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La caricature satirique est une arme politique. Tout dépend non pas du caricaturiste mais de qui brandit l’arme. - Matière et Révolution
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La caricature satirique est une arme politique. Tout dépend non pas du caricaturiste mais de qui brandit l’arme.

mardi 20 janvier 2015

La caricature satirique est une arme politique. Tout dépend non pas du caricaturiste mais de qui brandit l’arme.

ou quand Charlie s’en va-t-en guerre !

Hollande est en guerre pour la liberté de Charlie, dit-il. En fait, il a transformé Charlie en un drapeau de guerres qu’il menait déjà…

Certains s’étonnent que quelques dessins peu raffinés puissent avoir tant d’effet dans le monde. Au point que des gens meurent pour eux ou contre eux. Au point qu’ils soient le point de départ de soulèvements et de manifestations hostiles ou favorables à ces dessins satiriques.

C’est parce qu’ils n’imaginent pas la force destructrice, au plan moral, de la représentation caricaturale qui démontre publiquement l’impuissance d’un grand personnage, réel ou mythique, le diminue ou le ridiculise aux yeux des masses plus fortement que le ferait un discours sérieux.

L’art a un rapport direct avec la révolution et... la contre-révolution !

De très nombreuses fois, des révolutions se sont servies des caricatures dessinées ou écrites pour démolir moralement et publiquement les rois avant de les faire tomber.

Mais il y a eu aussi de nombreuses fois où les rois au pouvoir ont embauché les caricaturistes (du dessin, de la peinture, du chant, de la poésie ou du théâtre) pour détruire soit l’image de leurs prédécesseurs, soit leurs adversaires du moment comme la reine Elizabeth d’Angleterre employant Shakespeare ou Louis XIV employant Molière.

Ou Hollande-Valls utilisant les dessins de Charlie Hebdo….

Bien évidemment, les chefs de l’Etat français se moquent de Charlie et des buts ou pensées de ses dessinateurs mais ils ont vu tout le bénéfice politique à tirer de la confrontation et ils n’ont pas hésité à l’exploiter jusqu’au bout, soutenant même sa diffusion mondiale pour attiser tous les foyers de radicalisme islamiste et contraindre ainsi le peuple de France à prendre partie soit pour soit contre et pouvoir ainsi, au beau milieu de la crise économique, opposer violemment deux fractions des milieux populaires. Même les manifestations hostiles à la France dans le monde servent leur dessein. Ce n’est pas seulement la côte de popularité des Hollande-Valls qui en a bénéficié, c’est surtout la grande bourgeoisie qui ne peut que souhaiter que le gouvernement de gauche aille jusqu’au bout de cette offensive, au point que même Le Figaro, situé en droite et extrême droite, les soutient aussi à fond… Ce n’est certainement pas par sympathie vis-à-vis de Charlie Hebdo mais parce que le drapeau Charlie est devenu celui de la guerre de la France bourgeoise et impérialiste.

Quels desseins derrière... les dessins

Des caricatures politiques qui démolissent

Molière

Shakespeare

Lafontaine :

Les obsèques de la lionne

La femme du Lion mourut :
Aussitôt chacun accourut
Pour s’acquitter envers le Prince
De certains compliments de consolation,
Qui sont surcroît d’affliction.
Il fit avertir sa Province
Que les obsèques se feraient
Un tel jour, en tel lieu ; ses Prévôts y seraient
Pour régler la cérémonie,
Et pour placer la compagnie.
Jugez si chacun s’y trouva.
Le Prince aux cris s’abandonna,
Et tout son antre en résonna.
Les Lions n’ont point d’autre temple.
On entendit à son exemple
Rugir en leurs patois Messieurs les Courtisans.
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu’il plaît au Prince, ou s’ils ne peuvent l’être,
Tâchent au moins de le parêtre,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu’un esprit anime mille corps ;
C’est bien là que les gens sont de simples ressorts.
Pour revenir à notre affaire
Le Cerf ne pleura point, comment eût-il pu faire ?
Cette mort le vengeait ; la Reine avait jadis
Etranglé sa femme et son fils.
Bref il ne pleura point. Un flatteur l’alla dire,
Et soutint qu’il l’avait vu rire.
La colère du Roi, comme dit Salomon,
Est terrible, et surtout celle du roi Lion :
Mais ce Cerf n’avait pas accoutumé de lire.
Le Monarque lui dit : Chétif hôte des bois
Tu ris, tu ne suis pas ces gémissantes voix.
Nous n’appliquerons point sur tes membres profanes
Nos sacrés ongles ; venez Loups,
Vengez la Reine, immolez tous
Ce traître à ses augustes mânes.
Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs
Est passé ; la douleur est ici superflue.
Votre digne moitié couchée entre des fleurs,
Tout près d’ici m’est apparue ;
Et je l’ai d’abord reconnue.
Ami, m’a-t-elle dit, garde que ce convoi,
Quand je vais chez les Dieux, ne t’oblige à des larmes.
Aux Champs Elysiens j’ai goûté mille charmes,
Conversant avec ceux qui sont saints comme moi.
Laisse agir quelque temps le désespoir du Roi.
J’y prends plaisir. A peine on eut ouï la chose,
Qu’on se mit à crier : Miracle, apothéose !
Le Cerf eut un présent, bien loin d’être puni.
Amusez les Rois par des songes,
Flattez-les, payez-les d’agréables mensonges,
Quelque indignation dont leur coeur soit rempli,
Ils goberont l’appât, vous serez leur ami.

Jean de La Fontaine - Les Fables

Les animaux malades de la peste

La caricature de la monarchie absolue par Montesquieu

Caricature révolutionnaire ou contre-révolutionnaire pendant la révolution française

Le dessin satirique de dénonciation sociale et politique

L’art est révolution

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