoir la gravité de ses conséquences. »</p> <p>Ce n'était pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : insurrection d'Abdel Kader de 1834 à 1847 qui couvre une grande partie de l'Algérie sauf la Kabylie, la guerre qui met fin à l'indépendance de l'Aurès en 1849, les combats dans les oasis du sud en 1852 et 1854, le combat d'Icheriden qui met fin à l'indépendance de la Kabylie en 1857, insurrection de 1864-1965 démarrant dans le sud-oranais, trois rébellions de Khomati de 1873, rébellion de Mohamed Yahia ben Mohamed de 1876, de Mohamed Amziane ben Abderrahman des Aurès de 1879, le soulèvement de Bou Amana dans le sud-oranais en 1881.</p> <p>En plus de la révolte des populations d'Algérie en but aux exactions coloniales, quelle cause particulière avait lieu pour qu'éclate une insurrection générale en Algérie en 1871 ? Il y avait l'échec militaire de Napoléon III (défaite désastreuse de Sedan) et la chute de l'empire, entraînant un discrédit de l'armée française dans les colonies ! Le 4 septembre 1870, le régime de Napoléon III avait chuté. Il y avait la révolte qui montait en France, qui allait donner la Commune de Paris, et affaiblissait le pouvoir colonial. Il y avait également le changement du régime de l'Algérie qui en découlait, passant du régime militaire au régime civil. L'assimilation des Juifs d'Algérie, alors que les Algériens musulmans se voyaient refuser l'assimilation, a également servi de ferment à la révolte.</p> <p>L'insurrection éclate en Kabylie et dans le sahara de Constantine (Ziban, Oued-Rir, Oued-Souf, Ouargla), ainsi que dans les Aurès. La prise d'armes de Mokrani a lieu le 15 mars 1871. Mais le soulèvement populaire et spontané a eu lieu bien avant : le 22 janvier 1871.</p> <p>C'est de la subdivision de Sétif que viennent les principaux chefs de la révolte : l'aghalik de Mokrani, la zaouïa de Cheikh Haddad et de son fils Si Aziz.</p> <p>Mokrani avait déclaré avoir engagé sa parole personnellement au général Durrieu mais en être libéré, du moment que le gouvernement civil remplaçait son commandement militaire.</p> <p>Pourquoi Mokrani, grand propriétaire foncier du sud de la Kabylie, fervent admirateur de Napoléon III et soutien de la France, a-t-il pris les armes contre la France ?</p> <p>Lors de la famine de 1868, pour venir en aide aux tribus réduites à la misère la plus extrême, Mokrani avait emprunté un demi-million à Mesrine, négociant de Constantine, et Mac Mahon avait garanti que ces sommes ne seraient pas exigées immédiatement, laissant le temps aux tribus de rembourser. Le gouvernement du 4 septembre, après la chute de l'Empire, a cautionné la demande des établissements financiers exigeant le remboursement immédiat. Mokrani dut allors hypothéquer tous ses biens pour rembourser sa dette.</p> <p>Plus fondamentalement, l'insurrection est née du fait que les forces armées de la France semblaient définitivement anéanties par la guerre perdue avec la Prusse et que l'Etat français battait de l'aile avec la chute de l'Empire…</p> <p>En fait, les généraux d'Algérie refusaient d'obéir au nouveau gouvernement civil de la France et les colonisés d'Algérie y ont vu une faille dans la domination coloniale française.</p> <p>Le général Augeraud déclarait ainsi : « J'ai donné ma démission au maréchal Mac Mahon qui l'a acceptée… Je ne puis accepter d'être l'agent du gouvernement civil. »</p> <p>La révolte en Algérie est à reliée à la fièvre révolutionnaire qui avait gagné toute la France à la chute de l'Empire.</p> <p>Elle est reliée aussi au fait que la plus grande part de l'armée française avait été rapatriée pour combattre la Prusse et mener à un échec militaire.</p> <p>Général Augeraud, témoignant devant la commission parlementaire d'enquête sur l'insurrection algérienne :</p> <p>« La révolte tient à trois causes réunies : la guerre, le départ des troupes d'Algérie et les troubles qui ont été la conséquence de la fièvre révolutionnaire. »</p> <p>La révolte écrivait ainsi aux Algériens :</p> <p>« Faisons savoir à Mohamed Ben Chennan, Sad ben Henida, Ben bel Kriri et à tous ceux de vos frères, les musulmans qui sont avec vous…</p> <p>Vous savez combien est grande la faiblesse du gouvernement français… Vous n'ignorez pas le manque de soldats et de troupes militaires et il ne reste plus que le civil…. Si vous êtes pour nous, si vous êtes nos enfants, et si vous voulez compter dans nos rangs… tout ce que vous désirerez vous sera accordé…</p> <p>Salut !</p> <p>Par ordre de Si Ahmed bou Mezrag, caïd de l'Ouennoura… »</p> <p>Le bachaga Mokrani a été tué au combat dans l'Oued Soufflat, son frère Bou Mezrag prenant sa suite. La présence dans la lutte de Si Aziz, fils duu grand maître de l'ordre des Khouans, représente l'influence des confréries religieuses.</p> <p>En quelques jours, 100 000 combattants se retrouvent sous la bannière du bachaga. Il faudra neuf mois et plus de vingt colonnes pour en venir à bout.</p> <p>Malgré la mort de Mokrani, l'insurrection a gagné le Constantinois, l'Algérois et le sud oranais.</p> <p>En quelques jours, Bougie, Fort-National, Dellys, Tizi Ouzou, Dra-el-Mizan, Batna sont assiégés ou bloqués. L'insurrection gagne la Mitidja et jusqu'à l'Alma. A Palestro, 31 colons sont massacrés, 42 autres faits prisonniers. La colonne Fourchault, constituée à la hâte avec des mobiles et des francs-tireurs, arrive trop tard mais réussit à fermer aux insurgés la Mitidja et la route d'Alger.</p> <p>Après la levée du siège de Bou Arreridj, le contrôle des opérations a pourtant échappé à Mokrani. Sachant la partie perdue, il s'est réservé, pour un ultime et suicidaire combat à l'ancienne, sabre au clair, avec charges de cavalerie. La rencontre se produit le 5 mai à l'Oued-Souffla. Elle se traduit par une fusillade sans panache au cours de laquelle Mokrani est tué net d'une balle entre les yeux. Dès lors, les tribus rebelles se soumettent les unes après les autres.</p> <p>A l'insurrection, matée dès juillet 1871, succède la guérilla. Des poteaux télégraphiques sont coupés, des diligences attaquées, des fermes harcelées, les marchés ponctués de razzias et de nefras émotions populaires. L'agitation ne cesse vraiment qu'en janvier 1872 avec la mort de Bou Mezrag, frère de Mokrani, réfugié aux confins du désert et capturé en piteux état après n'avoir rien mangé ni bu, sinon ses urines, pendant six jours.</p> <p>Bien qu'un tiers seulement de l'Algérie ait participé au mouvement, 200 000 indigènes ont pris part au combat. La France a porté ses effectifs à 86 000 hommes, comme au temps d'Abd el-Kader, et elle a livré 340 combats. Ses pertes s'élèvent à 2 686 morts, dont la moitié de maladie.</p> <p>L'insurrection a gagné l'est et le sud du pays. Elle durera dix mois et coûtera la vie à plus de 20 000 insurgés. Face à un tel soulèvement, l'armée coloniale se livre à une répression impitoyable. L'amiral de Gueydon mobilise 100 000 soldats et un dispositif militaire supérieur à celui qui avait permis d'asservir la région en 1857. Au-delà des insurgés, c'est toute la population qui est prise pour cible. Des villages entiers sont détruits, des familles décimées ou jetées sur les chemins de l'errance par la barbarie coloniale.</p> <p>La répression de la révolte a duré plus d'un an…</p> <p>Quand ils ne sont pas fusillés après s'être rendus, en dépit des promesses d'aman, les rebelles passent en cour d'assises.</p> <p>Certains meneurs, qui s'étaient signalés par leur modération et leur humanité, sont déportés dans une enceinte fortifiée ou en Nouvelle-Calédonie. Ben Haddad mourra à la prison de Constantine.</p> <p>Les représailles contre les populations civiles ont été sanglantes. Vingt-sept millions de francs ont été exigées contre les populations d'Algérie. 446 406 hectares de terres ont été expropriés en guise de punition et données à des colons français.</p> <p>Une ordonnance de 1845 prévoyait que des propriétaires frappés de séquestre disposaient d'un délai de deux ans pour prouver, devant les tribunaux, leur bonne foi ou leur innocence et récupérer leurs biens. Or dans une lettre à Thiers, le ministre de l'Intérieur note que « ce qui pouvait être, en 1845, une guerre d'indépendance, est devenu, après 41 ans d'une domination tutélaire, une rébellion véritable qui doit être punie comme telle par la dépossession immédiate et définitive. »</p> <p>L'insurrection de 1871 est la dernière grande révolte armée avant la lutte de libération nationale engagée par le FLN. Pourtant, loin de s'en revendiquer, ce dernier s'en est publiquement démarqué !</p> <p>Le FLN est en effet né en reniant ce soulèvement spontané en masse. Son corps de départ a été l'Organisation Spéciale au sein du PPA-MTLD qui déclarait :</p> <p>« « Nous nous proclamons un parti révolutionnaire. Le mot révolutionnaire est dans les propos de nos militants et de nos responsables. Notre vocabulaire est dominé par des formules à l'emporte-pièce, extrémistes, magiques telles que « le problème algérien est un problème de force », « nous sommes pour l'action, contre les discours » ; en attendant, nous ne cessons de discourir. (…) Aujourd'hui que l'électoralisme a fait faillite, le regard doit se porter résolument vers les véritables objectifs. Notre but est de mobiliser toutes les couches de la population algérienne, d'entraîner même les « mécontents », les « hésitants », même ceux qui sont contre les « inégalités choquantes ». « Des idées fumeuses, voire saugrenues, bouchent notre conscience. En parlant de soulèvement, certains y voient une forme d'insurrection « généralisée », à l'exemple de celle de 1871, étendue à l'ensemble du territoire national. (…) Le but de ce rapport est de préciser la donnée principale de la révolution : la ou les formes de lutte que doit revêtir la lutte de libération. » « Quelle forme prendra la lutte de libération ? La lutte de libération ne sera pas un soulèvement en masse. L'idée de soulèvement en masse est en effet courante. L'homme de la rue pense que le peuple algérien peut facilement détruire le colonialisme grâce à une supériorité numérique : dix contre un. Il suffira de généraliser à l'Algérie entière un soulèvement populaire. (…) En réalité, l'idée de « soulèvement en masse » se fonde sur des souvenirs historiques, au niveau de l'opinion populaire. Les paysans n'oublient pas la grande insurrection de 1871. De père en fils, ils ont hérité le regret viscéral que cette insurrection fut circonscrite à la Kabylie, à quelques régions de l'Algérois et du Constantinois. Ils peuvent croire que cette insurrection aurait réussi si elle avait éclaté partout. Il faut préciser tout de suite que cette conception n'est pas partagée par les populations de Kherrata qui ont connu le massacre de mai 1945, ni par celles de Kabylie qui depuis cette date connaissent les répressions les plus dures. Les événements qui ont suivi « l'Ordre du 23 mai 1945 » indiquent à quelles aventures tragiques peuvent conduire des idées archaïques. (…) L'insurrection de 1871 a échoué, moins parce qu'elle était géographiquement limitée qu'en raison de son caractère spontané, improvisé et des conceptions militaires erronées de ses dirigeants. (…) Le soulèvement en masse est une forme de lutte anachronique. La notion de supériorité de la multitude, nous en avons fait l'expérience, a déjà bouché la conscience que devait avoir nos dirigeants des bouleversements engendrés par l'armement moderne dans l'art de se battre pour se libérer. » (Rapport de l'Organisation Spéciale (formation paramilitaire clandestine du PPA) pour le Comité Central élargi de décembre 1948 du Parti du peuple algérien PPA-MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj et adopté par celui-ci)</p> <p> Impressionnant ce désaveu de l'insurrection spontanée et en masse de 1871 par les futurs militaires dictateurs, déjà même pas solidaires des insurrections passées !</p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Mokrani" class='spip_out' rel='external'>La révolte</a></p> <p><a href="https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1972_num_19_2_2203" class='spip_out' rel='external'>La question algérienne en 1871</a></p> <p><a href="https://www.persee.fr/doc/outre_1631-0438_2001_num_88_332_3901" class='spip_out' rel='external'>La répression de l'insurrection</a></p> <p><a href="https://www.lhistoire.fr/la-r%C3%A9volte-du-bachaga-mokrani" class='spip_out' rel='external'>La révolte du bachaga Mokrani</a></p></div> Non à l'insécurité sociale généralisée ! https://matierevolution.org/spip.php?article6483 https://matierevolution.org/spip.php?article6483 2019-06-08T22:16:00Z text/html fr Robert Paris Non à l'insécurité sociale généralisée ! La précarité de l'emploi augmente de façon « inquiétante » en France depuis 2014, après une stabilisation de près de 10 ans, accentuant les risques d'inégalités, révèle mardi le rapport annuel de l'Observatoire sur les inégalités. Le taux de précarité, soit la proportion d'actifs en CDD, intérim ou apprentissage, est passé de 12 % en 2007 à 13,6 % en 2017 et poursuit son augmentation depuis trois ans, « ce qui constitue un phénomène nouveau et inquiétant », peut-on lire (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip"> Non à l'insécurité sociale généralisée ! </h3> <p>La précarité de l'emploi augmente de façon « inquiétante » en France depuis 2014, après une stabilisation de près de 10 ans, accentuant les risques d'inégalités, révèle mardi le rapport annuel de l'Observatoire sur les inégalités.</p> <p>Le taux de précarité, soit la proportion d'actifs en CDD, intérim ou apprentissage, est passé de 12 % en 2007 à 13,6 % en 2017 et poursuit son augmentation depuis trois ans, « ce qui constitue un phénomène nouveau et inquiétant », peut-on lire dans le rapport qui se penche sur les inégalités de revenus, d'éducation, de travail et de mode de vie.</p> <p>Plus largement, près de huit millions de personnes, soit un actif sur quatre, se trouvent en situation de « mal-emploi », c'est-à-dire en contrat de CDD, intérim, au chômage, ou encore ont arrêté de chercher un travail.</p> <p>« Cette France de l'insécurité sociale a un visage : celui des employés et des ouvriers peu ou non qualifiés, des ''ubérisés", des indépendants (en bas de l'échelle). Pour une grande part, cette France a animé les manifestations des Gilets jaunes », écrit le directeur de l'Observatoire, Louis Maurin.</p> <p>Pour l'instant, près d'un million de personnes exerçant un emploi disposent d'un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian (855 € par mois pour une personne seule en 2016). La pauvreté touchait près de 5 millions de Français en 2016 (dernières données disponibles), si l'on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,8 millions si l'on utilise le seuil à 60 %.</p> <p>Elle a fortement progressé à partir de 2008 en raison de la crise financière puis stagne depuis 2012. « Mais cette stagnation est trompeuse car elle résulte en partie de l'extension de la crise aux couches moyennes », lit-on dans le rapport. Or, le niveau de vie médian de 2016 est retombé au niveau de celui de 2011.</p> <p>Tout argent doit servir à sauver le capitalisme de sa crise, c'est sur ce thème que les gouvernants du monde sont appelés à disserter, chacun à sa manière et suivant la situation à laquelle il a affaire. La chanson varie mais le thème est toujours le même. Il en résulte la destruction systématique des services publics, des aides sociales, la démolition de la civilisation elle-même. Les capitalistes considèrent que sauver l'essentiel, c'est sauver les profits et tant pis si tout le reste va au diable...</p> <p>Même dans les pays riches, même dans ceux comme la France qui avaient mis en place des tampons sociaux comme assurance maladie, retraites, santé publique, école publique, entreprises nationalisées de recherche, d'énergie, de transport, la destruction est massive et radicale. Dans peu d'années, on ne reconnaitra plus le paysage social tant les choses changent vite.</p> <p>L'Etat est ruiné, non pas durablement mais définitivement. Quand on distribue des dizaines, des centaines de fois plus d'argent qu'on en possède, il n'y a aucune chance de cesser d'être endettés. En décembre dernier, l'Etat français déclarait même devoir emprunter pour payer les fonctionnaires. A la moindre difficulté liée à la crise européenne ou à la crise américaine ou mondiale, il déclarera ne plus pouvoir emprunter... Il se contente de supprimer des emplois de fonctionnaires par usure "naturelle" mais il commencera à en licencier.</p> <p>Et tout est remis en question : aides aux personnes âgées, aides à l'enfance, aides aux plus démunis, aides médiales, hôpital public, transports publics, accès à l'énergie, aide au logement et on en passe...</p> <p>Au moment même où la société civile n'offre plus aucune garantie d'avenir parce que tous les emplois sont menacé, l'Etat détruit lui-même les garanties qu'il offrait...</p> <p>L'insécurité sur l'avenir concerne aussi bien les personnes âgées à domicile (suppression des aides), les enfants en bas âge (peau de chagrin pour les personnels de crèches), le système scolaire (suppression de moyens et d'emplois), l'aide aux chômeurs (pôle emploi devient licenciement de chômeurs...), etc...</p> <p>Les salariés de trusts profitables sont eux-mêmes menacés. Et que dire des salariés de petites et moyennes entreprises ? Que dire des jeunes ? Que dire des chômeurs ? Que dire des sans-papiers ?</p> <p>Le voile qui cachait la barbarie du capitalisme se déchire et toute la violence de ce monde devient évidente.</p> <p>Cela n'a rien à voir avec tel ou tel politicien qui gouverne contrairement à ce que voudraient nous faire croire les partis politiques. C'est le système social lui-même qui est en cause ou plutôt qu'il faut remettre en question.</p> <p>Loin de s'accrocher au passé de la société capitaliste que nous ne pourrons jamais faire revenir même si nous le voulions, construisons l'avenir de la société humaine et il y en aura un si nous ne nous accrochons pas à défendre cette société de profiteurs et d'assassins !</p> <p>La précarité que le système capitaliste nous impose, retournons-la contre les possédants. Que leurs trônes, ceux de leurs chefs d'Etat comme de leurs banquiers et patrons de trusts deviennent des sièges éjectables ont été ceux de Bouteflika et Ben Ali !!!</p></div> Les grands stratèges syndicaux de la grève perlée reviennent dessus... https://matierevolution.org/spip.php?article6486 https://matierevolution.org/spip.php?article6486 2019-06-08T17:32:37Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Syndicalism - le syndicalisme Cheminots SNCF Rappelons-nous d'abord la fameuse stratégie de la "grève perlée" Laurent Brun, dirigeant CGT cheminots, s'est dit « très satisfait » de la « très très bonne mobilisation » contre la nouvelle réforme de la SNCF (encore une journée d'action et pas une vraie grève). « Si le gouvernement ne réagit pas, c'est sûr que d'ici la fin de l'année, il y aura un conflit ». Oui, mais quel type de conflit ? Encore des journées d'action ? Pire, encore des fausses grèves dites perlées ?!!! Laurent Brun, affirme dans un (...) - <a href="https://matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a> / <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot224" rel="tag">Cheminots</a>, <a href="https://matierevolution.org/spip.php?mot232" rel="tag">SNCF</a> <div class='rss_texte'><p><a href="https://matierevolution.org/spip.php?article6021">Rappelons-nous d'abord la fameuse stratégie de la "grève perlée"</a></p> <p>Laurent Brun, dirigeant CGT cheminots, s'est dit « très satisfait » de la « très très bonne mobilisation » contre la nouvelle réforme de la SNCF (encore une journée d'action et pas une vraie grève). « Si le gouvernement ne réagit pas, c'est sûr que d'ici la fin de l'année, il y aura un conflit ». Oui, mais quel type de conflit ? Encore des journées d'action ? Pire, encore des fausses grèves dites perlées ?!!!</p> <p>Laurent Brun, affirme dans un entretien à l'Huma dimanche, en douce et discrètement, mais un peu tard, qu'il regrette la grève perlée : « Si on reproduit le même schéma, le résultat risque d'être le même. ». A la fin de l article il dit : « Notre problème, c'est à la fois de remobiliser et de remobiliser différemment de 2018. » C'est vrai que ce n'est pas un aveu de stratégie d'échec... Mais ils ont tellement réussi, avec la grève perlée, à dégoûter bon nombre de cheminots et de militants qu'il est contraint d'annoncer d'avance qu'il ne recommencera pas la grève perlée !!! Sinon ce ne serait même pas la peine de lancer un mot d'ordre syndical : il ne serait même pas suvi des militants, sans parler des cheminots !</p> <p><span class='spip_document_12923 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH654/IMG-20190604-WA0000_1_-26fde.jpg' width='500' height='654' alt="" style='height:654px;width:500px;' /></span> Mais Brun ne regrette pas d'avoir dirigé, en intersyndicale, la grève cheminote aux côtés de syndicats adeptes ouverts de la privatisation de la SNCF ! Il ne regrette pas de se prétendre dirigeant de la lutte en refusant cette direction aux cheminots eux-mêmes, en étant contre les comités de grève, les assemblées qui élisent elles-mêmes leurs représentants, qui négocient elles-mêmes ou en tout cas qui le décident par elles-mêmes, sur quelle revendication et décident aussi de leurs modes d'action.</p> <p>Quant à la gauche des appareils syndicaux, l'extrême gauche opportuniste, elle ne tire pas davantage de leçons ! Révolution permanente déclare ainsi : « C'était sûrement la grève qu'il ne fallait pas perdre, c'est pour cela que nous avons fait le maximum, sur Paris Nord, mais aussi avec l'Intergare pour changer les choses, car c'était inévitable, que les cheminots auraient du mal à réagir aux futures attaques si nous perdions. Et ces attaques sont déjà là, on est en train de les subir de plein fouet, donc il est urgent de tirer des leçons de cette grève pour pouvoir repartir à l'offensive ! » Mais cette organisation s'est toujours refusée à faire élire des représentants de la grève dans les assemblées afin d'en contester la direction aux appareils bureaucratiques !</p> <p><a href="https://www.revolutionpermanente.fr/1-an-apres-la-bataille-du-rail-ou-en-sont-les-cheminots" class='spip_out' rel='external'>Lire ici</a></p> <p>Cette organisation, tout comme LO et NPA, et tous les groupes de la gauche syndicale opportuniste se sont refusés à mettre en cause la stratégie consistant à faire se battre séparément les cheminots, en refusant de les relier aux postiers, aux hospitaliers, aux enseignants et autres…</p></div>