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Faut-il croire à la médecine par les plantes ou est-ce une fausse science ? - Matière et Révolution
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Faut-il croire à la médecine par les plantes ou est-ce une fausse science ?

lundi 5 septembre 2016

Faut-il croire à la médecine par les plantes ou est-ce une fausse science ?

S’il s’agit de dire si les plantes peuvent contenir des produits aux effets très bénéfiques pour la santé, c’est absolument certain et certains exemples sont même frappants.

S’il s’agit de créditer le discours de certains marchands de mensonges, certainement pas !

Et l’un de ces mensonges est que ces produits, parce qu’ils sont issus des plantes, ne seraient jamais dangereux. C’est complètement faux : ces produits ont des effets mais qui sont aussi souvent bénéfiques que nuisibles, tout dépend des cas et des doses ! S’il s’agit de faire croire que l’on peut se passer des médecins ou d’autres médicaments ou encore de la chirurgie, c’est complètement faux !

Dans les temps passés, les plantes étaient communément utilisées pour leur usage médical, bien au-delà des propriétés magiques prétendues. Le pissenlit (Taraxacum officinale), par exemple, était utilisé pour ses effets diurétiques, le plantain (Plantago major) pour les pansements (et tout particulièrement pour soulager la peau des piqures d’insectes), la bardane (Arctium lappa) pour ses effets antiseptiques, etc.

En médecine on utilisait à l’époque surtout la sauge officinale, Salvia Officinalis (nommée parfois populairement « herbe aux plaies » ou « toute bonne »). Une autre plante, la laitue (connue depuis l’Antiquité et surtout des Romains) qui pousse à l’état sauvage en France, est un hypnotique léger bon pour l’insomnie…

L’homme cultive le Souci (Calendula officinalis) depuis le Moyen Age, mais on le trouve encore à l’état sauvage sur le pourtour méditerranéen. Très efficace en usage interne (ulcères gastriques et intestinaux, goutte, douleurs rhumatismales, menstruations difficiles…) et en usage externe (Onguent efficace pour les plaies, l’acné, les brûlures, l’eczéma… l’entretien de la peau en général…)

On prenait également des cures de 21 jours, à chaque changement de saison. La cure à pour base deux plantes connues depuis l’Antiquité : en alternance, un décoction d’aubier de tilleul et une infusion de prêle sans doute la doyenne des plantes médicinales, véritable panacée dans l’Antiquité et le Moyen-Age.

Il faut effectivement remarquer que c’est à tort, pour des raisons souvent de monopole des religieux sur la médecine, que cette dernière s’est détournée des plantes et qu’elle a mené un combat contre les herboristes taxés de charlatanerie quand ce n’est pas de sorcellerie.

Bien des gens croient que les herboristes donnaient n’importe quoi aux malades, parce qu’ils croyaient en la magie, et ignoraient tout de ce qui est vraiment efficace. En réalité, nombre de leurs remèdes étaient vraiment efficaces.

La pharmacopée médiévale déclarait le houblon et la bourrache « utiles aux apostumes (c’est-à-dire aux abcès et tumeurs avec suppuration) qui sont au foie et en la rate » et les conseillait dans l’affection hypocondriaque et les vapeurs mélancoliques.

On leur reconnaît aujourd’hui des propriétés apéritives, toniques, diurétiques, dépuratives, digestives, sédatives et antispasmodiques. Ses fruits frais glissés sous la tête provoquent un sommeil réparateur.

Etait également utilisé le gui (pas les boules) et on y trouve effectivement des substances, dont les lectines et les viscotoxines, qui ont une action immunostimulante. Diurétique, il est utile contre l’albuminurie, la néphrite, et la congestion des voies urinaires.

La lavande était utilisée sur la tête des enfants pour tuer les poux et leurs lentes. Elle était également utilisée pour panser les plaies des blessés par arme blanche, pour soigner les brûlures, alors que les chasseurs des régions où elle pousse sauvaient la vie de leurs chiens piqués par une vipère en frottant immédiatement la morsure avec une poignée de lavande froissée entre leurs doigts. La Menthe poivrée occupait une place privilégiée dans la phytothérapie digestive grâce a l’huile essentielle que renferment ses feuilles et qui lui confère un très grand pouvoir calmant des spasmes intestinaux. Elle est active aussi sur les crampes digestives et les nausées. L’action antiseptique de l’huile essentielle limite les fermentations intestinales et soigne les ballonnements. Le romarin entrait dans de nombreux baumes destinés à guérir les blessures et les douleurs ; il était le remède contre la jaunisse, les lassitudes, les vertiges, la perte de mémoire ; ses fleurs « confites en sucre » passaient pour « singulières contre la peste » et pour aiguiser la vue si on les mangeait à la croque au sel le matin à jeun avec « leurs feuilles les plus prochaines ».

Le thym servait d’antiseptique puissant, utilisé pour dégager les bronches, désinfecter les plaies (compresses décoction) apaiser et nettoyer les brûlures. Utilisé aussi contre l’anémie et la fatigue.

Bien entendu, nombre de ces « remèdes » du Moyen-Age et de l’Antiquité n’avaient aucune efficacité ou même étaient nuisibles mais on remarquera que c’est encore le cas !!!

Les exemples d’utilité des plantes au plan médical ne signifie pas que la majorité des prétendues « médecines aux plantes » ne soient actuellement des arnaques et parfois dangereuses…

Un site contre le charlatanisme dénonce certaines médications de phytothérapie :

« La majorité des remèdes aux plantes n’a pas été testée scientifiquement. Mais certains ont été analysés, normalisés et soumis à des essais cliniques. Le millepertuis (Hypericum perforatum) est peut-être l’exemple le plus étudié. Nous savons que cet antidépresseur aux plantes contient plusieurs ingrédients pharmacologiquement actifs qui ont été normalisés dans des produits de bonne qualité, et testés pour leur efficacité et sécurité dans environ cinquante études cliniques et plusieurs études de surveillance après commercialisation. Les résultats ont laissé peu de doutes quant à l’efficacité du millepertuis contre la dépression légère ou modérée. Il est aussi relativement sans dangers tant qu’il n’est pas pris avec d’autres médicaments. Quand il est pris avec d’autres médicaments, le millepertuis peut fortement interagir à tel point qu’il peut diminuer les niveaux de plasma sanguins de différents médicaments qui, bien entendu, peut avoir de graves conséquences. Ainsi, l’exemple du millepertuis est, en un sens, une bonne démonstration que les remèdes aux plantes peuvent faire autant de bien que de mal. En d’autres termes, certains médicaments phytothérapeutiques sont des traitements pharmacologiques composés et sont biologiquement vraisemblables. De nombreux autres remèdes phytothérapeutiques n’ont pas été étudiés, ainsi on ne peut rien dire de leur profil bénéfices/risques. Même les exemples bien étudiés comme le millepertuis devraient être approchés avec scepticisme : les quelques produits de bonne qualité sont noyés dans les suppléments de mauvaise qualité et de contenus douteux. On ne peut pas non plus être sûr de sa sécurité. Étant donné que les potions de phytothérapie traditionnelle faites maison peuvent contenir un nombre important d’ingrédients actifs, leur toxicité potentielle, les interactions plantes-médicaments, la contamination, etc. peuvent être considérables… Les remèdes aux fleurs de Bach ont été inventés par un médecin Anglais, Edward Bach, qui travaillait auparavant comme homéopathe. Ses remèdes ont cependant peu à voir avec l’homéopathie populaire, excepté le fait que comme l’homéopathie, ils n’ont pas de crédibilité biologique, ni fait la preuve de leur efficacité pour quelque condition médicale qui soit. Étant donné que les remèdes anthroposophiques reposent sur des plantes, ils sont aussi souvent confondus avec les remèdes de phytothérapie. L’exemple le plus connu est l’Iscador, une préparation de gui fermenté qui est un produit très populaire contre le cancer. Il existe de nombreuses études sur ce produit, dont les résultats ont globalement montré que ce n’est pas une thérapie efficace. »

Citons aussi une autre critique intéressante de certains discours charlatanesques de la « médecine aux plantes » :

« Le discours de rejet de la médecine conventionnelle est souvent associé à une défiance vaguement anticapitaliste contre une industrie pharmaceutique opaque, non démocratique, et guidée par le profit. Le problème c’est que la médecine conventionnelle est aussi une médecine scientifique, et que donc “l’alternative” peut conduire à toute sorte d’impasses… “Ça peut pas te faire de mal, c’est naturel”. Il faut rappeler quelques faits : on peut mourir si l’on mange des plantes (digitales, ciguë… ), des champignons (amanites phalloïdes, bidaou…), des fruits (belladone, baies de muguet, de gui ou de pomme de terre…). Les huiles essentielles ne sont pas seulement positives. L’huile essentielle de menthe poivrée peut provoquer des crises respiratoires et plonger un enfant dans le coma, l’huile essentielle d’eucalyptus peut provoquer des crises d’asthme, le lierre grimpant utilisé pour soigner la toux peut provoquer des cirrhoses hépatiques, les huiles essentielles (d’agrumes notamment) sont photosensibilisantes, les chats -naturels- sont souvent intoxiqués par les huiles essentielles -naturelles, etc. C’est justement parce qu’il n’y a pas de frontière qualitative entre les “médicaments à base de plantes” et les autres, qu’il peut y avoir des effets secondaires et des interactions médicamenteuses. Par exemple le millepertuis (à l’effet antidépresseur) peut provoquer des problèmes cardiaques ou une baisse de l’efficacité des pilules contraceptives, le ginkgo est incompatible avec l’ibuprofène… Des “produits naturels” tout à fait banals peuvent avoir des interactions fortes avec des médicaments. Par exemple le pamplemousse contient des substances qui peuvent empêcher notre corps d’absorber de nombreux médicaments, qui se retrouvent alors hyperconcentrés dans le sang, et peuvent avoir de graves conséquences, y compris la mort. L’ail peut augmenter le risque d’hémorragie chez les patients prenant du Coumaphène. Et enfin on peut s’intoxiquer au cyanure en mangeant seulement 40 amendes amères. »

Cependant, restons méfiants vis-à-vis des trusts pharmaceutiques et de leur influence sur les organismes étatiques

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