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Union nationale autour de Notre Dame ?!!! - Matière et Révolution
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Union nationale autour de Notre Dame ?!!!

mardi 23 avril 2019

Non au matraquage médiatique sur « l’union nationale » autour de Notre Dame !

Par Alexandre Lantier - WSWS

Les appels des médias et de la classe dirigeante à l’union nationale autour de l’effroyable incendie lundi de Notre-Dame de Paris ne méritent que le mépris. Leur but est transparent. Il s’agit d’étouffer toute réflexion sur les causes et les enseignements de cet évènement choquant, qui met en évidence l’incurie généralisée des milieux dirigeants ; et de stabiliser un régime impopulaire, ébranlé par la mobilisation des « gilets jaunes » et des travailleurs et les jeunes contre la dictature algérienne.

L’incendie à Notre-Dame a mis en évidence l’absence de mesures de sécurité lors de la rénovation de l’édifice, liée à l’austérité exigée par l’aristocratie financière. L’État a refusé de payer les 100 millions d’euros nécessaires, et les personnels de la cathédrale ont dû quémander les fonds à l’international. Le projet adopté a laissé de côté des mesures essentielles de sécurité contre l’incendie, tels que le recrutement des personnels nécessaires : lors d’une alerte, il fallait jusqu’à 20 minutes pour le personnel sur place pour arriver et inspecter le site présumé de l’incendie.

Les failles énormes de ce projet – adopté alors que Macron déverse des centaines de milliards d‘euros sur l’armée, l’élimination de l’ISF, et les sauvetages de banques – ont eu des conséquences désastreuses. Malgré deux alertes à l’incendie lundi, le personnel n’a pas pu localiser l’incendie avant qu’il ne se soit propagé à travers la toiture de la cathédrale.

A présent, les médias et les partis établis appellent à une trêve politique pour faire taire les critiques. La République en Marche (LRM) et le Rassemblement national (RN) néo-fasciste ont suspendu leurs campagnes européennes. Pour La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a tweeté que « 24h de pause politique serait bienvenue. » Nathalie Loiseau, la tête de liste européenne de LRM, a tweeté : « Nous vivons un moment de tristesse profonde. La liste Renaissance se joint naturellement à ce moment d’union nationale. Nous suspendons la campagne jusqu’à nouvel ordre. »

Europe1 s’extasie : « L’émotion s’est emparée de tout l’appareil d’État qui s’est rendu au pied de la cathédrale en feu. Le président, le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale, Laurent Nunez, Franck Riester ou encore Anne Hidalgo, tous se sont rendus sur place. En une heure, une union sacrée s’est formée. Une union nationale sans couac, à part Jean-Luc Mélenchon peut-être puisqu’il a demandé à Emmanuel Macron de se taire pendant quelques temps. »

En évoquant « l’union sacrée » – dans l’histoire, celle de la bourgeoisie avec la bureaucratie social-démocrate pour mener la Première Guerre mondiale contre la menace communiste internationale incarnée par la révolution russe de 1917 – Europe1 était loin d’avoir tort.

La campagne officielle pour « l’union nationale » est un exemple à l’état pur du rôle r éactionnaire du nationalisme, qui en niant l’importance de la lutte de classe internationale subordonne les travailleurs au diktat militaro-austéritaire de l’aristocratie financière. Les partis établis ont joué leur rôle en appelant les travailleurs à se taire au nom de l’union nationale. Ils ont laissé le soin au Medef d’expliquer ce que signifie « l’union nationale ».

Sur le plateau de BFM-TV mercredi, le président de la fédération patronale, Geoffroy Roux de Bézieux, a défendu les fortunes exorbitantes des milliardaires et l’élimination de l’ISF. Saluant un « élan incroyable » de la nation pour reconstruire Notre Dame, il a traité de « minable » les « polémiques sur les économies d’impôt » et salué les riches : « Si vous mettez trops d’impôts en France, ils iront ailleurs. On a besoin de riches contribuables qui payent leurs impôts en France. »

Roux de Bézieux a ensuite salué les familles multi-milliardaires Arnault at Pinault, qui ont refusé de financer la rénovation mais qui donnent à présent quelques centaines de milliers d’euros au vaste projet de reconstruire la cathédrale. Il a dit, « C’est l’État qui mettrait 100 pour cent et l’État, c’est qui ? C’est vous, c’est moi … Donc je trouve que c’est formidable qu’il y ait des gens qui acceptent de payer de leur poche pour aider. C’est un moment d’union nationale. »

L’incendie à Notre Dame et l’invresse dégradée du Medef pour l’argent sont un avertissement pour les travailleurs non seulement en France mais à travers le monde. Pour les travailleurs, la voie pour aller de l’avant est d’exproprier la classe dirigeante parasitaire et irresponsable qui domine l’Europe. La lutte de classe, menée à travers le rejet des appels nationalistes à l’unité avec les ultra-riches et menée jusqu’à sa conclusion, est la seule façon de résoudre les problèmes urgents soulevés par les opérations destructrice de l’aristocratie financière.

Aussi est-il critique de démasquer les forces petite bourgeoises, liées aux appareils syndicaux et aux milieux universitaires dirigeants, qui veulent teindre le nationalisme de « gauche » tout en niant l’importance du marxisme et de la lutte des classes. En France, c’est Mélenchon qui joue ce rôle. Critiqué pour avoir demandé à Macron de se taire, il a publié un billet sur son blog, intititulé « Notre cathédrale commune », qui propose d’unifier la France en réconciliant la religion avec l’athéisme à travers un soutien commun pour Notre Dame.

« Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune », commence-t-il, en continuant : « Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. (…) Et d’autres, ceux qui connaissent le vide de l’Univers privé de sens et l’absurde de la condition humaine, y voient par-dessus tout cette apothéose de l’esprit et du travail de milliers de femmes et d’hommes durant deux siècles et depuis plus de huit cent ans. »

Cette déclaration que l’athéisme mène au sentiment que la vie est absurde constitue une attaque contre le marxisme. « L’histoire de toute sociéré jusqu’à nos jours », ont écrit les athées irréconciliables Karl Marx et Friedrich Engels, « n’a été que l’histoire des luttes de classes. »

Pour Marx et Engels, la vie n’était pas absurde. Cette position politique n’est partagée que parmi les populistes petit-bourgeois férus d’existentialisme et de postmodernisme, pour lesquels la lutte de classes et la révolution socialiste ne sont que des reliques mortes, comme l’a expliqué Mélenchon dans son livre L’Ère du peuple. Marx et Engels ont par contre armé la classe ouvrière avec le marxisme, c’est-à-dire un guide scientifique à l’action révolutionnaire dans la lutte des classes.

Mélenchon continue en attaquant l’impact des sciences sur l’âme européenne, dans laquelle elles auraient planté « un terrible dilemme. … Le voici : il y a la vérité révélée, celle qui vient de l’extérieur, qui est affirmée par la coutume ou la religion et qui s’impose avec le visage rassurant de l’évidence. Et il y a celle que l’on trouve avec son propre cerveau, d’après sa propre enquête, ses propres calculs, celle que la science approche chaque jour d’un peu plus près. »

L’idée selon laquelle la grande division dans la société sépare les athées des croyants est tout aussi fausse que celle que le rôle des sciences est de se rapprocher toujours plus des opinions de Mélenchon. Un sondage récent a découvert que seulement 4,5 pour cent des Français vont à la messe au moins une fois par mois. Les failles qui lézardent la société actuelle sont celles qui séparent les travailleurs des parasites de l’aristocratie financière.

Ayant commencé par l’ambition de réconcilier religion et athéisme, Mélenchon finit en faisant un éloge mystique de l’immortalité de Notre Dame : « Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel. » Ce type de langage flatte les préjugés moraux des dirigeants et des actionnaires des grands groupes médiatiques, mais il ne fait rien pour améliorer la vie des travailleurs ni pour protéger les monuments des deprédations du capitalisme.

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